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Christ Roi

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10 mars 2026 2 10 /03 /mars /2026 00:00

L'un des quarante soldats chrétiens de la XIIème Légion Fulminata (la Fulminante) en garnison à Mélitène* (Malatya - Turquie), condamnés à périr de froid, attachés nus sur un étang gelé, le 9 mars 320, à Sébaste (Sivas - Turquie). On avait offert un bain chaud à ceux qui renonceraient.

*Un internaute nous signale que Mélitène est un ancien fort et chef-lieu de la province romaine de l'Arménie.

Illustration, site de la paroisse de Pouilly en Auxois:

- L'édit de tolérance vis-à-vis des chrétiens signé par Constantin en 313, fut aussi appliqué par Licinius coempereur en Orient, mais peu après les deux hommes se disputant des provinces, la guerre reprit et Licinius persécuta à nouveau les chrétiens. C'est ainsi que des soldats de la XIIème légion dite Fulminante, qui était stationnée à Mélitène (actuellement Malatya en Turquie) furent condamnés à périr de froid, attachés nus sur un étang gelé, le 9 mars 320, à Sébaste (aujourd'hui Sivas en Turquie).(1)

 

Ils ne cessent de prier et de se réconforter les uns les autres, à l’exception d’un seul qui les quitte pour se jeter dans une baignoire d’eau chaude. Il meurt du choc thermique. Un des gardiens, émerveillé de la constance des trente-neuf soldats, rejoint le groupe. Les quarante sont finalement brûlés et leurs cendres dispersées sur l’eau, mais miraculeusement, elles surnagent et demeurent rassemblées. Elles seront recueillies par des fidèles et leur culte ne cessera de grandir.(2)

 

Quarante soldats périrent ainsi, dont Vivien. On ne sait pas pourquoi cette légion s'appelait «Fulminante», Dion Cassius (155-235) raconte qu'elle portait ce nom depuis Marc Aurèle (121-180) parce qu'elle avait remporté une victoire grâce à la prière des soldats chrétiens qui y étaient déjà nombreux.

 

Pensée spirituelle du testament des quarante martyrs de Sébaste :

 

"Eloignez-vous de toute mollesse mondaine et de toute erreur."

 

C'est un saint chrétien fêté le 9 mars en Orient et le 10 mars en Occident.(3)

 

Sources: (1) Nominis; (2) CNews ; (3) wikipedia

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9 mars 2026 1 09 /03 /mars /2026 00:00
Monastero delle Oblate di Santa Francesca Romana

Monastero delle Oblate di Santa Francesca Romana

Françoise Romaine (°1384 - † 1440) est une épouse et mère de famille fondatrice des Oblates de Marie appelée depuis oblates de Sainte Françoise Romaine. Elle est reconnue sainte par l'Église catholique et fêtée le 9 mars.

Francesca Bussa de Leoni naît à Rome en 1384, d'une famille très ancienne et non moins illustre. Son enfance, passée dans le recueillement et dans l'union avec Dieu, l'avait disposée à se consacrer à Jésus-Christ ; mais à l'âge de treize ans, parce qu'elle appartenait à la noblesse romaine, elle fut mariée à Lorenzo de Ponziani. Tous deux formèrent un ménage uni, paisible et heureux.(1)

Françoise a eu d'après les écrits une vie pleine de péripéties qui se sont (presque) toujours bien terminées. Cette chance lui vaut aujourd'hui d'être la patronne des automobilistes.(2)

Une fois mariée, tout en assumant ses charges domestiques et familiales dans son palais du quartier de Trastevere, elle continue selon la tradition une vie de piété et de pénitence, se confessant toutes les semaines, mettant en pratique les vérités de la foi enseignées par un prieur dominicain qu'elle rencontre régulièrement.

Son premier enfant, Jean-Baptiste naît en 1400. Elle a 20 ans lorsqu'elle donne naissance à son deuxième fils, Jean-Evangelista qui est frappé de la peste lorsque celle-ci dévaste la ville de Rome. Prévoyant sa mort, il en avertit sa mère et la supplie de lui donner un confesseur parce qu'il voit saint Antoine et saint Onuphre, à qui il porte une particulière dévotion, s'avancer vers lui pour le conduire au ciel. Il meurt ce jour-là. Trois ans plus tard lui nait une fille, Agnès. Lors d'une épidémie de peste, Françoise et Vanozza manifestent un grand dévouement aux malades et aux victimes de la famine qui s'ensuit. Françoise vend ses robes ainsi que ses bijoux et distribue l'argent aux pauvres. Parallèlement, elle incite les dames de la haute noblesse romaine à renoncer à leur vie mondaine pour se rapprocher de Dieu. C'est ainsi qu'elle fonde, le 15 août 1425, l'association des Oblates de Marie, rattachée aux bénédictins du Mont Olivet, dont Eugène IV confirmera la règle en 1444.(3)

Lors de l'invasion de Rome par Ladislas d'Anjou-Durazzo, la famille Ponziani doit s'enfuir. Leur palais est pillé et leurs biens confisqués. Lorenzo est contraint à l'exil. Françoise, restée à Rome, continue ses œuvres de charité, en disant, paraphrasant Job 1,21 :

Le Seigneur me les a donnés, le Seigneur me les a ôtés ; que Son saint Nom soit béni !

À la mort du roi de Naples, la famille réintégre Rome et reprend possession de ses biens. Françoise, à la suite d'une grave maladie, doit garder la chambre et reste de longs mois dans un état de santé précaire. C'est pendant cette période que saint Alexis lui apparaît à deux reprises : l'une pour lui demander si elle souhaite la guérison, l'autre pour lui dire que Dieu veut qu'elle ne meure pas et reste dans le monde. Elle guérit et part avec sa belle-sœur Vanozza rendre grâce à Santa Maria Nuova et à l'église Saint-Alexis.

Elle obtint de son mari, au bout de quelques années de mariage, de vivre en sa maison comme une véritable religieuse. Plus tard, son mari étant mort en 1436, elle put rejoindre les Sœurs Oblates, qu'elle avait fondées, et avec qui elle avait vécu jusque là en communauté d'œuvres et de prières. Elle y vit dans un profond dénuement, se nourrissant de légumes et d'eau pure, portant cilice et utilisant les disciplines. Selon la tradition, elle accomplit en toute humilité les plus basses tâches, tout en portant secours aux pauvres, par ses dons et ses pieuses exhortations.

Parmi toutes les choses étonnantes de sa vie, on peut signaler surtout la présence ordinaire et visible de son ange gardien, et les luttes terribles qu'elle eut à soutenir contre le démon. Outre son ange gardien, Dieu lui avait donné un ange chargé de la punir ; cet ange était sévère ; car, à la moindre faute, il la frappait, même en public. L'ange restait invisible, mais les coups étaient entendus de tous. Ainsi, quelques personnes tenant un jour devant elle une conversation frivole, Dieu inspira à la sainte de les interrompre, et comme elle hésitait, elle reçut sur la joue un rude soufflet. Souvent, alors qu'elle était à genoux devant une statue de la Sainte Vierge, son ange s'approchait et continuait avec elle la prière.

On représente sainte Françoise avec l'habit noir et le voile blanc des bénédictines, distribuant le pain aux pauvres; elle a souvent son ange gardien auprès d'elle. 

Plus d'une fois l'ange dévoué eut à chasser les démons, qui ne cessaient de harceler la servante de Dieu. Une nuit, pendant qu'elle priait, le diable la prit par les cheveux, et, la portant sur la terrasse de la maison, la suspendit au-dessus de la rue ; mais Dieu la remit en sûreté dans sa cellule. D'autres fois, elle était traînée violemment ; l'ennemi du salut prenait toutes les formes pour la tromper ou l'épouvanter ; le calme de Françoise excitait son dépit et le mettait en fuite.

Elle meurt le 9 mars 1440 en soignant son fils Jean-Baptiste. Selon la tradition, ses dernières paroles sont :

 

Le ciel s'ouvre, les anges descendent, l'archange a fini sa tâche, il est debout devant moi et me fait signe de le suivre.

Françoise Romaine a été canonisée le 29 mai 1608, par le pape Paul V.

 

Martyrologe romain  "Dieu ne l'avait pas choisie afin qu'elle devint sainte pour elle-même seulement, mais pour qu'elle fît servir les dons que Dieu lui avait accordés au salut spirituel et corporel de son prochain. Il lui suffisait de peu de mots pour réconforter les coeurs attristés et souffrants, apaiser les inquiets, calmer les emportés, réconcilier les ennemis, éteindre les haines invétérées et les rancunes."  (Témoignage de l'un de ses contemporains)(4)

 

Nom: d'origine germanique, Françoise (Francesca) voulait dire à l'origine "franche", "libre", mais a pris ensuite le sens de "française".(5)

 

Protectrice : des automobilistes et des veuves.

Françoise Romaine guérissant un mourant, Antoniazzo Romano

Françoise Romaine guérissant un mourant, Antoniazzo Romano

Aumône de sainte Françoise Romaine, 1675, Par Giovanni Baptista Gaulli, dit Il Baciccio, Los Angeles, The J. Paul Getty Museum in ) Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 153.

Aumône de sainte Françoise Romaine, 1675, Par Giovanni Baptista Gaulli, dit Il Baciccio, Los Angeles, The J. Paul Getty Museum in ) Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 153.

Sources: (1) l’Évangile au Quotidien ; (2) Christine Barrely, Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 66-67 ; (3) Wikipedia ; (4) Nominis ; (5) Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 152-153.

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8 mars 2026 7 08 /03 /mars /2026 00:00
Saint Jean de Dieu peint par Bartolomé Esteban Murillo

Saint Jean de Dieu peint par Bartolomé Esteban Murillo

Saint Jean de Dieu, fondateur des Frères de la Charité (1495-1550),

Père de l'hôpital moderne 

 

"C’est un fou !", un aliéné ou un révolutionnaire. Il croit à l’accompagnement thérapeutique et aux soins palliatifs. Il a une manière de parler aux malades, de tenir la main des mourants et de calmer les malades mentaux qui inquiète les partisans des saignées et des camisoles de force.(1) 

João Cidade naît le 8 mars 1495 à Montemor-o-Novo au Portugal au sein d’une famille pauvre. Son père vendait des melons et des olives Enlevé enfant par un inconnu, puis abandonné en Espagne, il est accueilli par Senor François, qui est mayoral. Il devient berger. À l'âge de 28 ans en 1523, il s’engage dans l’armée espagnole et participe à de nombreuses guerres, la dernière en Hongrie en 1532 dans l'armée de Charles Quint contre les Turcs. C'est pour pour lui une dure expérience. À 40 ans, en 1535 il se met à travailler comme tailleur de pierre pour la fortification de la ville de Ceuta au Maroc Espagnol. Il aide, avec ses maigres revenus une famille noble portugaise qui vit ruinée. Plus tard il va à Gibraltar, où il se dit vendeur ambulant de livres et de timbres. Il déménage définitivement à Grenade en 1538 et ouvre une petite librairie. C’est là qu’il a ses premiers contacts avec des livres religieux. Le 20 janvier 1537, à l’âge de 42 ans il se rend à un sermon de Jean d'Avila, qu'on surnomme l'apôtre de l'Andalousie, au cours duquel il a sa conversion. Les propos de Jean d'Avila provoque en lui un si grand choc qu’il se met à détruire les livres qu’il vend, se met à traverser nu la ville sous les huées des enfants qui le suivent. Son comportement est considéré comme celui d'un aliéné et il est incarcéré dans l’hôpital psychiatrique de l’Hopital Real, avec les fous et les mendiants. Il connaît alors le sort des malades de l'époque : jeûnes, coups de fouet, jets d'eau glacée... Il prend alors la résolution de s’occuper et de servir les malades. Jean d'Avila, son directeur spirituel, le pousse à faire un pèlerinage au sanctuaire de la Vierge de Guadalupe, en Estrémadure (Espagne).(2)

Ce sanctuaire ne doit pas être confondue avec le sanctuaire du même nom au Mexique. En Espagne, l'histoire de la Vierge de Guadalupe est la suivante : selon la légende, une statue qui aurait été sculptée par Saint Luc, aurait été transportée à Constantinople au 4ème siècle. Plus tard, à la Cour de Byzance, où se trouvait le futur pape Grégoire le Grand, celui-ci fut nommé pape, en 590; il partit pour Rome et emmena cette statue et la mit dans son oratoire privé. La peste survint et Grégoire le Grand organisa une grande procession dans les rues de Rome avec tout le peuple qui suivait la statue. Rome fut délivrée de la peste. Puis, le pape réunit un concile et invita tous les prélats, dont Saint Léandre, alors archévêque de Séville. Celui-ci ne put se rendre dans la ville éternelle et envoya son frère Saint Isidore pour le représenter. Le pape s'enquit auprès de ce dernier de la situation religieuse en Espagne : le roi était arien. Grégoire le Grand désirait garder auprès de lui Saint Isidore, mais envoya à Saint Léandre de nombreux présents dont la fameuse statue de Notre Dame qui avait délivré Rome de la peste. Le bateau se trouva au milieu d'une terrible tempête, mais un prêtre ouvrit le coffre et brandit la statuette : la tempête s'arrêta. L'archévêque de Séville reçut donc la statue. Au VIIIe siècle, en 711, lors de l'invasion des Maures en Andalousie, des prêtres emportèrent la statue de Notre Dame vers le nord et s'arrêtèrent à un ermitage et à un tombeau : celui de Saint Fulgence, dont les restes étaient encore sous le maître-autel de l'église de Guadalupe, près du fleuve nommé Guadalupe, dans la Sierra de Guadalupe, en Estrémadure, à l'ouest de Tolède entre les fleuves Tage et Guadiana qui arrose Merida. Les prêtres qui sauvèrent la statue des invasions des Maures creusèrent dans l'ermitage une cavité pour l'y cacher et prirent soin d'y déposer une lettre retraçant toute son histoire depuis Constantinople. Puis ils fermèrent le trou... Ce n'est qu'en 1328, qu'un certain Gil Cordero, originaire de Caceres, qui gardait les vaches dans les pâtures de Guadalupe aperçut qu'il en manquait une à l'appel. Il la chercha durant trois jours et finit par la retrouver plus haut dans la montagne. Il crut sa vache morte. Mais à sa grande surprise, elle se releva. C'est alors que la Vierge lui apparut : "N'aie pas peur, je suis la Mère de Dieu par laquelle le genre humain reçut la rédemption. Prends ta vache, va-t-en et mets-la avec les autres car de cette vache t'en viendront beaucoup d'autres en mémoire de cette apparition. Et lorsque tu l'auras mise avec les autres, tu iras dans ton pays et tu diras aux prêtres et aux autres personnes que tu rencontreras qu'ils doivent venir ici, à l'endroit où je te suis apparue."(3) 

En 1340, le roi Alphonse XI qui visitait fréquemment la chapelle construite sur l'endroit de la découverte, était venu y invoquer Santa Maria de Guadalupe à la veille de la Bataille de Tarifa (ou "Bataille de Rio Salado"), lors de la Reconquista. Il attribua la victoire à l’intervention de la Vierge, et fit de la chapelle un sanctuaire royal et fit commencer un important programme de construction.(4)

C'est à Grenade qu'un sermon de saint Jean d'Avila convertit Jean, le 20 janvier 1537. Il en fut bouleversé et confessa publiquement son égarement. Enfermé avec les fous, Jean découvrit la misère de ceux-ci et décida d'humaniser les hôpitaux. Ses collaborateurs étaient des pécheurs, des assassins, tous repentis. Son action envers les plus démunis fut couronnée de succès lorsque nombre de prostituées qu'il avait aidé changèrent de métier. Tout ce qu'il découvrit et souffrit, le fit devenir bon et miséricordieux pour les misérables. Il collecta pour eux, ouvrit un hôpital, créa un Ordre de religieux, l'Ordre de la Charité. 

 

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Saint Jean de Dieu bénéficia dès ses débuts de l'aide de saint Raphaël.

 

Un jour, l'Archange saint Raphaël, Patron des médecins et des apothicaires, des navigateurs et des voyageurs lui apparut et lui dit : "Jean, je suis l'archange Raphaël, envoyé par Dieu pour t'assister dans ton charitable labeur. Le Seigneur m'a confié la garde de ta personne et de tous ceux qui, avec toi, serviront le Seigneur. Je tiens un compte fidèle de tes actions et des aumônes qui te sont faites. J'ai pour mission de protéger ceux qui favorisent tes oeuvres de charité."(5)

 

L'hôpital qu'il fonde à Grenade donne naissance aux Frères Hospitalier de Saint Jean de Dieu. Les "Frères Hospitaliers", qui portent son nom encore aujourd’hui, sont créés. Son hôpital prend bientôt de prodigieux accroissements, des aides financières de dernière minute viennent régulièrement sauver cette oeuvre de la charité. On vit bien alors que cet homme, traité partout d'abord comme un fou, était un saint.(6)

 

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Pour procurer des aliments à ses nombreux malades, Jean, une hotte sur le dos et une marmite à chaque bras, parcoure les rues de Grenade en criant: "Mes frères, pour l'amour de Dieu, faites-vous du bien à vous-mêmes." Sa sollicitude s'étend à tous les malheureux qu'il rencontre; il se dépouille de tout pour les couvrir et leur abandonne tout ce qu'il a, confiant en la Providence, qui ne lui manque jamais.

Un jour, un pauvre qu'il soigne disparaît en lui disant: "Tout ce que tu fais aux pauvres, c'est à Moi que tu le fais."(7)

 

 

Le poète autrichien Rainer Maria Rilke (1875-1926) raconte, dans les Cahiers de Malte Laurids Brigge, qu'en train d'agoniser, Saint Jean-de-Dieu se leva soudain pour aller détacher dans un jardin proche un homme qui venait de se pendre. Il meurt le 8 mars 1550.

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À 55 ans, Saint Jean de Dieu (1495-1550) meurt d’épuisement. Au moment de mourir, il dit : "Il reste en moi trois sujet d'affliction : mon ingratitude envers Dieu, le dénuement où je laisse les pauvres, les dettes que j'ai contractées pour les soutenir."

 

Canonisé en 1690 (8), il est proclamé patron des malades et des hôpitaux en 1886 par Léon XIII, et patron des infirmiers et infirmières en 1930, ainsi que des imprimeurs, relieurs et libraires, par Pie XI. Les institutions créées par lui deviennent en France "l’Assistance Publique"

Saint Jean de Dieu est invoqué contre les maladies du coeur.(9) 

 

Les personnes alcooliques sollicitent son aide pour guérir leur dépendance.

Saint Jean de Dieu

Saint Jean de Dieu

***


Quelques mots sur la charité publique au dit "Moyen Âge" et sous l'"Ancien Régime"

 

"Les œuvres charitables et sociales qui sont aujourd'hui à la charge de l'État et des communes, c'est-à-dire en réalité à la charge des contribuables, l'Église de l'Ancien Régime les alimentait presque uniquement de ses fondations et de ses revenus."(10)

"Les ennemis de l'Église insistent sur l'établissement de la dîme ecclésiastique dès les premiers siècles de notre histoire nationale et la présente comme un ignoble impôt au clergé, nous répondons en énumérant les services que, grâce à cette dîme, le clergé rendit à la civilisation dans le haut Moyen-Âge, la dîme servait à alimenter la charité paroissiale, pendant plus de 1200 ans, le budget de l'Église fut en même temps celui de l'assistance et de la charité publiques:


- les aumônes, l'hospitalité (les Hospitaliers, les règles de saint Benoît, règle bénédictine, les nombreuses congrégations hospitalières),
- œuvre d'assistance et d'enseignement (scolarisation gratuite),
- œuvres de piété ou de charité,
- constructions de cathédrales,
- aumônes épiscopales,
- hospitalité monastique,
- asiles pour les pauvres,
- hospices pour les vieillards, les enfants abandonnés, les orphelins,
- l'Ordre de Saint Antoine,
- le soin des lépreux, léproseries, ordre de Saint–Lazare,
- le soin des aveugles,
- les "Maison-Dieu", les "Hôtels-Dieu; la nourriture, les soins des malades, des sans-abris, des mendiants, des étrangers (Saint Jean de Dieu), les hospices pour les voyageurs, les ordres de Saint-Jacques, de Roncevaux,
- l'excellente tenue des hôpitaux au dit "Moyen Âge", l'architecture hospitalière, les soins de propreté et d'hygiène, les distributions quotidiennes de pains aux pauvres, aux orphelins, aux veuves, aux infirmes et aux vieillards (abbaye de Cluny), la science médicale, etc
.

 

"Les règles hospitalières du Moyen Âge appellent presque toujours les malades, "nos seigneurs les malades", vrais représentants du Christ souffrant.


"C'était surtout sous la direction des évêques, protecteurs nés des faibles et des malheureux, que se développait le mouvement charitable, ils créaient ces Hôtels-Dieu que l'on retrouve à l'ombre de toutes les cathédrales. Dans la plupart des pays d'Europe, les maladreries étaient sous la juridiction directe des évêques."(11)

 

***

Sources : (1) ; (2) ; (3) ; (4) ; (5) I.-M. Magin, Un héros de la charité au XVIe siècle, saint Jean de Dieu, éd. Beauchesne, Paris 1931, p. 71-72, cité dans Gilles Jeanguenin, Les Anges existent !, ibid., p. 104-106 ; (6) Henri-Marie Boudon, La dévotion aux saints anges, p. 105 ; (7) Paul Dreyfus, Saint Jean de Dieu 1495-1550, le père de l'hôpital moderne, 1995 ; (8) Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 150 ; (9) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 108-109 ; (10) Jean Guiraud, Histoire partiale histoire vraie, tome III, L'Ancien Régime, 5° édition, Gabriel Beauchesne & Cie Editeurs, Paris 1914, p. 354 ; (11) Jean Guiraud, ibid., p. 210.

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7 mars 2026 6 07 /03 /mars /2026 00:00

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/4/49/Verri%C3%A8re_de_Sainte_Perp%C3%A9tue_%28%C3%A9glise_Notre-Dame_de_Vierson%2C_XIXe_si%C3%A8cle%29.jpg/440px-Verri%C3%A8re_de_Sainte_Perp%C3%A9tue_%28%C3%A9glise_Notre-Dame_de_Vierson%2C_XIXe_si%C3%A8cle%29.jpg

Martyre de sainte Perpétue et de ses compagnons. Vitrail de l'église Notre-Dame de Vierzon (XIXe siècle).

 

Victimes de la persécution de Septime Sévère, Perpétue, Félicité et leurs compagnons sont probablement originaires de Thuburbo Minus, cité de l'Afique proconsulaire, l'actuelle Tebourba en Tunisie. Ils subirent le martyre à Carthage, dans l'amphithéâtre, le 7 mars 203.(1)

Perpétue est une jeune patricienne, Félicité une jeune esclave. Elles avaient toutes deux demandé le baptême à l'évêque de Carthage.(2) 

L'empereur Septime Sévère ayant interdit le christianisme, le groupe des catéchumènes, dont elles faisaient partie, est arrêté, avec Sature, Saturnin, Révocat et Secondule, à Thuburbo minus (Tebourba, actuelle Tunisie), au sud-ouest de Carthage (203). Pendant plusieurs mois, ils connurent la prison dans des conditions très dures, d'autant qu'ils étaient dans l'incertitude du sort exact qui les attendait. Perpétue a laissé une relation écrite de sa détention (Actes et Passions des martyrs chrétiens des premiers siècles, Cerf 2010). On peut noter qu'il s'agit d'un témoignage de femme unique dans l'Antiquité

À plusieurs reprises, Perpétue affronte victorieusement les autorités, celles de l'État, celle de son père ou encore celle du tribun responsable de la prison militaire.(5)

Félicité était enceinte et Perpétue, jeune mariée, allaitait son enfant. Le père de la jeune femme tenta en vain de la faire sacrifier aux dieux au nom de l'amour maternel. Quant à Félicité, elle mit au monde une petite fille dans sa prison. Trois jours après la naissance, elle était martyrisée et l'enfant fut adoptée par une chrétienne de la ville.

 

Extraits de la Passion de Perpétue et Félicité :

 

Un autre jour, pendant que nous prenions notre repas, on nous emmena subitement pour être interrogés et nous arrivâmes au forum. Le bruit se répandit aussitôt dans les environs du forum et une foule immense se rassembla.

Nous montâmes sur l'estrade. Interrogés, les autres firent leur confession de foi. On en vint à moi, et mon père apparut soudain avec mon fils; il me tira de la marche et dit :

"Sacrifie, aie pitié de ton enfant."

Le procurateur Hilarianus, qui avait alors reçu le droit de glaive à la place du proconsul Minucius Timinianus, défunt, dit :

"Epargne les cheveux blancs de ton père, épargne l'enfance de ton fils, fais le sacrifice pour le salut des empereurs."

Je répondis :

"Je suis chrétienne."

Et comme mon père se tenait près de moi pour provoquer ma chute, Hilarian

Texte issu d'Actes et Passions des martyrs chrétiens des premiers siècles, Cerf 2010.

Comme leurs compagnons, Perpétue et Félicité furent livrées aux bêtes du cirque, enveloppées dans un filet, et livrées à une vache furieuse.

Elles attirèrent la pitié des spectateurs devant ces jeunes mères torturées. L'une des jeunes femmes était très frêle et l'autre venait d'accoucher.

Perpetue, la première, fut projetée en l'air et retomba sur le dos. Sa tunique se déchira sur le côté. Alors, elle s'assit, et l'arrangea afin de cacher ses cuisses, plus préoccupée de sa pudeur que de sa souffrance. Ensuite, elle chercha une épingle à cheveux et rattacha sa chevelure qui s'était défaite. Elle ne voulait pas endurer le martyre les cheveux dénoués et paraître porter le deuil en pleine gloire. Pour une romaine, c'est un signe d'affliction de laisser ses cheveux libres sur ses épaules. Puis elle se releva et voyant Félicité à terre, elle alla vers elle, lui tendit la main et l'aida à se relever. Toutes les deux restèrent ainsi debout. La cruauté de la foule en fut vaincue et on les reconduisit par la porte des Vivants. On les acheva en les égorgeant. C'est Perpétue qui guida la main de l'apprenti gladiateur chargé de l'égorger.

 

 

Saintes Perpétue et Félicité, Martyres (†203)

Selon les "acta" de leur martyre, des témoins disaient :

Leur visage était rayonnant et d'une grande beauté. Il était marqué non de peur mais de joie.

Avec saint Cyprien, les saints Perpétue et Félicité comptent parmi les plus illustres des martyrs africains, tant en Afrique même que plus généralement en Occident, en Italie et en Espagne.

 

Leur culte connut très vite une grande popularité : leur jeunesse, leur situation de mère de famille, leur courage, le fait qu'elles fussent des catéchumènes les font figurer en tête des martyres mentionnées dans la première prière eucharistique de la liturgie latine.

 

Quelques années plus tard, Tertullien (150- † 220) évoquait la martyre Perpétue (De l'âme, 55, 4.) L'anniversaire de leur martyre, à la date du 7 mars figure dans la Depositio martyrum, calendrier romain du IVe siècle.

 

Dans toute la littérature hagiographique, il n'est guère de textes qui présentent autant de fraîcheur et de spontanéité que les parties narratives de la Passion de Perpétue et Félicité, un document élaboré probablement peu après le martyre, donc dans les toutes premières années du IIIe siècle. (Dictionnaire des saints et Grands témoins du christianisme, Sous la direction de Jean-Robert ARMOGATHE et André VAUCHEZ, CNRS Éditions, Paris 2019, p. 953-955.)

 

Elles sont fêtées par les Églises d'Orient le 1er février.

 

 

Sources

(1) Dictionnaire des saints et Grands témoins du christianisme, Sous la direction de Jean-Robert ARMOGATHE et André VAUCHEZ, CNRS Éditions, Paris 2019, p. 953-958; (2); (3); (4) Anne BERNET, Les Chrétiens dans l'Empire romain, des persécutions à la conversion Ier - IV° siècle, Perrin, Mesnil, sur-l'Estrée 2003; (5) Revue Codex, 2000 ans d'aventure chrétienne, Editions CLD, n° 1, Automne 2016, p. 128-129.

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6 mars 2026 5 06 /03 /mars /2026 00:00
Sainte Colette, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 48

Sainte Colette, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 48

Ses parents qui habitent Corbie en Picardie, ne peuvent avoir d'enfants. Mais sa mère, qui prie S. Nicolas, est un jour enceinte. Elle a soixante ans. Heureuse de cette naissance qui a eu lieu le 13 janvier 1381, elle appelle sa fille Nicolette (devenu en diminutif Colette.) Elle est élevée dans la crainte de Dieu et la pratique des vertus chrétiennes.

 

Colette est si petite que tout le monde se moque d'elle. On l'appelle "la naine". A quatorze ans, elle se rend à Notre-Dame-de-Berbières, haut lieu de pélerinage, et prie ainsi: "Hélas, sire, s'il vous plaît-il que je demeure aussi petite!". Et, dit la narration, "incontinent, l'oraison terminée, elle trouva qu'elle était creuche (accrue) et qu'elle était plus grande au retourner qu'elle n'avait été au venir". Depuis, les petites filles de Picardie chantent : "Sainte Colette, tire-moi les jambettes, rends-moi sage et parfaite". [1]

 

Colette s'est fait une solitude de la maison paternelle, vivant retirée dans une petite chambre, où elle partage son temps entre la prière et le travail des mains. Alarmée du péril auquel l'exposait sa beauté, elle prie Dieu de la lui ôter; et elle devient si maigre et si pâle, qu'elle est à peine reconnaissable.

Statue de sainte Colette : monastère des Clarisses à Poligny (Jura)

Statue de sainte Colette : monastère des Clarisses à Poligny (Jura)

Devenue orpheline à dix-huit ans, Colette se sépare de ses biens au profit des pauvres et fait plusieurs essais de vie religieuse. Elle obtient du père Abbé d'un monastère voisin, la possibilité d'entrer chez les béguines d'Amiens malgré son âge; elle n'y reste qu'un an jugeant leur vie trop douce. Même déception chez les bénédictines, puis chez les clarissesSon père spirituel est franciscain et comprend son désir d'austérité. Il la fait entrer dans le Tiers-Ordre de Saint François comme recluse à Corbie où elle reste quatre ans entiers, dans une cellule étroite, chargée d'un cilice et de chaînes de fer, et s'abandonnant à toutes les austérités de la pénitence. [2] Là, elle doute de ses révélations intérieures et devient aveugle jusqu'à ce qu'elle consente à répondre à un appel de Dieu à réformer le Second Ordre de Saint François, les Clarisses. Après avoir reconnu en effet, par plusieurs inspirations, que la volonté de Dieu était qu'elle travaille aussi au salut des autres, elle obtient de rencontrer le pape Benoît XIII qui réside alors en Avignon. Ce pape était un "antipape d'Avignon" du Grand Schisme qui déchirait alors l'Occident. Mais son sens spirituel était réel et profond. Il reçut la profession religieuse de sainte Colette dans la règle de Sainte Claire et la nomme abbesse de tous les monastères qu'elle sera amenée à fonder ou réformer. Si Colette s'adressa à Benoît XIII, c'est que, dans l'incertitude sur l'obédience à laquelle il fallait se rattacher, elle suivit la France entière, qui avait reconnu le pape d'Avignon ; mais dès les décisions connues du concile de Pise (1409), elle fit ratifier par Alexandre V, l'élu du concile, les faveurs reçues précédemment de Benoît XIII. [3]

Sainte Colette de Corbie, clarisse († 1447)

Sa mission confirmée par le pape, Colette vint en Franche-Comté, parcourut la Bourgogne, la Savoie, l'Espagne, l'Allemagne et la Belgique, fonda dix-huit monastères très observants, dont celui de Poligny (Jura) - ses religieuses sont appelées "colettines" -et celui de Besançon, puis bien d'autres.

 

Grâce à elle, les "Clarisses" reviennent à leur idéal primitif de "pauvres dames" et les monastères se multiplient. Au Puy-en-Velay, Colette fonda un monastère de Clarisses dans les années où sainte Jeanne d'Arc relevait notre nationalité. Il serait facile de montrer en quel lieu se trouvait ce monastère si la Révolution n'avait pas profané ces souvenirs. [4] 

 

Au total dix-sept Couvents furent fondés de 1410 à 1447 et d'autres réformés : Besançon (1410), Auxonne (1412), Poligny (1415-1417), Seurre (1421-1423), Decize (1419), Moulins (14221-1425), Aigueperse (1422-1425), Le Puy-en-Velay (1425-1432), Vevey (1422-1425), Orbe (1426-1427), Montbéliard (1430), Lézignan-Corbières (avant 1431), Castres (avant 1443), Béziers (avant 1443), Heidelberg (1438), Pont-à-Mousson (1431-1447), Hesdin (1437-1440), Amiens (1442-1444), Gand (1437-1442). [5]

 

Colette aime dire : "La vraie sagesse se soumet à Jésus et à la Vierge sa douce Mère". [6]

 

Tandis qu'elle vivait recluse à Corbie, Colette reçut des visions de saint François d'Assise. Un jour, elle vit François qui la présentait à Dieu comme la réformatrice de son ordre. [7]

 

Colette meurt à Gand en Belgique, à 66 ans, le 6 mars 1447. Elle est invoquée contre la stérilité, et pour la guérison des maladies des yeux.

Son corps sera, par la suite, transporté à Poligny dans le Jura.

Colette est béatifiée en 1625 et canonisée le 24 mai 1807 par Pie VII.

 

PRATIQUE. Aimez à méditer la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, les vendredis surtout.  

 


Sources

 

(1) Le Petit Livre des Saints, Editions du Chêne, tome 2, 2011, p. 48 ; (2) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 65 ; (3) L'Evangile au quotidien ; (4) Père J.-B.-J. Ayroles, Jeanne d'Arc sur les autels et la régénération de la France, 1885, Rééd. Éditions Saint-Rémi, Cadillac 2009, p. 361 ; (5) Réflexion chrétienne ; (6) Saints de France ; (7) Evangélisation http://nouvl.evangelisation.free.fr/leblanc_colette_de_corbie.htm ; (8) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 48.

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5 mars 2026 4 05 /03 /mars /2026 00:00
Sainte Olive ou Olivia, Martyre à Brescia (IIe siècle)

Mise à mort à Brescia (Lombardie) en 119 où se trouvent ses reliques mais l'histoire est plus discrète que la légende.(1)

 

À ne pas confondre avec Sainte Olive de Palerme (IXe siècle), martyre à Tunis.

 

Elle est invoquée par les filles dont la virginité est en danger. Son corps est vénéré dans l’église Sainte-Afra à Brescia.

 

Sources: (1) Nominis ; (2)

 

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4 mars 2026 3 04 /03 /mars /2026 00:00
Saint Casimir, prince de Pologne, Patron de la Lituanie († 1484)

Saint Casimir, Prince de Pologne (1458-1484)

 

Casimir est le deuxième des treize enfants du grand-duc de Lituanie, devenu roi de Pologne, Kazimierz Jagellon le Grand.

Saint Casimir, prince de Pologne, Patron de la Lituanie († 1484)

S'étant éloigné de la vie facile et des honneurs, le jeune Casimir refusa la couronne que lui offraient les Hongrois après avoir déposé Mathias Corvin, en 1461. Mort à vingt-cinq ans, il a vécu sa brève existence dans l'ascétisme, tout en aidant son père à gouverner le royaume.

Il a treize ans quand son père lui commande d'aller ceindre la couronne de Hongrie. Mais il devra livrer bataille. Casimir refuse une couronne qu'il lui faudra conquérir dans un bain de sang chrétien. "J'ai en vue, écrit-il alors, une union de la Hongrie avec la Pologne, mais pas une guerre fratricide."

Régent de Pologne en l'absence de son père, prince intelligent et généreux, il accomplit ses fonctions avec conscience et justice. Atteint de tuberculose pulmonaire, il refuse les moyens qu'on lui propose pour sauver sa vie. Il avait fait vœu de chasteté et ses médecins lui proposaient de l'abandonner comme étant le meilleur moyen de guérir : "Plutôt mourir que de commettre le péché." Au milieu d'une cour luxueuse, il sut garder un grand amour des pauvres et de la pauvreté grâce à une vie de prière intense.(1)

Lors d’un voyage en Lituanie en 1484, il mourut à Grodno. Ses restes furent inhumés à Vilnius. Ses reliques sont depuis vénérées à la chapelle Saint-Casimir de la cathédrale Saint-Stanislas de Vilnius. En 1953 sous l’ère soviétique, lorsque la cathédrale devint une galerie de tableaux, ses reliques furent transférées à l'église Saints-Pierre-et-Paul. Elles ont solennellement retrouvé leur place le 4 mars 1989. (2)

Beaucoup de miracles lui ont été attribués. Cent vingt ans après sa mort, son corps fut trouvé sans corruption. Les riches étoffes dont on l'avait enveloppé furent aussi trouvées entières, malgré l'excessive humidité du caveau où il avait été enterré. (3)

Il fut canonisé en 1522 par le Pape Adrien VI et, sous le nom de saint Casimir, devint le saint patron de nombreux pays. Sa fête est le 4 mars. Il a été déclaré patron de la Lituanie en 1613 et patron de la Pologne et de la Lituanie en 1636.

Le 11 juin 1948 le Pape Pie XII nomma saint Casimir patron spécial de toute la jeunesse et modèle de pureté.

 

PRATIQUE. Veillez sur votre volonté, afin que vous n'ayez jamais le malheur d'offenser Dieu de propos délibéré.

Saint Casimir. Peinture de Daniel Schultz (1615–1683), peintre polonais, vers 1670

Saint Casimir. Peinture de Daniel Schultz (1615–1683), peintre polonais, vers 1670

Sources: (1); (2); (3) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 63; (4) Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 142-143.

 

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3 mars 2026 2 03 /03 /mars /2026 00:00
Vitrail de saint Guignolé abbé, église Saint-Guénolé de Batz-sur-Mer, 1886

Vitrail de saint Guignolé abbé, église Saint-Guénolé de Batz-sur-Mer, 1886

Saint Gwenole (ou Guénolé) est né vers 460 à Ploufragran (Côtes-d'Armor, France), ou à Plouguin (Finistère), troisième fils de sainte Gwenn et de saint Fracan, frère de saint Jacut et de saint Guethenoc, qui vint probablement du Pays de Galles (actuel Royaume-Uni) pour se fixer à Ploufragan (Côtes-d'Armor).

Il fut confié à saint Budoc en 470 pour être éduqué au monastère de l'île Lavret, lieu de fondation du premier monastère de la Bretagne armoricaine.

À 24 ans, saint Patrick († 461), apôtre de l'Irlande, lui apparaît, le dissuade de s'embarquer pour l'Irlande, et le prie de fonder un nouveau monastère. Guénolé part avec onze compagnons et se fixe d'abord sur l'îlot de Tibidi au fond de la rade de Brest, puis sur la rive opposée de l'Aulne, à Lantowinnoc, Landévennec, qui devint un grand centre de la vie spirituelle de Bretagne.

Après la mort de Guénolé en 532, son culte se répand en Cornouaille bretonne et britannique. Dans l'abbaye de Landévennec, les moines ne manquent pas d'invoquer chaque soir "leur père saint Guénolé". De très nombreuses paroisses de Bretagne sont placées sous son patronage en particulier Batz-sur-Mer. (1)

L'abbaye de Landévennec fut au Moyen Âge un lieu important d'écriture de manuscrits, de parchemins et un atelier de copistes. À partir de la 2e moitié du IXe siècle, les moines lettrés de l'abbaye forment, sous l'impulsion de l'abbé Gurdisten, une véritable école hagiographique puisant son inspiration pour partie dans la tradition celtique mais s'adaptant aux idées carolingiennes et aux nouveaux standards bénédictins, maîtrisant les techniques littéraires caractérisant la renaissance des Lettres de leur époque. C'est véritablement "l'âge d'or" de l'abbaye. Les moines de Landévennec bénéficient du soutien des rois et comtes de Cornouaille et des commandes de l'Évêché de Léon, par exemple pour les Vitæ de saint Guénolé et de saint Pol. (2)

Au XIXe siècle, l'historien Arthur Le Moyne de la Borderie qualifiera l'abbaye de Landévennec de "Coeur de la Bretagne". Abandonnée en 1793 et ruinée dans les années 1810, elle sera relevée par une nouvelle communauté monastique bénédictine en 1958, qui y construit de nouveaux bâtiments. Elle est affiliée à la congrégation de Subiaco.  Les ruines de l'ancienne abbaye ainsi qu'un musée historique sont accessibles au public.

Ancienne abbaye de Landévennec

Ancienne abbaye de Landévennec

Source: 1; 2

 

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2 mars 2026 1 02 /03 /mars /2026 00:00
Portrait de Charles le Bon - Cathédrale Saint-Sauveur de Bruges.

Portrait de Charles le Bon - Cathédrale Saint-Sauveur de Bruges.

Le Bienheureux Charles le Bon, Comte de Flandre Martyr fut très populaire pour les mesures qu'il prit en faveur des pauvres. Il fut est assassiné en 1127 par ceux dont les intérêts étaient menacés.

Fils de Saint Canut, frère du roi du Danemark, Charles devint Comte de Flandre, Picardie et Artois en 1119, quand il revint de la première Croisade. Il était très aimé de ses sujets car il avait la réputation d'être bon et juste. Il instaura sur ses terres la "trêve de Dieu" qui interdisait tout acte de guerre depuis la nuit du mercredi jusqu'au lundi matin, pendant l'Avent, les temps de Noël, de Carême, et le Temps Pascal). Il prit des mesures en faveur des petites gens lors de la terrible famine de 1125. Cela lui valut la haine des spéculateurs.

On raconte que l’abbé de St-Bertin, ayant une plainte à formuler à propos d’une terre dont l’abbaye avait hérité par donation, s’étant présenté au comte le jour de l’Épiphanie, ce dernier lui fait reproche de n’être pas présent en son abbaye pour y célébrer et y chanter la messe, alors qu'un messager aurait suffi pour transmettre la plainte. Charles rend toutefois justice en sa faveur. Sa réputation est telle que le siège impérial et le trône de Jérusalem lui sont tour à tour proposés. Mais il décline ces deux offres, arguant qu’il préférait se consacrer au bonheur de ses sujets flamands.

En 1123-1124 il s'unit au roi de France Louis VI le Gros pour repousser l'empereur Henri V.

Il fut assassiné un mercredi des Cendres dans l'église Saint-Donatien de Bruges (Belgique) par un seigneur dont il avait stoppé net les complots. Le peuple l'invoquait pour guérir les fièvres.

Il fut béatifié officiellement en 1883 par le pape Léon XIII, alors qu'il n'avait cessé entretemps d'être vénéré comme un martyr par les Flamands.

Il est le Patron des comtes et des croisés.

Charles le Bon, martyr († 1127)

Martyrologe romain

Celui qui veut ici-bas porter un amour au cœur doit s’attendre à traverser peines et joies. Il ne suffit pas de me donner une partie du jour.

Bienheureux Henri Suso - Livre de la Sagesse éternelle
Calendrier perpétuel, Les saints en 365 jours, Chêne

Calendrier perpétuel, Les saints en 365 jours, Chêne

Sources: 123Calendrier perpétuel, Les saints en 365 jours, Chêne

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27 février 2026 5 27 /02 /février /2026 01:00
Sainte Honorine, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 95.

Sainte Honorine, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 95.

On ne connaît d'elle que les reliques qui furent rapportées de Haute-Normandie jusqu'en Ile-de-France à Conflans-Saint-Honorine. Son culte en Normandie est très ancien et la tradition en fait une martyre gauloise.

 

- la tradition rapporte qu'elle fut martyrisée en l'an 303 lors de la dernière persécution romaine. Sainte Honorine est également patronne des prisonniers.

- Honorine était originaire de la tribu gauloise des Calètes (actuellement pays de Caux). Vers 303, elle fut martyrisée par les Romains à Lillebonne et son corps jeté dans la Seine proche.

 

Son corps fut recueilli à Graville (actuel quartier du Havre) et y fut enterré.

 

Pour échapper aux invasions normandes, son corps est transporté par des religieux jusqu'au castrum de Conflans près du confluent de la Seine et de l'Oise, en 876. Elles y restèrent la paix revenue. Un pèlerinage régional, le jour de l'Ascension, se développa sous l'impulsion des moines du prieuré de Conflans, dépendant de l'abbaye Notre-Dame du Bec, installés depuis 1080. De nos jours, ce pèlerinage a lieu le dimanche précédant ou suivant le 27 février.

Sainte Honorine, vierge, martyre gauloise († 303)

Le 27 février est la date actuellement retenue pour les cérémonies et processions et ce, depuis l'an 1080. Voir le site de la paroisse de Conflans-Sainte-Honorine où Vêpres et vénération des reliques sont organisés tous les ans pour sa fête.

 

Certains auteurs localisent Honorine dans le pays d'Auge (diocèse de Bayeux) comme en témoignent les nombreux villages qui portent son nom. D'autres la situent dans le pays de Caux : c'est à Graville que se trouve son tombeau.

 

Sainte Honorine aurait fait partie du peuple gaulois des Calètes et aurait été martyrisée à Lillebonne (Juliobonna). Son corps jeté dans la Seine aurait été recueilli à Graville où il fut enterré (début du IVe siècle).

 

Sur le territoire de Rouen, au IVe siècle, sainte Honorine, vierge et martyre. Martyrologe romain

Statue de sainte Honorine sur l'église de Corbeil-Cerf.

Statue de sainte Honorine sur l'église de Corbeil-Cerf.

"Sainte Honorine, l’espérance des captifs et des matelots, obtenez-nous la délivrance de nos périls et de nos maux" (cantique composé vers 1875)

 

Sources : (1) L'Evangile au quotidien ; (2) Nominis ; (3) Wikipedia ; (4) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 94.

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25 février 2026 3 25 /02 /février /2026 01:00
Bienheureux Roméo et saint Avertan

Frère au couvent des Carmes à Limoges, au XIVe siècle, il décida avec un autre frère de sa communauté, Saint Avertan, de faire à pied, en mendiant, un pèlerinage aux Lieux Saints de Palestine. Il voulut passer d'abord par Rome, pour vénérer les tombeaux des Apôtres Pierre et Paul.

 

Il périra en route, victime de la peste noire, à Lucques en Italie, à la fin de février 1380. (1)

 

La tradition populaire a changé son prénom de baptême, Henri, en celui de Roméo : le "pèlerin qui va vers Rome." (2)

 

On fit de belles funérailles aux pieux pèlerins, on les plaça sur les autels, on leur composa une biographie merveilleuse: ils étaient venus de si loin, pour aller auprès du tombeau du Christ.

 

L'on ignore pourquoi l'un est saint et l'autre seulement bienheureux. (3)

Sources

(1) https://www.lejourduseigneur.com/saint/saint-romeo

(2) Missel des dimanches 2024, Lectures de l’année B, Édition collective des Éditeurs de liturgie, p. 243

(3) https://nominis.cef.fr/contenus/saint/700/Saint-Avertan-et-le-bienheureux-Rom%C3%A9o.html

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23 février 2026 1 23 /02 /février /2026 00:00
Saint Lazare, moine en Arménie († v. 867)

Il défendit avec ardeur la sainte foi orthodoxe dans le temps de la fureur iconoclaste de l'empereur Théophile. Exilé sur les bords du Bosphore, il peignit, à son retour à Constantinople, une grande icône du Sauveur qui fut placée à la porte du palais impérial. Il fut envoyé deux fois à Rome auprès du Pape pour s'entretenir avec lui sur les moyens de restaurer la paix et l'unité. C'est au cours du second voyage qu'il meurt dans la ville des saints Apôtres.

Il est connu aussi sous le nom de Lazare le Confesseur: Ce moine peignait des icônes à Constantinople, alors que régnait Théophile, un iconoclaste forcené qui le fit jeter dans un cloaque. Saint Lazare s'en tira et se remit à peindre. L'empereur lui fit alors brûler la paume des mains. Mais l'impératrice Théodora le cacha dans une église, le soigna et le guérit. Devenue régente, elle mit fin à cette persécution et chargea saint Lazare d'aller annoncer la nouvelle au pape de Rome. Saint Lazare serait mort durant ce voyage, dans un naufrage, on ne sait si ce fut à l'aller ou au retour.

Lazare du Caucase est fêté le 23 février dans l'Église orthodoxe.

À Constantinople, vers 867, saint Lazare, moine. Né en Arménie, peintre remarquable de saintes images, il refusa de détruire ses œuvres et, sur l'ordre de l'empereur iconoclaste Théophile, fut soumis à d'atroces tortures, mais peu après, quand la controverse sur le vrai culte des icônes fut apaisée, l'empereur Michel III l'envoya à Rome pour rétablir la concorde et l'unité de toute l'Église.

 

Martyrologe romain (1)

Son corps fut rapporté à Constantinople où il fut enseveli dans l'église de saint Évandre en Galatie.

 

Il aurait peint les anges de l'Icône de Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours avant d'offrir cette icône au Pape Nicolas Ier. (2)

Sources: (1) Nominis ; (2) Notre-Dame de la Bidassoa ; (Wikipedia

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22 février 2026 7 22 /02 /février /2026 00:00
Bienheureuse Isabelle de France († 1270)

Bienheureuse Isabelle de France (1225 - 1270)

 

Fille du roi de France Louis VIII le Lion et de Blanche de Castille. Elle est morte sans alliance ni postérité, fondatrice du monastère des Clarisses urbanistes de Longchamp près de Paris.

 

Sœur cadette de saint Louis IX, Isabelle reçut, comme son frère, une éducation chrétienne très forte : dès son plus jeune âge elle se fit remarquer par sa piété et sa tempérance.

 

Pour des raisons politiques, son père voulait la marier au comte Hugues de la Marche qui préféra épouser Yolande, la fille du comte de Bretagne. Le pape Innocent IV souhaitait la voir épouser le fils de Frédéric II de Hohenstaufen, empereur du Saint Empire. Ce prince Conrad était en titre mais non en fait, roi de Jérusalem, et devait hériter de l’Empire. Isabelle refusa ce parti et fit connaître à sa famille et au Pape qu’elle souhaitait garder la virginité. Le Pape comprit son dessein, et lui accorda, par bulle (26 mai 1254) l’autorisation de se mettre sous la tutelle spirituelle de religieux franciscains.

 

Un an plus tard, elle entreprit la construction d’un monastère, dans la forêt de Rouvray (le bois de Boulogne), proche de Paris, sur un terrain concédé par son frère, le roi Louis IX. Celui-ci, très attaché à sa sœur, l’avait autorisée à consacrer une somme de trente mille livres, soit la somme qu’elle aurait eue comme dot, pour la construction du monastère. Le monastère de Longchamp fut achevé en 1259, et accueillit les premières clarisses (de l’obédience de Saint-Damien), venues du monastère de Reims, le 23 juin 1260. En s’inspirant de la Règle écrite par Claire d’Assise, elle avait composé elle-même une règle, un peu moins sévère, qui fut approuvée par Alexandre IV (2 février 1259). Saint Bonaventure, ministre général des Franciscains et d’autres frères l’avaient conseillée ; il prêcha plusieurs fois à Longchamp et rédigea un traité de vie spirituelle dédié à Isabelle : de Perfectione vitae ad sorores (La vie parfaite, pour les sœurs). Le monastère fut consacré à l’humilité de la Bienheureuse Vierge Marie.

 

 

A partir de 1260, Isabelle vint s’installer dans une petite maison, construite pour elle dans l’enclos du monastère, pour partager la vie et la prière des sœurs, mais elle ne fit jamais profession religieuse. En 1263, elle obtint du pape Urbain IV, un remaniement de la Règle. Cette dernière rédaction fut adoptée par plusieurs monastères, en France et en Italie (clarisses urbanistes).

 

Isabelle mourut le 23 février 1270 et fut enterrée dans l’église du monastère. Après la mort de saint Louis (à Tunis, la même année), Charles d’Anjou, frère du roi et d’Isabelle, demanda à une dame de compagnie d’Isabelle d’écrire sa vie, en vue de sa canonisation. Agnès d’Harcourt publia ce récit hagiographique, vers 1280, mais Isabelle ne fut béatifiée qu’en 1521, par le pape Léon X (bulle Piis omnium).

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/ec/St._Isabel_of_France_Saint-Germain_l%27Auxerrois.jpg/220px-St._Isabel_of_France_Saint-Germain_l%27Auxerrois.jpg

Statue d'Isabelle de France sous le porche de Saint-Germain-l'Auxerrois, refaite en 1841 par Louis Desprez

 

Dicton du jour

 

"Neige à la Sainte-Isabelle, fait la fleur plus belle."

 

 

Sources : 1; 2

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21 février 2026 6 21 /02 /février /2026 00:00
Saint Pierre Damien, Évêque et docteur de l'Église († 1072)

Pierre-Damien (en italien Pier Damiani) est né à Ravenne (Italie) en 1007 dans une famille noble, mais pauvre. Devenu orphelin de ses deux parents, il vécut une enfance marquée par les privations et les souffrances, même si sa sœur Roselinda s'engagea à lui servir de mère et son grand frère Damien l'adopta comme son enfant. C’est par reconnaissance pour ce frère qu’il se fera nommer Pierre Damien. 

 

Grâce à son frère, Damien, il put faire des études.

 

Assailli de violentes tentations d’orgueil et de sensualité, il ne voit pas d’autres moyens d’échapper aux dangers du monde que d’entrer chez les moines camaldules de l’abbaye Sainte-Croix de Fonte Avellana, aux confins de la Marche et de l’Ombrie, où il s'adonne à une vie extrêmement austère (1035). Il est ensuite élu prieur de Fonte Avellana (Marches, Italie), en 1043, d'où il fonde d'autres monastères. 

 

Sa réputation s'amplifiant, il fut sollicité par plusieurs papes pour réformer l'Église et voyagea pendant six ans comme légat du pape. 

 

Le savant Pierre Damien ne manque pas d’avertir ses moines:

 

"Prenons garde à la science qui ne vire point en amour.

Souvent, le désir de trop embrasser intellectuellement peut devenir dangereux pour la vie spirituelle."

 

Conseiller de Clément II (1046-1047), il lui écrit :

 

"Travaillez à relever la justice qu'on foule aux pieds avec mépris ;

usez des rigueurs de la discipline ecclésiastiques pour que les méchants soient humiliés et que les humbles se reprennent à l'espérance." 

 

L’Église connaît une période difficile où bien des clercs, prêtres et moines, mènent une vie débauchée, en tous cas relâchée.

 

Il devient célèbre pour la vigueur de ses sermons contre la simonie et le nicolaïsme.

 

En 1051, il rédige le Livre de Gomorrhe, où il dénonce les vices du clergé (et en particulier les prêtres homosexuels pédérastes), dont il exige le renvoi de l’Église (réduction à l'état laïc de tout clerc, fut-il cardinal, si coupable de ces vices). 

 

Près d'être condamné par Léon IX (1048-1054) circonvenu par ses ennemis, Pierre-Damien écrit au Pape :

 

"Je ne cherche la faveur d'aucun mortel ; je ne crains la colère de personne ; je n'invoque que le témoignage de ma propre conscience".

 

Saint Pierre-Damien obtient finalement de la papauté (Léon IX aidé par Hildebrand, futur pape saint Grégoire VII) une réaction adaptée.

Les sodomites tentent de forcer les anges quand des hommes impurs tentent d’approcher Dieu par les ordres sacrés. Ils sont certainement frappés d’aveuglement, car par le juste décret de Dieu ils tombent dans l’obscurité intérieure. Ils sont donc incapables de trouver la porte parce que, séparés de Dieu par le péché, ils ne savent pas comment revenir à lui. Celui qui essaie d’atteindre Dieu par le chemin tortueux de l’arrogance et de la vanité, plutôt que par le chemin de l’humilité, ne parviendra certainement pas à reconnaître l’entrée qui est évidemment juste devant lui, ni même que la porte est le Christ, comme il le dit lui-même : "Je suis la porte". Ceux qui perdent le Christ à cause de leur dépendance au péché, ne trouvent jamais la porte qui mène à la demeure céleste des saints.

Lettre 31 (1049) de saint Pierre Damien

Après avoir déserté la cour pontificale pendant la fin du pontificat de Léon IX et celui de Victor II (1055-1057), il est rappelé d'Ostie par Etienne IX (1057-1058) qui le promeut, malgré lui, cardinal-évêque.

 

Il dénonce l'élection de Benoît X (1058-1059) entachée de simonie et, avec Hildebrand (futur saint Grégoire VII), après avoir contribué à l'élection de Nicolas II (1059-1061), il obtient le décret de 1059 qui réserve l'élection du pape aux seuls cardinaux.

 

Pierre-Damien abandonna ses titres dès qu'il put pour retourner à Fonte Avellana. C'est sur le trajet du retour qu'il mourut, au monastère Sainte-Marie-des-Anges, à Faenza, la nuit entre le 22 et le 23 février 1072.

 

Grâce à ses nombreux écrits à caractère théologique, Pierre Damien fut proclamé Docteur de l’église le 1er octobre 1828 par le Pape Léon XII.

 

Son œuvre consiste en une imposante correspondance (158 lettres), et des sermons (75). Il est également l’auteur d’hagiographies et de traités, dont :

 

De divina omnipotentia, sur la puissance de Dieu (Lettre sur la toute-puissance divine, Paris: Cerf, 1972 (texte avec traduction) )

Une disputatio avec un Juif sur la Trinité et le Messie ;

Liber gratissimus, dédié à l’archevêque Henri de Ravenne, contre la simonie ;

De brevitate vitæ pontificum romanorum, sur la courte vie accordée aux papes.

 

Sa prédication forte par lettres, sa droiture morale, prépare la réforme grégorienne au XIe siècle et la merveilleuse efflorescence de l’Église du XIIIe siècle.

On le représente sous l'habit de moine camaldule ou en évêque.

Saint Pierre Damien, XVe siècle, Maître de Saint Pierre Damien, Ravenne, musée d'art de la ville, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 116-117.

Saint Pierre Damien, XVe siècle, Maître de Saint Pierre Damien, Ravenne, musée d'art de la ville, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 116-117.

Citations

 

"Que l’espérance te conduise vers la joie ! que la charité enflamme ton enthousiasme ! et que dans cette ivresse, ton âme oublie qu’elle souffre, pour s’épanouir en se dirigeant vers ce qu’elle contemple au-dedans d’elle-même." (Saint Pierre Damien, lettre à un malade)

 

"La tentation, ce n’est pas un mal. C’est une épreuve méritoire et la place où nous pouvons répondre de notre amour pour Dieu." (Saint Pierre Damien – Dominus vobiscum)

 

On invoque saint Pierre-Damien pour les migraines, et tous les maux de tête en rapport avec des nombreuses études.

Saint Pierre-Damien (à droite) avec Sainte Anne et Sainte Elisabeth

Saint Pierre-Damien (à droite) avec Sainte Anne et Sainte Elisabeth

Sources : (1); (2) ; (3) ; (4) ; (5) ; (6) ; (7) Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 116-117.

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20 février 2026 5 20 /02 /février /2026 01:00

Née à Assise vers 1200, elle avait choisi de vivre très mondainement jusqu'à la visite qu'elle rendit un jour à sa tante Ste Claire dans son couvent de Saint Damien; elle changea aussitôt sa vie, sans même revenir à Assise pour saluer ses parents.

Elle vécut dès lors dans la plus complète austérité.

Elle en tomba malade et Claire la délivra d'un signe de croix, d'une toux persistante qui dura 13 mois.

Aimée mourut en 1252 d'hydropisie. Son corps fut transféré au couvent de Sainte-Claire d'Assise dans la chapelle Saint-Georges.

Bienheureuse Aimée, religieuse (1200-1252)

Sources : 1; 2; 3

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19 février 2026 4 19 /02 /février /2026 00:00
Saint Gabin († 296)

Gabin était parent de l'Empereur Dioclétien, frère du Pape Caïus et père de Sainte Suzanne, martyrisée pour n'avoir pas épousé le fils de l'empereur. Gabin mourut de faim dans la même prison que sa fille.

On trouve d'assez nombreux Gabinius ou Gabinus, et quelques Gabinia durant l'Antiquité, mais, comme beaucoup d'autres, ce prénom n'a pas survécu à la période des grandes invasions barbares (Ve-VIe siècles). La France semble être le seul pays où l'on a observé sa renaissance. Elle date des années 1970, et c'est peut-être la célébrité de l'acteur Jean Gabin (1908-1976) qui l'a déclenchée. Toujours est-il que les nouveaux Gabin commencent à être nombreux.

Les reliques de Gabin sont conservées dans la Basilique Sainte Suzanne à Rome.


Sources : 1, 2
 

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18 février 2026 3 18 /02 /février /2026 01:00

Le Carême est un exemple de tradition ORALE apostolique contraignante qui n’est pas explicitement mentionnée dans les Écritures (bien qu’elle ait des précédents dans les jeûnes de 40 jours de Moïse, du Christ, etc.), mais qui a été universellement observée dans l’Église catholique depuis l’Antiquité.

Mercredi des Cendres : entrée en Carême

Tu es poussière, et à la poussière tu retourneras.

Genèse 3,19

Voici le temps favorable,
Voici le Jour du Salut ;
Venez, adorons le Seigneur

               

Jésus appelle à la conversion. Cet appel est une partie essentielle de l’annonce du Royaume : "Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l'Évangile" (Mc 1,15).

 

Dans la prédication de l’Église cet appel s’adresse d’abord à ceux qui ne connaissent pas encore le Christ et son Évangile. Aussi, le Baptême est-il le lieu principal de la conversion première et fondamentale. C’est par la foi en la Bonne Nouvelle et par le Baptême (cf. Ac 2, 38) que l’on renonce au mal et qu’on acquiert le salut, c’est-à-dire la rémission de tous les péchés et le don de la vie nouvelle.

          
Or, l’appel du Christ à la conversion continue à retentir dans la vie des chrétiens.

Cette seconde conversion est une tâche ininterrompue pour toute l’Église qui "enferme des pécheurs dans son propre sein" et qui "est donc à la fois sainte et appelée à se purifier, et qui poursuit constamment son effort de pénitence et de renouvellement" (LG 8). Cet effort de conversion n’est pas seulement une œuvre humaine. Elle est le mouvement du "cœur contrit" (Ps 51(50), 19) attiré et mû par la grâce (cf. Jn 6, 44 ; 12, 32) à répondre à l’amour miséricordieux de Dieu qui nous a aimés le premier (cf. 1 Jn 4, 10).

         
Comme déjà chez les prophètes, l’appel de Jésus à la conversion et à la pénitence ne vise pas d’abord des œuvres extérieures, "le sac et la cendre", les jeûnes et les mortifications, mais la conversion du cœur, la pénitence intérieure. Sans conversion du cœur, sans bonne volonté, les œuvres de pénitence restent stériles et mensongères ; par contre, la conversion intérieure pousse à l’expression de cette attitude en des signes visibles, des gestes et des œuvres de pénitence (cf. Jl 2, 12-13 ; Is 1, 16-17 ; Mt 6, 1-6. 16-18).  

       
La pénitence intérieure est une réorientation radicale de toute la vie, un retour, une conversion vers Dieu de tout notre cœur, une cessation du péché, une aversion du mal, avec une répugnance envers les mauvaises actions que nous avons commises. En même temps, elle comporte le désir et la résolution de changer de vie avec l’espérance de la miséricorde divine et la confiance en l’aide de sa grâce. Cette conversion du cœur est accompagnée d’une douleur et d’une tristesse salutaires que les Pères ont appelées animi cruciatus (affliction de l’esprit), compunctio cordis (repentir du cœur) (cf. Cc. Trente : DS 1677-1678 ; 1705 ; Catech. R. 2, 5, 4).    

       

Le cœur de l’homme est lourd et endurci. Il faut que Dieu donne à l’homme un cœur nouveau (cf. Ez 36, 26-27). La conversion est d’abord une œuvre de la grâce de Dieu qui fait revenir nos cœurs à lui : "Convertis-nous, Seigneur, et nous serons convertis" (Lm 5, 21). Dieu nous donne la force de commencer à nouveau. C’est en découvrant la grandeur de l’amour de Dieu que notre cœur est ébranlé par l’horreur et le poids du péché et qu’il commence à craindre d’offenser Dieu par le péché et d’être séparé de lui. Le cœur humain se convertit en regardant vers Celui que nos péchés ont transpercé (cf. Jn 19, 37 ; Za 12, 10) :
      

Ayons les yeux fixés sur le sang du Christ et comprenons combien il est précieux à son Père car, répandu pour notre salut, il a ménagé au monde entier la grâce du repentir (S. Clément de Rome, Cor. 7,4). (…)         
         

La pénitence intérieure du chrétien peut avoir des expressions très variées. L’Écriture et les Pères insistent surtout sur trois formes : le jeûne, la prière, l’aumône (cf. Tb 12, 8 ; Mt 6, 1-18), qui expriment la conversion par rapport à soi-même, par rapport à Dieu et par rapport aux autresÀ côté de la purification radicale opérée par le Baptême ou par le martyre, ils citent, comme moyen d’obtenir le pardon des péchés, les efforts accomplis pour se réconcilier avec son prochain, les larmes de pénitence, le souci du salut du prochain (cf. Jc 5, 20) l’intercession des saints et la pratique de la charité "qui couvre une multitude de péchés" (1 P 4, 8).  

      

La conversion se réalise dans la vie quotidienne par des gestes de réconciliation, par le souci des pauvres, l’exercice et la défense de la justice et du droit (cf. Am 5, 24 ; Is 1, 17), par l’aveu des fautes aux frères, la correction fraternelle, la révision de vie, l’examen de conscience, la direction spirituelle, l’acceptation des souffrances, l’endurance de la persécution à cause de la justice.

Prendre sa croix, chaque jour, et suivre Jésus est le chemin le plus sûr de la pénitence (cf. Lc 9, 23) : »

Il leur disait à tous : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive.

Mercredi des Cendres : entrée en Carême

Source : Catéchisme de l’Église catholique §1427-1428 ; 1430-1432 ; 1434-1435

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17 février 2026 2 17 /02 /février /2026 01:00
Mardi-Gras

Le Carême est immédiatement précédé d'une "célébration" qui n'est aucunement mentionnée sur le calendrier liturgique : le Mardi gras.

Le Mardi gras est une période chrétienne qui marque, en apothéose, la fin de la "semaine des sept jours gras" autrefois appelés jours charnels. Cette période pendant laquelle on festoyait précède le mercredi des Cendres, marquant l'entrée dans le Carême pendant lequel le chrétien mange "maigre", en s'abstenant notamment de viande ; d'où l'étymologie du mot "carnaval" qui dérive du latin médiéval "carnelevare" signifiant "enlever, retirer la chair" (c'est-à-dire "retirer la viande" de la table, dont elle restera absente durant tout le carême).

 

De nombreux carnavals ont lieu le Mardi gras.

Mardi gras, populairement, est aussi le jour où l'on mange les fameux "beignets de carnaval". Il est aussi populaire aujourd'hui pour les enfants de se déguiser et/ou demander aux voisins dans les villages des œufs, du sucre, de la farine, etc, ceci afin de faire des gâteaux ou des crêpes qu'ils peuvent manger en fin d'après-midi.

C'était une "dernière folie" pour se préparer au jeûne sévère et à l'abstinence qui devaient commencer le lendemain avec le mercredi des Cendres. Cette tradition populaire avait probablement des motivations très pratiques. Les aliments interdits par la discipline rigoureuse de l'Eglise étaient précisément ceux qui ne se conservaient pas. Or, jusqu'au XIXe siècle, la réfrigération était inconnue, il allait donc de soi de manger tout ce qui risquait de se perdre pendant ces six semaines de Carême, et d'aider les autres familles à en faire autant dans une ambiance festive.

Le carnaval tel que nous le connaissons était déjà populaire au XIVe siècle. Il porte la marque des coutumes préchrétiennes de divertissements et de mascarades associées à la célébration païenne de l'équinoxe de printemps. Parce que l'Eglise interdisait toutes réjouissances pendant le Carême, il était normal de faire la fête juste avant.

Actuellement, le Mardi gras est associé à des coutumes alimentaires appréciées de tous, particulièrement des enfants : crêpes, beignets ou bugnes, gaufres, etc., en fonction des régions de France.

 

Comptines

 

Mardi gras, t'en va pas, tu mangeras des crêpes. Mardi gras, t'en va pas, tu mangeras du chocolat.

Mardi gras est mort, il est pas mort il dort, Ah !! Mardi gras !! T'en fais pas, t'auras des crêpes. Ah !! Mardi gras !! T'en fais pas, t'en auras pas (comptine boulonnaise, Pas-de-Calais)

Mardi gras, ne t'en va pas, je fais des crêpes, je fais des crêpes. Mardi gras ne t'en va pas, je fais des crêpes et tu en auras.

 

Dictons

 

Mardi gras près du feu, Pâques auprès de la porte ; Mardi gras près de la porte, Pâques auprès du feu.

Mardi gras, beau temps, beau foin.

Si le soleil luit tôt le matin, semailles de Mardi gras vont bien.

Mardi gras pluvieux, fait le cellier huileux (Périgord)

Le jour de Mardi gras, si les noyers sont mouillés, y'aura des noix (Charente)

 

Sources: 1; Greg DUES, Guide des coutumes et traditions catholiques, traduit de l'anglais et adapté par Emmanuelle Billoteau, Bayard, Paris 2004, p. 137; 2

______________________

1790 : interdiction des festivités du Carnaval sous la Révolution

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16 février 2026 1 16 /02 /février /2026 00:00
Sainte Julienne, Vierge et martyre (286 - † 310)

Née à Nicomédie (Turquie), elle voulut rester vierge à une époque où ne pas se marier était inconcevable.

D'après la Légende dorée, Julienne était fiancée au préfet de Nicomédie, mais refusait de s'unir à lui tant qu'il resterait païen. Son propre père la fit battre et la livra au dit préfet éconduit, qui la fit fouetter puis suspendre par les cheveux, avant de lui faire verser sur la tête du plomb en fusion, puis, comme cela était sans effet, de l'enchaîner et de la jeter en prison. Là, elle vainc par la prière un démon qui tente de la persuader de sacrifier aux dieux. Le préfet la fit écarteler, mais un ange la guérit, et ce prodige permit la conversion d'un grand nombre de personnes. Le préfet lui fit alors prendre un bain de plomb fondu, qui parut à la sainte être un bain d'eau tiède. Il la fit donc décapiter.

D'après la Légende dorée, le fiancé éconduit et violent serait mort peu de temps après, noyé dans une tempête.

Sainte Julienne est particulièrement honorée dans la région d'Etampes depuis le Moyen Âge.

Sainte Julienne, Vierge et martyre (286 - † 310)

Le tableau Le martyre de sainte Julienne, dû à Barré, figure le martyre de Julienne de Nicomédie. Invoquée contre les maladies contagieuses et les douleurs de l'accouchement, elle est représentée ici dans la scène du chaudron. Devant son refus d'unir sa vie au païen Euloge, elle est plongée dans un chaudron de plomb fondu, qu'une intervention divine fait instantanément refroidir, et ce malgré les efforts des bourreaux. Julienne, le visage impassible, a les mains enchaînées et réunies en prière.

 

Sources: 1; 2; 3; 4

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15 février 2026 7 15 /02 /février /2026 00:00

Image illustrative de l'article Claude La Colombière

Ses écrits encouragent la dévotion au Cœur de Jésus.

 

Claude La Colombière, troisième enfant du notaire Bertrand La Colombière et Marguerite Coindat, naît le 2 février 1641 à St. Symphorien d'Ozon dans le Dauphiné.

 

Quatre des six enfants de cette famille profondément chrétienne entrent dans la vie religieuse, dont Claude. Un de ses frères, Joseph La Colombière, fut vicaire général au Canada.

 

Après des études au collège de la Sainte Trinité de Lyon, Claude entra le 25 octobre 1658 au noviciat de la Compagnie de Jésus. Après quinze ans de vie religieuse, cherchant la plus haute perfection spirituelle, il fit le vœu d'observer fidèlement la règle et les constitutions de son ordre sous peine de péché. Ceux qui vécurent avec lui purent certifier que ce vœu fut observé avec la plus grande exactitude.

 

En 1675, Claude La Colombière, arrive à Paray comme supérieur de la communauté. Confesseur des religieuses du couvent de la Visitation, il rencontre alors Marguerite-Marie Alacoque : il prend nettement position en faveur de la voyante et la soutient dans sa mission.

 

« Mon fidèle serviteur et parfait ami » : c’est par ces mots étonnants que Notre-Seigneur lui-même avait désigné Claude La Colombière à Marguerite-Marie. Et il était en effet bien préparé à comprendre le message de l’amour de Dieu. Bien avant de venir à Paray, il avait écrit dans son journal :

« Je veux que mon cœur ne soit désormais que dans celui de Jésus et de Marie, ou que celui de Jésus et de Marie soient dans le mien afin qu’ils lui communiquent leurs mouvements, et qu’il ne s’agite et qu’il ne s’émeuve que conformément à l’impression qu’il recevra de ces Cœurs ».

 

Quand la sœur Marguerite-Marie Alacoque lui ouvre sa conscience, Claude voit en elle l’œuvre de Dieu, la rassure et l’encourage.

 

Mais dès l’année suivante, il part pour Londres en qualité de  prédicateur de Marie Beatrice de Modène, duchesse d’York. Bientôt éclate en Angleterre la « Terreur papiste » : Claude est calomnieusement accusé, jeté en prison pendant trois semaines, frôle le martyre et finalement est expulsé. Il revient en France phtisique et presque mourant. Il ne retournera à Paray que pour de brefs séjours qui lui permettront de réconforter Sœur Marguerite-Marie dont la vie mystique se heurte toujours au scepticisme de son entourage. (1)

Il passa les deux dernières années de sa vie à Lyon, où il était le directeur spirituel de jeunes jésuites. Quand la tuberculose l’emporte, le 15 février 1682 à Paray-le-Monial,  il n’a que 41 ans mais la mission est accomplie.

 

Deux ans plus tard, paraît en librairie la Retraite spirituelle du Père Claude La Colombière : ce modeste opuscule va merveilleusement ouvrir les voies à la mission de Marguerite-Marie (canonisée le 13 mai 1920) et au message du Cœur de Jésus.

 

La « dévotion au Sacré-Cœur » va se répandre dans toute la chrétienté et en 1899, le Pape Léon XIII (Vincenzo Gioacchino Pecci, 1878-1903) instituera la fête du Sacré-Cœur.

 

Claude La Colombière a laissé de très nombreux écrits :

  • Sermons (3 vol.), Lyon, 1684.
  • Réflexions chrétiennes, Lyon, 1684.
  • Retraite spirituelle, Lyon, 1684.
  • Lettres spirituelles, Lyon, 1715.
  •  

Des éditions complètes de ses œuvres ont été publiées plusieurs fois :

  • Œuvres du R. P. Claude de la Colombière, Avignon, 1832 ; Paris, 1864.
  • Œuvres complètes (6 vol.), Grenoble, 1900-1902.
  • Écrits spirituels (éd. par André Ravier), Collection 'Christus', Paris, 1962

 

Claude La Colombière a été béatifié, le 16 juin 1929, par le Pape Pie XI (Ambrogio Damiano Achille Ratti, 1922-1939)  et canonisé, le 31 mai 1992, par Saint Jean Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005).

 

Son charisme, aux dires de S. Marguerite Marie Alacoque, fut d'élever les âmes à Dieu, en suivant le chemin de l'amour et de la miséricorde que le Christ nous révèle dans l'Evangile.

 

Ses reliques sont conservées à Paray-le-Monial, en la chapelle de la Colombière, à proximité du couvent des sœurs de la Visitation. (2)

 

Pour un approfondissement : >>> Claude La Colombière

Sources: (1); (2) ; (3); Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 46.

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14 février 2026 6 14 /02 /février /2026 00:00
Saint Valentin, Évêque et martyr († 268)

Valentin était évêque de Terni, dans les monts Sabin (Italie) au IIIe siècle.

 

Décapité le 14 février 268 en représailles des conversions au christianisme qu’il suscita suite à la guérison d’une jeune fille aveugle, S. Valentin doit à son nom, qui signifie santé et vigueur, le fait que les fiancés, les jeunes gens à marier, ceux qui craignent les atteintes de la peste, les personnes, enfin, qui sont sujettes à l’épilepsie et aux évanouissements se sont placés sous son patronage.

Saint Valentin, Évêque et martyr († 268)

Valentin se signala par ses dons de thaumaturge. Il guérit une jeune fille et convertit toute sa famille. Victimes des persécutions antichrétiennes, ils subirent ensemble le martyre et furent inhumés à Rome. 

La vertu de saint Valentin, prêtre, était si éclatante, et sa réputation si grande dans la ville de Rome, qu’elle vint à la connaissance de l’empereur Claude II, qui le fit arrêter, et, après l’avoir tenu deux jours en prison, chargé de fers, le fit amener devant son tribunal pour l’interroger. D’abord il lui dit, d’un ton de voix assez obligeant : « Pourquoi, Valentin, ne veux-tu pas jouir de notre amitié, et pourquoi veux-tu être ami de nos ennemis ? » Mais Valentin répondit généreusement : « Seigneur, si vous saviez le don de Dieu, vous seriez heureux et votre empire aussi ; vous rejetteriez le culte que vous rendez aux esprits immondes et à leurs idoles que vous adorez, et vous sauriez qu’il n’y a qu’un Dieu, qui a créé le ciel et la terre, et que Jésus-Christ est son Fils unique ».

 

Saint Valentin
Un des juges, prenant la parole, demanda au Martyr ce qu’il pensait des dieux Jupiter et Mercure. « Qu’ils ont été des misérables » répliqua Valentin, « et qu’ils ont passé toute leur vie dans les voluptés et les plaisirs du corps ». Là-dessus, celui qui l’avait interrogé s’écria que Valentin avait blasphémé contre les dieux et contre les gouverneurs de la république. Cependant le Saint entretenait l’empereur, qui l’écoutait volontiers et qui semblait avoir envie de se faire instruire de la vraie religion ; et il l’exhortait à faire pénitence pour le sang des chrétiens qu’il avait répandu, lui disant de croire en Jésus-Christ et de se faire baptiser, parce que ce serait pour lui un moyen de se sauver, d’accroître son empire et d’obtenir de grandes victoires contre ses ennemis.

L’empereur, commençant déjà à se laisser persuader, dit à ceux qui l’entouraient : « Écoutez la sainte doctrine que cet homme nous apprend ». Mais le préfet de la ville, nommé Calpurnius, s’écria aussitôt : « Voyez-vous comment il séduit notre prince ! Quitterons-nous la religion que nos pères nous ont enseignée ? »

Claude, craignant que ces paroles n’excitassent quelque trouble ou quelque sédition dans la ville, abandonna le Martyr au préfet, qui le mit à l’heure même entre les mains du juge Astérius, pour être examiné et châtié comme un sacrilège. Celui-ci fit d’abord conduire le prisonnier en sa maison. Lorsque Valentin y entra, il éleva son coeur au ciel, et pria Dieu qu’il lui plût d’éclairer ceux qui marchaient dans les ténèbres de la gentilité, en leur faisant connaître Jésus-Christ la vraie lumière du monde.

 

Astérius, qui entendait tout cela, dit à Valentin :
« — J’admire beaucoup ta prudence ; mais comment peux-tu dire que Jésus-Christ est la vraie lumière ? »
« — Il n’est pas seulement la vraie lumière, mais l’unique lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde », dit Valentin.
« — Si cela est ainsi, dit Astérius, j’en ferai bientôt l’épreuve : j’ai ici une petite fille adoptive qui est aveugle depuis deux ans ; si tu peux la guérir et lui rendre la vue, je croirai que Jésus-Christ est la lumière et qu’il est Dieu, et je ferai tout ce que tu voudras ». La jeune fille fut donc amenée au Martyr, qui, lui mettant la main sur les yeux, fit cette prière : « Seigneur Jésus-Christ, qui êtes la vraie lumière, éclairez votre servante ».

À ces paroles, elle reçut aussitôt la vue, et Astérius et sa femme, se jetant aux pieds de leur bienfaiteur, le supplièrent, puisqu’ils avaient obtenu par sa faveur la connaissance de Jésus-Christ, de leur dire ce qu’ils devaient faire pour se sauver. Le Saint leur commanda de briser toutes les idoles qu’ils avaient, de jeûner trois jours, de pardonner à tous ceux qui les avaient offensés, et enfin de se faire baptiser, leur assurant que, par ce moyen, ils seraient sauvés. Astérius fit tout ce qui lui avait été commandé, délivra les chrétiens qu’il tenait prisonniers, et fut baptisé avec toute sa famille, qui était composée de quarante-six personnes. (1)

Toute la famille de Julia se convertit au christianisme pour honorer la mémoire de Valentin.

Sainte Lucile baptisée par saint Valentin, v. 1475, Jacopo Bassano, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 102-103.

 

L’empereur, averti de ce changement, craignit quelque sédition dans Rome, et, par raison d’État, il fit prendre Astérius et tous ceux qui avaient été baptisés, puis les fit mettre à mort par diverses sortes de tourments.

 

Pour Valentin, le père et le maître de ces bienheureux enfants et disciples, après avoir été longtemps en une étroite prison, il fut battu et brisé avec des bâtons noueux ; enfin, l’an 268, le 14 février, il fut décapité sur la voie Flaminienne, où, depuis, le pape Jean Ier fit bâtir une église sous son invocation près du Ponte-Mole (VIe siècle). Cette église ayant été ruinée, le pape Théodose en dédia une nouvelle, dont il ne reste plus de traces non plus. La porte appelée plus tard du Peuple portait anciennement le nom du saint Martyr. On garde la plus grande partie de ses reliques dans l’église de Sainte-Praxède. Les autres furent apportées en France, en l’église Saint-Pierre de Melun-sur-Seine, mais elles ne s’y trouvent plus aujourd’hui.

 

Saint Valentin est devenu le patron des amoureux à partir d'un proverbe du Moyen-Age : "A la saint Valentin, les oiseaux commencent à roucouler".(2)

 

Saint Valentin est nommé, avec la qualité d’illustre Martyr, dans le Sacramentaire de saint Grégoire, dans le Missel romain de Tomasi, dans les divers martyrologes et calendriers : les Anglais l’ont conservé dans le leur.

 

Attributs. Saint Valentin a été représenté :

1° tenant une épée et une palme, symboles de son martyre ; une crosse, symbole de la houlette du pasteur qui veille sur le troupeau.

2° guérissant la fille du juge Astérius. Cette circonstance de la guérison d’une jeune fille, et plus encore son nom de Valentin, qui signifie santé et vigueur, explique pourquoi les fiancés, les jeunes gens à marier, ceux qui craignent les atteintes de la peste, les personnes, enfin, qui sont sujettes à l’épilepsie et aux évanouissements se sont placés sous son patronage.

 

Plusieurs siècles après sa mort, Valentin fut canonisé en l’honneur de son sacrifice pour l’amour. La fête de la Saint-Valentin fut instituée pour contrer la Lupercalia, fête païenne donné le jour de la fertilité et dédiée à Lupercus, dieu des troupeaux et des bergers, et Junon, protectrice des femmes et du mariage romain. L’événement le plus marquant de ces réjouissances était la course des Luperques : des hommes mi-nus poursuivaient des femmes et les frappaient avec des lanières de peau de bouc, les coups reçus assurant fécondité et grossesse heureuse à celles-ci.

 

Une autre origine est attribuée aux festivités de la Saint-Valentin. On prétendait en effet que, sous certains climats, les oiseaux s’appariaient pour la belle saison prochaine, à la Saint-Valentin, comme il est reçu qu’en d’autres pays plus froids ils s’apparient à la Saint-Joseph. Prenant exemple sur eux, les hommes auraient trouvé ce jour propice à la déclaration amoureuse. Dans les anciens calendriers, à une époque où les devoirs de la vie civile se confondaient avec ceux de la vie religieuse, chaque jour y était marqué par un signe qui parlait immédiatement aux yeux des initiés.

 

C’est ainsi que la Saint-Valentin était marquée par un soleil dans la main du saint, ou par un gaufrier : un soleil, parce qu’il était censé reprendre sa force à cette époque, qui est à peu près celle des Quatre-Temps du printemps, et que les fleurs les plus précoces (amandiers, noisetiers, etc.) commencent à se montrer dans une partie de l’Europe ; un gaufrier, pour annoncer les réjouissances de Carnaval.

 

Il est dit que Julia planta près de la tombe de Valentin un amandier. L'arbre est depuis ce jour, un symbole de l'amour. Des reliques de Saint Valentin sont transférées en 1868 dans la collégiale Saint-Jean-Baptiste de Roquemaure.(3)

 

Pratique : Comme S. Valentin, plaçons l'amour de Dieu par dessus tout, par dessus l'amour de nous-même. 

Saint Valentin s'agenouillant en supplication, par David Teniers III (1638-1685)

Saint Valentin s'agenouillant en supplication, par David Teniers III (1638-1685)

Sources: (1) La France pittoresque; (2) L'Evangile au quotidien; (3) Wikipedia; (4) Gloria.Tv ; (5) Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 102-103. 

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12 février 2026 4 12 /02 /février /2026 00:00
Saint Félix de Carthage - Commémoraison des saints martyrs d’Abitène  († 304)

En 250, l'empereur Dèce décide de rendre obligatoire le culte impérial. Les chrétiens seront condamnés s'ils refusent de se convertir.

Saturnin, prêtre, avec ses quatre enfants : Saturnin le jeune et Félix, tous deux lecteurs, Marie, vierge consacrée, et le petit Hilarion. Le sénateur Dativus, Félix ; un autre Félix, Émérite et Ampelius, lecteurs. Rogatien, Quintus, Maximien ou Maxime, Telica ou Tazelita, un autre Rogatien, Rogatus, Janvier, Cassien, Victorien, Vincent, Cécilien, Restitute, Prima, Éve, encore un autre Rogatien, Givalius, Rogatus, Pomponia, Secunde, Januaria, Saturnine, Martin, Clautus, Félix le jeune, Marguerite, Major, Honorata, Regiola, Victorin, Peluse, Fauste, Dacien, Matrone, Cécile, Victoire, vierge de Carthage, Berectina, Secunde, Matrone, Januaria. (Martyrologe Romain)

L'an 304, lorsque l'empereur Dioclétien interdit aux chrétiens, sous peine de mort, de posséder les Écritures, de se réunir le dimanche pour célébrer l'Eucharistie et de construire des lieux pour leurs assemblées.

À Abitène, une petite ville située dans la province romaine d'Afrique proconsulaire (actuelle Tunisie), 49 chrétiens furent surpris un dimanche alors que, réunis dans la maison d'Octave Félix, ils célébraient l'Eucharistie, bravant ainsi les interdictions impériales. Arrêtés à Abitène, ils furent conduits à Carthage pour être interrogés par le Proconsul Anulinus. La réponse, parmi d'autres, qu'un certain Eméritus donna au Proconsul qui lui demandait pourquoi ils avaient transgressé l'ordre sévère de l'empereur, est significative. Il répondit : "Sine dominico non possumus" : sans nous réunir en assemblée le dimanche pour célébrer l'Eucharistie, nous ne pouvons pas vivre. Les forces nous manqueraient pour affronter les difficultés quotidiennes et ne pas succomber.

Après d'atroces tortures, ces 49 martyrs d'Abitène furent mis à mort. Ils confirmèrent ainsi leur foi, à travers l'effusion de leur sang. Ils moururent, mais ils vainquirent : nous les rappelons à présent dans la gloire du Christ ressuscité.

Les martyrs d'Abitène représentent une expérience sur laquelle nous, chrétiens du XXI siècle, devons réfléchir. Pour nous non plus, il n'est pas facile de vivre en chrétiens, même s'il n'y a pas ces interdictions de l'empereur. Mais, d'un point de vue spirituel, le monde dans lequel nous nous trouvons, souvent marqué par une consommation effrénée, par l'indifférence religieuse, par un sécularisme fermé à la transcendance, peut apparaître comme un désert aussi aride que celui "grand et redoutable" (Dt 8, 15) dont nous a parlé la première lecture, tirée du Livre du Deutéronome.

"Comment pourrions-nous vivre sans Lui ?". Nous entendons retentir dans ces paroles de saint Ignace l'affirmation des martyrs d'Abitène : "Sine dominico non possumus".

 

PRATIQUE. Retrouvons aujourd'hui nous aussi la conscience de l'importance décisive de la Célébration dominicale et sachons tirer de la participation à l'Eucharistie l'élan nécessaire pour un nouvel engagement dans l'annonce au monde du Christ "notre paix" (Ep 2, 14). 

 

***

 

Sources : (1) Homélie du Pape Benoît XVI à Bari pour la Clôture du XXIVe Congrès Eucharistique Italien, Dimanche 29 mai 2005, L'Evangile au quotidien; (2) wikipedia; (3) Nominis; (4) Reflexion chrétienne

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11 février 2026 3 11 /02 /février /2026 00:00
Notre-Dame de Lourdes (1858)

Le 11 février 1858, près du village pyrénéen de Lourdes, une jeune femme serait apparue à Bernadette Soubirous, dans une grotte appelée Massabielle.

 

Selon ses dires, la petite bergère assista dans les semaines qui suivirent à plusieurs apparitions du même type.

 

Au cours de l'une d'elles, la Dame lui confia (en gascon) : Que soy era immaculada councepciou ("Je suis l'Immaculée Conception"), c'est-à-dire épargnée par le péché originel dès sa conception à la différence des autres humains depuis Adam et Ève.

 

La bergère rapporta ces mots à son curé sans savoir que le pape Pie IX avait proclamé quatre ans plus tôt le dogme de l'Immaculée Conception à propos de Marie, la mère du Christ. (1)

 

Proclamée Immaculée dans sa Conception le 8 décembre 1854, Marie apparut quatre ans plus tard, en 1858, à dix-huit reprises, du 11 février au 16 juillet, à une petite fille de Lourdes.

 

L'enfant, ignorante et candide, s'appelait Bernadette. La Vierge paraissait dans une grotte sauvage, la grotte de Massabielle. Son visage était gracieux et vermeil ; elle était enveloppée dans les plis d'un long voile blanc ; une ceinture bleue flottait autour d'elle ; sur chacun de ses pieds brillait une rose épanouie. L'enfant regarda longtemps, elle prit son chapelet et le récita pieusement. L'apparition lui demanda de revenir. (2)

Notre-Dame de Lourdes (1858)

Grotte de Lourdes La seizième fois, le 25 mars 1858, Bernadette supplia la vision de se faire connaître. Alors, l'être mystérieux, joignant les mains devant sa poitrine, et revêtant une majesté toute divine, disparut en disant : "Que soy era immaculada councepciou" ("Je suis l'Immaculée Conception"). 

 

À partir de cette époque, la ville de Lourdes devenait immortelle. Des foules immenses viennent, selon le désir exprimé par l'apparition, saluer la Vierge Immaculée dans sa grotte bénie et dans les splendides sanctuaires érigés à sa demande et en son honneur, sur le flanc de la montagne. De nombreux et éclatants miracles ont récompensé et récompensent toujours la foi des pieux pèlerins ; et chaque jour ce grand mouvement catholique va croissant ; c'est par centaines de milliers, chaque année, que les dévots de Marie affluent, à Lourdes, de toutes les parties du monde.

Notre-Dame de Lourdes, Image pieuse populaire, XIXe siècle, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 95.

Notre-Dame de Lourdes, Image pieuse populaire, XIXe siècle, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 95.

La mémoire de ces apparitions a été inscrite au calendrier romain en 1907.

 

Mémoire de Notre-Dame de Lourdes. En 1858, trois ans après la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception, une toute jeune fille, sainte Bernadette Soubirous, contempla à plusieurs reprises la Vierge Marie dans la grotte de Massabielle au bord du Gave, près de Lourdes, devenue dès lors un lieu vénéré par des foules innombrables de fidèles. (3)

 

La piété catholique a multiplié les histoires et les notices de Notre-Dame de Lourdes ; mille et mille cantiques de toutes langues ont été chantés au pied de la grotte bénie ; partout, en France et dans toutes les parties du monde, se sont multipliées les représentations de la grotte de Lourdes et de sa basilique, les images et les statues de la Vierge Immaculée. Les féeriques processions aux flambeaux, les merveilleuses illuminations, les grandioses manifestations qui s'y renouvellent souvent, ont fait de Lourdes comme un coin du Paradis.

Notre-Dame de Lourdes, Virgilio Tojett 1877

Notre-Dame de Lourdes, Virgilio Tojett 1877

Sources : 12; 3; 4; Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011.

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10 février 2026 2 10 /02 /février /2026 00:00

 

Au temps où Padoue était aux mains d’Ezzelino, un tyran féroce et prompt au meurtre, Arnaud Cataneo, abbé du monastère de Sainte Sabine, dut se réfugier dans une grotte voisine pour échapper à une mort certaine. Quand l’empereur Frédéric II vint délivrer la ville, Arnaud l’accueillit joyeusement. Mais quand Ezzelino reprit le contrôle de la région, le bienheureux Arnaud fut arrêté, jeté dans un infect cachot où il mourut après huit années de souffrances et d’isolement. [1] 

 

Quand Arnaud Cataneo, issu d'une grande famille de noblesse ancienne et aisée de Padoue (Vénétie, Italie), devient moine bénédictin de l'abbaye Sainte-Justine de Padoue et en est élu abbé deux ans plus tard, en 1209, à l'âge de 24 ans, la région connait d'importantes luttes de pouvoir entre guelfes et gibelins (Welf opposés à la maison de Hohenstaufen). Arnaud Cataneo s'oppose au tyran Ezzelino III da Romano, seigneur gibelin de Padoue, Vérone, Vicence et Brescia (surnommé le Féroce, remarqué par sa cruauté, qualifié de monomaniaque de la terreur, et de fils du diable), excommunié à deux reprises par le pape Innocent IV. L'opposition d'Arnaud Cataneo et son influence spirituelle contrarient Ezzelino III qui le fit condamner à mort. Il se réfugia alors dans une grotte voisine, d'où il ressortit en 1238 lorsque l'empereur germanique Frédéric II délivra la ville. Mais Ezzelino reprit le contrôle de la région ; il fit arrêter Cataneo en 1246, et le fit enfermer dans un cachot de sa forteresse d'Asolo, en Vénétie, nourri au pain et à l'eau [2], où il mourut le 10 février 1255, après huit années de martyre, de persécution, de souffrances et d’isolement. [3] Au moment de sa mort, deux flambeaux ardents auraient été vus descendre du ciel et resplendir sur le château.

 

Tombe de S. Arnaud à la basilique Sainte-Justine de Padou

 

Depuis le 14 mars 1562, son corps repose dans un autel baroque d'une des chapelles de la basilique Sainte-Justine de Padoue.

 

Béatifié par l'Église catholique, Arnaud est fêté les 10 février et 14 mars dans le martyrologe catholique (date de la translation de son corps en 1562.) [4]

 

Sources: 1, 23, 4

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9 février 2026 1 09 /02 /février /2026 01:00
Bienheureuse Anne Catherine (Anna Katarina) Emmerich

Religieuse et mystique catholique, appartenant à l'ordre des Augustines, née le 8 septembre 1774 à Coesfeld (principauté épiscopale de Münster) et morte le 9 février 1824 à Dülmen (province de Westphalie). Vénérée comme bienheureuse par l'Église catholique depuis 2004, elle est commémorée le 9 février selon le Martyrologe romain.

 

"La vie d'Anna Katharina fut caractérisée par une profonde union avec le Christ; les stigmates qu'elle portait en furent la preuve. Elle éprouva également une profonde dévotion à l'égard de Marie. A travers  la  foi et l'amour elle servit l’œuvre de la rédemption."[1]

"J'ai vu arriver un nouveau pape avec une procession. Il était beaucoup plus jeune et plus austère que le précédent. Il a été reçu avec une grande solennité. (...) Ce devait être une double grande célébration ecclésiastique : un jubilé général... Avant que le pape ne commence la célébration, il avait déjà préparé ses gens, qui ont expulsé sans aucune opposition un certain nombre de nobles et de petits clercs de la foule rassemblée. Et il a pris à son service des personnes complètement différentes, clercs et laïcs". (D'après une vision de la bienheureuse Anna K. Emmerich, 1820)

 

Dotée du don de connaissance des choses sacrées (hiérognosie), des phénomènes extraordinaires se sont produits dans sa vie. Par exemple, elle pouvait donner le nom de saints dont les reliques étaient contenues dans des reliquaires fermés qu'on lui apportait dans sa chambre, mais qu'elle ne connaissait pas du tout ; elle indiquait également s'il y avait une relique inauthentique parmi elles. [2]

"La bienheureuse Anne-Catherine Emmerick ne nous a laissé que trois lettres dont l’authenticité soit sûre. Les autres écrits, qui lui sont attribués par erreur, ont des origines diverses : les « visions » de la Passion du Christ ont été annotées, réélaborées très librement et sans contrôle par l’écrivain allemand Clemens Brentano et ont été publiées en 1833 sous le titre La douloureuse passion de Notre Seigneur Jésus-Christ. […] Les œuvres en discussion ne peuvent donc pas être considérées comme des œuvres écrites ou dictées par Anne-Catherine Emmerick ni comme des transcriptions fidèles de ses déclarations et de ses récits, mais comme une œuvre littéraire de Brentano qui a procédé à de telles amplifications et manipulations qu’il est impossible d’établir quel est le véritable noyau attribuable à la bienheureuse"[3]. Cela n'empêche pas le pape Jean-Paul II de mentionner La Douloureuse Passion dans le décret officiel de béatification

 

Elle est béatifiée le  par le pape Jean-Paul II.

 

 La fête de Anna Katharina Emmerick a lieu le 9 février, jour de son décès. [4]

Sources

[1] https://nominis.cef.fr/contenus/saint/10180/Bienheureuse-Anna-Katharina-Emmerick.html

[2] https://x.com/RomanoSace57080/status/1922824321849811244

[3] L'Osservatore Romano du 7 octobre 2004.

[4] https://fr.wikipedia.org/wiki/Anne_Catherine_Emmerich

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