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6 mai 2021 4 06 /05 /mai /2021 00:00
Saint Prudence († 861)

Originaire d'Espagne, il quitta le territoire des Sarrasins pour l'Empire carolingien. Il abandonna son nom de Galando pour prendre celui d'un de ses compatriotes, le poète chrétien du IVe siècle, Prudence. Comme lui, il fut un bon écrivain et un auteur fécond.

 

Chapelain de l'empereur Louis le Débonnaire, fils de Charlemagne, il publiera un recueil des plus beaux passages des Psaumes à l'intention de la deuxième femme de l'empereur. Cette anthologie sera, durant tout le Moyen Âge, le bréviaire des moines itinérants. Devenu évêque de Troyes, il publie un petit code de dogme et de morale, les "precepta" que tous ses prêtres devaient savoir par cœur.

 

S'étant placé au premier rang de l'épiscopat des Gaules, il défendit la doctrine augustinienne de la Grâce, polémiquant avec l'orthodoxe Scot Erigène tout autant qu'avec les hérétiques.

 

Ce qui survit de nos jours encore, c'est sa "Chronique" où l'on trouve de nombreux détails sur les affaires ecclésiastiques, civiles et militaires. Cette chronique des événements importants est marquée de son amour pour Dieu et pour les hommes.

 

Il fait une apparition dans la série a succès Vikings en tant que maître enlumineur d'Ecbert du Wessex.

 

À Troyes, en 861, saint Prudence, évêque, qui composa un abrégé du psautier pour les itinérants, sélectionna un certain nombre de textes de l'Écriture sainte pour les candidats au sacerdoce et restaura la discipline dans les monastères.

Martyrologe romain

Sources: 1, 2

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5 mai 2021 3 05 /05 /mai /2021 00:00
Sainte Judith

ou Jutta von Sangerhausen (vers 1200 - † 1260)

Originaire de Thuringe et devenue précocement veuve, elle quitta son pays et sa parenté pour rejoindre son frère qui était grand maître de l'Ordre Teutonique. Elle passa le reste de sa vie près de lui, à Kulmsee (aujourd'hui la ville polonaise de Chlemza) dans l'exercice des bonnes œuvres. Elle y fonda un hôpital et un monastère.

Elle est patronne de la Prusse.

Paroisse sainte Jutta, 06526 Sangerhausen - en allemand

 

Sources : (1); (2)

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4 mai 2021 2 04 /05 /mai /2021 00:00

C'était un homme doux et pacifique qui servit l'Eglise comme prêtre durant de longues années. Evêque de Gaza, Palestine, il refusa de se cacher durant les persécutions de l'empereur Dioclétien.

Parce qu'il refusait de renier sa foi, il fut soumis à de nombreuses tortures et envoyé dans les mines avec 40 autres chrétiens. Comme tous les condamnés aux mines, ils
eurent un oeil arraché et un pied brûlé avec un fer rougi. Quand ils furent jugés "inutiles", en raison de leur état physique, on s'en "débarrassa" comme on le faisait pour tous les condamnés aux mines.

Libéré plus tard, il ne tarda pas à y retourner, poursuivi par les foudres du gouverneur de la province. Celui-ci obtint ensuite qu'il soit décapité.

 

http://nominis.cef.fr/images/gallerie/sylvaindegaza.jpg

 

Sources: 1, 2, 3

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3 mai 2021 1 03 /05 /mai /2021 00:00
Saint Philippe, Apôtre, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 147.

Saint Philippe, Apôtre, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 147.

S. Philippe était de Bethsaïde, en Galilée, patrie de S. Pierre et de S. André.

Le Sauveur, dès les premiers jours de sa vie publique, le rencontra et lui dit : "Suis-Moi !

 

Saint Philippe chassant le démon (F. Lippi, 1457-1504)

 

Après la Pentecôte (fête de la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres, cinquante jours après Pâques), il alla prêcher dans les immenses contrées de l'Asie supérieure (Turquie actuelle) ; il évangélisa longtemps les Scythes, puis les Galates, les Phrygiens, et c'est dans la ville d'Hiérapolis, en Phrygie qu'il confirma sa prédication par le témoignage de son sang.  

Saint Philippe et saint Jacques le Mineur, apôtres (1er s.)

Philippe rencontra un eunuque, haut fonctionnaire de Candace, reine d’Éthiopie, et administrateur de tous ses trésors, qui était venu à Jérusalem pour adorer, et qui lisait le prophète Isaïe. Philippe lui demanda : "Comprends-tu ce que tu lis ?" L'eunuque lui répondit : "Et comment le pourrais-je s’il n’y a personne pour me guider ? [...] Dis-moi, je te prie : de qui le prophète parle-t-il ?". Alors Philippe prit la parole et, à partir de ce passage de l’Écriture, il lui annonça la Bonne Nouvelle de Jésus. (Actes 8,27-35) Ceci montre que selon la sainte Bible elle-même, l'interprétation privée des Écritures doit se réaliser dans la tradition apostolique.

 

Un jour que le peuple offrait de l'encens à un gros serpent qu'il regardait comme une de ses divinités principales, Philippe, saisi de compassion, se jette à terre et supplie Dieu de délivrer ces malheureux de la tyrannie du serpent infernal. L'affreuse bête expire aussitôt. Le peuple se montrait disposé à accepter la doctrine d'un homme qui opérait de telles merveilles ; mais les magistrats et les pontifes s'emparèrent de l'Apôtre, le battirent de verges, le clouèrent à une croix et l'accablèrent de pierres. À sa mort, la terre trembla et plusieurs édifices s'écroulèrent. 

Saint Philippe, La Dernière Cène, Détail, 1495-1497, Léonard de Vinci, Milan, Réfectoire du Couvent de Santa Maria delle Grazie, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 266-267.

 

 

Saint Philippe mourut dans un âge fort avancé puisque S. Polycarpe eut quelque temps le bonheur de converser avec lui.

 

Dans un portrait peint par Dürer en 1516 et conservé aux offices de Florence, Philippe est représenté sous les traits d'un très vieil homme. C'est ainsi que celui qui fut un des premiers à suivre le Nazaréen est le plus communément représenté. Il serait en effet mort très âgé à Hiérapolis, en Phrygie, une région située dans l'actuelle Turquie. (4)

 

Saint Philippe Apôtre, Par Albrecht Dürer, 1516

 

 

Crucifixion de St Philippe, F. Lippi, Fresco Strozzi Chapel, Santa Maria Novella, Florence

 

S. Jacques le Juste ou Jacques le Frère du Seigneur, appelé aussi Jacques le Mineur pour le distinguer de Jacques le Majeur, frère de saint Jean, était né à Cana, en Galilée, d'Alphée et de Marie, soeur, c'est-à-dire proche parente de la sainte Vierge. 

 

L'Apôtre Jacques le Mineur, 1250-1275, Maître de saint François, Washington, National Gallery of Art, dans Rosa GIORGI, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 268-269.

 

La tradition affirme qu'il ressemblait au Sauveur, et que les fidèles aimaient à regarder en lui une vivante image de leur Maître remonté dans le Ciel.

Jacques le Mineur eut un frère, Apôtre comme lui, nommé Jude, et ses deux autres frères, Joseph et Siméon, furent disciples de Jésus. 

Saint Jacques était de la tribu de Juda et "frère de Jésus", c'est-à-dire cousin de Notre-Seigneur selon la chair. "Les évangiles et Paul (Ga 1, 18-19 ; 1 Co 9,5) appellent 'frères du Seigneur' ceux qui étaient en réalité ses cousins selon l'usage extensif du lien de fraternité dans le monde sémitique (Voir en particulier les système de parenté à Iamneia, ville de la côte palestinienne, d'après Inscriptions de Délos, n° 1208)" (5)

Dans le texte nazoréen, dit Protévangile de Jacques, attribué à Jacques de manière pseudépigraphique, et daté de la seconde moitié du IIe siècle, Jacques est le fils de Joseph issu d'un premier mariage. (6)

"Jacques, le 'frère de Jésus', exécuté en 62, faisait l'admiration des pharisiens par sa piété et son assiduité au temple." (7)

Il eut la faveur d'une apparition particulière du Ressuscité, après Pierre et les Douze (1 Co 15,7).

Saint Jacques le Mineur a joué un rôle important après l'Ascension de Jésus et il fut le premier évêque de Jérusalem. C'est chez lui que Pierre se rendit aussitôt après être miraculeusement sorti de prison, et Paul fit de même après sa conversion. (8)

Après la Pentecôte, quand les Apôtres se partagèrent l'évangélisation du monde, Jacques se fixa à Jérusalem, pour la conversion spéciale des Juifs. Son autorité était très grande dans l'Église primitive, et, au concile de Jérusalem, c'est lui qui, le premier après saint Pierre, prit la parole.

 

"Se référant à Eusèbe, qui écrit que Pierre, Jacques le Majeur (frère de Jean) et Jean ne se réservèrent pas la direction de l'église locale de Jérusalem, mais choisirent Jacques le Juste (le frère du Seigneur) comme évêque (episcopos), le R.P. Daniélou dans son Histoire Ecclésiastique (II, 1, 4) suggère que Jacques le Juste ait été à la fois une sorte de président du collège local des presbytres et d'héritier des pouvoirs apostoliques (naturellement en ce qui concerne l'église locale de Jérusalem)." (9) 

 

Les conversions nombreuses et éclatantes opérées par son ministère lui suscitèrent des ennemis parmi les judéens.

 

Jacques serait mort après l'an 60, en des circonstances incertaines parce que ne provenant que de sources apocryphes. Toutefois, Clément d'Alexandrie (150-215), un auteur de la fin du IIe siècle, mentionne qu'il a été élu premier évêque de Jérusalem et est mort martyr, battu à mort après avoir été jeté du haut du pinacle du temple (Histoire ecclésiastique 2, 1, 2-3) (10)

C'est en 62 que le grand prêtre Anne (Ananus), fils de celui du pontificat duquel Jésus avait été crucifié, se croyant assez fort pour briser la jeune Église, le fit arrêter, et le déféra au Sanhédrin.

Nous connaissons le détail du drame par Flavius Josèphe et le mémorialiste et historien chrétien Hégésippe, qui écrivait au milieu du IIe siècle. Jacques "fut non seulement attaqué par les scribes et les pharisiens, mais aussi par d'autres groupes judéens". (11) 

 

La persécution de 62 a eu un caractère collectif. Jacques ne fut pas condamné personnellement, puisque son groupe fut exécuté avec lui - c'est la première exécution collective de chrétiens. (Antiquités judaïques, XX, 9,1 (200).)

L'année 62, celle de la mort de Jacques, est marquée incontestablement par le début des tensions entre Juifs. La condamnation du groupe de Jacques illustre l'explosion du sectarisme et le replis des groupes légalistes et conservateurs du Temple. (12) Jacques devient le symbole de l'affrontement entre Judéens pharisiens et Judéens chrétiens, après l'avoir été de l'affrontement entre chrétiens d'origine judéenne et chrétiens d'origine grecque. (13)

Outre l'exécution de Jacques le Mineur, conséquence de l'influence exercée par la communauté chrétienne d'origine judéenne auprès de l'ensemble des Judéens, l'histoire de la communauté chrétienne de Jérusalem a été marquée par deux autres martyres : en 33, la lapidation d'Étienne, et en 43-44 la mise à mort de Jacques le Majeur. (14)

Les princes des Juifs (Sadducéens) firent monter Jacques sur la terrasse du temple de Jérusalem et lui dirent : "Juste, nous avons confiance en toi ; parle et dis-nous la vérité sur Jésus !"

Le saint Apôtre s'écria : "Pourquoi m'interrogez-vous sur le Christ ? Il siège dans les Cieux à la droite de la Majesté divine, et un jour Il reviendra sur les nuées du Ciel." La foule approuvait ces paroles ; mais les chefs, jaloux, précipitèrent le vieillard du haut du haut du temple où le démon avait naguère tenté Jésus. Comme il n'était pas mort, on se mit à le lapider, puis en dépit de quelques protestations généreuses, un foulon l'acheva à grands coups de sa lourde masse. Exécution illégale, qui valut à Anne d'être déposé du souverain pontificat (15) , c'est-à-dire de sa charge de Grand prêtre par le nouveau procurateur romain entré en fonction.

 

Brisé dans sa chute, il mourut l'an 62 en priant pour ses bourreaux : "Seigneur, pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font."

Les judéens qui l'ont lapidé n'ont pu empêcher le peuple de l'enterrer sur place et de lui ériger un monument.

 

"L'exécution des deux Jacques, à l'instigation du Sanhédrin qui refusait tout messianisme, n'empêcha pas la communauté de rester sur place jusqu'en 66, sans participer aux mouvements qui agitèrent la population à partir de 60, en prélude à la guerre contre Rome." (16)

 

Nous avons de S. Jacques le Mineur une Épître qui a le titre de Catholique ou Universelle, parce qu'elle ne fut point adressée à une église particulière, mais à tout le corps des Juifs convertis qui étaient dispersés dans les différentes parties de l'univers.

 

On le représente en tunique et pallium, parfois avec une canne.

Il est invoqué contre les souffrances des agonisants.

Le nom Jacques vient de l'araméen et signifie "adepte de Dieu".

 

 

PRATIQUE. Pardonnez à vos ennemis, priez pour vos persécuteurs.

Sources:

 

(1) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 121 ; (2) ; (3) ; (4) Christine BARRELY, Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 146 ; (5) Marie-Françoise BASLEZ, Bible et Histoire, Judaïsme, hellénisme, chritianisme, Folio Histoire, Saint-Amand 2003, p. 160 ; (6) Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, Nouvelle Clio, l'Histoire et ses problèmes, PUF, Clamecy 2018; p. 168 ; (7) Marie-Françoise BASLEZ, Comment notre monde est devenu chrétien, CLD Éditions, Points Histoire, Lonrai 2015, p. 32 ; (8) Rosa GIORGI, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 268-269 ; (9) DANIEL-ROPS, Histoire de l'Église du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965, p. 22 ; (10) Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, ibid., p. 170 ; (11) Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, ibid., p. 169 ; (12) Marie-Françoise Baslez, Bible et Histoire, Judaïsme, hellénisme, chritianisme, Folio Histoire, Saint-Amand 2003, p. 264-268 ; (13) Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, ibid., p. 173 ; (14) Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, ibid., p. 171 ; (15) DANIEL-ROPS, Histoire de l'Église du Christ, ibid., p. 46 ; (16) Marie-Françoise BASLEZ, Comment notre monde est devenu chrétien, ibid., p. 32. 

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1 mai 2021 6 01 /05 /mai /2021 00:00
Saint Joseph, travailleur (Ier siècle), et Mois de Marie

La fête de saint Joseph, travailleur, a été fixée au 1er mai par le pape Pie XII en 1955.

 

Le monde du travail prend une conscience grandissante de son importance et c'est le rôle de l'Église de lui enseigner toute sa dignité. Cette fête de saint Joseph est une triple fête patronale : fête de l'Église, fête de la famille et du foyer, fête du travail.

Joseph descendait en droite ligne des plus grands rois de Juda, et des plus illustres d'entre les anciens patriarches; mais il tirait sa principale gloire de ses vertus, surtout de son humilité et des fonctions sublimes qu'il eut à remplir auprès du Sauveur du monde et auprès de la sainte Vierge Marie, son auguste Mère. Saint Jérôme assure que saint Joseph a toujours été vierge. Le Ciel avait présidé à un mariage qui entrait dans l'accomplissement de ses desseins. Marie, en devenant mère miraculeusement, n'avait plus rien à craindre de la calomnie pour son honneur. Elle trouvait de plus dans Joseph un aide qui partageait avec elle le soin de pourvoir à la subsistance de son fils, un compagnon qui l'assistait dans ses voyages, un consolateur qui lui adoucissait le sentiment de ses peines. Quelle ne dut pas être la pureté et la sainteté de celui que le ciel avait choisi pour être le gardien de la plus pure et et de la plus sainte des vierges ! L'Evangile fait son éloge en disant que c'était un homme juste, c'est-à-dire éminemment saint, orné de toutes les vertus. (1)

Saint Joseph, Lourdes

Saint Joseph, Lourdes

Un ange apparut en songe à Joseph pour lui annoncer le grand mystère qui venait de s'accomplir en Marie, son épouse: par l'opération du Saint-Esprit, le Verbe s'est incarné dans le sein de cette Vierge des vierges. C'est le Messie annoncé par les Patriarches, c'est Jésus qui racheta le monde de l'esclavage du péché.

 

L'ange apparut de nouveau à Joseph en songe et lui dit : "Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr." (Mt 2:13)

Hérode envoya tuer tous les enfants jusqu’à l’âge de deux ans à Bethléem et dans toute la région.

L'ange du Seigneur apparut de nouveau à Joseph et lui dit: "Prends l'Enfant et sa mère et retourne dans la terre d'Israël. Ceux qui cherchaient à faire périr l'Enfant sont morts". (Mt 2:22-23) Il revit Nazareth, retrouva sa sainte maison, y amena l'Enfant Jésus, et y demeura avec lui dans la paix. 

La présence de Jésus dans l'atelier de Nazareth enseigna à saint Joseph le prix des heures pénibles, et le dur labeur accepté comme une réparation pour le mépris de l'homme des lois de Dieu, a acquis grâce au Christ, une valeur rédemptrice. Artisan avec Dieu créateur, frère de travail de Jésus-Ouvrier, associé avec Lui au rachat du monde, saint Joseph n'attirera jamais trop les regards et la prière de notre siècle.

C'est pourquoi l'Église, s'inspirant de la Tradition qui baptisa autrefois quantité de fêtes païennes pour les doter d'un contenu chrétien tout nouveau, plaça la fête civile du travail sous le puissant patronage de saint Joseph. Ouvrier toute sa vie, qui mieux que lui rendit grâces à Dieu le Père en son labeur de chaque jour ? C'est ce modeste artisan que Dieu choisit pour veiller sur l'enfance du Verbe incarné venu sauver le monde par l'humilité de la croix. (2)

http://nominis.cef.fr/images/gallerie/josephartisanpiexii.jpgOn peut raconter le mystère de l'Annonciation, celui de la Nativité du Sauveur, les premières humiliations du Dieu fait Homme? Ses trente ans de vie cachée et tous ce qu'ils contiennent de lumières pour ceux qui les méditent, sans faire apparaître Joseph. Il est comme l'ombre de Jésus, le voile de la virginité de Marie, il est inséparable de cette "Trinité de la terre", visible image de la Trinité du Ciel. Tous les saints  reconnaissent Joseph pour le premier d'entre eux, pour le plus semblable, pour le plus uni au Coeur de Jésus, après Marie. (3)

 

Au XIII° siècle déjà, le roi de Castille, Alphonse X le Sage, avait déjà associé dans un de ses chants la beauté de Marie et celle du mois de mai ; au siècle suivant, le bienheureux dominicain Henri Suso avait, durant l'époque des fleurs, l'habitude de tresser des couronnes pour les offrir, au premier jour de mai, à la Vierge.

 

En 1549, un bénédictin, Seidl, avait publié un livre intitulé "Le mois de mai spirituel", alors que saint Philippe Néri exhortait déjà les jeunes gens à manifester un culte particulier à Marie pendant le moi de mai où il réunissait les enfants autour de l'autel de la Sainte Vierge pour lui offrir, avec les fleurs du printemps.

 

Un peu plus tard, les jésuites recommandaient que, la veille du premier mai, dans chaque appartement, on dressât un autel à Marie, orné de fleurs et de lumières, devant quoi, chaque jour du mois, la famille se réunirait pour réciter quelques prières en l'honneur de la Sainte-Vierge avant de tirer au sort un billet qui indiquerait la vertu à pratiquer le lendemain.

 

Cette dévotion mariale s'est perpétuée de part le monde jusqu'à aujourd'hui. (4)

 

PRATIQUE. Exercez-vous, à l'exemple de saint Joseph, à vivre d'une vie intérieure.

 

Sources: (1) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 78 ; (2); (3), La Dévotion à Saint-Joseph, Mois de Saint Joseph, consécration et prières, Parvis, Hauteville 2004, p.  25-26, 28; (4)

Saint Joseph, travailleur (Ier siècle), et Mois de Marie
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30 avril 2021 5 30 /04 /avril /2021 00:00
Fondateur des cisterciens

Fondateur des cisterciens

Le champenois Robert de Molesme, entré à 15 ans chez les bénédictins de Moutier-la-Celle dans l'Aube, est très vite remarqué. A peine son noviciat terminé, il fut nommé prieur. Les bénédictins de Tonnerre ayant voulu l'avoir comme Père Abbé, il accepta, mais ces moines qui sont allés le quérir, ne veulent pas de la réforme austère qu’il préconise. Les ayant trouvés très relâchés et surtout peu réformables, il prit congé d'eux et revint à Moutier.

Non loin de là vivent sept ermites ; après de multiples péripéties, il accepte de devenir leur supérieur et les installe dans des huttes dans la forêt de Molesme, près de Laignes, en Côte d'Or. Leur genre de vie, fait de solitude et de silence, impressionne les voisins. Chacun s’ingénia à aider ces moines vertueux. Mais l’abondance des donations tourne la tête à bien des religieux qui ne voient plus le besoin de travailler, ni de tant d’austérités. Les recrues et les dons affluent, les huttes disparaissent, un monastère se construisit. Incapable de restaurer la discipline, Robert les quitte, triste, mais les dons cessèrent en même temps.

Les moines sont décontenancés. Robert ne revenant pas, on en réfère au Pape. Robert est sommé de reprendre sa place. Il revient, mais les bons sentiments des frères ne durent qu’un an. Robert s’en va définitivement avec six de ses moines. Avec, saint Aubry et saint Etienne Harding, vénérant la Vierge Marie, il s’installe à Cîteaux, se promettant de vivre la Règle de saint Benoît dans toute sa pureté et sa rigueur.

 

Les trois fondateurs de Citeaux : Robert, Aubry et Etienne Harding. Cette peinture commémore et décrit la fondation en 1098, montrant les trois fondateurs vénérant la Vierge Marie

 

Ainsi naquit l'Ordre cistercien en 1098. Mais les moines de Molesme ne s’en tiennent pas là. Une deuxième fois, le pape est consulté. Celui-ci lui intime l'ordre de reprendre la tête de son monastère. Il obéit et revient, après 14 mois, dans son abbaye, confiant Cîteaux à un frère très observant. Il a la consolation de voir ses moines revenus à de meilleures dispositions.

Il gouvernera pendant 9 mois, jusqu’en 1110. Il mourut ainsi en paix.

Deux ans après sa mort, saint Bernard (1090-1153) entre à Cîteaux à qui l'Ordre cistercien devra son considérable développement.  

"Plus j’avance dans la connaissance de mon 'moi', plus je m’approche de la connaissance de Dieu." (Saint Bernard)

 
L'art cistercien est en accord avec leur spiritualité : il doit être une aide pour le cheminement intérieur des moines. En 1134, lors d'une réunion du Chapitre général de l'ordre, Bernard de Clairvaux qui est au sommet de son influence, recommande la simplicité dans toutes les expressions de l'art (Source : Jean-François Leroux-Dhuys, Art cistercien, architecture cistercienne, Histoire et Images médiévales n°12 (thématique), Les cisterciens, février-mars-avril 2008, p. 37).
 
Dès lors, les cisterciens vont développer un art dépouillé et souvent monochrome.
 
 
Du XIe au XIIIe siècle une véritable révolution industrielle s'opère dans l'Occident médiéval. Elle est portée par la monétarisation croissante de l'économie depuis l'introduction du denier d'argent par les carolingiens au VIIIe siècle, qui permet l'introduction de millions de producteurs et de consommateurs dans le circuit commercial.
 
Moulin hydraulique de Braine-le-Château XIIe siècle
 
Pour augmenter encore cette productivité les paysans investissent dans des équipements qui l’améliorent, fournissant des charrues, construisant des moulins à eau en remplacement des meules à bras, des pressoirs à huile ou à vin en remplacement du foulage. Ce phénomène est attesté par la multiplication des moulins, des routes, des marchés et des ateliers de frappe de monnaie dans tout l’Occident dès le IXe siècle.
 
 
Les abbayes sont souvent le fer de lance de cette révolution économique
Les progrès se transmettent entre abbayes par le biais de manuscrits ou par le déplacement de moines. Les frères convers, dont une partie vit en dehors de l'abbaye dans les "granges", participent à la diffusion des améliorations techniques auprès des populations locales : les cisterciens sont des vecteurs de première importance dans la révolution industrielle du Moyen-Âge. 
 
Si les Cisterciens savent innover, ils utilisent aussi parfois des techniques très anciennes. De nombreuses églises cisterciennes bénéficient d'une excellente acoustique qui n'est pas due au hasard : plusieurs (comme Melleray, Loc-Dieu, Orval...) utilisent la technique des vases acoustiques décrite par Vitruve, ingénieur romain du 1er siècle av. J.-C. ; des études contemporaines ont démontré que ces vases, répartis dans les murs et les voûtes, amplifient le son dans la gamme de fréquences de la voix des moines ; et d'autres procédés réduisent l'écho. (Source)

 

***

Sources : 1, 2, 3, 4

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29 avril 2021 4 29 /04 /avril /2021 00:00
Sainte Catherine de Sienne, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 39

Sainte Catherine de Sienne, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 39

Sainte Catherine naquit à Sienne en 1347. Dès l'âge le plus tendre, elle fit le voeu de virginité, et ne montrait de goût que pour la prière et la mortification. Ses parents, qui voulaient la marier, s'y prirent de toutes les manières pour rompre sa résolution, la contrariant dans ses exercices de piété, et la chargeant des soins les plus pénibles du ménage. Bien que vertueux, ils se firent longtemps ses persécuteurs et entravèrent, autant qu'il leur fut possible sa vocation religieuse. Catherine, soumise et obéissante, sut se créer une solitude intérieure, où elle trouvait toujours son Bien-Aimé, dont rien ne pouvait l'empêcher de jouir.

Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), patronne de l’Italie, co-patronne de l'Europe

Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), patronne de l’Italie, co-patronne de l'Europe

Enfin les préventions cessèrent et on lui permit d'entrer dans le tiers ordre de S. Dominique. Ce fut alors que ses austérités n'eurent plus de bornes et qu'elle s'éleva à cette sublime contemplation dont on voit la preuve dans ses écrits, et mieux encore au milieu des vertus héroïques qu'elle pratiqua.

 

"Quand un exorciste ne parvenait pas à libérer une personne, il l'envoyait à sainte Catherine de Sienne, pas parce qu'elle était exorciste, encore moins parce qu'elle était prêtre, mais parce qu'elle était sainte. Parce que la condition sine qua non de la réussite d'un exorcisme est la foi.

 

[...] la foi de celui qui prie, et de la foi de celui qui reçoit la prière."

(Gabriele AMORTH, J'ai rencontré Satan, Le Combat du plus célèbre exorciste, Entretiens avec Slawomir Sznurkowski, Traduti de l'italien par Quentin Petit, EdN, Vendôme 2016 , p. 142; 149.)

Sainte Catherine de Sienne exorcisant une femme possédée, Girolamo di Benvenuto, 1500-10, musée d'art de Denver

Sainte Catherine de Sienne exorcisant une femme possédée, Girolamo di Benvenuto, 1500-10, musée d'art de Denver

« Lorsque sainte Catherine de Sienne disait : "Au nom de Marie, va-t-en !", elle le faisait avec foi, et c'est cela qui rendait sa parole efficace.» (Gabriele Amorth, ibid., p. 197.)

Sainte Catherine obtient du Christ la libération de sa sœur Palmerina de son pacte avec le diable avant de mourir, Girolamo di Benvenuto (1470-1524), Cambridge (Ma), Fogg Art Museum

Sainte Catherine obtient du Christ la libération de sa sœur Palmerina de son pacte avec le diable avant de mourir, Girolamo di Benvenuto (1470-1524), Cambridge (Ma), Fogg Art Museum

Sa charité pour les pauvres, sa patience dans les calomnies dont on payait ses services, son ardeur et son talent pour la conversion des pécheurs, son zèle pour la paix de l'Eglise et des Etats, en firent la gloire de son ordre, l'ornement de son pays et la merveille de son siècle. Catherine, toujours supérieure à sa réputation par son humilité, elle préférait la couronne d'épines du Sauveur à tout le reste.

 

Dans une de Ses apparitions, le Sauveur ôta le coeur de la poitrine de Sa servante et mit le Sien à sa place. Une autre fois, elle reçut les stigmates du divin Crucifié. Souvent, au moment de la Communion, l'Hostie s'échappait des mains du prêtre pour voler vers la bouche de Catherine. Sa vie entière fut un miracle.

 

Dieu permit qu'elle exerçât une immense influence sur son époque, et qu'elle contribuât pour beaucoup à la cessation du grand schisme d'Occident (crise de l'Eglise au tournant des XIVe et XVe siècles (1378 - 1417), divisant pendant quarante ans la chrétienté catholique en deux courants rivaux.)

 

Lorsque la chrétienté occidentale fut divisée entre plusieurs papes, elle soutint Urbain VI et déploya des trésors d'activité et de diplomatie pour rassembler l'Eglise autour de lui. Elle écrivit au pape en Avignon, une lettre brûlante où elle le pressait de revenir à Rome. Elle alla même le chercher. Elle envoya de nombreuses lettres aux princes et cardinaux, pour promouvoir l'obéissance au pape Urbain VI et défendre ce qu'elle nomme le "vaisseau de l'Église".

Sainte Catherine de Sienne portant sur son voile la couronne d'épines, tenant un crucifix et une fleur de lys

Sainte Catherine de Sienne portant sur son voile la couronne d'épines, tenant un crucifix et une fleur de lys

Elle voyagea inlassablement comme médiatrice dans le nord de l'Italie et le sud de la France. Pourtant cette activité débordante n'était pas le tout de Catherine. Ce n'était que la face apparente d'une intense vie mystique, avec des extases durant lesquelles ses disciples copiaient les prières qui s'échappaient de ses lèvres.

 

Cette sainte nous a laissé des ouvrages qui paraîtront précieux à quiconque estime le langage de la vraie piété. Ce sont six traités en forme de dialogues, un discours sur l'Annonciation de la très-sainte Vierge, et trois cent soixante-quatre lettres qui portent l'empreinte de son génie supérieur.

 

Son "Dialogue" sur la Divine Providence, qui est aussi un des classiques de la langue italienne, retrace ces entretiens enflammés avec le Christ. Ils auraient été composés en cinq jours d'extase, du 9 au 14 octobre 1378. 

La doctrine du pont : Catherine de Sienne et le "libre arbitre"

 

Dans son ouvrage Le Dialogue, Catherine développe un traité de christologie à travers ce qui est appelé la "doctrine du pont". Ce traité se veut une démonstration de la place centrale du Christ dans le rôle de médiateur entre l'homme et Dieu.

 

Au cours d'une image qu'elle développe, Catherine décrit l'importance du Christ comme un pont qui permet de traverser un fleuve où tout le monde se noie. Ce fleuve empêche d'accéder à l'autre rive, celle qui est décrite alors comme le paradis, le lieu de l'union à Dieu. Le pont qui permet de traverser ce fleuve est le Christ, avec trois marches. Ces trois marches représentent les trois étapes de la vie chrétienne, mais aussi les principales plaies du Christ en croix : les pieds sont les premières marches du pont, mais ils représentent le désir de Dieu qui conduit l'âme à vouloir connaître et mieux aimer Dieu. La deuxième marche du pont est le cœur du Christ, lieu de l'union à Dieu et de la connaissance de soi et de Dieu. La dernière marche est la bouche du Christ, symbole de l'union à Dieu et de la paix intérieure. Le pont n'est accessible qu'à travers la connaissance de soi, la pratique des vertus, mais aussi la miséricorde de Dieu.

 

La pratique de la connaissance de soi et des vertus est le seul moyen de passer le pont. Ceux qui ne suivent pas cette voie sont alors emportés par les flots des divers désirs désordonnés comme l'avarice, la concupiscence charnelle, l'orgueil, l'injustice et le mensonge qui conduisent à l'enfer. Le libre arbitre a une place primordiale dans cette doctrine du pont. Pour Catherine, l'homme étant libre et à l'image de Dieu, c'est par sa volonté et le désir de Dieu que l'homme peut Le choisir ou non en succombant aux tentations :

 

"Personne ne peut avoir peur d'aucune bataille, d'aucun assaut du démon, parce que j'ai fait de tous des forts. Je leur ai donné une volonté intrépide, en trempant dans le sang de mon Fils. Cette volonté, ni démon, ni aucune puissance créée ne peut l'ébranler. Elle est à vous, uniquement à vous, c'est Moi qui vous l'ai donnée avec le libre arbitre. C'est donc à vous qu'il appartient d'en disposer, par votre libre arbitre, et de la retenir ou de lui lâcher la bride suivant ce qu'il vous plait. La volonté, voilà l'arme que vous livrez vous même aux mains du démon : elle est vraiment le couteau avec lequel il vous frappe, avec lequel il vous tue. Mais si l'homme ne livre pas au démon ce glaive de la volonté, je veux dire s'il ne consent pas aux tentations, à ses provocations, jamais aucune tentation ne pourra le blesser et le rendre coupable de péché : elle le fortifiera au contraire lui faisant comprendre que c'est par amour que je vous laisse tenter, pour vous faire aimer et pratiquer la vertu." (Extrait du livre Le Dialogue, chapitre XIII (43)

Dieu la favorisa, pendant sa vie, de la connaissance des choses cachées.

 

Catherine avait une grande vénération pour sainte Agnès de Montepulciano (1268-1317).

 

Les peines qu'elle se donna pour le bien de l'Eglise la conduisirent au tombeau à l'âge de trentre-trois ans, le 29 avril 1380. La dévotion autour de Catherine de Sienne se développe rapidement après sa mort. Elle est canonisée en 1461, déclarée sainte patronne de Rome en 1866, et de l'Italie en 1939.

 

Le 4 octobre 1970 elle est proclamée docteur de l'Eglise en même temps que Ste Thérèse d’Avila (1515-1582) par Paul VI (titre que l’Église d’Angleterre lui reconnaît aussi), et co-patronne de l'Europe par Jean-Paul II en 1999, avec Ste Brigitte de Suède (1302-1373) et Ste Thérèse-Bénédicte de la Croix (1891-1942) : 

 

"Sainte Catherine entra avec un regard sûr et des paroles de feu dans le vif des problèmes sociaux et politiques qui ont déchiré l'Europe de son époque." (Jean Paul II, Lettre apostolique Spes aedificandi, 02/10/1999)


Sainte-Catherine de Sienne est la patronne des infirmières.

 

Elle est aussi la sainte protectrice des journalistes, des médias, et de tous les métiers de la communication, en raison de son œuvre épistolaire en faveur de la papauté.

 

Elle est invoquée par les personnes qui craignent de subir un échec.

 

Sources

(1) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 120; (2), (3), (4), (5) ; (6) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 38.

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28 avril 2021 3 28 /04 /avril /2021 00:00

Au IIe siècle, mariée à S. Vital, personnage consulaire, Valérie mourut martyre à Ravenne alors que son mari périssait martyr lui-aussi à Milan (Italie) (1)

 

Vital était un militaire né à Milan, père de S. Gervais et de S. Protais, martyrs. Il fut condamné à mort pour sa religion par le juge de Ravenne, brûlé vif après avoir été étendu sur le chevalet, et avoir souffert divers autres genres de tortures. On lit dans ses Actes, que Valérie, sa femme, retournant de Ravenne à Milan, fut mise à mort par une troupe de paysans auxquels elle refusa de se joindre dans la célébration d'une fête impie et licencieuse. (2)

 

Mosaïque de San Vitale

  Mosaïque de San Vitale

 

Sources:

 

(1), (2) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 118.

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26 avril 2021 1 26 /04 /avril /2021 23:00
Sainte Zita, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 186.

Sainte Zita, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 186.

L'histoire de Zita se déroule dans l'Italie du XIIIe siècle.

Zita était une petite vendeuse de légumes qui s'en allait au marché de Lucques (Toscane, Italie) pour ses parents. Sa mère, pauvre, mais vertueuse, l'éleva dans la crainte du Seigneur, et eut la consolation de voir ses bonnes instructions porter de précieux fruits.

 Zite parlait peu, travaillait avec assiduité, et tenait son âme dans un recueillement perpétuel.

À douze ans, elle fut placée dans une famille comme servante, et ne la quitta plus.

Pour ne pas déranger son service, elle se levait plus tôt afin d'aller entendre la sainte messe, jeûnait pour donner aux pauvres une part de sa nourriture, supportait avec patience et sourire les jalousies des autres domestiques qui parfois même la dénonçaient avec calomnie. Dieu permit qu'on traita sa modestie de stupidité, et son exactitude à ses devoirs fut regardée comme le fruit d'un orgueil secret. Sous le coup de préventions si injustes, qu'on imagine ce que cette sainte fille eut à souffrir. Mais sa patience triompha de la malice et des péjugés. Ses maîtres devinrent plus équitables: leur jalousie se transforma en admiration, et ils lui confièrent le maniement de leurs affaires, qu'elle géra avec une grande sagesse. (1) 

Un soir de Noël, Zita se rend à la messe de minuit. Son maître, le signore Fatinelli, lui prête son manteau, mais lui enjoint aussitôt de bien le rapporter. Il sait que Zita a l'habitude de se dépouiller de tout pour donner aux pauvres. Arrivant à l'église, elle aperçoit un mendiant grelottant à qui elle confie le précieux vêtement juste le temps de l'office. À la sortie, l'homme a disparu. Au retour, la colère du maître est immédiate. Mais voilà que le mendiant apparaît avec le manteau, sourit, le tend à Zita et, tel un éclair, disparaît. (2)

Les anges se chargeaient de faire cuire son pain pendant qu’elle était en extase, de lui rendre le manteau qu'elle avait prêté à un pauvre, et de lui ouvrir la porte des églises ! 

Un jour, pendant une de ses ferventes oraisons, le temps s'écoula de telle sorte qu'au moment où elle quittait l’église, le soleil déjà haut au-dessus de l'horizon lui rappela qu'elle avait dépassé l'heure où elle devait faire un ouvrage indispensable : c’était la préparation (ou la fourniture) du pain nécessaire à toute la maison. Elle se hâta de gagner le logis, se reprochant intérieurement la négligence de son devoir : quand elle arriva, elle trouva toute la pâte préparée et le feu allumé. Elle était convaincue qu'une autre servante, désireuse de lui épargner une réprimande, avait voulu faire sa besogne en son absence, mais quand elle tenta de trouver à qui adresser ses remerciements, personne ne sut ce qu'elle voulait dire, car personne n'avait songé à lui rendre ce service. Dans la simplicité de son cœur, elle en conclut que Dieu avait accordé cette faveur à sa servante qui avait tout oublié pour lui.

 Une nuit de Noël, qu'il faisait extrêmement froid, Zite se disposait à se rendre à Matines. Son maître lui dit : « Comment cours-tu à l'église par un temps si froid, que nous pouvons à peine nous en défendre ici avec tous nos vêtements ? Toi surtout, épuisée par le jeûne, vêtue si pauvrement, et qui vas s'asseoir sur un pavé de marbre ? » Entrée dans l'église, elle aperçut un pauvre demi-nu, qui murmurait tout bas, et qui grelottait de froid ; émue de compassion, Zita s'approcha et lui dit : « Qu'avez-vous, mon frère, et de quoi vous plaignez-vous ? » Lui, la regardant d'un visage placide, tendit la main et toucha le manteau en question. Aussitôt Zita l'ôta de ses paules, en revêtit le pauvre et lui dit : « Tenez cette pelisse, mon frère, jusqu'à la fin de l'office, et vous me la rendrez; n'allez nulle part, car je vous mènerai à la maison et vous chaufferai près du feu. » Cela dit, elle alla se mettre à l'endroit où elle priait d'ordinaire. Après l'office, et quand tout le monde fut sorti, elle chercha le pauvre partout, au dedans et au dehors de l’église, mais ne le trouva nulle part. Elle se disait en elle-même : « Où peut-il être allé ? Je crains que quelqu'un ne lui ait pris le manteau, et que, de honte, il n'ose se présenter à mes yeux. Il paraissait assez honnête, et je ne crois pas qu'il ait voulu attraper le manteau et s'enfuir. » C'est ainsi qu’elle excusait pieusement le pauvre. Mais enfin, ne l'ayant pu trouver, elle revenait un peu honteuse, espérant toujours néanmoins que Dieu apaiserait son maître, ou inspirerait au pauvre de rapporter le manteau. Quand elle fut de retour à la maison, le maître lui dit des paroles très-dures, lui fit de vifs reproches. Elle ne répondit rien, mais, lui recommandant d'espérer, elle lui raconta comment la chose s'était passée. Il entrevit bien comment la chose s'était passée, mais ne laissa pas de murmurer jusqu'au dîner. A la troisième heure, voilà sur l'escalier de la maison un pauvre qui charmait tous les spectateurs par sa bonne mine, et qui, portant le manteau dans ses bras, le rendit à Zita, en la remerciant du bien qu'elle lui avait fait. Le maître voyait et entendait le pauvre. Il commençait, ainsi que Zita, à lui adresser la parole, lorsqu'il disparut comme un éclair, laissant dans leurs cœurs une joie inconnue et ineffable, qui les ravit longtemps d'admiration. On a cru que ce vieillard était un ange;  c'est pourquoi la porte de l’église où elle rencontra le pauvre au manteau a été depuis appelée la porte de l'Ange.

Chaque vendredi elle allait en pèlerinage à San-Angelo in Monte, à deux lieues de Lucques ; un jour qu'elle avait été retenue par les travaux de la maison plus que d'ordinaire, elle fut surprise par la nuit. Un cavalier qui suivait le même chemin lui prédit qu'elle périrait dans les précipices si elle continuait à marcher au milieu des ténèbres ; mais quand il arriva, il fut bien saisi de trouver à la porte de l'église celle qu'il croyait avoir laissé loin derrière lui.

Sainte Zita avait un grand amour pour sainte Marie-Madeleine et pour saint Jean l'Evangéliste ; une veille de fête de la première, elle voulut aller faire brûler un cierge devant son autel dans une église assez éloignée de Lucques. Elle arriva tard et trouva les portes fermées ; elle alluma son cierge, se mit à genoux et s'endormit. La nuit, un orage terrible s'éleva, la pluie tomba par torrents, et la Sainte reposait ; quand elle se réveilla, les rues étaient couvertes d'eau, mais elle n'avait pas même été touchée par une goutte de pluie, et son cierge brûlait encore. Les portes alors s'ouvrirent devant elle, et quand le curé arriva pour dire la messe, il trouva la Sainte en prières dans cette église qui n'avait pas été ouverte depuis la veille au soir. (3)

Zite mourut à l'âge de soixante ans le 27 avril 1278, pleine des mérites qu'elle avait puisés dans le recueillement, la mortification, et un saint et fréquent usage des sacrements.

 

Châsse de Sainte ZitaSa sainteté fut reconnue après sa mort tant étaient grandes les faveurs que le petit peuple obtenait en lui demandant son intercession.  

Les miracles se multiplièrent tant à son tombeau que, quatre ans après sa mort, l'évêque de Lucques permit de lui rendre un culte public qui se répandit rapidement en Italie, en Espagne, en Angleterre et dans toute l'Europe. Il y eut par trois fois, en 1446, en 1581 et en 1652, ouverture de son cercueil où le corps fut trouvé parfaitement intact, dans un état de parfaite conservation. Il est enchâssé et gardé avec beaucoup de respect dans l'église Saint-Fridien. Zite a été canonisée par lnnocent XII en 1696. Elle est la patronne de Lucques ; les servantes et les femmes de charge l'invoquent comme leur spéciale protectrice. De la chaumière du mont Sagrati, qui avait abrité le berceau de l'humble Sainte, on a fait une chapelle qui lui est dédiée. D'autres églises lui sont consacrées à Gênes et à Milan.

 

On donne pour attributs à sainte Zite un trousseau de clefs suspendu à sa ceinture et une cruche : les clefs rappellent qu'elle fut investie de la confiance de ses maîtres, et la cruche, le miracle qu'elle fit de changer l'eau en vin au bénéfice des pauvres. On montre encore à Lucques le puits où elle prit de l'eau pour faire ce miracle. On l'a aussi représentée debout devant les portes de la ville, et la sainte Vierge venant lui ouvrir le guichet. La miséricordieuse Marie dut rendre ce service à sa servante un soir que celle-ci s'était attardée à ses bonnes œuvres. Une vieille gravure allemande la représente sous les traits d'une jeune fille accorte, revêtant le vieillard de la pelisse de son maître.

 

Sainte-Zita est la patronne des employés de maison, garçons de café, des serveurs, des maîtres d’hôtels et des hôtesses. On lui demande d’intervenir pour retrouver des clés perdues. (4)

 

Sources:  (1) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 117 ; (2) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 186 ; (3) http://missel.free.fr/Sanctoral/04/27.php ; (4) http://jubilatedeo.centerblog.net/6573157-Les-saints-du-jour-Lundi-27-Avril (5) Wikipedia

 

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26 avril 2021 1 26 /04 /avril /2021 00:00
Sainte Alida (Alde) de Sienne, Veuve, Tertiaire des Humiliés † 1309

Alida épousa Bindo Bellanti, un noble de Sienne dont la bonté était aussi grande que la piété, et fut toute sa vie une épouse exemplaire. À la mort de celui-ci, alors qu'elle avait 30 ans, malgré les nombreux prétendants qui la sollicitèrent, elle resta veuve et entra dans le tiers ordre des Umiliati pour y soigner les malades jusqu'à sa mort.

 

Les biens qui lui restaient furent distribués aux pauvres, et sa dépouille mortelle repose dans l'église San Tommaso à Sienne.

Sources: (1); (2)

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25 avril 2021 7 25 /04 /avril /2021 00:00
Saint Marc, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011

Saint Marc, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011

Saint Marc était probablement de la race d'Aaron; il était né en Galilée. Il semble avoir fait partie du groupe des soixante-douze disciples du Sauveur; mais il nous apparaît surtout dans l'histoire comme le compagnon fidèle de l'apostolat de saint Pierre avec Barnabé à Chypre et en Asie Mineure.

S. Irénée de Lyon écrivait vers 180 : "Marc, le disciple et l'interprète de Pierre, nous transmit lui aussi par écrit ce que prêchait Pierre". (Adversus Haereses, III Prologue). C'est sous l'inspiration du chef des Apôtres et à la demande des chrétiens de Rome qui désiraient avoir par écrit ce que saint Pierre leur avait enseigné de vive voix, qu'il écrivit l'Évangile qui porte son nom. L'Evangile de Marc est le plus ancien. Des fragments de cet Évangile  retrouvés à Qumran prouvent qu'il est antérieur à 68, voire à l'an 41 selon certains historiens.

"L'Évangile selon marc est situé autour des années 60 après l'avoir été autour des années 70, mais il pourrait bien être des années 50", observe Simon Claude Mimouni dans "Le judaïsme ancien et les origines de christianisme" (Bayard 2018, p. 21).  

"L'Évangile selon Jean est situé autour des années 90, mais à cause de son caractère mystique et de certaines caractéristiques relevant de la topographie et de la chronologie il pourrait bien être des années 60.

"L'Évangile selon Luc + les Actes des Apôtres sont situés de manière habituelle dans les années 80, mais ils pourraient bien être aussi des années 60." (4)

 

Origène et S. Jérôme prétendent que c'est lui que le chef des Apôtres appelle son fils.

Marc reçut de saint Pierre la mission spéciale d'évangéliser Alexandrie, qui était après Rome la ville la plus célèbre de l'univers, l'Égypte et d'autres provinces africaines. 

Cela se passe probablement en 45. Eusèbe, HE 2,16,1 évoque l'évangélisation d'Alexandrie par Marc d'après une tradition fixée à la fin du IIe siècle. Ac 15,36-39 : "Paul dit à Barnabé : 'Retournons donc visiter les frères en chacune des villes où nous avons annoncé la parole du Seigneur, pour voir où ils en sont.' Barnabé voulait emmener aussi Jean appelé Marc. [...] Barnabé emmena Marc et s’embarqua pour Chypre." Les relations en Chypre et Alexandrie sont faciles. (5) Il s'y forma en peu de temps une église fort nombreuse et si fervente que ses nouveaux fidèles, à l'exemple de ceux de Jérusalem, ne faisaient qu'un coeur et qu'une âme. Les païens endurcis s'en alarmèrent, et résolurent la mort du saint évangéliste et cherchèrent tous les moyens de s'emparer de lui. Marc forma un clergé sûr et vraiment apostolique, puis échappa aux pièges de ses ennemis en allant porter ailleurs la Croix de Jésus-Christ. Quelques années plus tard, il eut la consolation de retrouver l'Église d'Alexandrie de plus en plus florissante.

La nouvelle extension que prit la foi par sa présence, les conversions nombreuses provoquées par ses miracles, renouvelèrent la rage des païens. Il fut saisi et traîné, une corde au cou, en criant qu'il fallait mener ce boeuf à Bucoles (Alexandrie), qui était
un lieu près de la mer, plein de rochers et de précipices. Le saint fut traîné pendant tout le jour. La terre et les pierres furent teintes de son sang, et l'on voyait partout des lambeaux de sa chair. Tandis qu'on le traitait si cruellement, il remerciait Dieu de ce qu'Il l'avait trouvé digne de souffrir. Le soir, après ce long et douloureux supplice, on le jeta en prison, où il fut consolé la nuit venue, par l'apparition d'un ange qui le fortifia pour le combat décisif, et par l'apparition du Sauveur Lui-même.

Le lendemain matin, Marc fut tiré de prison; on lui mit une seconde fois la corde au cou, on le renversa et on le traîna en poussant des hurlements furieux. La victime, pendant cette épreuve douloureuse, remerciait Dieu et implorait Sa miséricorde. Enfin broyé par les rochers où se heurtaient ses membres sanglants, il expira en disant: "Seigneur, je remets mon âme entre Vos mains."

Ses reliques furent
conservées dans une petite chapelle du petit port de pêche de Bucoles proche d'Alexandrie où il avait souffert le martyre.

Il
devint le saint patron de Venise avec son lion comme symbole de la ville. Marc était venu évangéliser la région par bateau et avait fait naufrage dans la lagune qui allait donner naissance en 452 à Venise.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/f7/Stmark.jpg/221px-Stmark.jpg

Église d'Orsanmichele de Florence: statue de saint Marc par Donatello (1411)

 

Sources :

(1) Abbé L. JAUD, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950 ;
 (2) Les saints du jour (3) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 115 ; (4) Simon Claude MIMOUNI, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, Bayard, Italie 2018, P 21 ; (5) Wikipedia (source à prendre avec prudence) ; (6) Marie-Françoise BASLEZ, Saint Paul, Fayard, Saint Amand-Montrond 1991, p. 138 ; (7) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011.

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24 avril 2021 6 24 /04 /avril /2021 00:00

Saint-Fidele-de-Sigmaringen.jpg

Saint Fidèle de Sigmaringen

Fidèle, de son nom civil Marc Roy, né le 1er octobre 1577 à Sigmaringen, petite ville d'Allemagne voisine de la Suisse, est mort assassiné martyr pour la foi à Seewis im Prättigau (Suisse) le 24 avril 1622.

Son éducation fut soignée, même brillante, et ses vertus étaient si appréciées de ses condisciples, qu'ils l'appelaient le Philosophe chrétien. Dès lors il s'approchait souvent des sacrements, visitait et soignait les malades dans les hôpitaux et passait des heures entières au pied des autels, dans une intime conversation avec Jésus-Christ.



Il exerça plusieurs années la profession d'avocat à Colmar, en Alsace, et s'y fit remarquer par sa loyauté, sa haine du mensonge et la sagesse de ses plaidoyers ; il mérita le surnom d'Avocat des pauvres.



Bientôt pourtant la Lumière divine lui fit comprendre qu'il était difficile d'être en même temps riche avocat et bon chrétien : aussi il quitta sans hésiter le monde, où il eût fait bonne figure, pour se retirer chez les Capucins de Fribourg; il y prit l'habit en 1612, à l'âge de trente-cinq ans. 



Devenu prêtre capucin et éminent prédicateur, il obtint de nombreuses conversions auprès des calvinistes des Grisons. L'animosité que cela entraina fit qu'il fut assassiné.



Ses premières années de vie religieuse furent difficiles, il éprouva de profonds doutes, et fut victime de violentes tentations. Son guide spirituel l'aida à voir clair en lui et le rassura. Dès lors, il vendit tous ses biens, et retrouva la paix. Il disait : "J'ai rendu les biens de la terre, et Dieu me donne en retour le royaume du Ciel."

Il choisissait les meubles les plus humbles, les habits les plus usés, il s'infligeait de pénibles mortifications, et vivait les temps de pénitence en ne mangeant que du pain, de l'eau et quelques fruits. "Quel malheur, disait-il, si je combattais mollement sous ce Chef couronné d'épines !"



Il mit tout son zèle dans sa mission, sa vie sainte et austère était un témoignage éloquent, et fit de nombreuses conversions.

Toutefois, il fut trahi, et fut poignardé par un groupe d'hommes qui contestaient son enseignement. Il mourut à Seewis im Prättigau, en 1622.



Béatifié le 24 mars 1729 par le Pape Benoît XIII il fut canonisé une vingtaine d'années plus tard (29 juin 1746) par le Pape Benoît XIV. Liturgiquement il est commémoré le 24 avril.
 

Citation de saint Fidèle :

 

"Ô foi catholique, comme tu es ferme, comme tu es inébranlable, bien enracinée, bien fondée sur la pierre solide! Le ciel et la terre disparaîtront, mais tu ne pourras jamais disparaître. Dès le commencement, le monde entier t'a contredite, mais tu as triomphé de tous par ta grande puissance. La victoire qui a vaincu le monde, c'est notre foi. Elle a fait plier des rois très puissants sous le joug du Christ, elle a conduit les peuples à obéir au Christ."

 

Saint-Fidele-avec-Saint-Joseph-de-Leonessa-par-Tiepolo.jpg

Saint Fidèle avec Saint Joseph de Leonessa par Tiepolo

Sources: 1, 2, 3

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23 avril 2021 5 23 /04 /avril /2021 00:00
Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 68.

Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 68.

Georges de Lydda naît vers 275/280 à Mazaca, en Cappadoce (Turquie), dans une famille relativement aisée. Son père, Gérontius, noble d’Arménie, vint en Cappadoce servir dans l'armée romaine. Son éducation fut toute chrétienneÀ l'âge de dix-sept ans, il embrassa la profession des armes comme son père, et bientôt sa beauté, sa distinction, son courage, l'élevèrent à la dignité de tribun militaire (commandant) dans la garde impériale.
 

La légende du dragon

 

Dans l'histoire de S. Georges il n'y a ni dragons ni princesses. Georges combattit une bande de pillards dirigée par un homme qui terrorisait la région de Lydda (Lod). Le nom de cet homme, Nahfr, en égyptien voulait dire le "serpent", le "dragon" : la région appela l'armée romaine à l'aide. Le pays était obligé de lui fournir chaque jour deux moutons. Un jour que le pays de Lydda n'eut plus de moutons, l'homme réclama un enfant chaque jour en sacrifice. Une jeune fille de quatorze ans fut offerte. C'est alors que Georges décida de mettre fin à cette terreur. Chevauchant son cheval, armé de sa lance, il tua la bête et délivra la région de ce monstre. La légende Jacques de Voragine au XIIIe siècle a spiritualisé cette histoire, qui a sans doute un fondement réel. Le plus ancien récit connu de l'épisode complet du dragon est un texte en géorgien du XIe siècle.

De ses origines orientales, il a été introduit dans la tradition chrétienne occidentale, peut-être par les Croisades.

La légende est devenue un symbole de la victoire de la foi contre le malin.

Le monde de la chevalerie médiévale en a fait l'incarnation de ses propres idéaux. 

De retour à Nicomédie, Georges rendit visite aux chrétiens emprisonnés. Dioclétien ayant rallumé la persécution contre les chrétiens, l'indignation de Georges éclata en face même du tyran, devant lequel il exalta la grandeur du Dieu véritable et confondit l'impuissance des fausses divinités. Sa noble audace lui mérita le reproche d'ingratitude et des menaces de mort. 

 

Dioclétien (empereur 284-305) lui enjoignit de cesser ses actions pro-chrétiennes et de reprendre son service. Il refusa et quitta le palais, en détruisant une tablette sur laquelle figurait l'édit obligeant au culte d'Apollon. Arrêté pour cet acte, il fut soumis à de nombreux supplices, mais il survit miraculeusement, provoquant de nombreuses conversions, notamment celle de l'épouse de Dioclétien, une princesse perse nommée Alexandra, et deux autres consuls d'Orient, Anatole et Protole, ainsi que celle du gardien de la prison où il fut interné.

 

Georges profita de ses derniers jours de liberté pour distribuer ses biens aux pauvres et affranchir ses esclaves. Ainsi préparé aux combats du Christ, le tribun aborde l'empereur lui-même et plaide devant lui la cause des chrétiens.

 

"Jeune homme, lui répond Dioclétien, songe à ton avenir!



- "Je suis chrétien, dit Georges, je n'ambitionne ni ne regrette rien dans ce monde; rien ne saurait ébranler ma foi." Il est alors battu de verges, puis il subit l'affreux supplice de la roue, on le met dans l'intérieur d'une roue armée de tous côtés de pointes d'acier, afin de le déchirer en mille pièces : au sortir de ce supplice, il est entièrement guéri. Un ange descendit du Ciel pour guérir ses blessures.

 

Quelques jours après, le martyr reparaît plein de vie en présence de l'empereur, qui le croyait mort; il lui reproche de nouveau sa cruauté et l'engage à reconnaître le vrai Dieu. Trois jours il est abandonné sur un lit de chaux vive; on lui met ensuite des chaussures de fer rougies au feu, on lui fait avaler un poison très violent, on lui passe les pieds dans des entraves, on l'étend sur le pavé, on lui roule sur la poitrine une énorme pierre; On le suspend à un poteau pour l'éventrer à coups de lance.

 

Georges, par la grâce de Dieu, subit toutes ces épreuves sans en ressentir aucun mal; plusieurs païens même se convertissent à la vue de tant de merveilles. Reconduit de nouveau dans sa prison, l'athlète invincible de la foi vit en songe Jésus-Christ descendre vers lui:



"Georges, lui dit-Il en lui présentant une couronne de pierres précieuses, voilà la récompense que Je te réserve au Ciel; ne crains rien, Je combattrai avec toi demain, et tu remporteras sur le démon une victoire définitive."

 

Le jour suivant, Dioclétien tâcha d'ébranler le martyr par des flatteries:

 

"Conduisez-moi devant vos dieux," dit Georges. On l'y conduit, croyant qu'il va enfin sacrifier.

 

Parvenu devant la statue d'Apollon, Georges fait le signe de la Croix et dit: "Veux-tu que je te fasse des sacrifices comme à Dieu?"

 

La voix du démon répond: "Je ne suis pas Dieu; il n'y a de Dieu que Celui que tu prêches." Et en même temps la statue tombe en poussière. Le peuple s'enfuit épouvanté, et l'empereur vaincu, humilié et furieux, fait trancher la tête au martyr, un vendredi 23 avril 303, à l'âge de 22 ans.

Des chrétiens recueillent sa dépouille pour l'enterrer à Lydda, dans une église qui lui est dédiée, là où il avait vaincu "le dragon".

 

 

En Israël, où son tombeau est vénéré à Lydda (Lod). Chrétiens d'Orient et Musulmans affirment qu’il s'y trouve encore, dans la crypte, sous l’autel.

 

Le culte de saint Georges est attesté dès le IVe siècle en Palestine. Des églises lui sont dédiées, ainsi qu'un monastère à Jérusalem et un autre à Jericho.

En Égypte, il patronne une quarantaine d'églises et trois monastères ; à Constantinople, Constantin devenu empereur en 324, fait élever une église à sa mémoire; saint Georges devient un des protecteurs des milices de Byzance ; En Grèce se construisent des sanctuaires à Mytilène, à Bizana, à Thessalonique et Athènes, tandis qu’à Chypre, on compte plus de soixante églises.

En Italie son culte arrive par la Sicile, Naples et Ravenne où il est attesté dès le vie siècle, ainsi qu’à Ferrare.

Gélase Ier le canonise en l'an 494.

 

Dans le royaume des Francs, sous l'influence de Clotilde, Clovis (466 - roi de 481 à 511) fait élever un monastère en son honneur.

Il semble que le culte de saint Georges fut établi à Rome sous Léon II (682) avec l'église des saints Sébastien et Georges.

Son culte fleurit au IXe siècle, probablement grâce aussi aux croisades et ne faiblira plus au cours du Moyen Âge. Il devient le saint patron de l'ordre du Temple, de l'ordre Teutonique, de l'ordre de la Jarretière...

Des textes laïcs évoquant le martyre du saint furent écrits aux Xe et XIe siècles, comme le Georgslied, un poème vernaculaire relatant la passion du saint ou "la Légende dorée" au XIIIe.

Le culte de saint Georges est très fort en Angleterre où au moins six rois portent son nom. La "Croix de Saint Georges" fut le drapeau officiel de l'Angleterre de 1277 à la création du Royaume-Uni en 1707.

 

En 1970, l'Église a réduit le culte de saint Georges de "fête" à mémoire facultative", car nous manquons de renseignements sur sa vie. Mais la dévotion des fidèles est restée très forte.

Saint Georges († 303)
Saint Georges combattant le dragon, Eugène Delacroix, 1847, musée du Louvre

Saint Georges combattant le dragon, Eugène Delacroix, 1847, musée du Louvre

Saint Georges est vénéré : en Géorgie, dont il est le saint patron ; en Éthiopie, dont il est également le saint patron ("patron céleste de l’Éthiopie") ; en Bourgogne, dont il est le saint protecteur ; en Angleterre, où il remplaça Édouard le Confesseur en tant que saint national lors de la fondation de l’ordre de la Jarretière par Édouard III en 1348. Le drapeau anglais porte d'ailleurs la croix de saint Georges ; en Navarre, où son nom était scandé lors des batailles, notamment par les troupes du roi Charles II ; en Israël, où son tombeau est vénéré à Lydda (Lod) ; chez les scouts dont il est le saint patron ; chez les Grecs, qui lui ont conféré la qualité de Grand-Martyr (mégalomartyr) ; en Arménie, où un monastère dans la ville de Moughni est supposé avoir quelques reliques du saint ; à Beyrouth, dont il est le patron, avec un monastère remontant au IVe siècle ; en Russie, qui l'a adopté comme principal emblème de ses armoiries et où le premier des ordres militaires porte son nom (voir ordre de Saint-Georges) ; au cours de la Seconde Guerre mondiale, une division de l’Armée rouge, constituée sous le patronage de l’Église orthodoxe, porta le nom de Saint-Georges ; en Bulgarie où il est le saint patron de l’armée bulgare ; à Moscou, Gênes, Venise et Barcelone, dont il est un des saints patrons ; en Espagne, il est aussi le saint patron de l’Aragon et la Catalogne, dont il est le saint patron et où la principale décoration, la creu de Sant Jordi ou croix de saint Georges porte son nom, bien qu'il soit aussi vénéré comme saint patron par quelques villes espagnoles importantes dans d’autres régions autonomes du pays, telles que Alcoy ou Cáceres ; en Serbie, Balkans, par les communautés Slaves du Sud comme les Serbes de Croatie, de Bosnie, du Monténégro et les Macédoniens (Đurđevdan), Serbe (Sveti Georgije ou Djurdjic) fêté le 16 novembre en référence à saint Georges de Lyidie et chez les Rroms (Hıdırellez), il est fêté le 6 mai et marque le début du printemps ; en Allemagne où il est le saint patron de la cité de Fribourg-en-Brisgau ; en Suisse où il est le saint patron de la commune de Chermignon ; Dans les troupes blindées de l'armée suisse, qui ont pour devise :  "Par saint Georges, vive la cavalerie !" ; au Brésil et plus particulièrement à Rio de Janeiro où il est très apprécié et où la journée du 23 avril lui est dédiée ; dans toute la chrétienté, en tant que patron des chevaliers ; par les frères de l’ordre du Temple dont il était le saint patron et protecteur ; par les membres de l’ordre Teutonique, dont il est le saint patron ; ainsi qu’au Portugal où il est préféré à saint Jacques ; en Lituanie, où il est vénéré comme "deuxième patron" après saint Casimir ; en Belgique, saint patron des gendarmes à cheval et de la cavalerie ; dans l’arme blindée et cavalerie française, qui a pour devise : "Et par saint Georges… !" ; en Camargue, il est le patron de la Confrérie des gardians ; Il est représenté sur la bannière des Dauphins de Viennois, dont le cri de guerre était "Saint Georges et Dalphiné", et aussi sur la croix de Georges, la médaille la plus haute pour la bravoure des civils dans le Royaume-Uni ; Il est le saint patron des plumassiers.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/bc/Sv_Juraj_Fernkorn_Zg_0707.JPG/645px-Sv_Juraj_Fernkorn_Zg_0707.JPG

Saint Georges et le dragon, Anton Dominik Fernkorn, Zagreb, Croatie
Ordre impérial (russe) et militaire de Saint-Georges, institué par Catherine II de Russie en 1769 pour récompenser officiers et soldats. Supprimé par Lénine, en 1918, il fut réinstauré en 1994 par Boris Eltsine sous le nom d’ordre de Saint-Georges (Орден Святого Георгия). Il comporte quatre classes et ses couleurs distinctives sont l’orange rayé de trois bandes noires.

Ordre impérial (russe) et militaire de Saint-Georges, institué par Catherine II de Russie en 1769 pour récompenser officiers et soldats. Supprimé par Lénine, en 1918, il fut réinstauré en 1994 par Boris Eltsine sous le nom d’ordre de Saint-Georges (Орден Святого Георгия). Il comporte quatre classes et ses couleurs distinctives sont l’orange rayé de trois bandes noires.

Ordre impérial (russe) et militaire de Saint-Georges, Croix de Saint-Georges de 3e classe

Ordre impérial (russe) et militaire de Saint-Georges, Croix de Saint-Georges de 3e classe

Sources : (1), (2) Mgr Paul Guérin, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Editions D.F.T., Saint-Etienne 2003, p. 247 ; (3) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 68.

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22 avril 2021 4 22 /04 /avril /2021 00:00
Saints Alexandre de Lyon et Épipode, Martyrs à Lyon († 178)
Saints Alexandre de Lyon et Épipode, Martyrs à Lyon († 178)

Cet Alexandre que nous fêtons aujourd'hui ne doit pas être confondu avec saint Alexandre, Martyr à Apamée sur le Méandre en Phrygie (Turquie) l'an 171.

Alexandre, d'origine grecque, et Épipode, natif de Lugdunum, sont deux jeunes hommes nés au milieu du IIe siècle et habitant Lyon. Amis, ayant suivi les mêmes études et professant tous deux la religion chrétienne, ils échappent à la persécution contre les chrétiens de 177 sous Marc-Aurèle Antonin (161-180) pendant laquelle périssent entre autres sainte Blandine et l'évêque Pothin, en se cachant à l'extérieur de la ville dans la maison d'une veuve chrétienne prénommée Lucie, dans le faubourg de Vaise. Il y restent quelques mois mais, dénoncés, ils sont arrêtés alors qu'ils tentent de s'enfuir. Lors de l'arrestation, Épipode aurait perdu un soulier que la veuve conserva. Jetés en prison puis interrogés et torturés par le gouverneur romain, ils refusent d'abjurer leur foi et sont condamnés à mort. Épipode est décapité alors qu'Alexandre est crucifié deux jours plus tard.

 

Selon les martyrologes d'Adon et de Florus, 34 autres chrétiens sont exécutés avec eux.

 

Après leur mort, d'autres chrétiens récupèrent secrètement les corps d'Épipode et d'Alexandre et les cachèrent dans une petite grotte non loin de Lyon. Dès la fin de l'Antiquité des récits de miracles prêtent à ces deux saints des guérisons qui font de la grotte un lieu de pèlerinage.

 

Probablement vers la fin de l'Antiquité, lorsque le christianisme est autorisé, les corps de ces deux saints sont transférés à côté du corps de saint Irénée. L'évêque de Lyon Patient construit à cet emplacement l'église Saint-Irénée au Ve siècle. Les trois corps sont enterrés dans la crypte de cette basilique. Grégoire de Tours dans ses Sept livres des miracles évoque ces trois tombeaux, en situant Épipode et Alexandre de part et d'autre d'Irénée. Il écrit également que "la poussière de leurs tombeaux, si on la recueille avec soin, soulage aussitôt ceux qui souffrent".

 

Les corps sont détruits en grande partie lors de l'occupation de la ville par les protestants en 1562. Il n'en resta que quelques ossements d'Épipode, perdus lors de la Révolution, et la main gauche d'Alexandre.

 

Saint Épipode est fêté le 22 avril par les églises catholique et orthodoxe et Saint Alexandre le 24 avril. Les deux sont fêtés ensemble le 22 avril dans le diocèse de Lyon. 

 

La passion d'Épipode et Alexandre a été écrite dans les Actes des saints Épipode et Alexandre, rédigés au Ve siècle par un auteur anonyme. Le récit, attribué par le passé à l'évêque de Lyon Eucher, est plus probablement l'œuvre de Fauste de Riez (462-485).

 

Les deux martyrs sont également cités dans le Martyrologe hiéronymien et dans ceux d'Adon de Vienne et de Florus de Lyon.

 

Saint Eucher leur consacre une homélie. (1)

 

 

À Lyon, en 178, saint Alexandre, martyr. Deux jours après la passion de son ami saint Épipode, il fut retiré de sa prison, déchiré sur tout le corps et enfin attaché en croix, où il rendit l'esprit.

 

Martyrologe romain (2) 

 

Saint Alexandre expire en invoquant le saint Nom de Jésus.

 

Pensée spirituelle d’Alexandre à son juge :

 

"Apprends donc que les âmes, auxquelles tu crois donner la mort, prennent leur essor vers le ciel où un royaume les attend."

 

Courte prière d’après les paroles d’Alexandre mourant :

 

"Dieu que j’adore, Tout-Puissant et Eternel, donne-moi la force de te confesser jusqu’au dernier soupir."  (3) 

À Lyon, en 178, saint Épipode, qui, après les combats glorieux des quarante-huit martyrs, l'année précédente, fut arrêté avec son ami très cher Alexandre, torturé sur le chevalet et eut enfin la tête tranchée, terminant ainsi son martyre. (4)

 

Réplique d'Épipode au juge qui tentait de vaincre sa résolution :

 

"La vie que tu me proposes est pour moi une éternelle mort; et la mort dont tu me menaces est un passage à une Vie qui ne finira jamais !

 

Lorsque nous périssons par vos ordres, vos tourments nous font passer du temps à l'éternité, des misères d'une vie mortelle au Bonheur d'une Vie qui n'est plus sujette à la mort." (5)

 

Parole de Saint Epipode au moment de sa condamnation :

 

"Je confesse que le Christ est Dieu avec le Père et le Saint-Esprit. Il est juste que je lui rende mon âme, à lui mon créateur et mon sauveur. Ainsi la vie ne m’est pas ôtée, elle est transformée en une vie meilleure. Peu importe la faiblesse du corps, par laquelle il se dissout finalement, du moment que mon âme, transportée aux cieux, soit rendue à son créateur." (6)

Sources: (1) Wikipedia ; (2) Nominis ; (3) CNews;  (4) Nominis ; (5) Réflexions chrétiennes ; (6) Eglise catholique.fr

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21 avril 2021 3 21 /04 /avril /2021 00:00
Saint Anselme de Cantorbéry, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 15.

Saint Anselme de Cantorbéry, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 15.

Je ne cherche pas à comprendre afin de croire, mais je crois afin de comprendre. Car je crois ceci - à moins que je crois, je ne comprendrai pas.

Saint Anselme est vraiment un homme européen :

 il est né à Aoste en Piémont (Italie) en 1033 d'une famille noble et riche; il a ensuite été abbé du Bec, en Normandie, et il est ensuite devenu archevêque de Cantorbéry, en Angleterre.


Par sa culture, en tant qu'éducateur, et en tant que prêtre, c'était un Européen.

 

Sa pieuse mère Ermengarde lui apprit de bonne heure à aimer Dieu et la Très Sainte Vierge; mais, privé du soutien maternel vers l'âge de quinze ans, poursuivi dans sa vocation religieuse par un père mondain et intraitable, il se laissa entraîner par le monde.

Las d'être la victime de son père, - son père en effet ne cessait de le poursuivre pour le bien qu'il faisait -, 
il s'enfuit en France, et se fixa comme étudiant à l'abbaye du Bec, en Normandie. Il avait déjà plus de vingt ans. Là il dit à Lafranc, chef de cette célèbre école: "Trois chemins me sont ouverts: être religieux au Bec, vivre en ermite, ou rester dans le monde pour soulager les pauvres avec mes richesses: parlez, je vous obéis." Lafranc se prononça pour la vie religieuse. Ce jour-là, l'abbaye du Bec fit la plus brillante de ses conquêtes. 

Quand bientôt Lafranc prit possession du siège archiépiscopal de Cantorbéry
, il fut élu prieur de l'abbaye, malgré toutes ses résistances; il était déjà non seulement un savant, mais un Saint. De prieur, il devint abbé, et dut encore accepter par force ce fardeau, dont lui seul se croyait indigne.

 

Très tôt, il fut appelé à prendre une part très active dans la réforme monastique, déchue en Angleterre, réforme entreprise avec beaucoup de difficulté par Lafranc face à l'hostilité unanime de l'épiscopat anglais. L'influence d'Anselme se fit sentir bientôt non seulement dans la communauté monastique de Saint-Sauveur de Cantorbéry, mais partout en Angleterre

 

Sa vertu croissait avec la grandeur de ses charges. Le temps que lui laissait libre la conduite du couvent, il le passait dans l'étude de l'Écriture Sainte et la composition d'ouvrages pieux ou philosophiques. Bien qu'il n'ait jamais suffisamment personnalisé ses vues pour être chef d'école, convaincu que la foi elle-même pousse à une compréhension rationnelle plus intelligente (fides quaerens intellectum), Anselme est le véritable fondateur de la pensée et de la méthode scolastiques défendues par Abélard et couronnées par Thomas d'Aquin.

 

Car, dans ses entretiens et son enseignement, Anselme commença à utiliser une méthode qui devait marquer profondément les époques postérieures. Appuyé sur la "seule raison" (sola ratione), il essaya de montrer l'enchaînement nécessaire des vérités révélées: la nécessité logique qui relie tout ce que nous croyons de Dieu et de ses attributs, à l'exception de l'Incarnation. C'est ainsi qu'est né le Monologion. Dans ce livre, au lieu de faire appel aux autorités scripturaires ou patristiques - procédé habituel jusqu'alors pour exposer la doctrine de la foi - Anselme s'efforça de prouver les vérités de la foi uniquement par des arguments rationnels. À l'opposé de sa méthode, surgira quelques siècles plus tard celle de Luther, qui insistera unilatéralement sur la foi alors que chez Anselme, foi et raison demeurent étroitement liées. 

 

On lui attribue la première formulation de la preuve ontologique de l'existence de Dieu qui sera reprise par Descartes et critiquée par Kant. Comme Dieu est unique, il devait y avoir une voie unique pour la raison, "un argument unique", capable de démontrer que Dieu est vraiment et qu'Il est le souverain bien dont tout dépend, mais qui n'a besoin de rien. Ce projet se réalisa soudain un jour, telle une lumière foudroyante accompagnée d'une immense joie, après une recherche longue et laborieuse. Tout de suite, Anselme mit par écrit sa pensée sur des tablettes de cire. C'est ainsi que vit le jour ce petit opuscule qu'Anselme intitula, après quelques hésitations, Proslogion, et qui lui valut de perpétuer son nom dans l'histoire de la pensée. C'est un véritable défi à l'adresse de l'"insensé" du Psaume, personnifiant les athées de tous les temps. Depuis, jusqu'à nos jours, très peu de penseurs ont pu se dispenser de se prononcer au sujet du contenu de ce petit livre.

 

Ayant défini Dieu comme "l'être tel que rien de plus grand ne peut être pensé", Anselme argumente que, si on affirmait que Dieu n'existe pas en réalité mais seulement dans notre pensée, comme idée, il serait possible de penser un être plus grand, qui aurait les mêmes caractéristiques mais qui, lui, existerait non seulement comme idée dans notre pensée, mais aussi en réalité. Et cet être serait Dieu, conformément à la définition initiale : l'être tel que rien de plus grand ne peut être pensé. Ainsi, en niant l'existence de Dieu tel que défini, on admet implicitement son existence, et donc on se contredit, on est "insensé". Et Anselme de conclure qu'il est raisonnable de croire en Dieu et que foi et raison sont compatibles. Il soutient qu'il est possible de concilier la foi et les principes de la logique et de la dialectique. À ses détracteurs, Anselme répondait que son traité reflétait parfaitement les doctrines de saint Augustin.

 

Il reprend de Platon l'idée que celui qui connaît la vérité connaît Dieu

Sa définition la plus courte de la vérité est :

« La vérité est la rectitude qui seule est compréhensible par l’esprit (veritas est rectitudo mente solo perceptibilis)».

 

La rectitude rapportée à l’homme signifie selon lui que l’homme tout entier - avec sa pensée, son comportement, et sa volonté - se tourne vers l’éternel fondement qui est Dieu, et qu’il s’engage dans l’être juste qui rend possible la rencontre avec la vérité.

La foi est un don et un point de départ et aucun argument rationnel ne peut la renverser et la détruire, ni lui nuire. La raison vraie conduit nécessairement aux vérités de la foi. Celui qui cherche à comprendre si Dieu existe, peut comprendre ce principe parce qu’il se trouve dans son intelligence. Si l’on admet à présent que ce qui est plus parfait n’est pas seulement pensé mais qu’en plus, il existe en réalité a priori, alors doit exister nécessairement "ce qui est tel qu’on ne peut rien penser a priori de plus parfait". Saint Anselme étend l’argument en constatant que, d’après la définition de départ de Dieu la non-existence d’un tel être est inconcevable, car ce qui existe nécessairement, est plus parfait que quelque chose dont la non-existence peut être pensée, et qui existe donc par contingence. L’argument de Saint Anselme fut âprement discuté tout au long du Moyen Age.

 

Dans le Proslogion il définit Dieu comme : « ce qui est tel qu’a priori rien de plus grand (de plus parfait) ne peut être pensé ». Selon sa théologie, la connaissance, bien que nécessaire pour croire, n’est ni l’origine ni l’achèvement de la foi, car, à son tour, elle doit se transformer en amour et en contemplation de Dieu (Monologion). Mais c’est dans le Proslogion qu’Anselme pense atteindre ce but par l’argument de la preuve ontologique. Cette "preuve" est au point de départ de la controverse sur l’existence de Dieu qui traversa la philosophie jusqu’à Hegel et la théologie jusqu’à K. Barth (Dictionnaire Encyclopédique Larousse, 1979).

 

La prière toutefois passait avant tout le reste; l'aube le retrouvait fréquemment à genoux. Un jour le frère excitateur, allant réveiller ses frères pour le chant des Matines, aperçut dans la salle du chapitre, une vive lumière; c'était le saint abbé en prière, environné d'une auréole de feu.

 

Avec la mort de Lafranc, la situation de l'Eglise d'Angleterre devint de plus en plus difficile: le roi refusa de nommer des évêques à la tête des diocèses, il confisqua les biens ecclésiastiques, et les barons laïques ne furent pas épargnés.



Forcé par la voix du Ciel, le roi d'Angleterre, Guillaume le Roux (fils du Conquérant), le nomme archevêque de Cantorbéry en 1093; Anselme refuse obstinément; mais, malgré lui, il est porté en triomphe sur le trône des Pontifes. Huit mois après, il n'était pas sacré; c'est qu'il exigeait comme condition la restitution des biens enlevés par le roi à l'Église de Cantorbéry. Le roi promit; mais il manqua à sa parole; le siège de Cantorbéry resta vacant, et dès lors Anselme, inébranlable dans le maintien de ses droits, ne fut plus qu'un grand persécuté.

 

En qualité de primat d'Angleterre, il s'attaque à la corruption du clergé et à l'invasion du pouvoir laïque, au point de se trouver en conflit avec le roi Guillaume II "le Roux".

 

Il connut deux exils sous deux rois successifs.

Le motif du premier exil sous Guillaume le Roux fut la question de l'obéissance à l'égard du pape: d'après Anselme, c'était le Souverain pontife et non pas le roi qui devait lui remettre le pallium, symbole du pouvoir spirituel. Or, malgré l'insistance réitérée d'Anselme, le roi lui refusa la permission d'aller à Rome. À ce moment-là, Anselme se trouva devant le dilemme : obéir au roi, auquel il avait prêté serment de fidélité en tant que premier baron du royaume, ou obéir au pape, qui, seul, avait le pouvoir de lui donner les insignes du pontificat. Harcelé par les agents du roi et dépouillé de tous ses biens, Anselme quitta le port de Douvres. C'est ainsi qu'il commença son pèlerinage à travers toute l'Europe jusqu'à son arrivée à Rome, où le pape Urbain II l'accueillit avec des égards extraordinaires. Ce dernier le proclama hautement "héros de doctrine et de vertu; intrépide dans les combats de la foi." 

 

Pendant son séjour italien, Anselme assista au concile de Bari, où il défendait l'orthodoxie face aux Grecs, ensuite au synode de Rome, qui renouvela les décrets contre la simonie, le concubinage des clercs et l'investiture laïque. Mais l'esprit d'Anselme cherchant le repos, il supplia le pape de le libérer de sa charge d'archevêque. En vain.

 

C'est alors dans son exil qu'il rédigera son célèbre ouvrage théologique, le Cur Deus homo ("Pourquoi Dieu s'est fait homme"), dans lequel il essaie de trouver des raisons nécessaires pour expliquer, face peut-être aux juifs ou aux musulmans, l'Incarnation du Verbe, problème qu'il n'avait abordé avec sa méthode ni dans le Monologion ni dans le ProslogionL’alliance entre Dieu et l’homme, brisée par le péché originel de ce dernier, est restaurée par la venue de Jésus sur terre, précisément parce qu’il est Dieu et homme. (1098) Anselme montre qu’il est impossible à l’homme, s’il est laissé à lui-même, de faire réparation du péché commis par Adam et Ève contre Dieu. Mais Dieu lui-même prend l’initiative de la réconciliation en se faisant homme parmi les hommes en la personne de Jésus-Christ.

 

Son exil se prolongea encore et il quitta l'Italie pour être accueilli par son ami Hugues, archevêque de Lyon. Partout, lors de son passage, les gens se précipitaient pour voir et écouter Anselme, cet homme charismatique. De Lyon, il visita les communautés religieuses de la région. C'est ainsi qu'il se rendit à Cluny, à La Chaise-Dieu, où il apprit le décès de Guillaume le Roux. Le frère de ce dernier, Henri Beauclerc (Henri Ier), invita Anselme à reprendre son siège archiépiscopal tout en lui promettant de respecter les lois de l'Église. (1100)

 

Quand Anselme apprit la mort tragique de Guillaume dans une partie de chasse, il s'écria en fondant en larmes: "Hélas! J'eusse donné ma vie pour lui épargner cette mort terrible!". Anselme put revenir en Angleterre, vivre quelques années en paix sur son siège, et il vit refleurir la religion dans son Église.

 

Mais une nouvelle crise éclata bientôt entre le nouveau roi et Anselme. Cette fois-ci l'enjeu était l'investiture laïque. Le roi se fit sacrer par l'un de ses évêques, sans attendre l'arrivée du primat d'Angleterre, auquel incombait le sacre du roi. Renforcé dans ses convictions durant son séjour romain, Anselme n'entendait point céder au roi, car il s'agissait d'une chose sacrée ne relevant pas du domaine temporel. En 1103, Anselme partout de nouveau en exil et se rendit à Rome. Puis, en revenant, il alla voir à Blois la comtesse Adèle, soeur d'Henri Ier, qu'il croyait gravement malade, et il lui confia son intention d'excommunier ce dernier pour avoir entravé la liberté de l'Église en Angleterre et l'exercice de la fonction primatiale de l'archevêque de Cantorbéry. Alerté par sa soeur et craignant les conséquences politiques graves de l'excommunication dans son royaume, le roi se précipita pour rencontrer Anselme à L'Aigle. Il renonça alors à l'investiture et promit son obéissance au pape. Mais, toujours rusé et intrigant, il décida d'envoyer des messagers à Rome pour gagner du temps et pour différer ainsi son renoncement à l'hommage qu'Anselme exigeait également pour rendre aux évêques leur pleine liberté spirituelle à l'égard du pouvoir temporel. Le pape Pascal II trancha et, vu le changement de comportement d'Henri, il autorisa les évêques à prêter l'hommage au roi. La décision romaine ouvrit la voie à une réconciliation définitive entre Anselme et le roi Henri. Celui-ci promit de rendre toute liberté à l'archevêque et de lui restituer tous ses biens ainsi que ceux d'autres ecclésiastiques qu'il avait confisquer pour financer une campagne militaire destinée à étendre son pouvoir sur le continent en arrachant la Normandie à son frère Robert. 

 

Cependant, une maladie grave empêcha Anselme de regagner son siège primatial après trois années d'absence pendant lesquelles l'Église avait été soumise aux pires persécutions: confiscations des biens du clergé, emprisonnements, tortures d'un grand nombre de prêtres, exactions et spoliations continuelles, tandis que les agents du rois 'installaient dans les évêchés et les monastères. Anselme, malgré plusieurs rechutes, reprit des forces petit à petit. Le roi lui rendit visite au Bec, puis il lui confia l'administration de la Normandie. Une fois rétablie, Anselme regagna enfin Cantorbéry. Ses relations avec Henri s'amélioraient si bien que ce dernier, pendant son expédition militaire sur le continent, remit entre les mains d'Anselme le gouvernement du royaume. 

 

Saint Anselme disait à ses moines : 

Prenez modèle sur les anges du ciel et imitez en tout la vie des anges. Que cette contemplation soit votre maîtresse, que cette considération soit votre règle.

Saint Anselme, Un Croyant cherche à comprendre, Paris, le Cerf, 1970, Épître 230. (Chrétiens de tous les temps, 40.) Cité dans Gilles JEANGUENIN, Les Anges existent !, Éditions Savator, Paris 2008, p. 207.

Assomption avec saints (Saint Anselme est le deuxième à partir de la gauche), Pier Francesco Foschi, Second moitié du XVIe s., Florence, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 241-242.

Assomption avec saints (Saint Anselme est le deuxième à partir de la gauche), Pier Francesco Foschi, Second moitié du XVIe s., Florence, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 241-242.

À son retour l'an 1106, âge de 73 ans, Anselme dut se remettre au travail pour mettre de l'ordre dans cette Église ravagée par tant d'années de désordres et de persécutions. Cette fois, le roi lui prêta la main : le concile de Londres (1107), en présence du roi Henri et d'Anselme, abolit définitivement l'investiture royale et laïque, mais il statua également que la consécration épiscopale ne devait pas être refusée à quiconque pour avoir prêté hommage au roi.

 

Affaibli, épuisé, Anselme quitta ce monde à Cantorbéry, à l'aube du Mercredi saint, le 21 avril 1109 à 76 ans.

 

Il a été déclaré docteur de l'Église en 1720. On le représente en habits épiscopaux. 

 

NOM : vient de l'ancien allemand et signifie "protégé de Dieu".

 

"Tel temps à la Saint-Anselme, tel temps pendant une semaine."

 

 

Sources : (1) ; (2) ; (3) ; (4) ; (5) ; (6) ; (7) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 14-15; (8) Rosa GIORGI, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 241-242 ; (9) Dictionnaire des saints et Grands témoins du christianisme, Sous la direction de Jean-Robert ARMOGATHE et André VAUCHEZ, CNRS Éditions, Paris 2019, pp. 63-68.

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19 avril 2021 1 19 /04 /avril /2021 00:00
Sainte Emma de Sangau, Hemma ou Gemma, Veuve à Gürk († 1045)

Emma vient du mot hébreu " Immanouel " ou " imanu-el " qui signifie " Dieu avec nous ". Etonnamment, on lui connait également des racines germaniques, " ermin " signifiant alors " toute puissance " ou encore " maison ".

D'origine autrichienne, sa mère était, parait-il, une femme insupportable. Son père ne vint jamais à bout de cette mégère et il reporta toute son affection sur sa fille qui avait toutes les vertus. Il lui fit épouser un mari charmant, le comte Ludger, dont elle eut deux fils. L'un d'entre eux, saint Meinwerk, devint évêque de Paderborn. Veuve, elle consacra les quarante dernières années de sa vie à secourir les malheureux, à construire des monastères dont celui de Gurk en Autricheet des églises dont l'abbaye de Saint Ludger en Westphalie, lui donnant le nom de son inoubliable époux.

Emma, une authentique laïque qui découvrit la sainteté dans la vie conjugale et familiale.

Elle meurt à Brême le 19 avril 1045.Quelques années plus tard, on décide d'ouvrir son tombeau pour s'apercevoir que son corps est redevenu poussière, excepté sa main droite avec laquelle elle avait fait la charité toute sa vie.

Elle sera canonisée 800 ans après sa mort et sa tombe deviendra alors un lieu de pèlerinage.

Elle ne doit pas être confondue avec une autre veuve du nom d’Emma, parente de l’empereur saint Henri, fêtée le 29 juin, et qui vécut à la même époque en Autriche.

Sainte Emma intercédez pour notre monde fou qui se construit sans Dieu. Que les hommes de ce temps soit touchés au cœur par l’amour sans borne de Celui qui les crée à chaque instant.

Sources: 12; 34

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18 avril 2021 7 18 /04 /avril /2021 00:00

http://nominis.cef.fr/images/gallerie/perfectodecordoba.jpg

Prêtre à Cordoue (Espagne), saint Parfait ne cachait pas son engagement religieux. Les musulmans qui occupaient l'Espagne l'arrêtèrent et le décapitèrent à Cordoue, l'an 850.

 Il desservait une paroisse et, comme tous ses confrères, il savait qu'il risquait sa tête à vouloir convertir les musulmans. Il se méfia donc quand deux musulmans l'abordant dans la rue lui demandèrent ce qu'il pensait de Mahomet et de Jésus car, disaient-ils, "nous ne désirons que nous instruire". Il se mit à leur prouver que Mahomet était un faux prophète et que seul Jésus était le sauveur. Ils souhaitèrent le bonjour à saint Parfait, le laissèrent rentrer tranquillement chez lui, puis quelques jours après, ils le dénoncèrent à des amis. Traduit devant le tribunal arabe, il fut condamné à mort. Une fois encore et publiquement, il dit ce qu'il pensait de Mahomet et du Coran. La légende dit que ses derniers mots furent pour bénir le Christ et condamner Mahomet et son Coran. Plusieurs chrétiens sont massacrés en représailles par les musulmans d'Al-Andalus

Parfait est considéré comme l'un des plus grands martyrs de son époque, l'un des premiers au cours d'une période de persécution des chrétiens par les musulmans en Al-Andalus, qui commença en 850 sous Abd al-Rahman II, se poursuivit sous son successeur Muhammad Ier, et par la suite continua de façon intermittente jusqu'en 960.

Son supplice, enregistré par S. Euloge, figure dans le Memoriale sanctorum. Son culte passa en France puisque les chanoines de la cathédrale de Paris chantèrent longtemps une messe solennelle en son honneur chaque 18 avril.

***

 

Sources : 1, 2, 3

 

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15 avril 2021 4 15 /04 /avril /2021 00:00
Saint Paterne de Vannes, Évêque d’Avranches († v. 565)

Saint Paterne de Vannes, Évêque d’Avranches († v. 565)

Surnommé aussi Paterne l'Ancien, pour le distinguer de celui de Coutances en Normandie.

On connaît peu de choses de lui, mais l'auteur imaginatif de l'aimable roman hagiographique connu sous le nom de "Vita Paterni" supplée largement à ces lacunes.

Ce Breton d'Armorique émigre en Bretagne insulaire (actuellement Pays de Galles) au rebours du mouvement habituel des Bretons à cette époque.

Il va fonder, au comté de Cardigan, un monastère qui prendra le nom de "Lhan-Paderne-Vaur" - église du grand Paterne.

On dit qu'il bâtit d'autres monastères au Pays de Galles et convertit des rois en Irlande.

Au cours d'un pèlerinage en Terre Sainte, il reçoit la consécration épiscopale à Jérusalem. De retour en Armorique, le roi Caradoc lui confie l'évêché de Vannes.

Le nouveau venu se lie d'amitié avec son voisin, saint Samson, évêque de Dol.

Vilipendé par de faux frères, il prend une retraite anticipée.

 

Sources : 1, 2, 3

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14 avril 2021 3 14 /04 /avril /2021 00:00
Saint Maxime Martyr à Rome († 260)

Valérien et Tiburce donnaient une sépulture aux chrétiens massacrés ce qui leur valut d'être condamnés à mort.

 

Maxime, chargé de les exécuter se convertit et subit lui aussi le martyr.

 

Martyrologe Romain : À Rome, au cimetière de Prétextat sur la voie Appienne, les saints martyrs Tiburce, Valérien et Maxime.

 

Sources: 1, 2

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13 avril 2021 2 13 /04 /avril /2021 00:00
Sainte Ida, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 99

Sainte Ida, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 99

Mère de Godefroy de Bouillon et de Baudouin Ier, premiers rois de Jérusalem après la Première Croisade, on attribue une grande part du succès de cette croisade à ses prières.

Ide ou Ida de Lorraine est une figure injustement méconnue du XIe siècle français. Descendante de Charlemagne et nièce du Pape Etienne IX, elle épouse le Comte Eustache de Boulogne qui sauve la vie de Guillaume le Conquérant lors de la bataille d’Hastings. Belle-sœur de Geoffroy, évêque de Paris et chancelier du roi de France Philippe Ier, son influence politique est considérable. Ses fils, Godefroy de Bouillon et Baudouin sont les premiers rois francs de Jérusalem.

Une de ses filles devient l'épouse de l'empereur germanique Henri IV. Sa petite fille Mathilde monte sur le trône d’Angleterre. Et son dernier fils devient l'ancêtre de la lignée des rois du Portugal.

Entre la Croix et l’Epée, elle bâtit des cathédrales vénère le précieux sang du Christ et sera canonisée. Son épopée nous entraîne dans un étonnant voyage au cœur de l’Histoire médiévale.

Vers le 15 août et début septembre 1095, les Lorrains entraînés par le duc de Lorraine, Godefroy, et ses deux frères, tous trois fils d’Ide de Boulogne, se dirigent vers Pontarlier pour la vallée du Danube et la Terre Sainte, parce que les "Français" se mettent enfin en route pour la Croisade. 

Très belle femme, grande, blonde, mère de famille exemplaire, Ida était aussi une femme pieuse, elle fonda de nombreuses abbayes en Picardie, bâtit la cathédrale de Boulogne et celle de Lens, fonda des maladreries (soins des lépreux) et des hôpitaux, elle resta célèbre pour sa grande charité auprès des pauvres, ce qui lui valut de devenir sainte. Quand elle meurt elle n'a plus sur elle que sa robe de bure, elle a tout donné. Elle fit de nombreux miracles de son vivant, mais également après.

C'est à elle que l'on doit le dicton du boulonnais "à chacun son pain et son hareng". Le roi Louis XI la nomma patronne de Boulogne et de son comté en avril 1478.

Sainte Ide (Ida) de Boulogne (1040-1113)

Devenue veuve, Ida vend ses biens en partie au profit des pauvres et en partie pour la fondation de monastères à Boulogne, Calais, Arras et dans les Pays-Bas. Elle meurt le dimanche 13 avril 1113. De son vivant déjà de nombreux miracles accompagnent ses bontés pour les veuves et les enfants abandonnés.

Son culte a repris au début du XXe siècle. Ses reliques sont visibles chez les Bénédictines de Bayeux (Calvados).

Dans la messe, la fête de sainte Ide est le 13 avril.

Le nom de Ida est actuellement le nom qui est le plus donné dans la totalité des pays nordiques, et est extrêmement commun tant en Russie qu'en Allemagne.

 

Sources : (1); (2); (3) ; (4) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 98.

 

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12 avril 2021 1 12 /04 /avril /2021 00:00

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/51/Iulius_I.jpg

Jules Ier travailla à affermir la foi en combattant l'arianisme qui professait que, si le Christ était parfait, en revanche il n'était pas divin.

Son mérite fut d'avoir maintenu le mystère de la Sainte Trinité contre ceux qui tentaient de faire de la doctrine chrétienne un monothéisme à moitié rationaliste, acceptable par tous sans doute, mais éloigné des paroles du Christ lui-même dans leur interprétation fondamentale.

Il fallut six conciles pour que la doctrine trinitaire et christologique puisse exprimer et respecter le mystère essentiel de la foi. (1)

Alors que sévissaient les ariens, Jules prit la défense de S. Athanase, défenseur de la foi trinitaire, contre les attaques de ses ennemis, l’accueillit quand il fut exilé et prit soin de convoquer dans cette affaire le Concile de Sardique (actuellement Sofia en Bulgarie) (2) en 347.

 

La foi trinitaire (Mt 28:19; II Co 13 : 13I Jn 5 : 1-7 ; Jn 15 : 26) est définie dès 325 au concile de Nicée, et complétée, après presque un siècle de discussions subtiles, au premier concile de Constantinople en 381.

 

"Nous croyons en un seul Dieu, Père Tout-Puissant, créateur de toutes choses visibles et invisibles.

Et en un seul Seigneur, Jésus Christ, le Fils de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré mais non pas fait (Note: Ceci est dirigé contre les théories d'Arius qui qualifiait le Fils de "créature de Dieu parfaite"), de même substance que le Père (Homoousios), par qui toutes choses ont été faites, ce qui est au ciel et sur la terre, qui pour nous les hommes et pour notre salut est descendu et s'est incarné, et s'est fait homme, a souffert et est ressuscité le troisième jour, est monté aux cieux et viendra juger les vivants et les morts.

Et au Saint-Esprit.

Quant à ceux qui disent: 'Il fut un temps où il n'était pas et avant d'être engendré il n'était pas', ou bien: 'Il a été tiré du néant' (Note: cet anathème vise Arius), ou qui prétendent que le Fils de Dieu est d'une autre substance, ou qu'il est créé, ou changeant, ou variable, ceux-là l'Eglise catholique et apostolique les déclare anthèmes" (Concile de Nicée 325). (3)

 

Jules fait élever à Rome, la Basilique des Douze Apôtres communément nommée à l'époque la Basilica Juliana ainsi que la Basilique Sainte-Marie-du-Trastevere.

Il mourut le 12 avril 352 et fut enterré au cimetière de Calepodio via Aurelia où il avait fait construire une église. Sa dépouille fut transférée par le pape Adrien Ier, en 790, en l'église Sainte-Marie-du-Trastevere où il repose désormais. (4)

 

***

 

Sources:(1) L'Evangile au quotidien; (2) http://nominis.cef.fr/contenus/saint/958/Saint-Jules-Ier.html; (3) Jacques LOEW et Michel MESLIN, Histoire de l'Eglise par elle-même, Fayard, Paris 1978, p. 21, 40; (4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Ier

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11 avril 2021 7 11 /04 /avril /2021 00:00

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/cb/SStanis%C5%82aw.JPG/441px-SStanis%C5%82aw.JPG

Saint Stanislas

 

Stanislas. Vient du polonais stan = mettre debout, et slava = gloire.

 

Saint Stanislas, évêque de Cracovie au XIe siècle, Patron de la Pologne, naquit en 1030 de parents fort avancés en âge, mariés depuis trente ans et encore sans postérité. Dieu, qui avait des vues élevées sur cet enfant, lui inspira dès son bas âge de grandes vertus, surtout la charité pour les pauvres, et une mortification qui le portait à jeûner souvent et à coucher sur la terre nue, même par les plus grands froids. 

La plus belle partie de la vie de Stanislas est celle où il fut en butte à la persécution du roi de Pologne, Boleslas II, prince qui menait une conduite publiquement scandaleuse. Seul l'évêque osa comparaître devant ce monstre d'iniquité, et d'une voix douce et ferme, condamner sa conduite et l'exhorter à la pénitence. Le roi, furieux, attendit l'heure de se venger. 

Le pontife avait acheté pour son évêché, devant témoins, et il avait payé une terre dont le vendeur était mort peu après. Le roi, ayant appris qu'il n'y avait pas d'acte écrit et signé, gagna les témoins par promesses et par menaces, et accusa Stanislas d'avoir usurpé ce terrain. L'évêque lui dit : "Au bout de ces trois jours, je vous amènerai comme témoin le vendeur lui-même, bien qu'il soit mort depuis trois ans." 

Le jour venu, le saint se rendit au tombeau du défunt ; en présence d'un nombreux cortège, il fit ouvrir la tombe, où on ne trouva que des ossements. Stanislas, devant cette tombe ouverte, se met en prière, puis touche de la main le cadavre : "Pierre, dit-il, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, viens rendre témoignage à la vérité outragée.

À ces mots, Pierre se lève, prend la main de l'évêque devant le peuple épouvanté, et l'accompagne au tribunal du roi. Le ressuscité convainc de calomnie le roi et les témoins, et de nouveau accompagne l'évêque jusqu'au tombeau, qu'on referme sur son corps, redevenu cadavre. Loin de se convertir, le roi impie jura la mort de Stanislas, et bientôt l'assassina lui-même pendant qu'il offrait le saint sacrifice.

 

Innocent IV canonisa Stanislas le 17 septembre 1253. Il est fêté le 11 avril.

 

 

Sources: (1); (2) Jean-Louis Beaucarnot, Les Prénoms et leurs secrets, France Loisirs, Paris 1991, p. 170; (3)

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10 avril 2021 6 10 /04 /avril /2021 00:00
Saint Fulbert de Chartres dans sa cathédrale (Chartres, Bibliothèque municipale, Ms. 4, fol. 94)

Saint Fulbert de Chartres dans sa cathédrale (Chartres, Bibliothèque municipale, Ms. 4, fol. 94)

Fulbert. Vient du germanique fulk ou folk = le peuple, et berth = brillant.

 

À Chartres, en 1029, saint Fulbert, évêque. Il nourrit de sa doctrine un grand nombre de personnes, entreprit par sa munificence et son zèle le grand œuvre de la cathédrale et magnifia par ses chants la Vierge Marie.

 

Martyrologe romain

 

Saint Fulbert, l'un des plus grands et des plus saints évêques de Chartres, fut aussi le premier savant de son époque ; l'un de ses biographes dit qu'il surpassait facilement tous ses contemporains, tant dans la connaissance des Saintes Écritures que dans les sciences profanes. [1]

L'auguste Mère de Dieu se plut à récompenser sa piété par des faveurs extraordinaires. Dans une maladie très grave, Marie fit couler sur ses lèvres un baume céleste, et le mal disparut. 

Précepteur du fils du roi Hugues Capet, Robert II le Pieux, Fulbert fonde à Chartres une école appelée à une grande notoriété. On y apprend la théologie, la géométrie, la médecine, la philosophie. [2] Expert en médecine, pédagogue écouté, savant, historiographe, musicien, poète, mais également administrateur prudent, pasteur zélé, ce maître rassemble autour de lui les plus grandes intelligences du royaume. Il est choisi comme évêque de Chartres en 1006. Il se disait "le tout petit évêque d'une grande Église";  [3]

 

Une de ses gloires, c'est la construction de la cathédrale de Chartres (dont la crypte subsiste encore), mais qu'il ne verra jamais terminée. Humble et doux, il fréquente les petits comme les princes qui l'aident à bâtir la cathédrale qu'il tient à dédier à Notre-DameL'ancienne construction avait été détruite par un effroyable incendie en 1020. Fulbert employa au temple magnifique qu'il fit construire tout ce qu'il possédait ; les largesses royales affluèrent de toutes parts. Il s'appliqua ensuite à y faire honorer Dieu par des chants harmonieux et des cérémonies majestueuses. Ses dons musicaux furent mis au service de la liturgie et au service du culte marial qu'il contribua à développer; Notre-Dame était souveraine à Chartres. 

C'est dans la crypte de cette cathédrale insigne qu'est honorée Notre-Dame-de-sous-terre, dont l'histoire merveilleuse remonterait au temps des Druides, et dont l'image était dédiée à la Vierge qui devait enfanter : Virgini pariturae.

À l'époque des druides, les Saints Forts ne sont autres que les habitants d'un village du pays carnute. Ils reconnurent aussitôt la Virgo paritura qu'adoraient leurs ancêtres dans la Vierge Mère que leur annonçait un missionnaire. Convertis en masse, les carnutes refusèrent d'abjurer leur foi, qui renouait si bien avec les plus hautes aspirations de l'ancienne religion celte. Ils furent jetés vivants dans le puits que l'on voit toujours sous la cathédrale de Chartres... [4]

L'enseignement de S. Fulbert attira d'éminents disciples. On possède de lui 140 lettres. [5] 

 

***

 

Sources: [1] Catholique.org ; [2] Nominis [3]  Missel du Dimanche 2018, Nouvelle Traduction liturgique, Année B, Bayard Éditions, Lonrai 2017, p. 391-392 ; [4] Anne Bernet, Clovis et le Baptême de la France, éd. Clovis, Condé-sur-Noireau 1996, p. 81. [5] Gérard BEDEL, Le Cardinal Pie, Un défenseur des droits de Dieu, Clovis Diffusion, Suresnes 2015

 

***

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8 avril 2021 4 08 /04 /avril /2021 00:00
Sainte Julie Billiart, fondatrice de l'Institut des Sœurs de Notre-Dame († 1816)

Julie Billiart naquit le 12 juillet 1751 à Cuvilly (France).

A sept ans, elle transmettait déjà le catéchisme à ses camarades.

À seize ans, elle se mit à travailler aux champs pour venir en aide à ses parents.

Paralysée à 22 ans, elle fonda, malgré cela, la Congrégation des Sœurs de Notre-Dame pour l'enseignement et l'éducation des jeunes filles pauvres.

Beaucoup de personnes font le voyage pour se faire recommander dans ses prières et pour prier avec elle. Lors de la Révolution, elle est transportée de cachette en cachette pour fuir les sans-culottes qui la surnomment "la fanatique".

A Amiens, où elle s’est réfugiée avec la comtesse Baudoin, un petit groupe se forme autour d'elle, comprenant Françoise de Gizaincourt et Françoise Blin de Bourdon (38 ans) qui avaient échappé de peu à la Terreur ainsi que d’autres. Elles se réunissent dans la chambre de la sainte handicapée qui les forme à une vie intérieure plus profonde et au service de Dieu et des pauvres. Quelques exercices religieux de vie communautaire sont également pratiqués. Mais ce groupe ne se soudera pas. Seule Françoise Blin de Bourdon restera avec Julie Billiart.

Malgré la situation, elle fondera l'Institut des "Sœurs de Notre-Dame" en 1803. Cette action lui vaudra le miracle de retrouver l'usage de ses jambes l'année suivante, à la suite d’une neuvaine faite en obéissance à son confesseur le père Varin.

En 1809, des difficultés l'obligent à transférer sa communauté d'Amiens au Couvent de Namur où elle décède au milieu des sœurs le 8 avril 1816.  Son corps y repose dans la chapelle. Elle avait 65 ans.

Maurice de Broglie, évêque de Gand, dira de Julie Billiart qu'elle a sauvé plus d'âmes par sa vie intérieure d’union intense à Dieu que par son activité apostolique.

Le 12 février 2005, Dorothy Stang, née aux États-Unis d'Amérique en 1931 et membre de la congrégation des Sœurs de Notre-Dame, a été assassinée au Brésil.

En 2007, les sœurs de Notre-Dame de Namur sont 1781, et la congrégation dirige 628 couvents et institutions éducatives reparties sur tous les continents. Leur présence est surtout active en Afrique (République démocratique du Congo, Kenya, Nigéria, Afrique du Sud, Zimbabwe) et Amérique (États-Unis dans 28 États, Brésil, Mexique, Nicaragua, Pérou).

 

À Namur en Belgique, l’an 1816, sainte Julie Billiart, vierge, qui suscita l’Institut des Sœurs de Notre-Dame, pour l’éducation chrétienne des jeunes filles et propagea beaucoup la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus.

 

Martyrologe romain

 

Béatifiée le 13 mai 1906 par le pape S. Pie X, elle est canonisée en 1969 par Paul VI. Liturgiquement elle est commémorée le 8 avril (ou, dans certains pays, le 13 juillet).

 

Citations

"Une grande foi, vivre un amour sans borne, une simplicité d'enfant".

"Je dois bien mettre ma confiance en Dieu dans mes voyages ; je vois si visiblement la Providence dans tant d'événements dont je ne saurais comment me tirer et, toutes les fois que je suis embarrassée, le Bon Dieu vient à mon secours ; aussi je ne m'inquiète de rien. Vous savez que je n'ai pas d'esprit ; il faut que le Bon Dieu fasse tout".

Sources: 1, 2, 3, 4

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7 avril 2021 3 07 /04 /avril /2021 00:00
Saint Jean-Baptiste de la Salle, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 113.

Saint Jean-Baptiste de la Salle, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 113.

Au moment où tout le monde constate le désastre de l'éducation républicaine, dite "laïque" et obligatoire, qui a chassé Dieu des écoles, l'augmentation exponentielle des agressions envers les professeurs, ainsi que des violences envers les personnes, la destruction du lien social dans la société, le triomphe du matérialisme, il est toujours utile de rappeler les grands exemples des Saints qui se sont faits les éducateurs dévoués de l'enfance chrétienne dans notre pays. Parmi ces éducateurs, saint Jean-Baptiste de La Salle occupe le premier rang.

"C'est l'Église qui a créé le service public de l'enseignement et en a assumé seule la charge pendant plus d'un demi-millénaire. D'abord limitées aux monastères, les écoles se développent à partir du XIe siècle en milieu urbain, autour de certaines cathédrales ou collégiales. Vers 1200, les écoles parisiennes se regroupent dans un corps unique, l'Université. Celle-ci reste d'abord soumise à l'autorité de l'évêque de Paris, puis passe très vite sous le contrôle du pape. Dans le courant du XIIIe siècle l'Université de Parus se scindera en plusieurs facultés, en fonction des disciplines étudiées. [...] Réalisée sous l'autorité de l'Église, l'invention des université fut l'oeuvre de la chrétienté occidentale. [...] C'est aussi l'Église qui, sous l'Ancien Régime, assurera un enseignement du second degré dans les collèges, normalement rattachés à l'université de la région. Financées par des fondations pieuses, confiés à des congrégations telles que les Dominicains, les Oratoriens et surtout les jésuites, les Collèges accueillaient des élèves payants, mais aussi un certain nombre de boursiers, conformément à la volonté des fondateurs. [...] L'Église se chargera [...] de l'instruction des enfants, laquelle sera, sous l'Ancien Régime, dispensée dans ce que l'on appelait les petites écoles. L'autorité épiscopale invitait fréquemment les curés à en créer un maximum, et le pouvoir royal avait prescrit d'en ouvrir partout. Afin de former les maîtres et les maîtresses de ces écoles de paroisse furent fondées plusieurs congrégations dont la plus connue est celle des Frères des écoles chrétiennes, établie en 1680 par S. Jean Baptiste de La Salle." (Jean-Louis Harouel, Droite – Gauche, Ce n'est pas fini, Desclée de Brouwer, Paris 2017, p. 137) Pour s'y consacrer pleinement Jean-Baptiste renonce à sa charge de chanoine.

Autrement dit, "qui sait [...] que le principe de l'école gratuite pour les enfants du peuple a été introduit en France non par Jules Ferry en 1881, mais par saint Jean-Baptiste de La Salle, fondateur des Frères des écoles chrétiennes, exactement deux siècles plus tôt ?", demande Jean Sévillia dans "L'Eglise en procès, La réponses des historiens", Tallandier Le Figaro, Paris 2019 (p. 15).

 

Né le 30 avril 1651, Jean-Baptiste appartenait à une noble maison de Reims; il fut orphelin à dix-huit ans. Après l'achèvement de ses études, il veilla si bien à l'éducation de ses frères et de ses sœurs, qu'il eut deux frères prêtres et une sœur religieuse : ce fut le commencement de son apostolat.

Ordonné prêtre à l'âge de vingt-sept ans, il comprit, sous l'inspiration de Dieu, le plus grand besoin de son époque, et songea à combler une lacune regrettable dans les œuvres si belles et si multiples de la sainte Église. Après avoir assumé l'éducation de ses six frères et soeurs à la mort de ses parents, il se sentit attiré par celle des enfants pauvres : avec quelques disciples, il fonda l'institut des Frères des écoles chrétiennes. Recruter des jeunes gens, les installer dans sa maison de chanoine de Reims, les former à l'enseignement de l'enfance, tel fut le commencement de son entreprise. Cette entreprise subit dès l'abord des épreuves terribles.

Peu de Saints ont eu à souffrir un plus entier crucifiement, que le bienheureux de La Salle. La communauté fut vite déchirée par des conflits internes, des oppositions virulentes venant de prêtres et d'évêques, des dénonciations et des procès. Jean-Baptiste de la Salle, "modèle de régularité, de modestie et de candeur", affronta toutes ces vexations avec patience. Peu de Saints ont montré plus de désintéressement, plus de joie dans le sacrifice ; il poussait l'amour divin jusqu'à joindre à tant de Croix d'effrayantes mortifications volontaires, soutenues par un esprit de prière tout angélique.

L'éducation prodiguée par ses religieux non prêtres est rigoureuse et novatrice, avec notamment l'usage du français en lieu et place du latin, un enseignement gratuit, des horaires et un comportement stricts. À l'image de leur fondateur, qui les appelle "ignorantins", les frères de cet ordre se dépouillent de toute propriété et vivent pauvrement. Ils portent un manteau jeté sur les épaules, qui leur donnera leur surnom de "frères quatre bras". 

Soucieux du recrutement des maîtres, Jean-Baptiste crée une école normale d'instituteurs avant la lettre. 

La bénédiction de Dieu ne pouvait manquer à son œuvre, et, en peu d'années, l'Institut comptait seize écoles, où plus de quinze cents enfants recevaient les leçons de la vertu et de la science ; mais chaque année les développements devenaient de plus en plus merveilleux, et quand le saint fondateur, affaibli par la maladie, força ses frères à accepter sa démission, en 1717, toute la France était couverte par les légions de son armée pacifique. 

Saint Jean-Baptiste de La Salle, peinture de Pierre Léger

Saint Jean-Baptiste de La Salle, peinture de Pierre Léger

Jean-Baptiste de La Salle employa les deux dernières années de sa vie à sa propre sanctification : "La victime est prête à être immolée ; il faut travailler à la purifier", disait-il.

Il meurt un Vendredi Saint, lui dont le coeur, des années durant, avait été transpercé par les trahisons et les calomnies. En 1719, à sa mort, 274 frères, répartis en vingt-six maisons, enseignaient à 9 885 élèves dans 23 écoles. À la veille de la Révolution, il y avait, en France, 930 frères, répartis en 128 établissements et donnant l'instruction à 35 700 élèves.

Comme toutes les autres congrégations enseignantes, l'institut des Frères sera supprimé le 18 août 1792 par un décret de l'Assemblée législative; le secrétaire général de l'Institut, Nicolas Leclercq (frère Salomon), béatifié par la suite, puis canonisé par le pape François en 2016, premier saint martyr de la Révolution française, sera assassiné dans la prison des Carmes à Paris le 2 septembre 1792. Toutes les écoles seront évacuées le 1er octobre 1792. Les frères réfractaires n'auront droit à aucune indemnité. Tous les biens de l'Institut seront saisis.

Béatifié en 1888 et canonisé en 1900, il figure parmi les grands éducateurs dans une des niches supérieures de la basilique Saint-Pierre de Rome.

Le Pape Pie XII a déclaré S. Jean-Baptiste de la Salle "patron de tous les éducateurs chrétiens."


Voir aussi le site Internet des Lassaliens en France et sur le site du diocèse de Reims: Jean-Baptiste de la Salle - Un saint rémois (1651-1719).

Saint Jean-Baptiste de la Salle, image pieuse populaire, 1846, Milan, Civica Raccolta delle Stampe, A. Bertarelli, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 212-213.

Saint Jean-Baptiste de la Salle, image pieuse populaire, 1846, Milan, Civica Raccolta delle Stampe, A. Bertarelli, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 212-213.

Sources: (1) ; (2) ; (3) ; (4) Calendrier perpétuel, Les saints en 365 jours, éd. Chêne ; (5) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 112.

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