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2 octobre 2022 7 02 /10 /octobre /2022 00:00
Saints Anges gardiens

Dieu est le "créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible" (Symbole de Nicée Constantinople). Or, selon la Tradition, les anges (du grec angelos, messagers, ou envoyés) sont des créatures spirituelles et non corporelles. Chaque fête des anges est d’abord l’occasion de rappeler que "Dieu a tout ensemble, dès le commencement des temps, créé de rien l’une et l‘autre créature, la spirituelle et la corporelle, c’est-à-dire les anges et le monde terrestre ; puis la créature humaine qui tient des deux, composée qu’elle est d’esprit et de corps" (profession de foi du 4ème concile du Latran, rappelée par le n° 327 du CEC – Catéchisme de l’Église catholique).

 

Parmi d'autres choses, Dieu a ainsi formellement distingué la nature angélique et a donné à chaque ange sa qualité particulière selon la différence particulière. Selon Saint Thomas d'Aquin (I qu. 30, art. 4), chaque ange forme à lui seul une espèce particulière.

 

"Dans ce monde, chaque créature visible est confiée à une puissance angélique, suivant le témoignage plusieurs fois répété des saintes Écritures. (S. Augustin, Lib. De Diversis, quæst. LXXIII-LXXIX, n° I). La théologie catholique formule cet axiome lorsqu'elle dit : "selon S. Augustin (lib. III, De trinit.) et S. Thomas (pars I, quæst. CX, art. 8) tous les êtres corporels sont gouvernés et maintenus dans l'ordre par des êtres spirituels; toutes les créatures visibles par des créatures invisibles." (VIGUIER, ch. III, p. 87, édit. in-4°, 1571 in Mgr Jean-Joseph GAUME, Traité du Saint-Esprit, 1864, Rééd. Éditions Saint-Rémi, 2019, p. 32-33.)

 

Les croyants peuvent s’appuyer sur leurs aide, leurs inspirations, pour se tourner vers leur Seigneur.

Dans chaque eucharistie, les anges se joignent à eux – et aux saints – pour chanter d’une seule voix le Dieu trois fois saint proclamer sa gloire (cf. finales des préfaces de la prière eucharistique).

 

Dans la Bible, les anges sont cités plus de 300 fois. Le livre de l’Apocalypse nous apprend qu’il y en a des "myriades de myriades" (Ap 5, 11).

 

À la naissance du Sauveur, un ange était apparu aux bergers "et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière." (Lc 2,9)

 

La fête des archanges, le 29 septembre, rappelle l’essentiel de la vocation des anges : contempler Dieu et chanter sa louange. C’est aussi la raison d’être de la création et la mission primordiale de l'Église. Pour sa part, la mémoire des anges gardiens le 2 octobre insiste sur un autre aspect : leur mission de présence fraternelle à nos côtés.

 

 

Dès l’Ancien Testament, les anges protègent et guident les patriarches. "Dieu donne mission à ses anges de te garder sur tous tes chemins. Ils te porteront sur leurs mains pour que ton pied ne heurte les pierres." (Psaume 90, 11-12).

 

 

Cette mission continue : "Du début de l’existence au trépas, la vie humaine entourée de leur garde et de leur intercession. Chaque fidèle a à ses côtés un ange comme protecteur et pasteur pour le conduire à la vie (S. Basile)" (cf. CEC 336).

 

En faisant mémoire des anges gardiens, les croyants demandent à Dieu de leur assurer "le bienfait de la protection des anges et la joie de vivre en leur compagnie pour toujours". Mais cette mémoire les encourage aussi à inventer une "présence fraternelle" concrète auprès des autres, à prendre soin d’eux. (1)

"Il semble indubitable que non seulement les individus, mais les sociétés et les institutions, sont confiées aussi spécialement à la garde des Anges; l'Église, les royaumes, les provinces, les diocèses, les paroisses, les familles, les ordres religieux, les communautés, ont leurs angéliques protecteurs.

Les Anges nous préservent d'une foule de maux et de dangers, ils éloignent de nous les occasions du péché; ils nous inspirent de bonnes et saintes pensées dans les tentations; ils nous portent à la vertu, nous fortifient dans nos faiblesses, nous animent dans nos découragements, nous consolent dans nos afflictions. Ils combattent avec nous contre le démon et nous prémunissent contre ses pièges; si nous tombons, par fragilité ou par malice, ils nous relève par le remords, par les pensées de la foi, par la crainte des jugements de Dieu, et nous procurent divers moyens de conversion: ils portent nos bonnes œuvres et nos prières à Dieu, réparent nos fautes, intercèdent pour nous auprès de la divine miséricorde, suspendent la vengeance céleste au-dessus de nos têtes; enfin ils nous éclairent et nous soutiennent dans la maladie et à l'heure de la mort, nous assistent au jugement de Dieu, visitent les âmes du purgatoire.

Ils veillent sur nous pendant notre sommeil, nous assistent dans notre prière, nous défendent sur terre et sur mer, purifient notre esprit et notre corps, nous provoquent à la vertu, élèvent nos pensées vers Dieu, nous consolent dans nos peines et nos épreuves, quand nous sommes sous les étreintes de la maladie et de la mort prochaine, nous font visite, nous fortifient, nous défendent contre l'esprit du mal, et après nous avoir donné la victoire, nous accompagnent au ciel ou au purgatoire. Sans ce secours providentiel, l'infirmité humaine ne saurait être en sécurité. (Père Gilles Jeanguenin, Les Anges existent, Éditions Salvator, Paris 2008, p. 168.)

Saint Bernard résume nos devoirs en trois mots: 'Quel respect, quel amour, quelle confiance de notre part ne méritent pas les anges! Respect pour leur présence, amour à cause de leur bienveillance, confiance en leur protection.' Ajoutons un quatrième devoir, la docilité à leur bonnes inspirations. (Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.)

À partir de quel moment les Anges gardiens nous sont-ils assignés ?

 

"Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, car, je vous le dis, leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux." (Mt 18,10).

 

Bien que ce ne soit pas explicitement écrit dans la Bible, il est communément admis par les théologiens que chaque être humain, qu’il soit chrétien ou non, a un ange gardien assigné à sa protection. "Chacun, aussi humble soit-il, a des anges gardiens pour veiller sur lui", a ainsi déclaré le pape Pie XII, s’appuyant sur les Saintes Écritures mais aussi sur les enseignements de saint Thomas d’Aquin, saint Basile ou encore saint Jérôme. Mais ces grands saints sont loin d’être les seuls à croire en leur existence. De nombreuses personnes, même non chrétiennes, considèrent qu’elles sont protégées par un ange gardien.

 

Mais alors, à quel moment un ange gardien est-il assigné à la protection de la personne dont il aura la charge ? Pour répondre à cette question, il faut se référer au paragraphe dédié dans le Catéchisme de l’Église catholique, qui constitue la seule source officielle à ce sujet : "Du début de l’existence au trépas, la vie humaine est entourée de leur garde et de leur intercession. Chaque fidèle a à ses côtés un ange comme protecteur et pasteur pour le conduire à la vie." (CEC n°336)

 

Saint Jérôme ou saint Anselme ?

 

Cette assertion n’est pas très précise, puisqu’il y est simplement question du "début" de la vie. Les débats théologiques à ce sujet ne manquèrent pas au fil des siècles, et les avis divergent. En effet, saint Jérôme déclara simplement : "Si grande est la dignité des âmes que chacune, dès sa naissance, a un ange préposé à sa garde." Ce point de vue, basé sur les connaissances scientifiques de l’époque, fit école pendant plusieurs siècles.

 

 

Saint Anselme, de son côté, affirmait que "chaque âme est assignée à un ange au moment où elle est unie à un corps". Ce point a également été débattu par les théologiens, mais la plupart s’accordent à dire qu’il s’agit du moment de la conception. À en croire ce document compilé par le cardinal Ratzinger en 1987, "l’âme spirituelle de tout homme est immédiatement créée par Dieu".

 

En conséquence, il semble effectivement très probable que les anges gardiens nous sont attribués au moment de la conception. Cette hypothèse n’est pas un dogme de l’Église catholique, mais elle s’inscrit dans la lignée d’enseignements qui ont fait école pendant plusieurs siècles, et est en accord avec les paroles de Jésus dans l’Évangile de Matthieu. Dans l’hypothèse où ce serait à la naissance plutôt qu’à la conception, c’est l’ange gardien de la mère qui, automatiquement, serait en charge de l’être qui se développe en son sein. (2)

Les anges gardiens n’ont pas accès à nos pensées et ne peuvent donc pas s’immiscer dans notre esprit.

De même que les anges ne peuvent pas lire dans nos pensées, les démons ne le peuvent pas non plus.

Seul Dieu est à même de savoir ce qui se déroule exactement dans nos têtes, puisqu’il nous a créés. Saint Thomas d’Aquin établit cela clairement dans sa Somme de théologie (I, 57, 4) :


 

Ce qui est propre à Dieu ne convient pas aux anges. Or, connaître les pensées [des cœurs] est le propre de Dieu. (3)

 

Cela dit, nos compagnons célestes sont dotés d’une grande intelligence ainsi que d’un sens de l’observation bien plus affûté que le nôtre. Ce qui signifie que, bien que n’ayant pas accès à notre esprit, ils peuvent savoir ce à quoi nous pensons à force de nous observer et de nous côtoyer. Saint Thomas d’Aquin explique bien ce phénomène dans son ouvrage (I, 57, 4) :

Les pensées des cœurs peuvent être connues […] d’abord dans leurs effets. De cette façon elles peuvent être connues de l’ange aussi bien que de l’homme ; mais il y faut d’autant plus de pénétration que l’effet est plus caché. Car la pensée peut se révéler non seulement par un acte extérieur, mais encore par un changement d’expression du visage ; les médecins peuvent même connaître certaines affections de l’âme par nos pulsations. À plus forte raison les anges […] le pourront-ils, puisqu’ils aperçoivent d’une manière beaucoup plus pénétrante ces modifications corporelles cachées.


 

Si nous souhaitons que notre ange gardien nous connaisse en profondeur, nous devons donc nous confier à lui régulièrement. De cette manière, il sera mieux armé pour nous protéger et nous conduire à la vie éternelle.

 

Voici une petite prière pour que notre ange gardien intervienne et prie à notre place, quand nous ne le pouvons pas, et entre en dialogue avec les anges gardiens de ceux qu’on aime, quand la croix qu’ils portent sur leurs épaules se fait de plus en plus lourde :
 

Mon Saint Ange gardien,

je vous salue et je vous remercie.

Veuillez prier pour moi

et prier à ma place

dans tous les moments

où je ne peux formuler mes prières.


 

Daignez aussi,

dans la Lumière divine,

vous rencontrer avec les Anges gardiens

de ceux que j’aime le plus,

de tous ceux auxquels je m’intéresse spirituellement,

pour les éclairer, les protéger et les conduire.


 

Ainsi soit-il

Un ange libéra l'apôtre Pierre de la prison Antonia à Jérusalem où l'avait enfermé Hérode Agrippa en 44, qui voulait le faire juger et mettre à mort avec grand appareil, devant la masse de peuple alors assemblé. 

"Un soir que plusieurs des fidèles étaient assemblés dans la maison de Marie, mère de Jean-Marc, où Pierre demeurait d’habitude, on entendit tout à coup frapper à la porte. La servante, nommée Rhodé, alla écouter. Elle reconnut la voix de Pierre. Transportée de joie, au lieu d’ouvrir, elle rentre en courant et annonce que Pierre est là. On la traite de folle. Elle jure qu’elle dit vrai. « C’est son ange, » disent quelques-uns. On entend frapper à plusieurs reprises ; c’était bien lui. L’allégresse fut infinie. Pierre fit sur-le-champ annoncer sa délivrance à Jacques, frère du Seigneur, et aux autres fidèles. On crut que c’était l’ange de Dieu qui était entré dans la prison de l’apôtre, et avait fait tomber les chaînes et les verrous. Pierre racontait, en effet, que tout cela s’était passé pendant qu’il était dans une espèce d’extase ; qu’après avoir passé la première et la deuxième garde et franchi la porte de fer qui donnait sur la ville, l’ange l’accompagna encore l’espace d’une rue, puis le quitta ; qu’alors il revint à lui et reconnut la main de Dieu, qui avait envoyé un messager céleste pour le délivrer (Ac., XII, 9-11). Le récit des Actes est tellement vif et juste, qu’il est difficile d’y trouver place pour une élaboration légendaire prolongée." (Ernest Renan, Les Apôtres, Michel Lévy, 1866, p. 248-249.)

 

"Il existe, dans le Légendaire de certains ordres religieux, des apparitions d'anges gardiens des couvents. Les biographes de saint François d'Assise et de saint Dominique en rapportent. Pour ce dernier, on dit qu'en un moment de disette, provoquée par la libéralité des premiers frères prêcheurs à l'égard des pauvres, l'un de ses monastères fut favorisé d'une intervention du ciel. Les anges gardiens de la communauté vinrent emplir les coffres et même servir les moines à table. Le bienheureux Fra Angelico a très bien illustré le miracle dans une de ses fresques. De telles faveurs venaient récompenser la charité des premiers religieux d'une obédience nouvelle. Tous les néophytes ont de ces emballements qui, dans la suite, ne se retrouvent guère. En cela, la jeunesse des familles monastiques n'est pas tellement différente de l'enfance de chaque homme.

"Le plus étonnant, dans ces aventures mystiques, ce n'est pas que des êtres charnels conservent ou retrouvent assez de transparence d'âme pour réfléchir sur le surnaturel ; mais bien que des esprits s'abaissent à servir des corps. Moi qui, souvent, considère au-dessous de ma « dignité » de condescendre, voilà une leçon pour mes dédains. Malgré l'exemple d'un Dieu-Providence, d'un Verbe-Sauveur, je poursuis aveuglément ma voie aberrante, mes habitudes d'insolence et de dureté.

"Cela me va de parler de dignité, à moi qui ne résiste pas à un clin d'œil du Malin ! Si les Anges servent les hommes, ce n'est pas pour rendre hommage à leur excellence ; mais pour obéir à Dieu qui a des faiblesses pour nous. Ils trouvent dans cette obéissance, en dépit de ce qui est exigé, un surcroît de joie, tant il est vrai que l'amour s'exalte par le désintéressement et s'illumine par tous les sacrifices qu'on lui consent.

"Le Pape s'honore du titre de « Serviteur des serviteurs de Dieu ». À combien plus forte raison les Anges tirent-ils gloire d'une telle appellation, plus vraie encore pour eux qu'elle ne l'est pour le Pape ! Ce n'est pas le bénéficiaire qui crée l'honneur, mais le Maître et le service du Maître." (Yves-Marie Rudel, Dialogues avec l'ange gardien, Éditions Fleurus, 1958. Extrait de la revue "L'Ange Gardien", janvier-février 2019.) (4)

Saint François de Sales, évêque et docteur de l'Église, recommandait de se familiariser avec les anges, de prendre conscience de leur invisible présence dans notre vie, d'aimer et révérer l'ange de notre diocèse, celui des personnes avec lesquelles on vit, et spécialement le nôtre  : "Lorsque nous nous trouvons avec eux, et en communion d'intention, nous ne pouvons qu'en être heureusement influencés

[...] Pierre Favre, premier prêtre, premier prédicateur, premier théologien de la sainte Compagnie de Jésus, et premier compagnon du bienheureux Ignace, [...] revenait un jour d'Allemagne, où il avait beaucoup oeuvre à la gloire de Notre-Seigneur. Il passait en notre diocèse, où il est né. Il raconta qu'en traversant plusieurs régions gagnées à l'hérésie, il avait trouvé mille consolations à saluer les anges, protecteurs des paroisses où il passait. Il avait constaté de ses yeux comment, par eux, il avait été protégé des embûches que lui tendaient les hérétiques; et comment beaucoup d'âmes s'étaient ouvertes à la doctrine du salut." (Saint François de Sales, Introduction à la Vie dévote mise en français contemporain, Les Éditions du Cerf, Spiritualité Lexio, Paris 2019, p. 170, 176.)

 

***

Prière à l'Ange gardien du Cardinal John Henry Newman

 

Mon ami le plus ancien,

mon ami fidèle, mien  jusqu'à la mort,

tu es toujours à mes côtés,

toi à qui le Créateur a confié mon âme,

Tu seras toujours près de moi

quand déclinera ma vie.

Ennemi vigilant et jaloux du doute,

de l'impatience et de la tristesse.

Mien, tu seras toujours,

ô frère de mon âme,

quand tu m'introduiras toi-même

dans la demeure du Seigneur.

 

Cardinal J.-H. Newman (in Père Gilles Jeanguenin, Les Anges existent, Éditions Salvator, Paris 2008, p. 345.)

Prières du matin du saint Curé d'Ars

 

Mon Dieu, je vous offre mon cœur, mon esprit, mes pensées, mes paroles, mes actions, tout moi-même, pour ne servir que votre gloire. Je renouvelle les promesses de mon baptême.

 

Mon Ange gardien.Je vous aime tendrement ; je vous remercie de m'avoir gardé cette nuit pendant que je dormais, gardez-moi, s'il vous plaît,pendant ce jour,sans malheur,ni accident et sans offenser Dieu, au moins mortellement. 

Prière avant le coucher

 

Seigneur,

Veille sur tous ceux qui travaillent,

sur ceux qui pleurent cette nuit

et fais que tes anges gardent ceux qui dorment.

Soigne les malades, Seigneur Jésus,

donne le repos à ceux qui sont fatigués,

bénis les mourants, console les affligés,

aie pitié de ceux qui souffrent et

protège ceux qui sont heureux.

Amen.

Prière avant le coucher (Anonyme)

Sources: 1; 2; 3; 4; 5

 

Bibliographie : (1) Père Gilles Jeanguenin, Les Anges existent, Éditions Salvator, Paris 2008 ; (2) Henri-Marie BOUDON, La Dévotion aux Saints Anges, Collection Itinéraire spirituel, Clovis, Condé-sur-Noireau, 2003

 

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17 septembre 2022 6 17 /09 /septembre /2022 14:55
https://www.lifesitenews.com/blogs/bishops-priests-and-scholars-correct-pope-francis-statement-on-holy-communion/

https://www.lifesitenews.com/blogs/bishops-priests-and-scholars-correct-pope-francis-statement-on-holy-communion/

Une récente déclaration papale semble ouvrir la porte à la Sainte Communion pour les politiciens pro-avortement tels que Nancy Pelosi

 

ven. 16 sept. 2022 - 09 h 01 HAE

 

( LifeSiteNews ) - Quatre évêques, plusieurs prêtres et de nombreux érudits catholiques ont signé une déclaration réprimandant le pape François pour une récente déclaration sur la réception de la Sainte Communion, selon laquelle "tout le monde est invité au souper des noces de l'Agneau (Ap 19:9). Pour être admis à la fête, tout ce qui est requis est le vêtement de noces de la foi qui vient de l'audition de sa Parole. Le Pape a écrit ces mots dans sa Lettre apostolique du 29 juin sur la liturgie, Desiderio desideravi, mais pour les signataires de cette nouvelle déclaration (voir texte intégral ci-dessous), il a omis le "sujet essentiel de la repentance pour le péché pour la digne réception de l'Eucharistie.”

 

Par conséquent, les paroles papales sur le "vêtement de la foi" comme seule exigence pour la réception de la Sainte Communion, "contredisent la foi de l'Église catholique", comme l'ont écrit les auteurs. Ils expliquent :

 

L'Église catholique a toujours enseigné que pour recevoir la Sainte Eucharistie dignement et sans péché, les catholiques doivent recevoir l'absolution sacramentelle, si possible, pour tous les péchés mortels qu'ils peuvent avoir commis et obéir à toutes les autres lois de l'Église concernant la réception de l'Eucharistie (comme, par exemple, les lois concernant le jeûne avant la réception de l'Eucharistie).

 

Si une confession sacramentelle n'est pas possible, mais que la réception de la Sainte Communion est urgente (comme pour un prêtre célébrant la messe), le sacrement de pénitence doit être recherché le plus tôt possible après, et le pénitent doit avoir une contrition parfaite pour ses péchés mortels. En citant abondamment les documents du Concile de Trente, les signataires précisent également que les enseignements tels que présentés dans le document du pape François ont déjà été condamnés comme hérésie. "L'affirmation", écrivent-ils, "que la foi est la seule exigence pour une réception digne de la Sainte Eucharistie a été condamnée par le Concile de Trente comme une hérésie".

 

Ce faux enseignement pourrait devenir plus important maintenant à ce moment historique. Ce n'est qu'en mai qu'un évêque américain - l'archevêque Salvatore Cordileone - a publiquement interdit à Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des représentants, de recevoir la sainte communion parce qu'elle défie l'enseignement de l'Église contre l'avortement. "Un législateur catholique", écrivait-il alors, "qui soutient l'avortement provoqué, après avoir connu l'enseignement de l'Église, commet un péché manifestement grave qui est une cause de scandale des plus graves pour les autres.

 

Il semble presque que le document du pape François de juin 2022 soit une réponse à cette décision diocésaine, déclarant maintenant que la foi seule suffit pour recevoir la sainte communion.

 

Comme le souligne la nouvelle déclaration, "le jour de la publication de Desiderio desideravi, le pape François a reçu en audience Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis", et ce jour-là, elle a reçu la sainte communion lors d'une messe papale en Saint-Pierre, présidée par le pape François, "provoquant ainsi un scandale pour les catholiques du monde entier", selon les termes du communiqué. Le texte continue : "Interrogé sur sa réception illégale de la communion, le pape François n'a exprimé aucune désapprobation à son égard. Au lieu de cela, il a répondu en disant : "Quand l'Église perd sa nature pastorale, quand un évêque perd sa nature pastorale, cela cause un problème politique. C'est tout ce que je peux dire.' Cette réponse réprimande l'archevêque Cordileone pour son application justifiée du canon 915."

 

Parmi les signataires de cette nouvelle déclaration figurent Mgr Joseph E. Strickland, Mgr André Gracida, Mgr Athanasius Schneider, Mgr Robert Mutsaerts, le Père Gerald E. Murray, le Père James Altman, le Père John Lovell et plusieurs autres prêtres, ainsi que des universitaires bien connus. des professeurs tels que le professeur Claudio Pierantoni, le Dr John Lamont, le Dr Peter Kwasniewski, le professeur Anna Silvas, le Dr Anthony Esolen, le professeur John Rist et le professeur Paolo Pasqualucci. Parmi les érudits catholiques, on trouve Julia Meloni et George Neumayr. John-Henry Westen et Liz Yore de LifeSite ont également signé le document.

 

La nouvelle déclaration des ecclésiastiques et des érudits renvoie également au Code de droit canonique, en particulier au can. 915 (et plus), qui établit les mêmes règles sur la digne réception de la Sainte Communion que celles présentées ci-dessus. Les signataires déclarent :

 

Le but de ces canons est d'empêcher le péché grave de la part de la personne recevant indignement l'Eucharistie, d'empêcher le scandale et d'empêcher la profanation du sacrement par une telle réception indigne. Ces canons sont toujours en vigueur. Elles ne peuvent être valablement abrogées, car leur contenu exprime la loi divine concernant l'Eucharistie qui est enseignée dans les Saintes Écritures et la Sainte Tradition.

 

En un sens, on pourrait voir dans cette nouvelle déclaration du Pape François, sur la foi comme seule condition pour recevoir la Sainte Communion, une articulation et une déclaration sommaire de son pontificat. Très tôt, à partir de 2014 , il a promu l'idée de donner la Sainte Communion aux divorcés remariés impénitents ; puis il a ouvert l'idée que les protestants suivent leur propre conscience lorsqu'ils décident de recevoir la sainte communion.

 

En outre, le pape a encouragé les catholiques pro-avortement à recevoir la sainte communion et a même appelé l'avocat pro-LGBT , le père James Martin, SJ, en tant que conseiller du Vatican. Dans tous ces cas, le Pape permet aux catholiques de recevoir la Sainte Communion qui violent objectivement les lois et les enseignements de l'Église, promouvant ainsi le relativisme moral.

 

LifeSite a demandé au professeur Claudio Pierantoni, l'un des signataires de cette nouvelle déclaration, de commenter les paroles papales à la lumière du cas susmentionné de Nancy Pelosi. Il a écrit:

 

Nous avons jugé nécessaire de publier cette déclaration car cette erreur peut conduire à un grand scandale, comme celui d'admettre à la Communion des politiciens qui approuvent publiquement l'avortement, ou même le promeuvent directement par leurs actions. C'est précisément ce qui s'est passé récemment aux États-Unis, après la décision de la Cour suprême qui a annulé l'infâme Roe contre Wade, lorsque le président Biden et la présidente Pelosi, tous deux catholiques, ont ouvertement soutenu la campagne en faveur du rétablissement du "droit" à l'avortement dans tout le pays. Le pape a non seulement omis de réprimander Biden et Pelosi pour cette position scandaleuse ; non seulement omis de soutenir les évêques qui ont mis en œuvre des censures canoniques contre de tels politiciens, mais est allé à l'extrême en critiquant ces évêques (bien qu'ils ne fassent pas de noms), arguant que de telles censures (comme l'excommunication) "ne sont pas pastorales" et sont "cause de problèmes politiques."

 

Or ce document pontifical ( Desiderio desideravi ) affirmant que "le vêtement de la foi" est "tout ce qu'il faut" pour être admis au banquet eucharistique, semble apporter une justification théologique à cette attitude, qu'on aurait pu croire simplement fruit de l'opportunisme politique. Ce scandale a d'ailleurs eu une confirmation éclatante par la coïncidence que Nancy Pelosi a reçu la Sainte Communion dans la basilique Saint-Pierre, le jour de la fête de Pierre et Paul, le jour même où Desiderio desideravia été publié. Une telle attitude de la part du pape est bien entendu à l'opposé de la véritable "pastorale", puisque le premier devoir du pasteur spirituel est d'avertir le pécheur, et particulièrement le pécheur public, non seulement de la gravité de sa faute, mais des dommages immenses causés à des millions de catholiques qui sont ainsi trompés et amenés à penser que cela peut être un comportement acceptable et orthodoxe.

 

L'enseignement de la foi catholique sur la réception de la Sainte Eucharistie

 

La récente Lettre apostolique Desiderio desideravi, donnée le 29 juin 2022, fête des SS. Pierre et Paul déclare :

 

5. Le monde ne le sait toujours pas, mais tout le monde est invité au souper aux noces de l'Agneau (Ap 19:9). Pour être admis à la fête, il suffit d'avoir le vêtement de noces de la foi qui découle de l'écoute de sa Parole (cf. Rm 10, 17). [Il mondo ancora non lo sa, ma tutti sono invitati al banchetto di nozze dell'Agnello (Ap 19,9). Per accedervi occorre solo l'abito nuziale della fede che viene dall'ascolto della sua Parola (cfr. Rm 10,17)[…].

 

Le sens naturel de ces mots est que la seule exigence pour qu'un catholique reçoive dignement la Sainte Eucharistie est la possession de la vertu de foi, par laquelle on croit à l'enseignement chrétien parce qu'il est divinement révélé. De plus, dans l'ensemble de la Lettre apostolique, il y a un silence sur ce thème essentiel du repentir du péché pour la digne réception de l'Eucharistie.

 

Ce sens naturel contredit la foi de l'Église catholique. L'Église catholique a toujours enseigné que pour recevoir la Sainte Eucharistie dignement et sans péché, les catholiques doivent recevoir l'absolution sacramentelle, si possible, pour tous les péchés mortels qu'ils peuvent avoir commis et obéir à toutes les autres lois de l'Église concernant la réception de l'Eucharistie ( comme, par exemple, les lois concernant le jeûne avant la réception de l'Eucharistie). Cependant, si un catholique est incapable de confesser des péchés mortels mais a une raison grave de recevoir l'Eucharistie (comme un prêtre qui peut être tenu de célébrer la messe à un moment donné mais qui est incapable de se confesser), une telle personne doit être sûr au mieux de sa capacité qu'il a une contrition parfaite pour tous les péchés mortels qu'il peut avoir commis.

 

L'affirmation selon laquelle la foi est la seule exigence pour une réception digne de la Sainte Eucharistie a été condamnée par le Concile de Trente comme une hérésie.

 

Concile saint et œcuménique de Trente, Décret sur le Très Saint Sacrement de l'Eucharistie (11 octobre 1551).

 

Chapitre VII. La préparation qui doit être employée pour recevoir dignement la Sainte Eucharistie

 

S'il ne convient à personne de s'approcher d'aucune des fonctions sacrées, sauf solennellement, certainement, plus la sainteté et la divinité de ce sacrement céleste sont comprises par un chrétien, plus il doit diligemment prendre garde de ne pas s'approcher pour le recevoir sans grande révérence et sainteté [can. 2], surtout quand nous lisons chez l'Apôtre ces paroles pleines de terreur : "Celui qui mange et boit indignement, mange et boit un jugement sur lui-même, ne discernant pas le corps du Seigneur" [1 Cor. 11 :29]. Par conséquent, le précepte : "Que l'homme fasse son examen" [1 Cor. 11:28], doit être rappelé à l'esprit par celui qui souhaite communiquer. Or l'usage ecclésiastique déclare que cet examen est nécessaire, que nul, conscient d'un péché mortel, quelque contrit qu'il se semble à lui-même, doit s'approcher de la Sainte Eucharistie sans confession sacramentelle préalable. Ceci, a décrété le saint synode, doit toujours être observé par tous les chrétiens, même par les prêtres auxquels, par leur office, il peut incomber de célébrer, pourvu que les recours d'un confesseur ne leur manquent pas. Mais si, dans une nécessité urgente, un prêtre doit célébrer sans confession préalable, qu'il se confesse le plus tôt possible.

 

 

Canon 11. Si quelqu'un dit que la foi seule est une préparation suffisante pour recevoir le sacrement de la très sainte Eucharistie, qu'il soit anathème. [Si quis dixerit, solam fidem esse suffisanteem praeparationem ad sumendum sanctissimum eucharistiae sacramentum, anathema sit.]

 

Cette affirmation contredit également les canons 915 et 916 du Code latin de droit canonique et les canons 711 et 712 du Code oriental de droit canonique.

 

Code latin de droit canonique

 

Canon. 915 Ceux qui ont été excommuniés ou interdits après l'imposition ou la déclaration de la peine et ceux qui s'obstinent à commettre un péché grave et manifeste ne seront pas admis à la sainte communion.

 

Canon. 916 Celui qui a conscience d'un péché grave ne doit pas célébrer la messe ou recevoir le corps du Seigneur sans confession sacramentelle préalable, à moins qu'il n'y ait un motif grave et qu'il n'y ait aucune possibilité de se confesser ; dans ce cas, la personne doit se souvenir de l'obligation de faire un acte de contrition parfaite qui comprend la résolution de se confesser le plus tôt possible.

 

Code oriental de droit canonique

 

Canon 711. Une personne qui a conscience d'un péché grave ne doit pas célébrer la Divine Liturgie ni recevoir la Divine Eucharistie à moins qu'il n'y ait un motif sérieux et qu'il n'y ait aucune possibilité de recevoir le sacrement de pénitence ; dans ce cas, la personne doit faire un acte de contrition parfaite, y compris l'intention de se confesser le plus tôt possible.

 

Canon 712. Il est interdit à ceux qui sont publiquement indignes de recevoir la Divine Eucharistie.

 

Le but de ces canons est d'empêcher le péché grave de la part de la personne recevant indignement l'Eucharistie, d'empêcher le scandale et d'empêcher la profanation du sacrement par une telle réception indigne. Ces canons sont toujours en vigueur. Elles ne peuvent être valablement abrogées, car leur contenu exprime la loi divine concernant l'Eucharistie qui est enseignée dans les Saintes Écritures et la Sainte Tradition. C'est ce qu'a souligné la Déclaration du 24 juin 2000 du Conseil pontifical pour les textes législatifs, concernant l'admission à la sainte communion des fidèles divorcés remariés :

 

Le code de droit canonique établit que "ceux à qui la peine d'excommunication ou d'interdit a été prononcée ou déclarée, et les autres qui s'obstinent à commettre un péché grave et manifeste, ne doivent pas être admis à la sainte communion" (can. 915). … L'interdiction contenue dans le canon cité, par sa nature, dérive du droit divin et transcende le domaine des lois ecclésiastiques positives : ces dernières ne peuvent introduire de changements législatifs qui s'opposeraient à la doctrine de l'Église. Le texte scripturaire sur lequel la tradition ecclésiale s'est toujours appuyée est celui de saint Paul : "Cela signifie que quiconque mange le pain ou boit la coupe du Seigneur pèche indignement contre le corps et le sang du Seigneur. Un homme doit d'abord s'examiner lui-même, ensuite il doit manger du pain et boire de la coupe.

 

Le pape François a indiqué par ses paroles et ses actions qu'il partage le point de vue exprimé par le sens naturel des paroles de Desiderio desideravi citées ci-dessus.

 

Dans son Angélus pour la fête du "Corpus Domini" le 6 juin 2021, le Pape François a dit :

 

… il y a une autre force qui ressort de la fragilité de l'Eucharistie : la force d'aimer ceux qui se trompent. C'est la nuit où il est trahi que Jésus nous donne le Pain de Vie. Il nous fait le plus grand cadeau alors qu'il sent le plus profond abîme de son cœur : le disciple qui mange avec lui, qui trempe le morceau dans la même assiette, le trahit. Et la trahison est la pire des souffrances pour celui qui aime. Et que fait Jésus ? Il réagit au mal par un plus grand bien. Il répond au "non" de Judas par le "oui" de la miséricorde. Il ne punit pas le pécheur, mais donne plutôt sa vie pour lui ; Il paie pour lui. Lorsque nous recevons l'Eucharistie, Jésus fait de même avec nous : il nous connaît ; il sait que nous sommes pécheurs ; et il sait que nous commettons beaucoup d'erreurs, mais il ne renonce pas à joindre sa vie à la nôtre. Il sait que nous en avons besoin, car l'Eucharistie n'est pas la récompense des saints, non, c'est le Pain des pécheurs . C'est pourquoi il nous exhorte : « N'ayez pas peur !Prenez et mangez. ”

 

L'affirmation selon laquelle l'Eucharistie n'est pas la récompense des saints mais le pain des pécheurs pourrait être comprise dans un sens orthodoxe si elle est prise isolément. Cependant, placé dans le contexte de la réception de l'Eucharistie par Judas mentionné dans le discours de l'Angélus (cf. Jean 13, 23-27), et dans le contexte des autres paroles et actions du pape François, il suggère que le renoncement au péché n'est pas nécessaire pour que la réception de l'Eucharistie soit agréable à Dieu. Cette opinion est confirmée par la déclaration suivante du Desiderio desideravi : "En effet, toute réception de communion au Corps et au Sang du Christ a déjà été désirée par lui lors de la Cène" (n. 6).

 

L'enseignement du Concile de Trente cité plus haut condamne la position de Martin Luther sur la foi et la justification. Le pape François a exprimé publiquement son accord avec les positions condamnées de Luther. Lors d'une conférence de presse en vol le 26 juin 2016, le pape François a déclaré :

 

Je pense que les intentions de Martin Luther ne se sont pas trompées ; c'était un réformateur. Peut-être que certaines de ses méthodes n'étaient pas bonnes, bien qu'à cette époque, si vous lisez l'histoire du Pasteur, par exemple – il était un luthérien allemand qui a connu une conversion lorsqu'il a étudié les faits de cette période ; il est devenu catholique – nous voyons que l'Église n'était pas exactement un modèle à imiter. Il y avait de la corruption et de la mondanité dans l'Église; il y avait un attachement à l'argent et au pouvoir. C'était la base de sa protestation. Il était aussi intelligent et il est allé de l'avant en justifiant ses raisons. De nos jours, luthériens et catholiques, et tous les protestants, sont d'accord sur la doctrine de la justification : sur ce point très important, il ne s'est pas trompé.

 

Le jour où Desiderio desideravi a été publié, le pape François a reçu en audience Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants des États-Unis. Nancy Pelosi s'est vu interdire publiquement de recevoir la communion en vertu du canon 915 par son ordinaire, l'archevêque Salvatore Cordileone. Les motifs de cette mesure étaient son soutien politique constant à la légalisation complète de l'avortement jusqu'à la naissance. Après l'audience avec le pape François, Nancy Pelosi a reçu la communion lors d'une messe à Saint-Pierre présidée par le pape François, provoquant le scandale des catholiques du monde entier. Interrogé sur sa réception illégale de la communion, le pape François n'a exprimé aucune désapprobation à son égard. Au lieu de cela, il a répondu en disant : "Quand l'Église perd sa nature pastorale, quand un évêque perd sa nature pastorale, cela cause un problème politique. C'est tout ce que je peux dire.

 

La Lettre apostolique Desiderio desideravi n'est pas un enseignement infaillible, car elle ne satisfait pas aux conditions nécessaires à l'exercice de l'infaillibilité papale. Le canon du Concile de Trente est un exercice de l'autorité enseignante infaillible de l'Église. Par conséquent, la contradiction entre Desiderio desideravi et la doctrine définie du Concile de Trente ne falsifie pas la prétention de l'Église catholique à être infailliblement guidée par l'Esprit Saint lorsque, par l'exercice de sa fonction enseignante, elle exige de tous les catholiques qu'ils croient à une doctrine aussi étant divinement révélé. Sur la possibilité qu'un pape enseigne publiquement l'erreur, voir la Correctio filialis adressée au pape François par un certain nombre d'érudits catholiques (https://www.correctiofilialis.org ), et les discussions dans le livre Defending the Faith against Present Heresies (Arouca Press, 2021). Aucun catholique ne peut croire ou agir sur une déclaration papale si elle contredit la foi catholique divinement révélée.

 

Nous, soussignés, confessons la foi catholique concernant la digne réception de l'Eucharistie telle qu'elle est définie par le Concile de Trente, selon laquelle la foi seule n'est pas une préparation suffisante pour recevoir le sacrement de la très sainte Eucharistie. Nous encourageons tous les évêques et clercs de l'Église catholique à confesser publiquement la même doctrine sur la digne réception de l'Eucharistie et à appliquer les canons connexes afin d'éviter un scandale grave et public.

 

[Signé.]

 

Veuillez consulter ici la liste des premiers signataires. Les universitaires et les membres du clergé sont invités à nous contacter s'ils souhaitent signer ce document : mhickson@lifesitenews.com

 

Signataires

Mgr Joseph Strickland, évêque de Tyler

 

Mgr René Henry Gracida, évêque émérite de Corpus Christi

 

Mgr Robert Mutsaerts, évêque auxiliaire de S'Hertogenbosch aux Pays-Bas

 

Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d'Astana, Kazakhstan

 

Pr. James Altmann

 

Dr Heinz-Lothar Barth, jusqu'en 2016 professeur de latin et de grec à l'Université de Bonn

 

Donna F. Bethell, JD

 

James Bogle, Esq., MA TD VR, avocat et ancien président d'Una Voce International

 

Diacre Philip Clingerman OCDS BS, BA, MA [Théologie]

 

Diacre Nick Donnelly, MA

 

Anthony Esolen, PhD

 

Diacre Keith Fournier, JD, MTS, MPhil

 

Matt Gaspers, rédacteur en chef, Catholic Family News

 

Père Stanislaw C. Gibziński, Reading, Royaume-Uni

 

Maria Guarini, STB, éditrice du site Chiesa e postconcilio

 

Sarah Henderson, DCHS, MA (éducation religieuse et catéchèse), BA

 

Dr Maike Hickson, PhD, journaliste

 

Dr Robert Hickson , professeur à la retraite de littérature et de philosophie

 

Dr Dr Rudolf Hilfer, Stuttgart, Allemagne

 

Dr Rafael Huentelmann, rédacteur en chef, METAPHYSICA

 

Steve Jalsevac, co-fondateur et président, LifeSiteNews.com

 

Dr Peter A. Kwasniewski, Ph.D.

 

Dr John Lamont, DPhil

 

Pr. Elias Leyds, CSJ, diocèse de Den Bosch, Pays-Bas

 

Pr. John P. Lovell

 

Dr César Félix Sanchez Martinez. Professeur de Philosophie de la Nature au Séminaire archidiocésain Saint-Jérôme d'Arequipa (Pérou)

 

Diacre Eugene McGuirk

 

Martin Mosebach

 

Brian M. McCall, rédacteur en chef, Catholic Family News

 

Patricia McKeever, B. Éd. M.Th., rédacteur en chef, Catholic Truth (Écosse)

 

Julia Meloni, BA Yale, AM Harvard, auteur

 

Pr. Cor Mennen, lic. droit canonique, ancien professeur de séminaire

 

Pr. Michel Menner

 

Dr. Sebastian Morello, BA, MA, PhD, éditeur d'essais pour The European Conservative

 

Pr. Gerald E. Murray, JCD, Pasteur, Église de la Sainte Famille, New York, NY

 

Georges Neumayr, auteur

 

Pr. Guy Pages

 

Paolo Pasqualucci, ret. professeur de philosophie, Université de Pérouse, Italie

 

Dr. Claudio Pierantoni, Universidad de Chile, PhD Histoire du christianisme, PhD Philosophie

 

Dr Carlo Regazzoni, philosophe de la culture

 

Dr John Rist, professeur émérite de lettres classiques et de philosophie, Université de Toronto, FRSC

 

Eric Sammons, rédacteur en chef, Crisis Magazine

 

Edward Schaefer, président, The Collegium

 

Wolfram Schrems, mag. théol., Mag. phil.

 

Paul A. Scott PhD, FRSA, FRHistS, FCIL, CL, Professeur agrégé de français et Professeur Cramer, Faculté affiliée du Gunn Center for the Study of Science Fiction, Faculté affiliée du Ad Astra Center for Science Fiction and Speculative Imagination, General Éditeur de The Year's Work in Modern Language Studies (Brill) Département d'études françaises, francophones et italiennes,

Université du Kansas, États-Unis

 

Anna Silvas, BA, MA, PhD, chercheuse principale adjointe, Université de la Nouvelle-Angleterre, Australie

 

Dr Michael Sirilla, PhD

 

Anthony P. Stine, PhD

 

Dr Gerard JM van den Aardweg, Pays-Bas

 

Dr phil. habil. Berthold Wald, professeur à la retraite, Faculté de théologie de Paderborn, Allemagne

 

John-Henry Westen, co-fondateur et rédacteur en chef de LifeSiteNews.com

 

Elizabeth Yore, Esq., Fondatrice, Yore Children

 

John Zmirak, PhD

 

Signataires supplémentaires

Pr. Edward B.Connolly

 

Christina Fox, BA BDiv., chercheuse indépendante

 

Adrie AM van der Hoeven MSc, auteur de jesusking.info

 

Pr. Tyler Johnson

 

Edgardo J. Cruz Ramos, président, Una Voce Porto Rico

 

Prof. Leonard Wessell (retraité), PhD, D.Phil, Doctorado

 

L'image sélectionnée

Le Dr Maike Hickson est née et a grandi en Allemagne. Elle est titulaire d'un doctorat de l'Université de Hanovre, en Allemagne, après avoir rédigé en Suisse sa thèse de doctorat sur l'histoire des intellectuels suisses avant et pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle vit maintenant aux États-Unis et est mariée au Dr Robert Hickson, et ils ont eu la chance d'avoir deux beaux enfants. C'est une femme au foyer heureuse qui aime écrire des articles quand le temps le permet.

 

Le Dr Hickson a publié en 2014 un Festschrift, un recueil d'une trentaine d'essais écrits par des auteurs réfléchis en l'honneur de son mari à l'occasion de son 70e anniversaire, qui s'intitule A Catholic Witness in Our Time .

 

Hickson a suivi de près la papauté du pape François et les développements de l'Église catholique en Allemagne, et elle a écrit des articles sur la religion et la politique pour des publications et des sites Web américains et européens tels que LifeSiteNews, OnePeterFive, The Wanderer, Rorate Caeli, Catholicism. org, Catholic Family News, Christian Order, Notizie Pro-Vita, Corrispondenza Romana, Katholisches.info, Der Dreizehnte, Zeit-Fragen et Westfalen-Blatt.

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16 septembre 2022 5 16 /09 /septembre /2022 10:11
Évoquant lors du vol du Kazakhstan vers l'Italie le jeudi 15 septembre 2022, la dégradation morale de l'Occident, notamment en ce qui concerne l'avancée de l'euthanasie légale, le pape François a déclaré que la région avait pris le mauvais chemin et que le meurtre devrait être laissé "aux animaux".

Évoquant lors du vol du Kazakhstan vers l'Italie le jeudi 15 septembre 2022, la dégradation morale de l'Occident, notamment en ce qui concerne l'avancée de l'euthanasie légale, le pape François a déclaré que la région avait pris le mauvais chemin et que le meurtre devrait être laissé "aux animaux".

SOURCE : CNA

 

(Traduction)

 

Évoquant jeudi lors du vol du Kazakhstan vers l'Italie la dégradation morale de l'Occident, notamment concernant l'avancée de l'euthanasie légale, le pape François a déclaré que la région avait pris le mauvais chemin et que la tuerie devrait être laissée "aux animaux".

 

"Il est vrai que l'Occident dégénère", a déclaré le pape lors de sa conférence de presse en vol le 15 septembre en réponse à une question sur la perte des valeurs en Occident, et en particulier à la pression pour l'euthanasie légale en France, en Italie. , et la Belgique.

 

"Ce n'est pas, en ce moment, au plus haut niveau d'exemplarité... L'Occident a pris les mauvais chemins", a déclaré le pape.

 

Pressé sur le problème de l'euthanasie, le pape François a déclaré : « Tuer n'est pas humain, point final. Si vous tuez - avec motivation oui - à la fin vous tuerez plus. Ce n'est pas humain. Laissons la tuerie aux animaux.

 

Le pape François s'est rendu au Kazakhstan du 13 au 15 septembre, participant au septième congrès des dirigeants des religions mondiales et traditionnelles, un sommet interreligieux, et rendant visite aux catholiques et aux fonctionnaires de l'État d'Asie centrale.

 

Au cours de la conférence de presse en vol, le pape a également abordé la guerre russo-ukrainienne et le droit de l'Ukraine à se défendre, les relations entre le Saint-Siège et la Chine, et les critiques selon lesquelles la participation au congrès interreligieux kazakh risque l'indifférence.

 

Concernant les préoccupations relatives à la liberté religieuse en Chine, et en particulier à Hong Kong, le pape François a déclaré : « Comprendre la Chine prend un siècle. Et nous ne vivons pas dans les siècles. La mentalité chinoise est une mentalité riche, et quand elle devient un peu malade, elle perd sa richesse. Pour comprendre, nous avons choisi la voie du dialogue.

 

"Il y a une commission bilatérale Vatican-Chine qui", a-t-il dit, "va bien".

 

« C'est lent parce que le rythme chinois est lent. Ils ont une éternité pour avancer. Un peuple d'une infinie patience. Mais des expériences que nous avons eues avant, nous pensons aux missionnaires italiens qui sont allés là-bas et ont été respectés en tant que scientifiques. Nous pensons aussi aujourd'hui aux nombreux prêtres ou croyants appelés dans les universités chinoises parce qu'ils valorisent la culture », a-t-il déclaré.

 

"Ce n'est pas facile de comprendre la mentalité chinoise mais il faut la respecter. Je respecte toujours. Et ici, au Vatican, il y a une commission de dialogue qui marche bien, le cardinal Parolin la préside et c'est lui, en ce moment, qui connaît le mieux la Chine et le dialogue avec les Chinois. C'est une chose lente mais toujours des pas avancent.

 

 

 

Le pape a mis en garde contre la "classification" de la Chine dans un binaire démocratie-antidémocratie, "parce que c'est un pays si complexe avec ses rythmes".

 

"Et c'est vrai qu'il y a des choses qui nous paraissent antidémocratiques, c'est vrai", a-t-il ajouté.

 

"Plus que de classer, j'essaie de soutenir la voie du dialogue", a déclaré le pape. « Dans la voie du dialogue, tant de choses sont clarifiées. Et pas seulement de l'Église mais d'autres domaines ; mais par exemple l'étendue de la Chine, les gouverneurs des provinces sont tous différents, il y a aussi des cultures différentes à l'intérieur de la Chine, qui est un géant. Comprendre la Chine est une chose énorme, mais ne perdez pas patience, cela demande beaucoup. Mais nous devons aller de l'avant avec le dialogue.

 

S'adressant à l'Ukraine, le Saint-Père a déclaré qu'armer le pays "peut être moralement acceptable", rappelant que "se défendre n'est pas seulement licite mais aussi une expression de l'amour du pays". Il a affirmé le droit d'une nation à se défendre en cas de besoin.

 

Évoquant le dialogue avec la Russie, le pape François a déclaré qu'« il est toujours difficile de comprendre le dialogue avec les États qui ont déclenché la guerre… C'est difficile, mais nous ne devons pas l'écarter, pour donner la possibilité de dialoguer à tout le monde, à tout le monde. Parce qu'il y a toujours la possibilité qu'avec le dialogue les choses changent, même en offrant un autre point de vue, un autre point de vue.

 

Il a poursuivi : « Mais je n'exclus pas le dialogue avec toute puissance en guerre, même si c'est l'agresseur. Parfois, le dialogue devrait être fait comme ça, mais il faut le faire. Ça pue, mais il faut le faire. Toujours un pas en avant. La main tendue, toujours, car au contraire on ferme la seule porte raisonnable de la paix. Parfois ils n'acceptent pas le dialogue — c'est dommage — mais le dialogue avance toujours, il est au moins offert. Et cela est bon pour celui qui offre.

 

Sur le risque d'indifférence, le pape François a déclaré que « s'il n'y a pas de dialogue, il y a soit ignorance, soit guerre. Mieux vaut vivre en frères; nous avons une chose en commun, nous sommes tous humains. Vivons comme des humains, avec de bonnes manières : qu'en pensez-vous, qu'est-ce que j'en pense ? Mettons-nous d'accord, parlons-en, apprenons à nous connaître.

 

Développant sa discussion sur la dégénérescence de l'Occident, le pape François a demandé : "Qu'est-ce que l'Occident a perdu, pour oublier d'accueillir ?" Il a noté son besoin de croissance démographique, compte tenu « de l'hiver démographique que nous avons. Nous avons besoin de gens, à la fois en Espagne, en Espagne surtout, mais aussi en Italie.

 

À cette fin, il a souligné la nécessité d'accueillir, de promouvoir et d'intégrer les immigrants.

 

Le pape a mis en garde contre le populisme et a déclaré que l'Occident "pourrait… expirer un peu".

 

«Mais nous devons reprendre les valeurs. L'Europe devrait adopter les valeurs des pères qui ont fondé l'Union européenne - ces grands », a-t-il déclaré, après avoir fait référence plus tôt au Vén. Robert Schuman, Konrad Adenauer et Alcide De Gasperi.

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15 septembre 2022 4 15 /09 /septembre /2022 19:40
Cardinal Müller : "l'établissement d'un nouvel ordre mondial, est issu d'une pensée diabolique et destructrice"

Source : KATH.NET

 

(Traduction)

 

Le "Nouvel Ordre Mondial" - une théorie du complot ou une vision politique ?

 

Cardinal Gerhard Müller : "Le déclin de l'Église en Allemagne et en Europe n'est pas causé par la sécularisation, la lutte des Églises... mais le manque de foi, l'amour froid des catholiques..." Interview kath.net par Lothar C. Rilinger

 

 

Vatican (kath.net) Le terme "Nouvel Ordre Mondial" est interprété comme une métaphore d'une théorie du complot. Ce faisant, il ne fait que décrire une ébauche de société qui – comme toute autre – doit faire face au discours intellectuel. La chute du communisme en 1989/90 marque la fin d'un processus historique que le sociologue américain Francis Fukuyama a appelé la fin de l'histoire. Selon lui, le communisme a fait son temps comme l'antithèse de la démocratie, de sorte qu'une nouvelle base sociale doit être pensée. Cela a ouvert une nouvelle compétition : il s'agit de l'avenir du développement social au-delà du marxisme. La lutte des classes de type marxiste aurait dû faire son temps - ce que les marxistes ne veulent pas accepter - mais dans la lutte pour la suprématie dans le discours sur la société et l'État, le modèle démocratique n'est plus considéré non plus comme un idéal. Le principe d'un homme, une voix est associé à l'ère des Lumières. Il faut donc le dépasser pour pouvoir attribuer l'attribut "progrès" au développement social. Celle-ci repose sur un principe selon lequel l'homme – détaché de Dieu, qui n'est plus supposé exister – est autorisé à faire tout ce qu'il peut. L'autolimitation fait obstacle au progrès. afin de pouvoir attribuer l'attribut "progrès" au développement social. Celle-ci repose sur un principe selon lequel l'homme – détaché de Dieu, qui n'est plus supposé exister – est autorisé à faire tout ce qu'il peut. 

 

Puisque Dieu est rejeté comme la dernière instance de l'action humaine dans la croyance au progrès, une société devrait être construite dans le Nouvel Ordre Mondial qui ne connaît pas de frontières et dans laquelle tout devrait être permis pour que les gens puissent se développer et penser ; rien ne doit s'opposer au progrès ou l'entraver dans son développement. La métaphysique est bannie du discours social comme pré-moderne, et avec elle la croyance au salut humain dans l'éternité. Seul ce qui peut être falsifié ou vérifié doit être valable, afin que le salut de l'homme ait lieu sur la terre, dans la vie terrestre. Ce que Karl Marx appelait le paradis sur terre doit être atteint d'une manière différente grâce au progrès qui façonne le Nouvel Ordre Mondial. Puisque cet ordre mondial nie le recours à Dieu et, comme Feuerbach, le déclare inexistant, il n'est pas surprenant que l'ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal Gerhard Ludwig Müller, se sente appelé à l'action et condamne la Nouvelle Ordre mondial. Nous lui en avons parlé.

 

Rilinger : Depuis quelques décennies maintenant, l'exigence que l'ordre mondial existant soit remplacé par un autre qui ne recoure plus à Dieu, mais seulement au progrès inconditionnel, hante à nouveau le discours politique. La demande de cet ordre mondial, surnommé le "nouvel ordre mondial", est soulevée presque parallèlement au discours politique et public. Que faut-il entendre par Nouvel Ordre Mondial ?

 

Cardinal Gerhard Ludwig Müller : Selon le credo juif et chrétien, c'est Dieu lui-même qui, dans sa bonté souveraine, a créé le monde à partir de rien et l'a ordonné dans sa parole éternelle (logos, raison) et son esprit (pouvoir, sagesse). La raison humaine est finie et en principe - en raison du péché originel - sensible aux pulsions égoïstes telles que le désir désordonné de pouvoir, d'argent, de plaisir personnel/luxure. L'homme est donc intellectuellement et moralement faillible.

 

Ce n'est que lorsque la Parole de Dieu nous parle et que nous nous laissons éclairer, guider et fortifier par Son Saint-Esprit que nous pouvons reconnaître la vérité et choisir librement le bien comme but de nos actions. L'expérience historique nous enseigne que toute tentative de mettre de l'ordre dans le monde par la raison humaine et par le pouvoir humain se terminait invariablement par un désastre. Nous n'avons pas besoin de remonter très loin pour cela. Le colonialisme et l'impérialisme du XIXe siècle, les régimes totalitaires du national-socialisme, la pensée des grandes puissances japonaises et le communisme léniniste-stalinien ainsi que toutes les dictatures des petits États d'Amérique du Sud, d'Asie et d'Afrique prouvent que l'emprise du pouvoir mondial, c'est-à-dire l'établissement d'un nouvel ordre mondial, est issue d'une pensée diabolique et destructrice et non d'une pensée théo-logique.

 

Le programme d'un nouvel ordre mondial présupposant une économisation totale de l'homme, dans lequel les élites financières et politiques autoproclamées restent le sujet pensant et contrôlant, a pour conséquence le prix de la dépersonnalisation des masses. L'être humain n'est que le produit biologique brut qui est transformé en ordinateur dans un réseau total d'informations. Il n'y a alors plus de personne, plus d'immortalité de l'âme, plus d'être vivant avec un cœur et une raison, un esprit et un libre arbitre. Il reste une construction sans patrie et sans espoir.

 

Cela inclut la réduction de 99 % de la population mondiale à une biomasse fragmentée, à du matériel humain ou à un groupe de consommateurs, à des robots. Les humains n'ont autant de "valeur" ("valeur" signifie ici économiquement, pas moralement) qu'autant qu'ils contribuent au maintien de ce système de domination et d'exploitation et qu'ils fonctionnent en son sein. Le pouvoir totalitaire se réalise dans une bureaucratie absolue lorsque l'homme en tant qu'homme est aboli. "L'action s'avérerait superflue dans la coexistence humaine si tous les êtres humains devenaient un seul être humain, tous les individus devenaient des spécimens de l'espèce, toutes les actions devenaient des concepts d'accélération dans l'appareil de mouvement légal de l'histoire ou de la nature, et tous les actes devenaient des exécutions du peines de mort que... l'histoire et la nature ont imposées de toute façon", c'est ce qu'écrivait Hannah Arendt en 1951 (Hannah Arendt, elements and origins of total ruleship, Munich 2021) 959), tandis que le fondateur et opérateur du Forum économique mondial de Davos signalait récemment au monde ses utopies transhumanistes : "Les dispositifs externes d'aujourd'hui [ …] sera presque certainement implantable dans nos corps et nos cerveaux. […] Ces technologies peuvent envahir l'espace auparavant privé de nos esprits, lire dans nos pensées et influencer notre comportement." (Klaus Schwab/Nicholas Davis, Shaping the Future of the Forth Industrial Revolution, New York 2018 39 ; 28 ; idem. , La quatrième révolution industrielle, Munich 2016).

 

Le totalitarisme est toujours haine de la vie, préférant le mécaniquement réductible au vivant et au sacré. Le groupe de contrôle décide qui est autorisé à vivre ou qui doit mourir. Dans la guerre d'agression contre l'Ukraine, Poutine demande à ses troupes d'emporter avec elles des crématoires mobiles, afin de ne pas mettre en danger son pouvoir intérieur à travers les images de cercueils rentrant chez eux.

 

Le totalitarisme, c'est toujours la haine de la vie, la préférence donnée à ce qui est mécaniquement réductible plutôt qu'à ce qui est vivant et sacré. C'est le groupe de contrôle qui décide qui peut vivre ou qui doit mourir. Dans la guerre d'agression contre l'Ukraine, Poutine demande à ses troupes d'emporter avec elles des crématoires mobiles, afin de ne pas mettre en danger son pouvoir intérieur à travers les images de cercueils rentrant chez eux.

 

Biden annonce des bus d'avortement mobiles, y compris l'incinération de cadavres d'enfants, aux États-Unis pour saper la décision de la Cour suprême. Il s'agit de la démonstration d'un pouvoir moralement libéré et du droit de tuer des enfants jusqu'à peu de temps avant leur naissance. C'est d'autant plus grave pour avoir témoigné de la vérité naturelle et révélée de Dieu que Poutine et Biden se font passer pour des chrétiens. Mais avant que le jugement de Dieu ne s'applique : "Les malfaiteurs n'hériteront pas le royaume de Dieu" (cf. 1Co 6, 10).

 

En Russie, quiconque qualifie l'attaque brutale contre l'Ukraine de guerre au lieu d'une "opération militaire spéciale" sera puni. En Occident, on traîne devant les tribunaux celui qui appelle l'infanticide dans le ventre de la mère un meurtre ou qui manifeste contre lui devant les cliniques d'homicide. En Chine, le trafic d'organes est pratiqué avec un mépris cruel pour l'autodétermination des personnes sur lesquelles les organes sont prélevés. Avec le sort des femmes dans les pays pauvres, les agences "occidentales" dans les pays riches font le sale boulot de la maternité de substitution. Ce ne sont pas des cauchemars qui se dissolvent dans la réalité au réveil, mais une réalité qui est devenue un cauchemar.

 

Rilinger : Le bannissement de Dieu de la vie des citoyens est une exigence des Lumières qui a connu sa plus haute expression dans le nihilisme, que Nietzsche ne se lassait pas de prêcher. L'histoire a-t-elle apporté la preuve qu'un État ou une société peut réussir sans Dieu ?

 

Cardinal Müller: Nul autre que l'importante philosophe et analyste éveillée du totalitarisme moderne, Hannah Arendt, a résumé le "credo nihiliste du 19ème siècle" avec la phrase de Dostoïevski : "Tout est permis", à savoir quand l'homme ne croit pas en Dieu comme son Créateur et Juge. (Hannah Arendt, Que signifie la responsabilité personnelle dans une dictature ? Munich 2020. 43 ; conférence tenue pour la première fois en 1964/65). Depuis le premier éclaireur Pierre Bayle (1647-1706), il y a eu pas mal de tentatives pour développer une éthique athée ou évolutionniste-matérialiste à développer, dans le but de détacher l'éthique individuelle et sociale de son fondement transcendantal. Mais ces initiatives grandiosement propagées ont dû échouer, car la morale n'existe que lorsque l'homme ne fait pas face au monde conditionné,

 

Le bien ou le mal absolu à éviter ne peut pas être simplement une partie de ce monde ou une fonction dans celui-ci.

 

Seule la relation personnelle du moi avec son juge divin, à qui il dit "tu" (Abba, Notre Père) et qui le rencontre face à face, permet à la morale de ne pas être une référence à des valeurs objectives, mais une relation personnelle avec l'auteur et l'incarnation du vrai et du bien.

 

En tant que chrétiens, nous disons aussi que les exigences de l'impératif moral ne nous sont pas apparues pour la première fois dans le Décalogue révélé. Car Dieu l'a déjà inscrit dans l'esprit et le cœur de chaque être humain. La conséquence en est que même le "gentil", c'est-à-dire l'être humain avant la rencontre avec Dieu dans l'histoire du salut, saisit dans sa conscience la validité inconditionnelle des commandements en tant que loi divine : Tu ne voleras pas, tu ne commettras pas d'adultère, tu n'adoreras pas la créature à la place du Créateur. (cf. Rm 2, 14-24).

 

Rilinger : Si, dans le Nouvel Ordre Mondial, le pouvoir découle de l'économie et que le monde est pensé comme un marché unique, la question se pose de savoir comment le pouvoir – comme le demandait Romano Guardini – peut être apprivoisé. Le pouvoir mondial qui vient de la richesse peut-il être contenu, et si oui, par qui ?

 

Cardinal Müller : Le pouvoir et la richesse sont interdépendants. Mais il dépend des gens s'ils apprivoisent le pouvoir sur les forces de la nature, le chaos des instincts et des intérêts, et s'ils mettent les biens qu'ils ont légitimement acquis par le travail, la diligence et l'intelligence au service du grand public. Jésus a souligné les tentations des potentats d'abuser de leur pouvoir sur le peuple et les difficultés pour les riches d'entrer dans le royaume de Dieu s'ils fixent leur cœur sur les richesses et ferment les yeux sur les pauvres.

 

Le mondialisme résulte des possibilités de la communication moderne, des moyens de transport qui réduisent les distances, de la technologie qui rend possible une immense augmentation de la production de biens de consommation et donc une augmentation du niveau de vie de milliards de personnes. Mais à tout moment, la concentration du pouvoir politique, des finances et des communications dans l'esprit et les mains de quelques-uns - que ce soit en tant que parti, groupe financier ou magnat des médias - a été un malheur pour le reste de l'humanité. Les centres mondiaux du pouvoir et de la finance qui se font passer pour des gouvernements mondiaux mondialisent également leurs inconvénients. Ils ne fonctionnent que dialectiquement avec leur contraire. Les surhumains ont besoin de leurs sous-humains, les super-riches de leur clientèle dépendante, qui sont soutenues par eux à un bas niveau. Les dirigeants absolus ont besoin de leurs sujets consentants et craignent les citoyens libres et sûrs d'eux comme le diable craint l'eau bénite. Pierre et le Pape comme son successeur ont constamment contré le Haut Conseil du pouvoir terrestre absolu : "Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes" (Ac 5, 29).

 

L'"Occident" sécularisé et officiellement antichrétien n'admet le christianisme que comme religion civile. Les célébrités qui ont décidément renoncé à l'église, cependant, aiment utiliser une église historiquement précieuse comme toile de fond pour leur mariage, bien qu'elles ne veuillent pas voir le mariage comme une institution divine et comme une promesse de sa grâce.

 

En Chine, l'État parti athée persécute les chrétiens et utilise leurs réunions comme une occasion d'endoctrinement contre la croyance en Christ, le véritable Sauveur du monde. Qui s'en remet encore aux ruses diplomatiques et aux compromis politiques avec le diable, le "souverain de ce monde" (Jn 12, 31 2 Co 4,4) pour pouvoir tirer quelque chose de bon du christianisme ?

 

La différence essentielle est que le Christ a donné sa vie pour que nous puissions vivre, tandis que les dirigeants de ce monde consomment la vie de leurs sujets pour vivre quelques instants de plus et plus somptueusement, pour finir en enfer qu'ils ont préparé pour les autres sur terre, là "où leur ver (de conscience) ne meurt pas, et le feu (de l'amour non allumé) ne s'éteint pas." (Marc 9:48) Par cette métaphore, Jésus-Christ signifie que la conscience, comme un ver, en eux. ronge. Les fauteurs de guerre en Ukraine, qui tuent des dizaines de milliers de personnes, n'ont aucune conscience, ce qui ne peut servir d'excuse devant le tribunal de Dieu.

 

Rilinger : Auguste Comte a parié sur le progrès sans Dieu. Ce faisant, il a déclaré obsolète l'autorité ultime à laquelle les gens doivent répondre. Alors, y a-t-il une possibilité que la limite fixée par Dieu mais supprimée par l'homme puisse être remplacée par une autre inventée par l'homme ?

 

Cardinal Müller : Où pourrait se situer cette limite ? Si la frontière entre l'intérieur et l'eau de mer qui entoure la coque d'un navire est supprimée en perforant le flanc du navire, même le meilleur capitaine et l'équipage bien rodé ne peuvent plus sauver le navire du naufrage et lui-même de la ruine. Tous les espoirs d'une humanité heureuse à travers les révolutions politiques et techniques ne se sont pas réalisés. Les utopistes sont comme Sisyphe, la figure symbolique tragique qui échoue toujours peu de temps avant le succès de la rédemption. Les rêves du meilleur des mondes sont aussi infructueux que l'homme chauve qui essaie de se sortir du marais par ses cheveux perdus au lieu de saisir la main tendue de son sauveur.

 

Rilinger : Le Nouvel Ordre Mondial, basé sur le pouvoir du marché, est-il démocratiquement légitimé ?

 

Cardinal Müller :Le problème est que les super-milliardaires, par leurs fondations "caritatives" et leur influence dans les organisations internationales, rendent dépendants d'eux les gouvernements nationaux, qui – dans au moins un tiers des États – sont démocratiquement élus. Ils sont reçus comme de grands hommes d'État ou des célébrités et des VIP et flattés par les autorités locales dans le vain espoir d'obtenir un peu de leur éclat et de leur glamour. Un entrepreneur qui réussit économiquement, même s'il s'est enrichi tout à fait légalement et moralement sans objection, n'est en aucun cas un philosophe et certainement pas le messie. Et si oui ! Les rois philosophes de Platon n'étaient pas non plus les sauveurs du monde. Seul le Fils de Dieu, qui a assumé notre humanité, a pu transformer le monde pour de bon une fois pour toutes parce qu'il a péché, il a vaincu la mort et le diable et nous a apporté la connaissance et le salut de Dieu. Mais chacun, s'il a réussi dans son travail et ses affaires, peut contribuer à une amélioration relative de notre existence dans le monde.

 

Nous, chrétiens, avons la responsabilité d'aider à construire un monde philanthropique avec notre compétence professionnelle et notre expérience dans les branches les plus diverses de l'artisanat et des métiers créateurs de culture, sans, bien sûr, nous permettre d'être mis en avant ou célébrés comme leurs sauveurs et rédempteurs.

 

Il doit rester vrai que dans une démocratie, chaque citoyen adulte dispose d'une voix, avec laquelle il élit librement les membres du parlement et ceux du gouvernement. Le vote libre est quelque chose de complètement différent de poser des questions sur les humeurs qui changent quotidiennement. L'un vient de la responsabilité du citoyen pour le bien commun, l'humeur ne reflète qu'un sentiment momentané.

 

Rilinger : Depuis quelques années maintenant, le soupçon a surgi que non seulement la liberté de discours académique, mais aussi la liberté d'expression dans son ensemble, est restreinte en étant immédiatement accusée de promouvoir une théorie du complot si l'on argumente en dehors du courant dominant. Peut-on accepter que la liberté d'expression soit ainsi restreinte ?

 

Cardinal Müller : Staline et Hitler craignaient constamment les conspirations, soit par calcul pour intimider et éliminer l'opposition, soit par paranoïa qui alimentait leur tyrannie. Au 18e siècle, les jésuites à la cour des Bourbons, au 19e siècle dans les cercles anticléricaux libéraux du Vatican et au 20e siècle les Juifs - selon les faux "Protocoles des Sages de Sion" - étaient considérés comme porteurs d'un complot mondial. Ou l'église et les capitalistes étaient considérés comme les ennemis du progrès vers le paradis des travailleurs, qui ne pouvait être arrêté que par la révolution communiste mondiale. Quand j'étais jeune, on parlait de théories du complot chez des contemporains excentriques qui voyaient des ovnis partout ou qui faisaient des explications invérifiables du monde basées sur les événements de l'époque.

 

Aujourd'hui, le mot "théoricien du complot" est un terme de combat idéologique utilisé par des antifascistes démunis mentalement, qui mènent leur "combat contre la droite" avec des méthodes nazies, c'est-à-dire en intimidant les médias, en menaçant de recourir à la violence, comme par ex. contre les juges de la Cour suprême qui ont nié le droit humain à l'avortement, ou contre une enseignante de l'université Humboldt - autrefois l'incarnation du standard scientifique allemand - qui voulait expliquer le fait biologiquement évident de la bisexualité de la nature humaine, sans laquelle il n'y aurait pas d'être humain individuel, ni même ceux qui s'insurgent contre cela.

 

Rilinger : Critiquer le Nouvel Ordre Mondial est généralement décrit comme une conspiration pour étouffer la discussion dans l'œuf. Pouvez-vous expliquer les raisons de cette interdiction de discussion ?

 

Cardinal Müller : L'idéologue ne connaît que l'ami qui se soumet à lui comme un crétin avec hourra ou l'ennemi qu'il faut détruire - idéalement physiquement si le système le permet, ou un peu plus civilisé par la mort sociale comme Shitstorm, ostracisme public, renvoi ou disparition dans la spirale du silence.

 

Quand quelqu'un qui est physiquement et psycho-terroristement persécuté se suicide en désespoir de cause, ses bourreaux se voient perversement justifiés d'éliminer la vermine, comme c'était exactement la façon de parler dans l'Allemagne nazie et la Russie soviétique. L'impiété et la misanthropie vont de pair.

 

Rilinger : Une autre forme d'interdiction de discussion est la déclaration selon laquelle sa propre opinion est considérée comme n'ayant pas d'alternative. La définition de l'absence d'alternatives n'est-elle pas l'exigence que sa propre opinion soit considérée comme absolue ?

 

Cardinal Müller : Dans les choses finies, il y a toujours plusieurs aspects et perspectives à considérer. Seule la distinction du vrai et du faux et du bien et du mal est sans alternative, car elle ressort de l'évidence de ses principes. Certes, il y a aussi des vérités qui n'ont pas d'alternative en matière pratique, comme par exemple qu'une maison s'effondrera si elle n'est pas placée sur des fondations solides. Mais ce sont des principes généraux physiques, mathématiques ou philosophiques. Une maison peut être construite même dans une zone sablonneuse si l'on est par ailleurs capable de poser de bonnes fondations. Par conséquent, l'opinion selon laquelle on ne pouvait pas construire de villes dans les sables de Brandebourg n'était en aucun cas sans alternatives. Il ne faut donc pas utiliser ce mot pour supprimer les discussions et controverses justifiées et s'épargner commodément les meilleurs arguments.

 

Rilinger : Le discours philosophique/politique sur le Nouvel Ordre Mondial est-il un discours nécessaire pour montrer où le pouvoir économique débridé des individus peut conduire les sociétés et les États ?

 

Cardinal Müller : La domination moralement sauvage des idéologues, des politiciens et des économistes sur les peuples d'un seul monde doit nécessairement conduire à l'asservissement, à l'oppression et à l'extermination d'opposants indésirables ou de personnes inutiles pour le système.

 

La culture de la mort souffle sur le monde entier avec le délire idéologique du droit à l'avortement, du droit à l'automutilation (dans le changement irréversible de sexe), de l'euthanasie, de la prétendue mort par pitié pour les personnes las de la vie, les malades incurables et les personnes âgées qui végètent soi-disant inutilement et dont le meurtre serait un acte de compassion.

 

Rilinger : L'élément chrétien doit être de plus en plus banni du discours politique. Cela ne détruit-il pas également les fondations sur lesquelles le monde occidental est construit ?

 

Cardinal Müller : Sans le christianisme - avec ses racines dans l'histoire de la révélation de Dieu en Israël, dans laquelle le meilleur héritage de la culture grecque et romaine est également intégré, lié à l'héritage de toute l'humanité - l'Europe et l'Amérique ne seraient que des territoires vides, sur lesquels seuls les marchés règnent et qui sont habités par des habitants sans nom dont on admet qu'ils existent en tant que robots.

 

Rilinger : Dans le discours, vous avez dit que des gens très riches comme Bill Gates ou l'investisseur George Soros veulent mettre en place le Nouvel Ordre Mondial. Qu'est-ce que ces deux personnes ont l'intention de faire et quelles options ont-elles pour mettre en œuvre leurs idées ?

 

Cardinal Müller : Selon leurs propres déclarations, ces deux-là représentent le Nouvel Ordre Mondial, qu'ils veulent établir à leur image et à leur ressemblance. Personne d'autre que Dieu ne peut juger de leurs motivations personnelles. Mais leur programme et leurs actions sont accessibles à tous, si bien qu'on peut aussi les juger sur leurs effets positifs ou négatifs. Le contenu intellectuel de leurs contributions est plutôt modeste par rapport à l'histoire intellectuelle et culturelle de l'humanité et est facilement accessible à tout étudiant normal des premiers semestres - dans n'importe quelle matière.

 

En réaction à ma remarque critique, certains porte-parole en Allemagne se sont bruyamment et spirituellement abaissés à trouver des schémas antisémites dans la relativisation des propos de M. Soros, simplement parce qu'il est né juif. Au regard de l'"antisémitisme" politique et raciste des XIXe et XXe siècles, teinté d'antichristianisme et défendu par Heinrich Treitschke, Bernhard Förster, le mari de la sœur de Nietzsche, Richard Wagner, Houston Chamberlain, Alfred Rosenberg et Adolf Hitler, la seule chose que l'on puisse dire en tant que chrétien, c'est que Jésus est également né juif, en qui nous, chrétiens de quelque nation que ce soit, mettons tout notre espoir dans la vie et la mort. En Allemagne, le paysage intellectuel n'est pas seulement contaminé idéologiquement, mais il soupire également sous l'incompétence intellectuelle et morale de ses hurleurs totalitaires les plus bruyants.

 

Rilinger : La construction du Nouvel Ordre Mondial est-elle considérée comme absolue et sacro-sainte, de sorte que toute critique est interdite ?

 

Cardinal Müller : C'est un signe indéniable de régime totalitaire lorsque la critique est criminalisée. Cela ne peut guère être mieux que ce qu'Hannah Arendt a décrit en relation avec le Troisième Reich et de manière similaire avec le stalinisme, comme elle l'a fait en 1951 dans le livre "Elements and Origins of Total Rulership". antisémitisme, impérialisme, domination totale'' (Munich 2021).

 

Rilinger : Même si un nouvel ordre mondial doit être créé sans Dieu - Francis Fukuyama, dans son livre "Der große Aufbruch. Comment notre société invente un nouvel ordre", a indiqué qu'un renouveau religieux allait avoir lieu. Toutefois, non parce que les personnes sont convaincues de la vérité de la révélation, mais parce qu'elles "ressentent un besoin de rituels ancestraux et de traditions culturelles face au manque de communauté et à la dissolution des liens sociaux dans le monde séculier". Partagez-vous cette vision du retour de la religion et imaginez-vous un recours plus large et plus fort au christianisme ?

 

Cardinal Müller : La religion ne revient pas comme un phénomène naturel qui en appelle un autre. La religion, en tant que disposition et attitude spirituelle et morale visant à ramener l'ensemble du monde à la puissance supérieure du divin et à ressentir un respect pour le caractère sacré de la vie, n'est pas détachable de la nature humaine. Il en va autrement de la foi surnaturelle qui nous est insufflée par le Saint-Esprit et qui nous rend capables d'approuver pleinement Dieu dans la parole qu'il nous adresse, avec notre intelligence et notre volonté. Dans la parabole du juge inique qui prive une pauvre veuve de son droit, Jésus dit à ses disciples : "Dieu ne ferait-il pas droit à ses élus qui crient vers lui jour et nuit, mais hésiterait-il à leur égard ? Je vous le dis : il leur rendra justice sans délai. Mais le Fils de l'homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ?" (Lc 18, 6 ss).

 

Le déclin de l'Église en Allemagne et en Europe n'est pas causé par la sécularisation, la lutte ecclésiale des régimes totalitaires et le Kulturkampf de Bismarck à la Société Giordano-Bruno, mais par le manque de foi, la faiblesse de l'espérance et l'amour grandissant des catholiques baptisés et confirmés qui préfèrent se laisser influencer par les sirènes du monde plutôt que d'écouter et de suivre la voix de leur Bon Pasteur.

 

Rilinger : Éminence, merci beaucoup.

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2 septembre 2022 5 02 /09 /septembre /2022 20:45

Jésus est-il Dieu ? S'est-il dit Dieu ? Qu'en disent les Saintes Ecritures ? Réponse aux Juifs, Musulmans et ''Témoins de Jéhovah''...

Il existe dans la Sainte Bible de nombreux versets indiquant la divinité du Christ : dans l'Ancien Testament, Isaïe 48 : Dieu dit : "C'est Moi, Moi qui suis le Premier, C'est aussi Moi Qui suis le Dernier." Or, Jésus dans le livre de l'Apocalypse chapitre 22 dit : "Je suis l'Alpha et l'Oméga, le Premier et le Dernier, le commencement et la fin."

 

Jésus est le Dieu "JE SUIS" de l’exode 3, 14 : "Dieu dit à Moïse : "JE SUIS CELUI QUI SUIS. En Jn 8,28 Jésus dit "... vous connaîtrez que Je Suis". En Jean 8,57-58, Jésus dit: "Avant qu'Abraham fût, JE SUIS." En Jean 12,19 : "Je vous le dis à présent avant que l’événement n’arrive afin que lorsqu’il arrive vous croyiez que Je Suis". En Jn 13, 19-20 "...afin que lorsque l'événement arrive, vous croyiez que Je Suis."

Et en Jean 12, 46 "Moi la lumière, je suis venu dans le monde afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres".

 

Personne ne conteste que Jésus fut, au moins, un très grand mystique, l’initiateur d’un courant spirituel remarquable. Or, jamais nous le voyons se reconnaître pécheur. Lui, si humble, dit un jour à ses auditeurs: "Qui de vous me convaincra de péché?" (Jean 8,46). Comment se fait-il que cet homme qui avait un si grand sens de Dieu ne se soit pas reconnu pécheur devant Lui? C’est que Dieu et Jésus sont un.

 

Tite 2,13 écrit : ''attendant la bienheureuse espérance et l'Apparition de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, le CHRIST JESUS''.

 

Colossiens 2,9 : "Car en lui habite corporellement toute la Plénitude de la Divinité". Colossiens 1,15 "Il est l'Image du Dieu invisible, Premier-Né de toute créature"

 

2 Pierre 1,1 "notre DIEU et Sauveur Jésus Christ".

 

1 Jean 5,20 Jésus-Christ …. "lui est le Véritable, IL EST DIEU et la vie éternelle."

 

Dans l'Ancien Testament, le prophète Jérémie 17.10 écrit : "Moi, le Seigneur, qui pénètre les cœurs et qui scrute les reins, afin de rendre à chacun selon sa conduite, selon le fruit de ses actes." Or, dans le Nouveau Testament, Jésus dit dans Apocalypse 2,23 "Toutes les Églises reconnaîtront que moi, je suis celui qui scrute les reins et les cœurs, et je donnerai à chacun de vous selon ses œuvres." Or, qui scrute les reins et les cœurs si ce n'est Dieu ?

 

Réclamer pour soi l'adoration est un péché puni de mort. (Actes 12 v 21 à 23). Or, Jésus n’a jamais refusé ni ne s’est opposé à l’adoration qui Lui est due, signe très clair de sa divinité :

 

Les mages d’Orient (Matthieu 2, 2) : "Ou est le Roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son astre à l’Orient et nous sommes venus lui rendre hommage" ; le lépreux (Matthieu 8, 2) : "un lépreux s’approcha et, prosterné devant lui disait : seigneur si tu le veux tu peux me purifier" ; l’aveugle de Jean 9.1/38 L’homme dit : "Je crois, Seigneur" et il se prosterna devant lui. ...; Jaïrus le notable dont la fille est morte, "prosterné devant Jésus il lui disait : viens lui imposer la main et elle vivra" (Matthieu 9, 18). Or seul Dieu ressuscite les morts. La Cananéenne (Matthieu 15, 25) : "la femme vint se prosterner devant lui : seigneur dit elle, viens à mon secours" ; Marie-Madeleine et Marie (Matthieu 28, 9); Les disciples l’adorèrent également (Matthieu 28, 9 ; Luc 5 , 8 ; 24, 52). Jésus revendique le droit d'être Dieu lorsque, entre autres, Il accepte l'adoration de Thomas en Jean 20,28 : Lorsque Thomas voit Jésus ressuscité, il se rend enfin compte de la vrai nature du Christ : "Thomas lui répondit : 'mon Seigneur ET mon Dieu !' et Jésus l'approuve en répondant : "parce que tu as vu, tu as cru. Heureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru."

 

Des fouilles archéologiques conduites récemment sur le site d'un camp légionnaire à Meggido, en Samarie, ont mis au jour un local associatif utilisé par un groupe de soldats chrétiens entre 230 et 250, avec une table eucharistique dédiée à 'JESUS CHRIST DIEU'. (Source : Y. TREPPER et L. Di SEGNI, A Christian Prayer Hall of the Third Century, Jerusalem, Israrel Antiquities Authority, 2006, in Marie-François BASLEZ, Comment les Chrétiens sont devenus catholiques, Texto Lonrai 2021, p . 29.)

 

Lors des premiers siècles, "la divinité du Christ n'était jamais mise en doute, ainsi que l'atteste l'enquête menée par gouverneur romain en 112 sur les célébrations des chrétiens de Bithynie (Lettre rapport à l'empereur Trajan de Pline le Jeune, Lettres 10 n°96 qui explique que les chrétiens rendaient un culte à Jésus "comme à un Dieu" dès le lever du soleil...)" (Marie-Françoise BASLEZ, ibid. p. 103.)

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30 août 2022 2 30 /08 /août /2022 07:49
http://www.icrsp.org/Publicationsbis/Revue-2020/01-52.pdf

http://www.icrsp.org/Publicationsbis/Revue-2020/01-52.pdf

Voici un passage important des Controverses de saint François de Sales qui porte sur l'infaillibilité papale et aussi sur la possibilité pour un pape d'errer:

 

''Et ne faut pas non plus penser qu’en tout et par tout son jugement soit infaillible, mais lors seulement qu’il porte sentence en matière de foi ou des actions nécessaires à toute l’Église ; car dans les cas particuliers, qui dépendent du fait humain, il y peut errer sans doute, quoi que nous autres ne devions le contreroller en cet endroit qu’avec toute révérence, soumission et discrétion. Les théologiens ont dit tout en un mot, qu’il peut errer in quæstionibus facti, non juris, qu’il peut errer extra Cathedram, hors la chaire de saint Pierre, c’est-à-dire, comme homme particulier, par écrits et mauvais exemples, mais non pas quand il est in Cathedra, c’est-à-dire, quand il veut faire une instruction et décret pour enseigner toute l’Église, quand il veut confirmer les frères comme suprême pasteur, et les veut conduire dans les pâturages de la foi : car alors ce n’est pas tant l’homme qui détermine, résout et définit, que c’est le bénit Saint-Esprit par l’homme, lequel, selon la promesse faite par Notre-Seigneur à ses Apôtres, enseigne toute vérité à l’Église.'' (Controverses t. I, II, chap. 6, art. 15)

 

SOURCE: Cité dans la revue de l'ICRSP ''La Romanité'', page 37 | Le Forum catholique

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22 août 2022 1 22 /08 /août /2022 00:00
Le Couronnement de la Vierge par Diego Vélasquez, XVIIe siècle

Le Couronnement de la Vierge par Diego Vélasquez, XVIIe siècle

L'argument principal sur lequel se fonde la dignité royale de Marie, déjà évident dans les textes de la tradition antique et dans la sainte Liturgie, est sans aucun doute sa maternité divine. Dans les Livres Saints, en effet, on affirme du Fils qui sera engendré par la Vierge : "Il sera appelé Fils du Très-Haut et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père, et il régnera dans la maison de Jacob éternellement et son règne n'aura pas de fin" (Luc. 1, 32, 33) ; en outre, Marie est proclamée "Mère du Seigneur" (Luc 1,43). Il s'en suit logiquement qu'elle-même est Reine, puisqu'elle a donné la vie à un Fils qui, dès l'instant de sa conception, même comme homme, était, à cause de l'union hypostatique de la nature humaine avec le Verbe, Roi et Seigneur de toutes choses. St Jean Damascène a donc raison d'écrire : "Elle est vraiment devenue la Souveraine de toute la création au moment où elle devint Mère du Créateur" (St. Jean Damascène, De fide orthodoxa) et l'Archange Gabriel lui-même peut être appelé le premier héraut de la dignité royale de Marie.

 

Cependant la Bienheureuse Vierge doit être proclamée Reine non seulement à cause de sa maternité divine mais aussi parce que selon la volonté de Dieu, elle joua dans l'œuvre de notre salut éternel, un rôle des plus éminents.

 

Dans l'accomplissement de la Rédemption, la Très Sainte Vierge fut certes étroitement associée au Christ ; aussi chante-t-on à bon droit dans la Sainte Liturgie : "Sainte Marie, Reine du ciel et maîtresse du monde, brisée de douleur (Lc 2,35), était debout près de la Croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ".

Et un pieux disciple de saint Anselme pouvait écrire au Moyen-âge : "Comme... Dieu, en créant toutes choses par sa puissance, est Père et Seigneur de tout, ainsi Marie, en restaurant toutes choses par ses mérites, est la Mère et la Souveraine de tout : Dieu est Seigneur de toutes choses parce qu'il les a établies dans leur nature propre par son ordre, et Marie est Souveraine de toutes choses en les restaurant dans leur dignité originelle par la grâce qu'elle mérita".

En effet, "Comme le Christ pour nous avoir rachetés est notre Seigneur et notre Roi à un titre particulier, ainsi la Bienheureuse Vierge est aussi notre Reine et Souveraine à cause de la manière unique dont elle contribua à notre Rédemption, en donnant sa chair à son Fils et en l'offrant volontairement pour nous, désirant, demandant et procurant notre salut d'une manière toute spéciale".

 

De ces prémisses, on peut tirer l'argument suivant : dans l'œuvre du salut spirituel, Marie fut, par la volonté de Dieu, associée au Christ Jésus, principe de salut, et cela d'une manière semblable à celle dont Eve fut associée à Adam, principe de mort, si "ce fut elle qui, exempte de toute faute personnelle ou héréditaire, bien que l'on peut dire de notre Rédemption qu'elle s'effectua selon une certaine "récapitulation" en vertu de laquelle le genre humain, assujetti à la mort par une vierge, se sauve aussi par l'intermédiaire d'une vierge ; en outre on peut dire que cette glorieuse Souveraine fut choisie comme Mère de Dieu précisément "pour être associée à lui dans la rédemption du genre humain" ; réellement toujours étroitement unie à son Fils, l'a offert sur le Golgotha au Père Eternel, sacrifiant en même temps son amour et ses droits maternels, comme une nouvelle Eve, pour toute la postérité d'Adam, souillée par sa chute misérable" ; on pourra donc légitimement en conclure que, comme le Christ, nouvel Adam, est notre Roi parce qu'il est non seulement Fils de Dieu, mais aussi notre Rédempteur, il est également permis d'affirmer, par une certaine analogie, que la Sainte Vierge est Reine, et parce qu'elle est Mère de Dieu et parce que comme une nouvelle Eve, elle fut associée au nouvel Adam.

 

Sans doute, seul Jésus-Christ, Dieu et homme est Roi, au sens plein, propre et absolu du mot ; Marie, toutefois, participe aussi à sa dignité royale, bien que d'une manière limitée et analogique parce qu'elle est la Mère du Christ Dieu et qu'elle est associée à l'œuvre du Divin Rédempteur dans sa lutte contre les ennemis et au triomphe qu'il a obtenu sur eux tous. En effet par cette union avec le Christ Roi Elle atteint une gloire tellement sublime qu'elle dépasse l'excellence de toutes les choses créées : de cette même union avec le Christ, découle la puissance royale qui l'autorise à distribuer les trésors du Royaume du Divin Rédempteur ; enfin cette même union avec le Christ est source de l'efficacité inépuisable de son intercession maternelle auprès du Fils et du Père.

 

Que tous s'efforcent selon leur condition de reproduire dans leur cœur et dans leur vie, avec un zèle vigilant et attentif, les grandes vertus de la Reine du Ciel, Notre Mère très aimante. Il s'ensuivra en effet que les chrétiens, en honorant et imitant une si grande Reine, se sentiront enfin vraiment frères et, bannissant l'envie et les désirs immodérés des richesses, développeront la charité sociale, respecteront les droits des pauvres et aimeront la paix. Que personne, donc, ne se croie fils de Marie, digne d'être accueilli sous sa puissante protection, si, à son exemple, il ne se montre doux, juste et chaste, et ne contribue avec amour à la vraie fraternité, soucieuse non de blesser et de nuire, mais d'aider et de consoler.

 

Vivement désireux que la Reine et Mère du peuple chrétien accueille ces vœux et réjouisse de sa paix la terre secouée par la haine et, après cet exil, nous montre à tous Jésus qui sera notre paix et notre joie pour l'éternité, à vous Vénérables Frères et à vos fidèles, Nous accordons de tout cœur, comme gage du secours du Dieu tout-puissant et comme preuve de notre affection, la Bénédiction Apostolique.

Le couronnement de la Vierge, Jean Fouquet, xve siècle

Le couronnement de la Vierge, Jean Fouquet, xve siècle

Sources:

Pie XII - Encyclique Ad Coeli Reginam, 1954, §22-26, §36, §39, Les saints du jour

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6 août 2022 6 06 /08 /août /2022 00:00
Transfiguration

Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmène, eux seuls, à l'écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux. Ses vêtements devinrent resplendissants, d'une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille. Élie leur apparut avec Moïse, et ils s'entretenaient avec Jésus. Pierre alors prend la parole et dit à Jésus : "Rabbi, il est heureux que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie." De fait, il ne savait que dire, tant était grande leur frayeur. Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoutez-le."

Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux. En descendant de la montagne, Jésus leur défendit de raconter à personne ce qu'ils avaient vu, avant que le Fils de l'homme soit ressuscité d'entre les morts.

Et ils restèrent fermement attachés à cette consigne, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : "ressusciter d'entre les morts".

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc IX, 2-10

Notre-Seigneur Jésus-Christ, avant d'être livré par les Juifs aux autorités romaines, savait qu'ils allaient le livrer, qu'il serait mis à mort et qu'il ressusciterait le troisième jour. La fête de la Transfiguration de Jésus-Christ prouve qu'Il enseignait à ses disciples de ne rien dire avant que tout ne soit accompli. Le secret sur la nature divine du Christ ne devait être levé qu'après Sa Résurrection (voir aussi Mt, VIII, 4; Mt XVII, 9). 

Transfiguration, 1595, Louis Carrache (Ludovico Carracci), Bologne, Pinacothèque nationale, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 464-465.

Transfiguration, 1595, Louis Carrache (Ludovico Carracci), Bologne, Pinacothèque nationale, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 464-465.

"La Transfiguration est [...] interprétée [...] comme prémices de la Résurrection du Christ, mais aussi comme signe de notre propre gloire à venir. 

"Citons au passage une très belle homélie d'Anastase le Sinaïte, vers le milieu du VIIe siècle. Le Christ transfiguré pointe le doigt vers son propre visage et s'écrie : 'C'est ainsi que resplendiront les  justes lors de la Résurrection, c'est ainsi qu'ils seront glorifiés, c'est en ma condition qu'ils seront transfigurés, à cette forme, à cette image, à cette empreinte, à cette lumière et à cette béatitude qu'ils seront configurés et ils siégeront avec Moi le Fils de Dieu.'" (Traduction Michel Coune cité dans Joie de la Transfiguration, collection Spiritualité orientale, n° 39, Abbaye de Bellefontaine, 1985, p. 162.) (3)

Un peu avant, la célèbre mosaïque du VIe siècle de l'abside de la basilique Saint-Apollinaire in Classe, à Ravenne, nous représente dans une synthèse théologique extraordinaire le paradis reconquis par la Croix, comme une Transfiguration éternisée. (4) Saint Apollinaire au milieu des fidèles, comme le Christ au milieu de ses apôtres, célèbre la messe. Au cours de la liturgie, il a une vision de la Transfiguration du huitième jour qui ne finira jamais (il y a les six jours de la Création; le septième est celui de la faute et de la Rédemption; le huitième est celui de la vie éternelle). La Transfiguration du mont Thabor est ici évoquée par la présence de Moïse et d'Elie, et par les trois grandes brebis qui figurent Pierre, Jacques et Jean. Mais c'est une Transfiguration après la Croix. Dans l'immense cercle constellé, il y a 99 étoiles, évoquant les brebis restées avec leur pasteur. La brebis perdue, la centième, c'est toute l'humanité (et chacun de nous) ramenée dans le plérôme, au milieu des autres étoiles, en plein centre. C'est le Christ lui-même qui nous porte en Lui. Alors le Paradis nous sera rendu. (5)

Mosaïque de l'abside de la Basilique Saint-Apollinaire in Classe, Ravenne.

Mosaïque de l'abside de la Basilique Saint-Apollinaire in Classe, Ravenne.

Transfiguration, Fra Angelico v. 1395-1455

Transfiguration, Fra Angelico v. 1395-1455

La Transfiguration, église russe. Bordeaux

La Transfiguration, église russe. Bordeaux

Transfiguration du christ, Carl Heinrich Bloch

Transfiguration du christ, Carl Heinrich Bloch

Transfiguration, Raphaël 1483-1520

Transfiguration, Raphaël 1483-1520

Transfiguration du Christ, Jason Polintan

Transfiguration du Christ, Jason Polintan

Car la gloire n'est pas venue vers le corps du dehors, mais de l'intérieur, de la divinité supradivine, du Verbe de Dieu, unie au corps selon l'hypostase.

Saint Jean Damascène, in P.G. 96, col 548 C-549 A, cité dans J. MEYENDORFF (6)

Sources: (1); (2); Rosa GIORGI, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 464-465; (3) Michel COUNE cité dans François BRUNE, Pour que l'homme devienne Dieu, Dangles, Collection Horizons spirituels, St Jean de Braye 1992, p. 311-312 ; (4) P. François BRUNE, Pour que l'homme devienne Dieu, ibid., p. 312; (5) P. François BRUNE, Pour que l'homme devienne Dieu, ibid., p. 316; (6) Jean MEYENDORFF, La théologie byzantine, Le Cerf 1969, p. 232.

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27 juillet 2022 3 27 /07 /juillet /2022 11:37

Le cannibalisme est encouragé au prétexte de lutte contre le 'réchauffement climatique', la scatophilie et les pires déviances et perversions sont banalisées. Aldo Sterone qui a dépassé les 100K d'abonnés sur youtube recommande le seul recours qui vaille : la croix, salut du monde !

"Allez vers le 'chemin et la vérité' (Jn 14,6), allez vers Celui qui a dit qu'Il reviendra, Allez vers les églises, allez-vous repentir, trouvez-vous une croix solide, mettez-vous à genoux devant, demandez le pardon, le pardon existe. Reconnectez-vous à la vie. Il y a ça ou la mort. Allez à l'église !"

 

Merci Aldo pour ce message.

Ainsi, celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé et se sont abattus sur cette maison ; la maison ne s’est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc.

Mt 7,24-25

SOURCES: 

 

https://www.dailymail.co.uk/news/article-7443707/Swedish-scientist-says-humans-cannibals-fight-climate-change.html

https://www.nytimes.com/2022/07/23/style/cannibalism-tv-shows-movies-books.html

https://www.foxnews.com/media/twitter-disgusted-new-york-times-piece-suggesting-theres-time-place-cannibalism

https://lilianeheldkhawam.com/2020/11/04/bill-gates-a-un-projet-alimentaire-sain-pour-vous-a-base-dexcrements-humains-lexemple-de-swiss-food-valley/

______________________

 

Retour au cannibalisme ? Selon Mgr Gaume dans son Traité du Saint-Esprit, le cannibalisme est une pratique vouée au démon, un rite satanique.

 

Sur ce sujet du cannibalisme avant le christianisme, lire :

 

Allemagne : cannibalisme de masse dans un village 5.000 ans av J.-C.

Cannibalisme de masse au néolithique : Mgr Gaume, encore une fois confirmé

Les sacrifices humains en Grèce, en Gaule et à Rome

Les guerres saxonnes (772-804) : Charlemagne, la conquête de la Saxe

Martyrs de l'Ouganda Charles Lwanga et ses compagnons (+ 1886)

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30 juin 2022 4 30 /06 /juin /2022 08:18

Le 29 juin 2022, en la solennité des saints Pierre et Paul, le Vatican a publié la lettre apostolique Desiderio Desideravi sur la formation liturgique du peuple de Dieu. Cette lettre fait suite au Motu Proprio Traditionis Custodes du 16 juillet 2021. Dans cette lettre adressée aux évêques, aux prêtres et aux diacres, aux personnes consacrées et aux fidèles laïcs, le Pape souhaite "offrir quelques pistes de réflexion qui puissent aider à la contemplation de la beauté et de la vérité de la célébration chrétienne".

Parmi ces pistes de réflexion, nous trouvons le lien spécial entre notre adhésion à la foi chrétienne et notre ''possibilité de mourir et de ressusciter dans le Christ", notre "incorporation" au corps du Christ. 

Léon le Grand écrit: 'Notre participation au Corps et au Sang du Christ n’a d’autre fin que de nous faire devenir ce que nous mangeons'. (Desiderio Desideravi § 41). ''Sans cette incorporation, il n’y a aucune possibilité de vivre la plénitude du culte rendu à Dieu.'' (Desiderio Desideravi § 15)

Jésus retourne des Enfers, par Kocheliov (1900)

Jésus retourne des Enfers, par Kocheliov (1900)

François commence par rappeler le récit de la Dernière Cène : ''J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous avant de souffrir ! » (Lc 22,15)

Il explique que ''Pierre et les autres se tiennent à cette table, inconscients.'' ''Jésus sait qu’il est l’Agneau de ce repas de Pâque, il sait qu’il est la Pâque. C’est la nouveauté absolue de ce repas, la seule vraie nouveauté de l’histoire, qui rend ce repas unique et, pour cette raison, ultime, non reproductible : 'la Dernière Cène'''.

''Dans ce cas, la disproportion entre l’immensité du don et la petitesse du destinataire est infinie et ne peut manquer de nous surprendre.''

"Le monde ne le sait pas encore, mais tous sont invités au repas des noces de l’Agneau (Ap 19, 9).''

''Toute la création, toute l’histoire – qui allait finalement se révéler comme l’histoire du salut – est une grande préparation à ce repas'' et ''personne n’avait gagné sa place à ce repas. Tout le monde a été invité.''

''Son désir infini de rétablir cette communion avec nous, qui était et reste son projet initial, ne sera pas satisfait tant que tout homme, de toute tribu, langue, peuple et nation (Ap 5,9) n’aura pas mangé son Corps et bu son Sang."

''Avant notre réponse à son invitation — bien avant ! — il y a son désir pour nous, Nous n’en sommes peut-être même pas conscients, mais chaque fois que nous allons à la Messe, la raison première est que nous sommes attirés par son désir pour nous.'' ''Toute réception de la communion au Corps et au Sang du Christ a déjà été voulue par Lui lors de la Dernière Cène.''

Comme le Christ a obéi à la volonté du Père, de même le Chrétien doit-il faire la volonté de Dieu : ''il n’y a qu’un seul acte de culte parfait et agréable au Père, à savoir l’obéissance du Fils dont la mesure est sa mort sur la croix.'' ''Le contenu du Pain rompu est la croix de Jésus, son sacrifice d’obéissance par amour pour le Père.'' ''C’est pourquoi l’Église a toujours protégé comme son trésor le plus précieux le commandement du Seigneur : 'Faites ceci en mémoire de moi''. 

Et "la Liturgie" est le "lieu de la rencontre avec le Christ, ... c’est là que réside toute la puissante beauté de la liturgie.'' 

En dehors de l'eucharistie, nous avons également "la garantie de pouvoir rencontrer le Seigneur Jésus et d’être atteints par la puissance de son Mystère Pascal" "dans tous les Sacrements". "La puissance salvatrice du sacrifice de Jésus, de chacune de ses paroles, de chacun de ses gestes, de chacun de ses regards, de chacun de ses sentiments, nous parvient à travers la célébration des sacrements.''

''Le baptême est ''notre première rencontre avec sa Pâque''. ''Il s’agit d’être plongé dans sa passion, sa mort, sa résurrection. ... Il ne s’agit pas d’un geste magique. … En parfaite continuité avec l’Incarnation, il nous est donné, en vertu de la présence et de l’action de l’Esprit, la possibilité de mourir et de ressusciter dans le Christ.'' "'Cette fois, c’est l’os de mes os, la chair de ma chair' (Gn 2,23). "Pour avoir cru en sa Parole et être descendus dans les eaux du baptême'', ''nouvel Adam'', le chrétien devient ''l’os de ses os et la chair de sa chair.''

la Liturgie étant la "source première et indispensable à laquelle les fidèles peuvent puiser l’authentique esprit chrétien" ( Sacrosanctum Concilium, n.14), François voudrait "inviter toute l’Église à redécouvrir, à sauvegarder et à vivre la vérité et la force de la célébration chrétienne". ''La beauté de la célébration chrétienne et ses conséquences nécessaires dans la vie de l’Église" ne doivent pas être "défigurées par une compréhension superficielle et réductrice de sa valeur ou, pire encore, par son instrumentalisation au service d’une vision idéologique, quelle qu’elle soit. La prière sacerdotale de Jésus à la dernière Cène pour que tous soient un (Jn 17,21), juge toutes nos divisions autour du Pain rompu, sacrement de piété, signe d’unité, lien de charité."

''La célébration liturgique nous purifie en proclamant la gratuité du don du salut reçu dans la foi''. "Elle est ... l’antidote le plus efficace contre ces poisons" du "gnosticisme" et du ''néo-pélagianisme'', ''un élitisme narcissique et autoritaire'', ''une autoréférentialité nourrie par son propre raisonnement'', ''un subjectivisme qui enferme l’individu 'dans l’immanence de sa propre raison ou de ses propres sentiments''' (Evangelii gaudium, n. 94), qui annule "la valeur de la grâce pour ne compter que sur ses propres forces." François avertit que "ces formes déformées de christianisme peuvent avoir des conséquences désastreuses pour la vie de l’Église. Il parle ici "évidemment de la Liturgie dans son sens théologique et certainement pas – Pie XII l’a déjà dit – comme un cérémonial décoratif ou une simple somme de lois et de préceptes réglant le culte (Litteræ encyclicæ Mediator Dei, 20 Novembris 1947). 

"L’action célébrative n’appartient pas à l’individu mais au Christ-Eglise, à la totalité des fidèles unis dans le Christ. La liturgie ne dit pas 'je' mais 'nous' et toute limitation de l’étendue de ce 'nous' est toujours démoniaque." (Desiderio Desideravi § 19)

"La Liturgie ne nous laisse pas seuls à la recherche d’une connaissance individuelle présumée du mystère de Dieu, mais nous prend par la main, ensemble, en assemblée."

François ''pense à tous les gestes et à toutes les paroles qui appartiennent à l’assemblée : se rassembler, marcher en procession, s’asseoir, se tenir debout, s’agenouiller, chanter, se taire, acclamer, regarder, écouter. Ce sont autant de façons par lesquelles l’assemblée, comme un seul homme (Ne 8,1), participe à la célébration. Effectuer tous ensemble le même geste, parler tous d’une seule voix, cela transmet à chaque individu l’énergie de toute l’assemblée. Il s’agit d’une uniformité qui non seulement ne mortifie pas mais, au contraire, éduque le fidèle individuel à découvrir l’unicité authentique de sa personnalité non pas dans des attitudes individualistes mais dans la conscience d’être un seul corps. Il ne s’agit pas de suivre un livre de bonnes manières liturgiques. ... Ce sont des gestes et des paroles qui mettent de l’ordre dans notre monde intérieur en nous faisant vivre certains sentiments, attitudes, comportements. Ils ne sont pas l’explication d’un idéal que nous cherchons à nous laisser inspirer, mais ils sont au contraire une action qui engage le corps dans sa totalité, c’est-à-dire dans son être unité de corps et d’âme. (Desiderio Desideravi § 51)

Ces paroles de François nous rappelle le moment où en avril 2020, le confinement obligeant à des aménagements, François condamna les "messes virtuelles et des medias" : "Ce n'est pas l'Église !" Le pape mit alors en garde contre ''une foi virtuelle'', le danger d'une ''familiarité gnostique'', la familiarité avec le Seigneur se vivant ''en communauté et avec les sacrements''. ''La familiarité'' du chrétien avec le Seigneur est une familiarité "toujours communautaire".  "Une familiarité sans communauté, une familiarité sans le Pain, une familiarité sans l’Eglise, sans le peuple, sans les sacrements, est dangereuse. Elle peut devenir une familiarité – disons-le – gnostique, une familiarité seulement pour moi, détachée du peuple de Dieu."

''Le début de chaque célébration me rappelle qui je suis, en me demandant de confesser mon péché et en m’invitant à supplier la bienheureuse Vierge Marie, les anges, les saints et tous mes frères et sœurs, de prier pour moi le Seigneur : nous ne sommes certainement pas dignes d’entrer dans sa maison, nous avons besoin de sa parole pour être sauvés (cf. Mt 8,8). Nous n’avons pas d’autre orgueil que celui de la croix de notre Seigneur Jésus-Christ (cf. Ga 6,14). La Liturgie n’a rien à voir avec un moralisme ascétique : c’est le don de la Pâque du Seigneur qui, accueilli avec docilité, rend notre vie nouvelle. On n’entre dans le cénacle que par la force d’attraction de son désir de manger la Pâque avec nous: Desiderio desideravi hoc Pascha manducare vobiscum, antequam patiar (Lc 22,15).''

Il leur dit : « J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous avant de souffrir !

''La redécouverte continuelle de la beauté de la liturgie n’est pas la poursuite d’un esthétisme rituel qui ne prend plaisir qu’à soigner la formalité extérieure d’un rite ou se satisfait d’une scrupuleuse observance des rubriques. Il va de soi que cette affirmation ne vise nullement à approuver l’attitude opposée qui confond la simplicité avec une banalité débraillée, l’essentialité avec une superficialité ignorante, ou le caractère concret de l’action rituelle avec un fonctionnalisme pratique exaspérant. (Desiderio Desideravi § 22)

''Tous les aspects de la célébration doivent être soignés (espace, temps, gestes, paroles, objets, vêtements, chant, musique, ...) Mais même si la qualité et le bon déroulement de la célébration étaient garantis, cela ne suffirait pas pour que notre participation soit pleine et entière." (Desiderio Desideravi § 23)

''L’ars celebrandi ne peut être réduit à la simple observation d’un système de rubriques, et il faut encore moins le considérer comme une créativité imaginative - parfois sauvage - sans règles. Le rite est en soi une norme, et la norme n’est jamais une fin en soi, mais elle est toujours au service d’une réalité supérieure qu’elle entend protéger." (Desiderio Desideravi § 48)

Nous ne devons pas être des pharisiens purement ritualistes, et nous ne devons pas non plus être des personnes qui désacralisent le culte. Il faut tenir les deux, et le cultuel et la charité.

Dans ce document, François évoque ''la nécessité d’une formation liturgique sérieuse et vitale'', ''la formation pour la liturgie et la formation par la liturgie.'' ''Une célébration qui n’évangélise pas n’est pas authentique, de même qu’une annonce qui ne conduit pas à une rencontre avec le Seigneur ressuscité dans la célébration n’est pas authentique … L’une et l’autre, sans le témoignage de la charité, ne sont qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante (cf. 1 Co 13,1). (Desiderio Desideravi § 37) Le respect du "cultuel" (§ 37) des rituels et des dogmes sans la charité ne vaut rien.

Dans les séminaires, "même la connaissance qui vient des études, ..., pour qu’elle ne devienne pas une sorte de rationalisme, doit servir à réaliser l’action formatrice de la Liturgie elle-même en chaque croyant dans le Christ.'' (Desiderio Desideravi § 40)

''Il apparaît clairement que la connaissance du mystère du Christ, question décisive pour notre vie, ne consiste pas en une assimilation mentale d’une idée quelconque, mais en un engagement existentiel réel avec sa personne. En ce sens, la liturgie n’a pas pour objet la 'connaissance', et sa portée n’est pas essentiellement pédagogique, même si elle a une grande valeur pédagogique (cf. Sacrosanctum Concilium n. 33). La liturgie est plutôt une louange, une action de grâce pour la Pâque du Fils dont la puissance atteint nos vies. La célébration concerne la réalité de notre docilité à l’action de l’Esprit qui opère par elle jusqu’à ce que le Christ soit formé en nous (cf. Ga 4,19). La pleine mesure de notre formation est notre conformation au Christ. Je le répète : il ne s’agit pas d’un processus mental abstrait, mais de devenir Lui.'' (Desiderio Desideravi § 41)

''La liturgie se fait avec des choses qui sont l’exact opposé des abstractions spirituelles : le pain, le vin, l’huile, l’eau, les parfums, le feu, les cendres, la pierre, les tissus, les couleurs, le corps, les mots, les sons, les silences, les gestes, l’espace, le mouvement, l’action, l’ordre, le temps, la lumière. Toute la création est une manifestation de l’amour de Dieu, et à partir du moment où ce même amour s’est manifesté dans sa plénitude dans la croix de Jésus, toute la création a été attirée vers lui. C’est toute la création qui est assumée pour être mise au service de la rencontre avec le Verbe : incarné, crucifié, mort, ressuscité, monté vers le Père.'' (Desiderio Desideravi § 42)

Au paragraphe 47, après un développement sur l'importance des symboles dans une société où le matérialisme et le spiritualisme détruise l'unité de l'âme et du corps (§ 44), François évoque ''l’éducation nécessaire pour pouvoir acquérir l’attitude intérieure qui nous permettra d’utiliser et de comprendre les symboles liturgiques. "Je pense aux parents, ou plus peut-être, aux grands-parents, mais aussi à nos pasteurs et catéchistes. Beaucoup d’entre nous ont appris d’eux la force des gestes de la liturgie, comme, par exemple, le signe de la croix, l’agenouillement, les formules de notre foi. Peut-être n’avons-nous pas de souvenir réel de cet apprentissage, mais nous pouvons facilement imaginer le geste d’une grande main qui prend la petite main d’un enfant et l’accompagne lentement en traçant pour la première fois sur son corps le signe de notre salut. Des paroles accompagnent le mouvement, elles aussi dites lentement, presque comme si elles voulaient s’approprier chaque instant du geste, prendre possession de tout le corps : 'Au nom du Père... et du Fils... et du Saint-Esprit… Amen.' Et puis la main de l’enfant est laissée seule, et on la regarde répéter toute seule, avec une aide toute proche en cas de besoin. Mais ce geste est maintenant consigné, comme une habitude qui va grandir avec lui, en lui donnant un sens que seul l’Esprit sait lui donner. Dès lors, ce geste, sa force symbolique, est à nous, il nous appartient, ou mieux, nous lui appartenons. Il nous donne une forme. Nous sommes formés par lui. Il n’est pas nécessaire de faire beaucoup de discours ici. Il n’est pas nécessaire d’avoir tout compris dans ce geste. Ce qu’il faut, c’est être petit, à la fois dans l’envoi et dans la réception. Le reste est l’œuvre de l’Esprit. C’est ainsi que nous sommes initiés au langage symbolique. Nous ne pouvons pas nous laisser dépouiller d’une telle richesse. En grandissant, nous aurons d’autres moyens de comprendre, mais toujours à condition de rester petits."

François insiste aussi sur l'importance du silence et de l'agenouillement : 

''Parmi les gestes rituels qui appartiennent à l’ensemble de l’assemblée, le silence occupe une place d’importance absolue. Bien souvent, il est expressément prescrit dans les rubriques. Toute la célébration eucharistique est immergée dans le silence qui précède son début et qui marque chaque moment de son déroulement rituel. En effet, il est présent dans l’acte pénitentiel, après l’invitation « Prions », dans la Liturgie de la Parole (avant les lectures, entre les lectures et après l’homélie), dans la prière eucharistique, après la communion.'' (§ 52)

"Parmi les gestes rituels qui appartiennent à l’ensemble de l’assemblée, le silence occupe une place d’importance absolue. Bien souvent, il est expressément prescrit dans les rubriques. Toute la célébration eucharistique est immergée dans le silence qui précède son début et qui marque chaque moment de son déroulement rituel. En effet, il est présent dans l’acte pénitentiel, après l’invitation « Prions », dans la Liturgie de la Parole (avant les lectures, entre les lectures et après l’homélie), dans la prière eucharistique, après la communion.'' (§ 53)

Au paragraphe 54, François évoquent "les ministres ordonnés". "En visitant des communautés chrétiennes, j’ai remarqué que leur manière de vivre la célébration liturgique est conditionnée – pour le meilleur ou, malheureusement, pour le pire – par la façon dont leur pasteur préside l’assemblée. On pourrait dire qu’il existe différents « modèles » de présidence. Voici une liste possible d’approches qui, bien qu’opposées l’une à l’autre, caractérisent une manière de présider certainement inadéquate : une austérité rigide ou une créativité exaspérante, un mysticisme spiritualisant ou un fonctionnalisme pratique, une vivacité précipitée ou une lenteur exagérée, une insouciance négligée ou une minutie excessive, une amabilité surabondante ou une impassibilité sacerdotale. Malgré la grande variété de ces exemples, je pense que l’inadéquation de ces modèles de présidence a une racine commune : un personnalisme exacerbé du style de célébration qui exprime parfois une manie mal dissimulée d’être le centre de l’attention."

Le pape conclut que ''toute cette richesse'' de ''la beauté de la vérité de la célébration chrétienne'', ''n’est pas loin de nous. Elle est dans nos églises, dans nos fêtes chrétiennes, dans la centralité du Dimanche, Jour du Seigneur, dans la force des sacrements que nous célébrons. La vie chrétienne est un parcours continuel de croissance. Nous sommes appelés à nous laisser former dans la joie et dans la communion.'' (§ 62)

''Abandonnons nos polémiques pour écouter ensemble ce que l’Esprit dit à l’Eglise. Sauvegardons notre communion. Continuons à nous émerveiller de la beauté de la liturgie. La Pâque nous a été donnée. Laissons-nous protéger par le désir que le Seigneur continue d’avoir de manger sa Pâque avec nous. Sous le regard de Marie, Mère de l’Eglise.'' (§ 63)

L’humanité entière tremble,
l’univers entier tremble et le ciel se réjouit,
quand sur l’autel, dans la main du prêtre
Le Christ, le Fils du Dieu vivant, est présent.
Ô hauteur admirable et valeur stupéfiante !
Ô sublime humilité ! O humble sublimité !
que le Seigneur de l’univers, Dieu et Fils de Dieu
s’humilie au point de se cacher, pour notre salut,
sous un petit semblant de pain !
Voyez, mes frères, l’humilité de Dieu,
et ouvrez vos cœurs devant Lui ;
Humiliez vous aussi, afin d’être élevés par Lui.
Ne retenez donc rien de vous-mêmes,
afin que vous soyez reçus en tout et pour tout par Celui qui s’offre entièrement à vous.

Saint François d'Assise, Lettre à tout l’Ordre II,26-29

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17 juin 2022 5 17 /06 /juin /2022 08:53
https://eglise.catholique.fr/le-synode-2023/synode-des-eveques-sur-la-synodalite-2021-2023/527445-collecte-nationale-des-syntheses-locales-sur-le-synode-2023-sur-la-synodalite/

https://eglise.catholique.fr/le-synode-2023/synode-des-eveques-sur-la-synodalite-2021-2023/527445-collecte-nationale-des-syntheses-locales-sur-le-synode-2023-sur-la-synodalite/

17 JUIN, 2022

SOURCE: FSSPX.NEWS

 

Le 15 juin dernier, le évêques de France ont présenté la synthèse – ou la collecte comme ils l’appellent – des synthèses synodales diocésaines ou particulières, avant de la faire parvenir à Rome avec un bref document d’accompagnement, à la suite d’une réunion extraordinaire à Lyon.

 

Ce document regrette que le processus synodal n’ait pas atteint le « peuple de Dieu » dans sa diversité, notamment les jeunes générations. Constat qui est également celui d’autres pays comme l’Espagne.

 

La collecte précise que le processus synodal a mobilisé plus de 150.000 personnes en France, ce qui ne représente que 10% des catholiques pratiquants – à comparer au 215.000 personnes annoncées par le document espagnol.

 

Une Eglise plus fraternelle

 

C’est véritablement un leitmotiv : l’adjectif « fraternel » se retrouve neuf fois dans un document de moins de 12 pages. Et « écoute », dix-neuf fois.

 

Le premier point relevé par la collecte est l’importance de « se ressourcer dans la Parole de Dieu ». Ce qui peut être une bonne chose, mais malheureusement, le document reconnaît ailleurs un manque important de formation. Or, pour se former, ce n’est pas la Bible qu’il faut lire, mais le catéchisme. Certes, lire le saint Evangile est toujours enrichissant, si, et seulement si, le lecteur possède une formation première, sans quoi, l’erreur d’interprétation est inévitable.

 

Ce chapitre demande une meilleure formation à l’homilétique des prêtres. Mais « cela concernerait aussi toute personne laïque appelée à la prédication ». Il va bientôt être question de ces personnes.

 

Le deuxième chapitre demande de « donner des signes crédibles de la bonté de Dieu et de l’égale dignité des baptisés ». Ce qui se manifestera d’abord par la poursuite de l’expérience de la synodalité. Autrement dit, l’Eglise en état de synode.

 

Et la deuxième manifestation doit être d’avoir des « ministères au service de la rencontre de Dieu et des personnes ». Il s’agit surtout des prêtres, dont il est « régulièrement souhaité que le célibat soit laissé au libre choix de ceux-ci, de sorte que l’ordination sacerdotale et le mariage soient compatibles ».

 

Devant un telle proposition issue du « concile pastoral » hollandais, Paul VI réagit vivement. Mais que fera François qui a sollicité les fidèles en sachant parfaitement que ce serait une demande inévitable ?

 

La troisième signe crédible concerne « l’égale dignité des baptisés ». La collecte explique que « sur la question de la place faite aux femmes dans l’Eglise, les synthèses perçoivent une urgence ainsi que d’innombrables blessures.

 

« Les blessures viennent des difficultés dans les relations avec les prêtres et les évêques, de la criante disproportion entre le nombre de femmes engagées dans l’Eglise et de femmes qui sont en situation de décider. Si le service des femmes est apprécié, leur voix paraît ignorée. Qu’elles contribuent effectivement aux multiples discernements des Eglises locales est l’objet d’une attente criante.

 

« C’est ici qu’une urgence est identifiée dans bien des synthèses. La manière dont les femmes sont traitées dans l’Eglise n’est pas ajustée à la mission de celle-ci, à une époque où l’égalité entre les hommes et les femmes est devenue une évidence commune. »

 

La conséquence qui en est tirée est spécialement la demande que les femmes puissent prononcer l’homélie, mais aussi qu’elles puissent être ordonnées au sacerdoce. Ce qui est strictement impossible, de droit divin…

 

Un quatrième signe crédible est demandé : la coresponsabilité entre clercs et laïcs. Ce qui veut dire à l’échelle des diocèses : la réclamation d’authentiques contre-pouvoirs – par exemple avec des conseils composés de baptisés élus ; l’existence d’une réelle subsidiarité, qui consiste à déléguer la prise de décisions ; enfin, que les laïcs appelés à des responsabilités se voient proposer une formation appropriée.

 

Enfin la liturgie apparaît aussi dans les signes crédibles à mettre en place. C’est encore l’occasion d’enfoncer le clou : « les mentions d’un profond désaccord avec le refus que des filles servent à l’autel ou que des femmes entrent dans le chœur pour un service liturgique sont si nombreuses, qu’on ne peut douter d’une réelle souffrance vécue et d’une attente pressante à ce sujet ».

 

Enfin le troisième chapitre s’intitule « Vivre en frères et sœurs dans le Christ ». Il se divise en « servir la fraternité » et « cultiver l’écoute et le dialogue ». C’est l’occasion de confondre la vraie fraternité, celle qui unit les membres du Christ, et une vague fraternité universelle, qui doit embrasser tout et tous.

 

Si la bienveillance et la charité du disciple du Christ doit lui faire aimer tout homme, cela ne veut pas dire que tous peuvent accéder librement aux sacrements. Or c’est bien la réclamation centrale du paragraphe :

 

Dans de nombreuses synthèses « résonne souvent la souffrance de ceux qui se sentent exclus des communautés et/ou des sacrements (personnes homosexuelles, divorcées et remariées, etc.), ainsi que de ceux qui sont témoins de telles exclusions. Selon un nombre élevé de synthèses, celles-ci constituent de sérieux contre-témoignage. »

 

Un big-bang… déjà réalisé

 

Le chroniqueur religieux du Figaro, commentant ce rapport, titre : « Les évêques de France prêts à un big-bang de l’Eglise ». Malheureusement, c’est encore en-deçà de la réalité. Cette synthèse manifeste surtout que le big-bang a déjà eu lieu.

 

Certes, il est assez clair que c’est la frange la plus progressiste des catholiques français qui a participé à ce processus synodal. Mais c’est précisément la minorité agissante, qui a du poids. Et cette partie ne sait tout simplement plus ce qu’est la religion catholique, qu’ils confondent avec un vague sentiment religieux. Pascendi l’a si bien dit et annoncé : nous y sommes.

 

Une deuxième conclusion est la similitude d’un certain nombre de demandes avec la révolution du Chemin synodal allemand. Et ce n’est pas étonnant, ce dernier avait deux ou trois longueurs d’avance, et il a balisé « l’écoute et le dialogue » dans le Synode universel.

 

Enfin, la troisième conclusion, c’est la responsabilité plus qu’écrasante du pape François. En fait, c’est à lui que revient entièrement le désordre déjà créé dans les esprits et qui, bientôt, se jouera sur le terrain. Lorsque ces résultats – véritables cahiers de doléance – ne seront que partiellement entérinés, ce qui sera déjà beaucoup trop, que feront les troupes déçues ? Elles déserteront.

 

La preuve en a déjà été apportée par le « concile pastoral » hollandais, véritable anticipation de ce Synode, avec pour résultat un désastre dont l’Eglise des Pays-Bas ne s’est toujours pas remise.

 

(Sources : eglise.catholique.fr/Le Figaro – FSSPX.Actualités)

 

 

https://fsspx.news/fr/news-events/news/synode-sur-la-synodalite-synthese-de-la-phase-diocesaine-en-france-74400

A lire sur le Forum catholique le fil "Les évêques de France prêts à un big bang de l’Église".

 

Pour voir les synthèses des diocèses, c'est ici.

 

Le diocèse de Bayonne indique

''Les jeunes étudiants et professionnels ont été difficiles à mobiliser ...

Les mots qui reviennent le plus dans les contributions écrites et les prises de parole lors de l’assemblée conclusive sont : accueil, bienveillance, éviter les jugements. Il semble que l’expérience synodale ait permis des rencontres concrètes entre ces diversités. Même si l’on retrouve encore dans certaines contributions des jugements sévères et excluants sur les sensibilités plus traditionnelles ou liées aux nouvelles réalités ecclésiales… On sent toutefois un plus grand désir de fraternité et de communion.''

 

 

 

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12 juin 2022 7 12 /06 /juin /2022 00:00
Sainte Trinité, solennité

La trinité de personnes en Dieu est un concept divin concernant la réalité de Dieu que l'on trouve dans toute l'Écriture sainte. Même si le mot lui-même ne s'y trouve pas, d'autres mots ne sont pas dans la Bible; Pourtant cela ne signifie pas que les concepts que ces mots désignent ne sont pas des réalités. 

Si tu vois l'amour, tu vois la Trinité.

Saint Augustin, De Trinitate, VIII, 8,12 : CCL 50, 287

Saint Augustin

Saint Augustin

Pourquoi la Trinité est-elle le modèle insurpassable de l’amour ?

 

Dieu nous appelle à partager sa vie d'amour. Le meilleur moyen d'y parvenir est de contempler et d'imiter les trois Personnes divines en greffant notre amour sur celui qui circule entre le Père, le Fils et l'Esprit Saint. (Aleteia)

Baptiser au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit veut dire plonger l'homme dans cette Réalité même que nous exprimons par le nom du Père, Fils et Saint-Esprit, la Réalité qu'est Dieu dans sa divinité. Le baptême plonge l'homme dans cette réalité qui s'est ouverte à l'homme. Rien de plus réel que cette ouverture, cette communication, ce don à l'homme du Dieu ineffable.

S. Jean-Paul II en 1980, lors de son premier voyage en France, in Missel du Dimanche 2018, Nouvelle Traduction liturgique, Année B, Bayard Éditions, Lonrai 2017, p. 450

Définition de la Trinité

 

"Un des mystères fondamentaux de la religion chrétienne ... consiste à croire que Dieu unique subsiste en trois personnes distinctes, ayant la même nature, la même essence, la même éternité, la même puissance, et la même volonté ; ces trois personnes sont distinguées par les relations et les rapports qu'elles ont entre elles. La première n'a point de principe ; elle est au contraire le principe des deux autres ; c'est pourquoi on l'appelle le Père. La seconde procède du Père par une voie ineffable appelée génération ; c'est pourquoi on lui donne le nom de Fils. La troisième personne procède des deux autres par une autre voie ineffable qui n'est pas la génération ; on la nomme le Saint-Esprit. (Abbé François-Marie BertrandDictionnaire universel, historique et comparatif de toutes les religions du monde, Abbé Migne éditeur, Ateliers catholiques du Petit-Montrouge Paris 1851,  tome quatrième, p. 935.)

 

"On trouve assez fréquemment dans la Bible le titre de Fils ou Enfants de Dieu, appliqué

1° aux anges, en qualité de ministres et de serviteurs du Tout-Puissant, ou parce que leur nature a plus de ressemblance que celle des hommes avec la nature de Dieu;

2° aux rois, qui sont regardés comme les vicaires et les représentants de Dieu sur la terre, et que l'on suppose animés et inspirés de l'esprit divin, lorsqu'ils sont vertueux; c'est dans ce sens que le Psalmiste s'écrie en parlant aux rois : 'Pour moi, je dis : vous êtes des dieux, vous êtes tous les fils du Très-Haut; mais vous mourrez comme le reste des humains.' Les Grecs appelaient de même les rois, fils de Jupiter;

3° aux hommes pieux et surtout aux Israélites, qui formaient par excellence le peuple de Dieu. Mais dans ces derniers cas, le titre de Fils de Dieu est purement honorifique, ou n'exprime qu'une forme d'adoption ; tandis que la seconde personne de la sainte Trinité est Fils de Dieu par nature, et en conséquence d'une génération éternelle." (Abbé François-Marie BertrandDictionnaire universel historique et comparatif des religions du monde, 1849, Migne éditeur, tome 2e, p. 728.)

 

"Le dogme de la Sainte Trinité a toujours été considéré dans le christianisme comme un mystère : le plus fondamental, et le plus insondable. Jésus-Christ lui-même dit : 'Nul ne connaît le Fils si ce n'est le Père, comme nul ne connaît le Père si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler.' (Mt 11,27)" (Jean-Michel Garrigues, Père, Fils et Esprit Saint, Catéchèses de Jean-Paul II sur la Trinité, Éditions Parole et Silence, 2000, p. 68.)

 

On peut bien croire en Dieu d'une manière vague, mais si l'on n'a pas la foi en Jésus-Christ, Son Fils, on n'a pas la foi, le Fils étant sous le ciel, le seul nom donné aux hommes qui puisse nous sauver (Ac 4, 12), le chemin, la vie et la vérité (Jn 14,6) nous conduisant au Père. Et la foi en Jésus-Christ est une vertu théologale qui est une grâce qui nous est donnée par Dieu.

 

"Le mystère de la Très Sainte Trinité est le mystère central de la foi et de la vie chrétienne" (CEC 234); l'enseignement le plus fondamental et le plus essentiel de la "hiérarchie des vérités de la foi". On ne peut le savoir que s'il a été révélé d'en haut (CEC 237). De même, "Dieu seul peut nous en donner la connaissance en Se révélant comme Père, Fils et Saint-Esprit." (CEC 261)

 

Cela ne signifie pas que le dogme de la Trinité est contraire à la raison ou que la raison ne peut pas être appliquée à un degré quelconque (cf. CC 154).

 

Pourtant, pour cette ouverture au Réel qu'est Dieu, nul besoin d'une "initiation", il suffit d'abord d'accueillir le don de Dieu, et d'ouvrir son cœur à Dieu. Comme l'a dit Saint Anselme, "je ne cherche pas à comprendre afin de croire, mais je crois afin de comprendre. Car je crois ceci - à moins que je crois, je ne comprendrai pas.", Ou Saint Augustin de même : "Crois pour comprendre ... et comprends donc pour croire." (Voir Is 7,9)

« C'est par le mystère de l'auguste et incompréhensible Trinité que Dieu paraît véritablement Dieu, et infiniment supérieur à tout ce qui n'est pas Dieu. Rien de tout ce que les plus sublimes génies ont pu concevoir de cet Être suprême, n'approche des hautes idées que nous en fournit ce mystère adorable. Il nous présente une nature infinie, infiniment simple, et en même temps infiniment, éternellement, et nécessairement féconde, mais dont la fécondité ne détruit pas l'infinie simplicité ; un Dieu existant en une seule nature et substance, et en même temps en trois personnes, le Pères, le Fils et le Saint-Esprit.

 

« Mais comment concevoir trois personne subsistantes dans une même et unique Essence, ou nature infiniment simple ?

 

"Voici comment on peut exposer philosophiquement ce dogme

 

"Dieu le Père ne peut pas subsister sans avoir la conscience de lui-même, autrement il ne serait qu'un être inerte et impuissant ; or, en se connaissant, et en se comprenant lui-même avec ses perfections infinies, il produit la parole de l'entendement divin, éternellement subsistante, vraie image de lui-même et consubstantielle avec lui. C'est cette parole intérieure, ce raisonnement de la personne divine qui est le Fils.' La connaissance que le Père a de Lui est tellement parfaite qu'elle comporte toute sa substance sous la perfection de Personne (c'est le "Verbe", Parole mentale = le Fils). 

 

AU COMMENCEMENT était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. (Jn 1,1)

 

La Trinité, déjà dans le premier chapitre de la Genèse (Bible) où Dieu crée par sa Parole, "Dieu dit" (Verbe) https://www.youtube.com/watch?v=xs11AqFKnJg

 

"Il en est de même en nous, … car lorsque l'entendement humain crée, saisit et conçoit un objet, il s'en forme une image en lui-même, et cette image est appelée par les philosophes la parole de l'intelligence ou l'idée, pour la distinguer de la parole extérieure ou de l'expression par laquelle nous manifestons nos pensées et les communiquons au-dehors.

 

"Mais cette parole de l'intelligence est en nous muable et fugitive, un pur mode, un accident, non une substance réelle ou quelque chose qui subsiste de soi-même, tandis que Dieu étant essentiellement immuable, ne peut être le sujet d'aucun mode ou accident ; Il est incapable de la moindre altération, bien différent en cela des esprits créés ... C'est pourquoi le Père, par la connaissance infinie qu'il a de lui-même produit une parole intérieure de son intelligence qui est une vraie subsistance ou personne ; et, comme cet acte est nécessaire en lui, il s'en suit que cette subsistance ou personne est produite et engendrée de toute éternité, et que le Fils est aussi ancien que le Père.

 

"Il en est de même de la troisième personne ; le Père n'a pu engendrer son Fils sans l'aimer ; de même le Fils n'a pu être engendré du Père sans lui rendre un amour égal à cause des perfections divines qui forment leurs attributs mutuels ; Or c'est cet amour mutuel qui est le Saint-Esprit, autre subsistance réelle, permanente et distincte qui procède des deux autres personnes.

 

"Dieu étant un être éternel, infiniment simple, infiniment fécond, il connaît toutes les infinies perfections, et cette connaissance est dans la substance divine & n'est point distinguée de la substance divine, parce que cette substance est infiniment simple.

 

"Dieu étant infiniment parfait, et se connaissant parfaitement lui-même, il s'aime infiniment et nécessairement ; et cet amour est dans la substance divine, et ne peut être distingué de la substance divine, parce qu'il ne peut rien y avoir dans cette substance qui soit opposé à son infinie simplicité.

 

"Cependant nous concevons que la connaissance n'est pas le principe ; que l'amour n'est pas la connaissance ; et que le principe, la connaissance & l'amour, c'est nécessairement et substantiellement Dieu lui-même, toujours UN, toujours unique, toujours infiniment simple.

 

"Le principe, c'est le Père ; la connaissance qui est substantiellement et éternellement dans le Père, c'est le Fils ; l'amour qui est substantiellement et éternellement dans le Père & le Fils, c'est le Saint-Esprit." (Dictionnaire philosophique de la religion, où l'on établit tous les points de la religion, attaqués par le incrédules, & où l'on répond à toutes leurs objections, Claude-François Nonnotte (1711-1793), Tome Quatrième, M.DCCLXXII (1772), p. 385-387.)

 

Source image : https://www.youtube.com/watch?v=xs11AqFKnJg

 

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"L'homme porte en lui-même une image imparfaite de la Trinité divine

 

Ce sont les trois puissances ou faculté de notre âme : la connaissance, le jugement et la volonté. La première est le principe des autres, qui ne peuvent subsister sans elle. Le jugement procède de la connaissance seule, et la volonté est produite par la connaissance réunie au jugement. (François-Marie BERTRAND​​​​​, Dictionnaire universel, historique et comparatif de toutes les religions du monde, tome quatrième, Abbé Migne éditeur, Ateliers catholiques du Petit-Montrouge Paris 1851, p. 935-936.)

Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé.

Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes UN : moi en eux, et toi en moi.

Jean 17, 21-23

C'est le projet de Dieu d'une union de toutes les créatures avec le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Dieu ne veut pas rester seul avec le Fils. Il veut se multiplier, se communiquer aux hommes "moi en eux, et toi en moi", afin "qu'ils deviennent ainsi parfaitement Un" (Jn 17,23) La fin ultime de toute l’économie divine, c’est l’entrée des créatures dans l’unité parfaite de la Bienheureuse Trinité" (cf. Jn 17, 21-23). (CEC n° 260). "Voici que je fais toutes choses nouvelles." (Ap 21, 5). "Si donc quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né." (2 Co 5, 17).

La conscience d'un Dieu trine chez les païens

 

Le signe de la croix a été pratiqué partout et toujours dans des circonstance solennelles, avec la conscience plus ou moins claire de sa signification. (Source générale : Mgr Jean-Joseph GAUME, Le Signe de la Croix au XIXe siècle, 1869, rééd. Éditions Saint-Sébastien 2016).

 

Les païens, aussi, faisaient le signe de la croix 

 

Ils l'ont fait en priant et l'ont cru, avec raison, doué d'une force mystérieuse de grande importance. Ils le faisaient en passant le pouce de la main droite sous l'index et le reposant sur le doigt du milieu, de manière à former une croix. Apulée (125-170), philosophe platonicien, en fait foi : "Une multitude de citoyens et d'étrangers, dit-il, étaient accourus au bruit retentissant du spectacle. ... Ils portaient la main droite à leur bouche, l'index reposant sur le pouce; et, par de religieuses prières, l'honoraient comme la divinité elle-même." (Apulée, Asin, Aur, lib. IV.) Quant au murmure d'accompagnements, on connaît les vers d'Ovide (-43 - 18 ap. J.-C.), VI, Métamorph. :

Restitit, et pravido, faveas mihi, murmure Dixit (Il s'est arrêté et m'a dit à voix haute)

Dux mens : simul, faveas mihi, murmure dixi. (Esprit de chef : en même temps, favorisez-moi, murmurai-je.)

 

Cette manière de faire le signe de la croix est tellement expressive qu'elle est demeurée même de nos jours, familière à un grand nombre de chrétiens dans tous les pays. Elle n'était pas la seule connue des païens. Comme les âmes les plus pieuses, ils faisaient le signe de la croix en joignant les mains sur la poitrine, dans les circonstances les plus solennelles, et les plus mystérieuses en même temps, de leur vie publique.

 

Lorsqu'une armée romaine venait mettre le siège devant une ville, la première opération du général, quel que fût son nom, Camille, Fabius, Métellus, César ou Scipion, était non de creuse des fossés ou d'élever des lignes de circonvallation, mais d'évoquer les dieux défenseurs de la ville et de les appeler dans son camp. La formule d'évocation est trop longue pour une lettre. Tu la trouveras dans Macrobe. Or, en la prononçant, le général faisait deux fois le signe de la croix. D'abord, comme Moïse, comme les premiers chrétiens, comme, aujourd'hui encore le prêtre à l'autel, les mains étendues vers le ciel, il prononçait en suppliant le nom de Jupiter. Puis, rempli de confiance dans l'efficacité de sa prière, il croisait dévotement les mains sur sa poitrine. (Satur., lib. III, c. II). Voilà bien le signe de la croix sous deux formes incontestables, universelles et parfaitement régulières. Si ce fait remarquable est généralement ignoré, en voici un autre qui l'est un peu moins. L'usage de prier les bras en croix était familier aux païens de l'Orient et de l'Occident. Tite-Live dira : "À genoux, elles élevaient leurs mains suppliantes vers le ciel et vers les dieux." (Lib. XXXIV.) Denys d'Alicarnasse : "Brutus, apprenant le malheur et la mort de Lucrèce, éleva les mains au ciel et appela Jupiter avec tous les dieux. (Antiquit., lib. IV) Et Virgile : "Le père Anchise, sur le rivage, les mains étendues, invoque les grands dieux." (Æneid., lib . III) Et Athénée : "Darius, ayant appris avec quels égards Alexandre traitait ses filles captives, étendit les mains vers le soleil, et demanda, si lui-même ne devait pas régner, que l'empire fût donné à Alexandre." (Lib. XIII, c. XVII.) Apulée déclare formellement que cette manière de prier n'était pas une exception, une excentricité, mais une coutume permanente : "L'attitude de ceux qui prient, est d'élever les mains au ciel." (Lib. de Mundo)

 

Les Égyptiens plaçaient la croix dans leurs temples, priaient devant ce signe et le regardaient comme l'annonce d'un bonheur futur. Les historiens grecs Socrate (380-450) et Sozomène (400-448) rapportent qu'au temps de l'empereur Théodose (379-395), lorsqu'on détruisait les temples des faux dieux, celui de Sérapis en Égypte, se trouva rempli de pierres, marquées de caractère hiéroglyphiques en forme de croix. Les néophytes égyptiens affirmaient que ces caractères signifiant la croix, signe de la vie future, suivant les interprètes. (Sozom. , 1. V, c. XVII; - Id., lib. VII, c. XV.)

 

Sur la valeur interprétatoire et latreutique du signe de la croix, le haut Orient était d'accord avec l'Occident, le Chinois et le Romain.

 

Les Gaulois croyaient en Toutatis, Hésus et Taranis, la triade celtique était "une ébauche de conception trinitaire" (Anne Bernet). Ils vénéraient un seul dieu en trois personnes, ce qui expliquerait la relative facilité avec laquelle l'Eglise a finalement converti les pays celtes. On a conservé une statue du "dieu à trois têtes" du IIe siècle ap. J-C. On trouve cette image dans le livre de Régine Pernoud, "Les Gaulois", avec cette légende : "Le dieu à trois têtes. IIe siècle ap. J.-C."

 

Le dieu à trois têtes, IIe siècle ap. J-C. On trouve cette image dans le livre de Régine Pernoud, "Les Gaulois", avec cette légende : "Le dieu à trois têtes. IIe siècle ap. J.-C. Beaucoup plus tardive que la pièce précédente, cette stèle de pierre monte trois têtes semblables, mais distinctes et non fondues en une seule. L'influence de la sculpture romaine est ici très nette, encore qu'il s'agisse d'une triade celtique, et que le dieu à trois têtes porte le torque bouleté. Trouvée à Condat-sur-Trincou (Dordogne). Musée d'Aquitaine, Bordeaux."(R. PERNOUD, Les Gaulois, Seuil, Collection Le Temps qui court, rééd. Editions du Seuil, Paris 1980, p. 43.)

Le dieu à trois têtes, IIe siècle ap. J-C.

"Les Saints Forts ne sont autres que les habitants d'un village du pays carnute. Ils reconnurent aussitôt la Virgo paritura (la Vierge qui enfantera) qu'adoraient leurs ancêtres dans la Vierge Mère que leur annonçait un missionnaire. Convertis en masse, les Carnutes refusèrent d'abjurer leur foi, qui renouait si bien avec les plus hautes aspirations de l'ancienne religion celte. Ils furent jetés vivants dans le puits que l'on voit toujours sous la cathédrale de Chartres." (Anne BERNET, Clovis et le Baptême de la France, Editions Clovis, Condé-sur-Noireau 1996, p. 81.) Sainte Anne, la mère de la Vierge Marie, était déjà connue et vénérée chez nous en France, avant l'apparition du christianisme. "Elle est ainsi évoquée, écrit Anne Bernet, selon les lieux et les circonstances, sous le nom d'Epona ou de Rigantona...; sous le nom d'Anna ou de Dana, aïeule des dieux et des hommes... ; et parfois sous ceux de Belisima (la 'Très Brillante') ou de Rosmerta.

 

L'idée de Dieu et de l'âme a été connue et admise dès l'antiquité en Chine avant l'arrivée des missionnaires chrétiens. (Père Joseph-Henri de Prémaré, Lettre inénite du Père Prémaré sur le monothéisme des chinois, 1728, G. Pauthier, Extrait des Cahiers de février et mai du tome III des Annales de Philosophie chrétienne (5e série) – Paris, rééd. Scholar Select, 2018, p. 1.)

 

Le Père Prémaré soutient que le monothéisme chinois avait une vision de la Trinité de Dieu.

 

Croirais-tu qu'un empereur de Chine, si ancien qu'il est presque mythologique, Hien-Yuen (Hoang-ti ou Huang-Di, l'"empereur jaune"), avait, comme Platon, pressenti le mystère de la croix ? "Pour honorer le Très-Haut, cet ancien empereur joignait ensemble deux morceaux de bois, l'un droit, l'autre de travers." (Discours prélim. du Chou-King, par le P. Prémare, ch. IX, p. XCII.)

 

''Suivant M. de Paravey, la croix comme symbole de salut, existait, avant Jésus-Christ, en Chine. Voyez sa Dissertation abrégée sur le Ta-Tsin, ou sur le nom antique et hiéroglyphique de la Judée, ou Traditions conservées en Chine, sur l'ancien pays de Tsin, pays qui fut celui des céréales et de la croix", (Annales de Philosophie chrétienne, tome XII, 1836, p. 256, in Dictionnaire historique, archéologique, philologique, chronologique, géographique et littéral de la Bible, par le Révérend Père Dom Augustin Calmet, Abbé Migne éditeur, Paris 1845, T. 1, p. 1210.)

 

Sous la dynastie des Soung (ou Song) (qui régna de 960 à 1260 de notre ère), Tchéou Lien-Ki, le docteur aux nénuphars) mourut à l'âge de 57 ans, l'an 1073 de notre ère. Il fit un Système de Physique; tous les lettrés de son temps le suivirent et l'ont regardé comme leur maître; Tous ces philosophes vivaient dans le 11e et 12e siècle de notre ère.

 

Voici les principes généraux de ce système :

 

(1) il y a dans l'univers un être qu'on appelle Khi; il n'est point figuré, mais il peut le devenir. C'est comme un vase dans lequel est un autre être qu'on nomme Li, et qui est tellement au-dessus de toute figure, qu'il est impossible qu'il en prenne jamais aucune. Tchou-hi, le plus fameux disciple de Lien-Ki, définit ainsi ces deux êtres :

'Dans l'univers, il y a Li et il y a Ki. Ce qu'on entend par Li, c'est la Raison qui est au-dessus de toute figure et qui est comme la racine d'où sortent tous les êtres. Ce qu'on entend par Ki, c'est le vase sujet à la figure et l'instrument dont tout est fait.'

(2) Ce Khi ou matière, si on peut l'appeler ainsi, se trouve tour à tour en mouvement et puis en repos, en repos et puis en mouvement.

 

Avant les Soung, on entendait par Thaï-Khi la matière dans l'état de chaos. C'est pour cela que Tchouang-tseu a dit que 'la Raison était avant Thaï-khi.'

Tchéou Lien-Ki, le père de la philosophie des Soung, a dit la même chose. C'est ce qu'il appelle l'être illimité et infini.

C'est une tradition constante que Thaï-Khi renferme trois qui ne sont qu'un. (Père Joseph-Henri de Prémaré, Lettre inénite du Père Prémaré sur le monothéisme des chinois, 1728, G. Pauthier, Extrait des Cahiers de février et mai du tome III des Annales de Philosophie chrétienne (5e série) – Paris, rééd. Scholar Select, 2018, p. 10-21)

 

Dans l'Ancien Testament aussi, la création du monde est rattachée à la Parole de Dieu (Gn 1,3 Dieu dit : "Que la lumière soit." Et la lumière fut; Ps 33 (32), 6-9 Le Seigneur a fait les cieux par sa parole, l'univers, par le souffle de sa bouche; 147, 15-18 Il envoie sa parole sur la terre : rapide, son verbe la parcourt. … Il envoie sa parole : survient le dégel ; il répand son souffle : les eaux coulent; Is 40,26 Levez les yeux et regardez : qui a créé tout cela ? Celui qui déploie toute l’armée des étoiles, et les appelle chacune par son nom; Is 48,3 Les événements passés, je les avais annoncés d’avance ; ils étaient sortis de ma bouche, et je les avais fait entendre ; soudain j’ai agi, et ils sont arrivés; Sg 9, 1-9 "Dieu de mes pères et Seigneur de miséricorde, par ta parole tu fis l’univers.")

 

Ainsi, des sept manières de faire le signe de la croix, les païens en connaissaient trois. 

À leurs yeux, il avait une signification réelle, une valeur considérable, quoique plus ou moins mystérieuse, suivant les lieux, les temps et les personnes.

 

"Il est infiniment remarquable, dit Gretzer (1562-1625), que dès l'origine du monde Dieu a voulu tenir constamment la figure de la croix sous les yeux du genre humain, et organisé les choses de manière que l'homme ne pût presque rien faire sans l'intervention du signe de la croix. (De Cruce, lib. I, c. III.)

 

"Pour tenter la fortune et aller chercher des richesses aux extrémités du monde, le navigateur a besoin d'un navire. Le navire ne peut voguer sans mât, et le mât avec ses vergues forme la croix. (S. Hier., in c. XI Marc.) Sans elle nulle direction possible, nulle fortune à espérer. (Orig. Homil. VIII, in divers.)

 

"Le laboureur demande à la terre sa nourriture, la nourriture des riches et des rois. Pour l'obtenir, il lui faut une charrue. La charrue ne peut ouvrir le sein de la terre si elle n'est armée de son couteau; et la charrue armée du couteau forme la croix." (S. Maxim. Taur., ap. S. Ambr., t. III, ser. 56, etc.) 

 

"Que nous montrent chez les Romains les cantabra et le siparia des étendards, sinon la croix ? 

 

"Les uns et les autres sont des lances dorées surmontées d'un bois, placé horizontalement, d'où pend un voile d'or et de pourpre.

 

Les aigles aux ailes déployées placées au haut des lances et les autres insignes militaires, toujours terminés par deux ailes étendues, rappellent invariablement le signe de la croix.

 

"Monuments des victoires remportées, les trophées forment la croix. La religion des Romains est toute guerrière; elle adore les étendards; elle jure par les étendards; elle les préfère à tous les dieux : et tous ses étendards sont des croix : omnes illi imaginum suggestus insignes monilia crucium sunt." (Tertull. Apolog. XVI.) Aussi, lorsqu'il voulut perpétuer le souvenir de la croix par laquelle il avait été vaincu, Constantin n'eut point à changer l'étendard impérial, il se contenta d'y faire graver le chiffre du Christ, comme s'il lui importait seulement de nommer Celui de qui il avait eu la vision et non l'objet de cette vision." (Euseb. lib. IX Histor., 9.)

 

"Le ciel lui-même est disposé en forme de croix.

 

Que représente les quatre points cardinaux, sinon les quatre bras de la croix et l'universalité de sa vertu salutaire ? La création tout entière porte l'empreinte de la croix. Platon lui-même n'a-t-il pas écrit que la Puissance la plus voisine du premier Dieu s'est étendue sur le mine en forme de croix." (S. Maxim. Taur., apud S. Ambr., t. III, serm. 56 ; - S. Hier., in Marc, XI ; - Tertull., Apol., XVI; - Orig., Homil. VIII in divers.)

 

De là cette réponse péremptoire de Minucius Félix († en 250 à Rome) aux païens qui reprochaient aux chrétiens de faire le signe de la croix : "Est-ce que la croix n'est pas partout ? leur disait-il. Vos enseignes, vos drapeaux, les étendards de vos camps, vos trophées, que sont-ils, sinon des croix ornées et dorées ? Ne priez-vous pas comme nous, les bras étendus ? Dans cette attitude solennelle, n'employez-vous pas alors aux chrétiens adorateurs d'un Dieu unique, et qui ont le courage de confesser leur foi au milieu des tortures, en étendant leurs bras en croix ? Entre nous et votre peuple, quelle différence y a-t-il, lorsque les bras en croix, il dit : Grand Dieu, vrai Dieu, si Dieu le veut ? Est-ce le langage naturel du païen, ou la prière du chrétien ? Ainsi, ou le signe de la croix est le fondement de la raison naturelle, ou il sert de base à votre religion." (Octav.)

Le concept de la Trinité dans l'Ancien Testament

 

L'homme, lui-même, est une lointaine image de Dieu, créée sur la terre pour imiter celle du Ciel. 

 

"Dieu dit : 'Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance.'" (Gn, 1, 26)

 

Dans sa première lettre aux Corinthiens, Saint Paul fait écho à cet homme fait à l'image de Dieu : ''44 ce qui est semé corps physique ressuscite corps spirituel ; car s’il existe un corps physique, il existe aussi un corps spirituel. 45 L’Écriture dit : Le premier homme, Adam, devint un être vivant ; le dernier Adam – le Christ – est devenu l’être spirituel qui donne la vie. 46 Ce qui vient d’abord, ce n’est pas le spirituel, mais le physique ; ensuite seulement vient le spirituel. 47 Pétri d’argile, le premier homme vient de la terre ; le deuxième homme, lui, vient du ciel. 48 Comme Adam est fait d’argile, ainsi les hommes sont faits d’argile ; comme le Christ est du ciel, ainsi les hommes seront du ciel. 49 Et de même que nous aurons été à l’image de celui qui est fait d’argile, de même nous serons à l’image de celui qui vient du ciel.'' (1 Co 15,45-49)

 

Si le Christ, Verbe incarné est l'image du Père, l'homme a été créé à l'image du Christ. Ce thème central dans la pensée biblique et chez les Pères grecs est l'élément fondamental de l'anthropologie chrétienne franciscaine de S. Bonaventure. (Dictionnaire des saints et Grands témoins du christianisme, Sous la direction de Jean-Robert ARMOGATHE et André VAUCHEZ, CNRS Éditions, Paris 2019, p. 174.)

 

Crucifix de Saint-Damien, XIIe siècle. Crucifix qui en 1205 adressa la parole à François d'Assise, dans l'église Saint-Damien (Assise)

 

Retraçant l'image auguste de Dieu que l'homme porte en lui-même et le conjurant d'en faire l'objet continuel de son imitation, Bossuet expliquera :

 

"Cette Trinité, incréée, souveraine, toute-puissante, incompréhensible, afin de nous donner quelque idée de sa perfection infinie, a fait une Trinité créée sur la terre... Si vous voulez savoir qu'elle est cette Trinité créée dont je parle, rentrez en vous-mêmes, et vous la verrez; c'est votre âme..." (Sermon sur le mystère de la Sainte Trinité, t. IV, édit. 1846, in Mgr Jean-Joseph GAUME, Traité du Saint-Esprit, 1864, Rééd. Éditions Saint-Rémi, 2019, p. 364-365.)

 

Selon Saint Epiphane (310-403), évêque de Salamine né dans un village de Judée d'une famille juive d'agriculteurs et "profondément instruit des choses de sa nation", "les hommes éclairés parmi les hébreux enseignèrent de tout temps, et avec une entière certitude, la Trinité dans une unique essence divine" (Ad. haeres., lib. I, haer. 5.), moins clairement toutefois que les apôtres et les Pères. 

 

"Un autre enfant d'Israël, non moins versé dans l'histoire religieuse de la synagogue, Paul. L. B. Drach (1791-1865) s'exprime ainsi :

 

"Dans les quatre Évangiles, on ne remarque pas plus la Révélation nouvelle de la sainte Trinité, point fondamental et pivot de toute la religion chrétienne, que celle de toute autre doctrine déjà enseignée dans la synagogue, lors de l'avènement du Christ : comme, par exemple, le péché originel, la création du monde sans matière préexistante et l'existence de Dieu. 

 

"Quand Notre-Seigneur donne à ses disciples, qu'il avait choisis parmi les Juifs, la mission d'aller prêcher son saint Évangile aux peuples de la terre, il leur ordonne de les baptiser au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit." (Mt 28,19). 

 

En effet, "quiconque est familiarisé avec ce qu'enseignaient les anciens docteurs de la synagogue, surtout ceux qui ont vécu avant la venue du Sauveur, sait que la Trinité en un Dieu unique était une vérité admise parmi eux depuis les temps les plus reculés." (Paul. L. B. Drach, De l'harmonie entre l'Eglise et la Synagogue, in Mgr Jean-Joseph GAUME, Traité du Saint-Esprit, 1864, Rééd. Éditions Saint-Rémi, 2019, p. 367.)

 

De même, le Dictionnaire universel de toutes les religions de François-Marie BERTRAND​​​​​ indique qu'« il entrait sans doute dans les desseins de la Providence que le dogme trinitaire ne fût pas exposé nettement dans l'Écriture, car il était à craindre qu'il ne favorisât le penchant des Israélites au polythéisme. 

 

« [...] Cependant, lorsque l'on étudie avec attention le Talmud, les paraphrases chaldaïques, le Zohar, les anciens commentateurs de l'Ecriture sainte, on ne peut s'empêcher de conclure que le mystère de la Sainte Trinité faisait partie de l'enseignement isotérique de la Synagogue; très fréquemment ils interprètent en ce sens certains passages, qui autrement paraissent obscurs. Jonathan, fils d'Ouziel, qui florissait un peu avant la naissance du Christ, s'exprime ainsi sur ces paroles du Psaume II : "Jéhovah m'a dit : Tu es mon Fils. ''Ces deux, Père et Fils, sont trois en union avec une troisième personne, et ces trois personnes ne forment qu'une substance, qu'une essence, qu'un Dieu."

 

« [...] Un exemplaire fort ancien de ce targoun tomba entre les mains de Pierre Galatin, frère franciscain, inventeur au XVIe siècle du terme latinisé "Jéhovah", qui y trouva la paraphrase suivante du trisagion d'Isaïe, ch. VI, v. 3 : "Saint le Père, Saint le Fils, Saint l'Esprit-Saint !"

 

Le même Galatin, à propos du tétragramme יהוה Jéhovah en cite des explications ou interprétations hébraïques en douze et quarante-deux lettres : la première se traduirait par ces paroles : Père, Fils et Esprit de sainteté; et la seconde par ces mots : Le Père est Dieu, le Fils est Dieu, l'Esprit de Sainteté est Dieu; cependant ce ne sont pas trois dieux, mais un Dieu unique. 

 

« Le Galé-Razaya ou Révélateur des mystères, livre composé par Juda le Saint (135-217), rédacteur de la Mischna (ou première partie du talmud qui recueille les constitutions et les traditions des magistrats et des docteurs juifs), nous offre ce passage remarquable :

 

"Considère que le nom tétragrammaton dénote, d'après son orthographe, un Dieu procréateur. Or, il n'est pas de procréateur sans procréé, et il faut qu'il procède un amour du procréateur vers le procréé, de même que du procréé vers le procréateur; autrement, ils seraient séparés l'un de l'autre et formeraient deux essences distinctes, tandis qu'à la vérité le procréateur et le procréé, et l'amour, procédant de tous les deux, sont une seule essence; c'est pour cette raison que dans ce nom (tétragrammaton) est renfermé le nom des douze lettres qui forment les mots Père, Fils et Saint-Esprit; et sache que ce mystère est un des secrets du Très-Haut. Il convient de le dérober aux yeux des hommes jusqu'à la venue du Messie, notre juste. Je te l'ai révélé; mais le secret de Jéhovah est réservé pour ceux qui le craignent." 

 

« Le livre Kozri dit : "La sagesse est trois en une. L'être divin est unique. La distinction des numérations que nous admettons en lui ne consiste que dans une certaine distinction dans la même essence."

 

« [...] On pourra à ce sujet consulter l'ouvrage de M. Drach, intitulé : "De l'Harmonie entre l'Église et la Synagogue'." ... » (François-Marie BERTRAND​​​​​, Dictionnaire universel, historique et comparatif de toutes les religions du monde1851, Ateliers catholiques du Petit-Montrouge Paris, tome 4e, p. 938.)

 

Cet ouvrage de M. Drach, d'une inattaquable érudition démontre sans réplique qu'il n'est pas un principe de la morale, des dogmes et du culte catholique, qui ne se trouve implicitement ou formellement dans la loi mosaïque, jusque dans ses prescriptions cérémonielles. Le christianisme n'est que la loi ancienne et primitive accomplie, complétée, spiritualisée, universalisée. (Dictionnaire des Apologistes involontaires, le Catholicisme triomphant par ses propres adversaires, M. C.-F. CHEVE, Abbé MIGNE Editeur, Ateliers Catholiques Rue d'Amboise, tome I, Paris 1853, p. 84.)

 

Le signe de la croix a été pratiqué  avec la conscience plus ou moins claire de sa signification chez les Hébreux 

 

Par exemples, lorsque Jacob, sur le point de mourir, croise les mains pour bénir les enfants de Joseph, pères futurs des douze tribus d'Israël, rien n'est plus évident : inspiré de Dieu, le saint Patriarche annonce à chacun ce qui doit lui arriver dans la suite des siècles. Et que fait-il ? Il croise les bras et place la main gauche sur l'enfant qui est à sa droite, et la droite sur l'enfant qui est à sa gauche. Voilà le signe de la croix, source éternelle de bénédictions !

 

De même, "pourquoi Moïse au moment où Josué va combattre Amalech fai-il ce qu'il n'a jamais fait, priant les mains étendues ? ... Parce que le combat du Seigneur qui se livrait contre Amalech préfigurait les batailles du Verbe incarné contre Satan, et le signe de la croix par lequel il devait remplacer la victoire." (Tertullien, Contre Marcion, n° 111.)

 

Dans le livre de l'Exode, on peut lire une préfiguration du Précieux Sang du Christ.

 

Le Seigneur dit à Moïse et à son frère Aaron : "Ce mois-ci sera pour vous le premier des mois, il marquera pour vous le commencement de l’année. Parlez ainsi à toute la communauté d’Israël : le dix de ce mois, que l’on prenne un agneau par famille, un agneau par maison. Si la maisonnée est trop peu nombreuse pour un agneau, elle le prendra avec son voisin le plus proche, selon le nombre des personnes. Vous choisirez l’agneau d’après ce que chacun peut manger. Ce sera une bête sans défaut, un mâle, de l’année. Vous prendrez un agneau ou un chevreau. Vous le garderez jusqu’au quatorzième jour du mois. Dans toute l’assemblée de la communauté d’Israël, on l’immolera au coucher du soleil. On prendra du sang, que l’on mettra sur les deux montants et sur le linteau des maisons où on le mangera. ... Je traverserai le pays d’Égypte, cette nuit-là ; je frapperai tout premier-né au pays d’Égypte, depuis les hommes jusqu’au bétail. Contre tous les dieux de l’Égypte j’exercerai mes jugements : Je suis le Seigneur. Le sang sera pour vous un signe, sur les maisons où vous serez. Je verrai le sang, et je passerai : vous ne serez pas atteints par le fléau dont je frapperai le pays d’Égypte. Ce jour-là sera pour vous un mémorial. Vous en ferez pour le Seigneur une fête de pèlerinage. C’est un décret perpétuel : d’âge en âge vous la fêterez. ... Moïse convoqua tous les anciens d’Israël et leur dit : « Prenez un agneau par clan et immolez-le pour la Pâque. Puis vous prendrez un bouquet d’hysope, vous le tremperez dans le sang que vous aurez recueilli dans un récipient, et vous étendrez le sang sur le linteau et les deux montants de la porte. Que nul d’entre vous ne sorte de sa maison avant le matin. Ainsi, lorsque le Seigneur traversera l’Égypte pour la frapper, et qu’il verra le sang sur le linteau et les deux montants, il passera cette maison sans permettre à l’Exterminateur d’y entrer pour la frapper." (Ex 12)

 

Lorsque les Hébreux murmurèrent contre Moïse et contre Dieu, des serpents leurs furent envoyés qui les déchirèrent de leurs morsures. La prière de Moïse toucha Dieu. Pour mettre en fuite les serpents et guérir les innombrables malades, quel moyen va-t-il indiquer ? Des prières ? Non. Des jeûnes ? non. Un autel, une colonne expiatoire ? Rien de tout cela. Il ordonne de faire un serpent au-dessus d'un mât, signe de croix permanent et visible à tous ; signe de croix que chaque malade fera de cœur, seulement en le regardant. Tel sera la puissance de ce signe, qu'un seul regard suffira pour rendre la santé. (Nb 21, 8-9)

 

Au temps du prophète Ézechiel (VIe s. av. J.-C.), les abominations de Jérusalem étaient au comble. Un personnage mystérieux, l'homme vêtu de lin, portant à la ceinture une écritoire de scribe, dit le prophète, reçoit ordre de traverser la ville et de marquer du signe T le front de tous ceux qui gémissaient des iniquités de cette coupable capitale. À ses côtés marchaient six autres personnages, portant chacun une arme de mort, avec ordre de tuer indistinctement tous ceux qui ne seraient pas marqués du signe salutaire. (Ezech. 9,4, etc.) "Le signe Tau, marqué sur le front des habitants de Jérusalem les protégeaient contre les anges exterminateurs. Ainsi, le signe de la croix, dont l'homme marque son front est une assurance qu'il ne sera pas la victime du démon et des autres ennemis du salut, s'il gémit sincèrement des abominations que ce signe interdit." (Tertullien, Adv. Marcion, lib. III, c. XXII).

 

Les Philistins ont réduit les Israélites à la plus humiliante servitude. Samson a commencé leur délivrance. Malheureusement, il s'est laissé surprendre. Ils l'ont enchaînés, après lui avoir crevé les yeux. Dans cet état, ils s'en font un jouet pour amuser leurs fêtes. Cependant, "placé entre deux colonnes qui soutiennent tout l'édifice, dit saint Augustin, le fort d'Israël étend ses bras en forme de croix. Dans cette attitude toute-puissante, il secoue les colonnes, les ébranle, écrase ses ennemis : et comme le grand Crucifié, dont il était la figure, il meurt lui-même enseveli dans son triomphe." (Saint Augustin, Serm. 107, de Temp.)

 

Lorsque David, accablé de chagrin, est réduit à la plus grande extrémité dans laquelle se puisse trouver un roi, un fils parricide, des sujets révoltés, un trône chancelant, la vieillesse qui arrive à grands pas, que fera le monarque inspiré ? Il priera. Mais comment ? En faisant le signe de la croix. Expandi manus meas ad te. J'ai étendu mes mains vers vous. (Ps 142).

 

Lorsque encore Salomon achève le temple de Jérusalem, il faut attirer les bénédictions du ciel sur la nouvelle demeure du Dieu d'Israël, et obtenir ses faveurs pour ceux qui y viendront prier. Que fait Salomon ? Il prie en faisant le signe de la croix. Or Salomon se tint debout devant l'autel du Seigneur, en présence de toute l'assemblée d'Israël, et il étendit ses mains vers le ciel. (III Rois 8,22)

 

Dans les sacrifices juifs, le prêtre élevait d'abord l'hostie, selon qu'il était prescrit par la loi. Il la portait ensuite de l'Orient à l'Occident, comme nous l'apprennent les Juifs eux-mêmes : ce qui formait la figure de la croix. C'est en faisant le même mouvement que le grand prêtre et même les simples prêtres bénissaient le peuple après les sacrifices. (Abbé Jacques Joseph Duguet (1649-1733)Traité de la Croix de notre seigneur Jésus-Christ ; ou Explication du mystère de la passion de N. S. Jésus-Christ selon la Concorde, 1733, c. VIII.)

 

Croire que les patriarches, les juges, les prophètes, les rois, les voyants d'Israël fussent les seuls à connaître le signe de la croix et à le pratiquer serait une erreur. Tout le peuple le connaissait, et dans les dangers publics en faisait religieusement usage.

 

Sennachérib a marché de victoire en victoire. La plus grande partie de la Palestine est envahie : Jérusalem est menacée. Vois-tu ce que fait ce peuple, hommes, femmes, enfants, pour repousser l'ennemi ? Comme Moïse, il fait le signe de la croix, il se fait signe de croix ; "Et ils invoquèrent le Seigneur des miséricordes, et, étendant les mains, ils les élevèrent vers le ciel. Et le Seigneur les exauça." (Eccles. 48,22)

 

Un autre danger les menace. Voici Héliodore qui vient, accompagné d'une troupe de soldats, pour piller les trésors du temple. Déjà il est entré dans le parvis extérieur : encore un peu et le sacrilège sera consommé. Les prêtres sont prosternés au pied de l'autel : mais rien n'arrête le spoliateur. Que fait le peuple ? il recourt à son arme traditionnelle : il prie en faisait le signe de la croix. Tu sais le reste. (II Macchab 3,20)

 

S'il est incontestable que prier les bras étendus est une forme du signe de la croix, vous voyez que de toute antiquité les Juifs ont connu le signe de la croix et qu'ils l'ont pratiqué, avec l'instinct plus ou moins mystérieux de sa toute-puissance.

 

Toutes ces références peuvent être retrouvées dans l'ouvrage de Mgr Jean-Joseph GAUME, "Le Signe de la Croix au XIXe siècle" (publié en 1869, et réédité aux Éditions Saint-Sébastien 2016.)

 

Selon la spécialiste française de l'hébreu biblique, Danielle Ellul, le terme "Dieu" en hébreu אֱלֹהִים ('ēlohîm) est écrit au pluriel :

 

"Elohim dit : faisons l'homme à notre image, à notre ressemblance…

Gn 1. 26

 

"Elohim dit : Voici que l’homme est devenu comme l’un de nous…

Gn 3. 22

 

"Au Commencement, Dieu(x) créa le ciel et la terre."

Gn 1,1

 

"Dieu est le terme le plus usité pour désigner Dieu. Malgré sa forme pluriel (d'intensité ou de majesté) il est habituellement accompagné d'un verbe au singulier. (Le verbe est au pluriel quand le sujet désigne les anges ou les divinités païennes)." (Danielle ELLUL, Apprendre l'Hébreu biblique par les textes en 30 leçons, Cerf, 4e édition, Paris 2003, p. 57.)

 

Dieu apparaît à Abraham sous la forme de trois hommes, lorsqu'il lui annonce sa descendance (Gn 18,10), à savoir Isaac, image du christianisme futur ("Car Abraham doit devenir une nation grande et puissante, et toutes les nations de la terre doivent être bénies en lui." Gn 18,18). Et Abraham s'adresse à Dieu apparu sous la forme de trois hommes en disant "Mon Seigneur" au singulier. Saint Justin au IIe siècle avance que l'ange qui parle à Abraham pourrait être Jésus lui-même :  

 

Genèse 18,1-5 

 

01 Aux chênes de Mambré, le Seigneur apparut à Abraham, qui était assis à l’entrée de la tente. C’était l’heure la plus chaude du jour.

 

02 Abraham leva les yeux, et il vit trois hommes qui se tenaient debout près de lui. Dès qu’il les vit, il courut à leur rencontre depuis l’entrée de la tente et se prosterna jusqu’à terre.

 

03 Il dit : « Mon seigneur, si j’ai pu trouver grâce à tes yeux, ne passe pas sans t’arrêter près de ton serviteur.

 

04 Permettez que l’on vous apporte un peu d’eau, vous vous laverez les pieds, et vous vous étendrez sous cet arbre.

 

05 Je vais chercher de quoi manger, et vous reprendrez des forces avant d’aller plus loin, puisque vous êtes passés près de votre serviteur ! » Ils répondirent : « Fais comme tu l’as dit. »

 

06 Abraham se hâta d’aller trouver Sara dans sa tente, et il dit : « Prends vite trois grandes mesures de fleur de farine, pétris la pâte et fais des galettes. »

 

07 Puis Abraham courut au troupeau, il prit un veau gras et tendre, et le donna à un serviteur, qui se hâta de le préparer.

 

08 Il prit du fromage blanc, du lait, le veau que l’on avait apprêté, et les déposa devant eux ; il se tenait debout près d’eux, sous l’arbre, pendant qu’ils mangeaient.

 

09 Ils lui demandèrent : « Où est Sara, ta femme ? » Il répondit : « Elle est à l’intérieur de la tente. »

La sainte Trinité au chêne de Mambré, icône russe d'Andreï Roublev.

 

 

La Trinité chez les Chrétiens

 

De l'Église judaïque, le signe de la croix est passé dans l'Église chrétienne

 

Les premiers fidèles, frappés de l'ancienne manière de bénir avec la figure de la croix, ont été facilement instruits par les apôtres de la signification mystérieuse de ce signe, et naturellement portés à le continuer, en y ajoutant les divines paroles qui en donnent l'explication.

 

Lire : 

 

Le signe de la Croix, Salut du monde

 

C'est "depuis le IIe siècle, (que le) terme de Trinité (est) utilisé par les théologiens pour exprimer la réalité du Dieu unique, vivant en trois personnes, Père, Fils et Saint-Esprit." (Dominique Le Tourneau, Les Mots du christianisme, Bibliothèque de Culture religieuse, Fayard, La Flèche 2005, p. 629.) 

 

Les grands théologiens chrétiens de l'époque pré-nicéenne particulièrement dignes de mérite, évoquant la sainte Trinité, sont Justin, Tertullien, Cyprien, Origène, Irénée. 

 

L'un des premiers chrétiens à employer le terme de "Trinité" est Théophile d'Antioche, septième évêque de l'Église d'Antioche au IIe siècle, dans son ouvrage Autolycus, une apologie de la foi chrétienne qui a été conservée, où l'auteur s'adresse à un païen pour le moins sceptique, qui ne semble pas manifester la moindre sympathie pour les chrétiens et ce qu'il croit savoir d'eux.

 

Dans son éloquent plaidoyer présenté à l'empereur Antonin vers l'an 120, saint Justin s'exprime ainsi : "Nous honorons en esprit et en vérité le Père et le Fils et le Saint-Esprit." (Apolog., I, n° 6.)

 

Ce que Justin avait dit à Rome, quelques années plus tard, saint Irénée l'enseignait dans les Gaules. "Ceux, dit-il, qui secouent le joug de la loi et se laissent emporter à leurs convoitises, n'ayant aucun désir du Saint-Esprit, l'apôtre les appelle avec raison des hommes de chair." (Cité par S. Basile, en preuve de la divinité du Saint-Esprit. Lib. de Spir. sanct., c. XXIX, n° 72).

 

À la même époque, Athénagore d'Athènes (133-190) demandait : "N'est-il pas étrange qu'on nous appelle athées, nous qui prêchons Dieu le Père et Dieu le Fils et le Saint-Esprit ?" (Legat. pro christian, n° 12 et 24.)

 

Eusèbe de Palestine (265-340), pour s'encourager à parler, disait : "invoquons le Dieu des prophètes, auteur de la lumière, par notre Sauveur Jésus-Christ avec le Saint-Esprit." (Ap. Basil., ibid.) (Mgr Jean-Joseph GAUME, Traité du Saint-Esprit, 1864, Rééd. Éditions Saint-Rémi, 2019, p. 373-374.)

 

"Au IVe siècle, les conciles de Nicée (325) et de Constantinople (381) ont contribué à la formulation précise des concepts employés communément pour présenter la doctrine sur la Sainte Trinité : un Dieu unique, qui dans l'unité de sa divinité est Père, Fils et Esprit Saint." (Jean-Michel Garrigues, Père, Fils et Esprit Saint, Catéchèses de Jean-Paul II sur la Trinité, Éditions Parole et Silence, 2000, p. 53.)

 

Le concept de la Trinité dans les textes du Nouveau Testament

 

Matthieu 28 : 19

 

19 Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit,

 

Les Pères de l'Eglise et les théologiens observent que Jésus-Christ a dit au nom sans se servir du pluriel, afin de marquer l'unité de la nature divine.

 

Quand les évangélistes abordent le thème de la conversion des nations au nom de la sainte Trinité sans le mot, ils s'en emparent comme d'un point de doctrine déjà manifeste, admis dans la croyance de la loi ancienne.

 

"Le baptême de Jésus lui-même dans le Jourdain est le lieu d'une théophanie trinitaire, la manifestation subite de la transcendance divine, exprimée dans le langage de l'Ancien Testament. L'Esprit se révèle sous la forme d'une colombe qui descend sur Jésus pour montrer qu'il habite en lui. Le Père authentifie sa mission en déclarant : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé qui a toute ma faveur" (Mt 3, 17). Il s'agit d'une révélation du Père, du Fils et de l'Esprit et c'est au nom de cette Trinité, révélée au baptême de Jésus, que tout chrétien sera baptisé." (Bernard Sesboüé, Invitation à croire, Paris, Cerf, 2009, p. 71.)

 

I Jean 5,7 (Vulgate) Bible catholique Aelf

 

07 En effet, ils sont trois qui rendent témoignage,

 

08 l’Esprit, l’eau et le sang, et les trois n’en font qu’un.

 

 

Selon la Vulgate, I Jean 5,7 mentionne en fait : 

 

7 Car ils sont trois qui rendent témoignage dans le ciel : le Père, le Verbe et l'Esprit-Saint; et ces trois sont une seule chose.

8 Et ils sont trois qui rendent témoignage sur la terre, l'esprit, l'eau et le sang : et ces trois sont une seule chose.

 

Comment expliquer l'omission de la mention "le Père, le Verbe et l'Esprit-Saint; et ces trois sont une seule chose" du verset 7, mention présente dans la Vulgate, mais enlevée dans les Bibles modernes ?

 

La Bible de Jérusalem explique dans une note e à propos du verset 7 de I Jean 5 que ''le texte des v. 7 est surchargé dans la Vulgate par une incise (ci-dessous entre parenthèses) absente des manuscrits grecs anciens, des vieilles versions et qui semble être une glose marginale introduite plus tard dans le texte : Car il y en a trois qui témoignent (dans le ciel : le Père, le Verbe et l'Esprit-Saint, et ces trois sont un).

 

L'Encyclopédie théologique, Dictionnaire de théologie de Nicolas Bergier, explique

 

''Nous savons que l'authenticité du verset 7 est contestée, […] il ne se trouve point, disent-ils, dans le très grand nombre des anciens manuscrits; il a donc été ajouté dans les autres par des copistes téméraires. Mais il y a aussi des manuscrits non moins anciens dans lesquels il se trouve. On conçoit aisément que la ressemblance des premiers et des derniers mots du verset 7 avec ceux du verset 8 a pu donner lieu à des copistes peu attentifs de sauter le septième; mais qui aurait été l'écrivain assez hardi pour ajouter au texte de Saint Jean un verset qui n'y était pas ?

 

"Une preuve que la différence des manuscrits est venue d'une omission involontaire, et non d'une infidélité préméditée, est que, dans plusieurs, le verset 7 est ajouté à la marge, de la propre main du copiste.

 

"En second lieu, dans le verset 6, l'Apôtre a déjà fait mention de l'eau, du sang et de l'esprit qui rendent témoignage à Jésus-Christ : est-il probable qu'il ait répété tout de suite la même chose dans le verset 8, sans aucun intermédiaire ? L'ordre et la clarté du discours exigent absolument que le verset 7 (complet, celui de la Vulgate. Ndlr.) soit placé entre deux.

 

"Enfin, ceux qui soutiennent que le 7e verset est une fourrure, sont obligés de soutenir que ces mots du verset 8, sur la terre, ont encore été ajoutés au texte, parce qu'ils sont relatifs à ceux du verset précédent, dans le ciel. C'est pousser trop loin la témérité des conjonctures.

 

"Ce qu'il y a de certain, c'est qu'au IIIe siècle, près de cent ans avant le Concile de Nicée, Tertullien et saint Cyprien ont cité ces mots du verset 7, ces trois sont un, le premier, lib. Contre Praxéas ou sur la Trinité = Adversus Praxeam (rédigé en 213), c. 2 ; le second, lib. De Unitate Eccl., p. 196. Nous n'avons point de manuscrits qui datent d'aussi loin.

 

"Aussi les plus habiles critiques, soit catholiques, soit protestants, soutiennent l'authenticité de passage; dom Calmet (1672-1757) les a cités dans une dissertation sur ce sujet, Bible d'Avignon, tome XVI, p. 462. (Encyclopédie théologique, Dictionnaire de théologie Nicolas Bergier, Série de dictionnaires sur toutes les parties de la science religieuse, tome quatrième, J.-P. Migne éditeur, 1851, p. 883-884)

 

Saint Paul salue ainsi les fidèles :

 

II Corinthiens 13 : 13

 

13 Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous.

 

Saint Pierre parle ainsi à ceux qui ont sont désignés d'avance par Dieu le Père, et sanctifiés par l'Esprit, "pour entrer dans l’obéissance et pour être purifiés par le sang de Jésus Christ" (le Fils). (1 P 1,2)

 

Au rapport de S. Basile, le pape saint Clément, troisième successeur de S. Pierre, martyrisé vers l'an 100, avait coutume de faire cette prière : 'Vive Dieu et Notre-Seigneur Jésus-Christ et le Saint-Esprit!' (Apolog., I, n° 6).

 

De l'unité du Seigneur et de l'Esprit :

 

II Corinthiens 3: 17

 

14 Mais leurs pensées se sont endurcies. Jusqu’à ce jour, en effet, le même voile demeure quand on lit l’Ancien Testament ; il n’est pas retiré car c’est dans le Christ qu’il disparaît ;

 

15 et aujourd’hui encore, quand les fils d’Israël lisent les livres de Moïse, un voile couvre leur cœur.

 

16 Quand on se convertit au Seigneur, le voile est enlevé.

 

17 Or, le Seigneur, c’est l’Esprit, et là où l’Esprit du Seigneur est présent, là est la liberté.

 

Romains 8:9

 

09 Or, vous, vous n’êtes pas sous l’emprise de la chair, mais sous celle de l’Esprit, puisque l’Esprit de Dieu habite en vous. Celui qui n’a pas l’Esprit du Christ ne lui appartient pas.

 

Galates 4:6

 

06 Et voici la preuve que vous êtes des fils : Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos cœurs, et cet Esprit crie « Abba ! », c’est-à-dire : Père !

 

Philippiens 1:19

 

19 car je sais que cela tournera à mon salut, grâce à votre prière et à l’assistance de l’Esprit de Jésus Christ.

 

1 Pierre 1:11

 

11 Ils cherchaient quel temps et quelles circonstances voulait indiquer l’Esprit du Christ, présent en eux, quand il attestait par avance les souffrances du Christ et la gloire qui s’ensuivrait.

 

Actes 16:7

 

Arrivés en Mysie, ils essayèrent d’atteindre la Bithynie, mais l’Esprit de Jésus s’y opposa.

 

I Jean 5 : 1-7

 

01 Celui qui croit que Jésus est le Christ, celui-là est né de Dieu ; celui qui aime le Père qui a engendré aime aussi le Fils qui est né de lui.

 

02 Voici comment nous reconnaissons que nous aimons les enfants de Dieu : lorsque nous aimons Dieu et que nous accomplissons ses commandements.

 

03 Car tel est l’amour de Dieu : garder ses commandements ; et ses commandements ne sont pas un fardeau,

 

04 puisque tout être qui est né de Dieu est vainqueur du monde. Or la victoire remportée sur le monde, c’est notre foi.

 

05 Qui donc est vainqueur du monde ? N’est-ce pas celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ?

 

06 C’est lui, Jésus Christ, qui est venu par l’eau et par le sang : non pas seulement avec l’eau, mais avec l’eau et avec le sang. Et celui qui rend témoignage, c’est l’Esprit, car l’Esprit est la vérité.

 

07 En effet, ils sont trois qui rendent témoignage,

 

08 l’Esprit, l’eau et le sang, et les trois n’en font qu’un.

 

"L'Esprit est l'Esprit du Père et du Fils. Il est la communion du Père et du Fils. L'Esprit est possédé par le Père et par le Fils, mais différemment. Le Père le possède en le donnant, le Fils en le recevant et en partageant le pouvoir de l'envoyer dans le monde. Si le Père engendre dans l'Esprit et fait être le Fils, le Fils lui aussi, en aimant, provoque l'amour du Père qui l'engendre aussi dans cet amour. Dieu le Père révèle le Fils et se révèle lui-même en donnant le Fils au monde dans la Pâque. (François-Xavier DURRWELL, La Trinité, Le Père engendre le Fils dans l'Esprit, Cerf, Paris 2021, p. 24-25.)

 

De l'unité du Père et du Fils :

 

Un épisode de Jésus arrivant à Jérusalem avec ses disciples, avant sa Passion, révèle la divinité de Jésus qui s'approprie la puissance de Dieu de rassembler les enfants de Jérusalem; en employant le "je", il dit : "Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous n’avez pas voulu !" (Mt 23, 37)

 

Ailleurs, Jésus s'approprie de nouveau une autre puissance qui n'appartient qu'à Dieu, celle de disposer de la vie :

 

« Ce que fait celui-ci (le Père), le Fils le fait pareillement. ... Comme le Père, en effet, relève les morts et les fait vivre, ainsi le Fils, lui aussi, fait vivre qui il veut. » (Jn 5, 19-21).

 

Comme le Père dispose de la vie, ainsi le Fils en dispose aussi. (Jn 5, 26).

 

"Jésus se déclare pour vrai Dieu, pour Fils de Dieu, égal à Dieu. Il le prêche, il l'enseigne, il veut être reconnu pour tel. C'est ce qu'entendirent & comprirent bien les Juifs, comme nous le témoigne l'évangéliste Saint Jean (Dictionnaire philosophique de la religion, où l'on établit tous les points de la religion, attaqués par le incrédules, & où l'on répond à toutes leurs objections, Claude-François Nonnotte (1711-1793), Tome Quatrième, M.DCCLXXII (1772), p. 392-393)", par ce texte :

 

 

C’est pourquoi, de plus en plus, les Juifs cherchaient à le tuer, car non seulement il ne respectait pas le sabbat, mais encore il disait que Dieu était son propre Père, et il se faisait ainsi l’égal de Dieu. (Jn 5, 18)

 

Les paroles prophétiques du deuxième Psaume parlent du Fils qui est de la même substance que le Père, du Fils engendré par le Père dans le mystère ineffable de sa divinité, dans l'aujourd'hui éternel de la très sainte Trinité : Je proclame le décret du Seigneur ! + Il m'a dit : "Tu es mon fils ; moi, aujourd'hui, je t'ai engendré." (Ps 2,7 ). 

 

Le Fils vit par le Père, d'abord parce qu'il a été engendré par lui. Il y a une relation étroite entre la paternité et la filiation, en vertu de la génération : "Tu es mon Fils ; moi, aujourd'hui je t'ai engendré" (He I, 5). De même une phrase semblable du livre de Samuel : « Je serai pour lui un père et il sera pour moi un fils », est un témoignage de l'Ancien Testament. (2 S 7,14)

 

Non pas créé, mais engendré éternellement par le Père, de façon spirituelle. Un peu comme notre esprit humain, dans la connaissance qu'il a de soi,  produit une image de lui-même, une idée conçue ou concept, le Fils est le "concept" ou le Verbe intérieur de Dieu, son reflet éternel. (Jean-Michel Garrigues, Père, Fils et Esprit Saint, Catéchèses de Jean-Paul II sur la Trinité, Éditions Parole et Silence, 2000, p. 43-44.)

 

"Selon l'évangile de saint Jean, le Fils-Verbe était au commencement avec Dieu, et le Verbe était Dieu (Jn 1, 1-2). Nous avons le même concept dans l'enseignement apostolique. Le Fils est de la même nature que le Père parce qu'il est le Verbe de Dieu." (Jean-Michel Garrigues, Père, Fils et Esprit Saint, Catéchèses de Jean-Paul II sur la Trinité, Éditions Parole et Silence, 2000, p. 45-46.)

 

Jésus lui-même n'a cessé de révéler son propre mystère par toute une série de paroles inouïes et fortes, accompagnées de signes : « Avant qu'Abraham existât, Je suis » (Jn 8,58) ; « Qui m'a vu a vu le Père » (Jean 14 : 9) ; « le Père et moi, nous sommes UN. » (Jn 10,30) ; « Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi » (Jn 14,11)

 

I Jean 2 : 22 ... Celui-là est l’anti-Christ : il refuse à la fois le Père et le Fils ;

 

Jean 14 : 16-17 La Pentecôte ou envoi de l'Esprit-Saint sur les Apôtres :

 

16 Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous :

 

17 l’Esprit de vérité, lui que le monde ne peut recevoir, car il ne le voit pas et ne le connaît pas ; vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous.

 

Jean 15, 26 L'Esprit-Saint est envoyé par Jésus lui-même (lorsque le Fils sera remonté vers le Père) :

 

26 Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur.

 

Cela signifie que Jésus disposera de l'Esprit-Saint en vertu de sa filiation, et que l'Esprit qui procède du Père procède aussi de lui, en tant qu'il est le Fils. Jésus reconnaît implicitement que l'Esprit dont la source est dans le Père jaillit aussi du Fils éternel, puisque Jésus pourra le donner dans sa gloire, où il jouira pleinement du privilège filial. 

 

Jésus suppose ainsi l'ordre trinitaire lorsque, encore plus explicite, il dit : "L'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom" (Jn 14,26). Le 'nom' exprime ce qu'il y a de plus profond dans la personne du Christ, sa qualité de Fils. La formule 'en mon nom' indique la parfaite communion entre le Père et le Fils dans la mission de l'Esprit : le Père est à l'origine de cette mission; le Fils enverra donc l'Esprit 'd'auprès du Père' (Jn 15,26); mais le Fils, lui aussi, est principe de cet envoi : c'est donc 'au nom du Fils', en vertu de son union avec le Fils, que le Père enverra l'Esprit; le Père et le Fils sont l'un et l'autre le principe de cette mission du Paraclet. Le Fils partage donc toute la gloire du Père, celle de posséder et celle d'émettre l'Esprit-Saint. (François-Xavier DURRWELL, La Trinité, Le Père engendre le Fils dans l'Esprit, Cerf, Paris 2021, p. 359.)

 

"Nous rejoignons ici des questions qui ont une importance clé dans l'enseignement de l'Église sur la Sainte Trinité. L'Esprit Saint est envoyé par le Père et par le Fils, après  que le Fils, ayant accompli sa mission rédemptrice est rentré dans sa gloire (Jn 7,39), explique encore Jean-Michel Garrigues dans "Père, Fils et Esprit Saint, Catéchèses de Jean-Paul II sur la Trinité" (Éditions Parole et Silence, 2000, p. 56.)

 

"Dans l'Esprit qui est l'Amour, réside la source de tout don envers les créatures, qui trouve en Dieu sa source : le don de l'existence à travers la création, le don de la grâce à travers l'économie du salut." (Jean-Michel GARRIGUES, Père, Fils et Esprit Saint, Catéchèses de Jean-Paul II sur la Trinité, ibid., p. 63.) 

 

L'amour signifie cela : vouloir le bien, adhérer au Bien. Le refus du mélange entre le bien et le mal, entre les volontés divines et les volontés du démon, la conformité de la volonté de l'homme avec la loi morale permettent de faire des actes béatifiants et de conduire l'homme au bonheur pour lequel il a été créé : Dieu. 

"'Dieu est Amour' (1 Jn 4,8), dira Saint Jean. Il en est la plénitude et la source toujours jaillissante, pour le bien de ses créatures et spécialement pour le bonheur de l'homme." (Catéchèses de Jean-Paul II sur la Trinité, ibid., p. 88.) 

 

"Finalement, Jésus est mort parce que, jusqu'à la fin, y compris devant le Sanhédrin, il a rendu témoignage à la vérité sur sa filiation divine. Il a ainsi affermi la foi de ses disciples, et la nôtre." (Jean-Michel Garrigues, Père, Fils et Esprit Saint, Catéchèses de Jean-Paul II sur la Trinité, Éditions Parole et Silence, 2000, p. 38.)

 

Une lettre du IIe siècle évoque la Trinité, sans le mot : l'an 169, les fidèles de Smyrne écrivent à ceux de Philadelphie l'admirable lettre dans laquelle ils racontent que saint Polycarpe, leur évêque et disciple de saint Jean, près de souffrir le martyre, a rendu gloire à Dieu en ces termes : 'Père de votre bien-aimé Fils Jésus-Christ, béni soit-il, Dieu des anges et des puissances, Dieu de toute créature, je vous loue, je vous bénis, je vous glorifie, par Jésus-Christ votre Fils bien-aimé, pontife éternel, par qui gloire à vous avec le Saint-Esprit, maintenant et aux siècles des siècles.' (Epist. Smyrn. Eccl. apud Baron., an 169.)

Scutum Fidei, bouclier ou écusson de la Trinité, illustration de la première partie du Symbole d'Athanase

Scutum Fidei, bouclier ou écusson de la Trinité, illustration de la première partie du Symbole d'Athanase

Au Ve siècle, le symbole Quicumque, ou Symbole d'Athanase (298-373) proclame : "L'Esprit Saint n'est ni façonné, ni créé, ni engendré, mais il procède du Père et du Fils.'" (Jean-Michel Garrigues, Père, Fils et Esprit Saint, Catéchèses de Jean-Paul II sur la Trinité, Éditions Parole et Silence, 2000, p. 62.)

 

L'enseignement de l'Église sur la Sainte Trinité. Par S. Augustin (354 - 430) :

 

Tous les interprètes de nos livres sacrés, tant de l'Ancien Testament que du Nouveau que j'ai lus, et qui ont écrit sur la Trinité, le Dieu unique et véritable, se sont accordés à prouver par l'enseignement des Ecritures que le Père, le Fils et l'Esprit-Saint sont un en unité de nature, ou de substance, et parfaitement égaux entre eux. Ainsi ce ne sont pas trois dieux, mais un seul et même Dieu. Ainsi encore le Père a engendré le Fils, en sorte que le Fils n'est point le Père : et de même le Père n'est point le Fils, puisqu'il l'a engendré. Quant à l'Esprit-Saint, il n'est ni le Père, ni le Fils ; mais l'Esprit du Père et du Fils, égal au Père et au Fils, et complétant l'unité de la Trinité. C'est le Fils seul, et non la Trinité entière, qui est né de la vierge Marie, a été crucifié sous Ponce-Pilate, a été enseveli, est ressuscité le troisième jour et est monté au ciel. C'est également le Saint-Esprit seul qui, au baptême de Jésus-Christ, descendit sur lui en forme de colombe, qui après l'Ascension, et le jour de la Pentecôte, s'annonça par un grand bruit venant du ciel et pareil à un vent violent, et qui se partageant en langues de feu, se reposa sur chacun des apôtres (Mt III, 16 ; Ac II, 2-4). Enfin c'est le Père seul et non la Trinité entière qui se fit entendre soit au baptême de Jésus par Jean-Baptiste, soit sur la montagne en présence des trois disciples, lorsque cette parole fut prononcée « Vous êtes mon Fils». Et également ce fut la voix du Père qui retentit dans le temple, et qui dit : « Je l'ai glorifié, et je le glorifierai encore (Mc I, 11) ». Néanmoins comme le Père, le Fils et l'Esprit-Saint sont inséparables en unité de nature, toute action extérieure leur est commune. Telle est ma croyance, parce que telle est la foi catholique.  

 

Comment trois personnes ne font-elles qu'un seul Dieu ?

 

Mais ici quelques-uns se troublent, quand on leur dit qu'il y a trois personnes en Dieu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, et que ces trois personnes ne sont pas trois dieux, mais un seul et même Dieu. Aussi demandent-elles comment on peut comprendre un tel langage, surtout si vous ajoutez que toute action extérieure est commune à la Trinité entière, et que néanmoins la voix du Père qui s'est fait entendre, n'est pas la voix du Fils, que l'Incarnation n'appartient qu'au Fils qui a pris une chair, qui a souffert, qui est ressuscité et qui est monté au ciel ; et que seul l'Esprit-Saint s'est montré sous la forme d'une colombe. Ces esprits curieux veulent donc comprendre comment la Trinité entière a pu parler par cette voix qui n'est que la voix du Père, comment encore cette même Trinité a créé la chair que le Fils seul a prise dans le sein d'une Vierge, et enfin comment cette colombe sous-laquelle se montra seul l'Esprit-Saint a été l'oeuvre de toute la Trinité. Car autrement, la Trinité n'agirait pas inséparablement, et le Père serait une chose, le Fils une autre, et l'Esprit-Saint une autre. Si au contraire certaines actions sont communes aux trois personnes, et certaines autres propres seulement à chacune d'elles, l'on ne peut plus dire que la Trinité agisse inséparablement. Ils se tourmentent encore pour savoir comment l'Esprit-Saint fait partie essentielle de la Trinité, puisqu'il n'est engendré ni du Père, ni du Fils, quoiqu'il soit l'Esprit du Père et du Fils. 


Telles sont les questions dont quelques personnes me poursuivent à satiété. C'est pourquoi je vais essayer de leur répondre, autant que la grâce divine suppléera à mon impuissance, et en évitant de suivre les sentiers d'une jalouse et maligne critique (Sg VI, 25). Si je disais que jamais je ne me préoccupe de ces mystérieuses questions, je mentirais. J'avoue donc que j'y réfléchis souvent, parce que j'aime en toutes choses à découvrir la vérité, et d'un autre côté la charité me presse de communiquer à mes frères le résultat de mes réflexions. Ce n'est point que j'aie atteint le terme, ou que je sois déjà parfait, car si l'apôtre saint Paul n'osait se rendre ce témoignage, pourrais-je le faire, moi qui suis si éloigné de lui ? «Mais oubliant, selon ma faiblesse, ce qui est derrière moi, et m'avançant « vers ce qui est devant moi, je m'efforce d'atteindre le but pour remporter le prix de la céleste vocation (Ph III, 12.14) ». Quelle distance ai-je donc parcourue dans cette route? à quel point suis-je arrivé ? et quel espace me reste-t-il encore à franchir? voilà les questions auxquelles on désire une réponse nette et précise. Puis-je la refuser à ceux qui la sollicitent, et dont la charité me rend l'humble serviteur ? Mais je prie aussi le Seigneur de faire qu'en voulant instruire mes frères, je ne néglige point ma propre perfection , et qu'en répondant à leurs questions, je trouve moi-même la solution de tous mes doutes. J'entreprends donc ce traité par l'ordre et avec le secours du Seigneur notre Dieu, et je me propose bien moins d'y soutenir d'un ton magistral des vérités déjà connues, que d'approfondir ces mêmes vérités en les examinant avec une religieuse piété.  

 

Consubstantialité des trois personnes

 

 

Quelques-uns ont dit que Notre-Seigneur Jésus-Christ n'était pas Dieu, ou qu'il n'était pas vrai Dieu, ou qu'il n'était pas avec le Père un seul et même Dieu, ou qu'il n'était pas réellement immortel parce qu'il était sujet au changement. Mais il suffit pour les réfuter de leur opposer les témoignages évidents et unanimes de nos saintes Ecritures. Ainsi saint Jean nous dit « qu'au commencement était le « Verbe, que le Verbe était avec Dieu, et que le Verbe était Dieu ». Or l'on ne peut nier que nous ne reconnaissions en ce Verbe qui est Dieu, le Fils unique de Dieu, celui dont le même Evangéliste dit ensuite, « qu'il s'est fait chair, et qu'il a habité parmi nous ». Ce qui arriva lorsque par l'incarnation le Fils de Dieu naquit dans le temps de la vierge Marie. Observons aussi que dans ce passage, saint Jean ne déclare pas seulement que le Verbe est Dieu, mais encore qu'il affirme sa consubstantialité avec le Père. Car après avoir dit « que le Verbe était Dieu », il ajoute « qu'au commencement il était avec Dieu, que toutes choses ont été faites par lui, et que rien de ce qui a été fait n'a été fait sans lui » (Jn I, 14, 2.3). Or, quand l'Evangéliste dit que tout a été fait par le Verbe, il entend évidemment parler de tout ce qui a été créé; et nous en tirons cette rigoureuse conséquence que le Verbe lui-même n'a pas été fait par Celui qui a fait toutes choses. Mais s'il n'a pas été fait, il n'est donc  pas créature, et s'il n'est pas créature, il est donc de la même substance ou nature que le Père. Et en effet, tout ce qui existe est créature, s'il n'est Dieu; et tout ce qui n'est pas créature, est Dieu, De plus, si le Fils n'est pas consubstantiel au Père, il a donc été créé; mais s'il a été créé, tout n'a donc pas été fait par lui, et cependant l'Evangéliste nous assure que tout a été fait par lui. Concluons donc et que le Fils est de la même substance ou nature que le Père, et que non-seulement il est Dieu, mais le vrai Dieu. C'est ce que saint Jean nous atteste expressément dans sa première épître: « Nous savons, dit-il, que le Fils de Dieu est venu, et qu'il nous a donné l'intelligence, afin que nous connaissions le vrai Dieu, et que nous vivions en son vrai « Fils qui est Jésus-Christ. C'est lui qui est le vrai Dieu et la vie éternelle (I Jn V, 20) ». 


Nous pouvons également affirmer que l'apôtre saint Paul parlait de la Trinité entière, et non du Père exclusivement, lorsqu'il disait «que Dieu seul possède l'immortalité (I Tm VI, 16) ». Et, en effet, l'Etre éternel ne saurait être soumis ni au changement, ni à la mortalité; et par conséquent, dès là que le Fils de Dieu « est la vie éternelle », on ne doit point le séparer du Père quand on dit que celui-ci « possède seul l'immortalité ». C'est aussi parce que l'homme entre en participation de cette vie éternelle, qu'il devient lui-même immortel. Mais il y a une distance infinie entre celui qui est par essence la vie éternelle, et l'homme qui n'est immortel qu'accidentellement, et parce qu'il participe à cette vie. Bien plus, ce serait une erreur d'entendre séparément du Fils et à l'exclusion du Père, ces autres paroles du même apôtre : « Il le fera paraître en son temps, Celui qui est souverainement heureux, le seul puissant, le Roi des rois, et le Seigneur des seigneurs, qui seul possède l'immortalité ». Nous voyons, en effet, que le Fils lui-même parlant au nom de la Sagesse, car « il est la Sagesse de Dieu (I Co I, 24) », ne se sépare point du Père, quand il dit : « Seul, j'ai parcouru le cercle des cieux (Si XXIV, 8) ». A plus forte raison, il n'est point nécessaire de rapporter exclusivement au Père et en dehors du Fils, ce mot de l'Apôtre : « Qui seul possède l'immortalité ». D'ailleurs, l'ensemble du passage s'y oppose. « Je vous commande, dit saint Paul à Timothée, d'observer les préceptes que je vous donne, vous conservant sans tache et sans reproche jusqu'à l'avènement de Notre-Seigneur Jésus-Christ que doit faire paraître, en son temps, Celui qui est souverainement heureux, le seul puissant, le Roi des rois, et le Seigneur des seigneurs; qui seul possède l'immortalité, qui habite une lumière inaccessible, qu'aucun homme n'a pu ni ne peut voir, et à qui est l'honneur et la gloire aux siècles des siècles. « Amen (I Tm VI, 14.15.16) ». Remarquez bien que dans ce passage l'Apôtre ne désigne personnellement ni le Père, ni le Fils, ni l'Esprit-Saint, et qu'il caractérise le seul vrai Dieu, c'est-à-dire la Trinité tout entière par ces mots : « Celui qui est souverainement heureux, le seul puissant, le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs ». 


Mais peut-être vous troublez-vous, parce que vous saisissez difficilement ce mot de l'Apôtre : « Qu'aucun homme n'a pu, ni ne peut voir ». Rassurez-vous : il s'agit ici de la divinité de Jésus-Christ; et en effet, les Juifs qui ne pouvaient voir en lui le Dieu, ne laissèrent pas de crucifier l'homme qu'ils voyaient. C'est qu'un oeil mortel ne saurait contempler l'essence divine, et qu'elle n'est aperçue que de l'homme qui s'est élevé au-dessus de l'humanité. Nous avons donc raison de rapporter à la sainte Trinité ces paroles « Le Dieu souverainement heureux et seul puissant, qui fera paraître en son temps Notre-Seigneur Jésus-Christ ». D'ailleurs, si l'Apôtre dit ici que ce Dieu « possède seul l'immortalité », le psalmiste n'avait-il pas dit, « que seul il opère des prodiges ? (Ps LXXI, 18) ». Et maintenant je demanderai à mes adversaires de qui ils entendent cette parole. Du Père seul ? Mais alors comment sera-t-elle véritable cette affirmation du Fils: «Tout ce que le Père fait, le Fils le fait également ? » De tous les miracles ? Le plus grand est certainement la résurrection d'un mort. Eh bien! « Comme le Père, dit Jésus-Christ, ressuscite les morts et les vivifie, ainsi le Fils vivifie ceux qu'il veut (Jn V, 19.21)». Comment donc le Père opèrerait-il seul des prodiges ? et comment pourrait-on expliquer autrement ces paroles qu'en les rapportant non au Père seul, ni au Fils, mais au seul vrai Dieu, c'est-à-dire au Père, au Fils et au Saint-Esprit ?   
L'apôtre saint Paul nous dit encore: « Il n'y a pour nous qu'un seul Dieu, le Père d'où procèdent toutes choses, et qui nous a faits pour lui; et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui toutes choses ont été faites, et nous par lui ». Or, je le demande, l'apôtre, comme l'évangéliste, n'affirme-t-il pas « que toutes choses ont été faites par le Verbe ? » Et dans cet autre passage, n'est-ce pas aussi ce même Verbe qu'il désigne évidemment ? « Tout est de lui, tout est par lui, tout est en lui. A lui soit la gloire aux siècles des siècles. Amen (Rm XI,36) ». Veut-on, au contraire, reconnaître ici la distinction des personnes, et rapporter au Père ces mots: «Tout est de lui » ; au Fils, ceux-ci : « Tout est par lui » ; et au Saint-Esprit, ces autres : «Tout est en lui ? ». Il devient manifeste que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont un seul Dieu, puisque l'Apôtre attribue à chacune des trois personnes cette même et unique doxologie : « Honneur et gloire aux siècles des siècles. Amen ». Et en effet, si nous reprenons ce passage de plus haut, nous verrons que l'Apôtre ne dit pas « O profondeur des richesses de la sagesse et de la science », du Père, ou du Fils, ou du Saint-Esprit, mais simplement, « de la sagesse et de la science de Dieu! Que ses jugements, ajoute-t-il, sont incompréhensibles, et ses voies impénétrables ! car qui connaît les desseins de Dieu, ou qui est entré dans le secret de ses conseils ? ou qui lui a donné le premier pour en attendre la récompense ? car tout est de lui, tout est par lui, tout est en lui. A lui la gloire aux siècles des siècles. Amen (Rm XI, 33-36) ».   Mais si vous ne rapportez ces paroles qu'au Père, en soutenant que seul il a fait toutes choses, comme l'Apôtre l'affirme ici, je vous demanderai de les concilier et avec ce passage de l'épître aux Corinthiens, où, parlant du Fils, saint Paul dit : « Nous n'avons qu'un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui toutes choses ont été faites », et avec ce témoignage de l'évangéliste saint Jean : « Toutes choses ont été faites par le Verbe (I Co III, 6 ; Jn I, 2) ». Et, en effet, supposons que certaines choses aient été faites par le Père, et d'autres par le Fils, il faudrait en conclure que ni l'un ni l'autre n'ont fait toutes choses. Admettez-vous, au contraire, que toutes choses ont été faites ensemble par le Père et par le Fils, vous en déduirez l'égalité du Père et du Fils, et la simultanéité des opérations du Père et du Fils. Pressons encore cet argument. Si le Père a fait le Fils qui lui-même n'a pas fait le Père, il n'est plus vrai que le Fils ait fait toutes choses. Et cependant tout a été fait par le Fils donc il n'a pas été fait lui-même ; autrement il n'aurait pas fait avec le Père tout ce qui a été fait. Au reste, le mot lui-même se rencontre sous la plume de l'Apôtre; car dans l'épître aux Philippiens, il dit nettement « que le Verbe ayant la nature de Dieu, n'a point cru que ce fût pour lui une usurpation de s'égaler à Dieu (Ph II, 6) ». Ici saint Paul donne expressément au Père le nom de Dieu, ainsi que dans cet autre passage : «Dieu est le Chef de Jésus-Christ (I Co, XI, 3) ». 


Quant au Saint-Esprit, ceux qui avant moi ont écrit sur ces matières, ont également réuni d'abondants témoignages pour prouver qu'il est Dieu et non créature. Mais s'il n'est pas créature, il est non-seulement Dieu dans le même sens que quelques hommes sont appelés dieux (Ps LXXXI, 6) ; mais il est réellement le vrai Dieu. D'où je conclus qu'il est entièrement égal au Père et au Fils, consubstantiel au Père et au Fils, coéternel avec eux, et complétant l'unité de la nature dans la trinité des personnes. D'ailleurs, le texte des saintes Ecritures qui atteste le plus évidemment que le Saint-Esprit n'est pas créature, est ce passage de l'épître aux Romains, où l'Apôtre nous ordonne de servir non la créature, mais le Créateur (Rm I, 24). Et ici saint Paul n'entend pas nous prescrire ce service que la charité nous recommande envers tous nos frères, et que les Grecs nomment culte de dulie; mais il veut que ce soit ce culte qui n'est dû qu'à Dieu seul, et que les Grecs appellent culte de latrie. Aussi regardons-nous comme idolâtres tous ceux qui rendent aux idoles ce culte de latrie, car c'est à ce culte que se rapporte ce précepte du Décalogue: «Vous adorerez le Seigneur votre Dieu, et vous ne servirez que lui seul (Dt VI, 13) ». Au reste, le texte grec lève ici toute difficulté, car il porte expressément: « Et vous lui rendrez le culte de latrie ». 


Or, si nous ne pouvons rendre à une créature ce culte de latrie, parce que le Décalogue nous dit : « Vous adorerez le Seigneur, votre Dieu, et vous ne servirez que lui seul », et si l'Apôtre condamne ceux qui ont servi la créature plutôt que le Créateur», nous sommes en droit de conclure que le Saint-Esprit n'est pas une créature, puisque tous les chrétiens l'adorent et le servent. Et en effet, saint Paul dit « que nous ne sommes point soumis à la circoncision, parce que nous servons l'Esprit de Dieu », c'est-à-dire, selon le terme grec, que nous lui rendons le culte de latrie (Ph III, 3). Telle est la leçon que donnent tous ou presque tous les manuscrits grecs, et qui se trouve également dans plusieurs exemplaires latins. Quelques-uns cependant portent : nous servons Dieu en esprit, au lieu de lire : nous servons l'Esprit de Dieu. C'est pourquoi, sans me préoccuper de prouver à mes adversaires l'authenticité d'un texte dont ils récusent la valeur, je leur demanderai s'ils ont jamais rencontré la plus légère variante dans ce passage de la première épître aux Corinthiens : « Ne savez-vous pas que vos corps sont le temple du Saint-Esprit, que vous avez reçu de Dieu? » Mais ne serait-ce point un blasphème et un sacrilège que d'oser dire que le chrétien, membre de Jésus-Christ, est le temple d'une créature inférieure à Jésus-Christ ? Or, l'Apôtre nous affirme, dans un autre endroit : « que nos corps sont les membres de Jésus-Christ ». Si donc ces mêmes corps, membres de Jésus-Christ, sont également les temples de l'Esprit-Saint, celui-ci ne saurait être créature. Et, en effet, dès là que notre corps devient le temple de l'Esprit-Saint, nous devons rendre à cet Esprit le culte qui n'est dû qu'à Dieu, et que les Grecs nomment culte de latrie. Aussi saint Paul a-t-il raison d'ajouter: « Glorifiez donc Dieu dans votre corps (I Co VI, 19.1.20).



Saint Augustin. Source

 

Sainte-Trinite--miniature-des-Grandes-Heures-d-Anne-de-Bre.jpg

La Sainte Trinité, miniature des Grandes Heures d'Anne de Bretagne illustrées par Jean Bourdichon, XVIe siècle.

 

 

Sainte Trinité, Sanctuaire Mont Sacré de la Sainte Trinité de Ghiffa (Piémont, Italie)

 

 

La Sainte Trinité chez le Bienheureux Henri Suso († 1366)

 

"Écoute : un sage maître dit que Dieu, considéré selon sa divinité, est comme un très vaste cercle dont le centre est partout et la circonférence nulle part. Considère maintenant en imagination quelqu'un qui jette avec force une lourde pierre au milieu d'une eau tranquille; un cercle se forme dans l'eau et, par sa propre force, ce cercle en produit un autre, et celui-là un autre, et les cercles sont vastes et larges selon la puissance du premier jet; la puissance du jet pourrait être si grande qu'elle couvrirait toute l'eau. Vois sous l'image du premier cercle la puissance active de la nature divine dans le Père, qui est infinie; celle-ci, semblable à elle-même, engendre un autre cercle selon la personne, et c'est le Fils, et ces deux Personnes produisent la troisième, et c'est l'Esprit tout-puissant. Voilà ce que représentent les trois cercles : Père, Fils, Saint-Esprit." 

 

La comparaison est très répandue au Moyen-Âge. On la trouve dans des recueils où elle est attribuée à Empédocle. Elle a été reprise par saint Thomas (De verit., q. 2 art. 3, ad 11) et par saint Bonaventure (Itinéraires, V. 8). (Source: La Vie, L III, dans Le Bienheureux Henri SUSO, Œuvres traduites par Jeanne ANCELET-HUSTACHE, Les Maîtres de la Spiritualité chrétienne, Textes et études, Aubier, Paris 1943, p. 252 et 268.)

 

 

 

"Cet Un unique a trop d'opérations et trop de diversité, ou bien comment se peut-il faire qu'il soit Un et absolument simple avec tant de multiplicité ?

 

[...] Tout cette multiplicité est sans fond et sa base une simple unité (mêmes expressions chez Eckhart). [...] J'appelle fond la source et l'origine qui produit les diffusions. [...] C'est la nature et l'essence de la divinité; et dans cet abîme sans fond, la Trinité des Personnes reflue dans son unité, et là, toute multiplicité est en quelque sorte supprimée. [...]

Qu'est-ce donc qui lui donne la première impulsion de son opération ? [...] C'est sa force et sa puissance. [...] C'est la nature divine dans le Père." (Le Livre de la Vérité II, in Le Bienheureux Henri SUSO, Œuvres traduites par Jeanne ANCELET-HUSTACHE, Les Maîtres de la Spiritualité chrétienne, Textes et études, Aubier, Paris 1943, p. 279.)

 

"La foi en la Trinité n'enlève rien à la vérité du Dieu unique : au contraire, elle en met en évidence la richesse, le contenu mystérieux, la vie intime." (Jean-Michel Garrigues, Père, Fils et Esprit Saint, Catéchèses de Jean-Paul II sur la Trinité, Éditions Parole et Silence, 2000, p. 68.)

 

"La Sainte Trinité des personnes divines, c'est l'article fondamental de toute notre foi chrétienne... Sur cet article de la Trinité est fondée l'Incarnation... sur cet article est fondée la mission du Saint-Esprit, et sur celle-ci toute notre justification [passage de l'état de péché à l'état de grâce]...." (Saint François de Sales, cité in Aimé RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réforme, François-Xavier de Guibert, Paris 2013, p. 89.)

 

La Trinité nous a appris à penser la transcendance et la dialectique de l'un et du multiple, de l'individuel et du collectif, à partir de la grande synthèse permise par saint Augustin, puis saint Thomas d'Aquin entre l'héritage antique et le christianisme. 

 

Ainsi, dans notre civilisation, "les rois voulaient unir en respectant les traditions et les particularités locales, sans user de violence. Ils cherchaient à supprimer de façon graduelle, et tout en les tolérant d'abord, les frontières administratives, financières, douanières, etc., qui séparaient les diverses provinces de France. Les révolutionnaires, sans comprendre que la variété est une forme de la liberté, et peut-être la plus essentielle pour chacun, s'orientaient vers une unité dans l'uniformité. Le niveau, emblème de la Maçonnerie, correspondait à leur projet principal". (Bernard FAY, La Grande révolution 1715-1815, Le Livre contemporain, Paris 1959, p. 244.) 

 

Le mystère de la Trinité, trois personnes en une (Père, Fils et Saint-Esprit), l'unité dans la diversité, cet incompréhensible, a été pendant deux millénaires en Occident le modèle qui a imprégné notre mode de développement. Le mystère de la Trinité est l'antidote à l'unité dans l'uniformité, modèle jacobin hérité de 1789.

 

De même, dans le royaume du Christ, dans le christianisme, le développement personnel, le bonheur est individuel, il est laissé à notre libre arbitre, il dépend de nos choix personnels, de notre obéissance au commandements divins; il n'est pas garanti ici-bas sur terre et n'est pas obligatoire. Dans le projet jacobin maçonnique issu de 1789, au contraire, le bonheur est déclaré terrestre (marche vers le progrès); il est réalisé par des moyens humains et non plus divins, il est collectif et obligatoire. Holisme, marque de tous les gnosticismes et totalitarismes. 

Le premier dimanche après la Pentecôte est institué pour honorer la Très Sainte Trinité

 

Dans l'Église primitive, aucun office ou jour spécial n'était attribué à la Sainte Trinité.

 

Lorsque au IVe siècle, l'hérésie arienne se répandit, les Pères préparèrent un office avec des cantiques, des répons, une préface et des hymnes, à réciter le dimanche.

 

Dans le Sacramentaire de Saint Grégoire le Grand (PL, LXXVIII, 116) il y a des prières et la Préface de la Trinité. Les Micrologies (PL, CLI, 1020), rédigées sous le pontificat de Grégoire VII (Nille, II, 460), appellent le dimanche après la Pentecôte un Dominique vacans, sans Office spécial, mais ajoutent qu'en certains endroits on récite l'Office de la Sainte Trinité composée par l'évêque Étienne de Liège (903-20). Par d'autres l'Office était dit le dimanche avant l'Avent. Alexandre II (1061-1073), et non III (Nilles, 1. c.), a refusé une pétition pour une fête spéciale au motif qu'une telle fête n'était pas d'usage dans l'Église romaine qui honorait quotidiennement la Sainte Trinité par le Gloria, Patri, etc., mais il n'en interdisait pas la célébration là où elle existait déjà.

 

Jean XXII (1316-1334) a ordonné la fête pour toute l'Église le premier dimanche après la Pentecôte. Un nouvel office avait été créé par le franciscain John Peckham, chanoine de Lyon , plus tard archevêque de Cantorbéry (mort en 1292). La fête classée double de seconde classe, mais fut élevée à la dignité de primaire de première classe, le 24 juillet 1911, par Pie X (Acta Ap. Sedis, III, 351). Les Grecs n'ont pas de fête spéciale. Comme c'est après la première grande Pentecôte que la doctrine de la Trinité a été proclamée au monde, la fête suit convenablement celle de la Pentecôte. (Encyclopédie catholique, New Advent)

PRATIQUE.

Écoutons donc l'avertissement de l'apôtre Paul : "Ne contristez pas l'Esprit Saint de Dieu, qui vous a marqués de son sceau pour le jour de la Rédemption. (Ep 4,30). Laissons nous conduire par Lui. Il nous guide sur la "voie" qu'est le Christ vers la rencontre béatifiante avec le Père.

Jean-Michel Garrigues, Père, Fils et Esprit Saint, Catéchèses de Jean-Paul II sur la Trinité, Éditions Parole et Silence, 2000, p. 56-57.

Source image : Bible et Savoir https://www.youtube.com/watch?v=WXf3WgNGEOg

Source image : Bible et Savoir https://www.youtube.com/watch?v=WXf3WgNGEOg

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11 juin 2022 6 11 /06 /juin /2022 16:48

Vasiliki Plexida est une femme très posée et sérieuse. Elle est Sergent Chef dans l'armée grecque. Ce qu'elle a raconté semble tout à fait incroyable. Lors d'un accident d'hélicoptère le 19 avril 2017 à Sarantaporo, la Vierge Marie lui est apparue, l'a prise dans ses bras et l'a sauvée de la mort.

 

L'accident a été largement rapporté en Grèce. L'hélicoptère qui volait bas dans le brouillard a touché des câbles électriques et s'est écrasé. À ce moment, directement et inconsciemment, Vasiliki Plexida a invoqué l'aide de la Vierge Marie et a fait un signe de croix. Le siège de Vasiliki Plexida s'est catapulté à 20 m hors de l'hélicoptère au moment même où celui-ci touchait le sol, et a atterri sur un arbre. C'est ce qui lui sauva la vie.

 

Le ministère de la défense grecque annonça un deuil de trois jours pour la perte des quatre officiers des forces armées grecques.

 

Vasiliki (ou Vicky) a confirmé qu'un miracle de la Vierge Marie a eu lieu ce jour-là. Ella parla de sa foi profonde et de de sa relation étroite avec les religieuses du monastère de Panagia Evangelistria Akrotiriani à Serifos. 

 

L'hélicoptère UH1H aurait du exploser mais miraculeusement cela n'a pas eu lieu. Alors que les 4 autres passagers sont morts sur le coup à cause du choc ultra violent, Vasiliki Plexida a survécu et a guéri en un temps record. À l'hôpital, les médecins lui dirent qu'il lui faudrait des mois pour se rétablir, et Vasiliki se rétablit en deux semaines. Vasiliki déclara avoir très peu souffert car la Vierge Marie a pris ses douleurs. 

 

Pendant que l'hélicoptère tombait une femme vêtue de rouge est apparue à côté d'elle, Vasiliki a reconnu la Vierge Marie. Elle l'a attrapée par la chaise, enlevant non seulement le siège mais aussi le plancher de l'hélicoptère avec une précision chirurgicale (le siège la tient avec 1200 rivets, or pour l'enlever une main humaine a besoin de journées de travail avec des outils), elle est est passée à l'extérieur du reste de la cabine de l'hélicoptère (qui s'est écrasé). En fait, elle l'a exhortée à ne pas regarder l'épave pour des raisons évidentes de ne pas avoir peur, afin que tout se passe bien et qu'on vienne la retrouver. 

C'est l'employé de PPC (compagnie du réseau électrique) qui allant vérifier l'électricité des câbles coupés l'a retrouvée. En fait, Plexida a dit qu'elle se sentait au chaud et en sécurité en présence de la dame.

 

La femme vêtue de rouge lui demanda de diffuser la nouvelle pour renforcer la foi des gens dans le monde.

 

La Madone lui demandera de témoigner de ce miracle afin de renforcer la foi de tous pour les choses futures à venir.

 La Vierge Marie lui apparait lors d'un crash d'hélicoptère et la sauve de la mort
Monastère de Panagia Evangelistria Akrotiriani de Serifos

Monastère de Panagia Evangelistria Akrotiriani de Serifos

Icône de la Vierge de Panagia Akrotiriani de Serifos

Icône de la Vierge de Panagia Akrotiriani de Serifos

Vierge de Panagia Akrotiriani de Serifos (icône personnelle de Vasiliki Plexida)

Vierge de Panagia Akrotiriani de Serifos (icône personnelle de Vasiliki Plexida)

17 mois plus tard, la caméra de l'émission "Vertu et Courage" a rencontré Plexida, au Monastère de Panagia Akrotiriani à Serifos, dans cette belle île de la Mer Egée.

 

En 2020, Plexida a été fidèle à son vœu à Panagia Akrotiriani cette année également, en se rendant de nouveau à Serifos, pour remplir sa promesse à la Vierge.

 La Vierge Marie lui apparait lors d'un crash d'hélicoptère et la sauve de la mort
 La Vierge Marie lui apparait lors d'un crash d'hélicoptère et la sauve de la mort
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9 juin 2022 4 09 /06 /juin /2022 23:00
Sainte Olive (Olivia), martyre (9ème s.)

Jeune fille de Palerme, déportée par les Sarrasins à l'âge de 13 ans, abandonnée en forêt, puis mise à mort au IXème siècle à Tunis, en provoquant la conversion de ses bourreaux.(1)

Elle fut prise par des pirates et emmenée à Tunis. Quand ils apprirent qu'elle était de sang royal, ils l'épargnèrent, la laissant dans un forêt pour que ce soient les bêtes sauvages qui la tuent. Elles la protégèrent et le gouverneur la ramena dans sa prison, la soumit à de dures tortures et, pour s'en débarrasser, il n'eut d'autres solutions que de la faire décapiter. Chose étonnante, la légende ajoute qu'il y eut à Tunis une "mosquée d'Olive".(2)

 

A ne pas confondre avec Sainte Olive, martyre à Brescia (IIe siècle).

 

Sources : (1) L'Evangile au quotidien, (2) Nominis

 

Autres saints martyrs de musulmans : Saints Rodrigue et Salomon, martyrs (+ 857) ; Saints Nathalie, Aurèle et leurs compagnons, martyrs (+ 852) ; Saint Parfait de Cordoue, prêtre et martyr (+ 850) ; Saintes Flora et Maria, martyres († 851)

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4 juin 2022 6 04 /06 /juin /2022 13:47

Un évêque britannique s'exprime : la Russie est le dernier obstacle sur la voie d'un nouvel ordre mondial

 

Il n'y a qu'un seul leader mondial qui s'opposera aux forces du mal. Ne comptez pas sur Boris Johnson en Angleterre. Ne comptez pas sur Macron en France. Ne comptez pas sur Draghi en Italie. C'est Vladimir Poutine. Ce n'est peut-être pas un ange ou un saint, mais il est intelligent et très courageux. L'évêque britannique Richard Williamson a déclaré cela aux paroissiens de Varsovie le 15 mai, rapporte l'agence de presse Interfax .

 

"Et en tant que chef de l'Etat russe, il est en mesure de défier le gouvernement mondial", a déclaré Williamson.

 

L'évêque a déclaré que les Russes ne se battaient pas en Ukraine pour détruire le pays. L'objectif est la dénazification et la démilitarisation de l'Ukraine. L'Europe stupide court après l'Amérique en essayant d'écraser la Russie, a déclaré Williamson.

 

Les criminels qui dirigent le monde en ont encore en réserve pour nous, a-t-il déclaré. "Il y aura une famine artificiellement créée", a-t-il dit. "Soyez prêt. D'abord, ils nous ont trompés avec Corona. Ensuite, ils nous ont bernés avec l'Ukraine, que la Russie provoque depuis 2014. La Russie doit se défendre."

 

"Ils veulent détruire la Russie parce que la Russie est le dernier obstacle au nouvel ordre mondial", a souligné l'évêque.

SOURCE : UncutNews

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15 mai 2022 7 15 /05 /mai /2022 16:20

La société contrôlée par l'État comme une machine et les hommes robots :

 

La société contrôlée par l'État comme une machine

 

Fassadenkratzer, Regardez derrière la surface de l'actualité

21 avril 2022

La société contrôlée par l'État comme une machine 

Pendant la crise de Corona, nous avons vu comment l'État, qui englobe et réglemente la vie de toutes les personnes, les prive de plus en plus de leurs libertés fondamentales et les réduit à de simples fonctionnaires dans une machine sociale, sans aucune volonté pertinente propre. Étant donné que toutes les actions humaines découlent d'idées et de motifs intérieurs, les causes de ce développement totalitaire doivent également être recherchées dans l'être humain. Cela révèle le fait surprenant que les causes des structures sociales déshumanisantes se trouvent précisément dans les idées de la médecine scientifique sur les personnes, d'où découle le battage médiatique corona.

 

Nul autre que le célèbre psychoneuroimmunologue le professeur Christian Schubert de l'Université de médecine d'Innsbruck a attiré l'attention sur ce lien dans une interview avec Multipolar Magazine le 6 mars 2022. Lui-même parfaitement formé à la médecine conventionnelle, il en critique vivement les erreurs épistémologiques fondamentales. Par un rétrécissement arbitraire des connaissances, ils considèrent et traitent le corps humain pratiquement comme une machine, et l'être humain âme-spirituelle réel, qui est connecté au corps matériel, reste à l'extérieur, et n'est pas du tout pris en compte. Cependant, traiter l'homme comme une machine purement matérielle conduit aussi à une société qui fonctionne comme une machine.

 

Conditions de direction de la machine

 

Dans un précédent article (L'Homme comme machine), j'ai déjà traité en profondeur de la "machine humaine".

Ici, je voudrais considérer les autres remarques du professeur Schubert, qui font référence aux conséquences de cette "médecine automatique" pour la formation de la société, telles qu'elles viennent de devenir visibles dans la crise actuelle de Corona.

 

Le professeur Schubert a expliqué qu'en psychiatrie existe une autre forme de "violence émotionnelle" en plus de la violence sexuelle et physique. Ceci est utilisé dans la crise de Corona par la médecine, le gouvernement et les médias, un "trio infernal", "en effrayant et en faisant paniquer délibérément les gens et en leur causant un stress chronique au cours des deux dernières années. Et cela ne s'arrête pas.

 

Lire : 

 

"Ils sont en train de créer une plandémie perpétuelle, la peur à vie" (Dr Astrid Stuckelberger)

Christophe Barbier : "L'angoisse a été organisée par l'administration et le pouvoir politique pour que les gens se tiennent à carreaux. Et cela a marché"

 

Un certain récit a été utilisé depuis le début jusqu'à aujourd'hui : il y a un virus tueur, il faut en avoir peur et on ne peut éliminer le danger qu'en se faisant vacciner. Ces trois aspects 'virus tueur, peur et vaccination' sont directement liés et façonnent le récit de la crise du COVID-19."

 

De cette façon, une psychose de masse a été délibérément créée chez les gens, qui ont été traumatisés et maltraités, c'est-à-dire contrôlés de l'extérieur.

 

Lire : 

 

Les masques consacrent une paranoïa collective

Ils se battent pour que cette psychose collective insensée prenne fin

 

Mais il faut aussi se demander : "Comment se fait-il qu'une masse aussi importante de personnes aille dans une direction comme si elle était alignée et accepte même les pires conséquences pour sa santé - où il est aussi question de la réduction de l'espérance de vie, des dommages collatéraux à long terme, y compris par la vaccination contre le Covid -, manifestement sans aucun esprit critique ?"

 

Pour cela, il faut se rendre compte qu'une grande partie de notre société est dans un processus d'aliénation depuis des décennies, en raison des dernières évolutions capitalistes et néolibérales de la société, de valeurs qui ont peu à voir avec l'être humain et avec la vie, mais avec la performance, l'argent et la croissance économique. Toutes ces évolutions génèrent en fin de compte une société malade et donc des personnes malades. 

 

Depuis des décennies, on observe l'augmentation de l'isolement social, qui est une condition de base pour la psychose de masse qui apparaît aujourd'hui avec le Covid-19. Depuis longtemps, les gens ont souvent peu de contacts entre eux. Ils vivent souvent isolés, ont peu d'amis, les familles se brisent de plus en plus souvent. Les familles nombreuses sont de moins en moins nombreuses, voire inexistantes.

De plus, une autre condition est l'insignifiance, l'inutilité, le non-sens dans notre société. Beaucoup se traînent dans leur travail et ne voient plus aucun intérêt à leurs activités professionnelles. Michel Foucault l'a clairement formulé : « Notre société est comme une machine, un moteur de croissance. Nous devons maintenir ce moteur de croissance en marche, sinon il y aura une catastrophe. » Il s'agit de la société de la machine, de l'homme-machine.

En outre, une autre condition est l'insignifiance, l'absence de valeur et de sens dans notre société.

 

Lire : 

 

L'identité politique d'Emmanuel Macron est-il le vide et le néant ?

 

Beaucoup ne font que se traîner dans leur travail, ne voient plus aucun sens à leurs activités professionnelles. Michel Foucault l'a clairement formulé : "Notre société est comme une machine, un moteur de croissance. Nous devons maintenir ce moteur de croissance en marche, sinon un désastre se produira.". Il s'agit donc de la société machine, de l'homme robot.

 

"Nous voilà revenus à la médecine machine ou l'idéologie des machines de notre culture. Là non plus, je ne raconte rien de nouveau. Cela signifie que le sens et l'insignifiance, l'humanité font défaut. La relation fait défaut. L'isolement social et le non-sens se mélangent. Tous ceux qui sont des parents aimants savent que la relation et la signification ne font qu'un et qu'elles peuvent aussi bien nous maintenir en bonne santé que nous rendre malades. Aussi social que l'élixir de vie, l'élixir de sens.

 

Et à cause de l'isolement social et du non-sens, des vagues de peurs se sont développées. "Nous savons par de nombreuses études que les maladies anxieuses ont massivement augmenté au cours des dernières décennies. La dépression est très souvent associée à l'anxiété. Nous étions donc déjà confrontés à une augmentation dangereuse des maladies mentales dans la société avant le Covid-19. Une personne sur cinq souffre désormais d'un trouble anxieux. Nous sommes déjà à un pourcentage élevé. Ensuite, il ne s'agit pas seulement de peur, mais nous avons aussi la frustration et l'agressivité comme condition supplémentaire de la psychose de masse actuelle de Covid 19."

 

Homme-machine - société de la machine

 

Nous voyons que le professeur Schubert souligne un lien étroit entre l'idée de l'homme en tant que machine en médecine et la formation de la vie sociale et étatique en tant que machine. L'homme en tant que machine subjective se retrouve dans la société comme quelqu'un qui est traité sans âme, en particulier dans l'économie, ce qui conduit à concevoir la vie sociale et étatique dans son ensemble comme une machine dans laquelle l'homme ne joue qu'un rôle de partie fonctionnelle. L'élément central de contrôle de la machine sociale est "l'abus émotionnel" de peur et de panique par l'État et les médias, qui paralyse l'ego spirituel de l'être humain, le transporte dans un monde irréel à travers la psychose de masse et le rend docile à la domination centrale.

 

La médecine officielle matérialiste considère que le psycho-spirituel de l'homme est totalement séparé de l'observation et du traitement du corps physique - de manière totalement non scientifique et dogmatique - comme s'il n'avait rien à voir avec lui - pour autant qu'il soit encore reconnu comme une réalité propre. Or, le psycho-spirituel est l'être humain proprement dit, qui ne fait que se créer dans son corps physique une expression matérielle, un vêtement dans lequel il peut vivre et agir sur terre. Le corps, considéré isolément, ne peut être considéré, selon l'idéologie matérialiste, que comme une machine. Mais cet amas de cellules n'a pas d'identité personnelle, pas d'individualité autonome qui puisse organiser sa vie de manière autodéterminée à partir de sa propre connaissance.

 

Lire : 

 

La "seule mesure de l'action politique" : le développement de "l'homme corps et âme" (Communiqué du duc d'Anjou pour la Saint-Louis 2017)

 

Mais cela signifie que toute forme de société démocratique fondée sur le citoyen libre qui s'autodétermine est privée de son fondement interne. Dans l'histoire de la pensée européenne, la démocratie ne s'est pas développée comme l'aspiration d'un corps "machine", mais de l'esprit humain à la liberté et à l'autodétermination. Les droits fondamentaux et libéraux de la Loi fondamentale sont des droits de l'esprit humain, qu'il a déjà dans ses bagages à l'état embryonnaire. La dignité de l'homme, dont découlent en définitive tous les autres droits fondamentaux, n'est pas la dignité de la matière, mais la dignité de l'être spirituel, l'homme, qui peut se déterminer à partir de sa propre connaissance, une dignité à laquelle le corps participe également en tant qu'instrument de celui-ci dans le droit à l'intégrité physique.

 

Dans la conception du corps humain comme machine, l'âme-spirituelle, l'être humain réel et porteur d'une forme de vie libre, n'a pas sa place. La machine est la quintessence des processus licites et nécessaires qui sont établis de l'extérieur. Une interaction des machines humaines ne peut donc que conduire à une grande machine sociale dans laquelle elles sont rassemblées et contrôlées de l'extérieur selon des lois nécessaires. La conception matérialiste de l'homme détruit la démocratie de l'intérieur. Le matérialisme conduit nécessairement au totalitarisme social.

 

Et cela conduit l'homme intérieurement vers le vide psychique, vers le sentiment que la vie n'a pas de sens, car les processus purement matériels ne peuvent pas, en tant que tels, se dépasser de manière significative. Ils ne peuvent recevoir sens et signification que de l'esprit auquel l'homme appartient par essence. Or, celui-ci est nié. Il ne peut donc pas en être autrement : l'humanité, pour autant qu'elle vive encore de manière traditionnelle, est de plus en plus en recul, les relations humaines s'appauvrissent et l'isolement, la peur et la dépression se propagent. Le matérialisme rend l'homme malade de l'intérieur, il est la psychopathologie destructrice centrale de son existence. Et il pousse socialement à la sociopathologie du totalitarisme, qui suspend l'homme à l'extérieur et renforce sa destruction intérieure.

 

Le mécanisme de la crise de corona

 

La crise de Corona a fait remonter les connexions à la surface de manière exemplaire. Une école scientifique extrêmement matérialiste, en coopération avec la direction de l'État, propage l'idée qu'un virus quasi imperceptible pénètre les gens, c'est-à-dire les machines humaines, de l'extérieur et, pour ainsi dire, déclenche automatiquement une maladie grave et de grands dégâts. Un virus peut se propager de n'importe qui à n'importe qui et ainsi les infecter. En transposant la pensée monocausale de la nature inorganique, là où elle est justifiée, à l'organisme humain, on revendique un mécanisme de cause à effet qui englobe l'ensemble de la société.

 

Étant donné qu'un porteur potentiel de virus est présent dans chaque être humain, chacun doit être protégé de tous les autres. Cela nécessite un contrôle externe centralisé de toutes les personnes, dans lequel leur comportement doit être réglementé par des mesures telles que l'obligation de garder ses distances et de porter des masques, les restrictions ou interdictions de réunions, d'événements et fermetures de bars et de magasins, l'isolement non seulement des personnes malades, mais aussi de porteurs de virus "avérés" dits "infectés", c'est-à-dire quasi-malades.

Le seul salut est finalement vu dans la vaccination de tout le monde avec un médicament rapidement développé, qui est censé éliminer mécaniquement le virus comme cause, pour lequel la propagande accumule une pression sociale croissante jusqu'à la vaccination obligatoire et élimine ainsi toute détermination que les gens ont à propos d'eux-mêmes.

 

Toute décision volontaire individuelle de l'être humain individuel est systématiquement exclue, l'individualité humaine en tant qu'autorité socialement pertinente est abolie. Elle n'est qu'une partie d'une masse contrôlée conjointement de l'extérieur. La mécanique du développement de la maladie et de l'infection dans un corps humain présenté comme une machine saisit constamment la société dans son ensemble, qui, en tant que grande machine, régule et automatise le comportement et les actions à l'unisson des gens.

Les relations humaines et les contacts sont restreints, l'isolement et la solitude augmentent. Le sentiment de non-sens et de désespoir conduit à la dépression, aggrave d'autres maladies et pousse même les jeunes à rechercher de plus en plus la dernière solution supposée dans le suicide.

 

L'idéologie du matérialisme se révèle ici dans son effet corrosif et destructeur sur la médecine et la société. Le point de départ réside dans la médecine conventionnelle matérialiste, qui, comme l'a déclaré le professeur Schubert dans l'interview, "s'est révélée dans la crise du Covid sous sa forme aliénée et s'est donc aussi cognée contre le mur".

 

Au fond, il est étonnant de voir comment les droits fondamentaux de la liberté et de la démocratie de la Loi fondamentale, née des expériences du totalitarisme, ont été jetés par-dessus bord en un rien de temps par la politique et la justice, et comment des conditions totalitaires ont été créées et sanctionnées juridiquement. Cela montre que la conception de l'homme en tant qu'être spirituel se déterminant lui-même n'a été chez ces "élites" qu'une théorie extérieure superficielle, qui a pu être rapidement jetée par-dessus bord par la conception matérialiste de l'homme en tant que machine purement matérielle, plus profondément et plus efficacement ancrée dans les sentiments.

 

L'état autoritaire

 

Ce développement dévastateur ne pouvait être imposé que par le pouvoir de l'État, qui, en tant qu'État souverain, est toujours supérieur à l'individualité libre et autodéterminée et a la possibilité de la contrôler de l'extérieur par la loi dans tous les domaines de la vie. Et cet État est dirigé par des groupes d'intérêts économico-politiques qui, organisés en partis privilégiés, ont aboli la séparation des pouvoirs, le parti au pouvoir respectif désignant les trois pouvoirs en même temps.

 

L'ensemble du secteur de la santé est intégré et subordonné à l'administration publique. Cela signifie que les médecins qui y travaillent ne sont pas exclusivement tenus de respecter leur libre connaissance de la vérité, mais qu'ils doivent en fin de compte suivre les ordres politiquement influencés de leurs supérieurs étatiques, qui s'appliquent également à tous les médecins exerçant dans la pratique.

Mais même la formation des médecins est soumise au paternalisme étatique. Ils doivent étudier dans des universités organisées et financées par l'État avec des professeurs sélectionnés par l'État, employés et financièrement dépendants. De cette manière, une direction médicale très spécifique, à savoir la direction matérialiste-scientifique, est privilégiée et déclarée comme étant la seule faisant autorité, c'est pourquoi elle est aussi présomptueusement appelée "médecine conventionnelle", avec laquelle toutes les autres sont dévalorisés en tant que phénomènes marginaux inférieurs de minorités douteuses.

 

De puissants intérêts économiques jouent ici un rôle majeur, et sont principalement intégrés dans les organisations étatiques via les partis. En effet, les énormes profits de l'industrie pharmaceutique reposent principalement sur des produits conformes à la médecine matérialiste. Il existe ainsi une forte interdépendance de l'économie, de l'État et de la médecine, une interdépendance qui s'est transformée en un maquis corrompu impénétrable. En réalité, tous les intérêts ne peuvent être respectés que par le pouvoir de l'État de légiférer et de réglementer, c'est pourquoi les nuées de lobbyistes se rassemblent également autour du goulot d'étranglement des parlements afin d'y avoir une influence jusque dans les moindres détails. 

 

Ce qui est nécessaire

 

 

Il est évident que cet entrelacement manipulateur de l'État, de la médecine et de l'économie doit être dissous de toute urgence. Cela ne peut se faire que si, en premier lieu, le système de santé et la science médicale, voire l'ensemble de la science et de l'éducation, sont séparés de l'État et confiés à leur propre autogestion en tant qu'organisation autonome, indépendante de l'État. Les scientifiques, les médecins praticiens et les enseignants de tous les niveaux scolaires ne doivent être soumis qu'à leurs propres connaissances de la vérité et non, directement ou indirectement, à des normes étatiques et à des intérêts économiques. Cela n'est possible que dans le cadre d'une organisation indépendante de l'État et de l'économie, d'une vie intellectuelle libre fondée sur elle-même, dans laquelle tout est fondé sur l'individualité créatrice qui se connaît elle-même et qui coordonne son activité avec celle des autres.

 

Dans une telle vie intellectuelle libre, les approches scientifiques les plus diverses seraient en libre concurrence les unes avec les autres, sans qu'aucune instance autoritaire ne déciderait de leur validité, mais uniquement de leur qualité scientifique et de leur fécondité pratique. On verrait alors rapidement si une idéologie scientifique purement réduite à la matière, avec ses effets déshumanisants et destructeurs pour l'homme et la société, pourrait continuer à être considérée comme la "médecine officielle" faisant autorité sans la protection, le soutien et la garantie du pouvoir étatique.

 

Sources : FassadenKratzer | UncutNews

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13 mai 2022 5 13 /05 /mai /2022 14:13

Priscille des Minières (Association SOS Chrétiens d'Orient). Entretien réalisé par Armel Joubert des Ouches, Réinformation.tv :

Source : GloriaTv

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8 mai 2022 7 08 /05 /mai /2022 00:00

Jeanne-entend-les-voix-de-saint-Michel-et-sainte-Catherine-.jpg

Jeanne entend les voix de saint Michel et sainte Catherine, par Hermann Anton Stilke

 

La fin de la Première Guerre mondiale amène en 1920 une chambre des députés orientée à droite, la « chambre bleu horizon » qui, composée de nombreux anciens combattants ayant connu dans les tranchées la fraternisation de religieux et de laïcs, adopte le 24 juin 1920, un projet de loi du député et écrivain nationaliste Maurice Barrès (1), chantre de l'"Union sacrée", d'instituer une "fête nationale" de Jeanne d'Arc.

 

La « fête nationale de Jeanne d'Arc », ou « fête du patriotisme » a lieu le deuxième dimanche de mai de chaque année (loi du 10 juillet 1920). Le site "Jurispedia" indiquait en 2012 que cette fête "semble tombée en désuétude". (2)

 

La fête nationale de Jeanne d'Arc ou fête du patriotisme ne doit pas être confondue avec la fête de sainte Jeanne d'Arc célébrée par le calendrier liturgique de l'Eglise catholique le 30 mai ou le dernier dimanche de mai, ni avec le "1er mai" du Front national, jour choisi par Jean-Marie Le Pen entre les deux tours de l'élection présidentielle de 1988 pour célébrer la "fête du travail et de Jeanne d'Arc" et ainsi peser sur le résultat du second tour.

 

Y aura-t-il en cette journée de "fête nationale", un "nationaliste" pour rappeler que le nationalisme intégral (formule de Charles Maurras) est le royalisme et non le républicanisme, que Jeanne était royaliste et non républicaine, que Jeanne plaçait Dieu et le Décalogue au-dessus de la loi et non en-dessous, que Jeanne ne plaçait pas sa foi dans le nombre versatile et soumis à la corruption, mais dans la vérité, à commencer par l'obéissance à Dieu et à ses voix ? L'idéologie républicaine présente la loi civile comme une norme supérieure aux lois de Dieu, à la loi naturelle et à la morale elle-même... Ce n'est pas une loi civile, c'est une politique d'idolâtrie matérialiste, une tyrannie, la pire, celle du mensonge avec la barbarie à l'horizon : la société actuelle.

 

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Mort de Jeanne d'Arc, par Lenepveu (1819-1898), Panthéon

 

Bonne Fête nationale de Sainte Jeanne d'Arc à tous !

 

Sources:

 

(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Mythe_de_Jeanne_d%27Arc#Naissance_d.27une_sainte

(2) http://fr.jurispedia.org/index.php/F%C3%AAte_nationale_de_Jeanne_d'Arc_(fr)

 

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3 mai 2022 2 03 /05 /mai /2022 00:00
Saint Philippe, Apôtre, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 147.

Saint Philippe, Apôtre, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 147.

S. Philippe était de Bethsaïde, en Galilée, patrie de S. Pierre et de S. André.

Le Sauveur, dès les premiers jours de sa vie publique, le rencontra et lui dit : "Suis-Moi !

 

Saint Philippe chassant le démon (F. Lippi, 1457-1504)

 

Après la Pentecôte (fête de la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres, cinquante jours après Pâques), il alla prêcher dans les immenses contrées de l'Asie supérieure (Turquie actuelle) ; il évangélisa longtemps les Scythes, puis les Galates, les Phrygiens, et c'est dans la ville d'Hiérapolis, en Phrygie qu'il confirma sa prédication par le témoignage de son sang.  

Saint Philippe et saint Jacques le Mineur, apôtres (1er s.)

Philippe rencontra un eunuque, haut fonctionnaire de Candace, reine d’Éthiopie, et administrateur de tous ses trésors, qui était venu à Jérusalem pour adorer, et qui lisait le prophète Isaïe. Philippe lui demanda : "Comprends-tu ce que tu lis ?" L'eunuque lui répondit : "Et comment le pourrais-je s’il n’y a personne pour me guider ? [...] Dis-moi, je te prie : de qui le prophète parle-t-il ?". Alors Philippe prit la parole et, à partir de ce passage de l’Écriture, il lui annonça la Bonne Nouvelle de Jésus. (Actes 8,27-35) Ceci montre que selon la sainte Bible elle-même, l'interprétation privée des Écritures doit se réaliser dans la tradition apostolique. "Car vous savez cette chose primordiale : pour aucune prophétie de l’Écriture il ne peut y avoir d’interprétation individuelle," (2 P 1,20)

 

Un jour que le peuple offrait de l'encens à un gros serpent qu'il regardait comme une de ses divinités principales, Philippe, saisi de compassion, se jette à terre et supplie Dieu de délivrer ces malheureux de la tyrannie du serpent infernal. L'affreuse bête expire aussitôt. Le peuple se montrait disposé à accepter la doctrine d'un homme qui opérait de telles merveilles ; mais les magistrats et les pontifes s'emparèrent de l'Apôtre, le battirent de verges, le clouèrent à une croix et l'accablèrent de pierres. À sa mort, la terre trembla et plusieurs édifices s'écroulèrent. 

Saint Philippe, La Dernière Cène, Détail, 1495-1497, Léonard de Vinci, Milan, Réfectoire du Couvent de Santa Maria delle Grazie, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 266-267.

 

 

Saint Philippe mourut dans un âge fort avancé puisque S. Polycarpe eut quelque temps le bonheur de converser avec lui.

 

Dans un portrait peint par Dürer en 1516 et conservé aux offices de Florence, Philippe est représenté sous les traits d'un très vieil homme. C'est ainsi que celui qui fut un des premiers à suivre le Nazaréen est le plus communément représenté. Il serait en effet mort très âgé à Hiérapolis, en Phrygie, une région située dans l'actuelle Turquie. (4)

 

Saint Philippe Apôtre, Par Albrecht Dürer, 1516

 

 

Crucifixion de St Philippe, F. Lippi, Fresco Strozzi Chapel, Santa Maria Novella, Florence

 

S. Jacques le Juste ou Jacques le Frère du Seigneur, appelé aussi Jacques le Mineur pour le distinguer de Jacques le Majeur, frère de saint Jean, était né à Cana, en Galilée, d'Alphée et de Marie, soeur, c'est-à-dire proche parente de la sainte Vierge. 

 

L'Apôtre Jacques le Mineur, 1250-1275, Maître de saint François, Washington, National Gallery of Art, dans Rosa GIORGI, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 268-269.

 

La tradition affirme qu'il ressemblait au Sauveur, et que les fidèles aimaient à regarder en lui une vivante image de leur Maître remonté dans le Ciel.

Jacques le Mineur eut un frère, Apôtre comme lui, nommé Jude, et ses deux autres frères, Joseph et Siméon, furent disciples de Jésus. 

Saint Jacques était de la tribu de Juda et "frère de Jésus", c'est-à-dire cousin de Notre-Seigneur selon la chair. "Les évangiles et Paul (Ga 1, 18-19 ; 1 Co 9,5) appellent 'frères du Seigneur' ceux qui étaient en réalité ses cousins selon l'usage extensif du lien de fraternité dans le monde sémitique (Voir en particulier les système de parenté à Iamneia, ville de la côte palestinienne, d'après Inscriptions de Délos, n° 1208)" (5)

Dans le texte nazoréen, dit Protévangile de Jacques, attribué à Jacques de manière pseudépigraphique, et daté de la seconde moitié du IIe siècle, Jacques est le fils de Joseph issu d'un premier mariage. (6)

"Jacques, le 'frère de Jésus', exécuté en 62, faisait l'admiration des pharisiens par sa piété et son assiduité au temple." (7)

Il eut la faveur d'une apparition particulière du Ressuscité, après Pierre et les Douze (1 Co 15,7).

Saint Jacques le Mineur a joué un rôle important après l'Ascension de Jésus et il fut le premier évêque de Jérusalem. C'est chez lui que Pierre se rendit aussitôt après être miraculeusement sorti de prison, et Paul fit de même après sa conversion. (8)

Après la Pentecôte, quand les Apôtres se partagèrent l'évangélisation du monde, Jacques se fixa à Jérusalem, pour la conversion spéciale des Juifs. Son autorité était très grande dans l'Église primitive, et, au concile de Jérusalem, c'est lui qui, le premier après saint Pierre, prit la parole.

 

"Se référant à Eusèbe, qui écrit que Pierre, Jacques le Majeur (frère de Jean) et Jean ne se réservèrent pas la direction de l'église locale de Jérusalem, mais choisirent Jacques le Juste (le frère du Seigneur) comme évêque (episcopos), le R.P. Daniélou dans son Histoire Ecclésiastique (II, 1, 4) suggère que Jacques le Juste ait été à la fois une sorte de président du collège local des presbytres et d'héritier des pouvoirs apostoliques (naturellement en ce qui concerne l'église locale de Jérusalem)." (9) 

 

Les conversions nombreuses et éclatantes opérées par son ministère lui suscitèrent des ennemis parmi les judéens.

 

Jacques serait mort après l'an 60, en des circonstances incertaines parce que ne provenant que de sources apocryphes. Toutefois, Clément d'Alexandrie (150-215), un auteur de la fin du IIe siècle, mentionne qu'il a été élu premier évêque de Jérusalem et est mort martyr, battu à mort après avoir été jeté du haut du pinacle du temple (Histoire ecclésiastique 2, 1, 2-3) (10)

C'est en 62 que le grand prêtre Anne (Ananus), fils de celui du pontificat duquel Jésus avait été crucifié, se croyant assez fort pour briser la jeune Église, le fit arrêter, et le déféra au Sanhédrin.

Nous connaissons le détail du drame par Flavius Josèphe et le mémorialiste et historien chrétien Hégésippe, qui écrivait au milieu du IIe siècle. Jacques "fut non seulement attaqué par les scribes et les pharisiens, mais aussi par d'autres groupes judéens". (11) 

 

La persécution de 62 a eu un caractère collectif. Jacques ne fut pas condamné personnellement, puisque son groupe fut exécuté avec lui - c'est la première exécution collective de chrétiens. (Antiquités judaïques, XX, 9,1 (200).)

L'année 62, celle de la mort de Jacques, est marquée incontestablement par le début des tensions entre Juifs. La condamnation du groupe de Jacques illustre l'explosion du sectarisme et le replis des groupes légalistes et conservateurs du Temple. (12) Jacques devient le symbole de l'affrontement entre Judéens pharisiens et Judéens chrétiens, après l'avoir été de l'affrontement entre chrétiens d'origine judéenne et chrétiens d'origine grecque. (13)

Outre l'exécution de Jacques le Mineur, conséquence de l'influence exercée par la communauté chrétienne d'origine judéenne auprès de l'ensemble des Judéens, l'histoire de la communauté chrétienne de Jérusalem a été marquée par deux autres martyres : en 33, la lapidation d'Étienne, et en 43-44 la mise à mort de Jacques le Majeur. (14)

Les princes des Juifs (Sadducéens) firent monter Jacques sur la terrasse du temple de Jérusalem et lui dirent : "Juste, nous avons confiance en toi ; parle et dis-nous la vérité sur Jésus !"

Le saint Apôtre s'écria : "Pourquoi m'interrogez-vous sur le Christ ? Il siège dans les Cieux à la droite de la Majesté divine, et un jour Il reviendra sur les nuées du Ciel." La foule approuvait ces paroles ; mais les chefs, jaloux, précipitèrent le vieillard du haut du haut du temple où le démon avait naguère tenté Jésus. Comme il n'était pas mort, on se mit à le lapider, puis en dépit de quelques protestations généreuses, un foulon l'acheva à grands coups de sa lourde masse. Exécution illégale, qui valut à Anne d'être déposé du souverain pontificat (15) , c'est-à-dire de sa charge de Grand prêtre par le nouveau procurateur romain entré en fonction.

 

Brisé dans sa chute, il mourut l'an 62 en priant pour ses bourreaux : "Seigneur, pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font."

Les judéens qui l'ont lapidé n'ont pu empêcher le peuple de l'enterrer sur place et de lui ériger un monument.

 

"L'exécution des deux Jacques, à l'instigation du Sanhédrin qui refusait tout messianisme, n'empêcha pas la communauté de rester sur place jusqu'en 66, sans participer aux mouvements qui agitèrent la population à partir de 60, en prélude à la guerre contre Rome." (16)

 

Nous avons de S. Jacques le Mineur une Épître qui a le titre de Catholique ou Universelle, parce qu'elle ne fut point adressée à une église particulière, mais à tout le corps des Juifs convertis qui étaient dispersés dans les différentes parties de l'univers.

 

On le représente en tunique et pallium, parfois avec une canne.

Il est invoqué contre les souffrances des agonisants.

Le nom Jacques vient de l'araméen et signifie "adepte de Dieu".

 

 

PRATIQUE. Pardonnez à vos ennemis, priez pour vos persécuteurs.

Sources:

 

(1) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 121 ; (2) ; (3) ; (4) Christine BARRELY, Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 146 ; (5) Marie-Françoise BASLEZ, Bible et Histoire, Judaïsme, hellénisme, chritianisme, Folio Histoire, Saint-Amand 2003, p. 160 ; (6) Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, Nouvelle Clio, l'Histoire et ses problèmes, PUF, Clamecy 2018; p. 168 ; (7) Marie-Françoise BASLEZ, Comment notre monde est devenu chrétien, CLD Éditions, Points Histoire, Lonrai 2015, p. 32 ; (8) Rosa GIORGI, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 268-269 ; (9) DANIEL-ROPS, Histoire de l'Église du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965, p. 22 ; (10) Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, ibid., p. 170 ; (11) Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, ibid., p. 169 ; (12) Marie-Françoise Baslez, Bible et Histoire, Judaïsme, hellénisme, chritianisme, Folio Histoire, Saint-Amand 2003, p. 264-268 ; (13) Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, ibid., p. 173 ; (14) Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, ibid., p. 171 ; (15) DANIEL-ROPS, Histoire de l'Église du Christ, ibid., p. 46 ; (16) Marie-Françoise BASLEZ, Comment notre monde est devenu chrétien, ibid., p. 32. 

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1 mai 2022 7 01 /05 /mai /2022 11:39

"Vous ne pouvez pas changer de sexe. C'est un mensonge", a déclaré la représentante Mary Miller.

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Source: LifeSiteNews

WASHINGTON, DC ( LifeSiteNews ) – La représentante républicaine Mary Miller a dénoncé le programme transgenre de la gauche comme une "rébellion contre Dieu" et a fustigé l'administration Biden pour l'avoir projeté sur les jeunes enfants, qu'elle a qualifié de "maltraitance des enfants".

 

"Vous ne pouvez pas changer de sexe. C'est un mensonge", a déclaré Miller à  Breitbart News samedi dans une interview avec Matthew Boyle . "Et les gens qui ont des problèmes d'identité de genre, je sympathise avec eux, mais pourquoi allons-nous accepter 'The Emperor's New Clothes' (les nouveaux habits de l'Empereur. Ndlr.) et jouer avec cette mascarade ? Je ne vais pas le faire . Je veux dire, ils empêchent délibérément le développement physique de l'enfant, et j'appelle cela de la maltraitance.

 

Miller a déclaré qu'elle pensait que le mouvement transgenre avait pris racine aux États-Unis parce que "nous avons rejeté Dieu" et " nageons dans un abîme de confusion". Soulignant sa foi chrétienne, elle a déclaré : "Je n'ai pas honte de notre héritage judéo-chrétien et des valeurs auxquelles la plupart des Américains tiennent . Dieu nous a créés homme et femme - ce n'est rien d'autre qu'une rébellion contre Dieu."

 

Plus tôt en avril, Miller a critiqué l'administration Biden pour sa politique "réveillée". Elle a accusé la Maison Blanche de "mentir aux enfants" en promouvant les chirurgies de "changement de sexe" et les bloqueurs de puberté tout en qualifiant les médicaments de "réversibles".

 

"L'administration Biden se livre à une politique extrême de 'réveil' en encourageant les enfants à prendre des médicaments chimiques de castration et à subir des interventions chirurgicales, et ils mentent aux enfants en leur disant que les bloqueurs de la puberté sont "réversibles". Nous devons protéger nos enfants !", a tweeté Miller le 8 avril.

 

Le tweet est venu  en réponse à un clip vidéo de l'attachée de presse de la Maison Blanche, Jen Psaki , dans lequel celle-ci avait déclaré : "Les soins de santé affirmant le genre pour les enfants transgenres sont la meilleure pratique et peuvent potentiellement sauver des vies." Ces soi-disant "soins de santé" comprenaient des bloqueurs de la puberté, des médicaments hormonaux et des chirurgies de "changement de sexe ".

 

PolitFact a ensuite qualifié le tweet de Miller de "faux" lors d' une "vérification des faits" le 17 avril, malgré le fait que de nombreux professionnels de la santé ont contesté l'affirmation selon laquelle ces traitements sont "réversibles". "Certains médecins ont qualifié cette affirmation de 'mensonge éhonté', selon un rapport de Breitbart News. En réponse à la vérification des faits, Miller a fourni à PolitiFact des informations de la Mayo Clinic, qui "cite les effets potentiels à long terme des bloqueurs de la puberté - y compris la croissance et la densité osseuses, la fertilité future et les poussées de croissance".

 

Miller a déclaré samedi à Boyle que si les Américains veulent vraiment s'opposer à l'imposition de l'agenda transgenre à leurs enfants, ils doivent se rendre compte que "les élections ont des conséquences. Vous devez voter pour les combattants."

 

Soulignant le zèle "religieux" de la gauche, elle a appelé à une défense solidaire de "l'héritage judéo-chrétien" américain. "Nous devons arrêter de nous précipiter dans le coin", a-t-elle déclaré. "Ces gens – leur programme est religieux pour eux. Pourquoi avons-nous honte de notre héritage judéo-chrétien et de nos valeurs ? Nous devons être forts et fiers d'elles. Ce sont les valeurs qui apportent liberté et productivité à un pays, à ses communautés, et qui font prospérer nos familles.

 

Soulignant l'importance du rôle des parents dans l'éducation des enfants, Miller a réitéré : "Les Américains ne veulent pas que leur rôle de parent soit diminué. Elle a déclaré qu'en ce qui concerne la question de l'éducation et de l'affirmation dont les enfants ont vraiment besoin, à la place du message des militants transgenres, "nos enfants doivent apprendre qu'ils ont été créés par Dieu avec un don et une finalité".

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1 mai 2022 7 01 /05 /mai /2022 08:49

La plupart de ceux qui ont fait l’éloge du cardinal ont constamment et ostensiblement ignoré à quel point la vision du monde du cardinal se heurte à celle de l’establishment catholique conservateur américain.

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Source: LifeSiteNews

 

Par Jerry D. Salyer

Pourquoi l'Occident veut-il anéantir ce qu'il a construit en premier lieu ? Le véritable ennemi de l'Occident est l'Occident lui-même, son imperméabilité à Dieu et aux valeurs spirituelles, qui ressemble à un processus d'autodestruction mortelle.

Robert Cardinal Sarah, The Day Is Now Far Spent (La Journée est maintenant bien entamée)

À ce stade, les contours du débat Viganò sont assez clairs. Alors que l'archevêque Viganò blâme une OTAN expansionniste et un Occident post-chrétien pour la guerre en Ukraine, les critiques de Son Excellence pensent qu'il ne fait pas que blanchir les dures réalités du régime de Vladimir Poutine, mais qu'il ignore également les points clés de la doctrine de la guerre juste. Comme l'archevêque utilise souvent un langage apocalyptique pour décrire les machinations alambiquées des mondialistes, on craint également qu'il ne devienne un théoricien du complot excentrique. Plutôt que d'ajouter au volume déjà considérable de commentaires pour ou contre Mgr Viganò, il me semble plus intéressant de noter qu'en un sens, il n'est pas seul. C'est-à-dire qu'il n'est pas le seul homme d'église - ni même le plus haut gradé - qui a, à l'occasion, "regardé vers l'Est" pour remédier "aux erreurs de l'Occident".

 

A ce stade, les contours du débat Viganò sont assez clairs. Là où Mgr Viganò reproche la guerre en Ukraine à l’OTAN expansionniste et à l’Occident post-chrétien, les critiques de Son Excellence croient qu’il ne fait pas que blanchir les dures réalités du régime de Vladimir Poutine, mais qu’il ignore aussi les points clés de la doctrine de la guerre juste. Comme l’archevêque emploie souvent un langage apocalyptique pour décrire les machinations alambiquées des mondialistes, on craint également qu'il ne devienne un théoricien excentrique du complot. Plutôt que d'ajouter au volume déjà considérable de commentaires pour ou contre Mgr Viganò, il me semble plus intéressant de noter qu'en un sens, il n'est pas seul. C'est-à-dire qu'il n'est pas le seul homme d'Église - ni même le plus haut gradé - qui à l'occasion a "regardé vers l'Est" pour remédier "aux erreurs de l'Occident".

 

En effet, parmi les catholiques pratiquants, il serait difficile de trouver un homme d'Église vivant aussi universellement estimé que le cardinal Robert Sarah. Originaire de Guinée francophone, le cardinal Sarah a été caractérisé par pas moins une sommité que George Weigel comme "une lumière brillante et brillante", dont "la foi illumine le chemin vers une réforme catholique authentique". Pour la plupart, d'autres commentateurs catholiques semblent partager ce point de vue. Pourtant, la plupart de ceux qui ont fait l'éloge du cardinal ont constamment et visiblement ignoré à quel point la vision du monde du cardinal se heurte à celle de l'establishment catholique conservateur américain. Ce n'est même pas comme si les vues incommodes du cardinal étaient sèchement écartées ; non, elles n'ont même pas été reconnues.

 

Par exemple, en 2019, lorsque le livre du cardinal Sarah The Day Is Now Far Spent (La Journée est maintenant bien entamée) est sorti, cet écrivain a été frappé non seulement par la condamnation catégorique et répétée du capitalisme financier et de la mondialisation, mais aussi par le manque total d’intérêt manifesté par les critiques pour cette partie du livre. Des déclarations pointues telles que "L’humanité mondialisée, sans frontières, est un enfer" étaient sans ambiguïté et certainement pertinentes pour les controverses enflammées qui continuaient à gronder dans le sillage du Brexit et de l’élection de Donald Trump. Peu de journalistes catholiques ont autant fait allusion à de telles remarques.

 

À ma connaissance, personne n'a jugé bon de remarquer les réflexions du cardinal Sarah sur les relations américano-russes, même si ces relations suscitent depuis un certain temps un vif intérêt dans les milieux catholiques conservateurs. C'était presque comme si la plupart des journalistes catholiques ignoraient simplement des déclarations comme celles-ci, qui ne pouvaient en aucun cas être transformées en passe-partout sûr et conservateur :

 

En Russie, l'Église orthodoxe a largement repris son rôle d'avant 1917 en tant que fondement moral de la société. Cela suscite une opposition politique, mais aussi une haine profonde de la part des élites post-chrétiennes de l'Occident, non seulement vis-à-vis de la Russie, mais aussi contre l'Église orthodoxe russe et, par extension, contre le christianisme orthodoxe lui-même. L'attaque ouvertement politique qui vise à opposer l'Ukraine à l'Église orthodoxe russe sous l'autorité du patriarche Cyrille de Moscou est une provocation dangereuse et stupide.

 

Il convient de concéder ici un certain nombre de positions implicites de la part de Son Éminence, positions avec lesquelles nous pouvons être d'accord ou non. Tout d'abord, contrairement à la plupart des Américains, le cardinal Sarah n'accepte pas l'idée d'un "mur de séparation" entre l'Église et l'État. En outre, il ne rejette pas l'Église orthodoxe russe comme une façade du KGB ou une clique de schismatiques maudits.

 

Qu'il ait raison ou tort sur ces questions, il semble avoir été conscient de quelque chose de longtemps oublié par de nombreux catholiques américains qui arborent maintenant des drapeaux ukrainiens : le coup d'État de 2014, soutenu par l'administration Obama, qui a renversé le gouvernement pro-russe de l'Ukraine. (À défaut d'autre chose, ceux qui critiquent la réaction hystérique de Washington au 6 janvier pourraient trouver intéressant de contempler le soutien du département d'État américain au changement de régime ukrainien via des milices organisées, des combats de rue et des cocktails Molotov ; la vérité est que l'élite américaine hypocrite n'a aucun problème avec l'insurrection violente, à condition que la dite catastrophe arrive à quelqu'un d'autre).

 

Nous pourrions également reconnaître que, si le soutien du cardinal à la Russie contre un Occident post-chrétien n'était pas aussi flamboyant et extravagant que celui de Viganò,  il dépassait largement les limites du politiquement correct, même en 2019 : 

 

Jean-Paul II était convaincu que les deux poumons de l'Europe devaient travailler ensemble. Aujourd'hui, l'Europe occidentale emploie des moyens extraordinaires pour isoler la Russie. Pourquoi persister à ridiculiser ce grand pays ? L'Occident fait preuve d'une arrogance sans précédent. L'héritage spirituel et culturel de l'Église orthodoxe russe est sans égal. Le réveil de la foi qui a suivi la chute du communisme est un immense espoir.

 

 À ce stade, le soutien que le gouvernement russe apporte à l'orthodoxie russe est traité comme une marque contre elle, comme un signe de manipulation. Pour sa part, Sarah considère comme acquis que la préservation de l'héritage chrétien d'une nation est une bonne chose, quelles que soient les motivations superficielles des politiciens. "L'Occident semble heureux de voir ses églises transformées en gymnases, ses chapelles romanes tomber en ruine, son patrimoine religieux menacé par une désacralisation totale. La Russie, au contraire, dépense des sommes considérables pour restaurer les trésors de l'orthodoxie."

Et comme pour enfoncer le clou de sa comparaison, le cardinal Sarah a opposé l'engagement américain et russe au Moyen-Orient, encore une fois en faveur des Russes :

 

L'administration Obama a essayé d'apporter la liberté aux Syriens. Aujourd'hui, le pays ressemble à un champ de ruines. Sans l'intervention de la Russie, un régime islamiste aurait fini par l'emporter. Les chrétiens de ce pays doivent leur survie à Moscou. La Russie a joué son rôle de protecteur des minorités chrétiennes, pour la plupart orthodoxes. Le gouvernement russe entendait défendre une religion, mais aussi une culture.

 

Again, all of these remarks were published several years ago, so none of this is meant to put words in His Eminence’s mouth regarding the current situation. His current Twitter account indicates—unsurprisingly—that he laments the war, and the death and destruction, and would like to see a peaceful resolution. It hardly seems plausible that he would condone the invasion of one country by another, whatever the backstory. Yet given his previous critiques, it seems likewise doubtful that he would blame the war entirely on Russia, much less that he would rally around the Western banner.

 

Encore une fois, toutes ces remarques ont été publiées il y a plusieurs années, donc rien de tout cela n'est destiné à mettre des mots dans la bouche de Son Éminence concernant la situation actuelle. Son compte Twitter actuel indique - sans surprise - qu'il déplore la guerre, la mort et la destruction, et qu'il aimerait voir une résolution pacifique. Il ne semble guère plausible qu'il approuve l'invasion d'un pays par un autre, quelle qu'en soit l'origine. Pourtant, compte tenu de ses critiques précédentes, il semble également douteux qu'il impute entièrement la guerre à la Russie, et encore moins qu'il se rallie à la bannière occidentale.

 

Pour comprendre pourquoi, nous devons nous rappeler que le point de vue du Cardinal Sarah est informé par des expériences radicalement différentes de celles par exemple d'un catholique américain de banlieue. En tant qu'Africain d'origine, Sarah conserve une appréciation des liens organiques et tribaux que les Américains ont largement abandonnés. En tant que post-colonial qui est tout à fait à l'aise avec la culture et les idées catholiques françaises, il représente une vision du monde radicalement contre-révolutionnaire, une vision qui ne regarde pas simplement le socialisme, mais le projet libéral de Locke lui-même :

 

Les Occidentaux sont convaincus que recevoir est contraire à la dignité de la personne humaine. Mais l'homme civilisé est fondamentalement un héritier, il reçoit une histoire, une culture, une langue, un nom, une famille. C'est ce qui le distingue du barbare. Refuser de s'inscrire dans un réseau de dépendance, d'héritage, de filiation, c'est se condamner à retourner nu dans la jungle d'une économie concurrentielle livrée à elle-même. Parce qu'il refuse de se reconnaître héritier, l'homme est condamné à l'enfer de la mondialisation libérale où les intérêts individuels s'affrontent sans qu'aucune loi ne les régisse, sinon le profit à tout prix.

 

Au cas où le lecteur ne l'aurait pas remarqué, ces sentiments sont presque diamétralement opposés à ceux que l'on trouve dans les pages de National Review, qui voit dans la "mondialisation libérale" non pas un enfer mais un paradis.

 

Pour être clair, mon propos n'est pas de défendre un point de vue particulier sur la guerre, ni de considérer le cardinal Sarah comme un prophète infaillible, ni d'insister sur le fait qu'il avait raison sur l'état de la Russie, sur le mondialisme ou sur toute autre chose en particulier. Non, le fait est qu'un ecclésiastique de premier plan pense que le plus grand ennemi de l'Occident n'a jamais été Al-Qaida, ISIS ou la Chine, et encore moins la Russie, mais plutôt l'Occident lui-même - et aucun de ceux qui prétendent l'admirer n'a jugé bon de le remarquer.

 

Les conservateurs catholiques éludent systématiquement la question chaque fois qu'une personnalité honorée - vivante ou morte - s'écarte de leur propre programme étroit de "capitalisme démocratique". Peut-être cette pratique est-elle due à la malhonnêteté, ou peut-être s'agit-il d'une simple dissonance cognitive. Quoi qu'il en soit, le mal qu'elle perpétue va bien au-delà de la politique étrangère. Si nous prenons l'habitude de filtrer négligemment tout ce qui pourrait nous interpeller, il est alors inutile de discuter des pensées du Cardinal Sarah - ou de n'importe qui d'autre.

 

Jerry D. Salyer est titulaire d'une licence en aéronautique de l'université de Miami et d'une maîtrise en lettres du programme des grands livres du St. John's College, à Annapolis. Vétéran de la marine américaine, M. Salyer travaille aujourd'hui comme éducateur et écrivain indépendant.

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30 mars 2022 3 30 /03 /mars /2022 22:21

L'Italie, un pays encore plus totalitaire que le nôtre quant à la liberté de culte réduite à presque rien depuis deux ans d'escroquerie covid :

https://lanuovabq.it/it/comunione-proposte-per-il-ritorno-alla-normalita

https://lanuovabq.it/it/comunione-proposte-per-il-ritorno-alla-normalita

ÉGLISE 30-03-2022

 

Enfin, la CEI (Conférence des Evêques d'Italie) s'ouvre à une reprise prudente également dans l'Église et à la communion sur la langue, mais Milan a déjà déclaré qu'elle continuerait à l'interdire. Mais la note des évêques signifie que les droits des fidèles doivent être respectés. Et pour ceux qui n'ont pas confiance ? Deux propositions : une file d'attente ad hoc pour ceux qui communient dans la bouche ou créer deux moments distincts (de distribution de la communion). Mais d'un point de vue médical, il n'y a jamais eu de risque.

 

 

Nous sommes enfin arrivés avec le 31 mars à la fin de l'état d'urgence pour l'épidémie de Covid-19. En conséquence, la Conférence épiscopale italienne a également décidé de s'adapter et, après un échange, le gouvernement italien a formellement communiqué "l'abrogation du Protocole du 7 mai 2020 pour les célébrations avec le peuple".

 

C'est ce que nous lisons dans une lettre de la Présidence de la CEI dans laquelle il est souligné que la situation "offre la possibilité d'une reprise prudente", après presque deux ans de mesures qui ont marqué la vie liturgique de l'Église italienne, à chaque niveau. Par "reprise prudente", on entend que l'Église italienne a décidé, indépendamment des indications du gouvernement, de maintenir certaines règles pour les fonctions liturgiques, sous la définition de "conseils et suggestions".

 

Seront-ils contraignants ? Les "services de sécurité" les feront-ils respecter avec une rigueur fanatique ? Cela reste à voir. La CEI souligne que le décret-loi 24/2022 prolonge l'obligation de porter des masques à l'intérieur jusqu'au 30 avril. Par conséquent, dans les lieux de culte intérieurs, vous devrez toujours accéder avec un masque pendant au moins un mois. On verra. La distance interpersonnelle d'un mètre n'est plus obligatoire. On devrait donc voir des bancs ne plus couverts pour éviter de s'asseoir les uns à côté des autres. Les bénitiers doivent continuer à être maintenus vides, contre toute preuve scientifique. Et enfin, la CEI touche au point sensible : la distribution de l'Eucharistie, qui doit avoir lieu "de préférence dans la main". Mais Milan a déjà mis carte sur table : un décret émis par le vicaire reconnaît la note de la CEI, mais maintient la communion strictement dans la main, signe qu'il y a un risque réel que chaque diocèse suive sa propre voie.

 

Le terme utilisé par la CEI, cependant, "de préférence", ouvre une lueur d'espoir pour les nombreux fidèles contraints au cours des deux dernières années à subir l'obligation de communion sur la main, que Paul VI lui-même a condamnée depuis les années 1960 comme non appropriée. La situation sanitaire épidémique avait offert une occasion incontournable aux innovateurs qui veulent se débarrasser définitivement de la Communion sur la langue, qui est d'ailleurs canoniquement un droit des fidèles, reconnu par le Redemptionis Sacramentum qui dit clairement : "Tout fidèle toujours a le droit de recevoir, selon son choix, la Sainte Communion dans la bouche". Ce "selon son choix" coïncide parfaitement avec l'expression désormais utilisée par la CEI : "de préférence" Ne signifie pas "exclusivement", et donc le croyant qui a l'intention de recevoir la communion sur la langue en a pleinement le droit.

 

Il n'est cependant pas difficile d'imaginer les scénarios qui pourraient survenir dans les églises au moment de la Communion : les fidèles qui, au cours de ces deux années, ont été lourdement endoctrinés par les médias, peuvent craindre que leurs frères qui ont l'intention de recevoir la Communion dans la bouche pourraient devenir des "facilitateurs" de virus pour toute l'assemblée liturgique. De ce point de vue, il serait important pour la CEI d'informer et d'éduquer à la santé en soulignant qu'au vu des connaissances scientifiques il n'y a pas de risque.

 

Au contraire : la modalité d'offrir la communion sur les mains n'a aucune valeur en termes de prévention et de protection de la santé des fidèles. Au contraire, les mains représentent l'un des véhicules les plus courants de transmission du virus. Le professeur Filippo Maria Boscia, président national des médecins catholiques, a déjà déclaré il y a deux ans que la communion sur la main présente un plus grand risque de contagion que celle sur la langue. L'OMS elle-même a souligné à plusieurs reprises le rôle des mains dans la transmission de l'infection.

 

Après deux ans d'études sur le Covid, il n'y a aucune preuve scientifique qui documente que recevoir la Communion sur la langue puisse être un moyen de transmettre le virus. Il faut désormais le considérer comme un véritable fake, et l'on sait à quel point l'Église se soucie d'une information scientifique correcte et d'une distanciation claire vis-à-vis de la diffusion de fausses nouvelles pseudoscientifiques.

 

Il sera donc opportun de faire savoir aux fidèles , même par des communications publiques appropriées, qu'il n'y a aucun risque de contagion par la Communion distribuée selon les normes canoniques de l'Église.

 

Cependant, des solutions pratiques pourraient également être recherchées pour éviter les polémiques et les "frictions" entre les fidèles eux-mêmes. Par exemple, la Communion pourrait se faire en deux temps : d'abord pour les fidèles qui veulent la recevoir sur la main, puis pour ceux qui la reçoivent sur la langue, afin de rassurer les plus craintifs qu'il n'y aura pas de "contamination". [Ce qui se pratique déjà en France dans les paroisses où les prêtres n'ont pas le cerveau lavé par les médias et les annonces publicitaires gouvernementales Covid. Ndlr.]

 

Ou les fidèles pourraient  recevoir l'Eucharistie en suivant deux files : une pour ceux qui la reçoivent sur la main, et une pour ceux qui la reçoivent dans la bouche. Une solution de compromis, nous en sommes parfaitement conscients, mais qui en ce moment est nécessaire pour garantir avant tout les droits de ceux qui demandent l'Eucharistie sur leurs lèvres, et qui risquent de se voir refuser, et d'être discriminés au sein même de la Communauté .Ecclésial.

 

De plus, cette solution serait également intéressante d'un point de vue médical, car les effets de ces comportements pourraient être détectés sur deux groupes différents. Et cela donnerait une confirmation scientifique supplémentaire de l'innocuité absolue de la Communion traditionnelle.

 

 

SourceLa Nuova Bussola Quotidiana 

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30 mars 2022 3 30 /03 /mars /2022 17:24
Source : https://www.lifesitenews.com/news/vatican-inst/

Source : https://www.lifesitenews.com/news/vatican-inst/

(Traduction)

 

Le Père Massimo Pampaloni, SJ a été transféré au Brésil pour avoir refusé les injections de COVID entachées d'avortement, selon Church Militant.

 

mar 29 mars 2022 - 22 h 46 

ROME ( LifeSiteNews ) – L'Institut pontifical oriental (POI) aurait pénalisé un doyen et éminent érudit jésuite pour avoir refusé les injections de COVID-19.

 

Church Militant a rapporté que le doyen de la faculté des sciences ecclésiastiques orientales de la POI, le P. Massimo Pampaloni, SJ, a récemment été envoyé au Brésil en raison de ses objections de conscience aux injections.

 

Le Père Pampaloni, un consulteur de la Congrégation pour les Eglises Orientales et un éminent spécialiste de la christologie syriaque, a rejeté les injections obligatoires malgré la pression des autorités et de ses supérieurs, a déclaré à Church Militant un spécialiste des études orientales basé à Rome.

 

Plus tôt cette année, l'Italie a rendu les injections COVID obligatoires pour les résidents de plus de 50 ans. Le mandat expire le 15 juin. Le Vatican a également émis un mandat direct pour tous les employés en décembre. Le Vatican a également émis une obligation d'injection  pour tous les employés en décembre.

 

"Qu'un doyen et un érudit de premier plan de la plus prestigieuse école pontificale d'études orientales au monde soit démis de ses fonctions et renvoyé vers un autre continent par sa propre communauté jésuite alors que le Vatican déclare que la vaccination est volontaire est sans précédent", a déclaré une source de Church Militant. Pr. Pampaloni a précédemment occupé le poste de vice-recteur au POI entre 2010 et 2016.

 

Pratiquement tous les autres jésuites de Rome ont pris les injections entachées d'avortement, a ajouté la source.

 

"Pour des raisons de protection de la vie privée, nous ne donnons aucune information à ce sujet ", a déclaré à Church Militant le bureau du recteur de la POI, le Père David Nazar, S.J., à propos du cas du Père Pampaloni.

 

Pr. Pampaloni est maintenant professeur invité à l'École jésuite de philosophie et de théologie, un collège jésuite de Belo Horizonte, au Brésil. Le site Web du POI l'inclut toujours sur sa page de faculté.

 

''L'Institut pontifical oriental ne peut pas se permettre de perdre trop longtemps un universitaire aussi remarquable. Actuellement, ils ne peuvent tout simplement pas lui trouver un remplaçant – c'est pourquoi ils jouent le jeu en le bannissant et lui permettront ensuite de revenir d'exil après avoir fait de lui un exemple'', a déclaré le spécialiste des études orientales.

 

À un certain stade du développement, tous les vaccins COVID-19 disponibles reposaient sur des lignées cellulaires dérivées de bébés avortés qui étaient très probablement encore en vie lorsque leurs tissus ont été extraits. Les injections ont également été associées à des effets secondaires graves, notamment la maladie immunitaire, le syndrome de Guillain Barré et des problèmes cardiaques potentiellement mortels, comme la myocardite.

 

La Congrégation pour la doctrine de la foi du Vatican a souligné l'année dernière dans une note que "la vaccination n'est pas, en règle générale, une obligation morale et que, par conséquent, elle doit être volontaire".

 

L'ordre jésuite a néanmoins poursuivi de sévères obligations vaccinales COVID pour les prêtres, ainsi que pour les étudiants et les employés des écoles dirigées par des jésuites à travers les États-Unis.

 

La Boston College High School (BCHS), un établissement jésuite de préparation aux études supérieures, a essuyé une vague de critiques pour avoir séparé les élèves non vaccinés derrière des cloisons en plexiglas lors du déjeuner. Un autre lycée géré par des jésuites, le Brophy College Preparatory de Phoenix, a exigé l'an dernier que les élèves fassent les injections pour les activités extrascolaires.

 

Plusieurs collèges et universités jésuites, dont l'Université de Georgetown, l'Université Fordham et le Boston College, ont rendu obligatoires les injections de COVID pour les étudiants, les professeurs et le personnel. La province jésuite de l'Ouest aux États-Unis a également ordonné aux prêtres jésuites de se faire piquer, a rapporté Church Militant .

 

L'action de la POI contre le père Pampaloni survient après que le pape François a renvoyé ce mois-ci l'évêque Daniel Fernández Torres du diocèse d'Arecibo, à Porto Rico, après que l'évêque ait publiquement défendu les objections de conscience aux injections de COVID-19 et refusé de séparer les paroissiens en fonction de leur statut d'injection.

 

La mère générale Marilla, mère supérieure du couvent Tyburn de Londres, a également été récemment dénoncée au Vatican pour son opposition aux injections. Et la semaine dernière, la Mère Supérieure d'un monastère bénédictin à Pérouse, en Italie, a déclaré que son couvent risquait d'être fermé par la Congrégation du Vatican pour les Instituts de Vie Consacrée parce que les religieuses restent sans injection.

 

Source

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29 mars 2022 2 29 /03 /mars /2022 08:47
Rembrandt : Les Trois Arbres (Rijksmuseum, Amsterdam)

Rembrandt : Les Trois Arbres (Rijksmuseum, Amsterdam)

Il était une fois sur une montagne, trois petits arbres qui discutaient de ce qu’ils feraient lorsqu’ils seraient grands.

 

Le premier petit arbre, émerveillé par les étoiles brillant au firmament des nuits, disait :

« Moi, quand je serai grand, je voudrais qu’on me transforme en un coffre à trésor splendidement orné, et qu’on me remplisse de pièces d’or et de toutes les plus belles pierreries du monde ».

Le deuxième petit arbre qui aimait à regarder scintiller sous la lune les eaux claires de la rivière dévalant les pentes, et dont on lui avait rapporté qu’elle allait au loin se jeter dans les vagues d’écume de la mer, déclarait :

« Je voudrais qu’on me transforme en un magnifique vaisseau ! Alors, commandé par un vaillant capitaine, je serai invincible pour affronter tous les océans du monde ».

Le troisième petit arbre, qui se plaisait à regarder les sommets aux alentours qui semblaient toucher le ciel, et les villages qu’on apercevait dans les vallées et desquels montaient jusqu’à eux les échos de la vie des hommes avec ses inquiétudes et ses joies, ses peines et ses espérances, ses bonheurs et ses deuils… , rêvait :

« Moi, quand je serai grand, je voudrais être encore plus grand que grand, et tellement grand que, chaque fois que l’on me regardera, on soit obligé de lever très haut les yeux et, de la sorte, obligé de penser à Dieu ».

 

Le temps s’écoula longtemps au grand sablier de la montagne, au murmure des sources, au clapotis des ruisseaux.

Les printemps succédèrent aux hivers, puis laissèrent la place aux étés.

Les trois petits arbres avaient changé, pris de la force, de la stature, des troncs vigoureux, des branches et des branchages.

 

Un matin d’automne des voix résonnèrent sur le sentier. Les oiseaux firent silence.

Les arbres se mirent à trembler de toutes leurs feuilles.

Trois bûcherons s’approchèrent des arbres.

Le premier bûcheron, regardant le premier arbre, le déclara parfait et, à grands coups de hache, le fit tomber sur le sentier.

Le deuxième bûcheron, voyant le deuxième arbre, le trouva vigoureux et, à grands coups de hache, le coucha sur le sol boueux.

Le troisième bûcheron se chargea du troisième arbre et, à grands coups de hache, il le fit culbuter dans la clairière dévastée.

 

Les trois arbres abattus furent ensuite trainés sur le flanc de la montagne.

Chacun sous son écorce imaginait la suite de son destin.

 

Le premier arbre allait enfin pouvoir vivre le rêve de sa vie : il se retrouverait bientôt dans la bonne odeur de colle et de copeaux de bois de l’atelier d’un ébéniste de renom…

Mais il fut emmené à l’humble menuiserie d’un village où personne ne commandait de coffre orné auquel confier de riche trésor, mais seulement des mangeoires pour les animaux.

 

Après deux jours et deux nuits de voyage, le deuxième arbre pensa qu’allait enfin se retrouver sur les galets gris du chantier naval. Les cris aigus des mouettes lui tournaient déjà la tête.

Il ne pouvait pas encore se douter de la mauvaise surprise qui l’attendait : pas un seul armateur n’avait passé commande pour un grand vaisseau ; seul un pêcheur avait commandé une modeste barque de pêche.

 

Quand au troisième arbre qui n’était plus que désespoir, on le débita en grosses poutres mal équarries qu’on mit à sécher le long d’un mur chez un charpentier.

 

Beaucoup de mois, beaucoup d’années passèrent sur les rêves détruits des trois arbres.

Beaucoup d’insectes dans leur bois, beaucoup d’araignées, beaucoup de poussières, beaucoup de désespérance…

Les arbres avaient fini par oublier leurs rêves.

Ils avaient cicatrisé.

Ils s’étaient installés dans les torpeurs de l’habitude.

Ils n’attendaient plus rien…

 

Le premier arbre devenu mangeoire ne sentait même plus la caresse des animaux tirant sur le foin.

Mais une nuit d’hiver la douce lumière d’une étoile plus éclatante que les autres se posa sur lui.

Un homme jeune au maintien doux et modeste et une toute jeune femme vinrent s’abriter dans l’étable.

Au milieu de la nuit, la jeune femme mit au monde un bébé que l’homme emmaillota et coucha dans la mangeoire.

Alors le premier arbre comprit que son rêve se réalisait.

 

Encore bien des coups de vent, des jours de pluie, des hivers glacés passèrent sur les rives du lac où le deuxième arbre, devenu petite barque de pêcheur, vieillissait lentement dans une mauvaise odeur de poisson.

Jusqu’à ce soir d’été où un groupe d’hommes voulut traverser le lac : ils embarquèrent.

Soudain, alors qu’ils se trouvaient au milieu du lac, une tempête se leva telle qu’on n’en avait jamais vu.

L’homme qui dormait à l’avant et vers lequel tous les autres crièrent affolés, se leva dans la barque, étendit les bras et calma la tempête.

Ainsi le second arbre comprit que son rêve se réalisait.

 

Peu de temps après cet événement, la ville se mit à résonner d’une étrange rumeur : les gens étaient énervés, on entendait des cris étouffés de femmes inquiètes et des cris de haine, des martèlements de chaussures de soldats…

L’air était rempli de violence, de mauvaise vengeance, d’injustice.

Des hommes vinrent près du hangar pour y tirer de sa torpeur le troisième arbre transformé en poutres.

Ils assemblèrent ces poutres en forme de croix, et, sur cette croix, ils clouèrent le Fils de l’Homme.

Le troisième arbre sut alors que son rêve se réalisait, puisque désormais chaque fois qu’on le regarderait, on penserait à Dieu.

Conte traditionnel russe : les trois arbres

Source : http://leblogdumesnil.unblog.fr/2022/03/28/2022-42-conte-traditionnel-russe-les-trois-arbres/

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27 mars 2022 7 27 /03 /mars /2022 17:54

Le 20 juillet 1926, Lucie fut envoyée au noviciat de Tuy, non loin de la frontière portugaise, pour compléter son postulat. Le 2 octobre 1926, elle y reçut le voile, y passa ses deux années de Noviciat et fit profession le 3 octobre 1928. Le 13 juin 1929, dans ce même couvent, Notre Dame vint lui demander la Consécration de la Russie à son Cœur Immaculé. Laissons Sœur Lucie nous décrire cette nouvelle et splendide vision [1]:

 

« J’avais demandé et obtenu la permission de mes Supérieures et de mon confesseur de faire une Heure Sainte, de onze heures à minuit, dans la nuit du jeudi au vendredi. Me trouvant ainsi seule, une nuit… la seule lumière était celle de la lampe (du Très Saint Sacrement). Soudain, toute la chapelle s’illumina d’une lumière surnaturelle et, sur l’autel, apparut une croix de lumière, qui s’élevait jusqu’au plafond. Dans une lumière plus claire, on voyait, sur la partie supérieure de la croix, la figure d’un homme, dont on voyait le corps jusqu’à la ceinture, sur sa poitrine une colombe, également lumineuse et, cloué à la croix, le corps d’un autre homme. Un peu au-dessous de la ceinture (de celui-ci), suspendus en l’air, on voyait un calice et une grande hostie, sur laquelle tombaient quelques gouttes de sang, qui coulaient sur les joues du crucifié et d’une blessure à la poitrine. Coulant sur l’hostie, ces gouttes tombaient dans le calice.

De grandes grâces sont attachées à cette consécration, a révélé Notre-Dame à sœur Lucie. A-t-elle été réalisée jusqu’ici ?

Sous le bras droit de la croix, se trouvait Notre Dame ; c’était Notre Dame de Fatima, avec son Cœur Immaculé dans la main gauche, sans épée, ni roses, mais avec une couronne d’épines et des flammes.

Sous le bras gauche de la croix, de grandes lettres, comme d’une eau cristalline qui aurait coulé au-dessus de l’autel, formaient ces mots : “Grâce et Miséricorde”. Je compris que m’était montré le mystère de la Très Sainte Trinité, et je reçus sur ce mystère des lumières qu’il ne m’est pas permis de révéler.

 

Ensuite, Notre Dame me dit : “Le moment est venu où Dieu demande au Saint-Père de faire, en union avec tous les évêques du monde, la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé. Il promet de la sauver par ce moyen.

 

Il y a tant d’âmes que la justice de Dieu condamne pour des péchés commis contre moi, que je viens demander réparation. Sacrifie-toi à cette intention et prie. »

 

Les conditions de cette Consécration de la Russie sont claires : que le pape consacre la Russie en particulier et non le monde en général et en union, au moins morale, avec les évêques du monde entier.

 

A plusieurs reprises [2], Sœur Lucie rappellera ces conditions sine qua non.

 

Lors d’un entretien avec le P. Jongen, à Tuy, le 3 février 1946 : « La Sainte Vierge demande la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie, par le pape, en union avec tous les évêques du monde ». « N’a-t-elle pas parlé de la consécration du monde ? » « Non ».

Le P. Mac Glynn, en février 1947, entendit Sœur Lucie répéter avec force cette demande précise : « Non ! Non ! Pas le monde ! La Russie, la Russie » !

Après l’acte d’offrande effectué le 13 mai 1982 par Jean-Paul II, la voyante fit remarquer que la Russie n’avait pas été l’objet de la consécration. Or, Dieu voulait « la consécration de la Russie et de la seule Russie, sans aucune adjonction ».

Dans une lettre adressée au P. Umberto Pasquale, datée du 13 avril 1980, elle écrit : « Notre Dame à Fatima, dans sa demande, se réfère seulement à la consécration de la Russie » : « só se referece a consagração da Russia », comme nous pouvons le lire ci-dessous :

Dans les deux lettres qu’elle écrivit au P. Gonçalves, en mai 1930, Sœur Lucie précise : « Le Bon Dieu promet de mettre fin à la persécution en Russie, si le Saint-Père daigne faire, et ordonne [3] aux évêques du monde catholique de faire également, un acte solennel et public de réparation et de consécration de la Russie ».

 

J’entends encore le cher et infatigable [4] abbé Caillon me dire avec émotion dans les années 1980 : « Non, non la Russie n’est toujours pas consacrée au Cœur Immaculé de Marie » ! Reconnaissons tout de même que la réalisation de ces deux conditions : consécration de la seule Russie et l’union morale du Pape avec les évêques, ne dépasse pas les forces humaines ! Pourtant, la demande de Notre Dame n’est toujours pas accomplie, comme en témoigne ce petit tableau :

Pape Année Consécration Russie Solennellement Avec les
évêques
Pie XI
Pie XII 1942 Oui Monde Oui Non
Pie XII 1952 Oui Oui Non Non
Jean XXIII
Paul VI 1964 Oui  Monde Oui Non
Jean-Paul Ier
Jean-Paul II 1982 Offrande Monde Oui Non
Jean-Paul II 1984 Oui Monde… Oui Non
Benoît XVI 2010 Oui Les prêtres Oui Non
François 2013 Oui Monde Oui Non

 

Il faut admettre, avec le Frère François de Marie des Anges [5], que la consécration faite par Pie XII en 1942 n’a pas été sans fruits : « Il est remarquable que les mois qui suivirent cet acte solennel marquèrent le véritable tournant de la guerre qui s’achemina vers sa fin ». Mais en même temps, le communisme de Staline gagnait en puissance et en 1945 plusieurs nations en seront les victimes.

 

En août 1931, à Rianjo, Notre-Seigneur adressera à Sœur Lucie ces paroles terribles : « Fais savoir à mes ministres, étant donné qu’ils suivent l’exemple du roi de France [6] en retardant l’exécution de ma demande, qu’ils le suivront dans le malheur. Le Saint-Père consacrera la Russie, mais ce sera tard ».

 

Une objection vous vient peut-être à l’esprit, cher lecteur : la Russie n’est-elle pas désormais sauvée du communisme ? Le mur de Berlin n’a-t-il pas été détruit ? La pratique religieuse russe n’est-elle pas sortie de la clandestinité ? Le président Poutine, dit-on, suit une retraite annuelle dans un monastère orthodoxe ! Nous ne sommes plus au temps de Lénine ou de Staline !

 

Certes, mais la Russie est-elle catholique ? L’effondrement du mur de Berlin n’a-t-il pas aussi permis à la décadence occidentale et aux sectes protestantes de pénétrer en Russie ?

 

Une espérance est néanmoins de mise, car est apparu de nos jours en Russie un pouvoir fort, cohérent et respecté, sinon craint des autres nations, ce qui ne pourra que favoriser les merveilleux fruits de la consécration de la Russie au Cœur Immaculé telle que Notre Dame de Fatima l’a demandé ! La Russie se convertira alors officiellement à la religion catholique et deviendra un modèle de nation chrétienne.

 

Lorsque le P. Alonso questionna sœur Lucie sur la parole de Notre-Seigneur le Pape consacrera la Russie mais ce sera tard, la voyante lui indiqua que « la consécration de la Russie et aussi le triomphe final du Cœur Immaculé de Marie qui lui fera suite sont absolument certains et se réaliseront en dépit de tous les obstacles ».

Source : Fatima, le message pour notre temps, éditions de Chiré. | La Porte Latine

 

Notes de bas de page

 

(1) Mémoires, Appendice n° 2.

(2) Frère François de Marie des Anges : Fatima, joie intime, événement mondial – Edition CRC, 2e édition revue et corrigée en décembre 1993. Cité par l’abbé Fabrice Delestre sur le site de La Porte Latine.

(3) Ce qui peut signifier que le Ciel accueillerait favorablement cette consécration même si l’autorité papale était très amoindrie.

(4) Le lecteur consultera avec profit l’ouvrage du Frère François de Marie des Anges, op. cit., qui rapporte avec quelle persévérance l’abbé Caillon a œuvré pour cette consécration, jusqu’à entrer plusieurs fois en contact avec le pape.

(5) Op. cit. p. 250.

(6) Le 17 juin 1689, Louis XIV refusa de consacrer son royaume au Sacré-Cœur de Jésus comme le lui avait demandé sainte Marguerite-Marie de la part de Notre-Seigneur. Comme le fait observer le Frère François de Marie des Anges (op. cit. p. 217), le 17 juin 1789, exactement un siècle après, le tiers état insurgé se proclamait Assemblée constituante, renversant ainsi la Monarchie. Ce fut le début de la Révolution française avec sa doctrine des Droits de l’homme sans Dieu et ses atrocités contre l’Église …

 

Abbé Bertrand Labouche

FSSPX

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