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19 mars 2024 2 19 /03 /mars /2024 16:22

''[P]our le fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : “Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas, sinon vous mourrez.”


… Il dit enfin à l’homme : ''Parce que tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé le fruit de l’arbre que je t’avais interdit de manger : maudit soit le sol à cause de toi ! C’est dans la peine que tu en tireras ta nourriture, tous les jours de ta vie. … C’est à la sueur de ton visage que tu gagneras ton pain, jusqu’à ce que tu retournes à la terre dont tu proviens ; car tu es poussière, et à la poussière tu retourneras.''

… Alors le Seigneur Dieu le renvoya du jardin d’Éden, pour qu’il travaille la terre d’où il avait été tiré.

Genèse 3

La conséquence de cette désobéissance au commandement divin fut la Chute d'Adam et Eve, leur renvoi du jardin d'Eden et l'entrée dans le monde de la souffrance et de la mort, le contraire du mythe moderne de la "liberté" à l'état de nature. D'un côté le modèle du développement humain intégral recevant la grâce, celle du Rédempteur de l'homme (le Christ), de l'autre côté, le modèle inventé sans preuve du retour au Jardin d'Eden et d'un état de nature de liberté et d'égalité (l'homme-dieu sans la grâce divine). Ce débat anthropologique n'est jamais abordé nulle part, y compris dans le clergé, qui hélas, lui aussi, est largement sous influence du mythe moderne. Les "dissidents" ou "résistants" sont des petits dissidents ou des petits résistants, mais c'est ce qui leur permet d'être parfois invités dans certains medias, parce qu'ils ne remettent jamais en question le système lui-même dans ses racines profondes. Il s'agit toujours de la liberté du prisonnier de débattre mais uniquement dans le cadre des limites du débat fixé par les Philosophes des XVIIe et XVIIIe siècle, celui de l'État moderne garant des "droits"... Un auteur qui réfléchirait en-dehors des limites de cette prison n'est bien évidemment jamais invité dans les médias dits d'information. Il est temps donc pour tous les amoureux de la vérité, de déconstruire le récit.

Il dit enfin à l’homme : « Parce que tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé le fruit de l’arbre que je t’avais interdit de manger : maudit soit le sol à cause de toi ! C’est dans la peine que tu en tireras ta nourriture, tous les jours de ta vie. De lui-même, il te donnera épines et chardons, mais tu auras ta nourriture en cultivant les champs. C’est à la sueur de ton visage que tu gagneras ton pain.

(...) Alors le Seigneur Dieu le renvoya du jardin d’Éden, pour qu’il travaille la terre d’où il avait été tiré.
Il expulsa l’homme, et il posta, à l’orient du jardin d’Éden, les Kéroubim, armés d’un glaive fulgurant, pour garder l’accès de l’arbre de vie.

Genèse 3,17-24

La fiction diabolique anti-christique fondant la démocratie moderne, et son antidote

Depuis la Chute, dès le début de l'humanité, l'homme est en quête de nourriture, il doit lutter pour se nourrir et il n'a aucun droit sur un autre.

Par nature, l’homme n’a pas de pouvoir sur l’homme.

Saint Augustin

[C]hez S. Thomas, pas d'"état de nature" temporel; dès les origines (...), il existait entre les hommes des rapports d'assujétissements et de domination (Ia ques. 96, art. 3 et 4.) L'homme est naturellement social et même "politique", disait Aristote. Donc le contraire du mythe hobbien, lequel était défini par ce caractère, que tous les hommes y eussent été libres. (...) Les "droits de l'homme", raffinés par Locke, continueront au travers de toute la science politique moderne à tenir un rôle fondateur. Pas de "droits de l'homme" chez S. Thomas.

(...) Décidément, aucune des pièces de la Politique moderne, je ne l'ai trouvée chez S. Thomas : ni l'état souverain ni les droits de l'homme.

Michel Villey, La théologie de Thomas d'Aquin et la formation de l'État moderne", p. 34-39; 45

Charles Péguy (1873-1914) disait ’’tout commence en mystique et finit en politique. (...) L’intérêt, la question, l’essentiel est que dans chaque ordre, dans chaque système la mystique ne soit point dévorée par la politique à laquelle elle a donné naissance...’’ (Extrait de Notre Jeunesse de Charles Péguy, 1910).

 

"Les philosophes qui passent pour être les fondateurs du système politique moderne, – Grotius, Hobbes, Locke ou Pufendorf – étaient des chrétiens, (...) tous avaient commis quelque ouvrage de théologie...", écrit Michel Villey dans son article, intitulé "La théologie de Thomas d'Aquin et la formation de l'État moderne", Actes de la table ronde de Rome (12-14 novembre 1987, Publications de l'École Française de Rome  Année 1991, p. 32).

 

La vieille lubie maçonnique de "République universelle" est toujours bien vivace. Cf. https://twitter.com/SD_0101/status/1770529442135216247/photo/1

Et depuis la fondation de l'État moderne et sa vision, idéaliste et utopiste, à établir la paix sur terre en réglant le problème de la guerre par un moyen matériel, un moyen terrestre, via la constitution d'un État civil (entendez un État antichrétien, celui de Thomas Hobbes), système repris et synthétisé par la république des Lumières, tout commence en politique par une politique mensongère établie sans preuve, l'état de nature libre et égal. Ce système politique a besoin de symbolique et de mysticisme pour s'établir, il propose donc un messianisme au travers du mythe de l'âge d'or à redécouvrir (Fénelon, chevalier de Ramsay), comme si il n'y avait pas eu la Chute originelle. Il est au fondement de la liberté de notre socle politique (John Locke, Jean-Jacques Rousseau), du retour à un paradis perdu, un état à réintégrer (du Rose-Croix John Milton) et toutes les réintégrations au cosmos qui nous sont assénées partout aujourd'hui, le nouvel Eden ou "république universelle" à construire (des francs-maçons "chevalier", dit de Ramsay ou Anacharsis Cloots). C'est un projet politique religieux antichrétien et antichristique. Il faut le dire puisque ce système politique nie l'Incarnation et la Rédemption nécessaire au monde depuis la Chute. Autrement dit, nous avons là la mise en place d'un satanisme politique sans le dire. Projet collectiviste parce que relevant d'une métaphysique et d'une politique de confusion moniste (Dieu et les créatures sont confondues en un seul Être) et non une métaphysique dualiste comme dans le christianisme où il y a un Créateur d'un côté et la création de l'autre (dualisme qui respecte les différences, les cultures, les pays et les nations comme des créatures divines mais non confondues à lui). Projet de la franc-maçonnerie universaliste depuis le XVIIIe siècle, avec sa grande paix mondiale, le "bonheur" pour tous, le "Grand Tout" uniformisateur (niant les différences), le "gouvernement mondial" ou "Nouvel ordre mondial" censé régler tous les problèmes de l'humanité d'un coup de baguette magique... Projet totalitaire.

 

Il faudrait alors (au conditionnel) inverser la phrase de Péguy et dire que depuis la Renaissance et les temps modernes, la Grande inversion (l'homme à la place de Dieu) et la création de l'État moderne "laïque", ce Leviathan..., tout commence en politique et tout finit en religion. Mais nous avons écrit au conditionnel, car en réalité que tout commence en politique, il n'en est rien comme nous allons le voir. Il y a toujours un symbolisme, un mysticisme, y compris dans le mythe de l'état laïque moderne du Léviathan

Quand Adam et Eve ont mangé le fruit [défendu] en Eden, ils ont quitté la structure de l’autorité de Dieu et sont entrés dans la structure du pouvoir de Satan. Dès lors, chacun d’entre nous a été recruté pour cette guerre spirituelle.

Père Chad Ripperger, théologien, docteur en philosophie et psychologue Les exorcistes recensent une augmentation de l’activité diabolique | ZENIT - FrancaisLes exorcistes recensent une augmentation de l’activité diabolique | ZENIT - Francais

Contrairement à ce qu'a pu dire Charles Maurras ("Politique d'abord"), nous ne sommes en effet pas d'abord plongés dans des querelles d'ordre politique (républicains contre royalistes par exemple). Le politique ici est secondaire puisque tout est politique à la base... Et c'est le religieux qui devrait redevenir premier. Car en premier nous avons la Chute, l'Incarnation et la Rédemption. L'abandon du mystique (religieux), concrètement, est une erreur qui n'explique pas la progression du mal moral dans nos sociétés et qui ne voit pas la nécessité de la Rédemption. Le péché est pourtant une réalité de la vie morale. Le péché détruit la grâce divine en nos âmes, notre liberté intérieure régresse à cause du péché et nous tombons dans l'esclavage de la matière. Inversement, l'homme qui recherche et reçoit la grâce voit sa liberté intérieure progresser et celle du monde aussi, par ricochets. Demandons et nous recevrons... (Mt 7,1), dit le Christ. 

 

Or, « pour les modernes, l'État est voué à former une démocratie ; initiale chez Hobbes, et durable pour ses successeurs.

 

« Quel peuple aujourd'hui ne se dit démocrate ? Puisque l'État naît des libertés initiales des individus, par le biais du contrat social.

 

« (…) Le peuple entendu comme ensemble de particuliers, revendique la ''souveraineté''.

 

« Rien de tel dans la Somme de St Thomas. C'est spontanément, par nature, pour le service des biens communs, que poussent les communautés politiques. Et surgissent des régimes divers. (…) [L]a meilleure des constitutions ne souffre pas au-dessus d'elle un ''souverain''. Dès le commencement de son traité, Aristote blâme cette confusion où versent les barbares : ils ne savent pas encore discerner entre le dominus (qui dans la famille commande aux esclaves) et le gouvernement d'une cité. La cité ne reconnaît pas de maître. S. Thomas nomme le titulaire de l'autorité politique ''ille qui curam habet communicatis'' (celui qui se soucie de ceux qui partagent. Ia IIae, 9°, 3, etc.) La Politique est moins l'étude de ces pouvoirs, qui sont devenus la hantise des politologues, ni de leurs prétendus fondements, que d'offices, de fonctions.

 

« (…) Chez Aristote et dans la Somme, quelle mauvaise surprise de trouver toute différente des finalités du gouvernement : son office n'est pas de maximer la somme de nos plaisirs (comme dans les démocraties contemporainesNdlr.) et de nous pourvoir d'allocations. L'économie, la production et le contrôle de la consommation relèvent de la famille, et n'entrent pas (sinon à titre subsidiaire) dans le bien commun politique.

 

« Inexistence de l'État. (...)

« (...) Hobbes, qui d'ailleurs ne fait du terme qu'un usage parcimonieux, au frontispice de son Leviathan [nom d'un animal marin révolté dans la Bible dans Jb 3,8; Jb 40, 25-32; Is 27, 1; Ps 74,14 ; Ps 104,26 ; être maléfique associé au chaos primitif et objet de destruction pour tout ce qui est vivant, autrement dit le diable. Ndlr.], le représente sous la figure d'une personnage colossal, investi d'une force écrasante, "Dieu mortel" occupant le rôle qu'avait tenu Jahweh pour les Juifs.

 

« L'État moderne est l'héritage - quand même il prétend constituer une "démocratie" - dans un monde sécularisé, de l'ancienne monarchie sacrale. Ses racines sont théologiques. [tout commence en religion aussi avec l'État "laïque" moderne qui prétendait révoquer le religieux et convoquer le politique d'abord...]

 

« À l'exemple des anciens monarques qui se proclamaient de droit divin, représentants de Dieu sur la terre, il impose sa loi, il nous commande. (...) Sans doute n'est-il plus à l'instar d'un monarque, une personne physique. Mais les juristes le qualifient de "Personne morale" fictive. L'État moderne, lequel s'écrit avec un grand E – alors que dans l'usage ancien, là où il n'était encore question que de statum rei Romanae (l'état de l'empire romain), de la plus ou moins bonne situation de la république romaine, il se contentait d'une minuscule - constitue un sujet distinct, un Personnage rajouté au monde des êtres naturels par l'artifice des contractants (ou des philosophes modernes... Ndlr.) Un être en soi, quasi-substance créée par les Hommes.

 

« Ni Aristote ni S. Thomas ne connaissent l'État. Leur science porte sur autre choses : les communautés politiques. 

 

« (...) La communauté ne forme pas un être en soi : son unité est seulement une "unité d'ordre", écrit S. Thomas (in Eth. 5 Ia IIae 47, 3) (...) Pour Aristote et S. Thomas les communautés sont réelles, mais sans constituer de quasi substances. La science politique ne connaît qu'une seule espèce de substances, les individus. (...) et tout individu se trouve entrer avec d'autres en relation. (..) La communauté n'est pas chose extérieure aux individus, mais comme une partie d'eux-mêmes. (...) Elles conduisent à cette conséquence (...) : la négation du principe, si cher aux modernes, de la souveraineté. Ce n'est pas l'existence d'un souverain, mais les biens communs poursuivis ensemble qui font un groupe politique. » Que s'en suivra-t-il ?

 

« Limites du pouvoir

 

« (...) Alors que l'État selon la science politique moderne, est la seule puissance opposée aux individus, Puissance unique qui les écrase, les communautés sont plurielles - superposées les unes aux autres et mutuellement concurrentes. (...) Communautés apolitiques et même supra-politiques. » (Michel Villey,  "La théologie de Thomas d'Aquin et la formation de   moderne", ibid., p. 39-42.)

 

Comprendre que le naturalisme du régime politique moderne est une théorie fictive aux racines théologiques fausses, dangereuses pour la liberté, autrement dit une impasse – une théorie politique qui ne peut conduire qu'à un renversement de la société est d’autant plus important que lorsque en lisant Saint Thomas d'Aquin, nous comprenons que "toute loi (...) est ordonnée au salut commun des hommes, et c'est seulement dans cette mesure qu'elle acquiert force et raison de loi ; dans la mesure, au contraire, où elle y manque, elle perd de sa force d'obligation..." (Somme Théologique, Ia IIae, Question 96, Article 6 Concliusion). 

 

"Aussi toute loi portée par les hommes n'a raison de loi que dans la mesure où elle dérive de la loi de nature. Si elle dévie en quelque point de la loi naturelle, ce n'est plus alors une loi, mais une corruption de la loi." (Somme théologique, Ia IIae, Question 95 La loi humaine, article 2 L'origine de la loi humaine.)

 

Ainsi, « sur un plan théologique, la république est illégitime car pécheresse, mais aussi illégale, car la loi ne mérite d’être appelé ainsi que si elle réalise le Bien commun. Ce n’est pas le cas.(…) Un catholique a non seulement le droit, mais le devoir de "désobéissance civile". » (Alain Pascal)

 

De même ‘’la science politique doit être ordonnée à la fin suprême des hommes, c'est-à-dire à la recherche et à la conquête de la suprême béatitude, "la fin ultime d’une multitude rassemblée en société" étant de "de vivre selon la vertu", mener "une vie bonne", en vue de la paix et de la tranquillité de la multitude. (De RegnoDu royaume, écrit au Roi de Chypre, 1266, Editions Louis Vivès, 1857).

 

C'est ce que remarque écrit Alexis Haupt Philosophie sur X : "Message au Christ. (...) Au fond, tu le sais mieux que moiil ne faut pas laisser le prince de ce monde sans surveillance ici-bas. Il faut le surveiller comme le lait sur le feu. Hélas, il est laissé seul et sans garde-fou depuis trop longtemps sur terre. Il lui faut un contre-pouvoir. Et au vu de tout ce qu'il se passe sur terre actuellement, ce contre-pouvoir, c'est toi : l'amour, la conscience, la vérité, la justice.

 

Pour qu'advienne la liberté authentique, celle de l'homme intérieur et celle du monde à l'extérieur, dans la communauté politique, le Christ doit régner dans la Paternité du Père Dieu premier servi disait Ste Jeanne d'Arc –, tout commence en religion jusque dans nos lois humaines qui doivent respecter la loi éternelle, dite naturelle. (ques 94, 2 La loi naturelle, pris à Cicéron et Aristote)

 

Une constitution affirmant l'état de liberté hypothétique de l'homme par nature nie par conséquent la nature humaine, nie la Chute et la nécessité de la Rédemption, c'est-à-dire la conquête de la liberté qui n'est pas une donnée de la nature mais un effort sur soi en s'identifiant au Christ Rédempteur. Il est curieux que nos évêques ne rappellent jamais cette réalité anthropologique pourtant essentielle ! La vertu naturelle (sans la grâce) en effet, ne peut parvenir à conduire harmonieusement l'humanité à sa fin (dans tous les domaines), sans recevoir la grâce. 

 

"Les rois sont soumis aux prêtres en tout ce qui touche au salut des âmes. L'autorité religieuse domine ainsi la société sans l'absorber comme la grâce domine la nature sans la détruire,’’ écrit Mgr H. Delassus dans La Mission posthume de la Bienheureuse Jeanne d’Arc, Le Règne social de Notre-Seigneur Jésus-Christ (1921, rééd. ESR.)

 

Or, depuis les temps modernes il s'est agi d'un autre programme, d'un autre récit que celui de la Bible. Différent, négateur même du plan divin, il écarte ce contre-pouvoir spirituel pour ne plus laisser place qu'à la domination brute et matérielle de l'état soit disant garant de la "liberté" et l'"égalité". Régime de l'homme face à l'homme sans contre-pouvoir spirituel.

 

Un ouvrage destiné aux étudiants d'histoire du droit constitutionnel suggère que dans la théologie catholique, "la soumission au pouvoir institué est apparue (...) comme fondamentalement conservatrice en ce sens que, quel que soit le pouvoir en place, elle interdit de le mettre en question par les moyens violents qui seraient seuls propres à le renverser" (sic) (p. 14). Nous venons de voir que c'est faux avec S. Thomas. La société traditionnelle construit un homme libre, soumis qu'à Dieu, et il est difficile aux détenteurs du pouvoir de le contrôler. Il faut donc le faire adhérer au mythe d'un État protecteur des "droits" pour qu'adhérant à cette mystification il soit plus aisément contrôlable. La "soumission" supposée de la société chrétienne au pouvoir institué est présentée comme négative et devant être dépassée par un autre modèle qui serait plus efficace et qui permettrait de renverser les pouvoirs par la violence (en dehors de tout contrôle spirituel donc). Nous avons là le socle moderne de la Révolution par la violence. Et c'est ce modèle que l'on nous présente comme le summum de la pensée et de la raison.  Cette matrice de la violence en politique sera soutenue par tout un courant philosophique qui deviendra dominant et fera naître l'État non plus de la volonté divine et de la grâce, mais de politiques machiavéliques et "d'un contrat conclu entre des volontés humaines", écrit Bernard CHANTEBOUT dans son introduction à son "Droit constitutionnel et Science politique" (1982, rééd. Armand Colin, Paris 1991, p. 14). Quel progrès !... Un pactum décorrélé de pouvoir spirituel, comme si la nature, elle-même, n'était pas soumise à la grâce; comme si Dieu n'existait pas, c'est bien pratique lorsqu'on entend bâtir la société immorale de la loi du plus fort. Dans l'échange on garantissait à l'homme le "bonheur"... Mais qui peut encore croire à cette farce ? Apparemment encore beaucoup de personnes !

 

Ainsi, l’Essai sur le gouvernement civil de John Locke (1690) « répondait aux partisans des Stuarts qui accusaient d’usurpation la dynastie nouvelle ; (…) c’est une véritable théorie politique, qui à la grâce oppose la souveraineté de la nation, et établit les bases du gouvernement ‘libre et représentatif’... » (Dictionnaire encyclopédique d'histoire, de biographie, de mythologie et de géographie, par Louis Grégoire, Garnier Frères éditeurs, Paris 1871, p. 1218.) Naissance d'une caste ploutocratique.

 

Et « l’ouvrage de Locke ‘Du Gouvernement civil’ (1690) a beaucoup servi à J.-J. Rousseau pour son Contrat social et ses Lettres ou Pensées sur l’éducation n’ont pas été non plus inutiles au philosophe de Genève dans son Emile.‘’ (Dictionnaire historique des hommes qui se sont fait un nom par leur génie, leurs talents, leurs vertus, leurs erreurs ou leurs crimes. » (F.-X. de Feller 1735-1802, tome quatre, Outhenin-Chalandre Editeur 1838, p. 158.)

 

Or, « le politique de Locke (Cf. Sa dernière œuvre ''Le christianisme raisonnable'', 1695, est une tentative de rapprochement entre le naturalisme et ce qu'il considère le christianisme primitif, mais imaginaire, puisque le christianisme primitif des protestants est celui de la pseudo église de Jean, et des imposteurs qui prétendent lui succéder...) dissimule un naturalisme qu'il tient des Rose-Croix, ce pourquoi il aura tant d'admirateurs parmi les littérateurs-philosophes francs-maçons du XVIIIe siècle. » (Alain Pascal, Le Siècle des Rose-Croix, Pascal contre Descartes, La Conspiration des philosophes, **, éd. Cimes, Paris 2018, p. 411-412; 419.)  

 

C'est que « la philosophie moderne entend (...) le rationalisme dans un sens tout à fait différent (du sens de S. Thomas et de la loi naturelle dérivée de la loi éternelle Ndlr.). Le moderne a foi dans une raison qui est ''la connaissance naturelle en tant qu'elle s'oppose à la connaissance révélée.'' C'est la bonne définition du philosophe Lalande. En effet, le naturalisme philosophique s'entend tel une 'connaissance naturelle', c'est-à-dire interne à un Naturalisme, affirmation - sans preuves - qu'il n'y a pas de surnaturel, ni donc de Raison divine supérieure à la raison humaine.» (Alain Pascal, Les sources occultes de la philosophie moderne, De la Gnose à  la théosophie, La Conspiration des philosophes *, éd. Cimes, Paris 2017, p. 29.) 

 

« En philosophie (..) le naturalisme (...) nie l'existence d'un (...) surnaturel qui serait la cause de l'Être. (...) La philosophie maçonnique est fondée sur la gnose naturaliste. (...) Le Grand Architecte de l'Univers ou l'Être suprême sont internes à l'Être, et donc le spiritualisme des loges est un naturalisme. (...) Athéisme, matérialisme, panthéisme et spiritualisme sont tous des monismes sur le plan métaphysique parce qu'ils nient la transcendance.'' (Alain Pascal, La Trahison des initiés, 3è édition, éd. Cimes, Paris 2013, p. 196.)

 

« Dans son étude sur les sociétés secrètes (Puf 1952), Serge Hutin (que l'on ne saurait taxer d'anti-maçonnisme...) écrit (...) que, dans le passage (des loges opératives. Ndlr.) au spéculatif, "ce furent surtout les Rose-Croix anglais qui jouèrent un rôle décisif : vers 1650 les disciples de Robert Fludd (1574-1637) étaient puissamment organisés à Londres. L'un de ceux-ci, l'alchimiste Elias Ashmole (1617-1692) avait été admis comme 'maçon accepté'" (p.63). Or, selon Hutin, c'est lui qui organise "dans le local des Maçons" une société secrète, l''invisible collège', dans le but de 'bâtir la Maison de Salomon, temple idéal des sciences' (sic)., ce que sera la Royal Society. Le Temple de Salomon désignant les Rose-Croix.

 

« (...) Roland Edighoffer (1923-2017), professeur à l'université Paris III (Sorbonne nouvelle), "spécialiste de l'hermétisme et du rosicrucianisme", écrit dans "Les Rose-Croix" (Puf 1982) (...) (p. 82) qu'Ashmole constitue à Londres en 1646 "une société dans laquelle les initiés s'occupaient des secrets de la nature et devaient bâtir spirituellement le Temple de Salomon". Confirmation du naturalisme et de la référence au Temple de Salomon de la légende Rose-Croix. » (Alain PASCAL, Le Siècle des Rose-Croix, Pascal contre Descartes, La Conspiration des philosophes, tome 2, éd. Cimes, Paris 2018, p. 357.)

 

« Le GADLU (Grand Architecte de l'Univers) n'est pas le Dieu trinitaire. La "religion" maçonnique n'est donc pas la Religion révélée... Le GADLU (...) n'est pas le Dieu chrétien, il est le Diable, puisque "le porteur de Lumière" des Rose-Croix. C'est le summum de l'inversion. (...)  La Maçonnerie s'inscrit donc dans la mythique tradition primordiale hermétique. Ce n'est pas du tout anodin, puisque nous sommes là à l'origine directe (et peu contestée) de la philosophie des Droits de l'homme."

 

« Autrement dit, les quatre vieilles loges de Londres qui n'avaient plus d'opératives que le nom ont servies de coquilles vides pour abriter les Rose-Croix et les maçons spéculatifs anti-catholiques (puisque tel est le sens caché du mot free mason, libre), lesquels se sont réunis en 1717 en une Grande Loge de Londres, puis ont adopté des Constitutions dont le but était de faire passer les mentalités une philosophie moderne qui semble tolérante, réconciliatrice, etc., mais est tout le contraire, puisqu'elle est gnostique et kabbalistique, donc ancienne et intolérante à l'égard du catholicisme. »  (Alain Pascal, Le Siècle des Ténèbres, la Conspiration des Philosophes, ***, éd. Cimes, Paris 2019, p. 220-221; 225)

 

« Les francs-maçons sont les nouveaux ouvriers du Grand Architecte Hiram. Dans la Bible, Salomon, fils de David, a recours à Hiram, le roi de Tyr, ville phénicienne aux croyances idolâtres, pour construire le Temple de Jérusalem. (...) Les Rose-Croix reprennent cet épisode en créant une légende du Grand Architecte Hiram, (...) car les francs-maçons ont fait d'Hiram l'ancêtre de leur Grand Architecte de l'Univers - un personnage central de l'initiation maçonnique -, alors que, pour les Rose-Croix, Hiram est un Fils de Caïn, c'est-à-dire un représentant de l'esprit de Lucifer. Le grand ancêtre maçonnique n'est donc pas le roi de Tyr, mais un des noms secrets du Diable. Selon les Rose-Croix, Salomon n'est pas capable de construire le Temple, parce qu'il est de la race de Seth, ce pourquoi il doit faire appel au constructeur Hiram Abiff qui, lui, est de la race de Caïn et donc a "le pouvoir et le signe" qui lui donnent l'autorité des ouvriers.  » (Alain Pascal, Les Sources occultes de la Philosophie moderne, De la Gnose à la théosophie, La Conspiration des Philosophes *, éd. Cimes, Paris 2017, Hiram est p. 257-258.)

 

« Les Francs-maçons se nomment eux-mêmes "Fils de la Veuve" (Cf. Voir l'ouvrage de Jean-Claude Lozac'hmeur, "Fils de la veuve"... pour comprendre d'où vient cette expression). Dans la Genèse, l'humanité se perpétue sur terre après la Chute. Adam et Ève enfantent Abel et Caïn, puis, après le meurtre d'Abel par Caïn, Seth. La légende Rose-Croix est très différente, Ève est créée la première et elle est séduite avant l'existence d'Adam par un esprit luciférien, Samaël, qui, s'unissant à elle, lui engendre Caïn. Caïn est donc l'aîné d'Abel, et il n'est plus fils d'Adam, mais du Diable ; il n'est donc pas un fils d'homme, mais "semi-divin", écrit Max Heindel (1865-1919) dans Franc-maçonnerie et catholicisme, éd. Maison rosicrucienne, (qui dévoile quel est son camp, car il devrait dire semi-diabolique).

 

« Si le diable envoie Samaël féconder Ève, c'est parce qu'il faut "libérer l'esprit captif de la lumière". Par Samaël, Caïn hérite du Feu de Lucifer, dont il est le Fils spirituel. Quand Jéhovah chasse Samaël du Paradis, Ève et Caïn sont abandonnés sur terre, où Caïn devient le premier "Fils de la veuve", la Veuve du Diable ! Jéhovah crée alors, et alors seulement, Adam - qui n'a donc pas connu le paradis -, et qui est un simple être humain. Adam s'unit à son tour à Ève, laquelle enfante Abel, qui est donc un simple enfant d'humain, c'est-à-dire inférieur à Caïn. (...) (Alors que) le premier "Fils de la Veuve" (Caïn) possède le secret de la "science", l'alchimie, mais aussi la "sagesse", qui n'est pas de Dieu, mais du serpent. La "théosophie" Rose-Croix est donc décidément diabolique.

 

« (...) Et (...) les descendants d'Hiram sont, comme leur ancêtre Caïn, des Fils de la Veuve... » (Alain Pascal, Les Sources occultes de la Philosophie moderne, De la Gnose à la théosophie, La Conspiration des Philosophes *, éd. Cimes, Paris 2017, Hiram est p. 255-256.)

 

« En 1884, dans l'encyclique Humanum genus, le pape Léon XIII dénonçait cette ''guerre faite à Dieu et à son Eglise.'' (...) Le pape prévient donc le XXe siècle de ce qui va arriver. En effet, par le naturalisme, les francs-maçons ''frayent le chemin à d'autres sectaires plus nombreux et plus audacieux, qui se tiennent prêts à tirer de ces faux principes des conclusions plus détestables.'' Le pape vise les socialistes : ''La secte des francs-maçons n'a pas le droit de se dire étrangère à leurs attentats puisqu'elle favorise leurs desseins et que, sur le terrain des principes, elle est entièrement d'accord.'' Aussi conclut-il : ''Arrachez à la Franc-Maçonnerie le masque dont elle se couvre et faites-la voir telle qu'elle est, une société retournée dont le but est d'exercer une suzeraineté occulte sur la société reconnue» (Alain Pascal, La Trahison des initiés, ibid., p. 93-94.)

 

À l'opposé du naturalisme matérialiste hédoniste maçonnique, dans l'Évangile selon S. Jean 12, 23-26 Jésus annonce symboliquement sa mission: sa mort et sa résurrection, sa Gloire prochaine et la Rédemption de l'Humanité en sa personne, à son imitation : "L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié. Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera."

 

" Car le Christ, lui aussi, a souffert pour les péchés, une seule fois, lui, le juste, pour les injustes, afin de vous introduire devant Dieu ; il a été mis à mort dans la chair, mais vivifié dans l’Esprit. (Premier Épître de Saint Pierre — Chapitre 3, 18

 

Dans le fourre-tout disponible sur internet, tous les sites qui évoquent ce mouvement du XVIIe siècle, à l'origine du naturalisme antichristique des loges franc-maçonniques, n'évoquent jamais le lien entre rosicrucisme et satanisme, mais le site "Vigi-Sectes", qui se définit comme "Association chrétienne internationale d'information sur les sectes et les mouvements religieux", en produit une bonne synthèse :

 

L’Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix

Si, pour se renseigner sur la Rose-Croix, on va visiter des sites rosicruciens, on est convié à adhérer au mouvement A.M.O.R.C. : “Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix”.

On nous explique que cette organisation remonte à la plus haute antiquité égyptienne ; qu’elle est en mesure de faire connaître une sagesse précieuse, communiquée jadis par des “maîtres” et transmise de génération en génération par des initiés. Parente de la Franc-Maçonnerie, la Rose-Croix serait plus ancienne que cette dernière. L’emblème de l’ordre est une croix portant en son centre une rose rouge.

« Les Rose-Croix usurpent la référence au cœur chrétien, puisqu'ils placent la Rose ésotérique au centre de la Croix, ce qui est un blasphème, l'éviction du Coeur du Christ par le Féminin oriental. » (Alain Pascal, Le Siècle des Ténèbres, la Conspiration des Philosophes, ***, éd. Cimes, Paris 2019, p. 89)

 

« La légende Rose-Croix est une Cosmogénèse (un processus de création interne au Cosmos), (...) une négation de la Genèse. Le dieu des Rose-Croix n'est pas Dieu, leur ''Christ'' n'est pas le Christ. (...) Un chrétien ne doit pas avoir peur des symboles, mais doit se méfier des symbolistes (surtout contemporains, car leur principale activité semble de retourner les symboles chrétien en leur contraire...) » (Cf. Alain PASCAL, Le Siècle des Rose-Croix, Pascal contre Descartes, La Conspiration des philosophes tome 2, éd. Cimes, Paris 2018, p.45)

 

« La Création y résulte (...) d'un affrontement entre les forces du Bien et du Mal, dialectique qui est typiquement manichéenne (donc gnostique).» (Alain Pascal, Les Sources occultes de la Philosophie moderne, De la Gnose à la théosophie, La Conspiration des Philosophes *, éd. Cimes, Paris 2017, p. 248.)

 

« Le symbole était celui du Roman de la Rose (pré-théosophique), il est repris dans les Manifestes Rose-Croix et il sous-tend leur théosophie, qui est une pré-philosophie.» (Alain Pascal, Le Siècle des Ténèbres, la Conspiration des Philosophes, ***, éd. Cimes, Paris 2019, p. 89.)

 

« La Rose des rosicruciens est la même que celle du Roman de la Rose, c'est-à-dire la ''Rosée céleste'' de l'islam. Pour Mahomet, l'homme est créé à partir d'un caillot de sang et les ismaélites en ont fait une ''rosée céleste'' (Cf. Islam et Kabbale, p. 47); La Rose des alchimistes est aussi une ''osée'' qui viendrait du ciel - John Dee emploiera l'expression ''rosée du ciel'', ce pourquoi Yates écrit qu'il faut ''reconsidérer l'ancienne théorie qui soutient que le mot 'rosicrucien' n'est pas dérivé de Rose et de Croix, mais de Ros (rosée) et de Crux, et que sa signification alchimique est liée à la rosée qui était un (supposé) solvant de l'or, et à la croix qui représentait la lumière'' (p. 68). Yates ne dit pas que les Rose-Croix tiennent cet ésotérisme de l'islam, cependant confirme l'héritage de Dante et du Roman de la Rose. (...) Or, Dante et Meung tenaient cet ésotérisme de l'islam.» (Alain PASCAL, Le Siècle des Rose-Croix, Pascal contre Descartes, La Conspiration des philosophes tome 2, éd. Cimes, Paris 2018, p.45-46.)

 

« [L]a religion du cœur des Rose-Croix va avoir d'immenses répercussions en Allemagne. Dans l'Europe entière, les sectes rosicruciennes étaient en contact, les loges maçonniques le seront aussi, et elles utiliseront des mouvements littéraires à des fins politiques. Ce n'est pas un hasard. C'est un complot.. » (Alain Pascal, Le Siècle des Ténèbres, la Conspiration des Philosophes, ***, éd. Cimes, Paris 2019, p. 98)

 

Il existe des “loges rosicruciennes” dans la plupart des pays du monde, de nombreuses publications rosicruciennes, et une “Université Rose-Croix Internationale”. Il est recommandé de fréquenter une loge ; mais pour un débutant, une bonne partie de la formation peut être assurée par correspondance, en-dehors de tout regroupement. L’organisation se présente comme un mouvement fraternel et philosophique, mais non religieux. La page d’accueil du site www.rose-croix.org comporte cette devise :

Connais-toi toi même, et tu connaîtras l’univers et les dieux

Le rosicrucianisme implique toute une série d’initiations occultes ; selon ses propres termes, il propose “un art de vivre pour le cœur et l’esprit”, et promet à ses adeptes la connaissance des lois de l’univers et de la nature. Il leur promet aussi la pleine compréhension du sens de l’existence, l’éveil de leur créativité et de tout leur potentiel humain.

Parmi les “membres illustres” qui auraient appartenu au mouvement, on trouve Pythagore, Platon, Aristote, Thomas d’Aquin, Copernic, Descartes, Leibnitz, Swedenborg, Balzac… Jésus, qualifié de “grand penseur”, figure aussi parmi ces “membres illustres”. Les rosicruciens précisent toutefois qu’il ne faut pas le confondre avec “le Christ”, qui est pour eux “un être extrêmement évolué qui s’est incarné plusieurs fois et a connu plusieurs existences terrestres différentes”. Ce faux “Jésus” n’est ni Dieu, ni Fils unique de Dieu ; il est un simple philosophe, qui prend place à côté de Mahomet, de Bouddha, de Lao-Tseu, et de Moïse. Cette doctrine n’a rien de nouveau ; elle existait déjà au premier siècle.

Pour mettre les chrétiens en garde, l’apôtre Jean écrivait alors:

« Qui est le menteur, sinon celui qui nie que Jésus est le Christ ? Celui-là est l’antichrist, qui nie le Père et le Fils. Quiconque nie le Fils n’a pas non plus le Père. » (1 Jean 2:22-23).

Le rosicrucianisme est pour une petite élite, pour des “initiés”. Le salut biblique est pour tous ceux qui s’approchent avec foi de Jésus le Messie, le Fils unique de Dieu, l’Agneau de Dieu, le Ressuscité qui a reçu de Dieu l’autorité suprême. Le salut biblique est pour tous ceux qui se reconnaissent pécheurs et se confient en Jésus seul pour être sauvés.

Le rosicrucianisme enseigne que les êtres humains doivent passer par un grand nombre d’incarnations sur la terre pour parvenir enfin à être “absorbés en Dieu”. Ils parlent d’une “illumination”, d’une “fusion à jamais consciente dans le tout cosmique”. (sic) 

La Bible, elle, nous enseigne :

« il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement » (Hébreux 9:27).

Le salut, d’après les rosicruciens, s’obtient par nos propres efforts, par un long travail pour se purifier soi-même de ses tendances mauvaises, afin d’atteindre si possible des “états supérieurs de la conscience”, puis “l’illumination suprême”. La Bible nous enseigne qu’il est illusoire et vain d’essayer d’améliorer nous-mêmes notre vieille nature ; la solution de Dieu est de nous appeler à nous repentir, de nous identifier à son Fils mort et ressuscité, et de faire de nous, par la foi, « une nouvelle création » en Christ.

La Parole de Dieu précise bien :

« Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. » (Ephésiens 2:8-9).

 

(…)

 

Jean 3: 5 :

 

« Si un homme ne naît d’eau et d’esprit, il ne peut pas entrer dans le Royaume de Dieu ».

 

Pour un rosicrucien, il ne s’agit pas de mourir à nous-mêmes pour avoir part à une vie nouvelle et éternelle, la Vie de Résurrection de Jésus-Christ. Il s’agit simplement “d’éveiller les vertus de l’âme humaine : humilité, générosité, tolérance.” Le rosicrucien ne voit aucunement la nécessité d’un Sauveur pour racheter l’homme et pour le remplir du Saint Esprit : le sacrifice par lequel Jésus a expié nos péchés n’a, dans ce système, aucune place, aucune raison d’être.

 

Or la Bible nous enseigne :

 

« Il n’y a pas de juste, même pas un seul ” (Romains 3:10).

 

« Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu ; et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est dans le Christ Jésus. C’est lui que Dieu a destiné comme moyen d’expiation pour ceux qui auraient foi en son sang, afin de montrer sa justice. » (Romains 3:23-25).

 

Le rosicrucianisme enseigne qu’il est possible, dans certains cas, de communiquer avec des êtres chers qui sont décédés, “à condition de nous élever vers eux, et de ne pas les faire descendre vers nous”. Ce ne serait plus, alors, du spiritisme !

 

La Bible dit clairement :

 

« Qu’on ne trouve chez toi… personne qui consulte ceux qui évoquent les esprits, personne qui interroge les morts. En effet, quiconque se livre à ces pratiques est en horreur à l’Eternel. » (Deutéronome 18:11-12).

 

Les rosicruciens voient dans la Bible un livre estimable, mais ils ne lui attribuent aucune autorité particulière. Elle a pour eux sa place à côté du “Livre des Morts” égyptien et des autres “grands textes sacrés de l’humanité”. Le dieu des rosicruciens est partout, il fait partie de tout, il est “la Beauté incrée”, “l’Intelligence Universelle”, le “Grand Architecte”, mais il n’est pas possible de le connaître. Le Dieu de la Bible, Lui, Se donne à connaître, par Sa Parole écrite, et par Son Fils Unique, la Parole Vivante.

 

Pour les rosicruciens, il n’y a ni paradis, ni enfer, ni Satan. Leur philosophie, disent-ils, “intègre les principes fondamentaux du yoga”. Il est important pour eux de cultiver “la pensée positive”, car “la pensée est vibratoire et agit sur l’environnement”. Il s’agit, chaque jour, de diriger des pensées positives vers le monde entier afin de “neutraliser les influences négatives” qu’on y rencontre.

 

Cette philosophie-là est totalement incompatible avec l’Évangile du salut en Jésus-Christ, que l’apôtre Pierre résume ainsi :

 

« Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour le pardon de vos péchés : et vous recevrez le don du Saint-Esprit ». (Actes 2:38).

 

La philosophie rosicrucienne recommande l’astrologie, pratique que le Dieu vivant condamne sans appel. (Voir à ce sujet Deutéronome 17:2-7 et Esaïe 47:13-15 cités à la fin de cet article). Les rosicruciens pratiquent la “projection astrale”, c’est-à-dire la sortie du corps en esprit, ils cultivent la “perception extra-sensorielle”, la transmission de pensée, l’hypnotisme, l’alchimie, et bien d’autres techniques occultes. Sans exception aucune, la Parole de Dieu appelle ces choses : “des abominations”.

 

Certains rosicruciens voudraient conserver l’appellation de “chrétiens” ; mais il suffit d’être un tant soit peu renseigné sur la philosophie et les pratiques rosicruciennes pour comprendre qu’entre foi chrétienne biblique et rosicrucianisme, il y a incompatibilité totale. Il est absolument impossible d’être rosicrucien et chrétien en même temps. De plus, aucun vrai chrétien ne se laissera éblouir par cette prétendue “sagesse” rosicrucienne.

 

Il sait bien qu’à moins de se repentir et de croire à l’Évangile, ceux qu’elle a séduits s’en vont vers

 

« une ruine éternelle, loin de la face du Seigneur et de la gloire de sa force » (2 Thessaloniciens 1:9).

 

Un vrai chrétien ne sera ni séduit, ni impressionné par ce système philosophique ! En effet, la Bible lui révèle dès maintenant la splendeur éternelle du Fils Unique de Dieu, le Christ des Écritures, le Messie d’Israël, « en qui sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance » (Col 2,3). S’il est vrai qu’aujourd’hui nous ne connaissons qu’imparfaitement, nous Le verrons un jour face à face, et nous connaîtrons comme nous avons été connus (1 Corinthiens 13:12). Quelle espérance bienheureuse !

Le Discours sur la Servitude intellectuelle, De la soumission intellectuelle au déni de tyrannied'Alexis Haupt, décrit bien encore ce nouveau système :

 

"Les personnes soumises intellectuellement s’en prendront toujours à celles qui remettent en question la doxa de l’époque après y avoir identifié des failles. Elles les traiteront de fous, d’esprits dérangés. Pourquoi cela ? Eh bien parce que ces personnes souveraines intellectuellement leur tendent un miroir qui leur montre deux choses. D’abord, ce qu’elles sont : des personnes timides et soumises intellectuellement. Ensuite, ce qu’elles sont incapables de faire : remettre en question le récit de l’autorité et en soutenir les failles du regard. Regarder dans ce miroir les incommode, elles s’en prennent donc tout naturellement à ceux qui sont capables de faire preuve de ce qu’elles sont quant à elles incapables : d’audace intellectuelle."

Ce que les adeptes du naturalisme rosicrucien ne voient pas c'est que la faiblesse apparente de celui qui met son orgueil dans le dieu mort sur une croix et ressuscité est ce qui fait sa force et sa vie éternelle. Le Christ offre le véritable contre-pouvoir, celui de l'homme intérieur, par la pénitence, l'amour, la conscience, la vérité et la justice qui obtiennent bien plus que l'usage de la force brute.

Le règne du magique, de la folie, de l'irrationnel,... Et de la barbarie, malheureusement, sont des traits caractéristiques des démocraties contemporaines. 

 

Comme le dit le docteur Guillaume Barucq, sur X, "Il y a 4 ans, toutes les plages étaient fermées de façon autoritaire.

 

" Considéré de tout temps comme un espace de santé grâce à la pureté de son air, on se demande encore comment le bord de mer a pu être interdit de manière prolongée.

 

On se demande également comment dans les espaces purs de nos montagnes les randonneurs ont pu être traqués! 

La fiction diabolique anti-christique fondant la démocratie moderne, et son antidote
La fiction diabolique anti-christique fondant la démocratie moderne, et son antidote

Sophiste nominaliste matérialiste et épicurien, le théoricien de l'''État'' moderne, Hobbes écrit : ‘’Il n’y a point  de différence entre le juste et l’injustice." Celle qui se trouve entre le vice et la vertu ne prend sa source que dans les lois que les hommes ont faites ; et avant ces lois, un homme n’était obligé à aucun devoir à l‘égard d’un autre homme. (...) Quant aux principes qu’il a établis dans ses ouvrages, ils sont affreux. (…) [T]ous ses principes se rapportent à une idée principale, la ‘’doctrine de la force‘’; toute la philosophie de Hobbes est employée à légitimer la ‘’force‘’, à la diviniser, à justifier tout par la force : (…) selon lui (…) ‘’la justice n’est que la puissance, la loi n’est que la volonté du plus fort, le devoir que l’obéissance du plus faible‘’, etc. Ces (…) maximes ont été consignées dans 42 ouvrages dont on peut voir la liste complète dans les Dictionnaires de Chauffepié et de Chalmers. Les principaux sont : Elementa philosophica seu politica de Cive, Amsterdam en 1649. L’auteur donne trop à l’autorité du monarque. Il en fait un despote. (…) Il y suppose tous les hommes méchants, non-seulement par un penchant d’origine vers le mal. (…) L’auteur était plus grand sophiste que grand philosophe. On peut le regarder comme le précurseur de Spinosa.’’ (Dictionnaire historique des hommes qui se sont fait un nom, F.-X. de Feller 1735-1802, tome trois, Outhenin-Chalandre Editeur, 1838, p. 546.). Locke, Rousseau, Kant, et les socialistes suivirent ses traces. Ils ont adopté la trame du mythe de l'état de nature, à travers leur "contrat social" et l'État moderne. "Elle survit en notre inconscient", écrit Michel Villey dans son article "La théologie de Thomas d'Aquin et la formation de l'État moderne", Actes de la table ronde de Rome (12-14 novembre 1987,ibid., p. 38). Or, nous ne trouvons dans la Somme de S. Thomas d'Aquin aucune des pièces de ce système mais son antithèse...

 

En effet, « (Somme théologiqueIa IIae ques. 104 et 108 : de la loi divine révélée ne saurait s'induire une politique qui fût spécifiquement ''chrétienne''... Ni de la loi ancienne mosaïque édictant pour le peuple juif des préceptes dits ''judiciaux'', mais qui ont cessé d'être en vigueur : parce que l'avènement du Christ eut cet effet de les abroger (ques. 104). Ni de la 'loi nouvelle' ou évangélique : sa mission est autre. Elle concerne la vie 'intérieure'. Dieu laisse le soin d'organiser ces institutions temporelles à notre raison naturelle (ques. 108). C'est mieux ainsi, pour que les règles du droit et de la politique soient communes à tous les hommes. Il convenait qu'elles fussent désacralisées.

 

« Par conséquent, en ces matières, brisant avec la tradition de l'''augustinisme politique'', la théologie de la Somme va procéder des philosophes et juristes païens. D'Aristote, qui (…) fut parmi les philosophes grecs le politologue par excellence. (...) Cela seul est un évènement : rien de moins que l'acte de naissance en Europe de la science politique. Dégagée de la morale, elle y retrouve son autonomie. (...) Il ne s'agit plus d'une pastorale coulant de la Parole divine, mais d'une science d'observation.

 

« (...) Il (S. Thomas) exclut qu'une science politique doive être tirée de l'Ecriture sainte. Et l'expérience (vu les messianismes dans l'histoire. Ndlr.) lui donne raison ; elle a montré que la Politique tire argument de l'Écriture tant pour l'anarchisme, le socialisme, le conservatisme, le fascisme, que pour la ''démocratie chrétienne''. (...) La politique est laissée "à l'arbitre de l'homme", ecrit Michel Villey, dans La théologie de Thomas d'Aquin et la formation de l'État moderne" (ibid., p. 34-37.)

 

« (…) Or il est faux que S. Thomas ait part à son invention (la science politique de l'État moderne) ; elle fut l'œuvre de ses adversaires. (…) Eclosion des œuvres de Scot – et l'on trouve déjà chez Duns Scott le schéma du contrat social – de Guillaume d'Occam, nominaliste, fondateur de la Via Moderna. Avec ces deux auteurs émerge le moderne individualisme. (…) Le scotisme et le nominalisme domineront les facultés de théologie du Bas Moyen Âge. Et la Seconde Scolastique, bien qu'elle affectât de restaurer l'enseignement de S. Thomas, n'a pas échappé à leur influence. Nous ne sommes pas sans en porter encore aujourd'hui les stigmates. De l'avis de nombreux politologues la charpente du nouveau système ne se dessine nulle part plus clairement que chez Thomas Hobbes, lequel entreprit de détruire la Politique d'Aristote. (…) Nominaliste ayant appris la logique d'Occam, il est aussi féru d'Euclide et du mot geometricus : le trait le plus original (car lui veut être original) de son œuvre fut de fonder la Politique sur des axiomes ; alors que S. Thomas, excluant que le droit et la politique puissent être traités sur ce mode, pratiquait l'ancienne méthode, aujourd'hui morte, de la quaestio (Cf. Michel Villey, Questions de saint Thomas sur la politique et le droit, Paris, 1987)

 

« (…) Inexistence chez S. Thomas des droits naturels de l'individu. Qui pour Hobbes sont le Fondement. Il part de l'hypothèse de l'état de nature. Thème qui me paraît procéder de sources surtout théologique, puisque la Genèse évoque un état d'innocence.

 

(...) Mais chez S. Thomas, pas d'"état de nature" temporel; dès les origines (...), il existait entre les hommes des rapports d'assujétissements et de domination (Ia ques. 96, art. 3 et 4.) L'homme est naturellement social et même "politique", disait Aristote. Donc le contraire du mythe hobbien, lequel était défini par ce caractère, que tous les hommes y eussent été libres. D'une liberté que Hobbes qualifie - au Leviathan chapitre XIV, chapitre charnière - "le droit naturel de chaque homme" (each man). Les "droits de l'homme", raffinés par Locke, continueront au travers de toute la science politique moderne à tenir un rôle fondateur. Pas de "droits de l'homme" chez S. Thomas. » (Michel Villey, La théologie de Thomas d'Aquin et la formation de l'État moderne", p. 34-39.)

 

Au XVIIe siècle, une controverse illustre le propos de S. Thomas selon lequel "de la loi divine révélée ne saurait s'induire une politique qui fût spécifiquement chrétienne'' : Jacques Ier qui voyait dans le roi l'élu direct de la divinité, et affirmant son "droit divin" avait institué un serment d'allégeance, auquel le cardinal Bellarmin, défenseur de l'opinion traditionnelle, avec les jésuites Persons, Suarez, s'opposa, car il soutenait l'origine populaire du pouvoir royal. (Cf. Joseph Lecler, Histoire de la tolérance au siècle de la Réforme, 1955, rééd. Albin Michel, Paris 1994, p. 747.)

 

Dans la Somme de S. Thomas, « [p]uisqu'aucune loi ne mérite son nom qu'à la condition d'être juste, ce qui voulait dire participer de la loi éternelle, la loi civile ne signifiait pas ce fait scientifique rigide qui procède de la volonté des pouvoirs publics. Elle procédait aussi de la recherche effectuée par les philosophes, de l'ordre prévu par Dieu sur sa création. J'en conclurais que la Somme défend les libertés individuelles. Non la liberté des modernes, cette indépendance radicale de l'homme séparé de ''l'état de nature'', dont nos droits de l'homme sont la nostalgie. Comme il n'a jamais existé d'autonome totale de l'homme, en quoi consiste la liberté ? À ne point dépendre tout entier de la communauté politique : "l'individu n'y est ordonné que par une partie de son être" (Ia IIae, 21, 4 ad. 3.) Être libre consiste à jouer de la multitude des ensembles auxquels tous les hommes appartiennent. Mais pour la reconnaître (la liberté) il fallait la vision encyclopédique que s'était donné sur le monde l'auteur de la Somme : elle fait défaut aux spécialistes des sciences politiques modernes. 

 

« Décidément, aucune des pièces de la Politique moderne, je ne l'ai trouvée chez S. Thomas : ni l'état souverain ni les droits de l'homme.

 

« (...) L'œuvre de S. Thomas (...) peut servir d'antidote à la science politique moderne. (...) Quant aux droits de l'homme, si nous les prenions à la lettre, ils entraîneraient la destruction de la communauté politique (Cf. Michel Villey, Le droit et les droits de l'homme, Paris, 1983), de l'État lui-même.

 

« Notre littérature politique, déchirée entre ces deux excès incompatibles, l'infinité du pouvoir souverain et l'infinité des droits de l'homme, se condamne à l'incohérence.

 

« Saint Thomas vous offre un remède aux impasses de la théorie politique moderne. (…) Ce remède a toujours servi. (…) Car sans doute la théologie de saint Thomas fut condamnée dès la fin du XIIIe siècle, puis dénaturée par les maîtres de la Seconde Scolastique. N'empêche que le texte de la Somme a toujours gardé des lecteurs. L'enseignement de la philosophie ancienne ne s'est pas arrêté en 1637, quand parut le Discours de la Méthode. L'Europe moderne s'est nourrie de la Politique d'Aristote : Montesquieu, Spinoza, Hegel. Et plus encore une quantité d'obscurs professeurs, plus ou moins tombés dans l'oubli, parce que l'historiographie a choisi de les ignorer. (…) Ainsi les ''droits de l'homme'' ? Historiquement ils sont sortis du mythe hobbien et rousseauiste de l'état de nature : ''Les hommes sont égaux et libres''. Ceci reste inscrit dans le texte de nos Déclarations. (…) Mais que veut-on dire par ces mots ? Ne nous flattons pas de l'illusion qu'il s'agisse de droits effectifs. Qu'en pensent les chômeurs ? Est-ce qu'ils jouissent du prétendu ''droit au travail'', et les moribonds du ''droit à la vie'' ? Ou (…) est-ce que vous avez vraiment le droit de vous fabriquer votre morale et vos croyances ''métaphysiques'', sans que le gouvernement s'en même ? Croyez-vous que le Ministère de l'éducation nationale, le Ministère de la culture, et l'école laïque, et la télévision d'Etat, s'abstiennent d'édicter une morale ? Pas la même qu'au temps de S. Thomas. Nous sont prêchés le culte de l'homme, la Religion de la Démocratie, et l'usage des préservatifs : ce qui plaît au vulgaire. Nous avons seulement sacrifié le rapport de la loi civile à l'ordre de la création. L'État n'a pas cessé de punir. Non l'idôlatrie, l'adultère, l'usure. Mais nos prisons sont plus remplies que ne l'était la Bastille. Il y a beaucoup d'hypocrisie dans le libéralisme moderne.

 

« Quant au verbiage dont on nous berce (…) sur les droits de l'homme, il trahit la réalité. Aux droits dont nous jouissons en fait – celui des malades aux prestations de la Sécurité sociale, de certains chômeurs à toucher le minimum vital, ou des citoyens à voter dans un isoloir – manque l'infinité propre aux ''droits de l'homme''. Ce sont des droits circonstanciés, calculés aussi en fonction de l'intérêt des autres, subordonnés au Bien commun ; tels que les définit la doctrine d'Aristote et de S. Thomas (Cf. Michel Villey, Le droit et les droits de l'homme, Paris, 1983).

 

« (…) Qu'est l'État moderne ? (…) Ainsi que l'écrit Georges Burdeau, personne n'a jamais vu l'État, ''idée'' confuse dont on s'épuise à chercher la définition. Existent aujourd'hui comme en Grèce, des communautés politiques. Le mot État est malléable. La littérature de l'Ancien Régime par exemple Corneille, La Fontaine, Molière, Beaumarchais – s'en servait le plus volontiers à la manière du Digeste (D. I. 1,3 ad statum Rei romanae) pour signifier le bien commun, l'intérêt de la communauté. Et Hobbes lui-même, qui s'est voulu démolisseur de la tradition, n'échappait pas à son emprise : il use du terme de Commonwealth. En fait, jusqu'au XVIIIe siècle, ce furent les classiques qui occupèrent le rôle principal dans l'éducation de l'Europe. Et nos institutions réelles ne sont pas sans porter la marque de leur influence. Oui, la Politique d'Aristote, réexhumée par S. Thomas, est une des sources de la science de l'Etat moderne tel qu'il est. » (Michel Villey, La théologie de Thomas d'Aquin et la formation de l'État moderne", p. 45.)

 

Dans l'Antiquité, le sophisme de la loi du plus fort fut celui de l'immoraliste Calliclès contre Socrate ("Si le plus fort domine le moins fort et s'il est supérieur à lui, c'est là le signe que c'est juste...")C'est ce système qui fonde les régimes totalitaires modernes et contemporains niant les exigences de justice et de liberté individuelles supérieures à tout droit conventionnel (Décalogue, ou Déclaration universelle des droits de l’homme) dont on a vu que l'État Leviathan se moque pourvu que loi soit celle du plus fort. L'argument de Hobbes se retourne contre lui-même. En voulant justifier le droit d'esclavage, il justifie à son insu le droit de révolte / rébellion qui n'est pas un droit puisque si dans un cas précis je me rebelle contre le plus fort et que je le vaincs, le plus fort n'aurait aucun droit sur moi puisque j'aurais réussi à le battre. Le ''droit'' n'a, ainsi, rien à voir avec la force. Supposons par exemple qu'on ait le ''droit'' d'exterminer les vaincus après l'armistice, faire des esclaves, cela serait prolonger l'état de guerre. Ce serait postuler implicitement que le vaincu a lui aussi le droit de recourir à la violence (force) contre le vainqueur. En voulant justifier le droit d'esclavage, on justifie à son insu le droit de révolte / rébellion. Supposons encore qu'on est le droit d'imposer des injections dites vaccinales aux citoyens qui n'en veulent pas, cela revient à supprimer les déclarations de droits et la liberté à la base de ces déclarations. Cela serait supposerait que l'injecté aurait le droit lui aussi d'user de la force contre les injecteurs... De même, si la force fait le droit (hypothèse), si on parvient impunément (sans être puni) à échapper à cette force, alors c'est que dans ce cas précis, on s'est montré le plus fort, donc (d'après l'hypothèse) c'est qu'on a le droit de vaincre cette force, d'où l'absurdité d'un droit qui se retourne en son contraire... Donc l'expression ''la force fait le droit'' ne veut rien dire; le mot droit n'ajoutant rien au concept de force, n'a rien à voir avec la force. Or, dans l'État moderne, la fin (politique) justifiant les moyens, c'est la force du plus fort (machiavélisme). Dans la doctrine catholique, au contraire, la fin ne justifie pas l'emploi de moyens mauvais...

 

La thèse nouvelle de l'''État'', censée être le summum de ce que peut produire la pensée politique, ignore encore simplement la doctrine chrétienne médiévale qui permet le renversement du tyran lorsque celui-ci a gouverné "non au bien commun de la multitude", mais à son "bien privé", lorsqu'il a empêché "les biens spirituels de la multitude", lorsqu'il s'est opposé "à ce qu’aucun pacte d’amitié ne s’affermisse" entre les sujets..., lorsqu'il a semé la discorde entre les sujets...; ou encore lorsqu'il a régné "par la crainte"... (De RegnoDu royaume, écrit au Roi de Chypre, 1266, Editions Louis Vivès, 1857.)

 

« Le genre humain constitue une communauté. On a fait gloire à Vitoria d'en avoir été l'inventeur. Mais il s'agit d'une notion familière aux Stoïciens, déjà présente chez Aristote ; plus présente encore à l'esprit de l'auteur de la Somme, parce qu'elle évoque le thème chrétien du royaume des cieux. Dieu qui la gouverne est aussi notre suprême ''bien commun'' (Ia IIae 103, 9 ad. 2 – IIa Iiae 152, 4 ad. 3, etc.) Voilà, direz-vous qui relève de la théologie. Mais ce morceau de théologie – pas exclusivement chrétienne – concerne aussi la Politique.

 

« Car retournons au traité de la Loi humaine (Ia Iiae ques. 95), où se trouve le noyau de l'enseignement de S. Thomas sur la Politique. On l'interprète à contre-sens, coupé de son contexte. La Somme avait auparavant présenté la Loi éternelle, terme repris à S. augustin, mais pas du tout ignoré en Grèce ni à Rome (Aristote-Sophocle-Cicéron). Qu'est cette Loi ? ''La Raison de Dieu'' gouvernant l'Univers – la communauté englobante du monde (ques. 93). Bien sûr, la formule de cette Loi demeure inaccessible à l'homme, les pensées de Dieu n'étant pas les nôtres. Mais une connaissance indirecte, et très incomplète peut en être acquise, ''par ses effets'', si l'on observe le spectacle de la création. Aux philosophes ou plus tard aux jurisconsultes incombe la tâche de déchiffrer l'ordre de la nature, et de couvrir les principes les plus généraux de la loi dite naturelle (94,2 – pris à la fois à Cicéron et Aristote).

« Or, tout droit dépend de cet ordre. C'est ensuite seulement que la Somme vient traiter de la ''Loi humaine'', pour la dire d'abord ''dérivée'' de la loi naturelle (Ia Iiae ques. 95,2 L'Origine de la loi humaine. ). À l'intérieur de chaque cité, l'œuvre du législateur consiste à définir, mettre en formule, accommoder aux circonstances les implications de la loi naturelle – et inventer les moyens de la mettre en œuvre, constituant le ''droit positif'' (ibid.) Ce n'étaient pas là des paroles vaines. Il en résultait l'exclusion de notre ''positivisme juridique''. S. Thomas invitera à tenir pour nulles les lois injustes et les citoyens à enfreindre au besoin les ordres du pouvoir. Lex esse non videtur quae justa non fuerit (Il ne semble pas y avoir de loi qui n'ait pas été juste) (Ia IIae qu. 95 art. 4II IIae De judicio art 5.) Il est resté fidèle aux thèses philosophiques grecques sur la résistance aux tyrans (Ia IIae 5 et 6 ad IIa IIae, De seditione, 2 et 3.) 

 

« (...) La loi civile ne signifiait pas ce fait scientifique rigide, qui procède de la volonté des pouvoirs publics. Elle procédait aussi de la recherche effectuée par les philosophes, de l'ordre prévu par Dieu sur sa création. » (Michel Villey, La théologie de Thomas d'Aquin et la formation de l'État moderne", p. 44-45.)

 

Pour S. Thomas d'Aquin, face à un pouvoir injuste (non conforme à la loi naturelle dérivée de la loi éternelle), la capacité insurrectionnelle est toujours présente quand un tel gouvernement opprime la multitude. "Le renversement" (du régime tyrannique) "n'est pas une sédition, car c'est le tyran qui est séditieux et nuit au peuple (IIa IIae q. 42, art. 2, s.3). Seulement, pour Saint Thomas, le tyrannicide par un individu n'est pas moral. Il réserve cette possibilité à "l'autorité publique" : "Si l’excès de la tyrannie devenait intolérable, quelques-uns ont cru qu’il reviendrait au courage des hommes qui s’en sentent la force de tuer le tyran et de s’exposer à des périls mortels pour la libération du peuple. […] Mais cela n’est pas conforme à la doctrine des Apôtres (I Pet. ii, 18). […] Ce serait en effet dangereux pour le peuple et ses chefs si des hommes, par leur action privée (privata præsumptione) entreprenaient de tuer les gouvernants, fussent-ils des tyrans. […] Si chacun pouvait, à son gré, attenter à la vie d’un roi, il y aurait plus de danger à sacrifier un roi qu’il n’y aurait d’avantage dans la mort d’un tyran. On voit donc mieux que contre la malfaisance des tyrans, ce n’est pas par les entreprises de quelques particuliers qu’il faut procéder, mais par l’autorité publique" (De Regimine principum, I, 6).

 

Voici comment l'on peut résumer l'antidote :

Dieu, étant la cause première et la fin dernière de l’homme et de l’univers, la société est un moyen naturel pour l’homme d’atteindre sa fin et le pouvoir dans la société venant de Dieu, il est ordonné à lui. Le pouvoir se fonde avec le consentement implicite ou explicite de la société. Aucune constitution politique ne s’impose. Le pouvoir séculier et le pouvoir ecclésiastique sont distincts. L’État a pour fin le bien commun temporel, l’Église a pour fin le salut des âmes. L’État s’ordonne à l’Eglise dans la mesure où la fin temporelle s’ordonne à la fin éternelle. (Abbé Bernard Roland-Gosselin - La doctrine politique de saint Thomas d'Aquin, 1928).

 

Saint Thomas d'Aquin prend soin de préciser qu'avant la constitution de la société, un seul homme ne pouvait pas, par lui-même, "s’assurer les moyens nécessaires à la vie." Il est donc dans la nature de l’homme qu’il vive en société."  (De RegnoDu royaume, écrit au Roi de Chypre, 1266, Editions Louis Vivès, 1857, p. 4.

 

"Toute loi (...) est ordonnée au salut commun des hommes, et c'est seulement dans cette mesure qu'elle acquiert force et raison de loi ; dans la mesure, au contraire, où elle y manque, elle perd de sa force d'obligation." (Somme Théologique, Ia IIae, Question 96, Article 6).

 

"Aussi toute loi portée par les hommes n'a raison de loi que dans la mesure où elle dérive de la loi de nature. Si elle dévie en quelque point de la loi naturelle, ce n'est plus alors une loi, mais une corruption de la loi." (Somme théologique, Ia IIae, Question 95 La loi humaine, article 2 L'origine de la loi humaine.)

 

"La densité politique de la pensée de l'Aquinate" a permis à l'Église catholique d'"adopter plusieurs de ses thèses révolutionnaires, sur la tyrannie, l'ignorance invincible, la prévalence de la conscience sur les lois", explique le journaliste et écrivain Frei Betto.

 

Ne pouvant pas compter sur la fidélité, le tyran règne par la crainte. S’il n’y a pas excès de tyrannie, il est plus utile de tolérer pour un temps une tyrannie modérée, que d’être impliqué, en s’opposant au tyran, dans des dangers multiples, qui sont plus graves que la tyrannie elle-même. Il peut en effet arriver que ceux qui luttent contre le tyran ne puissent l’emporter sur lui, et qu’ainsi provoqué, le tyran sévisse avec plus de violence encore. Que si quelqu’un peut avoir le dessus contre le tyran, il s’ensuit souvent de très graves dissensions dans le peuple, soit pendant l’insurrection contre le tyran, soit qu’après son renversement, la multitude se sépare en factions à propos de l’organisation du gouvernement. La multitude peut se défaire du roi ; mais selon quelle procédure ?  Une fois établi cette nuance de supporter le tyran pour cause de fidélité à l’évangile, pour Saint Thomas, "c’est l’autorité publique qui doit supprimer le tyran. [I]l semble que contre la cruauté des tyrans il vaut mieux agir par l’autorité publique que par la propre initiative privée de quelques-uns. » (Saint Thomas d’Aquin)

 

Or, la thèse nouvelle de l'''État'' contractuel prétend fonder un contrat social tout vient de l'État et tout revient à l'État. N'est-ce pas le propre de la tyrannie ? N'est-ce pas une exagération de la parole du Christ qui aboutit à rendre tout à César, et qui ignore la distinction opérée par le christianisme entre deux souverainetés autonomes, également légitimes, et non réductibles à une seule (une souveraineté temporelle autonome et une souveraineté spirituelle autonome) ? Cette distinction avait été faite par le christianisme seul. Seule elle a permis dans l'histoire de créer un chemin au respect des consciences personnelles et donc un développement de l'individu en dehors de tout cadre étatique terrestre ou national... L'Antiquité païenne ou juive ne connaissait pas cette distinction : une seule souveraineté englobait le temporel et le spirituel... Une telle distinction des souverainetés" dans le christianisme mettait fin aux pouvoirs coercitifs du prince dans le domaine religieux, pouvoir que paradoxalement les temps modernes ressuscitent ... pour le donner ... au prince... c'est-à-dire à l'État.

L'Eglise antique, de façon naturelle, a prié pour les empereurs et pour les responsables politiques, en considérant cela comme son devoir (cf. 1 Tm 2, 2); mais, tandis qu'elle priait pour les empereurs, elle a en revanche refusé de les adorer, et, à travers cela, a rejeté clairement la religion d'Etat. Les martyrs de l'Eglise primitive sont morts pour leur foi dans le Dieu qui s'était révélé en Jésus Christ, et précisément ainsi, sont morts également pour la liberté de conscience et pour la liberté de professer sa foi, - une profession qui ne peut être imposée par aucun Etat, mais qui ne peut en revanche être adoptée que par la grâce de Dieu, dans la liberté de la conscience.

Discours du pape Benoît XVI à la curie romaine à l'occasion de la présentation des vœux de Noël, Jeudi 22 décembre 2005

Pour parer à cette erreur de l'État moderne Léviathan où n'existe aucune distinction du temporel et du spirituel, le pape Léon XIII, dans la Lettre encyclique Libertas (1888) écrit :  "c'est absolument dans la loi éternelle de Dieu qu'il faut chercher la règle et la loi de la liberté, non seulement pour les individus, mais aussi pour les sociétés humaines. Dans une société d'hommes, la liberté ne consiste pas à faire tout ce qui nous plaît : ce serait dans l'État une confusion extrême, un trouble qui aboutirait à l'oppression ; la liberté consiste en ce que, par le secours des lois civiles, nous puissions plus aisément vivre selon les prescriptions de la loi éternelle. Pour ceux qui gouvernent, la liberté n'est pas le pouvoir de commander au hasard et suivant leur bon plaisir: ce serait un désordre non moins grave et souverainement pernicieux pour l'Etat ; mais la force des lois humaines consiste en ce qu'on les regarde comme une dérivation de la loi éternelle et qu'il n'est aucune de leurs prescriptions qui n'y soit contenue, comme dans le principe de tout droit. (...) Supposons donc une prescription d'un pouvoir quelconque qui serait en désaccord avec les principes de la droite raison et avec les intérêts du bien public ; elle n'aurait aucune force de loi, parce que ce ne serait pas une règle de justice et qu'elle écarterait les hommes du bien pour lequel la société a été formée. (...) Le pouvoir légitime vient de Dieu, et celui qui résiste au pouvoir, résiste à l'ordre établi de Dieu; c'est ainsi que l'obéissance acquiert une merveilleuse noblesse, puisqu'elle ne s'incline que devant la plus juste et la plus haute des autorités. Mais, dès que le droit de commander fait défaut, ou que le commandement est contraire à la raison, à la loi éternelle, à l'autorité de Dieu, alors il est légitime de désobéir, nous voulons dire aux hommes, afin d'obéir à Dieu. Ainsi, les voies à la tyrannie se trouvant fermées, le pouvoir ne rapportera pas tout à soi; ainsi sont sauvegardés les droits de chaque citoyen, ceux de la société domestique, ceux de tous les membres de la nation ; et tous enfin participent à la vraie liberté, celle qui consiste, comme nous l'avons démontré, en ce que chacun puisse vivre selon les lois et selon la droite raison".

« L'Eglise refuse à la fois le capitalisme et le socialisme parce que les deux aliènent la liberté de la personne. Car l'être humain ne doit sa liberté qu'à Dieu affirmée par le dogme chrétien. S'il se soumet à la philosophie maçonnique, capitaliste ou socialiste, l'individu perd sa dignité et sa liberté parce que dans cette philosophie "les principes fondamentaux et les lois sont empruntés au naturalisme." Sans rapport avec la transcendance, "surnaturel", il n'y a jamais eu de liberté individuelle dans l'histoire », résume bien Alain Pascal dans La Trahison des initiés (3e édition revue et corrigée, éd. Cimes, Paris 2013, p. 93).

 

Pourtant, malgré tous ces avertissements, pour les tenants de la théorie moderne de l'État, ce n'est plus dans la loi éternelle de Dieu qu'il faille chercher la règle et la loi de la liberté mais dans l'homme (fait Dieu...) et la "théorie contractuelle du pouvoir"...

 

« Tandis que le peuple s'époumone au travail ou se rue sur le drapeau rouge qu'on lui agite, les dompteurs le plument. » (Alain Pascal dans La Trahison des initiés, 3e édition revue et corrigée, éd. Cimes, Paris 2013, p. 94).

 

L'"état de nature" des "philosophes", où l'homme serait heureux, libre et égal est un naturalisme religieux antichrétien et irrationnel, où malgré son prétendu bonheur initial, l'homme déciderait, par ingéniosité ou par utilité pratique, d'abandonner une partie de sa liberté naturelle pour faire un "contrat" avec l'État chargé de le protéger. Cette théorie est absurde et incohérence : si l'homme est libre et égal à l'état de nature, pour quelle raison chercherait-il à faire un pacte avec le Léviathan pour le protéger ?

 

La constitutionalisation de cette fiction dans le droit moderne est une autre incohérence : on n'écrit pas ce qui est naturel et logique mais on écrit "ce qui n'est pas naturel et a besoin de cet écrit pour exister..." (J.M. POTIN, Liberté, Egalité Fraternité, in Le Livre noir de la Révolution française, Cerf, Condé-sur-Noireau 2008, p. 421.)

 

« La loi écrite ne donne pas au droit naturel son autorité et par conséquent ne peut ni diminuer, ni supprimer cette autorité, car la volonté de l'homme ne peut pas changer la nature. C'est pourquoi, si la loi écrite contient quelque prescription contraire au droit naturel, elle est injuste et ne peut obliger... » (S. Thomas, Somme théologique, Secunda secundae, IIa IIae, Deuxième partie, II, ques. 60 art. 5)

 

"L’État a pour fin le bien commun temporel, l’Église a pour fin le salut des âmes. L’État s’ordonne à l’Eglise dans la mesure où la fin temporelle s’ordonne à la fin éternelle." (Abbé Bernard Roland-Gosselin - La doctrine politique de saint Thomas d'Aquin, 1928).

 

Les dits "droits naturels et imprescriptibles de l'homme" dans la déclaration de 1789 ne sont là que comme caution à la farce.

 

« Une société secrète révolutionnaire détournant la Démocratie.  (...) Il est établi que la Maçonnerie s'est servie de la Démocratie dans l'intérêt de quelques-uns. On peut en effet parler de ploutocratie, gouvernement par les riches ou d'oligarchie, gouvernement par quelques familles puissantes, pour le XIXe siècle; la Maçonnerie y est bourgeoise et capitaliste; elle a évincé l'ancienne noblesse et substitué son pouvoir économique à l'autorité royale. » (Alain Pascal, La Trahison des initiés, 3e édition revue et corrigée, éd. Cimes, Paris 2013, p. 166.)

 

Lire : 1789 : Une aristocratie en chasse une autre, naissance de la bourgeoisie d'affaires et de l'Argent-Roi, la ploutocratie

 

« Au XIXe siècle, la vogue de l'occultisme a été relancée par Alphonse Louis Constant, pseudonyme d'Éliphas Lévi (1810-1875), a repris les œuvres de Rosenkreutz, Jacob Boehme, Swedenborg et Louis Claude Saint Martin (1743-1803), dit le Philosophe inconnu. Ces noms ne disent pas grand chose au profane, ce sont ceux des principaux adeptes de la théosophie, illuminisme moderne. Le successeur de Lévi est le Dr d'Encausse (1865-1916) plus connu sous le pseudonyme de Papus (...). En Angleterre, la magie théosophique a réuni dans l'Ordre de la Golden Dawn, entre autres Yeats et Aleister Crowley. En Allemagne, les Maçons du groupe Thulé. Nous ne connaissons pas exactement leurs liens avec la Société théosophique de Mme Blavatsky, avec la Fabian Society et Mme Bessant, mais nous n'ignorons pas que les philosophes et encyclopédistes Rose-Croix et les Illuminés du XVIIIe siècle se trouvent à l'origine du marxisme et de la révolution socialiste, et pour les dernières nommées, théosophie, martinisme, Golden Dawn, Thulé, derrière le Pacte Synarchique d'Empire, tentative d'exploitation du national-socialisme, idéologie d'origine rosicrucienne. Les sociétés secrètes qui se disent Rose-Croix ne sont donc pas uniquement des inspiratrices littéraires!

 

« (...) Pour le folklore, l'AMORC, Ancien et Mystique Ordre Rosicrucien, fondé au début du XXe siècle en Amérique, et ses diverses sectes contemporaines exploitant la crédulité d'ignares éblouis par les vieux relents de magie égyptienne.

 

« (...) Le monde, laïque et tolérant, par essence anti-catholique, a été fondé sur des modèles philosophiques issus d'une fiction littéraire, et (...) son sort est entre les mains des initiés aux diverses sociétés secrètes adeptes de la même philosophie. » (Alain Pascal, La Trahison des initiés, 3e édition revue et corrigée, éd. Cimes, Paris 2013, p. 205-207.)

 

Les élucubrations sur l'origine "contractuelle" de l'État cherchent manifestement à justifier des points de vue politiques matériels arrêtés a priori, un pouvoir en réalité "en désaccord avec les principes de la droite raison et avec les intérêts du bien public. N'existera en somme plus qu'une seule souveraineté, celle de l'État civil moderne, entendez anti-chrétien.

 

C'est sans doute là l'évènement le plus significatif et le plus néfaste de ces trois derniers siècles en raison des conséquences que ces fictions mensongères ont pu entraîner dans nos vies et continuent d'entraîner dans la vie de chacun.

 

Nous pouvons et devons considérer l'irrationnel qui se trouve au cœur de ces concepts pensés comme des hypothèses méthodologiques simplement utiles (mais incohérentes), hypothèses devenues la grammaire de nos constitutions modernes. Ne sont-elles pas en elles-mêmes des punitions pour les péchés du peuple qui, selon S. Thomas d'Aquin, appellent des régimes tyranniques ? Comme il est dit dans le Livre de Job (XXX IV, 30): "Dieu fait régner l’homme hypocrite à cause des péchés du peuple..." (De RegnoDu royaume, écrit au Roi de Chypre, 1266, Editions Louis Vivès, 1857, p. 24.)

 

Avec l'utopie liberticide, où tous les débordements de violence de la part de ceux qui s'érigent en représentants du "contrat" sont permis, nous vivons donc en pleine idéologie, en plein mensonge. Bref, le règne du diable.

 

Et tous les "opposants", les "dissidents" nageront en sens inverse tant qu'ils n'auront pas compris cette donnée fondamentale. Le système jacobin de 1789 – la "Révolution"  en fournit le prêt-à-penser politico-"philosophique" type. Il s'agit d'une Pensée unique, en dehors de laquelle n'existe aucune liberté. Ce politique, théorisé au XVIIe siècle, est celui des trois derniers siècles. C'est le Politique naturaliste des loges maçonniques en dehors duquel il n'existe pas de "citoyenneté" et permet toutes les entorses aux "droits"...

 

La conséquence sociale en est aujourd'hui une uniformité idéologique sur toute la planète, une plongée dans le matérialisme le plus sinistre et le plus brutal, où l'industrie Pharma a pu faire passer des lois liberticides.

 

La pensée déviante est criminalisée, le "complotisme" fonctionnant aujourd'hui pour le régime politique moderne comme fonctionnait l'hérésie aux temps médiévaux...

 

« A compter de la Révolution française, (...) au plus tard à la chute du tsar de Russie, on aurait pu penser à un arrêt des oppressions dont on rendait les anciens régimes responsables, et à la fin de la violence politique puisque la mise en place de la Démocratie devait tout résoudre et que le nouveau régime devait assumer la liberté, la justice, la paix. Il n'en a rien été. (...) Les Temps modernes se caractérisent au contraire par la plus forte montée d'irrationnel (l'irrationnel a été revendiqué par le fascisme. Il sous-tend l'écologie [à la fois progressiste et réactionnaire!), est sous-jacent à la démagogie socialiste (faux rationalisme dont on a la preuve de l'échec), et marque aussi le religieux (retour du magique...) et le philosophique (l'absurde)] et la violence de l'histoire: les révolutions, l'émergence des systèmes politiques les plus oppressifs (le communisme, le fascisme), enfin et surtout par une série de génocides sans précédent. La guerre a été permanente, la liberté politique une exception, sinon un leurre. (...) Deux cent millions de morts pour le seul XXe siècle, la plupart dans les pays communistes avec la complicité silencieuse des médias occidentaux; des milliards de miséreux en errance, déracinés et mourants de faim; de nouvelles formes d'esclavage, à savoir la colonisation, l'immigration, l'exploitation par le capital, l'exploitation par l'État... Partout l'oppression et la violence sont le fait des armées, des États ou de l'argent. Le rapport du peuple au pou voir a empiré. » (Alain Pascal, La Trahison des initiés, 3e édition revue et corrigée, éd. Cimes, Paris 2013, p. 171.)

 

En germe, nous avons le totalitarisme moderne où les libertés d'expression et de conscience sont abolies. 

 

Durant l'épisode Covid, il n'y avait soudainement plus de "liberté" pour les personnes récalcitrantes au récit officiel : café-assis-ou-debout, plages dynamiques, repas limités à 6 personnes (pas à 5, ni 7 mais 6), grands-parents laissés en cuisine pour le repas de Noël, fermeture des rayons sous-vêtements et jouets pour enfants mais clubs échangistes laissés ouverts, injections vaccinales "sûres et efficaces"..., etc. : pas de liberté en dehors des limites et des règles du jeu fixées par les "représentants", qui ne sont plus de bons pasteurs mais des loups déguisés en moutons. 

 

Gnose kabbaliste, le naturalisme opère ici comme une magie ; c'est littéralement un monisme métaphysique où la Création est confondue avec le Créateur, où le politique et le spirituel (d'ordre messianique) sont mélangés (il s'agit de revenir à un Paradis perdu...) Une utopie mortifère. C'est le grand mélange, la grande confusion, la grande inversion aussi ... qui, depuis deux mille ans, vise à éradiquer le christianisme, seul espace permettant la liberté de l'individu en lui substituant la "philosophie des droits de l'homme", nouvelle table de la Loi. Dieu renversé, l'homme mis à sa place. Comment s'étonner des conséquences ?

 

Cette magie diabolique ​​est basée sur trois mensonges :

- le mythe de l'âge d'or, le Bon sauvage

- la fiction de l'état de nature libre et égal et la thèse fausse et intéressée de l'origine contractuelle du pouvoir

- et l'idée de tolérance sortie tout droit de la philosophie de Locke. (Cf. Jean de VIGUERIE, Histoire et Dictionnaire du temps des Lumières 1715-1789, Bouquins Robert Laffont, Paris 1995, p. 120-125).

I - Le mythe de l'Âge d'Or dans l'état de nature

Pour les initiés, la Révolution est une ré-volution. C'est un retour à la religion cosmique supplantée par le christianisme, mais revenue avec la Renaissance plaçant l'homme et non plus Dieu au centre de l'univers, et qui sous-tend la philosophie moderne imposée par les loges, y compris la plus récente (nous vivons son aboutissement avec l'imposition du New Age et de l'écologie par les mondialistes). (Cf. Alain PASCAL, Le Siècle des Ténèbres, Vers la Révolution maçonnique en France, La Conspiration des philosophes, 3e tome, éd. Cimes, Paris 2019, p. 131, 132).

 

Une conséquence du Mythe du Bon Sauvage est le relativisme religieux. (Alain PASCAL, Le Siècle des Ténèbres, p. 134).

 

La droite et la gauche dans ce système ne sont là que comme leurres, eux-mêmes inscrits dans le mensonge naturaliste et la prison jacobine. Tout autre système, comme celui du christianisme, est banni.

 

Tous les Etats modernes occidentaux sont fondés sur une image inversée du Jardin d'Eden qui fonde la "Démocratie" moderne et le "libéralisme". Et cette image inversée est diabolique : Dieu y est le mal des gnostiques et des "théosophes"; il est responsable du mal et a déchu l'homme qui est accusé à tort du péché originel. L"état de nature", état soit-disant "libéral" fonde les "droits" contre le Dieu de la tradition biblique. (Cf. Alain PASCAL, qui aborde ce sujet dans "Le Siècle des Ténèbres, Vers la Révolution maçonnique en France, La Conspiration des philosophes", 3e tome, éd. Cimes, Paris 2019, p. 104.)

 

John Locke (1632-1704)

En Angleterre, John Locke est le philosophe du libéralisme politique anglo-saxon.

 

Il s'imprégna de l'esprit du nominalisme de Guillaume d'Ockam et quand il lit Descartes, il devient un fervent partisan de sa méthode. Élève de Boyle, John Locke est proche des Rose-Croix, voire l'un d'eux dès l'Université (il est probable qu'à Oxford il ait connu la 'médecine' des disciples de Paracelse et le Rose-Croix Ashmole a créé à Oxford un musée). Officiellement aussi c'est en tant que médecin que Locke a rencontré lord Ashley, comte de Shaftesbury, qui fait de lui son homme de confiance. Boyle, Ashmole, tous sont des initiés. Locke est calviniste, donc un ennemi du catholicisme. Quand les Stuarts reprennent le pouvoir avec Charles II (1660-1688), Locke, encore jeune (il a 28 ans) accepte la restauration Stuart, car il veut faire carrière. Il adhère ensuite au parti "libéral" whig, comme son protecteur Shaftesbury (1621-1683), qui, opportuniste servit successivement Cromwell et les puritains puis Charles II, dont il est le "conseiller", avant de le trahir et de rejoindre le parti whig. 

 

Bernard Chantebout_Droit constitutionnel et Science politique, 10e édition, Armand Colin, Paris 1991, p. 14

 

Les libéraux sont hostiles aux Stuarts, parce que bien que Charles II soit tolérant (il promulgue une Déclaration d'indulgence en 1672), il impose en 1673 l'Acte du Test qui confirme l'anglicanisme comme religion officielle, et cela est insupportable aux puritains, aux calvinistes et aux libéraux (si on peut les différencier), qui sont (ou plutôt se disent) des libres-penseurs. Après le mort de Shaftesbury en 1683, Locke part en Hollande où il vit cinq années jusqu'en 1688, où il "fit connaissance de deux membres influents de la secte des Remontrants" (THONNARD, p. 562), nom donné par les Hollandais aux Arminiens, les calvinistes libéraux (en opposition avec des calvinistes rigoristes). Nul ne sait si Locke est devenu arminien (secte qui érigeait la "tolérance" en véritable dogme), mais il est très proche de cette secte calviniste, et qui est l'une de celles qui seront réunies par la Grande Loge de Londres en 1717.

 

En Hollande, Locke est présenté (on ne sait par qui) à Guillaume d'Orange. Celui-ci est l'héritier d'une dynastie hostile au catholicisme (et que Descartes a servi en la personne du duc de Nassau), car il va se faire le héros du calvinisme dans sa guerre acharnée contre le catholicisme et Louis XIV. Il forme contre Louis XIV une coalition dont les Stuart ne font pas partie, puisque sous Jacques II (1685-1688), l'Angleterre est l'alliée de la France contre la Hollande. Locke trahit Jacques II en adoptant la cause orangiste. Il approuve ainsi la montée d'un prince demi-hollandais sur le trône d'Angleterre, grâce à la "Révolution" de 1688, la première de toutes, et déjà un complot de forces occultes anti-catholiques. (Elle est "libérale", donc de gauche, bien qu'au service de l'Argent (le parti Whig est la première gauche historique, indiquons-le aux naïfs qui croient encore que la gauche s'oppose à l'Argent.) Cette prise de pouvoir de l'Argent s'insère dans le complot Rose-Croix en Europe, puisqu'elle a été réalisée avec l'aide (et au bénéfice) des calvinistes et des sectes rosicruciennes (dont les libéraux, qui sont à l'époque quasiment une secte). Par la Révolution, "le protestantisme et le libéralisme whigs l'ont emporté sur le catholicisme à la Bossuet", écrit Jean-Jacques Chevalier dans Les grandes oeuvres politiques de Machiavel à nos jours (Armand Colin, 1968, p. 87.) N'est-ce pas pour ces raisons que l'histoire officielle dit cette Révolution "glorieuse" ?

 

Il y a peu de preuves des rapports entre les libéraux et les sociétés secrètes Rose-Croix, sauf un document de 1676, qui explique comment un club whig "la Cabale au Ruban Vert" dînait avec la Fraternité de la Rose-Croix, les adeptes hermétistes et les Maçons acceptés, tous ayant en commun leur "invisibilité". (Frances Yates, La Lumière des Rose-Croix, Celt, 1978, p. 247 in Alain PASCAL, Le Siècle des Rose-Croix, Pascal contre Descartes, La Conspiration des Philosophes, 2e tome, éd. Cimes, Paris 2018, p. 397-401.)

 

Comme Hobbes, Locke part d'un État de nature, mais différent de l'enfer de Hobbes, car un Paradis perdu. Pour Locke, l'État de nature "est un état de parfaite liberté et aussi un état d'égalité" (CHEVALIER, Les Grandes Oeuvres politiques de Machiavel à nos jours, Armand Colin, 1968, p. 90.), lequel n'entraînerait pas la guerre de tous contre tous car il existerait un "contrat originel", qui serait le fait d'une "raison originelle" ! Locke nage en pleine utopie (on ne voit pas sur quelle base du réel il se base), mais sa théorie fumeuse a un avenir certain. L'affirmation rousseauiste, révolutionnaire et "droits de l'hommesque" que les hommes naissent libres et égaux.

 

Locke justifie le droit de propriété privée puisque grâce à elle, l'homme respecte naturellement la propriété de l'autre. Mais ce paradis a été perdu à cause de la société et il suffit de restituer à l'individu ses droits naturels pour rendre la société meilleure : Rousseau et les droits de l'homme sont en prémisses. Nulle part et en aucun lieu l'homme ne respecte la propriété de l'autre, sauf s'il y est contraint par une autorité supérieure ou par la peur de l'autre.

 

Partout l'homme se caractérise par son avidité sans limites. 

 

Dans une video YT, "Réponses aux grandes questions sur le loup", Jean-Michel Bertrand, cinéaste animalier, auteur et réalisateur du film "Vivre avec les loups", explique que "l'humain est le premier pilleur de la nature, le seul être capable de détruire et d'aller au-delà de ses besoins."

 

Mais alors que le gouvernement absolu (au sens de sans liens avec les puissants, les lobbys), permet précisément de défendre la propriété individuelle contre les grands, Locke tire de son utopie une conclusion politique, à savoir que "de là suit que le gouvernement absolu ne saurait être légitime". Si les individus sont naturellement libres et égaux, ils ont des droits antérieurement à la société. Ce qui - pratique - permet (au nom de ces "droits") toutes les violences politiques, tous les contrôles et toutes les dominations, tous les enrichissements au profit des puissants. Cette théorie a un aspect positif - une aspiration à la liberté et une dénonciation de l'oppression -, mais elle est fondée sur une pure utopie, dont les conséquences seront gravissimes, la Révolution, mais aussi le socialisme. (Cf. Alain PASCAL, Le Siècle des Rose-Croix, Pascal contre Descartes, La Conspiration des Philosophes, 2e tome, éd. Cimes, Paris 2018, p. 405-407.)

 

Fénelon (1651-1715)

En France, l'idée de l'âge d'or est commune à beaucoup d'auteurs, mais ce sont principalement Fénelon (1651-1715) et le chevalier de Ramsay (1693-1743), franc-maçon anglais (dans ses Voyages de Cyrus) qui l'ont lancée.

 

Ce mythe était païen (doctrine de Zoroastre, l'ancienne théologie égyptienne, l'orphisme, le pythagorisme).

 

Ramsay le mélange avec un messianisme qui n'a de chrétien que le nom. "Ramsay est le prophète d'un nouveau messianisme ... : "un jour le paradis terrestre reviendra." (in Jean de VIGUERIE, ibid., p. 121.)

 

"Pendant le siècle d'or, fait dire Ramsay à Pythagore, les habitants de la terre vivaient dans une innocence parfaite." Et dans la bouche d'un prêtre de l'ancienne Égypte, il met les paroles suivantes : "... La mort, la maladie, les crimes n'osaient approcher de ces lieux fortunés. ... Les hommes vivaient alors sans discorde, sans ambition, sans faste, dans une simplicité parfaite. ... L'état primitif de l'homme était bien différent de ce qu'il est aujourd'hui. ... Tout était soumis à l'ordre immuable de la raison; chacun portait la loi dans son coeur, et toutes les nations de l'univers n'étaient qu'une république de sages." (Voyage de Cyrus)

 

"Ni son paradis terrestre ni son retour du Messie ne paraissent ... orthodoxes. Son paradis terrestre ressemble peu à celui de la Bible, car il y fait habiter non un seul homme et une seule femme, mais l'humanité tout entière. ... Le Messie reviendra dans sa gloire pour détruire le mal physique et renouveler la face de la terre. ... Un jour le paradis terrestre reviendra." (Jean de VIGUERIE, ibid., p. 121). Un retour du messie sans la justice qui va avec dans le Nouveau Testament n'est pas chrétien. 

 

 

Chevalier de Ramsay (1693-1743)

Dans son Discours de 1736, Ramsay dit : "Tous les Grands Maîtres en Allemagne, en Angleterre, en Italie et ailleurs exhortent tous les Savants et tous les Artisans de la Confraternité de s'unir pour fournir les matériaux d'un Dictionnaire Universel des Arts libéraux et des Sciences utiles, la théologie et la politique seules exceptés (...) Par là on réunira les lumières de toutes les Nations dans un seul ouvrage." Les majuscules sont de l'auteur (texte reproduit par Marcy dans son Histoire du Grand Orient, p. 371) et le lecteur notera l'emploi du mot "lumières", non pas les connaissances scientifiques mais maçonniques.

 

Dans son Discours, Ramsay fait l'éloge de l'Angleterre et pour l'avenir, se tourne vers la France, la nation qui "deviendra le centre de l'Ordre" (ordre avec une majuscule.) Donc soit il y a un Ordre, soit des "Supérieurs inconnus", soit une "religion" commune. Voire les trois à la fois.

 

C'est ce que va réaliser l'Encyclopédie en France, après l'Angleterre et sur le "modèle anglais". Car Ramsay ajoute : "On a déjà commencé l'ouvrage à Londres.

Page de titre de la première édition du Zohar, Mantoue, 1558

 

Effectivement, au début du XVIIe siècle, l'anglais Francis Bacon (1561-1626) avait classifié les sciences en les opposant au christianisme (Bacon inversa la démarche de la scolastique en substituant l'expérimentation humaine à la Révélation divine, ce qu'il traduit sur le plan méthodologique par le recours à l'induction et non à la déduction. Il ne déduisait plus en fonction de la Vérité révélée, c'est-à-dire à  partir du Haut, mais il induisait à partir du bas, à partir de l'Homme.) Père du sensualisme, il fondait toute connaissance sur l'expérience (THONNARD, Précis d'Histoire de la Philosophie, Desclée 1937, p. 278.) Il n'y a plus de critère rationnel du Réel, car aucun sensualisme ne peut prétendre à l'objectivité : il est obligatoirement subjectiviste. Le sensualisme est le prototype de l'erreur épistémologique, car sans critère objectif du rationnel, ni du réel. Et les conséquences sont gigantesques, puisque HobbesLocke, Newton, l'école "écossaise" du XVIIIe siècle, jusqu'à Marx et ses successeurs (liste non exhaustive) seront les continuateurs de Bacon.

 

Bacon est un drôle de "rationaliste", car il se dit indépendant de toute religion (surtout du christianisme...), et il est secrètement panthéiste. En procédant à ses expériences "scientifiques", il prétend faire "la chasse de Pan", guidé par une sorte de "flair" scientifique (ce sont ses termes), investigation de la Nature qui précède l'induction. Une théosophie - pénétration de la Nature déifiée par des sciences occultes - précède sa méthode. Bacon se défie des idoles, mais Pan est une idole. Le panthéisme est son culte et la pansophie est une théosophie. Il n'y a rien de rationnel dans tout cela. C'est la démarche d'un théosophe, pas d'un scientifique.

 

Au XVIIe siècle, "de Bacon, le matérialisme parvient à travers Hobbes jusqu'à Locke." (Georges Politzer, La Philosophie et les Mythes, éd. Sociales, 1969, p. 101.)  (Alain PASCAL, Le Siècle des Rose-Croix, Pascal contre Descartes, La Conspiration des Philosophes, 2e tome, éd. Cimes, Paris 2018, p. 117-127)

 

C'était une transposition sur la science du péché originel, et cette révolution épistémologique correspond aussi à la prétention kabbalistique, déjà reprise par la théosophie, que Bacon transforma en "méthode" avant Descartes. Or Bacon est Rose-Croix, un héritier de la 'Renaissance' et le père du sensualisme de Locke. La "République" de Bacon doit être placée sous l'égide d'une société secrète qui s'appelle ... la "Maison de Salomon", nouveau temple de Salomon que les Rose-Croix veulent édifier (c'est écrit dans leur légende). L'historien maçonnique Mellor, citant la Nouvelle Atlantide de Bacon, dit qu'une "Maison de Salomon" y étant le lieu de séjour d'une fraternité de philosophes, certains auteurs ont vu dans "la société en question un sénat rosicrucien, destiné à se muer en 1717 en la Grande Loge d'Angleterre" (Alex MELLOR, Dictionnaire de la franc-maçonnerie et des francs-maçons, Belfond 2005, p. 197.) La société se propose (déjà) de faire le "bonheur" des hommes en leur révélant les secrets de la nature." (BAYARD, La Spiritualité de la Rose-Croix, Dualpha, 2003, p. 98.) 

 

L'Encyclopédie fait l'éloge de la "Renaissance" dont elle invente et vulgarise le mythe. Nous sommes toujours dans la filiation rosicrucienne. C'est pour cela que les idées de l'Encyclopédie sont d'esprit rosicrucien : la notion cartésienne de la raison (celle de l'homme en-dehors de la Révélation et de la raison divine) y est appliquée à tous problèmes et l'autorité et la tradition y sont rejetées au nom du progrès.

 

D'origine rosicrucienne et maçonnique, l'Encylopédie s'inscrit dans la guerre des initiés orientaux contre l'Occident chrétien. C'est pour cela qu'elle va faire revivre les croyances archaïques du Talmud et du Zohar (lit. "Splendeur" ou "Radiance", œuvre fondamentale au XIIIe siècle de la littérature kabbalistique), c'est-à-dire l'ésotérisme antichrétien et anti-occidental. 

 

Le lien entre Maçonnerie, Encyclopédie et Lumières est donc établi. (Alain PASCAL, Le Siècle des Ténèbres, Vers la Révolution maçonnique en France, La Conspiration des philosophes, 3e tome, éd. Cimes, Paris 2019, p. 363-364.)

 

Un autre tenant de l'âge d'or et du contrat en France est Jean-Jacques Rousseau.

 

"L"homme est né libre, et partout il est dans les fers" (Du Contrat social). En lisant Rousseau, on croit lire du Diderot, et au-delà du Locke. Pour ce philosophe rosicrucien, l''état de nature' était idyllique et il fallait restituer à l'homme ses droits naturels pour rendre la société meilleure. Les droits de l'homme étaient ainsi en prémisses dans Locke.

Au XVIe siècle, l'idée d'un état de liberté naturelle que l'homme aurait perdu pour tomber en servitude était déjà dans le Discours de la servitude volontaire de La Boétie, l'ami initiatique de Montaigne (Alain Pascal, Le Siècle de la Folie, p. 557). Dès son premier Discours sur les Sciences et les arts (1749), Rousseau affirme que l'homme est bon par nature et que la société et la civilisation le corrompent et l'éloignent de son bonheur primitif (Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, 1755). Cette affirmation est aussi utopique que celle de Locke. Le Discours sur l'origine de l'inégalité publié en 1755 confirme et amplifie la thèse plus qu'in certaine du précédent Discours. 

 

Si l'auteur du Discours sur les sciences n'a pas étudié les sciences (ce qui le rend particulièrement incompétent pour en discourir!), ni la philosophie anglaise (ni Locke, ni Hobbes auquel il doit toutefois encore plus), il a puisé ses idées dans les livres de littérature venus d'Angleterre et par Diderot. Il y découvre les mythes de l'Éternel retour et du Paradis perdu (de John Milton) qui précèdent celui du Bon sauvage. Ces trois mythes fournissent le fond ésotérique de la croyance qu'en détruisant la société et le dogme chrétiens, l'homme redécouvrirait un paradis primordial... La philosophie de Rousseau n'est pas nouvelle. Car, si le mythe de l'Éternel retour est païen (on le trouve dans Platon et Aristote), celui du Paradis perdu et le fameux mythe du Bon sauvage sont rosicruciens, car dérivant du concept de l'"État de nature" des philosophes cartésiens anglais du XVIIe siècle, Hobbes, Locke, Daniel Defoe, l'auteur de Robinson Crusoé, qui écrira en 1726 une Histoire politique du diable, puis en 1727 un essai sur l'occultisme, le Système de magie). L'état de nature et le Bon sauvage s'accordent parfaitement au naturalisme des loges (des deux voies).

 

Contre Hobbes, qui décrit l’état de nature comme un état de guerre, Rousseau, comme Locke, fait de l’état pré-civilisationnel une époque de paix et défend le mythe mensonger du bon sauvage, être pur face à l’homme civilisé perverti. Il s'extasie sur le bonheur supposé de l'homme primitif, en décrivant sa position comme isolée, alors que l'homme primitif vivait en clan ou en tribu, et pas dans un paradis car il était souvent un esclave, confronté à la violence entre les clans et les tribus en quête de nourriture. Les sauvages des sociétés primitives peuvent être heureux, mais ils ne sont pas libres (ils vivent en tribu), ni bons (ils sont violents).

 

Dès les temps primitifs (et tout au long de l'Antiquité), les hommes ont réduit d'autres humains en esclavage ou les ont sacrifié pour éteindre la violence - c'est le sacrificiel archaïque décrit par René Girard. La civilisation chrétienne est la Civilisation avec un grand C, parce qu'elle a mis fin au sacrifice d'êtres humains. Ne serait-ce que sur ce plan du sacrificiel, la Civilisation chrétienne représente un immense progrès pour l'humanité, vis-à-vis des temps primitifs, mais aussi d'autres civilisations, n'en déplaise aux Rose-Croix (et à leurs héritiers maçons), mais également l'antiquité païenne qui était esclavagiste et sanguinaire, n'en déplaise aux "renaissants" et aux néo-païens modernes.

 

LireLes sacrifices humains en Grèce et à Rome

          Histoire et actualité du satanisme : Les évêques du Gabon contre les sacrifices humains

 

Et si le XVIIIe siècle n'avait pas la connaissance que nous avons désormais des temps primitifs, il avait reçu le témoignage des Espagnols sur la sauvagerie des Indiens lors de la conquête de l'Amérique.

 

"Pour Rousseau, l'homme primitif est heureux parce qu'il vit comme un animal et le civilisé est malheureux parce que la vie sociale a créé la pensée - d'où le fameux : 'l'homme qui médite est un animal dépravé' -, mais rien n'est plus faux. Jamais l'homme n'a été un animal sans pensée (sauf peut-être l'homme moderne...) et, dès les temps primitifs, l'homme a été confronté à la société et a dû penser pour assurer sa sécurité, notamment en endiguant la violence. (...) Son utopie du Bon sauvage va provoquer un retour à des temps archaïques." (Alain PASCAL, Le Siècle des Ténèbres, Vers la Révolution maçonnique en France, La Conspiration des philosophes, 3e tome, éd. Cimes, Paris 2019, p. 485). Autrement dit, les temps modernes font renaître la violence la plus primitive.

 

La finalité de la résurgence de ces mythes est d'opposer l'"État de nature" des rosicruciens au dogme chrétien du péché originel et de la Chute. (Cf. Alain PASCAL, Le Siècle des Ténèbres, p. 476-477.)

 

"Le problème est que si un littérateur peut écrire n'importe quoi sans qu'un historien puisse le critiquer, Rousseau n'écrit pas un roman, mais une thèse, et pas n'importe laquelle, puisqu'on y trouve l'origine de l'affirmation de la Déclaration des droits de l'homme, selon laquelle tous les hommes naîtraient libres et égaux. Un égalitarisme entre les hommes étant une fiction, il n'est pas étonnant que la dite Déclaration ait entraîné un politique utopique, la Démocratie, et, les choses étant ce qu'elles sont, que ce régime soit dirigé par des forces occultes." (Alain PASCAL, Le Siècle des Ténèbres, p. 487.)

 

En discourant sur l'inégalité, Rousseau appelle à une société égalitariste (appel qui sera bientôt entendu par Weishaupt, le fondateur des Illuminés de Bavière). Il n'innove pas puisque les Ébionites, les Cathares, les Anabaptistes et autres sectes gnostiques ou protestantes avaient prôné un communisme de biens. La collectivisation de la propriété a été réalisée par ses héritiers socialistes, ce qui n'a pas mis fin aux inégalités sociales (un ouvrier enviait toujours la mercedes d'un apparatchik du Parti Communiste...) et encore moins à l'oppression politique... 

La recherche est celle du "paradis perdu du Rose-Croix (John) Milton(1608-1674) (Alain PASCAL, Le Siècle des Ténèbres, p. 316.) "Le poète John Milton est ... engagé en politique du même côté que le philosophe cartésien Hobbes dans le camp anti-catholique. Son Paradis perdu (1667) anticipe l'Etat de nature idyllique de Locke, paradis républicain (et cromwellien) perdu pour le rosicrucien Milton après le retour des Stuart..., dont le poème est ésotérique, puisque Milton croit en l'Éternel retour à un Eden peu chrétien, la République dirigée par la Maison de Salomon, le paradis des Rose-Croix... Où Milton parle sans cesse du Diable et lui montre la plus grande sympathie... Ainsi tous les rosicruciens se rejoignent. Léviathan est l'Etat idéal du 'poète' Milton et des 'frères ennemis' cartésiens Hobbes et Locke. Certains historiens présentent Milton comme un auteur chrétien, cependant il rejette la doctrine de la Trinité, à laquelle il préfère l'hérésie d'Arius, et n'admet pas la Création ex nihilo, à partir du néant: le monde de la matière comme le monde de l'esprit est une émanation éternelle de la substance divine (DURANT, Tome XXIII, p. 434.) Cette hérésie le rapproche du panthéisme de Spinoza et de Boehme. Hobbes, Locke et Newton : tous sont rosicruciens. (Alain PASCAL, Le Siècle des Rose-Croix, Pascal contre Descartes, La Conspiration des Philosophes, 2e tome, éd. Cimes, Paris 2018, p. 418-419.) 

L'égalité en Christ chez S. Clément d'Alexandrie est la vertu qui pousse à l'"équité" et à la "justice" et non un état hypothétique de la nature humaine. 

 

« Tout ce que Moïse a dit sur la justice, Pythagore l'a résumé dans cette maxime symbolique :

 

''Ne saute point par-dessus la balance ;''

 

ce qui signifie : Aie soin de ne pas transgresser la loi de l'équité qui doit régner dans tous les partages, et sois fidèle aux réclamations de la justice.

 

''Qui unit les amis aux amis, les cités aux cités, les combattants aux combattants ? La justice. L'égalité est la loi naturelle des hommes. Le plus et le moins sont toujours en lutte ouverte ; de là sont nés les premiers ferments de la haine.''

 

Voilà pourquoi le Seigneur nous dit :

 

''Prenez mon joug, car il est doux et léger.''

 

Voit-il ses disciples se disputer entre eux les premières places, il leur recommande la simplicité et l'égalité, en les avertissant

 

''qu'il leur faut devenir comme de petits enfants.''

 

L'apôtre va se rapprocher du maitre :

 

''En Jésus-Christ, il n'y a plus d'esclave ou d'homme libre, de Grec ou de Juif; car l'homme que le Christ a créé en nous est nouveau, »

 

ennemi des querelles, exempt d'avarice, observateur d'une juste égalité, parce que

 

''l'envie, les rivalités et les soucis sont exclus du chœur des élus.'' » (S. Clément d'Alexandrie, Stromates, chapitre 5)

Le mythe de la liberté et de l'égalité dans l'état de nature

 

"Ce mythe est lié à l'État de nature des philosophes anglais. Les hommes y sont censés y vivre en parfaite égalité. Rousseau reprendra cette fantasmagorie." (Alain PASCAL, Le Siècle des Ténèbres, Vers la Révolution maçonnique en France, La Conspiration des philosophes, 3e tome, éd. Cimes, Paris 2019, p. 316.)

 

D'Aguesseau_(1668-1751), Magistrat parlementaire gallican janséniste

L'idée d'égalité entre les hommes est soutenue par deux grands jurisconsultes, Jean Domat (mort en 1696) et Henri-François d'Aguesseau, son disciple, dans l'Essai sur l'état des personnes, celui-ci écrit que : "tous les hommes sont sortis égaux des mains de la nature, également libres, également nobles, tous enfants d'un même père et membre d'un même corps." Avec Voltaire l'égalité devient une idée à la mode.

 

Une telle pensée est profondément révolutionnaire. Elle est absolument contraire à la pensée traditionnelle et à l'opinion qui avait prévalu jusqu'alors. Le principe généralement admis avait toujours été non l'égalité, mais l'inégalité", affirme Jean de Viguerie (ibid., p. 122.) "L'explication la plus plausible est la transformation de l'anthropologie sous l'influence de la philosophie cartésienne. ("Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée. ... cela témoigne que la puissance de bien juger, et distinguer le vrai d’avec le faux, qui est proprement ce qu’on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement égale en tous les hommes." Discours de la Méthode).

 

Pour la philosophie traditionnelle (au contraire), l'âme ne se réduisait pas à la raison. Elle était beaucoup plus que la raison, elle était, selon l'expression scolastique, la 'forme' du corps, se trouvant étroitement associée à lui dans un 'composé substantiel'. Chaque forme était unique, chaque composé unique, chaque homme unique. On pouvait alors à la rigueur parler de similitude, mais parler d'égalité était absurde. La philosophie est très différente : l'âme y est réduite à la raison; elle n'y est rien d'autre que la res cogitans. Or, la raison étant chez tous les hommes, tous ayant la même raison, ils sont égaux. Dans la pensée traditionnelle, la nature humaine n'était qu'une norme, une règle posée par le Créateur, et à laquelle chacun devait se plier pour accomplir sa vocation propre. Elle était la même pour tous, mais elle n'était pas notre condition, chaque homme ayant sa condition, sa vocation propre (selon le bon ou le mauvais usage de son libre arbitre). Chez S. Thomas d'Aquin par exemple, la dignité de l'homme est subordonnée à l'élévation "de l'être vers les réalités divines" (Somme théologique, IIea-IIe, q. 175, a. 1 ad 2). Si l'homme est capax Dei, capable de connaître et d'aimer Dieu (S. Augustin, De Trinitate, XIV, 811), le péché l'en empêche. La dignité peut donc se perdre. C'est ce qu'exprime précisément le texte de l'offertoire (Dieu qui avez donné une dignité à la substance humaine de manière admirable et l'avez reformée de manière plus admirable encore...) : si Dieu a restauré, formé à nouveau (reformasti) la dignité de la "substance humaine", c'est parce qu'elle avait été perdue par le péché.

 

"Toutefois, mentionne Jean de Viguerie, il est permis de penser que cette idée n'aurait jamais pris de force et qu'elle n'aurait même jamais été exprimée sans le concours d'une pensée religieuse. Cette pensée religieuse est celle du jansénisme. Ce sont les jansénistes du XVIIe siècle qui, les premiers, ont parlé de l'égalité de nature. Et parmi eux, principalement Pascal et Nicole (Cf. Jean de VIGUERIE, ibid., p. 122.)

 

Pour Jean de Viguerie, d'Aguesseau, qui fait carrière au Parlement et devient chancelier sous la Régence Orléans, il est "le premier idéologue accédant au pouvoir." (p. 60)

 

"C'est ainsi que naît le projet de l'Encyclopédie, projet qui est autorisé en 1746 par le chancelier d'Aguesseau." (Alain PASCAL, Le Siècle des Ténèbres, Vers la Révolution maçonnique en France, La Conspiration des philosophes, 3e tome, éd. Cimes, Paris 2019, p. 365.)

 

Le Ligou écrit (art. "Encyclopédie") : " L'Encyclopédie est-elle d'origine maçonnique ? Oui (...) L'Encyclopédie a-t-elle été soutenue par la Franc-maçonnerie ? Il est sûr que maints souscripteurs furent Francs-Maçons, il est sûr que la diffusion fut assurée par les loges et surtout par les chambres littéraires para-maçonniques (...). L'Encyclopédie fut-elle le support de l'idéologie et de synthèse du message des Lumières : oui, car elle fut œuvre de propagande et de combat." (Sic)

 

"En tout cas, l'Encyclopédie est très œcuménique. (...) La seule religion qui manque, c'est le catholicisme !" (A. PASCAL, Le Siècle des Ténèbres, p. 366-368.)

 

Diderot reprend tous les poncifs des ennemis héréditaires de la tradition chrétienne, et, comme les Rose-Croix avant lui, les masque sous un faux rationalisme en leur donnant une apparence scientifique sous laquelle il n'arrive pas à dissimuler la haine qu'il partage avec les Illuminés. Diderot ressemble beaucoup à un Rose-Croix. Il écrit dans l'Encyclopédie : ''l'homme est le terme unique d'où il faut partir et auquel il faut tout ramener." L'affirmation est Humaniste, mais ne dit pas de qui l'homme a pris la place. Diderot précise : "la pensée qu'il n'y a point de Dieu n'a jamais effrayé personne." Ainsi, comme les Rose-Croix (et comme le Serpent de la Genèse), Diderot veut libérer l'Homme de Dieu, et il met en doute son existence, ce que l'Encyclopédie ne fait pas pour ne pas choquer.

 

Diderot dévoile la vérité de l'Encyclopédie, qui n'est pas un ouvrage scientifique, car un fatras d'erreurs, de mensonges et de préjugés, qui n'aurait dû avoir aucun succès.

 

Exemples :

 

l'invention de "et pourtant, elle tourne" lors du procès Galilée, alors que celui-ci n'a jamais prononcé cette phrase. C'est une invention des Encyclopédistes dans la mesure où ce n'est pas parce qu'il affirmait que la Terre tournait autour du soleil que Galilée a été poursuivi, mais pour son entêtement dans ses hérésies et dans son attaque contre l'Écriture sainte. Il défend la thèse de Copernic (1473-1543), moine catholique (thèse défendue dès 1510), mais n'a pas le mérite d'en prouver la pertinence, puisque Kepler a déjà partiellement démontré en 1609 (dans son Astronomie nouvelle) que la terre tourne autour du Soleil. Or Galilée ne fit nul cas de cette découverte. (Dominique TASSOT, La Bible au risque de la Science, éd. F-X de Guibert, 1997, p. 38.) Comme d'autres, Galilée "s'était déclaré copernicien, mais lui non plus n'avait pas lu le livre de Copernic." (id.). Il n'a rien inventé. Il n'est pas poursuivi par l'Inquisition, comme on le lit parfois, Rome lui demande simplement en 1610 de cesser de professer le nouveau système tant qu'il n'aura pas totalement été démontré. En 1633, il est condamné, ni au bûcher ni à la prison, mais à abjurer ses hérésies naturalistes dans la ligne de l'hérésie empiriste d'Ockham, et non pas le système de Copernic, car ce système est, à cette date, admis comme hypothèse scientifique par la papauté. Pour Galilée, "l'autorité de la science l'emporte sur celle de l'Écriture car l'Écriture est, au fond, moins divine que la nature" (TASSOT, p. 51). C'était prétendre donner un fondement scientifique à la divinisation de la nature, hérésie panthéiste. Galilée n'est pas l'héritier de Copernic mais de Paracelse, Bruno, Campanella et autres Rose-Croix.  Dans l'incessante litanie anti-catholique, l'invention de la 'Terre qui tourne' tient une grande part, alors que Galilée n'a jamais prononcé cette phrase. Cette découverte scientifique a été l'hypothèse d'un chanoine catholique (Copernic) et l'Église ne s'est pas opposé à la discussion scientifique, mais a attendu les preuves, et surtout a interdit qu'on en tire des conséquences religieuses, ce que Galilée a fait et ce pourquoi il a été condamné." (Alain PASCAL, Le Siècle des Rose-Croix, Pascal contre Descartes, La Conspiration des Philosophes, 2e tome, éd. Cimes, Paris 2018, p. 157.) "L'Église a toujours protégé la science. (...) Elle interdit qu'on élabore à partir de la découverte de Copernic un nouveau système religieux, un héliocentrisme religieux, assemblage de croyances cosmiques panthéistes (comme celui des adeptes du soleil égyptien où la vraie lumière ne viendrait plus de Dieu mais ... du soleil, le dieu égyptien qui avait "éclairé" Philon). Et elle a parfaitement raison. (Cf. Alain PASCAL, Le Siècle des Rose-Croix, p. 139-158.)

 

- Le mythe de la croyance en l'œuf cosmique, exemple de l'archaïsme de l'Encyclopédie, ce mythe est d'origine égyptienne. Il a été repris par les gnostiques et les initiés de la Renaissance, notamment dans la symbolique du cercle de Léonard de Vinci et de l'Île d'Utopie de Thomas More.

Ce mythe décrit le processus de création à partir d'un œuf primitif (ou primordial) qui contiendrait tout en puissance. La science n'a jamais prouvé l'existence d'un tel œuf. 

La réponse chrétienne est qu'il y a un Dieu Créateur de la vie, affirmation dogmatique mais qui demeure une hypothèse scientifique vraisemblable. Et de plus en plus : on sait désormais que l'œuf contient des messages génétiques, donc des informations, lesquelles, loin de prouver la non-existence d'un Dieu Créateur, font de plus en plus réfléchir sur le rapport entre la merveilleuse programmation de l'évolution de la matière et l'existence nécessaire d'un "programmateur", terme que les théologiens pourraient reprendre à des fins apologétiques.

(Cf. Voir notamment les études de Claude TRESMONTANT et de Dominique TASSOT. 

Voir aussi cet article de Science et Vie, intitulé "Existence de Dieu : les mathématiques ont enfin la réponse", publié le 5 avril 2023 : 

"Après quinze siècles de recherches menées par les plus grands penseurs, les mathématiques et l'informatique ont parlé : selon les règles de la logique, l'existence de Dieu est nécessaire ! (...) Christoph Benzmüller est le premier à pouvoir l’affirmer avec certitude : « Dieu, dans sa définition la plus répandue en métaphysique, existe nécessairement. On ne peut penser un monde dans lequel il n’existerait pas. » Cette assurance, ce chercheur de l’université de Berlin la tire des mathématiques, et de leur cœur même, la logique. Mieux : il la fonde sur la capacité de l’informatique à valider sans erreur possible les démonstrations. Parachevant des siècles de réflexions métaphysiques, son logiciel a vérifié la justesse de l’argument ontologique selon lequel l’existence de Dieu est nécessaire à tout système de pensée logique. Et l’ordinateur a parlé : « L’énoncé ‘Dieu existe’ est une proposition vraie au sens logique et mathématique."

‘’Cette démonstration prouve l’existence logico-mathématique d’une entité abstraite. (…) Le théorème n’affirme pas que Dieu existe réellement. Juste qu’il est irrationnel de dire qu’il n’existe pas. Ce qui, en soi, est déjà renversant…’’ (Sic)

Cf. https://www.science-et-vie.com/article-magazine/existence-de-dieu-les-mathematiques-ont-enfin-la-reponse

 

Car s'il n'y a pas de Dieu créateur, l'Être est nécessairement Un et éternel (monisme de l'Être où tout est Dieu et éternel). Deux croyances incompatibles avec le christianisme, et dont d'Holbach a dévoilé la source kabbalistique... Ce qui est une régression rationnelle dangereuse puisque la métaphysique du christianisme est dès lors la seule à offrir à l'homme une liberté possible, et une raison. Alors que "pour Diderot, l'individu n'existe pas, car "il n'y a qu'un seul grand individu, c'est LE TOUT...  L'individu se fond dans l'Être Un. L'affirmation n'est pas nouvelle : une telle phrase aurait pu être signée par Plotin, Rabelais, Hobbes, Leibniz, etc." (Cf. Alain Pascal, Le Siècle des Ténèbres, ibid., p. 377; 397-399.)

 

Il se peut qu'une troisième influence ait joué, celle de l'économisme, cette mentalité nouvelle très répandue selon laquelle la multiplication des échanges commerciaux doit faire le bonheur de l'espèce humaine. Or la relation qui fonde le commerce est une relation égalitaire, contrairement à l'ancienne relation féodale établie sur le don mutuel (et la confiance en la parole donnée). La relation commerciale était égalitaire parce qu'elle ne comportait pas de don. ... Et Montesquieu d'écrire : "Le commerce est la profession des gens égaux..." (Jean de VIGUERIE, ibid., p. 123.)

 

À l'appui des arguments en faveur de la tolérance des sectes protestantes lors de la "Réforme", on a utilisé au XVIe siècle, ce que nous pouvons appeler l'argument "économique". Dans les Pays-Bas, soit au début des troubles, soit après la formation des Provinces-Unies, quelques apologistes ont réclamé la tolérance des divers cultes pour des raisons commerciales. La liberté de commerce exigeait (...) que des interdits religieux ne vinssent pas troubler à tout moment l'activité des marchands et des artisans. En France et en Angleterre, des considérations du même genre ont été proposées. (Cf. Joseph Lecler, Histoire de la tolérance au siècle de la Réforme, 1955, rééd. Albin Michel, Paris 1994, p. 825.)

 

"Pendant la Révolution, les rois ont été replacés par les philosophes sur les jeux de cartes. (...) Certains sont des littérateurs, d'autres des économistes, ce qui ne saurait surprendre dès lors que la littérature et la philosophie anti-chrétiennes sont dépendantes de l'argent.

 

"En France, l'argent vient à l'époque d'Angleterre et les littérateurs-philosophes trouvent dans les loges créées par les Anglais les relations nécessaires à leur gloire et à leurs ressources. Outre le modèle maçonnique, le 'modèle anglais' est en quelque sorte une monnaie rendue aux pourvoyeurs de fonds. La philosophie des 'Lumières' est indissociable de l'argent.

 

"En Angleterre, Locke avait fait l'éloge du libéralisme politique, les décadents lockiens vont élaborer les théories du libéralisme économique. Cela nous concerne, puisque Locke est adulé en France et que la Révolution y substituera le pouvoir économique au politique. ... Les décadents lockiens (Berkeley, Hume et Smith), les principaux Encyclopédistes et philosophes des 'Lumières' sont initiés dans les loges. Tous sont amis au-delà des frontières, tous ennemis de la France catholique.

 

Au XIXe siècle, "avec Hume (1711-1776) et Smith (1723-1790), la philosophie lockienne va se placer au service de l'argent." (Alain PASCAL, Le Siècle des Ténèbres, ibid.p.  337; 340; 347) Comme chez Locke, le philosophie de Hume vise à justifier le "libéralisme, qui est le politique au service de l'argent. ... Clairement (avec Adam Smith) un mode d'exploitation de l'homme par le capital. (Alain PASCAL, Le Siècle des Ténèbres, p. 347.) Et une nouvelle utopie : n'est-il pas irréaliste d'assurer comme le fait Adam Smith dans La Richesse des Nations (1776) que la loi de l'offre et de la demande réalisera spontanément l'organisation de la Société ?

 

Adam Smith n'aime ni l'État ni l'impôt qu'il exige modéré, cependant le résultat du libéralisme sera finalement l'exploitation de l'homme par l'État (en plus du capital), ce qui provoquera une incommensurable augmentation de l'impôt par rapport à la monarchie" (Alain PASCAL, Le Siècle des Ténèbres, p. 351-352.)

 

Lire

 

Sous Louis XVI, "les taxes représentent moins de 10% du travail des gens" (Sud Radio - Eric Anceau, Histoire mondiale des Impôts)

Des impôts dix fois supérieurs à ce qu'ils étaient avant 1789 !

 

Nous ne vivons pas dans une économie libérale, comme le répètent journellement les médias, mais dans un système qui allie l'exploitation par l'Argent et par l'État. (ce qu'avait prédit Berdiaev dès les années 1920).

Alain PASCAL, Le Siècle des Ténèbres, p. 352

"La science économique moderne est illusoire ... parce que ses fondateurs sont des héritiers des philosophes cartésiens, dont l'épistémologie ne respecte pas la métaphysique (dualiste) du christianisme. C'est pour cela que la science économique moderne est une utopie (et un échec).

 

"Car le monisme est la métaphysique du libéralisme, puisque ses fondateurs, John Locke, David Hume et Adam Smith sont monistes en tant qu'idéalistes et naturalistes. (La connaissance du réel étant liée au dualisme métaphysique, la science économique moderne ne peut pas le dominer parce qu'elle est fondée sur la métaphysique moniste de philosophes matérialistes dont la connaissance est illusoire.)" (Alain PASCAL, Le Siècle des Ténèbres, p. 353.)

II - La thèse fausse et intéressée de l'origine contractuelle du pouvoir

Hobbes (1588-1679), théoricien du despotisme démocratique, dans Le Leviathan (nom du diable... dans le Livre d'Isaïe 27) paru en 1651, expliquera qu'avant l'apparition du pouvoir politique, les hommes vivaient dans un état de nature, caractérisé par la pire des anarchies, chacun cherchant à opprimer les autres et à les dépouiller. Pour sortir de cette situation, ils ont conclu entre eux un contrat qui instituait un État garant de l'ordre, le Géant, ou Léviathan, état civil (entendez non chrétien), dont la figure est celle de Cromwell (grand massacreur de catholiques et probablement initié); despotisme que Voltaire voudra "éclairé" ! Le despotisme éclairé devient le pouvoir arbitraire de ceux qui ont été "illuminé" des lumières du diable

 

De "la populace" qui "a besoin du plus grand frein", Voltaire distinguera spontanément, pouvant se passer d'une religion, "une société de philosophes au-dessus du peuple" (déja le cas des "humanistes" florentins autour de Cosme de Médicis, dictateur et marchand d'esclaves). L'aspect caché de l'humanisme des Lumières masque un mépris de l'humain (Xavier MARTIN, Voltaire méconnu, DMM, 2006, p. 17.) Si bien que "le but des droits de l'homme" dans ce système, n'est pas la liberté, mais la soumission du peuple. L'homme qui aura des droits est l'Initié, lequel pourra dominer le vulgaire. Car l'ancêtre des Droits de l'homme pense qu'"au peuple sot et barbare, il faut un joug, un aiguillon et du foin" (sic), appel qui sera entendu par quelques despotes (Cf. Frédéric II de Prusse dit "le Grand" ou "l'Unique", un "Géant", roi de Prusse (1740-1786), franc-maçon initié en 1738 avant même son avènement en 1740, malade hystérique, infantile et capricieux sous la coupe de ses frères, dépeceur de la Pologne catholique ; Catherine II de Russie, usurpatrice d'origine allemande, qui après avoir épousé Pierre III le contraint à abdiquer, prend sa place et le fait probablement assassiner, entourée d'une cour de francs-maçons et d'illuminés ; et quelques démocrates), tous éclairés, c'est-à-dire francs-maçons ou "illuminés" (ou les deux). En faisant de Frédéric II le modèle du despote éclairé, Voltaire invente un mythe dont les conséquences seront terribles, puisque la Prusse jouera le rôle que l'on sait dans l'histoire du nationalisme allemand (et les loges, le rôle que l'on ne sait pas). Le but étant de déchristianiser la société, c'est en Prusse que naît le laïcisme avec Lessing (1729-1781, Diderot allemand et disciple du kabbaliste Spinoza). C'est dans cette Prusse laïciste que naîtra le nationalisme allemand moderne, fruit de la politique maçonnique dite des nationalités (né après que le révolutionnaire franc-maçon Napoléon ait détruit le Saint-Empire romain germanique), nationalisme qui sera antisémite, mais aussi anti-chrétien, et pour tout dire, diabolique. (Cf. Alain PASCAL, Le Siècle des Ténèbres, p. 438-443.)

 

Chez John Locke, "l'homme pris comme universel se voit reconnaître des droits naturels qui dérivent eux-mêmes de "lois naturelles" précédant la formation de tout groupe social. C'est pour justifier la Révolution (protestante) qui vient de chasser Jacques II (roi catholique) du trône d'Angleterre que Locke publie en 1690 ses deux traités sur le gouvernement civil.

 

Locke renverse le raisonnement de Hobbes (mais garde l'état de nature hypothétique) : "les hommes dans l'état de nature étaient relativement heureux et ils n'ont voulu instituer l'État que pour accéder à un bonheur plus complet. (...) Le contrat qu'ils ont voulu à cette fin a été passé par chacun d'eux avec le futur monarque, à charge pour celui-ci de respecter les libertés et la propriété de ses sujets. La violation du Pacte par le prince dispense ses sujets de lui obéir." (Cf. B. Chantebout, ibid., p. 14.) 

 

Le politique de Locke dissimule un naturalisme qu'il tient des Rose-Croix. À l'individualisme autoritaire de Hobbes, Locke oppose l'individualisme libéral, mais c'est toujours l'individualisme de la Renaissance : l'individu y est affirmé supérieur à Dieu. Le libéralisme annonce la Révolution (y compris socialiste) et l'utopie de la république mondiale (mondialisme). Tout vient de la métaphysique moniste sur laquelle est fondée l'utopie démocratique, liée aux croyances cachées des philosophes cartésiens., les mêmes que celles des 'Humanistes de la Renaissance, un refus de Dieu qui fait d'eux des naturalistes. Le monde moderne est construit sur leurs chimères. Locke rend le politique indépendant du divin, donc poursuit le politique du Diable de Hobbes.

 

"Locke est le 'frère ennemi' de Hobbes et s'inscrit aussi dans l'axe Londres-Amsterdam." (Alain PASCAL, Le Siècle des Rose-Croix, Pascal contre Descartes, La Conspiration des Philosophes, 2e tome, éd. Cimes, Paris 2018, p. 411.)

 

La conséquence de ce primat de l'individu est que la société n'est plus qu'un moyen et un artifice du fait de sa création par une convention. Le "contrat" pourra légitimer tous les totalitarismes dès lors que "l'homme" est l'auteur du nouveau régime...

 

"Pour l'anglais Burke (au contraire), un des premiers objets de la société civile est que personne ne puisse être juge de sa propre personne. ... La force d'un individu n'est pas en soi suffisante pour qu'il puisse l'exercer seul. C'est pourquoi le droit à la sûreté ou celui de faire justice appartient à la société." (Dictionnaire des Droits de l’Homme, Sous la direction de Joël Andriantsimbazovina, Hélène Gaudin, Jean-Pierre Marguénaud, Stéphane Rials, Frédéric Sudre, Quadrige / Puf, Paris 2008, p. 614.)

 

Reprenant Locke, Montesquieu croit en un état de nature idyllique et qu'il y a une justice naturelle de l'homme primitif (utopie qui est aussi celle de Rousseau). Rien n'est plus irréaliste !

 

Chez Rousseau aussi dans son Contrat social en 1762, les hommes dans l'état de nature sont initialement heureux et libres; mais par suite du développement de l'inégalité, ... les individus ... se sont résolus à conclure, chacun avec tous les autres, un pacte par lequel ils s'engagent ... à se conformer à la 'volonté générale'...  

 

Ces raisonnements sur l'origine contractuelle de l'Etat cherchent surtout à justifier les points de vue politiques arrêtés a priori, reconnaît Bernard CHANTEBOUT (ibid., p. 15.), et dans le cas de l'Angleterre à justifier en réalité le nouveau régime protestant, anti catholique, issu de la Révolution de 1688. Leurs auteurs sont parfaitement conscients que le contrat social ou le pacte de sujétion n'a en réalité jamais eu de réalité historique et ne peut intervenir qu'à titre d'hypothèse logique pour fonder leurs démonstrations.

 

On postule qu'à l'origine les hommes étaient libres, ce qui est faux historiquement. Et que la création de l'État procède de la libre volonté des hommes est une pure invention.

 

L'Académicien Emile Faguet (1847-1916), auteur d'un "Le libéralisme" (1903) explique que l'homme n'a pas de droit (à sa naissance). L'enfant qui naît n'apporte pas de droits, mais seulement des besoins qu'on satisfait. Il récuse l'idée d'un contrat initial qui aurait fondé la société, tout comme l'idée de droits naturels.

 

L'homme est un "être engagé dans la société par sa nature même et ne vivant que par elle"; il est par nature un être social qui ne dispose d'aucun droit personnel avant le premier contrat qu'il signe : 

 

'''L’homme est né libre, et partout il est dans les fers.' Cet axiome, qui est à peu près aussi juste que le serait celui-ci : 'Le mouton est né carnivore et partout il mange de l’herbe', est, comme on sait, la première ligne du Contrat social, ouvrage destiné à prouver que l’homme est né libre, à montrer qu’il ne l’est nulle part, à assurer qu’il doit le redevenir et à organiser une société où il serait plus opprimé qu’en Turquie.

 

"(...) Je ne partirai point du tout du même principe; Pour moi l’homme est né en société, puisqu’on ne l’a jamais vu autrement qu’en société, pareillement aux fourmis et aux abeilles, et, comme né en société, il est né esclave, ou, tout au moins, très obéissant.

 

"Si haut qu’on remonte, on trouve des sociétés où un homme commande et où tous les autres obéissent, ce qui est, du reste, absolument nécessaire pour les besoins du défrichement, de la guerre contre les fauves et de la guerre contre les autres hommes.

 

"(...) Donc l’homme est né esclave, et le despotisme est la forme naturelle des sociétés humaines.''

 

(Émile FAGUET, Le Libéralisme, Société française d’Imprimerie et de Librairie, Paris 1903)

 

Emile Faguet tempère son propos par les devoirs, la charité et la considération qui incombent aux êtres humains afin de secourir le nouveau-né, de l'élever et de lui faire une place dans la société. Mais les devoirs ne sont pas des corrélats des droits, et c'est au nom de l'humanité qu'ils sont censés s'imposer aux êtres humains." (Dictionnaire des Droits de l’Homme, ibid., p. 616.)

James C. Scott, professeur émérite de science politique et d’anthropologie à l’université de Yale, auteur de Homo Domesticus, Une histoire profonde des premiers États (La Découverte, Poche, Paris 2021) démystifie le rôle progressiste attribué aux premiers États, ces ‘’formidables Leviathan'' vantés par l' histoire officielle. Il y a ‘’quelque chose de radicalement erroné dans la séquence historique telle qu’on la narre traditionnellement", écrit-il.

 

"Ce que nous savons au contraire aujourd’hui, c’est que les embryons d’État ont émergé en exploitant le module néolithique fondé sur les céréales et la main d’œuvre agricole comme base de contrôle et d’appropriation. (p. 47;49) ... Et "l’esclavage … était répandu chez les peuples américains autochtones avides de main-d’œuvre. Diverses formes de servitude étaient … connues au Moyen-Orient avant l’apparition des premiers États." Exit l'égalité de nature. … On ne saurait non plus "surévaluer la centralité de la servitudedans le développement de l’État." ... "Tous les premiers états d’Asie du sud-est étaient des États esclavagistes." (p. 188) 

 

L'auteur avance même que ‘’l’État est à l’origine un racket de protection mis en œuvre par une bande de voleurs qui l’a emporté sur les autres...’’ (p. 164) Le mythe de l'État Léviathan "protecteur" vole en éclat. 

 

‘’En fin de compte, les hommes font allégeance à l’individu ou au groupe d’individus qui ont les moyens ou l’audace de s’emparer du butin, des réserves de pain, des richesses, pour les redistribuer au peuple.’’ (D.H. LAWRENCE, préface au Grand Inquisiteur de Fiodor Dostroïevski, cité in James C. Scott, ibid., p.147.) 

 

L'auteur restitue ainsi toute la profondeur et l'extension universelle des dynamiques indissociablement écologiques et anthropologiques qui se sont déployées au cours des dix millénaires ayant précédé notre ère. "Cette fresque omnivore et iconoclaste révolutionne nos connaissances sur l'évolution de l'humanité et sur ce que Rousseau appelait " l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes."

 

‘’L’État d’Uruk est bien en place depuis 3200 ans av. J.-C. … ‘ère de la haute civilisation’ au Proche-Orient, … période pendant laquelle ‘il ne fait pas de doute que la Babylonie était le siège des entités politiques, économiques et sociales les plus complexes. (Hans J. NISSEN, The Early History of the Ancient Near East, 9000-2000 BC, Chicago, University of Chicago Press, 1988, p. 127.)

Et ‘’ce n’est pas un hasard si l’acte fondateur emblématique de l’instauration d’une entité politique sumérienne fut la construction des murailles de la ville. … Uruk a anticipé la forme-État qui allait être reproduite dans toute la Basse Mésopotamie par une vingtaine d’autres cités-États concurrentes de taille et de puissance similaires. … Vers la moitié du troisième millénaire, des villes importantes telles que Kish, Nippur, Isin, Lagash, Eridu et Ur... Et dans ces cités-États, "il existe de nombreux indices de l’existence de conflits armés fréquents entre entités politiques rivales en Basse Mésopotamie. ...Une armée victorieuse engrangeait butin et tribut. … La guerre, c’était l’incendie des récoltes, le pillage des greniers, la confiscation du bétail et des biens domestiques. (p. 154-155.)

 

Quand les murailles élevées contre le vol et le pillage engendrent l’État

 

‘’Le discours civilisationnel des États archaïques laissait souvent entendre, quand il ne l’affirmait pas expressément, que certains primitifs par chance ou par ingéniosité, avaient réussi à domestiquer les plantes et les animaux et à fonder des communautés sédentaires puis des villes et des États. Autrement dit, ils avaient abandonné leur mode de vie primitif en faveur de l’État et de la civilisation. … Nos connaissances historiques nous permettent désormais d’affirmer que ce récit est radicalement faux.

 

"[U]ne fois les États créés, il existait généralement autant de raisons de les fuir que de s’y intégrer. (…) Une fois établi, l’État engendrait aussi bien des défections que de l’assimilation. (…) Bon nombre – surtout les prisonniers et les esclaves – s’installaient dans les régions périphériques et adoptaient d’autres modes de subsistance. Ils devenaient de ce fait des barbares volontaires.

 

"(…) Le phénomène du primitivisme secondaire, (…) le ‘devenir barbare’ de groupes ‘civilisés’ fut bien plus fréquent que ne le suggère les grands récits civilisationnels. … Le retour à la barbarie pouvait fort bien être vécu comme un net progrès en terme de sécurité, de nutrition et d’ordre social. Devenir barbares, c’était souvent chercher à améliorer son sort. (Ce processus a été analysé en détail par de nombreux anthropologues – dont Pierre CLASTRES, ‘La Société contre l’État’, est sans doute le plus connu.)" (John C. Scott, in Homo Domesticus, Une histoire profonde des premiers États, La Découverte, Poche, Paris 2021, p. 259-261.)

 

‘’La présence de ressources fixes, concentrées, convoitées et vulnérables au pillage engendrait de toute évidence une puissante incitation à les défendre. … Dans l’épopée de Gilgamesh, le roi fondateur érige des murailles autour de la ville afin de protéger son peuple.’’ (p. 171)

 

En Chine, "la Grande Muraille … a été érigée tout autant dans le but de confiner les paysans contribuables à l’intérieur de l’Empire que dans celui de maintenir les barbares (nomades) à l’extérieur.

 

… Un spécialiste de la question soutient que ces murs … servaient soit à contenir des populations mobiles fuyant le contrôle de l’État, soit à se défendre contre des populations expulsées de force (Anne PORTER, Mobile Pastoralism and the formation of Near Eastern Civilization, Cambridge University Press, 2012, p. 324).

Quoiqu’il en soit, les murailles ‘’visaient à définir les limites du contrôle politique."

Et "l'exode des sujets de l’État antique était une réelle préoccupation des autorités.’’ (p. 171-172.)

 

En effet, ‘'la paysannerie … ne produisait pas automatiquement un excédent susceptible d’être approprié par les élites, mais … il fallait l’y contraindre. … Ce n’était que par le biais d’une forme ou d’une autre de travail forcé – corvées, réquisitions de céréales ou d’autres produits, servitudes pour dette, servage, asservissement collectif ou paiement d’un tribut, ainsi que diverses formes d’esclavage –, que pouvait se constituer un tel excédent’’ (p. 185-186.)

 

‘’LÉtat n’a pas inventé l’esclavage et la servitude ; ceux-ci sont observables dans un nombre considérable de société pré-étatiques...’’ (p. 211) Là encore nulle part on ne constate d'égalité de nature à la naissance parmi les nomades "primitifs" ni qu'il y ait dans ces groupes un bonheur inégalé de liberté.   

 

"On connaît la fameuse question de Moses FINLEY : ‘La civilisation grecque était-elle fondée sur le travail des esclaves ?’ (Economie et société en Grèce ancienne, 1953, rééd. La Découverte / Poche, Paris 2007), à laquelle il répondait par un ‘oui’ retentissant et bien documenté.

 

‘’Comme le signale M. I. FINLEY : ‘Le monde d’avant les Grecs, le monde des Sumériens, des Babyloniens, des Égyptiens et des Assyriens, était, en un sens très profond, un monde sans hommes libres.’ (p. 188-190.)

 

De même, ‘’l’État n’a pas plus inventé la guerre qu’il n’a inventé l’esclavage, mais il a considérablement renforcé ces institutions en en faisant des rouages essentiels de son fonctionnement...’’ (p. 233.)

 

Les premiers États n'ont donc pas "libéré" l'homme de l'esclavage des sociétés pré-étatiques

Dans les sociétés pré-étatiques, dans un état de nature pré-étatique, nulle part l'homme naît "libre et égal". 

Les groupes pré-étatiques ne sont pas exempts de coercition, de violence, de conflit, ni d’esclavage.

Parmi les philosophes de l'Etat moderne, Hegel (1770-1831) critique le mythe de l’état de nature : il aborde la question de l'état de nature dans le deuxième chapitre de "la Raison dans l'histoire", où il critique ceux qui prétendent que dans cet état hypothétique, l'homme serait libre, et que c'est dans l’État qu'il viendrait restreindre sa liberté originaire. Hegel critique ‘’cette idée de l'état de nature, [qui] est une des formes nébuleuses comme en produit la théorie, une fiction’' (Georg Willhelm Friedrich Hegel, La raison dans l'histoire introduction à la philosophie de l'histoire, Pocket, 2012).

 

Hegel soutient que, de manière primaire, sans la médiation de l'éducation, les hommes sont violents et injustes ; l'instinct naturel ne trouve pas de bornes et peut se déchaîner. Ainsi, si la nature fait périr parfois les hommes par des cataclysmes imprévus et des maladies redoutables, l’homme souffre davantage de l’homme que de la nature. Les guerres, les massacres, l’asservissement et les exploitations des hommes, sont légions dans l’histoire. 

 

Mais si pour Hegel, les premières civilisations ont conçu la liberté comme celle d'un seul homme, le tyran (c'est l'âge du despotisme oriental), apparaît ensuite la culture gréco-romaine, aristocratique : quelques hommes sont libres. Avec le christianisme surgit la conscience que tout homme est libre en son for intérieur. Cependant, cette liberté formelle n'implique pas l'abolition du servage et des privilèges. Et ce ne serait qu'avec l'institution de l'État de droit que la liberté deviendrait enfin effective. Ce texte apparaît comme une justification a posteriori de l'impérialisme occidental, et comme un monument d'européano-centrisme. (Cf. Babelio, La Raison dans l'histoire)

Pour Étienne de la Boetie (1530 - 1563), par conditionnement le peuple ("Nous sommes donc nés libres et avec affection de défendre cette franchise.") se complairait, hélas, dans une attitude passive, une posture victimaire. Il aime donc être infantilisé et, d'une manière générale, tous les artifices qui lui permettent de masquer sa propre responsabilité. Chez La Boétie, en effet, le peuple n'est pas une entité faible qui doit être plainte d'être sous le joug d'un pouvoir fort, tyrannique, mais le premier coupable de ses maux.  Cf. https://twitter.com/Stephane_Poli/status/1764380940422217834?t=OIcwI_Tt_1jy8Ed0qA1mHw&s=09

 

Un point de vue original sur la thèse de La Boétie consiste à renverser son raisonnement : le doux bercement du peuple dans le conte pour enfants du peuple libre et de l'homme né libre, lui ôte psychologiquement toute idée de défense ou de conquête de cette liberté, l'infantilise et le deresponsabilise.

Pour Jean-William Lapierre dans ‘’Essai sur le fondement du pouvoir politique’’ (Publication de la faculté d’Aix-en-Provence 1968), ‘’le pouvoir politique est la fonction sociale qui consiste à prendre des décisions pour l’ensemble de la société globale (ou société civile) et à en assurer l’exécution par l’autorité souveraine et la suprématie de la puissance publique’’ (p. 81), ‘’ ce qui rend possible aux sociétés humaines de durer à travers l’histoire, de se transformer sans se dissoudre, de s’ouvrir et de s’élargir sans éclater, de se restructurer et se déstructurer sans se désintégrer’’ (p. 643), la relation politique commandement/obéissance (p. 44) implique une idéologie de la légitimité, l’homme étant habité d’un désir inapaisable, sans limite, il a des besoins toujours nouveaux et pour satisfaire ceux-ci, il est capable de se donner les moyens adéquats, il est capable de désirer toujours plus et toujours autre chose. D’où la présence du pouvoir politique comme mode de régulation nécessaire.

 

Or, la doctrine du catholicisme offre précisément des limites psychologiques et religieuses au désir inapaisable de l'homme en lui présentant, comme un bien en vue de son salut - une liberté à acquérir - des méthodes pour vivre une vie bien disciplinée. En le soumettant au respect spirituel des commandements, l'Église permet au pouvoir institué, à mesure que l'homme s'auto-discipline, de diminuer sa violence étatique. Ceci n'arrange pas les tenants du "contrat" et autres totalitaires avides de pouvoir, de domination et de contrôle (qui sont aussi les caractéristiques propres du diable...). Les "philosophies" modernes excitent le désir en offrant des déclarations de droits matérialistes où l'on ne voit pas très bien où s'arrête l'avidité, ni ce qui pourrait l'arrêter. Hormis un corpus législatif toujours plus envahissant dans nos sociétés, le système du pouvoir y est inadapté, parce que ignorant de la nature humaine. Le fait d'empiler des milliers de codes législatifs les uns sur les autres ne changera pas cette réalité ni la nature humaine. 

 

"Armée pareillement de l'idée de sa souveraineté, la multitude se laissera facilement aller à la sédition et aux troubles, et le frein du devoir et de la conscience n'existant plus, il ne reste plus rien que la force, la force qui est bien faible à elle seule pour contenir les passions populaires", écrit en 1888 Léon XIII dans "Libertas".

 

Cette inadaptation du politique moderne à réguler le désir de l'homme pose la question de sa légitimité d'autant plus que ses tenants n'arrêtent pas de donner des leçons de morale à la terre entière, cherchent à l'imposer partout, alors même que le système naturaliste lui-même (la Démocratie moderne) dévie en démagogie, dictature, ploutocratie, oligarchie et totalitarisme et que la société sombre dans la violence la plus primitive. Un tel système n'est pas un bienfait mais une malédiction.

 

Tocqueville (1805-1859) évoquant le XIIIème siècle, l'âge d'or de la France, avait bien vu le problème et y avait apporté la seule solution efficace : 

 

 

«Dans les siècles de foi on place le but final de la vie après la vie. Les hommes de ces temps-là s'accoutument à réprimer mille petits désirs passagers pour mieux arriver à satisfaire ce grand et permanent désir qui les tourmentent; lorsqu'ils veulent s'occuper des choses de la terre, ces habitudes se retrouvent. Ils fixent volontiers à leurs actions d'ici-bas un but général et certain, vers lequel tous leurs efforts se dirigent. Ils ont des desseins arrêtés qu'ils ne se lassent point de poursuivre. Ceci explique pourquoi les peuples religieux ont souvent accompli des choses si durables.

 

Il se trouvait qu'en s'occupant de l'autre monde, ils avaient rencontré le grand secret de réussir en celui-ci.»

 

(Tocqueville, cité dans Mgr H. Delassus, La Mission posthume de la Bienheureuse Jeanne d’Arc, Le Règne social de Notre-Seigneur-Jésus-Christ, 1921, ESR - Deus Regnat )

 

Lorsque les révolutionnaires ont fait 'du passé table rase', c'est-à-dire ont rompu avec la tradition européenne du christianisme, ils espéraient "libérer" l'humanité des oppressions et lui épargner les violences. Le système politique moderne, la démocratie, devait assurer la liberté, la justice et la paix.

(...) Or il n'en a rien été. (...) Dans les faits, la démocratie n'a jamais existé. Elle n'est qu'un système sordide d'exploitation par le capital, par l'État, désormais par les deux réunis.

(...) Les temps modernes sont les plus violents de l'histoire de l'humanité. Jamais il n'y a eu autant de morts, dans l'absolu et même en proportion des êtres vivants.

(...) La civilisation retourne à la barbarie. Parce que les fondements philosophiques sont coupés du sacré.

Alain PASCAL, La Trahison des initiés, 3e édition revue et corrigée, éd ; des Cimes, Paris 2013, p. 287-290.

III - La troisième idée des littérateurs-philosophes : la tolérance sauf pour les catholiques

La troisième idée semble indépendante des deux premières, mais ne l'est pas, car il y a un obstacle à ce retour idyllique (de l'Âge d'or): le catholicisme. 

 

Tel Hobbes avec Cromwell, John Locke justifie son choix par ses oeuvres. En 1690, il publie Essai sur le gouvernement civil - (sic) titre qui rappelle l'État civil de Hobbes (dont il n'est pas totalement l'adversaire) -, essai qui fait de lui le théoricien toujours adulé du "libéralisme". Un gouvernement "civil" veut dire un gouvernement non chrétien, plus précisément un gouvernement anti-catholique, donc un gouvernement en apparence tolérant, mais en réalité intolérant puisque excluant toute religion qui se prétendrait la Vérité (comme le catholicisme), ce qu'exigeait aussi le "Leviathan" de Hobbes.

 

Déjà "au temps de la Réforme (au XVIe siècle), les luthériens et les calvinistes chercheront à supprimer le culte catholique, sous prétexte que la messe est une idolâtrie. En Angleterre au XVIIe siècle, le puritain (Rose-Croix) John Milton(1608-1674) (avec son Paradis perdu), et d'autres avec lui, chercheront encore par ce même grief la persécution des catholiques." (Cf. Joseph Lecler, Histoire de la tolérance au siècle de la Réforme, 1955, rééd Albin Michel, Paris, 1994, p. 44.)

 

Les faits eux-mêmes se chargent donc de contredire le récit officiel.

 

Les calvinistes en Angleterre, comme aux Pays-Bas, excluent le catholicisme de la tolérance. Aux Pays-Bas, les Orange avaient poursuivi les catholiques, et accessoirement les avaient spoliés de leurs biens, églises et monastères... La même intolérance intéressée s'est abattu sur l'Angleterre.

 

Au temps de la "grande rénovation", il faut écarter le catholicisme de la tolérance.

 

Locke le pensait déjà, Voltaire le fera.

 

Et entre les deux, Montesquieu sert de trait d'union.

 

Avec l'Esprit des Lois, le 'droit naturel' (lisez naturaliste) est substitué au droit divin, donc un politique profane à un Sacré – c'est le plus grand bouleversement de l'Histoire –, avec Voltaire, le matérialisme et le naturalisme inhérent au déisme maçonnique écartent le Dieu chrétien du politique.

 

C'est la Révolution et avec elle l'apostasie. Le diable prend le pouvoir et va se rengorger de sang humain. C'est sur le plan métaphysique ... le retour du monisme et l'éviction subséquente des rois chrétiens.  Montesquieu n'est pas le pire, mais il ouvre la voie aux pires, aux Encyclopédistes, à Diderot, Voltaire et Rousseau.

 

Montesquieu représente les milieux parlementaires qui voulant s'émanciper du roi, prétendent représenter la nation alors qu'ils ne représentent que leurs propres intérêts. Il fait partie des nobles qui sont le jouet des loges contre la monarchie française. Il fréquente dès les années 1720 les "milieux anglo-maçonniques de Bordeaux" (Ligou, art. "Montesquieu"), puis à partir de 1722 le club de l'Entresol à Paris, club proche des loges, une "antichambre humaniste", antichambre maçonnique. Il se rend à Londres pour s'y faire initier en 1730. Il est initié dans une loge anglaise, la Horn Tavern de Westminster, loge hanovrienne et anti-française, puis il devient le représentant de la Grande Loge de Londres en France. En récompense, il est coopté la même année 1730 à la Royal Society. En 1732, il crée la Loge anglaise de Bordeaux, et en 1735, assiste à l'initiation du comte de Saint-Florentin, le secrétaire d'État de Louis XV (qui devient un agent de l'Angleterre), en présence de Désaguliers (qui a succédé à Newton comme maître d'oeuvre Rose-Croix). Montesquieu est un espion anglais.

 

Montesquieu est le grand héritier de la philosophie politique de Locke en France, dont sa haine du droit divin, donc de Dieu. L'histoire a fourni la preuve que rien de ce qu'il a écrit ne s'est réalisé, sinon à l'envers, puisque le politique profane a été le pire de l'Histoire. Montesquieu n'a pas le génie (du mal) de son prédécesseur. Il est admiratif d'un "modèle anglais" qui fait le malheur du peuple en Angleterre. Il ne change pas d'avis après sa visite de l'Angleterre, il a persisté dans l'utopie malgré les réalités anglaises. Louis Jugnet écrit : "Montesquieu ... n'aperçut rien des iniquités sociales alors plus frappantes pourtant qu'en France, et de beaucoup." (Doctrines philosophiques et systèmes politiques, Chiré 2013, p. 74)

 

Et s'il a fréquenté des maçons Rose-Croix, comme c'est probable, il est leur complice. Car à Londres, dans cette ville "libérale", le peuple est miséreux et brimé et les catholiques sont mis à mort. Jean-Jacques Chevalier lui reproche d'être "fermé à la métaphysique et à la théologie", mais aussi "mal à l'aise sur le terrain tout abstrait du fondement de la société et du droit." (.J.-J. Chevalier, Les Grandes Oeuvres politiques de Machiavel à nos jours, Armand Colin, 1968, p. 107.)

 

Dans l'Esprit des Lois, Montesquieu élabore un  projet de Constitution pour la France, cependant ce n'est pas la France qui l'intéresse, c'est le monde. Il appelle à une République, qui renversera la monarchie, puis deviendra mondiale. Ce maçon hanovrien répond ainsi au souhait du "jacobite" Ramsay. Montesquieu n'a que faire de la France, il est cosmopolite. Pour lui, il ne s'agit pas seulement de "libérer" la France de la monarchie, mais de construire un gouvernement mondial. C'est la transcription en droit constitutionnel des Constitutions d'Anderson mais aussi du Discours de Ramsay. Et puisque la liberté individuelle ne peut venir que de Dieu, la Constitution de la République particulière puis mondiale sera égalitariste : pour Montesquieu, la diversité est un désordre (héritage de Hobbes). Il cherche un ordre qu'il dit "nouveau" et qui se substituerait à l'Ordre de Dieu (le créateur de la diversité). Montesquieu recherche l'Esprit des lois, Esprit avec une majuscule, qui n'est pas celui de Dieu, mais celui des initiés aux cultes du Cosmos. L'Église ne s'y est pas trompée, puisque l'Esprit des lois a été mis à l'index.

 

Montesquieu se dit conservateur, cependant met en cause l'ordre social chrétien. Il nie un droit divin qui fait du roi le protecteur de la liberté (et non son adversaire), et sans le droit divin, le politique appelle logiquement un despotisme. C'est la dérive inéluctable de l'individualisme de la Renaissance. Il se dit monarchiste et il entend fonder la liberté en limitant le pouvoir royal, mais il y a une limite à la limitation, ne pas mettre en cause la sacralité du pouvoir royal.

 

Quand Montesquieu meurt, son éloge est fait par l'Encyclopédiste d'Alembert qui dit que Montesquieu a rempli ses devoirs envers "l'Être éternel". L'Histoire de la littérature française (Bordas 1972) précise : "qui n'était pas nécessairement le Dieu des Chrétiens" (p. 323). C'est l'Être Suprême, le Grand Architecte de la "Nature éternelle" vénérée par les initiés. Et d'Alembert le savait.

 

N'ayant aucune idée de métaphysique, Montesquieu établit des rapports entre des vérités qu'il pense relatives et en conclut que "l'esprit de modération doit être celui du législateur; le bien politique comme le bien moral se trouve toujours entre deux limites." C'est une illusion. Erasme l'a transmise à ceux qui se disent modérés et s'étonnent des drames qu'ils provoquent à ne pas choisir entre la Vérité et les erreurs. Non, les religions ne sont ni égales ni relatives ..., et par suite, la raison Humaniste n'est pas apte à construire le politique, car il y faut un fondement métaphysique, le dualisme de l'Être. Combien de massacres encore avant que les législateurs modernes comprennent que seul l'Esprit de Vérité peut produire une loi juste ?

 

Conclusion logique d'Alain PASCAL :

 

''Avec Montesquieu, les Temps modernes sont annoncés. Dieu est expulsé du politique, qui tombe entre les mains du Prince de ce monde, ce qui explique l'effroyable échec de la Révolution moderne, la montée de la folie et de l'irrationnel, la violence sanguinaire, et la soumission de l'Humanité au despotisme cosmopolite des forces occultes. Telle est la sanction (juste) de l'apostasie. L'échec moderne est religieux(Cf. Alain PASCAL, Le Siècle des Ténèbres, Vers la Révolution maçonnique en France, La Conspiration des philosophes, 3e tome, éd. Cimes, Paris 2019, p. 316-332.)

 

Et désormais, la dégénérescence menace l'humanité entière; les conditions sont réunies pour que le monde explose.

 

Lire aussi :

 

Le vide nihiliste et la civilisation destructrice sont le leg de l'hérésie moderne.

Conclusion

 

Le Réel est violent, la vie est une lutte, la liberté se conquière.

Depuis les jours de Jean-Baptiste jusqu'à présent, le royaume des cieux est emporté de force, et les violents s'en emparent.

Evangile selon S. Matthieu 11, 12 6 - Bible Catholique Crampon 1923

La civilisation retourne à la barbarie, parce que les fondements philosophiques sont coupés du sacré, qui est le seul et vrai Réel à respecter, si l'on peut dire !

 

"Rappelons, puisque les livres d'histoire ne le font plus, qu'il existe DEUX conceptions de la vie en société, et non pas une (le soit disant "état de nature"). La première conception, dite 'sacrée' ordonne l'espace et les rapports humains avec la Tradition; la seconde, dite 'profane' fonde ses règles sur des 'Idées'. Philosophiquement parlant l'idéalisme pose le primat de la pensée sur son objet, c'est-à-dire le Réel ("je pense donc je suis" de Descartes : comme si des êtres humains qui ne pensaient pas n'étaient pas !) ; la scolastique médiévale pose le primat du Réel sur la pensée.

 

L'existence de Dieu est une certitude, désormais affirmée par la scienceet "il est irrationnel de dire qu'il n'existe pas!" (Cf. L'article de Science et vie "Existence de Dieu : les mathématiques ont enfin la réponse", publié le 5 avril 2023 : "Après quinze siècles de recherches menées par les plus grands penseurs, les mathématiques et l'informatique ont parlé : selon les règles de la logique, l'existence de Dieu est nécessaire".) De nouveau le "Crois pour comprendre" de S. Augustin passe en premier dans la méthode de la connaissance, y compris en science, et le "comprends pour croire" revient en second.

 

De même, plus une société est profane, plus elle est violente. Les sociologues commencent à l'admettre aussi. Les théologiens le savent depuis longtemps !

 

(...) Les temps modernes se caractérisent par la plus forte montée d'irrationnel et de violence dans l'histoire. (...) Tant que l'Homme croira à l'imposture moderniste, rien n'arrêtera la violence née de l'utopie éternellement, inévitablement démentie." (Alain PASCAL, La Trahison des initiés, 3e édition revue et corrigée, éd ; des Cimes, Paris 2013, p. 288.290.)

 

Sur la fiction, les fantasmagories et les élucubrations des "Lumières" fictives du XVIIIe siècle, le meilleur moyen de préparer le retour d'un régime politique réaliste est donc de réaffirmer la Vérité divine, la théorie traditionnelle de l'origine du pouvoir qui se trouve en Dieu et en Sa Révélation, et non dans les "Idées" (car depuis la Chute originelle, l'homme n'est ni heureux ni libre ni égal par nature). Le contrat est un conte pour enfants. Personne n'a donné son accord pour être dirigé par qui que ce soit ni dans une monarchie ni dans une république. 

 

Il faut donc sortir de la matrice inversée des mensonges historiques et religieux libéraux, accepter la réalité sur la nature humaine déchue et la grâce divine de la Rédemption en Christ. 

 

Après trois siècles d'observation du Réel, en effet, la seule question qui mérite d'être posée est celle-ci : Devenus intolérants au nom de la tolérance, corrompus au nom de la morale, irrationnels au nom de la raison, fanatiques au nom du laïcisme, nos états modernes sont-ils légitimes ?

 

Alain Pascal répond parfaitement :

L'échec moderne est religieux, il faut que quelques contemporains en prennent conscience pour que la Vérité survive et revive.

Alain PASCAL, Le Siècle des Ténèbres, Vers la Révolution maçonnique en France, La Conspiration des philosophes, 3e tome, éd. Cimes, Paris 2019, p. 332.)

La Bible nous enseigne qu’il est illusoire et vain d’essayer d’améliorer nous-mêmes notre vieille nature (Cf. Ephésiens 2:8-9); la solution de Dieu est de nous appeler à nous repentir, de nous identifier à son Fils mort et ressuscité, et de faire de nous, par la foi, "une nouvelle création" en Christ.

Jésus répondit : « Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de naître de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu. »

Jean 3,5

Car "tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu ; et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est dans le Christ Jésus. C’est lui que Dieu a destiné comme moyen d’expiation pour ceux qui auraient foi en son sang, afin de montrer sa justice." (Romains 3:23-25).

Le rempart de la censure est (...) illusoire. (...) Les interdits n'ont jamais endigué les débordements : seule une réflexion consciente le peut. C'est en vain que les forces occultes cachent à nos contemporains la vérité; leur imposture va apparaître au grand jour.

Alain PASCAL, La Trahison des initiés, 3e édition revue et corrigée, éd ; des Cimes, Paris 2013, p. 288

La fiction diabolique anti-christique fondant la démocratie moderne, et son antidote

Cf. Voir :

 

- Alain PASCAL, Le Siècle des Ténèbres, Vers la Révolution maçonnique en France, La Conspiration des philosophes, 3e tome, éd. Cimes, Paris 2019, p. 104

***

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28 février 2024 3 28 /02 /février /2024 21:09

Réagissant à l'accord de sécurité signé seul par Macron avec le président ukrainien sans vote du parlement, et à ses propos d'envoyer des troupes en Ukraine, le Général 2s André Coustou, Président d'honneur de Place d'Ames, parle de "peuple" "trahi" :

https://www.place-armes.fr/post/anti-constitutionalit%C3%A9-ill%C3%A9galit%C3%A9-ou-a-l%C3%A9galit%C3%A9

https://www.place-armes.fr/post/anti-constitutionalit%C3%A9-ill%C3%A9galit%C3%A9-ou-a-l%C3%A9galit%C3%A9

''Qui veut mourir à cause du délire d'un tyran ?'' (Général 2s  André Coustou)

Cf. https://www.place-armes.fr/post/anti-constitutionalit%C3%A9-ill%C3%A9galit%C3%A9-ou-a-l%C3%A9galit%C3%A9

https://x.com/CHRISTIANDENY1/status/1762526697897779670?s=20

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20 janvier 2024 6 20 /01 /janvier /2024 20:52
21 janvier 1793 : C'est l'histoire de l'une des plus grandes injustices que la France ait connues

 

C'est l'histoire de l'une des plus grandes injustices que la France ait connues, l'histoire d'un Roi qui ne voulait que le bonheur de son peuple.

 

A peine sacré, il abolit la torture et fait relâcher des milliers de prisonniers. Louis XVI rend visite aux pauvres, et fait rénover les hôpitaux. Soucieux de la justice et des peuples, Louis XVI vole au secours de l'Amérique pour lui donner la liberté.

 

Père de famille exemplaire, il enseigne à son fils qu'un Roi se doit de penser uniquement au bonheur de son peuple. Mais la guerre a coûté plus de deux milliards de livres, les caisses sont vides. Louis XVI convoque les Etats généraux pour réaliser l'égalité fiscale. La Bastille est prise, les quelques gardes infirmes sont massacrés, le gouverneur est décapité, premiers signes d'une tyrannie totalitaire et pour Louis XVI une destinée de saint martyr. Louis XVI ne reverra jamais plus Versailles. Il ne reverra plus jamais sa femme car il sera assassiné à l'aide d'un procès truqué.

Il est mort le 21 janvier 1793. Son fils sera battu à mort au nom de la "liberté" et des droits de l'homme, sa femme Marie-Antoinette sera guillotinée.

 

Honorons sa mémoire afin que sa mort n'ait pas été inutile.

Chaque année au mois de janvier, les royalistes français rendent hommage au roi Louis XVI.

 

Les réformes de Louis XVI

 

Louis XVI décida de soulager son peuple en le dispensant du "droit de joyeux avènement", impôt perçu à chaque changement de règne.

 

Louis XVI créa le corps des pompiers. Il autorisa l'installation de pompes à feu, pour approvisionner Paris en eau de manière régulière.

 

Louis XVI créa un mont-de-piété à Paris pour décourager l'usure, et venir en aide aux petites gens.

 

Louis XVI aida l'oeuvre de l'Abbé de l'Epée, pour l'éducation des "Sourds-muets sans fortune", auxquels il fit enseigner un langage par signes de son invention. Le roi lui versa une pension de 6000 livres sur sa propre cassette, contre l'avis de l'archevêché qui soupçonnait cet homme de jansénisme.

 

Louis XVI dota l'oeuvre de Valentin Hauÿ pour les aveugles.

 

Louis XVI donna aux femmes mariées et aux mineurs de toucher eux-mêmes leurs pensions sans demander l'autorisation de leur mari ou tuteur.

 

Louis XVI ordonna aux hôpitaux militaires de traiter les blessés ennemis "comme les propres sujets du roi", 90 ans avant la première convention de Genève.

 

Louis XVI fit abolir le droit de servage, le droit de suite et la mainmorte (qui dans la pratique n'existait plus dans la majorité des terres depuis trois siècles). [1]

 

Louis XVI ordonna l'abolition de la question préparatoire et préalable (torture).

 

Louis XVI accorda le premier le droit de vote aux femmes dans le cadre de l'élection des députés de l'Assemblée aux États-généraux.

 

Louis XVI permit aux femmes d'accéder à toutes les maîtrises.

 

Louis XVI finança tous les aménagements de l'Hôtel-Dieu pour que chaque malade ait son propre lit individuel.

 

Louis XVI employa le premier l'expression justice sociale.

 

Louis XVI fonda un hôpital pour les enfants atteints de maladies contagieuses, aujourd'hui nommé Hôpital des Enfants-Malades.

 

Louis XVI créa le musée des Sciences et Techniques, futur centre national des Arts et Métiers.

 

Louis XVI fonda l'école des Mines.

 

Louis XVI finança sur ses propres fonds les expériences d'aérostation des frères Montgolfier.

 

Louis XVI finança également les expériences de Jouffroy d'Abbans pour l'adaptation de la machine à vapeur à la navigation.

 

Louis XVI exempta les Juifs du péage corporel et autres droits humiliants, fit construire les synagogues de Nancy et de Lunéville et permit aux Juifs l'accès à toutes les maîtrises dans tout le ressort du parlement de Nancy.

 

Louis XVI accorda des pensions de retraite à tous ceux qui exerçaient une profession maritime.

 

Louis XVI demanda l'établissement annuel de la balance du commerce.

 

Louis XVI accorda l'état-civil aux protestants et aux juifs (édit de Versailles, 1787).

 

Louis XVI ressuscitant 144 corporations se justifia ainsi devant Turgot : "En faisant cette création nous voulons donner aux ouvriers les moyens de défense, nous voulons qu'ils puissent jouir en commun, de leur intelligence qui est le bien le plus précieux de l'homme."

 

14 juillet 1789 : La Révolution dite "française"Louis XVI tenta une réforme fiscale d'égalité de tous devant l'impôt [Cf. La Subvention territoriale (1786), refusée par les parlementaires depuis un siècle... "dixième" en 1710 ... "vingtième" en 1750 ... Source: Jean-Louis Harouel, La pré-Révolution 1788-1789 in Les révolutions françaises, Sous la Direction de Frédéric Bluche et Stéphane Rials, Fayard, Mesnil-sur-l'Estrée 1989].

 

 

Durant la Révolution dite française, en 1791, la bourgeoisie d'affaire voltairienne supprima les corporations au nom du libéralisme. C'est le début de la misère sociale qui culminera tout au long du XIXe siècle. 

 

"La Révolution aura fait reculer la législation sociale de trois quarts de siècle". René Sédillot), installé le règne sans frein de la bourgeoisie capitaliste (sous couvert de "liberté et d'égalité". ... La liberté de l'enrichissement par l'égalité dans la pauvreté. ... Cf. L'impasse des droits de l'homme), la naissance du prolétariat.

 

Louis XVI était devenu un obstacle aux projets de la bourgeoisie capitaliste, qui le fit donc assassiner le 21 janvier 1793, sur l'actuelle Place de la Concorde à Paris.

 

La mort du Roi, c'est : un procès inique truqué qui déshonore la justice, la rupture avec 1300 ans d'histoire de France, le point de départ de tous les totalitarismes

 

(Cf. "La première logique totalitaire apparaît sous la Révolution française". Stéphane Courtois).

Je meurs innocent de tous les crimes qu'on m'impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort; je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe pas sur la France.

Louis XVI

 

Notes

 

[1] "Les caractères de l'ancienne servitude ont progressivement disparu (sous l'Ancien Régime). Il ne reste plus guère, en quelques régions, que des sujets soumis à la mainmorte." C'est-à-dire des gens qui ne peuvent transmettre leurs biens à d'autres qu'à leurs enfants. La mainmorte décline aux XVIIe et XVIIIe siècle, mais reste en certaines régions (Bourgogne) une arme aux mains du seigneur. (Guy Cabourdin, Georges Viard, Lexique historique de la France d'Ancien Régime, Armand Collin, 3e éd., Paris 1998, p. 303 et p. 206.)

 

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5 novembre 2023 7 05 /11 /novembre /2023 07:11

Jusqu'au bout, les hommes de la Révolution auront refusé de faire des électeurs, même au second degré, les arbitres de la dévolution du pouvoir.

François Furet, préface in Patrice Gueniffey, Le Nombre et la Raison, La Révolution française et les élections, préface de François Furet, Editions de l'Ecole des Hautes Etudes en sciences sociales, Paris 1993, p. XI

Etats généraux réunis le 5 mai 1789 à Versailles, dans la salle de l'hôtel des Menus Plaisirs

Etats généraux réunis le 5 mai 1789 à Versailles, dans la salle de l'hôtel des Menus Plaisirs

Vous trouverez ci-dessous des propositions et des solutions concrètes aux problèmes politiques et sociaux contemporains : une refondation de nos institutions pensée par Valérie Bugault qui suit nos propres propositions dans l'article publié en 2012 "Contre le Nouvel Ordre mondial : en finir avec la révolution (IIIe partie)", notamment afin de pallier l'échec de la dite "représentation" parlementaire ou régime dit "représentatif" (qui ne représente que les intérêts des puissants et des riches) :

 

=> "la représentation de la société par corps (les "groupements d'intérêts" de Valérie BUGAULT) plutôt que par têtes(partis politiques diviseurs),

=> "doter les députés, comme sous l'Ancien Régime, de mandats impératifs", tels qu'en furent dotés les députés de la monarchie "absolue" réunis le 5 mai 1789 à Versailles, selon les volontés du peuple exprimées des les Cahiers de doléances (qui ne réclamaient nulle part le renversement du roi). Les mandataires des trois ordres supprimèrent ces mandats impératifspour les remplacer par des mandats "non-impératifs" car "représentant" (soit-disant) la nation (arrêté du 17 juin 1789)

=> Il s'agit de "réfléchir à la manière de revenir à une représentation organique, plus réelle et concrète des Français, réalisée non plus par têtes (représentation individualiste) mais par poids des corps dans la société (poids des cadres, employés, ouvriers, familles, fonctionnaires, artisans, professions libérales, étudiants, etc.). De la sorte la puissance de nuisance des partis politiques, sera circonscrite, la justice et le droit rétablis", écrivions-nous alors.

 

Et avons-nous envie de dire avec Henri Guillemin, comme nous allons le voir ci-dessous, il s'agit de de circonscrire la puissance de nuisance de la "république" en plaçant à la tête de nos institutions un roi de type Ancien Régime (et non un roi de régime parlementaire), selon les propres réflexions d'Henri Guillemin :

 

"Un système monarchique est moins fort que le système républicain pour faire tenir tranquilles les pauvres gens" ! 

 

Ces réflexions d'Henri Guillemin furent faites à partir d'une "citation de Jean-Jacques Rousseau" qu'il avait découvert, la Lettre à d’Alembert sur les spectacles, de 1758, où Rousseau "décrivait parfaitement le piège d'une république dont les notables peuvent aisément prendre le contrôle" : 

Jamais, dans une monarchie, l’opulence d’un particulier ne peut le mettre au-dessus du prince ; mais, dans une république, elle peut aisément le mettre au-dessus des lois. Alors, le gouvernement n’a plus de force, et le riche est toujours le vrai souverain.

Henri Guillemin, citant J.-J. Rosseau

On peut toujours remettre en cause la volonté royale; on pourra dire "et bien c'est un homme qui ne veut pas que nous améliorions notre situation".

Tandis que s'il y a une révolte, une révolte de pauvres sous la république, c'est-à-dire sous le régime du suffrage universel, l'autorité qui va contraindre ces gens à rentrer dans leurs tanières, elle s'appelle comment ? Elle s'appelle "volonté nationale". Du moment que nous avons avec l'assemblée ce que nous appelons la "volonté de la nation", cette volonté de la nation (qui est en fait la volonté des notables) est autrement forte qu'une simple volonté royale pour faire tenir tranquilles les misérables ! La république est une manière de coincer les pauvres bien meilleure, selon monsieur Thiers, que ne l'était la monarchie !

Henri Guillemin

Ecoeuré par le régime des partis, Charles de Gaulle lui-même a eu la même réflexion dans une confidence à son ministre de la Population de 1945 à 1946, Robert Prigent, le dimanche 20 janvier 1946 à Neuilly, où il passait le reste de la journée en famille pour rédiger sa lettre de démission du Gouvernement provisoire:

Ce qu'il faudrait à ce pays, c'est un roi.

Charles de Gaulle in J.-R. Tournoux, Pétain et de Gaulle, p. 495, cité in Georgette Elgey, La République des Illusions 1945-1951 ou la Vie secrète de la IVe république, Les Grandes Etudes contemporaines, Fayard, Rennes 1965, p. 92

À la sortie de la guerre, le général considérait sa "mission" "terminée", la "tâche" qu'il s'était assignée, "accomplie", et le régime exclusif des partis" étant "reparu", selon les termes de sa déclaration à ses ministres dimanche matin 20 janvier 1946, au ministère de la Défense nationale, rue St Dominique, il lui fallait se retirer.

À propos de la monarchie "absolue", voici maintenant ci-dessous les explications de François BLUCHE, dans son "Louis XIV" (Fayard, Paris 2002). Ces réflexions viennent contredire totalement la narrative effroyable faite par l'école républicaine :

 

"Le droit divin, en effet, impose au souverain des devoirs. 'Le Ciel, écrit Louis, nous confie des peuples et des États', apportant aussitôt une limitation au pouvoir des princes. Un monarque, surtout le roi 'très chrétien', doit appliquer mieux que ses sujets les commandements de Dieu et de l'Église. ... Plus que tous les autres, le souverains doivent 'instruire leurs enfants par l'exemple.' ... Louis écrit, ailleurs, plus nettement : 'Nous devons considérer le bien de nos sujets, bien plus que le nôtre propre.'

 

"Aujourd'hui ces faits sont trop oubliés.

 

"... Or depuis 1789, un enseignement simplificateur a noirci le concept de monarchie absolue.

 

"Le XIXe siècle l'a d'ailleurs peu à peu remplacé par l'horrible mot d'absolutisme, faisant de l'ancien régime un système de l'arbitraire, voire du despotisme ou de la tyrannie. La monarchie de Louis XIV devenait rétrospectivement comme le régime du bon plaisir. 

 

"On peut en général retrouver l'origine de chaque légende. Depuis Charles VII les lettres patentes des rois s'achevaient par l'expression : 'Car tel est notre plaisir'. Nos ancêtres à qui le latin n'était pas étranger, lisaient : Placet nobis et volumus (C'est notre volonté réfléchie). Ils voyaient en cette formule la décision délibérée du Roi, non son caprice. De même traduisaient-ils sans hésiter monarchia absoluta par monarchie parfaite. 

 

"... Mais absolutus, venant du verbe absolvere (délier), les Français du XVIIIe siècle savent aussi que monarchia absoluta signifie monarchie sans liens et non sans limites."

 

(François BLUCHE, Louis XIV, Fayard, Paris 2002, p. 180-186.)

 

Sans liens, c'est-à-dire que le roi ne dépend pas des groupes de pression ni des puissants.

 

Une solution politique : Roi et peuple ne font qu'un !

CONCLUSION

 

Peuple et Roi ne font qu'un.

 

 

Dans cette défense des petits, une représentation concrète et un roi pour défendre le peuple contre les Puissants. 

 

La personne du roi, indépendante, ne dépend d'aucune puissance (d'argent), d'aucun parti, d'aucun lobby...

 

Peuple et roi ne faisant qu'un contre les intérêts des puissants.

 

Une France libre, indépendante et souveraine. Une équation parfaite que les hommes de la Révolution (de 1789) auront refusée "jusqu'au bout" aux "électeurs" !

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20 mai 2023 6 20 /05 /mai /2023 07:38

Une illustration de la chute vertigineuse de la société occidentale vers la folie collective due à l'inversion du langage a été la covidodémence où les mesures les plus irrationnelles et antiscience les unes que les autres furent prises, au nom de la science

 

ExemplesLes policiers municipaux ne peuvent pas contrôler les identités mais les restaurateurs devront contrôler le 'Pass Sanitaire'; les "vaccinés les premiers, c'est-à-dire en janvier et février, verront prochainement leurs taux d'anticorps baissés, et leurs immunités diminuées ... Je veux ici les rassurer, dès la rentrée, une campagne de rappels sera mise en place pour vous permettre de bénéficier d'une nouvelle injection selon le même système et dans les mêmes conditions" (Macron le 16 juillet 2021)la consommation debout dans les bars est interdite ; boire un café debout dans un bar est mortel, le boire assis est sans danger, mais pas dans les cinémas, théâtres et transports longue distance où il est "interdit de manger assis ; Les "plages dynamiques" où être assis à la plage est mortel mais pas si on est debout en train de marcher; Les repas limités à 6 personnes (pas à 5, ni à 7 mais à 6); Les grands-parents laissés en cuisine pour le repas de Noël ; La fermeture des rayons sous-vêtements et jouets pour enfants mais les clubs échangistes laissés ouverts... ; marcher dans la rue avec un bout de tissu magique sur le nez ; se taire dans le métro, etc., etc. Liste non exhaustive.

 

 

Mais une autre illustration de la chute vertigineuse de l'Occident vers la folie est la volonté d'endoctriner les enfants avec des mensonges quant à leur sexe.

Pourquoi sombrons-nous dans la folie et la barbarie ?

L’exploitation de nos enfants dans les écoles publiques

 

Source de l'article suivant : https://catholicexchange.com/stolen-innocence-the-exploitation-of-our-children-in-public-schools-and-what-to-do-about-it/

Traduit par : https://lecatho.fr/actualite/lexploitation-de-nos-enfants-dans-les-ecoles-publiques/ 

 

Pourquoi l’exploitation sexuelle des enfants est-elle si importante pour les impies ?

 

Jésus répondit : « N’avez-vous pas lu que celui qui les a faits dès l’origine les a faits homme et femme… ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas. » (Matt 19:4)

 

Depuis le commencement. Il y a une explosion cosmique de l’amour trinitaire. Le jardin d’Eden a été préparé pour un festin de noces. Dieu dit alors : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance. Dieu créa l’homme à son image : il le créa à l’image de Dieu, il le créa homme et femme. Souriant aux nouveaux époux, Dieu les bénit et leur dit :

 

« Soyez féconds et multipliez, remplissez la terre » (Gn 1,26-28), donnez naissance à des enfants, car ils sont très bons !

 

C’est alors qu’entre en scène le tentateur, le Mysterium Iniquitatis, une expression latine qui signifie le mystère du mal. Satan n’a pas d’argile propre. Il ne peut que tordre, déformer et chercher à détruire l’Imago Dei, le signe que Dieu a créé le bien.

 

Or, le serpent était le plus rusé de tous les animaux que le Seigneur Dieu avait créés. Le serpent demanda à la femme :

 

« Dieu t’a-t-il vraiment dit de ne manger d’aucun des arbres du jardin ?

 

La femme répondit au serpent :

 

Nous pouvons manger du fruit des arbres du jardin ; c’est seulement au sujet du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin que Dieu a dit :

 

« Vous n’en mangerez pas et vous n’y toucherez pas, de peur que vous ne mouriez« .

 

Le serpent dit à la femme :

 

« Tu ne mourras pas ! Tu ne mourras certainement pas ! Non, Dieu sait bien qu’au moment où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux qui savent ce qui est bon et ce qui est mauvais » (Gn 3,1-5).

 

Je suis de tout cœur avec les jeunes qui sont pulvérisés par une culture tordue, déformée et très toxique. On leur a menti à maintes reprises sur les fondements mêmes du mariage, de la famille, de l’amour authentique, de la véritable signification du sexe et de la sexualité, et bien d’autres choses encore.

 

L’endoctrinement sexuel, l’exploitation et la manipulation des enfants à grande échelle dans les écoles publiques sont particulièrement inquiétants. C’est pourquoi je présente « Stolen Innocence« (L'Innocence volée. Ndlr) , un événement de sensibilisation de la communauté, avec l’enquêteur Thomas Hampson, sur ce qui arrive réellement à nos enfants dans le système scolaire public.

 

La question qui revient le plus souvent au cours de la période de questions qui suit est la suivante :

 

Pourquoi ? Pourquoi une institution chargée d’éduquer les enfants de notre pays se concentre-t-elle plutôt sur la préparation et l’exploitation sexuelles des enfants dont elle a la charge ? En bref, la réponse est le Mysterium Iniquitatis. Avons-nous oublié que nous vivons dans un monde déchu ? Avons-nous oublié que le mal et ses conséquences, le péché et la mort, sont entrés dans le monde après la chute ? Avons-nous également oublié que Dieu a apporté la solution et a vaincu le péché et la mort dans le Mysterium Pietatis, le mystère de l’incarnation, de la passion, de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ ? Non, nous n’avons pas oublié. C’est que l’homme moderne s’est à nouveau trouvé devant l’arbre de la connaissance du bien et du mal et a choisi librement de rejeter Dieu. « L’innocence volée » est la conséquence de ce choix.

 

Dans son livre Toward Soviet America (1932), William Z. Foster, président national du parti communiste américain, ne laisse planer aucun doute sur l’objectif du parti en matière d’éducation américaine. « Parmi les mesures élémentaires que le Soviet américain adoptera pour faire avancer la révolution culturelle, on trouve … un ministère national de l’éducation … les études seront révolutionnées, nettoyées des aspects religieux, patriotiques et autres de l’idéologie bourgeoise. On enseignera aux étudiants les bases du marxisme et du matérialisme (Awake, Not Woke, par Noelle Mering, p. 173).

 

À peu près à la même époque, John Dewey, peut-être la figure la plus influente de l’éducation américaine moderne, a transféré l’École de Francfort, fondée par des marxistes, à l’Université de Columbia. Socialiste et athée convaincu, Dewey a passé du temps en Union soviétique et, à son retour aux États-Unis, il a écrit un livre dans lequel il exprimait son admiration et son désir de reproduire la manière dont leur système était utilisé comme outil politique.

 

Comment ils ont pu si rapidement inculquer un état d’esprit collectiviste aux enfants et comment ils ont commencé à démanteler la nécessité d’une cellule familiale.

 

« Nous nous intéressons tout particulièrement au rôle des écoles dans la mise en place de forces et de facteurs dont l’effet naturel est de saper l’importance et le caractère unique de la vie familiale » (cf. Awake, Not Woke, p. 174).

 

Dewey a fini par être connu comme le père de l’éducation progressive. Son incompréhension de la dignité de la personne humaine et son dédain de la religion ont animé et nourri sa vision de l’éducation. Dewey pensait que, plus qu’un simple apprentissage de la lecture, de l’écriture et de l’arithmétique, l’éducation devait être un outil d’ingénierie sociale et d’éveil de la conscience des enfants à l’activisme. Il a enseigné la philosophie de l’éducation au Teacher’s College de Columbia, où il a pu avoir un impact vaste et profond. En 1950, un tiers des directeurs et des surintendants des grands districts scolaires du pays y avaient été formés et étaient retournés dans leurs districts pour répandre ces théories dans tout le pays (cf. Awake, p. 174).

 

Ce sentiment a été repris par Chester M Pierce, éminent professeur d’éducation et de psychiatrie à Harvard et consultant pour des émissions éducatives pour enfants telles que Sesame Street :

 

« Chaque enfant américain qui entre à l’école à l’âge de cinq ans est mentalement malade parce qu’il vient à l’école avec certaines alliances avec nos pères fondateurs, avec nos élus, avec ses parents, avec la croyance en un être surnaturel et avec la souveraineté de cette nation en tant qu’entité distincte« , a déclaré Pierce. « C’est à vous, enseignants, qu’il incombe de guérir tous ces enfants malades en créant l’enfant international de demain » (Awake, p. 177).

 

La National Education Association (NEA), le plus grand syndicat d’enseignants du pays, s’est développée sous la houlette d’organisateurs marxistes et communistes dans sa volonté de passer outre l’influence des parents sur leurs enfants. (cf. Awake, p. 177-78)

 

Nous avons ici la réponse à la question du POURQUOI.

 

Entrez dans le tentateur, le Mysterium Iniquitatis. Satan n’a pas sa propre argile. Avec les hommes et les femmes qui ont rejeté Dieu, il ne peut que tordre, déformer et chercher à détruire l’Imago Dei, le signe de l’Amour Trinitaire – le mariage et la famille – que Dieu a créé très bon. Ce qui est le plus profané par Satan est ce qui est le plus saint. Quel meilleur moyen d’effacer Dieu que de souiller la belle innocence des enfants par le biais de l' »éducation sexuelle complète » et d’autres perversions qui leur ont été imposées ?

 

Quelle ironie, à notre époque dite moderne, que nous soyons tombés une fois de plus dans le piège de ce très vieux mensonge : « vous pouvez être comme des dieux« . Il semble que les mots d’Aldous Huxley sonnent juste une fois de plus : « Le fait que les hommes n’apprennent pas grand-chose des leçons de l’histoire est la plus importante de toutes les leçons que l’histoire a à enseigner. » Car sans le Créateur, la créature disparaîtrait… Mais quand on oublie Dieu, la créature elle-même devient inintelligible (Gaudium et spes, n° 36).

 

Pourtant, Dieu, le Père de Miséricorde, souhaite se réconcilier avec ses enfants perdus. L’histoire du salut – le salut de l’humanité tout entière ainsi que de chaque être humain à quelque époque que ce soit – est l’histoire merveilleuse d’une réconciliation. C’est la réconciliation par laquelle Dieu, en tant que Père, dans le sang et la croix de son Fils fait homme, réconcilie le monde avec lui-même et fait ainsi naître une nouvelle famille de réconciliés (Réconciliation et pénitence, Jean-Paul II, n° 4.8).

 

C’est l’heure de la décision ! L’histoire enseigne que, dans un certain sens, chaque personne se trouve devant l’arbre intemporel de la connaissance du bien et du mal. La question posée à chaque individu de chaque génération est la suivante : « Est-ce que j’utilise mon intelligence et ma raison pour construire ma vie et le monde qui m’entoure sur la vérité éternelle, sur Dieu, ou est-ce que je gaspille ma liberté et choisis plutôt…d’être comme des dieux qui savent ce qui est bon et ce qui est mauvais ?« . (Gn 3,5).

 

Jésus a dit à ses disciples :

 

« Quiconque accueille en mon nom un de ces enfants, c’est moi qu’il accueille ; mais si quelqu’un fait pécher l’un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on lui attache au cou une grande meule de moulin et qu’on le noie au fond de la mer » (Mt 18,5-6).

 

Notre espoir pour les hommes et les femmes d’aujourd’hui est qu’ils puissent surmonter l’endurcissement de leur cœur, se remettre de la perte du sens du péché, se tourner à nouveau vers Jésus-Christ et être sauvés.

 

Cet article a été publié originellement par Catholic Exchange (Lien de l’article).

Note du Blog Christ Roi.

Contrairement à ce qu'affirme le conformisme contemporain, l'Humanisme de la Renaissance n'a pas établi la raison, il l'a perdue en faisant primer la raison humaine sur la Raison divine.

Alain PASCAL, La Renaissance, cette imposture, La Guerre des Gnoses ***, éd. CIMES, Paris 2021, p.13

Le Concile Vatican II, Gaudium et spes 36 avait averti :

 

"si, par « autonomie du temporel», on veut dire que les choses créées ne dépendent pas de Dieu et que l’homme peut en disposer sans référence au Créateur, la fausseté de tels propos ne peut échapper à quiconque reconnaît Dieu. En effet, la créature sans Créateur s’évanouit. Du reste, tous les croyants, à quelque religion qu’ils appartiennent, ont toujours entendu la voix de Dieu et sa manifestation, dans le langage des créatures. Et même, l’oubli de Dieu rend opaque la créature elle-même."

 

Toute la misère de notre monde vient du fait qu'il s'est séparé de Dieu dans la culture, l'économie, le droit, la politique. Cette séparation inédite issue de la philosophie moderne qui entendait comprendre et organiser le monde comme si Dieu n'existait pas est LE mensonge. Cette profonde erreur nous fait régresser à l'état primitif archaïque, et à la barbarie.

 

"La Révélation chrétienne a offert l'Intelligence au monde, la Révolution moderne la lui fait perdre. Le vocabulaire moderne est donc une inversion. Au nom du progrès, l'humanité régresse et la cause est métaphysique. ... Le christianisme représente une révolution par rapport au monde antique. ... Il affirme le dualisme de l'Être - une distinction entre l'Être de Dieu et l'Être créé -, ce qui fait dépendre la connaissance humaine d'une intelligence supérieure à l'intelligence humaine. Il y a donc un critère transcendantal du rationnel.

 

"Le dualisme métaphysique conditionne la connaissance et le christianisme est la seule religion à le respecter. ... L'intelligence est dans la nature humaine. Elle est la faculté de connaissance. ... Le problème de la validité de son exercice réside dans son fondement." (Alain PASCAL, L'Intelligence du christianisme, tome 1, L'Humanité en quête de Dieu, éd. du Verbe Haut 2022, p. 22-23.)

 

"La vraie mystique et le vrai rationalisme ne sont possibles que dans un dualisme métaphysique, c'est-à-dire une distinction entre l'Être Créateur et l'être créé (la nature). Il faut que Dieu ait un Être, ce qui n'est pas le cas dans le déisme philosophique, ni le maçonnisme.

 

"Le 'dieu' des philosophes et le Grand Architecte de l'Univers (GADLU) ne sont pas Dieu.

"Les maçons font référence à un Grand Architecte de l'Univers qui n'est pas le Dieu chrétien, mais un Esprit cosmique, donc qui n'a pas d'Être. Or on ne peut pas s'unir ou contempler un Dieu qui n'a pas d'Être (c'est la mystique), ni atteindre la raison sans la Révélation chrétienne (c'est le vrai rationalisme). La franc-maçonnerie usurpe le langage chrétien." (Alain PASCAL, La Révolution des Illuminés, Les droits de l’homme contre Dieu, La Conspiration des philosophes, 4e tome, éd. Cimes, Paris 2023, p. 34.)

 

"Depuis la Révolution, la société est coupée du Sacré. Le religieux est passé du conscient à l'inconscient et le langage a été inversé par la philosophie moderne, qui offre à l'homme non pas la liberté, mais l'esclavage et la mort.

"La philosophie moderne est une régression mentale qui entraîne une régression sociale." (Alain PASCAL, La Renaissance, cette imposture, La Guerre des Gnoses ***, éd. CIMES, Paris 2021, p.15.)

 

Le langage moderne est inversé, et cette régression horrible s'appelle "progrès".

 

"Le langage moderne est une inversion du langage traditionnel (Cf. l'inversion des mots Raison, Révélation, Lumière, Vérité, Dieu, liberté ...), ce pourquoi son rationalisme est un irrationalisme. Cette inversion explique que le progressisme soit une régression vers la barbarie. Les deux cents millions de morts du XXe siècle sont la (triste) démonstration de l'échec moderne, à savoir que les temps modernes ouverts par la Révolution n'ont pas fait le bonheur de l'humanité, mais son malheur. Pourquoi ? Parce que la philosophie moderne est anti-chrétienne, donc anti-divine. ... La philosophie moderne sert l'Adversaire de Dieu, c'est-à-dire est diabolique. Les temps modernes sont diaboliques par le mensonge politique ..., mais aussi par leur amoncellement de cadavres. Silence, on exploite et on tue. ... Parce que la Révolution a fait revenir le sacrificiel archaïque. Le moderne vit une ''crise sacrificielle'', comme l'a mis en évidence René Girard.

"... La philosophie moderne ne peut pas être rationnelle dès lors qu'elle dérive de la gnose et de la Kabbale, ésotérismes qui nient la Raison révélée par le Fils de Dieu et dont la meilleure expression est la grande scolastique du XIIIe siècle. Le véritable rationalisme est le rationalisme scolastique, ... 'cathédrale de la pensée' parce que, en soumettant la raison humaine à la Révélation, il protège l'Occident de la gnose et de la Kabbale, et en inscrivant le rationalisme dans la métaphysique dualiste de la Bible.

"... Or les humanistes de la 'Renaissance" se sont inscrits contre la scolastique... C'était une régression au monisme sur le plan métaphysique (l'Être Un) et par conséquent une régression épistémologique. La 'Renaissance' ne pouvait donc pas être un rationalisme. ... Ce pourquoi la philosophie moderne est l'anti-Raison.

"On ne peut pas ignorer le Sacré et prétendre maîtriser la violence, délaisser le dualisme métaphysique et prétendre à la Raison..., etc." 

 

En premier lieu, la cause de notre malheur est le doute (c'est-à-dire l'homme) substitué à ‘’la vérité’’, l"homme qui raisonne avant de croire. C'est toujours le "crois pour comprendre" de S. Augustin qui est premier, avant le "comprends pour croire" qui est bien évidemment possible aussi dans le christianisme, mais qui arrive en second dans la méthode de la connaissance.

 

La cause de nos malheurs publics c'est de poser en premier l’homme (et son doute, la raison humaine) à la place de la raison divine.

 

Le "comprends pour croire" dans la civilisation chrétienne arrive après le "crois pour comprendre" ; la foi en Dieu est placée en premier (avant l'homme et sa raison). Cette méthode a donné le grand siècle de la raison scolastique du XIIIe siècle avec S. Thomas d'Aquin.

 

C'est dorénavant l'homme qui est le ''premier servi'' (expression de Sainte Jeanne d'Arc) et non plus Dieu.

 

"Voltaire (...) héritier de Descartes (...) a achevé de couper la foi de la raison et a ainsi créé une nouvelle sorte de foi (...) puisque c'est l'anti-foi. Ce n'est plus 'croire pour comprendre', c'est croire de ne pas croire pour ne plus comprendre" ! (...) La croyance est passée à l'inconscient et la raison est devenue irraison."

Alain PASCAL, Le Siècle des Ténèbres, Vers la Révolution maçonnique en France, La Conspiration des philosophes, 3e tome, éd. Cimes, Paris 2019, p. 463.)

 

"...Le Cogito (de Descartes) est une inversion de la métaphysique chrétienne, car un chrétien doit dire : Je suis donc je pense. [Le "puisque je sais que je suis, je sais également que je suis" de S. Augustin. Ndlr.] Dieu m'a créé et m'a fait don de la pensée, et par suite, le monde existe hors de moi, comme un objet soumis à ma faculté de connaissance. C'est (une question de) logique. On ne pense pas rien, on pense ce qui est avant que l'on pense. L'Être doit donc être avant la pensée. Car le réel ne dépend pas de l'idée, il est avant l'idée. Or, avec le 'je pense, donc je suis', Descartes nie l'Être qui précède l'idée. Par suite, sa méthode ne peut accéder à la connaissance du réel. ... L'idéalisme cartésien est ainsi utopie cognitive sur le plan épistémologique (parce qu'il inverse la démarche scolastique) ... et pis encore, péché originel, car substitution de l'Homme à Dieu sur le plan ontologique.

 

... Si la pensée du sujet, le 'je' précède l'existence, ce n'est plus l'Esprit de Dieu (Sa Parole, Son Verbe) qui a créé le monde 'au commencement', c'est la pensée humaine qui crée l'Être du monde. ... Et par conséquent, le monde n'est plus un objet extérieur à l'homme, il devient le fruit de sa pensée. Le monde est parce qu'il est perçu, expérimenté, construit par l'homme, qui devient ainsi le véritable créateur. ... Dieu devient le fruit de la pensée humaine. Dieu n'Est plus... C'est d'ailleurs ce que dit Descartes : 'Je suis, donc Dieu est', et 'je pense Dieu, donc Dieu est' ? ... Le Dieu mathématique de Descartes étant une abstraction de l'esprit humain..., il est logique qu'en loges les athées aient finalement supplanté les spiritualistes... La 'mort de Dieu' étant la conséquence finale et inéluctable du cartésianisme, cette philosophie est plus diabolique que la théosophie de Bœhme... En réduisant le rationalisme à l'homme, Descartes détruit le socle divin du rationalisme, il offre la raison au Diable. Descartes pense en initié rosicrucien. ... Sa 'méthode' n'en devient pas scientifique pour autant, puisqu'elle tire la vérité du 'moi'. Son 'rationalisme' passe ainsi de l'objectif (critère scientifique) au subjectif, donc sa 'méthode' renie le fondement même de la démarche scientifique... une sorte d'onanisme intellectuel dont vont pouvoir naître les pires utopies... Cette raison inversée est la 'raison' du Diable, la 'lumière' de Lucifer, le Maître des Roses-Croix... (qui) a fait commettre à l'homme moderne le 'péché originel' épistémologique. Saint Thomas partait des choses,... en dédaignant l'objet, Descartes perd toute intelligibilité du réel. Avec Descartes l'objet est méprisé et la raison humaine fonctionne sur du vide. Elle s'illusionne sur le réel que l'individu 'reconstruit ' artificiellement à la place de son Créateur... Désormais perdu dans un verbiage qu'il prend pour une 'science', l'homme moderne a perdu la Raison et avec elle la connaissance du Réel créé par Dieu. Descartes est à la source de tout l'absurde langage moderne, ce verbiage qui dit 'raison' pour irraison, 'réel' pour irréel, etc. Liberté, à l'égard de l'objet... qui nous rend, pour n'être mesurés par rien, également soumis à n'importe quoi... L'homme moderne est perdu dans un 'entre-monde' qui est constitué d'artificialités, car il utilise un langage dénué de sens, ... qui lui fait prendre le vrai pour le faux (c'est une inversion), donc le pousse à détruire la Nature, alors qu'il la vénère (c'est l'absurdité de l'écologie). ... Avec le Cogito, l'objet doit son existence au sujet pensant et le monde n'est plus hors de l'homme, il est par l'homme... Le rationnel devient dépendant de l'évolution de la connaissance humaine. Quand le doute est substitué à la certitude, la vérité est variable, donc il n'y a plus de vérité... Le réel n'est plus, il est construit; c'est le sujet qui fonde la connaissance, ce que dira Kant en tirant la conséquence du 'rationalisme' de Descartes. Le Cogito est une transcription en philosophie du nominalisme et de l'empirisme, deux doctrines condamnées depuis des siècles par l'Eglise.

...Et l'idéalisme cartésien implique une métaphysique moniste, même si Descartes affirme le contraire. En effet, ce n'est plus l'Esprit de Dieu qui crée seul, puisque l'existence de l'objet dépend également du Cogito, l'esprit humain... Suite logique, les successeurs de Descartes diront que le monde n'est plus l'œuvre de Dieu, mais de la pensée humaine. C'est incompatible avec le christianisme, mais c'est compatible avec la gnose et la kabbale... Le matérialisme athée est l'aboutissement logique de la philosophie moderne qu'inaugure Descartes...

Et la logique de la philosophie moderne est d'aboutir à un collectivisme cosmopolite...

Descartes crée une nouvelle mythologie, celle du progrès rationnel dû à la philosophie ... Descartes vint, puis les 'Lumières' et est arrivé ce qui devait arrivé, la Révolution et les Temps modernes, les pires horreurs de toute l'histoire de l'humanité. Car le monde sans Dieu est le pire de tous pour l'homme." (Cf. Alain PASCAL, Le Siècle des Rose-Croix, Pascal contre Descartes, La Conspiration des philosophes tome 2, éd. Cimes, Paris 2018, p. 9-10; 15-17; 187-193; 195; 197-202; 211; 222; 224; 227.)

 

"En créant le mythe des Lumières, l'histoire officielle inverse la réalité. Car le XVIIIe siècle est le Siècle des Ténèbres et la responsabilité ... incombe aux philosophes, mais également à la franc-maçonnerie. En effet, le siècle dit "des Lumières" n'a pas marqué un progrès de la raison, il se caractérise au contraire par le retour de superstitions qui ont été véhiculées par des philosophes qui ont imposé des croyances irrationnelles d'un autre âge avec la complicité des loges maçonniques.

"Le XVIIIe siècle n'a pas vu la naissance d'idées nouvelles, mais la victoire de vieux cultes du cosmos sur la tradition chrétienne. Cette régression explique que la Révolution de 1789 ait fait couler le sang du sacrificiel archaïque et qu'à sa suite, les Temps modernes soient les pires de tous ceux vécus par l'humanité tant ils ont amoncelé les cadavres.

 

[''Refaisons l'addition des pertes dues à la Révolution et à l'Empire:

 

400 000 morts pour les guerres jusqu'en 1800;

un million pour les guerres napoléoniennes;

600 000 pour les guerres intestines;

et l'échafaud pour mémoire. Voilà nos deux millions de morts.

 

Près de 80% des personnes guillotinées sous la Révolution étaient des petites gens. Les ouvriers ont été envoyés par charrettes entières à la guillotine. Les décapitations [...] concernent pour 28% des paysans, pour 31% des artisans et des ouvriers, sans doute pour plus de 20% des marchands ... 8 à 9% des nobles, pour 6 à 7% des membres du clergé..." (René SÉDILLOT, Le coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin Mesnil-sur-l'Estrée 1987, p. 24-28).]

 

Lire : 

"Le Coût de la Révolution française". Deux MILLIONS de morts. René Sédillot

Le complot républicain de 1792 et le génocide vendéen

 

"... L'ère démocratique et la Démocratie ... régression ... vers la barbarie.

"Pour masquer ces faits – la Démocratie … est aujourd’hui un ’DOGME’ – l’histoire officielle – c’est-à-dire réécrite par la franc-maçonnerie – a créé un mythe des ’Lumières’ qui fait suite au mythe de la ‘’Renaissance’’, au mythe d’une philosophie ‘moderne’ ‘rationnelle’, etc. Tout le vocabulaire de l’histoire officielle est mensonger, … une inversion des mots." (Alain PASCAL, La Révolution des Illuminés, Les droits de l’homme contre Dieu, La Conspiration des philosophes, 4e tome, éd. Cimes, Paris 2023, p. 11-12.)

 

Lire : Subversion du langage : Un poème d'Armand Robin qui explique le programme des deux derniers siècles

 

"Au XVIIIe siècle, ... quand les faux mystiques seront unis aux faux rationalistes, les ténèbres seront complètes.

Alors la parenthèse tragique des Temps modernes obscurantistes pourra s'ouvrir."

(Alain PASCAL, Le Siècle des Rose-Croix, Pascal contre Descartes, La Conspiration des Philosophes, 2e tome, éd. Cimes, Paris 2018, p. 468)

 

Non plus la raison venant de Dieu, mais la raison dressée contre Dieu

 

C'est cet échec du monde moderne que nous assistons actuellement. La Russie semble vouloir s'extirper de cette folie en revenant à sa culture chrétienne, quand l'Occident continue sa course folle vers l'état primitif.

 

"Aujourd'hui, les modernes ont perdu la Raison parce qu'en faisant table rase de la tradition chrétienne, ils sont revenus à la mentalité primitive. La victoire de la barbarie sur la Civilisation en témoigne", explique Alain PASCAL. (La Guerre des Gnoses, Les ésotérismes contre la tradition chrétienne, tome 2, Islam et Kabbale contre l’Occident chrétien, éd. Cimes, 2e éd. revue et augmentée, Paris 2015, p. 289.)

 

"Les Temps modernes ne pouvaient pas être un progrès parce que le 'rationalisme' qui les fonde est une régression mentale.

 

"[...] La 'raison' moderne ne peut pas être rationnelle puisqu'elle est individuelle, et que l'expérience individuelle a nécessairement recours aux 'sens' comme l'a montré Saint Thomas. Pour être, la Raison doit transcender l'individu.

 

"[...] Le 'rationalisme' moderne ne peut pas être rationnel puisqu'il est l'expression ultime de croyances primitives traduites en philosophie." (Alain PASCAL, La Guerre des Gnoses, Les ésotérismes contre la tradition chrétienne, tome 2, Islam et Kabbale contre l’Occident chrétien, ibid., p. 289)

 

"Le lecteur occidental doit donc oublier le langage de la philosophie moderne, qui a récupéré certains mots en les détournant de leur sens originel. [...] Il y a de nos jours une confusion du vocabulaire dont la responsabilité incombe aux loges maçonniques, et contrairement au langage de la philosophie moderne, obscure [...], les grands systèmes scolastiques (fidèles à la tradition chrétienne) [...] sont d'une clarté exemplaire. En un mot, la lumière du langage scolastique s'oppose à l'obscurantisme du mot rationalisme, justement.

 

"Pour un traditionaliste chrétien, le rationalisme consiste à respecter la Raison divine, alors que dans le langage moderne, le rationalisme fait prédominer la raison humaine sur la Raison divine, voire nie la Raison divine.

 

C'est un exemple d'inversion du langage.

 

Nous pourrions donner un autre exemple, à savoir que, dans le langage scolastique, l'empirisme s'oppose au réalisme et au rationalisme, alors qu'en lange moderne l'empirisme se prétend réaliste et rationnel.

 

[...] Le mot rationalisme naît avec la scolastique – la Raison divine est offerte à l'humanité par la scolastique –, et aujourd'hui il signifie le contraire du rationalisme scolastique. [...] Être rationaliste, c'est accorder la Raison divine à la faculté rationnelle humaine. La scolastique donne la qualité à la chose en allant du supérieur (la raison divine. Ndlr.) à l'inférieur (l'humain). [...] Le moderne (au contraire) part de l'inférieur, la Nature, qu'il étudie par une science quantitative, numérique et profane. [...] Le moderne déduit la loi d'une science qui nie le Sacré.

 

[...] La dernière (philosophie) en date est l'existentialisme athée, philosophie qui a conclu à l'absurde, ce qui est un aveu total de perte de sens. Le mot lui-même est utilisé à contresens, par exemple par les marxistes lorsqu'ils osent parler du 'sens de l'histoire' à propos de leur 'progressisme'. C'est le plus grand (et le pire) exemple d'absurdité meurtrière née de l'inversion du langage par la philosophie moderne. Car le marxisme a définitivement démontré son irrationalité, son incapacité à comprendre le réel. Le progressisme marxisme est une régression historique sans précédent. 

 

"[...] Il ne faut cependant pas désespérer car l'Intelligence perdue provoque un tel excès de primitivation que le malheur vécu et le manque spirituel sont à même de rendre évident la nécessité d'une renaissance de l'Intelligence. Au bout de l'absurde, une nostalgie rationnelle et sacrale provoquera la fin des Temps modernes." (Alain PASCAL, La Guerre des Gnoses, Les ésotérismes contre la tradition chrétienne, tome 2, Islam et Kabbale contre l’Occident chrétien, ibid., p. 139-141.)

 

"La philosophie moderne est stupide – c'est le mot – quand elle dit  que l'homme est rationnel parce qu'il a rejeté Dieu et qu'elle prône une liberté individuelle parce que la raison humaine ne peut venir que de Dieu et que la liberté est impossible à l'individu, puisqu'il est interne au cosmos. Pour preuve, l'homme moderne ne comprend plus rien, il est fou, et de moins en moins libre (il n'y a que les victimes du communisme qui s'en aperçoivent...) [...] Le monisme métaphysique est donc la cause de l'échec moderne. [...] En  régressant à avant la scolastique, la philosophie moderne ne peut pas être nouvelle, elle est nécessairement régressive. 

 

"La scolastique est un immense progrès parce qu'elle a sanctifié la philosophie ancienne (qui aspirait à libérer l'homme des croyances irrationnelles des relations cosmiques antiques en accordant à l'humain la faculté rationnelle et la liberté individuelle, mais avait échoué car elle avait persisté dans le monisme de l'Être parce que c'était la seule conception de l'époque, ou parce que les premiers philosophes, s'ils avaient peut-être eu l'échos de la genèse [...] n'en avaient pas compris la métaphysique) en la refondant sur le dualisme métaphysique." (Un Dieu créateur et un monde créé non confondus dans l'Un antique). (Alain PASCAL, Les Sources occultes de la philosophie moderne, De la Gnose à la théosophie, tome 1 de La Conspiration des philosophes, éd. des Cimes, Paris 2017, p. 109-111.)

 

"Dans le catholicisme [...] le Père incarne le Fils pour que l'homme ['fait à l'image de Dieu'. Ndlr.] ait une raison qui lui permette d'étudier scientifiquement la nature. La nature n'est plus [comme dans les anciennes cosmogonies monistes. Ndlr.] le corps de Dieu parce que le Père est transcendant, 'les choses cachées depuis la fondation du monde' sont révélées par le Fils, si bien que l'homme peut étudier le créé sans peur. Par la Trinité, et la Trinité seule, la magie est écartée de la science. La magie est la forme primitive de la science, mais celle-ci n'est véritablement devenue objective (donc rationnelle...) qu'avec l'abandon de la magie, c'est-à-dire lorsque la métaphysique du christianisme a délivré la nature de ses mystères en distinguant l'être créé de l'Être créateur.

 

"Seul à respecter la métaphysique du dualisme de l'Être de la Bible, le dogme catholique est le seul à être rationnel parce qu'il est le seul à exclure toute magie.  [...] Il faut en tirer la conséquence sur notre civilisation. [...] [L]e retour actuel de la magie constitue à l'égard de l'Occident chrétien une menace de mort au même titre que le choix métaphysique moniste." (Alain PASCAL, La Renaissance, cette imposture, La Guerre des Gnoses ***, éd. CIMES, Paris 2021, p. 57-58.)

 

"La philosophie moderne a fait perdre à l'humain toute raison, puisqu'elle a affirmé une fausse raison, qui plus est l'inverse de la Raison. C'est pour cela que l'homme moderne ne domine plus le réel. ... Le modernisme étant une négation du christianisme (il est démontré que la philosophie moderne est une inversion de la scolastique chrétienne), il est une régression et non pas un progrès, ce n'est pas une affirmation de théologien, mais un constat d'historien. L'homme moderne n'est pas raisonnable, il est fou, raison pour laquelle il est violent. Car jamais, y compris dans les temps les plus primitifs, l'humain n'a autant versé le sang humain. Tel est le fait incontestable. En quantité et en proportion d'êtres humains tués par l'homme, les Temps modernes ont battu tous les recors, et ce n'est pas fini..." (Alain PASCAL, L'Intelligence du christianisme, tome 1, L'Humanité en quête de Dieu, éd. du Verbe Haut 2022, p. 49-50.)

 

"Les Temps modernes [...] ont vu la plus forte montée d'irrationnel et la plus forte explosion de la violence de toute l'histoire de l'humanité, y compris la plus primitive...

 

"[L]a cause de la violence moderne est l'abandon de la métaphysique du dualisme de l'Être. [...] Le monisme de l'Être est le problème de la philosophie moderne, la cause métaphysique de l'échec moderne. La philosophie moderne est moniste, car elle nie le Surnaturel, donc présuppose un Être Un, et cette erreur métaphysique s'accompagne obligatoirement d'une résurgence du sacrificiel archaïque. [...] Loin d'être un progrès, l''Éternel retour' au monisme est une régression." (Alain PASCAL, La Renaissance, cette imposture, La Guerre des Gnoses ***, éd. CIMES, Paris 2021, p. 61.)

 

De même, "l'Humanisme qui est une divinisation de l'homme (sans les moyens de Dieu, donc avec les moyens du serpent de la Genèse. Ndlr.), loin de permettre une connaissance rationnelle constitue un obstacle. Car par lui-même, l'homme ne peut avoir qu'une connaissance limitée de l'univers. Certains aspects du réel sont hors de ses sens, donc aussi de sa raison. L'univers tient ses lois d'une Intelligence supérieure à celle de l'homme, donc il faut à la raison humaine que 'Quelqu'un' lui révèle cette Intelligence supérieure. En un mot, pour atteindre la Raison, il faut partir de Dieu et non de l'Homme." (Alain PASCAL, L'Intelligence du christianisme, tome1, L'Humanité en quête de Dieu, éd. Du Verbe haut 2022, p. 384.)

 

"Puisque seul le christianisme respecte la parole de Dieu (et le dualisme biblique avec d'un côté un Être créateur, Dieu, et de l'autre côté, des créatures, à ne pas confondre avec Dieu lui-même, et qui ne sont pas des êtres créateurs. Ce que conteste la philosophie moderne... Ndlr.) [...], mettre fin au christianisme est servir le diable, l'esprit qui veut détruire la Création de Dieu, et c'est pourquoi depuis que la société est antichrétienne, c'est-à-dire depuis le début des Temps modernes, l'homme met en péril la Création.

 

"L'humain a perdu la Raison, il sombre dans l'absurde (notre Absurdie actuelle, Ndlr.), parce qu'il a perdu l'Intelligence de la Bible et il a été séduit par celle du diable.

 

"De nos jours, l'écologie illustre cette absurdité. L'écologie est en effet la religion cosmique (moniste archaïque d'un Cosmos un. Nldr.) qui va justifier la dictature mondiale. C'est absurde puisque cette religiosité exprime une nostalgie de la Création (du jardin d'Eden avant la Chute... Ndlr.) alors qu'elle est mise au service d'un mondialisme destructeur de la Création. L'écologie devrait défendre l'Ordre du Cosmos alors qu'elle est l'extrême révolution, l'apologie du chaos. L'écologie est à la fois l'extrême progressisme, l'aboutissement de la révolte contre Dieu, mais aussi l'anti-science qui peut mettre fin au progressisme ! Certains verront dans cette absurdité écologique une volonté supérieure, tant il est vrai qu'après le Chaos revient l'Ordre...

 

"Nous entrons dans l'espérance. Les temps modernes vont se clore et l'Intelligence sera rendue à l'homme avec la mémoire." (Alain PASCAL, La Guerre des Gnoses, Les ésotérismes contre la tradition chrétienne, tome 2, Islam et Kabbale contre l’Occident chrétien, ibid., p. 203.)

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29 avril 2023 6 29 /04 /avril /2023 12:49

Après avoir voulu chasser le sacré religieux de nos vies, celui-ci revient sous la forme d'un sacré moderne irrationnel, déconnecté du réel et de la constatation scientifique, le "temps des peurs" irrationnelles. 

 

Dans son dernier livre, Michel Maffesoli perçoit dans ce "temps des peurs" "les clefs la Renaissance post-moderne" :

Michel Maffesoli, Le temps des peurs

Pandémie, crise climatique, inflation… Les élites au pouvoir, arc-boutées sur les anciennes valeurs, ne cessent d’instrumentaliser les dangers et les menaces afin de contraindre les comportements individuels et de restreindre les relations sociales.

 

Jouant sur la peur archétypale, la caste dominante multiplie les procédés de contrôle et d’asservissement : injonctions autoritaristes, surveillances croissantes, théâtralisations caricaturales… Tous les moyens sont bons pour aboutir à la soumission généralisée et à l’anéantissement de la pensée.

 

Mais les divers mouvements de rébellion du peuple, qui refuse cette idéologie mortifère, viennent mettre à mal la logique de domination et conduisent à un retour de la Tradition.

 

Un essai capital pour comprendre les clefs de la renaissance postmoderne en cours.

 

Professeur émérite à la Sorbonne, membre de l’Institut universitaire de France, Michel Maffesoli est l’auteur d’une oeuvre fondamentale. Il a récemment publié, aux Éditions du Cerf, L’Ère des soulèvements et Logique de l’assentiment.

 

Source: https://www.editionsducerf.fr/librairie/livre/19961/Le-temps-des-peurs

Il y a un potentiel de tyrannie probablement plus grand dans la république et dans les dérives comme l'empire que dans la monarchie originelle. Et nous sommes aujourd'hui quelque part dans le même cas de figure [que sous Robespierre], dans une forme de nouvelle terreur. Il y a des stratégies de terrorisation de la population qui sont mises en œuvre, et en particulier de persécution de ceux qui s'opposeraient à cette idéologie délirante.

Et le pouvoir, aujourd'hui en place, pour faire oublier la logique de domination dans laquelle il est caractéristique des totalitarismes, veut voir du complotisme partout. [C'est-à-dire que] Tous ceux qui n'adhèrent pas à cette narration délirante et paranoïaque sont eux-mêmes immédiatement étiquetés comme 'paranoïaques'.

Jean-Dominique Michel

Dans une video YouTube Jean-Dominique Michel présente le livre de Michel Maffesoli :

Note du Blog Christ Roi. La dérive actuelle inquisitoriale complosophiste consistant à disqualifier les discours contredisant les narratifs gouvernementaux confine au manichéisme des loges maçonniques, décrit dans l'ouvrage de Alain PASCAL, La Guerre des Gnoses, Les ésotérismes contre la tradition chrétienne, La Pré-kabbale, Éd. de l'Æncre, Paris 1999 (p. 174), ouvrage que tout résistant doit impérativement posséder en bonne place dans sa bibliothèque de combat :

 

"Comme les manichéens, les loges combattent ceux qu'elles accusent d'appartenir aux 'ténèbres', les 'obscurantistes'. Exploitant sans vergogne le dualisme du bien et du mal, les francs-maçons excluent de la pseudo-démocratie leurs adversaires, couverts de l'opprobre maléfique d'expressions telles 'ennemis de la liberté', 'contre-révolutionnaires', désormais 'fascistes', etc."

 

"Mafessoli souligne que la sagesse populaire, elle, n'est pas dupe, parce qu'elle sait de longue tradition que seul le dogme est irréfutable...

 

"[...] Tout notre travail est de transformer ces "peurs" créées par les élites en agir pour être assuré de les mettre en échec. Quoi qu'il en coûte car il en va de notre humanité." (Jean-Dominique Michel)

 

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28 janvier 2023 6 28 /01 /janvier /2023 09:08
Réintégrons les suspendus

15 septembre 2021 - 28 janvier 2023, 500 jours. La France est le dernier pays d'Europe à ne pas réintégrer ses soignants non injectés.

Leur liberté c'est d'obéir au risque d'être banni de la société. C'est clair, non?

Source video : Twitter

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20 décembre 2022 2 20 /12 /décembre /2022 20:50

Si vous lisez ceci, vous avez survécu à la troisième année de la plus grande guerre psychologique jamais menée.

Nous avons survécu à la troisième année de la plus grande guerre psychologique de l'histoire de l'humanité, écrit le médecin Robert Malone sur Substack. Chaque jour, vous avez vu votre gouvernement utiliser des techniques de guerre sophistiquées de cinquième génération contre ses propres citoyens.

 

Ceux qui n'ont pas été infectés méritent une médaille. Ceux qui ont fait confiance au gouvernement, ont pris le vaccin et en souffrent maintenant peuvent mériter une décoration militaire pour leurs blessures de guerre. Et observons une minute de silence pour les millions de morts sur le champ de bataille, a déclaré Malone.

 

Nous avons affaire à une guerre de cinquième génération. C'est un jeu étrange car vous ne pouvez gagner que si vous ne jouez pas. Aujourd'hui, les guerres ne sont plus menées par des armées, mais dans l'esprit des citoyens. Les guerres ne se déroulent pas quelque part sur un champ de bataille, mais dans l'esprit des gens.

 

La forme de guerre la plus dangereuse de tous les temps

 

La première génération de guerre était caractérisée par de grands groupes de personnes se battant physiquement, la deuxième génération a été introduite par l'armée française et s'est terminée avec la Première Guerre mondiale, la troisième génération était un produit allemand et a été utilisée pendant la Seconde Guerre mondiale, la quatrième génération a introduit des acteurs non étatiques et la cinquième génération implique la lutte pour la perception et l'information.

 

La cinquième génération peut être définie comme la manipulation secrète et délibérée d'acteurs, de réseaux, d'institutions et d'États pour atteindre un ou plusieurs objectifs tout en minimisant le nombre de contrecoups.

 

La violence est utilisée si discrètement que la victime ne se rend même pas compte qu'elle est une victime de la guerre et qu'elle est en train de perdre la guerre. Cela en fait la forme de guerre la plus dangereuse qui soit. Les guerres les plus réussies sont des guerres qui ne sont jamais reconnues comme telles.

 

Vous avez donc survécu à la troisième année de la plus grande guerre psychologique de l'histoire de l'humanité, affirme Malone. Au cours des trois dernières années, les gouvernements ont utilisé quotidiennement des technologies, des stratégies et des tactiques militaires sophistiquées contre leurs propres citoyens pour accélérer la Grande Réinitialisation. Votre esprit, vos pensées et vos émotions forment le champ de bataille sur lequel les batailles se déroulent.

 

Les classes supérieures, moyennes et inférieures disparaissent au profit d'un système de castes qui sépare les ouvriers de la « classe des portables ». Au-dessus de cette boîte se trouvent les machines, l'intelligence artificielle, les robots et l'état de surveillance. Bientôt, ce seront les hybrides de l'homme et de la machine, le soi-disant transhumanisme dont les dirigeants du WEF, Klaus Schwab et Yuval Noah Harari, ont si souvent parlé.

 

Au-dessus des hommes et des machines se dresse un petit groupe qui aspire à un monde où l'on ne possède rien et où l'on est heureux de tout posséder. Malone a mentionné Larry Fink, Bill Gates, Jeff Bezos et Elon Musk.

 

Puisque l'ennemi agit comme un essaim, personne ne peut être tenu responsable individuellement. Cela signifie que les personnes qui ont été lésées par les actions de l'essaim n'ont rien à attendre du système judiciaire. Pour la même raison, les responsables de la crise de Corona ne seront jamais traduits en justice.

 

Malone le résume : Votre esprit, votre pensée et vos sentiments sont le champ de bataille sur lequel les batailles sont livrées. Vous n'avez que deux choix : vous instruire sur la guerre de cinquième génération et apprendre à repérer les mensonges, à ne pas vous joindre à eux ou à abandonner votre autonomie et votre souveraineté. Votre choix, votre avenir.

 

Source: https://uncutnews.ch/wenn-sie-dies-lesen-haben-sie-das-dritte-jahr-der-groessten-psychologischen-kriegsfuehrung-ueberlebt-die-jemals-durchgefuehrt-wurde/

 

___________________

Général : "La pandémie de COVID entre exactement dans le champs des CIMIC ou PSYOPS. Nous sommes de fait dans une forme de guerre psychologique qui est menée contre la population civile française. La population française est attaquée"

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