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Christ Roi

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28 août 2025 4 28 /08 /août /2025 00:00

Si vous cherchez quelque lieu élevé, quelque endroit consacré,

Offrez à Dieu un temple dans votre intérieur,

Car le temps de Dieu est saint

et c'est vous qui êtes ce temple.

Vous voulez prier dans un temple, priez en vous-même.

Mais commence par devenir le temple de Dieu,

parce qu'il exaucera celui qui le prie dans son temple.

Saint Augustin, cité in Jean-Paul Bourré, Méditations chrétiennes, Presses du Châtelet, Paris 2004, p. 72.

Saint Augustin, Évêque d'Hippone, Docteur de l'Église (354-430)

Saint Augustin né à Tagaste en Afrique du nord en l'an 354, dans la province romaine de Numidie (aujourd’hui Souk-Arhas en Algérie), d’une mère chrétienne (Ste Monique) et d’un père païen, est compté parmi les plus grands intellectuels chrétiens. Il insista sur le rôle de la raison dans la foi.

Son éducation est entièrement tournée vers l’étude et la foi chrétienne. À 16 ans, il part à Carthage pour y parfaire son éducation. Là, il étudia la rhétorique et la philosophie et s'éloigna du christianisme pour suivre les principes du manichéisme. Il n’a pas 20 ans lorsqu’il prend une concubine avec laquelle il a un fils. Il enseigna la grammaire, la rhétorique et la philosophie à Tagaste, Carthage, Rome et Milan. Il eut alors l'opportunité d'entendre prêcher l'évêque Ambroise, ce qui l'amena à se convertir, et à recevoir le baptême en l'an 386.

 

Il est avant saint Thomas d'Aquin, le plus grand penseur chrétien, le marteau de toutes les hérésies de son temps, dont :

-le manichéisme,

-le donatisme,

-le pélagianisme

-et à la fin de sa vie, l'arianisme. Ses innombrables ouvrages sont un des plus splendides monuments de l'intelligence humaine éclairée par la foi.

 

De la nécessité des hérésies. S. Augustin explique la réalité du développement de la doctrine, progressivement affinée et mieux comprise dans l'Église grâce aux hérésies.

 

"Il a été dit avec raison : 'il faut bien qu’il y ait parmi vous des groupes qui s’opposent, afin qu’on reconnaisse ceux d’entre vous qui ont une valeur éprouvée.' ( 1 Co 11, 19 ). … Alors qu'ils n'auraient pas moins entretenu de fausses opinions, des hommes deviennent hérétiques, même au sein de l'Église. Maintenant qu'ils sont dehors, ils nous font plus de bien, non pas en enseignant la vérité, car ils l'ignorent, mais en incitant les catholiques charnels à la rechercher et les catholiques spirituels à l'exposer. Il y a dans la Sainte Église d'innombrables hommes approuvés par Dieu, mais ils ne se manifestent parmi nous tant que nous nous complaisons dans les ténèbres de notre ignorance et préférons dormir plutôt que de contempler la lumière de la vérité. Ainsi, beaucoup sont réveillés par les hérétiques, afin qu'ils voient la lumière de Dieu et s'en réjouissent. Utilisons donc même les hérétiques, non pas pour approuver leurs erreurs, mais pour affirmer la discipline catholique contre leurs ruses, et pour devenir plus vigilants et prudents, même si nous ne pouvons les ramener au salut." (Saint Augustin, De la vraie religion, 390, § 15)

 

''Il y a beaucoup d'hérétiques ; et Dieu a permis qu'ils abondent afin que nous ne soyons pas toujours nourris de lait et que nous ne restions pas dans une enfance insensée. Car, n'ayant pas compris comment la divinité du Christ nous est présentée, ils ont conclu selon leur volonté ; et, par manque de discernement, ils ont soulevé des questions très embarrassantes chez les croyants catholiques ; et le cœur des croyants a commencé à être troublé et à vaciller. Alors, il devint immédiatement nécessaire pour les hommes spirituels, qui avaient non seulement lu dans l'Évangile quelque chose concernant la divinité de notre Seigneur Jésus-Christ, mais l'avaient aussi comprise, de revêtir l'armure du Christ contre l'armure du diable, et de lutter de toutes leurs forces pour la divinité du Christ dans un combat très ouvert contre les faux et trompeurs docteurs ; de peur que, pendant leur silence, d'autres ne périssent. Car quiconque a pensé que notre Seigneur Jésus-Christ est d'une autre substance que le Père, ou qu'il n'y a que le Christ, de sorte qu'il est le même le Père, le Fils et le Saint-Esprit, Ceux qui ont choisi de croire qu'il n'était qu'un homme, et non pas un Dieu fait homme, ou un Dieu mutable dans sa divinité, ou un Dieu inhumain, ceux-là ont fait naufrage loin de la foi et ont été chassés du port de l'Église, de peur que leur inquiétude ne fasse naufrage avec eux. Ce qui nous a obligés, nous aussi, bien que les plus petits et les plus indignes de nous-mêmes, mais mis en valeur par sa miséricorde parmi ses intendants, à vous dire ce que vous pouvez comprendre et vous réjouir avec moi, ou, si vous ne pouvez pas encore comprendre, en y croyant, vous pouvez rester en sécurité au port.'' (Saint Augustin, Traité 36 sur l'Évangile de Jean, §6)

 

"Les hérétiques eux-mêmes cèdent la place à ceux qui réussissent, selon la parole de l'apôtre : 'Il faut aussi qu'il y ait des sectes, afin que ceux qui sont approuvés soient manifestés parmi vous.' ( 1 Corinthiens 11:19). C'est pourquoi il est dit ailleurs : 'Un serviteur avisé supplantera le fils indigne ; avec les frères il aura part à l’héritage.' (Pr 17, 2 ). Car si l'agitation des hérétiques soulève des questions sur de nombreux articles de la foi catholique, la nécessité de les défendre nous oblige à les examiner plus attentivement, à les comprendre plus clairement et à les proclamer avec plus d'ardeur ; et la question soulevée par un adversaire devient l'occasion d'une instruction. Nous examinons ces secrets de l'Écriture divine du mieux que nous pouvons. Tous n'accepteront pas notre interprétation avec la même confiance, mais tous sont convaincus que ces événements n'ont été ni accomplis ni consignés sans une préfiguration d'événements futurs, et qu'ils ne doivent être rapportés qu'au Christ et à son Église, qui est la cité de Dieu, proclamée dès le début de l'histoire humaine par des figures que nous voyons aujourd'hui partout s'accomplir…'' (Saint Augustin, Cité de Dieu, vers 413-426, Livre 16, Ch. 2)

 

"Mais puisqu'il a dit que le Seigneur a préparé non seulement des flèches, mais aussi des ''instruments de mort'' dans l'arc, on peut se demander : que sont les instruments de mort ? Sont-ils, par hasard, des hérétiques ? Car eux aussi, du même arc, c'est-à-dire des mêmes Écritures, éclairent les âmes non pas pour les enflammer d'amour, mais pour les détruire par le poison, ce qui n'arrive qu'après qu'elles ont mérité leur péché. C'est pourquoi cette dispensation doit être attribuée à la Divine Providence, non pas pour rendre les hommes pécheurs, mais pour les ordonner après qu'ils ont péché. Car, par le péché qui les atteint avec une intention malveillante, ils sont contraints de les mal comprendre (les Écritures), ce qui serait la punition même du péché. Par la mort de ces instruments, cependant, les fils de l'Église catholique sont, pour ainsi dire, tirés de leur sommeil par des épines, pour ainsi dire, et progressent vers la compréhension des saintes Écritures. ''Car il faut aussi des sectes afin que ceux qui sont approuvés soient manifestés parmi vous' ( 1 Co 11:19 )... Car il n'est pas faux que l'Apôtre dise : 'pour les uns, c’est un parfum de mort qui conduit à la mort ; pour les autres, un parfum de vie qui conduit à la vie. Et qui donc est capable de cela ?' ( 2 Co 2:16 ). Il n'est donc pas étonnant que les mêmes apôtres soient à la fois des instruments de mort pour ceux qui les persécutaient et des flèches enflammées pour enflammer le cœur des croyants.'' (Saint Augustin, Exposition du Psaume 7, §15)

 

"Car par les hérétiques, l'Église catholique a été justifiée, et par ceux qui pensent mal, ceux qui pensent bien ont été prouvés. Car beaucoup de choses étaient cachées dans les Écritures ; et lorsque les hérétiques furent retranchés, ils troublèrent l'Église de Dieu par leurs questions ; alors ces choses cachées furent dévoilées, et la volonté de Dieu fut comprise. C'est pourquoi il est dit dans un autre psaume : 'Afin de chasser ceux qui ont été éprouvés par l'argent' (Ps. 68,31). Car qu'ils soient exclus, a-t-il dit, qu'ils sortent, qu'ils apparaissent. C'est pourquoi même dans le travail de l'argent, les hommes sont appelés 'exclus', c'est-à-dire ceux qui pressent la forme à cause de la confusion de la masse. C'est pourquoi de nombreux hommes capables de comprendre et d'expliquer les Écritures avec une grande excellence se cachaient parmi le peuple de Dieu. Mais ils ne donnaient pas la solution aux questions difficiles, lorsqu'aucun insulteur ne les pressait de revenir. Car la Trinité était-elle parfaitement traitée avant que les ariens ne s'y opposent ? La repentance était-elle parfaitement traitée avant que les novatiens ne s'y opposent ? De même, le baptême n'était-il pas parfaitement traité avant que les rebaptiseurs, écartés du dehors, ne soient contredits ; Les doctrines qui ont été énoncées n'ont pas non plus été clairement énoncées de l'unité même du Christ, sauf après que cette séparation a commencé à peser sur les faibles : afin que ceux qui savaient traiter et résoudre ces questions (de peur que les faibles ne périssent tourmentés par les questions des impies), par leurs discours et leurs disputes, mettent au jour les ténèbres de la Loi… Voyez comment l'Apôtre met en lumière ce sens obscur : 'Il est nécessaire, dit-il, qu'il y ait aussi des sectes, afin que des hommes éprouvés soient manifestés parmi vous' (1 Co 11:19 ). Que signifie 'des hommes éprouvés' ? Éprouvés par l'argent, éprouvés par la parole. Que signifie 'être manifestés' ? Pouvoir être révélés. Pourquoi cela ? À cause des hérétiques. Ainsi donc, eux aussi 'ont été divisés à cause de la colère de sa face, et son cœur s'est rapproché. Ses discours sont plus doux que l'huile, et ils sont eux-mêmes des traits. Car certaines choses dans les Écritures semblaient dures, tout en étant obscures ; une fois expliquées, elles ont été adoucies. Car la première hérésie des disciples du Christ, comme issue de la dureté de son discours, résulta de sa dureté. Car, lorsqu'il dit : 'Si quelqu'un ne mange ma chair et ne boit mon sang, il n'aura pas la vie en lui-même', ils ne le comprirent pas et se dirent entre eux : 'Ce discours est dur, qui peut l'entendre ?' En disant : 'Ce discours est dur', ils se séparèrent de lui. Il resta avec les autres, les douze. Ceux-ci lui ayant fait savoir que son discours les avait scandalisés, il leur lui dit : 'Voulez-vous partir, vous aussi ?' Pierre répondit : 'Tu as la parole de vie éternelle ; à qui irions-nous ?' (Jean 6:68 ). Soyez attentifs, nous vous en prions, et vous, petits, apprenez la piété. Pierre comprit-il le secret de ce discours du Seigneur ? Il ne le comprenait pas encore ; mais comme ces paroles qu'il ne comprenait pas étaient bonnes, il les crut avec piété. Si donc un discours est dur et n'est pas encore compris, qu'il soit dur pour l'impie, mais qu'il soit adouci pour toi par la piété; car, lorsqu'il sera compris, il deviendra pour toi de l'huile, et il pénétrera jusqu'aux os.'' Saint Augustin, Exposition du Psaume 55, §§21-22.)

 

"[P]ar leurs calomnies, ils nous invitent et nous conduisent à cela. Oui, si nous vivons religieusement, si nous croyons au Christ, si nous ne désirons pas nous envoler du nid avant l'heure, ils ne nous conduisent qu'à cela : à la connaissance des mystères. Remarquez donc, saints frères, l'utilité des hérétiques ; leur utilité, c'est-à-dire au regard des desseins de Dieu, qui fait bon usage même des méchants. ... Et ainsi il arrive que les hérétiques servent utilement à la découverte de la vérité, tandis qu'ils errent pour séduire les hommes dans l'erreur. Car la vérité serait recherchée avec moins de soin, si elle n'avait pas d'adversaires menteurs ; 'Car il faut aussi qu'il y ait des sectes parmi vous », et comme si nous devions en rechercher la cause, il [saint Paul] ajoute aussitôt : « afin que ceux qui sont approuvés soient manifestés parmi vous ' (1Cor. 11:19).'' (Saint Augustin, Sermon 1 (51), Sur l'accord de Matthieu et de Luc sur les générations du Seigneur, § 11)

 

''C'est un peu plus tard, je l'avoue, que j'ai appris comment, dans la phrase : 'Le Verbe s'est fait chair' (Jean 1, 15), la vérité catholique se distingue du mensonge de Photin. Car la désapprobation des hérétiques fait ressortir avec assurance les principes de votre Église et la saine doctrine. Car il faut bien qu’il y ait parmi vous des groupes qui s’opposent, afin qu’on reconnaisse ceux d’entre vous qui ont une valeur éprouvée. [1 Cor. 11, 19]. (Saint Augustin, Confessions, vers 397-400, Livre 7, Ch. 19, § 25)

 

"Aussi ces malheureux, en ne voyant point la pierre dans Pierre, en ne voulant pas croire que les clés du royaume des cieux ont été remises à l'Église, les ont laissées échapper de leurs mains !..." (Saint AugustinSermones, Sermon 295, qui traite de la fête des Apôtres Pierre et Paul.)

Le manichéisme

 

Mani (ou Manès), avait vécu au IIIe siècle. Il était né en Perse (sans doute vers 215). Son père, semble-t-il, appartenait à la secte judéo-chrétienne des Helchassaïtes, appelés encore Alexéites, qui professaient une sorte de dualisme où le feu était le symbole de la damnation et l'eau celui du salut.

La doctrine de Mani était constituée comme un syncrétisme, infiniment plus large et plus subtil que ceux dont le monde gréco-romain avait fait les essais. On y pouvait repérer des éléments chrétiens, pour la plupart hérétiques, issus du judéo-christianisme de sa jeunesse et des influences marcionites qui s'exerçaient en Mésopotamie; une forte dose de gnosticisme syro-chrétien de Satornil (Saturnin) et de Cerdon, au bouddhisme ou plutôt à la tradition panindienne, à laquelle il avait emprunté la doctrine de la transmigration des âmes et un sens de la nature qui paraît ses théories d'une poésie souvent exquise, le tout prenant pour soubassement l'antique dogme dualiste iranien, tel que Zoroastre l'avait mis au net mille ans plus tôt, le dogme de l'opposition entre deux dieux également forts, et également premiers, le dieu du Bien et le dieu du Mal, entre Ormuzd et Ahriman.

Recherchant constamment la vérité, Augustin lit en 373 l'Hortensius de Cicéron (traité aujourd'hui perdu), qui réveille en lui l'amour du savoir. Il lit aussi la Bible mais est rebuté par une traduction médiocre et des récits pleins d'immoralité. Il se tourne vers le manichéisme, religion soit-disant rationnelle, dans laquelle il demeure neuf ans, de 374 à 383.

En 375, enseignant la rhétorique et l’éloquence à Carthage, où il est logé chez un ami richissime, il est un rhéteur véhément qui milite en faveur de l'hérésie manichéenne et s'enivre des prestiges du luxe et des admirations faciles. Tiraillé par l'ambition et le dégoût, plus incertain qu'il ne veut paraître, il décide d'emmener sa famille à Rome en 383. N’y trouvant pas l’emploi qu’il avait espéré, il accepte d’aller enseigner à Milan.

En fait, l'état d'âme d'Augustin arrivant à Milan était celui d'un homme profondément troublé et qui souffrait d'un désaccord essentiel. Il a passé trente ans. Le manichéisme, système où il avait espéré trouvé la solution des grands problèmes, l'a déçu; et depuis une pitoyable rencontre avec le héraut de la secte, l'évêque Fauste de Milève, il en est déjà secrètement détaché (premiers doutes sur la solidité des conceptions manichéennes). En surface il est heureux; professeur écouté, personnage quasi officiel, locataire d'une agréable demeure, d'un beau jardin. Au fond de lui, il sait trop qu'il piétine et patauge.

Au sujet de la cause du mal, S. Augustin, dans ses Confessions nous dit que les manichéens "cherchaient le principe et l'origine du mal avec une malice si noire et si aveugle qu'ils aimaient mieux soutenir que votre substance divine était susceptible du mal, que d'avouer que la leur, faible et misérable, était capable de la commettre. [...] Mais je disais ensuite : 'Qui m'a créé? N'est-ce pas le Seigneur mon Dieu, qui non seulement est bon, mais la bonté même?'" (Livre VII, 3)

Dans le manichéisme, la création tout entière, était le lieu de ce combat, elle était un mélange inextricable de bien et de mal. L'homme lui-même était divin, lumineux par l'âme, mais par le corps, opaque et porté vers le mal. Avec Mani, tout était simple. Il fallait aider le Bien contre le Mal, c'est-à-dire écarter de soi tout ce qui était matériel et diabolique.

Le manichéisme apparaissait comme une sorte d'anarchisme spirituel propre à désagréger tous les principes les plus solides de l'éthique et de la vie. Dans son expansion, il rencontra partout de terribles obstacles; partout il fut récusé comme hérésie et persécuté. L'Inde après quelques mois d'essais de pénétration s'en débarrassa. Il fut également chassé de Chine. En Turquie, les Kirghiz, ces stricts musulmans éliminèrent le dualisme manichéen. (DANIEL-ROPS, Histoire de l'Eglise du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965, p. 402-404.)

"Saint Augustin rapporte qu'ils (les manichéens) enseignaient que 'le péché n'est pas notre fait, mais l'œuvre en nous de je ne sais qu'elle substance étrangère.' Si bien que l'individu peut tout se permettre, tout en se trouvant "hors de faute". Il n'est pas responsable puisqu'il est agi par une force qui le domine. Situation infiniment confortable, quand on a fait quelque chose de mal", que de ne pas avoir à se dire qu'on en est l'auteur. (S. Augustin, Les Confessions, V.)" (Jean-Louis Harouel, Les Droits de l'Homme contre le peuple, Desclée de Brouwer, Paris 2016, p. 52.)

De même, alors que les païens grecs ou romains ordinaires s'abandonnaient volontiers au destin et au fatalisme, Saint Augustin prêchait le libre arbitre. (Cicéron avait déjà exprimé des vues quelque peu semblables à celles de saint Augustin). Jésus enseignait en effet que chaque individu devait répondre de ses erreurs morales précisément parce qu'elles étaient de mauvais choix. D'emblée le christianisme a enseigné que le péché est une affaire personnelle, qu'il n'est pas inhérent au groupe, mais que chaque individu doit avoir le souci de son propre salut. Les humains ont reçu la capacité, et par conséquent la responsabilité, de déterminer leurs propres actions.

À la différence des grecs et des Romains, dont les dieux manquaient cruellement de vertu et ne se souciaient pas des défaillances humaines, le Dieu chrétien est un juge qui récompense la 'vertu' et punit le 'péché'. Cette conception de Dieu est incompatible avec le fatalisme.

"Que toutes choses procèdent du destin, nous le le disons pas; nous affirmons au contraire que rien ne procède du destin." (La Cité de Dieu, livre V, ch. 9 in Rodney STARK, Le Triomphe de la Raison, Pourquoi la réussite du modèle occidental est le fruit du christianisme, Éditions Presses de la Renaissance, Paris 2007, p. 47-50.)

Pour lui, le savoir est un moyen de rencontrer Dieu. L’étude de l’univers ne peut que conduire à une appréciation plus haute de la sagesse de Dieu. Mais il place la foi ("crois pour comprendre" en premier) au-dessus : elle prime la connaissance. L’homme a le libre choix entre le bien et le mal, mais pour faire le juste choix, il a besoin de l’aide divine et d’une foi forte.

Tous les hérétiques souhaitent être appelés catholiques, mais lorsqu'un étranger demande où se réunit l'Église catholique, aucun hérétique ne se risque à indiquer sa propre chapelle ou sa propre maison.

Contre la lettre fondamentale de Manichée (§5)

Saint Augustin figuré dans ses vêtements épiscopaux, tenant à la main soit un livre (il est Père de l'Eglise et Docteur), soit un coeur enflammé, éventuellement percé de flèches, symbole de sa recherche de Dieu brûlante d'amour

Saint Augustin figuré dans ses vêtements épiscopaux, tenant à la main soit un livre (il est Père de l'Eglise et Docteur), soit un coeur enflammé, éventuellement percé de flèches, symbole de sa recherche de Dieu brûlante d'amour

Aime et fais ce que tu veux. Si tu te tais, tu te tais par amour ; si tu cries, tu cries par amour ; si tu corriges, tu corriges par amour ; si tu épargnes, tu épargnes par amour. Qu’au-dedans se trouve la racine de la charité. De cette racine rien ne peut sortir que de bon."

Commentaire de la 1ère épître de saint Jean VII,8, traduction D. Dideberg,Bibliothèque Augustinienne 79, p. 305

Dieu s'est fait homme pour que l'homme devienne Dieu.

Sermon 128 (P. L. 39, col. 1997)

À l'automne 384, appuyé par ses amis manichéens, Augustin est nommé professeur de rhétorique à Milan. Il y admire la prédication de l'évêque S. Ambroise. C’est le début de sa conversion, mais il prend vite une nouvelle femme.

Poussé sans cesse par son bienheureux appétit de l'intelligence, Augustin lit Platon, Plotin, les traités néo-platoniciens qu'un ami lui prête dans les traductions latines de son compatriote, le rhéteur Victorin.

Les manichéens affirmaient que la matière avait été créée par un autre dieu, "un esprit qui n'a point été créé" par Dieu, "d'une autre nature" que celle de Dieu, et qui lui était "opposé". Cet esprit aurait "formé et produit toutes ces choses dans les plus basses parties du monde" (Confessions, Livre XXX). La matière était tenue pour vile. La rencontre d'Augustin avec le néoplatonisme lui fit d'abord connaître le paradigme de la lumière, qui descend d’en-haut pour éclairer les choses, et qui est ainsi un symbole de Dieu. C'est en lui une illumination. Il découvre la bonté fondamentale de tout être : l'Esprit existe en dehors de toute représentation ou matière (transcendance divine). Ce qui achève de balayer en lui les dernières traces manichéennes : en découvrant que toutes les choses ont en soi une transparence, elles peuvent pour ainsi dire, réfléchir la bonté de Dieu (le Bien), Augustin s’est "libéré du manichéisme dans lequel il vivait auparavant et qui le disposait à penser que le mal et le bien s’opposaient continuellement, en se confondant et en se mélangeant, sans avoir de contours précis. Comprendre que Dieu est lumière lui donna une nouvelle orientation dans l’existence, la capacité de reconnaître le mal dont il était coupable et de s’orienter vers le bien." (Cf. Lumen fidei, § 33)

Dans le cheminement de conversion d'Augustin, le platonisme lui fit découvrir le monde intelligible, ce qui lui permit de s'approcher du Verbe, et il s'exalte à la vision métaphysique d'un univers ordonné par lui et le manifestant :

 

"Je m'étonnais de t'aimer, mon Dieu, devait-il écrire à propos de cette période de sa vie. Toi et non plus un vain fantôme. Si je n'étais pas encore capable de jouir de Toi, j'étais emporté vers Toi, par ta beauté."

 

Par-dessus tout, dans cette jeune âme en quête, la promesse de Dieu était l'amour. Il y a dans des pages émouvantes, que le saint écrira plus tard de ses expériences juvéniles, un mot dont on ne peut exagérer la richesse et qui résume toute sa conversion :

J'aimais aimer...

Celui qui, méritera d'être dit le Docteur de l'Amour, celui dont la postérité résumera le message dans la célèbre formule: "Aime, et fais ce que tu veux!" Si l'amour de Dieu et du prochain pouvait être parfait en notre coeur, chacune de nos actions seraient d'une perfection infaillible.

 

Augustin découvre vite les limites de la métaphysique platonicienne. Du Dieu des idéalistes, il "n'est pas capable de jouir." Le mystère de l'Incarnation n'est pas loin...

 

Au printemps 385, sa mère Ste Monique le rejoint à Milan. Il commence à découvrir les beautés de la Bible. Début 386, il réfléchit sur le mystère du mal. En mai-juin, il découvre les "livres des platoniciens". Il lit les Lettres de S. Paul, consulte le théologien Simplicien, reçoit la visite de Ponticianus, qui lui fait connaître la Vie d'Antoine.

 

Il est soudainement frappé par la grâce le 15 août 386 dans le jardin de sa maison de Milan, alors qu’il explique à un de ses élèves la lutte intérieure qui le déchire. Il entend une voix d'enfant lui dire: "Tolle! Lege!" (Prends! Lis!) Il tombe sur le chapitre 13 de l'Épître aux Romains: "Ni ivresse, ni débauche, ni luxure... Revêtez au contraire le Seigneur Jésus Christ." Augustin raconte le moment de cette expérience concrète dans ses Confessions. Ce moment où se révèle le Dieu personnel de la Bible, capable de parler à l’homme, de descendre pour vivre avec lui et d’accompagner sa marche dans l’histoire, en se manifestant dans le temps de l’écoute et de la réponse. Trois ou quatre semaines plus tard, Augustin abandonne alors le monde. Il résigne ses fonctions et se retire dans un monastère à Cassiciacum, près de Milan, où il rédige ses premiers Dialogues et les Soliloques.

Je ne sais rien, si ce n'est qu'il faut mépriser les choses fragiles et périssables, pour chercher les choses certaines et éternelles. C'est ce que je fais, puisque là se réduit toute ma science.

Augustin, Soliloques

Augustin reçoit le baptême des mains de Saint Ambroise, à 33 ans, le jour de Pâques 387 (24 ou 25 avril), avec son fils de 14 ans, Adéodat et son ami Alypius.

Son premier soin est de dénoncer la fausse morale manichéenne et ses suspectes facilités dans le De Moribus. Puis ce furent à partir des livres de la Genèse, ses efforts pour expliciter les fondements de l'autorité. A l'automne 387, il a l'extase d'Ostie, puis c'est la mort de Monique.

En 388, il retourne en Afrique du Nord, où menant une vie monastique à Thagaste, il devient le défenseur de l’orthodoxie chrétienne, écrivant d’innombrables lettres et sermons contre les hérétiques de son temps et de nombreux traités de philosophie et de métaphysique.

En 391, Augustin est ordonné prêtre à Hippone (près de l'actuelle Annaba, sur la côte algérienne).

En 395, il est consacré évêque d’Hippone, où il passera le reste de sa vie, un règlement ecclésiastique interdisant le transfert des évêques. Il installe dans sa propre maison une petite communauté fraternelle dont l’exemple est à l’origine de la plupart des règles monastiques. 118 traités, 218 lettres, plus de 500 sermons, cette production mêlera Augustin aux grandes controverses de son temps. Rares sont les traités qui, comme l'ouvrage De la Trinité, demeurent en marge de ces débats.

Saint Augustin, 1464 environ, Pierro della Francesca, Lisbonne, musée national d'Art ancien, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 508-509.

Saint Augustin, 1464 environ, Pierro della Francesca, Lisbonne, musée national d'Art ancien, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 508-509.

Devenu évêque, il offre aux zélateurs de Mani des rencontres publiques où chacun des deux camps apportera ses arguments.

En 392, c'est la longue conférence - 48 heures de joute ! - où il écrase Fortunat sur le problème du mal; douze ans plus tard c'est celle où le savant manichéen Félix s'avoue vaincu et, sur-le-champ, se convertit.

 

En même temps, dans une suite de textes polémiques, Augustin réfute les grands ouvrages de la secte, les thèses d'Adimantus, les Fondements de Mani lui-même, le grand oeuvre que Faust de Milève vient de publier contre l'Écriture sainte et que l'évêque d'Hippone combat en rien de moins que trente-trois livres.

Parallèlement, pour opposer la vérité à l'erreur, ce sont les grands traités sur le Libre arbitre, la Nature du bien qu'Augustin dresse comme des bastions contre les entreprises de la "peste de l'Orient".

 

"Je ne croirai pas à l'Évangile si l'autorité de l'Église catholique ne m'y poussait." (Contre la lettre de Manicheus 5,6). Dans son traité Contre la lettre de Mani (Contra epistulam Manichaei), Augustin répond aux critiques des manichéens, qui rejettent l’Ancien Testament et remettent en cause l’autorité des Écritures transmises par l’Église. Les manichéens prétendent détenir une connaissance secrète et directe de la vérité, sans passer par la médiation de l’Église...  Augustin, ancien manichéen converti, leur oppose que la foi en l’Évangile ne repose pas sur une lecture individuelle ou une révélation privée, mais sur l’autorité de l’Église, garante de la transmission fidèle du message chrétien depuis les apôtres. C’est l’Église qui donne crédibilité aux Écritures, et non l’inverse. Augustin utilise souvent l’image de l’Église comme mère qui engendre et nourrit la foi. Sans elle, l’interprétation des Écritures serait livrée à l’arbitraire et aux divisions. L’Église, par sa continuité avec les apôtres, est le critère de vérité. Elle précède et fonde la lecture des Écritures. Augustin ne rejette pas la raison ou l’étude personnelle des Écritures, mais il insiste sur le fait que la foi naît d’abord de l’écoute de  l’Église, avant d’être éclairée par l’intelligence. À une époque de schismes (donatistes, manichéens, ariens), Augustin voit dans l’unité de l’Église catholique un rempart contre l’erreur. Cette idée a été reprise par des théologiens comme Thomas d’Aquin, puis par le concile Vatican I (1870) pour définir le rôle du magistère. Elle reste un pilier de la théologie catholique sur la relation entre Écriture, Tradition et Église. Augustin ne nie pas la valeur de l’Évangile, mais il affirme que c’est l’Église qui en rend la foi possible et crédible, en garantissant son authenticité et son interprétation juste.

 

De cette bataille sévère, le manichéisme sortit épuisé. À la mort d'Augustin dans Hippone assiégée, le 28 Août 430 à l’âge de 76 ans, la fin de l'hérésie était proche. Au bénéfice du christianisme, l'oeuvre du saint aboutit à poser des bases définitives: situant exactement les rapports entre raison et autorité, définissant le mal - dans la grande perspective paulinienne - comme ce qu'il est, un déficit, une imperfection, une carence, mais non une réalité, affirmant que tout ce qui a été créé par Dieu est bon dans son essence. Du point de vue de la civilisation, il avait contribué à écarter la menace d'une doctrine qui ruinait les fondements de la vie collective, la morale, la famille, les échanges sociaux, la discipline.

Tombe de saint-Augustin à la basilique San Pietro in Ciel d'Oro à Pavie.

Tombe de saint-Augustin à la basilique San Pietro in Ciel d'Oro à Pavie.

Le donatisme

 

 

Dans la lutte contre ce qu'il appelait "le parti de Donat", il s'y lança avec une véhémence et une ténacité qui devait faire de lui, depuis les années 400 jusqu'à sa mort, le véritable chef de la lutte antidonatiste, et quand le schisme hérétique, en fin de compte, s'effondra, son véritable vainqueur.

Né au début du IV siècle au lendemain de la persécution de Dioclétien sous prétexte que certains évêques avaient été "traditeurs" (c'est-à-dire avaient capitulé devant les agents impériaux et devaient être tenus pour indignes d'administrer les sacrements), le rigorisme donatiste avait tourné au schisme et à l'hérésie. Au schisme, car il avait aboutit à créer une contre-Église séparée de Rome; à l'hérésie, car les théologiens de la secte avaient soutenu que seuls les saints (ceux qui n'avaient pas apostasié) font partie de l'Église, les pécheurs en étant complètement proscrits. Le donatisme avait trouvé maintes complicités en Afrique.

Dégradée par une minorité de violents, l'Église qui s'intitulait "des saints", s'était, depuis 80 ans, acoquinée à des bandits violents, des malfaiteurs de toute sorte qui livraient aux catholiques une guerre sans merci. Vers 400, l'Église schismatique avait peut-être plus d'adeptes en Afrique que la véritable Église ! Pour persuader les chefs de la faction ennemie de leurs erreurs, Augustin leur proposa, comme il le fit pour les manichéens, des discussions publiques; moins intellectuels, la plupart se dérobent. Alors, c'est par écrit qu'il les combat, multipliant livres et traités où il expose leurs assertions, puis les démonte et les pulvérise.

La grande conférence de Carthage, en juin 411 où 286 évêques catholiques (dont S. Augustin) affrontent 279 donatistes, voit le penseur d'Hippone en venir à bout.

Quiconque se sépare de l'Église catholique par ce seul péché d'être séparé de l'unité du Christ, quelle que soit la vie estimable qu'il s'imagine mener, n'aura pas la vie, mais la colère de Dieu repose sur lui.

St. Augustin, Lettre 141 : Des évêques du concile de Zerta aux donatistes (14 juin 412)

Quand finalement le gouvernement impérial ordonnera la suppression légale du donatisme et commencera à poursuivre ses adeptes, Augustin essaiera encore de rallier les schismatiques  désemparés pour les ramener à l'Église. Si dès lors, le parti de Donat s'effondre, pour disparaître tout à fait avant l'an 500, la plus grande part du mérite en revient à Augustin.

Le schisme donatiste était sectaire; orgueilleux, il prétendait à une sainteté exclusive. Augustin lui opposait l'image authentique de l'Église: elle est miséricordieuse à tous, même aux pécheurs, et ses membres les plus chers sont les humbles de coeur. Cette apologétique, née de la bataille, a gardé jusqu'à nous son prestige inentamé.

C'est dans une série de lettres, dont l'une des plus riches est la lettre 93 à Vincentius, que S. Augustin a rassemblé les arguments susceptibles de légitimer contre le schisme et l'hérésie l'appel au bras séculier. Certes, la foi et l'amour de Dieu sont des actes essentiellement libres; et l'on ne peut expressément n'y contraindre personne, mais l'État peut et doit punir les atteintes à l'épanouissement, à l'unité de l'Église chrétienne.

 

Le pélagianisme

 

La lutte donatiste était à son paroxysme quand une nouvelle hérésie surgit à la quelle Augustin eut encore à faire front. Le moine breton Pélage, à Rome, sous le pontificat d'Anastase (399-401) s'était mis à dénoncer les demi-convertis qui entouraient le sanctuaire, les chrétiens nominaux que le baptême ne changeait en rien.

Établi à Rome vers 400, Pélage rencontre le prêtre syrien Rufin qui lui transmet sa doctrine connue ensuite sous le nom de pélagianisme, selon laquelle la transgression d'Adam n'avait affecté que lui et que tout homme naissait innocent et n'avait aucun besoin de la grâce divine pour s'établir durablement dans le bien. L'homme pouvait se sauver par ses propres forces. Attaquée violemment par Augustin, cette hérésie fut condamnée au concile oecuménique d'Ephèse (431).

Le moralisme dur, intransigeant et ascétique de Pélage, connut un vif succès, d'autant qu'il prêchait d'exemple, en des milieux profondément croyants. Le moine breton fut tenu pour une sorte de prophète. Sa doctrine se résumait dans une négation de la nécessité du baptême : Pélage proclamait la toute-puissance non pas de Dieu, mais de l'homme..., qui même quand il ne veut pas le bien et ne le fait pas, peut le faire par sa seule volonté, par ses propres forces naturelles. La grâce sanctifiante qui venait de Dieu n'était plus nécessaire. Par conséquent, la Rédemption perdait son sens de régénération de la mort à la vie. Un tel système ramenait la religion à un pur moralisme, niait l'utilité du sacrifice du Christ, rendait inutile toute prière... Si, seul, je puis me sauver, pourquoi prier ?

Cette déviation ne fut pas facile à discerner, car, par bien des traits, Pélage et les siens se présentaient en chrétiens remarquables. Dès qu'il eut été mis au courant, Augustin lui ne s'y trompa point.

 

"Avant même que je connusse les thèses de Pélage, mes livres les réfutaient", a-t-il écrit.

 

"La doctrine de la grâce, définie par S. Augustin comme une 'liberté de Dieu' est latine. La doctrine de son adversaire, Pelage (v. 360-422) est grecque et orientale.

 

"[...]  Pour Saint Augustin le péché originel a damné tous les fils d'Adam. L'homme est libre de pécher (libre arbitre), comme Adam l'était. Tous les hommes sont des pécheurs auxquels Dieu peut accorder sa grâce. Seule la grâce de Dieu peut sauver l'homme et cette grâce n'est pas un 'droit' réservé à des 'élus'. Pour son adversaire Pélage, la grâce est réservée à des 'élus', des prédestinés. Les deux systèmes s'opposent et [...] le sujet de la dispute est toujours le même. L'exotérisme ou l'ésotérisme. Pour S. Augustin, fidèle çà la tradition chrétienne, la grâce est offerte à tous, comme le salut est offert à tous. Pelage, lui, fait prédominer la prédestination sur la liberté. [...] Pelage reprend les spéculations d'un moine mystique grec dans a lignée d'Origène, Évagre le Pontique (345-399), qui était l'auteur d'un traité – Le Gnostique ou de ceux qui ont mérité d'arriver à la science – dans lequel il niait la nécessité de la grâce. [...] Cette doctrine est grecque et orientale mais surtout hérétique, y compris vis-à-vis de l'Église d'Orient" (Alain PASCAL, La Guerre des Gnoses, Les ésotérismes contre la tradition chrétienne, La Pré-kabbale, Éd. de l'Æncre, Paris 1999, p. 233.)

 

En 411, Augustin attaqua le pélagianisme et le fit d'abord condamner au concile de Carthage, le réfutant dans des traités qui deviendront célèbres sur les Mérites des pécheurs et le Baptême des enfants. Il lui oppose la vérité catholique dans ses grands ouvrages sur l'Esprit et la Lettre, la Nature et la Grâce.

 

Des longues luttes pélagiennes, l'Église sortit victorieuse, doctrinalement mieux armée.

 

L'idée centrale qu'Augustin développa fut l'apostrophe de saint Paul :

 

"Qu'avez-vous que vous n'ayez reçu?"

 

Grâce, bonnes œuvres, foi même, tout n'existe que par le secours divin. Ce que nous faisons de bien, c'est Dieu qui le fait en nous. Ce sera la doctrine de S. François d'Assise.

Telle est la doctrine augustinienne de la Grâce, qui, bien comprise, ne porte nullement atteinte à la liberté humaine, car cette liberté est d'autant plus autonome que, se détournant des illusions de la terre, elle est plus abandonnée à la miséricorde et à la Grâce.

 

Le pelagianisme est de nouveau condamné au concile d'Éphèse en 431, concile reconnu par les deux églises d'Occident et d'Orient.

 

Le titre que souvent on donne à Augustin est celui de Docteur de la Grâce, un titre plus qu'amplement justifié !

 

Mais les théories de Pelage ne sont pas éteintes par la condamnation, elles vont survivre dans certains monastères britanniques – et dans certaines sociétés secrètes – traversant le temps pour inspirer l''Humanisme', la 'Réforme' ... et la Révolution moderne... (Alain PASCAL, La Guerre des Gnoses, Les ésotérismes contre la tradition chrétienne, La Pré-kabbale, Éd. de l'Æncre, Paris 1999, p. 234.)

 

L'arianisme

 

Dans les derniers temps de sa vie, S. Augustin a encore à faire face à l'hérésie arienne, qu'il a peu connue jusqu'alors en Afrique mais qui, lors de l'invasion vandale, s'identifie pour lui au péril barbare.

Augustin meurt le 28 août 430 dans Hippone assiégé par les Vandales.

Ses idées


Sa pensée est très marquée par le néo-platonisme, il ne voit aucune contradiction entre le christianisme et la philosophie de Platon. Il réconcilie le concept platonicien des "idées éternelles" avec le christianisme en considérant celles-ci comme partie intégrante du Dieu éternel. Il s’oppose cependant à la théorie cyclique de Platon. Pour Augustin, l’histoire est en mouvement, depuis un commencement vers une fin.
 

Deux formules résument sa pensée : « Crois pour comprendre. [...] Et [...] comprends donc pour croire. » (Sermon 43 in Les Plus Beaux Sermons de saint Augustin, réunis et traduits par Georges Humeau, t. I, p. 181-189. EA, 1986.)

Crois pour comprendre. [...] Tu disais : « J’ai besoin de comprendre pour croire » ; et moi : « Crois d’abord pour comprendre. » La discussion est engagée ; allons au juge ; que le prophète prononce ou plutôt que Dieu prononce par son prophète. Gardons tous deux le silence. Il a entendu nos opinions contradictoires ; « Je veux comprendre, dis-tu, pour croire » ; « Crois, ai-je dit, pour comprendre », et le prophète répond : « Si vous ne croyez pas, vous ne comprendrez pas. » (Is 7, 9)

[…] [E]n un sens, cet homme a dit vrai quand il a dit : « Je veux comprendre pour croire » ; et moi également je suis dans le vrai quand j’affirme avec le prophète : « Crois d’abord pour comprendre. » Nous disons vrai tous les deux : donnons-nous donc la main ; comprends donc pour croire et crois pour comprendre ; voici en peu de mots comment nous pouvons accepter l’une et l’autre ces deux maximes : comprends ma parole pour arriver à croire, et crois à la parole de Dieu pour arriver à la comprendre.

Sermon 43 in Les Plus Beaux Sermons de saint Augustin, réunis et traduits par Georges Humeau, t. I, p. 181-189. EA, 1986.

Philosophie et théologie doivent être distinguées mais elles sont associées. Toute la culture occidentale en dépend.

Tous les maîtres spirituels de l'Occident sont ses disciples et reconnaissent leur dette envers lui : Scot Erigène, Abélard, S. Anselme de Canterbury, S. Bernard, les Victorins, Maître Eckart et S. Thomas, son seul pair.

"Saint Augustin a pleinement anticipé le célèbre 'Je pense, donc je suis' de Descartes dans bien des passages de son œuvre, y compris celui-ci :

'Mais, sans aucune représentation illusoire d'images ou de fantasmes, je suis tout à fait certain que je suis, que je le sais et que je m'en réjouis. En raison de ces vérités, je ne crains nullement les arguments des platoniciens, qui disent : 'Et si vous vous trompez?', parce que si je me trompe, je suis. Car celui qui n'est pas ne peut pas se tromper; et si je me trompe, de ce fait même je suis. ... Et par conséquent, je ne me trompe pas non plus en sachant que je sais. Car, puisque je sais que je suis, je sais également ceci, que je suis." 

[Rodney STARK, Le Triomphe de la Raison, Pourquoi la réussite du modèle occidental est le fruit du christianisme, Éditions Presses de la Renaissance, Paris 2007, p. 49. Cf. La Cité de DieuTexte établi par Raulx, L. Guérin & Cie, 1869 (Œuvres complètes de Saint Augustin), livre XI, ch. 26]

Ou celui-là : "Lâme se connaît dès lors qu’elle se cherche." (S. Augustin, De la Trinité, Livre X, chapitre X)

Mais le rapprochement entre Descartes et S. Augustin s'arrête à ce qu'en dit Étienne Gilson qui, faisant l’historique des principaux rapprochements signalés à Descartes par ses correspondants, déclare ceci : ‘’Ce qui ressort avec évidence de cette comparaison de textes, semble-t-il, c’est l’intime parenté des deux pensées sur un point aussi capital que la démonstration de la spiritualité de l’âme. Il est vrai que saint Augustin n’y voit pas le fondement d’une physique mécaniste...’(Étienne Gilson, Études sur le rôle de la pensée médiévale dans la formation du système cartésien, Paris, Vrin, 2011 [1re éd. 1930], p. 197-198, cité in ”Si je me trompe, je suis” : saint Augustin précurseur de Descartes ? Par Jean-Philippe Watbled, p. 217.)

 

Précisons que "le Cogito (de Descartes) est une inversion de la métaphysique chrétienne, car un chrétien doit dire : Je suis donc je pense. [Le puisque je sais que je suis, je sais également ceci, que je suis" de S. Augustin. Ndlr.] Dieu m'a créé et m'a fait don de la pensée, et par suite, le monde existe hors de moi, comme un objet soumis à ma faculté de connaissance. C'est (une question de) logique. On ne pense pas rien, on pense ce qui est avant que l'on pense. L'Être doit donc être avant la pensée. Car le réel ne dépend pas de l'idée, il est avant l'idée. Or, avec le 'je pense, donc je suis', Descartes nie l'Être qui précède l'idée. Par suite, sa méthode ne peut accéder à la connaissance du réel. ... L'idéalisme cartésien est ainsi utopie cognitive sur le plan épistémologique (parce qu'il inverse la démarche scolastique) ... et pis encore, péché originel, car substitution de l'Homme à Dieu sur le plan ontologique. ... Si la pensée du sujet, le 'je' précède l'existence, ce n'est plus l'Esprit de Dieu (Sa Parole, Son Verbe) qui a créé le monde 'au commencement', c'est la pensée humaine qui crée l'Être du monde. ... Et par conséquent, le monde n'est plus un objet extérieur à l'homme, il devient le fruit de sa pensée. Le monde est parce qu'il est perçu, expérimenté, construit par l'homme, qui devient ainsi le véritable créateur. ... Dieu devient le fruit de la pensée humaine. Dieu n'Est plus... C'est d'ailleurs ce que dit Descartes : 'Je suis, donc Dieu est', et 'je pense Dieu, donc Dieu est' ? ... Le Dieu mathématique de Descartes étant une abstraction de l'esprit humain..., il est logique qu'en loges les athées aient finalement supplanté les spiritualistes... La 'mort de Dieu' étant la conséquence finale et inéluctable du cartésianisme, cette philosophie est plus diabolique que la théosophie de Bœhme... En réduisant le rationalisme à l'homme, Descartes détruit le socle divin du rationalisme, il offre la raison au Diable. Descartes pense en initié rosicrucien. ... Sa 'méthode' n'en devient pas scientifique pour autant, puisqu'elle tire la vérité du 'moi'. Son 'rationalisme' passe ainsi de l'objectif (critère scientifique) au subjectif, donc sa 'méthode' renie le fondement même de la démarche scientifique... une sorte d'onanisme intellectuel dont vont pouvoir naître les pires utopies... Cette raison inversée est la 'raison' du Diable, la 'lumière' de Lucifer, le Maître des Roses-Croix..." (Alain PASCAL, Le Siècle des Rose-Croix, Pascal contre Descartes, La Conspiration des Philosophes, 2e tome, éd. Cimes, Paris 2018, p. 187-193; 195; 198.)

 

Avant Augustin, il y avait eu des essais, des tâtonnements souvent remarquables, tels ceux d'un S. Irénée, d'un Justin, la grande oeuvre d'Origène dont l'Église d'Orient s'était nourrie. Saint Augustin est le véritable initiateur de l'esprit théologique en Occident. La théologie qu'il conçoit a pour but de "produire, nourrir, défendre et affirmer la loi salutaire qui mène au vrai bonheur." Même si, formellement, la théologie date du Moyen Âge, elle n'eût jamais existé sans ses pénétrantes intuitions. Toutes les grandes idées politiques aussi bien sur l'unité de l'Europe (la Chrétienté), les droits et les devoirs des gouvernants, la guerre et sa légitimité (défense contre l'agresseur, mais cette guerre même entre dans les conséquences du péché car "la paix n'appartient-elle pas au seul bonheur éternel?"), les rapports de l'Église et de l'État, les bases de la distinction des pouvoirs temporel et spirituel, toutes les conceptions sociales sur l'esclavage, l'argent, la condamnation de l'usure, le travail et bien d'autres sujets, sont présentes dans leurs principes, dans la Cité de Dieu.

 

L'accord nécessaire entre l'Église et l'État induit aide et protection de l'Église par l'État. L'Église a droit à cette protection, alors que les faux cultes ne peuvent réclamer semblable faveur.

Saint Augustin, proclame avec force qu'il n'y a pas de res publica quand la vraie justice, la justice du Christ, est absente : « Ubi justitia non est, non est republica » (Cité de Dieu, XIX,21 in Jacques Chevalier, De saint Augustin à saint Thomas d'Aquin: Histoire de la pensée, Préface de Serge-Thomas Bonino, Collection Philosophie européenne dirigée par Henri Hude, Editions Universitaires, vol. 3, 1992, p. 70.)

 

 

La tolérance pratique d'un culte non catholique est bonne car pour l'extension du règne du Christ, S. Augustin compte plus sur le pouvoir de la vérité que sur l'appui de César. La question se posa quand face aux violences donatistes, l'État impérial fut amené à sévir. La tolérance a des limites si la paix sociale est troublée (aujourd'hui on dit "s'il y a trouble à l'ordre public", notion tout droit héritée de cette idée augustinienne), si la loi est insultée, des rigueurs peuvent s'imposer : concrètement, S. Augustin approuvera les mesures contre les donatistes (Giovanni Papini a fait remarquer que le donatisme annonçait par certains aspects le luthéranisme) mais jamais il ne demandera que l'on convertisse personne de force. Et cette intervention du pouvoir a des limites: S. Augustin dit formellement qu'elle ne doit jamais aller jusqu'à la peine de mort, au moins entre chrétiens, et qu'elle doit être précédée d'une recherche charitable des terrains d'entente. "La liberté de l'erreur est la pire mort de l'âme", mais la violence n'est pas bonne aux yeux de Dieu. Les bûchers du Moyen Âge se réclameront de la doctrine augustinienne du "bras séculier", mais lui ne les a jamais justifiés, même par avance.



Augustin a posé les fondements de la culture chrétienne.  Il "a formé l'intelligence de l'Europe chrétienne", écrira le Saint John Henry Newman.

Saint Augustin n'a pas fondé d'ordre mais a écrit une Règle dont s'inspirent de nombreux religieux, qualifiés d'"Augustins", comme les chanoines réguliers de Saint-Augustin, l'Ordre de Saint Augustin, les Grands Augustins, les Récollets, les Assomptionnistes, et des congrégations féminines (comme les Visitandines), très nombreuses.

Œuvres principales

Son
œuvre est immense, il écrivait sans relâche, lettres, traités et sermons pour défendre sa conception du christianisme.

-De la Trinité (399-422), c'est  l'ouvrage auquel Augustin consacra le plus d'années et, avec la Somme de S. Thomas d'Aquin, un des deux môles de la spéculation chrétienne où S. Augustin appelle toutes les connaissances à l'aide, et la métaphysique et la psychologie, et l'acquis de Platon et d'Aristote, et toute l'érudition scripturaire, pour placer l'intelligence humaine en face du mystère qui passe toute intelligence. 

Son "chef-d'œuvre spéculatif" où il ne s'attache pas tant à réfuter les arguments des hérétiques et à établir le dogme de l'Église qu'à produire des raisonnements sur les différentes manières d'expliquer et de faire comprendre ce mystère.

- Les Confessions racontent sa jeunesse et sa conversion. Composées vers 397-400, elles ont connu en Occident un succès immédiat, et inouï. Certes, divers penseurs avaient déjà eu l'idée de raconter par quel itinéraire ils s'étaient approchés de la vérité (S. Justin au IIe siècle; S. Hilaire dans la préface de son traité De la Trinité, au milieu du IVe siècle), mais cette trame de la quête du vrai n'avait jamais permis le surgissement d'un ouvrage d'une ampleur et d'un éclat comparable à ceux des Confessions. Saint Augustin, alors âgé de près de 45 ans, avait reçu le baptême une dizaine d'années plus tôt.

- Contre Fauste le manichéen, composé entre 398 et 404.

- La Cité de Dieu (De Doctrina christiana) (13-427), une réflexion théologique sur l'histoire, est le texte fondamental de S. Augustin, qui définit pour longtemps les exigences et les limites d’une culture chrétienne, en justifiant le christianisme dans l’histoire et par l’histoire. La Cité de Dieu est la communauté universelle des vertueux, où séjournent Dieu, ses anges et tous les saints, ainsi que tous les hommes intègres sur terre. Saint Augustin oppose la Cité de Dieu à la Cité terrestre, décrit sa vision "des commencements et des fins" de ces deux cités, "les deux cours contraires suivis par la race humaine depuis ses origines, celui des fils de la chair et celui des fils de la promesse". Tout s’achève par la perfection, la glorification et l’apothéose de la cité de Dieu, qui n’est pas de ce monde.

Dans cet ouvrage, Augustin fait l'éloge de Théodose Ier (V 26, 1) en utilisant des sources écrites et des récits de témoins oculaires (Yves-Marie DUVAL, L'éloge de Théodose dans la Cité de Dieu. Sa place, son sens et ses sources, Recherches augustiniennes, IV 1966, p. 135-179)

-  De la nature et de la Grâce (415)

- De la Grâce du Christ et du péché originel

- Du Mariage et de la concupiscence (418)

- Contre Julien (théologien pélagien), Enchiridion (421-422)

- De la grâce et du libre arbitre (425)

- Du don de la persévérance (429)

- 113 traités sur tous les domaines (Sur la musique, par exemple).

- Quelque 218 lettres (correspondances avec des évêques, laïcs, ministres, empereurs).

- Près de 500 sermons et petits traités de théologie morale Sur le mensonge, Sur le jeûne, Sur le culte des morts, etc.

- Innombrables commentaires des Écritures (on a retrouvé des traces de commentaires de 42 816 versets).

- Dialogues sur la philosophie de Platon.

- Essais sur la religion romaine antique.


Citations

 

  • Par nature, l’homme n’a pas de pouvoir sur l’homme.
  •  
  • Dieu s'est fait homme pour que l'homme devienne Dieu... pour que les habitants de la terre deviennent les habitants du Ciel. Sermon 371,1 cité par Léon XIV, Audience générale Place S. Pierre le 17 décembre 2025
  •  
  • Nous trouvons dans l'Ecriture ceux qui ont un coeur droit, qui supportent les maux du monde et qui n'accusent pas Dieu. (Tractate 28 sur l'Evangile de Jean, § 7)

Le mal n'a pas de nature positive, mais la perte du bien a reçu le nom de mal. (La Cité de Dieu (De Civitate Dei), Livre XI, Chapitre 9.)

  •  
  • L'étude de la musique conduit à la révélation et à la contemplation de Dieu.
  •  
  • Notre coeur est inquiet tant qu’il ne trouve pas le repos en Dieu.
  •  
  • [Douter], c’est croire implicitement à l’existence de la vérité et en désirer la connaissance.
  •  
  • La bonne volonté est l’oeuvre de Dieu, la mauvaise volonté est de s’éloigner de l’oeuvre de Dieu. 
  •  
  • Nulle part le mal n'est une substance, il n'est que la privation du bien. (Cité de Dieu, II, 22)
  •  
  • Ô Vérité qui êtes la lumière de mon âme, que ce soit vous, et non pas mes ténèbres qui me parlent. (Confessions)
  •  
  • Il vaut mieux suivre le bon chemin en boîtant que le mauvais d'un pas ferme.
  •  
  • Le bonheur, c'est de continuer à désirer ce qu'on possède.
  •  
  • Vivre heureux consiste en une joie qui a sa source dans la vérité. 
  •  
  • La mesure de l'amour, c'est d'aimer sans mesure. (Confessions)
  •  
  • La volonté pervertie fait la passion; l'asservissement à la passion fait la coutume; le défaut de résistance à la coutume fait la nécessité. Et ces noeuds d'iniquité étaient comme les anneaux de cette chaîne dont m'enlaçait le plus dur esclavage.
  •  
  • Je ne crains pas l'impureté de la nourriture mais l'impureté du désir. (Les aveux)
  •  
  • Il y a beaucoup de gens qui, se disant dans l'Eglise, sont en réalité au-dehors parce qu'ils ne pratiquent pas l'amour et la vie du Christ et beaucoup de gens que l'on dit ''au-dehors'' sont en réalité au coeur de l'Eglise parce qu'ils pratiquent l'amour et la vie du Christ.
  •  
  •  
  • L'homme bon bien qu'esclave, est libre; mais l'homme mauvais, même s'il règne, est esclave, non pas d'un seul homme, mais, ce qui est bien plus grave, d'autant de maîtres qu'il a de vices. (La Cité de Dieu)
  •  
  • Prenez soin de votre corps comme si vous alliez vivre éternellement ; et prenez soin de votre âme comme si vous alliez mourir demain.

  •  

  • [Le christianisme] a conquis le monde, non par la violence et la guerre, mais par la force irrésistible de la vérité. 

  •  

  • Nul ne peut trouver le salut en dehors de l’Église catholique. En dehors de l’Église catholique, on peut tout avoir, sauf le salut. On peut avoir l’honneur, on peut avoir les sacrements, on peut chanter l’alléluia, on peut répondre amen, on peut avoir foi au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, et le prêcher aussi. Mais on ne peut jamais trouver le salut en dehors de l’Église catholique. Saint Augustin, Sermo ad Caesariensis Ecclesia plebem (§6)

PROTECTEUR: des imprimeurs et des théologiens.

NOM: dérivé du latin, il signifie "vénérable", "auguré".

Sources : (1) ; (2); (3) Oeuvres complètes de saint Augustin; (4) Daniel-Rops, Histoire de l'Eglise du Christ, tome III L'Eglise des temps barbares, Librairie Arthème Fayard, Editions Bernard Grasset, Paris 1965, p. 18, 20, 29, 35-39, 41, 45, 51. (5) L'Etat chrétien comme dépassement, in Michel VILLEY, La Formation de la pensée juridique moderne, Texte établi, révisé et présenté par Stéphane RIALS, Quadrige PUF, Mercuès 2006, p. 130 ; (6) Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 508-509 ; (7) Pascal-Raphaël Ambrogi, Dictionnaire culturel du christianisme, le sens chrétien des mots, Honoré Champion Editions, Paris 2021.

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commentaires

G
<br /> Merci pour cet article.<br /> Est ce que son platonisme n'était justement pas un de ses gros défauts qui a pu le conduire a s'égarer sur de nombreux sujets? Ainsi que son ignorance du grec et de l’hébreu a une époque où<br /> beaucoup de Pères maitrisaient l’hébreu, le grec et le latin?<br /> Et également, st Augustin a indéniablement posé les fondements de la culture chrétienne en occident, mais pas en Orient, où ses pensées qui sortent du consensus des Pères sur pas mal de sujets sont<br /> tout simplement ignorées.<br /> Dans l'Orthodoxie, certains extrémistes voudraient en faire un simple bienheureux, ce qui est une erreur je pense. Mais est ce que en occident et chez les catholiques, une remise en cause et en<br /> perspective des erreurs d'Augustin ne serait pas bénéfique?<br /> <br /> <br />
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    Martyrologe Romain : À Arras, en 540, saint Vaast (Gaston), évêque. Prêtre de Toul, il catéchisa le roi Clovis après sa victoire de Tolbiac en 496. Il fut envoyé par saint Remi comme évêque à Arras, où il restaura cette Église ruinée après l’invasion...
  • Sainte Agathe, vierge et martyre († 254)
    Déjà deux de ces quatre illustres Vierges dont le souvenir est associé aux mérites de l'Agneau, dans la célébration du Sacrifice, ont passé devant nous dans leur marche triomphale sur le Cycle de la sainte É glise ; la troisième se lève aujourd'hui sur...
  • Ploutocratie : Pourquoi 1969 a scellé le sort économique de la France. Propositions pour en sortir
    Les règles actuellement en vigueur en Union européenne découle de la logique initialement initiée en France, une logique où l'Etat ne doit jamais contrôler sa monnaie, et où les banques centrales doivent rester "indépendantes" absolument. Indépendantes...