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4 septembre 2008 4 04 /09 /septembre /2008 16:44
Du 21 mars au 4 avril 1797, des élections ont lieu, les royalistes l'emportent par un succès écrasant qui pourrait ouvrir la voie à une restauration monarchique. Les royalistes prennent le contrôle des assemblées, le général Jean-Charles Pichegru préside le conseil des Cinq-Cents, Barbé-Marbois les Anciens.

Va-t-on vers une restauration ? Pichegru accueille des propositions qui lui sont faites au nom du Prince de Condé. Que vont faire les grands démocrates ? Comme d'habitude, ceux-ci vont manifester leur grand amour de la liberté, de la démocratie et du peuple.

Les Jacobins s'inquiètent : le peuple a mal voté.  Barras, fort de l'appui de Hoche et de Bonaparte fait venir l'armée Sambre et Meuse vers Paris sous le prétexte mensonger d'une expédition irlandaise. Augereau est nommé commandant de la place de Paris. Hoche fournit le coup de main décisif en faisant marcher 9000 hommes vers Paris CONTRE le peuple, sous le prétexte de transfert de troupes vers Brest destiné à une expédition en Irlande...

Dans la nuit du 3 au 4 septembre 1797 (coup d'Etat du 18 fructidor an 5), Paris déjà occupée militairement, Barras, Reubell et La Révellière-Lépeaux donnent ordres à Augereau d'arrêter Pichegru et ses amis au conseil, et de mettre à mort les royalistes.

Au matin, à 10 heures les jeux sont faits. Barthélemy et Pichegru qui entretiennent des relations avec les royalistes sont arrêtés. Carnot qui n'est dans aucun des deux camps se cache avant de s'enfuir. 42 députés, 65 dirigeants et journalistes royalistes sont arrêtés, puis déportés en Guyane. Une grande affiche-proclamation du Directoire croupion annonce aux Parisiens et au pays qu'un 'complot royaliste' a été brisé, et que tout individu coupable de vouloir rétablir la royauté ou la Constitution de 1793 sera fusillé sans jugement.

La loi du 5 septembre 1797 (19 fructidor) prévoit la déportation sans jugement contre 65 'citoyens' coupables de mal-pensée avec séquestre de leurs biens. Etaient visés 11 membre du conseil des Cinq-Cents (dont Gilbert Desmolières), 42 du conseil des Anciens (Rovère, Bourdon...), les directeurs Carnot et Barthélemy, les 'conspirateurs' (sic: là soudainement le complot existe... mais il s'agit du 'complot royaliste' biensûr...) Brottier, La Villeheurnois et Duverne de Presle, arrêtés précédemment, l'ancien ministre Cochon, les généraux Miranda et Morgan, les journalistes Suard et Mailhe, le policier Dossonville ainsi que le commandant du Corps législatif Ramel.

La loi du 19 fructidor annule les élections qui ont porté au pouvoir les 'conspirateurs' dans 49 département, épurant les Conseils de 140 députés. Les élections aux administrations locales sont également cassées dans 53 départements et le Directoire reçoit le droit de nommer aux places vacantes. C'est ce que l'on appelle la démocratie façon "république française".

Un 'serment de haine à la royauté et de fidélité à la République et à la Constitution de l'an III' (sic) est imposé aux prêtres et aux électeurs. Les grands démocrates démontrent leur grand amour de la liberté de penser et de la "liberté de la presse" en supprimant 42 journaux...

Du 9 au 18 avril 1798 (20 au 29 germinal an 6) des élections ont lieu afin de renouveler le tiers des députés des conseils. Elles sont, cette fois-ci, miraculeusement favorables aux Jacobins. La 'République' l'emportait.

Bilan. "Ce qu'on peut retenir... des mesures de 'salut public' : l'annulation des 'mauvaises élections', qui exclut un tiers du corps législatif..." (François Furet)

Un exemple historique et peu connu de la belle "démocratie" soucieuse du peuple et de sa "souveraineté"...

Sources :

- François Furet, La Révolution française, Quarto Gallimard, Malesherbes 2007, p. 413-415

- Histoire et Dictionnaire de la Révolution française, 1789-1799, J. Tulard, J-F. Fayard, A. Fierro, Bouquins Robert Laffont, Paris 2004, p. 222.

- Frédéric Bluche, Stéphane Rials, Jean Tulard, La Révolution française, Que sais-je? Puf, n°142, p. 116.

Liens :


L'installation du Directoire

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