« Je recommande à mon fils s’il avait le malheur de devenir Roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, [...] qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les Lois, mais en même temps qu’un Roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile. » (Testament de Louis XVI)
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Saint patron des métis, des Noirs, de la justice sociale, de l'anti-racisme, des coiffeurs, des employés d'hôtel et de de toutes les œuvres sociales du Pérou, Martin de Porrès est fêté le 3 novembre.
Fils de Juan de Porrès, chevalier espagnol de l’ordre d’Alcantara, et d’Anna Velasquez, esclave noire affranchie, Martin, naît le 9 décembre 1579 à Lima (Pérou) très noir de peau; il n'est d’abord pas reconnu par son père, pas plus que par Juanita, sa sœur, plus blanche de deux ans plus jeune.
En 1500, la conquête espagnole du Nouveau Monde voit dès 1510, douze dominicains espagnols débarquer : l’un d’eux, Antonio de Montesino, prend la défense des Amérindiens, allant jusqu’à retourner en Espagne obtenir du Roi, dès 1514, la promulgation des lois de Burgos garantissant leurs droits. Bartoloméo de las Casas, prêtre diocésain devenu dominicain puis Evêque, sera à l’origine de nouvelles lois pour leur défense en 1542, tandis que Lima avait été fondée près de la mer par Pizarro le jour de l’Epiphanie 1535. En 1552, les Dominicains y fondent l’université Saint Marc. Le premier Evêque de Lima, Vicente de Valverde était dominicain ; Rose de Lima, tertiaire dominicaine qui sera la première sainte canonisée du nouveau Monde, y a été baptisée en 1586.
Petit, Martin manifeste une grande charité envers les pauvres et une prière assidue. Le citron qu’il a planté dans la cour produit toujours des fruits abondants. Juan de Porrès vint de Guayaquil (Equateur) chercher ses deux enfants pour assurer leur éducation. Mais étant nommé à Panama, il confia Juana, six ans, à son frère Jaime de Mirana, et ramena à sa mère à Lima Martin, huit ans, après l’avoir fait confirmer, avec une somme conséquente pour prendre en charge leur subsistance.
À l’âge de 12 ans, Martin devient apprenti-barbier chez Marcel de Rivero, coiffeur-chirurgien-rebouteux. L’apprentissage est rapide, au point de remplacer son maître lors de ses absences, mais refusant l’argent des pauvres. Sa prière nocturne, à genoux les bras en croix devant le Crucifix, est bientôt découverte : "J’ai soif !" (Jn 19, 28). "Le Christ s’est fait obéissant jusqu’à la mort sur une Croix" (Ph 2, 6) ; "Fils de Dieu m’a aimé et s’est livré pour moi" (Ga 2, 20).
A 15 – 16 ans, il se présente au couvent dominicain du Saint-Rosaire pour y prendre l’habit de donado, familier ou aide de ménage, d’où son balai, intérieur aux frères convers. Dans cet immense couvent aux cinq cloîtres, abritant environ deux-cents frères et pères Dominicains, il s’acquitte du rôle d’infirmier et sa réputation de thaumaturge se répand très vite dans toute la ville.
Martin travaille beaucoup. Il a une profonde piété : il se lève avant le jour pour s'arrêter à l'église afin de servir la Messe, et après son travail, il s'enferme dans sa chambre pour prier, les yeux fixés sur le crucifix, et lire des ouvrages pieux.
Il est infatigable à la tâche durant le jour où il balaye les couloirs et nettoie les latrines (d’où le balai qui est son attribut hagiographique), gère les draps et les habits des pères et des frères, gère des plantations, assure la cuisine et nourrit non seulement les bêtes mais bientôt les pauvres de la ville jusqu’à deux cents par jour; il bâtit l’orphelinat de Sainte-Croix !
Ses journées dépassent seize heures, qu’il vit dans une humble obéissance à ses supérieurs, sauf quand il lui semble préférable d’obéir d’abord aux préceptes évangéliques quant il s’agit de la charité.
En dehors de son service auprès des malades, Martin prie beaucoup, passant de longues heures devant le Saint Sacrement, s'arrêtant pour de courtes et profondes oraisons devant toutes les images pieuses du monastère, consacrant une grande partie de ses heures de repos à la vénération de la Vierge, ne manquant jamais de sonner lui-même l'Angélus.
Il effectue de longues pénitences, priant pour les âmes du Purgatoire, se faisant fouetter de verges par les autres moines en signe d'humilité. Il portait le Cilice et jeûnait souvent.
Quand on remarque sa sainteté parce qu’il a encore guéri un malade, il répond invariablement : "Ainsi se moque-t-on d’un pauvre mulâtre !"
Les animaux sont immédiatement ses amis : il calme un groupe de taureaux fous qui viennent frotter leurs naseaux contre son habit de convers, il guérit des chiens éventrés en les recousant, nourrit à heure fixe les souris qui envahissaient le couvent à condition qu’elles libèrent les lieux et aillent au rendez-vous au fond du jardin, et va jusqu’à ressusciter un vieux chien ficèle à qui son maître avait fait écraser la tête ! Au chien qui mange sa gamelle, il ordonne d’accepter qu’un chat partage la pitance, puis une souris se joint à eux impunément (la scène fait désormais partie de l’iconographie traditionnelle de saint Martin).
Durant la nuit, il se flagelle à trois reprises, se repose quelques heures sur un brancard dans l’infirmerie et va passer de longs moments dans l’église devant le Saint-Sacrement ou trouve refuge lors de ses extases dans un petit réduit sous la chaire.
Les miracles se multiplient, au point qu’un ouvrage sur saint Martin de Porrès est intitulé : "Arrête de faire des miracles !" Il prophétise pour réconforter : "Non , ce n’est pas de cette maladie que tu mourras" (le mourant se rétablit au bénéfice de l’improbable mission que Martin lui avait dit qu’il accomplirait) ou pour rassurer : "Le tremblement de terre n’atteindra jamais cette chapelle" (encore debout aujourd’hui) ; Il traverse des portes et des murs pour aller soigner des malades au Noviciat fermé à clef ; Il a des dons de bilocations pour rester dans l’obéissance à ses supérieurs sans manquer ailleurs à la charité (ou même a des missions… au Japon !) ; Il multiplie la nourriture (comment faisait-il pour nourrir une centaine de pauvres venus quémander quotidiennement à la porte du couvent ?) ; Il a des dons de lévitations fréquentes devant le crucifix de la chapelle ; a la connaissance des coeurs ; des aroles de science divine sur des questions théologiques difficiles alors qu’il n’avait pas fait d’étude !
Mais toujours avec les yeux baissés et un doux sourire aux lèvres qui lui font pardonner par les autres le bien qu’il leur fait.
Après neuf ans, son supérieur l’oblige à faire profession religieuse solennelle comme frère convers, mais cela ne change rien à son silence et à sa fidélité d’humble serviteur de tous, avec une attention spéciale pour les noirs souvent méprisés à l’époque dans le Nouveau Monde et pour les esclaves. Il aime à prier Marie dans la chapelle de la Reine du Très-Saint-Rosaire et le Christ présent au tabernacle.
Un témoignage dira de lui que Martin "obéissait et révérait les prélats tant religieux que diocésains, ainsi que tous ceux qui étaient investis d'une dignité ecclésiastique ou civile, comme s'il vénérait en eux Dieu, Son Autorité et Sa Puissance déléguées" tandis qu'un de ses frères observera qu'il "accomplissait son vœu d'obéissance avec une volonté prompte, joyeuse, et virile."
Martin avait l'habitude, à la fin du repas, de passer de table en table pour récupérer tout ce qui avait pu être laissé et de sortir immédiatement le distribuer aux pauvres qui l'attendaient. Sa confiance en la Providence était telle qu'il avait coutume de dire : "Puisse Dieu, en son infinie miséricorde, multiplier cette nourriture", et les pauvres ne manquaient jamais d'être tous servis !
En 1639, durant sa soixantième année, contrairement à son habitude, il se présenta durant quinze jours avec un bel habit tout neuf : à ceux qui le lui faisait remarquer, il déclara que cela lui servirait bientôt…
Puis il le rangea dans sa cellule jusqu’au jour où, pris d’atroces douleurs, il dut s’aliter. Toute la communauté défila auprès de son grabat et il leur déclara que c’était sa dernière maladie : "Ne pleurez pas : il es possible que je sois plus utile là-haut qu’ici".
Objet d’assauts diaboliques le corps de Martin dégageait pourtant un parfum extraordinaire évoqué ensuite par tous les témoins.
À 21h le 3 novembre 1639, alors qu’il serait son crucifix sur son coeur, Martin quitta ce monde au milieu de la prière de ses frères dominicains. La rigidité cadavérique avait déjà saisi le mort quand le P. Cypriano de Medina demanda à Martin qu’il veuille bien rendre son corps flexible et le visage reprit son expression naturelle. Le défilé qui commença fut suscité par la rumeur qui traversa Lima, et tous les visiteurs admis voulaient un morceau de son vieux vêtement, au point qu’il fallut revêtir finalement le corps de Martin du bel habit neuf qu’il avait soigneusement rangé.
Les plus hautes autorités ecclésiastiques et civiles de Lima procédèrent à l’inhumation. Les guérisons miraculeuses se succédèrent à rythme soutenu, au point qu’on procéda rapidement aux enquêtes en vue d’une béatification en sollicitant les nombreux témoignages — plus de soixante six — de ceux qui avaient vécu avec Martin ou bénéficié de ses miracles.
Le Roi d’Espagne lui-même intervint auprès du Pape pour que Martin soit élevé à la gloire des autels, mais l’acheminement des documents de Rome à Lima et de Lima à Rome et les aléas correspondant à l’humilité de Martin firent durer trois siècles la procédure qui aboutit à sa béatification comme "patron de toutes les oeuvres sociales du Pérou" par Pie XII le 10 juin 1945 et à sa canonisation le 7 mai 1962 par Jean XXIII qui fixa sa fête liturgique au 3 novembre.
Citations:
Considère toujours les autres comme plus saints et plus dignes que toi, et efforce-toi en même temps d'être aussi saint que tu peux l'être.
Saint Martin de Porrès
Dans son homélie de canonisation, Jean XXIII déclare :
"Saint Martin, toujours obéissant et inspiré par son divin Maître, a vécu parmi ses frères avec ce profond amour qui vient de la Foi pure et de l'humilité du cœur. Il aima les hommes parce qu'il les voyait comme des enfants de Dieu, et comme ses propres frères et sœurs. Telle fut son humilité qu'il les aima plus qu'il ne s'aimait lui-même, et qu'il les considérait comme étant meilleurs et plus vertueux que lui-même... Il excusait les fautes des autres. Il pardonna les insultes les plus amères, convaincu qu'il était qu'il méritait de plus sévères châtiments à cause de ses propres péchés. Il essaya de toutes ses forces de sauver les coupables ; il consola amoureusement les malades ; il fournit des remèdes, de la nourriture, des vêtements aux pauvres ; il aida tant qu'il fut possible les ouvriers agricoles et les Nègres, sans oublier les mulâtres, qui en ce temps étaient considérés ni plus ni moins que comme des esclaves."
Autel de la basilique N.-D. du Très-Saint-Rosaire du monastère Saint-Dominique à Lima, avec les reliques des saints Martin de Porrès, Jean Macias et Rose de Lima.
Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 83.
Saint Hubert, évêque de Tongres-Maastricht-Liège († 727), Patron des chasseurs
Évangélisateur des Ardennes au VIIe siècle, saint Hubert est issu de la haute noblesse franque ; il est même probablement apparenté aux Pépinides et fut contemporain de Pépin de Herstal et de Charles Martel dont il fut proche.
Il avait douze ans quand, au milieu d'une chasse, il vit un ours furieux se jeter sur son père et l'étreindre de ses griffes redoutables. À ce spectacle, il poussa un cri vers le Ciel : "Mon Dieu, faites que je sauve mon père !" Aussitôt, se jetant sur l'animal féroce, il lui donne le coup de la mort. C'est là, sans doute, le premier titre de saint Hubert à sa réputation de patron des chasseurs.
Plus tard, les chroniqueurs nous disent qu'il était connu par « les folles joies de sa vie mondaine » peu édifiante, jusqu'au jour où la grâce de Dieu vint le toucher. Hubert chassait un Vendredi saint dans la forêt des Ardennes, ce qui était une chose peu convenable pour un chrétien. Soudain, un beau cerf, qu'il poursuit avec ardeur, s'arrête et lui fait face. Entre les cornes de l'animal brille une Croix éclatante, et une voix prononce ces paroles :
"Hubert! Hubert! Jusqu'à quand poursuivras-tu les bêtes dans les forêts? Jusqu'à quand cette vaine passion te fera-t-elle oublier le salut de ton âme ?"
- Seigneur, s'écrie le jeune prince, que voulez-vous que je fasse ?
- Va vers l'évêque Lambert, convertis-toi. Fais pénitence de tes péchés, ainsi qu'il te sera enseigné. Voilà ce à quoi tu dois te résoudre pour n'être point damné dans l'éternité. Je te fais confiance, afin que mon Église, en ces régions sauvages, soit par toi grandement fortifiée.
Et Hubert de répondre, avec force et enthousiasme :
- Merci, ô Seigneur. Vous avez ma promesse.
Je ferai pénitence, puisque vous le voulez.
Je saurai en toutes choses me montrer digne de vous!
Bientôt Hubert renonce à tous ses droits sur la couronne d'Aquitaine, se revêt d'un costume de pèlerin et s'achemine vers Rome.
Le culte de saint Hubert - chasseur s'était surtout développé sous l'influence des amateurs de vénerie, autrement dit les aristocrates, pour qui la chasse, préfiguration de la guerre, était l'occasion de faire valoir leurs vertus de classe : la bravoure, l'intrépidité, la virtuosité dans le maniement des armes. La chasse jouait un rôle important dans la culture aristocratique.
Comme il arrivait au tombeau des saints Apôtres, le Pape Sergius, dans une vision, apprenait le meurtre de l'évêque Lambert, victime de son zèle pour la défense de la sainteté conjugale, et il recevait l'ordre d'envoyer à sa place le pèlerin qui arrivait en ce moment, pour prier à la basilique de Saint-Pierre. Le Pontife trouva en effet l'humble pèlerin, lui fit connaître les ordres du Ciel, et Hubert, malgré sa frayeur et ses larmes, dut se soumettre à la volonté de Dieu.
"Pendant qu’on célébrait la messe de son élévation à l’épiscopat, l’ange apparut de nouveau et apporta de la part de Saint Pierre une clé assez semblable à une clé d’or, et la lui présenta en disant : « Cette clé que Dieu vous envoie aura un pouvoir efficace sur les démons, sur les énergumènes, sur les frénétiques et sur les puissances infernales. Elle sera, comme la baguette de Moyse, un précieux instrument d’œuvres merveilleuses que le Seigneur fera à votre prière. Quiconque aura été mordu par des animaux enragés, sera par sa vertu préservé de la rage. Elle se perpétuera de siècle en siècle, en votre mémoire, et ceux qui auront recours à vous, dans leurs infirmités, seront guéris."
De retour en sa patrie, il fonda l'évêché de Liège, où il fit briller toutes les vertus des Apôtres. Saint Hubert fut un grand évêque, proche de ses fidèles qu'il rejoignait là où ils vivaient, dans les clairières, sur les rivières, dans les villages. Attentif à toute misère, il aidait les malheureux et les prisonniers. Sa douce et persuasive éloquence captivait les foules ; il parlait quelquefois pendant trois heures consécutives, sans qu'on se lassât de l'entendre. À la puissance de la parole il joignait celle des miracles. À sa prière, les démons abandonnaient le corps des possédés, les flammes de l'incendie s'éteignaient, la sécheresse désastreuse cessait tout à coup pour céder la place à une pluie féconde : "Le Dieu d'Élie est le nôtre, disait-il, implorons-le dans la prière et le jeûne ; la miséricorde fera le reste."
La vision de saint Hubert par Jan Brueghel l'Ancien et Pierre Paul Rubens.
Très tôt, dans la tradition liégeoise, le prélat est apparu comme se trouvant à l'origine de la fortune historique de Liège.
Notons que, dès son vivant, sa réputation de sainteté était grande.
Il mourut le 30 mai 727 des suites d'une blessure occasionnée par un ouvrier maladroit qui lui écrasa la main gauche. Une voix céleste lui dit un jour : "Hubert, dans un mois tes liens seront brisés." Il se prépara pieusement à la mort, et, après avoir chanté le Credo et entonné le Pater, il rendit son âme à Dieu.
On invoque saint Hubert contre la rage et contre la peur.
Seize ans après sa mort, eut lieu l'élévation de son corps, qui fut transféré devant le maître-autel de la basilique le 3 novembre 743. C'était, d'après les idées du temps, l'équivalent de la canonisation ou la reconnaissance officielle de la sainteté. Le 30 septembre 825, l'évêque Walcaud fit transporter le corps tout entier de saint Hubert, de Liège à Andage. Vu l'importance exceptionnelle de la forêt d'Ardenne, au temps des Carolingiens, saint Hubert a connu une histoire extraordinaire. Saint-Hubert avait à peine pris possession de sa nouvelle demeure qu'il devenait, pour ainsi dire d'emblée, le véritable roi du pays.
Très tôt, saint Hubert devint le guérisseur de la rage, la terrible maladie, transmise surtout par les chiens. Très rapidement, il se fit connaître d'abord des doyennés de Bastogne, de Behogne et de Graide, puis des diocèses voisins. Il franchit les frontières à l'est et à l'ouest. Saint Hubert est en fait le saint des chasseurs (à courre). Il usurpe en quelque sorte le rôle de S. Georges qui lui est le véritable saint des cavaliers et dont la fête est en avril.
Saint Hubert et le cerf, 1450, Londres, British Library, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 646-647.
Sources: (1) ; (2) ; (3) ; (4) ; (5) ; (6) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 82-83.
Le souvenir des parents et amis disparus, des personnes dont la vie, l'action, les bienfaits nous ont marqués, est la chose la plus répandue et la plus naturelle du monde. Monuments funéraires et commémoratifs, portraits ou photographies exposés en bonne place dans les maisons, en témoignent abondamment.
Mais, pour les chrétiens, la mémoire des Défunts s'accompagne de la prière d'intercession pour eux et pour "tous les morts dont Dieu seul connaît la foi". C'est ainsi que, dès le IIème siècle, la prière liturgique pour les défunts est attestée en Afrique du Nord.
Toutefois, c'est bien plus tard qu'a été fixée au 2 novembre, la Commémoration de tous les fidèles défunts, à l'initiative d'Odilon, abbé de Cluny (994-1049) - qui en prescrivit la célébration dans les maisons de l'Ordre; ce qui eut lieu pour la première fois le 2 novembre 998. De là, elle se répandit rapidement dans toute l'Eglise latine.
Si les défunts sont déjà au Ciel, il n'y a plus besoin de prier pour eux, il vaut mieux au contraire se recommander à leurs prières.
Si les défunts sont en enfer, c'est trop tard.
Et si, comme nous le croyons, ils sont en marche vers le paradis, nous pouvons hâter cette marche par nos prières et nos suffrages.
Une parole du Christ expliquant qu'il y a des péchés - celui contre le Saint-Esprit - qui ne seront pardonnés "ni en ce monde ni dans l'autre" (Mt, 12, 31-32), indique qu'il y a des péchés qui sont pardonnés dans un lieu particulier dans l'autre monde. Cela ne peut être au paradis où l'âme est sans péché, mais au purgatoire.
Selon les Protestants, nous n’avons pas de révélation directe du purgatoire dans la Parole de Dieu ; c’est pourquoi les "réformateurs" du XVIème siècle ont rejeté cette doctrine, née selon eux de l’imaginaire des hommes. Elle s’enracine pourtant dans la tradition de l’Ancien Testament.
Deux siècles avant Jésus-Christ en effet, nous trouvons le témoignage en 2 Macc 12, 46 de la croyance en la valeur et en l’efficacité de la prière pour les morts. L’offrande est faite par Judas Maccabée (IIe siècle av. J.-C) en faveur des soldats morts au combat sur lesquels on avait trouvé des objets idolâtriques; cette prière prouve que Judas Maccabée croyait en la possibilité d’une purification de l’âme par-delà la mort :
"S'il envisageait qu'une très belle récompense est réservée à ceux qui s'endorment dans la piété, c'était là une pensée sainte et pieuse : voilà pourquoi il fit faire pour les morts ce sacrifice expiatoire, afin qu'ils fussent délivrés de leur péché." (verset 46 du chapitre 12 du IIe Livre des Maccabées, IIe siècle av. J.-C.)
L’Église primitive a fait sienne cette doctrine et a développé dès le second siècle après Jésus-Christ la prière pour les morts. Le culte des saints, quant à lui, débute avec S. Polycarpe (+ martyr en 167 ap. J-C.) (Régine Pernoud, Les saints au Moyen Age, la sainteté d'hier est-elle pour aujourd'hui ?, Plon, Mesnil-sur-l'Estrée 1984 p. 239-240.)
En Occident, les conciles œcuméniques de Florence au XVème s. et de Trente au XVIème s. ont défini de manière dogmatique l’existence du purgatoire :
"Instruite par l’Esprit Saint et puisant à la Sainte Ecriture et à l’antique Tradition des Pères, l’Église catholique a enseigné dans les Saints Conciles qu’il y a un lieu de purification (purgatorium) et que les âmes qui y sont détenues sont aidées par les suffrages des fidèles mais surtout par le Sacrifice de l’Autel agréable à Dieu." (Concile de Trente).
Les sources scripturaires sont :
1 Co 5,4-5 "Ma conscience ne me reproche rien, mais ce n’est pas pour cela que je suis juste : celui qui me soumet au jugement, c’est le Seigneur.
Ainsi, ne portez pas de jugement prématuré, mais attendez la venue du Seigneur, car il mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres, et il rendra manifestes les intentions des cœurs. Alors, la louange qui revient à chacun lui sera donnée par Dieu."
1 P 3, 19-20 Car le Christ, lui aussi, a souffert pour les péchés, une seule fois, lui, le juste, pour les injustes, afin de vous introduire devant Dieu ; il a été mis à mort dans la chair, mais vivifié dans l’Esprit.
C’est en lui qu’il est parti proclamer son message aux esprits qui étaient en captivité. [Ce n'est pas l'enfer car on n'en revient plus de l'enfer.]
Ceux-ci, jadis, avaient refusé d’obéir, au temps où se prolongeait la patience de Dieu, quand Noé construisit l’arche, dans laquelle un petit nombre, en tout huit personnes, furent sauvées à travers l’eau."
Mt 12, 31-32 "C’est pourquoi, je vous le dis : Tout péché, tout blasphème, sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l’Esprit ne sera pas pardonné.
Et si quelqu’un dit une parole contre le Fils de l’homme, cela lui sera pardonné ; mais si quelqu’un parle contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera pas pardonné, ni en ce monde-ci, ni dans le monde à venir."
[Ce qui implique qu'il existe dans l'autre monde un lieu où les péchés peuvent être pardonnés comme purifiés par le feu, sauf le péché contre l'Esprit Saint.]
1 Co 3, 10-15 "l’ouvrage de chacun sera mis en pleine lumière. En effet, le jour du jugement le manifestera, car cette révélation se fera par le feu, et c’est le feu qui permettra d’apprécier la qualité de l’ouvrage de chacun."
Mt 5,26 "Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou."
Lc 12, 58-59 "Ainsi, quand tu vas avec ton adversaire devant le magistrat, pendant que tu es en chemin mets tout en œuvre pour t’arranger avec lui, afin d’éviter qu’il ne te traîne devant le juge, que le juge ne te livre à l’huissier, et que l’huissier ne te jette en prison. Je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier centime."
Mt 18, 32-35 "Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : “Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié.
Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?”
Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait.
C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur."
Hb 12, 23 "et vers l’assemblée des premiers-nés dont les noms sont inscrits dans les cieux. Vous êtes venus vers Dieu, le juge de tous, et vers les esprits des justes amenés à la perfection." [Dans un endroit où les âmes sont amenés à la perfection]
Cette doctrine fut pleinement confirmée par le Concile Vatican II, dans lequel nous lisons :
"Ainsi donc en attendant que le Seigneur soit venu dans sa majesté, accompagné de tous les anges (Mt 15, 31) et que, la mort détruite, tout lui ait été soumis (I Co 15, 26-27), les uns parmi ses disciples continuent sur la terre leur pèlerinage, d’autres, ayant achevé leur vie, se purifient encore ; d’autres enfin, sont dans la gloire contemplant dans la pleine lumière, tel qu’il est, Dieu un en trois Personnes." (Constitution dogmatique sur l’Église : Lumen Gentium, 49).
"La pensée de prier pour les morts, afin qu’ils soient délivrés de leurs péchés, est une pensée sainte et pieuse (2 Maccabées 12, 45)." (Lumen Gentium, 50).
"Cette foi vénérable de nos pères en la communion de vie qui existe avec nos frères déjà en possession de la gloire céleste, ou en voie de purification après leur mort, le Saint Concile la recueille avec grande piété." (Lumen Gentium, 51).
Interprétant ces textes du Concile, Jean-Paul II a expliqué :
"Unie aux mérites des saints, notre prière fraternelle vient au secours de ceux qui sont en attente de la vision béatifique. Selon les commandements divins, l’intercession pour les morts obtient des mérites qui servent au plein accomplissement du salut. C’est une expression de la charité fraternelle de l’unique famille de Dieu, par laquelle nous répondons à la vocation profonde de l’Église : « sauver des âmes qui aimeront Dieu éternellement » (Thérèse de Lisieux). Pour les âmes du purgatoire, l’attente du bonheur éternel, de la rencontre avec le Bien-Aimé, est source de souffrances à cause de la peine due au péché qui maintient loin de Dieu. Mais l’âme jouit de la certitude que, le temps de sa purification achevé, elle ira à la rencontre de Celui qu’elle désire (cf. Ps 42 ; 62). J’encourage donc les catholiques à prier avec ferveur pour les défunts, pour ceux de leurs familles et pour tous nos frères et sœurs qui sont morts, afin qu’ils obtiennent la rémission des peines dues à leurs péchés et qu’ils entendent l’appel du Seigneur à entrer dans la plénitude de sa gloire."
- Saint Cyprien (IIIe siècle), Traité sur la mort XX.
"Nous ne devons pas pleurer nos frères que l'appel du Seigneur a retirés de ce monde, puisque nous savons qu'ils ne sont pas perdus, mais partis avant nous: ils nous ont quittés comme des voyageurs, comme des navigateurs, pour nous précéder [...] Ne donnons pas aux païens l'occasion de nous reprocher, avec raison, de nous lamenter sur ceux que nous déclarons vivants auprès de Dieu, comme s'ils étaient anéantis et perdus."
- Saint Irénée de Lyon (IIe siècle), Contre les Hérésies V, 2,3.
Le bois de la vigne, une fois planté en terre, porte du fruit quand vient le temps. De même, le grain de froment, après être tombé en terre et s'y être dissous (Jn 12,24), resurgit multiplié par l'Esprit de Dieu qui soutient toutes choses. Ensuite, grâce au savoir faire, ils viennent à l'usage des hommes ; puis, en recevant la Parole de Dieu, ils deviennent eucharistie, c'est à dire le Corps et le Sang du Christ.
De même nos corps, qui sont nourris par cette eucharistie, après avoir été couchés dans la terre et s'y être dissous, ressusciteront en leur temps, lorsque le Verbe de Dieu les gratifiera de la résurrection, "pour la gloire de Dieu le Père" (Ph 2,11). Car il procurera l'immortalité à ce qui est mortel et l'incorruptibilité à ce qui est périssable (1Co 15,53), parce que la puissance de Dieu se déploie dans la faiblesse (2 Co 12,9).
Dans ces conditions nous nous garderons bien, comme si c'était de nous-mêmes que nous avons la vie, de nous enfler d'orgueil, de nous élever contre Dieu en acceptant des pensées d'ingratitude. Au contraire, sachant par expérience que c'est de sa grandeur à lui [...] que nous tenons de pouvoir vivre à jamais, nous ne nous écarterons pas de la vraie pensée sur Dieu et sur nous-mêmes. Nous saurons quelle puissance Dieu possède et quels bienfaits l'homme reçoit de lui. Nous ne nous méprendrons pas sur la vraie conception qu'il faut avoir de Dieu et de l'homme. D'ailleurs [...], si Dieu a permis notre dissolution dans la terre, n'est-ce pas précisément pour que, instruits de toutes ces choses, nous soyons dorénavant attentifs en tout, ne méconnaissant ni Dieu ni nous-mêmes ? [...] Si la coupe et le pain, par la Parole de Dieu, deviennent eucharistie, comment prétendre que la chair est incapable de recevoir la vie éternelle ?"
Pour les fidèles défunts (Pro fidelibus defunctis)
§ 1. Une indulgence plénière, applicable seulement aux âmes du Purgatoire, est accordée au fidèle qui:
1° visite dévotement le cimetière et prie pour les défunts, ne serait-ce que mentalement, entre le 1° et le 8 novembre.
2° le jour où est célébrée la commémoration de tous les fidèles défunts (ou bien, avec le consentement de l’Ordinaire, le dimanche précédent ou suivant, ou le jour de la solennité de la Toussaint), visite pieusement une église ou un oratoire et y récite le Pater et le Credo.
Le Dicastère pour la Doctrine de la foi (DDF) annonce que "le mardi 4 novembre 2025 aura lieu la présentation d'un nouveau document pour la Doctrine de la Foi intitulé Mater Populi Fidelis. Note doctrinale sur certains titres mariaux concernant la coopération de Marie dans l'œuvre du salut".[1]
Le 4 novembre, le DDF publie une note doctrinale sur certains titres mariaux, afin d’éclairer les dévotions et d’éviter les dérives autour de la figure de Marie.[2]
Cette nouvelle risque de faire sensation dans le monde catholique : "Le DDF publiera le 4 novembre le document 'Mater Populi Fidelis', une note doctrinale sur certains titres mariaux en rapport avec la participation de Marie à l’œuvre du salut."
Cependant, le titre de "Marie Corédemptrice" a longtemps fait l'objet de vifs débats au sein de l'Église catholique. Avant le concile Vatican II, environ 500 Pères conciliaires préconisaient de définir Marie comme "Médiatrice" (médiatrice des grâces). Une cinquantaine d'entre eux souhaitaient même la définir comme "Corédemptrice", c'est-à-dire "Co-Rédemptrice".[3]
Le préfixe "co-" dans l'expression "co-rédemptrice" (ou "co-redemptrix" en latin) provient du mot latin "cum", qui signifie "avec" ou "en union avec", et pas "égal à".
"La Corédemptrice n'est pas une rivale du Rédempteur, puisqu'elle est devenue *Co*-rédemptrice par Lui. Par conséquent, ce n'est pas l'affirmation, mais la négation du rôle corédempteur de Marie qui diminue l'œuvre rédemptrice du Christ." (Père Tibor Gallus SJ)
Il est regrettable qu'il faille faire une leçon de grammaire parce que des illettrés ne comprennent pas le sens de l'expression "co". Dans le contexte théologique catholique, cela indique que d'une manière unique la Vierge Marie est associée à l'oeuvre de la Rédemption: elle coopère activement et directement à l'œuvre de rédemption accomplie par son fils Jésus-Christ (Lumen gentium 61 "operari Salvatoris singulari prorsus modo cooperata est"), sans qu'elle lui soit "égale". Lorsque l'ange Gabriel lui apparaît, elle accepte de devenir la mère du Messie, le Rédempteur, et ainsi elle coopère volontairement avec le Rédempteur, et en ce sens, on pourrait la décrire comme quelqu'un qui travaille avec le Rédempteur d'une manière unique, en étant acceptant d'être sa mère, et on pourrait légitimement utiliser ce titre pour elle dans ce sens.
Au 18e siècle, Saint Alphonse de Liguori utilise le titre de Corédemptrice dans ses œuvres dogmatiques de maturité (Contre les prétendus hérétiques réformés, 1770), où il expose les enseignements du concile de Trente et réfute les objections protestantes et jansénistes. Ce texte montre que les titres de Corédemptrice et de Médiatrice étaient déjà bien établis chez les catholiques. Il écrit : ''Nous l'appelons Corédemptrice, non pas parce que Marie, avec Jésus-Christ, a racheté les hommes, mais parce que, comme l'écrit saint Augustin ( Lib. De sancta Virginit , chap. 6), en étant la Mère de notre Chef Jésus-Christ et en ayant coopéré par sa charité pour que les fidèles de l'Église puissent naître spirituellement à la grâce, elle est aussi devenue la Mère des membres de ce Chef.'' La corédemption de Marie s'enracine donc dans sa maternité divine, à laquelle s'ajoute, pour ainsi dire, une coopération supplémentaire et spécifique, qui se réalise particulièrement dans l'offrande de son Fils sur la croix : 'Tout au long de sa vie, cette Vierge exaltée a coopéré à leur salut par sa charité envers les hommes, surtout lorsqu'au mont Calvaire elle a offert la vie de son Fils au Père éternel pour notre salut' (p. 394-395).
Lumen Gentium§ 58, la constitution dogmatique sur l'Église, nous apprend que Marie "avança dans son pèlerinage de foi, gardant fidèlement l’union avec son Fils jusqu’à la croix où, non sans un dessein divin, elle était debout (cf. Jn 19, 25), souffrant cruellement avec son Fils unique, associée d’un cœur maternel à son sacrifice, donnant à l’immolation de la victime, née de sa chair, le consentement de son amour". En tant que Corédemptrice, Marie n’offre en aucun cas "une voie parallèle vers le salut". Au contraire,son rôle de Corédemptrice est toujours avecet sous l’autorité de son divin Fils. Elle est la Nouvelle Ève, unie au Christ, le Nouvel Adam, dans l’unique sacrifice du Calvaire. Ève a initié la Chute par son… "Non".
Marie ouvre la voie à la Rédemption par son "oui". En tant que Mère spirituelle, elle a participé avec son Fils à l'acquisition des grâces du salut, et maintenant, en tant que Médiatrice et "Mère de la grâce", "elle continue à nous obtenir les dons qui assurent notre salut éternel".C’est pourquoi la bienheureuse Vierge est invoquée dans l’Église sous les titres d’avocate, auxiliatrice, secourable, médiatrice (Cf. Léon XIII, Encycl. Adiutricem populi, 3 septembre 1895), tout cela cependant entendu de telle sorte que nulle dérogation, nulle addition n’en résulte quant à la dignité et à l’efficacité de l’unique Médiateur, le Christ (Cf. Saint Ambroise, Épître 63). (Lumen Gentium§ 62) Ces fonctions maternelles sont celles contenues dans les titres de Corédemptrice et de Médiatrice de toutes les grâces.
"Aucune créature en effet ne peut jamais être mise sur le même pied que le Verbe incarné et rédempteur. Mais tout comme le sacerdoce du Christ est participé sous des formes diverses, tant par les ministres que par le peuple fidèle, et tout comme l’unique bonté de Dieu se répand réellement sous des formes diverses dans les créatures, ainsi l’unique médiation du Rédempteur n’exclut pas, mais suscite au contraire une coopération variée de la part des créatures, en dépendance de l’unique source." (Lumen Gentium§ 62)
Saint Paul, dans 1 Corinthiens 3,9, affirme que nous sommes des "collaborateurs" de Dieu. Nous collaborons avec Dieu à l’édification du Corps du Christ. En tant que corédemptrice, Marie collabore à l’œuvre de rédemption du Christ. Elle n’ajoute ni ne retranche rien à l’œuvre unique et irremplaçable du Christ, le divin Rédempteur. Elle a assurément collaboré à l’œuvre de rédemption de Dieu lorsqu’elle est devenue, par son obéissance, "pour tout le genre humain, cause du salut" (Lumen Gentium§ 56, citant saint Irénée, Contre les hérésies, III, 22, 4).
Le grand mariologue Gabriele Roschini a défini le titre de Co-Rédemptrice de la manière suivante : "Le titre de Co-Rédemptrice du genre humain signifie que la Très Sainte Vierge a coopéré avec le Christ à notre réparation, comme Ève a coopéré avec Adam à notre ruine" (Qui est Marie ?, Catéchisme marial, question 83). [La Nuova Bussola Quotidiana]
Les papes récents ont adopté des positions diverses sur l'utilisation du titre de "Corédemptrice" pour Marie.
Dans son discours lors de l'audience générale du 24 mars 2021, François a déclaré que si les chrétiens ont toujours donné de beaux titres à Marie, il est important de se rappeler que le Christ est le seul rédempteur et que Marie nous a été confiée "comme une mère, non comme une déesse, ni comme une corédemptrice".
En tant que cardinal Joseph Ratzinger en 2000, le pape Benoît XVI avait déclaré qu'il pensait que le titre de "Corédemptrice" était trop éloigné des Écritures et pouvait entraîner des malentendus sur le statut de rédempteur du Christ — même si les partisans de la formule mariale estimaient qu'il se montrait plus ouvert à cette dévotion dans son pontificat, bien qu'il n'ait jamais utilisé explicitement ce terme.
Mais Pie IX, Léon XIII, Pie X, Pie XI, Jean-Paul II et Paul VI étaient-ils tout simplement ignorants ? Saint Jean-Paul II, utilisa publiquement le mot "corédemptrice" au moins six fois au cours de son pontificat, renouvelant ainsi l'espoir d'une déclaration imminente du dogme dans les années 1990. Dans sa lettre apostolique de 1984, Salvifici doloris,Jean-Paul II expliqua que la pleine suffisance du sacrifice du Christ n’empêche pas la participation à son œuvre rédemptrice, mais la rend possible : "La souffrance du Christ a créé le bien de la Rédemption du monde. Ce bien en lui-même est inépuisable et infini. Aucun homme ne peut lui ajouter quoi que ce soit. Mais en même temps, dans le mystère de l'Eglise qui est son corps, le Christ, en un sens, a ouvert sa souffrance rédemptrice à toute souffrance de l'homme. Dans la mesure où l'homme devient participant des souffrances du Christ— en quelque lieu du monde et à quelque moment de l'histoire que ce soit —, il complète à sa façon la souffrance par laquelle le Christ a opéré la Rédemption du monde." (Salvifici doloris, § 24).
Jean-Paul II enseigne que Marie a participé à la Passion du Christ d'une manière unique au pied de la Croix, sur le Calvaire: "ce fut encore sur le Calvaire que la souffrance de Marie, auprès de celle de Jésus, atteignit un sommet difficilement imaginable du point de vue humain mais, certes, mystérieux et surnaturellement fécond au plan du salut universel.Sa montée au Calvaire, sa 'présence' au pied de la Croix avec le disciple bien-aimé ont été une participation tout à fait spéciale à la mort rédemptrice de son Fils." (Salvifici doloris, § 25). Jean-Paul II affirme que la souffrance de Marie au pied de la Croix fut "mystérieuse et surnaturellement féconde pour le salut universel" (Salvifici doloris, § 25). C'est le sens de la corédemption mariale. Marie, en tant que corédemptrice, n'enlève ni n'ajoute rien à la dignité et à l'efficacité du Christ, l'unique Médiateur.
Ce titre remonte au Xe siècle, lorsque certaines litanies mariales incluaient le titre de Marie comme rédemptrice, aux côtés de son fils. Le préfixe "co-" a été ajouté au XVe siècle, afin de préciser que Marie n'était pas la rédemptrice, mais plutôt quelqu'un qui avait coopéré de manière unique à l'œuvre de rédemption.
Le titre de "Corédemptrice" n'a été reconnu par le magistère que plusieurs siècles plus tard, en 1908, lorsque la Sacrée Congrégation des Rites l'a utilisé dans un décret élevant le rang de la fête des Sept Douleurs de Marie.
Depuis lors, il a été mentionné à plusieurs reprises dans l'enseignement de l'Église, notamment lors du Concile Vatican II, qui a finalement décidé de ne pas reconnaître officiellement ce titre dans le document Lumen Gentium.[4]
Parmi les saints ayant médité sur le rôle de Marie comme Co-Rédemptrice, on peut citer John Henry Newman, saint Josémaria Escrivá, sainte Edith Stein, saint Pio de Pietrelcina et saint Maximilien Kolbe.[5]
Il est probable que la rédaction de la "note doctrinale" ait été commandée sous le pontificat du pape François.
Un autre titre, tel que "qui défait les nœuds", pourrait être envisagé, mais pour l’instant, cela reste incertain.
Ce document, dont la rédaction a débuté sous le pontificat de François, appliquera, selon les informations disponibles, les nouvelles normes d'évaluation des phénomènes surnaturels aux titres mariaux liés aux dévotions.[6]
Le correspondant du Vatican pour Per Mariam, Michael Haynes, a souligné qu’en 1913, le Saint-Office, devenu depuis le Dicastère pour la Doctrine de la Foi, avait accordé une indulgence partielle à une prière de réparation à la Vierge Marie se terminant par ces mots : "Je bénis ton saint Nom, je loue ton privilège infini d’être véritablement Mère de Dieu, toujours Vierge, conçue sans tache de péché, Co-Rédemptrice du genre humain."
Le débat sur le statut de Co-Rédemptrice fut un point de discorde lors du Concile. De nombreux évêques et théologiens conservateurs insistèrent pour que Marie soit proclamée Co-Rédemptrice, Médiatrice et Avocate, constituant ainsi un cinquième dogme marial. Des pétitions en ce sens auraient recueilli des signatures parmi les évêques présents, mais, par un vote serré, le Concile décida d'intégrer l'enseignement marial à la Constitution dogmatique sur l'Église ( Lumen Gentium ) plutôt que de publier un dogme marial distinct. Lumen Gentium la nomma finalement "Médiatrice", reconnaissant son intercession maternelle et sa coopération à l’œuvre salvifique du Christ, mais évita le titre plus fort de "Co-Rédemptrice", que de nombreux Pères conciliaires craignaient de voir occulter le rôle rédempteur unique du Christ et compliquer le dialogue œcuménique.
Les préoccupations œcuméniques continuent de freiner toute définition formelle, car de nombreux théologiens craignent que la promotion d'un nouveau dogme marial ne tende les relations avec les communautés orthodoxes et protestantes. C'est pourquoi les correspondants du Vatican suivront de près la présentation de Mater Populi Fidelis le 4 novembre.[7]
Add. 4 novembre 2025
"Mater populi fidelis" est le titre du document du dicastère pour la Doctrine de la foi approuvé et signé par Léon XIV le 7 octobre, et publié et signé le 4 novembre par le préfet, le cardinal Víctor Manuel Fernández. Cette "note doctrinale" clarifie les titres à utiliser pour la Vierge Marie. Une attention particulière est également requise pour le titre "Médiatrice de toutes grâces".
La note est le fruit d'un long et minutieux travail collégial sur la dévotion mariale, centré sur la figure de Marie associée à l'œuvre du Christ en tant que Mère des croyants. La note fournit une base biblique significative pour la dévotion à Marie, en plus de rassembler différentes contributions des Pères, des Docteurs de l'Église, des éléments de la tradition orientale et de la pensée des derniers Papes.
Dans ce cadre, le texte doctrinal analyse un certain nombre de titres mariaux; il en valorise certains et met en garde contre l'utilisation d'autres.
Des titres tels que "Mère des croyants", "Mère spirituelle", "Mère du peuple fidèle", sont particulièrement appréciés, lit-on dans la note.
En revanche, le titre de "co-rédemptrice" est considéré comme inapproprié et inconvenant. Le titre de "médiatrice' est considéré comme inacceptable lorsqu'il revêt une signification exclusive à Jésus-Christ, mais il est considéré comme précieux s'il exprime une médiation inclusive et participative, qui glorifie la puissance du Christ.
Les titres de "Mère de la grâce" et "Médiatricede toutes grâces" sont considérés comme acceptables dans certains sens très précis, mais une explication particulièrement large des significations qui peuvent présenter des risques est proposée.
En substance, la note réaffirme la doctrine catholique qui a toujours bien mis en évidence que tout en Marie est orienté vers la centralité du Christ et son action salvifique. C'est pourquoi, même si certains titres mariaux peuvent être expliqués par une exégèse correcte, il est préférable de les éviter.
Dans sa présentation, le cardinal Fernández valorise la dévotion populaire, mais met en garde contre les groupes et les publications qui proposent un certain développement dogmatique et suscitent des doutes parmi les fidèles, notamment à travers les réseaux sociaux. "Le principal problème dans l’interprétation de ces titres appliqués à la Vierge Marie est de comprendre comment Marie est associée à l’œuvre rédemptrice du Christ".
En ce qui concerne le titre "co-rédemptrice", la note rappelle que certains Papes "ont utilisé ce titre sans trop s’attarder à l’expliquer. D’une manière générale, ils l’ont présenté de deux manières précises: par rapport à la maternité divine, dans la mesure où Marie, en tant que mère, a rendu possible la Rédemption accomplie dans le Christ, ou en référence à son union avec le Christ près de la Croix rédemptrice. Le Concile Vatican II a évité d’utiliser le titre de co-rédemptrice pour des raisons dogmatiques, pastorales et œcuméniques. Saint Jean-Paul II l’a utilisé à sept reprises au moins, en le rapportant en particulier à la valeur salvifique de nos souffrances offertes avec celles du Christ à qui Marie est unie avant tout sur la Croix".
Le document cite une discussion interne de l'ancienne Congrégation pour la doctrine de la foi qui, en février 1996, avait examiné la demande de proclamer un nouveau dogme sur Marie "co-rédemptrice ou médiatrice de toutes grâces". L'avis du cardinal Ratzinger n’était pas favorable: "La signification précise des titres n’est pas claire et la doctrine qu’ils contiennent n’est pas mûre. […] On ne voit pas clairement comment la doctrine exprimée dans les titres est présente dans l’Écriture et dans la tradition apostolique". Plus tard, en 2002, le futur Benoît XVI s'était également exprimé publiquement dans le même sens: "La formule “co-rédemptrice” est trop éloignée du langage de l’Écriture et de la patristique et provoque ainsi des malentendus... Tout procède de Lui, comme le disent surtout les Lettres aux Éphésiens et aux Colossiens. Marie est ce qu’elle est grâce à Lui". Le cardinal Ratzinger, précise la note, ne niait pas qu'il y avait de bonnes intentions et des aspects précieux dans la proposition d'utiliser ce titre, mais il soutenait qu'il s'agissait d'un "terme erroné".
Le Pape François a exprimé au moins trois fois une position clairement opposée à l'utilisation du titre de co-rédemptrice. Le document doctrinal conclut à ce sujet: "l’utilisation du titre de co-rédemptrice pour définir la coopération de Marie est toujours inopportune. Ce titre risque d’obscurcir l’unique médiation salvifique du Christ et peut donc générer une confusion et un déséquilibre dans l’harmonie des vérités de la foi chrétienne... Lorsqu’une expression nécessite des explications nombreuses et constantes, afin d’éviter qu’elle ne s’écarte d’un sens correct, elle ne rend pas service à la foi du Peuple de Dieu et devient gênante".
Le Christ est l'unique Médiateur. D'autre part, elle souligne l'usage très courant du "terme “médiation” dans les domaines les plus variés de la vie sociale, où il s’entend simplement comme coopération, aide, intercession. Par conséquent, il est inévitable qu’il soit appliqué à Marie dans un sens subordonné, et en aucune façon il n’a pour but d’ajouter une efficacité ou une puissance à l’unique médiation de Jésus-Christ". En outre, le document reconnaît qu'"il est évident qu’il y a eu une forme de médiation réelle de Marie pour rendre possible l’Incarnation du Fils de Dieu dans notre humanité".
Mère des croyants
La fonction maternelle de Marie "n’offusque et ne diminue en rien" la médiation unique du Christ, mais "en manifeste au contraire la vertu". Ainsi comprise, "la maternité de Marie n’a pas pour but d’affaiblir l’unique adoration qui n’est due qu’au Christ, mais de la stimuler". Il faut donc éviter, affirme la note, "les titres et les expressions qui se réfèrent à Marie et qui la présentent comme une sorte de “paratonnerre” devant la justice du Seigneur, comme si Marie était une alternative nécessaire à l’insuffisante miséricorde de Dieu" (n. 37, b). Le titre de "Mère des croyants" nous permet de parler de "l’action de Marie aussi en relation avec notre vie de grâce" (n. 45).
Il faut cependant faire attention aux expressions qui peuvent transmettre "d’autres contenus moins acceptables" (45). Le cardinal Ratzinger avait expliqué que le titre de "Marie médiatrice de toutes grâces" n'était pas clairement fondé sur la révélation divine, et "en accord avec cette conviction, nous pouvons reconnaître les difficultés qu’il comporte, tant pour la réflexion théologique que pour la spiritualité". En effet, "aucun être humain, pas même les apôtres ou la Très Sainte Vierge, ne peut agir en tant que dispensateur universel de la grâce. Seul Dieu peut donner la grâce et Il le fait à travers l’humanité du Christ". Les titres, tels que celui de "Médiatrice de toutes grâces", ont donc "des limites qui ne facilitent pas une compréhension correcte de la place unique de Marie. En effet, elle, la première rachetée, ne peut pas avoir été médiatrice de la grâce qu’elle a reçue elle-même".
Cependant, le document reconnaît enfin que "le mot “grâces”, à propos de l’aide maternelle de Marie à différents moments de la vie, peut avoir un sens acceptable. Le pluriel exprime toutes les aides, même matérielles, que le Seigneur peut nous apporter en écoutant l’intercession de la Mère".[8]
Ap12,1-5;17 "Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. ... Elle mit au monde un fils, un enfant mâle, celui qui sera le berger de toutes les nations, les conduisant avec un sceptre de fer. ... Alors le Dragon se mit en colère contre la Femme, il partit faire la guerre au reste de sa descendance."
Le Vatican déclare que les titres de "Co-Rédemptrice" et de "Médiatrice" ne devraient plus être utilisés pour Marie, réaffirmant que le Christ seul est Rédempteur et clarifiant la doctrine mariale.[9]
Saint Thomas d'Aquin:
"Les souffrances des saints sont bénéfiques à l'Église, non pas pour la rédemption, mais pour l'exemple et l'exhortation, selon 2 Corinthiens 1:6: "Que nous soyons dans la tribulation, c'est pour votre exhortation et votre salut"? (Somme théologique, Troisième partie, Question 48, Article 5, Réponse à l'objection 3.)
"Aujourd'hui est le jour le plus opportun et le plus approprié pour se rappeler que si la Sainte Vierge est, bien que de manière participative et subordonnée, 'co-rédemptrice', c'est-à-dire épouse et coadjutrice de la rédemption, elle est aussi 'médiatrice de toutes grâces', non pas comme source, mais comme canal."
"Traditionnellement, la coopération de Marie à l’œuvre du salut a été abordée selon une double perspective : à partir de sa participation à la Rédemptionobjective,accomplie par le Christ au cours de sa vie et particulièrement dans la Pâques, et à partir de l’influence qu’elle aactuellementsur ceux qui ont été rachetés." (# 4)
Le Vatican ne rejette pas la théologie de la co-rédemption comme étant erronée, il met en garde contre un développement dogmatique inapproprié de ce terme: "Compte tenu de la nécessité d’expliquer le rôle subordonné de Marie au Christ dans l’œuvre de la Rédemption, l’utilisation du titre de Co-rédemptrice pour définir la coopération de Marie est toujours inopportune." (# 22)
Les malentendus sont plus susceptibles de surgir dans le monde protestant, qui nie la coopération de l'homme au salut par le principe de la sola gratia.
Dans son Homélie à Fatima, 13 mai 2010, le Pape Benoît XVI, par exemple, indiqua comment en embrassant nos croix et en les unissant spirituellement à celle de Jésus, nous devenons tous "rédempteurs avec le Rédempteur", participant à l’œuvre de salut et de "rédemption pour le monde entier" :
"Mes chers frères et sœurs, aux yeux de Dieu, vous avez une valeur inestimable : 'Il s’est fait homme pour souffrir avec l’homme de manière pleinement réelle, en chair et en os, comme nous le révèle le récit de la Passion de Jésus. Ainsi, dans toute souffrance humaine, nous sommes unis à Celui qui la vit et la porte avec nous ; ainsi la consolation est présente dans toute souffrance, la consolation de l’amour compatissant de Dieu, et ainsi l’étoile de l’espérance se lève' (Spe Salvi , 39). Forts de cette espérance, vous pouvez quitter les sables mouvants de la maladie et de la mort et vous tenir sur le roc inébranlable de l’amour divin. Autrement dit, vous pouvez surmonter le sentiment d’inutilité de la souffrance qui ronge l’être humain et le fait se sentir un fardeau pour son prochain, alors qu’en réalité, la souffrance vécue avec Jésus contribue au salut de vos frères et sœurs.
Comment cela est-il possible ? Parce que la source de la puissance divine jaillit au cœur de la faiblesse humaine. C’est le paradoxe de l’Évangile. C’est pourquoi le Maître divin, au lieu d’expliquer les raisons de la souffrance, a préféré appeler chacun à le suivre, disant : « Prenez votre croix et suivez-moi » (cf. Mc 8, 34). Venez avec moi. Par votre souffrance, participez à l’œuvre de salut qui s’accomplit par ma souffrance, par ma croix. En embrassant peu à peu votre propre croix, en vous unissant spirituellement à la mienne, le sens salvifique de la souffrance vous sera révélé. Dans la souffrance, vous découvrirez une paix intérieure et même une joie spirituelle.
Chers amis malades, accueillez l’appel de Jésus qui passera bientôt parmi vous dans le Très Saint Sacrement, et confiez-lui toutes vos épreuves et vos souffrances, afin qu’elles deviennent – selon son dessein – un moyen de rédemption pour le monde entier. Vous serez rédempteurs avec le Rédempteur, comme vous êtes fils dans le Fils. Au pied de la croix… se tient la mère de Jésus, notre mère."[10]
Est-il juste de sacrifier une expression qui, en soi, est "tout à fait vraie" pour des raisons œcuméniques ? Quoi qu'il en soit, pour les protestants, se pose non seulement le problème du terme, mais aussi celui de la doctrine enseignée par Vatican II sur la coopération singulière de Marie à la rédemption. Un faux œcuménisme peut nuire à la doctrine catholique, qui doit être professée dans toute sa richesse. Si l'Église devait supprimer toutes les expressions qui déplaisent aux protestants, elle devrait également supprimer le titre de Mère de Dieu ( Theotokos).Comme mentionné dans la Note (n° 9, 11, 15), ce titre pourrait prêter à confusion, notamment chez les personnes peu catéchisées.
Aujourd'hui, presque tous les journaux, y compris catholiques, titrent que Marie n'est pas corédemptrice. Il est donc surprenant de constater que la Note déclare soudainement "inapproprié" et "inconvenant" un titre comme celui de corédemptrice, pourtant entré dans le vocabulaire théologique et l'enseignement des papes.
Le titre de "corédemptrice" est l'expression la plus concise pour exprimer la coopération unique de Marie à la rédemption. Le risque de mettre Marie sur le même plan que Jésus est évité en précisant que sa coopération dépend entièrement du Christ et lui est subordonnée. Interdire un titre aussi bref, qui exprime une vérité centrale clairement exposée par Vatican II, serait une tâche ardue.[11]
Le Concile Vatican II dans Lumen gentium ajoute un élément central absent du nouveau document : l' association de Marie, par un esprit maternel, au sacrifice de son Fils (cf. LG 58). Lumen gentium 58 réaffirme clairement le magistère antérieur (en particulier celui de Benoît XV dans Inter sodalicia) concernant le rôle actif et oblatif de la Vierge Marie. En ce sens, le nouveau document n'est pas un développement de la doctrine mais en est "une régression significative".[12]
[12] Diane Montagna, Une note doctrinale très dissonante : sur "Mater Populi Fidelis". Le mariologue italien, le père Serafino Lanzetta, analyse un nouveau document du Vatican sur les titres mariaux de "Corédemptrice" et de "Médiatrice de toutes les grâces".
Credo, Compendium de la foi catholique, de Mgr Athanasius Schneider (éd. Contretemps)
Extrait, p. 236:
Quelle forme de faux culte a été condamnée à plusieurs reprises par l'Eglise ?
La Franc-maçonnerie. D'abord explicitement condamnée par le pape Clément XII en 1738, cette erreur pernicieuse fait toujours l'objet des plus fortes censures.
II. 116. Pourquoi les associations maçonniques constituent-elles un faux cule ?
Dans ses grades inférieurs, la franc-maçonnerie est une ''religion naturaliste'' – un mélange de panthéisme, de gnose et de ''salut par soi-même''. Les maçons de grades supérieurs semblent adorer le diable plus directement, avec une ''religion'' qui n'est tolérante qu'en apparence ; car ils soutiennent qu'eux seuls sont les ''initiés'', ''parfaits'' et ''illuminés'', tandis que le reste de l'humanité est pour eux profane, imparfait et obscurci.
II. 117. Quelle est l'essence de la Franc-maçonnerie ?
L'essence de la religion maçonnique consiste dans la perversion, c'est-à-dire dans la subversion de l'ordre divin de la création et dans la transgression des lois données par Dieu. Les francs-maçons du haut grades voient dans cette perversion le ''vrai progrès'' de l'humanité, la construction morale du ''temple de l'humanité''. Au lieu de la Révélation de Dieu, il y a le ''secret maçonnique'' et l'être humain se fait finalement Dieu.
II.120 Qu'est-ce qui montre que la Franc-maçonnerie est une secte gnostique et finalement satanique ?
Le grand dictionnaire encyclopédique de la franc-maçonnerie et de la Symbologie en plusieurs volumes, publié par le franc-maçon Nicolas Aslan, un érudit de l'historiographie maçonnique, affirme :
l'Antéchrist comme ''pole négatif'' nécessaire à toute Manifestation et au Progrès ;
le Serpent comme symbole de l'énergie universelle, de l'harmonie des contraires et du grand agent magique ;
le principe du Feu dans les Hauts Degrés Maçonniques, appelé ''pouvoir universel de régénération'' et ''Lucifer'' .
De tels témoignages et aveux explicites justifient entièrement la description de la Franc-maçonnerie par l'Eglise comme ''secte satanique'', qui a le diable comme dieu.''
La Toussaint est en réalité une sorte de triduum : trois jours de commémoration comprenant la veille de la Toussaint (31 octobre, abrégé en Halloween), le jour de la Toussaint (1er novembre) et le jour des fidèles défunts (2 novembre). Comme pour les autres grandes fêtes, la célébration de la Toussaint commence à la veille, c'est pourquoi la culture laïque célèbre Halloween dans la nuit du 31 octobre — mais ne fait rien les jours de fête suivants — , avec son accent sur les thèmes horrifiques, les costumes, les bonbons et les décorations — comme la norme. En réalité, cette fête est le fruit de l'appropriation, au XXe siècle, par les médias et la société de consommation, des fêtes catholiques, les vidant de leur sens véritable. À l'instar de Noël et de Pâques laïques, Halloween est devenue en un siècle une fête dénaturée qui privilégie le plaisir au détriment de la ferveur. Certains néo-païens celtes et chrétiens fondamentalistes affirment que l'Église s'est appropriée la date d'une fête païenne des morts et tous ses attributs. C'est faux. Les dates actuelles correspondent à une fête des récoltes appelée Samhain par les Celtes, mais rien n'indique que Samhain était une fête des morts... Elle marquait simplement la fin de la saison des récoltes. Les jours de fête étaient souvent considérés comme une période de transition où le voile entre le monde matériel et le monde spirituel est plus fin, mais y voir une fête des morts comparable à celles d'autres systèmes de croyances païens anciens dépasse les fondements textuels. En l'absence de documents préchrétiens attestant de sa célébration, toute affirmation à ce sujet relève de la spéculation. Bède appelle novembre "mois du sang", ce qui semble prometteur. Cependant, sa véritable signification est prosaïque : c’était la période où l’on abattait le bétail en surplus afin de constituer des réserves de fourrage pour le long hiver. Hormis cela, Bède n’accorde aucune importance particulière à cette saison.
On trouve des références à la fête de la Toussaint au IVe siècle chez saint Éphrem le Syrien et saint Jean Chrysostome, ce dernier la fixant au premier dimanche après la Pentecôte.
Les premières traces d'une célébration générale sont attestées à Antioche et se rapportent au dimanche après la Pentecôte. Cette coutume est citée dans la 74e homélie de saint Jean Chrysostome, datée de 407 ap. J.-C..
La fête de la Toussaint fut instituée par Boniface IV (608-615) pour commémorer la consécration du Panthéon de Rome, qui avait été un temple dédié à "tous les dieux". L'empereur byzantin Phocas (602-610) en fit don à l'Église et Boniface fit reconsacrer cet ancien temple d'idoles sous le nom de Sainte-Marie-et-des-Martyrs (Dedicatio Sancta Maria ad martyres) le 12 ou le 13 mai 609 ; c'est ce qui lui a fait donner le nom de Notre-Dame des Martyrs, ou de la Rotonde, parce que cet édifice est en forme d'un demi-globe. Boniface suivit en cela les intentions de saint Grégoire le Grand, son prédécesseur. Il y fit transporter des corps de nombreux martyrs des catacombes. Le calendrier se remplissait alors si rapidement de fêtes de saints qu'il était impossible de toutes les recenser. De plus, certains saints étaient inconnus du nom. La Toussaint fut créée pour les honorer et était initialement célébrée le 13 mai.
La fête de la Toussaint fut déplacée au 1er novembre au VIIIe siècle par Grégoire III (731-741) pour coïncider avec la consécration d'une nouvelle chapelle à Saint-Pierre dédiée à tous les saints, des martyrs, des confesseurs et de tous les justes en choisissant le 1er novembre comme date anniversaire; il augmenta ainsi la solennité de la fête: depuis ce temps-là elle a toujours été célébrée à Rome.
Un siècle plus tard, Grégoire IV (827-844) ajouta officiellement cette date au calendrier. Grégoire IV étant venu en France l'an 837, sous le règne de Louis le Débonnaire, cette fête s'y introduisit et y fut bientôt généralement adoptée; mais le P. Ménard a prouvé qu'elle avait déjà lieu auparavant dans plusieurs églises, quoiqu'il n'y eût encore aucun décret porté à ce sujet; Notes sur le Sacram de Saint Grég., p. 152; Thomassin, Traité des Fêtes, etc. Il est tout à fait possible que cette date ait été choisie pour "baptiser" l'ancienne fête païenne des moissons de païens celtes des confins de l'empire, mais Jacques de Voragine propose une explication plus logique à ce changement : "les provisions étaient abondantes après les moissons et les vendanges terminées". Autrement dit, c'était une date traditionnelle de fêtes des moissons à travers l'Europe, ce qui en faisait un moment propice aux festivités. L'Église, habituée à ces moments profondément ancrés dans la culture populaire, en conservait les traditions tout en recentrant son attention et en purifiant l'intention. L'objectif était de permettre aux fidèles de poursuivre leurs réjouissances, de modérer leurs excès sensuels et d'élever leur regard vers le divin. Par ailleurs, Rome en mai n'est pas un lieu idéal pour les grands rassemblements, et la fête commençait à attirer un nombre important de pèlerins.
En 998, Saint Odilon ajouta une commémoration pour tous les fidèles défunts ( Omnium fidelium defunctorum memoria ou commemoratio ) au calendrier annuel des Bénédictins de Cluny et des monastères qui lui étaient rattachés, s'appuyant sur une pratique antérieure de prière pour eux à la Pentecôte. Cette pratique, qui comprenait le jeûne, l'aumône et des messes pour les défunts, se répandit dans les autres maisons bénédictines et fut adoptée par les différents diocèses. Elle s'inscrit dans l'ancienne tradition de prière pour les défunts. Par exemple, dans son traité "Sur la monogamie", au 3e sièclen, Tertullien (150-220) écrit à propos d'une veuve : "Elle prie pour son âme, implore le repos éternel et la communion avec lui lors de la première résurrection ; et elle offre son sacrifice à l'anniversaire de son décès." Ces prières et offrandes, conformément à la tradition, étaient prescrites pour l'anniversaire de la mort. La Toussaint les a réunies en une seule journée. Elle apparaît pour la première fois dans les Ordines Romani (recueils de rubriques liturgiques) au XIVe siècle , témoignant de sa diffusion au sein de l'Église.
Du Moyen Âge jusqu'à sa suppression lors de la Réforme, ces jours étaient commémorés de diverses manières en Angleterre. La plus notable consistait à faire sonner les cloches : joyeusement le 31 octobre, avec tristesse le 2 novembre jusqu'à ce que la reine Élisabeth Ire mit fin aux "sonneries superstitieuses de cloches à la Allhallowtide et à la Toussaint". Si elle a fait taire les cloches, les prières pour les défunts étaient plus difficiles à faire disparaître et ont persisté – discrètement – jusqu'au XIXe siècle , les fidèles se rassemblant dans les champs pour prier à la lueur des torches.
Ceci nous amène à un autre aspect des festivités : le feu. On l’a artificiellement associé aux feux de Beltane, ces feux de joie allumés en mai, censés protéger le bétail des sorcières. (Nombre de ces liens, et d’ailleurs une grande partie des écrits sur le folklore, relèvent de la pure spéculation.) Ces feux évoquaient ceux du purgatoire, qui purifiaient les âmes des défunts par les prières de leurs proches lors de la fête. Et, à vrai dire, les feux de joie en novembre ne sont pas si rares. Il fait froid et il y a souvent des déchets à brûler. On sonnait les cloches, on célébrait des messes, on allumait des bougies, et l'on offrait prières et aumônes, le tout dans un seul but : faire traverser le purgatoire aux défunts et les conduire au paradis. C'est ainsi qu'ils s'opposèrent aux réformateurs qui affirmaient que le purgatoire n'était qu'une invention romaine.
Dans la tradition ancienne, on préparait et distribuait des "gâteaux d'âmes", d'abord probablement aux seuls pauvres, puis, dans certains endroits, à toute la communauté. Les coutumes de visites à domicile se sont développées autour de la distribution de ces gâteaux, accompagnées de quelques vers chantés, consignés par l'antiquaire John Aubgry en 1686.
Un gâteau d'âmes, un gâteau d'âmes. Ayez pitié de tous les chrétiens pour un gâteau des âmes.
Shakespeare fit mention de cette pratique dans Les Deux Gentilshommes de Vérone, où Speed dit de Valentin qu'il "mendie comme un mendiant à la Toussaint". Au milieu du XIXe siècle , un recueil de folklore rapporte que des enfants allaient mendier en chantant une petite chanson :
J'espère que vous serez généreux avec vos pommes et votre bière forte.
Et nous ne reviendrons plus mendier jusqu'à l'année prochaine à la même époque.
Un pour Pierre, un pour Paul,
un pour Celui qui nous a tous créés.
À bas les casseroles, à bas les poêles !
Donnez-nous un gâteau au lait et nous nous en allons.
Ces gâteaux étaient une forme d'aumône, et aidaient ainsi les âmes du purgatoire. Cette tradition de visites à domicile, appelée "souling" en Angleterre, rappelle la collecte de bonbons d'Halloween d'aujourd'hui. Elle semble avoir disparu de la plupart des régions d'Angleterre au XIXe siècle, pour ne réapparaître que dans les années 1980 sous l'influence de l'Halloween à l'américaine. Les costumes ne figurent pas en bonne place dans les documents qui nous sont parvenus, mais des mascarades et des jeux faisaient certainement partie des festivités. Dans certaines régions, des superstitions liées à la divination étaient répandues à cette période de l'année. Une jeune fille pouvait connaître son futur époux en épluchant une pomme et en jetant la peau par-dessus son épaule gauche. La forme ainsi dessinée était censée correspondre à l'initiale de son futur mari. Il n'y a aucune raison pour que les catholiques d'aujourd'hui abandonnent les aspects profanes d'Halloween, même s'il convient d'en rejeter les aspects les plus occultes. Il nous faut plutôt nous souvenir de sa vocation première : honorer nos défunts, ceux qui sont assurément au ciel et ceux qui sont en chemin, par la prière, les offrandes et les messes. (1)
L'objet de cette solennité est non seulement d'honorer les saints comme les amis de Dieu, mais de lui rendre grâces des bienfaits qu'il a daigné leur accorder et du bonheur éternel dont il les récompense, de nous exciter à imiter leurs vertus, d'obtenir leur intercession auprès de Dieu. (2)
Le culte des saints débute au IIe siècle avec saint Polycarpe
Saint Polycarpe de Smyrne
Dans son livre "Les saints au Moyen Age, la sainteté d'hier est-elle pour aujourd'hui ?" (Plon, Mesnil-sur-l'Estrée 1984), l'historienne médiéviste Régine Pernoud indique qu'avec S. Polycarpe (+ martyr en 167 ap. J-C.) débute le culte des saints :
« Si dans un louable désir de pureté nous nous retrouvons à la primitive Église, que voyons-nous ?
« Au IIe s. déjà les corps des martyrs, ceux qui ont affirmé leur foi au prix même de leur vie, sont l'objet d'une vénération particulière…
« Non pas, comme l'écrit tel auteur, que l'on considérât désormais Polycarpe comme une sorte de "divinité inférieure" ni son corps comme un "talisman précieux" mais parce que lui et ses semblables avaient réalisé dans toute sa plénitude la remarque évangélique : "Pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime", et que leur martyre avait fait de chacun d'eux, à jamais, un autre Christ.
« Ainsi un S. Cyprien recommande-t-il au clergé et aux fidèles de noter avec précision la date de la mort des martyrs, lui qui devait certain jour être conduit et enterré au cimetière de Carthage par ce même clergé qu'il avait ainsi instruit.
« C'est assez dire que le culte des reliques est lié intrinsèquement à la vie même de l'Église, à son développement, à la propagation de l'Évangile, et cela toujours et partout. » (3)
Mais le culte des saints et de leurs reliques est bien plus ancien (Cf. Les ossements de Joseph, ceux d'Élisée, l'arche d'alliance, le bâton d'Aaron, le manteau d'Élie, les mouchoirs de Paul). Par exemples : ''Il advint que des gens qui portaient un homme en terre aperçurent une de ces bandes ; ils jetèrent l’homme dans la tombe d’Élisée et partirent. L’homme toucha les ossements d’Élisée, il reprit vie et se dressa sur ses pieds.'' (2 Rois 13,21) Et encore : ''Par les mains de Paul, Dieu faisait des miracles peu ordinaires, à tel point que l’on prenait des linges ou des mouchoirs qui avaient touché sa peau, pour les appliquer sur les malades ; alors les maladies les quittaient et les esprits mauvais sortaient.'' (Actes 19,11-12)
Dans II Maccabées 15:12-17, nous voyons le prophète Jérémie et Onias, "jadis grand prêtre", au ciel prier pour les Juifs. Et dans 2 Maccabées 12:44-46 Judas prie pour les saints morts pour Israël : ''Car, s’il n’avait pas espéré que ceux qui avaient succombé ressusciteraient, la prière pour les morts était superflue et absurde. Mais il jugeait qu’une très belle récompense est réservée à ceux qui meurent avec piété : c’était là une pensée religieuse et sainte.''
(2) Nicolas Bergier (1718-1790), Encyclopédie théologique, publ. par M. l'abbé Migne, Ateliers catholiques au Petit-Montrouge, tome IV, Paris 1850-1851, p. 804-805;
(3) Régine Pernoud, Les saints au Moyen Age, la sainteté d'hier est-elle pour aujourd'hui ? Plon, Mesnil-sur-l'Estrée 1984 p. 239-240.
Quentin fut un de ces jeunes Romains qui, comme les saints Crépin et Crépinien, vinrent prêcher l'Évangile dans les Gaules et y communiquer le trésor de la foi qu'ils avaient reçu. (1)
Fils d’un sénateur romain, cinquième enfant, si l'on en croit son nom, ce qui était rare dans le Bas-Empire.Il se convertit au Christianisme et partit pour la Gaule avec saint Lucien de Beauvais et plusieurs compagnons pour évangéliser cette région du Beauvaisis et de la Picardie. (2)
Durant la persécution de Maximien, il fut arrêté par un préfet nommé Rictiovar, qui le fit conduire en un lieu nommé Augusta Veromandorum (ou Augusta des Vermandois).
Amiens (Somme, Picardie) fut le centre de son apostolat.
Les miracles confirmaient son enseignement :
- il traçait le signe de la Croix sur les yeux des aveugles, et ils voyaient ;
- il faisait parler les muets, entendre les sourds, marcher les paralytiques.
Ces éclatants prodiges excitaient l'admiration des uns et la haine des autres. Quentin fut bientôt dénoncé à Rictiovarus, gouverneur romain, et il comparut devant lui :
- « Comment t'appelles-tu ? lui demande Rictiovarus.
- “Je m'appelle chrétien. Mon père est sénateur de Rome ; j'ai reçu le nom de Quentin.
- Quoi ! un homme de pareille noblesse est descendu à de si misérables superstitions !
- La vraie noblesse, c'est de servir Dieu ; la religion chrétienne n'est pas une superstition, elle nous élève au bonheur parfait par la connaissance de Dieu le Père tout-puissant et de son Fils, engendré avant tous les siècles.
- Sacrifie, ou je te tourmenterai jusqu'à la mort.
- Je ne crains rien ; tu as tout pouvoir sur mon corps, mais le Christ sauvera mon âme.”»
Cette si généreuse confession est suivie de cruels supplices ; mais Dieu soutient son martyr, et l'on entend une voix céleste, disant : « Quentin, persévère jusqu'à la fin, je serai toujours auprès de toi. »
En même temps, ses bourreaux tombent à la renverse. Jeté dans un sombre cachot, Quentin en est deux fois délivré par un Ange, va prêcher au milieu de la ville, et baptise six cents personnes. Après de nouveaux et plus cruels encore supplices, Quentin eut la tête tranchée à Vermand, ville qui prendra son nom : Saint Quentin (Aisne, Picardie). Son corps fut jeté par les soldats romains dans les marais qui entourent la Somme. Mais grâce à la révélation d’un ange, il fut retrouvé intact plus de cinquante après.
Les versions les plus anciennes des récits de la passio (passion ou martyre) et de l’inventio prima (découverte), ont été rédigées entre le milieu du VIIe siècle et le début du VIIIe siècle.
Mais l’évêque de Tours Grégoire dans son livre sur les martyrs (In gloria martyrum), écrit avant la fin du VIe siècle, donne un résumé de l’inventio en tous points conforme au texte qui nous est parvenu. L’existence d’un texte antérieur, perdu, est donc probable. (3)
Vitrail de St Quentin martyr, Eglise du Hameau de Marthes, Commune de Mametz (Pas-de-Calais)
L’archéologie vient de confirmer l’ancienneté du culte de saint Quentin.
Son tombeau est un lieu de pèlerinage important depuis le VIe siècle au moins (cf. Grégoire de Tours, cité plus haut qui rapporte un miracle survenu suite à une prière faite sur la tombe du martyr).
Les recherches archéologiques récentes montrent que l'emplacement de sa tombe était matérialisé à l'intérieur de l'église, depuis le milieu du IVe siècle, par un monument de bois, puis de pierre.
Son tombeau devint un lieu de pèlerinage important au VIe siècle (cf.Grégoire de Tours rapporte un miracle survenu suite à une prière faite sur la tombe du martyr).
Il n’est donc pas étonnant que l’église de Saint-Quentin ait été hautement favorisée par les Carolingiens, puis par les puissants comtes de Vermandois (l’église de Saint-Quentin a été l’une des plus riches de Picardie).
Dans le Vermandois, en Gaule Belgique, vers la fin du IIIe siècle, saint Quentin, martyr, qui était de l'Ordre sacerdotal et fut mis à mort pour le Christ sous l'empereur Maximien.
Jonatan Medina Espinal est un jeune influenceur catholique qui, en tant que fils de pasteurs évangéliques, était considéré comme peu susceptible d'embrasser la foi catholique, mais il l'a fait il y a cinq ans après un long et intense voyage spirituel.
Pour Dante Urbina, auteur, enseignant et conférencier catholique qui a également influencé la conversion de Medina, le livre est "un témoignage de conversion profonde et de profondeur intellectuelle qui nous invite à entrer et à persévérer dans l'Église catholique".
Medina est un communicateur audiovisuel professionnel et se décrit comme un "chercheur de vérité". Dans une interview accordée à "EWTN Noticias", l'édition espagnole d'EWTN News, il a confié qu'il se sentait déjà catholique "de cœur" depuis 2017, lorsqu'il a "entamé ce cheminement qui lui a pris deux ou trois ans".
Le 8 décembre 2020, au milieu de la pandémie de COVID-19 et lors de la solennité de l'Immaculée Conception, Medina a reçu le sacrement du baptême, devenant officiellement membre de l'Église catholique.
Medina a souligné qu’il était nécessaire pour lui de recevoir le sacrement dans l’Église, considérant que celui qu’il avait reçu dans son groupe chrétien n’était peut-être pas entièrement valide.
Tout le processus qui a conduit à sa conversion, poursuit Medina — qui fait partie du Mouvement pour l'avancement catholique — a commencé "paradoxalement, par une période d'agnosticisme... J'ai été agnostique pendant quelques bonnes années de ma vie, puis j'ai essayé d'embrasser une foi plus raisonnable, fondée sur des preuves."
Guidé par diverses personnalités chrétiennes, telles que le protestant C.S. Lewis et le catholique G.K. Chesterton, Medina a remis en question son appartenance à une église évangélique. "J'ai commencé à embrasser une foi plus historique, avec plus de force."
Après avoir découvert toutes les fragmentations… du protestantisme, je me suis demandé : Comment l'Évangile peut-il être si divisé ? Et j'ai vu que l'Église apparaît avec son unité, même si, bien sûr, cela n'implique pas l'absence de tensions ou de divisions, mais il existe un enseignement qui nous aide à rester unis et nous donne cette garantie d'unité.
Medina a également expliqué qu’une autre étape importante de sa conversion a été de surmonter le concept protestant de "sola Scriptura" ("Écriture seule"), qui postule que la Bible est la seule source de la foi et de la pratique chrétiennes, ignorant la tradition, source de révélation acceptée par l’Église catholique.
"J'avais découvert l'erreur de la Sola Scriptura : je me souviens l'avoir découverte et avoir réalisé que son évidence, son manque de logique, était si flagrante", a-t-il raconté, et avoir compris "que l'Écriture elle-même était déjà une tradition, simplement écrite. C'est alors que je me suis dit : 'Tiens, ça me paraît logique.' La Sola Scriptura a commencé à s'effondrer pour moi."
Medina, l'auteur du court métrage en espagnol "Neighbors" sur les anges gardiens, est particulièrement reconnaissant d'avoir appris à aimer la Vierge Marie à travers l'exemple d'un autre converti, Dante Urbina , professeur et conférencier catholique et auteur de plusieurs livres en espagnol tels que "Dieu existe-t-il ?" et "Quelle est la vraie religion ?"
"Il travaillait aussi à l'université où je travaille, et c'était une chance que nous nous rencontrions un jour. J'ai commencé à lui poser des questions sur Marie en particulier, et il m'a beaucoup aidé. Je suis convaincu que Marie a joué un rôle clé dans ma conversion", a souligné Medina.
Né en Palestine, vers la fin du Ier siècle, Narcisse entra dans l'état ecclésiastique.
À l'âge de quatre-vingts ans, il fut choisi pour évêque de Jérusalem.
Sa vie austère et pénitente fut toute entière vouée au bien de l'Église.
Une veille de Pâques, l'huile manquait aux lampes de l'église de Narcisse pour les offices solennels qui avaient alors lieu dans la nuit. Narcisse commanda de tirer de l'eau à un puits qui était proche et de la lui apporter ; il la bénit et la fit verser dans les lampes ; on s'aperçut alors qu'elle s'était changée en huile. On conserva longtemps avec respect des restes de cette huile miraculeuse.
En 195 ap. J.-C., S. il présida, avec Théophile de Césarée un concile tenu relativement à la célébration de la fête de Pâques, où il fut décidé que cette fête se célébrerait toujours un dimanche, et non le jour où il était d'usage de la célébrer chez les Juifs.
Au Ve siècle, le pape S. Léon devra intervenir à nouveau dans la querelle qui avait repris concernant la date de la fête de Pâques. Si le Concile de Nicée (325) avait mis fin aux anciennes controverses en condamnant définitivement les quartodecimans (ceux qui voulaient célébrer Pâques avec les Juifs, le 14 Nisan), en fixant cette fête au dimanche qui suivait la pleine lune de mars, d'après des calculs alexandrins, la date de Pâques fut de nouveau mise en doute au milieu du Ve siècle, de-ci de-là, et S. Léon tranchera en faveur des décisions déjà prises et des calculs faits à Alexandrie, par "souci de l'unité qu'il importe avant tout de conserver."
La vénération que ce saint évêque s'était attirée ne put le garantir de la malice des méchants. Trois scélérats l'accusèrent d'un crime atroce et confirmèrent leur calomnie par des imprécations horribles contre eux-mêmes. L'un dit : "Je veux être brûlé vif, ci cela n'est pas vrai !" L'autre : "Je veux être couvert de la lèpre !" Le troisième : "Je consens à perdre la vue !" Narcisse crut devoir céder à l'orage et se retira dans un désert, où il s'ensevelit pendant huit années. Dieu se chargea de sa vengeance. Ses calomniateurs reçurent le prix de leur crime : le premier périt dans un incendie, avec toute sa famille ; le second fut couvert d'une lèpre horrible ; le troisième, frappé d'effroi et plein de repentir, pleura son péché au point qu'il en perdit la vue. Narcisse ne put résister plus longtemps aux instances de son peuple; il vint reprendre soin de son Église.
Narcisse mourut à l'âge de cent seize ans, en 212, tué par l'épée selon le récit d'Eusèbe de Césarée.
Représentation de Narcisse de Jérusalem sur un vitrail de l'église Saint-Barthélémy à Bénévent-l'Abbaye
Ces deux Apôtres ont leur fête le même jour parce qu'ils ont travaillé ensemble à la conversion des Gentils.
Saint Simon, surnommé le zélote (Lc 6, 15) car avec Jude il appartenait sans doute à ces zélotes qui refusaient l'occupation romaine, mais le message du Christ fut pour lui la découverte de l'universalité de l'amour de Dieu. Simon était également surnommé le Cananéen, originaire de Cana, où Jésus changea l'eau en vin, il reçut le surnom de Cananéen, pour le distinguer de Simon-Pierre, chef des Apôtres.
Saint Simon prêcha d'abord en Égypte, en Mauritanie, en Libye ; saint Jude, après avoir prêché en Afrique avec beaucoup de succès, revint en Orient et annonça l'Évangile dans la Judée, la Samarie, la Syrie et la Mésopotamie.
Simon a peut-être été crucifié par les Romains dans le Lincolnshire, en Grande-Bretagne, ou scié à mort à Suanir, en Perse, avec Jude Thaddeus.
Simon et Jude se rejoignirent en Perse, et là ils combattirent et moururent ensemble. Les choses extraordinaires que Dieu opéra par leurs mains les firent traiter avec respect par le roi de ce pays, qui leur laissa la liberté de prêcher leur doctrine si sainte et si nouvelle. Un fait vint ajouter à leur prestige : deux tigres, échappés de leur cage, étaient la terreur du pays. Au nom de Jésus-Christ, les Apôtres commandèrent à ces bêtes féroces de les suivre, et ils les emmenèrent dans leur maison. Le roi, toute sa cour et plus de soixante mille Perses se firent chrétiens. Des églises s'élevèrent sur les ruines des temples des idoles ; le triomphe du Christ était complet.
Mais l'ennemi des âmes déchaîna toute sa fureur pour arrêter les progrès de l'Évangile. Simon et Jude étant allés annoncer Jésus-Christ en d'autres villes, les païens voulurent les contraindre à sacrifier au soleil, qu'ils adoraient comme un dieu :
"Mon frère, dit alors Jude à Simon, je vois le Seigneur qui nous appelle.
- Et moi, reprit Simon, j'ai vu aussi Jésus-Christ entouré de ses Anges, et un des Anges m'a dit : « Je vous ferai sortir du temple et je ferai crouler sur eux tout l'édifice.
- Qu'il n'en soit pas ainsi ! ai-je répondu, peut-être quelques-uns se convertiront-ils !"
Et voici qu'en ce moment un Ange leur dit à tous les deux : « Que choisissez-vous, ou la mort pour vous, ou l'extermination de ce peuple impie ?
- Miséricorde pour ce peuple ! crièrent les deux Apôtres. Que le martyre soit notre partage !"
Cependant les prêtres des dieux les exhortaient à sacrifier : "Le soleil, dit Simon, n'est que le serviteur de Dieu ; ce sont les démons qui résident en vos idoles ; je leur ordonne de sortir." Et les démons, sous une forme horrible, sortirent des statues brisées. Alors le peuple se jeta sur les deux Apôtres et les massacra, pendant qu'ils bénissaient Dieu et priaient pour leurs bourreaux.
Attribut : la scie. Crucifié à l’âge de cent vingt ans, Simon le Zélote est représenté avec une scie pour avoir été sauvagement coupé en deux d’après une tradition de l’église d’Orient.
Dans la tradition des Églises latines d'Occident, il est souvent considéré comme l'un des fils de Jacques, non comme son frère.
Avant son élévation au ministère évangélique, il était agriculteur.
Jude Thaddée est reconnu comme étant le saint de l'espoir, puisque c'était un être bon. C'est le saint protecteur des causes désespérées pour les catholiques, à l'instar de sainte Rita de Cascia. Il est le saint patron des causes perdues, celui qui continue quand plus rien ne retient, à part l'espoir et la foi d'aller au bout de ces espoirs...
On pense qu'il a écrit la Lettre de Jude, l'un des livres les plus courts de la Bible, et qu'il a été martyrisé à Beyrouth vers 65 après J.-C. Il est généralement représenté avec une massue ou une hache, symbolisant la façon dont il est mort, ainsi qu'avec une flamme au-dessus de sa tête, qui fait référence à la Pentecôte.
Bien que Jude soit peu mentionné dans la Bible et qu'une seule citation lui soit attribuée dans l'Évangile de Jean (14,22), cet apôtre discret jouit d'une immense popularité auprès des catholiques d'aujourd'hui. Sa popularité tient probablement à son soutien aux causes perdues. Une expérience vécue par Jude à Édesse serait la raison pour laquelle il est associé à des situations "impossibles". Selon l'historien de l'Église antique Eusèbe, du vivant de Jésus, le roi Abgar V d'Édesse fut atteint d'une maladie incurable et douloureuse. Ayant entendu parler des miracles de Jésus, il lui écrivit une lettre pour lui demander de lui rendre visite. Jésus répondit qu'il enverrait un de ses disciples. Après l'ascension de Jésus au ciel, Jude partit évangéliser près d'Édesse et rendit visite à Abgar. Jude imposa les mains au chef malade, qui fut instantanément guéri.
De nombreuses personnes choisissent de porter l’image de Saint Jude sur une médaille ou comme pendentif sur un collier pour se réconforter et faire appel à lui dans leurs moments de besoin et de guérison.
Sa fête est partagée avec saint Simon, qui était également considéré comme un cousin de Jésus et qui aurait voyagé en Perse avec Jude, où ils furent tous deux martyrisés.
Selon la tradition, après avoir effectué une prédication dans la région Palestine, il s'est rendu "dans le pays Arabe" (probablement en Nabathée), en Syrie, en Perse en, Mésopotamie et Arménie.
Dans certaines Églises orientales il est aussi appelé Addai. Les récits l'associent à Simon le Zélote qui l'aurait rejoint en Mésopotamie, après avoir prêché en Barbarie, c'est-à-dire dans une région de l'Éthiopie. La tradition arménienne le considère comme le fondateur de son Église avec l'apôtre Barthélemy (dès 43).
Les traditions divergent sur le lieu de son martyre, qui aurait eu lieu soit dans la région de Beyrouth (Béryte dans la province romaine de Syrie), soit au nord de la Mésopotamie, en Perse.
Les sources en arménien sont plus précises et indiquent que Thaddée aurait été exécuté dans la ville de Makou appartenant alors au royaume d'Arménie (aujourd'hui au nord de l'Iran).
Une partie de la critique explique ces deux lieux de mise à mort par l'existence d'un deuxième Thaddée, membre des soixante-dix disciples de Jésus. Ce pourrait être lui qui est mort au sud du royaume d'Arménie.
Jude est traditionnellement représenté portant l'image de Jésus à la main ou près de sa poitrine.
Attribut : la massue. Souvent placé aux côtés de Simon (ou Siméon) avec qui il prêche en Syrie et en Mésopotamie, Jude porte la massue avec laquelle il fut achevé lors de son martyre en Perse.
La prière suivante peut être priée lors de la fête de saint Jude ou à tout moment où son intercession est nécessaire :
Très saint Apôtre saint Jude, fidèle serviteur et ami de Jésus, l'Église vous honore et vous invoque universellement comme le patron des cas difficiles, des situations presque désespérées. Priez pour moi ; je suis si impuissant et seul.
Intercédez auprès de Dieu pour moi afin qu'il m'apporte un secours visible et prompt là où je désespère presque. Venez à mon secours dans ce grand besoin, afin que je reçoive la consolation et le secours du ciel dans toutes mes nécessités, tribulations et souffrances, particulièrement [faites votre demande ici], et que je puisse louer Dieu avec vous et tous les saints pour toujours.
Je promets, ô bienheureux saint Jude, de me souvenir constamment de cette grande faveur que Dieu m'a accordée, de toujours vous honorer comme mon patron spécial et puissant, et d'encourager avec gratitude ma dévotion à votre égard. Amen.
La Bienheureuse Emeline naquit en 1115, dans le diocèse de Troyes. Elle était Soeur Converse et rattachée à l'Abbaye Cistercienne masculine de Boulancourt (située dans le département actuel de la Haute-Marne).
Elle prolongeait ses colloques avec le Seigneur, et vivait comme Ermite, dans la grange de Perte-Sèche qui appartenait à l'Abbaye. Cette grange se situait à quelques kilomètres, et ainsi retirée, la Bienheureuse Emeline put se partager entre labeur et Prière.
Cette Abbaye avait été fondée en 1095 par les Chanoines Réguliers de Saint-Pierre-du-Mont, mais elle était tombée dans le relâchement.
C'est pourquoi l'évêque de Troyes, Henri, qui était Cistercien, la plaça sous la règle de Saint Bernard.
Le Moine Goslin écrivit d'elle qu'elle vivait dans la Pénitence, jeûnait totalement trois jours de la semaine, portait le cilice.
Beaucoup venait la trouver pour la consulter, car sa réputation de sainteté était grande. Elle représente, pour l'Ordre Cistercien, le modèle de l'Ermite du Moyen-Age et de toutes les époques.
Elle mourut en 1178 et fut enterrée en l'église de l'Abbaye de Boulancourt.
Icône de S. Dimitri du XVe siècle (Musée de l'Etat russe, Saint Petersbourg)
Saint Démétrius s'opposa victorieusement aux barbares qui tentaient d'envahir Thessalonique (Grèce) en 305.
Dénoncé comme fauteur de troubles, il fut condamné vers l'an 306 à lutter dans l'arène contre un gladiateur plus robuste que lui. L'on vit arriver avec lui un jeune garçon nommé Nestor, frêle et courageux, qui d'un geste ôta la vie à ce géant. Dépité, l'empereur présent, fit mettre à mort l'enfant et Démétrius. De son corps se mit à jaillir une huile odoriférante et miraculeuse.
Peu de temps après sa mort, une basilique fut érigée sur son tombeau à Thessalonique qui fut à travers les siècles un grand centre de pèlerinage. L'édifice paléochrétien originel existe toujours. Saint Démétrios est vénéré comme l'un des plus importants patrons militaires orthodoxes, souvent associé à saint Georges. On vénère aussi son compagnon de martyre, Nestor.
Saint Dimitri de Thessalonique est fêté le 9 avril ou le 26 octobre (usage grec). À cette occasion, le premier ministre grec a pour tradition de se rendre chaque 26 octobre à Thessalonique, ville du saint patron qui protège la cité.
Il est également le patron de la ville de Bucarest et il figure dans les armoiries de la cité.
Reliquaire de Saint Démétrius, cathédrale de Thessalonique, Grèce.
Hagios Demetrios, sanctuaire dédié à saint Dimitri (Thessalonique)
Le pape Léon XIV réintroduit la messe traditionaliste à la basilique Saint-Pierre, signalant une volonté d’ouverture et d’unité au sein de l’Église catholique
Après trois ans de restrictions imposées par son prédécesseur François, le pape Léon XIV a ré-autorisé la tenue d’une messe "traditionaliste" dans la basilique Saint-Pierre au Vatican, un signe d’ouverture envers les conservateurs visant à apaiser les divergences dans l’Église catholique. Samedi après-midi, pour la première fois depuis 2021, cette messe dite tridentine [du Concile de Trente. Ndlr.] sera célébrée dans la plus grande église du monde par le cardinal américain Raymond Burke.
... Les traditionalistes sont attachés à cette forme ancienne de la messe qui a prévalu avant sa modernisation à la fin des années 1960 : célébrée en latin par un prêtre dos à l’assemblée, elle est marquée par l’usage de l’encens et du chant grégorien, dans un rite très codifié.
[Ce pèlerinage est organisé par l'association "Coetus internationalis summorum pontificum", du nom du motu proprio accompagné d'une lettre du pape Benoît XVI de 2007, "Summorum Pontificum" (SP), qui libéralisaitla messe précédent la messe Paul VI (1970) en permettant que des prêtres puissent la célébrer sans l'accord préalable de l'évêque, et en reconnaissant que cette messe n'avait jamais été interdite ni abrogée.
En 1970, la messe moderne (Paul VI) devait aussi être dite en latin, mais elle ne l'a jamais été car au lendemain de Vatican II, les évêques progressistes prédisaient un "renouveau" et un "Printemps" de l'Eglise à condition d'en finir avec le latin et les autres "vieilleries dépassées d'un autre temps". Il fallait s'ouvrir au monde, c'était l'"aggiornamento" !
Dans son Motu Proprio SP, Benoît XVI déclarait que les abus liturgiques, "cette créativité a souvent porté à des déformations de la Liturgie à la limite du supportable".
Mais en 2021, le pape François revint en grande partie sur ces concessions par son décret Traditionis custodes et restreigna sévèrement le missel ancien en établissant la "forme ordinaire" de la messe, "unique expression" du rite romain. Depuis 2023, les évêques locaux n'étaient plus autorisés à agir sur cette question sans l'approbation de Rome. Depuis plusieurs années, il était quasiment impossible de célébrer une messe dans la basilique Saint-Pierre selon l'ancien rite. Ndlr.]
Malgré des tâtonnements dans son application, ce décret papal de François, provoqua la colère d’une partie des catholiques attachée à l'ancienne liturgie, qui dénoncèrent une marginalisation injustifiée.
Dans ce contexte, le feu vert de Léon XIV est "un signal très fort adressé à la frange conservatrice", explique François Mabille, directeur de l’Observatoire géopolitique du religieux. "Peut-être que les tensions à l’intérieur de l’Église catholique sont plus fortes que celles qu’on pouvait imaginer il y a quelques mois", poursuit-il.
Élu le 8 mai, l’Américain Robert Francis Prevost a hérité d’une délicate mission d’unification à la tête d’une Église mondiale profondément divisée.
En douze ans de pontificat, son prédécesseur argentin avait irrité les conservateurs avec ses décisions parfois jugées politiques, notamment au sein de l’épiscopat américain. Le cardinal Burke, qui présidera la messe de samedi, l’avait ouvertement critiqué, jusqu’à être visé par des mesures disciplinaires.[1]
En septembre, un pèlerinage LGBT + dans le cadre du Jubilé Année Sainte de l’Église, montra des manifestants politiques affichant des drapeaux arc-en-ciel et des pancartes LGBT à l'intérieur même de la basilique Saint-Pierre, désacralisant le lieu.
L'"abus"de la liturgie de ce que nous appelons la messe de Vatican II
Dans un entretien avec Elise Ann Allen, auteur de la biographie du Pape "Léon XIV: citoyen du monde, missionnaire du XXIe siècle", paru en espagnol le 18 septembre au Pérou, Léon XIV avait affirmé avoir "reçu plusieurs demandes et lettres [à propos de ]: La question concernant la messe latine." "Si nous célébrons correctement la liturgie de Vatican II, voyons-nous vraiment une telle différence entre telle expérience ?', avait-il demandé.
Léon XIV "souhaiterait rencontrer des groupes de catholiques attachés à cette forme de rite" pour comprendre leurs motivations. "C'est un homme de pacification, attentif aux autres."
Mais la frontière entre liturgie et politique apparaît souvent ténue. Dans l'entretien à Crux [2] publié en septembre, le souverain pontife reconnut que : "certains ont utilisé la liturgie comme prétexte pour faire avancer d'autres sujets. C'est devenu un outil politique, et c'est très regrettable". "Je pense, ajouta-t-il que parfois, l''abus' de la liturgie de ce que nous appelons la messe de Vatican II n'a pas aidé ceux qui recherchaient une expérience plus profonde de la prière, un contact avec le mystère de la foi qu'ils semblaient trouver dans la célébration de la messe tridentine. Là encore, nous sommes devenus polarisés, de sorte qu'au lieu de pouvoir dire : 'Si nous célébrons correctement la liturgie de Vatican II, voyons-nous vraiment une telle différence entre telle expérience ?'[2]
Le pape Léon XIV s'entretient avec Elise Ann Allen de Crux sur les questions LGBTQ+ et la liturgie, 18 septembre 2025
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Add. Le cardinal Burke célèbre une messe traditionnelle historique au Vatican.
Des milliers de catholiques sont présents, débordant des bancs. Deux autres cardinaux sont présents, ainsi qu'environ 200 membres du clergé[3]
NOW: Cardinal Burke celebrates historic traditional Mass in the Vatican.
Thousands of Catholics presents overspilling the pews.
Des catholiques, dont de nombreux jeunes, chantent le Salve Regina à la fin de la messe traditionnelle en latin célébrée par le cardinal Burke dans la basilique Saint-Pierre.[4]
Incredible scenes at the Vatican
Catholics, including many young people, sing Salve Regina at the end of Cardinal Burke's Traditional Latin Mass in Saint Peter's Basilica pic.twitter.com/EVGqd5TdDd
Le Vatican est plein. La basilique Saint-Pierre est pleine.
Il y a même des pèlerins qui attendent dehors.
C'est la messe traditionnelle en latin (Missel romain de 1962) célébrée par le cardinal Burke.
Nous sommes peut-être en train d'assister à un événement historique.[5]
Des scènes incroyables à l'approche de Saint-Pierre : des milliers et des milliers de pèlerins priant pour la libération de l'ancienne liturgie.[6]
Look at this. Incredible scenes in the approach to St Peter’s – thousands and thousands of pilgrims praying for the liberation of the ancient liturgy. pic.twitter.com/WVjPGzezba
Le cardinal Burke récitant le Notre Père (Pater Noster) pendant la messe traditionnelle en latin dans la basilique Saint-Pierre Les jeunes représentent une part importante des fidèles présents.[7]
C'est tellement puissant que des personnes de tant de nations différentes puissent prier dans la même langue : le latin ! [8]
It's so powerful that people from so many nations can worship in the same language: Latin! pic.twitter.com/dy96xPyIdG
Cardinal Burke : "L'Eglise célèbre le 18e anniversaire de la promulgation du Motu Proprio Summorum Pontificum, par lequel le Pape Benoît XVI a rendu possible la célébration régulière du rite de la messe de cette manière traditionnelle, utilisée depuis l'époque du Pape saint Grégoire le Grand".[9]
Le pèlerinage Summorum Pontificum, qui en est à sa 14e édition, rassemble les fidèles "ad Petri Sedem" ("au Siège de Pierre") pour rendre "témoignage de l'attachement qui lie de nombreux fidèles du monde entier à la liturgie traditionnelle", selon le site du pèlerinage du pèlerinage.
En 2023 et 2024, le pèlerinage n'a pas pu obtenir l'autorisation de célébrer la messe latine à l'autel de la Chaire de la basilique Saint-Pierre de la part du bureau de liturgie de la basilique, selon l'organisateur Christian Marquant.
Burke, défenseur de la messe latine traditionnelle et l'un des critiques les plus éminents de la hiérarchie du défunt pape François, sous lequel il est tombé en disgrâce, a rencontre le pape Léon XIV lors d'une audience privée le 22 août. Léon envoya une lettre de félicitations à Burke pour son 50e anniversaire de ministère sacerdotal en juillet.
Rorate Caeli, site web de référence pour les fidèles de la messe traditionnelle latine, a qualifié la célébration d'une messe pontificale solennelle dans la basilique Saint-Pierre de "signe important" de tolérance accrue envers la liturgie traditionnelle.[10]
Cardinal Burke : "Nous rendons grâce à Dieu afin que, grâce au Summorum Pontificum, toute l'Eglise parvienne à une compréhension et un amour toujours plus grands pour le grand don de la liturgie sacrée telle qu'elle nous a été transmise sans interruption par la Tradition sacrée".[11]
Crépin et Crépinien étaient des cordonniers romains. Ils faisaient des chaussures pour les pauvres, et vinrent à Soissons annoncer l'Évangile. Ils ont été martyrisés sous l'empereur Maximien.
Saints Crépin et Crépinien furent saisis comme chrétiens et conduits à l'empereur Maximien, qui était de passage dans le nord des Gaules :
« D'où êtes-vous, leur demanda Maximien, et quelle religion professez-vous ? - Nous sommes, répondirent-ils, de nobles romains qui avons émigré dans les Gaules pour y prêcher la foi chrétienne. - Si vous persistez dans cette folie, leur dit l'empereur, je vous ferai périr d'une mort cruelle : si vous sacrifiez aux dieux, je vous comblerai de richesses et d'honneurs. - Tu crois nous effrayer par tes menaces, répondent les saints martyrs ; mais, pour nous, le Christ est la vie, et la mort est une grâce.
Quant aux richesses et aux honneurs, nous les avons quittés volontairement ; garde-les pour tes amis.
Si toi-même tu ne renonces pas à tes dieux, tu brûleras au fond de l'enfer."
Le martyr de Saint Crépin et Saint Crépinien
Transporté de rage, Maximien abandonna les deux chrétiens à l'un des plus cruels exécuteurs des persécutions contre les chrétiens, nommé Rictiovarus, pour les torturer avec une violence extraordinaire.
Rictiovarus leur fit enfoncer sous les ongles des roseaux pointus ; mais ces roseaux se retournèrent contre les bourreaux et en blessèrent plusieurs ; il les fit jeter ensuite, en plein hiver, avec des meules de moulin au cou dans une rivière glacée, mais ils surnagèrent et ne sentirent pas le froid.
Ce fut ensuite le tour du supplice de la chaudière remplie de plomb fondu ; ce supplice fut inoffensif pour eux, comme les autres, mais une goutte jaillit sur l'œil du tortionnaire, qui en devint borgne. Sa fureur lui donna le courage de poursuivre, et les deux généreux martyrs furent jetés dans une autre chaudière bouillante, remplie d'un mélange de poix, de graisse et d'huile ; ils y entrèrent en chantant de pieux cantiques, et des anges vinrent les en faire sortir. Rictiovarus, fou de rage et sans doute saisi du démon, se jeta au milieu du brasier et s'y tordit dans le désespoir. Telle fut la fin de ce grand persécuteur, qui fit périr tant de chrétiens dans les Gaules.
Quant à Crépin et Crépinien, ils eurent la tête tranchée le lendemain.
Le culte de saint Crépin et de saint Crépinien est un de ceux qui sont restés les plus populaires ; des confréries furent établies sous leur vocable, de nombreuses églises bâties en leur honneur ; d'éclatants miracles furent obtenus par leur intercession.
Au VIIe siècle, Saint Florentin, fils d'un Roi d'Écosse qui avait traversé les mers on ne sait comment, gardait humblement les porcs tout en multipliant miracles et guérisons à Bonnet (Lorraine).[1]
Selon sa légende, il aurait traversé la mer sur une croix. [2]
Dès le Moyen-Âge, ce village était devenu un lieu de pèlerinage très fréquenté et recommandé en cas de troubles mentaux: passer sous le gisant de Saint Florentin qui se trouve à l'intérieur de l'Église était et reste encore, parait-il très efficace!
L'ancien village a été abandonné par ses habitants qui l'ont rebâti là où il est actuellement, autour de la sépulture du saint.
Il avait souhaité être enterré sur la colline qui dominait son village.
Vingt-et-une des peintures murales de l'Église racontent cette vie légendaire.
Jean, né à Capistrano dans l'Abruzze en 1386, était fils d'un gentilhomme français qui avait suivi à Naples le duc d'Anjou, devenu roi de ce pays.
Après ses humanités, il fut envoyé à Pérouse pour y étudier le droit canonique et civil. On le pourvut d'une place de judicature, et un homme riche et noble, charmé de ses qualités éminentes, lui donna sa fille en mariage. Tout lui souriait dans le monde, quand tout à coup s'évanouirent ces flatteuses espérances.
Dans une guerre contre le roi de Naples, la ville de Pérouse le soupçonna de prendre le parti de ce prince; on le fit arrêter. Malgré son innocence et son éloquence à se défendre, il fut jeté en prison. Sur ces entrefaites sa femme étant morte, il résolut de ne plus servir que Dieu.
Il vendit tous ses biens, paya sa rançon, distribua le reste aux pauvres, et se réfugia chez les Franciscains, au monastère du Mont, près de Pérouse. Le gardien, craignant que cette vocation ne fût l'effet d'un dépit passager plutôt que d'un mouvement de la grâce, voulut l'éprouver. Il lui ordonna de faire le tour de la ville de Pérouse dont il avait été gouverneur, monté à rebours sur un âne, couvert d'un mauvais habit et la tête coiffée d'un bonnet de carton où étaient écrits divers péchés. Après une telle épreuve, les humiliations du noviciat ne lui coûtèrent plus.
On lui donna pour maître un simple frère convers, à la direction duquel Jean se soumit avec la simplicité d'un enfant. Il fut traité par lui avec dureté: "Je rends grâces au Seigneur, disait-il plus tard, de m'avoir donné un tel guide; s'il n'eût usé envers moi de pareilles rigueurs, jamais je n'aurais pu acquérir l'humilité et la patience."
Jean fut renvoyé par deux fois du noviciat comme incapable de remplir jamais aucun emploi dans la religion. Il resta jour et nuit à la porte du couvent, souffrant avec joie l'indifférence des religieux, les railleries des passants et les mépris des pauvres qui venaient demander l'aumône. Une persévérance si héroïque désarma la sévérité des supérieurs et dissipa leurs craintes. Jean, reçu de nouveau, fut enfin admis à la profession.
Dès lors sa vie fut admirable, il vivait uniquement de Jésus sur la Croix. Embrasé d'amour pour Dieu, il faisait de sa vie une oraison continuelle: le Crucifix, le Tabernacle, l'image de Marie, le jetaient dans l'extase: "Dieu, disait-il, m'a donné le nom de Jean, pour me faire le fils de Marie et l'ami de Jésus."
Ordonné prêtre, Jean fut appliqué au ministère de la parole. Ses paroles produisaient partout des conversions nombreuses. Une secte de prétendus moines, les Fraticelli, dont les erreurs et les moeurs scandalisaient l'Église, fut anéantie par son zèle et sa charité.
Le Pape Eugène IV, frappé des prodigieux succès de ses discours, l'envoya comme nonce en Sicile; puis le chargea au concile de Florence (1439) de travailler à la réunion des Latins et des Grecs. Nommé visiteur des couvents franciscains de Terre Sainte, il travailla à l’union des Arméniens dont il ramena des représentants au concile.
Le 27 novembre 1437, la délégation grecque envoyée au concile de Ferrare (1437) et conduite par l'empereur bizantin Jean VIII Paléologue (1425-1448) avait embarqué à Constantinople pour Venise. L'empereur était accompagné de 21 métropolites et évêques, dont le patriarche de Constantinople, et une suite d'archimandrites et de membres du clergé, jusqu'à concurrence d'environ 700. Marc d'Éphèse, Isidore de Kiev, Bessarion et André, archevêque de Rhodes étaient les personnalités les plus connues. Elle arriva à Venise en février, puis à Ferrare (Italie) en mars.Bessarion fut désigné avec le métropolite d'Éphèse Marc Eugénikos pour défendre la position de l'Église grecque (orthodoxe). Il prononça le discours inaugural le 8 octobre 1438. Si au départ il persista à condamner l'addition du filioque au Symbole de Nicée par l'Église latine (catholique), sa position évolua devant les arguments du dominicain Jean de Montenero, et il plaida pour la réconciliation des Églises devant la délégation grecque en avril 1439. Le patriarche Marc d'Éphèse contesta pour sa part le rapprochement catholique-orthodoxe. Malgré des pressions du Basileus, il sera le seul évêque à ne pas signer le texte du concile.
Le 6 juillet 1439 Bessarion lut la version grecque du décret d'Union des Églises à Santa Maria del Fiore. La version latine fut lue par le cardinal Giuliano Cesarini. La délégation grecque s'embarqua à Venise le 19 octobre 1439. Le métropolite de Moscou, Isidore de Kiev, adhèra à l’union des Églises au nom de l’Église russe. De retour à Moscou en 1441, il échoua à imposer l'Union. Le prince Vassili II (ou Basile II), grand Prince de Moscou, le fit enfermer dans un couvent et libèra l’Église russe de la tutelle des Byzantins. De son côtéBessarion échoua à imposer l'union à Constantinople... La masse du peuple byzantin est contre l’union des Églises et sa proclamation à Constantinople dut être remise jusqu’au 12 décembre 1452, mais ne fut finalement pas adoptée. On connaît la suite : 29 mai 1453 : chute de Constantinople, tueries, viols et sacrilèges. La fin d'un monde.
Ami de saint Bernardin de Sienne, Jean de Capistran le défendit, devant la cour de Rome, contre les calomnies que lui attirait son ardeur pour la réforme de son Ordre; il l'aida grandement dans cette entreprise, et il alla lui-même visiter les maisons établies en Orient.
Nicolas V l'envoya, en qualité de commissaire apostolique, dans la Hongrie, l'Allemagne, la Bohème et la Pologne. Toutes sortes de bénédictions accompagnèrent ses pas. Il ramena au bercail de l'Église un grand nombre de personnes, et convertit une quantité prodigieuse de Juifs et de Musulmans.
À cette époque, Mahomet II menaçant l'Occident d'une complète invasion, tenait Belgrade assiégée. Il se promettait d'arborer le croissant dans l'enceinte même de Rome.
Le Pape Calixte III chargea saint Jean de Capistran de prêcher une croisade: à la voix puissante de cet ami de Dieu, une armée de 40,000 hommes se leva; il lui trouva pour chef Huniade, un héros, et il la conduisit à la victoire.
Étant à trois journées de marche des Turcs, tandis qu'il célébrait la Messe en plein air dans les grandes plaines du Danube, les témoins ont rapporté qu'une flèche partie d'en haut vint, pendant le Saint Sacrifice, se placer sur le corporal. Après la Messe, le Saint lut ces mots écrits en lettres d'or sur le bois de la flèche:"Par le secours de Jésus, Jean de Capistran remportera la victoire." Au fort de la mêlée, il tenait en main l'étendard de la Croix et criait:"Victoire, Jésus, victoire!" Belgrade fut sauvée. C'était en l'an 1456... Trois mois après, saint Jean de Capistran, ayant prononcé ces paroles du Nunc dimittis: "C'est maintenant, Seigneur, que Vous laisserez mourir en paix Votre serviteur," expira en disant une dernière fois: "Jésus". Il avait soixante et onze ans.
Martyrologe Romain : À Huesca en Aragon, l’an 851, les saintes Nunilon et Alodie, vierges et martyres. [1]
En 851, Abd Al Rahman II, émir de Cordoue obligea tous les enfants issus d'un mariage mixte à embrasser l'Islam. Elodie et sa sœur Nunillon étaient concernées car filles d'une chrétienne et d'un musulman. Elles se réfugièrent chez une de leurs tantes maternelles, à Barbaste.
Découvertes et arrêtées, elles furent enfermées dans des cachots séparés.
Selon la tradition aragonaise, Alodia et Nunilo étaient originaires du village de Adahuesca (Barbastro), et elles furent emprisonnées au château d'Alquézar. [2]
Le juge tenta de les persuader d'apostasier. Elles refusèrent et moururent martyres, décapitées, en 851, dans la région de Huesca, en Espagne, le 22 octobre. [3]
Retable des Saintes Nunilo et Alodia à Yesa (Navarra), XVIIIe siècle, monastère de Leire.
Elle avait épousé, très jeune, Emile, le comte de Laon. Elle lui portait une grande affection et, par son caractère aimable et modeste, ils vécurent dans une grande union de cœur et de foi chrétienne. Ils prirent grand soin de l'éducation de leurs enfants qui devinrent tous trois prêtres. Le dernier nous est le plus connu, Rémi, né sur le tard, dont ils donnèrent le soin aux clercs de l'église Sainte-Marie de Laon. Il devint saint Rémi, l'archevêque de Reims Apôtre des Francs qui baptisa Clovis. (1)
D'après le Pseudo-Fortunat, Céline, de noble famille, avait épousé dans sa jeunesse Emilius, comte de Laon. Un ermite, Montanus qui habitait au milieu des bois de La Fère, prédit à Céline, après un triple avertissement reçu en songe, qu'elle enfanterait un garçon d'un rare mérite : Le Seigneur a daigné regarder la terre du haut du ciel, afin que toutes les nations du monde publient les merveilles de sa puissance et que les rois tiennent à honneur de le servir : Céline sera mère d’un fils qu’on nommera Remi ; je l’emploierai pour la délivrance de mon peuple. Et, dix mois plus tard, Remi vint au monde à Laon. (2)
Céline mourut très âgée et fut enterrée à Lavergny, près de Laon. Elle est fêtée le 21 octobre. (3)
À Laon, après 458, sainte Céline, mère des saints évêques Prince de Soissons et Remi de Reims.
Petite-fille de Guillaume le Conquérant et une noble dame de cette famille de Normandie (1), Adeline fut la première abbesse de l'abbaye des "Dames Blanches" (appelées ainsi en raison de la couleur de leur habit) à Mortain dans le département de la Manche en Normandie. (2)
La Règle suivie par cette maison religieuse était celle de saint Benoît avec quelques observances de la tradition cistercienne. (3)
"Sœur de saint Vital, abbé de Savigny, elle était comme lui attirée par la vie monastique et fonda un groupe de moniales au Neufbourg près de Mortain. Lorsque Vital fit bâtir un couvent à Mortain, la communauté s'y installa en adoptant la règle et l'habit de Cîteaux. On l'appela " abbaye des Dames Blanches " et plus tard " Abbaye Blanche ". Avec Adeline on fête ce jour les autres saints de Savigny, saint Geoffroy, abbé, et saint Guillaume Niobé, religieux." (diocèse de Coutances et Avranches - calendrier diocésain)
À Savigny en Normandie, vers 1125, sainte Adeline, première abbesse du monastère de Mortain, qu’elle avait construit avec l’aide de son frère saint Vital. (4)
Le pape Léon XIV canonise ce dimanche sept nouveaux saints, dont un avocat italien qui a renoncé au satanisme et est devenu "un apôtre du rosaire", un archevêque arménien martyr et un Vénézuélien considéré comme le "médecin des pauvres".
Les canonisations, précédemment approuvées par feu le pape François, seront présidées par le pape Léon XIV le 19 octobre au Vatican. Le groupe comprend trois femmes et quatre hommes, ainsi que deux martyrs, trois laïcs et deux fondateurs d'ordres religieux. Parmi eux figurent le premier saint de Papouasie-Nouvelle-Guinée et les deux premiers saints du Venezuela.
Apprenons à connaître ces futurs saints :
Bartolo Longo (1841–1926)
Bartolo Longo a connu l'une des conversions les plus marquantes de l'histoire récente de l'Église. Il a grandi dans une famille catholique, mais après des études de droit à l'université de Naples, en Italie, il est passé du catholicisme pratiquant à la participation à des manifestations anti-papales, puis à l'athée, puis au satanisme, pour finalement être ordonné prêtre sataniste.
Grâce aux prières de sa famille et à l'influence d'amis dévoués, en particulier du professeur Vincenzo Pepe et du prêtre dominicain père Alberto Radente, Longo a vécu une profonde conversion, renonçant à son passé et retournant de tout cœur à l'Église catholique.
Après sa conversion, Longo consacra sa vie à la promotion du rosaire et du message de miséricorde et d'espérance transmis par la Vierge Marie. Il s'installa dans la ville pauvre de Pompéi, où il entreprit la restauration d'une église délabrée et travailla sans relâche à la construction d'un sanctuaire marial dédié à Notre-Dame du Rosaire. Avec le soutien de bienfaiteurs et de la communauté locale, il transforma Pompéi en un centre de dévotion catholique florissant. Ses efforts aboutirent à la construction du sanctuaire de Notre-Dame du Rosaire de Pompéi, qui demeure aujourd'hui encore un lieu de pèlerinage majeur.
Outre son engagement religieux, Longo était un ardent défenseur de la justice sociale. Il a fondé des écoles, des orphelinats et des institutions caritatives, notamment pour les enfants de prisonniers, convaincu du pouvoir de l'éducation et de la miséricorde pour transformer des vies.
Durant les vingt dernières années de sa vie, Longo connut des problèmes de santé constants. Il mourut le 5 octobre 1926 et fut béatifié en 1980 par le pape Jean-Paul II, qui le surnomma « Apôtre du Rosaire ».
Ignatius Maloyan était un archevêque catholique arménien de Mardin dans l'Empire ottoman qui a été exécuté pendant le génocide arménien pour avoir refusé de se convertir à l'islam et de renoncer à sa foi chrétienne.
À l'âge de 14 ans, Maloyan fut envoyé au couvent de Bzommar, au Liban. En 1896, il fut ordonné prêtre dans l'église du couvent de Bzommar et prit le nom d'Ignace en l'honneur du bien-aimé martyr d'Antioche.
De 1892 à 1910, Maloyan fut curé à Alexandrie et au Caire, où sa réputation était largement répandue. Le 22 octobre 1911, il fut nommé archevêque de Mardin.
Peu après, la Première Guerre mondiale éclata et les Arméniens de Turquie commencèrent à endurer de grandes souffrances. Le 3 juin 1915, des soldats turcs traînèrent Maloyan enchaîné devant le tribunal avec 27 autres figures arméniennes catholiques. Lors du procès, Mamdooh Bek, le chef de la police, demanda à Maloyan de se convertir à l'islam. L'archevêque répondit qu'il ne trahirait jamais le Christ et son Église et qu'il était prêt à endurer toutes sortes de châtiments pour sa fidélité. Il fut emprisonné et fréquemment battu.
Le 10 juin, les soldats turcs ont rassemblé 447 Arméniens et les ont emmenés dans une zone déserte. Durant cette épreuve, l'archevêque a encouragé les personnes rassemblées à rester fermes dans leur foi et a prié avec elles pour qu'elles acceptent le martyre avec courage.
Après deux heures de marche, nus et enchaînés, les prisonniers furent tués par les soldats sous les yeux de Maloyan. Bek demanda une fois de plus à l'archevêque de se convertir à l'islam. Il refusa et fut abattu par Bek le jour de la fête du Sacré-Cœur de Jésus.
Avant d’être tué, Maloyan a déclaré :
"Je ne renierai jamais ma religion et mon Sauveur, même s'ils me coupent en morceaux." (Cf. Sachin José)
"Je considère que verser mon sang pour ma foi est le désir le plus doux de mon cœur, car je sais parfaitement que si je suis torturé pour l’amour de celui qui est mort pour moi, je serai parmi ceux qui auront la joie et la béatitude, et j’aurai obtenu de voir mon Seigneur et mon Dieu là-haut."
Il a été béatifié par le pape Jean-Paul II le 7 octobre 2001.
Peter To Rot (Papouasie-Nouvelle-Guinée, 1912–1945)
Peter To Rot, catéchiste laïc en Papouasie-Nouvelle-Guinée, fut martyrisé pendant l'occupation japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale. Lorsque le prêtre catholique de son village fut emmené dans un camp de travail japonais, il confia à To Rot la responsabilité de la catéchèse du village et lui dit avant son arrestation : "Aide-les, afin qu'ils n'oublient pas Dieu."
Malgré l'oppression japonaise, To Rot œuvra en secret pour préserver sa foi. Fervent défenseur du mariage chrétien, il s'efforça de défier la loi japonaise, qui autorisait les hommes à prendre une seconde épouse.
Vers la fin de la guerre, les règles contre la liberté religieuse devinrent encore plus strictes, toute forme de prière étant interdite. To Rot fut arrêté et envoyé dans un camp de travaux forcés en 1944 pour sa désobéissance répétée. En 1945, il fut tué par injection létale et est considéré comme un martyr de la foi catholique. Il fut béatifié par le pape Jean-Paul II le 17 janvier 1995. Il sera le premier saint de Papouasie-Nouvelle-Guinée.
José Gregorio Hernández (Venezuela, 1864-1919)
José Gregorio Hernández, médecin, scientifique et laïc vénézuélien, est vénéré comme le "médecin des pauvres".
Né le 26 octobre 1864 à Isnotú, dans l'État vénézuélien de Trujillo, il perd sa mère à l'âge de 8 ans.
Il étudia la médecine à Caracas et reçut une bourse du gouvernement pour poursuivre ses études à Paris en 1889 pendant deux ans. De retour au Venezuela, il devint professeur à l'Université centrale de Caracas, où il commençait chaque cours par le signe de croix.
Hernández assistait quotidiennement à la messe, apportait des médicaments et des soins aux pauvres, et fit profession comme franciscain du Tiers-Ordre. En 1908, il abandonna sa profession et entra dans une chartreuse cloîtrée à Farneta, en Italie. Cependant, neuf mois plus tard, il tomba malade et son supérieur lui ordonna de retourner au Venezuela pour se rétablir.
Après un certain temps, Hernández comprit que la volonté de Dieu était qu'il reste laïc. Il décida alors de promouvoir la sanctification en tant que catholique exemplaire, en devenant médecin et en rendant gloire à Dieu en servant les malades. Il se consacra à la recherche universitaire et approfondit son engagement au service des pauvres.
Un jour, alors qu'il allait chercher des médicaments pour une vieille dame pauvre, il fut renversé par une voiture. Il mourut à l'hôpital le 29 juin 1919. Il fut béatifié par le pape François le 30 avril 2021.
Maria Troncatti (Italie/Équateur, 1883-1969)
Maria Troncatti, une sœur salésienne italienne, a passé près de cinq décennies comme missionnaire dans la forêt amazonienne de l'Équateur parmi le peuple indigène Shuar.
Ayant grandi en Italie, Troncatti s'est intéressée à la vie religieuse dès son plus jeune âge. Elle a fait sa première profession chez les Filles de Marie Auxiliatrice, aussi connues sous le nom de Sœurs Salésiennes de Don Bosco, en 1908.
Pendant la Première Guerre mondiale, sœur Maria a suivi une formation médicale et a travaillé comme infirmière de la Croix-Rouge dans un hôpital militaire. En 1925, elle a commencé sa mission auprès des Indiens Shuar dans la forêt amazonienne, au sud-est de l'Équateur. Pendant 44 ans, tous les habitants du village l'ont surnommée "Madrecita", ou "petite mère". Non seulement elle a exercé les fonctions de chirurgienne, dentiste, infirmière, orthopédiste et anesthésiste, mais elle était aussi une catéchiste fidèle, annonçant l'Évangile à tous ceux qu'elle servait.
Sœur Maria est décédée à l'âge de 86 ans le 25 août 1969 dans un accident d'avion. Elle a été béatifiée par le pape Benoît XVI en 2012.
María del Carmen Rendiles Martínez (Venezuela, 1903-1977)
Carmen Elena Rendiles Martínez est née à Caracas, au Venezuela, sans bras gauche et a reçu une prothèse de bras qu'elle a utilisée toute sa vie.
En 1918, Martínez commença à ressentir l'appel de la vie religieuse, mais son handicap était alors considéré comme un motif de rejet par certaines congrégations religieuses. Finalement, elle rejoignit les Servantes de l'Eucharistie en 1927 et prit le nom de María Carmen. Elle déclara un jour : « Je veux être sainte. Je veux dire comme saint Paul : ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi. »
Lorsque sa communauté religieuse a cherché à s'autonomiser de sa maison mère française en 1965, elle a fondé les Servantes de Jésus à Caracas pour poursuivre sa mission de dévotion eucharistique. Elle a été supérieure générale de la congrégation de 1969, année de sa nomination, jusqu'à sa mort en 1977, des suites de la grippe.
Elle a été béatifiée par le pape François en 2018 et deviendra la première femme sainte du Venezuela.
Vincenza Maria Poloni (Italie, 1802-1855)
Vincenza Maria Poloni, une religieuse italienne, a fondé la Congrégation des Sœurs de la Miséricorde de Vérone pour prendre soin des pauvres, des malades et des personnes âgées.
Née la plus jeune d'une famille de 12 enfants, elle a discerné sa vocation sous la direction du bienheureux Charles Steeb alors qu'elle consacrait son temps à travailler avec les pauvres, les personnes âgées et les malades chroniques.
En 1836, lors de l'épidémie de choléra, elle travailla sans relâche aux urgences, mettant sa santé en danger. En 1840, elle se consacra à plein temps aux soins des malades et des personnes âgées et adopta un mode de vie semblable à celui d'une religieuse : prière fervente, horaires stricts et dévouement total à autrui.
Le 10 septembre 1848, Poloni fonda les Sœurs de la Miséricorde de Vérone et prit le nom de Vincenza Maria. Sa devise, « Servir le Christ dans les pauvres », devint le fondement de sa congrégation, présente aujourd'hui sur trois continents. Elle mourut le 11 novembre 1855 des suites d'une tumeur qui s'était propagée dans tout son corps. Elle fut béatifiée en 2008.
Vers le milieu du XVIIe siècle (1642-1649) une vaillante légion de Jésuites travaillait, dans le Canada encore à peu près sauvage, à la conversion de peuplades féroces, parmi lesquelles étaient surtout les Iroquois. Alors s'ouvrit pour les missionnaires ce que l'on a justement appelé "l'ère des martyrs".
Les saints martyrs canadiens : Jean de Brébeuf, Isaac Jogues, Gabriel Lalemant, Charles Garnier, Antoine Daniel, Noël Chabanel, René Goupil, Jean de La Lande, canonisés en 1930, patrons secondaires du Canada depuis 1940, sont devenus des figures nationales proposées en exemples à l'Église Universelle.
Saint Isaac Joguès
Parmi les premières victimes, on compte le Père Isaac Jogues qui aurait pu se soustraire une première fois au martyre en 1642 ; mais il ne voulut pas se séparer de ses chrétiens, prisonniers des Iroquois. Après des supplices aussi inouïs que variés, il fut arraché à la mort et ramené en France. Mais son cœur était resté au Canada. Il y revint en 1646, et y reçut bientôt la palme d'un martyre glorieux. Parmi ses compagnons d'apostolat, les coadjuteurs René Goupil et Jean de La Lande, tombèrent aussi sous la hache des iroquois, en haine de la religion chrétienne.
En 1648, le Père Antoine Daniel fut percé de flèches, achevé d'un coup de feu, dépouillé de ses habits et jeté dans le brasier de sa chapelle devenue la proie des flammes.
Quelques mois plus tard, le Père Jean Brébeuf et le Père Gabriel Lalemant subissent à leur tour les plus affreux supplices. On pique d'abord le Père de Brébeuf avec des alènes rougies au feu, on promène sur ses membres des tisons embrasés, on lui enlève la peau de la tête en forme de couronne. Pour l'empêcher d'exhorter ses fidèles, les bourreaux lui coupent les lèvres, la langue et le nez, lui fendent la bouche jusqu'aux oreilles, enfoncent un fer rouge dans sa gorge ; ils coupent des lambeaux de sa chair, les font rôtir et les mangent sous ses yeux. Ils jettent ensuite de l'eau bouillante sur sa tête, enduisent son corps de résine et le font griller lentement ; enfin, un chef iroquois lui arrache le cœur, le dévore et boit le sang du martyr. Le Père Lalemant subit un supplice du même genre pendant seize heures et eut enfin le crâne fracassé à coups de hache.
Au nombre des autres victimes des Iroquois furent, en 1649, les Pères Charles Garnier et Noël Chabanel, massacrés dans l'héroïque exercice de leur apostolat.
Le pape Pie XI (Ambrogio Damiano Ratti, 1922-1939) béatifia ces admirables martyrs, dignes de ceux des premiers siècles, le 21 juin 1925; il les canonisa le 29 juin 1930.
Le pape Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958) a déclaré les saints martyrs canadiens, Patrons secondaires du Canada.
Ces saints catholiques sont liturgiquement commémorés le 19 octobre par l'Église catholique, ou le 26 septembre au Canada.
Chanson peu connue écrite par Théodore Botrel à la fin du XIXe siècle et interprété par Fabienne Thibeault, elle raconte l'histoire de saint René Goupil, jésuite, missionnaire et martyr.
PAROLES: Pour toi, maman, ce petit mot, Car ton René, ton petiot, Là-bas, là-bas, missionnaire, Au fond des bois, si loin qu'il soit, Pense toujours à toi, Ma bonne mère,
Peut-être m'a-t-on devancé, Chère maman, pour t'annoncer A mon sujet, nouvelle amère... Le saurais-tu?... J'ai peur un brin... De te causer quelque chagrin, Ma douce mère!
Nommé pour le pays huron, Du Père Jogues compagnon, Nous traversions une rivière... Les Iroquois nous ont surpris. Je suis bien loin de mon pays Et de ma mère!
De Jésus béni soit le nom!... Aidé de mon saint compagnon, J'ai pu gravir un dur Calvaire; Mais je pensais alors à toi, Je te voyais prier pour moi, Pieuse mère!
Malgré notre captivité, Nous prêchons Dieu sans arrêter, Oh! quel apôtre que ce Père! Quelques indiens sont convertis, J'ai baptisé des tout petits: Quel bonheur! Mère!
Si tu me voyais triomphant, Lorsque de l'âme d'un enfant Je fais monter une prière; Sur les fronts, je trace la croix, Comme tu me faisais, parfois, Ma tendre mère!
Celui qui vient finir ce mot, Ce n'est plus votre petiot, Votre René missionnaire: Il s'est envolé vers le ciel, Jou-ir d' un bonheur éternel, O sainte mère!
On avait juré qu'il mourrait; Hier, au bord de la forêt, Nous étions tous deux en prière; Soudain parut un forcené, Sa main frappa votre René... Courage! O mère!
Vous receverez, rougi de sang, Le chapelet de votre enfanT: Baisez cette relique chère: Vous êtes mère d'un martyr!... Moi. Jogues, puis le garantir, Heureuse mère!
Dans la video ci-dessus, les scènes sont tirées du film canadien Blake Robe qui s'inspire de la vie de Pierre-Joseph-Marie Chaumonot, un père Jésuite. Mais ce film n'est jamais sortie en France... et il n'a même pas été doublé en français.
Saints Isaac Joguès, Jean de Brébeuf, et Compagnons
Lors d'une réunion avec la "Consultation nationale anti-usure" d'Italie, Léon XIV s'en est pris aux usuriers qui ont un "impact dévastateur sur la vie de tant d'individus et de familles"
"Les prophètes, en effet, dénonçaient l’usure, ainsi que l’exploitation et toute forme d’injustice envers les pauvres"
"C'est un péché grave, parfois très grave, car il ne peut se réduire à une simple comptabilité ; l'usure peut provoquer des crises dans les familles, elle peut user l'esprit et le cœur au point de conduire à considérer le suicide comme la seule issue."
"Ce qui semble être une aide au départ devient en réalité un tourment à long terme"
"Cela se produit également à l'échelle des pays du monde entier. Malheureusement, les systèmes financiers usuraires peuvent mettre à genoux des populations entières."(1)
Le pape Léon XIV condamne l'usure comme un péché grave qui asservit les pauvres et corrompt le cœur humain, il appelle à un engagement renouvelé en faveur de la justice et de la miséricorde et loue les efforts de l'Église contre l'usure comme un signe d'espoir dans l'année jubilaire.
Le pape Léon XIV a dénoncé la pratique de l’usure comme un "péché grave" qui détruit des vies, des familles et des sociétés, la qualifiant de "corruption du cœur humain" qui exploite les personnes vulnérables et porte atteinte à la dignité humaine.
S'adressant samedi aux membres du Conseil national italien anti-usure, le pape les a remerciés pour leurs trente années d'engagement en faveur des victimes de l'usure et de la promotion de pratiques économiques éthiques.
Il a averti que l'usure, tant au niveau individuel que mondial, "demeure une blessure douloureuse et ancienne" qui continue d'affecter les pauvres et les marginalisés.
L’usure n’est pas seulement une question de comptabilité
"Le phénomène de l'usure", a déclaré le pape, "témoigne de la corruption du cœur humain." Citant le prophète Isaïe, il a rappelé que l'Écriture condamne l'exploitation et appelle les croyants à "briser les chaînes de l'injustice et à libérer les opprimés".
"Comme elle est loin de Dieu", s’est exclamé le Pape, "l’attitude de ceux qui écrasent les gens jusqu’à les réduire en esclavage ! L’usure n’est pas seulement une question de comptabilité : c’est un péché grave qui peut détruire des familles, consumer les esprits et les cœurs, et même conduire au désespoir ou au suicide."
Il a averti que l'usure se présente souvent sous le couvert d'une aide offerte aux personnes en difficulté économique, mais se révèle rapidement "un fardeau étouffant". Les conséquences, a-t-il ajouté, pèsent particulièrement sur "les personnes déjà fragiles, comme les victimes de dépendance au jeu ou les familles confrontées à des urgences médicales ou financières".
Des peuples entiers peuvent être réduits en esclavage
Le pape Léon XIV a étendu son avertissement au-delà des cas individuels, condamnant "les systèmes financiers usuraires qui peuvent mettre des peuples entiers à genoux".
Citant le Catéchisme de l'Église catholique, il a rappelé à ses auditeurs que "ceux qui, dans le commerce, se livrent à des pratiques usuraires et mercantiles qui causent la faim et la mort parmi leurs frères en humanité". De tels actes, a-t-il dit, créent des "structures de péché" et comportent une "grave responsabilité".
Il a posé une question pertinente : "Les moins fortunés ne sont-ils pas des êtres humains ? Les faibles ne partagent-ils pas notre dignité ? Ceux qui naissent avec moins d'opportunités ont-ils moins de valeur en tant qu'êtres humains, sont-ils simplement destinés à survivre ?"
"Notre réponse à ces questions", a affirmé le Pape, "détermine la valeur de nos sociétés et donc notre avenir. Soit nous reconquérons notre dignité morale et spirituelle, soit nous tombons dans un puits d’immondices" (Dilexi te, 95)
Une mission enracinée dans la miséricorde
Remerciant le Conseil anti-usure pour son service continu, le pape Léon XIV a décrit son travail comme un "signe d’espoir" en cette Année Sainte, pleinement aligné sur l’esprit du Jubilé de la Miséricorde.
En réfléchissant au récit évangélique de Zachée, le pape a déclaré que la conversion, comme celle du publicain, est possible lorsqu'on rencontre l'amour gratuit du Christ. "Quand le profit devient notre objectif", a-t-il dit, "d'autres perdent la face et deviennent des objets d'exploitation. Et à la fin, nous aussi, nous nous perdons nous-mêmes et notre âme."
"La conversion de ceux qui commettent l’usure", a-t-il ajouté, "est aussi importante que notre proximité avec ceux qui en souffrent."
En conclusion de son discours, Léon XIV a encouragé ceux qui sont engagés dans la lutte contre l'usure à persévérer avec courage et unité, soutenus par les pasteurs de l'Église et inspirés par l'Évangile.(2)
Il y a eu beaucoup de révolutionnaires dans l'histoire, mais aucun n'a eu la force de la révolution apportée par Jésus, une révolution (...) qui change en profondeur le coeur de l'homme. ... Dans l'histoire, les révolutions ont changé les systèmes politiques, économiques, mais aucune n'a vraiment modifié le coeur de l'homme.
Sœur Clotilde Micheli (1849-1911), religieuse italienne, également connue sous le nom de Sœur Maria Serafina du Sacré-Cœur, béatifiée en 2011 par Benoît XVI, a reçu des visions au cours de sa vie, notamment le 10 novembre 1883.
Alors qu’elle était en Allemagne, dans un petit village, elle cherchait une église pour prier et réfléchir.
Elle en trouva une, et il s’est avéré que c’était une église luthérienne.
Son ange gardien s'approcha d'elle et lui dit : "Levez-vous, car c'est une église protestante.
Je veux vous faire voir l'endroit où Martin Luther a été condamné et la douleur qu'il a subie en punition de son orgueil."
À ce moment-là, elle vit Luther au plus profond de l’enfer.
Il était à genoux, entouré d'un grand nombre de diables armés de marteaux qui lui enfonçaient de gros clous en fer dans le crâne.
Il fut condamné aux feux de l'enfer pour avoir déclenché la rébellion protestante.
Padre Pio a également déclaré que Martin Luther est en enfer et que les chrétiens qui le suivent aujourd'hui subiront le même sort. Ceux qui ne se soumettent pas au pape et aux enseignements de l'Église catholique iront également en enfer. Saint Padre Pio a déclaré que Luther était un grand hérétique et que son sort était horrible et terrifiant.[1]
Selon le Père Chris Vorderbruggen, "il faut être prudent ici. Les révélations privées, même celles de saints que nous aimons profondément, ne sont pas une doctrine. Elles ne peuvent jamais être considérées comme une vérité certaine. L'Église n'a jamais déclaré que quiconque se trouvait en enfer, car seul Dieu connaît l'état d'une âme à la mort... Ainsi, lorsque de telles affirmations sont formulées, nous devons les accueillir avec modération. Elles peuvent refléter une vision ou une opinion personnelle, mais elles ne portent pas l'autorité de la foi. Notre devoir est de prier, de faire confiance à la justice et à la miséricorde parfaites de Dieu, et d'éviter toute présomption."[2]
Patron des médecins, des sculpteurs et des peintres.
Saint Luc l'évangéliste en peintre, Guerchin, 1562
Né à Antioche en Syrie au Ier siècle, on ignore si, avant sa conversion, il était païen ou observait la religion juive ; cette dernière opinion est la plus généralement adoptée. (1)
Juif hellénisé (comme l'atteste sa maîtrise du grec hébraïsé de la Septante et de la Synagogue de la diaspora juive), la tradition le considère comme l'auteur de l'Évangile qui porte son nom ainsi que des Actes des Apôtres. (2)
Certaines traditions soutiennent que Luc est devenu disciple direct de Jésus avant l'Ascension, tandis que d'autres soutiennent qu'il n'est devenu croyant qu'après. Après la conversion de saint Paul, Luc l'accompagna comme médecin personnel – et, de fait, comme une sorte de biographe, puisque les voyages de Paul durant lesquels Luc l'accompagna occupent une grande partie des Actes des Apôtres.
Irénée de Lyon notait dans son livre Adversus Haereses (vers 180) : "De son côté, Luc, le compagnon de Paul, consigna en un livre l'Évangile que prêchait celui-ci". Adv Haer 3,1,1
"Compagnon de voyage de Paul qu'il a probablement rencontré à Antioche où il était médecin, Luc n'a pas connu personnellement Jésus. Il appartient à la troisième génération de disciples, mais il s'inscrit dans une tradition de transmission, et il cherche à montrer que les évènements qu'il raconte après avoir fait un véritable travail d'historien, manifestent l'accomplissement du salut promis par Dieu aux hommes.
"Luc [...] appartenait donc à une communauté fondée par Paul. Leurs théologies sont très proches.
Dès les premiers chapitres (de son évangile), avec les récits de l'enfance, il montre que Jésus est le descendant de David, le Messie, le Christ, le Sauveur, le Seigneur et qu'en lui la bonne nouvelle prend sa plénitude de sens.
L'irruption du salut donné par Dieu se fait 'aujourd'hui' (le mot revient tout au long du récit), chaque fois qu'un cœur est prêt à l'accueillir.
[...] Poète, il est le seul des évangélistes, à faire entendre les hymnes de Zacharie, de Marie, des anges, et de Syméon." (Missel des dimanches 2025, Cerf, Édition collective es Éditeurs de liturgie, p. 179-180.)
L'historien des débuts de la vie de l'Église
Dans son Évangile, il exposa avec soin tout ce que Jésus a fait et enseigné, en scribe de la miséricorde du Christ, et, dans les Actes des Apôtres, il se fit l'historien des débuts de la vie de l'Église jusqu'au premier séjour de saint Paul à Rome. (Martyrologe romain)
Doué d'un caractère ferme et d'une belle intelligence, il fut très habile médecin (Col 4,14), et ne dédaignait pas, dans ses loisirs, de cultiver l'art de la peinture, pour lequel il avait un goût prononcé.
Il possédait une culture grecque vaste et une connaissance approfondie de la tradition et des observances juives, comme les observances alimentaires (Ac 10), le culte juif synagogal du sabbat à Antioche de Pisidie, composé de la lecture de la Loi et des Prophètes, et d'une parole d’exhortation qui est un commentaire homilétique de l'Écriture (Ac 13, 14-15).
On n'a pas connaissance dans l'Antiquité d'un païen aussi fin connaisseur du judaïsme et de la Septante. Une hypothèse récente établit que Luc viendrait de la mouvance des Craignant-Dieu, c'est-à-dire des païens attirés par le judaïsme et vivant dans son orbite. (3)
Pentecôte
Luc serait sûrement arrivé à l'une des premières charges de la cité, quand il renonça à son brillant avenir pour aller voir, en Judée, ce Jésus qui venait d'inaugurer sa vie publique, et dont le nom, la doctrine, les miracles, faisaient grand bruit dans tous les pays voisins. Il le vit, crut en sa mission divine, et prenant pour lui la parole du Maître : Que celui qui veut être mon disciple quitte tout et me suive, il suivit dès lors le Sauveur pas à pas dans ses courses apostoliques ; il fut témoin de sa Passion, de sa Résurrection, de son Ascension, reçut le Saint-Esprit au Cénacle, le jour de la Pentecôte - ou envoi de l'Esprit-Saint sur les Apôtres que Luc affiche comme l'évènement fondateur de la Chrétienté - (Ac 1,13-14), et partit pour évangéliser Antioche, sa patrie.
Plein d'enthousiasme pour le génie de saint Paul, Luc le prit pour son maître et se joignit à lui pour l'aider dans ses travaux ; il lui fut si fidèle, qu'il l'accompagna dans tous ses voyages et supporta patiemment avec lui fatigues, souffrances et persécutions.
Après la mort du grand apôtre, Luc continua son apostolat en Italie, dans les Gaules, la Dalmatie, la Macédoine. Il rédige en Grèce, sous l'inspiration de l'Esprit-Saint, ses deux ouvrages, l'Évangile qui porte son nom et les Actesdes Apôtres.
Son Évangile est surtout précieux par ses récits assez détaillés des mystères de l'Incarnation et de la Nativité du Sauveur, de l'Annonciation et de la Visitation. Les Actes des Apôtres servirent à faire disparaître beaucoup de mensonges qu'on répandait sur le christianisme naissant, et à confirmer les fidèles dans la foi.
"L'Évangile selon Luc + les Actes des Apôtres sont situés de manièrehabituelle dans les années 80, mais ils pourraient bien être aussi des années 60. L'Évangile selon Marc est situé autour des années 60 après l'avoir été autour des années 70, mais il pourrait bien être des années 50. L'Évangile selon Jean est situé autour des années 90, mais à cause de son caractère mystique et de certaines caractéristiques relevant de la topographie et de la chronologie il pourrait bien être des années 60." (4)
Les Actes des Apôtres sont la suite de l'Évangile selon Luc. D'un point de vue historien, ils ont été considérés comme rapportant des récits sur l'histoire des origines du christianisme. Leur premier objectif pourrait avoir été de montrer aux disciples de Jésus que le message de Pierre et de Paul est tout aussi légitime que celui de Jacques le Juste si ce n'est plus et de présenter les apôtres Pierre et Paul comme les continuateurs principaux de l'oeuvre de leur maître, le Messie Jésus.(5)
Cette oeuvre (Évangile selon Luc + Actes des Apôtres) attribuée à Luc, [...] présente l'activité religieuse du mouvement des disciples de Jésus à ses débuts."(6)
Pour les exégètes, l'auteur "lucanien" expose comment Dieu se détourne d'Israël qui refuse le Messie pour adopter l'universalité du monde gréco-romain, tout en situant l'Église dans l'exacte continuité d'Israël, dans une volonté de tenir ensemble les Judéens qui accueillent Jésus-Messie et les Gréco-Romains "craignant Dieu".(7)
Simon Claude Mimouni avance l'hypothèse que les élites judéennes disparues de certaines régions de la Diaspora romaine de langue grecque entre 70 et 135, voire après, consécutivement à la destruction du Temple de Jérusalem, "n'ont pas tout simplement adhéré au mouvement chrétien, [...] et n'existant plus désormais que comme chrétiennes. [...] Auquel cas, les Actes des Apôtres, quelques décennies plus tard auraient joué leur rôle auprès des Judéens de la Diaspora romaine." (8)
Les autorités chrétiennes de la seconde moitié du IIe siècle (150-200) ont intégré l'Évangile selon Luc au corpus des Évangiles, en constituant ainsi le "premier canon dont le document de Muratori pourrait en être le témoin principal." (9)
La tradition lui attribue plusieurs icônes de la mère du Christ, et l'un des portraits sacrés qui lui sont attribués – connu sous le titre "Le Salut du peuple romain" – subsiste encore aujourd'hui dans la basilique Sainte-Marie-Majeure.
Saint Luc, Évangéliste
Un tableau de la Vierge Marie fut retrouvé à Jérusalem quelques années après sa mort : on considère que saint Luc en est l'auteur. (10)
D'après une tradition, il aurait obtenu de Marie la grâce de faire son portrait [Selon la tradition, la représentation de "Notre-Dame du Perpétuel Secours" est tiré de ce premier dessin] ; le travail terminé, la Sainte Vierge l'aurait béni en disant : "Ma grâce sera toujours avec cette image."
Les Madones de saint Luc sont vénérées en plusieurs lieux.
C'est lui qui nous a parlé avec tant de délicatesse de la Mère de Dieu, la toute pure et toujours Vierge Marie dont il nous dit: "Elle méditait toutes ces choses en son cœur", ce qui veut dire qu'avec amour Marie relisait dans sa mémoire les faits et gestes du Seigneur, pour en approfondir toute la signification, comme saint Luc l'a fait en écoutant saint Paul et en nous transmettant cet évangile de la bonté de notre Père du ciel.(11)
Icône Salus Populi Romani. Après restoration. chapelle Pauline (ou Borghese) de la basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome. Selon la Tradition, elle est attribuée à l'évangéliste saint Luc.
Après le martyre de saint Paul en 67, Luc aurait prêché ailleurs en Méditerranée et aurait répandu son sang pour la foi, à l'âge de 84 ans, soit dans le Péloponnèse, soit en Bithynie.(12)
Saint Luc, fêté le 18 octobre, dans Christine Barrely, Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011. (13)
Les peintres et les médecins le regardent comme leur patron.
En France, l'Académie de Saint-Luc préfigurait avant la Révolution l'Académie des Beaux-Arts.
Saint Luc est représenté accompagné ou symbolisé par un taureau. (13)
"Je m’engage à suivre Luc, Saint Patron des soignants, en montrant par mon attention aux autres que le seul souhait du Sauveur est de nous guérir de notre mal intérieur par Sa Miséricorde pour pouvoir ainsi accéder au Royaume de l’amour éternel qui nous unit au Seigneur !" (Mgr JM LE GALL Twitter)(14)
Saint Luc peignant la Madone, Andrea Delitio, 1477
Les hommes, unis par une même langue, ont voulu construire une tour pour atteindre le ciel, non par amour de Dieu, mais par orgueil, pour se faire un nom et éviter d’être dispersés. Dieu a confondu leur langage et les a dispersés sur la face de la terre.
Dans...
Saint Curé d'Ars, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 119.
On a dit de plus d'un personnage, de plu s d'un Saint, qu'ils furent les prodiges de leur siècle. Ceci n'est peut-être vrai de personne autant que du curé d'Ars...
Lydie de Thyatire (ville de Mysie, actuelle Turquie) ou Lydie de la Pourpre (Ier s.) D'après Saint Luc, elle serait la première Européenne à s'être convertie au Christ. Saint Paul l'aurait rencontrée alors qu'il arrivait en Macédoine orientale. Elle était...
Fondateur de la Congrégation des Pères du Saint-Sacrement et de celle des Servantes du Saint-Sacrement (1811-1868). Fils d'un boutiquier de village dans la région de Grenoble, il fut d'abord prêtre séculier. En 1839, il entre chez les Pères maristes dont...
Évêque, fondateur de la “Congregatio Sanctissimi Redemptoris” Docteur de l'Église Alfonso Maria de Liguori naît à Marianella, près de Naples, le 27 septembre 1696, dans une famille noble. Après de fort brillantes études, docteur en droit civil et canonique...
Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 85.
Un militaire Saint Ignace naquit en 1491 a u château de Loyola, en Espagne. Il était le dernier de douze enfants, et il donna dès son bas âge des marques d'une grande vivacité d'esprit....
Le martyre de sainte Julitte (anonyme, 2e moitié du XVIIe siècle), église Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte de Villejuif
Julitte de Tarse ou Juliette de Césarée est une riche veuve de Césarée (aujourd'hui Kayseri en Turquie), dépouillée par un homme d'affaires...
En Chine, les prêtres sont tenus de se conformer aux directives officielles : un nouveau code de conduite a été dévoilé (en février dernier – voir le texte intégral ci-dessous), exigeant du clergé un lien étroit avec le parti au pouvoir et le socialisme....
Sainte Marthe, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 141.
Sainte Marthe était soeur de Lazare . C'est elle qui dirigeait la maison de Béthanie et s'en montrait digne par sa douceur et son amabilité envers les siens, par sa...
Un synode est (était) par définition un événement : il a été convoqué, tenu et conclu. Il en a été ainsi pendant vingt siècles. Le Synode sur la synodalité s’est achevé en octobre 2024. Son document final a été remis. Affaire classée, pourrait-on penser....