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10 décembre 2025 3 10 /12 /décembre /2025 01:00

 

Père de famille, ancien courtisan du roi d’Austrasie Théodebert (VIIe siècle) il était leude de la Cour de Metz (haute aristocratie).

 

Tous ses biens furent confisqués par la reine Brunehaut. (1)

 

Revenu à la Cour, il resta convaincu de l’instabilité des valeurs humaines, et fut convertit à la vie monastique par Amé, disciple de Colomban, venu de Grenoble.

 

Devenu moine à Luxeuil, dans les Vosges, il fonda avec lui à Saint-Mont un monastère double (moines au bas de la montagne, religieuses au sommet, monastère fondé par deux de ses filles) qui s’appellera Romarici Mons (Abbaye du Saint-Mont), sur le site de l’actuel canton de Remiremont. C’est là qu'il mourra en 653 avant d’être canonisé.

 

Sources : Missel des dimanches 2025, Cerf, Édition collective es Éditeurs de liturgie, p. 114; 23

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9 décembre 2025 2 09 /12 /décembre /2025 07:25

Le rite ambrosien est l'ancienne tradition liturgique de l'archidiocèse de Milan, en Italie du Nord. C'est l'un des rares rites occidentaux à avoir survécu à la standardisation imposée par le rite romain après le concile de Trente.

 

Il tire son nom de saint Ambroise, l'éminent évêque de Milan du IVe siècle qui baptisa saint Augustin et influença profondément la foi de toute la région.

 

Ce rite n'est pas une invention d'Ambroise lui-même (il mourut en 397, bien avant que la plupart de ses textes spécifiques ne soient finalisés), mais il s'est développé organiquement au sein de l'Église qu'il dirigeait et porte encore fièrement son nom.

 

Dès le Ve siècle au moins, Milan avait conservé sa propre manière de célébrer l'Eucharistie, les autres sacrements, l'Office divin et l'année liturgique.

 

Tout en reconnaissant l'autorité théologique romaine, la ville a discrètement résisté à l'uniformisation liturgique romaine. Même Charlemagne, qui souhaitait un rite unique pour son empire, n'est pas parvenu à l'abolir, et des siècles plus tard, le pape réformateur saint Grégoire VII (+ 1085) - pape de la réforme grégorienne - déplorait que les Milanais "chantent leurs psaumes comme des fous", sans toutefois pouvoir abolir leurs coutumes.

 

Ce n'est qu'au XXe siècle, après Vatican II, que le rite a intégré certaines influences romaines, tout en conservant son identité profonde.

 

Un visiteur assistant à une messe dominicale de rite ambrosien au Duomo de Milan ou dans d'anciennes basiliques comme Sant'Ambrogio remarque immédiatement des différences. Les rites préparatoires au pied de l'autel sont plus longs et plus élaborés, l'ordre des lectures est souvent différent (certains dimanches, l'épître et l'évangile sont intervertis), et le Credo est chanté chaque dimanche, et non seulement lors des solennités. La prière eucharistique ne fait pas partie des canons romains habituels, mais constitue une anaphore unique qui fait écho à des formes très anciennes. Le signe de paix est donné avant l'offertoire et non après le Notre Père, et la fraction du pain est accompagnée d'une cérémonie solennelle avec des fragments d'hosties consacrées, apportés de la messe du dimanche précédent, soulignant ainsi la continuité entre les deux eucharisties.

 

L'année liturgique milanaise suit également son propre cours. L'Avent y compte six dimanches au lieu de quatre, une tradition antérieure à l'Avent romain et qui a jadis influencé une grande partie de l'Europe. Le Carême commence le dimanche qui, à Rome, est encore la Septuagésime ; le Carnaval ambrosien se termine donc quatre jours plus tard que le Carnaval romain, ce qui explique les fameuses festivités nocturnes milanaises du "sabato grasso". Les Rogations, les Quatre-Temps et de nombreuses fêtes mineures sont célébrés séparément, et le lectionnaire conserve des lectures et des chants disparus ailleurs depuis des siècles.

 

Musicalement et cérémonialement, le rite est plus riche à certains égards et plus austère à d'autres. Le chant ambrosien, bien que moins connu que le chant grégorien, possède son propre système modal et un vaste répertoire de mélodies, dont certaines remontent peut-être à l'époque d'Ambroise lui-même. Les vêtements liturgiques, l'encens, l'usage de la férule (bâton pastoral) au lieu de la crosse certains jours, et le rôle prépondérant des diacres confèrent à la célébration une saveur légèrement byzantine qui nous rappelle que Milan, et non Rome, était la capitale impériale d'Occident au IVe siècle.

 

Aujourd'hui, le rite ambrosien est célébré dans la plupart des paroisses de l'archidiocèse de Milan (à quelques exceptions près ayant demandé le rite romain) et dans certaines régions limitrophes de Suisse et d'Italie. Il témoigne de la diversité légitime que le catholicisme de rite latin a connue et affirme avec force, discrètement mais fermement, que Rome, malgré sa primauté, n'est jamais parvenue à uniformiser la liturgie de l'Église.

Dans la cathédrale de Milan, lorsque l'archevêque récite les prières anciennes selon les mêmes formules que ses prédécesseurs depuis plus de mille cinq cents ans, le rite ambrosien continue de proclamer que fidélité et tradition locale peuvent coexister harmonieusement.

 

 

Père V

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Add. 20 décembre 202

 

Images de la première messe traditionnelle du rite ambrosien depuis des décennies dans la basilique Saint-Ambroise - Milan :

 

 

Cf. Rorate Caeli X / Rorate Caeli

 

Pour la première fois depuis près de cinquante ans, le rite ambrosien traditionnel – le rite de l'Église de Milan tel qu'il était avant les réformes postconciliaires – a de nouveau été célébré publiquement dans le temple le plus emblématique de la tradition ambrosienne.

 

L'événement, qui a eu lieu dimanche dernier, le 15 décembre, dans la basilique Saint-Ambroise, s'inscrit dans le cadre des manifestations de l'année jubilaire proclamée par l'archidiocèse.


Les images spectaculaires ont été prises par Don Elvir Tabakovic et sont disponibles ici.

 

Les explications détaillées du rite et de la position de l'autel dans la basilique sont disponibles ici, par Gregory DiPippo.

 

Messe solennelle dans le rite ambrosien, Basilique Saint Ambroise de Milan, le dimanche 15 décembre 2025

 

 

 

 

 

 

 

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9 décembre 2025 2 09 /12 /décembre /2025 01:00

 

C´est à Mirecourt, en Lorraine indépendante, que naquit le 30 novembre 1565, Pierre Fourier, de parents foncièrement chrétiens. Ceux-ci voulurent nommer leurs trois fils, Pierre, Jacques et Jean, "afin qu´autant de fois ils se souviendraient d'eux-mêmes, ils fussent poussés à ne pas se contenter d'une vertu médiocre".

 

Pierre mit généreusement à profit ces leçons : ferveur dans la prière, obéissance prompte et affectueuse, douceur inaltérable, fuite des plus innocentes familiarités et des moindres mensonges. À quinze ans son père le conduisit à l´Université de Pont-à-Mousson. Son séjour se résume dans cet éloge décerné par ses maîtres : "Ou il prie, ou il étudie."

 

Pierre Fourier entra ensuite chez les Chanoines Réguliers de Saint-Augustin : il était appelé à travailler à la réforme de cet Ordre alors fort relâché. Après six ans d´études théologiques à Pont-à-Mousson, il rentra au monastère. Sa ferveur fit scandale parmi ses confrères ; il dut se retirer, et accepta la petite paroisse de Mattaincourt, aussi indifférente que dépravée.

 

Le premier sermon du nouveau curé de Mattaincourt fut si pathétique qu'après quarante ans on s'en souvenait encore. Mais personne ne le retint autant que Pierre Fourier lui-même, pour le réaliser dans sa conduite. Brûlant d'amour pour Dieu et le prochain, il se met à l´œuvre avec un courage et une persévérance qui ne se démentent jamais. Il ménage le temps comme un baume précieux dont il ne faut pas, dit-il perdre une seule goutte à escient.

 

Attentif au bien des âmes, il l'est aussi à celui des corps : il secourt ses paroissiens dans leurs nécessités, leurs embarras, leurs discordes, leurs intérêts, il leur évite d'avoir à emprunter de l'argent aux usuriers, il crée une caisse mutuelle: la bourse Saint-Èvre.

 

Il passe des nuits entières auprès des malades.

Un jour il prête à l´un ses couvertures, à l´autre ses draps, à un autre la paillasse et le bois du lit. Un pauvre soldat, auquel, le jour de Pâques, il a donné un repas, lui dit : "Je suis content. Je prie Dieu de bon cœur, pour l´honneur de son Église, que tous les curés vous ressemblent !"

 

Mais c´est surtout pour les enfants qu'il déploie son affectueuse sollicitude. Il crée pour eux une Congrégation de maîtresses, qui, aux exercices de la vie religieuse, à la clôture même, joignent l'enseignement. Quelques jeunes filles, à la tête desquelles est Alix Le Clerc, forment le noyau de l'Ordre des Chanoinesses de Saint-Augustin Notre-Dame. 

 

On lui doit l'invention du "tableau noir" et son introduction dans les classes. (Jean Vartier, Histoire de la Lorraine, Editions France-Empire, 1994, p.11.)

 

La fidélité de Pierre Fourier aux Princes lorrains sauva pour un siècle la nationalité de la Lorraine (le duché de Lorraine est issu du partage de l'ancienne Lotharingie en 959. Ancien état du Saint Empire romain germanique, souverain dès 1542, le duché perdurera jusqu'en 1766, date de son intégration dans le Royaume de France. On utilise également l'expression "Duchés de Lorraine" et de "Bar"), mais empoisonna ses derniers jours ; car Richelieu ne put lui pardonner cet échec à sa politique. Traqué de maison en maison, le curé de Mattaincourt en fut réduit à s'exiler à Gray en Franche-Comté (1636), alors possession espagnole, et à y passer les quatre dernières années de sa vie. Pendant ce temps, Mattaincourt était pillé à plusieurs reprises.

 

Pierre Fourier, âgé de 71 ans fit ce qu'il avait toujours fait ; il employa ses dernières forces à secourir et à consoler le prochain.

 

Même dans l'adversité, Pierre Fourier restait un patriote lorrain. Depuis trois ans à Gray, dans une lettre adressée à la duchesse Nicole de Lorraine, il l'assura de sa fidélité et de son attachement à la famille ducale en ces termes : "comme très humbles et très fidèles et très obéissants sujets, portent en tout temps à leurs bons princes, et encore à leurs bonnes princesses. C'est le cœur des lorrains" (Pierre Fourier, Sa Correspondance 1598-1640 recueillie par Sœur Hélène Derréal, Presses Universitaires de Nancy 1989, tome 4, page 576).

 

En octobre 1639, il tomba malade, et après deux mois de maladie, il exhala son âme avec ces paroles qu'il avait tant de fois répétées : "Nous avons un bon Maître et une bonne Souveraine !" C'était le 9 décembre 1640.

 

Ses portraits (vitraux, statues) sont le plus souvent auréolés de sa devise, qu'il a repris à saint Ambroise : Obesse nemini, omnibus prodesse, "être utile à tous, ne nuire à personne." (Saint Pierre Fourier en son temps, Études réunies par René Taveneaux, Presses Universitaires de Nancy, 1992, p. 22).

 

Béatifié le 29 janvier 1730 par Benoît XIII, il sera canonisé le 27 mai 1897 par Léon XIII. 

   

Statue en bois polychrome du XVIIIe siècle à l'église abbatiale de Moyenmoutier (Vosges)

   

Sources :1; 2

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8 décembre 2025 1 08 /12 /décembre /2025 20:15

Le bonheur partagé ou bonheur pour tous. Voici un conte de Noël que certains considèrent comme "politique" ''La 7e république conte pour grands enfants'' 

 

 

Il était une fois un beau pays qu'on appelait le décagone car il était décadent mais qui se dénommait en fait le Cocorico.

 

Ce pays était bordé de mers et de terres.

 

Il avait un climat. Il avait un gouvernement.

 

Il avait une longue histoire trop longue pour la rappeler ici où les pages sont comptées.

 

Ce beau pays avait un roi qui était riche car il avait des louis d'or. Or, un beau jour ce fut la révolution, solution de rêve à tous les maux qui tracassaient le beau pays.

 

1ère république

 

Pourquoi ne pas instaurer une république ? cela fera du changement pensèrent les penseurs de l'époque. Des chanteurs célèbres haranguèrent les harengères et ce fut bientôt fait, dans les cris, les larmes et le sang : la première république était née.

Il fut décidé de dater les événements à partir de l'an I de cette république mais cela ne continua pas car on ne savait pas compter, à l'époque, au-delà de XIII. Ce changement ne plaisait pas à tout le monde (il s'agit du monde civilisé et non des habitants sauvages de la planète) ce qui est étonnant.

 

2e république

 

Des événements divers et même variés se passèrent jusqu'à l'arrivée de la deuxième république.

On vit pendant une certaine période le tour et le retour d'un roi ; il paraît qu'un personnage, nommé Caméléon, s'attribua le titre d'empereur des manchots.

Cette 2e république fut la première république éphémère.

 

3e république

 

On se doute qu'après une république éphémère on retourne à l'empire quel qu'il soit. Mais un empire s'effondre toujours après une lourde défaite militaire, et ce fut le cas.

Une 3e république pouvait donc s'installer avec armes et bagages.

Au cours de la 3e république deux guerres sanglantes (il y a peu de guerres non sanglantes) éclatèrent entre le Cocorico et son ennemi l'Uberalles. Que de morts ! Que de blessés !

La 3e république était-elle un empire ? Oui elle l'était car elle s'étendait bien au-delà de son décagone grâce à la colonellisation de diverses contrées ; et puisque cette république était un empire, elle s'effondra avec une défaite militaire qui aurait pu ne pas en être une...

Après la chute de cette république-empire il fallait trouver un nouveau régime : ce fût l'Etat de droit et d'extrême droit confié évidemment à un militaire.

Hé bien cet Etat de droit et d'extrême droit, bien que n'étant pas la république fût éphémère et s'effondra... à la suite d'une défaite militaire qui était aussi une victoire.

 

4e république

 

Après la chute de l'Etat de droit et d'extrême droit il était possible de rétablir une république mais certains auraient préféré une dictature des prolégomènes.

La loi du plus fort, qui est une sage loi, s'appliqua une fois encore et conduisit à la 4e république, à la suite de plusieurs référendhommesetfemmes.

 

5e république

 

La 5e république est si connue dans le monde et au-delà qu’il est inutile d’en parler, et d’ailleurs elle est insignifiante.

 

6e république

 

La plus éphémère des républiques, la 6e, comme les symphonies fit du bruit mais sa fureur en vint à bout en peu de temps.

L'idée lumineuse du retour au parlementarisme avec élections proportionnelles à la corruption permit une majorité de 106 %.

Très vite les forces capitalistiques conduisirent au chaos généralisé, qu'il fût financier, sociétaliste, politiste ou genré.

Tous contre tous, grève générale illimitée, fuite des pieds et des cerveaux, banqueroute sans banque ni route.

 

7e république, enfin !

 

Dans cet horrible mélange d'os et de chairs meurtris et traînés dans la fange,

Des lambeaux pleins de sang et des membres affreux Que des chiens dévorants se disputaient entre eux que pouvait-il advenir ?

Un empire, une royauté, une principauté, une anarchie énarchique ?

Non, ce fut la 7e république. Il n'y eu pas de référendum, pas d'élection, il y eut tout simplement un bon coup d'Etat comme on les aime.

Puisque cette 7e république est un modèle du genre nous pouvons aller dans les détails. Il suffit de reprendre la déclaration du Président de cette 7e république après sa prise de pouvoir : Le Cocorico est dirigé par un dictateur élu pour six ans et qui ne peut faire qu'un seul mandat. Le dictateur a de larges pouvoirs mais il ne peut modifier la Constitution, c'est-à-dire qu'il ne peut par exemple décider de devenir dictateur à vie ni de changer le régime politique. D'une façon générale il a les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Le dictateur a le titre de Président.

L'appellation République (res publica) est maintenue.

Le Président est donc Président de la République cocoricienne.

Le président nomme les ministres et désigne un Premier ministre chargé de coordonner les actions des ministres.

Un Conseil constitutionnel est chargé de surveiller l’action du Président qui doit respecter la Constitution. Si le Président enfreint les règles il est destitué.

Le Conseil constitutionnel est protégé par une garde rapprochée.

Les 7 membres du Conseil constitutionnel sont élus pour 7 ans et ne peuvent faire qu’un mandat.

La plupart des textes réglementaires ou juridiques ne sont que des guides d'action, des conseils et ils n'ont pas de caractère obligatoire ; il en est ainsi du code du travail.

Le parlement est supprimé.

Des représentants des régions seront désignés pour donner des avis sur les lois et règlements.

Tout citoyen participe à la défense du Cocorico ; les modalités sont définies par le Président.. Le droit de manifester est supprimé. Des manifestations seront autorisées au cas par cas.

Un des principes généraux est de faire vivre la préférence nationale cocoricienne dans tous les domaines.

La liberté religieuse est supprimée. Les religions ne peuvent pas se manifester publiquement mais la religion qui a été celle des Rois du Cocorico est la seule à posséder une place reconnue notamment par le calendrier. Régions, départements, communes Le découpage des régions est effectué en l'adaptant aux données historiques et économiques.

Le pouvoir régional des anciens élus est supprimé.

Le pouvoir dans une région est exercé par un préfet de région.

Les départements, dont le nombre et les limites peuvent être revus, sont administrés par un préfet.

Pour les communes, celles-ci pourront être regroupées et modifiées ou associées.

Le maire est désigné par le gouvernement pour une durée indéterminée.

Les impôts locaux sont maintenus mais sont soumis aux décisions du gouvernement.

 

Justice

 

Le pouvoir judiciaire est exercé par le Président de la République.

Les magistrats sont nommés et révoqués par lui. Les pratiques de la justice sont revues pour accélérer les procédures et tenir compte de certains principes, par exemple la préférence nationale.

La justice est expéditive : finies les procédures qui durent des années.

La justice d'appel est supprimée.

La cour de cassation sera restreinte quant aux saisies possibles : les cas non exceptionnels ne seront pas susceptibles de cassation.

Les erreurs de procédures ne seront pas prises en compte.

Il sera mis fin au principe de la prescription des crimes et délits.

Le rôle des avocats est restreint en tant que de besoin.

Les secrets professionnels sont supprimés.

 

Police, gendarmerie

 

L'action de la police et de la gendarmerie est facilitée.

Dans la lutte contre la criminalité l'usage de la force est glorifié.

Lutte contre les drogues La lutte contre les drogues dites "dures" est impitoyable.

Il faut admettre que dans cette lutte des innocents peuvent en pâtir. Les trafiquants sont éliminés dans le Cocorico et ailleurs.

Les usagers seront désintoxiqués de force et rapidement.

Pour ce qui est du cannabis l'action est moins violente.

Défense nationale, armée Il n'y a pas lieu de bouleverser l'organisation ancienne. Les dépenses militaires sont augmentées.

Que faire de la persuasion nucléaire du Cocorico ? Une révision du système pourra élargir les moyens et les conditions d’utilisation.

 

Economie

 

Rien de tel que de ne pas toucher à l'économie ; c'est ce que disent les économistes. Principe : la libre entreprise sous le regard de big brother.

Cela veut dire que dans le système libéral de libre entreprise l'Etat intervient quand il le juge utile.

Par exemple, liberté des prix sauf quand l'Etat intervient.

Dans les marchés import-export nous manions d'une main (invisible) le libéralisme et de l'autre le protectionnisme en fonction des situations.

 

Impôts et taxes

 

Pas de révolution dans les impôts sachant que trop d’impôt tue l’impôt.

 

Environnement, écologie, énergie Le réchauffement climatique ?

 

C’est souciant mais il n'est pas question de continuer à tout bouleverser sur la base de la réduction drastique élastique du COcorico2.

Se préoccuper de notre environnement en luttant contre les vraies pollutions : oui ; c'est ce qui se fait depuis longtemps. Etre inféodé à une vision écologique de la société : non. L'énergie nucléaire est intéressante du point de vue de l'efficacité énergétique mais elle fait peser un risque d'une nature particulière sur la France ; une catastrophe nucléaire doit être évitée et la seule solution est de supprimer les grandes centrales nucléaires que nous possédons. La mise en place de très petits réacteurs nucléaires sécurisés est mise en route.

Les énergie de substitution sont diverses et notamment renouvelables ; leur utilisation est favorisée en tenant compte des problèmes de stabilité du réseau électrique. En fait des réseaux locaux sont interconnectés en mettant en place des procédures pour résister aux diverse agressions et éviter un effondrement général du réseau.

 

Agriculture Labourage et pâturage...

 

Il faut rechercher un équilibre entre la production intensive classique et les productions dites bio. L'agriculture bio a l'inconvénient de réduire la productivité et de contraindre les agriculteurs à passer plus de temps à leur activité ; c'est en contradiction avec un long mouvement de libération des agriculteurs pour leur permettre de dégager du temps libre.

En ce qui concerne les petites exploitations le gouvernement fait en sorte que les agriculteurs ne soient pas dans une situation financière désastreuse comme c'est trop souvent le cas. Vive le sovkhoz libéral !

 

Questions sociales

 

Nous savons que le Cocorico est le résultat d’une longue histoire sociale faite de luttes, de grands principes, d'une bureaucratie pléthoriques, de syndicats politisés peu représentatifs. Alors simplifions les choses.

Les syndicats sont supprimés.

Les chefs d'entreprises et le Gouvernement recueillent les points de vue des salariés et des non salariés.

Si un conflit social apparaît il est réglé par le Gouvernement en faisant appel à des prud'hommes. Il n'y a plus de droit de grève et équivalent.

Le code du travail n'est plus d'application obligatoire, c'est un guide.

Il n'y a plus de durée légale du travail, durée qui n'existe d'ailleurs pas chez les agriculteurs, commerçants, artisans, membres des carrières libérales.

Il n'y a plus de smic, smig, smac, smoc et autres.

Aide-toi, l'Etat t'aidera.

Et par ailleurs il n'y aura plus de mariage homosexuel ni de pacs. Le mariage classique est le plus sûr chemin de l’avenir radieux.

 

Education

 

Elle restera "nationale".

Un grand bond en arrière est nécessaire pour redonner aux enfants l'amour de la patrie.

En particulier pour l'Histoire qui sera aux ordres du projet national.

Cela n'est pas en contradiction avec la modernisation des moyens ni avec la connaissance du Monde.

Pour les langues le système d'apprentissage de trois langues au moins (dont le cocoricien !) sera mis en oeuvre.

Il y aura un seul système scolaire national avec des établissements pouvant adopter diverses techniques d'enseignement, sous le contrôle du gouvernement. Les écoles dites confessionnelles seront donc fermées.

 

Culture

 

Quand j'entends le mot culture je sors...

Evidemment ce sera une révolution culturelle.

La dictature pèsera de tout son poids pour imposer une culture cocoricienne débarrassée d'un mondialisme non péen. Et il y a du travail pour y arriver.

 

Traités internationaux et diplomatie

 

Le Cocorico a signé de nombreux traités internationaux.

Il faut faire le point sur ces traités et dénoncer ceux qui n'ont plus de sens ou qui nous empêchent d'être nous-mêmes. Certains traités ont été élaborés à la fin de la nième guerre mondiale et reflètent le sentiment d'horreur créé par les régimes faciès et zinas. Aujourd'hui, de l'eau a coulé sous les ponts et certains de ces traités sont un non sens.

La notion de droits de l'Homo est une de ces notions qui n'a plus de raison d'être tant elle a été manipulée et utilisée à contre-sens. Le "droitdelhomoisme" est une arme dirigée contre nous par l'union des tenants de la mondialisation et des défenseurs du tribalisme moderne.

Le Cocorico doit notamment dénoncer les traités de la Cour péenne des droits de l'Homo et du Conseil du Péen.

 

Notre diplomatie sera diplomate. Un principe : pas d'ingérence à l'étranger, pas d'ingérence extérieure chez nous. Si nous sommes attaqués, dans les divers sens que cela représente, nous répliquerons.

 

Le Péen

 

Le Cocorico est un des principaux pays du Péen, par la géographie et par l'Histoire. Les limites du Péen vers l'est et le nord-est peuvent être discutées : la Slavie jusqu'à l'Oursal est-elle en Péen ? Il convient de définir certaines régions comme "périphériques" du Péen. Pour nous, le Mamamouchi n'est pas en Péen même si dans le passé il a occupé une partie du Péen. Les United States of Peen n'admettront pas, dans un premier temps, que le Cocorico se dote d'une dictature ; de fait le Cocorico sera exclu et en tirera les conséquences (par exemple en ne finançant plus ces USP). A l'avenir un modus vivendi s'établira évidemment car les vainqueurs ont toujours raison.

 

Liberté d'expression

 

Ma chère, j'adore la liberté d'expression, c'est l'expression même de la liberté. Comme ce serait agréable de pouvoir s'exprimer sans contrainte, de dire et d'écrire ce qu'on pense. Mais voilà, la "liberté d'expression" a été kidnappée et c'est avec la contrainte de la mal-pensance qu'elle peut faire entendre sa voix, entourée des cris de la vulgarité.

Alors sous la dictature cocoricienne il n'y a plus de liberté d'expression. Ainsi nous ne pouvons plus rien dire ? Exact, étant donné le torrent de stupidités, de mensonges, d'inepties, d'apories que vous déversez sur les rézosocios, à la télé, sur les radio, dans les livres, dans les discours et autres meetings. Un peu de calme ne fera pas de mal.

Les medias privés sont autorisés...sous réserve d'être autorisés.

Deux chaînes de télévision d'Etat seront maintenues, l'une culturelle (et barbante) et l'autre de divertissement (tout aussi barbante).

La publicité, absente des chaînes publiques, sera contrôlée.

 

Constitution

 

Une constitution courte est la constitution qui nous convient.. La constitution reprend les principes exposés ci-dessus, elle définit l'organisation générale: un dictateur, Président de la République française est élu pour six ans ; son mandat n'est pas renouvelable, etc.

Ainsi sous la bienveillante direction du dictateur Président de la République les Cocoriciens vivent dans le bonheur partagé.

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8 décembre 2025 1 08 /12 /décembre /2025 01:00
Solennité de l'Immaculée Conception de la Vierge Marie

Sur notre route vers Noël, nous fêtons la solennité de l'Immaculée Conception de la Vierge Marie définie le 8 décembre 1854 par le pape Pie IX dans sa bulle Ineffabilis Deus. La mère de Dieu fut préservée de tout péché dès sa conception, y compris le péché originel.

 

Il convient de noter ici que Pie IX, qui a défini l'Immaculée Conception de Marie, était épileptique. Malgré ses graves crises, il fut autorisé à rester au séminaire, mais on lui annonça qu'il ne pourrait jamais être ordonné prêtre. Il pria et supplia la Vierge Marie de le guérir de son épilepsie. Pendant un certain temps avant son ordination, il n'eut plus de crises. Le pape de l'époque intervint et, à contrecœur, autorisa son ordination, à une condition : qu'il ne célèbre jamais la messe seul, mais qu'il soit toujours accompagné d'un prêtre à ses côtés, au cas où il serait victime d'une nouvelle crise pendant la messe. Devenu prêtre, il pria : "Marie, je vous en prie, que je n'aie plus de crises. Épargnez-moi aussi la gêne et le désagrément de ne jamais pouvoir célébrer la messe sans un autre prêtre à mes côtés." Pendant plusieurs années, il continua à célébrer la messe avec un prêtre assistant, sans qu'aucune crise ne survienne. Finalement, le Saint-Siège leva la condition et Pie IX fit vœu de consacrer le reste de sa vie à promouvoir la gloire de Marie. Le jour où il proclama le dogme de l'Immaculée Conception, Pie IX déclara que c'était le plus beau jour de sa vie, l'occasion de rendre grâce à Marie pour tout ce qu'elle avait fait pour lui. (Cf. Père John Hardon, sur l'Immaculée Conception)

 

L'enseignement catholique de l'Immaculée Conception est souvent mal compris. Il ne se rapporte pas à la conception de Jésus, mais à celle de Marie, et enseigne que dès le premier instant de son existence, Marie fut préservée du péché originel par la grâce de Dieu. Ce n'était pas un mérite, mais le fruit par anticipation de l'œuvre salvifique du Christ accomplie en elle, en vue de l'Incarnation du Fils dans son sein. 

 

Le théologien médiéval John Duns Scot explique que Dieu n'étant pas soumis au temps a appliqué les mérites de la Croix avant même l’événement historique de la Passion, et que Marie a bien été sauvée par le Christ, mais d'une manière préventive plutôt que curative. Ainsi Marie est la première bénéficiaire de la Rédemption du Christ et non une exception à celle-ci. (Ordinatio III, dist. 3)

 

Nous vénérons la Sainte Mère en raison de notre amour pour le Christ et son œuvre salvifique. Le Christ sauve Marie non pas en effaçant son péché après coup, mais en la préservant du péché dès le commencement. Notre-Dame, a été créée "parfaite" non pas comme une exception au sacrifice du Christ, mais à cause de lui, et afin de le réaliser dans l'ordre du temps d'une manière plus appropriée. Comme le dit la définition doctrinale : "La Très Sainte Vierge Marie, dès sa conception, par une grâce singulière et un privilège accordés par Dieu Tout-Puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, le Sauveur de la race humaine, a été préservée de toute tache de péché originel."

 

Œuvre de Dieu : Huile sur cuivre de Matteo Cristadoro, peinte en 1659 et conservée au monastère de San Martino delle Scale à Palerme)

 

Dans Luc 1:28, l'ange Gabriel salue Marie avec le titre unique kecharitōmenē, souvent traduit par "comblée de grâce". Cette forme grecque est un participe passé passif, indiquant une action déjà accomplie dans le passé et dont les effets se poursuivent dans le présent. Certains font remarquer qu'Étienne est également qualifié de "plein de grâce" dans Actes 6:8, mais le texte grec est différent: Étienne est décrit par l'expression ''plērēs charitos'', qui signifie simplement qu'il est plein de grâce à ce moment précis. Le titre de Marie, en revanche, souligne son identité unique, celle d'une personne que Dieu a déjà rendue parfaite par sa grâce. Marie, mère de Jésus-Christ, fut conçue exempte du péché originel. Ce privilège accordé à la Sainte Vierge avait été prédit et figuré dès l'origine du monde dans les prophéties universelles d'une Vierge Mère d'un Sauveur; voyez par exemple les prophéties druidiques en France, du collège national de la forêt des Carnutes, sous l'appellation de "la Vierge qui enfantera".

Quatre arguments en faveur de l'Immaculée Conception

 

1) Gabriel a appelé Marie "Pleine de Grâce" à un moment où Marie n'a pas encore mis Jésus au monde. (Lc 1,28)

C’est le premier indice biblique selon lequel Marie a été conçue sans péché. Pour être "Pleine de Grâce", vous devez être "vide de péché".

 
L'expression gratia plena, "pleine de grâce", est une traduction (par S. Jérôme) du mot grec kecharitomene. Ce mot représente le nom propre de la personne à laquelle s'adresse l'ange; il exprime une qualité caractéristique de Marie Kecharitomene, un participe parfait passif de charitoo, qui signifie "remplir ou doter de grâce", et ce terme étant au parfait, il indique une perfection de la grâce à la fois intensive et étendue, une action faite dans le passé et qui suggère une continuité dans le présent sans donner de commencement.
 
 
Le choix du parfait souligne que la Vierge se trouve déjà sous l'influence de la grâce de Dieu et persévère dans cette condition. La grâce dont Marie a bénéficié n'était pas le résultat de la visite de l'ange; elle n'était pas seulement aussi "pleine", forte ou complète que possible à un moment donné, mais cette grâce s'étendait sur toute sa vie, depuis sa conception jusqu'à aujourd'hui. Elle était en état de grâce sanctifiante dès le premier instant de son existence, ce qui lui a valu d'être appelée par l'ange "pleine de grâce". C’est pourquoi Marie demande immédiatement à l’ange ce qui lui valait une telle salutation (Luc 1, 29).
 
 
C’est un peu comme si on saluait une personne qui est excellente au tennis en lui disant : "Salut, Mr Tennis". C’est dans ce même esprit que l’ange Gabriel dit de Marie qu’elle est "pleine de grâce" puisqu’elle excelle dans la réception de la grâce. C’est un titre qui n’est donné à personne d’autre dans la Bible, seulement Marie a été désignée de la sorte par un messager de Dieu. Les chrétiens catholiques et orthodoxes voient dans ce passage une des raisons pour laquelle ils croient que Marie est "Immaculée Conception", c’est-à-dire qu’elle a été préservée du péché originel et qu’elle n’a pas péché de toute sa vie.

 

2) Marie est la nouvelle arche d'alliance

 

 

• Elle a été "couverte" par l'Esprit
• Elle a tenu à l'accomplissement des commandements
• Elle apparaît à côté de l'Arche dans Apocalypse 11,19; 12,1

Tout comme l'Arche, Marie est un vase pur et intact. Intouché par l'homme et par le péché. Comment les gens ont réagi : après une manifestation de la puissance de Dieu agissant à travers l'arche :

-Dans Luc 1, 39 Marie "se leva et partit" rendre visite à Élisabeth. Dans 2 Samuel 6,  2, David "se leva et s’en alla" pour amener l’arche à Jérusalem. Luc utilise la même expression pour attirer notre attention sur le voyage de David avec l’Arche des siècles auparavant. Et tous deux voyageaient dans les pays de Juda. 

-Après la révélation à Élisabeth de la véritable vocation de Marie, qui portait Dieu dans son sein, lorsqu’Elizabeth vit Marie, elle est remplie de respect et se demande : "D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?" (Luc 1, 43) : De même, David se tient avec admiration devant l’Arche et s’écrie : "Comment l’Arche de l’Éternel peut-elle venir à moi ?" (2 Samuel 6, 9).

-David "sautait et dansait" devant l'Arche lorsqu'elle était transportée à Jérusalem en procession dans 2 Samuel 6, 16. Dès qu'Elisabeth a entendu le son de la salutation de Marie, Jean le Baptiste "sautait de joie" dans son ventre (voir (Luc 1, 41-44) : les deux scènes évoquent une joyeuse reconnaissance de la présence de Dieu.

-L'arche du Seigneur "resta dans la maison d'Obed-Edom trois mois" dans 2 Samuel 6,11). Luc 1:56 dit que "Marie demeura avec [Élisabeth] environ ... trois mois". (Luc 1, 56)

-L'Arche de l'Alliance contenait trois "types" de Jésus : la manne [pain ou nourriture divine miraculeuse fournie par Dieu aux Israélites pour les sustenter pendant leurs quarante années d'errance lors de leur Exode dans le désert, et dont un échantillon fut conservé dans l'Arche d'alliance. Exode 16,33-34], le bâton d'Aaron et les Dix Commandements [la Parole de Dieu écrite sur des tablettes de pierre]. Marie a porté l’accomplissement de tout cela. Jésus est à la fois la "véritable [manne] venue du ciel" (Jean 6:32), le véritable "Grand Prêtre" (Hébreux 3:1) et "la Parole faite chair" (Jean 1:14).

-Ce qui les a "éclipsés" : Le nuage de gloire (en hébreu : Anan) représentait le Saint-Esprit et il "couvrait" l’Arche lorsque Moïse la consacra dans Exode 40:32-33. Le mot grec pour "éclipser" trouvé dans la Septante (la traduction la plus ancienne de l’Ancien Testament) est une forme d’episkiasei. Dans Luc 1:35, Gabriel dit à Marie : "Le Saint-Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C'est pourquoi l'enfant qui naîtra sera appelé saint, Fils de Dieu." Le mot grec pour "faire de l’ombre" est episkiasei.

 

Ces références sont des faits: ils révèlent Marie comme un vase sacré porteur de la présence de Dieu. 

 

Pourquoi est-il important que Marie soit la nouvelle arche ? Parce que cela a d'énormes implications. En fait, c'est une raison clé pour laquelle Marie a été conçue sans péché. Attaquer l'Immaculée conception c'est attaquer la mission salvatrice du Fils Incarné dans le sein d'une Vierge et offenser Dieu en diminuant la Mère du Fils en la plaçant au même rang que les autres femmes, comme si Dieu avait pu s'incarner dans un vase impur corrompu par le péché. La raison théologique pour laquelle la Très Sainte Vierge Marie est Reine repose sur sa divine Maternité et sur son rôle de Co-rédemptrice ("co"- vient de "cum", avec en latin, et en union avec son Fils et non égal) du genre humain. "La Corédemptrice n'est pas une rivale du Rédempteur, puisqu'elle est devenue *Co*-rédemptrice par Lui [par anticipation de l'œuvre salvifique du Christ accomplie en elle, en vue de l'Incarnation. Ndlr.]. Par conséquent, ce n'est pas l'affirmation, mais la négation du rôle corédempteur de Marie qui diminue l'œuvre rédemptrice du Christ." (Père Tibor Gallus SJ)

 

Les premiers Pères de l’Église ont vu un lien entre Marie et l’Arche.

"En ce temps-là, le Sauveur venant de la Vierge, l'Arche, faisait naître son propre Corps au monde de cette Arche..."
       -St. Hippolyte de Rome (v. 170-v.236)

 

Certains soutiennent que la nouvelle arche n'est pas Marie, mais le corps de Jésus. Même si c'était le cas, il convient de noter que 1 Chroniques 15:14 mentionne que les prêtres et lévites qui portaient l'Arche devaient être purifiées. Il semblerait absurde de purifier des hommes qui ont porté l’Arche et de ne pas sanctifier les entrailles memes qui ont porté le Saint Lui-même.

 

Le dogme de l'Immaculée Conception de Marie est particulièrement approprié si l'on considère l'honneur qui a été fait à l'Arche d'Alliance. Dans Exode 25, Dieu dit à Moïse de construire l'arche plaquée d'or, et recouverte d'un couvercle, le propritiatoire ornée de deux keroubim, chérubins, anges (Ex 25,17-18). On y met le témoignage que Dieu a donné à Moïse (les dix commandements. Ex 25,16; 21), le bâton d'Aaron et une jarre de manne.

 

 

L'Arche contenait la manne (le pain du ciel), les tablettes de pierre des dix commandements (la parole de Dieu) et le bâton d'Aaron (l'instrument de la rédemption d'Israël). Si cette boîte avait été créée avec tant d'honneur - pour porter un bâton, du pain et des tablettes de pierre - combien plus Marie devrait-elle être une digne demeure pour Dieu lui-même ? Elle est la nouvelle Arche d'alliance parce qu'elle a porté le vrai Pain du ciel, la Parole de Dieu et l'instrument de notre rédemption, le corps de Jésus. (Cf'Avee. ☧ ; Marie de Nazareth; Foi catholique)

 

Le destin de l'Arche terrestre reste un mystère. Mais la véritable Arche, Marie, est corps et âme au Ciel.

 

 

La sagesse n'habitera pas "dans un corps endetté par le péché" (Sagesse 1,4) : "Car la Sagesse ne peut entrer dans une âme qui veut le mal, ni habiter dans un corps asservi au péché."

 

Job 14,4 : "Qui tirera le pur de l’impur ? Personne !"

3) L'Immaculée Conception accomplit l'histoire d'Adam et Ève.

 

Il est dit dans Genèse 3,15 que la mère du Messie partage la même inimitié que lui - l'opposition totale - avec Satan. Au commencement Dieu dit : ''Je mettrai une hostilité entre toi (le Serpent) et la femme, entre ta descendance et sa descendance: celle-ci te meurtrira la tête, et toi, tu lui meurtriras le talon.'' (Gn 3,15).

 

 

Si la Vierge Marie, "la femme" de Genèse 3,15, avait commis un péché, elle ne serait pas en opposition totale avec le diable...

 

A la fin, ''quand le Dragon vit qu’il était jeté sur la terre, il se mit à poursuivre la Femme qui avait mis au monde l’enfant mâle..., [L]e Dragon se mit en colère contre la Femme, il partit faire la guerre au reste de sa descendance, ceux qui observent les commandements de Dieu et gardent le témoignage de Jésus'' (Ap 12,17)

 

• Une femme sans péché a donc écouté le diable et a aidé Adam à introduire le péché dans le monde
• Une femme sans péché a écouté un ange et a donné son Fiat ("Qu'il me soit fait selon ta Parole" Lc 1,38) pour aider le Christ à vaincre le péché.

 

"Ce fiat de la Vierge Marie résume toute la vie chrétienne.
Nous devons accepter que se fasse la volonté de Dieu.
C’est le modèle également du Christ : le Fils est venu dans le monde pour faire la volonté du Père." (P. Dominique-Benoît Jean-Luc)

 

Marie est la Nouvelle Ève, chez Saint Justin au IIe s. vers 150, S. Irénée (Ad. Haereses, III, XXII, 3, 4; V, XIX) vers 180, Tertullien (De Carne Christi, XVII) au IIIe siècle, saint Cyrille de Jérusalem, saint Ephrem, saint Epiphane, saint Jean Chrysostomesaint Ambroise au IVe s.,  saint Jérômesaint Augustin au Ve s., etc..

Solennité de l'Immaculée Conception de la Vierge Marie

Certains disent que "l'Immaculée Conception met Marie au même niveau que Jésus."

Non, Adam et Ève sont tous deux nés sans péché.

Ce qui rend Jésus spécial, c'est qu'il est Dieu.

4) Les archives historiques ne montrent aucune douleur de travail

"Elle a travaillé et a enfanté le Fils, mais sans douleur." (Odes de Salomon, 19)


"Nous n'avons entendu aucun cri de douleur" (Ascension d'Isaïe, 11)

 

Elle n’a pas péché, donc elle n’a pas subi les effets du péché !

Cf. https://x.com/catholicpat/status/1866104236884291720?t=cSrdI1VxdpR1kYxSmQKzPw&s=09

Cf. https://x.com/catholicpat/status/1866104236884291720?t=cSrdI1VxdpR1kYxSmQKzPw&s=09

Qui les verra pourra reconnaître la descendance bénie du Seigneur.
Je tressaille de joie dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu. Car il m’a vêtue des vêtements du salut, il m’a couverte du manteau de la justice, comme le jeune marié orné du diadème, la jeune mariée que parent ses joyaux.

Isaïe 61,9-10

"Voici que je fais toutes choses nouvelles" (Ap 21,5)

C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel (c’est-à-dire : Dieu-avec-nous).

Isaïe 7,14

 
En Gaule, la croyance des Carnutes en la Vierge-Mère était propre à annoncer le mystère de l'Incarnation.
 
Le sanctuaire de la "Virgo paritura" se trouve sur le site de l'actuelle cathédrale de Notre-Dame de Chartres. Les sanctuaires d'"Anna" sont devenus ceux de sainte Anne (la mère de Marie), aïeule elle aussi, mais du vrai Dieu..., et que les Bretons nomment toujours "Mamm Goz", grand-mère !
 
Par Son Immaculée Conception, Marie devait écraser la tête du serpent qui a introduit le péché originel sur la terre. La foi à l'Immaculée Conception est immémoriale dans l'Église. La constitution apostolique d'Alexandre VII (1655-1667), Sollicitudo omnium ecclesiarum, du 8 décembre 1661 renouvelle les décrets de Sixte IV, Paul V et Grégoire XV, déjà favorables à la reconnaissance de l'Immaculée Conception comme dogme de la foi, énonçant la doctrine de l'Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie en des termes presque identiques à ceux utilisés par le pape Pie IX lorsqu'il publie sa définition de l'infaillibilité Ineffabilis Deus, le 8 décembre 1854, et imposant cette croyance à tous les fidèles (magistère infaillible). Pie IX cite la bulle d'Alexandre VII dans sa note 11. Les dominicains, de leur côté, firent remarquer au pontife que l'immaculée conception était déjà une acquisition de tout le christianisme, une tradition qui durait depuis des siècles sans qu'il soit besoin d'une proclamation officielle comme dogme.
 
Le Ciel lui-même donna son témoignage quatre ans plus tard. L'apparition de Lourdes eut lieu au commencement de l'année 1858; Marie venait dire au monde : "Je suis l'Immaculée Conception !"
Solennité de l'Immaculée Conception de la Vierge Marie

Le témoignage de la Tradition

 

La tradition chrétienne a vu dans cette promesse, qui a été appelée le protévangile, le premier trait qui sert à désigner le Messie et sa victoire sur l'esprit du mal. Jésus représente, en effet, éminemment la postérité de la femme, en lutte avec la postérité du serpent. 

Le Protévangile de Jacques au IIe siècle raconte la vie de Marie. Sa conception y est présentée comme miraculeuse: c'est une intervention divine qui aurait permis à ses parents, Anne et Joachim jusqu'alors stériles, de l'engendrer. Plus tard, ce récit donne lieu à une célébration liturgique: après la fête de la Nativité de Marie (8 décembre) et sa Dormition (15 août) instituées au VIe siècle. (Cf. Dictionnaire des temps, des lieux et des figures du Christianisme, Sous la dir. de André Vauchez, Seuil, Lonrai 2010, p. 277-278)

La bulle Ineffabilis Deus de Pie IX (1854) cite aussi dans la salutation de l'ange à Marie (Luc I, 28): "Je vous salue, pleine de grâce, vous êtes bénie entre les femmes", et les mêmes paroles dites par sainte Elisabeth sous la révélation divine (Luc, I, 42 "quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.") Pie IX ne dit point que ces paroles suffisent par elles-mêmes à prouver que le privilège de l'Immaculée Conception est révélé; pour qu'elles aient cette efficacité, il faut y joindre la tradition exégétique des Pères.



 Justin, Les Vrais Pourtraits et Vies Hommes Illustres, 1584 Saint Irénée
 

Matthieu et Luc écrivent que Marie a conçu Jésus sans l'intervention d'aucun père humain, et qu'elle est demeurée vierge après la conception.

 

La Tradition, elle-même, affirme de plus en plus explicitement cette vérité.

 

La belle idée de Marie "Nouvelle Eve" se trouve au IIe siècle chez 

 

S. Justin (Dial. cum Tryphone, 100),

 

"Le Christ s'est fait homme par le moyen de la Vierge, afin que la désobéissance provoquée par le serpent prit fin par la même voie qu'elle avait commencé.

 

"En effet, Eve, Vierge et intacte, ayant conçu la parole du serpent, enfanta la désobéissance et la mort; la Vierge Marie, ayant conçu la foi et la joie, répondit: 'Qu'il me soit fait selon votre parole'. Il est donc né d'elle celui dont parlent les Ecritures. Par lui, Dieu ruine l'empire du serpent et de ceux, anges ou hommes qui lui sont devenus semblables, et affranchit de la mort ceux qui se repentent de leurs fautes et croient en lui.

 

"Marie, en acceptant le message de l’Ange, a conçu 'foi et joie' (Dialogue avec Tryphon, 100,5.)

 

S. Irénée (Ad. Haereses, III, XXII, 3, 4; V, XIX) réfléchit sur la façon dont Dieu, à travers le mystère de l'Incarnation, a utilisé la Vierge Marie pour annuler les actions de la vierge Ève, faisant de Marie la Nouvelle Ève :

 
"Et de même que par une vierge désobéissante l'homme fut frappé et tomba, il mourut, de même aussi par une vierge qui obéit à la parole de Dieu, l'homme, ressuscité [par l'Incarnation], reçut la vie. Car le Seigneur est venu chercher la brebis perdue, et c'était l'homme qui était perdu ; et, par conséquent, il n'est devenu aucune autre formation, mais [étant né] de celle qui était de la race d'Adam, il a conservé la ressemblance de la formation. Car il était nécessaire qu'Adam soit récapitulé dans le Christ, afin que 'la mortalité soit engloutie dans l'immortalité' (Cf. 2 Cor. 5, 4 ; 1 Cor. 15, 54) ; et Ève en Marie, afin qu'une vierge, devenue avocate d'une vierge, puisse défaire et détruire la désobéissance virginale par l'obéissance virginale. (Saint Irénée de Lyon, Démonstration de la prédication apostolique, Partie 1, Ch. 3, §33, vers 175 après J.-C.)

 

Tertullien (De Carne Christi, XVII) opposent Eve cause de la mort et Marie cause de la vie et du salut.

 

Cette antithèse est constamment rééditée par les Pères (par exemple saint Cyrille de Jérusalem, saint Ephrem, saint Epiphane, saint Ambroise, saint Jérôme, saint Augustin, saint Jean Chrysostome, etc.).

 

 

Sainte Anne tenant dans ses bras Marie et le Christ

Statue en Albâtre de la Chapèle Sur Vire

 

Au IIIe siècle : 

 

Les chrétiens ont prié Marie avant de prier le Credo de Nicée

 

La première prière mariale remonte à 250 après J.-C.

 

La prière est appelée "Sub Tuum Praesidium" (Sous l'abri de ta miséricorde)

 

Elle se lit comme suit:

 

Texte grec Traduction française
Ὑπὸ τὴν σὴν εὐσπλαγχνίαν,
Τὰς ἡμῶν ἱκεσίας,
μὴ παρίδῃς ἐν περιστάσει,
ἀλλ᾽ ἐκ κινδύνων λύτρωσαι ἡμᾶς,
μόνη Ἁγνή, μόνη εὐλογημένη.

"Sous ta compassion, nous nous réfugions, ô Mère de Dieu [Porteuse de Dieu] ;

 

Ne dédaigne pas nos supplications au temps de la détresse,

 

Mais sauve-nous des dangers,

 

Seule pure, seule bénie.''

Jean Chrysostome et Grégoire de Nazianze, icône russe du XVIIIe siècle

Cette tradition devient explicite avec saint Ephrem le Syrien ou le Syriaque (+373) (Dict. Théol., art. Ephrem, col. 192), auteur de nombreux hymnes et poèmes et grand défenseur de la doctrine christologique et trinitaire dans l'Eglise syrienne d'Antioche; il est reconnu Docteur de l'Église par l'Église catholique depuis 1920.

 

Éphrem est l’héritier de l’interprétation biblique du judaïsme. Sur ce point S. Brock écrit : ''Éphrem est (...) l’héritier de nombreuses traditions juives étrangères à la Bible, qu’on peut trouver dans la littérature post-biblique de Targum et des Midrash''.

 

Dans l’hymne à Marie, il dit de la Mère de Jésus :

 

“Merveille que ta mère :

Le Seigneur vint en elle (Marie) se faire serviteur ;

Le Verbe vint en elle, pour se taire en son sein

La foudre vint en elle

pour ne faire aucun bruit.

Le pasteur vint en elle

et voici l’Agneau né, qui pleure sans bruit.

Car le sein de Marie

a renversé les rôles :

Celui qui créa toutes choses

est entré en possession de celles-ci, mais pauvre.

Le Très-Haut vint en Elle (Marie),

mais il y entra humble.

La splendeur vint en elle,

mais revêtue de vêtements humbles.

Celui qui dispense toutes choses

connut la faim.

Celui qui étanche la soif de chacun

connut la soif.

Nu et dépouillé il naquit d’elle,

lui qui revêt (de beauté) toutes choses"” (Hymne “De Nativitate” 11, verset 6)

Cf :

https://fr.aleteia.org/2018/01/01/lhymne-a-marie-de-saint-ephrem-perle-des-chretiens-dorient

https://introibo.fr/18-06-St-Ephrem-le-Syrien-diacre

https://site-catholique.fr/?Priere-de-Saint-Ephrem-sur-la-Nativite-du-Christ

 

 

Dans la Prière de Saint Éphrem "Ô Souveraine Mère de Dieu qui enfantas le Christ Dieu notre Sauveur" :

 

''Ô Vierge, emblème de la pureté, fortifie-moi de Ta sainte grâce; dans cette vie, sois mon guide, conduis-moi selon la Volonté de ton auguste Fils notre Dieu. Obtiens-moi la rémission de mes péchés, sois mon refuge, ma protection, ma délivrance, sois la main qui me dirige vers la vie éternelle. Souveraine, Souveraine, ne m'abandonne pas à l'heure suprême, hâte-toi de m'apporter le secours qui m'est nécessaire, arrache-moi de la cruelle tyrannie des esprits de l'enfer.''

Cf. https://site-catholique.fr/?Priere-de-Saint-Ephrem-a-la-Vierge-Souveraine

 

Saint Éphrem le Syrien (mosaic_in_Nea_Moni)

 

Dans sa prière ''à la Vierge Marie Immaculée'', il écrit : 

 

''Ô Vierge Marie, immaculée, entièrement pure, et mère de Dieu. À travers vous, nous avons été réconciliés avec notre Dieu. Vous êtes l’avocate des pécheurs, et l’abri sûr de ceux qui naviguent sur les flots de cette vie. Vous êtes la consolation du monde, la rançon des captifs, la joie des malades, le confort des affligés, le refuge. Ô sainte mère de Dieu, recouvrez-nous des ailes de votre clémence, et ayez pitié de nous. Nous sommes donnés à vous et consacrés à votre service. Ô Vierge immaculée, nous sommes sous votre protection.''

Cf. https://fr.aleteia.org/2020/09/25/placez-vous-sous-la-protection-de-la-vierge-marie-avec-cette-priere

 

 

"Ô très Sainte et Immaculée Vierge" :

 

"Ô très Sainte et Immaculée Vierge, Mère de mon Dieu, Reine de lumière, très-puissante et très-bonne ! Plus sublime que tous les esprits célestes, plus pure que les rayons du soleil, plus digne d'honneur que les chérubins, plus sainte que les séraphins, et plus glorieuse, sans aucune comparaison, que toutes les hiérarchies du Ciel ! Ô sainte Dame qui avez été l'espérance des anciens pères, la gloire des prophètes, la louange des apôtres, l'honneur des martyrs, la joie des saints, la couronne des vierges... recevez-moi ! Ô Vierge pleine de Grâce, éclairez mon entendement, donnez-moi mes paroles, donnez le mouvement à ma langue et à mes lèvres, afin qu'avec toute l'affection de mon cœur, je chante vos louanges et que je Vous présente cette très agréable salutation, que Gabriel Vous a apportée du Ciel à Nazareth avec tout le respect qui est dû à la Mère de Dieu. A quoi Vous comparerai-je encore ? A cet encensoir d'or d’où s'exhalaient de si doux parfums, à cette lumière brillante qui éclairait sans cesse le sanctuaire; à cette urne qui enfermait la manne du ciel. Vous êtes la consolation du monde, l'asile des orphelins, la rédemption des captifs, la santé des malades, la consolation des affligés et le salut de tous ; en Vous le solitaire trouve un appui et le mondain une espérance". Saint Éphrem

Cf. https://site-catholique.fr/?Priere-de-Saint-Ephrem-a-la-tres-Sainte-et-Immaculee-Vierge

 

La Prière d’Éphrem de Nisibe "Nous Vous supplions, ô Bienheureuse Marie, d'avoir pitié de nous" :

 

''Ô Vierge très pure et sans la moindre tâche ! Ô Marie ! Mère de Dieu, Reine de l’univers, Vous êtes au-dessus de tous les saints, l'Espérance des élus, et l'Allégresse de tous les bienheureux. C'est Vous qui nous avez réconciliés avec Dieu ; vous êtes l'unique Avocate des pécheurs, et le Port assuré de ceux qui ont fait naufrage ; Vous êtes la Consolation du monde, la Rançon des captifs, la Santé des infirmes, la Joie des affligés et le Salut de tous. Nous avons recours à Vous et nous Vous supplions, ô Bienheureuse Marie, d'avoir pitié de nous. Ainsi soit-il.''

Cf. https://site-catholique.fr/?Priere-a-Marie-de-St-Ephrem

 

La Prière Mariale de Saint Éphrem le Syrien de Nisibe "Très Sainte Dame, Mère de Dieu" :

 

''Très Sainte Dame, Mère de Dieu, seule très pure d'âme et de corps, seule au-delà de toute pureté, de toute chasteté, de toute virginité; seule demeure de toute la grâce de l'Esprit-Saint; par là surpassant incomparablement même les puissances spirituelles, en pureté, en sainteté d'âme et de corps, jetez les yeux sur moi, coupable, impur, souillé dans mon âme et dans mon corps des tares de ma vie passionnée et voluptueuse; purifiez mon esprit de ses passions ; sanctifiez, redressez mes pensées errantes et aveugles ; réglez et dirigez mes sens ; délivrez-moi de la détestable et infâme tyrannie des inclinations et passions impures ; abolissez en moi l'empire du péché, donnez la sagesse et le discernement à mon esprit enténébré, misérable, pour la correction de mes fautes et de mes chutes, afin que, délivré des ténèbres du péché, je sois trouvé digne de Vous glorifier, de Vous chanter librement, seule vraie Mère de la Vraie lumière, le Christ notre Dieu; car Seul avec Lui et par Lui, Vous êtes bénie et glorifiée par toute créature invisible et visible, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.''

Cf. https://site-catholique.fr/?Priere-Mariale-de-Saint-Ephrem-le-Syrien

 

Sur l'Assomption (15 août) : La tradition de l’Église, notamment les écrits de saint Éphrem le Syrien ou de saint Grégoire de Tours, considère que la Vierge est directement ''montée au ciel''.

 

''Le corps de Marie est resté vierge après l’enfantement, ce corps ne connaît pas la corruption après la mort.

 

Elle est celle qui a porté le Créateur devenu enfant dans son sein, qu’elle habite désormais dans les demeures divines, et que l’épouse de Dieu entre dans la maison du ciel.

 

Elle a vu son propre fils en croix, et reçu dans son corps la douleur qu’elle n’a pas soufferte durant l’enfantement. Elle le contemple siégeant à la droite du Père, et elle ne connaît pas la corruption après la mort. […]

 

Qu’elle soit honorée par toutes les créatures comme la mère et la servante de Dieu.'' Extrait de l’hymne sur l’Assomption (hymnes à Marie pour la liturgie des heures, n° 16) composé par st Ephrem de Nisibe

Cf. https://www.mariedenazareth.com/encyclopedie-mariale/panorama-de-la-vie-de-la-vierge/vie-de-la-vierge-marie/lassomption-de-marie-au-ciel/dormition-assomption-dans-les-liturgies-du-monde/assomption-rite-syrien-hymne-de-st-ephrem/

Saint Amphiloque d'Iconium, IVe siècle, Menologion of Basil II

 

Au IVe siècle, S. Amphiloque, évêque d’Icone, représentant de l'école théologique cappadocienne qui a conduit aux formulations dogmatiques trinitaires du premier concile de Constantinople (381), dit que Dieu a formé la sainte Vierge sans tache et sans péché. Dans la liturgie de S. Jean Chrysostome, qui est plus ancienne que lui, Marie est appelée sans tacheà tous égards.

Au Ve siècle, cette tradition sur la conception de la Vierge Marie se poursuit chez les Pères grecs au lendemain du Concile d'Ephèse (431), en particulier chez deux évêques adversaires de Nestorius: saint Proclus, un des successeurs de S. Jean Chrysostome sur le siège de Constantinople (434-446), et Théodote, évêque d'Ancyre (430-439), puis chez S. Sophrone, patriarche de Jérusalem (634-638); 

 

André de Crète (+ 740); saint Jean Damascène, mort vers le milieu du VIIIe siècle, dont les témoignages sont assez longuement rapportés par le P. X.-M. Le Bachelet, Dict. Apol., art., Marie, col. 223-231.



À la lumière de cette tradition exégétique les paroles de l'ange à Marie:

 

"Je vous salue, pleine de grâce", ... la Sainte Vierge n'aurait pas reçu cette plénitude de grâce si son âme avait été un instant dans l'état de mort spirituelle par suite du péché originel, si elle avait été un instant privée de la grâce, détournée de Dieu, fille de colère, dans un état de servitude sous l'empire du démon. Saint Proclus dit qu'elle a été "formée d'un limon pur" (Orat. VI).

 

Théodote d'Ancyre dit que le "Fils du Très-Haut est issu de la Très-Haute" (Hom VI, in sanctam Mariam Dei genitricem, 11-12).

Saint Ambroise sur le psaume CXVIII (1178 selon la numérotation grecque) dit qu’elle a été exempte de toute tache du péché.

 

 

Au IVe siècle, il devient commun de considérer que Marie était, comme le disait saint Augustin, restée vierge "avant la naissance de Jésus, pendant sa naissance et pour toujours après sa naissance." (Source: Les grandes figures de L'Histoire, Jésus, Hors-série, n° 20, Oracom Éditions, Paru le 26-11-2021, p. 52.)

 

Saint Ephrem le Syriaque, mort en 373, dit : "Toutes deux innocentes, toutes deux saintes, Marie et Eve avaient été faites en tous points semblables, mais ensuite l'une est devenue cause de mort et l'autre cause de notre vie, 

 

Didyme d'Alexandrie, mort en 398, parle de "Vierge Immaculée, toujours et en tout".

 

Les Pères disent souvent de Marie qu'elle est immaculée, qu'elle a toujours été bénie de Dieu, au sens de sans tache, pour l'honneur de son Fils, qu'elle est intemerata, intacta, impolluta, illibata, entièrement sans souillure. 

 

Mosaïque de la Basilique de Saint Ambroise de MilanSaint AugustinS. Ambroise dit de même de Marie qu'elle est exempte de toute souillure du péché "per gratiam ab omni integra labe peccati" (in Ps. CXVIII, 22, 30; P. L., XV, 1521), et S. Augustin que "au sujet seulement de la Sainte Vierge Marie, l'honneur du Seigneur ne permet pas de soulever la question du péché." (De natura et gratia XXXVI, 42; P. L. XLIV, 267).

 

Au Ve siècle, Saint Proclus, patriarche de Constantinople de 434 à 446, dit : "Le Verbe n'a pas été souillé en habitant le sein que Lui-même a créé sans déshonneur..."


 

Depuis le VIIe et le VIIIe siècle, on célèbre dans l'Église, surtout dans l'Église grecque, la fête de la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie: en Sicile au IXe, en Irlande au Xe, presque dans toute l'Europe au XIIIe.

Le Concile de Latran de 649 (Denz., 256) appelle Marie, "immaculée".

 

Au Ve, S. Proclus, disciple de S. Jean Chrysostome et son successeur, dit que la sainte Vierge a été formée d’un limon pur. On lui attribue avec raison les trois sermons sur la sainte Vierge, qui passaient autrefois pour être de S. Grégoire le Thaumaturge, et dans lesquels cette même doctrine est enseignée.

 

Saint Jérôme sur la psaume LXIII (62 selon la numérotation grecque) dit que Marie n’a jamais été dans les ténèbres, mais toujours dans la lumière.

 

S. Augustin même, en écrivant contre les Pélagiens a formellement excepté la sainte Vierge du nombre des créatures coupables du péché.

 

Au VIe siècle, S. Fulgence (Serm. De Laudib. Mariae) observe que l’ange, en appelant Marie pleine de grâce, a fait voir que l’ancienne sentence de colère était absolument révoquée.

 

Au VIIIe s., S. Jean Damascène appelle cette sainte Mère de Dieu un paradis dans lequel l’ancien serpent n’a pas pu pénétrer (Hom. In Nat. B. M. V.)

 


Jean Damascène S. Jean Damascène écrit que Marie est la fille très sainte de Joachim et d'Anne qui "a échappé aux traits enflammé du malin" (Hom. I in Nat., 7), qu'elle est un paradis nouveau "où le serpent n'a pas d'entrée furtive" (Hom. II in dormit., 2 col 725) qu'elle est exempte de la dette de la mort, qui est une des suites du péché originel (Hom. II in dormit., 3, col 728), elle doit donc être exempte de la déchéance commune.

Si Marie avait contracté le péché originel, la plénitude de la grâce aurait été restreinte en ce sens qu'elle ne se serait pas étendue à toute sa vie. L'Eglise, en lisant les paroles de la salutation angélique à la lumière de la tradition
 et avec l'assistance du Saint-Esprit, y a vu le privilège de l'Immaculée Conception, implicitement révélé, non pas comme l'effet dans la cause qui peut exister sans lui, mais comme une partie dans le tout; la partie est actuellement dans le tout au moins implicitement énoncée.

 

 

Les premières traces de cette fête de "l’Immaculée Conception" remontent au VIIIe siècle dans l’Église grecque. Elle était alors célébrée le 9 décembre à Constantinople. Certains émettent l’hypothèse que cette fête était déjà célébrée au VIe siècle dans les laures monastiques. En Occident, cette fête apparaît pour la première fois dans deux calendriers liturgiques de Winchester au IXe siècle. Le Dictionnaire des temps, des lieux et des figures du Christianisme, Sous la dir. de André Vauchez, Seuil, Lonrai 2010, p. 278 précise que "l'église byzantine célèbre au VIIe siècle la fête de la Conception de Marie (8 décembre). Mais il faut attendre la fin du XIe siècle pour la voir apparaître en Occident, (...) en Angleterre."

Le Dictionnaire de la civilisation chrétienne, Fernand Comte, In Extenso Larousse 1999, indique quant à lui p. 495-496 qu'"une fête de l'Immaculée conception fut célébrée dès le Ve siècle dans l'église orientale et au VIIe siècle dans l'église occidentale." 

 

 

Au IXe siècle, Georges de Nicomédie regardait la Conception immaculée de la Sainte Vierge comme "la fête de la Vierge la plus récente" ; et au moins depuis cette époque les Grecs ont constamment appelé Marie panachrante, toute pure, sans tache, sans péché ; ils n’ont pas emprunté cette croyance de l’Église romaine, puisqu’ils la conservent encore.

 

Cf. https://sauvonsleglisedewimereux.fr/2020/12/07/une-peu-dhistoire-limmaculee-conception/

et Encyclopédie théologique Nicolas Bergier, 1815-1875, Migne, Encyclopedie Theologique Vol. 33, Dictionnaire de Theologie Dogmatique, p. 985-986

 Basilique Sainte-Marie-Majeure, Rome

Basilique Sainte-Marie-Majeure, Rome

"Fille digne de Dieu, beauté de la nature humaine, réhabilitation d'Ève notre première mère", écrit le moine Saint Jean de Damas (v. 675-749) au VIIIe siècle.

 

"Aujourd'hui le Créateur de toutes choses, Dieu le Verbe, a composé un ouvrage nouveau, jailli du coeur du Père pour être écrit, comme avec un roseau, par l'Esprit qui est la langue de Dieu... Fille toute sainte de Joachim et d'Anne, qui as échappé aux regards des Principautés et des Puissances et 'aux flèches enflammées du Mauvais' (Col 1,16; Ep 6,16), tu as vécu dans la chambre nuptiale de l'Esprit, et as été gardée intacte pour devenir épouse de Dieu et Mère de Dieu par nature...

"Fille aimée de Dieu, l'honneur de tes parents, les générations des générations te disent bienheureuse, comme tu l'as affirmé avec vérité (Lc 1,48).

"Fille digne de Dieu, beauté de la nature humaine, réhabilitation d'Ève notre première mère ! Car par ta naissance, celle qui était tombée est relevée...

"Si, par la première Eve 'la mort a fait son entrée' (Sg 2,24; Rm 5,12) parce qu'elle s'était mise au service du serpent, Marie, elle, qui s'est fait la servante de la volonté divine, a trompé le serpent trompeur et introduit dans le monde l'immortalité."

 

Saint Jean de Damas (v. 675-749), moine, théologien, docteur de l'Église, Homélie pour la Nativité de la Vierge, 7, 10 (trad. SC 80, p. 63 rev.)

 

La naissance de l'"Immaculée", la "mère du Beau" chez S. André de Crète (660-740)

 

"Aujourd'hui, Adam offre Marie à Dieu en notre nom comme les prémices de notre nature. ... Aujourd'hui l'humanité, dans tout l'éclat de sa noblesse immaculée, reçoit le don de sa première formation par les mains divines et retrouve son ancienne beauté. Les hontes du péché avaient obscurci la splendeur et les charmes de la nature humaine; mais naît la mère du Beau par excellence, cette nature recouvre en elle ses anciens privilèges et est façonnée suivant un modèle parfait et vraiment digne de Dieu... Aujourd'hui de Juda et de David est sortie une jeune vierge, portant la marque du règne et du sacerdoce de celui qui, selon l'ordre de Melchisédec, a reçu le sacerdoce d'Aaron... Pour tout dire en un mot : aujourd'hui, la réformation de notre nature commence, et le monde vieilli, soumis à une transformation toute divine, reçoit les prémices de la seconde création."

(S. André de Crète, in P. Regamey, Les plus beaux textes sur la Vierge Marie)

Au concile de Verceil, en 1050, le pape Léon IX recommande de célébrer la conception de la Vierge. Cette fête se répand progressivement dans l’Église d’occident.

St. Antoine (1195-1231), l'un des premiers fils de saint François d'Assise, appelait Marie dans ses sermons, par le doux nom de "Vierge Immaculée".

En 1305, le Bienheureux franciscain Jean Duns Scot (1266-1308) soutint publiquement le privilège de l'Immaculée Conception, dans une disputatio à la Sorbonne qui l'opposa à tous les professeurs opposés à cette définition, et en présence des légats du Pape.

"Le Père Saint François... En effet, en envoyant les premiers frères à la conquête des âmes, leur a enseigné une prière à Notre-Dame: "Je vous salue, Dame... choisie par le Très Saint Père du Ciel, qui vous a consacrée avec le Fils très saint et bien-aimé et avec le Saint-Esprit le Paraclet. En Toi est et était toute plénitude de grâce et tout bien."

Les professeurs de Paris affirmèrent que c'était une nouvelle doctrine. ''Une nouvelle doctrine ? [...] Les Pères de l'Église ne proclament peut-être pas assez clairement leur foi et celle de leurs siècles dans l'Immaculée Conception de Marie, lorsqu'ils affirment qu'Elle est très pure à tous égards et totalement sans défaut, toujours pure. , que le péché n'a jamais dominé en Elle, qu'Elle est plus que sainte, plus qu'innocente, sainte à tous égards, pure sans défaut, plus sainte que les saints, plus pure que les esprits célestes, la seule sainte, la seule innocente, la seule sans tache au-delà de toute mesure, le seul béni au-delà de toute mesure ?", demanda-t-il.

"La vérité est que tous ces messieurs ne connaissent pas exactement les écrits des Pères de l'Église, en particulier ceux de l'Est ; qu'ils lisent donc aussi ces rouleaux. Ils prétendent que l'affirmation selon laquelle la Sainte Vierge était immunisée de la tache du péché originel est un outrage à la dignité du Christ Seigneur, qui a racheté tous sans exception et est mort pour tous. Mais n’est-ce pas précisément à cause de cela, à cause des mérites de sa mort future, qu’il n’a pas même permis qu’elle soit souillée par une quelconque culpabilité ? N'est-ce pas précisément pour cela qu'Il l'a rachetée de la manière la plus parfaite ?"

Lorsque le courageux défenseur du privilège de l'Immaculée Conception quitta cet exil terrestre, le 8 novembre 1308, à Cologne, où il enseignait à l'université pendant ses dernières années, la foi en l'Immaculée Conception de Marie était alors si profondément enracinée que le célèbre théologien espagnol Vasquez pouvait à juste titre écrire au XVIe siècle "Depuis Scot, la foi en l'Immaculée Conception] a tellement grandi non seulement parmi les théologiens scolastiques, mais aussi parmi le peuple, que personne n'est désormais capable de la faire disparaître."

(saint Maximilien Marie Kolbe, "A proposito del culto all'Immacolata Concezione", 1925) 

 

En 1476 et 1483, Sixte IV parle en faveur du privilège à propos de la Conception de Marie (Denz. 734 s.)

Le Concile de Trente (Denz., 792) déclare lorsqu'il parle du péché originel qui atteint tous les hommes, qu'il n'est pas de son intention d'y inclure la bienheureuse et immaculée Vierge Marie.

 

En 1567, Baius est condamné pour avoir enseigné le contraire (Denz., 1073). En 1661, Alexandre VII affirme le privilège en disant que presque tous les catholiques l'admettent, quoiqu'il ne soit pas défini (Denz., 1100). 

 

Le 8 décembre 1854 est promulgué la définition solennelle (Denz., 1641) bulle Ineffabilis Deus de Pie IX. (P. Reginald Garrigou-Lagrange O. P., La Mère du Sauveur et notre vie intérieure, Les Editions du Cerf, Imprimatur 1941, rééd. Editions Saint-Rémi, p. 36-45).

La définition dogmatique

 

La définition du dogme  de l'Immaculée Conception par Pie IX, le 8 décembre 1854, s'exprime ainsi: "Nous déclarons, prononçons et définissons que la doctrine suivant laquelle, par une grâce et un privilège spécial de Dieu tout-puissant, et en vertu des mérites de Jésus-Christ, sauveur du genre humain, la bienheureuse Vierge Marie a été préservée de toute tache du péché originel au premier instant de sa conception, est révélée de Dieu et doit, par conséquent, être crue fermement et constamment par tous les fidèles" (Denzinger, n° 1641).

Cette définition contient surtout trois points importants:

la bienheureuse Vierge Marie a été préservée de toute tache du
péché originel au premier instant de sa conception. [...] L'Eglise n'a pas défini quelle est la nature intime du péché originel, mais elle a fait connaître ses effets: inimitié ou malédiction divine, souillure de l'âme, état d'injustice ou de mort spirituelle, servitude sous l'empire du démon, assujettissement à la loi de la concupiscence, de la souffrance et de la mort corporelle, considérée comme peine du péché commun (IIe Concile d'Orange, Denz., 174, 175. - Concile de Trente, Denz., 788, 789). Ces effets supposent la privation de la grâce sanctifiante qu'Adam avait reçue avec l'intégrité de nature pour lui et pour nous, et qu'il a perdue pour lui et pour nous (Concile de Trente, Denz., 789).

c'est en vertu des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain que Marie a été préservée du péché originel, comme l'avait déclaré en 1661 Alexandre VII (Denz., 1100). On ne saurait donc plus admettre comme le soutinrent quelques théologiens au XIIIe siècle que Marie est immaculée en ce sens qu'elle n'a pas eu besoin de rédemption, et que la première grâce en elle est indépendante des mérites futurs de son Fils.

Selon la bulle Ineffabilis Deus, Marie a été rachetée par les mérites de son Fils, et de la façon la plus parfaite par une rédemption, non pas libératrice du péché originel déjà contracté, mais par une rédemption préservatrice

A l'idée de rédemption préservatrice se rattache celle-ci que Marie, fille d'Adam, descendant de lui par voie de génération naturelle, devait encourir la tache héréditaire et l'aurait encourue de fait, si Dieu n'avait pas décidé de toute éternité de lui accorder ce privilège singulier de la préservation en dépendance des mérites futurs de son Fils.

Ce point de doctrine était déjà affirmé par la liturgie dans l'oraison propre de l'Immaculée Conception, qui fut approuvée par
Sixte IV (1476) et où il est dit: "Ex morte ejusdem Filii tui praevisa, eam (Mariam) ab omni labe praeservasti". La Sainte Vierge a été préservée du péché originel par la mort future de son Fils, c'est-à-dire par les mérites de Jésus mourant pour nous sur la croix.

On voit dès lors que cette préservation de Marie diffère beaucoup de celle du Sauveur lui-même, car Jésus ne fut nullement racheté par les mérites d'un autre, ni par les siens; il a été préservé du péché originel et de tout péché à un double titre: premièrement par l'union personnelle ou hypostatique de son humanité au Verbe, ... et secondement de par sa conception viriginale, due à l'opération du Saint-Esprit, Jésus ne descend pas d'Adam par voie de génération naturelle (selon la parole de
S. Augustin, De Genesi ad litteram, liv. X, c. 19 et 20, le Christ fut en Adam "non secundum seminalem rationem", mais seulement "secundum corpulentam substantiam". Cela n'appartient qu'à lui seul.

La définition du dogme de l'Immaculée Conception propose cette doctrine comme révélée, et donc comme contenue au moins implicitement dans le dépôt de la Révélation, c'est-dire dans l'Ecriture et la
Tradition, ou dans l'une de ces deux sources.


Le témoignage de l'Écriture

Qui tirera le pur de l’impur ? Personne !

Job 14,4

Mais le SEIGNEUR lui-même vit ! son ange m'a gardée, et lorsque je suis sortie d'ici, et tant que j'ai demeuré là, et lorsque je suis revenue ici; et le Seigneur n'a pas permis que moi, sa servante, je fusse souillée : mais il m'a rappelée vers vous sans tache de péché, me réjouissant de sa victoire, de mon salut et de votre délivrance.

Judith 13,20 - La Sainte Bible selon la Vulgate, traduite en français par l'Abbé J.-B. Glaire, Nouvelle Edition, Editions D.F.T. 2002, p. 978-979

Aussi vrai que le Seigneur est vivant, son ange m'a gardée à mon départ, durant mon séjour au milieu d'eux, et à mon retour, et le Seigneur n'a pas permis que sa servante fût souillée; mais il m'a rendue à vous sans aucune tache de péché, toute joyeuse de sa victoire, de ma conservation et de votre délivrance.

Judith 13,20 - Bible Catholique Crampon 1923

La sagesse n'habitera pas "dans un corps endetté par le péché" (Sagesse 1,4) :

Car la Sagesse ne peut entrer dans une âme qui veut le mal, ni habiter dans un corps asservi au péché.

Sagesse 1,4

La bulle Ineffabilis Deus cite deux textes de l'Ecriture: Gen., III, 15 et Luc, I 28, 42.

Dans le Genèse, ce privilège est implicitement ou confusément révélé comme en germe dans ces paroles de Dieu adressées au
serpent, figure du démon (Gen., III, 15): "Je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité; celle-ci t'écrasera la tête et tu la mordras au talon". Celle-ci, c'est-à-dire la postérité de la femme, car dans le texte hébreu, le pronom est masculin et désigne les descendants de la femme; de même dans les Septantes et la version syriaque. La Vulgate a mis ipsa qui se rapporte à la femme elle-même. Le sens d'ailleurs n'est pas essentiellement différent, car la femme sera associée à la victoire de celui qui représentera éminemment sa postérité en lutte avec le démon au cours des âges.

Par elles-mêmes ces paroles ne suffisent certainement pas à prouver que le privilège de l'Immaculée Conception est révélé, mais les Pères, dans leur comparaison d'Eve et Marie, y ont vu une allusion à cette grâce, c'est à ce titre que Pie IX cite cette promesse.

 


 

Exaltation franciscaine de l'Immaculée conception, XVIIe

Exaltation franciscaine de l'Immaculée conception, XVIIe

 

 

 

En 1531, lors de l'apparition de la Vierge du Mexique sur la colline de Tepeyac près de Mexico, Notre-Dame de Guadalupe se présenta ainsi à un Indien : "Je suis la parfaite et toujours Vierge Sainte Marie, la Mère du vrai Dieu."

 

 

En 1858, quatre ans après la définition dogmatique, lorsque la Vierge apparaît la première fois à Lourdes à Bernadette Soubirous, celle-ci n’a pas encore fréquenté le catéchisme, les campagnes n'étaient pas encore au courant de cette définition. Elle lui déclare : "Je suis l'Immaculée conception."

 

Il est vraiment juste de te bénir, ô Mère de Dieu, toujours bénie et très pure, et la Mère de notre Dieu. Plus honorables que les Chérubins, et plus glorieux que les Séraphins !

 

Solennité de l'Immaculée Conception de la Vierge Marie
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7 décembre 2025 7 07 /12 /décembre /2025 01:00
Ambroise convertissant Théodose, Par Pierre Subleyras, 1745

Ambroise convertissant Théodose, Par Pierre Subleyras, 1745

Né en 339 à Augusta Treverorum dans l'Empire romain (aujourd'hui Trèves) fils d'un préfet des Gaules et d'Occident, Ambroise était gouverneur de Milan. Sa grand-tante, la belle Aurelia Sotheris, vierge chrétienne, fut suppliciée le 10 février 305, flagellée puis décapitée sur la Via Appia.

 

Encore catéchumène, Ambroise a été élu évêque de Milan en 374 par acclamation populaire, sans avoir été baptisé au préalable, et a ensuite à 35 ans été baptisé et ordonné en peu de temps, pour accepter la charge ; il combattit avec succès l'arianisme, et fut l'inventeur de nombreuses reliques de saints.

 

Afin de pouvoir poursuivre leur cursus honorum, beaucoup d'hommes de l'aristocratie romaine, quoique chrétiens de cœur, repoussaient leur baptême jusqu'à leur vieillesse. Ils considéraient que le sacrement laverait les fautes qu'ils auraient dû commettre dans l'exercice des magistratures. Cette attitude perdurera longtemps après la conversion de l'empire puisque dans les années 350 le père de saint Ambroise, préfet du prétoire d'Occident, mourra sans avoir été baptisé en dépit de sa réelle ferveur. Ses deux fils, qui commencèrent par suivre à leur tour la carrière administrative, en avaient fait autant. Ambroise fut baptisé en catastrophe, à trente-cinq ans, puis aussitôt ordonné prêtre, ce qui d'ailleurs, n'était pas une procédure canoniquement valable et autorisée.

 

Ambroise a une conception de l'État originale pour l'époque

 

C'est en effet aux idées républicaines qu'il fait appel, n'hésitant pas à mobiliser le peuple contre le pouvoir impérial, comme il le fait pour éviter l'installation d'un prêtre arien à Milan.

Il a aussi une haute conception de l'Église et pour lui, l'empereur n'est qu'un chrétien parmi d'autres. Aussi oblige-t-il Théodose Ier à une expiation publique pour avoir massacré le peuple de Thessalonique.

 

Le fait le plus célèbre : le châtiment qu'il osa imposer à l'empereur Théodose Ier (379-395)

Van Dyck, Ambroise et l'empereur Théodose, xviie siècle.

 

En 390, la population de Thessalonique, en Grèce, se révolta contre l'impôt et tua le gouverneur, ainsi que plusieurs magistrats.

 

L'empereur chrétien Thédodose Ier fit alors massacrer autour de 7 000 personnes qu'il avait fait rassembler dans l'hippodrome.

 

Ce prince, dont les mains étaient encore souillées du sang versé au massacre de Thessalonique, se présenta alors au seuil du temple et Ambroise était là, menaçant de l'excommunier :

 

"Arrêtez, lui dit-il ; imitateur de David dans son crime, imitez-le dans sa pénitence!

 

Théodose, craignant cette dernière peine, accepta la pénitence publique et resta pendant huit jours à la porte de l'église (Cf. Charles Seignobos, Histoire de la civilisation ancienne, Masson et Cie éditeurs, 1900, vol. 1, p. 343), marquant ainsi la subordination du pouvoir temporel au pouvoir spirituel.

 

Saint Ambroise convertissant Théodose, toile de Pierre Subleyras, 1745.

 

Le fléau des ariens

 

L'évêque de Milan, Auxence, qui était arien, venait de mourir. Les évêques de la province, le clergé, les fidèles, assemblés pour élire son successeur, ne pouvaient s'entendre. La lutte électorale était vive entre catholiques et hérétiques ariens (négateurs de l'unité du Père et du Fils et donc de la Trinité).

 

Le peuple, réuni à l'église, semblait prêt à faire une sédition pour obtenir un évêque, dont il était privé depuis vingt ans par la faute des ariens; le magistrat Ambroise, gouverneur de la Province, accourut, se rendit à l'église pour calmer la foule ; mais voici qu'un enfant l'interrompit et cria : "Ambroise évêque !" C'était la voix du Ciel ; celle du peuple y répondit, et le temple retentit de ce cri répété avec enthousiasme : "Ambroise évêque ! Ambroise évêque !" La multitude saisit ce mot avec enthousiasme; tous, ariens et catholiques, répétaient ce mot. Ambroise protesta ; il objecta qu'il n'était que catéchumène, il se fraya un passage à travers la foule et s'esquiva en son palais ; mais la foule le suivit, déjoua tous ses stratagèmes et répéta cent fois le même cri. Il s'enfuit à cheval pendant la nuit, mais il perdit son chemin, et à son grand étonnement se retrouva le matin à son point de départ (374). 

 

Ambroise fut le fléau des ariens, et le vaillant défenseur de la vraie foi.

 

Dans plusieurs conciles, il confondit PriscillienJovinien et d'autres hérétiques.

 

Il défendit courageusement le christianisme contre les païens et le préfet Symmaque., alors en faveur du culte païen.

 

À la fin du IVe siècle, sous Théodose, le gouvernement de l'Empire était en effet toujours assumé par des païens : avec le sénateur païen Symmaque, Préfet (384), puis consul (391), et son collège Prétextat, "tout le Sénat tenait encore pour le paganisme"; Les Vestales habitaient toujours le "Temple de la Mère des dieux"... Ambroise, dut combattre pour s'opposer aux initiatives de Symmaque en faveur du culte païen; dans la polémique qui s'ensuivit, il nota que les païens devaient être satisfaits de voir les places publiques, les portiques et les bains toujours remplis des statues de leurs dieux...

 

Parmi toutes ses vertus, l'énergie, une fermeté tout apostolique, semble avoir été la principale. Un jour on vint lui apporter un ordre injuste signé par l'empereur Valentinien :

 

"Allez dire à votre maître, répondit Ambroise, qu'un évêque ne livrera jamais le temple de Dieu!"

 

Bientôt il apprit que les hérétiques ariens, soutenus par l'autorité, allaient s'emparer de deux basiliques :

 

"Allez, s'écria Ambroise du haut de la chaire sacrée, dire aux violateurs des temples saints que l'évêque de Milan excommunie tous ceux qui prendront part au sacrilège."

 

Saint Ambroise fut un grand évêque, un savant docteur, un orateur éloquent. Il a l'éloquence de Cicéron et enthousiasme son auditoire.

 

Parmi les saints qu'il priait et affectionnait, Ambroise vouait une grande dévotion à saint Laurent. À Milan, pour récupérer les reliques des martyrs, il se fia aux inspirations divines, qui lui permirent à plusieurs reprises d'inventer des reliques, terme qui ne signifie pas qu'il les a supposées mais qu'il les a découvertes... Il retrouva ainsi Celse et Nazaire, Vital et Agricola, Gervais et Protais, qui avaient été martyrisés à la fin du IIIe siècle.

 

Les païens antiques méprisaient la vénération des reliques. Or, saint Ambroise fit un rêve dans lequel l'emplacement des reliques des saints Protais et Gervais (martyrs) fut découvert. Une fois découvertes, saint Ambroise les fit exposer dans ce qui est aujourd'hui la basilique Saint-Ambroise, et elles furent à l'origine de nombreux miracles, dont la guérison d'un aveugle (qui, en remerciement de sa guérison, passa le reste de sa vie au service de la basilique). Aujourd'hui, on peut voir à la basilique Saint-Ambroise les trois reliques, celle de saint Ambroise, et à ses côtés, saint Protase et saint Gervais. Les hérétiques ariens eux-mêmes au IVe siècle méprisaient ces idées catholiques des reliques : ''Pourtant, au sein même du palais, un grand nombre d'ariens qui avaient pris le parti de l'impératrice Justine [qui persécutait saint Ambroise] ridiculisaient la grâce que le Seigneur Jésus avait daigné accorder à son Église catholique grâce aux mérites de ses martyrs [par leurs reliques et leur intercession]. Et ils affirmaient que le vénérable Ambroise avait, à l'aide d'argent, préparé des hommes à déclarer faussement qu'ils étaient tourmentés par des esprits impurs et à dire qu'ils étaient torturés par lui comme par les martyrs.'' Ces faits sont relatés dans la Vie de saint Ambroise, v. 422, écrite par Saint Paulin, son secrétaire à Milan (chapitre 5).

 

Ambroise consacra une partie de son traité De virginibus à sainte Agnès de Rome, Vierge et Martyre (304) dont il raconta la vie en s'appuyant sur des témoignages de témoins oculaires du procès, encore vivants et très âgés à la fin du IVe siècle.

Saint Ambroise de Milan, évêque et docteur de l'Église († 397)

Avec sainte Monique, il travailla efficacement à la conversion du grand saint Augustin

 

Augustin écrira plus tard :

 

"Ma mère ... a pleuré pour moi plus que les mères n'ont l'habitude de pleurer pour la mort corporelle de leurs enfants."



Augustin rappelle ce que saint Ambroise a dit à sainte Monique : 

 

"Femme, l'enfant de tant de larmes ne périra jamais."

Saint Ambroise de Milan, évêque et docteur de l'Église († 397)

Il organisa la liturgie de son diocèse, qui est restée sous son nom jusqu'à ce jour (rite ambrosien).

 

On lui doit doit quelques hymnes appelée précisément "ambroisiennes". 

 

C'est lui qui, d'après la tradition, a le premier réglé la forme du chant ecclésiastique (cantus ambrosianus, seu firmus). Ce n'est qu'à la fin du IVe siècle que saint Ambroise imposa, pour parler de l'assemblée dominicale (dominicum), le mot missa, messe.

 

Dans sa charité sans bornes, il ne craignit pas de vendre les vases sacrés de l'Église pour le rachat des captifs. Il mourut la veille de Pâques, en 397.

Tout ce qui est vrai est à nous.

Saint Ambroise (A.D 339-397)

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Sources

(1) L'Evangile au Quotidien ; (2) Anne BERNET, Les Chrétiens dans l'Empire romain, des persécutions à la conversion Ier - IVe siècle, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 298, 372, 442, 453, 461, 464 ; (3) Wikipedia ; (4) Mgr Paul Guérin, Vie des saints pour tous les jours de l'année, Editions D.F.T., Saint-Etienne 2003, p. 753-754 ; (5) Fernand COMTE, Dictionnaire de la Civilisation chrétienne, Larousse In Extenso, Manchecourt 1999, p. 184-185; (6)

 

. Les évêques, derniers défenseurs authentiques de la "Romanitas" : saint Léon le Grand, pape et docteur de l'Église († 461)

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6 décembre 2025 6 06 /12 /décembre /2025 01:00
Saint Nicolas, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 138.

Saint Nicolas, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 138.

Saint Nicolas de Patare fut le fruit des prières de ses pieux parents. Il naquit au IIIe siècle dans une riche famille chrétienne en Lycie (Asie mineure, actuelle Turquie) entre 250 et 270 ap. J.-C. Ses parents périrent lors d'une épidémie de peste et, ayant hérité de la fortune familiale, il décida de suivre l'appel radical du Christ et de la donner aux pauvres. Il devint ainsi célèbre pour sa générosité envers les nécessiteux, son amour des enfants et sa sollicitude envers les marins et les navires.

Il eut l'esprit ouvert aux choses divines dès sa plus petite enfance ; à peine sut-il manger, qu'il sut jeûner. Il avait un oncle évêque, qui, voyant avec admiration les vertus de Nicolas, l'ordonna prêtre dès qu'il eut l'âge requis et fit de lui cette prédiction : "Il sera la consolation des affligés, le sauveur des âmes en péril, le bon pasteur qui rassemble ses brebis égarées au bercail de Jésus-Christ." (1)

 

 

C'est lui, dit-on, qui "apporte des cadeaux" aux enfants à l'approche de Noël. (2)

Après un pèlerinage aux Lieux saints, Nicolas se retira à Myre, espérant échapper aux honneurs qu'il voulait éviter avec tant de soin, et à la mort de l'évêque de Myre, qui arriva peu de temps après, il fut élu pour lui succéder. Il semble que ce nom "Myre" soit lycien, la racine "Myrrh" pouvant signifier "la cité de la déesse mère". Des vestiges romains, partiellement dégagés, comportent pour l'essentiel des thermes et un théâtre. Celui-ci fut détruit en 141 par un tremblement de terre et rebâti ensuite.

 

L'évêque Nicolas fut exilé et emprisonné durant les persécutions de l'empereur Dioclétien. Après sa libération, il participa au concile de Nicée en 325, Des légendes se sont développées sur sa générosité, et tout au long du Moyen Âge, il devint l'un des saints les plus populaires et réputés pour ses miracles en Europe.

 

L'une des légendes les plus populaires sur Nicolas est que le saint, qui serait issu d'une famille riche, aurait secrètement aidé un pauvre homme avec trois filles. Le père ne pouvait pas fournir une dot convenable aux filles pour qu'elles se marient, et sans mari pour les soutenir, elles auraient pu être contraintes de se tourner vers la prostitution. Après avoir pris connaissance de la situation, Nicholas glissa secrètement un sac de pièces d'or à travers la fenêtre de la famille pendant qu'ils dormaient. Il laissa ensuite un deuxième sac de pièces de monnaie, ainsi qu'un autre sac pour la troisième fille. À ce moment-là, dit la légende, le père, qui avait attendu toute la nuit, "prit" Nicolas en flagrant délit alors qu'il lui offrait un cadeau. Mais Nicolas lui fit promettre de garder le secret.

 

L’histoire explique probablement pourquoi le personnage de Noël moderne du Père Noël apporte ses cadeaux aux enfants sous le couvert de la nuit.

 

Dans les œuvres d’art faisant référence à cette légende, les trois sacs de pièces sont souvent représentés comme trois boules dorées. Des images de boules d'or étaient également utilisées pour marquer les magasins des prêteurs sur gages, ce qui explique probablement pourquoi Nicolas est également devenu leur saint patron.

 

L’un des nombreux miracles attribués à Saint-Nicolas s’est produit en mer alors qu’il voyageait à bord d’un bateau vers la Terre Sainte. Nicolas est le saint patron des marins et des voyageurs car il a calmé les eaux tumultueuses qui menaçaient leur vie. (CNA)

 

Saint Nicolas de Bari gifle l'hérétique Arius au Concile de Nicée

Source image : 1, 2

 

Il a participé au premier Concile de Nicée (325) au cours duquel, défendant la nature divine du Christ, il combat l'arianisme avec force, accomplissant des miracles devenus légendaires.

 

On dit qu’il ressuscita à Myre deux jeunes écoliers de qualité qu’un hôtelier avare et cruel avait égorgés et serrés dans un saloir, afin de profiter de leur argent et de leur corps. D’autres disent qu’il en ressuscita trois sur le chemin de Nicée, qu’un méchant homme avait traités avec la même barbarie et dont il vendait la chair hachée comme de la viande commune. Ces deux prodiges, néanmoins, n’ont aucun témoignage dans l’antiquité ; nous n’avons que la tradition des peuples pour nous en assurer. Peut-être aussi que ce n’a été qu’un seul miracle rapporté différemment par divers auteurs. (France Pittoresque, Saint Nicolas : vie, miracles, légendes, d’après "Les petits Bollandistes" paru en 1876, "Le romancéro populaire de la France : choix de chansons populaires françaises" paru en 1904, "La Légende dorée - édition enrichie" paru en 1910 et "Revue britannique" paru en 1851.)

 

Saint-Nicolas n’est pas simplement un gentil Saint qui distribue des cadeaux. La légende raconte que c’est en Lorraine que le Saint-Nicolas réalisa sa première "bonne action". Trois enfants, partis cueillir quelques fruits, se perdirent sur le chemin du retour. Voyant au loin de la lumière dans une maison, ils décidèrent d’aller demander l’hospitalité pour la nuit. Pierre Lenoir, un boucher, leur ouvrit et accepta leur demande. Finalement, il les tua pour les transformer en petit salé, un plat typique de la région. Une légende faisant un peu écho à celle d’Hansel et Gretel… Saint-Nicolas, passant dans les environs, toqua lui aussi à la porte du boucher. Ce dernier n’osa pas refuser l’entrée à un évêque et l’invita donc à diner. Le saint homme demanda alors un petit salé, mettant le boucher dans l’embarras et avoua finalement son crime. Saint-Nicolas décida alors de ressusciter les trois enfants, et devint ainsi le Saint protecteur des enfants. Mais pour punir le méchant boucher, l’évêque l’enchaina à son âne, et devint alors le Père Fouettard, chargé de réprimander les garnements. Une légende qui explique alors le rôle de Saint-Nicolas, encore à l’heure actuelle. (3)

 

Une de ses premières œuvres fut de sauver l'honneur de trois filles exposées à la perte de leur vertu ; il les dota toutes, l'une après l'autre, et il le fit si discrètement, que c'est à la fin seulement que le père, touché d'admiration, surprit la main du bienfaiteur.  

Saint Nicolas, Nicolas de Myre (icône russe, Eglise de Saint-Nicolas, Novgorod, Russie), reproduction photographique fidèle d'une œuvre d'art originale de 1294.

Saint Nicolas, Nicolas de Myre (icône russe, Eglise de Saint-Nicolas, Novgorod, Russie), reproduction photographique fidèle d'une œuvre d'art originale de 1294.

L'habitude qu'il avait de pourvoir anonymement à la dot des jeunes filles pauvres, en introduisant discrètement des cadeaux dans leurs maisons est à l'origine de la légende du père Noël, version profane ou "laïcisée" de l'histoire du saint évêque. En Turquie, et particulièrement à Demre (nom actuel de Myre), les deux personnages sont confondus et le souvenir de saint Nicolas est maintenu. (4)

 

 http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/db/Ancient_Roman_theater_in_Myra.jpg/280px-Ancient_Roman_theater_in_Myra.jpg
Le théâtre de Myre

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/7/79/St_Nicolas_Les_Heures_de_Jean_de_Vy_%26_Perrette_Baudoche_v1450.jpg/220px-St_Nicolas_Les_Heures_de_Jean_de_Vy_%26_Perrette_Baudoche_v1450.jpgDès lors il s'appliqua à devenir le modèle de son troupeau. Il ne mangea plus qu'une fois le jour, et jamais de viande ; il faisait toujours lire à sa table quelque livre de la Sainte Écriture ; ses nuits se passaient en oraison, et la terre dure était sa couche pour le peu de repos qu'il prenait. Levé avant le jour, il réveillait ses clercs pour chanter des hymnes et des psaumes ; aussitôt le soleil paru, il allait à l'église et employait le reste du jour à ses diverses fonctions pastorales.

 

Saint Nicolas détruit une idole païenne, Monastero di Esphigmenou

 

Sous la persécution de Dioclétien, il fut jeté dans un cachot et mis à la torture ; mais on n'osa pas le faire mourir, par peur de la vengeance de son peuple.

 

Peu de Saints ont opéré de plus nombreux et de plus éclatants miracles. Tantôt il apparaît à Constantin pendant la nuit, pour lui ordonner de mettre en liberté trois innocents qui doivent être exécutés le lendemain ; tantôt il se montre, en pleine tempête, à des matelots en danger qui l'ont appelé à leur secours.

 

Saint Nicolas de Myre protégeant les marins_Vitale de Bologna_ XIVe siècle_Saint

Il est surtout légendaire entre mille, le miracle de la résurrection de trois enfants tués par un boucher et hachés menu, pour être mêlés à la viande de son commerce. On l'honore comme le patron des écoliers.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/cf/MYRA_0245.jpg

Statue de Saint-Nicolas à Myre

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/df/MYRA_0252.jpg/800px-MYRA_0252.jpg


Église Saint-Nicolas de Myre

 

Le culte de saint Nicolas, d’abord spécial aux Grecs, passa en Occident à l’époque des Croisades.

L'église Saint-Nicolas, appelée par les Turcs Noel baba kilisesi (église du père Noël) est un édifice byzantin, orné de fresques et partiellement restauré. Elle se trouve près du centre de la ville et reçoit la visite de nombreux touristes et pèlerins, russes en particulier.

La première église Saint-Nicolas de Myre remonte au VIe siècle. L'édifice actuel fut construit essentiellement au VIIIe siècle. Un monastère vint s'ajouter au milieu du XIe siècle. En 1863, le tsar Alexandre II de Russie acheta le bâtiment et entama une restauration. En 1963, on dégagea les ailes Est et Sud. En 1968, la tombe de saint Nicolas fut couverte d'une toiture.

Le sol de l'église est réalisé en opus sectile, une mosaïque de marbre coloré, et des fresques subsistent sur les murs. Un ancien sarcophage grec a été réutilisé pour recevoir les reliques du saint, qui reposent aujourd'hui dans la basilique de Bari. De nouveaux travaux de restauration sont en cours (2009). En 2007, après de nombreux refus, le gouvernement turc a donné l'autorisation d'y célébrer le culte chrétien.

Un archevêque membre du saint synode du patriarcat de Constantinople porte le titre d'archevêque de Myre.

Au cours de la persécution des chrétiens de 310, il est arrêté et torturé. Il distribue la richesse dont il a hérité parmi les pauvres. Ce fait est rapporté par les évêques du IVe siècle, Ambroise de Milan et saint Basile de Césarée et, pour cette raison est considéré comme un fait historique. 

Un an avant sa mort, Nicolas fait démolir le temple d'Artémis de Myre. (Kevers-Pascalis, Saint Nicolas personnage historique, dans Musée Lorrain, Saint Nicolas et les Lorrains, entre histoire & légende, Editions serpenoise, 2005, p. 26.)

Un jour, des pèlerins s'embarquaient pour le miraculeux tombeau, quand une vieille femme vint les prier d'emporter avec eux son offrande, une provision d'huile pour les lampes du sanctuaire. Au deuxième jour du voyage, la tempête s'éleva, mettant le navire en danger. Les pèlerins envisagent de s'abriter dans un port, mais voici venir à eux, ô prodige! saint Nicolas sur une petite barque... Il leur dit de jeter à l'eau l'huile dont ils se sont chargés, les assurant qu'ensuite ils voyageraient sans encombre. Obéissant, les pèlerins versent l'huile dans les flots et, terrifiés, comprenant qu'elle leur vient du démon, ils la voient qui s'enflamme avec un bruit et une odeur épouvantables. On dit que la veille femme était la déesse Diane, qui, furieuse de la destruction de son temple, cherchait à se venger sur les fervents de saint Nicolas. (Germaine et Pierre Noury, Saint Nicolas, Ernest Flammarion, 1928.)

 

J'aimais et pratiquais dans la perfection les saintes vertus d'humilité et de chasteté.

Saint Nicolas

Sainte Brigitte, née en 1302, se marie et met au monde 8 enfants dont sainte Catherine de Suède. Elle fait de nombreux pèlerinages dont un à Bari pour honorer les reliques de saint Nicolas. "Ce fut au prix de peines et de fatigues considérables que les voyageurs accomplirent le long voyage de Manfredonia à Bari. En pénétrant dans le temple qui renferme le tombeau du grand saint Nicolas, Brigitte ressentit une joie inexprimable ; elle se prosterna avec une humble dévotion devant les saintes reliques. À ce moment apparut à ses yeux une forme vénérable, toute brillante et comme ointe d'un baume odorant. La céleste vision lui dit : 'Je suis l'évêque Nicolas ; je vous apparais sous cette forme pour vous révéler l'état dans lequel se trouvait mon âme aux jours de ma vie terrestre ; mes membres étaient adroits et souples au service de Dieu, comme l'est un instrument frotté d'huile sous la main de celui qui le manie. Et si mon âme tressaillait toujours d'allégresse et de bonheur, si ma bouche ne prêchait que la parole de Dieu, si enfin la patience reluisait dans toutes mes œuvres, c'est que j'aimais et pratiquais dans la perfection les saintes vertus d'humilité et de chasteté. Écoutez donc : [...] mes ossements ont reçu de Dieu le rare privilège de distiller une huile salutaire. En effet, le Tout-Puissant n'honore et n'exalte pas seulement ses élus dans le ciel ; il les glorifie également sur la terre, pour l'édification d'un grand nombre, qui participent ainsi aux grâces accordées aux Saints.

"Brigitte se réjouit grandement de la faveur dont elle venait d'être l'objet ; elle en rendit grâces à Dieu et à saint Nicolas. Elle voulait ne s'arrêter que peu de temps à Bari, et retourner ensuite à Rome, s'il était possible, avant Noël ; mais Dieu en ordonna autrement." (Vie de sainte brigitte de suède écrite d'après les documents authentiques par une religieuse de l'adoration perpétuelle avec approbation épiscopale, tome second, Paris Librairie Saint-Joseph Tolra, libraire-éditeur 112, rue de rennes, 1879.)

 

C'est de l'évolution de la représentation de cet évêque que naît la tradition des jouets et friandises offerts dans la nuit du 5 décembre par saint Nicolas aux enfants sages. (Philippe Duley, Saint Nicolas, Éditions de l'Est, 1990, p. 43.)

 

Au XVIe siècle, Luther refusa que cette mission soit confiée à un saint. En 1545, il prône le remplacement des "cadeaux de saint Nicolas" par ceux du "Seigneur Christ" ou Christkindel et veut remplacer le 5 décembre par la fête de Noël, mais la fonction convenait probablement mieux à un vieillard barbu qu'au "petit Jésus", et c'est ainsi que fut inventé l'artificiel Père Noël du 25 décembre qui ne supplanta pas saint Nicolas auprès des enfants de Lorraine (Colette Méchin, Saint Nicholas: fêtes et traditions populaires d'hier et d'aujourd'hui, Berger-Levrault, 1978, p. 12.)

 

Aujourd'hui Nicolas est le Saint patron des écoliers, des enfants, des marins et bateliers, des avocats du barreau de Paris, des célibataires, mais aussi de la Lorraine, de la Russie, de la ville de Houilles, de la ville de Fribourg, de l'île de Terre-de-Bas aux Saintes, de l'Université de Valladolid en Espagne et de la ville de Bari en Italie. (4)

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/0b/Saint-P%C3%A8re-sur-Loire_%28croix_pr%C3%A8s_du_pont%29_5702a.jpg/800px-Saint-P%C3%A8re-sur-Loire_%28croix_pr%C3%A8s_du_pont%29_5702a.jpg

Plaque invoquant saint Nicolas fixée sur la croix érigée par les mariniers de Saint-Père-sur-Loire, avant le passage sur le pont menant sur l'autre rive, à Sully-sur-Loire.

 

La fête de Saint-Nicolas est célébrée dans beaucoup de pays d’Europe, dans la nuit du 5 au 6 décembre.

 

Le Saint descend du ciel dans la nuit du 5 au 6 décembre, accompagné d'un âne ou d'un cheval blanc, selon les pays. Il se glisse dans les cheminées, et distribue cadeaux et friandises: sa monture, elle, se nourrit des pommes et des carottes laissées par les enfants. (5)

 

 

En Belgique, où le Saint (Sinterklaas en Région flamande et aux Pays-Bas) se charge de venir offrir quelques douceurs telles que des spéculoos ou des mandarines, aux gentils enfants pendant la nuit, si ceux-ci ont pris la peine de préparer sa venue en déposant un verre de vin et une carotte pour son âne. C’est aussi dans les écoles que Saint-Nicolas se déplace, pour demander aux enfants les cadeaux qu’ils souhaitent, et les encourage à écrire une lettre au Père Noël.

 

Aux Pays-Bas aussi, Saint-Nicolas est bien fêté. 2 semaines avant le 6 décembre, il arrive en bateau à vapeur depuis l’Espagne. Chaque année, les autorités nationales choisissent une ville différente pour accueillir le bateau, qui fera ensuite sa tournée à travers le pays. Mais la soirée du 5 décembre a lieu le Pakjesavond, la soirée des paquets surprises. Ces paquets sont distribués par les cheminées ou les paliers des maisons et sont souvent accompagnés de poèmes retraçant les éléments de l’année.

 

 

En France, et particulièrement en Lorraine, la fête est d’autant plus célébrée puisque le Saint est le saint-patron de la région depuis 1477. Jusque dans les années 60, la Saint-Nicolas était bien plus importante que Noël. Dans toutes les grandes villes de la région comme Metz, Nancy ou Verdun, le cortège de Saint-Nicolas est une véritable tradition. Il passe ainsi de porte-en-porte pour distribuer quelques friandises aux enfants. A Saint-Nicolas-de-Port, la fête prend une toute autre dimension. C’est dans cette ville qu’une relique, l’os du doigt de Saint-Nicolas, est conservée dans la basilique. A lieu alors une grande procession de cierges à travers les rues de la ville. Lors de cette marche, le Saint, le boucher et les trois enfants de la légende sont présents.

 

Bien avant le "Père Noël", Nicolas jetait des pièces de monnaie à travers les fenêtres ou les cheminées pour sauver les filles pauvres de la vente en esclavage. Dans l’Europe médiévale et moderne, les enfants laissaient leurs chaussures dehors dans la nuit du 5 décembre. S'ils avaient été sages, Nicolas aurait laissé des friandises. Sinon, ils avaient un bâton.

 

En Allemagne, c’est Nikolaus qui descend du ciel avec sa luge et ses cadeaux à distribuer aux gentils enfants allemands. Les enfants sont invités à déposer une chaussure au pas de la porte de leur chambre avant d’aller se coucher. Si le soulier est rempli de cadeaux et de friandises le lendemain, cela veut dire qu’ils ont été sages ! Cette tradition marque le début des fêtes de fin d’années en Allemagne.

 

En Autriche, selon les régions, le nom du Saint change. Dans l’est du pays, il est appelé Nikolo ou Niglo, tandis que dans le Tyrol, il est nommé SantaKlos ou Klos. Mais peu importe la région, partout en Autriche, le soir du 5 décembre, le Saint défile traditionnellement dans les rues et questionne les enfants sur leur catéchisme. S’ils répondent correctement, les enfants reçoivent des noix et des pommes. Ici, le Saint n’est pas accompagné du Père Fouettard mais des Krampus, des créatures venues des Enfers, chargées de punir les enfants dont les réponses sont erronées. Il irait même jusqu’à les emmener en Enfer avec lui, en les mettant sans sa hotte appelée Buckelkraxen. Dans une autre région encore, en Haute Styrie, Saint-Nicolas est accompagné des Schnabs, qui claquent leurs fouets pour chasser les démons de l’hiver.

 

Dans beaucoup d’autre pays d’Europe est célébré Saint-Nicolas, comme en Pologne, en Hongrie, en Suisse… Mais dans tous les pays, le principe est le même, celui de la distribution de cadeaux aux enfants. 

 

 

La plupart des gens savent que la fête de Nicolas est célébrée le 6 décembre, jour de sa mort en 343, mais pour les Slaves de l'Est, ainsi que pour les habitants de Bari, en Italie, le 9 mai est également un jour important pour célébrer le saint. Cette date correspond à l'anniversaire du jour où les reliques de Saint-Nicolas ont été transférées de Myra, dans l'actuelle Turquie, à Bari, peu de temps après le grand schisme des catholiques et des orthodoxes, en 1087, lorsque 62 marins courageux ont sauvé les reliques de saint Nicolas, les transportant de Myre, en Asie, sa ville natale, jusqu'à Bari, dans les Pouilles, leur ville bien-aimée du sud de l'Italie. La basilique Saint-Nicolas fut construite pour abriter ces reliques, qu'elle conserve encore aujourd'hui. Les récits diffèrent quant à savoir si la transmission des reliques était un vol ou une tentative de marins chrétiens de préserver les restes du saint de la destruction par les Turcs. Mais quelle que soit la véritable raison, les reliques peuvent encore être vénérées aujourd'hui dans la basilique Saint-Nicolas de Bari, dans la région des Pouilles, au sud de l'Italie. Chaque année, d'innombrables pèlerins continuent de se recueillir sur le tombeau de saint Nicolas. Le 6 décembre, Bari s'illumine de mille feux, un spectacle de lumières chorégraphié dans les ruelles de la ville, à l'occasion de la Saint-Nicolas et de Noël. Le programme de cette année encore est riche en événements et festivités.

Saint Nicolas de Myre ou Nicolas de Bari, évêque († 343), Patron des écoliers et des Marins

Saint Nicolas est une figure importante du dialogue œcuménique, unissant catholiques, orthodoxes et protestants. "Saint Nicolas, en tant qu'évêque de Myre, a naturellement influencé des millions de fidèles en Orient et en Occident, non seulement comme évêque de Myre, mais aussi comme patron, si l'on peut dire, du christianisme oriental et occidental. À tel point que saint Nicolas est vénéré comme le 'saint de l'œcuménisme', car il parvient à unir les deux réalités, les deux traditions chrétiennes, orientale et occidentale", a déclaré le père Giovanni Distante, recteur de la basilique pontificale Saint-Nicolas de Bari, à ACI Stampa, partenaire de CNA en langue italienne.(9)

Comment un évêque du IVe siècle, pourfendeur d'hérétiques originaire du sud de la Turquie, a-t-il pu finir par devenir un elfe américain obèse, buveur de Coca-Cola ?

 

Aujourd'hui, le "bon vieux Saint Nicolas", alias le Père Noël, est une figure laïque utilisée pour promouvoir une joie sans Dieu et le consumérisme commercial. Que s'est-il passé ?

 

Saint Nicolas voyageait bien car, entre autres, il était le saint patron des marins. C'est pourquoi les premiers Européens arrivés en Amérique l'ont choisi comme protecteur. Lors de son premier voyage, Christophe Colomb baptisa un port haïtien du nom de saint Nicolas le jour de sa fête, le 6 décembre 1492. En Floride, la ville aujourd'hui appelée Jacksonville fut d'abord nommée St. Nicholas Ferry par les explorateurs espagnols. Les révolutionnaires protestants n'appréciaient guère les saints, mais les festivités de la Saint-Nicolas étaient si populaires qu'il leur fut difficile de les éradiquer complètement. Les Européens du Nord, et notamment les Néerlandais, continuèrent de célébrer la fête avec un homme à cheval, vêtu comme un évêque oriental, portant des vêtements rouges et une longue barbe blanche, qui défilait dans les rues. Se souvenant des dons d'or de Nicolas pour racheter les enfants sur le point d'être vendus comme esclaves, les célébrations comprenaient des fêtes avec des jeux d'enfants et des cadeaux de noix, de pommes et de bonbons déposés dans des chaussures et des chaussettes près des lits, devant l'âtre.

 

La version la plus répandue raconte que les Néerlandais ont importé les coutumes de la Saint-Nicolas dans le Nouveau Monde. Cependant, les historiens contestent cette version et suggèrent que ce sont les immigrants allemands de Pennsylvanie qui ont perpétué la fête de la Saint-Nicolas. Il s'agissait des "Pennsylvania Dutch", le terme "Dutch" désignant ici les Allemands, et non les Néerlandais des Pays-Bas. C'est de Pennsylvanie que les célébrations de la Saint-Nicolas se sont répandues à New York, et ce n'est qu'après l'indépendance américaine (1776) que les Néerlandais d'origine néerlandaise de New York ont ​​commencé à se souvenir de leur héritage et à le célébrer.

 

Le site web du St. Nicholas Center révèle que "John Pintard, patriote et antiquaire influent qui fonda la New York Historical Society en 1804, promouvait saint Nicolas comme saint patron de la société et de la ville. En janvier 1809, Washington Irving rejoignit la société et, le jour de la Saint-Nicolas de la même année, il publia l'Histoire de New York de Knickerbocker, avec des références humoristiques à un saint Nicolas jovial." Le saint Nicolas de Washington Irving (1783-1859) n'était pas un évêque orthodoxe, mais un Hollandais espiègle, pipe au bec. L'auteur situe Saint Nicolas dans la Nouvelle-Amsterdam néerlandaise et, pour la première fois, on le voit descendre par les cheminées pour distribuer des cadeaux aux enfants. Lorsque la Société historique de New York organisa sa première célébration de la Saint-Nicolas le 6 décembre 1810, John Pintard demanda à l'artiste Alexander Anderson de réaliser une image du saint remplissant des chaussettes près de la cheminée. L'idée fit son chemin. Onze ans plus tard, l'éditeur William B. Gilley publia "Le Père Noël, ami des enfants". Désormais, le saint homme généreux arrivait du Nord dans un traîneau tiré par des rennes volants. Cette image, accompagnée d'un poème mignon et didactique, scella le destin de l'évêque Nicolas. Non seulement le Père Noël était dans un traîneau avec des rennes, mais il arrivait la veille de Noël – et non le 6 décembre – et il arrivait avec une idée nouvelle et terrifiante : il "avait une liste et la vérifiait deux fois". Il allait "découvrir qui avait été sage ou pas". Pour reprendre les termes du poème de 1821, il avait une "longue baguette de bouleau noir… qui indique à la main d'un parent comment l'utiliser lorsque ses fils refusent le chemin de la vertu". Ses cadeaux étaient respectables et sans danger : "une jolie poupée… une figurine à picots ou une balle ; pas de pétards, de canons, de pétards ou de fusées pour leur crever les yeux ou leur vider les poches. Pas de tambours pour assourdir les oreilles de leur mère, ni d’épées pour effrayer leurs sœurs ; mais de jolis livres pour enrichir leur esprit de connaissances de toutes sortes." Deux ans plus tard, la nouvelle mythologie de Saint Nicolas se consolida avec le poème extrêmement populaire "La Visite de Saint Nicolas", désormais connu sous le nom de "La Nuit avant Noël". L'image était complète, car le Père Noël désormais était…tout de fourrure vêtu, de la tête aux pieds, ses vêtements ternis par la cendre et la suie ; un paquet de jouets jeté sur son dos, il ressemblait à un colporteur ouvrant sa marchandise. Ses yeux – comme ils pétillaient ! ses fossettes – comme elles étaient joyeuses ! Ses joues étaient comme des roses, son nez comme une cerise ! Sa petite bouche narquoise était retroussée comme un arc, et sa barbe était blanche comme neige ; il tenait fermement le bout d’une pipe entre ses dents, et la fumée entourait sa tête comme une couronne ; il avait un visage large et un petit ventre rond qui tremblait, quand il riait, comme un bol de gelée. Il était joufflu et dodu, un joyeux petit elfe…" En 1863, le dessinateur Thomas Nast entreprit une série de dessins annuels en noir et blanc inspirés du poème. Ces dessins représentaient un Père Noël rondouillard à la barbe fournie, vêtu de fourrure et muni d'une pipe en terre. Ce changement d'image s'accompagna d'une évolution linguistique. L'allemand "Sankt Niklaus" et le néerlandais "Sinterklaas" devinrent "Sancte Claus", puis "Santa Claus". Dans les années 1920, les illustrateurs N.C. Wyeth et J.C. Leyendecker s'emparèrent de la tradition, produisant des représentations luxuriantes et réalistes du lutin rondouillard, vêtu de rouge et à la barbe blanche. Dans les années 1930, Norman Rockwell perpétua cette tradition avec ses couvertures pour le Saturday Evening Post. En 1931, l'artiste Haddon Sundblom associa le Père Noël à Coca-Cola, et pendant trente-cinq ans, le Père Noël fut célèbre pour se désaltérer avec du Coca-Cola avant de rendre visite à une nouvelle famille lors de son interminable tournée de la veille de Noël. Il devint ainsi universel, apparaissant dans toutes les publicités. De ce fait, l'image de Saint Nicolas devint comme le soda qu'il buvait : douce et sentimentale, mais sans grande valeur nutritive. Les publicitaires poussèrent le concept encore plus loin et bientôt, le Père Noël devint le vendeur universel, utilisé pour vendre à peu près n'importe quoi en fin d'année.

 

Maintenant que le lien entre le Père Noël et Saint Nicolas est définitivement rompu, il est temps de redonner vie à la véritable célébration de la Saint-Nicolas. Inutile de faire la fine bouche à propos du Père Noël. Qu'il fasse partie intégrante de la magie de Noël, mais faisons redécouvrir Saint Nicolas et commémorons ce jour de l'Avent comme un rappel de son véritable esprit : vaillant défenseur de la foi, bienveillant envers les pauvres et âme généreuse et bienveillante qui, dans sa bonté envers les enfants, a compris que le véritable message de la Nativité du Christ était que, sans devenir comme un petit enfant, nul ne peut entrer au Royaume des Cieux.(10)

 

Nicolas n'a laissé aucun écrit théologique, mais lorsqu'il fut nommé évêque, on lui attribue cette déclaration : "Cette dignité et cette fonction exigent un usage différent, afin que l'on ne vive plus pour soi-même, mais pour les autres."(11)

Une tombe probable de S. Nicolas a été découverte à Demre en Turquie. 
Le site de l'église, construit à l'origine en 520 après JC, aurait été construit sur ou à proximité du site funéraire de Saint Nicolas, l'évêque de Myre qui mourut en 343 après JC à Myra (aujourd'hui Demre) Turquie. Les fouilles de l'église sont en cours depuis 1989 et continuent de produire de nouveaux artefacts. Mais aucun n'a été plus excitant que de trouver un sarcophage dans l'annexe de deux étages de l'église’s que les experts croient pourrait être celui du bon St Nicolas. (12)

 

"Le terme de mes travaux est arrivé. Tout ce que j’ai écrit me paraît bien futile après les choses qui m’ont été révélées", a pu dire Saint Thomas à l'occasion de la fête de Saint Nicolas en 1273. Il ne s'agit nullement d'un rejet de la théologie thomiste, mais d'une affirmation que la Vérité surnaturelle dépasse ineffablement même les vérités naturelles révélées surnaturellement.

 

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Sources

 

(1) www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=saintfeast&localdate=20101206&id=138&fd=0

(2) Dominique Le Tourneau, Les Mots du christianisme, Catholicisme, Orthodoxie, Protestantisme, Bibliothèque de Culture religieuse, Fayard, La Flèche 2005, p. 425

(3) LeSoir.be

(4) Myra Wikipedia

(5) Le Figaro 

(6) Wikipedia

(7) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 138;

(8) Catholic News Agency

(9) https://www.catholicnewsagency.com/news/268303/the-saint-of-christmas-and-ecumenism-bari-celebrates-st-nicholas

(10) https://theimaginativeconservative.org/2024/12/whatever-happened-saint-nicholas-dwight-longenecker.html

(11) https://www.catholicnewsagency.com/news/249794/5-things-to-know-and-share-about-st-nicholas

(12) AFpost ttps://x.com/AFpost/status/1871687603680080097?t=3ewxgAljfWOIlYKmzEavXg&s=19

https://www.popularmechanics.com/science/archaeology/a63138016/uh-someone-might-have-found-santas-coffin/

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5 décembre 2025 5 05 /12 /décembre /2025 01:00
Saint Gérald († 1109)

Né dans le Lot, S. Gérald était maître de chant dans l'abbaye bénédictine de Moissac (Tarn-et-Garonne).


De passage, Bernard, archevêque de Tolède, le décida à le suivre dans son diocèse pour devenir maître de chœur. Sa réputation de sainteté et de musicien fit que le clergé de Braga au Portugal le nomma évêque de leur diocèse (1100). 

 

Là, il remit de la ferveur dans ce diocèse que les Maures avaient fort déchristianisé.  

 

Il construisit ou reconstruisit de nombreuses églises et mourut en allant consacrer la dernière.

 

Enterré à Braga, il est vénéré dès le Moyen Âge dans toute la péninsule ibérique.

 

Sources: 1, 2, 3 

Saint-Gerald--Archeveque-de-Braga----1109-.jpg
Saint Gérald, Archevêque de Braga († 1109)
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4 décembre 2025 4 04 /12 /décembre /2025 01:00
Burghers, CDL~Gravure~Apostolici

Burghers, CDL~Gravure~Apostolici

Clément d’Alexandrie est né très probablement à Athènes, vers l’an 150 de notre ère, de parents païens. Il reçut une solide formation littéraire et acquit une très vaste culture hellénique. ll se familiarise avec les systèmes de philosophie de son temps. Il semble avoir été un initié, peut-être aux mystères d’Éleusis [1], puis il se convertit au christianisme dans des circonstances que nous ignorons. Il est probable que c’est en acquiesçant à la bonté essentielle de la Création qu'il entra dans la foi chrétienne. De plus, ce n’est pas tant par goût du mystère que par recherche du vrai que Clément adhéra au christianisme. Dans la doctrine chrétienne, il découvrit la vérité pleine et sévère, entière et définitive, à laquelle toute quête philosophique devait aboutir. Cette vérité comporte la connaissance de Dieu, le jugement moral et la raison.

 

ll entame alors une série de voyages (Grèce, Italie) et vers l’an 180, il arrive à Alexandrie, en Égypte où vivent Égyptiens, Juifs, Grecs et Romains, et où s’affrontaient écoles religieuses et doctrines, sectes (dont la secte des éclectiques ) et philosophes. et règne une atmosphère de débats intellectuels. Il y encontre celui qui deviendra son maître, Pantène, qui dirige alors l'École théologique d'Alexandrie. Désigné par le patriarche Démétrius Ier (12e patriarche d'Alexandrie) pour aller mener une mission chrétienne aux Indes, Pantène doit abandonner la direction de l'École d'Alexandrie. Il choisit alors le plus brillant de ses élèves, Clément, pour prendre sa succession. Clément d'Alexandrie prend, avant Origène, son élève, la direction de l'École d'Alexandrie.

 

Clément d'Alexandrie est un des premiers théoriciens de l'Église à avoir présenté le christianisme comme une philosophie, en cherchant à réconcilier les prophètes bibliques et les philosophes grecs.

 

Il fait référence aux gnostiques, des références qui semblent parfois hétérodoxes. Il donne une grande place à l'initiation et utilise le vocabulaire des mythes païens. Son utilisation de ce vocabulaire varie et présente peu de constance. Un même mot désigne des réalités différentes. Cela constitue des glissements dialectiques qui favorisent son idée, rejetée par les Pères, de "bonne gnose". Le christianisme oriental utilisait le mot "gnose" au sens de "théologie", "connaissance". Ce n'est pas le cas de Clément qui propose des secrets réservés aux élites et des Apôtres supérieurs aux Apôtres.[2]

 

Ses œuvres, pleines de descriptions vivantes de la société grecque, prouvent qu’il était aussi familier de la vie mondaine. En tout cas, il avait si bien assimilé la Bible, qu’elle lui était devenue un langage et une mentalité.

 

Comme Justin le Philosophe, il accorda sa préférence philosophique à Platon qui, selon lui, s’approchait le plus de la Vérité chrétienne. Il lit ses expériences spirituelles comme la traduction en acte de la Vérité encore obscure du platonisme, délivrée par Dieu sous la forme d’un don à la fois rationnel (la parole du Christ) et expérimental (la vie chrétienne). 

 

Grâce à lui Alexandrie devient, au tournant du second siècle de notre ère, le berceau de l’hellénisme chrétien.

 

En quelle langue Clément lisait-il la Bible ?

 

La Bibliothèque d’Alexandrie avait été le lieu privilégié où, probablement à la demande du roi lagide ou prolémaïque Ptolémée II Philadelphe (309-248 av. J.-C.) fils du roi macédonien Ptolémée Ier, la Bible hébraïque avait été traduite en grec. Connue comme "Bible d’Alexandrie", cette traduction est couramment appelée la Septante (ensemble des plus anciennes traductions de l'intégralité de la Bible hébraïque), parce que selon la tradition, 70 ou plus exactement 72 prêtres et savants hébreux (6 pour chacune des 12 tribus juives), également experts en lettres grecques, l’ont élaborée. Une légende chrétienne intervenue par la suite, et qui témoigne de la célébrité de cette traduction aux yeux des croyants, raconte que les 72 traducteurs étaient groupés deux par deux dans trente-six petites maisons sans pouvoir communiquer : et par une intervention divine, les trente-six traductions concordaient parfaitement entre elles ! Quoi qu’il en soit, Clément a la ferme conviction que ce texte, comme son original en hébreu, est d’inspiration divine, et constitue la base de sa foi. Les Évangiles, comme on sait, ont été quant à eux directement écrits en grec.

 

Expliquant et commentant les textes chrétiens (Bible, Évangiles), Clément d'Alexandrie pratique l’exégèse allégorique du sens, par opposition à la méthode historico-grammaticale qui est celle des docteurs d’Antioche ; il est l’un des initiateurs de l’herméneutique des textes sacrés. Par son interprétation des mots et des images, par l’utilisation des symboles, par un entrelacement perpétuel de citations chrétiennes avec des références païennes, il contribue à la transformation de la langue grecque païenne en grec chrétien, c’est-à-dire à l’avènement d’une conscience grecque chrétienne.

 

Il écrit et enseigne ; son auditoire se compose des notables riches et cultivés de la cité.

 

Dans l’ouvrage qui porte ce nom, il nous est précisé dès les premiers mots que le Pédagogue c’est le Christ, le Verbe incarné, la Parole éducatrice annoncée par l’Écriture, elle-même révélée. Le Pédagogue est avant tout un ouvrage protreptique, comme l’est toute l’œuvre de Clément, et notamment l’ouvrage de lui qui s’intitule : Protreptique (προτρεπτικὸς sous-entendu λόγος) ; ce titre signifie en effet : "discours destiné à tourner vers l’avant, à stimuler, à persuader", c’est-à-dire ici à convertir.

 

Mais l’emploi même de ce titre est déjà un jeu de mots polémique, un trait d’ironie par rapport à l’usage païen. Qu’était en effet le "pédagogue" (παιδαγωγός, dont l’étymologie est « celui qui conduit les enfants ») dans l’horizon d’attente des notables alexandrins auxquels s’adressait Clément ? C’était une réalité quotidienne et familière de leur vie : on appelait ainsi le serviteur ou l’esclave de confiance chargé effectivement de conduire les enfants chez le maître d’école, de les surveiller et de les accompagner dans la rue comme à la maison. Clément veut signifier par là que la culture païenne ne suffit plus à donner un but ou une direction à la vie, et il transfigure ainsi l’image de Celui qui doit conduire les hommes "à la bonne école".

Un riche peut-il être sauvé ?

 

Ô riche, si tu es raisonnable, navigue vers cette assemblée de fêtes (He 12, 22) et, s’il le faut, parcours toute la terre (Mt 23, 15) ! N’évite ni les dangers ni les efforts pour te procurer ici-bas un royaume céleste. Ce royaume, un homme te le donnera, parce qu’il imite Dieu. Pour avoir un peu reçu ici-bas, il te fera habiter là-haut avec lui pour toujours. Supplie-le d’accepter, hâte-toi, lutte et crains qu’il ne te juge indigne, car il ne lui a pas été ordonné de recevoir, mais il t’a été ordonné d'offrir.

Mais lui devint sombre et s'en alla tout triste

Si quelqu’un fait pénétrer l’amour dans son âme, il peut venir à bout de ses erreurs, même s’il est né dans le péché (Jn 9,34) et qu’il ait commis beaucoup d’actes défendus, à condition de faire grandir en lui l’amour et d’éprouver un repentir sincère. Ne t’abandonne pas à un désespoir insensé, puisque tu sais quel est le riche qui n’a pas sa place aux cieux et comment user de tes biens pour échapper à la malédiction de la richesse, à l’obstacle qu'elle met devant la vie, et pouvoir jouir de l'éternité bienheureuse.

Admettons que, par ignorance, faiblesse ou circonstance involontaire, on tombe dans des fautes ou des erreurs après avoir reçu le sceau et la rédemption, au point d’être totalement abattu, Dieu ne prononce pas pour autant une condamnation définitive ! Les portes restent ouvertes à tout homme qui se tourne en vérité vers lui de tout son cœur, et le Père reçoit avec une immense joie le fils qui se repent vraiment (Lc 15,20-24). Le repentir véritable consiste à ne plus retomber dans les mêmes fautes et à extirper complètement de l'âme celles qui avaient entraîné une condamnation à mort ; dès qu'elles auront été éliminées, Dieu viendra de nouveau habiter en toi. (Clément d'Alexandrie, Quel riche peut être sauvé ? 31,7 - 32,5 ; 38,4 - 39,2, trad. P. Descourtieux, Sources Chrétiennes 537, Cerf, Paris, 2011, p. 183-187.)

 

La connaissance de Dieu peut être atteinte par la foi lorsqu'ont été corrigées les fautes morales.

Ceux qui s’emparent du Royaume ont été appelés violents (Mt 11, 12)

 

"Le juste recherchera une découverte pleine d’amour et, dans son effort pour l’atteindre, il trouve le bonheur ; à qui frappe, dit la Parole, on ouvrira ; demandez, et il vous sera donné (Lc 11, 9). Car ceux qui s’emparent du Royaume ont été appelés violents (Mt 11, 12), parce qu’ils exploitent non la violence des controverses, mais celle de la continuité d’une vie droite et des prières ininterrompues.

 

S’arrêter à l’examen de son ignorance, voilà ce que doit d’abord apprendre celui qui marche selon la raison. L’ignorance a poussé à chercher ; en cherchant, on trouve le maître ; l’ayant trouvé, on a cru et, croyant, on a espéré ; puis, par l’amour, on s’assimile alors à l’aimé, se hâtant d’être ce qu’on a commencé par aimer.

 

Telle est à peu près la méthode que Socrate suggère à Alcibiade, qui l’interroge ainsi : 'Ne penses-tu pas que je trouverai ? – Tu le pourras, si tu cherches. – Et ne crois-tu pas que je chercherai ? – Assurément, si tu penses que tu ne sais pas.'

 

C’est aussi le sens des lampes des vierges sages, qui de nuit sont allumées dans les ténèbres de l’ignorance que l’Écriture a désignée indirectement par la nuit (Mt 25, 1-13). Les âmes sages, pures comme des vierges, comprenant qu’elles sont elles-mêmes placées dans l’ignorance du monde, allument les ténèbres, chassent l’ignorance, recherchent la vérité et attendent l'apparition du Maître." — Clément d'Alexandrie, Stromates, 5, 16,6 - 17,3, trad. P. Voulet et A. Le Boulluec, Sources Chrétiennes 278, Cerf, Paris, 1981, p. 51-53.

En 202, les persécutions de l'empereur Septime Sévère (193-211) l'obligent à trouver refuge auprès de l'évêque Alexandre, en Cappadoce, où il meurt vers 215.

 

Son martyre n'étant pas attesté, son nom ait été retiré du Martyrologe romain par le pape Sixte V (1585-1590) sur les conseils de Cesare Baronio, et depuis 1751, sous Benoît XIV, il a cessé de figurer dans les martyrologes. Dans son Histoire générale de l’Église, l’abbé Darras signale qu’il avait été inscrit dans un martyrologe de manière clandestine. De là vint la rumeur sur le fait qu’il soit déclaré saint.

Œuvres

 

L’essentiel de son œuvre se décline dans une trilogie :

 

-Le Protreptique. Comme une exhortation à la conversion, cet ouvrage voit le Christ exhorter l’homme à chercher et commencer le chemin de la foi.

-Le Pédagogue. Cet ouvrage se voit comme pédagogique pour éduquer les hommes devenus enfants de Dieu par le baptême, à travers la foi et la raison.

-Les Stromates. Il décrit dans cet ouvrage la vraie gnose qui permet l’union mystique avec Dieu, et argumente contre les hérésies. [3]

 

L'un des maîtres du dialogue 'foi raison' dans le contexte chrétien.

 

Clément est connu pour sa dévotion à l'étude et à la propagation de la foi chrétienne et son effort d'intégration entre la philosophie grecque (représentant la raison) et la foi chrétienne. Il est souvent invoqué pour la guidance spirituelle et la sagesse. Il est fêté par l'Église catholique le 4 décembre.

 

Le 18 avril 2007, Benoît XVI a repris ses portraits des Pères de l'Eglise et tracé celui de Clément d'Alexandrie, "l'un des maîtres du dialogue 'foi raison' dans le contexte chrétien." [4] [5]

 

Son œuvre majeure est une trilogie "destinée à soutenir la croissance spirituelle du chrétien". D'abord une "exhortation s'adressant aux catéchumènes" où "le Logos Jésus-Christ (grec ancien λόγος lógos "parole, discours, raison, relation") encourage les hommes à prendre sérieusement le chemin de la vérité".

Ensuite, une œuvre dans laquelle "le Christ est pédagogue, l'éducateur de qui par la grâce du baptême est devenu fils de Dieu". Le Christ apparaît comme "le Maître qui propose les enseignements les plus profonds".

 

Ainsi la "catéchèse clémentine accompagne-t-elle continuellement le cheminement du catéchumène et du baptisé vers les deux ailes que sont la foi et la raison, liées à une connaissance profonde de la vérité qu'est le Christ. Seule cette connaissance de la personne qui est la vérité constitue la Gnose [connaissance] authentique".

 

"La doctrine selon laquelle la finalité de l'homme est le retour à Dieu n'est possible qu'en s'assimilant à lui, selon la marque reçue lors de la Création, lorsqu'il fut déjà image de Dieu. Cette similitude lui permet de connaître la réalité divine, à laquelle l'homme adhère par la foi et la pratique des vertus, et le conduire à la contemplation de Dieu". Ces vertus sont d'abord "la liberté de la passion et de l'amour qui garantit l'union avec Dieu".

 

Pour Clément, "l'idéal éthique de la philosophie antique, qui signifie la libération des passions, s'approche et se conjugue avec l'amour et l'assimilation en Dieu, tel un cheminement de perception de la véritable Gnose".

 

On doit à saint Clément d'Alexandrie "la seconde grande phase de dialogue entre annonce chrétienne et sagesse grecque". Presque comme la Loi, "qui est du domaine de la Révélation pour les Juifs, et quoique moins exhaustive qu'elle, le Logos permet d'accéder aux prémices de la vérité". L'une comme l'autre constituent des "voies d'accès au Logos".

 

Le grand Père de l'Église doit servir d'exemple, a conclu Benoît XVI, pour les "chrétiens, pour les catéchistes et théologiens de notre temps", auxquels Jean-Paul II rappelait dans Foi et Raison que "retrouver et mettre au mieux en évidence la dimension métaphysique de la vérité pour entrer dans un dialogue critique et exigent... avec la pensée philosophique contemporaine".

 

Si étonnant que cela puisse paraître, que la publication en français des œuvres de Clément d’Alexandrie par "Sources chrétiennes", a commencé dans les Années 1940 pour ne s’achever qu’en 2020. Curieusement, le monde francophone a dû patienter presque 80 ans avant de découvrir le 3e volume des Stromates ou Stromateis (Στρωματεῖς, "Mélanges" parce qu'il y traite d'une grande variété de sujets), œuvre majeure parmi les premiers écrits chrétiens, qui se présente sous la forme d’une réfutation des hérésies du IIe siècle et d’un exposé de la "vraie gnose", permettant l’union mystique avec Dieu, la vie chrétienne par l'initiation à la connaissance totale. Clément essaye sur la base des Écritures et de la tradition, de donner un compte-rendu de la foi chrétienne qui sache répondre aux exigences de tous les savants, et conduire l'étudiant dans les profondes réalités de sa croyance.

 

Dans la continuité de ses autres écrits, Clément affirme que la philosophie a un rôle propédeutique pour les Grecs, comme c'est le cas de la loi pour les Juifs. Il fait valoir que la culture juive a exercé la plus grande influence sur la Grèce et évoque la possibilité d'une influence juive sur Platon. Pour Clément, l'Écriture est une philosophie primitive, mais vraie et innée qui est augmentée par la raison humaine à travers le Logos. (Eric Osborn, Clement of Alexandria, Cambridge, Cambridge University Press,  1994, p. 4.) La foi dépend de la volonté, et la décision de croire ne peut pas être irrationnelle, puisque fondée sur la connaissance de la vérité du Logos.

 

Au début du sixième livre, Clément démontre que les œuvres des poètes grecs sont dérivées des livres prophétiques de la Bible. Il cite de nombreux exemples d'appropriation injuste par les écrivains de l'époque classique. Ces citations de deuxième main lui viennent d'un ouvrage Sur le Plagiat, anonyme, du IIIe siècle av. J.-C., et parfois attribué à Arétadès de Cnide. (Miguel Herrero de Jáuregui, Orphism and Christianity in late antiquity, Berlin, Walter de Gruyter, 2010, p. 201.)

 

Clément fait une digression sur le péché et l'enfer, en expliquant qu'Adam n'était pas parfait lors de sa création, mais avait reçu le potentiel pour atteindre sa perfection. Il prône largement la doctrine universaliste, jugeant que la promesse du Christ concernant le salut est valable pour tous, même ceux qui sont condamnés à l'enfer. (Charles Seymour, "On Choosing Hell", Religious Studies, vol. 3, no 33,‎ pp. 262–263.)

 

Le travail se termine par un discours prolongé contre les divisions contemporaines et les hérésies dans l'Église.

 

 

from book 1, folio 5 recto of Les vrais pourtraits et vies des hommes illustres grecz, latins et payens (1584) by André Thevet.

 

Une théologie où la divinisation de l'homme (theosis) est centrale

 

Clément voit la connaissance spirituelle (vraie gnose) comme un chemin vers l'union avec Dieu, où l'homme s'assimile au divin par la grâce, l'imitation et la participation au Logos (Verbe). La théosis n'est pas une fusion ontologique mais une transformation progressive vers la ressemblance divine, culminant dans la perfection et l'impassibilité. Voici des citations clés illustrant ces thèmes, tirées de ses écrits :

 

"Le Verbe de Dieu s'est fait homme, afin que tu apprennes de l'homme comment l'homme peut devenir Dieu." (Protreptique, I, 8, 4).
 
 
"Comment doit vivre celui qui sera Dieu dans l'avenir, et dans le présent s'assimile à Dieu." (Stromates VII, 1, 1).
 
 
"En s'assimilant au Seigneur autant qu'il le peut par les hommages d'une piété qui, en honorant Dieu, tend au salut des hommes." (Stromates VII, 3).
 
 
"Devenu semblable à Dieu ; c'est-à-dire que, vivant avec Dieu dans un commerce dont les passions humaines ne sauraient l'arracher, il assimile, dans la mesure de ses forces, à l'impassibilité par essence l'impassibilité qui est chez lui le fruit de la lutte et de l'exercice" (Stromates VII, 3).
 
 
"Qui imprime à son image, dans l'âme du Gnostique, la contemplation parfaite. Par là, le Gnostique devient une troisième image divine qui, autant que cela est possible, s'assimile à la cause seconde." (Stromates VII, 3).
 
 
"Notre connaissance et notre paradis spirituel est lui-même notre Sauveur, dans lequel nous sommes plantés, transférés et transplantés dans la bonne terre hors de la vie ancienne ; la transformation de la plantation contribue à la fructification. Ainsi le Seigneur est lumière et connaissance véritable, en lequel nous avons été transférés." (Stromates VI, 1).
 
 
"Cependant, changés de bêtes en hommes par la foi au Seigneur, ils deviennent des hommes de Dieu, du fait d'avoir voulu changer au commencement pour progresser vers l'être." (Stromates VI, 6 ; traduction approximative de "Μεταβαλόντες μέντοι ἐκ τοῦ εἶναι θηρία διὰ τῆς κυριακῆς πίστεως ἄνθρωποι γίνονται θεοῦ, ἐκ τοῦ τὴν ἀρχὴν θελῆσαι μεταβάλλεσθαι εἰς τὸ γενέσθαι προκόπτοντες.").
 
 
"L'union de l'âme avec l'âme, et celle de l'esprit avec l'esprit, font croître et vivifient, par la semence de la parole, ce qui est en nous comme dans une matrice spirituelle." (Stromates VI ; extrait sur l'union spirituelle).
 
 
"Le Logos, sa Raison, Créateur et Législateur de l'univers, peut seul le révéler et accorder la vie divine aux hommes." (Stromates ; contexte sur la participation divine).
 
 
"De la sorte, ce qu'il y a de participable en Dieu se met à la disposition de l'homme et se constitue en hypostase dans le Fils, selon un plan établi depuis toujours." (Stromates ; sur l'union ontologique via le Fils).
 
 
"Soyez parfaits comme votre père céleste est parfait. Le gnostique est mort dans sa chair; il n'y a plus pour lui de passions charnelles; il vit avec Dieu, il est déjà assimilé à Dieu." (Stromates IV, 22 ; contexte sur l'imitation et la perfection divine).
 
 
"Voilà pourquoi croire au Verbe et par le Verbe, c'est arriver à l'unité, c'est-à-dire, être uni au Verbe par des liens indissolubles. Au contraire, ne pas croire au Verbe, c'est tomber dans la duité, dans la division, dans le partage." (Stromates IV, 25 ; sur l'union via la foi au Logos).
 
 

Le Verbe de Dieu "s'est fait homme pour que nous devenions Dieu; il s'est rendu visible dans le corps pour que nous ayons une idée du Père invisible, et il a lui-même supporté la violence des hommes pour que nous héritions de l'incorruptibilité", écrit également S. Athanase d'Alexandrie, dans Sur l'incarnation du Verbe, (54,3).

 

Dans la préface du livre V de Contre les hérésies, S. Irénée de Lyon, Docteur de l'Eglise, parle de : "Jésus-Christ qui, à cause de son surabondant amour, est devenu ce que nous sommes afin de faire de nous ce qu'il est".

 

Luttant contre le fatalisme du manichéisme, la Théosis insiste sur la liberté de la nature humaine restaurée par le Christ et la volonté éternelle de salut de Dieu. (André Dumas, Prédestination, in Encyclopaedia universalis, 1985.)

Autres citations

 

"Quand tu as vu ton frère, tu as vu ton Dieu." (Stromates I, 19)

 

"Dieu a donné la loi aux Juifs et la philosophie aux Gentils afin que personne ne soit empêché de croire en l'Avent du Christ. Ainsi, celui qui ne croit pas n'a pas de justification, car par deux processus différents de perfection, Il guide à la fois les Grecs et les Barbares vers la perfection de la foi." (Stromates VII, 2,10-11.)

 

"Quand vous êtes protégé par le mur de la philosophie, votre foi deviendra inaccessible à la sophistique." (Stromates I, 5,28.)

 

"Tout ce qui est contraire à la droite raison est péché... L'obéissance à la raison - le Verbe - que nous appelons foi, sera nécessairement la cause efficace du devoir. Car la vertu elle-même est un état de l'âme rendu harmonieux par la raison en ce qui concerne toute la vie... La philosophie elle-même est proclamée comme la culture de la droite raison." (Stromates, extrait sur la raison et le péché.)

 

"La philosophie est un travail préparatoire, elle ouvre la route à Celui que le Christ rend ensuite parfait." (Protreptique I, V, 28)

 

"Quand [Dieu] dit : 'Ne soyez pas grand chose avec une femme étrange', il nous exhorte à utiliser, mais à ne pas s'y attarder, la culture laïque." (Stromates, chapitre 5)

 

"La science réelle, apanage exclusif du Gnostique, comme nous le disons, est une compréhension inébranlable qui conduit, par des raisons véritables et irrésistibles, à la connaissance du premier principe." (Stromates VII)

 

"La sagesse est donc la reine de la philosophie, car la philosophie est une culture préparatoire. Car si la philosophie professe le contrôle de la langue, et du ventre, et ce qui est en dessous du ventre, c'est dans le but de son propre compte. Mais il apparaît plus digne de respect et de pré-éminence, si elle est cultivée pour l'honneur et la connaissance de Dieu."

Saint Clément d'Alexandrie, guide pour l'étude de la foi, priez pour nous pour que nous soyons des instruments de dévotion à Dieu et de sagesse.

 

Prière à Saint Clément d'Alexandrie [6]

 

Ô Saint Clément d'Alexandrie,

 

Toi qui as enseigné la sagesse et la connaissance de Dieu,

 

Toi qui as montré l'amour du Christ dans ta vie et tes écrits,

 

Nous te prions pour qu'à travers ta puissante intercession,

 

Nous puissions croître dans la foi, la charité et la sagesse.

 

Aide-nous à comprendre la profondeur de la grâce de Dieu,

 

Et à vivre selon la vérité de l'Evangile.

 

Inspire-nous à aimer et à servir notre prochain avec générosité.

 

Et à partager l'amour de Dieu avec ceux que nous rencontrons.

 

Saint Cléments d'Alexandrie, intercède pour nous devant le Trône de Dieu,

 

Et obtiens-nous les grâces dont nous avons besoin pour avancer dans notre vie spirituelle.

 

Amen.

Sources:

 

[1] https://odysseum.eduscol.education.fr/clement-dalexandrie-pere-de-leglise

[2] https://fr.wikipedia.org/wiki/Cl%C3%A9ment_d'Alexandrie

[3] https://hozana.org/saints/peres-de-l-eglise/saint-clement-d-alexandrie

[4] https://eglise.catholique.fr/vatican/benoit-xvi/benoit-xvi-en-france/reperes/371952-benoit-xvi-foi-et-raison/

[5] https://nominis.cef.fr/contenus/saint/10194/Saint-Cl%C3%A9ment-d-Alexandrie.html

[6] https://www.palaisdurosaire.com/fr/blog/saint-clement-d-alexandrie-un-ecrivain-chretien-et-pere-de-l-eglise-n153

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4 décembre 2025 4 04 /12 /décembre /2025 01:00

Sainte Barbe naquit aux environs de Nicomédie et vécut au milieu du IIIe siècle à Héliopolis (aujourd'hui Baalbek au Liban) sous l’empereur Maximien (285-305).

Sainte Barbe ou Barbara, Vierge et Martyre, Patronne des pompiers († 255)

Sainte-Barbe--Barbara---Vierge-et-Martyre--255-.jpg

Statue de Sainte Barbe récente, située dans la chapelle Sainte-Barbe (1545), Enclos paroissial de Saint-Herbot (ancienne paroisse de l'évêché de Cornouaille, Finistère). Source

Barbe, (270-306), fille d'un riche marchant phénicien païen, refuse la mariage organisé par son père car elle veut se consacrer au Christ.

Son père, nommé Dioscore, s'aperçut alors qu'elle était chrétienne. Saisi de fureur, il la fit enfermer dans une tour à deux fenêtres; un prêtre déguisé s'introduit dans la tour et baptise Barbe, qui perce une troisième fenêtre dans le mur pour représenter la Sainte Trinité. Furieux, le père incendie la tour, mais Barbe parvient à s'enfuir.

 

Peu après, la courageuse vierge, découverte dans la retraite ou elle s'était cachée, fut dénoncée et amenée à Dioscore, qui la conduisit lui-même à Marcien, préteur de la ville. 


Barbe fut jugée, torturée. Frappée d'abord à coups de nerfs.

Le lendemain, sa fermeté la fit condamner à être déchirée avec des peignes de fer et brûlée avec des torches ardentes. La douce victime endura tout, le sourire sur les lèvres.

La foule des païens commençait à s'émouvoir d'un si étonnant spectacle.

Le juge résolut de tenter un supplice plus horrible que tous les autres pour la pudeur de la vierge. Il la fit dépouiller complètement pour lui faire traverser avec ignominie les rues de la ville, pendant que les bourreaux la fouetteraient cruellement. Puis le juge ordonna de lui trancher la tête. Mais Dioscore, son père, s'écria : "C'est à moi de la frapper !" et saisissant son épée, il trancha la tête de l'innocente victime agenouillée devant lui. Dioscore fut aussitôt châtié par le Ciel : il mourut frappé par la foudre!

 

Les empereurs byzantins vénéraient particulièrement ses reliques qu’ils firent transférer à Constantinople au VIe siècle.

Une partie de ces reliques fut emmenée en Italie par les Vénitiens, et une autre au XIe par Anne Comnène la fille de l'empereur bizantin Alexis Ier Comnène à Kiev, où elles se trouvent toujours à la Cathédrale Saint Vladimir.

Martyre de Sainte Barbara, par Gaspar Requena, fin XVIe s.

Martyre de Sainte Barbara, par Gaspar Requena, fin XVIe s.

Sainte Barbe, calcaire polychromé, Villeloup (Aube) vers 1520-1530

Sainte Barbe est la patronne des Pompiers et tous les corps de métiers qui ont à redouter la foudre ou le feu.

On l'invoque également contre la mort subite et imprévue.

Le fort patronage que lui vouaient les mineurs de fond s’est progressivement transmis aux ouvriers et ingénieurs des travaux souterrains (tunnels, cavernes, etc.) avec la disparition progressive de l’industrie minière occidentale.

De nos jours, une sainte Barbe trône toujours à l’entrée des tunnels en construction pour protéger les ouvriers-mineurs des accidents de chantier.

 
Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 28.

Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 28.

Sainte Barbe est généralement représentée en jeune fille, avec une palme de martyre, elle peut porter une couronne, un livre. Une tour à trois fenêtres, un éclair constituent également d'autres attributs de la sainte.

Statue de sainte Barbe dans l'église Saint-Pierre de Plouyé, 27

Statue de sainte Barbe dans l'église Saint-Pierre de Plouyé, 27

Sainte Barbe décapitée par Dioscore, par Jörg Ratgeb (1510), église Saint-Jean de Schwaigern.

Sainte Barbe décapitée par Dioscore, par Jörg Ratgeb (1510), église Saint-Jean de Schwaigern.

Flagellation de Sainte Barbara par Gaspar Requena, fin XVIe s.

Flagellation de Sainte Barbara par Gaspar Requena, fin XVIe s.

Martyre de Sainte Barbe, élément de diptyque du xvie siècle, musée Brukenthal (Roumanie)

Martyre de Sainte Barbe, élément de diptyque du xvie siècle, musée Brukenthal (Roumanie)

Sainte Barbe, par Goya

Sainte Barbe, par Goya

Statue en plâtre de sainte Barbe, fin XIXème siècle, lampe de mineur à la ceinture. Église St Omer d'Houchin

Statue en plâtre de sainte Barbe, fin XIXème siècle, lampe de mineur à la ceinture. Église St Omer d'Houchin

Sainte Barbe ou Barbara, Vierge et Martyre, Patronne des pompiers († 255)

"Et par Sainte Barbe vive la bombarde !" 

 

Il est de tradition chez les artilleurs, comme chez les sapeurs pompiers, les mineurs et les artificiers, de fêter la sainte Barbe, patronne du feu, de la poudre à canon, fêtée chaque 4 décembre.

 

Sources : 12 ; Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 28; (3) https://www.arquus-defense.com/fr/et-par-sainte-barbe-vive-la-bombarde

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3 décembre 2025 3 03 /12 /décembre /2025 01:00
Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 65.

Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 65.

Personne ne peut jamais exceller dans les grandes choses si ce n'est d'abord dans les petites.

S. François-Xavier

Grand missionnaire jésuite en Extrême-Orient, François-Xavier naquit en 1506 dans une famille noble de Navarre (Pays Basque). Il était originaire d'une vieille famille de Basse-Navarre, Jaxu près de Saint-Jean-Pied-de-Port, une terre ravagée par la guerre. Coincée entre les puissances impériales croissantes de Castille-Aragon (Espagne) et de la France, la Navarre a rarement connu la paix pendant l'enfance de François.

 

En tant que membre de la noblesse, François était censé mener une vie de guerrier aux côtés de son père et de ses frères. Mais à l’âge de 10 ans, sa vie prend un premier tournant dramatique et tragique. Son père est mort, son royaume de Navarre a été vaincu par l'Espagne, ses frères ont été emprisonnés et sa maison d'enfance, le château de la maison de Javier (Xavier), a été presque entièrement détruite. 

 

Avec la famille de Francis déshonorée et presque anéantie, ses perspectives d'un avenir radieux semblaient sombres. Mais Dieu avait encore des projets incroyables pour le jeune François.

 

Dans l'espoir de reconstruire l'héritage familial, François fut envoyé en 1525 au centre de théologie et d'études européennes, l'Université de Paris.

Après de brillantes études au collège Sainte-Barbe, à Paris, il enseigna la philosophie avec un succès qui, en lui attirant les applaudissements, développa l'orgueil dans son cœur.

 

Ignace de Loyola, converti, étant venu à Paris pour perfectionner ses études et cherchant à recruter des compagnons pour jeter les bases de la Compagnie de Jésus, s'éprit d'amitié et d'admiration pour ce jeune homme.

 

François fut d'abord repoussé par les idées d'Ignace de dévotion radicale à Dieu. Mais Ignace lui rappelait les paroles de Jésus dans la Bible : « "Car à quoi sert à un homme de gagner le monde entier et de perdre son âme ?" (Mt 16,26).

 

Le 15 août 1534, sept jeunes gens, parmi lesquels Ignace et Xavier, prononcèrent leurs vœux dans une chapelle souterraine de l'église de Montmartre. La "Compagnie de Jésus" était fondée.

 

Sceau de la Compagnie de Jésus, ou christogramme, IHS, représente les trois premières lettres de IHΣOYΣ, « Jésus » en grec, ultérieurement réinterprété comme "Ièsous hèmôn sôter", "Iesus Hominis Salvator" ("Jesus Sauveur de l'homme").

 

Quelques années plus tard, Xavier, devenu prêtre était prêt pour sa mission.

 

Le pape Léon III a demandé aux jésuites nouvellement fondés d'envoyer des missionnaires dans les colonies portugaises en Inde. Bien que François n'était pas censé y aller à l'origine, l'un des jésuites affectés à la mission tomba malade et François se porta volontaire à sa place. Par cet acte courageux de confiance, Dieu utiliserait François pour transformer l’ensemble du continent asiatique.

 

François partit pour l'Inde en 1541, le jour de son 35e anniversaire. Voyager par mer à cette époque était extrêmement dangereux et inconfortable, et ceux qui osaient le faire risquaient la maladie sans aucune garantie d’arriver un jour à destination. François a dû faire tout le tour de l'Afrique, passer le cap de Bonne-Espérance, presque jusqu'au fond du globe, pour traverser l'océan Indien et arriver à Goa, sur la Côte sud-ouest de l'Inde.

À son arrivée en Inde en 1542, François fut immédiatement confronté à d’innombrables défis pour apporter la parole de Dieu aux habitants de cette région nouvelle et étrangère. Pendant sept ans, François a prêché dans les rues et sur les places publiques, travaillant sans relâche à travers l'Inde et les îles de l'Asie-Pacifique, luttant contre la persécution des seigneurs de la guerre et parfois même des autorités portugaises censées l'aider. 

Cette mission finie, une autre l'appelait ; l'ambition du salut des âmes était insatiable dans son cœur. Il rencontra l'ignorance des langues, l'absence de livres en langues indigènes, les persécutions, la défiance et la rivalité des ministres païens.

Dieu lui donna le don des langues, le pouvoir d'opérer des miracles sans nombre.

 

Dès son vivant, on rapporte des faits surprenants, comme des guérisons, des prophéties, des sauvetages inespérés.

 

Il évangélisa, en onze années, cinquante-deux royaumes et baptisa une multitude incalculable.

 

Alors qu'il était à Cochin (Inde), il constate : "Thomas (Apôtre) se livra avec ardeur à la prédication et convertit à la foi un monde innombrable. Dans l'Inde supérieure, il se rendit célèbre par un grand nombre de miracles", et "dans les environs, il y a beaucoup de chrétiens qui remontent au temps de saint Thomas; ils vivent dans plus de soixante villages."

 

Tandis qu'il est à Amboine, dans les Moluques (Indonésie), à l'est du détroit de Malacca et sur les franges du monde chinois, François-Xavier poursuit son témoignage : "J'ai rencontré à Malacca un commerçant qui revenait d'une contrée au commerce fort actif, appelé Chine. Ce commerçant m'a dit qu'un Chinois très honorable qui venait de la cour du roi lui avait posé beaucoup de questions. ... Le Chinois répondit qu'en son pays ... nombreux sont ceux qui disent que l'apôtre saint Thomas est allé jusqu'en Chine et qu'il y a fait beaucoup de Chrétiens; que l'Eglise de Grèce (église nestorienne de Mésopotamie. Ndt.) y envoyait des évêques pour instruire et pour baptiser les Chrétiens que saint Thomas et ses disciples avaient convertis dans ces contrées. (Cf : Pierre PERRIER, Xavier WALTER, Thomas fonde l'Église en Chine (65-68 ap. J.-C.), Asie Éditions du Jubilé, Mercuès 2008, p. 153-154)

 

Saint François-Xavier († 1552), Apôtre des Indes et du Japon

Après avoir converti des dizaines de milliers de personnes et semé les graines d’une Église chrétienne renouvelée et durable en Inde, François entendit des histoires sur une nation insulaire enchanteresse connue sous le nom de "Japon". Son cœur était enflammé par le désir d’apporter l’Évangile au Japon.

 

Après s'être assuré que les fidèles en Inde seraient correctement pris en charge, François a mis le cap sur cette nouvelle terre mystérieuse, devenant ainsi le premier à apporter la foi chrétienne au Japon, à l'autre bout du monde de sa maison de Navarre.

 

Son plus beau et son plus difficile triomphe fut la conquête du Japon

 

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Saint François-Xavier († 1552), Apôtre des Indes et du Japon

Au Japon, François et ses compagnons voyageaient très loin, souvent à pied et avec presque aucune ressource. 

 

Il est alors autorisé à utiliser un temple bouddhique abandonné, où il prêche pendant plusieurs mois. Des documents historiques indiquent qu’il réussit à convertir plus de 500 Japonais en un semestre jusqu’en mars 1551.

 

Une nouvelle visite à Hirado le mois suivant laisse à penser à la construction d’une nouvelle église. Plus de 500 Japonais se convertissent en six mois jusqu’en mars 1551.

 

En dix-sept mois de présence au Japon, François Xavier estimait près de douze mille conversions.(5)

Saint François-Xavier († 1552), Apôtre des Indes et du Japon

Ses contacts avec les autorités civiles et religieuses au Japon lui font comprendre l'importance de l'influence de la Chine dans le domaine philosophico-religieux. Progressivement, il est persuadé que, pour convertir l'Orient, il faut commencer par la Chine. En novembre 1551, il confie sa décision à ses compagnons jésuites et commence à préparer ce voyage.

 

Avant de s'y rendre, il rejoint l'Inde via Malacca. 

 

De retour en Inde, il embarque pour la Chine en avril 1552 à bord du Santa Cruz. 

Statue du saint, dans la basilique Saint-Guy à Český Krumlov (République tchèque)

Statue du saint, dans la basilique Saint-Guy à Český Krumlov (République tchèque)

Début septembre 1552, l’équipage arrive à l’île de Sancian, au large des côtes chinoises à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Macao. L’accueil des quelques Portugais présents lui est favorable et on lui aménage hutte et petite chapelle.

 

Il aspirait à convertir la Chine, pour rentrer en Europe par les pays du Nord, quand Dieu appela au repos cet incomparable conquérant des âmes, qu'on a justement surnommé l'apôtre des Indes et du Japon.

 

Le 21 novembre, à l’issue d’une messe, François Xavier défaille, il est conduit sur le Santa Cruz, puis après une saignée est ramené sur l’île. Il y décède le 3 décembre 1552 à l'âge de 46 ans.

Mort de saint François Xavier sur l'île de Sancian (Shangchuan), Baciccio (XVIIe siècle)

Mort de saint François Xavier sur l'île de Sancian (Shangchuan), Baciccio (XVIIe siècle)

Après sa mort en 1552, l'incorruption du corps de François-Xavier devient un fait reconnu.

Sa dépouille est exhumée à huit reprises entre 1553 et 1932. [...] Les "apparences d'un homme vivant" plusieurs dizaines d'années après sa mort... Il n'en fallait pas davantage pour "prouver" la sainteté de François-Xavier aux yeux du monde. (6)

 

En 1555, les documents recensent déjà neuf miracles obtenus part sa prière. 

 

François Xavier est canonisé le 12 mars 1622, en même temps qu'Ignace de Loyola et Thérèse d'Avila, par le pape Grégoire XV. 

 

Pie XI le fait saint patron de toutes les missions catholiques en 1927.

 

Il est aussi le saint patron des joueurs de pelote basque. Son secrétaire ayant noté qu'il prononça ses dernières paroles "en langue maternelle navarraise", c'est-à-dire en basque, sa fête (le 3 décembre) est aussi celle de l'euskara, la langue basque.

 

Marc-Antoine Charpentier a composé un In honorem Sancti Xaverii canticum, (Cantique en l'honneur de Saint Xavier), catalogué H 355, pour chœur, soli, flûtes, cordes, et basse continue.

 

Une église, puis une cathédrale Saint François Xavier existe depuis 1908 au centre de la ville de Kagoshima, Japon, au sud de la grande ile méridionale de Kyushu, où François Xavier débarqua pour la première fois en août 1549. A la suite de destructions, elle a été réparée en 1949, puis reconstruite en 1999 avec une architecture moderne à l'occasion du 450 ème anniversaire de l'arrivée de François Xavier au Japon.

 

Aujourd'hui considéré comme l'un des plus grands missionnaires de l'Église, saint François Xavier a prouvé qu'une vie vécue dans une confiance totale en Dieu peut transformer tout un continent et le monde entier.

Citations

Saint François-Xavier († 1552), Apôtre des Indes et du Japon

"D’abord et avant tout, soyez attentif à vous-mêmes et à vos relations avec Dieu et à votre conscience car c’est de celles-ci que dépend votre pouvoir d’être utile à votre prochain. N’oubliez pas de faire un examen particulier de conscience au moins une fois par jour si vous ne pouvez le faire deux fois. Souciez-vous et occupez-vous de votre propre conscience plus que de celle de qui que ce soit d’autre, car celui qui ne désire pas être bon et saint lui-même, comment peut-il rendre les autres tels ?"

Lettre de Saint François Xavier à un Jésuite parmi ses confrères, écrite de Goa en Mars 1549.

***

Sources : (1) ; (2) ; (3) Litanies de Saint-François-Xavier ; (4) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 64-65; (5) La mission japonaise de François Xavier par Jean Lacouture (estimation du nombre de convertis), revue suisse Choisir de novembre 2002; (6) Patrick SBALCHIERO, Enquête sur les miracles dans l'Église catholique, Artège, Paris 2019, p. 160-162; (7); (8)

 

Bse Inès Takeya, martyre (+ 1626)

188 martyrs japonais béatifiés à Nagasaki

Ils brûlent le tabernacle mais les hosties restent intactes

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2 décembre 2025 2 02 /12 /décembre /2025 01:00

Bibiane ou Viviane naquit à Rome. Son père (Flavien), préfet de Rome, sa mère (Dafrose) et sa soeur (Démétrie) souffrirent le martyre avant elle, sous l'empereur Julien l'Apostat.

Sainte Bibiane ou Viviane, vierge et martyre († 363)

Flavien, officier supérieur s'étant déclaré contre ce prince, fut jeté en prison ; il eut l'honneur d'être dégradé, privé de tous ses biens, et de tous ses emplois, marqué au front d'un fer rouge comme un esclave, il en mourut peu de temps après avec la qualité glorieuse de Confesseur et de Martyre de Jésus-Christ, en Toscane, où il avait été exilé dans un lieu que l'on appelait "l'Aquae Faurinae" aujourd'hui "Acqua pendente". Sa femme Dafrose, et ses filles Bibiane et Démétrie, restaient à Rome exposées aux coups du tyran. Il ne les oublia pas. Apronien, préfet de Rome et favori de Julien l'Apostat, était aussi méchant que lui. Comme il se rendait à Rome pour prendre possession de son gouvernement, il perdit un œil. Il crut que c'était par quelques maléfices des magiciens, c'est à dire des chrétiens; car on les appelait ainsi à cause des fréquents miracles qu'ils faisaient. Le dépit qu'il eut de cet accident lui fit décharger sa fureur sur les chrétiens, et il commença la persécution par la famille flavienne.

 

Sainte Dafrose, mère de Bibiane, fut d'abord enfermée dans sa maison avec ses deux filles, pour les y faire mourir de faim ; mais, ce supplice lui paraissant trop lent, on l'en tira quelque temps après, par l'ordre du gouverneur Apronien, et on lui trancha la tête.

 

On aurait pu croire qu'après la mort de leurs parents, deux jeunes sœurs Bibiane et Démétrie seraient épargnées. Quelle crainte ou quelle défiance pouvait inspirer deux jeunes filles? Il n'en fut pas ainsi. Elles avaient encore des richesses, d'ailleurs elles étaient chrétiennes. C'en fut assez pour exciter la convoitise et la colère du tyran. Il leur fut signifié qu'elles eussent à renoncer au christianisme et à adorer les dieux de l'empire ; sinon elles devaient s'attendre à une mort encore plus cruelle que celle de leurs parents. Le préfet les dépouilla d'abord de tous leurs biens, puis il les envoya en prison avec ordre de les laisser manquer de tout, ne doutant point que cette épreuve de la misère et de la faim n'ébranlât leur constance et ne les disposât à céder à ses volontés. Mais Dieu les soutint par sa grâce comme cette horrible tentation de l'indigence et de la faim. Apronien, voyant que cette tentative avait mal réussie eut recours à une autre plus dangereuse. Il employa les caresses les plus flatteuses et les promesses les plus séduisantes.

 

Malgré une très longue privation de toute nourriture, elles parurent au tribunal plus fortes et plus belles que jamais : "Craignez, leur dit le juge, une mort honteuse et cruelle." "Les biens de ce monde, répondent-elles, ne peuvent plus avoir pour nous aucun attrait, nous n'aspirons qu'à posséder Jésus-Christ ; plutôt mille morts que la trahison à nos promesses !"

 

À ces mots, Démétrie qui était encore toute jeune, tombe morte aux pieds de sa sœur. Dieu, peut-être par compassion pour elle, et pour ménager sa faiblesse, lui épargna les horreurs du supplice.

Sainte-Bibiane-ou-Viviane--vierge-et-martyre-----copie-1.jpgQuant à Bibiane, le juge la livra aux mains d'une femme de mauvaise vie, Rufine, qui après avoir promis de la faire changer de religion essaya de la pervertir ; elle employa d'abord les flatteries et les bons traitements et feignit de lui témoigner une amitié sincère ; puis bientôt elle eut recours aux menaces, aux injures et aux coups. Bibiane résista courageusement à toutes ses tentatives, elle demeura pure, et digne du céleste Époux. La méchante femme dut avouer au juge Apronien qu'elle avait perdu son temps et sa peine. Celui-ci, furieux de son peu de succès, ordonna de frapper de verges la vierge chrétienne jusqu'à ce qu'elle eût rendu l'esprit. 

 

Bibiane fut donc attachée à une colonne, et les bourreaux s'acharnèrent sur son corps innocent jusqu'au moment où elle s'affaissa mourante à leurs pieds. Elle expira au bout de quelques instants, le 2 décembre 363.

 

Son corps fut jeté à la voirie pour y être dévoré par les bêtes ; mais aucune d'elles n'en approcha pendant les deux jours qu'il demeura exposé. Il est écrit que "Dieu veille sur les restes de ses saints."

Deux jours après, un prêtre courageux nommé Jean put s'emparer pendant la nuit de cette dépouille et l'ensevelir ; Il l'enterra auprès de Dafrose, sa mère, et de Démétrie, sa sœur en face du palais de Ficinius. Ce lieu fut toujours respecté des chrétiens. Depuis ils y bâtirent une chapelle sous le nom de la sainte. Cette chapelle dura jusqu'à ce que le pape Simplice (468-483) la remplaça par une église qu'il éleva en son honneur. Cette église fut rebâtie et magnifiquement ornée en 1628 par le pape Urbain VIII qui y fit la translation des corps des trois saintes qui avaient été trouvés depuis peu. Leurs précieuses reliques furent placées sous le grand autel, dans un tombeau de porphyre, et au dessus, la statue de Sainte-Bibiane, en marbre, qui passe pour un des plus beaux morceaux de sculpture qu'on voit en Italie. Le culte de Viviane était déjà en honneur à Rome au Ve siècle.  

 

Seul maître de l'Empire à partir de 361, Julien l'Apostat mourut le 26 juin 363, en livrant bataille contre les Perses. Il avait renié son baptême et, durant son rêgne éphémère, tenté d'anéantir le christianisme en lui substituant une sorte de paganisme rajeuni. Il rendit leur liberté d'action à toutes les sectes chrétiennes, espérant qu'elles s'entre-détruiraient l'une l'autre ; il fit des lois scolaires propres à provoquer l'apostasie des enfants chrétiens, réserva les emplois, civils et militaires aux seuls païens, et frappa d'ostracisme tous ceux qui passaient pour professer la religion du Christ. Sans aller jusqu'à porter des édits sanglants contre eux il les rendit tellement odieux qu'on put souvent, çà et là, les torturer et mettre à mort impunément.

 

Sculpture Italienne - Terre Cuite - Sainte Vivienne - Sainte Bibiane - Ange (Le Bernin - Gian Lorenzo Bernini)
Héliogravure originale sur papier d'art. Anonyme. 1920

 

  

Prière*

Sainte Bibiane
tu as grandi dans une famille chrétienne
toute dévouée au Christ.
Fidèle à cet héritage si précieux
tu as continué à propager la Bonne Nouvelle
au-delà des menaces, jusqu'au don
de ta vie dans le martyre.
À ton exemple, puissions-nous demeurer
enracinés dans le Christ,
et empressés à témoigner de l'évangile.

Par ton intercession
que le Seigneur nous accorde d'accueillir
courageusement les difficultés de la vie.
Que notre foi demeure solide
afin que nous marchions avec persévérance
à la suite du Seigneur ressuscité
jusqu'au jour où Il nous réunira dans
la plénitude de son Amour
pour l'éternité des siècles.
AMEN.

Sainte-Bibiane PRIE POUR NOUS
Vous tous saints et saintes des premiers siècles PRIEZ POUR NOUS

 

 

Sources : 1, 2

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1 décembre 2025 1 01 /12 /décembre /2025 01:00
Sainte Florence, convertie par saint Hilaire († après 360)

Martyrologe Romain : À Poitiers, après 360, sainte Florence, vierge, qui fut convertie au vrai Dieu par l’évêque S. Hilaire quand il était exilé en Asie et qui le suivit quand il revint vers les siens. [1]

 

Sainte Florence, fille spirituelle de Saint-Hilaire, qui l'avait suivi depuis la Phrygie, a vécu en ermite à Comble (commune de Celle-Lévescault) qui devint lieu de pélerinage au cours des siècles. (secteur pastoral de Vivonne)

Ses reliques se trouvent à Celle l'Evescault-86 (église romane, chapelle dédiée à Sainte-Florence de Comblé) sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle.

Elle figure sur un vitrail de l'église Saint-Nicolas de Moncontour du diocèse de Poitiers.

"La tradition dit que saint Hilaire (303-367) prenait ses quartiers à Celle-l’Evescault où il avait de vastes propriétés, et où il bâtit un monastère. Sur sa propriété de Comblé, village à l’est de la commune, saint Hilaire aurait proposé à sainte Florence de se retirer pour vivre en ermite, après l’avoir consacrée à Dieu. Cette jeune fille avait suivi l’évêque Hilaire depuis la Phrygie (Turquie actuelle) où il avait été déporté par l’Empereur Constance II. Florence mena à Comblé une vie de sainteté, dans la prière et la mortification et elle mourut à l’âge de 29 ans." (Pèlerinage à Comblé, sur le tombeau de sainte Florence - Fondation Européenne pour la recherche sur les pèlerinages) [2]

 

Sources: 1, 2, 3

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30 novembre 2025 7 30 /11 /novembre /2025 17:56

Inde, 18/05/2025

 

...Plus d’une décennie après un phénomène extraordinaire survenu lors d’une messe matinale, le Vatican a officiellement reconnu un miracle eucharistique survenu à l’église du Christ-Roi à Vilakkannur le 15 novembre 2013.

 

C’était un vendredi ordinaire, jusqu’à ce que quelque chose de profondément inattendu se produise. Alors que le Père Thomas Pathickal élevait l’hostie consacrée sur l’autel, une image mystérieuse commença à apparaître. Ce qui a commencé comme un flou est devenu radieux, formant lentement ce qui ressemblait indéniablement à un visage humain. Le prêtre s’arrêta. Les fidèles s’agenouillèrent.

 

Onze ans et demi plus tard, l’archevêque Joseph Pamplany de Tellicherry s’est présenté dans cette même église pour annoncer ce que beaucoup dans la région croient depuis longtemps : le Saint-Siège a officiellement reconnu l’événement comme un véritable miracle eucharistique. La déclaration a été transmise par l’archevêque Leopoldo Girelli, nonce apostolique en Inde, et sera solennellement proclamée lors d’une messe spéciale le 31 mai [2025], présidée par le nonce lui-même.

 

La reconnaissance du Vatican ajoute l’événement de Vilakkannur à une liste exceptionnelle et sacrée d’événements de l’histoire de l’Église qui défient toute explication naturelle mais approfondissent la conviction spirituelle. Dans la plupart des miracles eucharistiques documentés, des saignements dans l’hostie ont été signalés, et des tests scientifiques ont fréquemment révélé la présence de tissu cardiaque humain et de groupe sanguin AB, ce qui concorde avec les découvertes du Suaire de Turin. Le cas de Vilakkannur est différent : il n’y a ni sang ni tissu ; seul un visage, rayonnant et indéniablement humain, apparaît sur le pain lui-même. Ce visage, identifié par des témoins comme celui du Christ, a attiré des milliers de personnes au fil des ans. Dans les jours qui ont suivi la messe de 2013, le petit village a été envahi de pèlerins. Les routes étaient encombrées et la police a été appelée pour contrôler la foule. Le phénomène a suscité une fervente dévotion, tandis que les autorités ecclésiastiques ont discrètement gardé l’hostie et ont commencé une enquête théologique et scientifique rigoureuse, conformément aux protocoles du Vatican pour discerner les affirmations surnaturelles.

 

Entre 2018 et 2020, l’hostie a été rendue à l’Église du Christ-Roi pour la vénération publique. Elle fut ensuite confiée au Nonce apostolique de l’époque, l’archevêque Giambattista Diquattro. La décision de reconnaître l’événement comme miraculeux n’est venue qu’après des années d’analyse, de prière et de discernement patient. Mais le miracle, a souligné l’archevêque Pamplany, n’est pas une condition de la foi. « La présence réelle du Christ dans l’Eucharistie est un dogme, pas une déduction basée sur des signes », a-t-il déclaré lors de l’annonce. « Un miracle peut aider à éveiller ou à raviver la foi, mais la vérité de l’Eucharistie est fondée sur les paroles mêmes du Christ. » En effet, le Catéchisme de l’Église catholique réaffirme que dans l’Eucharistie, le Christ est présent « vraiment, réellement et substantiellement » : Corps, Sang, Âme et Divinité. Chaque messe est, par essence, un miracle, même lorsque nos sens restent impassibles. Cependant, l’histoire montre que parfois Dieu décide de toucher les sens. Le miracle de Vilakkannur s’inscrit dans une longue tradition qui comprend Lanciano au VIIIe siècle, Bolsena en 1263 et des cas plus récents comme Buenos Aires (années 1990), Tixtla, au Mexique (2006) et les villes polonaises de Sokółka et Legnica (2008 et 2013). Dans chaque cas, le miracle n’a pas modifié la théologie, mais l’a plutôt éclairée.

 

Ce qui distingue Vilakkannur, c’est la délicatesse surprenante du signe. Pas de saignement, pas de dramatisme scientifique, juste une révélation silencieuse qui résonnait avec les paroles des disciples d’Emmaüs [reconnaissant le Christ à la bénédiction et à la fraction du pain. Lc 24,30]: « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous ?» [Lc 24,13-35] Dans le visage vu dans l’hostie, beaucoup ont vu le regard du Christ qui les regardait.

 

Cf. https://fr.zenit.org/2025/05/22/le-vatican-reconnait-un-miracle-eucharistique-en-inde/

 

Le Christ à Emmaüs par Rembrandt, 1648, Louvre

 

Cf. https://x.com/JustAdaugoijele/status/1995024706161054034?s=20

Cf. https://x.com/thattradgal/status/1921237513898766737?s=20

En décembre de l'année dernière une video a été publiée montrant des milliers d'Indiens marchant lors d'une procession eucharistique au Saint Sacrement de Jésus dans l'état indien du Kerala :

Autres images du miracle :

 

 

Le Vatican reconnaît un miracle eucharistique à l'église Christ-Roi au Kerala en Inde en 2013 : le visage de Jésus dans l'eucharistie

Les témoignages collectés affirment qu'une tache s'est formée sur l'hostie et s'est agrandie avant de laisser entrevoir la face du Christ en noir et blanc au centre de l'hostie, semblable à l'image du Suaire de Turin.

 

La reconnaissance, annoncée le 31 mai 2025 par le nonce apostolique, autorise la vénération publique.

 

"Mais le vrai miracle, c'est celui qui, chaque jour, perpétue dans l'Église le sacrifice de la Croix, la mémoire de la mort et de la résurrection du Christ", a tenu à rappeler le nonce apostolique. "Ce qui est arrivé ici à Vilakkannur peut être considéré comme une invitation à approfondir notre foi à travers la Présence réelle de Jésus Christ dans l'Eucharistie".

 

L’Église catholique reconnaît la possibilité de miracles eucharistiques, c’est-à-dire de signes extraordinaires manifestant la présence réelle de Jésus dans l’Eucharistie. Toutefois, elle enseigne que ces phénomènes ne sont pas nécessaires à la foi : la vérité de la Présence réelle repose sur la parole du Christ lui-même, non sur des manifestations visibles.

 

Cf. https://fr.aleteia.org/2025/06/15/un-miracle-eucharistique-approuve-en-inde/

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30 novembre 2025 7 30 /11 /novembre /2025 01:00
Saint André, Apôtre († 62), Patron de la Grèce, de la Russie et des pêcheurs

Saint André, frère de saint Pierre

 

Ayant été avec Jean l'évangéliste l'un des deux premiers disciples de S. Jean le Baptiste à suivre Jésus, il est le premier des apôtres qui ait connu Jésus-Christ aussitôt après son baptême sur les bords du Jourdain.(1) Pour cette raison, la tradition de l'Église l'appelle "Protoclet", c'est-à-dire "le premier des appelés".

 

Son appel définitif ne date que du moment où Jésus le rencontra de nouveau avec son frère Simon (Pierre), jetant les filets pour pêcher, dans le lac de Tibériade, et leur dit à tous deux : "Suivez-Moi, Je vous ferai pêcheurs d'hommes." Les deux Galiléens de Capharnaüm ont en commun d'avoir subi le martyre et d’être morts crucifiés, comme le Christ.

Si Pierre est le « premier » (princeps) des apôtres, André est le « premier appelé » (protocletos). L’un est considéré comme fondateur de l’Église de Rome (Église occidentale), l’autre comme fondateur de l’Église de Constantinople (Église orientale).

Si Pierre est le « premier » (princeps) des apôtres, André est le « premier appelé » (protocletos). L’un est considéré comme fondateur de l’Église de Rome (Église occidentale), l’autre comme fondateur de l’Église de Constantinople (Église orientale).

André a donné son nom à une croix en X qui fut celle de son supplice.

 

Après la Pentecôte, André prêcha dans Jérusalem, la Judée, la Galilée, puis alla évangéliser les Scythes, les Éthiopiens, les Galates et divers autres peuples jusqu'au Pont-Euxin (Asie Mineure).

Les prêtres de l'Achaïe (Grèce) prirent soin d'envoyer aux églises du monde entier la relation de son martyre, dont ils avaient été les témoins oculaires. Menacé du supplice de la croix, il dit : « Si je craignais ce supplice, je ne prêcherais point la grandeur de la Croix. » Le peuple accourt en foule, de tous les coins de la province, à la défense de son apôtre et menace de mort le proconsul. Mais André se montre, calme la foule de chrétiens ameutés, les encourage à la résignation et leur recommande d'être prêts eux-mêmes au combat.

Le lendemain, menacé de nouveau : « Ce supplice, dit-il au juge, est l'objet de mes désirs ; mes souffrances dureront peu, les vôtres dureront éternellement, si vous ne croyez en Jésus-Christ. » Le juge irrité le fit conduire au lieu du supplice. Chemin faisant, l'apôtre consolait les fidèles, apaisait leur colère et leur faisait part de son bonheur. D'aussi loin qu'il aperçut la croix, il s'écria d'une voix forte :
« Je vous salue, ô Croix consacrée par le sacrifice du Sauveur ; vos perles précieuses sont les gouttes de son sang. Je viens à vous avec joie, recevez le disciple du Crucifié. Ô bonne Croix, si longtemps désirée, si ardemment aimée, rendez-moi à mon divin Maître. Que par vous je sois admis à la gloire de Celui qui par vous m'a sauvé. »

Il se dépouilla lui-même de ses vêtements, les distribua aux bourreaux, puis fut lié à une croix d'une forme particulière, appelée depuis croix de Saint-André. Le saint, du haut de sa croix, exhortait les fidèles, prêchait les païens, attendris eux-mêmes. Une demi-heure avant son dernier soupir, son corps fut inondé d'une lumière toute céleste, qui disparut au moment où il rendit l'âme.(2)

André est représenté en sautoir sur sa croix en X, appelée "decussata" en raison de sa ressemblance avec le decussis, le chiffre romain dix.

Protecteur : Saint André est invoqué pour que la vérité se fasse dans les fausses accusations, contre la coqueluche des enfants, la stérilité, les maux de gorge, la goutte, et par les filles qui veulent trouver un mari.(3)

Saint André, 1640, François Duquesnoy, Vatican, Basilique Saint-Pierre (4)

Saint André, 1640, François Duquesnoy, Vatican, Basilique Saint-Pierre (4)

En 360 des reliques des SS. Timothée, André et Luc furent apportées, sur ordre de Constance II (337-361), dans l'église des Saints Apôtres de Constantinople, qui avait été bâtie par Constantin pour être son mausolée (5). Elle deviendra la principale nécropole des empereurs et impératrices byzantins. Lorsqu'en 1461, après la chute de Constantinople, les derviches du sultan Mehmed II passèrent quatorze heures à briser les vestiges à coups de masses et de barres de fer, les ossements des apôtres, des basileus, des hauts dignitaires et des patriarches, furent jetés dans le Bosphore (du côté européen). (6)

Saint André, Apôtre († 62), Patron de la Grèce, de la Russie et des pêcheurs

Outre l'Église de Constantinople, la ville de Patras (Grèce), et le monastère du cap Saint-André à Chypre, de nombreux lieux et communes de par le monde portent le nom de Saint-André, en particulier Santander dont la croix figure sur le drapeau basque.

 

L’ordre de Russie le plus prestigieux était l’ordre impérial de Saint-André. La Russie actuelle a rétabli la croix de saint André sur les pavillons de ses navires de guerre, comme le faisaient autrefois les marins du tsar depuis 1690, sous le règne de Pierre Ier (1682-1725).

 

En souvenir du patronage de saint André sur l’ancien État de Bourgogne, la marine royale belge arbore aussi un pavillon à la croix de saint André.

 

Saint André est également considéré comme le premier évangélisateur du territoire sur lequel se trouve actuellement la Roumanie, étant célébré comme un des plus importants saints de l'orthodoxie roumaine. D'après George Alexandrou, saint André aurait passé vingt ans en ermite en Scythie mineure dans une grotte près d'un village actuellement nommé Ion Corvin aujourd’hui en Roumanie. (George Alexandrou, The Astonishing Missionary Journeys of the Apostle Andrew, in Road to Emmaus, vol. V, no 4, pp. 43-45.)

 

Il est le saint patron de l'Écosse.

 

Saint André est aussi le patron de la ville de San Andrés (Tenerife, Espagne).

 

De nombreux lieux de culte lui sont dédiés, en particulier les cathédrales de Bordeaux, d'Avranches, de Wells (Angleterre), d'Aberdeen (Écosse), de Glasgow (Écosse), d'Amalfi (Italie), de Saint-Pétersbourg, de Little Rock (Arkansas, USA), de Grand Rapids (Michigan, USA), de Yopougon (Côte d'Ivoire).

Le Martyre de saint André, de Bartolomé Esteban Murillo (1682), musée du Prado, Madrid, Espagne.

Le Martyre de saint André, de Bartolomé Esteban Murillo (1682), musée du Prado, Madrid, Espagne.

Sources 

 

(1) Jean-Christian Petitfils, Jésus, Fayard, La Flèche 2011, P. 25 ;

(2) http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=saintfeast&localdate=20101130&id=8643&fd=0 

(3) Le Petit Livre des Saints, Editions du Chêne, tome 2, 2011, p. 10

(4) Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 702-703

(5) Pierre Maraval, Les Fils de Constantin, Constantin II, Constance II, Constant, CNRS Éditions, Paris 2013, p. 207

(6) fr.wikipedia.org/wiki/Église_des_Saints-Apôtres_(Constantinople)

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29 novembre 2025 6 29 /11 /novembre /2025 11:00

La Bible nous dit que dans Matthieu 23:2-3 Jésus commande : "Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse. Donc, tout ce qu’ils peuvent vous dire, faites-le et observez-le." Donc, Jésus ordonne personnellement l'obéissance à la tradition orale extra-biblique des hommes qu'il vient de réprimander.

 

Saint Paul ajoute : "Ainsi donc, frères, tenez bon, et gardez ferme les traditions que nous vous avons enseignées, soit de vive voix, soit par lettre." (2 Thess 2:15)

 

Parmi ces concepts théologiques et enseignements oraux non explicitement détaillés dans la Bible, nous trouvons (liste non exhaustive) :

-la Trinité;

-l'Assomption de Marie; 

-son Immaculée Conception;

-la croyance en l'Eucharistie, la Présence réelle; 

-le Purgatoire

-les rites sacramentaux; 

-des prières (Sub tuum praesidium - Les chrétiens ont prié Marie avant de prier le Credo de Nicée -);

-le signe de croix lui-même; les livres lus lors des liturgies du nouveau sacrifice;

-le jeûne eucharistique; les fêtes et coutumes liturgiques; la manière d'administrer le sacrement du baptême : des textes anciens comme la Didachè (Ier siècle), la Tradition apostolique d'Hippolyte (IIIe siècle) en donnent des aperçus, bien qu'ils ne soient pas exhaustifs.

-L'attribution de l'évangile dit de Luc (anonyme dans son texte) à Luc lui-même, compagnon de Paul, provient de la tradition orale primitive qui inclut des éléments oraux transmis au sein des communautés chrétiennes avant d'être consignés par écrit. La première mention explicite de Luc comme auteur apparaît chez Irénée de Lyon vers 180 dans son ouvrage Contre les hérésies, qui affirme que Luc  a rédigé l'évangile. Cela sera repris par d'autres Pères de l'Eglise comme Clément d'Alexandrie, Tertullien et Origène qui se fondent sur cette tradition orale antérieure à tout écrit "biblique". Les manuscrits les plus anciens comme le "Papyrus 75" (fin IIe-début IIIe s.) incluent déjà le titre "évangile selon Luc", indiquant que l'attribution était établie dans la tradition manuscrite.

-De même, l'attribution de l'Évangile de Marc à Marc (souvent identifié comme Jean Marc, compagnon de Pierre) repose principalement sur la tradition orale des premiers chrétiens, telle que rapportée par les Pères de l'Église au IIe siècle. L'Évangile lui-même est anonyme : le texte ne mentionne pas son auteur. L'attribution provient d'une tradition relayée par Papias de Hiérapolis vers 120-130 ap. J.-C., qui cite un "ancien" (peut-être l'apôtre Jean) affirmant que Marc, interprète de Pierre, a consigné par écrit les enseignements oraux de l'apôtre Pierre, tels qu'il s'en souvenait, sans ordre chronologique. Papias insiste sur le fait que Marc n'a pas entendu Jésus directement, mais a fidèlement retranscrit ce qu'il a entendu de Pierre, soulignant ainsi une transmission orale initiale.
Cette tradition est corroborée par d'autres sources anciennes, comme Irénée de Lyon (vers 180 ap. J.-C.), qui décrit Marc comme le disciple et interprète de Pierre, ayant mis par écrit sa prédication après son départ. Clément d'Alexandrie et d'autres Pères de l'Église reprennent cette idée, indiquant que Marc a rédigé l'Évangile à la demande des auditeurs de Pierre à Rome, pour préserver ses enseignements oraux.
Les chercheurs modernes notent que cette attribution émerge au IIe siècle, sans preuve écrite antérieure, et repose sur des rapports oraux potentiellement sujets à erreur (Papias est connu pour des inexactitudes). Elle pourrait avoir été formalisée pour lier l'Évangile à une figure apostolique et le distinguer d'autres textes, comme l'Évangile de Pierre apocryphe. Ainsi, bien que consignée par écrit par Papias et ses successeurs, l'origine de cette attribution est fondamentalement orale, issue des traditions transmises au sein des communautés chrétiennes primitives.

-les livres bibliques "deutérocanoniques" de l'Ancien Testament qui faisaient partie de la Septante utilisée par les apôtres et citée dans le Nouveau Testament et ont été reconnus par les conciles anciens comme ceux de Rome (382), Hippone (393), et Carthage (493) et l'usage liturgique apostolique :

1. Tobie (Tobit)

2. Judith

3. Sagesse

4. Ecclésiastique (Siracide ou Sagesse de Ben Sira)

5. Baruch (incluant la lettre de Jérémie)

6. 1 Maccabées

7. 2 Maccabées

Auxquels s'ajoutent des sections aux livres d'Esther, Daniel (Prière d'Azarias, Cantique des trois jeunes gens, Suzanne, et Bel et le dragon)

Ces livres et sections n'étaient et ne furent pas inclus dans le canon hébreu (formé entre le IIe et le Xe siècle) utilisé plus tard par les protestants. Mais leur inclusion dans le canon catholique repose sur la tradition apostolique orale liturgique et écrite, transmise par les apôtres et leurs successeurs, et confirmée par l'Eglise. Ainsi, les apôtres et les premiers chrétiens utilisaient la Septante et les Pères de l'Eglise tels que Irénée, Cyprien et Augustin les citaient comme Ecriture sans distinction.

Les livres du Nouveau Testament qui ont été reçus dans le canon de la Bible dans la tradition catholique et orthodoxe grâce aux traditions orales apostoliques sont appelés "antilegomena" (disputés). Ils font l'objet de débats dans l'Église primitive quant à leur authenticité apostolique et leur inspiration, et leur inclusion finale repose sur la Tradition apostolique qui inclut les transmissions orales, les témoignages des Pères de l'Église, l'usage liturgique et la reconnaissance progressive par les communautés chrétiennes guidées par l'Esprit Saint.

 

Contrairement aux livres "homologoumena" (universellement acceptés dès le début, comme les quatre Évangiles, les Actes et la plupart des épîtres pauliniennes), les antilegomena ont davantage dépendu de la Tradition orale pour confirmer leur lien apostolique et leur autorité, comme en témoignent les conciles anciens (Hippone en 393, Carthage en 397) et les écrits des Pères comme Athanase, Jérôme et Augustin.
Ces principaux livres antilegomena sont au nombre de 7 :


1. Hébreux (attribué à Paul ou son entourage via la Tradition, malgré des doutes sur l'auteur)
2. Jacques
3. 2 Pierre
4. 2 Jean
5. 3 Jean
6. Jude
7. Apocalypse (Révélation)


Ces livres n'étaient pas universellement reconnus au départ (par exemple, l'Apocalypse a été contestée pour des raisons doctrinales, et Hébreux pour son style), mais la Tradition apostolique orale et écrite, transmise par les apôtres et leurs successeurs, a permis à l'Église de les accepter comme inspirés. Les Pères de l'Église comme Irénée et Origène les citaient, et leur usage dans les églises apostoliques a confirmé leur statut. En revanche, les livres homologoumena (comme Matthieu, Marc, Luc, Jean, Actes, les 13 épîtres de Paul, 1 Pierre et 1 Jean) étaient déjà largement acceptés sur la base de leur origine apostolique évidente, bien que l'ensemble du canon repose ultimement sur la Tradition ecclésiale.


Les traditions non écrites reçues par les apôtres du Christ et transmises de génération en génération incluent des doctrines comme la Trinité ou la nature du Christ, l'Assomption de Marie, son Immaculée Conception, la croyance en l'Eucharistie corps et sang du Christ, le culte des saints, des reliques, leur intercession, le Purgatoire; les conciles œcuméniques et synodes, les décisions des sept premiers conciles (dont Nicée en 325 ou Chalcédoine en 451), la liturgie et les pratiques ecclésiales, les rites sacramentaux, les prières, les fêtes et les coutumes liturgiques (comme le signe de croix, le jeûne eucharistique) incarnent ces traditions orales, transmises par la pratique apostolique; des textes anciens comme la Didachè (sur le baptême trinitaire) ou la Tradition apostolique d'Hippolyte (IIIe siècle) en donnent des aperçus, bien que non exhaustifs; l'auteur de l'Évangile de Luc comme étant Luc lui-même vient de la tradition orale. 

 

La Bible n'est pas tombée du ciel reliée en cuir. L’Église catholique est responsable de la canonisation de l’Ancien et du Nouveau Testament. Les évêques de l'Église catholique, guidés par le Saint-Esprit, ont discerné le canon au IVe siècle. Sans l'Église, vous ne sauriez même pas quels livres en font partie...

 

Les livres deutérocanoniques étaient largement utilisés dans la liturgie et la tradition de l'Église primitive, particulièrement dans la Septante (traduction grecque de l'Ancien Testament), et des figures comme saint Augustin (354-430) les considéraient comme inspirés, bien que des débats existaient (par exemple, saint Jérôme, traducteur de la Vulgate, exprimait des réserves mais les inclut dans sa traduction). Les conciles régionaux de Rome en 382 avec le "Décret de Damase" (liste reprise dans le "Décret de Gélase" au VIe siècle), Hippone (393) et Carthage (397, 419) avaient déjà inclus ces livres dans leurs listes canoniques.

 

 

Conclusion

 

Catéchisme de l'Eglise catholique n° 76 et suivants:

 

"La transmission de l’Évangile, selon l’ordre du Seigneur, s’est faite de deux manières :

 

-Oralement " par les apôtres, qui, dans la prédication orale, dans les exemples et les institutions transmirent, soit ce qu’ils avaient appris de la bouche du Christ en vivant avec Lui et en Le voyant agir, soit ce qu’ils tenaient des suggestions du Saint-Esprit " ;

-Par écrit " par ces apôtres et par des hommes de leur entourage, qui, sous l’inspiration du même Esprit Saint, consignèrent par écrit le message de salut " (DV 7).

 

... continuée dans la succession apostolique

 

77 "Pour que l’Évangile fût toujours gardé intact et vivant dans l’Église, les apôtres laissèrent comme successeurs les évêques [Cf. Épitre aux Corinthiens 44 de S. Clément de Rome, 3e Pape après S. Pierre, épître datée de 95 ap. J.-C.] auxquels ils ‘transmirent leur propre charge d’enseignement’ " (DV 7). En effet, "la prédication apostolique, qui se trouve spécialement exprimée dans les livres inspirés, devait être conservée par une succession ininterrompue jusqu’à la consommation des temps." (DV 8). 78 Cette transmission vivante, accomplie dans l’Esprit Saint, est appelée la Tradition en tant que distincte de la Sainte Écriture, quoique étroitement liée à elle. Par elle, " l’Église perpétue dans sa doctrine, sa vie et son culte et elle transmet à chaque génération tout ce qu’elle est elle-même, tout ce qu’elle croit " (DV 8). "L’enseignement des saints Pères atteste la présence vivifiante de cette Tradition, dont les richesses passent dans la pratique et la vie de l’Église qui croit et qui prie." (DV 8). 79 Ainsi, la communication que le Père a faite de Lui-même par son Verbe dans l’Esprit Saint, demeure présente et agissante dans l’Église : " Dieu qui parla jadis ne cesse de converser avec l’Épouse de son Fils bien-aimé, et l’Esprit Saint, par qui la voix vivante de l’Évangile retentit dans l’Église et par elle dans le monde, introduit les croyants dans la vérité tout entière et fait que la parole du Christ habite en eux avec abondance." (DV 8).

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29 novembre 2025 6 29 /11 /novembre /2025 01:00

Il fit parti de ces grands évangélisateurs de la Gaule et fut le fondateur du siège épiscopal de Toulouse. Son nom latin "Saturnius", a été transformé dans la langue d'Oc en "Sarni" puis francisé en "Sernin".

 

Il évangélisa le Languedoc à partir de 245.

 

Saturnin mourut martyrisé en 250 pour avoir refusé de se plier à l'obligation qui était faite à tous les citoyens par l'empereur romain Dèce de sacrifier aux dieux païens.

 

Il s'oppose vigoureusement aux prêtres païens qui le martyrisent. Il aurait été jeté sur les marches du Capitole, le temple dédié à Jupiter qui se trouvait à l'emplacement de l'actuelle place Esquirol. Puis il fut attaché par les pieds à un taureau furieux que l'on devait immoler et traîné le long du cardo maximus (la rue Saint-Rome) jusqu'à la rue du Taur (taureau).

 

Son corps aurait été lâché à l'endroit de l'actuelle église du Taur qui s'est appelée Notre-Dame de Saint-Sernin jusqu'au XVIème siècle. C'est là que le corps aurait été enterré en cachette. 

 

 

Saint-Saturnin-ou-Sernin.jpg

À la fin du IVème siècle et au tout début du Vème l'évêque Exupère prit la décision de transférer les reliques de Saint Sernin à l'emplacement de la basilique actuelle et d'y construire un édifice.

Saint Saturnin ou Sernin, évêque et martyr (IIIème s.)

Il nous rappelle l'ancienneté de notre foi chrétienne en France.

Confions-lui en ce jour le destin de la France.

Saint Saturnin ou Sernin, évêque et martyr (IIIème s.)

Sous Decius et Gratus consuls, ainsi qu’un fidèle souvenir en est conservé, la cité de Toulouse reçut saint Saturnin, son premier et éminent évêque.

Grégoire de Tours, Histoire des Francs, 576

Sources : 12; 3; 4; 5

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28 novembre 2025 5 28 /11 /novembre /2025 20:02

Pour atteindre l'humain, ils attaquent le dogme de l'Incarnation - la vérité centrale du christianisme selon laquelle Dieu s'est fait homme pour notre salut (S. Athanase)" - avec la complicité du diocèse.

Cf. https://x.com/al_bonnel/status/1994415393499156506/photo/2

Cf. https://x.com/al_bonnel/status/1994415393499156506/photo/2

De Anne-Laure Bonnel:

 

Crèche sans yeux : Bruxelles assassine l’humain

 

Ils ont tout bousillé. Les visages. Jésus, Marie, les bergers… tous creux, vides, sans yeux, sans bouche, sans rien. On dirait qu’on a pris un couteau et qu’on a tailladé l’humanité. C’est pas juste une crèche, c’est un massacre silencieux.

 

Effacer les yeux. Faut le dire. C’est pas neutre. C’est mortel. Dans une crèche, dans une maison, dans le monde entier. On retire le regard, on supprime la bouche, et boum ! Plus rien ne parle, plus rien ne touche. Tout devient mort. Abstrait.

 

Et pourquoi ? Pour pas choquer. Pour plaire à tout le monde. Inclusion. Neutralité. On efface l’autre, on efface soi-même, et on se croit civilisé.

 

Le regard, c’est tout. Il fait surgir la compassion, il fait que l’on se reconnaît. Sans lui, y a rien. Rien. Pas de rencontre. Pas de lien. Pas de société.

 

Cette crèche sans visage, c’est un avertissement. Effacer l’humain pour plaire… c’est créer le vide.

 

La neutralité imposée par Bruxelles à sa crèche revient à nier l’essence même de l’humain.

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28 novembre 2025 5 28 /11 /novembre /2025 19:21
Prière œcuménique à Iznik: Nicée invite les chrétiens à s’unir face à la violence

Durant l'été 325 après J.-C., plus de 300 évêques se réunirent à Nicée — située dans le nord de la Turquie actuelle — pour promulguer un credo chrétien commun, régler les différends christologiques nés de l'hérésie arienne et promouvoir l'unité de l'Église.

 

Lors du concile, les évêques ont établi la formulation initiale du Credo de Nicée, profession de foi encore récitée lors de la messe catholique, des liturgies orthodoxes et de certains offices protestants. Ce concile a également rejeté les affirmations ariennes hérétiques selon lesquelles le Christ était une créature dépourvue de nature divine éternelle et a au contraire confirmé que le Fils est engendré de Dieu du Père avant tous les siècles. Saint Athanase, l'un des plus fervents opposants à l'arianisme lors du concile et après celui-ci, écrivit dans son Premier Discours contre les Ariens, au milieu du IVe siècle, que "les Écritures proclament l'éternité du Fils". Athanase note, par exemple, que l'Évangile selon saint Jean 1 déclare qu'"AU COMMENCEMENT était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu." Il cite également le chapitre 8 du même Évangile dans lequel le Christ déclare : "Avant qu'Abraham fût, JE SUIS", invoquant le nom divin utilisé par Dieu pour indiquer son éternité lorsqu'il est apparu à Moïse sous la forme du buisson ardent. (Exode 3,14

 

"Le Seigneur lui-même dit : “Je suis la Vérité”, non pas “Je suis devenu la Vérité”, mais toujours : “Je suis – Je suis le Berger – Je suis la Lumière” – et encore : “Ne m’appelez-vous pas Seigneur et Maître ? Et vous m’appelez à juste titre, car tel je suis”, écrivait Athanase. Qui, entendant un tel langage de la part de Dieu, de la Sagesse et du Verbe du Père parlant de lui-même, hésitera encore sur la vérité et ne croira pas immédiatement que dans l’expression “Je suis”, il est signifié que le Fils est éternel et sans commencement ?" 

 

Athanase avait également averti que la position d'Arius "menaçait la vérité centrale du christianisme selon laquelle Dieu s'est fait homme pour notre salut".

 

"Ce concile représente une étape fondamentale dans le  développement du credo partagé par toutes les Églises et les communautés ecclésiales", a déclaré le pape Léon XIV il y a deux semaines , à l’occasion du 1700e anniversaire.

 

Ni le concile ni le credo ne furent adoptés universellement et immédiatement. Thomas Clemmons, professeur d'histoire de l'Église à l'Université catholique d'Amérique, remarqua que l'adoption fut plus rapide à l'Est, mais plus lente à l'Ouest. Le conflit entre les Ariens et les défenseurs du concile de Nicée resta tendu pendant le demi-siècle suivant, certains empereurs soutenant le credo et d'autres l'arianisme. Finalement, comme l'a dit Clemmons, le credo "convainc les gens sur plusieurs décennies, mais sans l'application impériale à laquelle on pourrait s'attendre". Constantin s'était converti au christianisme plus de dix ans avant le concile, mais il ne fut baptisé que quelques instants avant sa mort en 337. Ce ne sera qu'en 380 que l'empereur Théodose déclarera le christianisme nicéen religion officielle de l'Empire romain. Un an plus tard, lors du premier concile de Constantinople (en 381), l'Église réaffirma le concile de Nicée et actualisa le Credo de Nicée en y ajoutant des passages relatifs au Saint-Esprit et à l'Église. [1]

 

Aux côtés de Bartholomée Ier et des patriarches et représentants des Églises, le Pape Léon XIV a commémoré dans la prière le 1700e anniversaire du Concile de Nicée sur les vestiges de la basilique Saint-Néophyte, dans l’actuel ville d’Iznik. Dans son discours, le Saint-Père a appelé à rejeter avec force "toute forme de fondamentalisme et de fanatisme" religieux, et à œuvrer pour la fraternité, le dialogue et la collaboration.[2]

Cf. https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2025-11/voyage-apostolique-turquie-pape-leon-priere-oecumenique-iznik.html

Cf. https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2025-11/voyage-apostolique-turquie-pape-leon-priere-oecumenique-iznik.html

Lire la Déclaration conjointe

 

Contrairement à la basilique Saint-Néophyte, détruite par un tremblement de terre en 740 et engloutie par les eaux du lac d’Iznik, l’héritage du premier concile œcuménique de l’histoire de l’Église a su traverser les siècles. 1700 ans plus tard, son Credo a été récité en chœur sur les lieux même où il a été formulé pour la première fois, par les chefs des Églises et les représentants des communautés chrétiennes mondiales, ce vendredi 28 novembre.

 

Près des vestiges archéologiques de l’ancienne basilique byzantine, à 130 km au sud-est d'Istanbul, et dans un silence solennel conféré par l’historicité de l’instant, le Pape Léon XIV et le patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomée Ier ont prié aux côtés de leurs frères chrétiens devant les icônes représentant le Christ et les participants du Concile. 

 

Parmi les patriarches présents, ceux du patriarcat syriaque orthodoxe d’Antioche et de tout l’Orient, du patriarcat copte-orthodoxe d’Alexandrie, du patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem, du patriarcat grec-orthodoxe d’Antioche et de tout l’Orient mais aussi les représentants de l’Église apostolique arménienne. Sans oublier le monde protestant, avec la Communion anglicane, la Fédération luthérienne mondiale, l’Alliance évangélique mondiale ou la Conférence mennoniste mondiale. Toutes ces voix ont énoncé à l'unisson le Credo de Nicée-Constantinople, sans prononcer le Filioque.

Rencontre de prière œcuménique à Iznik, ancienne Nicée, le vendredi 28 novembre 2025.

Rencontre de prière œcuménique à Iznik, ancienne Nicée, le vendredi 28 novembre 2025.

"Nous sommes profondément émus que vous ayez tous répondu positivement à notre humble invitation à honorer, à travers ce pèlerinage commun, la mémoire et l'héritage du premier concile œcuménique qui s'est tenu ici à Nicée il y a dix-sept cents ans", a déclaré dans son discours de bienvenue Bartholomée Ier. "Nous ne sommes pas réunis ici simplement pour nous souvenir du passé ou pour réfléchir uniquement à l'histoire" a précisé le chef de l’Église orthodoxe de Constantinople, à l’origine de l’initiative. "Nous sommes ici pour témoigner de la même foi que celle exprimée par les Pères de Nicée". Convoqués par l’empereur romain Constantin Ier, les Pères du Concile se réunirent en 325 dans l’actuelle ville d’Iznik pour condamner l’arianisme et proclamer la foi dans le salut en Jésus-Christ et dans le Dieu unique, Père, Fils et Saint-Esprit. "Nous revenons à cette source de la foi chrétienne afin d'aller de l'avant", a souligné le patriarche.

Après la lecture de l’Évangile selon saint Jean, le Pape a prononcé son discours en anglais. "En cette période dramatique à bien des égards, où les personnes sont soumises à d’innombrables menaces contre leur dignité, le 1700e anniversaire du premier Concile de Nicée est une précieuse occasion pour nous demander qui est Jésus-Christ dans la vie des femmes et des hommes d’aujourd’hui, qui est-Il pour chacun de nous", a souligné le Saint-Père. "Cette question, a poursuivi Léon XIV, interpelle tout particulièrement les chrétiens qui risquent de réduire Jésus-Christ à une sorte de chef charismatique ou de surhomme, une déformation qui conduit en définitive à la tristesse et à la confusion".

"En niant la divinité du Christ, Arius l’avait réduit à un simple intermédiaire entre Dieu et les êtres humains, ignorant la réalité de l’Incarnation, de sorte que le divin et l’humain restaient irrémédiablement séparés", a expliqué le Saint-Père. "Mais si Dieu ne s’est pas fait homme, comment les mortels peuvent-ils participer à sa vie immortelle? C’était l’enjeu à Nicée et c’est l’enjeu aujourd’hui: la foi en Dieu qui, en Jésus-Christ, s’est fait comme nous pour nous rendre 'participants de la nature divine'".

 

Unis en Jésus-Christ

 

"Cette confession de foi christologique revêt une importance fondamentale dans la marche des chrétiens vers la pleine communion", a souligné le Saint-Père, tout en précisant que celle-ci est partagée par toutes les Églises et communautés chrétiennes dans le monde, y compris celles qui n’utilisent pas le Credo de Nicée-Constantinople dans leurs liturgies. Le Pape augustin a poursuivi son discours en citant son père spirituel, l’évêque d'Hippone: 'nous pouvons dire que "bien que nous chrétiens soyons nombreux, dans l'unique Christ, nous sommes un'" (Exposition sur le Psaume 127). [D'où Léon XIV a tiré sa devise: "In Illo uno unum", "En Celui qui est Un, nous ne faisons qu'un" ou "En Lui, nous sommes un".]

 

"Partant de la conscience que nous sommes déjà unis par ce lien profond", l’Évêque de Rome a invité chacun à "surmonter le scandale des divisions qui malheureusement existent encore, et à nourrir le désir de l’unité pour laquelle le Seigneur Jésus a prié et donné sa vie". "Plus nous sommes réconciliés, plus nous, chrétiens, pouvons rendre un témoignage crédible à l’Évangile de Jésus-Christ, qui est une annonce d’espérance pour tous, un message de paix et de fraternité universelle dépassant les frontières de nos communautés et de nos nations", a assuré Léon XIV, faisant siens les mots prononcés par son prédécesseur argentin lors d’une session plénière du conseil pontifical pour la Promotion de l’unité des chrétiens le 6 mai 2022.

 

Réconcilier l’humanité, rejeter le fanatisme religieux

 

Mais ce désir d’une pleine communion entre tous les croyants en Jésus-Christ dépasse le monde chrétien. Il s’accompagne "toujours de la recherche de la fraternité entre tous les êtres humains", martèle Léon XIV. "Dans le Credo de Nicée, nous professons notre foi 'en un seul Dieu, le Père'; cependant, il ne serait pas possible d’invoquer Dieu comme Père si nous refusions de reconnaître comme frères et sœurs les autres hommes et femmes, eux aussi créés à l’image de Dieu" (Gn 1,27). Si la fraternité et la sororité universelles transcendent les différences ethniques, culturelles ou religieuses, les religions "sont dépositaires de cette vérité et devraient encourager les personnes, les groupes humains et les peuples à la reconnaître et à la pratiquer".

"L’utilisation de la religion pour justifier la guerre et la violence, comme toute forme de fondamentalisme et de fanatisme, doit être rejetée avec force, tandis que les voies à suivre sont celles de la rencontre fraternelle, du dialogue et de la collaboration", a encore exhorté le Pape. Le Saint-Père a conclu son discours en s’en remettant à Dieu: "Que Dieu le Père, tout-puissant et miséricordieux, écoute la prière fervente que nous Lui adressons aujourd’hui et qu’Il accorde à cet anniversaire important de porter des fruits abondants de réconciliation, d’unité et de paix". 

D’une même voix, les représentants des Églises et communautés chrétiennes professent le Symbole de Nicée-Constantinople, là où il a été institué il y a 1700 ans. KTOTV

Cf. KTOTV

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Sources

 

[1] https://www.catholicnewsagency.com/news/264539/the-council-of-nicaea-1700-years-of-christian-unity-amid-division

[2] https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2025-11/voyage-apostolique-turquie-pape-leon-priere-oecumenique-iznik.html

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Lire aussi:

In Unitate Fidei: Léon XIV exhorte les chrétiens à dépasser les querelles théologiques dépassées

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28 novembre 2025 5 28 /11 /novembre /2025 01:00
Saint Jacques de la Marche, Franciscain (1391-1476)

Saint Jacques de la Marche, Franciscain (1391-1476)

Ami de S. Bernardin de Sienne et de S. Jean de Capistran, saint Jacques de la Marche fut un grand orateur qui parcourut la Dalmatie, la Bosnie, la Hongrie, la Bohème, la Pologne et l'Italie, où il convertit des foules d'hérétiques. [1]

 

Né en 1391, il était originaire de la Marche d'Ancône (Italie); son berceau fut entouré d'une vive lumière qui présageait d'une manière évidente son glorieux avenir.

 

Quand il fut en âge de choisir un état de vie, sa première pensée fut de se faire Chartreux: mais quelques relations qu'il eut avec les Franciscains le décidèrent à entrer dans leur Ordre. Il fut, dès son noviciat, le modèle des vertus héroïques. Il ne donnait que trois heures au sommeil et passait le reste de la nuit à prier au pied du crucifix, pendant que des larmes inondaient son visage.


C'est dans la méditation des souffrances de son Sauveur qu'il puisa cette énergie surhumaine dont il montra de si beaux exemples durant ses courses apostoliques. Jamais il ne mangeait de viande; un peu de pain et quelques herbes étaient sa nourriture. Tous les jours il se donnait la discipline jusqu'au sang, et, pendant dix-huit ans, il porta sur sa chair nue un cilice avec une cotte de mailles armée de pointes de fer aiguës. Telle fut la préparation de l'apôtre.

 

Il eut d'immenses succès, en Allemagne, contre les hérétiques; dans une seule ville, deux cents jeunes gens, entraînés par ses exemples embrassèrent la vie religieuse. Une fois, les hérétiques tentèrent de l'empoisonner; mais voyant le plat se briser, au seul signe de la Croix fait par le Saint, ils s'écrièrent: "Le doigt de Dieu est là", et ils se convertirent.

 

Saint-Jacques-de-la-Marche.jpg
St Jacques de la Marche et le breuvage empoisonné

En Norvège et en Danemark, il administra le Baptême à deux cent mille personnes. La Bohème était la proie de l'hérésie. A Prague, les hérétiques, pleins d'admiration pour l'éloquence de l'apôtre, lui promirent de se convertir s'il faisait un miracle. Après avoir invoqué Dieu et fait le signe de la Croix, il avala un breuvage empoisonné sans en ressentir aucun mauvais effet.


De retour en Italie, ayant affaire à un batelier qui refusait de lui faire traverser le Pô, Jacques n'hésita pas, étendit son manteau sur le fleuve et vogua heureusement vers l'autre rive.

 

Un jour qu'il avait combattu avec véhémence le vice de l'impureté, un auditeur, qui s'était cru visé personnellement, alla se poster sur son passage, dans un sanctuaire dédié à Marie, pour l'assassiner; mais il entendit une voix irritée qui lui cria: "Malheureux! Que fais-tu en Ma présence? Tu veux faire mourir Mon serviteur et le serviteur de Mon Fils!" Le coupable, demi-mort de peur, renonça à son criminel dessein.

 

Le prodige le plus étonnant de l'illustre apôtre fut la découverte et la résurrection d'un enfant assassiné par un juif et coupé en morceaux. [2]

 

Son amour de la pauvreté allait si loin, que c'était pour lui un sujet de joie que de manquer du nécessaire. Ayant été élu archevêque de Milan, il prit la fuite, et ne voulut jamais accepter cet honneur.

 

Il rendit la santé au duc de Calabre et au roi de Naples, attaqués de maladies dangereuses. Il mourut au couvent de la Trinité, près de Naples, le 28 novembre 1479, à l'âge de quatre-vingt-dix ans. [3]

 

 

Sources:

 

[1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_de_la_Marche

[2] Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.
http://www.magnificat.ca/cal/fran/11-28.htm ; http://www.gloria.tv/?media=364298

[3] Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p.335.

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28 novembre 2025 5 28 /11 /novembre /2025 00:00
Sainte Catherine Labouré. La Vierge Marie lui demanda de diffuser la médaille miraculeuse

Sainte Catherine Labouré. La Vierge Marie lui demanda de diffuser la médaille miraculeuse

Née en 1806, Catherine, entrée chez les soeurs de la Charité, est une bourguigonne issue d'un milieu modeste, parlant un français sommaire. Pourtant, elle voit la Vierge Immaculée dans la chapelle de la rue du Bac (Paris). C'est son ange gardien qui, en pleine nuit, sous l'aspect d'un enfant habillé de blanc, âgé à peu près de quatre à cinq ans, lui dit de venir à la chapelle : la Sainte Vierge l'y attendait. (Gilles JEANGUENIN, Les Anges existent !, Éditions Savator, Paris 2008, p. 193.)

Sainte Catherine Labouré, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 41.

Sainte Catherine Labouré, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 41.

Un enfant tout rayonnant vint la chercher en pleine nuit pour la conduire jusqu'à l'autel. Là, l'attendait la Vierge assise dans le fauteuil du prêtre. Elle lui livra messages et secrets en ce 18 juillet 1830, et lui donna la consigne de n'en parler qu'à son confesseur: le père Adel, qui l'écouta, lui conseilla de tout oublier et de reprendre son travail. Le 27 novembre, Catherine eut une seconde apparition. Cette fois, elle eut pour mission de diffuser une médaille représentant la mère de Dieu et cette phrase: "Ô marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous." La doctrine de l'Immaculée Conception n'était pas encore officielle, et son confesseur rejeta ce projet. Catherine fut alors envoyée à l'hospice de Reuilly : vieillards et malades trouvèrent auprès de soeur Labouré douceur, compassion, amour et dévouement sans borne.

 

 

La médaille fut gravée selon les indications de Catherine. Elle aura une exceptionnelle diffusion (plusieurs dizaines de millions). Sur l'avers, Marie, entourée de l'inscription « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ». De ses mains partent des rayons, symboles des grâces obtenues par Marie. Certains rayons sont moins marqués : ils symbolisent les grâces qui ne sont pas demandées et qui pourtant seraient exaucées. Sur l'envers, on voit la Croix et l'initiale de Marie ; le cœur de Jésus avec la couronne d'épines, symbole de la Passion ; le cœur de Marie traversé par un glaive, selon la prophétie de Siméon, et les douze étoiles décrites dans l'Apocalypse (Ap. 12,1), qui seront reprises, à titre officiel, sur le drapeau de l'Europe.

 

C'est en voyant la dévotion absolue et le silence total de cette religieuse sur ses apparitions que le père Aladel changea d'avis. Il en parla à l'archevêque, qui insista pour la voir. Catherine refusa, car la consigne de la Vierge était claire: ne parler qu'à son confesseur. Deux ans après les apparitions, la médaille fut frappée et elle était diffusée.

Après avoir travaillé pendant quarante-cinq ans dans la discrétion, Catherine meurt paisiblement le 31 décembre 1876 sans qu'aucune de ses soeurs n'apprenne jamais qu'elle a vu la Vierge. Proclamée Bienheureuse en 1933, elle est canonisée en 1947.

 

Exhumé en 1933, son corps est retrouvé parfaitement conservé, et il gît maintenant dans une châsse dans la chapelle de la Médaille miraculeuse au 140 de la rue du Bac, à Paris.

Sources: Gilles JEANGUENIN, Les Anges existent !, Éditions Savator, Paris 2008, p. 193 ; (2) ; (3) Le Petit Livre des Saints, tome 2, 2011, p. 40.

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27 novembre 2025 4 27 /11 /novembre /2025 10:44

« … [N]ous produirons la génération la plus dangereuse de l’histoire : des esprits de géants avec des âmes de bébés gâtés. »

 

À une époque obsédée par les chiffres, les données et les compétences mesurables, nous avons construit un système éducatif dont le seul objectif est de fournir des rouages performants à la machine économique. On enseigne le code, mais pas la compassion ; l’ingénierie, mais pas l’empathie ; les faits, mais pas la force d’âme. Nous sommes devenus experts de l’intellect et totalement étrangers à l’âme.

 

C’est exactement ce vidage de l’être humain que C.S. Lewis (1898-1963) a diagnostiqué il y a plus de quatre-vingts ans, avec une clairvoyance effrayante : une éducation qui ignore le sentiment moral ne forme pas des citoyens éclairés, mais des « humains intelligents et creux », techniquement brillants et moralement perdus.

 

▪️La prophétie d’une société sans cœur

 

C.S. Lewis (1898-1963) reste célèbre pour Les Chroniques de Narnia, mais son petit livre le plus redoutable s’appelle L’Abolition de l’homme (1943). Tout part d’un simple manuel scolaire qu’il avait lu : les auteurs y expliquaient aux enfants que les jugements de valeur (« ceci est beau », « ceci est injuste ») ne sont que des opinions subjectives, sans aucune réalité objective.

 

Pour Lewis, c’était une bombe à retardement. Si on enseigne à la jeunesse qu’il n’existe aucune valeur objective, on la rend incapable de courage, de loyauté, d’indignation devant le mal ou de sacrifice pour le bien.

 

On fabrique alors des « hommes sans cœur » : une tête puissante (l’intellect) et un ventre plein d’appétits bruts, mais rien au milieu pour relier les deux et les discipliner.

 

Son image est restée célèbre :

• la tête = raison

• le cœur = sentiments moraux bien formés

• le ventre = instincts et désirs

 

Une éducation moderne qui ne développe que la tête produit des cerveaux surpuissants posés sur des pulsions sauvages, sans cœur pour les guider. Résultat : des gens très compétents, très malins… et capables de justifier n’importe quelle atrocité avec un PowerPoint.

 

Pourquoi ça nous concerne encore plus aujourd’hui

 

Ce que Lewis annonçait en 1943 s’est réalisé à grande échelle :

 

• la morale réduite à « mon ressenti personnel »,

• les émotions remplacées par des algorithmes,

• l’école et l’université conçues pour le marché du travail plutôt que pour la grandeur d’âme.

 

Le relativisme moral qu’il combattait est devenu la doctrine officielle de nombreux systèmes éducatifs. On apprend aux enfants qu’il n’existe pas de vérité morale objective, puis on s’étonne qu’ils grandissent sans repères, incapables de résister à la pression du groupe ou à l’autorité.

 

Lewis ne réclamait pas un retour naïf au passé. Il demandait simplement qu’on forme aussi le cœur : qu’on apprenne aux enfants à reconnaître le beau, le juste, le courageux comme des réalités objectives qui s’imposent à nous, et non comme de simples goûts personnels.

 

Faute de quoi, disait-il, nous produirons la génération la plus dangereuse de l’histoire : des esprits de géants avec des âmes de bébés gâtés.

 

Sa phrase finale reste glaçante :

« Nous rions de l’honneur et nous sommes choqués de trouver des traîtres parmi nous. Nous châtrons les hommes et nous leur ordonnons ensuite d’être féconds. »

 

Quatre-vingts ans plus tard, elle n’a jamais été aussi actuelle.

©️ philosopheasy Péonia

Commentaire du blog Christ Roi.

 

"Le relativisme moral qu’il [C.S. Lewis] combattait est devenu la doctrine officielle de nombreux systèmes éducatifs."

 

Former le cœur dans le cadre d'un système politique qui neutralise le cœur revient à faire pousser un arbre avec un plafond posé au-dessus de lui. Cela n'a pas de sens et condamne l'arbre à terme.

 

Lire :

 

Le Christ Roi a les droits d'auteur de la laïcité. Chasser le Christ Roi au nom du neutralisme, c'est supprimer la laïcité

 

Dans son livre "Défendre la démocratie directe. Sur quelques arguments antidémocratiques des élites suisses", Antoine CHOLLET explique ce qu'est la démocratie :

 

""[...] Nous ne pouvons nous référer qu'à nous-mêmes pour décider, ce que les Athéniens, [...] avaient parfaitement compris puisque toutes leurs lois contenaient la formule liminaire suivante : 'edoxe te boule kai to demo...' (que l'on peut traduire par : 'il a paru bon au conseil et au peuple...', sans autre justification).

"[...] Être démocrate, c'est aussi accepter cette indétermination et cette incertitude quant aux fins dernières du combat politique.

"Dire que la démocratie n'a pas de fondement qui lui soit extérieur, c'est [...] reconnaître qu'elle est en réalité une an-archie. Elle n'a pas d'arkhè, de commencement et de commandement, elle ne connaît pas d'autorité... Pas même le passé et la tradition n'ont d'autorité absolue dans une démocratie, puisque aucune de leurs règles n'est à l'abri d'un réexamen." [1]

 

Cette définition de la démocratie anéantit le coeur, ce supplément d'âme nécessaire à toute vie en société. C'est "mon ressenti personnel", le moi je qui compte, un ventre plein d’appétits bruts. C'est aujourd'hui la religion de l'humanisme séculier sans Dieu : déification de l'homme [par les moyens du diable] en tant que centre de l'univers, placé au-dessus de toute loi objective, sans permettre à l'homme de s'élever moralement.

 

Lire: L'"origine luciférienne" de la franc-maçonnerie : Karl Van der Eyken, ex-"vénérable Maître" de la "Grande Loge de France"

*

Or, "selon les études du comportement électoral, le peuple vote en premier lieu pour des raisons morales, c'est-à-dire par sentiment du devoir civique". [2] Suite

 

D'où la contradiction entre ce qu'est fondamentalement la démocratie (une an-archie sans commandement) et ce qu'est fondamentalement l'hommeun être créé avec le commandement du coeur à "l'image de Dieu" (Gn 1,27) pour lequel "Dieu qui scrute les cœurs" fait lui-même "tout contribuer" à son bien, puisqu'il est appelé "selon le dessein de son amour." (Rm 8,27-28). L'homme est appelé avec un coeur, une morale et un esprit, que la démocratie ne reconnaît pas. Comment fait-on ?

 

"La divinisation n'a rien à voir avec l'autodéification de l'homme. Au contraire, la divinisation nous préserve de la tentation primordiale de vouloir être comme Dieu (cf. Gn 3, 5). Ce que le Christ est par nature, nous le devenons par grâce. Par l'œuvre de la rédemption, Dieu a non seulement restauré notre dignité humaine comme image de Dieu, mais Celui qui nous a créés de manière merveilleuse nous a rendus participants, d'une manière plus admirable encore, de sa nature divine (cf. 2 P 1, 4). La divinisation est donc la véritable humanisation", écrit le Pape Léon XIV dans In Unitate Fidei § 7

 

Benoît XVI parlait de "développement humain intégral".

 

Il est temps de reconnaître simplement que la démocratie sans le coeur, est une impasse!

La démocratie sans le coeur est une impasse. C.S. Lewis : comment nous fabriquons des "hommes sans cœur"

Sources:

 

[1] Antoine CHOLLET, Défendre la démocratie directe. Sur quelques arguments antidémocratiques des élites suisses, Presses polytechniques et universitaires romandes, Lausanne 2011, p. 86

[2] Francis DUPUIS-DERI, La peur du peuple, Agoraphobie et agoraphilie politiques, LUX Humanités, Québec 2016, p. 207

 

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27 novembre 2025 4 27 /11 /novembre /2025 01:00
Vitrail de l'église Saint-Séverin de Paris figurant le saint éponyme.

Vitrail de l'église Saint-Séverin de Paris figurant le saint éponyme.

Tout touriste qui passe à Paris ne peut manquer de passer à côté de l’église Saint-Séverin, près de Notre-Dame, à l’orée du Quartier latin, au pied de la Sorbonne.

 

Elle est bâtie sur le tombeau de ce saint ermite, qui fut conseiller et supérieur de saint Cloud, le dernier petit-fils de Clovis qui se fit moine à son tour. Il demanda à l’ermite Séverin de lui imposer l’habit monastique et de lui couper les cheveux. On dit que cet ermite passa sa vie entre les bords de Seine et la Provence. Il mourut à Paris le 23 novembre 555. Sa fête fut repoussée au 24, car le 23 on fêtait l’illustre pape saint Clément. Elle le resta pendant tout le Moyen Age, mais ne dépassa jamais les limites du diocèse de Paris.

Ce Séverin fut longtemps confondu avec le moine médecin abbé d’Agaune qui a guéri Clovis, et qui est mort à Château-Landon le 11 février 507, c’est-à-dire quarante-huit ans avant notre ermite parisien. En 1674, l’église parisienne du Quartier latin reçut ses reliques, ce qui accentua la confusion ou permit d’ailleurs un culte plus connu. C’est la raison pour laquelle le sceau de la paroisse Saint-Séverin de Paris porte l’effigie de ces deux personnages. (1)

 

Selon les sources, il est fêté le 23 novembre selon le martyrologe romain actuel ou anciennement le 27 novembre. (2)

 

À Paris, au VIe siècle, saint Séverin, qui vécut reclus dans une cellule, tout entier occupé à la contemplation de Dieu.

 

Martyrologe romain (3)

 

Sources : (1) CNews; (2) Omer Englebert, La fleur des saints, Paris, Albin Michel, 1998, p. 386, wikipedia (3) Nominis.

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26 novembre 2025 3 26 /11 /novembre /2025 01:00
Avec son mari saint Elzéar, la bienheureuse Delphine a choisi de vivre dans la virginité.

Avec son mari saint Elzéar, la bienheureuse Delphine a choisi de vivre dans la virginité.

On se souvient aujourd'hui de deux saints époux, d'une femme Delphine et de son mari Éléazar de Sabran.

 

Née en Provence vers 1283 de Guillaume de Signes et de Delphine de Barras, un couple de nobles de la cour de Provence.

 

Orpheline de ses deux parents dès l’âge de 7 ans, elle est prise en charge par sa tante Cécile de Puget, qui est Abbesse du Couvent Sainte-Catherine de Sorbs.

 

En 1299, Delphine épouse, très jeune, Éléazar de Sabran (on prononce aussi Elzéar).(1)

 

Ils se sont mis d'accord pour se sanctifier ensemble dans la vie conjugale, en menant une vie de prière et de pénitence. Ils réalisent leur idéal, très simplement, sans jamais négliger les obligations sociales de leur situation.(2)

Elle est âgée de 16 ans, lui de 13. Leurs parents décident de les marier. Elle veut rester vierge et finit par imposer cette situation à son trop jeune époux. Tout cela avec l’approbation de leur confesseur franciscain. Ils demeureront vierges. Ainsi vécurent Delphine (Douphino ou Dauphine) de Signe et Elzéar (Auzias ou Ourrias) de Sabran, dans le Lubéron.

Ils mènent ensemble une vie d'austérité et de prière, sans que leurs sujets s'en aperçoivent et sans négliger les obligations mondaines qui étaient celles de leur état de princesse et de comte.(3)

 

En 1308, ils devinrent les vassaux de Robert le Sage, roi de Naples. Celui-ci avait tellement confiance en Elzéar qu'il lui confia, en 1323, la charge de demander la main d'une princesse française pour son fils. Il mourut à Paris au cours de sa mission.(4)

 

Elzéar est plus dur que son épouse. Il impose aux gens de sa maison la messe quotidienne et une causerie journalière où il ne leur est pas permis de l’interrompre. Les jeunes époux portent le cilice, se donnent régulièrement la discipline et deviennent tertiaires franciscains. Seigneur incorruptible, Elzéar se voit confier de nombreuses missions dans les Abruzzes puis à Paris, où il meurt à 38 ans le 27 septembre 1323 après avoir embrassé un lépreux. Sa veuve inconsolable se retire dans la solitude. 

Veuve le 27 septembre 1323/25, elle a, un an après, une vision de son mari. 

 

Dès 1327, elle commence à liquider ses biens et à distribuer des aumônes. Elle veut vivre dans le dénuement, partageant son temps entre Naples et la Provence, soignant les pauvres et visitant les malades. On la prend pour une folle.(5)

 

En 1332, une femme impotente guérit en touchant le bas du manteau de Delphine qui sortait d’une église franciscaine de Marseille. En 1333, elle fait vœu de pauvreté devant son confesseur franciscain, et fonde une communauté. On la vit mendier à Naples ou à Apt.

 

En 1341, elle rencontre à Naples Philippe Cabossole, évêque de Cavaillon, et le convertit à une vie meilleure.

 

L’été 1343, elle ne demeure plus qu’en Provence. Elle enjoint plusieurs vierges et veuves à prononcer le vœu de chasteté devant l’évêque d’Apt. Dans cette cité, elle obtient la réforme de deux couvents relâchés de moniales.

 

La peste atteint la Provence de 1348 à 1360.

 

En 1350, malade, elle est portée sur une litière d’Apt à Cavaillon pour régler le litige entre Hugues de Baux et Raimond d’Agout.

 

En 1351, au sortir d’un entretien avec elle, le pape Clément VI avoua n’avoir jamais entendu personne traiter avec autant de profondeur sur l’essence de Dieu et les Personnes divines.

 

Ayant lu la vie des saints Josaphat et Barlaam, elle finit ses jours dans un réclusoir à Cabrières d’Aigues.

 

En 1352, Clément VI initie le procès de canonisation d’Elzéar, vérifiant les miracles obtenus par son intercession. Son filleul, le futur Bx Urbain V, après le décès de Delphine, signera en 1370 le décret de canonisation, qui sera publié par Grégoire XI, son successeur.

 

En 1353, son confesseur lui annonce qu’une troupe d’aveugles, d’épileptiques, et autres malades est là pour voir la sainte comtesse dans l’espoir d’obtenir la santé par sa sainteté et ses mérites. Elle lui réplique : Veuillez ne pas me saluer ainsi et dire : Dieu te sauve ! Mais dites plutôt malheur à toi !, c’est-à-dire, malédiction, car je suis une fille d’Eve, et non pas de Marie. – Pourquoi dites-vous de telles paroles ? – Que dirai-je d’une créature si abominable qui, sous l’apparence et le signe de la sainteté, dégringole vers l’enfer ? Ces gens viennent là en troupe serrée. Ils me demandent en disant la sainte comtesse ! La sainte comtesse ! Mais je ne suis ni le Christ, ni Jean, ni Elie. Je suis seulement une viande destinée aux vers, un réceptacle d’iniquité et de péché. Elle les fit attendre quatre jours !

 

Elle imposait les mains, mais donnait plus volontiers des conseils.

 

Elle établit à Apt une caisse rurale où l’on prêtait sans intérêt.

 

Vers 1357, le village d’Ansouis lui attribua de n’avoir pas été pillé par les Gascons d’Arnaud de Cervole, dit l’Archiprêtre.

 

Une femme, souffrant du mal des ardents (ergotisme), fut guérie en saisissant la main de Delphine, portée sur une litière, laquelle ramenant le bras vers elle, le vit couvert de pus et fut saisie de nausées, tandis que la miraculée criait de joie. Delphine eut peur : Si Dieu ne me vient en aide, je serai bientôt précipitée en Enfer à cause de cela.

 

Elle pleure et prie pour les chrétiens persécutés par les mahométans en Orient.

 

Le soir, après complies, elle commente la Ste Ecriture : son médecin et directeur de conscience, le chanoine Durand André, n’avait jamais entendu une exégèse aussi perspicace des passages difficiles.

 

Le 22 novembre 1360, elle se confesse au chanoine André ; le récent évêque d’Apt, Elzéar de Pontevès, lui fit dire une profession de foi, ce qu’elle fit.

 

Ses dernières paroles le 26 novembre à Apt : Désormais je ne veux plus que Dieu.

 

A ses obsèques, une prostituée qui n’avait jamais osé l’approcher de son vivant, se convertit devant sa dépouille mortelle.

 

Urbain V ordonna un procès de canonisation de Delphine. Les commissaires enquêtèrent à Apt du 13 mai 1363 au 5 juillet, le procès se poursuivit jusqu’en octobre, mais sans conclusion.

 

On recensa 62 miracles, dont la moitié de son vivant, et les deux-tiers sur des maladies organiques et contagieuses.

 

En 1562, François de Beaumont, baron des Adrets, protestant, incendia l’église franciscaine d’Apt. Les reliques furent néanmoins préservées. On placera son crâne dans un buste d’argent doré l’autel d’une chapelle de la cathédrale. On y conserve aussi son livre d’heures.

 

Le pape Urbain VIII en 1642, pour le diocèse d’Apt, puis en 1694, Innocent VII, pour l’Ordre franciscain, approuvent le culte concernant la bienheureuse Delphine.

 

Ses reliques, ainsi que celles de saint Elzéar, furent transférées en 1791 à la cathédrale d’Apt.

 

A la Ste-Delphine, mets ton manteau à pèlerine.(6)

A sa mort, Delphine sera inhumée le 26 novembre 1360 auprès de son époux Elzéar dans la nécropole de la famille de Sabran, en la cathédrale d'Apt dans le Vaucluse.


Delphine vient du latin "dauphin" ; Cette étymologie est aussi celle du Dauphiné, province du royaume qui a donné son nom à l’héritier du roi.

Éléazar signifie en hébreu "Dieu" (El) et "mémoire" (zecher).

Courte prière

Je vous demande, ô très pauvre Jésus, la grâce de ne rien posséder en propre et de n’avoir qu’un usage pauvre du bien d’autrui.

Hubertin de Casle, franciscain, contemporain de Delphine.)

Sainte Delphine de Sabran et saint Eléazar (XIVe siècle)

Sources:

 

(1) https://www.reflexionchretienne.com/pages/vie-des-saints/novembre/bienheureuse-delphine-epouse-de-saint-elzear-1283-1360-fete-le-26-novembre.html

(2) https://www.lejourduseigneur.com/saint/sainte-delphine-et-saint-eleazar

(3) https://nominis.cef.fr/contenus/saint/9545/Bienheureuse-Delphine-de-Sabran.html

(4) https://levangileauquotidien.org/FR/display-saint/4cb3cfd8-f9cc-4fad-8551-a86e4a849780

(5) https://www.france-catholique.fr/Delphine-epouse-et-vierge.html

(6) https://laportelatine.org/spiritualite/vies-de-saints/sainte-delphine

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25 novembre 2025 2 25 /11 /novembre /2025 07:10

 

Par Matthieu Lavagna (apologète) YouTube

 

Dans un récent débat que j’ai eu avec le sédévacantiste Adrien Abauzit, ce dernier soutenait mordicus que le magistère de l’Eglise était toujours infaillible sur la foi et les mœurs et que les papes ne pouvaient jamais enseigner l’erreur dans le cadre de leur magistère. Or cela est faux. Le code de droit canonique précise bien qu’« aucune doctrine n’est considérée comme infailliblement définie sauf si cela est manifestement établi. » (canon 749, n°3), reprenant substantiellement le code de 1917 (accepté par les sédévacantistes) qui précisait déjà qu’« aucune chose ne doit être tenue pour déclarée ou définie dogmatiquement en l’absence de preuve manifeste » (1323 n°3)

 

Le Code exige donc qu’une « preuve soit manifeste » pour qu’un enseignement soit considéré comme dogmatique/infaillible. Il n’est évidemment pas question d’un simple passage d’une encyclique. Il faut que le pontife ait la volonté de définir quelque chose en matière de foi et de mœurs et d’obliger les fidèles à y adhèrer de manière irréversible.

 

Même avant le Concile Vatican II et après la définition dogmatique de l’infaillibilité pontificale au concile Vatican I, les théologiens les plus réputés de l’Eglise reconnaissaient que le pape pouvait parfois enseigner l’erreur dans le cadre de son magistère s’il ne parlait pas ex cathedra.

 

Franciscus Diekamp, grand théologien catholique allemand (1864-1943), professeur de théologie dogmatique à Münster écrivait par exemple dans son manuel de théologie dogmatique : « Ces actes non-infaillibles du magistère du pontife romain n’obligent pas à croire, et ne postulent pas une soumission absolue et définitive. Mais il est du devoir de chacun d’adhérer d’un assentiment religieux et intérieur à de telles décisions, en tant qu’elles constituent des actes du magistère suprême de l’Eglise, et sont fondées sur de solides raisons naturelles et surnaturelles. L’obligation d’y adhérer ne pourrait prendre fin que dans le cas, rarissime, où un homme, apte à juger cette question, après une analyse répétée et très fouillée de tous les arguments, parvient à la conviction qu’une erreur s’est glissée dans la décision » (Diekamp, Theol. dogm. man., vol. I, p. 72)

 

Benedict Heinrich Merkelbach, théologien moraliste dominicain (1871-1942), professeur à Louvain et à Rome expliquait lui aussi que

 

« quand l’Église n’enseigne pas avec son autorité infaillible, la doctrine proposée n’est pas de soi irréformable ; c’est pourquoi, si per accidens, dans une hypothèse qui est vraiment très rare, après un examen particulièrement attentif de la question, quelqu’un voit qu’il existe des motifs très graves pour refuser la doctrine ainsi proposée, l’on serait en droit, sans tomber dans la témérité, de suspendre l’assentiment intérieur [ … ] »(Merkelbach, Summa theol. mor., vol. 1, p. 601. )

 

Dominico Palmieri, théologien jésuite italien (1829-1909), auteur du « Tractatus de Romano Pontifice » enseignait également:

 

« Il s’agit également de savoir quel type d’obéissance est dû au Pontife romain qui enseigne quelque chose sur la doctrine de la foi ou qui s’y rapporte, lorsque cela n’est pas défini ex Cathedra, et quel type d’obéissance est dû aux sentences doctrinales des congrégations des cardinaux.

[…] On peut en effet discerner que le Pontife Romain ne parle pas à chaque fois ex Cathedra ; lorsqu’en effet il enseigne quelque chose, n’ayant cependant pas l’intention d’imposer l’obligation de la croire comme quelque chose devant être tenu par toute l’Église, s’il ne signifie pas qu’il le veut, alors on ne dit pas qu’il parle ex Cathedra, même s’il parle de doctrine au sujet de la foi ou de la morale. […] car, la certitude de l’infaillibilité n’existant pas, on remarque que l’erreur n’est pas impossible, et on remarque donc qu’il est possible que le contraire soit vrai. » (Dominico Palmieri SJ, 1891, Thesis XXXII, Scholion II De Romano Pontifice, 1891)

 

Dans cette lignée, Hugo Hurter, théologien suisse-autrichien (1832-1914), professeur de théologie dogmatique à Innsbruck remarque:

 

« Si des raisons graves et solides — surtout théologiques — se présentent à l’esprit d’un fidèle contre [les décisions du Magistère authentique, qu’il soit épiscopal ou pontifical], il lui sera permis de craindre une erreur, de donner son assentiment de manière conditionnelle, ou même de suspendre son assentiment. » (Hurter, Theologiae dogmaticae, 1:492)

 

Christianus Pesch, grand dogmaticien catholique (fin XIXᵉ début XXᵉ siècle) précise lui aussi :

 

« On doit donner son assentiment aux décrets des Congrégations romaines, tant qu’il n’est pas devenu positivement évident qu’elles se sont trompées. Puisque les Congrégations, en elles-mêmes, ne fournissent pas une preuve absolument certaine en faveur d’une doctrine donnée, il est permis, voire nécessaire, d’examiner les raisons de cette doctrine. Ainsi, il arrivera soit que cette doctrine soit progressivement reçue dans toute l’Église, atteignant de cette manière la condition de l’infaillibilité, soit que l’erreur soit peu à peu décelée. En effet, comme l’assentiment religieux dont il est question ne repose pas sur une certitude métaphysique, mais seulement sur une certitude morale et générale, il n’exclut pas toute suspicion d’erreur. C’est pourquoi, dès que surgissent des motifs suffisants de doute, l’assentiment doit être prudemment suspendu. Néanmoins, tant que de tels motifs de doute ne se présentent pas, l’autorité des Congrégations suffit pour obliger à donner son assentiment.

Les mêmes principes s’appliquent sans difficulté aux déclarations que le Souverain Pontife fait sans engager son autorité suprême, ainsi qu’aux décisions des autres supérieurs ecclésiastiques qui ne sont pas infaillibles. » (Pesch, Praelectiones dogmaticae, no. 521, 1:314–15)

 

Van Noort Théologien néerlandais (1861-1946), professeur de dogmatique à Warmond, écrit également dans son ouvrage monumental Dogmatic Theology :

 

«Il peut être utile d’ajouter quelques points concernant des opinions purement théologiques — des opinions relatives au pape lorsqu’il ne parle pas ex cathedra. Tous les théologiens admettent que le pape peut commettre une erreur en matière de foi et de morale lorsqu’il s’exprime ainsi : soit en proposant une opinion fausse sur une question encore non définie, soit en différant innocemment d’une doctrine déjà définie. Les théologiens ne s’accordent pas, toutefois, sur la question de savoir si le pape peut devenir un hérétique formel en s’obstinant dans une erreur sur une matière déjà définie. L’opinion la plus probable, suivie par Suarez, Bellarmin et bien d’autres, soutient que, de même que Dieu n’a jusqu’à ce jour jamais permis qu’une telle chose se produise, il ne permettra jamais qu’un pape devienne un hérétique formel et public. Néanmoins, certains théologiens compétents concèdent que le pape, lorsqu’il ne parle pas ex cathedra, pourrait tomber dans l’hérésie formelle. » (Dogmatic Theology, volume II : Christ’s Church, p. 294)

 

Lire: 

 

"Il y a eu, au cours de l’histoire de l’Eglise, des papes qui ont enseigné des hérésies" (Mgr René Henry Gracida)

 

Ludwig Ott, Théologien catholique allemand, professeur à Eichstätt, auteur du manuel incontournable « Fundamentals of Catholic Dogma » conclut:

 

« En ce qui concerne l’enseignement doctrinal de l’Église, il faut bien noter que toutes les affirmations de l’Autorité enseignante de l’Église sur les questions de foi et de morale ne sont pas infaillibles et, par conséquent, irrévocables.

 

Ne sont infaillibles que celles qui émanent des conciles généraux représentant l’épiscopat tout entier, ainsi que les décisions pontificales ex cathedra

 

La forme ordinaire et habituelle de l’activité enseignante du pape n’est pas infaillible.

 

En outre, les décisions des congrégations romaines (Saint-Office, Commission biblique) ne sont pas infaillibles. Néanmoins, elles doivent normalement être acceptées avec un assentiment intérieur fondé sur la haute autorité surnaturelle du Saint-Siège… Le silentium obsequiosum, c’est-à-dire le « silence respectueux », ne suffit généralement pas. Par exception, l’obligation d’un assentiment intérieur peut cesser si un expert compétent, après un examen scientifique renouvelé de tous les fondements, en vient à la conviction positive que la décision repose sur une erreur. »(Fundamentals of Catholic Dogma, p. 10)

 

L’existence d’un magistère pontifical non-infaillible n’est donc pas une « invention de Vatican II » mais existait bien avant chez les théologiens les plus réputés approuvés par Rome.

 

De tels ouvrages ont reçu l’approbation ecclésiastique et ont été largement utilisés pour la formation des prêtres et des théologiens à une époque où l’insistance de l’Église sur l’autorité doctrinale du pape était sans doute plus forte que jamais.

 

Source: https://www.youtube.com/watch?v=CngWLIVsY2I

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