« Je recommande à mon fils s’il avait le malheur de devenir Roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, [...] qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les Lois, mais en même temps qu’un Roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile. » (Testament de Louis XVI)
Christ Roi
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Lorsque je sonnais l’alarme concernant les obligations de port du masque, les confinements et les vaccins génétiques dangereux, presque tous les médias m’ont ignoré, à l’exception de LifeSiteNews.
Début 2020, lorsque je tirais la sonnette d’alarme concernant les obligations de port du masque, la distanciation sociale, les confinements, la suppression des traitements précoces et les vaccins génétiques dangereux, presque tous les médias m’ont ignoré.
Sauf pour LifeSiteNews.
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Si vous parlez de la théorie de Darwin… alors non.
Mais de nombreux catholiques fidèles hésitent encore à rejeter Darwin… alors parlons-en.
Voici ce que l’Église enseigne :
Dieu a créé l’univers à partir de rien.
Toutes choses existent parce qu’Il les a voulues.
Cela signifie qu’aucune théorie de l’évolution qui exclut la providence de Dieu ne peut être acceptable.
Et alors, qu’en est-il de Darwin ?
L’évolution darwinienne affirme que la vie est apparue et s'est diversifiée par des forces naturelles non guidées.
Elle traite l’ordre, l’intelligence et même l’esprit humain comme des accidents.
C'est une mauvaise philosophie. Mais de nombreux catholiques estiment qu’ils doivent accepter la théorie de Darwin. Ils ont peur que la rejeter signifie rejeter la science dans son ensemble. Cette peur est compréhensible. Mais cela repose sur une fausse prémisse. L’Église ne rejette pas la science. Elle rejette le scientisme
Le scientisme suppose que les sciences naturelles peuvent nous dire tout sur la personne humaine, la moralité ou Dieu. Mais elles ne le peuvent pas.
La théorie de Darwin s’appuie sur des hypothèses du XIXe siècle sur la nature.
Elle a été mis à jour, mais ses croyances fondamentales demeurent : le hasard, la mutation, la survie du plus apte.
Pourtant, ces mécanismes n’expliquent pas pourquoi la nature est intelligible ni comment les êtres rationnels sont apparus.
Voici ce que les catholiques fidèles peuvent croire :
• La vie humaine s’est peut-être développée progressivement.
• Les processus naturels ont joué un rôle dans la formation des formes biologiques.
• Dieu a utilisé ces processus intentionnellement, et non par accident.
C'est ce qu'on appelle l'évolution théiste.
Mais cela a des limites.
Limite #1 : L'âme humaine.
Les humains sont distincts des animaux parce qu'ils possèdent une âme rationnelle. On ne peut pas "évoluer" une âme. L'Église enseigne que chaque âme est immédiatement créée par Dieu dans le ventre de sa mère. Elle n'est pas héritée par un processus biologique.
« Avant même de te façonner dans le sein de ta mère, je te connaissais ; avant que tu viennes au jour, je t’ai consacré.
La Genèse 1-3 est historique. Il y a eu une "chute" littérale. Il devait donc y avoir deux premiers parents. Le polygénisme - l'idée que les humains descendent d'un groupe d'animaux (théorie qui prétendait que l'humanité était en fait divisée en espèces ou en races d'origines différentes) - ne peut pas être concilié avec la Bible.
Le Pape Pie XII a bien vu cela. Dans Humani Generis, il a mis en garde contre l'évolution qui nie l'origine divine de l'âme ou nie le monogénisme. Les catholiques fidèles doivent rester dans ces limites.
Vous n’êtes pas obligé de prétendre que le darwinisme explique tout. En fait, de nombreux scientifiques admettent désormais ouvertement que ce n’est pas le cas. Surtout lorsqu’il s’agit de conscience, de moralité ou de l’origine de la vie elle-même.
L’Église n’a pas peur de la science. Mais les catholiques sont libres de poser des questions. Et les scientifiques ne devraient pas avoir peur de ces questions. Après tout, ne sont-ils pas censés avoir toutes les réponses ?
Icône Russe d’Élisée (XVIIIe siècle) Monastère de Kiji, Russie
À une époque troublée où les rois d'Israël successeurs de Salomon s'adonnaient à l'idolâtrie et à la débauche, Elisée, fils de Shafath, prophète de l'ancienne Loi, disciple et successeur du Prophète Élie, exerça son ministère dans le Royaume du Nord, revendiquant avec courage la fidélité au Dieu unique d'Israël, face aux cultes païens de Baal et d'Astarté qui se répandaient depuis la scission du Peuple de Dieu en un royaume de Juda et un royaume d'Israël.
''Tu consacreras Élisée, fils de Shafate, comme prophète pour te succéder.'' (1 Rois 19,16)
19 'Élie s'en alla. Il trouva Élisée, fils de Shafate, en train de labourer. Il avait à labourer douze arpents, et il en était au douzième. Élie passa près de lui et jeta vers lui son manteau.'
20 'Alors Élisée quitta ses bœufs, courut derrière Élie, et lui dit: 'Laisse-moi embrasser mon père et ma mère, puis je te suivrai.' Élie répondit: 'Va-t'en, retourne là-bas! Je n'ai rien fait.'
21 Alors Élisée s'en retourna; mais il prit la paire de bœufs pour les immoler, les fit cuire avec le bois de l'attelage, et les donna à manger aux gens. Puis il se leva, partit à la suite d'Élie et se mit à son service. (1er livre des Rois, chap 19)
Jésus, en sa première prédication dans la synagogue de Nazareth, fait référence à la fois à Élie et à Élisée. Il rappelle la compassion d'Élie pour la veuve qui vivait à Sarepta et la guérison par le ministère d'Élisée, de Naaman le Syrien: deux païens auxquels le Dieu d'Israël fait accueil et miséricorde (Luc 4. 25-30).
Elisha Raising the Shunammite’s Son by Benjamin West, 1766
Sa mission s'est orientée principalement envers les Israélites mais également vers quelques païens. Il est mort (''à un âge avancé'' dit-on) vers -800.
Commémoraison de saint Élisée. Disciple d'Élie, il fut prophète en Israël au temps du roi Joram jusqu'aux jours de Joas, au IXe siècle avant le Christ. S'il n'a pas laissé d'oracles écrits, il a cependant annoncé le salut pour tous les hommes en accomplissant des miracles en faveur d'étrangers. Sa tombe était vénérée à Samarie.
Martyrologe romain
Élisée multipliant les pains par Le Tintoret, 1577-78
Le Prophète Élisée par Vasari, 1566 (musée des Offices, Florence)
Élisée refusant les cadeaux de Naaman par Pieter Franszoon Grebber, 1637 (Haarlem, Musée Frans Hals).
L'Ascension d'Élie devant Elisée, Livre d'heures de Henri II.
Le miracle sur la tombe d’Élisée. (Jan Nagel, 1596)
Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 20.
Religieux de l'ordre des frères mineurs franciscains, Saint Antoine (1195-1231) naît de son vrai nom Fernando Martins de Bulhoes n'est pas né à Padoue mais à Lisbonne en 1195, de la famille glorieuse de Godefroy de Bouillon, premier roi de Jérusalem, dont une branche s'était implantée en Portugal.
Si son oncle Godefroy de Bouillon a été la fleur de la chevalerie, lui, est la fleur de l'Ordre Séraphique et un des plus beaux joyaux de la Jérusalem céleste.
Sa mère portait le beau nom que devait illustrer la Vierge du Carmel, et les mêmes vertus ont orné ces deux grandes âmes (le corps de Dona Teresa repose dans la chapelle dédiée à son fils à l'église Saint-Vincent près de Lisbonne. Sur la tombe de cette glorieuse et heureuse mère sont gravées ces simples paroles : Ici repose la mère de Saint Antoine : Hic jacet mater sancti Antonii.)
"À peine sorti du berceau, ses délices étaient de courir aux autels de Jésus et de Marie dans l'église cathédrale de Lisbonne. C'est là qu'on le trouvait toujours en adoration devant le tabernacle, ou à genoux aux pieds de Marie, chantant un hymne d'amour à la Vierge Immaculée. C'était l'hymne que chantait sa pieuse mère : "Ô gloriosa Domina ! Ô glorieuse Souveraine !" (hymne composée au VIe s. par Saint Venance Fortunat (530-609), Évêque de Poitiers et auteur de nombreuses Hymnes Catholiques). Il la chantait le jour, il la chantait la nuit. Elle le consolait dans ses tristesses et le fortifiait dans ses combats. Elle faisait le charme de sa solitude et, dans les grands travaux et les grandes luttes de l'apostolat, elle faisait son triomphe.
Ô glorieuse Dame, élevée au-dessus des astres, qui de votre Sein sanctifié avez allaité providentiellement votre Créateur. Ce que la triste Eve nous enleva, Vous le rendez par votre sainte Fécondité ; Vous êtes la Voie qui fait entrer au Ciel ceux qui pleurent. Vous êtes la Porte du grand Roi, l'éclatante Entrée de la Lumière. Applaudissez à la vie donnée par la Vierge, ô peuples rachetés. Gloire à Vous, Seigneur, qui êtes né de la Vierge, ainsi qu'au Père et au Saint-Esprit dans les siècles des siècles.
L'amour de Dieu chez S. Antoine
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu "de tout ton cœur". Tout : tu ne peux garder pour toi aucune partie de toi. Il veut l'offrande de tout toi-même. Il t'a racheté tout entier de tout Lui-même pour te posséder Lui seul, toi tout entier. Tu aimeras donc le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur. Ne va pas comme Ananie et Saphire, garder pour toi une partie de toi-même; car alors, comme eux, tu périras tout entier. Aime donc totalement et non en partie. Car Dieu n'a pas de parties; Il est tout entier partout. Il ne veut pas de partage en ton être, Lui qui est tout entier en son Être. (Ivan GOBRY, Mystiques Franciscains, Éditions Artège, Perpignan 2013, p. 40-41.)
O Gloriosa Domina, Jordi Savall – Hespèrion XXI & La Capella Reial De Catalunya
Enfant, il va à l'école épiscopale et se fait remarquer par une intelligence vive.
"Dès l'âge de cinq ans, il se consacre au Seigneur, et triomphe de Satan. Ce fut son premier miracle. Pris à la gorge par lui, il trace le signe de la croix, sur la marche de l'autel où il priait, et le marbre s'amollissant en garde miraculeusement l'empreinte." (Père Marie-Antoine de Lavaur, Les Grandes Gloires de Saint Antoine de Padoue, Éditions du Pech, Toulouse 2016, pp. 14-15.) Le Père Valentin Strappazzon retrace ainsi ce miracle : "Pendant le service de l'autel, le démon surgit devant lui en même temps que son esprit était assailli par de fortes tentations : il traça alors un signe de croix sur la marche de l'autel, le diable s'enfuit et la croix resta gravée sur le marbre." (Valentin STRAPPAZZON, Saint Antoine de Padoue, Docteur de l'Église et prédicateur populaire, Pierre Téqui éditeur, Paris 2002.)
Un jour d'été, son père lui avait confié la garde d'un champ de blé contre les bandes d'oiseaux qui traînaient dans les parages, mais c'était l'heure de la prière. Il enferma alors les moineaux dans une masure à ciel ouvert, leur défendit de s'envoler et se rendit à la cathédrale... À son retour, les oiseaux étaient toujours là, sagement à leur place, et le champ de blé intact. (Père Valentin STRAPPAZZON, Saint Antoine de Padoue, Docteur de l'Église et prédicateur populaire, Pierre Téqui éditeur, Paris 2002, p. 8.)
À quinze ans, il entre chez les frères augustiniens du monastère de Saint-Vincent de Fora qui se trouvait alors en dehors de la ville, à Graça, une des sept collines de Lisbonne. Il y reste deux ans. En 1212, il continue ses études théologiques au monastère augustinien de la Sainte-Croix à Coimbra (Portugal).
Un jour qu'il était retenu à l'infirmerie du couvent par les devoirs de sa charge, il eut, au moment de l'élévation de la Messe, un ardent désir de voir le Sauveur, et il se mit à genoux: Ô merveille! Les murs de l'église s'entr'ouvrent et lui laissent voir l'autel, où il adore ravi, la sainte Victime.
Les actes en disent plus que les mots. Que vos paroles enseignent, que vos actes parlent.
Cependant Antoine était appelé de Dieu à devenir disciple de S. François. "D'après plusieurs historiens, il aurait, dans une de ses extases, vu Saint François lui-même venant lui annoncer, de la part de Dieu, qu'il l'avait choisi pour devenir son fils." (Père Marie-Antoine de Lavaur, Les Grandes Gloires de Saint Antoine de Padoue, Éditions du pech, Toulouse 2016, pp. 15-16.)
Il sentit le premier appel à la vue de ces cinq religieux franciscains, Bérard de Carbio, Otton, Pierre de Saint-Géminien, Adjute et Accurse s'embarquant pour les missions d'Afrique en 1219 et qui s'étaient arrêtés dans son monastère de Coimbra. L'appel devint définitif, quand, quelques mois plus tard, les reliques de ces cinq religieux (devenus martyrs de la foi décapités au Maroc par le calife almohade Yusuf al-Mustansir le 16 janvier 1220, après avoir été fouettés à mort) furent ramenées providentiellement à son monastère. Fernando Martins de Bulhoes, qui vient d'être oint prêtre, assiste à la cérémonie funéraire des cinq franciscains. Le jeune homme sent "dans son coeur" qu'il doit impérativement suivre l'exemple des frères martyrisés. Il exprime le voeu de rejoindre l'Ordre et il est accueilli à Olivais (un ermitage des environs de Coimbra) où quelques frères franciscains arrivés au Portugal vers 1217 ou 1218, avaient reçu de la reine Urraque la jouissance d'une chapelle. Il change de nom et prend celui d'Antoine. Il décide de partir lui aussi pour le Maroc mais, malade, il doit rebrousser chemin. Il débarque alors en Sicile, arrive à Assise et participe au chapitre de 1221, où il réussit à se faire mépriser et compter pour rien. Là, il va s'ensevelir à Monte-Paolo, petit couvent perdu dans les montagnes de l'Italie, à dix milles de Forli, sur les pentes de l'Apennin. Là il découvrit une grotte sauvage, cachée dans un massif de sapins, fermée aux vains bruits de la terre, taillée dans le roc, avec une de ces échappées sur l'azur du ciel qui plaisent tant aux contemplatifs. Elle était occupée par un de ses frères en religion, qui consentit à la lui céder. Il y passait une partie de ses journées, depuis les matines jusqu'à la conférence du soir. Un peu de pain, un verre d'eau fraîche, voilà toute sa nourriture. Il matait sa chair pour la soumettre à l'esprit, durement, sans pitié pour frère l'âne (expression par laquelle S. François désignait le corps). "Ses lèvres bleuies et ses joues creusées par le jeûne témoignaient de la rigueur de la lutte. Ses genoux fléchissaient sous le poids du corps, et souvent, au dire d'un témoin oculaire, il lui fallait le bras d'un Frère pour ne pas tomber en chemin." (Legenda prima, p. I, c. VI - Cf. J. RIGAUD, c. IV, et la Legenda secunda, c. II.) Il passa près d'une année dans cette Thébaïde, au milieu d'effrayantes austérités, dont les anges seuls furent témoins. (Léopold de Chérancé, Saint Antoine de Padoue, 1906.)
Un jour, Marie fait entendre sa voix : "Mon fils, dit-elle, ne parle pas. Dieu demande encore de toi ce nouveau sacrifice. Tais-toi, mon fils, tais-toi." Et il se tait. On le croira incapable de parler, on le traitera d'imbécile, d'idiot. Il le sait, il l'accepte, il le veut. Mais, pendant que les hommes le rejettent, le méprisent, Dieu dit à ses anges : Regardez, contemplez, admirez. Et les anges regardent, contemplent, admirent, et le silence de notre géant d'humilité se changeant en immortelle louange, ils portent cent louange jusqu'au trône de Dieu, silentium laus, la louange du silence." (Père Marie-Antoine de Lavaur, Les Grandes Gloires de Saint Antoine de Padoue, Le Saint de Toulouse, Éditions du pech, Toulouse 2016, p. 44.)
Antoine n'a jamais perdu son humilité. Il préférait le silence à la gloire et la croix aux applaudissements.
Dans sa cellule de 4 m sur 2,50 m, se trouvent une table, une chaise et une planche en guise de lit. Comme la douleur l'empêche de dormir, Frère Antoine passe une partie de ses nuits à lire et à méditer les Écritures.
Saint Antoine de Padoue, Confesseur
Langue bénie, assez, assez de silence. Dieu le veut, il faut parler. Il se rend en mission dans les régions du sud de la France où ses premiers miracles lui assurent une grande renommée.
Placé à la cuisine d'un couvent, il est un jour appelé par son supérieur pour prêcher, sans préparation à la communauté. "Poussé par le devoir d'obéissance, Antoine se mit à parler: ce furent d'abord des paroles simples, puis des arguments bien enchaînés, clairs, convaincants, extraits de l'Écriture, des Pères de l'Église, riches en symboles et en images; bref, un discours dans les règles de l'art, dans un langage adapté à tous, pétri de foi et d'esprit d'oraison, comme le voulait François. Une véritable révélation... Les Frères n'en revenaient pas ! 'Ils le savaient capable de laver la vaisselle, mais non d'exposer les arcanes de la Sainte Écriture.'" (Père Valentin STRAPPAZZON, Saint Antoine de Padoue, Docteur de l'Église et prédicateur populaire, Pierre Téqui éditeur, Paris 2002, p. 14-15.)
Dès lors il occupe les grandes charges de l'Ordre, il évangélise les villes et les campagnes, enseigne dans les universités de Montpellier, Toulouse, Bologne et Padoue.
Dans un concile où il y avait "des Grecs et des Latins, des Français et des Teutons, des Slaves et des Anglais et bien d'autres de différentes langues et d'idiomes variés", le frère Antoine, devant le pape, rend la parole de Dieu tellement douce, que tous ces gens "l'entendent très limpidement, clairement et le comprennent distinctement" ! Puis ils s'émerveillent : "Comment se fait-il que nous entendons tous parler par lui notre langue maternelle?"
Le pape Grégoire IX lui-même s'exclame : "C'est vraiment lui l'arche de l'Alliance et la bibliothèque des écritures divines !"
Sa méthode est plus pastorale que doctrinale. Ce qui ne veut pas dire qu'Antoine ne soit qu'un moraliste et non un homme de doctrine.
Ses prédications rencontrent un succès important, favorisant la conversion de nombreux hérétiques. Il fonde un monastère à Brive, où il fait de nombreuses conversions. Il est d'ailleurs, comme Vincent Ferrier et Torquemada, surnommé le "marteau des hérétiques".
Antoine fut parmi les premiers maîtres de théologie des frères mineurs franciscains, sinon le premier. Avec la bénédiction de S. François, qui, reconnaissant les vertus de S. Antoine, lui envoya une brève lettre qui commençait par ces paroles : 'Il me plaît que tu enseignes la théologie aux frères', il commença son enseignement à Bologne.
Son amour des pauvres est resté dans la mémoire populaire et est à la base de la dévotion dont il est l'objet.
Il posa les bases de la théologie franciscaine qui, cultivée par d'autres éminentes figures de penseurs, devait connaître son apogée avec S. Bonaventure de Bagnoregio et le bienheureux Duns Scot" (Benoît XVI, Audience générale du 10 février 2010).
Se fondant sur l'unité de la nature humaine et celle du baptême qui rend tous les hommes également enfants de Dieu, il proclame une fraternité non pas révolutionnaire, mais génératrice de justice et de charité.
En 1226, il est custode de Limoges et en 1227, après la mort de S. François, il est provincial d'Italie du Nord, tout en continuant ses prêches et ses controverses avec les Albigeois.
Envoyé pour affronter l'hérésie cathare dans le sud de la France, il prêche toute la vérité de la foi catholique, sans compromis. Des foules par milliers se rrassemblerent. Les miracles se produisaient constamment.
Il fut alors surnommé: "Le marteau des hérétiques"
Il affronta les hérétiques avec clarté et compassion, mais sans compromission.
Sa prédication a converti des cœurs endurcis, confondu les menteurs et gagna des multitudes au repentir.
Il pouvait lire dans les cœurs.
Il dénonça le vice sans peur, même parmi le clergé.
Lorsqu'ils étaient mis au défi par les hérétiques, il débattait avec eux en public, les convertissant souvent sur place.
Il a également combattu le diable. Littéralement.
Une fois, un démon cria:
"Antoine, personne ne s'échappe de ta langue!"
En 1228-1229, on le trouve au couvent dit de Mater Domini (Sainte-Marie) à Padoue. C'est alors qu'il commence à rédiger ses Sermons pour les dimanches, après avoir prêché dans la marche de Trévise.
En 1230, au chapitre, il renonce à sa charge de ministre provincial. Il fut envoyé à Rome où il fut un conseiller de Grégoire IX dans le problème de la validité du Testament de S. François.
En 1231, il est envoyé à Padoue où il poursuit ses prêches durant le Carême mais il meurt d'épuisement à 36 ans le vendredi 13 juin suivant à Arcelle, près de Padoue, peu après avoir chanté l'hymne mariale O Gloriosa Domina.
Les miracles constatés aussitôt après la mort d'Antoine seront retenus pour sa canonisationl'année suivante, à Spolète, le 30 mai 1232, par Grégoire IX. On lut à cette occasion une liste de 44 miracles qui lui étaient officiellement attribués.
Son apostolat a duré moins de 10 ans, mais le rayonnement de ses paroles et de ses actes a eu une portée internationale jusqu'à nos jours.
Dans la première Vie du saint rédigée par le Frère Julien de Spire vers 1235, on évoque les grâces susceptibles d'être confiées à son intercession, entre autres un secours providentiel dans les cas de danger mortel, d'erreur, de calamités naturelles, de maladie, d'emprisonnement, d'indigence, et même de perte d'objet.
Le Pape Pie XII le déclara docteur de l'Église le 16 janvier 1946, avec la qualification de "Docteur évangélique". Ce titre se fonde sur son activité de prédicateur et sur les recueils de ses sermons.
Sa méthode est plus pastorale que doctrinale. Se fondant sur l'unité de la nature humaine et celle du baptême qui rend tous les hommes également enfants de Dieu, il proclame une fraternité non pas révolutionnaire, mais génératrice de justice et de charité.
Dans sa prédication Antoine correspond au mouvement apostolique de saint Dominique et de saint François autant qu'aux décisions du IVe concile du Latran et aux directives d'Innocent III. On peut regretter que sa mort l'ait empêché d'achever son oeuvre.
Commençant son manuel de prédication au dimanche de la Septuagésime, où débutait au bréviaire la lecture continue de la Bible, il aurait voulu, dans les aléas du cadre liturgique en exposer toute la sainte Écriture, pour en livrer le contenu complet sur la foi et les mœurs. Du moins nous offre-t-il un type de prédication populaire à la fois biblique, liturgique et patristique, qui inaugure les grands thèmes de la future influence franciscaine, de saint Bonaventure ou de Duns Scot.
Il est le Saint Patron du Portugal, des marins, des naufragés et des prisonniers.
Lisez ces mots écrits en lettres d'or dans la chapelle de son tombeau : "VENEZ À MOI, VOUS TOUS QUI TRAVAILLEZ ET QUI SOUFFREZ, VENEZ, JE VOUS SOULAGERAI." [...] Et depuis plus de six siècles, tous les travailleurs, tous les malheureux qui ont importé le doux, le bien-aimé Saint, ont été soulagés et consolés. (Père Marie-Antoine de Lavaur, Les Grandes Gloires de Saint Antoine de Padoue, Éditions du Pech, Toulouse 2016, p. 65.)
Les représentations de S. Antoine de Padoue sont assez rares, mais elles deviennent très courantes à partir du XIVe siècle. Le culte de S. Antoine se répandit surtout aux XVe et XVIe siècles. Il devint le saint national du Portugal, et les explorateurs le firent connaître au monde entier. Il est ainsi le Patron des marins, des naufragés et des prisonniers.
Parmi les innombrables miracles de ce grand thaumaturge, remarquons ceux qui suivent:
Parmi les prodiges survenus à Saint Antoine, il y a les visions du Christ, soit sous l'aspect d'un enfant, soit de Jésus adulte. La Vierge - Notre-Dame du Bon-Secours - lui apparaît également.
Antoine est célèbre par l'apparition de l'Enfant Jésus, qui vint un jour Se mettre entre ses bras. D'où les nombreuses représentations de S. Antoine portant l'Enfant Jésus. Le prodige eut lieu dans la maison d'un bourgeois de Châteauneuf-la-Forêt, en Haute-Vienne, à 35 km de Limoges.
"Pendant que saint Antoine de Padoue parcourait la France, semant, à chacun de ses pas, de nouveaux prodiges, convertissant les pécheurs, confondant les hérétiques, répandant partout les lumières, la bénédiction et la paix, il reçoit un jour l'hospitalité dans une pieuse famille d'une famille de France (plusieurs historiens nomment Limoges). Son hôte lui choisit la chambre la plus séparée et la plus tranquille, afin, dit son historien, que rien ne puisse troubler ses contemplations. Le Saint apôtre se croyant, dans sa chambre, aussi loin des mortels que lorsqu'il priait dans les grottes profondes, se met à pousser vers le ciel des gémissements ineffables et adresse à Marie la prière qui lui ouvre toujours les cieux et fait descendre dans ses bras le Bien-Aimé de son cœur : "Mère bien-aimée, portez-moi votre Divin Enfant!" Et marie lui porte le divin Enfant. Pendant qu'il le presse sur son cœur, son hôte, qu'il croyait depuis longtemps endormi, mais qui veille encore, s'approche de sa chambre. De la fenêtre qui domine la porte, il voit sortir des rayons de lumière. Étonné, il monte sans bruit jusqu'à la fenêtre, et voit - ô merveille ! - le Saint environné d'anges et tenant dans ses bras un enfant ravissant, debout sur le Livre des Saintes Écritures. L'hôte, ravi lui-même, ne peut contenir sa joie. Il se retire cependant sans bruit. Mais Antoine de Padoue, averti par le divin Enfant, l'appela après son extase et lui fit promettre de la part de Dieu, de ne jamais révéler ce secret tant qu'il serait en vie.
L'hôte a été fidèle à son serment, et l'historien ajoute: "Mais dès qu'il a appris la mort du Père très saint, il s'est empressé, en poussant des cris de joie et en versant des larmes de bonheur, de révéler le grand miracle." (Père Marie-Antoine de Lavaur, Les Grandes Gloires de Saint Antoine de Padoue, Éditions du Pech, Toulouse 2016, pp. 59-60.)
Un jour, tandis qu'il soignait un frère malade qui poussait des cris affreux ou des éclats de rire nerveux plus effrayants encore, l'idée lui vint que le malheureux devait être sous la puissance du démon, et, en effet, il le délivra du démon en le couvrant de son manteau.
Saint Antoine, église de Ciboure
S. Antoine est connu dans le monde comme le Saint qui aide à retrouver les objets perdus. Des objets de la vie quotidienne aux documents importants, avec la même foi.
L'idée d'invoquer le Saint pour retrouver les objets perdus vient du fait qu'un jour un novice qui lui avait subtilisé ses commentaires sur les Psaumes (psautier) se sentit obligé de les lui rendre.
Le Père Strappazzon retrace ainsi l'événement : Après deux années d'apostolat en Romagne, ... Antoine fut appelé à exercer le ministère de la prédication et de l'enseignement dans le Midi de la France, face, là encore et surtout, à l'hérésie cathare, et la première étape fut Montpellier (Languedoc). C'est dans cette ville que la tradition situe l'épisode qui serait à l'origine du privilège dont jouit saint Antoine de faire retrouver les objets perdus. Un novice s'était enfui du couvent emportant le psautier dont le saint se servait pour la prière et ses cours : poussé par le diable lui-même, le novice dut rebrousser chemin et restituer l'objet volé. (Père Valentin STRAPPAZZON, Saint Antoine de Padoue, Docteur de l'Église et prédicateur populaire, Pierre Téqui éditeur, Paris 2002, p. 16.)
La prière qui suit invoque l'aide de S. Antoine dans la recherche de ce qui a disparu :
Glorieux S. Antoine, tu as exercé le divin pouvoir de retrouver ce qui était perdu. Aide-moi à retrouver la Grâce de Dieu, et rends-moi dévoué au service de Dieu et de la vertu. Fais-moi retrouver ce que j'ai perdu et montre-moi ainsi la présence de ta bonté.
(Notre Père, Je vous Salue Marie, Gloire à Dieu)
Le Miracle de la Mule agenouillée devant le St Sacrement
Antoine parcourut la France méridionale pour combattre les cathares. Il y reçoit le surnom de "marteau des hérétiques", tant sa prédication avait été efficace.
On n'est pas sûr de la date à laquelle Antoine fut envoyé en France, mais on peut pencher pour fin 1224-début 1225.
Il fait adorer le saint Sacrement par une jument. Prodige que le Saint accomplit à Toulouse, et que l'on désigne ordinairement sous le nom de Miracle de la Mule. Un hérétique osa un jour discuter avec notre grand saint sur des points les plus importants de la religion, mais bientôt à court d'arguments, il déclara : 'Je possède une mule, je vais pendant trois jours la priver de nourriture. Dans trois jours, soyez ici avec une hostie consacrée; moi de mon côté j'amènerai ma mule et je lui offrirai à manger. Si, dédaignant le foin que je lui présenterai, elle se tourne vers vous, je reconnaîtrais la supériorité de votre religion.' Le Saint accepte la proposition.
Au jour convenu, Antoine, après avoir célébré la Messe et prié Dieu, accourt au rendez-vous, l'ostensoir sacré à la main. La mule arrivait au-devant d'elle : 'Au nom de ton Créateur, que je porte dans les mains, lui dit-il, je t'ordonne de l'adorer avec humilité, afin que les hérétiques voient avec confusion que les animaux eux-mêmes sont forcés de reconnaître la divinité de celui que le prêtre immole tous les jours à l'autel'.
Aussitôt la mule, quittant son conducteur, se prosterne à terre, et, plaçant sa tête sur les pieds d'Antoine, reste immobile dans cette position.
Au jour convenu, Antoine, après avoir célébré la Messe et prié Dieu, accourt au rendez-vous, l'ostensoir sacré à la main. La mule arrivait au-devant d'elle : 'Au nom de ton Créateur, que je porte dans les mains, lui dit-il, je t'ordonne de l'adorer avec humilité, afin que les hérétiques voient avec confusion que les animaux eux-mêmes sont forcés de reconnaître la divinité de celui que le prêtre immole tous les jours à l'autel'.
Aussitôt la mule, quittant son conducteur, se prosterne à terre, et, plaçant sa tête sur les pieds d'Antoine, reste immobile dans cette position.
Miracle de la Mule - Luca Giordano - San Antonio de Padua y la mula que adora la Eucaristía
Le miracle des poissons levés de la mer pour écouter son sermon
Il allait, écrit l'Assidua, de villes en villages, châteaux et campagnes, semant partout la parole de vie, réfutant les hérétiques et évacuant l'erreur, s'adaptant aussi bien aux humbles qu'aux enfants
C'est à Rimini que la tradition situe le 'sermon aux poissons', maintes fois célébré par l'art, et prodige amenant la conversion.
Quand S. Antoine prêchait, les hérétiques cathares ne l'écoutaient pas. Un jour, il leur dit alors qu'il allait s'adresser à des créatures plus simples et plus spontanées que le Bon Dieu a créées. Prêchant sur le bord de la mer, S. Antoine vit venir une multitude de poissons pour l'entendre, et donner une leçon aux hérétiques qui se bouchaient les oreilles : les poissons ne partirent qu'après s'être inclinés sous sa bénédiction.
Prédication de S. Antoine aux poissons
Venez, venez tous, s'écrie-t-il. Vous êtes plus dignes que ce peuple d'entendre la parole de votre Créateur." Les poissons, grands et petits, accourent à l'instant, se rangent en amphithéâtre devant lui et levant leur tête sur l'eau, l'écoutent avec ravissement. Tous tenaient la tête hors de l'eau, attentifs, en grande paix, grand calme et en ordre. Aux paroles d'Antoine, ils ouvraient la bouche et inclinaient la tête, et par ces signes de respect, à leur manière, ils louaient Dieu. À cette vue, les hérétiques, le cœur touché de componction, se jetèrent tous aux pieds d'Antoine pour entendre ses paroles et retrouver le chemin de la vérité et de l'Église. (Père Valentin STRAPPAZZON, Saint Antoine de Padoue, Docteur de l'Église et prédicateur populaire, Pierre Téqui éditeur, Paris 2002, p. 15.)
Comme chez S. François, les prédications de S. Antoine aux animaux invitent ces créatures du Seigneur à louer leur Créateur.
C'est ici une position inverse de celles des cathares, où les créatures avaient été créées par un démiurge, c'est-à-dire un dieu malveillant qui aurait fait tomber les âmes et les esprits dans la matière... En cela, la louange de la Création est en elle-même une prédication anti-cathare, qui veut signifier l'unicité de Dieu comme Créateur et Père de tous les êtres.
Les brigands pénitents
"Jean Rigaud a recueilli ce témoignage de conversion d'une bande de brigands, fruit de la prédication d'Antoine et exemple des pratiques pénitentielles de l'époque.
'J'étais brigand de métier dans une bade de douze voleurs, raconte l'un d'eux, et malheur au voyageur qui passait près des montagnes où nous nous tenions cachés. Mais, un jour parvient à nos oreilles l'écho des sermons d'Antoine et nous décidâmes d'aller l'écouter. Ses paroles de feu touchèrent nos coeurs et nous tous éprouvâmes du remords pour nos crimes. A l'issue du sermon, nous fûmes nous confesser, il nous écouta, nous imposa à chacun une pénitence salutaire et nous fit promettre de ne plus retourner à nos anciens péchés. Certains trahirent leur promesse, mais la plpart y furent fidèles et reposent à présent dans la paix de Dieu. Quant à moi, je fis douze fouis le pèlerinage à Rome en pénitence de mes fautes...'." (Père Valentin STRAPPAZZON, Saint Antoine de Padoue, Docteur de l'Église et prédicateur populaire, Pierre Téqui éditeur, Paris 2002, p. 18.)
S. Antoine rend S. François présent "pour les yeux corporels"
En 1224, Jean de Florence, ministre des Franciscains pour la Provence, avait réuni un chapitre à Arles. Frère Antoine s'y rend et en profite pour faire un commentaire de l'Évangile de Jean, plus exactement, des versets où celui-ci parle de l'arrivée du Christ, chargé de sa croix, sur le Golgotha et de l'ordre de Pilate d'inscrire sur la croix "Jésus de Nazareth, roi des Juifs". Le frère Monaldo, prêtre "éclatant par sa renommée et plus encore par sa vie" (Thomas de Celano), "homme simple et que l'ornement de nombreuses vertus faisait resplendir" (Julien de Spire), fait partie de l'assistance. Pendant qu'il écoute les paroles "bénies" de S. Antoine, "le frère Monaldo regarde vers la porte de la maison où les frères étaient tous ensemble réunis, et là il voit, de ses yeux corporels, le bienheureux François élevé dans les airs, mains tendues comme s'il était en croix et bénissait les frères !"
Pour lui, les distances n'existent pas. Il mesure la terre du regard. (Habaquq 3,6) Pendant qu'il prêche à Padoue, il voit à Lisbonne son père enchaîné devant des juges qui vont le condamner à mort quoique innocent. Il s'y transporte avec la rapidité de l'éclair. Un meurtre ayant été commis près de sa demeure paternelle, on y avait jeté le cadavre. Antoine de Padoue ressuscite le mort, et celui-ci désigne lui-même devant les juges le véritable assassin. Son père, reconnu innocent, est délivré.
À la même heure, Antoine, de retour à Padoue, se rendait à l'office où la cloche appelait les religieux (don de bilocation ou d'ubiquité).
À Limoges même aurait eu lieu un miracle de bilocation. Il fonde en cette ville un couvent sur un terrain donné par l'abbaye de Saint-Martial où il avait prêché.
Le Bref de Saint-Antoine
Une femme du Portugal, en butte aux vexations du démon, ne savait plus où donner de la tête. Même qu’un jour son mari la traita de possédée du démon. N’y tenant plus, elle décida de mettre fin à ses jours, en se jetant dans le fleuve. En cours de route, elle passe devant l’église des Franciscains et s’y arrête pour une dernière prière. C’était un 13 juin. Pendant sa prière, elle s’endort, et soudain Antoine lui apparaît, un papier à la main :
"Prends ce billet et il te délivrera". Or, le billet portait cette citation de l’Apocalypse : (version originale en latin)
À son réveil, toute surprise de se retrouver avec un billet en main, elle reprend confiance et retourne chez elle complètement guérie. On ne sait comment ce parchemin parvint jusqu’au roi du Portugal qui en facilita grandement la diffusion. C’était une formule brève - d’où le mot BREF - mais efficace entre les mains de tous ceux et celles qui croient. Cette dévotion au Bref de saint Antoine est encore très populaire de nos jours et la plupart des gens qui en ont un le portent sur eux. (Ermitage de Saint-Antoine de Lac-Bouchette)
Le pape franciscain Sixte V fit graver cette prière – connue comme étant la devise de Saint Antoine – sur le socle de l’obélisque qu’il fit ériger sur la place Saint-Pierre à Rome.
Cette courte prière ressemble à un petit exorcisme. Nous aussi nous pouvons la dire – en latin ou en français – pour nous aider à surmonter les tentations de toutes sortes. (Aleteia)
Extraite de l'Apocalypse (5,5), qui l'emprunte elle-même à la Genèse (49,9) et à Isaïe (11, 1-10), elle rappelle la victoire du Christ sur Satan, et les miracles accomplis par saint Antoine pour libérer du démon et des tentations.
Commentant ce même passage, Saint Antoine écrit : "Le Christ, le lion de la tribu de Juda, est monté sur la croix pour chasser le démon, après avoir pris possession de sa maison et détruit tous ses biens." (Père Valentin STRAPPAZZON, Saint Antoine de Padoue, Docteur de l'Église et prédicateur populaire, Pierre Téqui éditeur, Paris 2002, p. 42.)
La plupart des églises comptent aujourd'hui une statue de lui. Il est généralement représenté comme un homme chétif, vêtu de la bure sombre franciscaine nouée par une cordelière à trois nœuds serrée à la ceinture, les pieds nus, et la tête rasée ne conserve que la couronne monacale. C'est ainsi qu'il nous prêche la mortification des sens, le mépris de la mollesse et des plaisirs, le détachement des choses de la terre, l'oubli de soi-même et le dédain pour tout ce qui est passager, futile et vain.
Il rappelait souvent au nom de l'Évangile :
"Celui qui ne partage pas, alors qu'il a le nécessaire, c'est un voleur".
Et encore :
"Ô riches, prenez pour amis... les pauvres, accueillez-les dans vos maisons : ce seront eux, les pauvres, qui vous accueilleront par la suite dans les tabernacles éternels, où résident la beauté de la paix, la confiance de la sécurité, et le calme opulent de l'éternelle satiété".
Après leur mort, S. François et S. Antoine apparaissent ensemble dans les visions de certains miraculés. C'est ainsi qu'un jeune frère, la veille du jour où il voulait quitter l'Ordre, voit un long cortège de gens habillés "de précieux ornements diaprés" et dont le visage, les mains et tout ce que l'on voyait de leur corps "rayonnait de manière plus resplendissante que le soleil"; deux surtout "plus nobles que les autres marchaient entourés d'une si grand clarté qu'ils provoquaient chez ceux qui les regardaient une stupeur étonnante". Il voudrait connaître leur identité. Une voix lui répond qu'ils sont S. François et S. Antoine et que le cortège est celui des frères mineurs qui conduisent ce dernier, mort récemment, "vers la gloire du Royaume éternel."
Saint Antoine de Padoue ne doit pas être confondu avecsaint Antoine l'Ermite, ou Antoine d'Egypte, au IVe siècle, considéré comme le fondateur de l'érémitisme chrétien.
S. Antoine a composé un cycle de Sermons pour le dimanche, un autre consacré aux saints, proposant ainsi un parcours spirituel tellement riche que Pie XII le proclama en 1946 Docteur de l'Eglise, en lui attribuant le titre de Docteur évangélique car ses sermons reprenaient toute "la fraîcheur et la beauté de l'Évangile". (Benoît XVI, Audience générale du 10 février 2010).
Sur les hauteurs du Col d'Osquich, frontière historique entre les provinces de Basse-Navarre et de Soule (Pays Basque) au sud de Mauléon (Pyrénées-Atlantiques), se trouve la "Chapelle St Antoine" (706 m) dédiée à la paix. Les pèlerinages ont lieu le 13 juin, fête de St-Antoine de Padoue, le 2e dimanche de juillet, le dimanche après le 15 août.
S. Antoine est avant tout un auteur moral et ascétique. On pourrait composer tout un livre d'ascétique au moyen de ses sermons. Combattant surtout l'orgueil, la luxure, l'avarice avec une liberté sainte, il n'oublie personne, pas même les prélats.
Fuyez la sensualité; fuyez l'orgueil, parce qu'elle est la mère de la sensualité, de la luxure et de tous les autres vices. Soyez saints ! Soyez fidèles ! Aimez le Seigneur comme je L'aimais, lui donnant votre oui et ne regardant plus jamais en arrière.
Saint Antoine de Padoue, Le plus invoqué parmi les saints et le plus présent dans notre vie, Prières, Neuvaines et Litanies, Editions Lanore, Paris 2014, p. 9
Le Christ Pontife. Enseignement de Saint Antoine
Le Christ est le Pontife des biens futurs. Pontife (en latin pontifex) signifie 'qui établit un pont'. Deux rives se font face : la mort et l'immortalité. Entre elles coule le fleuve de nos péchés et de nos misères. Selon Isaïe (59,2), toutes ces fautes creusent une séparation entre Dieu et nous. En conséquence, Il nous cache Sa Face et ne souhaite plus nous entendre. C'est alors que le Christ vient et se fait lui-même le pont de notre salut.' (Sermon du Dimanche de la Passion, in Bernard-Marie, o.f.s., Saint Antoine de Padoue, Neuvaine pour la protection des distraits et des affligés, Salvator, Paris 2011, p. 25.)
S. Antoine insiste sur l'esprit d'oraison (la prière du coeur). Il vante une vie dont le soin principal est la vie de prière, qu'il proclame supérieure sur la vie active. La meilleure est la vie mixte, apostolique dérivant de la plénitude de la contemplation. L'intimité de l'Évangile doit se vivre en actes. Il rappelait :
"Que les paroles se taisent et que les actions parlent... Le Seigneur a maudit le figuier où il n'a pas trouvé de fruits mais seulement des feuilles."
"Dans cet enseignement de S. Antoine sur la prière, nous saisissons l'un des traits spécifiques de la théologie franciscaine, dont il a été l'initiateur, c'est-à-dire le rôle assigné à l'amour divin, qui entre dans la sphère affectueuse, de la volonté, du coeur et qui est également la source d'où jaillit une connaissance spirituelle, qui dépasse toute connaissance. En effet, lorsque nous aimons, nous connaissons.
Antoine écrit encore :
'La charité est l'âme de la foi, elle la rend vivante; sans amour, la foi meurt.'
(Sermones, Dominicales et Festivi, II, Messaggero, Padoue 1979, p. 37, in Benoît XVI, Audience générale du 10 février 2010 cité dans Saint Antoine de Padoue, Le plus invoqué parmi les saints et le plus présent dans notre vie, Prières, Neuvaines et Litanies, Editions Lanore, Paris 2014, p. 102.)
[....] Seule une âme qui prit peut accomplir des progrès dans la vie spirituelle: tel est l'objet privilégié de la prédication de S. Antoine. [...] Pour cette raison, Antoine invite à plusieurs reprises les fidèles à penser à la véritable richesse, celle du coeur, qui rend bons et miséricordieux, fait accumuler des trésors dans le Ciel." (Benoît XVI, Audience générale du 10 février 2010).
Les écrits de S. Antoine révèlent une tendre dévotion à l'humanité du Christ, considéré non comme un roi de gloire mais humilié par amour pour nous; il parle souvent de l'Eucharistie et des dispositions requises pour la bien recevoir; il recommande surtout la dévotion à la Passion du Sauveur; il est aussi un des précurseurs de la dévotion au Sacré-Coeur.
Enfin, S. Antoine recommande instamment la dévotion à la Très Sainte Vierge; et l'on peut dire que ses sermons nous donnent une vraie théologie mariale.
Prière pour la guérison des malades. Pour nos intentions personnelles
Saint Antoine, j'ai recours à vous dans ma détresse; je viens implorer votre secours et votre protection, votre conseil et votre consolation. Ô consolateur plein de commisération, vous venez si puissamment au secours de ceux que l'épreuve fait gémir. Je viens donc à vous dans ma pauvreté et ma misère, avec une confiance toute filiale, afin d'obtenir du Dieu puissant et miséricordieux la grâce que je sollicite en toute humilité.
(Ici l'on désigne la grâce que l'on veut obtenir.)
Bon Saint Antoine, il est vrai, je suis indigne de votre commisération, car trop souvent j'ai offensé votre Dieu et le mien. Cependant je mets ma confiance en vous, le bienfaiteur de tant d'hommes éprouvés par la douleur.
J'ai le ferme espoir que vous ne refuserez pas votre aide paternelle à votre indigne enfant.
Daignez donc intercéder pour moi auprès de Dieu jusqu'au jour où ma demande sera agréée.
Ainsi soit-il.
Grégoire IX (Pape 1227-1241), l'affirme dans la Bulle de sa canonisation en le proclamant "le grand Thaumaturge de l'Église universelle." Un historien contemporain, témoin des merveilles qui s'accomplissaient à son tombeau. [...] Le plus grand de ses miracles n'a-t-il pas été le triomphe sur lui-même, sa passion pour la souffrance et l'humiliation ? Être oublié, méprisé, foulé aux pieds, voilà ses délices. [...] Il va chercher la dernière place au milieu des fils de François, ces héroïques mendiants de Jésus. Ayant ainsi partagé toutes les humiliations de Jésus, faut-il s'étonner qu'il partage tous ses triomphes? [...] Aussi a-t-il mérité d'être appelé lui-même par le pape Grégoire IX 'l'Arche du Testament et le Docteur excellent de la sainte Église'. (Père Marie-Antoine de Lavaur, Les Grandes Gloires de Saint Antoine de Padoue, Éditions du Pech, Toulouse 2016, pp. 52-53, 63.)
"La bulle de canonisation promulguée le 3 juin 1232 évoque la figure du 'confesseur qui illustre l'Église par ses miracles.' [...] Cette bulle retient quarante-sept miracles survenus à la prière du saint.
De nouveau, au XXe siècle, Pie XI le définit 'grand thaumaturge', en raison des prodiges accomplis par son intercession (1931). (Père Valentin STRAPPAZZON, Saint Antoine de Padoue, Docteur de l'Église et prédicateur populaire, Pierre Téqui éditeur, Paris 2002, p. 6.)
"La lettre apostolique de Pie XII datée du 16 janvier 1946 déclarant saint Antoine de Padoue Docteur de l'Église mentionne aussi 'l'insigne renommée de ses miracles.'" (Patrick SBALCHIERO, Enquête sur les miracles dans l'Église catholique, Artège, Paris 2019, p. 245.)
Principaux attributs : la bure franciscaine, l'Enfant-Jésus, une mule, des poissons, un cœur enflammé, un lys, symbole d'innocence et de pureté, et le livre de l'Évangile sont les attributs iconographiques les plus fréquents.
"Antoine" est un nom d'origine latine qui signifie "inestimable".
(3) Dictionnaire des saints et Grands témoins du christianisme, Sous la direction de Jean-Robert ARMOGATHE et André VAUCHEZ, CNRS Éditions, Paris 2019, pp. 76-81.
(4) Père Marie-Antoine de Lavaur, Les Grandes Gloires de Saint Antoine de Padoue, Le Saint de Toulouse, Éditions du Pech, Toulouse 2016
(5) Virgil TANASE, Saint François d'Assise, Gallimard Folio Biographies, Malesherbes 2015, p. 211-217
(6) Saint Antoine de Padoue, Le plus invoqué parmi les saints et le plus présent dans notre vie, Prières, Neuvaines et Litanies, Editions Lanore, Paris 2014
(7) Bernard-Marie, o.f.s., Saint Antoine de Padoue, Neuvaine pour la protection des distraits et des affligés, Salvator, Paris 2011
(8) Père Valentin STRAPPAZZON, Saint Antoine de Padoue, Docteur de l'Église et prédicateur populaire, Pierre Téqui éditeur, Paris 2002.
Originaire d'Espagne, Guy Vignotelli, un seigneur de condition très modeste, mais très hospitalier, reçut chez lui S. François et ses compagnons. Plusieurs jours plus tard, alors qu'il vit S. François prier, il voulut devenir son disciple et vivre davantage encore la pauvreté.
Entré dans l'ordre des Frères mineurs franciscains en 1211, il se retira dans une grotte près de Cortone (Italie) et prêcha la pénitence aux populations voisines. Il mena une vie de jeûnes, de pauvreté et d’humilité.
À Cortone en Toscane, vers 1245, le bienheureux Guy, prêtre. Disciple de saint François, il mena une vie de jeûnes, de pauvreté et d'humilité.
Saint Barnabé est qualifié du nom d'Apôtre, quoiqu'il ne fût pas du nombre des douze que Jésus avait choisis ; on lui a donné ce titre glorieux parce que le Saint-Esprit l'avait appelé d'une manière toute spéciale et qu'il eut une grande part, de concert avec les Apôtres, dans l'établissement du christianisme.
Il était Juif, de la tribu de Lévi, et natif de l'île de Chypre ; son nom de Joseph lui fut changé par les Apôtres contre celui de Barnabé, qui signifie fils de consolation ou d'encouragement (Ac 4:36). C'est de lui dont parlent les Actes des Apôtres qui évoquent celui qui vend son champ et en apporte la somme aux Apôtres (Ac. 4:36-37). Il avait été ami d'enfance de saint Paul et a peut-être été, comme Paul, disciple de Gamaliel à Tarse. Après l'étonnante conversion de cet Apôtre, Barnabé présenta Paul à Pierre, le chef de l'Église de Jérusalem, qui se méfiait encore de son ancien persécuteur (Ac. 9:27).
Envoyé à Antioche de Syrie, capitale de la Syrie et troisième ville de l'empire (la ville antique fondée par Séleucos Ier, successeur d'Alexandre le Grand en Syrie), il vit tant de bien à faire, qu'il appela Paul à son secours, ce dernier se trouvant alors à Tarse où celui-ci s'était retiré. Il passa une année entière avec lui, se consacrant à l'évangélisation de cette ville importante, dans l'Église de laquelle Barnabé était connu comme prophète et docteur (Ac 13, 1) et où la foi prenait de grands accroissements. Ainsi, au moment des premières conversions des païens, Barnabé a compris qu'il s'agissait de l'heure de Saul. En ce moment important, il a comme restitué Paul à l'Église; il lui a donné, en ce sens, l'Apôtre des nations.
En réalité, il s'agit d'un voyage missionnaire de Barnabé, qui était le véritable responsable, et auquel Paul se joignit comme collaborateur, touchant les régions de Chypre et de l'Anatolie du centre et du sud (dans l'actuelle Turquie), et se rendant dans les villes d'Attalia, Pergé en Pamphylie (Ac 13:13),Antioche de Pisidie, Iconium (Konya), Derbe, qui entendirent leur parole éloquente, furent témoins de leurs miracles et, sous leurs pas, la foi se répandit avec une rapidité prodigieuse. À Lystre en Lycaonie(Ac 13, 14), ils furent pris pour des dieux : Barnabé fut pris pour Zeus et Paul pour Hermès. Belle indication qui nous permet de deviner la stature physique de ces apôtres: Barnabé devait être de stature imposante, Hermès (Paul) paraissant plus petit à ses côtés !
Saint Barnabé soignant les pauvres, par Véronèse, Musée des beaux-arts de Rouen
Barnabé se rendit ensuite avec Paul au Concile de Jérusalem (49 ap. J.-C.), où, après un examen approfondi de la question, les Apôtres et les Anciens décidèrent de séparer la pratique de la circoncision de l'identité chrétienne (Ac 15, 1-35). C'est ainsi qu'ils ont rendu officiellement possible l'Église des païens, une Église sans circoncision: nous sommes les fils d'Abraham simplement par notre foi dans le Christ.
Barnabé et Paul eurent ensuite un litige, au début du deuxième voyage missionnaire, car Barnabé était de l'idée de prendre Marc (Jean surnommé "Marc" ou "Jean-Marc") comme compagnon, alors que Paul ne voulait pas, ce jeune homme les ayant quittés au cours du précédent voyage (Ac 13, 13; 15, 36-40). Ils se séparèrent donc et formèrent deux équipes. Paul et Silas partirent pour la Lycaonie, tandis que Barnabé et Marc s'en allèrent évangéliser Chypre (Ac 15:36-40).
Entre les saints, il existe donc aussi des contrastes, des discordes, des controverses. Et cela m'apparaît très réconfortant, écrit Benoît XVI dans l'Audience générale du 31 janvier 2007, car nous voyons que les saints ne sont pas "tombés du ciel". Ce sont des hommes comme nous, également avec des problèmes compliqués. La sainteté ne consiste pas à ne jamais s'être trompé, à n'avoir jamais péché. La sainteté croît dans la capacité de conversion, de repentir, de disponibilité à recommencer, et surtout dans la capacité de réconciliation et de pardon. Ainsi Paul, qui avait été plutôt sec et amer à l'égard de Marc, se retrouve ensuite avec lui. Dans les dernières Lettres de saint Paul, à Philémon et dans la deuxième à Timothée, c'est précisément Marc qui apparaît comme "mon collaborateur". Ce n'est donc pas le fait de ne jamais se tromper, mais la capacité de réconciliation et de pardon qui nous rend saint. Et nous pouvons tous apprendre ce chemin de sainteté.
Quoi qu'il en soit, Barnabé, avec Jean-Marc, repartit vers Chypre (Ac 15, 39) autour de l'année 49. On perd ses traces à partir de ce moment-là. Tertullien lui attribue la Lettres aux Hébreux, ce qui ne manque pas de vraisemblance car, appartenant à la tribu de Lévi, Barnabé pouvait éprouver de l'intérêt pour le thème du sacerdoce. (2)
Selon des traditions plus tardives et moins sûres, Barnabé se serait rendu dans l'île de Chypre d'où il était originaire pour l'évangéliser. (3) Il serait mort martyrisé près de Salamine, lapidé (4) et brûlé (5) vers l'an 60, par des juifs excités et jaloux des conversions qu'il suscitait. (6)
Sources: (1); (2) Benoît XVI, Audience générale du 31 janvier 2007 ; 3 ; (4) Alexandre de Chypre, Laudatio Barnabae, 539-541, éd. Peter Van Deun, CCSG 26, p. 105-106 ; (5) Actes de Barnabé, 23, trad. Enrico Norelli, dans Écrit Apocryphes Chrétiens t.2, Gallimard, 2005, p. 641, le texte n'est pas clair pour savoir si le corps a été brûlé une fois mort ou encore vivant; (6) Missel du Dimanche 2018, Nouvelle Traduction liturgique, Année B, Bayard Éditions, Lonrai 2017, p. 481
Évêque de Paris, saint Landry n'eut de cesse d'aider les plus démunis. Lors des famines, il vendait tous ses biens jusqu'aux objets liturgiques pour acheter un peu de pain et le redistribuer.
Parce que les maladies faisaient de nombreux morts et se transformaient souvent en épidémies, il eut l'idée de regrouper tous les malades pour mieux les soigner et ne pas contaminer le reste de la population : le premier hôtel-Dieu était créé.
Il semble avoir été avant son épiscopat fonctionnaire à la chancellerie du roi Clovis II (639-657).
Selon le Martyrologue romain : "Pour venir en aide aux miséreux lors d'une famine, il vendit, rapporte-t-on, les vases sacrés et construisit un hospice près de la cathédrale."
Sources : 1, 2, 3, 4; Missel des dimanches 2022, Année C, Nouvelle traduction du Missel romain, p. 485.
Le protestantisme était un mouvement discordant de sectes contradictoires qui, malgré sa désunion, était néanmoins unifié dans son objectif de détruire - ou de minimiser - des doctrines catholiques fixées avant même le canon du Nouveau Testament établi au IVe siècle et pour lesquelles l'Église était unanime :
—L'Eucharistie (le Christ lui-même). La messe (Eucharistie) précède la ''Bible'' de 350 ans. C'est la messe qui a porté la foi des trois premiers siècles, avant même que ne soit fixé le canon biblique (Concile de Rome 382).
—7 livres de l'Ecriture (il y en aurait eu plus si des esprits plus calmes n'avaient pas convaincu Luther d'arrêter)
—Plusieurs autres sacrements
-Etc.
J'ai déjà vu la liste suivante assez souvent et j'ai donc pensé qu'il serait bien d'examiner brièvement chaque point.
Bien entendu, il ne s'agira pas d'une réfutation en profondeur de chaque accusation, car pour chaque point, on pourrait écrire un livre entier, mais au moins je fournirai de brèves réfutations pour chaque point.
(1) ''300 après J.-C. : Prières pour les morts''
La coutume de prier pour les morts peut premièrement être déduite de la Bible, comme il est écrit :
''Que le Seigneur fasse miséricorde à la famille d’Onésiphore qui m’a plusieurs fois rendu courage et qui n’a pas eu honte de mes chaînes de prisonnier.
17 Arrivé à Rome, il s’est empressé de me chercher, et il m’a trouvé.
18 Que le Seigneur lui donne de trouver miséricorde auprès de Dieu au jour de sa venue ! Et tous les services qu’il a rendus à Éphèse, tu les connais mieux que personne.'' (2 Timothée 1,16-18)
D'après la grammaire et la structure de cette épître, saint Paul montre clairement qu'il prie pour Onésiphore, aujourd'hui décédé. On le sait, car à la fin de son épître, il salue explicitement la famille d'Onésiphore, mais pas Onésiphore lui-même :
''Salue Prisca et Aquilas, ainsi que ceux de la maison d’Onésiphore.'' (2 Timothée 4,19)
Dans le 2e livre des Maccabées nous lisons :
''Il organisa une collecte auprès de chacun et envoya deux mille pièces d’argent à Jérusalem afin d’offrir un sacrifice pour le péché. C’était un fort beau geste, plein de délicatesse, inspiré par la pensée de la résurrection.
Car, s’il n’avait pas espéré que ceux qui avaient succombé ressusciteraient, la prière pour les morts était superflue et absurde.'' (2 Maccabées 12,43-44)
Deuxièmement, l'Église a pratiqué cette coutume avant l'an 300.
Par exemple, nous voyons sur le tombeau de saint Abercius de Hiérapolis, mort en 167 après J.-C., qu'il est écrit :
''Que chaque ami qui observe cela prie pour moi''
Tertullien écrit :
''En effet, elle prie pour son âme, demande du réconfort pour lui en attendant et sa communion lors de la première résurrection ; et elle offre son sacrifice aux anniversaires de son sommeil. Car, si elle n'accomplit pas ces actes, elle a véritablement divorcé de lui.'' (De Monogamia X, 5, 6)
Saint Jean Chrysostome ajoute :
''Pleurons pour eux ; aidons-les selon nos forces ; pensons à leur venir en aide, même modestement, mais aidons-les quand même. Comment et de quelle manière ? En priant et en suppliant les autres de prier pour eux, en donnant continuellement aux pauvres pour eux. C'est une action qui a quelque consolation…'' (Homélies sur Philippiens 3,24)
Cette coutume se retrouve donc dans la Bible elle-même et est aussi bien plus ancienne que l'an 300 après J.C.
(2) ''300 après J.-C. : Faire le 'signe de croix' ''
Le signe de croix est une tradition orale, qui ne se retrouve pas explicitement dans les Écritures comme c'est le cas aujourd'hui. Cependant, on en trouve des préfigurations dans la Bible. Il est écrit :
''L'Éternel lui dit : Passe par la ville, par Jérusalem, et fais une marque sur le front des hommes qui soupirent et gémissent à cause de toutes les abominations qui s'y commettent.'' (Ézéchiel 9,4)
Ce signe est un 'Tav' qui – à l’époque où Ézéchiel a été écrit – ressemblait à une croix.
Et plus loin, il est écrit :
''En disant : Ne faites point de mal à la terre, ni à la mer, ni aux arbres, jusqu'à ce que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu.'' (Apocalypse 7,3)
Ce n'est pas exact non plus du point de vue de l'époque. Tertullien écrit vers 200 après J.-C. :
''À chaque pas en avant, à chaque mouvement, à chaque entrée et sortie, lorsque nous mettons nos vêtements, nos chaussures, lorsque nous nous baignons, lorsque nous nous asseyons à table, lorsque nous allumons les lampes, sur le canapé, sur le siège, dans tous les actes ordinaires de la vie quotidienne, nous traçons sur le front le signe.'' (De Corona, chapitre 3)
D'autres Pères de l'Église font explicitement remonter le signe de croix aux apôtres. Saint Basile le Grand explique :
''Par exemple, pour prendre le premier exemple, le plus général, qui nous a enseigné par écrit à signer du signe de la croix ceux qui ont eu confiance dans le nom de notre Seigneur Jésus-Christ ?… Car nous ne nous contentons pas, comme on le sait, de ce que l'apôtre ou l'Évangile ont rapporté ; mais, tant dans la préface que dans la conclusion, nous ajoutons d'autres paroles, jugées d'une grande importance pour la validité du ministère, et nous les tirons d'un enseignement non écrit.'' (De Spiritu Sancto, chapitre 27, 66)
(3) ''375 après J.-C. : Vénération des anges et des saints morts''
Là encore, la date et l'idée que les catholiques auraient ''inventé'' cette coutume sont toutes deux erronées.
La vénération des reliques est une pratique très ancienne. On la retrouve dans les Écritures, dans le 2e livre des Rois 13,20-21 (vénération des ossements d'Elisée) ou dans 2 Rois 2,12-14 à propos du manteau d'Élie que son disciple Élisée ramassa pour que les eaux des rives du jourdain s'écartent et permettent son passage.
La Bible prouve clairement la vénération des morts :
"Faisons l’éloge de ces hommes glorieux qui sont nos ancêtres.." (Siracide 44,1)
''En ce temps-là se lèvera Michel, le chef des anges, celui qui se tient auprès des fils de ton peuple. Car ce sera un temps de détresse comme il n’y en a jamais eu depuis que les nations existent, jusqu’à ce temps-ci. Mais en ce temps-ci, ton peuple sera délivré, tous ceux qui se trouveront inscrits dans le Livre.'' (Daniel 12,1)
''Il répondit : 'Ni l’un ni l’autre, car je suis le chef de l’armée du Seigneur!' Alors Josué tomba face contre terre, se prosterna et lui demanda : 'Que dit mon seigneur à son serviteur ?' Le chef de l’armée du Seigneur dit à Josué : 'Retire tes sandales de tes pieds : le lieu où tu te trouves est saint.' Et Josué fit ainsi."(Josué 5,14-15)
Héliodore chassé du temple, Par Raphaël. Détail du tableau montrant le cavalier angélique chassant Héliodore
Quant à la chronologie, il semble une fois de plus que les protestants inventent eux-mêmes des dates. Dans le Martyre de saint Polycarpe (écrit vers 155 après J.-C. et non 375), on peut lire :
''C'est pourquoi nous avons ensuite recueilli ses os, plus précieux que les plus beaux joyaux et plus purifiés que l'or, et nous les avons déposés dans un lieu approprié. Rassemblés, selon l'occasion, avec joie et allégresse, le Seigneur nous accordera de célébrer l'anniversaire de son martyre, à la fois en mémoire de ceux qui ont déjà achevé leur carrière et pour l'exercice et la préparation de ceux qui doivent encore marcher sur leurs traces.'' (Chapitre 18)
''Ceux-là subiront comme châtiment la ruine éternelle, loin de la face du Seigneur et de la gloire de sa force, quand il viendra en ce jour-là pour être glorifié dans ses saints et admiré en tous ceux qui ont cru ; or vous, vous avez cru à notre témoignage.."
Ainsi, nous voyons clairement et clairement que Dieu est ''glorifié dans ses saints''.
(4) ''375 après J.-C. : Utilisation des images dans le culte''
C'est vraiment l'une des affirmations les plus confuses, puisque Dieu lui-même a ordonné les images dans le culte. Il est écrit :
''Tu forgeras deux kéroubim (chérubins ou anges) en or à placer aux deux extrémités du propitiatoire..'' (Exode 25,18)
Et plus loin :
''et le Seigneur dit à Moïse : 'Fais-toi un serpent brûlant, et dresse-le au sommet d’un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu’ils le regardent, alors ils vivront !' '' (Nombres 21, 8)
"Le Seigneur dit à Moïse : 'Fais-toi un serpent brûlant, et dresse-le au sommet d’un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu’ils le regardent, alors ils vivront !' Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet du mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu’il regardait vers le serpent de bronze, il restait en vie !" (Nb 21, 8-9)
Ce ''mât'' est même une préfiguration du Christ (et de sa croix), comme Jésus lui-même l'a dit :
''De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé,
afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle..'' (Jean 3,14-15)
De plus, le Christ lui-même est dans l'icône du Dieu invisible, comme le dit Colossiens 1,15 :
''Il est l’image du Dieu invisible, le premier-né, avant toute créature ;''
Enfin, selon l'époque, cette affirmation peut être réfutée par l'observation des innombrables icônes de l'Église primitive.
Pour ne citer qu'un exemple, la Fractio Panis (première moitié du IIe siècle), située dans les catacombes de Priscille, est une fresque magnifique au-dessus de l'autel funéraire sur lequel l'Eucharistie était célébrée. Puisque nous savons sans l'ombre d'un doute que l'Eucharistie était considérée comme faisant partie du culte, la Fractio Panis seule permet de prouver que les icônes faisaient partie du culte bien plus tôt que ne le prétend la date avancée.
D'une manière générale les catacombes à Rome comprenant des représentations des saints, de la Vierge et du Christ sont un démenti formel de ce marronnier protestant.
Catacombe de Callixte - Fresque de l'Eucharistie, Via Appia
(5) ''394 après J.-C. : La messe comme célébration quotidienne ''
Même si cette accusation était fondée, on ne voit pas en quoi célébrer la messe quotidiennement serait mauvais. Cependant, nous le voyons aussi clairement dans la Bible :
''Chaque jour, d’un même cœur, ils fréquentaient assidûment le Temple, ils rompaient le pain dans les maisons, ils prenaient leurs repas avec allégresse et simplicité de cœur'' (Actes 2,46)
Ainsi, nous devrions nous efforcer encore plus d’assister à la messe quotidiennement, car la Bible nous dit littéralement que c’est ce que faisaient les premiers chrétiens.
(6) ''431 après J.-C. : L'exaltation de Marie comme 'Mère de Dieu' ''
Encore une fois, ce sujet est biblique :
''D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?'' (Luc 1,43)
Si Marie est la Mère du Seigneur, et que le Seigneur est Jésus – qui est Dieu – alors il s’ensuit qu’elle est la Mère de Dieu.
La date de 431 apr. J.-C. fait référence au concile d'Éphèse, qui a vaincu les Nestoriens en prouvant que le mot ''Theotokos'' (Mère de Dieu) est bien la conclusion logique des Écritures et de la christologie correcte. Mais, comme toujours, la date ne reflète pas l'origine de ce mot. Puisque Saint Grégoire le Thaumaturge (213-270) écrit au IIIe siècle :
'Tous ceux qui observent dignement la fête de l'Annonciation de la Vierge Marie, Mère de Dieu, acquièrent comme juste récompense un intérêt plus profond pour le message : 'Salut, toi qui es comblée de grâce !' Il est donc de notre devoir de célébrer cette fête, étant donné qu'elle a rempli le monde entier de joie et de bonheur.'' (Deuxième Homélie)
Encore plus tôt, dans la célèbre prière Sub Tuum Praesidium, datée au moins de 250 après J.-C., il est dit :
''Sub tuum præsidium confugimus, Sancta Dei Genetrix.'' Ou en français :
''Nous nous réfugions sous ta protection, ô sainte Mère de Dieu.''
(7) ''526 après J.-C. : Extrême-Onction (Derniers Sacrements)''
Une description des derniers sacrements se trouve littéralement dans la Bible :
''L’un de vous est malade ? Qu’il appelle les Anciens en fonction dans l’Église : ils prieront sur lui après lui avoir fait une onction d’huile au nom du Seigneur.
15 Cette prière inspirée par la foi sauvera le malade : le Seigneur le relèvera et, s’il a commis des péchés, il recevra le pardon." (Jacques 5,14-15)
Ici, il n’y a pas grand-chose à dire, car saint Jacques décrit très clairement cette coutume !
Cependant, d'après la datation, il faut souligner que saint Chrysostome (349-407) écrit déjà :
''Et cela, ils le savent, tous ceux qui, avec foi et au temps convenable, se sont oints d'huile, et ont été délivrés de leurs maladies.'' (Commentaire sur Matthieu 9,27-30)
(8) ''593 après J.-C. : Doctrine du Purgatoire''
La doctrine du purgatoire peut également être déduite des Écritures.
''Car, s’il n’avait pas espéré que ceux qui avaient succombé ressusciteraient, la prière pour les morts était superflue et absurde.
45 Mais il jugeait qu’une très belle récompense est réservée à ceux qui meurent avec piété : c’était là une pensée religieuse et sainte. ''
Car si ceux qui meurent dans la piété n'étaient pas allés au purgatoire, mais étaient directement au ciel, il serait vain de prier pour eux, puisqu'ils étaient déjà auprès de Dieu.
Puisqu'il est bon de prier pour eux, ils doivent être purifiés, car il est dit qu'ils doivent encore être délivrés de leurs péchés.
Or, ils ne peuvent pas non plus être en enfer, car en enfer il n'y a pas d'issue, comme le dit Matthieu 25,46 :
''Et ils iront au châtiment éternel, mais les justes à la vie éternelle.''
Il s’ensuit donc logiquement qu’une sorte de purification après la mort doit avoir lieu.
Cela ressort encore plus clairement de l’écrit de saint Paul :
''l’ouvrage de chacun sera mis en pleine lumière. En effet, le jour du jugement le manifestera, car cette révélation se fera par le feu, et c’est le feu qui permettra d’apprécier la qualité de l’ouvrage de chacun.
14 Si quelqu’un a construit un ouvrage qui résiste, il recevra un salaire ;
15 si l’ouvrage est entièrement brûlé, il en subira le préjudice. Lui-même sera sauvé, mais comme au travers du feu.''(1 Corinthiens 3,13-15)
Ce principe de prier pour les morts et ainsi de suite est également prouvé très tôt dans les Pères, ce qui n'a de sens que si un état comme le Purgatoire existe.
Tertulien (160-240) écrit :
''Chaque fois que l’anniversaire arrive, nous faisons des offrandes pour les morts en l’honneur de leur anniversaire.''
Saint Cyrille de Jérusalem (313-386) explique plus en détail :
''Nous commémorons également ceux qui se sont endormis avant nous, d'abord les patriarches, les prophètes, les apôtres et les martyrs, afin que, par leurs prières et leurs intercessions, Dieu accueille notre requête. Nous adressons également nos condoléances aux saints Pères et aux évêques qui se sont endormis avant nous, et, en un mot, à tous ceux qui, ces dernières années, se sont endormis parmi nous, croyant que ce sera un grand bienfait pour les âmes pour lesquelles nous exprimons nos supplications, tandis que nous offrons ce saint et terrible sacrifice.'' (Catéchèse, 23:9)
(9) ''600 après J.-C. : Prières à Marie et aux saints défunts''
Demander l'intercession des saints peut découler des enseignements implicites des Écritures.
Pour plus de clarté, je placerai l'argumentation dans les prémisses :
P1 : Les chrétiens sont le Corps du Christ. (1. Corinthiens 12,27 ; Romains 12,5)
P2 : Les chrétiens au sein du Corps du Christ doivent prier les uns pour les autres. (1. Timothée 2,1)
P3 : Les saints du ciel font partie du Corps du Christ. (Romains 8,38-39 ; Hébreux 12,22-23)
P4 : Les saints du ciel prient pour nous. (Apocalypse 5,8 ; Apocalypse 8,3-4)
P5. La prière des saints est capable de beaucoup. (Jacques 5,16)
P6 : Les saints du ciel ont une idée de ce qui se passe sur terre (Luc 15,7 ; Hébreux 12,1 ; Apocalypse 6,9)
C1 : Nous pouvons et devons donc demander l’intercession des saints.
Quant à la date, elle semble une fois de plus inventée...
J'ai déjà cité le Sub Tuum Praesidium, qui prouve que l'invocation de l'intercession des saints est non seulement biblique, mais aussi présente dans l'Église primitive bien avant cette date présumée.
De plus, saint Jean Chrysostome explique :
''Les tombeaux des serviteurs du Crucifié sont plus splendides que les palais des rois, non seulement par la taille et la beauté des édifices, car ils excellent en cela aussi, mais, plus encore, par la ferveur des foules qui les visitent. En effet, même celui qui est vêtu de pourpre va vénérer ces tombeaux ; il abandonne son faste et se tient debout, implorant les saints, afin qu'ils intercèdent pour lui auprès de Dieu. Le fabricant de tentes et le pêcheur, tous deux morts depuis longtemps, sont ceux auprès desquels celui qui porte la couronne implore son secours. Osez-vous encore, je vous le demande, dire mort ce Seigneur dont les serviteurs, même après la mort, sont les protecteurs des rois de la terre ?'' (Homélies sur 2 Corinthiens, Homélie 26,5)
(10) ''786 après J.-C. : Culte de la croix, images et reliques''
Cet argument peut être réfuté en examinant à nouveau la Bible.
Arguments bibliques en faveur des reliques et des objets sacrés:
1. Les ossements de Joseph.
2. Les ossements d'Élisée.
3. L'arche d'alliance
4. Le bâton d'Aaron.
5. Le manteau d'Élie.
6. Les mouchoirs de Paul.
7. Le serpent d'airain.
8. Le temple de Salomon.
9. L'ombre de Pierre
10. L'éphod du grand prêtre.
11. Le peuple saint.
Premièrement, le mot ''adoration'' ne constitue évidemment pas une explication honnête de la vision catholique.
La Croix, les Images et les reliques méritent révérence, car l'objet représenté est vénéré à travers l'Image. Il n'est cependant pas adoré ; ce terme est trompeur.
La Croix n'est pas un objet neutre. Elle est l'instrument du salut et mérite donc la révérence :
''Pour moi, que la croix de notre Seigneur Jésus Christ reste ma seule fierté. Par elle, le monde est crucifié pour moi, et moi pour le monde.'' (Galates 6,14)
Et plus loin :
« il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix.
C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom,'' (Philippiens 2, 8-9)
Deuxièmement, des images peuvent également être trouvées dans la Bible :
''Ensuite tu forgeras deux kéroubim en or à placer aux deux extrémités du propitiatoire.
Fais un kéroub à une extrémité, et l’autre kéroub à l’autre extrémité ; vous ferez donc les kéroubim aux deux extrémités du propitiatoire.
Les kéroubim auront les ailes déployées vers le haut et protégeront le propitiatoire de leurs ailes. Ils se feront face, le regard tourné vers le propitiatoire.
Tu placeras le propitiatoire sur le dessus de l’arche et, dans l’arche, tu placeras le Témoignage que je te donnerai.
C’est là que je te laisserai me rencontrer ; je parlerai avec toi d’au-dessus du propitiatoire entre les deux kéroubim situés sur l’arche du Témoignage ; là, je te donnerai mes ordres pour les fils d’Israël.'' (Exode 25,18-22)
Et encore :
''et le Seigneur dit à Moïse : 'Fais-toi un serpent brûlant, et dresse-le au sommet d’un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu’ils le regardent, alors ils vivront !' '' (Nombres 21, 8 21, 8)
Troisièmement, des reliques se trouvent également dans la Bible :
''Il advint que des gens qui portaient un homme en terre aperçurent une de ces bandes ; ils jetèrent l’homme dans la tombe d’Élisée et partirent. L’homme toucha les ossements d’Élisée, il reprit vie et se dressa sur ses pieds.'' (2 Rois 13,21) Et encore :
''Par les mains de Paul, Dieu faisait des miracles peu ordinaires,
12 à tel point que l’on prenait des linges ou des mouchoirs qui avaient touché sa peau, pour les appliquer sur les malades ; alors les maladies les quittaient et les esprits mauvais sortaient.'' (Actes 19,11-12)
Certains prétendent que les icônes ne se trouvent pas dans l'Église primitive. De nombreuses sources le contredisent. Je voudrais tout d'abord souligner un récit moins connu, tiré des Actes de Mar Mari, au début du IIe siècle :
''La lettre parvint au roi Abgar, qui la reçut avec une grande joie. Lorsqu'on lui raconta les prodiges accomplis par Jésus en Judée, il fut admiratif et émerveillé par la puissance de Dieu. N'étant pas digne de voir ces choses… il fit appel à des peintres talentueux et leur ordonna… de représenter l'image de notre Seigneur et de la lui apporter. Les peintres furent incapables de représenter l'apparence humaine du Seigneur. Lorsque notre Seigneur le réalisa, et pensa à la compréhension de sa divinité, à l'amour d'Abgar pour lui, et voyant les peintres qui cherchaient sans succès l'image pour le représenter tel qu'il était, il prit un tissu et y imprima son visage… Le tissu fut déposé dans l'église d'Édesse, où il demeure une source de secours pour tous.'' (Page 327)
En ce qui concerne les reliques, j'ai déjà cité le martyre de saint Polycarpe plus tôt, alors maintenant j'ajouterai le martyre encore plus ancien de saint Ignace :
''Il fut ainsi livré aux bêtes sauvages, tout près du temple, afin que soit accompli par elles le vœu du saint martyr Ignace, selon ce qui est écrit : 'ce que désirent les justes leur est accordé' (Proverbes 10:24), afin qu'il ne soit importun pour aucun des frères par le recueillement de ses restes, comme il l'avait d'avance exprimé dans son épître. Car seules les parties les plus dures de ses saints restes furent conservées, transportées à Antioche et enveloppées dans des linceuls, comme un trésor inestimable légué à la sainte Église par la grâce qui résidait dans le martyr.'' (Chapitre 6)
(11) ''995 après J.-C. : Canonisation des saints décédés''
Cette plainte est particulièrement étrange, car elle ne critique ni un enseignement ni une pratique, mais simplement le changement d'une coutume. Auparavant, les saints étaient canonisés par vote populaire. Il ne s'agit donc pas d'une invention, mais de la formalisation d'un processus.
Ce qui est également amusant, c'est que, même si ce tableau fait référence à ce changement spécifique, la date n'a pas été correctement fixée. Saint Ulrich d'Augsbourg fut le premier saint canonisé selon cette méthode – en 993 apr. J.-C., et non en 995.
Or, avant cela, des saints avaient encore été canonisés ; la canonisation ne date donc pas non plus de cette époque. Seule la question de la canonisation des saints a été tranchée ici. Parmi les saints considérés comme saints auparavant, on trouve saint Ignace d'Antioche, saint Irénée de Lyon ou saint Athanase. Nombre d'entre eux datent du IVe siècle. Cet argument n'a donc pratiquement aucun poids.
(12) ''1079 après J.-C. : Le célibat du sacerdoce''
Les changements de 1079 s'inscrivaient dans une réforme faite contre la corruption cléricale, le concubinage, etc.
Cependant, il ne s'agissait pas d'une innovation, mais plutôt de l'application stricte d'enseignements déjà existants sur le célibat. Comme les autres points, celui-ci est ancré dans les Écritures et les Pères de l'Église :
''Il y a des gens qui ne se marient pas car, de naissance, ils en sont incapables ; il y en a qui ne peuvent pas se marier car ils ont été mutilés par les hommes ; il y en a qui ont choisi de ne pas se marier à cause du royaume des Cieux. Celui qui peut comprendre, qu’il comprenne !'' (Matthieu 19,12)
''J’aimerais vous voir libres de tout souci. Celui qui n’est pas marié a le souci des affaires du Seigneur, il cherche comment plaire au Seigneur.
33 Celui qui est marié a le souci des affaires de ce monde, il cherche comment plaire à sa femme, et il se trouve divisé.
34 La femme sans mari, ou celle qui reste vierge, a le souci des affaires du Seigneur, afin d’être sanctifiée dans son corps et son esprit. Celle qui est mariée a le souci des affaires de ce monde, elle cherche comment plaire à son mari.
35 C’est dans votre intérêt que je dis cela ; ce n’est pas pour vous tendre un piège, mais pour vous proposer ce qui est bien, afin que vous soyez attachés au Seigneur sans partage.'' (1 Corinthiens 7, 32-35) https://www.aelf.org/bible/1Co/7
De plus, Jésus lui-même, qui est le grand prêtre, et donc le modèle de tous les prêtres, a vécu célibataire. Lui, qui est le grand prêtre, doit être imité, car les prêtres agissent in Persona Christi. Saint Paul dit :
''En parlant d’Alliance nouvelle, Dieu a rendu ancienne la première ; or ce qui devient ancien et qui vieillit est près de disparaître.'' (Hébreux 8, 1-3)
Encore une fois, la date proposée par ce graphique est littéralement décalée de plusieurs siècles.
Tertullien atteste déjà du célibat comme pratique courante, qu'il dit que le Mithraistes ont imité du christianisme :
''Et si je me souviens encore de Mithra, il marque ses soldats au front. Il offre aussi du pain et introduit une image de la résurrection et des couronnes d'épée. Que dire du fait qu'il nomme un grand prêtre issu d'un mariage unique ? Il a aussi ses vierges, ses disciples célibataires.'' (Liber De Praescriptione Haereticorum, XL, 4-5)
Et dans le Concile d'Elvire (306 après J.-C.), il est déclaré :
''Les évêques, les prêtres, les diacres et les autres personnes exerçant une fonction ministérielle doivent s'abstenir totalement de relations sexuelles avec leur épouse et de procréer. Quiconque désobéit sera démis de ses fonctions cléricales.'' (Canon 33)
(13) ''1090 après J.-C. : Le Rosaire''
Cette accusation est à nouveau dénuée de sens, sachant que le Rosaire n'est pas une question de foi ou de morale, mais une coutume.
Les prières et les méditations sur la Parole de Dieu sont une pratique courante au sein du christianisme, et le Rosaire ne modifie en rien l'enseignement chrétien.
L'utilisation de chapelets est aussi ancienne que la vie monastique.
Saint Pacôme le Grand (292-348) recommandait l'utilisation de chapelets similaires aux Komboskini orthodoxes ; ce n'est donc pas non plus une critique.
Si la critique de ce Point concerne les Ave Maria, qui sont aussi priés avec le Rosaire, cette pratique est défendue sur les Points sur l'Invocation des Saints.
Il ne reste donc que l'accusation de ''prière répétitive''. Ce point est réfuté par l'existence des Psaumes, qui sont des prières et des chants à répéter. Je tiens en particulier à souligner le Psaume 136, qui répète sans cesse la phrase ''car sa miséricorde dure à toujours''.
Nous savons de plus que Jésus lui-même utilisait des prières répétitives :
'' Les laissant, de nouveau il s’éloigna et pria pour la troisième fois, en répétant les mêmes paroles. '' (Matthieu 26,44) https://www.aelf.org/bible/Mt/26
Cette accusation contredit donc la Bible et toute l'histoire de l'Église, où le Notre Père, la prière répétitive et la prière des Psaumes étaient omniprésents.
Une dernière hypothèse que je pourrais imaginer est que l'auteur de ce tableau pense que l'Ave Maria serait une invention non biblique. Cette hypothèse est réfutable, l'Ave Maria n'étant qu'un amas de citations bibliques et de références indirectes :
''Je vous salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous !'' (Luc 1,28)
''Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni !'' (Luc 1,42)
''Sainte Marie, Mère de Dieu'' (indirect de Luc 1,43 ; cf. aussi le Concile d'Éphèse)
''Priez pour nous, pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Amen.'' (indirect de Jacques 5,16 et 1 Timothée 2, 1-2)
(14) ''1090 après J.-C. : Indulgences''
Concernant les indulgences, il convient d'abord d'examiner la distinction entre pardon et châtiment temporel. Cette distinction est bien sûr présente dans la Bible :
''David dit à Nathan : 'J’ai péché contre le Seigneur !' Nathan lui répondit : 'Le Seigneur a passé sur ton péché, tu ne mourras pas.
14 Cependant, parce que tu as bafoué le Seigneur, le fils que tu viens d’avoir mourra.'' (2 Samuel 12,13-14)
Nous voyons ici une distinction nette entre le pardon des péchés et ses châtiments temporels. Cette distinction est non seulement nécessaire pour les indulgences, mais elle en prouve aussi le fondement et est profondément biblique.
Saint Paul montre que sa souffrance est bénéfique pour les autres, ce qui renforce encore davantage le cas biblique des indulgences :
''Maintenant je trouve la joie dans les souffrances que je supporte pour vous ; ce qui reste à souffrir des épreuves du Christ dans ma propre chair, je l’accomplis pour son corps qui est l’Église.'' (Colossiens 1,24). https://www.aelf.org/bible/Col/1
Et s’il est vrai que la compréhension des indulgences s’est précisée au fil du temps, le principe est déjà visible dans l’Église primitive.
Le Concile d'Ancyre (en 314 après J.-C.) affirme déjà des types d'indulgences pour les peines canoniques :
''Il est également décrété que les diacres qui ont sacrifié et repris ensuite le combat jouiront de leurs autres honneurs, mais s'abstiendront de tout ministère sacré, n'apportant ni le pain ni la coupe, ni ne faisant de proclamations. Toutefois, si l'un des évêques constate chez eux une détresse d'esprit et une humiliation modérée, il leur sera permis d'accorder davantage d'indulgence ou de la supprimer.'' (Canon 2)
''Cependant, tous ceux qui sont montés en deuil, se sont assis et ont mangé, pleurant pendant toute la cérémonie, s'ils ont accompli les trois années de prosternation, seront reçus sans oblation ; s'ils n'ont pas mangé, ils seront prosternés pendant deux ans, et la troisième année, ils communieront sans oblation, afin d'être reçus à la pleine communion la quatrième année. Les évêques ont le droit, après avoir examiné le caractère de leur conversion, de les traiter avec plus d'indulgence ou de prolonger la période. Mais avant tout, que leur vie soit soigneusement examinée avant et après, et que l'indulgence soit fixée en conséquence.'' (Canon 5)
De plus, les indulgences font partie du ''lier et délier'' que l'Église peut faire à travers la Mission, que le Christ a ordonné à son Église de faire ( Matthieu 16,17-19 ; Matthieu 18,18).
(15) ''1215 après J.-C. : Transsubstantiation''
Une fois de plus, ce thème confond doctrine et innovation.
Suivant la même logique, la Trinité aurait été inventée en 325 après J.-C. Ce n'est évidemment pas le cas, car la Trinité est biblique et apparaît dans les écrits patristiques bien avant 325. Il en va de même pour la quasi-totalité des autres points de cette liste.
La transsubstantiation est profondément biblique :
''En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui.'' (Jean 6,55-56)
''Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit et, le donnant aux disciples, il dit : « Prenez, mangez : ceci est mon corps. »
27 Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, en disant : « Buvez-en tous,
28 car ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude en rémission des péchés.''(Matthieu 26,26-28)
''Et celui qui aura mangé le pain ou bu la coupe du Seigneur d’une manière indigne devra répondre du corps et du sang du Seigneur.
28 On doit donc s’examiner soi-même avant de manger de ce pain et de boire à cette coupe.
29 Celui qui mange et qui boit mange et boit son propre jugement s’il ne discerne pas le corps du Seigneur.'' (1 Corinthiens 11,27-29)
Les premiers Pères de l’Église enseignent également cela à l’unanimité.
Saint Ignace d'Antioche (35-110) dit à propos des hérétiques :
''Ils s'abstiennent de l'Eucharistie et de la prière, parce qu'ils ne confessent pas que l'Eucharistie est la chair de notre Sauveur Jésus-Christ, qui a souffert pour nos péchés et que le Père, dans sa bonté, a ressuscité.'' (Épître aux Smyrniotes, chapitre 7)
Saint Justin le Martyr (100-165) l'explique un peu plus en profondeur :
''Car nous ne recevons pas cela comme du pain commun et une boisson commune ; mais de la même manière que Jésus-Christ notre Sauveur, ayant été fait chair par la Parole de Dieu, avait à la fois chair et sang pour notre salut, nous a également enseigné que la nourriture qui est bénie par la prière de sa parole, et à partir de laquelle notre sang et notre chair, par transmutation, sont nourris, est la chair et le sang de ce Jésus qui a été fait chair." (Première Apologie, Chapitre 66)
Voyez comment saint Justin parle explicitement d'un changement dans la substance, qu'il appelle ''Transmutation''.
Plus tard, la transsubstantiation explique certaines choses plus en profondeur, mais elle est totalement conforme à l’enseignement de l’Église primitive.
(16) ''1215 après J.-C. : Confession des péchés à un prêtre''
Sur ce point, coutume et doctrine se confondent une fois de plus.
La confession était en vigueur bien avant le concile du Latran en 1215 !
De plus, c'est bien sûr aussi biblique :
''Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus.'' (Jean 20,23)
''Confessez donc vos péchés les uns aux autres, et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris. La prière du juste a une grande efficacité.'' (Jacques 5,16)
Et comme d’habitude, l’Église primitive enseignait la confession.
Dans la Didachè (vers 70 après J.-C.), nous lisons :
''Confessez vos péchés à l'église et ne vous rendez pas à la prière avec une mauvaise conscience. C'est là le chemin de la vie.'' (Chapitre 4,14)
Tertullien remarque vers 203 après J.-C. :
''[Concernant la confession, certains] fuient cette œuvre, la considérant comme une exposition d'eux-mêmes, ou la remettent à plus tard. Je présume qu'ils sont plus soucieux de la pudeur que du salut, comme ceux qui contractent une maladie dans les parties les plus honteuses du corps et évitent de se faire connaître aux médecins ; ainsi, ils périssent avec leur propre pudeur.'' (Du Repentir, chapitre 10)
Origène écrit :
''[Une dernière méthode de pardon], bien que dure et laborieuse [est] la rémission des péchés par la pénitence, lorsque le pécheur… n’hésite pas à déclarer son péché à un prêtre du Seigneur et à rechercher un remède, à la manière de celui qui dit : ''J’ai dit : 'C’est au Seigneur que je m’accuserai de mon iniquité' '' (Homélies sur Lévitique 2,4)
Enfin, je voudrais citer saint Cyprien de Carthage, qui écrit vers 251 après J.-C. :
''Combien plus grande est la foi et la crainte salutaire de ceux qui… confessent leurs péchés aux prêtres de Dieu d’une manière directe et dans la douleur, faisant une déclaration de conscience ouverte ! ... Je vous en supplie, frères, que quiconque a péché confesse son péché pendant qu’il est encore dans ce monde, pendant que sa confession est encore admissible, pendant que la satisfaction et la rémission faites par l’intermédiaire des prêtres sont encore agréables au Seigneur.'' (Les Repentis, chapitre 28)
(17) ''1220 après J.-C. : Adoration de l'Hostie (Corps du Christ)''
L'adoration de l'Eucharistie est l'adoration du Christ, car, dans la théologie catholique, l'Eucharistie est véritablement Corps et Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ.
Il est donc pieu et précieux pour la vie spirituelle d'adorer l'Eucharistie, et donc d'adorer le Christ lui-même.
Ceci ne devrait pas prêter à controverse.
Si l'Eucharistie est Corps et Sang, Âme et Divinité du Christ, elle mérite l'adoration.
La question de savoir si cela est vrai devra être tranchée ultérieurement. Pour parler de cette prétendue innovation, l'Église a pratiquement toujours pratiqué l'adoration de l'Eucharistie :
Saint Augustin écrit donc clairement :
"Car il a pris de la terre de la terre ; parce que la chair est de la terre, et il a reçu la chair de la chair de Marie. Et parce qu'il a marché ici dans une chair véritable, et a donné cette même chair à manger pour notre salut ; et personne ne mange cette chair, à moins qu'il n'ait d'abord adoré : nous avons découvert dans quel sens un tel marchepied de notre Seigneur peut être adoré, et non seulement que nous ne péchons pas en l'adorant, mais que nous péchons en ne l'adorant pas." (Commentaire sur les Psaumes 99,8)
Ainsi, du temps de Saint Augustin, c'était déjà une pratique normale.
De plus, de Saint Augustin, nous savons que l'Eucharistie était même donnée en latrie, pas seulement en dulie, comme il explique, car adorer l'Eucharistie n'est pas un péché..
(18) ''1416 après J.-C. : 'La Coupe' interdite au peuple''
Cette objection est encore une fois relativement sans importance pour trois raisons principales :
1. La Coupe n'est pas interdite. Il existe des églises où elle est donnée aux laïcs, etc. L'usage de la Coupe a été restreint afin d'éviter toute fuite du précieux Sacrement.
2. Ce n’est pas une question de foi et de morale, mais une question de logistique.
3. Le corps, le sang, l'âme et la divinité du Christ sont pleinement présents dans le Pain comme dans le Vin.
Par conséquent, l'Eucharistie est valide si l'on participe 'seulement' au Pain. Faire de cela un problème de validité reviendrait à séparer le Corps et le Sang du Christ. Or, puisque la chair contient du sang et que, sans le sang, la chair est morte, cette distinction est dénuée de sens.
(19) ''1439 après J.-C. : Le Purgatoire est proclamé dogme''
Curieusement, l'auteur de ce tableau mentionne ici ''proclamé comme dogme'', prouvant ainsi qu'il connaît bien la différence entre le commencement et la dogmatisation d'un enseignement. Si nous critiquons maintenant la date de dogmatisation d'un enseignement, nous en arrivons à la conclusion logique que la Trinité serait une innovation, comme indiqué ci-dessus. Ses opposants prétendraient le contraire, car elle est biblique. Par conséquent, je continuerai à souligner les preuves bibliques du purgatoire :
''Il organisa une collecte auprès de chacun et envoya deux mille pièces d’argent à Jérusalem afin d’offrir un sacrifice pour le péché. C’était un fort beau geste, plein de délicatesse, inspiré par la pensée de la résurrection.
44 Car, s’il n’avait pas espéré que ceux qui avaient succombé ressusciteraient, la prière pour les morts était superflue et absurde.
45 Mais il jugeait qu’une très belle récompense est réservée à ceux qui meurent avec piété :
46 c’était là une pensée religieuse et sainte.. (2 Maccabées 12,43-46)
Ces prières ne peuvent avoir de valeur que s'il existe un état de purgatoire, car ceux qui sont au paradis n'ont pas besoin de nos prières et pour ceux qui sont en enfer, nos prières ne valent rien, comme il est écrit : ''– Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur pendant la sienne. Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance.
26 Et en plus de tout cela, un grand abîme a été établi entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient passer vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne traverse pas vers nous.”'' (Luc 16,25-26)
De plus, il est écrit :
'' Si quelqu’un a construit un ouvrage qui résiste, il recevra un salaire ;
15 si l’ouvrage est entièrement brûlé, il en subira le préjudice. Lui-même sera sauvé, mais comme au travers du feu..'' (1Corinthiens 3,14-15)
Quant à la date, il a en effet été dogmatisé quelque temps plus tard, mais dans l’Église primitive, nous voyons déjà cet état évident :
Tertullien dit :
''Nous offrons des sacrifices pour les morts à l'occasion de leur anniversaire [la date de la mort — naissance à la vie éternelle]'' (De Corona 3,3)
Saint Jean Chrysostome dit :
''Aidons-les et commémorons-les. Si les fils de Job furent purifiés par le sacrifice de leur père [Job 1,5], pourquoi douterions-nous que nos offrandes pour les morts leur apportent une certaine consolation ? N'hésitons pas à aider ceux qui sont morts et à prier pour eux.'' (Homélies sur 1 Corinthiens 41,5)
Et bien sûr, saint Augustin dit avec justesse :
Certains subissent des châtiments temporels seulement ici-bas, d'autres après la mort, d'autres encore ici-bas et dans l'au-delà, mais tous avant le jugement dernier et le plus sévère. Mais tous ceux qui subissent des châtiments temporels après la mort ne subiront pas les châtiments éternels qui suivront ce jugement. (La Cité de Dieu, Livre 21, Chapitre 13)
Et bien sûr, Saint Augustin dit avec justesse : "Les châtiments temporels sont subis par certains dans cette vie uniquement, par d'autres après la mort, par d'autres à la fois ici et dans l'au-delà, mais tous devant le plus strict jugement. Mais tous ceux qui subissent des châtiments temporels après la mort ne seront pas condamnés aux châtiments éternels qui suivront après ce jugement" (La Cité de Dieu, Livre 21, Chapitre 13).
(20) ''1439 après J.-C. : Les sept sacrements confirmés''
Tout comme les autres points, celui-ci est également un malentendu.
Les sept sacrements ont été clarifiés et connus auparavant.
Saint Thomas d'Aquin a longuement défendu les sacrements.
De plus, les sept arguments se trouvent bien sûr dans les Écritures et la Patristique. Il serait trop long de prouver en profondeur les sept sacrements, mais je souhaite au moins souligner leur fondement biblique :
Baptême — Matthieu 28:19, Jean 3:5
Confirmation — Actes 8:17, Actes 19:6
Eucharistie — Matthieu 26, 26-28, Jean 6
Pénitence — Jean 20:21–23, Jacques 5:16
Onction des malades — Jacques 5:14–15
Ordres sacrés — Luc 22:19, 2 Timothée 1:6
Mariage — Matthieu 19:4–6, Éphésiens 5:32
(21) ''1545 après J.-C. : La tradition est établie comme égale à la Bible''
Ce point est l'un des plus drôles de la liste, car il illustre bien l'état d'esprit de l'auteur.
Avant la Réforme, les chrétiens n'ont jamais cru à la Sola Scriptura. Aucun chrétien avant la Réforme n'y croyait, et les Écritures n'enseignent pas non plus la Sola Fide.
Par conséquent, cet enseignement ne peut être une innovation, car la Sola Scriptura n'a jamais été acceptée avant la Réforme. Je souhaite néanmoins passer rapidement en revue les preuves bibliques et patristiques de ce point.
Considérons d’abord saint Paul, lorsqu’il dit que les traditions et les Écritures sont égales :
'' Ainsi donc, frères, tenez bon, et gardez ferme les traditions que nous vous avons enseignées, soit de vive voix, soit par lettre.'' (2Thessaloniciens 2,15)
Deuxièmement, considérons que l’Église est le pilier et le rempart de la vérité :
''Si je tarde, tu sauras comment il faut se conduire dans la maison de Dieu, qui est l'Église du Dieu vivant, la colonne et le soutien de la vérité.'' (1Timothée 3,15)
Troisièmement, considérons l’infaillibilité des saints Conciles, car ils sont guidés par le Saint-Esprit :
''L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas faire peser sur vous d’autres obligations que celles-ci, qui s’imposent'' (Actes 15,28)
Quatrièmement, considérons la direction de l’Église par le Saint-Esprit :
''Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le dira ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître.'' (Jean 16,13)
Et cinquièmement, considérons que l’Église ne peut jamais tomber :
Jésus lui répondit : ''Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux.
18 Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle.
19 Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux.'' (Matthieu 16,17-19)
On peut affirmer beaucoup de choses concernant l'enseignement patristique. Ce qui est indéniable, c'est qu'aucun Père de l'Église n'aurait enseigné la Sola Scriptura. Examinons quelques éléments :
Saint Basile le Grand répond à cette objection de manière particulièrement claire :
''Parmi les croyances et les pratiques, généralement acceptées ou publiquement prescrites, conservées dans l'Église, certaines nous viennent d'un enseignement écrit ; d'autres nous sont parvenues mystérieusement de la tradition des apôtres ; et toutes deux, par rapport à la vraie religion, ont la même force. Et personne ne les contredira, même s'il est un tant soit peu versé dans les institutions de l'Église.'' (De Spiritu Sancto, chapitre 27, 66)
Un autre témoin, plus ancien, serait saint Irénée de Lyon, qui affirme encore que nous n'avons pas besoin de chercher plus loin que l'Église, car en elle se trouvent toujours les Traditions apostoliques :
''Puisque nous possédons de telles preuves, il n'est pas nécessaire de chercher la vérité parmi d'autres, car il est facile de l'obtenir de l'Église. Les apôtres, comme un riche déposant son argent dans une banque, déposaient entre ses mains une grande quantité de tout ce qui appartient à la vérité, afin que chacun, qui le veut, puisse y puiser l'eau vive.'' (Contre les hérésies, livre 3, chapitre 4)
Et il dit plus loin :
''Que serait-il arrivé si les apôtres eux-mêmes ne nous avaient pas laissé d'écrits ? Ne serait-il pas nécessaire, dans ce cas, de suivre la tradition qu'ils ont transmise à ceux à qui ils ont confié les Églises ?'' (Contre les hérésies, livre 3, chapitre 4)
Ou, comme l'a si bien décrit Saint Vincent de Lérins :
''De plus, dans l'Église catholique elle-même, il faut veiller avec le plus grand soin à conserver la foi qui a été acceptée partout, toujours et par tous. Car est véritablement et strictement catholique ce qui, comme le nom même et la raison de la chose l'indiquent, comprend tout universellement.'' (Commonitoire, chapitre 2, 6)
(22) ''1546 après J.-C. : Des livres apocryphes ajoutés à la Bible''
Une fois de plus, l'auteur présuppose son opinion pour formuler une affirmation erronée sur l'histoire de l'Église.
Dans l'Église primitive en effet, il n'existait pas de canon unifié.
Nous voyons de nombreux canons différents, qui se précisent progressivement au fil du temps, notamment les livres ''deutérocanoniques'' (arrivés en second).
On constate dans la Bible elle-même que la majorité des citations de l'Ancien Testament dans le Nouveau Testament proviennent de la Septante, qui possède le canon catholique le plus important, et non le canon protestant le plus restreint.
De plus, on trouve dans le Nouveau testament de nombreux passages faisant allusion aux livres deutérocanoniques, dont je souhaite souligner quelques-uns rapidement :
2. Maccabées 7 => "Des femmes dont les enfants étaient morts les ont retrouvés ressuscités. Mais certains autres ont été torturés et n’ont pas accepté la libération qui leur était proposée, car ils voulaient obtenir une meilleure résurrection." Hébreux 11,35
1 Maccabées 4:52-59 ; 2 M 1,18 ; 2 M 4=> Jn 10,22-23 ('Jésus allait et venait dans le Temple''... ''sous la colonnade de Salomonlors de la fête de la dédicace du Temple à Jérusalem.'')
Sagesse 9,13 "Quel homme peut découvrir les intentions de Dieu ? Qui peut comprendre les volontés du Seigneur ?"=> "Qui a connu la pensée du Seigneur ? Qui a été son conseiller ?" Romains 11,34
Et bien d'autres encore. Les liens en cours sont si clairs que je ne vois pas comment les ignorer.
En ligne, on trouve des listes contenant probablement plus de 100 de ces références, même si elles ne sont pas toutes aussi claires.
Mais en outre, nous voyons également le Canon catholique confirmé au Concile de Carthage (Canon 24) et le Concile d'Hippone déclare explicitement sur le Canon de l'Ancien Testament :
« Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome, Josué, Les Juges, Ruth, 1 Rois, 2 Rois, 1 Chroniques, 2 Chroniques, Job, les Psaumes, les Proverbes, l'Ecclésiaste, le Cantique des Cantiques, la Sagesse de Salomon et l'Ecclésiastique, Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habacuc, Sophonie, Aggée, Zacharie, Malachie, Isaïe, Jérémie, Ézéchiel, Daniel, Tobie, Judith, Esther, 1 Esdras, 2 Esdras, 1 Maccabées, 2 Maccabées.''
Notez que Baruch était considéré comme inclus dans Jérémie et n'est donc pas répertorié séparément.
(23) ''1854 après J.-C. : 'L'Immaculée Conception' de Marie''
Une fois de plus, Ce point ne respecte pas les normes pour déduire l'enseignement chrétien de la Bible et des Pères de l'Église.
Premièrement, l’Immaculée Conception peut être implicitement déduite de l’Écriture :
''Il s'approcha d'elle et dit : Je te salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi !'' (Luc 1,28)
Pour l'instant, je n'approfondirai pas le mot ''κεχαριτωμένη'' et ses implications théologiques. De nombreux catholiques peuvent l'expliquer bien mieux que moi. Ce mot si particulier et unique, particulièrement dans ce contexte, constitue une base solide pour cet enseignement. Voir également :
''Je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité : elle t'écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon.'' (Genèse 3,15)
Voyez maintenant comment il existe une rivalité entre Satan – et donc le péché – et Jésus, mais aussi la Sainte Vierge. Marie s'oppose donc à Satan, et donc au péché. Cette opposition serait impossible si Marie était pécheresse ; c'est pourquoi il s'ensuit logiquement que Marie doit également être sans péché.
Concernant la datation, ce thème confond à nouveau dogmatisation et origine d'un enseignement. Il est franchement étonnant que ce thème soit ainsi diffusé à l'infini, alors que rien n'y est, même vaguement, vrai. Citons encore quelques témoins anciens, juste pour illustrer ce point :
Déjà vers l'an 155 après J.-C, saint Justin le Martyr établit un parallèle entre l'absence de péché d'Ève avant la chute et celle de notre Mère Marie. (Dialogue avec Tryphon, 100)
Saint Éphrem le Syrien, vers 360 après J.-C., dit :
''Toi et ta Mère êtes les plus belles de tous, car il n'y a en toi ni défaut ni tache sur ta Mère. Lequel de mes enfants peut se comparer en beauté à eux ?'' (Hymnes de Nisibène 27, 8)
Saint Ambroise est encore plus clair vers l’an 387 après J.-C. :
''Viens donc, et cherche tes brebis, non par l'intermédiaire de tes serviteurs ou de tes mercenaires, mais fais-le toi-même. Relève-moi corporellement et dans la chair qui est tombée en Adam. Relève-moi, non pas de Sara, mais de Marie, vierge non seulement sans tache, mais vierge que la grâce a rendue immaculée, pure de toute tache de péché...'' (Commentaire sur le Psaume 118)
Et bien sûr, saint Augustin exclut aussi explicitement la bienheureuse Mère de Dieu de la nature pécheresse de tous les humains :
"À l'exception de la sainte Vierge Marie, au sujet de laquelle, pour l'honneur du Seigneur, je ne veux avoir absolument aucune question en traitant des péchés – car comment savons-nous quelle abondance de grâces pour la victoire totale sur le péché fut conférée à celle qui a mérité de concevoir et de porter celui en qui il n'y avait pas de péché ? – ainsi, dis-je, à l'exception de la Vierge, si nous avions pu réunir tous ces saints hommes et femmes, lorsqu'ils vivaient ici, et leur avions demandé s'ils étaient sans péché, quelle aurait été, à notre avis, leur réponse ?" (Nature et Grâce 36, 42)
(24) ''1870 après J.-C. : Infaillibilité du pape dans la foi et les mœurs''
Comme pour les autres points, l'infaillibilité du pape repose sur la Bible et la Patristique, et la datation de ce point repose sur la confusion habituelle entre dogmatisation et origine d'un enseignement.
Dans la Bible, nous lisons :
''Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : 'Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux.
18 Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle.
19 Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux.' '' (Matthieu 16,17-19)
Nous savons que cette promesse, que l’Église, qui est bâtie sur saint Pierre, ne tombera jamais, inclut les attaques par de faux enseignements, car les faux enseignements viennent du Diable, comme le dit saint Paul :
''Ces sortes de gens sont de faux apôtres, des fraudeurs, qui se déguisent en apôtres du Christ.
14 Cela n’a rien d’étonnant : Satan lui-même se déguise en ange de lumière.
15 Il n’est donc pas surprenant que ses serviteurs aussi se déguisent en serviteurs de la justice de Dieu ; ils auront une fin conforme à leurs œuvres.'' (2Corinthiens 11, 13-15)
Il s’ensuit donc logiquement que le Pape doit être infaillible en matière de foi et de morale, car c’est lui aussi qui doit nourrir les brebis du Christ :
''Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : 'Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ?' Il lui répond : 'Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime.' Jésus lui dit : 'Sois le berger de mes agneaux.'
16 Il lui dit une deuxième fois : 'Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ?' Il lui répond : 'Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime.' Jésus lui dit : 'Sois le pasteur de mes brebis.'
17 Il lui dit, pour la troisième fois : 'Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ?' Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : 'M’aimes-tu ?' Il lui répond : 'Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime.' Jésus lui dit : 'Sois le berger de mes brebis.' (Jean 21,15-17)
De plus, Jésus a prié spécifiquement pour saint Pierre, afin qu’il fortifie ses frères, soulignant ainsi davantage son rôle de premier plan :
'Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous passer au crible comme le blé.
32 Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères.' '' (Luc 22,31-32) https://www.aelf.org/bible/Lc/22
Selon l’histoire de l’Église, ce point de vue a toujours été maintenu.
Le pape saint Clément de Rome écrit déjà au premier siècle :
''Si toutefois quelqu'un désobéit aux paroles qu'il a dites par notre intermédiaire, qu'il sache qu'il s'expose à une transgression et à un grave danger.'' (Première épître, chapitre 59)
Saint Irénée de Lyon a déclaré vers l'an 180 après J.-C. :
''Mais comme il serait fastidieux, dans un tel volume, de recenser les successions de toutes les Églises, nous confondons tous ceux qui, de quelque manière que ce soit, par égoïsme, par vaine gloire, par aveuglement ou par opinion perverse, se réunissent en réunions non autorisées ; nous le faisons, dis-je, en rappelant la tradition des apôtres, de la très grande, très ancienne et universellement connue Église, fondée et organisée à Rome par les deux glorieux apôtres Pierre et Paul ; ainsi que la foi prêchée aux hommes, qui nous est parvenue par la succession des évêques. Car il est nécessaire que chaque Église s'accorde avec cette Église, en raison de son autorité prééminente [potiorem principalitatem].'' (Contre les hérésies, Livre 3, Chapitre 3, Paragraphe 2)
(25) ''1950 après J.-C. : L'assomption corporelle de la Vierge Marie ''
Ce dernier point relève à nouveau d'une confusion entre la dogmatisation et l'origine d'un enseignement – comme nous l'avons constaté à maintes reprises dans cette liste.
Là encore, l'assomption corporelle de la Vierge Marie est implicitement enseignée dans les Écritures :
''Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles.'' (Apocalypse 12,1)
''Monte, Seigneur, vers le lieu de ton repos, toi, et l'arche de ta force !'' (Psaume 132, 8)
L'Arche de Sa puissance est traditionnellement interprétée comme étant Marie, car elle est l'Arche du Nouveau Testament, qui portait le Christ en son sein. Le Psaume 132, parlant du Messie, prophétise donc l'Assomption corporelle de la très sainte Vierge Marie.,,
La préfiguration de l'Assomption de Marie peut être vue avec Enoch dans Genèse 5,24 :
''Il (Hénoc) avait marché avec Dieu, puis il disparut car Dieu l’avait enlevé.''
''Ils étaient en train de marcher tout en parlant lorsqu’un char de feu, avec des chevaux de feu, les sépara. Alors, Élie monta au ciel dans un ouragan.''
On sait maintenant que l'Assomption est possible, c'est pourquoi il est logiqu que la Mère de Dieu soit également élevée au ciel par Dieu.
Concernant la date, comme d'habitude ce graphique est encore erroné, car nous avons des témoins antérieurs :
Saint Épiphane écrit vers 350 après J.-C. :
''Tout comme les corps des saints, elle a été honorée pour son caractère et son intelligence. Et si je devais ajouter quelque chose à son éloge, elle ressemble à Élie, qui était vierge dès le sein de sa mère, le resta toujours, fut élevé au ciel, mais ne connut pas la mort.'' (Panarion 79)
Au IVe siècle, le prêtre Timothée de Jérusalem a déclaré dans un sermon :
''immortelle jusqu'à ce jour par celui qui habitait en elle, qui l'a enlevée et élevée dans les lieux célestes''
De plus, nous disposons de multiples fragments de manuscrits anciens de liturgies, d’histoires et d’enseignements, par exemple certains fragments du ''Liber Requiei Mariae'' de Syrie datant d’entre 250 et 300 après J.-C.
Et dans le texte pseudo-Jean du IVe siècle ''La Dormition de Marie'', on peut lire :
''Le Seigneur dit à sa mère : 'Que ton cœur se réjouisse et soit dans l'allégresse. Car toute grâce et tout don t'ont été accordés par mon Père qui est aux cieux, par moi et par le Saint-Esprit. Toute âme qui invoquera ton nom ne sera point confuse, mais trouvera miséricorde, réconfort, secours et confiance, dans le monde présent et dans le monde à venir, devant mon Père qui est aux cieux.'' Et dès lors, tous savaient que le corps sans défaut et précieux avait été transféré au paradis.
Et saint Grégoire de Tours écrit en 575 après J.-C. :
''Les apôtres transportèrent son corps sur un cercueil et le déposèrent dans un tombeau ; ils veillèrent sur lui, attendant la venue du Seigneur. Et voici que le Seigneur se tint de nouveau parmi eux ; et lorsqu'ils eurent reçu le corps saint, il ordonna qu'il soit transporté dans un nuage au Paradis, où, réunie à son âme, elle se réjouit avec les élus du Seigneur. (Miracles, Livre 8)
Conclusion
Ce qui m'a particulièrement frappé, c'est que ce tableau semble non seulement méconnaître les concepts fondamentaux d'origine et de dogmatisation, même en ce qui concerne la date de dogmatisation – qui est sans importance pour la question elle-même –, il se trompe souvent de dates, les confond, et sur certains points, on peut déduire une intention anticatholique simplement en lisant les titres succincts. Il me semble frappant que quelqu'un ait créé ce tableau en pensant avoir raison, sans pour autant avoir correctement saisi les dates de base et sans même chercher à paraître sérieux.
C'était quand même agréable de parcourir très brièvement ces enseignements catholiques et de revisiter certains des beaux enseignements de la sainte Église catholique.
Merci à tous d'avoir lu, que Dieu vous bénisse tous.
Le lundi de Pentecôte nous fêtons Marie, Mère de l'Église.(1)
Mère de l'Église (en latin : Mater Ecclesiae) est un des titres sous lesquels l’Église vénère la Vierge Marie, Mère de Dieu. Depuis 2018, c'est aussi le nom de la fête mariale célébrée le lundi après la Pentecôte. Son titre complet est fête de la bienheureuse Vierge Marie, Mère de l’Église.
L’Église a traditionnellement dépeint la bienheureuse Vierge Marie avec les Apôtres et les disciples réunis à la première Pentecôte et unis dans la prière avec les premiers membres de l’Église. L'utilisation du titre Mater Ecclesiae à la Vierge Marie remonte à S. Ambroise de Milan au IVe siècle. Le concile Vatican II et le pape Paul VI, citant Ambroise, ont déclaré "Marie Mère de l'Église".
Paul VI a utilisé cette expression dans la promulgation de l'encyclique Lumen Gentium : « C'est donc à la gloire de la bienheureuse Vierge et à notre réconfort que Nous proclamons Marie très sainte, Mère de l'Église, c'est-à-dire de tout le peuple de Dieu, aussi bien des fidèles que des pasteurs, qui l'appellent Mère très aimante, et Nous voulons que, dorénavant, avec un tel titre très doux la Vierge soit encore plus honorée et invoquée par tout le peuple chrétien. »
Dans son Credo du peuple de Dieu, le 30 juin 1968, il dit : « Nous croyons que la Très Sainte Mère de Dieu, nouvelle Ève, mère de l’Église, continue au ciel son rôle maternel à l’égard des membres du Christ, en coopérant à la naissance et au développement de la vie divine dans les âmes des rachetés. »
Dans l'encyclique Redemptoris Mater de 1987 et lors de l'audience générale du 17 septembre 1997, Jean-Paul II confirme le titre de "Marie, Mère de l'Église".
En 2018, le pape François a institué la Mémoire obligatoire de la Vierge Marie, Mère de l'Église le lundi après la Pentecôte, par le décret Laetitia plena. Le décret fut signé au , au 160e anniversaire des apparitions de la Sainte Vierge à Lourdes.
Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous :
l’Esprit de vérité, lui que le monde ne peut recevoir, car il ne le voit pas et ne le connaît pas ; vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous.
En effet, tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu.
Vous n’avez pas reçu un esprit qui fait de vous des esclaves et vous ramène à la peur ; mais vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ; et c’est en lui que nous crions « Abba ! », c’est-à-dire : Père !
C’est donc l’Esprit Saint lui-même qui atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu.
Dix jours après l'Ascension de Notre Seigneur, la Pentecôte, en grec pentêkostề hêméra,(le cinquantième jour), correspond à l'envoi de l'Esprit-Saint aux Apôtres réunis auCénacle de Jérusalempour la Pentecôte juive de Chavouot (au cours de laquelle on célébrait le don de la Torah sur le Mont Sinaï qui se situait cinquante jour après la Pâque), cinquante jours donc après sa résurrection (Pâques).
Le Cénacle est le lieu de l'effusion de l'Esprit lors de la Pentecôte, quand "apparurent comme des langues de feu qui se posèrent sur chacun d'eux" (Ac 2:2-3) C'est au Cénacle qu'eut lieu le premier concile, dit "concile de Jérusalem" (Ac 15:4-19)
Le Cénacle est aussi le nom de la pièce où Notre Seigneur institua le sacrement de l'Eucharistie (la sainte Cène), le Jeudi saint, la veille de sa Passion.
Sur cette gravure, en haut de l'image, on remarque des triangles entremêlés, tête en haut ou tête en bas. Les triangles tête en bas ont à leur base deux points, ce qui dans les Ecritures correspond à l'envoi de l'Esprit-Saint par les deux autres personnes de la Sainte Trinité : le Père et le Fils qui ne font qu'UN, et dans les triangles têtes dirigées vers le haut, l'assemblée de Dieu, qui sur terre est en perpétuelle recherche de Dieu et donc en relation permanente avec le Créateur par la grâce de l'Esprit-Saint.
À leur arrivée, ils montèrent dans la chambre haute où ils se tenaient habituellement ; c’était Pierre, Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d’Alphée, Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques.
Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères.
En ces jours-là, Pierre se leva au milieu des frères qui étaient réunis au nombre d’environ cent vingt personnes...
Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
20 Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.
21 Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
22 Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint.
23 À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »
"Le miracle de la Pentecôte, où les Apôtres, cinquante jours après la Résurrection reçoivent l'Esprit Saint, et sont appelés à prêcher dans le monde entier en parlant une multitude de langues, marque la fondation de l'Église.
C'est le Christ qui fonde ici Son Église: « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
Et "c'est Pierre qui prend la parole pour annoncer le premier cette bonne nouvelle (Actes 2, 1-36)." (Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 24-25). Quand arriva le jour de la Pentecôte, au terme des cinquante jours :
Alors Pierre, debout avec les onze autres Apôtres, éleva la voix et leur fit cette déclaration : « Vous, Juifs, et vous tous qui résidez à Jérusalem, sachez bien ceci, prêtez l’oreille à mes paroles.
[...] Il s’agit de Jésus le Nazaréen, homme que Dieu a accrédité auprès de vous en accomplissant par lui des miracles, des prodiges et des signes au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes.
Cet homme, livré selon le dessein bien arrêté et la prescience de Dieu, vous l’avez supprimé en le clouant sur le bois par la main des impies. Mais Dieu l’a ressuscité en le délivrant des douleurs de la mort.
[...] Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité ; nous tous, nous en sommes témoins.
[...] Que toute la maison d’Israël le sache donc avec certitude : Dieu l’a fait Seigneur et Christ.
"Suivant deux illustres Pères de l'Église orientale, saint Hésychius, patriarche de Jérusalem, et saint Proclus, patriarche de Constantinople, le Saint-Esprit descendit au moment même où saint Pierre célébrait, au milieu des disciples, l'auguste sacrifice de la messe." (Mgr Gaume, Traité du Saint-Esprit, 1865, troisième édition, Gaume et Cie Editeurs, 3 rue de l'Abbaye, tome II, Paris 1890, p. 192).
La Cène, Fra Angelico, 1452
"La vie communautaire et la vie de prière étaient ordonnées à l’annonce de l’Evangile. C’est exactement ce qui a été vécu par les premiers chrétiens dans ce temps entre Ascension et Pentecôte : sur ordre de Jésus, les disciples font communauté, écoutent la Parole, reçoivent l’Esprit, et deviennent messagers de la Bonne Nouvelle. Vivre au Cénacle c'est vivre avec Marie, c'est se laisser comme elle conduire par l'Esprit pour communiquer le Christ aux autres." (Congrégation Notre Dame du Cénacle, n° 37)
C'est comme une précieuse indication : pas de Pentecôte sans cénacle. En un mot, l'Esprit est donné à des êtres qui, déjà, essayent de vivre en communion, unis dans leur diversité et surtout persévérants dans la prière avec Marie, la Mère de Jésus. (Cathedrale du Puy)
Au cours de la prière au Cénacle, dans une attitude de profonde communion avec les Apôtres, quelques femmes et les « frères » de Jésus, la Mère du Seigneur invoque le don de l'Esprit pour elle-même et pour la communauté.
Marie désire une effusion de l'Esprit en vue de sa propre fécondité spirituelle.
Il était bon que la première effusion de l'Esprit sur elle, qui avait eu lieu en vue de sa maternité divine, fût renouvelée et renforcée. En effet, au pied de la Croix, une nouvelle maternité avait été confiée à Marie, qui concernait les disciples de Jésus. Cette mission exigeait précisément un renouvellement du don de l'Esprit. La Vierge le désirait donc, en vue de la fécondité de sa maternité spirituelle.
Alors qu'au moment de l'Incarnation l'Esprit était descendu sur elle en tant que personne appelée à participer dignement au grand mystère, maintenant tout s'accomplit en fonction de l'Église, dont Marie est appelée à être la figure, le modèle et la mère.
Marie désire une effusion de l'Esprit sur les disciples et sur le monde.
Dans l'Église et pour l'Église, la Vierge, se souvenant de la promesse de Jésus, attend la Pentecôte et implore pour tous la multiplicité des dons, selon la personnalité et la mission de chacun.
Dans la communauté chrétienne, la prière de Marie revêt une signification particulière : elle favorise l'avènement de l'Esprit en sollicitant son action dans le cœur des disciples et dans le monde.
Tout comme, lors de l'Incarnation, l'Esprit avait formé en son sein virginal le corps physique du Christ, de même, au Cénacle, le même Esprit descend pour animer son Corps mystique.
La Pentecôte est donc aussi le fruit de l'incessante prière de la Vierge, que le Paraclet accepte avec une faveur toute particulière parce qu'elle est l'expression de son amour maternel à l'égard des disciples du Seigneur. En contemplant la puissante intercession de Marie qui attend l'Esprit Saint, les chrétiens de tous les temps, dans leur long et difficile cheminement vers le salut, recourent souvent à son intercession pour recevoir avec plus d'abondance les dons du Paraclet.
Répondant à la prière de Marie et de la communauté rassemblée au Cénacle le jour de la Pentecôte, l'Esprit Saint comble la Vierge et ceux qui sont présents de la plénitude de ses dons, opérant en eux une profonde transformation en vue de la diffusion de la Bonne Nouvelle.
À la Mère du Christ et aux disciples, sont donnés une force nouvelle et un dynamisme apostolique nouveau, pour la croissance de l'Église.
Éclairée et conduite par l'Esprit, elle a exercé une influence profonde sur la communauté des disciples du Seigneur
En particulier, l'effusion de l'Esprit conduit Marie à exercer sa maternité spirituelle d'une manière singulière, par sa présence toute imprégnée de charité et par le témoignage de sa foi. Dans l'Église naissante, elle transmet aux disciples, comme un trésor inestimable, ses souvenirs sur l'Incarnation, l'enfance, la vie cachée et la mission de son divin Fils, contribuant à le faire connaître et à affermir la foi des croyants.
Nous ne disposons d'aucune information sur l'activité de Marie dans l'Église primitive, mais il est permis de supposer que, même après la Pentecôte, elle a continué à vivre une existence cachée et discrète, attentive et efficace.
Éclairée et conduite par l'Esprit, elle a exercé une influence profonde sur la communauté des disciples du Seigneur.
LeVeni Creator Spiritus est une hymne composée au IXe siècle, considérée comme la plus célèbre de toutes les hymnes grégoriennes, elle signifie Viens Saint Esprit Créateur et commémore laPentecôte.
Cette hymne fut entonnée par Sainte Jeanne D'Arc et son armée lorsque la Pucelle de Domrémy, menait ses soldats vers une de ses plus grandes victoires sur les Anglais à Patay.
Né en Auvergne, il est très tôt envoyé à la cour du roi Louis VI le Gros.
Il participa à la seconde croisadeprêchée par saint Bernard à Vézelay, et s'y battit vaillamment, même s'il ressentit très vite le besoin de servir son Dieu d'une manière moins meurtrière.
A son retour en France, il donna une partie de son immense fortune aux pauvres et construisit un monastère. Il arriva à convaincre sa femme et sa fille d'entrer en religion comme lui souhaitait le faire. Il entra dans l'Ordre des Prémontrés de Saint Norbert.
Fidèle au charisme de saint Norbert, il construisit un hôpital qui devint rapidement célèbre par les miracles que Gilbert y accomplissait.
Il fut ensuite envoyé dans l'Allier pour être le supérieur de l'abbaye de Neuffontaines. Celle-ci prit son nom quelques temps après sa mort.
Pénitent et charitable, il attira une foule de malades et de pécheurs, désireux de soulager leurs maux physiques et spirituels. On lui amenait de tous côtés des enfants gravement malades. Il leur imposait les mains et les rendait guéris à leurs parents. Epuisé par la pénitence et le labeur, il mourut le 5 juin 1152. Selon ses vœux, on l’enterra dans le cimetière des pauvres de l’abbaye. Comme saint Gilbert bénéficiait d’une grande dévotion populaire et à la suite de nombreux miracles, Jean Lepaige, procureur de l‘Ordre, encouragea la recherche des restes mortels du fondateur. Les ossements furent retrouvés le 26 octobre 1645. La fête de saint Gilbert rappelle la date de cette translation. En 1791, pendant le tumulte de la Révolution française, les reliques furent transférées dans l’église Sint-Didier, pour les mettre à l’abri. On ne les a jamais retrouvées. Le pape Benoît XIII reconnut son culte le 22 janvier/8 mars 1728.
Né en 1080, près de Cologne (Allemagne), Norbert fut engagé dès son jeune âge dans la cléricature; mais il fréquentait plus la cour que l'Église et reculait devant les Ordres sacrés, afin de suivre la voie des plaisirs.
Il avait déjà trente-trois ans, quand, traversant à cheval une belle prairie, accompagné d'un seul serviteur, il fut assailli par une soudaine et horrible tempête. La scène de saint Paul sur le chemin de Damas se renouvela; car Norbert entendit une voix céleste lui dire: "Pourquoi me fuis-tu? Je te destinais à édifier mon Église, et tu scandalises mon peuple." En même temps, la foudre éclate et le renverse par terre, où il demeure évanoui pendant une heure entière. Quand il eut recouvré ses sens, il dit à Dieu: "Seigneur, que demandez-vous de moi?" Et la réponse à sa question lui fit comprendre qu'il devait quitter le monde et vivre dans la pénitence.
La conversion fut immédiate et complète, et bientôt l'on put voir, non sans étonnement, le brillant gentilhomme échanger ses riches vêtements contre la bure du moine. Il se prépara pendant quarante jours, dans un monastère, à offrir pour la première fois le Saint Sacrifice de la Messe.
Norbert obtint du Pape les pouvoirs de missionnaire apostolique et commença à prêcher la pénitence. Ses œuvres étaient plus éloquentes encore que sa prédication: il marchait nu-pieds, même en plein hiver, au milieu de la neige, n'avait pour vêtement qu'un rude cilice en forme de tunique et un manteau de pénitent; il observait perpétuellement le carême selon la rigueur des premiers siècles, et y ajoutait de ne manger presque point de poisson et de ne boire du vin que très rarement: on eût dit un nouveau Jean-Baptiste, par son zèle et ses austérités.
Cependant Dieu réservait à Norbert la gloire de fonder l'Ordre des Prémontrés, ainsi nommé parce que le Saint avait eu révélation du lieu où il devait l'établir. Saint Augustin lui ayant apparu, une Règle d'or à la main, il comprit qu'il devait adopter pour son Ordre la règle de ce grand docteur. Il fut lui-même la règle vivante de ses frères.
Armoiries de l'Ordre des Prémontrés. Blason d'azur, semé de fleurs de lys d'or, à deux crosses du même passées en sautoir brochant sur le tout. Le semis de fleurs de lys d'or est une concession faite par le roi Saint Louis. (Source: X. Barbier de Montault, prélat de la Maison de Sa Sainteté, Annuaire du Conseil Héraldique de France, 3e année, 1890.)
En 1126, se réalisa une vision que sa mère avait eue avant sa naissance: Norbert fut obligé d'accepter l'archevêché de Magdebourg (Allemagne), et il eut désormais outre le souci de son Ordre, le soin de son diocèse, où son apostolat fut traversé par de grandes persécutions et couronné d'abondants fruits de salut. Rien du reste, n'avait changé dans sa vie, et jusqu'à sa mort il mena dans son palais la vie d'un moine dans sa cellule.
Prince de Kiev et Tchernigov, il dut abandonner ses droits dynastiques sous la pression des habitants.
Devenu moine au monastère de Saint Théodore de Kiev, il n'en fut pas moins poursuivi par la haine du peuple contre la dynastie des Olgovitch et il fut sauvagement assassiné un jour qu'il priait devant l'icône de la Mère de Dieu.
Son corps fut traîné derrière une charrette à la vue de la population et exposé dans un marché avant d'être récupéré.
Plusieurs miracles eurent lieu près du corps d'Igor, qui fut ensuite tenu comme saint "strastoterptsi", c’est-à-dire ayant été livré à la mort alors qu'il était innocent.
Dans l'homélie prononcée pour le Jubilé des familles, le pape nie le fondement de tous les malentendus provoqués par Amoris laetitia, revenant à la conception classique de la morale que Jean-Paul II avait établie dans Veritatis splendor.
Le discours du Saint-Père Léon XIV aux pèlerins pour le Jubilé des familles, des grands-parents et des personnes âgées ... corrige substantiellement les présupposés théologiques et pastoraux d'Amoris laetitia (AL). Sur le plan formel, un discours ne peut effacer une exhortation apostolique, mais sur le plan substantiel et strictement théologique, il l'a fait, ce qui laisse espérer une autre démarche plus authentiquement magistérielle. Ce bref discours est le suivant : "C'est pourquoi, le cœur rempli de gratitude et d'espérance, je vous dis, époux : le mariage n'est pas un idéal, mais le canon du véritable amour entre un homme et une femme : un amour total, fidèle et fécond (cf. saint Paul VI, Lettre encyclique Humanae vitae , 9)".
"Le mariage n'est pas un idéal", mais lorsqu'Amoris laetitia parle de situations dites "irrégulières" comme la cohabitation hors mariage ou après un divorce, elles sont considérées comme une situation d'inadéquation par rapport à la plénitude de ce que le Christ nous a proposé. Non pas comme quelque chose de contraire et d'incompatible, mais comme quelque chose d'inadapté, dû à la fragilité humaine ou aux circonstances de la vie. L'inadéquation n'est pas un mal à condamner ou à éviter, mais reste quelque chose de positif, même si ce n'est pas complètement, à faire grandir et à améliorer. Nous sommes tous déjà sur la bonne voie, seulement certains sont plus avancés et d'autres plus en retard.
Par exemple, au début de l'Exhortation, François dit : "Je m'attarderai donc sur une invitation à la miséricorde et au discernement pastoral face aux situations qui ne correspondent pas pleinement à ce que le Seigneur nous propose." Le péché, selon Amoris laetitia, n'est pas une réponse erronée, mais une réponse qui ne correspond pas pleinement. À propos de l'épisode évangélique de la Samaritaine, le texte d'AL dit : "… et ensuite seule avec Jésus qui ne la condamne pas et l'invite à une vie plus digne" ; ce qui laisse penser que même l'adultère a déjà un aspect digne.
L'un des aspects les plus perturbateurs de l'Exhortation est ce qui est exprimé au paragraphe 303, selon lequel la conscience "peut reconnaître" "sincèrement et honnêtement" que cette situation irrégulière "est le don de soi que Dieu lui-même demande au milieu de la complexité concrète des limitations, même si elle n’atteint pas encore pleinement l’idéal objectif."
Voici le mot "idéal", repris aujourd'hui par Léon XIV pour être nié, terme clé d'Amoris laetitia alors fortement contesté par la vieille garde de l'Institut Jean-Paul II. Le cardinal Caffarra avait observé, entre larmes et ironie : "L'indissolubilité, et plus généralement le mariage entendu au sens chrétien, n'est pas un idéal, une sorte de but à atteindre et à atteindre. J'aimerais voir la réaction d'une épouse à qui son mari dirait : “Voyez, la fidélité envers vous est pour moi un idéal vers lequel je m'efforce de tendre, mais que je ne possède pas encore.”"
Lorsque des situations irrégulières sont présentées comme des avancées positives vers le mariage , on affirme qu'il est possible de vivre maritalement sans l'être. Le cardinal Velasio de Paolis avait écrit, lors de la douloureuse confrontation d'il y a dix ans : "Ce qui est inacceptable pour la loi morale et divine, c'est précisément que deux personnes qui ne sont pas mariées vivent comme telles… Ce serait la destruction totale du mariage et de la famille, et toute la loi morale sur la sexualité tomberait."
Le court passage du discours de Léon XIV rétablit donc la vérité sur un point essentiel ; sa référence implique la révision de l'ensemble de l'exhortation apostolique qui s'en inspire, et constitue aussi, implicitement, une réponse synthétique aux célèbres Dubia des cardinaux. Il s'agit en même temps d'un retour à Veritatis splendor de Jean-Paul II. Si la morale divine ne présente qu'un "idéal" et n'est pas une "prescription", alors il est impossible de donner des lois divines valables toujours et pour tous. Veritatis splendor en revanche, condamne les positions morales qui "considèrent qu'on ne peut jamais formuler une interdiction absolue de comportements déterminés qui seraient en opposition avec ces valeurs, en toute circonstance et dans toutes les cultures" (n. 75). Il est impossible d'évaluer certains comportements comme injustes ou erronés et, en même temps, d'évaluer la volonté de celui qui les choisit comme juste et bonne. La tendance de la volonté de celui qui agit vers la fin est certes importante, mais celle-ci est atteinte lorsque les bons contenus de l’action humaine sont atteints.
Si le principe de la loi morale divine comme "idéal" tombe et que nous revenons à Veritatis splendor, la doctrine des actions intrinsèquement mauvaises (intrinsece mala et, au niveau politique, des principes non négociables) peut également être ravivée et, espérons-le, nous pourrons revenir à parler de "nature" et de loi morale naturelle, expressions dont toute trace avait disparu.
Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011
Sainte Clotilde était fille orpheline de Chilpéric II, roi catholique de Lyon (une partie de la Bourgogne), et nièce du prince arien Gondebaud.
Appelée par Dieu à la grande mission du salut de la France, elle fut élevée au palais de son oncle, qui était l'assassin de sa famille. Mais elle eut le bonheur de se préserver de l'hérésie. La mère de Clotilde avait déposé dans son cœur, avec la foi, les germes de la piété; aussi sut-elle résister à toutes les sollicitations de Gondebaud et conserver la foi de son baptême.
Clovis, roi des Francs, entendit parler de la beauté, des vertus et de toutes les grandes qualités, l'élégance et la sagesse de la jeune princesse.
"Les Gallo-Romains de son royaume accepteraient plus volontiers une reine catholique. [...] Si Clotilde ressent quelques scrupules de conscience à épouser un païen, elle les surmonte moyennant l'assurance que ses enfants seront baptisés." (1)
Le mariage eut lieu en 493. Clotilde comprit qu'elle n'avait été appelée à partager le trône d'un roi païen que pour remplir les vues de Dieu sur un peuple généreux mais non éclairé de la lumière de l'Évangile.
Clovis, Esquisse coupole du Panthéon, Antoine-Jean Gros, XIXe s., musée du Petit Palais, Paris
"L'avenir de l'homme est la femme, écrit Aragon. Elle est la couleur de son âme." Grégoire de Tours aurait pu dire exactement la même chose à propos du roi des Francs et de sainte Clotilde.
Samuel PRUVOT, Nos Ancêtres les Saints, Petite histoire de la France missionnaire, Cerf, Paris 2017, p. 46.
Clotilde obtint que son fils aîné, Ingomer, soit baptisé.
Elle eut soin de gagner les bonnes grâces d'un époux magnanime, mais violent et barbare; elle usa de son influence pour lui parler de Jésus-Christ. Clovis l'écoutait avec intérêt; toutefois, il ne se hâtait pas; il lui permit cependant de faire célébrer le culte catholique dans le palais et consentit au baptême de son premier-né, Ingomer. Clotilde mettait sur la tête de cet enfant toutes ses espérances pour la conversion de son peuple, quand Dieu, dont les desseins sont impénétrables, le ravit à la terre juste après la cérémonie. À la colère de Clovis, à ses reproches, la douce reine répondit: "Je remercie Dieu de ce qu'Il m'a jugée digne de mettre au monde un fils qui est maintenant dans le Ciel !" Clotilde, loin de se rendre aux "arguments" de son époux, discernait au contraire dans la mort soudaine de son enfant une nouvelle raison de fortifier sa foi en rendant grâces au Seigneur.
Mais "quel fâcheux présage pour Clovis qui conçoit d'abord la religion comme une démarche magique destinée à assurer au fidèle, en échange de sa dévotion, une protection et des avantages matériels. N'a-t-il pas offensé des divinités tutélaires en consacrant son premier fils au Dieu chrétien ?" (2)
Un second enfant, Chlodomir ("glorieux et grand") , fut baptisé encore et tomba malade. Nouvelle et plus terrible colère de Clovis; mais les prières de Clotilde furent entendues, et Dieu envoya des Anges guérir l'enfant agonisant. Le moment de la grâce était venu.
Sainte Clothilde, Reine de France (476-545), Jardin du Luxembourg, Paris, France.
À labataille de Tolbiac(près du vieux fort romain de l'actuelle ville allemande de Zülpich, au sud-ouest de Cologne), après un choc terrible, les Francs pliaient et commençaient à être taillés en pièces, quand Clovis, dans une illumination soudaine, s'écria: "Dieu de Clotilde, donne-moi la victoire et Tu seras mon Dieu!"
Le courage renaît à ses soldats et bientôt la victoire des Francs est complète.
Les Alamans étaient ce peuple qui au IIIe siècle s'est montré, à l'instar des Francs, des adversaires redoutables de l'Empire, avant d'être confinés, au temps d'Aetius, dans les provinces orientales de la Gaule. Là, ils ont occupé l'antique Argentoratum, dont ils ont fait Strasbourg. Vers le Sud, Ostrogoths et Burgondes leur interdisaient toute extension.
Selon Grégoire de Tours, qui relate la bataille, un guerrier franc lance sa francisque (hache des francs) en direction du chef des Alamans. En voyant leur roi tomber de cheval, mortellement blessé, les Alamans se désorganisent et fuient. Peu après, Clovis était baptisé par saint Rémi, à Reims; ce fut le signal du baptême de la nation entière.
Clotilde et sa famille demeurent dans la région de l'Île-de-France, passant d'une villa royale à l'autre. Les communes de Choisy-le-Roi, Vanves, Chelles, Nanterre ou Clichy-sous-Bois ont été des lieux de résidence royale. Mais Clotilde et Clovis nourrissent un intérêt croissant pour un gros bourg situé sur une île de la Seine: Paris, qu'ils choisissent comme capitale.
Déjà mère de Chlodomir, Clotilde donne naissance à deux autres garçons dans les années qui suivent le baptême de Clovis. Childebert aurait ainsi vu le jour vers 497 à Reims, et Clotaire, dont le prénom signifie "Armée de gloire", probablement l'année suivante, vers 498.
Clovis mourut en 511, à l'âge de quarante-cinq ans. Les divisions qui s'élevèrent dans sa famille et surtout le meurtre des deux fils aînés de Chlodomir, commis par Childebert et Clotaire, achevèrent de rendre le monde insupportable à notre sainte.
Clotilde, dégoûtée du monde, éprouvée dans ses enfants, quitta bientôt la cour pour aller finir sa vie dans les larmes, les prières les aumônes, au fond d'un couvent à Tours, auprès du tombeau desaint Martin.
Prévenue du jour de sa mort, elle fit venir ses enfants, leur adressa ses dernières recommandations, et alla recevoir au Ciel sa récompense, le 3 juin 545.
Sainte Clotilde en prière au pied du tombeau de Saint Martin (1753), Charles André Van LOO
PRATIQUE. Rendez grâces au Seigneur en toutes choses. Assurez votre salut par la pratique des bonnes œuvres.
Sources:
(1) Philippe DELORME, Préface de Jean TULARD de l'Institut, Contre-Histoire de France, Ni romance, ni repentance, Via Romana, Le Chesnay 2024, p. 51
(2) Philippe DELORME, Préface de Jean TULARD de l'Institut, Contre-Histoire de France, ibid., p. 51
(3) Per Ipsum, service de calendrier liturgique tridentin (de 1962)
(4) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 154
(5) Les Reines franques, Les Destins épiques de Clotilde, Radegonde, Brunehaut et Frédégonde, Reines, maîtresses et favorites, Hachette Collection, 2015 ; (4) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011
Ces Saints habitaient une contrée au milieu de l'Afrique, appelée Ouganda. Personne n'y avait jamais prononcé le nom de Dieu et le démon y régnait par l'esclavage, la sorcellerieet le cannibalisme. Deux Pères Blancs, le P. Lourdel et le P. Livinhac débarquèrent un jour chez ces pauvres indigènes. Ils se présentèrent aussitôt au roi Mutesa qui les accueillit pacifiquement et leur accorda droit de cité.
Les dévoués missionnaires se faisaient tout à tous en rendant tous les services possibles. Sept mois à peine après l'ouverture du catéchuménat, ils désignaient quelques sujets dignes d'être préparés au baptême. Le roi Mutesa s'intéressait à ce que prêchaient les Pères, mais leur prédication alluma bientôt la colère des sorciers jaloux et des Arabes qui pratiquaient le commerce des Noirs.
Pressentant la persécution, les Pères Lourdel et Livinhac baptisèrent les indigènes déjà préparés et se retirèrent au sud du lac Victoria avec quelques jeunes Noirs qu'ils avaient rachetés. Comme la variole décimait la population de cette contrée, les missionnaires baptisèrent un grand nombre d'enfants près de mourir.
Après trois ans d'exil, le roi Mutesa vint à mourir. Son fils Mwanga, favorable à la nouvelle religion, rappela les Pères Blancs au pays. Le 12 juillet 1885, la population ougandaise qui n'avait rien oublié des multiples bienfaits des missionnaires, accueillait triomphalement les Pères Lourdel et Livinhac. Les Noirs qu'ils avaient baptisés avant de partir, en avaient baptisé d'autres; l'apostolat s'avérait florissant. Le ministre du nouveau roi prit ombrage du succès des chrétiens, surtout du chef des pages, Joseph Mukasa, qui combattait leur immoralité.
Ami et confident du roi, supérieurement doué, Joseph aurait pu devenir le second personnage du royaume, mais sa seule ambition était de réaliser en lui et autour de lui, les enseignements du Christ. Le ministre persuada le jeune roi que les chrétiens voulaient s'emparer de son trône ; les sorciers insistaient pour que les prétendus conspirateurs soient promptement punis de mort. Mwanga céda à ces fausses accusations et fit brûler Joseph Mukasa, le 15 novembre 1885.
«Quand j'aurai tué celui-là, dit le tyran, tous les autres auront peur et abandonneront la religion des Pères.» Contrairement à ces prévisions, les conversions ne cessèrent de se multiplier. La nuit qui suivit le martyre de Joseph, douze catéchumènes sollicitèrent la grâce du baptême. Cent cinq autres catéchumènes furent baptisés dans la semaine qui suivit la mort de Joseph, parmi lesquels figuraient onze des futurs martyrs.
Le 25 mai 1886, six mois après l'odieux meurtre de Joseph, le roi revenant de chasse fit appeler un de ses pages, nommé Denis, âgé de quatorze ans. En l'interrogeant, Mwanga apprit qu'il étudiait le catéchisme avec Muwafu, un jeune baptisé. Transporté de rage, il l'égorgea avec sa lance empoisonnée. Les bourreaux l'achevèrent le lendemain matin, 26 mai, jour où le despote déclara officiellement la persécution ouverte contre les chrétiens.
Le même jour, Mwanga fit mutiler et torturer le jeune Honorat, mit la cangue au cou à un néophyte appelé Jacques qui avait essayé autrefois de le convertir à la religion chrétienne. Ensuite, il fit assembler tous les pages chrétiens et ordonna qu'on les amena pour être brûlés vifs sur le bûcher de Namugongo. Jacques périt sur ce bûcher en compagnie des autres martyrs, le 3 juin 1886, fête de l'Ascension.
«On avait lié ensemble les jeunes de 18 à 25 ans, écrira le Père Lourdel ; les enfants étaient également liés, et si étroitement serrés les uns près des autres qu'ils ne pouvaient marcher sans se heurter un peu. Je vis le petit Kizito rire de cette bousculade comme s'il eût été en train de jouer avec ses compagnons.» Ils sont en tout quinze catholiques. Trois seront graciés à la dernière minute. On compte officiellement vingt-deux martyrs catholiques canonisés dont le martyre s'échelonne de l'année 1885 à 1887.
Le groupe des condamnés marchait vers le lieu de leur supplice, lorsqu'ils rencontrèrent un Noir nommé Pontien. «Tu sais prier ?» questionna le bourreau ; sur la réponse affirmative de Pontien, le bourreau lui trancha la tête d'un coup de lance. C'était le 26 mai 1886. Le soir venu, on immobilisa les martyrs dans une cangue et on ramena de force à la maison, le fils du bourreau, au nombre des victimes. Après une longue marche exténuante, doublée de mauvais traitements, les captifs arrivèrent, le 27 mai, à Namugongo. Les bourreaux, au nombre d'une centaine, répartirent les prisonniers entre eux.
Les cruels exécuteurs travailleront jusqu'au 3 juin afin de rassembler tout le bois nécessaire au bûcher. Les prisonniers doivent donc attendre six longues journées de privations et de souffrances, nuits de froid et d'insomnie, mais plus encore d'ardentes prières, avant que la mort ne vienne couronner leur héroïque combat. Le martèlement frénétique des tam-tams qui se fit entendre toute la nuit du 2 juin indiqua aux martyrs qui languissaient, garrottés dans des huttes, que l'immense brasier de leur suprême holocauste s'allumerait très bientôt.
Charles Lwanga, magnifique athlète d'une vigueur peu commune, à qui le roi avait confié un groupe de pages auxquels il avait enseigné le catéchisme en cachette, fut séparé de ses compagnons afin d'être brûlé à part, d'une manière particulièrement atroce. Le bourreau alluma les branchages de manière à ne brûler d'abord que les pieds de sa victime. «Tu me brûles, dit Charles, mais c'est comme si tu versais de l'eau pour me laver !» Lorsque les flammes attaquèrent la région du coeur, avant d'expirer, Charles murmura : «Mon Dieu! mon Dieu !»
Comme le groupe des martyrs avançait vers le bûcher, un cri de triomphe retentit : Nwaga, le fils du chef des bourreaux, avait réussi à s'enfuir de la maison pour voler au martyre ! Il bondissait de joie en se retrouvant dans la compagnie de ses amis. On l'assomma d'abord d'un coup de massue, puis il fut roulé avec les autres dans des claies de roseaux pour devenir dans un instant la proie des flammes.
Après leur avoir brûlé les pieds, ils reçurent la promesse d'une prompte délivrance s'ils renonçaient à la prière. Mais ces héros ne craignaient pas la mort de leur corps et devant leur refus catégorique d'apostasier, on commença à incendier le bûcher. Par-dessus le crépitement du brasier et les clameurs des bourreaux sanguinaires, la prière des saints martyrs s'éleva calme, ardente et sereine : «Notre Père qui êtes aux cieux...» On sut qu'ils étaient morts lorsqu'ils cessèrent de prier.
Le dernier des martyrs s'appelait Jean-Marie. Longtemps obligé de se cacher, las de sa vie vagabonde, il désirait ardemment mourir pour sa foi. Malgré les conseils de ses amis qui essayaient de le dissuader de ce projet, Jean-Marie résolut d'aller voir le roi Mwanga. Nul ne le revit plus jamais, car le 27 janvier 1887, Mwanga le fit décapiter et jeter dans un étang.
La dévotion populaire aux martyrs de l'Ouganda prit un essor universel, après que saint Pie X les proclama Vénérables, le 16 août 1912. Leur béatification eut lieu le 6 juin 1920 et ils reçurent les honneurs de la canonisation, le 18 octobre 1964.
Tiré de Marteau de Langle de Cary, 1959, tome II, p. 305-308 -- Vivante Afrique, No 234 - Bimestriel - Sept - Oct. - 1964Les Saints du jour
Le martyre de sainte Blandine (en 177 ap.J-C) livrée aux lions, et des autres chrétiens de Lyon et de Vienne, fut décrit par des témoins oculaires qui écrivirent une lettre à l'Eglise de Phrygie et d'Asie. Celle-ci fut retranscrite par Eusèbe (265-340) dans son Histoire ecclésiastique.
Saint Pothin fut le premier évêque de Lyon. Il venait de l'Asie, avait été formé à l'école de saint Polycarpe, évêque de Smyrne, et envoyé par lui dans les Gaules.
Après avoir gagné un grand nombre d'âmes à Jésus-Christ, Pothin fut arrêté à Lyon sous le règne de Marc-Aurèle. Il était âgé de quatre-vingt-dix ans, faible et tout infirme; son zèle et le désir du martyre soutenaient ses forces et son courage. Conduit au tribunal au milieu des injures de la populace païenne, il fut interrogé par le gouverneur, qui lui demanda quel était le Dieu des chrétiens: "Vous le connaîtrez si vous en êtes digne," répondit l'évêque. A ces mots, la multitude furieuse se précipite contre lui; ceux qui étaient plus près le frappèrent à coups de pieds et à coups de poings, sans aucun respect pour son âge. Le vieillard conservait à peine un souffle de vie quand il fut jeté en prison, avec de nombreux chrétiens dont Sainte Blandine. Là, il expira peu après, roué de coups.
Le récit du martyre des compagnons de saint Pothin est une des plus belles pages de l'histoire de l'Église des premiers siècles. Le diacre Sanctus supporta sans faiblir toutes les tortures, au point que son corps était devenu un amas informe d'os et de membres broyés et de chairs calcinées; au bout de quelques jours, miraculeusement guéri, il se trouva fort pour de nouveaux supplices. Il ne voulait dire à ses bourreaux ni son nom, ni sa patrie, ni sa condition; à toutes les interrogations il répondait: "Je suis chrétien!" Ce titre était tout pour lui; livré enfin aux bêtes, il fut égorgé dans l'amphithéâtre.
Maturus eut à endurer les mêmes supplices que le saint diacre; il subit les verges, la chaise de fer rougie au feu, et fut enfin dévoré par les bêtes féroces.
Le médecin Alexandre, qui, dans la foule des spectateurs, soutenait du geste le courage des martyrs, fut saisi et livré aux supplices.
Attale, pendant qu'on le grillait sur une chaise de fer, vengeait les chrétiens des odieuses imputations dont on les chargeait indignement: "Ce ne sont pas, disait-il, les chrétiens qui mangent les hommes, c'est vous; quand à nous, nous évitons tout ce qui est mal." On lui demanda comment S'appelait Dieu: "Dieu, dit-il, n'a pas de nom comme nous autres mortels."
Il restait encore le jeune Ponticus, âgé de quinze ans, et l'esclave Blandine, qui avaient été témoins de la mort cruelle de leurs frères; Ponticus alla le premier rejoindre les martyrs qui l'avaient devancé; Blandine, rayonnante de joie, fut torturée avec une cruauté particulière, puis livrée à un taureau, qui la lança plusieurs fois dans les airs; enfin elle eut la tête tranchée.
Torturée sans relâche, Blandine se contenta de dire à ses bourreaux que les chrétiens ne faisaient aucun mal. Envoyée dans l'arène avec ses compagnons, elle les exhortait à garder leur foi malgré les supplices.
Sainte Blandine martyr, gouache, fin XIXe siècle, anonyme
"Blandine, Sanctus, Maturus et Attale furent conduits à l'amphithéâtre. Blandine fut attachée à un poteau, exposée aux bêtes féroces lâchées dans l'amphithéâtre. Les autres chrétiens, dans leur supplice, l'entendaient prier à haute voix. Il leur semblait voir, en regardant leur sœur, celui qui a été crucifié pour nous. Celui qui souffre pour le Dieu vivant ne fait qu'un avec le Christ. Aucune bête n'attaqua Blandine. A la fin de la journée on égorgea Maturus et Sanctus, qui survivaient à peine à leurs blessures et on remit Blandine en prison.
Blandine fut finalement mise dans un filet et jeté à un taureau sauvage. Blandine fut bien des fois projetée en l'air par les cornes de l'animal, mais on aurait dit qu'elle ne se rendait compte de rien. Elle ne pensait qu'à Jésus Christ. N'étant toujours pas morte, les romains décidèrent de l'achever à l'épée. Les païens eux-mêmes reconnaissaient que jamais une femme n'avait enduré de telles souffrances.
Le Pape Jean-Paul II lors de son voyage apostolique en 1986 à Lyon déclara : " Ils n'ont pas voulu renier Celui qui leur avait communiqué sa vie et les avait appelés à être ses témoins.
Nous savons qu'ils sont nombreux aujourd'hui encore, et dans toutes les parties du monde, ceux qui subissent les outrages, le bannissement et même la torture à cause de leur fidélité à la Foi chrétienne. En eux le Christ manifeste sa puissance.
Les martyrs d'aujourd'hui et les martyrs d'hier nous environnent et nous soutiennent pour que nous gardions nos regards fixés sur Jésus."
Représentation du martyre de Blandine de Lyon, lancée en l'air par un taureau alors qu'elle était emprisonnée dans un filet. Gravure de Jan Luyken, XVIIe s.
"Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi." Jean 14,6
Juin est le mois du Sacré-Cœur de Jésus-Christ.
Mais qu'est-ce que le Sacré-Cœur ?
Pourquoi le mois de juin lui est-il consacré ?
Et quel est le pouvoir de cette dévotion ?
La dévotion a commencé dans les années 1670, lorsque Jésus est apparu à plusieurs reprises à sainte Marguerite-Marie Alacoque, une religieuse de la Visitation en France. Il lui montra son Cœur brûlant, transpercé, couronné, et dit : "Voici ce Cœur qui a tant aimé les hommes et qui est si peu aimé en retour."
Le Christ a révélé son Cœur comme un symbole de son amour infini pour l’humanité et a souligné la nécessité pour les gens de lui rendre son amour par la dévotion et la prière.
Chaque partie de l’image du Sacré-Cœur parle :
>Couronne d'épines : représente la souffrance de Jésus et son immense amour pour l'humanité
>Flammes : Son amour divin et purificateur
>La Croix : Son offrande totale
>La Plaie : représente la blessure infligée à lui par le soldat romain et par tous les êtres humains à travers leurs péchés.
Quelles sont les douze promesses du Sacré-Cœur ?
1) "Je leur donnerai toutes les grâces nécessaires à leur état de vie."
2) "J’établirai la paix dans leurs familles."
3) "Je les consolerai dans leurs épreuves."
4) "Je serai leur refuge sûr durant la vie et, surtout, dans la mort."
5) "Je répandrai d’abondantes bénédictions sur toutes leurs entreprises."
6) "Les pécheurs trouveront dans mon Cœur la source et l’océan infini de la miséricorde."
7) "Les âmes tièdes deviendront ferventes."
8) "Les âmes ferventes atteindront rapidement une haute perfection."
9) "Je bénirai chaque endroit où une image de mon Cœur sera érigée et honorée."
10) "Je donnerai aux prêtres le don de toucher les cœurs les plus endurcis."
11) "Ceux qui promouvront cette dévotion auront leurs noms écrits dans mon Cœur, pour ne jamais être effacés."
12) "Je vous promets, dans l'excessive miséricorde de mon Cœur, que mon amour tout-puissant accordera, à tous ceux qui recevront la Sainte Communion le premier vendredi de neuf mois consécutifs, la grâce du repentir final ; ils ne mourront pas sous mon déplaisir, ni sans recevoir les sacrements ; mon Cœur sera leur refuge assuré à cette dernière heure."
Pour vivre la dévotion:
Venez vous confesser, puis allez à la messe les premiers vendredis de 9 mois d'affilée et recevez la communion en état de grâce.
Priez la litanie du Sacré-Cœur.
Consacrez-vous et votre maison à son Cœur.
Placez une image de son Cœur dans votre maison.
Jésus dit à sainte Marguerite-Marie :
"Voici ce Cœur qui a tant aimé les hommes et qui pourtant est si peu aimé en retour."
L'aimeras-tu en retour ?
Répareras-tu le tort causé à tant de personnes qui blessent son cœur quotidiennement ?
Si ce n'est pas toi, qui ? Si ce n'est pas maintenant, quand ?
Prière catholique traditionnelle au Sacré-Cœur :
Ô très saint Cœur de Jésus, source de toute bénédiction, je vous adore, je vous aime et, avec une vive douleur pour mes péchés, je vous offre ce pauvre cœur. Rendez-moi humble, patient, pur et entièrement obéissant à votre volonté. Accordez-moi, bon Jésus, de vivre en vous et pour vous. Protégez-moi au milieu des dangers, réconfortez-moi dans mes afflictions, donnez-moi la santé physique, l'assistance dans mes besoins temporels, votre bénédiction sur tout ce que je fais et la grâce d'une sainte mort. Ainsi soit-il.(1)
En ce mois de juin, ne soyez pas passifs. Choisissez de combattre sous la bannière du Christ.
Consacrez-vous et votre foyer à son Sacré-Cœur. Enthousiasmez-le en tant que roi.
Cœur très sacré de Jésus, ayez pitié de nous ! Jésus-Christ fait de nos cœurs un miroir du vôtre.
Après sa catéchèse le 15 juin 2011, Benoît XVI encouragea cette dévotion : "juin est consacré à la dévotion envers le Sacré Coeur de Jésus, vivace dans de nombreuses églises et communautés".(2)
Également connu comme Justin de Néapolis, Justin Martyr ou Justin le Philosophe, apologète et martyr, Justin naquit vers 103 ap. J.-C. en Samarie à Flavia Neapolis (actuelle Naplouse en Cisjordanie), ville de Palestine, bâtie sur l'ancien site de Sichem.
"Il chercha longuement la vérité, se rendant en pèlerinage dans les diverses écoles de la tradition philosophique grecque. Finalement, - comme lui-même le raconte dans les premiers chapitres de son Dialogue avec Tryphon - un mystérieux personnage, un vieillard rencontré sur la plage de la mer, provoqua d'abord en lui une crise, en lui démontrant l'incapacité de l'homme à satisfaire par ses seules forces l'aspiration au divin. Puis il lui indiqua dans les anciens prophètes les personnes vers lesquelles se tourner pour trouver la voie de Dieu et la "véritable philosophie". En le quittant, le vieillard l'exhorta à la prière, afin que lui soient ouvertes les portes de la lumière. Le récit reflète l'épisode crucial de la vie de Justin: au terme d'un long itinéraire philosophique de recherche de la vérité, il parvint à la foi chrétienne. Il fonda une école à Rome, où il initiait gratuitement les élèves à la nouvelle religion, considérée comme la véritable philosophie. En celle-ci, en effet, il avait trouvé la vérité et donc l'art de vivre de façon droite. Il fut dénoncé pour cette raison et fut décapité vers 165, sous le règne de Marc Aurèle, l'empereur philosophe auquel Justin lui-même avait adressé l'une de ses Apologies.'' (Benoît XVI, Audience générale du mercredi 21 mars 2007.)(1)
Le christianisme lui-même se développa très tôt à Athènes, où il n'y avait cependant jamais eu de communauté juive organisée. Et ce fut un christianisme d'intellectuels : Athènes produisit les premiers apologistes chrétiens, au milieu du IIe siècle, capables de rédiger un mémoire destiné à l'empereur; ils semblent être issus de l'école stoïcienne. (Apologie d'Aristide pour Hadrien - plus ancienne apologie actuellement conservée puisqu’elle date probablement des années 124-125 -, et apologie d'Athénagoras, dont le nom semble indiquer un athénien de naissance, pour Mac-Aurèle et Commode : voir P. GRAINDOR, Athènes sous Hadrien, Le Caire, 1934, p. 212-213.) (2)
Le père de Justin s'appelait Priscus, son grand père Bacchius et il fut éduqué dans le culte des idoles phéniciennes (Astarté, Europa, Zeus). (3) Les parents de Justin étaient des païens très aisés qui lui firent faire des études très poussées. Justin était alors à la recherche de la sagesse, il cherchait Dieu à travers l'étude de la philosophie. Il se mit d'abord à l'école d'un disciple d'Aristote, mais il fut rebuté aussitôt par ce péripatéticien qui voulait d'abord fixer le montant de ses honoraires, geste indigne d'un philosophe. Il échoua chez un pythagoricien qui lui demanda d'apprendre d'abord la musique, l'astronomie et la géométrie pour détacher son âme des objets sensibles. Inquiet de si longs détours, Justin se rendit alors chez un platonicien qui le retint en lui laissant espérer la rencontre de la Beauté éternelle, de la Vérité pure. En méditant dans la solitude, au bord de la mer, Justin rencontra un vieillard qui lui démontra que les philosophes ne pouvaient connaître la vérité sur Dieu. Cet homme lui parla alors des prophètes et lui annonça Jésus-Christ :
Ainsi me parla le vieillard. Il me dit encore beaucoup d'autres choses qu'il est inutile de rapporter ici, et disparut en me recommandant de méditer ses paroles. Je ne l'ai pas revu depuis, mais un feu secret me dévorait; je brûlais du désir de connaître les prophètes et les hommes divins amis du Christ. [...] Là devait se trouver la seule philosophie utile et certaine.
La foi chrétienne devenait pour Justin la sagesse suprême, la seule philosophie.
Converti vers 130, il possédait la passion de communiquer la vérité. Simple laïc, il vint à Rome à l'époque d'Antonin, y ouvrir une école à la façon des philosophes païens. Cherchant à justifier les chrétiens, il montra que leur croyance était "conforme à la raison et à la vérité". Il se lança "dans une vaste entreprise de récupération des textes anciens judéens et grecs. Pour les premiers, il estime que si Moïse prie 'les bras en croix', c'est qu'il annonce la crucifixion, allant même à avancer que l'ange qui parle à Abraham pourrait être Jésus lui-même et à voir dans le nom de Josué celui de Jésus. Pour les seconds, il se demande si Platon n'aurait pas vu dans l' "X" du Timée une croix, celle de Jésus de Nazareth.
Dans de telles interprétations à la fois typologiques et allégoriques, la philosophie grecque est récupérée, prenant une nouvelle dimension et un nouveau visage: le Logos grec, par exemple, exprime chez Justin à la fois la visibilité du Père, la parution de la connaissance et l'identité de la 'deuxième divinité', Jésus-Christ." (4)
Il entendait laver les chrétiens de toutes les calomnies répandues contre eux et il voulut montrer la supériorité de leur vie sur celle des païens. Il insista sur la chasteté et leur souci de la vérité, sur leur amour des ennemis et leur courage inébranlable devant la mort. (5)
Il fonda plusieurs écoles de philosophies dans l'Empire, à Beyrouth, à Éphèse, à Rome.Il écrivit de nombreux ouvrages sur le christianisme. Il essaya même de convertir les empereurs Romains au christianisme en leur envoyant ses ouvrages.
Si l'empereur Antonin fut sensible à ses arguments et mit fin aux persécutions contre les chrétiens, son successeur Marc-Aurèle considéra le christianisme comme un danger pour l'Empire et ralluma la persécution qui fit périr des milliers de chrétiens.
Justin, lui-même, fut arrêté vers 165 puis décapité à Rome pour ne pas avoir renié sa foi. Il est le patron des philosophes.
Selon Tatien, qui fut son élève, Justin aurait été dénoncé par le philosophe cynique Crescens, auquel il s'était opposé dans un débat public (Discours aux Grecs, 19 ; JUSTIN, Apol. II, 3, 1-2 [= Apol. 76] ; EUSEBE, HE, IV, XVI, 7) (6)
Justin parle de sa recherche dans ses "dialogues avec Tryphon" où il nous raconte sa longue quête (7)
Justin se confia à un maître stoïcien, mais celui-ci ne lui parlait pas de Dieu. Il le quitta pour un disciple d'Aristote qui ne s'intéressait qu'à ses honoraires. Les platoniciens lui offrirent une doctrine plus solide et exaltante. Il pensait alors avoir trouvé ce qu'il cherchait. Mais sa rencontre avec un chrétien le fit aller plus loin : la vérité tant recherchée, seul le Christ pouvait la lui donner. A trente ans, devenu chrétien, il ne renia pas la philosophie qui était à ses yeux une préparation de la révélation chrétienne, chaque doctrine contenant une parcelle de la vérité totale qui se trouvait dans le Christ. Justin commença alors une carrière d'enseignant, fonda des écoles de philosophie à Éphèse puis à Rome.
"S’est-il trouvé un seul homme qui voulût mourir en témoignage de sa foi au soleil ?" (Dialogue avec Tryphon, 121, 2)
Conscients du grand horizon que la foi leur ouvrait, les chrétiens appelèrent le Christ le vrai soleil, "dont les rayons donnent la vie." (Clément d’Alexandrie, Protrepticus, IX in Lumen fidei, § 1.)
"Il existait au IIe siècle une secte de 'simoniens' (disciples de Simon le magicien), présents notamment à Rome. Le premier à 'construire' la généalogie de cette hérésie fut Justin dans son Traité contre toutes les hérésies (Syntagma) malheureusement perdu, mais dont on trouve des indications dans d'autres oeuvres du philosophe" (8), et dont des comparaisons faites avec d'autres auteurs qui ont écrit contre les hérésies peu après lui, en premier lieu Irénée de Lyon et Tertullien, permettent d'identifier des sections de texte qui semblent bien remonter au Syntagma de Justin. Ainsi, dans un article intitulé "Que pouvons-nous reconstituer du Syntagma contre les hérésies de Justin?", l'historien du christianisme Enrico Norelli, en dégage une ligne argumentative qui, en réfutant les objections marcionites sur les origines du mal et contre la prescience du Créateur, développait le thème du libre arbitre des humains et des anges, ainsi que celui de la chute des anges rebelles, leur activité dans l'histoire du monde et leur châtiment final. (9) L'amour de Dieu pour ses créatures se révèle quand même dans le don du libre arbitre, précisément parce que malgré la prescience de Dieu et sa vision du mauvais usage que pourrait en faire ses créatures, Dieu a préféré laisser ses créatures à leur libre arbitre, par amour. Qui en effet aimerait un Dieu dictateur ?
"L'entité christianisme a toujours été, dès la première attestation du terme (dans les lettres d'Ignace d'Antioche aux chrétiens de Magnésie et Philadelphie vers 115) une construction conceptuelle, servant notamment à tracer des frontières entre pratiques et croyances différentes, et à connoter positivement ou négativement, les ensembles de phénomènes ainsi délimités.
"[...] L'hébraïsme du temps présent, [...] devenait désormais l'héritier de l'opposition à Dieu toujours active en Israël, et donc une branche morte, abandonnée de Dieu et de sa bienveillance ou, plutôt, s'étant elle-même obstinément, coupablement, détachée de Lui." (10)
Ainsi, "c'est l'orthodoxie qui crée l'hétérodoxie et non pas l'inverse : c'est en se considérant orthodoxes que ceux qui ne le sont pas sont rejetés comme hétérodoxes.
[...] Dans l'Antiquité, le terme d'hérésie renvoie à un schème idéologique emprunté principalement à la culture hellénophone. Dans la tradition grecque, le terme désigne un courant de pensée, rattaché de manière assez lâche aux écoles philosophiques, [...] telles l'Académie de Platon ou le Lycée d'Aristote - dans un sens positif. Dans la tradition judéenne, [...] le terme a été adopté pour l'appliquer aux courants internes du judaïsme, celui des pharisiens, des esséniens ou de sadducéens par exemple - dans un sens neutre, même si le caractère péjoratif de la désignation comme hérésie pointe souvent dans les textes. Dans la tradition chrétienne, le terme a encore cette valeur dans les Actes des Apôtres. Cependant Paul l'emploie déjà pour réprouver la formation de 'partis' dans les communautés chrétiennes. [...] Il faut attendre le milieu du IIe siècle pour qu'apparaisse un modèle plus ou moins commun destiné à justifier l'exclusion, sous le nom d'hérésies, de doctrines considérés comme perverses. [...] L'intervention de Justin de Néapolis, dans les années 150 environ, semble avoir été déterminante en la matière. [...] L'attitude du mouvement pharisien ou rabbinique, après les échecs des révoltes judéennes contre Rome entre 70 et 135, [...] a eu probablement sur ce point, comme sur d'autres d'ailleurs, une certaine influence.
James F. McCue, par exemple, a fait remarquer que le développement de la pensée valentinienne, loin de prouver que l'hétérodoxie serait majoritaire et autonome, suppose, au contraire, l'existence de l'orthodoxie. (J.F. McCue, Orthodoxy and Heresy: Walter Bauer and the Valentinians, dans Vigiliae christianae 33, 1979, p. 118-130.)" (11)
Le "Dialogue avec Tryphon" est une réflexion contre le judaïsme pharisien. Le Dialogue utilise le procédé littéraire d'une conversation intellectuelle entre Justin et Tryphon, un Juif fictif. L'ouvrage conclut que les chrétiens sont le véritable peuple de Dieu. Justin y remet en question la Loi, entendue comme la loi orale (observances) opposée à la Loi écrite, l'Écriture (Ancien testament). Il rapporte que de son temps les autorités pharisiennes mènent une politique active contre le mouvement chrétien, 1) en interdisant d'entrer en contact avec les chrétiens (Dialogue 38,1 ; 112,4), en cherchant à déshonorer le nom de Jésus (Dialogue 120,4), et qu'en certains cas, leur hostilité est allée jusqu'à la mise à mort de chrétiens, soit directement (Dialogue 16,4 "Hélas ! vous avez fait mourir le juste ; autrefois vous mettiez à mort ses prophètes, et aujourd'hui vous accablez d'outrages et de mépris ceux qui espèrent en lui et en son père, le Dieu tout-puissant, qui nous l'a envoyé ; vous les chargez de malédictions dans vos synagogues. Toutes les fois que vous avez pu nous égorger, vous l'avez fait." ; 94,4 ; 133,6) - ainsi durant la seconde révolte judéenne en 132-135 (Apologie 1,31) -, soit avec l'aide des autorités romaines (Dialogue 96,2 ; 110,5 ; 131,2).
Justin, avant de devenir chrétien semble avoir gravité autour des communautés judéennes de tendance pharisienne : raison pour laquelle, il connaît fort bien leurs traditions : il est possible, en effet, que Justin, Grec d'origine, ait été auparavant un "sympathisant" au judaïsme. (12)
Justin est ainsi le premier à affirmer de manière claire que le peuple de la Nouvelle Alliance est le Verus Israël (vrai Israël), en affirmant : "La race israélite véritable, spirituelle, c'est nous, nous que le Christ crucifié a conduits vers Dieu. (Dialogue 11 et voir aussi 123.) (13) Cette doctrine du nouveau "peuple élu" est toujours celle de l'Église aujourd'hui :"Nous pensons que le peuple élu, le peuple de Dieu, c'est à présent nous." (Benoît XVI, Audience générale du 19 octobre 2005). De même, la note 1 du décret Optatam Totius du très Saint Concile Vatican II précise : "Le Christ a voulu que le progrès de tout le peuple de Dieu dépende principalement du ministère des prêtres. Cela ressort des paroles par lesquelles Notre-Seigneur a constitué les apôtres ainsi que leurs successeurs et coopérateurs, hérauts de l'Évangile, chefs du nouveau peuple élu et dispensateurs des mystères de Dieu. Cela est encore confirmé par les paroles des Pères et des saints. ainsi que les documents répétés des souverains pontifes."
L'historien Simon Claude Mimouni note qu'"une telle revendication identitaire concernant le Verus Israel n'est pas nouvelle: les chrétiens n'en sont pas les inventeurs contrairement à ce que l'on affirme parfois (voir à ce sujet G. HARVEY, The True Israel, Uses of the Names Jew, Hebrew and Israel in Ancient Jewish and Early Chrsitian Literature, Leyde, 1996.) Elle remonte à l'époque de l'existence des deux royaumes, celui du nord (Israël) et celui du Sud (Juda). On la retrouve lors du retour en Judée des anciens déportés de Babylonie dans l'opposition entre ceux qui sont restés et ceux qui sont partis puis revenus. [...] On la retrouve encore dans l'opposition entre les partisans judéens de l'hellénisme et les partisans judéens du judaïsme lors de l'insurrection hasmonéenne au IIe siècle avant notre ère. Enfin, [...] cette revendication se retrouve chez certains groupes du Ier siècle de notre ère: notamment chez les esséniens et chez les pharisiens." (14)
Écrite peu après 150, l'Apologiepour les Chrétiens poursuit un double but : obtenir de l'empereur Antonin le Pieux, auquel elle est adressée, la légalisation du christianisme et la fin des persécutions ; en même temps, montrer à cet empereur philosophe et à tous les païens que la foi chrétienne et elle seule peut combler leur soif de vérité puisque son objet est le Logos, la Raison personnifiée, que toutes les autres philosophies n'ont atteint que partiellement. L'auteur dénonce sans ménagement les faiblesses et les contradictions des religions païennes. Grâce à l'"Apologie" de Justin, nous savons avec précision comment les chrétiens célébraient l'eucharistie au milieu du deuxième siècle. Ce texte justement célèbre se trouve aux chapitres 65 à 67. (15)
Saint Justin affirma qu'en 150, les quatre Évangiles étaient lus par fraction au cours des assemblées dominicales et tiraient déjà leur autorité de leur apostolicité. (16)
Justin explique aux empereurs, destinataires de ses on Apologie, que les anges rebelles sont devenus des démons mauvais qui ont de tout temps cherché à détourner l'homme du vrai Dieu, en inventant le polythéisme, la mythologie, l'idolâtrie (jusqu'ici le thème provient, avec quelques modifications, du Livre des Veilleurs), puis en suscitant, après la venue du Christ, les hérétiques, et en incitant en tous temps les autorités à persécuter ceux qui ont connu le vrai Dieu soit avant Jésus à travers les germes du Logos - c'est le cas de Socrate -, soit après Jésus - et c'est le cas des chrétiens persécutés et condamnés. [...] Justin s'attache à expliquer que les chrétiens n'espèrent aucunement en un règne sur le plan humain, comme le prouve le fait qu'ils ne cherchent pas à échapper à la mort dans le but de préserver leur vie pour un tel règne. [...] Le message chrétien incite les hommes à pratiquer la morale et la vertu, il propose donc la même fin que celle que doit viser un bon souverain. Justin suggère ainsi que ceux qui règnent devraient adopter le christianisme, seule force capable de modeler vraiment de bons citoyens. [...] C'est Justin, dans son Traité contre tous les hérésies, qui a créé le concept d'hérésie comme phénomène unitaire. [...] Ce traité, [...] dont nous ne conservons que quelques fragments, développe les thèmes suivants : les démons mauvais ont tenté de détourner les hommes du vrai Dieu, avant la venue de Jésus, en imitant dans les fables de la mythologie ce que les prophètes avaient annoncé à propos de Jésus; ils ont fait persécuter et tuer les sages qui avaient reçu des semences du Logos, comme Socrate; et, après l'ascension de Jésus, ils ont incité les hérétiques à déformer ses enseignements et les autorités civiles à persécuter ceux qui croyaient en lui (1 Apol 26, 56-58). Donc, chaque déformation du message de Jésus et des apôtres est interprétée comme une manifestation du projet des démons qui traverse toute l'histoire du monde. [...] L'ancêtre-fondateur de l'hérésie est Simon le Mage (il est le premier à faire son apparition dans les Actes des Apôtres). Ménandre lui succède, puis Marcion. [...] Justin construit une succession des hérésiarques." (17)
La démarche de Justin et des apologistes est celle d'une paix avec l'Empire. "Il aime citer Homère et s'efforce d'établir un certain parallélisme entre la Bible et la poésie grecque." (18)
"Tandis que saint Paul oppose la 'folie' de la croix, qui est la vraie sagesse, à la vaine sagesse des Gentils (1 Co, 1,23-24), pour Justin, au contraire, il y a convergence entre la pensée païenne dans ce qu'elle a de meilleur et le christianisme.
[...] Les philosophes eux-mêmes doivent le meilleur de ce qu'ils ont enseigné à la révélation biblique. C'est aux prophètes et en particulier à Moïse, 'le premier des prophètes, plus anciens que les écrivains de la Grèce' (1 Apol 59,1), que Platon emprunte par exemple sa doctrine de la création.
[...] Justin disculpe les chrétiens des forfaits qu'on leur reproche, et insiste sur leurs vertus sociales, leur philanthropie, leur loyalisme envers le pouvoir. [...] Il n'y a dans le christianisme rien de répréhensible: c'est bien plutôt une doctrine 'conforme à la raison et à la vérité'.
[...] Si certaines sectes, Montanistes en particulier, et certains représentants de la Grande Église considèrent l'Empire, dans son principe même, comme l'instrument de Satan, et rejettent toute compromission, un courant de pensée s'amplifie, [...] qui estime possible et souhaitable un modus vivendi, [...] parce que l'accord entre le christianisme et l'Empire lui paraît conforme au plan divin." (19)
Malgré l'échec momentané de cette démarche des Apologistes - le sort de Justin en témoigne -, sans même parler des maladresses de certains théologiens (Tertullien, par exemple) dans leur critique agressive et injurieuse du paganisme, les Apologistes n'ont provisoirement pas réussi à empêcher les persécutions. Mais cet effort des Apologistes, cette tendance visant à la réconciliation du christianisme avec l'Empire, trouvera son aboutissement sous Constantin.
"Cette idée de collaboration entre christianisme et Empire, [...] ne devait porter pleinement ses fruits qu'au IVe siècle, mais sa consolidation dès le IIe siècle eut des conséquences considérables, en lui permettant de prévaloir sur d'autres modèles de christianisme. Non seulement sur ceux, de plus en plus minoritaires, qui reposaient sur l'exigence du respect de la Loi mosaïque, et donc sur un choix de marginalisation sociale ; ou sur ceux, comme le montanisme, liés à des modèles de leadership charismatique, difficilement contrôlables, dans une situation où l'avenir appartenait logiquement à des communautés rassemblées sous le contrôle d'instances de pouvoir propres à émettre des normes 'rationnelles', évêques en tête. Mais aussi, et surtout, cela lui permit de prévaloir sur les modèles qui mettaient en question de façon résolue, et parfois extrême, 'ce monde' avec toutes ses institutions, jusqu'à les attribuer à une divinité inférieure et à les considérer en substance incapables de toute transformation sous l'action de l'Évangile. [...] Tels furent le marcionisme et cette nébuleuse de groupes [...] que les anciens et les modernes ont réunis [...] sous l'étiquette de 'gnostiques'". (20)
Pour le moment, c'est alors que l'empereur Marc-Aurèle commença sa grande persécution. Justin refusa de sacrifier aux dieux; il fut décapité.
Après celle d'Aristide, récemment publiée dans la collection (n° 470), l'"Apologie pour les chrétiens" de Justinestla plus ancienne que nous ayons conservée. Écrite peu après 150, elle poursuit un double but : obtenir de l'empereurAntonin le Pieux, auquel elle est adressée, la légalisation du christianisme et la fin des persécutions ; en même temps, montrer à cet empereur philosophe et à tous les païens que la foi chrétienne et elle seule peut combler leur soif de vérité puisque son objet est le Logos, la Raison personnifiée, que toutes les autres philosophies n'ont atteint que partiellement.
Dans II Apologétique, 12, Justin exprime une constatation qui devait convertir les premiers païens :
"Moi aussi, du temps où j'étais encore platonicien, j'avais entendu parler des crimes que l'on imputait aux chrétiens; mais, les voyant sans crainte devant la mort et au milieu de tous les périls, je ne pouvais croire que ces gens vécussent dans les désordres et l'amour de la volupté.
Comment supposer, en effet, qu'un homme qui se livre à l'intempérance des désirs, esclave de la chair et des délices de ce monde, recherche la mort qui prive de tous ces biens ?
Loin d'aller au-devant d'une condamnation certaine, ne devrait-il pas, au contraire, se dérober à la vigilance des magistrats afin de jouir le plus longtemps possible des plaisirs de la vie" ? (21)
Dans son Dialogue avec Tryphon, 133, 3, Justinexprimela charité chrétienne envers les Juifs
"Mais maintenant encore, en vérité, votre main est levée pour le mal ; car, après avoir tué le Christ, vous n’en avez pas même le repentir ; vous nous haïssez, nous qui par lui croyons au Dieu et Père de l’univers, vous nous mettez à mort chaque fois que vous en obtenez le pouvoir ; sans cesse vous blasphémez contre lui et ses disciples, et cependant tous nous prions pour vous et tous les hommes sans exception comme notre Christ et Seigneur nous a appris à le faire lorsqu’il nous a ordonné de 'prier même pour nos ennemis, d’aimer ceux qui nous haïssent et de bénir ceux qui nous maudissent'." [Mt. 5,44]
Rien n'est plus contraire à la Religion que la contrainte.
Saint Justin, cité dans Voltaire, Traité sur la tolérance, Chapitre XV, Témoignages contre l'Intolérance, 1763
"On nous appelle athées"
"On nous appelle athées.
Oui certes, nous l'avouons, nous sommes les athées de ces prétendus dieux, mais nous croyons au Dieu très vrai, père de la justice, de la sagesse et des autres vertus, en qui ne se mélange rien de mal. Avec lui nous vénérons, nous adorons, nous honorons en esprit et en vérité le Fils venu d'auprès de lui, qui nous a donné ces enseignements, et l'armée des autres bons anges qui l'escortent et lui ressemblent, et l'Esprit prophétique. Voilà la doctrine que nous avons apprise et que nous transmettons libéralement à quiconque veut s'instruire." [St Justin, Apologie, I, 6]
"Le Christ a persuadé de mourir pour ce qu'il enseignait."
"Socrate ne put persuader à personne de mourir pour ce qu'il enseignait. Mais le Christ, que Socrate connut en partie (car il était le Verbe présent en tout, il a prédit l'avenir par les prophètes et prit personnellement notre nature pour nous enseigner ces choses), le Christ a persuadé non seulement des philosophes et des lettrés, mais même des artisans et des ignorants, qui méprisèrent pour lui et l'opinion et la crainte de la mort; car il est la vertu du Père ineffable et non une production de la raison humaine." [St Justin, Deuxième Apologie, 10.]
St Justin sur les démons
"Saint Justin dit que les démons manifestent leur présence par des impuretés commises sur femmes et enfants et des terreurs répandues parmi les hommes qui, épouvantés, les nomment comme des dieux (Apol, I, 5, Patrologie grecque de l'abbé Jacques-Paul Migne, 6, 336). Ainsi, les fils de Jupiter, Bacchus, Proserpine, etc. seraient des dieux institués par les démons avant l'Incarnation. Après l'Ascension, les démons auraient introduit dans le monde pour tromper les hommes Simon le Magicien, Ménandre, Marcion et les autres hérétiques." [Père Jean-Baptiste Golfier, Tactiques du diable et délivrances, Dieu fait-il concourir les démons au salut des hommes ?, éd. Artège-Lethielleux, 2018, p. 90]
"Vous pouvez comprendre ce que je vous dis, par les faits mêmes qui se produisent devant vos yeux. En effet, un grand nombre d'hommes, saisis par le démon, dans le monde entier et ici dans votre ville même, que d'autres adjurateurs et enchanteurs n'ont pu guérir, beaucoup des nôtres, je veux dire les chrétiens, les ont adjurés par le nom de Jésus-Christ, crucifié sous Ponce Pilate, et les ont guéris et les guérissent encore maintenant, désarmant et chassant les démons qui les possèdent." [Apologia II pro Christianis, n°6 (PG 6, 453 B-455), in Père Jean-Baptiste Golfier, Tactiques du diable et délivrances, ibid., p. 98]
St Justin et les origines de la dévotion à Marie
La belle idée de Marie "Nouvelle Eve" se trouve déjà au IIe siècle chez St Justin.
"Le Christ s'est fait homme par le moyen de la Vierge, afin que la désobéissance provoquée par le serpent prit fin par la même voie qu'elle avait commencé.
En effet, Eve, Vierge et intacte, ayant conçu la parole du serpent, enfanta la désobéissance et la mort; la Vierge Marie, ayant conçu la foi et la joie, répondit: 'Qu'il me soit fait selon votre parole'. Il est donc né d'elle celui dont parlent les Ecritures. Par lui, Dieu ruine l'empire du serpent et de ceux, anges ou hommes qui lui sont devenus semblables, et affranchit de la mort ceux qui se repentent de leurs fautes et croient en lui".
Marie, en acceptant le message de l’Ange, a conçu "foi et joie" [Dialogue avec Tryphon, 100,5]
Saint Justin, image pieuse populaire, XXe siècle (23)
On nous a enseigné que l'aliment béni par la prière de sa parole [l'Eucharistie], et dont se nourrissent notre sang et notre chair par transmutation, est la chair et le sang de ce Jésus qui s'est fait chair.
Saint Justin Martyr, Première Apologie (Ch. 66) (v. 151 ap. J.-C.).
Justin Martyr n’adhérait pas à la sola Scriptura, telle que la conçoivent les protestants.
Rien de ce que l’on voit chez Justin n’est incompatible avec la conception catholique pérenne de l’autorité.
"Nous allons maintenant vous exposer comment, rendus à la vie par Jésus-Christ, nous sommes par lui consacrés à Dieu; car si nous omettions ce point, on pourrait nous accuser de dissimulation dans notre récit. Tous ceux qui se sont laissés persuader de la vérité de nos doctrines et de nos paroles, tous ceux qui y ont ajouté foi et croyance, et qui ont solennellement promis de vivre conformément à nos préceptes, apprennent à joindre leurs jeûnes à nos jeûnes, leurs prières à nos prières, pour obtenir de Dieu le pardon de leurs fautes passées. Ils sont ensuite conduits au lieu où est l’eau, et là, de la même manière que nous avons été régénérés, ils sont régénérés à leur tour; car ils sont lavés dans l’eau au nom de Dieu, père de l’univers, de Jésus-Christ, notre Sauveur, et du Saint-Esprit, en accomplissement de cette parole du Christ: « Si vous n’avez pas été régénérés, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux.» [Jean III, 3-5] Il est bien évident pour tout le monde que ceux qui sont nés une fois ne peuvent pas rentrer dans le sein de leur mère. Le prophète Isaïe, comme nous l’avons dit plus haut, enseigne de quelle manière les pécheurs repentants effaceront leurs péchés. Il s’exprime en ces termes : Lavez-vous, Purifiez-vous, enlevez le mal de vos coeurs, apprenez a bien faire, rendez justice a l’orphelin et défendez la veuve ; venez alors et comptons, dit le Seigneur. Vos péchés vous eussent-ils rendus rouges comme la pourpre, je vous rendrai blancs comme la laine ; fussiez-vous rouges comme l’écarlate, je vous rendrai blancs comme la nege. Mais si vous ne m’écoutez pas, le glaive vous dévorera. C’est la bouche du Seigneur qui a parlé (ls l, 16-20). Voici la doctrine que les apôtres nous ont transmise sur ce sujet." (Première apologie, 61)
En une matière aussi importante que les effets du baptême, Justin invoque l’enseignement transmis (ce que signifie "traditio" en latin) et non l’Écriture Sainte, non encore totalementcodifiée.
Saint Justin, défenseur de la divinité du Christ
« Ainsi donc, ni Abraham, ni Isaac, ni Jacob, ni aucun homme n’a vu le souverain arbitre dont le nom est inénarrable, le Père de toutes choses et du Christ lui-même; mais ils ont vu celui qui, selon la volonté du Père, est son fils et Dieu lui-même, et son ange, parce qu’il exécute ses ordres; c’est lui qui s’est fait homme et a voulu naître d’une vierge, et qui autrefois s’était entretenu du milieu d’un buisson avec Moïse, sous la forme du feu » (Justin, Dialogue avec le juif Tryphon, CXXVII, 4, trad., M. de Genoude).
« Il est bien démontré, par toutes les preuves que vous ai apportées, que le Christ est véritablement Seigneur, Dieu et fils de Dieu ; et que, par l’effet de sa puissance, il s’est montré autrefois sous la forme d’un homme et sous celle d’un ange, et avec l’éclat du feu, comme dans le buisson et dans le jugement de Sodome […] » (Justin, Dialogue avec le juif Tryphon, CXXVIII, 1, trad., M. de Genoude)
Lorsque Saint Justin parle du Christ comme "Ange", c’est pour l’identifier à Celui qui parla au Buisson Ardent, c’est-à-dire, Dieu.
(4) Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, Nouvelle Clio, l'Histoire et ses problèmes, PUF, Clamecy 2018, p. 226
(5) Paul CHRISTOPHE, 2000 ans d'Histoire de l'Église, Nouvelle Édition Mame Desclée, Paris 2017, p. 43-44
(6) Actes et passions des martyrs chrétiens des premiers siècles, Introduction, traduction et notes de Pierre Maraval, Sagesses chrétiennes, Éditions du Cerf, Paris 2010, p. 62
(8) Enrico NORELLI, La Naissance du Christianisme, Comment tout a commencé, traduit de l'italien par Vivian Dutaut, édition Gallimard, Folio Histoire, 2019, p. 311
(9) Que pouvons-nous reconstituer du Syntagma contre les hérésies de Justin?, Enrico Norelli, Revue de Théologie Et de Philosophie 139 (2):167-181 (2007)
(10) Enrico NORELLI, La Naissance du Christianisme, Comment tout a commencé, ibid., p. 12 et 22
(11) Simon Claude MIMOUNI, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, Bayard, Italie 2018, p. 296-297
(12) Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, ibid., p. 265
(13) Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, ibid., p. 270
(14) Simon Claude MIMOUNI, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, ibid., p. 227
(16) Maurice VALLERY-RADOT, L'Église des premiers siècles, Perrin Collection Tempus, Paris 2006, p. 333
(17) Enrico NORELLI, La Naissance du Christianisme, Comment tout a commencé, ibid., p. 334-335, et 360
(18) Maurice VALLERY-RADOT, L'Église des premiers siècles, ibid., p. 342-343
(19) Marcel SIMON - André BENOIT, Le Judaïsme et le Christianisme antique d'Antiochus Epiphane à Constantin, Nouvelle Clio, PUF, Vendôme 1994, p. 119-121, et 237
(20) Enrico NORELLI, La Naissance du Christianisme, Comment tout a commencé, ibid., p. 22-23
(21) Saint Justin cité dans Anne BERNET, Les chrétiens dans l'empire romain, des persécutions à la conversion Ier – IVe s., Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 113
(22) DANIEL-ROPS, Histoire de l'Église du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965
(23) Rosa GIORGI, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 328-329
L'ange Gabriel, en annonçant à Marie le mystère de l'Incarnation, lui avait dit, pour confirmer sa mission, qu'Élisabeth, sa cousine, quoique d'un âge fort avancé, était enceinte d'un fils qui devait être le précurseur du Messie. La joie que la très-sainte-Vierge ressentit de cette merveille, et plus encore le motif de la charité, la déterminèrent à aller visiter sa sainte parente. Elle partit donc, et se rendit en diligence, à travers les montagnes de Juda, à la ville d'Hébron. Lorsqu'elle fut arrivée au terme de sa course, Marie entra chez Zacharie, et salua Élisabeth. Quel bonheur pour cette maison d'être honorée la première de la visite du Verbe fait chair ! De quelle bénédiction sa présence ne fut-elle pas suivie ! La très sainte-Vierge en fut l'instrument, parce que Dieu voulait nous montrer qu'elle est le canal des grâces, et que nous pouvons avec confiance implorer son intercession.
À la voix de Marie, l'enfant qu'Élisabeth portait dans son sein fut rempli du Saint-Esprit, c'est-à-dire qu'il fut purifié de la tache originelle, orné de la grâce sanctifiante, élevé à une dignité supérieure à celle des prophètes. Doué même, par anticipation, de l'usage de la raison, il reconnut, par une lumière surnaturelle, celui qui venait le visiter, et marqua, par une espèce de tressaillement, l'amour et le respect dont il était saisi en la présence de son Dieu.
Élisabeth, de son côté, félicita Marie du choix que Dieu avait fait d'elle pour être la Mère du Désiré des nations. L'auguste Vierge répondit à ces témoignages de vénération par le beau cantique MAGNIFICAT : Mon âme glorifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur.
Sources: (1) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 183 ; (2)
Fêtée le 30 mai ou le dernier dimanche de mai dans le calendrier liturgique catholique. (Cette fête ne doit pas être confondue avec la "fête nationale de Jeanne d'Arc" ou "fête du patriotisme" instituée par la IIIe "république" en 1920, le deuxième dimanche de mai.)
C'est pour redonner un roi à la France occupée par les Anglais que la bergère de Domrémy, dans les Vosges, se met en marche et conduit le jeune Charles VII à son sacre à Reims en 1429.
Née en 1412 [1] [2], elle n'a pas dix-sept ans quand, à l'écoute des voix de Saint Michel et des saintes Catherine et Marguerite, commence son aventure.
"Jeanne d'Arc est un défi divin jeté au naturalisme.C'est tout baume pour les coeurs meurtris par les haines sociales; c'est la France sollicitée de se remettre sur la voie de la France de Charlemagne et de saint Louis; c'est le ciel tout entier se présentant pour l'y soutenir et la faire avancer. [...] Dès lors se réaliserait dans sa plénitude la promesse contenue dans la lettre aux Anglais. "Pour la Chrétienté, les Français feraient le plus bel fait que oncques fut fait.'"[3] Dans cette lettre aux Anglais, Jeanne avertit l’envahisseur anglais, "de quitter sans délai le Royaume de France et de rendre à la Pucelle qui est envoyée ici par Dieu, le Roi du ciel, les clés de toutes les bonnes villes" que les Anglais ont "prises et violées en France." "Elle est toute prête à faire la paix", si les Anglais veulent "lui faire raison, en abandonnant la France et payant pour" ce qu'ils l’ont "tenue". "Et, s’ils ne veulent obéir, je les ferai tous occire ; je suis ici envoyée de par Dieu, le Roi du ciel, pour vous chasser hors de toute la France. [...] Si vous ne voulez croire ces nouvelles de par Dieu et la Pucelle, en quelque lieu que nous vous retrouverons, nous frapperons dedans et y feront un si grand hahay (vacarme) qu’il y a bien mille ans qu’en France si n’y en eut un si grand, si vous ne nous faites raison", écrit Jeanne dans sa lettre. [4][5]
Lors de son procès, Jeanne affirma la visite d’un autre prestigieux archange : saint Gabriel : "Aussi fermement que je crois que Notre-Seigneur Jésus-Christ a souffert la mort pour nous racheter des peines de l’enfer, je crois que c’est saint Michel et saint Gabriel, sainte Catherine et sainte Marguerite que Notre-Seigneur m’envoie pour me conseiller et me réconforter." [6] Elle précisera le 3 mars 1431 qu’elle a vu de ses yeux les deux archanges et le 9 mai qu’elle a reçu réconfort de saint Gabriel : "Oui, croyez que c’était lui, je l’ai su par mes Voix." [7] Elle dira aussi que, bien souvent saint Michel était entouré, quand il lui apparaissait d’une splendide théorie d’anges. [8]
C’est "à la requête de saint Louis et de Charlemagne" que Dieu "a eu pitié de la ville d’Orléans et n’a voulu souffrir que les ennemis eussent le corps du seigneur d’Orléans et sa ville" et "qu’elle avait eu une vision dans laquelle saint Louis et Charlemagne priaient Dieu pour le salut du roi et de cette cité." [9]
De Chinon à Orléans, de Paris à Reims puis à Rouen, Jeanne d'Arc, la Pucelle d'Orléans, respectant toujours l'adversaire, boute l'envahisseur anglais de 1429 à 1430.
Jeanne reconnaît Charles VII
"Dieu aime-t-il les Anglais?" demandera sournoisement son juge à son procès en 1431. "Oui, mais chez eux!" répondra-t-elle.[10]
Jeanne a une foi capable de déplacer les montagnes. Elle communie chaque jour. D'ailleurs, après avoir été privée de l'eucharistie pendant ses six mois de prison à Rouen, elle reçoit le viatique le matin de sa mort et s'exclame : "Il y a si longtemps que je l'attends!"
Une croix permet à Jeanne de monter son cheval
Une lettre qu'un jeune seigneur de Laval écrivit à sa mère et à sa grand'mère, de Selles, en date du 8 juin (1429), montre Jeanne à cheval : "Je la vis monter à cheval armée tout en blanc, sauf la tête, une petite hache en main, sur un grand coursier noir, qui à l'huis (porte) de son logis se démenait fort, et ne souffrait qu'elle montât, et lors elle dit : 'Menez-le à la croix' qui était devant l'église, auprès, au chemin; et lors elle monta sans qu'il se mut, comme s'il était lié; et lors se tourna vers l'huis de l'église qui était bien prochain, et dit en assez voix de femme: 'Vous les prêtres et gens d'église, faites processions et prières à Dieu.'
Un des preux qui avaient combattu avec Jeanne à Orléans et à Patay, Thibaud d'Armagnac, seigneur de Thermes, faisait sous la foi du serment la déposition suivante : 'En dehors de la guerre, Jeanne était la simplicité même; mais elle était le plus habile et le plus expérimenté des capitaines, quand il fallait conduire une armée, la disposer, ordonner la bataille, animer les combattants. Impossible de montrer plus de courage et d'habileté qu'elle ne le fit, à l'assaut des bastilles d'Orléans.'" (Procès, t. III, p. 119-120.) [11]
La prophétie de Jeanne sur l'expulsion des Anglais, et avant sept ans la libération de Paris
"'La France perdue par une femme sera relevée par une vierge venue des marches de Lorraine.' Cette prophétie était populaire en France au moment de l'apparition de l'héroïne. Deux témoins au procès de réhabilitation (1452-1456) rappelaient que Jeanne elle-même, encore à Vaucouleurs, leur avait mis en mémoire cette prédiction comme étant du domaine public. (Procès, t. II. Durand Laxart, p. 444, et Cath. Royer, p. 447.) La Pucelle de manifeste comme favorisée de ces communications depuis son entrée dans la carrière jusques au terme. La prophétie lui ouvre la voie; la prophétie est un des grands moyens par lesquels elle finit par se faire accepter, par lesquels elle se soutient au milieu des envieux, qui ne lui firent pas défaut, même dans son parti.
"Elle est encore aux bords de la Meuse. L'abattement est dans tous les coeurs; le roi de Bourges se demande dans quel pays il peut espérer un asile moins déshonorant, et la jeune villageoise de dix-sept ans annonce que, dans l'année qui va s'ouvrir, elle délivrera Orléans, et fera sacrer le roi à Reims.
"Quand vers le 13 mai 1428, elle voulait que l'on mandât au Dauphin de bien se tenir, de ne pas engager de bataille avant la mi-carême, elle donnait un avis prophétique. Il ne fut pas transmis, ou il n'en fut pas tenu compte. Le 12 février suivant, la honteuse journée des harengs, ou l'ignominieuse défaite de Rouvray, prouvait combien il était fondé. L'annonce de cette déroute de sept ou huit mille Français, maîtres de choisir le terrain, devant quinze cents Anglais embarrassés d'un immense convoi, l'annonce de cette déroute faite par Jeanne à Vaucouleurs, au moment où elle était subie, finit par décider Baudricourt à diriger la jeune fille sur la Loire. Rien de plus dangereux que ce voyage de 150 lieues, à travers un pays ennemi, en plein hiver, lorsque les pillards et les brigands pullulaient partout. Jeanne annonçait qu'il se ferait sans accidents. L'événement justifia pleinement une prédiction jugée par tous de toute invraisemblance. Comme elle l'avait annoncé, elle était avant la mi-carême en chemin vers la cour. Là, sans parler de l'extraordinaire reconnaissance du prince, [...], un cavalier, en la voyant passer, s'échappe-t-il en paroles de souillure et de blasphèmes, elle lui fait cette réponse prophétique : "Ah! Malheureux, tu le renies et tu es si près de la mort!" Une heure après, l'insulteur de Dieu se noyait en passant la rivière. (T. III. Déposition de Paquerel, p. 102.)
Jeanne entre à Orléans, Par J.-J. Scherrer, 1887
"Elle (Jeanne) ne prédit pas seulement la délivrance d'Orléans; mais de nombreuses circonstances du grand événement. Tels, l'introduction du convoi sans aucun obstacle de la part des Anglais, le changement subit dans la direction du vent qui était contraire; le jour de la levée du siège, le genre de mort de Glacidas. Elle connaît surnaturellement les délibérations, les combats engagés, dont on veut lui dérober la connaissance. Dunois dépose qu'il avait donné le signal de la retraite le soir du samedi, désespérant du succès de l'attaque commencée au lever du soleil, quand la Pucelle vint le prier de différer encore un peu, que bientôt ils seraient maîtres de l'imprenable forteresse. Moins d'une heure après, les Français étaient dans les Tournelles. Avant le 22 avril au moins, elle avait annoncé qu'elle achèterait cette conquête par une grave blessure à l'épavie, sans que le succès fût pour cela retardé. [...] Il serait facile de citer d'autres prophéties faites par la Pucelle, à Jargeau, à Patay, à Troyes.
"[...] Une prophétie dont elle connaissait la pleine étendue, qu'elle a répétée avec le courage des anciens prophètes, devant ceux qu'elle faisait trembler, c'est la totale expulsion des Anglais, et avant sept ans un grand échec pour leur cause, c'est-à-dire la perte de Paris. Le 1er mars on venait de lui lire la menaçante lettre par laquelle, deux ans auparavant, elle avait signifié aux envahisseurs d'avoir à lever le siège d'Orléans, et d'évacuer toute France. Voici d'après le procès-verbal, le dialogue qui s'engagea : 'Reconnaissez-vous cette lettre ? - Oui, elle est de moi - N'est-ce pas un seigneur de votre parti qui l'a dictée ? - C'est moi qui l'ai dictée et non pas un seigneur de mon parti.' Et sur-le-champ elle complète sa missive par ces foudroyantes explications : "Avant qu'il soit sept ans, les Anglais subiront un échec autrement grand que celui d'Orléans; ils finiront par tout perdre en France. Ils éprouveront en France des défaites qu'ils n'y ont pas encore éprouvées. Dieu donnera la victoire aux Français. - Comment le savez-vous - Par la révélation qui m'en a été faite; ce sera avant sept ans; je serai bien peinée que ce fût différé jusqu'à sept ans; mais je suis aussi certaine que cela arrivera que je le suis que vous êtes devant moi. - Quand cela arrivera-t-il ? - J'ignore le jour et l'heure." (Procès, t. I, p. 84 et 148.) Moins de six ans après, le 14 avril 1436, l'échec plus grand que celui d'Orléans était subi. Paris, anglais pendant 16 ans, redevenait français. En 1453, à l'exception de Calais, les Anglais avaient tout perdu en France, même Bordeaux et la Guyenne où leur domination était établie et acceptée depuis trois siècles.
[...] Ces prophéties, d'une portée si haute, font partie du procès (1430) qui condamne Jeanne comme inventrice de révélations et d'apparitions menteuses. La voyante a pour témoins et pour secrétaires ses ennemis les plus acharnés. Quel caractère à part d'authenticité!". [12]
"Jeanne voyait aussi des légions invisibles venir à son secours. Son écuyer et maître d'hôtel, le sage d'Aulon, racontait le fait suivant sous la foi du serment au procès de réhabilitation (1452-1456).
Ils assiégeaient la place de Saint-Pierre-le-Moustier. Un premier assaut avait échoué; les guerriers de Jeanne avaient lâché pied et s'étaient enfuis; l'héroïne resta seule aux bords du fossé avec quatre ou cinq hommes d'armes plus courageux. D'Aulon, tout blessé qu'il était, accourt à la vue du péril que court la guerrière; il veut l'entraîner et lui reproche vivement de rester seule.
'Seule, répond Jeanne, je suis en compagnie de cinquante mille guerriers qui combattent pour nous. D'ici ne partirai que la ville ne soit prise;' et elle crie : 'Aux fagots et aux claies tout le monde, afin de faire le pont sur le fossé.' Elle fut écoutée, et incontinent après la ville était prise." (Procès, t. III, p. 218.) [13]
Cet épisode est également rapporté par le Chanoine Henri Debout, dans "Jeanne d’Arc, nouvelle vie populaire illustrée" (Maison de la Bonne Presse, 1907, p. 220) en ces termes : "Les cinquante mille guerriers dont Jeanne parlait étaient des anges de Dieu qui venaient remplacer les soldats fugitifs. Elevant alors la voix, la guerrière s’écria : ‘Aux fagots ! Aux claies, tout le monde, afin de jeter le pont !’ Et voici qu’aussitôt le pont fut établi au grand émerveillement des témoins de cette scène."
Lors de l’interrogatoire du 12 mars 1431, Jeanne affirme que "Les anges viennent beaucoup au milieu des chrétiens sans qu’on les voie ; moi je les ai vus maintes fois au milieu des chrétiens." [14]
L'importance de la confession dans la victoire
"Le premier ordre qu'elle donne en arrivant à Blois, c'est celui de renvoyer des rangs de l'armée les femmes de mauvaise vie, qui y foisonnaient; de se confesser et de mettre la conscience en bon état. Elle promettait la victoire, à l'aide de Dieu, si l'on obéissait.
"Même commandement à son arrivée à Orléans. Elle menaçait de renvoyer de l'armée quiconque ne se serait pas confessé, ou même elle menaçait de se retirer." [15]
À son procès (1430), elle est seule face à 113 évêques, abbés, chanoines et clercs, 20 docteurs en théologie et 22 hommes de loi. Pourtant personne ne la prend en défaut. Répondant aux juges qui lui demandent : "Croyez-vous être en état de grâce?", elle répond avec finesse : "Si je n'y suis, Dieu m'y mette, si j'y suis Dieu m'y garde!"
Jésus pardonne, Jeanne pardonne
Nul ne la sauvera du bûcher le 30 mai 1431. Condamnée à être brûlée vive pour hérésie.
Jeanne d'Arc sur le bûcher, Par J.-J. Scherrer, 1843
"Jeanne, pendant que l'on l'attache au poteau, répète que, quel que soit le jugement que l'on porte de ses révélations, - qu'encore une fois elle affirme divines, - ni son roi, ni aucun des siens ne doivent en être regardés comme les inspirateurs; Jésus pardonne, Jeanne pardonne; Jésus excuses ses bourreaux, Jeanne demande pardon, même aux Anglais, même à Cauchon, si elle les a injustement offensés.
"Jeanne, pendant qu'on l'attache au bûcher, invoque la Vierge, saint Michel, ses saintes; mais lorsque les flammes l'enveloppent, les yeux fixés sur la croix que deux fils de Dominique maintiennent à la hauteur de son regard, elle ne sait plus que lancer au ciel et à la terre le nom de son fiancé: Jésus! Jésus!". [16]
Dans les flammes, on l'entendait répéter, au moins six fois, le nom de Jésus. Et au moment de mourir, elle cria d'une voix très forte : "Jésus!" [17]
Son âme s'échappa de son corps sous la forme d'une colombe, et son cœur ne fut pas touché par les flammes. [18]
"La flamme semblait avoir fait son oeuvre. Les premiers tisons écartés ne laissaient voir que de la cendre et les os calcinés; mais, ô merveille ! sous cet amas fouillé, les viscères et le cœur paraissent intacts. On rallume le foyer incandescent, et on cherche à en activer les ardeurs en y jetant de l'huile et du soufre. Inutiles efforts, le cœur résiste. (Procès, t. 11, p. 7)
"[...] On s'éloignait de la Place du Vieux-Marché en répétant : 'Un grand crime a été commis, on vient de brûler une sainte.' Il n'y avait pas jusqu'au secrétaire du roi d'Angleterre qui ne s'écriât : 'Nous sommes perdus, nous avons fait périr une sainte.' [19] Le bourreau courut au monastère des Pères Dominicains, demandant s'il y avait pardon pour lui au ciel, pour avoir été l'exécuteur du forfait qui venait de se commettre.
Quand le procès en nullité commença en 1452, trois ou quatre témoins firent savoir que le corps de Jeanne ne fut pas plus docile dans la mort qu'il ne l'avait été durant sa vie. "Ainsi, le notaire Manchon apprit de la bouche du bourreau que, 'quand son corps eut été brûlé par le feu, le cœur demeurait intact et plein de sang... les cendres et tout ce qui restait d'elle furent jetés par lui dans la Seine.' Le cœur aussi, en principe. [...] Le pauvre en était stupéfait, comme d'un évident 'miracle'. complète Isembard de la Pierre, qui accompagna Jeanne au bûcher. [...] Dans de nombreuses vies de saints, le martyr meurt, mais son coeur survit parce qu'il est marqué du nom du Christ : le nom de Jésus serait apparu en effet en lettres d'or au-dessus du bûcher ! Les juges de 1456 ne cherchaient pas à fabriquer une sainte, ils ne poursuivirent pas. Mais la légende s'implanta à Rouen. Au XVIIIe siècle, on disait que le coeur de Jeanne était toujours là, dans l'un des couvents mendiants de la ville: chez les Carmes ou, plutôt, chez les Dominicains où le bourreau s'était confessé." [20]
Cinq siècles plus tard, l'Église a réhabilité la mémoire de Jeanne et l'a élevée au rang des Saintes. La démarche fut enclenchée en 1874 par l'évêque d'Orléans, Mgr Dupanloup, tandis que Jeanne d'Arc est déjà entrée dans le panthéon des grandes figures de la nation. [21]
Béatifiée en 1909 et canonisée en 1920, elle a été déclarée Patronne secondaire de la France par un Bref du Pape Pie XI, le 2 mars 1922.
Parmi les miracles reconnus étudiés et étudiés pour la béatification de Jeanne, on en proposa trois: des guérisons survenues de façon miraculeuse chez des religieuses en 1891, 1893 et 1900. Dans chaque cas les prières, les neuvaines à la "vénérable Jeanne d'Arc" avaient été suivies d'une guérison parfaitement inattendue et constatée. Soumis à la Congrégation des rites, ces miracles allaient être reconnus et leur régularité vérifiée par trois séances donnant lieu à trois votes favorables. [...] La cérémonie de béatification fut célébrée à Saint-Pierre de Rome le 18 avril 1909, premier dimanche après Pâques.
À la date de 1884, un député radical, Joseph Fabre, avait pris l'initiative d'une loi en vertu de laquelle "la république française célébrerait annuellement la fête de Jeanne d'Arc, fête du patriotisme; sa proposition, [...] n'avait pas été retenue. Mais, devenu sénateur en 1892, Joseph Fabre faisait voter par le sénat cette même proposition de loi. Elle n'aboutit cependant pas.
Le pape Benoît XV reconnaissait définitivement le 18 mars 1919 la validité des miracles.
Et c'est l'année suivante, le 16 mai 1920, que Jeanne fut reconnue sainte aux yeux de la chrétienté.
L'on ne peut manquer de souligner que l'initiative poursuivie avec obstination par Joseph Fabre de faire de la fête de Jeanne d'Arc une fête nationale se réalisait quelque temps après cette canonisation, le 24 juin 1920. [22]
Le matin du 30 mai 1431, vers 9 heures, Jeanne d’Arc est emmenée sur une charrette vers la place du marché de Rouen. Après avoir été entendue en confession et avoir reçu la communion, une centaine d’hommes escortent la Pucelle de dix-neuf ans vers le bûcher. L’historien Adrien Harmand raconte que « Jeanne est hissée sur le bûcher. À ses instances, on est allé lui chercher la grande croix de la paroisse Saint-Sauveur qu’elle tient étroitement, embrassée en pleurant. Elle ne la quitte que pour la lier à l’estache [poteau] qui surmonte le très haut tas de bois. Isambard de La Pierre, le prêtre qui accompagne la future sainte sur le bûcher, raconte à l’occasion de son procès en réhabilitation : « Elle m’avait prié de descendre avec la croix, une fois le feu allumé, et de la lui faire voir toujours. Ainsi je le fis. ».
La croix devait être exposée en grande pompe pour les fêtes johanniques de Rouen, prévues pour ce mois de mai 2020. La crise du coronavirus en a décidé autrement mais le curé de Rouen, Geoffroy de La Tousche, a profité du déconfinement pour célébrer comme il se doit l’anniversaire du martyre de Jeanne d’Arc et le centenaire de sa canonisation en 1920. Près de 600 ans plus tard et un siècle après sa canonisation, la croix processionnelle vénérée par Jeanne d’Arc, est pour la première fois exposée aux habitants de la ville. Après une présentation à Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, une procession partira de la cathédrale jusqu’à la place du marché. Une messe sera célébrée ce samedi pour commémorer le sacrifice de la sainte. La croix repartira le soir même pour Pont-Saint-Pierre. [23]
Jeanne d'Arc, par Dante Gabriel Rossetti, 1882
J'aime l’Église; je voudrais la soutenir de tout mon pouvoir et mourir pour la foi chrétienne.
Répétons les mots de saint Pie X lors de la béatification de sainte Jeanne d’Arc, le 13 décembre 1908 : "Vous direz aux Français qu’ils fassent leur trésor des testaments de saint Rémi, de Charlemagne et de saint Louis, qui se résument en ces mots si souvent répétés par l’héroïne d’Orléans : Vive le Christ qui est roi de France. A ce titre seulement, la France sera grande parmi les nations. A cette clause, Dieu la protégera et la fera libre et glorieuse."
(1) Colette Beaune, Jeanne d'Arc, Vérités et légendes, Pour en finir avec ceux qui racontent n'importe quoi !, Perrin, Paris, 2008, p. 28; (2) Colette Beaune, Jeanne d'Arc, Perrin, Paris 2004, p. 27; (3) Père J.-B.-J. Ayroles, Jeanne d'Arc sur les autels et la régénération de la France, 1885, Rééd. Éditions Saint-Rémi, Cadillac 2009, p. 368; (4) Des Lettres.fr; (5) Colette Beaune, Jeanne d'Arc, Perrin, Paris 2004, p. 457; (6) Chanoine Henri Debout, Jeanne d’Arc, nouvelle vie populaire illustrée, Maison de la Bonne Presse, 1907, p. 283 ; (7) Joseph Thérol, L’Evangile de Jeanne d’Arc, NEL p. 64 ; (8) Les saints de sainte Jehanne d’Arc par le Révérend Père Joseph d'Avallon – Capucin de Morgon (69) 16 mai 2020 ;(9) Régine Pernoud : « Jeanne d’Arc » Que sais-je ? pp. 199, 201 ; (10) Le Petit Livre des Saints, tome 2, Editions du Chêne, 2011, p. 120 ; (11) Père J.-B.-J. Ayroles, Jeanne d'Arc sur les autels et la régénération de la France, ibid., p. 89-90 ; (12) Père J.-B.-J. Ayroles, Jeanne d'Arc sur les autels, ibid., p. 79-84 ; (13) Père J.-B.-J. Ayroles, Jeanne d'Arc sur les autels, ibid., p. 345-346 ; (14) Joseph Thérol, L’Evangile de Jeanne d’Arc, NEL p. 41 ; (15) Père J.-B.-J. Ayroles, Jeanne d'Arc sur les autels, ibid., p. 91-92 ; (16) Père J.-B.-J. Ayroles, Jeanne d'Arc sur les autels, ibid., p. , p.121 ; (17) Robert Brasillach, Le Procès de Jeanne d'Arc, Nrf Gallimard, dix-neuvième édition, Lagny-sur-Marne 1950, p. 154 ; (18) Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950 ; (19) Père J.-B.-J. Ayroles, Jeanne d'Arc sur les autels, ibid., p. ,122-123 ; (20) Colette Beaune, Jeanne d'Arc, Vérités et légendes, Pour en finir avec ceux qui racontent n'importe quoi !, Perrin, Paris, 2008, p. 201-202 ; (21) Le Point, Jeanne d'Arc : 8 mensonges sur la Pucelle d'Orléans, le 01/05/2017 ; (22) Régine Pernoud, Les Saints au moyen-Âge, La sainteté d'hier est-elle pour aujourd'hui ?, Éditions Plon, Paris 1984, p. 274-276 ; (23)Aleteia.
Il reçoit de son père une sérieuse éducation chrétienne et chevaleresque.
À la mort du jeune roi Henri, héritier du trône de Castille, en 1217, sa mère le fait proclamer roi de Castille et couronner à Valladolid le 31 août 1217.
À 21 ans, en 1219, il épouse Béatrix de Souabe qui lui donnera 10 enfants.
Les Chrétiens étant massacrés ou déportés ou réduits en esclavage dans les cultures en Andalousie ou en Afrique, les royaumes du nord razziés bisannuellement, les richesses accumulées dans les palais des califes tandis que les populations n'en bénéficiaient pas (L. Bertrand, de l'Académie française, Histoire d'Espagne), Ferdinand se soucie durant son règne de lutter contre les hérésies et de faire perdre du terrain à l'islam qui, depuis plusieurs siècles, asservit l'Espagne.
Descendant d'El Cid, cousin du roi Saint Louis, ancêtre d'Isabelle, il procéda à la reconquête du sud de la péninsule ibérique (l'actuelle l'Andalousie) lors de la Reconquista; libéra Cordoue (Espagne du Sud, Andalousie) et Séville (Andalousie) occupées par les Maures depuis cinq siècles et y planta la Croix du Christ.
Il se met dans la position la plus dangereuse à chaque bataille, il est régulièrement en infériorité numérique mais ne perd jamais, reprend plus de territoire aux Maures pendant la Reconquista que quiconque.
Il crée une marine espagnole à partir de rien pour achever le siège de Séville.
Il termine virtuellement la Reconquista.
À la mort de son père et après bien des péripéties, il devient également roi de Léon, en septembre 1230.
Peu à peu, il repousse vers l'extrême sud de l'Espagne les limites de l'occupation musulmane par les prises successives de Cordoue, Murcie, Grenade et Séville. La veille des batailles, il passait la nuit en prière. On ne peut douter de la pureté des motifs qui le faisaient agir dans ces guerres : "Seigneur, disait-il, vous savez que je cherche votre gloire et non la mienne". Son principal étendard était une image de la Vierge; il portait à l'arçon de sa selle une statuette devenue célèbre sous le nom de Notre-Dame-des-Batailles, et conservée depuis à Séville.
Dans un combat acharné, on vit, dit-on, à côté de Ferdinand, l'apôtre saint Jacques, monté sur un cheval blanc. Le chef des Maures de Séville, vaincu malgré une nombreuse armée et des remparts formidables, s'écria : "Il n'y a qu'un favori de Dieu qui ait pu, avec si peu de monde, prendre une ville si forte et si peuplée".
Roi modèle et législateur
Comme son cousin Saint Louis, roi de France, jamais il ne chargea ses sujets d'impôts : c'était dans une sévère économie qu'il trouvait de quoi subvenir aux frais de la guerre. Il aimait les lettres. On le considère comme le fondateur de l'Université de Salamanque.
Ferdinand meurt à Séville le 30 mai 1252.
Le Pape Clément X le canonise le 4 février 1671.
Le pape le nomme Athleta Christi pour sa défense héroïque de la chrétienté (rejoint plus tard par des légendes comme Skanderbeg et Hunyadi)
Le quarantième jour depuis sarésurrection, Jésus-Christ apparut à ses disciples, et, après leur avoir donné ses dernières instructions, et commandé de prêcher l'Évangile à toutes les nations, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, il leur promit qu'il serait avec eux et avec son Eglise jusqu'à la consommation des siècles, pour la soutenir, la gouverner et la faire triompher de l'enfer et du monde.
Il les mena ensuite sur le mont des oliviers, et, étant arrivé à la sommité, il les bénit de sa main adorable, et il quitta la terre en s'élevant au ciel, porté majestueusement sur une nuée lumineuse qui le déroba à leurs yeux.
Il n'est pas possible au langage humain d'exprimer ici la gloire ineffable du Sauveur en entrant dans la Jérusalem céleste, où il alla s'asseoir à la droite de Dieu son Père.
Les heureux témoins de son ascension tenaient encore leurs yeux levés vers le ciel, quand deux anges leur apparut et leur dirent : "Galiléens, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder le ciel ? Ce Jésus, qui, en vous quittant, s'est élevé dans le ciel, viendra de la même manière que vous l'y avez vu monter", annonçant ainsi son retour à la fin du monde.
Jésus s'approcha d'eux et leur adressa ces paroles : "Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre.
Allez donc: de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai prescrit.
Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin des temps."
Les disciples rentrèrent avec joie à Jérusalem, pour se disposer, par la retraite et la prière, à recevoir le Saint-Esprit, comme le divin Maître le leur avait prescrit, en les assurant que cet Esprit-Dieu répandrait sur eux, dix jours après, ses dons les plus excellents et l'abondance de ses grâces. (1)
D'après l'Évangile selon Luc, l'Ascension se produit à Béthanie, le village où vivaient les amis de Jésus, Marthe, Marie et Lazare, et où Jésus a ressuscité Lazare, à 2 km en bas de côte du mont des Oliviers. C'est également dans ce village qu'aurait été baptisé Jésus. (2)
Une tradition situe l'Ascension au sommet du Mont des Oliviers où une église a été édifiée autour de la pierre qui recèlerait la dernière empreinte du pied de Jésus sur terre avant son ascension vers les cieux. L'"église de la Sainte Ascension" (Dôme de l'Ascension) fut prise par Saladin en 1187 et convertie en la mosquée que l'on voit aujourd'hui; elle contient la dernière empreinte traditionnelle du pied de Jésus sur terre avant son ascension vers les cieux. Les Écritures indiquent que Jésus monta vers les cieux aux alentours de Béthanie. Ce village est à 2 km en bas de côte du mont des Oliviers. Du coup, aucun des sites traditionnels de l’ascension n’est correct. (3)
Deux autres locations préservent l'emplacement de l'Ascension.
Ste Hélène, la mère de Constantin, construisit une église sous l'église moderne de Pater noster afin de commémorer l'événement.
Une tradition plus récente relie l'ascension à l'église orthodoxe de l'Ascension.
La célébration de l’Ascension est attestée à la fin du IVe siècle, parfois fêtée simultanément avec la Pentecôte jusqu’au Ve siècle. (4)
L'Ascension de Notre Seigneur Jésus-Christ, par Piotr Basin
L'Ascension, John Singleton Copley, 1775
Le Christ ne nous a pas laissé de livre lors de son Ascension. Il nous a laissé l’autorité enseignante de l’Église dans la personne des Apôtres.
La seule raison pour laquelle certains livres ont été reconnus plus tard comme Écritures est que ces hommes les ont écrits, ou qu'ils ont approuvé les écrits d'autres qui l'ont fait, et cette connaissance a été transmise par leurs successeurs (les évêques) aux générations futures.
Lorsque certaines des listes ne correspondaient pas (il y a de nombreuses raisons possibles à cela), ces mêmes successeurs ont utilisé leur autorité pour établir définitivement ce qu'était le canon de l'Écriture, non pas en tant que seigneurs de l'Écriture, mais en tant que témoins ordonnés et publics de Dieu de son contenu authentique.
"L’Église" (c’est-à-dire ses autorités vivantes) a été établie par le Christ avec l’autorité d’enseigneroralementavant l’Écriture (d’ailleurs, la même chose s’est produite dans l’Ancien Testament, par exemple, lorsque Dieu a nommé Moïse avant qu’il n’écrive quoi que ce soit).
Contrairement à ce que disent les protestants, la Bible n'a PAS créé l’Église, c'est l’Église qui A CREE la Bible.
L'Ancien Testament lui-même issu de la plume de ceux que Dieu a établis en premier lieu avec autorité, et alors qu'il n'y avait AUCUN écrit. Moïse n'a pas écrit un seul mot de l'Écriture avant que Dieu ne le désigne comme son représentant, et beaucoup des choses qu'il a écrites se sont produites des siècles, voire des millénaires, avant lui.
L’Église a transmis l’Écriture aux générations futures à travers une succession historique et documentée d’évêques.
Les Églises locales transmettaient parfois des listes de livres quelque peu différentes. Mais cela ne posait pas de problème à l’Église antique, dont la "règle de foi" ne se résumait jamais à l’Écriture seule.
L’Église a finalement déclaré le canon biblique en 382 avec le Pape Damase au concile de Rome en définissant quels livres faisaient authentiquement partie de l’Écriture lorsque cela était nécessaire pour éviter que la règle de foi ne soit déformée par les hérétiques.(6)
Et qu’a réellement établi Jésus ?
Il a établi des hommes dotés de sa propre autorité. Comme le Père l’a envoyé, a-t-il dit, ainsi il les envoyait. Quiconque les entendait l’entendait. Les Apôtres avaient l’autorité d’enseigner, de lier et de délier, de pardonner ou de retenir les péchés, de baptiser, etc. Tout cela avant qu’un seul mot du "Nouveau Testament" ne soit écrit.
Sources:
(1) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. XIX., (2) Frère Antoine Tingba, L'Ascension du seigneur, 2013, Site des Dominicains de Bordeaux ; (3); (4); (5); (6) Joshua Charles
Statue de Saint Germain dans l'église de Saint-Germain-en-Laye
Saint Germain de Paris, surnommé la "lumière des Gaules", naquit vers l'an 500 près d'Autun en Bourgogne, d'une noble famille gallo-romaine.
Tout jeune, Germain faillit être victime d'une mère dénaturée et d'une grand-mère criminelle ; mais Dieu veillait sur cet enfant de bénédiction et le réservait à de grandes choses. Germain se réfugia près d'un ermite, son oncle, dont il partagea la vie austère, et dont il s'étudia chaque jour à imiter la piété et les vertus.
L'évêque d'Autun, ayant fait sa connaissance, conçut pour lui une très haute estime, et lui donna, malgré les réclamations de son humilité, l'onction sacerdotale, puis le nomma bientôt abbé du monastère de Saint-Symphorien d'Autun. Il se distingua par ses abstinences, ses veilles, ses aumônes. Avec le signe de la croix, il éteignit un incendie qui menaçait de détruire le monastère. Il opéra plusieurs guérisons miraculeuses. (1)
Par ces temps de guerre et de dévastation, les pauvres affluent. Germain, toujours ému à la vue d'un homme dans la souffrance, ne renvoie personne sans lui faire l'aumône, au point qu'un jour il donne jusqu'au dernier pain de la communauté. Les moines murmurent d'abord, puis se révoltent ouvertement. Germain, pleurant amèrement sur le défaut de foi de ses disciples, se retire dans sa cellule et prie Dieu de les confondre et de les corriger. Il priait encore, lorsqu'une dame charitable amène au monastère deux chevaux chargés de vivres, et annonce que le lendemain elle enverra un chariot de blé. La leçon profita aux religieux, qui se repentirent de leur réaction.
Mandé à Paris par le roi des FrancsChildebert, fils de Clovis, il s'y rendit avec cinq religieux.Un jour qu'il était en prière, il voit apparaître un vieillard éblouissant de lumière, qui lui présente les clefs de la ville de Paris : "Que signifie cela ? demande l'abbé. - C'est, répond la vision, que vous serez bientôt le pasteur de cette ville." Quatre ans plus tard, Germain, devient évêque, malgré sa résistance. Il n'en resta pas moins moine toute sa vie, et il ajouta même de nouvelles austérités à celles qu'il avait pratiquées dans le cloître. Après les fatigues d'une journée tout apostolique, son bonheur, même par les temps rigoureux, était de passer les nuits entières au pied de l'autel.
Sa nouvelle dignité n'apporta aucun changement dans sa manière de vivre: on le vit simple, frugal, mortifié et pénitent. Il avait toujours plusieurs pauvres à sa table.
Le roi Childebert, qui jusque-là avait mené une vie peu chrétienne, ne put résister à l'onction des discours du saint : il se convertit, et bannit de sa cour tous les désordres (2).
Un jour Childebert lui envoya six mille solidi d'or. Germain alla immédiatement au palais pour remercier le prince, et durant le trajet il en distribua trois mille aux pauvres qui se présentèrent à lui. "Vous reste-t-il encore de l'argent ? demanda le roi. - J'ai encore la moitié de ce que vous venez de m'envoyer, répondit Germain : il ne s'est point trouvé assez de pauvres sur ma route pour épuiser la somme entière. - Seigneur, reprit le roi, distribuez tout ce qui reste : avec la faveur du Christ, nous aurons toujours de quoi donner." Et, brisant les vases d'or et d'argent qu'il trouva sous sa main, Childebert en remit les précieux fragments à l'évêque. Le saint employait la plus grande partie des nombreuses ressources dont il disposait à payer le rachat des captifs, la rançon des prisonniers, la mise en liberté des esclaves.
Germain eut la plus grande et la plus heureuse influence auprès des rois et des reines qui se succédèrent sur le trône de France pendant son épiscopat ; on ne saurait dire le nombre de pauvres qu'il secourut, de prisonniers qu'il délivra, avec l'or des largesses royales. Dans plusieurs conciles, il fut regardé comme la lumière des Gaules.
Saint Germain intervint dans la vie du roi Caribert qui succéda à Clotaire quand il l'excommunia après ses noces avec Marofève, une religieuse. Sous le règne de Chilpéric Ier, il se montra un homme de paix au milieu des terribles querelles qui opposèrent les reines Frédégonde et Brunehaut.
Il mourut le 28 mai 576, plein de mérites, vers l'âge de quatre-vingts ans.On l'enterra dans son abbaye à côté de deux rois qu'il a connus, Childebert et Caribert. (3)
On lui doit la construction de la célèbreabbaye de Saint-Germain-des-Prés, du nom de la tunique du martyr espagnol qu'elle renfermait, qui deviendra plus tard Saint-Germain-des-Près. Ruinée par les Normands, elle fut reconstruite au XIIe siècle. (4)
Sources : (1); (2) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 148; (3) Saints et Saintes de France, Des premiers martyrs à nos jours, Hatier, Renens 1988, p. 29; (4) Mgr Paul Guérin, Vie des saints pour tous les jours de l'année, Editions D.F.T., Saint-Etienne 2003, p. 321-322.
Aux Vème et VIème siècles, l'île de la Grande-Bretagne évangélisée dès les premiers siècles du christianisme, était retombée dans le paganisme à la suite de l'invasion des Saxons.
Le jeune roi de ce temps, Ethelbert, roi de Kent (le plus proche royaume du continent) épousa Berthe, princesse chrétienne, fille de Caribert Ier, roi de Paris et petit-fils deClovis. Berthe consentit à cemariage à la condition d'avoir sa chapelle et de pouvoir observer librement les préceptes et les pratiques de sa foi avec l'aide et l'appui d'un évêque gallo-franc. L'âme du roi de Kent subissait la salutaire influence de sa pieuse épouse qui le préparait sans le savoir à recevoir le don de la foi.
Le pape Grégoire le Grandchoisit le moine Augustin alors prieur du monastère de St-André à Rome pour réaliserl'évangélisation de l'Angleterre qu'il souhaitait depuis longtemps.
On ne sait absolument rien de la vie de saint Augustin de Cantorbéry avant le jour solennel du printemps 596, où pour obéir aux ordres du pape saint Grégoire le Grand qui avait été son abbé dans le passé, il dut s'arracher à la vie paisible de son abbaye avec quarante de ses moines pour devenir missionnaire.
À Lérins, première étape des moines missionnaires, ce qu'on leur rapporta de la cruauté des Saxons effraya tellement les compagnons d'Augustin, qu'ils le prièrent de solliciter leur rappel du pape. Augustin dut retourner à Rome pour supplier saint Grégoire de dispenser ses moines d'un voyage si pénible, si périlleux et si inutile. Le souverain pontife renvoya Augustin avec une lettre où il prescrivait aux missionnaires de reconnaître désormais le prieur de St-André pour leur abbé et de lui obéir en tout. Il leur recommanda surtout de ne pas se laisser terrifier par tous les racontars et les encouragea à souffrir généreusement pour la gloire de Dieu et le salut des âmes.
Début Ve siècle, l'Île de Bretagne secoua le joug romain et se proclama indépendante. Mais ce fut aussi le moment où d'autres Barbares venus de Germanie détruisant la Gaule romanisée (Strasbourg, Spire, Reims, Tournai, Arras, Amiens), l'Angleterre connut l'arrivée des premiers Saxons. Jusqu'en 449, et la Descente des Saxons, elle se gouverna sous l'autorité du clergé, du roi gaulois Vortigern (Gwrtheyrn en gallois moderne), des nobles et des villes municipales. La Bretagne, soutint longtemps avec vigueur la guerre, seule et sans recours. L'Angleterre n'avait jamais été complètement romanisée. Les chefs des tribus bretonnes continuèrent toujours de régner, quoique avec un pouvoir subordonné, depuis le règne de l'empereur Claude jusqu'à celui d'Honorius. (Cf. Histoire de Manchester, par Whitaker, vol. 1, p. 247-257.)
C'est dans ce contexte qu'Augustin arriva dans le Kent en 597 à la tête de la mission grégorienne dont le but était de convertir les Anglo-Saxons au christianisme.
Les peuples anglo-saxons en Angleterre au début du VIIe siècle
Ainsi stimulés, les religieux reprirent courage, se remirent en route et débarquèrent sur la plage méridionale de la Grande-Bretagne. Le roi anglo-saxon Ethelbert n'autorisa pas les moines romains à venir le rencontrer dans la cité de Cantorbéry qui lui servait de résidence, mais au bout de quelques jours, il s'en alla lui-même visiter les nouveaux venus. Au bruit de son approche, les missionnaires, avec saint Augustin à leur tête, s'avancèrent processionnellement au-devant du roi, en chantant des litanies.
Ethelbert n'abandonna pas tout de suite les croyances de ses ancêtres. Cependant, il établit libéralement les missionnaires à Cantorbéry, capitale de son royaume, leur assignant une demeure qui s'appelle encore Stable Gate : la porte de l'Hôtellerie, et ordonna qu'on leur fournit toutes les choses nécessaires à la vie.
Vivant de la vie des Apôtres dans la primitive Eglise, Augustin et ses compagnons étaient assidus à l'oraison, aux vigiles et aux jeûnes. Ils prêchaient la parole de vie à tous ceux qu'ils abordaient, se comportant en tout selon la sainte doctrine qu'ils propageaient, prêts à tout souffrir et à mourir pour la vérité. L'innocence et la simplicité de leur vie, la céleste douceur de leur enseignement, parurent des arguments invincibles aux Saxons qui embrassèrent le christianisme en grand nombre.
Charmé comme tant d'autres par la pureté de la vie de ces hommes, séduit par les promesses dont plus d'un miracle attestait la vérité, le noble et vaillant Ethelbert demanda lui aussi le baptême qu'il reçut des mains de saint Augustin. La conversion d'Ethelbert, premier roi anglo-saxon à se convertir, amena celle d'une grande partie de ses sujets. Comme le saint pape Grégoire le Grand lui recommanda de le faire, Ethelbert proscrivit le culte des idoles, renversa leurs temples et établit de bonnes mœurs par ses exhortations, mais encore plus par son propre exemple.
Ethelbert. Statue à la cathédrale de Cantorbéry
En 597, étant désormais à la tête d'une chrétienté florissante, Augustin se rendit à Arles, afin d'y recevoir la consécration épiscopale, selon le désir du pape saint Grégoire. De retour parmi ses ouailles, à la Noël de la même année, dix mille Saxons se présentèrent pour recevoir le baptême.
De plus en plus pénétré de respect et de dévouement pour la sainte foi, le roi abandonna son propre palais deCantorbéryau nouvel archevêque. À côté de cette royale demeure, on construisit une basilique destinée à devenir la métropole de l'Angleterre. Augustin en devint le premier archevêque et le premier abbé.
Saint Augustin de Cantorbéry, détail seconde moitié du XVIe siècle, Pier Francesco Foschi, Florence Santo Spirito, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 316-317.
En le nommant primat d'Angleterre, le pape saint Grégoire le Grand lui envoya douze nouveaux auxiliaires, porteurs de reliques et de vases sacrés, de vêtements sacerdotaux, de parements d'autels et de livres destinés à former une bibliothèque ecclésiastique. Le souverain pontife conféra aussi au nouveau prélat le droit de porter le pallium en célébrant la messe, pour le récompenser d'avoir formé la nouvelle église d'Angleterre par ses inlassables travaux apostoliques. Cet honneur insigne devait passer à tous ses successeurs sur le siège archiépiscopal d'Angleterre. Le pape lui donna également le pouvoir d'ordonner d'autres évêques afin de constituer une hiérarchie régulière dans ce nouveau pays catholique. Il le constitua aussi métropolitain des douze évêchés qu'il lui ordonna d'ériger dans l'Angleterre méridionale.
Les sept dernières années de sa vie furent employées à parcourir le pays des Saxons de l'Ouest. Même après sa consécration archiépiscopale, Augustin voyageait en véritable missionnaire, toujours à pied et sans bagage, entremêlant les bienfaits et les prodiges à ses prédications. Rebelles à la grâce, les Saxons de l'Ouest refusèrent d'entendre Augustin et ses compagnons, les accablèrent d'avanies et d'outrages et allèrent jusqu'à attenter à leur vie afin de les éloigner.
Au début de l'an 605, deux mois après la mort de saint Grégoire le Grand, son ami et son père, saint Augustin, fondateur de l'église anglo-saxonne, alla recueillir le fruit de ses multiples travaux. Avant de mourir, il nomma son successeur sur le siège de Cantorbéry.
Selon la coutume de Rome, le grand missionnaire fut enterré sur le bord de la voie publique, près du grand chemin romain qui conduisait de Cantorbéry à la mer, dans l'église inachevée du célèbre monastère qui allait prendre et garder son nom.
Canterbury, Canterbury cathedral
Sources : (1) ; (2) ; (3) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 18 ; (4) Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006.
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Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. »
La fête de Pâques se célèbre dans l'Église chrétienne en mémoire de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ...
En ce jour, l' É glise se prépare à célébrer au lever de l'aurore, la glorieuse résurrection du Sauveur. C'est le "Grand et saint Sabbat". Le corps de Notre Seigneur Jésus-Christ, détaché de la croix, le soir du vendredi, jour de sa mort, fut embaumé...
C’était déjà environ la sixième heure (c’est-à-dire : midi) ; l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure, car le soleil s’était caché. Le rideau du Sanctuaire se déchira par le milieu. Alors, Jésus poussa un grand cri : "Père, entre...
L'eucharistie dans la plantation du Père, qui est l'Église, est l'image opposée de l'arbre de la connaissance du bien et du mal au paradis selon le récit biblique (Gn 2,17). Là, le goût du fruit apporte la mort, ici, le fruit de la croix de la Passion...