« Je recommande à mon fils s’il avait le malheur de devenir Roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, [...] qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les Lois, mais en même temps qu’un Roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile. » (Testament de Louis XVI)
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Sainte Ninon, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 149
Nous connaissons sa vie par l'écrivain ecclésiastique Rufin qui donna quelques détails sur la conversion de l'Ibérie, région intérieure de l'actuelle Géorgie. (1)
Jeune femme, nonne de Jérusalem, de la famille de S. Georges, elle avait été emmenée captive dans la capitale de la Géorgie vers 337. Comme on ne savait d'où elle venait, on la surnomma "Christiana" du nom de sa religion, ce qui devint par abréviation Nina ou Ninon.
On vint un jour lui apporter un enfant mourant, elle pria pour lui et il guérit. Ayant appris qu'elle avait guéri un enfant, la reine Nana se fit porter chez elle pour être soigner d'un mal étrange. Recouvrant la santé, elle et son mari Mirian voulurent couvrir de cadeaux sa bienfaitrice mais celle-ci refusa. La reine insistant, elle déclara que le seul cadeau qu'elle accepterait serait la conversion de ses souverains.
Plus tard, Mirian se perd à la chasse et repense à ce Christ. Le voilà sur le bon chemin. Il rencontre Nina qui lui conseille de bâtir une église à Mtskhéta, aujourd'hui centre patriarcal de l'Eglise orthodoxe de Géorgie.
La reine puis le roi se convertirent et demandèrent à l'empereur Constantin de leur envoyer des prêtres missionnaires.
Dès les années 330, la Géorgiese convertitau christianisme apporté par Ninon.
Sainte Ninon se retira dans la région de Bobdé où, dès le 4e siècle, fut construite une cathédrale.
À Mtskhéta un petit oratoire rappelle aujourd'hui encore ce baptême de la Géorgie.
Ninon est généralement représentée tenant une croix aux bras légèrement incurvés vers le bas, dite Croix de la Grappe. (2)
Sainte Ninon de Géorgie
Sainte Nino (Église de l'Assomption à Anaouri)
Les Églises d'Orient la fêtent le 14 janvier, l'Église en Occident en fait mémoire également ce jour et aussi le 15 décembre. (3)
Sources: (1); (2) ; (3); (4) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 148
Jean de la Croix naquit en 1542 dans le petit village de Fontiveros, proche d’Avila, en Vieille Castille, de Gonzalo de Yepes et Catalina Alvarez.
Sa famille était très pauvre, car son père, d’une famille noble de Tolède, avait été chassé de chez lui et déshérité pour avoir épousé Catalina, une humble tisseuse de soie. Orphelin de père dans son jeune âge, Jean, à neuf ans, partit, avec sa mère et son frère Francisco, pour Medina del Campo, non loin de Valladolid, un centre commercial et culturel. Il y fréquenta le Colegio de los Doctrinos, en assurant également d’humbles travaux pour les sœurs de l’église-couvent de la Madeleine. Par la suite, vues ses qualités humaines et ses résultats dans les études, il fut admis d’abord comme infirmier dans l’Hôpital de la Conception, puis au Collège des jésuites, qui venait d’être fondé à Medina del Campo : Jean y entra à dix-huit ans et étudia pendant trois ans les sciences humaines, la rhétorique et les langues classiques. À la fin de sa formation, sa vocation lui était très claire : la vie religieuse et, parmi tous les ordres présents à Medina, il se sentit appelé au carmel.
Au cours de l’été 1563, il débuta le noviciat chez les carmes de la ville, en prenant le nom religieux de Mattia. L’année suivante il fut destiné à la prestigieuse université de Salamanque, où il étudia pendant trois ans les arts et la philosophie. En 1567, il fut ordonné prêtre et retourna à Medina del Campo pour célébrer sa première Messe entouré de l’affection de sa famille. C’est là qu’eut lieu la première rencontre entre Jean et Thérèse de Jésus. La rencontre fut décisive pour tous les deux ; Thérèse lui exposa son programme de réforme du carmel l’appliquant également à la branche masculine de l’ordre et proposa à Jean d’y adhérer "pour la plus grande gloire de Dieu" ; le jeune prêtre fut fasciné par les idées de Thérèse, au point de devenir un grand défenseur du projet.[1]
L'ordre du Carmel était alors imprégné d'un culte marial séculaire, mais il avait perdu les rigueurs de la règle. [2] Thérèse réformait le carmel féminin. Jean de la Croix devint, lui, un des pionniers du retour aux sources, au couvent de Duruelo, lieu isolé de la province d’Avila, premier couvent de carmes déchaux fondé par Thérèse et Jean, le 28 décembre 1568. Avec Jean, trois autres compagnons formaient cette première communauté masculine réformée. En renouvelant leur profession de foi selon la Règle primitive, tous les quatre adoptèrent un nouveau nom : Jean s’appela dès lors "de la Croix", nom sous lequel il sera universellement connu. À la fin de 1572, à la demande de sainte Thérèse, il devint confesseur et vicaire du monastère de l’Incarnation d’Avila, où la sainte était prieure. C’est à cette période que remontent aussi les plus importantes œuvres de Thérèse et les premiers écrits de Jean. L’adhésion à la réforme du carmel ne fut pas facile et valut de graves souffrances à Jean. L’épisode le plus traumatisant fut, en 1577, son enlèvement et son incarcération pendant huit mois dans le couvent des carmes de l’antique observance de Tolède, à la suite d’une accusation injuste. Le saint fut emprisonné, soumis à des privations et des contraintes physiques et morales, le cachot ne permettant de voir le jour que par le toit ; il reçut des coups de la part des geôliers qui le considéraient comme un rebelle. Chaque semaine, il était fouetté et insulté.Ce fut un temps de souffrances, mais aussi un temps de grâces, et à quelle profondeur ! La souffrance était aussi psychologique : on l'exhortait à quitter la réforme et il ne recevait aucune nouvelle de l'extérieur.En ce lieu, il composa, avec d’autres poésies, le célèbre Cantique spirituel. Après neuf mois, et avec une santé très délabrée, aux vêpres de l'Assomption, Jean de la Croix réussit à s'enfuir dans la nuit du 16 août 1578, il réussit à fuir de façon aventureuse, se réfugiant dans le monastère des carmélites déchaussées de la ville.
Sainte Thérèse et ses compagnons réformés célébrèrent avec une immense joie sa libération et, après une brève période pour retrouver ses forces, Jean fut destiné à l’Andalousie, où il passa dix ans dans divers couvents, en particulier à Grenade. Il assuma des charges toujours plus importantes dans l’ordre, jusqu’à devenir vicaire provincial, et il compléta la rédaction de ses traités spirituels. Il revint ensuite dans sa terre natale, comme membre du gouvernement général de la famille religieuse thérésienne, qui jouissait désormais d’une pleine autonomie juridique. Il habita au carmel de Ségovie, exerçant la charge de supérieur de cette communauté.
Il usa de son influence, afin que les supérieurs des carmes participassent aux tâches les plus simples. (Élisabeth Reynaud, Jean de la Croix : Fou de Dieu, Paris, éd. Grasset, p. 176).
Lors de ses directions spirituelles, Jean montrait l'importance qu'il attachait à des directions au cas par cas, agissant avec délicatesse : "Qui donc a vu que les vertus de Dieu s’enseignent à coups de bâton et avec rudesse?" (Élisabeth Reynaud, Jean de la Croix : Fou de Dieu, Paris, éd. Grasset, p. 191.)
Des rumeurs et des critiques s'élevèrent mais il refusa de changer de comportement ou d'adopter une attitude méfiante vis-à-vis de certaines personnes : "Mieux vaut se laisser tromper", dit-il, plutôt que de perdre sa pureté de cœur. (Élisabeth Reynaud, Jean de la Croix : Fou de Dieu, Paris, éd. Grasset, p. 245.)
Jean de la Croix n'a pas eu accès à une bibliothèque quand il écrivit. (Cf. Élisabeth Reynaud, Jean de la Croix : Fou de Dieu, Paris, éd. Grasset, , p. 207)
Il pratiquait une vie intense de mortification : il portait le cilice et s'imposait différents autres types de pénitences physiques comme le jeûne. Il justifiait cette dureté par la nécessité de rétablir en lui l'ordre détruit par le péché, mais aussi afin de faire réparation pour les autres. Mais il comprit le danger des excès de pénitence et dénoncera dans La Nuit obscure (Noche oscura) les débordements de ses débuts, affirmant : "Ce sont des pénitences de bêtes, vers lesquelles comme des bêtes on se laisse attirer, trompé par le désir et la satisfaction qui en résultent" (Chapitre IV).
Pour Jean, le silence est un moyen d'accéder à Dieu puisqu'il permet de limiter l'expérience des sens et réduit les activités désordonnées de l'intelligence. C'est à travers cette recherche qu'il découvre l'expérience de ce qu'il appelle la "nuit de la foi" (La Montée du Carmel, chap. 2), un abandon apparent de Dieu et de toute son œuvre. Notre connaissance de Dieu ne sera jamais parfaite puisque Dieu est en dehors de nos facultés. Ainsi la foi dépasse l'intelligence et doit la soumettre, la foi consistant à croire en un mystère. L'obscurité de la foi vient donc pour Jean de la Croix du fait que la foi dépasse l'intelligence, et cette dernière, n'ayant pas d'explication, se trouve dans une obscurité, du fait de l'éblouissement de la foi. (Cf. Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus, Jean de la Croix : Présence de lumière, Venasque, Éd., , p. 174-177). La foi est décrite comme "une tunique blanche dont l'âme se revêt et sans laquelle il est impossible de plaire à Dieu." (La Nuit obscure, chap. 21.)
Dans cette quête du Divin, il expérimente une souffrance intérieure qu'il interprète comme une conséquence du péché : les facultés humaines ne sont pas adaptées, selon lui, à la découverte de Dieu. Il compare alors cette souffrance à celles décrites dans les Évangiles lors de la Passion du Christ. (Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus, Jean de la Croix : Présence de lumière, Venasque, Éditions du Carmel, , p. 87)
L'accompagnement spirituel de Jean de la Croix eut sans doute un grand impact sur Thérèse d'Avila qui commença à écrire ses principaux chefs-d'œuvre et prières, dont la célèbre "Que rien ne te trouble, que rien ne t'effraie, Dieu seul suffit!" (Dominique Poirot, trad. de l'espagnol, Jean de la Croix et l'union à Dieu, Paris, Bayard Éditions, coll. "L'aventure intérieure",
En 1575, dans le couvent de l'Incarnation, Jean de la Croix eut une vision du Christ en croix, qu'il représenta "vu d'en haut". Ce dessin inspira plus tard le peintre Salvador Dalí qui en 1951 peint Le Christ de saint Jean de la Croix.
Croquis de Crucifixion par saint Jean de la Croix dont Dali s'inspira
Selon Jean de la Croix, tout ce qui existe, créé par Dieu, est bon. A travers les créatures, nous pouvons parvenir à la découverte de Celui qui a laissé en elles une trace de lui. La foi, quoi qu’il en soit, est l’unique source donnée à l’homme pour connaître Dieu tel qu’il est en soi, comme Dieu Un et Trine. Tout ce que Dieu voulait communiquer à l’homme, il l’a dit en Jésus Christ, sa Parole faite chair (Prologue de S. Jean).
Jésus Christ est le chemin unique et définitif vers le Père (cf. Jn 14, 6).
Toute chose créée n’est rien par rapport à Dieu et ne vaut rien en dehors de Lui : par conséquent, pour atteindre l’amour parfait de Dieu, tout autre amour doit se conformer dans le Christ à l’amour divin.
Ce qui rend l’âme pure et libre est éliminer toute dépendance désordonnée des choses. Jean de la Croix affirme alors que pour atteindre Dieu, le danger est moins le péché que l'attachement volontaire aux choses : "Une seule des imperfections, si l'âme y est attachée ou en a l'habitude, lui cause autant de dommage pour son avancement et son progrès dans la vertu, qu'une foule d'imperfections et de péchés véniels, qui ne procéderaient pas de l'habitude d'une passion vicieuse." (Montée du Carmel, chap. 11)
Tout doit être placé en Dieu comme centre et fin de la vie. Le processus long et fatigant de purification exige certainement un effort personnel, mais le véritable protagoniste est Dieu : tout ce que l’homme peut faire est "être disposé", être ouvert à l’action divine et ne pas lui opposer d’obstacle. En vivant les vertus théologales, l’homme s’élève et donne une valeur à son engagement. Le rythme de croissance de la foi, de l’espérance et de la charité va de pair avec l’œuvre de purification et avec l’union progressive avec Dieu jusqu’à se transformer en Lui. Lorsque l’on parvient à cet objectif, l’âme est plongée dans la vie trinitaire elle-même, de sorte que saint Jean affirme qu’elle parvient à aimer Dieu avec le même amour que celui avec lequel il l’aime, car il l’aime dans l’Esprit Saint. Voilà pourquoi le Docteur mystique soutient qu’il n’existe pas de véritable union d’amour avec Dieu si elle ne culmine pas dans l’union trinitaire. Dans cet état suprême, l’âme sainte connaît tout en Dieu et ne doit plus passer à travers les créatures pour arriver à Lui. L’âme se sent désormais inondée par l’amour divin et se réjouit entièrement en lui.
La vie de saint Jean de la Croix n’a pas été un "envol sur les nuages mystiques", mais a été une vie très dure, très pratique et concrète, tant comme réformateur de l’ordre, où il rencontra de nombreuses oppositions, que comme supérieur provincial, ou dans les prisons de ses confrères, où il était exposé à des insultes incroyables et à de mauvais traitements physiques. Cela a été une vie dure, mais c’est justement au cours des mois passés en prison qu’il a écrit l’une de ses œuvres les plus belles. Et ainsi, nous pouvons comprendre que le chemin avec le Christ, aller avec le Christ, "le Chemin", n’est pas un poids ajouté au fardeau déjà assez difficile de notre vie, ce n’est pas quelque chose qui rendrait ce fardeau encore plus lourd, mais il s’agit d’une chose totalement différente, c’est une lumière, une force, qui nous aide à porter ce fardeau. Si un homme porte en lui un grand amour, cet amour lui donne presque des ailes, et il supporte plus facilement toutes les épreuves de la vie, car il porte en lui cette grande lumière ; telle est la foi : être aimé par Dieu et se laisser aimer par Dieu en Jésus Christ. La lumière qui nous aide à porter le fardeau de chaque jour c’est nous laisser aimer. Et la sainteté n’est pas notre œuvre, très difficile, mais elle est justement cette "ouverture" : ouvrir les fenêtres de notre âme pour que la lumière de Dieu puisse entrer, ne pas oublier Dieu car c’est précisément dans l’ouverture à sa lumière que se trouve la force, la joie des rachetés.
En 1591, il fut relevé de toute responsabilité et destiné à la nouvelle province religieuse du Mexique. Alors qu’il se préparait pour ce long voyage avec dix autres compagnons, il se retira dans un couvent solitaire près de Jaén, où il tomba gravement malade. Jean affronta avec une sérénité et une patience exemplaires d’immenses souffrances. Il mourut dans la nuit du 13 au 14 décembre 1591, alors que ses confrères récitaient l’office de matines. Il les quitta en disant : "Aujourd’hui je vais chanter l’Office au ciel". Sa dépouille mortelle fut transférée à Ségovie.
Béatifié le 25 janvier 1675 par Clément X, il est canonisé le 27 décembre 1726 par Benoît XIII, proclamé "Docteur de l'Église", ''Docteur de la théologie spirituelle'' et ''Docteur mystique'', le 24 août 1926 par Pie XI. [3]
Il a fait partie des saints patrons des JMJ de Madrid en 2011.
Sainte Thérèse de Lisieux le considère comme l'un de ses guides principaux : "À l'âge de 17 et 18 ans je n'avais pas d'autre nourriture spirituelle", confia-t-elle (Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus, Jean de la Croix : Présence de lumière, Venasque, Éd. du Carmel, , p. 52). Elle affirme que Jean de la Croix est "le saint de l'Amour par excellence" (ibid. p. 9).
L'un des plus grands penseurs du détachement chrétien
-"Pour parvenir à être tout, Ne cherche à être quelque chose en rien" (Élisabeth Reynaud, Jean de la Croix : Fou de Dieu, Paris, éd. Grasset, , p. 150.)
-"Souffrir est le moyen par excellence pour aller plus avant dans la délectable et profonde sagesse de Dieu." (Cantique spirituel)
-"Mon âme est détachée de toute chose créée... appuyée uniquement sur son Dieu." (Cf. Poème VII; Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus, Jean de la Croix : Présence de lumière, Venasque, Éditions du Carmel, 1991, p. 200)
Au 20e siècle, la philosophe et mystique chrétienne Simone Weil a rejoint Saint Jean de la Croix sur plusieurs points essentiels de sa métaphysique religieuse, en particulier l’amour de la beauté du monde, la nécessité de se vider, de se dépouiller de tout (ce qu’on désigne pour Jésus-Christ et pour son disciple du terme de kénose, du grec ancien kenosis, l'action de vider, de se dépouiller de toute chose. Cf. Ph 2,5-9), l’expérience de la nuit obscure des sens ou de l’esprit.
Paul Valéry voit dans les poèmes de saint Jean des chefs-d’œuvre de la littérature.
Dans l'Église catholique, sa fête a rang de mémoire, mais dans l'Ordre du Carmel, sa fête est une solennité.
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Œuvres
Jean est considéré comme l'un des plus grands poètes du Siècle d'or espagnol. Il est depuis 1952 le saint patron des poètes espagnols.
Ses plus grandes œuvres, au nombre de quatre, décrivent un chemin sûr pour parvenir à la sainteté, l’état de perfection auquel Dieu nous appelle tous :
-"La montée du Mont Carmel" présente l’itinéraire spirituel du point de vue de la purification progressive de l’âme, nécessaire pour gravir le sommet de la perfection chrétienne, symbolisée par le sommet du Mont Carmel.
Cette purification est proposée comme un chemin que l’homme entreprend, en collaborant avec l’action divine, pour libérer l’âme de tout attachement ou lien d’affection contraire à la volonté de Dieu. La purification, qui pour parvenir à l’union d’amour avec Dieu doit être totale, commence par celle de la vie des sens et se poursuit par celle que l’on obtient au moyen des trois vertus théologales : la foi, l’espérance et la charité, qui purifient l’intention, la mémoire et la volonté.
-"La nuit obscure" décrit l’aspect "passif", c’est-à-dire l’intervention de Dieu dans ce processus de "purification" de l’âme. L’effort humain, en effet, est incapable tout seul d’arriver jusqu’aux racines profondes des inclinations et des mauvaises habitudes de la personne : il peut seulement les freiner, mais non les déraciner complètement. Pour cela, l’action spéciale de Dieu est nécessaire, qui purifie radicalement l’esprit et le dispose à l’union d’amour avec Lui. Saint Jean définit cette purification comme "passive", précisément parce que, bien qu’acceptée par l’âme, elle est réalisée par l’action mystérieuse de l’Esprit Saint qui, comme la flamme du feu, consume toute impureté. Dans cet état, l’âme est soumise à tous types d’épreuves, comme si elle se trouvait dans une nuit obscure. L'intelligence devient un obstacle quand elle refuse l'obscurité douloureuse de la foi. L'attachement aux biens intellectuels est aussi, un obstacle possible. Les vertus peuvent devenir un obstacle lorsque une personne qui devient vertueuse considère qu'elle l'a été par ses propres mérites, ce qui conduit à refuser Dieu comme source de tout. Les autres obstacles sont les "biens spirituels" ou les "grâces sensibles ou mystiques". Ce sont des dons de Dieu, mais on peut les détourner pour en tirer orgueil et en faire un bien propre. Toute personne qui fonde sa vie spirituelle sur ces biens est alors semblable à "la mouche qui se pose sur le miel et ne peut plus voler, l'âme qui s'attache aux consolations spirituelles n'est plus libre pour la contemplation" (Nuit obscure, chapitre3 ).Le moyen d'arriver à Dieu est celui du détachement, de la pauvreté complète. (Cf. Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus, Jean de la Croix : Présence de lumière, Venasque, Éd., , p. 196-200.)
-"Les cantiques spirituels" présentent le chemin de purification de l’âme, c’est-à-dire la possession progressive et joyeuse de Dieu, jusqu’à ce que l’âme parvienne à sentir qu’elle aime Dieu avec le même amour dont Il l’aime.
-et "La vive flamme d’amour". Le sommet de l'oraison pour Jean de la Croix est la voie unitive : l'union de l'âme à Dieu. (Cf. Dominique Poirot, Jean de la Croix et l'union à Dieu, Paris, BayardÉd., coll. "L'aventure intérieure", , p. 165.) Dieu est alors au centre de l'âme en son lieu le plus profond, un feu intérieur (d'où le titre de son ouvrage) qui se révèle par une purification douloureuse à l'exemple de la transverbération de Thérèse d'Avila. Le parallèle utilisé par Jean est toujours celui du feu : de même que le feu, plus il brûle et consume le bois, plus il devient incandescent jusqu’à devenir flamme, ainsi l’Esprit Saint, qui au cours de la nuit obscure purifie et "nettoie" l’âme, avec le temps l’illumine et la réchauffe comme si elle était une flamme. La vie de l’âme est une incessante fête de l’Esprit Saint, qui laisse entrevoir la gloire de l’union avec Dieu dans l’éternité.
Citations
"Pour arriver à tout savoir, veillez à ne posséder quoi que ce soit (...) Pour arriver à être tout, veillez à n'être rien de rien (...) car pour venir du tout au tout, il faut se renoncer du tout au tout." (La Montée du Carmel, p. 86)
"Pour goûter tout, n’ayez du goût pour aucune chose. Pour savoir tout, désirez de ne rien savoir. Pour posséder tout, souhaitez de ne rien posséder. Pour être tout, ayez la volonté de n’être rien en toutes choses." (La Montée du Carmel, Traduction de l'abbé Jean Maillard, 1695).
"L'âme qui s'attache à ses appétits n'est pas plus libre pour contempler Dieu que la mouche qui se pose sur du miel pour voler." (in Élisabeth Reynaud, Jean de la Croix : Fou de Dieu, Paris, éd. Grasset, , p. 93)
"Souffrir est le moyen par excellence pour aller plus avant dans la délectable et profonde sagesse de Dieu." (Cantique spirituel)
"Efforcez-vous de vivre une oraison continuelle, sans l'abandonner au milieu des exercices corporels. Que vous mangiez, que vous buviez, que vous parliez ou que vous fassiez tout autre chose, entretenez constamment en vous le désir de Dieu." (Cantique spirituel)
"Où il n'y a pas d'amour, mettez de l'amour et vous obtiendrez de l'amour." (Élisabeth Reynaud, Jean de la Croix : Fou de Dieu, Paris, éd. Grasset, , p. 253
"En toute âme, même en celle du plus grand pécheur du monde, Dieu réside et demeure substantiellement."(Montée du Carmel, chap. 1, in Élisabeth Reynaud, Jean de la Croix : Fou de Dieu, Paris, éd. Grasset, p. 204.)
"Celui qui ne sait pas éteindre ses appétits chemine vers Dieu tel un homme tirant péniblement un chariot jusqu'au sommet d'une côte." (in Élisabeth Reynaud, Jean de la Croix : Fou de Dieu, Paris, éd. Grasset, , p. 94)
"Quand tu portes un fardeau, tu es en compagnie de Dieu qui est lui-même ta force car Il est proche de ceux qui sont dans la peine. Quand tu n'as pas de fardeau, tu es en société avec toi-même qui n'est qu'infirmité." (in Élisabeth Reynaud, Jean de la Croix : Fou de Dieu, Paris, éd. Grasset, , p. 93)
"Le Père a dit une parole qui est son Fils et Il la dit toujours dans un éternel silence et c'est seulement le silence que l'âme entend." (in Élisabeth Reynaud, Jean de la Croix : Fou de Dieu, Paris, éd. Grasset, , p. 93; et Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus, Jean de la Croix : Présence de lumière, Venasque, Éditions du Carmel,
Sainte Odile, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 151
Le plus ancien document sur la vie de sainte Odile est un parchemin du X° siècle où un moine a noté ce que la tradition orale transmettait depuis près de deux cents ans, au Mont Saint Odile qui domine la plaine d'Alsace.
Au temps du roi mérovingien Childéric II, Aldaric, troisième duc d'Alsace,père de sainte Odile, tient sous son empire toute la vallée du Rhin, de Strasbourg à Bâle. Aldaric est un chrétien sincère, mais il s'arrache avec peine aux coutumes barbares, ses réactions sont impulsives et même dangereuses : pas de pardon pour qui l'offense. En 660, alors qu’il attendait avec impatience la naissance de son fils premier-né, lui naquit une petite fille aveugle... Son premier réflexe fut de vouloir la tuer, mais devant les pleurs de sa femme, Béreswinde, il accepta de lui laisser la vie à condition que le bébé disparût aussitôt. Béreswinde, bouleversée, se mit en quête d'une nourrice. Odile fut emmenée à Scherwiller, à une trentaine de kilomètres d'Obernai. Devant le beau linge du bébé et les soins particuliers dont il était entouré, les langues allaient bon train. Bientôt Odile ne fut plus en sécurité chez la nourrice et, à un an, dut reprendre la route pour Baume-les-Dames, près de Besançon, où elle franchit les portes d'un monastère.
Pendant toute son enfance, Odile était entourée du silence et de la paix des moniales qui essayaient de lui faire oublier sa cécité : elle apprit à se diriger seule dans le cloître, à reconnaître les appels de la cloche, à chanter par cœur les offices, faisant la joie de ses mères adoptives.
L'évêque Ehrhardt de Ratisbonne arriva un jour au monastère pour, dit-il, baptiser la petite aveugle. Devant la communauté, Ehrhardt prononça les paroles sacramentelles : « Odilia Je te baptise au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. » Odilia veut dire : soleil de Dieu. Au moment où l'eau coula sur son front, Odile ouvrit les paupières... elle voyait ! Après la guérison, l’évêque fit avertir Aldaric qui n'eut aucun geste de repentir. Il avait maintenant quatre fils et une fille, sa fille aînée était oubliée. Odile demeura donc à Palma chez les religieuses qui lui apprirent aussitôt à écrire et à lire dans les livres saints. La souffrance et la cécité l'avaient mûrie : elle faisait preuve d'une force d'âme et d'un détachement extraordinaires. Au fur et à mesure que les mois passaient, Odile sentait grandir en elle le désir de connaître sa famille. Certains voyageurs qui s'arrêtaient au monastère lui avaient déjà parlé de son frère Hugon qu’ils disaient aimable et généreux. Par l'intermédiaire d'un pèlerin, Odile lui fit parvenir une lettre qui émut Hugon au point qu’il osa affronter son père. L'heure du pardon n'avait pas encore sonné, Aldaric ne voulait pas revoir sa fille mais Hugon écrivit cependant à sa sœur de venir au château, pensant que la vue d'Odile ferait tomber la colère de son père. Hélas, à l'arrivée de sa fille aînée la colère d’Aldaric redoubla : il frappa Hugon qui mourut des suites des blessures. Ce fut le dernier accès de colère du terrible barbare qui, désespéré par la mort de son fils préféré, installa sa fille à Honenbourg et assura sa subsistance. Odile eut la patience de vivre ignorée des siens et se contente de ce que lui donnait son père qu'elle n'osait plus affronter. Elle ne vivait que pour les pauvres avec qui elle partageait ses maigres ressources. Peu à peu Aldaric se transforma et offrit à Odile le Honenbourg et toutes ses dépendances à condition qu'elle priât pour lui.
La jeune fille humiliée va devenir la célèbre Abbesse représentée par les statues et les tapisseries. Son cœur profond, son austère vertu, sa grande charité attirèrent plus de cent trente moniales et la plupart des membres de sa famille. Les travaux commencèrent rapidement pour transformer le Honenbourg en un monastère. Odile qui est une âme d'oraison, couvrit de chapelles tout le sommet de la colline dont la première fut dédiée à Notre-Dame, puis une autre à saint Jean-Baptiste qu'Odile vénérait particulièrement depuis son baptême. Un soir, la moniale chargée d'appeler ses compagnes pour l'office fut éblouie par une violente clarté : Odile conversait avec saint Jean-Baptiste. De jour, de nuit, par petits groupes qui se succédaient, les moniales chantaient sans cesse la louange de Dieu. L'Abbesse était la plus ardente à la prière ; elle aimait la mortification, mais elle était sage et prudente pour ses filles.
Peu de temps après la construction du monastère, Aldaric mourut. Avertie par une vision, Odile le sut en Purgatoire et se mit en prière jusqu'à ce que Notre-Seigneur lui apparût pour lui apprendre l'entrée de son père en Paradis. Une chapelle, dite des larmes, se dresse encore aujourd'hui sur la terrasse du couvent ; la tradition assure qu'une pierre creusée par les genoux de la sainte existe encore devant le maître-autel.
Le Honenbourg était le refuge des pauvres, des malheureux, des malchanceux et des pèlerins qui savaient y trouver bon accueil. Un vieillard tomba en montant vers le monastère. Odile le rencontra un moment plus tard et, comme pour le soulager, il fallait de l'eau, Odile implora le secours de Dieu, frappa le rocher et une source jaillit et ne tarira jamais. Mais la preuve était faite que tous ceux qui désiraient du secours ne pouvaient parvenir au sommet de la colline. Un autre monastère fut construit en bas. Aucun des deux couvents ne voulait se passer de la présence d'Odile qui allait donc du cloître du haut à celui du bas. En chemin elle aidait les éclopés et les infirmes. De toutes parts on venait la voir car on savait que ses mains étaient bénies. Parfois lorsqu'elle pansait des blessés ou des lépreux, les plaies se fermaient et les douleurs s'apaisaient. Sa préférence allait aux aveugles en souvenir de son infirmité. Elle présidait tout, elle prévoyait tout et s'intéressait à chacun en particulier.
Mais ses compagnes la voyaient de plus en plus lasse. Sentant la faiblesse la gagner, Odile se rendit à la chapelle Saint-Jean-Baptiste ; une dernière fois elle s'adressa à ses filles puis, à l'heure de l'office elle les envoya à l'église. Quand les moniales revinrent de l'office, Odile les avait quittées. Leur peine était grande d'autant plus que leur mère était partie sans avoir communié. Elles se mirent en prière et Odile revint à elle. Après les avoir réprimandées, l'Abbesse réclama le odileciboire, se communia et quitta définitivement la terre, le 13 décembre 720.
Le mont Sainte-Odile est une montagne vosgienne, située dans le département du Bas-Rhin, culminant à 764 mètres, surmontée par un couvent. Haut lieu de la culture alsacienne, c'est un lieu de pèlerinage très fréquenté consacré à sainte Odile, sainte patronne de l'Alsace, bien que le monastère ait été transformé en hôtel.
Le monastère a été créé vers 700 quand le père de sainte Odile lui légua le château de Hohenbourg. Sainte Odile le transforma en couvent. Très populaire, l'endroit devint un lieu de pèlerinage très fréquenté, notamment par les personnes atteintes de maladies oculaires et accueillit jusqu'à 130 moniales.
En 1789, le couvent est vendu. L'évêché de Strasbourg le rachète en 1853 et le rétablit à sa vocation monacale.
On peut encore voir le tombeau de sainte Odile dans une chapelle attenante au cloître. Les tombeaux de ses parents, y sont aussi conservés.Ces caveaux sont ornés de mosaïques remarquables.
Mont Sainte-Odile, chapelle des Larmes, détail
Mont Saint Odile en Alsace
Tombeau de sainte Odile , mosaïques, statuaires, chrisme qui orne le tympan d'une porte d'entrée (2:06), art roman.
Chapelle des larmes, Mont Saint Odile
Tombeau de Sainte Odile
Sources : (1) ; (2) ; (3) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 150.
La Sainte-Lucie marque, avec l'Avent, le début de la saison de Noël. Traditionnellement une fête importante dans toute la Chrétienté occidentale, elle est aujourd'hui célébrée en Scandinavie et en Europe méridionale, particulièrement en Suède, au Danemark, en Norvège, en Finlande, en Italie, en Islande et en Croatie.
Lucie, jeune fille de Syracuse, vint à Catane, au tombeau de sainte Agathe, avec sa mère qui souffrait d'un flux de sang incurable. Après avoir prié un instant, Lucie s'endormit et vit en songe sainte Agathe qui lui dit : "Lucie, ma soeur, pourquoi me demander ce que ta foi a pu obtenir par elle-même ? Ta mère est guérie. Tu seras bientôt la gloire de Syracuse comme je suis la gloire de Catane." Lucie en échange de la guérison de sa mère, lui demanda et obtint la grâce de garder sa virginité. De retour à Syracuse, elle se défit de ses bijoux, vendit tous ses biens, et ne tarda pas à être dénoncée comme chrétienne par son propre fiancé.
Le gouverneur fait venir Lucie à son tribunal et lui ordonne de sacrifier aux dieux ; Lucie demeure invincible devant toutes les menaces. Les bourreaux la saisissent pour l'entraîner en un mauvais lieu ; mais, malgré leurs efforts, elle reste inébranlable comme un rocher. On la tire avec des cordes attachées à ses pieds et à ses mains sans plus de succès. On attelle plusieurs paires de boeufs pour l'ébranler ; mais toute la vigueur de ces robustes animaux ne produit aucun effet :
"Quels maléfices emploies-tu donc ? dit à Lucie le préfet exaspéré.
– Je ne recours point aux maléfices, dit-elle, mais la puissance de Dieu est avec moi.
– Comment peux-tu, femme de rien, triompher d'un millier d'hommes ?
– Fais-en venir dix mille, et ils ne pourront lutter contre Dieu." Lucie est alors couverte d'huile, de poix et de résine, et on y met le feu ; mais la flamme respecte la vierge. Enfin elle meurt d'un coup d'épée enprédisant la paix dans l'Église (la liberté de culte pour les chrétiens).
Sainte Lucie, Vierge et Martyre († 305)
Le poète Dante, qui lui vouait une intense dévotion, la mentionne à plusieurs reprises dans sa Divine Comédie et la figure assise dans le Paradis juste à côté de saint Jean l'Evangéliste.
Le jour de Sainte-Lucie, connu en Suède sous le nom de Jour de Lucie, est une célébration suédoise traditionnelle remplie d'enfants en costumes, de processions élaborées et de friandises, le tout honorant la sainte bien-aimée.
La légende raconte que lorsque Lucie apportait de la nourriture et des provisions aux chrétiens cachés dans les catacombes sous le règne de l'empereur romain Dioclétien, afin d'en emporter le plus possible à deux mains, elle portait sur sa tête une couronne éclairée par une bougie pour éclairer. à sa manière.
Cette histoire a inspiré une longue tradition annuelle de processions suédoises aux chandelles honorant Sainte Lucie le jour de sa fête. Les filles portent de longues robes blanches avec des ceintures rouges. Une jeune fille choisie pour être "Lucia" – le nom italien de Lucy – portant une couronne avec des bougies allumées en plus de la robe blanche, mène la procession "Luciatåg". Elle est suivie de ses servantes, qui portent également une bougie ; les garçons étoiles, qui portent des étoiles sur des bâtons et ont de grands cônes en papier sur la tête ; et des bonhommes en pain d'épice, qui portent des lanternes allumées.
Les années précédentes, le pays avait organisé un concours à la télévision nationale pour sélectionner une femme qui représenterait Lucia dans le cortège. De nos jours, les écoles et les églises locales choisissent simplement une fille pour être Lucia par tirage au sort. Ces processions ont lieu à travers le pays dans les églises, les écoles, les bureaux, les mairies, les maisons de retraite et même les restaurants.
Des friandises suédoises appelées "Lussekatt", qui sont des petits pains au safran en forme de S semblables à des brioches à la cannelle, font également leur apparition dans cette coutume populaire. Lucia porte un plateau rempli de ces petits pains et biscuits au pain d'épice.
La chanson principale que les gens chantent est "Sankta Lucia", qui est une traduction suédoise de la chanson napolitaine « Santa Lucia ». Les paroles mettent en valeur les nuits froides et sombres de l'hiver et la lumière apportée dans les maisons par la sainte.
En 1531, une "Dame du ciel" apparut à un Indien à Tepeyac, une colline située au nord-ouest de l'actuelle ville de Mexico. Elle s’est identifiée comme étant la "Je suis la parfaite et toujours Vierge Sainte Marie,Mère du Vrai Dieu, qui donne la vie et maintient son existence. Il a créé toutes choses. Il est en tous lieux. Il est le Seigneur du Ciel et de la Terre." Elle demanda la construction d'une église sur le site et soumit son souhait à l'évêque du lieu. Une image de la Vierge Marie fut gravée miraculeusement instantanément sur le tilma d'un indigène, un tissu de cactus de mauvaise qualité, qui aurait dû se dégrader en 20 ans mais qui ne montre aucun signe de pourriture 488 ans plus tard, et défie toujours la communauté scientifique sur son origine. L'image semble refléter dans ses yeux ce qui était devant la Vierge Marie en 1531. Les recherches scientifiques rendues possibles depuis cinquante ans environ, grâce aux progrès de nos techniques, obligent à reconnaître que l'on se trouve devant un phénomène totalement inexplicable.
La Vierge demande de faire construire une église où elle pourra manifester Dieu et Le donner aux hommes, écouter leurs pleurs, leur tristesse, les soigner et guérir toutes leurs peines. Son message d'amour et de compassion, ainsi que sa promesse universelle d'aide et de protection envers toute l'humanité, ainsi que l'histoire des apparitions, sont décrits dans "Nican Mopohua", un document du XVIe siècle rédigé en langue nahuatl réformé (aztèque). Voici l'histoire de Notre-Dame de Guadalupe.
Dans son livre « La Vierge du Mexique, ou le miracle le plus spectaculaire de Marie (Le Jardin des Livres, Référence, Paris 2008, p. 237-247), le Père François Brune a proposé une traduction du « Nican Mopohua », le « livre qui raconte » (1), texte daté entre 1540 et 1560, d'après la traduction en espagnol du Père Mario Rojas Sanchez, considérée aujourd'hui comme la plus fidèle.
Le texte original contient certaines formes répétitives que l'on retrouve dans beaucoup de langues anciennes, y compris chez Homère (du genre « il prit la parole et dit »), ainsi que des changements fréquents de temps, le récit passant sans transition du passé au présent.
L'événement a lieu dix ans après la conquête de Mexico, alors que désormais les flèches et les boucliers étaient déposés et que partout régnait la paix entre les peuples, alors que la foi croissait, avec la connaissance de Celui pour lequel nous vivons : le vrai Dieu.
Très tôt, samedi matin, 9 décembre 1531, un pieux indien du nom de Juan Diego, habitant de Cuauhtitlan, membre du peuple de Chichimeca, baptisé à 50 ans par un des premiers missionnaires franciscains, le P. Pierre da Gand, et relevant en tout pour les choses de Dieu, de Tlatelolco, se rendait de son village à Mexico pour y satisfaire sa dévotion, s'instruire des Pères Franciscains dans sa nouvelle foi, en quête de Dieu et de ses commandements.
On savait peu de choses de Juan Diego avant sa conversion, jusqu'à ce que lors de sa canonisation en 2002, une étude anthropologique fût entreprise à la demande de la conférence des évêques catholiques du Mexique par Asunción García, anthropologue espagnol qui a pris en compte les archives disponibles. Selon cette étude anthropologique, il faudra revoir l'idée que Juan Diego ait été un Indien d'origine pauvre. Les traditions orales laissent penser au contraire qu'il s´agissait d´un noble (2), né d'une union royale entre Netzahualpilli, empereur d'Acolhuacan-Texcoco et la princesse Azcaxochitli. D'après la date exacte de sa naissance, les prêtres auraient reconnu en lui le futur prêtre de Tontantzin, la grande déesse Mère des dieux et de Quetzalcoatl, le dieu serpent. [...] Il avait été élevé par son oncle maternel, Axoquetzin, seigneur de diverses cités, et qu'il avait donc reçu une éducation princière. Il avait eu frère jumeau, destiné à devenir prêtre de Tlacanteculli, déeesse de la pluie. On avait la liste des personnalités indiennes et espagnoles qui avaient présidé à la cérémonie très solennelle de son baptême. [...] Il avait alors renoncé à l'une de ses deux épouses, dont on nous donnait les noms ainsi que ceux des enfants qu'elles lui avaient donnés. Il avait [...], avec un autre de ses frères, combattu comme capitaine aux côtés de Cortès, lors de la prise de Mexico. (3)
"Les recherches sur la vie de Juan Diego, [...] avaient considérablement progressé. On avait pu établir une généalogie. Il n'était pas du tout un pauvre paysan, mais le fils d'un empereur; avait été lui-même prêtre de Tonantzin, la Mère des Dieux et prêtre de Quetzalcoatl. [...] Cette généalogie princière était aujourd'hui remise en cause, [...] partiellement, mais [...] de toute façon, il ne s'agissait certainement pas d'un pauvre, mais d'un homme assez fortuné, possédant plusieurs bâtiments, des exploitations agricoles et des ateliers de tissage et de poteries, comportant un personnel assez important. [...] Une ascendance princière n'était pas, par ailleurs, formellement exclue." (4)
Juan Diego est un homme religieux et dévoué, aimant le silence et s'infligeant des pénitences fréquentes. (5) Ce samedi qui constitue pour lui et les Franciscains un jour très important, car il est dédié plus particulièrement à la Vierge Marie, comme il passait au pied du Tepeyac, la plus haute des collines qui entourent la ville, l'aube pointait déjà. (6)
Notre-Dame de Guadalupe, église d'Irapuato, Mexique.
Il entendit chanter comme des chants d'oiseaux merveilleux et nombreux. Quand ils se turent, la colline sembla leur faire écho, résonnant de chants doux et délicieux. (7)
Juan Diego s'arrêta et il entendit qu'on l'appelait du sommet de la colline. La voix disait : « Juanito, Juan Dieguito ».
Alors, irrésistiblement attiré vers le sommet de la colline, il en fit l'ascension, dans une lumière resplendissante bordée d'un iris aux plus vives couleurs. Toute la nature autour participe de cet enchantement.
Il ne sentait dans son cœur aucun trouble, aucune gêne ; bien au contraire, il se sentait joyeux et tout à fait heureux.
Puis il aperçut une Dame incomparablement belle, souriante et radieuse de bonté. Il admira combien sa parfaite grandeur dépassait toute mesure : ses vêtements brillaient comme le soleil au point de rayonner tout autour, et la pierre, le rocher sur lequel elle se tenait lançait des rayons. Sa splendeur était comme de pierres précieuses, comme un bracelet, le plus beau qui soit ; la terre étincelait avec les splendeurs de l'arc-en-ciel à travers la brume ; et les arbustes, les cactus et les autres petites herbes que l'on trouve généralement là semblaient des émeraudes, leur feuillage comme des turquoises et leurs tiges, leurs épines, leurs piquants luisaient comme de l'or.
En sa présence, Juan Diego, tout ému, se sent aimé et se prosterne; il écoute son désir, ses paroles.
«Juan, Mon fils bien-aimé, dit l'Apparition, où vas-tu?
— Ma Dame, ma Reine, ma petite fille, je vais à ta maisonnette de Mexico Tlatilolco pour apprendre les choses de Dieu que nous donnent, que nous enseignent ceux qui sont les images de Notre Seigneur, nos prêtres.
— Ta dévotion m'est agréable, reprit l'Inconnue; Sache et tiens pour certain, mon fils le plus petit, que je suis la parfaite et toujours Vierge Sainte Marie, Mère de Dieu très vrai, par qui tout vit, Créateur des hommes, Maître qui est auprès de toutes choses (8), Seigneur du Ciel et Seigneur de la Terre.
Je veux et désire ardemment qu'on me construise ici mon petit temple sacré. (9)
Là, je le montrerai, je L'exalterai, je Le manifesterai, je Le donnerai aux hommes par tout mon amour personnel, mon regard compatissant, mon aide et mon salut. (10)
Car je suis vraiment votre Mère compatissante, la tienne et celle de vous tous qui êtes un en cette terre (11), et de toutes les autres souches d'hommes de toutes sortes qui m'aiment, m'appellent, me cherchent et se confient à moi, car là j'écouterai leurs pleurs, leur tristesse, pour les soigner, guérir toutes leurs peines, leurs misères, leurs souffrances.
Et pour que se réalise le souhait de mon regard compatissant et miséricordieux, va au palais de l'évêque de Mexico.
Tu lui diras que c'est moi qui t'envoie pour que tu lui révèles combien je désire qu'il me procure ici une maison, qu'il m'érige dans la plaine un temple ; tu lui raconteras tout ce que tu as vu et admiré et ce que tu as entendu. »
Et aussitôt, il se prosterna devant Elle et lui dit :
— « Ma Dame, ma petite fille, oui, je vais pour réaliser ta vénérable volonté, ton vénérable désir ; pour le moment, je te quitte, moi, ton pauvre Indien. »
Juan Diego se hâte de transmettre le message, mais le prélat le prend pour un illuminé et le congédie. Diego retourne au Tepeyac, y retrouve la Vierge qui le renvoie une seconde fois auprès de l'évêque. Cette fois, on lui ménage meilleur accueil, mais l'ecclésiastique exige quelque témoignage certain de la volonté du ciel.
Le dix décembre, Juan Diego revoit la Vierge qui promet le signe demandé pour le lendemain, mais Diego passe toute cette journée là auprès de son oncle gravement malade. Le douze décembre, pressé de trouver un prêtre à Mexico pour administrer les derniers sacrements au moribond, Diego passe rapidement devant la colline, mais au détour de la route, il se trouve subitement en présence de l'Apparition.
— «Ton oncle est guéri, dit la Très Sainte Vierge, va au haut de la colline cueillir des roses que tu donneras à l'évêque de Mexico.»
Ce n'était point la saison des fleurs, le gel redoublait et jamais la roche nue du Tepeyac n'avait produit de roses. L'humble paysan obéit néanmoins sans hésiter et trouva un merveilleux parterre de roses fraîches au sommet du monticule. Il en cueillit une brassée, et les tenant cachées sous son manteau, il s'achemina vers l'évêché.
Lorsque Juan Diego fut introduit devant le prélat, deux miracles au lieu d'un frappèrent les yeux de l'évêque stupéfait: la gerbe de roses vermeilles et l'image de l'Apparition peinte à l'insu de Diego sur l'envers de son paletot.
Aussitôt que leurs yeux rencontrèrent l'image bénie de la Sainte Vierge, tous les témoins du prodige tombèrent à genoux, muets de joie, sans pouvoir faire autre chose que d'admirer la beauté surhumaine de leur Mère du ciel. Se relevant, l'évêque enlève le manteau des épaules du pieux Mexicain et l'expose dans sa chapelle en attendant d'élever un sanctuaire qui puisse renfermer cette relique sacrée.
Tous les habitants la ville se rassemblèrent à l'évêché pour honorer l'image miraculeuse que Marie elle-même venait de léguer si gracieusement à ses enfants de la terre.
Le jour suivant, treize décembre, l'évêque de Mexico se rendit sur la colline de l'Apparition suivi d'un grand concours de peuple. Il voulait voir l'endroit exact où la Très Sainte Vierge s'était montrée à son fils privilégié, Juan Diego. Ce dernier ne crut pas pouvoir le déterminer avec précision. Marie vint le tirer d'embarras par un nouveau miracle: une source jaillit soudainement, désignant le lieu précis de l'Apparition. Depuis, cette source n'a cessé de couler et d'opérer des guérisons miraculeuses.
La Reine du Ciel se montra une cinquième fois à son humble serviteur et lui révéla le titre sous lequel elle désirait être invoquée.
— « On m'appellera, dit-elle: Notre-Dame de Guadalupe ». Le mot, venu d'Espagne, mais d'origine arabe, signifie Fleuve de Lumière. Guad en arabe ou guadal, tout comme oued, veut dire rivière, fleuve, cours d'eau (d'où les noms de nombreuses rivières en Espagne comme Guadalquivir). (12)
En aztèque, le mot signifie "celle qui écrase le serpent". "Il se peut [..] que la mère de Dieu ait utilisé véritablement des termes nahualt, mais assez proches des sons espagnols de Gadalupe, pour que les Espagnols aient assimilé immédiatement le nom. [...] La Vierge se serait présenté sous le nom nahuatl de 'coatlaxopeuh'. [...] Il ne fallait donc pas forcer beaucoup les rapprochements phonétiques. [...] Coa veut dire 'serpent', tla a la valeur d'un article et xopeuh est le verbe qui signifie 'écraser, piétiner'. La Vierge du Mexique se serait donc présentée sous le nom de 'celle qui écrase le serpent'," explique le P. François Brune. (13)
L'ouvrage composé par un collectif d'historiens sous la direction de Jean Sévillia, "L'Eglise en procès", précise que "toute une série de signes parlent aux Aztèques, car la dame apparue sur la colline de Tepeyac a des points communs avec la déesse Tonantzin. Pourtant c'est bien Marie qui se présente comme l''Immaculée Conception, la Mère du Vrai Dieu.' Cette belle métisse est enceinte, elle porte la ceinture des femmes aztèque. Des décorations sur sa robe, ainsi que des étoiles, des reflets dans ses yeux interrogent encore les savants." (14)
La permanence de ce tissu de cactus, intact jusqu'à nos jours, est le plus grands des mystères.
C'est une Vierge qui rappelle aux Espagnols Guadalupe, le sanctuaire d'Estrémadure en Espagne, où selon la légende, une statue qui aurait été sculptée par Saint Luc, aurait été transportée, de Constantinople au 4ème siècle, à Rome et Séville au VIe s., puis à Guadalupe en Estrémadure. Christophe Colomb vénérait la "Virgen de Guadalupe" et vint la remercier pour son aide lors de la découverte du "Nouveau monde".
C'est la Vierge de l'Apocalypse (chap.12) qui combat le Dragon des derniers temps.
[...] La Vierge de Guadalupe annonce la naissance d'un nouveau peuple dans un monde nouveau.
— «No estoy aqui yo que soy tu madre ?» ('Ne suis-je pas ici moi qui suis ta mère') demande-t-elle à Juan Diego.
Les conflits ne manqueront pas entre le clergé régulier et séculier, l'Église espagnole et l'Église créole. La formation et l'émergence d'une Église et de son clergé autochtone prendront un siècle. (15)
"On pourrait croire d'après le déroulement de cette histoire extraordinaire que l'attitude de l'évêque Zumarraga aurait imposé définitivement, et dans l'allégresse, le nouveau culte de Notre-Dame de Guadalupe. En réalité, [...] [l]es réactions furent très vite négatives. [...]
[Q]ue la Sainte Vierge ait eu l'idée d'apparaître à un indigène à peine catéchisé était pour les missionnaires totalement invraisemblable. [...] Ils étaient venus jusqu'au Mexique pour apporter la vraie religion, le vrai Dieu. C'était à eux d'instruire le peuple. Et voilà que la Mère de Dieu aurait court-circuité leur autorité pour s'adresser directement à un indigène ?
[...] L'évêque avait dû se laisser abuser par quelque tour de sorcellerie indigène, [...] et sous l'apparence du nouveau culte, il s'agissait bien plutôt d'un retour souterrain au paganisme.
En effet, jusqu'à l'arrivée des Espagnols, un culte païen était célébré sur cette même colline, celui de la déesse Cihuacoatl que tout le monde appelle 'Tonantzin', signifiant 'Notre Mère'.
[...] Il faut bien reconnaître que, là, les sceptiques avaient une raison très sérieuse de douter de la réalité des faits.
Près des montagnes, il y avait trois ou quatre endroits où se déroulaient habituellement des sacrifices solennels pour lesquels on venait de très loin. L'un d'eux se trouve ici à Mexico, où se dresse la petite colline du nom de Tepeacac et que les Espagnols appellent Tepeaquilla. Elle s'appelle maintenant Notre-Dame de Guadalupe; à cet endroit il y avait un temple dédié à la mère des dieux qu'ils appelaient Tonantzin; [...] [I]ls (y) faisaient de nombreux sacrifices en l'honneur de cette déesse.
"La forme de sacrifice la plus constante, celle qui se déroulait précisément au Grand temple de Mexico, était ce que certains appellent [...] la 'cardiectomie', l'arrachement du coeur. [...] Le sacrificateur tendait alors le coeur vers le soleil. [...] La victime était aussitôt dépecée, tête, bras et jambes coupés, le tout jeté sur les marches et roulant jusqu'au bas de l'escalier. Les morceaux étaient alors partagés en fonction des rangs sociaux des spectateurs pour être mangés!" (16) Le film Apocalypto (2006) de Mel Gibson représente cette terrible scène. Avant l'arrivée des Espagnols, cette folie meurtrière avait tendance à s'aggraver. Certains spécialistes de la démographie du Mexique avancent des chiffres de victimes effarant, jusqu'à peut-être 250.000 par an. (17)
"On comprend mieux, par comparaison avec cette religion de terreur, tout ce que la Vierge de Guadalupe pouvait apporter d'amour et de douceur.
"[...] Voilà qui explique pourquoi la conquête fut relativement si facile. Tous les peuples soumis accueillirent les Espagnols en libérateurs, et de même furent-ils rapidement séduits par la prédication des missionnaires" franciscains, qui tout en affirmant que leurs dieux n'étaient que des "démons" ont eux-mêmes cherché à relever les aspects les plus nobles de leur religion." (18) Les Franciscains séparaient le bon grain de l'ivraie, appliquant ce conseil du Christ, qu'alors qu'un ennemi avait semé de l'ivraie dans le champ de blé, de ne pas enlever l'ivraie tant que la moisson n'était pas prête, sinon on risquait d'arracher également le bon grain. (Mt 13,29)
Les divinités païennes indigènes d'Amérique du sud avaient une double facette, une positive, une négative. Ainsi, les déesses de la fertilité (Tonantzin, Pachamama ou "Terre Mère") avaient une personnalité ambiguë, à la fois généreuse et fertile, mais aussi vindicative lorsqu’elle ne recevait pas leur dû, comme l’explique dans un article de La Croix, l’anthropologue Céline Geffroy Komadina, qui rappelle que « la relation qui s’établit entre elle et les hommes se trouve dans un équilibre si précaire que des manquements au protocole peuvent entraîner des représailles de cette divinité ». Aujourd'hui, si en Occident, la "Pachamama" est popularisée par le développement du chamanisme dans les mouvements de développement personnel et par toute une littérature new age amalgamant à l’excès les cultes de différents panthéons, amérindiens ou grecs (Gaïa) par exemple (le best-seller du développement personnel dans les années 1990, Les Quatre Accords toltèques, en est un exemple), dans les Andes, dans le même temps, le culte de "Pachamama" est devenu l’une des références principales des mouvements indigènes, indissociable du combat de défense de la terre, des langues et des cultures. L’opposition historique à des intérêts industriels, souvent américains, explique qu’elle soit également devenue une référence de l’écologie politique. En témoigne la Déclaration universelle des droits de la Terre-Mère, formulée en 2010 par les peuples amérindiens lors de la Conférence mondiale des peuples contre le changement climatique. Le culte rendu aujourd’hui à la Pachamama comprend ainsi une part de « réinvention de la tradition », mais traduit néanmoins pour de nombreux Amérindiens un rapport sincère à la terre. (Source : La Croix, L’étonnant regain de popularité de la Pachamama, divinité inca, Mikael Corre, le 19/11/2019 à 15:01 )
"Que l'Eglise, finalement ait 'baptisé' la Madone indienne est une preuve non seulement de courage mais de profonde humanité et d'amour de la vérité." (19)
Les chants aztèques célébraient l'amour et l'amitié. Les chants et les fleurs symbolisaient du bonheur de Dieu. "Les Indiens comprenaient que la Mère de Dieu, la nouvelle Tonantzin, loin de leur réclamer de nouveaux sacrifices, venait leur apporter le bonheur même de Dieu. C'est l'aspiration profonde de tout un peuple depuis des siècles qu'elle venait combler. Un accomplissement et une transfiguration de toutes les anciens croyances. (20)
Conformément à la demande de la Mère de Dieu, on éleva une grandiose basilique sur la colline du Tepeyac. Partout où les frères franciscains s'installaient, ils construisaient une église, une école et un hôpital. C'était l'amour des pauvres, des plus démunis, des plus faibles qu'ils apportaient dans ce monde où seul comptait la force. Les habitants les appelaient les pauvres de Dieu et préparaient pour les accueillir des voûtes de verdure tandis que le sol était tapissé de fleurs tropicales. Aussitôt, comme partout ailleurs, les frères faisaient jeter à l'eau ou brûler les statues des idoles, avec tous leurs ornements en or. Aux franciscains allaient bientôt se joindre des dominicains et des augustins. (21) Les Franciscains arrivèrent à Hispaniola (Saint-Domingue) dès la fin du XVe siècle. Les Dominicains y envoyèrent une mission de quatre religieux en 1510. En 1526, un contingent de frères mineurs dit des "Douze Apôtres" toucha le Mexique en mai 1524, et en juin 1526, une autre mission de dominicains, eux aussi au nombre de douze, arriva à Tenochtilan-Mexico. La décision de doter cette région d'un évêque ne fut prise que l'année suivante, et l'érection du diocèse devint effective en 1530. (22)
"Les religieux furent aussi les premiers, et longtemps les seuls à s'intéresser au passé indigène, à son histoire, à l'organisation et à la rationalité de son fonctionnement, au monde de ses croyances. [...] [I]l n'est que de voir l'intérêt témoigné aujourd'hui pour leur oeuvre par les linguistes, les anthropologues et les ethno-historiens pour en saisir tout l'intérêt et surtout la nouveauté dans l'histoire de la pensée européenne." (23)
Tout au cours des âges, d'innombrables et éclatants miracles témoignèrent de l'inépuisable bonté de Notre-Dame de Guadalupe.
Une liste incroyable de miracles, de remèdes et d'interventions lui est attribuée. Chaque année, on estime que 10 millions de personnes visitent sa basilique, faisant de sa ville de Mexico le sanctuaire marial le plus populaire au monde et l’église catholique la plus visitée au monde après le Vatican. (24)
La Vierge de Guadalupe, Colline de Tepeyac, Mexico
Un très beau montage video réalisé par FFSP Bordeaux présente les miracles de Notre-Dame de Guadalupe. Miracles que les scientifiques, malgré toute la puissance de la science au XXIe siècle, n'expliquent pas.
Extraits :
"Comme signe miraculeux, alors que nous sommes en hiver, la Vierge Marie fait pousser des roses de Castille sur la colline et lui demande de les cueillir.
— «Toutes ces fleurs seront le signe que tu porteras à l'évêque..., lui dit-elle !». Juan conserva les roses dans son tilma (sorte de poncho), puis alla voir l'évêque.
"Lorsqu'ils déplia son tilma devant l'évêque, les fleurs tombèrent par terre... et l'image miraculeuse de la Vierge apparut sur le tissu.
"Tous tombent à genoux pour contempler cette image venant du Ciel.
"Juan revoit son oncle, maintenant guéri. Celui-ci lui annonce avoir vu la même Dame au moment de sa guérison. La Vierge lui demande alors d'être appelée 'La Parfaite Vierge, Sainte Marie de Guadalupe.'
"En Espagne, le sanctuaire de Guadalupe était l'un des plus vieux du monde catholique; c'était un lieu de pèlerinage très populaire durant les années de conquête. Mais l'origine du nom 'Guadalupe' a toujours été matière à controverse. Il y a néanmoins une croyance qui veut que ce nom fut retenu en raison de la traduction des paroles de la Vierge à l'oncle de Juan Diego... du nahualt (langage employé au Mexique) à l'espagnol. La croyance veut que la Vierge employa le mot aztèque nahualt 'coatlaxopeuh' qui se prononce : 'quatlasupe'... et dont le son ressemble étrangement au mot espagnol 'Guadalupe'. 'Coa' veut dire serpent, 'tla' étant une syllabe accrochée à coa et voulant dire 'le'... alors que 'xopeuh' veut dire écraser ou piétiner. Notre-Dame a voulu se nommer 'celle qui écrase le serpent'.
"Grâce à l'image sainte de la Vierge, les pèlerins affluent rapidement à Tepeyac. De 1531 à 1541, neuf millions d'Indiens se convertissent à la foi catholique! Le visage de Notre Dame de Guadalupe est un mélange des races indienne et espagnole. La ceinture à double pan et la large robe désignent une femme enceinte. La robe est rose ornée de motifs indigènes et d'une cape bleue étoilée d'où sortent des rayons de lumière.
"Les éléments de cette image ont de nombreuses autres significations !
"L'image mesure 1,43 m depuis la tête jusqu'aux pieds. Toutes les proportions du corps humain y sont conservées à la perfection. Le visage est parfaitement ovale; les traits des yeux, du nez et de la bouche sont parfaits. On reconnait la Vierge de l'Apocalypse : "Elle reçut les deux ailes du grand aigle pour s'envoler au désert" (Ap 12,1-14)
"Malgré une étoffe de qualité inférieure, l'humidité de la région, et la vénération directe du public durant 116 ans sans aucune protection..., la conservation des couleurs est la même depuis près de 500 ans.
"Un orfèvre chargé de nettoyer le cadre de l'image en 1791, laisse tomber... une goutte d'acide citrique sur l'image. Cet acide corrode le cuivre et l'acier. Mais l'image n'a pas été transpercée et les traces de la réaction chimique s'effacent peu à peu depuis ce temps...
"En 1921, durant les persécutions, on fait exploser une bombe dans la basilique pour se débarrasser de l'image. L'explosion détruisit le marbre de l'autel, mais la vitre protégeant l'image ne fut même pas fêlée.
Notre-Dame de Guadalupe : le tilma en fibres de cactus est intact après 500 ans. Pigments colorés du tilma inconnus.
Les informations sensationnelles annonçant que l'image n'adhérerait pas à la toile, mais flotterait devant elle à quelques centièmes de millimètres de distance; le médecin qui aurait posé son stéthoscope sur le ventre de la Vierge dans cette image et constaté un battement correspondant à celui du coeur d'un bébé prêt de naître; la température du tissu qui serait celle d'un corps humain vivant, sont des fausses informations selon le Père François Brune qui rapporte que lors de son voyage à Mexico, "aucun des chercheurs" qu'il a rencontrés "n'a confirmé ces 'découvertes'. Ils [...] ont au contraire mis nettement en garde contre ces amateurs de sensations." (25)
Les conditions d'impression de l'image sur le tissu sont absolument incompréhensibles. La toile ne comporte aucun apprêt, de colle à poisson ou de poudre de craie comme il est d'usage pour toute peinture.
Il est impossible qu'elle ait été peinte : les couleurs utilisées ne sont ni d'origine minérale, ni végétale, ni animale. Il n'y a aucune trace de pinceau. Deux fibres colorées prises dans l'image ont été analysées en 1936 par un prix Nobel de Chimie. Sa conclusion est formelle : il n'y a pas de colorants d'origine minérale, végétale ou animale. (26)
Le poncho en fibre de cactus aurait dû tomber en poussières en moins de 20 ans. Or, il est toujours en parfait état depuis bientôt 500 ans ! Avec le temps, l'humidité s'évapore et la peinture commence à se craqueler.
"Plus on s'éloigne de l'image, plus les détails sont clairs et plus elle paraît grande. Par exemple, les étoiles de la robe se voient à peine lorsqu'on regarde l'image de près; de loin, elles sont éblouissantes.
"Même si les paupières de la Vierge sont baissées, ses yeux ne sont pas complètement fermés.
"De nombreuses observations scientifiques au cours du XXe siècle nous ont permis de découvrir le reflet de... personnages dans les yeux de la Vierge sur le Tilma. En agrandissant deux mille fois les yeux, on aperçoit treize personnes très distinctement. Ces images représentent l'hypothèse selon laquelle la Vierge Marie aurait été corporellement présente dans la pièce, mais invisible aux yeux des hommes. Dans ses yeux se reflètent tous les assistants à la scène qui sont dans son champ de vision. Les reflets donnent une impression de profondeur qui était totalement impossible à peindre en 1531 !!! Nul peintre n'aurait pu respecter les lois d'optique à la perfection. De plus, ces lois ne furent découvertes que trois siècles plus tard.
"Lorsqu'on envoie un rayon lumineux de différentes façons dans l'un des yeux, celui-ci reflète la lumière exactement comme le ferait un oeil physique... comme si l'oeil imprimé était matériel !!!
Des recherches ont abouti à des constatations fantastiques. Les planétariums actuels reconstituent le ciel tel qu'il était en n'importe quel point du globe et à n'importe quelle époque. "Il y a quelques années, l'astronome Armando Garcia a calculé la carte du ciel du solstice d'hiver de cette année-là du 12 décembre 1531, à 10h40, heure de Mexico. Puis, il a projeté cette carte sur la manteau bleu de la Vierge Marie. Les résultats sont miraculeux. Toutes les principales étoiles des constellations se superposent avec celles de son manteau. Voici la carte du ciel superposée sur l'image entière de la Vierge. La constellation brillante aux pieds de la Vierge est Orion (planétarium Spitz Junior, construit par Armonic Reed Corporation, observatoire Laplace de Mexico) :
Notre-Dame de Guadalupe : carte du ciel le 12 décembre 1531 à 10h40.
Quantité d'autres observations durent faites par les astronomes. Ils utilisèrent aussi le planisphère Bravo et celui d'Accu Star et un autre réalisé par la marine des États-unis.
D'après le récit du Nican Mopohu, c'est à peu près à ce moment-là que Juan Diego a développé son manteau devant l'évêque Zumarraga, en laissant rouler à terre toutes les fleurs.
L'astronome Daniel Flores Guttierrez, astronome UNAM, a expliqué pour une émission KTO (un peu plus loin ci-dessous) que les étoiles sur le manteau de la Vierge représentent exactement la voûte céleste au jour du miracle, mais vu de l'espace et non de la terre, le 12 décembre 1531.
Il convient également de noter que le nombre d'étoiles sur le manteau de la Vierge (46), réparties en 23 étoiles à gauche et 23 à droite, correspond au nombre de chromosomes des cellules du corps humain (23 paires). Cette observation suggère une fois de plus que chaque détail du manteau a sa propre raison d'être. Nous pouvons y voir un nouveau symbole par lequel la Vierge veut exprimer que son intervention concerne chaque être humain et appelle toute l'humanité à participer à la civilisation de l'amour. (LaNouvelle Boussole Quotidienne)
Une émission KTO présente l'ensemble des connaissances actuelles sur la Vierge du Mexique, la Vierge de Guadalupe :
Sur la tête de la Mère de Dieu apparaît la Couronne Boréale; sur sa poitrine, à la hauteur de ses mains jointes, le signe de la Vierge; sur son ventre, légèrement arrondi par une grossesse proche de son terme, le signe du Lion, dont l'étoile principale s'appelle Regulus, c'est-à-dire "le petit roi"; à la hauteur des genoux le signe des Gémeaux et, sous les pieds et l'ange soutenant la lune, le géant Orion. Nous avons donc deux symboles exprimant la même idée de la naissance du maître du monde.
Sur le côté gauche de la cape (à droite pour nous observateurs), on voit les constellations du sud, quatre étoiles qui font partie de la constellation du Verseau (les constellations du Nord figurent sur le côté droit de son manteau, à gauche pour nous); les étoiles à l'Est se trouvent sur le haut de l'Image et celles à l'Ouest sur la partie inférieure.
Au-dessous, on observe la constellation de la Balance et à la droite une des étoiles du Scorpion. À hauteur du bras on remarque deux étoiles de la constellation du Loup, et à l'extrême celle de l'Hydre. Vers le bas on observe le carré légèrement incliné du Sagittaire. Et on observe parfaitement la Croix du Sud. Dans la partie inférieure, solitaire, resplendit Sirius. Du côté droit de la cape, on note la présence des constellations du Nord. Sur l'épaule de Marie, on peut voir un fragment de la constellation du Bouvier. En suivant vers le bas, on voit parfaitement la constellation de la Grande Ourse et l'entourant à droite la constellation de la Chevelure de Bérénice, et en dessous celle du Lièvre. À gauche, Thuban, qui est l'étoile la plus brillante de la constellation du Dragon. En-dessous deux autres étoiles faisant partie de la Grande Ourse, et un peu plus bas trois étoiles de la constellation du Taureau.
Le nombre d'or. Les grands artistes construisent leurs oeuvres selon des lignes géométriques qui échappent au regard mais qui sont sous-jacentes à la composition, mettant en valeur tel ou tel détail particulièrement signifiant. On retrouve ce nombre dans l'organisation de la matière, la disposition des atomes dans les divers composés chimiques, dans la forme des cristaux de différents minéraux. Ce nombre d'or, inscrit au coeur de toute harmonie est lui aussi miraculeusement inscrit dans les dimensions de l'Image, avec une partie manquante au haut de la toile.
Juan Diego vécut en ermite dans une hutte près de la chapelle où l'image miraculeuse fut placée. Les documents de l'époque montrent qu'une de ses fonctions fut de raconter inlassablement les apparitions à tous les pèlerins qui venaient sur sa colline.
Il mourut, à 74 ans, un 9 décembre. Exactement 17 ans après la première apparition. L'évêque de Mexico meurt à 73 ans, le 12 décembre de la même année. Exactement 17 ans après le miracle des roses et de l'apparition de l'image.
Les apparitions de Notre-Dame de Guadalupe ont joué un rôle capital dans la formation du Mexique. Le rôle de la Guadalupe pendant la lutte pour l'indépendance en est une illustration éclatante. Son rôle est certainement appelé encore à se développer en un siècle d'incroyance et de sécularisme. Aujourd'hui, cette image miraculeuse est appelée à jouer un rôle véritablement universel.
En janvier 1737, une épidémie de peste désolait la ville de Mexico. Les autorités religieuses et civiles eurent l'idée de demander l'aide de la Vierge de Guadalupe. Le clergé refusa d'abord de s'adresser à Notre-Dame de Guadalupe; il cherchait plutôt à acclimater parmi les Indiens le culte des Vierges espagnoles auxquelles il était habitué. Cependant, les Indiens, eux, se sentaient davantage attirés par la Vierge de Guadalupe. Au cours du XVIIe et du XVIIIe siècle, son culte s'était tellement développé parmi les Indiens et les métis qu'il était devenu, de fait, la manifestation religieuse la plus importante du Mexique. Mais pour les autorités civiles, c'était un peu comme détrôner leur propre Vierge pour introniser à sa place celle des Indiens (rebeca Lopez Mora, Guadalupe de mexico, el fin de una epidemia y el inicio de un reinado, Historica, Coleccion V.) Beaucoup fuyaient la capitale et allaient s'établir sur les hauteurs de la Guadalupe. Leurs maisons étaient bientôt si nombreuses qu'elles réunissaient les deux agglomérations. Or, parmi ses habitants, on ne déplorait aucun décès dû à l'épidémie, ce qui démontrait le pouvoir de protection de l'image miraculeuse. [...] Des neuvaines étaient célébrées et l'image miraculeuse allait de paroisse en paroisse.
Le chapitre de la cathédrale entreprit alors les démarches pour que la Vierge de Guadalupe soit reconnue comme Patronne principale de la ville de Mexico. Un édit royal autorisa cette reconnaissance le 27 avril 1737, soit 206 ans après l'apparition. Peu à peu, les autres cités du Mexique adoptèrent aussi la Vierge de Guadalupe comme Patronne et protectrice (1746). (27)
Benoît XIV proclame Notre-Dame de Guadalupe Patronne du Mexique le 25 avril 1754, en citant à son sujet le Psaume 147,20 : "Il (Dieu) n'en a fait autant pour aucune nation"; phrase aujourd'hui célèbre dans tout le Mexique.
En 1810, durant la guerre du Mexique pour l'Indépendance contre l'Espagne, son image précéda les Insurgés dans la bataille. (Niceto de ZAMACOIS, Historia de Mexico, Barcelona-Mexico, 1878-1882, VI, 253, cité inEric R. WOLF, The Virgin of Guadalupe : A Mexican national symbol, p. 64 ). La bannière de la Guadalupe mène les insurgés ; et leur cause est appelée "sa loi." (Luis GONZALEZ y GONZALEZ, El Optimismo nacionalista como factor en la independancia de Mexico, Estudios de historiografia americana, Mexico 1948, p. 194, cité inEric R. WOLF, The Virgin of Guadalupe : A Mexican national symbol, p. 68 ). Le Père Miguel Hidalgo y Costilla rejoignit les premiers groupes révolutionnaires en s'emparant de l'image de la Guadalupe pour en faire la bannière des Insurgés. "L'intuition de Hidalgo", écrit l'historien D. Luis Castillo Ledon, "d'adopter la Vierge de Guadalupe comme drapeau de l'armée libératrice, était, sans aucun doute, une grande pensée politique. Comme le mouvement qu'il venait de lancer devait s'appuyer sur les masses indigènes et métisses, il comprit que la seule idée de liberté était un peu abstraite pour entraîner les foules. Il fallait l'unir à la religion et adopter un symbole qui représentât, à la fois, les croyances de la multitude et le sentiment national." (28) Détail révélateur : à la fin de la guerre, le traité de paix fut appelé très officiellement "Traité de Guadalupe-Hidalgo".
En 1828, le Congrès de Mexico déclarait le 12 décembre, fête nationale.
Le 2 février 1848, c'est à la sacristie de la basilique de la Guadalupe que fut signé le traité de paix mettant fin à la guerre avec les États-Unis, et le traité porte aussi le nom de "traité de Guadalupe".
Le 4 août 1910, la Vierge de Guadalupe est proclamée Patronne de toute l'Amérique latine par Pie X. Pie XI renouvela cette proclamation.
En 1926, le pouvoir mexicain, alors aux mains d’un parti à la fois nationaliste, agrarien, socialiste et anticlérical, mit en œuvre, dans un pays dont l’immense majorité de la population est catholique, une législation s’attaquant à l’Église (nationalisation des lieux de culte et des biens ecclésiastiques, laïcisation forcée des écoles, interdiction du droit de vote et du droit d’être élu pour les membres du clergé, prohibition de l’habit ecclésiastique, expulsion des congrégations enseignantes, interdiction des organisations professionnelles catholiques, obligation pour les prêtres d’aller pointer dans les commissariats…) L’épiscopat se résout à suspendre le culte, sur tout le territoire mexicain, jusqu’à l’abrogation des lois antireligieuses. Mais les paysans, privés de messe et de curé, ne l’entendirent pas ainsi. Ils prirent les armes, quand ils en avaient, ou s’emparèrent de celles de l’armée gouvernementale. L’insurrection finira par toucher la moitié du pays, 50.000 hommes composèrent l’armée des Cristeros, sous le commandement du général Enrique Gorostieta Velarde et de prêtres. L’affrontement dura trois ans dans sa phase aiguë, mais se poursuivit de façon sporadique au cours des années 1930, laissant un bilan final de 250.000 victimes dans les deux camps. C’est une guerre qui, comme tous les conflits, possède ses coulisses géopolitiques et diplomatiques, de Washington – où les États-Unis veillent à la sécurité de leurs concessions pétrolières au Mexique – à Rome – où le pape souffre pour ses fidèles Cristeros mais, à la poursuite des combats, préfère un compromis permettant de rouvrir les églises. Les mexicains se battaient, derrière leurs drapeaux frappés de l’image de la Vierge de Guadalupe au cri de ¡Viva Cristo Rey! ("Vive le Christ Roi !"). (Jean Sévillia, Boulevard Voltaire, 12 mai 2014)
À partir de 1926, les autorités ecclésiastiques se préoccupèrent de conserver le cadre originel des apparitions. En raison des circonstances politiques, elles décidèrent de tenir secret le lieu exact où reposait la dépouille de Juan Diego. On peut cependant affirmer qu'elle se trouve dans les murs de la chapelle des Indiens ainsi que celle de Juan Bernardino.
En 1932, le gouvernement socialiste mexicain essaya d'interdire les pèlerinages. Les miracles dérangent ! Tout cela en vain : le régime mexicain a changé, le communisme a disparu.
Le 10 décembre 1933, Pie XI procédait solennellement à Rome au couronnement de l'image de la Guadalupe. Pie XII, Paul VI rendirent également hommage à la Vierge de Tepeyac.
Durant les terribles séismes de 1985, beaucoup vinrent se réfugier pour un temps au pied de la colline comme l'avaient fait les habitants en 1737.
"Béatifié le 6 mai 1990, Juan Diego est canonisé le 31 juillet 2002 par le pape Jean-Paul II. Saint Juan Diego est fêté le 9 décembre.
Depuis l'apparition, cinq basiliques se sont succédées sur la colline de Tepeyac.
"Dernier événement majeur sur la colline de Tepeyac... : le 24 avril 2007 à la basilique Notre-Dame de Guadalupe à Mexico, après la décision du conseil municipal de cette ville de légaliser l'avortement jusque-là interdit, un nouveau miracle est survenu. À la fin de la messe offerte pour les enfants avortés non-nés, l'assistance de la basilique se demandait ce qu'attendait d'elle la Très Sainte Vierge de Guadalupe. Tandis que beaucoup de fidèles prenaient des photographies de l'ayate de Tepeyac exposé et vénéré dans la Basilique, l'image de la Vierge a commencé à s'effacer pour donner place à une lumière intense qui émanait de son ventre, constituant un halo brillant ayant la forme d'un embryon.
"Avec un cadrage et un grossissement important il est possible d'apprécier la position de la lumière qui provient réellement du ventre de l'image de la Sainte Vierge et n'est ni un reflet, un artefact. L'ingénieur Luis Girault qui a étudié l'image ainsi réalisée a confirmé l'authenticité du négatif et a pu préciser qu'il n'avait été ni modifié ni altéré, par superposition d'une autre image par exemple. Il a découvert que l'image ne provient d'aucun reflet, mais sort littéralement de l'intérieur de l'image de la Vierge."
Le site accueille aujourd'hui 20 millions de pèlerins chaque année. C'est aujourd'hui le plus grand centre de pèlerinage catholique au monde.
La dévotion qui s'étendit à l'Amérique du Nord, Etats-Unis et Canada, commence maintenant à atteindre l'Europe.
La "Guadalupana" est la patronne du Mexique, de l'Amérique latine et de toute l'Amérique, des Philippines, des peuples indigènes et des enfants à naître. (29)
Notes
(1) Document le plus ancien narrant les événements, aujourd'hui reconnu comme étant l'oeuvre d'Antonio Valeriano, un Indien cultivé qui enseignait alors au collège franciscain Santa Cruz de Tlatelolco.
(3) François BRUNE, La Vierge du Mexique, ou le miracle le plus spectaculaire de Marie, Le Jardin des Livres, Référence, Paris 2008, p. 114-115.
(4) François Brune, José Aste TÖNSMAN, Le Dernier miracle de la Vierge du Mexique, le Secret des Yeux, Editions du temps présent, Collection Mutation, Agnières 2011, p. 19-22.
(5) Missel du Dimanche 2020, Nouvelle traduction liturgique, Année A, Artège Bayard Éditions, p. 89.
(6) Le Père M.R. Sanchez signale en note que cette insistance sur la nuit finissante et l'aube qui pointe signifie très clairement, dans la culture pré-hispanique, le commencement de toute choses, le salut de la civilisation, le début de quelque chose de très important pour le monde entier. On retrouverait le même symbole dans d'autres cultures, à commencer par le christianisme lui-même.
(7) La littérature ancienne nous apprend que la fondation des cités comportait toujours des chants.
(8) Littéralement "Maître du voisinage et de l'immédiateté", traduit parfois "maître du voisinage immédiat". L'idée semble Bien celle de la proximité de Dieu auprès de chacun. La mère de dieu reprend ici les termes mêmes qui étaient employés pour désigner une divinité, sans nom propre, en l'honneur de laquelle le roi de Texcoco avait érigé une tour sans statue. La Vierge marque bien ainsi que le vrai Dieu ne vient pas pour détruire mais pour réaliser ce que les Aztèques avaient pressenti. Le Père François Brune indique qu'il emprunte ces renseignements précieux au Frère Bruno Bonnet-Eymard, "La Vierge Marie au Mexique", La Contre-Réforme catholique au XXe siècle, supplément de septembre 1980, nouvelle édition en 1981, p. 3 ; "L'Étoile Notre-Dame", n° 55 de janvier 1998 ; Le Journal de la Confrérie de Notre-Dame de France, n°28, 1997.
(9) Dans son ouvrage, le P. François Brune signale que "le frère Bruno B.-E. nous précise que le terme employé ici est un diminutif du terme utilisé normalement pour désigner les deux temples qui se trouvaient au sommet du Grand temple de Mexico. La Mère de Dieu n'en demande pas tant."
(10) Les Indiens connaissaient déjà des divinités qui se présentaient comme « Mère de Dieu » ou « Mère des dieux » ou encore « Notre Mère ». Elles étaient vénérées pour elles-mêmes. La Vierge Marie, elle, ne fait que renvoyer vers le Créateur.
(11) L'appel à l'unité et l'harmonie entre les diverses ethnies composant le pays et ici extrêmement fort. Le Père François Brune y voit volontiers, « tant l'expression nahualt semble forte, une allusion à l'unité de toute l'humanité conçue comme un seul et unique être à l'image de la Sainte Trinité », la diversité dans l'unité.
(12) P. François BRUNE, La Vierge du Mexique, ou le miracle le plus spectaculaire de Marie, Le Jardin des Livres, Référence, Paris 2008, p. 123.
(13) P. François BRUNE, La Vierge du Mexique, ou le miracle le plus spectaculaire de Marie, Le Jardin des Livres, Référence, Paris 2008, p. 233-234.
(14) L'Eglise en procès, La Réponse des historiens, sous la direction de Jean SÉVILLIA, Tallandier, Le Figaro, Paris 2019, p. 223-224.
(15) Bernard LAVALLÉ, Au nom des Indiens, Une Histoire de l'évangélistion de l'Amérique espagnole, Paris, Payot 2014.
(16) François BRUNE, La Vierge du Mexique, ou le miracle le plus spectaculaire de Marie, Le Jardin des Livres, Référence, Paris 2008, p. 90-91.
(17) François BRUNE, La Vierge du Mexique, ou le miracle le plus spectaculaire de Marie, Le Jardin des Livres, Référence, Paris 2008, p. 92.
(18) François BRUNE, La Vierge du Mexique, ou le miracle le plus spectaculaire de Marie, Le Jardin des Livres, Référence, Paris 2008, p. 98-99.
(19) François BRUNE, La Vierge du Mexique, ou le miracle le plus spectaculaire de Marie, Le Jardin des Livres, Référence, Paris 2008, p. 205-207; 224.
(20) François BRUNE, La Vierge du Mexique, ou le miracle le plus spectaculaire de Marie, Le Jardin des Livres, Référence, Paris 2008, p. 131-132.
(21) François BRUNE, La Vierge du Mexique, ou le miracle le plus spectaculaire de Marie, Le Jardin des Livres, Référence, Paris 2008, p. 102-103.
(22) Bernard LAVALLÉ, Au nom des Indiens, Une Histoire de l'évangélistion de l'Amérique espagnole, Payot, Paris, 2014, p. 67.
(25) François BRUNE, José Aste TÖNSMAN, Le Dernier miracle de la Vierge du Mexique, le Secret des Yeux, Editions du temps présent, Collection Mutation, Agnières 2011, p. 30-31.
(26) François BRUNE, José Aste Tönsman, Le Dernier miracle de la Vierge du Mexique, le Secret des Yeux, ibid., p. 39.
(27) François BRUNE, La Vierge du Mexique, ou le miracle le plus spectaculaire de Marie, Le Jardin des Livres, Référence, Paris 2008, p. 111 et p. 138.
(28) D. Luis CASTILLO LEDON, cité dans François BRUNE, La Vierge du Mexique, ou le miracle le plus spectaculaire de Marie, Le Jardin des Livres, Référence, Paris 2008, p. 138.
(29) https://www.kath.net/news/83280
Sources générales : (1) L'Évangile au quotidien ; (2) François Brune, La Vierge du Mexique, ou le miracle le plus spectaculaire de Marie, Le Jardin des Livres, Référence, Paris 2008; (3) François BRUNE, José Aste TÖNSMAN, Le Dernier miracle de la Vierge du Mexique, le Secret des Yeux, Editions du temps présent, Collection Mutation, Agnières 2011; (4) L'Église en procès, La Réponse des historiens, sous la direction de Jean SÉVILLIA, Tallandier, Le Figaro, Paris 2019, p. 223-224; (5) Missel du Dimanche 2020, Nouvelle traduction liturgique, Année A, Artège Bayard Éditions, p. 89; (6) In Defense Of The Cross.
"Dirigée contre le christianisme, la laïcité scie la branche sur laquelle elle se trouve elle-même assise", écrit fort justement Benoit Dumoulin, professeur d'histoire des idées politiques à l’Institut catholique de Paris pour Le Figaro, hier.
«Dirigée contre le christianisme, la laïcité scie la branche sur laquelle elle se trouve elle-même assise»
FIGAROVOX - L’arrivée de Noël signifie le retour des différentes polémiques sur l’installation de crèches dans les bâtiments publics. Pour Benoit Dumoulin, enseignant en histoire, la laïcité a été transformée en une idéologie, au lieu de garantir la paix civile.
Benoît Dumoulin enseigne l’histoire des idées politiques à l’Institut catholique de Paris.
Alors que nous célébrons le 120e anniversaire de la loi du 9 décembre 1905, nous assistons depuis quelques décennies à une véritable offensive des partisans d’une laïcité sectaire qui confine au laïcisme : recours systématiques contre l’installation de crèches de Noël dans les mairies de la part de la Ligue des Droits de l’Homme ou de la Fédération de la Libre pensée, volonté d’éradiquer le patrimoine chrétien de l’espace public (recours juridictionnels contre la statue de la Vierge Marie sur l’île de Ré, de saint Michel aux Sables-d’Olonne, ou de saint Louis à Bourbon-Lancy), invisibilisation des marqueurs culturels chrétiens de notre calendrier et remplacement de Noël par l’expression vide de sens de « fêtes de fin d’année », volonté de rallumer la guerre scolaire en remettant en question le caractère propre de l’enseignement catholique sous contrat d’association avec l’État.
Cette prétention totalitaire à vouloir effacer notre mémoire commune - qui rappelle furieusement le précédent révolutionnaire de 1793 avec l’instauration du calendrier républicain - est un détournement du principe de laïcité qui vide la société de toute dimension religieuse : « La dérive à laquelle on assiste expliquait l’historien Jean Baubérot dans les colonnes de Libération il y a quelques années, consiste à faire glisser l’obligation de neutralité de l’État vers la société elle-même ». Or, cette vision est doublement problématique : d’abord, elle dépossède les citoyens de leur propre passé. Ensuite, elle crée un vide culturel que viennent remplir, chacun à leur manière, l’islamisme et les idéologies séculières.
La visibilité de l’islam dans l’espace public devient le prétexte tout trouvé pour réactiver une laïcité de combat qui, à vrai dire, a toujours cohabité dans notre pays avec une laïcité raisonnable puisqu’on trouve la trace de cet affrontement dans les dispositions de la loi de 1905. Si l’article 1er relève d’une volonté d’apaisement en proclamant la liberté de conscience et de culte, l’article 28, en revanche, interdit tout symbole religieux sur des emprises publiques à l’exception des églises, musées ou cimetières. C’est sur ce fondement que sont introduits les recours contentieux actuels contre les statues des saints, les calvaires ou les crèches érigés dans l’espace public après 1905. Il y a quelques années, le sénateur LR Stéphane Le Rudulier a voulu modifier – en vain - cet article afin de faire obstacle à la jurisprudence du Conseil d’État sur les crèches de Noël. Quelques mois plus tard, il a proposé d’introduire les racines judéo-chrétiennes à l’article 1er de la constitution afin de sanctuariser notre culture commune et justifier la place de choix qu’elle occupe dans notre patrimoine matériel et immatériel.
"Le christianisme qui a fondé la distinction des ordres spirituels et temporels, chacun d’eux fonctionnant selon leurs règles propres avec des dirigeants distincts." Benoit Dumoulin
En étant dirigé contre le christianisme, la laïcité fait fausse route car elle scie la branche où elle-même se trouve assise. En effet, c’est le christianisme qui a fondé la distinction des ordres spirituels et temporels, chacun d’eux fonctionnant selon leurs règles propres avec des dirigeants distincts. Par sa réflexion sur l’autonomie de la raison et sa capacité à connaître des vérités naturelles sans le secours de la foi, Thomas d’Aquin a fondé, au XIIIe siècle, la possibilité théorique d’un espace commun qui ne fait pas appel aux arguments d’autorité mais repose sur une loi naturelle mutuellement partagée entre les hommes et que la foi chrétienne ne fait que conforter dans l’ordre de la grâce. Cette autonomie des réalités temporelles – qui n’est jamais une indépendance totale - estle propre du christianisme.
De plus, la laïcité se retourne contre l’objectif qu’elle est censée servir quand elle se mue en idéologie puisque au lieu de garantir la paix civile, elle devient source de tensions. Certains voudraient qu’elle devienne le fondement ultime d’une société atomisée et multiculturaliste, en proie à la sécession et au séparatisme, sous le poids conjoint d’un islamisme conquérant et d’une culture française déconstruite. Mais la laïcité est impuissante à fédérer une nation car elle ne comporte pas de dimension substantielle à l’image d’une culture commune. Elle constitue, par essence, un exercice de soustraction en ce qu’elle consiste à retrancher le religieux d’un espace commun afin qu’il puisse être l’apanage de tous, quelles que soient les convictions religieuses de chacun. [Or la politique chrétienne qui vise le bien commun, c'est l'art de l'addition, pas de la soustraction. Ndlr.]
Fruit de compromis fragiles, la laïcité doit rester une praxis fondée sur un jugement prudentiel qui vise le bien commun ; elle est un moyen et non une fin, sans quoi elle risquerait de devenir « une vertu chrétienne devenue folle » pour reprendre l’expression de Chesterton. Car, si elle peut constituer, dans certains cas, une zone tampon qui garantit la paix civile entre plusieurs antagonismes religieux, elle s’éloigne de son fondement quand elle se mue en idéologie pour devenir à elle-même sa propre justification. Et, in fine, elle ne peut pas constituer le fondement ultime d’une société qui reste toujours ancrée dans une transcendance religieuse qui dépasse l’homme et le constitue en même temps.
Note du Blog Christ-Roi. Sélection d'un commentaire sous l'article du Figaro:
"'La dérive à laquelle on assiste expliquait l’historien Jean Baubérot dans les colonnes de Libération il y a quelques années, consiste à faire glisser l’obligation de neutralité de l’État vers la société elle-même'. Or, cette vision est doublement problématique : d’abord, elle dépossède les citoyens de leur propre passé. Ensuite, elle crée un vide culturel que viennent remplir, chacun à leur manière, l’islamisme et les idéologies séculières."
Nous avons besoin d'intellectuels, d'écrivains, de politiques qui, avec leur écrits, soutiendront cette vérité, qui finira par influencer le législateur. Merci aux Maires de nos ville qui, sur le terrain, notamment pour les crèches, avec le bon sens du terrain, respectent les valeurs des citoyens.
Daniel le Stylite, né à Marathe près de Samosate en Syrie (Turquie actuelle) en 410, mort en 493, fut moine, et rencontra Siméon l'Ancien, dit le Stylite (v.390-v.459), qui vivait au sommet d'une colonne et qu'il prit pour modèle.
Parvenu aux abords de la ville impériale, dans un endroit appelé Anaple, Daniel se retira d'abord pendant sept jours dans une chapelle de Saint-Michel l'Archange pour y prier; puis, à l'exemple des vaillants héros de la Foi: Antoine, Paul et tant d'autres, il pénétra avec audace dans un temple païen infesté de démons qui maltraitaient beaucoup de voyageurs, revêtu de l'armure de Dieu, du bouclier de la Foi et du glaive de la Prière (voir Ephésiens 6:14). Indifférent aux cris sauvages qui perçaient le silence de la nuit et aux jets de grosses pierres, l'athlète du Christ persévéra dans la Prière, nuits et jours, et mit en fuite les esprits impurs par le feu de la vivifiante Croix. Enfermé dans ce temple, il ne communiquait avec les visiteurs, qui affluèrent bientôt attirés par sa réputation, que par une étroite ouverture.
Neuf années plus tard, âgé de 51 ans, Daniel tomba un jour en extase et vit Saint Syméon le Stylite debout devant lui, au sommet d'une immense colonne de nuée près de Constantinople, entouré de deux hommes à l'apparence lumineuse qui, sur l'ordre du vieillard, vinrent prendre Daniel pour l'amener auprès de lui. Celui-ci l'embrassa paternellement et disparut dans le Ciel, en laissant son fils spirituel sur la colonne, en compagnie des deux Anges.
Daniel résolut de vivre lui-même au sommet d'une colonne et y resta plus trente-trois ans et trois mois, dans la méditation et la prière, sans se laisser briser par la violence du froid, de la chaleur ou des vents. Il exhortait les fidèles qui venaient à ses pieds et laissait monter ceux qui voulaient lui parler.
Il exerça une grande influence dans la capitale de l'Empire d'Orient, y compris auprès des empereurs, et fut en théologie un adversaire du monophysisme.
Canonisé par les églises chalcédoniennes, il est fêté le 11 décembre.
Il exhortait les fidèles qui venaient à ses pieds et laissait monter ceux qui voulaient lui parler.
Père de famille, ancien courtisan du roi d’AustrasieThéodebert (VIIe siècle) il était leude de la Cour de Metz (haute aristocratie).
Tous ses biens furent confisqués par la reine Brunehaut. (1)
Revenu à la Cour, il resta convaincu de l’instabilité des valeurs humaines, et fut convertit à la vie monastique par Amé, disciple de Colomban, venu de Grenoble.
Devenu moine à Luxeuil, dans les Vosges, il fonda avec lui à Saint-Mont un monastère double (moines au bas de la montagne, religieuses au sommet, monastère fondé par deux de ses filles) qui s’appellera Romarici Mons (Abbaye du Saint-Mont), sur le site de l’actuel canton de Remiremont. C’est là qu'il mourra en 653 avant d’être canonisé.
Sources : Missel des dimanches 2025, Cerf, Édition collective es Éditeurs de liturgie, p. 114; 2; 3
Le rite ambrosien est l'ancienne tradition liturgique de l'archidiocèse de Milan, en Italie du Nord. C'est l'un des rares rites occidentaux à avoir survécu à la standardisation imposée par le rite romain après le concile de Trente.
Il tire son nom de saint Ambroise, l'éminent évêque de Milan du IVe siècle qui baptisa saint Augustin et influença profondément la foi de toute la région.
Ce rite n'est pas une invention d'Ambroise lui-même (il mourut en 397, bien avant que la plupart de ses textes spécifiques ne soient finalisés), mais il s'est développé organiquement au sein de l'Église qu'il dirigeait et porte encore fièrement son nom.
Dès le Ve siècle au moins, Milan avait conservé sa propre manière de célébrer l'Eucharistie, les autres sacrements, l'Office divin et l'année liturgique.
Tout en reconnaissant l'autorité théologique romaine, la ville a discrètement résisté à l'uniformisation liturgique romaine. Même Charlemagne, qui souhaitait un rite unique pour son empire, n'est pas parvenu à l'abolir, et des siècles plus tard, le pape réformateur saint Grégoire VII (+ 1085) - pape de la réforme grégorienne - déplorait que les Milanais "chantent leurs psaumes comme des fous", sans toutefois pouvoir abolir leurs coutumes.
Ce n'est qu'au XXe siècle, après Vatican II, que le rite a intégré certaines influences romaines, tout en conservant son identité profonde.
Un visiteur assistant à une messe dominicale de rite ambrosien au Duomo de Milan ou dans d'anciennes basiliques comme Sant'Ambrogio remarque immédiatement des différences. Les rites préparatoires au pied de l'autel sont plus longs et plus élaborés, l'ordre des lectures est souvent différent (certains dimanches, l'épître et l'évangile sont intervertis), et le Credo est chanté chaque dimanche, et non seulement lors des solennités. La prière eucharistique ne fait pas partie des canons romains habituels, mais constitue une anaphore unique qui fait écho à des formes très anciennes. Le signe de paix est donné avant l'offertoire et non après le Notre Père, et la fraction du pain est accompagnée d'une cérémonie solennelle avec des fragments d'hosties consacrées, apportés de la messe du dimanche précédent, soulignant ainsi la continuité entre les deux eucharisties.
L'année liturgique milanaise suit également son propre cours. L'Avent y compte six dimanches au lieu de quatre, une tradition antérieure à l'Avent romain et qui a jadis influencé une grande partie de l'Europe. Le Carême commence le dimanche qui, à Rome, est encore la Septuagésime ; le Carnaval ambrosien se termine donc quatre jours plus tard que le Carnaval romain, ce qui explique les fameuses festivités nocturnes milanaises du "sabato grasso". Les Rogations, les Quatre-Temps et de nombreuses fêtes mineures sont célébrés séparément, et le lectionnaire conserve des lectures et des chants disparus ailleurs depuis des siècles.
Musicalement et cérémonialement, le rite est plus riche à certains égards et plus austère à d'autres. Le chant ambrosien, bien que moins connu que le chant grégorien, possède son propre système modal et un vaste répertoire de mélodies, dont certaines remontent peut-être à l'époque d'Ambroise lui-même. Les vêtements liturgiques, l'encens, l'usage de la férule (bâton pastoral) au lieu de la crosse certains jours, et le rôle prépondérant des diacres confèrent à la célébration une saveur légèrement byzantine qui nous rappelle que Milan, et non Rome, était la capitale impériale d'Occident au IVe siècle.
Aujourd'hui, le rite ambrosien est célébré dans la plupart des paroisses de l'archidiocèse de Milan (à quelques exceptions près ayant demandé le rite romain) et dans certaines régions limitrophes de Suisse et d'Italie. Il témoigne de la diversité légitime que le catholicisme de rite latin a connue et affirme avec force, discrètement mais fermement, que Rome, malgré sa primauté, n'est jamais parvenue à uniformiser la liturgie de l'Église.
Dans la cathédrale de Milan, lorsque l'archevêque récite les prières anciennes selon les mêmes formules que ses prédécesseurs depuis plus de mille cinq cents ans, le rite ambrosien continue de proclamer que fidélité et tradition locale peuvent coexister harmonieusement.
Pour la première fois depuis près de cinquante ans, le rite ambrosien traditionnel – le rite de l'Église de Milan tel qu'il était avant les réformes postconciliaires – a de nouveau été célébré publiquement dans le temple le plus emblématique de la tradition ambrosienne.
L'événement, qui a eu lieu dimanche dernier, le 15 décembre, dans la basilique Saint-Ambroise, s'inscrit dans le cadre des manifestations de l'année jubilaire proclamée par l'archidiocèse.
Les images spectaculaires ont été prises par Don Elvir Tabakovic et sont disponibles ici.
Les explications détaillées du rite et de la position de l'autel dans la basilique sont disponibles ici, par Gregory DiPippo.
Messe solennelle dans le rite ambrosien, Basilique Saint Ambroise de Milan, le dimanche 15 décembre 2025
C´est à Mirecourt, en Lorraine indépendante, que naquit le 30 novembre 1565, Pierre Fourier, de parents foncièrement chrétiens. Ceux-ci voulurent nommer leurs trois fils, Pierre, Jacques et Jean, "afin qu´autant de fois ils se souviendraient d'eux-mêmes, ils fussent poussés à ne pas se contenter d'une vertu médiocre".
Pierre mit généreusement à profit ces leçons : ferveur dans la prière, obéissance prompte et affectueuse, douceur inaltérable, fuite des plus innocentes familiarités et des moindres mensonges. À quinze ans son père le conduisit à l´Université de Pont-à-Mousson. Son séjour se résume dans cet éloge décerné par ses maîtres : "Ou il prie, ou il étudie."
Pierre Fourier entra ensuite chez les Chanoines Réguliers de Saint-Augustin : il était appelé à travailler à la réforme de cet Ordre alors fort relâché. Après six ans d´études théologiques à Pont-à-Mousson, il rentra au monastère. Sa ferveur fit scandale parmi ses confrères ; il dut se retirer, et accepta la petite paroisse de Mattaincourt, aussi indifférente que dépravée.
Le premier sermon du nouveau curé de Mattaincourt fut si pathétique qu'après quarante ans on s'en souvenait encore. Mais personne ne le retint autant que Pierre Fourier lui-même, pour le réaliser dans sa conduite. Brûlant d'amour pour Dieu et le prochain, il se met à l´œuvre avec un courage et une persévérance qui ne se démentent jamais. Il ménage le temps comme un baume précieux dont il ne faut pas, dit-il perdre une seule goutte à escient.
Attentif au bien des âmes, il l'est aussi à celui des corps : il secourt ses paroissiens dans leurs nécessités, leurs embarras, leurs discordes, leurs intérêts, il leur évite d'avoir à emprunter de l'argent aux usuriers, il crée une caisse mutuelle: la bourse Saint-Èvre.
Il passe des nuits entières auprès des malades.
Un jour il prête à l´un ses couvertures, à l´autre ses draps, à un autre la paillasse et le bois du lit. Un pauvre soldat, auquel, le jour de Pâques, il a donné un repas, lui dit : "Je suis content. Je prie Dieu de bon cœur, pour l´honneur de son Église, que tous les curés vous ressemblent !"
Mais c´est surtout pour les enfants qu'il déploie son affectueuse sollicitude. Il crée pour eux une Congrégation de maîtresses, qui, aux exercices de la vie religieuse, à la clôture même, joignent l'enseignement. Quelques jeunes filles, à la tête desquelles est Alix Le Clerc, forment le noyau de l'Ordre des Chanoinesses de Saint-Augustin Notre-Dame.
On lui doit l'invention du "tableau noir" et son introduction dans les classes. (Jean Vartier, Histoire de la Lorraine, Editions France-Empire, 1994, p.11.)
La fidélité de Pierre Fourier aux Princes lorrains sauva pour un siècle la nationalité de la Lorraine (le duché de Lorraine est issu du partage de l'ancienne Lotharingie en 959. Ancien état du Saint Empire romain germanique, souverain dès 1542, le duché perdurera jusqu'en 1766, date de son intégration dans le Royaume de France. On utilise également l'expression "Duchés de Lorraine" et de "Bar"), mais empoisonna ses derniers jours ; car Richelieu ne put lui pardonner cet échec à sa politique. Traqué de maison en maison, le curé de Mattaincourt en fut réduit à s'exiler à Gray en Franche-Comté (1636), alors possession espagnole, et à y passer les quatre dernières années de sa vie. Pendant ce temps, Mattaincourt était pillé à plusieurs reprises.
Pierre Fourier, âgé de 71 ans fit ce qu'il avait toujours fait ; il employa ses dernières forces à secourir et à consoler le prochain.
Même dans l'adversité, Pierre Fourier restait un patriote lorrain. Depuis trois ans à Gray, dans une lettre adressée à la duchesse Nicole de Lorraine, il l'assura de sa fidélité et de son attachement à la famille ducale en ces termes : "comme très humbles et très fidèles et très obéissants sujets, portent en tout temps à leurs bons princes, et encore à leurs bonnes princesses. C'est le cœur des lorrains" (Pierre Fourier, Sa Correspondance 1598-1640 recueillie par Sœur Hélène Derréal, Presses Universitaires de Nancy 1989, tome 4, page 576).
En octobre 1639, il tomba malade, et après deux mois de maladie, il exhala son âme avec ces paroles qu'il avait tant de fois répétées : "Nous avons un bon Maître et une bonne Souveraine !" C'était le 9 décembre 1640.
Ses portraits (vitraux, statues) sont le plus souvent auréolés de sa devise, qu'il a repris à saint Ambroise : Obesse nemini, omnibus prodesse, "être utile à tous, ne nuire à personne." (Saint Pierre Fourier en son temps, Études réunies par René Taveneaux, Presses Universitaires de Nancy, 1992, p. 22).
Béatifié le 29 janvier 1730 par Benoît XIII, il sera canonisé le 27 mai 1897 par Léon XIII.
Statue en bois polychrome du XVIIIe siècle à l'église abbatiale de Moyenmoutier (Vosges)
Le bonheur partagé ou bonheur pour tous. Voici un conte de Noël que certains considèrent comme "politique" ''La 7e république conte pour grands enfants''
Il était une fois un beau pays qu'on appelait le décagone car il était décadent mais qui se dénommait en fait le Cocorico.
Ce pays était bordé de mers et de terres.
Il avait un climat. Il avait un gouvernement.
Il avait une longue histoire trop longue pour la rappeler ici où les pages sont comptées.
Ce beau pays avait un roi qui était riche car il avait des louis d'or. Or, un beau jour ce fut la révolution, solution de rêve à tous les maux qui tracassaient le beau pays.
1ère république
Pourquoi ne pas instaurer une république ? cela fera du changement pensèrent les penseurs de l'époque. Des chanteurs célèbres haranguèrent les harengères et ce fut bientôt fait, dans les cris, les larmes et le sang : la première république était née.
Il fut décidé de dater les événements à partir de l'an I de cette république mais cela ne continua pas car on ne savait pas compter, à l'époque, au-delà de XIII. Ce changement ne plaisait pas à tout le monde (il s'agit du monde civilisé et non des habitants sauvages de la planète) ce qui est étonnant.
2e république
Des événements divers et même variés se passèrent jusqu'à l'arrivée de la deuxième république.
On vit pendant une certaine période le tour et le retour d'un roi ; il paraît qu'un personnage, nommé Caméléon, s'attribua le titre d'empereur des manchots.
Cette 2e république fut la première république éphémère.
3e république
On se doute qu'après une république éphémère on retourne à l'empire quel qu'il soit. Mais un empire s'effondre toujours après une lourde défaite militaire, et ce fut le cas.
Une 3e république pouvait donc s'installer avec armes et bagages.
Au cours de la 3e république deux guerres sanglantes (il y a peu de guerres non sanglantes) éclatèrent entre le Cocorico et son ennemi l'Uberalles. Que de morts ! Que de blessés !
La 3e république était-elle un empire ? Oui elle l'était car elle s'étendait bien au-delà de son décagone grâce à la colonellisation de diverses contrées ; et puisque cette république était un empire, elle s'effondra avec une défaite militaire qui aurait pu ne pas en être une...
Après la chute de cette république-empire il fallait trouver un nouveau régime : ce fût l'Etat de droit et d'extrême droit confié évidemment à un militaire.
Hé bien cet Etat de droit et d'extrême droit, bien que n'étant pas la république fût éphémère et s'effondra... à la suite d'une défaite militaire qui était aussi une victoire.
4e république
Après la chute de l'Etat de droit et d'extrême droit il était possible de rétablir une république mais certains auraient préféré une dictature des prolégomènes.
La loi du plus fort, qui est une sage loi, s'appliqua une fois encore et conduisit à la 4e république, à la suite de plusieurs référendhommesetfemmes.
5e république
La 5e république est si connue dans le monde et au-delà qu’il est inutile d’en parler, et d’ailleurs elle est insignifiante.
6e république
La plus éphémère des républiques, la 6e, comme les symphonies fit du bruit mais sa fureur en vint à bout en peu de temps.
L'idée lumineuse du retour au parlementarisme avec élections proportionnelles à la corruption permit une majorité de 106 %.
Très vite les forces capitalistiques conduisirent au chaos généralisé, qu'il fût financier, sociétaliste, politiste ou genré.
Tous contre tous, grève générale illimitée, fuite des pieds et des cerveaux, banqueroute sans banque ni route.
7e république, enfin !
Dans cet horrible mélange d'os et de chairs meurtris et traînés dans la fange,
Des lambeaux pleins de sang et des membres affreux Que des chiens dévorants se disputaient entre eux que pouvait-il advenir ?
Un empire, une royauté, une principauté, une anarchie énarchique ?
Non, ce fut la 7e république. Il n'y eu pas de référendum, pas d'élection, il y eut tout simplement un bon coup d'Etat comme on les aime.
Puisque cette 7e république est un modèle du genre nous pouvons aller dans les détails. Il suffit de reprendre la déclaration du Président de cette 7e république après sa prise de pouvoir : Le Cocorico est dirigé par un dictateur élu pour six ans et qui ne peut faire qu'un seul mandat. Le dictateur a de larges pouvoirs mais il ne peut modifier la Constitution, c'est-à-dire qu'il ne peut par exemple décider de devenir dictateur à vie ni de changer le régime politique. D'une façon générale il a les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Le dictateur a le titre de Président.
L'appellation République (res publica) est maintenue.
Le Président est donc Président de la République cocoricienne.
Le président nomme les ministres et désigne un Premier ministre chargé de coordonner les actions des ministres.
Un Conseil constitutionnel est chargé de surveiller l’action du Président qui doit respecter la Constitution. Si le Président enfreint les règles il est destitué.
Le Conseil constitutionnel est protégé par une garde rapprochée.
Les 7 membres du Conseil constitutionnel sont élus pour 7 ans et ne peuvent faire qu’un mandat.
La plupart des textes réglementaires ou juridiques ne sont que des guides d'action, des conseils et ils n'ont pas de caractère obligatoire ; il en est ainsi du code du travail.
Le parlement est supprimé.
Des représentants des régions seront désignés pour donner des avis sur les lois et règlements.
Tout citoyen participe à la défense du Cocorico ; les modalités sont définies par le Président.. Le droit de manifester est supprimé. Des manifestations seront autorisées au cas par cas.
Un des principes généraux est de faire vivre la préférence nationale cocoricienne dans tous les domaines.
La liberté religieuse est supprimée. Les religions ne peuvent pas se manifester publiquement mais la religion qui a été celle des Rois du Cocorico est la seule à posséder une place reconnue notamment par le calendrier. Régions, départements, communes Le découpage des régions est effectué en l'adaptant aux données historiques et économiques.
Le pouvoir régional des anciens élus est supprimé.
Le pouvoir dans une région est exercé par un préfet de région.
Les départements, dont le nombre et les limites peuvent être revus, sont administrés par un préfet.
Pour les communes, celles-ci pourront être regroupées et modifiées ou associées.
Le maire est désigné par le gouvernement pour une durée indéterminée.
Les impôts locaux sont maintenus mais sont soumis aux décisions du gouvernement.
Justice
Le pouvoir judiciaire est exercé par le Président de la République.
Les magistrats sont nommés et révoqués par lui. Les pratiques de la justice sont revues pour accélérer les procédures et tenir compte de certains principes, par exemple la préférence nationale.
La justice est expéditive : finies les procédures qui durent des années.
La justice d'appel est supprimée.
La cour de cassation sera restreinte quant aux saisies possibles : les cas non exceptionnels ne seront pas susceptibles de cassation.
Les erreurs de procédures ne seront pas prises en compte.
Il sera mis fin au principe de la prescription des crimes et délits.
Le rôle des avocats est restreint en tant que de besoin.
Les secrets professionnels sont supprimés.
Police, gendarmerie
L'action de la police et de la gendarmerie est facilitée.
Dans la lutte contre la criminalité l'usage de la force est glorifié.
Lutte contre les drogues La lutte contre les drogues dites "dures" est impitoyable.
Il faut admettre que dans cette lutte des innocents peuvent en pâtir. Les trafiquants sont éliminés dans le Cocorico et ailleurs.
Les usagers seront désintoxiqués de force et rapidement.
Pour ce qui est du cannabis l'action est moins violente.
Défense nationale, armée Il n'y a pas lieu de bouleverser l'organisation ancienne. Les dépenses militaires sont augmentées.
Que faire de la persuasion nucléaire du Cocorico ? Une révision du système pourra élargir les moyens et les conditions d’utilisation.
Economie
Rien de tel que de ne pas toucher à l'économie ; c'est ce que disent les économistes. Principe : la libre entreprise sous le regard de big brother.
Cela veut dire que dans le système libéral de libre entreprise l'Etat intervient quand il le juge utile.
Par exemple, liberté des prix sauf quand l'Etat intervient.
Dans les marchés import-export nous manions d'une main (invisible) le libéralisme et de l'autre le protectionnisme en fonction des situations.
Impôts et taxes
Pas de révolution dans les impôts sachant que trop d’impôt tue l’impôt.
Environnement, écologie, énergie Le réchauffement climatique ?
C’est souciant mais il n'est pas question de continuer à tout bouleverser sur la base de la réduction drastique élastique du COcorico2.
Se préoccuper de notre environnement en luttant contre les vraies pollutions : oui ; c'est ce qui se fait depuis longtemps. Etre inféodé à une vision écologique de la société : non. L'énergie nucléaire est intéressante du point de vue de l'efficacité énergétique mais elle fait peser un risque d'une nature particulière sur la France ; une catastrophe nucléaire doit être évitée et la seule solution est de supprimer les grandes centrales nucléaires que nous possédons. La mise en place de très petits réacteurs nucléaires sécurisés est mise en route.
Les énergie de substitution sont diverses et notamment renouvelables ; leur utilisation est favorisée en tenant compte des problèmes de stabilité du réseau électrique. En fait des réseaux locaux sont interconnectés en mettant en place des procédures pour résister aux diverse agressions et éviter un effondrement général du réseau.
Agriculture Labourage et pâturage...
Il faut rechercher un équilibre entre la production intensive classique et les productions dites bio. L'agriculture bio a l'inconvénient de réduire la productivité et de contraindre les agriculteurs à passer plus de temps à leur activité ; c'est en contradiction avec un long mouvement de libération des agriculteurs pour leur permettre de dégager du temps libre.
En ce qui concerne les petites exploitations le gouvernement fait en sorte que les agriculteurs ne soient pas dans une situation financière désastreuse comme c'est trop souvent le cas. Vive le sovkhoz libéral !
Questions sociales
Nous savons que le Cocorico est le résultat d’une longue histoire sociale faite de luttes, de grands principes, d'une bureaucratie pléthoriques, de syndicats politisés peu représentatifs. Alors simplifions les choses.
Les syndicats sont supprimés.
Les chefs d'entreprises et le Gouvernement recueillent les points de vue des salariés et des non salariés.
Si un conflit social apparaît il est réglé par le Gouvernement en faisant appel à des prud'hommes. Il n'y a plus de droit de grève et équivalent.
Le code du travail n'est plus d'application obligatoire, c'est un guide.
Il n'y a plus de durée légale du travail, durée qui n'existe d'ailleurs pas chez les agriculteurs, commerçants, artisans, membres des carrières libérales.
Il n'y a plus de smic, smig, smac, smoc et autres.
Aide-toi, l'Etat t'aidera.
Et par ailleurs il n'y aura plus de mariage homosexuel ni de pacs. Le mariage classique est le plus sûr chemin de l’avenir radieux.
Education
Elle restera "nationale".
Un grand bond en arrière est nécessaire pour redonner aux enfants l'amour de la patrie.
En particulier pour l'Histoire qui sera aux ordres du projet national.
Cela n'est pas en contradiction avec la modernisation des moyens ni avec la connaissance du Monde.
Pour les langues le système d'apprentissage de trois langues au moins (dont le cocoricien !) sera mis en oeuvre.
Il y aura un seul système scolaire national avec des établissements pouvant adopter diverses techniques d'enseignement, sous le contrôle du gouvernement. Les écoles dites confessionnelles seront donc fermées.
Culture
Quand j'entends le mot culture je sors...
Evidemment ce sera une révolution culturelle.
La dictature pèsera de tout son poids pour imposer une culture cocoricienne débarrassée d'un mondialisme non péen. Et il y a du travail pour y arriver.
Traités internationaux et diplomatie
Le Cocorico a signé de nombreux traités internationaux.
Il faut faire le point sur ces traités et dénoncer ceux qui n'ont plus de sens ou qui nous empêchent d'être nous-mêmes. Certains traités ont été élaborés à la fin de la nième guerre mondiale et reflètent le sentiment d'horreur créé par les régimes faciès et zinas. Aujourd'hui, de l'eau a coulé sous les ponts et certains de ces traités sont un non sens.
La notion de droits de l'Homo est une de ces notions qui n'a plus de raison d'être tant elle a été manipulée et utilisée à contre-sens. Le "droitdelhomoisme" est une arme dirigée contre nous par l'union des tenants de la mondialisation et des défenseurs du tribalisme moderne.
Le Cocorico doit notamment dénoncer les traités de la Cour péenne des droits de l'Homo et du Conseil du Péen.
Notre diplomatie sera diplomate. Un principe : pas d'ingérence à l'étranger, pas d'ingérence extérieure chez nous. Si nous sommes attaqués, dans les divers sens que cela représente, nous répliquerons.
Le Péen
Le Cocorico est un des principaux pays du Péen, par la géographie et par l'Histoire. Les limites du Péen vers l'est et le nord-est peuvent être discutées : la Slavie jusqu'à l'Oursal est-elle en Péen ? Il convient de définir certaines régions comme "périphériques" du Péen. Pour nous, le Mamamouchi n'est pas en Péen même si dans le passé il a occupé une partie du Péen. Les United States of Peen n'admettront pas, dans un premier temps, que le Cocorico se dote d'une dictature ; de fait le Cocorico sera exclu et en tirera les conséquences (par exemple en ne finançant plus ces USP). A l'avenir un modus vivendi s'établira évidemment car les vainqueurs ont toujours raison.
Liberté d'expression
Ma chère, j'adore la liberté d'expression, c'est l'expression même de la liberté. Comme ce serait agréable de pouvoir s'exprimer sans contrainte, de dire et d'écrire ce qu'on pense. Mais voilà, la "liberté d'expression" a été kidnappée et c'est avec la contrainte de la mal-pensance qu'elle peut faire entendre sa voix, entourée des cris de la vulgarité.
Alors sous la dictature cocoricienne il n'y a plus de liberté d'expression. Ainsi nous ne pouvons plus rien dire ? Exact, étant donné le torrent de stupidités, de mensonges, d'inepties, d'apories que vous déversez sur les rézosocios, à la télé, sur les radio, dans les livres, dans les discours et autres meetings. Un peu de calme ne fera pas de mal.
Les medias privés sont autorisés...sous réserve d'être autorisés.
Deux chaînes de télévision d'Etat seront maintenues, l'une culturelle (et barbante) et l'autre de divertissement (tout aussi barbante).
La publicité, absente des chaînes publiques, sera contrôlée.
Constitution
Une constitution courte est la constitution qui nous convient.. La constitution reprend les principes exposés ci-dessus, elle définit l'organisation générale: un dictateur, Président de la République française est élu pour six ans ; son mandat n'est pas renouvelable, etc.
Ainsi sous la bienveillante direction du dictateur Président de la République les Cocoriciens vivent dans le bonheur partagé.
Sur notre route vers Noël, nous fêtons la solennité de l'Immaculée Conception de la Vierge Marie définie le 8 décembre 1854 par le pape Pie IX dans sa bulle Ineffabilis Deus. La mère de Dieu fut préservée de tout péché dès sa conception, y compris le péché originel.
Il convient de noter ici que Pie IX, qui a défini l'Immaculée Conception de Marie, était épileptique. Malgré ses graves crises, il fut autorisé à rester au séminaire, mais on lui annonça qu'il ne pourrait jamais être ordonné prêtre. Il pria et supplia la Vierge Marie de le guérir de son épilepsie. Pendant un certain temps avant son ordination, il n'eut plus de crises. Le pape de l'époque intervint et, à contrecœur, autorisa son ordination, à une condition : qu'il ne célèbre jamais la messe seul, mais qu'il soit toujours accompagné d'un prêtre à ses côtés, au cas où il serait victime d'une nouvelle crise pendant la messe. Devenu prêtre, il pria : "Marie, je vous en prie, que je n'aie plus de crises. Épargnez-moi aussi la gêne et le désagrément de ne jamais pouvoir célébrer la messe sans un autre prêtre à mes côtés." Pendant plusieurs années, il continua à célébrer la messe avec un prêtre assistant, sans qu'aucune crise ne survienne. Finalement, le Saint-Siège leva la condition et Pie IX fit vœu de consacrer le reste de sa vie à promouvoir la gloire de Marie. Le jour où il proclama le dogme de l'Immaculée Conception, Pie IX déclara que c'était le plus beau jour de sa vie, l'occasion de rendre grâce à Marie pour tout ce qu'elle avait fait pour lui. (Cf. Père John Hardon, sur l'Immaculée Conception)
L'enseignement catholique de l'Immaculée Conception est souvent mal compris. Il ne se rapporte pas à la conception de Jésus, mais à celle de Marie, et enseigne que dès le premier instant de son existence, Marie fut préservée du péché originel par la grâce de Dieu. Ce n'était pas un mérite, mais le fruit par anticipation de l'œuvre salvifique du Christ accomplie en elle, en vue de l'Incarnation du Fils dans son sein.
Le théologien médiéval John Duns Scot explique que Dieu n'étant pas soumis au temps a appliqué les mérites de la Croix avant même l’événement historique de la Passion, et que Marie a bien été sauvée par le Christ, mais d'une manière préventive plutôt que curative. Ainsi Marie est la première bénéficiaire de la Rédemption du Christ et non une exception à celle-ci. (Ordinatio III, dist. 3)
Nous vénérons la Sainte Mère en raison de notre amour pour le Christ et son œuvre salvifique. Le Christ sauve Marie non pas en effaçant son péché après coup, mais en la préservant du péché dès le commencement. Notre-Dame, a été créée "parfaite" non pas comme une exception au sacrifice du Christ, mais à cause de lui, et afin de le réaliser dans l'ordre du temps d'une manière plus appropriée. Comme le dit la définition doctrinale : "La Très Sainte Vierge Marie, dès sa conception, par une grâce singulière et un privilège accordés par Dieu Tout-Puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, le Sauveur de la race humaine, a été préservée de toute tache de péché originel."
Œuvre de Dieu : Huile sur cuivre de Matteo Cristadoro, peinte en 1659 et conservée au monastère de San Martino delle Scale à Palerme)
Dans Luc 1:28, l'ange Gabriel salue Marie avec le titre unique kecharitōmenē, souvent traduit par "comblée de grâce". Cette forme grecque est un participe passé passif, indiquant une action déjà accomplie dans le passé et dont les effets se poursuivent dans le présent. Certains font remarquer qu'Étienne est également qualifié de "plein de grâce" dans Actes 6:8, mais le texte grec est différent: Étienne est décrit par l'expression ''plērēs charitos'', qui signifie simplement qu'il est plein de grâce à ce moment précis. Le titre de Marie, en revanche, souligne son identité unique, celle d'une personne que Dieu a déjà rendue parfaite par sa grâce. Marie, mère de Jésus-Christ, fut conçue exempte du péché originel. Ce privilège accordé à la Sainte Vierge avait été prédit et figuré dès l'origine du monde dans les prophéties universelles d'une Vierge Mère d'un Sauveur; voyez par exemple les prophéties druidiques en France, du collège national de la forêt des Carnutes, sous l'appellation de "la Vierge qui enfantera".
Quatre arguments en faveur de l'Immaculée Conception
1) Gabriel a appelé Marie "Pleine de Grâce" à un moment où Marie n'a pas encore mis Jésus au monde. (Lc 1,28)
C’est le premier indice biblique selon lequel Marie a été conçue sans péché. Pour être "Pleine de Grâce", vous devez être "vide de péché".
L'expression gratia plena, "pleine de grâce", est une traduction (par S. Jérôme) du mot grec kecharitomene. Ce mot représente le nom propre de la personne à laquelle s'adresse l'ange; il exprime une qualité caractéristique de Marie Kecharitomene, un participe parfait passif de charitoo, qui signifie "remplir ou doter de grâce", et ce terme étant au parfait, il indique une perfection de la grâce à la fois intensive et étendue, une action faite dans le passé et qui suggère une continuité dans le présent sans donner de commencement.
Le choix du parfait souligne que la Vierge se trouve déjà sous l'influence de la grâce de Dieu et persévère dans cette condition. La grâce dont Marie a bénéficié n'était pas le résultat de la visite de l'ange; elle n'était pas seulement aussi "pleine", forte ou complète que possible à un moment donné, mais cette grâce s'étendait sur toute sa vie, depuis sa conception jusqu'à aujourd'hui. Elle était en état de grâce sanctifiante dès le premier instant de son existence, ce qui lui a valu d'être appelée par l'ange "pleine de grâce". C’est pourquoi Marie demande immédiatement à l’ange ce qui lui valait une telle salutation (Luc 1, 29).
C’est un peu comme si on saluait une personne qui est excellente au tennis en lui disant : "Salut, Mr Tennis". C’est dans ce même esprit que l’ange Gabriel dit de Marie qu’elle est "pleine de grâce" puisqu’elle excelle dans la réception de la grâce. C’est un titre qui n’est donné à personne d’autre dans la Bible, seulement Marie a été désignée de la sorte par un messager de Dieu. Les chrétiens catholiques et orthodoxes voient dans ce passage une des raisons pour laquelle ils croient que Marie est "Immaculée Conception", c’est-à-dire qu’elle a été préservée du péché originel et qu’elle n’a pas péché de toute sa vie.
2) Marie est la nouvelle arche d'alliance
• Elle a été "couverte" par l'Esprit
• Elle a tenu à l'accomplissement des commandements
• Elle apparaît à côté de l'Arche dans Apocalypse 11,19; 12,1
Tout comme l'Arche, Marie est un vase pur et intact. Intouché par l'homme et par le péché. Comment les gens ont réagi : après une manifestation de la puissance de Dieu agissant à travers l'arche :
-Dans Luc 1, 39 Marie "se leva et partit" rendre visite à Élisabeth. Dans 2 Samuel 6, 2, David "se leva et s’en alla" pour amener l’arche à Jérusalem. Luc utilise la même expression pour attirer notre attention sur le voyage de David avec l’Arche des siècles auparavant. Et tous deux voyageaient dans les pays de Juda.
-Après la révélation à Élisabeth de la véritable vocation de Marie, qui portait Dieu dans son sein, lorsqu’Elizabeth vit Marie, elle est remplie de respect et se demande : "D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?" (Luc 1, 43) : De même, David se tient avec admiration devant l’Arche et s’écrie : "Comment l’Arche de l’Éternel peut-elle venir à moi ?" (2 Samuel 6, 9).
-David "sautait et dansait" devant l'Arche lorsqu'elle était transportée à Jérusalem en procession dans 2 Samuel 6, 16. Dès qu'Elisabeth a entendu le son de la salutation de Marie, Jean le Baptiste "sautait de joie" dans son ventre (voir (Luc 1, 41-44) : les deux scènes évoquent une joyeuse reconnaissance de la présence de Dieu.
-L'arche du Seigneur "resta dans la maison d'Obed-Edom trois mois" dans 2 Samuel 6,11). Luc 1:56 dit que "Marie demeura avec [Élisabeth] environ ... trois mois". (Luc 1, 56)
-L'Arche de l'Alliance contenait trois "types" de Jésus : la manne [pain ou nourriture divine miraculeuse fournie par Dieu aux Israélites pour les sustenter pendant leurs quarante années d'errance lors de leur Exode dans le désert, et dont un échantillon fut conservé dans l'Arche d'alliance. Exode 16,33-34], le bâton d'Aaron et les Dix Commandements [la Parole de Dieu écrite sur des tablettes de pierre]. Marie a porté l’accomplissement de tout cela. Jésus est à la fois la "véritable [manne] venue du ciel" (Jean 6:32), le véritable "Grand Prêtre" (Hébreux 3:1) et "la Parole faite chair" (Jean 1:14).
-Ce qui les a "éclipsés" : Le nuage de gloire (en hébreu : Anan) représentait le Saint-Esprit et il "couvrait" l’Arche lorsque Moïse la consacra dans Exode 40:32-33. Le mot grec pour "éclipser" trouvé dans la Septante (la traduction la plus ancienne de l’Ancien Testament) est une forme d’episkiasei. Dans Luc 1:35, Gabriel dit à Marie : "Le Saint-Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C'est pourquoi l'enfant qui naîtra sera appelé saint, Fils de Dieu." Le mot grec pour "faire de l’ombre" est episkiasei.
Ces références sont des faits: ils révèlent Marie comme un vase sacréporteur de la présence de Dieu.
Pourquoi est-il important que Marie soit la nouvelle arche ? Parce que cela a d'énormes implications. En fait, c'est une raison clé pour laquelle Marie a été conçue sans péché. Attaquer l'Immaculée conception c'est attaquer la mission salvatrice du Fils Incarné dans le sein d'une Vierge et offenser Dieu en diminuant la Mère du Fils en la plaçant au même rang que les autres femmes, comme si Dieu avait pu s'incarner dans un vase impur corrompu par le péché. La raison théologique pour laquelle la Très Sainte Vierge Marie est Reine repose sur sa divine Maternité et sur son rôle de Co-rédemptrice ("co"- vient de "cum", avec en latin, et en union avec son Fils et non égal) du genre humain. "La Corédemptrice n'est pas une rivale du Rédempteur, puisqu'elle est devenue *Co*-rédemptrice par Lui [par anticipation de l'œuvre salvifique du Christ accomplie en elle, en vue de l'Incarnation. Ndlr.]. Par conséquent, ce n'est pas l'affirmation, mais la négation du rôle corédempteur de Marie qui diminue l'œuvre rédemptrice du Christ." (Père Tibor Gallus SJ)
Les premiers Pères de l’Église ont vu un lien entre Marie et l’Arche.
"En ce temps-là, le Sauveur venant de la Vierge, l'Arche, faisait naître son propre Corps au monde de cette Arche..."
-St. Hippolyte de Rome (v. 170-v.236)
Certains soutiennent que la nouvelle arche n'est pas Marie, mais le corps de Jésus. Même si c'était le cas, il convient de noter que 1 Chroniques 15:14 mentionne que les prêtres et lévites qui portaient l'Arche devaient être purifiées. Il semblerait absurde de purifier des hommes qui ont porté l’Arche et de ne pas sanctifier les entrailles memes qui ont porté le Saint Lui-même.
Le dogme de l'Immaculée Conception de Marie est particulièrement approprié si l'on considère l'honneur qui a été fait à l'Arche d'Alliance. Dans Exode 25, Dieu dit à Moïse de construire l'arche plaquée d'or, et recouverte d'un couvercle, le propritiatoire ornée de deux keroubim, chérubins, anges (Ex 25,17-18). On y met le témoignage que Dieu a donné à Moïse (les dix commandements. Ex 25,16; 21), le bâton d'Aaron et une jarre de manne.
L'Arche contenait la manne (le pain du ciel), les tablettes de pierre des dix commandements (la parole de Dieu) et le bâton d'Aaron (l'instrument de la rédemption d'Israël). Si cette boîte avait été créée avec tant d'honneur - pour porter un bâton, du pain et des tablettes de pierre - combien plus Marie devrait-elle être une digne demeure pour Dieu lui-même ?Elle est la nouvelle Arche d'alliance parce qu'elle a porté le vrai Pain du ciel, la Parole de Dieu et l'instrument de notre rédemption, le corps de Jésus. (Cf. 'Avee. ☧ ; Marie de Nazareth; Foi catholique)
Le destin de l'Arche terrestre reste un mystère. Mais la véritable Arche, Marie, est corps et âme au Ciel.
La sagesse n'habitera pas "dans un corps endetté par le péché" (Sagesse 1,4) : "Car la Sagesse ne peut entrer dans une âme qui veut le mal, ni habiter dans un corps asservi au péché."
Job 14,4 : "Qui tirera le pur de l’impur ? Personne !"
3) L'Immaculée Conception accomplit l'histoire d'Adam et Ève.
Il est dit dans Genèse 3,15 que la mère du Messie partage la même inimitié que lui - l'opposition totale - avec Satan. Au commencement Dieu dit : ''Je mettrai une hostilité entre toi (le Serpent) et la femme, entre ta descendance et sa descendance: celle-ci te meurtrira la tête, et toi, tu lui meurtriras le talon.'' (Gn 3,15).
Si la Vierge Marie, "la femme" de Genèse 3,15, avait commis un péché, elle ne serait pas en opposition totale avec le diable...
A la fin, ''quand le Dragon vit qu’il était jeté sur la terre, il se mit à poursuivre la Femme qui avait mis au monde l’enfant mâle..., [L]e Dragon se mit en colère contre la Femme, il partit faire la guerre au reste de sa descendance, ceux qui observent les commandements de Dieu et gardent le témoignage de Jésus'' (Ap 12,17)
• Une femme sans péché a donc écouté le diable et a aidé Adam à introduire le péché dans le monde
• Une femme sans péché a écouté un ange et a donné son Fiat ("Qu'il me soit fait selon ta Parole" Lc 1,38) pour aider le Christ à vaincre le péché.
"Ce fiat de la Vierge Marie résume toute la vie chrétienne.
Nous devons accepter que se fasse la volonté de Dieu.
C’est le modèle également du Christ : le Fils est venu dans le monde pour faire la volonté du Père." (P. Dominique-Benoît Jean-Luc)
Qui les verra pourra reconnaître la descendance bénie du Seigneur.
Je tressaille de joie dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu. Car il m’a vêtue des vêtements du salut, il m’a couverte du manteau de la justice, comme le jeune marié orné du diadème, la jeune mariée que parent ses joyaux.
"Voici que je fais toutes choses nouvelles" (Ap 21,5)
C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel (c’est-à-dire : Dieu-avec-nous).
En Gaule, la croyance des Carnutes en la Vierge-Mère était propre à annoncer le mystère de l'Incarnation.
Le sanctuaire de la "Virgo paritura" se trouve sur le site de l'actuelle cathédrale de Notre-Dame de Chartres. Les sanctuaires d'"Anna" sont devenus ceux de sainte Anne (la mère de Marie), aïeule elle aussi, mais du vrai Dieu..., et que les Bretons nomment toujours "Mamm Goz", grand-mère !
Par Son Immaculée Conception, Marie devait écraser la tête du serpent qui a introduit le péché originel sur la terre.La foi à l'Immaculée Conceptionestimmémoriale dans l'Église. La constitution apostolique d'Alexandre VII (1655-1667), Sollicitudo omnium ecclesiarum, du 8 décembre 1661 renouvelle les décrets de Sixte IV, Paul V et Grégoire XV, déjà favorables à la reconnaissance de l'Immaculée Conception comme dogme de la foi, énonçant la doctrine de l'Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie en des termes presque identiques à ceux utilisés par le pape Pie IX lorsqu'il publie sa définition de l'infaillibilité Ineffabilis Deus, le 8 décembre 1854, et imposant cette croyance à tous les fidèles (magistère infaillible). Pie IX cite la bulle d'Alexandre VII dans sa note 11. Les dominicains, de leur côté, firent remarquer au pontife que l'immaculée conception était déjà une acquisition de tout le christianisme, une tradition qui durait depuis des siècles sans qu'il soit besoin d'une proclamation officielle comme dogme.
Le Ciel lui-même donna son témoignage quatre ans plus tard. L'apparitionde Lourdeseut lieu au commencement de l'année 1858; Marie venait dire au monde : "Je suis l'Immaculée Conception !"
Le témoignage de la Tradition
Latradition chrétiennea vu dans cette promesse, qui a été appelée le protévangile, le premier trait qui sert à désigner le Messie et sa victoire sur l'esprit du mal. Jésus représente, en effet, éminemment la postérité de la femme, en lutte avec la postérité du serpent.
Le Protévangile de Jacques au IIe siècle raconte la vie de Marie. Sa conception y est présentée comme miraculeuse: c'est une intervention divine qui aurait permis à ses parents, Anne et Joachim jusqu'alors stériles, de l'engendrer. Plus tard, ce récit donne lieu à une célébration liturgique: après la fête de la Nativité de Marie (8 décembre) et sa Dormition (15 août) instituées au VIe siècle. (Cf. Dictionnaire des temps, des lieux et des figures du Christianisme, Sous la dir. de André Vauchez, Seuil, Lonrai 2010, p. 277-278)
La bulle Ineffabilis Deus de Pie IX (1854) cite aussi dans la salutation de l'ange à Marie (Luc I, 28): "Je vous salue, pleine de grâce, vous êtes bénie entre les femmes", et les mêmes paroles dites par sainte Elisabeth sous la révélation divine (Luc, I, 42 "quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.") Pie IX ne dit point que ces paroles suffisent par elles-mêmes à prouver que le privilège de l'Immaculée Conception est révélé; pour qu'elles aient cette efficacité, il faut y joindre la tradition exégétique des Pères.
Matthieu et Luc écrivent que Marie a conçu Jésus sans l'intervention d'aucun père humain, et qu'elle est demeurée vierge après la conception.
LaTradition, elle-même, affirme de plus en plus explicitement cette vérité.
La belle idée de Marie "Nouvelle Eve" se trouve au IIe siècle chez
"Le Christ s'est fait homme par le moyen de la Vierge, afin que la désobéissance provoquée par le serpent prit fin par la même voie qu'elle avait commencé.
"En effet, Eve, Vierge et intacte, ayant conçu la parole du serpent, enfanta la désobéissance et la mort; la Vierge Marie, ayant conçu la foi et la joie, répondit: 'Qu'il me soit fait selon votre parole'. Il est donc né d'elle celui dont parlent les Ecritures. Par lui, Dieu ruine l'empire du serpent et de ceux, anges ou hommes qui lui sont devenus semblables, et affranchit de la mort ceux qui se repentent de leurs fautes et croient en lui.
S. Irénée(Ad. Haereses, III, XXII, 3, 4; V, XIX) réfléchit sur la façon dont Dieu, à travers le mystère de l'Incarnation, a utilisé la Vierge Marie pour annuler les actions de la vierge Ève, faisant de Marie la Nouvelle Ève :
"Et de même que par une vierge désobéissante l'homme fut frappé et tomba, il mourut, de même aussi par une vierge qui obéit à la parole de Dieu, l'homme, ressuscité [par l'Incarnation], reçut la vie. Car le Seigneur est venu chercher la brebis perdue, et c'était l'homme qui était perdu ; et, par conséquent, il n'est devenu aucune autre formation, mais [étant né] de celle qui était de la race d'Adam, il a conservé la ressemblance de la formation. Car il était nécessaire qu'Adam soit récapitulé dans le Christ, afin que 'la mortalité soit engloutie dans l'immortalité' (Cf. 2 Cor. 5, 4 ; 1 Cor. 15, 54) ; et Ève en Marie, afin qu'une vierge, devenue avocate d'une vierge, puisse défaire et détruire la désobéissance virginale par l'obéissance virginale. (Saint Irénée de Lyon, Démonstration de la prédication apostolique, Partie 1, Ch. 3, §33, vers 175 après J.-C.)
Tertullien(De Carne Christi, XVII) opposent Eve cause de la mort et Marie cause de la vie et du salut.
Cette antithèse est constamment rééditée par les Pères (par exemple saint Cyrille de Jérusalem, saint Ephrem, saint Epiphane, saint Ambroise, saint Jérôme, saint Augustin, saint Jean Chrysostome, etc.).
Sainte Anne tenant dans ses bras Marie et le Christ
"Sous ta compassion, nous nous réfugions, ô Mère de Dieu [Porteuse de Dieu] ;
Ne dédaigne pas nos supplications au temps de la détresse,
Mais sauve-nous des dangers,
Seule pure, seule bénie.''
Cette tradition devient explicite avec saint Ephrem le Syrien ou le Syriaque (+373) (Dict. Théol., art. Ephrem, col. 192), auteur de nombreux hymnes et poèmes et grand défenseur de la doctrine christologique et trinitaire dans l'Eglise syrienne d'Antioche; il est reconnu Docteur de l'Église par l'Église catholique depuis 1920.
Éphrem est l’héritier de l’interprétation biblique du judaïsme. Sur ce point S. Brock écrit : ''Éphrem est (...) l’héritier de nombreuses traditions juives étrangères à la Bible, qu’on peut trouver dans la littérature post-biblique de Targum et des Midrash''.
Dans l’hymne à Marie, il dit de la Mère de Jésus :
“Merveille que ta mère :
Le Seigneur vint en elle (Marie) se faire serviteur ;
Le Verbe vint en elle, pour se taire en son sein
La foudre vint en elle
pour ne faire aucun bruit.
Le pasteur vint en elle
et voici l’Agneau né, qui pleure sans bruit.
Car le sein de Marie
a renversé les rôles :
Celui qui créa toutes choses
est entré en possession de celles-ci, mais pauvre.
Le Très-Haut vint en Elle (Marie),
mais il y entra humble.
La splendeur vint en elle,
mais revêtue de vêtements humbles.
Celui qui dispense toutes choses
connut la faim.
Celui qui étanche la soif de chacun
connut la soif.
Nu et dépouillé il naquit d’elle,
lui qui revêt (de beauté) toutes choses"” (Hymne “De Nativitate” 11, verset 6)
Dans la Prière de Saint Éphrem "Ô Souveraine Mère de Dieu qui enfantas le Christ Dieu notre Sauveur" :
''Ô Vierge, emblème de la pureté, fortifie-moi de Ta sainte grâce; dans cette vie, sois mon guide, conduis-moi selon la Volonté de ton auguste Fils notre Dieu. Obtiens-moi la rémission de mes péchés, sois mon refuge, ma protection, ma délivrance, sois la main qui me dirige vers la vie éternelle. Souveraine, Souveraine, ne m'abandonne pas à l'heure suprême, hâte-toi de m'apporter le secours qui m'est nécessaire, arrache-moi de la cruelle tyrannie des esprits de l'enfer.''
Dans sa prière ''à la Vierge Marie Immaculée'', il écrit :
''Ô Vierge Marie, immaculée, entièrement pure, et mère de Dieu. À travers vous, nous avons été réconciliés avec notre Dieu. Vous êtes l’avocate des pécheurs, et l’abri sûr de ceux qui naviguent sur les flots de cette vie. Vous êtes la consolation du monde, la rançon des captifs, la joie des malades, le confort des affligés, le refuge. Ô sainte mère de Dieu, recouvrez-nous des ailes de votre clémence, et ayez pitié de nous. Nous sommes donnés à vous et consacrés à votre service. Ô Vierge immaculée, nous sommes sous votre protection.''
"Ô très Sainte et Immaculée Vierge, Mère de mon Dieu, Reine de lumière, très-puissante et très-bonne ! Plus sublime que tous les esprits célestes, plus pure que les rayons du soleil, plus digne d'honneur que les chérubins, plus sainte que les séraphins, et plus glorieuse, sans aucune comparaison, que toutes les hiérarchies du Ciel ! Ô sainte Dame qui avez été l'espérance des anciens pères, la gloire des prophètes, la louange des apôtres, l'honneur des martyrs, la joie des saints, la couronne des vierges... recevez-moi ! Ô Vierge pleine de Grâce, éclairez mon entendement, donnez-moi mes paroles, donnez le mouvement à ma langue et à mes lèvres, afin qu'avec toute l'affection de mon cœur, je chante vos louanges et que je Vous présente cette très agréable salutation, que Gabriel Vous a apportée du Ciel à Nazareth avec tout le respect qui est dû à la Mère de Dieu. A quoi Vous comparerai-je encore ? A cet encensoir d'or d’où s'exhalaient de si doux parfums, à cette lumière brillante qui éclairait sans cesse le sanctuaire; à cette urne qui enfermait la manne du ciel. Vous êtes la consolation du monde, l'asile des orphelins, la rédemption des captifs, la santé des malades, la consolation des affligés et le salut de tous ; en Vous le solitaire trouve un appui et le mondain une espérance". Saint Éphrem
La Prière d’Éphrem de Nisibe "Nous Vous supplions, ô Bienheureuse Marie, d'avoir pitié de nous" :
''Ô Vierge très pure et sans la moindre tâche ! Ô Marie ! Mère de Dieu, Reine de l’univers, Vous êtes au-dessus de tous les saints, l'Espérance des élus, et l'Allégresse de tous les bienheureux. C'est Vous qui nous avez réconciliés avec Dieu ; vous êtes l'unique Avocate des pécheurs, et le Port assuré de ceux qui ont fait naufrage ; Vous êtes la Consolation du monde, la Rançon des captifs, la Santé des infirmes, la Joie des affligés et le Salut de tous. Nous avons recours à Vous et nous Vous supplions, ô Bienheureuse Marie, d'avoir pitié de nous. Ainsi soit-il.''
La Prière Mariale de Saint Éphrem le Syrien de Nisibe "Très Sainte Dame, Mère de Dieu" :
''Très Sainte Dame, Mère de Dieu, seule très pure d'âme et de corps, seule au-delà de toute pureté, de toute chasteté, de toute virginité; seule demeure de toute la grâce de l'Esprit-Saint; par là surpassant incomparablement même les puissances spirituelles, en pureté, en sainteté d'âme et de corps, jetez les yeux sur moi, coupable, impur, souillé dans mon âme et dans mon corps des tares de ma vie passionnée et voluptueuse; purifiez mon esprit de ses passions ; sanctifiez, redressez mes pensées errantes et aveugles ; réglez et dirigez mes sens ; délivrez-moi de la détestable et infâme tyrannie des inclinations et passions impures ; abolissez en moi l'empire du péché, donnez la sagesse et le discernement à mon esprit enténébré, misérable, pour la correction de mes fautes et de mes chutes, afin que, délivré des ténèbres du péché, je sois trouvé digne de Vous glorifier, de Vous chanter librement, seule vraie Mère de la Vraie lumière, le Christ notre Dieu; car Seul avec Lui et par Lui, Vous êtes bénie et glorifiée par toute créature invisible et visible, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.''
Sur l'Assomption (15 août) : La tradition de l’Église, notamment les écrits de saint Éphrem le Syrien ou de saint Grégoire de Tours, considère que la Vierge est directement ''montée au ciel''.
''Le corps de Marie est resté vierge après l’enfantement, ce corps ne connaît pas la corruption après la mort.
Elle est celle qui a porté le Créateur devenu enfant dans son sein, qu’elle habite désormais dans les demeures divines, et que l’épouse de Dieu entre dans la maison du ciel.
Elle a vu son propre fils en croix, et reçu dans son corps la douleur qu’elle n’a pas soufferte durant l’enfantement. Elle le contemple siégeant à la droite du Père, et elle ne connaît pas la corruption après la mort. […]
Qu’elle soit honorée par toutes les créatures comme la mère et la servante de Dieu.'' Extrait de l’hymne sur l’Assomption (hymnes à Marie pour la liturgie des heures, n° 16) composé par st Ephrem de Nisibe
Saint Amphiloque d'Iconium, IVe siècle, Menologion of Basil II
Au IVe siècle, S. Amphiloque, évêque d’Icone, représentant de l'école théologique cappadocienne qui a conduit aux formulations dogmatiques trinitaires du premier concile de Constantinople (381), dit que Dieu a formé la sainte Vierge sans tache et sans péché. Dans la liturgie de S. Jean Chrysostome, qui est plus ancienne que lui, Marie est appelée sans tacheà tous égards.
Au Ve siècle, cette tradition sur la conception de la Vierge Marie se poursuit chez les Pères grecs au lendemain duConcile d'Ephèse(431), en particulier chez deux évêques adversaires deNestorius: saint Proclus, un des successeurs deS. Jean Chrysostomesur le siège de Constantinople (434-446), et Théodote, évêque d'Ancyre (430-439), puis chezS. Sophrone, patriarche de Jérusalem (634-638);
André de Crète (+ 740); saint Jean Damascène, mort vers le milieu du VIIIe siècle, dont les témoignages sont assez longuement rapportés par le P. X.-M. Le Bachelet, Dict. Apol., art., Marie, col. 223-231.
À la lumière de cette tradition exégétique les paroles de l'ange à Marie:
"Je vous salue, pleine de grâce", ... la Sainte Vierge n'aurait pas reçu cette plénitude de grâce si son âme avait été un instant dans l'état de mort spirituelle par suite du péché originel, si elle avait été un instant privée de la grâce, détournée de Dieu, fille de colère, dans un état de servitude sous l'empire du démon. Saint Proclus dit qu'elle a été "formée d'un limon pur" (Orat. VI).
Théodote d'Ancyre dit que le "Fils du Très-Haut est issu de la Très-Haute" (Hom VI, in sanctam Mariam Dei genitricem, 11-12).
Saint Ephrem le Syriaque, mort en 373, dit : "Toutes deux innocentes, toutes deux saintes, Marie et Eve avaient été faites en tous points semblables, mais ensuite l'une est devenue cause de mort et l'autre cause de notre vie,
Didyme d'Alexandrie, mort en 398, parle de "Vierge Immaculée, toujours et en tout".
Les Pères disent souvent de Marie qu'elle est immaculée, qu'elle a toujours été bénie de Dieu, au sens de sans tache, pour l'honneur de son Fils, qu'elle est intemerata, intacta, impolluta, illibata, entièrement sans souillure.
S. Ambroise dit de même de Marie qu'elle est exempte de toute souillure du péché "per gratiam ab omni integra labe peccati" (in Ps. CXVIII, 22, 30; P. L., XV, 1521), etS. Augustinque "au sujet seulement de la Sainte Vierge Marie, l'honneur du Seigneur ne permet pas de soulever la question du péché." (De natura et gratia XXXVI, 42; P. L. XLIV, 267).
Au Ve siècle, Saint Proclus, patriarche de Constantinople de 434 à 446, dit : "Le Verbe n'a pas été souillé en habitant le sein que Lui-même a créé sans déshonneur..."
Depuis le VIIe et le VIIIe siècle, on célèbre dans l'Église, surtout dans l'Église grecque, la fête de la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie: en Sicile au IXe, en Irlande au Xe, presque dans toute l'Europe au XIIIe.
Le Concile de Latran de 649 (Denz., 256) appelle Marie, "immaculée".
Au Ve, S. Proclus, disciple de S. Jean Chrysostome et son successeur, dit que la sainte Vierge a été formée d’un limon pur. On lui attribue avec raison les trois sermons sur la sainte Vierge, qui passaient autrefois pour être de S. Grégoire le Thaumaturge, et dans lesquels cette même doctrine est enseignée.
Saint Jérôme sur la psaume LXIII (62 selon la numérotation grecque)dit que Marie n’a jamais été dans les ténèbres, mais toujours dans la lumière.
S. Augustin même, en écrivant contre les Pélagiens a formellement excepté la sainte Vierge du nombre des créatures coupables du péché.
Au VIe siècle, S. Fulgence (Serm. De Laudib. Mariae) observe que l’ange, en appelant Marie pleine de grâce, a fait voir que l’ancienne sentence de colère était absolument révoquée.
Au VIIIe s., S. Jean Damascène appelle cette sainte Mère de Dieu un paradis dans lequel l’ancien serpent n’a pas pu pénétrer (Hom. In Nat. B. M. V.)
S. Jean Damascène écrit que Marie est la fille très sainte de Joachim et d'Anne qui "a échappé aux traits enflammé du malin" (Hom. I in Nat., 7), qu'elle est un paradis nouveau "où le serpent n'a pas d'entrée furtive" (Hom. II in dormit., 2 col 725) qu'elle est exempte de la dette de la mort, qui est une des suites du péché originel (Hom. II in dormit., 3, col 728), elle doit donc être exempte de la déchéance commune.
Si Marie avait contracté le péché originel, la plénitude de la grâce aurait été restreinte en ce sens qu'elle ne se serait pas étendue à toute sa vie. L'Eglise, en lisant les paroles de la salutation angélique à la lumière de la tradition et avec l'assistance du Saint-Esprit, y a vu le privilège de l'Immaculée Conception, implicitement révélé, non pas comme l'effet dans la cause qui peut exister sans lui, mais comme une partie dans le tout; la partie est actuellement dans le tout au moins implicitement énoncée.
Les premières traces de cette fête de "l’Immaculée Conception" remontent au VIIIe siècle dans l’Église grecque. Elle était alors célébrée le 9 décembre à Constantinople. Certains émettent l’hypothèse que cette fête était déjà célébrée au VIe siècle dans les laures monastiques. En Occident, cette fête apparaît pour la première fois dans deux calendriers liturgiques de Winchester au IXe siècle. Le Dictionnaire des temps, des lieux et des figures du Christianisme, Sous la dir. de André Vauchez, Seuil, Lonrai 2010, p. 278 précise que "l'église byzantine célèbre au VIIe siècle la fête de la Conception de Marie (8 décembre). Mais il faut attendre la fin du XIe siècle pour la voir apparaître en Occident, (...) en Angleterre."
Le Dictionnaire de la civilisation chrétienne, Fernand Comte, In Extenso Larousse 1999, indique quant à lui p. 495-496 qu'"une fête de l'Immaculée conception fut célébrée dès le Ve siècle dans l'église orientale et au VIIe siècle dans l'église occidentale."
Au IXe siècle, Georges de Nicomédie regardait la Conception immaculée de la Sainte Vierge comme "la fête de la Vierge la plus récente" ; et au moins depuis cette époque les Grecs ont constamment appelé Marie panachrante, toute pure, sans tache, sans péché ; ils n’ont pas emprunté cette croyance de l’Église romaine, puisqu’ils la conservent encore.
et Encyclopédie théologique Nicolas Bergier, 1815-1875, Migne, Encyclopedie Theologique Vol. 33, Dictionnaire de Theologie Dogmatique, p. 985-986
Basilique Sainte-Marie-Majeure, Rome
"Fille digne de Dieu, beauté de la nature humaine, réhabilitation d'Ève notre première mère", écrit le moine Saint Jean de Damas (v. 675-749) au VIIIe siècle.
"Aujourd'hui le Créateur de toutes choses, Dieu le Verbe, a composé un ouvrage nouveau, jailli du coeur du Père pour être écrit, comme avec un roseau, par l'Esprit qui est la langue de Dieu... Fille toute sainte de Joachim et d'Anne, qui as échappé aux regards des Principautés et des Puissances et 'aux flèches enflammées du Mauvais' (Col 1,16; Ep 6,16), tu as vécu dans la chambre nuptiale de l'Esprit, et as été gardée intacte pour devenir épouse de Dieu et Mère de Dieu par nature...
"Fille aimée de Dieu, l'honneur de tes parents, les générations des générations te disent bienheureuse, comme tu l'as affirmé avec vérité (Lc 1,48).
"Fille digne de Dieu, beauté de la nature humaine, réhabilitation d'Ève notre première mère ! Car par ta naissance, celle qui était tombée est relevée...
"Si, par la première Eve 'la mort a fait son entrée' (Sg 2,24; Rm 5,12) parce qu'elle s'était mise au service du serpent, Marie, elle, qui s'est fait la servante de la volonté divine, a trompé le serpent trompeur et introduit dans le monde l'immortalité."
Saint Jean de Damas (v. 675-749), moine, théologien, docteur de l'Église, Homélie pour la Nativité de la Vierge, 7, 10 (trad. SC 80, p. 63 rev.)
La naissance de l'"Immaculée", la "mère du Beau" chez S. André de Crète (660-740)
"Aujourd'hui, Adam offre Marie à Dieu en notre nom comme les prémices de notre nature. ... Aujourd'hui l'humanité, dans tout l'éclat de sa noblesse immaculée, reçoit le don de sa première formation par les mains divines et retrouve son ancienne beauté. Les hontes du péché avaient obscurci la splendeur et les charmes de la nature humaine; mais naît la mère du Beau par excellence, cette nature recouvre en elle ses anciens privilèges et est façonnée suivant un modèle parfait et vraiment digne de Dieu... Aujourd'hui de Juda et de David est sortie une jeune vierge, portant la marque du règne et du sacerdoce de celui qui, selon l'ordre de Melchisédec, a reçu le sacerdoce d'Aaron... Pour tout dire en un mot : aujourd'hui, la réformation de notre nature commence, et le monde vieilli, soumis à une transformation toute divine, reçoit les prémices de la seconde création."
(S. André de Crète, in P. Regamey, Les plus beaux textes sur la Vierge Marie)
Au concile de Verceil, en 1050, le pape Léon IX recommande de célébrer la conception de la Vierge. Cette fête se répand progressivement dans l’Église d’occident.
St. Antoine (1195-1231), l'un des premiers fils de saint François d'Assise, appelait Marie dans ses sermons, par le doux nom de "Vierge Immaculée".
En 1305, le Bienheureux franciscain Jean Duns Scot (1266-1308) soutint publiquement le privilège de l'Immaculée Conception, dans une disputatio à la Sorbonne qui l'opposa à tous les professeurs opposés à cette définition, et en présence des légats du Pape.
"Le Père Saint François... En effet, en envoyant les premiers frères à la conquête des âmes, leur a enseigné une prière à Notre-Dame: "Je vous salue, Dame... choisie par le Très Saint Père du Ciel, qui vous a consacrée avec le Fils très saint et bien-aimé et avec le Saint-Esprit le Paraclet. En Toi est et était toute plénitude de grâce et tout bien."
Les professeurs de Paris affirmèrent que c'était une nouvelle doctrine. ''Une nouvelle doctrine ? [...] Les Pères de l'Église ne proclament peut-être pas assez clairement leur foi et celle de leurs siècles dans l'Immaculée Conception de Marie, lorsqu'ils affirment qu'Elle est très pure à tous égards et totalement sans défaut, toujours pure. , que le péché n'a jamais dominé en Elle, qu'Elle est plus que sainte, plus qu'innocente, sainte à tous égards, pure sans défaut, plus sainte que les saints, plus pure que les esprits célestes, la seule sainte, la seule innocente, la seule sans tache au-delà de toute mesure, le seul béni au-delà de toute mesure ?", demanda-t-il.
"La vérité est que tous ces messieurs ne connaissent pas exactement les écrits des Pères de l'Église, en particulier ceux de l'Est ; qu'ils lisent donc aussi ces rouleaux. Ils prétendent que l'affirmation selon laquelle la Sainte Vierge était immunisée de la tache du péché originel est un outrage à la dignité du Christ Seigneur, qui a racheté tous sans exception et est mort pour tous. Mais n’est-ce pas précisément à cause de cela, à cause des mérites de sa mort future, qu’il n’a pas même permis qu’elle soit souillée par une quelconque culpabilité ? N'est-ce pas précisément pour cela qu'Il l'a rachetée de la manière la plus parfaite ?"
Lorsque le courageux défenseur du privilège de l'Immaculée Conception quitta cet exil terrestre, le 8 novembre 1308, à Cologne, où il enseignait à l'université pendant ses dernières années, la foi en l'Immaculée Conception de Marie était alors si profondément enracinée que le célèbre théologien espagnol Vasquez pouvait à juste titre écrire au XVIe siècle "Depuis Scot, la foi en l'Immaculée Conception] a tellement grandi non seulement parmi les théologiens scolastiques, mais aussi parmi le peuple, que personne n'est désormais capable de la faire disparaître."
En 1476 et 1483, Sixte IVparle en faveur du privilège à propos de la Conception de Marie (Denz. 734 s.)
Le Concile de Trente (Denz., 792) déclare lorsqu'il parle du péché originel qui atteint tous les hommes, qu'il n'est pas de son intention d'y inclure la bienheureuse et immaculée Vierge Marie.
En 1567, Baius est condamné pour avoir enseigné le contraire (Denz., 1073). En 1661, Alexandre VIIaffirme le privilège en disant que presque tous les catholiques l'admettent, quoiqu'il ne soit pas défini (Denz., 1100).
Le 8 décembre 1854 est promulgué la définition solennelle (Denz., 1641) bulle Ineffabilis Deus de Pie IX. (P. Reginald Garrigou-Lagrange O. P., La Mère du Sauveur et notre vie intérieure, Les Editions du Cerf, Imprimatur 1941, rééd. Editions Saint-Rémi, p. 36-45).
La définition dogmatique
La définition du dogme de l'Immaculée Conception parPie IX, le 8 décembre 1854, s'exprime ainsi: "Nous déclarons, prononçons et définissons que la doctrine suivant laquelle, par une grâce et un privilège spécial de Dieu tout-puissant, et en vertu des mérites de Jésus-Christ, sauveur du genre humain, la bienheureuse Vierge Marie a été préservée de toute tache du péché originel au premier instant de sa conception, est révélée de Dieu et doit, par conséquent, être crue fermement et constamment par tous les fidèles" (Denzinger, n° 1641).
Cette définition contient surtout trois points importants:
1° la bienheureuse Vierge Marie a été préservée de toute tache dupéché originelau premier instant de sa conception. [...] L'Eglise n'a pas défini quelle est la nature intime du péché originel, mais elle a fait connaître ses effets: inimitié ou malédiction divine, souillure de l'âme, état d'injustice ou de mort spirituelle, servitude sous l'empire du démon, assujettissement à la loi de la concupiscence, de la souffrance et de la mort corporelle, considérée comme peine du péché commun (IIe Concile d'Orange, Denz., 174, 175. - Concile de Trente, Denz., 788, 789). Ces effets supposent la privation de la grâce sanctifiante qu'Adam avait reçue avec l'intégrité de nature pour lui et pour nous, et qu'il a perdue pour lui et pour nous (Concile de Trente, Denz., 789).
2° c'est en vertu des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain que Marie a été préservée du péché originel, comme l'avait déclaré en 1661Alexandre VII(Denz., 1100). On ne saurait donc plus admettre comme le soutinrent quelques théologiens au XIIIe siècle que Marie est immaculée en ce sens qu'elle n'a pas eu besoin de rédemption, et que la première grâce en elle est indépendante des mérites futurs de son Fils.
Selon la bulle Ineffabilis Deus, Marie a été rachetée par les mérites de son Fils, et de la façon la plus parfaite par une rédemption, non pas libératrice du péché originel déjà contracté, mais par une rédemption préservatrice.
A l'idée de rédemption préservatrice se rattache celle-ci que Marie, fille d'Adam, descendant de lui par voie de génération naturelle, devait encourir la tache héréditaire et l'aurait encourue de fait, si Dieu n'avait pas décidé de toute éternité de lui accorder ce privilège singulier de la préservation en dépendance des mérites futurs de son Fils.
Ce point de doctrine était déjà affirmé par la liturgie dans l'oraison propre de l'Immaculée Conception, qui fut approuvée parSixte IV(1476) et où il est dit: "Ex morte ejusdem Filii tui praevisa, eam (Mariam) ab omni labe praeservasti". La Sainte Vierge a été préservée du péché originel par la mort future de son Fils, c'est-à-dire par les mérites de Jésus mourant pour nous sur la croix.
On voit dès lors que cette préservation de Marie diffère beaucoup de celle du Sauveur lui-même, car Jésus ne fut nullement racheté par les mérites d'un autre, ni par les siens; il a été préservé du péché originel et de tout péché à un double titre: premièrement par l'union personnelle ou hypostatique de son humanité au Verbe, ... et secondement de par sa conception viriginale, due à l'opération du Saint-Esprit, Jésus ne descend pas d'Adam par voie de génération naturelle (selon la parole deS. Augustin, De Genesi ad litteram, liv. X, c. 19 et 20, le Christ fut en Adam "non secundum seminalem rationem", mais seulement "secundum corpulentam substantiam". Cela n'appartient qu'à lui seul.
3° La définition du dogme de l'Immaculée Conception propose cette doctrine comme révélée, et donc comme contenue au moins implicitement dans le dépôt de la Révélation, c'est-dire dans l'Ecriture et laTradition, ou dans l'une de ces deux sources.
Mais le SEIGNEUR lui-même vit ! son ange m'a gardée, et lorsque je suis sortie d'ici, et tant que j'ai demeuré là, et lorsque je suis revenue ici; et le Seigneur n'a pas permis que moi, sa servante, je fusse souillée : mais il m'a rappelée vers vous sans tache de péché, me réjouissant de sa victoire, de mon salut et de votre délivrance.
Judith 13,20 - La Sainte Bible selon la Vulgate, traduite en français par l'Abbé J.-B. Glaire, Nouvelle Edition, Editions D.F.T. 2002, p. 978-979
Aussi vrai que le Seigneur est vivant, son ange m'a gardée à mon départ, durant mon séjour au milieu d'eux, et à mon retour, et le Seigneur n'a pas permis que sa servante fût souillée; mais il m'a rendue à vous sans aucune tache de péché, toute joyeuse de sa victoire, de ma conservation et de votre délivrance.
La bulle Ineffabilis Deus cite deux textes de l'Ecriture: Gen., III, 15 et Luc, I 28, 42.
Dans le Genèse, ce privilège est implicitement ou confusément révélé comme en germe dans ces paroles de Dieu adressées auserpent, figure du démon (Gen., III, 15): "Je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité; celle-ci t'écrasera la tête et tu la mordras au talon". Celle-ci, c'est-à-dire la postérité de la femme, car dans le texte hébreu, le pronom est masculin et désigne les descendants de la femme; de même dans lesSeptanteset la version syriaque. LaVulgatea mis ipsa qui se rapporte à la femme elle-même. Le sens d'ailleurs n'est pas essentiellement différent, car la femme sera associée à la victoire de celui qui représentera éminemment sa postérité en lutte avec le démon au cours des âges.
Par elles-mêmes ces paroles ne suffisent certainement pas à prouver que le privilège de l'Immaculée Conception est révélé, mais les Pères, dans leur comparaison d'Eve et Marie, y ont vu une allusion à cette grâce, c'est à ce titre que Pie IX cite cette promesse.
Exaltation franciscaine de l'Immaculée conception, XVIIe
En 1531, lors de l'apparition de la Vierge du Mexique sur la colline de Tepeyac près de Mexico, Notre-Dame de Guadalupe se présenta ainsi à un Indien : "Je suis la parfaite et toujours Vierge Sainte Marie, la Mère du vrai Dieu."
En 1858, quatre ans après la définition dogmatique, lorsque la Vierge apparaît la première fois à Lourdes à Bernadette Soubirous, celle-ci n’a pas encore fréquenté le catéchisme, les campagnes n'étaient pas encore au courant de cette définition. Elle lui déclare : "Je suis l'Immaculée conception."
Il est vraiment juste de te bénir, ô Mère de Dieu, toujours bénie et très pure, et la Mère de notre Dieu. Plus honorables que les Chérubins, et plus glorieux que les Séraphins !
Ambroise convertissant Théodose, Par Pierre Subleyras, 1745
Né en 339 à Augusta Treverorum dans l'Empire romain (aujourd'hui Trèves) fils d'un préfet des Gaules et d'Occident, Ambroise était gouverneur de Milan. Sa grand-tante, la belle Aurelia Sotheris, vierge chrétienne, fut suppliciée le 10 février 305, flagellée puis décapitée sur la Via Appia.
Encore catéchumène, Ambroise a été élu évêque de Milan en 374 par acclamation populaire, sans avoir été baptisé au préalable, et a ensuite à 35 ans été baptisé et ordonné en peu de temps, pour accepter la charge ; il combattit avec succès l'arianisme, et fut l'inventeur de nombreuses reliques de saints.
Afin de pouvoir poursuivre leur cursus honorum, beaucoup d'hommes de l'aristocratie romaine, quoique chrétiens de cœur, repoussaient leur baptême jusqu'à leur vieillesse. Ils considéraient que le sacrement laverait les fautes qu'ils auraient dû commettre dans l'exercice des magistratures. Cette attitude perdurera longtemps après la conversion de l'empire puisque dans les années 350 le père de saint Ambroise, préfet du prétoire d'Occident, mourra sans avoir été baptisé en dépit de sa réelle ferveur. Ses deux fils, qui commencèrent par suivre à leur tour la carrière administrative, en avaient fait autant. Ambroise fut baptisé en catastrophe, à trente-cinq ans, puis aussitôt ordonné prêtre, ce qui d'ailleurs, n'était pas une procédure canoniquement valable et autorisée.
Ambroise a une conception de l'État originale pour l'époque
C'est en effet aux idées républicaines qu'il fait appel, n'hésitant pas à mobiliser le peuple contre le pouvoir impérial, comme il le fait pour éviter l'installation d'un prêtre arien à Milan.
Il a aussi une haute conception de l'Église et pour lui, l'empereur n'est qu'un chrétien parmi d'autres. Aussi oblige-t-il Théodose Ier à une expiation publique pour avoir massacré le peuple de Thessalonique.
Le fait le plus célèbre : le châtiment qu'il osa imposer à l'empereur Théodose Ier (379-395)
Van Dyck, Ambroise et l'empereur Théodose, xviie siècle.
En 390, la population de Thessalonique, en Grèce, se révolta contre l'impôt et tua le gouverneur, ainsi que plusieurs magistrats.
L'empereur chrétien Thédodose Ier fit alors massacrer autour de 7 000 personnes qu'il avait fait rassembler dans l'hippodrome.
Ce prince, dont les mains étaient encore souillées du sang versé au massacre de Thessalonique, se présenta alors au seuil du temple et Ambroise était là, menaçant de l'excommunier :
"Arrêtez, lui dit-il ; imitateur de David dans son crime, imitez-le dans sa pénitence!"
Théodose, craignant cette dernière peine, accepta la pénitence publique et resta pendant huit jours à la porte de l'église (Cf. Charles Seignobos, Histoire de la civilisation ancienne, Masson et Cie éditeurs, 1900, vol. 1, p. 343), marquant ainsi la subordination du pouvoir temporel au pouvoir spirituel.
Saint Ambroise convertissant Théodose, toile de Pierre Subleyras, 1745.
Le fléau des ariens
L'évêque de Milan, Auxence, qui était arien, venait de mourir. Les évêques de la province, le clergé, les fidèles, assemblés pour élire son successeur, ne pouvaient s'entendre. La lutte électorale était vive entre catholiques et hérétiques ariens (négateurs de l'unité du Père et du Fils et donc de la Trinité).
Le peuple, réuni à l'église, semblait prêt à faire une sédition pour obtenir un évêque, dont il était privé depuis vingt ans par la faute des ariens; le magistrat Ambroise, gouverneur de la Province, accourut, se rendit à l'église pour calmer la foule ; mais voici qu'un enfant l'interrompit et cria : "Ambroise évêque !" C'était la voix du Ciel ; celle du peuple y répondit, et le temple retentit de ce cri répété avec enthousiasme : "Ambroise évêque ! Ambroise évêque !" La multitude saisit ce mot avec enthousiasme; tous, ariens et catholiques, répétaient ce mot. Ambroise protesta ; il objecta qu'il n'était que catéchumène, il se fraya un passage à travers la foule et s'esquiva en son palais ; mais la foule le suivit, déjoua tous ses stratagèmes et répéta cent fois le même cri. Il s'enfuit à cheval pendant la nuit, mais il perdit son chemin, et à son grand étonnement se retrouva le matin à son point de départ (374).
Ambroise fut le fléau des ariens, et le vaillant défenseur de la vraie foi.
Dans plusieurs conciles, il confondit Priscillien, Jovinien et d'autres hérétiques.
Il défendit courageusement le christianisme contre les païens et le préfet Symmaque., alors en faveur du culte païen.
À la fin du IVe siècle, sous Théodose, le gouvernement de l'Empire était en effet toujours assumé par des païens : avec le sénateur païen Symmaque, Préfet (384), puis consul (391), et son collège Prétextat, "tout le Sénat tenait encore pour le paganisme"; Les Vestales habitaient toujours le "Temple de la Mère des dieux"... Ambroise, dut combattre pour s'opposer aux initiatives de Symmaque en faveur du culte païen; dans la polémique qui s'ensuivit, il nota que les païens devaient être satisfaits de voir les places publiques, les portiques et les bains toujours remplis des statues de leurs dieux...
Parmi toutes ses vertus, l'énergie, une fermeté tout apostolique, semble avoir été la principale. Un jour on vint lui apporter un ordre injuste signé par l'empereur Valentinien :
"Allez dire à votre maître, répondit Ambroise, qu'un évêque ne livrera jamais le temple de Dieu!"
Bientôt il apprit que les hérétiques ariens, soutenus par l'autorité, allaient s'emparer de deux basiliques :
"Allez, s'écria Ambroise du haut de la chaire sacrée, dire aux violateurs des temples saints que l'évêque de Milan excommunie tous ceux qui prendront part au sacrilège."
Saint Ambroise fut un grand évêque, un savant docteur, un orateur éloquent. Il a l'éloquence de Cicéron et enthousiasme son auditoire.
Parmi les saints qu'il priait et affectionnait, Ambroise vouait une grande dévotion à saint Laurent. À Milan, pour récupérer les reliques des martyrs, il se fia aux inspirations divines, qui lui permirent à plusieurs reprises d'inventer des reliques, terme qui ne signifie pas qu'il les a supposées mais qu'il les a découvertes... Il retrouva ainsi Celse et Nazaire, Vital et Agricola, Gervais et Protais, qui avaient été martyrisés à la fin du IIIe siècle.
Les païens antiques méprisaient la vénération des reliques. Or, saint Ambroise fit un rêve dans lequel l'emplacement des reliques des saints Protais et Gervais (martyrs) fut découvert. Une fois découvertes, saint Ambroise les fit exposer dans ce qui est aujourd'hui la basilique Saint-Ambroise, et elles furent à l'origine de nombreux miracles, dont la guérison d'un aveugle (qui, en remerciement de sa guérison, passa le reste de sa vie au service de la basilique). Aujourd'hui, on peut voir à la basilique Saint-Ambroise les trois reliques, celle de saint Ambroise, et à ses côtés, saint Protase et saint Gervais. Les hérétiques ariens eux-mêmes au IVe siècle méprisaient ces idées catholiques des reliques : ''Pourtant, au sein même du palais, un grand nombre d'ariens qui avaient pris le parti de l'impératrice Justine [qui persécutait saint Ambroise] ridiculisaient la grâce que le Seigneur Jésus avait daigné accorder à son Église catholique grâce aux mérites de ses martyrs [par leurs reliques et leur intercession]. Et ils affirmaient que le vénérable Ambroise avait, à l'aide d'argent, préparé des hommes à déclarer faussement qu'ils étaient tourmentés par des esprits impurs et à dire qu'ils étaient torturés par lui comme par les martyrs.'' Ces faits sont relatés dans la Vie de saint Ambroise, v. 422, écrite par Saint Paulin, son secrétaire à Milan (chapitre 5).
Ambroise consacra une partie de son traité De virginibus à sainte Agnès de Rome, Vierge et Martyre (304) dont il raconta la vie en s'appuyant sur des témoignages de témoins oculaires du procès, encore vivants et très âgés à la fin du IVe siècle.
"Ma mère ... a pleuré pour moi plus que les mères n'ont l'habitude de pleurer pour la mort corporelle de leurs enfants."
Augustin rappelle ce que saint Ambroise a dit à sainte Monique :
"Femme, l'enfant de tant de larmes ne périra jamais."
Il organisa la liturgie de son diocèse, qui est restée sous son nom jusqu'à ce jour (rite ambrosien).
On lui doit doit quelques hymnes appelée précisément "ambroisiennes".
C'est lui qui, d'après la tradition, a le premier réglé la forme du chant ecclésiastique (cantus ambrosianus, seu firmus). Ce n'est qu'à la fin du IVe siècle que saint Ambroise imposa, pour parler de l'assemblée dominicale (dominicum), le mot missa, messe.
Dans sa charité sans bornes, il ne craignit pas de vendre les vases sacrés de l'Église pour le rachat des captifs. Il mourut la veille de Pâques, en 397.
(1) L'Evangile au Quotidien ; (2) Anne BERNET, Les Chrétiens dans l'Empire romain, des persécutions à la conversion Ier - IVe siècle, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 298, 372, 442, 453, 461, 464 ; (3) Wikipedia ; (4) Mgr Paul Guérin, Vie des saints pour tous les jours de l'année, Editions D.F.T., Saint-Etienne 2003, p. 753-754 ; (5) Fernand COMTE, Dictionnaire de la Civilisation chrétienne, Larousse In Extenso, Manchecourt 1999, p. 184-185; (6)
Saint Nicolas, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 138.
Saint Nicolas de Patare fut le fruit des prières de ses pieux parents. Il naquit au IIIe siècle dans une riche famille chrétienne en Lycie (Asie mineure, actuelle Turquie) entre 250 et 270 ap. J.-C. Ses parents périrent lors d'une épidémie de peste et, ayant hérité de la fortune familiale, il décida de suivre l'appel radical du Christ et de la donner aux pauvres. Il devint ainsi célèbre pour sa générosité envers les nécessiteux, son amour des enfants et sa sollicitude envers les marins et les navires.
Il eut l'esprit ouvert aux choses divines dès sa plus petite enfance ; à peine sut-il manger, qu'il sut jeûner. Il avait un oncle évêque, qui, voyant avec admiration les vertus de Nicolas, l'ordonna prêtre dès qu'il eut l'âge requis et fit de lui cette prédiction : "Il sera la consolation des affligés, le sauveur des âmes en péril, le bon pasteur qui rassemble ses brebis égarées au bercail de Jésus-Christ." (1)
C'est lui, dit-on, qui "apporte des cadeaux" aux enfants à l'approche de Noël. (2)
Après un pèlerinage aux Lieux saints, Nicolas se retira à Myre, espérant échapper aux honneurs qu'il voulait éviter avec tant de soin, et à la mort de l'évêque de Myre, qui arriva peu de temps après, il fut élu pour lui succéder. Il semble que ce nom "Myre" soit lycien, la racine "Myrrh" pouvant signifier "la cité de la déesse mère". Des vestiges romains, partiellement dégagés, comportent pour l'essentiel des thermes et un théâtre. Celui-ci fut détruit en 141 par un tremblement de terre et rebâti ensuite.
L'évêque Nicolas fut exilé et emprisonné durant les persécutions de l'empereur Dioclétien. Après sa libération, il participa au concile de Nicée en 325, Des légendes se sont développées sur sa générosité, et tout au long du Moyen Âge, il devint l'un des saints les plus populaires et réputés pour ses miracles en Europe.
L'une des légendes les plus populaires sur Nicolas est que le saint, qui serait issu d'une famille riche, aurait secrètement aidé un pauvre homme avec trois filles. Le père ne pouvait pas fournir une dot convenable aux filles pour qu'elles se marient, et sans mari pour les soutenir, elles auraient pu être contraintes de se tourner vers la prostitution. Après avoir pris connaissance de la situation, Nicholas glissa secrètement un sac de pièces d'or à travers la fenêtre de la famille pendant qu'ils dormaient. Il laissa ensuite un deuxième sac de pièces de monnaie, ainsi qu'un autre sac pour la troisième fille. À ce moment-là, dit la légende, le père, qui avait attendu toute la nuit, "prit" Nicolas en flagrant délit alors qu'il lui offrait un cadeau. Mais Nicolas lui fit promettre de garder le secret.
L’histoire explique probablement pourquoi le personnage de Noël moderne du Père Noël apporte ses cadeaux aux enfants sous le couvert de la nuit.
Dans les œuvres d’art faisant référence à cette légende, les trois sacs de pièces sont souvent représentés comme trois boules dorées. Des images de boules d'or étaient également utilisées pour marquer les magasins des prêteurs sur gages, ce qui explique probablement pourquoi Nicolas est également devenu leur saint patron.
L’un des nombreux miracles attribués à Saint-Nicolas s’est produit en mer alors qu’il voyageait à bord d’un bateau vers la Terre Sainte. Nicolas est le saint patron des marins et des voyageurs car il a calmé les eaux tumultueuses qui menaçaient leur vie. (CNA)
Saint Nicolas de Bari gifle l'hérétique Arius au Concile de Nicée
Il a participé au premier Concile de Nicée (325) au cours duquel, défendant la nature divine du Christ, il combat l'arianisme avec force, accomplissant des miracles devenus légendaires.
On dit qu’il ressuscita à Myre deux jeunes écoliers de qualité qu’un hôtelier avare et cruel avait égorgés et serrés dans un saloir, afin de profiter de leur argent et de leur corps. D’autres disent qu’il en ressuscita trois sur le chemin de Nicée, qu’un méchant homme avait traités avec la même barbarie et dont il vendait la chair hachée comme de la viande commune. Ces deux prodiges, néanmoins, n’ont aucun témoignage dans l’antiquité ; nous n’avons que la tradition des peuples pour nous en assurer. Peut-être aussi que ce n’a été qu’un seul miracle rapporté différemment par divers auteurs. (France Pittoresque, Saint Nicolas : vie, miracles, légendes, d’après "Les petits Bollandistes" paru en 1876, "Le romancéro populaire de la France : choix de chansons populaires françaises" paru en 1904, "La Légende dorée - édition enrichie" paru en 1910 et "Revue britannique" paru en 1851.)
Saint-Nicolas n’est pas simplement un gentil Saint qui distribue des cadeaux. La légende raconte que c’est en Lorraine que le Saint-Nicolas réalisa sa première "bonne action". Trois enfants, partis cueillir quelques fruits, se perdirent sur le chemin du retour. Voyant au loin de la lumière dans une maison, ils décidèrent d’aller demander l’hospitalité pour la nuit. Pierre Lenoir, un boucher, leur ouvrit et accepta leur demande. Finalement, il les tua pour les transformer en petit salé, un plat typique de la région. Une légende faisant un peu écho à celle d’Hansel et Gretel… Saint-Nicolas, passant dans les environs, toqua lui aussi à la porte du boucher. Ce dernier n’osa pas refuser l’entrée à un évêque et l’invita donc à diner. Le saint homme demanda alors un petit salé, mettant le boucher dans l’embarras et avoua finalement son crime. Saint-Nicolas décida alors de ressusciter les trois enfants, et devint ainsi le Saint protecteur des enfants. Mais pour punir le méchant boucher, l’évêque l’enchaina à son âne, et devint alors le Père Fouettard, chargé de réprimander les garnements. Une légende qui explique alors le rôle de Saint-Nicolas, encore à l’heure actuelle. (3)
Une de ses premières œuvres fut de sauver l'honneur de trois filles exposées à la perte de leur vertu ; il les dota toutes, l'une après l'autre, et il le fit si discrètement, que c'est à la fin seulement que le père, touché d'admiration, surprit la main du bienfaiteur.
Saint Nicolas, Nicolas de Myre (icône russe, Eglise de Saint-Nicolas, Novgorod, Russie), reproduction photographique fidèle d'une œuvre d'art originale de 1294.
L'habitude qu'il avait de pourvoir anonymement à la dot des jeunes filles pauvres, en introduisant discrètement des cadeaux dans leurs maisons est à l'origine de la légende du père Noël, version profane ou "laïcisée" de l'histoire du saint évêque. En Turquie, et particulièrement à Demre (nom actuel de Myre), les deux personnages sont confondus et le souvenir de saint Nicolas est maintenu. (4)
Le théâtre de Myre
Dès lors il s'appliqua à devenir le modèle de son troupeau. Il ne mangea plus qu'une fois le jour, et jamais de viande ; il faisait toujours lire à sa table quelque livre de la Sainte Écriture ; ses nuits se passaient en oraison, et la terre dure était sa couche pour le peu de repos qu'il prenait. Levé avant le jour, il réveillait ses clercs pour chanter des hymnes et des psaumes ; aussitôt le soleil paru, il allait à l'église et employait le reste du jour à ses diverses fonctions pastorales.
Saint Nicolas détruit une idole païenne, Monastero di Esphigmenou
Sous la persécution de Dioclétien, il fut jeté dans un cachot et mis à la torture ; mais on n'osa pas le faire mourir, par peur de la vengeance de son peuple.
Peu de Saints ont opéré de plus nombreux et de plus éclatants miracles. Tantôt il apparaît à Constantin pendant la nuit, pour lui ordonner de mettre en liberté trois innocents qui doivent être exécutés le lendemain ; tantôt il se montre, en pleine tempête, à des matelots en danger qui l'ont appelé à leur secours.
Saint Nicolas de Myre protégeant les marins_Vitale de Bologna_ XIVe siècle_Saint
Il est surtout légendaire entre mille, le miracle de la résurrection de trois enfants tués par un boucher et hachés menu, pour être mêlés à la viande de son commerce. On l'honore comme le patron des écoliers.
Statue de Saint-Nicolas à Myre
Église Saint-Nicolas de Myre
Le culte de saint Nicolas, d’abord spécial aux Grecs, passa en Occident à l’époque des Croisades.
L'église Saint-Nicolas, appelée par les Turcs Noel baba kilisesi (église du père Noël) est un édifice byzantin, orné de fresques et partiellement restauré. Elle se trouve près du centre de la ville et reçoit la visite de nombreux touristes et pèlerins, russes en particulier.
La première église Saint-Nicolas de Myre remonte au VIe siècle. L'édifice actuel fut construit essentiellement au VIIIe siècle. Un monastère vint s'ajouter au milieu du XIe siècle. En 1863, le tsar Alexandre II de Russie acheta le bâtiment et entama une restauration. En 1963, on dégagea les ailes Est et Sud. En 1968, la tombe de saint Nicolas fut couverte d'une toiture.
Le sol de l'église est réalisé en opus sectile, une mosaïque de marbre coloré, et des fresques subsistent sur les murs. Un ancien sarcophage grec a été réutilisé pour recevoir les reliques du saint, qui reposent aujourd'hui dans la basilique de Bari. De nouveaux travaux de restauration sont en cours (2009). En 2007, après de nombreux refus, le gouvernement turc a donné l'autorisation d'y célébrer le culte chrétien.
Un archevêque membre du saint synode du patriarcat de Constantinople porte le titre d'archevêque de Myre.
Au cours de la persécution des chrétiens de 310, il est arrêté et torturé. Il distribue la richesse dont il a hérité parmi les pauvres. Ce fait est rapporté par les évêques du IVe siècle, Ambroise de Milan et saint Basile de Césarée et, pour cette raison est considéré comme un fait historique.
Un an avant sa mort, Nicolas fait démolir le temple d'Artémis de Myre. (Kevers-Pascalis, Saint Nicolas personnage historique, dans Musée Lorrain, Saint Nicolas et les Lorrains, entre histoire & légende, Editions serpenoise, 2005, p. 26.)
Un jour, des pèlerins s'embarquaient pour le miraculeux tombeau, quand une vieille femme vint les prier d'emporter avec eux son offrande, une provision d'huile pour les lampes du sanctuaire. Au deuxième jour du voyage, la tempête s'éleva, mettant le navire en danger. Les pèlerins envisagent de s'abriter dans un port, mais voici venir à eux, ô prodige! saint Nicolas sur une petite barque... Il leur dit de jeter à l'eau l'huile dont ils se sont chargés, les assurant qu'ensuite ils voyageraient sans encombre. Obéissant, les pèlerins versent l'huile dans les flots et, terrifiés, comprenant qu'elle leur vient du démon, ils la voient qui s'enflamme avec un bruit et une odeur épouvantables. On dit que la veille femme était la déesse Diane, qui, furieuse de la destruction de son temple, cherchait à se venger sur les fervents de saint Nicolas. (Germaine et Pierre Noury, Saint Nicolas, Ernest Flammarion, 1928.)
J'aimais et pratiquais dans la perfection les saintes vertus d'humilité et de chasteté.
Saint Nicolas
Sainte Brigitte, née en 1302, se marie et met au monde 8 enfants dont sainte Catherine de Suède. Elle fait de nombreux pèlerinages dont un à Bari pour honorer les reliques de saint Nicolas. "Ce fut au prix de peines et de fatigues considérables que les voyageurs accomplirent le long voyage de Manfredonia à Bari. En pénétrant dans le temple qui renferme le tombeau du grand saint Nicolas, Brigitte ressentit une joie inexprimable ; elle se prosterna avec une humble dévotion devant les saintes reliques. À ce moment apparut à ses yeux une forme vénérable, toute brillante et comme ointe d'un baume odorant. La céleste vision lui dit : 'Je suis l'évêque Nicolas ; je vous apparais sous cette forme pour vous révéler l'état dans lequel se trouvait mon âme aux jours de ma vie terrestre ; mes membres étaient adroits et souples au service de Dieu, comme l'est un instrument frotté d'huile sous la main de celui qui le manie. Et si mon âme tressaillait toujours d'allégresse et de bonheur, si ma bouche ne prêchait que la parole de Dieu, si enfin la patience reluisait dans toutes mes œuvres, c'est que j'aimais et pratiquais dans la perfection les saintes vertus d'humilité et de chasteté. Écoutez donc : [...] mes ossements ont reçu de Dieu le rare privilège de distiller une huile salutaire. En effet, le Tout-Puissant n'honore et n'exalte pas seulement ses élus dans le ciel ; il les glorifie également sur la terre, pour l'édification d'un grand nombre, qui participent ainsi aux grâces accordées aux Saints.
"Brigitte se réjouit grandement de la faveur dont elle venait d'être l'objet ; elle en rendit grâces à Dieu et à saint Nicolas. Elle voulait ne s'arrêter que peu de temps à Bari, et retourner ensuite à Rome, s'il était possible, avant Noël ; mais Dieu en ordonna autrement." (Vie de sainte brigitte de suèdeécrite d'après les documents authentiques par une religieuse de l'adoration perpétuelle avec approbation épiscopale, tome second, Paris Librairie Saint-Joseph Tolra, libraire-éditeur 112, rue de rennes, 1879.)
C'est de l'évolution de la représentation de cet évêque que naît la tradition des jouets et friandises offerts dans la nuit du 5 décembre par saint Nicolas aux enfants sages. (Philippe Duley, Saint Nicolas, Éditions de l'Est, 1990, p. 43.)
Au XVIe siècle, Luther refusa que cette mission soit confiée à un saint. En 1545, il prône le remplacement des "cadeaux de saint Nicolas" par ceux du "Seigneur Christ" ou Christkindel et veut remplacer le 5 décembre par la fête de Noël, mais la fonction convenait probablement mieux à un vieillard barbu qu'au "petit Jésus", et c'est ainsi que fut inventé l'artificiel Père Noël du 25 décembre qui ne supplanta pas saint Nicolas auprès des enfants de Lorraine (Colette Méchin, Saint Nicholas: fêtes et traditions populaires d'hier et d'aujourd'hui, Berger-Levrault, 1978, p. 12.)
Aujourd'hui Nicolas est le Saint patron des écoliers, des enfants, des marins et bateliers, des avocats du barreau de Paris, des célibataires, mais aussi de la Lorraine, de la Russie, de la ville de Houilles, de la ville de Fribourg, de l'île de Terre-de-Bas aux Saintes, de l'Université de Valladolid en Espagne et de la ville de Bari en Italie. (4)
Plaque invoquant saint Nicolas fixée sur la croix érigée par les mariniers de Saint-Père-sur-Loire, avant le passage sur le pont menant sur l'autre rive, à Sully-sur-Loire.
La fête de Saint-Nicolas est célébrée dans beaucoup de pays d’Europe, dans la nuit du 5 au 6 décembre.
Le Saint descend du ciel dans la nuit du 5 au 6 décembre, accompagné d'un âne ou d'un cheval blanc, selon les pays. Il se glisse dans les cheminées, et distribue cadeaux et friandises: sa monture, elle, se nourrit des pommes et des carottes laissées par les enfants. (5)
En Belgique, où le Saint (Sinterklaas en Région flamande et aux Pays-Bas) se charge de venir offrir quelques douceurs telles que des spéculoos ou des mandarines, aux gentils enfants pendant la nuit, si ceux-ci ont pris la peine de préparer sa venue en déposant un verre de vin et une carotte pour son âne. C’est aussi dans les écoles que Saint-Nicolas se déplace, pour demander aux enfants les cadeaux qu’ils souhaitent, et les encourage à écrire une lettre au Père Noël.
Aux Pays-Bas aussi, Saint-Nicolas est bien fêté. 2 semaines avant le 6 décembre, il arrive en bateau à vapeur depuis l’Espagne. Chaque année, les autorités nationales choisissent une ville différente pour accueillir le bateau, qui fera ensuite sa tournée à travers le pays. Mais la soirée du 5 décembre a lieu le Pakjesavond, la soirée des paquets surprises. Ces paquets sont distribués par les cheminées ou les paliers des maisons et sont souvent accompagnés de poèmes retraçant les éléments de l’année.
En France, et particulièrement en Lorraine, la fête est d’autant plus célébrée puisque le Saint est le saint-patron de la région depuis 1477. Jusque dans les années 60, la Saint-Nicolas était bien plus importante que Noël. Dans toutes les grandes villes de la région comme Metz, Nancy ou Verdun, le cortège de Saint-Nicolas est une véritable tradition. Il passe ainsi de porte-en-porte pour distribuer quelques friandises aux enfants. A Saint-Nicolas-de-Port, la fête prend une toute autre dimension. C’est dans cette ville qu’une relique, l’os du doigt de Saint-Nicolas, est conservée dans la basilique. A lieu alors une grande procession de cierges à travers les rues de la ville. Lors de cette marche, le Saint, le boucher et les trois enfants de la légende sont présents.
Bien avant le "Père Noël", Nicolas jetait des pièces de monnaie à travers les fenêtres ou les cheminées pour sauver les filles pauvres de la vente en esclavage. Dans l’Europe médiévale et moderne, les enfants laissaient leurs chaussures dehors dans la nuit du 5 décembre. S'ils avaient été sages, Nicolas aurait laissé des friandises. Sinon, ils avaient un bâton.
En Allemagne, c’est Nikolaus qui descend du ciel avec sa luge et ses cadeaux à distribuer aux gentils enfants allemands. Les enfants sont invités à déposer une chaussure au pas de la porte de leur chambre avant d’aller se coucher. Si le soulier est rempli de cadeaux et de friandises le lendemain, cela veut dire qu’ils ont été sages ! Cette tradition marque le début des fêtes de fin d’années en Allemagne.
En Autriche, selon les régions, le nom du Saint change. Dans l’est du pays, il est appelé Nikolo ou Niglo, tandis que dans le Tyrol, il est nommé SantaKlos ou Klos. Mais peu importe la région, partout en Autriche, le soir du 5 décembre, le Saint défile traditionnellement dans les rues et questionne les enfants sur leur catéchisme. S’ils répondent correctement, les enfants reçoivent des noix et des pommes. Ici, le Saint n’est pas accompagné du Père Fouettard mais des Krampus, des créatures venues des Enfers, chargées de punir les enfants dont les réponses sont erronées. Il irait même jusqu’à les emmener en Enfer avec lui, en les mettant sans sa hotte appelée Buckelkraxen. Dans une autre région encore, en Haute Styrie, Saint-Nicolas est accompagné des Schnabs, qui claquent leurs fouets pour chasser les démons de l’hiver.
Dans beaucoup d’autre pays d’Europe est célébré Saint-Nicolas, comme en Pologne, en Hongrie, en Suisse… Mais dans tous les pays, le principe est le même, celui de la distribution de cadeaux aux enfants.
La plupart des gens savent que la fête de Nicolas est célébrée le 6 décembre, jour de sa mort en 343, mais pour les Slaves de l'Est, ainsi que pour les habitants de Bari, en Italie, le 9 mai est également un jour important pour célébrer le saint. Cette date correspond à l'anniversaire du jour où les reliques de Saint-Nicolas ont été transférées de Myra, dans l'actuelle Turquie, à Bari, peu de temps après le grand schisme des catholiques et des orthodoxes, en 1087, lorsque 62 marins courageux ont sauvé les reliques de saint Nicolas, les transportant de Myre, en Asie, sa ville natale, jusqu'à Bari, dans les Pouilles, leur ville bien-aimée du sud de l'Italie. La basilique Saint-Nicolas fut construite pour abriter ces reliques, qu'elle conserve encore aujourd'hui.Les récits diffèrent quant à savoir si la transmission des reliques était un vol ou une tentative de marins chrétiens de préserver les restes du saint de la destruction par les Turcs. Mais quelle que soit la véritable raison, les reliques peuvent encore être vénérées aujourd'hui dans la basilique Saint-Nicolas de Bari, dans la région des Pouilles, au sud de l'Italie. Chaque année, d'innombrables pèlerins continuent de se recueillir sur le tombeau de saint Nicolas. Le 6 décembre, Bari s'illumine de mille feux, un spectacle de lumières chorégraphié dans les ruelles de la ville, à l'occasion de la Saint-Nicolas et de Noël. Le programme de cette année encore est riche en événements et festivités.
Saint Nicolas est une figure importante du dialogue œcuménique, unissant catholiques, orthodoxes et protestants. "Saint Nicolas, en tant qu'évêque de Myre, a naturellement influencé des millions de fidèles en Orient et en Occident, non seulement comme évêque de Myre, mais aussi comme patron, si l'on peut dire, du christianisme oriental et occidental. À tel point que saint Nicolas est vénéré comme le 'saint de l'œcuménisme', car il parvient à unir les deux réalités, les deux traditions chrétiennes, orientale et occidentale", a déclaré le père Giovanni Distante, recteur de la basilique pontificale Saint-Nicolas de Bari, à ACI Stampa, partenaire de CNA en langue italienne.(9)
Comment un évêque du IVe siècle, pourfendeur d'hérétiques originaire du sud de la Turquie, a-t-il pu finir par devenir un elfe américain obèse, buveur de Coca-Cola ?
Aujourd'hui, le "bon vieux Saint Nicolas", alias le Père Noël, est une figure laïque utilisée pour promouvoir une joie sans Dieu et le consumérisme commercial. Que s'est-il passé ?
Saint Nicolas voyageait bien car, entre autres, il était le saint patron des marins. C'est pourquoi les premiers Européens arrivés en Amérique l'ont choisi comme protecteur. Lors de son premier voyage, Christophe Colomb baptisa un port haïtien du nom de saint Nicolas le jour de sa fête, le 6 décembre 1492. En Floride, la ville aujourd'hui appelée Jacksonville fut d'abord nommée St. Nicholas Ferry par les explorateurs espagnols. Les révolutionnaires protestants n'appréciaient guère les saints, mais les festivités de la Saint-Nicolas étaient si populaires qu'il leur fut difficile de les éradiquer complètement. Les Européens du Nord, et notamment les Néerlandais, continuèrent de célébrer la fête avec un homme à cheval, vêtu comme un évêque oriental, portant des vêtements rouges et une longue barbe blanche, qui défilait dans les rues. Se souvenant des dons d'or de Nicolas pour racheter les enfants sur le point d'être vendus comme esclaves, les célébrations comprenaient des fêtes avec des jeux d'enfants et des cadeaux de noix, de pommes et de bonbons déposés dans des chaussures et des chaussettes près des lits, devant l'âtre.
La version la plus répandue raconte que les Néerlandais ont importé les coutumes de la Saint-Nicolas dans le Nouveau Monde. Cependant, les historiens contestent cette version et suggèrent que ce sont les immigrants allemands de Pennsylvanie qui ont perpétué la fête de la Saint-Nicolas. Il s'agissait des "Pennsylvania Dutch", le terme "Dutch" désignant ici les Allemands, et non les Néerlandais des Pays-Bas. C'est de Pennsylvanie que les célébrations de la Saint-Nicolas se sont répandues à New York, et ce n'est qu'après l'indépendance américaine (1776) que les Néerlandais d'origine néerlandaise de New York ont commencé à se souvenir de leur héritage et à le célébrer.
Le site web du St. Nicholas Center révèle que "John Pintard, patriote et antiquaire influent qui fonda la New York Historical Society en 1804, promouvait saint Nicolas comme saint patron de la société et de la ville. En janvier 1809, Washington Irving rejoignit la société et, le jour de la Saint-Nicolas de la même année, il publia l'Histoire de New York de Knickerbocker, avec des références humoristiques à un saint Nicolas jovial." Le saint Nicolas de Washington Irving (1783-1859) n'était pas un évêque orthodoxe, mais un Hollandais espiègle, pipe au bec. L'auteur situe Saint Nicolas dans la Nouvelle-Amsterdam néerlandaise et, pour la première fois, on le voit descendre par les cheminées pour distribuer des cadeaux aux enfants. Lorsque la Société historique de New York organisa sa première célébration de la Saint-Nicolas le 6 décembre 1810, John Pintard demanda à l'artiste Alexander Anderson de réaliser une image du saint remplissant des chaussettes près de la cheminée. L'idée fit son chemin. Onze ans plus tard, l'éditeur William B. Gilley publia "Le Père Noël, ami des enfants". Désormais, le saint homme généreux arrivait du Nord dans un traîneau tiré par des rennes volants. Cette image, accompagnée d'un poème mignon et didactique, scella le destin de l'évêque Nicolas. Non seulement le Père Noël était dans un traîneau avec des rennes, mais il arrivait la veille de Noël – et non le 6 décembre – et il arrivait avec une idée nouvelle et terrifiante : il "avait une liste et la vérifiait deux fois". Il allait "découvrir qui avait été sage ou pas". Pour reprendre les termes du poème de 1821, il avait une "longue baguette de bouleau noir… qui indique à la main d'un parent comment l'utiliser lorsque ses fils refusent le chemin de la vertu". Ses cadeaux étaient respectables et sans danger : "une jolie poupée… une figurine à picots ou une balle ; pas de pétards, de canons, de pétards ou de fusées pour leur crever les yeux ou leur vider les poches. Pas de tambours pour assourdir les oreilles de leur mère, ni d’épées pour effrayer leurs sœurs ; mais de jolis livres pour enrichir leur esprit de connaissances de toutes sortes." Deux ans plus tard, la nouvelle mythologie de Saint Nicolas se consolida avec le poème extrêmement populaire "La Visite de Saint Nicolas", désormais connu sous le nom de "La Nuit avant Noël". L'image était complète, car le Père Noël désormais était…tout de fourrure vêtu, de la tête aux pieds, ses vêtements ternis par la cendre et la suie ; un paquet de jouets jeté sur son dos, il ressemblait à un colporteur ouvrant sa marchandise. Ses yeux – comme ils pétillaient ! ses fossettes – comme elles étaient joyeuses ! Ses joues étaient comme des roses, son nez comme une cerise ! Sa petite bouche narquoise était retroussée comme un arc, et sa barbe était blanche comme neige ; il tenait fermement le bout d’une pipe entre ses dents, et la fumée entourait sa tête comme une couronne ; il avait un visage large et un petit ventre rond qui tremblait, quand il riait, comme un bol de gelée. Il était joufflu et dodu, un joyeux petit elfe…" En 1863, le dessinateur Thomas Nast entreprit une série de dessins annuels en noir et blanc inspirés du poème. Ces dessins représentaient un Père Noël rondouillard à la barbe fournie, vêtu de fourrure et muni d'une pipe en terre. Ce changement d'image s'accompagna d'une évolution linguistique. L'allemand "Sankt Niklaus" et le néerlandais "Sinterklaas" devinrent "Sancte Claus", puis "Santa Claus". Dans les années 1920, les illustrateurs N.C. Wyeth et J.C. Leyendecker s'emparèrent de la tradition, produisant des représentations luxuriantes et réalistes du lutin rondouillard, vêtu de rouge et à la barbe blanche. Dans les années 1930, Norman Rockwell perpétua cette tradition avec ses couvertures pour le Saturday Evening Post. En 1931, l'artiste Haddon Sundblom associa le Père Noël à Coca-Cola, et pendant trente-cinq ans, le Père Noël fut célèbre pour se désaltérer avec du Coca-Cola avant de rendre visite à une nouvelle famille lors de son interminable tournée de la veille de Noël. Il devint ainsi universel, apparaissant dans toutes les publicités. De ce fait, l'image de Saint Nicolas devint comme le soda qu'il buvait : douce et sentimentale, mais sans grande valeur nutritive. Les publicitaires poussèrent le concept encore plus loin et bientôt, le Père Noël devint le vendeur universel, utilisé pour vendre à peu près n'importe quoi en fin d'année.
Maintenant que le lien entre le Père Noël et Saint Nicolas est définitivement rompu, il est temps de redonner vie à la véritable célébration de la Saint-Nicolas. Inutile de faire la fine bouche à propos du Père Noël. Qu'il fasse partie intégrante de la magie de Noël, mais faisons redécouvrir Saint Nicolas et commémorons ce jour de l'Avent comme un rappel de son véritable esprit : vaillant défenseur de la foi, bienveillant envers les pauvres et âme généreuse et bienveillante qui, dans sa bonté envers les enfants, a compris que le véritable message de la Nativité du Christ était que, sans devenir comme un petit enfant, nul ne peut entrer au Royaume des Cieux.(10)
Nicolas n'a laissé aucun écrit théologique, mais lorsqu'il fut nommé évêque, on lui attribue cette déclaration : "Cette dignité et cette fonction exigent un usage différent, afin que l'on ne vive plus pour soi-même, mais pour les autres."(11)
Une tombe probable de S. Nicolas a été découverte à Demre en Turquie.
Le site de l'église, construit à l'origine en 520 après JC, aurait été construit sur ou à proximité du site funéraire de Saint Nicolas, l'évêque de Myre qui mourut en 343 après JC à Myra (aujourd'hui Demre) Turquie. Les fouilles de l'église sont en cours depuis 1989 et continuent de produire de nouveaux artefacts. Mais aucun n'a été plus excitant que de trouver un sarcophage dans l'annexe de deux étages de l'église’s que les experts croient pourrait être celui du bon St Nicolas. (12)
"Le terme de mes travaux est arrivé. Tout ce que j’ai écrit me paraît bien futile après les choses qui m’ont été révélées", a pu dire Saint Thomas à l'occasion de la fête de Saint Nicolas en 1273. Il ne s'agit nullement d'un rejet de la théologie thomiste, mais d'une affirmation que la Vérité surnaturelle dépasse ineffablement même les vérités naturelles révélées surnaturellement.
(2) Dominique Le Tourneau, Les Mots du christianisme, Catholicisme, Orthodoxie, Protestantisme, Bibliothèque de Culture religieuse, Fayard, La Flèche 2005, p. 425
Né dans le Lot, S. Gérald était maître de chant dans l'abbaye bénédictine de Moissac (Tarn-et-Garonne).
De passage, Bernard, archevêque de Tolède, le décida à le suivre dans son diocèse pour devenir maître de chœur. Sa réputation de sainteté et de musicien fit que le clergé de Braga au Portugal le nomma évêque de leur diocèse (1100).
Là, il remit de la ferveur dans ce diocèse que les Maures avaient fort déchristianisé.
Il construisit ou reconstruisit de nombreuses églises et mourut en allant consacrer la dernière.
Enterré à Braga, il est vénéré dès le Moyen Âge dans toute la péninsule ibérique.
Clément d’Alexandrie est né très probablement à Athènes, vers l’an 150 de notre ère, de parents païens. Il reçut une solide formation littéraire et acquit une très vaste culture hellénique. ll se familiarise avec les systèmes de philosophie de son temps. Il semble avoir été un initié, peut-être aux mystères d’Éleusis[1], puis il se convertit au christianisme dans des circonstances que nous ignorons. Il est probable que c’est en acquiesçant à la bonté essentielle de la Création qu'il entra dans la foi chrétienne. De plus, ce n’est pas tant par goût du mystère que par recherche du vrai que Clément adhéra au christianisme. Dans la doctrine chrétienne, il découvrit la vérité pleine et sévère, entière et définitive, à laquelle toute quête philosophique devait aboutir. Cette vérité comporte la connaissance de Dieu, le jugement moral et la raison.
ll entame alors une série de voyages (Grèce, Italie) et vers l’an 180, il arrive à Alexandrie, en Égypte où vivent Égyptiens, Juifs, Grecs et Romains, et où s’affrontaient écoles religieuses et doctrines, sectes (dont la secte des éclectiques ) et philosophes. et règne une atmosphère de débats intellectuels. Il y encontre celui qui deviendra son maître, Pantène, qui dirige alors l'École théologique d'Alexandrie. Désigné par le patriarche Démétrius Ier (12e patriarche d'Alexandrie) pour aller mener une mission chrétienne aux Indes, Pantène doit abandonner la direction de l'École d'Alexandrie. Il choisit alors le plus brillant de ses élèves, Clément, pour prendre sa succession. Clément d'Alexandrie prend, avant Origène, son élève, la direction de l'École d'Alexandrie.
Clément d'Alexandrie est un des premiers théoriciens de l'Église à avoir présenté le christianisme comme une philosophie, en cherchant à réconcilier les prophètes bibliques et les philosophes grecs.
Il fait référence aux gnostiques, des références qui semblent parfois hétérodoxes. Il donne une grande place à l'initiation et utilise le vocabulaire des mythes païens. Son utilisation de ce vocabulaire varie et présente peu de constance. Un même mot désigne des réalités différentes. Cela constitue des glissements dialectiques qui favorisent son idée, rejetée par les Pères, de "bonne gnose". Le christianisme oriental utilisait le mot "gnose" au sens de "théologie", "connaissance". Ce n'est pas le cas de Clément qui propose des secrets réservés aux élites et des Apôtres supérieurs aux Apôtres.[2]
Ses œuvres, pleines de descriptions vivantes de la société grecque, prouvent qu’il était aussi familier de la vie mondaine. En tout cas, il avait si bien assimilé la Bible, qu’elle lui était devenue un langage et une mentalité.
Comme Justin le Philosophe, il accorda sa préférence philosophique à Platon qui, selon lui, s’approchait le plus de la Vérité chrétienne. Il lit ses expériences spirituelles comme la traduction en acte de la Vérité encore obscure du platonisme, délivrée par Dieu sous la forme d’un don à la fois rationnel (la parole du Christ) et expérimental (la vie chrétienne).
Grâce à lui Alexandrie devient, au tournant du second siècle de notre ère, le berceau de l’hellénisme chrétien.
En quelle langue Clément lisait-il la Bible ?
La Bibliothèque d’Alexandrie avait été le lieu privilégié où, probablement à la demande du roi lagide ou prolémaïque Ptolémée II Philadelphe (309-248 av. J.-C.) fils du roi macédonien Ptolémée Ier, la Bible hébraïque avait été traduite en grec. Connue comme "Bible d’Alexandrie", cette traduction est couramment appelée la Septante(ensemble des plus anciennes traductions de l'intégralité de la Bible hébraïque), parce que selon la tradition, 70 ou plus exactement 72 prêtres et savants hébreux (6 pour chacune des 12 tribus juives), également experts en lettres grecques, l’ont élaborée. Une légende chrétienne intervenue par la suite, et qui témoigne de la célébrité de cette traduction aux yeux des croyants, raconte que les 72 traducteurs étaient groupés deux par deux dans trente-six petites maisons sans pouvoir communiquer : et par une intervention divine, les trente-six traductions concordaient parfaitement entre elles ! Quoi qu’il en soit, Clément a la ferme conviction que ce texte, comme son original en hébreu, est d’inspiration divine, et constitue la base de sa foi. Les Évangiles, comme on sait, ont été quant à eux directement écrits en grec.
Expliquant et commentant les textes chrétiens (Bible, Évangiles), Clément d'Alexandrie pratique l’exégèse allégorique du sens, par opposition à la méthode historico-grammaticale qui est celle des docteurs d’Antioche ; il est l’un des initiateurs de l’herméneutique des textes sacrés. Par son interprétation des mots et des images, par l’utilisation des symboles, par un entrelacement perpétuel de citations chrétiennes avec des références païennes, il contribue à la transformation de la langue grecque païenne en grec chrétien, c’est-à-dire à l’avènement d’une conscience grecque chrétienne.
Il écrit et enseigne ; son auditoire se compose des notables riches et cultivés de la cité.
Dans l’ouvrage qui porte ce nom, il nous est précisé dès les premiers mots que le Pédagogue c’est le Christ, le Verbe incarné, la Parole éducatrice annoncée par l’Écriture, elle-même révélée. Le Pédagogue est avant tout un ouvrage protreptique, comme l’est toute l’œuvre de Clément, et notamment l’ouvrage de lui qui s’intitule : Protreptique (προτρεπτικὸς sous-entendu λόγος) ; ce titre signifie en effet : "discours destiné à tourner vers l’avant, à stimuler, à persuader", c’est-à-dire ici à convertir.
Mais l’emploi même de ce titre est déjà un jeu de mots polémique, un trait d’ironie par rapport à l’usage païen. Qu’était en effet le "pédagogue" (παιδαγωγός, dont l’étymologie est « celui qui conduit les enfants ») dans l’horizon d’attente des notables alexandrins auxquels s’adressait Clément ? C’était une réalité quotidienne et familière de leur vie : on appelait ainsi le serviteur ou l’esclave de confiance chargé effectivement de conduire les enfants chez le maître d’école, de les surveiller et de les accompagner dans la rue comme à la maison. Clément veut signifier par là que la culture païenne ne suffit plus à donner un but ou une direction à la vie, et il transfigure ainsi l’image de Celui qui doit conduire les hommes "à la bonne école".
Un riche peut-il être sauvé ?
Ô riche, si tu es raisonnable, navigue vers cette assemblée de fêtes (He 12, 22) et, s’il le faut, parcours toute la terre (Mt 23, 15) ! N’évite ni les dangers ni les efforts pour te procurer ici-bas un royaume céleste. Ce royaume, un homme te le donnera, parce qu’il imite Dieu. Pour avoir un peu reçu ici-bas, il te fera habiter là-haut avec lui pour toujours. Supplie-le d’accepter, hâte-toi, lutte et crains qu’il ne te juge indigne, car il ne lui a pas été ordonné de recevoir, mais il t’a été ordonné d'offrir.
Mais lui devint sombre et s'en alla tout triste
Si quelqu’un fait pénétrer l’amour dans son âme, il peut venir à bout de ses erreurs, même s’il est né dans le péché (Jn 9,34) et qu’il ait commis beaucoup d’actes défendus, à condition de faire grandir en lui l’amour et d’éprouver un repentir sincère. Ne t’abandonne pas à un désespoir insensé, puisque tu sais quel est le riche qui n’a pas sa place aux cieux et comment user de tes biens pour échapper à la malédiction de la richesse, à l’obstacle qu'elle met devant la vie, et pouvoir jouir de l'éternité bienheureuse.
Admettons que, par ignorance, faiblesse ou circonstance involontaire, on tombe dans des fautes ou des erreurs après avoir reçu le sceau et la rédemption, au point d’être totalement abattu, Dieu ne prononce pas pour autant une condamnation définitive ! Les portes restent ouvertes à tout homme qui se tourne en vérité vers lui de tout son cœur, et le Père reçoit avec une immense joie le fils qui se repent vraiment (Lc 15,20-24). Le repentir véritable consiste à ne plus retomber dans les mêmes fautes et à extirper complètement de l'âme celles qui avaient entraîné une condamnation à mort ; dès qu'elles auront été éliminées, Dieu viendra de nouveau habiter en toi. (Clément d'Alexandrie, Quel riche peut être sauvé ? 31,7 - 32,5 ; 38,4 - 39,2, trad. P. Descourtieux, Sources Chrétiennes 537, Cerf, Paris, 2011, p. 183-187.)
La connaissance de Dieu peut être atteinte par la foi lorsqu'ont été corrigées les fautes morales.
Ceux qui s’emparent du Royaume ont été appelés violents (Mt 11, 12)
"Le juste recherchera une découverte pleine d’amour et, dans son effort pour l’atteindre, il trouve le bonheur ; à qui frappe, dit la Parole, on ouvrira ; demandez, et il vous sera donné (Lc 11, 9). Car ceux qui s’emparent du Royaume ont été appelés violents (Mt 11, 12), parce qu’ils exploitent non la violence des controverses, mais celle de la continuité d’une vie droite et des prières ininterrompues.
S’arrêter à l’examen de son ignorance, voilà ce que doit d’abord apprendre celui qui marche selon la raison. L’ignorance a poussé à chercher ; en cherchant, on trouve le maître ; l’ayant trouvé, on a cru et, croyant, on a espéré ; puis, par l’amour, on s’assimile alors à l’aimé, se hâtant d’être ce qu’on a commencé par aimer.
Telle est à peu près la méthode que Socrate suggère à Alcibiade, qui l’interroge ainsi : 'Ne penses-tu pas que je trouverai ? – Tu le pourras, si tu cherches. – Et ne crois-tu pas que je chercherai ? – Assurément, si tu penses que tu ne sais pas.'
C’est aussi le sens des lampes des vierges sages, qui de nuit sont allumées dans les ténèbres de l’ignorance que l’Écriture a désignée indirectement par la nuit (Mt 25, 1-13). Les âmes sages, pures comme des vierges, comprenant qu’elles sont elles-mêmes placées dans l’ignorance du monde, allument les ténèbres, chassent l’ignorance, recherchent la vérité et attendent l'apparition du Maître." — Clément d'Alexandrie, Stromates, 5, 16,6 - 17,3, trad. P. Voulet et A. Le Boulluec, Sources Chrétiennes 278, Cerf, Paris, 1981, p. 51-53.
En 202, les persécutions de l'empereur Septime Sévère (193-211) l'obligent à trouver refuge auprès de l'évêque Alexandre, en Cappadoce, où il meurt vers 215.
Son martyre n'étant pas attesté, son nom ait été retiré du Martyrologe romain par le pape Sixte V (1585-1590) sur les conseils de Cesare Baronio, et depuis 1751, sous Benoît XIV, il a cessé de figurer dans les martyrologes. Dans son Histoire générale de l’Église, l’abbé Darras signale qu’il avait été inscrit dans un martyrologe de manière clandestine. De là vint la rumeur sur le fait qu’il soit déclaré saint.
Œuvres
L’essentiel de son œuvre se décline dans une trilogie :
-Le Protreptique. Comme une exhortation à la conversion, cet ouvrage voit le Christ exhorter l’homme à chercher et commencer le chemin de la foi.
-Le Pédagogue. Cet ouvrage se voit comme pédagogique pour éduquer les hommes devenus enfants de Dieu par le baptême, à travers la foi et la raison.
-Les Stromates. Il décrit dans cet ouvrage la vraie gnose qui permet l’union mystique avec Dieu, et argumente contre les hérésies. [3]
L'un des maîtres du dialogue 'foi raison' dans le contexte chrétien.
Clément est connu pour sa dévotion à l'étude et à la propagation de la foi chrétienne et son effort d'intégration entre la philosophie grecque (représentant la raison) et la foi chrétienne. Il est souvent invoqué pour la guidance spirituelle et la sagesse. Il est fêté par l'Église catholique le 4 décembre.
Son œuvre majeure est une trilogie "destinée à soutenir la croissance spirituelle du chrétien". D'abord une "exhortation s'adressant aux catéchumènes" où "le Logos Jésus-Christ (grec ancien λόγος lógos "parole, discours, raison, relation") encourage les hommes à prendre sérieusement le chemin de la vérité".
Ensuite, une œuvre dans laquelle "le Christ est pédagogue, l'éducateur de qui par la grâce du baptême est devenu fils de Dieu". Le Christ apparaît comme "le Maître qui propose les enseignements les plus profonds".
Ainsi la "catéchèse clémentine accompagne-t-elle continuellement le cheminement du catéchumène et du baptisé vers les deux ailes que sont la foi et la raison, liées à une connaissance profonde de la vérité qu'est le Christ. Seule cette connaissance de la personne qui est la vérité constitue la Gnose [connaissance] authentique".
"La doctrine selon laquelle la finalité de l'homme est le retour à Dieu n'est possible qu'en s'assimilant à lui, selon la marque reçue lors de la Création, lorsqu'il fut déjà image de Dieu. Cette similitude lui permet de connaître la réalité divine, à laquelle l'homme adhère par la foi et la pratique des vertus, et le conduire à la contemplation de Dieu". Ces vertus sont d'abord "la liberté de la passion et de l'amour qui garantit l'union avec Dieu".
Pour Clément, "l'idéal éthique de la philosophie antique, qui signifie la libération des passions, s'approche et se conjugue avec l'amour et l'assimilation en Dieu, tel un cheminement de perception de la véritable Gnose".
On doit à saint Clément d'Alexandrie "la seconde grande phase de dialogue entre annonce chrétienne et sagesse grecque". Presque comme la Loi, "qui est du domaine de la Révélation pour les Juifs, et quoique moins exhaustive qu'elle, le Logos permet d'accéder aux prémices de la vérité". L'une comme l'autre constituent des "voies d'accès au Logos".
Le grand Père de l'Église doit servir d'exemple, a conclu Benoît XVI, pour les "chrétiens, pour les catéchistes et théologiens de notre temps", auxquels Jean-Paul II rappelait dans Foi et Raison que "retrouver et mettre au mieux en évidence la dimension métaphysique de la vérité pour entrer dans un dialogue critique et exigent... avec la pensée philosophique contemporaine".
Si étonnant que cela puisse paraître, que la publication en français des œuvres de Clément d’Alexandrie par "Sources chrétiennes", a commencé dans les Années 1940 pour ne s’achever qu’en 2020. Curieusement, le monde francophone a dû patienter presque 80 ans avant de découvrir le 3e volume des Stromatesou Stromateis (Στρωματεῖς, "Mélanges" parce qu'il y traite d'une grande variété de sujets), œuvre majeure parmi les premiers écrits chrétiens, qui se présente sous la forme d’une réfutation des hérésies du IIe siècle et d’un exposé de la "vraie gnose", permettant l’union mystique avec Dieu, la vie chrétienne par l'initiation à la connaissance totale. Clément essaye sur la base des Écritures et de la tradition, de donner un compte-rendu de la foi chrétienne qui sache répondre aux exigences de tous les savants, et conduire l'étudiant dans les profondes réalités de sa croyance.
Dans la continuité de ses autres écrits, Clément affirme que la philosophie a un rôle propédeutique pour les Grecs, comme c'est le cas de la loi pour les Juifs. Il fait valoir que la culture juive a exercé la plus grande influence sur la Grèce et évoque la possibilité d'une influence juive sur Platon. Pour Clément, l'Écriture est une philosophie primitive, mais vraie et innée qui est augmentée par la raison humaine à travers le Logos. (Eric Osborn, Clement of Alexandria, Cambridge, Cambridge University Press, 1994, p. 4.) La foi dépend de la volonté, et la décision de croire ne peut pas être irrationnelle, puisque fondée sur la connaissance de la vérité du Logos.
Au début du sixième livre, Clément démontre que les œuvres des poètes grecs sont dérivées des livres prophétiques de la Bible. Il cite de nombreux exemples d'appropriation injuste par les écrivains de l'époque classique. Ces citations de deuxième main lui viennent d'un ouvrage Sur le Plagiat, anonyme, du IIIe siècle av. J.-C., et parfois attribué à Arétadès de Cnide. (Miguel Herrero de Jáuregui, Orphism and Christianity in late antiquity, Berlin, Walter de Gruyter, 2010, p. 201.)
Clément fait une digression sur le péché et l'enfer, en expliquant qu'Adam n'était pas parfait lors de sa création, mais avait reçu le potentiel pour atteindre sa perfection. Il prône largement la doctrine universaliste, jugeant que la promesse du Christ concernant le salut est valable pour tous, même ceux qui sont condamnés à l'enfer. (Charles Seymour, "On Choosing Hell", Religious Studies, vol. 3, no 33, pp. 262–263.)
Le travail se termine par un discours prolongé contre les divisions contemporaines et les hérésies dans l'Église.
from book 1, folio 5 recto of Les vrais pourtraits et vies des hommes illustres grecz, latins et payens (1584) by André Thevet.
Une théologie où la divinisation de l'homme (theosis) est centrale
Clément voit la connaissance spirituelle (vraie gnose) comme un chemin vers l'union avec Dieu, où l'homme s'assimile au divin par la grâce, l'imitation et la participation au Logos (Verbe). La théosis n'est pas une fusion ontologique mais une transformation progressive vers la ressemblance divine, culminant dans la perfection et l'impassibilité. Voici des citations clés illustrant ces thèmes, tirées de ses écrits :
"Le Verbe de Dieu s'est fait homme, afin que tu apprennes de l'homme comment l'homme peut devenir Dieu." (Protreptique, I, 8, 4).
"Comment doit vivre celui qui sera Dieu dans l'avenir, et dans le présent s'assimile à Dieu." (Stromates VII, 1, 1).
"En s'assimilant au Seigneur autant qu'il le peut par les hommages d'une piété qui, en honorant Dieu, tend au salut des hommes." (Stromates VII, 3).
"Devenu semblable à Dieu ; c'est-à-dire que, vivant avec Dieu dans un commerce dont les passions humaines ne sauraient l'arracher, il assimile, dans la mesure de ses forces, à l'impassibilité par essence l'impassibilité qui est chez lui le fruit de la lutte et de l'exercice" (Stromates VII, 3).
"Qui imprime à son image, dans l'âme du Gnostique, la contemplation parfaite. Par là, le Gnostique devient une troisième image divine qui, autant que cela est possible, s'assimile à la cause seconde." (Stromates VII, 3).
"Notre connaissance et notre paradis spirituel est lui-même notre Sauveur, dans lequel nous sommes plantés, transférés et transplantés dans la bonne terre hors de la vie ancienne ; la transformation de la plantation contribue à la fructification. Ainsi le Seigneur est lumière et connaissance véritable, en lequel nous avons été transférés." (Stromates VI, 1).
"Cependant, changés de bêtes en hommes par la foi au Seigneur, ils deviennent des hommes de Dieu, du fait d'avoir voulu changer au commencement pour progresser vers l'être." (Stromates VI, 6 ; traduction approximative de "Μεταβαλόντες μέντοι ἐκ τοῦ εἶναι θηρία διὰ τῆς κυριακῆς πίστεως ἄνθρωποι γίνονται θεοῦ, ἐκ τοῦ τὴν ἀρχὴν θελῆσαι μεταβάλλεσθαι εἰς τὸ γενέσθαι προκόπτοντες.").
"L'union de l'âme avec l'âme, et celle de l'esprit avec l'esprit, font croître et vivifient, par la semence de la parole, ce qui est en nous comme dans une matrice spirituelle." (Stromates VI ; extrait sur l'union spirituelle).
"Le Logos, sa Raison, Créateur et Législateur de l'univers, peut seul le révéler et accorder la vie divine aux hommes." (Stromates ; contexte sur la participation divine).
"De la sorte, ce qu'il y a de participable en Dieu se met à la disposition de l'homme et se constitue en hypostase dans le Fils, selon un plan établi depuis toujours." (Stromates ; sur l'union ontologique via le Fils).
"Soyez parfaits comme votre père céleste est parfait. Le gnostique est mort dans sa chair; il n'y a plus pour lui de passions charnelles; il vit avec Dieu, il est déjà assimilé à Dieu." (Stromates IV, 22 ; contexte sur l'imitation et la perfection divine).
"Voilà pourquoi croire au Verbe et par le Verbe, c'est arriver à l'unité, c'est-à-dire, être uni au Verbe par des liens indissolubles. Au contraire, ne pas croire au Verbe, c'est tomber dans la duité, dans la division, dans le partage." (Stromates IV, 25 ; sur l'union via la foi au Logos).
Le Verbe de Dieu "s'est fait homme pour que nous devenions Dieu; il s'est rendu visible dans le corps pour que nous ayons une idée du Père invisible, et il a lui-même supporté la violence des hommes pour que nous héritions de l'incorruptibilité", écrit également S. Athanase d'Alexandrie, dans Sur l'incarnation du Verbe, (54,3).
Dans la préface du livre V de Contre les hérésies, S. Irénée de Lyon, Docteur de l'Eglise, parle de : "Jésus-Christ qui, à cause de son surabondant amour, est devenu ce que nous sommes afin de faire de nous ce qu'il est".
Luttant contre le fatalisme du manichéisme, la Théosis insiste sur la liberté de la nature humaine restaurée par le Christ et la volonté éternelle de salut de Dieu. (André Dumas, Prédestination, in Encyclopaedia universalis, 1985.)
Autres citations
"Quand tu as vu ton frère, tu as vu ton Dieu." (Stromates I, 19)
"Dieu a donné la loi aux Juifs et la philosophie aux Gentils afin que personne ne soit empêché de croire en l'Avent du Christ. Ainsi, celui qui ne croit pas n'a pas de justification, car par deux processus différents de perfection, Il guide à la fois les Grecs et les Barbares vers la perfection de la foi." (Stromates VII, 2,10-11.)
"Quand vous êtes protégé par le mur de la philosophie, votre foi deviendra inaccessible à la sophistique." (Stromates I, 5,28.)
"Tout ce qui est contraire à la droite raison est péché... L'obéissance à la raison - le Verbe - que nous appelons foi, sera nécessairement la cause efficace du devoir. Car la vertu elle-même est un état de l'âme rendu harmonieux par la raison en ce qui concerne toute la vie... La philosophie elle-même est proclamée comme la culture de la droite raison." (Stromates, extrait sur la raison et le péché.)
"La philosophie est un travail préparatoire, elle ouvre la route à Celui que le Christ rend ensuite parfait." (Protreptique I, V, 28)
"Quand [Dieu] dit : 'Ne soyez pas grand chose avec une femme étrange', il nous exhorte à utiliser, mais à ne pas s'y attarder, la culture laïque." (Stromates, chapitre 5)
"La science réelle, apanage exclusif du Gnostique, comme nous le disons, est une compréhension inébranlable qui conduit, par des raisons véritables et irrésistibles, à la connaissance du premier principe." (Stromates VII)
"La sagesse est donc la reine de la philosophie, car la philosophie est une culture préparatoire. Car si la philosophie professe le contrôle de la langue, et du ventre, et ce qui est en dessous du ventre, c'est dans le but de son propre compte. Mais il apparaît plus digne de respect et de pré-éminence, si elle est cultivée pour l'honneur et la connaissance de Dieu."
Saint Clément d'Alexandrie, guide pour l'étude de la foi, priez pour nous pour que nous soyons des instruments de dévotion à Dieu et de sagesse.
Prière à Saint Clément d'Alexandrie [6]
Ô Saint Clément d'Alexandrie,
Toi qui as enseigné la sagesse et la connaissance de Dieu,
Toi qui as montré l'amour du Christ dans ta vie et tes écrits,
Nous te prions pour qu'à travers ta puissante intercession,
Nous puissions croître dans la foi, la charité et la sagesse.
Aide-nous à comprendre la profondeur de la grâce de Dieu,
Et à vivre selon la vérité de l'Evangile.
Inspire-nous à aimer et à servir notre prochain avec générosité.
Et à partager l'amour de Dieu avec ceux que nous rencontrons.
Saint Cléments d'Alexandrie, intercède pour nous devant le Trône de Dieu,
Et obtiens-nous les grâces dont nous avons besoin pour avancer dans notre vie spirituelle.
Sainte Barbe naquit aux environs de Nicomédie et vécut au milieu du IIIe siècle à Héliopolis (aujourd'hui Baalbek au Liban) sous l’empereur Maximien (285-305).
Statue de Sainte Barbe récente, située dans la chapelle Sainte-Barbe (1545), Enclos paroissial de Saint-Herbot (ancienne paroisse de l'évêché de Cornouaille, Finistère).Source
Barbe, (270-306), fille d'un riche marchant phénicien païen, refuse la mariage organisé par son père car elle veut se consacrer au Christ.
Son père, nommé Dioscore, s'aperçut alors qu'elle était chrétienne. Saisi de fureur, il la fit enfermer dans une tour à deux fenêtres; un prêtre déguisé s'introduit dans la tour et baptise Barbe, qui perce une troisième fenêtre dans le mur pour représenter la Sainte Trinité. Furieux, le père incendie la tour, mais Barbe parvient à s'enfuir.
Peu après, la courageuse vierge, découverte dans la retraite ou elle s'était cachée, fut dénoncée et amenée à Dioscore, qui la conduisit lui-même à Marcien, préteur de la ville.
Barbe fut jugée, torturée. Frappée d'abord à coups de nerfs.
Le lendemain, sa fermeté la fit condamner à être déchirée avec des peignes de fer et brûlée avec des torches ardentes. La douce victime endura tout, le sourire sur les lèvres.
La foule des païens commençait à s'émouvoir d'un si étonnant spectacle.
Le juge résolut de tenter un supplice plus horrible que tous les autres pour la pudeur de la vierge. Il la fit dépouiller complètement pour lui faire traverser avec ignominie les rues de la ville, pendant que les bourreaux la fouetteraient cruellement. Puis le juge ordonna de lui trancher la tête. Mais Dioscore, son père, s'écria : "C'est à moi de la frapper !" et saisissant son épée, il trancha la tête de l'innocente victime agenouillée devant lui. Dioscore fut aussitôt châtié par le Ciel : il mourut frappé par la foudre!
Les empereurs byzantins vénéraient particulièrement ses reliques qu’ils firent transférer à Constantinople au VIe siècle.
Une partie de ces reliques fut emmenée en Italie par les Vénitiens, et une autre au XIe par Anne Comnène la fille de l'empereur bizantinAlexis Ier Comnène à Kiev, où elles se trouvent toujours à la Cathédrale Saint Vladimir.
Martyre de Sainte Barbara, par Gaspar Requena, fin XVIe s.
Sainte Barbe, calcaire polychromé, Villeloup (Aube) vers 1520-1530
Sainte Barbe est la patronne des Pompiers et tous les corps de métiers qui ont à redouter la foudre ou le feu.
On l'invoque également contre la mort subite et imprévue.
Le fort patronage que lui vouaient les mineurs de fond s’est progressivement transmis aux ouvriers et ingénieurs des travaux souterrains (tunnels, cavernes, etc.) avec la disparition progressive de l’industrie minière occidentale.
De nos jours, une sainte Barbe trône toujours à l’entrée des tunnels en construction pour protéger les ouvriers-mineurs des accidents de chantier.
Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 28.
Sainte Barbe est généralement représentée en jeune fille, avec une palme de martyre, elle peut porter une couronne, un livre. Une tour à trois fenêtres, un éclair constituent également d'autres attributs de la sainte.
Statue de sainte Barbe dans l'église Saint-Pierre de Plouyé, 27
Sainte Barbe décapitée par Dioscore, par Jörg Ratgeb (1510), église Saint-Jean de Schwaigern.
Flagellation de Sainte Barbara par Gaspar Requena, fin XVIe s.
Martyre de Sainte Barbe, élément de diptyque du xvie siècle, musée Brukenthal (Roumanie)
Sainte Barbe, par Goya
Statue en plâtre de sainte Barbe, fin XIXème siècle, lampe de mineur à la ceinture. Église St Omer d'Houchin
"Et par Sainte Barbe vive la bombarde !"
Il est de tradition chez les artilleurs, comme chez les sapeurs pompiers, les mineurs et les artificiers, de fêter la sainte Barbe, patronne du feu, de la poudre à canon, fêtée chaque 4 décembre.
Sources : 1; 2 ; Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 28; (3) https://www.arquus-defense.com/fr/et-par-sainte-barbe-vive-la-bombarde
Grand missionnaire jésuite en Extrême-Orient, François-Xavier naquit en 1506 dans une famille noble de Navarre (Pays Basque). Il était originaire d'une vieille famille de Basse-Navarre, Jaxu près de Saint-Jean-Pied-de-Port, une terre ravagée par la guerre. Coincée entre les puissances impériales croissantes de Castille-Aragon (Espagne) et de la France, la Navarre a rarement connu la paix pendant l'enfance de François.
En tant que membre de la noblesse, François était censé mener une vie de guerrier aux côtés de son père et de ses frères. Mais à l’âge de 10 ans, sa vie prend un premier tournant dramatique et tragique. Son père est mort, son royaume de Navarre a été vaincu par l'Espagne, ses frères ont été emprisonnés et sa maison d'enfance, le château de la maison de Javier (Xavier), a été presque entièrement détruite.
Avec la famille de Francis déshonorée et presque anéantie, ses perspectives d'un avenir radieux semblaient sombres. Mais Dieu avait encore des projets incroyables pour le jeune François.
Dans l'espoir de reconstruire l'héritage familial, François fut envoyé en 1525 au centre de théologie et d'études européennes, l'Université de Paris.
Après de brillantes études au collège Sainte-Barbe, à Paris, il enseigna la philosophie avec un succès qui, en lui attirant les applaudissements, développa l'orgueil dans son cœur.
Ignace de Loyola, converti, étant venu à Paris pour perfectionner ses études et cherchant à recruter des compagnons pour jeter les bases de la Compagnie de Jésus, s'éprit d'amitié et d'admiration pour ce jeune homme.
François fut d'abord repoussé par les idées d'Ignace de dévotion radicale à Dieu. Mais Ignace lui rappelait les paroles de Jésus dans la Bible : « "Car à quoi sert à un homme de gagner le monde entier et de perdre son âme ?" (Mt 16,26).
Le 15 août 1534, sept jeunes gens, parmi lesquels Ignace et Xavier, prononcèrent leurs vœux dans une chapelle souterraine de l'église de Montmartre. La "Compagnie de Jésus" était fondée.
Sceau de la Compagnie de Jésus, ou christogramme, IHS, représente les trois premières lettres de IHΣOYΣ, « Jésus » en grec, ultérieurement réinterprété comme "Ièsous hèmôn sôter", "Iesus Hominis Salvator" ("Jesus Sauveur de l'homme").
Quelques années plus tard, Xavier, devenu prêtre était prêt pour sa mission.
Le pape Léon III a demandé aux jésuites nouvellement fondés d'envoyer des missionnaires dans les colonies portugaises en Inde. Bien que François n'était pas censé y aller à l'origine, l'un des jésuites affectés à la mission tomba malade et François se porta volontaire à sa place. Par cet acte courageux de confiance, Dieu utiliserait François pour transformer l’ensemble du continent asiatique.
François partit pour l'Inde en 1541, le jour de son 35e anniversaire. Voyager par mer à cette époque était extrêmement dangereux et inconfortable, et ceux qui osaient le faire risquaient la maladie sans aucune garantie d’arriver un jour à destination. François a dû faire tout le tour de l'Afrique, passer le cap de Bonne-Espérance, presque jusqu'au fond du globe, pour traverser l'océan Indien et arriver à Goa, sur la Côte sud-ouest de l'Inde.
À son arrivée en Inde en 1542, François fut immédiatement confronté à d’innombrables défis pour apporter la parole de Dieu aux habitants de cette région nouvelle et étrangère. Pendant sept ans, François a prêché dans les rues et sur les places publiques, travaillant sans relâche à travers l'Inde et les îles de l'Asie-Pacifique, luttant contre la persécution des seigneurs de la guerre et parfois même des autorités portugaises censées l'aider.
Cette mission finie, une autre l'appelait ; l'ambition du salut des âmes était insatiable dans son cœur. Il rencontra l'ignorance des langues, l'absence de livres en langues indigènes, les persécutions, la défiance et la rivalité des ministres païens.
Dieu lui donna le don des langues, le pouvoir d'opérer des miracles sans nombre.
Dès son vivant, on rapporte des faits surprenants, comme des guérisons, des prophéties, des sauvetages inespérés.
Il évangélisa, en onze années, cinquante-deux royaumes et baptisa une multitude incalculable.
Alors qu'il était à Cochin (Inde), il constate : "Thomas (Apôtre) se livra avec ardeur à la prédication et convertit à la foi un monde innombrable. Dans l'Inde supérieure, il se rendit célèbre par un grand nombre de miracles", et "dans les environs, il y a beaucoup de chrétiens qui remontent au temps de saint Thomas; ils vivent dans plus de soixante villages."
Tandis qu'il est à Amboine, dans les Moluques (Indonésie), à l'est du détroit de Malacca et sur les franges du monde chinois, François-Xavier poursuit son témoignage : "J'ai rencontré à Malacca un commerçant qui revenait d'une contrée au commerce fort actif, appelé Chine. Ce commerçant m'a dit qu'un Chinois très honorable qui venait de la cour du roi lui avait posé beaucoup de questions. ... Le Chinois répondit qu'en son pays ... nombreux sont ceux qui disent que l'apôtre saint Thomas est allé jusqu'en Chine et qu'il y a fait beaucoup de Chrétiens; que l'Eglise de Grèce (église nestorienne de Mésopotamie. Ndt.) y envoyait des évêques pour instruire et pour baptiser les Chrétiens que saint Thomas et ses disciples avaient convertis dans ces contrées. (Cf : Pierre PERRIER, Xavier WALTER, Thomas fonde l'Église en Chine (65-68 ap. J.-C.), Asie Éditions du Jubilé, Mercuès 2008, p. 153-154)
Après avoir converti des dizaines de milliers de personnes et semé les graines d’une Église chrétienne renouvelée et durable en Inde, François entendit des histoires sur une nation insulaire enchanteresse connue sous le nom de "Japon". Son cœur était enflammé par le désir d’apporter l’Évangile au Japon.
Après s'être assuré que les fidèles en Inde seraient correctement pris en charge, François a mis le cap sur cette nouvelle terre mystérieuse, devenant ainsi le premier à apporter la foi chrétienne au Japon, à l'autre bout du monde de sa maison de Navarre.
Son plus beau et son plus difficile triomphe fut la conquête du Japon.
Au Japon, François et ses compagnons voyageaient très loin, souvent à pied et avec presque aucune ressource.
Il est alors autorisé à utiliser un temple bouddhique abandonné, où il prêche pendant plusieurs mois. Des documents historiques indiquent qu’il réussit à convertir plus de 500 Japonais en un semestre jusqu’en mars 1551.
Une nouvelle visite à Hirado le mois suivant laisse à penser à la construction d’une nouvelle église. Plus de 500 Japonais se convertissent en six mois jusqu’en mars 1551.
En dix-sept mois de présence au Japon, François Xavier estimait près de douze mille conversions.(5)
Ses contacts avec les autorités civiles et religieuses au Japon lui font comprendre l'importance de l'influence de la Chine dans le domaine philosophico-religieux. Progressivement, il est persuadé que, pour convertir l'Orient, il faut commencer par la Chine. En novembre 1551, il confie sa décision à ses compagnons jésuites et commence à préparer ce voyage.
Avant de s'y rendre, il rejoint l'Inde via Malacca.
De retour en Inde, il embarque pour la Chine en avril 1552 à bord du Santa Cruz.
Statue du saint, dans la basilique Saint-Guy à Český Krumlov (République tchèque)
Début septembre 1552, l’équipage arrive à l’île de Sancian, au large des côtes chinoises à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Macao. L’accueil des quelques Portugais présents lui est favorable et on lui aménage hutte et petite chapelle.
Il aspirait à convertir la Chine, pour rentrer en Europe par les pays du Nord, quand Dieu appela au repos cet incomparable conquérant des âmes, qu'on a justement surnommé l'apôtre des Indes et du Japon.
Le 21 novembre, à l’issue d’une messe, François Xavier défaille, il est conduit sur le Santa Cruz, puis après une saignée est ramené sur l’île. Il y décède le 3 décembre 1552 à l'âge de 46 ans.
Mort de saint François Xavier sur l'île de Sancian (Shangchuan), Baciccio (XVIIe siècle)
Après sa mort en 1552, l'incorruption du corps de François-Xavier devient un fait reconnu.
Sa dépouille est exhumée à huit reprises entre 1553 et 1932. [...] Les "apparences d'un homme vivant" plusieurs dizaines d'années après sa mort... Il n'en fallait pas davantage pour "prouver" la sainteté de François-Xavier aux yeux du monde. (6)
En 1555, les documents recensent déjà neuf miracles obtenus part sa prière.
François Xavier est canonisé le 12 mars 1622, en même temps qu'Ignace de Loyola et Thérèse d'Avila, par le pape Grégoire XV.
Pie XI le fait saint patron de toutes les missions catholiques en 1927.
Il est aussi le saint patron des joueurs de pelote basque. Son secrétaire ayant noté qu'il prononça ses dernières paroles "en langue maternelle navarraise", c'est-à-dire en basque, sa fête (le 3 décembre) est aussi celle de l'euskara, la langue basque.
Marc-Antoine Charpentier a composé un In honorem Sancti Xaverii canticum, (Cantique en l'honneur de Saint Xavier), catalogué H 355, pour chœur, soli, flûtes, cordes, et basse continue.
Une église, puis une cathédrale Saint François Xavier existe depuis 1908 au centre de la ville de Kagoshima, Japon, au sud de la grande ile méridionale de Kyushu, où François Xavier débarqua pour la première fois en août 1549. A la suite de destructions, elle a été réparée en 1949, puis reconstruite en 1999 avec une architecture moderne à l'occasion du 450 ème anniversaire de l'arrivée de François Xavier au Japon.
Aujourd'hui considéré comme l'un des plus grands missionnaires de l'Église, saint François Xavier a prouvé qu'une vie vécue dans une confiance totale en Dieu peut transformer tout un continent et le monde entier.
Citations
"D’abord et avant tout, soyez attentif à vous-mêmes et à vos relations avec Dieu et à votre conscience car c’est de celles-ci que dépend votre pouvoir d’être utile à votre prochain. N’oubliez pas de faire un examen particulier de conscience au moins une fois par jour si vous ne pouvez le faire deux fois. Souciez-vous et occupez-vous de votre propre conscience plus que de celle de qui que ce soit d’autre, car celui qui ne désire pas être bon et saint lui-même, comment peut-il rendre les autres tels ?"
Sources : (1) ; (2) ; (3) Litanies de Saint-François-Xavier ; (4) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 64-65; (5) La mission japonaise de François Xavier par Jean Lacouture (estimation du nombre de convertis), revue suisse Choisir de novembre 2002; (6) Patrick SBALCHIERO, Enquête sur les miracles dans l'Église catholique, Artège, Paris 2019, p. 160-162; (7); (8)
Bibiane ou Viviane naquit à Rome. Son père (Flavien), préfet de Rome, sa mère (Dafrose) et sa soeur (Démétrie) souffrirent le martyre avant elle, sous l'empereur Julien l'Apostat.
Flavien, officier supérieur s'étant déclaré contre ce prince, fut jeté en prison ; il eut l'honneur d'être dégradé, privé de tous ses biens, et de tous ses emplois, marqué au front d'un fer rouge comme un esclave, il en mourut peu de temps après avec la qualité glorieuse de Confesseur et de Martyre de Jésus-Christ, en Toscane, où il avait été exilé dans un lieu que l'on appelait "l'Aquae Faurinae" aujourd'hui "Acqua pendente". Sa femme Dafrose, et ses filles Bibiane et Démétrie, restaient à Rome exposées aux coups du tyran. Il ne les oublia pas. Apronien, préfet de Rome et favori de Julien l'Apostat, était aussi méchant que lui. Comme il se rendait à Rome pour prendre possession de son gouvernement, il perdit un œil. Il crut que c'était par quelques maléfices des magiciens, c'est à dire des chrétiens; car on les appelait ainsi à cause des fréquents miracles qu'ils faisaient. Le dépit qu'il eut de cet accident lui fit décharger sa fureur sur les chrétiens, et il commença la persécution par la famille flavienne.
Sainte Dafrose, mère de Bibiane, fut d'abord enfermée dans sa maison avec ses deux filles, pour les y faire mourir de faim ; mais, ce supplice lui paraissant trop lent, on l'en tira quelque temps après, par l'ordre du gouverneur Apronien, et on lui trancha la tête.
On aurait pu croire qu'après la mort de leurs parents, deux jeunes sœurs Bibiane et Démétrie seraient épargnées. Quelle crainte ou quelle défiance pouvait inspirer deux jeunes filles? Il n'en fut pas ainsi. Elles avaient encore des richesses, d'ailleurs elles étaient chrétiennes. C'en fut assez pour exciter la convoitise et la colère du tyran. Il leur fut signifié qu'elles eussent à renoncer au christianisme et à adorer les dieux de l'empire ; sinon elles devaient s'attendre à une mort encore plus cruelle que celle de leurs parents. Le préfet les dépouilla d'abord de tous leurs biens, puis il les envoya en prison avec ordre de les laisser manquer de tout, ne doutant point que cette épreuve de la misère et de la faim n'ébranlât leur constance et ne les disposât à céder à ses volontés. Mais Dieu les soutint par sa grâce comme cette horrible tentation de l'indigence et de la faim. Apronien, voyant que cette tentative avait mal réussie eut recours à une autre plus dangereuse. Il employa les caresses les plus flatteuses et les promesses les plus séduisantes.
Malgré une très longue privation de toute nourriture, elles parurent au tribunal plus fortes et plus belles que jamais : "Craignez, leur dit le juge, une mort honteuse et cruelle." "Les biens de ce monde, répondent-elles, ne peuvent plus avoir pour nous aucun attrait, nous n'aspirons qu'à posséder Jésus-Christ ; plutôt mille morts que la trahison à nos promesses !"
À ces mots, Démétrie qui était encore toute jeune, tombe morte aux pieds de sa sœur. Dieu, peut-être par compassion pour elle, et pour ménager sa faiblesse, lui épargna les horreurs du supplice.
Quant à Bibiane, le juge la livra aux mains d'une femme de mauvaise vie, Rufine, qui après avoir promis de la faire changer de religion essaya de la pervertir ; elle employa d'abord les flatteries et les bons traitements et feignit de lui témoigner une amitié sincère ; puis bientôt elle eut recours aux menaces, aux injures et aux coups. Bibiane résista courageusement à toutes ses tentatives, elle demeura pure, et digne du céleste Époux. La méchante femme dut avouer au juge Apronien qu'elle avait perdu son temps et sa peine. Celui-ci, furieux de son peu de succès, ordonna de frapper de verges la vierge chrétienne jusqu'à ce qu'elle eût rendu l'esprit.
Bibiane fut donc attachée à une colonne, et les bourreaux s'acharnèrent sur son corps innocent jusqu'au moment où elle s'affaissa mourante à leurs pieds. Elle expira au bout de quelques instants, le 2 décembre 363.
Son corps fut jeté à la voirie pour y être dévoré par les bêtes ; mais aucune d'elles n'en approcha pendant les deux jours qu'il demeura exposé. Il est écrit que "Dieu veille sur les restes de ses saints."
Deux jours après, un prêtre courageux nommé Jean put s'emparer pendant la nuit de cette dépouille et l'ensevelir ; Il l'enterra auprès de Dafrose, sa mère, et de Démétrie, sa sœur en face du palais de Ficinius. Ce lieu fut toujours respecté des chrétiens. Depuis ils y bâtirent une chapelle sous le nom de la sainte. Cette chapelle dura jusqu'à ce que le pape Simplice (468-483) la remplaça par une église qu'il éleva en son honneur. Cette église fut rebâtie et magnifiquement ornée en 1628 par le pape Urbain VIII qui y fit la translation des corps des trois saintes qui avaient été trouvés depuis peu. Leurs précieuses reliques furent placées sous le grand autel, dans un tombeau de porphyre, et au dessus, la statue de Sainte-Bibiane, en marbre, qui passe pour un des plus beaux morceaux de sculpture qu'on voit en Italie. Le culte de Viviane était déjà en honneur à Rome au Ve siècle.
Seul maître de l'Empire à partir de 361, Julien l'Apostat mourut le 26 juin 363, en livrant bataille contre les Perses. Il avait renié son baptême et, durant son rêgne éphémère, tenté d'anéantir le christianisme en lui substituant une sorte de paganisme rajeuni. Il rendit leur liberté d'action à toutes les sectes chrétiennes, espérant qu'elles s'entre-détruiraient l'une l'autre ; il fit des lois scolaires propres à provoquer l'apostasie des enfants chrétiens, réserva les emplois, civils et militaires aux seuls païens, et frappa d'ostracisme tous ceux qui passaient pour professer la religion du Christ. Sans aller jusqu'à porter des édits sanglants contre eux il les rendit tellement odieux qu'on put souvent, çà et là, les torturer et mettre à mort impunément.
Sculpture Italienne - Terre Cuite - Sainte Vivienne - Sainte Bibiane - Ange (Le Bernin - Gian Lorenzo Bernini)
Héliogravure originale sur papier d'art. Anonyme. 1920
Prière*
Sainte Bibiane tu as grandi dans une famille chrétienne toute dévouée au Christ. Fidèle à cet héritage si précieux tu as continué à propager la Bonne Nouvelle au-delà des menaces, jusqu'au don de ta vie dans le martyre. À ton exemple, puissions-nous demeurer enracinés dans le Christ, et empressés à témoigner de l'évangile.
Par ton intercession que le Seigneur nous accorde d'accueillir courageusement les difficultés de la vie. Que notre foi demeure solide afin que nous marchions avec persévérance à la suite du Seigneur ressuscité jusqu'au jour où Il nous réunira dans la plénitude de son Amour pour l'éternité des siècles. AMEN.
Sainte-Bibiane PRIE POUR NOUS Vous tous saints et saintes des premiers siècles PRIEZ POUR NOUS
Martyrologe Romain : À Poitiers, après 360, sainte Florence, vierge, qui fut convertie au vrai Dieu par l’évêque S. Hilaire quand il était exilé en Asie et qui le suivit quand il revint vers les siens. [1]
Sainte Florence, fille spirituelle de Saint-Hilaire, qui l'avait suivi depuis la Phrygie, a vécu en ermite à Comble (commune de Celle-Lévescault) qui devint lieu de pélerinage au cours des siècles. (secteur pastoral de Vivonne)
Ses reliques se trouvent à Celle l'Evescault-86 (église romane, chapelle dédiée à Sainte-Florence de Comblé) sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle.
Elle figure sur un vitrail de l'église Saint-Nicolas de Moncontour du diocèse de Poitiers.
"La tradition dit que saint Hilaire (303-367) prenait ses quartiers à Celle-l’Evescault où il avait de vastes propriétés, et où il bâtit un monastère. Sur sa propriété de Comblé, village à l’est de la commune, saint Hilaire aurait proposé à sainte Florence de se retirer pour vivre en ermite, après l’avoir consacrée à Dieu. Cette jeune fille avait suivi l’évêque Hilaire depuis la Phrygie (Turquie actuelle) où il avait été déporté par l’Empereur Constance II. Florence mena à Comblé une vie de sainteté, dans la prière et la mortification et elle mourut à l’âge de 29 ans." (Pèlerinage à Comblé, sur le tombeau de sainte Florence - Fondation Européenne pour la recherche sur les pèlerinages) [2]
...Plus d’une décennie après un phénomène extraordinaire survenu lors d’une messe matinale, le Vatican a officiellement reconnu un miracle eucharistique survenu à l’église du Christ-Roi à Vilakkannur le 15 novembre 2013.
C’était un vendredi ordinaire, jusqu’à ce que quelque chose de profondément inattendu se produise. Alors que le Père Thomas Pathickal élevait l’hostie consacrée sur l’autel, une image mystérieuse commença à apparaître. Ce qui a commencé comme un flou est devenu radieux, formant lentement ce qui ressemblait indéniablement à un visage humain. Le prêtre s’arrêta. Les fidèles s’agenouillèrent.
Onze ans et demi plus tard, l’archevêque Joseph Pamplany de Tellicherry s’est présenté dans cette même église pour annoncer ce que beaucoup dans la région croient depuis longtemps : le Saint-Siège a officiellement reconnu l’événement comme un véritable miracle eucharistique. La déclaration a été transmise par l’archevêque Leopoldo Girelli, nonce apostolique en Inde, et sera solennellement proclamée lors d’une messe spéciale le 31 mai [2025], présidée par le nonce lui-même.
La reconnaissance du Vatican ajoute l’événement de Vilakkannur à une liste exceptionnelle et sacrée d’événements de l’histoire de l’Église qui défient toute explication naturelle mais approfondissent la conviction spirituelle. Dans la plupart des miracles eucharistiques documentés, des saignements dans l’hostie ont été signalés, et des tests scientifiques ont fréquemment révélé la présence de tissu cardiaque humain et de groupe sanguin AB, ce qui concorde avec les découvertes du Suaire de Turin. Le cas de Vilakkannur est différent : il n’y a ni sang ni tissu ; seul un visage, rayonnant et indéniablement humain, apparaît sur le pain lui-même. Ce visage, identifié par des témoins comme celui du Christ, a attiré des milliers de personnes au fil des ans. Dans les jours qui ont suivi la messe de 2013, le petit village a été envahi de pèlerins. Les routes étaient encombrées et la police a été appelée pour contrôler la foule. Le phénomène a suscité une fervente dévotion, tandis que les autorités ecclésiastiques ont discrètement gardé l’hostie et ont commencé une enquête théologique et scientifique rigoureuse, conformément aux protocoles du Vatican pour discerner les affirmations surnaturelles.
Entre 2018 et 2020, l’hostie a été rendue à l’Église du Christ-Roi pour la vénération publique. Elle fut ensuite confiée au Nonce apostolique de l’époque, l’archevêque Giambattista Diquattro. La décision de reconnaître l’événement comme miraculeux n’est venue qu’après des années d’analyse, de prière et de discernement patient. Mais le miracle, a souligné l’archevêque Pamplany, n’est pas une condition de la foi. « La présence réelle du Christ dans l’Eucharistie est un dogme, pas une déduction basée sur des signes », a-t-il déclaré lors de l’annonce. « Un miracle peut aider à éveiller ou à raviver la foi, mais la vérité de l’Eucharistie est fondée sur les paroles mêmes du Christ. » En effet, le Catéchisme de l’Église catholique réaffirme que dans l’Eucharistie, le Christ est présent « vraiment, réellement et substantiellement » : Corps, Sang, Âme et Divinité. Chaque messe est, par essence, un miracle, même lorsque nos sens restent impassibles. Cependant, l’histoire montre que parfois Dieu décide de toucher les sens. Le miracle de Vilakkannur s’inscrit dans une longue tradition qui comprend Lanciano au VIIIe siècle, Bolsena en 1263 et des cas plus récents comme Buenos Aires (années 1990), Tixtla, au Mexique (2006) et les villes polonaises de Sokółka et Legnica (2008 et 2013). Dans chaque cas, le miracle n’a pas modifié la théologie, mais l’a plutôt éclairée.
Ce qui distingue Vilakkannur, c’est la délicatesse surprenante du signe. Pas de saignement, pas de dramatisme scientifique, juste une révélation silencieuse qui résonnait avec les paroles des disciples d’Emmaüs [reconnaissant le Christ à la bénédiction et à la fraction du pain. Lc 24,30]: « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous ?» [Lc 24,13-35] Dans le visage vu dans l’hostie, beaucoup ont vu le regard du Christ qui les regardait.
The Vatican has officially recognized a Eucharistic miracle in Kerala, India, following a 12-year investigation into the reported appearance of Jesus Christ’s face on a consecrated host. pic.twitter.com/yk9JJfM9A0
En décembre de l'année dernière une video a été publiée montrant des milliers d'Indiens marchant lors d'une procession eucharistique au Saint Sacrement de Jésus dans l'état indien du Kerala :
Autres images du miracle :
🕯️♥️💒The miracle at Christ the King Church in Vilakkannur, Kerala, involved a consecrated Host on which the face of Jesus appeared during Mass on November 15, 2013. The Vatican officially recognized this event as a Eucharistic miracle after a 12-year investi-gation, with the… pic.twitter.com/vD3EHvBiAY
Les témoignages collectés affirment qu'une tache s'est formée sur l'hostie et s'est agrandie avant de laisser entrevoir la face du Christ en noir et blanc au centre de l'hostie, semblable à l'image du Suaire de Turin.
La reconnaissance, annoncée le 31 mai 2025 par le nonce apostolique, autorise la vénération publique.
"Mais le vrai miracle, c'est celui qui, chaque jour, perpétue dans l'Église le sacrifice de la Croix, la mémoire de la mort et de la résurrection du Christ", a tenu à rappeler le nonce apostolique. "Ce qui est arrivé ici à Vilakkannur peut être considéré comme une invitation à approfondir notre foi à travers la Présence réelle de Jésus Christ dans l'Eucharistie".
L’Église catholique reconnaît la possibilité de miracles eucharistiques, c’est-à-dire de signes extraordinaires manifestant la présence réelle de Jésus dans l’Eucharistie. Toutefois, elle enseigne que ces phénomènes ne sont pas nécessaires à la foi : la vérité de la Présence réelle repose sur la parole du Christ lui-même, non sur des manifestations visibles.
Ayant été avec Jean l'évangéliste l'un des deux premiers disciples de S. Jean le Baptiste à suivre Jésus, il est le premier des apôtres qui ait connu Jésus-Christ aussitôt après son baptême sur les bords du Jourdain.(1) Pour cette raison, la tradition de l'Église l'appelle "Protoclet", c'est-à-dire "le premier des appelés".
Son appel définitif ne date que du moment où Jésus le rencontra de nouveau avec son frère Simon (Pierre), jetant les filets pour pêcher, dans le lac de Tibériade, et leur dit à tous deux : "Suivez-Moi, Je vous ferai pêcheurs d'hommes." Les deux Galiléens de Capharnaüm ont en commun d'avoir subi le martyre et d’être morts crucifiés, comme le Christ.
Si Pierre est le « premier » (princeps) des apôtres, André est le « premier appelé » (protocletos). L’un est considéré comme fondateur de l’Église de Rome (Église occidentale), l’autre comme fondateur de l’Église de Constantinople (Église orientale).
André a donné son nom à une croix en X qui fut celle de son supplice.
Après la Pentecôte, André prêcha dans Jérusalem, la Judée, la Galilée, puis alla évangéliser les Scythes, les Éthiopiens, les Galates et divers autres peuples jusqu'au Pont-Euxin (Asie Mineure).
Les prêtres de l'Achaïe (Grèce) prirent soin d'envoyer aux églises du monde entier la relation de son martyre, dont ils avaient été les témoins oculaires. Menacé du supplice de la croix, il dit : « Si je craignais ce supplice, je ne prêcherais point la grandeur de la Croix. » Le peuple accourt en foule, de tous les coins de la province, à la défense de son apôtre et menace de mort le proconsul. Mais André se montre, calme la foule de chrétiens ameutés, les encourage à la résignation et leur recommande d'être prêts eux-mêmes au combat.
Le lendemain, menacé de nouveau : « Ce supplice, dit-il au juge, est l'objet de mes désirs ; mes souffrances dureront peu, les vôtres dureront éternellement, si vous ne croyez en Jésus-Christ. » Le juge irrité le fit conduire au lieu du supplice. Chemin faisant, l'apôtre consolait les fidèles, apaisait leur colère et leur faisait part de son bonheur. D'aussi loin qu'il aperçut la croix, il s'écria d'une voix forte : « Je vous salue, ô Croix consacrée par le sacrifice du Sauveur ; vos perles précieuses sont les gouttes de son sang. Je viens à vous avec joie, recevez le disciple du Crucifié. Ô bonne Croix, si longtemps désirée, si ardemment aimée, rendez-moi à mon divin Maître. Que par vous je sois admis à la gloire de Celui qui par vous m'a sauvé. »
Il se dépouilla lui-même de ses vêtements, les distribua aux bourreaux, puis fut lié à une croix d'une forme particulière, appelée depuis croix de Saint-André. Le saint, du haut de sa croix, exhortait les fidèles, prêchait les païens, attendris eux-mêmes. Une demi-heure avant son dernier soupir, son corps fut inondé d'une lumière toute céleste, qui disparut au moment où il rendit l'âme.(2)
André est représenté en sautoir sur sa croix en X, appelée "decussata" en raison de sa ressemblance avec le decussis, le chiffre romain dix.
Protecteur : Saint André est invoqué pour que la vérité se fasse dans les fausses accusations, contre la coqueluche des enfants, la stérilité, les maux de gorge, la goutte, et par les filles qui veulent trouver un mari.(3)
Saint André, 1640, François Duquesnoy, Vatican, Basilique Saint-Pierre (4)
En 360 des reliques des SS. Timothée, André et Luc furent apportées, sur ordre de Constance II (337-361), dans l'église des Saints Apôtres de Constantinople, qui avait été bâtie par Constantin pour être son mausolée (5). Elle deviendra la principale nécropole des empereurs et impératrices byzantins. Lorsqu'en 1461, après la chute de Constantinople, les derviches du sultan Mehmed II passèrent quatorze heures à briser les vestiges à coups de masses et de barres de fer, les ossements des apôtres, des basileus, des hauts dignitaires et des patriarches, furent jetés dans le Bosphore (du côté européen). (6)
Outre l'Église de Constantinople, la ville de Patras (Grèce), et le monastère du cap Saint-André à Chypre, de nombreux lieux et communes de par le monde portent le nom de Saint-André, en particulier Santander dont la croix figure sur le drapeau basque.
L’ordre de Russie le plus prestigieux était l’ordre impérial de Saint-André. La Russie actuelle a rétabli la croix de saint André sur les pavillons de ses navires de guerre, comme le faisaient autrefois les marins du tsar depuis 1690, sous le règne de Pierre Ier (1682-1725).
En souvenir du patronage de saint André sur l’ancien État de Bourgogne, la marine royale belge arbore aussi un pavillon à la croix de saint André.
Saint André est également considéré comme le premier évangélisateur du territoire sur lequel se trouve actuellement la Roumanie, étant célébré comme un des plus importants saints de l'orthodoxie roumaine. D'après George Alexandrou, saint André aurait passé vingt ans en ermite en Scythie mineure dans une grotte près d'un village actuellement nommé Ion Corvin aujourd’hui en Roumanie. (George Alexandrou, The Astonishing Missionary Journeys of the Apostle Andrew, in Road to Emmaus, vol. V, no 4, pp. 43-45.)
Il est le saint patron de l'Écosse.
Saint André est aussi le patron de la ville de San Andrés (Tenerife, Espagne).
De nombreux lieux de culte lui sont dédiés, en particulier les cathédrales de Bordeaux, d'Avranches, de Wells (Angleterre), d'Aberdeen (Écosse), de Glasgow (Écosse), d'Amalfi (Italie), de Saint-Pétersbourg, de Little Rock (Arkansas, USA), de Grand Rapids (Michigan, USA), de Yopougon (Côte d'Ivoire).
Le Martyre de saint André, de Bartolomé Esteban Murillo (1682), musée du Prado, Madrid, Espagne.
La Bible nous dit que dans Matthieu 23:2-3 Jésus commande : "Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse. Donc, tout ce qu’ils peuvent vous dire, faites-le et observez-le." Donc, Jésus ordonne personnellement l'obéissance à la tradition orale extra-biblique des hommes qu'il vient de réprimander.
Saint Paul ajoute : "Ainsi donc, frères, tenez bon, et gardez ferme les traditions que nous vous avons enseignées, soit de vive voix, soit par lettre." (2 Thess 2:15)
Parmi ces concepts théologiques et enseignements oraux non explicitement détaillés dans la Bible, nous trouvons (liste non exhaustive) :
-le signe de croix lui-même; les livres lus lors des liturgies du nouveau sacrifice;
-le jeûne eucharistique; les fêtes et coutumes liturgiques; la manière d'administrer le sacrement du baptême : des textes anciens comme la Didachè (Ier siècle), la Tradition apostolique d'Hippolyte (IIIe siècle) en donnent des aperçus, bien qu'ils ne soient pas exhaustifs.
-L'attribution de l'évangile dit de Luc (anonyme dans son texte) à Luc lui-même, compagnon de Paul, provient de la tradition orale primitive qui inclut des éléments oraux transmis au sein des communautés chrétiennes avant d'être consignés par écrit. La première mention explicite de Luc comme auteur apparaît chez Irénée de Lyon vers 180 dans son ouvrage Contre les hérésies, qui affirme que Luc a rédigé l'évangile. Cela sera repris par d'autres Pères de l'Eglise comme Clément d'Alexandrie, Tertullien et Origène qui se fondent sur cette tradition orale antérieure à tout écrit "biblique". Les manuscrits les plus anciens comme le "Papyrus 75" (fin IIe-début IIIe s.) incluent déjà le titre "évangile selon Luc", indiquant que l'attribution était établie dans la tradition manuscrite.
-De même, l'attribution de l'Évangile de Marc à Marc (souvent identifié comme Jean Marc, compagnon de Pierre) repose principalement sur la tradition orale des premiers chrétiens, telle que rapportée par les Pères de l'Église au IIe siècle. L'Évangile lui-même est anonyme : le texte ne mentionne pas son auteur. L'attribution provient d'une tradition relayée par Papias de Hiérapolis vers 120-130 ap. J.-C., qui cite un "ancien" (peut-être l'apôtre Jean) affirmant que Marc, interprète de Pierre, a consigné par écrit les enseignements oraux de l'apôtre Pierre, tels qu'il s'en souvenait, sans ordre chronologique. Papias insiste sur le fait que Marc n'a pas entendu Jésus directement, mais a fidèlement retranscrit ce qu'il a entendu de Pierre, soulignant ainsi une transmission orale initiale.
Cette tradition est corroborée par d'autres sources anciennes, comme Irénée de Lyon (vers 180 ap. J.-C.), qui décrit Marc comme le disciple et interprète de Pierre, ayant mis par écrit sa prédication après son départ. Clément d'Alexandrie et d'autres Pères de l'Église reprennent cette idée, indiquant que Marc a rédigé l'Évangile à la demande des auditeurs de Pierre à Rome, pour préserver ses enseignements oraux.
Les chercheurs modernes notent que cette attribution émerge au IIe siècle, sans preuve écrite antérieure, et repose sur des rapports oraux potentiellement sujets à erreur (Papias est connu pour des inexactitudes). Elle pourrait avoir été formalisée pour lier l'Évangile à une figure apostolique et le distinguer d'autres textes, comme l'Évangile de Pierre apocryphe. Ainsi, bien que consignée par écrit par Papias et ses successeurs, l'origine de cette attribution est fondamentalement orale, issue des traditions transmises au sein des communautés chrétiennes primitives.
-les livres bibliques "deutérocanoniques" de l'Ancien Testament qui faisaient partie de la Septante utilisée par les apôtres et citée dans le Nouveau Testament et ont été reconnus par les conciles anciens comme ceux de Rome (382), Hippone (393), et Carthage (493) et l'usage liturgique apostolique :
1. Tobie (Tobit)
2. Judith
3. Sagesse
4. Ecclésiastique (Siracide ou Sagesse de Ben Sira)
5. Baruch (incluant la lettre de Jérémie)
6. 1 Maccabées
7. 2 Maccabées
Auxquels s'ajoutent des sections aux livres d'Esther, Daniel (Prière d'Azarias, Cantique des trois jeunes gens, Suzanne, et Bel et le dragon)
Ces livres et sections n'étaient et ne furent pas inclus dans le canon hébreu (formé entre le IIe et le Xe siècle) utilisé plus tard par les protestants. Mais leur inclusion dans le canon catholique repose sur la tradition apostolique orale liturgique et écrite, transmise par les apôtres et leurs successeurs, et confirmée par l'Eglise. Ainsi, les apôtres et les premiers chrétiens utilisaient la Septante et les Pères de l'Eglise tels que Irénée, Cyprien et Augustin les citaient comme Ecriture sans distinction.
Les livres du Nouveau Testament qui ont été reçus dans le canon de la Bible dans la tradition catholique et orthodoxe grâce aux traditions orales apostoliques sont appelés "antilegomena" (disputés). Ils font l'objet de débats dans l'Église primitive quant à leur authenticité apostolique et leur inspiration, et leur inclusion finale repose sur la Tradition apostolique qui inclut les transmissions orales, les témoignages des Pères de l'Église, l'usage liturgique et la reconnaissance progressive par les communautés chrétiennes guidées par l'Esprit Saint.
Contrairement aux livres "homologoumena" (universellement acceptés dès le début, comme les quatre Évangiles, les Actes et la plupart des épîtres pauliniennes), les antilegomena ont davantage dépendu de la Tradition orale pour confirmer leur lien apostolique et leur autorité, comme en témoignent les conciles anciens (Hippone en 393, Carthage en 397) et les écrits des Pères comme Athanase, Jérôme et Augustin.
Ces principaux livres antilegomena sont au nombre de 7 :
1. Hébreux (attribué à Paul ou son entourage via la Tradition, malgré des doutes sur l'auteur)
2. Jacques
3. 2 Pierre
4. 2 Jean
5. 3 Jean
6. Jude
7. Apocalypse (Révélation)
Ces livres n'étaient pas universellement reconnus au départ (par exemple, l'Apocalypse a été contestée pour des raisons doctrinales, et Hébreux pour son style), mais la Tradition apostolique orale et écrite, transmise par les apôtres et leurs successeurs, a permis à l'Église de les accepter comme inspirés. Les Pères de l'Église comme Irénée et Origène les citaient, et leur usage dans les églises apostoliques a confirmé leur statut. En revanche, les livres homologoumena (comme Matthieu, Marc, Luc, Jean, Actes, les 13 épîtres de Paul, 1 Pierre et 1 Jean) étaient déjà largement acceptés sur la base de leur origine apostolique évidente, bien que l'ensemble du canon repose ultimement sur la Tradition ecclésiale.
Les traditions non écrites reçues par les apôtres du Christ et transmises de génération en génération incluent des doctrines comme la Trinité ou la nature du Christ, l'Assomption de Marie, son Immaculée Conception, la croyance en l'Eucharistie corps et sang du Christ, le culte des saints, des reliques, leur intercession, le Purgatoire; les conciles œcuméniques et synodes, les décisions des sept premiers conciles (dont Nicée en 325 ou Chalcédoine en 451), la liturgie et les pratiques ecclésiales, les rites sacramentaux, les prières, les fêtes et les coutumes liturgiques (comme le signe de croix, le jeûne eucharistique) incarnent ces traditions orales, transmises par la pratique apostolique; des textes anciens comme la Didachè (sur le baptême trinitaire) ou la Tradition apostolique d'Hippolyte (IIIe siècle) en donnent des aperçus, bien que non exhaustifs; l'auteur de l'Évangile de Luc comme étant Luc lui-même vient de la tradition orale.
La Bible n'est pas tombée du ciel reliée en cuir. L’Église catholique est responsable de la canonisation de l’Ancien et du Nouveau Testament. Les évêques de l'Église catholique, guidés par le Saint-Esprit, ont discerné le canon au IVe siècle. Sans l'Église, vous ne sauriez même pas quels livres en font partie...
Les livres deutérocanoniques étaient largement utilisés dans la liturgie et la tradition de l'Église primitive, particulièrement dans la Septante (traduction grecque de l'Ancien Testament), et des figures comme saint Augustin (354-430) les considéraient comme inspirés, bien que des débats existaient (par exemple, saint Jérôme, traducteur de la Vulgate, exprimait des réserves mais les inclut dans sa traduction). Les conciles régionaux de Rome en 382 avec le "Décret de Damase" (liste reprise dans le "Décret de Gélase" au VIe siècle), Hippone (393) et Carthage (397, 419) avaient déjà inclus ces livres dans leurs listes canoniques.
Conclusion
Catéchisme de l'Eglise catholique n° 76 et suivants:
"La transmission de l’Évangile, selon l’ordre du Seigneur, s’est faite de deux manières :
-Oralement" par les apôtres, qui, dans la prédication orale, dans les exemples et les institutions transmirent, soit ce qu’ils avaient appris de la bouche du Christ en vivant avec Lui et en Le voyant agir, soit ce qu’ils tenaient des suggestions du Saint-Esprit " ;
-Par écrit " par ces apôtres et par des hommes de leur entourage, qui, sous l’inspiration du même Esprit Saint, consignèrent par écrit le message de salut " (DV 7).
... continuée dans la succession apostolique
77 "Pour que l’Évangile fût toujours gardé intact et vivant dans l’Église, les apôtres laissèrent comme successeurs les évêques[Cf. Épitre aux Corinthiens44 de S. Clément de Rome,3e Pape après S. Pierre, épître datée de 95 ap. J.-C.]auxquels ils ‘transmirent leur propre charge d’enseignement’ " (DV 7). En effet, "la prédication apostolique, qui se trouve spécialement exprimée dans les livres inspirés, devait être conservée par une succession ininterrompue jusqu’à la consommation des temps." (DV 8). 78 Cette transmission vivante, accomplie dans l’Esprit Saint, est appelée la Tradition en tant que distincte de la Sainte Écriture, quoique étroitement liée à elle. Par elle, " l’Église perpétue dans sa doctrine, sa vie et son culte et elle transmet à chaque génération tout ce qu’elle est elle-même, tout ce qu’elle croit " (DV 8). "L’enseignement des saints Pères atteste la présence vivifiante de cette Tradition, dont les richesses passent dans la pratique et la vie de l’Église qui croit et qui prie." (DV 8). 79 Ainsi, la communication que le Père a faite de Lui-même par son Verbe dans l’Esprit Saint, demeure présente et agissante dans l’Église : " Dieu qui parla jadis ne cesse de converser avec l’Épouse de son Fils bien-aimé, et l’Esprit Saint, par qui la voix vivante de l’Évangile retentit dans l’Église et par elle dans le monde, introduit les croyants dans la vérité tout entière et fait que la parole du Christ habite en eux avec abondance." (DV 8).
Il fit parti de ces grands évangélisateurs de la Gaule et fut le fondateur du siège épiscopal de Toulouse. Son nom latin "Saturnius", a été transformé dans la langue d'Oc en "Sarni" puis francisé en "Sernin".
Il évangélisa le Languedoc à partir de 245.
Saturnin mourut martyrisé en 250 pour avoir refusé de se plier à l'obligation qui était faite à tous les citoyens par l'empereur romain Dèce de sacrifier aux dieux païens.
Il s'oppose vigoureusement aux prêtres païens qui le martyrisent. Il aurait été jeté sur les marches du Capitole, le temple dédié à Jupiter quise trouvait à l'emplacement de l'actuelle place Esquirol. Puisil fut attaché par les pieds à un taureau furieux que l'on devait immoler et traîné le long du cardo maximus (la rue Saint-Rome) jusqu'à la rue du Taur (taureau).
Son corps aurait été lâché à l'endroit de l'actuelle église du Taur qui s'est appelée Notre-Dame de Saint-Sernin jusqu'au XVIème siècle. C'est là que le corps aurait été enterré en cachette.
À la fin du IVème siècle et au tout début du Vème l'évêque Exupère prit la décision de transférer les reliques de Saint Sernin à l'emplacement de la basilique actuelle et d'y construire un édifice.
Il nous rappelle l'ancienneté de notre foi chrétienne en France.
Confions-lui en ce jour le destin de la France.
Sous Decius et Gratus consuls, ainsi qu’un fidèle souvenir en est conservé, la cité de Toulouse reçut saint Saturnin, son premier et éminent évêque.
Ils ont tout bousillé. Les visages. Jésus, Marie, les bergers… tous creux, vides, sans yeux, sans bouche, sans rien. On dirait qu’on a pris un couteau et qu’on a tailladé l’humanité. C’est pas juste une crèche, c’est un massacre silencieux.
Effacer les yeux. Faut le dire. C’est pas neutre. C’est mortel. Dans une crèche, dans une maison, dans le monde entier. On retire le regard, on supprime la bouche, et boum ! Plus rien ne parle, plus rien ne touche. Tout devient mort. Abstrait.
Et pourquoi ? Pour pas choquer. Pour plaire à tout le monde. Inclusion. Neutralité. On efface l’autre, on efface soi-même, et on se croit civilisé.
Le regard, c’est tout. Il fait surgir la compassion, il fait que l’on se reconnaît. Sans lui, y a rien. Rien. Pas de rencontre. Pas de lien. Pas de société.
Cette crèche sans visage, c’est un avertissement. Effacer l’humain pour plaire… c’est créer le vide.
La neutralité imposée par Bruxelles à sa crèche revient à nier l’essence même de l’humain.
Crèche sans yeux : Bruxelles assassine l’humain
Ils ont tout bousillé. Les visages. Jésus, Marie, les bergers… tous creux, vides, sans yeux, sans bouche, sans rien. On dirait qu’on a pris un couteau et qu’on a tailladé l’humanité. C’est pas juste une crèche, c’est un massacre… pic.twitter.com/UBXMoxTLsu
Sur une haute montagne, le Christ a révélé sa divinité à trois de ses apôtres. La voix qui parle, c'est le Père disant de Jésus qu'il est son "Fils bien-aimé" et la nuée est le Saint-Esprit. Nous avons là une illustration de la Trinité dans la Bible....
Les hommes, unis par une même langue, ont voulu construire une tour pour atteindre le ciel, non par amour de Dieu, mais par orgueil, pour se faire un nom et éviter d’être dispersés. Dieu a confondu leur langage et les a dispersés sur la face de la terre.
Dans...
Saint Curé d'Ars, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 119.
On a dit de plus d'un personnage, de plu s d'un Saint, qu'ils furent les prodiges de leur siècle. Ceci n'est peut-être vrai de personne autant que du curé d'Ars...
Lydie de Thyatire (ville de Mysie, actuelle Turquie) ou Lydie de la Pourpre (Ier s.) D'après Saint Luc, elle serait la première Européenne à s'être convertie au Christ. Saint Paul l'aurait rencontrée alors qu'il arrivait en Macédoine orientale. Elle était...
Fondateur de la Congrégation des Pères du Saint-Sacrement et de celle des Servantes du Saint-Sacrement (1811-1868). Fils d'un boutiquier de village dans la région de Grenoble, il fut d'abord prêtre séculier. En 1839, il entre chez les Pères maristes dont...
Évêque, fondateur de la “Congregatio Sanctissimi Redemptoris” Docteur de l'Église Alfonso Maria de Liguori naît à Marianella, près de Naples, le 27 septembre 1696, dans une famille noble. Après de fort brillantes études, docteur en droit civil et canonique...
Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 85.
Un militaire Saint Ignace naquit en 1491 a u château de Loyola, en Espagne. Il était le dernier de douze enfants, et il donna dès son bas âge des marques d'une grande vivacité d'esprit....
Le martyre de sainte Julitte (anonyme, 2e moitié du XVIIe siècle), église Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte de Villejuif
Julitte de Tarse ou Juliette de Césarée est une riche veuve de Césarée (aujourd'hui Kayseri en Turquie), dépouillée par un homme d'affaires...
En Chine, les prêtres sont tenus de se conformer aux directives officielles : un nouveau code de conduite a été dévoilé (en février dernier – voir le texte intégral ci-dessous), exigeant du clergé un lien étroit avec le parti au pouvoir et le socialisme....
Sainte Marthe, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 141.
Sainte Marthe était soeur de Lazare . C'est elle qui dirigeait la maison de Béthanie et s'en montrait digne par sa douceur et son amabilité envers les siens, par sa...