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3 octobre 2022 1 03 /10 /octobre /2022 00:00
Saint Gérard de Brogne († 959)

Saint Gérard de Brogne, fondateur de l'Abbaye de Brogne († 959) en région wallonne en Belgique, province de Namur.

 

Il commença d'abord par la carrière des armes, mais quand son père mourut, il décida de se faire bénédictin, s'initia à la vie monastique à Saint Denis près de Paris et fonda une abbaye sur son domaine familial. (1)

 

 

L'histoire raconte qu'insatisfait de sa vie comme page à la cour de Béranger, comte de Namur, et du métier des armes, Gérard fit une expérience spirituelle profonde (songe ou vision) alors que, au cours d’une expédition de chasse dans les bois de la Marlagne, il se recueille dans une ancienne chapelle du domaine familial de Brogne dans l’Entre-Sambre-et-Meuse. Lors de cette vision, il s'entend invité par Saint Pierre à y fonder un monastère. (2)

 

Envoyé fonder, en 931, un monastère à Brogne et s'étant acquitté à merveille de sa tâche, on le chargea de réformer certaines communautés où on avait constaté quelque relâchement. Il visita ainsi les monastères de Flandres, de Champagne et de Lorraine où sa sainteté et sa fermeté opérèrent les redressements nécessaires.
 

Il revint enfin à Brogne où il finit paisiblement sa vie. (3)
C'est au XVIIe siècle que la localité de Brogne prend le nom de Saint-Gérard: ce moine doux et conciliant avait été canonisé en 1131, lors du concile de Reims.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/38/Saint-G%C3%A9rard%2C_Abbaye.JPG/800px-Saint-G%C3%A9rard%2C_Abbaye.JPG

Abbaye Saint-Gérard-de-Brogne

 

 

MIRACLES de saint Gérard

Voici quelques récits de miracles que nous transcrivons parce qu'ils sont intéressants à divers titres: ils ont eu lieu au début du 17ième siècle, ce qui prouve que le culte de saint Gérard était encore très vivant 7 siècles environ après la mort du saint; plusieurs bénéficiaires de ces miracles habitaient des régions assez éloignées, ce qui montre la diffusion du culte de saint Gérard; enfin ces miracles sont particulièrement bien attestés.

 

Saint Gérard de Brogne"L'an de grâce 1602, Simon Anseau, pharmacien à Thuin, âgé de 32 ans, souffrant depuis 3 mois d'une fièvre tierce, quarte et quotidienne, était devenu jaune comme cire. Après avoir tenté toutes sortes de remèdes, après en avoir appelé à l'expérience des hommes de l'art, abandonné par eux sans aucune espérance, il voua à Dieu et à saint Gérard de visiter les reliques de notre Saint à Brogne; et à l'heure même il fut rendu à la santé. La chose arriva le 26 du mois d'août, et trois jours après, c'est-à-dire le 29, il se rendit de Thuin à Saint-Gérard sans le secours de personne. Les 2 localités sont distantes d'environ sept lieues.

Cette guérison avec ses circonstances fut attestée par Simon, ainsi que par sa mère Haverlant, en présence du prieur et de 2 autres religieux. Ce même témoignage, ledit Simon, sa mère et sa femme le renouvelèrent dans la suite à Thuin, en présence du prieur de Brogne, Gérard Souris, et de son compagnon Jean Clerc, ainsi qu'en présence de Pierre Dubois, prêtre, et de son père Georges Dubois, citoyen et échevin de Beaumont.

Tout ce qui vient d'être raconté, ledit Anseau l'attesta de nouveau le 25 août l'an 1618, en présence de la cour de Thuin, et il le confirma par serment solennel, selon le document authentique qui fut rédigé sur cette guérison et signé : Jacques Playoul, greffier de ladite cour."

 

 

"Le 3 septembre 1611, François Deprez, originaire de Thuin et habitant cette localité, pour lors âgé de 29 ans, ayant souffert pendant 3 semaines d'atroces douleurs d'une fièvre aiguë et continue, ayant cherché des remèdes sans en trouver aucun qui pût lui procurer quelque soulagement, sur les conseils du susdit Simon Anseau, qui avait récupéré la santé par les mérites de saint Gérard, fit voeu de se rendre à Brogne pour vénérer le saint, et bientôt il fut délivré de la fièvre et rétabli en pleine santé. Ce que ledit François Deprez, visitant les saintes reliques le 16 septembre 1612, a déclaré en présence du prieur désigné plus haut et de quelques autres religieux. Ensuite il confirma le tout par serment le 24 août 1618, en présence de la cour de Thuin, ainsi que cela résulte d'une pièce authentique signée du greffier Jacques Playoul."

 

 

"Au mois de février 1602, Noël Mathieu, natif de Mettet et pour lors âgé de 20 ans, faisait ses humanités dans la ville de Mons. Atteint d'une jaunisse par tout le corps, ayant souffert de très grandes douleurs pendant l'espace de 2 mois environ, sans trouver aucun soulagement dans les remèdes de la médecine, il fut renvoyé à ses parents. Ceux-ci le conduisirent à Saint-Gérard, afin qu'il y communiât et qu'il adressât ses prières au patron du lieu. Ils espéraient que le saint par son intercession et ses mérites viendrait au secours de leur fils. Leur espérance ne fut pas trompée. Car à partir de ce moment, le malade éprouva un mieux sensible, et, 1 jour ou 1 après, il était entièrement guéri. Ce que ledit Noél attesta par un écrit signé de sa main. Plus tard, c'est-à-dire le 22 août 1618, lui et sa mère Marie Buseau attestèrent le même fait par serment en présence du bailli de Mettet, notaire impérial. Acte authentique fut dressé et signé par Pierre Douillet notaire, le jour et l'an désignés."

"Vers la mi-juin 1610, un enfant de 8 ans, originaire de Rebecq, fils de Jean du Ray et de Martine Heue, appelé Jean comme son père, après une longue et grave maladie, fut abandonné de tous les médecins, qui n'avaient plus aucun espoir de le guérir. Pendant 8 jours, cet enfant demeura privé de connaissance et de l'usage de la parole. A chaque moment, on s'attendait à le voir rendre le dernier soupir. Poussés comme par une inspiration divine, ses parents promirent un pèlerinage à Saint-Gérard. A l'instant, comme s'il se fût réveillé d'un profond sommeil, l'enfant revint à lui. Il demanda à boire et à manger. Le pèlerinage ne tarda pas à s'accomplir et l'enfant recouvra entièrement la santé. Et maintenant encore, ajoute l'historien, il est vigoureux, il jouit d'une excellente santé et il exerce la profession de charpentier. Peu de jours après la guérison de leur fils, le père, la mère et un clerc de Rebecq, appelé Jean Rogerie, envoyèrent au prieur de Brogne le récit de ce miracle, signèrent cet écrit de leur main. Plus tard, le père attestà la vérité de ce fait en présence de la cour de Rebecq, comme cela résulte de la pièce authentique donnée le 10 septembre 1618 et signée : Sébastien Antoine, Jean du Ray, Guillaume Marsille et H. de Moitoimon, greffier."

 

 

"Au mois de mai de l'an 1617, la fille du seigneur de Fumal, nommée Gertrude, âgée d'environ 10 ans, ayant été gravement atteinte d'un jaunisse universelle pendant 3 semaines, fut rendue à la santé par suite d'un voeu semblable que firent ses parents en son nom. Le 23 du mois de mai, elle put accomplir son pèlerinage à Saint-Gérard." (4)

 


Gérard est canonisé par Innocent II, lors du Concile de Reims, en 1131. (5)

 

Sources: 1, 2, 3, 4, 5

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2 octobre 2022 7 02 /10 /octobre /2022 00:00
Saint Léger (Leodegarius), évêque martyr († 678)

Léger ou Léodgar (francisation du germanique Leudgari, de "leud", peuple, gens, et "gari", lance) naquit vers l'an 616, en Alsace.

La famille de Léger était alliée à la famille royale des Francs. Elevé à la cour de Clotaire II, il fut nommé abbé de Saint-Maixent vers 649.

Sainte Bathilde l'appela dans son conseil de régence, pendant la minorité de Clotaire III.

Nommé évêque d'Autun en 659, il rétablit la paix dans ce diocèse, déchiré par les factions. Il décora les églises et les enrichit de vases et d'ornements précieux. Il entreprit aussi de grands travaux civils, répara les édifices publics et les murs de la ville, dont on admire encore aujourd'hui des restes importants.

A la mort de Clotaire III (673), qui ne laissait pas de fils, Léger se prononça en faveur de Childéric II, son frère aîné, tandis qu'Ebroïn, maire du palais de Neustrie, tentait de lui donner pour successeur son autre frère Thierry. Childéric prit pour ministe le sage évêque. Tant qu'il suivit ses conseils, il fut adoré de ses peuples. Mais bientôt, fatigué de ses fermes remontrances, il le relégua dans le monastère de Luxeuil. Délivré à la mort de Childéric vers 673, Léger rentra dans sa ville épiscopale. Cependant Ebroïn ayant fait proclamer roi Clovis III qu'il disait fils de Clotaire, envoya une armée assiéger Autun. Léger, pour éviter aux habitants les horreurs d'un siège, sortit de la ville et se livra à son ennemi. Par les ordres du féroce Ebroïn, on lui creva les yeux, on lui coupa les lèvres et une partie de la langue ; on le fit marcher pieds nus sur des caillous tranchants; on l'exposa sur la place publique aux regards de la foule indignée de tant d'atrocités (676). Ebroïn, voyant que ce spectacle devenait dangereux, confia la garde du martyr au comte Vaneng, qui le traita avec la plus profonde vénération et le plaça dans le monastère de Fécamp, qu'il avait fondé. Mais Ebroïn ne cessa de le persécuter, jusqu'à ce qu'il le fît saisir et assassiner secrètement, dans la forêt d'Iveline, le 2 octobre 678.

Le martyr expira en priant Dieu pour ses persécuteurs et ses bourreaux.

Le cardinal Pitra a écrit sa vie, véritable monument d'érudition et de style.

 

Sources : (1) Mgr Paul Guérin, Vie des saints pour tous les jours de l'année, Editions D.F.T., Saint-Etienne 2003, p. 614; (2); (3)

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2 octobre 2022 7 02 /10 /octobre /2022 00:00
Saints Anges gardiens

Dieu est le "créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible" (Symbole de Nicée Constantinople). Or, selon la Tradition, les anges (du grec angelos, messagers, ou envoyés) sont des créatures spirituelles et non corporelles. Chaque fête des anges est d’abord l’occasion de rappeler que "Dieu a tout ensemble, dès le commencement des temps, créé de rien l’une et l‘autre créature, la spirituelle et la corporelle, c’est-à-dire les anges et le monde terrestre ; puis la créature humaine qui tient des deux, composée qu’elle est d’esprit et de corps" (profession de foi du 4ème concile du Latran, rappelée par le n° 327 du CEC – Catéchisme de l’Église catholique).

 

Parmi d'autres choses, Dieu a ainsi formellement distingué la nature angélique et a donné à chaque ange sa qualité particulière selon la différence particulière. Selon Saint Thomas d'Aquin (I qu. 30, art. 4), chaque ange forme à lui seul une espèce particulière.

 

"Dans ce monde, chaque créature visible est confiée à une puissance angélique, suivant le témoignage plusieurs fois répété des saintes Écritures. (S. Augustin, Lib. De Diversis, quæst. LXXIII-LXXIX, n° I). La théologie catholique formule cet axiome lorsqu'elle dit : "selon S. Augustin (lib. III, De trinit.) et S. Thomas (pars I, quæst. CX, art. 8) tous les êtres corporels sont gouvernés et maintenus dans l'ordre par des êtres spirituels; toutes les créatures visibles par des créatures invisibles." (VIGUIER, ch. III, p. 87, édit. in-4°, 1571 in Mgr Jean-Joseph GAUME, Traité du Saint-Esprit, 1864, Rééd. Éditions Saint-Rémi, 2019, p. 32-33.)

 

Les croyants peuvent s’appuyer sur leurs aide, leurs inspirations, pour se tourner vers leur Seigneur.

Dans chaque eucharistie, les anges se joignent à eux – et aux saints – pour chanter d’une seule voix le Dieu trois fois saint proclamer sa gloire (cf. finales des préfaces de la prière eucharistique).

 

Dans la Bible, les anges sont cités plus de 300 fois. Le livre de l’Apocalypse nous apprend qu’il y en a des "myriades de myriades" (Ap 5, 11).

 

À la naissance du Sauveur, un ange était apparu aux bergers "et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière." (Lc 2,9)

 

La fête des archanges, le 29 septembre, rappelle l’essentiel de la vocation des anges : contempler Dieu et chanter sa louange. C’est aussi la raison d’être de la création et la mission primordiale de l'Église. Pour sa part, la mémoire des anges gardiens le 2 octobre insiste sur un autre aspect : leur mission de présence fraternelle à nos côtés.

 

 

Dès l’Ancien Testament, les anges protègent et guident les patriarches. "Dieu donne mission à ses anges de te garder sur tous tes chemins. Ils te porteront sur leurs mains pour que ton pied ne heurte les pierres." (Psaume 90, 11-12).

 

 

Cette mission continue : "Du début de l’existence au trépas, la vie humaine entourée de leur garde et de leur intercession. Chaque fidèle a à ses côtés un ange comme protecteur et pasteur pour le conduire à la vie (S. Basile)" (cf. CEC 336).

 

En faisant mémoire des anges gardiens, les croyants demandent à Dieu de leur assurer "le bienfait de la protection des anges et la joie de vivre en leur compagnie pour toujours". Mais cette mémoire les encourage aussi à inventer une "présence fraternelle" concrète auprès des autres, à prendre soin d’eux. (1)

"Il semble indubitable que non seulement les individus, mais les sociétés et les institutions, sont confiées aussi spécialement à la garde des Anges; l'Église, les royaumes, les provinces, les diocèses, les paroisses, les familles, les ordres religieux, les communautés, ont leurs angéliques protecteurs.

Les Anges nous préservent d'une foule de maux et de dangers, ils éloignent de nous les occasions du péché; ils nous inspirent de bonnes et saintes pensées dans les tentations; ils nous portent à la vertu, nous fortifient dans nos faiblesses, nous animent dans nos découragements, nous consolent dans nos afflictions. Ils combattent avec nous contre le démon et nous prémunissent contre ses pièges; si nous tombons, par fragilité ou par malice, ils nous relève par le remords, par les pensées de la foi, par la crainte des jugements de Dieu, et nous procurent divers moyens de conversion: ils portent nos bonnes œuvres et nos prières à Dieu, réparent nos fautes, intercèdent pour nous auprès de la divine miséricorde, suspendent la vengeance céleste au-dessus de nos têtes; enfin ils nous éclairent et nous soutiennent dans la maladie et à l'heure de la mort, nous assistent au jugement de Dieu, visitent les âmes du purgatoire.

Ils veillent sur nous pendant notre sommeil, nous assistent dans notre prière, nous défendent sur terre et sur mer, purifient notre esprit et notre corps, nous provoquent à la vertu, élèvent nos pensées vers Dieu, nous consolent dans nos peines et nos épreuves, quand nous sommes sous les étreintes de la maladie et de la mort prochaine, nous font visite, nous fortifient, nous défendent contre l'esprit du mal, et après nous avoir donné la victoire, nous accompagnent au ciel ou au purgatoire. Sans ce secours providentiel, l'infirmité humaine ne saurait être en sécurité. (Père Gilles Jeanguenin, Les Anges existent, Éditions Salvator, Paris 2008, p. 168.)

Saint Bernard résume nos devoirs en trois mots: 'Quel respect, quel amour, quelle confiance de notre part ne méritent pas les anges! Respect pour leur présence, amour à cause de leur bienveillance, confiance en leur protection.' Ajoutons un quatrième devoir, la docilité à leur bonnes inspirations. (Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.)

À partir de quel moment les Anges gardiens nous sont-ils assignés ?

 

"Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, car, je vous le dis, leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux." (Mt 18,10).

 

Bien que ce ne soit pas explicitement écrit dans la Bible, il est communément admis par les théologiens que chaque être humain, qu’il soit chrétien ou non, a un ange gardien assigné à sa protection. "Chacun, aussi humble soit-il, a des anges gardiens pour veiller sur lui", a ainsi déclaré le pape Pie XII, s’appuyant sur les Saintes Écritures mais aussi sur les enseignements de saint Thomas d’Aquin, saint Basile ou encore saint Jérôme. Mais ces grands saints sont loin d’être les seuls à croire en leur existence. De nombreuses personnes, même non chrétiennes, considèrent qu’elles sont protégées par un ange gardien.

 

Mais alors, à quel moment un ange gardien est-il assigné à la protection de la personne dont il aura la charge ? Pour répondre à cette question, il faut se référer au paragraphe dédié dans le Catéchisme de l’Église catholique, qui constitue la seule source officielle à ce sujet : "Du début de l’existence au trépas, la vie humaine est entourée de leur garde et de leur intercession. Chaque fidèle a à ses côtés un ange comme protecteur et pasteur pour le conduire à la vie." (CEC n°336)

 

Saint Jérôme ou saint Anselme ?

 

Cette assertion n’est pas très précise, puisqu’il y est simplement question du "début" de la vie. Les débats théologiques à ce sujet ne manquèrent pas au fil des siècles, et les avis divergent. En effet, saint Jérôme déclara simplement : "Si grande est la dignité des âmes que chacune, dès sa naissance, a un ange préposé à sa garde." Ce point de vue, basé sur les connaissances scientifiques de l’époque, fit école pendant plusieurs siècles.

 

 

Saint Anselme, de son côté, affirmait que "chaque âme est assignée à un ange au moment où elle est unie à un corps". Ce point a également été débattu par les théologiens, mais la plupart s’accordent à dire qu’il s’agit du moment de la conception. À en croire ce document compilé par le cardinal Ratzinger en 1987, "l’âme spirituelle de tout homme est immédiatement créée par Dieu".

 

En conséquence, il semble effectivement très probable que les anges gardiens nous sont attribués au moment de la conception. Cette hypothèse n’est pas un dogme de l’Église catholique, mais elle s’inscrit dans la lignée d’enseignements qui ont fait école pendant plusieurs siècles, et est en accord avec les paroles de Jésus dans l’Évangile de Matthieu. Dans l’hypothèse où ce serait à la naissance plutôt qu’à la conception, c’est l’ange gardien de la mère qui, automatiquement, serait en charge de l’être qui se développe en son sein. (2)

Les anges gardiens n’ont pas accès à nos pensées et ne peuvent donc pas s’immiscer dans notre esprit.

De même que les anges ne peuvent pas lire dans nos pensées, les démons ne le peuvent pas non plus.

Seul Dieu est à même de savoir ce qui se déroule exactement dans nos têtes, puisqu’il nous a créés. Saint Thomas d’Aquin établit cela clairement dans sa Somme de théologie (I, 57, 4) :


 

Ce qui est propre à Dieu ne convient pas aux anges. Or, connaître les pensées [des cœurs] est le propre de Dieu. (3)

 

Cela dit, nos compagnons célestes sont dotés d’une grande intelligence ainsi que d’un sens de l’observation bien plus affûté que le nôtre. Ce qui signifie que, bien que n’ayant pas accès à notre esprit, ils peuvent savoir ce à quoi nous pensons à force de nous observer et de nous côtoyer. Saint Thomas d’Aquin explique bien ce phénomène dans son ouvrage (I, 57, 4) :

Les pensées des cœurs peuvent être connues […] d’abord dans leurs effets. De cette façon elles peuvent être connues de l’ange aussi bien que de l’homme ; mais il y faut d’autant plus de pénétration que l’effet est plus caché. Car la pensée peut se révéler non seulement par un acte extérieur, mais encore par un changement d’expression du visage ; les médecins peuvent même connaître certaines affections de l’âme par nos pulsations. À plus forte raison les anges […] le pourront-ils, puisqu’ils aperçoivent d’une manière beaucoup plus pénétrante ces modifications corporelles cachées.


 

Si nous souhaitons que notre ange gardien nous connaisse en profondeur, nous devons donc nous confier à lui régulièrement. De cette manière, il sera mieux armé pour nous protéger et nous conduire à la vie éternelle.

 

Voici une petite prière pour que notre ange gardien intervienne et prie à notre place, quand nous ne le pouvons pas, et entre en dialogue avec les anges gardiens de ceux qu’on aime, quand la croix qu’ils portent sur leurs épaules se fait de plus en plus lourde :
 

Mon Saint Ange gardien,

je vous salue et je vous remercie.

Veuillez prier pour moi

et prier à ma place

dans tous les moments

où je ne peux formuler mes prières.


 

Daignez aussi,

dans la Lumière divine,

vous rencontrer avec les Anges gardiens

de ceux que j’aime le plus,

de tous ceux auxquels je m’intéresse spirituellement,

pour les éclairer, les protéger et les conduire.


 

Ainsi soit-il

Un ange libéra l'apôtre Pierre de la prison Antonia à Jérusalem où l'avait enfermé Hérode Agrippa en 44, qui voulait le faire juger et mettre à mort avec grand appareil, devant la masse de peuple alors assemblé. 

"Un soir que plusieurs des fidèles étaient assemblés dans la maison de Marie, mère de Jean-Marc, où Pierre demeurait d’habitude, on entendit tout à coup frapper à la porte. La servante, nommée Rhodé, alla écouter. Elle reconnut la voix de Pierre. Transportée de joie, au lieu d’ouvrir, elle rentre en courant et annonce que Pierre est là. On la traite de folle. Elle jure qu’elle dit vrai. « C’est son ange, » disent quelques-uns. On entend frapper à plusieurs reprises ; c’était bien lui. L’allégresse fut infinie. Pierre fit sur-le-champ annoncer sa délivrance à Jacques, frère du Seigneur, et aux autres fidèles. On crut que c’était l’ange de Dieu qui était entré dans la prison de l’apôtre, et avait fait tomber les chaînes et les verrous. Pierre racontait, en effet, que tout cela s’était passé pendant qu’il était dans une espèce d’extase ; qu’après avoir passé la première et la deuxième garde et franchi la porte de fer qui donnait sur la ville, l’ange l’accompagna encore l’espace d’une rue, puis le quitta ; qu’alors il revint à lui et reconnut la main de Dieu, qui avait envoyé un messager céleste pour le délivrer (Ac., XII, 9-11). Le récit des Actes est tellement vif et juste, qu’il est difficile d’y trouver place pour une élaboration légendaire prolongée." (Ernest Renan, Les Apôtres, Michel Lévy, 1866, p. 248-249.)

 

"Il existe, dans le Légendaire de certains ordres religieux, des apparitions d'anges gardiens des couvents. Les biographes de saint François d'Assise et de saint Dominique en rapportent. Pour ce dernier, on dit qu'en un moment de disette, provoquée par la libéralité des premiers frères prêcheurs à l'égard des pauvres, l'un de ses monastères fut favorisé d'une intervention du ciel. Les anges gardiens de la communauté vinrent emplir les coffres et même servir les moines à table. Le bienheureux Fra Angelico a très bien illustré le miracle dans une de ses fresques. De telles faveurs venaient récompenser la charité des premiers religieux d'une obédience nouvelle. Tous les néophytes ont de ces emballements qui, dans la suite, ne se retrouvent guère. En cela, la jeunesse des familles monastiques n'est pas tellement différente de l'enfance de chaque homme.

"Le plus étonnant, dans ces aventures mystiques, ce n'est pas que des êtres charnels conservent ou retrouvent assez de transparence d'âme pour réfléchir sur le surnaturel ; mais bien que des esprits s'abaissent à servir des corps. Moi qui, souvent, considère au-dessous de ma « dignité » de condescendre, voilà une leçon pour mes dédains. Malgré l'exemple d'un Dieu-Providence, d'un Verbe-Sauveur, je poursuis aveuglément ma voie aberrante, mes habitudes d'insolence et de dureté.

"Cela me va de parler de dignité, à moi qui ne résiste pas à un clin d'œil du Malin ! Si les Anges servent les hommes, ce n'est pas pour rendre hommage à leur excellence ; mais pour obéir à Dieu qui a des faiblesses pour nous. Ils trouvent dans cette obéissance, en dépit de ce qui est exigé, un surcroît de joie, tant il est vrai que l'amour s'exalte par le désintéressement et s'illumine par tous les sacrifices qu'on lui consent.

"Le Pape s'honore du titre de « Serviteur des serviteurs de Dieu ». À combien plus forte raison les Anges tirent-ils gloire d'une telle appellation, plus vraie encore pour eux qu'elle ne l'est pour le Pape ! Ce n'est pas le bénéficiaire qui crée l'honneur, mais le Maître et le service du Maître." (Yves-Marie Rudel, Dialogues avec l'ange gardien, Éditions Fleurus, 1958. Extrait de la revue "L'Ange Gardien", janvier-février 2019.) (4)

Saint François de Sales, évêque et docteur de l'Église, recommandait de se familiariser avec les anges, de prendre conscience de leur invisible présence dans notre vie, d'aimer et révérer l'ange de notre diocèse, celui des personnes avec lesquelles on vit, et spécialement le nôtre  : "Lorsque nous nous trouvons avec eux, et en communion d'intention, nous ne pouvons qu'en être heureusement influencés

[...] Pierre Favre, premier prêtre, premier prédicateur, premier théologien de la sainte Compagnie de Jésus, et premier compagnon du bienheureux Ignace, [...] revenait un jour d'Allemagne, où il avait beaucoup oeuvre à la gloire de Notre-Seigneur. Il passait en notre diocèse, où il est né. Il raconta qu'en traversant plusieurs régions gagnées à l'hérésie, il avait trouvé mille consolations à saluer les anges, protecteurs des paroisses où il passait. Il avait constaté de ses yeux comment, par eux, il avait été protégé des embûches que lui tendaient les hérétiques; et comment beaucoup d'âmes s'étaient ouvertes à la doctrine du salut." (Saint François de Sales, Introduction à la Vie dévote mise en français contemporain, Les Éditions du Cerf, Spiritualité Lexio, Paris 2019, p. 170, 176.)

 

***

Prière à l'Ange gardien du Cardinal John Henry Newman

 

Mon ami le plus ancien,

mon ami fidèle, mien  jusqu'à la mort,

tu es toujours à mes côtés,

toi à qui le Créateur a confié mon âme,

Tu seras toujours près de moi

quand déclinera ma vie.

Ennemi vigilant et jaloux du doute,

de l'impatience et de la tristesse.

Mien, tu seras toujours,

ô frère de mon âme,

quand tu m'introduiras toi-même

dans la demeure du Seigneur.

 

Cardinal J.-H. Newman (in Père Gilles Jeanguenin, Les Anges existent, Éditions Salvator, Paris 2008, p. 345.)

Prières du matin du saint Curé d'Ars

 

Mon Dieu, je vous offre mon cœur, mon esprit, mes pensées, mes paroles, mes actions, tout moi-même, pour ne servir que votre gloire. Je renouvelle les promesses de mon baptême.

 

Mon Ange gardien.Je vous aime tendrement ; je vous remercie de m'avoir gardé cette nuit pendant que je dormais, gardez-moi, s'il vous plaît,pendant ce jour,sans malheur,ni accident et sans offenser Dieu, au moins mortellement. 

Prière avant le coucher

 

Seigneur,

Veille sur tous ceux qui travaillent,

sur ceux qui pleurent cette nuit

et fais que tes anges gardent ceux qui dorment.

Soigne les malades, Seigneur Jésus,

donne le repos à ceux qui sont fatigués,

bénis les mourants, console les affligés,

aie pitié de ceux qui souffrent et

protège ceux qui sont heureux.

Amen.

Prière avant le coucher (Anonyme)

Sources: 1; 2; 3; 4; 5

 

Bibliographie : (1) Père Gilles Jeanguenin, Les Anges existent, Éditions Salvator, Paris 2008 ; (2) Henri-Marie BOUDON, La Dévotion aux Saints Anges, Collection Itinéraire spirituel, Clovis, Condé-sur-Noireau, 2003

 

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1 octobre 2022 6 01 /10 /octobre /2022 00:00
Ste Thérèse, co-patronne de la France (1873-1897)

Ste Thérèse, co-patronne de la France (1873-1897)

Thérèse Martin naquit à Alençon, en France, le 2 janvier 1873. Elle fut baptisée deux jours plus tard en l'église Notre-Dame, recevant les noms de Marie Françoise Thérèse. Ses parents étaient Louis Martin et Zélie Guérin. Après la mort de sa mère, le 28 août 1877, Thérèse s'installa avec toute sa famille à Lisieux. Vers la fin de 1879, elle s'approche pour la première fois du sacrement de la Pénitence.

Le jour de la Pentecôte 1883, elle reçoit la grâce insigne de la guérison d'une grave maladie, par l'intercession de Notre-Dame des Victoires.

Formée par les Bénédictines de Lisieux, elle fait sa première communion le 8 mai 1884, après une préparation intense, couronnée par une expérience très vive de la grâce de l'union intime avec le Christ. Quelques semaines après, le 14 juin de la même année, elle reçoit le sacrement de la confirmation, accueillant en toute conscience le don de l'Esprit Saint dans une participation personnelle à la grâce de la Pentecôte. Elle avait le désir d'entrer dans la vie contemplative, comme ses sœurs Pauline et Marie, au Carmel de Lisieux, mais son jeune âge l'en empêchait.

Pendant un voyage en Italie, après avoir visité la Maison de Lorette et la Ville éternelle, au cours de l'audience accordée par le Pape aux pèlerins du diocèse de Lisieux le 20 novembre 1887, elle demanda à Léon XIII avec une audace filiale de pouvoir entrer au Carmel à l'âge de quinze ans. Le 9 avril 1888, elle entra au Carmel de Lisieux. Elle prit l'habit le 10 janvier de l'année suivante et fit sa profession religieuse le 8 septembre 1890, en la fête de la Nativité de la Vierge Marie.

Au Carmel, elle s'engage sur le chemin de perfection tracé par la Mère fondatrice, Thérèse de Jésus, avec une ferveur et une fidélité authentiques, par l'accomplissement des divers services communautaires qui lui sont confiés. Éclairée par la Parole de Dieu, éprouvée très vivement par la maladie de son père bien-aimé, Louis Martin, qui meurt le 29 juillet 1894, elle avance vers la sainteté, inspirée par la lecture de l'Évangile, plaçant au centre de tout l'amour.

Le 9 juin 1895, en la fête de la Très Sainte Trinité, elle s'offre en victime d'holocauste à l'Amour miséricordieux de Dieu. Elle rédige alors le premier manuscrit autobiographique qu'elle remet à Mère Agnès le jour de sa fête, le 21 janvier 1896. Quelques mois après, le 3 avril, dans la nuit entre le jeudi et le vendredi saints, elle souffre d'une hémoptysie, première manifestation de la maladie qui la conduira à sa mort et qu'elle accueille comme une mystérieuse visite de l'Époux divin. Elle entre alors dans une épreuve de la foi qui durera jusqu'à sa mort et dont elle donnera un témoignage bouleversant dans ses écrits. Au mois de septembre, elle achève le manuscrit B qui illustre de manière impressionnante la maturité dans la sainteté à laquelle elle est parvenue, en particulier par la découverte de sa vocation au cœur de l'Église.

 Alors que sa santé se dégrade et que le temps de l'épreuve se poursuit, elle commence au mois de juin le manuscrit C dédié à Mère Marie de Gonzague ; de nouvelles grâces l'amènent à une plus haute perfection et elle découvre de nouvelles lumières pour la diffusion de son message dans l'Église au profit des âmes qui suivront sa voie. Le 8 juillet, elle est transférée à l'infirmerie. Ses sœurs et d'autres religieuses recueillent ses paroles, tandis que s'intensifient ses souffrances et ses épreuves, supportées avec patience, jusqu'à sa mort dans l'après-midi du 30 septembre 1897. "Je ne meurs pas, j'entre dans la vie", avait-elle écrit à son frère spirituel missionnaire, l'Abbé M. Bellier. Ses dernières paroles, "Mon Dieu..., je vous aime !", scellent une existence qui s'éteint sur la terre à l'âge de vingt-quatre ans pour entrer, suivant son désir, dans une phase nouvelle de présence apostolique en faveur des âmes, dans la communion des saints, pour répandre une pluie de roses sur le monde.

Elle fut canonisée par Pie XI le 17 mai 1925 et proclamée Patronne universelle des missions, en même temps que saint François Xavier, par le même Pape, le 14 décembre 1927.

Sa doctrine et son exemple de sainteté ont été reçus par toutes les catégories de fidèles de ce siècle avec un grand enthousiasme, et aussi en dehors de l'Église catholique et du christianisme. De nombreuses Conférences épiscopales, à l'occasion du centenaire de sa mort, ont demandé au Pape qu'elle soit proclamée Docteur de l'Église, à cause de la solidité de sa sagesse spirituelle, inspirée par l'Évangile, à cause de l'originalité de ses intuitions théologiques où brille sa doctrine éminente, et à cause de l'universalité de la réception de son message spirituel, accueilli dans le monde entier et diffusé par la traduction de ses œuvres dans une cinquantaine de langues. Accueillant ces requêtes, le pape Jean-Paul II a voulu que soit étudiée l'opportunité de déclarer Thérèse de Lisieux Docteur de l'Église universelle (19 octobre 1997) par la Congrégation pour les Causes des Saints, compétente en la matière, avec l'avis de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi en ce qui concerne sa doctrine éminente.

 

Sources: 1, 2

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30 septembre 2022 5 30 /09 /septembre /2022 00:00
Saint Jérôme, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011.

Saint Jérôme, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011.

Jérôme de Stridon ou S. Jérôme, en latin Eusebius Sophronius Hieronymus (vers 340 - 30 septembre 420) est surtout connu pour ses traductions en latin de la Bible à partir du grec et de l'hébreu (la "Vulgate de S. Jérôme"). Les catholiques le considèrent comme un des Pères de l'Église et, avec les orthodoxes, le vénèrent comme saint.

Depuis le pape Boniface VIII, en 1298, il est qualifié de docteur de l'Eglise.

Père de l'Église latine, né vers 340 ou 331 à Stridon, à la frontière entre la Pannonie et la Dalmatie (actuelle Croatie), il est mort à Bethléem le 30 septembre 420. On le considère comme le patron des traducteurs à cause de sa révision critique du texte de la bible latine qui a été utilisée jusqu'au XXe siècle comme texte officiel de la Bible en Occident.

Jérôme fait des études à Rome, se convertit à l'âge de 25 ans suite à un rêve mystérieux lors d'une maladie, puis, après un séjour en Gaule, part pour la Terre Sainte en 373 où il vit en ermite à Chalcis de Syrie dans la "Thébaïde de Syrie", au sud-ouest d'Antioche (Asie Mineure - Turquie), où il est ensuite fait prêtre.

Saint Jérôme

 

En 383 Damase Ier le choisit comme secrétaire et lui demande de traduire la Bible en latin. À la mort du pape, il doit quitter Rome et retourne en Terre Sainte en compagnie de Paula, noble romaine. Ils fondent un monastère double à Bethléem.

Durant les 34 dernières années de sa vie, Jérôme se consacre à l'écriture de l'Ancien Testament en latin à partir de sa propre traduction de l'hébreu et à rédiger ses commentaires sur la Bible.

Ce saint docteur meurt en 420 à Bethléem. Ses restes sont d'abord enterrés à Jérusalem puis transférés à la Basilique Sainte-Marie-Majeure, une des quatre grandes basiliques de Rome. Sa traduction constitue la pièce maîtresse de la Vulgate, traduction de la Bible officiellement reconnue par l'Église catholique.

 

Sources : 1, 2

Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 274 ; Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011.

 

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. Bible : les pharisiens "hypocrites" ont falsifié les Saintes Ecritures dans la "bible massorétique" (Xe s.)

. Le Vatican tance Israël pour avoir détourné des écrits de la Bible

. Une illustration particulière d'une traduction erronée issue de la version juive médiévale de la "Bible massorétique"

 

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29 septembre 2022 4 29 /09 /septembre /2022 00:00

Saint Michel est vénéré comme le plus puissant défenseur contre le démon. Pour cette raison l'iconographie, tant orientale qu'occidentale, le représente comme un guerrier qui, avec l'épée ou la lance, frappe à mort le dragon sous ses pieds.

De gauche à droite : Saints Gabriel, Michel et Raphaël

De gauche à droite : Saints Gabriel, Michel et Raphaël

Avec saint Michel, l'Église, en  ce jour, honore tous les bons anges, dont il a été le chef et le modèle au jour de la révolte de Lucifer (Lucifer est l'autre nom de Satan que l'on retrouve dans les livres de Isaïe 14 12, Job, Zacharie, Ezechiel 28 2, 11 et dans l'Apocalypse de saint Jean) et des mauvais anges qui ont suivi Lucifer ("Chute des anges"). Ces mauvais anges sont ceux que l'Église appelle les "démons". Leur chef de file, Lucifer ou "Satan" n'a de cesse que de tenter les hommes, afin de les amener à le rejoindre dans sa rébellion contre Dieu en les poussant au péché. Les démons "s'enorgueillirent des dons qu'ils avaient reçus; ils s'en firent des armes contre celui de qui ils les tenaient, et refusant à Dieu le respect et l'obéissance qu'ils lui devaient, ils employèrent leur liberté et toutes leurs facultés à offenser celui qu'à tant de titres ils auraient dû servir. [...] Dieu les frappa à l'instant même, sans leur laisser le temps de faire pénitence. Pour cet unique péché, Il les dépouilla des dons de la grâce; il les lança du haut du ciel comme la foudre (Et ait illis: Videbam Satanam sicut fulgur de coelo cadentem. Luc, X, 18.) et les précipita dans les flammes éternelles de l'enfer". (1)

Les bons Anges, ayant suivi saint Michel dans sa fidélité à Dieu, sont divisés en neuf chœurs et en trois hiérarchies : les anges, les archanges et les vertus ; les puissances, les principautés et les dominations ; enfin, plus haut encore, les trônes, les chérubins et les séraphins. Leur occupation est de contempler Dieu, de L'aimer, de Le louer et d'exécuter ses volontés pour la cnduite de l'univers et pour le salut des hommes. Aussi les voyons-nous chargés de différentes missions sur la terre, auprès des personnes, des familles, des paroisses, des diocèses, des royaumes, de l'église entière.

 

Francesco Botticini: Three Archangels with Tobias

 

Ceux dont l'écriture fait une mention particulière sont (2) :

 

- Saint Michel. Prince des anges (Dn 10,13), mais il est aussi le prince des âmes qui doivent remplir les places demeurées vides par la chute des démons. Son nom marque sa fidélité, car il signifie : "Qui est semblable à Dieu !"

 

Saint Michel Archange, Grand-Place de Kiev (Ukraine)

Saint Michel s'est montré le plus ardent et le premier à lutter pour l'honneur de Dieu. Il a été place à la tête de toutes les armées célestes. C'est pour cela que l'Église lui donne ce titre "Praepositus paradisi quem honorificant angelorum cives !", c'est-à-dire "le premier placé dans le ciel qui est honoré de tous les autres anges". Michel est vénéré du titre de "Prince des anges". En hébreu son nom se dit Mik e' El et signifie "Qui est semblable à Dieu ?" Ce fut le cri de guerre avec lequel il vainquit Lucifer et les anges rebelles. Le nom même de Michel est donc une protestation de fidélité et d'humilité, un cri d'amour, un choix inconditionnel pour le service de Dieu (Ap 12,7-9). Michel était déjà considéré par les Hébreux comme le prince des anges, protecteur et défenseur du peuple élu, représentant de l'assistance divine puissante à l'égard d'israël (Dn 10,21 ; 12,1(3)

 

Dans le Livre de Daniel, Michel combat l'ange de la Perse avec saint Raphaël (Dn 10,13-21). Dans l'épître de Jude, il est l'adversaire du diable. (Jude 9) Dans le livre de l'Apocalypse, il combat le "dragon". (Ap 12,7).

Les saints attribuent à saint Michel la plupart des apparitions mentionnées dans l'Ancien Testament. C'est lui qui retint la main d'Abraham prêt à immoler son fils Isaac ; c'est lui qui apparut à Josué et le rendit maître de Jéricho par la chute de ses tours et de ses murailles ; c'est lui qui dirigea l'arche de Noé par-dessus les eaux du déluge; c'est lui qui lutta contre Jacob et le bénit ; c'est lui qui  donna la loi à Moïse sur la montagne du Sinaï ; qui rendit David  victorieux de Goliath et le préserva de la persécution de Saül, etc. Il a été le protecteur de la synagogue ; il est le protecteur de l'Église. L'histoire nous rapporte tant de merveilles de cet ange sublime, qu'on ne peut douter qu'il ne soit, dans les desseins de Dieu, l'un des principaux instruments de sa puissance et de sa bonté. L'assistance que la France a souvent reçue de lui le fait regarder comme le protecteur spécial de ce royaume.

 

Saint Michel, est celui que l'on invoque pour s'encourager au juste combat. Durant la Guerre de Cent Ans, ange protecteur de la France, il parla en ce sens à sainte Jeanne d'Arc dans sa mission de libération des Anglais; le Mont-Saint-Michel ne fut jamais pris par les Anglais.

 

Durant les Guerres de religion au XVIe siècle, malgré de nombreux assauts et stratagèmes, les protestants ne parvinrent pas non plus à prendre le Mont-Saint-Michel. (4)


Prière de Léon XIII à Saint Michel Archange
Saint Michel Archange, défendez-nous dans les combats
Soyez notre protecteur contre la méchanceté et les embûches du démon.
Que Dieu lui commande, nous L'en supplions, et vous, prince de la milice céleste, par le pouvoir qui vous a été confié, précipitez au fond des enfers Satan et les autres esprits mauvais
qui parcourent le monde pour la perte des âmes. Ainsi soit-il.

Prière rédigée par le pape Léon XIII, le 13 octobre 1884. Source

Saint Michel assiste les âmes à l'heure de la mort et, selon la doctrine de saint Augustin et de saint Bonaventure, les introduit dans le ciel après la mort. Il attend les ordres de l'auguste Mère de Dieu, pour assister plus spécialement les âmes qu'elle favorise davantage; c'est le sentiment de saint Bonaventure. (5)

« La tradition attribue à saint Michel la tâche de peser les âmes des défunts. En plus de l'épée, l'iconographie place dans sa main la balance de la justice divine. Saint Michel accompagne dont les âmes qui quittent ce monde. Et tous ceux qui l'auront vénéré sur la terre pourront compter sur sa puissante intercession lorsque le Seigneur les rappellera à Lui. » (6)

 

Déjà en 709, l'évêque d'Avranches, saint Aubert, fonda une chapelle qui deviendra l'Abbaye du Mont Saint Michel où viendront en pèlerinage, entre autres, Charlemagne, Saint Louis, Louis IX, pour demander la protection pour la France.

 

Après la deuxième guerre mondiale, le 13 juin 1948 à la cathédrale d'Hanoï, les troupes aéroportées le choisirent comme saint patron, voyant dans l'âme "ailé" qui descend du ciel comme un ancêtre, certes plus agile encore, du parachutiste contemporain. (7)

Saint Michel - Lourdes, Entrée du sanctuaire

Saint Michel - Lourdes, Entrée du sanctuaire

Saint Michel est aussi le protecteur de l'Église universelle, « le patron des radiologues, ... et des escrimeurs. » (8) 

« Pie XII, en 1941, l'a proclamé patron des radiologues. » (9) 

« Origène s'appuie probablement sur l'Évangile (Lc 16,22) pour affirmer qu'"au moment de la mort, l'ange gardien, le psychopompe céleste, recueille l'âme qui quitte le corps." (Origène, in Jo, t. XIX, 4 PG, 14,554 G- 555 A). » 

« Saint Alphonse de Liguori (169-1787) va dans le même sens et dit que la sainte Église prie pour que les anges accueillent et accompagnent au paradis l'âme qui se sépare du corps. (St Alphonse de Ligori, La Voie du salut. Méditations pour la fête de Saint Michel, Oeuvres ascétiques X, 1968, p. 263-264.) »

Grotte de Monte Gargano (Italie)

« Quelques maîtres spirituels expliquent que c'est à Saint Michel que revient l'honorable charge de présenter au Christ, Juge de toutes les âmes, celles qui quittent cette terre dans la grâce de Dieu." (Saint Alphonse de Liguori, La Voie du salut. Méditations pour la fête de Saint Michel, Oeuvres ascétiques X, 1968, p. 263-264.) » (10)

Puisque saint Michel aime beaucoup nos âmes, lorsqu'il les voit tomber dans le péché et donc, courir le risque d'aller en enfer, il cherche par tous les moyens à les amener à faire pénitence, ce qui est la seule voie pour obtenir la rémission des fautes.

Saint Michel dirige lui-même les anges gardiens et leur enseigne la meilleure manière de nous garder et de nous défendre. (11)

Une mystérieuse ligne imaginaire unit entre eux sept sanctuaires de Saint Miche Archange, sept monastères de l’Irlande jusqu’en Israël. Simple coïncidence ? Ces sanctuaires sont très éloignés les uns des autres, mais parfaitement alignés. La ligne sacrée de saint Michel archange serait, selon la légende, le coup d’épée que le saint asséna sur le diable pour le renvoyer en enfer. Le parfait alignement de ces sanctuaires est surprenant : les trois sites les plus importants – le Mont-Saint-Michel en France, l’abbaye Saint-Michel–de-la-Cluse et le sanctuaire du Mont-Gargan en Italie – sont équidistants. Un avertissement du saint afin que les lois de Dieu soient toujours respectées et que les fidèles restent sur le droit chemin. Par ailleurs, cette ligne sacrée s’aligne parfaitement avec le soleil levant du solstice d’été.

 

Aujourd'hui, le sanctuaire de Monte Gargano (Italie) est le site de destination de deux millions de pèlerins par an pour avoir été le lieu de quatre apparitions de Saint Michel. De nombreux pèlerins ont visité le sanctuaire de Monte Gargano, notamment les saints Thomas d'Aquin, Catherine de Sienne, Bernard et Guillaume de Vercelli. Lorsque Saint François d’Assise s'y rendit en 1221 pour se préparer au carême, la tradition veut qu’il se considéra indigne et qu’il n’entra pas, mais qu’il grava plutôt une croix dans le marbre.

 

Le martyrologe romain dit :

"Sur le mont Gargan, la vénérable mémoire du bienheureux archange, Michel, lorsqu'en ce lieu fut consacrée sous son vocable une église pauvre d'aspect, mais riche d'une vertu céleste."

 

Michel est le protecteur national de l'Allemagne, de Bruxelles, d'Iéna, d'Andernach, de Comar, de Tauste (Saragosse) et patron de plus de 60 localités en Italie. En France, 70 villes portent le nom de saint-Michel. 

 

En Espagne, on vénère saint Michel qui apparut pendant le siège de Sarragosse (XIIe siècle) et libéra la ville des Arabes (12) (En mars 1118, le roi d'Aragon Alphonse Ier, avec l'aide des croisés français et de moines-soldats des ordres militaires mit le siège devant Saragosse. Les Aragonais battirent les Maures le 18 décembre 1118, s'emparèrent de la ville et firent de Saragosse leur capitale. La récupération de Saragosse fut rapidement suivie par celle des villes de Calatayud et de Daroca après la bataille de Cutanda en 1120, ce qui mit fin à l'occupation musulmane en Aragon.)

 

Saint Gabriel Archange , Entrée du sanctuaire de Lourdes

 

- Saint Gabriel archange. À Gabriel semble avoir été confié le soin de tout ce qui regarde le mystère de l'Incarnation. Gabriel signifie "Force de Dieu", ou "Dieu guérit", "Médecine de Dieu".

 

Dans la Bible, à chaque fois que l'on voit quelque chose qui se présente comme Dieu et a une forme humaine, Dieu apparaît par la médiation d'un ange. Par exemple, lorsque Dieu apparaît sous la forme de la Trinité à Abraham aux chênes de Mambré (Gn 18,1-8), pour lui annoncer sa descendance (à savoir Isaac, image du christianisme futur), "une nation grande et puissante, et toutes les nations de la terre doivent être bénies en lui" (Gn 18,18), les théologiens pensent que Dieu apparu sous la forme de trois hommes, les "anges" dont parle un peu plus loin la Bible (Gn 19,1) qui se dirigeaient vers Sodome (Gn 18,22) et où ils arrivèrent le soir, il s'agirait de saint Gabriel qui était là et sans doute aussi Michaël, et Raphaël, les trois archanges dont on connaît les noms. Michaël représentait le père ("Qui est comme Dieu ?"); Gabriel représentait le Fils, celui qui est la connaissance infinie de Dieu (le "Verbe de Dieu"); et Raphaël représentait le Saint-Esprit ("Dieu guérit").

 

Gabriel apparaît au prophète Daniel et manifeste ainsi la mission qu'il exercera par la suite, celle de messager des révélations divines. Il apparaît à Daniel sous les traits d'un jeune "homme vêtu de lin, les reins ceints d'or pur, son corps avait l'apparence de la chrysolithe, son visage, l'aspect de l'éclair, ses yeux, comme des lampes de feu, ses bras et ses jambes comme l'éclat du bronze poli, le son de ses paroles comme la rumeur d'une multitude" (Dn 10, 5-6). Gabriel est chargé d'expliquer la vision qui "est pour le temps de la fin" (Dn 8, 16-17; Dn 10,14). À la vue de l'ange Gabriel, Daniel s'évanouit, mais Gabriel le réconforta (Dn 8,18). Gabriel apparut à Daniel "d'un vol rapide au moment de l'oblation du soir" lorsqu'il confessait son péché et le péché de son peuple Israël, déposant sa supplication devant le Seigneur son Dieu. Gabriel lui dit : "je suis sorti pour te conférer l'intelligence [...] car tu es l'homme des prédilections. Comprends les paroles et aie l'intelligence de la vision !" (Dn 9,20-21). Plus loin, Gabriel lui dit encore : "Ne crains pas, homme de prédilection, paix à toi, sois fort !". Et tandis qu'il parlait, Daniel dit qu'il reprit des forces et dit : "Que mon Seigneur parle, car tu m'as rendu la force" (Dn 10,19). 

 

Bien plus tard, à Zacharie, alors que, prêtre, celui-ci a été désigné pour entrer dans le Temple et y brûler l'encens, Gabriel lui apparaît et lui annonce qu'il aura un fils de sa femme Élisabeth, bien que celle-ci soit avancée en âge, qu'il s'appellera Jean et qu'il sera le précurseur du Messie (Lc 1,11-20). Devant les doutes de Zacharie, l'archange se présente: "Je suis Gabriel et je me tiens en présence de Dieu. J’ai été envoyé pour te parler et pour t’annoncer cette bonne nouvelle" (Luc 1,19).

Gabriel est l'ange de la Bonne nouvelle : Dieu l'a choisi pour être envoyé à la Vierge Marie pour lui annoncer le grand mystère de l'Incarnation du Fils de Dieu et qu'elle sera la mère du Sauveur (Lc 1,31-32).

Sa salutation à la Vierge est pleine de respect et de considération : "Je vous salue, marie, pleine de grâce. Le Seigneur est avec vous" (Lc 1,28). (13)

 

Gabriel se présente comme envoyé de Dieu pour instruire dans l'intelligence. (Dn 9,22

L'iconographie byzantine dépeint l'ange de l'Annonciation toujours dans la même pose : Gabriel se tient debout devant la Vierge Marie, portant de riches vêtements et des ailes lui sont généreusement fournies. Dans une main il tient un bâton, qui est le symbole de l'autorité de l'ambassadeur divin.

 

Saint Gabriel Archange, iconographie byzantine

 

Dans les représentations plus récentes, et dans l'art italien en particulier, le bâton d'ambassadeur que l'ange Gabriel tenait dans sa main est devenu un lys, symbole de la pureté, puis il ploie le genou devant Celle qui est la pureté même, la Vierge Marie.

L'archange Gabriel est le saint patron des télécommunications civiles et militaires. Il est aussi le saint patron des diplomates, des facteurs et des personnels de radio et de télévision. (14)

 

Prière de Don G. Alberione (1884-1971) à Saint Gabriel Archange, Patron des techniques audiovisuelles (15) :

 

Père des cieux

Je te remercie d'avoir choisi et envoyé l'archange Gabriel annoncer l'Incarnation de ton Fils et la rédemption de l'humanité. Marie a reçu l'annonce avec Foi et ton Fils s'est incarné. 

En mourant sur la croix, il nous racheta tous mais la grande majorité n'a pas encore reçu le message du salut. Saint Gabriel, protecteur des techniques audiovisuelles : cinéma, radio et télévision, intercède auprès du maître divin pour que l'Église puisse utiliser pleinement ces moyens puissants pour annoncer à tous les vérités à croire et pour indiquer la route à suivre. Que ces dons de Dieu servent à l'élévation et au salut de tous et jamais pour avilir des êtres humains. Que chacun de nous accueille docilement le message de Jésus-Christ.

Saint Gabriel, prie pour nous et pour les apôtres des techniques audiovisuelles.

Amen.

 

L’Ange aux cheveux d'or, icône russe de Gabriel Archange (XIIe siècle)

 

Saint Raphaël Archange "Dieu guérit", "Médecine de Dieu"

Saint Raphaël Archange "Dieu guérit", "Médecine de Dieu"

Saint Raphaël Archange - Lourdes, entrée du sanctuaire

Saint Raphaël Archange - Lourdes, entrée du sanctuaire

- Et l'archange Saint Raphaël. Raphaël signifie "Dieu guérit" (Tb 12, 14-15). Compagnon de route sous forme humaine, Raphaël, sous le nom d'emprunt d'Azarias (Azarée) (Tb 5,13) conduit et ramène le jeune Tobie (Livre de Tobie) parti récupérer une somme d'argent que son père avait prêtée à un certain Gabaël, habitant de la ville de Rhagès (Tb 4). De prime abord, il (Raphaël) salue le père de Tobie : "Que la joie soit toujours avec vous" (Tb 5,10). (16)

 

Tout au long du chemin, l'ange guide Tobie, le protégeant des dangers de la route, et le ramena chez son père saint et sauf. Il lui prodigue des conseils; il le protège contre un poisson monstrueux qui sortait de l'eau pour le dévorer (Tb 6,2), et l'invite à s'arrêter chez Ragouël et à demander la main de la fille de son hôte, Sarra, pour déjouer les maléfices du démon Asmodée (Tb 3,8Tb 7), dont il libère Sarra (Tb 8,1-3).

L’archange Raphaël avec Tobie, Pieter Lastman — 1. Rüdiger Klessmann; Im Detail die Welt entdecken – Adam Elsheimer 1578–1610; Ed. Minerva, Wolfratshausen 2006

L’archange Raphaël avec Tobie, Pieter Lastman — 1. Rüdiger Klessmann; Im Detail die Welt entdecken – Adam Elsheimer 1578–1610; Ed. Minerva, Wolfratshausen 2006

De retour au pays, Raphaël enseigne à Tobie la façon de guérir la cécité de son père en prenant la bile du poisson et en l'appliquant sur les yeux. Le père de Tobie fut ainsi instantanément guéri (Tb 10).

L'ange refuse la récompense qu'on veut lui offrir, explique qu'il présente à Dieu la prière des hommes et révèle son nom : "Je suis Raphaël, l'un des sept anges qui se tiennent ou se présentent devant la gloire du Seigneur". (Tb 12,15). 

Tous se demandèrent pourquoi Dieu leur avait envoyé un ange. Raphaël répliqua : "Parce que vous avez toujours loué Dieu, enterré les morts, aidé les pauvres, supporté bravement vos épreuves, Dieu m'a chargé d'aller vers vous. Louez le Seigneur qui vous a montré Sa bonté."

Ils bénirent Dieu, chantèrent pour lui et le célébrèrent pour la grandeur de ses œuvres, tandis que l'ange, après leur avoir donné la paix, retourna vers "Celui qui l'avait envoyé" (Tb 12,20).

De nombreux saints et voyageurs ont fait l'expérience de l'aide efficace et charitable de l'archange Raphaël. Saint Jean de Dieu (1495-1550), fondateur d'un hospice qui vit naître l'Ordre des frères hospitaliers, bénéficia dès ses débuts de l'aide de saint Raphaël. Un jour il lui apparut et lui dit : "Jean, je suis l'archange Raphaël, envoyé par Dieu pour t'assister dans ton charitable labeur. Le Seigneur m'a confié la garde de ta personne et de tous ceux qui, avec toi, serviront le Seigneur. je tiens un compte fidèle de tes actions et des aumônes qui te sont faites. J'ai pour mission de protéger ceux qui favorisent tes oeuvres de charité." (I.-M. Magin, Un héros de la charité au XVIe siècle, saint Jean de Dieu, éd. Beauchesne, Paris 1931, p. 71-72).

Saint Antoine-Marie Claret (1807-1870) ne pouvait se passer de son "navigateur" céleste. Dans ses écrits autobiographiques, il raconte que saint Raphaël et les saints anges l'ont souvent guidé dans ses voyages : ses célestes protecteurs pensaient à lui monter la route à suivre dès qu'il s'égarait et le défendaient des embuscades tendues par les brigands de grand chemin.

Saint Raphaël est le saint Patron des médecins et des apothicaires. Les navigateurs et les voyageurs, se réclament, eux aussi de ses bons offices. (17)

 

Les anges sont des envoyés, des messagers, des ambassadeurs, des "esprits chargés d'un ministère." (Hébreux 1, 14).

 

Il y a de plus quatre autres princes du ciel "qui se tiennent ou se présentent devant la gloire du Seigneur" (Tb 12,15), et dont l'on ne sait pas les noms. Quelques-uns pourtant disent que le quatrième s'appelle Uriel, et ils prennent leur fondement du quatrième livre d'Esdras, comme saint Ambroise et saint Bonaventure. (18)

 

« D'autres noms d'anges nous sont communiqués, non par la Bible, mais par des écrits apocryphes (écrits religieux d'origine juive ou chrétienne qui ressemblent à ceux de la Bible mais n'ont pas été accueillis dans le canon des Écritures) juifs : "Uriel", par exemple, est cité dans le livre d'Hénoch, et les archanges "Barachiel", "Jehudiel" et Zeadkiel" sont nommés dans des écrits rabbiniques. (A. M. Gérard, Dictionnaire de la Bible, Robert Laffont, Paris 1989, p. 99, col. 1). Ces noms d'anges ne font pas partie du canon des Écritures et ne doivent pas être invoqués dans les prières, comme l'affirme le pape Zaccaria lors d'un synode diocésain en 745. En 789, [...] le concile d'Aix-la-Chapelle interdit d'en composer des listes. (J.P. Guetny, La Vie réelle des anges, in Actualités des Religions, Mystère & Spiritualité, Hors série n°1, 1er avril 1999, p. 39.) Peu après, une capitulaire de Charlemagne interdisait d'introduire des noms d'anges dans le culte liturgique en dehors de ceux des archanges Michel, Raphaël et Gabriel. (G. Del Ton, Verita sugli angeli e sugli arcangeli, Éd. Giardini, Pisa, 1995, p. 17). » 

« Le Directoire sur la piété populaire et la liturgie (2001) maintient cette ligne en affirmant : "Il faut réprouver l'usage de donner aux anges des noms particuliers, que la Sainte Écriture ignore, hormis ceux de Michel, Gabriel et Raphaël. (Congrégation pour le Culte divin et la discipline des Sacrements, Directoire sur la piété populaire et la liturgie, Principes et orientations, n° 217, éd. Téqui, Paris 2001, p. 182). » 

 

« Les anges ne sont nullement les laquais des hommes : les esprits célestes, bien plus élevés que nous par nature, n'obéissent qu'à Dieu, leur unique maître et souverain Seigneur. Les sites d'Internet qui vous proposent de "connaître" le nom de votre ange gardien relèvent du folklore, voire de l'escroquerie. »

 

« En feuilletant certains livres sur les anges, écrit le Père Jean Gilles Jeanguenin, il m'est arrivé de découvrir des listes complètes de noms avec prières, miracles ou guérisons spécifiques opérés par chacun d'eux. Parmi les anges cités, on y trouvait les archanges Michel, Raphaël et Gabriel, mélangés avec d'autres "anges", provenant de religions orientales, de la mythologie assyrio-babylonienne, de diverses traditions (notamment juive), ainsi que des noms farfelus et des noms de démons... » (19)

 

« Ces "anges" post-modernes, précise le père Gilles Jeanguenin, appartiennent en grande partie au New Age et aux mouvements ésotériques et donc ne font pas partie de ceux que nous connaissons par les Saintes Écritures et par l'enseignement de l'Église. Il faut le dire clairement car je connais des chrétiens de bonne foi qui se sont fait piéger par ces fausses doctrines. Ce nouvel engouement pour l'angélologie peut aussi conduire à la magie, au spiritisme et au channeling (forme moderne du spiritisme où l'on prétend pouvoir communiquer avec des entités, esprits ou anges) qui sont autant de pratiques réprouvées par la parole de Dieu (Dt 18,10-12). Ces pratiques gravement contraires à la foi, constituent une offense envers Dieu et mettent en danger ceux qui en font usage (Un jour, au cours d'un exorcisme, je demandais à Satan comment il était entré dans le corps de la personne qui était possédé. Il me répondit : "Au cours d'une séance de spiritisme"). D'autres exploitent ce regain d'intérêt pour les anges à des fins de malhonnêteté en proposant par exemple, des cures bidons, des poudres magiques et des stages de communication avec les anges [Un certain Xanath Lichy, animateur d'une société Kevala, spécialisée dans la vente de produits diététiques, se comporte, lui aussi, comme un homme d'affaires avisé. Il organise des stages de communication avec les anges : une semaine, 2 600 euros par personne. Un tarif qui ne semble pas prohibitif aux adeptes : en 1997, 152 stagiaires originaires de France, du Canada, de Suisse, y ont participé (Cf. G. Gaetner, L'Argent caché des sectes : L'Express du 19/09/2002)]. » (20)

 

« Dieu ne parle pas comme nous avec des paroles mais il communique avec les anges en les illuminant. Saint Grégoire écrit : "Dieu parle aux anges par le fait même qu'il dévoile à leurs coeurs les secrets cachés et invisibles." Et saint Thomas commente : "Or, parler ainsi, c'est illuminer. Donc toute parole divine est une illumination. Au même titre, toute parole angélique est une illumination. (I Qu. 52 a. 1 resp.) » (21)

 

Les anges sont dans un état de bonheur parfait car ils reçoivent constamment l'amour de Dieu en eux. (22)  

En retour, les saints anges manifestent leur amour pour Dieu par leur adoration et leur louange, mais aussi par l'accompagnement et la protection qu'ils assurent auprès des hommes. Sur la terre, le ministère de ces messagers de Dieu est multiple :

- Ils protègent et délivrent le peuple de Dieu (Gn 19, 11 ; Ex 23,23 ; Ex 33,2I R 19 ; Dn 3,28 ; 6,22 ; I Mc 7,41 ; II Mc 11,6 ; II Mc 15,22Ac 5,19 ; 12,10) ;

- Ils guident et encouragent les serviteurs de Dieu (I R 19,7 ; Mt 28,5-7 ; Ac 8,26 ; 27,23)

- Ils transmettent des révélations divines comme l'Apocalypse (Ap 1,1) ; 

- Ils sont les précurseurs des jugements de Dieu sur les individus et les nations (2 Th 1,7-8 ; Gn 19,12-13 ; 2 Sm 24,16 ; Ac 12,23 ; Ap 7,1 ; 8,13) ;

- Ils transportent les sauvés au ciel après leur mort (Lc 16,22) ;

- Ils accompagnent le Seigneur lorsqu'il reviendra pour juger les nations (Mt 25,31 ; 13,30).

 

Selon Origène, Père de l'Église au IIIe siècle, Dieu envoie un ange particulier pour protéger chaque pays et chaque province. (Origène, Sur saint Luc, Homélie 12, 3-4.) Pie XI, lui aussi, a témoigné que Dieu avait préposé un ange au service de chaque pays et de chaque diocèse. (C. Confalonieri, Pio XI, visto da vicino, Turin 1957, p. 308-309). (23)

 

Quelques citations de saints sur les anges

 

Le diacre Pantaléon: « Dieu qui est bon de sa nature, a donné à l'Eglise le grand Michel, prince des milices célestes, comme un bouclier impénétrable pour la mettre à couvert contre la puissance de Satan. Saint Michel, suivant l'ordre que Dieu a établi, prend soin de tous les fidèles. Saint Michel, tout en demeurant dans le ciel, parcourt toute la terre avec une extrême rapidité, pour aller fortifier les hommes contre les tentations du démon et visiter, fortifier et consoler les hommes pieux dans leurs épreuves. Il nous découvre les pièges de notre ennemi, et il déjoue ses artifices. Saint Pantaléon l'appelle le "Ministre de la Trinité, image des trois divines personnes". Saint Michel, non content d'obtenir à ses pieux serviteurs le courage et la force de résister aux tentations de l'enfer, vient combattre en personne, lorsqu'il en voit un fortement pressé par le démon qui l'expose au péril de tomber dans le péché. Lorsque nous invoquons Michel, il nous délivre des dangers. Il aide ses fidèles serviteurs à accomplir la volonté divine. Saint Michel est la plus grande et la plus radieuse étoile de l’ordre angélique; il occupe le rang le plus distingué parmi ces milliers et myriades d’Anges qui peuplent le fortuné séjour. Moïse ne pouvait le regarder en face; pendant 40 ans. Saint Michel conduisit les Hébreux à travers le désert par une nuée, le jour, et une colonne de feu, la nuit, les nourrissant de la manne. (Gloires de Marie, par Alphonse de Liguori, Saintrain p.315.) »

 

« Dans une révélation faite à l'ermite saint Eutrope ; saint Michel déclara, qu'il avait été choisi pour être l'ange gardien du saint sacrement, et que ces fonctions lui avaient été confiées dès le jeudi saint; on rapporte aussi plusieurs autre révélations faites par lui à divers saints touchant le culte du saint sacrement. (Histoire dogmatique, liturgique, et archéologique du sacrement de..., Volume 1 par Jules Corblet -.71) »

 

« Saint Bruno de Segni: Saint Michel ayant été élevé par le Seigneur à la dignité de chef de tous les anges, Dieu lui a donné cette fonction : le soin de donner à chaque âme sur la terre son ange gardien; et il nous engage à considérer combien nous lui sommes redevables a ce titre. Il aime les hommes; au point de combattre pour eux, jour et nuit, contre le dragon infernal, et même, ajoute-t-il, il appelle les anges qui sont sous ses ordres, et les fait combattre avec lui, afin que nous ne soyons pas vaincus par notre ennemi. (Gloires de Marie, par Alphonse de Liguori, Saintrain p. 321) »

 

« Jacques Massi nous apprend qu'un prêtre, en disant un jour la messe des morts, recommandait spécialement quelques âmes en prononçant les paroles citées ci-dessus : Que le Prince des anges, saint Michel, les introduise dans la sainte lumière ; — et à l'instant même, il vit le glorieux archange descendre du ciel dans le purgatoire, pour les délivrer. Le même auteur rapporte qu'un moine de Citeaux apparut après sa mort à un prêtre, son ami, et lui dit qu'il était encore en purgatoire, mais qu'il serait délivré, si, à la messe, il le recommandait à saint Michel. Le prêtre fit ce qu'il désirait, et vit, ce que d'autres virent pareillement, l'âme de son ami conduite au ciel par le saint archange. (Gloires de Marie, par Alphonse de Liguori, Saintrain p.325). »

 

« Le père Engelgrave raconte que Ferdinand, jeune prince de Portugal, avait une grande dévotion à Saint Michel : il lui faisait chaque jour une visite, à un autel dédié en son honneur, et célébrait toutes ses fêtes par des jeûnes et par la sainte communion. Aussi, le saint archange sut bien récompenser son zèle : il lui apparut un jour suppliant la Mère de Dieu de délivrer bientôt son protégé des périls du monde, et de lui obtenir la grâce d'aller droit au ciel. La bonne Mère accueillit cette prière de son céleste serviteur, et, le jour qu'elle prédit, Ferdinand quitta heureusement cette vie à l'âge de dix-sept ans, assisté par saint Michel, qui l'introduisit aussitôt en paradis. (La Semaine religieuse de Lyon et de la Province, p.125). »

 

« Le père Recupito dit que ceux qui sont dévots à ce glorieux archange, ont un signe spécial de prédestination au paradis. La raison en est que saint Michel, aimant beaucoup le salut de ses pieux serviteurs, ne souffrira pas qu'une âme qui conserve envers lui une dévotion particulière, tombe dans la disgrâce de Dieu : il lui obtiendra la force de résister aux attaques de l'enfer ; et si malheureusement cette âme est tombée par le passé dans quelque faute grave, dès qu'elle se recommande à ce puissant protecteur, il lui obtiendra facilement la grâce du pardon et de la persévérance; car l'Église atteste que, lorsqu'on honore saint Michel, on participe à ses bienfaits et aux prières qu'il ne cesse d'adresser pour ceux qui le servent, afin de pouvoir les conduire au royaume des cieux. (Oeuvres complètes de Alphonse de Liguori, Dujardin, p. 513 ) »

 

« Saint Michel est spécialement chargé par le Seigneur de nous assister au moment de la mort. Chacun sait qu'alors les attaques du démon deviennent plus terribles, tandis que nos forces diminuent, et que nous avons l'esprit accablé par d'extrêmes angoisses ; car il faut considérer que trois causes tourmentent principalement ceux qui sont près de mourir : premièrement, le souvenir des péchés commis; secondement, la crainte de la damnation éternelle; et troisièmement, les assauts de l'enfer. C'est pourquoi l'Eglise nous engage à supplier saint Michel de nous protéger dans le grand combat que nous aurons à soutenir contre le démon à l'heure de la mort, en disant : Saint Michel archange, défendez-nous dans le combat, afin que nous ne périssions pas au redoutable jugement. — Et dans la recommandation de l'âme, elle veut que tous les assistants prient le saint archange de prendre sous sa protection l'âme qui va sortir de ce monde. De plus, on lit dans l'Office ces paroles, comme dites par le Seigneur lui-même ; Michel, mon archange, je t'ai établi prince sur toutes les âmes qui doivent être reçues dans mon royaume — C'est donc à saint Michel que Dieu a confié le soin des âmes qui passent de cette vie à l'éternité. Beaucoup d'exemples constatent que saint Michel procure une mort heureuse à ses pieux serviteurs. (Gloires de Marie, par Alphonse de Liguori, Saintrain, p. 323). » 

 

« On lit dans la vie de saint Gaétan, par le père Falcone, que, dans ses derniers moments, les démons lui apparaissaient et le tourmentaient par leurs tentations, mais que saint Michel, à qui il était fort dévot, lui apparut à son tour, et le délivra de toutes les inquiétudes que lui causaient les esprits malins. Saint Michel est aussi chargé du soin de consoler les âmes du purgatoire. On lit dans son Office, que Dieu lui confie toutes les âmes qui se sauvent, afin qu'il les conduise en paradis. Et dans la messe des morts, l'Église prie le saint archange de présenter à Dieu dans le ciel les âmes des défunts. Aussi, plein d'une tendre sollicitude pour ces bonnes âmes, qui lui sont ainsi confiées et recommandées, il ne manque pas de les assister et de les secourir, en leur procurant beaucoup de soulagements dans les peines du purgatoire. Après le dernier jugement, Saint Michel réunira toutes les âmes sauvées, les introduira dans le paradis, et les présentera au trône de Dieu, afin que le Seigneur les bénisse et les admette à jouir éternellement du bonheur céleste. (Oeuvres complètes de Alphonse de Liguori, Dujardin, p.509.) (Source). »

 

« Les anges coopèrent à toutes nos bonnes actions." (Saint Thomas, Summa th., I, q. 114, art. 3, ad. 3.)

 

Saints Michel, Gabriel et Raphaël Archanges

Saints Michel, Gabriel et Raphaël Archanges

Saint Michel Archange, église saint Jacques, Pau. Photo prise le 29 septembre 2020

Saint Michel Archange, église saint Jacques, Pau. Photo prise le 29 septembre 2020

Prière à Saint Michel Archange du Pape Léon XIII :

 

Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat, soyez notre secours contre la malice et les embûches du démon. Que Dieu exerce sur lui son empire, nous vous le demandons en suppliant. Et vous, Prince de la Milice Céleste, repoussez en enfer par la force divine Satan et les autres esprits mauvais qui rôdent dans le monde en vue de perdre les âmes. Ainsi soit-il.

 

Léon XIII - 1884

 

https://site-catholique.fr/index.php?post/PRIERE-SAINT-MICHEL-ARCHANGE

Prière de consécration personnelle à Saint Michel Archange :

 

Ô grand Prince du ciel, gardien très fidèle de l'Eglise, 

Saint Michel Archnage, moi N ...

quoique très indigne de paraître devant toi,

confiant néanmoins en ton immense bonté,

touché de l'excellence de tes magnifiques prières et de la multitude de tes bienfaits, je me présente à toi, accompagné de mon Ange gardien; et en présence de tous les Anges du ciel que je prends à témoin de mon affection envers toi, je te choisis pour mon protecteur et mon avocat particulier, et me propose de t'honorer toujours et de te faire honorer autant qu'il me sera possible. Assiste-moi pendant toute ma vie, afin que je n'offense jamais les yeux très purs de Dieu, ni en œuvres, ni en paroles, ni en pensées. Défends-moi contre toutes les tentations du démon, et plus spécialement les tentations contre la foi et la pureté, et, à l'heure de ma mort, donne-moi la paix de l'âme et introduis-la dans l'éternelle Patrie. Amen.

Les Saints Archanges Michel, Gabriel, Raphaël - Fête

Sources : (1) Père Louis du Pont, S.J., Méditations sur les Mystères de Notre Sainte Foi, première partie, Presses de l'Imprimerie La Source d'Or, Marsat 1995, p. 70 ; (2) Gilles Jeanguenin, Les Anges existent !, Éditions Savator, Paris 2008, p. 54-55 ; (3) Gilles Jeanguenin, Les Anges existent !, ibid., p. 100 ; (4) Père J.-B.-J. Ayroles, Jeanne d'Arc sur les autels et la régénération de la France, 1885, Rééd. Éditions Saint-Rémi, Cadillac 2009, p. 335-348 ; (5) Henri-Marie Boudon, La dévotion aux saints anges, Collection Itinéraire spirituel, Clovis, Étampes 1998, p. 240 ; (6) Gilles Jeanguenin, Les Anges existent !, ibid., p. 101-102 ; (7) Monsieur-Legionnaire.org ; (8) Gilles Jeanguenin, Les Anges existent !, ibid., p. 102 ; (9) Gilles Jeanguenin, Le Prince des Anges Saint Michel, Pierre Téqui éditeur, Paris 2002, p. 13 ; (10) Père Gilles Jeanguenin, Le Prince des Anges Saint Michel, ibid., p. 13 ; (11) Gilles Jeanguenin, Les Anges existent !, ibid., p. 100 et 179 ; (12) Gilles Jeanguenin, Le Prince des Anges Saint Michel, ibid., p. 35-36 ; (13) Gilles Jeanguenin, Le Prince des Anges Saint Michel, ibid., p. 18 et 26 ; (14) Fernand Comte, Dictionnaire de la Civilisation chrétienne, In Extenso, Larousse, p. 460 ; (15) Gilles Jeanguenin, Les Anges existent !, ibid., p. 103 ; (16) Gilles Jeanguenin, Les Anges existent !, ibid., p. 346-347 ; (17) Henri-Marie Boudon, La dévotion aux saints anges, p. 242 ; (18) Gilles Jeanguenin, Les Anges existent !, ibid., p. 104-106 ; (19) Henri-Marie Boudon, La dévotion aux saints anges, p. 243 ; (20) Gilles Jeanguenin, Les Anges existent !, ibid., p. 56-57 ; (21) Gilles Jeanguenin, Les Anges existent !, ibid., p. 29-30 ; (22) Gilles Jeanguenin, Les Anges existent !, ibid., p. 96 ; (23) Gilles Jeanguenin, Les Anges existent !, ibid., p. 110-120.

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28 septembre 2022 3 28 /09 /septembre /2022 00:00

Saint Wenceslas eut pour père Wratislas, duc de Bohême, prince vertueux, et pour mère Drahomire, païenne et ennemie acharnée du nom chrétien. Drahomire eut un autre fils appelé Boleslas, qu'elle éleva dans l'idolâtrie. À la mort de son mari, elle s'empara de la régence et ne s'en servit que pour persécuter la religion chrétienne.

À cette vue, le zèle de Wenceslas le décida à prendre, avant sa majorité, les rênes du gouvernement. Il se fit le père des orphelins, le soutien et le défenseur des veuves, la providence des pauvres. Afin de n'être pas reconnu, il portait, de nuit, du bois aux pauvres honteux. Il visitait les prisonniers, rachetait les captifs, consolait et secourait les malheureux. Il fit venir des missionnaires de Souabe et de Bavière et fit construire de nombreuses églises.

Wenceslas joignait la piété aux bonnes œuvres ; il assistait à l'office divin du jour et de la nuit ; il allait souvent nu-pieds, par le froid et la neige, sans jamais se plaindre de la rigueur de l'hiver. Quelques fois celui qui l'accompagnait la nuit était transi de froid ; mais il n'avait qu'à marcher sur les pas de Wenceslas, et aussitôt il sentait une chaleur bienfaisante pénétrer tous ses membres. L'esprit de religion du pieux roi lui faisait honorer les évêques et les prêtres comme Jésus-Christ lui-même ; il les aimait comme des pères, et quand il traitait quelque affaire avec eux, c'était avec une humilité et une déférence profondes. Sa grande dévotion était la dévotion à la Sainte Eucharistie.

La piété de Wenceslas était pour lui la source d'une intrépidité surprenante. Il dut s'opposer aux armes d'un prince voisin qui avait envahi ses États. Pour épargner le sang de ses sujets, il proposa à son ennemi un combat singulier et se présenta presque sans armes devant un adversaire armé jusqu'aux dents. Wenceslas allait être percé par la lance ennemie, quand le prince usurpateur aperçoit près du saint duc deux anges pour le défendre. À cette vue, il se jette à ses pieds et lui demande pardon.

Attiré dans un guet-apens par sa mère et son frère, Wenceslas mourut d'un coup d'épée fratricide, au moment où il priait dans une église. Ce jeune martyr pardonna à son frère en mourant.

Dès le XIème siècle, il est reconnu comme le patron national de la Bohème. 

Il est le saint patron de la République tchèque.

 

Saint-Wenceslas--Duc-de-Boheme--statue-equestre-a-Prague.jpg
St Vinceslas, duc de Bohême, Statue équestre à Prague

 

Sources : 1, 2

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27 septembre 2022 2 27 /09 /septembre /2022 00:00
Saint Vincent de Paul († 1660)

Vincent de Paul ou Vincent Depaul, est né au village de Pouy près de Dax dans le département des Landes, le 24 avril 1581 et mort le 27 septembre 1660.

Depuis le XIXe siècle, Pouy est appelé "Saint-Vincent-de-Paul" en son honneur.

Renommé pour la charité, qu'il exerça notamment auprès des galériens - dont il était aumônier -, des enfants trouvés et des populations rurales, Vincent de Paul fut Aumônier de la reine Marguerite, épouse de Henri IV, puis curé de campagne à Clichy, précepteur des enfants du marquis de Belle-Isle, frère de l'archevêque de Paris.

Il fonda deux sociétés de vie apostolique : la Congrégation de la Mission (1625), dont les membres seront couramment appelés lazaristes (car demeurant dans le quartier Saint Lazare de Paris, l'enclos Saint-Lazare), et la Compagnie des Filles de la Charité (1633) sous la responsabilité de Louise de Marillac (parmi lesquelles Marguerite Naseau), souvent connues comme les Soeurs de Saint Vincent de Paul.

Son père, témoin de sa charité et devinant sa rare intelligence, résolut de s'imposer les plus durs sacrifices pour le faire étudier et le pousser au sacerdoce : "Il sera bon prêtre, disait-il, car il a le cœur tendre." À vingt ans, il étudie la théologie à Toulouse et reçoit bientôt le grade de docteur. Un an après son ordination au sacerdoce, il se rendit à Marseille pour recueillir un legs que lui laissa un de ses amis. Au retour, voyageant par mer pour se rendre à Narbonne, il fut pris par des pirates et emmené captif en Afrique (vraisemblablement en 1605). Sa captivité, d'abord très dure et accompagnée de fortes épreuves pour sa foi, se termina par la conversion de son maître, qui lui rendit la liberté.

Vincent organisa des collectes à Paris pour porter secours aux victimes des guerres de religion. Membre de la Compagnie du Saint-Sacrement, il prêcha la modération à l'égard des protestants, puis s'opposa au jansénisme.

Louis XIII voulut être assisté par lui dans ses derniers moments et mourir dans ses bras le 14 mai 1643.

Vincent fut ensuite nommé au "Conseil de Conscience" (Conseil de Régence pour les affaires ecclésiastiques) par la régente Anne d'Autriche dont il est également le confesseur.

Il fonda encore un hospice pour les personnes âgées, qui deviendra l'Hôpital de la Salpêtrière en 1657.

Vincent est béatifié par Benoît XIII, le 13 août 1729, et canonisé par Clément XII le 16 juin 1737. Actuellement son corps est exposé dans la Chapelle des Lazaristes, 95, rue de Sèvres, à Paris VIe.

Saint Vincent de Paul, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 184.

Saint Vincent de Paul, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 184.

 

Sources : (1) ; (2) ; (3) Christine Barelly, Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 184 ; (4) Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 568-569.

  

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26 septembre 2022 1 26 /09 /septembre /2022 00:00
Saint Côme et saint Damien, martyrs († 287), saints patrons des médecins et des chirurgiens

Saint Côme et saint Damien étaient deux frères, venus d'Arabie en Cilicie (province romaine du sud de l'Asie Mineure). Ils étaient frères jumeaux.

 

Leur profession de médecin leur fournit l'occasion d'exercer un véritable apostolat ; car à travers les corps ils savaient voir les âmes, les toucher, les convertir. La grâce divine vint relever leur science par le don des guérisons miraculeuses : de toutes parts, on accourait à eux pour obtenir la délivrance des maux les plus invétérés et les plus incurables. Le résultat ne trompait jamais leur foi et leur confiance, et il ne se passait pas de jour sans qu'ils eussent opéré quelque cure souvent désespérée.

 

Auprès d'eux, les aveugles recouvraient la vue, les boiteux marchaient droit, les sourds entendaient, les estropiés étaient guéris. Leur puissance s'étendait même au-delà de ce monde visible, et, à leur voix, les démons abandonnaient leurs victimes. Tout cela, ils le faisaient par pure charité, ne recevant jamais aucune rétribution. On les avait surnommés anargyres (sans argent).

Ils passent pour guérir les animaux comme les hommes. C'est ainsi qu'ils guérirent la patte d'un chameau blessé.

À cette gloire devait se joindre celle du martyre.

Lysias, récemment nommé gouverneur de Cilicie, commença la persécution à Aegée. Il accusa Côme et Damien de séduire le peuple et de faire déserter les temples des dieux. Le préfet leur infligea une si longue et si rude flagellation, que les bourreaux n'en pouvaient plus de fatigue ; les deux martyrs bénissaient le Seigneur. À la vue d'une foule immense, ils furent précipités du haut d'un rocher dans les flots ; mais un ange plana au-dessus des eaux et transporta les martyrs au rivage. Alors Lysias leur dit : "Je vois que vous êtes très forts dans la magie; expliquez-nous cet art. - Nous sommes chrétiens, et non pas magiciens, répondirent-ils: c'est la puissance divine de Jésus-Christ qui se manifeste en nous. Devenez chrétien, et vous en ferez vous-même l'expérience". Les deux martyrs furent jetés dans une fournaise ardente ; mais ils s'y promenèrent comme sur des fleurs. On les crucifia, on les lapida, sans pouvoir les faire mourir; il fallut leur trancher la tête. Leurs trois frères Anthime, Léonce et Euprepius meurent en martyrs avec eux. L'exécution aurait eu lieu un 27 septembre, probablement en l'an 287.


Les restes des martyrs furent enterrés à Cyr, ville épiscopale de Théodoret (en Syrie). Une autre partie des reliques des saints Côme et Damien fut transportée à Rome. Le pape Félix III éleva une église en l'honneur des deux martyrs (483-492), qu'Urbain VIII embellit au dix-septième siècle. Le pape Symmaque (498-514) leur dédia un oratoire, et Félix IV (526-530) une basilique au Forum, dont les mosaïques sont parmi les plus précieux vestiges de la cité. L'empereur Justinien (527-565) restaura somptueusement la cité en leur honneur. Ayant été guéri d'une dangereuse maladie par l'intercession de Côme et Damien, en remerciement, il reconstruisit et orna leur église à Constantinople, qui devint un lieu de pélerinage.

 

Côme et Damien sont considérés comme les saints patrons des médecins et des chirurgiens. Il sont représentés avec une robe fourrée, un chaperon ou bonnet cylindrique de médecin, une trousse et des instruments de chirurgien. Quelques exemples d'iconographie florentine de saint Côme et saint Damien.

 

 

Sources : (1) ; (2) ; (3) Mgr Paul Guérin, Vie des saints pour tous les jours de l'année, Editions D.F.T., Saint-Etienne 2003, p. 601-602 ; (4) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 50.

 

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25 septembre 2022 7 25 /09 /septembre /2022 00:00
Hermann Contract (à droite) avec un astrolabe

Hermann Contract (à droite) avec un astrolabe

Le bienheureux Herman ou Hermann de Reichenau (18 juillet 1013 - 24 septembre 1054), surnommé Hermann le Contrefait, fils du comte d'Altshausen, paralysé depuis son enfance (d'où son surnom latin de Contractus), a passé sa vie entière dans le monastère de Reichenau comme enseignant, chercheur et aussi musicien. 

Vers l'âge de 30 ans, il prononça ses vœux monastiques.  

Il se distinguait comme compositeur et poète. Il serait le compositeur de l'Alma Redemptoris Mater, du Salve Regina et peut-être de l'Ave ReginaOn lui devrait aussi le Veni Sancte Spiritus.

Chant des Templiers - Salve Regina

 Salve, Regina, mater misericordiae,
vita, dulcedo et spes nostra, salve.
Ad te clamamus, exules filii Hevae.
Ad te suspiramus gementes
et flentes in hac lacrimarum valle.
Eia ergo, advocata nostra, illos tuos
misericordes oculos ad nos converte.
Et Jesum, benedictum fructum ventris tui,
nobis post hoc exsilium ostende.
O clemens, o pia, o dulcis Virgo Maria.

Ora pro nobis, sancta Dei Genitrix.
Ut digni efficiamur promissionibus Christi.

 

Hermann a développé sa propre notation de musique, a traité d'astronomie et de chronométrage et écrit une chronique excellente et de grande précision.

Herman de Reichenau (à droite) avec un astrolabe

 

Il inventa un astrolabe, une machine à calculer, et divers instruments de musique. C'est sans doute à Hermann qu'on doit la répartition des heures en minutes (probablement pour ses observations astronomiques). Il joua de son temps un rôle fondamental dans la transmission des connaissances mathématiques et astronomiques.

Le médiéviste Arno Borst admire l’universalité de ses connaissances, mais sa véritable importance réside surtout dans son rôle de compilateur, c'est-à-dire qu’il a rendu accessible la connaissance déjà disponible en la présentant de façon intelligente et claire.

Il mourut en 1054 et fut inhumé dans la tombe de famille à Altshausen.

On doit à son élève Berthold une courte Vita d'Hermann de Reichenau.

 

Sources : 1, 2

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23 septembre 2022 5 23 /09 /septembre /2022 00:00
Saint Constant, Sacristain à Ancône, en Italie († Ve s.)

Sacristain à Ancône, en Italie, on ne connaît Constant qu'à travers des Dialogues laissés par S. Grégoire le Grand. Constant était un sacristain de l'église Saint-Étienne d'Ancône (Italie).

 

Homme de grande foi, prenant à la lettre "la foi peut déplacer des montagnes", un jour qu'il n'avait plus d'huile pour ses lampes d'autel, il y mit de l'eau et pria. Les mèches brûlèrent toute la journée, comme si c'eût été de l'huile.

Lampe gallo-romaine à huile chrisme - reproduction

Lampe gallo-romaine à huile chrisme - reproduction

Dans les Marches, au Ve siècle, commémoraison de saint Constance, sacristain de l’église d’Ancône, plus illustre encore par son humilité que par ses miracles. (Martyrologe romain)

Sources : 1, 2, 34 

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22 septembre 2022 4 22 /09 /septembre /2022 00:00
Le martyre de saint Maurice, Le Greco, 1580

Le martyre de saint Maurice, Le Greco, 1580

 

Le 22 septembre 286 vit un spectacle à la fois sublime et épouvantable: une légion romaine entière, général en tête, immolée par un barbare empereur pour n'avoir pas voulu renoncer à Jésus-Christ. Cette légion était la légion Thébaine; ce général, saint Maurice, et ce tyran, Maximien.

La légion Thébaine portait ce nom parce qu'elle avait été recrutée en Thébaïde. Elle fut du nombre de celles que l'empereur emmena combattre la Gaule en révolte. Après le passage des alpes, un sacrifice solennel fut ordonné. La légion chrétienne, ne voulant pas y prendre part, et apprenant qu'elle allait être employée pour persécuter des frères chrétiens, se retira près du lieu appelé aujourd'hui Saint-Maurice-d'Agaune (Valais Suisse). L'empereur les enjoignit de se réunir à l'armée pour la fête. Mais Maurice et ses compagnons coptes  venus de Thèbes (Égypte), se rappelant qu'il vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes, se virent dans la triste nécessité de désobéir.

Cette désobéissance, n'était pas, pour ces braves soldats, vainqueurs sur vingt champs de bataille, un acte de félonie, mais un acte d'héroïque loyauté. Aussitôt le prince barbare donna l'ordre de décimer la légion. À voir ce bataillon de six mille hommes rangés en ordre de combat, ayant à sa tête Maurice, à cheval, avec ses brillants officiers, Exupère, Maurice et Candide, il semble qu'on eût pu craindre une résistance par la force; mais non, les disciples de Jésus-Christ ne cherchaient et n'attendaient qu'une victoire pacifique, la victoire sur le monde, et la conquête du ciel par le martyre. Les noms des soldats sont jetés dans les casques des centurions; six cents sur six mille vont périr; les victimes désignées embrassent leurs camarades, qui les encouragent; bientôt le sacrifice est consommé, et la plaine ruisselle du sang des martyrs.

 

Saint Maurice comme soldat égyptien, cathédrale de Magdebourg (Dom St. Mauritius), ca. 1250
Les survivants persistent à se déclarer chrétiens, et la boucherie recommence; six cents nouveaux élus rougissent de leur sang les rives du Rhône. Les autres sauront mourir jusqu'au dernier; mais ils envoient au tyran un message avec une lettre admirable: "Empereur, nous sommes vos soldats; nous sommes prêts à combattre les ennemis de l'empire; mais nous sommes aussi chrétiens, et nous devons fidélité au vrai Dieu. Nous ne sommes pas des révoltés, nous aimons mieux être des victimes que des bourreaux: mieux vaut pour nous mourir innocents que de vivre coupables." Maximien, désespérant d'ébranler leur constance, les fit massacrer tous en masse.

Une basilique fut élevée par Saint Théodore dès le IVème siècle, puis une abbaye y fut créée.

Son culte se répandit en Suisse, en Savoie et dans les régions voisines. Dès l'origine de leur dynastie, les comtes et les duc de Savoie ont déclaré Saint Maurice protecteur de leurs Etats. A la fin du IVème siècle, les reliques furent déplacées à Angers, il devint ainsi titulaire de la cathédrale et patron du diocèse.


Autres saints militaires engagés dans l'armée romaine (non exhaustif): Saint Victor, Saint Georges, Saint Sébastien, Saint Martin de Tours, Saint Ferréol.

 

Sources: 12

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21 septembre 2022 3 21 /09 /septembre /2022 00:00

Saint Matthieu était probablement galiléen de naissance. Il exerçait la profession de publicain ou de receveur des tributs pour les romains, profession très odieuse parmi les juifs. Son nom fut d'abord Lévi. Il était à son bureau, près du lac de Génésareth, où apparemment il recevait le droit de péage, lorsque Jésus-Christ l'aperçut et l'appela. Sa place était avantageuse; mais aucune considération ne l'arrêta, et il se mit aussitôt à la suite du sauveur. Celui qui l'appelait par sa parole le touchait en même temps par l'action intérieure de sa grâce.

Après sa conversion, Matthieu invita Jésus-Christ et ses disciples à manger chez lui; il appela même au festin ses amis, espérant sans doute que les entretiens de Jésus les attireraient aussi à Lui. C'est à cette occasion que les pharisiens dirent aux disciples du sauveur: "Pourquoi votre maître mange-t-Il avec les publicains et les pécheurs? " Et Jésus, entendant leurs murmures, répondit : "Les médecins sont pour les malades et non pour ceux qui sont en bonne santé. Sachez-le donc bien, je veux la miséricorde et non le sacrifice; car je suis venu appeler, non les justes, mais les pécheurs."

 

Après l'Ascension, saint Matthieu convertit un grand nombre d'âmes en Judée; puis il alla prêcher en Orient, où il souffrit le martyr. Il est le premier qui ait écrit l'histoire de Notre-Seigneur et sa doctrine, renfermées dans l'évangile qui porte son nom. – On remarque, dans l'évangile de saint Matthieu, qu'il se nomme le publicain, par humilité, aveu touchant, et qui nous montre bien le disciple fidèle de celui qui a dit: "Apprenez de moi que je suis doux et humble de coeur."

 

On croit qu'il évangélisa l'Éthiopie. Là, il se rendit populaire par un miracle: il fit le signe de la croix sur deux dragons très redoutés, les rendit doux comme des agneaux et leur commanda de s'enfuir dans leurs repaires.

 

Ce fut le signal de la conversion d'un grand nombre. La résurrection du fils du roi, au nom de Jésus-Christ, produisit un effet plus grand encore et fut la cause de la conversion de la maison royale et de tout le pays.

 

On attribue à saint Matthieu l'institution du premier couvent des vierges. C'est en défendant contre les atteintes d'un prince une vierge consacrée au Seigneur, que le saint apôtre reçut le coup de la mort sur les marches de l'autel.

 

 

Sources: (1 ) ; (2); (3)  Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011.

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19 septembre 2022 1 19 /09 /septembre /2022 00:00
Sainte Émilie de Rodat, fondatrice (1787-1852)

Fondatrice de la congrégation des Soeurs de la Sainte-Famille, Émilie de Rodat, première enfant de Jean-Louis de Rodat et d'Henriette de Pomayrols, est née dans une famille appartenant à la vieille noblesse rouergate.

Après l'échec de trois essais de vie religieuse, elle rejoint sa grand-mère à Villefranche-de-Rouergue (Aveyron) dans une sorte de communauté regroupant d'anciennes religieuses (nous sommes au lendemain de la Révolution) et des personnes pieuses.

En 1815, ayant entendu quelqu'un déplorer la disparition des écoles gratuites des Ursulines, elle ouvre une école dans sa chambre où s'entassent bientôt quarante élèves. Elle devra plusieurs fois émigrer dans des locaux de plus en plus vastes jusqu'à ce qu'elle puisse acquérir en 1817 l'ancien couvent des Cordeliers.

C'est là qu'elle fonde la congrégation des religieuses de la Sainte Famille en 1819. Les unes se vouaient à l'instruction des filles pauvres, les autres allaient soigner les malades à domicile.

Sainte Émilie de Rodat, fondatrice (1787-1852)

À sa mort quarante maisons avaient été fondées dans divers pays.

Elle connut de longues années, plus de vingt ans, de souffrance morales croyant avoir perdu la foi et l'espérance, s'estimant réprouvée. Son entourage ne s'en douta jamais. Ce ne fut que dans les dernières années de sa vie qu'elle recouvra la paix intérieure et que Dieu lui fit sentir à nouveau son amitié.

Elle meurt le 19 septembre 1852 à Villefranche-de-Rouergue, et est inhumée quatre jours plus tard dans un oratoire du jardin à Notre Dame de la Salette, où des guérisons sont obtenues grâce à son intercession. Des pèlerinages ont lieu.

Son corps est conservé dans la crypte de la chapelle du couvent de la Sainte-Famille. Sa biographie fut écrite par son confesseur Pierre-Marue Fabrer, en 1858.

Elle est béatifiée le 9 juin 1940 et canonisée le 23 avril 1950, décrétée "Sainte" par le pape Pie XII. Elle est fêtée le 19 septembre.

Des rues, dans sa région natale, notamment à Rodez et à Villefranche-de-Rouergue portent son nom ainsi qu'une école à Toulouse et un foyer de jeunes, rue St Martin des Prés.

La Congrégation de la Sainte Famille, de droit Pontifical, siège à Villefranche-de-Rouergue et elle est présente sur tous les continents.

On compte 850 religieuses aujourd'hui à travers le monde.

Blason Congrégation des Soeurs de la Sainte Famille. Devise : Par-dessus tout la charité

Blason Congrégation des Soeurs de la Sainte Famille. Devise : Par-dessus tout la charité

Sources : (1); (2); (3) Sainte Famille Villefranche Congrégation ; (4) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 64.

 

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18 septembre 2022 7 18 /09 /septembre /2022 00:00

Vierge et martyre à Rome avec sa mère Sophie et ses deux sœurs.

Véra (= Foi), Liubbe (= Charité) seraient ses sœurs et Sophia ou Sonia (= sagesse) leur mère.

Sainte Sophie de Rome et ses trois filles, icône russe anonyme du XVIe siècle Galerie Tretiakov, Moscou

Sainte Sophie de Rome et ses trois filles, icône russe anonyme du XVIe siècle Galerie Tretiakov, Moscou

Sources1, 2

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17 septembre 2022 6 17 /09 /septembre /2022 00:00
Saint Renaud, ermite dans la forêt de Craon († v. 1104)

Saint Renaud, ou Regnault vécut à la fin du XIe siècle. Chanoine régulier à Soissons, il fut le disciple de Robert d'Arbrissel, et devint ermite dans la forêt de Craon en Mayenne puis dans celle de Mélinais dans la Sarthe où il mourut en 1104.

 

À Mélinais près de La Flèche, aux confins de l’Anjou, vers 1104, saint Regnauld, ermite, qui se forma, dans la forêt de Craon, auprès du bienheureux Robert d’Arbrissel à accomplir pleinement les préceptes du Seigneur.

Martyrologe romain

Sources: 1 ,2, 3

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16 septembre 2022 5 16 /09 /septembre /2022 00:00
Sainte Édith, fille d'Edgar, roi des Angles, abbesse de Wilton (961-984)

Moniale à Wilton, à quelques kilomètres à l’ouest de Salisbury, dans le Wiltshire, fille du roi anglo-saxon S. Edgar le Pacifique (944-975) et de Ste Wilfride (Wilfrida), elle passa sa vie brève à l’abbaye de Wilton, où sa mère était abbesse. (1) Lorsqu'elle mourut, âgée de vingt-trois ans, elle fut aussitôt placée sur les autels et dans les calendriers de son pays. (2)

 

Fille naturelle d'Edgar le Pacifique, roi des Angles, Édith vint au monde en 961. Ce prince l'avait eue d'une dame illustre par sa naissance, qu'il avait enlevée, et qui se nommait Wulfride ou Wilfrith. Sa femme étant morte, il voulut épouser celle qu'il avait déshonorée; mais Wulfride ne voulut point y consentir, et alla même prendre le voile dans le monastère de Wilton, dont elle devint abbesse peu de temps après. Elle voulut se charger elle-même du soin d'élever Édith, sa fille, qui par là fut arrachée à la corruption du monde, avant d'en avoir ressenti les effets. C'est ce qui a fait dire au rédacteur du martyrologe romain, en parlant de notre Sainte, que, «s'étant consacrée à Dieu dès son enfance, elle avait moins quitté le monde qu'elle ne l'avait ignoré»: ignorance infiniment précieuse, et qui est le plus sûr moyen de vivre dans une parfaite innocence. (3)

 

La jeune princesse profita si bien des exemples et des instructions de sa mère, qu'elle se fit religieuse dans le même monastère. Elle faisait l'office de Marthe à l'égard de toutes les religieuses et des externes, et les fonctions de Marie à l'égard de Notre-Seigneur; car, sans considérer sa naissance, elle s'appliquait aux plus vils ministères de la maison, assistait les malades, et se faisait la servante des étrangers et des pauvres. Elle fonda pour eux, près de son monastère un hôpital pour en entretenir toujours treize. Secourant de ses aumônes et de ses soins ceux qu'elle savait être dans l'indigence, elle cherchait les affligés pour leur donner de la consolation, et aimait mieux converser avec les lépreux, qui sont abandonnés de tout le monde, qu'avec les premiers princes du royaume. Plus les personnes étaient rebutées des autres à cause de leurs infirmités, plus elles étaient bienvenues auprès d'elle; en un mot, Édith était incomparable dans son zèle à rendre service à son prochain. L'abstinence faisait ses plus grandes délices, et elle fuyait autant les viandes délicates que les autres les recherchent avec empressement, joignant à cette mortification celle d'un rude cilice qu'elle portait sur sa chair nue, afin de réprimer de bonne heure les mouvements de la nature. Telle fut la vie de cette jeune princesse jusqu'à l'âge de quinze ans.

 

Le roi informé de tant de belles qualités de sa fille, voulut la faire abbesse de trois monastères; mais elle le remercia, et se contenta de lui proposer pour cela des religieuses que son humilité lui faisait juger beaucoup plus capables qu'elle d'occuper ces places. Elle ne put se résoudre à quitter une maison où elle avait déjà reçu tant de grâces; elle aima mieux obéir que commander, et demeurer sous la conduite de sa mère, que d'être chargée de la conduite des autres. Mais son humilité parut bien davantage lorsqu'elle refusa la couronne d'Angleterre; car après la mort de saint Édouard II que l'Église honore comme un martyr, les seigneurs vinrent la trouver pour lui présenter le sceptre, et employèrent toutes les raisons possibles, et même tentèrent les voies de la violence pour l'obliger de l'accepter. Elle leur résista toujours généreusement, et l'on aurait plutôt transmué les métaux, dit son historien, que de la retirer de son cloître, et de lui faire quitter la résolution qu'elle avait prise d'être toute sa vie dévouée au service de Dieu.

 

Elle avait fait bâtir une église en l'honneur de saint Denis; elle pria saint Dunstan d'en faire la dédicace. Pendant la solennité de la messe, ce saint prélat eut la révélation que la mort de la jeune princesse, qui n'avait encore que vingt trois ans, arriverait au bout de quarante jours. Cette nouvelle attendrit son coeur et tira de ses yeux des torrents de larmes: «Hélas!» dit-il à son diacre qui lui demanda le sujet de sa tristesse, «nous perdrons bientôt notre bien-aimée Édith; le monde n'est plus digne de la posséder. Elle a, en peu d'années, acheté la couronne qui lui est préparée dans les cieux. Sa ferveur condamne notre lâcheté; notre vieillesse n'a pu encore mériter cette grâce; elle va jouir des clartés éternelles, et nous demeurons toujours sur la terre dans les ténèbres et les ombres de la mort». S'étant aperçu, durant la cérémonie, que la Sainte faisait souvent le signe de la croix sur le front, il dit aussi par un esprit de prophétie: «Dieu ne permettra pas que ce pouce périsse jamais».

 

L'événement vérifia l'une et l'autre de ces deux prédictions; car, au bout de quarante jours, le 16 septembre 984, elle rendit son âme dans la même église, entre les mains des anges, qui honorèrent son décès de leur présence et d'une mélodie céleste; et ce même pouce, dont elle s'était tant de fois servie pour former sur elle le signe de la croix, fut trouvé treize ans après sa mort sans aucune marque de corruption, quoique tout le reste de son corps fût presque entièrement réduit en cendres. Cette église de Saint-Denis, qu'elle avait souvent visitée et arrosée de ses larmes pendant sa vie, lui servit de sépulture. Trente jours après son décès, elle apparut à sa mère avec un visage serein et tout lumineux, lui disant que le Roi des anges, son cher Époux, l'avait mise dans Sa gloire; que Satan avait fait tout ce qu'il avait pu pour l'empêcher d'y entrer, en l'accusant devant Dieu de plusieurs fautes; mais que, par le secours des saints Apôtres, et par la vertu de la croix de son Sauveur Jésus, elle lui avait écrasé la tête, et, en triomphant de sa malice, l'avait envoyé dans les enfers.

 

Plusieurs miracles ont été opérés par ses mérites. Nous rapporterons seulement l'exemple suivant, qui montre combien pèchent ceux qui usurpent les biens de l'Église. Un homme s'étant approprié une terre de sainte Édith, tomba tout à coup malade, qu'on le crut mort sans avoir eu le temps de faire pénitence. Mais un peu après, étant revenu à lui, il dit aux assistants: «Ah! mes amis, ayez pitié de moi et secourez-moi par la ferveur de vos prières; l'indignation de sainte Édith contre moi est si grande que, pour me punir de l'usurpation que j'ai faite d'une terre qui lui appartenait, elle chasse mon âme malheureuse du ciel et de la terre. Il faut que je meure, et cependant je ne puis mourir. Je veux réparer mon injustice, et restituer à l'Église le bien que je lui ai ravi». Il n'eut pas plus tôt témoigné cette bonne volonté, qu'il expira paisiblement. On la représente tenant d'une main une bourse, et de l'autre une pièce de monnaie, pour marquer son grand amour pour les pauvres.

Sources: 1, 2, 3, 4

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15 septembre 2022 4 15 /09 /septembre /2022 00:00
Bx Roland de Médicis, anachorète en Émilie († 1386)

Martyrologe Romain : À Bargone en Émilie (Lombardie, Italie), l’an 1386, le bienheureux Roland de Médicis, anachorète, qui vécut dans des lieux sauvages et inhabités des Apennins, dans la plus austère solitude, conversant avec Dieu.

 

Il prie plusieurs heures debout sur un pied, les yeux tournés vers le ciel.

Découvert moribond dans la forêt de Borgo, par des chasseurs, il fut transporté à l'église voisine, déclara à un confesseur le pourquoi de son silence, de la bizarrerie de sa conduite et de sa volonté de solitude. Il mourut ainsi dans la paix de Dieu.

 

Sources: 1, 23

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15 septembre 2022 4 15 /09 /septembre /2022 00:00

On sait que Marie est la plus affligée des mères, qu'elle a souffert au delà de toute mesure, que sa vie s'est passée dans les larmes, que son cœur a été percé de mille glaives de douleur, que son âme est demeurée pendant plus de soixante ans sous le poids des plus grandes tribulations.

Et presque personne ne s'en souvient, ne le remarque, ne s'en affecte et en fait l'objet de son amour, ce qui ravirait assurément l'amour filial du Cœur sacré de son Fils, le Cœur de Dieu.

S.M. Ledoux, de l’ordre des servites. (1888) [1]

La "Mère Pleurante" de Warfhuizen

La "Mère Pleurante" de Warfhuizen

Notre-Dame des Douleurs (ou Notre-Dame des sept Douleurs), invoquée en latin comme Beata Maria Virgo Perdolens, ou Mater Dolorosa, est l'un des nombreux titres par lesquels l'Église catholique vénère la Vierge Marie, mère de Jésus. Le titre souligne l’association de la mère à la souffrance de son fils. Les "sept douleurs" font référence aux événements, relatés dans les évangiles, qui firent souffrir la mère de Jésus dans la mesure où elle accompagnait son fils dans sa mission de Rédempteur. [2]

 

Le 15 septembre (depuis la rénovation liturgique du pape saint Pie X en 1914), la Liturgie de l'Église nous invite à faire mémoire des douleurs de la Vierge Marie.

 

"Votre peine, Vierge sacrée, a été la plus grande qu'une pure créature ait jamais endurée ; car toutes les cruautés que nous lisons que l'on a fait subir aux martyrs, ont été légères et comme rien en comparaison de votre douleur. Elle a été si grande et si immense, qu'elle a crucifié toutes vos entrailles et a pénétré jusque dans les plus secrets replis de votre cœur. Pour moi, ma très pieuse Maîtresse, je suis persuadé que vous n'auriez jamais pu en souffrir la violence sans mourir, si l'esprit de vie de votre aimable Fils, pour lequel vous souffriez de si grands tourments, ne vous avait soutenue et fortifiée par sa puissance infinie" (Saint Anselme - "De l'exercice de la Vierge", I, 5)

 

L'Église honore les incomparables douleurs de la Vierge Marie, spécialement celles qu'elle ressentit au pied de la Croix au moment de la consommation du mystère de notre Rédemption. Après s'être concentrée sur le déchirement de l'âme de Marie au jour de la Passion de son divin Fils, jour où ses souffrances atteignirent leur maximum d'intensité, la piété des fidèles s'est étendue à d'autres douleurs que la divine Mère éprouva à différentes occasions de sa très sainte vie.

 

Pour illustrer les douleurs de la Vierge Mère, les peintres représentent son cœur percé de sept glaives, symbole des sept douleurs principales de la Mère de Dieu, qui la couronnèrent comme reine des Martyrs. Voici la liste de ces sept douleurs dont le souvenir est cher aux enfants de Marie :

 

1. La prophétie du saint vieillard Syméon : "Syméon les bénit, puis il dit à Marie, sa mère : Vois, ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de division. - Et toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée. - Ainsi seront dévoilées les pensées secrètes d'un grand nombre." (Luc, 2, 34-35)

2. La fuite de la Sainte Famille en Égypte (Matthieu, 2, 13-21)

3. La disparition de Jésus pendant trois jours au Temple (Luc, 2, 41-51)

4. La rencontre de la Vierge Marie et Jésus sur la via crucis (Luc, 23, 27-31)

5. Marie contemplant la souffrance et la mort de Jésus sur la Croix (Jean, 19, 25-27)

6. La Vierge Marie accueille son Fils mort dans ses bras lors de la déposition de la croix.

7. La Vierge Marie abandonne le corps de son divin Fils lors de la mise au tombeau.

 

Contemplons donc dans les bras de la Vierge Marie, l'Homme-Dieu crucifié à cause de nos iniquités et compatissons aux douleurs excessives de notre Mère du Ciel. Joignons nos larmes aux siennes et détestons nos péchés qui ayant provoqué la mort de son divin Fils, ont également été la cause de son intime martyre. Prions-la de nous obtenir du Sauveur les grâces nécessaires pour profiter de ses exemples et imiter ses vertus lorsqu'Il lui plaira de nous faire part de ses humiliations, de ses douleurs et de sa croix. [3]

Mater Dolorosa vue de la Croix par Jésus (tableau de Tissot)

Mater Dolorosa vue de la Croix par Jésus (tableau de Tissot)

On trouve les premières traces de la dévotion aux douleurs de la Vierge, à la fin du XI° siècle, particulièrement dans les écrits de saint Pierre Damien (+1072), de saint Anselme (+ 1109), d’Eadmer de Cantorbéry (+ 1124), de saint Bernard (+ 1153) et de moines bénédictins et cisterciens qui méditent le passage de l'Evangile qui montre Marie et Jean au pied de la Croix. [4]

 

Le culte de la Mater Dolorosa apparaît officiellement en 1221, au Monastère de Schönau, en Allemagne. En 1239, dans le diocèse de Florence en Italie, l'Ordre des Servites de Marie (Ordo Servita), dont la spiritualité est très attachée à la Sainte Vierge, fixe la fête de Notre-Dame des douleurs au 15 septembre.

 

Saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de JésusLa dévotion ne fit que croître. Saint Ignace de Loyola avait un culte particulier à l’image connue sous le nom de Notre-Dame du Cœur ; de 1603 à 1881, sans compter les traités, les panégyrique et les méditations, les Jésuites ne publièrent pas moins de quatre-vingt-douze ouvrages sur cette dévotion aux douleurs de Marie. En 1617, Antoinette d’Orléans, aidée par le P. Joseph, fonda les Bénédictines de Notre-Dame du Calvaire (les Filles du Calvaire).

 

Sous ce vocable (Notre-Dame des Douleurs), la Sainte Vierge est la patronne la Congrégation de la Sainte-Croix, de la Slovaquie, de la région italienne du Molise, de l'État du Mississippi, de plusieurs villes des Philippines et des communes italiennes d'Accumoli, Ressort di Bari, Paroldo et Villanova Mondovì. Au Québec, un petit village, Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, porte aussi son nom. De plus, au Portugal où son culte est particulièrement répandu, un grand nombre de paroisses sont consacrées au vocable latin de la mère des douleurs (comme Poço do Canto).

Mater dolorosa - Icône russe (XIXe siècle) - Ymyagchenie zlix serdec

Mater dolorosa - Icône russe (XIXe siècle) - Ymyagchenie zlix serdec

Sources: 1, 2, 3, 4

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14 septembre 2022 3 14 /09 /septembre /2022 00:00
Fête de l'Exaltation de la Sainte Croix

Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. »

Matthieu 16:24

La Fête de l'Exaltation de la Croix célébrée dans l'Église catholique romaine et dans l'Église orthodoxe remonte à la "dédicace de Constantinople", peu après la fondation de la ville par Constantin 1er.

 

La ville de Constantinople détenait une relique de la Vraie Croix qui avait été découverte à Jérusalem par sainte Hélène, la mère de l'empereur Constantin, lors de son pélerinage de 325 sur l'emplacement du Golgotha, le lieu où le Christ fut crucifié et mis au tombeau. L'habitude fut prise par la suite chaque année d'organiser une grande procession à travers la ville, avec ostension de la relique.

 

Au IVe siècle, Saint Éphrem le Syriaque (306-373) écrit : "Gravons au-dessus de nos portes, sur le front, sur la bouche, sur la poitrine et sur toutes les autres parties de notre corps, le signe vivifiant de la croix ; revêtons-nous de cette impénétrable armure des chrétiens : car la croix est la victoire de la mort, l’espérance des fidèles, la lumière du monde, la clef du paradis, le glaive qui extermine les hérésies, le secours des âmes religieuses, le soutien de la foi, la défense, la garde et la gloire des catholiques. Porte toujours avec toi, Ô chrétien ! Cette arme de jour et de nuit, en tous lieux et à toutes les heures ; n’entreprends jamais rien sans faire le signe de la croix. Quand, tu dors, quand tu veilles, quand tu marches, quand tu travailles, quand tu manges, quand tu bois et que tu es sur mer, que tu traverses les rivières, prends cette armure de la sainte Croix : car, tant que tu en seras armé, les esprits malins s’éloigneront de toi et n’oseront en approcher". ( https://www.laviedessaints.com/invention-de-la-sainte-croix/ )

 

"A tous les pas que nous faisons, écrit Tertullien (160-220), en entrant, en sortant, quand nous nous habillons, quand nous nous levons, quand nous nous mettons à table, quand nous nous asseyons, quand on nous apporte de la lumière, quand nous nous couchons, et généralement dans toutes nos actions, nous faisons le signe de la croix sur le front".

 

"Dextra manu in nomine Christe quos crucis signo obsignandi sunt obsignamus. Nous faisons le signe de la croix de la main droite sur les catéchumènes, parce que la main droite est censée plus noble que la gauche, bien qu'elle n'en diffère que par sa position, et non par nature; ainsi, nous prions vers l'Orient, comme étant la partie la plus noble de la création. De qui l'Eglise a-t-elle reçu cette manière de prier ? De ceux-là même qui lui ont appris à prier : les Apôtres." (Quæst, 18, Saint Justin, martyr 165)

 

Saint Jean Chrysostome (344-407) écrit : "La croix est l’espérance des chrétiens, la résurrection des morts, le bâton des aveugles, l’appui des boiteux, la consolation des pauvres, le frein des riches, la con­fusion des orgueilleux, le tourment des méchants, le trophée contre l’enfer, l’instruction des jeunes, le gouvernail des pilotes, le port de ceux qui font naufrage et le mur des assiégés. Elle est la mère des orphelins, la défense des veuves, le conseil des justes, le repos des affligés, la garde des petits, la lumière de ceux qui habitent dans les ténèbres, la magnificence des rois, le secours de ceux qui sont dans l’indigence, la sagesse des simples, la liberté des esclaves et la philosophie des empereurs. La croix est la prédiction des Prophètes, la prédication des Apôtres, la gloire des Martyrs, l’abstinence des Religieux, la chasteté des Vierges et la joie des Prêtres. Elle est le fon­dement de l’Église, la destruction des idoles, le scandale des Juifs, la ruine des impies, la force des faibles, la médecine des malades, le pain de ceux qui ont faim, la fontaine de ceux qui sont altérés et le refuge de ceux qui sont dépouillés." ( http://har22201.blogspot.com/2012/05/invention-de-la-sainte-croix.html )

 

Cet exemple des chrétiens des premiers siècles de­vrait faire impression sur nos esprits, et nous devrions, à leur imitation, faire continuellement le signe sacré de la croix, puisque nous apprenons qu’il n’est point de remède plus prompt ni plus assuré contre les traverses et les tentations de la vie.

 

Plus tard, en 613 les Parthes Sassanides s’emparèrent de tout le Moyen-Orient (Syrie, Palestine, Egypte). En 614, ils avaient pris Jérusalem et emporté la relique de la Croix à Jérusalem. Maintes églises avaient flambé, parmi lesquelles, celle de la Résurrection, bâtie par Constantin. D'innombrables couvents avaient été détruits, les moines et les moniales dispersés. Trésors sacrés, étoffes rares, vases d'or et d'argent, tout avait été expédié vers les capitales iraniennes. La Sainte Croix enlevée du Saint-Sépulcre avait été envoyée en trophée à Ctésiphon. On parlait de 60.000 morts, 37000 chrétiens emmenés en esclavage, parmi lesquels le patriarche Zacharie. Les Perses n'avaient rien respecté hormis à Bethléem, la basilique de la Nativité, à cause disait-on, de la mosaïque de l'"Adoration des Mages", où ils avaient reconnu leurs costumes nationaux. Peu après, arrivèrent à Constantinople deux reliques que le préfet d'Egypte avait pu sauver, la Sainte Lance et l'Eponge de la Passion. En 619, Alexandrie tomba et l'Egypte fut abandonnée.

 

Alors que le patriarche Serge de Constantinople déclarait la guerre sainte contre les Perses, l'empereur romain d'Orient Heraclius, "le premier croisé" (Daniel-Rops), lança alors une formidable contre-offensive en 622, en Palestine, d'où il parvint à chasser les Parthes, ainsi que de toute l'Asie Mineure (Turquie actuelle), de l'Égypte et de la Syrie. 

"C'est bien à une croisade que nous assistons ici, écrit René Grousset, croisade s'il en fut jamais, puisque les armées chrétiennes s'ébranlent à la voix du chef de l'Église (de Constantinople NdCR.) et qu'elles ont pour objectif la délivrance du Saint Sépulcre et la reconquête de la Vraie Croix." "Non, dit le patriarche, tu n'as pas le droit d'accepter que la Sainte Croix du Christ soit à Ctésiphon un objet de risée !" Au même moment, l'empereur perse Chosroès II écrivait à Héraclius une lettre insultante : "Tu prétends mettre en Dieu ta confiance; alors pourquoi donc n'a-t-il pas sauvé de mes mains Césarée, Jérusalem et Alexandrie ? S'il me plaisait, ne détruirais-je point aussi bien Constantinople ? Quant à ton Christ, ne te laisse donc pas abuser par un vain espoir en lui : il n'a même pas été capable de se sauver lui-même des main des Juifs qui le crucifiaient !" (Daniel-Rops, Histoire de l'Eglise du Christ, tome III L'Eglise des temps barbares, Librairie Arthème Fayard, Editions Bernard Grasset, Paris 1965, p. 267, 269.À l'été 622, pendant que la flotte byzantine gardait le détroit du Bosphore contre les Sassanides, Héraclius commença par fondre sur la Galatie et la Cappadoce (Asie Mineure); là à Issos, près de la bataille où le grand Alexandre livra la bataille, il passa l'été en manœuvres avant de battre le général perse Shahrbaraz à l'automne. Il rejeta les Perses sur l'Euphrate, franchit d'un bond l'Arménie, se lança en plein pays perse, prit Erevan, vengea le sac de Jérusalem en incendiant le temple mazdéen de Tabriz. En 627, il prit Tiflis, traversa l'Arménie, envahit l'Assyrie, écrasa la meilleure armée perse près d'Arbèles, au lieu même où Alexandre avait vaincu le Grand Roi. Épuisée, la Perse demanda grâce. Partout des villes sacrées des Mazdéens flambaient. Enfin, le 25 février 628, la nouvelle éclata : détrôné par son propre fils Kavadh, le dernier Grand Roi, Chosroès II, venait d'être exécuté dans la "maison des ténèbres". Son fils Kavadh II, mourra de la peste six mois plus tard et son petit-fils, Yazdgard III, après avoir perdu Cstésiphon et la Perse devant les Arabes, sera assassiné à l'automne 651 par un meunier qui voulait lui voler ses bijoux (Kia, Mehrdad,, The Persian empire : a historical encyclopedia, 2016). Son corps, jeté dans une rivière sera repêché par des paysans, identifié et inhumé par Élie, l'évêque chrétien nestorien de Merv.

Heraclius ramène la Vraie Croix à Jérusalem

Heraclius ramène la Vraie Croix à Jérusalem

En 629, Héraclius ramena la relique de la Vraie Croix à Jérusalem. Avant de quitter Constantinople, il vint à l'église les pieds chaussés de noir, en esprit de pénitence ; il se prosterna devant l'autel et pria Dieu de seconder son courage ; enfin il emporta avec lui une image miraculeuse du Sauveur, bien décidé à combattre avec elle jusqu'à la mort. Le Ciel aida sensiblement le vaillant empereur : son armée courut de victoire en victoire ; une des conditions du traité de paix fut la reddition de la Croix de Notre-Seigneur dans le même état où elle avait été prise en 614. Reçu à Constantinople par les acclamations du peuple, on alla au-devant d'Heraclius avec des rameaux d'oliviers et des flambeaux. La vraie Croix fut honorée, à cette occasion, d'un magnifique triomphe. (630)

 

Pour donner plus d'éclat à cette marche triomphale, Dieu permit que plusieurs miracles fussent opérés par la vertu de ce bois sacré. À la suite de ces événements fut instituée la fête de l'"Exaltation de la Sainte Croix", pour en perpétuer le souvenir.

 

Cependant, la même année 630, Mahomet conquit La Mecque dont les habitants adoptèrent la doctrine. En 638, menés par le calife Omar, son successeur, les musulmans s'emparaient pour la première fois de Jérusalem. La cité sainte ne sera récupérée pour la Chrétienté qu'en 1099 lors de la première Croisade. Les Francs s'établiront dans ces vieilles terres chrétiennes qui avaient été enlevées aux chrétiens par les invasions armées arabes au VIIe siècle. La ville de Jérusalem sera de nouveau prise par les musulmans conduits par Saladin en 1187. Elle reviendra sous contrôle chrétien suite aux tractations de l'empereur Frédéric II de Hohenstaufen, mais le Lieu saint fut définitivement perdu en 1244 avec la prise de la ville par les musulmans Kharezmiens. Milieu XIIIe siècle, la cité sainte où le Christ fut crucifié et mis au tombeau devint définitivement musulmane et le resta jusqu'au XXe siècle, où les Juifs disputèrent aux musulmans la souveraineté sur la ville.

Entretemps, le bois de la Croix avait été partagé en trois grandes parts, elles-mêmes fractionnées, pour Jérusalem, Constantinople et Rome. Ce qui restait du morceau de Jérusalem fut caché pendant l'occupation musulmane et ne réapparut que lorsque la ville fut récupérée par les Croisés en 1099. Ceux-ci s'en servirent comme étendard, de sorte qu'il fut pris par Saladin à la bataille d'Hattin (1187) et ne fut rendu qu'après la prise de Damiette (1249) pour être partagé entre certains croisés dont Sigur de Norvège et Waldemar de Danemark.

 

Au VIIIe siècle, Saint Damascène (675-749) écrit : "La croix est notre bouclier, notre défense et notre trophée contre le prince des ténèbres. Elle est le signe dont nous sommes marqués, afin que l’ange exterminateur ne nous frappe point, et de crainte que nous ne tombions dans des filets où nous trouverions notre perte. Elle relève ceux qui sont tombés, elle soutient ceux qui sont debout, elle fortifie les faibles, elle gouverne les pasteurs ; elle est le guide de ceux qui commen­cent, et la perfection de ceux qui achèvent ; la santé de l’âme et le salut du corps, la destruction de tous les maux, la cause et l’origine de tous les biens, la mort du péché, l’arbre de la vie et la source de notre félicité".

Crucifix de Saint-Damien, XIIe siècle

Crucifix de Saint-Damien, XIIe siècle

En 1205, un crucifix (le crucifix de l'église Saint-Damien à quelques centaines de mètres d'Assise, sur le chemin de Spolète,) parla à S. François d'Assise et fut à l'origine de sa mission évangélisatrice. François, qui s'était arrêté pour prier devant le crucifix en bois peint dans la tradition byzantine, la tradition a conservé la prière que le jeune homme qui cherchait sa voie adressa à Dieu en s'agenouillant devant cette image :

 

"Ô Dieu haut et glorieux illumine les ténèbres de mon coeur. Donne-moi la foi droite, l'espérance certaine et la charité parfaite, le sens et la connaissance, Seigneur, pour que, moi, je fasse ton saint et véridique commandement. Amen.

 

Une voix l'interpella:

 

"François, va réparer ma maison, qui, tu le vois, se détruit tout entière." (Legenda major, de S. Bonaventure)

 

 

Sainte-Chapelle

Le 14 septembre 1241, le saint roi Louis IX alla solennellement au-devant des reliques de la Passion qu'il avait achetées à l'empereur de Constantinople : c'étaient un morceau de bois de la Vraie Croix, le fer de la lance, une partie de l'éponge, un morceau du roseau et un lambeau du manteau de pourpre. Elles furent déposées à la Sainte-Chapelle en 1248.

 

La Révolution de 1789 marque la disparition de la Sainte Relique. Le 25 avril 1794, la Vraie Croix était dépouillée des matières précieuses qui l’ornaient et sa trace se perd.

 

Au milieu des ruines de l'incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris du 15 avril 2019, le maître autel, la croix et la statue de la Vierge Marie ont été miraculeusement retrouvés intacts

Et du "trésor de Notre-Dame", la tunique du roi Saint-Louis, la Couronne d'épines du Christ, le clou de la crucifixion et un morceau de la vraie Croix, reliques de la Passion du Christ ont été sauvées, annonça lundi soir le recteur de la cathédrale, Mgr Patrick Chauvet. ( https://www.leparisien.fr/societe/incendie-a-notre-dame-que-reste-t-il-des-tresors-religieux-15-04-2019-8054091.php )

 

Aujourd'hui, la fête de l'Exaltation de la Sainte Croix revêt des significations plus spirituelles.

 

Elle symbolise la présence de la Croix à l'intérieur des chrétiens. Elle figure la divine Trinité (un Dieu en trois personnes) qui s'exprime par le signe de croix, par lequel le chrétien rassemble trois doigts (pouce, index, majeur), symbole de l'indissociabilité de la Trinité, et les appose sur son front et sur son coeur, puis sur ses épaules, de droite à gauche chez les orthodoxes, ou de gauche à droite chez les catholiques romains.

Les Très Riches Heures du duc de Berry, Folio 193r - The Exaltation of the Cross the Musée Condé, Chantilly.

Les Très Riches Heures du duc de Berry, Folio 193r - The Exaltation of the Cross the Musée Condé, Chantilly.

Sources : [1] [2], [3], [4]; [5] Daniel-Rops, Histoire de l'Eglise du Christ, tome III L'Eglise des temps barbares, Librairie Arthème Fayard, Editions Bernard Grasset, Paris 1965, p. 267, 269.

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13 septembre 2022 2 13 /09 /septembre /2022 00:00
Saint Aimé ou Amé, à Remiremont - Premier Abbé du Saint-Mont († v. 629)

Saint Aimé ou Amé.

 

Dans les Vosges, au monastère de Remiremont, vers 629, saint Amé, prêtre et abbé. Célèbre par ses austérités, ses jeûnes et son amour de la solitude, il gouverna dignement le monastère qu’il avait construit à Habend avec saint Romaric.

 

Martyrologe romain

 

Né à Grenoble, il fut d'abord moine à Saint Maurice en Valais puis à Luxeuil. Il rencontra le comte Romaric lors d'une prédication à Metz. Celui-ci lui donna un grand domaine et, ensemble, ils y fondèrent deux abbayes, l'une d'hommes, l'autre de femmes (Remiremont - Romarici Mons) Il y établit l'office perpétuel.

 

Il passa ses dernières années dans une grotte, au fond d'une crevasse où on lui descendait la nourriture au bout d'une corde.

 

"Amé ou Aimé naît à Grenoble vers 570. Adolescent, il entre à l’abbaye de Saint-Maurice d’Agaune (Suisse). Il y vit pendant trente ans en moine exemplaire, puis se retire comme ermite dans une grotte. Saint Eustase le décide à l’accompagner à Luxeuil.

 

D’une mission prêchée à Metz, il ramène Romaric. Vers 620, Amé et Romaric gagnent le Mont Habend (futur Saint Mont). Sous la règle de Saint Colomban, ils y fondent deux monastères de moines et de moniales. 'La louange perpétuelle' est assurée par sept chœurs de religieuses. Amé en est le premier abbé.

 

Il meurt le 13 septembre 629. Romaric, devenu prêtre, lui succède. Il s’éteint à son tour le dimanche 8 décembre 653. S. Adelphe devient le 3e abbé. C’est le début de l’évangélisation du pays de Remiremont. Le 13 novembre 1049, le pape lorrain Saint Léon IX canonise les 'Corps Saints' par la translation de leurs reliques."

 

Une localité voisine conserve sa mémoire : 88120 Saint Ame.

Sources: 1, 2

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12 septembre 2022 1 12 /09 /septembre /2022 00:00
Tomás de Zumárraga, Zurbaran

Tomás de Zumárraga, Zurbaran

Martyrologe Romain : À Omura au Japon, en 1622, les bienheureux martyrs Apollinaire Franco, franciscain, Thomas Zumarraga, dominicain, tous deux prêtres, et quatre compagnons, qui furent jetés en prison en haine de la foi chrétienne, puis bientôt brûlés vifs.

 

Il fut brûlé vif à Omura au Japon en 1622 pour ne pas avoir obtempéré à l'ordre donné par les shogouns aux missionnaires catholiques de quitter le pays sous peine de mort en 1614.  Y vivaient alors 500.000 catholiques à qui l'on interdit de pratiquer leur religion.

Source: 1, 2, 3, 4

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11 septembre 2022 7 11 /09 /septembre /2022 00:00
Saint Adelphe, moine et abbé de Remiremont († 670)

Moine et abbé du monastère d'Habendum fondé à Remiremont par son oncle, saint Romaric, Adelphe avait reçu toute sa formation au monastère de Luxeuil, puis il entra à l'abbaye d'Habendum (Remiremont). Il se retira à l'abbaye de Luxeuil après avoir gouverné l'abbaye de Remiremont dans les Vosges.

 

"Amé ou Aimé naît à Grenoble vers 570. Adolescent, il entre à l’abbaye de Saint-Maurice d’Agaune (Suisse). Il y vit pendant trente ans en moine exemplaire, puis se retire comme ermite dans une grotte. Saint Eustase le décide à l’accompagner à Luxeuil.

 

D’une mission prêchée à Metz, il ramène Romaric. Vers 620, Amé et Romaric gagnent le Mont Habend (futur Saint Mont). Sous la règle de Saint Colomban, ils y fondent deux monastères de moines et de moniales. 'La louange perpétuelle' est assurée par sept chœurs de religieuses. Amé en est le premier abbé.

 

Il meurt le 13 septembre 629. Romaric, devenu prêtre, lui succède. Il s’éteint à son tour le dimanche 8 décembre 653. Adelphe devient le 3e abbé. C’est le début de l’évangélisation du pays de Remiremont. Le 13 novembre 1049, le pape lorrain Saint Léon IX canonise les 'Corps Saints' par la translation de leurs reliques." (site internet du diocèse de Saint-Dié) (1)

 

Une tapisserie du xvie siècle conservée à Saverne (Bas-Rhin) illustre sa vie. L'église de Neuwiller-lès-Saverne porte son nom.

 

Adelphe est canonisé avec saint Romaric et saint Aimé de Sion le 13 novembre 1049 par le pape lorrain Léon IX. (2)

 

Au monastère de Luxeuil en Bourgogne, vers 670, le trépas de saint Adelphe, abbé de Remiremont, qui racheta par une profusion de larmes un bref moment de discorde.

 

Martyrologe romain

 

Dieu ami des humbles

tu as appelé les saints Amé, Romaric et Adelphe

à mener une vie fraternelle

dans la prière et le partage ;

Fais-nous la grâce de vivre comme eux

attentifs les uns aux autres,

à l’écoute de l’Esprit que tu nous a donné.

Sources: 1, 2, 3 

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10 septembre 2022 6 10 /09 /septembre /2022 00:00
Bse Inès Takeya, martyre († 1626)

Bienheureuse Inès Takeya, martyre († 1626)

Née en 1587 dans le japon des shoguns, elle se convertit au catholicisme avec son mari le Bienheureux Côme Takeya. Elle habitait la ville côtière de Nagasaki. 

Veuve japonaise, elle fut arrêtée pour avoir hébergé des missionnaires chrétiens. Avec eux, elle mourut martyre à Nagasaki : elle fut décapitée avec 30 compagnons et compagnes alors que 25 autres étaient  brûlés vifs.

 

 

Sources : 1, 2, 3

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9 septembre 2022 5 09 /09 /septembre /2022 00:00
Bx Alain de la Roche, dominicain (1428-1475)

Alain de la Roche, naît près de Plouër sur Rance (Bretagne) un 8 septembre vers 1428. Il entra très jeune chez les Dominicains à Dinan, fut étudiant puis, en 1459, professeur à Saint Jacques à Paris, 1460 à Lille, 1464 Douai, 1468 Gand, 1473 Rostock et aux Pays Bas. Il est à l’origine de la dévotion du rosaire, dont il attribuait la paternité à St Dominique lui-même. (1) 

La Vierge Marie lui serait apparue en 1473. (2)

Il parcourut la France, l'Allemagne et les Pays-Bas pour développer la dévotion du chapelet et fonder des confréries du Rosaire. Rien de plus palpitant que l'histoire de ses combats et de ses travaux, où il fut soutenu par de nombreuses visions et par le don des miracles. (3)

 

Il meurt le 08 septembre 1475 à Zwolle (Pays-Bas). Béatifié par la voix populaire, il est traditionnellement vénéré comme Bienheureux dans toute l’Europe et dans l’Ordre Dominicain, il n’a jamais été officiellement béatifié. (4)

 

Il est célébré le 8 ou le 9 septembre selon les endroits.

Sources: (1), (2) Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, , (3), (4)

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