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8 février 2026 7 08 /02 /février /2026 12:00
Darwin : on vous a menti pendant 165 ans

ON VOUS A MENTI PENDANT 165 ANS.

 

Ce que je vais vous raconter, on ne vous l'a jamais dit à l'école. Pas parce que c'est faux. Mais parce que si vous le comprenez, tout s'effondre. Tout. Le petit château de cartes qu'on vous a construit depuis le CM2 avec des manuels scolaires remplis de dessins truqués et de théories jamais prouvées.

 

On vous a dit que Darwin avait tout expliqué. L'homme descend du singe. Les espèces évoluent par sélection naturelle. La science a parlé. Fermez vos gueules et circulez.

 

Sauf que non. Et je vais vous le démontrer point par point. Sourcé. Vérifiable. Et implacable.

 

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## L'ADN : le plus gros problème de Darwin qu'on vous cache

 

En 1953, Watson et Crick découvrent la structure de l'ADN. Ce qu'ils trouvent est vertigineux. Un système de stockage d'information plus dense que n'importe quelle technologie humaine — un seul gramme d'ADN stocke 215 pétaoctets de données (Harvard Wyss Institute, 2012). Un langage à quatre lettres (A, T, C, G) qui code la construction intégrale d'un organisme vivant. Un système de correction d'erreurs qui ferait pleurer de jalousie les ingénieurs de Google. Un programme qui se lit, se copie, se corrige et s'exécute tout seul.

 

Darwin ne savait rien de tout ça. Il regardait des pinsons.

 

Et voici le problème que personne ne veut affronter : d'où vient ce code ?

 

Dans toute l'expérience humaine, un code, un langage, un programme, vient TOUJOURS d'une intelligence. Toujours. On n'a jamais, dans toute l'histoire de l'humanité, observé un code émerger du hasard. Jamais. Nulle part. Mais pour l'ADN, on devrait faire une exception ? Parce que Darwin l'a dit en 1859 en regardant des tortues aux Galápagos ?

 

Sérieusement ?

 

 

Lire aussi : Le scientifique qui a décodé l'ADN et y a vu la signature de Dieu

 

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## La fraude Haeckel : 150 ans de mensonge dans vos manuels

 

Ernst Haeckel, 1866. Ce biologiste allemand, grand fan de Darwin, publie des dessins d'embryons comparés. L'humain, le porc, le poulet, la salamandre, tous pareils au début ! Preuve irréfutable de l'ascendance commune ! Sauf que les dessins étaient truqués. Délibérément falsifiés. Haeckel avait modifié les proportions, supprimé des différences, ajouté des similitudes qui n'existaient pas. Et ce n'est pas un "complotiste" qui l'a découvert, ce sont ses propres collègues, de son vivant, qui l'ont dénoncé (Wilhelm His, 1874).

 

Et maintenant, accrochez-vous : ces dessins frauduleux ont continué à apparaître dans les manuels scolaires pendant "plus d'un siècle". Votre prof de SVT vous les a peut-être montrés. Vous avez peut-être été évalué dessus.

 

Vous avez appris une fraude comme si c'était de la science.

 

Et Haeckel n'est pas seul.

 

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## Le festival des faux

 

"L'homme de Piltdown (1912)"; Un crâne humain collé à une mâchoire d'orang-outan, présenté au monde entier comme LE chaînon manquant. Quarante ans. Quarante ans avant qu'on découvre le pot aux roses en 1953 (Weiner, Oakley & Clark, Bulletin of the British Museum). Pendant quarante ans, des scientifiques sérieux ont écrit des thèses, donné des conférences, publié des articles sur un faux.

 

"L'homme du Nebraska (1922)"; Une dent. UNE dent. À partir de laquelle on a reconstitué un homme préhistorique entier. Illustration publiée dans l'Illustrated London News. Sauf que la dent appartenait à un cochon. Un cochon sauvage éteint appelé Prosthennops (Gregory, 1927, Science).

 

"Les phalènes du bouleau", L'exemple classique de la sélection naturelle en action ! Des papillons clairs sur des troncs clairs, des papillons foncés sur des troncs foncés, la sélection naturelle en direct ! Sauf que les photos de l'expérience de Kettlewell étaient "mises en scène" les papillons avaient été collés sur les troncs (Judith Hooper, Of Moths and Men, 2002).

 

Vous commencez à voir le schéma ?

 

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## Les organes "vestigiaux" : quand l'ignorance devient une preuve

 

On vous a dit que votre corps contenait des "vestiges" de l'évolution. Des pièces inutiles, des restes d'ancêtres disparus. Preuve que vous descendez de quelque chose d'autre.

 

"Les os du bassin de la baleine"; présentés pendant des décennies comme des vestiges de pattes arrières d'un ancêtre terrestre. Inutiles. Sauf qu'en 2014, des chercheurs de l'USC et du Natural History Museum de Los Angeles ont publié dans Evolution que ces os jouent un "rôle actif dans la reproduction"; ils servent d'ancrage aux muscles impliqués dans l'accouplement.

 

**L'appendice** — arraché sans remords pendant des générations. "C'est un vestige, ça sert à rien." Sauf que les recherches de l'université Duke (Journal of Theoretical Biology, 2007) montrent qu'il sert de **réservoir de bactéries intestinales bénéfiques** et joue un rôle dans le système immunitaire.

 

**L'ADN "poubelle"** — le pompon. On prétendait que 98% de votre ADN ne servait à rien. Des déchets évolutifs. Puis le projet ENCODE (2012, financé par le NIH, publié dans Nature) a découvert que "plus de 80% de cet ADN 'poubelle' a des fonctions biochimiques".

 

Le raisonnement était toujours le même : "je ne comprends pas à quoi ça sert, donc c'est un vestige de l'évolution." De l'argument par ignorance. Pas de la science. À chaque fois qu'on creuse, on trouve une fonction. À chaque fois.

 

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## L'œil : le faux "mauvais design"

 

Argument classique contre un créateur intelligent : l'œil humain serait "mal conçu". La rétine est inversée — la lumière doit traverser des couches de neurones avant d'atteindre les photorécepteurs. Un ingénieur compétent n'aurait jamais fait ça ! Regardez la pieuvre, elle, sa rétine est à l'endroit ! Sauf qu'en 2010, des physiciens israéliens (Technion) ont découvert que les cellules de Müller agissent comme des "fibres optiques biologiques", guidant la lumière directement vers les cônes et bâtonnets avec une précision spectaculaire (Franze et al., PNAS). La configuration "inversée" permet une meilleure irrigation sanguine des photorécepteurs qui consomment énormément d'énergie.

 

Résultat : l'œil humain détecte "un seul photon" (Tinsley et al., Nature Communications, 2016). Un seul photon. Dites-moi que c'est du "mauvais design."

 

Et la pieuvre ? Elle vit sous l'eau. Environnement différent. Contraintes différentes. Solution différente. Comparer les deux comme si l'un était "mieux" que l'autre, c'est comme dire qu'un sous-marin est mieux conçu qu'un avion parce qu'il résiste à la pression.

 

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## Les fossiles : le silence assourdissant

 

Darwin le savait. Il l'a écrit. Le plus gros problème de sa théorie, c'est le registre fossile. Si toutes les espèces descendent d'ancêtres communs par micro-changements graduels sur des millions d'années, on devrait trouver des "millions" de formes intermédiaires.

 

On n'en trouve pas.

 

Erreur dans la théorie de Darwin: les organes n'apparaissent pas tout seuls !

 

Ce qu'on trouve : des espèces qui apparaissent "complètes et fonctionnelles" dans le registre fossile. L'"explosion cambrienne" (~540 millions d'années selon la datation conventionnelle) : la quasi-totalité des grands plans corporels du règne animal apparaissent en un clin d'œil géologique — quelques millions d'années (Stephen Meyer, Darwin's Doubt, 2013 ; Simon Conway Morris, The Crucible of Creation). Pas de progression graduelle. Pas de transition douce. Boum. Tout est là. Lors de l'explosion cambrienne, de nombreux animaux firent soudainement leur apparition dans les archives fossiles, sans ancêtres apparents dans les couches rocheuses antérieures.

 

Darwin espérait qu'on finirait par trouver les fossiles intermédiaires. 165 ans plus tard, on fouille toujours. 

 

[Le paléontologue américain Stephen J. Gould (1941-2002) a écrit 2000 pages dans ''La structure de la théorie de l'évolution", précisément parce que le darwinisme classique ne collait pas avec les observations. C'est lui qui a reconnu que le registre fossile montre des apparitions brusques où une espèce apparaît, à l'échelle des temps géologiques et dans les enregistrements sédimentaires, en un temps géologiquement court, souvent assez court pour que le déroulement de la spéciation ne puisse pas être enregistré dans les sédiments ("ponctuation") – pas les transitions graduelles prédites par Darwin –, puis de la stase, temps où une fois apparue (c'est-à-dire morphologiquement discernable des autres espèces et en particulier de l'espèce ancestrale), une nouvelle espèce reste inchangée statistiquement durant toute son existence, existence beaucoup plus longue que l'épisode de spéciation, puis s'éteint. C'est pour ça qu'il a proposé la théorie des équilibres ponctués, sur la base de l'analyse du registre fossile de différents groupes taxinomique. En 2000 pages, il essaie de sauver la théorie en la réinventant. Ce qui en dit long sur la solidité de la version originale ! (Cf. Jhon Doe)]

 

Et le cœlacanthe ? On le croyait éteint depuis 65 millions d'années d'après les strates fossiles. En 1938, un pêcheur sud-africain en remonte un vivant. Pratiquement identique à ses fossiles. 65 millions d'années et pas d'évolution. Le nautile, le limule, le ginkgo biloba — même histoire. Si la position dans les strates prouve l'évolution et l'extinction, comment un "fossile vivant" peut-il exister inchangé ?

 

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## Les strates : le mythe du temps long

 

On vous a appris que chaque couche géologique = des millions d'années. C'est l'uniformitarisme : tout se fait lentement, graduellement, sur des durées immenses.

 

Le 18 mai 1980, le Mont Saint Helens explose. En quelques heures et semaines, l'éruption produit :

 

— Des couches sédimentaires **stratifiées** ressemblant exactement à ce qu'on attribue normalement à des millions d'années (Steven Austin, 1986)

 

— Des canyons creusés en quelques jours, similaires à des formations qu'on explique par des millions d'années d'érosion

 

— Des arbres pétrifiés en position verticale traversant **plusieurs couches** prétendument séparées par des millénaires

 

On a retrouvé des fossiles d'animaux **en train de manger**, **en train de se battre**, **en train d'accoucher**. La fossilisation nécessite un enfouissement rapide et violent. Pas un processus lent et graduel. Un processus catastrophique.

 

Et on trouve des coquillages marins au sommet de l'Himalaya. Des couches sédimentaires continues sur des continents entiers. Pratiquement toutes les civilisations antiques — des Sumériens aux Amérindiens, de la Bible au Mahabharata — racontent un déluge global.

 

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## La bactérie : la preuve que personne ne veut voir

 

Prenez le plus "simple" organisme vivant. Une bactérie.

 

Elle contient : un moteur rotatif (le flagelle bactérien) qui tourne à 100 000 tours/minute avec embrayage et changement de direction (Howard Berg, Harvard). Un système de stockage d'information plus performant que tout ce que la Silicon Valley a inventé. Des protéines motrices, des kinésines, qui "marchent littéralement" le long de microtubules comme des ouvriers sur des rails, transportant des cargaisons moléculaires à des destinations précises. Un système protéinique multifonctionnel qui construit, déconstruit, et reconstruit des structures complexes en temps réel pour éviter les problèmes de rigidité.

 

Cette bactérie se déplace pour manger. Elle sait se défendre. Elle se répare. Elle se reproduit "toute seule".

 

Le tout orchestré par un code génétique — un langage.

 

Et voici le coup de grâce : "l'homme, avec toute son intelligence, tous ses laboratoires, tous ses milliards, toute sa technologie — est incapable de fabriquer une seule bactérie à partir de zéro."

 

On ne sait pas le faire. On n'en est même pas proche.

 

Ce qui a produit la bactérie "dépasse" l'intelligence humaine. C'est un fait, pas une opinion. Et on voudrait nous faire croire que ce qui dépasse l'intelligence humaine est le produit de l'absence totale d'intelligence ?

 

Si vous trouviez une clé USB dans le désert avec un programme aussi sophistiqué, vous ne diriez jamais "le vent et le sable l'ont générée par hasard en quelques milliards d'années."

 

Vous concluriez à un programmeur.

 

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## Alors pourquoi ?

 

Pourquoi ce mensonge tient-il depuis 165 ans ?

 

Parce que la science est devenue une institution avant d'être une méthode.

 

Parce que les carrières, les financements, les publications dépendent du consensus.

 

Parce que questionner Darwin, c'est risquer sa réputation, son poste, son avenir.

 

Parce qu'on a élevé une théorie au rang de dogme, et que les dogmes ne se discutent pas.

 

Mais les faits sont têtus.

 

L'ADN est un code. Les fossiles intermédiaires n'existent pas. Les "preuves" de l'évolution tombent une par une. Le plus simple organisme vivant humilie la totalité du génie humain.

 

Il y a 2000 ans, un homme a écrit :

 

> "Les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient depuis la création du monde. Elles se comprennent par ce qu'il a fait." Lettre aux Romains, chapitre 1, verset 20

 

Il n'avait pas de microscope. Pas de laboratoire. Pas de séquenceur génomique. Mais il avait compris quelque chose que 165 ans de darwinisme essaient de vous faire oublier :

 

"La création parle. Il suffit de regarder."

 

---

 

*Partagez si vous pensez que les gens méritent de connaître les deux côtés de l'histoire.*

Conclusion

 

 

"Stephen J Gould et les autres évolutionnistes acharnés ont écrit des tas de bouquins pour essayer de défendre la théorie de l'évolution, mais sans jamais présenter la moindre preuve. Leurs théories s'apparentent à de la magie, et ont toutes été invalidées depuis par la science." (Fred27500)

 

 

"La logique est implacable : si l'homme ne peut pas produire ce qui existe, alors ce qui l'a produit le dépasse. Et ce qui dépasse l'intelligence maximale connue est par définition une intelligence supérieure. C'est pas de la foi. C'est de la logique."

 

SourceJhon Doe sur X

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7 février 2026 6 07 /02 /février /2026 00:00
Bienheureuse Eugénie Smet, vierge religieuse et fondatrice

À Paris, en 1871, la bienheureuse Marie de la Providence (Eugénie Smet), vierge, qui fonda la Congrégation des Auxiliatrices du Purgatoire, dans une totale confiance en la Providence.  Martyrologe romain (1)

 

Née à Lille où elle voulut fonder un Institut religieux destiné à se dévouer en priorité aux Âmes du Purgatoire, « Sœur Marie de la Providence » orienta ses religieuses vers toutes les tâches qui pouvaient répondre aux besoins multiples des plus défavorisés. Elle mourut à Paris en 1881.

 

Eugénie SMET a choisi comme nom de religieuse Marie de la Providence, nom qui exprime bien le visage de Dieu auquel elle croit et sur qui elle fonde sa vie.Née d’une famille enracinée dans une longue tradition de foi, Eugénie est à la fois une femme de continuité et de rupture dans l’Église de son temps.

 

Elle reconnaît très tôt que Dieu intervient dans son histoire personnelle et la comble de bienfaits, se révélant ainsi comme Providence. La relation d’Eugénie à Dieu est une relation de confiance et d’abandon total, fondée sur la certitude, acquise par l’expérience, que Dieu lui est fidèle. Toute sa vie, elle lira les événements qui surviennnent comme des signes que Dieu lui donne pour lui faire connaître sa volonté.Animée d’une foi qui déplace les montagnes et d’un amour de la vie communicatif, elle attend tout de Dieu et désire en retour tout lui donner. Elle s’y emploie par de multiples activités, mais aucune ne répond à ce qu’elle cherche : aider tous les hommes, quels qu’ils soient, à rencontrer Dieu.

Quelle bonté de Dieu envers l'Église… envers les malades pauvres et les pécheurs qui trouvent, dans ses membres, des servantes et des apôtres… envers les pauvres en inclinant vers eux le cœur des riches par l'intermédiaire de ce petit institut qui se pose comme un trait d’union entre les deux pointes extrêmes de l'échelle sociale.

Bienheureuse Marie de la Providence

Pourtant un chemin va s’ouvrir : grâce à la mystérieuse solidarité qui unit les vivants et les morts, Eugénie découvre en 1853 qu’il est possible de se mettre, d’un même mouvement, au service des « plus délaissés de ce monde et de l’autre ». En 1855 le curé d’Ars la confirme dans sa mission. Elle fonde alors les Auxiliatrices du Purgatoire, pour une mission universelle : « aider à tout bien quel qu’il soit » ; « aller des profondeurs du Purgatoire jusqu’aux dernières limites de la terre ». L'institut a pour tâche principale de permettre à tous les hommes, vivants et morts, de faire l’expérience de la rencontre de Dieu comme expérience de l’amour. Bientôt, en 1859, l'Institut reçoit comme un don de Dieu ce qui lui permet de prendre réellement corps : l’insertion dans une grande tradition spirituelle, celle dont saint Ignace de Loyola fut l’initiateur (les Règles et les Constitutions de la Compagnie de Jésus).

Elle exprime sa foi à travers la piété de son temps. Or le XIXe siècle est une époque fortement marquée par la dévotion aux âmes du Purgatoire. Cette dévotion s’exprime souvent par une insistance sur la nécessité de souffrir et d’expier en ce monde, pour abréger les souffrances après la mort. Eugénie découvre très jeune une telle dévotion, mais elle la transforme de l’intérieur, en reconnaissant le mystère du Purgatoire comme celui d’une expérience radicale de l’amour. (2)

 

Marie de la Providence meurt à Paris le 7 février 1871, à l’âge de 45 ans. Elle est béatifiée par Pie XII en 1957.

 

"Que la charité envers les âmes souffrantes s’unisse intimement chez Eugénie Smet à l’apostolat le plus concret, le plus actif, le plus universel, voilà sans aucun doute un trait saillant de sa physionomie spirituelle et le cachet particulier que Dieu voulut lui donner".
Pie XII

 

Elle est fêtée le 7 février. (3)

Sources: 1; 2; 3

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6 février 2026 5 06 /02 /février /2026 00:00
Saint Vaast (Gaston), évêque d'Arras, Apôtre de l'Artois († 540)

Martyrologe Romain : À Arras, en 540, saint Vaast (Gaston), évêque. Prêtre de Toul, il catéchisa le roi Clovis après sa victoire de Tolbiac en 496. Il fut envoyé par saint Remi comme évêque à Arras, où il restaura cette Église ruinée après l’invasion d’Attila, la gouverna pendant une quarantaine d’années et poursuivit l'œuvre d’évangélisation des peuples encore païens de la région.

En 496, Clovis, roi des francs, ayant battu les Alamans à Tolbiac, avait promis de se faire baptiser au Dieu de Clotilde. Regagnant la Champagne, Clovis fait étape à Toul. Il demande à St Ours (Urse) un prêtre pour lui apprendre à connaître Dieu en vue de son baptême. L’évêque désigne Vaast. Ainsi le saint part et évangélisera le roi jusqu'à son baptême, 3 ans plus tard; Il lui parle longtemps de la Sainte Trinité remise en cause par les ariens. Au cours du voyage, il rend la vue à un aveugle à Rilly-aux-Oies, près de Rethel. Il est là lorsque Clovis descend dans la fosse du baptistaire. Il a peut-être aidé à baptiser son armée... De nombreuses questions restent en suspens.

La Légende dorée rapporte que peu de temps après son ordination en tant qu'évêque d'Arras, il trouva une église envahie par les ronces et où habitait un loup (ou un ours selon les versions) ; il ordonna à l'animal de partir et de ne jamais revenir, et c'est ce qui arriva.

À 86 ans, le 6 Février 539 ou 540, Dieu le rappela après une quarantaine d'années d'épiscopat. Il fut inhumé à Arras, dans la cathédrale.

La Légende dorée de Jacques de Voragine raconte que l'imminence de sa mort lui fut signifiée par une colonne de feu qui s'abattit sur sa maison.

Thaumaturge: maladie des yeux, handicapés, retard à marcher.

 

Sources: 1; 2; Saint Vaast, Évêque d'Arras - Apôtre de l'Artois

Statue de saint Vaast dans l'église Saint-Vaast de Wambrechies (Nord)

Statue de saint Vaast dans l'église Saint-Vaast de Wambrechies (Nord)

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5 février 2026 4 05 /02 /février /2026 00:00
Sainte Agathe, vierge et martyre († 254)

Déjà deux de ces quatre illustres Vierges dont le souvenir est associé aux mérites de l'Agneau, dans la célébration du Sacrifice, ont passé devant nous dans leur marche triomphale sur le Cycle de la sainte Église ; la troisième se lève aujourd'hui sur nous, comme un astre aux plus doux rayons. Après saintes Lucie et Agnès, sainte Agathe vient nous consoler par sa gracieuse visite. La quatrième, l'immortelle Cécile, se lèvera en son temps, lorsque l'année inclinant à sa fin, le ciel de l'Église paraîtra tout à coup resplendissant de la plus magnifique constellation.

Deux villes de Sicile, Palerme et Catane, se disputent l'honneur d'avoir donné naissance à sainte Agathe ; ce qui est certain, c'est qu'elle fut martyrisée à Catane, sous l'empereur Dèce.

Dénoncée au préteur Quintianus, comme chrétienne, Agathe lui fut amenée. La beauté de la jeune fille le séduisit ; il conçut pour elle une passion criminelle et crut venir à bout de son dessein en la remettant aux mains d'une femme débauchée, nommée Aphrodisia. Aphrodisia employa son art et son artifice afin de séduire Agathe, sans pouvoir y réussir ; et après un mois de tentatives, elle s'en fut trouver le préfet pour lui annoncer l'inutilité de ses efforts.

Le juge alors fit comparaître la servante du Seigneur devant son tribunal.
"Qui es-tu?
- Je suis noble et d'une illustre famille, toute ma parenté le fait assez connaître.
- N'as-tu pas honte, lui dit-il, étant d'une naissance illustre, de mener la vie basse et servile des chrétiens ?
- L'humilité de la servitude chrétienne vaut mieux que tous les trésors et tout l'orgueil des rois.
- Pourquoi donc suis-tu la chétive condition des chrétiens ?
- Parce que la véritable noblesse s'acquiert avec Jésus-Christ dont je me dis la servante.
- Quoi donc ! sommes-nous dégradés de noblesse pour mépriser ton Crucifié ?
- Oui, tu perds la véritable liberté en te faisant esclave du démon jusqu'au point d'adorer des pierres pour lui faire honneur."

 

Afin d'apprendre à la jeune fille à mieux parler, Quintianus la fit frapper sur la joue et commanda qu'on la conduisit en prison, lui disant qu'elle eût à se préparer à renier Jésus-Christ ou à mourir dans les tourments.

Le lendemain, le juge essaya de gagner Agathe par des promesses, mais il la trouva inébranlable, et ses réponses excitèrent tellement la rage du persécuteur, que, sur son ordre, on arracha un sein à la Sainte. Elle dit à Quintianus : "N'as-tu pas honte, ô cruel tyran, de me faire souffrir de cette façon, toi qui as sucé ta première nourriture du sein d'une femme ?Quand elle fut rentrée dans la prison où le préfet avait défendu de lui rien donner, saint Pierre lui apparut et la guérit au nom du Sauveur ; la Sainte s'écria : "Je vous rends grâces, ô mon Seigneur Jésus-Christ, de ce qu'il vous a plu de m'envoyer votre Apôtre afin de guérir mes plaies et de me rendre ce que le bourreau m'avait arraché," et la prison fut remplie d'une si éclatante lumière que les gardiens s'enfuirent épouvantés, laissant les portes ouvertes.

Les autres prisonniers conseillaient à Agathe de prendre la fuite, mais elle répondit : "Dieu me garde de quitter le champ de bataille et de m'enfuir en voyant une si belle occasion de remporter la victoire sur mes ennemis."

Quatre jours après, Agathe fut ramenée devant le juge qui, la voyant saine et sauve, fut rempli d'étonnement ; sa rage n'en devint que plus grande. Par son ordre, on roula la Sainte sur des têtes de pots cassés et sur des charbons, en même temps que l'on perçait son corps de pointes aiguës. Pendant ce supplice, un tremblement de terre survint, et les principaux ministres de la cruauté de Quintianus furent écrasés. La ville, épouvantée, vit là un châtiment du Ciel et le persécuteur, craignant qu'on ne lui enlevât sa victime, se hâta de la renvoyer en prison. Quand elle y fut rentrée, Agathe dit : "Ouvrez, Seigneur, les bras de votre miséricorde, et recevez mon esprit qui désire vous posséder avec tous les transports d'amour dont il est capable", et en achevant ces mots elle expira (254). 

Catane au pied de l'Etna

Aussitôt que la nouvelle de cette mort se fut répandue, toute la ville accourut pour honorer les restes de sainte Agathe, et au moment où on voulut la mettre dans le tombeau, cent Anges, sous la figure de jeunes hommes, apparurent, et au front d'Agathe inscrivirent ces mots : "C'est une âme sainte ; elle a rendu un honneur volontaire à Dieu et elle est la rédemption de sa patrie." Quintianus, de son côté, était parti pour se mettre en possession des biens de la servante de Dieu, mais au passage d'une rivière, un cheval le mordit au visage et un autre, à coups de pieds, le précipita dans l'eau où il se noya.

 

La dévotion à sainte Agathe ne tarda pas de se répandre partout, mais nulle part elle ne fut plus honorée qu'à Catane.

 

Plusieurs fois sa protection a sauvé cette ville des éruptions de l'Etna, et pour cela il suffisait aux habitants de donner, comme barrière aux torrents de lave qui descendaient de la montagne, un objet qui avait touché le corps de la Sainte.

 

On invoque sainte Agathe contre les séismes et les incendies.

 

 

Sources : 1, 2Calendrier perpétuel, Les saints en 365 jours, Chêne

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4 février 2026 3 04 /02 /février /2026 21:32

Les règles actuellement en vigueur en Union européenne découle de la logique initialement initiée en France, une logique où l'Etat ne doit jamais contrôler sa monnaie, et où les banques centrales doivent rester "indépendantes" absolument. Indépendantes de qui exactement ? Des gouvernements élus notamment, du suffrage universel, du peuple souverain. Dépendantes de qui alors ? Des marchés financiers, des investisseurs institutionnels, des créanciers privés.

En 1969, la France n’a pas perdu une guerre. Elle a perdu quelque chose de plus discret : le contrôle de sa décision financière. Ce basculement n’a pas été annoncé. Il n’a pas été voté. Et pourtant, il structure encore l’économie française d’aujourd’hui.

Depuis 1973, la France a payé plus de 1700 milliards d'euros d'intérêts. sur sa dette publique. 1700 milliards qui auraient pu financer des services publics de qualité, des investissements d'avenir, des innovations technologiques, de la recherche fondamentale. À la place ils ont enrichi les créanciers, rémunéré le capital, nourri la rente, Qui sont ces créanciers financiers aujourd'hui ? Des banques françaises comme la BNP ou la société générale, les assurances vie, des fonds de pensions étrangers surtout américains, et britanniques. Certains sont anonymes derrière des société offshore. Est-ce normal qu'un Etat souverain paie des intérêts colossaux pour utiliser sa propre monnaie ? Avant 1973, cette idée paraissait complètement absurde, inconcevable. Aujourd'hui, elle semble naturelle, évidente, incontournable.

Un système subverti, les racines philosophiques d'une crise : le nominalisme.

Ce système est celui d'une ploutocratie, c'est-à-dire un pouvoir où le vrai pouvoir n'est jamais au peuple, mais aux plus riches, qui l'exerce d'une manière discrète souvent de façon anonyme, qui utilise le système parlementaire comme une façade (en direction du peuple. Ndlr.), un instrument.

 

Lire: Louis XVI, le renversement de la royauté. Par Marion Sigaut

 

"Révoludroit" de Valérie Bugault propose des solutions que nous avions proposées ici en 2012 : "créer une méritocratie élective. Au lieu d'élire des "représentants" sur des promesses, on élit des gens pour leur compétence avérée dans un domaine précis. On n'élit pas un idéologue, on élit un expert pour une mission. L'idée est simple: chaque pilier de l'Etat est géré par des gens compétents élus à cette fin. On passe d'un débat d'opinions, à une gestion par la compétence. Comment les gens sont-ils représentés dans ce système ? La représentation serait territoriale (la commune) et au niveau national par intérêts ou corps de métiers, par activité, basée sur les groupes professionnels avec mandats impératifs."

On ne peut dire qu'un peuple est libre parce qu'il jouit de la faculté d'élire ses gouvernants (les électeurs sélectionnent ceux qui décideront en leur nom sans réellement les choisir) ou même parce qu'il jouit de la faculté "de choisir une politique plutôt qu'une autre parmi les programmes qui lui sont proposés" (les termes des problèmes sont délimités par d'autres instances non-élues), ... il s'agit là [...] "de conditions indispensables à la liberté, mais en elles-mêmes insuffisantes. Un peuple est libre lorsqu'il dispose de moyens qui lui permettront d'approuver ou de sanctionner régulièrement.

P. Gueniffey, La Politique de la Terreur, Essai sur la violence révolutionnaire, Fayard 2000, réed. Tel Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 210.

Jusqu'au bout, les hommes de la Révolution auront refusé de faire des électeurs, même au second degré, les arbitres de la dévolution du pouvoir.

François FURET, préface in Patrice Gueniffey, Le Nombre et la Raison, La Révolution française et les élections, préface de François Furet, Editions de l'Ecole des Hautes Etudes en sciences sociales, Paris 1993, p. XI.

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4 février 2026 3 04 /02 /février /2026 00:00
Sainte Véronique

Sainte Véronique ou Bérénice signifie en grec : "qui porte la victoire".

La dévotion de la sixième station du Chemin de la Croix évoque le souvenir de cette femme qui a bravé la foule hostile pour essuyer le visage du Christ pendant sa Passion, recueillant ainsi sur son linge la Sainte Face du Christ.

Véronique apporta le Saint Voile à Rome. Telle était la vénération publique pour la Sainte Face, qu'au temps du pape Innocent II (1130-1141) il y avait six nobles familles romaines députées à la garde de la cassette où elle était renfermée.

Dans sa Bulle du 19 avril 1629, le pape Urbain VIII accorde une indulgence plénière à tous ceux qui, ayant participé aux sacrements, assistent à l'ostension de la sainte relique.

Le nom de Véronique en latin, vera icona, signifie l'icône authentique.

Les visions de Catherine Emmerich (visionnaire née le 8 septembre 1774 en Allemagne et décédée le 9 février 1824) nous apprennent qu’elle était cousine de Saint Jean-Baptiste. Elle fut admise dans la cellule de Jean-Baptiste après que celui-ci eut la tête coupée. Elle recueillit son sang.

La piété occidentale fait de Véronique, l'épouse du Zachée de l'Evangile (S. Amadour) (Bulle de Martin V, 1427), avec qui elle serait venue jusqu'à Soulac en Médoc près de Bordeaux, et Amadour en Quercy (Rocamadour) où le culte de Zachée (S. Amadour) est resté. On la trouve à Marseille, à Mende, à Cahors, à Bazas, à Rodez, à Limoges.

C'est à Soulac qu'elle vint finir ses jours, l'an 70. Elle avait exercé un apostolat en Aquitaine durant vingt-trois ans, et elle mourait âgée d'environ quatre-vingt-quatre ans.

Dans la crypte de la basilique Saint Seurin à Bordeaux, se trouvent le sarcophage et les reliques de Sainte Véronique.

Sainte Véronique est la patronne des photographes, touchés par l'histoire de cette reproduction de cette première image divine. 

À Paris et à Liège, elle est patronne des lingères.

Sainte Véronique

Sources : (1) Nominis; (2) L'Evangile au quotidien; (3) Calendrier perpétuel, Les saints en 365 jours, Chêne; Mgr Jean-Joseph Gaume, Biographies évangéliques, 1881-1893, tome I, Nouvelle édition ESR, Cadillac 2007, p. 319-338.

 

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3 février 2026 2 03 /02 /février /2026 00:00
Saint Blaise de Sébaste, évêque et martyr († 316)

Médecin et évêque du IVe siècle, martyrisé sous Licinius en Arménie en 316, saint Blaise fut l'un des saints autrefois les plus populaires et les plus célèbres par l'efficacité de leur intercession. Il guérit miraculeusement un garçon qui s'étouffait. Sa fête comprend la tradition de la bénédiction des gorges. Deux bougies, attachées avec un ruban rouge, sont croisées et portées à la gorge pendant que le prêtre prie pour la guérison.

Saint Blaise de Sébaste, évêque et martyr († 316)

D'abord très habile médecin, et en même temps très vertueux chrétien, il devint évêque de Sébaste, en Arménie, par le choix du peuple, qui l'entourait d'une grande estime. Sa sainteté se manifestait par une foule de miracles : de partout aux environs, les gens venaient à lui pour faire soigner leur âme et leur corps; Mais Blaise, inspiré de Dieu, quitta bientôt son siège épiscopal pour s'enfuir sur une montagne solitaire ; il y avait pour compagnie les bêtes fauves qui venaient chaque jour visiter et caresser l'homme de Dieu, et recevoir, avec sa bénédiction, la guérison de leurs maux. Les oiseaux lui apportaient sa subsistance.  

 

D'après la Légende dorée, après que Blaise fut désigné comme évêque de Sébaste et pour échapper aux persécutions de Dioclétien, le saint gagna une caverne où il vécut en ermite. Assis à l'entrée d'une grotte, les oiseaux lui apportaient sa subsistance, et les animaux s'assemblaient autour de lui pour recevoir sa bénédiction ou pour être guéris lorsqu'ils étaient malades : on le voyait ainsi nourrir un renard, caresser la tête d'un lion ou d'une panthère. (Louis Réau, Iconographie de l'art chrétien, Presses universitaires de France, 1958, p. 231.)

Il fut rencontré en son désert par des païens qui, surpris de trouver un homme familièrement entouré de lions, de tigres, de loups et d'ours, allèrent raconter cette nouvelle au gouverneur. Blaise saisi peu de temps après comme chrétien, jusque dans son antre sauvage, exprima sa joie profonde, à la pensée de souffrir pour Jésus-Christ. Arrivé devant le gouverneur : "Insensé, lui dit-il, penses-tu me séparer de Dieu par tes tourments ? Non, non, le Seigneur est avec moi, c'est Lui qui me fortifie !

Les bourreaux le frappèrent à coups de verges et le jetèrent en prison. Quelques jours après, le martyr est rappelé au tribunal : "Choisis, Blaise, lui dit le juge, choisis entre deux partis : ou bien adore nos dieux, et alors tu seras notre ami, ou bien, si tu refuses, tu seras livré aux supplices et tu périras d'une mort cruelle.
-- Ces statues que tu adores, reprend l'évêque, ne sont pas des dieux, mais les organes du démon, je ne puis donc les adorer
." 

Le tyran, le voyant inflexible, ordonna de l'attacher à un chevalet, puis il fit apporter des peignes de fer, avec lesquels on lui déchira le dos et tout le corps. La victime, se tournant toute sanglante vers le gouverneur, lui dit : "Déjà voisin du Ciel, je méprise toutes les choses de ce monde ; je me ris de vous et de vos supplices. Ces tourments ne dureront qu'un instant, tandis que la récompense sera éternelle." 

Après de nouveaux interrogatoires inutiles, Blaise fut jeté dans le lac voisin pour y être noyé ; mais il fit le signe de la Croix et marcha sur les eaux comme sur un terrain solide, à la grande admiration de tous les spectateurs de ce prodige. Le glorieux martyr eut enfin la tête tranchée. 

Tandis qu'il était en prison on lui avait amené un enfant sur le point d'être étouffé par une arête de poisson. Blaise le guérit. C'est sans doute pour ce fait qu'on l'invoque spécialement pour les maux de gorge. le jour de sa fête, qui tombe dans l'Église Occidentale le 3 février et dans l'Église orientale le 11 février.

Blaise (bleiz) signifie "loup" en breton et dans plusieurs langues celtiques. 



Martyre de saint Blaise, chapelle d'AppevilleMartyre de saint Blaise (en provenance de la chapelle d'Appeville)


Dans l'iconographie, on montre souvent Blaise avec les instruments de son martyr, les peignes en fer. La ressemblance de ces instruments de torture avec les peignes de laine a fait adopter le saint comme patron des cardeurs de laine en particulier et du commerce de la laine en général. Il peut aussi être représenté avec des bougies car elles lui furent apportées lorsqu'il était en prison.

À Metz, en Moselle, en l'église Saint-Eucaire a lieu tous les 3 février un pèlerinage traditionnel et populaire qui rassemble plusieurs milliers de fidèles, qui viennent faire bénir des petits pains briochés garnis de picots évoquant le martyre du saint. Ces petits pains bénits sont réputés guérir ou protéger des maux de gorge. Les reliques de saint Blaise reposent dans l'église.

Sources :
1; 2

 

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2 février 2026 1 02 /02 /février /2026 23:53

Avant-propos

 

Je ne suis pas membre de la FSSPX. Je ne fréquente pas les chapelles de la FSSPX. Je ne suis pas même un fervent pratiquant de la messe en latin, et j'assiste la plupart du temps à la messe du Novus ordo dans une paroisse diocésaine. Je ne comprends pas pourquoi la FSSPX est un problème si important dans l'Église alors qu'il y a une crise de la foi et de la doctrine presque partout. Il est difficile pour moi de comprendre pourquoi le Vatican permet une hérésie flagrante parmi les évêques en Allemagne, tout en menaçant d'excommunier des évêques doctrinaux sur un point technique. Nous ne devons pas laisser les agitateurs dicter le discours simpliste des "consécrations sans mandat papal rééditant 1988". Aujourd'hui, il ne s’agit pas tant des "consécrations" de la FSSPX, que d'un débat doctrinal urgent à mener dans l'Église. Il s'agit d'interprétations modernistes problématiques sapant le magistère précédent. Ce débat nous concerne tous, que nous soyons membres de la FSSPX ou non.

 

Mises à jour permanentes

 

Le Supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX), le père Davide Pagliarani, a annoncé le 2 février son intention de procéder aux ordinations épiscopales le 1er juillet 2026, précisant que cette décision faisait suite à la réception d’une lettre du Saint-Siège qui ne répond ''en aucune façon'' aux demandes de la Fraternité. (Texte en anglais du communiqué)

 

La FSSPX choisit fréquemment la fête de la Purification de la Bienheureuse Vierge Marie ou Chandeleur pour la cérémonie officielle de "remise des habits", au cours de laquelle les nouveaux séminaristes échangent leurs habits civils contre la soutane, symbolisant la mort au monde et une vie nouvelle au service du Christ.

 

Pour le père Davide Pagliarani, cette décision était naturelle compte tenu de ce qu'il interprétait comme une rupture des négociations entre la Fraternité et le Saint-Siège. Sa demande d'audience papale l'été dernier (2025. Ndlr.) a été ignorée. Il a adressé plusieurs lettres de demande d'audience auprès du Saint-Père qui lui a été hélas toujours refusée, sans réponse. Une lettre détaillée adressée par la suite au pape a reçu une réponse du cardinal Fernández, Préfet de la Doctrine de la Foi, ces derniers jours (janvier 2026. Ndlr.) Don Davide a écrit que cette réponse "ne répond en rien à nos demandes".

 

Cf. https://www.complicitclergy.com/2026/02/18/homily-why-the-sspx-will-consecrate-bishops-without-romes-approval/

https://remnantnewspaper.com/web/index.php/articles/item/8103-why-the-sspx-will-consecrate-bishops-without-rome-s-approval-fr-de-lacoste-explains

 

Le supérieur général invoque une ''grave nécessité'' après que la lettre du Saint-Siège n'ait pas répondu aux demandes de la Fraternité.

 

La décision, annoncée dans un communiqué de la Maison générale de la FSSPX à Menzingen, en Suisse, a été prise avec le soutien unanime du Conseil général et fait suite à une tentative apparemment infructueuse d'obtenir une audience privée avec le pape Léon XIV pour présenter la situation de la Fraternité.

 

Le père Pagliarani fournira de plus amples explications concernant cette décision dans les prochains jours, précise le communiqué.

 

Léon XIV a rencontré James Martin, prêtre qui bénit les "couples" homosexuels, mais ne rencontre pas la FSSPX.

 

 

Léon XIV rencontre les Églises orthodoxes orientales en appelant à nous "dépouiller de nos préjugés", mais pas de rencontre avec la FSSPX. Dans son discours aux participants à la visite d'étude des jeunes prêtres et moines des Églises orthodoxes orientales le 5 février 2026, il déclare : "Chers amis, les différences historiques et culturelles de nos Églises forment une magnifique mosaïque de notre héritage chrétien commun, une richesse que nous pouvons tous apprécier. Parallèlement, nous devons continuer à nous soutenir mutuellement afin de grandir dans notre foi commune en Christ, source ultime de notre paix. Cela exige de nous que nous apprenions à nous dépouiller de nos préjugés."

 

Léon XIV célèbre les 1700 ans du Concile de Nicée avec les orthodoxes et les luthériens en invitant à "dépasser les querelles théologiques dépassées" affirmant que les anglicans et les autres protestants ne font ''qu'un'' avec l'Église catholique, lors de la conclusion de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, dimanche 25 janvier 2026. Mais les communautés FSSPX et TLM  (Messes Latines Traditionnelles), qui sont catholiques, ne méritent pas de rencontre, ni de réponse positive et ne feraient pas "un" ??

 

 

Toute critique de cette décision devra expliquer pourquoi il est acceptable que le Parti communiste chinois (PCC), athée, nomme les évêques de Chine et que le pape François et le pape Léon XIV approuvent ensuite cette nomination. Ironiquement, l'action approuvée du PCC crée un précédent pour tout le monde.

 

"Il semblerait en effet difficile d'imaginer que le Saint-Siège impose des sanctions canoniques à la FSSPX, étant donné qu'il ne l'a pas fait de manière comparable en Chine, où le gouvernement communiste a procédé à plusieurs reprises à des ordinations épiscopales sans l'accord préalable du pape, en violation de l'accord entre le Vatican et la Chine" (Diane Montagna), ou lorsque en sens inverse après que le cardinal Parolin au nom du Vatican négocia en 2018 un accord secret avec Pékin qui légitima le contrôle de l'État chinois sur les évêques - accord qualifié de "trahison" par le Cardinal Joseph Zen, évêque retraité de Hong Kong -.

 

Sources :

>https://www.ewtnnews.com/vatican/sspx-to-consecrate-bishops-without-rome-s-approval-courting-excommunication

>https://dianemontagna.substack.com/p/sspx-announces-intention-to-proceed

>https://x.com/FSSPXFR/status/2018345039538065737?s=20

>https://thecatholicherald.com/article/the-real-source-of-tensions-in-the-sspx-and-vatican-standoff

 

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Add. Humour : commentaire amusant sur X

"L’évêque Fellay signe un accord avec Xi Xinping pour consacrer des évêques de la FSSPX en Chine. Le Vatican ne s'oppose plus aux consécrations de la FSSPX."

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Témoignage sur X d'une personne ayant posé une question il y a une dizaine d'années au Nebraska au père Bisig, lors d'une ordination de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre (FSSP) alors qu'ils avaient pris un repas au réfectoire auparavant [le père Bisig fut ordonné prêtre par Mgr Lefebvre, le fondateur de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (1970). Par la suite, il quitta la FSSPX en raison de la consécration des évêques sans mandat papal en 1988 et co-fonda la FSSP] :

 

"Alors, la FSSPX va ordonner des évêques et tous les bien-pensants s'en offusquent. Ils pensent que tout est évident et que la FSSPX n'est rien d'autre que des protestants.

 

Eh bien, je vais donner mon avis. Si vous ne connaissez pas l'histoire, vous voudrez la suivre.

 

En 1969, alors que les séminaires européens perdaient des vocations à un rythme alarmant et enseignaient des hérésies extrêmes, Mgr Lefebvre fonda, avec autorisation, le séminaire Saint-Pie X dans le sud de la Suisse et, en 5 ans, celui-ci compta environ 120 séminaristes.

 

On y enseignait la liturgie tridentine et la théologie préconciliaire. Les élèves apprenaient le latin, portaient la soutane et chantaient des chants religieux. Cela inquiéta fortement certains à Rome. Le Saint-Siège ordonna une visite pastorale, organisée par la Congrégation pour les séminaires et les universités (à l'époque). Les visiteurs envoyés étaient deux Belges : Mgr Descamps, bibliste, et Mgr Onclin, canoniste.

 

Lors de leur visite, les visiteurs s'entretinrent en privé avec les séminaristes et menèrent des entretiens approfondis avec le personnel. Leurs propos scandalisèrent l'assemblée et conduisirent directement à la déclaration de Lefebvre du 21 novembre 1974, dans laquelle il affirmait :

 

"... Nous refusons… et avons toujours refusé de suivre la Rome des tendances néo-modernistes et néo-protestantes… Aucune autorité, pas même la plus haute dans la hiérarchie, ne peut nous contraindre à abandonner ou à diminuer notre foi catholique, si clairement exprimée et professée par le Magistère de l’Église depuis 19 siècles.

 

Voilà donc ce qui a déterminé le cours des choses, ce qui a convaincu l'archevêque qu'il y avait une crise justifiant ses actions futures.

 

Alors, qu'ont dit les visiteurs du Vatican ?

 

Permettez-moi une petite parenthèse. Vous pouvez tout simplement agir. Si vous voulez connaître la réponse à une question, vous pouvez trouver quelqu'un qui la connaît et lui poser la question.

 

Il y a une dizaine d'années, j'étais au Nebraska pour une ordination de la FSSP. Nous avions pris un repas au réfectoire auparavant, et le père Bisig était assis à notre table.

 

Le père Bisig était séminariste lors de la Visite. Il fut ordonné prêtre trois ans plus tard par Lefebvre. Par la suite, il quitta la FSSPX en raison de la consécration des évêques en 1988 et co-fonda la FSSP.

 

Je suis allé m'asseoir en face de lui.

Je me suis présenté et j'ai simplement demandé : « Qu'est-ce que les visiteurs vous ont dit ? »

 

Il répondit que, comme cela avait été rapporté depuis longtemps, ils disaient que

>le mariage universel des prêtres était inévitable,

>qu'il n'existait aucune vérité morale immuable[Relativisme moral. Ndlr.]

>que la contraception artificielle était acceptable,

>qu'il était acceptable de ne pas croire à la virginité perpétuelle de Marie [Protestantisme. Ndlr.]

>et qu'il pouvait y avoir diverses interprétations de la nature de la résurrection du Christ, non pas nécessairement comme un retour physique d'entre les morts, mais comme une expérience mystique ou spirituelle vécue par les apôtres. [Hérésies docètes des "faux-semblants" des premiers siècles condamnées au Concile de Constantinople I 381]

 

Et tout cela était présenté comme la norme pour une formation adéquate à l'époque moderne."

(Fin de citation) 

 

Voilà des exemples d'hérésies des années 1970. Témoignage pour l'histoire...

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Quelques commentaires glanés sur X

 

* "Je vois beaucoup de grands comptes catholiques partager leur opinion de théologien amateur sur la FSSPX, mais je ne les ai jamais vus publier quoi que ce soit sur le fait que cela pose problème. 

 

Je dis juste que ça semble assez hypocrite de vous voir tous vous vanter de votre attachement à la discipline ecclésiastique quand il s'agit des traditionalistes, mais de rester silencieux quand il s'agit du modernisme qui profane l'Église."

 

 

Alors qu'aux États-Unis, une nouvelle tendance discrète voit des paroisses catholiques réintroduire les bancs de communion, la réception de la Communion à genoux et sur la langue restant toujours un droit des fidèles catholiques (Instruction Redemptionis Sacramentum § 91-92) et qu'aucun document ecclésiastique – y compris les documents du Concile Vatican II – n'a jamais demandé le retrait des bancs de communion, un diocèse de Charlotte, en Caroline du Nord, a BANNI les bancs de communion destinés à la RÉCEPTION de l’Eucharistie À GENOUX. (Le Figaro).

La FSSPX annonce son intention d'ordonner des évêques le 1er juillet

* URGENT :

Humour: L'évêque Xi Lei et Son Excellence Gua Ling Reta consacrent de nouveaux candidats après avoir prêté serment d'allégeance au PCC !

* InfoVaticana: "Si le Parti communiste peut ordonner des évêques, la Fraternité peut en faire autant"

 

"Comment interdire à la FSSPX ce qui est autorisé au Parti communiste chinois "?

"[...] le Parti communiste chinois – athée, matérialiste et officiellement hostile à la foi – ordonne des évêques à sa guise depuis des années, bafouant même l'accord déjà déplorable signé avec Rome. Et rien ne se passe. Ou plutôt, c'est tout le contraire : les gens sourient, dialoguent, la confiance se renouvelle et la tolérance s'accroît.

[...] la doctrine de la tolérance sélective."

 

"La question n'est pas rhétorique, elle est juridique et morale. Si le régime communiste peut imposer des évêques sans mandat papal et être considéré comme un interlocuteur légitime, selon quelle logique peut-on appliquer un critère plus strict à une fraternité qui ne renie pas les dogmes, ne prêche pas le sédévacantisme et ne répond pas à un comité central marxiste, mais plutôt à une conception – certes discutable – de la nécessité objective des sacrements ?

 

L’Église contemporaine a développé une théologie pratique curieuse : la désobéissance est tolérée lorsqu’elle s’accompagne du pouvoir politique et sanctionnée lorsqu’elle émane d’une structure ecclésiale gênante. Le problème n’est pas la consécration sans mandat, mais l’identité de celui qui l’accomplit. Lorsque c’est le Parti communiste qui ordonne, on parle de « contexte complexe ». Lorsque c’est la FSSPX qui ordonne, on parle de « rupture ». La différence n’est pas théologique : elle est géopolitique.

 

Il est difficile d'expliquer aux fidèles pourquoi Pékin peut produire des évêques soumis au régime et bénéficiant d'un dialogue privilégié avec Rome, tandis qu'une fraternité née précisément de l'effondrement doctrinal et liturgique qui a suivi le Concile est perçue comme une menace pour l'ordre ecclésial. C'est d'autant plus difficile lorsque ces mêmes fidèles voient des paroisses traditionnelles fermées, des confirmations interdites, des ordinations bloquées et des apostolats entiers suspendus par simple décision administrative.

 

La Compagnie de Jésus n'a pas agi en vase clos. Elle a agi dans un contexte où Rome est très à l'écoute, peu de promesses et quasiment aucune garantie. Et lorsque l'accès stable aux sacrements dépend du bon vouloir de l'évêque en fonction, les décisions cessent d'être idéologiques et deviennent des décisions de survie pastorale. Ce n'est pas beau à voir. Ce n'est pas idéal. Mais ce n'est pas incompréhensible non plus.

 

[...] S'il est acceptable que le Parti communiste chinois nomme des évêques pour maintenir un canal de dialogue, il est intellectuellement malhonnête de s'indigner lorsqu'une confrérie catholique consacre des évêques pour garantir à ses membres l'accès à la confirmation et à l'ordination. Le critère ne saurait dépendre de la couleur du drapeau."

 

Cf. https://infovaticana.com/2026/02/03/si-el-partido-comunista-puede-ordenar-obispos-la-fraternidad-tambien-doctrina-de-la-tolerancia-selectiva/

 

 

* Mark Lambert de Catholic Unscripted: "Quand la loi s'effondre

"[...] Le langage employé par la FSSPX est mesuré et réfléchi. Il évoque une intention filiale, une réflexion mûrie dans la prière et un état objectif de grave nécessité pour le salut des âmes. Loin d'être une rhétorique de rébellion, il s'agit du langage du droit canonique et de la théologie morale, et il témoigne de la pleine conscience, par la Fraternité, des enjeux. [...] La FSSPX n'a ​​pas prétendu que Rome ignorait le problème, ni qu'aucune piste n'avait été explorée. Au contraire, sa propre déclaration insiste sur le fait que le facteur décisif a été la réception d'une réponse qui « ne répondait en rien à nos demandes ». Autrement dit, le problème n'était pas le simple refus, mais l'absence de réponse concrète à un besoin réel et reconnu.

Selon le Code de droit canonique de 1983, la consécration d'un évêque sans mandat pontifical constitue une faute grave. Le canon traditionnellement cité stipule que l'évêque qui consacre et l'homme consacré encourent tous deux une excommunication latae sententiae réservée au Siège apostolique. Ce point est incontesté. Ce qui est bien plus souvent ignoré, c'est que ce même Code limite explicitement l'application des peines lorsque la culpabilité morale est absente ou atténuée. Le droit canonique reconnaît qu'une personne agissant par nécessité ou pour éviter un préjudice grave n'est pas passible de peines canoniques, pourvu que l'acte ne soit pas intrinsèquement mauvais ou gravement préjudiciable aux âmes. Même lorsque la responsabilité n'est que partiellement atténuée, le Code exclut les peines automatiques. Le principe selon lequel le salut des âmes est la loi suprême de l'Église n'est pas un slogan, mais une norme directrice.

La FSSPX ne conteste donc pas l'existence de la loi. Elle soutient que, dans les circonstances actuelles, la loi n'est pas contraignante comme elle le serait habituellement. "

* Mark Lambert: "Après la Chine, Rome ne peut plus prétendre que les consécrations épiscopales sans mandat papal sont inacceptables en tant que telles. Elle ne peut prétendre qu'elles sont inacceptables que lorsque la Tradition les pratique."

 

* NovusOrdoWatch "Si la FSSPX consacrait un groupe de communistes et les installait comme évêques en Chine, le Vatican n'y verrait aucun inconvénient."

 

* Pillars of faith : ''La situation actuelle concernant la Fraternité Saint-Pie X (FSSPX) a une fois de plus révélé une réalité grave et non résolue au sein de l'Église – une réalité qui ne peut être ignorée, indéfiniment reportée ou à laquelle on ne peut répondre par le silence. […] L’unité de l’Église ne se préserve pas par l’ambiguïté. La fidélité n’est pas une menace. La tradition n’est pas un ennemi. Lorsque ceux qui contredisent ouvertement l’enseignement de l’Église sont tolérés, tandis que ceux qui recherchent la continuité sont traités avec suspicion, il y a eu un renversement de situation.''

 

* LifeSiteNews L’évêque Eleganti : ''Parce que le pape et les évêques tolèrent les hérétiques, nous avons un schisme interne au sein de l’Église.''

 

La guérison de l'Église ne pourrait avoir lieu que si les hérésies étaient clairement identifiées comme telles par le pape, et si leurs représentants et promoteurs étaient de nouveau excommuniés s'ils ne se repentaient pas.

 

Remarque préliminaire de l'évêque Marian Eleganti : J'ai été inspiré pour écrire cet article par un article d'Eric Sammons paru dans Crisis Magazine, dont le contenu était similaire : "Une unité léonine est-elle même possible ?" Je partage ce point de vue. Vladimir Soloviev écrit : "Les 'Latins', comme vous appelez l’Église une, sainte, catholique et apostolique, n’ont jamais renié la foi. Aucune argumentation, aussi détaillée soit-elle, ne saurait réfuter le fait qu’en dehors de Rome, il n’existe que des Églises nationales, telles que les Églises arménienne ou grecque, des Églises d’État, telles que les Églises russe ou anglicane, ou des sectes fondées par des individus, comme les luthériens, les calvinistes, les irvingiens, etc. L’Église catholique romaine est la seule Église qui ne soit ni une Église nationale, ni une Église d’État, ni une secte fondée par un être humain ; elle est la seule Église au monde qui défend le principe de l’unité sociale universelle contre l’égoïsme individuel et le particularisme national ; elle est la seule Église qui défend la liberté du pouvoir spirituel contre l’absolutisme de l’État ; en un mot, elle est la seule Église contre laquelle les portes de l’enfer n’ont pas prévalu."

 

C’est exact. En effet, la plupart des Églises orthodoxes sont de facto des Églises nationales, et nombre d’entre elles sont, historiquement ou actuellement, des Églises d’État, ou du moins entretiennent des liens très étroits avec l’État. C’est pourquoi elles se désignent, par exemple, comme Églises orthodoxes russe, serbe ou grecque. Il existe des exceptions parmi les patriarcats de moindre importance. Il s’agit d’un phénomène historique qui ne découle pas de la conception théologique que l’orthodoxie se fait d’elle-même (cette dernière étant universelle). À l'inverse, l'Église catholique romaine est une Église universelle, sans affiliation nationale ni étatique. Elle est présente pratiquement partout dans le monde. L'adjectif "romain" fait référence au siège actuel du pape à Rome et au martyre des saints Pierre et Paul dans cette même ville. Ces deux apôtres sont d'une importance fondamentale pour l'Église. Le fait qu'ils aient subi le martyre à Rome n'est pas un détail historique anodin, mais témoigne en quelque sorte de la primauté de l'évêque de Rome et de ses successeurs, les papes, qui se considèrent comme les successeurs de saint Pierre, mort à Rome. Le Christ a fondé l'Église sur Pierre et a promis que les portes de l'enfer ne prévaudraient pas contre elle. Soloviev le souligne sans envie. C'est le fondement de l'unité de l'Église catholique : une unité canonique (et non idéaliste) avec Pierre, ou le pape. Soloviev a également raison sur ce point.

 

Pour simplifier, on pourrait dire que les Églises orthodoxes s'accordent sur la foi et la liturgie, mais rencontrent en réalité des difficultés considérables à vivre en unité canonique. Les patriarcats se font concurrence. Il n'existe pas de papauté unifiée, tout au plus une primauté honorifique, contestée, comme on le constate. Elle n'est plus reconnue par tous. C'est notamment pour cette raison qu'aucun concile panorthodoxe n'a été convoqué récemment. De nouveaux schismes douloureux se sont formés, comme celui entre Moscou et Constantinople (Cyrille et Bartholomée), qui a des répercussions dans d'autres pays, comme l'Ukraine, mais pas seulement. Il n'y a pas d'unité juridictionnelle et canonique comme dans l'Église catholique romaine. Cela signifie que l'unité n'est pas visiblement constituée, mais qu'elle est de nature abstraite et, malheureusement, ne se concrétise pas dans les faits.

 

Cela ne s'applique pas à l'Église catholique romaine sous le pontificat, du moins sur le plan canonique. Car même en son sein, les réalités schismatiques ne sont plus prises au sérieux, contrairement à l'orthodoxie. Autrement dit, on vit avec, on s'y accommode, ou on les passe sous silence, comme dans le récent sermon papal consacré aux relations avec l'Église anglicane. Dans l'ensemble, cependant, un schisme profond est toléré au sein de toute l'Église catholique, opposant les catholiques dits "modernistes", "adaptés à l'air du temps", "relativistes", "pluralistes", "de gauche" et "réformés", aux catholiques "conservateurs", "de droite", "traditionalistes" et "orthodoxes". Les deux camps se considèrent comme fidèles et catholiques. C'est là le paradoxe par excellence.

 

Concernant les attributs communs énumérés ci-dessus, je ne fais que relever une stéréotypisation vulgaire et répandue dans l'esprit et les écrits des catholiques, sans pour autant l'approuver. Car on ne devrait parler que de catholiques. Cependant, il convient alors de définir clairement qui peut être considéré comme tel et qui ne l'est pas (ou ne l'est plus). En bref : soit on est catholique, soit on ne l'est pas. Mais on n'est pas – comme on l'entend souvent dans le langage courant – un catholique de droite ou de gauche. On est soit orthodoxe, soit hérétique, et donc catholique ou non (plus catholique). En fin de compte, cela doit être clairement défini et tranché par le pape pour l'Église universelle.

 

En tout état de cause, l’appartenance au catholicisme constitue également un critère d’exclusion, qui n’est plus compris ni appliqué aujourd’hui. On aspire à l’inclusion. Malheureusement, cela offre aussi un refuge aux hérétiques au sein de l’Église. Ils sont autorisés à enseigner et à exercer leur ministère, même s’ils critiquent la foi de l’Église et ne la vivent pas. Ils proclament un évangile différent de celui transmis par les apôtres et préservé par les papes (la Tradition). Parce que le pape, dans l’Église universelle, et les évêques, dans leurs diocèses, tolèrent les hérésies et les hérétiques, un schisme interne, sordide et omniprésent, sévit au sein de l’Église catholique.

 

Aujourd'hui, dans l'Église catholique, les hérésies ne sont plus identifiées ni punies. Les hérétiques ne sont plus reconnus comme tels, sanctionnés ni excommuniés. Ils peuvent ainsi corrompre librement le Corps du Christ, l'Église. Les papes se laissent photographier en leur compagnie et les rendent socialement acceptables en dialoguant avec eux, sans pour autant prendre publiquement leurs distances avec leurs idées et leurs agissements, sans les réprimander, sans condamner leurs positions et, le cas échéant, sans les excommunier. De ce fait, le mal se propage sans entrave au sein du Corps mystique du Christ, l'Église.

 

La guérison de l'Église ne pourra avoir lieu que si les hérésies sont clairement identifiées comme telles par le pape, et si leurs représentants et promoteurs (activistes) sont de nouveau excommuniés s'ils refusent de se repentir. Alors seulement pourra-t-on parler d'une véritable unité (une seule foi, un seul baptême, un seul corps) au sein de l'Église catholique romaine. Comme Jean l'a déjà écrit, ceux qui déchirent l'Église et falsifient la foi sont issus de l'Église elle-même. Le pape et les évêques devraient le déclarer clairement et publiquement, comme l'écrit Jean, ils ne nous appartiennent pas."

 

Cf. https://www.lifesitenews.com/opinion/bishop-eleganti-the-church-is-suffering-internal-schism-because-pope-bishops-tolerate-heresies/

 

Selon le journaliste accrédité par le Bureau de presse du Saint-Siège Niwa Limbu, ''Matteo Bruni, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège'', lui ''a déclaré'' :

 

''Les contacts entre la Fraternité Saint-Pie-X et le Saint-Siège se poursuivent, dans le but d’éviter toute rupture ou les solutions unilatérales aux problèmes qui ont surgi.''

 

Cf. https://blog.messainlatino.it/2026/02/news-fsspx-matteo-bruni-a-niwa-limbu-su-fsspx.html

Voir aussi Edward Pentin https://x.com/EdwardPentin/status/2018659574144971204?s=20

Catholic Herald 07-02-2026 Léon XIV a chargé le cardinal Fernández de rencontrer Pagliarani en tête-à-tête la semaine prochaine.

 

Michael Haynes pour Catholic Herald pose la question sur X : "combien de dégâts supplémentaires le cardinal Fernández peut-il encore infliger à l'Église ?", et demande pour le Catholic Herald : "Le cardinal Víctor Manuel Fernández est-il à l'origine de la rupture entre la FSSPX et Rome ?", "est-il la véritable source des tensions dans le bras de fer entre la FSSPX et le Vatican ?"

 

 

Dans cet article du Catholic Herald, Michael Haynes écrit :

 

"Dans un entretien accordé au service de presse interne de la FSSPX, le père Pagliarani a souligné que

>les écrits de Fernández, tels que Mater Populi Fidelis,

>et ses actions, comme sa promotion de la synodalité et sa rupture avec la Tradition,

étaient des éléments clés de la décision de procéder aux consécrations épiscopales.

 

Le prêtre a fait siennes les critiques du cardinal Joseph Zen : "Le cardinal Zen lui-même considère cette méthode comme manipulatrice et juge blasphématoire le fait de l'attribuer au Saint-Esprit. Malheureusement, je crains qu'il n'ait raison."

 

L'encyclique Mater Populi Fidelis semble avoir été le coup de grâce pour la Compagnie de Jésus, si l'on en croit Pagliarani. Il suffit d'examiner son homélie, dans laquelle il fait cette annonce, pour comprendre le lien étroit qui unit les deux événements. On peut établir un parallèle évident entre le rejet par Rome de Marie comme Co-Rédemptrice et l'arrivée des nouveaux évêques au sein de la Compagnie.

 

Face à ce constat, quelle que soit l'opinion que l'on porte sur la décision de la FSSPX, la controverse entourant Fernández depuis sa prise de fonctions apparaît plus claire. La FSSPX n'est pas la seule à critiquer ses actions et a dénoncé sa conduite depuis son arrivée en juillet 2023.

 

Léon a chargé Fernández de rencontrer Pagliarani en tête-à-tête la semaine prochaine. Si le cardinal maintient sa position actuelle, il est peu probable que cette rencontre aboutisse à une solution.

 

On peut arguer que la FSSPX n'a ​​pas suffisamment tenu compte de la délicate situation diplomatique au Vatican et que sa déclaration, faite à un moment potentiellement préjudiciable, pourrait se retourner contre elle et, plus généralement, contre le mouvement traditionaliste. Une chose est sûre : il est peu probable que le cardinal Fernández parvienne à convaincre le père Pagliarani de changer de position." (Fin de citation)

Le site InfoVaticana publie dimanche 8 février 2026 une ''lettre ouverte à Léon XIV à propos de son discours au Dicastère pour la Doctrine de la Foi'', rédigée par Francisco José Vegara Cerezo, Prêtre du diocèse d'Orihuela-Alicante qui expose les contradictions qualifiées d'hérésies du magistère actuel vis-à-vis du "magistère dogmatique précédent" :

 

''De quelle intégrité doctrinale peut-on parler aujourd’hui, quand le magistère de son prédécesseur et le sien [celui du Préfet du Dicastère, le cardinal Víctor Manuel Fernández. Ndlr.] ont publié des documents qui, comme je vous l’ai expliqué dans mes lettres successives, s’opposent frontalement au magistère dogmatique précédent ? […] Qui peut considérer la négation de ce qui a été préalablement établi comme une clarification ? Et comment la théologie catholique, dont le fondement est la continuité organique, étant basée sur l’Écriture et la Tradition, peut-elle être construite sur une rupture ?

 

À cette fin, au cours des deux dernières années, le Dicastère a publié divers documents ; je rappelle les principaux :

>(…) la Déclaration Dignitas infinita, sur l'"infinie dignité" humaine (2 avril 2024), qui a réaffirmé la dignité infinie de chaque être humain, gravement menacée aujourd’hui, notamment par les guerres en cours et par une économie qui privilégie le profit. La thèse centrale de Dignitas infinita est l'infinité de la dignité humaine naturelle, comme déjà indiqué dans le premier point : Une dignité infinie, inaliénable et inhérente à son être, appartient à chaque personne humaine, quelles que soient les circonstances et la situation dans laquelle elle se trouve. […] [S]i la dignité humaine est déjà infinie en elle-même, alors que, d'une part, l'infini est une caractéristique exclusive de la divinité, comme expression de son éminence, et que, d'autre part, en raison de son incommensurabilité, rien ne peut être ajouté ni soustrait à l'infini, quel serait l'intérêt du domaine surnaturel, qui ne pourrait rien y apporter et qui, même s'il le faisait, ne ferait qu'ajouter à un caractère divin déjà naturellement présent chez l'infini lui-même ? […] Votre Sainteté, vous ayant déjà adressé une lettre exposant les affirmations bibliques et magistérielles contredites par la thèse de la dignité naturelle infinie, j'estime inutile de répéter tous les arguments. Je me contente de réaffirmer que cette thèse, contenue dans un document magistériel, n'est pas simplement une hérésie ponctuelle – bien que même un seul cas d'une telle hérésie serait dévastateur, car faillir sur un seul point de dogme équivaut à perdre la foi catholique – mais une hérésie véritablement radicale, dans la mesure où elle nie le fondement même de toute la doctrine catholique, à savoir sa nature surnaturelle. Et vous prétendez qu'un document contenant une telle aberration clarifie la doctrine de l'Église ? Franchement, tous ces mots dont vous tentez de dissimuler, sous le voile de la plus inoffensive normalité, le plus grand affront doctrinal de l'histoire, ne peuvent sonner que comme du sarcasme.

 

>La Note doctrinale Mater Populi Fidelis sur certains titres mariaux faisant référence à la coopération de Marie dans l'œuvre du salut (4 novembre 2025), qui promeut la dévotion mariale populaire, approfondit ses fondements bibliques et théologiques, et offre en même temps des clarifications précises et importantes pour la mariologie. Le document en question contient les déclarations suivantes :

 

22. Compte tenu de la nécessité d’expliquer le rôle subordonné de Marie au Christ dans l’œuvre de la Rédemption, l’utilisation du titre de Co-rédemptrice pour définir la coopération de Marie est toujours inopportune.

 

27. On ne peut parler au sens strict d’une médiation de la grâce autre que celle du Fils de Dieu incarné.

 

67. Certains titres, comme celui de Médiatrice de toutes les grâces, ont des limites qui ne facilitent pas une compréhension correcte de la place unique de Marie.

 

Le rejet des rôles de Marie comme corédemptrice et médiatrice de la grâce peut-il vraiment être attribué, selon ses propres dires, à la promotion de la dévotion mariale populaire par l'approfondissement de ses fondements bibliques et théologiques ? Comment peut-on encourager une quelconque dévotion en annulant les prières les plus chères que l'Église a toujours adressées à Marie ? Quel sens y a-t-il désormais à solliciter son intercession surnaturelle si, précisément, le don surnaturel – la grâce – n'est plus entre ses mains ?

 

Je suppose que l'objectif œcuménique de convergence avec l'aversion mariale protestante, si prononcée, a été pleinement atteint ; mais je ne cesse de m'étonner que cela soit présenté comme une diatribe enflammée contre le catholicisme le plus archaïque. C'est la même tactique ironique et trompeuse que son prédécesseur a employée, par exemple, en intitulant 'Traditiones custodes' le document qui visait précisément à restreindre drastiquement la tradition liturgique. Ce n'est d'ailleurs pas une nouveauté, car chacun sait que l'ancienne ''République démocratique allemande'' n'était pas exactement l'Allemagne démocratique ; mais que le magistère pontifical recoure à une telle supercherie verbale sournoise jette irrémédiablement le discrédit sur toute la doctrine catholique, à moins que ce magistère ne soit qu'une utopie.

 

>Enfin, la Note doctrinale "Una Caro. Éloge de la monogamie, sur la valeur du mariage comme union exclusive et appartenance réciproque (25 novembre 2025), qui explore de manière originale la nature de l’unité du mariage entre un homme et une femme.

 

De ce dernier document, je retiendrai deux points :

 

122. La personne ne peut être traitée d’une manière qui ne corresponde pas à cette dignité que l’on peut qualifier d’“infinie”, tant en raison de l’amour illimité que Dieu lui porte, que parce qu’il s’agit d’une dignité absolument inaliénable.

 

La thèse de la Dignitas infinita est expressément confirmée ; mais, premièrement, la raison de l'amour de Dieu est tout à fait inadéquate, puisque cet amour est manifestement surnaturel et par conséquent ne peut fonder une dignité purement naturelle ; et, deuxièmement, l'inaliénabilité rend cette dignité substantielle et prive de sens le péché et la damnation, puisque ni le premier ne pourrait diminuer une dignité infinie, ni celui qui possède une telle dignité ne pourrait être condamné éternellement.

 

145. Une vision intégrale de la charité conjugale ne nie pas sa fécondité, la possibilité de générer une nouvelle vie, car 'cette totalité, requise par l’amour conjugal, correspond également aux exigences d’une fécondité responsable'. L’union sexuelle, en tant que mode d’expression de la charité conjugale, doit naturellement rester ouverte à la transmission de la vie sans pour autant que cela doive être un but explicite de chaque acte sexuel.

 

Maintenant que François a approuvé l'interprétation d'Amoris Laetitia donnée par les évêques argentins, selon laquelle, lorsqu'une déclaration de nullité ne peut être obtenue, (…) un chemin de discernement demeure possible. Ainsi, s'il est reconnu que, dans un cas particulier, des limitations atténuent la responsabilité et la culpabilité (cf. 301-302), notamment lorsqu'une personne considère qu'elle tomberait dans un péché supplémentaire, en nuisant aux enfants de la nouvelle union, Amoris Laetitia ouvre la possibilité d'accéder aux sacrements de la réconciliation et de l'Eucharistie (cf. notes 336 et 351), quelle importance revêt désormais l'utilisation de méthodes contraceptives artificielles pour les époux légitimes ? Ne sommes-nous pas en train de filtrer le moucheron pour avaler le chameau ? (cf. Mt 23, 24). Ceux qui ont pris la peine de régulariser sacramentellement leur situation vont-ils se voir refuser la possibilité de participer à un processus de discernement qui prend en compte, là aussi, l'existence de limitations circonstancielles atténuant la responsabilité et la culpabilité ? Ayant accepté une morale des circonstances qui remet en cause l'objectivisme censé caractériser la morale catholique, quelles limites peut-on fixer à cette question ? Accepter la profanation du mariage par les adultères, qui peuvent désormais recevoir sacrilègement la pénitence et l'Eucharistie, tout en imposant des exigences à ceux qui sont dûment mariés, est dénué de toute logique et de toute justice, et semble même être une parodie, facilitant la tâche à ceux qui se sont égarés et entravant celle de ceux qui ont emprunté le droit chemin.

 

[…] Dans le nouveau jargon, l'hérésie éhontée est appelée ''transmission de la foi'', mais en omettant, bien sûr de dire que cette foi n'est plus catholique, car même si l'hérésie semble provenir du Saint-Siège, elle n'en reste pas moins une hérésie.

 

 

[…] La véritable rupture s'opère actuellement avec le remplacement de la doctrine dogmatique catholique par quelque chose non seulement de différent, mais même de diamétralement opposé, et c'est ce que je tiens à dénoncer publiquement par cette lettre.

 

Comme je l’ai rappelé à l’occasion du récent consistoire extraordinaire, nous voulons être une Église (…) qui proclame l’Évangile, avant tout par la puissance d’attraction.

 

Le seul fait indéniable est l'attrait ; mais, bien sûr, un attrait qui utilise les mêmes moyens que le monde, ce qui implique que cet évangile, qui occulte le surnaturel – dont nous sommes si indignes – et qui exige, comme condition inéluctable, une conversion radicale, ne peut être que le substitut auquel saint Paul faisait allusion : ''Mais si un ange venu du ciel vous annonçait un évangile différent de celui que nous vous avons annoncé, qu'il soit anathème !'' (Galates 1, 8). Sans doute, pour l'apôtre, la couleur des vêtements de l'ange importait peu, car, comme le dit le proverbe, l'habit ne fait pas le moine… ni l'ange, ni le pape. "

(Fin de citation)

 

Niwa Limbu sur X

 

"De nombreuses sources au sein de la SSPX m'ont informé que Mgr Fellay et Mgr Galarreta se rendront à une réunion en tête-à-tête entre le Père Davidé Pagliarani, Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, et le Cardinal Fernandez, Préfet du DDF."

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Lors d'un sermon dimanche 8 février, l'évêque de la Fraternité Saint-Pie-X (FSSPX) Bernard Fellay a soutenu qu'un "état de nécessité" existe clairement pour que la FSSPX puisse procéder à la consécration d'évêques sans l'approbation du Vatican.

 

''Où est passé l’esprit missionnaire aujourd’hui ? Il est mort… Pourquoi ? Parce qu’on prétend maintenant que tout le monde peut être sauvé'', s’est exclamé Son Excellence. ''Le pape François a osé dire que la pluralité des religions relève de la sagesse de Dieu. Autrement dit, Dieu voulait plusieurs religions, d’autres religions. Cela détruit la foi.''

 

 

Tout en reconnaissant que "nul ne peut juger le Saint-Siège" lors de son sermon de 38 minutes, Fellay a soutenu que le 'salut des âmes' exigeait simplement que la Fraternité procède aux consécrations.

 

Le père John McFarland, de l'église Notre-Dame-des-Douleurs de Phoenix, en Arizona, a tenu des propos similaires à ceux de Fellay. Dans son homélie, disponible sur YouTube, il affirme que Léon XIV défend les enseignements du pape François, ce qui est profondément problématique.

 

Fellay a avancé d'autres arguments pour défendre les consécrations possibles, prévues pour le 1er juillet. Son Excellence a parlé d'une désorientation diabolique au sein de l'Église.

 

Le jeudi 12 février, le Père Davide Pagliarani, supérieur général de la FSSPX, doit rencontrer à Rome le cardinal Tucho Fernandez, préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi. Selon certains médias, Mgr Fellay et Mgr Alfonse de Galarreta, également de la FSSPX, seront présents à cette rencontre, information que LifeSite n'a pas confirmée.

 

Cf. https://www.lifesitenews.com/news/sspx-bishop-fellay-defends-consecration-plans-says-churchs-missionary-spirit-has-been-killed/

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10-02-2026

 

Humour

 

LE DIALOGUE FERNÁNDEZ-PAGLIARANI COMMENCE

 

Fernandez : Allez-vous ordonner des évêques ?

 

Pagliarani : "J’ai la certitude morale que c’est l’offrande que Dieu lui-même demande au milieu de la complexité concrète des limites, même si ce n’est pas encore l’idéal." (Amoris Laetitia, VIII)

 

Fernandez : Mais cela ne viole-t-il pas le droit canonique ?

 

Pagliarani : "Il est mesquin de s'arrêter à la seule question de savoir si les actions d'une personne correspondent ou non à une loi ou à une norme générale, car cela ne suffit pas pour discerner et assurer la pleine fidélité à Dieu dans l'existence concrète d'un être humain." (Amoris Laetitia)

 

Fernandez : Mais ce serait un cas de désobéissance.

 

Pagliarani : "Ce qui relève d’un discernement pratique face à une situation particulière ne saurait être érigé en norme. Cela engendrerait non seulement une casuistique insupportable, mais mettrait également en péril les valeurs qu’il convient de préserver avec une attention toute particulière." (Amoris Laetitia)

 

Fernandez : N'avez-vous pas peur de pécher ?

 

Pagliarani : "En raison de circonstances atténuantes, il est possible que, au milieu d'une situation objective de péché — qui peut ne pas être subjectivement coupable ou ne pas l'être pleinement — on puisse vivre dans la grâce de Dieu, aimer et progresser dans la vie de grâce et de charité, en recevant pour cela l'aide de l'Église." (Amoris Laetitia)

 

Fernandez : Prétendez-vous faire le bien en dehors du cadre juridique de l'Église ?

 

Pagliarani : "La vie de l’Église s’écoule par de nombreux canaux autres que les canaux normatifs." (Fiducia supplicans)

 

Fernandez : Enfin, n'avez-vous pas peur de vous séparer de la véritable Église ?

 

Pagliarani : "S’ils se mettent à argumenter – “ma religion est plus importante que la tienne”, “la mienne est la vraie, la tienne ne l’est pas” – où tout cela nous mène-t-il ? Où ? Que quelqu’un réponde : où ? [Quelqu’un répond : 'À la destruction.'] Et c’est bien le cas. Toutes les religions sont un chemin vers Dieu. Je fais une comparaison : elles sont comme différentes langues, différentes expressions, pour y parvenir. Car Dieu est Dieu pour tous. Et puisque Dieu est Dieu pour tous, nous sommes tous enfants de Dieu. 'Mais mon Dieu est plus important que le tien !' Est-ce vrai ? Il n’y a qu’un seul Dieu, et nos religions sont des langues, des chemins pour atteindre Dieu. L’un est sikh, l’autre musulman, hindou, chrétien ; ce sont des chemins différents. Compris ?" (François à Singapour, septembre 2024)

 

Fernandez : Bon, ça suffit pour aujourd’hui. Embrasse-moi.

 

Pagliarani : Non, merci.

 

CfHenry von Blumenthal

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L'erreur commise par la FSSPX que Rome peut exiger qu'elle corrige

 

InfoVaticana

 

par Miguel Escrivá | 10 février 2026

 

Si Rome souhaite que le dialogue avec la Fraternité Saint-Pie-X soit plus qu'une simple mise en scène, un point concret, clairement défini et pleinement contraignant doit être abordé publiquement. Il ne s'agit pas tant de la reconnaissance de la crise ecclésiale, désormais de facto admise même par les autorités romaines, ni du débat interminable sur l'interprétation du Concile Vatican II, dont la dimension pastorale et la réception controversée ne constituent plus un tabou institutionnel. Ce que Rome doit légitimement exiger de la FSSPX, c'est la correction d'une grave erreur pastorale : empêcher de fait les fidèles de remplir leur obligation dominicale en assistant à une messe valide promulguée par l'Église, et ce, au nom de la défense de la tradition.

 

Dans la pratique courante de la FSSPX, une idée claire se dégage de ses conséquences, même si elles sont parfois formulées implicitement : lorsque les fidèles ont accès à la messe traditionnelle en latin, la participation à la messe selon le rite romain (Novus Ordo) ne remplit pas l’obligation dominicale ; et lorsqu’ils n’y ont pas accès, ils sont dispensés d’y assister. Il ne s’agit pas d’une préférence liturgique ni d’une exhortation ascétique. C’est un jugement moral qui place les fidèles dans une situation objective de péché grave pour avoir obéi à l’autorité de l’Église.

 

C’est là le nœud du problème. L’obligation dominicale est impérative sous peine de péché mortel. Affirmer, explicitement ou implicitement, qu’une messe valide, célébrée selon un rite promulgué par le Pontife romain, ne suffit pas à remplir cette obligation, revient à ébranler la certitude morale des fidèles. Dès lors, l’obéissance à l’Église cesse d’être une garantie suffisante pour demeurer en état de grâce. Les fidèles sont alors contraints de soumettre le droit canonique à un jugement antérieur extérieur à la hiérarchie, et l’autorité pastorale perd sa capacité objective d’imposer.

 

Mais les dégâts ne s'arrêtent pas là. Cette position affaiblit en fin de compte la doctrine catholique sur l'efficacité objective de la grâce sacramentelle. La tradition de l'Église a toujours été claire : la messe agit ex opere operat . Son efficacité ne dépend ni du contexte, ni du climat spirituel, ni de la justesse subjective des participants. La grâce n'est pas fragile. Ce qui est fragile, c'est l'humanité, et c'est pourquoi nous avons besoin des sacrements. Introduire l'idée que le contexte puisse neutraliser la grâce à ce point revient à inverser la logique traditionnelle : le sacrement cesse d'être un remède et devient un danger.

 

Cette approche trouve son origine dans un contexte historique compréhensible. Dans les années 1970 et 1980, alors que le paysage liturgique était objectivement bouleversé et que la messe traditionnelle en latin semblait menacée, une approche pastorale de retrait a pu se développer instinctivement, marquée par une crainte légitime de sa disparition. Mais ce contexte n'est plus d'actualité. Aujourd'hui, une réalité ecclésiale est incontestable : le biritualisme. Des centaines de milliers de fidèles ont découvert la messe traditionnelle en latin à travers le Novus Ordo. Non pas contre lui, mais grâce à lui. Ils sont venus à la tradition non par rupture, et ils vivent naturellement dans les deux rites.

 

[…] Par conséquent, l’erreur la plus grave n’est pas d’ordre doctrinal abstrait, mais d’ordre pastoral concret : empêcher explicitement les fidèles d’assister à une messe valide pour accomplir un commandement grave de l’Église. C’est ce point que Rome doit exiger. Il ne s’agit pas d’une concession idéologique, mais d’une exigence minimale de cohérence théologique. Tant que persistera l’idée que l’obéissance à l’Église ne suffirait pas à éviter le péché mortel, le problème ne sera ni disciplinaire ni canonique, mais bien théologique.

 

Dans ce contexte, la rencontre entre le cardinal Víctor Manuel Fernández et le supérieur général Davide Pagliarini révèle un point de convergence évident. Rome peut et doit demander à la Fraternité de revenir sur cette position pastorale spécifique. Cet engagement acquis, la question se pose différemment. L’acceptation des évêques ne constituerait alors pas une concession doctrinale, mais une mesure prudente de continuité sacramentelle, notamment dans le contexte d’urgence objective créé par Traditionis Custodes. Cette situation exceptionnelle existe, et la nier serait faire preuve de naïveté.

 

Mais rien de tout cela ne saurait se justifier tant que persiste une approche pastorale qui, au nom de la protection des fidèles, les empêche d'accéder à la grâce. La tradition n'a pas besoin de cette crainte. Elle n'en a probablement jamais eu besoin. Mais aujourd'hui, elle en a plus que jamais besoin. (Fin de citation)

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Comment Rome devrait-elle réagir aux consécrations épiscopales prévues par la FSSPX ? Le liturgiste de renommée internationale Dom Alcuin Reid propose une approche calme et pragmatique à suivre. Son ouvrage principal, ''Le développement organique de la liturgie'' (Ignatius, 2005), avait été préfacé par le cardinal Joseph Ratzinger.

 

''On hésite à ajouter sa voix au flot de commentaires qui a suivi l'annonce, somme toute prévisible, de la consécration de nouveaux évêques par la Fraternité Saint-Pie-X (FSSPX) le 1er juillet. Trop de propos tenus n'ont fait que raviver de vieux préjugés et exacerber les divisions. 'On y est encore', entend-on bien trop souvent. On imagine aisément les soupirs similaires dans les couloirs et les bureaux des dicastères concernés du Saint-Siège : 'Tiens, encore des excommunications', etc.

 

Une telle approche fataliste est indigne et inacceptable. Comme l'écrivait un pape érudit en 2007 : ''En se penchant sur le passé, sur les divisions qui, au cours des siècles, ont déchiré le Corps du Christ, on a constamment l'impression qu'aux moments critiques où ces divisions se manifestaient, les responsables de l'Église n'ont pas fait assez pour maintenir ou retrouver la réconciliation et l'unité. On a l'impression que les omissions de l'Église ont porté une part de responsabilité dans le durcissement de ces divisions. Ce regard porté sur le passé nous impose aujourd'hui une obligation : celle de tout mettre en œuvre pour permettre à tous ceux qui désirent véritablement l'unité de demeurer dans cette unité ou de la retrouver.''

 

Nous vivons assurément un moment historique. Le 1er juillet 2026 pourrait être un moment amer où les divisions s'aggraveraient pour des décennies – une répétition désastreuse du fiasco de 1988 – ou bien l'occasion de se réjouir d'une réconciliation historique renforçant l'unité et la communion des fidèles catholiques du monde entier, consolidant la crédibilité du témoignage de l'Église et amplifiant son impact missionnaire.

 

Ce que beaucoup ignorent, c'est le réel besoin pastoral de la FSSPX en nouveaux évêques, plus jeunes. Avec plus de 730 prêtres, plus de 260 séminaristes, diverses communautés religieuses et près de 800 églises ou chapelles à travers le monde, ainsi qu'un grand nombre de fidèles, qui a considérablement augmenté pendant la période de suspension du ministère par de nombreuses paroisses traditionnelles en raison de la Covid-19, et encore davantage après la mise en œuvre pastoralement désastreuse du motu proprio Traditiones Custodes de 2021, la Fraternité a besoin de plus d'évêques pour les confirmations, les ordinations, les professions et autres fonctions pontificales. Ses deux évêques actuels ne sont plus assez jeunes ni assez nombreux pour répondre à ces besoins pastoraux croissants et aux déplacements constants qu'ils impliquent.

 

Nous aurions tort de considérer les consécrations épiscopales annoncées comme une manœuvre politique ou une tentative d'embellir les liturgies de la Fraternité Saint-Pie-X. La Fraternité Saint-Pie-X est convaincue, à juste titre, de leur nécessité pour la vie sacramentelle des fidèles catholiques qui s'adressent à elle. Ses évêques œuvrent avec un dévouement exceptionnel et sont de véritables missionnaires, animés par le salut des âmes, et non par leur propre confort ou leur intérêt personnel.

 

Il s'agit là d'une profonde question de conscience pour eux, et il est difficile, à vrai dire, de les contredire lorsque des évêques, voire des papes et des cardinaux, font parfois tout leur possible pour fermer des apostolats utilisant les rites liturgiques traditionnels pour la messe et les sacrements, et lorsque des séminaires et des maisons religieuses se vident et ferment les uns après les autres. Les exigences d'obéissance aveugle, telles que celles qui sont adressées à la Compagnie de Jésus depuis les années 1970, sont tout simplement inacceptables : le revirement du pape François concernant les mesures généreuses prises par le pape Benoît XVI a accru leurs craintes et confirmé leur méfiance envers l'autorité.

 

De même, la perspective d'une rencontre fructueuse entre le Supérieur général de la FSSPX et l'actuel Préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi – célèbre pour avoir participé à la rédaction d'Amoris Laetitia, pour la déclaration controversée autorisant les bénédictions spontanées pour les couples de même sexe (Fiducia Supplicans. Ndlr.) et pour le récent document, totalement inutile et contre-productif, sur le rôle de la Vierge Marie dans notre Rédemption – est difficile à croire. Si, comme l'a suggéré le porte-parole du Vatican, "cette rencontre [doit] être l'occasion d'un dialogue informel et personnel, susceptible d'aider à identifier des instruments de dialogue efficaces pouvant mener à des résultats positifs", il nous faudra un véritable miracle.

 

Mais nous croyons aux miracles. Et nous avons un nouveau pape, qui a souvent et clairement parlé de l'importance et de la nécessité de l'unité dans l'Église. Il n'a pas insisté sur l'"uniformité" (les mensonges à ce sujet, propagés par certains responsables de la Curie concernant la liturgie, ont été suffisamment dénoncés), mais sur cette unité qui est le fruit de la profession commune de la foi une, sainte, catholique et apostolique, et qui se vit dans la communion hiérarchique avec et sous l'autorité de Pierre et de ses successeurs.

 

C’est donc un moment crucial pour le Saint-Père. Car lui seul peut faire pleinement valoir son autorité pour des mesures qui renforcent l’unité de l’Église à l’égard de la FSSPX en ce moment critique de l’histoire – comme l’a fait le pape saint Jean-Paul II en 1988, comme l’a fait Benoît XVI tout au long de son pontificat, et comme l’a fait le pape François en leur accordant les facultés de confesser et de célébrer des mariages.

 

Le Saint-Père devra sans doute faire preuve d'innovation, car certains membres de sa Curie, par leur rigidité et leur étroitesse d'esprit, s'opposeront systématiquement à toute réconciliation. Le Pape pourrait certainement trouver un cardinal ou un évêque compétent et le charger d'œuvrer avec zèle à la régularisation canonique de la Fraternité. De tels hommes existent. Ce qu'il faut, c'est la volonté de mettre l'autorité au service de cette unité si ardemment désirée.

 

Certes, cela impliquerait que la Fraternité fasse confiance au Pape, et elle a, hélas, des raisons d'hésiter à cet égard. Sa Sainteté lui-même devrait agir pour panser cette plaie, par la parole et par les actes.

 

De même, ceux qui ne voient aucune place pour la FSSPX dans une ''Église synodale'' devraient finalement admettre que la ''synodalité'' n'est pas une caractéristique de l'Église du Christ et qu'elle ne relève pas de la nature de la foi catholique. Ils devraient également reconnaître que continuer d'exclure ces catholiques serait en réalité le rejet ultime de leur propre prétention à l'''inclusivité''. Les catholiques conservateurs ou dits ''traditionnels'' devraient eux aussi mettre de côté leur mépris pour les actes de désobéissance matérielle passés de la Fraternité et accueillir à nouveau les frères prodigues avec une charité et une joie véritablement évangéliques.

 

C’est une demande exigeante, mais nous croyons aux miracles, et le Saint-Père a le pouvoir de déplacer des montagnes de canons s’il le juge opportun. Notre tâche – surtout à l’approche du Carême – est de prier, de jeûner et d’œuvrer de toutes les manières possibles pour contribuer à l’édification de l’unité de l’Église en ce moment crucial de son histoire. Il est temps de célébrer la messe votive pro Ecclesia unitate et de faire offrir des messes pour cette intention. Par-dessus tout, nous devons prier et offrir des sacrifices au Saint-Père.

 

Le 1er juillet 2026 se lèvera, porteur de joie ou de tristesse ; l’Église se réjouira-t-elle de son unité renforcée avec les nouveaux évêques, peut-être même avec la participation d’un consécrateur délégué par le Pape, ou bien sera-t-elle davantage blessée par des divisions plus profondes. Iam hora est – c’est le moment d’agir.

 

Cf. Dom Alcuin Reid, Iam hora est : sur l'annonce par la FSSPX des consécrations épiscopales, The Catholic Herald, 09-02-2026

12 février 2026

 

Le Vatican exhorte la FSSPX à suspendre les ordinations épiscopales et propose un dialogue.

 

Le Saint-Siège a averti la Fraternité Saint-Pie-X (FSSPX), traditionaliste, que procéder à des ordinations épiscopales sans mandat papal "constituerait une rupture décisive de la communion ecclésiale (schisme)".

 

L’avertissement a été annoncé aujourd’hui dans un communiqué publié par le Dicastère pour la Doctrine de la Foi (DDF) à la suite d’une réunion privée dans les bureaux du dicastère entre le Supérieur général de la FSSPX, le Père Davide Pagliarani, et le Préfet du DDF, le Cardinal Victor Manuel Fernández.

 

Lors de cette réunion à huis clos, le cardinal Fernández a proposé un dialogue théologique structuré afin de clarifier les questions non résolues, notamment les différents niveaux d'adhésion aux textes du concile Vatican II.

 

"L’objectif de ce dialogue est de mettre en lumière, dans les sujets abordés, les conditions minimales pour la pleine communion avec l’Église catholique et, par conséquent, de définir un statut canonique pour la Fraternité, ainsi que d’autres aspects nécessitant un examen plus approfondi", indique le communiqué.

 

Le dicastère a toutefois souligné que de telles discussions ne pourront avoir lieu que si la FSSPX suspend ses consécrations épiscopales prévues, programmées pour le 1er juillet 2026.

 

La réunion a également abordé les points soulevés par la FSSPX dans des correspondances précédentes, notamment des questions sur la "volonté divine concernant le pluralisme des religions" — une référence au controversé "Document d’Abou Dhabi" de 2019 signé aux Émirats arabes unis par le pape François et le grand imam d’Al-Azhar, Ahmad Al-Tayyeb.

 

Le père Pagliarani devrait présenter la proposition du Vatican à son conseil et communiquer la réponse de la Fraternité au Dicastère pour la Doctrine de la Foi.

 

En cas de réponse positive, les étapes, les phases et les procédures à suivre seront établies d'un commun accord.

 

L’Église est invitée à accompagner ce processus, particulièrement dans les temps à venir, par la prière au Saint-Esprit, qui est le principal artisan de la véritable communion ecclésiale voulue par le Christ.

 

Cf. Diane Montagna

 

Trois jours avant la rencontre de ce jeudi au Saint-Office, le préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi était reçu en audience privée lundi matin 9 février par le Pape Léon XIV au Palais apostolique.


Cf. https://www.vaticannews.va/fr/vatican/news/2026-02/vatican-doctrine-de-la-foi-saint-pie-x-cardinal-fernandez-abbe.html

 

 

Selon Niwa Limbu :

 

''[...] le cardinal Fernandez avait bien 'rejeté la demande' d’évêques.

 

Il semblerait que cela provienne du cardinal Fernandez plutôt que du pape lui-même, car rien ne m'a été indiqué concernant les choix de Sa Sainteté.''

 

Cf. https://x.com/NiwaLimbu1988/status/2021996365182550521?s=20

 

"Les évêques de la Fraternité ne revendiquent pas l’exercice de la juridiction sur une Église particulière ; autrement dit, ils ne s’attribuent pas de diocèse et n’entendent pas constituer une province ecclésiastique ni une structure territoriale autonome. Ils reconnaissent ainsi ne pas avoir de mission canonique. Ils ne se présentent pas comme Ordinaires. Leur action s’inscrit dans la structure interne de la Compagnie, dont le Supérieur général est, de surcroît, un simple prêtre ; il n’est ni Ordinaire diocésain ni chef d’une Église particulière. Il n’y a donc ni dans l’intention déclarée ni dans la configuration juridique actuelle aucune prétention à constituer une hiérarchie de juridiction ''parallèle'' à celle de l’Église universelle. Cet élément distingue radicalement la situation de la Compagnie de celle, par exemple, des évêques de l’Association patriotique chinoise condamnés par Pie XII, qui furent intégrés à une structure ecclésiale alternative promue par l’État et orientée vers la réalisation d’une Église indépendante de Rome. Dans ce cas, l'ordination sans mandat pontifical servait à la création d'une hiérarchie autonome et séparée ; dans le cas de la Fraternité, en revanche, la primauté du Pontife romain est expressément reconnue et aucun pouvoir de juridiction propre, en acte, opposé à celui qui émane de lui n'est revendiqué.

 

[…] Cependant, bien que l’acte d’ordination épiscopale soit objectivement illégitime (can. 1013) et entraîne l’excommunication latae sententiae pour l’évêque consacrant et pour le consacré (can. 1387), la même loi prévoit des circonstances atténuantes. Elle stipule en effet que « l’auteur de la violation n’est pas exempté de la peine établie par la loi ou le précepte, mais la peine doit être atténuée ou remplacée par une pénitence si l’offense a été commise […] par une personne contrainte par une crainte grave, même relative, ou qui a agi par nécessité ou par grave contrainte », pourvu que « l’offense commise soit intrinsèquement mauvaise ou nuisible aux âmes » (can. 1324). Si, toutefois, une telle offense n’est pas intrinsèquement mauvaise ou nuisible, la peine est même nulle (can. 1323).

 

Il reste donc à déterminer si les ordinations épiscopales de la Compagnie sont motivées par une crainte grave, un état de nécessité ou un grave inconvénient. Attention : ces trois conditions possibles ne rendent pas un acte licite intrinsèquement contraire à la constitution hiérarchique de l’Église ; tout au plus elles peuvent affecter l’imputabilité et, par conséquent, la peine. De plus, la nécessité doit être objective, grave, proportionnée et ne peut concerner un bien susceptible d’être défendu par des moyens licites.

 

Or de fait, l’état de nécessité constitue la crise même de l’Église, reconnue comme telle ces dernières décennies par les hiérarchies ecclésiastiques elles-mêmes : il est inutile, à cet égard, de rappeler toutes les interventions du pape Benoît XVI sur la question, ni celles des nombreux prélats et théologiens qui se sont exprimés sur ce thème : Alfredo Ottaviani, Antonio Bacci, Giacomo Biffi, Carlo Caffarra, Alfons Maria Stickler, Raymond Leo Burke, Gerhard Müller, Robert Sarah, Athanasius Schneider, Joseph Edward Strickland, Marian Eleganti, Nicola Bux, etc. La liste est longue.

Il convient de noter que, à cet égard, les interventions publiques des papes ont plus de poids que celles des théologiens et des évêques agissant à titre privé. Citons-en quelques-unes.

Paul VI : Discours du 7 décembre 1968 ; Homélie du 29 juin 1972. Jean-Paul II : Discours du 11 janvier 1997 ; Discours du 21 septembre 1993 ; Encyclique Redemptoris Missio (7 décembre 1990). Cette dernière affirme notamment : « En ce nouveau printemps du christianisme, une tendance négative indéniable se dessine. L’activité missionnaire spécifiquement adressée aux nations semble s’essouffler. Des difficultés tant internes qu’externes ont affaibli l’élan missionnaire de l’Église auprès des non-chrétiens, un fait qui ne peut qu’inquiéter tous ceux qui croient en Christ. Car dans l’histoire de l’Église, le dynamisme missionnaire a toujours été un signe de vitalité, tout comme son déclin est un signe de crise de foi. »

Il convient de noter que cette liste de discours et de documents similaires n'est pas exhaustive, faute de place.

Or, cet état de nécessité réside dans la grave difficulté, voire l'impossibilité dans certains cas, de fournir aux fidèles une doctrine juste et des sacrements dignes et efficaces. Si l'on refuse d'admettre cet état de nécessité, il est difficile de ne pas reconnaître au moins la grave difficulté qu'il présente.

De plus, un tel état de nécessité objectif et grave ne concerne pas un bien défendable par des moyens licites, c’est-à-dire par l’utilisation des autres instruments prévus par la loi pour régler les différends visant à sauvegarder la foi, les mœurs et la discipline (appels aux congrégations, listes de dubia, avertissements, etc.), tout simplement parce que, durant toutes ces années, ils se sont toujours révélés infructueux. Les néo-modernistes au pouvoir ont toujours évité la confrontation directe.

À cet état de nécessité s'ajoute la vive crainte de nombreux prêtres et fidèles à travers le monde qui voient la survie de la liturgie traditionnelle menacée, notamment après le dernier consistoire extraordinaire où Arthur Roche et ses associés ont défendu le motu proprio Traditionis custodes, un texte autoritaire , et ont même implicitement encouragé une nouvelle répression des rites les plus anciens. Si la Fraternité disparaît, il est plausible de croire que Rome, entre les mains des Fernández, Viola, Roche, etc., s'emploiera à interdire totalement l'ancien missel, ou à le reléguer au rang de propriété exclusive d'instituts marginaux réduits à des réserves indiennes pratiquant la messe traditionnelle en latin, plutôt que de le considérer comme patrimoine liturgique commun et ordinaire de tous les baptisés, causant ainsi des blessures, des scandales et des conséquences encore plus graves que celles que nous avons connues jusqu'à présent. Il est inutile de rappeler, par exemple, le sort réservé à des ordres religieux tels que les Franciscains de l'Immaculée.

 

La position canonique des fidèles laïcs

Il reste à déterminer si cette peine, même atténuée, implique la gravité du péché, et si les fidèles peuvent paisiblement assister aux offices ou recevoir les sacrements administrés par les diacres, les prêtres et les évêques de la Fraternité. En l'état actuel des choses, aucun problème particulier ne semble se poser. L'Église, dans sa pratique récente, n'a jamais excommunié les fidèles qui fréquentent les chapelles de la Fraternité. De plus, selon le droit canonique, la simple réception des sacrements d'un ministre ordonné illégalement ne constitue pas en soi une adhésion formelle au schisme. Pour qu'un fidèle soit excommunié, un acte formel d'adhésion à un schisme déclaré serait requis : tel n'est pas le cas de la FSSPX, qui reconnaît l'autorité du pape Léon XIV.

 

En définitive, il semble que si le Vatican refusait les cinq ordinations à venir, nous serions confrontés à un acte illégitime qui, à proprement parler, ne devrait entraîner aucune sanction , car motivé par une crainte grave et par un état de nécessité objectif. Autrement dit, ce sont les néo-modernistes du Vatican qui contraignent la FSSPX à agir ainsi, malgré les problèmes théologico-canoniques que cela soulève.

De l'impunité à la légitimité

Nous nous demandons maintenant s'il est possible d'aller plus loin et, par conséquent, de reconnaître également la légitimité des ordinations de la FSSPX, et ce, en nous appuyant sur des arguments solides, d'abord théologico-canoniques, puis historiques. Jusqu'à présent, le débat s'est certes limité à la question de l'imputabilité et de la sanction. Cependant, une autre voie est envisageable.

[...] Comme nous l'avons dit, nous ne sommes pas confrontés à un état de nécessité subjectif, mais à un état de nécessité objectif, reconnu comme tel par l'Église enseignante et dirigeante elle-même, c'est-à-dire par les papes et les évêques, qui ont ouvertement évoqué une crise profonde de la foi, de la liturgie et de la transmission doctrinale. À cela s'ajoutent les positions convergentes des cardinaux et des évêques qui ont diagnostiqué une situation ecclésiale gravement compromise.

 

 

Si l’état de nécessité est publiquement reconnu par la hiérarchie enseignante et dirigeante, le principe suprême de l’ordre canonique dont découle toute codification et discipline, à savoir le salut des âmes, ne peut être subordonné à la simple préservation formelle de la structure juridique, et encore moins à la préservation du pouvoir personnel, sous peine de s’exposer à l’abus mentionné au début de ces articles.

Puisque le droit canonique est ordonné au salut des âmes, il ne peut imposer de manière à empêcher ce qui est nécessaire à la préservation de la foi et des sacrements. Il y aurait contradiction. Il s'ensuit que, face à un état de nécessité objectif reconnu par l'autorité même qui le crée, la loi divine qui fonde la structure hiérarchique de l'Église dispenserait de l'observance de la norme positive relative au mandat pontifical, légitimant ainsi l'acte accompli pour la sauvegarde de la foi, même lorsque l'autorité qui devrait conférer la mission canonique participe à la cause immédiate de la crise et en a connaissance.

Il y a là, de toute évidence, une tension logique : si l’autorité reconnaît formellement la crise, pourquoi n’intervient-elle pas ? La réponse est évidemment complexe et ne fera pas l’objet de la présente étude : contentons-nous de relever cette tension comme un fait établi.

De plus, l’objectivité de l’état de nécessité ne repose pas uniquement sur le jugement de l’Église doctrinale post-conciliaire, mais aussi sur celui du Magistère traditionnel, c’est-à-dire sur les déclarations infaillibles des papes et des conciles à travers les siècles. Le premier, en effet, se limite à observer l’effet ou le symptôme sans en diagnostiquer la cause ; le second, au contraire, en présentant une doctrine salutaire, indique indirectement la cause du mal, à savoir la crise actuelle. Quiconque compare ces deux jugements peut parvenir à une conception unifiée du diagnostic.

 

Précédents historiques : Wojtyła et Slipyj

Pour étayer ce qui a été dit, il peut être utile de rappeler un précédent historique significatif, tout en précisant un point méthodologique essentiel. L'histoire, en tant que telle, ne fonde ni ne réfute un principe universel ; elle peut toutefois apporter des confirmations empiriques de sa cohérence et en démontrer les conséquences dans des applications concrètes. Faire du fait historique un critère normatif reviendrait à glisser vers l'historicisme.

Cela dit, le comportement de Karol Wojtyła (futur pape Jean-Paul II) lorsqu'il était encore archevêque de Cracovie est révélateur. Dès 1965 au moins, avec son auxiliaire Juliusz Groblicki, il procéda à des ordinations sacerdotales clandestines en faveur de l'Église persécutée en Tchécoslovaquie, malgré l'interdiction faite par le Saint-Siège aux évêques clandestins de ce pays de procéder à de telles ordinations. Wojtyła n'en informa pas Rome au préalable. Il n'interpréta pas ces actes comme une contestation de l'autorité, mais comme un devoir envers les fidèles privés des sacrements. Il ne porta pas la question devant les autorités car il estimait que, dans ce cas précis, le jugement prudentiel de Rome était erroné et qu'une contestation formelle n'aurait fait qu'aggraver la situation.

Rappelons que, depuis le 9 avril 1951, par un décret général de la Suprême Congrégation du Saint-Office, la peine pour l’ordination sans mandat a été changée de la suspension à l’excommunication de plein droit, d’une manière très spéciale réservée au Siège apostolique, tant pour celui qui confère que pour celui qui reçoit la consécration (cf. Bruno F. Pighin, "Le ordinazioni episcopali senza mandato pontificio e le loro conseguenze canoniche", Ius Ecclesiae XXIV, 2012, pp. 401-420).

L’interdiction du Vatican découlait, de surcroît, d’une méfiance envers le discernement exercé par des figures telles que le cardinal Stefan Wyszyński ou le cardinal Josyf Slipyj, c’est-à-dire des pasteurs qui connaissaient directement la situation des Églises persécutées. On observe ici clairement la tension entre norme positive universelle et jugement prudentiel face à un état de nécessité.

Plus significatif encore est le cas du cardinal Josyf Slipyj (1892-1984), chef de l'Église gréco-catholique ukrainienne, dont la cause de béatification a récemment été ouverte. En 1976, il consacra trois évêques sans mandat pontifical afin d'assurer la survie de son Église clandestine sous le régime soviétique. Formellement, cet acte était contraire à la discipline en vigueur. Cependant, Paul VI, informé des faits, ne le sanctionna pas. Cette omission n'était pas une simple tolérance, mais la reconnaissance implicite du caractère exceptionnel de la situation et de la finalité salvifique de cet acte. L'un des évêques consacrés, Lubomyr Husar, fut par la suite créé cardinal par Jean-Paul II.

L’affaire Lefebvre à la lumière des précédents

Ces précédents ne constituent pas une preuve automatique de la légitimité de toute consécration sans mandat pontifical. Ils montrent cependant que, dans des circonstances de nécessité grave et objective, l'Église a concrètement reconnu que le non-respect matériel d'une norme disciplinaire peut ne pas constituer une rébellion contre l'autorité, mais une obéissance au principe fondateur de toute codification canonique, et donc, en définitive, légitime.

À la lumière de tels cas, les consécrations épiscopales de Mgr Lefebvre en 1988 ne sauraient être qualifiées de "schismatiques", d'une part parce qu'elles ne revendiquent aucune mission canonique et ne créent donc pas de hiérarchie parallèle de juridiction, et d'autre part parce qu'aucune hérésie n'y est professée. Saint Thomas d'Aquin explique pertinemment qu'il n'y a jamais de schisme sans hérésie qui le provoque, et que cette dernière est toujours plus grave que le premier, contrairement à une idée répandue aujourd'hui, même dans les milieux conservateurs. Cependant, d'un point de vue disciplinaire, schisme et hérésie sont à juste titre considérés comme deux fautes distinctes.

La question n’est pas de savoir s’il y a eu désobéissance matérielle, mais si cette désobéissance était contraire à la constitution divine de l’Église ou visait à sa préservation dans un contexte perçu comme extraordinaire. Si cette seconde interprétation est retenue, alors les ordinations épiscopales de Mgr Lefebvre en 1988 et celles qui auront lieu en 2026, possiblement sans mission canonique du pape Léon XIV (mais nous espérons qu’un accord approprié pourra être trouvé), seront considérées comme légitimes.

 

Cf. https://remnantnewspaper.com/web/index.php/articles/item/8099-sspx-bishop-ordinations-and-the-crisis-of-authority-what-rome-s-response-will-reveal

La FSSPX interroge la manière dont Rome traite ses consécrations épiscopales au vu de la situation en Chine.

 

La Fraternité Saint-Pie X (FSSPX) a ouvertement posé une question au Saint-Siège : si Rome a maintenu un accord avec la Chine concernant les nominations épiscopales, pourquoi considère-t-elle inacceptables les consécrations que la Fraternité prévoit d'effectuer le 1er juillet sans mandat papal ?

 

La question n'est pas rhétorique, elle est juridique et morale. Si le régime communiste peut imposer des évêques sans mandat papal et être considéré comme un interlocuteur légitime, selon quelle logique peut-on appliquer un critère plus strict à une fraternité qui ne renie pas les dogmes, ne prêche pas le sédévacantisme et ne répond pas à un comité central marxiste, mais plutôt à une conception – certes discutable – de la nécessité objective des sacrements ?

 

Lire : Comment empêcher la FSSPX de faire ce qui est permis au Parti communiste chinois : la doctrine de la tolérance sélective

 

Selon FSSPX News, de nombreux fidèles s'interrogent sur la manière dont un critère aussi sévère peut être appliqué à la Fraternité alors que, dans le cas chinois, le Saint-Siège a opté pour le dialogue et la négociation malgré l'intervention directe de l'État dans la vie de l'Église.

 

Le contexte de l'accord avec Pékin

Depuis 2018, le Vatican a maintenu un accord provisoire avec le gouvernement chinois sur la nomination des évêques, renouvelé par la suite jusqu'en 2028. Bien que les détails de ce pacte n'aient pas été intégralement rendus publics, il est considéré comme permettant une participation significative des autorités chinoises au processus.

 

La Fraternité sacerdotale Saint Pie X rappelle que le Parti communiste chinois, officiellement athée, exerce un contrôle strict sur les pratiques religieuses dans le pays. Malgré cela, Rome a plaidé pour le dialogue, insistant sur la nécessité d'éviter une rupture totale et de préserver autant que possible la vie catholique dans un contexte complexe.

 

La justification de la fraternité

 

S’appuyant sur ce précédent, la FSSPX affirme que son intention n’est pas d’établir une hiérarchie parallèle ni de contester l’autorité du Pape, mais d’assurer la continuité sacramentelle et la formation des prêtres conformément à la tradition doctrinale et liturgique qu’elle considère essentielle.

 

À cet égard, elle présente les consécrations prévues comme une mesure exceptionnelle en réponse à ce qu'il décrit comme une crise profonde au sein de l'Église. Selon elle, le principe suprême du droit canonique – le salut des âmes – devrait également guider l'appréciation de leur situation particulière.

 

Un débat fondamental

Au-delà de la dimension disciplinaire, la Fraternité inscrit la question dans un débat plus large sur l'interprétation de la situation ecclésiale actuelle. Selon son approche, si la gravité de la crise est reconnue, certaines mesures exceptionnelles pourraient être jugées proportionnées ; si, au contraire, la crise est minimisée, de telles mesures sont inacceptables.

 

Lire aussi : La FSSPX explique sa rencontre avec Rome et défend la nécessité de nouvelles consécrations épiscopales

 

De son côté, le Saint-Siège a réaffirmé que l'ordination d'évêques sans mandat papal constituerait une grave rupture de la communion ecclésiale

 

Cf. https://infovaticana.com/2026/02/14/la-fsspx-cuestiona-el-trato-de-roma-ante-sus-consagraciones-episcopales-frente-al-caso-de-china/

Léon XIV étend le pouvoir de sœur Simona Brambilla en la nommant au Dicastère pour les évêques, instance chargée d'étudier et de proposer les nominations épiscopales au sein de l'Église latine. Sœur Brambilla occupait depuis un an la préfecture du Dicastère pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique, une organisation au sein de laquelle elle a auparavant exercé les fonctions de secrétaire. Son nom a été associé à des approches théologiques féministes, notamment à des expressions comme ''Dieu est une femme'', qui proposent une lecture problématique du langage révélé ; la tradition théologique ayant toujours enseigné que Dieu se révèle comme Père, il ne s’agit pas d’une catégorie interchangeable dépendant des sensibilités culturelles, mais d’un fait établi transmis dans l’Apocalypse. Le bulletin du Saint-Siège précise également que le Pape a reconduit les cardinaux et prélats suivants dans leurs fonctions de membres du Dicastère pour les évêques :

 

Cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État. [qui négocia l'accord secret entre le Vatican et le PCC en 2018. Cf. https://x.com/alexsalvinews/status/1924626537170587824?s=20 

Le Cardinal Pietro Parolin participa à Davos et au Bildelberg et fut promu par le WEF. "Quelques jours avant le Conclave (de mai 2025), Giuliano Di Bernardo, franc-maçon influent et ancien Grand Maître du Grand Orient d'Italie, lui apporta un soutien.]

Cardinal Kurt Koch, préfet du dicastère pour le service de l'unité des chrétiens.

Cardinal João Braz de Aviz, préfet émérite du dicastère pour les instituts de vie consacrée.

Cardinal Sérgio da Rocha, archevêque métropolitain de São Salvador da Bahia (Brésil).

Cardinal Blase Joseph Cupich, archevêque métropolitain de Chicago (États-Unis).

Cardinal Joseph William Tobin, C.SS.R., archevêque métropolitain de Newark (États-Unis).

Cardinal Juan José Omella Omella, archevêque métropolitain de Barcelone (Espagne).

Cardinal Anders Arborelius, OCD, évêque de Stockholm (Suède).

Cardinal José F. Advincula, archevêque métropolitain de Manille (Philippines).

Cardinal Augusto Paolo Lojudice, archevêque métropolitain de Sienne-Colle di Val d'Elsa-Montalcino et évêque de Montepulciano-Chiusi-Pienza (Italie).

Cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque métropolitain de Marseille (France).

Cardinal Oscar Cantoni, évêque de Côme (Italie).

Cardinal Grzegorz Ryś, archevêque métropolitain de Cracovie (Pologne).

Cardinal José Cobo Cano, archevêque métropolitain de Madrid (Espagne).

Cardinal José Tolentino de Mendonça, Préfet du Dicastère de la Culture et de l'Éducation.

Cardinal Mario Grech, Secrétaire général du Synode.

Cardinal Arthur Roche, préfet du dicastère pour le culte divin et la discipline des sacrements.

Cardinal Lazzaro You Heung-sik, préfet du dicastère pour le clergé.

Cardinal Claudio Gugerotti, préfet du dicastère pour les Églises orientales.

Cardinal Victor Manuel Fernandez, préfet du dicastère pour la doctrine de la foi.

Cardinal Paul Emil Tscherrig, nonce apostolique.

Cardinal Rolandas Makrickas, archiprêtre de la basilique papale Sainte-Marie-Majeure.

Mgr Dražen Kutleša, archevêque métropolitain de Zagreb (Croatie).

Mgr Jorge Ignacio García Cuerva, Archevêque métropolitain de Buenos Aires (Argentine).

Mgr Felix Genn, évêque émérite de Münster (Allemagne).

Mgr Paul Desmond Tighe, secrétaire du dicastère pour la Culture et l'Éducation.

Mons. José Antonio Satué Huerto, évêque de Malaga (Espagne).

Père Donato Ogliari, OSB, abbé du monastère Saint-Paul-hors-les-Murs.

Sœur Raffaella Petrini, FSE, Présidente de la Commission pontificale pour l'État de la Cité du Vatican.

María Lía Zervino, ancienne présidente de l'Union mondiale des organisations de femmes catholiques.

La liste des noms confirme le profil de l'instance chargée de conseiller le Pape sur la nomination des évêques. Dans ce contexte, l'élargissement de la sphère d'influence de sœur Simona Brambilla consolide son poids à un moment crucial pour l'avenir de la direction de l'Église.

 

Cf. https://infovaticana.com/2026/02/14/leon-xiv-amplia-el-poder-de-brambilla-influencia-directa-en-el-nombramiento-de-obispos/

Add. 18-02-2026. 

L'évêque auxiliaire d'Astana, Mgr Athanasius Schneider, a déclaré à @RobertMoynihan qu'il n'était pas d'accord avec l'affirmation du cardinal Víctor Manuel Fernández selon laquelle les textes de Vatican II "ne peuvent être modifiés".

Sa Grâce a cité le quatrième concile du Latran (1215) comme un exemple de changement dans les conciles pastoraux. Mgr Schneider a proposé de les amener d'abord à la régularité canonique, puis à poursuivre le dialogue doctrinal.

Lisez des extraits de la transcription :

"Tout d'abord, la déclaration du cardinal Fernandez est complètement fausse parce que ce qui ne peut pas être changé ce n'est que la Parole de Dieu. Vous ne pouvez pas changer la Bible parce que c'est la Parole de Dieu".

Le Concile Vatican II, par le Pape qui l'a convoqué, Jean XXIII, a déclaré clairement : "Ce Concile est convoqué pour ne pas donner de nouveaux dogmes, pour ne pas donner de solutions aux doctrines d'une manière définie". Ce sont les paroles de Jean XXIII qui dit : "Ce concile n'est convoqué que pour faire des explications, en quelque sorte catéchétiques, pour expliquer aux gens de notre temps dans le style de notre temps". C'est donc un style catéchétique, un style pastoral, de doctrines qui restent les mêmes mais la modalité, la forme d'explication, qui n'est pas un dogme, qui n'est pas un enseignement défini, mais une sorte d'explication catéchétique, pastorale, temporelle, il est, en soi, bien sûr, possible de la modifier, de l'améliorer ou de la corriger parce qu'elle n'était pas destinée à être énoncée sous une forme définie.
Il répéta : "Le Concile n'avait pas du tout l'intention de proclamer un dogme. Le Concile n'avait pas l'intention de proclamer une doctrine de lui-même de manière définitive, mais son caractère était avant tout pastoral et il doit le répéter et donc, la formulation du cardinal Fernandez est complètement erronée".

"Bien sûr, il aurait raison quand ces déclarations dans le conseil, qui sont dans lequel vous ne pouvez pas changer, ce sont les dogmes que le conseil a cités des conseils précédents".
Maintenant, je voudrais demander au cardinal Fernandez : "J'ai fait une liste de déclarations pastorales de conciles précédents qui sont inacceptables pour nous" et je lui demanderais: " Est-ce possible de les corriger ? Il devrait me concéder : "Oui". Et puis si, par exemple, le Concile œcuménique, le quatrième Concile œcuménique de Latran en 1215, si certaines déclarations de leurs expressions pastorales pouvaient être modifiées, pourquoi pas certaines expressions pastorales du Concile ? Par exemple, il y a une formulation dans le Concile œcuménique du quatrième Concile du Latran qui stipule que le peuple juif qui vit dans un pays chrétienne, il doit porter un signe sur ses vêtements, un signe distinctif à montrer à tous : "Je suis juif", attention. C'est une discrimination horrible qui fut aussi celle d’Hitler... Je voudrais donc demander au Cardinal Fernandez : "Cette déclaration d'un Concile œcuménique peut-elle être corrigée ?" Je suppose qu'il dirait : "Bien sûr".

Nous devons examiner honnêtement cette ambiguïté évidente et indéniable de certaines expressions du Concile.

Comme les autres conciles œcuméniques, les déclarations pastorales peuvent être modifiées. Comme je l'ai mentionné, un seul exemple, il y a plusieurs exemples dans les déclarations pastorales d'autres conciles.

"J'espère donc que la question de la Fraternité Pie X sera utile à toute l'Eglise de leur donner la possibilité, réellement, honnêtement, charitablement, pastoralement, synodalement, de donner leur contribution pour clarifier, améliorer, corriger l'ambiguïté et ce sera un service pour nous tous.... donc, je crains que ce comportement dur du Saint-Siège intransigeant et imprudent envers la question de la Fraternité Pie X ne soit préjudiciable à l’Église"

Mgr Athanasius Schneider

Cf. Niwa Limbu

Selon Catholic Sat le 17 juin sur X, un communiqué du Dicastère pour la doctrine de la foi signé par son préfet le cardinal Fernandez le 12 février 2026 indique :

 

"En février de cette année, le Vatican a littéralement proposé à la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X des discussions pour clarifier les questions doctrinales liées à Vatican II, pour identifier les conditions minimales d'une pleine communion ecclésiale et d'un statut canonique pour la FSSPX. Ils ont refusé. La FSSPX ne voulait pas dialoguer."

Mise à jour 19.02.26 de la FSSPX :

 

La FSSPX refuse de reporter les consécrations du 1er juillet et n'accepte pas de reprendre le dialogue avec le DDF.

Le refus est cosigné par le Conseil général (y compris par les évêques Alfonso de Galarreta et Bernard Fellay, entre autres). Il répond à une rencontre le 12 février 2026 à Rome avec le cardinal Víctor Manuel Fernández, préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi (DDF), et à la proposition publique du Saint-Siège de reprendre le dialogue théologique/doctrinal.

Cf. Niwa Limbu 

La direction de la Fraternité Saint-Pie-X a annoncé qu'elle procéderait aux ordinations épiscopales le 1er juillet, malgré l'avertissement du Vatican selon lequel le faire sans mandat papal "constituerait une rupture décisive de la communion ecclésiale (schisme)'

 

Dans une lettre datée du 18 février et adressée au préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, le cardinal Victor Manuel Fernández, suite à une rencontre la semaine précédente au Vatican, le supérieur général de la FSSPX, le père Davide Pagliarani, a déclaré que, tout en saluant l'offre du préfet du DDF de reprendre les discussions théologiques, il "ne peut accepter la perspective et les objectifs au nom desquels le Dicastère propose de reprendre le dialogue dans la situation actuelle, ni le report de la date du 1er juillet" pour procéder aux ordinations épiscopales.

Vous trouverez ci-dessous le texte traduit en français de l’anglais de la déclaration officielle publiée par la FSSPX. Ce texte est également disponible en italien, français, allemand et espagnol ici .

Réponse du Conseil général de la Fraternité Saint-Pie X au Préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, Menzingen, le mercredi des Cendres, 18 février 2026

"Très Révérende Éminence,

 

Je vous remercie tout d'abord de m'avoir reçu le 12 février et d'avoir rendu public le contenu de notre réunion, ce qui favorise une transparence parfaite dans la communication.

Je ne peux que me réjouir de l’ouverture d’une discussion doctrinale, telle qu’annoncée aujourd’hui par le Saint-Siège, pour la simple raison que je l’avais moi-même proposée il y a exactement sept ans, dans une lettre datée du 17 janvier 2019.(1) À cette époque, le Dicastère n’avait pas vraiment exprimé d’intérêt pour une telle discussion, au motif – présenté oralement – ​​qu’un accord doctrinal entre le Saint-Siège et la Fraternité Saint-Pie-X était impossible.

Pour la Société, une discussion doctrinale a toujours été – et demeure – souhaitable et utile. En effet, même en l’absence d’accord, les échanges fraternels nous permettent de mieux nous connaître, d’affiner et d’approfondir nos propres arguments, et de mieux comprendre l’esprit et les intentions qui animent les positions de notre interlocuteur – notamment son amour sincère pour la Vérité, pour le salut des âmes et pour l’Église. Cela reste vrai en tout temps pour les deux parties.

C’était précisément mon intention en 2019, lorsque j’ai suggéré une discussion dans un contexte calme et paisible, sans la pression ni la menace d’une éventuelle excommunication, ce qui aurait nui au libre dialogue – comme c’est malheureusement le cas aujourd’hui.

Cela dit, bien que je me réjouisse de la reprise du dialogue et de l’accueil positif réservé à ma proposition de 2019, je ne peux accepter ni la perspective ni les objectifs au nom desquels le Dicastère propose de reprendre le dialogue dans la situation actuelle, ni le report de la date du 1er juillet.

Je vous expose respectueusement les raisons de cela, auxquelles j'ajouterai quelques considérations complémentaires.

  1. Nous savons tous deux d'avance que nous ne pouvons être d'accord sur le plan doctrinal, notamment concernant les orientations fondamentales adoptées depuis le concile Vatican II. Ce désaccord, pour la Fraternité, ne relève pas d'une simple divergence d'opinions, mais d'un véritable problème de conscience, né d'une rupture avérée avec la Tradition de l'Église. Ce nœud complexe s'est malheureusement encore davantage inextricablement lié aux évolutions doctrinales et pastorales des pontificats récents.

    Je ne vois donc pas comment un processus de dialogue commun pourrait aboutir à déterminer ensemble ce qui constituerait "les conditions minimales pour la pleine communion avec l’Église catholique", puisque – comme vous l’avez vous-même rappelé avec franchise – les textes du Concile ne peuvent être corrigés, ni la légitimité de la réforme liturgique contestée.

  2. Ce dialogue est censé clarifier l'interprétation du Concile Vatican II. Or, cette interprétation est déjà clairement donnée dans la période post-conciliaire et dans les documents successifs du Saint-Siège. Le Concile Vatican II n'est pas un ensemble de textes ouverts à la libre interprétation : il a été reçu, développé et appliqué pendant soixante ans par les papes successifs, selon des orientations doctrinales et pastorales précises.

    Cette lecture officielle s’exprime, par exemple, dans des textes majeurs tels que Redemptor hominisUt unum sintEvangelii gaudium ou Amoris lætitia. Elle est également manifeste dans la réforme liturgique, comprise à la lumière des principes réaffirmés dans Traditionis custodes. Tous ces documents montrent que le cadre doctrinal et pastoral dans lequel le Saint-Siège entend inscrire toute discussion est déjà fermement établi.

  3. On ne saurait ignorer le contexte du dialogue proposé aujourd’hui. Nous attendons depuis sept ans une réponse favorable à la proposition de discussion doctrinale formulée en 2019. Plus récemment, nous avons écrit à deux reprises au Saint-Père : d’abord pour solliciter une audience, puis pour exposer clairement et respectueusement nos besoins et la situation concrète de la Fraternité.

    Pourtant, après un long silence, ce n’est qu’à l’évocation des consécrations épiscopales qu’une offre de reprise du dialogue est faite, ce qui apparaît comme une manœuvre dilatoire et conditionnelle. En effet, la main tendue pour ouvrir le dialogue s’accompagne malheureusement d’une autre main déjà prête à imposer des sanctions. On parle de rupture de communion, de schisme (2) et de "graves conséquences". De plus, cette menace est désormais publique, créant une pression difficilement compatible avec un désir sincère d’échanges fraternels et de dialogue constructif.

  4. De plus, il ne nous semble pas possible d'entamer un dialogue visant à définir les conditions minimales de la communion ecclésiale, car cette tâche ne nous incombe pas. Au fil des siècles, les critères d'appartenance à l'Église ont été établis et définis par le Magistère. Ce qu'il faut croire pour être catholique a toujours été enseigné avec autorité, dans une fidélité constante à la Tradition.

    Nous ne voyons donc pas comment ces critères pourraient faire l’objet d’un discernement commun par le dialogue, ni comment ils pourraient être réévalués aujourd’hui de manière à ne pas correspondre à ce que la Tradition de l’Église a toujours enseigné – et que nous désirons observer fidèlement en notre lieu.

  5. Enfin, si un dialogue est envisagé en vue d’élaborer une déclaration doctrinale que la Fraternité puisse accepter concernant le Concile Vatican II, nous ne pouvons ignorer les précédents historiques des efforts déployés en ce sens. J’attire votre attention sur le plus récent : le Saint-Siège et la Fraternité ont mené un long dialogue, entamé en 2009, particulièrement intense pendant deux ans, puis poursuivi de manière plus sporadique jusqu’au 6 juin 2017. Durant toutes ces années, nous avons cherché à parvenir à ce que le Dicastère propose aujourd’hui.

    Pourtant, tout s’est finalement terminé de manière radicale, avec la décision unilatérale du cardinal Müller, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, qui, en juin 2017, a solennellement établi, à sa manière, "les conditions minimales pour la pleine communion avec l’Église catholique", incluant explicitement l’ensemble du Concile et la période post-conciliaire.(3) Cela montre que, si l’on persiste dans un dialogue doctrinal trop forcé et manquant de sérénité, à long terme, au lieu d’obtenir un résultat satisfaisant, on ne fait qu’aggraver la situation.

Ainsi, partant du constat partagé que nous ne pouvons nous entendre sur aucun point de doctrine, il me semble que le seul point sur lequel nous pouvons nous accorder est celui de la charité envers les âmes et envers l'Église.

En tant que cardinal et évêque, vous êtes avant tout un pasteur : permettez-moi de m’adresser à vous en cette qualité. La Compagnie est une réalité objective : elle existe. C’est pourquoi, au fil des années, les Souverains Pontifes ont pris acte de cette existence et, par des actes concrets et significatifs, ont reconnu la valeur du bien qu’elle peut accomplir, malgré sa situation canonique. C’est aussi la raison de notre conversation aujourd’hui.

Cette même Fraternité vous demande seulement de pouvoir continuer à œuvrer pour le bien des âmes auxquelles elle administre les saints sacrements. Elle ne vous demande rien d’autre : ni privilèges, ni même régularisation canonique, laquelle, dans la situation actuelle, est impossible en raison des divergences doctrinales. La Fraternité ne peut abandonner les âmes. Le besoin des sacrements est un besoin concret et immédiat pour la survie de la Tradition, au service de la Sainte Église catholique.

Nous sommes d’accord sur un point : aucun de nous ne souhaite rouvrir de vieilles blessures. Je ne reviendrai pas ici sur tout ce que nous avons déjà exprimé dans la lettre adressée au pape Léon XIV, dont vous avez directement connaissance. Je tiens simplement à souligner que, dans la situation actuelle, la charité est la seule voie véritablement viable.

Au cours de la dernière décennie, le pape François et vous-même avez abondamment plaidé pour une écoute attentive et une compréhension des situations atypiques, complexes, exceptionnelles et particulières. Vous avez également souhaité un usage du droit toujours pastoral, souple et raisonnable, sans prétendre tout résoudre par un automatisme juridique et des cadres préétablis. Aujourd’hui, la Fraternité ne vous demande rien de plus – et surtout, elle ne le demande pas pour elle-même : elle le demande pour ces âmes, pour lesquelles, comme elle l’a déjà promis au Saint-Père, elle n’a d’autre intention que de faire de véritables enfants de l’Église romaine.

Enfin, il est un autre point sur lequel nous sommes d’accord et qui devrait nous encourager : le temps qui nous sépare du 1er juillet est un temps de prière. C’est un moment où nous implorons le Ciel d’une grâce particulière et le Saint-Siège, la compréhension. Je prie tout particulièrement pour vous le Saint-Esprit et – ne le prenez pas comme une provocation – Son Épouse très sainte, Médiatrice de toutes les grâces.

Je tiens à vous remercier sincèrement de l'attention que vous m'avez portée et de l'intérêt que vous voudrez bien porter à cette affaire.

Veuillez agréer, Très Révérende Éminence, l'expression de mes salutations les plus sincères et de ma dévotion au Seigneur.

Davide Pagliarani, supérieur général
 ; Alfonso de Galarreta, premier assistant général ;
Christian Bouchacourt, deuxième assistant général
 ; Bernard Fellay, premier conseiller général, ancien supérieur général ;
Franz Schmidberger, deuxième conseiller général, ancien supérieur général.

Cf. Diane Montagna 

La FSSPX rejette l'accusation de "schisme", écrivant :

"La société se défend contre toute accusation de schisme et, s'appuyant sur toute la théologie traditionnelle et l'enseignement constant de l'Église, soutient qu'une consécration épiscopale non autorisée par le Saint-Siège ne constitue pas une rupture de communion - à condition qu'elle ne soit pas accompagnée d'une intention schismatique ou de l'octroi d'une juridiction."

 

Cf. Michael Haynes sur X

"Si Rome n'excommunie pas simultanément les évêques allemands hérétiques, l'excommunication latae sententiae des évêques de la FSSPX n'aura guère de valeur. Que vaut le droit canonique si même Rome ne l'applique pas ?"

 

Cf. Shane Schaetzel †☧

 

L'évêque Schneider répond au cardinal Fernández

 

L'évêque auxiliaire d'Astana, au Kazakhstan, Mgr Athanasius Schneider, a contesté l'affirmation du cardinal Víctor Manuel Fernández selon laquelle les textes du concile Vatican II ne peuvent être modifiés.

Dans un entretien accordé le 17 février au journaliste Robert Moynihan, il a abordé l'impasse actuelle et critiqué vivement l'affirmation selon laquelle les textes du Concile "ne peuvent être modifiés".

[...] l’évêque Schneider a déclaré : "Premièrement, l’affirmation du cardinal Fernández est totalement erronée, car seule la Parole de Dieu est immuable. On ne peut changer la Bible, car elle est la Parole de Dieu."

Il a poursuivi : "Deuxièmement, on ne peut modifier les dogmes proclamés, qui l’ont été ex cathedra. Même si un autre pape ou concile peut, par exemple, améliorer un dogme en le clarifiant, cela est possible. Mais l’améliorer, car il ne s’agit pas de la Parole de Dieu. Même la formulation dogmatique est infaillible, mais elle n’est pas parfaite. Elle est infaillible. Elle pourrait encore être, comment dire, améliorée."

Abordant la nature du concile Vatican II, il a souligné son caractère pastoral tel que décrit par le pape Jean XXIII : "Le concile Vatican II, convoqué par le pape Jean XXIII, a clairement affirmé : “Ce concile n’est pas convoqué pour donner de nouveaux dogmes, ni pour apporter des solutions définitives aux doctrines.” »

Il a ajouté : "Ce concile n'est convoqué que pour donner des explications, en quelque sorte catéchétiques, afin d'expliquer aux gens de notre temps, dans le style de notre temps" Il a décrit cela comme "un style catéchétique, un style pastoral, de doctrines qui restent les mêmes", arguant que "la modalité, la forme d'explication, qui n'est pas un dogme, qui n'est pas un enseignement définitif, mais une sorte d'explication catéchétique, pastorale, liée à son temps, est, en soi, bien sûr, possible à modifier, à améliorer ou à corriger, car elle n'a pas été conçue pour être énoncée sous une forme définitive."

Il a indiqué que le pape Paul VI avait réaffirmé ce point après la conclusion du concile. "Le concile n'avait pas l'intention de proclamer une doctrine définitive, mais son caractère était avant tout pastoral."

L’évêque Schneider a donc conclu que "la formulation du cardinal Fernández est totalement erronée". Il a précisé que les dogmes cités par le Concile, tirés de conciles antérieurs, sont "immuables", mais que "les autres formulations, de nature pastorale, peuvent, en soi, être modifiées, améliorées, voire corrigées".

À titre d'exemple historique, il a cité le quatrième concile du Latran de 1215. Il a évoqué les dispositions imposant aux Juifs vivant dans les villes chrétiennes de porter des signes distinctifs et les sanctions liées à certains arrangements domestiques, qualifiant ces mesures de "discrimination horrible" ». Il a demandé si de telles déclarations "d'un concile œcuménique" pouvaient être corrigées, ajoutant : "Je suppose qu'il dirait : “Bien sûr.”"

L’évêque Schneider est allé plus loin, déclarant : "Nous devons examiner honnêtement ces ambiguïtés évidentes et indéniables de certaines expressions du concile", mentionnant en particulier "la soi-disant liberté religieuse, puis l’œcuménisme et la collégialité".

Concernant les négociations en cours avec la FSSPX, il a déclaré : "Nous ne pouvons pas régler cette question maintenant. Le temps nous manque." Il a proposé que Rome établisse d’abord un cadre d’intégration. "Intégrez-les. Offrez-leur une intégration minimale au sein de l’Église. L’Église est si vaste, elle a toujours su trouver des solutions."

L’intervention récente de l’évêque auxiliaire d’Astana, suite aux pourparlers entre la Fraternité et le préfet du dicastère pour la doctrine de la foi, est l’une des premières réactions épiscopales publiques à la phase actuelle des négociations.

L'analyse de l'évêque n'est pas sans fondement. Le concile Vatican II s'est explicitement abstenu de définir de nouveaux dogmes et n'a exercé aucun magistère extraordinaire ; son action était clairement pastorale. 

[...] Lors de la présentation d'un ouvrage sur l'interprétation de Vatican II, le cardinal Walter Brandmüller a souligné que les documents conciliaires possèdent différents degrés d'autorité. L'ancien président du Comité pontifical pour les sciences historiques a déclaré : "Il y a une différence considérable entre une grande constitution et de simples déclarations." Concernant les deux textes les plus souvent critiqués par la FSSPX – Dignitatis humanae sur la liberté religieuse et Nostra aetate sur les relations avec les religions non chrétiennes –, il a fait remarquer qu'ils "n'ont pas de contenu doctrinal contraignant, ce qui permet d'en dialoguer".

Cette évaluation ne diminue en rien l'importance de ces documents ; elle précise plutôt la nature de l'adhésion requise. L'absence de clarification de ces distinctions a engendré un climat où des discussions théologiques légitimes sont prises pour de la rébellion.

Pour étayer son propos, l'évêque Schneider a évoqué les mesures disciplinaires du quatrième concile du Latran concernant le port de vêtements distinctifs par les Juifs. Si cet exemple historique démontre la nature évolutive des dispositions conciliaires, la controverse actuelle porte sur l'interprétation doctrinale plutôt que sur la discipline médiévale.

La leçon est donc claire. L’unité ne sera acquise ni par des slogans sur l’immuabilité, ni par des critiques méprisantes du Concile. Elle ne viendra que d’une réflexion honnête sur la véritable nature du Concile : une autorité pastorale, inscrite dans une hiérarchie des vérités. Tant que cette nature ne sera pas comprise, la controverse avec la Fraternité restera le symptôme d’une incertitude plus profonde quant à l’enseignement de l’Église et à la manière dont ses fidèles sont appelés à écouter.

C’est dans cette perspective qu’il faut comprendre l’intervention de l’évêque. Son appel à une intégration canonique avant la résolution complète des questions doctrinales repose sur la conviction que le dialogue présuppose la communion. La pertinence de cette stratégie est discutable. Cependant, son affirmation sous-jacente – que les expressions pastorales peuvent être examinées et, si nécessaire, clarifiées – n’est pas étrangère à l’histoire de l’Église. Les conciles ont toujours nécessité une interprétation ; leur autorité n’a jamais été mécanique.

 

Cf. The Catholic Herald

Le cardinal Müller se joint au débat sur les consécrations épiscopales

 

Il poursuit son argumentation de 2017 visant à mettre en garde contre les consécrations, MAIS propose une résolution canonique.

 

La "protestation" de la FSSPX risque d’être instrumentalisée par des « groupes hérétiques » pour attaquer les catholiques fidèles.

 

Cf. Michael Haynes / Per Mariam

Pour le Cardinal Müller, "la FSSPX doit rester 'au sein de l'Église' pour avoir un 'effet positif'."

 

Dans un article en allemand publié samedi matin 21-02-26, le cardinal Müller a publié une longue réponse à l'intention de la FSSPX de consacrer de nouveaux évêques le 1er juillet.

 

préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF) de 2012 à 2017, le cardinal Müller était chargé des relations du Saint-Siège avec la Fraternité – des rencontres dont cette dernière garde un souvenir amer, comme Müller le reconnaît dans son analyse. {Le texte intégral de la déclaration de Müller se trouve ci-dessous.}

 

"Si la Fraternité Saint-Pie X souhaite avoir une influence positive sur l’histoire de l’Église, elle ne peut défendre la vraie foi à distance, en dehors de l’Église, contre l’Église unie au Pape, mais seulement au sein de l’Église, avec le Pape et tous les évêques, théologiens et fidèles orthodoxes", a écrit le cardinal. "Autrement, leur protestation restera vaine et sera instrumentalisée par des groupes hérétiques pour accuser les catholiques orthodoxes de traditionalisme stérile et de fondamentalisme étriqué."

 

Müller, fervent défenseur de l'interprétation du concile Vatican II par le pape Benoît XVI, a averti que "l'histoire de l'Église nous enseigne comment les schismes, contrairement aux hérésies, sont apparus et se sont enracinés même parmi les catholiques orthodoxes".

 

Le cardinal allemand a défendu les croyances catholiques de la FSSPX, écrivant qu'il ne pouvait y avoir "aucun doute que la Fraternité Saint-Pie-X adhère à la foi catholique sur le fond (mis à part Vatican II, qu'elle interprète à tort comme une rupture avec la tradition)".

 

Mais il a critiqué leurs inquiétudes concernant le concile Vatican II, écrivant : "S’ils ne reconnaissent pas Vatican II en tout ou en partie, ils se contredisent eux-mêmes, puisqu’ils affirment à juste titre que le concile Vatican II n’a présenté aucune doctrine nouvelle sous la forme d’un dogme défini auquel tous les catholiques doivent croire."

 

La défense des documents du concile Vatican II par Müller contraste fortement avec les critiques formulées à leur encontre par la Fraternité. Pour Müller, le Concile avait "le seul but de présenter aux fidèles, de manière dogmatique et dans leur contexte général, les enseignements toujours valides concernant la révélation divine (Dei verbum) et l’Église du Dieu trinitaire (Lumen gentium). Il ne s’agissait pas non plus de réformer la liturgie comme si elle était dépassée. Contrairement au discours progressiste, l’Église n’a pas besoin de subir de traitements de rajeunissement médical comme si elle était soumise à un processus de vieillissement biologique."

 

À cela s'oppose l'argumentation de la Société concernant le Concile et les interprétations de celui-ci qui ont acquis un statut officiel. Comme indiqué dans la lettre de la Fraternité au Saint-Siège du 18 février : "Nous savons tous deux d’avance que nous ne pouvons être d’accord sur le plan doctrinal, notamment sur les orientations fondamentales adoptées depuis le concile Vatican II. Ce désaccord, pour la Fraternité, ne résulte pas d’une simple divergence d’opinions, mais d’un véritable problème de conscience, né d’une rupture avérée avec la Tradition de l’Église."

 

Müller est devenu l'un des rares cardinaux à exprimer publiquement ses inquiétudes concernant les questions doctrinales sous le pape François, ainsi que les restrictions liturgiques [de la messe tridentine. Ndlr.] émises par le biais de Traditionis Custodes. Pour le cardinal, de telles critiques des questions actuelles sont bienvenues, voire justifiées. Il a défendu le droit de "tout catholique" de "critiquer" Traditionis Custodes et "sa mise en œuvre souvent indigne par des évêques spirituellement dépassés, ainsi que leurs raisonnements théologiques erronés et leur imprudence pastorale".

 

Poursuivant son argumentation, il a soutenu que "l’on ne peut pas non plus s’attendre à ce qu’un véritable catholique accepte sans esprit critique tous les documents provenant de Rome ou d’une autorité épiscopale".

 

Mais Müller faisait la distinction entre cela et l'argument selon lequel la messe du Novus Ordo "contredit la tradition de l'Église comme critère normatif d'interprétation de la révélation (et est imprégnée d'idées maçonniques)". Cette opinion, écrivait Müller, "est théologiquement absurde et indigne d'un catholique sérieux".

 

Il a plutôt soutenu que les abus liturgiques n'étaient pas "à imputer au rite du Novus Ordo ni même au Concile, mais à ceux qui, par ignorance ou frivolité, se rendent coupables de ces blasphèmes et abus liturgiques devant Dieu et l'Église."

 

D’autres prélats, comme Mgr Athanasius Schneider, ont formulé des critiques plus approfondies que Müller à l’égard du Concile. Mgr Schneider – qui a notamment été visiteur apostolique de la FSSPX pour le Saint-Siège sous le pontificat du pape François – écrivait en 2020 : "Nous assistons aujourd’hui à l’apogée du désastre spirituel qui frappe l’Église, désastre que Mgr Lefebvre dénonçait avec tant de vigueur il y a déjà quarante ans."

 

[...] L'un des éléments qui a visiblement fait déborder le vase pour la Fraternité fut le document du cardinal Fernández, Mater Populi Fidelis, qui s'attaquait au titre marial de Co-Rédemptrice, sans toutefois le rejeter comme étant faux, car un tel argument contredirait directement l'enseignement et la Tradition de l'Église. Cette attaque doctrinale a été régulièrement citée par la Fraternité ces derniers jours, alors que les négociations entre elle et le Saint-Siège étaient rendues publiques.

 

Müller, semble-t-il, a cherché à apaiser la Société en soulignant que leurs préoccupations concernant le document sont partagées par beaucoup :

 

Les évêques orthodoxes [c'est-à-dire fidèles] se sont également offusqués de documents plus récents dans lesquels les arguments dogmatiques et pastoraux ont été confondus de manière amateur, ou lorsque des déclarations malavisées ont été faites selon lesquelles – relativisant le Christ – toutes les religions sont des chemins vers Dieu, tandis qu'en ce qui concerne Maria Co-redemptrix et Mediatrix omnium gratiarum [médiatrice de toutes frâces], la seule médiation du Christ a été insistée sans tenir compte de l'enseignement de l'Église sur la coopération de Marie dans l'œuvre de salut du Christ.

 

Cela arrive toujours lorsque les évêques accordent plus d'importance à l'appel public qu'à l'utilisation d'une théologie érudite et fidèle et à la proclamation de la Parole de Dieu et de la vérité de la foi "à temps et à contretemps" (2 Tim 4:2).

 

Mais face à cette "confusion interne" au sein de l’Église, à travers laquelle "de grandes incertitudes sur les questions dogmatiques et même des hérésies ont également pénétré l’Église", Müller a soutenu que la Fraternité devait "se soumettre" à "l’autorité enseignante et à la primauté de juridiction sans conditions préalables" du pape Léon XIV.

 

"La seule solution possible en conscience devant Dieu est que la Fraternité Saint-Pie X, avec ses évêques, ses prêtres et ses laïcs, reconnaisse notre Saint-Père le pape Léon XIV comme le pape légitime, non seulement en théorie mais aussi en pratique, et se soumette à son autorité magistérielle et à sa primauté de juridiction sans conditions préalables", a-t-il écrit.

 

Partant de ce constat, l'ancien préfet de la CDF a suggéré une solution potentielle pour la Société concernant son statut canonique :

 

"On peut alors trouver une solution juste à leur statut canonique, par exemple en accordant à leur prélat une juridiction ordinaire sur la Compagnie, lequel serait directement soumis au Pape (peut-être sans la médiation d’une autorité de la Curie). Mais ce sont là des conclusions canoniques et pratiques qui ne sont valables que si elles sont dogmatiquement conformes à l’ecclésiologie catholique." L'argument de Müller, selon lequel la FSSPX serait "hors de l'Église" si elle procédait aux consécrations épiscopales, est vivement contesté par la Fraternité elle-même, et ce depuis les consécrations de 1988.

 

Cette semaine encore, la Société a publié une tribune théologique affirmant que – en raison de la distinction entre la juridiction épiscopale et l’ordre épiscopal – les consécrations prévues le 1er juillet "n’exerceront donc aucune juridiction contraire à la volonté du Pape et ne seront en aucun cas schismatiques".

 

Cf. PerMariam / InfoCatolica

Rome Reports : Le cardinal Darío Castrillón Hoyos (1929-2018) président de la Commission pontificale Ecclesia Dei de 2000 à 2009 a déclaré : "La FSSPX a pris ses distances, mais elle n'est jamais tombée dans l'hérésie ni dans le schisme... c'est pourquoi l'excommunication a été levée."

Le père Jaime Simó, titulaire d’un doctorat en études thomistes, en droit et en sciences sociales, et bientôt en théologie sacrée, est directeur de la bibliothèque diocésaine de Majorque et professeur au Centre d’études théologiques de Majorque. Il a publié ce point de vue sur la FSSPX :

 

Questions levebvriennes

 

1. Les lefebvristes commettront-ils un péché mortel avec ces consécrations épiscopales ?

 

— Non, pas du tout.

 

2. N'est-ce pas un acte schismatique ?

— Non, formellement, ce n'est pas le cas.

 

3. Pourquoi n'est-ce pas formellement ainsi ?

— Car, pour qu’un "schisme parfait" se produise, il faut une intention claire de commettre un acte schismatique et d’établir, avec les nouveaux évêques, une juridiction hiérarchique parallèle à celle de l’Église catholique romaine. Or, en l’espèce, rien de tout cela ne se produira.

 

4. Cela pourrait-il au moins constituer un acte de désobéissance ?

— Oui, en effet, du moins matériellement, puisque Rome ne souhaite pas que de telles consécrations aient lieu.

 

5. Alors, commettent-ils un péché mortel par désobéissance ?

—Non plus, car en l’espèce, l’intention de l’autorité de la FSSPX, des consécrateurs et des futurs consacrés semble juste. Ils invoquent "l’état de nécessité", qui justifierait une "désobéissance matérielle". À cet égard, nous n’avons aucune raison objective de douter de leur conscience ni de leur intention droite, qui est le bien des âmes qu’ils assistent.

 

6. Mais l'excommunication aura lieu "latae sententiae", c'est-à-dire automatiquement et immédiatement, n'est-ce pas ?

D'un point de vue canonique, oui, mais, à mon humble avis, une telle excommunication serait nulle et non avenue. Je crois qu'il existe des raisons théologiques et juridico-philosophiques suffisantes pour conclure ainsi, même si je sais que de nombreux canonistes seront en désaccord d'un point de vue purement légaliste. Cependant, je pense que, outre l'"état de nécessité" invoqué comme raison fondamentale, la "raison formelle" justifiant l'imposition d'une telle peine est erronée, puisqu'il n'y a aucune intention objective de schisme formel, et qu'aucune juridiction parallèle ne sera créée, je le répète.

 

7. L'archevêque Lefebvre a-t-il été condamné à l'excommunication ?

— Oui, comme ces évêques le recevront certainement, mais leur excommunication était également nulle, puisque, sur le plan surnaturel du Corps mystique, cet évêque n'a jamais cessé d'être en communion avec l'Église.

 

8. Que voulez-vous dire par là ?

L’essence de la communion est triple : doctrinale, sacramentelle et hiérarchique. Je crois donc que Mgr Lefebvre et, par extension, la FSSPX, n’ont nié aucune de ces trois dimensions essentielles de la communion ecclésiale.

 

9. La FSSPX est-elle en communion doctrinale ?

— Bien sûr, elle n’a pas cessé d’enseigner ce que l’Église a toujours cru.

 

10. Mais les lefebvristes ne remettent-ils pas toujours en question les documents du concile Vatican II ?

— Ils n’apportent pas une réforme totale, comme on le croit généralement, étant donné que leurs textes contiennent des éléments qui font partie du "depositum fidei", mais ils abordent, dans un esprit critique, certaines questions "délicates", sur lesquelles la discussion théologique est légitime.

 

11. Comment peux-tu dire une chose aussi ridicule ?

— Je peux le dire parce que la "nature" même du Concile me le permet.

 

12. Que voulez-vous dire par là ?

Je tiens à préciser que Vatican II était un concile de nature pastorale, non dogmatique, et qu'il ne jouissait donc pas du charisme de l'infaillibilité, car il n'a jamais été question de définir ou de condamner quoi que ce soit de manière infaillible ; telle fut la décision expresse de la majorité des Pères conciliaires. Cependant, après le concile, malgré cette nature pastorale, certains ont tenté d'en faire un superdogme...

 

13. Un superdogme ? C’est irrespectueux. Pourquoi utilisez-vous le discours de Lefebvre ?

— J’utilise en fait les mots mêmes de Joseph Ratzinger, qui, lors d’une visite aux évêques du Chili (1988), a utilisé ces mêmes termes.

 

14. D’autre part, est-il vrai que la FSSPX est en communion sacramentelle ?

— Ses sacrements sont non seulement valides, mais ils sont célébrés selon les rites traditionnels que l'Église utilise depuis des temps immémoriaux.

 

15. Mais il est clair que la FSSPX n'est pas en communion hiérarchique, n'est-ce pas ?

Bien que sa situation institutionnelle soit irrégulière et imparfaite du point de vue canonique, la Fraternité Saint-Pie-X continue de reconnaître le pape de Rome comme le pasteur suprême de l’Église universelle. De fait, elle reconnaît et respecte également la juridiction de tous les évêques du monde catholique.

 

16. Donnez-moi une preuve de ce que vous dites ?

— Dans chaque messe de la FSSPX, sans exception, le prêtre nomme, dans le "canon missae", le pape et l’évêque local.

 

17. N'est-ce pas un argument très faible ?

— Par Dieu, certainement pas. La manifestation la plus formelle et publique de la reconnaissance hiérarchique se produit précisément lors de la Sainte Messe, et plus précisément dans le canon.

 

18. Êtes-vous un lefebvrien ou un sympathisant lefebvrien ?

— Ni l'un ni l'autre, monsieur ; je fais ce que je veux. Je suis simplement catholique et, à ce titre, j'ai un esprit critique, c'est-à-dire la bonne habitude d'user de raison et de discernement.

 

19. Mais il semble que vous soyez d'accord avec tout ce que dit la FSSPX ?

— Non. Je ne partage pas certains points de vue et certaines opinions, mais ils sont, à mon sens, secondaires et accessoires. Sur les points essentiels, je suis entièrement d'accord avec la Fraternité et, par conséquent, je ne contribuerai pas à sa diabolisation publique injuste et disproportionnée.

 

20. Pouvez-vous me dire ce qui est essentiel ?

— Ce qui est "essentiel", c’est son "universalité". Point final.

 

21. Mais la « tendance » des lefebvristes ne vous inquiète-t-elle pas ?

Je suis surtout préoccupé par la horde d'hétérodoxes, de blasphémateurs et de sacrilèges qui pullulent, notamment en Allemagne. Je suis également troublé par le deux poids, deux mesures apparent des autorités ecclésiastiques en matière de sanctions et de censure.

 

22. Alors, quelle solution voyez-vous au problème lefebvrien actuel ?

— Premièrement, je crois que Rome devrait faire preuve de bienveillance et accepter formellement la consécration de ces futurs évêques, tout en reconnaissant les fruits spirituels de l’apostolat de la FSSPX. Je crois que ce serait un véritable geste de miséricorde et de sagesse ; les deux ne sont pas incompatibles.

 

23. N’avez-vous pas peur d’être critiqué pour ces opinions ? Non, car je suis prêtre de l’Église catholique, non pasteur d’une secte, et par conséquent, avec tout le respect que je dois à Dieu, je peux et dois exercer, dans ma vie de foi, la véritable liberté des enfants de Dieu.

 

Cf. Dr Jaime Mercant Simó

Mgr Athanasius Schneider lance un appel empreint de respect et de charité fraternelle à notre Saint-Père le pape Léon XIV

L’évêque Athanasius Schneider a lancé le 24 février 2026 un appel au pape Léon XIV suite à l’annonce de la Fraternité Saint-Pie-X (FSSPX) selon laquelle elle procédera à des consécrations épiscopales, malgré les avertissements du Vatican selon lesquels cela "constituerait une rupture décisive de la communion ecclésiale (schisme)".

Intitulé "Appel fraternel au pape Léon XIV pour construire un pont avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X" et publié en exclusivité par Diane Montagna, l'évêque auxiliaire d'Astana appelle à la générosité pastorale et à l'unité ecclésiale à un moment qu'il décrit comme décisif pour la future relation entre le Saint-Siège et la Fraternité sacerdotale traditionnelle.

Mgr Schneider a déjà été visiteur du Vatican auprès des séminaires de la FSSPX, ce qui lui a permis d'acquérir une connaissance directe des structures, de la direction et des fidèles de la Fraternité. 

Extraits: 

''Les priorités au sein de la vie de l'Église sont inversées, érigeant la dimension canonique et juridique – autrement dit, un certain positivisme juridique – en critère suprême. […] Dans ce débat, de nouveaux quasi-dogmes, absents du Dépôt de la foi, sont établis. Ces quasi-dogmes affirment que le consentement du pape à la consécration d'un évêque est de droit divin et qu'une consécration effectuée sans ce consentement, voire contre une interdiction papale, constitue en soi un acte schismatique. Or, la pratique et la compréhension de l'Église, tant à l'époque des Pères de l'Église que pendant une longue période ultérieure, s'opposent à cette conception. De plus, il n'existe pas d'opinion unanime sur ce point parmi les théologiens reconnus de la tradition bicentenaire de l'Église. Des siècles de pratique ecclésiale, ainsi que le droit canonique traditionnel, s'opposent également à de telles affirmations absolutisantes. Selon le Code de droit canonique de 1917, une consécration épiscopale effectuée contre la volonté du pape n'était pas punie d'excommunication, mais seulement de suspension. Par là, l'Église a clairement manifesté qu'elle ne considérait pas un tel acte comme schismatique.

 

[… ] [U]ne conception réductrice qui assimile la désobéissance à un ordre papal à un schisme – même en cas de consécration d'un évêque contre son gré – était étrangère aux Pères de l'Église et au droit canonique traditionnel. Par exemple, en 357, saint Athanase désobéit à l'ordre du pape Libère, qui lui enjoignait d'entrer en communion hiérarchique avec l'immense majorité de l'épiscopat, laquelle était en réalité arienne ou semi-arienne. Il fut alors excommunié. Dans ce cas précis, saint Athanase a désobéi par amour pour l'Église et pour l'honneur du Siège apostolique, cherchant précisément à préserver la pureté de la doctrine de tout soupçon d'ambiguïté.

 

Au cours du premier millénaire de l'histoire de l'Église, les consécrations épiscopales se faisaient généralement sans autorisation papale formelle, et les candidats n'étaient pas tenus d'obtenir l'approbation du pape. Le premier règlement canonique sur les consécrations épiscopales, édicté par un concile œcuménique, fut celui de Nicée en 325, qui exigeait qu'un nouvel évêque soit consacré avec le consentement de la majorité des évêques de la province. Peu avant sa mort, durant une période de confusion doctrinale, saint Athanase choisit et consacra personnellement son successeur, saint Pierre d'Alexandrie, afin de s'assurer qu'aucun candidat inapte ou faible n'accède à l'épiscopat. De même, en 1977, le Serviteur de Dieu, le cardinal Josyf Slipyj, consacra secrètement trois évêques à Rome sans l'approbation du pape Paul VI, pleinement conscient que ce dernier ne le permettrait pas en raison de l'Ostpolitik alors en vigueur au Vatican. Lorsque Rome eut connaissance de ces consécrations secrètes, la peine d'excommunication ne fut cependant pas appliquée.

 

[…] La crise actuelle liée aux consécrations épiscopales annoncées – mais non encore approuvées – au sein de la FSSPX expose, aux yeux de toute l’Église, une plaie qui couve depuis plus de soixante ans. Cette plaie peut être comparée à un cancer ecclésial, plus précisément au cancer ecclésial des ambiguïtés doctrinales et liturgiques.

 

Récemment, un excellent article a paru sur le blog Rorate Caeli, d'une rare clarté théologique et d'une grande honnêteté intellectuelle, sous le titre : 'La longue ombre de Vatican II : l'ambiguïté comme cancer ecclésial' (Canon de Shaftesbury : Rorate Caeli, 10 février 2026 ). Le problème fondamental de certaines déclarations ambiguës du Concile Vatican II réside dans le fait que ce dernier a privilégié un ton pastoral à la précision doctrinale. On ne peut qu'approuver l'auteur lorsqu'il affirme : 'Le problème n’est pas que Vatican II ait été hérétique. Le problème, c’est son ambiguïté. Et c’est dans cette ambiguïté que nous avons vu germer les germes de la confusion, qui ont donné naissance à certains des développements théologiques les plus troublants de l’histoire moderne de l’Église. Lorsque l’Église s’exprime en termes vagues, même involontairement, ce sont des âmes qui sont en jeu.' L'auteur poursuit : 'Lorsqu’un développement doctrinal semble contredire ce qui a précédé, ou lorsqu’il nécessite des décennies de gymnastique théologique pour se réconcilier avec l’enseignement magistériel antérieur, nous devons nous demander : s’agit-il d’un développement, ou d’une rupture déguisée en développement ?' (Chanoine de Shaftesbury : Rorate Caeli, 10 février 2026).

 

On peut raisonnablement supposer que la FSSPX ne désire rien de plus que d'aider l'Église à sortir de cette ambiguïté doctrinale et liturgique et à retrouver sa clarté salvatrice et éternelle, tout comme le Magistère de l'Église, sous la conduite des Papes, l'a fait sans équivoque tout au long de l'histoire après chaque crise marquée par la confusion et l'ambiguïté doctrinales.

 

En réalité, le Saint-Siège devrait être reconnaissant envers la FSSPX, car elle est actuellement quasiment la seule entité ecclésiastique majeure à dénoncer ouvertement et publiquement l'existence d'éléments ambigus et trompeurs dans certaines déclarations du Concile et du Novus Ordo Missae. Dans cette démarche, la FSSPX est guidée par un amour sincère pour l'Église : si elle n'aimait pas l'Église, le Pape et les âmes, elle n'entreprendrait pas cette œuvre, ni ne dialoguerait avec les autorités romaines – et sa vie serait sans aucun doute plus facile.

 

Les paroles suivantes de l'archevêque Marcel Lefebvre sont profondément émouvantes et reflètent l'attitude de la direction actuelle et de la plupart des membres de la FSSPX :

 

'Nous croyons en Pierre, nous croyons au Successeur de Pierre ! Mais comme le dit si bien le pape Pie IX dans sa constitution dogmatique, le pape a reçu le Saint-Esprit non pour créer de nouvelles vérités, mais pour nous maintenir dans la foi de tous les temps. Telle est la définition du pape donnée par Pie IX lors du premier concile Vatican I. C’est pourquoi nous sommes persuadés qu’en conservant ces traditions, nous manifestons notre amour, notre docilité, notre obéissance au Successeur de Pierre. Nous ne pouvons rester indifférents face à la dégradation de la foi, des mœurs et de la liturgie. C’est hors de question ! Nous ne voulons pas nous séparer de l’Église ; au contraire, nous voulons qu’elle continue !' [L'autorité existe pour préserver le dépôt de la foi, pas pour imposer un nouvel Evangile. Ndlr.]

 

Si quelqu'un considère ses difficultés avec le Pape comme l'une de ses plus grandes souffrances spirituelles, cela prouve sans équivoque l'absence d'intentions schismatiques. Les véritables schismatiques se vantent même de leur séparation du Siège apostolique. Jamais ils n'imploreraient humblement le Pape de reconnaître leurs évêques.

 

En quoi les paroles suivantes de l'archevêque Marcel Lefebvre sont-elles véritablement catholiques ?

 

'Nous le regrettons infiniment, c’est une immense douleur pour nous, de penser que nous sommes en difficulté avec Rome à cause de notre foi ! Comment est-ce possible ? C’est quelque chose qui dépasse l’entendement, que nous n’aurions jamais dû pouvoir imaginer, que nous n’aurions jamais dû pouvoir croire, surtout dans notre enfance – alors que tout était uniforme, que toute l’Église croyait en son unité générale et professait la même foi, les mêmes sacrements, le même sacrifice de la messe, le même catéchisme.'

 

Il nous faut examiner avec honnêteté les ambiguïtés manifestes concernant la liberté religieuse, l’œcuménisme et la collégialité, ainsi que les imprécisions doctrinales du Novus Ordo Missae. À cet égard, il convient de lire l’ouvrage récemment paru de l’archimandrite Boniface Luykx, consultant conciliaire et éminent liturgiste, intitulé avec éloquence 'Une vision plus large de Vatican II. Souvenirs et analyse d’un consulteur conciliaire'.

 

Comme l'a dit G.K. Chesterton : 'En entrant dans l'Église, on nous demande d'ôter notre chapeau, non notre tête.' Ce serait une tragédie si la FSSPX était complètement exclue, et la responsabilité d'une telle division incomberait avant tout au Saint-Siège. Le Saint-Siège devrait accueillir la FSSPX, en lui offrant au moins un minimum d'intégration ecclésiale, puis poursuivre le dialogue doctrinal. Le Saint-Siège a fait preuve d'une générosité remarquable envers le Parti communiste chinois, en lui permettant de choisir des candidats à l'épiscopat ; pourtant, ses propres enfants, les milliers de fidèles de la FSSPX, sont traités comme des citoyens de seconde zone.

 

La FSSPX devrait être autorisée à apporter une contribution théologique afin de clarifier, compléter et, le cas échéant, corriger les passages des textes du Concile Vatican II qui soulèvent des doutes et des difficultés doctrinales. Il convient également de tenir compte du fait que, dans ces textes, le Magistère de l’Église n’a pas entendu se prononcer par des définitions dogmatiques empreintes d’infaillibilité (cf. Paul VI, Audience générale , 12 janvier 1966 ).

 

La FSSPX prononce exactement la même Professio fidei que celle des Pères du Concile Vatican II, connue sous le nom de Professio fidei tridentino-vaticane. Si, selon les paroles explicites du pape Paul VI, le Concile Vatican II n'a présenté aucune doctrine définitive, ni n'a eu l'intention de le faire, et si la foi de l'Église demeure la même avant, pendant et après le Concile, pourquoi la profession de foi valable dans l'Église jusqu'en 1967 ne serait-elle plus considérée comme une marque de la véritable foi catholique ?

 

Pourtant, la profession de foi tridentine-vaticane est jugée insuffisante par le Saint-Siège pour la FSSPX. Cette profession de foi ne constituerait-elle pas, en réalité, le minimum requis pour la communion ecclésiale ? Si tel n’est pas le cas, qu’est-ce qui, honnêtement, pourrait constituer un minimum ? La FSSPX est tenue, comme condition sine qua non, de prononcer une profession de foi par laquelle elle accepte les enseignements pastoraux, et non définitifs, du dernier concile et du magistère subséquent. Si telle est véritablement cette prétendue 'exigence minimale', alors le cardinal Victor Fernández semble jouer avec les mots !

 

Le pape Léon XIV a déclaré, lors des vêpres œcuméniques du 25 janvier 2026, à la clôture de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, qu’une unité existe déjà entre catholiques et chrétiens non catholiques, car ils partagent le minimum de la foi chrétienne : 'Nous partageons la même foi en un seul Dieu, le Père de tous les hommes ; nous confessons ensemble un seul Seigneur et vrai Fils de Dieu, Jésus-Christ, et un seul Esprit Saint, qui nous inspire et nous pousse à la pleine unité et au témoignage commun de l’Évangile' ( Lettre apostolique In Unitate Fidei, 23 novembre 2025, p. 12). Il a ajouté : 'Nous sommes un ! Nous le sommes déjà ! Reconnaissons-le, vivons-le et rendons-le visible !'

 

Comment cette déclaration peut-elle être conciliée avec l'affirmation faite par des représentants du Saint-Siège et certains hauts dignitaires du clergé selon laquelle la FSSPX n'est pas doctrinalement unie à l'Église, étant donné que la FSSPX professe la Professio fidei des Pères du Concile Vatican II — la Professio fidei tridentine-vaticane ?

 

L’octroi de nouvelles mesures pastorales provisoires à la FSSPX pour le bien spirituel de tant de fidèles catholiques exemplaires témoignerait profondément de la charité pastorale du Successeur de Pierre. Ce faisant, le pape Léon XIV ouvrirait son cœur paternel à ces catholiques qui, d’une certaine manière, vivent en marge de l’Église, leur permettant de ressentir que le Siège apostolique est véritablement une Mère, y compris pour la FSSPX.

 

Les paroles du pape Benoît XVI devraient éveiller la conscience de ceux qui, au Vatican, décideront d'autoriser les consécrations épiscopales pour la FSSPX. Il nous rappelle :

 

'En repensant au passé, aux divisions qui, au cours des siècles, ont déchiré le Corps du Christ, on a constamment l’impression qu’aux moments critiques où ces divisions se manifestaient, les responsables de l’Église n’ont pas fait assez pour maintenir ou retrouver la réconciliation et l’unité. On a l’impression que les omissions de l’Église ont porté une part de responsabilité dans le durcissement de ces divisions. Ce regard sur le passé nous impose aujourd’hui une obligation : celle de tout mettre en œuvre pour que tous ceux qui désirent véritablement l’unité puissent y demeurer ou la retrouver.' (Lettre aux évêques à l’occasion de la publication de la Lettre apostolique 'motu proprio data' Summorum Pontificum sur l’usage de la liturgie romaine avant la réforme de 1970 , 7 juillet 2007)

 

'Peut-on rester totalement indifférent à une communauté qui compte 491 prêtres, 215 séminaristes, 6 séminaires, 88 écoles, 2 instituts universitaires, 117 frères religieux, 164 sœurs religieuses et des milliers de fidèles laïcs ? Devons-nous les laisser s’éloigner de plus en plus de l’Église ? Et la grande Église ne devrait-elle pas, elle aussi, se montrer généreuse, consciente de son immense étendue, consciente de la promesse qui lui a été faite ?' (Lettre aux évêques de l’Église catholique concernant la levée de l’excommunication des quatre évêques consacrés par Mgr Lefebvre, 10 mars 2009).

 

Des mesures pastorales provisoires et minimales pour la FSSPX, entreprises pour le bien spirituel de ses milliers de fidèles à travers le monde – y compris un mandat pontifical pour les consécrations épiscopales – permettraient de créer les conditions nécessaires pour dissiper sereinement les malentendus, les questions et les doutes d’ordre doctrinal suscités par certaines déclarations des documents du Concile Vatican II et du Magistère pontifical subséquent. Parallèlement, ces mesures offriraient à la FSSPX l’opportunité de contribuer de manière constructive au bien de toute l’Église, tout en maintenant une distinction claire entre ce qui relève de la foi divinement révélée et de la doctrine définitivement proposée par le Magistère, et ce qui, ayant un caractère essentiellement pastoral dans des circonstances historiques particulières, est donc ouvert à une étude théologique approfondie, comme cela a toujours été la pratique au sein de l’Église.

 

Soucieux de l’unité de l’Église et du bien spirituel de tant d’âmes, je lance un appel empreint de respect et de charité fraternelle à notre Saint-Père le pape Léon XIV :

 

Très Saint-Père, accordez le mandat apostolique pour les consécrations épiscopales de la FSSPX. Vous êtes aussi le père de vos nombreux fils et filles – deux générations de fidèles qui, jusqu'à présent, ont été pris en charge par la FSSPX, qui aiment le Pape et qui aspirent à être de véritables fils et filles de l'Église romaine. Aussi, tenez-vous à l'écart des partis pris et, avec un grand esprit paternel et un esprit véritablement augustinien, montrez que vous bâtissez des ponts, comme vous l'avez promis devant le monde entier lors de votre première bénédiction après votre élection. Ne laissez pas l'histoire de l'Église vous marquer comme celui qui a échoué à construire ce pont – un pont qui aurait pu être bâti en ce moment véritablement providentiel, avec une volonté généreuse – et qui, au contraire, a permis une division supplémentaire, inutile et douloureuse, au sein de l'Église, alors même que se déroulaient des processus synodaux se targuant d'une ampleur pastorale et d'une inclusivité ecclésiale maximales. Comme Votre Sainteté l’a récemment souligné : 'Engageons-nous à développer davantage les pratiques synodales œcuméniques et à partager entre nous qui nous sommes, ce que nous faisons et ce que nous enseignons (cf. François, Pour une Église synodale, 24 novembre 2024)' (Homélie du pape Léon XIV, Vêpres œcuméniques pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, 25 janvier 2026).

 

Très Saint-Père, si vous accordez le mandat apostolique pour les consécrations épiscopales de la FSSPX, l'Église de notre temps n'y perdra rien. Vous serez un véritable bâtisseur de ponts, et plus encore, un bâtisseur de ponts exemplaire, car vous êtes le Souverain Pontife, Summus Pontifex.

 

+ Athanasius Schneider, évêque auxiliaire de l'archidiocèse de Sainte-Marie d'Astana

 

24 février 2026

 

Cf. https://dianemontagna.substack.com/p/exclusive-bishop-schneider-appeals

L'évêque Heiner Wilmer de Hildesheim a été élu à la tête de la conférence des évêques d'Allemagne. Un partisan de la voie synodale, il a pris un ton spirituel ; plus tôt, le nonce pontifical a averti que la réforme peut conduire au schisme.

Catholic News Agency sur X

L'évêque Heiner Wilmer de Hildesheim a été élu mardi président de la Conférence des évêques allemands, succédant à l'évêque Georg Bätzing de Limbourg à la tête de ce puissant organe épiscopal pour un mandat de six ans.

Interrogé sur la possibilité que le Vatican approuve les statuts d'une conférence synodale permanente proposée en Allemagne, Wilmer s'est dit "confiant", soulignant que le pape François et le pape Léon XIV avaient tous deux affirmé que la synodalité était une forme fondamentale de la vie de l'Église. L’organisme proposé représente la dernière version des plans visant à établir un organe permanent en Allemagne à la suite de ce processus controversé , après des interventions répétées du pape François et du Vatican . Cette élection intervient alors que les évêques devraient voter, lors de la même assemblée plénière, sur les statuts de l'organe proposé, qui accorderait aux laïcs un droit de vote égal à celui des évêques sur les questions de gouvernance de l'Église. Le Vatican a exprimé à plusieurs reprises ses inquiétudes concernant cette proposition.

L'évêque a voté conformément à la Voie synodale, l'événement de 2019-2023 qui a adopté des résolutions appelant à la bénédiction des unions homosexuelles et d'autres changements qui ont suscité de vives critiques de la part de Rome et des conférences épiscopales du monde entier

>l'idéologie transgenre: la modification des registres de baptême pour qu'ils correspondent au genre auto-identifié

>une formation obligatoire pour les prêtres et les employés de l'Église sur la question de la diversité de genre

>l'ordination de femmes

Selon le National Catholic Register, Wilmer a également été envisagé — mais finalement non choisi — par le pape François fin 2022 pour diriger le Dicastère pour la doctrine de la foi.

Le nonce a mis en garde contre le risque de schisme

La veille de l'élection de Wilmer, le nonce apostolique en Allemagne, l'archevêque Nikola Eterović, a adressé un message aux évêques contenant une mise en garde explicite contre les réformes susceptibles d'entraîner des divisions.

Lors d'une conférence de presse lundi, le président sortant Bätzing a défendu la voie synodale allemande, déclarant qu'il y a "des points sur lesquels je crois que nous pouvons changer l'enseignement de l'Église pour le bien des gens sans toucher au cœur de ce qui est catholique". Il affirmait que la morale sexuelle de l'Église était "dans une large mesure inefficace" car les fidèles catholiques "laissent tomber et vivent leur vie". [Il est sûr qu'avec de tels pasteurs les fidèles ont de vrais modèles à suivre ! Ndlr.]

Cf. https://www.ewtnnews.com/world/europe/german-bishops-choose-synodal-way-backer-as-new-leader

Le chanoine de Shaftesbury pour Rorate Caeli le 10/02/2026 : ''La longue ombre de Vatican II : ''l'ambiguïté comme cancer de l'Église''

 

''Le concile Vatican II (1962-1965) compte parmi les événements les plus marquants de l'histoire de l'Église catholique. Convoqué par saint Jean XXIII pour ouvrir les fenêtres de l'Église sur le monde moderne, il a produit seize documents abordant tous les sujets, de la liturgie à la liberté religieuse. Pourtant, plus de soixante ans après, le concile demeure une source de profondes controverses, non pas tant pour ses enseignements explicites que pour les points restés obscurs. Le problème n'est pas que Vatican II ait été hérétique, mais qu'il ait été ambigu. Et c'est dans cette ambiguïté que sont nés les germes de la confusion, qui ont donné naissance à certains des développements théologiques les plus troublants de l'histoire moderne de l'Église. Lorsqu'un concile peut être interprété de manière à sembler contredire deux mille ans d'enseignement constant, c'est que quelque chose a gravement déraillé. Il ne s'agit pas d'un argument contre les conciles œcuméniques ou le développement doctrinal légitime, mais d'un plaidoyer pour la clarté. Car lorsque l'Église s'exprime en termes vagues, même involontairement, ce sont des âmes qui sont en jeu.

 

La nature du problème : l’ambiguïté comme rupture

 

Vatican II s'est présenté comme un concile pastoral, et non dogmatique. Cette distinction est importante. Les Pères conciliaires affirmaient ne pas définir de nouveaux dogmes, mais plutôt exprimer des vérités éternelles d'une manière accessible au monde moderne. Cela paraît noble et louable. Mais voici le problème : privilégier le ton pastoral à la précision doctrinale, c'est risquer de dire des choses qui sonnent bien, mais qui signifient… quoi, au juste ?

 

Prenons l’expression 'subsiste dans' tirée de Lumen Gentium. Le Concile a déclaré que l’Église du Christ 'subsiste dans' l’Église catholique, plutôt que d’utiliser la formulation traditionnelle selon laquelle l’Église du Christ 'est' l’Église catholique. Depuis lors, les théologiens débattent de la signification exacte de 'subsiste dans'. Suggère-t-elle que l’Église du Christ existe, de manière imparfaite, au sein d’autres communautés chrétiennes ? Ou s’agit-il simplement d’une façon plus nuancée d’exprimer ce que les catholiques ont toujours cru ? Le fait que ce débat persiste soixante ans plus tard en dit long sur les dangers de l’ambiguïté.

 

Le cardinal Ratzinger et le cardinal Betti ont tous deux défendu cette expression en arguant qu'elle expliquait les manifestations de la grâce en dehors de l'Église. Certes, on peut affirmer que certaines manifestations de la grâce se produisent hors de la communion visible de l'Église catholique. Cependant, cette expression recèle aussi des sources de confusion, car, pour un œil non averti, elle tend à minimiser le rôle de l'Église comme seule institution fondée par le Christ. Peut-être qu'au moment du Concile, une autre expression aurait été plus appropriée pour expliquer cela, sans risquer cette ambiguïté.

 

Les défenseurs du Concile soutiennent que ce type de langage représente un développement doctrinal légitime au sens où le concevait saint John Henry Newman : un déploiement organique de la vérité fidèle au dépôt de la foi. Or, pour Newman, un développement authentique impliquait la préservation du type, la continuité des principes et la cohérence logique avec l’enseignement antérieur. Lorsqu’un 'développement' semble contredire ce qui a précédé, ou lorsqu’il exige des décennies de contorsions théologiques pour se concilier avec l’enseignement magistériel antérieur, il convient de se demander : s’agit-il d’un développement, ou d’une rupture déguisée en développement ?

 

Le problème est particulièrement flagrant dans Dignitatis Humanae, la déclaration du Concile sur la liberté religieuse. Ce document affirme que toute personne a droit à la liberté religieuse et que l'État ne doit contraindre personne en matière de religion. À première vue, cela semble raisonnable, voire évident pour nos oreilles modernes. Mais cela pose un problème majeur lorsqu'on le met en parallèle avec les enseignements pontificaux antérieurs.

 

Il convient toutefois de noter que l'Église catholique, contrairement à d'autres religions, ne recourt pas à la conversion par la force. Le problème réside ici encore dans la formulation et les difficultés d'interprétation et d'ambiguïté qu'elle engendre. Sous un certain angle, le texte de Dignitatis Humanae se heurte aux problèmes soulevés par le pape Grégoire XVI dans Mirari Vos (1832), où les idées, si elles ne sont pas explicitées avec soin par une subtile pirouette linguistique, conduisent à l'indifférentisme critiqué par le pape.

 

Ceci est réaffirmé dans le Syllabus des erreurs (1864) du pape Pie IX, où, condamnant l'indifférentisme et le latitudinarisme, il réfute l'idée que 'tout homme est libre d'embrasser et de professer la religion qu'il jugera vraie à la lumière de la raison » (n° 15). Or, il ne s'agissait pas d'entretiens informels ou de remarques prises à la légère. Non, c'étaient des déclarations papales solennelles sur des questions de foi et de morale.

 

Que s'est-il donc passé lors du concile Vatican II ? L'Église a-t-elle soudainement réalisé que Grégoire XVI et Pie IX avaient eu tort ? La vérité a-t-elle changé ? Ou bien Dignitatis Humanae est-elle compatible avec l'enseignement antérieur d'une manière qui nécessite des explications approfondies ?

 

Le père John Courtney Murray, l'un des principaux architectes et commentateurs de Dignitatis Humanae, a reconnu le problème. Il a admis que le document représentait un développement doctrinal qui 'reste à être expliqué par le magistère'. C'est un problème sérieux. L'un des auteurs du document lui-même a reconnu qu'il nécessitait des éclaircissements supplémentaires pour démontrer sa continuité avec la tradition. Ce n'est pas une simple remarque ; c'est l'aveu que le Concile a laissé une question doctrinale en des termes très ambigus.

 

Le problème n'est pas seulement théorique. Si l'Église peut revendiquer ce qui semble être un 'droit à l'erreur' en matière religieuse (comme le prétendent les critiques de Dignitatis Humanae ), qu'advient-il de son enseignement traditionnel selon lequel l'erreur n'a pas de droits, seules les personnes en ont ? Faute de clarté sur ce point, on aboutit à une incohérence théologique : affirmer à la fois que l'Église catholique détient la plénitude de la vérité et que l'erreur religieuse mérite une protection, voire un encouragement. L'ambiguïté de Dignitatis Humanae a ouvert la boîte de Pandore. Dès lors qu'on suggère que l'État doit traiter toutes les religions avec neutralité, il devient très difficile de soutenir que le catholicisme est la seule vérité susceptible d'influencer la vie publique. Le document a tenté de trouver un juste milieu, mais le fil glisse constamment.

 

Certains défendent Dignitatis Humanae, arguant, selon une certaine perspective, que ce document aborde des questions différentes des enseignements pontificaux antérieurs. Cependant, cette interprétation se heurte à un obstacle majeur : la confusion engendrée par ce document a conduit nombre de personnes, même au sein de l’Église, à remettre en question le rôle unique de l’Église dans le salut.

 

En définitive, l'interprétation repose sur la question de savoir précisément ce que les documents antérieurs condamnaient et si Dignitatis Humanae aborde la même question ou une question différente. Le père Murray revendiquait une continuité avec la tradition tout en reconnaissant l'évolution de la compréhension de la dignité humaine et des limites de la coercition étatique, tandis que d'autres, comme Yves Congar, considéraient ce document comme fondamentalement en rupture avec les enseignements pontificaux antérieurs.

 

Si Vatican II a semé les graines de l'ambiguïté, les décennies qui ont suivi nous en ont montré les conséquences. Le langage ambigu du Concile a été interprété de manière de plus en plus radicale, souvent par des personnes se réclamant de l''esprit de Vatican II' (une expression qui devrait tirer la sonnette d'alarme, puisqu'elle admet implicitement que la lettre de Vatican II est ambiguë !).

 

Nous l'avons constaté dans la liturgie, où l'appel du Concile à une 'participation active' et l'autorisation des langues vernaculaires sont en quelque sorte devenus un prétexte pour démanteler le culte traditionnel et le remplacer par des guitares folk et des bannières en feutre.

 

Nous l'avons constaté en ecclésiologie, où l'accent mis par le Concile sur l'Église comme 'Peuple de Dieu' a été utilisé pour minimiser l'autorité hiérarchique et promouvoir des processus démocratiques qui n'ont pas leur place dans la tradition catholique.

 

Nous l'avons constaté dans l'activité missionnaire de l'Église, où le respect du Concile pour les autres religions s'est transformé en un relativisme de fait qui remet en question la nécessité même de se convertir au catholicisme.

 

Mais c’est peut-être dans les récentes déclarations papales, et notamment celles du pape François, que la trajectoire qui mène de l’ambiguïté à la confusion a été la plus manifeste.

 

En 2016, le pape François a publié Amoris Laetitia, une exhortation apostolique sur le mariage et la vie de famille. Une grande partie de ce document contient de belles réflexions sur l'amour, le mariage et la famille. Mais une section, le chapitre 8, et plus particulièrement la note 351, a déclenché une vive polémique qui perdure encore aujourd'hui. Au cœur de cette ambiguïté se trouve la question suivante : les catholiques divorcés et remariés civilement (qui n'ont pas obtenu d'annulation de leur mariage et restent donc validement mariés à leur premier conjoint aux yeux de l'Église) peuvent-ils recevoir la sainte communion ? L'enseignement de l'Église est clair depuis deux millénaires : non. Pourquoi ? Parce que recevoir la communion en état de péché grave objectif (ce qu'est l'adultère) profane l'Eucharistie et porte atteinte à l'âme du communiant.

 

Mais Amoris Laetitia semble suggérer que, dans certains cas, après un discernement avec un pasteur, ces couples pourraient être admis aux sacrements. Le langage employé est, comme à son habitude, vague et ambigu. Le pape François a parlé d’'intégration' et d’'accompagnement', et de la nécessité d’éviter une application 'rigide' des normes morales. L’implication était suffisamment claire pour que les conférences épiscopales du monde entier interprètent le document différemment : certaines affirmant qu’il n’avait pas changé, tandis que d’autres estimaient que les catholiques divorcés et remariés pouvaient recevoir la communion. Le pape lui-même a refusé de clarifier la situation lorsque quatre cardinaux le lui ont formellement demandé par la procédure des dubia.

 

Lire : Les cardinaux des dubia reçoivent leur réponse dans une information donnée seize mois plus tard en quatre lignes !

 

Finalement, l'ambiguïté fut encore accrue par le préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, le cardinal Fernández, lorsqu'en septembre 2023 il réaffirma officiellement les directives des évêques d'Argentine. Ces directives stipulaient qu'il existe un chemin de discernement qui peut, dans certains cas, conduire aux sacrements de Pénitence et d'Eucharistie pour les catholiques divorcés et remariés civilement, même s'ils ne vivent pas dans une continence complète. Ces directives furent ensuite publiées dans les Acta Apostolicae Sedis (éditions officielles du Saint-Siège), confirmant ainsi leur importance.

 

Le problème, c'est qu'il ne s'agit pas d'un simple désaccord sur la stratégie pastorale. La question touche à l'indissolubilité du mariage : une doctrine qui remonte au Christ lui-même, qui a dit : 'Que l'homme ne sépare pas ce que Dieu a uni' (Matthieu 19,6). Si une personne validement mariée peut avoir une relation sexuelle avec une autre personne et être toujours considérée comme étant en état de grâce suffisant pour recevoir la communion, qu'advient-il de l'enseignement de l'Église sur l'adultère ? Qu'advient-il de la permanence du lien matrimonial ?

 

Le problème, encore une fois, c'est l'ambiguïté.

 

Amoris Laetitia ne rejette pas explicitement l'enseignement de l'Église sur le mariage. Cependant, son langage est suffisamment souple pour permettre des interprétations contraires. Or, lorsque différents évêques interprètent un document papal de manière contradictoire – certains autorisant la communion pour les remariés et d'autres la refusant –, l'Église ne parle plus d'une seule voix. Les fidèles se trouvent alors plongés dans la confusion, et la confusion n'est pas un don du Saint-Esprit. Enfin, sur ce point, l'interprétation du cardinal Fernández, qui préconise un discernement au cas par cas, conduit non seulement à l'ambiguïté, mais aussi à l'arbitraire et à la casuistique !

 

Cependant, l'histoire ne s'arrête pas là : en décembre 2023, le Dicastère pour la Doctrine de la Foi, avec l'approbation du pape François, a publié Fiducia Supplicans, une déclaration autorisant la bénédiction des 'couples en situation irrégulière', y compris les couples de même sexe. Le document insistait sur le fait qu'il s'agissait de bénédictions 'pastorales', et non liturgiques, et qu'elles ne constituaient pas une approbation de l'union irrégulière elle-même. Cette distinction s'est avérée trop subtile pour être comprise par la plupart des fidèles, y compris par de nombreux évêques, qui ont publiquement refusé d'appliquer le document dans leurs diocèses. Si un prêtre peut bénir un couple de même sexe, comment le catholique lambda (ou l'observateur non catholique) est-il censé comprendre que cela ne signifie pas que l'Église approuve les relations homosexuelles ?

 

L’Église enseigne, sur la base de l’Écriture et du droit naturel, que les actes homosexuels sont intrinsèquement désordonnés et que les unions entre personnes de même sexe ne peuvent être bénies car elles impliquent un engagement à commettre des actes pécheurs. La Congrégation pour la Doctrine de la Foi l’a affirmé clairement dans une réponse de 2021, approuvée explicitement par le pape François : l’Église 'n’a pas, et ne peut avoir, le pouvoir de bénir les unions de personnes de même sexe'.

 

Pourtant, deux ans plus tard, l'encyclique Fiducia Supplicans semble affirmer le contraire – ou du moins, elle exprime une idée suffisamment différente pour que les évêques du monde entier soient en désaccord sur sa signification et sur son application. Une fois de plus, l'ambiguïté engendre la confusion. Et une fois de plus, cette confusion touche à des enseignements moraux fondamentaux concernant la sexualité humaine et le mariage.

 

Cependant, le fruit le plus flagrant de cette confusion est sans doute l'indifférentisme qui s'est installé au sein de l'Église, un problème aggravé ces dernières années, même par ceux qui sont chargés de confirmer la foi. En septembre 2024, lors d'une visite apostolique à Singapour, le pape François a tenu des propos sur le pluralisme religieux qui ont semé la confusion et l'indignation, tant au sein de l'Église catholique qu'à l'extérieur. À Singapour, il a suggéré que la multiplicité des religions est un 'don' et que les différentes confessions sont autant de 'chemins vers Dieu' ou de 'langages' permettant d'atteindre le Divin. Il a encouragé le dialogue plutôt que la division et a insisté sur ce qui unit plutôt que sur ce qui divise.

 

À première vue, cela semble charitable, surtout dans une société pluraliste. Mais à y regarder de plus près, un problème sérieux se pose. Si toutes les religions sont des voies également valables vers Dieu, pourquoi le Christ a-t-il ordonné à ses apôtres d’'aller et de faire des disciples de toutes les nations' (Matthieu 28:19) ? Pourquoi Pierre a-t-il déclaré qu’'il n’y a de salut en aucun autre, car il n’y a sous le ciel aucun autre nom donné parmi les hommes par lequel nous devions être sauvés' (Actes 4:12) ? Pourquoi d’innombrables missionnaires ont-ils sacrifié leur vie pour apporter l’Évangile à ceux qui ne connaissaient pas le Christ, si les gens empruntaient déjà des voies parfaitement valables vers Dieu à travers leurs religions respectives ?

 

La position catholique traditionnelle est claire : si des éléments de vérité et de bonté peuvent se trouver dans d’autres religions (comme le reconnaît Vatican II dans Nostra Aetate), la plénitude de la vérité n’existe que dans l’Église catholique, et le salut vient par Jésus-Christ. D’autres religions peuvent contenir des vérités partielles qui peuvent préparer à l’Évangile, mais elles ne constituent pas des voies de salut équivalentes.

 

Pourtant, les propos du pape François à Singapour laissent entendre autre chose, ou du moins, ils sont suffisamment ambigus pour qu'on puisse les interpréter autrement. Ses défenseurs affirment qu'il soulignait simplement que Dieu peut agir à travers différentes cultures et que nous devons respecter les personnes d'autres confessions. Soit. Mais le langage qu'il a employé va au-delà du respect et s'apparente à de l'indifférentisme : l'idée qu'une religion vaut l'autre.

 

Ce problème n'était pas nouveau chez le pape François. Il avait déjà tenu des propos similaires, notamment dans le Document sur la Fraternité humaine de 2019, signé avec le Grand Imam d'Al-Azhar, qui affirmait que 'le pluralisme et la diversité des religions' sont 'voulus par Dieu dans Sa sagesse'. Cette phrase avait suscité une telle controverse que le Vatican avait fini par publier une clarification, elle-même assez ambiguë, laissant entendre que Dieu permettait la diversité religieuse plutôt que de la vouloir activement.

 

Mais voilà le problème : si les déclarations du Pape sur le pluralisme religieux nécessitent des clarifications répétées, et si ces clarifications elles-mêmes suscitent le débat, c’est que les déclarations initiales étaient trop ambiguës. Lorsque le Vicaire du Christ s’exprime sur des questions touchant à l’unicité du Christ et à la nécessité de l’Église pour le salut, nous avons besoin de clarté, non de subtilité.

 

La désorientation de l'ambiguïté doctrinale

 

Sœur Lucie de Fatima, l'une des voyantes qui ont assisté aux apparitions de la Vierge Marie en 1917, évoquait, vers la fin de sa vie, une désorientation diabolique qui affectait l'Église. S'il convient d'être prudent face aux révélations privées, cette expression décrit parfaitement ce qui se produit lorsque l'ambiguïté doctrinale règne : les gens sont désorientés, incapables de discerner le vrai sens de la foi. Cela est particulièrement vrai en Amérique et en Europe occidentale.

 

Le diable n'a pas besoin de convaincre l'Église de promulguer officiellement l'hérésie. Il lui suffit de semer suffisamment de confusion pour que les gens ne puissent plus distinguer le vrai du faux, ou qu'ils perdent confiance en la capacité de l'Église à enseigner de manière définitive. Dès lors, chaque catholique devient son propre magistère, choisissant les enseignements qu'il souhaite accepter selon ses préférences personnelles ou les modes du moment.

 

C’est précisément ce à quoi nous assistons. Certains catholiques progressistes invoquent Vatican II, Amoris Laetitia et le pape François pour justifier leurs positions sur des sujets aussi variés que le divorce, l’homosexualité ou l’indifférence religieuse. D’autres catholiques, quant à eux, se réfèrent à l’enseignement magistériel antérieur à Vatican II et insistent sur le fait que rien ne peut être changé, ni n’a changé. Les deux groupes se réclament de la tradition catholique et peuvent s’appuyer sur des documents de l’Église qui semblent conforter leur position. Résultat ? Division, confusion et affaiblissement du témoignage moral de l’Église dans le monde. Et c’est là le véritable problème : la confusion des fidèles.

 

Le problème s'aggrave : lorsque les fidèles constatent des désaccords entre évêques sur l'interprétation des documents pontificaux, ou des papes semblant contredire leurs prédécesseurs, ils perdent confiance en l'autorité doctrinale de l'Église. Et lorsqu'ils perdent confiance dans le Magistère, ils sont livrés à eux-mêmes pour discerner la vérité, ce qui ressemble étrangement au protestantisme, et c'est précisément ce à quoi l'Église catholique était censée apporter une solution.

 

Et n'oublions pas qu'il ne s'agit pas d'un exercice théorique. L'ambiguïté doctrinale a des conséquences bien réelles pour les âmes. Prenons l'exemple d'un catholique divorcé et remarié qui apprend d'un prêtre qu'il peut communier après un discernement, mais d'un autre qu'il ne le peut pas. Qui doit-il croire ? S'il suit l'interprétation permissive et communie en état de péché mortel, il commet un sacrilège et se perd. S'il suit l'interprétation stricte alors que l'interprétation permissive est la bonne, il se coupe inutilement de la source et du sommet de la vie chrétienne.

 

Prenons l'exemple d'un catholique attiré par les personnes du même sexe qui entend le pape affirmer que Dieu l'a créé et l'aime (ce qui est vrai), mais qui interprète cela (ce qui n'est pas déraisonnable, compte tenu du principe de Fiducia Supplicans) comme signifiant que sa relation homosexuelle fait partie du plan de Dieu pour lui et peut être bénie par l'Église. S'il poursuit une relation homosexuelle sexuellement active en croyant que ce n'est pas un péché, il s'engage dans une grave erreur morale qui met son salut en péril.

 

Imaginez un catholique, dans un pays pluraliste, qui entend le pape affirmer que toutes les religions sont des dons et des chemins vers Dieu. S'il en conclut que l'œuvre missionnaire est arrogante ou que ses amis non chrétiens n'ont pas besoin d'entendre parler de Jésus, il renie la Grande Mission et risque de plonger des personnes dans l'ignorance spirituelle.

 

Il ne s'agit pas de scénarios hypothétiques. Ces situations se produisent quotidiennement. Et elles se produisent parce que les pasteurs de l'Église n'ont pas su s'exprimer avec clarté sur des questions d'importance éternelle.

 

La trahison de la conception newmanienne du développement

 

Les défenseurs du concile Vatican II et de l'enseignement pontifical récent invoquent souvent l'Essai sur le développement de la doctrine chrétienne de saint John Henry Newman pour affirmer que ce qui apparaît comme une contradiction constitue en réalité un développement doctrinal légitime. Or, cette invocation relève souvent d'une mauvaise compréhension, voire d'une trahison, de la pensée de Newman.

 

Saint John Henry a identifié plusieurs caractéristiques d'un développement authentique : la préservation du type, la continuité des principes, la capacité d'assimiler, la progression logique, l'anticipation de l'avenir, la rigueur dans l'action face au passé et une vigueur constante. Le véritable développement préserve l'essence de la doctrine tout en en déployant les implications. Il est organique, à l'image d'un arbre qui pousse à partir d'un semis : il s'agit toujours de la même chose, mais plus pleinement réalisée.

 

Ce que saint Jean Henry n'avait pas envisagé, c'était un 'développement' qui semble contredire un enseignement définitif antérieur, ou qui exige des contorsions linguistiques d'interprétation pour s'accorder avec la tradition. Lorsque John Courtney Murray admet que Dignitatis Humanae représente un développement qui 'reste à expliquer par le magistère', il admet en réalité qu'il ne satisfait pas aux critères de Newman, ou du moins, qu'il est difficile de savoir s'il y satisfait.

 

Le véritable développement ne requiert pas soixante ans de débats théologiques pour déterminer sa cohérence avec l'héritage antérieur. Le véritable développement n'engendre pas d'interprétations divergentes parmi les évêques en règle. Le véritable développement ne rend pas les fidèles moins certains de l'enseignement de l'Église.

 

L'évolution de nombreux pasteurs de l'Église, suite aux ambiguïtés de Vatican II, ne ressemble pas au déploiement organique d'une vérité unique et cohérente. Elle s'apparente plutôt à une dérive, à un relâchement des amarres, chaque génération de responsables ecclésiastiques se sentant plus libre de réviser ou de 'réinterpréter' l'enseignement clair de ses prédécesseurs.

 

Je tiens également à préciser clairement ce que je critique ici. Il ne s'agit pas de remettre en cause la validité du concile Vatican II ni la légitimité du pape François. Il s'agit d'affirmer que l'ambiguïté du langage dans les documents de l'Église, qu'ils soient conciliaires ou pontificaux, est dangereuse, et que les dernières années ont démontré à quel point elle peut l'être.

 

L'Église a l'obligation sacrée d'enseigner clairement, notamment en matière de foi et de morale. Cette obligation lui vient du Christ lui-même, qui a promis que l'Esprit Saint la conduirait à la vérité tout entière et que les portes de l'enfer ne prévaudraient pas contre elle. Lorsque l'Église s'exprime avec ambiguïté sur des questions cruciales, elle risque de manquer à sa mission, car l'ambiguïté favorise l'erreur. Si deux évêques lisent le même document papal et parviennent à des conclusions opposées quant à la possibilité pour les catholiques divorcés et remariés de recevoir la communion, au moins l'un d'eux se trompe. Et si le document avait été clair, cette erreur aurait pu être évitée.

 

Les fidèles ont droit à un enseignement clair et les pasteurs de l'Église ont le devoir de le leur dispenser. Lorsqu'ils reçoivent des messages contradictoires, lorsqu'ils trouvent des documents de l'Église qui semblent affirmer des choses différentes, ils sont lésés par leurs pasteurs.

 

En fin de compte, le Saint-Siège doit reconnaître que certaines formulations de Vatican II étaient ambiguës et les clarifier de manière à démontrer leur continuité avec la Tradition, ou, si cela s'avère impossible, reconnaître que les formulations ambiguës doivent être écartées au profit de l'enseignement clair qui les précédait.

 

L'Église a besoin de papes et d'évêques qui privilégient la rigueur doctrinale à la sensibilité pastorale, non pas que cette dernière soit sans importance, mais parce que le plus grand acte pastoral consiste à dire clairement la vérité. La confusion n'est pas compassionnelle. L'ambiguïté n'est pas miséricordieuse. Laisser les gens dans l'incertitude quant à leur état de grâce ou au péché mortel n'est pas un accompagnement… c'est un abandon.

 

L'Église doit retrouver la conviction que la vérité prime sur le dialogue, la clarté sur la convivialité, et le salut des âmes sur le fait d'éviter de froisser. Cela ne signifie pas être dur ou insensible, mais être honnête. Cela signifie dire les choses difficiles quand elles doivent l'être. Cela signifie ne pas se retrancher derrière un langage pastoral quand la précision doctrinale est de mise.

 

[...] Ce ne sont pas des questions rhétoriques. Ce sont des questions urgentes. Et elles exigent une réponse de la hiérarchie ecclésiastique : de la clarté, maintenant, sur les questions qui touchent au salut. Pas plus de dialogue. Pas plus d’ambiguïté. Pas plus de documents qui nécessitent d’autres documents pour être expliqués. Juste la vérité, dite clairement, dans la continuité de tout ce que l’Église a toujours enseigné.

 

Tout autre comportement constitue une trahison du dépôt de la foi et un danger pour les âmes. Et dans le plan du salut, il n'y a rien de plus grave.

 

Cf. https://rorate-caeli.blogspot.com/2026/02/the-long-shadow-of-vatican-ii-ambiguity.html

Allemagne: la messe de la Danse des Canards

Nous n'oserions jamais faire cela lors d'un événement sérieux, d'une réunion de parents d'élèves, d'un entretien d'embauche, d'une audience de justice ou en présence de politiciens médiocres au Conseil des ministres ou à l'assemblée nationale, et pourtant, cela se produit en présence du Roi des rois. Et c'est la FSSPX le problème ? 

Dans le message envoyé à la nouvelle archevêque de Cantorbéry, Sarah Mullally, à l’occasion de son intronisation, célébré le 25 mars dans la cathédrale de Cantorbéry, Léon XIV a félicité la nouvelle fausse archevêque de Canterbury, une hérétique et partisane de l'avortement. S'adressant à elle en l'appelant "Votre Grâce", il lui a déclaré que, malgré les désaccords, l'Église et l'anglicanisme n'avaient jamais cessé de "cheminer ensemble" : nous marchons tous ensemble, à l'exception de ceux de la FSSPX.

Add. 10 avril 2026

Fraternité Saint-Pie X : le cardinal Aveline prône le « dialogue »

➡️ Dans une interview à KTO, l’archevêque de Marseille appelle à poursuivre le « dialogue » avec la Fraternité Saint-Pie X, qui a annoncé son intention d’ordonner de nouveaux évêques le 1er juillet.

Cf. Famille Chrétienne sur X

 

Sarah Mullally, "archevêque" anglican de Canterbury, rencontrera le pape Léon XIV lundi matin (27 avril).

Elle se joindra ensuite à Léon pour la prière de midi dans la chapelle d'Urbain VIII au Palais apostolique.

Plus tard, elle dirigera Choral Evensong anglican à l'église catholique de Sant'Ignazio di Loyola et installera le nouveau directeur du Centre anglican de Rome dans ses fonctions.

Le cardinal Tagle prononcera l'homélie lors de la chanson anglicane Evensong.

 

Cf. Michael Haynes sur X

 

Léon XIV qui devait continuer Léon XIII fait le contraire de ce dernier qui dans Apostolicae Curae (1896) déclarait que les évêques anglicans étaient des laïcs avec des ordres invalides qui devaient devenir catholiques.

Aujourd'hui (25 avril) Sarah Mullally - qui pense être l'archevêque de Cantorbéry - a prétendu donner une bénédiction dans la chapelle Clémentine, dans la crypte de la basilique vaticane. C'est la chapelle la plus proche de la tombe de saint Pierre.

 

Comme si cela ne suffisait pas, il y a un évêque catholique qui prétend recevoir la "bénédiction".

 

Cf. Père Joao Silveira sur X

 

Une vidéo de 32 secondes d'une ordination anglicane montre l'évêque catholique de Fresno, Joseph Brennan, à l'extrême gauche, participer en récitant la formule de l'ordination et en étendant les mains. Certains insistent sur le fait qu'il ne s'agit pas d'une "co-consécration"...

Cette vidéo capture une "co-consécration" d'un prélat anglican par un évêque catholique. Comment Rome peut-elle ne pas sanctionner Brennan pour - clairement  - saper de façon spectaculaire l'enseignement catholique sur la succession apostolique ? (Et ne vous plaignez pas que je republie un compte de côté - ce sont eux qui ont découvert ces images.)

 

Cf. Damian Thompson sur X

 

Est-ce un acte schismatique de la part de l'évêque Joseph Brennan ou non ? Si ce n'est pas le cas, comment les consécrations de la FSSPX pourraient-elles être ?

 

Mais s'il s'agit d'un acte schismatique, pourquoi ne justifierait-il pas l'excommunication de l'évêque Brennan ? 

 

Cf. Michael Sirilla sur X

 

Il n’y aura là vraisemblablement aucune excommunication pour ordination invalide ni sanction...

On ignore la demande de la FSSPX d'une entrevue avec notre Pape. On ouvre la porte à l’"évêque" anglicane dans la chapelle Clémentine, au-dessus de la tombe de Saint Pierre. Et on prépare l’excommunication pour ceux qui veulent consacrer des évêques dans la tradition catholique. Où est l'Église catholique ?

 

La FSSPX devrait faire savoir à Léon XIV qu'ils consacreront des évêquettes, puis ils seront invités au Vatican pour donner des bénédictions.

Cf. AdVoluntasTua str X

Rome dit opter pour une rupture (Excommunications)

 

D'après les sources romaines de Rorate :

 

Nos sources romaines rapportent que le pape Léon XIV a décidé de suivre la "jurisprudence de 1988 " en ce qui concerne les consécrations épiscopales qui seront conférées au sein de la Fraternité Saint-Pie X (FSSPX) le 1er juillet 2026.

 

On dit qu'il avait déjà préparé un décret similaire, dans son ton et son contenu, à celui que le pape Jean-Paul II avait promulgué par l'intermédiaire du cardinal Bernardin Gantin*, préfet de la Congrégation pour les évêques, le 1er juillet 1988.

 

Le décret déclarerait l'excommunication encourue ipso facto par les évêques consacrants et les évêques nouvellement consacrés, et dénoncerait ces consécrations comme un "acte schismatique", appelant les prêtres et les fidèles à ne pas y donner leur assentiment.

 

Il n'est pas prévu que le Pape reçoive au préalable le Père Davide Pagliarani, Supérieur Général de la FSSPX.

 

Naturellement, les circonstances pourraient changer dans les mois à venir, mais c'est ainsi que les choses se passent maintenant.

 

Cf. https://rorate-caeli.blogspot.com/2026/04/exclusive-society-of-saint-pius-x-sspx.html?m=1

Rorate Caeli sur X

Lundi 27 avril 2026

 

Le Vatican publie des photos de la rencontre d’aujourd’hui du pape Léon XIV avec Sarah Mullally. Dans son adresse à elle, le pape a noté que : "Alors que de nombreux progrès ont été réalisés sur certaines questions historiquement divisives, de nouveaux problèmes ont émergé ces dernières décennies, rendant le chemin vers une pleine communion plus difficile à discerner."

Bien sûr, parmi ces nouveaux problèmes, le principal est le fait qu’une femme vêtue d’habits liturgiques est désormais présentée — et célébrée par le Vatican et même par le pape — comme quelqu’un qui semble avoir des ordres valides alors qu’elle n’en a pas — d’abord parce qu’elle est une femme et ensuite parce qu’elle est anglicane. À tel point que, lors de sa visite à la basilique Saint-Pierre dimanche, un officiel du Vatican (l’archevêque Flavio Pace, secrétaire du Dicastère pour la promotion de l’unité des chrétiens) s’est incliné devant elle dans la chapelle Clémentine — l’un des lieux les plus sacrés des grottes du Vatican, situé juste à côté du tombeau de saint Pierre — et a fait le signe de la croix comme s’il recevait une véritable bénédiction d’elle.

 

Plus de photos et l’adresse complète ici : Diane Montagna sur X

29-04-2026

Le cardinal Victor Manuel Fernández a préparé une déclaration de schisme au cas où la Fraternité Saint-Pie-X procéderait à des consécrations épiscopales à Écône le 1er juillet. Le Vatican prend également des dispositions pastorales pour accueillir ceux qui pourraient quitter la FSSPX après l'ordination de nouveaux évêques sans autorisation papale.

 

C’est ce qu’affirme le journaliste italien Nico Spuntoni. Ses propos interviennent alors que circulent en ligne des rumeurs quant aux personnes qui seraient précisément concernées par le décret préparé par le préfet du dicastère pour la doctrine de la foi.

 

Cf. Diane Montagna

 

11 mais 2026. 

Le pape Léon s'est récemment tenu côte à côte avec des représentants d'églises schismatiques, a célébré ensemble des vêpres et a proclamé : "Nous ne faisons qu'un ! Nous le sommes déjà !" Parmi ces schismatiques auxquels le pape a parlé se trouvaient les orthodoxes apostoliques arméniens, qui ne sont pas chalcédoniens et n'acceptent même pas les deux natures du Christ. Si une attitude aussi généreuse et accommodante peut être montrée aux schismatiques qui rejettent littéralement l'Église des sept premiers conciles, il y a absolument place pour une attitude très généreuse envers la Fraternité à tous les niveaux de l'Église - même si nous accordons que la Fraternité est en schisme. Même si vous n'êtes pas d'accord avec la Société, pourquoi ne pouvons-nous pas adopter l'attitude modelée par Léon lors de sa rencontre avec d'autres schismatiques chrétiens, dont les schismes sont beaucoup plus grands, plus anciens et plus graves ? Seriez-vous prêt à vous tenir aux côtés de la FSSPX et à dire : "Nous en sommes un ! Nous le sommes déjà !" Si vous ne l'êtes pas, alors soit vous partez, soit vous êtes à Rome".

Cf. Philip Campbell, Rome et la FSSPX : tous deux en faute ; One Peter Five via Catholic Christendom sur X Christendom sur X

 

13 mai 2026

Le Vatican lance un avertissement officiel concernant les consécrations prévues de la FSSPX

 

Le canoniste, le père Gerald Murray, soulève des questions non résolues concernant "l'adhésion formelle" au schisme suite à la déclaration publiée aujourd'hui par la DDF.

 

Dans son avertissement public le plus clair à ce jour avant les consécrations épiscopales prévues le 1er juillet par la Fraternité Saint-Pie-X à Écône, en Suisse, le Vatican a déclaré aujourd'hui que procéder sans mandat pontifical constituerait "un acte schismatique" et entraînerait l'excommunication en vertu du droit canonique.

 

Des questions canoniques restent toutefois en suspens quant à la signification de la déclaration d'aujourd'hui pour les prêtres et les fidèles laïcs associés à la FSSPX.

 

Dans une déclaration officielle datée du 13 mai, le cardinal Victor Manuel Fernández, préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, a déclaré :

 

Concernant la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, nous réitérons ce qui a déjà été communiqué. Les ordinations épiscopales annoncées par cette Fraternité ne disposent pas du mandat papal requis. Cet acte constituerait un acte schismatique (Jean-Paul II, Ecclesia Dei , n° 3) et l’adhésion formelle au schisme constitue une grave offense contre Dieu et entraîne l’excommunication prévue par le droit canonique (ibid., 5c ; cf. Conseil pontifical pour les textes législatifs, Note explicative, 24 août 1996). Le Saint-Père continue de prier pour demander au Saint-Esprit d’éclairer les responsables de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X afin qu’ils reconsidèrent la décision extrêmement grave qu’ils ont prise.

 

Plus tôt mercredi, le journaliste italien Nico Spuntoni, écrivant pour Il Giornale, avait annoncé qu'un communiqué du Vatican sur le sujet était imminent.

 

Commentant la déclaration d'aujourd'hui, le père Gerald Murray, canoniste et prêtre de l'archidiocèse de New York, a expliqué qu'en vertu du droit canonique, le schisme entraîne l'excommunication automatique.

 

Il a déclaré que lors des consécrations épiscopales de 1988, organisées par l'archevêque Marcel Lefebvre, seuls les évêques consécrateurs et les évêques consacrés avaient été excommuniés. "Dans sa déclaration d'aujourd'hui", a-t-il affirmé, "le Saint-Siège reprend les termes de 1988, indiquant que, par définition, quiconque consacre et quiconque est consacré encourra cette peine."

 

Il a toutefois fait remarquer que, faute de définition canonique de l’"adhésion formelle" au schisme, le Saint-Siège devrait d’abord préciser ce que ce terme implique. Si l’"adhésion formelle" suppose assurément "une action concrète", a-t-il déclaré, la question qui demeure est de savoir quelles actions spécifiques le Saint-Siège jugerait suffisantes pour constituer une telle adhésion.

 

Le père Murray, dont la thèse de licence de 1995 portait sur le statut canonique des fidèles laïcs associés à feu l'archevêque Lefebvre et à la FSSPX, a poursuivi :

 

Le Saint-Siège n'a jamais répondu à la question de l"hadhésion formelle" en 1988, ni statué publiquement sur l'excommunication des prêtres et laïcs associés à la FSSPX. La note explicative de 1996, citée dans la déclaration, indiquait la position du Concile pontifical sur la nature de l'adhésion formelle au schisme de 1988. Toutefois, cela n'a jamais donné lieu à un décret canonique officiel conférant force de loi aux interprétations du Concile.

 

Il convient de noter que lorsque les excommunications des quatre évêques consacrés par Mgr Lefebvre furent levées par le pape Benoît XVI, les prêtres de la FSSPX ainsi que les religieux et laïcs qui lui sont associés n'ont pas bénéficié d'une levée similaire de la peine d'excommunication. Par conséquent, prêtres et laïcs devront désormais être informés par le Saint-Siège, bien à l'avance, de ce qui constitue une "adhésion formelle", afin qu'ils sachent comment éviter d'encourir cette peine.

 

En réalité, ce serait le devoir du Saint-Siège, par charité, de le faire, a déclaré le père Murray. "Si l'on se trouve dans un lieu où la seule possibilité pratique d'assister à la messe, traditionnelle ou non, est une chapelle de la FSSPX, cela constituerait-il une 'adhésion formelle' ?" a-t-il demandé. "De même, si l'on assistait à la confirmation de son neveu par un évêque de la FSSPX, non pas par soutien aux consécrations épiscopales mais par loyauté familiale, cela constituerait-il une 'adhésion formelle' au schisme ? Autant de questions qui méritent une réponse."

 

La FSSPX, quant à elle, a fait valoir que des circonstances exceptionnelles au sein de l'Église justifient des mesures exceptionnelles pour préserver le sacerdoce traditionnel, la vie sacramentelle et la doctrine. Les partisans des consécrations ont établi un parallèle avec la décision prise en 1988 par Mgr Lefebvre, que le prélat français avait alors défendue comme un "état de nécessité".

 

Les autorités du Vatican ont toutefois toujours rejeté cet argument et soutenu qu'il n'existe aucune nécessité qui puisse justifier des consécrations épiscopales contre la volonté explicite du pape.

 

Le supérieur général de la FSSPX, le père Davide Pagliarani, a, à plusieurs reprises, sollicité une audience privée auprès du pape Léon XIV concernant les préoccupations de la Fraternité et les consécrations prévues, mais aucune rencontre n'a encore été accordée.

 

Cf. Diane Montagna 13 mai via Diane Montagna sur X

 

Les bons bergers font tout ce qu'ils peuvent pour empêcher que les brebis ne soient perdues. Selon le côté du débat sur lequel vous vous situez, cela signifie des choses différentes. Mais l'obstination du Pape à ne pas rencontrer à ce jour (13 mai 2026) la Fraternité Saint-Pie X est une erreur. 500 000 à 800 000 âmes sont en jeu. 

14 mai 2026

Le supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, le père Davide Pagliarani, remet une déclaration de foi catholique au pape Léon XIV

 

Cela intervient un jour après que l’office doctrinal du Vatican a formellement réitéré que procéder aux consécrations épiscopales le 1er juillet constituera un "acte de schisme".

 

La Déclaration se lit comme suit :

 

"Très Saint Père,

 

Depuis plus de cinquante ans, la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X s’efforce de soumettre au Saint-Siège une question de conscience face aux erreurs qui détruisent la foi et la morale catholiques. Malheureusement, toutes les discussions engagées sont restées sans résultat, et aucune des préoccupations exprimées n’a reçu de réponse véritablement satisfaisante.

 

Lire : Le cardinal Robert Sarah a appelé à des "clarifications" de certaines parties de l'interprétation de Vatican II

 

Depuis plus de cinquante ans, la seule solution véritablement envisagée par le Saint-Siège semble avoir été celle des sanctions canoniques. À notre grand regret, il nous semble que le droit canon est ainsi utilisé, non pas pour confirmer dans la Foi, mais pour en éloigner.

 

Dans le texte qui suit, la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X est heureuse d’exprimer à Vous, filialement et sincèrement, sa dévotion à la Foi Catholique, sans rien cacher, ni à Votre Sainteté ni à l’Église Universelle.

 

La Fraternité place cette simple Déclaration de Foi entre Vos mains. Il nous semble qu’elle correspond au minimum indispensable pour être en communion avec l’Église, et pour nous dire véritablement catholiques et, par conséquent, vos fils.

 

Nous n’avons pas d’autre désir que celui de vivre et d’être confirmés dans la Foi Catholique Romaine."

 

Suite:

 

Lisez la déclaration complète de la Foi Catholique ici: 

 

(Traduction blog Christ-Roi)

 

Déclaration de foi catholique adressée au pape Léon XIV

 

DÉCLARATION DE FOI CATHOLIQUE

 

Au nom de Notre Seigneur Jésus-Christ, Sagesse divine, Verbe incarné, Qui a voulu une seule religion, Qui a rendu l'Ancienne Alliance définitivement nulle et non avenue, Qui a fondé une seule Église, Qui a triomphé de Satan, Qui a conquis le monde, Qui demeure avec nous jusqu'à la fin des temps et Qui reviendra juger les vivants et les morts.

 

Lui, l'Image parfaite du Père, le Fils de Dieu fait homme, a été désigné comme l'unique Rédempteur et Sauveur du monde par l'Incarnation et le sacrifice volontaire de la Croix. Notre Seigneur a satisfait à la justice divine en versant son Précieux Sang, et c'est dans ce Sang qu'il a établi la Nouvelle et Éternelle Alliance, abolissant l'Ancienne. Il est donc l'unique Médiateur entre Dieu et les hommes et l'unique chemin vers le Père. Seul celui qui le connaît connaît le Père.

 

Par décret divin, la Très Sainte Vierge Marie a été directement et intimement associée à l'œuvre entière de la Rédemption ; nier cette association — selon les termes reçus de la Tradition — revient donc à altérer la notion même de Rédemption telle que voulue par la divine Providence.

 

Il n'y a qu'une seule Foi et une seule Église par lesquelles nous pouvons être sauvés. En dehors de l'Église catholique romaine, et sans la profession de foi qu'elle a toujours enseignée, il n'y a ni salut ni rémission des péchés.

 

Par conséquent, tout homme doit être membre de l'Église catholique pour sauver son âme, et il n'existe qu'un seul baptême pour y être incorporé. Cette nécessité concerne l'humanité entière sans exception et s'applique sans distinction aux chrétiens, aux juifs, aux musulmans, aux païens et aux athées.

 

Le mandat reçu par les Apôtres, celui de prêcher l’Évangile à tout homme et de convertir tout homme à la foi catholique, demeure contraignant jusqu’à la fin des temps et répond à la nécessité la plus absolue et la plus pressante du monde. "Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné." ³ Par conséquent, renoncer à l’accomplissement de ce mandat constitue le plus grave des crimes contre l’humanité.

 

Seule l’Église romaine possède simultanément les quatre marques qui caractérisent l’Église fondée par Jésus-Christ : l’unité, la sainteté, la catholicité et l’apostolicité.

 

Son unité découle essentiellement de l'adhésion de tous ses membres à la seule vraie Foi, fidèlement préservée, enseignée et transmise par la hiérarchie catholique à travers les siècles.

 

Le rejet d'une seule vérité de la Foi détruit la foi elle-même et rend radicalement impossible toute communion avec l'Église catholique.

 

Le seul chemin possible pour rétablir l'unité entre les chrétiens de confessions différentes consiste en un appel urgent et charitable adressé aux non-catholiques afin qu'ils professent la seule vraie Foi au sein de la seule vraie Église.

 

L’Église catholique ne peut en aucun cas être considérée ou traitée sur un pied d’égalité avec une fausse forme de culte ou une fausse église.

 

Le Pontife romain, Vicaire du Christ, est le seul détenteur de l'autorité suprême sur toute l'Église. Lui seul confère directement aux autres membres de la hiérarchie catholique la juridiction sur les âmes.

 

"Le Saint-Esprit n’a pas été promis aux successeurs de Pierre pour qu’ils fassent connaître, par sa révélation, une doctrine nouvelle, mais pour que, par son assistance, ils conservent inviolablement et exposent fidèlement la révélation transmise par les Apôtres, c’est-à-dire le dépôt de la foi."4

 

 

À une foi unique correspond une forme unique de culte, expression suprême, authentique et parfaite de cette même foi.

 

La Sainte Messe est la perpétuation dans le temps du Sacrifice de la Croix, offert pour la multitude et renouvelé sur l'autel. Bien qu'offert sans effusion de sang, le Saint Sacrifice de la Messe est essentiellement expiatoire et propitiatoire. Aucune autre forme de culte n'offre une adoration parfaite. Aucune autre forme de culte qui ne lui soit pas ordonnée n'est agréable à Dieu. Aucun autre moyen n'est suffisant pour la sanctification des âmes.

 

Par conséquent, le Saint Sacrifice de la Messe ne peut en aucun cas être réduit à une simple commémoration, à un repas spirituel, à une assemblée sacrée célébrée par le peuple, à la célébration du mystère pascal sans sacrifice, sans satisfaction de la justice divine, sans expiation des péchés, sans propitiation et sans la Croix.

 

L’aide apportée aux âmes par les sacrements de l’Église catholique est suffisante en toutes circonstances et à toutes les époques pour permettre aux fidèles de vivre en état de grâce.

 

La loi morale contenue dans le Décalogue et perfectionnée dans le Sermon sur la montagne est la seule qui permette d'obtenir le salut des âmes. Tout autre code moral – fondé, par exemple, sur le respect de la création ou sur les droits de la personne humaine – est radicalement insuffisant pour sanctifier et sauver les âmes. Il ne peut en aucun cas remplacer l'unique et véritable loi morale.

 

À l’exemple de saint Jean-Baptiste, la véritable charité nous oblige à avertir les pécheurs et à ne jamais renoncer aux moyens nécessaires au salut de leurs âmes.

 

Celui qui mange le Corps de Notre Seigneur et boit son Sang en état de péché mange et boit sa propre condamnation, et aucune autorité ne peut altérer cette loi contenue dans l'enseignement de saint Paul et dans la Tradition.

 

Les péchés d'impureté contre nature sont d'une telle gravité qu'ils appellent toujours et en toutes circonstances la vengeance de Dieu et sont radicalement incompatibles avec toute forme d'amour chrétien authentique. Un tel mode de vie ne saurait donc en aucun cas être reconnu comme un don de Dieu. Un couple pratiquant ce vice doit être aidé à s'en libérer et ne peut en aucun cas être béni – formellement ou informellement – ​​par les ministres de l'Église.

 

La soumission des institutions et des nations à l'autorité de Notre Seigneur Jésus-Christ découle directement de l'Incarnation et de la Rédemption. Par conséquent, la laïcité des institutions et des nations constitue un rejet implicite de la divinité et de la royauté universelle de Notre Seigneur.

 

La chrétienté n'est pas un simple phénomène historique, mais le seul ordre voulu par Dieu parmi les hommes.

 

Il n'appartient pas à l'Église de se conformer au monde, mais au monde d'être transformé par l'Église.

 

C’est dans cette Foi et ces principes que nous demandons à Celui qui a reçu le charisme de les enseigner que nous demandons instruction et confirmation. Avec le secours de Notre Seigneur, nous préférerions mourir plutôt que de les renier. C’est dans cette Foi immuable que nous désirons vivre et mourir, dans l’espérance qu’elle nous conduise à la vision directe de la Vérité éternelle et immuable.

 

Menzingen, le 14 mai 2026,

en la fête de l'Ascension de Notre Seigneur

 

Davide Pagliarani

 

Notes

 

1 Romains 14:23

 

2 Admonition pontificale romaine aux ordinands au sous-diaconat

 

3 Marc 16:16

 

4 Pasteur Aeternus, chap. 4

 

Cf. Sspx.org Via Diane Montagna sur X / FSSPX Actualités sur X (en français)

Si le pape Léon excommunie la FSSPX –  "cela restera dans l’histoire comme une énorme erreur de rigidité pastorale & de sévérité pastorale unilatérale envers la tradition dans l’Église" -- dit l’évêque Athanasius Schneider

 

Mgr Schneider a été auparavant le visiteur du Sainte-Siège auprès de la FSSPX.

 

Entretien avec Raymond Arroyo dans World Over le 14 mai

Michael Haynes sur X

Le Vatican a formellement émis un avertissement de schisme et d'excommunication à la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, tout en marquant publiquement, au même moment, le "Jour de l'Amitié" annuel avec l'Église orthodoxe copte schismatique. The Catholic Herald sur X, 16 mai 2026

 

Le Vatican, sous influence léonine, a officiellement averti la Fraternité Saint-Pie-X de schisme et d'excommunication, tout en célébrant publiquement la "Journée de l'amitié" annuelle avec l'Église copte orthodoxe schismatique. The Catholic Herald

"Excommuniés ? Mais par qui ? Par ceux qui reçoivent la bénédiction d’une femme schismatique, l’archevêquesse de Cantorbéry, Sarah Mullaly ? Par ceux qui autorisent la bénédiction de Fiducia supplicans ? Et qui s’agenouillent devant la Pachamama ? … Les peines, dans l’Eglise, sont médicinales. Mais alors, la parole de Notre Seigneur, dans l’Evangile, ne devrait-elle pas monter aux lèvres du catholique de bonne volonté : 'Medice, cura teipsum' ('Médecin, guéris-toi toi-même'. Lc 4,23)". Abbé Jean-Michel Gleize, FSSPX, professeur d’apologétique, d’ecclésiologie et de dogme au Séminaire Saint-Pie X d’Écône. "À propos de la déclaration récente du cardinal Fernandez (13 mai 2026)", par l'Abbé Gleize. Extraits : 

 

"[...] Le Nouveau Code de 1983 indique au canon 1323 quelles sont les situations en raison desquelles l’acte accompli ne revêtira nullement, du point de vue juridique du droit canonique, la nature d’un délit. Le n° 4 précise : "N’est punissable d’aucune peine la personne qui, lorsqu’elle a violé une loi ou un précepte : […] a agi […] poussée par la nécessité, ou pour éviter un grave inconvénient, à moins cependant que l’acte ne soit intrinsèquement mauvais ou qu’il ne porte préjudice aux âmes".

 

Le canon suivant 1324 précise au § 1 que "si le délit est intrinsèquement mauvais ou s’il porte préjudice aux âmes », celui qui viole la loi « n’est pas exempt de peine, mais la peine prévue par la loi ou le précepte doit être tempérée, ou encore une pénitence doit lui être substituée, si le délit a été accompli par qui a agi […] poussé par le besoin ou pour éviter un grave inconvénient". Et le § 3 du même canon précise encore que "dans les circonstances dont il s’agit au § 1, le coupable n’est pas frappé par une peine latae sententiae".

 

Ainsi donc, d’après le droit de l’Eglise, celui qui ne respecte pas la loi ne commet aucune délit punissable pourvu qu’il y soit poussé par la nécessité et que ce non-respect n’équivale pas à un acte intrinsèquement mauvais ou préjudiciable aux âmes. Et même si cette équivalence était vérifiée, l’acte alors délictueux ne saurait être sanctionné d’une peine latae sententiae, encourue par le fait même du délit.

 

5. Le n° 7 du canon 1323 précise encore que l’acte accompli ne revêtira nullement, du point de vue juridique du droit canonique, la nature d’un délit non seulement s’il a été effectivement accompli en raison d’une nécessité (n° 4) mais encore si celui qui l’a accompli "a cru que se présentait une des circonstances prévues au n° 4" – c’est-à-dire la circonstance d’une nécessité. Autrement dit, même si l’on admet qu’il n’y a pas de nécessité réelle pour justifier l’acte, le simple fait que l’auteur de l’acte l’ait accompli poussé par ce qu’il croyait être une nécessité réelle suffit à excuser du délit.

 

Le n° 8 du § 1 du canon 1324 dit aussi que celui qui "par une erreur dont il est coupable, a cru que se présentait une des circonstances dont il s’agit au n° 4 du canon 1323", il n’est pas exempt de peine, mais celle-ci doit être tempérée, ou encore une pénitence doit lui être substituée. Et vaut toujours ici ce qui est dit au § 3 du même canon 1324 : en pareil cas, la peine latae sententiae n’est pas encourue.

 

6. Ainsi donc, d’après le droit de l’Eglise, celui qui ne respecte pas la loi ne commet aucun délit punissable pourvu qu’il y soit poussé par une nécessité non seulement réelle mais même putative, c’est-à-dire supposée à tort en raison d’une erreur subjective, pourvu que celle-ci ne soit pas coupable mais aille de pair avec la plus entière bonne foi. Et même si l’erreur était coupable, l’acte alors délictueux ne saurait être sanctionné d’une peine latae sententiae, encourue par le fait même du délit.

 

7. Plus fondamentalement encore, et comme ne cesse de le répéter Don Davide Pagliarani, à la suite de Mgr Lefebvre, la Fraternité cherche le bien de l’Eglise, qui est le bien des âmes. Et c’est pour cela qu’elle ne tient pas compte de cette mise en application de la loi ecclésiastique qui voudrait lui imputer un délit et lui infliger la peine correspondante. Pourquoi ? Tout simplement parce que la loi ecclésiastique ne peut pas être mise en application au détriment du salut des âmes. Et c’est précisément pour répondre à la nécessité grave et urgente du salut des âmes que la Fraternité envisage ces consécrations épiscopales.

 

En toute réalité, il n’y a de la part de la Fraternité aucun délit, aucun schisme. Mais seulement le même zèle qui demeure inchangé, même s’il prend des allures paradoxales aux yeux du monde, pour la gloire de Dieu et le salut des âmes.

 

8. Excommuniés ? Mais par qui ? Par ceux qui reçoivent la bénédiction d’une femme schismatique, l’archevêquesse de Cantorbéry, Sarah Mullaly ? Par ceux qui autorisent la bénédiction de Fiducia supplicans ? Et qui s’agenouillent devant la Pachamama ? … Les peines, dans l’Eglise, sont médicinales. Mais alors, la parole de Notre Seigneur, dans l’Evangile, ne devrait-elle pas monter aux lèvres du catholique de bonne volonté : 'Medice, cura teipsum' (Lc 4, 23).

 

 

Cf. https://laportelatine.org/actualite/a-propos-de-la-declaration-recente-du-cardinal-fernandez-13-mai-2026?feed_id=6389

Le site officiel des sacres du 1er juillet est désormais en ligne

 

La cérémonie des sacres épiscopaux annoncés par la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X aura lieu comme prévu le 1er juillet 2026 sur la prairie d’Écône, là même où furent célébrés les sacres de 1988 par Mgr Marcel Lefebvre. Cet événement historique rassemblera près de 15 000 fidèles ainsi qu’environ 1 300 prêtres, religieux et religieuses venus du monde entier.

 

Cf. https://laportelatine.org/actualite/le-site-officiel-des-sacres-du-1er-juillet-est-desormais-en-ligne?feed_id=6392

La FSSPX rejette l'avertissement du cardinal Fernández concernant les consécrations de juillet

Niwa Limbu

17 mai 2026

Le père Gleize a ajouté : "En réalité, il n'y a ni faute, ni schisme au sein de la Fraternité. Seulement le même zèle qui demeure inchangé, même s'il prend des formes paradoxales aux yeux du monde, pour la gloire de Dieu et le salut des âmes."

 

L’archevêque Lefebvre procéda [...] aux consécrations le 30 juin 1988, ce qui amena le pape saint Jean-Paul II à publier le motu proprio Ecclesia Dei, qualifiant cet acte de schismatique. La FSSPX conteste depuis longtemps cette interprétation, insistant sur le fait que l’archevêque Lefebvre avait agi dans un état de nécessité, face à ce que la Fraternité considérait comme une profonde crise doctrinale et liturgique au sein de l’Église après le concile Vatican II.

 

Le dernier échange public entre le cardinal Fernández et le père Gleize semble indiquer que les tensions entre Rome et la Fraternité entrent dans une phase nouvelle et potentiellement décisive à l'approche des consécrations prévues en juillet.

 

Cf. Ad Vaticanum

Les évêques allemands annulent leur "conférence synodale"

 

Le président de la Conférence des évêques allemands a laissé entendre que la première réunion prévue d'un organe synodal controversé serait reportée faute d'approbation de ses statuts par le Vatican.

Pillar Catholic, 19 mai 2026


S'adressant aux médias vendredi , l'évêque Heiner Wilmer a déclaré que la première réunion d'un nouvel organe national permanent composé d'évêques et de laïcs, connu sous le nom de « conférence synodale », ne pourrait avoir lieu à moins que le Vatican n'approuve ses statuts, qui ont été approuvés par les participants au Chemin synodal plus tôt cette année.

La concession du président de la conférence selon laquelle le produit phare du long processus synodal allemand ne pourrait être mis en œuvre sans l'approbation explicite du Vatican, même sous le couvert d'une session provisoire ou informelle, semble être l'indication la plus claire à ce jour que les évêques, en tant que groupe, ne sont pas prêts à défier ouvertement le pape Léon XIV.

 

Et le retard dans la création de la conférence synodale — qu'il soit temporaire ou définitif — pourrait également signaler la fracture ultime d'une majorité d'évêques allemands auparavant unie et attachée à une réforme radicale.

[...] [L]e processus synodal pluriannuel entrepris par les évêques allemands en partenariat avec le Comité central des catholiques allemands (ZdK) s'est officiellement achevé en janvier de cette année.

[...] Les cinq premières assemblées synodales ont été consacrées à l'élaboration de propositions controversées sur un large éventail de questions concernant l'enseignement et la discipline de l'Église, notamment l'ordination des femmes, la sexualité humaine, le clergé marié et la gouvernance laïque.

[C]es réunions et les centaines de pages de résolutions et de propositions qu'elles ont produites aient fait l'objet de nombreux commentaires et critiques, y compris de la part de Rome.

La création d'un organe supradiocésain doté d'un pouvoir de décision supérieur à celui des évêques a été un objectif clé des organisateurs de la voie synodale et, pendant plusieurs années, l'intégration des laïcs dans un organe directeur national a été présentée comme une finalité essentielle du processus synodal par les membres éminents de la Conférence des évêques allemands.

 

Cela restait l'objectif déclaré tant de la direction de la conférence épiscopale que de la ZdK sous le pape François, malgré les avertissements fréquents des dicastères romains selon lesquels un tel organe n'était ni possible au regard du droit canonique, ni compatible avec l'ecclésiologie de l'Église, ce qui a incité un petit nombre d'évêques – dont le cardinal Rainer Maria Woelki de Cologne, l'évêque Stefan Oster de Passau et l'évêque Rudolf Voderholzer de Ratisbonne – à se retirer complètement de la voie synodale.

me surveille constamment en tant qu’évêque. C’est précisément ce que Rome a critiqué. Ce n’est pas souhaitable », a déclaré le cardinal, qui s’est dit « fermement opposé à cette proposition ».

 

L’évêque Peter Kohlgraf de Mayence, un autre partisan auparavant enthousiaste du programme de la voie synodale, a averti que « si l’assemblée synodale se déclare souveraine, cela n’est certainement pas compatible avec l’Église universelle ».

 

 

Finalement, les statuts furent approuvés en janvier par l'instance synodale, les évêques participants ayant adopté le texte à la majorité des deux tiers requise, à une voix près. La conférence épiscopale adopta ensuite le texte de justesse en février.

 

Depuis lors, Rome a fait preuve d'une détermination accrue à réprimer les projets allemands qui vont au-delà de l'enseignement et de la pratique acceptables, dans un contexte de tensions liées aux projets de certains diocèses d'introduire des bénédictions formelles pour les couples divorcés et remariés civilement ainsi que pour les couples de même sexe, malgré l'interdiction de ces pratiques par le document du Vatican Fiducia supplicans .

 

Allemagne ont continué à défendre les projets et les réformes synodaux — y compris les projets de bénédiction des couples — face aux critiques papales directes , l'aveu de l'évêque Wilmer selon lequel la conférence synodale n'aura pas lieu sans l'approbation spécifique de Rome suggère que le soutien parmi les évêques du pays pourrait désormais être passé sous le seuil nécessaire des deux tiers.

 

Si tel était le cas, cela pourrait constituer un changement décisif dans la dynamique des relations entre Rome et l'Allemagne, car cela empêcherait la Conférence des évêques allemands de faire avancer des propositions controversées au nom de l'ensemble de l'épiscopat allemand. Dès lors, chaque évêque serait libre de mettre en œuvre individuellement des propositions et des projets spécifiques.

 

Cela pourrait, en retour, faciliter la formulation et la communication d'une réponse canonique de Rome, si nécessaire — puisqu'elle concernerait des évêques individuels et non la conférence dans son ensemble — et pourrait ouvrir la voie à l'imposition de sanctions canoniques dans certains cas.

 

 

Les précédents cycles de dialogue entre Rome et les évêques allemands au sujet des réformes synodales proposées ont souvent donné l'impression, aux yeux de certains observateurs, d'être une sorte d'impasse chorégraphiée, Rome restant ferme dans ses critiques et les évêques allemands avançant tout en évitant autant que possible la confrontation directe.

 

Pour beaucoup d'observateurs extérieurs, cette dynamique semblait toutefois sous-tendue par le sentiment que les évêques allemands, en tant que conférence unie, étaient trop importants pour que Rome puisse les discipliner tous en même temps.

 

Toutefois, si la conférence épiscopale ne peut plus obtenir une majorité des deux tiers pour l'ordre du jour synodal, ni compter sur le soutien influent de personnalités comme le cardinal Marx, la dynamique pourrait rapidement changer.

 

Si, par exemple, un évêque diocésain décidait aujourd'hui de mettre en œuvre la bénédiction liturgique pour les couples de même sexe, il pourrait s'exposer à des avertissements canoniques aussi sévères que ceux adressés à la hiérarchie de la Fraternité Saint-Pie-X. Cela pourrait inciter davantage d'évêques à se désengager du programme synodal plutôt que d'en subir les conséquences et de voir leur soutien au niveau de la conférence ecclésiastique s'éroder davantage.

 

En effet, étant donné la faible majorité d'une voix parmi les évêques qui ont approuvé les statuts de la conférence synodale plus tôt cette année, il est possible que l'annonce de l'évêque Wilmer selon laquelle l'assemblée ne se réunira pas sans ratification romaine signifie en réalité qu'il n'est plus certain que l'assemblée dispose de la majorité nécessaire d'évêques pour continuer à fonctionner.

 

 

26 mai 2026

La FSSPX annonce que quatre prêtres seront consacrés comme évêques le 1er juillet.

Dans un communiqué publié le 26 mai, 
i à 14h32 (Rome), la FSSPX annonce que quatre prêtres seront consacrés comme évêques le 1er juillet
:

Père Pascal Schreiber, de nationalité suisse ;
Père Michael Goldade, de nationalité américaine ;
Père Michel Poinsinet de Sivry, de nationalité française ;
Père Marc Hanappier, de nationalité française.

Dans un esprit de respect envers l'autorité suprême de l'Eglise universelle, les dossiers de ces prêtres ont été présentés au Saint-Père, accompagnés de certaines explications nécessaires à une bonne compréhension de cette étape, dans le contexte très particulier et exceptionnel de ces consécrations épiscopales.

Le Supérieur général réaffirme que le choix et la consécration de ces élus ne résultent d’aucune volonté de revendiquer un pouvoir de juridiction ni d’établir une autorité parallèle au sein de l’Église. Ils ne constituent en aucun cas une négation, un refus ou une contestation du pouvoir suprême, plein et immédiat de juridiction du Vicaire du Christ sur l’Église universelle.

La cérémonie du 1er juillet n'aura d'autre but que d'assurer la continuité de l'administration des sacrements de l'Ordre et de la Confirmation, ainsi que des sacrements réservés aux évêques, selon le rite traditionnel de la Sainte Église romaine et la Foi immémoriale.

L’épiscopat qui sera reçu par ces prêtres est donc conçu uniquement comme un service rendu aux âmes et à l’Église au milieu de cette crise sans précédent de la Foi.

L’annonce d’aujourd’hui intervient un jour après que la FSSPX a conclu son pèlerinage annuel de trois jours à la Pentecôte, de Chartres à Paris.

Diane Montagna / Fsspx News

La FSSPX annonce son intention d'ordonner des évêques le 1er juillet

Mgr Schneider expose la "question centrale" du débat sur la consécration épiscopale de la FSSPX

''Au fond, le conflit tourne autour de la question de la vérité.''

 

Diane Montagna

 

4 juin 2026

 

ROME, 4 juin 2026 — Alors que la Fraternité Saint-Pie X s'apprête à procéder aux consécrations épiscopales le 1er juillet, l'évêque Athanasius Schneider a publié une nouvelle déclaration affirmant que la controverse dépasse les questions de discipline ecclésiastique et reflète des différends doctrinaux et liturgiques qui persistent au sein de l'Église catholique depuis le concile Vatican II.

 

Intitulé "La question centrale concernant la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X" et publié intégralement ci-dessous, le document est structuré autour de cinq arguments principaux et pose plusieurs questions clés, notamment :

 

Pourquoi l’acceptation inconditionnelle par la FSSPX des textes de Vatican II est-elle présentée comme une condition sine qua non à la pleine communion avec le Saint-Siège, alors qu’aucune exigence comparable n’existe en ce qui concerne les enseignements pastoraux, disciplinaires ou non définitifs des vingt conciles œcuméniques précédents ?

 

Pourquoi faut-il insister sur la réconciliation et le dialogue patient dans le cas des évêques allemands, mais pas dans celui de la FSSPX ?

 

L'évêque Schneider a déclaré qu'il publiait ce texte parce que les discussions sur la Fraternité Saint-Pie-X (FSSPX) et les consécrations épiscopales prévues sont restées largement superficielles, en particulier parmi le clergé et les fidèles attachés aux traditions, sans aborder ce qu'il considère comme les questions fondamentales en jeu.

 

Il soutient que la question centrale concerne les ambiguïtés doctrinales issues du concile Vatican II et leurs effets néfastes et généralisés sur la vie de l'Église au cours des soixante dernières années, notamment la montée du relativisme doctrinal. Il affirme également que des ambiguïtés doctrinales non résolues subsistent dans le Novus Ordo Missae .

 

Selon lui, le légalisme et une conception trop restrictive de la fidélité au pape ont trop souvent primé sur la clarté de la doctrine et du culte. L’Église, affirme-t-il, doit retrouver la primauté de la vérité et de la clarté doctrinale, auxquelles le droit canonique et la papauté elle-même doivent être subordonnés, comme ce fut le cas tout au long de son histoire.

 

L’évêque appelle donc à un débat franc sur ces questions et estime que la FSSPX peut apporter une contribution constructive à l’Église universelle. Il ajoute que cette contribution serait renforcée par une approche plus pastorale du Saint-Siège, notamment par l’intégration progressive de la Fraternité dans la vie normale de l’Église, potentiellement par l’octroi d’un mandat apostolique pour les consécrations épiscopales prévues le 1er juillet.

 

 

 

LA QUESTION ESSENTIELLE CONCERNANT LA FRATERNITÉ SAINT PIE X

Par l'évêque Athanasius Schneider

 

Les questions et problèmes relatifs à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) font l'objet d'un débat largement stérile depuis plus de cinquante ans et ont abouti aux consécrations épiscopales annoncées, qui n'ont pas encore été approuvées par le Saint-Siège. Ce débat, souvent alimenté par l'émotion – parfois littéralement ''cum ira et studio'' –, est fréquemment mené par des personnes qui ne connaissent pas directement les documents pertinents ni n'ont d'expérience personnelle de la FSSPX. Dans bien des cas, leurs connaissances sont superficielles et influencées par des préjugés. De ce fait, le débat ressemble souvent à un dialogue de sourds, où les mêmes arguments sont répétés indéfiniment sans aucun progrès significatif.

 

De plus, le débat élude largement la question centrale soulevée par la FSSPX. Cet échec découle d'une erreur méthodologique fondamentale et d'un manque de justification factuelle concernant les ambiguïtés doctrinales et liturgiques objectives qui sont au cœur de la controverse. Au fond, le conflit porte sur la question de la vérité.

 

1. Vatican II dans le contexte des vingt autres conciles œcuméniques

 

La première erreur consiste à traiter un concile pastoral – en l’occurrence, le Concile Vatican II – comme s’il était entièrement dogmatique, et à présumer que toutes ses déclarations doivent être considérées comme définitives et contraignantes pour tous les catholiques. Ceux qui agissent ainsi oublient que Paul VI lui-même a déclaré : ''Certains se demandent quelle autorité, quelle qualification théologique le Concile a entendu donner à ses enseignements, sachant qu’il s’est gardé d’émettre des définitions dogmatiques solennelles remettant en cause l’infaillibilité du Magistère ecclésiastique. La réponse est connue de quiconque se souvient de la déclaration conciliaire du 6 mars 1964, réitérée le 16 novembre 1964 : compte tenu du caractère pastoral du Concile, il s’est abstenu de prononcer, de manière extraordinaire, des dogmes revêtus de la note d’infaillibilité.'' (Audience générale, 12 janvier 1966). Cela s’applique également aux deux constitutions ''dogmatiques'' du Concile, Dei Verbum et Lumen gentium, puisque l’adjectif ''dogmatique'' possède un sens plus large et ne se limite pas aux dogmes compris comme des enseignements dotés d’infaillibilité.

 

Parmi les vingt autres conciles œcuméniques, on trouve de nombreuses déclarations et documents pastoraux ou disciplinaires qui ne sont plus applicables aujourd'hui (par exemple, le décret du quatrième concile du Latran stipulant : ''Si un seigneur temporel néglige de purifier son territoire de la souillure hérétique, il sera excommunié''), ainsi que des déclarations doctrinales non définitives (par exemple, sur la matière et la forme du sacrement de l'Ordre, du concile de Florence) qui ont été ultérieurement corrigées par le Magistère de l'Église. On ne saurait absolutiser toute forme historique concrète de leadership ecclésiastique, car cela reviendrait à supprimer la distinction nécessaire entre, d'une part, les vérités immuables et éternelles de la foi (Depositum Fidei) et, d'autre part, les divers modes de transmission de ces vérités (par exemple, une déclaration pastorale, une déclaration doctrinale non définitive ou une définition ex cathedra), chacun ayant un degré d'autorité et de force contraignante différent.

 

Aujourd'hui, cependant, pour être en pleine communion avec le Saint-Siège, il faut accepter les affirmations et les enseignements pastoraux de Vatican II, qui, de par leur nature magistérielle, ne sont pas définitifs. Ceci soulève une question importante : pourquoi l'acceptation inconditionnelle des textes de Vatican II est-elle présentée comme une condition sine qua non à la pleine communion avec le Saint-Siège, alors qu'aucune exigence comparable n'existe concernant les enseignements pastoraux, disciplinaires ou non définitifs des vingt conciles œcuméniques précédents ?

 

Parmi les enseignements non définitifs de Vatican II, il en existe plusieurs — notamment ceux concernant

>la liberté religieuse,

>l’œcuménisme,

>le dialogue interreligieux

>et la collégialité — dont les formulations sont ambiguës et difficiles à concilier avec les doctrines enseignées de manière constante par le Magistère depuis l’époque des Pères de l’Église jusqu’à la période qui a immédiatement précédé le Concile.

 

Se pose également la question des carences rituelles et doctrinales du Novus Ordo Missae. Ces préoccupations ne peuvent plus être écartées d'emblée, comme en témoigne, par exemple, l'archimandrite Boniface Luykx dans son ouvrage *A Wider View of Vatican II: Memories and Analysis of a Council Consultor* (Angelico Press, Brooklyn, NY, 2025). Les défauts du Novus Ordo Missae demeurent un sujet de débat sérieux et ne sauraient être passés sous silence. Néanmoins, le Saint-Siège demande à la FSSPX d'accepter non seulement la validité, mais aussi la légitimité et la bonté de la réforme liturgique du Novus Ordo Missae.

 

2. Deux excès modernes dans la vie de l’Église : le légalisme et le papocentrisme.

 

La résolution de la question de la FSSPX est entravée non seulement par une réticence à aborder, avec honnêteté intellectuelle, les questions doctrinales sous-jacentes et à reconnaître l'existence d'ambiguïtés doctrinales nécessitant une correction, mais aussi par une mentalité malsaine qui s'est développée au sein de l'Église au cours des derniers siècles : à savoir, la primauté du légalisme ou du positivisme juridique, associée à un papocentrisme excessif qui frôle une quasi-divinisation de la fonction et de la personne du pape.

 

Ces exagérations modernes dénaturent et restreignent la vie de l'Église en subordonnant la primauté de la pureté et de la clarté de la foi et de la liturgie aux exigences du légalisme et du papocentrisme – un phénomène étranger aux Pères de l'Église et à la grande tradition. Dans cette forme exacerbée de papocentrisme, le Pape et son magistère, même lorsqu'ils ne sont pas strictement dogmatiques ou définitifs, tendent à être considérés comme possédant un caractère absolu et quasi divin. Le climat ecclésial a souvent été façonné, au moins implicitement, par des conceptions qui se rapprochent de telles attitudes.

 

Lire: "Le pape n’est pas un Führer" : le cardinal Müller s’exprime sur l’ultramontanisme

 

La plupart des commentateurs de la controverse actuelle sur les consécrations épiscopales de la FSSPX restent, souvent inconsciemment, influencés par les excès de légalisme et le papisme exacerbé qui caractérisent une grande partie de la vie ecclésiale contemporaine. La loi selon laquelle les consécrations épiscopales effectuées sans autorisation papale – ou contrairement à la volonté exprimée du Pape – constituent un acte schismatique était étrangère à l’époque des Pères de l’Église. En effet, cette loi n’est entrée en vigueur qu’au deuxième millénaire. Le canon 1387 du Code de droit canonique de 1983, qui interdit la consécration d’un évêque sans mandat pontifical, est classé parmi les "offenses contre les sacrements", et non parmi les "offenses contre la foi et l’unité de l’Église", où le schisme est sanctionné (can. 1364). Si la consécration épiscopale sans mandat pontifical était intrinsèquement schismatique, elle serait classée parmi les offenses "contre l’unité de l’Église". Le canon correspondant du Code de 1917 a également été inclus parmi les "Délits dans l’administration et la réception des ordres et autres sacrements" (Titre XVI), plutôt que parmi les "Délits contre la foi et l’unité de l’Église" (Titre XI).

 

3. L’état de crise extraordinaire, voire d'urgence, au sein de l’Église

 

Depuis le Concile Vatican II, l'Église catholique traverse une période d'ambiguïté, de flou et d'incertitude concernant des doctrines essentielles telles que l'unicité du Christ Rédempteur, l'unicité de l'Église catholique, la structure monarchique instituée par Dieu (aux niveaux universel et local) et le caractère sacrificiel de la Sainte Messe. Il est indéniable que ceux qui ont exercé le pouvoir administratif au Saint-Siège ces dernières décennies, et qui l'exercent encore aujourd'hui, exigent de la FSSPX, comme condition sine qua non à la pleine communion avec le Saint-Siège, l'acceptation de ce climat de fait d'ambiguïté et de relativisme doctrinal et liturgique, qui a atteint son paroxysme avec le processus synodal actuel, extrêmement confus, au sein de toute l'Église. Depuis le Concile, et compte tenu de certains enseignements ambigus mentionnés, un processus est en cours pour établir, avec l'autorité du Pontife romain, une prétendue "Église de Vatican II" ou "Église conciliaire". Ce courant, aujourd’hui désigné sous le nom d’"Église synodale", vise fondamentalement à devenir une religion relativiste adaptée au monde. Les tentatives visant à masquer cette nouvelle tendance vers une forme ambiguë, relativiste et mondaine de l’Église catholique par une herméneutique de la continuité sont malhonnêtes et peu convaincantes.

 

4. Le dilemme de conscience de la FSSPX

 

Le Saint-Siège exige de la FSSPX qu'elle accepte des doctrines formulées de manière ambiguë et non définitive comme condition sine qua non à la pleine communion avec lui et à la régularisation canonique. Il s'agit notamment d'enseignements concernant la liberté religieuse, l'œcuménisme, le dialogue interreligieux (y compris, par exemple, l'affirmation de Lumen Gentium 16 selon laquelle les musulmans, avec les catholiques, "adorent le Dieu unique et miséricordieux"), la collégialité épiscopale (entendue d'une manière qui diminue la structure monarchique de l'Église, instituée par Dieu), et les réformes liturgiques liées au Novus Ordo Missae. Le Saint-Siège exige également de la FSSPX qu'elle reconnaisse formellement les déclarations et les enseignements des papes post-conciliaires appartenant au magistère dit authentique et quotidien. Parmi ceux-ci figurent, par exemple, certaines déclarations d'Amoris Laetitia qui sapent gravement, voire contredisent, la Révélation divine ; l'autorisation formelle du pape François permettant aux personnes divorcées et remariées de recevoir la sainte communion ; et la Déclaration sur les bénédictions pour les couples de même sexe, Fiducia Supplicans.

 

Si l’on examine avec une honnêteté intellectuelle la crise extraordinaire qui a frappé l’Église depuis le Concile – ainsi que les ambiguïtés et le relativisme doctrinal, liturgique et pastoral qui l’ont accompagnée –, alors l’existence et l’activité de la FSSPX peuvent être considérées, dans une perspective à long terme et à la lumière des deux mille ans d’histoire de l’Église, comme une œuvre de la divine providence et comme une source d’assistance pour l’Église durant une crise d’une ampleur sans précédent.

 

À la lecture des documents récemment publiés par le Supérieur général de la FSSPX, le Père Davide Pagliarani, et notamment la Déclaration de foi catholique et son Message à la Fraternité et à ses fidèles (ci-joints), on ne peut manquer de constater un esprit profondément catholique, imprégné d'une foi véritable dans la primauté papale et d'une dévotion filiale envers la personne du Souverain Pontife.

 

Le problème auquel est confrontée la FSSPX n'est pas difficile à comprendre. Le Saint-Siège exige qu'elle accepte, sans objection majeure, certains enseignements objectivement ambigus et imprécis du Concile Vatican II, des déclarations ambiguës du magistère pontifical post-conciliaire, ainsi que des failles doctrinales et rituelles objectives dans le Novus Ordo. Or, Dieu n'a jamais exigé l'acceptation de doctrines obscures ou formulées de manière ambiguë, et l'Église, tout au long de son histoire, a toujours agi en conséquence.

 

La FSSPX considère comme une raison d'être essentielle d'appeler, avec parrêsia, à un retour à la clarté et à la pureté absolues de la doctrine que l'Église s'est toujours efforcée de préserver à travers les siècles. Par le passé, les pontifes romains ont enduré persécution, martyre et même schismes plutôt que de tolérer la moindre ambiguïté dans l'expression de la foi. Parmi les exemples les plus notables figurent le rejet du terme ambigu "homoiousios" ; le rejet de l'Hénotikon qui, bien que non formellement hérétique, a néanmoins nui à la clarté de la doctrine christologique et facilité la propagation du monophysisme ; et le rejet des formulations christologiques ambiguës du pape Honorius Ier (+638). Plusieurs papes ont condamné Honorius Ier à titre posthume, non pour hérésie, mais pour ambiguïté doctrinale et pour avoir contribué à la propagation de l'hérésie. L'unité n'est pas, en soi, le critère ultime de la vérité. L'histoire de l'Église connaît de nombreuses situations où des tensions ont existé entre la tradition et l'exercice effectif de l'autorité ecclésiastique.

 

Le fait même que certains enseignements du Concile Vatican II, conjugués à la réforme liturgique, aient engendré – et continuent d’engendrer, tant en théorie qu’en pratique – un affaiblissement de la clarté doctrinale oblige le Pape, à l’exemple de nombre de ses prédécesseurs héroïques, à clarifier et, le cas échéant, à corriger ces enseignements. Il convient de le faire avec une précision et une clarté doctrinales renouvelées, afin qu’aucune interprétation ambiguë ou erronée ne puisse subsister. À cet égard, le principe suivant, qui a longtemps guidé les pontifes romains, demeure plus pertinent que jamais : "L’ambiguïté ne saurait être tolérée dans un synode (concile), dont la principale gloire consiste avant tout à enseigner la vérité avec clarté et à exclure tout risque d’erreur" (Pie VI, Auctorem fidei ).

 

Le drame de la situation actuelle réside dans le fait que le Saint-Siège exige de la FSSPX qu'elle accepte l'ambiguïté doctrinale et liturgique actuelle comme condition sine qua non à la pleine communion et à la régularisation canonique. Lors de la controverse monothélite, lorsque le pape Honorius Ier adopta une position ambiguë, le saint patriarche Sophronius de Jérusalem envoya à Rome son suffragant, Étienne, évêque de Dor, lui recommandant de se rendre auprès du Siège apostolique, où se trouvent les fondements de la doctrine orthodoxe, et de ne cesser de prier et de supplier jusqu'à ce que les autorités compétentes examinent et condamnent cette nouvelle erreur. L'évêque Étienne demeura à Rome pendant dix ans, persévérant dans cette mission jusqu'à ce qu'il soit témoin de la condamnation de l'hérésie par le pape Martin Ier au concile de Latran de 649. D'une certaine manière, la FSSPX remplit aujourd'hui un rôle similaire, exhortant sans cesse le Saint-Siège à mettre fin à cette situation d'ambiguïté et d'incertitude doctrinales et liturgiques. La FSSPX a maintes fois affirmé n'avoir d'autre intention que de former les âmes confiées à sa charge pastorale à devenir de bons chrétiens et de véritables fils et filles de l'Église romaine. En définitive, il convient d'être reconnaissant à la FSSPX pour ce rôle, et les futurs papes le seront assurément.

 

5. La solution pastorale du pape au problème de la FSSPX

 

Le Saint-Siège devrait accorder toute l’attention requise à la Déclaration de foi catholique et au Message aux fidèles publiés par le Supérieur général de la FSSPX, et reconnaître ces documents et actes comme suffisants et satisfaisant aux conditions minimales requises pour la communion ecclésiale. Une excommunication à l’heure actuelle ouvrirait une nouvelle blessure, inutile et évitable, au sein du Corps mystique du Christ.

 

À la lumière de ces documents et actes de la FSSPX, le Pape, animé d'une profonde compassion paternelle, pourrait faire une exception et autoriser les consécrations épiscopales par un geste pastoral d'une grande générosité. En excommuniant les évêques consécrateurs et consacrés, le Souverain Pontife punirait implicitement les fidèles de la FSSPX – une partie de son troupeau – qui l'aiment et le reconnaissent sincèrement, mais qui, confrontés à un véritable dilemme de conscience, n'ont d'autre choix que de continuer à recevoir l'assistance pastorale de la FSSPX, dont l'épiscopat demeure indispensable à l'existence, notamment pour l'administration des sacrements de l'Ordre et de la Confirmation.

 

Par conséquent, uniquement pour le salut des âmes et le bien de l'Église, la FSSPX demande au Souverain Pontife de faire preuve de compréhension, dans les circonstances actuelles, quant à son besoin d'avoir des évêques et d'autoriser les consécrations épiscopales. Malheureusement, malgré ce qu'elle considère comme un dilemme de conscience objectif, la FSSPX est, pour la plupart, perçue comme schismatique et orgueilleuse.

 

Dans un esprit de magnanimité, le Souverain Pontife, en véritable père, pourrait établir un dialogue avec la FSSPX, cette partie de son troupeau, et autoriser, à titre exceptionnel, les consécrations épiscopales afin de favoriser un climat propice à une recherche patiente et progressive, fondée sur une confiance mutuelle accrue, des solutions aux questions doctrinales et aux arrangements juridiques correspondants. L’Église synodale de notre temps devrait être capable d’une telle ouverture pastorale et d’une telle générosité. À la lumière des nombreuses déclarations et initiatives œcuméniques généreuses de ces dernières décennies, elle devrait également démontrer sa capacité à aborder un grave problème ecclésial par le dialogue, la patience et la compréhension au sein même de l’Église catholique.

 

Récemment, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Vatican, a affirmé que, concernant les divergences des évêques allemands, le Saint-Siège ne souhaite pas que les divisions dégénèrent en mesures punitives, soulignant que les problèmes au sein de l'Église doivent, chaque fois que cela est possible, être résolus pacifiquement. Pourquoi cette approche ne serait-elle pas également appliquée à la FSSPX, qui ne renie aucun dogme, reconnaît la primauté du Pape, prie pour lui et lui professe une dévotion filiale, tout en conservant uniquement ce que l'Église a cru et célébré universellement jusqu'au Concile ? Parallèlement, le Chemin synodal allemand a avancé des déviations doctrinales manifestes qui promeuvent de facto des hérésies, voire des positions blasphématoires. Dès lors, pourquoi privilégier la réconciliation et le dialogue patient dans un cas et pas dans l'autre ?

 

Si, cette année, le Pape prononçait une excommunication, un nouvel anathème, contre les évêques consacrants et consacrés, cela resterait dans l'histoire de l'Église comme une erreur d'une sévérité pastorale excessive. Les générations futures et les papes futurs le regretteraient. Pourquoi le Pape devrait-il faire aujourd'hui ce que les générations futures pourraient déplorer demain ? Ne devrions-nous pas tirer les leçons de l'histoire ? Le Pape, en tant que Souverain Pontife, n'est-il pas appelé avant tout à être un bâtisseur de ponts ?

 

 

Pièces jointes :

1) Entretien avec le Supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X du 5 février 2026 ; https://fsspx.news/en/news/interview-superior-general-priestly-society-saint-pius-x-57064

 

2) Message aux fidèles et amis de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X du 7 mars 2026 : https://fsspx.org/en/news/episcopal-consecrations-what-fr-pagliarani-told-members-society-saint-pius-x-59250

 

3) Déclaration de foi catholique adressée à Sa Sainteté le pape Léon XIV par le père Davide Pagliarani, supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, le 14 mai 2026 : https://sspx.org/sites/default/files/documents/2026-05-14_declaration_of_catholic_faith_en.pdf

 

Diane Montagna

Léon XIV rencontre le chanteur pro Lgbt Bad Bunny mais ne rencontre pas la FSSPX.

Léon XIV rencontre le chanteur pro Lgbt Bad Bunny mais ne rencontre pas la FSSPX.

"Cependant, ils refusent d'accepter certains éléments fondamentaux de l'Église, à commencer par plusieurs points du Concile Vatican II. S'ils font ce choix, je suis désolé. Mais nous devons aller de l'avant", a déclaré Léon XIV s'adressant aux journalistes devant la Villa Barberini à Castel Gandolfo à Rome mardi 16 juin à propos de la FSSPX.
Cf. Michael Haynes sur X / Catholic Sat

Léon XIV "révèle ainsi (involontairement) la véritable raison de la menace d’excommunication pesant sur la FSSPX qui n’est pas la consécration de nouveaux évêques sans mandat pontifical, mais le refus du Concile Vatican II, confirmant qu’il utilise de façon instrumentale les sanctions canoniques. Les consécrations épiscopales ne sont qu’un prétexte." (Archevêque Carlo Maria Vigano sur X)

 

Mais si les documents pastoraux conciliaires sont désormais présentés comme essentiels, le père James Martin ne rejette-t-il pas des points fondamentaux de l'Eglise ? La soeur Lucia Caram (défenseure du mouvement LGBT et de l’union entre partenaires homosexuels, déclarant que la Bienheureuse Vierge Marie et le Très chaste Saint Joseph ont vécu une vie de couple "normale") ne rejette-t-elle pas aussi des points fondamentaux ? Les évêques allemands hérétiques ne refusent-ils pas d'accepter certains éléments fondamentaux de l'Église, à commencer par plusieurs points du Concile Vatican II ou du Catéchisme ? Le double standard.

 

"Le pape Léon XIV a exhorté la Fraternité Sacerdotiale Saint-Pie X à ne pas procéder aux consécrations épiscopales prévues le 1er juillet. Pourtant, ses remarques ont peut-être révélé quelque chose de plus significatif : où Rome situe le véritable obstacle à la réconciliation." Analyse de Niwa Limbu

 

Le pape Léon XIV a [...] déclaré que la division au sein de l'Église demeurait "un sujet douloureux", ajoutant que la Fraternité continuait de rejeter "certains éléments fondamentaux de l'Église, à commencer par divers points du concile Vatican II". Sa Sainteté a ajouté : "S'ils font ces choix, je le regrette. Mais nous devons aller de l'avant."

[...] Cependant, l'accent mis publiquement sur Vatican II comme point de divergence confirme des soupçons de longue date. Rome considère toujours les critiques de l'Église post-conciliaire comme le principal obstacle, et non simplement l'intransigeance des lefebvristes.

Si la FSSPX adhère à l'enseignement de l'Église pré-conciliaire, et que Léon XIV indique qu'il ne peut l'accepter en raison des enseignements de Vatican II, alors il existe une exclusion mutuelle perçue entre ce qu'était le catholicisme et ce qu'il est aujourd'hui. Comment maintenir la continuité lorsque les enseignements préconciliaires semblent en contradiction avec les accents post-conciliaires désormais présentés comme essentiels ?

 

Cf. Ad Vaticanum

 

Rappelons que le Vatican a déjà autorisé les instituts religieux à critiquer le concile Vatican II sans pour autant qu'ils soient considérés comme schismatiques

 

Les catholiques ont-ils désormais l'interdiction de critiquer le concile ? Le simple fait d'exprimer une réserve sur un texte conciliaire suffit-il à être soupçonné de schisme ?

 

La réponse est non. Il est bon de s'en souvenir chaque fois que le débat retombe dans la même vieille fausse dichotomie : soit l'acceptation inconditionnelle de chaque ligne des seize documents conciliaires, soit la rupture. Cette dichotomie ne résiste pas à l'analyse, et la meilleure preuve en est que Rome a jadis établi un institut dont les statuts fondateurs reconnaissaient à ses membres le droit à une critique sérieuse de certains textes conciliaires.

 

L'exemple de l'Institut du Bon Pasteur

Le 8 septembre 2006, la Commission pontificale Ecclesia Dei a institué l’Institut du Bon Pasteur (site internet), composé de prêtres de la Fraternité Saint-Pie-X qui revenaient à la pleine communion. Le décret, signé par le cardinal Darío Castrillón Hoyos, a approuvé ses statuts ad experimentum pour une durée de cinq ans. Parmi ces statuts figurait la reconnaissance du droit de ses membres à formuler des critiques sérieuses et constructives de certains textes du Concile, toujours dans un cadre académique et en communion avec le Siège apostolique. Le facteur décisif n’est pas le sort ultérieur de cette clause – qui fut par la suite reformulée dans le contexte de la révision statutaire et d’une crise interne au sein de l’Institut – mais le fait même que Rome l’ait accordée. Car, en l’accordant, l’autorité compétente a implicitement affirmé ce que beaucoup refusent aujourd’hui d’admettre : qu’il est possible de discuter théologiquement du Concile sans quitter l’Église. Si une telle perspective critique était intrinsèquement schismatique ou hérétique, aucune commission papale n’aurait pu l’autoriser, pas même pour une seule journée, pas même à titre expérimental , et certainement pas en prenant toutes les précautions du monde.

 

 

Le Concile n'a pas défini de dogmes

 

L'argument sous-jacent est antérieur à l'affaire du Bon Pasteur. Le Concile Vatican II fut, selon la volonté expresse de ceux qui l’ont convoqué et clôturé, un concile à caractère éminemment pastoral. Il n'a proclamé aucun dogme au sens technique du terme, n'a formulé aucune définition extraordinaire et n'a pas assorti ses enseignements des anathèmes dont les conciles précédents protégeaient les vérités de foi définies. Paul VI lui-même a souligné que le Concile avait évité de prononcer des définitions dogmatiques solennelles, préférant le ton du magistère ordinaire.

 

Il en découle une conséquence : le rapport des fidèles et du théologien aux textes conciliaires n’est pas identique à celui qu’ils entretiennent avec une vérité établie. Ce que le Concile réaffirme comme dogme est certes contraignant, mais il l’est en tant que dogme, et non parce qu’il figure dans un texte du concile. Et ce qui, dans le Concile, relève de l’ordre pastoral, prudentiel ou d’orientation, se prête, par sa nature même, à l’étude, à l’interrogation et à la nuance.

 

Ce que l'Église réglemente

 

L’Église ne cautionne pas une critique libre et indifférenciée ; elle soutient une critique nuancée et encadrée, ce qui est tout à fait différent et beaucoup plus rigoureux. Ce cadre est défini par trois documents du magistère post-conciliaire de l’Église.

 

L’ encyclique Professio Fidei de 1989 distingue précisément les degrés d’adhésion aux vérités de la foi définie, aux vérités définitivement enseignées et au Magistère authentique mais non définitif. L’encyclique Ad Tuendam Fidem (1998) a canoniquement renforcé cette même gradation. Quant à l’instruction Donum Veritatis (1990), sur la vocation ecclésiale du théologien, elle établit la distinction décisive : elle reconnaît expressément que, face à des enseignements non définitifs, le théologien peut soulever des difficultés, des doutes, et même soumettre respectueusement des objections au Magistère, en distinguant soigneusement cette attitude légitime de ce qu’elle appelle la "dissidence".

 

C’est aux enseignements du magistère authentique, mais non définitif, que l’on doit l’obsequium religiosum — l’adhésion respectueuse de l’intelligence et de la volonté — dont parle Lumen Gentium 25. Mais cette adhésion religieuse n’est pas l’adhésion absolue et irrévocable de la foi théologale. Elle admet, dans les domaines qui le permettent, la difficulté sincèrement exposée.

 

L'herméneutique, et non la démolition

 

Le grand malentendu se dissipe lorsqu'on déplace la question du domaine du "oui ou non au Concile" à celui de l'herméneutique. C'est précisément ce qu'a fait Benoît XVI dans son célèbre discours à la Curie romaine le 22 décembre 2005, en opposant "l'herméneutique de la réforme dans la continuité" à "l'herméneutique de la discontinuité et de la rupture".

 

Le problème, selon lui, n’est pas de savoir si les textes peuvent être étudiés en profondeur — même en soulignant leurs ambiguïtés ou leurs formulations qui peuvent être améliorées — mais avec quelle clé ils sont lus : soit comme une continuité organique avec la Tradition, soit comme l’inauguration d’une nouvelle Église .

 

Ce qui est réellement en jeu : Traditionis Custodes, pas Lumen Gentium

 

Lorsqu'on aborde les consécrations épiscopales annoncées par la Fraternité, la première réaction est de les relier à des questions doctrinales : aux objections concernant la liberté religieuse formulées dans Dignitatis Humanae  à l'œcuménisme ou à l'ecclésiologie de Lumen Gentium. Mais ce lien, bien que pratique pour ceux qui souhaitent présenter la question comme un enjeu de foi, n'est en grande partie qu'une illusion.

 

Les consécrations répondent moins à Lumen Gentium qu'à Traditionis Custodes. La messe traditionnelle – la liturgie par laquelle des siècles de saints ont été sanctifiés et que Benoît XVI a reconnue dans Summorum Pontificum comme n'ayant jamais été abrogée – est aujourd'hui activement persécutée par la juridiction même de l'Église : restreinte, marginalisée, soumise à des autorisations accordées avec parcimonie et facilement retirées, et de fait condamnée à une extinction programmée par des moyens administratifs.

 

C’est cette persécution, et non une querelle théologique classique, que de nombreux catholiques vivent comme une véritable nécessité. L’argument repose sur une logique élémentaire : lorsqu’un bien sacramentel de la plus haute importance est menacé de disparition, et que les voies ordinaires permettant d’y accéder se ferment les unes après les autres, une situation extraordinaire se crée qui, pour beaucoup de catholiques, exige des mesures extraordinaires.

 

Les évêques ne sont pas consacrés pour contester un paragraphe conciliaire ; ils sont consacrés pour garantir la survie d'une liturgie et d'un sacerdoce menacés de mort par ceux qui devraient les protéger.

 

Il est possible de discuter de l'existence objective de cet état de nécessité, de sa justification canonique et de l'existence d'alternatives inexplorées. Ce débat est légitime et nécessaire. Mais le dénaturer d'emblée, en le présentant comme un problème d'adhésion à des documents des années 1960, ne contribue ni à la vérité ni à la communion.

 

La frontière avec le schisme

 

La création par Rome d'un institut habilité par la loi pour la critique sérieuse du Concile n'était ni une excentricité ni une imprudence qu'il convenait de corriger. Il s'agissait de la reconnaissance institutionnelle d'une vérité que la théologie fondamentale a toujours enseignée : la foi est due à ce qui est défini, l'adhésion religieuse à ce qui est authentique mais non définitif, et l'étude honnête à tout le reste.

 

Le véritable conflit, douloureux, ne réside pas dans des réserves théologiques présentées avec calme à l'égard de documents anciens et inefficaces, mais bien dans une liturgie persécutée qui pousse nombre de fidèles au bord du gouffre. Quiconque répond à un problème liturgique par l'arsenal des accusations doctrinales instrumentalise le Concile. Et, ce faisant, il rend encore plus difficile la seule voie véritablement catholique – celle de la continuité, de la paix et de la sauvegarde authentique de la Tradition.

InfoVaticana

 

Mgr Schneider : les excommunications de la FSSPX seraient une erreur historique


Mgr Athanasius Schneider dit que Rome doit aborder les questions doctrinales sérieuses soulevées par la Fraternité Saint-Pie X.

 

Dans une déclaration publiée exclusivement par la journaliste américaine Diane Montagna, Mgr Athanasius Schneider soutient que le débat entourant la Fraternité Saint-Pie X ne peut être compris sans aborder les questions doctrinales et liturgiques soulevées depuis le Concile Vatican II. Il appelle à un examen calme de ce qu'il considère comme le véritable cœur du problème :

Les questions et les problèmes liés à la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) ont fait l'objet d'un débat largement stérile depuis plus de 50 ans et ont maintenant abouti aux consécrations épiscopales annoncées, qui n'ont pas encore été approuvées par le Saint-Siège. La discussion a été alimentée par l'émotion - souvent littéralement cum ira et studio - et est souvent menée par des individus qui ne connaissent pas directement les documents pertinents ou l'expérience personnelle de la FSSPX. Dans de nombreux cas, leurs connaissances sont superficielles et façonnées par des jugements préconçus. En conséquence, le débat ressemble souvent à un dialogue de sourds, dans lequel les mêmes arguments sont répétés sans cesse sans aucun progrès significatif.

En outre, le débat contourne largement la question centrale soulevée par la FSSPX. Cet échec découle d'une erreur méthodologique fondamentale et d'un manque de justification factuelle concernant les ambiguïtés doctrinales et liturgiques objectives qui sont au cœur de la controverse. À la base, le conflit tourne autour de la question de la vérité.

 

1. Vatican II dans le contexte des 20 autres conciles œcuméniques


La première erreur consiste à traiter un concile pastoral - en l'occurrence le Concile Vatican II - comme s'il était entièrement dogmatique, et à présumer que toutes ses déclarations doivent être considérées comme définitivement proposées et contraignantes pour tous les catholiques. Ceux qui la font oublient que Paul VI lui-même a déclaré : "Il y a ceux qui se demandent quelle autorité, quelle qualification théologique le Concile avait l'intention de donner à ses enseignements, sachant qu'il évitait de donner des définitions dogmatiques solennelles engageant l'infaillibilité du Magistère ecclésiastique. La réponse est connue de quiconque se souvient de la déclaration conciliaire du 6 mars 1964, répétée le 16 novembre 1964: compte tenu du caractère pastoral du Concile, il évitait de prononcer, d'une manière extraordinaire, des dogmes dotés de la note d'infaillibilité." (Audience générale, 12 janvier 1966). Cela vaut également pour les deux constitutions "dogmatiques" du Concile, Dei Verbum et Lumen gentium, puisque l'adjectif "dogmatique" possède une signification plus large et ne se limite pas aux dogmes compris comme des enseignements dotés d'une infaillibilité.

 

Parmi les 20 autres conciles œcuméniques, on trouve de nombreuses déclarations et documents pastoraux ou disciplinaires qui ne sont plus applicables aujourd'hui (par exemple, le décret du quatrième concile du Latran déclarant : "Si un seigneur temporel néglige de nettoyer son territoire de la saleté hérétique, il sera lié par le lien de l'excommunication", ainsi que des déclarations doctrinales non définitives (par exemple, sur la question et la forme du sacrement de l'Ordre du Concile de Florence) qui ont été corrigées ultérieurement par le Magistère de l'Eglise. On ne peut pas absolutiser toute forme historique concrète de direction de l'Église, car cela éliminerait la distinction nécessaire entre, d'une part, les vérités immuables et durables de la foi (Depositum Fidei) et, d'autre part, les différents modes par lesquels ces vérités sont transmises (par exemple, une déclaration pastorale, une déclaration doctrinale non définitive ou une définition ex cathedra), dont chacune porte un degré différent d'autorité et de force contraignante.

Aujourd'hui, cependant, pour être en pleine communion avec le Saint-Siège, il faut accepter les affirmations et les enseignements de Vatican II qui sont pastoraux et certainement non définitifs en termes de nature magistérielle. Cela soulève une question importante : pourquoi l'acceptation inconditionnelle des textes de Vatican II est-elle présentée comme une condition sine qua non de la pleine communion avec le Saint-Siège, alors qu'il n'existe aucune exigence comparable en ce qui concerne les enseignements pastoraux, disciplinaires ou non définitifs des 20 conciles œcuméniques précédents ?
Parmi les enseignements non définitifs de Vatican II, il y en a plusieurs - en particulier ceux concernant

>la liberté religieuse,

>l'œcuménisme,

>le dialogue interreligieux

>et la collégialité - dont les formulations sont ambiguës et difficiles à concilier avec les doctrines enseignées de manière cohérente par le Magistère depuis l'époque des Pères de l'Église jusqu'à la période précédant immédiatement le Concile.

 

Il y a aussi la question des déficiences rituelles et doctrinales du Novus Ordo Missae. Ces préoccupations ne peuvent plus être écartées d'emblée, comme en témoigne, par exemple, le témoignage de l'archimandrite Boniface Luykx, dans son livre A Wider View of Vatican II : Memories and Analysis of a Council Consultor (Angelico Press, Brooklyn, NY, 2025) . Les défauts du Novus Ordo Missae font toujours l'objet de discussions sérieuses et ne peuvent être simplement passés sous silence. Néanmoins, le Saint-Siège demande à la FSSPX d'accepter non seulement la validité mais aussi la légitimité et la bonté de la réforme liturgique du Novus Ordo Missae.

 

2. Deux excès modernes dans la vie de l'Église : le légalisme et le papocentralisme


La résolution de la question de la FSSPX est entravée non seulement par une réticence à confronter, avec une honnêteté intellectuelle, les problèmes doctrinaux sous-jacents et à reconnaître l'existence d'ambiguïtés doctrinales nécessitant une correction, mais aussi par une mentalité malsaine qui s'est développée au sein de l'Église au cours des derniers siècles : à savoir, la primauté du légalisme ou du positivisme juridique, ainsi qu'un centralisme papal excessif qui se rapproche d'une quasi-divinisation du bureau et de la personne du pape.

 

Ces exagérations modernes déforment et contraignent la vie de l'Église en subordonnant la primauté de la pureté et de la clarté de la foi et de la liturgie aux exigences du légalisme et du centralisme papal - un phénomène étranger aux Pères de l'Église et à la grande tradition. Dans cette forme exagérée de centralisme papal, le pape et son magistère, même lorsqu'ils ne sont pas strictement dogmatiques ou définitifs, ont tendance à être traités comme possédant un caractère absolu et quasi-divin. Le climat ecclésial a souvent été façonné, au moins implicitement, par des hypothèses qui se rapprochent de ces attitudes.

 

La plupart des commentateurs sur la controverse actuelle entourant les consécrations épiscopales de la FSSPX restent, souvent involontairement, influencés par les excès du légalisme et du centralisme papal exagéré qui caractérisent une grande partie de la vie ecclésiale contemporaine. La loi selon laquelle les consécrations épiscopales effectuées sans autorisation papale - ou contrairement à la volonté exprimée par le pape - constituent un acte schismatique, était étrangère à l'époque des Pères de l'Église. En effet, cette loi n'est entrée en vigueur qu'au deuxième millénaire. Le canon 1387 du Code de droit canonique de 1983, qui interdit la consécration d'un évêque sans mandat pontifical, est classé parmi les "offenses contre les sacrements", plutôt que parmi les "offenses contre la foi et l'unité de l'Église", où le schisme est pénalisé (can. 1364). Si la consécration épiscopale sans mandat pontifical était intrinsèquement schismatique, elle serait située parmi les offenses "contre l'unité de l'Eglise". Le canon correspondant dans le Code de 1917 a également été inclus parmi les "délits dans l'administration et la réception des ordres et autres sacrements" (Titre XVI), plutôt que parmi les "délits contre la foi et l'unité de l'Église" (Titre XI).

 

3. L'état de crise extraordinaire, et même l'état d'urgence dans l'Église


Depuis le Concile Vatican II, l'Église catholique connaît un climat d'ambiguïté générale, d'imprécision et d'incertitude concernant des doctrines importantes telles que

>le caractère unique du Christ Rédempteur,

>le caractère unique de l'Église catholique,

>la structure monarchique divinement établie de l'Église (au niveau universel et local)

>et le caractère sacrificiel de la Sainte Messe. Il est indéniablement évident que ceux qui ont détenu le pouvoir administratif au Saint-Siège au cours des dernières décennies, et qui le détiennent encore aujourd'hui, exigent de la FSSPX comme condition sine qua non pour la pleine communion avec le Saint-Siège l'acceptation du climat de facto d'ambiguïté doctrinale et liturgique et de relativisme, qui a atteint son apogée avec le processus synodal actuel, extrêmement confus, dans toute l'Église. Depuis le Concile, avec certains des enseignements ambigus mentionnés, un processus est en cours pour établir, avec l'autorité du Pontife Romain, une soi-disant "Église de Vatican II" ou "Église conciliaire". Cette tendance, de nos jours sous le nouveau nom de "l'Eglise synodale", vise essentiellement à être une religion relativiste adaptée au monde. Les tentatives visant à dissimuler cette nouvelle tendance vers une forme ambiguë, relativiste et mondaine de l'Église catholique à travers une herméneutique de continuité sont malhonnêtes et peu convaincantes.

 

4. Le dilemme de la conscience de la FSSPX

 

Le Saint-Siège exige que la FSSPX accepte des doctrines formulées de manière ambiguë et non définitives comme condition sine qua non pour la pleine communion avec le Saint-Siège et pour recevoir une régularisation canonique. Il s'agit notamment des enseignements concernant

>la liberté religieuse,

>l'œcuménisme,

>le dialogue interreligieux (y compris, par exemple, la déclaration de Lumen Gentium 16 selon laquelle les musulmans, avec les catholiques, "adorent le Dieu unique et miséricordieux"), 

>la collégialité épiscopale (telle qu'elle est comprise d'une manière qui diminue la structure monarchique divinement instituée par l'Église)

>et les réformes liturgiques associées au Novus Ordo Missae.

 

Le Saint-Siège demande également à la FSSPX de reconnaître officiellement les déclarations et les enseignements des papes post-conciliaires qui appartiennent au magistère dit authentique et quotidien. Il s'agit, par exemple, de

>certaines déclarations dans Amoris Laetitia qui sapent sérieusement et même contredisent la Révélation divine ;

>de la permission formelle du pape François pour les personnes divorcées et remariées de recevoir la Sainte Communion ;

>et de la Déclaration sur les bénédictions pour les couples de même sexe dans Fiducia Supplicans.

 

Si l'on examine avec une honnêteté intellectuelle la crise extraordinaire qui a affligé l'Église depuis le Concile - ainsi que les ambiguïtés et le relativisme doctrinal, liturgique et pastoral qui l'ont accompagnée - alors l'existence et l'activité de la FSSPX peuvent être considérées, dans une perspective à long terme et à la lumière des deux mille ans d'histoire de l'Église, comme une œuvre de providence divine et comme une source d'assistance à l'Église lors d'une crise d'une ampleur sans précédent.

 

En lisant les récents documents publiés par le Supérieur général de la FSSPX, le Père Davide Pagliarani, en particulier la Déclaration de foi catholique et son Message à la Fraternité et à ses fidèles (ci-joint ci-dessous), on ne peut manquer de noter un esprit profondément catholique, imprégné d'une véritable foi dans la primauté papale et d'une dévotion filiale envers la personne du Souverain Pontife.

 

Le problème auquel est confrontée la FSSPX n'est pas difficile à comprendre. Le Saint-Siège exige que la FSSPX accepte, sans objection substantielle, certains enseignements objectivement ambigus et non définitifs du Concile Vatican II, des déclarations ambiguës du magistère papal post-conciliaire et des défauts doctrinaux et rituels objectifs dans le Novus Ordo. Pourtant, Dieu n'a jamais exigé l'acceptation de doctrines peu claires ou formulées de manière ambiguë, et tout au long de son histoire, l'Église a toujours agi en conséquence.

 

La FSSPX considère que c'est l'une de ses raisons essentielles d'exister que d'appeler, avec parrhesia, à un retour à la clarté et à la pureté absolues de la doctrine que l'Église a toujours cherché à préserver au cours des siècles. Dans le passé, les Pontifes romains ont enduré la persécution, le martyre et même les schismes plutôt que de tolérer la moindre ambiguïté dans l'expression de la foi. Parmi les exemples les plus remarquables figurent le rejet du terme ambigu homoiousios ; le rejet du Henotikon, qui, bien que non formellement hérétique, a néanmoins sapé la clarté de la doctrine christologique et facilité la propagation du monophysisme ; et le rejet des formulations christologiques ambiguës du pape Honorius Ier (+638). Plusieurs papes ont condamné Honorius Ier à titre posthume, non pas pour hérésie mais pour ambiguïté doctrinale et pour avoir contribué à la propagation de l'hérésie. L'unité n'est pas, en soi, le critère ultime de la vérité. L'histoire de l'Eglise connaît de nombreuses situations dans lesquelles il existait des tensions entre la tradition et l'exercice effectif de l'autorité ecclésiastique.

 

Le fait même que certains enseignements du Concile Vatican II, ainsi que la réforme liturgique, aient donné lieu - et continuent de donner lieu, tant en théorie qu'en pratique - à un affaiblissement de la clarté doctrinale oblige le Pape, à l'exemple de beaucoup de ses héroïques prédécesseurs, à clarifier et, le cas échéant, à modifier ces enseignements. Cela devrait être fait avec une précision et une clarté doctrinales si renouvelées qu'il ne reste plus de place pour des interprétations ambiguës ou erronées. À cet égard, le principe suivant, qui a longtemps guidé les Pontifes romains, reste plus que jamais d'actualité : "L'ambiguïté ne peut jamais être tolérée dans un Synode (Concile), dont la gloire principale consiste avant tout à enseigner la vérité avec clarté et à exclure tout danger d'erreur" (Pie VI, Auctorem fidei) .

La tragédie de la situation actuelle est que le Saint-Siège exige que la FSSPX accepte l'état actuel d'ambiguïté doctrinale et liturgique comme condition sine qua non de la pleine communion et de la régularisation canonique. Au cours de la controverse monothélite, lorsque le pape Honorius Ier adopta une position ambiguë, le saint patriarche Sophrone de Jérusalem envoya son suffragant, Étienne, évêque de Dor, à Rome, lui ordonnant d'aller au Siège apostolique, où se trouvent les fondements de la doctrine orthodoxe, et de ne pas cesser de prier et de pétitionner jusqu'à ce que les autorités examinent et condamnent la nouvelle erreur. L'évêque Étienne est resté à Rome pendant 10 ans, persévérant dans cette mission jusqu'à ce qu'il soit témoin de la condamnation de l'hérésie par le pape Martin Ier au concile du Latran de 649.

Dans un certain sens, la FSSPX remplit aujourd'hui un rôle similaire, exhortant sans cesse le Saint-Siège à mettre fin à la situation d'ambiguïté et d'incertitude doctrinale et liturgique. La FSSPX a déclaré à plusieurs reprises qu'elle n'avait pas d'autre intention que de former les âmes confiées à sa charge pastorale en bons chrétiens et en vrais fils et filles de l'Église romaine. En fin de compte, on devrait être reconnaissant à la FSSPX pour ce rôle, les futurs papes le seront certainement.

 

5. La solution pastorale du Pape au problème de la FSSPX


Le Saint-Siège devrait tenir dûment compte de la Déclaration de foi catholique et du Message aux fidèles publié par le Supérieur général de la FSSPX, et devrait reconnaître que ces documents et ces actes sont suffisants et satisfont aux conditions minimales de la communion ecclésiale. Une excommunication à l'heure actuelle ouvrirait une nouvelle blessure inutile et évitable dans le Corps mystique du Christ.

 

À la lumière de ces documents et des actes de la FSSPX, le Pape, avec son cœur paternel, pouvait faire une exception et permettre des consécrations épiscopales par un geste pastoral vraiment généreux. En imposant une excommunication aux évêques consacrants et consacrés, le Souverain Pontife punirait implicitement aussi les fidèles de la FSSPX - une partie de son troupeau - qui l'aiment et le reconnaissent sincèrement, mais qui, en raison de ce qu'ils perçoivent comme un véritable dilemme de conscience, ne voient pas d'autre alternative que de continuer à être assistés pastoralement par la FSSPX, pour l'existence de laquelle l'épiscopat reste indispensable, en particulier pour l'administration des sacrements des Saints Ordres et la confirmation.

 

Par conséquent, uniquement pour le bien des âmes et le bien de l'Église, la FSSPX demande au Souverain Pontife de faire preuve de compréhension, dans les circonstances actuelles, quant à son besoin d'avoir des évêques et de permettre les consécrations épiscopales. Malheureusement, malgré ce qu'elle considère comme un dilemme objectif de la conscience, la FSSPX est, pour la plupart, caractérisée comme schismatique et fière.

 

Avec un esprit de magnanimité, le Souverain Pontife, en tant que véritable père, pouvait construire un pont vers la FSSPX, cette partie de son troupeau, et permettre aux consécrations épiscopales sur une base exceptionnelle afin de favoriser un climat dans lequel, grâce à une plus grande confiance mutuelle, une solution aux questions doctrinales et aux arrangements juridiques correspondants peut être trouvée patiemment et progressivement. L'Eglise synodale de notre époque devrait être capable d'une telle ampleur pastorale et d'une telle générosité. À la lumière des nombreuses et généreuses déclarations et initiatives œcuméniques des dernières décennies, elle devrait également démontrer sa capacité à affronter un grave problème ecclésial par le dialogue, la patience et la compréhension au sein de l'Église catholique.

 

Récemment, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Vatican, a affirmé que, en ce qui concerne les déviations des évêques allemands, le Saint-Siège ne souhaite pas que les divisions dégénèrent en mesures punitives, soulignant que les problèmes au sein de l'Église devraient, chaque fois que cela est possible, être résolus pacifiquement. Pourquoi cette approche ne devrait-elle pas s'appliquer également à la FSSPX, qui ne nie aucun dogme, reconnaît la primauté du Pape, prie pour lui et professe une dévotion filiale envers lui, tout en ne préservant que ce que l'Église croyait et célébrait universellement jusqu'au Concile ? Dans le même temps, le Chemin synodal allemand a avancé des déviations doctrinales claires qui favorisent de facto des hérésies et même des positions blasphématoires. Pourquoi donc mettre l'accent sur la réconciliation et le dialogue patient dans un cas mais pas dans l'autre ?

Si, cette année, le pape prononçait une excommunication, un nouvel anathème, sur les évêques consacrés et consacrés, cela resterait dans l'histoire de l'Église comme une erreur d'une sévérité pastorale excessive. Les générations futures et les futurs papes en viendraient à le regretter. Pourquoi le Pape devrait-il faire aujourd'hui ce que les générations futures pourraient déplorer demain ? Ne devrions-nous pas apprendre de l'histoire ? Le Pape, en tant que Souverain Pontife, n'est-il pas surtout appelé à construire des ponts ?

 

Notes :
1 Entretien avec le Supérieur général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X à partir du 5 février 2026;https://fsspx.news/en/news/interview-superior-general-priestly-society-saint-pius-x-57064

2) Message aux fidèles et aux amis de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X du 7 mars 2026: https://fsspx.org/en/news/episcopal-consecrations-what-fr-pagliarani-told-members-society-saint-pius-x-59250

[3] Déclaration de foi catholique adressée à Sa Sainteté le Pape Léon XIV par le Père Davide Pagliarani Supérieur Général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X à partir du 14 mai 2026: https://sspx.org/sites/default/files/documents/2026-05-14_declaration_of_catholic_faith_en.pdf

 

Source : Bishop Schneider: SSPX excommunications would be a historic mistake, LifeSiteNews
https://www.lifesitenews.com/opinion/bishop-schneider-sspx-excommunications-would-be-a-historic-mistake/

Léon XIV est le premier pape à avoir refusé de recevoir la FSSPX. Un rejet historique.

 

Depuis la suspension a divinis de Mgr Marcel Lefebvre en 1976, les papes successifs ont géré les crises avec la Fraternité Saint-Pie-X (FSSPX) en recourant, aux moments critiques, à des audiences personnelles avec ses dirigeants. Face à l'annonce de possibles nouvelles consécrations épiscopales et à la mise en garde du Vatican contre un schisme potentiel, le pontificat de Léon XIV a, jusqu'à présent, traité la question par l'intermédiaire du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, sans qu'aucune audience papale directe avec les dirigeants de la Fraternité ne soit enregistrée. On trouvera ci-après une chronologie de ces contacts.

 

1976 : Paul VI reçoit Mgr Lefebvre à Castel Gandolfo

Les tensions s'intensifièrent avec la suspension de Mgr Lefebvre de ses fonctions sacerdotales en 1976, après qu'il eut désobéi à plusieurs reprises aux décisions du Saint-Siège concernant le séminaire d'Écône et célébré une grande messe à Lille malgré les sanctions.

 

Le 11 septembre 1976, Paul VI reçut personnellement l'archevêque français à Castel Gandolfo. D'après les comptes rendus de la rencontre, la conversation fut tendue : le pape lui reprocha d'agir comme un "antipape" et de juger le successeur de Pierre infidèle à la foi, tandis que Mgr Lefebvre insista sur la dénonciation de ce qu'il considérait comme une crise doctrinale et liturgique consécutive au concile Vatican II. Aucun accord ne fut trouvé, mais les échanges entre les deux hommes se poursuivirent.

 

1988 : Jean-Paul II, le protocole du 5 mai et Ecclesia Dei

 

Après des mois de négociations menées par le cardinal Joseph Ratzinger, Rome et Mgr Lefebvre signèrent un protocole le 5 mai 1988, prévoyant la régularisation de la Compagnie de Jésus et la possibilité de nommer un évêque issu de ses rangs. Mgr Lefebvre revint sur sa décision le lendemain et, quelques semaines plus tard, et consacra quatre évêques sans mandat papal.

 

Jean-Paul II a condamné les consécrations comme un acte gravement contraire à la communion ecclésiale et a promulgué le motu proprio Ecclesia Dei. Parallèlement, il a institué une commission spécifique pour la réconciliation de ceux qui étaient attachés à la tradition liturgique et a laissé ouverte la possibilité d'une future régularisation. Lors du Jubilé de l'an 2000, il reçut personnellement l'archevêque Bernard Fellay.

 

2005-2013 : Benoît XVI, Summorum Pontificum et la levée des excommunications

 

Benoît XVI reçut Monseigneur Fellay à Castel Gandolfo quelques mois après son élection. Son pontificat fut marqué par plusieurs décisions relatives à cette affaire :

 

En 2007, il promulgua Summorum Pontificum, qui reconnaissait que le Missel romain de 1962 n'avait pas été légalement aboli et élargissait la célébration de la liturgie traditionnelle.

En 2009, il leva l'excommunication des quatre évêques consacrés en 1988.

Il a encouragé les discussions doctrinales officielles entre la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et la Fraternité sur des questions telles que la liberté religieuse, l'œcuménisme, la collégialité épiscopale et l'interprétation du Concile Vatican II.

 

2013-2025 : François maintient les contacts et étend son influence

 

En avril 2016, le pape François a reçu l'archevêque Fellay à la Maison Sainte-Marthe pendant une quarantaine de minutes. Cette rencontre, qualifiée de cordiale, a été marquée par une volonté de poursuivre le dialogue. Sur le plan pratique, il a accordé aux prêtres de la Fraternité Saint-Pie-X la faculté ordinaire d'absoudre validement en confession et a facilité la reconnaissance canonique des mariages célébrés par les prêtres de la FSSPX. La question doctrinale sous-jacente est restée en suspens.

 

Décembre 2025 : La Fraternité propose de nouvelles consécrations

 

En décembre 2025, le supérieur général de la FSSPX, le père Davide Pagliarani, a qualifié la question des futurs évêques de "question à un million de dollars". Sans mentionner de dates ni de noms, il a indiqué que cette possibilité était envisagée et a soutenu que "l’état de nécessité" invoqué par Mgr Lefebvre en 1988 serait toujours en vigueur et, selon lui, encore plus évident qu’auparavant, renouant ainsi avec le raisonnement qui avait précédé ces consécrations.

 

12 février 2026 : réunion au Dicastère pour la Doctrine de la Foi

 

Le 12 février 2026, le cardinal Víctor Manuel Fernández a reçu le père Pagliarani au Dicastère pour la Doctrine de la Foi, avec l'approbation expresse de Léon XIV. La rencontre a été officiellement qualifiée de "cordiale et sincère".

 

Selon le communiqué, Rome a proposé un dialogue théologique formel sur les questions doctrinales en suspens – notamment l’interprétation de divers textes du Concile Vatican II et les degrés d’adhésion requis par le Magistère – et a suggéré que ce processus pourrait aboutir à la définition d’un statut canonique pour la Compagnie de Jésus. Cette proposition était assortie d’une condition préalable : la suspension des consécrations épiscopales annoncées.

 

Contrairement à ses prédécesseurs, le traitement de l'affaire a été laissé entre les mains du Dicastère, sans audience personnelle du Pontife avec les dirigeants de la Fraternité.

 

13 mai 2026 : Le Vatican met en garde contre un "acte schismatique"

 

Le 13 mai, le cardinal Fernández a publié une déclaration au nom du Dicastère réaffirmant que les consécrations épiscopales sans mandat papal constitueraient un acte schismatique. La déclaration citait le motu proprio Ecclesia Dei et rappelait les conséquences canoniques prévues pour ceux qui participent formellement à un schisme. Elle ajoutait que Léon XIV continuait d'exhorter les dirigeants de la Fraternité à reconsidérer leur décision.

 

Juin 2026 : un nouvel appel possible

 

Interrogé par des journalistes au sujet des ordinations prévues pour le 1er juillet, Léon XIV a indiqué qu'il envisageait de lancer un nouvel appel à la Fraternité :

 

"J’envisage de faire un autre appel et de dire : “Ne faites pas cela, essayons de vivre en communion avec l’Église.” Mais c’est leur choix."

 

Le pape a réaffirmé que la Fraternité continue de rejeter des éléments qu'elle considère comme fondamentaux pour la vie de l'Église, en particulier divers aspects du concile Vatican II, un diagnostic largement partagé par ses prédécesseurs.

 

Pendant un demi-siècle, Paul VI, Jean-Paul II, Benoît XVI et François ont rencontré personnellement les dirigeants de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, même dans les périodes les plus tendues. Dans la crise actuelle, la communication s'est faite par l'intermédiaire du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, et il n'existe à ce jour aucune trace d'une rencontre directe entre Léon XIV et ses dirigeants.

 

Les consécrations épiscopales sont prévues pour le 1er juillet. Si elles ont lieu et que le Saint-Siège réagit par une déclaration formelle de schisme, ce résultat aurait été obtenu par une procédure différente de celle des crises précédentes : par un dialogue délégué au sein de la Curie et sans l’intervention personnelle directe du pape qui a caractérisé les pontificats précédents.

 

 

León XIV es el primer Papa que ni siquiera recibe a la FSSPX. Portazo históricoInfo Vaticana 24 juin 2026

Il est frappant de constater qu'à quelques jours du 1er juillet, le pape n'a même pas reçu de représentants de la Fraternité Saint-Pie-X. [...] Or, l'unité de l'Église, lorsqu'une rupture est en jeu, s'obtient rarement sans implication : elle requiert des gestes, une présence et la volonté d'affronter les tensions avant que les événements ne rendent tout effort vain. Info Vaticana 25 juin 2026

Mgr Bux à Léon XIV : "Je vous supplie d’agir rapidement, Saint-Père. Ne laissons pas le schisme latent devenir irréparable"

 

Aux portes du consistoire convoqué par le pape Léon XIV, le prêtre et théologien italien Nicola Bux a adressé une lettre ouverte au Pontife dans laquelle il lui demande d’affronter sans délai certaines des questions les plus délicates qui ont marqué la vie de l’Église ces dernières années. La missive, diffusée par le vaticaniste Edward Pentin, est rédigée sur un ton filial, mais n’occulte pas l’urgence que, selon son auteur, requièrent des sujets tels que

>la relation avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X,

>les restrictions à la liturgie traditionnelle,

>l’absence de réponse aux dubia soulevés par plusieurs cardinaux durant le pontificat de François

>ou la dérive doctrinale du Chemin synodal allemand.

Bux, proche collaborateur du cardinal Joseph Ratzinger à l’époque et par la suite consultant de divers dicastères du Saint-Siège durant le pontificat de Benoît XVI, estime que le nouveau Pape dispose d’une occasion historique pour guérir les divisions internes de l’Église. Il l’invite notamment à reprendre le chemin de réconciliation ouvert par Benoît XVI avec la Fraternité Saint-Pie X avant que celle-ci ne procède à de nouvelles consécrations épiscopales sans mandat pontifical.

Nous proposons ci-dessous la traduction intégrale de la lettre :

Saint-Père,

Avec des sentiments de profonde et filiale dévotion, j’ose adresser à Votre Sainteté cet appel sincère, après avoir eu la grâce de collaborer d’abord avec le cardinal Joseph Ratzinger, puis avec le pape Benoît XVI, avant de consacrer ces treize dernières années à la prière, au sacrifice et à un travail discret mais constant pour l’unité de l’Église.

 

En vertu de la prérogative indispensable du munus pétrinien, je supplie Votre Sainteté de déclarer clairement ce qui est vrai et ce qui est erreur, afin que toute l’Église puisse se conformer à sa parole. Votre Sainteté a justement dit que suivre le Christ exige la conversion et "que nous devons chercher des voies pour construire notre unité sur Jésus-Christ et sur ce que Jésus-Christ enseigne". Eh bien, Saint-Père, le seul chemin que nous connaissions pour y parvenir consiste précisément et uniquement à soutenir la vérité. Je vous supplie d’agir avec promptitude, Saint-Père. Ne permettons pas que le schisme latent devienne irréparable.

 

Nous prions pour Votre Sainteté avec la ferme espérance qu’au sein du Consistoire, elle puisse initier et conduire une réflexion féconde sur ces questions si urgentes.

 

Dans le Christ Jésus,

 

P. Nicola Bux

 

24 juin 2026

 

Fête de la Nativité de saint Jean-Baptiste

 

Info Vaticana

 

Lire : Consécrations épiscopales de la FSSPX : "Au fond, le conflit tourne autour de la question de la vérité" – Évêque Athanasius Schneider

Un peu tardivement, 48 heures avant les ordinations - et alors que pendant des mois il n’a jamais reçu le Supérieur de la FSSPX ni répondu à sa demande d'audience -, le pape Léon XIV a pour la première fois fait une réponse à la FSSPX, en la solennité des saints Pierre et Paul Apôtres.

 

Selon Edward Pentin sur X, le pape Léon XIV a "imploré la Fraternité Saint-Pie X de ne pas poursuivre ses consécrations demain de quatre évêques sans mandat papal.

 

Le texte intégral (traduction française fonctionnelle blog Christ Roi) :

 

"A Monseigneur 
Don Davide Pagliarani
Supérieur Général
Fraternité sacerdotale Saint-Pie X.

Avec un cœur paternel, je désire m'adresser à vous et, à travers vous, aux évêques, aux prêtres, aux séminaristes et aux fidèles liés à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, en me souvenant de la responsabilité que le Seigneur m'a confiée en tant que Successeur de l'Apôtre Pierre.
L'Eglise reconnaît l'engagement dans la vie liturgique, le dévouement à la formation sacerdotale, le zèle apostolique et le désir de fidélité à la Tradition qui caractérisent de nombreuses personnes et qui sont associées à cette Fraternité. Cela a motivé l'attitude d'attention et de bienveillance que mes prédécesseurs ont constamment montrée envers vous.

Dans cet esprit, et rempli d'affection chrétienne, je vous supplie et vous implore de tout cœur : revenez en arrière ! Je vous exhorte à considérer attentivement le bien spirituel des fidèles, car l'acte schismatique que vous voudriez commettre les priverait de la réception licite - et dans certains cas même valide - des sacrements qu'ils aiment en recherchant leur propre sanctification.
L'Eglise est ouverte à un chemin de dialogue et de compréhension que l'Esprit Saint peut rendre possible et fécond.

Je prie pour vous, car déchirer la tunique sans couture du Christ est un péché de la plus grande gravité. Que le Seigneur illumine vos consciences et réveille vos cœurs. Par l'autorité reçue du Christ, avec un cœur douloureux et encore plein d'espérance, je ressens le devoir de vous demander de renoncer à votre intention, et je confie ces intentions au Cœur Immaculé de Marie, Mère du Bon Conseil.

Du Vatican, le 29 juin 2026
Solennité des saints Pierre et Paul, apôtres
Léon XIV"

 

Cf. Edward Pentin sur X / Vatican.va

Cette lettre, datée du 29 juin 2026, solennité des saints Pierre et Paul, constitue la première prise de position directe de Léon XIV sur le statut canonique de la Fraternité.

Léon XIV reconnaît expressément ce que Rome a rarement admis aussi clairement : "L’Église reconnaît l’attachement à la vie liturgique, l’engagement envers la formation sacerdotale, le zèle apostolique et le désir de fidélité à la Tradition qui caractérisent de nombreux individus et communautés liés à cette Fraternité." Cette reconnaissance, note-t-il, a motivé "l’attitude d’attention et de bienveillance" que ses prédécesseurs – Benoît XVI et François – ont manifestée envers l’institut fondé par l’archevêque Marcel Lefebvre.

Cette lettre intervient dans un contexte d'incertitude quant à l'avenir des relations entre le Saint-Siège et la Fraternité Saint-Pie-X. Depuis la mort du pape François, qui avait accordé à la FSSPX la faculté de confesser validement et de célébrer des mariages, le dialogue doctrinal était au point mort. L'élection de Léon XIV – le cardinal américain Robert Prévost – avait suscité des attentes mitigées : certains espéraient un rapprochement pragmatique ; d'autres, une clarification définitive du statut canonique de la Fraternité. Cf. Info Vaticana

Dans l'après-midi du 30 juin le Supérieur de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X a répondu au Saint Père

 

Cf. https://fsspx.news/en/news/letter-superior-general-response-his-holiness-pope-leo-xiv-59914

 

Traduction française blog Christ Roi:

 

"Le Supérieur Général

à Sa Sainteté

le Pape Léon XIV

 

Écône, le 30 juin 2026

 

Très Saint Père,

 

Je vous remercie infiniment pour la lettre que Votre Sainteté a eu la gentillesse de m'adresser.

 

J'ai été profondément touché par votre sollicitude paternelle.

 

J’avais longtemps espéré avoir l’occasion de vous rencontrer en personne, afin de vous exprimer directement notre désir sincère de servir l’Église. Malheureusement, cette occasion ne s’est pas présentée.

 

Je vous demande seulement de bien vouloir considérer la sincérité de cette intention, qui n'est nullement feinte. Paradoxalement, dans le contexte actuel, il nous semble être précisément notre devoir de faire tout notre possible pour recoudre la tunique du Christ, déchirée par des forces et des pressions incompatibles avec un esprit authentiquement catholique. Je vous demande simplement de considérer l'authenticité de cette intention, avant de prendre une décision concernant la FSSPX. Il n'est pas trop tard.

 

Loin de nous l’idée de nous séparer de l’Église romaine. Nous désirons, au contraire, la servir par des moyens extraordinaires, comme on secourt une mère en détresse qui a besoin d’une aide particulière, même si cette aide n’est pas comprise de tous. Je suis pourtant certain que le Saint-Père la comprendrait.

 

Le Saint-Siège a démontré sa capacité à comprendre des situations très complexes et à laisser le temps au discernement.

 

Puis-je donc, avec respect filial, demander à Votre Sainteté de prendre le temps nécessaire à ce discernement ?

 

Si mes propres mots ne suffisent pas, je vous invite à méditer sur deux faits très simples. Premièrement, en 1988, la Fraternité était déjà déclarée schismatique, pour des raisons et dans des circonstances tout à fait analogues à celles d'aujourd'hui. Pourtant, après tant d'années, nous nous entretenons comme un père et son fils. Votre Sainteté m'exhorte, avec une bienveillance paternelle, à éviter un schisme qui, en théorie, a déjà eu lieu. Votre attitude même – dont j'apprécie profondément la sollicitude paternelle – ne constitue-t-elle pas la preuve que la Fraternité n'est ni schismatique ni hostile à l'Église ?

 

En second lieu, il y a quelques années, le Saint-Siège a confié à deux évêques de l’Église la mission d’engager un dialogue avec la Fraternité Saint-Pie-X : Mgr Vitus Huonder, alors évêque de Coire, aujourd’hui décédé, et Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana. Tous deux, après avoir pris le temps nécessaire au discernement, ont reconnu le caractère profondément catholique de la Fraternité et en ont témoigné publiquement.

 

Avant tout, je me permets de m’adresser à Votre Sainteté au nom des milliers d’âmes qui ont redécouvert la foi catholique et la pratique religieuse grâce à l’apostolat de la Fraternité. Vos prédécesseurs eux-mêmes l’ont constaté. Ces âmes n’ont qu’un seul désir : parvenir au salut par cet instrument que la Divine Providence a mis à leur disposition. Elles ont souffert, et elles sont sincères. Je suis convaincu que Votre cœur paternel de Pasteur universel sera touché par cette situation si particulière. Un jour, toutes les difficultés entre le Saint-Siège et la Fraternité seront résolues. Un geste de compréhension de Votre part, loin de nuire à l’unité, ne pourrait que manifester au monde et à tous les chrétiens Votre souci de l’unité et Votre bonté paternelle.

 

Je remets tout cela à votre réflexion. Je renouvelle mes prières pour votre Sainteté.

 

Depuis longtemps, même avant votre élection, je prie sainte Rita pour la situation actuelle. J'ai vu dans l'élection d'un pape augustinien un signe d'espérance. Je suis certain que la sainte intercédera. Il n'est jamais trop tard.

 

Veuillez nous accorder votre bénédiction.

 

Je saisis cette occasion pour demeurer, avec la plus profonde dévotion à Notre Seigneur,

 

Don Davide Pagliarani"

Chronologie d'une gestion ratée : une année de demandes d'audience et une première lettre 24 heures avant les consécrations

 

Reconstituer pas à pas l’interlocution – qu’on peut difficilement qualifier de dialogue – entre la Fraternité Saint-Pie-X (FSSPX) et le Saint-Siège au cours de l’année écoulée permet de mieux comprendre le calendrier, les gestes et les silences qui ont conduit aux consécrations épiscopales prévues demain, 1er juillet, à Écône. Une demande d’audience formulée en août 2025 a reçu sa première réponse papale : une lettre personnelle du Pape datée du 29 juin 2026, date à laquelle des dizaines de milliers de fidèles ont déjà fait le voyage vers la Suisse.

 

Août 2025 : la demande d’audience et le silence.

D’après le communiqué de la Maison générale de la Fraternité Saint-Pie-X, c’est en août 2025 que le Supérieur général, le Père Davide Pagliarani, a "sollicité une audience auprès du Saint-Père nouvellement élu afin de lui exposer, avec dévotion filiale, la situation actuelle" de la Fraternité. Dans une seconde lettre, il a exprimé "ouvertement et explicitement" la nécessité d’assurer la continuité du ministère épiscopal pour l’administration des sacrements de l’Ordre et de la Confirmation aux fidèles (Maison générale de la FSSPX, 2 février 2026).

 

L'audience ne fut jamais accordée. Au cours de ces mêmes mois, alors que tant d'autres étaient reçus, la Fraternité n'a obtenu en réponse que le silence. Il n'y a eu aucun geste de détente en matière liturgique ou doctrinale, ni de révision des restrictions à la messe traditionnelle, dans la continuité du pontificat précédent.

 

Le contraste est saisissant. Ce même mois d'août, le 28 août 2025, le pape a reçu sœur Maria Lucia Caram en audience privée (InfoVaticana) ; le 1er septembre, il a reçu le prêtre jésuite James Martin, connu pour son engagement en faveur de la communauté LGBTQ+ (ACI Prensa). Quelques mois plus tard, lors de sa visite en Espagne, le pontife a trouvé le temps de bénir les ambulances que sœur Lucia Caram envoyait en Ukraine (El País, 9 juin 2026). Pour celui qui a la charge pastorale et sacramentelle de centaines de milliers d'âmes, l'absence d'une seule audience pendant près d'un an est, pour le moins, difficile à expliquer.

 

2 février 2026 : annonce des consécrations

 

Après avoir épuisé toutes les voies d’audience et reçu « ces derniers jours » une lettre du Saint-Siège qui – selon les termes mêmes de la Fraternité – "ne répond absolument pas à nos demandes", le Père Pagliarani a annoncé publiquement, le 2 février 2026, fête de la Purification, lors d’une cérémonie au séminaire de Flavigny-sur-Ozerain, sa décision de procéder à de nouvelles consécrations épiscopales le 1er juillet (Maison générale de la FSSPX). Il invoqua comme raison "le grave besoin objectif" des âmes et le désir d’assurer la continuité sacramentelle d’une œuvre menée dans le monde entier depuis près de quarante ans.

 

12 février 2026 : un cardinal, et non le pape

Ce n’est qu’après l’annonce publique qu’eut lieu la première réunion d’une réelle importance. Il ne s’agissait pas d’une audience papale, mais d’une rencontre au Palais du Saint-Office entre Pagliarani et le cardinal Víctor Manuel Fernández, préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi – une figure connue pour son profil progressiste et son manque de sensibilité liturgique – qui se tint le 12 février 2026, "avec l’approbation" de Léon XIV (Vatican News).

 

La déclaration signée par Fernández proposait "une voie de dialogue spécifiquement théologique", mais la conditionnait à la suspension des consécrations par la Fraternité, avertissant qu'ordonner des évêques sans mandat papal "entraînerait une rupture décisive de la communion ecclésiale (schisme)". En bref, un dialogue sans aucune garantie pratique : à aucun moment il n'a été proposé qu'un évêque en communion avec Rome assure, durant ce processus, les ordinations, les confirmations ou la distribution des saintes huiles dans les séminaires de la Fraternité. Si cette continuité sacramentelle avait été garantie durant le dialogue, on peut se demander si l'issue aurait été différente.

 

13 mai et 16 juin : l'avertissement se durcit

 

Le 13 mai 2026 , le Dicastère pour la Doctrine de la Foi a officiellement déclaré que les consécrations sans mandat papal constitueraient un "acte schismatique" entraînant l’excommunication automatique des consécrateurs et des consacrés. Le 26 mai , la Fraternité Saint-Pie-X a annoncé les noms des quatre pères choisis : Pascal Schreiber (Suisse), Michael Goldade (États-Unis), Michel Poinsinet de Sivry et Marc Hanappier, tous deux français (InfoVaticana).

 

Le 16 juin, aux portes de la Villa Barberini à Castel Gandolfo, Léon XIV fit sa première déclaration publique sur le sujet : "Nous les avons invités, et j’envisage encore de leur adresser un nouvel appel pour leur dire : Ne faites pas cela." Mais il conclut en rejetant la responsabilité sur l’autre partie : "C’est leur décision […]. S’ils prennent cette décision, je le regrette. Mais nous devons continuer."

 

24-27 juin : la profession de foi et le consistoire

Le 24 juin , fête de la Nativité de saint Jean-Baptiste, la Fraternité Saint-François d’Assise a adressé une lettre ouverte au Pape et à l’ensemble du Collège des cardinaux, accompagnée d’une profession de foi en 154 points (FSSPX ; InfoVaticana). Le texte a été publié à la veille du consistoire extraordinaire des cardinaux, les 26 et 27 juin (ACI Prensa).

 

29 juin : Première et unique lettre du pape, la veille

Près d’un an après cette demande d’audience en août 2025, la première et unique communication directe et personnelle de Léon XIV à Pagliarani est une lettre datée du 29 juin 2026, solennité des saints Pierre et Paul, rendue publique le 30 juin – un peu plus d’un jour avant la cérémonie – (InfoVaticana ; Vatican News).

 

Dans cette lettre, le Pape écrit "avec un cœur paternel" et implore : "Revenez !" Mais le contenu est un avertissement aux conséquences graves : l’acte schismatique priverait les fidèles "de la réception licite – et dans certains cas même valide – des sacrements". La clarification concernant la validité est ce qui est véritablement nouveau et délicat : jusqu’à présent, Rome soutenait que les confessions et les mariages célébrés par la Fraternité, bien qu’illicites, étaient valides. La lettre du 29 juin modifie cet équilibre et place, pour la première fois et directement du Pape, le sort sacramentel de centaines de milliers de fidèles – la validité de leurs confessions et de leurs mariages – au cœur du conflit.

 

Et elle le fait alors qu’il est trop tard pour revenir en arrière : les inscriptions aux célébrations d’Écône se déroulent du 29 juin au 2 juillet, et la Fraternité Saint-Pie-X attend près de 15 000 fidèles et 1 300 prêtres, religieux et religieuses du monde entier (FSSPX). La cérémonie, présidée par Mgr Alfonso de Galarreta, principal consécrateur, et Mgr Bernard Fellay, co-consécrateur, sera retransmise en direct le 1er juillet (FSSPX News).

 

Une chronologie qui ne résiste pas à la logique

Présentés de manière linéaire, les faits dressent un tableau difficilement justifiable comme un dialogue. Il ne s'agit pas de discuter de doctrine ni de la gravité canonique de la décision prise par la Fraternité. Il s'agit d'une question de timing. Celui qui écrit en août 2025 pour demander à être entendu reste sans réponse ; celui qui annonce une décision radicale en février n'est reçu que par le cardinal le moins conciliant – et non par le Pape – et se voit proposer un dialogue conditionnel, sans aucune garantie de continuité sacramentelle pour ses séminaires et ses fidèles. La seule intervention personnelle du Pontife intervient à la veille de l'événement, alors que plus de quinze mille personnes sont déjà en route et que tout est irrévocablement organisé.

 

Il est difficile de comprendre pourquoi, après des mois consacrés à l'accueil de sœur Lucia Caram, de James Martin et de tant d'autres, une réponse directe à une personne responsable de la charge pastorale de centaines de milliers d'âmes a été réservée aux dernières heures, et pourquoi son contenu se limitait à un avertissement écrit selon lequel leurs confessions et leurs mariages pourraient être invalidés. Il ne s'agit pas d'une question de fond, mais de forme ; et la forme, ici, est très révélatrice. Qu'on l'appelle ainsi : la chronologie d'un dialogue asymétrique, ou un dialogue avorté.

 

Cf. InfoVaticana

2 juillet 2026. Le Saint-Siège déclare que les 6 évêques de la FSSPX sont excommuniés

Mgr Galarreta a commis "un acte de nature schismatique par la consécration épiscopale"

Les quatre évêques consacrés reçus "ont ipso facto encouru l'excommunication latae sententiae réservée au Siège apostolique".

Mgr Fellay, en tant que co-consécrant, "a ainsi publiquement adhéré à l'acte schismatique".

Le Saint-Siège avertit les clercs et les fidèles laïcs "de ne pas se joindre au schisme de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, car ils encourraient donc la peine d'excommunication latae sententiae".

 

Le cardinal Fernández ajoute des sanctions contre les Confessions et les mariages de la FSSPX.

 

"Les ministres sacrés de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X administrent illégalement les sacrements et que le sacrement de pénitence administré par eux et le mariage administré par eux sont invalides"

 

Cf. Michael Haynes sur X

Conclusion.

 

Le "chemin de dialogue et de compréhension" proposé 24 heures avant les ordinations est difficile lorsque pendant des mois le Saint Père n'a pas reçu le Supérieur de la FSPX ni même répondu à sa demande d'audience. 

 

Si nous envoyons cette lettre 24 heures à l'avance, ils ne pourront pas dire que tu n'as pas essayé !

 

La crise de l'Eglise est bien plus grande aujourd'hui qu'en 1988, avec "même des hérésies" qui "ont également pénétré l’Église" (Cardinal Müller, PerMariam / InfoCatolica )

 

En 1988, la papauté était estimée et honorée. Le pape Jean-Paul II était aimé de tous. Nous sommes aujourd'hui en 2026, après des décennies de révélations de scandales sexuels impliquant des prêtres, des évêques et des cardinaux. Il n'y a plus de "génération Jean-Paul II". Le pape François a encore érodé l'admiration et le respect que l'on portait à la papauté. La papauté demeure la papauté, mais son autorité morale et son éthique actuelles ne sont plus ce qu'elles étaient en 1988. De son côté, la FSSPX est beaucoup plus importante et la dévotion à la messe traditionnelle en latin est aujourd'hui universellement plus forte qu'elle ne l'était en 1988. Le pape Léon a maintenu en poste l'incompétent et embarrassant cardinal Fernandez, et ce dernier est en train de faire des erreurs monumentales. C'est un point de non-retour, et je crains que le pape Léon et le cardinal Fernandez ne comprennent pas ce qu'ils sont sur le point de faire. Nous ne sommes plus en 1988. Le pape Léon n'est pas Jean-Paul II. Fernandez n'est pas Ratzinger. (CfDr Taylor Marshall sur X)

 

Rome menace d'excommunication toute la Fraternité et les Saints Pieux si ils procèdent à la consécration de nouveaux évêques, mais ne lève pas le petit doigt contre:

>Le clergé moderniste qui annule purement et simplement le concile Vatican II qui a affirmé que le latin devait être conservé (Sacrosanctum Concilium n° 36,1). Depuis 60 ans ce clergé racialisé et ces prêtres irresponsables ne sont jamais sanctionnés et, en toute impunité, ils persécutent leurs confrères et les fidèles catholiques qui veulent respecter ce que demande le Concile!

>Marko Rupnik. Prêtre en règle, même s'il a abusé sexuellement de nombreuses nonnes et s'est engagé dans la magie sexuelle

>Père James Martin. Prêtre en règle et très apprécié par François et Léon XIV malgré la promotion de l'homosexualité à chaque occasion

>le cardinal Timothy Radcliffe élevé au Collège sacré des cardinaux, même s'il a déclaré publiquement que les actes sexuels homosexuels pouvaient exprimer le don de soi du Christ

>les "évêques" chinois consacrés directement par le Parti communiste chinois, qui fait disparaître des évêques, emprisonne des prêtres et contraint l’Église à la clandestinité.

>>les anglicans, qui continuent à consacrer des évêques sans la permission de Rome, et sans que Rome rompe pour autant le "dialogue"

>les évêques allemands, qui mettent en place leur concile synodal permanent afin de modifier la doctrine de l'Église, au vote avec des laïques sur l'adultère, l'homosexualité, la sodomie, la masturbation, la contraception, l'avortement, la transidentité et le sacerdoce féminin, les femmes diacres et autres, les laïcs autorisés à prêcher à la messe, etc.

>les dirigeants des Églises schismatiques et religieusement "woke" sont célébrés (Le roi Charles "frère royal", dans un esprit de dialogue avec l'Église anglicane); le "dialogue" est au contraire fermé à ceux qui défendent la doctrine et la liturgie traditionnelles, s’ouvrant vers l’extérieur mais se fermant à l’intérieur.

>Léon XIV nomme Francesco Antonio Soddu, archevêque de Sassari, qui a participé à l'ouverture d'une loge maçonnique en 2022

>Aucune excommunication pour l’évêque américain l'évêque catholique de Fresno, Joseph Brennan qui en avril 2026 a simulé une co-consécration d'"ordination" anglicane qui est à la fois invalide et illicite, mais excommunication annoncée pour la FSSPX.

>Le cardinal Radcliffe et deux évêques qui ont béni un couple homosexuel et célébré une messe d’action de grâce pour leur anniversaire !

 

Le révérend Père Davide Pagliarani, Supérieur général de la FSSPX, dont une rencontre avec le pape Léon lui a été refusée, annonce la consécration des évêques pour maintenir le but du salut des âmes dans un état de nécessité. Le narratif est immédiatement lancé: "schisme" et "excommuniés" par le cardinal qui a lui-même écrit explicitement des livres pornographiques, permis sous condition la "bénédiction" des couples adultères et sodomites et qui a nié les titres mariaux de Co-Rédemptrice et Médiatrice de toutes Grâces.

 

Une morale à double standard.

 

Ceux qui, en paroles, prônent le dialogue et l’inclusion, en pratique, font preuve de deux poids, deux mesures selon l'interlocuteur.

 

Prêchant sur l'amour du prochain dans son Homélie à la cathédrale de La Plata dimanche le 5 mars 2023, l'archevêque Víctor Manuel Fernández déclara : "Si nous n'apprenons pas à regarder les autres différemment, rien ne change. Si je n'apprends pas à voir leur beauté au-delà de leur apparence, de leurs capacités, de leur orientation sexuelle… quoi qu'il en soit… je ne pourrai jamais les aimer. ... Vous savez que pendant des siècles, l'Église a pris une autre direction. Sans s'en rendre compte, elle a développé toute une philosophie et une morale empreintes de classifications, pour catégoriser les personnes, les étiqueter… celui-ci est comme ceci, celui-là est comme cela, celui-ci peut recevoir la communion, celui-là ne le peut pas, celui-ci peut être pardonné, celui-ci ne le peut pas… C'est terrible que cela nous soit arrivé au sein de l'Église."

Cf. https://infovaticana.com/2023/03/10/el-arzobispo-de-la-plata-insinua-que-la-iglesia-lleva-siglos-desarrollando-una-filosofia-y-una-moral-equivocada/

https://aica.org/documento.php?id=1131

 

Le 2 juillet 2026, il signe la classification la plus sévère, l'étiquetage le plus extrême, le décret le plus rigide de l'histoire de l’Église (lors du Schisme oriental, il y a un millier d’années, lorsque les orthodoxes se sont séparés de l’Église catholique, les prêtres et les fidèles n’ont jamais été "excommuniés" par décret) : l’excommunication de la Fsspx et de ses fidèles étiquetés d'"excommuniés" et de "schismatiques''. La miséricorde est prêchée et demandée pour certains groupes et refusée à d'autres, elle se montre souple envers ceux qui rejette la doctrine de l'Eglise, inflexible envers ceux qui souhaitent la garder dans toute sa pureté. Le double visage et le double discours du préfet de la doctrine de la foi.

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2 février 2026 1 02 /02 /février /2026 23:52

Environ 70 000 jeunes venus de tout le Mexique ont effectué le pèlerinage le 31 janvier au monument du Christ-Roi dans l'État de Guanajuato, ce qui est devenu l'un des plus grands pèlerinages de jeunes de ces dernières années.

70 000 jeunes font un pèlerinage au monument du Christ-Roi au Mexique

Environ 70 000 jeunes venus de différentes régions du Mexique ont effectué le pèlerinage le 31 janvier jusqu'au monument du Christ-Roi, situé au sommet de la colline de Cubilete dans l'État mexicain de Guanajuato, ce qui est devenu l'un des plus grands pèlerinages de jeunes de ces dernières années.

Depuis 1974, le mouvement Témoin et Espérance organise le pèlerinage des jeunes, qui commémore les martyrs mexicains ayant donné leur vie en criant : "Vive le Christ Roi !" Cette année, le nombre de participants a dépassé celui de 2020 , année qui détenait jusqu’alors le record de participation à cet événement pour la jeunesse.

Witness and Hope a indiqué à ACI Prensa, le service hispanophone partenaire d'EWTN News, qu'à la fin de la messe, on estimait à 50 000 le nombre de pèlerins. Cependant, après une réunion ultérieure avec les autorités de l'État de Guanajuato, il a été établi que le nombre final était plus élevé, atteignant environ 70 000 participants.

Le pèlerinage de cette année avait pour but particulier de commémorer le centenaire du début de la guerre des Cristeros (1926-1929) , un conflit découlant de la persécution religieuse subie par les catholiques au Mexique durant les premières décennies du XXe siècle.

 

"Un signe évident d'un peuple qui croit"

Lors d'une conférence de presse suivant la messe de clôture du pèlerinage, l'évêque Víctor Alejandro Aguilar Ledesma de Celaya, dans l'État de Guanajuato, a déclaré que cette participation massive ne représente pas un "réveil" des jeunes catholiques, mais plutôt la manifestation d'une réalité déjà existante.

Le prélat a expliqué qu’"il y a beaucoup de jeunes au Mexique qui vivent leur foi" et qu’"ils croient et expriment leur foi dans leurs communautés, dans leurs paroisses".

Aguilar a qualifié de mensonge l’affirmation selon laquelle "les jeunes s’éloignent de l’Église… ou que l’Église n’a plus de jeunes".

Le grand nombre de pèlerins "est un signe clair d’un peuple qui croit", a-t-il déclaré, affirmant que "les jeunes Mexicains ont la foi".

 

Aguilar a également exprimé sa joie de voir que les jeunes sont capables de s'organiser des mois à l'avance pour participer à ce genre d'expressions de foi, "sans y être contraints, sans y être payés, sans aucune promotion d'un parti politique", mais plutôt pour "exprimer leur amour pour Jésus, pour la Vierge Marie et leur fidélité à l'Église".

 

"Graines d'espoir"

Le nonce apostolique au Mexique, l’archevêque Joseph Spiteri, a exhorté les jeunes participants au pèlerinage à devenir des "semences d’espérance" dans la société à leur retour dans leurs diocèses et leurs communautés.

Le représentant du pape au Mexique leur a assuré que chacun peut "avoir une influence pour changer les structures du péché, les structures injustes", et a affirmé que la première étape consiste à construire une communauté et à encourager d'autres jeunes, car de cette façon "le feu continuera de grandir".

Enfin, Andrea Perea, qui termine cette année son mandat de présidente de Witness and Hope, a invité les jeunes à poursuivre leur formation afin de ne pas avoir une "foi superficielle" limitée à des événements isolés.

"C’est le défi que nous relevons aujourd’hui, nous les jeunes : reconnaître que le présent est beau, mais que demain apportera fatigue et lassitude", a-t-elle ajouté. Dans ce contexte, elle a souligné la nécessité pour les jeunes de s’engager pour la communauté et son développement, et que cet engagement soit "guidé par l’amour du prochain".

 

Source: https://www.ewtnnews.com/world/americas/70000-young-people-made-the-pilgrimage-to-christ-the-king-monument-in-mexico

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2 février 2026 1 02 /02 /février /2026 01:00

C'est une dévotion approuvée par le Vatican. Notre-Dame du Bon Succès

Notre-Dame du Bon Succès ou Bon Évènement

En 1610, à Quito, en Équateur, une religieuse cloîtrée vit la Vierge Marie apparaître devant elle.

 

La Mère de Dieu a fait des prophéties terrifiantes sur le XXe siècle:

> Une crise de l'Église, des sacrements profanés et négligés

> L'effondrement de la morale; Les enfants élevés dans l’impureté et l’incrédulité (Source : Pereira, Livre II, Ch. 25)

> La montée du mal en haut lieu

 

Dans le couvent de l'Immaculée Conception, une religieuse espagnole nommée Mère Mariana de Jesús Torres a vécu une vie cachée de prière et de sacrifice. Elle a été visitée de nombreuses fois par la Vierge Marie, qui s'est appelée elle-même : "Notre Dame du Bon Succès de la Purification".

La Vierge a mis en garde contre :

> Une grande perte de foi, même parmi les prêtres et les évêques

> La corruption sexuelle et l'impureté se propageant à travers le monde

> Un effondrement général de l’ordre social et religieux

 

Marie a décrit comment la lumière de la foi semblerait presque éteinte et comment l'Église serait plongée dans une période de grandes souffrances.

 

Mais elle a promis qu'au milieu des ténèbres, ses enfants fidèles resteraient, peu nombreux, mais forts en Dieu.

L'une des prophéties les plus frappantes : le 2 février 1634, l'apparition a prédit que l'infaillibilité papale "sera déclarée dogme de foi par le même pape élu pour proclamer le dogme du mystère de mon Immaculée Conception". En 1854, le pape Pie IX définit le dogme de l'Immaculée Conception et, en 1870, déclara le dogme de l'infaillibilité pontificale tel que défini par le premier concile du Vatican, accomplissant ainsi la prédiction de Notre-Dame. Mère Mariana, dans les années 1600, adorait déjà Marie en tant qu'Immaculée Conception, bien avant que cela ne devienne l'enseignement officiel de l'Église.

 

La Vierge a également demandé que son image soit sculptée et vénérée sous le titre de Notre-Dame du Bon Succès.

 

La statue a été miraculeusement achevée avec l'aide d'anges et de saints

 

Mère Mariana elle-même a été témoin du miracle :

> Saint François d'Assise, saint Sébastien et saint Ignace de Loyola apparurent, accompagnés d'une multitude d'anges, pour achever l'ouvrage.

Notre-Dame du Bon Succès ou Bon Évènement

La Vierge Marie elle-même a guidé le processus et a approuvé l’image terminée en disant : ''Elle est bien faite selon ma volonté et mon désir.''

 

Le lendemain matin, les sœurs trouvèrent la statue miraculeusement terminée, resplendissante d’une beauté surnaturelle.

 

Elle est toujours présente à Quito, vénéré par d'innombrables pèlerins.

 

Mère Mariana a souffert pour les péchés du monde.

 

Elle a offert sa vie en réparation pour les prêtres et les religieux qui trahiraient leurs vœux.

Elle a porté dans son corps et dans son âme les souffrances de la future Église. Une véritable âme de victime cachée.

 

Le message de Quito est remarquablement similaire à d'autres apparitions approuvées, comme :

 

>La Salette (1846)

>Fatima (1917)

>Akita (1973)

 

Chacune met en garde contre :

>L'apostasie dans l'Église

>L'effondrement moral

>Une purification à venir avant le triomphe final.

 

Et pourtant, comme toujours, Marie promet l’espérance :

 

''Ceci marquera l'arrivée de mon heure, où, d'une manière merveilleuse, je détruirai l'orgueilleux et maudit Satan, l'écrasant sous mes pieds et l'enchaînant dans l'abîme infernal, libérant enfin l'Église et le pays de sa cruelle tyrannie.''

 

La Vierge a parlé d’un temps après la crise, où Dieu susciterait ''un véritable dirigeant catholique'' et un ''Saint Pape'' qui rétablirait l’ordre dans l’Église et dans l’État.

 

Mère Mariana a parlé de :

> D''Un homme de caractère'' envoyé par Dieu pour rétablir la paix

> Son règne coïnciderait avec le triomphe de l’Église après la purification

Il s'agit de la statue vénérée de Notre-Dame de Bon Succès, enchâssée dans le Couvent de l'Immaculée Conception à Quito.  Elle porte une couronne, tenant l'Enfant Jésus, qui est également couronné.  Les vêtements ornés reflètent les influences coloniales espagnoles, car la statue a été fabriquée au début des années 1600.  Le bâton pastoral qu'elle tient symbolise son rôle de reine et de bergère des fidèles.  Cette peinture illustre la même dévotion mariale, basée sur les visions de Mère Mariana de Jesús Torres, une religieuse conceptionniste du XVIIe siècle à Quito.  La Vierge apparaît à Mère Mariana, lui remettant une crosse et des clés, symboles d'autorité et de protection spirituelles.  Le rayonnement doré et le manteau bleu royal évoquent la lumière céleste et la royauté mariale.

Il s'agit de la statue vénérée de Notre-Dame de Bon Succès, enchâssée dans le Couvent de l'Immaculée Conception à Quito. Elle porte une couronne, tenant l'Enfant Jésus, qui est également couronné. Les vêtements ornés reflètent les influences coloniales espagnoles, car la statue a été fabriquée au début des années 1600. Le bâton pastoral qu'elle tient symbolise son rôle de reine et de bergère des fidèles. Cette peinture illustre la même dévotion mariale, basée sur les visions de Mère Mariana de Jesús Torres, une religieuse conceptionniste du XVIIe siècle à Quito. La Vierge apparaît à Mère Mariana, lui remettant une crosse et des clés, symboles d'autorité et de protection spirituelles. Le rayonnement doré et le manteau bleu royal évoquent la lumière céleste et la royauté mariale.

Mère Mariana mourut le 16 janvier 1635, peu de temps après la dernière apparition mariale. Ses écrits furent scellés. Les religieuses et les dirigeants de l’Église hostiles enterrèrent ces messages pendant des siècles.

 

Lorsque son tombeau fut ouvert en 1906, son corps fut retrouvé incorrumpu. L'archidiocèse de Quito ouvrit un processus de canonisation en 1986.

 

Ce n’est qu’au XXe siècle que la dévotion a commencé à se répandre, comme Marie l’avait prédit. (Source : Pereira, Livre III, Ch. 12)

 

Ce n’est pas de la piété marginale. La dévotion à Notre-Dame du Bon Succès a été approuvée par l'évêque de Quito dans les années 1600 et réaffirmée au 20e siècle.

 

La vénération publique est autorisée et la fête est célébrée chaque 2 février (Source : Archidiocèse de Quito ; Horvat, 1999), qui est aussi le jour de la fête de la Purification (Chandeleur, la Purification de Marie ou Présentation de Jésus au Temple), en raison de sa première apparition.

 

Ses prophéties se lisent comme les gros titres d’aujourd’hui :

-Attaques contre le mariage

-Crise des vocations

-Perte de révérence pour l’Eucharistie

-Confusion dans la direction de l'Église

-Les enfants apprennent à pécher

 

Notre-Dame du Bon Succès n’est pas seulement un avertissement, c’est une promesse. Elle a vu l'effondrement.

 

Elle a vu notre siècle avant qu’il n’arrive. (Source : Pereira, Livre II, Ch. 25)

 

Elle a prédit la purification. Et elle a promis la restauration.

 

Les prophéties de Notre-Dame du Bon Succès sont compilées dans "Le Cahier", conservé au Monastère Royal de l'Immaculée Conception de Quito, et d'où l'on connaît les extraits contenus dans les livres biographiques sur Mère Mariana.

Son message reste urgent aujourd'hui :

Priez pour l'Église.

Restez fidèle dans les ténèbres.

Faites confiance au Christ et à sa Mère qui triompheront.

 

A chaque époque, Dieu suscite des âmes cachées pour souffrir et intercéder pour son Eglise.

 

Mère Mariana était l'une d'entre elles.

 

"Mon heure viendra." (Source : Pereira, Livre II, Ch. 25)

 

Puissions-nous vivre pour le voir. 

 

O Vierge du Bon Succès, priez pour nous ! (Source : Pereira, Livre II, Ch. 25)

Sources :

 

(1) https://x.com/trad_west_/status/1941586081566097871

(2) P. Pereira, La vie admirable de Mère Mariana, livre II, ch. 14

(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Notre_Dame_du_Bon_Succ%C3%A8s#

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2 février 2026 1 02 /02 /février /2026 00:00
La Présentation de Jésus au Temple, la Purification de Marie, Fête

La fête de ce jour a un double objet, célébrer la Purification de Marie et la Présentation de Jésus au Temple selon la loi de Moïse (Luc 2, 22). Cette loi fixait le temps où les mères devaient se présenter avec leurs nouveau-nés devant les autels, et elle exigeait une offrande pour le rachat des enfants mâles. Ni Marie, toute pure dans sa maternité, ni Jésus, Fils de Dieu, n'étaient obligés à cette cérémonie ; cependant par humilité, et pour donner aux hommes un éclatant exemple d'obéissance aux lois divines, Marie, accompagnée de Joseph et portant Jésus en ses bras, se rendit au Temple de Jérusalem.

 

Siméon, aveugle et âgé, saisit l'Enfant dans ses bras et dit : "Seigneur, à présent tu peux laisser aller ton serviteur en paix, car mes yeux ont vu ton Salut..." Sa foi et son coeur lui révélèrent qu'il tenait la Lumière venue éclairer les nations, le Sauveur. Plein de reconnaissance, il chanta le "Nunc dimittis", ce cantique qui est repris tous les jours à l'Office des Complies.

 

Nunc dimittis servum tuum, Domine,

secundum verbum tuum in pace.

Quia viderunt oculi mei salutare tuum,

quod parasti ante facies omnium populorum,

lumen ad revelationem gentium

et gloriam plebis tuae Israel.

 

La fête chrétienne qui nous conserve le souvenir de cette cérémonie est fêtée le 2 février, quarante jours après Noël. Elle remonte au pape Gélase Ier en 492 qui offrait des crêpes aux pèlerins à Rome, en organisant des processions aux "chandelles" (d'où son nom). 

 

Répandue en occident au VIe siècle, elle s'est appelée "fête des lumières", Jésus étant, selon le cantique de Siméon, la "lumière venue pour éclairer les nations", puis fête de la Purification. (3) 

 

Au VIIe siècle, saint Sophrone, évêque de Jérusalem († 638 ou 639) dit :  "Accueillons cette lumière glorieuse et éternelle. Allons à la rencontre du Christ, nous tous qui honorons et vénérons son mystère avec tant de ferveur, avançons vers lui dans l'enthousiasme. Que tous sans exception participent à cette rencontre, que tous sans exception y portent leurs lumières. Si nos cierges procurent un tel éclat, c'est d'abord pour montrer la splendeur divine de celui qui vient, qui fait resplendir l'univers et l'inonde d'une lumière éternelle en repoussant les ténèbres mauvaises; c'est aussi et surtout pour manifester avec quelle splendeur de notre âme, nous-mêmes devons aller à la rencontre du Christ. De même, en effet, que la Mère de Dieu, la Vierge très pure, a porté dans ses bras la véritable lumière à la rencontre de ceux qui gisaient dans les ténèbres; de même nous, illuminés par ses rayons et tenant en mains une lumière visible pour tous, hâtons-nous vers celui qui est vraiment la lumière. C'est évident: puisque "la lumière est venue dans le monde"(Jn 3, 19) et l'a illuminé alors qu'il baignait dans les ténèbres, puisque "le Soleil levant qui vient d'en haut nous a visités" (Lc 1, 78), ce mystère est le nôtre. C'est pour cela que nous avançons en tenant des cierges, c'est pour cela que nous accourons en portant des lumières, afin de signifier la lumière qui a brillé pour nous, mais aussi afin d'évoquer la splendeur que cette lumière nous donnera. Courons donc ensemble, allons tous à la rencontre de Dieu. Cette lumière véritable, "qui éclaire tout homme venant en ce monde." » (Jn 1, 9), voici qu'elle vient. Soyons-en tous illuminés, mes frères, soyons-en tous resplendissants." (S. Sophrone, Homélie, Discours 3, sur la fête des Lumières 6.7; texte grec: PG 87-3, 3291-3293)

 

Passée dans le langage populaire, cette fête porte le nom de la Chandeleur, la fête des chandelles, festa candelarum, à cause de la procession qui se fait ce jour-là dans nos églises avec des cierges bénis allumés, qui symbolisent la lumière, la pureté et éloignent du mal. La forme ronde et la couleur des crêpes rappellent le disque solaire et le retour vers la lumière en ce début du mois de février où les jours rallongent. 

 

Cette fête est également accompagnée de superstitions. Si les paysans ne faisaient pas de crêpes à la Chandeleur, le blé serait mauvais l’année suivante. Pour être assuré que la récolte sera bonne et les finances prospères, ils se devaient de retourner la première crêpe en la jetant en l’air de la main droite en tenant un Louis d’or dans la main gauche, en veillant à ce qu’elle retombe parfaitement dans la poêle. La crêpe était ensuite déposée en haut d’une armoire. (4)

Les cierges symbolisent Notre-Seigneur Jésus-Christ, Lumière du monde ; la procession représente le passage de la sainte Famille dans le Temple et la rencontre des deux vieillards Siméon et Anne.

 

Saint Anselme, développant ce mystère, nous dit qu'il y a trois choses à considérer dans le cierge : la cire, la mèche et la flamme. La cire, ouvrage de l'abeille virginale, est la chair du Christ ; la mèche, qui est intérieure, est son âme ; la flamme, qui brille en la partie supérieure est sa divinité.



La procession de la Chandeleur nous apparaît comme la marche du peuple chrétien à la lumière du Christ, figuré par les cierges que porte le clergé, la portion choisie de l'Église, comme Jésus même était porté entre les bras de Marie, entre ceux du saint vieillard Siméon et du pontife qui L'offrit au Seigneur.



Les cierges de la Chandeleur sont bénis avec une solennité toute particulière et avec l'emploi des prières les plus touchantes. Conservés dans la maison des chrétiens, ils sont un gage de la protection divine. Il est dans l'esprit de l'Église d'allumer les cierges de la Chandeleur pour repousser les esprits de ténèbres, dans les dangers corporels et spirituels, au lit des mourants, pour éloigner d'eux l'ennemi des hommes, qui fait alors son suprême effort afin d'arracher les âmes à Dieu. C'est bien alors surtout, en effet, que l'homme a besoin du recours du Rédempteur, vraie lumière des âmes, pour illuminer les derniers instants de sa vie.

Présentation du seigneur, 1342, Ambrogio Lorenzetti, Florence, offices

Présentation du seigneur, 1342, Ambrogio Lorenzetti, Florence, offices

Les orthodoxes nomment cette fête la Sainte Rencontre. (5)

Sources:

(1); (2) Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950. L'Evangile au quotidien ; (3) Pascal-Raphaël Ambrogi, Dictionnaire culturel du Christianisme, Le sens chrétien des mots, Honoré Champion Editions, Paris 2021, p. 762 ; (4) ; (5) Dominique Le Tourneau, Les Mots du christianisme, Bibliothèque de Culture religieuse, Fayard, La Flèche 2005, p. 125

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30 janvier 2026 5 30 /01 /janvier /2026 14:05

 

Cf. https://www.catholicworldreport.com/2026/01/27/german-cardinal-for-me-the-synodal-way-is-over/

Un cardinal allemand déclare : "Pour moi, le chemin synodal est clos."

 

Un cardinal allemand a déclaré mettre fin à sa participation au controversé Chemin synodal allemand, exprimant un profond scepticisme quant aux projets d'établissement d'une conférence synodale permanente.

 

"Pour moi, le chemin synodal est terminé", a déclaré le cardinal Rainer Maria Woelki de Cologne, selon CNA Deutsch , le service frère germanophone d'EWTN News.

 

Le concept de conférence synodale proposé représente la dernière version des plans visant à établir un organe permanent en Allemagne à la suite du processus controversé, après des interventions répétées du pape François et du Vatican.

 

Les propos du cardinal, tenus lors d'un entretien avec la radio Domradio de Cologne, interviennent alors qu'il confirme son absence à la sixième assemblée synodale qui se tient cette semaine à Stuttgart.

 

Woelki a déclaré qu'il avait initialement compris qu'il y aurait cinq assemblées, auxquelles il avait assisté à toutes. Lorsque la Conférence des évêques allemands a décidé par la suite d'organiser une session d'évaluation, il a clairement indiqué qu'il n'y participerait pas.

 

"À mon avis, cet organe n’a pas le mandat d’évaluer ce qu’un évêque diocésain ou un diocèse a ou n’a pas mis en œuvre à partir des décisions de la Voie synodale" a-t-il déclaré.

 

"Je dois répondre à mes vœux d'ordination."

Ses remarques interviennent alors que le Comité central des catholiques allemands (ZdK) a déjà approuvé les statuts d'une nouvelle conférence synodale, tandis qu'une décision de la conférence des évêques allemands et l'approbation du Vatican restent en suspens.

 

"Nous devons attendre la position officielle de Rome", a souligné Woelki. "Nous devons également attendre de voir si la conférence épiscopale, lors de son assemblée plénière en février approuvera effectivement les statuts tels que présentés."

 

Le cardinal a souligné son engagement envers son ordination. "Je peux seulement dire que je dois répondre à mes vœux d'ordination. J'ai promis de protéger la foi de l'Église et de cheminer dans mon diocèse en communion avec le pape."

 

Un point central de controverse dans les statuts de la conférence synodale concerne le principe de la délibération et de la prise de décision conjointes entre les évêques diocésains et les non-évêques. Woelki a reconnu l'importance du travail accompli par ce processus, notamment en matière de prévention des abus et d'exercice du pouvoir au sein de l'Église.

 

"Je soutiens pleinement ces principes », a-t-il déclaré, précisant qu'il avait déjà mis en œuvre des réformes à Cologne.

 

Mgr Gänswein voit "la mauvaise voie"

 

Le Chemin synodal allemand a adopté de nombreuses résolutions controversées à la majorité des deux tiers des évêques présents, notamment

>des mesures appelant à la bénédiction des couples de même sexe,

>à l'ordination des femmes au diaconat,

>à la réévaluation du célibat des prêtres

>et à des changements dans les pratiques de l'Église fondés sur l'idéologie transgenre.

 

Woelki a déclaré que l'une des "grandes lacunes" des cinq assemblées était leur incapacité à aborder l'évangélisation, un point que le pape François a souligné dans sa lettre de 2019 "Au peuple pèlerin de Dieu en Allemagne".

 

L'agence CNA Deutsch a rapporté que l'évêque Georg Bätzing de Limbourg, qui a défendu la voie synodale tout au long de ses six années à la tête de la Conférence des évêques allemands, a annoncé le 19 janvier qu'il ne briguerait pas un nouveau mandat lors du rassemblement des évêques allemands en février.

 

PLUS D'ACTUALITÉS MONDIALES : Des dirigeants allemands "étonnés" contestent le dernier avertissement du Saint-Siège concernant la "voie synodale".

 

Le dernier avertissement du Saint-Siège concernant le risque d’un nouveau schisme en Allemagne lié à la "Voie synodale" a été fermement rejeté et accueilli avec "étonnement" par ses organisateurs.

 

L’archevêque Georg Gänswein, ancien secrétaire particulier du pape Benoît XVI et actuel nonce apostolique auprès des pays baltes, a offert une évaluation encore plus tranchée de la Voie synodale dans une interview accordée à EWTN News le 23 janvier.

 

"Quiconque a suivi les événements entourant le Chemin synodal depuis le début jusqu'à nos jours peut constater une chose importante : une série d'exigences du Chemin synodal éloignent de la foi — il ne s'agit pas d'une clarification qui conduit à la foi, mais d'un éloignement délibéré de la foi", a déclaré Mgr Gänswein.

 

 

"Ce ne peut être l’objectif, que de faire quelque chose qui, au final, ne sert ni la foi ni les fidèles. À cet égard, je le comprends parfaitement. Et je ne peux qu’espérer et prier pour que cette voie erronée prenne bientôt fin."

 

"Il s'agit d'une question d'essence même de l'Église."

 

Woelki a affirmé que la structure hiérarchique et sacramentelle de l'Église est essentielle à sa nature : "Nous vivons en tant que catholiques dans une Église constituée de manière hiérarchique et sacramentelle. Il ne s'agit pas simplement d'une question d'organisation, mais d'une question d'essence même de l'Église."

 

"J’ai donc du mal à accepter l’idée de faire partie d’un organe où 27 évêques diocésains, 27 membres du ZdK et 27 autres membres qui doivent encore être élus délibèrent et décident ensemble", a-t-il déclaré.

 

Le cardinal a déclaré que la synodalité exigeait "une bonne écoute mutuelle" et "une écoute commune de ce que l’Esprit Saint nous dit, une délibération et un discernement mutuels. Mais la décision finale revient à celui qui en a été chargé et qui doit avant tout se sentir lié à la foi de l’Église."

 

Le prélat allemand a déclaré percevoir "des conceptions fondamentalement différentes de ce que signifie la synodalité. Le pape François — ainsi que le pape Léon XIV — soulignent à plusieurs reprises que la synodalité est un événement spirituel, un outil d'évangélisation."

 

"J’ai l’impression qu’à un certain moment du chemin synodal en Allemagne, il s’agissait principalement de mettre en œuvre certaines positions politico-ecclésiastiques", a-t-il déclaré.

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Add. 01-02-2026.  Suite au Chemin synodal, la Conférence des évêques allemands et le Comité central des catholiques allemands s’efforcent de mettre en place un organe synodal commun au niveau fédéral, où évêques et laïcs prendront des décisions de concert. Les statuts de cette Conférence synodale doivent encore être approuvés par les évêques et le Vatican. Si le Saint-Siège les approuve, participerez-vous alors à cet organe ?

Cardinal Woelki (entretien au Catholic Conclave) 

 

"Ma grande préoccupation est qu'il existe actuellement en Allemagne une tentative insidieuse de mettre en œuvre une nouvelle ecclésiologie et une nouvelle anthropologie qui ne sont plus en harmonie avec la foi et les enseignements de l'Église universelle." Cardinal Woelki, Catholic Conclave sur X

 

Le cardinal Woelki explique ce qui ne va pas avec la voie synodale allemande :

"Nous ne pouvons pas discuter de tout comme si l'issue était incertaine.

Pour donner un exemple volontairement absurde : nous ne pouvons pas voter sur la question de savoir si Jésus est ressuscité. Si, au final, une majorité arrivait à la conviction qu'il n'est pas ressuscité, et que moi, en tant qu'évêque, je devais accepter cela, ce serait impensable pour moi."

 

 

Cf. Catholic Conclave

https://cathcon.blogspot.com/2026/01/trend-setter-cardinal-archbishop-of.html

Note de ChristRoi. Saint John Henry Newman Docteur de l’Église, le plus grand théologien du développement doctrinal, insistait sur le fait qu'un véritable développement ne peut jamais être un renversement de doctrineLe "développement de la doctrine" ne signifie pas le changement de doctrine. Toutes les doctrines ont été développées, y compris la Trinité.

 

Dans le catholicisme, toute doctrine évolue, mais aucun principe de foi ou de morale établi ne peut changer.

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30 janvier 2026 5 30 /01 /janvier /2026 07:47
"Le pape n’est pas un Führer" : le cardinal Müller s’exprime sur l’ultramontanisme

Un cardinal de premier plan et ancien secrétaire de la Curie romaine s'est entretenu avec le Catholic Herald au sujet de l'état de l'Église, du rôle de la papauté et de la manière dont les catholiques devraient aborder l'autorité.

Le cardinal Gerhard Ludwig Müller, préfet émérite de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a qualifié d’"hérésie" la vénération des opinions privées et politiques du défunt pape François et a déclaré qu’il était de son "devoir" de la critiquer. Le prélat allemand a insisté sur le fait que les catholiques ne devaient pas adopter une posture spirituelle à tendance hérétique, connue sous le nom d’"ultramontanisme", qui exagère le rôle et les doctrines entourant la papauté, et a affirmé qu’ils devaient rester conscients du contexte historique dans lequel de telles attitudes ont émergé au XIXe siècle.

Interrogé sur la présence, dans les boutiques touristiques de la Via della Consolazione, devant le Vatican, d'un nombre manifestement excessif de souvenirs à l'effigie du pape François, comparée à celle du pape Benoît XVI, et sur la présence éventuelle d'un fantôme de l'ancien pontife planant sur les travaux du Consistoire extraordinaire début janvier, le cardinal Müller a confirmé ces deux affirmations et a exprimé sa désapprobation.

"Il est de mon devoir de critiquer ce culte de la personnalité", a-t-il déclaré. "Cela n'a rien à voir avec l'Église catholique… Certains de ses amis [du pape François] parlaient d'une 'nouvelle Église'. Pour moi, c'est une hérésie. Parler de l''Église de François'."

"L’“Église de Benoît” n’existe pas", a déclaré le cardinal Müller.

"On reproche aux protestants d’avoir fait du pape un second dieu", a-t-il poursuivi. Le cardinal Müller a averti que "cinq cents ans plus tard", certains catholiques, par leur manque de retenue, donnent raison à ces critiques protestantes.

"Il a toujours été entendu que le Pape est un évêque parmi d’autres évêques, mais doté d’un charisme particulier : lui, l’évêque de Rome, est le successeur personnel de saint Pierre et un principe d’unité de l’Église, non pas une unité faite par l’homme, mais une unité donnée par la Foi, par Jésus-Christ et par la vérité révélée."

"Et le pape porte un très beau titre, donné par le pape saint Grégoire Ierservus servorum Dei, serviteur des serviteurs de Dieu", a-t-il ajouté, soulignant que le pape n'est pas un monarque absolu sans limites ni contraintes.

"Il est le Premier Serviteur de l’Église, avec un rôle particulier, mais nous n’avons pas une Église centrée sur le pape. Dans le diocèse, nous n’avons pas une Église centrée sur l’évêque. Et dans la paroisse, nous n’avons pas une Église centrée sur le curé. Ils doivent guider le peuple, mais ils ne peuvent pas donner la grâce. Ils sont des instruments de la grâce."

Le cardinal Müller a suggéré que le pape émérite Benoît XVI était peut-être "trop intellectuel" pour susciter une adulation populaire comparable, mais il a exhorté les catholiques à l'écouter et à le lire s'ils souhaitent comprendre pourquoi les attitudes exagérées envers la papauté sont malavisées.

"Il [le pape Benoît XVI] a critiqué la façon dont, dès le XIXe siècle, s'est développé un certain culte de la personnalité autour de la papauté. C'est lié aux médias de masse. Nous devons l'éviter. Le pape n'est pas un Führer."

Le cardinal Müller a par ailleurs mis en garde contre les comportements qui enracinent cette conception déformée de la papauté.

"Lorsqu'il circule en voiture sur la place Saint-Pierre, il n'est pas César. Il est là plutôt pour bénir tout le monde au nom de Jésus-Christ, et non parce que [la foule et les touristes] veulent se faire photographier avec le pape."

Le cardinal Müller a déclaré que le fait que Benoît XVI "ait tant parlé de la Vérité et de la transcendance de l'Église" avait peut-être aliéné Benoît XVI et lui avait valu des ennemis, mais il a soutenu que cette insistance était essentielle. Il a ajouté que traiter le pape comme une célébrité reflétait une hiérarchie des priorités désordonnée, qui devrait au contraire placer Jésus-Christ au centre.

"Quand il entre dans la basilique Saint-Pierre, tout le monde le prend en photo. Non, ils devraient faire le signe de croix pour recevoir la bénédiction. C’est un problème", a-t-il déclaré.

"Pour l’Année Sainte, nous avons accueilli près de 40 millions de pèlerins et de touristes, et ce chiffre ne signifie rien s’ils n’ont pas eu de contact avec Jésus-Christ, un contact avec la conversion de leur vie."

Sur Internet, dans les médias et dans le milieu universitaire, on trouve souvent des défenseurs de la papauté, pourtant bien intentionnés, qui cherchent à justifier et à sacraliser chaque parole et chaque action d'un pape, en exercice ou non. Dans le monde anglophone, on les appelle parfois familièrement "papesplainers", une appellation qu'ils peuvent ou non adopter. Le cardinal Müller a reconnu que ces personnes perpétuent à tort l'héritage de l'ultramontanisme, un mouvement réactionnaire né en France, où le rôle de la papauté avait d'abord été minimisé, puis exagéré.

Pour corriger cette tendance, le cardinal Müller a déclaré que les catholiques devaient mieux comprendre l'histoire et reconnaître le contexte précaire dans lequel le culte de la papauté a émergé.

"Il y a eu un Kulturkampf [guerre culturelle], en Italie et en Allemagne, avant les grands dictateurs athées du XXe siècle, mené par Bismarck et d'autres. Ils étaient de grands ennemis de l'Église catholique. En France, il y avait ce qu'on appelait la séparation de l'Église et de l'État."

"Il ne s’agit pas d’une séparation de l’Église et de l’État", a-t-il déclaré, "mais de la suppression, jusqu’à présent, des droits et de la liberté de l’Église. Nous devons critiquer ce concept, où des idéologies non chrétiennes et antichrétiennes sont présentes dans la vie publique et au sein de l’État, et où seule la perspective chrétienne est exclue."

"C’est absolument faux", a ajouté le cardinal Müller. "Par conséquent, les catholiques, pour défendre le pape, ont développé un certain culte de la personnalité."

"Affirmer que chaque pensée personnelle du Pape est un dogme ou une interprétation de la vérité révélée est une exagération", a-t-il déclaré. "Jusqu'à l'époque de François, certains parlaient, sans vraiment comprendre la question, de la "doctrine du pape François". Il n'y a pas de doctrine propre à François, il n'y a que la doctrine de l'Église, qui peut être exprimée par le Pape."

Source:

https://x.com/CatholicHerald/status/2016599718869037564?s=20

https://thecatholicherald.com/article/cardinal-muller-on-ultramontanism

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Add. 

À lire aussi sur Kath.net:

Cf. https://www.kath.net/news/89473

Dans un entretien accordé au Catholic Herald, le préfet émérite de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a mis en garde contre le culte de la personnalité et l'ultramontanisme. "Le pape n'est pas un Fürher", a souligné le cardinal Müller.

Chacun de vous prend parti en disant :
« Moi, j’appartiens à Paul »,
ou bien :
« Moi, j’appartiens à Apollos »,
ou bien :
« Moi, j’appartiens à Pierre »,
ou bien :
« Moi, j’appartiens au Christ ».
Le Christ est-il donc divisé ?
Est-ce Paul qui a été crucifié pour vous ?
Est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés ?
Le Christ, en effet, ne m’a pas envoyé pour baptiser,
mais pour annoncer l’Évangile,
et cela sans avoir recours au langage de la sagesse humaine,
ce qui rendrait vaine la croix du Christ.

1 Co 1,12-17

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30 janvier 2026 5 30 /01 /janvier /2026 07:30

Dans la théologie catholique, l’Eucharistie est la "source et sommet de toute la vie chrétienne" comme l'enseigne l'Église (Catéchisme de l'Église catholique, CEC 1324)

 

Reçue dignement, en état de grâce, avec foi, respect et dévotion, l'Eucharistie transforme et nourrit profondément l'âme.

 

S'appuyant sur l'Écriture (par exemple, Jean 6), les Pères de l'Église, saint Thomas d'Aquin (Somme théologique III, q. 79), le concile de Trente et le Catéchisme (en particulier les numéros 1391 à 1395 et 1397), voici dix manières essentielles dont l'Eucharistie transforme l'âme :

Comment l'Eucharistie vous transforme ?

1. L'Eucharistie approfondit l'union intime avec le Christ

 

Le fruit principal de la Sainte Communion est une union toujours plus intime et permanente avec Jésus. Comme il l'a dit : "Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui." (Jean 6, 56). Le recevoir sacramentellement nous incorpore plus pleinement à sa vie divine, approfondissant et rendant plus personnelle notre amitié avec lui.

 

2. L'Eucharistie accroît la grâce sanctifiante

 

Chaque réception digne accroît la grâce sanctifiante, vie surnaturelle de Dieu dans l’âme, nous rendant plus saints et plus agréables à Dieu. Cela élève notre dignité et nous prépare à la vie éternelle (cf. Catéchisme de l’Église catholique, n° 1392 ; Thomas d’Aquin).

 

3. Nourrit et soutient la vie surnaturelle

 

De même que la nourriture soutient la vie corporelle, l’Eucharistie est une nourriture spirituelle qui préserve et fortifie la vie de grâce reçue au Baptême. Elle restaure la perte des forces, combat la tiédeur, fortifie la charité qui, dans la vie quotidienne, tend à s’affaiblir (Catéchisme de l’Église catholique, n° 1394 ; Concile de Trente).

 

4. L'Eucharistie efface les péchés véniels

 

L’Eucharistie efface les péchés véniels (de tous les jours) par la charité vivante qu’elle suscite. De même que la nourriture corporelle redonne des forces, ce sacrement ravive la charité affaiblie par les fautes quotidiennes (Catéchisme de l’Église catholique, n° 1394 ; Concile de Trente).

 

5. L'Eucharistie préserve du péché mortel

 

Il agit comme un antidote contre le péché grave, nous fortifiant pour résister aux tentations sérieuses et nous aidant à éviter le péché mortel qui nous séparerait de Dieu. En nous unissant au sacrifice du Christ, il fortifie notre volonté contre le mal (Catéchisme de l’Église catholique, n° 1395 ; Concile de Trente).

 

6. L'Eucharistie diminue la concupiscence (inclination au péché)

 

L’Eucharistie retient les désirs désordonnés et les convoitises de la chair, guérit les blessures spirituelles et atténue l’attrait du péché. Elle purifie l’âme, facilitant ainsi une vie vertueuse (cf. auteurs spirituels comme saint François de Sales).

 

7. L'Eucharistie renforce la charité (l'amour de Dieu et du prochain)

 

Elle ravive et alimente la charité, qui a tendance à s’affaiblir dans la vie quotidienne. Cet amour vivant nous permet d’aimer plus désintéressément, de pardonner aux autres et de servir l’Église et le monde plus efficacement (CEC 1392-1393).

 

8. L'Eucharistie nous unit plus pleinement à l'Église

 

En recevant l’unique Corps du Christ, nous sommes unis comme un seul Corps mystique. Cela favorise la communion ecclésiale, renforçant les liens avec les autres croyants et l’Église universelle (Catéchisme de l’Église catholique, n° 1396-1398 ; 1 Co 10, 17).

 

9. L'Eucharistie procure joie et zèle spirituels

 

Le sacrement porte comme fruit principal l’union intime au Christ Jésus. Il réjouit l'âme, telle une "ivresse" de la bonté de Dieu, et inspire un zèle accru pour la sainteté (Thomas d'Aquin ; Catéchisme de l'Église catholique, n° 1391).

 

10. L'Eucharistie donne la vie éternelle et prépare à la persévérance finale

 

La communion fréquente et fervente fortifie la persévérance dans la grâce, assurant l’union définitive avec Dieu. Elle est le "remède d’immortalité" qui conduit à la résurrection et à la vie éternelle, comme le Christ le promet : "Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement" (Jean 6, 51 ; Catéchisme de l’Église catholique 1407, 1509).

 

Ces effets dépendent des dispositions du destinataire ;

>une plus grande foi,

>une plus grande contrition pour les péchés

>et un plus grand amour donnent de plus grands fruits (ex opere operantis).

 

L’Église encourage la communion fréquente (voire quotidienne) pour ceux qui y sont bien disposés, car elle transforme progressivement l’âme à l’image du Christ. Comme le soulignait saint Augustin, l’Eucharistie fait de nous ce que nous recevons : le Corps du Christ. Le recevoir dignement nous transforme intérieurement, nous rapprochant toujours plus de la vie divine.

 

 

Source☩ 𝕁𝕄𝕋 ☩

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30 janvier 2026 5 30 /01 /janvier /2026 00:00
Sainte Martine de Rome, vierge et martyre († 226)

Sainte Martine naquit à Rome de parents illustres. Son père avait été trois fois consul et s'était distingué par une foi vive et une charité ardente. Après sa mort, Martine vendit ses biens et consacra l'argent à des œuvres de miséricorde.

L'empereur Alexandre (222-235) régnait et persécutait les chrétiens

Des gens occupés à rechercher les serviteurs de Jésus-Christ trouvèrent sainte Martine en prières dans une église et l'arrêtèrent. Comme elle ne fit aucune difficulté de les suivre, ils crurent avoir fait une conquête ; mais, conduite à l'empereur, elle refusa de sacrifier aux idoles ; celui-ci ne l'en fit pas moins conduire au temple d'Apollon. En y entrant, Martine, s'armant du signe de la Croix, pria Jésus-Christ, et à l'instant il se fit un effroyable tremblement de terre qui renversa une partie du temple et brisa l'idole. L'empereur, irrité, commanda qu'on frappât la vierge à coups de poings et qu'on l'écorchât avec des ongles de fer; Martine souffrit avec une telle patience que les bourreaux, lassés, furent remplacés par d'autres qu'une lumière divine renversa et convertit.

Conduite de nouveau devant l'empereur, Martine refusa pour la seconde fois de sacrifier aux idoles; Alexandre la fit attacher à quatre pieux et fouetter si cruellement et si longtemps que les bourreaux s'arrêtèrent de fatigue. Martine fut reconduite en prison, et on versa dans ses plaies de l'huile bouillante ; mais des Anges vinrent la fortifier et la consoler. Le lendemain, la vierge fut conduite au temple de Diane que le démon quitta aussitôt avec des hurlements horribles, en même temps la foudre renversait et brûlait une partie du temple avec ses prêtres.

L'empereur, effrayé, laissa Martine aux mains du président Justin qui la fit si cruellement déchirer avec des peignes de fer, qu'il la crut morte; mais s'apercevant qu'il se trompait: "Martine, lui dit-il, ne veux-tu pas sacrifier aux dieux et te préserver des supplices qui te sont préparés ?
J'ai mon Seigneur Jésus-Christ qui me fortifie, et je ne sacrifierai pas à vos démons." Le président, furieux, commanda de la reconduire en prison.

 

L'empereur, informé de ce qui s'était passé, ordonna que Martine fût menée dans l'amphithéâtre afin d'y être exposée aux bêtes; mais un lion, qu'on lâcha pour la dévorer, vint se coucher à ses pieds et lécha ses plaies; mais comme on le ramenait à son antre, il se jeta sur un conseiller d´Alexandre et le dévora.

Ramenée en sa prison, Martine fut encore une fois conduite au temple de Diane, et comme elle refusait toujours de sacrifier, on déchira de nouveau son pauvre corps. "Martine, lui dit un des bourreaux, reconnais Diane pour déesse, et tu seras délivrée. – Je suis chrétienne et je confesse Jésus-Christ."

Sur ces paroles, on la jeta dans un grand feu préparé à l'avance, mais le vent et la pluie, qui survinrent à l'instant, dispersèrent le bûcher et brûlèrent les spectateurs. On retint la Sainte trois jours durant dans le temple, après toutefois qu'on lui eût fait couper les cheveux. L'empereur la croyait magicienne et s'imaginait que sa force résidait dans sa chevelure.

Elle fut tout ce temps sans rien prendre, chantant continuellement les louanges de Dieu. Ne sachant plus que faire, Alexandre lui fit couper la tête. Le corps de Martine demeura plusieurs jours exposé sur la place publique, défendu par deux aigles qui restèrent jusqu'au moment où un nommé Ritorius put lui donner une honorable sépulture.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/81/Santi_Luca_e_Martina_al_Foro_Romano_-_01_-_Panairjdde.jpg/450px-Santi_Luca_e_Martina_al_Foro_Romano_-_01_-_Panairjdde.jpg
Église Saint-Luc et Sainte-Martine à Rome

Sainte Martine et Sainte Agnès devant la Vierge par El Greco

Sainte Martine et Sainte Agnès devant la Vierge par El Greco

Sainte Martine de Rome, vierge et martyre († 226)

Sources : (1) P. Giry, Vie des Saints, p. 62-64; (2) Wikipedia ; (3) Sanctoral

 

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29 janvier 2026 4 29 /01 /janvier /2026 07:10

Dans cette émission diffusée le dimanche 25 janvier 2025, Marion Sigaut, invitée de Nicolas Bouvier, raconte ce que furent les circonstances qui menèrent, dans les trente ans qui précédèrent la Révolution dite "française", au discrédit croissant de la royauté, puis à sa chute. Une toile de fond : la dette publique, et les solutions présentées par les uns et les autres pour en venir à bout. Des mots nouveaux : Lumières, physiocratie, économie.

Des symboles forts : prise de la Bastille, Assemblée constituante, Constitution civile du clergé, Valmy A la lumière des études notamment d'Augustin Cochin, Hyppolite Taine ou Granier de Cassagnac, et celles de l'Américain Steven Kaplan, une plongée dans un monde de mensonges, de coups d'Etat, de violences et de manipulations. Une vision inhabituelle de l'époque.

Extraits

 

La situation du Royaume avant 1789, et l'avènement du libéralisme économique

 

« Avant de parler du roi, je vais parler de la situation du Royaume. On ne peut pas comprendre la chute de la Royauté sans comprendre deux choses: la situation financière et le contexte religieux de l'époque. Chacun sait ou croit savoir que les Etats généraux convoqués par Louis XVI pour régler le problème récurrent de la dette publique (suite à notre aide aux Insurgents américains pour l'indépendance des Etats-Unis. Ndlr.) se sont constitués en "Assemblée nationale" le 17 juin 1789 et ont entendu rédiger une "CONSTITUTION". C'est cela "la Révolution": les Etats généraux, le "Tiers" (en réalité la bourgeoisie. Ndlr.) qui se constitue "Assemblée nationale" et la Révolution est enclenchée. Est-ce que cela représentait la "volonté du peuple". C'est ce que l'on nous a toujours dit. On a toujours dit que "le Tiers-Etats" représentait le peuple et qu'il avait voulu que soit rédigé une constitution.

 

[...] Par deux fois, le roi, Louis XV en 1763 avec L'Averdy et Louis XVI en 1775 avec Turgot, avait écouter les sirènes des gens des "Lumières" qui se disaient les philosophes, qui prétendaient qu'en supprimant la police des grains et en faisant du blé une marchandise comme une autre, on enrichirait tout le monde et le Roi ! [...] Physiocrates, encyclopédistes, Diderot et consorts ont persuadé Louis XV d'abord, et Louis XVI ensuite, que si le blé était plus cher, le paysan serait plus riche et le roi le deviendrait en conséquence. Il y avait là sur le papier une espèce de logique interne qui semblait tenir la route, mais c'était une vue de l'esprit, une théorie de salonards. Et les salonards étaient la nature même du mouvement dit des "Lumières", des gens qui se réunissent et qui discutent dans des "salons". Et c'était aussi la remise en cause du rôle essentiel du roi qui était le "Père nourricier du peuple". Le roi ne cultivait pas la terre, mais la "libre circulation des grains" était le maître-mot de cette science nouvelle que l'on appela "la physiocratie," avant de la renommer "l'économie", elle consistait à laisser les marchands enlever le grain avant qu'il n'arrive sur la place du marché, et à le vendre à qui il voulait au prix qu'ils pouvaient, alors que la police du roi, aussi longtemps que le roi a tenu son rôle, consistait à interdire aux marchands de se servir avant le peuple. Donc "la Révolution", elle a eu lieu une première fois en esprit en 1763 où le roi a reculé et en 1774 où le roi a reculé aussi. C'était une vue de l'esprit. C'est-à-dire qu'à À chaque fois, en 1763, en 1775, le peuple français, c'est-à-dire celui des villes et celui des campagnes s'était soulevé et avait exigé le retour de la police des grains et de la taxation. Les gens des Lumières disaient : "supprimez la police des grains et tout le monde va s'enrichir !", et le peuple se soulève en disant "taxation, taxation". Taxer un produit, ce n'est pas ajouter un impôt dessus, c'est alors au contraire en fixer le taux par la négociation, de telle sorte que les intérêts de tous soient pris en compte. C'est cela une taxation. Pour les économistes, pour les gens des "Lumières", les "physiocrates", les salonards, "la taxation, c'est du vol". On vole la "juste rémunération du marchand". Chaudement recommandée à Louis XVI par la côterie philosophique à la Cour, Turgot appliqua en 1775-76 – première expérience libérale de Louis XVI ( la deuxième de la royauté) –, la doctrine du "laissez-faire", qui consistait à supprimer les communautés de métiers, c'est-à-dire les "corporations" (sortes de syndicats de l'époque. Ndlr.), et "laissez passer", c'est-à-dire suppression de la police des grains. La police des grains empêchait le grain de circuler librement (elle ne l'empêchait pas de circuler, elle empêchait de le laisser circuler sans contrôle). Et la doxa va alors dire: laissez circuler le grain, laissez faire les marchands...., et tout va s'arranger... Cette doctrine, et son application, va déclencher une série d'émeutes qui va s'appeler la "guerre des farines et conduire le roi au comble de l'impopularité (elles commencèrent à Dijon et couvrirent tout le Royaume jusqu'à Paris et à Versailles où après trois jours la police prit partie de la population, c'est-à-dire avec le peuple contre les marchands). La guerre des farines se solda par la pendaison de trois émeutiers qui n'avaient absolument pas de sang sur les mains.

 

Étranglé par la dette après avoir renvoyé Turgot en 1776  – Turgot qui ne se fit alors que des ennemis – , le jeune Louis XVI (encore une fois mal conseillé par la côterie philosophique. Ndlr.) a choisi un jeune banquier genevois, protestant, Necker, pour "renflouer les caisses"...

 

Necker avait alors inventé un système de rentes viagères sur plusieurs têtes, sur lesquelles se ruèrent les épargnants, et l'argent est rentré à flots. Comme le prêt à intérêts n'existait pas dans l'ancien temps (interdiction de l'usure. Ndlr.), quand le roi avait besoin d'argent il en appelait à la population. [...] On échangeait un capital contre une rente viagère. Lorsque le prêteur mourait, la rente viagère s'éteignait, le roi arrêtait de rembourser. Mais Necker inventa une rente sur plusieurs têtes (jusqu'à trente têtes ... dont des jeunes filles de 12-13 ans de Genève qui avaient une longue espérance de vie). Et les épargnants se sont rués là-dessus. Mais avec le passage de Necker au ministère des Finances, la dette a explosé ! On l'avait appelé pour qu'il résolve le problème, et effectivement (sur le moment) l'argent est rentré, mais la nécessité de le rembourser a surmultiplié la dette. Et cela a été une ruine... En 1781, Necker a publié un compte-rendu de sa gestion, où il fit apparaître qu'il y avait plus d'argent qui rentrait que d'argent qui sortait. Il a juste oublié d'indiquer la dette... Un escroc ! Le roi l'a renvoyé. Les années passaient et la situation financière était de plus en plus dramatique.

 

Et en 1786, après la Guerre d'Amérique, est signé un traité de libre échange avec ... l'Angleterre... Et ce traité de libre-échange va faire s'abattre la foudre sur la France. Les signataires du traité sont Eden pour l'Angleterre et Rayneval pour la France, mais l'inventeur du traité est le libéral et partisan de Turgot, Du Pont de Nemours, qui disait que "quand les marchandises (d'Angleterre) circuleraient et entreraient, tout irait bien", et que cela enrichirait tout le monde... C'était le même principe que la libre circulation des grains de Turgot et des théories de salonards. Et ce qui se passe c'est que la foudre s'abattit sur la France et ce fut terrible parce que des marchandises à bas prix fabriquées par des femmes et des enfants (on voyait des rues entières de pendus de désespoir dans les rues de Londres fin 17e siècle, mais l'Angleterre restait alors la coqueluche de tous les salonards libéraux et physiocrates). Ces marchandises fabriquées en Angleterre à bas prix, fit qu'en France des régions entières sombrèrent dans le chômage. Et la situation dans les campagnes étaient dramatiques. Et dans les villes aussi, les ateliers voient arriver brusquement des produits manufacturés à bas prix, dont Du Pont de Nemours disait qu'ils étaient "aussi beaux". Ce qui n'étaient pas vrai. Ils étaient faits à la va-vite et à l'économie: ce n'est jamais aussi beau que des produits fabriqués par des ouvriers incorporés (dans les Corporations de métiers. Ndlr.) qui ont une éthique du produit bien fait. Ce fut un tremblement de terre de chomage et de misères. Ce fut épouvantable. L'argent continuait de sortir, car il fallait rembourser les rentes viagères, et l'argent ne rentrait plus... Allait-on alors mourir de faim au Royaume de France ? C'était une situation inouïe pour le grand Royaume de France, qui était connu pour être d'une grande richesse. Et cette situation répondait en réalité à différentes tentatives de remise en cause de la royauté. Faire un traité de libre-échange avec l'Angleterre était une nouveauté criminelle. Et même dans sa cassette personnelle, le roi n'avait pas de quoi envoyer des secours ! Dans cette situation de grande détresse, il fallait alors employer les grands moyens et les grands moyens ce serait de convoquer l'assemblée des notables (magistrats) 1787-1788. Et le roi leur demanda de l'aider à résoudre le problème. Et les notables étant des grands propriétaires terriens dirent au roi : "Majesté, vous voulez réduire la dette? Augmentez le prix du blé!" Et on était reparti dans la 3e expérience de libéralisation des grains dans le siècle, le roi introduisit le libéralisme au Royaume de France. Et le Roi fut persuadé que le peuple et les campagnes le demandaient. 

 

[...] Quand les intendant (préfets de l'époque) ont été créés au début de la monarchie absolue, ils faisaient descendre dans le province la volonté du roi et ils faisaient remonter au roi les doléances de la province. À partir de Louis XVI, tous les intendants ou la majorité sont contaminés par les idées du libéralisme portées par la franc-maçonnerie. La franc-maçonnerie et les idées des Lumières, dans les grandes lignes, c''est la même chose. Et cette côterie réussit à convaincre le roi que même si ça le choque, la population des campagnes le demandent. C'était "rétrograde" de ne pas entendre ces revendications du peuple. Et le roi l'a cru. Et la libre circulation des marchandises est devenu l'état habituel du royaume. En 1787, la police des grains n'a plus lieu d'être. Et autant dire, le roi n'a plus lieu d'être. Ce fut une catastrophe: cela faisait trente ans que le peuple hurlait qu'il ne voulait pas de la suppression de la police des grains et qu'il voulait la taxation en cas de nécessité. Et là, on vient interdire la taxation et d'interdire la police des grains...

 

Le rappel de Necker

 

En août 1788..., le roi rappelle Necker, faute de mieux, parce qu'il n'y a pas d'argent. La libre circulation des grains de 1786 n'a biensûr pas fait rentrer d'argent. Les gens eux-mêmes ne prêtaient plus, sachant que le roi ne pourrait pas les rembourser. La seule solution eut été de faire payer l'impôt aux notables, (en un siècle) ils ne l'ont jamais voulu (dixième, vingtième et Subvention territoriale refusés par les parlements. Cf. Jean-Louis HAROUEL, in Les Révolutions françaises de Stéphane RIALS, chapitre "la pré-révolution"). "On ne nous imposera pas !, nous. Les gueux, oui !"... Il ne restait plus qu'à convoquer les États généraux, seule instance restant habilitée à voter des nouveaux impôts, les impôts au Royaume de France devant traditionnellement être consentis. Pour toutes créations de nouveaux impôts, il fallait recevoir l'assentiment du peuple représenté dans les "États".

 

La convocation des États généraux

 

Le roi en même temps qu'il convoqua les États généraux, s'adressa à la population et demanda à ses peuples de lui envoyer leurs doléances, suggestions et conseils pour l'aider à résoudre ses difficultés. Les États étaient des assemblées provinciales dotées de beaucoup de pouvoir et qui siégeaient par ordres (Clergé, Noblesse, Tiers-État). Merci de ne pas imaginer que le Tiers-État était la chambre où étaient représentés les paysans qui formaient l'écrasante majorité du Royaume : le Tiers était avant tout l'assemblée des bourgeois et des ouvriers viles. La paysannerie n'était pas représentée aux Tiers-États, ils l'étaient dans leurs villages et ne se mêlaient pas de siéger aux états de leurs provinces. Ils délibéraient dans les assemblées villageoises qui se tenaient en permanence où tout le monde participait.

 

Le Tiers a demandé le doublement de son vote par tête (député), ce qui signifiait qu'il serait majoritaire par rapports aux autres. Et dans toute la France, les demandes arrivèrent au même moment et demandaient la même chose. Or il n'y avait pas de téléphone à l'époque. Comment cela put-il se faire ? C'est le résultat du travail des loges maçonniques qui opérèrent un maillage très resserré sur l'ensemble du territoire, pouvant ainsi maîtriser toutes les réunions électorales.... Il y a un historien magnifique, qui s'appelle Augustin Cochin (1876-1916), un chartiste malheureusement mort en 1916, qui fit un travail extraordinaire d'analyse de ce que pouvaient être les réunions électorales pour l'élection des députés aux États généraux. Il dit que le résultat des "élections" aux États généraux de 1789 a été entièrement maîtrisé par les loges maçonniques, et qu'ils n'étaient absolument pas le reflet de ce qu'était la population française en 1789Paris abritait à ce moment-là 10.000 chômeurs occupés à des Ateliers de charité

 

Ce n'et pas le "peuple" qui a demandé une "Constitution", c'est les loges maçonniques

 

La première séance des États généraux s'ouvre le 5 mai 1789 à Versailles. Et le 17 juin, un mois après..., le "Tiers" se proclame (comme par hasard. Ndlr.) "assemblée nationale". Ils avaient été élus en provinces pour ramener les doléances du peuple. Et ils arrivent et se proclament eux-mêmes assemblée nationale... Est-ce que vous croyez que dans les doléances il y avait marqué "Majesté, nous voulons nous passer de votre avis, nous voulons maintenant écrire et donner une Constitution à la France" ? Et trois jours plus tard, il fait (comme par hasard. Ndlr.) le serment de ne pas se séparer avant qu'il n'ait donné une Constitution à la France ("Serment du Jeu de Paume"). Mais il n'avait pas mandat pour cela. Pourquoi soudainement une "Constitution" ? Jusque-là, la Constitution (non-écrite. Ndlr.) en France, c'était les lois qui s'accumulaient les unes sur les autres depuis toujours, et qui était le consentement (tacite) du Royaume à son fonctionnement. Ce n'et pas le "peuple" qui a demandé une "Constitution", c'est les loges maçonniques ! Les députés du "Tiers" se transforment en "Assemblée nationale Constituante" (sic) sans avoir jamais reçu mandat du peuple français pour le faire (quoi qu'en dise l'histoire officielle. Ndlr.)

 

[Ce n'est pas une chose que l'on a appris dans les livres de Fernand Nathan (1858-1947): "assemblée nationale", "États généraux", etc., ce sont des termes maçonniques implicites sans l'aval du peuple...]

 

Il y a une autre chose que l'on sait grâce au travail époustouflant d'Augustin Cochin, On connaît la situation socio-professionnelle des "députés" du "Tiers-État", qui étaient (comme par hasard... Ndlr.) à 60% des gens de justice, des magistrats, des avocats, des notaires. Et les 40% restant, se répartissait entre des gens d'affaires, fonctionnaires, médecins, hommes de lettres, journalistes, etc. Et parmi eux, il y a eu UN paysan, UN, alors que la paysannerie représentait 85% de la population française ! Et il ne s'y trouva AUCUN ouvrier, je dis bien AUCUN, alors que le monde ouvrier représentait 60 à 70% de la population urbaine. Le "Tiers-État" vient à Paris prétendre parler au nom de peuple, exiger la rédaction d'une "Constitution" que personne ne leur avait demandé ! Cela s'appelle un COUP D'ÉTAT. C'est cela la "Révolution" de 1789...

 

Le 9 juillet suivant. Le Duc d'Orléans, cousin du roi et "grand maître du grand orient" dit de France (GODF), partisan déclaré de la "libre circulation des grains", réunit chez lui 100 députés amis, pour préparer le renversement du roi et l'instauration d'une Régence, dont il prendrait la tête ! Et bien, pourquoi se gêner ? Oh ?! Qui lui a demandé cela ?... ... Le Roi l'apprend. Et il y a une chose qu'il faut savoir. Si vous vous demandez comment l'information circule entre les réunions secrètes (qui ne sont pas publiques) et le reste, c'est qu'il y a des domestiques qui passent les plats. Et mêmes les réunions ultra secrètes, il y a toujours un domestique pour vendre la mèche. C'est comme cela que l'on a su beaucoup de choses, les domestiques étant alors les murs et les oreilles. Et le roi apprend que son ministre NECKER, fait partie du lot ! Alors le roi le convoque et lui dit qu'il va repartir à Genève. Et le roi renvoie Necker. Mais alors, si le roi renvoie Necker, qui va payer les super rentes ??... "Aux Armes, aux armes" ! Le signal de l'insurrection est donné. Et elle aura lieu le 14 Juillet, "la prise de la Bastille", marque la prise de pouvoir à Paris par ces gens-là, par le mensonge donc, l'intimidation et le meurtre ! Le duc d'Orléans avait abondamment payé des hommes de main pour ce faire. Après la prise de la Bastille, l'Hôtel-de-Ville est renversé, il est investi par ces gens-là, par des nouveaux venus, et il va désormais abriter ce que l'on appelle "la Commune de Paris", qui crée aussitôt une milice bourgeoise de ... 70.000 hommes ! (Pourquoi se gêner ?) Vous habitez Paris? aller hop, vous allez devenir le gardien de la Révolution ! Cela s'appelle "la Garde nationale" (sic) !, à la tête de laquelle on place un franc-maçon notoire, le Marquis de la Fayette, héros de la ruineuse guerre d'Amérique ! (Pourquoi se gêner ?!) Et cette "Commune de Paris" va petit à petit gouverner la France. Et le roi, lui, a perdu la capitale. Quelques jours plus tard, un certain (franc-maçon) nommé Duport proposa de fonder un comité de recherches (qu'on dira plus tard "de sûreté générale" avant de le nommer "de salut public"! Sic...) qui puisse violer les secrets des lettres et enfermer des gens sans les entendre! (Pourquoi se gêner?!) C'est beau le programme des nouveaux venus !! C'était rétablir les Lettres de cachet moins de quinze jours après la "Prise de la Bastille" mais "au nom du Salut public, et contre les ennemis de la liberté"!... La "liberté" c'est ce que l'on vient d'instaurer et les "ennemis de la liberté" on va leur faire la vie dure !

La Liberté des riches,, des bourgeois et des spéculateurs à partir de l'égalité des autres dans la pauvreté et la mort !

La Liberté des riches,, des bourgeois et des spéculateurs à partir de l'égalité des autres dans la pauvreté et la mort !

Dans un grand élan d'hystérie collective de nos nouveaux venus, la Nuit du 4 août (1789) décide l'abolition de tous les privilèges. C'est un beau cela !... Sauf que l'abolition de tous les privilèges veut dire t l'abolition de tous les droits acquis au fil des siècles ! Un privilège concernant une corporation, c'est un métier qui va s'organiser avec ses codes, ses règles, ses lois, ses prix, et il va obtenir du roi le privilège de fonctionner et d'organiser le métier. Si on supprime tous ces privilèges, on supprime tous ces droits acquis. ainsi que toute la protection sociale des travailleurs, remise en question de fait par l'abolition des corporations, puisque la Nuit du 4 août, les corporations ne sont pas "interdites" mais elles sont rendues inopérantes, les privilèges étant abolis ! Mais c'est alors exactement le contraire de ce que demandait le peuple !...

 

Nicolas Bouvier

 

« La sémantique est fondamentale. Car aujourd'hui on voit les "privilèges" des ministres... Il y a un travestissement sémantique dans l'abolition des privilèges dans la Nuit du 4 août, dans le sens où avec le recul de 200 et quelques années, on dit et moi-même je l'ai dit 100 fois : "quand on pense que l'on est censé avoir 'aboli les privilèges' en 1789", pensant que c'étaient ceux des ministres, de la royauté, etc., mais pas du tout, ils ont aboli les droits des travailleurs!. »

 

Lire :

La vraie raison de la loi du 4 août 1789 dite de "suppression des privilèges"

 

Marion Sigaut: 

 

« C'était l'abolition des droits des travailleurs, mais pas uniquement. 'Abolir les privilèges', c'était abolir les conséquences de contrats (chartes, droits et libertés) passés librement entre le roi et les corps constitués (villes, états, corporations, etc.) Les privilèges étaient tout ce qui n'étaient pas commun à tout le monde.

Par exemple: les femmes en France avaient le privilège de ne pas travailler la nuit. Ce qui était un droit acquis.

 

Alors on a raconté que les paysans vivaient dans des conditions épouvantables.. Ce sont des inventions.

 

[...] Alors c'est le contraire de ce que voulait le peuple et le contraire de ce que voulait le roi. Alors c'était ce qui le voulait qui ? Qui a décidé cela ?

 

Nicolas Bouvier

 

« Certaines loges peut-être?...

 

Donc, la franc-maçonnerie, importée d'Angleterre..., a organisé un COUP D'ÉTAT pour renverser le roi et imposer la "république"... »

Marion Sigaut

 

« Le 4 octobre 1789, la "Commune de Paris" issu de l'émeute du 14 juillet, le gouvernement de Paris, prépare (une nouvelle journée révolutionnaire composée de manifestants payés. Ndlr.), la "Marche sur Versailles", pour ramener le roi à Paris. (Narratif bien ficelé) on dit (dans le contexte de disette organisée à Paris et de l'application du libéralisme économique): "le peuple a faim", "il y a la queue devant les boulangeries pour acheter du pain", etc., et ... "les femmes vont chercher le boulanger, la boulangère et le petit mitron !"... (Pourquoi se gêner ?!)

 

Et pour cette marche sur Versailles bien encadrée, un arrêté de la Commune impose la cocarde "Bleu, blanc, rouge", comme la seule que les citoyens devaient porter !... Or, ces couleurs sont celles de l'Amérique... et ce sont celles aussi (accessoirement) de l'Angleterre... Mais surtout, c'étaient celles de la livrée d'Orléans, costume que portaient tous les domestiques de la maison d'Orléans, c'est-à-dire le grand maître de la franc-maçonnerie (anglaise importée) en France..., le duc d'Orléans, le futur "Philippe Égalité"! C'est-à-dire que le bleu, blanc, rouge .... sont les couleurs de la franc-maçonnerie !

 

La "livrée d'Orléans" était l'habit des domestiques de la Maison de Ferdinand-Philippe, duc d'Orléans.

 

Au lycée, on apprend que le "rouge et le bleu" étaient les couleurs de Paris, et le blanc, la couleur de la royauté... Pas du tout ! C'étaient les couleurs du duc d'Orléans et celles de la franc-maçonnerie.

 

Lors de la Marche sur Versailles du 4 octobre, les porteurs de la "cocarde tricolore" aux couleurs de la livrée d'Orléans sont assimilés à des "domestiques" au service de la franc-maçonnerie.

 

Un mode de scrutin beaucoup plus restrictif pour l'avènement de la démocratie

 

Dès qu'ils sont sur la place, les tout nouveaux constituants vont mettre sur pied un mode de scrutin beaucoup plus restrictif (que celui de la réunion des Etats généraux) pour la suite.

 

Ils vont créer tout d'abord une "assemblée nationale" dite "Constituante". En la créant, ils vont prévoir comment va se faire ou comment seront élus les futurs députés à l'"assemblée législtative" qui va suivre. Ils réservent aux seuls propriétaires les plus aisés, ce qu'ils appellent les "citoyens actifs", le soin d'élire, dans des assemblées primaires des électeurs à un scrutin compliqué de suffrage à deux degrés, qui vont élire à leur tour leur député... C'est-à-dire que désormais, pour être député, à la future législative, il faut être riche (payer un certain nombre d'impôts), donc être citoyen actif et être dans les assemblées primaires comme citoyens actifs des électeurs qui vont élire des députés. Alors bonjour le contrôle populaire là-dedans ! Cela échappe complètement à la population !

 

De plus, seuls les hommes (pouvaient désormais voter) et étaient éligibles, s'ils n'étaient ni mineurs, ni domestiques. Ce qui éliminait beaucoup de monde...

 

[Note de Christ RoiAu "Moyen-Âge", les femme votaient dans les assemblées urbaines, communales et rurales lorsqu'elles étaient chef de famille. (Jean Sevillia, Historiquement correct, Pour ensuite finir avec le passé unique, Perrin 2003, p. 22.) Sous l'Ancien Régime, certaines femmes comme les célibataires, les veuves, ou en l’absence du mari, votaient aux Etats provinciaux, aux assemblées générales, paroissiales et communales et aux élections de syndic, jusqu'en 1789. Ce droit de vote a été discuté à la demande de Sieyès dans son discours à l'Assemblée des 20 et 21 juillet 1789 sur les citoyens passifs et actifs. Et le droit de vote des femmes aux élections leur a été officiellement supprimé dans un décret de l'"Assemblée nationale Constituante" des 29-30 octobre 1789 qui imposa que désormais, seuls les hommes de plus de 25 ans payant un cens (équivalent à 3 jours de travail) devenaient citoyens actifs et pouvaient voter... Source : Registres paroissiaux et communaux ; Emile Boutmy, Etudes de droit constitutionnel; Roland Mousnier, Les institutions sous la monarchie absolue; Archives départementales Série E, C, nationales, Série H; Cahiers de doléances.]

 

Gérard Michel Thermeau a écrit un texte: "Quand la Révolution a enlevé le droit de vote aux français" :

 

 

 

En 1789, les élections aux États généraux assez confuses dans leurs modalités pratiques, à l’image de la complexité des structures d’Ancien Régime, se sont déroulées avec une participation massive de la population, du moins dans sa composante masculine.

Tous les nobles possédant fief, tous les membres du clergé séculier et des représentants du clergé séculier étaient amenés à désigner leurs députés au chef-lieu du baillage ou de la sénéchaussée. Les électeurs du Tiers étaient tous des hommes majeurs, c’est-à-dire âgés d’au moins 25 ans, domiciliés et contribuables. Ils vont désigner dans un climat très libre des délégués qui élisent à l’assemblée de bailliage les députés.

Se déclarant Assemblée nationale constituante, les députés des anciens États vont établir le nouveau régime qui naît en 1789 sur une conception beaucoup plus restrictive du suffrage. En théorie, le cens écarte la grande masse de la population au profit des propriétaires les plus aisés, le suffrage étant conçu comme une fonction publique confiée aux plus éclairés des citoyens. D’ailleurs, l’inscription sur les listes électorales ne se fait pas d’office : elle suppose un acte volontaire de l’électeur potentiel. Néanmoins, dans les campagnes, le nombre de citoyens actifs est très élevé : ce sont surtout les pauvres des villes qui sont relégués dans la catégorie des citoyens passifs.

 

La démocratie représentative refuse l’exercice immédiat de la souveraineté par le peuple. Le suffrage opère un choix sans qu’il soit question du moindre contrôle des élus par les électeurs. Les électeurs ne sont d’ailleurs pas les citoyens actifs mais élus par eux pour désigner à leur tour les députés : le suffrage à deux degrés est un obstacle supplémentaire à l’expression de la volonté populaire.

 

Par ailleurs, les mineurs, les domestiques et les femmes, réputés dépendre d’autrui, sont écartés de la communauté civique.

 

Ainsi les élections de 1791 sont sensiblement moins démocratiques que celles de 1789 et sont marquées par une très forte abstention, la désignation indirecte des députés n’étant guère mobilisatrice ainsi que les conditions concrètes du scrutin avec des assemblées électorales s’étalant sur plusieurs jours.

 

[Quelques chiffres de l'abstention en 1791-1792 sont donnés par le grand historien François FURET dans sa préface à l'ouvrage de Patrice GUENIFFEY, Le Nombre et la Raison :

 

"Le mouvement de la participation est clair : Gueniffey parle d'un taux de ... 23% en juin 1791 lors du scrutin pour l'Assemblée législative (77% d'abstention. Ndlr.); taux (de participation) qui s'effondre à nouveau en août 1792, quand les Français élisent la Convention, puisqu'il tombe à 15%. Cette évolution, explique François Furet, est conforme à l'essoufflement de la révolution populaire notée par la plupart des historiens : en 1792, a écrit Michelet, 'le peuple est rentré chez lui' (J. MICHELET, Histoire de la Révolution française, éd. par G. Walter, Gallimard, Paris 1952, vol. 2, p. 8). [...] si les élections de 1792 aboutissent à l'Assemblée la plus radicale de la Révolution bien qu'un minimum de citoyens y ait participé, c'est que le vote des assemblées primaires n'y est d'aucune importance", ajoute François Furet. (François FURET, préface in Patrice Gueniffey, Le Nombre et la Raison, La Révolution française et les élections, Editions de l'Ecole des Hautes Etudes en sciences sociales, Paris 1993, p. VII.)]

 

Après avoir renversé Louis XVI les républicains s’empressèrent de proclamer l’établissement du suffrage universel (masculin). Mais les élections de 1792 se déroulent dans un tel climat d’intimidation, le secret du scrutin n’étant guère respecté, que l’abstention est massive : 700 000 votants pour 7 millions d’électeurs. De surcroît, la Convention était élue comme la Législative selon le système compliqué à deux degrés. Le nombre d’électeurs était donc très sensiblement inférieur à celui des états généraux et guère supérieur à celui du suffrage censitaire.

 

Les règles constitutionnelles étant suspendues jusqu’au retour de la paix, une dictature de Salut Public tient lieu de république en 1793-1794. La Constitution jamais appliquée de juin 1793 témoigne cependant de la très grande méfiance des jacobins à l’égard des scrutins : ils maintiennent le principe d’élections à plusieurs degrés aux résultats toujours révocables au gré de la volonté du peuple, ce dernier terme renvoyant à une notion très vague.

 

Ayant renversé Robespierre, les conventionnels se montrent soucieux de se maintenir au maximum au pouvoir. La nouvelle Constitution prévoyant 750 législateurs, deux tiers des sièges sont réservés aux sortants et seuls 250 députés nouveaux seront élus.

 

Les Thermidoriens reviennent par ailleurs au suffrage censitaire mais non au cens, contribution donnant la capacité électorale. L’électeur s’identifie désormais au contribuable : tous ceux qui paient un impôt direct, quel qu’il soit, peuvent voter. Mais le suffrage n’est légitime que s’il s’opère au profit du pouvoir en place. Sous le Directoire, le peuple votant mal, notamment au profit des royalistes ou des néo-jacobins, le pouvoir casse purement et simplement les élections quand les résultats se révèlent décevants. L’armée est appelée à soutenir de ses baïonnettes la volonté directoriale.

 

Lire : "Complot royaliste" (sic) : 4-5 septembre 1797, annulation des élections... déportations et mises à morts des mal-pensants

 

Malheureusement pour eux, selon le mot de Talleyrand, on peut tout faire avec des baïonnettes sauf s’asseoir dessus. Aussi le général Napoléon Bonaparte devait confisquer la Révolution à son profit exclusif. Avec le dictateur corse, le suffrage universel masculin est rétabli mais uniquement pour approuver le maître du pouvoir sous forme de plébiscites où le vote est public et les erreurs de calcul fréquentes dans la comptabilisation des oui. Les élections sont supprimées : les citoyens sont amenés à désigner des « candidats » pour les diverses fonctions, la désignation revenant au Sénat.

 

Le suffrage universel ne devait vraiment être pratiqué qu’en 1848, vraiment libre qu’après 1870, et réellement universel qu’en 1944, soit bien après les autres pays démocratiques et plus de 150 ans après la Révolution française !

 

(Fin de citation)

Marion Sigaut

 

« Donc, vous avez bien compris que les tout nouveaux députés à la Constituante vont permettre aux riches et uniquement aux riches, par un système compliqué empêchant tout contrôle populaire, de pouvoir élire les députés à la Législative. Et le peuple est loin derrière.

 

Le roi était désormais privé de tout pouvoir et enfermé aux Tuileries. Un jour, il tenta de sortir mais s'aperçut qu'il était prisonnier ! Il n'avait désormais plus absolument aucune latitude pour initier ou décider quoique ce soit.

 

Cependant les bonnes intentions des tout nouveaux "représentants du peuple" (sic) ne calment pas la population qui a faim, el pain étant hors de prix et la cherté et la rareté des subsistances mettaient le peuple en rage. Et après le massacre d'un boulanger dont la tête est mise au bout d'une pique, la Commune de Paris va demander à l'"Assemblée" de voter une loi martiale, qui est instaurée à Paris le 22 octobre 1789 contre tout rassemblement qui se ferait après le déploiement du drapeau rouge... Quand on hisse le drapeau rouge, désormais toute manifestation ou rassemblement de plus de 3 ou 4 personnes qui ne se disperse pas immédiatement, on tire dedans ! On lève le drapeau rouge et vous n'avez plus le droit d'être plus de trois ou quatre à manifester... Et si le pain est cher et que vous réclamez la "taxation", vous êtes désormais passible de la peine de mort. Réclamer la taxation. C'est en tout une série de huit décrets que vont prendre la Constituante et ensuite la Législative pour rappeler que la liberté du commerce est absolue, que la taxation est interdite, et pour installer contre vents et marées le capitalisme le plus sauvage. Et moi qui ai été de gauche pendant des années, j'avais cru que la Révolution était de gauche alors que c'est un truc qui a instaurée capitalisme le plus sauvage avec la peine de mort contre ceux qui ne sont pas d'accord !

 

Le 2 novembre 1789, dans un souci de justice et pour résoudre le récurrent problème de la dette, l'"Assemblée" met les biens du Clergé à disposition de la nation ! Ce qui revient à une spoliation pure et simple qui va enrichir quantité d'aigrefins et qui va mettre sur la paille 100.000 femmes et hommes qui rendaient jusque-là gratuitement tous les services (de l'Eglise) qu'il faudrait désormais payer. Parce que la fortune gigantesque et les biens de l'Eglise qui s'étaient accumulés en un millénaire au fil des siècles, c'étaient de l'argent qui étaient utilisés à des services (sociaux) et qui faisaient vivre des gens. Rien n'a été conservé. La main a été mise sur les biens du clergé, lesquels furent vendus en monnaie de singes et firent des fortunes de quelques-uns... "Bienheureux déficit", dirent-ils !

 

[...] Le 12 juillet 1790, cela ne fait même pas un an que cela a commencé, l'Assemblée vote la Constitution civile du clergé, c'est-à-dire la totale soumission de l'Église à l'État... Ce n'est donc pas la "séparation de l'Église et de l'État", c'est la soumission de l'Église à l'État. Aussi longtemps que les gens payaient la dîme, l'Église avait ses propres revenus, elle ne dépendait pas du roi pour vivre, elle était autonome. L'Église ne dépendait pas du budget de l'État. Mais à présent le clergé est fonctionnaire de l'État et doit prêter serment à l'État... Les prêtres seront désormais élus et parmi les électeurs il pourra y avoir aussi bien des protestants ou des Juifs. Une majorité de prêtres fidèles à leur hiérarchie ecclésiastique refusa de signer et de prêter "serment" pour cela. Désormais, l'État a une tutelle entière sur le clergé élu parmi les citoyens actifs. Les prêtres et évêques deviennent des fonctionnaires préposés aux choses du culte et de la morale. Le 27 novembre 1790, un décret donne deux mois aux prêtres pour prêter serment à la "Constitution"..., que le roi vient d'accepter. La majorité des prêtres ne put pas faire une telle chose, ils furent appelés "les réfractaires"... Ils sont soutenus par la population... La persécution va pouvoir commencer et elle va se déchainer.

 

[...] La constitution est finalement adoptée le 3 septembre 1791... Au mois d'août la "Constituante" avait laissé la place à une "Législative" qui avait été élue par un scrutin tarabiscoté, dont on a parlé tout à l'heure, laissant peu de place à l'expression populaire.

>Seuls les possédants pouvaient voter, On appelle cela le "suffrage censitaire", et encore fallait-il qu'ils soient masculins, majeurs, non domestiques . On allait tout de même pas donner le "droit de vote" à des gens réputer dépendre des autres, mais également non chômeurs et avec domiciles fixes, On les appelait les "citoyens actifs" et on les trouvait dans les assemblées primaires où ils devaient élire les futurs électeurs des futurs députés ! Donc ces élus d'élus de citoyens actifs, c'est-à-dire les riches, étaient là pour parler "au nom du peuple" ! (sic)

>Le 29 novembre 1791, ils privent de revenus les prêtres réfractaires. À la demande de qui ?

 

Depuis le 22 juin 1790, Paris est divisé en 48 sections. Et c'est dans les églises que se rassemblaient les assemblées primaires des citoyens actifs. Chaque section fonctionnait comme une petite assemblée avec un président, un vice président, et un secrétaire, et petit à petit elles ont été investies par les "citoyens passifs", autrement dit "le peuple". C'est de là que partiront les motions les plus violentes, les plus révolutionnaires et que va être préparer l'insurrection (non spontanée) du 10 août 1792, qui va renverser la royauté. 

 

La France était en guerre depuis le mois d'avril 1792 et la Patrie était proclamée "en danger"... Ce qui permit de justifier des mesures particulières.

 

Qui a déclaré la guerre en avril 1792 ? C'est l'Assemblée et pas le roi... Le roi n'avait pas du tout intérêt à faire la guerre. Ce n'était pas du tout son intention. Ce n'était ni son initiative ni son intérêt.

 

Lire : Marseillaise : La fausse nouvelle des armées autrichiennes prêtes à envahir le pays pour enrayer la Révolution

 

Le 25 juillet, l'Assemblée nationale décida que les assemblées des sections de Paris se tiendront et seront "permanentes" 24h sur 24, jusqu'à ce qu'il en soit ordonné autrement. La "Patrie est en danger", Paris est couverte de 48 sections. C'est donner aux membres des Clubs de prendre des décisions valides à n'importe quelle heure, notamment au milieu de la nuit à trois ou quatre heures, pendant que les gens normaux dorment.

 

Le 30 juillet 1792, les Fédérés Marseillais arrivent en chantant "la Marseillaise". Qu'est-ce que les Fédérés ? Il y a la "guerre aux frontières", on va donc faire venir tout le monde de partout ! Pétion, le maire de Paris, autorise ces Fédérés à commettre à Paris toutes les exactions qu'ils veulent en toute impunité... Ces "Marseillais" étaient des gens qui avaient été sortis de toutes les prisons du pourtour méditerranéen et à qui l'on donna un uniforme de la Garde nationale, en leur disant : "on a besoin de vous à Paris ! Et on vous attend". Qui a encore organisé cela à votre avis ?

 

Les Marseillais vont semer le chaos à Paris. À l'Assemblée des députés tiennent des discours qui déplaisent à certains. Les Fédérés vont les poursuivre jusqu'à chez eux et leur casser la figure. C'est le chaos...

 

Pétion a été élu maire de Paris en novembre 1791 par 9000 voix contre 3000 à La Fayette. Or, il y a 200.000 votants inscrits à Paris pour 600.000 habitants ! Et Pétion est maire avec 9000 voix !... 4,5% des inscrits (96% d'abstention), soit par 1,8% de la population parisienne... (La Révolution "du peuple"!...) Et c'est lui qui commande la Garde nationale, et qui donne aux Fédérés Marseillais le droit de tout faire. Aucune exaction ne peut se faire sans qu'il en soient autorisés. (C'est pas beau la démocratie ?)

 

La chute de la royauté a été décidée par un directoire secret des Fédérés réunis aux "Jacobins", le couvent qui se trouve rue "St Jacques". (Cf. Gérard MAINTENANT, Les Jacobins, Que sais-je? PUF, Paris 1984, p. 52-58.)

 

Le 3 août 1792, Pétion annonce à l'Assemblée, de la part de la Commune, ce gouvernement de Paris qui siège à l'Hôtel-de-ville, qu'il veut que le duc d'Orléans prennent la place du roi.... Il représente 9000 voix et il annonce qu'il veut.... Pour ces gens-là, il s'agit de renverser Louis XVI mais pas de fonder une république.

 

[...] La permanence des sections permet que dans la Nuit du 10 août 1792, 192 délégués tout nouvellement élus dans des sections quasi désertes, puisqu'ils ont voté au milieu de la nuit, se rendent à l'Hôtel-de-ville pour y déloger les conseillers installés là depuis ... le 14 juillet 1789, et prennent la place "au nom du peuple". Ces 192 délégués auraient été élus par 400 personnes au milieu de la nuit. Et c'est eux qui vont gouverner, décider du sort du roi et de la royauté.

 

L'assaut du Château des Tuileries où le roi était tenu prisonnier avec sa famille a été un déchainement de violence indicible. Le roi et sa famille vont se réfugier à l'assemblée. L'assaut est lancé par la Commune insurrectionnelle avec des gens ramenés des Faubourgs remplis de bière. Les Gardes suisses priés de ne pas se défendre furent massacrés. Les atrocités commises durant cette nuit-là sont abominables. On a bu du sang humain... Bref... Des actes d'anthropophagie ont été commis. Des gens ont été embrochés (avec leurs enfants) et brûlés vifs.

 

Nicolas Bouvier

 

« Ce sont des faits que Fernand Nathan n'a pas mis dans les livres d'histoire, parce que l'histoire est racontée par les francs-maçons. »

 

 

L'assemblée veut toujours d'une monarchie sous tutelle, ... mais à ce moment-là, la Commune de Paris des 192 délégués élus par 1,8% de la population parisienne, va, elle, imposer la "république"... 

 

Dès le 11 août 1792, une Cour martiale se réunit pour juger les défenseurs du roi. C'est-à-dire qu'avoir défendu le roi est désormais un crime (sans texte de loi, sans procès)....

« Ce n'est pas la liberté ou la mort, c'est la liberté et la mort. » (Jean de Viguerie dans Le Livre noir de la Révolution française, Les Editions du Cerf, Paris 2008, p. 218.) La république maçonnique ne laisse pas le choix : acceptez le "monde nouveau" ou mourez ! Cette devise rappelle celle de Benjamin Franklin, "Join or die !" ("Joignez-vous ou mourez!"). Voir un peu plus haut le paragraphe "Dans cette idéologie, le passé, en plus d'être falsifié, est systématiquement noirci."

 

Le 12 août, l'Assemblée réserve à cette cour la connaissance des crimes qui compromettent la sûreté extérieure et intérieure, et le même jour l'on interdit la presse royaliste. "Liberté, liberté !"...

 

[...] Deux jours après l'assaut des Tuileries et l'arrestation de la famille royale, l'Assemblée législative vote pour le prompt rassemblement d'une nouvelle "Constituante" qui s'appellera la Convention nationale, dont la première séance s'ouvrirait le 20 septembre. Cela veut dire que l'on renverse la royauté, que l'on va faire bientôt une république et donc que l'on va faire une nouvelle "Constitution" et la nouvelle Constituante s'ouvre le 20 septembre... "Convention" c'est un mot anglais... Une convention en France ne peut pas être une assemblée constituante, c'est donc bien un mot anglais qui vient du mot maçonnique "convent". La France n'est déjà plus catholique, elle va cesser incessamment d'être royale.

 

 

[...] C'est mensonges, mensonges tout le temps...

 

Les Massacres de Septembre 1792 vont faire 1500 victimes, dont plusieurs dizaines d'enfants. Les tueurs étaient armés de bâtons, de pics et de sabres. La Garde nationale armée de fusils n'a pas bougé... Cela veut dire que les Massacres de Septembre ont été organisés à la Commune de Paris, sous la supervision de Danton.

La participation aux élections de la Convention est de 10% (90% d'abstentionNdlr.) 10% de 25 millions, soit 2,5% du pays réel "au nom du "peuple souverain" vote la "république"...

[...] La Convention terminera sa première séance d'une apothéose. Le président mit au vote la proposition de l'abbé Grégoire, je cite: "La Convention nationale décrète que la royauté est abolie en France." Ce que les "députés" votèrent à l'unanimité le 21 septembre 1792 qui devint l'an I de la République. Mais la division de la France en 83 départements donnait un total de 749 députés, dont la majorité n'étaient pas encore arrivée au moment du vote ! Il y avait 371 députés présents, dénombrés au début de la séance. Ce qui représente moins de la moitié des 749, qui eux-mêmes représentaient moins de 2,5% du peuple français. La royauté a été aboli en France par les représentants de 1,25% du peuple français au nom du peuple français.... Il ne restait plus qu'à juger le roi... »

 

(Fin de citation)

Conclusion

 

>Des Etats généraux en 1789 qui n'étaient déjà absolument plus le reflet de ce qu'était la population française avec un résultat aux "élections" entièrement maîtrisé par les loges maçonniques. 

>Un mode de scrutin en 1791 beaucoup plus restrictif qu'en 1789, et des élections de 1791 moins démocratiques qu'en 1789 : la Révolution s'arrange pour enlever le droit de vote aux français qui n'auront désormais plus ni la maîtrise ni le contrôle des "élections".

Dans le régime dit "représentatif", les élus ont des mandats indirects, ils sont indépendants de leurs commettants, et sont transformés en "représentants" de la "nation" ... "chargés de la part véritablement royale du procès politique: élaborer par leur délibération collective la volonté nationale. ... Délibérer, légiférer, dire et incarner cette volonté ... telle est la vaste prérogative donnée par la Révolution - Assemblée constituante, Assemblée Législative, et Convention ensemble - ... à la 'représentation nationale', à l'abri de tout contrôle d'en-bas; si vaste que Carré de Malberg l'a analysée comme un 'absolutisme parlementaire' et Marcel Gauchet, plus récemment, comme un 'rousseauisme à représentants'." (F. Furet, préface in Patrice GueniffeyLe Nombre et la Raison, La Révolution française et les élections, préface de François Furet, Editions de l'Ecole des Hautes Etudes en sciences sociales, Paris 1993, p. V-VI.)

>Un taux de ... 23% en juin 1791 lors du scrutin pour l'Assemblée législative (77% d'abstention)

>Des élections de 1791 moins démocratiques que celles de 1789 et marquées par une très forte abstention

>Une participation de 10% aux élections de la Convention (90% d'abstention). 10% de 25 millions (2,5% du pays réel) vote la "république" "au nom du "peuple souverain"... L'avènement de la ''démocratie'' !

On ne peut dire qu'un peuple est libre parce qu'il jouit de la faculté d'élire ses gouvernants (les électeurs sélectionnent ceux qui décideront en leur nom sans réellement les choisir) ou même parce qu'il jouit de la faculté "de choisir une politique plutôt qu'une autre parmi les programmes qui lui sont proposés" (les termes des problèmes sont délimités par d'autres instances non-élues), ... il s'agit là [...] "de conditions indispensables à la liberté, mais en elles-mêmes insuffisantes. Un peuple est libre lorsqu'il dispose de moyens qui lui permettront d'approuver ou de sanctionner régulièrement.

P. Gueniffey, La Politique de la Terreur, Essai sur la violence révolutionnaire, Fayard 2000, réed. Tel Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 210.

Or, 

Jusqu'au bout, les hommes de la Révolution auront refusé de faire des électeurs, même au second degré, les arbitres de la dévolution du pouvoir.

François FURET, préface in Patrice Gueniffey, Le Nombre et la Raison, La Révolution française et les élections, préface de François Furet, Editions de l'Ecole des Hautes Etudes en sciences sociales, Paris 1993, p. XI.

L'avènement de la "démocratie" !

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29 janvier 2026 4 29 /01 /janvier /2026 00:00
Saint Gildas le Sage, prêtre († 570)

Né en Angleterre, Gildas alla à l'école avec les futurs saints Pol et Samson. Ordonné prêtre, il partit aussitôt en mission en Irlande, évangélisée un siècle plus tôt par saint Patrick, en Angleterre et en Bretagne. 

Saint Gildas réforma et fonda plusieurs monastères.

Peu de temps avant sa mort, il se retira sur l'île d'Houat (Morbihan) où il mourut. L'abbaye de Rhuys a conservé son tombeau et développé son culte... Saint Gildas est connu sous les formes bretonnes Sant Veltas ou sant Gueltas.

Son surnom lui vient des nombreuses études philosophiques qu'il fit dans sa jeunesse.

 

Statue de Gildas près du village de Saint-Gildas-de-Rhuys

Statue de Gildas près du village de Saint-Gildas-de-Rhuys

 

Statue de Gildas à côté du Grand-Mont

 

Sources: 123

 

- Les Sept saints fondateurs de la Bretagne

- Les saints bretons

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28 janvier 2026 3 28 /01 /janvier /2026 08:00
À gauche la menorah et le rouleau de la Torah représentent le sabbat (7e jour), jour de repos et de consécration à Dieu dans la tradition mosaïque. Au centre, le Christ ressuscité émergeant d'un tombeau ouvert symbolise sa résurrection des morts le 3e jour après vendredi, premier jour de la semaine (dimanche), devenu le "huitième jour" dans la tradition patristique. À droite, la Croix et la Bible ouverte évoquent le dimanche chrétien, jour de la célébration eucharistique de la nouvelle alliance (Actes 20,7). Le calendrier au premier plan relie le 7e jour (samedi ou sabbat) au premier/huitième jour (dimanche), illustrant la continuité et l'accomplissement de toutes choses dans le Christ ressuscité. Le dimanche n'abolit pas le sabbat, mais l'accomplit (nouvelle création)

À gauche la menorah et le rouleau de la Torah représentent le sabbat (7e jour), jour de repos et de consécration à Dieu dans la tradition mosaïque. Au centre, le Christ ressuscité émergeant d'un tombeau ouvert symbolise sa résurrection des morts le 3e jour après vendredi, premier jour de la semaine (dimanche), devenu le "huitième jour" dans la tradition patristique. À droite, la Croix et la Bible ouverte évoquent le dimanche chrétien, jour de la célébration eucharistique de la nouvelle alliance (Actes 20,7). Le calendrier au premier plan relie le 7e jour (samedi ou sabbat) au premier/huitième jour (dimanche), illustrant la continuité et l'accomplissement de toutes choses dans le Christ ressuscité. Le dimanche n'abolit pas le sabbat, mais l'accomplit (nouvelle création)

Le sabbat (shabbat) vient du mot hébreu shavat qui veut dire (cesser de travailler le "7e jour". Ex. 20,10), conformément à son institution dans la Genèse (Gn 2,2-3) comme jour de repos de Dieu après la création, puis formalisé dans les Dix Commandements (Ex 20,8-11 ; Dt 5,12-15). Le chiffre 7 symbolise la plénitude, la perfection des choses, leur accomplissement temporel (sept jours de la semaine, sept sacrements, etc.)

 

Jour de repos strict, consacré à la prière, à l’étude et à la célébration de Dieu, du coucher du soleil vendredi au coucher du soleil samedi, c'est un signe de l’alliance entre Dieu et Israël (Ex 31,13-17).

 

Chez les chrétiens, le Dies dominicus en latin, le jour de repos en l'honneur du Seigneur est le dimanche. En français, le mot ''dimanche'' est un nom commun issu de diominicu (non attesté) qui remonte au gallo-roman. En Espagnol : domingo, issu également de dies Dominicus; Italien : domenica, qui partage la même origine. Si dans ces langues latines la référence solaire a été effacée, cette transition témoigne du processus par lequel le culte du soleil a été assimilé par le christianisme dans l'empire romain. D’autres langues européennes, en particulier celles des régions nordiques conservent des traces de la signification solaire du dimanche : Suédois : Söndag, Allemand : Sonntag où le mot sol (soleil) est présent dans la racine. Danois et norvégien : Søndag, avec la même signification de "jour du Soleil".

 

Isaïe 1,11-13 annonce: "Que m’importe le nombre de vos sacrifices ? – dit le Seigneur. Les holocaustes de béliers, la graisse des veaux, j’en suis rassasié. Le sang des taureaux, des agneaux et des boucs, je n’y prends pas plaisir. [...] Cessez d’apporter de vaines offrandes ; j’ai horreur de votre encens. Les nouvelles lunes, les sabbats, les assemblées, je n’en peux plus de ces crimes et de ces fêtes." Dans L'Épître de Barnabé XV,8 attribuée au compagnon de Saint Paul, et citée comme Écriture par Origène et Clément d'Alexandrie, Barnabé l'explique ainsi : "Voilà pourquoi nous célébrons dans la joie le huitième jour, précisément celui où Jésus est ressuscité des morts et, après s'être manifesté, est monté aux Cieux." Le véritable sabbat inaugure le huitième jour, le dimanche, qui pour les chrétiens est le jour de la Résurrection. On passe ainsi de la semaine de la Création à celle de la nouvelle création." (Premiers écrits chrétiens, Bibliothèque de la Pléiade, éd. Publiée sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, Nrf Gallimard, Lonrai 2017, note 85, p. 1364.)

 

Le dimanche dans le Nouveau Testament

 

->nous voyons Jésus faire la lecture dans la synagogue le jour du sabbat (Lc 4,16), mais son interprétation libérale ''le sabbat a été fait pour l’homme, et non pas l’homme pour le sabbat'' (Mc 2,27; Mt 12,2) et ses guérisons le jour du sabbat (Mc 3,1-6) irritèrent les autorités juives (pharisiens). Jésus se présenta alors comme le ''maître du sabbat' (Mt 12,8).

->La résurrection de Jésus a lieu "le premier jour de la semaine", donc un dimanche et pas un jour de sabbat (Mt 28,1 ; Mc 16,2 ; Lc 24,1 ; Jn 20,1).

->Les apparitions du Christ ressuscité (Jn 20,19.26) et la Pentecôte (Ac 2,1) ont également lieu un dimanche. 

-> Le dimanche est vu comme le ''huitième jour'', symbole de la résurrection et de la vie nouvelle (cf. Didachè, Barnabé). Il dépasse le sabbat en accomplissant son sens spirituel.

->Nous voyons les premiers chrétiens, majoritairement juifs, fréquenter le Temple et les synagogues le sabbat (Ac 13,14.42-44 ; 17,2 ; 18,4). Mais depuis la Pentecôte, ils se réunissent "pour rompre le pain" (eucharistie) "le premier jour de la semaine", donc le dimanche, pas le samedi (Ac. 20, 7). Paul invite alors à ne pas juger ceux qui observent ou non le sabbat (Col 2,16-17), suggérant une liberté spirituelle face aux pratiques rituelles.

->Luc 24:1-3 "Le premier jour de la semaine, à l’aube, elles prirent les aromates qu’elles avaient préparés et se rendirent au tombeau. Elles trouvèrent la pierre roulée de devant le tombeau ; mais, étant entrées, elles ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus."

->Matthieu 28:1-2 "Après le sabbat, à l’aube du premier jour de la semaine, Marie de Magdala et l’autre Marie vinrent voir le tombeau. Et voici, il y eut un grand tremblement de terre ; car un ange du Seigneur descendit du ciel, s’approcha, roula la pierre et s’assit dessus."

->Marc 16:1-6 Le sabbat étant passé, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des aromates pour aller embaumer le corps de Jésus. 2 Le premier jour de la semaine, très tôt le matin, elles se rendirent au tombeau. 3 Elles se disaient entre elles : "Qui nous roulera la pierre qui ferme l’entrée du tombeau ?" 4 Levant les yeux, elles virent que la pierre avait été roulée ; elle était très grande. 5 Entrant dans le tombeau, elles virent un jeune homme assis à droite, vêtu d’une robe blanche, et elles furent saisies d’étonnement. 6 Il leur dit : "Ne soyez pas étonnées ! Vous cherchez Jésus de Nazareth, le crucifié. Il est ressuscité ; il n’est pas ici."

->Jean 20:1-2 Le premier jour de la semaine, Marie de Magdala se rendit au tombeau de grand matin, alors qu'il faisait encore nuit, et elle vit que la pierre avait été enlevée du tombeau. 2 Elle courut donc trouver Simon Pierre et l'autre disciple que Jésus aimait, et leur dit : "On a enlevé le Seigneur du tombeau, et nous ne savons pas où on l'a mis."

->Dans l'Apocalypse 1, 10, saint Jean dit : "Je fus saisi en esprit, le jour du Seigneur (c'est-à-dire un dimanche, jour de la résurrection)".

Dans 1 Corinthiens 16:2, saint Paul confirme que la collecte cultuelle était faite "le premier jour de la semaine" (dimanche). "Le premier jour de la semaine, chacun mettra de côté ce qu’il a réussi à épargner, afin que l’on n’attende pas mon arrivée pour faire la collecte."

->Paul invite alors à ne pas juger ceux qui observent ou non le sabbat (Col 2,16-17), suggérant une liberté spirituelle face aux pratiques rituelles.

->Hébreux 4,3-11 est le meilleur texte du Nouveau Testament pour expliquer aux pratiquants du sabbat que le nouveau jour du Seigneur est le dimanche, et pas le samedi, puisqu'il est écrit : ''Mais nous qui sommes venus à la foi, nous entrons dans le repos dont il est dit : Dans ma colère, j’en ai fait le serment : On verra bien s’ils entreront dans mon repos ! Le travail de Dieu, assurément, était accompli depuis la fondation du monde, comme l’Écriture le dit à propos du septième jour : Et Dieu se reposa le septième jour de tout son travail. Et dans le psaume, de nouveau : On verra bien s’ils entreront dans mon repos ! Puisque certains doivent encore y entrer, et que les premiers à avoir reçu une Bonne Nouvelle n’y sont pas entrés à cause de leur refus de croire, il fixe de nouveau un jour, un aujourd’hui, en disant bien longtemps après, dans le psaume de David déjà cité : Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas votre cœur. Car si Josué leur avait donné le repos, David ne parlerait pas après cela d’un autre jour. Ainsi, un repos sabbatique doit encore advenir pour le peuple de Dieu. Car Celui qui est entré dans son repos s’est reposé lui aussi de son travail, comme Dieu s’est reposé du sien. Empressons-nous donc d’entrer dans ce repos-là, afin que plus personne ne tombe en suivant l’exemple de ceux qui ont refusé de croire...''

->Le dimanche distingue alors déjà les chrétiens des juifs ("qui ont refusé de croire" de He ,11) et des païens, tout en unifiant l’Église autour de la célébration eucharistique.

 

Le dimanche chez les Pères:

 

Didache 14.1 dit : "Le jour du Seigneur, rassemblez vous pour rompre le pain et rendre grâces, après avoir en outre confessé vos écarts de conduite pour que votre sacrifice soit pur." (Premiers écrits chrétiens, Bibliothèque de la Pléiade, éd. Publiée sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, Nrf Gallimard, Lonrai 2017, p. 93.)

 

Le livre apocryphe l'Épître de Barnabé 15, 6-8, l'un des documents les plus anciens de l’Église primitive (et une source majeure pour comprendre la théologie des premiers chrétiens), rédigé avant même le livre de l'Apocalypse, atteste : "Nous célébrons dans l'allégresse le huitième jour (dimanche), celui où Jésus est ressuscité des morts".

->"L’Église célèbre le mystère pascal, en vertu d’une tradition apostolique qui remonte au jour même de la Résurrection du Christ, chaque huitième jour, qui est nommé à bon droit le Jour du Seigneur, ou dimanche (de la même racine sémantique que "Seigneur"/Dominus). Le jour de la Résurrection du Christ est à la fois le "premier jour de la semaine", mémorial du premier jour de la création, et le "huitième jour" où le Christ, après son "repos" du grand Sabbat, inaugure le Jour "que fait le Seigneur", le "jour qui ne connaît pas de soir”. (Catéchisme de l'Eglise catholique, CEC 1166)

->"L’Église célèbre le jour de la Résurrection du Christ le 'huitième jour', le dimanche, qui est à juste titre appelé le Jour du Seigneur. En tant que chrétiens, nous appelons cela la 'théologie de l'accomplissement'. Puisque Notre Seigneur a accompli l'Ancien Testament, nous avons adopté une coutume liturgique qui reflétait la Loi divine accomplie." (CEC 2191)

->Le 8e jour n'existe pas dans le cycle naturel de la semaine: c'est un jour qui dépasse le temps ordinaire, et la création elle-même (abbat); il évoque une réalité au-delà de l'histoire, une nouvelle création, conséquence de la résurrection des morts du Christ, une recréation de l'humanité par la résurrection du Christ. Le baptême lui-même est une mort et une résurrection (Rm 6,4).

->Comme Dieu a créé le monde en six jours, le Christ par sa mort et sa résurrection, inaugure une nouvelle création renouvelée (2Co 5,17 "Si donc quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né.") Le dimanche devient ainsi le 8e jour après le sabbat (7e jour).

->Le 8e jour représente aussi la vie éternelle, le "repos" définitif avec Dieu, repos céleste où le temps n'a plus de limite, mentionné dans Hébreux 4,9-11.

->Dans la tradition patristique, le baptême est souvent associé au 8e jour:

Les fonts baptismaux, les baptistères (du Latran, Rome IVe siècle), ainsi que certaines églises (L'église du Saint-Sépulcre de Jérusalem, IVe s.; Ste Sophie de Constantinople construite entre 532 et 537; la basilique San Vitale, Ravenne VIe s.; la Chapelle Palatine d'Aix-la-Chapelle VIIIe siècle) étaient parfois en forme d'octogone (8 côtés) symbolisant la régénération.

Basilique Saint-Vital de Ravenne

 

Au IIe siècle, S. Ignace d’Antioche, disciple de S. Jean évangéliste de S. Pierre Apôtre, évêque mort en martyr livré aux bêtes au Colisée de Rome vers 107, dans sa Lettre aux Magnésiens (9,1), confirme que les chrétiens ne vivent plus selon le sabbat, mais selon le "jour du Seigneur" (dies Dominica) en référence au jour de sa résurrection.

->"Ceux qui vivaient dans l’ancien ordre de choses (les juifs) sont venus à la nouvelle espérance, n’observant plus le sabbat, mais le jour du Seigneur, jour où notre vie s’est levée par lui et par sa mort".

 

Vers 150, S. Justin de Naplouse,

->Dans son Dialogue avec Tryphon (41,1-4), décrit les chrétiens se réunissant le dimanche pour l’eucharistie, tout en reconnaissant que les juifs gardaient alors le sabbat. Il observe que ''la prescription' qui […] a été faite d'observer le sabbat (à Moïse au sein des dix commandements. Ex 20,8-11) et de présenter des offrandes, l'octroi par le Seigneur d'un lieu pour invoquer le nom de Dieu avaient pour but'' […] d'''empêcher'' les Juifs ''de devenir impies et athées en adorant les idoles et en oubliant Dieu'', ainsi qu'ils l'avaient ''toujours fait.'' (S. Justin de Naplouse, Dialogue avec Tryphon, XCII, 4.)

->Dans son Apologie 67,3, il nous dit que: "Et au jour qu'on appelle 'jour du soleil', que nous demeurions dans les villes ou dans les campagnes, nous nous rassemblons tous en un même lieu; on y donne lecture des mémoires des apôtres ou des écrits des prophètes. [...] Ensuite, nous nous levons tous ensemble et nous adressons des prières; et comme nous l'avons dit plus haut, lorsque s'achève notre prière, on apporte du pain avec du vin et de l'eau, et celui qui préside élève des prières, pareillement, et des actions de grâces, [...] puis a lieu, pour chacun, la distribution et le partage de l'eucharistie, et leur part est envoyée aux absents par l'intermédiaire des diacres." (Premiers écrits chrétiens, Bibliothèque de la Pléiade, éd. Publiée sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, Nrf Gallimard, Lonrai 2017, p. 382-383.)

Aux IIIᵉ-IVᵉ siècles, Tertullien (vers 200), dans De Corona (3,3) associe le dimanche à la joie de la résurrection et à l’abandon des pratiques juives. 

 

Au IVe siècle, Constantin incite l’administration du sud de la péninsule italienne à observer une journée de repos ''le jour vénérable du Soleil''. 

 

Saint Basile de Césarée († 379) : "Le dimanche est le huitième jour, image de la vie future" (Homélie sur le psaume 114)

 

Le Concile de Laodicée (vers 360), canon 29 interdit aux chrétiens de "judaïser" en observant le sabbat, et prescrit le repos dominical. 

 

Saint Ambroise de Milan († 397): "Le huitième jour est le jour où le Christ a vaincu la mort, où l'Église est née." (De Sacramentis 1,5)

 

Saint Jean Chrysostome (IVᵉ s.), dans ses Homélies, exhorte les fidèles à sanctifier le dimanche par la prière et la charité.

 

Fin IVᵉ-début Vᵉ s., S. Augustin, dans La Cité de Dieu (16,30), explique que le repos du sabbat est une préfiguration du repos éternel, réalisé spirituellement dans le Christ. Le dimanche devient le symbole de la nouvelle création.

Il écrit encore : "Le 8e jour est le jour de la résurrection, où nous sommes régénérés par le baptême." (La Cité de Dieu 22,30)

 

"Le sabbat, qui représentait l’achèvement de la première création, a été remplacé par le dimanche qui rappelle la nouvelle création inaugurée par la Résurrection du Christ." (Catéchisme de l'Eglise catholique, CEC 2190)

Le sabbat et son remplacement par le dimanche dans les Écritures et les Pères de l'Église

Conclusion

Le remplacement du sabbat par le dimanche s’est opéré progressivement, motivé par :

  1. L’événement fondateur de la résurrection.
  2. La liberté spirituelle prônée par Paul et les Apôtres.
  3. La distinction théologique entre l’Ancienne et la Nouvelle Alliance.
  4. La pratique liturgique centrée sur l’eucharistie dominicale.

Ce changement reflète une herméneutique chrétienne : le Christ accomplit et transforme les institutions de l’Ancien Testament, sans les abolir (Mt 5,17)

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28 janvier 2026 3 28 /01 /janvier /2026 00:00
Saint Thomas d'Aquin, Dominicain, docteur de l'Eglise (1225-1274) - Mémoire

"En plaçant la raison, non pas la raison instrumentale ou scientifique d'aujourd'hui, mais la raison ouverte à la transcendance et à Dieu, il la voit d'une certaine manière comme un infini présent dans toute créature rationnelle appelée à chercher du sens", explique André Luiz Boccato, dominicain et professeur à l'Université catholique pontificale de São Paulo.

 

Son importance est telle qu'après lui, il est devenu habituel d'appeler "thomisme" tout type de relecture dans laquelle nous revenons à Thomas pour répondre à des problèmes circonstanciels d'autres moments historiques.

 

La scolastique - qui consiste à réconcilier la foi chrétienne avec la pensée rationnelle - était la méthode critique qui prévalait dans les universités européennes médiévales, en particulier dans la dernière phase de la période médiévale.

 

Selon le théologien et philosophe, la principale contribution de Thomas d'Aquin à la pensée est "la place centrale qu'il a donnée à la raison, en tant que scrutateur de la réalité, au lieu de la croyance et d'une conception dualiste de la foi".

 

"Il a su distinguer la capacité humaine à connaître la réalité dans son essence, sans la détacher de la vision chrétienne fondée sur la création et la foi."

 

"Il a distingué l'ordre naturel, la philosophie, de l'ordre surnaturel, la théologie, mais en les unissant et non en les séparant. Aujourd'hui, nous vivons dans une culture de séparations et de divisions, de radicalisation et de négation de la différence. Thomas a imprimé un esprit dialectique à la théologie du Moyen Âge, se présentant comme un grand maître du dialogue et de l'inclusion de la différence".

Saint Thomas d'Aquin, Dominicain, docteur de l'Eglise (1225-1274) - Mémoire

Né dans une noble famille napolitaine, élevé à l'abbaye bénédictine du Mont-Cassin, Thomas choisit cependant, à 19 ans, d'entrer chez les Frères Prêcheurs. Ce n'est guère du goût de sa famille, qui le fait enlever et enfermer. L'ordre dominicain est un ordre mendiant, fondé quelques années plus tôt, et il n'avait pas bonne presse dans l'aristocratie. Au bout d'un an, il peut enfin suivre sa vocation. On l'envoie à Paris pour y suivre les cours de la bouillonnante Université. Il a comme professeur saint Albert le Grand. Pour ce dernier, il faut faire confiance à la raison et à l'intelligence de l'homme pour chercher Dieu. Le philosophe le plus approprié à cette recherche est Aristote. Saint Thomas retient la leçon.

 

Lors de ses études, ses camarades l'appellent le "bœuf muet" en raison de sa corpulence, de sa discrétion, de son humilité qui pouvait passer pour de la timidité et de son goût pour la réflexion solitaire. Son maître Albert le Grand, apprenant que ses camarades le nommaient ainsi, déclara : "lorsque le bœuf mugira, il fera trembler l’Occident !". La postérité considérable de son jeune étudiant lui donna raison.

Pour rétablir l'homme, abaissé par le péché, dans les hauteurs de la gloire divine, le Verbe du Père éternel, bien que contenant tout dans son immensité, a voulu se faire petit. Il l'a fait non pas en renonçant à sa grandeur, mais en prenant sur lui notre petitesse.

S. Thomas d'Aquin, "Compendium de théologie" (vers 1272)

Saint Thomas d'Aquin, Dominicain, docteur de l'Eglise (1225-1274) - Mémoire

Devenu professeur, il s'attelle à un gigantesque travail pour la mettre en œuvre. Connaissant très bien Aristote et ses commentateurs, mais aussi la Bible et la tradition patristique chrétienne, il élabore une pensée originale, qu'il expose dans de multiples ouvrages, dont le plus connu est la "Somme Théologique" (1266-1273). Dans cette œuvre composée de trois parties, Thomas rassemble toutes les connaissance utiles au salut de façon ordonnée. Il concilie les acquis de la pensée aristotélicienne et les exigences de la foi chrétienne, raison et foi, nature et grâce.

 

L'intérêt pour la culture grecque ne disparut cependant jamais, il ne fit même que croître. Dès la fin du VIe siècle, Grégoire, évêque d'Agrigente, multiplie les références à Aristote dans les dix livres de ses Commentaires sur l'Ecclésiaste. Jacques de Venise au XIIe siècle rédige des gloses sur les œuvres d'Aristote qu'il est le premier à traduire directement du grec en latin avant 1127. Ce clerc italien, qui vécut à Constantinople travailla au Mont-Saint-Michel." (Sylvain Gougenheim, Aristote au Mont Saint-Michel, Seuil, Paris 2008, p. 28; 67.)

 

Saint Thomas d'Aquin, Dominicain, docteur de l'Eglise (1225-1274) - Mémoire

Son autorité est telle qu'en naît une école philosophique : le thomisme (affirmation fondamentale de l'Être comme réalité universelle), qui reste pendant plusieurs siècles la doctrine sur laquelle se fond la pensée européenne. 

Oublié à l'époque moderne (la plupart des écoles de théologie depuis le XIXe siècle adoptèrent pour manuel d'études les Sentences de Pierre Lombard, dont les franciscains Duns Scot et Occam suivaient l'ordre de préférence à Saint Thomas), le thomisme réapparaît au début du XXe siècle à travers le néo-thomisme suite à l'initiative de Léon XIII, en 1879, dans Æterni Patris "sur la restauration dans les écoles catholiques de la philosophie chrétienne selon l'esprit du docteur angélique", mais redevient marginal suite au Concile Vatican II, bien que le Décret Optatam Totius (n° 16) sur la formation des prêtres, demande qu'on le prenne pour maître ("Pour mettre en lumière, autant qu’il est possible, les mystères du salut, ils apprendront à les pénétrer plus à fond, et à en percevoir la cohérence, par un travail spéculatif, avec saint Thomas pour maître").

 

C'est le commentaire de la Somme théologique de Cajetan qu'en 1879, Léon XIII ordonna de lire, joint à la Somme.

 

Aujourd'hui, la philosophie contemporaine, par son retour à l'étude des philosophes médiévaux, prend de plus en plus en compte l'influence de Thomas d'Aquin.

 

L'exorciste romain don Amorth reconnaissait en 2016 en saint Thomas "le plus grand théologien chrétien." (Gabriele Amorth, avec Stefano Stimamiglio, Le Démon ne peut rien contre la miséricorde de Dieu, Téqui, Paris 2016.)

Alors qu'au XIIIe siècle en Europe, l'environnement est entièrement chrétien, que l'existence de Dieu repose sur la foi et que Thomas d'Aquin s'adresse à des théologiens, il reprend les preuves aristotéliciennes de l'existence de Dieu (Summa contra Gentiles I, 13, et S. Th., I, q. 2) selon 5 voies (Quinquae viae) :

1. par le Premier moteur (Argumentum ex motu) : les choses sont constamment en mouvement, or il est nécessaire qu'il y ait une cause motrice à tout mouvement. Afin de ne pas remonter d'une cause motrice à une autre, il faut reconnaître l'existence d'un « Premier moteur non mû », c'est Dieu.

2. par la causalité efficiente (Argumentum ex ratione causae efficientis) : nous observons un enchaînement de causes à effet dans la nature, or il est impossible de remonter de causes à causes à l'infini ; il faut nécessairement une cause première : c'est Dieu.

3. par la contingence (en) (Argumentum ex contingentia) : il y a dans l'univers des choses nécessaires qui n'ont pas en elles-mêmes le fondement de leur nécessité. Il faut donc un Être par Lui-même nécessaire qui est Dieu.

4. par les degrés des êtres (en) (Argumentum ex gradu) : preuve reprise de Platon, qui a remarqué qu'il y a des perfections dans les choses (bien, beau, amour, etc.) mais à des degrés différents. Or il faut nécessairement qu'il y ait un Être qui possède ces perfections à un degré maximum, puisque dans la nature toutes les perfections sont limitées.

5. par l'ordre du monde (Argumentum ex fine) : on observe un ordre dans la nature, l'œil est ordonné à la vue, le poumon à la respiration, etc. Or à tout ordre il faut une intelligence qui le commande. Cette Intelligence ordinatrice est celle de Dieu.

 

 

 

 

"Thomas d'Aquin démontra qu'entre foi chrétienne et raison, subsiste une harmonie naturelle." (Benoit XVI, Audience générale Place Saint-Pierre, 2 juin 2010)

 

Afficher l'image d'origine Thomas d'Aquin soutient que la foi chrétienne n'est ni incompatible, ni contradictoire avec un exercice de la raison conforme à ses principes (Michel Nodé-Langlois, Le vocabulaire de saint Thomas d'Aquin, Ellipses, Paris, 1999, p. 60). 

Les vérités de la foi et celles de la raison peuvent être intégrées dans un système synthétique harmonieux, sans se contredire. "La foi et la raison ne peuvent se contredire car elles émanent toutes deux de Dieu."

Le respect de l'ordre rationnel, c'est-à-dire le respect de l'ordre de la Raison créé et voulu par Dieu (ordre transcendant à l'homme) pour permettre à l'homme de connaître la vérité est le principe de base de la connaissance.

Malheureusement, ce principe a été corrompu par la philosophie moderne dite "rationaliste" pour qui le respect de l'ordre de la Raison créé par Dieu n'est plus le principe de base, mais l'ordre de la raison créé par l'homme. En conséquence, sont arrivées les utopies irrationnelles (car n'étant plus la raison divine) et leurs millions de morts.

Thomas d'Aquin ne cherche pas tant à prouver l'existence de Dieu qu'à trouver les conditions de possibilité qu'a l'homme pour remonter à Dieu par les forces de sa raison. C'est pourquoi il ne propose pas de "preuves" au sens moderne et juridique, mais des "voies".

 

Thomas d'Aquin écarte la position de Platon pour qui les idées sont des substances totalement séparées des corps sensibles.

 

"Le fait de connaître ces substances séparées ne nous permettrait pas de juger des choses sensibles" (Somme théologique, Ire partie, qu. 84, article 2 )

 

L'intelligence connaît par les sens, mais selon le mode propre de l'intelligence : universellement, immatériellement et nécessairement : "Disons donc que l’âme connaît les corps au moyen de l’intelligence, d’une connaissance immatérielle, universelle et nécessaire."

 

Il faut aussi écarter la position de Démocrite pour qui les sens et l'intelligence étaient exactement la même chose. Seul Aristote avait une position intermédiaire satisfaisante. C'est sur ce dernier que Thomas d'Aquin s'inspire afin de développer une théorie de la connaissance réaliste.

 

Deux franciscains de marque, en revanche, Alexandre de Hales (1180-1245) et Robert Grosseteste (1175-1253), même s'ils employaient certains concepts aristotéliciens, rejetaient la science païenne et invoquaient un retour au Tout indistinct, qui représentaient pour eux la tradition platonicienne et augustinienne.

 

Thomas d'Aquin, en suivant l'Éthique à Nicomaque d'Aristote, développe une morale finaliste, c'est-à-dire que tous les actes humains sont effectués en vue d'une fin, et toutes les fins en vue d'une fin suprême.

 

La partie morale est extrêmement importante en volume dans toute l'œuvre de Thomas d'Aquin. Les actes moraux vont en effet permettre à l'homme de remonter jusqu'à Dieu.

 

Thomas d'Aquin place le bien suprême de la vie morale naturelle, dans ce qu'il appelle le bonheur, et le bien suprême de la vie surnaturelle dans la béatitude, c'est-à-dire la connaissance de Dieu. C'est la fin de tous les hommes : "l'homme et les autres créatures raisonnables [les anges] atteignent leur fin ultime par la connaissance et l'amour de Dieu" (Somme théologique, Ia, IIae, qu. 1, art. 8)

 

La loi naturelle, selon Thomas d'Aquin, est la participation de la loi éternelle (divine) dans la créature rationnelle. Inscrite dans la nature humaine, elle est accessible par la raison et dicte les principes moraux universels : faire le bien, éviter le mal, préserver la vie, la procréation, la société et la quête de vérité. Elle fonde l'éthique et le droit, indépendamment des lois positives. Thomas situe en Dieu les racines du droit naturel : toute la nature, avec l'ordre qu'elle renferme, est un fruit de la bonté de Dieu. La connaissance du droit se tire de l'observation de la nature, l'ordre naturel lui-même procède du Dieu-Amour. Ainsi, les sources profanes et païennes, issues de la raison naturelle observant le monde naturel, ne sont nullement à mépriser pour la connaissance du droit.

 

L'homme, image de Dieu et la loi naturelle

 

Tous les êtres humains sont créés à l'image de Dieu (Summa Ia q. 93), ce qui confère à l'homme une dignité inhérente à chaque personne, car elle reflète la nature divine par a raison et sa volonté. Cela implique une égalité fondamentale en dignité ontologique, indépendamment des différences sociales, économiques ou autres.

 

Tous les hommes partageant la même nature humaine sont soumis à la même loi naturelle, qui découle de la loi éternelle de Dieu -Ia – IIa, q. 94) et ont une même vocation à agir selon la raison et à rechercher le bien (renforçant l'idée d'une égalité fondamentale en dignité morale).

 

Si S. Thomas ne développe pas explicitement une doctrine de l'égalité en dignité, car son époque était marquée par une vision hiérarchique de la société, cependant, sa théologie de l'imago Dei et sa conception de la nature humaine posent les bases d'une égalité ontologique, qui sera plus tard développée par les penseurs modernes.

 

La loi naturelle ne prescrit pas l'esclavage (IIa-IIae, q. 57, a. 3.), qui résulte du péché et des lois humaines (loi positive), et est contraire à la nature première (égalité des hommes), mais tolérée dans une nature seconde pour des raisons utilitaires, comme punition ou guerre. 

 

Thomas subordonne la dignité de l'homme à l'élévation "de l'être vers les réalités divines" (Somme théologique, IIea-IIe, q. 175, a. 1 ad 2). Si l'homme est capax Dei, capable de connaître et d'aimer Dieu (dignité de l'âme humaine en raison de sa capacité à connaître Dieu : De Veritate, q. 2, a. 2, et S. Augustin, De Trinitate, XIV, 811), le péché l'en empêche. La dignité peut donc se perdre. C'est ce qu'exprime précisément le texte de l'offertoire (Dieu qui avez donné une dignité à la substance humaine de manière admirable et l'avez reformée de manière plus admirable encore...) : si Dieu a restauré, formé à nouveau (reformasti) la dignité de la "substance humaine", c'est parce qu'elle avait été perdue par le péché.

 

L'homme a donc une dignité s'il est uni à Dieu, il la perd s'il s'en éloigne.

 

"En péchant, l'homme déchoit de la dignité de sa nature" (Quodlibet 5, q. 1, a. 2c).

 

"Par le péché l'homme s'écarte de l'ordre prescrit par la raison; c'est pourquoi il déchoit de la dignité humaine qui consiste à naître libre et à exister pour soi; il tombe ainsi dans la servitude qui est celle des bêtes..." (Somme théologique, IIa-IIae, q. 64, a. 2 ad 3).

 

Dans la théologie traditionnelle, la dignité de l'homme consiste donc à vivre en chrétien, elle se perd par le péché. (Maxence HECQUARD, Les fondements philosophiques de la démocratie moderne, 3e édition, Pierre-Guillaume de Roux, Préface de Pierre MAGNARD, Paris 2016, p. 357).

 

Les principes de la politique thomiste sont catholiques, c’est-à-dire valables pour tous les temps et pour tous les lieux. Ils se résument en ces propositions :

 

1) Dieu est cause première et fin dernière de l’homme et de l’univers.

 

2) La société est un moyen naturel pour l’homme d’atteindre sa fin.

Elle n’a pas seulement valeur de jouissance, elle a valeur de perfection.

 

3) Le pouvoir vient de Dieu. Il se fonde avec le consentement implicite ou explicite de la société.

Aucune constitution politique ne s’impose.

 

4) Le pouvoir séculier et le pouvoir ecclésiastique sont distincts

 

L’Etat a pour fin le bien commun temporel, l’Eglise a pour fin le salut des âmes.

 

L’Etat s’ordonne à l’Eglise dans la mesure où la fin temporelle s’ordonne à la fin éternelle. (Abbé Bernard Roland-Gosselin - La doctrine politique de saint Thomas d'Aquin, 1928).

 

Dieu laisse aux hommes le soin d'aménager concrètement l'exercice du pouvoir. Cette doctrine prône la soumission au pouvoir temporel institué, venant de Dieu. Mais pour Saint Thomas, le renversement du tyran reste toujours possible, lorsque celui-ci a gouverné "non au bien commun de la multitude", mais à son "bien privé", a empêché "les biens spirituels de la multitude", s'est opposé "à ce qu’aucun pacte d’amitié ne s’affermisse" entre les sujets..., a semé la discorde entre les sujets...; ou encore a régné "par la crainte"...  Il n’appartient toutefois pas à une initiative personnelle de pouvoir tuer le tyran. Cela n’est pas conforme à l’enseignement des Apôtres. C’est l’autorité publique qui doit supprimer le tyran. Et "il ne faut pas penser qu’une telle multitude agisse avec infidélité en destituant le tyran, même si elle s’était auparavant soumise à lui pour toujours, parce que lui même, en ne se comportant pas fidèlement dans le gouvernement de la multitude, comme l’exige le devoir d’un roi, a mérité que ses sujets ne conservassent pas leurs engagements envers lui. Ainsi les Romains chassèrent de la royauté Tarquin le Superbe, qu’ils avaient pris pour roi, à cause de la tyrannie que lui et ses fils faisaient peser. (...) Probablement (...), selon l’opinion de beaucoup, on n’agirait pas contrairement à la fidélité, en s’opposant d’une manière ou d’une autre à l’iniquité du tyran."  (De Regno, Du royaume, écrit au Roi de Chypre, 1266, Editions Louis Vivès, 1857.)

 

 (1) "Toute loi (...) est ordonnée au salut commun des hommes, et c'est seulement dans cette mesure qu'elle acquiert force et raison de loi ; dans la mesure, au contraire, où elle y manque, elle perd de sa force d'obligation." (Somme Théologique, Ia IIae, Question 96, Article 6).

 

(2) "Aussi toute loi portée par les hommes n'a raison de loi que dans la mesure où elle dérive de la loi de nature. Si elle dévie en quelque point de la loi naturelle, ce n'est plus alors une loi, mais une corruption de la loi." (Somme théologique, Ia IIae, Question 95 La loi humaine, article 2 L'origine de la loi humaine.)

 

(3) Et "puisque la tyrannie n’est pas moins fréquente, au contraire, sous le gouvernement de plusieurs que sous celui d’un seul, il s’en suit, qu’il est simplement meilleur de vivre sous un Roi que de vivre en république."

 

De même S. Thomas consacre aussi une question de sa Somme théologique à prouver que la guerre peut être juste (2a 2ae, q. 40) si certaines conditions sont remplies (une intention droite, une cause juste, être le seul moyen, un espoir raisonnable de victoire, des moyens non intrinsèquement mauvais, des moyens proportionnés à la cause défendue).

 

Au XVIe siècle, S. Ignace de Loyola (1491-1556) choisira Thomas d'Aquin comme docteur officiel de son ordre et l'édition des œuvres de S. Thomas, commentée par Cajetan comme textes de référence pour l'éducation religieuse des jésuites.

 

À l'Université de Salamanque en Espagne, les jésuites adoptent Saint Thomas de préférence à Pierre Lombard.  

 

La contre-réforme catholique du Concile de Trente en 1545 provoque un retour au travail de Thomas d'Aquin, afin de lutter contre les thèses de Luther, qui récusa en théologie l'usage de la raison sans la révélation et de la philosophie antique non chrétienne. 

 

L'école de Salamanque, avec des commentateurs tels que Francisco Suarez, ou le cardinal Cajetan, qui commentera la Somme théologique et qui tentera de ramener Luther à la foi catholique avec des arguments thomistes, propulsera Thomas d'Aquin au-devant de la scène intellectuelle. C'est grâce à Cajetan que la parole de Thomas arrivera au Concile de Trente, qui s'en inspirera largement.

 

Bien que la scolastique franciscaine survive avec des chaires de "scotisme", c'est la tradition de Saint Thomas qui va l'emporter, et de là, dans l'enseignement du monde clérical catholique. 

 

Le champ d'étude du diable chez Saint Thomas ‘’demeure extrêmement mesuré et représente seulement 1% de sa théologie.

Ce chiffre ridicule nous invite à ne jamais majorer l'importance du diable dans la vie spirituelle comme dans les études spéculatives.

Saint Thomas consacre aux assauts du démon rarement plus de 5 % d’une œuvre.

 

(Dans De spiritualis creaturis de 1267-1268), Saint Thomas n’y nomme le diable qu’en passant, simplement pour s’assurer si cet ange est purement spirituel ou s’il a un corps aérien. Les mots Satan ou diable y sont totalement absents.

 

L’Aquinate ne s’intéresse en ce traité qu’aux bons anges, même si certains de ses développements sur ces substances spirituelles peuvent concerner indifféremment les bons ou les mauvais esprits. Est-ce parce qu’il développa ailleurs, durant cette même période, sa propre démonologie, c’est-à-dire dans Summa theologica, I, q. 114, ou dans le Questiones disputatæ de potentia q. 6, qu’il ne le fit pas ici . Nous pensons plutôt que la vraie raison est celle-ci : ce grand mystique aimait ce qui est aimable, la beauté des anges et non la laideur des démons.’’ (Père Jean-Baptiste GOLFIER, Tactiques du diable et délivrances, Dieu fait-il concourir les démons au salut des hommes ?, éd. Artège-Lethielleux, 2018, p. 154-156.)

 

Dans la lignée de l'évangéliste saint Jean, de saint Paul et des Pères de l'Église, la pensée de Thomas d'Aquin est d'une orientation nettement contemplative et elle est tout aussi profondément spirituelle que doctrinale. On peut même dire qu'elle est d'autant plus spirituelle qu'elle est plus rigoureusement doctrinale. (Jean-Pierre TORRELL, Saint Thomas D'aquin, Maître Spirituel - Initiation 2, Editions Universitaires de Fribourg, 2003)

 

Le 6 décembre 1273, alors qu'il résidait à Naples (1272-1274), un de ses confrères affirma l'avoir vu en lévitation devant le Crucifix qui lui disait : "Tu as bien écrit de moi, Thomas, que désires-tu comme récompense ?", Thomas d'Aquin aurait alors répondu : "Seigneur rien d'autre que toi". (Guillaume de Tocco, Ystoria sancti Thome, chap. 34). Malgré cette apparition, et alors que Thomas d'Aquin était en train de travailler sur le sacrement de pénitence, il laissa volontairement inachevée sa Somme de théologie.

 

"En vérité mon fils, je ne puis plus écrire. Tout ce que j'ai écrit et enseigné me semble un brin de paille auprès de ce que j'ai vu et de ce qui m'a été dévoilé. Désormais j'espère de la bonté de mon Dieu que la fin de ma vie suivra de près la fin de mes travaux", dit Thomas à frère Reginald.

 

Et effectivement, Thomas n'écrivit plus rien après le 6 décembre 1273 jusqu'à sa mort trois mois plus tard le 7 mars 1274. On raconte qu'il voulut mettre au feu tout ce qu'il avait écrit.

 

Thomas meurt sur la route qui le conduisait au Concile de Lyon, le 7 mars 1274, dans l'abbaye cistercienne de Fossanuova.

 

Je vous reçois, ô salut de mon âme. C'est par amour de vous que j'ai étudié, veillé des nuits entières et que je me suis épuisé ; c'est vous que j'ai prêché et enseigné.

S. Thomas d'Aquin recevant la communion sur le point de mourir

Saint Thomas d'Aquin, Dominicain, docteur de l'Eglise (1225-1274) - Mémoire

Il est canonisé en 1323, cinquante ans plus tard. On célèbre sa mémoire au jour anniversaire du transfert de son corps au couvent des dominicains de Toulouse, les Jacobins, en 1369.

 

En 1567, Pie V proclame Thomas Docteur de l'Église et fait publier la première édition complète et imprimée des oeuvres de S. Thomas.

 

Il est le Saint Patron de l'Enseignement Catholique. 

 

Dans toute son oeuvre ne se trouve qu'une erreur : sa doctrine selon laquelle certains hommes (dont les enfants morts sans baptême) étaient séparés de Dieu à jamais parce qu'ils n'avaient pas reçu la prédication de l'Évangile. Le Concile Vatican II le contredit : "Puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’être associé au mystère pascal". (GS n° 22, 5).

Le Triomphe de Saint Thomas, 1323, Lippo Memmi, Francesco Traini, Pise, Santa Caterina, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 65.

Le Triomphe de Saint Thomas, 1323, Lippo Memmi, Francesco Traini, Pise, Santa Caterina, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 65.

Prions saint Thomas d'Aquin, dont tant l'Église et le monde, que la théologie et la philosophie ont plus que jamais besoin de la sagesse et de l'intercession.

 

"Nous disons maintenant à tous ceux qui désirent la vérité : Allez vers Thomas." (Pape Pie XI)

Saint Thomas d'Aquin, Dominicain, docteur de l'Eglise (1225-1274) - Mémoire

Sources: (1); (2); (3); (4) Docteur angélique; (5) F. FICARRA, Les Dominicains, éd. de Vecchi, Paris 2005; (6) Jean-Pierre TORRELL, Saint Thomas D'aquin, Maître Spirituel - Initiation 2, Editions Universitaires de Fribourg, 2003; (7) Michel VILLEY, La Formation de la pensée juridique moderne, Texte établi, révisé et présenté par Stéphane RIALS, Quadrige PUF, Mercuès 2006, p. 329-330.

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27 janvier 2026 2 27 /01 /janvier /2026 00:00
Sainte Angèle Merici, Fondatrice de la Congrégation des Ursulines († 1540)

Sainte Angèle Merici naît à Desonzano en 1474, dans la région lombarde en Italie, sur le lac de Garde. Ses parents, profondément chrétiens, désirent que leurs enfants trouvent leur bonheur dans la gloire de Dieu. Pour réaliser cet idéal, ils font un vrai sanctuaire de la maison paternelle où chacun travaille sous le regard de Dieu et récite la prière en commun. Une lecture dans un livre de piété, ou dans la Vie des Saints, termine la journée.

A ces pieuses pratiques, Angèle ajoute les rigueurs de la pénitence. Elle voue sa virginité au Seigneur à l'âge de neuf ans et renonce le jour même à toute parure.

 

La réputation de sainteté d'Angèle Merici se répand jusque dans la ville de Brescia (Italie).

 

Les Patengoli, riche famille et grands bienfaiteurs des oeuvres pies, habitent la cité de Brescia. En 1516, ayant perdu coup sur coup leurs deux fils, ils invitent Angèle à venir habiter avec eux pour les consoler dans leur peine. A partir de ce moment, sainte Angèle se fixe à Brescia, édifiant la ville par ses vertus. Chaque jour, on la voit en compagnie de jeunes filles de son âge, rassembler les fillettes et leur enseigner la doctrine chrétienne, visiter les pauvres et les malades, instruire les grandes personnes qui viennent, en foule, écouter leurs conférences. Ces pieuses filles s'ingénient à rechercher les pécheurs jusque dans leur lieu de travail.

 

Suivant une pratique très usitée à cette époque, Angèle entreprend plusieurs pèlerinages. Un jour qu'elle se rend à Jérusalem avec un groupe de pèlerins, une mystérieuse cécité se déclare dans la ville de Candie, l'affligeant tout le reste du parcours, pour ne cesser qu'à son retour exactement au même endroit où elle avait perdu l'usage de la vue. Dans cette pénible circonstance, elle a une vision comme un symbole du renoncement qui doit être à la base de tous ses projets (Cf. "La prière d'abandon de Sainte Angèle Merici").

 

Elle prit d'abord l'habit du Tiers-Ordre de saint François et réunit des jeunes filles pour les former aux oeuvres de charité. 

 

On vient voir Angèle de loin pour écouter ses conseils. Elle réconforte, apaise et réconcilie. Des clercs viennent même la consulter.

 

Image illustrative de l'article Clément VII En 1525, au cours de l’année sainte, elle rencontre à Rome le pape Clément VII qui, instruit des vertus et des miracles d'Angèle, lui demande de rester à Rome. Elle refuse. Le pape s’incline. De retour à Brescia, elle continue son apostolat. Mais le temps passe et le désir de réaliser sa vocation la presse de passer à l’action.

 

Le souvenir de la merveilleuse vision demeurait toujours au fond de son coeur. Un jour, Angèle réunit douze jeunes filles qui désiraient tendre à la vie parfaite. Elle leur proposa de mener une vie retirée dans leurs demeures et les rassemblaient fréquemment pour les former à la pratique des vertus chrétiennes. En 1533, ce noviciat achevé, sainte Angèle Merici leur révéla son plan, leur démontrant que l'ignorance religieuse était la cause des ravages exercés par le protestantisme et que la fondation d'une société de religieuses d'une forme nouvelle pour l'époque, unissant la vie contemplative à l'instruction des enfants, constituerait un remède efficace à l'état déplorable qui régnait dans l'Église.

 

Image illustrative de l'article Ursule de Cologne Afin de mieux atteindre toutes les âmes dans le besoin, Angèle implanta les bases d'un Ordre sans clôture. A une époque où il était d'usage de tenir les religieuses à l'écart du monde dans un monastère, consacrées à la vie contemplative, dans les desseins de Dieu, la congrégation des Ursulines devait rayonner à travers le monde par l'éducation des jeunes filles, le soin aux malades et les nécessiteux dans les maisons qui seraient appelées couvents des Ursulines. Le 25 novembre 1535, à Brescia, les premières religieuses du nouvel institut prononcèrent les trois vœux traditionnels de pauvreté, chasteté et obéissance, ajoutant celui de se consacrer à l'enseignement. Les sœurs d'Angèle parcouraient les prisons et les hôpitaux, recherchaient les pauvres pour les instruire et rompaient généreusement leur pain avec eux.

 

Envoyée réconforter une personne qui a perdu son mari et ses fils à la guerre et qui entre dans une grave dépression, Angèle reste deux ans auprès d’elle puis s’installe à Brescia où sa renommée de sagesse et de sainteté grandit.

 

Remontant le cours du mal jusqu'à sa source, Angèle Merici pensait qu'on ne pouvait réformer les mœurs que par la famille, laquelle dépendait surtout de la mère. Elle réalisait que la mauvaise éducation des jeunes filles provenait de la carence de mères chrétiennes.

 

Angèle plaça sa congrégation sous le patronage de sainte Ursule, princesse bretonne des Cornouailles du Ve siècle qui, pour fuir son prétendant, fit un pèlerinage de trois ans. Capturée par les Huns à son retour, elle refusa d'épouser leur chef Uldin (ou son petit-fils Attila ?), et d'abjurer sa foi. Les Huns, qui assiégeaient la ville de Cologne, la massacrèrent, criblée de flèches, ainsi que ses suivantes vierges. Sainte Ursule est invoquée en temps de guerre pour obtenir une bonne mort, un bon mariage, mais aussi comme protectrice des jeunes filles.

 

Dieu avait gratifié Angèle des dons éminents de science infuse et de prophétie. Elle parlait latin sans l'avoir étudié, expliquait les passages les plus difficiles des Livres Saints et traitait les questions théologiques avec une si admirable fermeté et précision, que les plus doctes personnages recouraient volontiers à ses lumières. Ses dernières années furent marquées par de fréquentes extases.

 

Le 25 novembre 1535, 28 jeunes filles décident de se donner à Dieu. Pas de vœu public. Pas de règle. Le simple don de soi dans l’accompagnement de chacun. C’est le concile de Trente qui transforme cette Compagnie en ordre religieux cloîtré et lui précise sa mission d’éducation. Mais la spiritualité d’accueil et la pédagogie d’accompagnement d’Angèle bousculeront les ordres et les statuts et donneront naissance à une postérité foisonnante.

 

Sainte Angèle Merici mourut le 28 janvier 1540. Pendant trois nuits, toute la ville de Brescia contempla une lumière extraordinaire au-dessus de la chapelle où reposait le corps de la Sainte qui s'est conservé intact de toute corruption.

 

Le pape Pie VII la canonisa en 1807.

Sainte Angèle de Mérici. Italie, XVIIe siècle.

Sainte Angèle de Mérici. Italie, XVIIe siècle.

Aujourd’hui, Angèle a de nombreuses filles à travers le monde qui vivent de différentes façons : Ordre religieux, monastères autonomes, Unions, Fédérations, Institut séculier. Des laïcs, depuis quelques décennies, ont fait le choix, de vivre du charisme d’Angèle Merici. Ils s’appellent "Associés" et demandent aux Ursulines de leur transmettre la spiritualité méricienne, afin de vivre l’Évangile à la manière d’Angèle.

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26 janvier 2026 1 26 /01 /janvier /2026 07:30
L'Église de Paris convoque un concile pour répondre à l'augmentation des baptêmes d'adultes

En réponse au nombre record de baptêmes d'adultes en France, la Province ecclésiastique de Paris, composée de huit diocèses, a convoqué un conseil provincial.

 

Comment l’Église locale peut-elle répondre à l’augmentation du nombre de baptêmes d’adultes en France ? Les évêques de la région parisienne se pencheront sur cette question et d’autres encore lors d’un concile provincial qui se tiendra du 25 janvier de cette année à mai 2027.

 

La France a enregistré un total de 10 384 catéchumènes adultes en 2025, ce qui représente une augmentation de 45 % par rapport à l'année précédente et le chiffre le plus élevé de ces 20 dernières années.

 

Ce chiffre surprenant, marqué par un changement générationnel notable et le nombre croissant de jeunes adultes demandant les sacrements de l'initiation chrétienne, ouvre un nouvel horizon pastoral en France.

 

Face à cette situation, les huit diocèses de la région Île-de-France – sous l’autorité de l’archidiocèse de Paris – ainsi que le diocèse des Armées françaises se réuniront en un concile intitulé "Catéchumènes et néophytes : nouvelles perspectives pour la vie de notre Église dans nos diocèses", dans le but de trouver une réponse appropriée et d’établir des orientations communes au niveau provincial.

 

Comme le souligne la Province ecclésiastique de Paris, qui couvre la région Île-de-France, depuis le concile Vatican II, les évêques d'une province sont invités à discerner l'opportunité de convoquer un concile. Depuis lors, seuls sept conciles provinciaux ont eu lieu dans le monde.

 

Une fois le concile terminé, ses conclusions seront présentées à Rome pour approbation. Bien que les évêques précisent qu’il s’agit d’un concile et non d’un synode, ils affirment qu’il se tiendra dans un esprit de collaboration et de dialogue.

 

3 étapes différentes

 

Le concile se déroulera en trois grandes étapes. La première phase de consultation, qui vise à orienter les délibérations futures du conseil provincial et à comprendre comment l’Église locale est appelée à se transformer, débutera le 25 janvier et se poursuivra jusqu’au 1er juillet.

 

Dans cette première étape, des retours d'information seront recueillis auprès des catéchumènes, des néophytes (personnes nouvellement baptisées), des prêtres et des diacres, des personnes impliquées dans le catéchuménat (équipes, animateurs et mentors), ainsi que des paroisses, des mouvements, des aumôneries, des écoles et des établissements d'enseignement supérieur.

 

La phase dite de "délibération" débutera en mai de cette année, avec diverses sessions prévues en octobre 2026, janvier 2027 et mai 2027. Enfin, une dernière phase, celle de "réception", sera mise en œuvre au cours de laquelle, après approbation par les évêques provinciaux, reconnaissance par le Saint-Siège et acceptation ecclésiale, les directives seront appliquées dans chaque diocèse.

 

Dans le même temps, le conseil provincial encourage les autres diocèses hors de la région Île-de-France à lancer différentes initiatives paroissiales avec des propositions liturgiques spécifiques axées sur la participation à la liturgie des nouveaux baptisés.

 

Source: https://www.ewtnnews.com/world/the-church-in-paris-region-convenes-council-to-respond-to-increase-in-adult-baptisms

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25 janvier 2026 7 25 /01 /janvier /2026 19:00

Un document manipulateur qui nie les faits historiques. M. Schneider à propos du cardinal Roche dans un entretien avec D. Montagna.
 
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Mgr Athanasius Schneider

 

édité par Veronica Cireneo 

Nous avons reçu et sommes heureux de publier cet important entretien accordé par Monseigneur Schneider à la journaliste américaine Diane Montagna, au sujet du document sur la liturgie rédigé par le cardinal Roche et présenté au consistoire des 7 et 8 janvier. Monseigneur Schneider conteste et rejette ce document, le jugeant idéologique, instrumental et partial.

Nous vous en souhaitons une bonne lecture. 

§§§

ROME, 20 janvier 2026 — L’évêque Athanasius Schneider a vivement critiqué un récent rapport sur la liturgie préparé par le cardinal Arthur Roche, affirmant qu’il est basé sur un "raisonnement manipulateur" et "déforme les preuves historiques".

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Cdl Roche

 

Le texte de deux pages du cardinal – présenté comme une "réflexion théologique, historique et pastorale approfondie" – a été distribué aux membres du Sacré Collège lors du consistoire convoqué par le pape Léon XIV les 7 et 8 janvier. Bien qu'il n'ait pas été formellement présenté ni discuté pendant la réunion en raison de contraintes de temps, le rapport a suscité une forte résistance de la part du clergé et des fidèles après la diffusion de son contenu dans les médias.

Dans une analyse détaillée, Mgr Schneider remet en question les présupposés historiques et théologiques qui sous-tendent le texte. S’appuyant sur les documents du concile Vatican II, l’enseignement pontifical et les témoignages d’érudits et de témoins directement impliqués dans la réforme liturgique post-conciliaire, il soutient que le rapport ne reflète pas une analyse impartiale et rigoureuse, mais plutôt une approche idéologique caractérisée par ce qu’il appelle un "cléricalisme rigide".

Au cœur de la critique de l'évêque se trouve l'affirmation selon laquelle la réforme liturgique mise en œuvre en 1970 marque une rupture avec l'évolution organique du rite romain. Mgr Schneider soutient que la messe la plus fidèle au Concile était l'Ordo Missae de 1965 et que la forme promulguée ultérieurement par le pape Paul VI – le Novus Ordo Missae – a été en substance rejetée par le premier synode des évêques après le Concile en 1967.

Il conteste également l'interprétation par le cardinal Roche de la bulle Quo primum de Pie V, réfute son affirmation selon laquelle la restauration de la liturgie romaine traditionnelle n'était qu'une "concession", et remet en cause l'idée que le pluralisme liturgique "fige la division" au sein de l'Église.

Pour l’évêque Schneider, le rapport du cardinal Roche "rappelle la lutte désespérée d’une gérontocratie confrontée à des critiques sérieuses et de plus en plus véhémentes, venant principalement d’une jeune génération, dont cette gérontocratie cherche à étouffer la voix par des arguments manipulateurs et, finalement, en transformant le pouvoir et l’autorité en armes."

Dans l'entretien qui suit, Son Excellence évoque également le consistoire extraordinaire prévu pour la fin juin, en présentant des solutions alternatives qui, selon lui, pourraient contribuer à rétablir la paix liturgique dans l'Église.

 

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Diane Montagna (DM) :  Votre Excellence, quelle est votre opinion générale sur le document relatif à la liturgie préparé par le cardinal Roche pour examen par les membres du Sacré Collège lors du consistoire extraordinaire ?

 

+Athanasius Schneider (+AS) : Pour tout observateur honnête et objectif, le document du cardinal Roche donne l'impression d'un parti pris manifeste contre le rite romain traditionnel et son usage actuel. Il semble motivé par une volonté de dénigrer cette forme liturgique et, à terme, de l'éliminer de la vie ecclésiale. Le cardinal paraît déterminé à nier au rite traditionnel toute place légitime dans l'Église d'aujourd'hui. L'objectivité et l'impartialité, caractérisées par l'absence de préjugés et un souci sincère de la vérité, font cruellement défaut. Au contraire, le document recourt à des raisonnements manipulateurs et va jusqu'à déformer les faits historiques. Il ne respecte pas le principe classique "sine ira et studio", c'est-à-dire une approche "sans colère ni zèle partisan".

(DM) :  Penchons-nous sur quelques passages précis du rapport. Au point n° 1, le cardinal Roche affirme : "On pourrait dire que l’histoire de la liturgie est celle de sa “réforme” continue, dans un processus de développement organique." Ceci soulève une question fondamentale : réforme et développement sont-ils synonymes ? La réforme semble suggérer une intervention délibérée et positiviste, tandis que le développement semble impliquer une croissance organique vérifiée au fil du temps. Historiquement, est-il juste d’affirmer que la liturgie a nécessité une réforme continue, ou vaut-il mieux la concevoir comme un développement organique, ponctué seulement d’interventions correctives ponctuelles ?

(+AS) : À cet égard, la déclaration du pape Benoît XVI demeure pertinente et incontestable : "Dans l’histoire de la liturgie, il y a croissance et progrès, mais pas de rupture" (Lettre aux évêques à l’occasion de la publication de la Lettre apostolique Summorum Pontificum, 7 juillet 2007). C’est un fait historique – attesté par d’éminents liturgistes – que depuis le pape Grégoire VII au XIe siècle, soit pendant près d’un millénaire, le rite de l’Église romaine n’a pas connu de réformes significatives. Le Novus Ordo de 1970, au contraire, apparaît à tout observateur honnête et objectif comme une rupture avec la tradition millénaire du rite romain.

Cette évaluation est confortée par l'avis de l'archimandrite Boniface Luykx (1915-2004), liturgiste, expert du Concile Vatican II et membre de la commission liturgique du Vatican (le Consilium) présidée par le père Annibale Bugnini. Luykx a mis en évidence des fondements théologiques erronés au sein des travaux de la commission, écrivant :

"Derrière ces exagérations révolutionnaires se cachent trois principes typiquement occidentaux mais faux :

(1) le concept (à la Bugnini) de la supériorité et de la valeur normative de l’homme occidental moderne et de sa culture sur toutes les autres cultures ;

(2) la loi inévitable et tyrannique du changement continu que certains théologiens ont appliquée à la liturgie, à l’enseignement de l’Église, à l’exégèse et à la théologie ; et

(3) la primauté de l’horizontal"  (Une vision plus large de Vatican II, Angelico Press, 2025, p. 131).

 

(DM) La description que fait le cardinal Roche de la bulle Quo primum n° 2 du pape Pie V est-elle exacte ? Le pape saint Pie V n’a-t-il pas autorisé le maintien d’un rite en usage depuis deux siècles ? D’autres rites, comme le rite ambrosien ou dominicain, ont-ils également été empêchés de se perpétuer et de prospérer ?

 

(+AS) : Le cardinal Roche fait référence de manière sélective à Quo primum, en dénaturant ainsi le sens et en utilisant le document du pape saint Pie V pour étayer une interprétation contraire à la tradition. Or, Quo primum autorise explicitement la poursuite légitime de toutes les variantes du rite romain en usage ininterrompu depuis au moins deux siècles. L’unité ne signifie pas l’uniformité, comme l’atteste l’histoire de l’Église.

 

 

Dom Alcuin Reid, spécialiste de la liturgie et expert reconnu du développement organique de la liturgie, décrit ainsi la situation de cette période :

 

Il ne faut pas tomber dans l’erreur révisionniste qui consiste à imaginer une "réhabilitation romaine" complète et centralisatrice de la liturgie occidentale : la diversité s’est maintenue au sein de cette unité. Les Dominicains ont apporté leur propre liturgie. D’autres ordres ont également conservé des rites distinctifs. Les Églises locales (Milan, Lyon, Braga, Tolède, etc., ainsi que les principaux centres médiévaux anglais : Salisbury, Hereford, York, Bangor et Lincoln) ont préservé leurs propres liturgies. Pourtant, chacune appartenait à la famille liturgique romaine"  (Le développement organique de la liturgie, Farnborough 2004, p. 20-21).

 

Cette réalité historique confirme que le pape saint Pie V a bien permis que des rites ayant une histoire continue d'au moins deux siècles perdurent, y compris des usages établis tels que les rites ambrosien et dominicain, qui non seulement furent préservés mais continuèrent à prospérer au sein de l'unité de l'Église romaine.

Au paragraphe 4 du document, le cardinal Roche écrit : "Nous pouvons assurément affirmer que la réforme de la liturgie souhaitée par le concile Vatican II est… pleinement conforme au véritable sens de la Tradition." Quel est votre avis sur cette affirmation, notamment au regard de l’expérience qu’ont la plupart des catholiques de la nouvelle messe dans leur paroisse ?

Cette affirmation n'est que partiellement vraie. L'intention des Pères du Concile Vatican II était, en réalité, une réforme s'inscrivant dans la continuité de la tradition de l'Église, comme en témoigne cette importante formulation de la Constitution sur la sainte liturgie :

"Afin que soit maintenue la saine tradition, et que pourtant la voie soit ouverte à un progrès légitime, pour chacune des parties de la liturgie qui sont à réviser, [...] on ne fera des innovations que si l’utilité de l’Église les exige vraiment et certainement, et après s’être bien assuré que les formes nouvelles sortent des formes déjà existantes par un développement en quelque sorte organique." (Sacrosanctum Concilium, n° 23).

Le cardinal  Roche commet l'erreur typique de l'idéologue, en utilisant un argument circulaire, qui peut être résumé comme suit : (1) la réforme de la messe de 1970 est en pleine harmonie avec le vrai sens de la Tradition ; (2) l'intention des Pères du concile Vatican II était en pleine harmonie avec le vrai sens de la Tradition ; (3) par conséquent, la messe de 1970 est en pleine harmonie avec le vrai sens de la Tradition.

Nous disposons toutefois des opinions de témoins illustres, directement impliqués dans les débats liturgiques du Concile, qui affirment que l'Ordre de la messe de 1970 représente le produit d'une sorte de révolution liturgique, contraire à la véritable intention des Pères conciliaires.

Parmi les témoins les plus importants figure Joseph Ratzinger. Dans une lettre de 1976 adressée au professeur Wolfgang Waldstein, il écrivait avec une clarté surprenante :

"Le problème du nouveau Missel réside dans le fait qu’il rompt avec cette histoire continue – qui s’est déroulée sans interruption avant et après Pie V – et crée un livre entièrement nouveau, dont l’apparition s’accompagne d’une sorte d’interdiction de ce qui existait auparavant, totalement étrangère à l’histoire du droit canonique et de la liturgie. De par ma connaissance des débats conciliaires et après une relecture des discours prononcés par les Pères conciliaires durant cette période, je peux affirmer avec certitude que telle n’était pas mon intention."

Un autre témoin de premier plan est l'archimandrite Boniface Luykx, déjà mentionné. Dans son récent ouvrage "Une vision plus large de Vatican II. Souvenirs et analyse d'un consulteur du Concile", il a déclaré sans ambages :

"Il y avait une continuité parfaite entre la période préconciliaire et le Concile lui-même, mais après le Concile, cette continuité cruciale a été interrompue par les commissions postconciliaires. […] Le Novus Ordo n’est pas fidèle à la Constitution sur la sainte liturgie, mais va bien au-delà des paramètres qu’elle a établis pour la réforme du rite de la messe. […] Le rouleau compresseur de l’horizontalité anthropocentrique (par opposition à la verticalité divine) a aplati toutes les formes liturgiques depuis Vatican II, mais sa principale victime est le Novus Ordo. […] Le grand perdant de ce processus est le mystère, qui devrait être, au contraire, l’objet et le contenu principaux de la célébration"  (p. 80, 98, 104).

DM : Que pensez-vous de la déclaration du cardinal Roche au numéro 9, selon laquelle « le bien premier de l’unité de l’Église ne s’atteint pas en figeant la division, mais en nous trouvant dans le partage de ce qui ne peut qu’être partagé » ?

Pour le cardinal Roche, l’existence même du principe et de la réalité du pluralisme liturgique dans la vie de l’Église équivaut apparemment à "figer la division". Cette affirmation est manipulatrice et malhonnête, car elle contredit non seulement la pratique bicentenaire de l’Église, qui a toujours considéré la diversité des rites reconnus – ou les variations légitimes au sein d’un même rite – non comme une source de division, mais comme un enrichissement de la vie ecclésiale.

Seuls des clercs étroits d'esprit, imprégnés d'une mentalité cléricale, ont fait preuve – et continuent de faire preuve aujourd'hui encore – d'intolérance envers la coexistence pacifique de différents rites et pratiques liturgiques. Parmi les nombreux exemples déplorables, on peut citer la coercition des chrétiens de Thomas en Inde au XVIe siècle, contraints d'abandonner leurs propres rites et d'adopter la liturgie de l'Église latine, sous prétexte qu'une seule lex credendi devait correspondre à une seule lex orandi, c'est-à-dire à une seule forme liturgique.

Un autre exemple tragique est la réforme liturgique de l'Église orthodoxe russe au XVIIe siècle, qui interdit la forme la plus ancienne de son rite et imposa l'usage exclusif d'une forme nouvellement révisée. Si les autorités ecclésiastiques avaient permis la coexistence des anciens et nouveaux rites, elles n'auraient certainement pas "figé la division", mais auraient au contraire évité un schisme douloureux – celui des "Vieux Rites" ou "Vieux Croyants" – qui perdure aujourd'hui encore. Après une longue période, la hiérarchie de l'Église orthodoxe russe reconnut l'erreur pastorale de l'uniformisation liturgique forcée et rétablit le libre usage de la forme la plus ancienne du rite. Malheureusement, seule une minorité de "Vieux Croyants" se réconcilia avec la hiérarchie, tandis que la majorité demeura schisteuse, car les traumatismes étaient trop profonds et le climat de méfiance et d'aliénation mutuelles avait trop longtemps persisté. Dans ce cas précis, l'intolérance de la hiérarchie envers l'usage légitime du rite le plus ancien a littéralement figé la division : les adeptes des anciens rituels furent exilés par le tsar dans la Sibérie glacée.

L’attachement à la forme la plus ancienne du rite romain ne "fige pas la division". Au contraire, il représente, selon les mots de saint Jean-Paul II :

 

"la légitimité mais aussi la richesse que représente pour l'Eglise la diversité des charismes et des traditions de spiritualité et d'apostolat. Cette diversité constitue aussi la beauté de l'unité dans la variété." (Lettre apostolique Ecclesia Dei, 2 juillet 1988, n° 5 c).

La coexistence pacifique des deux usages du rite romain, égaux en droit et en dignité, témoignerait de la tolérance et de la continuité que l’Église a préservées dans sa vie liturgique, mettant ainsi en œuvre le conseil du "maître de la maison", loué par le Seigneur, "qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien" (Mt 13, 52). À l’inverse, dans ce document, le cardinal Roche apparaît comme le représentant d’un cléricalisme intolérant et rigide en matière liturgique, rejetant toute possibilité de véritable partage entre les différentes traditions liturgiques.

 

DM. Au point 10 du document – ​​qui a peut-être suscité le plus de consternation –, le cardinal Roche déclare : "L’usage des livres liturgiques que le Concile a cherché à réformer était, de saint Jean-Paul II à François, une concession qui n’envisageait aucunement leur promotion." Comment répondriez-vous au cardinal sur ce point, notamment à la lumière de la lettre apostolique Summorum Pontificum du pape Benoît XVI et de la lettre d’accompagnement de ce motu proprio ?

 

AS. Je voudrais répondre par cette sage observation de l’archimandrite Boniface Luykx : "Je soutiens que la pluriformité, c’est-à-dire la coexistence de différentes formes de célébration liturgique tout en préservant leur essence, pourrait être d’un grand secours à l’Église occidentale. […] Le pape Jean-Paul II a d’ailleurs adopté le principe de pluriformité lorsqu’il a rétabli la messe tridentine en 1988" (Une vision plus large de Vatican II, p. 113).

 

Cette observation contredit directement l'affirmation selon laquelle le maintien de l'usage des anciens livres liturgiques n'était qu'une concession tolérée, sans aucune intention d'encouragement ou de promotion. Un enseignement important de  saint Jean-Paul II éclaire davantage ce point. Il déclare :

 

"Dans le Missel romain de saint Pie V, comme dans diverses liturgies orientales, nous trouvons de belles prières par lesquelles le prêtre exprime le plus profond sentiment d’humilité et de révérence devant les saints Mystères : en elles se révèle la substance même de la Liturgie" (Message aux participants de l’Assemblée plénière de la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements, 21 septembre 2001).

 

Pris ensemble, ces témoignages faisant autorité démontrent que la reconnaissance et la restauration des anciens livres liturgiques n’étaient pas de simples concessions faites à contrecœur, mais l’expression d’une pluralité légitime au sein de la vie liturgique de l’Église, capable d’enrichir l’Église occidentale tout en préservant le noyau essentiel du rite romain.

Il est fort possible que, si ce document avait été examiné lors du consistoire des 7 et 8 janvier, les cardinaux, pris dans leur ensemble, n'auraient pas été en mesure de le comprendre pleinement, compte tenu du manque généralisé de formation liturgique au sein de l'Église aujourd'hui, même parmi le clergé et la hiérarchie. Combien d'entre eux, par exemple, auraient pu réfuter l'affirmation du cardinal concernant Quo primum de Pie V ? Lors d'un futur consistoire, il est parfaitement du pouvoir du pape de convoquer un expert afin de présenter aux membres du Sacré Collège un document plus érudit et mieux étayé sur le sujet qu'il souhaite leur soumettre. Cette voie pourrait-elle être envisagée lors du consistoire extraordinaire prévu pour la fin juin 2026 ?

Je crois qu'il existe aujourd'hui une ignorance généralisée parmi les évêques et les cardinaux concernant l'histoire de la liturgie, la nature des débats liturgiques durant le Concile, et même le texte même de la Constitution sur la sainte liturgie du Concile Vatican II.

Deux faits essentiels sont souvent oubliés. Premièrement, la véritable réforme de la messe selon le Concile avait déjà été promulguée en 1965, avec l’Ordo Missae de 1965, que le Saint-Siège décrivait alors explicitement comme la mise en œuvre des dispositions de la Constitution sur la sainte liturgie. Cet Ordo Missae constituait une réforme très prudente et conservait tous les éléments essentiels de la messe traditionnelle, avec seulement quelques modifications mineures. Parmi celles-ci figuraient l’omission du psaume 42 au début de la messe – un changement non inédit, puisque ce psaume avait toujours été omis de la messe de requiem et du temps de la Passion – ainsi que l’omission de l’Évangile selon saint Jean à la fin de la messe.

La véritable innovation résidait dans l'usage de la langue vernaculaire pour l'ensemble de la messe, à l'exception du Canon, qui devait encore être récité en silence en latin. Les Pères conciliaires eux-mêmes célébrèrent cette messe réformée lors de la dernière session de 1965 et s'en félicitèrent. Mgr Lefebvre célébra également cette forme de messe et en ordonna l'usage dans son séminaire d'Écône jusqu'en 1975.

Le second fait est le suivant. Lors du premier synode des évêques après le concile, tenu en 1967, le père Annibale Bugnini présenta aux pères synodaux le texte et la célébration d'un Ordo Missae profondément réformé. Il s'agissait essentiellement du même Ordo Missae qui fut promulgué plus tard par le pape Paul VI en 1969 et qui constitue aujourd'hui la forme ordinaire de la liturgie dans l'Église catholique romaine.

Cependant, la plupart des Pères synodaux de 1967 — presque tous Pères du Concile Vatican II — ont rejeté cet Ordo Missae, c'est-à-dire notre Novus Ordo actuel. Par conséquent, la messe que nous célébrons aujourd'hui n'est pas la messe du Concile Vatican II, qui est en réalité l'Ordo Missae de 1965, mais bien la forme de la messe rejetée par les Pères synodaux en 1967, jugée trop révolutionnaire.

Quelles alternatives au document du cardinal Roche proposeriez-vous aux cardinaux, si vous pouviez leur offrir ne serait-ce que quelques points de vue ?

Je voudrais présenter aux cardinaux quelques points essentiels.  Premièrement, je voudrais rappeler les faits historiques incontestables concernant la véritable messe du concile Vatican II, à savoir l'Ordo Missae de 1965, ainsi que le rejet catégorique par les Pères synodaux, en 1967, du Novus Ordo qui leur avait été présenté par le père Bugnini.

Deuxièmement, je voudrais attirer l’attention sur les principes toujours valables qui régissent le culte divin, formulés par le Concile Vatican II lui-même : le caractère théocentrique, vertical, sacré, céleste et contemplatif de la liturgie authentique. Comme l’enseigne le Concile :

"en elle ce qui est humain est ordonné et soumis au divin ; ce qui est visible à l’invisible ; ce qui relève de l’action à la contemplation ; et ce qui est présent à la cité future que nous recherchons. […] Dans la liturgie terrestre, nous participons par un avant-goût à cette liturgie céleste." (Sacrosanctum Concilium, n° 2 ; 8).

[Ndlr. Ajoutons cette réflexion du Card. Francis Arinze, Préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des Sacrements, qui s'exprima sur le sujet à la conférence liturgique de Gateway, St. Louis, Missouri, 11 novembre 2006 (Texte intégral) : ‘’[...] Tout ne peut pas être expliqué pendant la célébration liturgique. La liturgie n’épuise pas toute l’activité de l’Église (cf. Sacrosanctum Concilium, 9). La théologie, la catéchèse et la prédication sont également nécessaires. Et même après une bonne catéchèse, un mystère de notre foi demeure un mystère. En réalité, nous pouvons dire que le plus important dans le culte divin, ce n’est pas de comprendre chaque mot ou chaque concept. Le plus important, c’est que nous ayons une attitude de ferveur et de crainte devant Dieu, que nous l’adorions, le louions et lui rendions grâce. Le sacré, les choses de Dieu, doivent être abordées sans idées préconçues.’’ (Francis Card. Arinze, Agence Fides 20/12/2006)]

 

 

Troisièmement, je tiens à souligner le principe selon lequel la diversité liturgique ne nuit pas à l’unité de la foi. Comme l’ont souligné les Pères conciliaires :

"[O]béissant fidèlement à la Tradition, le saint Concile déclare que la sainte Mère l’Église considère comme égaux en droit et en dignité tous les rites légitimement reconnus, et qu’elle veut, à l’avenir, les conserver et les favoriser de toutes manières" (n° 4).

 

Enfin, je voudrais faire appel à la conscience des cardinaux  en déclarant que le Pape a aujourd'hui une occasion unique de rétablir la justice et la paix liturgique dans la vie de l'Église en accordant à la forme la plus ancienne du rite romain la même dignité et les mêmes droits qu'à la forme liturgique ordinaire, connue sous le nom de Novus Ordo.

 

Une telle mesure pourrait être prise par une ordonnance pastorale généreuse et définitive. Elle mettrait fin aux controverses nées des interprétations casuistiques concernant l'usage de l'ancienne forme liturgique. Elle mettrait également fin à l'injustice qui consiste à traiter tant de fils et de filles exemplaires de l'Église – en particulier tant de jeunes et de jeunes familles – comme des catholiques de seconde zone.

 

Une telle mesure pastorale permettrait de jeter des ponts et de témoigner d'une empathie envers les générations passées et envers un groupe qui, bien que minoritaire, reste négligé et discriminé dans l'Église d'aujourd'hui, à une époque où l'on parle beaucoup d'inclusion, de tolérance envers la diversité et d'écoute synodale des expériences des fidèles.

 

DM : Excellence, avez-vous quelque chose à ajouter ?

 

Comme je ne saurais mieux décrire la crise liturgique actuelle qu'en citant ces paroles lumineuses de l'archimandrite Boniface Luykx, érudit en liturgie, missionnaire zélé en Afrique et homme de Dieu qui célébrait à la fois la liturgie latine et byzantine, respirant ainsi, pour ainsi dire, des deux poumons de l'Église :

"Le cardinal Ratzinger a également apporté son soutien, déclarant que l’ancienne messe est une partie vivante et, en effet, 'intégrale' du culte et de la tradition catholiques, et prévoyant qu’elle apportera 'sa contribution caractéristique au renouveau liturgique appelé par le concile Vatican II' (p. 115).

"Quand la vénération fait défaut, toute forme de culte se réduit à un simple divertissement horizontal , une fête sociale. Là aussi, les pauvres, les petits, sont victimes, car la réalité évidente de la vie qui découle de Dieu dans l’adoration leur est enlevée par les 'experts' et les dissidents" (p. 120).

"Aucun hiérarque, du simple évêque au pape, ne peut rien inventer. Chaque hiérarque est un successeur des apôtres, ce qui signifie qu’il est avant tout le gardien et le serviteur de la Sainte Tradition – le garant de la continuité dans l’enseignement, le culte, les sacrements et la prière" (p. 188).

 

Le document du cardinal Roche rappelle la lutte désespérée d'une gérontocratie confrontée à des critiques sérieuses et de plus en plus virulentes, notamment de la part d'une jeune génération, dont cette gérontocratie cherche à étouffer la voix par des arguments manipulateurs et, finalement, en transformant le pouvoir et l'autorité en armes.

 

Cependant, la fraîcheur et la  beauté intemporelle de la liturgie, ainsi que la foi des saints et de nos ancêtres, prévaudront malgré tout. Le sensus fidei perçoit instinctivement cette réalité, particulièrement chez les plus jeunes au sein de l’Église : les enfants innocents, les jeunes courageux et les jeunes familles.

 

C’est pourquoi je conseillerais vivement au cardinal Roche et à nombre d’autres membres du clergé, plus âgés et parfois un peu rigides, de discerner les signes des temps – ou, pour le dire autrement, de se rallier au mouvement afin de ne pas être laissés pour compte. Car ils sont appelés à reconnaître les signes des temps que Dieu lui-même manifeste à travers les "petits" de l’Église, qui ont soif du pain pur de la doctrine catholique et de la beauté intemporelle de la liturgie traditionnelle.

 

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Source: https://www.marcotosatti.com/2026/01/24/mons-schneider-roche-manipolatorio-sulla-messa-antica-nega-levidenza-storica-alleati-eucarestia/

 

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Add. 28-01-2025

 

Lire aussi : 

 

Diane Montagna: Des failles fatales révélées dans le document d'information du consistoire du cardinal Roche 

 

Un érudit liturgique accompli déconstruit les directives adressées au Collège sacré par le préfet du Dicastère pour le culte divin.

 

ROME, 28 janvier 2026 — Un liturgiste de renom a mis en lumière de graves lacunes dans le récent document d'information du cardinal Arthur Roche au Collège des cardinaux, proposant une critique détaillée avant leur prochaine rencontre avec le pape Léon XIV fin juin.

Dans une analyse systématique et point par point, Dom Alcuin Reid, moine bénédictin, prêtre et érudit liturgique de renommée internationale né en Australie, conclut que le document d'information de Roche "manque d'honnêteté intellectuelle", "témoigne d'une ignorance déplorable de l'histoire liturgique" et est "extrêmement embarrassant"

 

 

Bien que le document n'ait pas été examiné lors du consistoire des cardinaux des 7 et 8 janvier, faute de temps, sa diffusion dans les médias a suscité de vives critiques. La question de la liturgie devrait être abordée lors du prochain consistoire convoqué par le pape les 27 et 28 juin.

Dom Alcuin Reid, dont la thèse de doctorat sur la réforme liturgique a été publiée sous le titre "Le développement organique de la liturgie" avec une préface du cardinal Joseph Ratzinger, soutient en outre que la "dénigration" de la liturgie romaine traditionnelle et la "critique facile" de ceux qui y sont attachés, présentes dans la note d'information, semblent davantage motivées par des considérations politiques que par un souci pastoral.

"Que ce document porte le nom du Préfet du Dicastère pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements est tout simplement scandaleux », affirme le Père Reid. « S’il est l’œuvre du Préfet lui-même, il devrait, comme diraient les politiciens de son pays, “s’interroger sur sa position”. S’il est l’œuvre de son personnel, il devrait également s’interroger sur leur position, tout en assumant l’entière responsabilité de sa diffusion auprès des membres du Sacré Collège." SUITE

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25 janvier 2026 7 25 /01 /janvier /2026 07:30
Une brève histoire de l'Église catholique. Le catholicisme classique est l'original

Jésus-Christ n'a rien écrit, il n'a pas laissé de bible. Ce qu'Il nous a laissé c'est l'Église, "colonne et fondement de la vérité" (1 Tm 3,15) et la tradition orale des apôtres reçue des enseignements de Jésus-Christ. 

Ni les apôtres ni les premiers chrétiens n'avaient de Bible (jusqu'au IVe siècle). 

L'Église catholique, fondée selon la tradition sur l'apôtre Pierre (considéré comme le premier pape), émerge au Ier siècle après J.-C. en Palestine, dans le contexte de l'Empire romain, se développe à travers les Actes des Apôtres et les épîtres pauliniennes, affirmant sa doctrine trinitaire et christologique. 

 

Les premiers siècles voient la compilation du canon biblique établi fin IVe siècle et la lutte contre les persécutions. Persécutée sous l'empire romain jusqu'à l'Édit de Milan (313), où elle acquière la liberté de culte, l'Église catholique devient religion d'État avec Théodose Ier en 380.

 

Le célèbre théologien Scott Hahn, presbytérien américain converti au catholicisme dans les années 1990 et 2000, auteur de l'ouvrage "Rome sweet home, de la foi de Luther à la foi de Pierre", a démoli le mensonge de ''l'Eglise de Constantin'' : au cours des trois premiers siècles de l'Église, outre la croyance en la Trinité et en l'Incarnation, les documents existants révèlent une croyance largement répandue en :

(1) La présence réelle du corps et du sang du Christ dans l'Eucharistie
(2) L'Eucharistie comme sacrifice de la Nouvelle Alliance
(3) La régénération baptismale
(4) La succession apostolique
(5) La nécessité de maintenir l'unité de l'Église
(6) La nécessité d'évêques pour une Eucharistie valide
(7) Les prières pour les morts
(8) Le culte des reliques
(9) Le terme formel de ''catholique'' pour désigner l'Église unique
(10) Les manifestations de la primauté papale
(11) Le signe de croix lors des prières
(12) Les exemples de prières aux saints

 

Quelle qu'ait été cette Église primitive, elle n'était pas protestante. C'est ce que voulait dire saint John Henry Newman : il est impossible d'étudier en profondeur l'histoire de l'Église et d'en conclure qu'elle présente la moindre ressemblance avec la foi et la pratique protestantes. Le catholicisme, en revanche, peut remonter le cours de l'histoire jusqu'à l'Église pré-constantinienne et y trouver une continuité substantielle.

 

Les hérésies sont dès les premiers siècles des choix (du grec hairesis, "choix") de déviations doctrinales par rapport à la foi apostolique, souvent christologiques ou ecclésiologiques. Elles sont condamnées par les Pères de l'Église (martyrs comme Ignace d'Antioche, Polycarpe, ou théologiens comme Irénée, Athanase) et les conciles œcuméniques (réunions épiscopales infaillibles selon la doctrine catholique). Les fondements des condamnations reposent sur l'Écriture Sainte (Bible), la Tradition apostolique et la raison théologique, visant à préserver l'unité de la foi (Jn 17,21 ; 1 Tm 3,15).

 

Au Moyen Âge, l'Église voit l'émergence d’ordres monastiques (bénédictins, franciscains, dominicains) et un rôle central en Europe.

La Renaissance et la Réforme (XVIe siècle) mènent à la Contre-Réforme (concile de Trente, 1545-1563), renforçant la doctrine catholique.

Les Temps modernes apportent des défis (sécularisation, Vatican I en 1870 sur l'infaillibilité papale, Vatican II en 1962-1965 sur l'œcuménisme et les relations avec les autres religions).

Aujourd'hui, l'Église compte environ 1,3 milliard de fidèles.

Voici un aperçu chronologique des principaux événements et enseignements de l'Église catholique, de leurs fondements au fil des siècles en face des hérésies et de leurs condamnations et destin :

33 : Première Pentecôte chrétienne ; descente du Saint-Esprit sur les disciples ; prédication de saint Pierre à Jérusalem ; conversion, baptême et regroupement d'environ 3 000 personnes dans la première communauté chrétienne.

 

Saint Étienne, diacre, fut lapidé à mort à Jérusalem ; il est vénéré comme le premier martyr chrétien.

 

Vers 34 : Saint Paul, anciennement Saul, persécuteur des chrétiens, se convertit et se fait baptiser. Après trois années de solitude dans le désert, il rejoint le collège des apôtres ; il effectue trois grands voyages missionnaires et devient connu comme l’Apôtre des Gentils ; il est emprisonné deux fois à Rome et y est décapité entre 64 et 67.

 

39 : Corneille (centurion) et sa famille furent baptisés par saint Pierre ; un événement significatif qui signale la mission de l'Église auprès de tous les peuples.

 

42 : La persécution des chrétiens en Palestine éclata sous le règne d’Hérode Agrippa ; saint Jacques le Majeur, le premier apôtre à mourir, fut décapité en 44 ; saint Pierre fut brièvement emprisonné ; de nombreux chrétiens se réfugièrent à Antioche, marquant le début de la dispersion des chrétiens hors de Palestine.

C’est à Antioche que les disciples du Christ furent appelés chrétiens pour la première fois.

 

49 : Les chrétiens de Rome, considérés comme membres d'une secte juive, furent affectés négativement par un décret de Claude qui interdisait le culte juif dans cette ville.

 

51 : Le concile de Jérusalem, auquel participèrent tous les apôtres sous la présidence de saint Pierre:

->la circoncision, les règles alimentaires et diverses autres prescriptions de la loi mosaïque ne sont pas obligatoires pour les païens convertis au christianisme

->promulgué en réaction aux judaïsants qui soutenaient que l’observance intégrale de la loi mosaïque était nécessaire au salut.

 

64 : La persécution éclate à Rome sous Néron, l'empereur accusa les chrétiens d'avoir déclenché l'incendie qui détruisit la moitié de Rome.

 

64 ou 67 : Martyre de saint Pierre à Rome durant la persécution de Néron. Il y établit son siège et y passa ses dernières années après avoir prêché à Jérusalem et dans ses environs, fondé un siège à Antioche et présidé le concile de Jérusalem.

 

70 : Destruction de Jérusalem par Titus.

 

88-97 : Pontificat de saint Clément Ier mentionné dans Philippiens 4,3, troisième successeur de saint Pierre comme évêque de Rome, l’un des Pères apostoliques. La Première Épître de Clément aux Corinthiens, à laquelle il est souvent associé, fut adressée par l’Église de Rome à l’Église de Corinthe, alors en proie à des irrégularités et des divisions au sein de la communauté chrétienne. Il y évoque la création de la succession apostolique par les Apôtres en vue de la transmission de leurs charges. (XLIV, 1)

 

95 : Domitien persécuta les chrétiens, principalement à Rome.

 

Vers 100 : Mort de saint Jean, apôtre et évangéliste, marquant la fin de l’ère des Apôtres et de la première génération de l’Église.

 

À la fin du siècle, Antioche, Alexandrie et Éphèse à l'Est et Rome à l'Ouest étaient des centres établis de population et d'influence chrétiennes.

 

Le Gnosticisme (Ier-IIe siècles)
Description : Mouvement syncrétique (influencé par le platonisme) mêlant des concepts chrétiens au dualisme philosophique grec, au mysticisme oriental et aux spéculations juives niant la réalité de l'Incarnation.

Le gnosticisme voit le Christ vu comme "esprit" illusionnant un corps humain et prônant une connaissance secrète (gnosis) pour le salut, avec un dualisme radical (matière = mal, esprit = bien); le salut s’obtenait par la connaissance secrète (gnose), et non par la foi en Christ et les sacrements.

Une thèse gnostique niait la réalité de l'humanité du Christ, la qualifiant de simple apparence (docétismefaux-semblant de la souffrance du Christ lors de sa Passion et de sa Crucifixion).
Condamnation : Par les Pères comme Irénée de Lyon (Contre les hérésies, vers 180) et Tertullien. 

Saint Jean s’est opposé directement au gnosticisme en affirmant la véritable Incarnation (Jean 1:14 ; 1 Jean 4:2–3).

>Succession apostolique : L’Église a mis l’accent sur les évêques comme successeurs des Apôtres, préservant ainsi l’enseignement authentique.

>Règle de foi : Les premiers credo résumaient la véritable doctrine contre les interprétations secrètes ou privées.

>Pères de l'Église : Saint Irénée, dans son ouvrage Contre les hérésies, réfute systématiquement les erreurs gnostiques.

Résultat : L'Église a affirmé la bonté de la création, la réalité de l'humanité du Christ et le salut par le Christ et son Église, et non par une connaissance secrète.

Fondements : Écriture (Jn 1,14 : "Le Verbe s'est fait chair") et Tradition, soulignant l'unité de Dieu créateur et rédempteur.

Pas de concile formel, mais rejet implicite au concile de Nicée (325).
Extinction/Permanence : Éteint au IVe siècle avec la christianisation de l'Empire, mais des échos persistent dans des sectes ésotériques modernes ou la théosophie.

 

Vers 107 : Saint Ignace d’Antioche (vers 35-107 apr. J.-C.) subit le martyre à Rome. Il fut le premier auteur à utiliser l’expression "l’Église catholique".

 

Successeur présumé de saint Pierre dans cette Église, saint Ignace est l'un des Pères apostoliques les plus anciens. Condamné à mort par l'empereur Trajan, il fut conduit en captivité à Rome, où il fut jeté aux bêtes dans le Colisée.

En route, Ignace écrivit sept lettres authentiques (aux Églises d'Éphèse, Magnésie, Tralles, Rome, Philadelphie, Smyrne, et à Polycarpe, évêque de Smyrne).

Ces lettres, rédigées vers 107, sont des témoignages précieux de la foi primitive, insistant sur l'unité ecclésiale face aux hérésies naissantes (docétisme, judéo-christianisme).
 

Saint Ignace d'Antioche (v. 35- † v. 107) : "Vos dieux sont des démons !"

 

Où Ignace Parle-t-il de l'Église Catholique ?

La référence la plus célèbre et la plus citée à l'"Église catholique" (terme signifiant "universelle" ou "selon le tout", du grec katholikē ekklēsia, soulignant l'unité et la plénitude de l'Église) se trouve dans sa Lettre aux Smyrniens, chapitre 8, paragraphe 2. Voici un extrait en français (traduction classique basée sur le texte grec original, disponible dans les éditions patristiques comme celles de Sources Chrétiennes) :


"Où apparaît le Christ, là est l'Église catholique (katholikē ekklēsia). Ce n'est pas en cela que je crois, mais en Jésus-Christ, le Fils de Dieu, qui est devenu homme. Si quelqu'un suit un hétérodoxe (heterodoxos, c'est-à-dire un hérétique ou un dissident), il ne goûtera pas la pureté de la foi et sera corrompu par son venin, comme les serpents."
Contexte dans la lettre : Ignace s'adresse à l'Église de Smyrne pour les exhorter à la fidélité apostolique, en condamnant les faux enseignants (docètes, qui niaient l'humanité réelle du Christ). Il oppose l'unité de la vraie Église à la division des sectes. Ce passage suit une description de la hiérarchie ecclésiale (évêque, prêtres, diacres) et précède une mise en garde contre les schismatiques.
Autres mentions connexes : Bien que "catholique" n'apparaisse qu'ici explicitement, Ignace évoque l'unité de l'Église universelle dans d'autres lettres, comme dans la Lettre aux Philadelphiens (ch. 3) : "Ne vous séparez-vous pas de l'Église en allant dans les synagogues ? [...] Que personne ne vous sépare de l'Église unique." Ou dans la Lettre aux Magnésiens (ch. 7), où il insiste sur l'unité autour de l'évêque comme image de l'unité du Christ.
Ces lettres sont conservées dans des manuscrits grecs et syriaques ; le texte original est accessible via des sources comme la Patrologie Grecque de Migne (PG 5) ou des éditions critiques modernes (ex. : Lettres d'Ignace d'Antioche, éd. Henri-Irenée Marrou; ou dans "Premiers écrits chrétiens", Bibliothèque de la Pléiade, éd. Publiée sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, Nrf Gallimard, Lonrai 2017.)


Comment et Pourquoi Doit-on Être Uni à l'Église Catholique, selon Ignace ?
Ignace présente l'Église catholique non comme une institution abstraite, mais comme le corps mystique du Christ, uni dans la foi apostolique, les sacrements et la hiérarchie. L'unité n'est pas optionnelle : elle est essentielle au salut. Voici une synthèse basée sur ses écrits :


Comment Être Uni ?
->Par l'Adhésion à la Hiérarchie Apostolique : Ignace insiste sur l'unité autour de l'évêque (représentant le Christ), des prêtres (représentant les apôtres) et des diacres (représentant Jésus serviteur). Dans la Lettre aux Smyrniens (ch. 8,1) : "Faites tout en harmonie avec l'évêque et ceux qui sont avec lui, comme les apôtres du Christ. [...] Que personne ne fasse rien touchant l'Église sans l'évêque." Cela préfigure la structure épiscopale de l'Église catholique.
->Par la Participation aux Sacrements communs : L'unité se vit dans l'Eucharistie, vue comme "le médicament de l'immortalité" (Lettre aux Éphésiens, ch. 20). Sans l'évêque, pas de véritable Eucharistie : "Que votre jeûne soit uni au nôtre, votre prière à la nôtre, votre charité à la nôtre" (Lettre aux Smyrniens, ch. 13).
->Par la Foi Orthodosse et la Charité : Rejeter les hérésies (docétisme, qui rend l'Incarnation illusoire) et s'unir dans la doctrine apostolique transmise par les évêques. Dans la Lettre à Philadelphie (ch. 2-3), il met en garde contre les divisions : "Évitez les mauvaises herbes [...], car si vous vous préparez à venir dans la grâce, fuyez-les comme des serpents."
Pratiquement : Ignace exhorte à l'obéissance, à la prière commune et à éviter les assemblées schismatiques, soulignant que l'Église est "catholique" car elle embrasse toute la communauté des fidèles, du local à l'universel.
Pourquoi Doit-on Être Uni ?
Pour le Salut Éternel : L'unité à l'Église est indissociable de l'union au Christ. Séparer de l'Église, c'est se séparer du Christ : "Que votre baptême soit uni au nôtre, votre foi au nôtre, votre charité au nôtre" (Lettre aux Smyrniens, ch. 13). Ignace voit les dissidents comme "corrompus par le venin" (ch. 8,2), risquant la perte de la "pureté de la foi".
Face aux Persécutions et Hérésies : Écrivant en chemin vers le martyre, Ignace sait que l'unité protège contre les divisions internes et externes. L'Église catholique est le rempart contre les faux docteurs qui divisent le corps du Christ (cf. 1 Co 1,10 dans l'Écriture, que Ignace échoe implicitement). Sans unité, l'Église perd sa crédibilité et sa force missionnaire.
Pour Imiter le Christ et les Apôtres : L'Église est l'image visible de l'unité trinitaire (Père, Fils, Esprit). Ignace, disciple indirect des apôtres (il aurait connu Jean l'Évangéliste), transmet la Tradition : "Suivez l'évêque comme Jésus-Christ suivait le Père" (Lettre aux Smyrniens, ch. 8). L'unité est un acte d'amour et d'obéissance apostolique.
Fondements Théologiques : Basé sur l'Écriture (Jn 17,21 : "Qu'ils soient un comme nous sommes un") et la Tradition primitive. Ignace est l'un des premiers à utiliser "catholique" pour désigner l'Église universelle, distinguant la vraie foi des sectes particulières.
Héritage et Actualité
Cette référence d'Ignace est fondamentale pour la doctrine catholique sur l'Église une, sainte, catholique et apostolique (Credo de Nicée-Constantinople). Elle est citée dans le Catéchisme de l'Église Catholique (n. 830-831) pour souligner l'unité visible et invisible. Aujourd'hui, face aux divisions ecclésiales, Ignace inspire les appels à l'œcuménisme (Vatican II, Unitatis Redintegratio). Des études modernes (ex. : théologien William R. Schoedel dans Ignatius of Antioch) confirment l'authenticité de ces lettres, les datant précisément de 107.

 

112 : L’empereur Trajan, dans un rescrit adressé à Pline le Jeune, gouverneur de Bithynie, lui ordonna de ne pas rechercher les chrétiens, mais de les punir s’ils étaient publiquement dénoncés et refusaient de rendre hommage aux dieux romains. Ce rescrit servit de modèle aux magistrats romains dans leurs relations avec les chrétiens.

 

117-138 : Persécution sous Hadrien. De nombreux actes de martyrs datent de cette période.

Vers 144 : Excommunication de Marcion, évêque et hérétique, qui affirmait qu’il existait une opposition totale et aucune connexion entre l’Ancien et le Nouveau Testament, entre le Dieu des Juifs et le Dieu des chrétiens ; et que le canon de la Bible ne comprenait que des extraits de l’Évangile de saint Luc et dix lettres de saint Paul.

 

Le marcionisme fut enrayé à Rome vers 200 et condamné par un concile tenu dans cette même ville vers 260, mais l’hérésie persista pendant plusieurs siècles en Orient et compta quelques adeptes jusqu’au Moyen Âge.

 

155 : Saint Polycarpe, évêque de Smyrne et disciple de saint Jean l'Évangéliste, martyrisé, périt "livré aux flammes".

Saint Polycarpe, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 123.

 

''Rendez à Dieu ce qui appartient à Dieu'' : la laïcité naît de la liberté de culte, de cette "outrecuidante revendication de liberté personnelle" des premiers chrétiens qui, "par leurs attachements à des convictions individuelles, par leur distinction audacieuse du politique et du religieux ..., sont d'une certaine façon en avance sur leur propre époque." (Premiers écrits chrétiens, Bibliothèque de la Pléiade, éd. Publiée sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, Nrf Gallimard, Lonrai 2017, p. XXIV) 

 

Vers 156 : Début du montanisme, une forme d’extrémisme religieux. Ses principaux dogmes étaient l’imminence du second avènement du Christ, le rejet de la nature divine de l’Église et de son pouvoir de pardonner les péchés, et une morale excessivement rigoureuse appelant à courir au martyre. Cette hérésie, prêchée notamment par Montanus de Phrygie, fut condamnée par le pape saint Zéphyrin (199-217).

 

161-180 : Règne de Marc Aurèle. Sa persécution est déclenchée à la suite de catastrophes naturelles.

 

165 : Saint Justin, important apologète chrétien des premiers siècles, martyr à Rome.

 

Vers 180 : Saint Irénée, évêque de Lyon et l’un des plus grands théologiens des premiers siècles, écrivit l’Adversus Haereses. Il y affirmait que l’enseignement et la tradition du Saint-Siège romain constituaient la norme en matière de foi.

 

196 : Querelle pascale, concernant le jour de la célébration — un dimanche, selon la pratique occidentale, ou le 14 du mois de Nisan (dans le calendrier hébraïque), quel que soit le jour de la semaine, selon la pratique orientale. La controverse ne fut pas résolue à cette époque.

 

La Didachè, dont la forme actuelle date du IIe siècle, est un témoignage important des croyances, des pratiques et du gouvernement chrétiens au Ier siècle.

 

 

Le latin fut introduit comme langue liturgique en Occident.

 

L'araméen et le grec étaient d'autres langues liturgiques.

 

L'École catéchétique d'Alexandrie, fondée vers le milieu du 2e siècle, acquit une influence croissante sur l'étude et l'enseignement de la doctrine, ainsi que sur l'interprétation de la Bible.

 

202 : Persécution sous Septime Sévère, qui voulait établir une religion commune simple dans l'Empire.

 

206 : Tertullien, converti depuis 197 et premier grand écrivain ecclésiastique en latin, rejoint les montanistes hérétiques ; il meurt en 230.

 

215 : Mort de Clément d'Alexandrie, précepteur d'Origène et père fondateur de l'École d'Alexandrie.

 

217-35 : Saint Hippolyte, le premier antipape ; il se réconcilia avec l'Église alors qu'il était en prison pendant la persécution de 235.

 

232-54 : Origène établit l'école de Césarée après avoir été déposé en 231 comme chef de l'école d'Alexandrie ; il meurt en 254. Érudit et écrivain prolifique, il fut l'un des fondateurs de la théologie systématique et exerça une large influence pendant de nombreuses années.

 

Vers 242 : Le manichéisme, né en Perse, est une combinaison d’erreurs fondée sur l’idée que deux principes suprêmes (le bien et le mal) régissent la création et la vie, et que le but suprême de l’activité humaine est la libération du mal (la matière). Cette hérésie niait l’humanité du Christ, le système sacramentel et l’autorité de l’Église (et de l’État), et prônait une morale qui menaçait l’ordre social. Aux XIIe et XIIIe siècles, elle prit des traits caractéristiques de l’albigéisme et du catharisme.

 

249-251 : Persécution sous Dèce. Nombreux furent ceux qui, ayant renié la foi (lapsi), cherchèrent à être réintégrés dans l’Église à la fin des persécutions, en 251.

Le pape saint Corneille partageait l’avis de saint Cyprien selon lequel les lapsi devaient être réadmis après avoir accompli les pénitences requises.

L’antipape Novatien, en revanche, soutenait que ceux qui s’étaient éloignés de l’Église sous la persécution et/ou ceux coupables de péchés graves après leur baptême ne pouvaient être absous et réintégrés dans la communion ecclésiastique. Cette hérésie fut condamnée par un synode romain en 251.

250-300 : Le néoplatonisme de Plotin et de Porphyre gagne des adeptes.

 

251 : Novatien, un antipape, fut condamné à Rome.

 

256 : Le pape saint Étienne Ier soutint la validité du baptême correctement administré par les hérétiques, dans la controverse du rebaptême.

 

257 : Persécution sous Valérien, qui tenta de détruire l'Église en tant que structure sociale.

 

258 : Saint Cyprien, évêque de Carthage, martyr.

 

260 : Saint Lucien fonde l'École d'Antioche, un centre d'influence sur les études bibliques.

 

Le pape saint Denys (259-268), et Tertullien condamnent le sabellianisme (de Sabellius, originaire de Libye, installé à Rome au début du IIIe siècle), forme de modalisme (comme le monarchianisme et le patripassianisme), soutenant que le Père, le Fils et le Saint-Esprit ne sont pas des hypostases divines distinctes, mais seulement trois modes d'être et manifestations de l'unique Dieu.

 

Saint Paul de Thèbes devint ermite.

 

261 : Gallien a promulgué un édit de tolérance qui a mis fin à la persécution générale pendant près de 40 ans.

 

Vers 292, Dioclétien divisa l'Empire romain en deux : l'Orient et l'Occident. Cette division accentua les différences politiques, culturelles et autres entre les deux parties de l'Empire et influença l'évolution de l'Église en Orient et en Occident. Le prestige de Rome commença alors à décliner.

 

303 : La persécution éclata sous Dioclétien ; elle fut particulièrement violente en 304.

 

L'Arianisme (IVe siècle)
Description : Fondé par Arius (prêtre d'Alexandrie), il nie la divinité pleine du Christ ( voit le Fils comme "créé" par le Père, donc subordonné, et exagère la nature humaine du Christ).
Condamnation : Concile de Nicée (325), convoqué par Constantin, affirmant le Credo nicéen ("consubstantiel au Père"). Défendu par Athanase d'Alexandrie. Fondements : Écriture (Jn 1,1 ; Ph 2,6) et logique trinitaire pour éviter un polythéisme ou un modalisme. Confirmé à Constantinople I (381).
Extinction/Permanence : Hérésie éteinte chez les catholiques/orthodoxes au Ve siècle, mais elle persiste chez les Goths puis s'éteint ; des formes unitariennes (négation de la Trinité) survivent dans des groupes protestants radicaux ou l'unitarisme contemporain.

 

305 : Saint Antoine d'Héraclès établit une fondation pour les ermites près de la mer Rouge en Égypte.

 

306 : La première législation locale sur le célibat des clercs a été promulguée par un concile tenu à Elvira, en Espagne ; il était interdit aux évêques, prêtres, diacres et autres ministres d'avoir des épouses.

 

311 : Un édit de tolérance promulgué par Galère à la demande de Constantin le Grand et de Licinius mit officiellement fin à la persécution en Occident ; certaines persécutions continuèrent en Orient.

 

313 : L'édit de Milan, promulgué par Constantin et Licinius, reconnaissait la liberté de culte au christianisme dans l'Empire romain.

 

314 : Le concile d’Arles condamna le donatisme (un mouvement millénariste violent qui créa des troubles graves dans les provinces romaines d'Afrique) 

>déclara valide le baptême administré par les hérétiques et les évêques qui ont failli lors de la persécution de Dioclétien (303-305), en raison du principe selon lequel l’efficacité des sacrements provient du Christ et non de la condition spirituelle de leurs ministres humains.

>Cette hérésie sera celle de Célestius, disciple de Pélage, début Ve siècle; elle sera de nouveau condamnée par le concile de Carthage en 411, et le concile d'Ephèse en 431.

 

318 : Saint Pacôme a établi les premiers fondements de la vie cénobitique, par rapport à la vie solitaire des ermites en Haute-Égypte.

 

325 : Concile œcuménique de Nicée (I). Son action principale fut la condamnation de l’arianisme, la plus dévastatrice des premières hérésies, qui exagérant la nature humaine du Christ niait sa divinité. Hérésie fut propagée par le prêtre Arius d’Alexandrie (250-336).

Arius enseignait que le Fils de Dieu avait été créé par le Père et n’était donc ni éternel ni égal à Dieu.

Les ariens et divers semi-ariens diffusèrent largement leurs doctrines, établirent leurs propres hiérarchies et Églises, et semèrent la discorde au sein de l’Église pendant plusieurs siècles.

Comment l'Église a-t-elle combattu cela ?

• Concile œcuménique : Le concile de Nicée (325) a formellement condamné l’arianisme.

• Définition du Credo : L’Église a déclaré que le Fils était "consubstantiel (homoousios) avec le Père".

• Défense biblique : les Écritures affirmant la divinité du Christ ont été maintenues (Jean 1:1 ; Jean 10:30).

• Témoins fidèles : des saints comme saint Athanase ont enduré l’exil pour défendre l’enseignement orthodoxe.

Le concile contribua à:

> l’élaboration du Credo de Nicée (Credo de Nicée-Constantinople) ;

>fixa la date de Pâques ;

> la fixation de règles concernant la discipline du clergé ;

> organisa juridiquement l’Église, en s’inspirant des divisions civiles de l’empire.

Résultat : L'Église a clairement défini la pleine divinité du Christ, préservée dans le Credo de Nicée encore professé à la messe.

 

326 : Grâce au soutien de sainte Hélène, la Vraie Croix sur laquelle le Christ a été crucifié a été découverte.

 

337 : Baptême (arien) et mort de Constantin.

 

342 : Début d'une persécution de 40 ans en Perse.

 

343-44 : Concile de Sardique réaffirme la doctrine formulée par Nicée I et déclare que les évêques ont le droit d'appeler au pape comme la plus haute autorité de l'Église.

 

355 Concile de Milan. Dans son Histoire des Ariens, Athanase d'Alexandrie reproduit (...) la réponse de ses collègues occidentaux (Hilaire de Poitiers, Osius) à l'empereur lors du concile de Milan (355). S'adressant au Pères, l'empereur arien Constance (337-361) les pressa de signer la déposition du patriarche d'Alexandrie Athanase, champion de l'orthodoxie nicéenne (catholique).

->"(...) 'Ils (les Pères) remontrèrent à l'empereur, écrit Athanase, que l'autorité n'était pas à lui, que Dieu la lui avait donnée... Ils lui conseillèrent de ne pas introduire la confusion dans les choses ecclésiastiques, de ne pas introduire le pouvoir civil dans la constitution de l'Eglise.'

->"(...) Osius de Cordoue, écrivait dans le même sens, et avec plus de vigueur (356) : 'Il nous est ordonné de rendre à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Il ne nous est pas permis de nous attribuer l'autorité impériale. Vous n'avez aussi aucun pouvoir dans le ministère des saintes choses.' (Historia arianorum 40)

 

361-63 : L'empereur Julien l'Apostat mena une campagne infructueuse contre l'Église dans le but de restaurer le paganisme comme religion de l'Empire, et tenta en vain de rebâtir le temple de Jérusalem.

 

365 : Persécution sous l'empereur Valens en Orient.

 

376 : Début des invasions barbares en Occident.

 

379 : Mort de saint Basile, père du monachisme en Orient. Ses écrits ont grandement contribué à l’élaboration des règles de vie des religieux.

Tout ce que possède le Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.

Jean 16,15

Les sept premiers conciles de l'Église jusqu'en 787 ont précisé la nature du Christ :

 

1. Jésus est pleinement Dieu ; le Christ est ''incréé'' et divin de même essence que le Père 

-> condamnation de l'hérésie arienne qui exagère la nature humaine du Christ (Nicée I 325)

 

2. Le Saint-Esprit est pleinement Dieu (Constantinople (I) 381)

> condamnation des diverses branches de l’arianisme ainsi que le macédonisme, qui niait la divinité du Saint-Esprit 

>contribua à la formulation du Credo de Nicée ;

>approuva un canon reconnaissant Constantinople comme le deuxième siège après Rome en honneur et en dignité.

 

382 : Le Canon de l'Écriture Sainte, la liste officielle des livres inspirés de la Bible, était contenu dans le décret du pape saint Damase ;

>liste publiée par un concile régional de Carthage en 397 ; le Canon sera formellement défini par le concile de Trente au XVIe siècle.

 

382-c. 406 : Saint Jérôme traduit l'Ancien et le Nouveau Testament en latin ; son œuvre est appelée la version Vulgate de la Bible.

 

Le pélagianisme apparaît fin du IVe siècle et au début du Ve siècle, sous l’impulsion de Pélage, un moine qui réagissait au relâchement des mœurs chez les chrétiens.

>Influencé par la philosophie morale stoïcienne, Pélage mettait l’accent sur l’effort humain et le libre arbitre. Il niait le péché originel, enseignant que la chute d'Adam n'avait pas affecté la nature humaine et que le salut était possible sans la grâce divine. Cela remettait en cause la nécessité de la rédemption par le Christ. Comment l'Église l'a-t-elle combattu ?

• Défense théologique : Saint Augustin d’Hippone a formulé la doctrine du péché originel et du besoin absolu de la grâce.

• Conciles locaux : Les conciles de Carthage (418) ont condamné les enseignements pélagiens.

• Autorité papale : Le pape Zosime a confirmé la condamnation de l’Église.

• Fondements bibliques : les passages Romains 5:12 et Jean 15:5 ont été mis en avant. 

Résultat : L'Église a soutenu que le salut est entièrement un don de la grâce de Dieu, tout en préservant l'authentique liberté humaine.

410 : Sac de Rome par les Wisigoths, menés par Alaric ; les dernières légions romaines quittent la Bretagne.

>Le déclin de la Rome impériale commence approximativement à cette époque.

 

3. Il n'y a dans le Christ qu'une seule personne, vrai Dieu ET vrai homme (Ephèse 431sous le pape Célestin I

-> Défendu par Cyrille d'Alexandrie. Fondements : Écriture (Lc 2,11 "Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur"; Ga 4,4 "lorsqu’est venue la plénitude des temps, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme et soumis à la loi de Moïse") et Tradition pour préserver l'unité du Christ sauveur.

-> Marie est la Mère de Dieu (Mère de la nature humaine du Christ)

-> condamnation du nestorianisme (hérésie de Nestorius, primat de Constantinople, début du Ve siècle) qui exagérait la nature divine de Jésus, dans le cadre des débats sur la christologie. Nestorius s’opposait à ce que Marie soit appelée Théotokos ("Mère de Dieu"), craignant une confusion entre la divinité et l’humanité du Christ.

Influencé par l'école d'Antioche, Nestorius a tellement insisté sur la distinction des natures du Christ qu'il semblait le diviser en deux personnes, l'une divine et l'autre humaine.

Comment l'Église a combattu

• Concile œcuménique : Le concile d’Éphèse (431) a condamné le nestorianisme.

• Clarté christologique : L’Église enseigne que le Christ est une seule Personne divine avec deux natures.

• Doctrine mariale : Marie a été affirmée comme Théotokos parce que celui qu'elle a porté est véritablement Dieu.

• Défense patristique : Saint Cyrille d'Alexandrie a articulé l'unité du Christ.


Extinction/Permanence : Éteint en Occident, mais l'Église de l'Est (nestorienne) persiste en Irak, Inde et Chine ; environ 400 000 fidèles aujourd'hui, avec des dialogues œcuméniques récents.

-> condamne également le pélagianisme, hérésie, qui partant du principe qu’Adam avait un droit naturel à la vie céleste soutenait que l’homme pouvait atteindre le salut par ses propres forces et son libre arbitre ; elle comportait des erreurs concernant la nature du péché originel, la signification de la grâce et d’autres points. >Le semi-pélagianisme, courant apparenté se voulant un compromis entre le pélagianisme et l'augustinisme, pour qui le salut est un don entièrement gratuit de Dieu, sera condamné par le concile d’Orange en 529.

 

"Saint Augustin au Ve siècle distingue "les deux cités" (temporel et spirituel). La "réforme grégorienne" au XIe siècle corrigera l'empiètement au spirituel des rois et des empereurs (nominations d'évêques, convocations des conciles). C'est le Christ qui distingue le temporel du spirituel : 'Rendez à César ce qui appartient à César' (Mc 12,17Mt 22,21Lc 20,25). Aujourd'hui, "en étant dirigé contre le christianisme, la laïcité fait fausse route car elle scie la branche où elle-même se trouve assise. En effet, c’est le christianisme qui a fondé la distinction des ordres spirituels et temporels, chacun d’eux fonctionnant selon leurs règles propres avec des dirigeants distincts. Par sa réflexion sur l’autonomie de la raison et sa capacité à connaître des vérités naturelles sans le secours de la foi, Thomas d’Aquin a fondé, au XIIIe siècle, la possibilité théorique d’un espace commun qui ne fait pas appel aux arguments d’autorité mais repose sur une loi naturelle mutuellement partagée entre les hommes et que la foi chrétienne ne fait que conforter dans l’ordre de la grâce. Cette autonomie des réalités temporelles – qui n’est jamais une indépendance totale - est le propre du christianisme." (Benoit Dumoulin, Professeur d'histoire des idées politiques à l'Institut catholique de Paris, "Dirigée contre le christianisme, la laïcité scie la branche sur laquelle elle se trouve elle-même assise", Le Figaro, 10-12-2025)

 

En réaction aux empiétements des pouvoirs temporels, la papauté au "Moyen-Âge" a cherché à affirmer "sa liberté tout en ouvrant la porte à une autonomie du politique, de la société, qui se serait développée grâce à cette séparation." (Thomas TANASEHistoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 17.)

 

Sans l'Église, pas de charité publique ni d'hôpitaux pour tous

 

À Dieu, qui est amour et charité, S. Basile le Grand au IVe siècle rendit le puissant témoignage de la construction d’hospices pour les malheureux (cf. Lettres 94), telle une cité de la miséricorde, qui prit de lui le nom de "Basiliade" (cf. Sozomène, Histoire Ecclesiastique 6, 34), à l'origine des institutions hospitalières modernes d’accueil et soin des malades.

 

''Quelle est la différence entre les hôpitaux du monde médiéval et ceux du monde antique ? C'est que la médecine antique était réservée à une élite. Le pauvre et l'indigent, on ne s'en occupait pas. Et c'est au nom de la parabole du Bon Samaritain que l'Eglise a demandé que l'on se penche sur le plus faible et que l'on ouvre à tous – principe d'universalité – les hôpitaux. Et aujourd'hui, l'hôpital pour tous n'est pas du tout une idée socialiste, c'est une idée chrétienne. Et si les syndicats qui voulaient supprimer les fêtes chrétiennes allaient jusqu'au bout, ils devraient supprimer les hôpitaux parce que les hôpitaux (pour tous) sont une invention purement chrétienne.'' ''Comment comprendre l’incroyable fécondité de l’Église à travers l’histoire ?'', Christophe Dickès, historien spécialiste du catholicisme, auteur de "Pour l'Eglise. Ce que le monde lui doit", Paris" (Perrin, 2024)

 

 

432 : Saint Patrick arrive en Irlande. À sa mort en 461, la majeure partie du pays s’était convertie, des monastères avaient été fondés et la hiérarchie établie.

 

438 : Le Code théodosien, une compilation de décrets pour l'Empire, fut promulgué par Théodose II ; il eut une grande influence sur le droit civil et ecclésiastique ultérieur.

 

4. Le Fils Jésus-Christ est une seule hypostase en DEUX natures (divine et humaine), unies sans mélange, sans confusion, sans changement, sans division et sans séparation (Concile de Chalcédoine 451) soutenu par le pape Léon le Grand (Tomus ad Flavianum), définition négative soulignant un mystère qui nous dépasse.

Fondements : Écriture (Mt 4,1-11 : tentations humaines de Jésus au désert... ; Jn 11,35 : larmes de Jésus) et équilibre christologique pour le salut (humanité rachetée).

->Le Christ est une seule personne, divine ET humaine, son humanité n'est pas "absorbée" par la nature divine

-> Le Pape Saint Léon le Grand est célèbre pour sa Lettre à Flavien évêque de Constantinople (449), qui définit la doctrine christologique adopté au concile de Chalcédoine (451) contre l'hérésie monophysite d'Eutychès. Léon le Grand soutient le dyophysisme défendu par Flavien : le Christ est une seule personne qui réunit deux natures, l'une divine et l'autre humaine, l'une et l'autre parfaites et distinctes. Il développe le principe de l'incarnation, celui de l'union hypostatique et celui de la communicatio idiomatum, ou interaction des caractéristiques.

-> L'unité des deux natures est ''sans mélange, sans confusion, sans division et sans séparation'', définition négative soulignant un mystère qui nous dépasse. (Chalcédoine 451)

->condamne le monophysisme d'Eutychès (eutychianisme) et Dioscore d'Alexandrie (= Miaphysisme, Ve-VIe siècles) qui affirme que le Fils n'a qu'une seule nature qui est divine et qui a absorbé sa nature humaine, niant l'humanité pleine du Christ.

Extinction/Permanence : Éteint en Occident/byzantin, mais les Églises orientales non chalcédoniennes (coptes, arméniens, syriaques) persistent avec ~60 millions de fidèles ; réconciliations partielles via Vatican II.

 

452 : Le pape saint Léon le Grand persuada Attila le Hun d'épargner Rome.

 

455 : Sac de Rome par les Vandales, sous la conduite de Genséric.

 

484 : Le patriarche Acace de Constantinople fut excommunié pour avoir signé l’Hénoticon, document qui capitulait devant l’hérésie monophysite. Cette excommunication déclencha le schisme acacien, qui dura 35 ans.

 

494 : Le pape saint Gélase Ier déclara dans une lettre à l'empereur Anastase que le pape avait pouvoir et autorité sur l'empereur en matière spirituelle.

 

496 : Clovis, roi des Francs, se convertit et devient le défenseur du christianisme en Occident. Les Francs deviennent un peuple catholique.

 

"(...) Gélase (492-496) s'inquiétait fort de l'action impériale en faveur de l'hérésie monophysite. (...) Dans le De anathematis vinculo (494) il montre pourquoi le pouvoir royal a perdu ses attributions religieuses depuis l'avènement du Christ : "Avant l'avènement du Christ, (...) il y eut des hommes qui furent réellement prêtres et rois tout ensemble, tel Melchisédech, comme nous le raconte l'histoire sainte. Le diable en a fait autant avec les siens, lui qui s'efforce de revendiquer tyranniquement pour lui les honneurs dus au seul Dieu : c'est ainsi que les empereurs païens ont été appelés également grands pontifes. Mais depuis qu'a paru le véritable prêtre et roi, l'empereur ne s'est plus attribué désormais le titre de pontife et le prêtre n'a plus revendiqué la dignité royale."

 

"Ainsi (...) depuis l'Incarnation, seul le Christ peut être prêtre et roi. (...) Il explique pourquoi le Christ a séparé ces deux dignités et établi le dualisme du temporel et du spirituel : (...) le pouvoir  spirituel se tient éloigné des embûches du monde et, combattant pour Dieu, ne s'immisce pas dans les affaires du siècle, tandis qu'à son tour le pouvoir séculier se garde bien de prendre la direction des affaires divines. À rester ainsi modestement à sa place, chaque puissance évite de s'enorgueillir en accaparant pour elle toute l'autorité et elle acquiert une compétence plus grande dans les fonctions qui lui sont propres'." (Joseph LECLER, Histoire de la tolérance au siècle de la Réforme, 1955, rééd. Albin Michel, Paris 1994, p. 77-81.)

 

520 : Les monastères irlandais prospéraient en tant que centres de vie spirituelle, de formation missionnaire et d'activité savante.

 

529 : Le deuxième concile d'Orange a condamné le semi-pélagianisme.

 

Vers 529, saint Benoît (480-547) fonda l'abbaye du Mont-Cassin. Quelques années avant sa mort en 547, il rédigea une règle monastique qui exerça une influence considérable sur la forme et le style de la vie religieuse. Il est considéré comme le père du monachisme en Occident.

 

533 : Jean II devint le premier pape à changer de nom. Cette pratique ne se généralisa qu’à l’époque de Serge IV (1009).

 

533-34 : L'empereur Justinien promulgue le Corpus Iuris Civilis pour le monde romain ; comme le Code théodosien, il influence le droit civil et ecclésiastique ultérieur.

 

Vers 545 : Mort de Denys le Petit, le premier à dater l’histoire à partir de la naissance du Christ, une pratique qui a donné lieu aux abréviations "av. J.-C." et "ap. J.-C.". Ses calculs étaient en retard d’au moins quatre ans.

 

5. Constantinople II 553 réaffirme que le Fils Jésus-Christ est une seule personne dans DEUX natures sans confusion ni division.

->lutte contre les restes des hérésies divinisantes antérieures du Fils : nestorianisme et monophysisme d'Eutychès (absorbant l'humanité dans la divinité) et les anathématise

->Fondé sur Jean 1,14 Le Verbe s'est fait chair, il insiste sur l'Incarnation comme mystère central du salut et condamne les écrits dits des "Trois chapitres" (écrits nestoriens séparant les natures du Christ)

->réaffirme les définitions des 4 premiers conciles Nicée I (325), Constantinople I (381), Ephèse (431) sur l'unité hypostatique du Christ et Chalcédoine (451)

->le Fils est "vraiment Dieu et vraiment homme" avec deux natures unies en une seule hypostase sans mélange, sans changement, sans séparation et sans division

-> Le Père n'est pas le Fils, et le Fils n'est pas le Père ; Condamnation de l'hérésie modaliste

-> 1 P 3:21-22 "Jésus Christ, lui qui est à la droite de Dieu, après s’en être allé au ciel" : si Jésus était le Père, Il ne Se serait pas assis à la droite du Père. Ce verset prouve l’existence de deux hypostases dans la personne divine (Père et Fils) et pas d’une seule.

>Marie est aeiparthenos (toujours vierge)

->condamnation d'hérésies persistantes comme l'origénisme (certaines formes des écrits d'Origène jugées comme précurseurs du nestorianisme)

->l'ensemble de ces définitions est intégré au Catéchisme de l'Eglise catholique n° 464-469 et reste la base de la christologie chrétienne orthodoxe.

6. Le Christ a deux volontés, humaine et divine (Constantinople III 680-681)

7. Le Christ peut être vénéré par des images, condamnation de l'iconoclasme qui interdisait les images sacrées vues comme idolâtrie sous influence byzantine et islamique (VIIIe-IXe siècles) (Nicée II 787)

->réaffirme l'usage des icônes comme vénération (non adoration). Défendu par Jean Damascène. Fondements : Écriture (Ex 25,18 : images du tabernacle) et Incarnation (images honorent le Christ incarné).
Extinction/Permanence : Éteint après 843 (triomphe de l'orthodoxie), mais des débats subsistent dans le protestantisme réformé (iconoclasme calviniste) ;

->l'Église catholique maintient la vénération des images.

 

Scutum Fidei, bouclier ou écusson de la Trinité, illustration de la première partie du Symbole d'Athanase

Scutum Fidei, bouclier ou écusson de la Trinité, illustration de la première partie du Symbole d'Athanase

Au Ve siècle, la conception trinitaire du symbole Quicumque, ou Symbole d'Athanase (298-373), d'inspiration fortement augustinienne dans De Trinitate affirme que l'Esprit est ''le lien d'amour commun au Père et au Fils'' et qu'il procède de l'un et de l'autre. Cette doctrine ne vise pas à faire du Père et du Fils deux principes séparés mais à affirmer leur communion unique dans la spiration de l'Esprit. Pour Augustin, ces analogies ne contredisent pas la source unique du Père, car le Fils reçoit tout de lui, et la procession exprime les relations d'opposition ou d'inégalité au sein de la Trinité. Les personnes de la Trinité ne se distinguent pas par des attributs substantiels comme la Sagesse ou la bonté qui sont communs aux trois, mais par des relations relatives et opposées fondées sur les processions éternelles: la génération du Fils par le Père et la procession de l'Esprit par le Père et le Fils. 

Sur le plan théologique strict, le Père est sans origine, le Fils est engendré par le Père et l'Esprit procède. Or, si le Fils reçoit tout du Père comme l'affirme Jn 16,15, alors la capacité de spirer l'Esprit fait partie de ce que le Père communique au Fils, à l'exception de la Paternité elle-même. Ainsi, lorsque l'Occident affirme que l'Esprit procède du Père et du Fils, il ne nie pas la monarchie du Père, mais affirme que le Père est l'unique source première et que le Fils participe pleinement à cette spiration en tant que Fils.

 

553 : Concile œcuménique de Constantinople (II). Il condamne les Trois Chapitres, écrits entachés de nestorianisme de Théodore de Mopsueste, Théodoret de Cyrus et Ibas d’Édesse.

 

585 : Saint Colomban fonda une école monastique influente à Luxeuil.

 

589 : Le plus important des conciles de Tolède se tint. Les Wisigoths renoncèrent à l’arianisme et saint Léandre commença l’organisation de l’Église en Espagne.

 

590-604 : Pontificat du pape saint Grégoire Ier le Grand.

>Il établit la forme et le style de la papauté qui prévalurent tout au long du Moyen Âge ; il exerça une grande influence sur la doctrine et la liturgie ;

>il défendit ardemment la discipline monastique et le célibat des prêtres ;

>il écrivit sur de nombreux sujets.

>Le chant grégorien porte son nom.

 

596 : Le pape saint Grégoire Ier envoya saint Augustin de Cantorbéry et 40 moines faire un travail missionnaire en Angleterre.

 

597 : Mort de saint Colomban. Il fonda un important monastère à Iona, établit des écoles et accomplit un travail missionnaire remarquable en Écosse. À la fin du siècle, les monastères de religieuses étaient courants ; le monachisme occidental était florissant ; le monachisme oriental, sous l’influence du monophysisme (affirmant que le Christ n'a qu'une seule nature, divine), hérésie en réaction au nestorianisme (hérésie exagérant la nature divine du Christ mais reconnaissant sa nature humaine) et d’autres facteurs, perdait de son élan.

 

613 : Saint Colomban fonda le monastère influent de Bobbio dans le nord de l'Italie ; il y mourut en 615.

 

622 : L'Hégire (fuite) de Mahomet de La Mecque à Médine marque le début de l'Islam qui, à la fin du siècle, revendiquait la quasi-totalité de la région méditerranéenne méridionale.

 

628 : Héraclius, empereur d'Orient, récupéra la Vraie Croix des Perses.

 

649 : Un concile du Latran condamna deux formules erronées (Ecthesis et Type) émises par les empereurs Héraclius et Constant II comme moyens de réconcilier les monophysites avec l'Église.

 

664 : Les actes du synode de Whitby ont favorisé l’adoption des coutumes romaines en Angleterre, notamment en ce qui concerne la date de la célébration de Pâques. (Voir la controverse pascale.)

 

680-81 : Concile œcuménique de Constantinople (III).

>Il condamna le monothélisme, qui soutenait que le Christ n’avait qu’une seule volonté, la volonté divine ;

>il censa le pape Honorius Ier pour une lettre à Sergius, évêque de Constantinople, dans laquelle il faisait une déclaration ambiguë mais non infaillible sur l’unité de volonté et/ou d’action du Christ.

 

692 : Synode de Trullan ou concile de Trullo, tenu à Constantinople sous Justinien II

>Il approuvait les six conciles œcuméniques déjà tenus.

>Il a confirmé l'autorité des Pères de l'Église.

>Il a interdit certaines fêtes et pratiques considérées comme d' origine païenne (les BotaCalendes et les Brumalia).

>La discipline de l’Église d’Orient concernant le célibat des prêtres fut établie : le mariage avant l’ordination diaconale et la continuité du mariage après l’ordination étaient autorisés, mais le remariage était interdit après le décès de l’épouse. Les canons anti-romains contribuèrent à l’éloignement entre l’Orient et l’Occident.

 

Au cours de ce siècle, l'influence monastique de l'Irlande et de l'Angleterre s'est accrue en Europe occidentale ; l'enseignement et l'apprentissage ont décliné ; les règles concernant le célibat des prêtres sont devenues plus strictes en Orient.

 

711 : Les musulmans ont commencé la conquête de l'Espagne.

 

726 : L'empereur Léon III, l'Isaurien, lance une campagne contre la vénération des images et reliques sacrées ; appelée iconoclasme (destruction des images), elle provoque des troubles en Orient jusqu'en 843 environ.

 

731 : Le pape Grégoire III et un synode à Rome condamnent l'iconoclasme, déclarant que la vénération des images sacrées est conforme à la tradition catholique.

 

Bède le vénérable a publié son Histoire ecclésiastique du peuple anglais.

 

732 : Charles Martel vainquit les musulmans à Poitiers, stoppant leur avancée vers l'Ouest.

 

744 : Le monastère de Fulda fut fondé par saint Sturmi, disciple de saint Boniface ; il joua un rôle important dans l'évangélisation de l'Allemagne.

 

754 : Un concile réunissant plus de 300 évêques byzantins a approuvé les erreurs iconoclastes. Ce concile et ses actes ont été condamnés par le synode du Latran en 769.

 

Étienne II (III) couronna Pépin empereur des Francs. Pépin envahit l'Italie à deux reprises, en 754 et 756, pour défendre le pape contre les Lombards. Ses donations de terres à la papauté, connues sous le nom de Donation de Pépin, furent ensuite étendues par Charlemagne (773) et intégrées aux États ecclésiastiques.

 

Vers 755 : Saint Boniface (Winfrid) subit le martyre. Il fut surnommé l’Apôtre de l’Allemagne pour son œuvre missionnaire et l’organisation de la hiérarchie dans ce pays.

781 : Alcuin choisi par Charlemagne pour organiser une école palatine, qui devint un centre de leadership intellectuel.

 

787 : Concile œcuménique de Nicée (II).

>Il condamna l’iconoclasme, qui considérait l’usage des images comme une forme d’idolâtrie, et l’adoptionnisme, qui affirmait que le Christ n’était pas le Fils de Dieu par nature, mais seulement par adoption.

>l'honneur n'est pas rendu aux images, ni aux reliques mais, à travers elles, à la personne qu'elles représentent.

> concile considéré comme le septième concile œcuménique par les Églises orthodoxe et l'Église catholique. Ce fut le dernier concile reconnu comme œcuménique par les orthodoxes.

 

792 : Un concile à Ratisbonne a condamné l'adoptionnisme.

 

Le célèbre Livre de Kells ("Le Grand Évangile de Columcille") date du début du VIIIe ou de la fin du VIIe siècle.

 

800 : Charlemagne couronné empereur par le pape Léon III le jour de Noël.

 

Egbert devint roi des Saxons de l'Ouest ; il unifia l'Angleterre et renforça le siège de Canterbury.

 

813 : L'empereur byzantin Léon V, l'Arménien, relance l'iconoclasme, qui persiste jusqu'en 843 environ.

 

843 : Le traité de Verdun partage le royaume franc entre les trois petits-fils de Charlemagne.

 

844 : Une controverse eucharistique impliquant les écrits de saint Paschasius Radbertus, Ratramnus et Rabanus Maurus a donné lieu au développement d'une terminologie concernant la doctrine de la Présence réelle.

 

846 : Les musulmans envahissent l'Italie et attaquent Rome.

 

847-852 : Période de composition des Fausses Décrétales, recueil de documents falsifiés attribués aux papes, de saint Clément (88-97) à Grégoire II (714-731). Les Décrétales, qui défendaient avec vigueur l’autonomie et les droits des évêques, furent longtemps suspectées avant d’être entièrement rejetées vers 1628.

 

848 : Le concile de Mayence condamna Gottschalk pour hérésie concernant la prédestination. Il fut également condamné par le concile de Quierzy en 853.

 

857 : Photius succède à Ignace comme patriarche de Constantinople. Cet événement marque le début du schisme photien, une période de troubles dans les relations entre l’Orient et l’Occident dont les causes restent encore à éclaircir par les recherches historiques. Photius, homme d’une intelligence exceptionnelle, meurt en 891.

 

865 : Mort de saint Ansgar, apôtre de la Scandinavie.

 

869 : Saint Cyrille meurt et son frère, saint Méthode d. 885), est ordonné évêque. Les Apôtres des Slaves conçoivent un alphabet et traduisent les Évangiles et la liturgie en langue slave.

 

869-870 : Concile œcuménique de Constantinople (IV).

>Il prononça une seconde condamnation de l’iconoclasme, condamna et déposa Photius de son poste de patriarche de Constantinople et rétablit Ignace dans ses fonctions.

>Ce fut le dernier concile œcuménique tenu en Orient. Il fut qualifié d’œcuménique pour la première fois par les canonistes vers la fin du XIe siècle.

 

871-900 : Règne d'Alfred le Grand, le seul roi anglais jamais oint par un pape à Rome.

 

910 : Guillaume, duc d'Aquitaine, fonda l'abbaye bénédictine de Cluny, qui devint un centre de réforme monastique et ecclésiastique, notamment en France.

 

915 : Le pape Jean X a joué un rôle de premier plan dans l'expulsion des Sarrasins du centre et du sud de l'Italie.

 

955 : Sainte Olga, de la famille royale russe, fut baptisée.

 

962 : Otton Ier le Grand, couronné par le pape Jean XII, rétablit le royaume de Charlemagne, qui devint le Saint Empire romain germanique (pour la partie germanique et le Royaume de France pour la Francie occidentale).

 

966 : Mieszko, premier d'une lignée royale en Pologne, fut baptisé ; il apporta le christianisme latin en Pologne.

 

988 : Conversion et baptême de saint Vladimir et des habitants de Kiev, qui devinrent par la suite une partie de la Russie.

 

993 : Jean XV fut le premier pape à décréter la canonisation officielle d'un saint — l'évêque Ulrich (Uldaric) d'Augsbourg — pour l'Église universelle.

 

997 : Saint Étienne devint gouverneur de Hongrie. Il contribua à l’organisation de la hiérarchie et à l’établissement du christianisme latin dans ce pays.

 

999-1003 : Pontificat de Sylvestre II (Gerbert d'Aquitaine), moine bénédictin et premier pape français.

 

1009 : Début du schisme durable entre l’Orient et l’Occident au sein de l’Église, marqué par la suppression du nom du pape Serge IV des diptyques byzantins (liste des personnes pour lesquelles on prie pendant la liturgie). Cette suppression fut décidée par le patriarche Serge II de Constantinople.

 

1012 : Saint Romuald fonde l'ermitage camaldule.

1025 : Le concile d'Arras, et d'autres conciles par la suite, condamnèrent les Cathares (Néo-Manichéens, Albigeois).

 

1027 : Le concile d'Elne proclame la Trêve de Dieu comme moyen d'endiguer la violence ; elle prévoit des périodes d'armistice de durée variable, qui seront prolongées ultérieurement.

 

1038 : Saint Jean Gualbert fonde les Vallombrosiens.

 

1043-1059 : Patriarcat de Constantinople de Michel Cérulaire, figure centrale d’une controverse concernant la primauté de la papauté. Son refus, ainsi que celui du synode byzantin, de reconnaître cette primauté en 1054, amplifie et radicalise le schisme entre l’Orient et l’Occident au sein de l’Église.

 

1047 : Décès du pape Clément II ; il est le seul pape à avoir été enterré en Allemagne.

 

1049-54 : Pontificat de saint Léon IX, qui inaugura un mouvement de réforme papale, diocésaine, monastique et cléricale.

 

1054 : Début du Grand Schisme entre les Églises d'Orient et d'Occident ; il marque la séparation des Églises orthodoxes de l'unité avec le pape.

 

1055 : Condamnation de la doctrine eucharistique de Bérenger.

 

1059 : Un concile du Latran promulgue une nouvelle législation concernant les élections papales ; le pouvoir de vote est confié aux cardinaux romains.

 

1066 : Mort de saint Édouard le Confesseur, roi d'Angleterre à partir de 1042 et restaurateur de l'abbaye de Westminster.

 

Défaite d'Hastings, du roi Harold contre Guillaume, duc de Normandie (futur Guillaume Ier), qui exerça par la suite une forte influence sur le mode de vie de l'Église en Angleterre.

 

1073-1085 : Pontificat de saint Grégoire VII (Hildebrand). Pape énergique, il poursuivit des réformes cléricales et ecclésiastiques générales et lutta contre le roi allemand Henri IV et d’autres souverains pour abolir les abus liés à l’investiture laïque (réforme grégorienne)

->Il introduisit la liturgie latine en Espagne et fixa des dates précises pour la célébration des Quatre-Temps.

->Le pape Saint Grégoire VII († 1085) l'un des plus grands Papes, fut au XIe siècle l'homme providentiel qui combattit tous les grands abus de cette époque. Sa "réforme grégorienne" régla les empiétements des empereurs d'Allemagne, c'est-à-dire un pouvoir politique trop envahissant, la vente des dignités ecclésiastiques (simonie), la contagion des mauvaises moeurs du clergé et dans le peuple. 

->"La réforme grégorienne va [...] en fait bien au-delà de la simple 'liberté' ou de la volonté de dégager les Églises des jeux politiques et de la corruption. La papauté grégorienne, veut rompre avec l'association organique des empereurs avec leurs évêques. Ce faisant, la réforme grégorienne commence à poser en des termes nouveaux la question des rapports entre pouvoir laïc et pouvoir religieux. Elle amorce à terme une forme de séparation avec les pouvoirs politiques et une laïcisation de ces derniers." (Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 135, 146-150.) 

->"La réforme grégorienne fut une révolution qui agita l'Église durant un siècle et remit totalement en causes ses rapports avec le système politique. [...] Ainsi, bien avant la séparation de 1905, le principe de l'autonomie des pouvoirs séculier et spirituel était acquis, et ce en raison de l'insistance de la papauté." (L'Église en procès, La Réponse des historiens, sous la direction de Jean SÉVILLIA, Tallandier, Le Figaro, Paris 2019, p. 80.)

 

1077 : Henri IV, excommunié et suspendu de ses fonctions impériales par Grégoire VII, sollicita l’absolution du pape à Canossa. Il répudia par la suite cette demande et, en 1084, contraignit Grégoire à quitter Rome.

 

1079 : Le concile de Rome a condamné les erreurs eucharistiques (le déni de la présence réelle du Christ sous les apparences du pain et du vin) de Bérenger, qui s'est rétracté.

 

1084 : Saint Bruno de Cologne fonde les Chartreux.

 

1097-1099 : Première d’une série de croisades entreprises entre cette date et 1265. La reconquête des Lieux saints et l’obtention d’un libre accès pour les chrétiens en étaient les objectifs initiaux, mais ces derniers furent détournés de diverses manières vers des buts moins nobles.

Parmi les conséquences : la création d’un royaume latin à Jérusalem.

 

1099-1187 ; une aventure militaire et politique malheureuse sous la forme d’un empire latin de Constantinople,

 

1204-1261 ; acquisition, par traités, de droits de visite pour les chrétiens en Terre sainte. Les relations économiques et culturelles entre l’Orient et l’Occident se sont développées durant cette période.

Dans le domaine religieux, les actions des Croisades ont eu pour effet d’accroître l’éloignement de l’Orient par rapport à l’Occident.

 

1098 : Saint Robert fonde l'ordre cistercien.

 

1108 : Début de l'influente abbaye et école de Saint-Victor en France.

 

1115 : Saint Bernard fonde l'abbaye de Clairvaux et inaugure la réforme cistercienne.

 

1118 : Les forces chrétiennes s'emparent de Saragosse, en Espagne ; début du déclin musulman dans ce pays.

 

1121 : Saint Norbert fonda le premier monastère des Prémontrés près de Laon, en France.

 

1122 : Le Concordat de Worms (Pactum Callixtinum) fut formulé et approuvé par le pape Calixte II et l’empereur Henri V afin de régler la controverse relative à l’investiture des prélats. Ce concordat stipulait que l’empereur pouvait investir les prélats des symboles de l’autorité temporelle, mais n’avait pas le droit de les investir de l’autorité spirituelle, celle-ci relevant exclusivement de l’Église. De plus, l’empereur ne devait pas intervenir dans les élections papales. Il s’agissait du premier concordat de l’histoire.

1123 : Concile œcuménique du Latran (I), le premier du genre en Occident. Il a approuvé les dispositions du Concordat de Worms concernant l’investiture des prélats et a approuvé des mesures de réforme dans 25 canons.

 

1139 : Concile œcuménique du Latran (II). Il adopte des mesures contre un schisme organisé par l’antipape Anaclet et approuve 30 canons relatifs à la discipline et à d’autres questions ; l’un des canons stipule que l’ordination est un empêchement invalidant au mariage.

 

1140 : Saint Bernard rencontra Abélard lors d'un débat au concile des Sens. Abélard, dont le rationalisme en théologie fut condamné pour la première fois en 1121, mourut en 1142 à Cluny.

 

1148 : Le synode de Reims promulgue des décrets disciplinaires stricts pour les communautés de religieuses.

 

1152 : Le synode de Kells réorganise l'Église en Irlande.

 

1160 : Gratien, dont le Décret est devenu un texte fondamental du droit canonique, meurt.

 

Pierre Lombard, compilateur des Quatre Livres des Sentences, texte de théologie de référence depuis près de 200 ans, est décédé.

 

1170 : Saint Thomas Becket, archevêque de Canterbury, qui s'était opposé à Henri II au sujet des relations entre l'Église et l'État, fut assassiné dans sa cathédrale.

 

1171 : Le pape Alexandre III réserve le processus de canonisation des saints au Saint-Siège.

 

1179 : Concile œcuménique du Latran (III). Il a promulgué des mesures contre le catharisme (Patarins, Vaudois et Albigeois) (voir l'année 242 concernant le manichéisme), approuvé des décrets de réforme dans 27 canons, prévoyant que les papes soient élus par un vote des deux tiers des cardinaux.
Description : Cathares (dualistes manichéens, matière = mal) rejettent sacrements et Église hiérarchique ; Vaudois prônent pauvreté évangélique et critique de la richesse cléricale.
Condamnation : Par les Pères comme Thomas d'Aquin et conciles (Latran III, 1179 pour vaudois ; Latran IV, 1215 pour cathares). Inquisition fondée (1231). Fondements : Écriture (Mt 16,18 : primauté pétrinienne) et Tradition pour l'unité ecclésiale et les sacrements.
Extinction/Permanence : Cathares éteints par la croisade albigeoise (1209-1229) ; Vaudois intègrés au protestantisme, avec ~30 000 fidèles en Italie aujourd'hui.

 

1198-1216 : Pontificat d'Innocent III, durant lequel la papauté atteignit son apogée médiéval en termes d'autorité, d'influence et de prestige au sein de l'Église et dans ses relations avec les dirigeants civils.

 

1208 : Innocent III appela à une croisade, la première dans la chrétienté même, contre les Albigeois ; leurs croyances et leurs pratiques menaçaient le tissu social du sud de la France et du nord de l'Italie.

 

1209 : Innocent III donna son approbation verbale à une règle de vie pour l'Ordre des Frères Mineurs, fondé par saint François d'Assise.

 

1212 : Le deuxième ordre franciscain, les Clarisses, fut fondé.

 

1215 : Concile œcuménique du Latran (IV). Il ordonne la réception annuelle des sacrements de pénitence et d’Eucharistie ;

>définit et utilise pour la première fois officiellement le terme de transsubstantiation pour expliquer le changement du pain et du vin en corps et sang du Christ ;

>adopte des mesures supplémentaires pour contrer les enseignements et les pratiques des Albigeois et des Cathares ; approuve 70 canons.

 

1216 : L'approbation papale officielle fut donnée à une règle de vie pour l'Ordre des Prêcheurs, fondé par saint Dominique.

 

L'indulgence de la Portioncule fut accordée par le Saint-Siège à la demande de saint François d'Assise.

 

1221 : Règle du Tiers-Ordre Séculier de Saint François (Ordre Franciscain Séculier) approuvée verbalement par Honorius III.

 

1226 : Mort de saint François d'Assise.

 

1231 : Le pape Grégoire IX autorisa la création de l’Inquisition pontificale pour lutter contre l’hérésie. Créée à une époque où les crimes contre la foi et les doctrines hérétiques d’extrémistes comme les Cathares et les Albigeois menaçaient le bien de la communauté chrétienne, la prospérité de l’État et le tissu social. Cette institution, responsable d’excès dans l’application des peines, fut particulièrement active dans la seconde moitié du siècle, notamment dans le sud de la France, en Italie et en Allemagne.

 

1245 : Concile œcuménique de Lyon (I). Il a confirmé la déposition de l’empereur Frédéric II et approuvé 22 canons.

 

1247 : Le Saint-Siège a donné son approbation préliminaire à une règle de vie carmélite.

 

1270 : Décès de Saint Louis IX, roi de France.

 

Début du déclin papal.

1274 : Concile œcuménique de Lyon (II). Il a réalisé une réunion temporaire des Églises orientales séparées avec l’Église romaine ; a édicté des règlements concernant les conclaves pour les élections papales ; a approuvé 31 canons.

 

Mort de saint Thomas d'Aquin, docteur de l'Église, figure d'une influence durable.

 

1280 : Décès du pape Nicolas III, qui avait fait du Bréviaire le livre de prières officiel du clergé de l'Église romaine.

 

1281 : L’excommunication de Michel Paléologue par le pape Martin IV rompit l’union conclue avec l’Église d’Orient en 1274.

 

1302 : Le pape Boniface VIII publia la bulle Unam Sanctam, concernant l'unité de l'Église et le pouvoir temporel des princes, dans un contexte de lutte contre Philippe IV de France ; il s'agissait du document médiéval le plus célèbre sur le sujet.

 

1309-1377 : Pendant une période d’environ 70 ans, sept papes ont résidé à Avignon en raison de la situation instable à Rome et d’autres raisons ; voir l’article séparé.

 

1311-1312 : Concile œcuménique de Vienne. Il a supprimé l’ordre des Templiers et promulgué plusieurs décrets de réforme.

 

1321 : Dante Alighieri meurt un an après avoir achevé la Divine Comédie.

 

1324 : Marsile de Padoue achève le Defensor Pacis, ouvrage condamné comme hérétique par le pape Jean XXII en raison de son rejet de la primauté papale et de la structure hiérarchique de l’Église, entre autres raisons. Il s’agissait d’une charte du conciliarisme (un concile œcuménique est supérieur au pape en autorité).

 

1337-1453 : Période de la guerre de Cent Ans, une lutte dynastique entre la France et l'Angleterre.

 

1338 : Quatre ans après la mort du pape Jean XXII, qui s’était opposé à Louis IV de Bavière lors d’une longue controverse, les princes électeurs déclarèrent à la Diète de Rhense que l’empereur n’avait pas besoin de la confirmation papale de son titre et de son droit de régner. Charles IV affirma la même chose plus tard (1356) dans une bulle d’or, supprimant ainsi le droit du pape à élire les empereurs.

 

1347-1350 : La peste noire ravage l'Europe, tuant peut-être un quart à un tiers de la population totale ; on estime que 40 % du clergé y succomba.

 

1374 : Décès de Pétrarque, poète et humaniste.

 

1377 : Retour de la papauté d'Avignon à Rome.

 

Début du schisme d'Occident

 

1409 : Le concile de Pise, sans autorité canonique, a tenté de mettre fin au schisme d'Occident, mais n'a réussi qu'à le compliquer en élisant un troisième prétendant à la papauté ; voir Schisme d'Occident.

 

1414-1418 : Concile œcuménique de Constance. Il a réussi à mettre fin au Grand Schisme d’Occident, qui opposait des prétendants rivaux à la papauté ; il a rejeté les enseignements de Wycliffe ; et a condamné Hus comme hérétique.

Un décret – adopté au début du concile mais rejeté par la suite – affirmait la supériorité d’un concile œcuménique sur le pape (conciliarisme).

 

1431 : Sainte Jeanne d'Arc fut brûlée vive.

 

1431-1445 : Concile œcuménique de Florence (également appelé Bâle-Ferrare-Florence). Ce concile affirma la primauté du pape face aux prétentions des conciliaristes selon lesquelles un concile œcuménique était supérieur à l’autorité papale. Il formula et approuva également des décrets d’union avec plusieurs Églises orientales séparées – grecque, arménienne et jacobite – qui ne rencontrèrent pas d’adhésion générale ni durable.

 

1438 : La Pragmatique Sanction de Bourges, promulguée par Charles VII et le Parlement français, visait à limiter l’autorité papale sur l’Église de France, dans un esprit conciliariste. Elle s’est exprimée à travers le gallicanisme et ses effets se sont prolongés au moins jusqu’à la Révolution française.

 

1453 : La chute de Constantinople aux mains des musulmans.

Vers 1456 : Gutenberg publie la première édition de la Bible imprimée à l’aide de caractères mobiles, à Mayence, en Allemagne.

 

1476 : Le pape Sixte IV approuve la célébration de la fête de l’Immaculée Conception le 8 décembre dans toute l’Église.

 

En 1478, le pape Sixte IV, à la demande du roi Ferdinand d'Espagne, approuva la création de l'Inquisition espagnole pour juger les convertis juifs et maures accusés d'hérésie. Cette institution, propre à l'Espagne et à ses colonies d'Amérique, étendit sa juridiction à d'autres domaines et tomba en disgrâce en raison de ses procédures, de sa cruauté et du fait qu'elle servait la couronne espagnole plutôt que les accusés et le bien de l'Église. Les protestations du Saint-Siège ne parvinrent pas à endiguer les excès de l'Inquisition, qui persista dans l'histoire espagnole jusqu'au début du XIXe siècle.

 

1492 : Christophe Colomb découvre les Amériques.

 

1493 : Le pape Alexandre VI publie une bulle de démarcation qui définit les zones d'influence des Espagnols et des Portugais dans les Amériques.

 

La Renaissance, mouvement humaniste né en Italie au XIVe siècle, s'est étendue à la France, à l'Allemagne, aux Pays-Bas et à l'Angleterre. Période de transition entre le monde médiéval et le monde moderne et séculier, elle a engendré des changements profonds qui ont affecté la littérature et les autres arts, la culture en général, la politique et la religion.

 

1512-1517 : Concile œcuménique du Latran (V). Ce concile a défini la position du pape au sein d’un concile œcuménique ; il a pris des mesures pour contrer la Pragmatique Sanction de Bourges et les revendications excessives de liberté de l’Église en France ; il a condamné les enseignements erronés concernant la nature de l’âme humaine ; et il a énoncé la doctrine relative aux indulgences. Le concile a manifesté son inquiétude face aux abus au sein de l’Église et à la nécessité de réformes, mais il n’a pas pris de mesures décisives dans les années qui ont immédiatement précédé la Réforme.

 

1517 : Martin Luther marque le début de la Réforme en affichant 95 thèses à Wittenberg. Par la suite, il rompt définitivement avec l’orthodoxie doctrinale dans des discours et trois ouvrages publiés (1519 et 1520) ; il est excommunié pour plus de 40 chefs d’hérésie (1521) ; il demeure la figure dominante de la Réforme en Allemagne jusqu’à sa mort en 1546.

 

1519 : Zwingli déclenche la Réforme à Zurich et en devient le principal défenseur jusqu'à sa mort au combat en 1531.

 

1524 : Les encouragements de Luther aux princes allemands pour réprimer la révolte des paysans, qui dura deux ans, lui valurent un soutien politique en faveur de sa cause.

 

1528 : L'Ordre des Frères Mineurs Capucins est approuvé comme division autonome de l'Ordre Franciscain ; à l'instar des Jésuites, les Capucins deviennent des figures de proue de la Contre-Réforme.

 

1530 : La Confession d'Augsbourg de la foi luthérienne fut publiée ; elle fut complétée plus tard par les Articles de Smalkalde, approuvés en 1537.

 

1533 : Henri VIII divorce de Catherine d’Aragon, épouse Anne Boleyn et est excommunié. En 1534, il promulgue l’Acte de suprématie, faisant du souverain le chef de l’Église d’Angleterre, ce qui entraîne l’exécution de saint John Fisher et de saint Thomas More en 1535. Malgré son rejet de la primauté papale et ses mesures contre la vie monastique en Angleterre, il maintient généralement l’orthodoxie doctrinale jusqu’à sa mort en 1547.

 

1536 : Jean Calvin, chef de file de la Réforme en Suisse jusqu'à sa mort en 1564, publia la première édition de l'Institution de la religion chrétienne, qui devint le texte classique de la théologie réformée (non luthérienne).

 

1540 : Les constitutions de la Compagnie de Jésus (Jésuites), fondée par saint Ignace de Loyola, furent approuvées.

 

1541 : Début de la carrière de 11 ans de saint François-Xavier comme missionnaire aux Indes orientales et au Japon.

1545-1563 : Concile œcuménique de Trente. Ce concile a promulgué de nombreux décrets concernant des questions doctrinales auxquelles s'opposaient les Réformateurs et a mobilisé la Contre-Réforme. Les définitions portaient sur le canon de la Bible, la règle de foi, la nature de la justification, la grâce, la foi, le péché originel et ses effets, les sept sacrements, le caractère sacrificiel de la messe, la vénération des saints, l'usage des images sacrées, la croyance au purgatoire, la doctrine des indulgences et la juridiction du pape sur toute l'Église. Il a initié de nombreuses réformes pour le renouveau de la liturgie et de la discipline générale dans l'Église, la promotion de l'instruction religieuse, la formation du clergé par la fondation de séminaires, etc. Trente est considéré, avec Vatican II, comme le plus grand concile œcuménique tenu en Occident.

Contexte: Réforme de Luther, Calvin, etc., niant l'autorité papale, la transsubstantiation, les sept sacrements ; sola scriptura, sola fide.
Condamnation : Concile de Trente (1545-1563), affirmant Tradition + Écriture, justification par foi et œuvres, sept sacrements. Fondements : Écriture (Mt 28,19 ; 1 Co 11,24) et Tradition apostolique pour l'unité visible de l'Église.
Extinction/Permanence : Non éteint ; ~900 millions de protestants aujourd'hui, avec des milliers de divisions (luthériens, baptistes, etc.). Dialogues œcuméniques (Vatican II) visant l'unité, mais schisme persistant.
Synthèse sur les Fondements et l'Évolution
Les condamnations s'appuient toujours sur l'autorité de l'Écriture comme Parole de Dieu, interprétée par la Tradition (enseignements apostoliques) et le Magistère (papes et conciles). Les Pères (Ignace d'Antioche à Augustin) fournissent des arguments théologiques rationnels, souvent contre des excès philosophiques (platonisme, aristotélisme déformé). Beaucoup d'hérésies s'éteignent par intégration impériale ou répression, mais d'autres persistent comme Églises séparées, influençant le paysage chrétien. Aujourd'hui, l'Église catholique promeut le dialogue (Unitatis Redintegratio, Vatican II) tout en maintenant l'orthodoxie, face à des "hérésies" modernes comme le sécularisme ou le relativisme. Pour approfondir, consultez les actes conciliaires ou des ouvrages comme Histoire des conciles de Charles-Joseph Hefele.

 

1549 : Le premier Livre de prières communes anglican a été publié par Édouard VI. Des éditions révisées ont été publiées en 1552, 1559 et 1662, puis ultérieurement.

 

1553 : Début du règne de cinq ans de Marie Tudor, qui tenta de contrer les actions d'Henri VIII contre l'Église romaine.

 

1555 : Promulgation de la paix d'Augsbourg, un arrangement de territorialisme religieux plutôt que de tolérance, qui reconnaissait l'existence du catholicisme et du luthéranisme dans l'Empire allemand et prévoyait que les citoyens devaient adopter la religion de leurs dirigeants respectifs.

 

1558 : Début du règne (jusqu'en 1603) de la reine Élisabeth Ire d'Angleterre et d'Irlande, au cours duquel l'Église d'Angleterre prit sa forme définitive.

 

1559 : Établissement de la hiérarchie de l'Église d'Angleterre, avec la consécration de Matthew Parker comme archevêque de Canterbury.

 

1563 : Le premier texte des Trente-Neuf Articles de l’Église d’Angleterre fut publié. Ont également été promulgués un nouvel Acte de Suprématie et un nouveau Serment de Succession au trône d’Angleterre.

 

1570 : Élisabeth Ire fut excommuniée. Les mesures pénales contre les catholiques se durcirent par la suite.

 

1571 : La défaite de l'armada turque à Lépante a repoussé l'invasion de l'Europe de l'Est.

 

1577 : La Formule de Concorde, déclaration classique de la foi luthérienne, fut publiée ; elle constituait, de manière générale, l’équivalent luthérien des canons du concile de Trente. En 1580, avec d’autres formules doctrinales, elle fut intégrée au Livre de Concorde.

 

1582 : Le calendrier grégorien, du nom du pape Grégoire XIII, est mis en application et finit par être adopté dans la plupart des pays : l'Angleterre retarde son adoption jusqu'en 1752.

 

1610 : Décès de Matteo Ricci, missionnaire jésuite exceptionnel en Chine, pionnier des relations culturelles entre la Chine et l'Europe.

 

Fondation de la première communauté de religieuses de la Visitation par saint François de Sales et sainte Jeanne de Chantal.

 

1611 : Fondation des Oratoriens.

 

1613 : Les catholiques bannis de Scandinavie.

 

1625 : Fondation de la Congrégation de la Mission (Vincentiens) par saint Vincent de Paul. Il fonda les Sœurs de la Charité en 1633.

 

1642 : Mort de Galilée, savant censuré par la Congrégation du Saint-Office pour avoir soutenu la théorie copernicienne de l’héliocentrisme. Le procès s’est conclu en sa faveur en 1642.

 

Fondation des Sulpiciens par Jacques Olier.

 

1643 : Début de la publication des Acta Sanctorum bollandistes, un ouvrage critique sur la vie des saints.

 

1648 : La paix de Westphalie met fin à la guerre de Trente Ans, étendent les termes de la paix d'Augsbourg (1555) aux calvinistes et accordent l'égalité aux catholiques et aux protestants dans les 300 États du Saint-Empire romain germanique.

 

1649 : Oliver Cromwell envahit l'Irlande et y instaure une persécution sévère de l'Église.

 

En 1653, le pape Innocent X condamna cinq propositions du jansénisme, une théorie complexe qui dénaturait la doctrine relative à la grâce divine et à la liberté humaine. Le jansénisme était également un mouvement rigoriste qui perturba profondément l'Église en France, aux Pays-Bas et en Italie au cours de ce siècle et du XVIIIe siècle.

Les hôpitaux sous l'Ancien Régime étaient ces lieux de charité chrétienne qui accueillaient gratuitement les pauvres, les malades, les veuves, les orphelins, les vieillards, les infirmes, les vagabonds ou les filles mères. L'accès était totalement gratuit pour les pauvres, les mendiants, les indigents, les orphelins, les vieillards sans ressources. Il n'y avait aucune exigence de paiement : la charité chrétienne n'abandonne jamais un pauvre malade. Les personnes les plus aisées pouvaient faire un don ou un legs pour l'Église, mais cela n'était pas une obligation. Les hôpitaux et la charité publique n'était en aucun cas financée par l'État royal (sauf en cas de guerre, peste, pénurie alimentaire ou grande disette). 

 

C'est surtout sous la direction des évêques, protecteurs des faibles et des malheureux, que se développa le mouvement charitable; ils créèrent les Hôtels-Dieu que l'on retrouve à l'ombre de toutes les cathédrales. Dans la plupart des pays d'Europe, les maladreries étaient sous la juridiction directe des évêques. La dîme servait à alimenter la charité paroissiale, pendant plus de 1200 ans, le budget de l'Église fut en même temps celui de l'assistance et de la charité publiques. (Jean GUIRAUD, Histoire partiale histoire vraie, tome III, L'Ancien Régime, 5° édition, Gabriel Beauchesne & Cie Editeurs, Paris 1914, p. 210.)  

1673 : Le Test Act en Angleterre interdisait aux catholiques qui ne niaient pas la doctrine de la transsubstantiation et ne recevaient pas la communion dans l'Église d'Angleterre d'occuper des fonctions publiques.

 

1678 : De nombreux catholiques anglais périrent à la suite du complot papiste, une fausse accusation portée par Titus Oates selon laquelle les catholiques projetaient d’assassiner Charles II, de débarquer une armée française dans le pays, d’incendier Londres et de livrer le gouvernement aux Jésuites.

 

1682 : Les Quatre articles gallicans, rédigés par Bossuet, affirmaient l’immunité politique et ecclésiastique de la France face au contrôle papal. Ces articles, qui rejetaient la primauté du pape, furent déclarés nuls et non avenus par le pape Alexandre VIII en 1690.

 

1689 : La loi de tolérance accordait une certaine liberté de culte à d'autres dissidents anglais, mais pas aux catholiques.

 

1704 : Les rites chinois — impliquant l’adaptation chrétienne d’éléments du confucianisme, la vénération des ancêtres et l’utilisation de la terminologie chinoise dans la religion — furent condamnés par Clément XI.

 

1720 : Les Passionistes furent fondés par saint Paul de la Croix.

 

1724 : Persécution en Chine.

 

1732 : Les Rédemptoristes furent fondés par saint Alphonse de Liguori.

 

1738 : La franc-maçonnerie fut condamnée par Clément XII (Bulle In Eminenti) et il fut interdit aux catholiques d'y adhérer, sous peine d'excommunication ; cette interdiction fut répétée par Benoît XIV en 1751 et par les papes suivants.

 

Années 1760 : Le joséphisme, théorie et système de contrôle étatique de l’Église, initié en Autriche ; il reste en vigueur jusqu’aux alentours de 1850.

 

1764 : Le fébronianisme, théorie et pratique non orthodoxes concernant la constitution de l’Église et les relations entre l’Église et l’État, fut condamné pour la première fois d’une série de condamnations. Proposé par un évêque auxiliaire de Trèves sous le pseudonyme de Justinus Febronius, il visait à minimiser le rôle du pape et à soutenir les Églises nationales sous contrôle étatique.

 

1773 : Clément XIV promulgue un bref de suppression contre les Jésuites, suite à leur expulsion du Portugal en 1759, de France en 1764 et d’Espagne en 1767. Les intrigues politiques et les accusations infondées sont les principaux facteurs de ces événements. L’interdiction, qui paralyse la Compagnie, ne condamne ni les constitutions jésuites, ni les jésuites en particulier, ni l’enseignement jésuite. La Compagnie est rétablie en 1814.

 

1778 : Les catholiques d’Angleterre furent déchargés de certaines incapacités civiles remontant au règne d’Henri VIII, par une loi leur permettant d’acquérir, de posséder et d’hériter de biens. D’autres libertés furent rétablies par la loi d’émancipation des catholiques de 1791 et par des lois parlementaires ultérieures.

 

1789 : La liberté religieuse aux États-Unis est garantie par le premier amendement de la Constitution.

 

Début de la Révolution française qui a entraîné : la sécularisation des biens de l'Église et la Constitution civile du clergé en 1790 ; la persécution des prêtres, des religieux et des laïcs fidèles à l'autorité papale ; l'invasion des États pontificaux par Napoléon en 1796 ; la reprise des persécutions de 1797 à 1799 ; les tentatives de déchristianiser la France et d'établir une nouvelle religion ; l'occupation de Rome par les troupes françaises et le retour forcé de Pie VI en France en 1798.

 

Ce siècle est appelé le siècle des Lumières ou le siècle de la Raison en raison de l'approche rationnelle et scientifique prédominante de ses principaux philosophes, scientifiques et écrivains à l'égard de la religion, de l'éthique et du droit naturel. Cette approche a minimisé le rôle et l'importance de la religion révélée... Le subjectivisme, le laïcisme et l'optimisme quant à la perfectibilité humaine étaient également caractéristiques des Lumières.

1801 : Signature du Concordat entre Napoléon et le pape Pie VII. Il est rapidement violé par les Articles organiques promulgués par Napoléon en 1802.

 

1804 : Napoléon se couronne empereur des Français en présence du pape Pie XII.

 

1809 : Le pape Pie VII est fait prisonnier par Napoléon et déporté en France où il reste en exil jusqu'en 1814. Durant cette période, il refuse de coopérer avec Napoléon qui cherche à placer l'Église de France sous son contrôle, et d'autres cardinaux importants sont emprisonnés.

 

Les turbulences dans les relations entre l'Église et l'État en France au début du siècle se sont reproduites lors de la Restauration des Bourbons, de la Révolution de Juillet, des deuxième et troisième Républiques, du Second Empire et de l'affaire Dreyfus.

 

1814 : La Compagnie de Jésus, supprimée depuis 1773, est rétablie.

 

1817 : Le rétablissement de la Congrégation pour la Propagation de la Foi (Propaganda) par Pie VII a été un facteur important dans l'augmentation de l'activité missionnaire au cours du siècle.

 

1820 : La persécution qui dura un an et durant laquelle des milliers de personnes périrent pour leur foi prit fin en Chine. Dès lors, toute communication avec l’Occident demeura interrompue jusqu’en 1834 environ. Un intense travail missionnaire fut entrepris en 1842.

 

1822 : Création de la Société pontificale pour la propagation de la foi, inaugurée en France par Pauline Jaricot pour le soutien de l'activité missionnaire.

 

1829 : La loi d'émancipation des catholiques a levé la plupart des incapacités civiles auxquelles les catholiques d'Angleterre et d'Irlande étaient soumis depuis l'époque d'Henri VIII.

 

1832 : Grégoire XVI, dans l'encyclique Mirari vos, condamne l'indifférentisme, l'une des nombreuses idéologies contraires à la doctrine chrétienne qui furent proposées au cours du siècle.

 

1833 : Début du Mouvement d'Oxford qui a touché l'Église d'Angleterre et a entraîné des conversions notables, dont celle de John Henry Newman à l'Église catholique en 1845.

 

Le bienheureux Frédéric Ozanam a fondé la Société de Saint-Vincent-de-Paul en France. Cette société a pour objectifs des œuvres de charité.

 

1848 : Le Manifeste du Parti communiste, document révolutionnaire symptomatique de la crise socio-économique, est publié.

 

1850 : La hiérarchie est rétablie en Angleterre et Nicholas Wiseman est nommé premier archevêque de Westminster. Il est remplacé en 1865 par Henry Manning, un converti d’Oxford et défenseur des droits des travailleurs.

 

1853 : La hiérarchie catholique est rétablie en Hollande.

 

1854 : Pie IX proclame le dogme de l'Immaculée Conception dans la bulle Ineffabilis Deus.

 

1858 : La Vierge Marie est apparue à sainte Bernadette à Lourdes, en France.

 

1864 : Pie IX publia l’encyclique Quanta cura et le Syllabus des erreurs, condamnant quelque 80 propositions issues de la mentalité scientifique et du rationalisme du siècle. Les sujets en question eurent de profondes répercussions dans de nombreux domaines de la pensée et de l’activité humaine ; en matière de religion, ils rejetaient explicitement et/ou implicitement la révélation divine et l’ordre surnaturel.

 

1867 : Publication du premier volume du Capital. Avec la Première Internationale communiste, fondée la même année, ce mouvement a exercé une grande influence sur le développement ultérieur du communisme et du socialisme.

 

1869 : L'Église anglicane est désétablie en Irlande.

 

1869-70 : Concile œcuménique du Vatican (I). Il a défini la primauté et l’infaillibilité papales dans une constitution dogmatique sur l’Église ; il a traité de la religion naturelle, de la révélation, de la foi et des relations entre la foi et la raison dans une constitution dogmatique sur la foi catholique.

Après avoir défini, dans des limites strictes, l'infaillibilité de l'enseignement pontifical sur la foi et les mœurs dans la Constitution dogmatique du Concile Vatican I, Pastor aeternus, sur l'Église du Christ, le premier concile du Vatican entendait aborder la question parallèle de l'autorité des évêques dans l'Église. Mais la guerre franco-prussienne en 1870 interrompit Vatican I ; le concile ne fut jamais convoqué à nouveau, et il revint au deuxième concile du Vatican de préciser qui exerce l'autorité, et comment, dans l'Église.

"Le Pontife romain recourt à cette voie ordinaire d’enseignement infaillible lorsqu’en matière de foi ou de morale, il propose, par son Magistère ordinaire et universel, une doctrine qui doit être crue ou tenue pour absolue. On peut penser que c’est ainsi que le Credo romain antique fut proposé infailliblement par le Pape." (Extrait de Sacrae Theologiae Summa, vol. IB, par le Père Joachim Salaverri, SJ, 648)

La nature, les conditions et les limites de l'infaillibilité pontificale en tant qu'expression de l'infaillibilité de toute l'Église sont définies au chapitre 4 de la Constitution dogmatique Pastor aeternus traitant de la primauté pontificale, seule partie débattue et votée du Concile Vatican I (1870).

>L'infaillibilité papale s'applique uniquement aux questions de foi et de moeurs (morale), elle ne couvre pas les opinions personnelles du Pape, les décisions administratives, scientifiques, politiques ou historiques.

>Le pape doit indiquer qu'il parle en tant que "Successeur de Saint Pierre", en vertu de sa suprême autorité apostolique, de pasteur et docteur de tous les chrétiens.

>Il doit mentionner qu'il parle "ex cathedra", c'est-à-dire dans des circonstances spécifiques où il engage son autorité suprême.

>Il doit obliger l'Eglise universelle à adhérer à son enseignement. Lorsque ces quatre conditions sont réunies, le Pape jouit de l'infaillibilité promise par le Christ à Pierre (Mt 16,18-19).

 

1870-1871 : Victor-Emmanuel II de Sardaigne, couronné roi d’Italie après avoir vaincu les forces autrichiennes et papales, entre dans Rome en 1870 et exproprie les États pontificaux à la suite d’un plébiscite auquel les catholiques, sur ordre de Pie IX, n’ont pas participé. En 1871, Pie IX refuse d’accepter une loi de garanties. S’ensuivent la confiscation des biens de l’Église et l’entrave à son administration par le régime.

1871 : L’Empire allemand, une confédération de 26 États, est formé. La politique gouvernementale lance un Kulturkampf dont les lois de mai 1873 visent à abolir la juridiction papale en Prusse et dans d’autres États et à placer l’Église sous contrôle impérial. La résistance à ces lois et la persécution qu’elles légalisent contraignent le gouvernement à modifier sa politique anti-Église en 1887.

 

1878 : Début du pontificat de Léon XIII, qui régna jusqu’à sa mort en 1903. Léon est surtout connu pour son encyclique Rerum novarum, qui influença profondément la pensée sociale de l'Eglise et le mouvement ouvrier.

Parmi ses autres réalisations figurent la promotion de la philosophie scolastique et l’essor qu’il donna aux études bibliques.

 

1881 : Le premier Congrès eucharistique international s'est tenu à Lille, en France.

 

En Russie, malgré ses réformes dont l'abolition du servage, Alexandre II fut assassiné. Sa politique de russification, ainsi que celle de ses deux prédécesseurs et d'un successeur au cours du siècle, causa de grandes souffrances aux catholiques, aux juifs et aux protestants en Pologne, en Lituanie, en Ukraine et en Bessarabie.

 

1882 : Décès de Charles Darwin. Sa théorie de l’évolution par la sélection naturelle, l’une des plus importantes découvertes scientifiques du siècle, a eu des répercussions considérables sur le débat entre la foi et la science.

 

1887 : L'Université catholique d'Amérique a été fondée à Washington, D.C.

 

1893 : La délégation apostolique américaine a été établie à Washington, D.C.

 

1901 : En France, les mesures restrictives prises contraignirent les Jésuites, les Bénédictins, les Carmes et d’autres ordres religieux à quitter le pays. Par la suite, 14 000 écoles furent supprimées ; des ordres et des congrégations religieuses furent expulsés ; le concordat fut dénoncé en 1905 ; les biens de l’Église furent confisqués en 1906. Pendant plusieurs années, le Saint-Siège, refusant de se soumettre aux exigences du gouvernement concernant le contrôle des nominations épiscopales, laissa certains postes ecclésiastiques vacants.

 

1903-1914 : Pontificat de saint Pie X. Il initia la codification du droit canonique en 1904 ; leva l’interdiction faite aux catholiques de participer aux élections nationales italiennes en 1905 ; publia des décrets appelant les fidèles à recevoir la sainte communion fréquemment et quotidiennement et stipulant que les enfants devaient commencer à recevoir l’Eucharistie à l’âge de sept ans, respectivement en 1905 et 1910 ; ordonna l’établissement de la Confrérie de la Doctrine Chrétienne dans toutes les paroisses du monde en 1905 ; condamna le modernisme dans le décret Lamentabili et l’encyclique Pascendi en 1907.

 

1908 : Les États-Unis et l'Angleterre, longtemps sous la juridiction de la Congrégation pour la Propagation de la Foi en tant que territoires de mission, furent retirés de son contrôle et placés sous le droit coutumier de l'Église.

 

1910 : Des lois de séparation sont promulguées au Portugal, marquant un tournant dans les relations entre l'Église et l'État.

 

1911 : Création de la Catholic Foreign Mission Society of America, Maryknoll, la première société de ce type fondée aux États-Unis.

 

1914-1922 : Pontificat de Benoît XV. Une grande partie de son pontificat fut consacrée à la recherche de moyens pour minimiser les ravages matériels et spirituels de la Première Guerre mondiale. En 1917, il offrit ses services de médiateur aux nations belligérantes, mais ses appels à un règlement du conflit restèrent sans réponse.

 

1917 : La Vierge Marie est apparue à trois enfants à Fatima, au Portugal.

Une nouvelle constitution, comportant des lois répressives contre l'Église, fut promulguée au Mexique. Son application entraîna des persécutions dans les années 1920 et 1930.

Les bolcheviks s'emparèrent du pouvoir en Russie et instaurèrent une dictature communiste. Cet événement marqua l'avènement du communisme en Russie et dans le monde. L'une de ses conséquences immédiates et durables fut la persécution de l'Église, des Juifs et d'autres groupes de population.

 

1918 : Le Code de droit canonique, préparé depuis plus de 10 ans, entre en vigueur dans l'Église occidentale.

 

1919 : Benoît XV a stimulé le travail missionnaire par le décret Maximum Illud, dans lequel il encourageait le recrutement et la formation de clercs indigènes dans les régions où l'Église n'était pas fermement implantée.

1920-22 : L'Irlande a été divisée par deux décrets du gouvernement britannique qui ont fait des six comtés d'Irlande du Nord une partie du Royaume-Uni en 1920 et ont donné le statut de dominion à l'État libre d'Irlande en 1922. L'État libre d'Irlande est devenu une république indépendante en 1949.

 

1922-1939 : Pontificat de Pie XI. Il souscrivit au traité du Latran de 1929, qui réglait la question romaine née de la confiscation des États pontificaux en 1871 ; publia l’encyclique Casti connubii en 1930, une déclaration faisant autorité sur le mariage chrétien ; s’opposa aux tentatives de Benito Mussolini de contrôler l’Action catholique et l’Église dans l’encyclique Non abbiamo bisogno (Nous n'avons pas besoin) en 1931 ; s’opposa à diverses politiques fascistes ; publia les encycliques Quadragesimo anno en 1931 développant la doctrine sociale de Rerum novarum de Léon XIII, et Divini Redemptoris en 1937 appelant à la justice sociale et condamnant le communisme athée ; condamna l’antisémitisme en 1937 dans l'encyclique Mit Brennender Sorge (Avec une brûlante inquiétude).

 

1926 : La loi d'émancipation des catholiques abroge la quasi-totalité des incapacités juridiques des catholiques en Angleterre.

 

1931 : Les gauchistes proclament la République espagnole et entreprennent de séparer l’Église de l’État, de confisquer ses biens, de supprimer les salaires du clergé, d’expulser les jésuites et d’interdire l’enseignement de la foi catholique. Ces mesures préfigurent la guerre civile de 1936-1939.

 

1933 : Adolf Hitler accède au pouvoir en Allemagne. Dès 1935, deux de ses objectifs sont clairement définis : l’élimination des Juifs et l’instauration d’une Église nationale unique. Les Juifs sont exterminés lors de l’Holocauste. L’Église est soumise à des mesures répressives auxquelles Pie XI proteste en vain dans l’encyclique Mit brennender sorge en 1937.

 

1936-1939 : Guerre civile en Espagne entre les loyalistes de gauche et les forces du dirigeant de droite Francisco Franco. Les loyalistes furent vaincus et un régime autoritaire fut instauré. De nombreux prêtres, religieux et laïcs furent victimes de persécutions et d’atrocités de la part des loyalistes.

 

1939-1958 : Pontificat de Pie XII. Il condamna le communisme ; proclama le dogme de l’Assomption de Marie en 1950 et, dans divers documents et autres textes, fournit le cadre idéologique de nombreuses réalisations du concile Vatican II. (Voir Papes du XXe siècle.)

 

1940 : Début d'une décennie de conquête communiste dans plus de 13 pays, entraînant des conditions de persécution pour au moins 60 millions de catholiques ainsi que pour des membres d'autres confessions.

Au Mexique, les persécutions ont diminué en raison de la non-application des lois antireligieuses encore en vigueur.

 

1957 : Le régime communiste chinois a créé l'Association patriotique des catholiques chinois en opposition à l'Église unie au pape.

 

1958-1963 : Pontificat de Jean XXIII. Son principal accomplissement fut la convocation du concile Vatican II, le vingt-et-unième concile œcuménique de l’histoire de l’Église. 

 

1962-1965 : Concile œcuménique du Vatican (II). Il a formulé et promulgué 16 documents, deux constitutions dogmatiques et deux constitutions pastorales, neuf décrets et trois déclarations, reflétant une orientation pastorale vers le renouveau et la réforme de l’Église, et explicitant les dimensions de la doctrine et de la vie chrétienne qui nécessitent une attention particulière pour le plein développement de l’Église et le meilleur accomplissement de sa mission dans le monde contemporain.

 

1963-1978 : Pontificat de Paul VI. 

 

1978 : Le pontificat de trente-trois jours de Jean-Paul Ier.

Début du pontificat de Jean-Paul II

 

1983 : Le Code de droit canonique révisé, intégrant les réformes édictées par le Concile Vatican II, est entré en vigueur dans l'Église de rite romain.

 

1985 : Ratification formelle d'un concordat Vatican-Italie remplaçant le traité du Latran de 1929.

1989-1991 : Déclin et chute de l'influence et du contrôle communistes en Europe centrale et orientale et en Union soviétique.

 

1991 : Le Code de droit canonique pour les Églises orientales est entré en vigueur.

 

1992 : Approbation du nouveau catéchisme de l'Église catholique.

Le Vatican a officiellement clos le dossier contre Galilée.

 

1994 : Début des préparatifs des célébrations marquant le début du troisième millénaire chrétien en l'an 2000.

 

1997 : Le pape Jean-Paul II a présenté des excuses pour tout acte d’antisémitisme commis par des catholiques ; une conférence sur l’antisémitisme s’est également tenue à Rome et plusieurs responsables catholiques en Europe ont présenté des excuses pour l’antisémitisme historique.

 

1998 : Le pape Jean-Paul II s’est rendu à Cuba et a obtenu la libération de plus de 300 prisonniers politiques.

Le Vatican a publié un livre blanc sur l'antisémitisme, intitulé : Nous nous souvenons : une réflexion sur la Shoah.

 

2000 : L’Église catholique a célébré l’Année sainte 2000 et le Jubilé, marquant le début du troisième millénaire chrétien. Le pape Jean-Paul II a présenté des excuses pour les péchés commis par les fidèles du passé. Il s’est rendu en Terre sainte.

 

2001 : Le pape Jean-Paul II se rend en Grèce et en Syrie. Il nomme également 44 nouveaux cardinaux au Collège des cardinaux lors d’un consistoire sans précédent.

 

2005 : Décès du pape saint Jean-Paul II et élection du cardinal Joseph Ratzinger comme pape Benoît XVI.

 

2013 : Démission du pape Benoît XVI et élection du pape François.

 

2025 : Décès du pape François et élection du pape Léon XIV

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25 janvier 2026 7 25 /01 /janvier /2026 00:00
Conversion de Saint Paul

Conversion de Saint Paul. Jésus apparaît à Saül, le futur saint Paul, sur le chemin de Damas où il devait "ramener à Jérusalem, ceux (des chrétiens) de là-bas, enchaînés, pour qu’ils subissent leur châtiment"  (Ac 22,5), c'est-à-dire être emprisonnés et mis à mort (Ac 26,10). De persécuteur des chrétiens, il devient alors un des plus ardents défenseurs de la foi, une des "colonnes" de l'Église. La conversion de Paul est racontée dans Actes 9,3-19 ; 22,5-16; 26,10-18. (1)

 

Paul était Juif, de la tribu de Benjamin ; il naquit citoyen romain à Tarse, en Cilicie, dont les habitants étaient considérés comme citoyens romains. Son attachement aux traditions de ses pères, sa présence au supplice de S. Étienne, son acharnement à poursuivre les disciples de Jésus-Christ, à les traîner en prison, à les battre, ont poussé les interprètes de l'Écriture à voir en lui la réalisation de la prophétie de Jacob, concernant son fils Benjamin : "Benjamin est un loup ravisseur." Mais une hymne chrétienne a heureusement complété l'application de la prophétie, en disant : "Le loup ravisseur s'est changé en agneau."

Saül (c'était le premier nom du grand Apôtre) approchait de Damas, où il allait persécuter les chrétiens, accompagné de soldats et d'émissaires de la synagogue de Jérusalem, quand tout à coup il fut renversé à terre par une force invisible. Une éblouissante clarté l'environna et une voix lui dit :

« Saul, pourquoi me persécutes-tu ?

- Qui es-tu, Seigneur ?

- Je suis Jésus, que tu persécutes.

- Seigneur, que veux-tu que je fasse ?

- Lève-toi, entre dans la ville, et là tu apprendras ce que tu dois faire. » Saul était devenu aveugle ; ses compagnons le conduisirent à Damas. Un serviteur de Dieu, nommé Ananias, averti en songe, alla le trouver, lui rendit la vue et lui conféra le baptême.

Conversion de Saint Paul, Michel-Ange, 1542

Conversion de Saint Paul, Michel-Ange, 1542

Dès lors, Saül, devenu Paul, n'est pas seulement un converti, un chrétien, c'est un apôtre. C'est l'Apôtre par excellence, qui étonnera le monde et fera l'admiration des siècles par ses écrits sublimes et inspirés, par ses saintes audaces, ses travaux, les merveilles de son apostolat et la gloire de son martyre.

Que de leçons dans cette conversion étrange et foudroyante ! Nous y voyons la puissance toute divine de la grâce à laquelle rien ne résiste ; la sagesse de Dieu qui se plaît à confondre la fausse sagesse du monde ; la miséricorde inénarrable du Seigneur, qui ne rebute personne et peut faire du plus grand des pécheurs le plus insigne des saints.

Ne désespérons jamais du salut de personne, tout est possible à la prière et à la grâce. Nous ne comprendrons bien qu'au Ciel quelle a été l'influence de la prière dans le monde et combien de pécheurs devront leur salut à l'intercession des justes. Saint Augustin a dit fort justement : "Si Étienne n'avait pas prié, nous n'aurions pas saint Paul !" (2)

 

"S'ouvrir à la puissance dynamique du Ressuscité (Phil 3,12) passe nécessairement par un processus de dépossession de soi-même qui dure toute la vie, comme Paul âgé et prisonnier l'écrira aux Philippiens. (Phil 2,3 "Ne soyez jamais intrigants ni vaniteux, mais ayez assez d’humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes", 3,7-11 "Mais tous ces avantages que j’avais, je les ai considérés, à cause du Christ, comme une perte.  Oui, je considère tout cela comme une perte à cause de ce bien qui dépasse tout : la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur. À cause de lui, j’ai tout perdu ; je considère tout comme des ordures, afin de gagner un seul avantage, le Christ, et, en lui, d’être reconnu juste, non pas de la justice venant de la loi de Moïse mais de celle qui vient de la foi au Christ, la justice venant de Dieu, qui est fondée sur la foi.  Il s’agit pour moi de connaître le Christ, d’éprouver la puissance de sa résurrection et de communier aux souffrances de sa passion, en devenant semblable à lui dans sa mort,  avec l’espoir de parvenir à la résurrection d’entre les morts"; et Gal 4,9 qui donne une définition de la conversion en ce sens : "Mais maintenant que vous avez connu Dieu – ou plutôt que vous avez été connus par lui – comment pouvez-vous de nouveau vous tourner vers ces forces inconsistantes et misérables, dont vous voulez de nouveau être esclaves comme autrefois ?") 

 

Quant à son passé persécuteur, il lui sert surtout à évoquer d'une manière concrète et familière à ses lecteurs l'"adversaire de Dieu" (le théomachos), gonflé d'orgueil et de démesure, plutôt qu'à opposer son passé de Juif "zélé" à un "après" chrétien. La "conversion" de Saül fut autre chose qu'un transfert de fidélité de la Loi au Christ; elle fut davantage une transformation spirituelle ou morale; elle était découverte des effets de l'action de Dieu sur celui qui répondait à son appel.

 

Aussi Saint Paul insistera-t-il sur la valeur rédemptrice de la souffrance plus qu'aucun autre de ses contemporains. "Éprouver la puissance de la Résurrection, c'est participer aux souffrances du Christ" et "devenir semblable à lui dans sa mort." (Phil 3,10-12 ; 2 Cor 4,10). Paul a forgé dans l'épître aux Galates 2,19-20 l'expression de "con-crucifixion" très caractéristiques de cette association-participation aux souffrances du Christ qu'il éprouve. La conversion ne peut être qu'union mystique au Christ souffrant; elle est crucifixion avec le Christ. L'apôtre va donc beaucoup plus loin que ses maîtres pharisiens pour qui la mort était le passage vers la résurrection.

 

De même, le message de Paul se distingue de celui des autres apôtres : il ne raconte pas Jésus tel que la Tradition en diffusait de proche en proche les paroles et les gestes, mais il prêche le Christ ressuscité, tel qu'il s'est révélé à lui dans des manifestations particulières du Divin. (Gal 1,11-12 "Frères, je tiens à ce que vous le sachiez, l’Évangile que j’ai proclamé n’est pas une invention humaine.  12 Ce n’est pas non plus d’un homme que je l’ai reçu ou appris, mais par révélation de Jésus Christ.")

 

Les croyants forment un corps mystique puisqu'au baptême chacun "revêt le Christ" (Gal 3,26-27 "en effet, vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ") et que le banquet eucharistique est constitué par la communion de tous au Corps du Christ. (1 Cor 10,17 "Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain.") (3)

Conversion de Saint Paul, (Détail) 1600-1601, Caravage, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 59.

Conversion de Saint Paul, (Détail) 1600-1601, Caravage, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 59.

Conversion de Saint Paul

Sources: (1) Dominique LE TOURNEAU, Les Mots du christianisme, Catholicisme, Orthodoxie, Protestantisme, Bibliothèque de Culture religieuse, Fayard, La Flèche 2005, p. 180 ; (2) L'Evangile au quotidien ; (3) Marie-Françoise BASLEZ, Saint Paul, Fayard, Saint Amand-Montrond 1991, p. 80, 91 et note 52 p. 332, 92, et 100.

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24 janvier 2026 6 24 /01 /janvier /2026 17:25

Yuval Harari a affirmé au Forum économique mondial (WEF) de Davos que l'IA "prendra le contrôle de la religion du livre". Mais le christianisme n’est pas une religion “du livre”, c'est la religion "de la Parole".

Yuval Harari affirme que l'IA "prendra le contrôle de la religion du livre"

L'historien israélien Yuval Noah Harari au Forum économique mondial (WEF) de Davos, en Suisse a déclaré que l'intelligence artificielle (IA) contrôlera bientôt non seulement a plupart des systèmes juridiques, éducatifs et de santé du monde, mais qu'elle prendrait également "le contrôle de la religion". 

"C’est particulièrement vrai pour les religions fondées sur des livres, comme l’islam, le christianisme et le judaïsme", a-t-il affirmé.  

"Tout ce qui est fait de mots sera pris en charge par l'IA", a déclaré Harari. Alors, "qu'adviendra-t-il d'une religion du livre lorsque le plus grand expert du livre saint sera une IA ?"

"[...] Cela ne devrait pas paraître trop tiré par les cheveux car, après tout, presque toutes les religions de l'histoire ont affirmé avoir été créées par une intelligence non humaine", a-t-il suggéré avec cynisme. 

[...] Son ton général, cependant, laissait clairement entendre que l'IA s'efforcera de défaire le christianisme et d'établir une nouvelle religion mondiale, ce qui est un fait accompli. 

Si tout cela vous semble familier, c'est parce que cela constitue un élément central du discours d'Harari depuis au moins quelques années. Par le passé, il a également affirmé que, dans un avenir proche, l'IA pourrait créer une religion mondiale "correcte".

"Depuis toujours, les religions rêvent d’un livre écrit par une intelligence surhumaine, une entité non humaine", déclarait Harari en 2023. "Dans quelques années, il se pourrait que certaines religions détiennent la vérité. Imaginez une religion dont le livre sacré serait écrit par une IA. Cela pourrait devenir réalité d’ici quelques années."

Certains se sont empressés de corriger la théologie douteuse d'Harari, exprimée dans sa présentation au WEF 2026. 

"D’une manière très étrange et diabolique, ces inepties sataniques représentent le stade final du protestantisme : le christianisme réduit à un livre” doté d’une autorité 'ultime', dont l’interprétation est ensuite confiée à des 'experts' autoproclamés, créés par l’homme (en l’occurrence l’IA), arrachés au magistère réellement établi par le Christ", a écrit sur X, Joshua Charles, converti au catholicisme et ancien rédacteur de discours à la Maison Blanche. 

"Le christianisme n’est pas une religion du “livre” – aussi essentielle que soit la Bible –, c’est une religion de la PAROLE, qui est Dieu, par qui l’univers entier a été créé et ordonné, qui a assumé la nature humaine en Jésus-Christ (Jn 1,1-14) et a promis de guider son Église dans toute la vérité jusqu’à son retour" (Mt 16,18; Mt 28,20), a déclaré Charles. 

"Cette Église a survécu à des siècles de martyre sans même que le Livre ne soit entièrement compilé. Elle survivra également à l’enfer que vous et d’autres préféreriez nous voir vivre", a déclaré Charles.

Source; https://www.lifesitenews.com/news/homosexual-atheist-yuval-harari-says-ai-will-take-over-religion-during-davos-speech/

 

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Dans son message pour la 60e Journée mondiale des communications sociales, le pape Léon XIV dénonce "le contrôle oligopolistique des systèmes algorithmiques et d’intelligence artificielle capables d’influencer subtilement les comportements et même de réécrire l’histoire humaine – y compris celle de l’Église – souvent à notre insu" :

 

"Derrière cette immense force invisible qui nous concerne tous, se cachent quelques entreprises, celles dont les fondateurs ont récemment été désignés comme les créateurs de la 'Personnalité de l’année 2025' du magazine Time, à savoir les architectes et les créateurs de l’intelligence artificielle. Ceci soulève de sérieuses inquiétudes quant au contrôle oligopolistique des systèmes algorithmiques et d’intelligence artificielle capables d’influencer subtilement les comportements et même de réécrire l’histoire humaine – y compris celle de l’Église – souvent à notre insu. " Message pour la 60e Journée mondiale des communications sociales, 24 janvier 2026

Yuval Harari affirme que l'IA "prendra le contrôle de la religion du livre"
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