Les hommes, unis par une même langue, ont voulu construire une tour pour atteindre le ciel, non par amour de Dieu, mais par orgueil, pour se faire un nom et éviter d’être dispersés. Dieu a confondu leur langage et les a dispersés sur la face de la terre.
Dans Genèse 11,1-9, la destruction de Babel montre Dieu punissant la démesure et l’orgueil des hommes qui voulaient bâtir "une ville, avec une tour dont le sommet soit dans les cieux", se faisant ainsi "un nom, pour ne pas être disséminés sur toute la surface de la terre". "De là, le Seigneur les dispersa sur toute la surface de la terre. Ils cessèrent donc de bâtir la ville. C’est pourquoi on l’appela Babel, car c’est là que le Seigneur embrouilla la langue des habitants de toute la terre ; et c’est de là qu’il les dispersa sur toute la surface de la terre."
Dans la tradition maçonnique - comme toujours -, la symbolique de la tour de Babel est inversée, réinterprétée de manière positive... Les francs-maçons, tout en reconnaissant le récit biblique, le réinterprete à rebours en y voyant une allégorie de l’art de bâtir et de la quête spirituelle ! La tour devient alors le symbole de l’ascension de l’esprit humain à travers les étapes de la "perfection", et la confusion des langues est transformée en une métaphore de la nécessité de retrouver un langage universel, des symboles et de l’esprit. Nous voyons aussitôt que dans ce projet, l'homme se passe de son Créateur. Pour la franc-maçonnerie, Babel n’est pas un échec, c'est le point de départ d’une reconstruction en esprit, où l’unité se retrouve dans le langage symbolique et l’action spirituelle. Certains textes maçonniques vont jusqu’à dire que la tour de Babel est le lieu où l’art et le mystère de la maçonnerie ont été mis en œuvre pour la première fois, avant d’être transmis à travers les âges... [Cf. https://www.ecossaisdesaintjean.org/2014/04/la-tour-de-babel.html ]
Dans la tradition des Pères de l’Église, la grâce est un secours intérieur et gratuit, nécessaire pour faire le bien et être sauvé. Le salut est d’abord un don de Dieu, non un mérite humain construit. La tour de Babel est le symbole de cette démesure d'une construction qui écarterait Dieu et sa grâce, le symbole de l’orgueil humain et de la rébellion contre Dieu punis par :
>la confusion des langues
>et la dispersion de l’humanité.
Saint Augustin d’Hippone, dans son commentaire de la Genèse (Livre XVI, 4-10), y voit une illustration du péché d’orgueil et de la multiplicité détruisant l’unité originelle, une tentative de s’élever au-dessus de la condition humaine et de s’égaliser à Dieu. La destruction de la tour et la confusion des langues sont une punition divine, une réponse à l’hybris des hommes. Augustin souligne que Babel (Babylone) devient, dans la tradition biblique et patristique, le symbole des ennemis de la Cité de Dieu, c’est-à-dire de ceux qui s’opposent au dessein divin de salut et d’unité.
De même, pour les Pères, Babel-Babylone désigne les ennemis de la chrétienté, et la destruction de la tour est une punition divine contre l’hybris des hommes qui, en voulant atteindre le ciel, ont cherché à égaler Dieu. La confusion des langues et la dispersion des peuples la conséquence directe de cette chute, marquant la rupture de l’unité originelle de l’humanité.
Pour Grégire de Nysse, Babel une image de la division et du chaos qui s’oppose à l’harmonie divine (Contre Eunome)
Jean Chrysostome dans ses Homélies sur la Genèse, insiste sur la folie de vouloir rivaliser avec Dieu et sur la justesse de la punition divine.
La symbolique patristique est la suivante :
- Babel = Babylone = symbole de l’idolâtrie, de la rébellion, de la confusion spirituelle.
- La destruction de la tour est une leçon : l’unité ne peut venir que de Dieu, non de l’effort humain orgueilleux...
Aujourd'hui, sans jamais avoir mis les pieds dans une loge, de nombreuses personnes ont inconsciemment assimilé des idées maçonniques.
Par exemples,
>l’idée que toutes les religions mènent à Dieu,
>la construction orgueilleuse d’une cité, ne tenant pas compte de Dieu, et de Sa Révélation.
>la perfectibilité de l'homme par lui-même, par ses propres forces, comme si Dieu n'existait pas,
>l’idée que le salut réside dans le cœur humain, que l'homme est responsable de son propre salut.
Toutes ces opinions anthropocentriques nient fondamentalement l'Incarnation - donc la Rédemption offerte par le Fils de Dieu -, et par conséquent, la Trinité. Bien qu’il puisse y avoir des éléments apparemment "chrétiens" (la "croyance en Dieu", "la Trinité"), la doctrine maçonnique est inévitablement irréconciliable avec les doctrines du péché originel, de la grâce et de la rédemption offerte par le sacrifice unique de l'Agneau de Dieu.
Jamais la "perfection" maçonnique de l’homme ne tient compte de l'athée qui découvre l’existence de l'Agneau de Dieu, de l'amour gratuit et infini de Dieu et de la grâce et se convertit. La recherche de la Rédemption est inarrêtable. C'est ce qui aujourd’hui attire les jeunes en nombre croissant, notamment en Occident sécularisé (fortes augmentations des baptêmes ces dernières années) vers les rites traditionnels de l'Église où ils "trouvent non seulement une oasis sacrée, mais aussi le rempart nécessaire pour lutter contre la chair, le monde et le mal." (Cf. Diane Montagna, Nouvelle manipulation extraordinaire : le cardinal Roche s'exprime à nouveau sur la messe traditionnelle en latin.)
Il s'agit donc de repérer ces hérésies et de les exposer.
C'est ce que fait très bien Henry Von Blumental dans un texte en anglais, que nous traduisons ci-dessous en français et que nous complèterons en suivant par d'autres considérations :
Les francs-maçons ont pour mission d'ériger une tour de Babel nouvelle et parfaite.
Henry Von Blumental
Le pape Clément XII, âgé de 78 ans et déjà aveugle, accéda au trône en 1730. Juriste et administrateur compétent, encore plein d'énergie, il trouva le trésor public vide, les États pontificaux gangrenés par la corruption et l'Église en disgrâce. Durant ses dix années de pontificat, il redressa les finances, rehaussa le prestige politique de la papauté tant au niveau national qu'international – même au Moyen-Orient – et entreprit de vastes travaux de bienfaisance, tels que l'assèchement de marais infestés de paludisme et la construction d'importants monuments publics, dont la fontaine de Trevi, qu'il ne put admirer lui-même, étant aveugle. Tout cela fut accompli grâce à une lutte acharnée contre la corruption.
Pour des raisons politiques, jacobites et hanovriens (par l'intermédiaire de leurs alliés au sein du gouvernement français) faisaient pression sur le pape pour qu'il excommunie les loges de l'autre camp. Il est toutefois aisé de comprendre pourquoi une société secrète importante et méconnue fut perçue comme un terreau d'activités illégales. En 1738, Clément Ier prit les devants avec sa courte bulle In Eminenti. Ce document révèle sa difficulté : la franc-maçonnerie étant alors encore plus secrète qu'aujourd'hui, il n'était pas tout à fait certain de ce qu'il interdisait. Il était difficile de dire s'il y avait quelque chose d'hérétique, mais le fait qu'elle soit ouverte à toutes les confessions paraissait suspect. Faute de preuves concrètes d'hérésie, il se concentra sur les préceptes civils et moraux plutôt que sur les préceptes doctrinaux. Les hommes honnêtes n'ont nul besoin de secret, argumente la bulle : "S'ils ne faisaient pas le mal, ils n'auraient pas une telle haine de la lumière." Cette focalisation sur les comportements maçonniques plutôt que sur les idées maçonniques a, depuis lors, déterminé la position de l'Église sur le sujet.
Cela ne signifie pas pour autant que les théologiens ne recherchaient pas eux aussi l'hérésie. La prochaine injonction anti-maçonnique, Providas Romanorum , promulguée par le successeur de Clément, Benoît XIV, en 1751, soulevait des objections philosophiques à l'encontre de la franc-maçonnerie, l'accusant implicitement d' indifférentisme religieux. Benoît cherchait à comprendre pourquoi de nombreux athées, inspirés par la philosophie libérale anthropocentrique de Rousseau, commençaient à se rassembler dans les loges maçonniques. Il supposait que la franc-maçonnerie propageait des idées anti-religieuses. Les événements lui ont donné raison, mais jusqu'alors, aucune véritable analyse des implications théologiques du rituel maçonnique n'avait été menée. Une partie du problème pour l'Église résidait dans le fait que la franc-maçonnerie n'affirme pratiquement rien quant à ses croyances. Elle se décrit avec justesse comme "un système moral particulier, voilé d'allégories et illustré par des symboles". Les implications des allégories et du symbolisme maçonniques sont laissées à l'interprétation de chacun. Cela n’est pourtant pas difficile à faire, et étant donné que l’Église a toujours compris que le rituel véhicule des idées, il est surprenant qu’elle n’ait jamais analysé en détail le rituel maçonnique.
L'histoire se poursuivit donc.
Aucune des condamnations papales de la franc-maçonnerie au XIXe siècle ne faisait allusion aux détails concrets du rituel maçonnique.
Pie IX, qui semble avoir lui-même appartenu à une loge en Amérique du Sud dans sa jeunesse avant de renier la franc-maçonnerie, condamna "les sectes, qu'on les appelle maçons ou autrement", et ajouta : "C'est de là que se forme la synagogue de Satan." Mais même lui ne fit aucune référence concrète à un quelconque détail du rituel maçonnique.
C'est fort surprenant. L'implication la plus évidente du rituel maçonnique est que l'homme est responsable de son propre salut, une position qui nie inévitablement l'Incarnation et [la Rédemption offerte par le Fils de Dieu], par conséquent, la Trinité. Cette conception est clairement illustrée par la présence, dans chaque loge, de deux pierres de taille, l'une brute, l'autre parfaitement cubique, représentant respectivement l'âme non éclairée et l'âme après l'illumination maçonnique. Elle est également mise en scène de façon saisissante lors de la reconstitution, au troisième degré, du meurtre d'Hiram Abiff, l'architecte fictif du Temple de Salomon, qui symbolise l'âme éclairée, éliminée par des scélérats non éclairés désireux de s'emparer du secret maçonnique. Les tentatives pour ressusciter Hiram par l'application maçonnique de l'amour fraternel, du savoir et de la raison échouent ; mais l'âme est alors ranimée par la lumière qui réside au cœur du franc-maçon accompli.
En réalité, les papes de l'époque étaient distraits de la théologie par la politique. Le Vatican était indifférent aux rouages de la franc-maçonnerie et cherchait simplement à l'interdire. L'Église craignait peut-être qu'en étant trop explicite, les francs-maçons n'adaptent leurs rituels sans en altérer le caractère révolutionnaire. En Italie, les révolutionnaires du Risorgimento étaient presque tous francs-maçons, et nombre d'entre eux appartenaient également à des groupes paramilitaires comme la Camorra et les Carbonari, qui n'avaient guère de prétentions philosophiques. L'Église utilisa donc le terme "maçon" au sens large pour désigner tout groupe philosophique secret, sans se soucier des différentes définitions et des luttes intestines au sein de la franc-maçonnerie.
Un développement maçonnique important restait donc hors de portée des papes. Dès ses débuts au début du XVIIIe siècle, la franc-maçonnerie se divisait en deux branches : la première, dite "moderne", ne reconnaissait que trois degrés, à l’instar des guildes de tailleurs de pierre, et la seconde, appelée de manière confuse "antique", en reconnaissait trente autres. Les modernes prônaient la croyance en Dieu, tandis que les anciens étaient plutôt athées. Dans le monde anglophone, ces deux systèmes parvinrent à un compromis et les deux grandes loges rivales fusionnèrent en 1813 (d’où le nom de Grande Loge "Unie" d’Angleterre). Les trois degrés de la franc-maçonnerie moderne, dite "de métier", étaient alors considérés comme suffisants pour qu’un franc-maçon puisse achever son parcours, les trente degrés supplémentaires du rite ancien et du rite accepté étant des options. La dérive des Anciens vers l'athéisme fut, formellement parlant, bloquée par la Grande Loge d'Angleterre, qui exigeait que les membres soient à la fois chrétiens et trinitaires pour accéder aux hauts grades, une condition récemment levée. Cependant, l'accusation initiale d'indifférentisme formulée par Benoît XIV demeurait valable. En Europe, c'est la franc-maçonnerie ancienne qui était dominante, gouvernée par les Grands Orients de France et d'Italie et rejetant toute religion. Léon XIII, dans Humanum Genus, identifia alors le naturalisme comme la principale hérésie maçonnique.
La doctrine fondamentale des naturalistes est que la nature et la raison humaines doivent, en toutes choses, être maîtresses et guides. Partant de ce principe, ils se soucient peu de leurs devoirs envers Dieu, ou les pervertissent par des opinions erronées et vagues. Car ils nient que Dieu ait enseigné quoi que ce soit.
Le naturalisme équivaut à l'athéisme, ce qui est tout à fait différent de l'indifférentisme qui prévalait dans la franc-maçonnerie à l'époque de Benoît XIV. Léon XIII manifeste sa conscience de cette incohérence au sein du système maçonnique plus loin dans la même encyclique :
La secte accorde une grande liberté à ses adeptes, de sorte que chaque camp a le droit de défendre sa propre opinion, soit qu'il y a un Dieu, soit qu'il n'y en a pas ; et ceux qui soutiennent obstinément qu'il n'y a pas de Dieu sont initiés aussi facilement que ceux qui soutiennent que Dieu existe, bien que, comme les panthéistes, ils aient des idées fausses à son sujet : tout cela n'est rien d'autre que de nier la réalité, tout en conservant une représentation absurde de la nature divine.
Alors que la franc-maçonnerie traditionnelle exige qu'une Bible, ou un autre texte sacré, soit toujours ouverte en loge, le Grand Orient a retiré le "Volume de la Loi sacrée" de toutes ses loges. La Grande Loge Unie d'Angleterre a réagi en lui retirant sa reconnaissance, et ses membres n'ont toujours pas le droit de fréquenter les loges du Grand Orient.
La franc-maçonnerie traditionnelle donne accès à divers degrés et grades annexes, dont certains exigent que l'initié foule aux pieds une effigie du pape en criant "À bas l'imposture !". Rares sont les francs-maçons traditionnels qui s'aventurent jusqu'à ces degrés ésotériques sans jamais y réfléchir. Malgré l'apparence anodine des trois premiers degrés de la franc-maçonnerie traditionnelle et le trinitarisme apparent des trente degrés supérieurs du Rite Ancien et Accepté, il est difficile de concevoir comment un catholique pourrait s'associer sereinement à un tel système. Nous avons déjà constaté le mélange hétéroclite de naturalisme et d'indifférentisme qui imprègne le rituel maçonnique, et d'autres hérésies spécifiques méritent d'être examinées.
Le plus évident de ces courants est le pélagianisme. Pélage était un avocat britannique typique de la vieille école, réputé pour son esprit critique et son souci du détail, un héritier philosophique du pharisaïsme, qui vécut au Ve siècle. En Grande-Bretagne, c'était l'époque du roi Arthur, quelle que soit la forme que prit cette ère, aujourd'hui plongée dans la brume historique. Contemporain et opposant de saint Augustin, il fut témoin du sac de Rome par les Wisigoths. Il était consterné par la basse moralité de son temps. Il soutenait que l'homme devait être tenu pleinement responsable de ses actes, non seulement des mauvais, pour lesquels il devait être puni, mais aussi des bons, pour lesquels il devait espérer une récompense. Il en déduisait qu'un homme pouvait accéder au paradis par ses propres efforts, ce qui impliquait que sa nature n'était pas déchue [Selon Pélage, le Christ n'était donc pas le Rédempteur offrant sa propre vie au Père en sacrifice expiatoire pour guérir la nature humaine blessée par le péché originel, mais plutôt un maître moral et un modèle de vertu.]. Il serait jugé uniquement selon le bien et le mal qu'il avait faits à son prochain. L'idée de la bonté innée de l'homme est un élément clé de la théorie marxiste ; Pélage mérite donc d'être considéré comme l'un des premiers héros de la gauche.
C’est le Synode général de l’Église d’Angleterre qui, en 1987, publia le premier document accusant explicitement la franc-maçonnerie de pélagianisme après avoir examiné en détail le rituel maçonnique. J’ai déjà évoqué les pierres de taille brutes et lisses, mais l’expression la plus flagrante du pélagianisme se trouve peut-être dans le rituel d’initiation d’un candidat au troisième degré, lorsqu’il est expliqué que les francs-maçons travaillant au Temple recevaient leur salaire en fonction précisément de la qualité de leur travail, ni plus ni moins. Le dialogue entre le Maître et le candidat est touchant, et d’autant plus dangereux spirituellement.
Maître : Puisque c'est l'espoir d'une récompense qui adoucit le travail, où allaient donc nos anciens frères recevoir leur salaire ?
Candidat : Dans la chambre centrale du temple du roi Salomon.
Maître : Comment les ont-ils reçus ?
Candidat : Sans scrupules ni timidité.
Maître : Pourquoi de cette manière si particulière ?
Candidat : Sans scrupules, sachant pertinemment qu’ils y avaient légitimement droit, et sans aucune hésitation, forts de la grande confiance qu’ils accordaient à l’intégrité de leurs employeurs à cette époque.
Les dix premiers mots du Maître pourraient servir de titre à un manifeste pélagien. Comparons cela à l'Acte de Contrition catholique, qui cite deux motifs de regret du péché : la crainte du châtiment et le chagrin d'avoir offensé Dieu. Le franc-maçon, quant à lui, apprend ici que ses bonnes œuvres lui donnent "justement droit" à sa récompense céleste. S'il demande pourquoi l'Église n'enseigne pas cela, on lui répond qu'à l'époque préchrétienne, les autorités religieuses étaient plus dignes de confiance qu'elles ne le sont aujourd'hui. Ce bref échange catéchétique suffit à lui seul à condamner d'emblée la franc-maçonnerie, la jugeant irréconciliable avec les doctrines du péché originel, de la grâce et de la rédemption sacrificielle.
On pourrait percevoir une idée similaire lors de la cérémonie d'initiation, où le candidat, les yeux bandés, se trouve, à son insu, confronté au double danger d'être poignardé ou étranglé. Symboliquement, il s'est placé de son plein gré dans une situation où sa sécurité, c'est-à-dire son salut, dépend de sa volonté de se conformer aux vertus maçonniques de courage et de prudence.
À la fin de la cérémonie, le candidat est conduit dans un coin de la loge, près du Vénérable Maître, qui s'adresse à lui :
Il est de coutume, lors de l'érection de tout édifice majestueux et remarquable, de poser la première pierre, ou pierre de fondation, à l'angle nord-est du bâtiment. Vous, nouvellement admis en franc-maçonnerie, êtes placé à l'angle nord-est de la Loge, symbolisant ainsi cette pierre. Puisse cette fondation, posée ce soir, vous permettre d'édifier une construction parfaite et digne de son bâtisseur. Vous apparaissez désormais, en apparence, comme un franc-maçon juste et intègre, et je vous recommande vivement de toujours continuer ainsi.
Le sens est clair : en rejoignant la Loge, la perfection personnelle et le salut spirituel sont à portée de main.
Nous en venons maintenant à l'hérésie du manichéisme. Une fois encore, une incohérence apparaît dans la pensée maçonnique, cette fois-ci avec l'hérésie du pélagianisme que nous venons d'évoquer. En effet, lors de leur grand différend, Pélage accusa Augustin de manichéisme, et la franc-maçonnerie se trouve ainsi potentiellement à cheval sur deux camps. Les manichéens originaux pratiquaient une religion dualiste perse, dont l'héritage a refait surface depuis lors. Il est aisé de comprendre cette religion, car elle naît de l'amour du Dieu bon et de l'horreur face à l'état de la création. Elle propose, pour expliquer la cruauté et la souffrance de ce monde, l'idée que le monde n'est pas l'œuvre de Dieu, mais qu'il s'oppose à sa volonté. Les pavés, conçus avec les meilleures intentions pour protéger la réputation de Dieu, tracent littéralement un chemin vers l'enfer, car la conclusion de cette logique est que le monde est le domaine de Satan et que la Création n’a rien de bon... Quel rapport avec la franc-maçonnerie ? On en revient au gnosticisme, qui considérait le monde comme impur, à purifier par un savoir secret. Par des signes, des symboles et des mots de passe, les francs-maçons se distinguent des non-initiés, qu’ils considèrent comme des êtres ignorants, persuadés de vivre dans la lumière, laquelle, comme le précise le rituel, est toujours à son apogée en franc-maçonnerie.
Ce dualisme est assurément symbolisé même par le sol à damier sur lequel se déroule le rituel maçonnique.
Ceci est tout à fait différent de la sainteté qui, étymologiquement parlant, renferme également l'idée de séparation. On trouve (ou du moins, jusqu'au concile Vatican II) une illustration éloquente de ce concept lors de la messe : le sanctuaire délimité par une balustrade d'autel, les vêtements liturgiques du prêtre, sa confession séparée de celle des fidèles, l'emploi d'un langage sacré. Mais toutes ces expressions de séparation reflètent la sainteté du Créateur par rapport à la Créée, et non la prétendue supériorité intellectuelle de l'initié par rapport aux gens ordinaires, que la franc-maçonnerie qualifie de "profanes". Dans la pensée catholique, la sanctification est accessible à tous par la foi et la grâce, à travers les sacrements ; en franc-maçonnerie, une poignée d'initiés peuvent l'obtenir par leurs propres efforts personnels – à condition, bien sûr, d'avoir acquitté leur cotisation annuelle.
Il est on ne peut plus clair que le rituel maçonnique propose un programme spirituel et théologique qui contredit frontalement les fondements du christianisme. Il est d'autant plus inquiétant, dès lors, que le Vatican, sous ce pontificat, semble enclin à accepter la franc-maçonnerie sans exiger de renonciation à sa croyance en la perfectibilité de l'homme par lui-même. En effet, il semblerait que les papes actuels souhaitent que l'Église se rapproche de la vision du monde maçonnique. Dans l'encyclique Fratelli Tutti de 2020 , le pape François appelle à :
Une aspiration universelle à la fraternité. La fraternité entre tous les hommes et toutes les femmes. Voilà un secret précieux qui nous révèle comment rêver et faire de notre vie une merveilleuse aventure. Les différentes religions contribuent de manière significative à l'édification de la fraternité. Le dialogue entre les fidèles des différentes religions ne se limite pas à la diplomatie, à la considération ou à la tolérance. Son but est d'établir l'amitié, la paix et l'harmonie. Un droit fondamental de la personne humaine ne doit pas être oublié sur le chemin de la fraternité et de la paix : la liberté de religion pour les croyants de toutes confessions. Cette liberté affirme que nous pouvons bâtir l'harmonie et la compréhension entre les différentes cultures et religions.
Les paragraphes de Fratelli Tutti sont intitulés "Liberté, égalité et fraternité ", "Un amour universel qui promeut les personnes" et "Les religions au service de la fraternité dans notre monde".
En février 2024, le cardinal Coccopalmieri a appelé à un dialogue permanent avec le Grand Orient, la Grande Loge et la Grande Loge Régulière d'Italie. Trois mois plus tard, le 8 avril, paraissait l'encyclique Dignitas Infinita, affirmant que la dignité humaine est sans limites, plaçant ainsi implicitement tous les hommes sur un pied d'égalité avec Jésus-Christ et la Vierge Marie. Le document précisait également :
Pour Jésus, le bien fait à chaque être humain, indépendamment des liens du sang ou de la religion, est le seul critère de jugement.
En fin de compte, il n'existe que deux conceptions possibles de l'univers : soit l'on croit, à l'instar des habitants de Babel, que l'on peut construire son propre chemin vers Dieu, soit l'on croit que Dieu, dans sa grâce et sa miséricorde, vient à nous. On croit soit aux valeurs relatives, soit aux valeurs absolues. Ce sont les deux cités décrites par saint Augustin. Toutes les visions du monde, même chez les athées, se situent d'un côté ou de l'autre de cette distinction.
La grande accusation que l'Église catholique a toujours portée contre la franc-maçonnerie tient toujours : la superstructure que tous les francs-maçons sont tenus d'ériger, parfaite en tous points, n'est rien de plus qu'une ziggourat babylonienne.
Source:
>European conservative https://europeanconservative.com/articles/essay/the-heresies-of-masonic-ritual/
Autres considérations
Deux hérésies maçonniques
1. Le pélagianisme maçonnique et l’absence de référence explicite à la grâce :
Les sacrements, dont celui de l'Eucharistie accroissent la grâce sanctifiante en nous (moyen d'union à Dieu par les moyens divins). "Chaque réception digne (de l'Eucharistie ) accroît la grâce sanctifiante, vie surnaturelle de Dieu dans l’âme, nous rendant plus saints et plus agréables à Dieu. Cela élève notre dignité et nous prépare à la vie éternelle (cf. Catéchisme de l’Église catholique, n° 1392 ; Thomas d’Aquin).
Léon XIII (Humanum Genus, 1884) associe la franc-maçonnerie à un "naturalisme" proche du pélagianisme, où l’homme se prend pour son propre sauveur, niant le besoin de la grâce pour s'unir à Dieu.
Dans La Franc-maçonnerie selon l’Église, 2010, Yves Maris, théologien catholique, nuance les accusations, mais souligne que la franc-maçonnerie peut conduire à une forme de pélagianisme pratique.
Pour René Guénon (La Franc-maçonnerie et le pélagianisme, in Études sur la franc-maçonnerie et l’ésotérisme), la franc-maçonnerie moderne a perdu son caractère traditionnel et est devenue une "contre-initiation" proche du pélagianisme par son humanisme rationaliste.
Le pélagianisme est une doctrine attribuée à Pélage (IVe-Ve siècle), moine britannique, qui nia la nécessité de la grâce divine pour le salut, affirmant que l’homme pouvait, par sa seule volonté et ses efforts, atteindre la perfection morale et spirituelle. L’Église (notamment par saint Augustin et les conciles de Carthage en 418 et d’Éphèse en 431) a condamné le pélagianisme comme hérésie, car il minimise le rôle de la grâce et du péché originel, et exalte la capacité humaine à se sauver par elle-même.
En franc-maçonnerie, l’homme s’autosauve par le travail sur soi, la perfection morale, la construction de son propre temple intérieur. Pour certains théologiens, cela ressemble à une forme de pélagianisme, où l’homme se perfectionne par ses propres forces, sans recourir à la grâce divine.
Dans les rituels maçonniques, le salut ou l’élévation spirituelle ne passent pas par la médiation du Christ ou des sacrements, ni par la grâce, mais par l’"initiation", la réflexion et l’action vertueuse. La raison ne vient plus de Dieu mais de l’homme, qui progresserait par la "science" de l'arbre... et la philosophie, un rationalisme optimiste, proche du pélagianisme.
Exemples rituels
- Le grade d’Apprenti : Le néophyte reçoit la lumière de la raison et est invité à travailler sur lui-même pour "tailler sa pierre brute". Ce symbolisme peut être lu comme une métaphore de l’autoperfectionnement, sans référence à une aide divine extérieure.
- Le serment maçonnique : Le travail sur soi, l’engagement à se perfectionner, à aider ses frères, à chercher la vérité, repose sur la volonté individuelle, sans invocation explicite de la grâce.
En franc-maçonnerie le travail sur soi est un moyen de s’élever spirituellement, ce qui peut être compatible avec une foi en Dieu (y compris pour un chrétien).
Chaque franc-maçon est libre d’intégrer sa propre vision de la grâce ou de la providence dans son travail initiatique, ainsi que le "GADLU" comme principe transcendant : Le Grand Architecte de l’Univers pourrait être interprété comme une source de grâce ou d’inspiration divine, mais son rôle n’est pas clair :
"Le Grand Architecte de l'Univers des francs-maçons n'est pas le Dieu chrétien parce qu'il n'est pas 'transcendant' au sens chrétien, mais est un démiurge 'interne' au Cosmos. Le Grand Maître Oscar Wirth, entre autres, l'a reconnu.
Le déisme mécanique de Newton, un suprême moteur interne à la matière, annonce le déisme maçonnique et la croyance en l'existence d'un démiurge, esprit moteur, horloger ou Grand Architecte d'une Nature divinisée (panthéisme), Or le théisme, au contraire, affirme un Dieu transcendant à la matière, un Dieu surnaturel, personnel et providentiel. (Cf. Alain PASCAL, Le Siècle des Roses-Croix, Pascal contre Descartes, La Conspiration des philosophes, tome II, éd. Des Cimes, Paris 2018, p. 431.)
"Les maçons font référence à un Grand architecte de l'univers qui n'est pas le Dieu chrétien, mais un Esprit cosmique, donc qui n'a pas d'Être. Or on ne peut pas s'unir ou contempler un Dieu qui n'a pas d'Être (c'est la mystique), ni atteindre à la raison sans la Révélation chrétienne (vrai rationalisme). " (Alain PASCAL, La Révolution des Illuminés, Les droits de l'homme contre Dieu, La Conspiration des philosophes tome IV, éd. Cimes, Paris 2023, p. 34.)
La vraie mystique et le vrai rationalisme ne sont possibles que dans un dualisme métaphysique (une différentiation entre l'Être créateur et l'être créé (la Nature), qui se trouve dans le christianisme, mais ne se trouve plus dans le panthéisme du démiurge GADLU.
Suite logique:
>le collectif sombre dans la folie
>suicides...
"La grâce divine est source du SALUT de l'humanité; c'est par grâce que Dieu nous sauve." ("Grâce" dans Pascal-Raphaël AMBROGI, Dictionnaire culturel du christianisme, Le sens chrétien des mots, Honoré Champion éd., Paris 2021, p. 431.)
La perte de la grâce est la vraie cause de nos malheurs publics. En prétendant que la cause de nos malheurs publics se trouve dans "l’oubli ou le mépris des droits de l'homme" et non dans la perte de la grâce, notre monde moderne nous détourne du seul moyen du bonheur public et est donc tout entier orienté vers le contraire de ce qu'il dit.
Croire que le monde est créé par un démiurge est en refus de la Création gratuite et par amour ex nihilo, refus qui a plusieurs conséquences, dont
>le puritanisme (ou son inverse...)
>la croyance erronée que la création est mauvaise, qu'il convient de s'en détacher. Dans le gnosticisme et dans le manichéisme (cathares par exemple) l'univers et le corps humain sont mauvais (la chair considérée comme mauvaise), comme dans la tradition indienne.
>le rejet de l'amour infini et gratuit de Dieu (désespérance)
>le rejet de la grâce
>la perte de la grâce dans notre monde.
Suite logique: Jésus n'est pas le Fils de Dieu, le Messie qui offre le salut gratuit et personnel, mais chacun doit au contraire par ses propres efforts espérer et construire un royaume terrestre matérialiste (messianismes, millénarismes, sectes apocalyptiques).
Le salut d'individuel et libre devient collectif et obligatoire, la soumission aux "initiés".
Il n'y a plus de destinée individuelle mais collective.
C'est ce qui arrive.
L'homme moderne a cru se libérer du Dieu de la tradition chrétienne, en se prétendant son égal (auto-sauveur), l'homme a perdu sa liberté en se soumettant à la dictature mondialiste... (Cf. Alain PASCAL, La Guerre des Gnoses, Les ésotérismes contre la tradition chrétienne, La Pré-kabbale, Éd. de l'Æncre, Paris 1999, pages 78, 80 et 277.)
"Les faits sont là: la Démocratie fondée sur l'Humanisme prétendait offrir la liberté à l'individu, or elle a inexorablement dévié ... en dictature.
Les forces occultes monopolisent la Démocratie et nous vivons les 'fascismes des Droits de l'Homme' ... avec le mondialisme. Désormais, c'est la liberté de s'exprimer qui est condamnée et bientôt celle de penser." (Alain PASCAL, La Renaissance, cette imposture, La Guerre des Gnoses, tome III, éd. Des Cimes, Paris 2021, p. 335.)
2. Le manichéisme et la franc-maçonnerie
Julius Evola (La Tradition hermétique) voit dans la franc-maçonnerie une déviation manichéenne, notamment dans ses formes "profanes" et laïcisées.
Oswald Wirth (La Franc-maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes) : Franc-maçon lui-même, il explique que le dualisme maçonnique est un outil pour l’initié, non une métaphysique.
Éliphas Lévi (Dogme et Rituel de la Haute Magie), autre "initié" voit dans la franc-maçonnerie une voie de réconciliation des opposés.
- Le manichéisme : Le rituel maçonnique utilise un langage dualiste, mais il s’agit d’un dualisme méthodologique (pour stimuler la réflexion), non d’un dualisme métaphysique. La franc-maçonnerie ne pose pas l’existence de deux principes divins opposés.
a. Qu’est-ce que le manichéisme ?
- Origine : Doctrine fondée par Mani (IIIe siècle), qui repose sur un dualisme radical entre le bien (esprit, lumière) et le mal (matière, ténèbres). Le monde est le théâtre d’un combat cosmique entre ces deux principes.
- Condamnation : Le manichéisme a été condamné par l’Église comme hérésie, car il nie l’unité de la création (Dieu a créé un monde bon) et introduit un principe du mal aussi puissant que Dieu.
b. Accusation de manichéisme contre la franc-maçonnerie
- Le dualisme symbolique : La franc-maçonnerie utilise abondamment des symboles dualistes :
- Lumière vs Ténèbres (le passage de l’obscurité à la lumière lors de l’initiation).
- Bien vs Mal (la lutte contre les passions, les vices, l’ignorance).
- Esprit vs Matière (la recherche de la connaissance spirituelle au-delà du monde matériel).
- Le combat initiatique : Le rituel maçonnique met en scène une lutte intérieure (contre ses propres défauts, ses passions), qui peut être interprétée comme un combat entre le bien et le mal en l’homme, à l’image du dualisme manichéen.
L’influence gnostique : Certains auteurs (comme René Guénon) ont souligné des similitudes entre la franc-maçonnerie et le gnosticisme (qui partage avec le manichéisme une vision dualiste du monde). Les rituels maçonniques, avec leurs références à la connaissance secrète (gnose), à l’initiation comme libération de l’ignorance, rappellent en effet certains thèmes gnostiques.
Exemples rituels
- Le voyage initiatique : Dans certains hauts grades (notamment du Rite Écossais Ancien et Accepté), le candidat est confronté à des épreuves symbolisant la lutte entre la lumière et les ténèbres, la vie et la mort.
- Le mythe d’Hiram : La légende du maître architecte assassiné par trois mauvais compagnons (symbolisant l’ignorance, la passion et la tyrannie) peut être lue comme une allégorie du combat entre le bien et le mal.
- Les couleurs noir et blanc : Le damier du temple maçonnique, alternant cases noires et blanches, est parfois interprété comme une représentation du dualisme cosmique.
Le dualisme maçonnique serait "pédagogique", non métaphysique, nous dit-on : La franc-maçonnerie utiliserait le dualisme comme outil symbolique pour "stimuler la réflexion", mais ne poserait pas l’existence de deux principes divins opposés. Le mal n’est pas une entité autonome, mais le résultat de l’ignorance ou de la méchanceté humaine.
- L’unité du principe créateur : Le GADLU est unique et bon ; les ténèbres ou le mal ne sont que des absences de lumière ou de connaissance, non des réalités substantielles.
En franc-maçonnerie il n’y a donc pas de bien et de mal objectifs, tout est relatif.
Mais les symboles maçonniques montrent un manichéisme métaphysique et une cosmologie dualiste. Serge Abad-Gallardo l'explique dans une video en 2017 :
Le Rite écossais rectifié est le rite qui va nous intéresser le plus parce qu'il se base sur la tradition chrétienne originelle, nourri des enseignements des Pères de l'Eglise. Donc cela, ca nous plaît, sauf que ce n'est pas le Magistère de l'Eglise, ce n'est pas un enseignement de l'Eglise, c'est une interprétation à partir des écritures des Pères. Cela veut dire que quiconque peut s'intituler interprète des Écritures. (Une des sources) de ce rite est l'enseignement de Martinès de Pasqually (1727-1774), un occultiste, magicien et hermétiste qui a vécu au XVIIIe siècle, qui a écrit un ouvrage "Traité de la Réintégration des Êtres" (1754-1772), qui développe une cosmologie théurgique et réintégratrice qui a profondément marqué la franc-maçonnerie à travers le Rite écossais rectifié et le martinisme, une doctrine manichéiste en son dualisme métaphysique radical, où le mal y est décrit comme le résultat "réparable" d'une chute et d'une corruption de la création originelle. Parfaitement gnostique également (dans la suite de Valentin et Basilide), cette doctrine sépare la matière et l'esprit; nous serions aujourd'hui prisonnier de la matière décrite comme négative (prison), alors que pour nous chrétiens, et catholiques en particulier, le corps et l'esprit font un, même si l'âme est une troisième entité. La matière y a été corrompue par la chute des êtres spirituels (par orgueil et désir de s'égaler à Dieu), ce qui a introduit le mal dans la création, la matière elle-même qui n'y est pas décrite comme une création de Dieu mais comme la conséquence de la chute, une création en quelque sorte "à réparer", "à réintégrer", comme si Dieu avait fait une création "mauvaise" à réparer !... Notons à ce sujet que dans les premiers siècles les démons chez les païens étaient terrifiés par les reliques des saints. (Source: Peter Brown, Le culte des saints, Essor et fonction dans la chrétienté latine, 1971.) On est supérieur aux anges déchus parce qu’en notre chair/matière, on les vainc par la grâce qu'ils ont rejetée et qu’ils enseignent à rejeter. Martines de Pasqually enseigne ainsi que l'homme par des "rites théurgiques" (rituels) peut purifier la matière en lui redonnant sa "dimension spirituelle" (sans la grâce), "libérer les esprits prisonniers de la matière", "accélérer la réintégration universelle" (sic). L'initié doit agir sur le monde pour le "réintégrer" en Dieu. C'est tout le baratin maçonnique courant que nous entendons chaque jour dans les programmes politiques, le contraire même de la laïcité présentée comme séparation du spirituel et du temporel..., via les slogans du type "changer l'homme", "refaire le monde", "recréer le monde", etc., etc.
Sur la chute des êtres, Martines de Pasqually a dit : "La matière n'est pas une création directe de Dieu, mais le résultat de la corruption des esprits. Elle est une limite, une prison, mais aussi un moyen de réintégration."
Martines de Pasqually (1727-1774) a eu une influence majeure sur la franc-maçonnerie notamment à travers:
>le rite écossais rectifié (RER), rectifié par son disciple Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824) entre 1778-1782 et d'autres francs-maçons lyonnais.
Une réforme du ''Rite écossais Ancien Et Accepté (REAA), inspirée directement des principes de Martines de Pasqually.
Le RER inclut des pratiques théurgiques telles que prières, invocations au "Christ" "Médiateur" et "réintégrateur"..., méditations, visant à purifier l'''initié'' de ses passions et de ses ignorances, agir sur le monde pour "accélérer la réintégration universelle" (sic) (!) avec "le Principe" (qui est le Grand Architecte de l'Univers, qui n'est PAS le Dieu chrétien), qui résultera de l'"illumination" par la seule "initiation maçonnique", une croyance purement ésotérique dénommée "illuminisme" : l'homme n'y est en rien sauvé par la Grâce divine ou par la Croix, mais par son propre mérite sur le chemin initiatique... (Cf. Serge ABAD-GALLARDO, Secret maçonnique ou vérité catholique, Artège, Monaco 2019, p. 27.)
Dieu n'est pas le Grand Architecte. Il faut insister sur ce point, tant la franc-maçonnerie joue sur un double langage afin d'attirer dans ses filets les fidèles chrétiens: un auteur franc-maçon de référence et occultiste de haut niveau le confirme : 'Gardons-nous de céder à cette paresse d'esprit qui confond le Grand Architecte des Initiés [le GADLU] avec le Dieu des croyants." (Oswald WIRTH, La Franc-maçonnerie rendu intelligible à ses adeptes, t. III, Le Maître, éd. Dervy 1977, p. 148 in Serge ABAD-GALLARDO, Secret maçonnique ou vérité catholique, Artège, Monaco 2019, p. 309.)
Pour ce rite, "Adam a été le précurseur de la quête initiatique, puisque sa transgression visait à obtenir la Connaissance, et à vouloir devenir 'comme des dieux' (Gn 3,5). Cette interprétation de la Chute se retrouve dans de nombreux rites maçonniques, tels que le Rite Écossais rectifié par Jean-Baptiste Willermoz, et qui est privilégié en tant qu'il se veut le support rituel des obédiences maçonniques prétendument 'chrétiennes'. Or, le secret des Élus Cohen est une théurgie emprunte de magie et de consultations d'esprits par des somnambules extralucides censés recevoir des messages de l'Au-delà. Gnose, kabbale, théurgie, magie, consultations d'esprits, une véritable panoplie de pratiques hétérodoxes dangereuses qui s'opposent au christianisme depuis les origines. (Cf. Alain PASCAL, La Révolution des Illuminés, Les droits de l'homme contre Dieu, La Conspiration des philosophes tome IV, éd. Cimes, Paris 2023, p. 85)
Le rite Écossais Rectifié (RER) fondé par Willermoz prétend être 'antidogmatique'... Cf. Karl Van der Eyken, ''L'Imposture de la maçonnerie chrétienne et traditionnaliste''. (Serge ABAD-GALLARDO, Secret maçonnique ou vérité catholique, Artège, Monaco 2019, p. 26.)
La quête de la Connaissance, telle que la poursuit l'"initié" est donc bien la poursuite d'une tentative de s'approprier ''le fruit de l'Arbre qui est au milieu du Jardin... (Gn 3,3)'' C'est-à-dire celui qui permet ''la connaissance du bien et du mal...'' (Gn 2,9), et dont la consommation aura pour conséquence que vos ''yeux s'ouvriront et vous serez comme des dieux, qui connaissent le bien et le mal.'' (Gn 3,5). Il se confirme que le secret de l'initiation est donc un procédé luciférien, une tentation adressé par le Malin à l'homme désirant se diviniser lui-même par l'appropriation du Secret et de la Connaissance.'' (Serge ABAD-GALLARDO, Secret maçonnique ou vérité catholique, ibid., p. 328- 329.)
>le mouvement ésotérique dit "martiniste" (martinisme)
Un autre disciple de Martines de Pasqually au 18e siècle, Louis-Claude de Saint Martin (1743-1803) qui a fondé le "martinisme", mouvement ésotérique qui reprend et développe la doctrine de la "réintégration".
>la franc-maçonnerie dite "chrétienne" (loges qui intègrent une dimension théurgique et "réintégratrice") où l'"Homme-Dieu" (sic) est appelé à devenir un être divin non pas par la grâce et les sacrements de Dieu dans son Eglise, mais par les moyens maçonniques de la "Réintégration"...
''En observant mon parcours, je constate finalement qu'il y a près d'un quart de siècle, j'avais frappé à la porte d'un Temple qui abritait un système métaphysique spécifique : la franc-maçonnerie, déiste ou athée, confesse en effet, parmi les nombreux dogmes qui lui sont spécifiques, une métaphysique dualiste, omniprésente depuis le symbolisme du Pavé mosaïque, que l'apprenti découvre à son initiation, jusqu'à celui du 30e degré du haut grade de Chevalier Kadosh, Chevalier de l'aigle blanc et noir. Cette dualité, en tant que système de conception de l'Univers, repose sur ces deux forces antinomiques, de valeur égale, blanche et noire. C'est ainsi que, bien et mal s'équilibrant parfaitement, rien ne saurait, selon son enseignement initiatique, être totalement vrai ou faux : 'L'initié se tient debout et avance dans la vie sur ce damier qui proportionne exactement les satisfactions et les peines, les joies et les douleurs des vivants.' (Oswald WIRTH, Le Symbolisme occulte de la franc-maçonnerie, Dervy 1993, p. 87) Le dualisme maçonnique devient alors la clef de voûte du relativisme : 'Les manières de voir divergentes qui se font jour […] expriment la vérité sous les différents aspects.' (Oswald WIRTH, La franc-maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes, t. I : L'apprenti, Dervy 2003, p. 123 in Serge ABAD-GALLARDO, Je servais Lucifer sans le savoir, Pierre Téqui éditeur, Préface de Maurice Caillet, Paris 2016, p. 138.)
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Lisez Oswald Wirth (1860-1943). Lisez Jules Boucher également, des planches maçonnique sur le "pavé mosaïque" en tapant l''édifice.net' sur internet. Et alors vous verrez que la franc-maçonnerie a une croyance. Il y a un livre qui a été écrit par Richard DUPUIS, qui a été "Grand Maître" de la "Grande Loge de France" et qui s'appelle "La Foi d'un franc-maçon". Ils ont une croyance... Et cette croyance est que l'univers est régi par deux puissances également fortes. Cette croyance veut dire que le bien et le mal sont équivalents. Cela veut dire que si le bien et le mal sont équivalents, Dieu n'est pas Tout-Puissant. On est dans la doctrine manichéenne. Et cela veut dire également que le mal peut être utile au bien. Je ne l'invente pas, je le tire de planches que je cite dans mon deuxième ouvrage. Et donc quelque part, le mal est nécessaire à l'humanité. Or, l'enseignement du Christ, et de l'Eglise, ce n'est pas cela. Le Christ nous dit qu'il a vaincu définitivement le monde, il a vaincu le mal, en mourant sur la Croix. Saint Michel, aussi, écrase Satan et l'a vaincu.
Donc vous voyez ce pavé mosaïque est important parce qu'il va amener au relativisme, à la dualité, ensuite à l'inversion entre le bien et le mal... Et à une glorification de la transgression. Là non plus je n'invente pas :
"Le mal est l'ombre du bien. Il en est inséparable. Donc, le mal est nécessaire à l'humanité comme le sel est indispensable à l'eau des mers. Là aussi, l'harmonie ne peut seulement dériver que de l'équilibre des contraires." (Albert Pike, Morals and Dogma, volume 6, p. 212 et 213) pour les personnes qui auraient des doutes sur la réalité de la citation.
Cette inversion des valeurs amènera à la transgression.
Je cite une planche maçonnique : "N'a-t-on pas prétendu que le Serpent tentateur était le diable, alors que de tout temps, le Serpent primordial a symbolisé le savoir, la connaissance".
Vous voyez, lorsqu'on est catholique, on aurait du mal à dire que le Serpent représente la connaissance ! [Au contraire, c'est Dieu qui est Connaissance qui nous donne par son Esprit-Saint le don d'intelligence (raison spéculative) et le don de conseil (raison pratique) pour saisir la vérité, ainsi que le don de sagesse et le don de science pour bien juger (Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, Seconde partie, La foi q. 8 et 9). Cf. Les sept dons du Saint-Esprit.]
Que fait le Serpent ? Il pousse Eve et Adam à consommer le fruit défendu par Dieu et il dit -comme le fait et le dit la franc-maçonnerie d'ailleurs - Vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. Dieu vous a menti. (Genèse III, 5). La franc-maçonnerie dit exactement la même chose que le Serpent de la Genèse. D'où il ressort que la franc-maçonnerie considère que l'homme doit devenir un dieu et dieu lui-même en désobéissant aux commandements de Dieu...
Cette divinisation de l'individu commence donc par une glorification personnelle de l'homme. Cela est précisé au 4e degré des hauts grades, c'est le grade qui s'appelle "maître secret" :
- Voici le Rituel. "Êtes-vous Maître secret ?"
- Réponse : "Je m'en glorifie".
A contrario, voilà ce que nous dit Saint Paul : " Où est donc le sujet de se glorifier ? Il est exclu... par la loi de la foi" (Romains, III:5) Il poursuit dans Colossiens, chapitre 12, verset 7 : "Et pour que je ne sois pas enflé d'orgueil, il m'a été mis une écharde dans la chair. Un ange de Satan pour me souffleter et m'en empêcher de m'enorgueillir. Trois fois j'ai prié Seigneur de l'éloigner de moi et Il m'a dit: Ma grâce te suffit, car ma puissance s'accomplit dans la faiblesse. Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses afin que la puissance du Christ repose sur moi."
Il n'y a pas cela en franc-maçonnerie : la grâce de Dieu n'y existe pas, c'est l'autonomie du maître qui s'impose. Oswald Wirth dit : "Un maître maçon ne peut être contesté. Il est libre dans une loge libre".
"Le signe luciférien du 18e degré des hauts grades. Au 18e degré, 'le signe du grade se fait en élevant la main droite fermée, l'index levé verticalement montrant le ciel. Le contre-signe s'exécute en descendant la main et en montrant la terre avec l'index. Signe et contre-signe [...] évoquent la maxime hermétique : 'Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, et ce qui est en bas est comme ce qui est en haut', comme l'indique loe rituel maçonnique. Or ce geste est repris dans l'arcane XV du tarot, qui représente le diable, lequel pointe une main vers le haut et une autre vers le bas, afin de signifier également que le haut et le bas sont de même nature...
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On retrouve la dualité du pavé maçonnique. Et là on est au 18e degré quand même, on n'est plus au grade d'apprenti. Le 18e degré, c'est un petit peu au-delà de la moitié des grades.
Et bien le Christ au contraire nous dit, je cite : "Jésus leur dit : 'Vous, c'est d'en bas que vous êtes, moi c'est d'en haut que je suis. Vous, vous êtes de ce monde ; moi, je ne suis pas de ce monde." (Jn 8:23) Ce qui est en haut n'est pas comme ce qui est en bas.
"Ce signe se retrouve aussi, tout comme sa signification et son symbolisme maçonnique dans une illustration d'Oswald WIRTH, représentant Ishtar, la déesse des polarités. Ishtar était également nommée, tout comme Lucifer, 'Étoile du matin'!
Enfin, on retrouve ce signe du diable sur une représentation de Baphomet, tel que dessiné par Éliphas Lévi et reprise (aujourd'hui. Ndlr.) sous forme de statue dans le Temple satanique de Détroit (États-Unis). [...] Cette croyance, ce dogme, car c'est bien de cela qu'il s'agit, de l'égalité entre ce qui vient d'en haut et ce qui vient d'en bas, sont d'inspiration dualiste, manichéenne. À l'inverse, la Parole de Dieu nous apprend que seul ce qui vient d'en haut est revêtu de la puissance divine. Jésus [...] leur disait : 'Vous c'est d'en bas que vous êtes; moi, c'est d'en haut que je suis. Vous, c'est de ce monde que vous êtes; moi, je ne suis pas de ce monde.' (Jn 8,23) [...] Il sera même précisé plus loin que toute philosophie qui vient d'en bas vient du démon: 'Pareille sagesse ne descend pas d'en haut: elle est terrestre, animale, démoniaque [...]. Tandis que la sagesse d'en haut est tout d'abord pure, puis pacifique, indulgente, bienveillante, pleine de pitié et de bons fruits.'' (Jc 3,15-17.)
(Serge ABAD-GALLARDO, Je servais Lucifer sans le savoir, Pierre Téqui éditeur, Préface de Maurice Caillet, Paris 2016, p. 128.)
Lire aussi : Le Temple Satanique organisait à Détroit une cérémonie de « débauche » pour dévoiler la statue de Baphomet, Reinformation.Tv, 27 juillet 2015
"Pour l'Église catholique, la clef de la nature n'est absolument pas une analogie de cet ordre. C'est l'amour infini de Dieu auquel nous devons offrir notre cœur. Et cette clef, le chrétien ne cherche pas à se la procurer par le chemin initiatique vers la Connaissance. Il adore et loue simplement Celui qui la détient: Dieu Tout-Puissant, créateur du Ciel et de la terre. Par ailleurs, il n'existe pour l'Église catholique aucune analogie entre le créé et le Créateur, mais une création par laquelle la créature est créée (gratuitement) par l'amour de Dieu." (Serge ABAD-GALLARDO, Secret maçonnique ou vérité catholique, Artège, Monaco 2019, p. 243.)
Une initiation luciférienne pour "libérer l'humanité de Dieu le Père"
Au cœur du mythe du "Fils de la Veuve", Max HEINDEL, fondateur de la Rosicrucian Fellowship (Association rosicrucienne) propose une réécriture du livre de la Genèse, ancrée dans une cosmologie différente de la version biblique classique. Dans ce récit alternatif, un ange déchu nommé Samaël apparaît dès le deuxième chapitre de cette genèse gnostico-rosicrucienne.
Samaël donne à Ève son premier enfant, "Caïn" (avant donc que celle-ci s'unisse à Adam dans la Bible pour engendrer Abel.) Caïn est alors décrit comme un hybride "ange de feu" / humain, et comme un "Fils de la Veuve". Les textes rosicruciens s'appuient souvent, directement ou indirectement, sur des traditions juives mystiques où l'on trouve des idées similaires: Zohar (kabbale) affirme que Samaël "monta Ève et injecta l'impureté"; de cette union naît Caïn "du côté de l'impureté", tandis qu'Abel vient du côté de la sainteté via Adam. Pirque de-Rabbi Eliezer (midrash) suggère que la serpente/Samaël séduit Ève et qu'elle conçoit Caïn de cette "mauvaise semence", Adam engendrant ensuite Abel. Le Targum Pseudo-Jonathan et certains passages du Talmud laissent entendre une relation surnaturelle entre Ève et le serpent/Samaël, d'où la naissance de Caïn. Ces sources juives kabbalistiques forment le fonds textuel que les rosicruciens (et d'autres courants ésotériques) réinterprétèrent. (Sources: Max HEINDEL, La Cosmogonie des Rose-Croix, éd. ENSRO. C'est dans cet ouvrage que se trouve l'essentiel de son interprétation alternative de la Genèse (Adam, Ève, Caïn, Abel, Samaël, etc.)
Serpent tentateur dans la tradition kabbalistique et gnostique, Samaël offre à Ève le fruit de l'arbre de la connaissance. Dans certains courants ésotériques, Lucifer est vu comme un prométhéen qui apporte la lumière (savoir) à l'humanité, même si cela implique une rupture avec l'ordre divin. Certaines interprétations gnostiques et rosicruciennes suggèrent que Ève aurait été fécondée par Samaël (ou l'esprit luciférien) avant sa relation avec Adam, donnant ainsi naissance à Caïn. Cette union symbolise: la dualité en l'humain; l'union du spirituel (Ève, liée à la lumière) et du matériel (Samaël, lié aux ténèbres). Caïn représente la descendance caïnite de ceux qui cherchent le savoir au-delà des limites imposées par Dieu... (Yahvé vu souvent dans la tradition gnostique comme un démiurge ignorant), c'est-à-dire que les Cainites sont la descendance de ceux qui s'opposent à Dieu pour, prétendument, acquérir la "Connaissance" (sic). Dans la Bible, Caïn, premier-né d'Adam et Ève, tue son frère cadet Abel par jalousie; il est maudit, marqué par Dieu, condamné à errer sur terre. Dans la réinterprétation rosicrucienne, Caïn est le symbole de la libération par la connaissance..., comme Prométhée volant le feux aux dieux. Les Caïnites, lignée de Caïn incarne ceux qui défient l'ordre établi. Dans la symbolique rosicrucienne, Caïn représente l'alchimiste: celui qui travaille avec les forces obscures (la matière, le plomb) pour les transfigurer en lumière (l'or "spirituel"), le chercheur de vérité qui explore les mystères interdits pour soit-disant accéder à la "sagesse'. Les Caïnites symbolisent les initiés. La Rose-Croix voit en Caïn l'équilibre des opposés, un dualisme moyen de comprendre la soit disant "unité sous-jacente du tout"... Or il n’y a évidemment rien de commun entre la vérité et l'erreur, le bien et le mal, la lumière et les ténèbres, le Christ et Satan (2 Co 6,14-15)... Dans la théosophie, Helena Blavatsky mentionne Caïn comme un symbole de la révolte contre l'autorité aveugle. Dans le satanisme (LaVey, Temple of Set), Caïn est parfois vénéré comme un archétype du 'libre penseur'... (sic)
Dans le gnosticisme, Dieu le Père y est présenté comme responsable du malheur originel et le principal obstacle à la régénération, donc il faut l'évincer pour que la Nature soit purifiée. "Comme la théosophie, la légende Rose-Croix créée ainsi une culpabilité de Dieu, mais aussi un irrationalisme divin. [...] Dieu le Père est à la fois contre le Bien, contre la Nature, contre l'Humain; il est obscur, jaloux, haineux et il convient donc de lui apporter la lumière contre sa volonté. Ce sera le 'grand oeuvre' du Fils.
Pour les Rose-Croix, le Père n'offre pas le Fils en sacrifice pour la Rédemption de l'humanité, c'est le Fils qui va débarrasser l'humanité de ce Dieu obscur qui a transmis le Mal à l'homme en l'obligeant à la corporéité et qui l'empêche de faire le Bien ! Comment ? En forçant le Père à céder à l'Humain la Connaissance. Un modèle existe, Lucifer, le chef des anges révoltés contre Jéhovah. [...] L'humanité doit donc se tourner vers Lucifer pour obtenir la Connaissance, la Gnose suprême (c'est la Kabbale). Lucifer est le diable, mais, comme sa lumière peut permettre à l'homme de se libérer de Dieu, le Mal devient bénéfique, ''positif''. [...] En d'autres termes, l'initiation rosicrucienne est une invitation à prendre le Diable pour Maître, c'est-à-dire à soumettre l'humain à l'Adversaire, que la Genèse représente sous la forme du Serpent, qui est aussi le symbole de l'initiation égyptienne.
Rappelons ici que certains Pères de l'Église comme Saint Basile le Grand (Homélie sur le Saint-Esprit) voient dans l'attribution du mal à Dieu une forme de blasphème ou de désespoir.
>Le Saint-Esprit est la source de toute sainteté et nier sa bonté ou lui attribuer le mal revient à renier la nature même de Dieu qui est amour (Jn 1,4,8.)
>St Grégoire de Nysse, dans Contre Eunome, condamne l'idée que Dieu pourrait être l'auteur du mal, car cela contredit Sa perfection absolue.
>St Thomas d'Aquin, synthétisant les Pères dans la Somme théologique (II-II, q. 14), classe le péché contre le St-Esprit parmi les péchés irremissibles par leur nature (non par limitation divine, mais par le refus humain de se repentir et d'accepter la Rédemption du Christ via désespoir, obstination, impénitence finale, présomption d'être sauvé sans mérite ou par ses propres forces, résistance à la vérité (refus de la lumière ou du St-Esprit), l'envie de la grâce d'autrui (tristesse face au bien spirituel des autres). L'attribution du mal à Dieu pourrait relever de la résistance à la vérité connue car Dieu est bon par essence, ou du blasphème, mais St Thomas ne l'énumère pas explicitement comme une catégorie distincte. Cependant, il souligne que toute pensée qui contredit la bonté divine est une offense contre l'Esprit de vérité (Cf. Somme théologique, II-II, q. 13, a.2)
Dans le Catéchisme de l'Église catholique (1992), le sujet est abordé aux n° 1864 et 2091.
>1864 "Tout péché et blasphème sera remis aux hommes, mais le blasphème contre l’Esprit ne sera pas remis " (Mt 12, 31 ; cf. Mc 3, 29 ; Lc 12, 10). Il n’y a pas de limites à la miséricorde de Dieu, mais qui refuse délibérément d’accueillir la miséricorde de Dieu par le repentir rejette le pardon de ses péchés et le salut offert par l’Esprit Saint (cf. DeV 46). Un tel endurcissement peut conduire à l’impénitence finale et à la perte éternelle."
>2091 "Par le désespoir, l’homme cesse d’espérer de Dieu son salut personnel, les secours pour y parvenir ou le pardon de ses péchés. Il s’oppose à la Bonté de Dieu, à sa Justice – car le Seigneur est fidèle à ses promesses -, et à sa Miséricorde."
Le refus délibéré de Dieu implique une fausse image de Dieu (comme dire qu'il est un juge cruel plutôt qu'un Père miséricordieux).
Pour le cardinal Journet (Le Mal, 1948), le mal n'est pas une création positive de Dieu, c'est une absence de bien, une absence de l'Être de Dieu, qui seul est. Attribuer le mal à Dieu revient à confondre l'ordre naturel (où le mal se répand comme conséquence du péché originel) avec la volonté divine, qui ne veut que le Bien. Cela confine à une erreur intellectuelle ou à un péché de volonté (si fait avec malice).
L'attribution du mal à Dieu peut être une erreur intellectuelle par ignorance (ex : Pourquoi Dieu permet-il la souffrance?). Cela n'est pas un péché si c'est une question honnête. Mais l'attribution du mal à Dieu devient un péché quand cette attribution devient volontaire, systématique, obstinée, ou malveillante (ex: Dieu est cruel, je Le hais).
La tradition catholique distingue : Dieu permet le mal pour en tirer un bien plus grand, cf. Rm 8,28, mais ne le veut pas positivement (car Il est bon). Attribuer à Dieu la volonté positive du mal est une hérésie (close du manichéisme) et peut relever du péché contre le Saint-Esprit, si obstination et impénitence finale.
Lien avec le désespoir: si l'attribution du mal à Dieu conduit à perdre l'espérance en Sa miséricorde, cela rejoint directement le péché contre le Saint-Esprit (cf. Catéchisme, 1864 )
[...] Les Fils de la Veuve et le Temple d'Hiram
Comment Caïn est le premier "Fils de la Veuve" :
Les francs-maçons se nomment eux-mêmes ''Fils de la Veuve''. Reprenons donc le récit de la légende Rose-Croix pour comprendre d'où vient cette expression.
Dans la Genèse, l'Humanité se perpétue sur terre après la Chute. Adam et Ève enfantent Abel et Caïn, puis, après le meurtre d'Abel par Caïn (meurtre de l'aîné par le cadet), Seth. La légende Rose-Croix est très différente, puisque Ève est créée la première et qu'elle est séduite avant l'existence d'Adam par un esprit luciférien, Samaël, qui, s'unissant à elle, lui engendre Caïn. Caïn est donc l'aîné d'Abel et il n'est plus un fils d'Adam, mais du diable; il n'est donc pas un fils d'homme, mais ''semi-divin'', écrit Max HEINDEL, dans ''Franc-maçonnerie et catholicisme", éd. Maison rosicrucienne, 1983 (qui dévoile quel est son camp, car il devrait dire semi-diabolique). Si le diable envoie Samaël féconder Ève, c'est parce qu'il faut ''libérer l'esprit captif de la lumière''. Par Samaël, Caïn hérite du feu de Lucifer, dont il est ainsi le Fils spirituel.
Dans la kabbale juive (Zohar), Samaël est le chef des forces du mal, parfois décrit comme l'époux de Lilith (figure démoniaque liée à la sexualité et à la rébellion).
Lien avec le serpent de la Genèse. Dans la gnose valentinienne, le serpent de la Genèse est interprété comme un libérateur (il révèle à Adam et Eve la Connaissance qui leur permet de s'affranchir du démiurge, créateur de la matière mauvaise.
Quand Jéhovah chasse Samaël du Paradis, Ève et Caïn sont abandonnés sur terre, où Cain devient le premier ''Fils de la veuve'', la veuve du Diable !
Jéhovah crée alors, et alors seulement, Adam - qui n'a donc pas connu le Paradis -, et qui est un simple être humain. Adam s'unit à son tour à Ève, laquelle enfante Abel, qui est donc un simple enfant d'humains, c'est-à-dire inférieurs à Caïn. [...] Le premier fils de la veuve possède le secret de la 'science', l'alchimie, mais aussi la 'sagesse', qui n'est pas de Dieu, mais du Serpent.... Après la mort d'Abel, Adam et Ève ont un autre enfant, Seth, lequel, comme Abel, est un simple fils d'humains. Il y a dès lors dans le monde deux races d'hommes, la race de Caïn et la race de Seth. Et non plus d'Abel. Cette division .... remonte pour le moins à Satornil... Pour les Rose-Croix, la race de Caïn est semi-divine (sic). Et, étant engendrée par l'esprit luciférien, elle est douée de l'"énergie dynamique" du Feu, ce qui lui donne l'initiative du progrès. Par contre la race de Seth [...] est ignorante et docile comme l'était Abel, ce qui "plaît à Jéhovah", car le Père est ''jaloux'' de ses prérogatives de créateur. Rien ne peut venir de cette race soumise et crédule, et qui est exploitée par les pires des fils de Seth, les serviteurs de Jéhovah sur terre, le clergé. L'humanité dont donc être libérée de Jéhovah et de son clergé par les Fils de Caïn, qui détiennent le feu de Lucifer, le porteur de lumière.... Le "grand oeuvre" assigné par le Diable aux Fils de Caïn est d'achever la construction du Temple qu'avait commencé Hiram....
Dans la Bible, Salomon, fils de David a recours à Hiram, le roi de Tyr pour accomplir le voeu de David, mais il n'a pas la vertu de son père. Il tolère l'idolâtrie et Dieu lui pardonne uniquement parce qu'il est le Fils de David. Hiram fournit à Salomon les matériaux et les ouvriers. (1 Rois 6-7; 2 Chroniques 3-4)
Les Rose-Croix reprennent cet épisode en créant une légende du Grand Architecte Hiram, qui nous intéresse, car les francs-maçons ont fait d'Hiram l'ancêtre de leur Grand Architecte de l'Univers - Hiram est une personnage central de l'initiation maçonnique -, alors que pour les Rose-Croix, Hiram est un fils de Caïn, c'est-à-dire un représentant de l'esprit de Lucifer. Le grand ancêtre maçonnique n'est donc pas le roi de Tyr, mais un des noms secrets du Diable.
[...] Il y a donc deux Hiram, et celui des Rose-Croix n'est pas le roi de Tyr auquel (dans la Bible) Salomon s'adresse pour construire le Temple, mais Hiram Abiff, un phénicien envoyé par le roi. Or, si le premier Hiram est dans la Bible, le second n'y est pas. C'est donc par subterfuge que les maçons prétendent faire revivre un personnage biblique au 3e Degré, celui de Maître. Dans le Rite Ecossais, le Hiram qui est invoqué lors du rituel du 3e grade, celui de Maître, est en effet ''Hiram Abiff'', en d'autres termes le Diable.
Et il y a des catholiques initiés dans ce rite...
Par conséquent, le Temple d'Hiram Abiff construit n'est pas celui que Salomon veut édifier selon la volonté et à la gloire de Dieu, mais un Temple symbolique au service d'une autre volonté, celle du Diable, dont les Fils de Caïn doivent réaliser le désir de soumettre les fils de Seth. (Cf. Alain PASCAL, Les Sources occultes de la philosophie moderne, De la Gnose à la théosophie, tome 1 de La Conspiration des philosophes, éd. des Cimes, Paris 2017, p. 253-266.)
Ces deux temples, bien que distincts dans leur origine historique et légendaire, sont volontairement confondus dans la tradition Rose-Croix et maçonniques, dans les rituels et les enseignements ésotériques. La légende d'Hiram Abiff, dans la légende maçonnique apparaît dans les textes maçonniques du XVIIIe siècle, notamment dans le grade de Maître du Rite Ecossais Ancien et Accepté (REAA) et du Rite de York. Le récit est le suivant : trois mauvais compagnons (Jubéla, Jubélo et Jubélum) tentent d'extorquer les secrets à Hiram, celui-ci refuse de les révéler et ils l'assassine et cachent son corps sous un acacia. Son corps est retrouvé par Salomon, qui le fait inhumer dans le Saint des Saints du Temple. La légende se termine par la résurrection symbolique d'Hiram, qui devient un symbole de l'immortalité de l'âme et de la transmission des secrets sacrés.
Les hauts grades maçonniques du 4e au 33e développent la légende d'Hiram en y ajoutant des éléments kabbalistiques et rose-croix.
Exemple: dans le rituel du grade de Chevalier Rose-Croix (18e degré du REAA), le candidat est invité à reconstruire le Temple spirituel lui-même. Le Temple d'Hiram Abiff devient alors une métaphore du Temple intérieur que chaque Rose-Croix et franc-maçon doit construire en lui-même. La mort et la résurrection d'Hiram symbolisent le processus alchimique et la transformation de l'initié, sans aucun rapport avec le Hiram Ier, roi biblique de Tyr, fils d'une veuve de la tribu de Nephtali, lui-même fils d'un artisan de bronze tyrien (1 Rois 7 :13-14), et son temple matériel historique...
La tradition Rose-Croix au 17e siècle, telle qu'elle apparaît dans les Manifestes (Fama Fraternitatis, Confessio Fraternitatis) et dans les enseignements ultérieurs de Robert Fludd, Elias Ashmole, ou Stanislas de Guaita, intègre des éléments du gnosticisme. Samaël est alors présenté comme une force nécessaire dans le processus de réintégration (influence de Martines de Pasqually), un ange déchu, mais aussi un agent de la purification par le feu, un symbole de l'ombre qui doit être transmué en lumière.
Stanislas de Guaita, fondateur de l'ordre kabbalistique de la Rose-Croix (1888), dans son ouvrage Au Seuil du Mystère, décrit Samaël comme un ange déchu, une force nécessaire dans l'équilibre cosmique... Il le lie à Lith et à une révolte contre Dieu qui peut être transcendée par l'"initié".
Eliphas Levi, occultiste du 19e siècle, dans Dogme et Rituel de la Haute Magie, associe ouvertement Samaël à Satan, mais aussi à Lucifer, le "porteur de lumière", soulignant son rôle de tentateur poussant l'homme à la chute, et de "libérateur" par la délivrance de la "Connaissance" (sic). Lévi écrit: "Samaël est l'ange de la mort, mais aussi celui qui en tuant l'homme ancien, permet la naissance de l'homme nouveau." Et voilà notre "homme nouveau" maçonnique.
Caïn a eu une influence sur l'occultisme moderne:
>Théosophie d'Helena Blavatsky, reprend l'idée que Lucifer est un "porteur de lumière", nécessaire à l'évolution humaine.
>Satanisme (LaVey, Temple de Set): Caïn et Lucifer sont célébrés comme symboles de l'individualisme et de la "libération" des dogmes.
>Néopaganisme: certains courants voient en lui le premier "sorcier" ou chamane, maître des forces cachées de la nature.
La franc-maçonnerie, descendante directe de Caïn, inspiré par Lucifer
Le grade de Grand Maître Architecte du 12e degré des hauts grade était perçu de la sorte: 'Ce degré, en effet achève la formation du maître et annonce déjà l'Élu que façonneront les 13e et 14e degrés. (Claude LLORENS, Planche maçonnique 'Grand Maître Architecte: un thème du 12e degré', in Serge ABAD-GALLARDO, Je servais Lucifer sans le savoir, Pierre Téqui éditeur, Préface de Maurice Caillet, Paris 2016, p.131- 132.)
"[...] Ainsi que l'avoue un franc-maçon dans l'une de ses planches : 'Tubal-Caïn [...], mot de passe des maîtres qui donne à réfléchir, car il comporte une telle ambiguïté qu'il ne peut nous laisser indifférent...' (Planche maçonnique 'Tubal-Caïn' https://ledifice.net/maitre/tubalcain/7076-2 )
L'institution maçonnique met Tubal-Caïn en relation avec le secret du feu et des métaux. [...] Elle l'assimile à un alchimiste: 'Tubal-Caïn, le forgeron, travaille les métaux et s'inscrit spirituellement comme continuateur de LA LIGNEE CAÏNITE [...]'. Mais il est aussi considéré par les obédiences comme un artisan de guerre et de violence : 'Tubal fut, d'après la légende, le premier qui conquit l'art de forger le bronze, donnant à ses alliés un avantage militaire inévitable sur ceux qui ne connaissaient alors que le cuivre pour la fabrication de leurs armes.' (Planche maçonnique 'Tubal-Caïn' https://ledifice.net/maitre/tubalcain/7076-2 ) 'C'est la raison pour laquelle Caïn et ses descendants gagnèrent une réputation de tyrans, de voleurs brutaux et d'assassins, et acquirent des biens matériels de toutes sortes.' (ibid.)
"Tubal-Caïn! On aurait rêvé mieux comme référence pour un maître franc-maçon et bienfaiteur de l'humanité!", écrit Serge-Abad Gallardo dans Je servais Lucifer sans le savoir, ibid., p.133.
Or, précisément, "le mardi 5 avril 1785 [...] Jean-Baptiste Willermoz [...] reçut onze cahiers rédigés par Marie-Louise de Monspey, dite Mme de Vallière' (SAPPIA ART, Planche maçonnique 'De Tubal-Caïn à Phaleg', 20 mai 2012 ) Dans certains de ses écrits, il était alors question de "substituer le mot de passe [...], à savoir 'Tubal-Caïn'".
Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824), adepte de Martines de Pasqually qui le reçuthttps://christroi.over-blog.com/article-l-illuminisme-philosophique-maconnique-au-xviiie-siecle-39283401.html dans l'ordre des 'Élus Cohens', organisa en juillet 1782 le convent de Wilhelmsbad (où les "Illuminés" tiennent un rôle actif et où sera décidé de la Révolution en France... Cf. Alain PASCAL, La Révolution des Illuminés, Les droits de l'homme contre Dieu, La Conspiration des philosophes tome IV, éd. Cimes, Paris 2023, p. 85-177.)
Il fut à l'origine de la création du Rite écossais rectifié (RER). C'est la raison pour laquelle, 'le 5 mai 1785, Jean-Baptiste Willermoz remplace le nom de Tubal-Caïn par Phaleg, sur décision de la Régence écossaise de Lyon et du directoire d'Auvergne.' Le fondateur de ce rite prit conscience grâce aux cahiers de Madame de Vallière, de la portée satanique de la référence à Tubal-Caïn. De l'aveu même d'une certaine franc-maçonnerie déiste, 'Tubal-Caïn [...] est qualifié d'''agent diabolique' et portant les 'vices charnels', 'c'est un nom d'abomination' [...], 'il n'apprit l'art du travail des métaux et la maîtrise du feu que par des voies profanatrices et sataniques'.
Depuis, le RER ne comporte plus de référence à Tubal-Caïn au grade de maître. Le RER est le rite privilégié de la Grande Loge nationale de France, même s'il n'est pas le seul. (Serge-Abad Gallardo dans Je servais Lucifer sans le savoir, ibid., p.135-136.)
Mais 'Tubal-Caïn' est toujours le mot dans d'autres rites maçonniques .... :
"Au Rite Émulation, Tubalcaïn est le mot de passage donnant accès du 2ème au 3ème grade.
"Au Rite York, Tubalcaïn est le nom de la griffe de passage de compagnon à maître, servant de mot de passe au 2ème degré, tel que cela apparaît dans l’échange entre le 1er surveillant et le 1er expert dans les instructions du degré : «- A-t-elle un nom? -Oui – Voulez-vous me le donner ? – Ce n’est pas ainsi que je l’ai reçu et je ne le communiquerai jamais ainsi.- Comment en disposez-vous ? – En l’épelant ou par syllabe. – Donnez-le par syllabe et commencez. – Commencez vous-même. – C’est à vous de commencer.». Le mot Tubalcaïn est donné par syllabe entre le premier expert et le V\ M\ Puis complètement par le 1er expert. Cette griffe est un en-deçà de la griffe véritable du maître.
"Au REAA, c’est le mot de passe du Maître. 'Ce mot est TULBAKAIN, que nous avons adopté en raison de l’intimité qui doit exister entre nous et le premier Vulcain dans l’univers. Nous appelons cela un mot de veille, car nous exigeons qu’il soit prononcé avant ce qui était jadis connu, à savoir JAKIN' (Solomon in All His Glory or the Master-mason, traduction du Franc-maçon démasqué ou le vrai secret des Frans maçons de 1751)." ( Cf. https://450.fm/2023/02/07/tubalcain-un-personnage-sulfureux-en-franc-maconnerie/)
Exemples de rituels caïnites
Voici quelques exemples reconstruits à partir de textes gnostiques, occultes et rosicruciens :
Dangers
Un symbole comme Baphomet peut représenter
>pour un rosicrucien: l'équilibre des forces.
>pour un sataniste : l'adoration du mal.
L'ambivalence des rituels maçonniques, l'union des opposés, l'ambiguïté "pour stimuler la réflexion" et outil dit "de transformation", est un moyen occultiste puissant (hermétisme, rosicrucianisme, maçonnerie) reposant sur le principe "Comme en haut, ainsi en bas" (Hermès Trimégiste), reflétant la dualité du monde (bien/mal; lumière/ténèbres; esprit/matière; homme/femme) utilisant des symboles ambivalents (serpent, androgyne, Baphomet, étoile flamboyante) intégrant les opposés en soi-même, permettant un passage facile vers la magie, le satanisme, porte grande ouverte à la possession diabolique.
Les expériences de l'O.T.O. d'Aleister Crowley : Crowley a pratiqué des rituels d'invocation (Comme ceux du Livre de la Loi) et a raconté des rencontres avec des entités. Certains de ses disciples ont :
>perdu la raison (folie, irrationalisme); dire tout et son contraire "en même temps" (ce qui nous rappelle un certain président de la république)
>ou sont tombés dans la dépravation (magie noire sexuelle)
>ont développé orgueil et isolement. L'occultiste développe un sentiment de supériorité ("je saisis des choses que les autres ignorent"), il peut rejeter toute morale, sombrer dans le nihilisme ou le cynisme.
Des cauchemars récurrents, des hallucinations ou des voix intérieures, sont un signe d'infestation d'entités. Que faire ? Consulter un thérapeute spécialisé (approche psychologique d'abord), un exorciste si le thérapeute est "dépassé".
L'ambiguïté est donc dangereuse :
>elle peut conduire à des dérives psychologiques graves (folie, possession).
>elle expose à des manipulations (sectes, gourous)
>elle ouvre des portes à des forces obscures incontrôlables.
Que répondre à un proche qui s'intéresse à l'occultisme ?
Qu'il pratique une tendre dévotion à la Vierge Marie "gratia plena", Pleine de grâce, qui ouvre à la grâce, s'intéresse plutôt à la douceur et à la collaboration avec Dieu de la Mère de Dieu (Notre-Dame de Guadalupe, Vierge des Amériques portant en elle les deux continents).
Cette voie est une Protection puissante: la Vierge Marie est une Protectrice et une Mère
Notre-Dame de Guadalupe est un symbole universel de miséricorde, de compassion et de protection. Son apparition au Mexique en 1531 à Juan Diego montre qu'elle se révèle aux humbles et intercède pour eux. Son manteau étoilé montre le Ciel enveloppant la terre, image de protection divine. Les roses de Castille rappellent que:
>la beauté et la grâce viennent de Dieu. Pas de nos propres forces.
>la Vierge Marie intercède puissamment. Elle dissout la peur et l'angoisse.
C'est déjà la prière que faisaient les premiers Chrétiens au IIIe siècle à la Vierge Marie :
Sous l'abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu.
Ne méprise pas nos prières dans nos nécessités, mais délivre-nous toiujours de tous les dangers,
Ô Vierge glorieuse et bénie.
Qu'il apprenne à prier en aimant d'abord la Création, en la voyant belle et bonne, car elle est une image du Créateur.
Qu'il apprenne à croire en la bonté gratuite et l'amour infini de Dieu. "Père, que ta volonté soit faite" et non pas la mienne.
La prière humble et confiante "Que ta volonté soit faite" (Mt 6,10) détache de l'ego (on ne cherche plus à imposer sa chair, sa volonté, on cherche à l'aligner sur la volonté de Dieu). C'est un antidote puissant contre l'orgueil, la manipulation et les forces obscures. Cette prière apporte la paix, elle apaise l'âme : la confiance en Dieu chasse la peur et l'anxiété.. Elle protège des tentations.
En acceptant la volonté divine, on évite de tomber dans l'orgueil ou la rébellion (comme Lucifer / Caïn)
L'amour de la création (nature, humanité, vie) est un chemin de lumière qui éloigne des tentations de pouvoir, de domination ou de contrôle humain.
Prier en aimant la Création c'est:
>passer du temps dans la nature (marcher en forêt, contempler un lever ou un coucher de soleil, la mer, la montagne, écouter le chant des oiseaux : tout cela est une prière)
>reconnaître que tout vient de Dieu (la nature, les autres, nous-mêmes),
>voir le monde avec des yeux de gratitude (comme S. François d'Assise qui appelait le Soleil ''frère" et la lune ''soeur''),
>devenir pour soi-même et les autres un canal de bonté: En aimant ce que Dieu a créé, on participe à Son amour.
Pratiquer la gratitude quotidienne :
Remercier.
Chaque soir, noter 2 choses pour lesquelles on est reconnaissant
Ex: "Merci Seigneur,
>pour ce repas,
>pour cette personne rencontrée qui m'a souri
>pour la beauté des fleurs.
"Loué sois-Tu, mon Seigneur, pour toutes Tes créatures, et spécialement pour notre frère le Soleil, qui nous donne le jour et nous éclaire de sa lumière." (Cantique des créatures)
Vivre dans la confiance
"S'abandonner". Lâcher prise: accepter que tout ne dépend pas de nous, mais de Dieu
Demander la volonté de Dieu: avant de prendre une décision, prier; "Seigneur, Que ta volonté soit faite, pas la mienne''.
Se détacher des résultats. "Faire notre devoir et laisser faire à Dieu".
Se protéger spirituellement
>fréquenter les sacrements pour vivre dans la grâce
>Porter une médaille de la Vierge Marie (comme la Médaille miraculeuse)
>Bénir sa maison avec de l'eau bénite ou de l'encens. Faire bénir sa maison par un prêtre
>Exposer une image du Coeur-Sacré de Jésus dans sa maison
>Lire et méditer les Ecritures
"Celui qui s'abrite sous l'ombre du Très-Haut repose à l'ombre du Très-Haut"
>S'entourer de Bonnes présences - influences
Lire des vies de saints pour s'inspirer de leur foi et de leur amour.
Ecouter de la musique sacrée (chants grégoriens ou hymnes à Marie)
Rejoindre une communauté de prière (paroisse, groupe de prière) pour se soutenir mutuellement.
Aspect: Voie de la Vierge et amour divin (prière quotidienne du chapelet)
Méthode: Prière, humilité, confiance
But: Union avec Dieu, déification par les moyens de Dieu (et non ceux du serpent / Caïn), amour du prochain
Énergie: Lumière, grâce, paix
Les fruits: rejet clair du mal, protection divine, joie, paix, amour.
Lire:
>Déification: la doctrine catholique dont vous n'avez probablement jamais entendu parler
Prière à Notre-Dame de Guadalupe
Ô Vierge de Guadalupe, Mère des Amériques et Protectrice des affligés,
Nous venons à toi avec confiance et amour
Tu as choisi de te révéler à un humble indigène pour nous montrer ta tendresse,
Intercède pour nous auprès de ton Fils Jésus.
Aide-nous à aimer comme toi, avec un coeur pur et généreux.
Protège-nous des pièges du mal et des tentations de l'orgueil.
Apprends-nous à prier avec simplicité et à vivre dans la confiance.
Que notre vie soit un chant d'amour à Dieu.
Et que, comme Saint Juan Diego, nous portions Ta Lumière au monde.
Notre-Dame de Guadalupe, Prie pour nous.
Amen.

Conclusion
Le pélagianisme, le dualisme manichéen, la réinterprétation symbolique du temple d'Hiram, reposent sur des analogies entre certains aspects du rituel maçonnique et ces hérésies...
Sans nier ouvertement la possibilité d’une aide divine, la franc-maçonnerie promeut un autosauvetage humain directement inspiré du luciférisme, le devoir de "réintégration" du monde - comme si Dieu avait créé un monde mauvais - n'étant alors que la construction du royaume de Satan et des ennemis de Dieu sur terre.
Il n'existe pas de vérité absolue accessible à l'homme. Sa quête réside dans le secret et dans la transgression.
A travers Tubal-Caïn, Caïn et Samaël le serpent, Lucifer est glorifié comme un dieu. L'obéissance à Dieu est considéré comme servile, l'obéissance au serpent comme libératrice !
La tradition rosicrucienne et maçonnique est donc :
>une inversion du dogme chrétien et son remplacement par ses propres dogmes maçonniques
>un renversement du bien et du mal qui fait incontestablement du Diable, du Serpent, son propre dieu, "un bienfaiteur." "Rien n'est complètement mauvais, rien n'est entièrement bon". Pas même le Dieu de la Bible et de la Révélation chrétienne. Chacun décidant de ses propres critères moraux, le pavé mosaïque étant parfois présenté comme le ying et le yang de la cosmologie manichéenne extrême-orientale.
Or, attribuer le mal à Dieu peut être considéré comme un aspect du péché contre le Saint-Esprit, seul péché irrémissible, à condition que ce soit:
>un acte libre et conscient (pas une simple erreur ou doute)
>une persistance dans cette croyance malgré la lumière de la foi (obstination et impénitence finale)
>un rejet de la bonté divine (ex: haïr Dieu à cause du mal)
Pourquoi ? Parce que:
>cela nie la nature même de Dieu (Amour et Vérité)
>rejette l'action du Saint-Esprit (qui relève Dieu comme Père miséricordieux)
>bloque la grâce en fermant le cœur à la conversion.
Lorsque tout est relatif et provisoire, [...] tout est permis et LA MORALE N'EXISTE PLUS.
Et lorsque la morale n'existe plus, les tyrans font ce qu'ils veulent.
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