« Je recommande à mon fils s’il avait le malheur de devenir Roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, [...] qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les Lois, mais en même temps qu’un Roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile. » (Testament de Louis XVI)
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Dans un entretien pour Avvenire.it du 12 septembre 2025, le Cardinal Robert Sarah s'est demandé si il était "possible d'interdire un rite [la messe latine traditionnelle] vieux de plus de mille ans."
Le cardinal Sarah a parlé des restrictions imposées à la messe en latin dans un nouvel entretien publié cette semaine :
"Tous les baptisés ont la citoyenneté de l'Église, partageant son Credo et la morale qui en découle. Au fil des siècles, la diversité des rites célébrant l'unique sacrifice eucharistique n'a jamais posé de problèmes aux autorités, car l'unité de la foi était évidente. En effet, je crois que la variété des rites dans le monde catholique est une grande richesse.
"Un rite, en outre, ne se compose pas sur un bureau, mais est le fruit d’une stratification et d’une sédimentation théologique et cultuelle. Je me demande s’il est possible d’interdire un rite vieux de plus de mille ans.
"Enfin, si la liturgie est aussi une source pour la théologie, comment refuser l'accès aux 'sources anciennes' ? Ce serait comme interdire l'étude de saint Augustin à quiconque souhaite réfléchir correctement à la grâce ou à la Trinité."
Concernant "Fiducia supplicans", le cardinal a déclaré:
"J'espère que le contenu Fiducia supplicans pourra être clarifié davantage, voire reformulé. Cette déclaration est théologiquement faible et donc injustifiée. Elle met en danger l'unité de l'Église. C'est un document à oublier."
''En parlant à Nicodème (Jn 3,14-15) Jésus utilise une image tirée du Livre des Nombres, où l'on voit le peuple du désert en difficulté (chap. 20 à 36). Il a commencé son chemin vers la liberté, mais à un moment donné, il ne supporte plus le voyage et commence à penser que tout ce qu'il vit est inutile ; que le Seigneur l'a trompé, qu'il ne veut pas sa vie, mais sa mort. Nous sommes comme ça aussi. Nous sommes en chemin, et ce chemin est difficile, et nous sommes tentés de penser que si ce chemin est difficile, c'est parce que Dieu n'est pas avec nous, parce qu'il ne se soucie pas de nous. Ce doute est précisément le poison que les serpents nous instillent, un poison qui mène à la mort. Alors le Seigneur envoie un signe pour que son peuple fatigué puisse réapprendre à faire confiance, à croire en l’amour de Dieu. Ce qui est frappant, c'est que le Seigneur n'élimine pas les serpents qui continuent de mordre le peuple. Il ne les supprime pas, mais il offre un antidote plus fort que le venin, un antidote capable de le neutraliser. Le mal demeure, mais il n’apporte pas nécessairement la mort. Et quel est cet antidote ? Que doit faire le peuple ? Paradoxalement, on ne leur demande pas de lutter contre les serpents, ni de tenter de les éliminer : ils n’y parviendront jamais, car nous ne pouvons pas vaincre le mal par nous-mêmes. Au lieu de cela, ils doivent lever les yeux et regarder le serpent dressé. Rien d'autre. Et quiconque agit ainsi demeure en vie. (Nb 21,8-9)
Le symbole même de la mort, le serpent, devient symbole de la vie. Jésus réinterprète ce signe à la lumière de ce que sera son destin de Crucifié : 'Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle'. Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle.' (Jn 3,14-16.) Sa vie et sa mort sont comme le serpent dressé, visibles par tous, et quiconque le regarde voit au plus profond de son cœur quelque chose qui peut le guérir. Il voit l'amour du Père pour chaque homme. Le mal n'a pas disparu : il est là, et c'est un mal générateur de mort, un mal qui veut arrêter le cheminement des hommes vers la liberté, vers la vie éternelle. Un mal qui est, en fin de compte, un manque de confiance, un manque d'amour. Mais la célébration d'aujourd'hui nous dit que la croix peut nous libérer de ce mal ; la croix est l'antidote qui peut nous sauver. Seule la croix peut le faire. Parce que ceux qui lèvent les yeux et regardent le Seigneur pendu à la croix ne peuvent plus penser que Dieu ne nous aime pas. Au contraire, Dieu a pour nous un amour sans fin, qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. C'est un amour qui ne juge pas nos erreurs, mais qui est présent précisément là où chacun de nous est perdu. Il n'y a qu'une seule condition : que cet amour soit regardé, reconnu.
Et la fête d'aujourd'hui nous invite à cet acte même, à reconnaître combien ce signe est précieux dans nos vies, à lever à nouveau les yeux.
Nous avons été sauvés par un amour qui a transformé le mal en bien, et c’est aussi notre vocation, c’est la vie éternelle.
Si vous voulez suivre le Seigneur, vous ne devez pas calculer votre potentiel, mais vous devez seulement lever les yeux et contempler la mesure infinie de l'amour révélé dans la Croix du Seigneur." (Cardinal Pizzaballa)
La Fête de l'Exaltation de la Croix célébrée dans l'Église catholique romaine et dans l'Église orthodoxe remonte à la "dédicace de Constantinople" (11 mai 330), peu après la fondation de la ville par Constantin Ier (324). La ville de Constantinople détenait une relique de la Vraie Croix qui avait été découverte à Jérusalem par Ste Hélène, la mère de l'empereur Constantin, lors de son pèlerinage de 325 sur l'emplacement du Golgotha, lieu où le Christ fut crucifié et mis au tombeau. L'habitude fut prise par la suite chaque année d'organiser une grande procession à travers la ville, avec ostension de la relique. "Rome fêtait plutôt l'anniversaire de cette découverte, ou 'Invention de la Sainte Croix', le 3 mai. Elle adopta la fête orientale de l'Exaltation de la Croix au VIIe siècle, après que la précieuse relique, ravie par les Perses lors du sac de Jérusalem de 614, eut été reprise par l'empereur Héraclius (630). La fête fut alors fixée au 14 septembre. Si le terme ''exaltation" renvoyait, à l'origine, au rite de l'élévation de la relique de la Passion sur les pèlerins de Jérusalem, et au-delà d'eux, sur le monde entier racheté par la sainte Croix, la liturgie romaine y voit surtout l'élévation du Christ au Calvaire. .... Par là s'établit le lien avec la fête de la Transfiguration, fixée quarante jours plus tôt. Jésus, Temple de la présence de Dieu parmi les hommes, manifesta alors sa gloire à ses disciples, au sommet du Thabor, les préparant à son élévation au sommet du Golgotha et à son exaltation dans la gloire de la Résurrection (graduel)." (Missel Laudate, Missel grégorien des fidèles, Présenté par D. Thomas Diradourian, Artège, Paris 2021, p. 711)
Aujourd’hui encore, en Orient, on célèbre l’Exaltation de la Croix avec autant d’honneur que la fête de Pâques.
Dans la mesure où "il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime" (Jn 15, 13), la Croix est devenue un signe glorieux, car elle révèle la passion de Dieu pour l’humanité et parce qu’elle est salut pour le monde.
Le signe de croix est présent dans la prière, les sacrements, les célébrations tout au long de la vie chrétienne. Lorsque au début de toute prière individuelle ou communautaire, le chrétien fait le "signe de croix", rassemblant trois doigts (pouce, index, majeur), et les appose sur son front et sur son coeur, puis sur ses épaules, de droite à gauche chez les orthodoxes, ou de gauche à droite chez les catholiques romains, il proclame sa foi en la Trinité (un Dieu en trois personnes) ; il dit sa confiance dans la croix de Jésus ; il rappelle la "signation" de son baptême qui l’a introduit dans le mystère pascal. Tout entier, corps et esprit, le chrétien est sous le signe de la miséricorde de Dieu manifestée en Jésus-Christ. (La Croix.com)
"Gravons au-dessus de nos portes, sur le front, sur la bouche, sur la poitrine et sur toutes les autres parties de notre corps, le signe vivifiant de la croix ;
revêtons-nous de cette impénétrable armure des chrétiens : car la croix est la victoire de la mort, l’espérance des fidèles, la lumière du monde, la clef du paradis, le glaive qui extermine les hérésies, le secours des âmes religieuses, le soutien de la foi, la défense, la garde et la gloire des catholiques. Porte toujours avec toi, Ô chrétien !
Cette arme de jour et de nuit, en tous lieux et à toutes les heures ;
n’entreprends jamais rien sans faire le signe de la croix.
Quand, tu dors, quand tu veilles, quand tu marches, quand tu travailles, quand tu manges, quand tu bois et que tu es sur mer, que tu traverses les rivières, prends cette armure de la sainte Croix : car, tant que tu en seras armé, les esprits malins s’éloigneront de toi et n’oseront en approcher." (Cf. https://www.laviedessaints.com/invention-de-la-sainte-croix/ )
"A tous les pas que nous faisons, écrit Tertullien (160-220), en entrant, en sortant, quand nous nous habillons, quand nous nous levons, quand nous nous mettons à table, quand nous nous asseyons, quand on nous apporte de la lumière, quand nous nous couchons, et généralement dans toutes nos actions, nous faisons le signe de la croix sur le front."
"Dextra manu in nomine Christe quos crucis signo obsignandi sunt obsignamus.
Nous faisons le signe de la croix de la main droite sur les catéchumènes, parce que la main droite est censée plus noble que la gauche, bien qu'elle n'en diffère que par sa position, et non par nature; ainsi, nous prions vers l'Orient, comme étant la partie la plus noble de la création.
De qui l'Eglise a-t-elle reçu cette manière de prier ?
De ceux-là même qui lui ont appris à prier : les Apôtres." (Quæst, 18, Saint Justin, martyr 165)
"La croix est l’espérance des chrétiens, la résurrection des morts, le bâton des aveugles, l’appui des boiteux, la consolation des pauvres, le frein des riches, la confusion des orgueilleux, le tourment des méchants, le trophée contre l’enfer, l’instruction des jeunes, le gouvernail des pilotes, le port de ceux qui font naufrage et le mur des assiégés. Elle est la mère des orphelins, la défense des veuves, le conseil des justes, le repos des affligés, la garde des petits, la lumière de ceux qui habitent dans les ténèbres, la magnificence des rois, le secours de ceux qui sont dans l’indigence, la sagesse des simples, la liberté des esclaves et la philosophie des empereurs.
La croix est la prédiction des Prophètes, la prédication des Apôtres, la gloire des Martyrs, l’abstinence des Religieux, la chasteté des Vierges et la joie des Prêtres. Elle est le fondement de l’Église, la destruction des idoles, le scandale des Juifs, la ruine des impies, la force des faibles, la médecine des malades, le pain de ceux qui ont faim, la fontaine de ceux qui sont altérés et le refuge de ceux qui sont dépouillés." (Cf. http://har22201.blogspot.com/2012/05/invention-de-la-sainte-croix.html )
Cet exemple des chrétiens des premiers siècles devrait faire impression sur nos esprits, et nous devrions, à leur imitation, faire continuellement le signe sacré de la croix, puisque nous apprenons qu’il n’est point de remède plus prompt ni plus assuré contre les traverses et les tentations de la vie.
Plus tard, en 613 les ParthesSassanides s’emparèrent de tout le Moyen-Orient (Syrie, Palestine, Egypte). En 614, ils prirent Jérusalem et emportèrent la relique de la Croix à Jérusalem. Maintes églises avaient flambé, parmi lesquelles, celle de la Résurrection, bâtie par Constantin. D'innombrables couvents avaient été détruits, les moines et les moniales dispersés. Trésors sacrés, étoffes rares, vases d'or et d'argent, tout avait été expédié vers les capitales iraniennes. La Sainte Croix enlevée du Saint-Sépulcre avait été envoyée en trophée à Ctésiphon (Irak). On parlait de 60.000 morts, 37000 chrétiens emmenés en esclavage, parmi lesquels le patriarche Zacharie. Les Perses n'avaient rien respecté hormis à Bethléem, la basilique de la Nativité, à cause disait-on, de la mosaïque de l'"Adoration des Mages", où ils avaient reconnu leurs costumes nationaux. Peu après, arrivèrent à Constantinople deux reliques que le préfet d'Egypte avait pu sauver, la Sainte Lance et l'Eponge de la Passion. En 619, Alexandrie tomba et l'Egypte fut abandonnée.
Alors que le patriarche Serge de Constantinople déclarait la guerre sainte contre les Perses, l'empereur romain d'Orient Héraclius, empereur romain d'Orient de 610 à 641, "le premier croisé" (Cf. Daniel-Rops), lança alors une formidable contre-offensive en 622, en Palestine, d'où il parvint à chasser les Parthes, ainsi que de toute l'Asie Mineure (Turquie actuelle), de l'Égypte et de la Syrie.
"C'est bien à une croisade que nous assistons ici, écrit René Grousset [à propos de l'entreprise d'Héraclius], croisade s'il en fut jamais, puisque les armées chrétiennes s'ébranlent à la voix du chef de l'Église (de Constantinople) et qu'elles ont pour objectif la délivrance du Saint Sépulcre et la reconquête de la Vraie Croix."
"Non, dit le patriarche, tu n'as pas le droit d'accepter que la Sainte Croix du Christ soit à Ctésiphon un objet de risée !"
Au même moment, l'empereur perse Chosroès II écrivait à Héraclius une lettre insultante : "Tu prétends mettre en Dieu ta confiance; alors pourquoi donc n'a-t-il pas sauvé de mes mains Césarée, Jérusalem et Alexandrie ? S'il me plaisait, ne détruirais-je point aussi bien Constantinople ? Quant à ton Christ, ne te laisse donc pas abuser par un vain espoir en lui : il n'a même pas été capable de se sauver lui-même des main des Juifs qui le crucifiaient !" (cité dans Daniel-Rops, Histoire de l'Eglise du Christ, tome III L'Eglise des temps barbares, Librairie Arthème Fayard, Editions Bernard Grasset, Paris 1965, p. 267, 269.)
À l'été 622, pendant que la flotte byzantine gardait le détroit du Bosphore contre les Sassanides, Héraclius commença par fondre sur la Galatie et la Cappadoce (Asie Mineure); là à Issos, près de la bataille où le grand Alexandre livra la bataille, il passa l'été en manœuvres avant de battre le général perse Shahrbaraz à l'automne. Il rejeta les Perses sur l'Euphrate, franchit d'un bond l'Arménie, se lança en plein pays perse, prit Erevan, vengea le sac de Jérusalem en incendiant le temple mazdéen de Tabriz.
En 627, il prit Tiflis, traversa l'Arménie, envahit l'Assyrie, écrasa la meilleure armée perse près d'Arbèles, au lieu même où Alexandre avait vaincu le Grand Roi. Épuisée, la Perse demanda grâce. Partout des villes sacrées des Mazdéens flambaient.
Enfin, le 25 février 628, la nouvelle éclata : détrôné par son propre fils Kavadh, le dernier Grand Roi, Chosroès II, venait d'être exécuté dans la "maison des ténèbres". Son fils Kavadh II, mourra de la peste six mois plus tard et son petit-fils, Yazdgard III, après avoir perdu Cstésiphon et la Perse devant les Arabes, sera assassiné à l'automne 651 par un meunier qui voulait lui voler ses bijoux (Kia, Mehrdad, The Persian empire : a historical encyclopedia, 2016). Son corps, jeté dans une rivière sera repêché par des paysans, identifié et inhumé par Élie, l'évêque chrétien nestorien de Merv.
Heraclius ramène la Vraie Croix à Jérusalem
En 629, Héraclius ramena la relique de la Vraie Croix à Jérusalem. Avant de quitter Constantinople, il vint à l'église les pieds chaussés de noir, en esprit de pénitence ; il se prosterna devant l'autel et pria Dieu de seconder son courage ; enfin il emporta avec lui une image miraculeuse du Sauveur, bien décidé à combattre avec elle jusqu'à la mort. Le Ciel aida sensiblement le vaillant empereur : son armée courut de victoire en victoire ; une des conditions du traité de paix fut la reddition de la Croix de Notre-Seigneur dans le même état où elle avait été prise en 614.
Reçu à Constantinople par les acclamations du peuple, on alla au-devant d'Heraclius avec des rameaux d'oliviers et des flambeaux. La vraie Croix fut honorée, à cette occasion, d'un magnifique triomphe. (630)
Pour donner plus d'éclat à cette marche triomphale, Dieu permit que plusieurs miracles fussent opérés par la vertu de ce bois sacré. À la suite de ces événements fut instituée la fête de l'"Exaltation de la Sainte Croix", pour en perpétuer le souvenir.
Cependant, la même année 630, Mahomet conquit La Mecque dont les habitants adoptèrent la doctrine.
En 638, menés par le calife Omar, son successeur, les musulmans s'emparaient (pour la première fois) de Jérusalem. La cité sainte ne sera récupérée qu'en 1099 lors de la première Croisade. Les Francs s'établiront dans ces vieilles terres chrétiennes qui avaient été enlevées aux chrétiens par les Arabes au VIIe siècle. La ville de Jérusalem sera de nouveau prise par les musulmans conduits par Saladin en 1187. Elle reviendra sous contrôle chrétien suite aux tractations de l'empereur Frédéric II de Hohenstaufen, mais le Lieu saint fut définitivement perdu en 1244 avec la prise de la ville par les musulmans Kharezmiens. Milieu XIIIe siècle, la cité sainte où le Christ fut crucifié et mis au tombeau devint définitivement musulmane et le resta jusqu'au XXe siècle, où les Juifs disputèrent aux musulmans la souveraineté sur la ville.
Entretemps, le bois de la Croix avait été partagé en trois grandes parts, elles-mêmes fractionnées, pour Jérusalem, Constantinople et Rome. Ce qui restait du morceau de Jérusalem fut caché pendant l'occupation musulmane et ne réapparut que lorsque la ville fut récupérée par les Croisés en 1099. Ceux-ci s'en servirent comme étendard, de sorte qu'il fut pris par Saladin à la bataille d'Hattin (1187) et ne fut rendu qu'après la prise de Damiette (1249) pour être partagé entre certains croisés dont Sigur de Norvège et Waldemar de Danemark.
"La croix est notre bouclier, notre défense et notre trophée contre le prince des ténèbres. Elle est le signe dont nous sommes marqués, afin que l’ange exterminateur ne nous frappe point, et de crainte que nous ne tombions dans des filets où nous trouverions notre perte. Elle relève ceux qui sont tombés, elle soutient ceux qui sont debout, elle fortifie les faibles, elle gouverne les pasteurs ; elle est le guide de ceux qui commencent, et la perfection de ceux qui achèvent ; la santé de l’âme et le salut du corps, la destruction de tous les maux, la cause et l’origine de tous les biens, la mort du péché, l’arbre de la vie et la source de notre félicité."
En 1205, un crucifix (le crucifix de l'église Saint-Damien à quelques centaines de mètres d'Assise, sur le chemin de Spolète) parla à S. François d'Assise et fut à l'origine de sa mission évangélisatrice.
François, qui s'était arrêté pour prier devant le crucifix en bois peint dans la tradition byzantine, la tradition a conservé la prière que le jeune homme qui cherchait sa voie adressa à Dieu en s'agenouillant devant cette image :
"Ô Dieu haut et glorieux illumine les ténèbres de mon coeur. Donne-moi la foi droite, l'espérance certaine et la charité parfaite, le sens et la connaissance, Seigneur, pour que, moi, je fasse ton saint et véridique commandement. Amen.
Une voix l'interpella:
"François, va réparer ma maison, qui, tu le vois, se détruit tout entière." (Legenda major, de S. Bonaventure)
Le 14 septembre 1241, le saint roi Louis IX alla solennellement au-devant des reliques de la Passion qu'il avait achetées à l'empereur de Constantinople : c'étaient un morceau de bois de la Vraie Croix, le fer de la lance, une partie de l'éponge, un morceau du roseau et un lambeau du manteau de pourpre. Elles furent déposées à la Sainte-Chapelle en 1248.
Sainte-Chapelle
La Révolution de 1789 marque la disparition de la Sainte Relique. Le 25 avril 1794, la Vraie Croix était dépouillée des matières précieuses qui l’ornaient et sa trace se perd.
Et du "trésor de Notre-Dame", la tunique du roi Saint-Louis,la Couronne d'épines du Christ, le clou de la crucifixion et un morceau de la vraie Croix, reliques de la Passion du Christ ont été sauvées, annonça lundi soir le recteur de la cathédrale, Mgr Patrick Chauvet. ( https://www.leparisien.fr/societe/incendie-a-notre-dame-que-reste-t-il-des-tresors-religieux-15-04-2019-8054091.php )
Alors Jésus dit à ses disciples: "Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il renonce à soi-même, qu'il prenne sa croix et me suive.
Aujourd'hui, la fête de l'Exaltation de la Sainte Croix revêt des significations plus spirituelles.
Elle symbolise la présence de la Croix à l'intérieur des chrétiens.
Porter sa croix est d'abord en effet une démarche intérieure. Par-dessus tout, la leçon de la fête de la Croix glorieuse pourrait se résumer dans les mots suivants sous la forme d’un appel lancé à chaque chrétien : donner sa vie par amour pour les autres.
Dieu a donné les lois à son peuple pour la vie, elles sont données par Dieu au peuple comme des lois qui sauvent la vie et maintenant ceux qui veulent obéir à la loi de Dieu doivent mourir à eux par amour pour les autres parce qu'ils veulent obéir à Dieu et se conformer à Jésus. Ainsi, ils ne sont pas des esclaves, mais des Fils du Roi, libérés du péché.
Sources : [1] [2], [3], [4]; [5] Daniel-Rops, Histoire de l'Eglise du Christ, tome III L'Eglise des temps barbares, Librairie Arthème Fayard, Editions Bernard Grasset, Paris 1965, p. 267, 269.
Humble capucin, mystique et thaumaturge (guérisseur), des milliers de personnes vinrent le voir en Italie.
Il naît sous le nom de Francesco Forgione (1887-1968) dans une famille de paysans pauvres. Particulièrement pieux et solitaire il préfère la compagnie de son ange gardien à celle des autres enfants. Très jeune il est attaqué par le démon. Ces violents combats contre Satan continueront toute sa vie. La Vierge Marie sera pour lui un soutien indéfectible dans ces combats.
il est entré à 16 ans chez les capucins, où il prit le nom de Pio, en hommage au pape Pie V.
Bientôt surnommé Padre Pio, il aimait passer de longues heures à l'église et, plus que tout, célébrer l'eucharistie - moment intense d'intimité avec son Dieu.
À 31 ans, il reçut les stigmates de la Passion du Christ. En 1918 il vit la transverbération : son cœur est transpercé spirituellement mais saigne réellement. Il commence à revivre la passion du Christ et est alors marqué des mêmes blessures aux mains et aux pieds : les stigmates, visibles par tous à partir de ce moment. Ses plaies ne cicatriseront jamais et continueront de saigner toute sa vie. Il est ainsi le premier prêtre stigmatisé de l’histoire de l’Eglise. Pendant cinq ans il sera soumis à toutes sortes d’analyses et d’examens médicaux. Les conclusions indiquent qu’il ne peut en aucun cas s’agir d’une supercherie. Pourtant, le Saint-Office déclare « ne rien constater de surnaturel dans les faits qui lui sont attribués » et prononcera une condamnation formelle et publique interdisant à Padre Pio tout contact avec les fidèles. Pendant 10 ans il ne pourra plus donner les sacrements, seule la messe en privé lui est possible. Les fidèles continuent malgré tout d’affluer espérant l’apercevoir. Le 14 juillet 1933 l’interdiction est levée et des milliers de fidèles attendent aux portes de l’église pour la célébration de la messe.
Du monde entier, on se bouscula pour se confesser à lui.
Les persécutions reprirent, venues cette fois des capucins eux-mêmes. De nouveau il fut empêché de dispenser les sacrements librement jusqu’en 1964 où Paul VI demanda à ce qu’il puisse exercer son ministère en toute liberté.
De façon inexplicable, les blessures que portait Padre Pio depuis 50 ans ont totalement disparu quelque temps avant sa mort. C’est après avoir célébré la messe solennelle du cinquantenaire de ses stigmates qu’il meurt le 23 septembre 1968.
Son corps demeuré incorrompu repose à San Giovanni Rotondo.
Il béatifié le 2 mai 1999 et canonisé par Jean-Paul II en 2002. Vont alors être réunis plus de 73 témoignages de guérison compris dans 104 volumes.
Sa notoriété s'est accompagnée de multiples récits de phénomènes surnaturels rapportés par des fidèles — guérisons miraculeuses et don de bilocation —, ou rapportés par lui-même comme des visions. Après sa mort, sa dévotion s'est diffusée dans le monde, encouragée par sa béatification en 1999 puis sa canonisation le 16 juin 2002 par le pape Jean-Paul II.
Le 3 Mars 2008, Padre Pio est exhumé à l'occasion du 40e anniversaire de sa mort : son corps est en parfait état. La décomposition et la putréfaction du corps est quelque chose qui commence immédiatement après le décès.
Pour Padre Pio, aucun embaumement à sa mort n'eut lieu, c'est une conservation naturelle, on a un corps qui est non corrompu. Son corps dégage une odeur très agréable tantôt florale tantôt une odeur d'épices. Il arrive encore que ce corps ce mette à saigner lorsqu'on le pique ou lorsqu'on le coupe. Les médecins n'ont pas d'explication et ont là "quelque chose qui dépasse l'entendement et les limites" de leurs connaissances.
Citations
""Ne vous attardez pas volontairement sur ce que le diable vous présente... Lorsque vous êtes tenté, dites à Dieu : « Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de ton pauvre faible." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1939038510671139144 )
"Chaque Sainte Messe entendue avec dévotion produit dans nos âmes d'abondantes grâces spirituelles et maternelles, que nous-mêmes ne connaissons pas."(Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1972349538808778846 )
"Sous la Croix, on apprend à aimer" (Cf. https://x.com/PadrepioSaint/status/1971660128656261388 )
"Vous aurez besoin de l'aide de saint Michel qui vit dans ce monde." (Cf. https://x.com/PadrepioSaint/status/1970929903723037102 )
"Méfiez-vous de l'anxiété. Faites souvent confiance à la Divine Providence et soyez assurés que ~ le ciel et la terre passeront avant que le Seigneur ne cesse de vous protéger." (Cf. https://x.com/PadrepioSaint/status/1969468158089314401 )
"Si vous tombez, soyez humble, prenez la résolution de vous soumettre à la volonté de Dieu... puis relevez-vous et continuez." (Cf. https://x.com/PadrepioSaint/status/1965087160140533871 )
"La confession est le bain de l'âme. Même une pièce propre et inoccupée accumule de la poussière. Revenez-y une semaine plus tard et vous verrez qu'il faut à nouveau la dépoussiérer." (Cf. https://x.com/PadrepioSaint/status/1956749483439497684 )
"Si les gens connaissaient la valeur de la Sainte Messe ••••• il y aurait des policiers à la porte pour réguler l'accès à l'Église, chaque fois que la Messe est célébrée !" (Cf. https://x.com/PadrepioSaint/status/1949534339760636017 )
"La prière... est l'oxygène de l'âme." (Cf. https://x.com/PadrepioSaint/status/1947340970825290162 )
"Insensés sont ceux qui ne parviennent pas à comprendre les secrets de la croix." (Cf. https://x.com/PadrepioSaint/status/1946265311784874400 )
"Humilité, humilité, et toujours humilité... Satan craint et tremble devant les âmes humbles !" (Cf. https://x.com/PadrepioSaint/status/1945526057093775409 )
"Souvenez-vous de ceci : Le pécheur qui regrette ses péchés est plus proche de Dieu que l'homme qui se vante de ses bonnes œuvres." (Cf. https://x.com/PadrepioSaint/status/1944112839079207235 )
"Le rosaire est l'arme que Marie nous a donnée pour lutter contre les ruses de l'ennemi infernal." (Cf. https://x.com/PadrepioSaint/status/1940814300203176107 )
"Si seulement nous savions comment Dieu considère ce sacrifice ••••• nous risquerions notre vie pour assister à une seule messe !" (Cf. https://x.com/PadrepioSaint/status/1939343947563978931 )
"Il est plus facile pour la terre d'exister sans le soleil que sans le Saint Sacrifice de la Messe." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1936804516780986654 )
"Ne laissez pas la triste vision de l'injustice humaine attrister votre âme ~•~ un jour, vous verrez la justice infaillible de Dieu triompher !" (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1935739092127695227 )
"C'est par les épreuves que Dieu lie à Lui les âmes qu'Il aime." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1935008932235477267 )
"Si le bon Dieu souhaite prolonger l'heure de l'épreuve, ne vous plaignez pas et ne cherchez pas la raison : mais souvenez-vous toujours que les enfants d'Israël ont dû rester quarante ans dans le désert avant d'atteindre la terre promise." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1933201397518082091 )
"Gardez Jésus crucifié dans votre cœur et toutes les croix du monde vous apparaîtront comme des roses." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1932820816410128746 )
"Invoquez votre ange gardien afin qu'il vous éclaire et vous guide. Dieu vous l'a donné pour cette raison. ~•~ Alors, faites appel à lui !"
"D’autres religions chrétiennes ont été fondées par des hommes différents, MAIS la religion catholique a été fondée directement par Jésus-Christ." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1931801347181138423 )
"La prière, c'est se perdre en Dieu, s'oublier soi-même, se retrouver en Dieu. C'est se consumer d'amour ••• pour Lui." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1930657482109788373 )
"Le diable est comme un chien enragé attaché à une chaîne : au-delà de la longueur de la chaîne, il ne peut attraper personne. Et VOUS : gardez vos distances. Si vous vous approchez trop près, vous vous laissez attraper. Rappelez-vous : le diable n'a qu'une seule porte pour entrer dans l'âme : la VOLONTÉ." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1927812363912192163 )
"Ne vous attardez pas sur vos tentations. ................... Ce n'est pas la pensée qui fait le péché, mais le fait d'y consentir." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1926332746642665932 )
"Si certaines pensées vous troublent, c'est le diable qui vous inquiète, et non Dieu... Qui, étant l'esprit de paix, vous accorde la tranquillité." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1927741104650060014 )
"Ceux qui prient ont de l'espoir. Ceux qui prient peu sont en grand danger. Ceux qui ne prient pas sont perdus." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1927032781256769962 )
"Dans toutes les circonstances de la vie, vous devez reconnaître la volonté divine. Adorez-la et bénissez-la... surtout dans les choses qui vous sont les plus difficiles." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1924866423568138601 )
"Soyez attentif à prendre soin de vous-même et de votre famille selon Sa volonté, et ne vous inquiétez de rien d'autre. Si vous faites cela ••••• vous verrez que Jésus prend soin de vous." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1924489982577877376 )
"Fais en sorte que le triste spectacle de l’injustice humaine ne trouble pas ton âme ; elle aussi a sa valeur dans l’économie des choses. C’est sur elle que tu verras un jour s’élever le triomphe infaillible de la justice divine." (Cf. https://evangelium-vitae.org/documents/342/guetteurs-veilleurs/vie-spirituelle/saint-padre-pio--quelques-pensaees.htm)
Dans les Vosges, au monastère de Remiremont, vers 629, saint Amé, prêtre et abbé. Célèbre par ses austérités, ses jeûnes et son amour de la solitude, il gouverna dignement le monastère qu’il avait construit à Habend avec saint Romaric.
Martyrologe romain
Né à Grenoble, il fut d'abord moine à Saint Maurice en Valais puis à Luxeuil. Il rencontra le comte Romaric lors d'une prédication à Metz. Celui-ci lui donna un grand domaine et, ensemble, ils y fondèrent deux abbayes, l'une d'hommes, l'autre de femmes (Remiremont - Romarici Mons) Il y établit l'office perpétuel.
Il passa ses dernières années dans une grotte, au fond d'une crevasse où on lui descendait la nourriture au bout d'une corde.
"Amé ou Aimé naît à Grenoble vers 570. Adolescent, il entre à l’abbaye de Saint-Maurice d’Agaune (Suisse). Il y vit pendant trente ans en moine exemplaire, puis se retire comme ermite dans une grotte. Saint Eustase le décide à l’accompagner à Luxeuil.
D’une mission prêchée à Metz, il ramène Romaric. Vers 620, Amé et Romaric gagnent le Mont Habend (futur Saint Mont). Sous la règle de Saint Colomban, ils y fondent deux monastères de moines et de moniales. 'La louange perpétuelle' est assurée par sept chœurs de religieuses. Amé en est le premier abbé.
Il meurt le 13 septembre 629. Romaric, devenu prêtre, lui succède. Il s’éteint à son tour le dimanche 8 décembre 653. S. Adelphe devient le 3e abbé. C’est le début de l’évangélisation du pays de Remiremont. Le 13 novembre 1049, le pape lorrain Saint Léon IX canonise les 'Corps Saints' par la translation de leurs reliques."
Une localité voisine conserve sa mémoire : 88120 Saint Ame.
La dévotion envers le Nom de Marie, qui a débuté dès les premiers siècles du christianisme, a traversé les siècles et a donné lieu à la fête liturgique du Saint Nom de Marie (mémoire facultative), fixée au 12 septembre.
L'amour du saint nom de Marie remonte à l'âge patristique
Saint Ambroise de Milan, docteur de l'Église (339-397), s'exclamait :
"Ô Marie, votre nom est un parfum qui répand la suave odeur de la divine grâce. Qu’il descende donc sur moi, ce parfum céleste et qu’il pénètre jusqu’aux dernières fibres de mon âme !" (Saint Ambroise de Milan, De institutione virginis et S. Mariae viirginitate perpetua, I, 13)
Saint Pierre Chrysologue, Docteur de l'Église (406-450) a commenté, dans un Sermon sur l'Annonciation, le fait que l'ange Gabriel appelle la Vierge Marie par son nom à l'Annonciation :
"De peur qu’en Marie le limon friable de notre corps ne s’affaissât sous le poids énorme du céleste édifice ; de peur que cette branche délicate qui devait porter le fruit de tout le genre humain ne se rompit, l’Ange a bientôt pris les devants et dit à la Vierge : 'Ne craignez pas, Marie.' Avant d’énoncer le motif de sa mission, il lui fait entendre, par ce nom, quelle est sa dignité. Car le mot hébreu de Marie, en latin Domina, signifie souveraine. L’Ange l’appelle souveraine, pour lui ôter la crainte qui appartient à la servitude, destinée qu’elle est à devenir la Mère du Dominateur, celui qu’elle doit enfanter ayant obtenu, par son autorité même, qu’elle naquît et fût appelée souveraine. 'Ne craignez pas, Marie, car vous avez trouvé grâce.' C’est vrai : celui qui a trouvé grâce ne saurait craindre. Or, vous avez trouvé grâce."
La dévotion au Saint Nom de Marie s'est enrichie au fil du temps, notamment grâce aux révélations faites par la Vierge Marie à Sainte Brigitte sur la puissance de son Saint Nom, en particulier pour lutter contre les démons. (1)
La fête du saint Nom de Marie fut établie par le pape Innocent XI, l'an 1683, en souvenir d'une mémorable victoire remportée par les chrétiens sur les turcs, avec la protection visible de la Reine du Ciel. Cent cinquante mille turcs s'étaient avancés jusque sous les murs de Vienne et menaçaient l'Europe entière. Sobieski, roi de Pologne, vint au secours de la ville assiégée dans le temps de l'octave de la nativité de la Sainte Vierge, et se disposa à livrer une bataille générale. Ce religieux prince commença par faire célébrer la messe, qu'il voulut servir lui-même, ayant les bras en croix. Après y avoir communié avec ferveur, il se leva à la fin du sacrifice et s'écria : 'Marchons avec confiance sous la protection du ciel et avec l'assistance de la très sainte Vierge.' Son espoir ne fut pas trompé : les turcs, frappés d'une terreur panique, prirent la fuite en désordre. (2)
La fête était célébrée le dimanche pendant l'octave de la Nativité de Marie (8 septembre-15 septembre).
Au début du xxe siècle, le pape Pie X la fixa au 12 septembre en l'anniversaire de la victoire.
La fête fut supprimée du calendrier romain en 1970, mais elle fut rétablie en 2002, par le pape Jean-Paul II, lui-même d'origine polonaise.
Elle est la fête patronale des Sociétés de Marie (Marianistes et Maristes).(3)
Martyrologe Romain : À Omura au Japon, en 1622, les bienheureux martyrs Apollinaire Franco, franciscain, Thomas Zumarraga, dominicain, tous deux prêtres, et quatre compagnons, qui furent jetés en prison en haine de la foi chrétienne, puis bientôt brûlés vifs.
Il fut brûlé vif à Omura au Japon en 1622 pour ne pas avoir obtempéré à l'ordre donné par les shogouns aux missionnaires catholiques de quitter le pays sous peine de mort en 1614. Y vivaient alors 500.000 catholiques à qui l'on interdit de pratiquer leur religion.
Moine et abbé du monastère d'Habendum fondé à Remiremont par son oncle, saint Romaric, Adelphe avait reçu toute sa formation au monastère de Luxeuil, puis il entra à l'abbaye d'Habendum (Remiremont). Il se retira à l'abbaye de Luxeuil après avoir gouverné l'abbaye de Remiremont dans les Vosges.
"Amé ou Aimé naît à Grenoble vers 570. Adolescent, il entre à l’abbaye de Saint-Maurice d’Agaune (Suisse). Il y vit pendant trente ans en moine exemplaire, puis se retire comme ermite dans une grotte. Saint Eustase le décide à l’accompagner à Luxeuil.
D’une mission prêchée à Metz, il ramène Romaric. Vers 620, Amé et Romaric gagnent le Mont Habend (futur Saint Mont). Sous la règle de Saint Colomban, ils y fondent deux monastères de moines et de moniales. 'La louange perpétuelle' est assurée par sept chœurs de religieuses. Amé en est le premier abbé.
Il meurt le 13 septembre 629. Romaric, devenu prêtre, lui succède. Il s’éteint à son tour le dimanche 8 décembre 653. Adelphe devient le 3e abbé. C’est le début de l’évangélisation du pays de Remiremont. Le 13 novembre 1049, le pape lorrain Saint Léon IX canonise les 'Corps Saints' par la translation de leurs reliques." (site internet du diocèse de Saint-Dié) (1)
Une tapisserie du xvie siècle conservée à Saverne (Bas-Rhin) illustre sa vie. L'église de Neuwiller-lès-Saverne porte son nom.
Adelphe est canonisé avec saint Romaric et saint Aimé de Sion le 13 novembre 1049 par le pape lorrain Léon IX. (2)
Au monastère de Luxeuil en Bourgogne, vers 670, le trépas de saint Adelphe, abbé de Remiremont, qui racheta par une profusion de larmes un bref moment de discorde.
Les premiers chrétiens ne voyaient pas l'Eucharistie comme un symbole, ils la considéraient comme le Corps, le Sang, l'Âme et la Divinité de Jésus. Nier la présence réelle du Corps, du Sang, de l'Âme et de la Divinité de Jésus dans l'Eucharistie, c'est nier sa Résurrection, car celle-ci est révélée pour la première fois lorsqu'il rompit le pain sur le chemin d'Emmaüs : "Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais IL DISPARUT A LEURS REGARDS". (Luc 24,13-31) Jésus était présent sans être présent.
L'Eucharistie (c'est-à-dire le corps et le sang du Christ entendus comme présence réelle du Christ dans l’Eucharistie, et le caractère sacrificiel de l'Eucharistie), est une de ces doctrines que l’Église primitive partageait unanimement, avec :
"Si les sacrifices offerts à Yahvé ont été au centre de la vie des Israélites, il en est un qui fut toujours fêté avec grandeur et magnificence, il s'agit de la Pâque juive, au cours de laquelle un agneau était sacrifié dans chaque maison. Aussi, ne soyons pas étonnés si Abram, animé d'une foi exceptionnelle, fut prêt à offrir en holocauste son fils unique Isaac.
"Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui. [...] Il a envoyé son Fils en sacrifice de pardon pour nos péchés." (1 Jn 4,9-10)
Plus tard, le Christ se substituera à l'Agneau Pascal et offrira Sa Vie à Son Père pour la rédemption du monde. Il est l'Agneau de Dieu qui remplace le sacrifice de l'Ancienne alliance, par le seul sacrifice de l'Eucharistie. (Ap 13,8)
On retrouve également une préfiguration du sacrifice de la messe dans l'attitude de Melchisedech, roi de Shalem. Il apporta du pain et du vin en tant que prêtre de Dieu avant de prononcer sa bénédiction "béni soit Abram par le Dieu très haut qui a créé le ciel et la terre." Les pères ont vu dans le pain et le vin une figure du sacrifice eucharistique (Gn 14, 17-21). (Gérard Faivre d'Arcier, Jésus-Hostie, Document émis à titre privé, Imprimerie J. Kayzerp, Montsûrs 2017, 7.)
Le miracle de la multiplication des pains fut le miracle qui prépara de la façon la plus explicite l'institution de l'Eucharistie. Les Apôtres et la foule qui suivait le Christ était loin de penser ce que serait un jour l'Eucharistie. Ce n'est qu'après la mort du Christ que les Apôtres comprirent la signification profonde de ce miracle, le Sauveur pain de vie se donnant au monde, institution de l'Eucharistie par le Christ le Jeudi qui précéda sa mort sur la Croix.
Il était partout évident dans l'Église antique que la plénitude du culte chrétien était le sacrifice de l'Eucharistie offert par un prêtre de Jésus-Christ.
"Or, tandis qu'ils mangeaient, Jésus prit du pain, le bénit, le rompit et le donna à ses disciples en disant: prenez et mangez, ceci est mon corps, puis prenant une coupe, il rendit grâce et la leur donna en disant: "Buvez-en tous, car ceci est mon Sang, le Sang de l'alliance qui va être répandu pour la multitude en rémission des péchés." (Mt 7,26; 26-29)
Lorsque les catholiques reçoivent le Corps du Christ dans un état de grâce, ils s'unissent intimement à Lui, nourrissant leur âme, renforçant leur foi et grandissant spirituellement dans une paix et une joie profondes.
L'Eucharistie est plus efficace lorsqu'elle est reçue dignement. La grâce coule là où il y a repentance, humilité et conversion.
La paix s'approfondit.
Le péché perd son emprise.
La prière change.
La force revient.
Ce n'est pas de la nostalgie. C'est une réalité catholique.
La messe (Eucharistie) précède la ''Bible'' de 350 ans. C'est la messe qui a porté la foi des trois premiers siècles, avant même que ne soit fixé le canon biblique (Concile de Rome 382).
Aller à la messe c'est respecter le 1er commandement ''Dieu tu adoreras et serviras'' et le 3e commandement ''Tu sanctifieras le jour du Seigneur…'' Le premier appel et la juste exigence de Dieu est que l’homme l’accueille et l’adore.
Dans Jean 6, 42-67, nous voyons Jésus enseigner aux Juifs qui récriminaient une doctrine pour laquelle beaucoup le quittèrent. Cette doctrine n'a pas changé depuis. Jésus est : ''le ''pain qui est descendu ciel'', ''le pain de la vie''... ''tel que celui qui en mange ne mourra pas''. 'Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde''.
''Les Juifs se querellaient entre eux :
'Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ?'
Voilà ce que Jésus a dit, alors qu’il enseignait à la synagogue de Capharnaüm : … ''Jésus leur dit alors : 'Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sangdemeure en moi, et moi, je demeure en lui.
De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi.
Tel est le pain qui est descendu du ciel : il n’est pas comme celui que les pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement.'
Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, déclarèrent : 'Cette parole est rude ! Qui peut l’entendre ?' À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de l’accompagner, en raison de la difficulté à comprendre et à accepter l'enseignement de Jésus sur sa nature divine et l'Eucharistie. Alors Jésus dit aux Douze : "Voulez-vous partir, vous aussi ?"
Déjà à l'époque du Christ donc ces paroles du Christ avaient choqué à tel point que certains de ses disciples incrédules le quittèrent.
Si "mangez ma chair" signifiait juste "croyez en moi", Jésus a vu les gens l'abandonner à cause d'une mauvaise formulation!
"Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit et, le donnant aux disciples, il dit : 'Prenez, mangez : ceci est mon corps.' Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, en disant : 'Buvez-en tous, car ceci est mon sang'." (Matthieu 26,26-28). Pas peut-être, ou "ceci est symbolique", mais "CECI EST".
Dans sa Lettre aux Smyrniotes, VII, 1, S. Ignace d'Antioche, disciple de Saint Jean l'évangéliste et de Saint Pierre, écrit :
'ils s'abstiennent de l'eucharistie et de la prière,
parce qu'ils ne confessent pas que l'eucharistie est la chair de notre Sauveur Jésus-Christ,
chair qui a souffert pour nos péchés, et que dans sa bonté le Père a ressuscitée.
Ainsi ceux qui refusent le don de Dieu meurent dans leurs disputes.''
Les sacrements sont des instruments de la grâce.
Supprimez la réalité, vous supprimez l'effet. Si votre communion est symbolique, votre grâce est symbolique.
Dans sa Lettre aux Philadelphiens, IV, Ignace ajoute:
''Ayez donc soin de ne participer qu'à une seule eucharistie ;
car il n'y a qu'une seule chair de notre Seigneur Jésus Christ,
et un seul calice pour nous unir en son sang,
un seul autel, comme un seul évêque avec le presbyterium et les diacres, mes compagnons de service : ainsi, tout ce que vous ferez, vous le ferez selon Dieu.''
La messe, ainsi, s'est-elle développée lentement au fil des siècles. Mais nous avons là le sens spirituel profond de la messe :
-et la Présence réelle dans l'eucharistie, "pain de la vie".
Enracinée dans la foi des apôtres, façonnée par Rome, codifiée par Trente et transmise sans changement jusqu'aux années 1960, voici une brève histoire de l'origine de la messe et de son développement.
La messe dans les premiers siècles : Comment les premiers chrétiens recevaient-ils l'Eucharistie?
Saint Paul dit aux Corinthiens de recevoir l'Eucharistie avec crainte et tremblement.(1 Co 11,26-29)
La discipline eucharistique la plus ancienne était stricte, respectueuse et jamais désinvolte.
Saint Clément de Rome († 97/101) mentionne explicitement l'autel comme le seul lieu approprié pour offrir un sacrifice
Dans sa Première Lettre aux Corinthiens écrite à la fin du Ier siècle apr. J.-C., et postérieure d'une quarantaine d'années aux deux épîtres adressées par S. Paul à la même communauté corinthienne, au chapitre 40, S. Clément établit un parallèle étroit entre le culte de l'Ancien Testament et le culte chrétien : de même que les Juifs ont un lieu où ils sacrifient, de même les chrétiens en ont un aussi ; de même que les premiers ont leurs prêtres, les seconds en ont aussi. Dans ce contexte, la recommandation apparaît que nous fassions "avec ordre tout ce que le Maître nous a prescrit d’accomplir en temps déterminés, car c'est Dieu lui-même qui prescrit "que les offrandes et le service divin soient faits, non pas au hasard et sans ordre, mais à des temps et à des heures fixés. Il a déterminé lui-même par sa décision souveraine à quels endroits et par quels ministres ils doivent s'accomplir, afin que toute chose se fasse saintement selon son bon plaisir, et soit agréable à sa volonté. Donc, ceux qui présentent leurs offrandes aux temps marqués sont bien accueillis et bienheureux; car, à suivre les ordonnances du Maître, ils ne font pas fausse route. Au grand-prêtre des fonctions particulières ont été conférées ; aux prêtres, on a marqué des places spéciales ; aux lévites incombent des services propres ; les laïques sont liés par des préceptes particuliers aux laïques." (XL, 1-5).
La fin de l'Ancienne Alliance ne met pas fin à l'ordre dans lequel Dieu veut être servi en termes de temps, de lieux et de ministres. Avec la venue de Jésus-Christ et la fondation de l’Église, le culte n’est pas laissé à la discrétion de chacun ; les lieux, les temps et les ministres sacrés ne disparaissent pas. (Luisella Scrosati )
Les premiers chrétiens célébraient l'Eucharistie dans leurs maisons, suivant les paroles du Christ lors de la Cène, mais il n'existe aucune preuve écrite ou archéologique attestant que les chrétiens des trois premiers siècles utilisaient des tables communes pour célébrer l'Eucharistie dans un cadre convivial. Au contraire, les résultats des recherches approfondies de Mgr Stefan Heid, témoignent de l'utilisation par les premiers chrétiens d'une table sacrée, considérée comme un véritable autel exclusivement dédié au culte, et qui est devenue un signe tangible de leur appartenance exclusive au seul vrai Dieu, un et trinitaire.
"La mosaïque de Meggido"
En 2005, quatre mosaïques d'un autel consacré dédié à 'JESUS CHRIST DIEU', dans le cadre de la célébration de l'Eucharistie, ont été découvertes sur le site d'un camp légionnaire daté de 230 à 250 ap. J.-C., sur la colline de Megiddo en Galilée (Tel Megiddo en hébreu ; Tell el-Muteselim en arabe), qui domine la vaste vallée de Jezreel. (Y. TREPPER et L. Di SEGNI, A Christian Prayer Hall of the Third Century, Jerusalem, Israrel Antiquities Authority, 2006, in Marie-Françoise BASLEZ, Comment les Chrétiens sont devenus catholiques, Texto Lonrai 2021, p . 29.)
Ce site est devenu un important centre de fouilles archéologiques en raison de son ancienneté, attestant d'une présence d'habitation dès 6000 av. J.-C. En 2005, alors que des travaux étaient en cours pour la construction d'un lieu de détention, dans une zone anciennement connue sous le nom de Legio, des traces d'une mosaïque ont été découvertes ; des fouilles archéologiques ultérieures ont permis de mettre au jour une mosaïque occupant une surface de 10 x 5 mètres, datant d'entre 230 et 250 apr. J.-C. Il s'agit sans aucun doute de l'une des plus anciennes découvertes d'un lieu de culte chrétien.
Une inscription dans mosaïque, est particulièrement intéressante. On y lit : "Akeptous, qui aime Dieu, offrit la table à Jésus-Christ Dieu en mémorial", payant manifestement de sa poche, la table sur laquelle l'Eucharistie fut célébrée. "Jésus-Christ Dieu" n'est pas mentionné intégralement dans l'inscription, mais avec une abréviation : Θω ΙΥΧω. La juxtaposition du nom de Dieu avec celui de Jésus-Christ, ainsi que l'utilisation de cette abréviation, est caractéristique des nomina sacra.
Il est clair que ce qui fut offert à Dieu au IIIe siècle en mémorial n'était pas une table ordinaire sur laquelle prendre ses repas, mais une table sacrée, c'est-à-dire une table-autel dédiée exclusivement à la célébration de l'Eucharistie, qui reposait vraisemblablement sur de grandes pierres centrales. Le sens de l'offrande à Dieu réside précisément dans le fait de lui dédier un objet, c'est-à-dire de le lui consacrer, acte qui méritait d'être gravé au sol devant l'autel. Quel sens aurait-il eu à immortaliser le don d'une table commune dans une mosaïque ? Et qui plus est, devant deux grandes pierres centrales, manifestement destinées à soutenir cette table ?
Et au contraire, il n'y a aucune preuve pour soutenir l'hypothèse opposée à celle évidente, à savoir que cette table offerte par Akeptous aurait été une simple table, utilisée lorsque cela était nécessaire également pour l'Eucharistie.
C'est donc une question difficile. Ce qui est sûr c'est que l'église primitive (avant 313) a été proscrite et persécutée pendant longtemps. La découverte de la mosaïque de Megiddo révèle l'incohérence de l'idée reçue selon laquelle les chrétiens ne pouvaient pas avoir d'autel. Mais elle met également à mal un autre mythe de l'Église primitive : celui selon lequel il n'existait pas de véritables lieux de culte, mais seulement les domus Ecclesiæ, ces maisons privées accueillant des groupes de chrétiens pour l'Eucharistie.
Ce n’est que lorsque Constantin publia l’édit de Milan que l’Église jouit d’une relative stabilité. Même alors, les chrétiens étaient encore largement persécutés.
Pour cette raison, il n’y eut pas beaucoup de documents survivants ou existants sur les pratiques liturgiques des premiers chrétiens.
Posture debout, mains ouvertes et yeux tournés vers le ciel : les gestes des premiers chrétiens (St Justin, Première ApologieLXVII )
L'idée que les chrétiens, pour l'Eucharistie, s'asseyaient ou s'allongeaient autour d'une table pour y prendre un repas est historiquement dénuée de fondement. Ils se tenaient debout, comme l'a décrit saint Justin. Leurs mains et leurs yeux devaient également être levés.
Dans le langage religieux du paganisme et du judaïsme, il est caractéristique que le prêtre et le donateur se tiennent debout devant l'autel pendant l'offrande. Non seulement l'offrande matérielle, mais aussi la prière à l'autel exigeaient de se tenir debout, les mains levées. Cette posture est attestée par des bas-reliefs sur des sarcophages et des autels votifs, ou encore par des gravures sur des pièces de monnaie ; et l'on ignore pourquoi les premiers chrétiens auraient bouleversé cette posture traditionnelle. Une importante méprise concernant une supposée eucharistie durant laquelle les fidèles seraient assis ou allongés en cercle, proviendrait de certaines images anciennes, comme celle découverte dans les catacombes de Saint-Calixte. Longtemps considérées comme des synaxes eucharistiques, ces images représentent en réalité des festins funéraires. Il est possible qu'aux premiers siècles, en certains lieux, la célébration de l'Eucharistie ait été liée à un repas fraternel ; mais cela ne signifie pas pour autant que l'Eucharistie se déroulait au sein de l'agapè. L'idée que les chrétiens, pour l'Eucharistie, étaient assis ou allongés autour d'une table pour y prendre un repas est sans fondement historique, et le fait qu'elle se réfère précisément à des repas communautaires n'implique pas que l'Eucharistie était célébrée pendant le repas et en faisait partie intégrante.
Dans le passage bien connu de la Première Apologie, où saint Justin décrit le dimanche chrétien, nous trouvons clairement la posture adoptée par les chrétiens lors de la prière liturgique :
"LXVII. Après cela, dans la suite, nous renouvelons le souvenir de ces choses entre nous. Ceux qui ont du bien viennent en aide à tous ceux qui ont besoin, et nous nous prêtons mutuellement assistance. [2] Dans toutes nos offrandes, nous bénissons le Créateur de l'univers par son Fils Jésus-Christ et par l'Esprit-Saint. [3] Le jour qu'on appelle le jour du soleil, tous, dans les villes et à la campagne, se réunissent dans un même lieu : on lit les mémoires des apôtres et les écrits des prophètes, autant que le temps le permet. [4] Quand le lecteur a fini, celui qui préside fait un discours pour avertir et pour exhorter à l'imitation de ces beaux enseignements. [5] Ensuite, nous nous levons tous et nous prions ensemble à haute voix. Puis, comme nous l'avons déjà dit, lorsque la prière est terminée, on apporte du pain avec du vin et de l'eau, Celui qui préside fait monter au ciel les prières et les eucharisties autant qu'il peut, et tout le peuple répond par l'acclamation Amen. Puis a lieu la distribution et le partage des choses consacrées à chacun et l'on envoie leur part aux absents par le ministère des diacles. [6] Ceux qui sont dans l'abondance, et qui veulent donner, donnent librement chacun ce qu'il veut, et ce qui est recueilli est remis à celui qui préside, et il assiste les orphelins, les veuves, les malades, les indigents, les prisonniers, les hôtes étrangers, en un mot, il secourt à tous ceux qui sont dans le besoin. [7] Nous nous assemblons tous le jour du soleil, parce que c'est le premier jour, où Dieu, tirant la matière des ténèbres, créa le monde, et que, ce même jour, Jésus-Christ notre sauveur ressuscita des morts. La veille du jour de Saturne, il fut crucifié, et le lendemain de ce jour, c'est-à-dire le jour du soleil, il apparut à ses apôtres et à ses disciples et leur enseigna cette doctrine, que nous avons soumise à votre examen."
Se tenir debout pour être en présence de Dieu a toujours été la posture du priant, surtout près de l’autel ; Saint Justin souligne que même les chrétiens, assis, écoutent le lecteur, mais se lèvent pour prier et se joindre au prêtre qui présente les offrandes, élevant leurs prières et rendant grâces. Les Chrétiens se mettent debout pour montrer que Jésus ressuscité, ils célèbrent la vie.
Le moment où le fidèle est assis est le moment où le disciple écoute. Les moments où l’on s'incline plus ou moins profondément ou même lorsque le fidèle se met à genoux, c’est un signe de pénitence et d'humilité, un signe où devant Dieu le fidèle se fait tout petit
Non seulement la posture droite, mais aussi les mains et les yeux devaient être levés vers le ciel. C'est une autre caractéristique typique de ceux qui se présentaient devant le Très-Haut pour le prier ; et cela vaut également pour la prière liturgique, orientée vers l'autel, qui est comme l'extrémité terrestre de l'autel placé devant le trône du Très-Haut (cf. Ap 8, 3.5 ; 9, 13).
La signification du geste des mains est controversée, mais il semble que le texte d'Isaïe 1, 15 soit particulièrement décisif : "Quand vous étendez les mains, je détourne les yeux. Vous avez beau multiplier les prières, je n’écoute pas : vos mains sont pleines de sang." Celui qui se présente devant Dieu montre à son regard ses propres mains, afin qu'il puisse voir qu'elles sont désarmées, qu'elles ne sont souillées ni par le sang de son frère, ni même par le sang des victimes offertes aux idoles de tous les temps. Il ne s'agit pas de revendiquer une innocence présomptueuse, mais de vouloir exclure toute duplicité et toute hypocrisie. C'est probablement pour cette même raison que les chrétiens se lavaient les mains avant d'entrer dans l'église, comme cela se fait encore aujourd'hui dans les monastères et avec l'utilisation des bénitiers aux entrées des églises.
Ce point important permet également d'écarter la possibilité que les chrétiens aient pu célébrer l'Eucharistie allongés sur des tricliniums, la tête appuyée sur un bras. Aucun païen ne se serait jamais allongé devant la divinité, et rien ne prouve que les premiers chrétiens, issus du paganisme, l'aient fait.
L'autel n'a pas été conçu comme une table pour y déposer de la nourriture, ni même simplement comme une table conviviale. L'autel est le fondement d'une ligne reliant la terre au Ciel, ou, plus précisément, l'autel de la terre est le signe et la présence de l'autel du Ciel, qui se dresse devant le Très-Haut. Pour cette raison profonde, une attitude caractéristique de la prière consiste à lever les yeux vers le ciel, comme pour retracer cette ligne jusqu'à son sommet. Les Psaumes indiquent à plusieurs reprises ce geste ; le Canon romain représente le Christ lui-même levant les yeux vers le Père lors de l'institution de l'Eucharistie — et elevátis oculis in cælum ad te Deum Patrem suum omnipotentem — et enjoint au prêtre d'en faire autant.
Le rite romain prescrit à plusieurs reprises, durant la célébration eucharistique, que le prêtre lève les yeux vers le ciel. Ce regard levé ne cherche pas un Dieu perdu dans les régions célestes, mais le reconnaît comme présent. Elle reconnaît que la prière s'accomplit précisément devant Lui, en Sa présence , une expression très lourde de sens qui évoque précisément le regard que nous croisons de nos propres yeux.
Ces trois aspects caractéristiques de l'homme en prière, que l'on retrouve explicitement chez les Juifs et les Chrétiens – la position debout, les mains ouvertes vers le haut, les yeux levés vers le Ciel – confirment combien il est anachronique et injustifié d'attribuer aux Chrétiens des premiers siècles une position qui nie radicalement la posture de la personne en prière. (Luisella Scrosati)
L'autel était orienté vers l'Est
Dans les cultes païens, les images des idoles jouaient le rôle de point de focalisation. La personne en prière se tournait vers l'image et tendait les mains dans cette direction. Il en allait de même pour le sacrifice : l'offrant et le prêtre étaient orientés vers l'image. Cela impliquait un fait intéressant : l'autel avait une direction, c'est-à-dire qu'il avait un devant et un derrière, de sorte que le prêtre qui offrait le sacrifice se tenait debout devant lui, orienté vers l'image de la divinité, qui se trouvait donc derrière.
Stefan Heid (Altar and Church, pp. 236-237) souligne que, selon l'architecte romain Marco Vitruvio Pollione, l'autel devait se trouver à l'extérieur, sur le côté ouest du temple, tourné vers l'est, de sorte que le prêtre offrait le sacrifice en regardant vers le ciel, en direction de l'est, face à l'image de l'idole.
Clément d'Alexandrie confirme également cette orientation : "C'est pourquoi même les temples les plus anciens étaient orientés vers l'ouest, afin que ceux qui se trouvaient face aux statues des divinités soient amenés à se tourner vers l'est" (Stromata, VII, 43, 7).
Dans le judaïsme également, l'orientation était fondamentale. L'interdiction de faire des images de Yahvé empêchait la création de statues et de représentations semblables à celles des païens ; mais cette interdiction n'affectait en rien l'orientation de la prière et du sacrifice. Concernant le sacrifice expiatoire, Dieu ordonne à Moïse : "Voici l'holocauste perpétuel que vous offrirez de génération en génération, à l'entrée de la tente de la rencontre, devant l'Éternel, où je vous rencontrerai pour vous parler" (Exode 29, 42). L'immolation des animaux avait lieu sur l'autel de bronze, à l'intérieur de l'enceinte sacrée, mais hors du Lieu Saint. Le sacrifice devait être offert par les prêtres "en présence de l'Éternel", c'est-à-dire face au Saint des Saints. Le sacrifice d'encens devait également être offert "devant l'Éternel" : "Il l'offrira aussi au crépuscule, quand Aaron allumera les lampes ; ce sera un encens perpétuel devant l'Éternel, de génération en génération" (Exode 30, 8). Tout sacrifice offert par le roi et le peuple l’était "devant l’Éternel" (cf. 1 Rois 8, 62). Cette expression, que l’on retrouve dans de nombreux passages de l’Ancien Testament, désigne moins une disposition intérieure qu’une orientation corporelle, étroitement liée à celle des autels. Aucun Lévite n’aurait jamais offert le sacrifice debout entre le Saint des Saints et l’autel, et aucun Juif n’aurait jamais prié dos au Temple, comme l’Éternel l’avait expressément condamné par la bouche du prophète Ézéchiel (cf. Ézéchiel 8, 16).
Pour les chrétiens aussi, l'exercice du sacerdoce est synonyme de présence à Dieu, de se tenir devant lui, de se présenter devant son visage, de s'exposer au regard de la Majesté divine. Les expressions "in conspectu Dei stare", "coram oculis Dei", "astare coram te", "adstanes ante tuam Maiestatem" abondent dans les textes liturgiques anciens et chez les Pères de l'Église. Ces expressions, encore une fois, ne visent pas à exprimer un recueillement intérieur, mais une orientation corporelle concrète : le prêtre se tient devant Dieu, car il se tient face à l'autel ("ante altare stans"), tourné vers l'image du Christ et vers l'Orient, point cardinal également présent dans les cultes païens, mais qui revêt pour les chrétiens une signification nouvelle. Le prêtre qui sacrifie et les fidèles qui offrent se tiennent "du même côté", devant l’autel, et se tiennent en présence de Dieu, le regardant, représenté en image, comme on peut le voir dans de nombreuses mosaïques et fresques de l’abside ; ou simplement vers l’Est, le point cardinal considéré comme le plus noble par nature, une expression dans la création du Soleil de justice (Mal 4,2), du Soleil levant (Luc 1,78), de Jésus-Christ notre Seigneur. De nombreux textes des Pères de l'Église attestent que cette coutume de prier face à l'Orient , c'est-à-dire orientée vers lui, nous vient directement des Apôtres.
-Saint Jean Damascène, après avoir expliqué les raisons de cette orientation, écrit : "Cette tradition des Apôtres n'est pas écrite ; en fait, ils nous ont transmis beaucoup de choses qui ne sont pas écrites" (Sur la foi orthodoxe, IV, 12).
-Saint Basile le Grand considère comme une évidence que la prière s'élève lorsqu'on se tourne vers l'Orient, bien que peu se souviennent aujourd'hui de la raison : "C'est pourquoi nous nous tournons tous vers l'Orient quand nous prions ; mais peu savent que nous recherchons la patrie originelle, le paradis, que Dieu a planté en Éden, à l'Orient" ( Sur le Saint-Esprit , XXVII, 66, 60).
Lors des prières et des sacrifices , les chrétiens et les prêtres se tournent donc vers l'Orient, souvent vers une image du Christ.
L'autel est également orienté. À cet égard, il est important de dissiper un malentendu : l'autel orienté a souvent été confondu avec l'autel "mural", c'est-à-dire l'autel à trois côtés libres, intégré à une structure plus complexe ; un autel libre sur ses quatre côtés était considéré comme un signe de libre orientation, laissant supposer que le prêtre pouvait faire face aux fidèles. Or, il n'en est rien : l'autel a toujours été orienté, c'est-à-dire qu'il avait un devant et un derrière, et le prêtre se tenait devant, même lorsque l'autel était libre sur ses quatre côtés. (Luisella Scrosati)
Des sources du IIIe siècle et du IVe siècle sur la liturgie chrétienne, comme la Tradition apostolique ou la Diataxeis des saints Apôtres(Traité du début IIIe s. attribué à S. Hippolyte de Rome) et les Constitutions apostoliques (IV.e s.) ont des éléments dans lesquels Adrian Fortescue a discerné des antécédents d'éléments spécifiques du rite romain. (Adrian Fortescue, ''Liturgy of the Mass'', dans The Catholic Encyclopedia, vol. 9, New York, Robert Appleton Company, 1910.)
La Didache (96 ap. J.-C.) ne mentionne pas la façon de la réception, mais seulement celle qu'ils reçurent le jour du Seigneur. Cependant, il existe des indices scripturaires intéressants que nous pouvons découvrir lorsque nous examinons l'Ancien Testament. Ces indications pourraient fournir des indications utiles sur la manière dont les premiers chrétiens auraient pu recevoir l'Eucharistie:
-Les trois principaux prophètes de l'Ancien Testament ont tous été nourris de la Parole de Dieu dans leur bouche au début de leur ministère [Es 6,7; Jr. 1: 9, Ez. 2: 8-9 ; 3: 1–3]
-De plus, les Juifs ne savaient pas s’approcher de ce qui était saint. L'histoire d'Ozame vient à l'esprit [2 Sam. 6: 7].
-Seuls les Lévites, qui étaient consacrés par Dieu, pouvaient toucher l'Arche de l'Alliance [1 Chroniques 15:2].
TÉMOIGNAGES PATRISTIQUES
DIDACHÈ Doctrine des 12 apôtres
"Pour l’Eucharistie, rendez grâces de la manière suivante : [...] Que personne ne mange ni ne boive de votre eucharistie hors ceux baptisés au nom du Seigneur. Car à ce sujet aussi, le Seigneur a dit : ne donnez pas ce qui est saint aux chiens." (9, 1.5 in Premiers écrits chrétiens, Bibliothèque de la Pléiade, éd. Publiée sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, Nrf Gallimard, Lonrai 2017.)
SAINT JUSTIN
"[1] Cette nourriture reçoit chez nous le nom d''Eucharistie', et nul n'est admis à y prendre part, sinon celui qui a foi en la vérité de nos enseignements, qui a reçu le bain pour la rémission des péchés et en vue de la régénération, et qui vit selon les préceptes donnés par le Christ. [2] Ce n'est en effet ni comme un pain ordinaire ni comme une boisson ordinaire que nous prenons cette nourriture; mais de même que, fait chair par le Verbe de Dieu, Jésus Christ, notre sauveur, prit chair et sang pour notre salut, de même la nourriture faite 'eucharistie' par la parole de prière que nous tenons de lui, et dont notre sang et nos chairs sont nourris par transformation, est-elle – c'est l'enseignement que nous avons reçu – la chair et le sang de ce Jésus fait chair. [...][4] Cela, les démons malfaisants l'ont aussi imité, dans la tradition des mystères de Mithra: on présente en effet dans les cérémonies d'initiation [de Mithra. Ndlr.] du pain et une coupe d'eau qu'on accompagne de certaines formules; si vous ne le savez déjà, vous pouvez vous en informer." (1 Apologie 66, 1-3 in Premiers écrits chrétiens, Bibliothèque de la Pléiade, éd. Publiée sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, Nrf Gallimard, Lonrai 2017.)
SAINT IGNACE D'ANTIOCHE
"Cherchez donc à n'avoir qu' une seule Eucharistie ; en effet, il n'y a qu'une seule chair de notre Seigneur Jésus-Christ et une seule coupe pour l'union de son sang , un seul autel, comme un seul épiscope avec le presbytérion et les les diacres, mes compagnons de service - pour que tout ce que vous fassiez, vous le fassiez selon Dieu." (S. Ignace d'Antioche, Lettre aux Philadelphiens, 4).
"Je n'ai pas de plaisir à la nourriture corruptible, ni aux plaisirs de cette vie. C’est le pain de Dieu que je veux, c'est-à-dire la chair de Jésus-Christ, qui est de la race de David, et comme boisson, c'est son sang que je veux, c'est l’amour incorruptible". (S. Ignace d'Antioche, Romains 7:3 in Premiers écrits chrétiens, Bibliothèque de la Pléiade, éd. Publiée sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, Nrf Gallimard, Lonrai 2017.)
SAINT IRÉNÉE DE LYON
"Recommandant aussi à ses disciples d’offrir à Dieu les prémices de ses créatures, non pas parce qu’il en avait besoin, mais pour qu’ils ne paraissent pas inactifs et ingrats, il prit le pain issu de la création, rendit grâce en disant : Ceci est mon corps ; de même, il prit la coupe, et il revient lorsque nous, ceux de la création, proclamons son sang et établissons la nouvelle offrande de la nouvelle alliance.
C'est la même offrande que l’Église a reçue des Apôtres et que, dans le monde entier, elle offre à Dieu qui nous nourrit, comme prémices des dons de Dieu." (Saint Irénée de Lyon, Contre les hérésies 4,17,5)
"Quant à nous, notre manière de penser et d’être est conforme à l’Eucharistie, ce qui confirme notre doctrine, car nous offrons ce qui lui appartient déjà, proclamant, comme il se doit, la communion et l’unité de la chair et de l’esprit. De même que le pain issu de la terre, recevant l’invocation de Dieu, n’est plus pain ordinaire, mais Eucharistie, composée de deux éléments : terrestre et céleste, de même nos corps, recevant l’Eucharistie, ne sont plus corruptibles, car ils ont l’espérance de la Résurrection." (Contre les hérésies 4,18, 3-4)
"De même que la semence de la vigne, plantée en terre, porte ensuite du fruit, et que le grain de blé, tombé à terre et détruit, ressuscite multiplié par l’action de l’Esprit de Dieu qui soutient toutes choses, et que, par l’œuvre des hommes, ces choses deviennent vin et pain, qui, par la parole de Dieu, deviennent l’Eucharistie, c’est-à-dire le corps et le sang du Christ."
De même, nos corps, nourris par cette Eucharistie, après leur décomposition, ressusciteront en leur temps, lorsque la parole de Dieu les élèvera à la gloire de Dieu le Père, car elle donnera l’immortalité aux corruptibles, puisque la puissance de Dieu se manifestera dans la faiblesse » (Contre les hérésies 5,2, 2-3).
TERTULLIEN 3e siècle
"C’est pourquoi, par le sacrement du pain et du calice, nous avons déjà prouvé dans l’Évangile la vérité du corps et du sang du Seigneur, contrairement au fantôme prêché par Marcion (Contre Marcion 5: 8).
"C’est pourquoi, par le sacrement du pain et du calice, nous avons déjà prouvé dans l’Évangile la vérité du corps et du sang du Seigneur, contrairement au fantôme prêché par Marcion (Contre Marcion 5: 8).
"Le sacrement de l’Eucharistie, confié par le Seigneur à tous lors de la Cène, nous le recevons aussi dans les réunions avant l’aube, non des mains d’étrangers, mais de ceux qui président (…) Nous souffrons d’angoisse si quelque chose tombe de notre calice ou de notre pain." (De la couronne 3)
HIPPOLYTE DE ROME
"Que tous les fidèles s’empressent de recevoir l’Eucharistie avant toute autre chose. S’ils la reçoivent par foi, quoi qu’il leur soit donné ensuite, même mortel, ne pourra leur nuire."
"Faites tout votre possible pour que l’incroyant ne goûte pas à l’Eucharistie, ni un rat ou un autre animal, et pour qu’aucune partie ne tombe et ne soit perdue : c’est le corps du Christ, que les croyants doivent manger et ne doivent pas négliger." (Tradition apostolique).
ORIGÈNE D’ALEXANDRIE
"N’avez-vous pas peur de recevoir le Corps du Christ et de vous approcher de l’Eucharistie comme si vous étiez purs et irréprochables ? Comment pouvez-vous mépriser le jugement de Dieu ? Ne vous souvenez-vous pas qu’il est écrit : « C’est pourquoi beaucoup parmi vous sont faibles, malades et mourants » ? Pourquoi tant de personnes sont-elles faibles ? Parce qu’elles ne se jugent pas elles-mêmes, qu’elles ne s’examinent pas, qu’elles ne comprennent pas ce que signifie participer à l’Église, ni ce que signifie s’approcher de tant de sacrements si précieux. Elles subissent ce que subissent habituellement ceux qui ont de la fièvre lorsqu’ils osent goûter aux mets délicats des saints, c’est-à-dire qu’elles se perdent." (Commentaires sur les Psaumes 37,2,6).
"Sachez-le vous-mêmes, vous qui avez l’habitude de voir les mystères en les racontant : lorsque nous recevons le corps du Seigneur, vous le gardez avec tout le soin et la vénération nécessaires, afin que rien n’en tombe, ni qu’aucune partie du don consacré ne disparaisse ; car, comme vous le savez, on sera accusé, et à juste titre, si quelque chose est perdu par négligence." (Homélie sur Exode 13, 3).
"[Auparavant,] la manne était la nourriture dans Enigma ; maintenant, il est clair que la chair de la parole de Dieu est la vraie nourriture, comme il le dit lui-même : ma chair est vraiment de la nourriture et mon sang est vraiment de la boisson." (homélie sur le numéro 7.2)
SAINT HILAIRE DE POITIERS
"Le Verbe s’est véritablement fait chair, et nous, dans le repas du Seigneur, recevons véritablement la chair du Verbe (…) Il nous donne à la fois la réalité de sa chair et la réalité de sa divinité dans le sacrement de sa chair." (Sur la Trinité 8, 13)
" S’il est vrai que “le Verbe s’est fait chair”, il est également vrai que dans la sainte nourriture (l’Eucharistie), nous recevons le Verbe incarné. Dès lors, nous devons être convaincus que Celui qui (…) s’est aussi fondu dans le sacrement qui unit sa chair à la nature de l’éternité (…) par sa chair, demeure en nous, en nous, et nous en lui. (…) Il témoigne lui-même que nous sommes pleinement en lui, par le Sacrement dans lequel il nous communique sa chair et son sang (…) ceci est donc la source de notre vie : la présence du Christ en nous par sa chair." (Sur la Trinité 8.13 trait 16)
"Il dit lui-même : “Ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure avec moi, et moi avec lui” (Jean 6, 56). Quant à la vérité de la chair et du sang, il n’y a aucun doute : c’est véritablement chair et véritablement sang, comme nous le voyons dans la déclaration même du Seigneur et dans notre foi en ses paroles. Cette chair, une fois mangée, et ce sang, une fois bu, nous unissent aussi en Christ et Christ en nous." (Sur la Trinité).
SAINT ATHANASE D’ALEXANDRIE
"Vous verrez les Lévites apporter du pain et une coupe de vin, et les déposer sur la table. Jusqu’à ce que les invocations et les prières soient faites, il n’y a que du pain et du vin dans la coupe ; cependant, après que les grandes et admirables prières aient été dites, alors le pain devient le corps de Notre Seigneur Jésus-Christ et le vin devient votre sang." (Aux nouveaux baptisés, p. 26, 325).
SAINT CYRILLE DE JÉRUSALEM
"Après avoir déclaré sur le pain : « Ceci est mon corps », qui osera en douter ? Et après avoir affirmé : « Ceci est mon sang », qui pourra douter et dire que ce n’est pas son sang ? (…) À une autre occasion, il changea l’eau en vin à Cana en Galilée, par un signe. Ne croirons-nous donc pas en lui lorsqu’il change le vin en sang ? (…)
Ainsi, avec une certitude absolue, nous participons au Corps et au Sang du Christ . Car, sous la forme du pain, le Corps vous est donné, et sous la forme du vin, le Sang vous est donné, afin que, ayant participé au Corps et au Sang du Christ, vous soyez un avec lui corps et sang. Nous devenons ainsi « Christophores », c’est-à-dire porteurs du Christ, dont le Corps et le Sang se diffusent en nous. Et alors, comme le dit saint Pierre, « nous participons à la nature divine » (2 Pierre 1, 4). En effet, ne les considérez pas comme du simple pain et du simple vin, car ils sont, selon la foi, le Corps et le Sang du Christ : croyez fermement, sans aucun doute, que vous avez été rendus dignes du Corps et du Sang du Christ (Catéchèse 4, 1-2, 6).
SAINT AMBROISE DE MILAN
"Vous dites peut-être : ́Mon pain est du pain ordinaire.’ Cependant, ce pain est Pain avant les paroles sacramentelles. Dès que la consécration a lieu, le pain qu’il est devient la Chair du Christ » (Sur les Sacrements 4).
"Le Seigneur a commandé, et les cieux furent faits ; le Seigneur a commandé, et la terre fut faite ; le Seigneur a commandé, et les mers furent faites ; le Seigneur a commandé, et toutes les créatures furent créées. Voyez donc combien la parole du Christ est efficace. Si la parole du Seigneur Jésus est si puissante que, par elle, des choses qui n’existaient pas auparavant commencent à être, combien plus doit-elle l’être pour que des choses qui existaient déjà puissent être et devenir autre chose." (Sur les Sacrements 4,4,15).
[...] "Confirmons la vérité du mystère de l’Eucharistie par l’exemple de l’Incarnation : la naissance du Christ a-t-elle été précédée d’un processus naturel ? (…) Il est évident qu’il est né de la Vierge au-dessus de la nature. Or, le corps que nous consacrons est né de la Vierge. Pourquoi chercher à ordonner le Corps du Christ (l’Eucharistie) alors que le Seigneur est né de la Vierge au-dessus de la nature ? La chair du Christ, crucifié et enseveli, était réelle ; par conséquent, ce sacrement est véritablement de sa chair."
Sachant cela, il semble légitime de se demander si les apôtres, les consacrés de Jésus (évêques) auraient laissé des membres non consacrés de l'Église toucher le corps, le sang, l'âme et la divinité de notre Seigneur dans l'Eucharistie alors que seuls les lévites, une fois purifiés, pouvaient toucher l'Arche (1 Chroniques 15:2-14)
Au IIe siècle, les prières et les lectures formaient déjà une structure ressemblant de la messe.
Sixte I (117-126) interdit de toucher les mystères sacrés si l’on ne faisait pas partie du clergé : ut mysteria sacra non tangerentur, nisi a ministris, "les Mystères Sacrés ne doivent pas être manipulés par des personnes autres que celles consacrées au Seigneur. (Liber Pontificatis, éd. DUCHESNE, I, Paris, 1886, 128.)
Au IIIe s., Saint Eutychian, Pape (275-283) interdit que la communion à porter aux malades soit confiée à un laïc ou à une femme (nullus praesumat tradere communionem laico vel feminae ad deferendum infirmo).
Tertullien de Carthage (160-250) attestait que la sainte eucharistie était reçue uniquement du prêtre et pas d’autrui (nec de aliorum manu sumimus).
À mesure que le christianisme se répandit, les liturgies locales se développèrent.
Au IVe siècle, Rome développa son propre style liturgique, simple, sobre et fortement inspiré des Écritures.
D'autres lieux (comme Byzance) avaient leurs propres rites.
Le latin devint la langue officielle au IVe siècle.
Le grec était la première langue de la liturgie romaine, mais le latin remplaça le grec, unifiant l'Occident. La messe était célébrée dans la langue du peuple de l'empire romain.
En entrant dans la patristique et dans les époques médiévales où nous avons une documentation plus complète, nous pouvons établir de manière plus définitive le mode de réception de l’Eucharistie pratiqué dans l’Église.
Les citations suivantes montrent que la communion dans la bouche (ou sur la langue) était la norme dans l'Église:
Le concile de Saragosse (380) dans son canon 3 excommuniait tous ceux qui osaient continuer à recevoir la Sainte Communion à la main comme en temps de persécution. Décision confirmée par le synode de Tolède (400).
Une formule apocryphe est alléguée comme étant de Saint Cyrille de Jérusalem (313-386) dans ses "Catéchèses mystagogiques" vers 350, citée hors contexte pour faire penser à la pratique moderne : "Lorsque tu t’avances pour Le recevoir, ne t’approche pas sans respect, les paumes des mains grandes ouvertes ou les doigts écartés ; mais avec ta main gauche, fais un trône pour la droite où va reposer le Roi. Reçois le Corps du Christ dans le creux de ta main et réponds Amen." [Catéchèse mystagogie V, xxi-xxii, Migne Patrologia Graeca, 33.] Les passages supprimés sont : "Sanctifie tes yeux par le contact du saint Corps" et puis, après avoir bu au calice, "lorsque tes lèvres en sont encore mouillées, touche-les avec les mains et passe sur tes yeux, ton front et tous tes autres sens, pour les sanctifier."
Cet extrait provient d'une des cinq Conférences de Pâques (mystagogies) attribuées à saint Cyrille, mais on se demande si ces cinq conférences de suivi sont bien du grand saint. L'érudit Dr. Taylor Marshall en doute. Il pose que certains manuscrits n'attribuent pas ces conférences à saint Cyrille. Il écrit que cette même citation continue en mentionnant que le corps de Christ devrait être porté aux yeux et au front et que le communicateur devrait toucher ses lèvres avec le sang précieux de notre Seigneur. Les passages supprimés sont : "Sanctifie tes yeux par le contact du saint Corps" et puis, après avoir bu au calice, "lorsque tes lèvres en sont encore mouillées, touche-les avec les mains et passe sur tes yeux, ton front et tous tes autres sens, pour les sanctifier." De même Michael Davies, un autre érudit, évoque la question de l'identité de l'auteur de la citation alléguée à S. Cyrille dans son ouvrage "Communion dans la main et autres fraudes similaires" (P.8).
Les témoignages des premiers siècles attestent que si la communion pouvait être reçue dans la main, c’était dans des cas exceptionnels relevant de circonstances très particulières (persécutions, nécessité de mettre le Pain consacré à l’abri... etc.) [Pro liturgia, Lundi 30/3/2015]
Saint Basile, Père grec et Docteur de l’Église (329-379), expliqua qu’en des circonstances pareilles de persécution et en l’absence de prêtre et/ou de diacre pour administrer la communion et la porter aux malades, on avait pu jadis "recevoir la communion au moyen de sa propre main". [Saint Basile, Lettre 93]
L’historien Eusèbe de Césarée (270-339) attesta au livre VI de son "Histoire ecclésiastique" que la communion dans la main se faisait seulement en cas de véritable nécessité. La pratique normale avait toujours été que les fidèles communient à genoux et dans la bouche. Devant les abus locaux, le concile de Rouen rappela en 650 cette norme apostolique, en interdisant la communion dans la main (nulli autem laico aut feminae Eucharistiam in manibus ponat, sed tantum in os ejus).
Dans une homélie sur la première épître à Timothée, Saint Jean Chrysostome (347-407) indiquait cette humble et pieuse attitude de réception de la part des fidèles : "Que rien d’amer ne sorte de la bouche qui a été gratifiée d’un si grand mystère ; que la langue, sur laquelle le divin Corps a été déposé, ne profère rien de déplaisant."
D'après la tradition, à la fin du IVe siècle, S. Ambroise de Milan régla la forme du chant ecclésiastique (cantus ambrosianus, seu firmus) et pour parler de l'assemblée dominicale (dominicum) imposa le mot missa, messe.
L'Institution de l'Eucharistie tableau de Nicolas Poussin († 19 novembre 1665), commandé par SMTC Louis XIII pour la chapelle du château de Saint-Germain-en-Laye, 1641, Louvre.
Au Moyen-Âge
Au Ve siècle, le pape Saint Léon I (440-461) enseigna que l’on recevait en bouche ce qui était cru par la foi (hoc enim ore sumitur quod fide tenetur), "ceci est effectivement reçu au moyen de la bouche, à quoi nous croyons par la foi". "Le minerai" est ici dans l'ablatif; dans le contexte, cela désigne l'instrumentation. La bouche est donc le moyen par lequel la Sainte Eucharistie est reçue.
Au VIe siècle, en 536, le pape Saint Agapet I accomplit un miracle de guérison après avoir donné l’hostie en bouche à quelqu’un (cumque ei Dominicum corpus mitteret in os).
Au VIe et VIIe siècles, le pape Saint Grégoire I le Grand (590-604) perfectionna les prières et les chants. Il façonna le Canon (le cœur de la messe) et donna à la liturgie une grande partie de sa stabilité, ce qui lui valut le nom de ''messe grégorienne''. Dans ses dialogues (Romain 3, c. 3) il attesta que le Pape saint Agapet accomplit le miracle de la guérison durant la messe après avoir placé le Corps du Seigneur dans la bouche de la personne. Jean le Diacre parla de la manière dont ce Pape distribuait la sainte communion.
Au VIIe siècle, en Orient, le 3ème concile de Constantinople (680-681), 6e concile œcuménique, interdit sous peine d'excommunication aux fidèles de prendre l'Armée sacrée dans la main alors qu’un évêque, un prêtre ou un diacre étaient disponibles pour la leur dispenser en bouche.
Le Synode de Cordoue (839) a condamné la secte de "Casiani" pour son refus de recevoir la Sainte Communion directement dans la bouche [Cf. Mgr Athanasius Schneider, Dominus Est, p.47.].
Le Synode de Rouen (878) a déclaré: "L'Eucharistie ne peut jamais être confiée à un laïc, ni à une femme, mais doit seulement être donnée à la bouche".
Il découle de la prémisse que si les vases et les mains du prêtre touchant l'Eucharistie devaient être consacrés, elle ne serait pas par la suite remis entre les mains du profane.
Au IXe siècle, le Synode de Cordoue au condamna en 839 la secte de "Casiani" pour son refus de recevoir la Sainte Communion directement dans la bouche. [Cf. Mgr Athanasius Schneider, Dominus Est, p.47.]
Le Synode de Rouen (878) déclara : "L'Eucharistie ne peut jamais être confiée à un laïc, ni à une femme, mais doit seulement être donnée à la bouche".
Au XIIIe siècle saint Thomas d'Aquin (1225–1274) précisa : "Par respect pour ce sacrement [la Sainte Eucharistie], rien ne le touche, sauf ce qui est consacré. c'est pourquoi le corporal et le calice sont consacrés, ainsi que les mains du prêtre, pour toucher ce sacrement." (Summa Theologica, partie III, Q.82, art. 3, Rep. Obj.8.)
La messe Saint Pie V ou "tridentine"
En 1570, après le concile de Trente, le pape Pie V publia le Missel romain (Bulle Quo Primum). Il n'inventa pas la messe. Il préserva et normalisa la forme qui s'était déjà développée naturellement pendant plus de 1 000 ans.
Des églises domestiques aux basiliques, du grec au latin, de la tradition orale au Missel.
La messe en latin est un lien vivant avec les apôtres.
C'est la messe des siècles, qui grandit comme un chêne à partir d'une minuscule graine.
À l'époque contemporaine
La communion fréquente, et des enfants, est une pratique instaurée par Saint Pie X (1903-1914).
La constitution sur la divine liturgie du concile vatican II, Sacrosanctum Concilium n° 36,1 a demandé de conserver l'usage du latin dans la liturgie :
"L’usage de la langue latine, sauf droit particulier, sera conservé dans les rites latins".
Le Concile Vatican II ne s'est pas pas exprimé sur le sujet de la communion dans la bouche ou dans la main, mais précise dans Lumen Gentium§ 11 que 'l’Eucharistie est "la source et le sommet de la vie chrétienne".
Les autres sacrements ainsi que tous les ministères ecclésiaux et les tâches apostoliques sont tous liés à l’Eucharistie et ordonnés à elle. Car la sainte Eucharistie contient tout le trésor spirituel de l’Église, c’est-à-dire le Christ lui-même, notre Pâque." [CEC 1324]
Le 3 avril 1969, le pape Paul VI promulgue la constitution apostolique Missale romanumpour officialiser le "nouveau missel romain" de la messe dite "de Paul VI" désormais en usage dans l'Église latine, rendant obsolète le missel romain de 1570. Toutefois, certains fidèles sont demeurés attachés à l'ancien rite.
Le 29 mai 1969, le sujet de la distribution de la Communion est abordé par la Sacrée Congrégation pour le culte divin dans l’instruction de Paul VI, Memoriale Domini, pour confirmer la réception de la communion à genoux et sur les lèvres :
"... la coutume s'est établie que ce soit le ministre lui-même qui dépose sur la langue du communiant une parcelle de Pain consacré. Compte tenu de la situation actuelle de l'Église dans le monde entier, cette façon de distribuer la Sainte Communion doit être conservée, non seulement parce qu'elle a derrière elle une tradition multiséculaire, mais surtout parce qu'elle exprime le respect des fidèles envers l'Eucharistie."
Mais cette instruction de Paul VI de 1969 a ouvert une brèche dans le principe énoncé de conserver la tradition de la distribution de la communion dans la bouche "sur la langue": à la fin du texte, l'on se demande si c’est bien dans ce document que Paul VI a introduit la réception dans la main ? Dans les dernières lignes, un indult est accordé, en totale incohérence avec le raisonnement qui précède. Tolérance restreinte, encadrée, assortie d’un contrôle strict, etc... mais toutes ces précautions étaient évidemment illusoires. Ce qui est important, ce n’est pas le barrage qui est solide en tous points sauf un, la brèche... On sait ce qui est advenu après cette instruction romaine de 1969. La norme est à présent si bien inversée que la règle est devenue l'exception et que c’est la communion dans la bouche qui est vue comme une bizarrerie à peine tolérée dans certains endroits. C'est l'époque de la désacralisation. Au nom de ''l'esprit du concile'' toutes sortes d'abus ont vu le jour :
-distribution de la communion par des laïcs ;
-obligation de recevoir la communion dans la main ;
-célébration ''face au peuple' sur des édicules dépourvus de valeur et de dignité ;
-médiocrité du répertoire musical et limitation - voir interdiction - du chant grégorien ;
-disparition des chorales au profit de l’"assemblée-chantante" invitée à répéter n’importe quoi, n’importe quand et n’importe comment... pourvu que ce soit des airs qu’il ne viendrait à l’idée de personne de chanter ailleurs que dans une église où le mauvais goût est de bon ton ;
-geste de paix transformé en séance de "shake your hands" totalement anti-liturgique ;
-équipes d’animation liturgique envahissantes et totalement inefficaces... sauf, bien sûr, quand c’est pour démolir la liturgie ;
-donné du missel romain Paul VI lui-même systématiquement modifié ou ignoré par les célébrants ;
-absence de dignité, de tenue, de réserve des célébrants ;
-etc.
"Le Missale de Pie V ne fut pas un nouveau missel, mais simplement une version du Missel Romain existant qui avait été légèrement révisée en fonction des sources, et en ce sens elle n’était qu’une étape supplémentaire dans un processus qui était en cours depuis Hippolyte.
Pour cette raison, je considère que les termes Messe tridentine et Messe de Pie V sont historiquement inexacts et théoriquement désastreux."
— Cardinal Ratzinger, Lettre de l’Université de Regensburg (14/12/1976), citation extraite d’une lettre adressée au professeur Wolfgang Waldstein.
Pour que la liturgie retrouve un développement organique dans la tradition de l'Eglise, le Cardinal Ratzinger dit dans cette lettre qu'il faudrait permettre à tous les prêtres de continuer à utiliser l'ancien Missel et que les règles à venir devraient laisser une large liberté d'usage de l'ancien rite. Il explique que l'introduction du nouveau missel lui paraît rompre avec la continuité historique de la liturgie, contrairement à la réforme dite de "saint Pie V" et que les termes de "messe tridentine" ou "missel de saint Pie V" lui semblent historiquement inexactes et théologiquement regrettables.
En 2007, Benoît XVI libéralisa la messe latine traditionnelle, autorisa à nouveau l'usage de l'ancien rite (bien qu'il n'ait jamais été formellement interdit) dans son Motu proprio Summorum Pontificum, sous le nom de forme extraordinaire du rite romain. Cette forme est parfois erronément appelée 'rite tridentin'. Pour l'Église catholique il ne s'agit pas d'un autre rite, mais bien d'une forme exceptionnelle ("extraordinaire") du même rite romain.
Dans sa lettre aux évêques accompagnant son Motu proprio Summorum Pontificum, le pape Benoît XVI indique que "ce Missel n’a jamais été juridiquement abrogé, et que par conséquent, en principe, il est toujours resté autorisé. ... L’histoire de la liturgie est faite de croissance et de progrès, jamais de rupture. Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous, et ne peut à l’improviste se retrouver totalement interdit, voire considéré comme néfaste."
Au sujet des restrictions de la messe traditionnelle en latin, dans un entretien vidéo le 16 juillet 2026 avec Diane Montagna, le cardinal Robert Sarah réitéra les arguments qui étaient ceux de Benoît XVI : "on ne peut pas dire que ce qui a été fait pendant 1 600 ans n'est plus valable aujourd'hui. Ce qui annule n'est pas un texte valide, car l'Église est une continuité. Je ne sais pas de quelle autorité nous disposons pour interdire une liturgie célébrée depuis des siècles".
En 2008, Benoît XVI déclarait que dans l’Eucharistie se trouve la "force de la révolution chrétienne", la "plus profonde de l’histoire humaine", qui donne à l’homme une "vraie liberté".
En 2009, pour le n° 7000 de PRESENT du Jeudi 31 décembre 2009, Jean Madiran dresse un bilan accablant de la messe en français ''sur quarante ans, de 1965 (fin du Concile) à 2005 (élection de Benoît XVI)''. ''Selon un bilan de la Croix'', ''c’est le désastre des 'messalisants', c’est-à-dire des catholiques allant chaque dimanche à la messe. En 1965, ils étaient 27 % de la population française. Ils ne sont plus que 4,5 % en 2005.'' ''La messe en français'' serait ''la principale cause prochaine'. Il faut se souvenir des raisons de l’institution d’une messe nouvelle, telles qu’elles ont été énoncées par Paul VI. Il s’agissait de sacrifier le latin et les magnifiques vêtements de la liturgie traditionnelle, dont il ne niait pas l’éclat merveilleux, mais qui étaient selon lui un obstacle à la participation des masses populaires, des journalistes et des hommes d’affaires.''
'La courbe plonge à partir des années 1970'', ''celles où bat son plein la plus spectaculaire 'audace post-conciliaire'. (sic)'' A la page suivante du même numéro de La Croix (29 décembre), Frédéric Mounier, nous rapporte un propos du cardinal Poupard : ''Il faut se souvenir de l’homélie de Paul VI lors de l’ouverture de son pontificat. Pour lui, avant de parler, l’Eglise devait se faire écoute. Ce fut le thème de sa première encyclique. De même (…), il n’a pas condamné la jeunesse en ébullition. Il s’est interrogé : – Saurons-nous les comprendre ?'' ''Si bien, ironise Jean Madiran, que ce n’est plus guère : 'Allez enseigner toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit' (Mt 28, 19). Ce n’est plus guère ; 'Allez dans le monde entier, proclamer l’Evangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ; celui qui ne croira pas sera condamné' (Mc 16,15-16). C’est plutôt : Allez écouter ce qu’on dit dans le monde, comprenez leurs désirs, accompagnez leurs problèmes…'' (Fin de citation)
En 2021, la législation de l'Église catholique déclare que les livres liturgiques promulgués par les papes Paul VI et Jean-Paul II, conformément aux décrets du concile Vatican II, sont les seuls du rite romain. Néanmoins chaque évêque diocésain, en suivant les orientations du Saint-Siège (annulant l'élargissement proposé par Benoît XVI en 2007) et en particulier celles qui sont mentionnées dans le motu proprio Traditionis custodes, peut permettre dans son diocèse une utilisation limitée du missel de 1962 (la messe latine traditionnelle Saint Pie V).
D'autres formes rituelles sont en vigueur de plein droit dans l'Église latine:
-le rite ambrosien, en vigueur à Milan et dans certains diocèses du Nord de l'Italie,
-le rite de Braga au Portugal,
-le rite mozarabe célébré à Tolède et quelquefois à Salamanque et à Madrid
-les Églises catholiques orientales pratiquent des rites orientaux et n'utilisent donc pas le rite romain ni aucun autre rite liturgique latin. Il existe un grand nombre de rites dits "orientaux", dont l'arménien, le copte, le syriaque et le byzantin. Et un catholique romain entrant dans une église catholique maronite au Liban, ou une église catholique byzantine en Ukraine, ou une église catholique chaldéenne en Irak, la messe lui paraît différente, les vêtements semblent étranges, les chants lui sont inconnus. Et pourtant, au moment de la communion, ce catholique romain peut s'avancer et recevoir l'Eucharistie. Pourquoi ? Parce que l'Église catholique romaine et les 23 Églises catholiques orientales ne forment qu'une seule et même Église catholique. Nous avons une seule foi, un seul baptême et, surtout, une seule Eucharistie. Les prières peuvent être différentes, les traditions peuvent paraître différentes, mais c'est le même Corps et le même Sang du Christ, car nous sommes tous en pleine communion avec le Pape. C’est là la beauté de notre Église : de nombreuses traditions, de nombreux rites, mais un seul Seigneur, un seul Pasteur, une seule table.
Le Card. Francis Arinze, Préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des Sacrements, s'exprima sur le sujet à la conférence liturgique de Gateway, St. Louis, Missouri, 11 novembre 2006 (Texte intégral) :
"L’Église fondée par notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ s’efforce de rassembler les hommes de toutes races, langues, peuples et nations (cf. Ap 5,9), afin que "toute langue proclame que Jésus Christ est le Seigneur pour la gloire de Dieu le Père" (Phil 2,11). Le jour de la Pentecôte, des hommes et des femmes "issus de toutes les nations qui sont sous le ciel" (cf. Ac 2,5) ont écouté les Apôtres relater les oeuvres prodigieuses de Dieu. Cette Église, ce nouveau peuple de Dieu [Cf. Note 1 du décret Optatam Totius du Concile Vatican II] ce corps mystique du Christ, prie. Sa prière publique est la voix du Christ et celle de l’Église, son épouse. Tête et membres. La liturgie est une expression du magistère sacerdotal de Jésus Christ. En elle, le culte public est accompli par l’Église tout entière, autrement dit par le Christ qui y associe ses membres. "Par conséquent, toute célébration liturgique, en tant qu’œuvre du Christ prêtre et de son Corps qui est l’Église, est l’action sacrée par excellence dont nulle autre action de l’Église ne peut atteindre l’efficacité au même titre et au même degré." (Sacrosanctum Concilium, § 7). À la sainte source de la liturgie, nous tous qui avons soif des grâces de la Rédemption, allons puiser l’eau vive (cf. Jn 4,10).
La conscience que, dans chaque acte liturgique, Jésus Christ est le grand prêtre, devrait instiller en nous une grande ferveur. Comme le disait saint Augustin : "Il prie pour nous comme notre Prêtre ; il prie en nous comme notre Chef ; nous le prions comme notre Dieu. Nous reconnaissons ainsi notre voix en lui, et sa voix en nous" (Enarratio in Psalmum, 85).
[...] À l’origine, l’Église de Rome utilisait le grec. Ce n’est que progressivement que le latin a été introduit, jusqu’à la latinisation définitive de l’Église de Rome au IVe siècle (cf. A.G. Martimort, L’Église en prière, Desclée 1983).
[...] Il est à noter que beaucoup de religions du monde, ou leurs ramifications principales, ont une langue qui leur est chère. On ne peut pas penser à la religion judaïque sans penser à l’hébreu. Pour l’islam, la langue sacrée est l’arabe du Coran. L’hindouisme classique considère le sanscrit comme sa langue officielle, tandis que les textes sacrés du bouddhisme sont rédigés en pali.
Il serait superficiel de notre part de croire qu’il s’agit là d’une tendance ésotérique, bizarre, désuète, vieux jeu ou médiévale. Ce serait ignorer une composante subtile de la psychologie humaine. Dans les questions religieuses, les personnes tendent à conserver ce qu’elles ont reçu depuis les origines, la manière dont leurs prédécesseurs ont formulé leur religion et prié. Les paroles et les formules utilisées par les premières générations sont chères à ceux qui en ont hérité aujourd’hui. S’il est vrai qu’on ne peut certes pas identifier une religion avec une langue, la façon dont elle se comprend peut créer un lien affectif avec une expression linguistique particulière en usage dans sa période de croissance classique.
[...] Comme nous l’avons vu, le latin a remplacé le grec comme langue officielle de l’Église de Rome au IVe siècle. Parmi les principaux Pères de l’Église qui écrivirent en latin de manière ample et belle figurent
-saint Ambroise (339-397),
-saint Augustin d’Hippone (354-430),
-et le pape Grégoire le Grand (540-604)... en particulier donna au latin toute sa splendeur dans la sainte liturgie, dans ses sermons et dans l’usage général de l’Église.
[...] Les papes et l’Église de Rome ont constaté que le latin était bien adapté pour diverses raisons. C’est la langue qui convient à une Église universelle, à une Église où tous les peuples, toutes les langues et toutes les cultures doivent se sentir chez eux, et où nul n’est considéré comme un étranger.
[...] Le latin a pour caractéristique de posséder des mots et des expressions qui conservent leur sens de génération en génération. C’est un avantage, lorsqu’il s’agit d’exprimer notre foi catholique et de rédiger les documents papaux et autres textes de l’Église. Les universités modernes apprécient également cette caractéristique, puisque certains de leurs titres solennels sont en latin.
Le Bienheureux Jean XXIII, dans sa Constitution apostolique Veterum Sapientia, publiée le 22 février 1962, avance deux raisons à cela, et en donne une troisième. La langue latine a une noblesse et une dignité non négligeables (cf. Veterum Sapientia, 5, 6, 7). Nous pouvons ajouter que le latin est concis, précis, et poétiquement mesuré.
N’est-il pas admirable que des personnes, et en particulier des clercs s’ils sont bien formés, puissent se rencontrer dans des réunions internationales et être capables de communiquer entre eux au moins en latin ?
[...] Il est vrai qu’il existe une tendance, tant à l’intérieur de l’Église que dans le monde en général, à accorder plus d’attention aux langues modernes comme l’anglais, le français et l’espagnol, qui peuvent nous aider à trouver plus rapidement un emploi sur le marché du travail ou au ministère des affaires étrangères de notre pays. Mais l’exhortation du Pape Benoît XVI aux étudiants de la Faculté de lettres classiques et chrétiennes de l’Université pontificale salésienne de Rome, à l’issue de l’Audience générale du mercredi 22 février 2006, garde toute sa valeur et son importance. Et il l’a prononcée en latin ! En voici une traduction libre en français : "Avec raison, nos prédécesseurs ont insisté sur l’étude de la grande langue latine afin que l’on puisse mieux apprendre la doctrine salvifique contenue dans les disciplines ecclésiastiques et humanistiques. De même, je vous invite à cultiver cette activité, afin que le plus grand nombre possible de personnes puissent accéder à ce trésor et en apprécier l’importance" (in L’Osservatore Romano, 45, 23 fév. 2006, p.5).
Le chant grégorien
"L’action liturgique présente une forme plus noble lorsque les offices divins sont célébrés solennellement avec chants" (Sacrosanctum Concilium, 113). Selon un vieil adage, bis orat qui bene cantat, ce qui veut dire : "Celui qui chante bien prie deux fois". Cela, parce que l’intensité que prend la prière lorsqu’elle est chantée renforce sa ferveur et multiplie son efficacité (cf. Paul VI, Discours à la Schola Cantorum italienne le 25 sept. 1977, Notitiae 136, nov. 1997, p. 475).
La bonne musique aide à prier, élève l’âme des fidèles vers Dieu, et donne à ceux qui l’écoutent un avant-goût de la bonté divine.
Dans le rite latin, ce qui est connu sous le nom de "chant grégorien" fait partie de la tradition. Un chant liturgique particulier existait à Rome, il est vrai, avant saint Grégoire le Grand (+ 604). Mais ce fut ce grand pape qui donna à ce chant sa prééminence. Après saint Grégoire, cette forme de chant continua à se développer et à s’enrichir jusqu’aux bouleversements qui marquèrent la fin du moyen âge. Les monastères, et en particulier ceux de l’Ordre bénédictin, ont beaucoup fait pour préserver cet héritage.
Le chant grégorien est caractérisé par une cadence méditative et émouvante. Il touche les profondeurs de l’âme. Il manifeste la joie, la tristesse, le repentir, la requête, l’espérance, la louange ou l’action de grâce propres à une fête particulière, à une partie de la Messe ou à toute autre prière. Il rend les Psaumes plus vivants. Il exerce une fascination universelle, qui le rend approprié à toutes les cultures et à tous les peuples. Il est apprécié aussi bien à Rome, qu’à Solesmes, Lagos, Toronto ou Caracas. Il résonne dans les cathédrales, les séminaires, les sanctuaires, les centres de pèlerinage et les paroisses traditionnelles.
Le saint Pape Pie X célébra le chant grégorien en 1904 (Tra le Sollecitudini, 3).
Le Concile Vatican II en fit l’éloge en 1963 : "L’Église reconnaît dans le chant grégorien le chant propre de la liturgie romaine ; c’est donc lui qui, dans les actions liturgiques, toutes choses égales d’ailleurs, doit occuper la première place." (Sacrosanctum Concilium, 116). Le Serviteur de Dieu et Pape Jean-Paul II renouvela cet éloge en 2003 (cf. Chirographe pour le centenaire de Tra le Sollecitudini, 4-7, in Cong. Pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, Spiritus et Sponsa, 2003, p. 130). À l’occasion d’une rencontre à Rome à la fin de 2005, le Pape Benoît XVI a encouragé l’association internationale des Pueri Cantores, qui fait une grande place au chant grégorien. À Rome et dans le monde entier, de nombreuses chorales, composées tant de professionnels que d’amateurs, interprètent ces chants de façon magnifique, en communiquant l’enthousiasme qu’il leur inspire.
Ce n’est pas vrai que les fidèles laïcs ne veulent pas chanter le chant grégorien. Ils demandent au contraire que les prêtres, les moines et les religieuses partagent ce trésor avec eux. Les CD gravés par les moines bénédictins de Silos, par leur maison généralice de Solesmes et par beaucoup d’autres communautés sont très demandés par les jeunes. Les monastères sont visités par des personnes désireuses de chanter les laudes, et surtout les vêpres.
[...] En 1962, juste avant d’ouvrir le Concile, le Bienheureux Jean XXIII a rédigé une Constitution apostolique dans laquelle il insistait sur l’usage du latin dans l’Église. Le Concile Vatican II, bien qu’ayant autorisé l’introduction de la langue vulgaire, a mis l’accent sur la place du latin : "L’usage de la langue latine, sauf droit particulier, sera conservé dans les rites latins" (Sacrosanctum Concilum, 36). Le Concile a également demandé aux séminaristes d’avoir "la connaissance de la langue latine qui leur permettra de comprendre et d’utiliser les sources de tant de sciences et les documents de l’Église" (Optatam Totius, 13). Le Code de Droit Canonique publié en 1983 dit : "La célébration eucharistique se fera en latin, ou dans une autre langue, pourvu que les textes liturgiques aient été légitimement approuvés" (can. 928).
Par conséquent, ceux qui veulent donner l’impression que l’Église a voulu éliminer le latin de la liturgie se trompent. En avril 2005, on a assisté au niveau mondial à une manifestation de l’adhésion à une liturgie bien célébrée en latin, lorsque des millions de personnes ont suivi à la télévision les obsèques du Pape Jean-Paul II et, deux semaines plus tard, la Messe inaugurale du Pontificat de Benoît XVI.
[...] L’article 54 précise les modalités à suivre pour que "les fidèles puissent dire ou chanter ensemble, en langue latine, aussi les parties de l’ordinaire de la messe qui leur reviennent". Dans la célébration de la Liturgie des Heures, "selon la tradition séculaire du rite latin dans l’office divin, les clercs doivent garder la langue latine" (SC 101).
[...] Les développements furent tellement rapides qu’aujourd’hui certains clercs, religieux et fidèles laïcs ignorent que le Concile Vatican II n’a pas introduit la langue vulgaire dans toutes les parties de la liturgie.
Les requêtes d’extension de l’usage de la langue vulgaire ne se firent pas attendre. À la demande pressante de certaines Conférences épiscopales, le Pape Paul VI autorisa d’abord la célébration de la Préface de la Messe en langue vulgaire (cf. Lettre du Cardinal Secrétaire d’État, 27 avril 1965), puis de tout le Canon et des prières d’ordination en 1967. Enfin, le 14 juin 1971, la Congrégation pour le Culte Divin publia une communication selon laquelle les Conférences épiscopales pouvaient autoriser l’usage de la langue vulgaire dans tous les textes de la Messe, et tout Ordinaire pouvait donner la même autorisation pour la célébration chorale ou privée de la Liturgie des Heures (pour tous ces développements, voir A. G. Martimort : Le dialogue entre Dieu et son peuple, in A.G. Martimort : L’Église en prière, op. cit.)
Les raisons de l’introduction de la langue du pays ne sont pas difficiles à comprendre. Celle-ci favorise une meilleure compréhension de la prière de l’Église : "La Mère Église désire beaucoup que tous les fidèles soient amenés à cette participation pleine, consciente et active aux célébrations liturgiques, qui est demandée par la nature de la liturgie elle-même et qui, en vertu de son baptême, est un droit et un devoir pour le peuple chrétien" (SC 14).
[...] Les textes latins ont été préparés avec la plus grande attention à la doctrine, dans une formulation exacte, 'exempte de toute influence idéologique, et possédant les qualités voulues pour que les saints mystères du salut et la foi inébranlable de l’Église soient transmis efficacement, au moyen du langage humain, à la prière et à une adoration digne offerte au Très-Haut' (Liturgiam Authenticam, 3).
[...] La liturgie latine n’exprime pas seulement des faits, mais aussi des sentiments, des sensations, par exemple celle de la transcendance de Dieu, de sa majesté, de sa miséricorde et de son amour infini (cf. Liturgiam Authenticam, 25). Des expressions telles que Te igitur, clementissime Pater, Supplices te rogamus, Propitius esto, veneremur cernui, Omnipotens et misericors Dominus, nos servi tui, ne doivent pas être affaiblies ou démocratisées par une traduction iconoclaste. Quelques-unes de ces expressions latines sont difficiles à traduire. Il faut s’adresser aux meilleurs spécialistes en matière de liturgie, de classiques, de patrologie, de théologie, de spiritualité, de musique et de littérature, afin de réaliser des traductions qui soient belles sur les lèvres de notre sainte Mère l’Église. Les traductions doivent refléter la ferveur, la gratitude et l’adoration devant la majesté transcendante de Dieu, la faim de Dieu chez l’homme, toutes choses qui apparaissent clairement dans les textes latins.
[...] Tout ne peut pas être expliqué pendant la célébration liturgique. La liturgie n’épuise pas toute l’activité de l’Église (cf. Sacrosanctum Concilium, 9). La théologie, la catéchèse et la prédication sont également nécessaires. Et même après une bonne catéchèse, un mystère de notre foi demeure un mystère.
En réalité, nous pouvons dire que le plus important dans le culte divin, ce n’est pas de comprendre chaque mot ou chaque concept. Le plus important, c’est que nous ayons une attitude de ferveur et de crainte devant Dieu, que nous l’adorions, le louions et lui rendions grâce. Le sacré, les choses de Dieu, doivent être abordées sans idées préconçues.
[...] Il en résulte que personne, pas même un prêtre ou un diacre, n’a autorité pour changer la formulation approuvée de la sainte liturgie. C’est une question de bon sens. Mais on constate parfois que le bon sens n’est pas très répandu. C’est pourquoi Redemptionis Sacramentum a tenu à réaffirmer expressément : "L’usage suivant, qui est expressément réprouvé, doit cesser : ici ou là, il arrive que les prêtres, les diacres ou les fidèles introduisent, de leur propre initiative, des changements ou des variations dans les textes de la sainte Liturgie, qu’ils sont chargés de prononcer. En effet, cette manière d’agir a pour conséquence de rendre instable la célébration de la sainte Liturgie, et il n’est pas rare qu’elle aille jusqu’à altérer le sens authentique de la Liturgie" (Red. Sacramentum, 59 ; cf. aussi Instruction générale sur le Missel romain, n. 24).
[...]Tous les fidèles laïcs ne connaissent pas le latin, mais ils peuvent apprendre au moins les réponses les plus simples en latin. Les prêtres doivent accorder plus d’attention au latin, et célébrer de temps en temps une messe en latin. Dans les grandes églises où plusieurs messes sont célébrées le dimanche et les jours de fête, pourquoi ne pas dire l’une de ces messes en latin ?
Dans les paroisses rurales, une messe en latin devrait être possible, disons une fois par mois.
Dans les assemblées internationales, le latin est encore plus nécessaire. C’est pourquoi les séminaires doivent s’efforcer de préparer et de former les prêtres à l’usage du latin (cf. Synode des Évêques, octobre 2005, Prop. 36).
[...] Que la Bienheureuse Vierge Marie, Mère du Verbe fait chair dont nous célébrons les mystères dans la sainte liturgie, veuille obtenir pour nous tous la grâce de remplir notre rôle en participant par notre chant aux louanges du Seigneur, que ce soit en latin ou en langue vulgaire. Francis Card. Arinze (Agence Fides 20/12/2006)
Où en sommes-nous aujourd'hui ?
Pourquoi gardons-nous le latin ? (Bénédictines de l'Abbaye Notre Dame de Wisques, Diocèse d'Arras)
"L’Église reconnaît dans le chant grégorien le chant propre de la liturgie romaine ; c’est donc lui qui, dans les actions liturgiques, toutes choses égales d’ailleurs, doit occuper la première place." (Concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium, 116).
La musique du chant grégorien est au service de la Parole, au point qu'il a pu être appelé : "la Bible en musique".
Priant et chantant dans la même langue, au fil des années liturgiques, une véritable imprégnation de la Parole se fait.
La célébration en latin, même pour le rite ordinaire, est donc une des expressions possibles et normales de la liturgie vivante de l’Église au 3ème millénaire. À l’issu du Concile, le pape a souhaité que cette langue soit gardée, par choix, dans certains monastères.
La langue latine est la langue de l’Église universelle, catholique.
De plus, le latin est un vrai patrimoine culturel et surtout spirituel. Au cours des siècles, cette langue s’est révélée particulièrement apte à exprimer le sacré, c’est-à-dire à nous mettre en présence de Dieu.
Le latin nous permet aussi de garder le chant grégorien. Ce chant a été composé sur des mots latins entre le 8ème et le 12ème siècle. Chant profondément contemplatif, il aide la prière et soutient l’attention. C’est un véritable trésor de l’Église.
"L’œuvre essentielle de notre vie est la contemplation, c’est la prière de l’Église célébrée par nous, devenue l’objet et le moyen de notre contemplation." (Mère Cécile Bruyère, fondatrice des Bénédictines de l'Abbaye Notre Dame de Wisques, Diocèse d'Arras)
En 2008, dans un entretien donné à Bruno Volpe, S. Exc. Mgr Albert Malcolm Ranjith Patabendige Don, secrétaire de la S. Congrégation pour le culte divin et la discipline des Sacrements a exprimé son désir que la communion dans la main soit revue :
"Il est vraiment mauvais que des prêtres, heureusement pas tous, continuent à dénaturer, avec des extravagances inexplicables, la liturgie qui – on devrait se le rappeler – n’est pas leur propriété mais appartient à l’Église. Je rappelle à ces prêtres qu'ils doivent, et j'insiste, respecter la liturgie officielle de l'Eglise catholique. A propos des abus et des interprétations personnelles : la messe n'est pas un spectacle, mais un sacrifice, un don et un mystère. Ce n'est pas un hasard si le Saint-Père Benoît XVI nous rappelle sans cesse de célébrer l'Eucharistie avec dignité et décorum.
"... (La question de la communion dans la main). Je crois tout "simplement" que cette pratique doit être revue. Comment procéder ? Pour commencer, un bon catéchisme. Vous savez, hélas, beaucoup de gens ne savent même plus Qui ils reçoivent dans la communion, qui est le Christ, et ainsi approchent de la table de communion sans grande concentration et avec très peu de respect.
"Nous avons besoin de retrouver le sens du sacré. Je parle seulement en mon nom, mais je suis convaincu de l'urgence du réexamen de la pratique de la communion donnée dans la main, du retour à la distribution de l’hostie aux fidèles directement dans la bouche, sans qu’ils la touchent, rappelant par là que Jésus est vraiment dans l'Eucharistie et que chacun doit Le recevoir avec dévotion, amour et respect.
"L’agenouillement au moment de la communion... constituerait une véritable marque de respect pour le don et le mystère de l'Eucharistie. ... En tant que catholique, je me demande et je me pose la question : pourquoi avoir honte de Dieu ? S’agenouiller à la communion serait un acte d’humilité et de reconnaissance de notre nature en tant qu’enfant de Dieu."
En 2014, dans un entretien à Corpus Christi, Mgr Athanasius Schneider, Evêque auxiliaire d’Astana au Kazakhstan, s’exprima sur la situation de l’Eglise à l'occasion de la publication de son livre “Corpus Christi ; la communion dans la main au cœur de la crise de l’Eglise” aux éditions Contretemps :
"Tant que l’adorable personne du Christ, cachée sous les humbles espèces sacramentelles, sera traitée d’une manière aussi banale, indélicate et superficielle qu’aujourd’hui il ne pourra se produire un vrai progrès spirituel dans l’Eglise.
... Parmi les principaux problèmes soulevés par la Communion dans la main il faut d’abord signaler les deux faits les plus graves. Tout d’abord une perte importante de parcelles de la Sainte Hostie qui tombent sur le sol où elles sont piétinées, ensuite le nombre grandissant de vols d’hosties consacrées.
De plus l’absence quasi-totale de gestes manifestes d’adoration et de sacralité au moment de la distribution et de la réception de la sainte Communion entraîne, avec le temps, une diminution et même une perte de la croyance en la présence réelle et en la transsubstantiation.
Le geste moderne de la Communion dans la main – substantiellement différent du geste analogue dans la primitive Eglise – contribue à la banalisation et même à la profanation non seulement de la réalité la plus sainte, mais de la Personne la plus sainte qui est Notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ. "
L'instruction Redemptionis sacramentum § 91-92 donne un droit à tous les fidèles de communier à genoux et dans la bouche :
"ll n’est pas licite de refuser la sainte Communion à un fidèle, pour la simple raison, par exemple, qu’il désire recevoir l’Eucharistie à genoux ou debout.
- Tout fidèle a toujours le droit de recevoir, selon son choix, la sainte communion dans la bouche."
Ce droit est confirmé par le canon 843 §1 du CIC : "Les ministres sacrés ne peuvent pas refuser les sacrements aux personnes qui les leur demandent opportunément, sont dûment disposées et ne sont pas empêchées par le droit de les recevoir."
Dans un entretien avec Elise Ann Allen, auteur de la biographie du Pape "Léon XIV: citoyen du monde, missionnaire du XXIe siècle", paru en espagnol le 18 septembre 2025 au Pérou, Léon XIV affirme avoir "déjà reçu plusieurs demandes et lettres [à propos de ]: La question concernant la messe latine." "Si nous célébrons correctement la liturgie de Vatican II, voyons-nous vraiment une telle différence entre telle expérience ?', demande le Pape.
"Il y a un autre sujet, également brûlant, pour lequel j'ai déjà reçu plusieurs demandes et lettres : la question de savoir si l'on dit toujours 'la messe latine'. Et bien, vous pouvez dire la messe en latin maintenant. S'il s'agit du rite Vatican II, il n'y a aucun problème. Évidemment, entre la messe tridentine et la messe Vatican II, la messe de Paul VI, je ne sais pas trop où cela va nous mener. C'est évidemment très compliqué.
"Je sais qu'une partie de ce problème, malheureusement, est devenue – encore une fois, un élément d'un processus de polarisation – certains ont utilisé la liturgie comme prétexte pour faire avancer d'autres sujets. C'est devenu un outil politique, et c'est très regrettable.
"Je pense que parfois, l'"abus" de la liturgie de ce que nous appelons la messe de Vatican II, n'a pas aidé ceux qui recherchaient une expérience plus profonde de la prière, un contact avec le mystère de la foi qu'ils semblaient trouver dans la célébration de la messe tridentine. Là encore, nous sommes devenus polarisés, de sorte qu'au lieu de pouvoir dire : 'Si nous célébrons correctement la liturgie de Vatican II, voyons-nous vraiment une telle différence entre telle expérience ?'
"Je n'ai pas encore eu l'occasion de rencontrer un groupe de personnes qui défendent le rite tridentin. Une occasion se présentera bientôt, et je suis sûr que d'autres occasions se présenteront. Mais c'est un sujet sur lequel, je pense aussi, peut-être avec la synodalité, nous devons nous asseoir et discuter. C'est devenu un sujet tellement polarisé que les gens refusent souvent de s'écouter. J'ai entendu des évêques m'en parler, me disant : "On les a invités à ceci et à cela, et ils ne veulent même pas entendre." Ils ne veulent même pas en parler. C'est un problème en soi. Cela signifie que nous sommes désormais dans l'idéologie, que nous ne sommes plus dans l'expérience de la communion ecclésiale."
La messe est devenue une sorte de spectacle où par endroits les applaudissements ou l'auto-célébration d'un groupe remplacent le culte du Dieu vivant adoré à l'autel sacré.
La communion dans beaucoup d'endroits a perdu tout sens mystique et sacré. Des gens communient dans la main et retournent à leur place sans conscience de la Présence réelle. Sans parler des actes de vols et de profanations d'osties.
Aujourd'hui comme il y a deux mille ans, la mosaïque de Megiddo, il est clair que ce qui est offert à Dieu en mémorial n'est pas une table ordinaire sur laquelle prendre ses repas, mais une table sacrée.
Le plus important dans le culte divin, ce n’est pas de comprendre chaque mot ou chaque concept. Le plus important, c’est que nous ayons une attitude de ferveur et de crainte devant Dieu, que nous l’adorions, le louions et lui rendions grâce.
Cardinal Francis ARINZE, conférence liturgique de Gateway, St. Louis, Missouri, 11 novembre 2006
Parce que la liturgie est la grande école de la prière de l’Église, il a été jugé bon d’introduire et de développer l’usage de la langue vivante, sans éliminer l’usage de la langue latine, conservée par le Concile pour les rites latins.
Je pense que parfois, l'"abus" de la liturgie de ce que nous appelons la messe de Vatican II, n'a pas aidé ceux qui recherchaient une expérience plus profonde de la prière, un contact avec le mystère de la foi qu'ils semblaient trouver dans la célébration de la messe tridentine.
[...] Si nous célébrons correctement la liturgie de Vatican II, voyons-nous vraiment une telle différence entre telle expérience ?
Des experts suggèrent des réformes urgentes dans la nouvelle messe catholique de 1969 afin de rétablir des éléments traditionnels tels que le silence sacré, la communion à genoux dans la bouche, certaines parties en latin, les Prières au pied de l'autel, de multiples signes de croix, le dernier évangile, le canon silencieux, les génuflexions du prêtre avant chaque contact avec l'hostie.
La messe préconisée par Vatican II s'apparentait davantage au Missel intérimaire utilisé entre 1965 et 1970, qui était essentiellement le Missel de 1962, traduit en langues vernaculaires, sans les options décrites précédemment. Si Rome s'en était tenue à cette règle et avait poursuivi le lent développement organique, la messe aurait encore aujourd'hui une allure beaucoup plus tridentine, et nous aurions beaucoup moins de problèmes de division et de polarisation au sein de l'Église catholique.
Rien n'empêche le pape (quel qu'il soit) de mettre en œuvre une telle solution. Il n'est pas nécessaire de convoquer un autre concile œcuménique, ni un grand synode. Le pape a le pouvoir de le faire de son propre chef s'il le souhaite.
La solution est donc simple. Il suffit de fixer la messe Novus Ordo (messe régulière) avec plus de révérence, plus de latin. Exiger des homélies orthodoxes et interdire les innovations liturgiques. En d'autres termes : suivre Vatican 2. Et c'est, bien sûr, ce que Vatican 2 exige.
Quant à l'autre forme du rite romain, le pape peut aussi prévoir de libéraliser la messe traditionnelle en latin (tridentine). Ces fidèles ont également besoin d'un bon soutien pastoral et ne devraient pas être punis pour les péchés des autres. Il est injuste et peu charitable de punir une personne pour les péchés d'une autre personne.
Née en 1587 dans le japon des shoguns, elle se convertit au catholicisme avec son mari le Bienheureux Côme Takeya. Elle habitait la ville côtière de Nagasaki.
Veuve japonaise, elle fut arrêtée pour avoir hébergé des missionnaires chrétiens. Avec eux, elle mourut martyre à Nagasaki : elle fut décapitée avec 30 compagnons et compagnes alors que 25 autres étaient brûlés vifs.
Alain de la Roche, naît près de Plouër sur Rance (Bretagne) un 8 septembre vers 1428. Il entra très jeune chez les Dominicains à Dinan, fut étudiant puis, en 1459, professeur à Saint Jacques à Paris, 1460 à Lille, 1464 Douai, 1468 Gand, 1473 Rostock et aux Pays Bas. Il est à l’origine de la dévotion du rosaire, dont il attribuait la paternité à St Dominique lui-même. (1)
La Vierge Marie lui serait apparue en 1473. (2)
Il parcourut la France, l'Allemagne et les Pays-Bas pour développer la dévotion du chapelet et fonder des confréries du Rosaire.
Rien de plus palpitant que l'histoire de ses combats et de ses travaux, où il fut soutenu par de nombreuses visions et par le don des miracles. (3)
Il meurt le 08 septembre 1475 à Zwolle (Pays-Bas). Béatifié par la voix populaire, il est traditionnellement vénéré comme Bienheureux dans toute l’Europe et dans l’Ordre Dominicain, il n’a jamais été officiellement béatifié. (4)
Il est célébré le 8 ou le 9 septembre selon les endroits.
Sources: (1), (2) Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, , (3), (4)
Cardinal : "Nous n’attendons pas des gouvernements laïcs et des catholiques qui y travaillent qu’ils utilisent les ressources de l’État pour promouvoir le christianisme en tant que croyance surnaturelle en la révélation de Dieu en Christ ou qu’ils fassent pression en sa faveur, mais…"
Assise (kath.net) kath.net documente le message de bienvenue du cardinal Gerhard Ludwig Müller au Congrès : Le Tavole di Assisi, du 6 septembre 2025, sur le thème : "La nouvelle présidence américaine. Trône et autel du nouveau commun ? Une occasion pour l’Occident chrétien ?"
Chers amis,
malheureusement, je ne peux pas être présent en personne à votre important événement à Assise les 6 et 7 septembre 2025. Cette semaine, je suis toujours en Pologne, en tant que pasteur, dirigeant un service et un sermon pour un anniversaire majeur dans le diocèse de Lyck et donnant une conférence à Bialystok sur le transhumanisme et ses conséquences anti-humaines.
D'un point de vue catholique, il ne peut y avoir de mariage entre le trône et l'autel, comme le montre le modèle de l'Empire allemand dominé par les protestants à l'époque de Bismarck et comme cela correspond à la conception luthérienne du prince comme évêque d'une église régionale.
L'Église catholique, inséparable en tant que communion invisible de grâce avec Dieu et institution sacramentelle visible – fondée sur le Christ, Dieu-Homme, comme chef – doit son origine, son activité et sa mission exclusivement à Dieu et est, en cela, absolument indépendante de toute autorité séculière. Cependant, si l'État remplit son mandat de servir le bien commun, et si l'autorité étatique reconnaît les droits humains inaliénables comme fondement et limite de son action dans les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, alors une coopération entre l'Église et l'État est possible, par exemple dans les domaines de l'éducation et de la formation, ainsi que dans les institutions sociales et caritatives
L'Église catholique, qui est indissociable en tant que communauté invisible de grâce avec Dieu et en tant qu'institution sacramentelle visible – fondée sur le Christ, Dieu fait homme, comme son chef –, doit son origine, son action et sa mission exclusivement à Dieu et est en cela absolument indépendante de tout pouvoir temporel.
Mais lorsque l'État remplit sa mission au service du bien commun et que le pouvoir étatique reconnaît les droits humains inaliénables comme fondement et limite de son action dans les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, alors une coopération entre l'Église et l'État peut s'établir, par exemple dans les domaines de l'éducation et de la formation, dans les institutions sociales et caritatives.
Dans les États modernes, des personnes de religions et de visions du monde différentes cohabitent pacifiquement lorsque la constitution, la jurisprudence et la législation spécifiques sont guidées par la loi morale naturelle, qui, dans la raison de chaque être humain, distingue infailliblement le bien du mal. Les idéologues nazis savaient en leur for intérieur que tuer des innocents est un crime devant Dieu et les hommes. Mais ils ont engourdi leur conscience avec leur idéologie raciale, affirmant que les Juifs et d'autres peuples (comme les Slaves) n'étaient pas des êtres humains à part entière et que, par conséquent, la loi "Tu ne tueras point" (Exode 20:13 ; Deutéronome 5:17), inscrite au cœur de tout être rationnel, ne s'appliquait pas en l'espèce.
De même, les idéologues de l'avortement savent que l'enfant dans le ventre de sa mère est un être humain individuel qui ne peut être tué. Mais pour dissimuler ce crime, ils prétendent que les enfants dans le ventre de leur mère ne sont pas encore des êtres humains à part entière et peuvent donc être tués si nécessaire. Pour étouffer leurs remords, ils criminalisent les défenseurs du droit à la vie de l'enfant à naître. En Angleterre, on peut être emprisonné pour avoir prié pour la vie d'un enfant à naître devant une clinique d'avortement, tout comme dans l'Allemagne nazie, le prévôt de la cathédrale de Berlin, Lichtenberg, est mort en détention à la Gestapo en 1943 simplement pour avoir prié pour les Juifs persécutés.
Cela s'applique également à la folie du genre qui convainc les adolescents qu'ils peuvent changer de genre et qui, par l'automutilation assistée, les plonge dans une misère physique et une souffrance mentale permanentes.
Par conséquent, chaque catholique des États-Unis, et en particulier l'épiscopat de l'administration Trump, doit être reconnaissant que, dans la puissance dominante de l'Occident libre, la loi morale naturelle, reconnaissable comme norme morale dans la raison de toute personne consciencieuse, soit à nouveau érigée en fondement de l'action de l'État.
Le pape Léon XIV a récemment clairement indiqué que la conscience des hommes politiques catholiques ne peut être divisée (au sens de la fausse doctrine de la double vérité) entre une sphère privée, où ils obéissent à Dieu et suivent les enseignements de l'Église du Christ, et une sphère publique, où ils suivent la logique des jeux de pouvoir de leurs partis.
Dans la vie privée comme dans la vie publique, nous, catholiques, sommes responsables devant notre conscience, où Dieu nous appelle directement à faire le bien et à éviter le mal. Nous n'attendons pas d'un gouvernement laïc et des catholiques qui y œuvrent qu'ils utilisent les ressources de l'État pour promouvoir le christianisme comme une croyance surnaturelle en la révélation de Dieu en Christ, ni pour faire pression en faveur de l'Église en tant qu'institution. En revanche, nous exigeons que chaque État fasse de la loi morale naturelle, au cœur de laquelle se trouve l'inviolabilité de la dignité de chaque être humain, le fondement de toute action administrative, législative et judiciaire. Et nous, en tant qu'Église dans son ensemble, et en tant que catholiques individuels, dans nos vocations et nos domaines de responsabilité, sommes prêts à coopérer à l'édification d'une communauté juste, libre, sociale et solidaire au sein de notre peuple et de la communauté internationale, comme l'a décrit le Concile Vatican II dans la Constitution pastorale "L'Église dans le monde de ce temps : Gaudium et spes", en nous inspirant de l'enseignement social de l'Église depuis Léon XIII. C'est pourquoi nous suivons les paroles de Jésus : "Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu." (Matthieu 22, 21).
En cas de conflit, cependant, l'interprétation authentique de ces paroles de Jésus par l'autorité doctrinale suprême de saint Pierre devant le Sanhédrin prévaut : "Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes." (Actes 5, 29).
Le cardinal Müller dans la salle de presse du Vatican (c) Michael Hesemann
La première grande fête du cycle des saints est celle de la Nativité de la Vierge Marie, mère de Jésus-Christ, célébrée le 8 septembre chaque année.
La fête du 8 septembre est très ancienne.
Si cette fête a été célébrée très tôt à Constantinople et à Jérusalem, elle a pris forme à Rome au VIIe siècle.
Au cours de cette fête, les fidèles sont mis en présence de la plus haute sainteté humaine reconnue et vénérée par l’Église, celle de la Vierge Marie.
Il existait très anciennement à Jérusalem une maison appelée "la Maison d’Anne" (la Mère de Marie). Près de cette maison fut érigée une église dont la dédicace eut lieu un 8 septembre. L’anniversaire de cette dédicace fut commémoré chaque année. La fête s’étendit à Constantinople au 5ème siècle puis en Occident.
Plus tard, on lui adjoignit la fête de sa conception, neuf mois auparavant (d’où le 8 décembre).
La Nativité de Marie est une des grandes fêtes de l’année liturgique byzantine car elle inaugure l’économie du salut et l’inscription du Verbe de Dieu (Jn 1) dans l’histoire des hommes.
Les textes lus et les prières chantées à cette occasion éclairent au mieux le sens du culte que l’Église à cette occasion éclairent au mieux le sens du culte que l’Église rend à Marie.
Les évangélistes ne nous disent pas où est née Marie.
Marie Fille de David
L’Écriture souligne avec force que Jésus est de la maison de David. Il est donc d’ascendance royale. De qui tient-il cette ascendance ? D’après les évangiles c’est Joseph qui donne à son fils adoptif Jésus la filiation davidique et royale.
Une tradition veut que Marie, épouse de Joseph, fût, elle aussi, d’ascendance davidique. En ce cas Jésus serait incontestablement "issu de la lignée de David selon la chair" (Rom 1,3) :
-Le Protévangile de Jacquesqui nous parle des parents de la Vierge, Anne et Joachim, affirme que Marie est de la maison de David.
Cela correspond aux prophéties de Nathan à David, rappelées par Pierre et Paul : "C’est quelqu’un issu de ton sang que je mettrai sur ton trône" (2 Sa 7,12sq ; 1 Ch 17,11-14 ; Ps 131 (132),11 ; Ac 2,30 ; Ac 13,23).
Selon Saint Jean, Les Actes des Apôtres ou Saint Paul, le Christ vient "de la semence (sperma) de David" (Jn 7,42, Ac 13,23, 2 Tm 2,8, Hb 7,14).
Il est "le rejeton de la race de David" selon l’Apocalypse (Ap 5,5 ou 22,16).
La Tradition penche du même côté depuis les origines. Marie a toujours été vue comme le "rameau de la souche de Jessé, père de David", qui donne la fleur messianique (Is 11,1-10):
"Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines.
Sur lui reposera l’esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur
– qui lui inspirera la crainte du Seigneur. Il ne jugera pas sur l’apparence ; il ne se prononcera pas sur des rumeurs.
Il jugera les petits avec justice ; avec droiture, il se prononcera en faveur des humbles du pays. Du bâton de sa parole, il frappera le pays ; du souffle de ses lèvres, il fera mourir le méchant.
La justice est la ceinture de ses hanches ; la fidélité est la ceinture de ses reins.
Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira.
La vache et l’ourse auront même pâture, leurs petits auront même gîte. Le lion, comme le bœuf, mangera du fourrage.
Le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra ; sur le trou de la vipère, l’enfant étendra la main.
Il n’y aura plus de mal ni de corruption sur toute ma montagne sainte ; car la connaissance du Seigneur remplira le pays comme les eaux recouvrent le fond de la mer.
Ce jour-là, la racine de Jessé, père de David, sera dressée comme un étendard pour les peuples, les nations la chercheront, et la gloire sera sa demeure." (Livre d'Isaïe 11,1-10)
"Et le pouvoir s’étendra, et la paix sera sans fin pour le trône de David et pour son règne qu’il établira, qu’il affermira sur le droit et la justice dès maintenant et pour toujours."
"Voici venir des jours – oracle du Seigneur–, où je susciterai pour David un Germe juste : il régnera en vrai roi, il agira avec intelligence, il exercera dans le pays le droit et la justice."
On trouve les mêmes prophéties dans la communauté juive de Qumran, dont on a retrouvé les textes en hébreux:
4Q174 col 3 ligne 12: "Et je relèverai la tente de David qui est déchue".
Ce passage évoque la branche déchue de David [qu]’Il relèvera pour délivrer Israël [Cf. Michael Wise, Martin Abegg, Edward Cook, Les Manuscrits de la Mer Morte, collec Tempus, Perrin 2003, p 272.]
4Q285 Frag. 5 ligne 2 (p. 363) "Un rejeton naîtra de la souche de Jessé [et un rameau poussera de ses racines (= Es X, 34).
Il s’agit du Rameau de David. Alors [toutes les forces de Bélial] seront jugées, [et le roi des Kittim comparaîtra en justice] et le chef de la nation – le Ra[meau de David] – le fera mettre à mort. [Prophétie indiquant que le Messie vaincra le mal.]
"Ce jour-là, je relèverai la hutte de David, qui s’écroule ; je réparerai ses brèches, je relèverai ses ruines, je la rebâtirai telle qu’aux jours d’autrefois,12afin que ses habitants prennent possession du reste d’Édom et de toutes les nations sur lesquelles mon nom fut jadis invoqué, – oracle du Seigneur, qui fera tout cela.
"Le sceptre royal n’échappera pas à Juda, ni le bâton de commandement, à sa descendance, jusqu’à ce que vienne celui à qui le pouvoir appartient, à qui les peuples obéiront."
Les Pères tiennent ce fait pour acquis :
-Saint Ignace (1er siècle), Ephésiens 18,2
-saint Justin (2ème siècle), Dialogue avec Tryphon 43-45
-Saint Augustin : "Puisque le même évangéliste nous dit que l'époux de Marie était Joseph, que la mère du Christ était vierge, et que le Christ est de la descendance de David, que reste-t-il à croire, sinon que Marie n'était pas étrangère à la parenté de David."
-Bède le Vénérable (+735) ne pense pas autrement et enseigne que Marie était de la maison de David aussi bien que Joseph. "Car aux termes de la Loi chacun devait prendre épouse dans sa tribu ou dans sa famille".
-Pour un résumé de la tradition patristique cf. Saint Thomas d’Aquin : ST IIIa q. 31 a 2-3
N’est-il pas probable que dans une civilisation où l’on se mariait volontiers entre personnes de la même tribu, voire du même clan, Joseph ait choisi pour épouse une fille de la même lignée davidique que lui ?
"Choisis une femme du sang de tes pères, dit Tobie à son fils, ne prends pas une femme étrangère à la tribu de ton père" (Tb 4,12).
Mais cette hypothèse se heurte à une difficulté : si Marie est fille de David, pourquoi les évangiles canoniques ne le mentionnent-ils pas clairement ? Pourquoi se privent-ils d’un argument qui abonde dans leur sens ? Leur souci de souligner la messianité de Jésus et la conception virginale devait les amener tout naturellement à mettre en relief la filiation davidique de la Vierge. Comment dès lors comprendre le silence des évangiles sur ce sujet ? La loi du mariage endogame était-elle assez évidente pour qu’il n’y ait-point besoin de mentionner la tribu de l’épouse une fois citée celle du mari ? Ce n'est pas sûr. Nous lisons au livre de l’Exode qu’Aaron lui-même avait pris dans la tribu de Juda une épouse dont le prénom était précisément Élisabeth ! (Ex 6,23) Preuve que les mariages exogames étaient possibles.
La Vierge Marie serait également d'ascendance sacerdotale par sa Mère, de la tribu sacerdotale de Lévi
En effet Marie est la parente (Luc 1,36) d’Élisabeth qui est fille d’Aaron (Luc 1,5). Ne doit-on pas envisager alors que Marie est elle aussi de la tribu de Lévi, voire elle-même fille d’Aaron?
-Saint Ephrem (+373) n’hésitait pas à l’affirmer : "Les paroles de l’ange à Marie : 'Élisabeth, ta parente' présentent Marie comme étant de la maison de Lévi'. (Saint Ephrem, Commentaire du Diatessaron n°25 Voir Saint Grégoire de Naziance : "Vous vous demanderez peut-être : Comment le Christ descend-il de David ? Marie est évidemment de la famille d’Aaron puisqu’au dire de l’ange elle est la cousine d’Elisabeth. Il faut voir ici l’effet d’un dessein providentiel de Dieu, qui voulait unir le sang royal à la race sacerdotale, afin que Jésus-Christ qui est à la fois prêtre et roi, eût aussi pour ancêtre selon la chair, les prêtres et les rois" (cité in Catena Aurea p.40). (Marie de Nazareth)
La Vierge Marie est donc probablement fille de David par son père Joachim, et fille d’Aaron par sa mère, Anne
Saint Luc, qui se plait toujours à souligner l’enracinement judaïque des personnages (Elisabeth fille d’Aaron, Joseph, fils de David, Anne fille de Phanuel de la tribu d’Aser…) ne nous dit volontairement rien au sujet de la Vierge. Mais il y a une signification spirituelle possible à ce silence. L’évangéliste ne veut-il pas ainsi sous-entendre que Marie n’est d’aucune tribu en particulier parce qu’elle est au-delà de toutes, la Mère de tous les vivants ?
Il serait bien normal que la Mère de tous ne soit ni de la maison de David, ni de la maison de Lévi, parce qu’elle est tout simplement "de la maison de Dieu" (cf. Ep 2,19).
Elle ne doit pas recevoir de bénédiction particulière comme chacune des 12 tribus (cf. Gn 49), parce qu’elle est "bénie entre toutes les femmes" et parce qu’en son "fiat", elle représente non une tribu, mais l’humanité toute entière. (Cf. Aleteia)
Que peut dire cette fête ancienne à notre monde contemporain ?
Dans la Nativité de Marie est certainement préfigurée cette nouvelle humanité qui, en recevant l'Esprit du Christ avec ses dons, se libérera du cœur de pierre et recevra un cœur de chair capable d'accueillir avec docilité et joie les préceptes du Seigneur.
L'Église considère Marie comme la Mère de Dieu, mais plus encore comme la disciple qui peut le mieux offrir l'exemple et le modèle de vie chrétienne. Dans sa foi, dans l'obéissance à son Fils, dans sa proximité avec sa cousine Elisabeth et lors des noces de Cana : Marie est une femme à imiter aussi pour sa confiance dans les moments les plus sombres de l'histoire de son Fils Jésus, et celle-ci bien plus, explique pourquoi le peuple de Dieu sait qu'il trouve en elle refuge et réconfort, aide et protection.
Aie pitié de moi, pécheur, et viens à mon aide, ô ma Dame.
Ce 7 septembre 2025, le pape Léon XIV a canonisé Carlo Acutis, en même temps que Pier Giorgio Frassati. Des messages en anglais, en italien ou en français défilent frénétiquement à droite d'une vidéo YouTube. "Accorde-moi la connaissance en informatique afin que je puisse bien gérer ma famille et mon entreprise", implore un internaute. Cette supplique et des milliers d'autres sont adressées à Carlo Acutis, dont la dépouille apparaît dans l'encadré à gauche de l'écran. Surnommé le "geek de Dieu", l'adolescent, mort à 15 ans des suites d'une leucémie en 2006, repose dans le Sanctuaire de la spoliation d'Assise, en Italie. Une caméra filme en direct l'immobilité de son dernier sommeil. A intervalle régulier, des fidèles apparaissent à l'écran et posent leur main sur la vitre du tombeau qui les sépare du garçon. Tous sont venus se recueillir devant la dépouille de celui qui a été canonisé par Léon XIV dimanche 7 septembre, devenant ainsi le premier saint de l'Eglise catholique à appartenir à la génération des millennials. La canonisation de cet adolescent était initialement prévue le 27 avril, mais avait été reportée en raison du décès du pape François.
Depuis sa mort, l'enthousiasme suscité par Carlo Acutis ne cesse de grandir. Près d'un million de fidèles s'étaient déjà recueillis sur son tombeau en 2024, selon l'évêque d'Assise, Domenico Sorrentino. Les livres écrits sur le jeune geek se comptent par centaines et dans toutes les langues – la plateforme Amazon affiche 24 pages de résultats. Dans les boutiques de la ville, sur les produits dérivés, l'effigie du jeune garçon aux boucles brunes côtoie désormais celles de deux figures majeures de l'histoire catholique, saint François et sainte Claire d'Assise.
Cette grande popularité contraste avec la relative banalité de la courte existence du futur saint. Né à Londres en 1991, Carlo Acutis a grandi à Milan dans une famille italienne bourgeoise et assez peu portée sur la chose religieuse.
Au cœur de l'attention portée par l'Eglise au jeune garçon, son usage des outils numériques, qui lui a permis de "communiquer des valeurs et de la beauté", avait déclaré le pape François durant son pontificat. Le jeune garçon, codeur autodidacte, s'est notamment évertué à recenser, sur un site dédié, 136 miracles eucharistiques (liés à une hostie ou du vin consacrés) à travers le monde, à une époque à laquelle de telles ressources étaient encore rares sur internet. Un travail que ses parents feront traduire en 15 langues. Le "cyberapôtre" construit également les sites d'institutions religieuses et dote sa paroisse d'un compte Facebook, ajoute Louise Normandeau. "C'était un petit visionnaire de l'évangélisation par le net", résume l'enseignante.
La foi de Carlo Acutis ne s'exprimait pas seulement en ligne. On prête à l'adolescent une grande dévotion (il allait à la messe tous les jours avant ou après l'école) et une certaine précocité, ayant effectué sa première communion à 7 ans, alors qu'elle a plutôt lieu entre 9 et 10 ans en Italie. Lors de ses obsèques, des personnes pauvres auxquelles il était venu en aide sont venues lui rendre hommage. "Avec son argent de poche, il leur achetait des sacs de couchage", explique à franceinfo Emmanuel Rousselin, prêtre de la communauté Saint-Martin et curé de la paroisse de Douai (Nord). On lui prête aussi un rôle dans la conversion au catholicisme d'un employé de la maison familiale, un homme hindou, poursuit Emmanuel Rousselin, qui a décidé d'organiser à Douai un congrès en l'honneur de l'adolescent, à l'occasion de sa canonisation.
Dans sa courte biographie ne figure cependant aucune mention d'une mort en martyr ou de vertus exceptionnelles. Carlo Acutis était simplement un adolescent connecté et pieux. [1]
Saint Carlo Acutis : "Après la Sainte Eucharistie, le Saint Rosaire est l'arme la plus puissante pour combattre le démon". Cf. https://x.com/UnaVoceSevilla/status/1964649175842423103
Lors de son homélie prononcée dimanche 7 septembre à l'occasion de sa canonisation, le pape Léon XIV a rendu hommage à ses parents catholiques mais non pratiquants, en déclarant : ''Carlo a rencontré Jésus dans sa famille, grâce à ses parents Andrea et Antonia, présents ici aujourd'hui.'' [2]
Carlo Acutis est né à Londres le 3 mai 1991. Ses parents italiens se sont par la suite installés à Milan (Italie), où Carlo a passé la majeure partie de sa vie. Carlo fait sa première communion à 7 ans, dès lors il ne manqua jamais le rendez-vous quotidien de la messe et disait de l’eucharistie qu’elle était son "autoroute pour le Ciel".
Il priait devant le tabernacle avant et après la célébration eucharistique, adorant le Seigneur réellement présent dans le Saint Sacrement, il disait : « être toujours uni à Jésus, voilà mon programme de vie ». La Sainte Vierge était sa confidente et il l’honorait par la récitation quotidienne du chapelet. Carlo s’intéressait beaucoup à la vie des saints, ses préférés sont : François d'Assise, Antoine de Padoue, Dominique Savio et les trois bergers de Fatima. Pour réaliser pleinement la volonté de Dieu dans nos vies, Carlo disait que notre boussole doit être la parole de Dieu, à laquelle nous devons nous confronter.
En 2005, il fait son premier pèlerinage à Lourdes et en 2006, il se rend à Fatima, d’où il retiendra en particulier la méditation des mystères du rosaire.
Carlo Acutis est emporté en quinze jours par une leucémie foudroyante. Il meurt le 12 octobre 2006, à quinze ans et est enterré à Assise.
Déclaré Vénérable en 2018, sa béatification a été célébrée le 10 octobre 2020, à Assise par le cardinal Agostino Valini. En février 2020, le pape François avait reconnu l’authenticité d’un miracle attribué à Carlo. Il s’agit de la guérison inexplicable d'un enfant brésilien, atteint d'une grave déformation du pancréas. En 2010, après que ses proches aient prié Carlo, le pancréas revint de lui-même à la normale, sans intervention chirurgicale, qui aurait pu être fatale.
Dans le cadre de la procédure de béatification, la tombe de Carlo Acutis a été ouverte en 2018 pour la reconnaissance canonique du corps. Selon les propos de Nicola Gori, postulateur de la cause, le corps a été retrouvé "intègre", ce qui ne signifie pas "intact". [3]
Il est fêté par l'Église catholique le 12 octobre.
Le Vatican lui attribue deux miracles
Contrairement à la plupart des saints, l'adolescent ne faisait pas partie du clergé et, sur les assiettes à son image ou en couverture de livres, il est représenté sans bure, ni étole, mais dans des vêtements de son époque. A l'ouverture de la tombe, en octobre 2020, quelques jours avant sa béatification, l'évêque Domenico Sorrentino avait prévenu : "Pour la première fois dans l'histoire, vous verrez un homme béni vêtu d'un jean, de baskets et d'un sweat-shirt." Une image qui enthousiasme Clémence Pasquier : "C'est le premier saint qui a une adresse mail. Il ressemble aux jeunes d'aujourd'hui !"
Le Vatican a attribué deux miracles au jeune geek, condition indispensable à toute canonisation :
-la guérison d'un enfant brésilien, atteint d'une maladie du pancréas,
-et celle d'une jeune du Costa Rica, blessée dans un accident de la circulation.
Dans les deux cas, les personnes souffrantes avaient demandé l'aide du "cyberapôtre". Un aspect miraculeux qualifié de "secondaire" par Clémence Pasquier :
"Les miracles, c'est presque une question de procédure ; sa sainteté, c'est avant tout la manière dont il a vécu. Les guérisons ne sont que la validation du ciel."
Citations
Voici plusieurs belles paroles laissées par le bienheureux Carlo Acutis:
"Notre objectif doit être l’infini, non pas le fini. L’Infini est notre Patrie. Depuis toujours nous sommes attendus au Ciel ."
"Tous naissent comme des originaux, mais beaucoup meurent comme des photocopies".
"Le bonheur c’est d’avoir le regard tourné vers Dieu. La tristesse c’est d’avoir le regard tourné vers soi-même".
Alors qu’il était mourant et hospitalisé Carlo répétait souvent : "J’offre toutes les souffrances que je dois subir au Seigneur, pour le pape et pour l’Eglise et pour aller directement au Paradis".
Quelques jours avant sa mort, Carlo déclara : "Je suis content de mourir car j’ai vécu ma vie sans négliger une seule minute en choses qui ne plaisent pas à Dieu".
Sainte Reine (Régine), dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 167
Son culte est ancien. Reine fut baptisée par sa nourrice. L'acte déplut fortement au père de Reine, un puissant gaulois des environs d'Alésia, qui décida de chasser sa fille.
En 252, devenue une jeune gauloise de seize, Reine, faisait paître ses moutons au pied du mont Auxois, site aujourd'hui présumé de l'oppidum d'Alésia. Le gouverneur romain des Gaules, Olibrius, voulut abuser d'elle mais elle résista et refusa le mariage pour ne pas abjurer sa foi. Le nom d'Olibrius est resté dans le langage courant pour désigner un bravache, un fanfaron cruel, un "occiseur d'innocents"(Molière). Reine fut martyrisée, puis décapitée.
Son corps fut tranféré hors de la ville d'Alésia où l'on bâtit une basilique sur son tombeau. Parmi les miracles qu'elle accomplit, on trouve la guérison d'un enfant nommé Hériboldus guéri d'une forte fièvre, la guérison d'un homme de Réome guéri par application d'un morceau de bois du brancard de la sainte, la guérison d'un frère atteint de la maladie de la pierre et celle partielle d'un aveugle.
Dès le siècle suivant, son culte se développa, et est attesté depuis le Ve siècle par la découverte en 1909 du "service eucharistique" d'Alésia, un ensemble comprenant un plat et trois coupes qu'on suppose utilisés pour la célébration de l'eucharistie. Le plat porte un poisson en gravure (l’ichtus comme à Autun), et le nom de "Regina". L'ensemble daté du IVe siècle ne met plus en doute l'existence de la jeune martyre.
En 628, elle est vénérée à Alise-Sainte-Reine en Côte d'Or, près d'Alésia, un village qui la prit pour Patronne. Et chaque année, les habitants organiseront la représentation d'un mystère à sa mémoire et en son honneur. Cette tradition est attestée depuis 866 et perdure encore aujourd'hui. On y trouve une basilique mérovingienne ainsi qu'un monastère qui lui sont consacrés. Ce serait le plus ancien mystère célébré sans interruption en France.
En 1271 il fut procédé à un ré-enchâssement dans un buste reliquaire en argent aux armes de France, de Castille et de l'ancienne Bourgogne.
La confrérie de Sainte-Reine date de 1544, créée par les religieux de Flavigny, et, en 1644, avec la réforme des bénédictins de Saint-Maur, le pèlerinage connut un regain de vitalité et les membres de la Confrérie furent dotés par Monseigneur Louis Doni d'Attichy évêque d'Autun, de 40 jours d'indulgence en 1659. Au XVIe siècle les moines passaient la chaîne de sainte Reine autour du cou des pèlerins. Aujourd'hui cette chaîne est conservée à l'église paroissiale de Flavigny-sur-Ozerain et exposée à la vénération des pèlerins le 7 septembre jour de sa fête.
Ses reliques ont été conservées dans l'abbaye de Flavigny-sur-Ozerain depuis le milieu du IXe siècle. La crypte fut aménagée pour recevoir le corps de la sainte. Crypte à nef centrale flanquée d'un déambulatoire qui se prolonge à l'Est par un couloir donnant sur une rotonde du même genre que celle de l'Abbaye Saint-Germain d'Auxerre. Les reliques de la sainte furent déposées au XVIIe siècle dans une armoire derrière le maître-autel et leur expositions sur un théâtre a lieu le jour de sa fête.
En plus de Flavigy-sur-Ozerain et Alise-Sainte-Reine on retrouve des lieux qui lui sont consacrés à Voisines dans l'Yonne où se trouve une chapelle Sainte-Reine, datant de 1827 et construite par deux habitant à la suite de la réalisation d'un vœu fait lors d'un pèlerinage à Alise-Sainte-Reine; à Drensteinfurt en Allemagne; et à Osnabrück en Westphalie.
Les similitudes existant avec la vie de sainte Marguerite d'Antioche conduisent des auteurs à considérer que le récit de l'histoire de sainte Reine est apocryphe, cette tradition pouvant toutefois être le souvenir d'un fait local. (Joël Le Gall, ALESIA Ed. Errance 1990)
Sainte Reine - Diva Regina à Drensteinfurt (Allemagne)
Sources: (1) Calendrier Perpétuel, Les Saints en 365 jours, Chêne Edition; (2) Wikipedia; (3) L'Evangile au Quotidien ; (4) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 166.
Le Dr Aseem Malhotra, conseiller du ministre américain de la santé Robert F. Kennedy affirme que les vaccins causent le cancer lors d'une conférence. Il estime que les décès causés par le vaccin à ARNm se comptent par millions.
Bertrand naît à Garrigues (Gard). Il entra dans l’Ordre domibicain en 1215 et fut en 1216 le premier prieur du premier couvent dominicain : Saint-Romain de Toulouse. (1)
Il fut l'un des premiers compagnons de saint Dominique, séduit par la sainteté et le projet de saint Dominique de convertir les cathares par la prière et l'exemple d'une vie de pauvreté. (2)
Il a été dit de lui qu'il était « un véritable reflet de la sainteté de son maître ». (3)
St Dominique l’envoya à Paris en 1217, où il fonda avec le frère Mannès le couvent Saint-Jacques (aujourd'hui rue des Tanneries, dans le XIIIème) au cœur de l'Université qui était alors la première de l'Europe chrétienne. Il fonda plusieurs autres couvents à Montpellier, à Avignon et ailleurs.
De retour à Toulouse en 1219, il fut nommé, en 1221, premier Provincial de Provence. Âme de grande pénitence et de singulière innocence, dans sa profonde humilité il ne cessait de pleurer abondamment sur ses péchés, au point que St Dominique, jugeant ces pleurs excessifs, lui demanda de se contenter de pleurer pour la conversion des pécheurs. Jourdain de Saxe le décrit ainsi: « Compagnon de St Dominique dans les voyages, dans la sainteté et dans la ferveur ».
Beaucoup de ses attitudes reflétaient, jusque dans les traits extérieurs, le comportement de son maître Dominique qu’il s’était proposé d’imiter et qu’il avait suivi dans ses voyages. Après la mort de St Dominique, il veilla sur les sœurs de Prouille, ces anciennes cathares converties dont la prière soutenait la prédication des frères.
Il meurt le 18 avril 1230 au cours d'une retraite, qu'il prêchait aux cisterciennes de Bouchet, près d’Orange. Son tombeau y devint un lieu de pèlerinage.
Son corps est examiné post mortem à trois reprises, en 1253, 1398 et 1561. À trois siècles de distances, les témoins observent un "corps entier et sans corruption aucune." (4)
Son corps, enlevé par les Frères Prêcheurs d’Orange en 1414, fut vénéré dans leur église jusqu’en 1561, date à laquelle il fut jeté au feu lors des guerres de religion.
Au 18ème siècle, sa statue, placée dans l'église, était encore vénérée par les fidèles qui en avaient fait un saint.
Culte approuvé en 1881 par Léon XIII (1878-1903).
Sources: 1; 2; 3; (4) Patrick SBALCHIERO, Enquête sur les miracles dans l'Église catholique, Artège, Paris 2019, p. 158.
Sainte Raïssa, également connue sous le nom d'Iris, Iraida, Irai, Herais ou Rhais, est une martyre vénérée par les églises catholique romaine et orthodoxe orientale.
Selon un récit, elle était la fille d'un prêtre chrétien nommé Pierre vivant à Alexandrie, province romaine d'Égypte. À l'âge de douze ans, elle fut envoyée vivre dans un monastère de femmes à Tamman. Un jour en 303 après JC, à une époque de persécution généralisée des chrétiens sous le règne de l'empereur romain Dioclétien, elle se rendit à un puits pour y puiser de l'eau avec d'autres religieuses. Sur le chemin, elles virent un cortèges de religieuses, de moines et d'autres chrétiens enchaînés, qui étaient maltraités par Loukianos et ses hommes. Raïssa réprimanda les agresseurs et insista pour qu'ils la tuent également s'ils tuaient des chrétiens. Ils l'emmenèrent en garde à vue. Lorsque le cortège atteignit Antinoöpolis, Raïssa fut l'une des premières à mourir. Lorsque Loukianos cria: "Je crache sur le Dieu chrétien", Raïssa objecta, se leva et cracha au visage du tyran. Loukianos ordonna alors que la jeune fille soit torturée et décapitée. (1)
Sainte Raïssa a donné son nom à l'école de la paroisse Saint-Laurent de Bafou au Cameroun. (2)
La liberté humaine,... est la faculté de faire le bien alors qu'on a la possibilité de faire le mal. ... Mais de ce que l'homme pourra choisir le mal, il ne s'en suit aucunement qu'il ait le droit de le faire. ... Voici le fait. Dieu impose sa loi à la nature, et il la propose à l'homme. La liberté est donc... le pouvoir qu'a l'homme d'accomplir sa loi. ... [L]e pouvoir d'accomplir de soi-même sa loi n'est point le droit de la violer ... : interprétation qui serait digne du néant, d'où nous sommes, et non de l'être que Dieu veut en faire sortir!'.
La doctrine catholique du libre arbitre est scripturaire. On la trouve dans le livre du Siracide chapitres 15 et 31 et dans l'épître de S. Jacques 1.
La définition du libre arbitre
Voudriez-vous être entouré d'une personne que vous forceriez à vous aimer ? Non ? Vous voulez quelqu'un qui désire vous aimer et qui le choisit de son propre chef. C'est la même chose pour Dieu. Dieu nous a créés avec le libre arbitre, aptitude de l'être humain à se déterminer librement et par lui seul, pour agir et penser. Si Dieu a choisi la possibilité d'un enfer pour les gens et les hommes qui ont décidé de le rejeter c'est pour le Bien commun, c'est-à-dire ceux qui sont fidèles, qui ont volontairement choisi de l'aimer.
Cette notion s'oppose au déterminisme, au fatalisme du destin dans les sociétés antiques et/ou extrêmes orientales bouddhistes (karma, histoire cyclique), à la prédestination protestante, pour lesquels la volonté est déterminée par une chaîne causale, où chaque cause est aussi une conséquence, selon la théorie du déterminisme, ou par une prédétermination inéluctable, selon la doctrine fataliste, ou par une prédestination selon la doctrine protestante.
Des sept livres enlevés de la Bible par le canon biblique protestant, se trouve le livre de L'Ecclésiastique ou "Siracide", Livre de Ben Sira dont nous avons conservé des fragments écrits en hébreux dans les Manuscrits de Qumran (mis au jour entre 1947 et 1956), ainsi qu'un rouleau à Massada (la forteresse tombée aux mains des Romains en 73 après J.-C.), datant du Ier s. av. J.-C. Ce livre se rattachant à la littérature de la sagesse, est écrit dans des formats métriques comparables à Deutéronome ou de chapitres des Psaumes, de Job ou de la Genèse, était connu de deux communautés différentes juive. Ce qui est une preuve qu'il était reconnu comme une écriture sainte.
La tradition chrétienne, au moins depuis Saint Cyprien, l'a désigné sous le nom de l'Ecclésiastique (c'est-à-dire livre de l'Église ou de l'assemblée). La littérature juive parle de "Proverbes de Ben Sira" (tire connu de S. Jérôme au Ve siècle), ou de "Livre de Ben Sira". Des manuscrits grecs ont pour titre "Sagesse de Sirakh". L'auteur vivait vers 200 avant notre ère et le livre date de 180 environ av. J.-C.
La Judée, après avoir été pendant plus d'un siècle (après 301 av. J.-C.) sous la domination des Ptolémées d'Égypte (ou "Lagides"), était passée au pouvoir des Séleucides de Syrie en 198, où Antiochos III, descendant de Séleucos Ier, général d'Alexandre, parvient à prendre possession de la Cœlé-Syrie, dans le cadre des guerres de Syrie. Antiochos III et son successeur Séleucos IV furent très favorables aux Juifs, leur concédant privilèges et exemptions et contribuant même à la restauration et au culte du Temple (2 M 3,3). L'oeuvre de restauration décrite dans Si 20,1-4 se situe dans ce contexte. Mais les conquêtes d'Alexandre, l'hellénisme devaient à brève échéance remettre en question l'existence du judaïsme. Notre auteur, Ben Sira, partage le malaise que beaucoup de Juifs pieux devaient ressentir et prévoit la fin de la coexistence pacifique de deux visions du monde : l'heure du choix va bientôt sonner, la société où l'homme est déterminé, prédestiné, et la société où l'homme est libre.
Face à ses périls, Ben Sira se met à écrire pour défendre le patrimoine religieux et culturel du judaïsme, sa conception de Dieu, du monde et de son élection privilégiée. Il cherche à convaincre ses coreligionnaires qu'Israël, qui posèdde dans sa Loi révélée l'authentique Sagesse, n'a rien à envier des conquêtes réelles, mais ambiguës de pensée et de la civilisation grecque.
Bilan de la tradition juive face à ce péril, le livre de Ben Sira dresse un tableau de la culture juive: depuis l'amitié, l'aumône, l'éducation des enfants, les femmes, les médecins et la maladie, la richesse et la pauvreté, les esclaves, les banquets et la façon de s'y comporter, jusqu'à l'histoire ancienne d'Israël, les sacrifices et le culte, Dieu, la Loi, la liturgie, la création (42,21-24), la liberté humaine (15,14; 31,10), la mort.
L'homme a été créé libre (15,14).
C'est en lui-même et non en Dieu que se trouve la source du mal (21,27; 25,24). L'homme peut rester maître du péché (31,10) et, s'il triomphe, il recevra de Dieu une juste rétribution:
"Tout ce qui est abominable est détesté du Seigneur et ne peut être aimé de ceux qui le craignent. C’est lui qui, au commencement, a créé l’homme et l’a laissé à son libre arbitre. Si tu le veux, tu peux observer les commandements, il dépend de ton choix de rester fidèle." (Si 15,13-15)
"Qui donc fut jugé parfait dans l’épreuve ? À lui, la gloire pour toujours ! Qui donc pouvait pécher et n’a point péché, faire le mal, et ne l’a pas fait ? Ses biens s’affermiront dans le Seigneur, et l’assemblée dira ses largesses." (Si 31,10-11)
La note au verset 15,14 de la Traduction Œcuménique Biblique qui traduit "libre arbitre" par "propre conseil" précise (p. 1858), qu'au mot grec, conseil, correspond l'hébreu yecer. Chez Ben Sira, il a ... le sens neutre de 'volonté libre qui peut se décider en bien ou en mal'. ... De l'épître de Jacques 1,13-17 à Erasme (Traité du Libre arbitre), ce v. a servi à bien des développements sur la liberté humaine."
"Dans l’épreuve de la tentation, que personne ne dise : "Ma tentation vient de Dieu."
Dieu, en effet, ne peut être tenté de faire le mal, et lui-même ne tente personne.
Chacun est tenté par sa propre convoitise qui l’entraîne et le séduit.
Puis la convoitise conçoit et enfante le péché, et le péché, arrivé à son terme, engendre la mort.
Ne vous y trompez pas, mes frères bien-aimés, les présents les meilleurs, les dons parfaits, proviennent tous d’en haut, ils descendent d’auprès du Père des lumières, lui qui n’est pas, comme les astres, sujet au mouvement périodique ni aux éclipses." (Jacques 1,13-17)
" ... pour que tu accomplisses ce qui est bien, non par contrainte mais volontiers." (Philémon 1,14)
Source générale :
Introduction au livre du Siracide, dans la Traduction Œcuménique Biblique, avec notes intégrales, Cerf, 12e édition, Paris 2012, p. 1829-1834
Add. 22-09-2025
Le libre arbitre et la grâce chez S. Prosper d'Aquitaine (390-466), Docteur de L'Église
La doctrine de la grâce de S. Prosper d'Aquitaine, disciple de S. Augustin, au Ve siècle est similaire mille ans plus tard à ce que sera la doctrine de la grâce du concile de Trente.
Pour saint Prosper, la grâce est transformatrice.
Être justifié, c'est être changé.
Notre âme est purifiée du péché, mais notre volonté passe aussi d'être simplement "naturelle", incapable de plaire à Dieu, à spirituelle, capable de coopérer avec Lui dans l'amour.
Ceci, saint Prosper est clair, n'enlève rien à Dieu. Bien au contraire : tout ce qui en résulte, tout ce qui est mérité, toute vertu qui est maîtrisée grâce aux dons de la grâce qu'il nous a donnés, est redonné à sa gloire.
Comme le dit saint Prosper en un seul endroit : "Elle [la grâce] dissipe plutôt les ténèbres qui opprimaient l'esprit, de sorte que sa volonté [du destinataire], qui était auparavant dépravée et captive, est maintenant droite et libre" (Saint Prosper d'Aquitaine, Omnium gentium vocatione, L'appel de tous les peuples, Livre 2, Ch. 27).
En d'autres termes, saint Prosper articule le noyau catholique de l'Évangile : que le Christ est mort et a été ressuscité pour notre justification, comme le dit saint Paul, pour réaliser notre transformation radicale en nouvelles créatures, notre être rendu juste, dans le but de lui obéir dans l'amour.
Saint Prosper écrit encore:
"Nous croyons et nous savons par expérience que cette grâce abondante agit dans l'homme comme une puissante influence ; mais à notre avis, cette influence n'est pas de nature à être écrasante, dans la mesure où tout ce qui se passe dans le salut des hommes est réalisé par la seule volonté de Dieu ; Car déjà dans le cas des enfants, c'est l'assentiment de la volonté d'un autre homme [à leur baptême] qui est le moyen pour eux d'être soulagés de leur affliction. La grâce spéciale de Dieu est certainement le facteur le plus important dans chaque justification. Elle pousse avec des exhortations, agit par des exemples, inspire la peur des dangers, suscite des miracles, donne la compréhension, inspire des conseils, illumine le cœur lui-même, et lui inspire les aspirations de la foi.
Mais la volonté de l'homme est également associée à la grâce comme facteur secondaire. Car il est éveillé par les aides mentionnées ci-dessus afin qu'il puisse coopérer avec l'œuvre de Dieu accomplie en lui, et qu'il puisse commencer à pratiquer et à gagner du mérite à partir de ce pour quoi la semence divine inspire le désir effectif. Ainsi, son échec final est dû à sa propre inconstance ; mais son succès est dû à l'aide de la grâce.
Cette aide est donnée d'innombrables façons, dont certaines sont cachées, et d'autres facilement discernables. Si beaucoup refusent cette aide, c'est seulement leur malice qui en est la cause. Si beaucoup l'acceptent, alors cela est dû à la fois à la grâce divine et à leur volonté humaine.
Nous pouvons examiner le début de la foi dans les fidèles ou leur progrès ou leur persévérance finale en elle, nulle part nous ne découvrirons une sorte de vertu qui ne soit pas le fait à la fois du don de la grâce et du consentement de nos volontés. Car la grâce, dans toute la variété des remèdes ou des aides qu'elle fournit, opère d'abord pour préparer la volonté du destinataire de son appel à accepter et à donner suite à ses dons.
La vertu est inexistante chez les hommes qui ne veulent pas être vertueux, et vous ne pouvez pas dire que les hommes pourraient avoir la foi, l'espoir ou la charité, s'ils refusent leur libre consentement à ces vertus." (Saint Prosper d'Aquitaine, L'appel de tous les peuples, Livre 2, Ch. 26)
Rosalie (en italien Santa Rosalia) - (1130-1160) est la patronne de la ville de Palerme en Italie et de la ville de El Hatillo au Venezuela.
Rosalie est née en 1130 à Palerme, au sein d'une noble famille sicilienne. Elle était la fille de Sinibald, seigneur de Quisquina et de Rosa, parente de Roger II de Sicile, roi de Sicile, et descendante de la famille de Charlemagne.
Statue de Sainte Rosalie
C'était une jeune fille très pieuse. La Sainte Vierge lui apparut et lui conseilla de se retirer du monde. À l'âge de 14 ans, Rosalie, quitta le palais de son père sans avertir personne, n'emportant qu'un crucifix et des instruments de pénitence. Deux anges la conduisirent sur une montagne voisine de la ville. Dans une grotte inconnue et enveloppée de neige pendant plusieurs mois, Rosalie passa quelques années, partageant son temps entre l'oraison, la prière et la pénitence. Des racines crues faisaient sa nourriture ; l'eau du rocher lui servait de boisson. Souvent elle recevait la visite des anges, et le Sauveur lui-même venait parfois s'entretenir avec elle. On voit encore dans cette grotte une petite fontaine qu'elle creusa pour réunir les eaux qui suintaient à travers les fissures de la roche ; on voit aussi une sorte d'autel grossier et un long morceau de marbre où elle prenait son repas, un siège taillé dans le roc.
Aussitôt après sa disparition, sa famille la fit rechercher dans toute la Sicile. Les anges avertirent Rosalie qu'elle serait bientôt découverte, si elle ne changeait de demeure; elle prit aussitôt son crucifix et le peu d'objets qu'elle avait avec elle et suivit ses guides célestes; ils la conduisirent sur le mont Pellegrino (Palerme, Sicile) où ils lui indiquèrent une grotte obscure et humide qui lui servit de retraite pendant les dix-huit dernières années de sa vie. »
En 1624, la peste se déclara à Palerme, et Sainte Rosalie apparut d'abord à une femme malade, puis à un chasseur auquel elle indiqua où se trouvaient ses reliques. Elle lui ordonna de transporter ses restes à Palerme et d'organiser une grande procession en les transportant dans les rues de la cité (Michel Signoli, D. Chevé, A. Pascal, Peste: entre épidemies et sociétés, p360).
Le chasseur gravit la montagne, et retrouva les restes de la sainte là où elle le lui avait dit. Il fit ce qu'elle lui avait recommandé, et dès la fin de la procession, la peste cessa. Après ce miracle, Sainte Rosalie fut vénérée comme la sainte patronne de Palerme et un sanctuaire fut érigé à l'endroit où ses restes avaient été retrouvés.
Mais entre les deux, il y a le Purgatoire, un lieu de purification, de souffrance rédemptrice et d’espoir.
Et les âmes là-bas ont BESOIN de notre aide.
Ce que l'Église enseigne sur le purgatoire et comment VOUS pouvez aider à libérer les âmes qui s'y trouvent.
Qu'est-ce que le Purgatoire ?
Selon l'Église, il s'agit de la purification finale des élus, une purification nécessaire pour ceux qui meurent dans la grâce de Dieu mais qui sont encore imparfaitement purifiés.
Ainsi, la miséricorde divine offre aux âmes pas encore prêtes pour entrer au Ciel un moyen d’être purifiées, de ne pas être damnées.
L'Encyclopédie catholique définit le purgatoire comme "un lieu ou un état de punition temporaire pour ceux qui, quittant cette vie dans la grâce de Dieu, ne sont pas entièrement exempts de péchés véniels ou n'ont pas pleinement expié leurs transgressions". En d'autres termes, Dieu leur a pardonné, mais ils n'ont pas reçu justice pour leurs péchés et/ou ne se sont pas parfaitement détachés de leurs péchés.
Le paragraphe 1472 du Catéchisme de l’Église catholique ajoute :
Pour comprendre cette doctrine [du Purgatoire] et la pratique de l'Église, il est nécessaire de comprendre que le péché a une double conséquence. Le péché grave nous prive de la communion avec Dieu et nous rend donc incapables de la vie éternelle, dont la privation est appelée la “peine éternelle” du péché. D'autre part, tout péché, même véniel, entraîne un attachement malsain aux créatures, qui doivent être purifiées soit ici-bas, soit après la mort dans l'état appelé Purgatoire.
Pour comprendre cette doctrine et cette pratique de l’Église il faut voir que le péché a une double conséquence. Le péché grave nous prive de la communion avec Dieu, et par là il nous rend incapables de la vie éternelle, dont la privation s’appelle la "peine éternelle" du péché. D’autre part, tout péché, même véniel, entraîne un attachement malsain aux créatures, qui a besoin de purification, soit ici-bas, soit après la mort, dans l’état qu’on appelle Purgatoire. Cette purification libère de ce qu’on appelle la "peine temporelle" du péché [payer nos mauvaises actions ici bas sur Terre. Ndlr]. Ces deux peines ne doivent pas être conçues comme une espèce de vengeance, infligée par Dieu de l’extérieur, mais bien comme découlant de la nature même du péché. Une conversion qui procède d’une fervente charité, peut arriver à la totale purification du pécheur, de sorte qu’aucune peine ne subsisterait (cf. Cc. Trente : DS 1712-1713 ; 1820).
Est-ce douloureux ?
Oui. Les saints disent que les douleurs du purgatoire sont plus grandes que toutes les souffrances sur Terre.
C'est un feu spirituel, comparé par les mystiques au feu de l'Enfer, avec la différence essentielle : au Purgatoire, l'âme sait qu'elle verra Dieu.
Cette certitude est sa joie. Le retard est son tourment.
La punition sert quatre objectifs pour le pécheur :
a) elle sert de rétribution pour les péchés commis (justice rétributive),
b) elle dissuade les péchés futurs (justice réformatrice),
c) elle restaure ce qui a été pris à la société (justice réparatrice),
et d) elle guérit le délinquant (justice réhabilitatrice).
Puisque nous ne pouvons jamais rendre à Dieu nos péchés, son Fils, infini, dont les œuvres salvifiques ont une valeur infinie, s'est offert en sacrifice éternel pour nos péchés. Ainsi, lorsque nous sommes en Christ, c'est-à-dire en état de grâce, Dieu ne nous condamnera pas au châtiment éternel (rétribution), pourvu que nous mourions dans sa grâce. Cependant, cela ne signifie pas qu'une certaine satisfaction ne nous soit plus due.
Comme nous ne pourrons jamais rembourser Dieu les péchés que nous commettons, Son Fils, qui est infini et dont les œuvres salvifiques ont une valeur infinie, s'est offert Lui-même en sacrifice éternel pour nos péchés. Ainsi, lorsque nous sommes en Christ, c'est-à-dire en état de grâce, Dieu ne nous condamnera pas à un châtiment éternel (rétribution) à condition que nous mourions dans Sa grâce. Cependant, cela ne signifie pas qu'une certaine rétribution n'est plus due.
Si je vole 1 000 $ à quelqu’un, le pardon de Dieu ne me dispense pas de rembourser cette personne, au contraire, il renforce mon obligation de le faire.
Puisque Dieu a pitié de moi et que je deviens plus semblable à Lui par sa grâce, je devrais avoir pitié de ceux que j'ai offensés (voir Matthieu 5:21-26 et 18:23-35). Par conséquent, j'ai le devoir moral de réparer mes actes (réparation).
En commettant le péché, je facilite aussi la commission d'autres péchés. Par conséquent, j'ai besoin d'être dissuadé de le faire (réforme). Finalement, à cause de mon péché, j'ai développé un attachement à mon péché. J'ai donc besoin que Dieu m'aide à m'en détacher complètement (réhabilitation ; voir Hébreux 12:4-11).
Combien de temps cela dure-t-il ?
Certaines âmes ne restent que quelques heures. D'autres, des siècles.
Le temps au Purgatoire n'est pas compté comme le nôtre, mais de nombreuses révélations privées le montrent : il peut durer beaucoup plus longtemps qu'on ne le pense.
Une religieuse est apparue à Sainte Marguerite-Marie et lui a dit qu'elle était au purgatoire depuis plus de 40 ans.
Pourquoi les âmes vont-elles là-bas ?
> Pour expier les péchés véniels non confessés
> Pour purifier les attachements au péché
> Pour satisfaire à la punition temporelle due pour les péchés mortels pardonnés
Même une âme qui meurt dans la grâce peut ne pas être prête pour la sainteté infinie du Ciel.
Ceux qui sont au Purgatoire sont en route vers le Ciel et n'iront pas en Enfer. Par conséquent, ils ne bénéficieront pas de la justice rétributive. Puisqu'ils n'auront pas l'occasion de pécher au Purgatoire ou au Ciel, ils n'auront pas besoin de justice réformatrice pour les dissuader de commettre de nouveaux péchés.
Cependant, leurs péchés post-baptismaux privent la société et l'Église de quelque chose, et tout péché (post-baptismal ou autre) crée en eux un attachement aux péchés commis. Par conséquent, s'ils ne satisfont pas à la justice durant leur vie terrestre, ils auront besoin d'un moyen de bénéficier d'une justice réparatrice et/ou réhabilitatrice dans l'au-delà.
Pour celui qui meurt en état de grâce, mais avec une âme imparfaitement purifiée, le Purgatoire est la manière dont Dieu applique ces deux types de justice. Au Purgatoire, nous obtenons la satisfaction temporelle pour nos péchés, et Dieu purifie notre âme de tout attachement à ceux-ci.
Le pardon de Dieu est parfait et absolu, pourvu que nous venions à Lui avec un cœur triste et un désir sincère de changer.
Le pardon de Dieu ne nous dispense cependant en rien de notre besoin de réparation pour nos péchés. Le pardon supprime l'hostilité et/ou la division entre deux entités ; il ne supprime pas le besoin de punition ou de réparation.
D'ailleurs, la réparation est simplement une punition que l'on subit volontairement par amour pour Dieu et pour son prochain.
Pouvons-nous les aider ? Oui, et ils ont désespérément besoin de nous.
> Indulgences [Les indulgences, rémissions totales ou partielles devant Dieu de la peine temporelle encourue, peuvent être obtenues par des pèlerinages, des prières spéciales, la visite de reliques, assister à telle ou telle messe, le jeûne, le don destiné au chantier d'une cathédrale... En quoi par exemple, dans un contexte de construction de la basilique Saint-Pierre de Rome au 16e siècle, payer pécuniairement dans un don pour réduire son temps au Purgatoire serait-il un abus comme le dit Luther à propos des ''indulgences'' et du "salut par l'argent"?]
> L'aumône
> L'acte héroïque de charité (offrant tous les mérites pour les âmes)
C’est un acte de véritable miséricorde.
Que dit l’Église ?
"Dès les premiers temps, l’Église a honoré la mémoire des défunts et offert des suffrages en leur faveur, en particulier le sacrifice eucharistique (cf. DS 856), afin que, purifiés, ils puissent parvenir à la vision béatifique de Dieu.
L’Église recommande aussi les aumônes, les indulgences et les œuvres de pénitence en faveur des défunts" - Catéchisme de l'Église catholique, § 1032
La tradition est ancienne, apostolique, et doit être ravivée.
Ainsi, le Purgatoire ne remplace pas l'action du Christ sur la Croix. Il en est plutôt le prolongement, qui est un acte de miséricorde.
Dieu pourrait simplement dire : "Je t’ai pardonné, mais tu n’es pas parfait/pur. Par conséquent, éloigne-toi de moi pour l’éternité."
Heureusement, Dieu nous aide à entrer dans Son Royaume par le pardon et une purification finale qui purifie complètement nos âmes.
Lorsqu'une âme entre au Ciel grâce à vos prières, elle ne l'oublie jamais.
Les défunts prient pour vous. Ils deviennent nos amis éternels.
Et un jour, quand nous serons dans le besoin, ils nous rendront la pareille.
C’est la communion des saints en action.
Le purgatoire est réel. Il est miséricorde et justice.
La théologie du purgatoire est mentionnée et développée dans les écrits des Pères de l'Église. Ces hommes ont enseigné sous la direction des disciples des Apôtres et ont fidèlement préservé les Écritures et le dépôt de la foi : saint Irénée (120-200 apr. J.-C.), Tertullien (160-240 apr. J.-C.), saint Cyprien (200-258 apr. J.-C.), saint Chrysostome (347-407 apr. J.-C.) et saint Augustin (354-430 apr. J.-C.).
Sources scripturaires du Purgatoire
Ancien Testament
La théologie du Purgatoire remonte à des siècles avant Jésus-Christ. Dans les traditions les plus anciennes de l'Ancien Testament, les Israélites croyaient que tous les morts, justes ou méchants, allaient au Shéol, le royaume des ténèbres (par exemples : Genèse 37:35 ; Job 7:9 ; Job 17:13 ; Psaume 86 (87):13). Ce principe se retrouve dans le Nouveau Testament où, en Matthieu 12:40, Jésus parle d'être dans le ventre de la Terre comme Jonas dans le ventre de la baleine trois jours et trois nuits. En Luc 16:19-31, Jésus mentionne dans une parabole un lieu appelé le sein d'Abraham. Dans 2 Timothée 1:16-18, Paul demande des prières pour son ami décédé Onésiphore, afin que le Seigneur lui accorde sa miséricorde "au jour du Jugement". Enfin, en 1 Corinthiens 3:15, Paul mentionne ceux qui seront sauvés par le feu.
Dans la théologie primitive, le shéol n'était pas considéré comme une punition ou une récompense, mais plutôt comme un état de séparation de la vie et du culte. On y trouvait peu de notion de purification post-mortem, mais la croyance grandissante que les justes pouvaient encore être commémorés et soutenus par la miséricorde divine s'est développée. Cette théologie s'est développée au fil du temps pour être mieux comprise et intégrée au dépôt de la foi. Il y a des allusions à un processus de purification dans Ésaïe 4:4 qui parle du Seigneur "lavant" et "purifiant" les péchés du peuple "par un esprit de jugement et par un esprit de feu".
Ésaïe 6:1:8 décrit Ésaïe refusant de parler devant l'autel du Seigneur, car ses lèvres étaient impures. À ce moment-là, un ange purifie Ésaïe avec un charbon ardent pris sur l'autel et pressé contre sa bouche.
2 Maccabees 12:39-46 c’était là une pensée religieuse et sainte. Voilà pourquoi il fit ce sacrifice d’expiation, afin que les morts soient délivrés de leurs péchés.
Malachie 3,2-3 Qui pourra soutenir le jour de sa venue ? Qui pourra rester debout lorsqu’il se montrera ? Car il est pareil au feu du fondeur, pareil à la lessive des blanchisseurs.
Il s’installera pour fondre et purifier : il purifiera les fils de Lévi, il les affinera comme l’or et l’argent ; ainsi pourront-ils, aux yeux du Seigneur, présenter l’offrande en toute justice.
Livre de Zacharie 13,9 Je ferai passer ce tiers par le feu ; je l’épurerai comme on épure l’argent, je l’éprouverai comme on éprouve l’or. Lui, il invoquera mon nom, et moi, je lui répondrai. Je dirai : "C’est mon peuple !", et lui, il dira : "Le Seigneur est mon Dieu !"
Sagesse 3,1-6 Mais les âmes des justes sont dans la main de Dieu ; aucun tourment n’a de prise sur eux.
Aux yeux de l’insensé, ils ont paru mourir ; leur départ est compris comme un malheur,
et leur éloignement, comme une fin : mais ils sont dans la paix.
Au regard des hommes, ils ont subi un châtiment, mais l’espérance de l’immortalité les comblait.
Après de faibles peines, de grands bienfaits les attendent, car Dieu les a mis à l’épreuve et trouvés dignes de lui.
Comme l’or au creuset, il les a éprouvés ; comme une offrande parfaite, il les accueille.
Siracide 2,5 car l’or est vérifié par le feu, et les hommes agréables à Dieu, par le creuset de l’humiliation. Dans les maladies comme dans le dénuement, aie foi en lui.
Psaumes 66 (65), 10 C'est toi, Dieu, qui nous as éprouvés, affinés comme on affine un métal
2 Samuel 12,13 David dit à Nathan : « J’ai péché contre le Seigneur ! » Nathan lui répondit : « Le Seigneur a passé sur ton péché, tu ne mourras pas.
Nouveau Testament
1 Co 5,4-5 "Ma conscience ne me reproche rien, mais ce n’est pas pour cela que je suis juste : celui qui me soumet au jugement, c’est le Seigneur.
Ainsi, ne portez pas de jugement prématuré, mais attendez la venue du Seigneur, car il mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres, et il rendra manifestes les intentions des cœurs. Alors, la louange qui revient à chacun lui sera donnée par Dieu."
1 P 3, 19-20 Car le Christ, lui aussi, a souffert pour les péchés, une seule fois, lui, le juste, pour les injustes, afin de vous introduire devant Dieu ; il a été mis à mort dans la chair, mais vivifié dans l’Esprit. C’est en lui qu’il est parti proclamer son message aux esprits qui étaient en captivité. [Ce n'est pas l'enfer car on n'en revient plus de l'enfer. Ndlr.] Ceux-ci, jadis, avaient refusé d’obéir, au temps où se prolongeait la patience de Dieu, quand Noé construisit l’arche, dans laquelle un petit nombre, en tout huit personnes, furent sauvées à travers l’eau."
1 P 4,6 C’est pour cela que l’Évangile a été annoncé aussi aux morts, afin que, jugés selon les hommes dans la chair, ils vivent selon Dieu dans l’Esprit.
Mt 5,26 "Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou."
Mt 12, 31-32 "C’est pourquoi, je vous le dis : Tout péché, tout blasphème, sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l’Esprit ne sera pas pardonné. Et si quelqu’un dit une parole contre le Fils de l’homme, cela lui sera pardonné ; mais si quelqu’un parle contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera pas pardonné, ni en ce monde-ci, ni dans le monde à venir." [Cette parole du Christ implique qu'il existe dans l'autre monde un lieu où les péchés peuvent être pardonnés comme purifiés par le feu, sauf dit-il le péché contre l'Esprit Saint.]
1 Co 3, 10-15 "l’ouvrage de chacun sera mis en pleine lumière. En effet, le jour du jugement le manifestera, car cette révélation se fera par le feu, et c’est le feu qui permettra d’apprécier la qualité de l’ouvrage de chacun."
Lc 12, 58-59 "Ainsi, quand tu vas avec ton adversaire devant le magistrat, pendant que tu es en chemin mets tout en œuvre pour t’arranger avec lui, afin d’éviter qu’il ne te traîne devant le juge, que le juge ne te livre à l’huissier, et que l’huissier ne te jette en prison. Je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier centime."
Mt 18, 32-35 "Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : “Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié.
Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?”
Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait.
C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur."
Hb 12, 23 "et vers l’assemblée des premiers-nés dont les noms sont inscrits dans les cieux. Vous êtes venus vers Dieu, le juge de tous, et vers les esprits des justes amenés à la perfection." [Dans un endroit où les âmes sont amenés à la perfection]
Luc 16,24Alors il cria : “Père Abraham [Alors au séjour des morts. Cf. Verset précédent], prends pitié de moi et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise.
On entend souvent les musulmans dire : regarde, dans le coran on parle plus de Marie que dans la Bible. Mariam est citée 34 fois alors que dans les Evangiles c'est beaucoup moins.
Mais on ne sait pas qui est la Maryam de l'islam.
Marie qui est la Mère de Jésus, a vécu au 1er siècle. La tradition chrétienne la reconnaît comme fille d'Anne et Joaquim.
Dans le coran, Maryam est appelée ''soeur d'Aaron''. Or, l'Aaron biblique est le frère de Moïse qui a vécu environ 1500 ans avant Marie, la Mère de Jésus.
Et le coran va encore plus loin. Il dit que le père de Marie s'appelait Imran. Or, dans la Bible, Imran, ou Amran, est précisément le père de Moïse, d'Aaron, et de Myriam.
Autrement dit, non seulement le coran appelle Marie "soeur de Aaron", mais il lui donne aussi exactement le même père de cette Myriam biblique, qui a vécu 1500 ans plus tôt.
Ce n'est donc pas une simple ambiguïté linguistique. C'est une confusion historique flagrante impossible à nier.
Et cela continue:
-Marie qui accouche sous un palmier ? C'est repris du Pseudo-Matthieu.
-Jésus qui parle au berceau pour défendre sa Mère ? C'est tiré de l'évangile arabe de l'enfance de Jésus.
Que des légendes tardives, sans valeur historique.
Dans le Coran, Maryam est pieuse, elle est choisie entre toutes les femmes, mais seulement comme la mère d'un prophète. Dans la foi chrétienne, Marie est théotokos, Mère de Dieu, titre proclamé au concile d'Éphèse en 431.
Si Jésus est vraiment Dieu fait homme [comme le croient les chrétiens dans le Nouveau Testament. Ndlr.], alors Marie est vraiment Mère de Dieu.
Soyons donc logiques : son nom est confus, ses récits viennent d'apocryphes, et son rôle est radicalement réduit : est-ce encore la même femme ?
La Bible révèle Marie, Mère de Dieu. Le Coran invente Maryam, soeur de Moïse, et d'Aaron.
Alors, je pose la question:
à qui faites-vous confiance pour connaître la Vierge Marie, aux témoins apostoliques ou à un livre écrit six siècles plus tard et qui la confond avec quelqu'un d'autre ?
Né à Rome, vers 540, Grégoire était le fils d'un sénateur et le neveu d'une sainte, la vierge Tarsille. Il en occupa quelques temps la première magistrature, mais bientôt la cité, qui avait vu cet opulent patricien traverser ses rues en habits de soie, étincelants de pierreries, le vit avec bien plus d'admiration, couvert d'un grossier vêtement, servir les mendiants, mendiant lui-même, dans son palais devenu monastère et hôpital.
Grégoire fut l'auteur d'une ample activité monastique, particulièrement en assurant l'extension de la règle de Saint-Benoît († 547) à l'abbaye Saint-André de Rome qu'il fonda (Yvan GOBRY, Dictionnaire des Papes, Pygmalion, Paris 2013, p. 191.)
Grégoire n'avait conservé qu'un seul reste de son ancienne splendeur, une écuelle d'argent dans laquelle sa mère lui envoyait tous les jours de pauvres légumes pour sa nourriture ; encore ne tarda-t-il pas de la donner à un pauvre marchand qui, après avoir tout perdu dans un naufrage, était venu solliciter sa charité si connue.
Grégoire se livra avec ardeur à la lecture des Livres Saints ; ses veilles, ses mortifications étaient telles, que sa santé y succomba et que sa vie fut compromise.
Saint Grégoire le Grand, par Domenico Fetti, Palais des beaux-arts de Lille.
Passant un jour sur le marché, Grégoire vit de jeunes enfants d'une ravissante beauté que l'on exposait en vente. Apprenant qu'ils étaient d'Angles, c'est-à-dire du pays, encore païen, d'Angleterre : « Dites plutôt des Anges, s'écria-t-il, s'ils n'étaient pas sous l'empire du démon. » Il alla voir le Pape, et obtint d'aller prêcher l'Évangile à ce peuple ; mais les murmures de Rome forcèrent le Pape à le retenir.
Le Souverain Pontife Pélage II (579-590) étant venu à mourir, Grégoire dut courber ses épaules sous la charge spirituelle de tout l'univers.
Voici la narration de son accès au pontificat :
"En janvier 590, la peste s'abattit sur Rome. Pélage en mourut le 7 février. Aussitôt le peuple acclama pour pape l'abbé Grégoire, et le clergé l'élut à l'unanimité. Il refusa, prétextant d'abord que son élection n'avait pas été ratifiée par l'empereur Maurice. Tandis que les employés de Rome se rendaient auprès de l'empereur, Grégoire s'employa à secourir les pestiférés. Il adressa lui-même à Maurice une lettre suppliante pour lui demander de ne pas ratifier son élection. L'empereur la déchira. Grégoire, persistant à refuser, s'enfuit. Mais, en prévision de cette fuite, toutes les portes de Rome étaient gardées. Il parvint à se blottir au fond d'un panier d'osier qu'un marchand monta innocemment sur son chariot en quittant à Rome. Les habitants se jetèrent dans les églises pour supplier Dieu de leur rendre leur pape, puis parcoururent la campagne à sa recherche. Enfin, le 2 septembre, un groupe de chercheurs le trouva au fond d'une grotte. Il fut ramené à Rome triomphalement et sacré le lendemain, le 3 septembre 590.
"[...] Au moment de sa consécration, l'Italie se trouvait dans une situation déplorable : la peste et la famine avaient exterminé les populations. Les paysans, pressurés par le fisc et violentés par les Barbares, abandonnaient la terre. Grégoire créa une administration agricole et fiscale capable de secourir les paysans et de les maintenir sur la terre, et, soucieux de ne pas voir se renouveler les abus, institua une inspection de cette administration." (Yvan GOBRY, Dictionnaire des Papes, Pygmalion, Paris 2013, pp. 187, 190-191.)
À l'occasion de cette épidémie de peste à Rome, le saint Pontife s'illustra par sa foi comme le rapporte Grégoire de Tours (538-594), contemporain de ces événements et qui en fut le chroniqueur. Dans un sermon mémorable prononcé dans l'église de Santa Sabina, il invita le peuple romain à suivre — contrit et pénitent — l'exemple des habitants de Ninive :
"Puis le Pape exhorta [tout le peuple] à lever les yeux vers Dieu, Qui permet de si terribles châtiments dans le but de corriger Ses enfants. Pour apaiser le courroux divin, le Pape ordonna une « litanie en sept Chœurs », c'est-à-dire une procession de toute la population romaine, divisée en sept cortèges, selon le sexe, l'âge et la condition. La procession se déplaça depuis les différentes églises romaines en direction de la basilique Saint-Pierre au Vatican, chantant des litanies en chemin. C'est l'origine de ce que l'on appelle aujourd'hui les grandes Litanies de l'Église, ou Rogations, que nous prions pour que Dieu nous protège contre les adversités. Les sept cortèges traversèrent les bâtiments de la Rome antique, pieds nus, à pas lent, la tête couverte de cendres. Tandis que la multitude traversait la ville, dans un silence sépulcral, la peste atteignit un tel point de fureur qu'en l'espace d'une heure, quatre-vingts personnes tombèrent mortes au sol. Cependant, Grégoire ne cessa pas une seconde d'exhorter le peuple à continuer de prier et insista pour que l'image de la Vierge peinte par saint Luc et conservée à Santa Maria Maggiore soit portée en tête de procession. (Gregorio di Tours, Historiae Francorum, liber X, 1, in Opera omnia, a cura di J.P. Migne, Parigi 1849 p. 528)"
L'un des faits remarquables de son pontificat, c'est l'évangélisation de ce peuple anglo-saxon dont il eût voulu lui-même être l'apôtre.
Grégoire le Grand décida d'envoyer de Rome (en Grande-Bretagne) des moines sous la direction d'Augustin, qui deviendra premier évêque de Cantorbéry.
"Ayant fait escale en juin dans l'île de Lérins, au monastère de Saint-Honorat, ils furent terrifiés par la mise en garde de leurs confrères : l'île de Bretagne était occupée par des Barbares féroces qui s'empresseraient de les occire dès leur débarquement. Les compagnons d'Augustin refusèrent d'aller plus loin. Le prieur retourna à Rome pour rendre compte de la situation au pape, qui se fit sévère : un moine était voué à l'obéissance; Augustin et ses quarante compagnons n'avaient plus qu'à obéir, c'est-à-dire à poursuivre leur route vers les rivages de la Bretagne. [...] [L]es missionnaires décidèrent de passer par la Gaule. Ils remontèrent la vallée du Rhône et durent évidemment rendre visite à la terrible reine Brunhilde (Brunehaut), régente des deux royaumes d'Austrasie et de Bourgogne. Augustin lui remit une lettre de recommandation signée du pape Grégoire. Ce fut efficace : elle leur donna pour compagnons des interprètes, qui parlaient latin, germanique et anglo-saxon. Embarqués à Boulogne, les voyageurs accostèrent l'Angleterre sur l'île de Thanet, à l'embouchure de la Tamise, là où le JuteHengist avait constitué le premier royaume barbare de Bretagne, le Kent (sud-est de l'Angleterre). Le roi, arrière-petit-fils du fondateur, en était Éthelbert. Il avait épousé Berthe, fille de Charibert, roi de Paris, et nièce de Brunhilde. Le contact fut donc facilité. Il donna à ses frères la liberté de prêcher le christianisme. Un certain nombre d'eorls (nobles) se convertirent. Bientôt Éthelbert († 616) les imita : il fut baptisé durant la nuit de la Pentecôte, 5 juin 597. [...] Augustin [...] devenait archevêque de Cantorbéry. Le pape créa ensuite les évêchés de Londres et de Rochester. En 604, Séberct, roi d'Essex, demana à son tour le baptême. Ce serait le tour, après la mort de Grégoire, d'Edwin, roi de Northumbrie, avec la fondation de l'évêché d'York." (Yvan GOBRY, Dictionnaire des Papes, Pygmalion, Paris 2013, pp. 189-190.)
Les moines fondirent des écoles où les Saxons apprirent l'écriture. (Yvan GOBRY, Dictionnaire des Papes, Pygmalion, Paris 2013, p. 190.)
La conversion des Anglo-saxons fut l'une des grandes entreprises de Grégoire le Grand. L'Angleterre, l'Irlande deviendront des foyers d'où les missionnaires partiront christianiser l'Europe du Nord. Willibrord (+ 739) et Boniface (+ 754) évangélisent la Frise et l'Allemagne après avoir été sacrés évêques à Rome." (Yves BRULEY, Histoire du Catholicisme, Que Sais-je ?, 4e édition, Paris 2018, p. 35-36.)
Le roi Éthelbert († 616) sous l'influence d'Augustin de Cantorbéry, fera rédiger et adopter par l'assemblée de la noblesse saxonne le nouveau code administratif pénal intitulé les Jugements d'Éthelbert, qui opéreront la synthèse entre le droit barbare et le droit romain. Il fut entendu en outre que les moines romains fonderaient des écoles où les Saxons apprendraient l'écriture, le catéchisme et la liturgie romaine. (Yvan GOBRY, Dictionnaire des Papes, Pygmalion, Paris 2013, p. 190.)
Grégoire s'est également rendu célèbre par la réforme de la liturgie et le perfectionnement du chant ecclésiastique. C'est à lui que l'on doit le nom de chants grégoriens. (Wikipedia) "Il rassembla dans son Antiphonaire le chant sacré en honneur à Rome, en l'ordonnant, en l'ornant, et en y ajoutant des mélodies remarquables par leur élan et leur élégance; il veilla à la publication, à l'application, à l'extension et à la transmission de cette liturgie." (Yvan GOBRY, Dictionnaire des Papes, Pygmalion, Paris 2013, p. 192.)
Il prêchait souvent au peuple de Rome, et lorsque la maladie lui ôtait cette consolation, il composait des sermons et des homélies qui comptent parmi les chefs-d'œuvre de ce grand docteur. Son pontificat fut l'un des plus féconds dont s'honore l'Église.
"Grégoire en signe d'humilité, authentifie ses lettres d'une formule qui deviendra rituelle : Servus servorum Dei, le pape est [...] le serviteur des serviteurs de Dieu." (Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 93-94.)
Il combat l'esclavage et la simonie. "L'argent est le moteur de la simonie, mais Grégoire le Grand, dans son Homelia quarta in Evangelio, faisait aussi entrer en ligne de compte (pour les condamner comme simonie) d'autres procédés comme les services rendus, la flatterie ou toute autre considération humaine. Il considérait la simonie comme une hérésie, tout comme à sa suite Isidore de Séville (Etymologiae, VIII,5) et les réformateurs grégoriens." L'expression simonie étant tirée des Actes des Apôtres 8, 18-24, où Simon le magicien essaya d'acheter à Pierre et à Jean leur pouvoir de conférer l'Esprit Saint par l'imposition des mains. (Dictionnaire du Moyen-Âge, sous la direction de Claude GAUVARD, Alain de LIBERA, Michel ZINK, Quadrige Puf, Paris 2002, p. 1335.)
Comme notre Rédempteur a pris notre chair afin de nous délivrer de l’esclavage du péché, nous devons rendre à la liberté ceux qui en ont été privés par la loi des nations.
S. Grégoire cité dans le Dictionnaire encyclopédique d'histoire, de biographie, de mythologie et de géographie, par Louis Grégoire, Garnier Frères éditeurs, Paris 1871, p. 695-697
Lui-même donnant l’exemple, affranchit tous ses esclaves.
Libres des biens terrestres : "il faut que votre esprit domine ce que vous avez"
"Je veux vous inviter à tout abandonner, sans vous y obliger. Si vous ne pouvez pas abandonner entièrement le monde, retenez les biens de ce monde, mais de telles façon qu'ils ne vous retiennent pas dans le monde. Possédez, mais ne vous laissez pas posséder. Il faut que votre esprit domine ce que vous avez; autrement, si votre esprit est vaincu par l'amour des biens terrestres, c'est plutôt lui qui sera possédé par les biens qui lui appartiennent. [...]
"Tout ce qui se passe dans ce monde, regardez-le comme à la dérobée. Que votre regard intérieur se dirige en avant et considère avant tout les réalités qui sont votre but. [...]
"Ceux qui agissent ainsi, ont tous les biens du monde à leur disposition pour en user, non pour les désirer. De la sorte, qu'il n'y ait rien pour freiner le désir de votre esprit, aucune jouissance pour vous lier aux embarras du monde." (Grégoire le Grand, Homélies sur l'Evangile, livre II, homélie XXXVI, Sources chrétiennes n°22, Cerf 2008, p. 415.)
"Le pape Grégoire s'habitue également à remplacer le latin Gallia par l'expression de gens Francorum, peuple des Francs, voire même, dans au moins un cas, par un néologisme venu de l'autre côté des Alpes : 'Francia'." (Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 99.)
Grégoire mourut le 12 mars 604.
On le représente écoutant une colombe qui lui parle à l'oreille. Il est regardé comme le patron des chantres.
Depuis le concile Vatican II, l'Église le célèbre le 3 septembre (auparavant le 12 mars).
"Il est compté parmi les Docteurs de l'Église, titre que celle-ci décerne parcimonieusement aux théologiens qui ont d'une part énoncé d'une façon importante les vérités de la foi et d'autre part mérité la canonisation. [...] Le traité le plus considérable de ce Docteur est les Morales sur Job (Moralia in Job) en trente-cinq livres, titre quelque peu étroit pour désigner un ensemble de commentaires qui ne ressortissent pas seulement à la morale, mais au dogme et à la spiritualité. Ces textes composés de 579 à 585, c'est-à-dire durant les années où l'auteur fut apocrisiaire, puis abbé, sont en fait une série de conférences monastiques. [...] Grégoire a aussi rédigé d'abondants commentaires de l'Écriture, [...] vingt-deux Homélies sur le prophète Ézéchiel, soixante Homélies sur les Évangiles, recueil de prédications sur les Évangilesdimanches et fêtes. Enfin, une Exposition sur le Cantiques des cantiques. " (Yvan GOBRY, Dictionnaire des Papes, Pygmalion, Paris 2013, p. 192.)
Sources : (1) ; (2) ; (3) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 86 ; Yvan GOBRY, Dictionnaire des Papes, Pygmalion, Paris 2013, p. 190
On entend souvent les musulmans dire : regarde, ''dans le coran on parle plus de Jésus que de Mohammed. Issa (Jésus dans l'islam) est cité plus de 25 fois, tellement il est important pour nous''.
Mais, voilà le problème. Je ne sais pas qui est votre Issa. En araméen et en hébreu, c'est Yéshuah. En grec c'est Iesous. Et chez les chrétiens arabes c'est Yasu. Mais dans le coran, c'est Issa.
Imagine, je prends Socrate et je l'appelle Socris. Et je dis qu'il n'a jamais philosophé à Athènes, mais qu'il a vendu des tapis en Arabie. Est-ce encore Socrate? Et pourtant, Socrate et Socris se ressemblent un peu. Mais entre Yéshouah, Iesous, Yasu et Issa, même la racine est différente, c'est carrément un autre prénom.
Mais ce n'est pas tout, le coran 4. 157 dit [de Jésus] qu'ils ne l'ont ni tué ni crucifié. Mais sans la croix, il n'y a plus de Jésus-Christ. Paul le dit. 1 Co 15,14 "si le Christ n’est pas ressuscité, notre proclamation est sans contenu, votre foi aussi est sans contenu." En supprimant la croix, le coran supprime le cœur du christianisme. [En supprimant la croix, on supprime la résurrection du Christ, la nécessité de la Rédemption en Christ, l'Incarnation de Dieu. Ndlr.]
Mais encore, que penser des miracles de Isa ?
-Jésus qui parle au berceau ? C'est repris des écrits gnostiques.
Jérémie 23,5-6 : ''Voici venir des jours – oracle du Seigneur–, où je susciterai pour David un Germe juste : il régnera en vrai roi, il agira avec intelligence, il exercera dans le pays le droit et la justice. En ces jours-là, Juda sera sauvé, et Israël habitera en sécurité. Voici le nom qu’on lui donnera : « Le-Seigneur-est-notre-justice. »'
Daniel 7,13-14 ''Je regardais, au cours des visions de la nuit, et je voyais venir, avec les nuées du ciel, comme un Fils d’homme ; il parvint jusqu’au Vieillard, et on le fit avancer devant lui. Et il lui fut donné domination, gloire et royauté ; tous les peuples, toutes les nations et les gens de toutes langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera pas détruite.''
Les contemporains du Christ ont pris Jésus pour Dieu. Même "Ce Tibère (empereur), ayant entendu parler des prodiges du Christ, voulut le déclarer dieu, à la manière des rois, mais il en fut empêché par le Sénat, à ce que raconte Eusèbe" (Eusèbe, Histoire ecclésiastique, II, II, I-3, cité librement par Georges Cedrenos dans son Compendium; Voir aussi Tertullien, Apologétique V,2, in Premiers écrits chrétiens. Source: Bibliothèque de la Pléiade, éd. Publiée sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, Nrf Gallimard, Lonrai 2017, note 18, p. 1165-1166.)
"Jésus n'a jamais prétendu être Dieu"
Si, il l'a fait. Et il l'est. Voyons combien de fois Jésus a prétendu être Dieu.
Dans le livre de l'Apocalypse, Jésus est Dieu qui envoie son ange :
Apocalypse 22,6 dit ''le Seigneur, le DIEU qui inspire les prophètes, a envoyé son ange pour montrer à ses serviteurs ce qui doit bientôt advenir.'' Et Apocalypse 22,16 : ''Moi, Jésus, j’ai envoyé mon ange vous apporter ce témoignage au sujet des Églises.'' Dans ce verset d'Ap22,16 nous voyons Jésus dire qu'il envoie son ange. Il s'applique à lui-même la divinité du verset 22,6 où le Seigneur, 'le Dieu qui inspire les prophètes' envoie son ange.
Colossiens 1,16 précise que tout a été créé "en", "par" et "pour" Jésus :
Dans Jn 17,5, Jésus dit : "Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe."
"EN lui [le "Fils bien-aimé" du verset 13] tout fut créé, dans le ciel et sur la terre. Les êtres visibles et invisibles, Puissances, Principautés, Souverainetés, Dominations, tout est créé PAR lui et POUR lui." Col 1, 16
Jésus est le Dieu "JE SUIS" d'Exode 3,14: "Dieu dit à Moïse : "JE SUIS CELUI QUI SUIS. Puis il ajouta : "Voici ce que tu diras aux Israélites : JE SUIS m'a envoyé vers vous."
Dans Jean 8,58 "Jésus leur répondit : En vérité, je le déclare : avant qu'Abraham fût, JE SUIS."
C'est le nom que Dieu s'est donné lorsqu'il a communiqué pour la première fois avec Moïse dans Exode 3,14.
En Jn 8,28 Jésus dit "... vous connaîtrez que JE SUIS".
En Jean 12,19 : "Je vous le dis à présent avant que l’événement n’arrive afin que lorsqu’il arrive vous croyiez que Je Suis".
En Jn 13, 19-20 "...afin que lorsque l'événement arrive, vous croyiez que Je Suis."
Et en Jean 12, 46 "Moi la lumière, je suis venu dans le monde afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres".
Ap 3:21 mentionne : ''Le vainqueur, je lui donnerai de siéger avec moi sur mon Trône, comme moi-même, après ma victoire, j’ai siégé avec mon Père sur son Trône.''
Dieu a dit qu’Il ne partage point Sa Gloire avec aucun autre en Esaïe 42:8 "Je suis le Seigneur, tel est mon nom ; et je ne céderai pas ma gloire à un autre, ni ma louange aux idoles." Et 48:11 "C’est à cause de moi, de moi seul que je le fais : Comment ! Mon nom serait-il profané ? Ma gloire, je ne la donnerai pas à un autre."
Et voilà que l'on voit Jésus dire qu'il s’est assis avec le Père sur Son Trône, et qu'Il a le pouvoir de nous faire asseoir avec Lui sur Son Trône! Preuve ultime.
Il existe encore dans la Sainte Bible de nombreux autres versets indiquant la divinité du Christ : dans l'Ancien Testament, Isaïe 48,12 : Dieu dit : "C'est Moi, Moi qui suis le Premier, C'est aussi Moi Qui suis le Dernier."
Isaïe 44,6 Ainsi parle le Seigneur, le roi d’Israël, son rédempteur, le Seigneur de l’univers : Je suis le premier et je suis le dernier, hors moi, pas de Dieu.
Or, dans le livre de l'Apocalypse chapitre 22,13-16 Jésus dit : "Moi, je suis l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin. Heureux ceux qui lavent leurs vêtements : ils auront droit d’accès à l’arbre de la vie et, par les portes, ils entreront dans la ville. Dehors les chiens, les sorciers, les débauchés, les meurtriers, les idolâtres, et tous ceux qui aiment et pratiquent le mensonge ! Moi, Jésus, j’ai envoyé mon ange vous apporter ce témoignage." Et au chapitre 21 précédent de l'Apocalypse, versets 6 et 7 Dieu dit : "Puis il me dit : « C’est fait. Moi, je suis l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin. À celui qui a soif, moi, je donnerai l’eau de la source de vie, gratuitement. Tel sera l’héritage du vainqueur ; je serai son DIEU, et lui sera mon fils."
De même, au premier chapitre du livre de l'Apocalypse, Jésus dit à Jean, verset 17-18 : ''Ne crains pas. Moi, je suis le Premier et le Dernier, le Vivant : j’étais mort, et me voilà vivant pour les siècles des siècles.''
Notre-Seigneur Jésus-Christ, avant d'être livré par les Juifs aux autorités romaines, savait qu'ils allaient le livrer, qu'il serait mis à mort et qu'il ressusciterait le troisième jour.
La fête de sa Transfiguration Jésus-Christ prouve qu'Il enseignait à ses disciples de ne rien dire de sa divinité avant que tout ne soit accompli.
Sur une haute montagne, le Christ a révélé sa divinité à trois de ses apôtres :
-La voix qui parle, c'est le Père disant de Jésus qu'il est son "Fils bien-aimé"
-la nuée est le Saint-Esprit.
Nous avons là une illustration de la Trinité dans la Bible.
Avant la Croix, Jésus a donné un aperçu du Ciel à ses disciples pour fortifier leur cœur. Le secret sur sa nature divine ne devait être levé qu'après Sa Résurrection (voir aussi Mt, VIII, 4; Mt XVII, 9).
L'Évangile fait remarquer que lorsque Jésus sortit de l'eau du Jourdain après avoir reçu le baptême de S. Jean le Baptiste, les cieux s'ouvrirent et l'Esprit Saint descendit sur lui comme une colombe (Mt 3, 16). On entendit alors une voix venue du ciel qui disait : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé; en lui j'ai mis tout mon amour" (Mt 3, 17).
Avec la Transfiguration, le Baptême de Jésus est une autre théophanie.
Matthieu 3,16-17 "Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau, et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des cieux, une voix disait : 'Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie.'"
31 De nouveau, des Juifs prirent des pierres pour lapider Jésus.
32 Celui-ci reprit la parole : « J’ai multiplié sous vos yeux les œuvres bonnes qui viennent du Père. Pour laquelle de ces œuvres voulez-vous me lapider ? »
33 Ils lui répondirent : « Ce n’est pas pour une œuvre bonne que nous voulons te lapider, mais c’est pour un blasphème : tu n’es qu’un homme, et tu te fais Dieu. »
34 Jésus leur répliqua : « N’est-il pas écrit dans votre Loi : J’ai dit : Vous êtes des dieux ?
35 Elle les appelle donc des dieux, ceux à qui la parole de Dieu s’adressait, et l’Écriture ne peut pas être abolie.
36 Or, celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde, vous lui dites : “Tu blasphèmes”, parce que j’ai dit : “Je suis le Fils de Dieu”.
Jean 14,8-11"Philippe lui dit : 'Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit.' Jésus lui répond : Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : “Montre-nous le Père” ? Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres. Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes."
"Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler." (Mt 11,27)
"Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, continuez à ne pas me croire. Mais si je les fais, même si vous ne me croyez pas, croyez les œuvres. Ainsi vous reconnaîtrez, et de plus en plus, que le Père est en moi, et moi dans le Père." (Jn 10, 37-38)
Matthieu 9,5-7 : "Qu'est-ce qui est le moins difficile à dire : 'Tes péchés sont pardonnés' ou 'Lève-toi et marche' ? Pour vous faire comprendre que le Fils de l'homme a le pouvoir sur la terre de pardonner les péchés, il dit alors au paralytique : 'Lève-toi ! Enroule ton lit et rentre chez toi.' L'homme se leva et s'en alla chez lui.
Personne ne conteste que Jésus fut, au moins, un très grand mystique, l’initiateur d’un courant spirituel remarquable. Or, jamais nous le voyons se reconnaître pécheur. Lui, si humble, dit un jour à ses auditeurs: "Qui de vous me convaincra de péché?" (Jean 8,46). Comment se fait-il que cet homme qui avait un si grand sens de Dieu ne se soit pas reconnu pécheur devant Lui? C’est que Dieu et Jésus sont un.
Lors de la Tentation de Jésus au désert, le diable l’emmena sur une très haute montagne et lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire. Il lui dit : ''Tout cela, je te le donnerai, si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi.'' Alors, Jésus lui dit : ''Arrière, Satan ! car il est écrit : C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte.'' Alors le diable le quitte. Et voici que des anges s’approchèrent, et ils le servaient.'' (Mt 4, 8-11) Les anges servant Jésus, cela signifie que le diable qui est un ange déchu n'ayant pas voulu adorer Jésus, les anges, eux, l'ont fait. Donc Jésus est Dieu vu qu'"il est écrit : C'est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras." Sinon les anges n'auraient pas servi Jésus.
De même, aux versets 5 à 7 de Mt 4, nous lisons : "le diable l’emmène à la Ville sainte, le place au sommet du Temple 06 et lui dit : 'Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre.' 07 Jésus lui déclara : 'Il est encore écrit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu.'" Jésus répond au diable qu'il met le Seigneur son Dieu à l'épreuve en le tentant.
Jésus dit qu'il faut l'adorer comme on adore Dieu "le Père"
Dans Jn 5,23 Jésus dit : ''afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui ne rend pas honneur au Fils ne rend pas non plus honneur au Père, qui l’a envoyé.'' Ici Jésus dit qu'il faut l'adorer comme on adore Dieu le Père.
Bien d'autres versets évoquent la divinité de Jésus :
Philippiens 2,5-6 2,5-6: "Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu."
Tite 2,13 écrit : ''attendant la bienheureuse espérance et l'Apparition de la gloire de notre GRAND DIEU et Sauveur, le CHRIST JESUS''.
Colossiens 2,9 : "Car en lui habite corporellement toute la Plénitude de la Divinité".
Colossiens 1,15 "Il est l'Image du DIEU invisible, Premier-Né de toute créature"
2 Pierre 1,1 "SYMEON PIERRE, serviteur et apôtre de Jésus Christ, à ceux qui ont reçu en partage une foi d’aussi grand prix que la nôtre, par la justice de notre DIEU et Sauveur Jésus Christ."
1 Jean 5,20 "Nous savons aussi que le Fils de Dieu est venu nous donner l’intelligence pour que nous connaissions Celui qui est vrai ; et nous sommes en Celui qui est vrai, en son Fils Jésus Christ. C’est lui qui est le DIEU VRAI, et la vie éternelle."
Jean 1, 01-14AU COMMENCEMENT était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. ...14 Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.
Dans l'Ancien Testament, le prophète Jérémie 17.10 écrit : "Moi, le Seigneur, qui pénètre les cœurs et qui scrute les reins, afin de rendre à chacun selon sa conduite, selon le fruit de ses actes." Or, dans le Nouveau Testament, Jésus dit dans Apocalypse 2,23 "Toutes les Églises reconnaîtront que moi, je suis celui qui scrute les reins et les cœurs, et je donnerai à chacun de vous selon ses œuvres." Qui scrute les reins et les cœurs si ce n'est Dieu ?
Réclamer pour soi l'adoration est un péché puni de mort. (Actes 12 v 21 à 23). Or, Jésus n’a jamais refusé ni ne s’est opposé à l’adoration qui Lui est due, signe très clair de sa divinité :
Les mages d’Orient (Matthieu 2, 2) : "Ou est le Roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son astre à l’Orient et nous sommes venus lui rendre hommage" ; le lépreux (Matthieu 8, 2) : "un lépreux s’approcha et, prosterné devant lui disait : seigneur si tu le veux tu peux me purifier" ; l’aveugle de Jean 9.1/38 L’homme dit : "Je crois, Seigneur" et il se prosterna devant lui ; Jaïrus le notable dont la fille est morte, "prosterné devant Jésus il lui disait : viens lui imposer la main et elle vivra" (Matthieu 9, 18). Or seul Dieu ressuscite les morts. La Cananéenne (Matthieu 15, 25) : "la femme vint se prosterner devant lui : seigneur dit elle, viens à mon secours" ; Marie-Madeleine et Marie (Matthieu 28, 9); Les disciples l’adorèrent également (Matthieu 28, 9 ; Luc 5 , 8 ; 24, 52). Jésus revendique le droit d'être Dieu lorsque, entre autres, Il accepte l'adoration de Thomas en Jean 20,28 : Lorsque Thomas voit Jésus ressuscité, il se rend enfin compte de la vrai nature du Christ : "Thomas lui répondit : 'mon Seigneur ET mon Dieu !' et Jésus l'approuve en répondant : "parce que tu as vu, tu as cru. Heureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru."
Isaïe 8 : "Sanctifiez le Seigneur des armées lui-même, Il est, lui, votre peur et votre terreur. Il sera pour vous sanctification, pierre d’achoppement et de scandale, pour les deux maisons d’Israël, un nœud coulant et une ruine pour les habitants d’Israël, Plusieurs viendront buter sur elle, ils tomberont, et ils seront broyés par elle.'' Ici, en toute clarté, de l’aveu même de tous les Juifs, le Dieu suprême et le Seigneur des armées est appelé pour les uns une sanctification, et pour d’autres une pierre d’achoppement et de scandale, un nœud coulant et une ruine.
Or c’est au Christ lui-même qu’attribuent ce texte saint Luc, saint Pierre, et saint Paul. Car on lit dans Luc 2 que Siméon a dit au sujet du Christ : ''Il est placé pour la ruine et la résurrection de beaucoup''. Et aux Romains 9 : ''Que dirons-nous ? Que les Gentils qui ne cherchaient pas la justice ont accueilli la justice, cette justice qui vient de la Foi. Mais en cherchant la justice dans la loi de la justice, Israël n’est pas parvenu à atteindre la justice. Pourquoi ? Parce que les Israélites ne l’ont pas recherchée avec la foi, mais les œuvres. Car ils ont buté sur la pierre d’achoppement, comme il est écrit : voici que je place en Sion une pierre d’achoppement, une pierre de scandale." Pierre 11 : "À vous les croyants, l’honneur, mais aux incroyants la pierre d’achoppement et de scandale".
Isaïe 40 : "La voix de celui qui crie dans le désert : préparez un chemin pour le Seigneur, rendez droits dans le désert les sentiers de notre Dieu." C’est du Dieu d’Israël que ces choses sont dites par Isaïe. Car les Juifs ne donnent pas le nom de Seigneur et de Dieu à d’autres qu’au seul vrai Dieu, surtout les prophètes et les saints. Et pourtant, que cette voix soit celle de saint Jean Baptiste préparant un chemin pour le Christ, tous les évangélistes l’attestent. Matt.3, Marc 1, Luc 1, Jean 1. Le Christ est donc le Seigneur et le Dieu d’Israël dans lequel les adversaires de sa divinité ne voient que le Père.
Isaïe 45 : "Je suis Dieu, et il n’y en a pas d’autre, je le jure sur moi-même. Et tout genou fléchira devant moi". Romains 14 : "Nous nous tiendrons tous debout devant le tribunal du Christ. Car il est écrit : Je vis, moi, le Seigneur. Et tout genou fléchira devant moi". Vous voyez comment, au témoignage de l’apôtre, le Christ est ce Dieu en dehors duquel il n’y en a pas d’autre.
Malachie 3. "Voici que j’envoie mon ange, et il préparera le chemin devant ma face". C’est ainsi que parle le Dieu d’Israël, car tous les codex (hébreux, grecs, chaldéens, latins) ont "devant ma face". Et, pourtant, le Christ lui-même (en Matt. 11) dit que cet ange est Jean Baptiste qui prépara un chemin devant la face du Christ. En Luc 1, Zacharie dit : "C’est devant la face du Seigneur que tu prépareras ses voies". Quoi de plus clair ?
Pour prouver que ses brebis ne périront pas, Jésus fait ce raisonnement : "Personne ne peut enlever les brebis des mains de mon Père, parce qu’il est plus grand que tous". "Personne ne peut non plus enlever des brebis de ma main, Car le Père et moi nous sommes un." Cet argument ne prouve rien d’autre que ceci : le Père et le Fils ont la même main, c’est-à-dire la même puissance. Si la puissance est la même, l’essence est certainement aussi la même, car en Dieu l’essence et la puissance ne se distinguent pas l’une de l’autre.
"Après avoir entendu cette parole, les Juifs prirent des pierres pour le lapider." Ils avaient donc compris que par ce "moi et le Père nous sommes un", il prêchait qu’il est un seul et même être avec le Père. Car ils n’auraient surement pas cherché à le lapider, s’ils avaient compris que le Christ ne parlait que d’une union de concorde avec son Père. Et comme Jésus n’a pas corrigé leur façon de penser, il s’ensuit donc qu’ils avaient bien compris.
Jean 16 : "Toutes les choses que le Père a sont miennes." Donc le Fils a l’essence du Père. N’allons pas penser qu’on doive entendre cela des choses qui sont à l’extérieur de Dieu, comme on dit, par exemple, que tout ce qu’un mari a sa femme l’a aussi. Mais un homme peut posséder une sagesse que sa femme n’a pas. Les mots qui précèdent excluent ce sens. Car il avait dit d’abord : "Il me glorifiera, car c’est de moi qu’il recevra". Ce que l’Esprit Saint reçoit du Père et du Fils est commun aux deux. Qu’est-ce que l’Esprit saint reçoit du Fils ? La science, certainement, car il dit : "Il recevra de moi et vous annoncera". Et plus loin : "Il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu". La science du Père et du Fils est la même. Mais, en Dieu, la science et l’essence sont une seule et même chose, comme l’a connu même un Aristote. L’un et l’autre ont donc la même essence. C’est ainsi que commentent ce texte tous les docteurs catholiques, à la suite de saint Jean Chrysostome, de saint Augustin et de saint Cyrille. (Saint Robert Bellarmin, Les Controverses de la Foi Chrétienne contre les Hérétiques de ce Temps)
"Les fouilles archéologiques conduites récemment sur le site d'un camp légionnaire à Meggido en Samarie, ont mis au jour un local associatif utilisé par un groupe de soldats chrétiens entre 230 et 250, avec une table eucharistique dédiée à 'JESUS CHRIST DIEU'. (Source : Y. TREPPER et L. Di SEGNI, A Christian Prayer Hall of the Third Century, Jerusalem, Israrel Antiquities Authority, 2006, inMarie-Françoise BASLEZ, Comment les Chrétiens sont devenus catholiques, Texto Lonrai 2021, p . 29.)
Lors des premiers siècles, "la divinité du Christ n'était jamais mise en doute, ainsi que l'atteste l'enquête menée par un gouverneur romain en 112 sur les célébrations des chrétiens de Bithynie (Lettre rapport à l'empereur Trajan de Pline le Jeune, Lettres 10 n°96 qui explique que les chrétiens rendaient un culte à Jésus "comme à un Dieu" dès le lever du soleil...) ou le témoignage archéologique de la table eucharistique dédiée à 'Jésus-Christ Dieu' par les soldats chrétiens d'un camp de légionnaires de Samarie au IIIe siècle. Mais on débattait de la manière dont le Christ est Dieu.", (Marie-Françoise BASLEZ, ibid. p. 103.)
Pour les premiers Pères de l'Eglise, Jésus est Dieu :
La première épître de Clément de Rome XLVI (de 92 – 98), lettre rédigée en grec par Clément de Rome, évêque de Rome dans la décennie 90-100 et considéré comme pape demande : ''N'avons-nous pas un même Dieu, un même Christ et un même esprit de grâce ?''
Avec la Didachè, cette lettre de Clément de Rome constitue l'un des plus anciens témoignages sur le christianisme primitif, parallèlement au Nouveau Testament. Cette lettre est la première œuvre de la littérature chrétienne à développer le thème de la succession apostolique.
Saint Ignace d'Antioche, deuxième successeur de S. Pierre comme évêque d’Antioche,et disciple de Saint Jean,mort martyr vers 116 écrit dans l'Epître aux Ephésiens:
"Ignace, surnommé Théophore, à l’Église d’Éphèse en Asie, comblée de bénédictions par la munificence de Dieu le père, prédestinée avant tous les siècles à une gloire permanente, immuable ; unie étroitement à lui, et choisie en vertu des mérites réels de la passion par la volonté du Père et celle de Jésus-Christ notre Dieu."
Au chapitre VII de son épître aux Ephésiens écrite vers 107,S. Ignace parle de Jésus comme ''médecin, charnel et spirituel, engendré et inengendré, venu en chair, Dieu, en la mort vie véritable, <né> de Marie et <né> de Dieu, d'abord passible et maintenant impassible, Jésus-Christ notre Seigneur.''
Ephésiens 7. Saint Ignace d'Antioche, disciple de l'Apôtre Jean l'Evangéliste, parle vers 107 de Jésus comme "Dieu", "venu en chair" (Cf. prologue de S. Jean 1,1-14) in Les Ecrits des Pères apostoliques, Cerf, Sagesses chrétiennes, p. 160
"Car notre Dieu, Jésus-Christ, a été porté dans le sein de Marie, selon l'économie divine, né 'de la race de David' (Jn 7,42; Rm 1,3; 2 Tm 2,8) et de l'Esprit-Saint." (Ignace d'Antioche, Ephesiens 18)
"Nous croyons que Jésus-Christ, le Fils de Dieu, est le Seigneur annoncé par les Prophètes comme devant assister la race des hommes; (...) moi qui ne suis qu'un homme, je suis trop petit, je l'avoue, pour parler dignement de sa divinité infinie."
Voici qu’il vient avec les nuées, tout œil le verra, ils le verront, ceux qui l’ont transpercé ; et sur lui se lamenteront toutes les tribus de la terre. Apocalypse 1,7
Vers 189 ap. J.-C : Saint Irénée - "Car avec Lui étaient toujours présents le Verbe et la Sagesse, le Fils et l’Esprit, par qui et en qui, librement et spontanément, Il a créé toutes choses, à qui aussi Il parle, disant : 'Faisons l’homme selon Notre image et Notre ressemblance', prenant de Lui-même la substance des créatures [formées], le modèle des choses faites, et la figure de tous les ornements du monde." (Contre les hérésies, Livre IV, Chapitre XX)
Saint Irénée souligne également que Rome détient l'autorité suprême et que tout disciple du Christ doit s'y conformer. Il fournit même une généalogie ininterrompue des évêques de Rome remontant aux premiers disciples de Jésus (Cf. Contre les hérésies, livre 3, chapitre 3).
Princesse suédoise, religieuse dominicaine († 1282), Sainte Ingrid de Skänninge était, par sa mère, petite fille du roi Knut de Suède.
Devenue veuve, Ingrid fit un pèlerinage aux Lieux Saints. Au retour, passant par Rome, elle obtint du pape l'autorisation de fonder un couvent de religieuses cloîtrées dans son pays, qui furent des tertiaires dominicaines (moniales de l’Ordre des Prêcheurs). Elle donna tous ses biens pour la gloire de Dieu.
Son frère Jean Elovson, chevalier teutonique, l'aida de son argent et le couvent fut inauguré à Skänninge en Suède en 1281.
Sainte Ingrid mourut un an après, à Skänninge en Suède, l'an 1282.
Lydie de Thyatire (ville de Mysie, actuelle Turquie) ou Lydie de la Pourpre (Ier s.) D'après Saint Luc, elle serait la première Européenne à s'être convertie au Christ. Saint Paul l'aurait rencontrée alors qu'il arrivait en Macédoine orientale. Elle était...
Fondateur de la Congrégation des Pères du Saint-Sacrement et de celle des Servantes du Saint-Sacrement (1811-1868). Fils d'un boutiquier de village dans la région de Grenoble, il fut d'abord prêtre séculier. En 1839, il entre chez les Pères maristes dont...
Évêque, fondateur de la “Congregatio Sanctissimi Redemptoris” Docteur de l'Église Alfonso Maria de Liguori naît à Marianella, près de Naples, le 27 septembre 1696, dans une famille noble. Après de fort brillantes études, docteur en droit civil et canonique...
Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 85.
Un militaire Saint Ignace naquit en 1491 a u château de Loyola, en Espagne. Il était le dernier de douze enfants, et il donna dès son bas âge des marques d'une grande vivacité d'esprit....
Le martyre de sainte Julitte (anonyme, 2e moitié du XVIIe siècle), église Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte de Villejuif
Julitte de Tarse ou Juliette de Césarée est une riche veuve de Césarée (aujourd'hui Kayseri en Turquie), dépouillée par un homme d'affaires...
En Chine, les prêtres sont tenus de se conformer aux directives officielles : un nouveau code de conduite a été dévoilé (en février dernier – voir le texte intégral ci-dessous), exigeant du clergé un lien étroit avec le parti au pouvoir et le socialisme....
Sainte Marthe, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 141.
Sainte Marthe était soeur de Lazare . C'est elle qui dirigeait la maison de Béthanie et s'en montrait digne par sa douceur et son amabilité envers les siens, par sa...
Un synode est (était) par définition un événement : il a été convoqué, tenu et conclu. Il en a été ainsi pendant vingt siècles. Le Synode sur la synodalité s’est achevé en octobre 2024. Son document final a été remis. Affaire classée, pourrait-on penser....
Moine gallois, il partit prêcher en Irlande puis en Cornouailles avant de se rendre en Bretagne. Né en 490, Samson est l'un des nombreux saints bretons que les traditions font venir des pays celtiques d'outre-Manche. Il est l'un des sept saints fondateurs...
Saints Georges, Aurèle et Nathalie de Cordoue, Félix et Liliose, martyrs (+ 852) Le 27 juillet 852, deux couples, Nathalie et son mari Aurèle, Félix et sa femme Liliane, accusés d’avoir renié l’Islam sont exécutés sur ordre du calife Abderrahman II. Cette...