Les règles actuellement en vigueur en Union européenne découle de la logique initialement initiée en France, une logique où l'Etat ne doit jamais contrôler sa monnaie, et où les banques centrales doivent rester "indépendantes" absolument. Indépendantes de qui exactement ? Des gouvernements élus notamment, du suffrage universel, du peuple souverain. Dépendantes de qui alors ? Des marchés financiers, des investisseurs institutionnels, des créanciers privés.
En 1969, la France n’a pas perdu une guerre. Elle a perdu quelque chose de plus discret : le contrôle de sa décision financière. Ce basculement n’a pas été annoncé. Il n’a pas été voté. Et pourtant, il structure encore l’économie française d’aujourd’hui.
Depuis 1973, la France a payé plus de 1700 milliards d'euros d'intérêts. sur sa dette publique. 1700 milliards qui auraient pu financer des services publics de qualité, des investissements d'avenir, des innovations technologiques, de la recherche fondamentale. À la place ils ont enrichi les créanciers, rémunéré le capital, nourri la rente, Qui sont ces créanciers financiers aujourd'hui ? Des banques françaises comme la BNP ou la société générale, les assurances vie, des fonds de pensions étrangers surtout américains, et britanniques. Certains sont anonymes derrière des société offshore. Est-ce normal qu'un Etat souverain paie des intérêts colossaux pour utiliser sa propre monnaie ? Avant 1973, cette idée paraissait complètement absurde, inconcevable. Aujourd'hui, elle semble naturelle, évidente, incontournable.
Un système subverti, les racines philosophiques d'une crise : le nominalisme.
Ce système est celui d'une ploutocratie, c'est-à-dire un pouvoir où le vrai pouvoir n'est jamais au peuple, mais aux plus riches, qui l'exerce d'une manière discrète souvent de façon anonyme, qui utilise le système parlementaire comme une façade (en direction du peuple. Ndlr.), un instrument.
Lire: Louis XVI, le renversement de la royauté. Par Marion Sigaut
"Révoludroit" de Valérie Bugault propose des solutions que nous avions proposées ici en 2012 : "créer une méritocratie élective. Au lieu d'élire des "représentants" sur des promesses, on élit des gens pour leur compétence avérée dans un domaine précis. On n'élit pas un idéologue, on élit un expert pour une mission. L'idée est simple: chaque pilier de l'Etat est géré par des gens compétents élus à cette fin. On passe d'un débat d'opinions, à une gestion par la compétence. Comment les gens sont-ils représentés dans ce système ? La représentation serait territoriale (la commune) et au niveau national par intérêts ou corps de métiers, par activité, basée sur les groupes professionnels avec mandats impératifs."
Conclusion
On ne peut dire qu'un peuple est libre parce qu'il jouit de la faculté d'élire ses gouvernants (les électeurs sélectionnent ceux qui décideront en leur nom sans réellement les choisir) ou même parce qu'il jouit de la faculté "de choisir une politique plutôt qu'une autre parmi les programmes qui lui sont proposés" (les termes des problèmes sont délimités par d'autres instances non-élues), ... il s'agit là [...] "de conditions indispensables à la liberté, mais en elles-mêmes insuffisantes. Un peuple est libre lorsqu'il dispose de moyens qui lui permettront d'approuver ou de sanctionner régulièrement.
Jusqu'au bout, les hommes de la Révolution auront refusé de faire des électeurs, même au second degré, les arbitres de la dévolution du pouvoir.
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