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24 août 2025 7 24 /08 /août /2025 00:00
Saint Barthélemy l'Apôtre, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 31.

Saint Barthélemy l'Apôtre, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 31.

Barthélemy, appelé par le Sauveur, vécut avec Lui, assista à Ses prédications, entendit Ses paraboles, fut le témoin de Ses vertus divines.
 

Après la Pentecôte, il fut envoyé prêcher l'Évangile dans l'Inde, au-delà du Gange. Dans tous les pays qu'il dut traverser, il annonça Jésus-Christ, Rédempteur du monde. Son zèle et ses prodiges eurent bientôt changé la face de ces contrées; non seulement il convertit les foules, mais il ordonna des prêtres pour le seconder et consacra des évêques. Quand, plus tard, saint Pantène évangélisa ce pays, il y trouva l'Évangile de saint Matthieu, apporté là par Barthélemy.

 

Les "dieux" païens avouent être des démons

En quittant les Indes, l'Apôtre vint dans la grande Arménie. Dans la capitale de ce pays, il y avait un temple où l'on rendait les honneurs divins à l'idole Astaroth, et où l'on allait lui demander la délivrance des sortilèges et lui faire prononcer des oracles; le prédicateur de la foi s'y rendit, et aussitôt l'idole devint muette et ne fit plus de guérisons. Les démons avouèrent aux prêtres de ce faux dieu que la faute en était à Barthélemy, et leur donnèrent son signalement; mais l'Apôtre se fit assez connaître par ses miracles; il délivra du démon la fille du roi, et fit faire à l'idole, en présence d'une foule immense, l'aveu public de ses fourberies; après quoi le démon s'éloigna en grinçant des dents. Une merveille si éclatante convertit le roi et une multitude de personnes; la famille royale et douze villes du royaume reçurent bientôt le baptême.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/3c/L%27ap%C3%B4tre_saint_Barth%C3%A9lemy.jpg/337px-L%27ap%C3%B4tre_saint_Barth%C3%A9lemy.jpg

Saint Barthélemy, apôtre, basilique saint Jean de Latran, Rome, Italie.

Le démon résolut de se venger; l'Apôtre fut saisi par le frère du roi et condamné à être écorché vif. Les bourreaux inhumains s'armèrent de couteaux et de pierres tranchantes et écorchèrent la victime de la tête aux pieds; de telle sorte que, n'ayant plus de peau, son corps montrait une chair sanglante percée de ses os. Il eut ensuite la tête tranchée. Le corps écorché et la peau sanglante de l'Apôtre furent enterrés à Albane, en la haute Arménie; il s'y opéra tant de miracles, que les païens furieux, enfermèrent le corps du bienheureux dans un cercueil de plomb et le jetèrent à la mer. Mais le cercueil, flottant sur l'onde, vint heureusement à l'île de Lipari, près de la Sicile. Plus tard, les Sarrasins s'emparèrent de cette île et dispersèrent les saintes reliques; mais un moine reçut, dans une vision, l'ordre de recueillir les ossements de l'Apôtre. Le corps de saint Barthélemy est aujourd'hui à Rome, son chef à Toulouse.

 

Saint Barthélemy, patron des bouchers, des tanneurs et des relieurs, est fêté le 24 août en Occident et le 25 août en Orient. Ces deux dates correspondent vraisemblablement au transfert de ses reliques dans l'île de Lipari en 580.

 

Sources: (1); (2)

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23 août 2025 6 23 /08 /août /2025 18:47

Le christianisme n'est pas en voie de disparition aux États-Unis, mais le protestantisme, lui, l'est. Les États-Unis traversent une période de transition du protestantisme au catholicisme. Cette transition s'étend sur un siècle et demi. Amorcée à la fin des années 1960, elle est passée inaperçue pendant plus de cinquante ans.

 

Tout a commencé à la fin des années 1960 avec la Révolution de Jésus. Beaucoup ignorent ce que c'était. J'en ai parlé dans mon deuxième livre : "Les derniers jours : une analyse catholique de l'Apocalypse et de la seconde venue de Jésus-Christ"

 

La Révolution de Jésus n'était pas un renouveau religieux. C'était un sauvetage religieux. Les années 1960 ont marqué une période d'exode massif des baby-boomers des églises protestantes. La Révolution de Jésus a effectivement été un sauvetage qui ramena un grand nombre d'entre eux, mais strictement selon les principes évangéliques. Les principales confessions protestantes n'ont jamais enrayé l'hémorragie de jeunes. Certains ont adhéré à la Révolution de Jésus évangélique. Les autres ont dérivé vers une orientation "spirituelle mais non religieuse".

 

Les années 1970, 1980 et 1990 ont été marquées par la croissance évangélique, conjuguée à une perte de membres chez les protestants traditionnels, le protestantisme américain étant confronté à un phénomène massif de "transfert de brebis". Les protestants ont quitté les églises traditionnelles pour rejoindre les églises évangéliques. Certains catholiques les ont rejoint, mais la plus grande perte de membres a eu lieu au sein des confessions protestantes traditionnelles. Le principal problème auquel les catholiques sont confrontés est que la plus forte perte de membres s'est produite dans les paroisses et les diocèses qui ont tenté de se remodeler (après Vatican II) pour ressembler aux confessions protestantes traditionnelles (anglicane, luthérienne, méthodiste, etc.). Plus les paroisses catholiques se libéralisaient, plus elles perdaient de membres. À l'inverse, les paroisses catholiques qui conservaient de fortes caractéristiques traditionnelles étaient celles qui perdaient le moins de membres.

 

Lire: Les chrétiens “conservateurs” sur le plan théologique ont davantage de succès que les libéraux

 

La croissance du mouvement évangélique a continué d'augmenter régulièrement jusqu'au tournant du siècle, mais a commencé à se stabiliser par la suite. En revanche, le nombre de protestants traditionnels a continué de décliner jusqu'en 2020. Cela indique que des personnes continuent de quitter les confessions protestantes traditionnelles (ou que les effectifs ne sont pas renouvelés, ce qui a le même effet) et qu'elles ne se tournent plus vers l'évangélisme. Le protestantisme traditionnel est actuellement à l'agonie, tandis que le protestantisme évangélique commence à stagner.

 

Lire: Les conversions au catholicisme explosent chez les jeunes en France

 

L'Église catholique américaine continue de croître en termes de chiffres bruts, mais continue de perdre en pourcentage de la population, principalement parce que la population croît beaucoup plus rapidement que l'Église catholique américaine. Néanmoins, en chiffres bruts, le catholicisme continue de croître et n'a jamais cessé de croître.

 

L'Église catholique connaît certes des problèmes de fréquentation. Le nombre de catholiques de naissance ne se reproduit pas à un rythme durable. L'immigration légale aux États-Unis a contribué à consolider ces chiffres, mais les conversions d'Américains non catholiques ont diminué jusqu'en 2020. Puis, entre 2022 et 2025, un pic a semblé se produire. Il faudra attendre de voir si ce pic se maintiendra.

L'Amérique catholique

Cela dit, le protestantisme traditionnel semble condamné. Il s'effondre lentement. Autrefois pilier de l'Amérique protestante, il est désormais le filet de sécurité du protestantisme américain. Il rattrape de nombreux protestants traditionnels en défection (ainsi que certains catholiques non catéchisés), mais il n'en rattrape plus autant qu'avant. L'évangélisme semble avoir stagné entre 2000 et 2020 (pour l'instant). La plus forte croissance de ces dernières décennies a été observée dans le groupe des non-religieux.

 

Les projections actuelles, si rien ne change (et tout peut changer), sont que le catholicisme dépassera l'évangélisme (en chiffres bruts) vers 2035, puis tout le protestantisme au total (parce que le protestantisme traditionnel meurt très vite) vers 2050. Ensuite, théoriquement, les catholiques pourraient atteindre 51 % de la population américaine au début du siècle prochain (après 2100).

 

 

Source: Shane Schaetzel

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23 août 2025 6 23 /08 /août /2025 13:40
Hollywood vous a menti à propos de l’Inquisition espagnole

Hollywood vous a menti à propos de l’Inquisition espagnole.

 

Elle était nécessaire, légitime et bien plus douce que ne l'étaient les tribunaux laïcs de l’époque.

 

Voici la vérité sur l'Inquisition espagnole.

 

Pour comprendre l’Inquisition, il faut se placer dans le monde du Moyen Âge.

 

L'Europe luttait pour sa survie. Pendant des siècles, la péninsule ibérique avait été sous occupation musulmane.

 

En 711, les armées musulmanes du califat omeyyade déferlent sur l'Espagne et écrasent le royaume chrétien wisigoth

 

La Reconquista (711-1492) n’était pas seulement une guerre territoriale, mais aussi une guerre de foi et de survie.

 

 

D’autres hérésies chrétiennes surgissaient de ci de là, il fallait donc un système pour garder le peuple fidèle et l’Europe unie dans le Christ et son Église.

 

De plus, il n’y a pas eu qu’une seule Inquisition. Il y en avait plusieurs :

> L'Inquisition médiévale (XIIIe siècle)

> L'Inquisition espagnole (1478–1834)

[L'Inquisition espagnole relevait directement de la Couronne espagnole, et non de l'Église catholique. C'était un instrument de l'État. Elle eu un impact sur trois à cinq mille personnes pendant 350 ans, sous le régime de lois laïques.]

> L'Inquisition romaine (1542+) Chacune avait des objectifs, des méthodes et des degrés de sévérité différents.

 

Aucune ne correspondit aux mythes.

 

 

Contrairement à ce que dit la propagande moderne, l’Inquisition n’existait pas pour traquer des gens au hasard, son objectif était précis :

>Enquêter sur les allégations d'hérésie

>Assurer la sincérité des nouveaux convertis (juifs et musulmans)

>Protéger la foi du peuple chrétien de la corruption

 

Ainsi, les Inquisitions étaient des enquêtes menées par l’Église sur l’hérésie, en particulier sur les personnes prétendant être catholiques tout en rejetant secrètement les enseignements de l’Église.

 

Elle ne visait pas les juifs, les musulmans ou les païens, à moins qu’ils ne prétendent être catholiques et ne propagent de fausses doctrines.

 

 

Pourquoi était-ce nécessaire ?

 

Parce que la "crypto-religion" était courante.

 

Certains prétendaient se convertir, tout en sapant secrètement la foi des autres.

 

Dans un monde où l’unité de la foi signifiait la paix sociale, cela était ressenti comme dangereux, presque comme une trahison [mettant en danger l'équilibre de l'ensemble de l'ordre public. Ndlr.].

 

 

Et maintenant, le fait le plus choquant pour les oreilles modernes :

 

L’Inquisition était plus miséricordieuse que la justice laïque.

 

L’Inquisition a réduit la violence, elle ne l’a pas augmentée.

 

Les tribunaux laïcs du Moyen Âge avaient recours librement à la torture brutale et aux exécutions capitales.

 

L'Inquisition, elle, établit des règles, des limites et demanda des aveux avant toute punition.

 

Avant son existence, les foules et les dirigeants laïcs s'occupaient de l'hérésie par des lynchages publics.

 

La justice seigneuriale qui apparaît à la fin du Xe s., dérivait de la justice publique franque et de la délégation aux comtes à l'époque carolingienne. Elle constituait la prérogative politique par excellence.

 

La justice seigneuriale apparaît à la fin du Xe s

 

L'Inquisition a introduit un progrès avec la procédure légale, les preuves, ainsi que les témoins, et les appels et, croyez-le ou non : la clémence.

 

 

Par exemple:

 

La torture était beaucoup plus restreinte sous l’Inquisition que dans les tribunaux laïcs.

>La plupart des procès [de l'Inquisition] ne se terminaient pas par une exécution, mais par une pénitence, des pèlerinages ou des amendes.

 

Lire Inquisition : rareté des exécutions des peines capitales (10 à 12.000 en trois siècles)

L’image de l’Inquisition est si négative que tout un chacun s’imagine qu’elle constitue le règne de l’arbitraire. C’est exactement l’inverse : l’Inquisition est une justice méthodique, formaliste et paperassière, souvent beaucoup plus tempérée que la justice civile. Détenu en prison préventive ou restant libre, l’accusé a le droit de produire des témoins à décharge, de récuser ses juges et même, en cas d’appel, de récuser l’inquisiteur lui-même.

Jean Sévillia

>La peine de mort était en réalité rare comparée aux lois sanglantes des rois et des princes.

 

Les punitions les plus courantes ?

>Jeûne

>Porter une croix en public

>Faire un pèlerinage

>Pénitence temporaire

 

Seule une petite minorité de cas a donné lieu à des sanctions sévères, et très peu ont abouti à une exécution.

 

Et les exécutions ? Elles sont toujours le fait de l'État, et non de l'Église.

Hollywood vous a menti à propos de l’Inquisition espagnole

Ainsi, comparée à d’autres tribunaux, l’Inquisition était douce et miséricordieuse.

 

Mais aux XVIIIe et XIXe siècles, les ennemis de l’Église ont exagéré son nombre pour alimenter la propagande anti-catholique.

Hollywood vous a menti à propos de l’Inquisition espagnole

Qu'en est-il de la tristement célèbre Inquisition espagnole ?

 

Oui, c'était plus dur.

 

Mais même là, les historiens modernes ont révisé les chiffres.

 

Pas les centaines de milliers de morts annoncées par la propagande du XIXe siècle...

 

Plutôt 2 000 à 5 000 exécutions sur trois siècles.

 

Et plus de procédure régulière que dans de nombreux tribunaux laïcs de l’époque.

Alors pourquoi cette mauvaise réputation ? Une grande partie du mythe vient de :

 

>La propagande protestante au XVIe siècle

>Polémiques des Lumières au XVIIIe siècle

>Les historiens anti-catholiques au XIXe siècle

 

Il ne s'agissait pas de justice, mais de salir l'Église.

 

Cela arrive encore aujourd'hui, presque quotidiennement.

La Légende Noire (La Leyenda Negra) propagée par les ennemis de l'Espagne (en particulier l'Angleterre et les Pays-Bas), dépeint l'Inquisition comme un monstre.

 

En vérité, c’était une institution d’ordre, de stabilité et, étonnamment, même de miséricorde à une époque difficile.

Hollywood vous a menti à propos de l’Inquisition espagnole

Sans l’Inquisition, les fruits de la Reconquista auraient pu être anéantis par la division et la subversion.

 

Au lieu de cela, l’Espagne a pu marcher unie vers l’histoire, défendre la chrétienté, évangéliser le Nouveau Monde et construire une civilisation catholique.

 

Lire : Les "indépendances" sud-américaines en regard de la légende noire anti-espagnole

Hollywood vous a menti à propos de l’Inquisition espagnole

Oui, des abus ont eu lieu.

 

Oui, certains inquisiteurs sont allés trop loin.

 

Mais c'étaient des exceptions, pas la règle.

 

Et l’Église a reconnu ses fautes.

 

Mais la vérité est plus équilibrée et plus catholique que le mythe ne l’a jamais été.

Hollywood vous a menti à propos de l’Inquisition espagnole

L’Inquisition n’était pas un cauchemar de sang et de feu.

C'était une institution de son temps :

 

> Nécessaire à l'unité

> Bien plus douce que la cour laïque

> Gravement calomniée par les ennemis de la foi

 

La vérité n’est pas ce que Hollywood vous a dit.

Hollywood vous a menti à propos de l’Inquisition espagnole

Source: Trad West

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23 août 2025 6 23 /08 /août /2025 00:00
Sainte Rose de Lima, Vierge (1586-1617) - Huile de Claudio Coello (1642-1693), musée du Prado, Madrid

Sainte Rose de Lima, Vierge (1586-1617) - Huile de Claudio Coello (1642-1693), musée du Prado, Madrid

Rose naît le 20 avril 1586 à Lima au Pérou  d'une famille pauvre d'origine espagnole dont elle était la dixième enfant, et reçut au Baptême le nom d'Isabelle. Sa mère, penchée sur son berceau, ayant cru apercevoir une rose épanouie sur son visage, s´écria : "Désormais, tu seras ma ‘Rose’", changement de nom qui fut confirmé par la Sainte Vierge dans une vision qu'eut plus tard la jeune fille.

 

 

La vie de cette petite Sainte a été une suite ininterrompue de souffrances volontairement acceptées et héroïquement supportées. Dès son bas âge, Rose comprit que la vraie sainteté consiste avant tout à accomplir ses devoirs d´état. Une source de difficultés lui vint de concilier l'obéissance à ses parents avec la fidélité aux appels intérieurs dont le Ciel la favorisait. Elle s'ingénia à trouver le moyen d'obéir à la fois à Dieu et à sa mère. Décidée à ne chercher à plaire à personne qu'à Dieu, elle portait néanmoins une couronne de fleurs imposée par sa mère ; mais elle sut y cacher à l'intérieure une aiguille qui faisait de cet ornement un instrument de supplice.

 

Peu après l'âge de quatre ans (1590), elle sut lire et se nourrira du récit de la vie de sainte Catherine de Sienne, qui deviendra son modèle de vie spirituelle. Rose se voua à une vie de pénitence. Dès son enfance, elle s´exerça au jeûne et put le pratiquer à un degré héroïque. Elle ne mangeait jamais de fruits. À six ans, elle jeûnait le vendredi et le samedi. À quinze ans, elle fit vœu de ne jamais manger de viande. À 20 ans, elle prend l'habit des tertiaires dominicaines. Plus tard, elle ne mangea qu´une soupe faite de pain et d´eau, sans sel ni autre assaisonnement. Toutes les nuits, elle se frappait cruellement avec des chaînettes de fer, s´offrant à Dieu comme une victime sanglante pour l'Église, l'État, les âmes du purgatoire et les pécheurs. Non contente du lit de planches sur lequel elle reposa longtemps, elle se fit un lit avec des morceaux de bois liés avec des cordes ; elle remplit les intervalles avec des fragments de tuiles et de vaisselle, les acuités tournées vers le haut. Rose coucha sur ce lit pendant les seize dernières années de sa vie.

 

La vraie sainteté ne réside pas dans la pénitence du corps, mais dans celle du coeur, qui est impossible sans l´humilité et l'obéissance. Toutes les austérités de Rose étaient soumises à l'obéissance ; et elle était toujours prête à tout abandonner. On s´étonnera que ses directeurs aient pu approuver dans une si frêle enfant d'aussi cruelles macérations ; mais il faut savoir que chaque fois que des confesseurs voulurent s'y opposer, ils en furent empêchés par une lumière intérieure.

 

Toute la personne de Rose, défigurée par la pénitence, attirait l'attention du public et la faisait vénérer comme une Sainte. Désolée, elle eut recours à Dieu, afin que ses jeûnes n'altérassent pas les traits de son visage. Chose admirable ! Elle reprit son embonpoint et ses vives couleurs ; ses yeux se ranimèrent. Aussi arriva-t-il qu'après avoir jeûné tout un Carême au pain et à l´eau, elle rencontra des jeunes gens qui se moquèrent d´elle en disant : "Voyez cette religieuse si célèbre par sa pénitence ! Elle revient sans doute d'un festin. C'est édifiant, vraiment, en ce saint temps !" Rose en remercia Dieu.

 

La charité de Rose pour le salut des âmes était en proportion de son amour pour Jésus-Christ. Elle ressentait une poignante douleur en pensant aux âmes qui se perdent après avoir été si chèrement achetées. Elle pleurait sur le sort des Chinois, des Turcs, et des nombreuses sectes hérétiques qui désolaient l'Europe.

 

Sa méfiance de l'Inquisition lui valut plusieurs examens de la part des autorités religieuses, ses profondes réponses étonnèrent alors ses détracteurs. Dans le même temps, elle se dévoua au service des indiens, des enfants abandonnés, des vieillards, des infirmes, et des malades.

 

Elle passa de la terre au ciel le 24 août 1617, à l'âge de trente et un ans. Le peuple de Lima se précipita sur sa tombe pour y recueillir un peu de la terre qui la recouvrait.

 

Rose de Lima a été béatifiée en 1668 par Clément IX et canonisée, le 12 avril 1671, par Clément X.

Sainte Rose de Lima (Noël Laudin - Musée de Châlons-en-Champagne)

Sainte Rose de Lima (Noël Laudin - Musée de Châlons-en-Champagne)

Sainte Rose de Lima est patronne des Amériques, des Philippines, du Pérou, de la ville de Lima, de la police nationale et de l'université catholique du Pérou.

 

Tous les ans, à l'occasion de la Solennité de Sainte Rose de Lima, le 30 août (férié au Pérou), une cérémonie religieuse réunit les autorités politiques, diplomatiques et militaires du pays. Sa statue est portée en procession de la cathédrale de Lima au sanctuaire qui lui est dédié. Elle est également à l'origine de la fête traditionnelle du royaume d'Araucanie et de Patagonie le 30 août.

Le Seigneur a dit d'une voix forte : que tous les hommes sachent que la grâce arrive après la peine, qu'ils sachent que sans avoir porté le fardeau des afflictions, ils ne peuvent atteindre les hauteurs de la Grâce, qu'ils apprennent que les dons de la Grâce augmentent au fur et à mesure que le fardeau s'alourdit, que les hommes ne se trompent pas, il n'y a qu'une voie pour rejoindre le Paradis, et la Croix est la seule route pour y accéder.

Sainte Rose de Lima

Sources: (1); (2)

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22 août 2025 5 22 /08 /août /2025 10:20

Un article du site (en langue allemande) "Kath.net", rédigé par Martin Grichting, s'interroge sur le synodalisme appliqué dans l’Église depuis des décennies, ce "podium synodal", ou cet esprit de compétition des laïques dans les comités ecclésiastiques, qui érigé en méthode pastorale aboutit en pratique au contraire de l'Eglise universelle.

Le podium synodal

Le podium synodal

 

Le synodalisme est-il un aveu de l'irréalisme du Concile Vatican II, du moins en ce qui concerne la mission des laïcs ? Un commentaire en allemand de Martin Grichting.

 

Source: https://www.kath.net/news/88251

 

Le théoricien politique Thomas Hobbes (1588-1679) était un réaliste. En termes chrétiens, on pourrait dire qu'il tenait compte de la nature humaine, affaiblie par les conséquences du péché originel. C'est pourquoi il a non seulement popularisé l'antique maxime ''Homo homini lupus'' (L'homme est un loup pour l'homme), mais aussi démontré, dans son ouvrage '' Léviathan'', la nécessité d'un État : sans son pouvoir de contrôle, l'esprit de compétition et l'ambition de l'humanité mèneraient à la guerre de tous contre tous. C'est ce qu'empêche l'État fort, le Léviathan, ce ''dieu mortel à qui nous devons la paix et la protection sous le seul Dieu éternel''.

 

Dans ''Léviathan'', Hobbes aborde également le sujet de la consultation. Un supérieur doit-il demander conseil directement, en privé ou en public ? Pour Hobbes, qui n'a aucune illusion, c'est clair : le monarque est en mesure de consulter qui il veut, où et quand il veut, et d'écouter en silence les pensées de ceux qui sont les plus expérimentés dans le domaine en question. Par conséquent, il devrait écouter ses conseillers individuellement, et non en réunion publique. Car dans le premier cas, il apprend la conviction de plusieurs, dans le second cas, souvent seulement l'opinion d'un seul. Car les membres d'un comité se basent sur ceux qui sont éloquents ou puissants. Pour éviter d'être considérés comme stupides, ils adhèrent souvent à des opinions qu'ils ne comprennent même pas. Nombre de conseillers font passer le bien commun avant le leur. S'ils étaient entendus individuellement, ce serait moins nocif. Car seul, l'homme est plus modéré. Mais s'il se trouve dans une assemblée, les flambeaux individuels sont enflammés par l'éloquence de certains, comme par une rafale de vent, pour la plus grande ruine de l'État. De plus, devant un public, certains conseillers citeraient également des choses qui n'avaient rien à voir avec le sujet, juste pour prouver leur vaste connaissance et leur éloquence. (Chapitres 19 et 25).

 

 

Si l'on considère le synodalisme avec lequel l'Église est inondée depuis des années par le Siège apostolique, il faut constater : "Les enfants de ce monde sont plus sages dans leurs rapports avec leurs propres enfants que les enfants de la lumière" (Lc 16, 8). Car même si l'on veut supposer que l'agitation synodale n'est pas une intention sombre, mais simplement de la naïveté, les dynamiques négatives contre lesquelles Hobbes a mis en garde se révèlent ouvertement : officiellement, on conseille le supérieur, que ce soit le pape, l'évêque ou le pasteur. Mais en fait, on parle à ses semblables. On se présente et on influence les autres à sa manière, si possible par le biais des médias. Ces dernières années l'ont montré : pour beaucoup, ce n'est pas la question qui compte, mais leur cause. Et les comportements prévisibles d'influence, de manipulation et de jeux de pouvoir des groupes de pression deviennent apparents. Les événements synodaux aux niveaux universel, national, diocésain et paroissial sont le théâtre d'autopromotions, d'arrivistes et d'idéologues. Ils défilent sur le podium synodal non pas pour montrer au public leurs atouts physiques sous tous les angles, mais plutôt leurs compétences théologiques et intellectuelles, souvent perçues comme telles. Avec leurs théories, ils sèment souvent la confusion parmi le peuple de Dieu et transforment l'Église en parlement. Les autorités nous assurent naïvement que l'Église n'est pas un tel parlement. Pourtant, les activités synodales, si tant est qu'elles présentent un quelconque intérêt, sont comprises en termes parlementaires par ceux qui sont habitués à la démocratie.

 

Le chapitre 4 de ''Lumen Gentium'' contient deux phrases concernant la participation de certains laïcs à la mission de la hiérarchie (LG 33).

En plus de cet apostolat, qui concerne tous les fidèles, les laïcs peuvent en outre, de diverses manières, être appelés à coopérer plus immédiatement avec l’apostolat de la hiérarchie [114], à la façon de ces hommes et de ces femmes qui étaient des auxiliaires de l’apôtre Paul dans l’Évangile, et, dans le Seigneur, dépensaient un grand labeur (cf. Ph 4, 3 ; Rm 16, 3 s.).

En outre, ils ont en eux une aptitude à être assumés par la hiérarchie en vue de certaines fonctions ecclésiastiques à but spirituel.

Lumen Gentium 33

Ces phrases constituent le point de départ de leur participation synodale.

 

Or, dans ce chapitre, le Concile évoque la mission de tous les laïcs au sein de la famille et au cœur de l'État, de la société civile, de l'économie, de la culture et des médias.

 

Si le Concile Vatican II doit encore être mis en œuvre, ne faudrait-il pas alors pratiquer le synodalisme dans un rapport promouvant la mission dans le monde qui s'applique à tous les laïcs ? Or, on n'a plus beaucoup entendu parler de cette dernière depuis ''Christifideles laici'' (1988) [une exhortation apostolique du pape Jean-Paul II, résumant l'enseignement issu du synode des évêques de 1987 sur la vocation et la mission des laïcs dans l'Église et dans le monde, l'objectif du document étant de souligner le rôle de la participation des laïcs dans la société humaine. Ndlr.].

 

Au contraire, grâce à un activisme romain incessant, les laïcs sont amenés à comprendre que la réalisation de leur mission réside dans le synodalisme.

 

Peu à peu, une question angoissante surgit : le repli sur soi derrière les murs de ses propres structures (l'Église) ne cache-t-il pas un aveu que le Concile Vatican II n'est pas applicable, du moins pas en ce qui concerne le rapport de l'Église à la modernité, à la démocratie, à la société des hommes libres et égaux ? [L'Église est une monarchie et non une démocratie parlementaire: "c'est la hiérarchie de l'Église qui assure la direction du chemin de l'Église et préserve le dispositif de la foi transmise par les Apôtres, l'Église aux ''apôtres dirigés par Pierre'', et les successeurs des apôtres sont les évêques." (Cardinal Joseph Zen)"De même que la quadrature du cercle contredit les principes de la géométrie, de même, dans l'ecclésiologie catholique, la combinaison du concept protestant de synodalité, qui est basé sur la négation de l'ordre sacramentel et de la constitution épiscopale de l'Église, avec le concept catholique de synode et de synodalité est vouée à l'échec... La constitution sacramentelle de l'Église se fonde sur son unité vitale avec le Christ et ne doit en aucun cas être confondue ou mélangée avec les constitutions des communautés politiques. L'expression grecque de la constitution hiérarchique de l'Église, qui chez le Pseudo-Dionysius inclut également les charismes des fidèles, ne signifie en langage ecclésiastique latin rien d'autre que la sacramentalité de l'Église. Cela n'a rien à voir avec une forme de gouvernement sociologique "du haut vers le bas" qui, à l'époque démocratique, pourrait ou devrait être remplacée par un gouvernement "du bas vers le haut". Ce serait un péché contre l'Esprit-Saint et de l'unité de l'Église dans la vérité révélée que d'impliquer ceux qui accomplissent la mission globale de l'Église, que ce soit dans l'apostolat des laïcs, dans la vie consacrée des religieux ou dans l'épiscopat, dans une lutte pour le pouvoir au sens politique, au lieu de comprendre que l'Esprit-Saint guide leur coopération symphonique afin que tous parviennent à l'unité dans le Christ." (Cdl Müller).Ndlr.]

Commentaires (traductions)

 

(1) Le concile Vatican II et "Lumen gentium" : Martin Luther aurait dit/écrit "mieux vaut le diable en chaire qu'une femme !" – mais ce que les protestants ont fait de sa "Réforme" après sa mort, nous l'entendons aujourd'hui dans les paroles d'une "évêque" protestante, pour qui la pilule contraceptive est un cadeau de Dieu. Le concile Vatican II et "Lumen gentium" n'incitent certainement pas à une telle rébellion. Ce sont les membres du synode qui, eux-mêmes de manière perfide, infidèle, effrontée et trompeuse, interprètent les déclarations du concile Vatican II et sèment la confusion parmi les catholiques avec leurs intentions bienveillantes.

Nos évêques allemands semblent impuissants face à cela, car les scandales d'abus sexuels, auxquels les membres du synode font également référence, ont placé l'Église officielle dans le camp des coupables.

 

(2) Benoît XVI a écrit un jour (je ne sais plus où) qu'il existait en quelque sorte deux conciles : le véritable concile et le concile tel qu'il est perçu par l'opinion publique. (Oui, je sais, il l'a très certainement formulé autrement, mais je n'ai pas de sources sous la main pour le moment, je me fie uniquement à ma mémoire. Mais le sens était exactement celui-là.) Le problème est que le concile tel qu'il est perçu par le public, le concile des médias, est plus présent dans la conscience générale que le vrai concile. Tous les ''partisans du concile'' qui invoquent sans cesse ''l'esprit du concile' 'parce qu'ils l'ont mal compris devraient peut-être enfin lire les actes originaux du concile. Je leur promets qu'ils vont avoir une sacrée surprise !
 

 

(3) Le concile voulait manifestement encourager les laïcs à mener une activité apostolique dans leurs cercles. Allez dans le monde du travail, de l'économie, des familles, dans le monde de la politique et les imprégner de la foi chrétienne. Mais voici quel malentendu est né : comme une maladie immunitaire, l'ambition de nombreux laïcs s'est tournée vers des domaines réservés aux prêtres. Ils veulent dominer les paroisses. Quel malheur - le levain du christianisme se perd et le champ devient stérile.

Quiconque a déjà travaillé pendant des années au sein de nombreux comités sait à quel point l'éloquence, le verbiage et les chevaux de bataille y sont répandus et peuvent avoir des effets dévastateurs. Les politiciens élus dans de nombreux comités ecclésiastiques, y compris les personnalités dites individuelles, ont particulièrement tendance à se mettre en avant. De nombreux membres des ''conseils'' semblent en outre de plus en plus figés dans leurs idéologies, de sorte que la formation de clans et l'exclusion des minorités sont monnaie courante. ... On s'agite ''à un rythme synodal accéléré'' dans des cercles et des comités, puis on veut naturellement ''obtenir'' quelque chose. Les connaissances théologiques sont plutôt rares dans ces comités. On vise donc des objectifs à court terme et des compromis, ce qui est toutefois totalement absurde dans l'Église catholique universelle.

 

(4) Une question explosive, posée par un prêtre qui connaît la pratique la plus dévastatrice dans les pays germanophones. Par ailleurs, la "participation active des fidèles", souvent citée à tort par le passé, ne signifiait clairement pas l'activisme des individus, mais une meilleure implication intérieure et extérieure de tous les fidèles dans ce qui se passe à l'autel.

Il est évident que certaines parties de l'Église se sont complètement fourvoyées, en particulier en Allemagne. Lorsque les évêques jettent de l'huile sur le feu en encourageant publiquement des choses qui sont tout simplement impossibles car elles dépassent le pouvoir des êtres humains, ils ne font qu'empirer les choses (par exemple, modifier les dogmes ou les commandements ou les prescriptions explicites ou implicites de Jésus, comme le choix délibéré d'apôtres exclusivement masculins, auxquels il a conféré le pouvoir divin de pardonner les péchés et de transformer les espèces).

***

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22 août 2025 5 22 /08 /août /2025 00:03
Fête de la Vierge Marie Reine Mémoire (Pie XII)

Le 22 août est la mémoire liturgique de la Bienheureuse Vierge Marie invoquée sous le titre de "Reine".(1)

Si le Fils est roi, sa Mère doit nécessairement être considérée et appelée reine.

Saint Athanase

Dans la tradition catholique, la Vierge Marie est honorée comme Reine du Ciel, une vérité soutenue par plusieurs sources bibliques.

 

L'Ancien Testament met en lumière le rôle central de la Reine-Mère dans la monarchie davidique. En 1 Rois 2,19-20, le roi Salomon accueille sa mère Bethsabée avec honneur, lui accorde une place à sa droite et écoute ses requêtes :

 

"Bethsabée se rendit chez le roi Salomon pour lui parler en faveur d’Adonias. Le roi se leva, vint à sa rencontre et se prosterna devant elle. Puis il prit place sur son trône. Il fit installer également un trône pour la mère du roi, et elle prit place à sa droite."

 

Elle dit : "Je n’ai qu’une petite demande à te faire : ne me repousse pas !" Le roi lui dit : "Demande, ma mère, je ne te repousserai pas !"

 

Chaque roi de Juda – le royaume davidique – figure aux côtés de sa reine, qui a toujours été sa mère (Cf. 1 S 22,3). Le Christ, Fils de David et dernier Roi davidique, ne fait pas exception. Il a aussi une reine, et c’est aussi sa mère.

 

Dans ce même esprit, Marie, en tant que Mère de Jésus, le Roi messianique, assume ce rôle de Gebirah (hébreu pour "grande dame", la Reine Mère d'Israël et de Juda), dans le Royaume céleste. 

 

Dans l’ancien royaume de Juda, lorsqu’un nouveau roi montait sur le trône, ce n’était pas sa femme qui recevait le titre de reine, car les rois avaient souvent plusieurs épouses ou concubines. Au lieu de cela, c’est la mère du roi qui a pris la place d’honneur. La "reine" n’était pas l’épouse du roi, mais sa mère, et s'il était courant qu’un roi ait plus d’une épouse, mais il n’avait qu’une seule mère. Le peuple apportait ses requêtes à la reine mère et elle les apportait à son tour à son fils, le roi, comme on le voit avec Bethsabée en 1 Rois 2,19-20. Elle occupait une position privilégiée à la cour, siégeait à la droite du roi et était souvent considérée comme un intercesseur ou une conseillère.

 

Le Psaume 44,10 renforce cette vision en annonçant : "Parmi tes bien-aimées sont des filles de roi ; à ta droite (la Reine Mère), la préférée, sous les ors d'Ophir.'' Ce psaume, souvent interprété comme prophétique, préfigure la royauté de Marie, comme mère du Roi des rois, Jésus-Christ.

 

C’est ce que font les catholiques. Nous nous tournons vers notre reine, la mère de notre Seigneur, et nous lui demandons de prier et d'intercéder pour nous.

 

Selon cette tradition biblique, si Jésus est le Roi éternel de l’univers, sa mère, la Vierge Marie, est la Reine non pas parce qu’elle a le pouvoir pour elle-même, mais à cause de sa relation unique avec le Roi : elle est la Mère du Seigneur, la Mère de Dieu, qui a porté en son sein le Roi des rois.


Pour cette raison, l’Église la reconnaît comme Reine du Ciel et de la Terre, et sa royauté est le reflet de la gloire de son Fils.



C’est un titre qui a non seulement des racines théologiques, mais aussi des racines profondément bibliques et traditionnelles.

Fête de la Vierge Marie Reine Mémoire (Pie XII)

Luc 1,43 nous révèle l'émerveillement d'Elisabeth : "D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?"

 

Elisabeth reconnait Marie comme la Mère du Seigneur, une expression royale car Jésus est le Roi éternel.

L'indication biblique la plus claire que Marie de Nazareth est une reine se trouve dans un passage remarquable du chapitre 12 de l'Apocalypse.

 

Le couronnement de la Vierge, dont la fête a été instituée par Pie XII en 1954, ne présente pas le même éclat que l’Assomption, car il n’est pas un dogme, même s’il figure comme l’un des cinq mystères glorieux de la prière du Rosaire. Il n’est d’ailleurs pas cité dans les Écritures si ce n’est dans le Livre de l’Apocalypse, lu justement le jour de l’Assomption, dans lequel il est mentionné (Ap 12, 1) :

 

Un signe grandiose apparut dans le ciel ; une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds et, sur la tête, une couronne de douze étoiles. (2)

 

Cette femme interprétée comme Israël, l'Eglise et Marie, est couronnée, symbolisant ainsi sa royauté céleste. Pris ensemble, ces passages montrent que la royauté de Marie découle directement de sa maternité et de son rôle unique dans l'histoire du salut. En tant que Mère du Ciel, elle intercède pour nous auprès du Roi des rois.

L'auteur visionnaire d’Ap 12 voit un signe extraordinaire dans le ciel : une femme revêtue du soleil, la lune à ses pieds et une couronne de douze étoiles sur la tête.

 

Le nombre douze désigne les tribus d'Israël. La couronne indique (sans ambiguïté) qu'il s'agit d'un personnage royal. Il devient évident que cette femme n'est pas seulement une reine, mais plus précisément une reine mère, car on apprend qu'elle accouche d'un un roi, "destiné à gouverner les nations avec une verge de fer".

 

La reine mère et le jeune roi sont tous deux engagés dans une terrible lutte.

 

Le visionnaire nous apprend qu'un dragon redoutable est prêt à dévorer le bébé dès sa naissance.

 

Mais Dieu emporte l'enfant et le conduit en sécurité sur le trône divin, tandis que la mère s'enfuit dans le désert où elle trouve refuge.

 

Sur ces entrefaites, une guerre éclate entre "Michel et ses anges" et le dragon et ses anges. Cette image est certes riche et multiforme en symboles, mais elle indique au moins que la reine et son fils royal sont les protagonistes d'un combat spirituel d'une certaine ampleur. En un mot, ce sont des guerriers.


Juste avant ce passage, à la toute fin du chapitre 11 de l'Apocalypse, nous trouvons la vision du temple céleste. Au milieu d'éclairs, de coups de tonnerre et d'une violente grêle, le voyant aperçoit l'Arche d'Alliance à l'intérieur du temple. L'arche, rappelons-le, contenait les vestiges des Dix Commandements et, par conséquent, était l'objet le plus sacré de l'ancien Israël. Placée dans le Saint des Saints du Temple de Jérusalem, elle était considérée comme le lien entre le ciel et la terre, le porteur absolu de la présence divine.

 

Lorsque le roi David fit entrer l'arche dans la Ville sainte, il dansa devant elle avec une insouciance téméraire.

 

De plus, à plusieurs reprises au cours de son histoire, Israël l'amena au combat, notamment lorsque les prêtres firent sept fois le tour des remparts de Jéricho avec elle, avant que ces remparts ne s'écroulent.

 

Or, la juxtaposition de la vision de l'arche dans le temple céleste et de celle de la reine mère revêtue du soleil ne peut être fortuite. L'auteur de l'Apocalypse nous dit que Marie, porteuse du Verbe de Dieu fait chair, était l'Arche d'Alliance par excellence.

 

En effet, lorsqu'elle rendit visite à sa cousine Élisabeth, enceinte de Jean-Baptiste, celui-ci tressaillit de joie dans le ventre de sa mère, imitant magnifiquement la danse de David devant la véritable arche.

 

L'arche et la reine sont toutes deux associées au combat spirituel.

Le Couronnement de la Vierge par Diego Vélasquez, XVIIe siècle

Le Couronnement de la Vierge par Diego Vélasquez, XVIIe siècle

L'argument principal sur lequel se fonde la dignité royale de Marie, déjà évident dans les textes de la tradition antique et dans la sainte Liturgie, est sans aucun doute sa maternité divine divine.

 

Dans les Livres Saints, en effet, on affirme du Fils qui sera engendré par la Vierge : "Il sera appelé Fils du Très-Haut et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père, et il régnera dans la maison de Jacob éternellement et son règne n'aura pas de fin" (Luc. 1, 32, 33) ; en outre, Marie est proclamée "Mère du Seigneur" (Luc 1,43). Il s'en suit logiquement qu'elle-même est Reine, puisqu'elle a donné la vie à un Fils qui, dès l'instant de sa conception, même comme homme, était, à cause de l'union hypostatique de la nature humaine avec le Verbe, Roi et Seigneur de toutes choses. St Jean Damascène a donc raison d'écrire : "Elle est vraiment devenue la Souveraine de toute la création au moment où elle devint Mère du Créateur" (St. Jean Damascène, De fide orthodoxa), et l'Archange Gabriel lui-même peut être appelé le premier héraut de la dignité royale de Marie.

 

Cependant la Bienheureuse Vierge doit être proclamée Reine non seulement à cause de sa maternité divine mais aussi parce que selon la volonté de Dieu, elle joua dans l'œuvre de notre salut éternel, un rôle des plus éminents.

Fête de la Vierge Marie Reine Mémoire (Pie XII)

Dans l'accomplissement de la Rédemption, la Très Sainte Vierge fut certes étroitement associée au Christ ; aussi chante-t-on à bon droit dans la Sainte Liturgie : "Sainte Marie, Reine du ciel et maîtresse du monde, brisée de douleur (Lc 2,35), était debout près de la Croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ".

 

Et un pieux disciple de saint Anselme pouvait écrire au Moyen-âge : "Comme... Dieu, en créant toutes choses par sa puissance, est Père et Seigneur de tout, ainsi Marie, en restaurant toutes choses par ses mérites, est la Mère et la Souveraine de tout : Dieu est Seigneur de toutes choses parce qu'il les a établies dans leur nature propre par son ordre, et Marie est Souveraine de toutes choses en les restaurant dans leur dignité originelle par la grâce qu'elle mérita".

 

En effet, "Comme le Christ pour nous avoir rachetés est notre Seigneur et notre Roi à un titre particulier, ainsi la Bienheureuse Vierge est aussi notre Reine et Souveraine à cause de la manière unique dont elle contribua à notre Rédemption, en donnant sa chair à son Fils et en l'offrant volontairement pour nous, désirant, demandant et procurant notre salut d'une manière toute spéciale".

 

De ces prémisses, on peut tirer l'argument suivant : dans l'œuvre du salut spirituel, Marie fut, par la volonté de Dieu, associée au Christ Jésus, principe de salut, et cela d'une manière semblable à celle dont Eve fut associée à Adam, principe de mort, si "ce fut elle qui, exempte de toute faute personnelle ou héréditaire, bien que l'on peut dire de notre Rédemption qu'elle s'effectua selon une certaine "récapitulation" en vertu de laquelle le genre humain, assujetti à la mort par une vierge, se sauve aussi par l'intermédiaire d'une vierge ; en outre on peut dire que cette glorieuse Souveraine fut choisie comme Mère de Dieu précisément "pour être associée à lui dans la rédemption du genre humain" ; réellement toujours étroitement unie à son Fils, l'a offert sur le Golgotha au Père Eternel, sacrifiant en même temps son amour et ses droits maternels, comme une nouvelle Eve, pour toute la postérité d'Adam, souillée par sa chute misérable" ; on pourra donc légitimement en conclure que, comme le Christ, nouvel Adam, est notre Roi parce qu'il est non seulement Fils de Dieu, mais aussi notre Rédempteur, il est également permis d'affirmer, par une certaine analogie, que la Sainte Vierge est Reine, et parce qu'elle est Mère de Dieu et parce que comme une nouvelle Eve, elle fut associée au nouvel Adam.

 

Sans doute, seul Jésus-Christ, Dieu et homme est Roi, au sens plein, propre et absolu du mot ; Marie, toutefois, participe aussi à sa dignité royale, bien que d'une manière limitée et analogique parce qu'elle est la Mère du Christ Dieu et qu'elle est associée à l'œuvre du Divin Rédempteur dans sa lutte contre les ennemis et au triomphe qu'il a obtenu sur eux tous. En effet par cette union avec le Christ Roi, elle atteint une gloire tellement sublime qu'elle dépasse l'excellence de toutes les choses créées : de cette même union avec le Christ, découle la puissance royale qui l'autorise à distribuer les trésors du Royaume du Divin Rédempteur ; enfin cette même union avec le Christ est source de l'efficacité inépuisable de son intercession maternelle auprès du Fils et du Père.

 

Que tous s'efforcent selon leur condition de reproduire dans leur cœur et dans leur vie, avec un zèle vigilant et attentif, les grandes vertus de la Reine du Ciel, Notre Mère très aimante. Il s'ensuivra en effet que les chrétiens, en honorant et imitant une si grande Reine, se sentiront enfin vraiment frères et, bannissant l'envie et les désirs immodérés des richesses, développeront la charité sociale, respecteront les droits des pauvres et aimeront la paix. Que personne, donc, ne se croie fils de Marie, digne d'être accueilli sous sa puissante protection, si, à son exemple, il ne se montre doux, juste et chaste, et ne contribue avec amour à la vraie fraternité, soucieuse non de blesser et de nuire, mais d'aider et de consoler.

 

Vivement désireux que la Reine et Mère du peuple chrétien accueille ces vœux et réjouisse de sa paix la terre secouée par la haine et, après cet exil, nous montre à tous Jésus qui sera notre paix et notre joie pour l'éternité, à vous Vénérables Frères et à vos fidèles, Nous accordons de tout cœur, comme gage du secours du Dieu tout-puissant et comme preuve de notre affection, la Bénédiction Apostolique.(3)

 

 

Dans sa prière du Magnificat, rapportée dans l’Évangile de Luc, Marie parle du Dieu "qui a renversé les puissants de leurs trônes et élevé les humbles". Comme son Fils, Marie ne combat pas avec les armes mesquines du monde, mais avec celles de l’amour, du pardon, de la compassion et de la non-violence provocatrice.

 

La fête de la Reine Marie est liée à ce choix : où vous situez-vous dans la grande lutte spirituelle ?

 

Avec quelle armée combattez-vous ?

 

Marcherez-vous sous la bannière de la Reine Mère et de son Fils, ou avec leurs ennemis ?

 

Partirez-vous avec l’Arche d’Alliance ou contre elle ? (4)

Le couronnement de la Vierge, Jean Fouquet, xve siècle

Le couronnement de la Vierge, Jean Fouquet, xve siècle

Fête de la Vierge Marie Reine Mémoire (Pie XII)

Sources:

 

(1) https://notredamedeclermont.fr/2025/fete-de-la-vierge-marie-reine-le-vendredi-22-aout-2025/

(2) https://fr.aleteia.org/2023/08/21/pourquoi-dit-on-que-marie-est-couronnee-detoiles/

(3) Pie XII - Encyclique Ad Coeli Reginam, 1954, §22-26, §36, §39, Les saints du jour

(4) https://www.catholicnewsagency.com/news/255124/what-is-the-queenship-of-mary-and-why-does-it-matter

 

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22 août 2025 5 22 /08 /août /2025 00:00
Saint Fabrice

Fabrice de Tolède ou saint Fabrice ou saint Fabricien, premier évêque de Porto au Portugal. Mort martyr et vénéré avec Philibert à Tolède en 417.

Il est fêté le 22 août.

Sources: 1; 2

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21 août 2025 4 21 /08 /août /2025 00:00
Saint Christophe de Lycie (IIIe siècle)

Christophe (+ vers 250),  dérive des mots grecs Kristos (Christ) et phorein (porter), c'est-à-dire celui qui porte le Christ, en allusion à un géant légendaire initialement nommé "Réprouvé" qui aurait aidé l'enfant Jésus à traverser une rivière. Autrefois, il passait pour mettre à l'abri des maladies quiconque voyait sa statue.

Image illustrative de l'article Christophe de Lycie

La fusion de la mythologie païenne et de la légende chrétienne expliquent probablement la popularité du saint dans tout l’Occident à la fin du moyen-âge et les réticences des clergés anglais et allemands à son égard.

Selon une tradition très populaire, de sources variées et popularisée par la Légende dorée de Jacques de Voragine, Réprouvé était un Chananéen, d’allure terrible tant il était imposant.

Il eut l’idée de se mettre au service du plus grand prince du monde et se présenta donc à un roi très puissant. Un jour, un jongleur évoqua le diable devant le roi très chrétien qui se signa aussitôt. Réprouvé, fort étonné, demanda au roi le sens de ce geste. Celui-ci avoua, après bien des hésitations, sa peur devant le diable. Réprouvé, qui ne concevait de se mettre au service que du plus puissant quitta donc le roi pour trouver le diable.

Dans le désert, il s’approcha d’un groupe de soldats parmi lesquels s’en trouvait un particulièrement féroce qui lui demanda où il allait. Lorsque Réprouvé répondit, le soldat lui dit : « Je suis celui que tu cherches ». Marchant ensemble, il fut étonné de voir le diable s’enfuir devant une croix. Réprouvé, qui l’avait suivi, lui demanda la raison de sa peur. Après bien des hésitations, le diable avoua craindre la croix. À ces mots, Réprouvé le quitta et partit à la recherche du Christ pour se mettre à son service.

 

 

Il finit par rencontrer un ermite qui lui expliqua les principes de la foi en Jésus-Christ. Il lui dit :

« Ce roi désirera que tu jeûnes souvent ».
« Cela m’est impossible », répondit le géant. L’ermite ajouta :
« Ce roi désirera que tu lui adresses de nombreuses prières ». Le géant répondit qu’il ne savait ce que cela était et que, donc, il ne pouvait pas davantage se soumettre à cette exigence. L’ermite lui dit alors :
« Tu iras te poster à tel fleuve tumultueux et tu aideras les gens à le traverser ».

Réprouvé accepta. Il se construisit une petite maison au bord du fleuve et chaque jour, aidé d’une perche, il faisait traverser les voyageurs. Un jour, longtemps après, il entendit la voix d’un petit enfant qui lui demandait de le faire traverser. Il sortit mais ne vit personne. Rentré chez lui, il entendit une seconde fois l’appel de l’enfant. Dehors il ne trouva personne. Ce n’est qu’au troisième appel que le géant vit le petit enfant qui attendait sur la berge. Il le prit sur ses épaules et commença donc la traversée. Mais, à mesure qu’ils progressaient, l’enfant devenait de plus en plus lourd et le fleuve de plus en plus menaçant, tant et si bien qu’il eut le plus grand mal à rejoindre la berge opposée. Une fois l’enfant déposé il lui dit :

« Enfant, tu m’as exposé à un grand danger,
et tu m’as tant pesé que si j'avais eu le monde entier sur moi, je ne sais si j'aurais eu plus lourd à porter. » L'enfant lui répondit :
« Ne t'en étonne pas, Christophe, tu n'as pas eu seulement tout le monde sur toi, mais tu as porté sur les épaules celui qui a créé le monde : car je suis le Christ ton roi, auquel tu as en cela rendu service ;
et pour te prouver que je dis la vérité, quand tu seras repassé, enfonce ton bâton en terre vis-à-vis ta petite maison, et le matin tu verras qu'il a fleuri et porté des fruits. »

L’enfant disparut miraculeusement.

Christophe fit ainsi que l’enfant le lui avait dit et trouva le matin des feuilles et des dattes sur le bâton.

 

 

Christophe partit alors pour Samos, en Lycie (sud de l'actuelle Asie mineure) où, ne comprenant pas la langue, il tomba en prières afin que Dieu l’éclaire – ce qu’il obtint. Il alla à la rencontre des chrétiens qui, dans la ville, essayaient de convertir la population. Un des juges de la ville y trouva l’occasion de le frapper au visage. Il ficha son bâton dans le sol avec l’espoir d’un nouveau miracle… qui eut lieu en effet : ainsi huit mille hommes devinrent croyants. Le roi de la région, exaspéré, envoya deux cents soldats pour l’arrêter. Mais, sitôt qu’ils le virent en prière, ils hésitèrent. Le roi envoya à nouveau deux cents autres hommes qui à leur tour prièrent avec Christophe. Les ayant convertis, il accepta de les suivre chez le roi. Le roi eut grand peur en le voyant mais lui demanda son nom. Christophe répondit :

« Auparavant l’on m’appelait Réprouvé mais aujourd’hui je me nomme Christophe ». Le roi lui fit remarquer le choix peu judicieux : pourquoi prendre le nom de quelqu’un mort humilié sur une croix ? pourquoi ne pas se rallier à ses dieux ? Christophe lui répondit :
« C'est à bon droit que tu t'appelles Dagnus (damné ? danger ? dague ?), parce que tu es la mort du monde, l’associé du diable ; et tes dieux sont l’ouvrage de la main des hommes ». Le roi lui proposa un marché : soit il sacrifiait à ses dieux, soit le roi le suppliciait. Christophe refusa et fut jeté en prison. Le roi y envoya deux prostituées afin qu’elles le séduisent – Nicée et Aquilinie. Christophe en prière ne céda pas à leurs caresses et lorsqu’elles virent son visage éclatant demandèrent à être converties. Le roi entra dans une grande colère et leur ordonna de sacrifier. Elles acceptèrent à la condition que les places soient nettoyées et que tous les habitants soient au temple. Quand il fut fait ainsi et devant chacun, elles dénouèrent leur ceinture, les passèrent au cou des idoles et les firent tomber. Sur ordre du roi, elles furent suppliciées avant qu’il ne s’en prenne à Christophe lui-même qui résista à toutes les tortures. Le roi finit par le faire attacher à un arbre et lança quatre cents flèches sur lui qui toutes restèrent suspendues sauf une qui, suite aux injures du roi lancées à Christophe, se détourna et vint se planter dans son œil. Christophe lui dit :
« C’est demain que je serai sacrifié. Tu prendras mon sang et tu en feras de la boue. Tu poseras cette boue sur ton œil qui guérira ». Christophe fut ainsi décapité. Le roi suivit ses conseils et appliqua la boue qui aussitôt guérit son œil. Alors le roi crut et porta un édit qui interdisait à quiconque de blasphémer le nom de Dieu et de celui de son serviteur, Christophe.

 

Saint Christophe, détail Polyptyque de saint Vincent Ferrer, 1472, Giovanni Bellini, Venise, église Saint-Jean-et-Saint-Paul, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 440-441.

Saint Christophe, détail Polyptyque de saint Vincent Ferrer, 1472, Giovanni Bellini, Venise, église Saint-Jean-et-Saint-Paul, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 440-441.

Saint Christophe est fêté en Orient le 9 mai et en Occident le 21 août, autrefois le 25 juillet (avant la réforme du calendrier liturgique de 1967).

 

Il est le patron de la capitale de Lituanie, Vilnius.

 

Sources : (1) ; (2) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 43. 

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20 août 2025 3 20 /08 /août /2025 00:00

Les forêts t'apprendront plus que les livres.

Les arbres et les rochers t'enseigneront des choses

Que ne t'enseigneront point les maîtres de la science.

Bernard de Clairvaux, Lettres, in Jean-Paul Bourré, Méditations chrétiennes, Presses du Châtelet, Paris 2004, p. 153.

Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 35.

Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 35.

À quoi pouvait rêver dans l'éclat de sa jeunesse le fils de Tescelin, chevalier du duc de Bourgogne, et de dame Aleth de Montbard, si bonne chrétienne? de chasses ou de tournois? de chants de guerre ou de galantes conquêtes? En tous cas, certainement pas de vie monastique comme il en fera le choix à l'âge de vingt-trois ans. D'autant qu'il entraînait avec lui une trentaine de jeunes en quête d'absolu... Il méditait beaucoup, parlait peu, était doux, modeste, charitable,  donnant aux pauvres tout ce qu'il pouvait. On lui offrit l'archevêché de Milan; il le refusa, comme toutes les autres dignités, et revient en France.

Saint Bernard, le prodige de son siècle, naquit au château de Fontaines, près de Dijon, d'une famille distinguée par sa noblesse et par sa piété, et fut, dès sa naissance, consacré au Seigneur par sa mère, qui avait eu en songe le pressentiment de sa sainteté future. Une nuit de Noël, Bernard, tout jeune encore, assistait à la Messe de Noël; il s'endormit, et, pendant son sommeil, il vit clairement sous ses yeux la scène ineffable de Bethléem, et contempla Jésus entre les bras de Marie. "Guillaume de Saint-Thierry, l'un de ses biographes, note : 'Il lui apparut comme s'il venait une nouvelle fois au monde, sortant Verbe enfant, du sein de la Vierge Mère'.

 

"Parvenu à l'âge adulte, le futur saint multiplie exorcismes, prédications et guérisons. Son charisme de 'connaissance' stupéfie. Il prédit la mort de son frère Gui en dehors du monastère de Clairvaux dont il est l'abbé prestigieux. Parmi les pathologies vaincues par sa prière, toutes les parties du corps humain sont concernées, ou presque, mais on lui reconnaît une force surnaturelle dans la guérison des troubles sensoriels comme la cécité par exemple." (Patrick SBALCHIERO, Enquête sur les miracles dans l'Église catholique, Artège, Paris 2019, p. 231-232.)

 

Dans sa vie de S. Bernard (T. II), Mabillon compte plus de trente aveugles de tout âge et de toute condition, en France, en Allemagne, en Italie, guéris en présence des rois et des grands seigneurs, au moyen du signe de la croix fait sur eux par le thaumaturge de Clairvaux. Par le même signe, l'abbé de Clairvaux a guéri une foule de sourds et de muets. (Mgr Jean-Joseph GAUME, Le Signe de la Croix au XIXe siècle, 1869, rééd. Éditions Saint-Sébastien 2016, p. 103.)

"Saint Bernard de Clervaux", miniature in "Heures d'Étienne Chevalier", par Jacques Fouquet

"Saint Bernard de Clervaux", miniature in "Heures d'Étienne Chevalier", par Jacques Fouquet

À dix-neuf ans, malgré les instances de sa famille, il obéit à l'appel de Dieu, qui le voulait dans l'Ordre de Citeaux; mais il n'y entra pas seul; il décida six de ses frères et vingt-quatre autres gentilshommes à le suivre. L'exemple de cette illustre jeunesse et l'accroissement de ferveur qui en résulta pour le couvent suscitèrent tant d'autres vocations, qu'on se vit obligé de faire de nouveaux établissements. Il raffermit la règle à l'Abbaye de Citeaux et créa dans ce centre religieux l'amour de l'étude, du travail, la prospérité.

Saint Bernard de Clairvaux, Docteur de l'Église (1091-1153)

L'abbaye de Citeaux sera la source de cent soixante fondations, du vivant même du Saint. Loin de rester cloîtré il parcourt les routes d'Europe devenant, comme on a pu l'écrire, "la conscience de l'Eglise de son temps". Il vient plusieurs fois à Paris, à Saint Pierre de Montmartre, à la chapelle du Martyrium, à la chapelle Saint Aignan où il vient prier souvent devant la statue de la Vierge qui se trouve maintenant à Notre-Dame de Paris. 

 

Bernhard von Clairvaux (Initiale-B)

C'est en 1115, qu'après trois années de vie monastique à Citeaux, Bernard est envoyé à Clairvaux pour y fonder l'abbaye dont il restera père-abbé jusqu'à sa mort, sur un territoire situé sur les bords de l'Aube, qui lui fut concédé par Thibaut, comte de Champagne. Ce lieu hanté depuis les temps reculés par les malfaiteurs était le repaire alors connu sous le nom de Vallée d'absinthe, vallée de douleurs pour les voyageurs qui s'y aventuraient et tombaient entre les mains des brigands.

 

Les moines de Clairvaux furent au début contraints de vivre d'aliments mêlés de feuille de hêtre, d'orge, de millet d'avoine, de se composer un pain ressemblant à de la terre; mais bientôt, le sol se couvrit de verdure et de moissons. Cette transformation fut due à la foi, à la prière, à l'obéissance, à la règle et au travail de la bêche que Bernard maniait aussi lui-même pour donner l'exemple à ses frères.

Conseillez et ne forcez pas.

Saint Bernard, cité dans Voltaire, Traité sur la tolérance, Chapitre XV, Témoignages contre l'Intolérance, 1763

Bernard avait pris en main la défense du dogme, de l'unité catholique, de la foi, de la morale. Il protégeait les faibles, il fulminait contre les désordres de l'Église et les vices du clergé. Il professait la doctrine de S. Augustin et ses principes sur l'amour et sur la grâce. Il proclamait qu'il ne fallait pas écraser les hérétiques par les armes, mais par les arguments. Ainsi, en 1144, à Cologne, une foule en colère se livra à un pogrom contre les hérétiques qui se conclut, contre la volonté de l'archevêque, par leur mise à mort dans les flammes. Ce qui provoqua la protestation de Bernard :

 

"Nous apprenons ce zèle [du peuple], mais non ces sortes d'actions, parce qu'on doit obtenir la foi par la persuasion et non par la force, fides suadenda, non imonenda." (Sermon 66)

 

Ailleurs : "Mais je dis, qu'on les prenne non par les armes, mais par des raisonnements qui réfutent leurs erreurs" (Sermon 64) (Michael HESEMANN, Les Points Noirs de l'Histoire de l'Église, Pour en finir avec vingt siècles de polémiques, Artège, Paris 2017, p. 244).

 

La vie contemplative ne suffisait pas à son âme énergique. Il associa à la religion de l'évêque d'Hippone à la règle austère et active de S. Benoît. "La contemplation n'est qu'un loisir. L'homme doit exercer sa volonté sur la nature et sur la société. L'activité est le principe du salut. L'oisiveté est l'ennemie de l'âme."



Chaque jour, pour animer sa ferveur, il avait sur les lèvres ces mots: "Bernard, qu'es-tu venu faire ici?" Il y répondait à chaque fois par des élans nouveaux. Il réprimait ses sens au point qu'il semblait n'être plus de la terre; voyant, il ne regardait point, entendant, il n'écoutait point; goûtant, il ne savourait point. C'est ainsi qu'après avoir passé un an dans la chambre des novices, il ne savait si le plafond était lambrissé ou non; côtoyant un lac, il ne s'en aperçut même pas; un jour, il but de l'huile pour de l'eau, sans se douter de rien.

 


Infatigable fondateur, on le voit sur sa mule, traînant sur les routes d'Europe sa santé délabrée et son enthousiasme spirituel. Sa réforme monastique l'oppose à l'Ordre de Cluny dont il jugeait l'interprétation de la règle de S. Benoît trop accommodante. À sa mort, en 1153, ce sont 343 abbayes cisterciennes qui auront surgi du sol européen.

 


Le Saint n'avait point étudié dans le monde; mais l'école de l'oraison suffit à faire de lui un grand Docteur, admirable par son éloquence, par la science et la suavité de ses écrits. Il fut le conseiller des évêques, l'ami des Papes, l'oracle de son temps. Mais sa principale gloire, entre tant d'autres, semble être sa dévotion incomparable envers la très Sainte Vierge.

Bartolomé Esteban Murillo, Apparition de la Vierge à saint Bernard, Madrid, musée du Prado

Bartolomé Esteban Murillo, Apparition de la Vierge à saint Bernard, Madrid, musée du Prado

Cherchons la grâce, et cherchons-la par Marie ; car ce qu'elle cherche, elle le trouve, et elle ne peut être déçue.

S. Bernard

"Il porta à la Vierge une dévotion de chaque instant. Toutes les églises cisterciennes furent dédiées à la Vierge et, dans tout l'Occident, Bernard se fit l'apôtre du culte de Marie. Il est ainsi l'initiateur d'une religion d'amour moins juridique, moins comptable que la piété des siècles précédents et dans une certaine mesure le précurseur de cette piété du coeur, de cette dévotion du sentiment que le Poverello d'Assise allait répandre au siècle suivant." "Le culte de la Vierge se développa fortement, en liaison avec l'accent mis sur la piété mariale par S. Bernard, puis S. Dominique et les frères mendiants." (Jean CHELINI, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, Pluriel, Millau 2012, p. 367, 403)

Dans cette période de développement des écoles urbaines, où les nouveaux problèmes théologiques sont discutés sous forme de questions (quaestio) et d'argumentation et de recherche de conclusion (disputatio), Bernard est partisan d'une ligne traditionnaliste. Il combat les positions d'Abélard, approximatives d'un point de vue théologique, et le fait condamner au concile de Sens en 1140. Abélard incarne tout ce que Bernard déteste : l'intelligence triomphante, l'arrogance dominatrice, les prouesses dialectiques, une célébrité immense, fondée sur la foi passée au crible de la raison au détriment de la vie intérieure, l'obstination à tenir des positions. Bernard refuse que les secrets de Dieu soient examinés et questionnés par la raison. Il veut que la raison reconnaisse ce qu'il y a d'infiniment profond et d'incompréhensible dans les choses divines.

Les puissances de l'enfer sont puissantes, mais la prière est plus forte que tous les démons.

S. Bernard

Saint Bernard de Clairvaux, Docteur de l'Église (1091-1153)



Saint Bernard, auteur de la règle des Templiers
 

En 1124, lorsque des chevaliers demandèrent une règle pour leur ordre, le pape Honorius II chargea de cette affaire importante Bernard, abbé de Clervaux qui croyait à l'utilité d'une milice d'élite permanente, une véritable armée de métier, composée de chevaliers catholiques de toutes nationalités revêtus du double caractère religieux et militaire. Baudouin II, roi de Jérusalem, leur attribua une résidence dans son palais, construit croyait-on sur l'emplacement du Temple de Salomon. En 1129, lors de la création de l'ordre des Templiers au Concile de Troyes, celui-ci se dota d'une règle propre qui s'inspire directement de la règle de S. Benoît. La tâche de la rédiger fut confiée à Bernard.

En 1145, Clairvaux donne un pape à l'Église,
Eugène III, qui alors que le
 royaume de Jérusalem est menacé après la chute du comté d'Édesse, demande à Bernard de prêcher la deuxième croisade, laquelle sera entreprise en grande partie à l'initiative du roi de France Louis VII le Jeune.

Bernard, plus préoccupé par le développement de l'hérésie cathare dont les fidèles dépréciaient le Créateur en méprisant la matière et le corps (enfanter était un péché satanique chez les cathares), est réticent à l'idée de s'associer à une croisade en Terre sainte. Il ne s'incline que par obéissance au pape.

 

Il prend la parole le 31 mars 1146, le jour de Pâques au milieu d'une foule de chevaliers réunis au pied de la colline de Vézelay. À cette époque, il a cinquante six ans. Son discours enflamme la foule. Son discours évoque Édesse profané et le tombeau du Christ menacé. L'objectif de la croisade reste l'objectif limité de la première croisade. Il invite les chevaliers qui veulent se croiser à une intention droite (humilité, obéissance et sacrifice). Après son prêche, on lui arrache même des morceaux de son vêtement pour en faire des reliques. Sa parole éloquente est confirmée par des miracles nombreux; l'enthousiasme est indescriptible. Son prestige entraîne le peuple de France.

La même année 1146, Bernard fait accorder par le Pape Eugène III, tant aux chevaliers qu'aux Frères servants, le droit de mettre la croix rouge sur leurs manteaux du côté gauche, a sinistra, "la croix rouge, ce signe du martyre, ce signe qui obligeait ceux qui en étaient décorés à ne jamais lâcher pied dans les batailles, armés ainsi du signe de la Croix contre les ennemis du Christ." (Bulle de Clément V, Labbe, Conciles, vol. XI.)


Après le Père de l'Europe que fut S. Benoît au VIe siècle, saint Bernard est l'unificateur de "la Chrétienté". Il adressa une lettre circulaire aux Allemands, aux Anglais, aux Bretons, aux Lombards, les exhortant à cesser entre eux toute guerre, toute querelle, et à s'unir contre l'ennemi commun de la chrétienté. Enfin, il passa en Allemagne, où ses prédications obtinrent le même succès qu'en France.

Émile Signol, Saint Bernard prêchant la 2e croisade, à Vézelay, en 1146 (1840), Versailles, musée de l'Histoire de france

 

Saint Bernard de Clairvaux, Docteur de l'Église (1091-1153)

Près de Cologne, les Annales de Saint-Nicolas de Brauweiler, monastère bénédictin, écrites après l'échec de la seconde croisade devant Damas (1149) dressent un portrait flatteur de Bernard. Selon leur auteur anonyme, autant - si ce n'est plus que sa parole -, ce sont sa haute sainteté et ses oeuvres admirables qui poussent beaucoup à se croiser. Néanmoins, le bénédictin de Brauweiler semble aborder la prédication du cistercien et ses fruits avec une scepticisme détaché. Il n'est pas sûr, en tout cas, de leurs origines surnaturelles. "Je ne sais pas si Bernard était alors poussé par l'esprit de l'homme ou par l'esprit de dieu", avoue-t-il. (Martin Aurell, Des Chrétiens contre les croisades, XIIe – XIIIe siècle, Le Grand Livre du mois, Librairie Arthème Fayard, Saint-Amand-Montrond 2013, p. 53-58).

 

En France, alors qu'en avril 1150, encouragé par l'abbé Suger de Saint-Denis, son plus proche conseiller, Louis VII convoqua ses fidèles à Laon et à Chartres pour programmer une nouvelle croisade, à laquelle il souhaitait amener Bernard en personne, le célèbre prédicateur ne put que constater que leur toute proche expérience empêchait les chevaliers de prendre la croix : "Le coeur des barons reste insensible. C'est en vain qu'ils portent l'épée, qu'ils ont préféré gainer d'une peau de bête morte et attendre qu'elle rouille. Ils n'oseront pas la tirer, tandis que Jésus souffre", écrit-il alors dans l'une de ses lettres. Dans son esprit, l'Église est le corps mystique du Christ qui pâtit sous la domination musulmane. (R.C. SMAIL, Latin Syria and the West, 1149-1187, Transactions of the Royal Historical Society, 5e série, 19, 1969, p. 5-7, in Martin Aurell, Des Chrétiens contre les croisades, XIIe – XIIIe siècle, ibid., p. 53-54.) 

 

Saint Bernard contre les pogroms

 

Bernard pourfend les pogroms dans sa lettre circulaire promouvant la croisade (ep. 363, 6-7). Il explique pourquoi l'on ne saurait persécuter les Juifs. Ils représentent, en effet, "le témoignage et le mémorial vivant de la Passion du Seigneur", c'est-à-dire le souvenir de ses racines, de son genre de vie et de sa mort. Bernard note que Dieu a jadis accordé aux Juifs la Loi et la promesse du Messie, et que le Christ lui-même descend d'eux selon la chair. S'ils ont été dispersés par la diaspora et asservis aux princes chrétiens, c'est justement pour prouver, par ces châtiments, la Rédemption. À la fin des temps, ils se convertiront toutefois en masse, entrant dans l'Église selon la prophétie de Saint Paul (Rm 11:26). 

Bernard met ainsi fin au périple du "prophète Raoul", un meneur de pogroms au ton apocalyptique qui "par ses prêches mit au supplice le peuple, qui crut en ses signes et visions mensongères" (Annales de Saint-Jacques de Liège). Raoul s'en prend aux Juifs, dont la conversion forcée devait accélérer le retour du Christ sur le Mont des Oliviers. Bernard professe au contraire une eschatologie modérée. Il n'entend pas accélérer la Parousie, contrairement à Raoul et à ses complices qui veulent hâter le millenium de paix et de prospérité par leurs massacres. 

Otton de Freising

L'évêque de Freising en Bavière, le cistercien Otton (+ 1158), un des grands théoriciens de l'histoire de l'époque médiévale, écrit à propos de Raoul, dans ses Gestes de Frédéric Barberousse (I, 38-40) : "Il portait certes l'habit religieux et il imitait avec ruse un certain ascétisme, mais il avait à peine des lettres". À lire Otton entre les lignes, l'inculture est source d'erreurs doctrinales et de fautes morales. C'est pourquoi l'évêque de Freising sait tellement gré à Bernard d'avoir mis fin, avec l'aide de l'empereur Conrad III (1138-1152), au périple du gyrovague, l'enfermant dans son monastère. Otton clôt en effet l'épisode de la rencontre à Mayence de Bernard et Raoul, "qui jouissait de la plus grande faveur du peuple". Au nom de la sainte obéissance, l'abbé lui enjoint de revenir à la vie cénobitique. Raoul s'exécute. Et l'évêque de Freising, de conclure de façon significative : "Le peuple s'indigna gravement. Il se serait même livré à la sédition, s'il n'avait pas tenu compte de la sainteté de Bernard."

À propos des violences déclenchées par des chrétiens, Bernard développe la théorie de la guerre juste pour leur interdire toute première agression, même contre des païens. Il cite le vieux principe du droit romain Vim vi repellere, "Repousser la violence par la violence". La croisade n'est, à ses yeux, qu'une riposte légitime aux envahisseurs de la Terre sainte. En revanche, rien ne justifie qu'on s'en prenne aux Juifs. (Martin AURELL, Des Chrétiens contre les croisades, XIIe – XIIIe siècle, ibid., p. 59-62.)  

Pour avoir arrêté Raoul et ses complices, Bernard s'est attiré la faveur de la communauté juive. Adolescent lors des événements, Éphraïm ben Jacob de Bonn (1132-1200) rend grâces, dans son Livre du Souvenir, à "Yahvé qui, pour consoler nos pleurs et pour contrer le méchant [Raoul], envoya un prêtre bon et authentique, honoré de tout son clergé, qui connaissait et qui comprenait sa propre religion: son nom était Bernard et il était abbé de Clairvaux, en France." Éphraïm va jusqu'à mettre sur ses lèvres une affirmation témoignant de son acceptation sincère de la judaïté de Jésus : "Tuer un juif est tuer le Christ lui-même." (Trad. anglaise dans R. Chazan, European Jewry and the First Crusade, Berkeley (CA), 1996, p. 178. Voir Dahan, Saint Bernard et les Juifs; Regnard, Le Sens de la permanence du peuple juif pour saint Bernard, in Martin Aurell, Des Chrétiens contre les croisades, XIIe – XIIIe siècle, ibid., p. 63.)  

 

Après sa mort, qui arriva le 20 août 1153, plusieurs moines le voient en différents endroits; mais ces manifestations ont toujours un but spirituel: consoler les religieux, leur prodiguer aides et conseils, inviter les uns à la prière, les autres à la fréquentation de sacrements, etc. 

Sur sa tombe d'innombrables miracles se produisent. La plupart sont des guérisons qui concernent par ailleurs toutes les couches de la société de l'époque. (Patrick SBALCHIERO, Enquête sur les miracles dans l'Église catholique, Artège, Paris 2019, p. 232.)

 

On l'appela à juste titre le dernier Père de l'Église.

 

Canonisé vingt ans après sa mort par le pape Alexandre III, il fut mis par Léon XII au rang des docteurs. Il est déclaré docteur de l'Église en 1830 par Pie VIII.

 

Nous avons conservé plus de 300 sermons de S. Bernard, dont quelques-uns en français. (Jean CHELINI, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, ibid., p. 389.)

Saint Bernard de Clairvaux, Docteur de l'Église (1091-1153)

Sources: (1); (2); (3); (4) Mgr Paul GUERIN, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Editions D.F.T., Argentré-du-Plessis 2003, p. 515-518; (5) Giorgio PERRINI, Aveux des Templiers, Edition Jean de Bonnot, 1992, p. 7, 8, 9, 18. (6) Jean CHELINI, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, Pluriel, Millau 2012 (7) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 34-35.

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19 août 2025 2 19 /08 /août /2025 14:50

Le temps de la Pachamama est révolu. Les chrétiens vénèrent le Dieu de la nature, et non la nature elle-même.

 

À l'occasion de la réunion des évêques de la Conférence ecclésiale de l'Amazonie, réunis à Bogotá du 17 au 20 août, le pape Léon XIV a demandé aux évêques amazoniens de Bogotá de prendre soin de la création sans faire de la nature leur idole.

 

Il les a exhortés à proclamer le Christ avec clarté, à donner l'Eucharistie, à défendre la dignité des populations locales et à sauvegarder la création comme don de Dieu ordonné au salut.

Léon XIV: La nature ne doit être ni idolâtrée ni subie en esclaves. Cf. https://www.silerenonpossum.com/en/leone-xiv-stoppa-la-pachamama--la-natura-non-va-ne-idolatrata-ne-subita-come-schiavi/?s=09

Léon XIV: La nature ne doit être ni idolâtrée ni subie en esclaves. Cf. https://www.silerenonpossum.com/en/leone-xiv-stoppa-la-pachamama--la-natura-non-va-ne-idolatrata-ne-subita-come-schiavi/?s=09

Traduction en français du texte en langue anglaise

 

Cité du Vatican – À l'occasion de la réunion des évêques de la Conférence ecclésiale de l'Amazonie, réunis à Bogotá du 17 au 20 août, le pape Léon XIV a adressé un télégramme d'encouragement et de direction pastorale.

 

Par l'intermédiaire du cardinal secrétaire d'État, Pietro Parolin, le pape a souhaité réaffirmer trois dimensions essentielles de la mission de l'Église sur le territoire amazonien :

-l'annonce de l'Évangile,

-le respect des peuples qui y vivent

-et le soin de notre maison commune.



Les paroles du pape sont sans ambiguïté. Ceux qui, au cours de ces cent premiers jours, se sont demandé pourquoi l'approche de Prévost sur la question climatique se distingue de celle du pontificat précédent trouveront dans ce message une réponse claire. Léon XIV souligne la nécessité de maintenir un équilibre authentiquement chrétien dans notre relation à la nature. Il rappelle la doctrine pérenne de l'Église : "Non moins évident est le droit et le devoir de prendre soin de la maison que Dieu le Père nous a confiée en intendants attentifs, afin que personne ne détruise de manière irresponsable les biens naturels qui témoignent de la bonté et de la beauté du Créateur, ni, encore moins, ne s'y soumette comme un esclave ou un adorateur de la nature." 

 

Cette précision n'est en aucun cas secondaire. À une époque où le discours écologique risque souvent de se transformer en une nouvelle religion de la Terre, le Pape met en garde contre la tentation d'absolutiser la nature, en oubliant qu'elle n'est pas une fin en soi, mais un don ordonné à un but supérieur : louer Dieu et obtenir le salut des âmes. Ici, Léon XIV cite explicitement saint Ignace de Loyola (ce qui est révélateur en soi), qui, dans ses Exercices spirituels (n° 23), nous rappelle que toute chose créée existe au service de notre vocation ultime.

 

Il ne s'agit donc pas d'un rejet du soin de la création, mais plutôt d'un rappel à ne pas confondre les plans. La forêt amazonienne, ses fleuves, les peuples qui l'habitent – tout cela fait partie d'un projet qui ne trouve pas son sens en lui-même, mais dans le Christ, "en qui tout est récapitulé" (Ep 1, 10).

 

Dans cette optique, Léon XIV exhorte les évêques de l’Amazonie à ne jamais perdre de vue la primauté de l'annonce de Jésus-Christ, le seul capable de racheter l’homme de l’injustice et de l’oppression. "Partout où le nom du Christ est prêché", rappelle le télégramme, "l'injustice recule en proportion".

Le message s'inscrit ainsi dans la continuité de la tradition doctrinale de l'Église : défendre la nature, oui, mais sans tomber dans un culte de la nature. Sauvegarder les biens de la création, mais sans pour autant en devenir captifs. Car la mission chrétienne, même en Amazonie, n'est pas de générer de nouveaux cultes, mais de conduire toutes choses à leur accomplissement dans le Christ.

 

Bref, le temps de la Pachamama est révolu.

 

Léon XIV aux évêques d’Amazonie : la nature ne doit pas être adorée mais existe pour louer Dieu

https://www.catholicnewsagency.com/news/266037/pope-leo-xiv-to-bishops-of-the-amazon-region-nature-is-not-to-be-worshipped-but-exists-to-praise-god

https://www.catholicnewsagency.com/news/266037/pope-leo-xiv-to-bishops-of-the-amazon-region-nature-is-not-to-be-worshipped-but-exists-to-praise-god

Sources :

(1) https://www.silerenonpossum.com/en/leone-xiv-stoppa-la-pachamama--la-natura-non-va-ne-idolatrata-ne-subita-come-schiavi/?s=0

(2) https://www.lifesitenews.com/analysis/did-pope-leo-just-warn-the-amazon-bishops-away-from-heterodoxy/?utm_source=twittercath

(3) https://x.com/MLJHaynes/status/1957768322662957490?t=b3JlpqFKg3zFw6vhHb_vrQ&s=19

(4) https://x.com/EdwardPentin/status/1958617233845874848?t=f6wsp7FlB-I4nNvGepD5mw&s=19

(5) https://www.catholicnewsagency.com/news/266037/pope-leo-xiv-to-bishops-of-the-amazon-region-nature-is-not-to-be-worshipped-but-exists-to-praise-god

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19 août 2025 2 19 /08 /août /2025 14:48
La plupart des gens ne comprennent pas le symbolisme de la parabole du Bon Samaritain

La plupart des gens ne comprennent pas le symbolisme de la parabole du Bon Samaritain. (Lc 10,25-37)

 

Un homme (nous) est attaqué par des bandits (le péché), et laissé à moitié mort sur le bord du chemin.

 

Le prêtre et le lévite (Loi + Prophètes) passant à côté et le voyant ne le sauvent pas...

 

Le Samaritain (le Christ) amène l'homme dans une auberge (l'Église) et le laisse à l'aubergiste (le pape) jusqu'à son retour... (Patrick Neve)

la Loi et les Prophètes ne sauvent pas. Le Christ nous sauve en nous confiant à son auberge : l'Église.

Le Bon Samaritain, Rembrandt, 1632-1633, Wallace Collection, Londres.

Le Bon Samaritain, Rembrandt, 1632-1633, Wallace Collection, Londres.

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19 août 2025 2 19 /08 /août /2025 00:00
Saint Jean Eudes, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 117.

Saint Jean Eudes, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 117.

Dans le but de travailler au relèvement du Clergé, "le plus grand ennemi de l'Église", selon lui, le Père Eudes ouvrit à Caen un séminaire qui fut l'embryon d'une nouvelle famille religieuse, consacrée aux Coeurs de Jésus et de Marie et appelée "Congrégation de Jésus et de Marie" (Eudistes). Le succès vint aussitôt: les diocèses de Normandie furent bientôt pourvus de prêtres instruits et vertueux. Le Père Eudes ajouta à la formation du clergé les missions dans les campagnes.

En même temps, il fondait à Caen un Institut pour assurer la persévérance des "Repenties". Selon l'usage du temps, chaque maison était indépendante; à la mort du Père Eudes, il y en avait quatre; à la veille de la Révolution, il y en avait huit. En 1835, la supérieure du Refuge d´Angers, sainte Marie-Madeleine Pelletier, femme "de taille à gouverner un royaume", obtint que les nouvelles maisons fondées par son monastère restassent sous la dépendance de la Maison-Mère et donna à sa Congrégation le nom de "Bon-Pasteur". Cette branche a eu un grand succès, et possède des ramifications dans les cinq parties du monde.

 

 

Une des gloires du Père Eudes est d'avoir été le précurseur de la dévotion aux Coeurs de Jésus et de Marie. Quarante ans avant les apparitions de Paray-le-Monial, il faisait célébrer par ses prêtres l'Office solennel de ces très saints Coeurs et s'en faisait l'Apôtre dans ses missions. Aussi Léon XIII a appelé le Père Eudes "Auteur du culte liturgique des SS. Coeurs de Jésus et de Marie"; et Pie X, en le béatifiant, a dit qu´il devait être regardé comme "Père, Docteur et Apôtre" de cette dévotion.

Saint Jean Eudes, fondateur de la congrégation de Jésus et de Marie (1601-1680)

Dans son ouvrage "Le Royaume de Jésus" cité dans le Catéchisme de l'Église catholique au paragraphe 521, Saint Jean Eudes explique que "nous devons continuer et accomplir en nous les états et mystères de Jésus, et le prier souvent qu'il les consomme et les accomplisse en nous et en toute son Église. (...) Car le Fils de Dieu a dessein de mettre une participation, et de faire comme une extension et continuation de ses mystères en nous et en toute son Église, par les grâces qu'il veut nous communiquer, et par les effets qu'il veut opérer en nous par ces mystères. Et par ce moyen il veut les accomplir en nous" (Le Royaume de Jésus 3.4: Œuvres complètes, v. 1 [Vannes 1905], p. 310-311.) 

Arrivé à un âge avancé, le saint fondateur déposa sa charge de Supérieur et mourut saintement le 19 août 1680. Il est représenté avec un ou deux coeurs brûlants dans les mains.

Au XVIIIe siècle, les Eudites combattent le jansénisme, mouvement gallican contre l'ultramontanisme et l'autorité du Pape, donc proche du protestantisme et développant en même temps un rigorisme moral excessif.

 

On ne peut dire trop de fois l’Ave Maria, parce qu’on ne peut trop célébrer la mémoire de ce mystère.

Saint Jean Eudes

Saint Jean Eudes, fondateur de la congrégation de Jésus et de Marie (1601-1680)

Sources : (1) J.-M. Planchet, Nouvelle Vie des Saints, p. 332 ; (2) ; (3) ; (4) ; (5) ; (6) ; (7) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 116.

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18 août 2025 1 18 /08 /août /2025 14:48

Le Carême de Saint Michel est une période de jeûne observée de la fête de l'Assomption (le 15 août) jusqu'à la Saint-Michel (le 29 septembre).

 
Le Carême de Saint Michel est issu de la tradition franciscaine, lorsque Saint François d’Assise a commencé la pratique au cours des deux dernières années de sa vie, lorsque lui et ses confrères partirent pour jeûner au mont La Verna. Saint Bonaventure a écrit ceci, dans sa biographie, concernant le début de cette tradition:
 
 
''Il a été amené après des peines nombreuses et variées sur une haute montagne à part, appelée le mont Alverna. Quand, selon sa coutume, il commença à y observer un Carême, en jeûnant, en l'honneur de Saint Michel Archange, il fut rempli à débordement, et comme jamais auparavant, de la douceur de la contemplation céleste.'' [1]
 

Nous découvrons la tradition du carême de Saint Michel telle qu’elle est décrite dans « Les petites fleurs de Saint François » de Saint Bonaventure. Semblable au carême précédant Pâques, le carême de la Saint Michel est une période de 40 jours de prière et de pénitence qui commence le jour de la solennité de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie (15 août) et se termine le jour de la fête des Saints Archanges : Saint Michel, Saint Gabriel et Saint Raphaël (29 septembre) : Michel, Gabriel et Raphaël (29 septembre). Ce temps de dévotion est l’occasion pour les fidèles de renouveler leur foi et de grandir dans l’union avec Dieu.[2]

 

Aujourd’hui l’Eglise du Christ connaît de grands combats. C’est pourquoi tout chrétien doit en appeler au bras invincible de l’Archange. Grandes sont les grâces liées à la pratique de ce carême.[3]

 

 
Sources

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18 août 2025 1 18 /08 /août /2025 00:00
Etonnant destin de Ste Hélène, qui fut la concubine de Constance Chlore. Le nom de la mère de Constantin, devenue chrétienne et premier pélerin illustre de Terre sainte, est immortalisé par "l'Invention de la sainte Croix". Image tirée d'une photo Bibliothèque nationale in DANIEL-ROPS, Histoire de l'Eglise du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965, p. 360

Etonnant destin de Ste Hélène, qui fut la concubine de Constance Chlore. Le nom de la mère de Constantin, devenue chrétienne et premier pélerin illustre de Terre sainte, est immortalisé par "l'Invention de la sainte Croix". Image tirée d'une photo Bibliothèque nationale in DANIEL-ROPS, Histoire de l'Eglise du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965, p. 360

Sainte Hélène naquit vers le milieu du IIIe siècle. Voici ce que dit saint Ambroise (340-397):
« Hélène, première femme de Constance Chlore, qui ceignit depuis la couronne impériale, était, paraît-il, une humble fille d'étable. Noble fille d'étable, qui sut mettre tant de sollicitude dans la recherche de la Crèche sacrée ! Noble fille d'étable, à qui fut réservé de connaître l'Étable de Celui qui guérit les blessures de l'humanité déchue ! Noble fille d'étable, qui préféra les abaissements du Christ aux dignités trompeuses du monde ! Aussi le Christ l'a-t-il élevée de l'humilité de l'étable au sommet des grandeurs humaines. »

        La gloire de sainte Hélène c'est d'avoir été la mère de Constantin. « Constantin, dit saint Paulin de Nole, doit plus à la piété de sa mère qu'à la sienne d'avoir été le premier empereur chrétien. » Contrairement aux autres empereurs, Constance Chlore reconnaissait le vrai Dieu. Les prêtres chrétiens étaient admis à sa cour et y vivaient en paix. Une telle bienveillance ne peut être attribuée qu'à l'influence de l'impératrice sur le cœur de son époux. Sainte Hélène a donc joué un grand rôle dans la fin des persécutions, puisqu'elle fut l'épouse et la mère des deux hommes qui, sous son influence, protégèrent le christianisme. Qui sait même si les prières d'Hélène ne méritèrent point à Constantin l'apparition miraculeuse de la Croix, par laquelle il remporta la victoire et devint seul maître de l'empire?

Basilique du Saint-Sépulcre        Un autre événement remarquable dans la vie de sainte Hélène, c'est la découverte de la Vraie Croix du Sauveur, lors d’un pélerinage en Palestine entrepris en 326. Le bois de la croix fut découvert sur le lieu du Calvaire, après que l'on fit détruire le temple de Vénus bâti par l'empereur Hadrien, afin d'y ériger la basilique du Saint-Sépulcre. C'est au cours du chantier que trois croix auraient été trouvées. Un miracle (ou une inscription, selon les versions), aurait permis de distinguer la croix du Christ de celles des deux larrons.

        Hélène vivait sans étalage de grandeurs. Nourrir les pauvres, donner aux uns de l'argent, aux autres des vêtements, à d'autres une maison ou un coin de terre, c'était son bonheur. Sa bonté s'étendait aux prisonniers, aux exilés, à tous les malheureux. Le peuple ne pouvait voir sans une joie mêlée de larmes son impératrice venir en habits simples et communs prendre sa place à l'église dans les rangs des fidèles : une telle conduite n'a sa source que dans l'Évangile. Hélène eut, avant sa mort, la consolation de voir Constantin, protecteur de la religion de Jésus-Christ.

Saint Constantin et sainte Hélène avec la Vraie Croix, fresque VIIIe siècle

Saint Constantin et sainte Hélène avec la Vraie Croix, fresque VIIIe siècle

Sainte Hélène, détail vers 1495, jean-Baptiste Cima de Conegliano, Washington National Gallery of Art

Sainte Hélène, détail vers 1495, jean-Baptiste Cima de Conegliano, Washington National Gallery of Art

Sources: 1, 2

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17 août 2025 7 17 /08 /août /2025 00:00
Saint Hyacinthe de Cracovie, o.p. († 1257), Missionnaire dominicain, apôtre de la Pologne, saint Patron de la Lituanie

Apôtre de la Pologne, thaumaturge, saint Patron de la Lituanie, surnommé "l'Apôtre du Nord".

 

Originaire de Silésie, il fit ses études à Paris et à Bologne. Docteur en théologie et prêtre, il réforma de nombreux couvents en Pologne, en Russie et en Lituanie.

Hyacinthe était de famille illustre. À Rome, il fut le témoin d'un miracle de S. Dominique, et devint son disciple.

 

Saint Dominique reçut ses vœux et l'envoya évangéliser la Pologne, où il opéra des conversions sans nombre.

 

Hyacinthe transmit la doctrine dominicaine en Pologne et évangélisa également la Suède, la Norvège, le Danemark, l'Ecosse (d'où son surnom d'"Apôtre du Nord"), l'Asie mineure et la Grèce.

 

Sa vie n'était qu'un perpétuel exercice de charité envers toutes les misères, et de sainte cruauté contre lui-même. À l'imitation de S. Dominique, il n'avait point d'autre chambre que l'église et d'autre lit que la terre ; il se déchirait toutes les nuits les épaules avec des chaînes de fer et jeûnait fréquemment au pain et à l'eau. Parmi les prodiges qu'il opéra, on cite des résurrections de morts, la délivrance de possédés du démon, la guérison de nombreux malades. On le vit traverser le fleuve rapide de la Vistule avec plusieurs de ses frères, sur son manteau étendu.

 

Obligé de fuir devant les Tartares, il emporte du moins avec lui le Saint-Sacrement, pour en empêcher la profanation. Comme il va quitter l'église, une voix sort de la statue de Marie, qui lui demande de l'emporter aussi. Elle pèse huit ou neuf cents livres ; Hyacinthe, plein de foi, la prend d'une main et la trouve légère comme un roseau. À défaut de bateau, il traverse avec son fardeau le grand fleuve du Borysthène comme une terre ferme, pendant que son manteau sert de barque à ses frères, qui le suivent.

 

Consolé par plusieurs visites de la Sainte Vierge, il eut révélation de sa mort, qui arriva le 15 août 1257.

 

Hyacinthe a été canonisé le 17 avril 1594 par le Pape Clément VIII

 

En 1686 le Pape Innocent XI le nomma saint patron de la Lituanie.

Une basilique à Chicago porte son nom.

 

La ville de Saint-Hyacinthe au Canada est nommée en son honneur.

 

Sources : 1, 2

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16 août 2025 6 16 /08 /août /2025 00:00
Saint Armel de Bretagne, fondateur

Armel naquit au Pays de Galles en 482 où il fréquenta les écoles monastiques et fonda un monastère.

 

Lorsque le roi breton Vortigern fit appel aux Saxons, aux Angles et aux Jutes pour défendre son territoire contre les Scots venus du Nord, les protecteurs, qui étaient païens, s'en prirent bientôt aux chrétiens bretons. Saint Armel quitta alors la Bretagne insulaire lors de la grande migration bretonne devant des protecteurs qui devinrent des envahisseurs et ils s'installèrent sur le continent armoricain auquel ils donnèrent leur nom, leurs traditions, leurs structures et leur foi. (1)

 

"Quand les Bretons (de Grande-Bretagne, Ndlr.) vaincus et menacés de disparitions par les Saxons voulurent trouver le salut, un grand nombre fut heureux d'être accueilli par la catholique Cambrie (ancien nom du Pays de Galles ou Cornouaille. Ndlr.) Mais celle-ci était fort peuplée ; nombreux furent alors les fugitifs qui préférèrent tenter l'aventure dans l'Armorique païenne. Ils s'embarquèrent avec leurs prêtres, leurs évêques, leurs abbés et leurs ermites, avec leurs ornements sacrés, leurs croix et leurs livres liturgiques, et cinglèrent vers la péninsule, dans laquelle ils s'installèrent sans être repoussés, et furent si bien assimilés par la population qu'ils lui donnèrent leur religion et leur langue. Le gaulois et ses traditions furent oubliés. A partir de ce moment, on l'appela à son tour 'Bretagne', la petite Bretagne peuplée par les fugitifs de la Grande-Bretagne". (2)


Saint Armel, d'abord ermite près de Quimper, fonda un monastère au pays de Léon, Plouarzel-29229 (abbaye de Plouarzel en Bretagne).

 

Saint-Armel--Statue-moderne-du-saint-en-la-chapelle-Notre-D.jpg

Statue moderne du saint en la chapelle Notre-Dame-des-Fleurs de Plouharnel.

Il exerça son influence jusqu'à la cour du roi Childebert à Paris où il résida durant six ans, défenseur vigoureux de la justice, contre la peine de mort. Il y guérit un boiteux et un aveugle.

Chassé de la cour à la suite d'intrigues, il vint s'établir au sud de Rennes. Il débarrassa le pays d'un dragon qu'il noya dans la rivière Seiche (affluent de la Vilaine) ; on dit que l’herbe n’a jamais poussé depuis sur le sol où glissa le serpent en tombant dans la rivière. Mais le pays de Ploërmel revendique aussi ce miracle comme sien, et voici ce que nous lisons à ce sujet dans "Les Légendes locales de la Haute-Bretagne", par M. Sébillot, page 174 :

 

Dans les environs de Ploërmel, la légende de Saint-Armel triomphant d’un serpent, ou dragon, qu’on appelle populairement "la Guibre", est encore très connue des paysans. La guibre était un énorme serpent, ou lézard vert, qui désolait le pays on l’appelait aussi "la beste de Guibourg", parce que, disent les anciens, c’était près de Guibourg (Jerguy) qu’elle se cachait le plus souvent, attaquant les grandes personnes, et dévorant les moutons, les poulains et les petites vaches bretonnes. Tout comme Saint-Michel terrassa le dragon, image du démon, ainsi Saint-Armel terrassa la guibre. Lorsqu’il l’eût vaincue, il la lia avec son étole, ainsi qu’en témoignent toutes les vieilles statues et les anciens vitraux du pays ; et, la guibre devenant aussi faible qu’un mouton, Saint-Armel la précipita dans l'Etang-au-Duc (ou plutôt dans la rivière d'Yvel, car l'Etang-au-Duc n’exista que plus tard). D’aucuns prétendent que c’est dans un chemin creux tout près de la pièce dite "des châteaux" ("dans le petit chemin des Châteaux de l’enfer") que se livra le combat entre la guibre et Saint-Armel. Au milieu de ce chemin on voit une grosse roche qui porte la trace d’une patte ; et ce pied est celui de la guibre, qui, précipitée du haut de la butte des châteaux alla rouler dans le ravin et se noya dans le ruisseau qui sort du grand Etang (la butte des Châteaux domine à l'Est la chaussée de l'Etang-au-Duc). Ce serait en reconnaissance de ce miracle, que le seigneur de Jerguy (Guybourg) aurait donné à Saint-Armel le territoire qui s’appela depuis Ploërmel. (3)


A Bochod (nom de Saint-Armel en Ille et Vilaine au VIe siècle), Armel joua un rôle durant la plus grave sécheresse que connut la commune.

Une fois l'intégralité des puits asséchés et l'ensemble des récoltes dévastées, la population désespérée supplia le saint de la délivrer de ses tourments. Armel planta alors un bâton dans le sol et pria. L'eau se mit alors à jaillir abondamment de ce point pour - selon le saint - mettre éternellement à l'abri de la sécheresse la population. Cette fontaine miraculeuse existe toujours et est visitée chaque année par de nombreux chrétiens en quête de ses vertus miraculeuses. La voie qui y mène, le "chemin de la fontaine", commence devant la mairie de la commune. (4)

 

Armel décèda vers 570.

 

Dans l'église de Saint-Armel (Ille-et-Vilaine) est conservé un sarcophage qui serait sa tombe.

 

De nombreuses paroisses le choisirent comme patron (comme Ploërmel).


Invoqué contre la sécheresse, saint Armel est aussi le patron des aumôniers d'hôpitaux. (5)

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15 août 2025 5 15 /08 /août /2025 00:00
Assomption, Bonne fête nationale à tous !

Le corps de l'Immaculée Conception, conçue sans péché, n'a pas connu la corruption conséquence du péché. 

Monte, Seigneur, vers le lieu de ton repos, toi, et l'arche de ta force !

Psaume 132 (131),8

 

"ASSOMPTION, se dit aujourd'hui particulièrement dans l'Eglise romaine d'une fête qu'on y célèbre tous les ans, le 15 août, pour honorer la mort, la résurrection, et l'entrée triomphante de la sainte Vierge dans le ciel.
Elle est encore devenue plus solennelle en France en 1638, que le roi Louis XIII choisit ce jour pour mettre sa personne et son royaume sous la protection de la sainte Vierge; vœu qui a été renouvelé en 1738 par le roi Louis XV."


Source : Encyclopédie théologique, Nicolas Bergier (1718-1790),  publ. par M. l'abbé Migne,  Ateliers catholiques au Petit-Montrouge, tome I, Paris 1850-1851, p. 392.

Après l’Ascension du Seigneur Jésus, les Actes des Apôtres montrent les Apôtres réunis tous ensemble, "avec quelques femmes, dont Marie, la Mère de Jésus" (Ac 1, 14). En prière, ils attendent la Pentecôte et la venue du Saint-Esprit. Marie est citée pour la dernière fois dans un livre du Nouveau Testament. En effet, les récits bibliques ne racontent pas la fin de sa vie terrestre. Aussi des chrétiens ont rédigé des textes pour l’évoquer. On les appelle des écrits apocryphes.

 

Selon saint Jean Damascène, l'empereur romain Marcien demanda le corps de Marie, mère de Dieu, au concile de Chalcédoine en 451.

 

Saint Juvénal, qui était évêque de Jérusalem, dit à l'empereur que "Marie mourut en présence de tous les apôtres, mais que son tombeau, lorsqu'il fut ouvert à la demande de saint Thomas, fut trouvé vide ; d'où les apôtres concluent que le corps fut enlevé au ciel", a écrit le saint.

 

Un argument fort convaincant est l'absence de commerce des reliques de la Vierge Marie, et même le commerce de fausses reliques. Il n'y a même pas un murmure de commerce des reliques corporelles de Marie. Pas même de fausses reliques : il était entendu que Marie avait été enlevée au ciel.

 

Au VIIIe siècle, à l’époque du pape Adrien, l’Église a commencé à changer sa terminologie, renommant la fête du Mémorial de Marie en Assomption de Marie, a noté Bunson.

 

La croyance en l'Assomption de Marie était une tradition largement répandue et fréquemment évoquée dans les écrits des saints au cours des siècles. Elle n'a cependant été définie officiellement qu'au siècle dernier.

 

On y trouve toujours les éléments suivants.

Un ange annonce à Marie sa mort, paisible et sereine, tel un endormissement. De là vient le terme ''Dormition'' chez les Orthodoxes. Pour y assister, les apôtres, en mission d’évangélisation dans le monde, sont amenés miraculeusement par des anges. Au moment de l’endormissement de Marie dans sa mort, son âme quitte son corps. À cet instant, le Christ apparaît. Il prend dans ses bras l’âme de Marie, représentée sur les images par un bébé en signe de sa pureté. Il amène l’âme dans le Royaume de Dieu. Les apôtres célèbrent les obsèques de Marie. À la fin, les anges emmènent le corps de Marie au Paradis où son corps retrouve son âme.

 

L’empereur romain d’Orient Maurice (539-602) décide de célébrer le 15 août cette fête de la Dormition.

 

Le dogme de l'Assomption, défini par le pape Pie XII en 1950, explique qu’à la fin de sa vie, elle fut ''assumée'', corps et âme. Selon la foi catholique, tout être humain vivra cette même assomption, pas au moment de la mort, mais à la Résurrection de la chair.

 

Ce dogme de l’Assomption est la conséquence de celui de l’Immaculée Conception (défini par le pape Pie IX en 1854); Un privilège divin a épargné Marie du péché originel. Elle échappe à la mort, conséquence de ce même péché. (eglise.catholique.fr )

 

http://leblogdumesnil.unblog.fr/files/2007/10/vanloondvictoires.jpg
Le tableau de Carle Vanloo, au-dessus du maître-autel de la Basilique N.-D. des Victoires (Paris), représente ce voeu. La Sainte Vierge apparaît assise dans un nuage, au haut du tableau; d'une main elle soutient l'Enfant Jésus, debout sur ses genoux; de l'autre elle offre une palme à Louis XIII; des groupes d'anges l'environnent. Le roi, prosterné lui présente le plan de l'église de N.-D. des Victoires. A la gauche du roi, le cardinal de Richelieu. A sa droite, un échevin de la la Rochelle lui remet les clefs de la ville, sur un plateau d'argent. Sous le nuage, où trône la Reine des Cieux, on aperçoit dans le lointain la Rochelle.

 

https://viveleroy.net/fete-nationale-du-royaume-de-france-du-15-aout/

https://viveleroy.net/fete-nationale-du-royaume-de-france-du-15-aout/

En 1638, le roi Louis XIII fit du 15 août jour de fête nationale. Il voua le royaume à Dieu par la Vierge Marie en remerciement de la grossesse de sa femme, le reine Anne d'Autriche enceinte du futur Louis XIV et ordonne qu'aient lieu chaque année à cette date des processions pour prier pour la France.

 

Tel est le "Voeu de Louis XIII" institué en février 1638, encore célébré aujourd'hui le 15 août.

Depuis, chaque année, ont lieu des messes partout en France et des processions en l'honneur de la sainte Vierge, Patronne de la France.

 

Renforcée sous Louis XIV, la date devint la fête nationale de la France, jusqu’à la Révolution.

 

Le calendrier républicain adopté en 1792 remet en questions les fêtes liturgiques. L'Assomption est supprimée. L'Assomption de l'année 1793 n'est plus que le 28 thermidor an I de la République, jour du lupin. Les processions sont interdites le 16 août 1792. Notre-Dame de Paris devient un "Temple de la Raison". (Histoire-pour-tous)

Le jour de fête nationale fut repris par la Restauration après que Napoléon Ier y ait substitué une éphémère "Saint Napoléon"...


Le 15 août resta jour de fête nationale jusqu’à ce qu'en 1880 la IIIe République le supprima et le remplaça par la date du 14 juillet, qui commémore la prise de la Bastille et la "fête de la Fédération" (loi Raspail du 6 juillet 1880).

15 août 1852, Fête nationale, Mairie de Nîmes https://www.bibliomonde.fr/lalmanach/assomption-fete-nationale-france-15-aout

15 août 1852, Fête nationale, Mairie de Nîmes https://www.bibliomonde.fr/lalmanach/assomption-fete-nationale-france-15-aout

Le 15 août est toujours la fête nationale des Acadiens, Canadiens.

 

C'est durant le siège de la Rochelle (1627-1628), où les protestants révoltés s'étaient constitués en "comité de salut public chargé de 'recevoir les avis secrets qui pourraient être donnés' sur l'ennemi" (le Roi de France), avec une cour de justice "pour juger les personnes accusées d'attentat contre l'ordre public", en l'espèce, les catholiques qui leur tomberaient dans les mains, ... que Louis XIII fit son voeu à la Vierge "que toute les années, par tout le royaume, l'on ferait des processions, le jour de son entrée (de la Vierge, ndlr.) dans les cieux, par son Assomption glorieuse".

 

Et ce n'est que dix ans après, en 1638, et alors que la Reine Anne d'Autriche jusque-là stérile venait miraculeusement de tomber enceinte, depuis trois mois, du futur Louis XIV, que Louis XIII rédigea officiellement son voeu. Voici le texte:

 

«Déclaration par laquelle le Roi place le royaume sous la protection spéciale de la Vierge Marie.

 

"Louis, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre.

 

Dieu qui élève les rois aux trônes de leur grandeur, non content de nous avoir donné l'esprit qu'il départ à tous les princes de la terre, pour la conduite de leurs peuples, a voulu prendre un soin si spécial de notre royaume et de notre Etat, que nous ne pouvons considérer le bonheur du cours de notre règne, sans y voir autant d'effets merveilleux de sa bonté, que d'accidents qui nous menaçaient.

 

Lorsque nous sommes entrés au gouvernement de cette couronne, la faiblesse de notre âge donna sujet à quelques mauvais esprits d'en troubler la tranquilité; mais la main divine soutint avec tant de force la justice de notre cause, que l'on vit en même temps la naissance et la fin de ces pernicieux desseins.

 

En divers autres temps, l'artifice des hommes et la malice du démon, ayant sucité et fomenté des divisions, non moins dangereuses pour notre couronne, que préjudiciables à notre maison, il lui a plu d'en détourner le mal avec autant de douceur que de justice.

 

La rébellion de l'hérésie ayant aussi formé un parti dans l'Etat, qui n'avait d'autre but que de partager notre autorité (Ndlr. allusion aux guerres de religion et au siège de La Rochelle), il s'est servi de nous pour en abattre l'orgueil, et a permis que nous ayons relevé ses saints autels, en tous lieux où la violence de cet injuste parti en avait ôté les marques. 

 

Si nous avons entrepris la protection de nos alliés, il a donné des succès si heureux à nos armes, qu'à la vue de toute l'Europe, contre l'espérance de tout le monde, nous les avons rétablis en la possession de leurs Etats, dont ils avaient été dépouillés.

 

Si les plus grandes forces des ennemis de cette couronne, se sont ralliées pour conspirer sa ruine, il a confondu leurs ambitieux desseins, pour faire voir à toutes les nations, que comme la Providence a fondé cet Etat, sa bonté le conserve et sa puissance le défend.

 

Tant de grâces si évidentes font que, pour n'en pas différer la reconnaissance, sans attendre la paix qui nous viendra sans doute de la même main dont nous les avons reçues et que nous désirons avec ardeur, pour en faire sentir les fruits aux peuples qui nous sont commis, nous avons cru être obligé, nous prosternant aux pieds de sa sainteté divine, que nous adorons en trois personnes, à ceux de la sainte Vierge et de la sacrée Croix, où nous recevons l'accomplissement des mystères de notre rédemption, par la vie et la mort du Fils de Dieu, nous consacrer à sa Grandeur, par son Fils rabaissé jusqu'à nous, et à ce Fils, par sa mère élevée jusqu'à Lui, en la protection de la quelle nous mettons particulièrement notre personne, notre Etat, notre couronne et tous nos sujets, pour obtenir par ce moyen celle de la sainte Trinité, par son intercession, et de toute la cour céleste, par son autorité et par son exemple.

 

A ces causes nous avons déclaré et déclarons que, prenant la très sainte et très glorieuse Vierge pour protectrice spéciale de notre royaume, nous lui consacrons particulièrement notre personne, notre Etat, notre couronne et nos sujets, la suppliant de nous vouloir inspirer une sainte conduite, et défendre avec tant de soin ce royaume contre l'effort de tous ses ennemis, que soit qu'il souffre le fléau de la guerre ou jouisse des douceurs de la paix, que nous demandons à Dieu de tout notre coeur, il ne sorte point des voies de la grâce qui conduisent à celles de la gloire.

 

Et, afin que la postérité ne puisse manquer à suivre nos volontés à ce sujet, pour monument et marque immortelle de la consécration présente que nous faisons, nous ferons construire de nouveau le grand autel de l'église cathédrale de Paris, avec une immage de la Vierge, qui tienne en ses bras celle de son divin Fils descendu de la Croix; nous serons représenté aux pieds du Fils et de la Mère, comme leur offrant notre couronne et notre sceptre.

 

Nous admonestons le sieur Archevêque de Paris et néanmoins lui enjoignons, que tous les ans, le jour et fête de l'Assomption, il fasse faire commémoration de notre présente déclaration, à la grand'messe qui se dira en son église cathédrale, et qu'après les Vêpres dudit jour, il soit fait une procession en ladite église: à laquelle assisteront toutes les compagnies souveraines et le corps de ville, avec pareille cérémonie que celle qui s'observe aux processions générales les plus solennelles. Ce que nous voulons aussi être fait en toutes les églises, tant parochailes que celle des monastères de la dite ville et faubourgs, en toutes les villes, bourgs et villages du diocèse de Paris.

 

Exhortons pareillement tous les archevêques et évêques de notre royaume, et néanmoins leur enjoignons, de faire célébrer la même solennité en leurs églises épiscopales et autres églises de leurs diocèses, entendant qu'à ladite cérémonie les cours de parlement et autres compagnies souveraines et les principaux officiers des villes y soient présents.

 

Et d'autant qu'il y a plusieurs églises épiscopales qui ne sont point dédiées à la Vierge, nous exhortons lesdits archevêques et évêques, pour y être faite ladite cérémonie; et d'y élever un autel avec un ornement convenable à une action si célèbre et d'admonester tous nos peuples, d'avoir une dévotion toute particulière à la Vierge, d'implorer en ce jour sa protection, afin que sous une si puissante patronne, notre royaume soit à couvert de toutes les entreprises de ses ennemis, qu'il jouisse longuement d'une bonne paix, que Dieu y soit servi et révéré si saintement, que nous puissions arriver heureusement à la dernière fin, pour laquelle nous avons tous été créés: car tel est notre plaisir.

 

Donné à Saint-Germain en Laye, 10 février 1638"»

 

(Source: Louis XIII cité in Abbé Marie-Léon Vial, Jeanne d'Arc et la monarchie, 1910, réed. Editions Saint-Rémi, p. 344-345; 352;  376-379.)

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/b3/P1000567_Paris_II_Basilique_Notre-Dame-des-Victoires_Choeur_reductwk.JPG

Le chœur de la Basilique de Notre-Dame-des-Victoires, avec les sept tableaux de Carle Van Loo

 

 

En 2015, les cloches de France sonnèrent à la volée le 15 août pour les Chrétiens d'Orient. Il y avait alors un an que les Chrétiens irakiens avaient été chassés de la plaine de Ninive par les djihadistes de l'État islamique.

 

En 2016, c'est "pour la France", frappée par de multiples attentats, que les cloches retentirent. Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, appela tous les baptisés à venir prier dans une église le jour du 15 août "en hommage au père Hamel". La Conférence des évêques de France invita les paroisses à faire sonner "à la volée les cloches de nos églises" et à prier pour "notre pays dans les épreuves qu'il traverse".

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14 août 2025 4 14 /08 /août /2025 16:24
https://onepeterfive.com/open-letter-to-leo-xiv-on-amoris-laetitia/?s=09

https://onepeterfive.com/open-letter-to-leo-xiv-on-amoris-laetitia/?s=09

Traduction française du texte anglais de la lettre originale publiée sur One Peter Five.

Sa Sainteté le Pape Léon XIV
22 juillet 2025
00120 CITÉ DU VATICAN
Europe

Très Saint-Père,

 

Je vous adresse cette sincère requête concernant un problème urgent et pratiquement sans précédent que Votre Sainteté a hérité du pontificat précédent. Comme beaucoup d'autres catholiques, je crois qu'il est au cœur même de la mission qui vous a été confiée par Notre-Seigneur, Successeur du bienheureux Pierre : celle de garder et d'enseigner la doctrine incorruptible du Christ, "transmise aux saints une fois pour toutes" (Jude 3).

1. Je me réfère au fait que le chapitre VIII de l'exhortation apostolique du pape François du 19 mars 2016, Amoris Laetitia (AL), enseigne des doctrines qu'aucun de ses apologistes n'a réussi à concilier de manière convaincante avec la tradition magistérielle bimillénaire de l'Église catholique, dérivée directement de l'Écriture Sainte.

 

2. La plus urgente d'entre elles, sur le plan pastoral, est la permission accordée dans la note 351 de l' article 305 de la AL, de donner la Sainte Communion "dans certains cas" à des couples vivant "une situation objectivement pécheresse", notamment ceux qui ont été validement mariés mais ont depuis divorcé et se sont remariés civilement, et continuent de vivre more uxorio. Il ne s'agit certes pas d'une permission "générale" pour toutes ces personnes de recevoir l'Eucharistie. Mais la tradition claire de l'Église a toujours été qu'en aucun cas, les personnes se trouvant dans cette situation ne peuvent recevoir la Sainte Communion. C'est là une contradiction très troublante.

 

3. Ceux qui tentent de concilier cet enseignement avec l'orthodoxie catholique soulignent qu'il est possible de commettre ce qui constitue objectivement  un péché mortel ("matière grave"), tout en étant en état de grâce grâce à  des circonstances atténuantes subjectives  : absence de plein consentement de la volonté et/ou ignorance du caractère gravement immoral de son acte. C'est vrai, mais cela n'a rien à voir. Les prédécesseurs du pape François sur le Siège de Pierre étaient bien sûr parfaitement conscients de ces circonstances atténuantes. Mais ils ont néanmoins exclu catégoriquement de la communion toute personne vivant dans l'adultère, précisément en raison de son statut objectif.

4. Comme le pape saint Jean-Paul II l’a résumé et confirmé l’enseignement de tous ses prédécesseurs dans  Familiaris Consortio , n° 84 :

 

"Ils [les divorcés remariés] se sont rendus eux-mêmes incapables d'y être admis [à  la comminion] car leur état et leur condition de vie est en contradiction objective avec la communion d'amour entre le Christ et l'Eglise, telle qu'elle s'exprime et est rendue présente dans l'Eucharistie. Il y a par ailleurs un autre motif pastoral particulier: si l'on admettait ces personnes à l'Eucharistie, les fidèles seraient induits en erreur et comprendraient mal la doctrine de l'Eglise concernant l'indissolubilité du mariage."

 

En effet, des dizaines de passages des Écritures et d’interventions magistérielles au cours de deux millénaires témoignent du fait que refuser l’Eucharistie à de telles personnes est une question de loi divine, et non de législation disciplinaire mutable.

 

5. Le Catéchisme de l'Église catholique affirme également qu'en raison de leur violation objective de la loi divine, les divorcés remariés civilement ne peuvent pas recevoir la communion. Il en résulte clairement que toute diminution d'imputabilité subjective ne suffit pas à justifier leur admission à l'Eucharistie :

 

1650 Nombreux sont aujourd’hui, dans bien des pays, les catholiques qui ont recours au divorce selon les lois civileset qui contractent civilement une nouvelle union. ... Si les divorcés sont remariés civilement, ils se trouvent dans une situation qui contrevient objectivement à la loi de Dieu. Dès lors ils ne peuvent pas accéder à la communion eucharistique, aussi longtemps que persiste cette situation. Pour la même raison ils ne peuvent pas exercer certaines responsabilités ecclésiales. La réconciliation par le sacrement de pénitence ne peut être accordée qu’à ceux qui se sont repentis d’avoir violé le signe de l’Alliance et de la fidélité au Christ, et se sont engagés à vivre dans une continence complète. (Souligné par nous)

 

2384 Le divorce est une offense grave à la loi naturelle. Il prétend briser le contrat librement consenti par les époux de vivre l’un avec l’autre jusqu’à la mort. Le divorce fait injure à l’Alliance de salut dont le mariage sacramentel est le signe. Le fait de contracter une nouvelle union, fût-elle reconnue par la loi civile, ajoute à la gravité de la rupture : le conjoint remarié se trouve alors en situation d’adultère public et permanent :

 

En d’autres termes, le nouveau mariage civil, tout en rendant sans doute l’union plus respectable socialement, ne fait qu’en faire une offense plus grave du point de vue de la loi divine.

2390 : "l’acte sexuel doit prendre place exclusivement dans le mariage ; en dehors de celui-ci, il constitue toujours un péché grave et exclut de la communion sacramentelle." (souligné par nous).

6. En bref, Votre Sainteté a hérité d'une situation où les documents d'enseignement de l'Église contiennent une dangereuse contradiction. On nous dit dans AL que les personnes vivant dans une relation adultère peuvent, dans certains cas, recevoir l'Eucharistie, alors que non seulement les documents pontificaux et conciliaires antérieurs, mais aussi le Catéchisme de l'Église catholique, ne prévoient aucune exception à leur exclusion de l'Eucharistie. Une fois encore, c'est la relation objective qui serait à l'origine de cette exclusion de la communion.

 

7. Très Saint-Père, au vu de cette incohérence scandaleuse entre AL et l’enseignement constant de tous les papes et conciles précédents, fidèlement résumé dans le Catéchisme de l’Église catholique, je vous demande respectueusement d’examiner les mesures les plus appropriées pour surmonter cette source de désunion et de confusion sur une question de grande importance doctrinale et pastorale, et ainsi "confirmer les frères dans la foi".

 

Bien sincèrement et respectueusement en Christ,

(Rév.) Brian W. Harrison, MA, STD
Professeur associé de théologie (retraité), Université pontificale catholique de Porto Rico

Source : https://onepeterfive.com/open-letter-to-leo-xiv-on-amoris-laetitia/

Via https://x.com/MLJHaynes/status/1955629200569704523?t=kK4M84xSebolGEDRZF-pTg&s=19

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14 août 2025 4 14 /08 /août /2025 06:49
https://lanuovabq.it/it/eutanasia-il-monito-del-comitato-onu-per-i-disabili-alla-francia

https://lanuovabq.it/it/eutanasia-il-monito-del-comitato-onu-per-i-disabili-alla-francia

Le Comité des droits des personnes handicapées des Nations Unies conteste le projet de loi français sur l'euthanasie et le suicide assisté, qui contient des ''perceptions discriminatoires'' à l'égard des personnes handicapées. Il appelle la France à respecter la Convention du même nom.

 

Le projet de loi français sur le suicide assisté et l'euthanasie viole les droits des personnes handicapées. Le Comité des droits des personnes handicapées des Nations Unies l'a également reconnu, en adressant le 23 juin une lettre à la France exhortant les autorités françaises à fournir des informations complémentaires sur ce projet de loi, dont l'approbation, selon l'interprétation de l'organisme, ''constituerait une violation de l'obligation de l'État partie de respecter, de protéger et de garantir le droit à la vie des personnes handicapées''. La France est partie à la Convention relative aux droits des personnes handicapées, dont l'article 36 prévoit expressément la possibilité pour le Comité des droits des personnes handicapées des Nations Unies d'enquêter sur le respect de sa mise en œuvre.

 

L'enquête fait suite à une pétition déposée en avril 2025 par le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ). Dirigé par le juriste Grégor Puppinck, l'ECLJ a soumis deux documents supplémentaires au Comité des Nations Unies entre fin mai et début août, démontrant comment la loi française – déjà approuvée par l'Assemblée nationale et actuellement devant le Sénat – viole les droits des personnes handicapées et est activement soutenue par le gouvernement, même dans ses aspects les plus préoccupants pour les personnes handicapées.

 

La réponse du gouvernement français (la date limite pour la soumettre était fixée à deux jours) est vraisemblablement déjà examinée par la session actuelle du Comité des Nations Unies, qui se réunit à Genève du 11 au 29 août. Son contenu est encore inconnu, mais il est peu probable qu'elle réponde (sauf de manière évasive) aux conclusions du Comité. Premièrement, la lettre du 23 juin susmentionnée remet en question les critères d'accès à ce que l'on appelle l'"aide à mourir", car, comme l'explique le Comité, ils "semblent fondés sur des perceptions discriminatoires de la qualité et de la valeur de la vie des personnes handicapées". Parmi les critères contestés figurent "être atteint d'une maladie grave et incurable" et "souffrir physiquement ou psychologiquement" à cause de cette maladie. Force est de constater que ces conditions, et d'autres, du projet de loi français sont très similaires à celles en discussion en Italie.

 

Le Comité des Nations Unies s'inquiète également de l'absence d'''alternatives à l'aide à mourir' et demande que des informations adéquates soient fournies aux personnes handicapées. Il demande également des éclaircissements sur les dispositions de la proposition française relatives au consentement des personnes placées en détention. Un autre point de discorde concerne la disposition liberticide incluse dans le projet de loi français, qui stipule que quiconque tente de dissuader une personne de recourir à l'euthanasie ou au suicide assisté encourt jusqu'à deux ans de prison et 30 000 € d'amende.

De plus, le délai minimum de réflexion obligatoire avant de procéder à l'euthanasie ou au suicide assisté n'est que de deux jours.

 

Il est intéressant de noter que le Comité rappelle également ses précédentes recommandations à la France, datant de septembre 2021, dans lesquelles il notait avec inquiétude le taux élevé de suicide chez les personnes autistes et celles présentant un handicap psychosocial. Ainsi, il y a quatre ans, il avait notamment recommandé aux autorités françaises de "renforcer les mesures visant à mettre en œuvre une stratégie nationale de prévention du suicide des personnes handicapées", en impliquant les organisations qui les représentent. Cet appel est manifestement resté lettre morte, car Macron et ses collègues – au nom de ce que le président français a osé appeler, dans un style révolutionnaire, la "fraternité" – se préoccupent de faciliter le suicide des plus vulnérables, plutôt que de le prévenir.

 

La lettre du Comité des Nations Unies semble refléter, par certains passages, la logique de l'autodétermination et ne condamne jamais explicitement l'euthanasie dans son ensemble, bien qu'elle appelle à "des mesures visant à garantir que les autorités des États parties s'abstiennent de déclarer publiquement et sur les réseaux sociaux que le Comité soutient la légalisation de l'euthanasie". Elle constitue néanmoins un signe de résistance à la tendance actuelle en France et au-delà. En 2019 déjà, le Comité s'était opposé, sans succès, à l'euthanasie pratiquée sur Vincent Lambert, laissé mourir de faim et de soif en raison de son handicap. En avril dernier, le même organisme des Nations Unies a appelé le Canada à modifier sa législation relative aux droits des personnes handicapées. Ces positions devraient également inciter notre pays à réfléchir au danger accru et à la pression sociale accrue que représenterait pour les personnes handicapées l'adoption d'une loi pro-suicide.

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13 août 2025 3 13 /08 /août /2025 18:07
Le Premier ministre israélien Netanyahu a admis qu'il se sentait avoir une "mission historique et spirituelle" attachée à la vision du Grand Israël

Le Premier ministre israélien Netanyahu a admis qu'il se sentait une "mission historique et spirituelle" attachée à la vision du Grand Israël, qui englobe les territoires désignés pour un futur État palestinien ainsi que des parties de la Jordanie et de l'Égypte actuelles. 

 

Source : AF Post

https://x.com/AFpost/status/1955356299790782690?t=X8qrmOLtiovR-G7Y-i0PgA&s=19

 

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré à i24 qu'il se sentait investi d'une "mission historique et spirituelle" et qu'il était "très" attaché à la vision d'un Grand Israël.

Le terme "Grand Israël" a été utilisé après la guerre des Six Jours de juin 1967 pour désigner Israël et les territoires qu'il venait de conquérir : Jérusalem-Est, la Cisjordanie, la bande de Gaza, la péninsule du Sinaï et le plateau du Golan.

L'expression a été utilisée par certains des premiers sionistes, dont Ze'ev Jabotinsky, précurseur du parti Likoud de Netanyahu, pour désigner l'Israël actuel, Gaza et la Cisjordanie, ainsi que la Jordanie actuelle.

Le Premier ministre israélien Netanyahu a admis qu'il se sentait avoir une "mission historique et spirituelle" attachée à la vision du Grand Israël

Note du blog Christ Roi.

 

Sous la monarchie davidique de l'ancienne alliance, être en "communion" visible avec Jérusalem / Juda, la ville en chef / tribu d'Israël, le centre visible de la congrégation liturgique, était le signe d'être en pleine communion avec le peuple de Dieu. 

 

Sous la nouvelle et dernière monarchie davidique de Jésus-Christ, être en communion visible avec Rome, l'Église en chef de l'Église, le centre visible de la congrégation liturgique, est un signe d'être en pleine communion avec le nouveau peuple de Dieu.

 

Dans la Septante (textes bibliques utilisés par les premiers chrétiens), le mot Ekklesia ne designe pas que l’Assemblée, il désigne le Qahal d’Israël (Cf. Deutéronome 4:10 et Néhemie 8:2, l'assemblée est le peuple élu de Dieu) qui s’avère être  toujours structuré selon Dieu. De même sous la nouvelle alliance il y a une volonté du Christ d’organiser l’assemblée de Dieu autour d’une foi, d’un culte, d’une mission. Dans la Bible les changements de noms par Dieu ne sont pas anodins: Abram (Abraham), Jacob (Israël), Simon (Pierre).
En donnant le nom de rocher (Pierre) à Simon (Pierre) à Simon, Dieu lui remet une mission, il le charge de s’occuper du nouveau peuple élu comme écrit en Jean 21,15-17. Au plan spirituel, le projet du verus Israël, vrai Israël, est depuis 2000 ans l'Église catholique, dans le ciel et sur terre.

 

L'évolution politique de l’État d’Israël aujourd'hui devient inquiétante pour ses voisins et pour la paix dans le monde. 


"Grand Israël", "mission historique et spirituelle"... des guerres mondiales ont été déclenchées pour ce type de raisons (voir le pangermanisme et l’aryanisme).

 

Le langage médiatique criminalise un État européen actuellement (la Russie) qui défend ses compatriotes assassinés dans une province voisine (8000 morts, dont des  millier de civils dans le Dombass entre 2014 et 2022. Chiffres ONU). L’intervention militaire russe elle-même (jusqu’à présent limitée aux dites provinces culturelles russophones) est qualifiée d’"invasion". Imagine-t-on le président russe Vladimir Poutine dire se sentir investi d'une "mission historique et spirituelle" pour reconstituer "le grand empire russe" ?

 

L’État d’Israël parle de "Grand Israël". Le génocide à Gaza (où les gens meurent de faim chaque jour en raison du blocus israélien soutenu par les États-Unis bloquant l'aide internationale des ONG, eau potable, nourriture, vivres, abris, médicaments, et les activités des acteurs humanitaires essentiels) n'émeut personne (il faut bien qu’Israël s’agrandisse, ... aux dépens des autres ?!) La famine organisée ne les émeut pas moins. N’y a-t-il pas un deux poids deux mesures effroyable ?

 

N’est-il pas temps de se réveiller ?

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13 août 2025 3 13 /08 /août /2025 06:11

La messe latine traditionnelle n’est pas seulement latine : elle est parsemée de gestes respectueux, de prières anciennes et de théologie tacite. Beaucoup ont disparu après les changements liturgiques des années 60.

 

Voici 5 petits mais profonds détails que le Novus Ordo a laissés derrière lui.

Cinq petits mais profonds détails que le Novus Ordo a laissés derrière lui

(1) Les Prières au pied de l'autel

 

La messe commence par le Psaume 42,4, ''J'avancerai jusqu'à l'autel de Dieu'', et le Confiteor. Le prêtre et les servants confessent leurs péchés, demandent l’aide de Dieu et reconnaissent leur indignité avant de monter à l’autel.

 

C'est de l'humilité sous forme rituelle.

Cinq petits mais profonds détails que le Novus Ordo a laissés derrière lui

(2) De multiples signes de croix

 

Le prêtre fait le signe de croix sur lui-même, sur les offrandes et sur les fidèles, soulignant ainsi la puissance de la Passion et scellant les prières au nom de la Trinité.

Chaque signe de croix est une mini-homélie sur le sacrifice et la bénédiction du Christ.

Cinq petits mais profonds détails que le Novus Ordo a laissés derrière lui

(3) Le dernier évangile

 

Avant la fin de la Messe, on lit Jean 1 : ''Au commencement était le Verbe.''

 

Cela encadre la messe avec le mystère de l'Incarnation, envoyant les fidèles en leur rappelant que le Christ est éternel et qu'

Il s'est fait chair pour notre salut.

Cinq petits mais profonds détails que le Novus Ordo a laissés derrière lui

(4) Canon silencieux

 

Du Sanctus au Notre Père, le prêtre prie dans un quasi-silence.

 

Ce silence signale qu'il se passe quelque chose qui dépasse l'entendement humain. Il invite à l'émerveillement, au calme et à la prière personnelle.

 

Le ciel rencontre la terre dans le Sacrifice.

Cinq petits mais profonds détails que le Novus Ordo a laissés derrière lui

(5) Les génuflexions avant chaque contact avec l'hostie

 

Avant et après avoir tenu l'Hostie sacrée, le prêtre fait une génuflexion.

 

Aucune manipulation désinvolte, juste une reconnaissance constante qu’il s’agit du véritable Corps du Christ, exigeant une révérence visible à chaque fois.

Ce n'étaient pas des ''extras'', c'était le langage de la révérence.

 

Les détails de la messe tridentine enseignaient la théologie sans mots. 

 

Les perdre signifiait perdre les rappels quotidiens que la messe ne nous concerne pas nous.

C'est l'adoration de Dieu lui-même.

Source : Holden Cole

https://x.com/HoldenCCole/status/1954895230790205794

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13 août 2025 3 13 /08 /août /2025 00:00
Saint Hippolyte de Rome († 235)

Hippolyte de Rome, originaire d’une famille patricienne d’Asie Mineure ou d’Alexandrie (Egypte) est né aux environs de 160–170. Il était le disciple d’Irénée, théologien réputé au IIe siècle, qu’il rencontra en Gaule vers 194.

Homme d’un grand savoir, grand travailleur, Hippolyte de Rome a été l’auteur de nombreuses œuvres exégétiques en grec, langue écrite des théologiens de son époque. 
Pécheur repentant, Hippolyte (170-235) se fit baptiser puis ordonner prêtre. Il se rebella contre le pape Calixte à qu'il reprochait d'avoir relâché la discipline pénitentielle de l'Eglise. Il fut la cause d'un des premiers schismes de l'Église. Prenant plus tard conscience de son erreur, il eut le courage de le reconnaître.

Persécuté sous Maximin Ier (empereur 235-238) vers 235, il fut envoyé dans les mines de Sardaigne où il rencontra Saint Pontien. Ensemble, ils donnèrent leur démission et appelèrent les fidèles à l'unité avant de mourir martyrs.

Hippolyte rapporte qu'il eut une vision où un nouveau-né se serait révélé à lui comme le Logos. 

Après saint Irénée, Hippolyte de Rome a posé le principe de la "tradition apostolique" (oeuvre connue grâce à la collection du SYNODOS de l'Église d'Alexandrie). 

Un sanctuaire commémoratif de la victoire des Francs chevelus sur les Sarrasins à Bourland aurait été érigé il y a fort longtemps, au lieu de Bourland dans le département du Rhône sous le patronage de saint Hippolyte. On y venait en pèlerinage de toute la région, car on obtenait beaucoup de miracles par l’intercession du saint. 

Une légende précise que ce succès excita la convoitise des gens du village voisin de Frontenas qui vinrent subrepticement enlever la statue, pour l’emporter chez eux ; mais dans la traversée du ruisseau du Merloux, la statue quitta les épaules de celui qui la portait pour regagner la chapelle.

Au cours des siècles, la chapelle primitive tomba en ruines. L’actuelle chapelle fut réédifiée en 1602 par Claude Meyssonnier, curé de Theizé. Des restaurations furent faites au XIXème siècle et récemment en 1974 et 2003.

Longtemps, on fêta au 13 août un autre saint Hippolyte, soldat romain du III° siècle converti par saint Laurent et que la tradition nous dit avoir été mis en pièces par des chevaux sauvages, sous l’empereur Valérien.

On adresse des prières à Saint Hippolyte pour le développement de la force physique. Il est le saint Patron des gardiens de prison.

 

Le martyre d'Hippolyte, Vies de saints, France, Paris, XIVe siècle

 

Sur une statue d'Hippolyte de Rome trouvée en 1551 (image ci-dessus) on y trouve une liste de ses écrits dont la Tradition apostolique d'Hippolyte. Cette dernière nous a été conservée grâce à des traductions coptes, arabes et éthiopiennes ainsi que par le palimpseste de Verone (recueil latin du IVe siècle). La première partie traite de la consécration épiscopale, de la liturgie eucharistique et de la bénédiction. La seconde partie présente les lois et les règles en vigueur pour les laïcs. Et la troisième partie s'occupe des pratiques religieuses de l'Église.

 

L'Anaphore de Saint Hippolyte

 

Historiquement, il s'agit du premier texte complet de la prière de consécration qui nous soit parvenu complet. Écrit en grec, il a été l'objet de nombreux commentaires postérieurs et s'appuie sur une théologie assez précise :

 

  • « Nous te rendons grâces, Ô Dieu, par ton fils bien-aimé, Jésus Christ, que dans les derniers temps tu nous as envoyé comme sauveur et rédempteur et messager de ta volonté : il est ton Verbe inséparable, par lequel tu as tout créé et en qui tu t'es complu : que tu as envoyé du ciel dans le sein de la Vierge où il s'est incarné : qui est né du Saint Esprit et de la Vierge ; qui pour accomplir ta volonté t'as conquis un peuple saint, et a délivré par sa passion ceux qui ont cru en lui.

  • C'est lui qui en se livrant volontairement à la passion, pour vaincre la mort, pour rompre les liens du démon, fouler aux pieds l'Enfer, illuminer les justes, atteindre le terme et manifester la résurrection : prenant le pain et rendant grâces à Toi, il a dit "Prenez et mangez, ceci est mon corps offert pour vous. De même pour le calice disant : Ceci est mon sang répandu pour vous. Quand vous faites cela, vous le faites en mémoire de moi"

  • Nous souvenant donc de sa mort et de sa résurrection, nous t'offrons le pain et le calice en te rendant grâces, parce que tu as daigné nous permettre de nous présenter devant toi et d'accomplir notre ministère, et nous te demandons d'envoyer ton Esprit Saint sur l'oblation de la Sainte Eglise afin que nous puissions te louer, te glorifier par ton fils Jésus Christ, par qui est à toi gloire et honneur, au Père au fils et au Saint Esprit dans ta Sainte Eglise et maintenant et dans les siècles des siècles. Amen » (Clavis Patrum Græcorum 1870-1925). 

 

Sources1; 23 ; 4; 5 Jean Daniélou, L'Eglise des premiers temps, Points Histoire, Tours 1999, p. 108, 159.

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11 août 2025 1 11 /08 /août /2025 13:31
Déification: la doctrine catholique dont vous n'avez probablement jamais entendu parler

Et si le salut ne consiste pas seulement à être sauvé, mais à devenir quelque chose de plus?

Voici l'ancien enseignement chrétien de la théose - Dieu est devenu l'homme afin que nous puissions devenir comme lui.

La théose signifie devenir "participants à la nature divine".

"[n]ous sont accordés les dons promis, ..., pour que, par eux, vous deveniez participants de la nature divine"
2 Pierre 1: 4 

Vous n'êtes pas appelé à simplement survivre au péché.
Vous êtes appelé à partager la vie de Dieu. 

Ce n'est pas nouveau. L'église primitive l'a constamment enseigné.

"Dieu est devenu l'homme pour que l'homme devienne Dieu." Saint Athanase (4ème siècle)

Ils ne voulaient pas dire que nous devenons Dieu par nature, mais par grâce.

Adopté dans la famille divine.
Élevé par l'union avec le Christ. 

Les sacrements sont la façon dont Dieu nous divinise.

Le baptême fait de vous une nouvelle créature.
L'eucharistie vous nourrit de la vie divine.
La confession guérit les blessures par la grâce.

La théose n'est pas seulement mystique - c'est sacramentel.

Ce n'est pas facultatif - c'est tout l'intérêt.

"Nous le savons, quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien, ... Ceux que, d’avance, il connaissait, il les a aussi destinés d’avance à être configurés à l’image de son Fils" Romains 8:29

Le salut ne consiste pas seulement à échapper de l'enfer.
Devenir saint.
Devenir comme le Christ.
Devenir des fils dans le fils. 

Déification: la doctrine catholique dont vous n'avez probablement jamais entendu parler

Même les grands saints occidentaux l'ont enseigné.

 

"La seule vraie tristesse… est de pas devenir un saint." Léon Bloy

 

Contrairement à certains Pères orientaux qui mettent l'accent sur une transformation ontologique plus mystique (chez S. Grégoire de Nysse ou Maxime le Confesseur), les Pères occidentaux soulignent l'adoption filiale où l'homme partage la vie divine sans devenir Dieu par essence, par la grâce divine en la liant aux sacrements (baptême, eucharistie), moyens de l'union au Christ, moyens de la théose.

 

"Le Verbe de Dieu s'est fait homme, et le Fils de Dieu s'est fait Fils de l'homme, afin que l'homme, en recevant le Verbe et en recevant l'adoption, devienne fils de Dieu" (Saint Irénée de Lyon, IIe siècle, Contre les hérésies, IV 38,4)

 

Saint Cyprien de Carthage (200-258) met l'accent sur la participation à la vie divine à travers les sacrements, notamment le baptême et l'eucharistie, dans son traité De l'Unité de l'Église catholique, il parle de l'Église comme corps du Christ où les fidèles sont unis au Christ, et par conséquent, à la divinité.

 

Saint Hilaire de Poitiers (310-367) surnommé l'Athanase de l'Occident, développe la théose dans son De Trinitate 9,3 où il explique que l'Incarnation du Verbe permet à l'humanité d'être divinisée par l'union avec le Christ.

 

La théose est une participation mystique à la vie trinitaire, où l'homme est transformé par la grâce et adopté comme fils de Dieu (De Trinitate 1,18). Le baptême permet à l'homme de devenir "un avec le Christ" et de recevoir l'Esprit-Saint, lien de la déification. (De Trinitate 8,13). Saint Hilaire articule cette idée dans un cadre trinitaire rigoureux, en réponse aux hérésies ariennes.

 

Commentaire sur le Psaume 118 est l'autre texte où S. Hilaire relie la théose à la transformation spirituelle des fidèles par la grâce et la contemplation de Dieu.

 

Saint Ambroise de Milan (340-397) met l'accent sur la transformation spirituelle des chrétiens par les sacrements, qui les rendent participants de la nature divine, et évoque l'humanité du Christ comme pont vers la divinité. Dans De mysteriis 3,8 il décrit le baptême comme une incorporation au Christ, permettant à l'homme de devenir "temple de Dieu" et de partager la vie divine par la grâce.

Dans De Incarnationis dominicae sacramento (Sur le Mystère de l'Incarnation), il explique que le Christ, en assumant la nature humaine, a uni l'humanité à la divinité. Il écrit : "Le Verbe s'est fait chair pour que nous, par lui, puissions devenir participants de sa divinité." (De incarnationis, 6,54) Le Fils de Dieu devient homme pour que les hommes deviennent fils de Dieu.

Dans De sacramentis 4,5,23, il explique que l'Eucharistie transforme les fidèles en participants de la vie divine, car ils reçoivent le corps et le sang du Christ, qui les unissent à sa nature divine. L'homme ne devient pas Dieu par essence, mais participe à la vie divine par la grâce. Relevons chez S. Ambroise cette dimension ecclésiale de la théose : celle-ci se vit dans le cadre de l'Église, communauté des fidèles unis au Christ par les sacrements, corps du Christ où les chrétiens sont transformés ensemble.

 

Nous retrouvons la même idée chez S. Augustin. "Le Fils de Dieu s'est fait homme pour que nous puissions devenir des enfants de Dieu" (Saint Augustin, Sermon  192 Sur la Divinité)

 

"C'était un Dieu caché sous un homme visible, qui voulut par ce saint artifice rendre en quelque façon des dieux les hommes visibles à qui il parlait ; & qui de Fils de Dieu qu'il était, s'était fait Fils de l'homme, pour faire devenir les enfants des hommes enfants de Dieu.'' (Saint Augustin, Traités sur l'Évangile de Jean et son épître aux Parthes, traduits en français par Ph. Goibaud Du Bois sur l'édition des PP. Bénédictins de la Congrégation de S. Maur., J.-B. Coignard Paris 1700, traité 21, paragraphe 1)

 

[Autre traduction] "Qui sommes-nous? Que cherchons-nous à comprendre? ... le principe spirituel qui rend notre âme supérieure au monde est un don de ce Dieu miséricordieux qui a envoyé son Fils unique sur la terre, pour partager notre condition mortelle et nous faire entrer en possession de son immortalité. Il est notre maître et doit nous apprendre à ne point pécher : il sera notre défenseur, si, après avoir péché, nous confessons nos fautes et revenons au bien; ... en lui le Dieu se cachait et l’homme se montrait, pour faire des dieux avec de simples hommes; étant Fils de Dieu, il est devenu fils de l’homme, afin de rendre enfants de Dieu les enfants des hommes..." (Saint Augustin, Traité sur Saint Jean, épitre aux Parthes, livre 21, paragraphe 1, in Oeuvres complètes de Saint Augustin", Traduites pour la première fois, sous la direction de M. Poujoulat et de M. l'abbé Raulx, Bar-le-Duc, 1864-1872)

 

"Il s'est fait homme pour que nous puissions être divinisés. Factus est homo ut nos dii efficeremur" (Saint Athanase, De Incarnatione Verbi)

Ce n’est pas du vent oriental, c'est le catholicisme central. 

Vous avez été fait pour plus qu'une amélioration morale.

Vous avez été fait pour être divinisé, uni à Dieu si intimement que sa vie traverse en vous.

Ce n'est pas une hérésie. C’est l’évangile.

Dieu est devenu l'homme, afin que l'homme puisse devenir comme Dieu.

La théose est votre destin.

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11 août 2025 1 11 /08 /août /2025 09:07
Une jarre d’huile bénite vide retrouvée pleine miraculeusement lors d’une messe en l’honneur de Saint Charbel

L'église Saint-Ferdinand, située dans le cœur historique de Naples, en Italie, a été le théâtre d'un événement que beaucoup qualifient déjà de miraculeux attribué à l’intercession de Saint Charbel, un ermite libanais dont la dévotion a transcendé les frontières.

Le 24 juillet, dans le cadre de sa mémoire liturgique, Monseigneur Pasquale Silvestri, curé de l'église napolitaine, a célébré une messe en l'honneur du saint à laquelle ont participé plus de 500 personnes, dont beaucoup étaient malades.

À la fin de l'Eucharistie, le prêtre procéda à l'onction des fidèles qui s'approchaient de l'autel avec de l'huile bénite, envoyée spécialement pour l'occasion par la Curie maronite de Rome. C'est alors qu'un événement inattendu se produisit.

 

La jarre s'est vidée - mais quelques minutes plus tard, elle a été retrouvée pleine, plus lourde qu'auparavant. 

Le lendemain, les pèlerins ont déclaré qu'il transportait le parfum des Cèdres du Liban, liés à la patrie de St. Charbel. Le même matin, une femme de 20 ans déclara être guérie d’une cancer du sein "incurable". 

La jarre est maintenant sécurisée pour examen par les autorités ecclésiastiques. 

Source:

https://www.catholicnewsagency.com/news/265801/i-couldnt-believe-what-i-was-seeing-the-miracle-of-the-oil-of-st-charbel-in-a-naples-church

Via 

Cedars and Saints

https://x.com/CedarsAndSaints/status/1954595962455761022?t=rzq9e-S6e2VAk-ykVIGYiw&s=19

 

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11 août 2025 1 11 /08 /août /2025 00:00
Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 44.

Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 44.

Sainte Claire d'Assise, fondatrice (1194-1253)

Sainte Claire naquit à Assise, en Italie. Dès son enfance, on put admirer en elle un vif attrait pour la retraite, l'oraison, le mépris du monde, l'amour des pauvres et de la souffrance ; sous ses habits précieux, elle portait un cilice. 

À l'âge de seize ans, fortement émue de la vie si sainte de François d'Assise, elle va lui confier son désir de se donner toute à Dieu. Le Saint la pénètre des flammes du divin amour, accepte de diriger sa vie, mais il exige des actes : Claire devra, revêtue d'un sac, parcourir la ville en mendiant son pain de porte en porte. Elle accomplit de grand cœur cet acte humiliant, et, peu de jours après, quitte les livrées du siècle, reçoit de François une rude tunique avec une corde pour lui ceindre les reins, et un voile grossier sur sa tête dépouillée de ses beaux cheveux. 

Elle triomphe de la résistance de sa famille. Quelques jours après, sa sœur Agnès la supplie de l'agréer en sa compagnie, ce que Claire accepte avec joie, en rendant grâce au Ciel. « Morte ou vive, qu'on me ramène Agnès ! » s'écria le père, furieux à cette nouvelle ; mais Dieu fut le plus fort, et Agnès meurtrie, épuisée, put demeurer avec sa sœur. Leur mère, après la mort de son mari, et une de leurs sœurs, vinrent les rejoindre. 

La communauté fut bientôt nombreuse et florissante ; on y vit pratiquer, sous la direction de sainte Claire, devenue, quoique jeune, une parfaite maîtresse de vie spirituelle, une pauvreté admirable, un détachement absolu, une obéissance sublime : l'amour de Dieu était l'âme de toutes ses vertus. 

Claire dépassait toutes ses soeurs par sa mortification ; sa tunique était la plus rude, son cilice le plus terrible à la chair; des herbes sèches assaisonnées de cendre formaient sa nourriture ; pendant le Carême, elle ne prenait que du pain et de l'eau, trois fois la semaine seulement. Longtemps elle coucha sur la terre nue, ayant un morceau de bois pour oreiller. 

Claire, supérieure, se regardait comme la dernière du couvent, éveillait ses sœurs, sonnait matines, allumait les lampes, balayait le monastère. Elle voulait qu'on vécût dans le couvent au jour le jour, sans fonds de terre, sans pensions et dans une clôture perpétuelle. 

Claire est célèbre par l'expulsion des Sarrasins, qui, après avoir pillé la ville, voulaient piller le couvent. Elle pria Dieu, et une voix du Ciel cria : « Je vous ai gardées et je vous garderai toujours. » Claire, malade, se fit transporter à la porte du monastère, et, le ciboire en main, mit en fuite les ennemis.

Sa naissance au ciel eut lieu le 11 août 1253.

Assise, Basilique Sainte-Claire - détail de la fresque de la vie de la sainte

Assise, Basilique Sainte-Claire - détail de la fresque de la vie de la sainte

Sources : (1) ; (2) ; (3) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 44.

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