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6 octobre 2021 3 06 /10 /octobre /2021 07:11

Source video: Gloria.Tv

 

Extrait :

 

"La cérémonie du 30e degré du chevalier Kadosh fait référence à trois crânes sur lesquels sont posés trois couronnes, la couronne royale, une couronne de laurier, et la tiare papale.

 

"Le candidat au 30e degré, celui qui va devenir chevalier Kadosh fait le geste de poignarder deux de ces couronnes, il s'agit de la couronne royale et de la tiare papale. Et on vous dira 'mais c'est symbolique'... Sauf que je produis dans mon livre les preuves selon lesquelles ces couronnes représentent la puissance temporelle (éventuellement la monarchie, le pouvoir temporel), et la puissance de l'Église. C'est dit en toutes lettres par une phrase que je tire d'un ouvrage extrêmement sérieux rédigé par une personne qui fait partie de la franc-maçonnerie dans les plus hauts grades. 

 

 

"Alors évidemment, si vous ne cherchez pas, vous ne trouvez pas !

 

"Et la couronne du milieu, c'est celle portée, prétendument, par Jacques de Molay (le fameux chef des Templiers), qui est une couronne de laurier, mais que l'on trouve au 4e degré sans qu'il soit fait référence aux Templiers et à cet instant de la progression initiatique. Et on vous dit dans le rituel (à l'aide de phrases toutes faites) que 'vous portez cette couronne de laurier parce que vous avez conscience de votre devoir.' Alors quel est-il ce devoir ? Je l'explique, avec une foule de références, et une analyse qui m'est personnelle mais qui est confirmée par ces références : la franc-maçonnerie combat l'Église." (Serge Abad-Gallardo, Secret maçonnique ou vérité catholique, Ce que j'ai découvert dans les loges, Artège)

 

_______________________

"Selon Charles Webster Leadbeater, il existerait une maçonnerie noire qui se consacre à l'étude du mal entre le 19e degré et le 30e degré du rite écossais, le 30e degré étant connu sous le nom de chevalier Kadosh.

 

Dans son livre intitulé The Ancien Mystic Rites, Leadbeater définit ainsi cette maçonnerie noire :

 

"Rares sont les frères égyptiens qui semblent avoir dépassé le degré de la Rose-Croix. Ce sont ceux qui ont besoin de connaître davantage que la splendide révélation de l'amour de Dieu qu'ils ont reçu dans ce que l'on appelle le 18e degré. Mais pour ceux qui ressentent qu'il y a encore beaucoup plus à apprendre de la nature de Dieu et qui souhaitent ardemment comprendre le sens du mal et de la souffrance, ainsi que sa relation avec le plan divin, le prototype d'une maçonnerie noire existe. L'enseignement est compris entre le 19e et le 30 degré. Cette section des mystères s'est particulièrement intéressée au travail sur le karma sous ses différents aspects. Ainsi, la première étape de l'instruction plus élevée, celle de la Rose-Croix ou de la maçonnerie rouge se consacre à la connaissance du bien tandis que la seconde étape, celle du Kadosh, celle de la maçonnerie noire, se consacre à la connaissance du mal."

 

Certes, tout cela reste hermétique pour un profane mais laisse tout de même interrogatif.

 

Dans son livre La Conjuration antichrétienne, Mgr Henri Delassus déclare que certaines sections des chevaliers Kadosh rendent un culte à Ibliss, qui en orient est le nom du démon, le Sheitan.

 

Dans son Encyclopedia of freemasonery, Albert Mackey explique que la doctrine Kadosh représente les persécutions qu'ont subi les chevaliers Templiers. Il écrit : 'Les chevaliers Kadosh modernes sont les anciens chevaliers Templiers et que le constructeur du temple de Salomon est aujourd'hui remplacé par Jacques de Molay, le grand maître templier martyr.

 

Il est à noter que l'ordre des Templiers auquel se réfère cette maçonnerie noire, avec la doctrine Kadosh, pratiquait des rituels sataniques.

 

Eliphas Levi a écrit dans son livre Histoire de la magie :

"Les Templiers avaient deux doctrines, une cachée et réservée aux maîtres, c'était celle du johanisme ; l'autre publique, c'était celle de la doctrine catholique romaine".

 

Ils trompaient ainsi les adversaires qu'ils s'appliquaient à supplanter. Le johanisme des adeptes étaient la cabale des gnostiques, dégénérée bientôt en un panthéisme mystique poussé jusqu'à l'idolâtrie de la nature et la haine de tout dogme révélé. Ils en vinrent ainsi jusqu'à reconnaitre le symbolisme panthéistique des grands maîtres en magie noire. Et, pour mieux se détacher de l'obéissance à la religion qui d'avance les condamnait, ils rendirent les honneurs divins à l'idole monstrueuse du Baphomet, comme jadis les tribus dissidentes avaient adoré les veaux d'or de Dan et de Bethel (Ier Livre des Rois).

 

La maçonnerie noire nourrit donc une vengeance contre les persécuteurs des chevaliers Templiers, c'est-à-dire l'Église catholique.

 

"Dans son livre The Ancient Mystic Rites, Leadbeater écrit que :

 

'La tradition de la vengeance contre le roi exécrable, le pape et le traître, s'est transmise à travers les âges et est intimement liée à la tradition égyptienne, correspondant à notre maçonnerie noire qui aboutit à ce que nous appelons aujourd'hui le 30e degré.'

 

La maçonnerie noire, avec les chevaliers Kadosh, les templiers modernes a donc travaillé ardemment à la destruction du Royaume de France et de son Église.

 

La lutte occulte de la franc-maçonnerie contre le roi et contre l'Église catholique est expliquée en détail dans l'excellent ouvrage de Mgr Henri Delassus, intitulé La Conjuration antichrétienne. Le franc-maçon fait chevalier Kadosh est donc fermement anticatholique, et la vengeance est un point central dans ce grade initiatique maçonnique.

 

Lorsque le chevalier Kadosh a prononcé son serment, on lui met le poignard en main et l'on dépose à ses pieds un crucifix. Puis le Très-Grand lui dit 'foule aux pieds cette image de la superstition. Brise-la. S'il ne le fait pas afin de ne rien faire deviner, on applaudit et le Très-Grand lui adresse un discours sur sa piété. On le reçoit alors sans lui révéler les grands secrets. Mais s'il écrase le crucifix, alors on le fait approcher de l'autel où sont trois représentations, trois cadavres si l'on peut s'en procurer, des vessies pleines de sang sont à l'endroit où on lui crie de frapper; il exécute l'ordre et le sang rejaillit sur lui, et en prenant par les cheveux les têtes coupées, il s'écrie Nékom, la vengeance est faite.' Alors le Très-Grand lui parle ainsi : 'Par votre constance et par votre fidélité vous avez mérité d'apprendre les secret des vrais maçons. Ces trois hommes que vous venez de frapper sont la superstition, le roi et le pape. Ces trois idoles des peuples ne sont que des tyrans aux yeux des sages.'

 

Une chose importante à préciser est que les hautes loges maçonniques internationales, qu'elles soient noires, ou dites pures, ou dites authentiques, s'entendent et parlent toutes le même langage quand il s'agit de détruire l'Église catholique. Il s'agit donc d'une force occulte antichristique."

 

_______________________

Note du Blog Christroi. Dans ses Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme (1798), l'Abbé Barruel écrit ceci sur le chevalier Kadosch :

 

"Il faut encore ici renouveler l'épreuve du grade où l'initié se change en assassin; mais le maître des frères à venger n'est plus Hiram; c'est Molay, le grand maître des Templiers; et celui qu'il faut tuer, c'est un roi, c'est Philippe le Bel, sous qui l'ordre des chevaliers du Temple fut détruit. Au moment où l'adepte sort de l'antre, portant la tête de ce roi, il s'écrie Nékom, je l'ai tué. Après l'atroce épreuve, on l'admet au serment." (Abbé Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, Editions de Chiré, Chiré-en-Montreuil 2005, tome I, p. 408.)

 

Dans le second volume de ses Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, l'abbé Barruel précise en note quant à l'initiation du chevalier Kadosch :

 

"C'est en second lieu, que dans la loge du Chevalier Kadosch, après tous les serments, toutes les épreuves et cérémonies plus ou moins fortes, coupables et impies, le dénouement de la scène est de présenter au Récipiendaire trois mannequins représentant Clément V, Philippe le Bel et le Grand Maître de Malte. Leurs têtes sont couvertes des attributs de leurs dignités. Il faut que le malheureux fanatique jure haine et mort à ces trois têtes proscrites, parlant à leurs successeurs, à leur défaut. On lui fait abattre ces trois têtes qui, comme dans le grade d'Élu, sont ou véritables, si on a pu s'en procurer, ou pleines de sang, si ce n'est qu'une simple représentation; et cela en criant, vengeance ! vengeance ! etc. On voit ici qu'en effet j'avais adouci le grade, car je n'y annonçais qu'une tête à couper. Je ne nommerai point les auteurs de ces deux lettres : mais deux autres témoins que je puis nommer, sont MM. les comtes de Gilliers et d'Orfeuil. Celui-là ayant beaucoup vécu avec de grands francs-maçons, tout en se moquant d'eux, leur avait arraché leur secret, au point d'être admis sans épreuves dans leurs loges. Il ne fait point de difficulté de dire qu'il a vu chez eux les trois quarts de ce que j'en ai dit. Celui-ci me permet aussi de dire que très longtemps Maître des Loges, il n'a vu que de très petites différences entre les grades de Rose-Croix tels que je les dépeins, et ceux qu'il a donnés et vu donner. J'ai en effet en ce moment vingt grades maçonniques originaux. J'en ai quatre de Rose-Croix, dont deux manuscrits, deux imprimés. [...] La rédaction dont je me suis servi dans mon second volume est celle des grades publiés par M. l'abbé Le Franc, dans dans son Voile levé et sa Conjuration découverte. Je savais de nos francs-maçons français combien cette rédaction était conforme à ce qui se passait dans leurs loges; je sais aujourd'hui d'où lui étaient venus tous ces grades maçonniques, dont il décrit si exactement les cérémonies; et voici comment je l'ai appris : Un de ces respectables ecclésiastiques, à qui les bontés de la nation anglaise ont offert un asile, un de ces hommes qui joignent à une grande simplicité les mœurs la science et la pratique de leurs devoirs, M. de La Haye, curé de Fié, diocèse du Mans, apprenant que j'avais travaillé sur les francs-maçons, mais avant d'avoir lu ce que j'en disais, voulut bien me confier un ouvrage dont il s'était occupé lui-même sur le même objet. Lorsqu'il revint me demander mon opinion : Au style près, lui dis-je, votre ouvrage est imprimé depuis longtemps; et les Jacobins en ont récompensé l'auteur en le massacrant aux Carmes, le fameux Deux Septembre. Je lui montrai alors l'ouvrage de M. Le Franc, qui n'avait en effet ajouté au sien que bien peu de chose.

L'assassinat du R. P. Le Franc, supérieur des Eudistes, auteur de deux ouvrages contre la franc-maçonnerie (2 septembre 1792) vu par Pierre Méjanel

L'assassinat du R. P. Le Franc, supérieur des Eudistes, auteur de deux ouvrages contre la franc-maçonnerie (2 septembre 1792) vu par Pierre Méjanel

"[...] J'ignorais, me dit alors ce digne ecclésiastique, l'ouvrage de M. Le Franc : mais je peux vous expliquer aisément pourquoi il ressemble si fort au mien. J'avais dans ma paroisse divers francs-maçons ; j'avais surtout dans mon voisinage ce malheureux Fessier, fameux frère de la loge d'Alençon, devenu si terrible Jacobin et intrus de Sées. Plusieurs de ces francs-maçons reconnurent leur erreur ; et en preuve de leur total renoncement aux loges, ils me livrèrent leurs papiers et grades maçonniques. J'avais fait sur ces grades sur ces grades le recueil de mes idées ; M. Le Franc, alors dans notre Diocèse, me pressa de l'imprimer. La crainte des Maçons m'en empêcha ; j'aimais mieux donner à M. Le Franc une copie du tout, en le priant d'en faire l'usage qu'il croirait utile. M. Le Franc partit pour Paris ; la Révolution arriva ; et sans doute il crut alors utile de publier ce qu'il tenait de moi. Si cela a dû faire quelque bien, je lui en sais bon gré ; mais je suis bien fâché que cela ait été la cause de sa mort. Ce dernier sentiment et l'attention de justifier M. Le Franc de tout abus de confiance, me parurent occuper ce digne curé, bien plus que le soin de revendiquer son ouvrage. Je ne lui cachai point que je louais beaucoup M. Le Franc d'avoir eu plus de courage, et d'avoir donné d'ailleurs à son ouvrage le style et la tournure d'un homme de lettres. Mais dans toute cette anecdote, ce qui m'intéressa spécialement, ce fut d'y voir une nouvelle preuve de l'authenticité des grades publiés par M. Le Franc, que j'avais déjà cités moi-même avec tant de confiance. Le témoignage des Maçons convertis vaut bien celui des frères dupes ou persistant dans leur erreur. — J'adresse cette note à ceux qui auraient encore quelque doute sur l'authenticité de ces grades maçonniques, tels que je les ai publiés." (Abbé Augustin BarruelMémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, Editions de Chiré, Chiré-en-Montreuil 2005, tome II, p. 309-311)

Enfin, l'abbé Augustin Barruel ajoute ces informations dans son second volume : 

 

Grand-Orient de Paris

 

"[L]e Grand-Orient, était moins une loge que la réunion de toutes les loges régulières du royaume, représentées par leurs députés. C'était en quelque sorte le grand parlement maçonnique, ayant ses quatre chambres, dont la réunion formait la grande loge du Conseil, où tout ce qui avait rapport aux intérêts de l'Ordre se décidait en dernier ressort. [...] [L]e premier de ces grands officiers était le très sérénissime frère duc d'Orléans, premier prince du Sang. [...] Ainsi Philippe d'Orléans et son Grand-Orient assuraient à la secte presque autant de conquêtes qu'elle en avait déjà fait en Allemagne sous Knigge et sous Weishaupt. [...]

 

Loge des Amis Réunis

 

"[...] Sous ce Grand-Orient, une loge plus spécialement chargée de la correspondance étrangère était, à Paris, la loge appelée des Amis-Réunis. Dans celle-ci se distinguait surtout le fameux révolutionnaire Savalette de Lange [...] [I]l avait fait de sa loge le mélange de tous les systèmes sophistiques, martinistes et maçonniques. Mais, pour en imposer davantage au public, il en avait fait en quelque sorte aussi la loge des plaisirs et dy luxe de l'aristocratie. Une musique mélodieuse, les concerts et les bals y appelaient les frères du haut parage : ils y accouraient en pompeux équipages. Les alentours étaient munis de gardes. [...] La loge était brillante, les Crésus de la Maçonnerie fournissaient aux dépenses de l'orchestre des flambeaux, des rafraîchissements, et de tous les plaisirs qu'ils croyaient être le seul objet de leur réunion; mais, tandis que ces frères [...] dansaient ou chantaient [...] ils ignoraient qu'au-dessus d'eux était un comité secret, où tout se préparait.

 

"C'était réellement au-dessus de la loge commune qu'était deux hommes également fameux dans les mystères soit à Lyon, soit à Paris, l'un le grand W* [Jean-Baptiste Willermoz], et l'autre Chappe de la Henrière. [...] Là étaient les archives de la correspondance secrète.

 

"[...] [P]our être admis à ces conseils, il ne suffisait pas d'avoir été initié à tous les anciens grades ; il fallait être aussi ce que les frères appelaient Maître de tous les grades philosophiques ; c'est-à-dire, avoir juré avec les Chevaliers du Soleil, haine à tout christianisme, et avec les chevaliers Kadosch, haine à tout culte et à tout roi. (a)

 

[...]

 

"(a) J'ai su d'un de ces frères mêmes, qui longtemps fut le simple porteur de cette correspondance, que tenté de se faire initier à ces grades, pour avoir lui-même entrée au comité, il en fut détourné par la promesse qu'on exigeait d'un engagement pour la vie et d'une rétribution annuelle de six cents livres tournois. J'ai su encore de lui que la rétribution ordinaire de chaque frère, montait annuellement à la même somme. [...] C'est encore une ressource à joindre à toutes les celles des arrières-adeptes pour les frais de complot. Eh ! qui peut dire combien ces ressources s'augmentaient entre les mains d'un homme chargé de la garde du Trésor royal ! Les conjurés savent choisir les hommes et les places.

 

[...] C'est au  comité des Amis-Réunis [...] que Mirabeau adressa ses frères arrivés d'Allemagne. Savalette et Bonneville avaient fait de ce comité, le point central des adeptes les plus ardents pour la Révolution et les plus avancés dans les mystères. Là se rendaient [...], tous ceux que la secte appelait dans ses derniers conseils. C'étaient tout à la fois les élus Philalètes, et les élus Kadosch ou Rose-Croix; c'étaient ceux de la Sourdrière, des Neuf Soeurs, et de la Candeur, et des comités même les plus secrets du Grand-Orient. [...] Les frères arrivés d'Allemagne avec les nouveaux mystères, ne pouvaient pas trouver dans Paris un centre plus favorable à leur mission. C'est là qu'ils exposèrent l'objet et l'importance de leur commission. Le code de Weishaupt fut mis sur le bureau. [...] Les francs-maçons eux-mêmes [...] fixent l'arrivée de ces députés à la première convocation des notables, dont l'assemblée s'ouvrit le 22 février 1787. C'est en effet dès cette année que se manifeste parmi les francs-maçons français toute l'influence du code de Weishaupt.

 

(Abbé Augustin BarruelMémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, Editions de Chiré, Chiré-en-Montreuil 2005, tome II, p. 428-430; 441-443)

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25 septembre 2021 6 25 /09 /septembre /2021 21:13

Philippe Pichot-Bravard reçoit le professeur Xavier Martin sur Radio Courtoisie pour son tout dernier livre "Naissance du sous-homme au cœur des Lumières. Les races, les femmes et le peuple" (éd. Dominique Martin Morin).

Naissance du sous-homme au cœur des Lumières, par Xavier Martin

Extrait :

 

"Tous ceux qui refusent le bonheur obligatoire sont des sous-hommes. Ces sous-hommes ne valent pas mieux que les bête, et leur élimination facilitée par l'ambiance matérialiste doit en libérer le monde nouveau en construction.

 

"Et le refus du bonheur obligatoire est interprétable comme un signe de folie : il faut être fou pour refuser d'être heureux. Donc, le fait même que l'on croit (alors en 1789) apporter le bonheur à ces gens-là (les Vendéens) et qu'ils paraissent refuser ce bonheur - puisque en fait ils refusent toutes les manipulations et toutes les humiliations dont ils sont l'objet -, joue en leur défaveur et contribue à dégrader leur image puisqu'ils ne veulent pas être heureux et empêchent toute la population d'être heureuse, parce que c'est un bonheur qui, comme dans toute utopie, ne se conçoit qu'unanime. Il y a bonheur unanime ou il n'y a pas bonheur.

 

"Donc, éliminer ceux qui refusent d'être heureux et qui en même temps retardent le bonheur de tout le monde, cela n'est qu'un comportement, cela n'est qu'une décision rationnelle.

 

"[...] Et pour Robespierre [...], pour qu'existe la société parfaite sans peine de mort, il faut commencer par éliminer ceux qui empêchent cette société de naître.

 

"[...] Tous ceux qui refusent de monter dans le train que l'on est en train d'affréter, il faut les éliminer.

 

"[...] Mirabeau dit le 27 juin 1789 :  'Il nous est permis d'espérer que c'est ici que nous commençons l'histoire des hommes'. Outre l'orgueil complètement délirant et absurde qu'il y a derrière cette phrase-là, cela a un sens très précis : cela veut dire que ceux qui refuseront de venir avec nous, de se plier au mouvement que nous lançons, refuseront d'être des hommes. Puisque si nous commençons l'histoire des hommes, ceux qui ne la commencent pas avec nous n'accèdent pas à l'humanité. Et Mirabeau dit même peu après : 'il faut que tous les hommes soient hommes. Et il faut mettre à l'écart de la société ceux qui refusent de le devenir.' Entre parenthèses, il dit cela à propos des Juifs en la circonstance."

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20 juillet 2021 2 20 /07 /juillet /2021 13:33
https://www.lifesitenews.com/news/france-on-the-brink-of-becoming-a-totalitarian-health-dictatorship-prominent-philosopher

https://www.lifesitenews.com/news/france-on-the-brink-of-becoming-a-totalitarian-health-dictatorship-prominent-philosopher

La France sur le point de devenir une dictature totalitaire de la "santé" : éminent philosophe

 

Pierre Dulau, philosophe et professeur de philosophie à l'université de Strasbourg a fait ces commentaires lors d'une récente conférence dans laquelle il a également évoqué son nouveau livre analysant l'impact des mandats de masque sur le contrat social et l'importance unique du visage humain.

 

Par Peter Levinson

PARIS, France, 19 juillet 2021 ( LifeSiteNews ) — Un éminent philosophe français a dénoncé la récente décision du gouvernement français d'imposer des passeports COVID pour de nombreuses activités de base, avertissant que la France entre maintenant dans une ère d'"hygénisme totalitaire".

 

Pierre Dulau, philosophe et professeur de philosophie à l'université de Strasbourg a fait ces commentaires lors d'un récent entretien avec le site d'information français "Aletia", au cours duquel il a également évoqué son nouveau livre analysant l'impact des mandats de masque sur le contrat social et la importance unique du visage humain.

 

Le livre de Dulau a été co-écrit par son collègue philosophe et professeur de philosophie Martin Steffens et publié le 29 Avril 2021.

 

Un résumé du livre, qui peut être trouvé sur la librairie en ligne française « La Procure », se lit comme suit :

 

Une réflexion sur le visage comme organe politique et comme fondement du contrat social, à l'heure où cet organe est masqué à cause de la crise sanitaire. Soulignant l'importance du visage humain dans les relations sociales, les deux auteurs réfléchissent aux conséquences psychologiques de la crise, dévoilant une stratégie de résistance à l'atmosphère actuelle de négativité.

 

Le livre fait partie d'un courant politique et philosophique croissant qui aborde et s'oppose au développement progressif de ce que les auteurs du livre appellent une "société hygiéniste" et de ce que certains manifestants lors de récentes manifestations à l' échelle nationale appelaient une "dictature sanitaire".

 

Au cours de l'entretien, M. Dulau a d'abord abordé la question des mandats de port de masque qui, en France, sont imposés dans les espaces publics, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, depuis près d'un an. Le mandat de port de masque dans les espaces extérieurs en France a été levé il y a seulement un mois.

 

Dulau a commencé l'entretien par un rappel bien nécessaire de la signification et de l'importance du visage humain :

 

Il est important avant tout de comprendre ce qu'est un visage. Le visage humain est à la fois ce qui montre notre singularité et ce qui fait de nous des êtres sociaux. D'un côté il exprime ce qui rend chacun irremplaçable et unique, de l'autre c'est aussi ce qui ne nous appartient pas : mon visage est la partie de moi que je ne peux pas voir car il est immédiatement offert aux autres.

 

Commentant les répercussions que la mesure du mandat du masque peut avoir sur la société, l'auteur a expliqué :

 

A quoi sert le masque ? Il nous dépersonnalise, car il rend invisible notre singularité, certes, mais – ce qui est sans doute pire encore – il nous exclut du regard de la communauté. Pourtant cet aspect fait partie de ce qui constitue notre être ! Littéralement parlant, on pourrait dire que le masque nous "abîme" ! Ainsi, si le masque nous protège, il le fait au prix de ce qui nous rend humains. Il ne faut pas se féliciter qu'une telle mesure puisse devenir une nouvelle norme sociale.

 

Dulau a ensuite évoqué l'idée de "distanciation sociale", un terme devenu omniprésent depuis le début de la crise. Lorsqu'on lui a demandé de partager ses réflexions sur le sens réel de ces mots, Dulau a commenté :

 

Tout d'abord, je pense que cette expression est une contradiction en soi. La promesse de la société (…) est de permettre à chacun de surmonter la distance qui le sépare des autres. Mettre la distance au cœur de la société, c'est admettre qu'il n'y a pas de société mais seulement un agrégat d'individus réunis uniquement par le destin. Deuxièmement, il faut souligner que grammaticalement parlant, le mot "distanciation" est une forme continue. Il indique un processus, un mouvement qui ne donne aucune indication de jamais s'arrêter. C'est ce qu'il faut craindre...

 

Enfin, interrogé sur le pass sanitaire, Dulau a fait part de son inquiétude face à l'érosion des libertés sous prétexte de sauvegarde de la santé :

 

Ce que je trouve alarmant au sujet des mesures prises récemment, c'est qu'elles prévoient de diviser la citoyenneté en échelons et en rangs en fonction de l'état de santé supposé des individus. Revenons sur la définition de l'esclave dans les temps anciens. Qui est l'esclave ? Celui qui préfère la vie à la liberté.

 

L'interview de Dulau a également fait l'objet d'un commentaire de l'abbé Gabin Hachette de la Société Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) publié la semaine dernière sur La Porte Latine, le site Internet de la FSSPX pour le district de France. L'abbé Gabin a noté que "Martin Steffens et Pierre Dulau voient dans notre époque actuelle un tournant, celui d'une transition vers un nouveau type de société sous prétexte sanitaire : l'apparition du virus Sars-CoV-2."

 

Selon cette idée, la France semblerait être dans sa dernière étape de transition vers cette nouvelle société, le président français Emmanuel Macron ayant annoncé la semaine dernière la décision d'imposer la vaccination au personnel soignant et un passeport COVID à tout citoyen français de plus de 12 ans.

 

Non seulement des milliers de personnes se sont rassemblées dans les rues pour s'opposer aux nouvelles mesures, mais les politiciens français de tous les partis politiques, de gauche comme de droite, ont commencé à prendre la parole pour les dénoncer.

 

Lundi, suite à l'annonce des nouvelles mesures : Gilbert Collard, membre du parti souverainiste français RN (Rassemblement national), dans une interview à RT France a évoqué la mise en place d'une "dictature de la vaccination".

 

"Je ne suis pas contre le vaccin. Je ne suis ni pour ni contre le vaccin. Mais je pense que tout le monde devrait avoir des options et je considère que forcer la population à se faire vacciner (...) constitue une violation de la liberté de disposer de son propre corps, et je pense que ce n'est pas normal", a déclaré Collard.

 

Jeudi, Nicolas Dupont-Aignan, fondateur du parti gaulliste et souverainiste Debout La France, a déclaré à la chaîne de télévision française LCI que les nouveaux mandats sont "une grave violation de notre modèle de société".

 

Dans une vidéo qu'il a postée lundi sur YouTube, Dupont-Aignan a dénoncé ce qu'il a qualifié de "mesures liberticides, contraires aux principes fondamentaux de la République" et a qualifié le président Macron de "dangereux", allant jusqu'à dire : "cet homme est devenu fou." Dupont-Aignan a également lancé une pétition contre l'imposition du passeport COVID suite à l'annonce de Macron.

 

Même Jean-Luc Mélenchon, un homme politique d'extrême gauche et fondateur du parti politique français La France Insoumise, a appelé Macron à revenir sur sa décision dans un tweet qu'il a publié mardi dernier qui disait :

 

Contradictions, aberrations : les décisions de Macron sentent la discrimination sociale et l'abus de pouvoir. Exemple : le laissez-passer sanitaire obligatoire sera contrôlé par des policiers non vaccinés. Bienvenue au pays de l'absurdité.

 

Depuis lundi, le nombre d'intellectuels, d'hommes politiques et de journalistes français qui critiquent la politique de Macron augmente d'heure en heure. L'espoir de beaucoup maintenant est qu'une décision du Conseil constitutionnel, la plus haute autorité constitutionnelle de France, empêchera les propositions de devenir loi. Les députés français se réuniront mercredi en session extraordinaire du Parlement pour débattre du projet de loi qui introduirait les mandats.

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8 juillet 2021 4 08 /07 /juillet /2021 19:29

N’aimez pas le monde, ni ce qui est dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui.

1 Jn 2,15

Ne savez-vous pas que l’amour pour le monde rend ennemi de Dieu ? Donc celui qui veut être ami du monde se pose en ennemi de Dieu.

Jacques 4,4

En nul autre que lui, il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver.

Ac 4,12

Dans son dernier livre, La Fin d'un monde, Oui, c'était mieux avant !, chez Albin Michel, Patrick Buisson dresse un réquisitoire du concile Vatican II, en suggérant des pistes de sortie de la crise.

 

"Le passage d'un capitalisme de producteurs à un capitalisme de consommateurs achève de disqualifier l'idéologie sacrificielle du christianisme, sa culture du renoncement à la jouissance des biens terrestres, son schéma salvifique de la satisfaction différée qui apparaissent désormais, au regard du grand nombre, comme autant d'insupportables entraves à la réalisation de ses propres désirs, autant de limites au déplafonnement des possibilités de bonheur qu'apportent l'enrichissement général...,  explique Patrick Buisson.

 

"C'est le moment où le 'bon pape' Jean XXIII décide de convoquer le concile Vatican II.

Le défi qu'elle se lance alors d''entrer en conversation avec le monde' engage imprudemment l''Elise éternelle' dans l'exposition aux changements du monde contemporain, autrement dit au risque de devenir abusivement temporelle et d'accélérer ainsi la sortie du religieux de la durée historique.

 

"En France, un décrochage massif de la pratique catholique vient déjouer le pari de ceux qui avaient misé sur les réformes conciliaires...

 

"Sous couvert d'un retour à l''Eglise primitive', fourrier de toutes les hérésies à travers l'Histoire, on s'en prend à la piété dionysiaque et par trop démonstrative des milieux populaires. on s'acharne contre les dévotions des petites gens, ces moyens pauvres de la religion, en oubliant que ce sont précisément ces moyens qui rendent le catholicisme accessible aux pauvres. On renonce à tout ce qui marquait la souveraineté églisière dans l'espace sociale et tissait le lien communautaire entre les croyants: rogations, processions de la Fête-Dieu, de la communion solennelle ou de l'Assomption. Prônant une foi déritualisée et entièrement polarisée par la rationalité, le nouveau clergé se pose en antagonisme du vieux catholicisme de clocher, familial et festif...

 

"Ainsi l'institution ... s'attache-t-elle à la liquidation du monde ancien, jusqu'à en expurger les derniers vestiges dès lors qu'ils lui parurent faire obstacle à sa volonté d''aggiornamento' , c'est-à-dire de compromis avec la culture moderne et les idoles du jour. (Patrick Buisson, La Fin d'un monde, Albin Michel, Paris 2021.)

 

"... [L]es débuts du concile accréditèrent abondamment l'idée d'une lutte politico-idéologique entre l'assemblée conciliaire et la, curie romaine, entre une majorité progressiste empressée d'ouvrir un dialogue avec le monde moderne et de scruter les 'signes des temps' ... et une minorité conservatrice soucieuse de maintenir le dépôt 'immuable et inaliénable' de la foi dans son intégrité. ... Liberté religieuse, oecuménisme, humanisme transcendant, promotion du laïcat : toutes les avancées doctrinales de Vatican II, qui allèrent aboutir à un renversement du rapport de force à l'intérieur de l'Eglise, s'étaient d'abord développées à l'état de semi-hérésies dans les écrits de la théologie française des années cinquante avant d'être revêtues des habits chatoyants de la nouvelle orthodoxie par les pères conciliaires.

 

"Ironie ou accélération de l'histoire, trois des experts français en théologie, le jésuite Henri de Lubac et les dominicains Yves Congar et Marie-Dominique Chenu qui furent nommés par le pape en qualité de periti, c'est-à-dire de consultants pour le concile, avaient quelques années auparavant, subi, à tour de rôle, les foudres du Saint-Office pour des écrits hétérodoxes. En état de dissidence permanent, le père Congar s'était très tôt distingué par sa propension à défier l'autorité romaine et à évoluer à contre-courant du magistère de l'Eglise. En 1937, son premier ouvrage, Chrétiens désunis, Principes d'un oecuménisme catholique, conférait une valeur théologique positive à l'œcuménisme, contrairement à l'encyclique Mortalios Animos (1928) par laquelle Pie XI avait rappelé que l'unité des chrétiens ne pouvait se concevoir que par la conversion des non-catholiques à la 'seule véritable Eglise du Christ'. Soumis à la censure préalable des instances romaines suite à la ,publication, en 1950, de Vraie et fausse réforme de l'Eglise, le turbulent dominicain se vit refuser le nihil obstat pour trois ouvrages successifs, tandis que Pie XII lui signifiait l'interdiction d'enseigner avant de l'exiler à l'Ecole biblique de Jérusalem. Empêché de publier, il vécut cette discrimination sur le double mode d'une lancinante récrimination et d'un vif ressentiment, au point d'aller compisser la porte d'entrée du Saint-Office à Rome, une première fois en 1946, une seconde en 1954.

 

"D'avoir arrosé le temple de l'ancienne Inquisition ou d'avoir défriché le terrain pour une plus grande liberté de recherche théologique, nul ne sut jamais de quoi ce clerc séditieux et facétieux se sentit le plus fier lorsque Jean XXIII lui offrit l'éclatante réhabilitation d'un poste de grande influence auprès des pères conciliaires. Peu enclin à l'humilité dont il laissait volontiers l'usage à autrui, le père Congar s'attribua, dans Mon journal du concile, la paternité de quelques-uns des grands textes de Vatican II, y compris même dans les éléments de vocabulaire (Yves CONGAR, Mon Journal du concile, Cerf, vol. 1 et 2, 2002). Il est vrai que des chapitres entiers de la constitution Lumen gentium sur 'peuple de Dieu', les liens de l'Eglise avec les chrétiens non-catholiques et les religions non-chrétiennes (LM # 16) ou sur l'ecclésiologie, avec la remise en cause du dogme qui identifiait exclusivement l'Eglise catholique au corps mystique du Christ, étaient sortis directement de la plume de l'irrégulier théologien rentré brusquement en grâce sans qu'il ait eu à modifier en quoi que ce soit ses positions. A telle enseigne que ses détracteurs l'élevèrent sans hésitation à l'indignité de 'père de l'hérésie matricielle de Vatican II'.

 

"... Le décret Unitatis Redintegratio (21 novembre 1964) allait encore plus loin dans la légitimation d'un pluralisme religieux en reconnaissant que 'plusieurs et même beaucoup d'éléments de grande valeur peuvent exister en dehors des limites visibles de l'Eglise catholique'. Avec la déclaration Nostra Aetate, adoptée le 15 novembre 1965, le concile en rupture avec une longue tradition d'indifférence ou d'hostilité envers les autres religions, développait une 'vision positive de l'action du Dieu unique au coeur même des religions non chrétiennes'.

 

"... Apothéose de ce courant révisionniste, la constitution dogmatique Lumen gentium (21 novembre 1964) abolissait le privilège des catholiques en faisant de l'Église, non plus l'opératrice du salut de ses seuls fidèles, mais l'instrument d'un salut pour tous sans discrimination de croyance.

"... Toute l'humanité, qu'elle ait ou non reçu l'Evangile, était donc affirmée comme 'ordonnée au peuple de Dieu'. ... En bref, nul n'était plus exclu de la possibilité du salut éternel et les bénéfices de l'affiliation à l'Église visible se trouvaient, du même coup, quasiment réduits à néant. On pouvait être sauvé sans appartenir à la maison Dieu via sa filiale romaine. À la stupéfaction de très nombreux fidèles, la divine Providence semblait abandonner l'enseigne évangélique du 'beaucoup d'appeler, mais peu d'élus' (cf. Ma 22,14[en exagérant le trait, à présent ce serait beaucoup d'appeler et tous élus. NdCR.]

 

"... [E]n affichant une conception plus ouverte du salut des 'autres', la majorité conciliaire s'empêtrait dans ses propres incohérences.

"À quoi bon l'élan missionnaire érigé en priorité pastorale en direction de 'ceux qui étaient loin', si ceux-ci pouvaient désormais être sauvés sans que leur conversion fût obligatoire ni même nécessaire ? (sauvés même contre leur gré ? NdCR.(Patrick Buisson, La Fin d'un monde, Albin Michel, Paris 2021, p. 85-93.)

 

Un concile des Lumières ?

 

Dans "La déclaration de droits de l'homme et du citoyen", le juriste Stéphane Rials situe l'acte de naissance de l'optimisme juridique sur la nature humaine en 1789 :

"Les Lumières ont parié - mais elles ignoraient en général que ce fût un pari - sur la possibilité de l'amélioration intellectuelle et morale de tous. La Déclaration était l'un des instruments de ce pari.  (La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, Présentée par Stéphane Rials, Hachette, Pluriel Inédit, Paris 1988, p. 16)

"[...] Ainsi le légicentrisme de quatre-vingt-neuf est-il à claire dominante d'optimisme rationaliste." (p. 371)

 

Or, "Paul VI ... concéda, avant de congédier l''auguste sénat' :

'Il faut reconnaître que ce concile, dans le jugement qu'il a porté sur l'homme, s'est arrêté bien plus à l'aspect heureux de l'homme qu'à son aspect malheureux. Son attitude a été nettement et volontairement optimiste.'

"N'était-ce pas là, en vérité, une nouvelle religion qui était proposée, beaucoup plus centrée sur l'homme que sur Dieu?, s'interroge justement Patrick Buisson (La Fin d'un monde, Albin Michel, Paris 2021, p. 99.)

 

Un parallèle peut être établi entre ce concile optimiste et le bonheur promis à l'humanité en 1789. C'est ce qu'entrevoit bien Patrick Buisson, en ces termes : "Il faudra quelques années encore pour que l'homme nouveau, obsédé par l'idéologie hédoniste, s'aperçoive que l'expérience du bien-être ne l'avait pas fait accéder au bonheur et que le grand projet de l'humanisme anthropocentrique débouchait sur ce que Chomsky avait appelé 'le troisième totalitarisme'. Autrement dit, la réduction du monde et des hommes eux-mêmes à la marchandise. Entre-temps, une antique humanité avait disparu, victime d'un véritable génocide ethnoculturel, une humanité dont on découvrira sans doute un jour à quel point elle fut proche de ce que l'homme avait de meilleur, celle qui, ..., croyait qu''on n'a pas besoin du bonheur pour être heureux.'" (La Fin d'un monde, Albin Michel, Paris 2021, p. 24.)

 

Le seul péché, c'était de ne pas croire au bonheur !

 

"Pour mener à bien son projet d'émancipation, la révolution hédoniste des années soixante lança une grande offensive culturelle contre la culpabilité et toutes les formes de culpabilisation qui agissaient encore comme autant de freins à la consommation et à la jouissance, comme autant d'entraves à la libre expression du désir individuel et à la légitime aspiration au bien-être. Le mot d'ordre fut à la désinhibation. La pudeur, la réserve, la frugalité et surtout la notion chrétienne de péché devinrent le coeur de cible d'une vaste campagne de lessivage des consciences et de reformatage psychologique. ... Publicitaires, marchands, entrepreneurs qui avaient quelque chose à vendre se relayèrent pour accréditer plus ou moins habilement une idée simple qui allait servir de nouveau catéchisme à la modernité triomphante : il n'y avait pas de mal à se faire du bien, le seul péché, c'était de ne pas croire au bonheur. Il fallait en finir avec tout ce qui empêchait, différait ou ralentissait l'acquisition de biens et de produits ou la poursuite de fins exclusivement terrestres..." (La Fin d'un monde, Albin Michel, Paris 2021, p. 261.)

 

Aujourd'hui le monde matérialiste et ses promesses de bonheur, ces petits plaisirs passagers souvent mesquins n'ont pas tenu leur promesse.

 

En 2009, la complexité et la gravité de la situation économique actuelle ont conduit le pape Benoît XVI à proposer dans l'encyclique Caritas in veritate des réponses à la crise mondiale et à la mondialisation. "La crise devient ainsi, écrit-il, une occasion de discernement et elle met en capacité d’élaborer de nouveaux projets. C’est dans cette optique,... qu’il convient d’affronter les difficultés du moment présent" (§ 21).

 

Benoît XVI fournit la clé d'un développement authentique qui reconnaît la pleine nature de l'homme avec sa dimension transcendante, et sa dignité : la juste compréhension de la nature de l'homme, ou ce qu'il appelle le "développement humain intégral" ( § 4), qui est est portée vers la transcendance, une "écologie de l'homme" qui "concerne unitairement la totalité de la personne dans chacune de ses dimensions (§ 11). Le développement humain intégral sur le plan naturel, réponse à un appel du Dieu créateur, demande de trouver sa vérité dans un "humanisme transcendant, qui (…) donne [à l’homme] sa plus grande plénitude: telle est la finalité suprême du développement personnel". La vocation chrétienne à ce développement concerne donc le plan naturel comme le plan surnaturel; c’est pourquoi "quand Dieu est éclipsé, notre capacité de reconnaître l’ordre naturel, le but et le 'bien' commence à s’évanouir" (§ 18).

 

Le Saint-Père précise que si "[l]’Église n’a pas de solutions techniques à offrir et ne prétend "aucunement s’immiscer dans la politique des États"... [e]lle a toutefois une mission de vérité à remplir, en tout temps et en toutes circonstances, en faveur d’une société à la mesure de l’homme, de sa dignité et de sa vocation ( § 9).

 

Du point de vue économique, "La richesse mondiale croît en terme absolu, mais les inégalités augmentent... Dans les pays riches, de nouvelles catégories sociales s’appauvrissent et de nouvelles pauvretés apparaissent. Dans des zones plus pauvres, certains groupes jouissent d’une sorte de surdéveloppement où consommation et gaspillage vont de pair" (§ 22).

 

... "L’humanité tout entière est aliénée quand elle met sa confiance en des projets purement humains, en des idéologies et en de fausses utopies." (§ 53).

 

"Le développement de la personne s’étiole, si elle prétend en être l’unique auteur. Analogiquement, le développement des peuples se dénature, si l’humanité croit pouvoir se recréer en s’appuyant sur les "prodiges" de la technologie. De même, le développement économique s’avère factice et nuisible, s’il s’en remet aux "prodiges" de la finance pour soutenir une croissance artificielle liée à une consommation excessive. Face à cette prétention prométhéenne, nous devons manifester un amour plus fort pour une liberté qui ne soit pas arbitraire, mais vraiment humanisée par la reconnaissance du bien qui la précède. Dans ce but, il faut que l’homme rentre en lui-même pour reconnaître les normes fondamentales de la loi morale que Dieu a inscrite dans son cœur." (§ 68).

 

"Les droits humains risquent de ne pas être respectés soit parce qu’ils sont privés de leur fondement transcendant soit parce que la liberté personnelle n’est pas reconnue." (§ 56).

 

"L’homme moderne est parfois convaincu, à tort, d’être le seul auteur de lui-même, de sa vie et de la société. C’est là une présomption, qui dérive de la fermeture égoïste sur lui-même, qui provient – pour parler en termes de foi – du péché des origines. La sagesse de l’Église a toujours proposé de tenir compte du péché originel même dans l’interprétation des faits sociaux et dans la construction de la société: 'Ignorer que l’homme a une nature blessée, inclinée au mal, donne lieu à de graves erreurs dans le domaine de l’éducation, de la politique, de l’action sociale et des mœurs'. À la liste des domaines où se manifestent les effets pernicieux du péché, s’est ajouté depuis longtemps déjà celui de l’économie. Nous en avons une nouvelle preuve, évidente, en ces temps-ci. La conviction d’être autosuffisant et d’être capable d’éliminer le mal présent dans l’histoire uniquement par sa seule action a poussé l’homme à faire coïncider le bonheur et le salut avec des formes immanentes de bien-être matériel et d’action sociale. De plus, la conviction de l’exigence d’autonomie de l’économie, qui ne doit pas tolérer 'd’influences' de caractère moral, a conduit l’homme à abuser de l’instrument économique y compris de façon destructrice. À la longue, ces convictions ont conduit à des systèmes économiques, sociaux et politiques qui ont foulé aux pieds la liberté de la personne et des corps sociaux et qui, précisément pour cette raison, n’ont pas été en mesure d’assurer la justice qu’ils promettaient. (§ 34).

 

"[L]a fermeture idéologique à l’égard de Dieu et l’athéisme de l’indifférence, qui oublient le Créateur et risquent d’oublier aussi les valeurs humaines, se présentent aujourd’hui parmi les plus grands obstacles au développement. L’humanisme qui exclut Dieu est un humanisme inhumain (§ 78).

 

L'homme est fait de matière, mais aussi d'esprit et il est doté d'une âme. Aussi un humanisme intégral se doit-il de prendre la nature humaine dans sa totalité, et pas simplement dans son simple aspect matériel. Il y a là sans doute l'objet d'une future mise à jour de la pastorale de l'Église qui s'était arrêtée à l'optimisme des Lumières lors du concile Vatican II.

 

Patrick Buisson entrevoit un chemin vers cette nouvelle pastorale lorsqu'il regrette qu'"au lieu de résister et de déployer, comme l'Église avait su si souvent le faire par le passé, toutes les ressours de la sotériologie, autrement dit de sa vision globale du salut de l'humanité, une nouvelle forme historique du catholicisme, sensible au déplafonnement des possibilités de bonheur 'ici et maintenant' qu'apportaient avec les Trente glorieuses l'enrichissement général et l'amélioration des conditions de vie du plus grand nombre, mit l'accent sur le primat du salut terrestre, refoulant progressivement dans un non-dit honteux la culpabilisation pécheresse, la notion d'épreuve expiatoire, et la crainte du châtiment divin.

"La poursuite du salut, le rachat des fautes individuelles n'exigeaient plus ni ascèse, ni sacrifice, ni même pénitence. ... Le christianisme ne devait plus être mortification mais épanouissement de la personne. ... La prédication de ce salut sans peine où ... toute notion de rédemption des fautes par un sacrifice expiatoire avait disparu, rencontra moins d'enthousiasme que de de scepticisme." (La Fin d'un monde, Albin Michel, Paris 2021, p. 262.) 

 

L'engouement actuel pour le "Moyen-Âge" parmi les jeunes montre que le développement optimiste du concile Vatican II ne les a pas inspiré. 

 

La modernité et ses mirages d'accumulation de biens matériels vu comme horizon indépassable, loin de nous conduire au pur bonheur nous en éloigne. 

 

Au XIVe siècle, le Bienheureux Henri Suso a proposé une sagesse bien éloignée de la nôtre : "Sache que le renoncement intérieur conduit l'homme à la suprême vérité..." 

 

"Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux" (Mt 5,3)

 

La pauvreté dont le divin Maître parle est l'inverse d'une accumulation d'un trésor matériel personnel passager. Il s'agit de trouver celui qui n'est pas temporaire mais éternel, pour que Lui seul agisse dans nos vies.

 

"'Ne sais-tu pas que je suis la porte par laquelle doivent passer tous les vrais amis de Dieu, disait le Crucifié, il faut pénétrer dans les plaies ouvertes de mon humanité souffrante pour atteindre véritablement à la pure divinité.'" (Renée ZELLER, Le Bienheureux Henri Suso ( † 1366), Le Serviteur de l'éternelle Sagesse, Librairie de l'Art catholique, Protat Frères, Macon 1922, p. 59)

 

"Celui qui désire une plus grande récompense et son salut éternel, une haute science et une profonde sagesse, celui qui veut garder l'égalité d'âme dans la joie et la souffrance, être assuré contre tout mal et goûter au breuvage de vos amères souffrances comme de votre douceur ineffable, celui-là doit, Jésus crucifié, vous porter en tout temps devant les yeux de son cœur. ... Qu'il est donc heureux, l'homme qui l'a en tout temps devant les yeux et l'étudie ! Que de sagesse et que de grâces il peut acquérir, de de consolations et de douceur ! quelle aversion de tout péché, quel sentiment constant de ma présence !"  (Le Livre de la Sagesse éternelle, cité dans Le Bienheureux Henri SUSO, Oeuvres traduites par Jeanne ANCELET-HUSTACHE, Les Maîtres de la Spiritualité chrétienne, Textes et études, Aubier, Paris 1943, p. 381.)

 

Ne voulant plus parler de pénitence et de mortification dans les années post-concile, l'Église est ainsi passée à côté de l'essentiel. 

 

"La rencontre de la religion du Dieu fait homme et de la religion de l'homme fait Dieu (sans le Christ crucifié Ndlr.) avait tourné au fiasco. 'Pourquoi ? questionnait Clavel. Parce que la religion du Dieu fait homme nous impose de mourir à nous-mêmes pour retrouver notre substance et notre nature divine. Elle est difficile. La religion de l'homme fait Dieu, qui consiste à se diviniser narcissiquement et à ne croire qu'en soi, elle est facile. Le difficile s'est mis en contact avec le facile, et une fois de plus, c'est le facile qui l'a emporté. Et c'est toute l'exigence, toute l'assise de la vie spirituelle qui s'est trouvée emportée et dissipée.'" (La Fin d'un monde, Albin Michel, Paris 2021, p. 100.)

 

"Le vent du concile avait soufflé : la religion devait se faire plus intérieure, plus discrète, se purifier des scories du paganisme, domestique les vestiges d'une religiosité originellement 'sauvage'. On la voulait moins triomphante, et pour tout dire, moins ostentatoire.

... Un peu partout les processions de la Fête-Dieu furent rapatriées à l'intérieur de l'église avant de disparaître définitivement. l'heure de l''enfouissement' était venue...

"...En 1969, la Congrégation pour le culte divin édicta de nouvelles normes universelles de l'année liturgique" qui donnaient toute latitude aux évêques locaux pour adapter les rogations et les Quatre-Temps aux divers besoins des lieux et des fidèles, ainsi que l'autorité de "régler leurs ordonnances pour ce qui concerne le temps et la manière de les célébrer." Il ne fallut pas deux ans pour que ces rites soient supprimés dans la majorité des paroisses rurales avant de disparaître complètement du calendrier liturgique. les noces multiséculaires du catholicisme français et du monde rural, fondées sur la permanence, la stabilité, la répétitivité et l'étroite correspondance des cycles religieux et des cycles temporels, furent ainsi rompues comme fut refoulé l'univers symbolique qui s'y rattachait. Par une cruelle ironie de l'Histoire, l'Eglise renonçait aux rogations au moment même où elle aurait pu, en maintenant sa tradition, revivifier son lien avec le monde, apparaître aux yeux de tous comme l'avant-garde de la nouvelle sensibilité attentive à la protection de la nature qui commençait à s'emparer des esprits.

"Au moment même où la vague de l'écologie commençait à se former et à redonner tout son lustre et toute sa jeunesse à l'éternelle promesse du Livre de la Genèse : "Tant que la terre subsistera, les semailles et la moisson, le froid et la chaleur, l'été et l'hiver, le jour et la nuit ne cesseront jamais." (Gn 8,22) (La Fin d'un monde, Albin Michel, Paris 2021, p. 239-241.)

 

"Vous n'êtes pas allés au monde, vous vous êtes rendus au monde. Vous avez dit amen à tous les vents finissants du siècle." (Maurice Clavel, cité dans La Fin d'un monde, Albin Michel, Paris 2021, p. 161.)

 

"Pour affronter les mutations du siècle et le grand mouvement historique qui se voulait porteur de l'affranchissement de l'homme, il aurait fallu tenir, et maintenir, plutôt que d'ouvrir le comptoir des soldes et courir après l'air du temps. Au lieu de cela, l'Eglise s'acharna à dilapider en quinze ans tout ce qu'avaient engrangé deux millénaires de christianisme." (La Fin d'un monde, Albin Michel, Paris 2021, p. 190.)

 

"Pour répondre à l'attente du monde, il suffisait que l'Église se préservât, qu'elle ne cédât pas à la mode." (François Bluche et Pierre Chaunu, Lettre aux Églises, Fayard, 1977, p. 193, cités dans  La Fin d'un monde, Albin Michel, Paris 2021, p. 190.)

Beaucoup sont appelés, mais peu sont élus.

Matthieu 22,14

Entrez par la porte étroite. Elle est grande, la porte, il est large, le chemin qui conduit à la perdition ; et ils sont nombreux, ceux qui s’y engagent.

Mais elle est étroite, la porte, il est resserré, le chemin qui conduit à la vie ; et ils sont peu nombreux, ceux qui le trouvent.

Matthieu 7,13-14

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26 juin 2021 6 26 /06 /juin /2021 13:43

Patrick Buisson, politologue et ancien conseiller personnel du président Sarkozy, publie un nouvel essai "La Fin d'un monde, oui c'était mieux avant !" (éditions Albin Michel), qui raconte tout ce que la modernité a déshumanisé et délier dans les âmes et la vie du monde. Dans "le Grand entretien, le Piège moderne" il est interrogé par Charlotte d'Ornellas pour Valeurs actuelles :

Extrait :

 

"Oui, c'était mieux avant. Je le sais, donc je parle en connaissance de cause. L'ancien monde pouvait avoir quelque chose de pesant, d'injuste souvent, et d'insupportable. Mais ce que nous avons gagné globalement relève de la technique, c'est un progrès technique. Ce que nous avons perdu relève de l'humanité : la joie de vivre, l'entraide, le don, la gratuité, la légèreté, la solidarité. Nous avons perdu tout cela, c'est-à-dire ce trésor d'humanité que nous avons dilapidé.

 

"De même face à la mort, on peut dire que la religion était l'invention des hommes et que l'humanité a amassé ce trésor d'intelligence pour contenir son angoisse de la finitude. Cela, on peut le dire, mais le fait est que le trésor était là, alors qu'il ait été un don divin ou une création humaine, en tous les cas il remplissait une fonction. Et cette fonction aujourd'hui n'est plus remplie.

 

"[...] Moi, je vois le remplacement des hommes par des post-humains, je vois le remplacement de l'homme sacré, de l'homme religieux par le consommateur. Et de tout ce qui s'est passé, rien ne peut être compris si on ne comprend pas cela, si on ne comprend pas que tout est permis à partir de ce grand remplacement-là.

 

"[...] Donc à un moment, la transformation technique est faite. On est sorti de cette paysannerie pré-capitaliste, d'une économie de subsistance, et on l'on a oublié la religion en route. Et on aura détruit cinq millions d'emplois. On aura détruit nos paysages, avec le remembrement, crime contre cette vieille France. [...] On a détruit tout cela, la table rase, la Révolution avec la bénédiction des évêques. On saccage les paysans, les paysages, c'est le thème exploité par de nombreux historiens, pour cinquante ans après revenir à ce qu'étaient les techniques agricoles d'avant la révolution agricole, la permaculture, l'agriculture bio. Et on se dit cela a servi à quoi finalement la révolution agricole ? Quel est ce progrès qui a tout détruit puisque finalement on revient à ce qui était avant ?

 

"Il faudrait pouvoir un jour - c'est mon rêve - inaugurer un monument, un martyrologe du progrès, toutes les millions de vies humaines qui ont été sacrifiées au progrès, à commencer par les millions de vies humaines de femmes ou d'enfants dont le capitalisme du XIXe siècle.

"Il suffit de lire un livre comme celui de Jack London, Le Peuple de l'abîme (1903), pour savoir ce qu'a été la condition des ouvriers, des femmes et des enfants (au XIXe s. NdCr). Les premiers à se pencher sur cette question d'ailleurs, c'est l'Église catholique (les légitimistes, la droite conservatrice) qui veut légiférer et qui impose une législation sur le travail des femmes, sur le travail des enfants, qui se dresse la première, avant même les socialistes français, contre ce capitalisme-là. Et des millions de vies ont été sacrifiées au nom du progrès.

 

Lire : C'est la droite légitimiste et traditionaliste qui la première prend la défense des travailleurs

 

"On nous dit toujours regardez ce que le progrès sauve comme vies humaines. Mais regardez ce qu'il a coûté en vies humaines aussi ! [...] Le passif est énorme et il faut l'apprécier.

 

"Tout progrès finalement entraine un anti-progrès et ne pas le voir c'est avoir une approche idéologique des choses.

 

"[...] Il ne faut pas avoir de scrupules. Vous connaissez le grand procès des progressistes 'vous voulez revenir en arrière', le péché absolu. Mais, l'histoire ne fait que revenir en arrière. Ainsi, le cycle de mai 68 est en train de se terminer, les Français plébiscitent l'institution militaire, mai 68 c'est le rejet de l'autorité, le rejet de toutes institutions. Donc on revient bien en arrière. Après le temps des totalitarismes il y a eu le temps des démocraties, on est donc revenu en arrière, à la période d'avant. [La dite "Renaissance" elle-même (sic) est un retour en arrière... ("réactionnaire"?), puisqu'elle consistait à un retour aux textes antiques comme modèle de vie, d'écriture et de pensée : 'rajeunir les idées fanées est la tâche de l'humaniste...' (Michaël Rabier, Nicolas Gomez Davila, Penseur de l'Antimodernité, Vie, œuvre et philosophie, Préface de Stephen Launay, Collection Théôria, L'Harmattan, Paris 2020, p. 167.) NdCR.] L'histoire balbutie, revient sans cesse en arrière.

 

"Il n'y a aucune honte à revenir à l'endroit où l'on s'est trompé de chemin pour prendre la bonne route. C'est même plutôt une réaction saine et intelligente. Plutôt que de continuer à foncer à folle allure sur l'autoroute qui ne mène à rien, ou qui mène à l'abîme, c'est se dire je me suis trompé de chemin et je fais demi-tour, cela s'appelle le courage politique. Mais revenir en arrière, ce concept même pour un progressiste est absolument blasphématoire."

Dorset Street de Londres dans le fameux quartier Whitechapel, photographié en 1902 pour Le Peuple de l'abîme de Jack London

Dorset Street de Londres dans le fameux quartier Whitechapel, photographié en 1902 pour Le Peuple de l'abîme de Jack London

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24 mars 2021 3 24 /03 /mars /2021 20:03
Christophe Barbier : "L'angoisse a été organisée par l'administration et le pouvoir politique pour que les gens se tiennent à carreaux. Et cela a marché"

La pandémie de Covid-19 serait-elle en France l'occasion d'une autre prolifération néfaste, d'une épidémie de tyrannies ? C'est la thèse défendue par l'éditorialiste Christophe Barbier dans son livre "Les tyrannies de l'épidémie, nos libertés sacrifiées". (Europe 1)

 

Que s’est-il passé ? Pourquoi avons-nous immolé aussi vite nos libertés, au nom de la lutte contre le virus ? Nous avons renoncé à nous déplacer, à manifester, à nous exprimer, à nous cultiver, à travailler même. Nous avons placé la santé au-dessus de tout, et percevons aujourd’hui le prix à payer. Nous avons sacrifié à la vie biologique toutes les autres vies – économique, sociale, culturelle, sportive, amicale… – et découvrons désormais l’étendue des dégâts. Abandonnés à la « servitude volontaire », nous avons accepté les oukases du gouvernement, des médecins, de l’administration. Nous avons respecté les couvre-feux et rempli nos attestations. Nous avons surtout cédé à la peur, celle de la mort et celle du gendarme. Nous avons oublié que vivre, c’est prendre des risques.

 

[...] Face à toutes ces petites tyrannies, nous ne nous sommes pas révoltés, nous n’avons presque pas résisté, nous avons à peine râlé. (Fayard

 

Barbier révèle enfin le complot Covid !

 

Christophe Barbier le "Conseiller médias" de Macron, dans un élan de sincérité lâche le morceau dans son dernier livre : "L'angoisse a été organisée par l'administration et le pouvoir politique pour que les gens se tiennent à carreaux. Et cela a marché !"

 

Merci de cet aveu qui confirme tout ce que les complotistes s'échinent à dire depuis un an ! Nous méritons respect et reconnaissance.

 

Cette psychose collective a donc été organisée pour mettre un terme aux Gilets Jaunes et éviter l'explosion sociale. Le Covid a servi d'alibi à ce pouvoir assassin pour mettre en oeuvre les mesures liberticides les plus abjectes qu'un gouvernement pouvait décréter. L'urgence sanitaire a servi d'excuse au pire crime contre l'humanité car nos anciens ont été euthanasiés et enterrés dans l'anonymat, les familles ne pouvant même pas organiser de funérailles pour leurs êtres chers, accusés d'être contaminés et dangereux. (MediaZone)

 

Précisons que l'auteur a beau être un libéral assumé, il n'en appelle pas à la rébellion égotiste sur le mode d'un Nicolas Bedos invitant au carpe diem je-m'en-foutiste. C'est au nom de l'intérêt collectif et d'un futur bien mal engagé qu'il s'alarme de la facilité avec laquelle nous avons succombé à ce qu'il nomme Les Tyrannies de l'épidémie (Fayard) : celle de la peur, des statistiques, des médecins, des populistes, des baby-boomers... (L'Express)

 

Ancien directeur du magazine L’Express et intervenant régulier à la télévision et à la radio, Christophe Barbier n’est pas tendre pour la gestion de l’épidémie du Covid-19. Le gouvernement n’est pas le seul fautif. Les Français se sont soumis trop servilement à la peur. (Le Figaro)

 

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7 mars 2021 7 07 /03 /mars /2021 09:29

La doctrine chrétienne catholique contient toute une théologie de la force notamment dans la théologie du combat spirituel contre les Sept péchés capitaux

 

"Qu'est-ce qu'un péché capital ? Pas forcément un péché plus grave que les autres, mais un péché d'où les autres dérivent... C'est un péché qui vient en tête de liste (capital dérive du latin caput, 'tête'), un péché principiel, si l'on veut, comme une des sources du mal.

 

C'est un "péché originaire qui en engendre d'autres. Ainsi, le manque de tempérance dans l'alimentation peut générer le manque de sobriété dans la parole ou dans d'autres domaines. S'attaquer à un péché capital, c'est couper les ailes à d'autres péchés dont il est la source. Identifier le péché capital, le péché-mère, c'est tôt ou tard identifier et combattre les péchés-fils."  [1]

"Le royaume des cieux est forcé et les violents s'en emparent" (Mt 11, 12). Il faut être courageux et fort pour reconnaître, combattre et contenir son péché capital dominant. Cette force est une grâce qui vient bien évidemment du Christ. On trouve dans le Christ et Sa Passion les meilleures remèdes pour combattre son péché capital dominant. Deux livres évoquent ce sujet : Les 7 Péchés capitaux ou ce mal qui nous tient tête" de Pascal IDE (Mame, Paris 2015) et "Une lutte pour la vie, Connaître et combattre les péchés capitaux" de Enzo BIANCHI chez Médiaspaul (2012). Ces deux livres sont complémentaires : le premier apporte une foule impressionnante d'informations, de réflexions, de citations; le second se veut éclairant et utile dans le rude combat contre les tentations.

 

Mais dans ce combat où des lumières du ciel descendent sur nous pour nous aider à vaincre, il faut toujours se rappeler l'enseignement de Sainte Thérèse d'Avila : le mérite d'une âme ne réside pas dans les faveurs spirituelles qu'elle reçoit mais dans les vertus qu'elle acquiert.

 

"Un des aspects aujourd'hui les plus négligés de la vie chrétienne est certainement celui du combat spirituel. [...] Combien sont ceux qui connaissent aujourd'hui cet art du combat, que ma génération recevait encore fréquemment en héritage de guides spirituels ordinaires ? Victimes de cette ignorance, nombreux sont les chrétiens qui se sont accoutumés à succomber aux tentations, convaincus qu'il n'y a rien à faire contre elles, puisqu'ils n'ont jamais rien appris à leur égard.

 

"[...] Il faut pourtant dire clairement que l'édification d'une personnalité humaine et spirituelle robuste n'est pas possible sans le combat intérieur, sans un exercice au discernement entre le bien et le mal, qui permet de parvenir à dire des 'oui' convaincus et des 'non' efficaces : 'oui' à ce que nous pouvons être et faire en conformité au Christ; 'non' aux pulsions égocenriques qui nous aliènent et contredisent nos rapports avec nous-mêmes, avec Dieu, avec les autres et avec les choses, rapports appelés à être caractérisés par la liberté et l'amour." Cela "ne signifie donc ni tomber dans un dualisme spirituel, selon lequel il faudrait nier l'humain pour affirmer Dieu, ni s'abîmer dans une attitude piétiste et individualiste. Cela signifie au contraire affirmer la dimension humaine et chrétienne essentielle d'une ascèse - mot qui, ne l'oublions pas, signifie 'exercice' -, d'un combat pour parvenir à une vie pleine et accomplie : la vie chrétienne, une vie 'à la nature du Christ' (Ep 4,13 "jusqu’à ce que nous parvenions tous ensemble à l’unité dans la foi et la pleine connaissance du Fils de Dieu, à l’état de l’Homme parfait, à la stature du Christ dans sa plénitude.").

 

"Pour le chrétien, le combat spirituel est donc une exigence inhérente au baptême [...] : 'Par ce baptême, le chrétien s'engage à demeurer toujours en tenue militaire, à porter ce que Paul appelle les 'armes de la justice' (Rm 6,13-14) et les 'armes de la lumière' (Rm 13,12). "En effet, vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ." (Ga 3, 27)

 

Martyrius, un Père syriaque du VIIe siècle écrivait : 'Est-ce que par hasard la lutte intérieure, l'effort sur les pensées et la guerre contre les passions, ne seraient pas aussi rudes que la guerre extérieure contre les persécutions, et que la torture du corps ? Il me semble, à moi, qu'ils sont encore plus rudes, dans la mesure où Satan est plus cruel et plus méchant que les hommes méchants.'

 

"[...] Le coeur est donc le lieu du combat invisible; c'est là que peut commencer le retour à Dieu, la conversion (voir Jr 3,10; 29,13).

 

"Pour les Pères du désert, [...] la reconnaissance de la tentation et la prise en charge du combat contre elle sont indispensables au salut.

 

"[...] Il faut veiller (voir Mt 24, 42-43; 25,13; 26,2-3; 16,15; etc.; Mc 13,33; Lc 21; Ep 6,18; He 13,17), être attentif (Mc 13, 23-33; Ep 5, 15; Col 4, 17; He 3, 12; 2 Jn 8, etc.), être sobre et tempérant (1Th 5, 6-8; 2 Tm 4,5; 1 P 1,13; 4-7; 5,8), être sur ses gardes (Lc 17,3, Ac, 20, 28; etc.).

[...] Au lieu de juger le comportement d'autrui, chacun de nous devrait avoir le courage de regarder avant tout à soi-même (voir Mt 7, 3-5; Lc 6, 41-42).

 

La vigilance représente le milieu vital de la foi, de l'espérance et de la charité (Cf. Marc LE MOINE, Lettre à Nicolas 10, 17-29; 12-18-38), et elle constitue un moyen très efficace de lutte contre ce qu'un moine du VIe siècle définissait les 'trois géants puissants et vigoureux' : l'ignorance, l'oubli, la négligence (Apophtegmes des Pères du désert, Collection alphabétique, Poemen 135). Elle est de fait la matrice de toutes les vertus chrétiennes. [...] Dans la tradition chrétienne orientale, l'attitude de vigilance, définie par des noms différents, a reçu à juste titre le rôle d'instrument privilégié du combat contre le péché et, avant cela même, contre les tentatives démoniaques de s'introduire dans l'esprit humain à travers les loghismoi, les 'pensées', les suggestions de l'esprit et du cœur. [...] C'est pourquoi il est dit : 'Si la suggestion du diable t'assaille, ne le laisse pas entrer dans ton cœur' (Qo 10,4 "Si la colère du chef s’allume contre toi, ne quitte pas ton poste : le sang-froid fait éviter de grandes fautes.") Celui qui n'est pas attentif à garder son intelligence ne peut pas devenir pur en son cœur, pour être jugé digne de voir Dieu (voir Mt 5,8). Celui qui n'est pas attentif ne peut pas devenir pauvre en esprit (voir Mt 5,3) Il ne peut pas non plus être affligé et pleurer (voir Mt 5,4), ni devenir doux (voir Mt 5,5) et paisible, ni avoir faim et soif de la justice (voir Mt 5,6). Pour tout dire, il n'est pas possible d'acquérir les autres vertus autrement que par cette attention. 

Saint Antoine le Grand, Ermite, par Zurbaran.

Saint Antoine le Grand, Ermite, par Zurbaran.

Que le souvenir de l'éternité, disait-il, ne sorte jamais de votre esprit. Pensez, tous les matins, que peut-être vous ne vivrez pas jusqu'à la fin du jour ; pensez, tous les soirs, que peut-être vous ne verrez pas le lendemain matin. Faites chacune de vos actions comme si elle était la dernière de votre vie.

Veillez sans cesse contre les tentations , et résistez courageusement aux efforts du démon : cet ennemi est bien faible quand on sait le désarmer ; il redoute le jeûne, la prière, l'humilité et les bonnes œuvres.

Saint Antoine, Ermite

"Ce n'est pas l'effort humain qui fait remporter la victoire, mais la grâce de Dieu qui, à travers la mort de l'homme à lui-même, agit en lui et le vivifie.

 

"Dans ce dur combat il faut se doter d'armes spirituelles (2 Co 3,5 "ce n’est pas à cause d’une capacité personnelle que nous pourrions nous attribuer : notre capacité vient de Dieu.")

 

"Philothée le Sinaïte écrit : 'Dès que tu prends conscience d'une pensée, réfute-la. Mais aussitôt appelle vite le Christ à ton aide.'" [2]

 

"La doctrine des péchés capitaux désigne les sept voies majeures par lesquelles l'homme se détourne de son véritable bonheur. [...] Les péchés capitaux sont des miroirs aux alouettes, des routes en trompe-l'oeil, des impasses masquées, des séductions de substitution. Ces sept vices mènent la course. Ils entraînent derrière eux la hordes des sévices dérives : lâcheté, médisance, infidélité, ambition, mensonge, cruauté... la liste est interminable. 

 

[...] En hébreu, le verbe pécher signifie : manquer son but, se tromper de cible. [...] Pécher est se tromper de bonheur. Or le bonheur est Dieu même : l'homme est fait pour l'infini et Dieu seul est le Bien infini. [...] Une idole est une réalité finie qui se fait passer pour infinie. Or seul l'infini peut combler le coeur humain." [3]

 

Dit autrement, "pécher, c'est poser un acte derrière lequel se dissimule une idole qui nous fait croire au vrai bonheur, alors que le vrai bonheur trouve sa source en Dieu seul.

 

"[...] Le péché, au fond, c'est toujours se préférer soi-même à Dieu et, du coup, se détourner du bonheur authentique.

 

"[...] Et si l'amour servait à rendre heureux celui qui aime, et à le rendre heureux d'un bonheur que nul ne peut lui ravir et qui jamais ne passera ?" [4]

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28 février 2021 7 28 /02 /février /2021 10:19
Covid-19 : "De quoi avez-vous peur, hommes de peu de foi ?"

Rédigé par Anne Bernet le 26 février 2021 dans Politique/Société

 

Covid-19 : ''De quoi avez-vous peur, hommes de peu de foi ?''

En complément du dossier "Crise sanitaire ou crise de la foi" de l'HN n°1730, Anne Bernet présente deux ouvrages à propos de l'Église en temps de pandémie. L'un avec une approche d'abord historique, l'autre plus théologique, ils proposent tous deux des éléments de réflexion pour prendre du recul la façon dont l'Église s'est organisée pour affronter la crise et analyser notre façon de gérer nos peurs et supporter la souffrance.

 

Penser … C’est peut-être ce qui aura le plus manqué ces derniers mois à une société saisie de panique collective, absorbant comme une éponge les informations aussi anxiogènes que contradictoires débitées nuit et jour par les chaînes de télévision et des médecins qui prenaient trop manifestement goût à leur soudaine importance et à leur médiatisation. L’on aura tout dit, tout entendu, tout cru, concernant ce « mal qui répand la terreur », tout accepté, surtout, pour le contrer, comme si la peste noire, la variole ou le choléra nous avaient soudain fondu dessus et voués collectivement dans d’atroces souffrances à la mort à brève échéance. Le pire, dans cette séquence de démence généralisée, aura été, hélas, l’attitude d’hommes de Dieu qui, trop souvent, l’auront bien peu été.

 

Il faudra du temps pour que l’Église porte un jugement critique sur son attitude et ses choix et cela ne se fera sans doute qu’après en avoir constaté dans leur tragique ampleur toutes les conséquences spirituelles, mais aussi économiques, politiques et sociales. Très vite, certains, cependant, se sont penchés sur l’événement, et ont tenté de l’analyser ; les livres vont probablement se multiplier dans les prochains mois mais en voici deux, parmi les tout premiers parus, qui proposent des analyses assez opposées.

 

Philippe Martin est directeur de l’Institut supérieur d’études des religions et de la laïcité, titre qui l’autorisait à se pencher sur le phénomène pandémique dans ses dimensions religieuses et sociétales. De son propre aveu, il a rédigé Les religions, de la peste à la Covid 19, (Le Cerf. 276 p. 22 €.) pendant le confinement du printemps et afin de s’occuper. De son propre aveu aussi, il reconnaît que ces conditions si particulières l’ont souvent mis dans l’impossibilité de faire les recherches qui s’imposaient, de récupérer certains documents, de rencontrer certaines personnes. L’ouvrage donne, de ce fait, un sentiment d’inachevé et de relative superficialité. On n’en imputera pas la faute à l’auteur.

 

Si l’on n’est nullement obligé d’adhérer à toutes ces conclusions, la synthèse apporte néanmoins un panorama intéressant, quoique incomplet puisqu’il ne couvre que la période de mars à mai 2020, celle du confinement, et n’en mesure donc pas les conséquences à court et moyen termes. Le propos est de rappeler comment les hommes, depuis l’Antiquité, ont fait face aux épidémies mortelles, et de mettre en parallèle l’attitude adoptée par nos contemporains au printemps dernier. La rupture est évidente : d’un côté, une humanité désarmée face à la maladie, n’ayant d’autre recours que la religion ; de l’autre, une médecine qui s’attribue des pouvoirs qu’elle ne possède évidemment pas sur la vie et la mort, et prétend, à ce titre, tout recours au divin dépassé, ridicule, pour ne pas dire dangereux, voire criminel, obtenant non seulement le concours d’États, par ailleurs en majorité hostiles à la foi, pour interdire à la société de se tourner vers Dieu, mais aussi, fait inédit, celui des diverses hiérarchies religieuses qui, à de rares exceptions près, ont accepté toutes les contraintes, quand elles ne les ont pas précédées.

 

Cette attitude « mature », Philippe Martin l’oppose volontiers à celles des prédicateurs exaltés, musulmans ou évangélistes, qui ont incité leurs fidèles à mettre leur confiance en Dieu plutôt qu’en la science humaine. La foi du charbonnier, qui opère parfois des miracles, sort fatalement ridiculisée d’une telle analyse. Et oblige à se poser une question douloureuse : nos pasteurs croient-ils encore aux vérités éternelles qu’ils sont sensés enseigner et défendre, au prix de leur sang si nécessaire ?Le contraste est douloureux avec une autre étude, beaucoup plus complète et réfléchie, parue aux éditions des Syrtes (285 p. 15 €), Petite théologie pour les temps de pandémie signée Jean-Claude Larchet.

 

Cette théologie est orthodoxe, comme son auteur qui s’intéresse exclusivement aux communautés russes, grecques, balkaniques, etc. à travers le monde. Constatation peu consolante : en bien des endroits, notamment en Grèce, l’épiscopat et le clergé orthodoxes ne se sont pas montrés plus glorieux et courageux que les catholiques : même soumission aux autorités, même acceptation de mesures qui privaient les fidèles de « La Grande Semaine », la Semaine Sainte, des sacrements et de l’Eucharistie, même si la confession restait parfois, dans des conditions aberrantes, puisqu’une distance de plusieurs mètres entre le confesseur et le pénitent était exigée, autorisée.

 

M. Larchet ne condamne pas par principe ces choix sanitaires et même, il lui arrive de les justifier, mais, et c’est là que son ouvrage prend une dimension absente ailleurs, il rappelle deux vérités fondamentales oubliées par les catholiques en cette crise : que cette vie passagère n’est pas tout, et que Dieu est tout puissant. Sur ce sujet, il développe longuement une théologie de l’eucharistie et de ses pouvoirs qu’il faut amèrement regretter de n’avoir lue sous aucune plume catholique autorisée … mais il est vrai qu’il a des mots féroces pour ce qui reste de la foi eucharistique dans l’Église catholique, et qu’il est difficile de le contredire.

 

À grand renfort d’exemples scientifiquement démontrés, Jean-Claude Larchet démontre que « les précieux dons », les saintes espèces, n’ont jamais depuis que l’Église les prodigue aux fidèles, permis la moindre contamination, en dépit des pratiques de communion orthodoxes qui, d’un point de vue sanitaire, feraient passer les règles catholiques pour hygiénistes. L’explication en est simple : une foi vive, intangible, en la Présence réelle, donc en la toute puissance divine. « De quoi avez-vous peur, hommes de peu de foi ? » N’est-il pas temps pour les catholiques, clercs et laïcs, de se poser sérieusement la question ?

 

Source 

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19 décembre 2020 6 19 /12 /décembre /2020 18:54

Depuis longtemps déjà Louis XVI porte sur les évènements révolutionnaires un regard surnaturel. À ses yeux, le mal est spirituel et le remède ne peut être que spirituel.

Philippe Pichot-Bravard, La Révolution française, Via Romana 2014, p. 164.

Penser un nouveau pacte d'égalité, plus équitable

Dans le système hérité de 1789, l'égalité des uns présuppose l'inégalité économique et sociale des autres. Belle réussite du marché, mais impasse totale des droits de l'homme de 1789.

Un livre paru en 2020, de l'historien italien Aldo SCHIAVONE, intitulé "Une Histoire de l'égalité, Leçons pour le XXIe siècle" (traduit de l'italien par Giulia Puma, Fayard, L'épreuve de l'histoire, Saint-Amand-Montrond 2020, p. 153; 161-165) évoque ce que l'auteur nomme "la contradiction insurmontable que 1789 laissa en héritage au XIXe siècle, ... jusqu'à nous."

 

L'auteur fait le bon diagnostic mais il propose aussi un remède, qui nous ramène à Dieu.

 

"Émergeait ainsi en pleine lumière, dès les formules sèches de ce texte, ... ce que François Furet pointait comme le grand dilemme du XVIIIe siècle : comment penser la sociabilité - c'est-à-dire plus exactement, le lien, la connexion, le commun - ... en partant uniquement de l'individuel, de la singularité, de la solitude du fragment.

 

"'La richesse et la pauvreté étaient destinées à disparaître dans un régime d'égalité', lit-on dans un décret de la ville de Paris en novembre 1793, et : 'Il ne faut plus ni riches ni pauvres. L'opulence est une infamie,' dirait Saint-Just cette même année. ... Montesquieu et Rousseau - d'accord sur ce point - avaient raison. La démocratie, pour être effective, avait besoin d'une égalité qui dépasse le seul plan des droits, pour arriver à toucher la substance de la vie matérielle des citoyens.

 

"... Une égalité comme celle projetée en 1789 ... tendait à être rendue vaine, pour ce qui est de son effectivité...

 

Mais si le problème existait vraiment..., la voie choisie pour le résoudre était tragiquement erronée. Cette dernière imaginait que pour en voir le bout il suffisait d'armer le pouvoir - d'un pouvoir inouï - une avant-garde révolutionnaire, auto-persuadée d'agir au nom de la nation tout entière, et d'imposer, au moyen de son commandement, la politique et la volonté dont il était l'expression, en dehors duquel ne pouvait exister aucun espace de salut, aucune marge autonome de l'humain." Dans ce livre, Aldo Schiavone tente de trouver une solution à la contradiction fondamentale de la déclaration de 1789 : "Si l'individuel demeure la seule forme avec laquelle concevoir l'humain [...], comment concilier la pleine valorisation avec une égalité qui dépasse le niveau d'une parité formelle uniquement politique et juridique ?" (Aldo Schiavone, Une Histoire de l'égalité, Leçons pour le XXIe siècle", ibid.,p. 283.) "La construction de l'individu moderne, cuirassé dans ses libertés - auxquelles ont contribué organisation capitaliste, tradition chrétienne et pensée libérale puis démocratique - reste peut-être la conquête la plus importante d'un parcours d'émancipation auquel l'Occident a voué la meilleure partie de lui-même.

 

"Si nous définissons l'humain uniquement par l'individuel, son universalité - aussi emphatisée soit-elle par la tradition moderne et son arrière-plan chrétien - en pâtit forcément, et risque de se réduire à tout instant à une construction seulement abstraite. Afin d'écarter ce danger, deux voies ont été suivies. La première a fini par attribuer à l'Etat - comme c'est le cas de la pensée de Hegel, qui représente, à cette aune, l'apogée de la modernité chrétienne-bourgeoise - un rôle de conciliation et de producteur d'éthicité. [...] L'autre a déplacé, au contraire, cette instance de réunification supérieure au-delà du plan de l'histoire, dans un royaume des cieux théologiquement inféré, lieu exclusif où l'on trouverait la plénitude de la vérité et de la vie. Mais si on parvient plutôt à construire et à articuler, tout en restant bien dans l'horizon de l'histoire, une forme alternative de l'humain, les choses changent. Une figure qui ne se confonde ni avec le 'je' de l'individuel ni avec le 'nous' de la tradition rousseauiste-socialiste, mais avec l'impersonnalité du 'il', [...] qui à l'extérieur de tout homme, permet à chacun d'exister et de penser, et de ne pas se noyer dans la prison d'une autoreprésentation sans fin. [...] Tout l'effort des mystiques a toujours visé à obtenir qu'il n'y ait plus dans leur âme aucune partie qui dise 'je'. Mais la partie de l'âme qui dit 'nous' est encore infiniment plus dangereuse.' (Simone Weil, La Personne et le sacré, 1942-43, paru en 1950, Paris 2017, p. 37) Au contraire, elle finirait même par en perpétuer les effets, en se limitant à juxtaposer les individualités [...] sans les dépasser si ce n'est en surface, en croyant les unifier à travers le seul lien de la sérialité du travail à l'usine..." (Aldo Schiavone, Une Histoire de l'égalité, Leçons pour le XXIe siècle", ibid.,p. 309-311.)

 

"Il est certain que les inégalités imprévues qui ont soudain vu le jour dans les sociétés occidentales [...] ont eu un poids décisif. Il faut injecter des idées dans la démocratie, et ne pas la considérer comme une forme immuable, la 'fin de l'histoire', le lieu d'une vérité acquise pour toujours, mais simplement un mécanisme imparfait, fruit d'une combinaison instable entre éléments hétérogènes. [...] Une seule réponse, totale et définitive, n'existe pas. Il n'y a pas de proportion idéale - une espèce de règle d'or - à trouver et à mettre en pratique, valable dans toutes les situations. [...] Si nous essayons de [...] réduire l'égalité démocratique à l'intérieur de ses frontières strictement formelles, [...] - droits politiques, parité des citoyens face à la loi, et rien d'autre - nous empruntons une impasse

 

"[...] Le moment est venu de commencer à penser un nouveau pacte d'égalité pour sauver le futur de la démocratie.

 

[...] Un pacte d'égalité qui sache se transformer en programme politique [...] et qui parle non pas de la parité des individus, mais de la divisibilité [...] de certaines choses, de certains biens, matériels et immatériels, à commencer par le bien que constitue la vie, à partager équitablement entre tous les vivants. [...] 

 

"À la dernière page de La Personne et le sacré, [...] Simone Weil [...] se demande si, au fond, il est bien vrai que le Dieu-Personne de la tradition chrétienne ne laisse pas de place à la pensée de l'impersonnel - une question qui parcourt silencieusement la pensée du philosophe allemand (Hegel). Et elle conclut qu'une jonction est concevable. À l'appui, elle cite le texte de Matthieu 5,45 : 'afin de devenir fils de votre père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et les injustes', considérant ce passage comme un exemple limpide de l'allusion évangélique à un 'ordre impersonnel et divin de l'univers', et donc à la possibilité que la figure de Dieu et celle de l'homme puissent se retrouver au-delà d'une théologie de la personne conçue comme dénuée d'alternatives. Je crois bien qu'elle avait raison."  (Aldo Schiavone, Une Histoire de l'égalité, Leçons pour le XXIe siècle", ibid., p. 331-332.)

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7 août 2020 5 07 /08 /août /2020 21:52

Dans son ouvrage "Héros oubliés", Eric Vieux de Morzadec se penche sur les généraux français qui ont fait honneur à leur Partie en servant dans l'armée confédérée lors de la guerre de Sécession. A l'image du général Beauregard, ils voyaient l'esclavagisme comme une abomination et voulaient la "libération des noirs pour bâtir avec eux un sud fraternel et chrétien".  Un projet bien loin de la tyrannie de l'argent du nord yankee, transformant les citoyens en consommateurs et en esclaves... Le général Beauregard disait : "Nous sommes les Vendéens, ils sont les Jacobins..." Un éclairage nouveau pour rétablir la vérité sur un épisode de l'histoire encore prégnant.

"Gettysburg" est un excellent film, réalisé en 1993, sur le thème de la la bataille de Gettysburg (1863). L'extrait suivant, intitulé "la Charge de Pickett", montre bien le courage des Confédérés menés par des hommes d'élite, fervents catholiques, prêts au sacrifice de leur personne pour la cause :

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2 août 2020 7 02 /08 /août /2020 14:41
Russo: Quand la Vierge explique les étapes sombres de l'Apocalypse

Source: Stilum Curiae

Marco Tosatti

Chers amis et ennemis de Stilum Curiae, Sergio Russo, l'artisan écrivain que vous connaissez désormais bien, pour sa présence sur ce site, nous a envoyé une réflexion dans son style sur la lecture de l'Apocalypse, la réalité que nous vivons et la manifestations qui lient notre existence au surnaturel. Bonne lecture. 

 

§§§

CETTE EPOQUE OÙ SOMBRE PASSAGE DU LIVRE DE L'APOCALYPSE ... ÉTAIT EXPLIQUÉ PAR LA SAINTE VIERGE ELLE-MÊME !

 

Le Mouvement sacerdotal marial est un mouvement ecclésial catholique aujourd'hui répandu sur les cinq continents. Il a été fondé par un prêtre charismatique, Don Stefano Gobbi, le 13 octobre 1972. Et son texte de référence est le célèbre "livre bleu" (Aux prêtres fils bien-aimés de Notre-Dame), qui en est également maintenant à sa 26e édition, dont chacune de celle-ci est toujours accompagnée d'un "imprimatur" de l'évêque: ce texte contient en fait les locutions intérieures que Don Stefano reçut de la Sainte Vierge, de 1973 à 1997.

Peu de croyants catholiques sont conscients de ce verset énigmatique, présent dans le tout aussi énigmatique Livre de l'Apocalypse, dans lequel l'évangéliste Saint Jean voit à un certain moment "une autre bête montant de la terre; elle avait deux cornes comme un agneau, et elle parlait comme un dragon. (Ap 13.11)", et comment sur ce verset précisément, les Pères de l'Église et d'illustres théologiens, ont versé des fleuves d'encre pendant deux millénaires d'histoire ecclésiastique, dans une tentative - malheureusement révélée à ce jour infructueuse - pour identifier cette mystérieuse "bête s'élevant de la terre", également connue sous le nom de "Faux Prophète".

Et puis, le jour même du 13 juin 1989, ce sera Notre-Dame elle-même de "prendre le terrain", fournissant précisément, sur ce vers sibyllin, son explication particulière, lequel - venant d'Elle, la Maîtresse et Guide inégalée de l'Exégèse Chrétienne - évidemment, je pense personnellement qu'elle est fiable et définitivement éclairante.

Et par conséquent, Notre-Dame commence par ces mots:

"Mes chers Enfants, souvenez-vous aujourd'hui de ma deuxième apparition, qui a eu lieu dans le pauvre lieu-dit Cova da Iria à Fatima, le 13 juin 1917.

Depuis, je vous ai déjà annoncé comment vous vivez ces temps.

Je vous ai annoncé la grande lutte entre Moi, Femme revêtue du soleil, et l'énorme Dragon rouge, qui a conduit l'humanité à vivre sans Dieu.

J'ai également prédit le travail subtil et ténébreux accompli par la franc-maçonnerie pour vous éloigner de l'observance de la loi de Dieu et ainsi vous faire des victimes de péchés et de vices.

Surtout, en tant que Mère, je voulais vous avertir du grand danger qui menace l'Église aujourd'hui, à cause des nombreuses et diaboliques attaques qui sont menées contre elle pour la détruire."

Mais nous voici maintenant à ce verset "fatidique":

"Pour atteindre cet objectif, la bête noire qui monte de la mer vient au secours de la terre, une bête qui a deux cornes, semblables à celles d'un agneau."

Et donc, c'est encore vous qui nous donnez cette interprétation éclairante:

"L'agneau, dans l'Écriture divine, a toujours été le symbole du sacrifice. La nuit de l'Exode, l'agneau est sacrifié et, avec son sang, les poteaux des maisons des Juifs sont aspergés, pour les soustraire au châtiment qui affecte en revanche tous les Égyptiens.

La Pâque juive se souvient de ce fait chaque année, avec l'immolation d'un agneau, qui est sacrifié et consommé.

Au Calvaire, Jésus-Christ s'immole pour la rédemption de l'humanité, se fait notre Pâques et devient le véritable Agneau de Dieu qui enlève tous les péchés du monde.

"La bête porte deux cornes semblables à un agneau sur sa tête."

Le symbole du sacrifice est intimement lié à celui de la prêtrise: les deux cornes.

Une coiffe à deux cornes était portée par le Souverain Sacrificateur dans l'Ancien Testament.

La mitre - avec deux cornes - évoque les évêques dans l'Église, pour indiquer la plénitude de leur sacerdoce.

La bête noire [celle décrite dans Ap 13,1-10: la "bête qui monte de la mer", qui a dix cornes et sept têtes ...] semblable à une panthère, évoque la franc-maçonnerie ; la bête à deux cornes [à la place], semblable à un agneau, indique la Maçonnerie infiltrée dans l'Église, c'est-à- dire la Maçonnerie ecclésiastique, qui s'est surtout répandue parmi les membres de la Hiérarchie.

Cette infiltration maçonnique au sein de l'Église a déjà été annoncée par Moi à Fatima, lorsque je vous ai annoncé que Satan se présenterait au sommet de l'Église."

Et ici, j'ouvre une parenthèse, surtout pour ceux qui trouvent une déclaration aussi "excessive" - ​​et pourtant, naturellement - incroyable ...

Lors d'une conversation privée avec le professeur Baumgartner à Salzbourg - et ce témoignage n'a jamais été démenti par personne, ni à l'intérieur ni à l'extérieur de l'Église! - Le cardinal Mario Luigi Ciappi, qui était le théologien personnel des papes Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul I et Jean-Paul II, a révélé que: "Dans le troisième secret de Fatima, il est prophétisé, entre autres, que la grande apostasie dans l'Église partira de son sommet."

Et enfin Notre-Dame conclut:

"Si la tâche de la franc-maçonnerie est de conduire les âmes à la perdition, les conduisant au culte de fausses divinités, le but de la franc - maçonnerie ecclésiastique est plutôt de détruire le Christ et son Église, en construisant une nouvelle idole, c'est-à-dire un faux Christ et une fausse Église."

En conclusion: voici une autre "pièce" capable de dissiper le brouillard ou, mieux encore, cette fameuse "fumée de Satan" qui, selon l'alarme lancée par le Pape Paul VI (homélie du 29 juin 1972. Ndlr.), serait entrée, maléfique et désorientante, en plein dans notre temps, dans le temple sacré du Seigneur. Et nous ne pouvons que nous identifier consciemment - nous, croyants contemporains du troisième millénaire - avec le pape Montini, lorsque celui-ci, désolé et en détresse, fut obligé de prendre acte que "... ce qui me frappe, quand je considère le monde catholique, c'est qu'au sein du catholicisme, une pensée non catholique semble parfois prédominer, et qu'il se pourrait bien que demain, cette pensée non catholique au sein du catholicisme devienne la plus forte [et cela s'est produit à temps!]. Mais elle ne représentera jamais la pensée de l'Église [oui… de l'Église, la vraie, qui appartient au Saint-Père Benoît]. Un petit troupeau doit exister, si petit soit-il [ce qu'il fera comme rempart, brandissant courageusement l'étendard de la Foi, contre cette autre Église, la fausse, qui appartient à l'évêque vêtu de blanc!"

(extrait du livre: "Est-ce vous, ou devons-nous en attendre un autre?" de Sergio Russo)

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30 mai 2020 6 30 /05 /mai /2020 18:46
https://fr.aleteia.org/2020/05/30/jeanne-darc-nous-montre-comment-reprendre-notre-destin-en-main/

https://fr.aleteia.org/2020/05/30/jeanne-darc-nous-montre-comment-reprendre-notre-destin-en-main/

[...]

 

Née en 1412 dans une famille de paysans aisés du Barrois mouvant, elle est fille des frontières et de la guerre. Depuis que Charles VI a été atteint de folie, les grands féodaux n’ont cessé de se déchirer. Les Anglais en ont profité pour envahir le royaume et se sont entendus avec le duc de Bourgogne pour déshériter le dauphin de ses droits à la couronne. Réfugié à Bourges, Charles VII n’est pas le roi « paresseux et endormi au sein de la belle Agnès » que dépeindront les historiographes des Bourbons, mais quoi qu’il entreprenne, il va de défaite en défaite. Il commence même à douter de sa légitimité. Les Anglais font en effet courir le bruit que sa mère, Isabeau de Bavière, étant une débauchée, il ne serait pas le fils de son père. En octobre 1428, Orléans est assiégée. Si les Anglais prennent la ville, rien ne les empêchera plus de franchir la Loire et lui qu’on n’appelle déjà plus que « le roi de Bourges » devra se réfugier en Écosse ou en Espagne. C’est alors que Jeanne surgit comme un météore.

 

À l’âge de 13 ans, elle a entendu une voix dans le jardin de son père : Dieu l’a choisie pour sauver le royaume. Il faut qu’elle lève une armée et se porte au secours du roi. Après avoir attendu quatre ans – cette mission lui semblait tellement inouïe -, elle part à Vaucouleurs puis à Chinon pour convaincre Charles VII :

 

Je te dis de la part de Messire que tu es vrai héritier de France et fils de roi, et il m’a envoyée à toi pour te conduire à Reims pour que tu reçoives ton couronnement et ta consécration si tu le veux.

 

Jeanne d’Arc incarne l’union maximale du ciel et de la terre, tant au niveau personnel que collectif. Rien n’est plus naturel en elle que le surnaturel, ni de plus enraciné que sa foi. Chacun de ses actes semble ramener le monde à quelque chose de l’unité de ses origines, et sa mission de libérer sa patrie et de faire sacrer son roi répond au même impératif d’unité. La patrie est à ses yeux le chemin le plus naturel pour rejoindre Dieu par la société de ses pères et la médiation de son roi.

 

Par-delà la levée du siège d’Orléans et le sacre de Reims, sa mission était de faire advenir le Royaume. Le Royaume céleste dans le Royaume terrestre, l’un dans l’autre et l’un par l’autre. Sachant que le Royaume de Dieu ne sera jamais totalement de ce monde, sa mort sur le bûcher, comme celle du Christ en croix, étant là pour nous le rappeler.

 

Jeanne nous montre comment reprendre notre destin en main. En remettant Dieu au cœur de nos vies. Pour elle, Dieu seul rend libre, et défendre les droits de Dieu sur terre est le meilleur moyen de défendre les droits de l’homme. C’est parce qu’elle avait Dieu pour seul maître qu’elle a pu démasquer les idéologies de son temps et défier tous les puissants pour libérer son pays. Parce qu’elle n’avait accordé sa foi qu’à Dieu qu’elle a pu justifier son droit de s’échapper de prison. Et parce qu’il devait être « premier servi » qu’elle a trouvé la force de préférer la liberté dans la mort plutôt que la soumission.

 

 

Jeanne d’Arc, sur la terre comme au ciel, Pauline de Préval, presses de la Renaissance, mars 2020.

 

Source: Aleteia

*****

Edit. du dimanche 31 mai 2020. Une lectrice me fait observer non sans raison : "Quel contresens de vouloir lier la mission de Jehanne à La Défense des droits de l'homme ! C'est un anachronisme grossier et un contre sens. La religion de Jehanne est catholique et non droitdelhommiste".

 

Compte tenu de l'impasse philosophique et spirituelle de la déclaration des droits de l'homme de 1789, pour contrebalancer la vision étroite de cet article simplement rattaché aux droits de l'homme, on peut lire "Les saints de sainte Jehanne d’Arc" par le Révérend Père Joseph – Capucin de Morgon (69) 16 mai 2020, et surtout répéter les mots de saint Pie X lors de la béatification de sainte Jeanne d'Arc, le 13 décembre 1908 : 

"Vous direz aux Français qu’ils fassent leur trésor des testaments de saint Rémi, de Charlemagne et de saint Louis, qui se résument en ces mots si souvent répétés par l’héroïne d’Orléans : Vive le Christ qui est roi de France. A ce titre seulement, la France sera grande parmi les nations. A cette clause, Dieu la protégera et la fera libre et glorieuse."

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10 mai 2020 7 10 /05 /mai /2020 18:37
https://www.lanuovabq.it/it/benedetto-papato-spirituale-vs-dittatura-anticristica

https://www.lanuovabq.it/it/benedetto-papato-spirituale-vs-dittatura-anticristica

( traduction rapide )

 

Les réponses de Ratzinger dans le livre de Seewald, "Benedikt XVI: Ein Leben", en disent beaucoup plus que ce qui s'est produit jusqu'à aujourd'hui. Le pouvoir de l'Antéchrist ne se révèle pas seulement avec la légitimité de l'avortement et des unions homosexuelles, mais s'incarne dans une "dictature mondiale d'idéologies apparemment humanistes" qui exclut les chrétiens fidèles du consensus social. Ceci est lié à la renonciation et au titre de "Pape émérite", avec lequel Benoît XVI entendait renforcer le pouvoir spirituel de l'Église. Qui est basé sur la prière.

 

Les paroles de Benoît XVI, divulguées dans le livre fraîchement imprimé de Peter Seewald, Benedikt XVI : Ein Leben, ne sont pas passées inaperçues. L'avortement et les unions homosexuelles, sont des signes de l'Antichrist: voilà l'essentiel de ce qui s'est produit passé jusqu'à aujourd'hui, dans lequel l'anti-modernité de Ratzinger a été immédiatement dénoncée, qui pour la blâmer et qui pour la féliciter.

 

Mais dans les réponses de Benoît XVI, rapportées dans la dernière section du livre, il y a beaucoup plus de contenu : il y a une lecture approfondie du moment où nous vivons, une clarification (définitive?) Du sens de sa "démission" et du rôle du Pape émérite, manifestation de la réalité profonde de l'Église. Allons par ordre.

 

Ce sont 20 questions que Seewald a posées au pape émérite à l'automne 2018. Ratzinger lui avait répondu poliment, mais, dans une lettre du 12 novembre, il avait également précisé que "ce que vous me demandez, va certainement dans la situation actuelle de l'Église" et que la réponse à ces questions "serait inévitablement une ingérence dans le l'action du pape actuel. Tout ce qui va dans ce sens, je le devais et je veux l'éviter".

 

Il est important de garder ce contexte à l’esprit: les déclarations inédites de Benoît XVI sont donc des indications qui vont très loin dans la compréhension de ce que vit l’Église à cette heure de son histoire et qu’à un certain moment, il a été décidé de publier, malgré le risque qu'elles puissent être comprises comme une invasion de terrain. De plus, précisément dans ces réponses, Ratzinger souligne que "l'affirmation selon laquelle je participe régulièrement au débat public est une distorsion malveillante de la réalité".

 

Le Pape émérite résume notre époque comme une "crise de l'existence chrétienne" qui découle directement d'une "crise de la foi". C'est dans la dimension de l'apostasie en cours - qui menace la présence chrétienne dans le monde - que nous devons nous interroger.

 

La vraie bataille n'est pas au niveau des problématiques internes de la Curie romaine ; ce ne sont pas les Vatileaks qui menacent la papauté ("je dois dire que l'éventail des choses qu'un Pape peut craindre est considéré comme trop limité"), mais dans la manifestation de l'Antichrist dans une dictature mondiale, qui conduira les chrétiens fidèles à être exclus de la vie sociale : "La véritable menace de l'Église et donc du ministère pétrinien [réside] dans la dictature mondiale d'idéologies apparemment humanistes, dont la contradiction conduit à l'exclusion du consensus fondamental de la société". C'est dans ce contexte plus large que le Pape émérite fait référence à l'avortement, aux mariages homosexuels et à la production d'êtres humains en laboratoire, comme signes de cette dictature humaniste. Et il insiste: "La société moderne est en train de formuler une croyance antichrétienne, opposée à laquelle nous sommes punis d'une excommunication sociale. La peur face à ce pouvoir spirituel de l'Antichrist est alors naturelle et l'aide de la prière de tout un diocèse et de l'Église mondiale est vraiment nécessaire pour y résister".

 

Ces paroles providentielles éclairent la situation que nous vivons : la suspension des messes avec le peuple, la soumission de la vie de l'Église aux conditions pseudo-sanitaires dictées par les experts en service, est déjà un indice très éloquent de ce qui est et sera le lieu d'exercice de l'Église dans le monde du nouvel humanisme tant proclamé.

 

Notre époque est donc clairement anti-chrétienne et nous devons lutter "contre les Principautés et les Puissances, contre les dirigeants de ce monde obscur, contre les esprits du mal qui vivent dans les régions célestes" (Ep 6, 12), une bataille qui se mène essentiellement par la prière.

 

Et c'est devant l'Antichrist que le pape Benoît s'est aperçu qu'il se trouvait, pendant son pontificat, et même maintenant, en tant que pape émérite. Si l'on entre dans cette perspective, on peut alors mieux comprendre les raisons profondes de son choix et "l'obstination" à garder le titre de Pape émérite, thème qui occupe la plupart des questions posées par Seewald.

 

Ce n'était pas la corruption de la Curie, ce n'était pas une menace qui lui avait fait franchir le pas en 2013, chose qu'il avait définitivement décidée dans son cœur depuis août 2012, alors qu'il était à Castel Gandolfo pour renforcer un peu ses forces.

 

Seewald tente alors de comprendre pleinement le sens de sa démission, proposant au pape émérite l'analyse du philosophe Giorgio Agamben : avec sa renonciation, Benoît XVI voulait renforcer le pouvoir spirituel de l'Église et anticipait en quelque sorte la séparation entre Jérusalem et Babylone, qui coexistent dans l'Église et dans le monde. Et ici, Ratzinger "s'est confessé et n'a pas nié et s'est confessé" (cf. Jn 1, 20) ; il s'accroche à son bien-aimé saint Augustin pour se rappeler que les uns ne sont dans l'Église qu'en apparence et que d'autres, sans le savoir lui appartiennent et que "jusqu'à la fin des temps, l'Église évolue comme un pèlerin parmi les persécutions du monde et les consolations de Dieu" (De Civitate Dei XVIII, 51, 2). Puis le commentaire des paroles du grand évêque d'Hippone : "Il y a des moments où la victoire de Dieu sur les puissances du mal se manifeste par la consolation et d'autres où la puissance du mal obscurcit tout.

 

Il semble que nous nous trouvions dans la seconde situation, qui ne doit cependant pas nous faire oublier que toujours "dans l'Église on peut reconnaître, au milieu des tribulations de l'humanité et de la puissance qui génère la confusion, la puissance silencieuse de la bonté de Dieu". Et c'est à cause de cette épaisse obscurité, à cause de cette montée de l'Antéchrist, qu'il faut comprendre le choix de laisser le leadership "actif" et, en même temps, de conserver le titre de Pape émérite.

 

Ratzinger revient sur le débat qui, à l'époque de Vatican II, avait conduit à la définition juridique de "l'évêque émérite", solution trouvée par l'évêque de Passau, Mgr. Simon Konrad Landersdorfer: "Émérite signifie qu'il n'était plus le détenteur actif du siège épiscopal, même s'il était dans la relation particulière d'un évêque avec son ex-siège. Par conséquent, d'une part, il était essentiel de prendre en compte la nécessité de définir sa fonction par rapport à un véritable diocèse, sans toutefois en faire le deuxième évêque du diocèse. Le mot "émérite" signifiait qu'il avait entièrement renoncé à ses fonctions, mais son lien spirituel avec le siège qu'il occupait jusqu'à présent était désormais également reconnu comme une qualité juridique". Le lien spirituel, du point de vue de la foi, n'est pas quelque chose d'accessoire, un contenu pour vous faire sentir encore utile; au contraire, l'essence de la tâche spirituelle "est de servir son diocèse de l'intérieur, du côté du Seigneur, en priant avec et pour".

 

Mais est-il possible d'affirmer la même chose pour le Pape? Réponse: "On ne voit pas pourquoi cette figure juridique ne devrait pas s'appliquer à l'évêque de Rome. Dans cette formule, nous avons les deux choses: pas de pleine puissance juridique concrète, mais une affectation spirituelle qui, même si elle est invisible, reste", car cette "union spirituelle ne peut en aucun cas être supprimée". C'est cette "révolution" voulue par Ratzinger avec son choix : que la force spirituelle soit considérée comme quelque chose d'essentiel pour l'Église, comme la réalité la plus profonde. Et en tant que telle, elle est également reconnue juridiquement.

 

Face à des tentatives continues, inutiles et préjudiciables de vouloir réformer l'Église en modifiant la structure de la Curie, en inventant de "nouveaux" plans pastoraux, etc., Benoît XVI a en quelque sorte imposé la primauté de la dimension spirituelle, à travers la reconnaissance juridique du Pape émérite. C'était un acte radical pour pousser les chrétiens à comprendre que la prière est une substance, que la dimension spirituelle est prioritaire et plus concrète que toute action matérielle, car cela signifie agir "de l'intérieur, du côté du Seigneur".

 

On était là sur la bonne voie. C'est principalement à ce niveau qu'il faudra mener la grande bataille de notre temps.

 

Article avec la collaboration de Katharina Stolz

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9 mai 2020 6 09 /05 /mai /2020 11:31
https://www.lifesitenews.com/blogs/when-he-was-a-cardinal-pope-benedict-said-freemasonry-is-the-greatest-danger-to-the-church

https://www.lifesitenews.com/blogs/when-he-was-a-cardinal-pope-benedict-said-freemasonry-is-the-greatest-danger-to-the-church

4 mai 2020 ( LifeSiteNews ) - Le Dr Robert Moynihan, rédacteur en chef de la revue catholique Inside the Vatican, a révélé le 23 avril qu'il avait eu une conversation avec le cardinal Joseph Ratzinger (qui deviendra plus tard le pape Benoît XVI) sur le "plus grand danger pour l'Église", et il raconte que Ratzinger a déclaré: "C'est la franc-maçonnerie." Ces mots ont une importance particulière à la lumière des récents mots du pape Benoît XVI sur la "dictature mondiale d'idéologies apparemment humanistes" qui suscitent une "crainte du pouvoir spirituel de l'Antichrist".

 

Examinons d'abord ici le rapport complet de Moynihan sur cette conversation mémorable.

"Je me souviens d'une conversation que j'ai eue avec le cardinal Ratzinger quelques années avant qu'il ne devienne pape", écrit Moynihan sur son site Internet. "Nous étions dans son appartement, non loin de la porte Sainte-Anne. Nous discutions de son conflit avec le cardinal Walter Kasper à propos de la question de l'Église universelle et de l'Église particulière qui était très médiatisée à l'époque. J'ai demandé au Cardinal où se situe le plus grand danger pour la foi catholique authentique. "Est-ce en nous-mêmes, nos propres péchés et faiblesses. Est-ce là le plus grand danger pour l'Église ou est-ce autre chose, un ennemi extérieur?"

Moynihan poursuit: "Il m'a regardé directement dans les yeux puis après un moment de pause, comme s'il réfléchissait, il a dit: "C'est de la franc-maçonnerie."

"Je n'ai jamais oublié cette conversation car c'était [un] point fixe qui a mis un terme à une longue série de questions qui m'avaient préoccupé jusqu'à cette réunion et m'ont inquiété depuis."

Ce rapport nous arrive parce que le Dr Moynihan a reçu une lettre d'un de ses lecteurs préoccupé par le fait que ces derniers temps, les francs-maçons tentent de saper l'interdiction de la franc-maçonnerie de l'Église catholique.

Cette révélation de la part du Dr Moynihan est particulièrement importante à la lumière du fait que le pape Benoît XVI, dans des commentaires récents à son biographe Peter Seewald, a parlé du "pouvoir spirituel de l'Antichrist" dont beaucoup ont peur, en particulier en s'opposant à l'agenda moderne de l'avortement, de l'homosexualité et de la fécondation in vitro. Il a parlé d'une "dictature mondiale d'idéologies apparemment humanistes".

"Aujourd'hui, on est excommunié par la société si on s'y oppose [à cette "dictature"]", a déclaré Benoît à Seewald pour son nouveau livre Benedict XVI: a Life (publié d'abord en allemand par Droemer Verlag).

"La société moderne est en train de formuler un credo anti-chrétien, et si l'on s'y oppose, on est puni par la société d'excommunication", a-t-il poursuivi. "La crainte de cette puissance spirituelle de l'Antichrist n'est alors que plus que naturelle, et elle a vraiment besoin de l'aide de prières de la part d'un diocèse tout entier et de l'Église universelle pour y résister."

Afin de comprendre d'où viennent certains éléments de cette "dictature mondiale", nous pouvons nous tourner vers Mgr Athanasius Schneider, qui a fait, en 2017, une conférence sur l'histoire de la franc-maçonnerie vieille de 300 ans. Il a prononcé cette allocution pour l'organisation Kirche in Not, une fondation pontificale. Mgr Schneider a aimablement fourni à LifeSiteNews un manuscrit anglais de cette conférence.

Dans cet exposé, Mgr Schneider a décrit les caractéristiques de la franc-maçonnerie sur la base de multiples sources savantes. Après les avoir décrites en détail, il a conclu: "En fait, la franc-maçonnerie est l'anti-Eglise parfaite, où tous les fondements théologiques et moraux de l'Eglise catholique sont transformés en leur contraire! Un franc-maçon a déclaré à sa sœur lors d'une conversation privée: 'Savez-vous ce que nous, les francs-maçons, sommes en fait? Nous sommes l'anti-Eglise.'"

Selon l'évêque Schneider, la franc-maçonnerie a également promu "la soi-disant 'révolution sexuelle' de 1968." Il explique: "Les deux grands maîtres des deux plus grandes organisations franc-maçonniques de France, Frédéric Zeller et Pierre Simon, étaient avec certains de leurs membres activement engagés dans les révoltes étudiantes de Paris en mai 1968. Ledit grand maître Pierre Simon devint alors assesseur du ministre Simone Weil, qui a légalisé l'avortement en France."

Plus loin sur ce sujet, Mgr Schneider déclare que les francs-maçons ont joué un rôle crucial dans la promotion de l'avortement, du "mariage" homosexuel et de l'euthanasie en France.

Ici, Schneider souligne qu'"en 2012, le journal Paroissial Le Figaro a publié un dossier complet sur la franc-maçonnerie et Le Figaro a laissé les meilleurs membres de la franc-maçonnerie s'exprimer sur son forum de presse. Un de ces responsables franc-maçonniques a déclaré ouvertement que les lois sur la légalisation de l'avortement, du soi-disant "mariage de même sexe" ou du "mariage pour tous" et de l'euthanasie ont été préparées dans les "laboratoires" idéalistes de la franc-maçonnerie et qu'avec l'aide du lobbying et de leurs membres au parlement et au gouvernement, elles ont été alors poussé à travers la législation."

Mgr Schneider donne également la référence exacte à ce numéro du journal français, affirmant que "ceci peut être lu dans le journal Le Figaro de l'année 2012 (supplément LE FIGARO, 20-21 juillet 2012)".

Le cardinal Ratzinger était déjà dans les années 1980 si préoccupé par la nature et le travail de la franc-maçonnerie qu'il élabora une déclaration pour la Congrégation pour la doctrine de la foi, dont il était alors le préfet, qui répétait l'interdiction de longue date de l'Église sur la franc-maçonnerie. Autrement dit, il réaffirma que les catholiques ne peuvent pas être membres de la franc-maçonnerie. Le 26 novembre 1983, Ratzinger signa un document qui déclare: "Par conséquent, le jugement négatif de l'Église en ce qui concerne l'association maçonnique reste inchangé puisque leurs principes ont toujours été considérés comme inconciliables avec la doctrine de l'Église et, par conséquent, l'appartenance à eux reste interdite. Les fidèles qui s'inscrivent à des associations maçonniques sont dans un état de grave péché et peuvent ne pas recevoir la sainte communion."

Ce document a vu le jour parce que le nouveau Code de droit canonique promulgué cette année-là sous le pape Jean-Paul II manquait étonnamment d'interdiction explicite de la franc-maçonnerie. Il ne mentionne pas le nom de la franc-maçonnerie lorsqu'il dit : "Quiconque adhère à une association qui complote contre l'Église doit être puni d'une peine juste; celui qui fait la promotion ou prend ses fonctions dans une telle association doit être puni d'un interdit."

Le Dr Ingo Dollinger a joué un rôle important pour rétablir clairement l'interdiction de la franc-maçonnerie de 1983. Il était un prêtre allemand d'Augsbourg qui avait dirigé les discussions entre la Conférence épiscopale allemande et les loges franc-maçonniques entre 1974 et 1980, à la fin desquelles se trouvait la déclaration des évêques allemands selon laquelle l'appartenance à une loge franc-maçonnique est "incompatible" avec la La foi catholique (voir ce rapport pour une description plus détaillée du père Dollinger). Selon son secrétaire particulier, Dollinger, après avoir vu l'ambiguïté du Code de droit canonique de 1983, approcha ensuite le cardinal Ratzinger, qui mit en place une commission afin d'émettre la clarification susmentionnée, avec l'approbation du pape Jean-Paul II.

Ainsi, cette déclaration de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi de 1983 insistant sur le fait que la franc-maçonnerie est incompatible avec la foi catholique est une preuve supplémentaire que le cardinal Ratzinger, en effet, était au courant du travail de la franc-maçonnerie. Il est donc important de savoir qu'il pensait, à un moment de sa vie, que la franc-maçonnerie était le plus grand danger pour l'Église.

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21 décembre 2019 6 21 /12 /décembre /2019 10:38

On lit souvent que l'Inquisition fut l'un des chapitres les plus terribles et sanglants de l'histoire occidentale ; que Pie XII, dit « le pape d'Hitler », était antisémite ; que l'obscurantisme a freiné la science jusqu'à l'arrivée des Lumières ; et que les croisades furent le premier exemple de l'avidité occidentale. Ces affirmations sont pourtant sans fondements historiques. Dans cet ouvrage, l'éminent professeur de sociologie des religions Rodney Stark démontre que certaines idées fermement établies - surtout lorsque l'Église entre en scène - sont en réalité des mythes. Il s'attaque aux légendes noires de l'histoire de l'Église et explique de quelles façons elles se sont substituées à la réalité des faits. Un livre passionnant, écrit « non pour défendre l'Église, mais pour défendre l'Histoire ».

AUTEUR Rodney Stark a enseigné la sociologie et les religions comparées à l'Université de Washington (Seattle) jusqu'en 2004. Il est désormais professeur de sciences sociales à l'Université Baylor au Texas. Traduit dans le monde entier, il est l'auteur du best-seller L'essor du christianisme (Excelsis, 2013).

Rodney STARK, Faux Témoignages, Pour en finir avec les préjugés anticatholiques (Salvator, Paris 2019)

"N'étant pas moi-même catholique romain, je n'ai pas écrit ce livre pour défendre l'Église, mais pour défendre l'Histoire". C'est par ces mots que Rodney STARK, sociologue des religions protestant américain présente en introduction (disponible en lecture libre sur "amazon") son ouvrage "Faux Témoignages, Pour en finir avec les préjugés anticatholiques" (éd. Salvator, Paris 2019).

 

Dans l'introduction, l'auteur, par ailleurs auteur de l'ouvrage "Le triomphe de la raison : pourquoi la réussite du modèle occidental est le fruit du christianisme" (traduction de Gérard Hocmard, Paris, Presses de la Renaissance, 2007), explique les raisons de la rédaction du livre "Faux témoignages" :

 

"Au cours de la rédaction de plusieurs ouvrages sur l'histoire médiévale et sur les origines du christianisme, je suis fréquemment tombé sur de graves distorsions liées à l'anticatholicisme évident, les auteurs exprimant souvent explicitement leur haine de l'Église. Ayant rédigé, dans ces livres antérieurs, des notes critiques sur nombre des exemples cités plus haut, j'ai fini par considérer que le problème posé par ces réactions anticatholiques de savants de renommée est trop important et ses conséquences trop envahissantes pour qu'on puisse se contenter de les réfuter ponctuellement. C'est pourquoi j'ai commencé à rassembler, à réviser et à substantiellement étendre mes notes antérieures et à en rajouter de nouvelles sans toutefois tenter de 'disculper' l'histoire de l'Église. J'ai longuement écrit sur des thèmes comme la corruption du clergé, les agressions brutales d''hérétiques', et sur des méfaits et manquements plus récents de l'Église, comme le fait de couvrir des prêtres pédophiles ou la promotion mal avisée de la théologie de la libération. mais quelle que soit l'importance qu'on accorde à ces aspects négatifs de l'histoire de l'Église, cela ne justifie pas les exagérations extrêmes, les fausses accusations et les fraudes évidentes auxquelles seront consacrés les chapitres à suivre.

 

"[...] J'avoue que lorsque j'ai rencontré pour la première fois l'assertion selon laquelle l'Inquisition espagnole, non seulement aurait répandu peu de sang, mais aurait été une force majeure à l'appui de la modération et de la justice, je l'ai rejetée spontanément comme une variante de d'un révisionnisme excentrique. [...] Mais après un examen approfondi, j'ai découvert avec stupéfaction que, parmi d'autres choses, c'était l'Inquisition qui avait empêché que ne se répande en Espagne et en Italie la fureur meurtrière liée à la sorcellerie qui sévissait partout dans toute l'Europe des XVIe et XVIIIe siècles, et qu'au lieu de brûler eux-mêmes les sorcières, les inquisiteurs avaient fait pendre certains de ceux qui les avaient condamnées au feu.

 

"[...] J'ai si largement documenté mes conclusions que chacun peut les vérifier. [...] Chaque chapitre proposera une brève bibliographie des principaux contributeurs." 

Rodney STARK, Faux Témoignages, Pour en finir avec les préjugés anticatholiques (Salvator, Paris 2019)

Table des chapitres avec quelques extraits :

 

1. Les péchés d'antisémitisme

L'invention de l'antisémitisme

Conflit religieux précoce

L'Église et les attaques antisémites

Musulmans et Juifs

Le onzième commandement

Le "Pape d'Hitler"

Conclusion

"L'Église catholique romaine a une histoire longue et honorable d'opposition résolue aux attaques contre les juifs. Et le pape Pie XII s'est montré tout à fait à la hauteur de cette tradition."

 

 

 

2. Les évangiles supprimés

Conclusion

"Aujourd'hui, le pendant moderne des évangiles gnostiques sont des oeuvres de fiction qui entendent être prises pour des présentations de faits réels, tel le roman Da Vinci Code, un réquisitoire cinglant contre une conspiration de l'Église catholique romaine afin de supprimer la vérité sur Jésus."

 

3. La persécution des païens tolérants

Constantin reconsidéré

La folie de Julien

Le déclin du paganisme

Assimilation

Conclusion

"L'Église n'a pas tiré profit de son statut officiel pour éradiquer le paganisme, tout comme les empereurs ne s'y prêtèrent pas au nom de la nouvelle foi. C'est la raison pour laquelle le paganisme a survécu sans trop d'ennuis durant des siècles après la conversion de Constantin, et n'a sombré que lentement dans l'obscurité, tout en réussissant à créer des niches au sein du christianisme pour quelques-unes de ses traditions.

 

4. Le "sombre Moyen Âge"

Le Mythe du sombre Moyen Âge

Les progrès de la technologie

Le progrès moral

Les progrès dans la culture savante

Le mythe de la "Renaissance"

Le mythe des "Lumières" séculières

Théologie, raison et progrès

Conclusion

"[L]es termes de "sombre Moyen Âge", de "Renaissance", de "Lumières" et d'"Âge de la Raison" [...] [i]l s'agit là de grandes époques historiques qui n'ont jamais vraiment existé comme telles.

 

5. Les croisades en quête de terres, de butin et de convertis

Les provocations

Aspects économiques des croisades

Pourquoi s'engagèrent-ils?

Le royaume des croisés

Les "crimes de guerre" des croisés

Redécouvrir les croisades

Conclusion

"Les croisades furent donc bel et bien provoquées. Elles ne constituèrent pas le premier volet du colonialisme européen et ne furent pas non plus menées en vue de conquérir des terres, de rapporter du butin ou de pratiquer des conversions. Les croisés n'étaient pas des barbares qui persécutèrent des musulmans cultivés. Les croisades ne sont donc pas une tache indélébile dans l'histoire de l'Église catholique et il n'y a pas lieu de s'en excuser."

 

6. Les monstres de l'Inquisition

Le nombre de morts

La torture

La sorcellerie

L'hérésie

La sexualité

Autodafés de livres

Conclusion

 

7. Les hérésies scientifiques

La quête du savoir

Théologie et philosophie naturelle

L'invention des universités

En route vers la "révolution" scientifique

Robert Grossetete (1168-1253)

Albert le Grand (vers 1200-1280)

Roger Bacon (1214-1294)

Guillaume d'Ockam (1295-1349)

Nicole d'Oresme (1325-1382)

Nicola de Cues (1401-1464)

Nicolas Copernic (1473-1543)

La science devient majeure

Scientifiques "éclairés"

Protestantisme

Pourquoi l'Angleterre?

Les origines religieuses de la science

Alors qu'en est-il de Galilée ?

Conclusion

 

8. La bénédiction de l'esclavage

L'opposition papale à l'esclavage

Codes pour le traitement des esclaves

La civilisation jésuite / indienne

Conclusion

 

9. Un saint autoritarisme

Deux Églises

Sur les dirigeants de ce monde

Les philosophes des "Lumières" et la gauche antireligieuse

Les révolutionnaires français et l'Église (1789-1799)

Vers une Russie sans Dieu

La guerre civile espagnole

Conclusion

"Il est tout simplement faux que l'Église s'oppose à la liberté et à la démocratie. Elle tend plutôt à lutter contre les tyrans, en particulier quand ceux-ci tentent de la détruire."

 

10. La modernité protestante

Réforme et libertés

Max Weber et le capitalisme

Le capitalisme

L'essor du "capitalisme religieux"

Les vertus du travail et de la sobriété

Capitalisme et progrès théologique

Les cités-États capitalistes

Conclusion

 

Post-scriptum

Bibliographie et conseils de lecture

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6 novembre 2019 3 06 /11 /novembre /2019 19:12

Robert Badinter nous avait promis une perpétuité réelle, il n'a pas tenu parole, relève Philippe Bilger, magistrat honoraire qui présente sur Boulevard Voltaire le dernier livre du professeur Jean-Louis Harouel, "Libres réflexions sur la peine de mort" (Desclée de Brouwer). 

Jean-Louis Harouel, un intellectuel qui ne sera sans doute pas invité dans les médias pour parler de son livre, met l’accent sur une faillite capitale de notre exécution des sanctions criminelles. Parce que cette dernière est plus qu’imparfaite et choquante – pourquoi un condamné ne devrait-il pas purger intégralement sa peine alors que la douleur que son crime a causée est perpétuelle ?

Jean-Louis Harouel, "Libres réflexions sur la peine de mort" (Desclée de Brouwer)

On présente aujourd'hui l'abolition de la peine de mort comme un progrès majeur de civilisation. En est-il vraiment ainsi ? S'inscrivant en faux contre la vulgate ambiante, Jean-Louis Harouel propose une autre lecture, iconoclaste et originale.

Il montre que, contrairement aux apparences - et à ce que bien des gens croient sincèrement -, la phobie de la peine de mort qui caractérise aujourd'hui l'Europe occidentale ne procède pas du Tu ne tueras pas de la Bible, mais est un des effets d'une religion séculière ayant pris le relais du communisme comme projet universel de salut terrestre : ce que l'auteur appelle « la religion des droits de l'homme ». Or celle-ci est la continuatrice de vieilles hérésies oubliées qui manifestaient une grande désinvolture à l'égard de la vie des innocents, tout en professant un amour préférentiel envers les criminels, considérés comme d'innocentes victimes.

Là se trouve la source de l'humanitarisme anti-pénal qui a fait triompher l'abolition de la peine de mort, laquelle, même très peu appliquée, constituait la clé de voûte d'un système pénal fondé sur l'idée de responsabilité. Au lieu de quoi, la suppression de la peine capitale a frayé la voie à une perversion de la justice - l'imposture de la perpétuité de vingt ans ! - au profit des criminels et au détriment de la sécurité des innocents.

 

Jean-Louis Harouel, agrégé de droit, professeur émérite de l'université Panthéon-Assas (Paris II), a publié une vingtaine de livres, dont les plus récents étudient l'influence du facteur religieux sur les accomplissements des sociétés humaines : Le Vrai Génie du christianisme (2012) ; Revenir à la nation (2014), Les Droits de l'homme contre le peuple (Desclée de Brouwer, 2016) et Droite-Gauche : ce n'est pas fini (Desclée de Brouwer, 2017).

 

Source

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19 octobre 2019 6 19 /10 /octobre /2019 13:25

Des "profanes" Gilets jaunes (considérés comme des "animaux aveugles" par les francs-maçons), se sont rendus devant le siège du "Grand Orient" dit "de France" et ont tenté de "dialoguer" avec les "porteurs de lumières" sur le thème du transhumanisme et de l'intelligence artificielle :

La "laïcité" contredite par la franc-maçonnerie dans le livre "Rituel de consécration d'une loge maçonnique" (Publication Jean-Luc Leguay) :

 

En page de couverture de ce livre découvert dans une brocante, "à la gloire du Grand Architecte de l'Univers, Grande Loge nationale française", concernant le rituel de la cérémonie d'ouverture d'une loge maçonnique avec ses textes religieux et ses symboles, dont la menorah, chandelier à sept branches des hébreux, on voit une illustration du "Grand Architecte de l'Univers" :

Transhumanisme : Dialogues de Gilets jaunes, avec des francs-maçons devant le "Grand Orient"

Drôle de "laïcité" en franc-maçonnerie 

 

En page 40, nous lisons en effet : 

Transhumanisme : Dialogues de Gilets jaunes, avec des francs-maçons devant le "Grand Orient"

J'élève une maison au nom de l'Eternel, mon Dieu, pour lui consacrer, pour brûler devant lui le parfum odoriférant, pour présenter continuellement les pains de proposition et pour offrir les holocaustes du matin et du soir, des sabbats, des nouvelles lunes et des fêtes de l'Eternel notre Dieu, suivant une loi perpétuelle pour Israël.

Ailleurs :

Salomon envoya dire à Hiram, roi de Tyr : "Fais pour moi comme tu as fait pour David, mon père. A qui tu as envoyé des cèdres afin qu'il se bâtit une maison d'habitation.

Transhumanisme : Dialogues de Gilets jaunes, avec des francs-maçons devant le "Grand Orient"

Autrement dit, la finalité de la franc-maçonnerie sur un plan philosophique et spirituel, c'est la reconstruction du temple de Salomon (ou temple de Jérusalem), dont on a vu que celle-ci a débuté en décembre 2018. Dans le livre "Les Nouveaux marchands du temple, le Gouvernement des banquiers" de Marc-Gabriel Draghi, on apprend que David Rockefeller, encore vivant, a dit noir sur blanc qu'il finançait directement la reconstruction du temple de Salomon, le "troisième temple". L'information a été reprise dans le Times.

 

L'ouvrage maçonnique nous parle partout d'"Israël" et de "Jéhovah", dont on a vu que les Juifs eux-mêmes pourtant n'employaient pas le terme par respect pour Dieu, et que l'Eglise sous Benoît XVI, a abandonné elle-même l'emploi du terme "par respect pour le Nom de Dieu, pour la Tradition de l’Eglise, pour le Peuple Juif, et pour des raisons philologiques". (Le terme de "Jéhovah" n'est plus employé que par les "Témoins" dits de Jéhovah, organisation fondée par Charles Taze Russel, dont les ouvrages sont truffés de symboles maçonniques, dont la croix penchée et la couronne).

En page 53, l'ouvrage précise encore : 

Premier voyage. [...] Du temps d'Israël, la légende dit qu'aux maçons souffrant de la faim, de Jéhovah, douce prébende tombaient le blé, l'huile et le vin.

Transhumanisme : Dialogues de Gilets jaunes, avec des francs-maçons devant le "Grand Orient"

Drôle de "laïcité" n'est-ce pas ?

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7 août 2019 3 07 /08 /août /2019 08:49
Gauche: Peinture du Cardinal Newman, par Jane Fortescue Seymour, circa 1876; droite: Bureau de Newman à l'Oratoire de Birmingham. (Images: Wikipedia)

Gauche: Peinture du Cardinal Newman, par Jane Fortescue Seymour, circa 1876; droite: Bureau de Newman à l'Oratoire de Birmingham. (Images: Wikipedia)

Source: Dr. Adam A. J. DeVille

Newman and the problems of Catholic intellectual history

28 juillet 2019

Catholic World Report

L'automne dernier, j'ai applaudi l'annonce de la canonisation imminente de Jean Henry Newman, pour laquelle nous avons maintenant une date: le 13 octobre de cette année. Le mois d’octobre est le mois où, après de nombreuses années d'études et de souffrances, Newman a été reçu dans l'Église en 1845. Ce qui lui tient à cœur, c’est l’achèvement, à la veille de sa réception, de son Essai historique sur le développement de Doctrine chrétienne. Ce livre, ainsi que le reste de l'oeuvre de Newman, a beaucoup à nous apprendre, pas seulement sur l’histoire et les développements doctrinaux, mais aussi sur l'historiographie.

 

Newman serait, j'ose le dire, consterné par la façon dont de nombreux chrétiens aujourd'hui voient et gèrent notre histoire, comme ils le faisaient de son temps. Newman fut soupçonné par certains catholiques après 1845 parce qu'il était un homme des Pères et pas spécialement des Scolastiques. Sa formation patristique et ses dettes intellectuelles envers le premier millénaire semblaient le mettre en désaccord avec certains catholiques qui considéraient la tradition comme un livre écrit par Thomas d'Aquin et Trente.

 

Cette dynamique de périodisation de l'histoire, mais aussi de hiérarchisation, voire de glorification de certaines périodes, n'a pas beaucoup changé de nos jours. Aujourd'hui, chez certains catholiques, tout se passe comme si l'histoire se terminait quelque part entre 1958 et 1962, avec la mort de Pie XII et l'ouverture de Vatican II. Pour d'autres, l'Église ne prend vie qu'après 1965 lorsque le Concile prend fin, la période précédant le Concile étant considérée (comme je l'ai entendu dire de plusieurs Canadiens français, dont un archevêque important) comme la grande noirceur.

 

Chaque année qui passe, je suis de plus en plus convaincu que trop de problèmes dans l'Église aujourd'hui, et entre chrétiens, sont de nature historiographique. Nous préférons écrire et lire l'histoire d'une manière qui amplifie ou qui nie le désordre des conséquences actuelles. Nous fouillons dans l'histoire pour trouver des moyens de condamner ou d'élever le présent en fonction de notre politique, un processus souvent facilité par des doses effroyables de nostalgie et de romantisme.

 

La façon dont nous écrivons et lisons l'histoire révèle beaucoup de choses sur nous et sur notre psychologie. Plutôt que de lire et d'écrire l'histoire de façon ascétique, nous la lisons et l'écrivons souvent avec trop de passion. Écrire et lire l'histoire "ascétiquement", c'est le faire d'une manière qui nous permet d'écarter autant que possible nos propres ego et agendas. Si nous ne le faisons pas, alors nous écrivons "passionnément", dans le sens utilisé par Evagrius de Pontus : les passions désordonnées (logismoi) - ou ce qu'on appelle les péchés capitaux en Occident - nous contrôlent, nous privant de paix et de grâce et de la capacité de voir clairement la vérité, entraînant des distorsions et des troubles de toute nature - moraux, spirituels et intellectuels. Si nous souffrons de la passion de la colère (qu'Evagrius craignait plus que tout autre) contre, disons, le Pape François, nous pourrions avoir tendance à écrire et à lire l'histoire de manière à le dépeindre sous le pire jour possible.

 

Écrire l'histoire chrétienne ascétiquement ne signifie pas le faire d'une manière vidée de toute couleur, conviction ou commentaire. Ce n'est pas abandonner tout sens du jugement sur le bien et le mal. Cela ne cède ni à une peur exagérée ni à un espoir sans fondement.

 

La personne qui fait tout cela si bien est bien sûr Newman. Considérez seulement le dernier paragraphe de son fameux discours Biglietto à Rome en 1879, lorsqu'il fut nommé cardinal. Newman capture la tension incessante que les catholiques doivent maintenir en regardant notre sort aujourd'hui et en racontant notre histoire. Après avoir mis en évidence sans ménagement les ravages apparemment généralisés du "libéralisme" (voyez comme les choses changent peu !), Newman conclut ainsi :

 

Tel est l'état des choses en Angleterre, et il est bon que nous en soyons tous conscients ; mais il ne faut pas croire un instant que j'en ai peur. Je le regrette profondément, parce que je prévois que cela pourrait être la ruine de nombreuses âmes ; mais je n'ai aucune crainte qu'il puisse faire vraiment quel que grave dommage que ce soit à la Parole de Dieu, à la Sainte Église, à notre Roi tout-puissant, au Lion de la tribu de Juda, fidèle et vrai, ou à Son Vicaire sur terre. Le christianisme a été trop souvent dans ce qui semblait être un péril mortel tel que nous devrions craindre pour lui tout nouveau procès. Jusqu'ici est certain ; par contre, ce qui est incertain, et dans ces grandes compétitions reste souvent incertain, ce qui est souvent une grande surprise quand on en est témoin, c'est le mode particulier par lequel, en l'occurrence, la Providence sauve et sauve Son héritage élu. Parfois notre ennemi est transformé en ami; il est parfois dépouillé de cette virulence particulière du mal qui le menaçait; parfois il tombe en morceaux; parfois il fait tout ce qui est bénéfique, puis il est enlevé. En général, l'Église n'a rien d'autre à faire que de s'acquitter de ses propres devoirs, de confiance et de paix ; de rester immobile et voir le salut de Dieu.

 

S'arrêter et voir le salut de Dieu, dans l'espérance qu'Il ne nous abandonne pas : c'est aujourd'hui la tâche de tous les catholiques qui sont tentés de désespérer de l'état de l'Église !

 

Pour nous aider à garder notre espoir quand les choses semblent sombres, nous devons recommencer à lire l'histoire de l'Église avec des érudits sérieux. Au cours des dernières décennies, nous n'avons pas manqué d'historiens de premier ordre, rien qu'en anglais : Christopher Dawson, John Bossy, Jonathan Riley-Smith, Henry et Owen Chadwick (tous décédés) ; parmi ceux qui sont encore vivants, Eamon Duffy, John Pollard, Hermann Pottmeyer et Francis Oakley. La Compagnie de Jésus a semblé particulièrement habile à produire des historiens et des théologiens historiques de premier plan, notamment John O'Malley, Klaus Schatz, Brian Daley et Robert Taft. Ce qui les distingue tous, c'est la tension et la dynamique qu'ils essaient de maintenir : une reconnaissance sans faille du mal dans notre histoire, et la reconnaissance de ce que Dieu nous a fait traverser et où Sa Sainteté a triomphé.

 

Plus concrètement, c'est la même dynamique que nous devons maintenir en ce qui concerne l'histoire de la période post-conciliaire : reconnaître à la fois le bien et le mal produits par Vatican II. (Connaître l'histoire conciliaire, c'est reconnaître qu'il y a eu des conflits et du désordre à l'occasion de chaque concile, et après. Nicée Ier s'attaqua à l'arianisme, mais Constantinople Ier dut continuer l'œuvre cinquante ans plus tard. L'iconoclasme s'est aggravé à certains égards après Nicée II en 787 et n'a commencé son déclin final, mais jamais complet, qu'après le milieu du IXe siècle.) Bien que j'aie défendu Vatican II de bien des façons (voir, par exemple, mon essai dans Matthew Levering et Matthew Lamb, éd., La Réception de Vatican II, Oxford University Press, 2017), je n'ai jamais compris l'envie de tout détruire, ni de tout défendre.

 

Chrysostome

La pensée totale (pour emprunter une phrase de Robert Jay Lifton), dans laquelle tout est bon ou tout mauvais, n'est presque jamais la façon dont se déroule la pensée catholique sérieuse, en particulier l'historicisation catholique (la théologie morale est une autre affaire, et ici, comme nous le savons, il y a certaines choses condamnées avec raison et totalement comme "intrinsèquement mauvais". Le paragraphe 80 de Veritatis Splendor en donne une longue liste, y compris, nous devons le noter aujourd'hui à propos "des conditions de vie sous-humaines, l'emprisonnement arbitraire, la déportation"). Penser avec l'esprit de l'Église est un acte de discernement, trier le blé de l'ivraie, "dépouiller les Égyptiens" comme disaient les Pères, "baptiser les païens" comme d'autres l'ont fait. C'est la méthode qui permet et encourage sans crainte les chrétiens à plonger dans notre propre passé et, disons, dans Freud, Marx, Nietzsche, Hegel ou mille autres, et à en tirer des enseignements, tout comme Chrysostome, Augustin et Aquin l'ont fait avec Aristote et les autres de l'antiquité grecque. Cela ne signifie pas que nous acceptons tout, ni que nous les rejetons catégoriquement. Nous prenons ce qui est bon et laissons le reste derrière nous.

 

Nous devons non seulement mieux "lire, marquer et digérer intérieurement" notre propre histoire, mais aussi apprendre comment l'écrire et mieux la traiter. Plutôt que de faire cela, certaines personnes se plaisent aujourd'hui à arracher tendanciellement une partie, par exemple, du quatrième Concile du Latran, ou une lettre du pape Clément II, ou une autre éminence conservée au Denzinger, et à la frapper sur une page de blog avec une autre citation également brutalisée de Vatican II, ou la dernière déclaration du pape François. Tout cela se fait avec un élan triomphal dans ce que l'on pourrait appeler une "apologétique de base" fondée sur le romantisme d'un passé qui n'a jamais existé, un passé qui est considéré comme monolithique, sans équivoque et sans ambiguïté comme bon. C'est l'histoire de l'Église racontée dans l'un des deux seuls registres possibles : celui du "traumatisme choisi" ou de la "gloire choisie", pour reprendre les termes de Vamik Volkan de l'Université de Virginie.

 

Dans l'Église aujourd'hui, nous voyons cette approche se réaliser sous la forme de théories sur les infestations de francs-maçons au Vatican, les infiltrations de marxistes dans les séminaires, et de pontifes inéligibles qui montent sur le trône après une "abdication" illégale par Benoît XVI. Il ne manque pas ce que l'on pourrait appeler des capitalistes fous catholiques dont vous pouvez rejoindre les sites Web, les podcasts et les vidéos que vous pouvez acheter, et les livres que vous pouvez acheter vous donnant une version de l'histoire méconnaissable pour les Pères, pour Newman ou pour les savants aujourd'hui.

 

Nous pouvons, et devrions, rire d'une telle folie monétisée, mais nous devrions aussi y répondre. Comme beaucoup dans l'académie, et comme à peu près tous les évêques de la planète, je ne suis pas enclin à répondre aux farfelus et aux fous, mais en ne le faisant pas, nous condamnons trop de catholiques à périr dans ce désert intellectuel dans lequel ils sont entrés pour chercher désespérément des réponses quant à comment et pourquoi l'Église est dans cet état. Une fois de plus, Newman est ici un guide sûr : il n'a pas laissé à la machine à sous, permis aux "fausses nouvelles" de rester incontrôlées comme quand, par exemple, il a écrit à la main pendant six semaines les nombreux articles de journaux qui sont devenus plus tard son exaltante Apologia Pro Vita Sua pour réfuter le mensonge calomnieux sur la raison pour laquelle il était devenu catholique.
 

Si, aujourd'hui encore, Newman nous donne une vue d'ensemble, c'est l'historien jésuite byzantin Robert Taft, aujourd'hui décédé, qui donne les détails méthodologiques. C'est de lui, plus que de n'importe qui, que j'ai appris l'historiographie chrétienne, et à lui si souvent que j'ai rendu. Ailleurs, j'ai longuement réfléchi à l'historiographie de Taft et à la manière dont apprendre de lui pourrait aider dans les conflits catholiques-orthodoxes du passé, et dans les conflits entre chrétiens et musulmans concernant l'interprétation de l'histoire des croisades. Permettez-moi de ne citer ici qu'un seul passage crucial de son article de 1996 "Ecumenical Scholarship and the Catholic-Orthodox Epiclesis Dispute" (Ostkirchlische Studien 45). Après avoir exposé les mauvaises approches de l'écriture et de la narration de l'histoire, il nous donne ensuite quelques méthodes concrètes sur la façon de procéder, en faisant valoir que, suivant sa méthode historico-critique,

 

on traite des textes et des faits dans leur contexte, et que les théories cèdent aux données historiques, et non l'inverse. Une preuve objective signifie qu'il ne faut pas présenter des éléments de preuve tendanciellement inclinés pour appuyer une position, mais sans parti pris, pour trouver une réponse à la question, quelle qu'elle soit. Bien qu'aucune étude ne puisse jamais prétendre couvrir toutes les preuves, la sélection et la présentation des preuves doivent être exhaustives, c'est-à-dire suffisamment représentatives pour éviter de passer sous silence ou d'expliquer tout ce qui ne cadre pas bien avec une théorie préconçue. Enfin, il faut être scrupuleusement juste dans la présentation et l'évaluation de la preuve, en évitant la caricature et sans substituer la rhétorique aux faits.

 

Ceci n'est pas seulement une bonne historiographie : c'est le christianisme de base, une mise en action des dictons pauliniens les plus négligés (surtout des médias sociaux) sur la prédication de la vérité par amour. Taft et Newman reflètent ce que je ne peux que voir comme une approche véritablement catholique de la vie intellectuelle, qui évite l'idéologie et les solutions simplistes totales, et qui n'est pas gênée du tout par le fait que non seulement l'histoire papale mais toute l'histoire chrétienne est composée - comme Duffy l'a appelée sa magistrale histoire papale en un volume - de Saints et Pécheurs. Pour les catholiques d'aujourd'hui, il n'y a pas de piété à promouvoir ou à protéger en se concentrant uniquement sur les saints ; il n'y a pas de "scandale" à éviter en niant la présence des pécheurs à tous les niveaux de l'Église, et dans l'histoire de l'Église jusqu'à nos jours. Il n'y a rien à gagner à refuser de parler de nos problèmes.

 

Et il existe des problèmes, comme le souligne le nouveau livre important et très bienvenu de Stephen Bullivant, Exode massif: Désaffiliation catholique en Grande-Bretagne et en Amérique depuis Vatican II, le montre clairement. Nous pouvons maintenant entamer une discussion franche et directe sur les données que Bullivant a amassées et continuer à rechercher des études similaires et complémentaires afin de bien comprendre la réalité actuelle à laquelle nous sommes confrontés. (J'ai moi-même commencé à examiner des données similaires à la fin des années 1990 au Canada, alors que j'étais assistant de recherche pour un professeur qui écrivait un livre sur l'histoire du sacrement de la confession. L'effondrement stupéfiant et massif de sa pratique - et de celle d'autres sacrements - Après l’année 1960 et la Révolution tranquille au Québec, on s'attendait à l'effondrement décrit par Bullivant au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. En 1960, nous assistions à une messe dominicale de 85% des catholiques sur l'Île de Montréal; au milieu des années 1970, la pratique planait autour de la vingtaine; aujourd'hui, elle se situe quelque part entre 2 et 4%. 

 

Face à ces chiffres et à ces réalités aujourd'hui, le catholique n'a pas peur d'admettre que les choses semblent désastreuses dans certains endroits, mais que nous savons aussi que l'Église grandit dans d'autres, et qu'en toutes choses et en tous lieux, Dieu est aux commandes. Ainsi, nous pouvons reconnaître librement la présence du péché et de la grâce dans notre propre vie et dans celle de l'Église dans son ensemble. Nous ne minimisons ni n'amplifions les problèmes. Nous ne les rejetons pas passivement en disant "Eh bien, il y a toujours eu du péché", mais nous ne laissons pas non plus les réalités actuelles du péché nous paralyser de faire ce que nous pouvons et devons en cette heure actuelle. Nous continuons, comme Newman l'a dit dans l'une de ses "Méditations sur la Doctrine Chrétienne", à faire du mieux que nous pouvons pour
 

Dieu m'a créé pour que je Lui rende un service précis ; Il m'a confié un travail qu'Il n'a pas confié à un autre. J'ai ma mission - je ne le saurai peut-être jamais dans cette vie, mais on me la dira dans la prochaine. D'une manière ou d'une autre, je suis nécessaire à Ses desseins... ; j'ai un rôle à jouer dans cette grande œuvre ; je suis un maillon d'une chaîne...... Il ne m'a pas créé pour rien. Je ferai le bien, je ferai son œuvre ; je serai un ange de paix, un prédicateur de la vérité à ma place.

 

Puisse l'intercession de saint Jean Henry Newman nous permettre à tous de le faire aujourd'hui avec autant d'honnêteté et d'espoir que dans le sien.

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26 juin 2019 3 26 /06 /juin /2019 14:58
Jean Raspail : "Des isolats finiront par se rejoindre et recréeront la France"

Des isolats finiront par se rejoindre et recréeront la France.

Jean Raspail, invité d'André Bercoff sur Sud-Radio le 26 juin 2019

Invité d'"André Bercoff dans tous ses états", dans le midi 13h sur Sud Radio, l'écrivain Jean Raspail, auteur du prophétique Camp des Saints, publié en 1973, explique que malgré la tentative d'imposer l'immigration, il restera toujours en France des "isolats" qui refuseront absolument cela et qui referont France. 

Extrait (à partir de la 25e minute) :

 

"À mon sens - et le démographe et économiste Alfred Sauvy le disait aussi - c'est que tout se jouera dans les années 2050, c'est-à-dire dans trente ans où un grand nombre de populations d'Europe et d'ailleurs ne supporteront plus cette invasion et cette cohabitation. Ce qui commence déjà d'ailleurs si vous regardez un certain nombre de journaux qui ne sont pas Le Figaro. Et on peut arriver à des violences et à des combats. Même si nous sommes beaucoup envahis, viennent - et cela j'y crois beaucoup - les isolats. Beaucoup de groupes, de villes, de régions, de petites régions, de clans, de tout ce que vous voulez, qu'on peut appeler des isolats, qui est un terme ethnographique, qui refuseront complètement cette histoire-là. Ces isolats finiront par se rejoindre et recréeront la France." (Jean Raspail)

 

Le journaliste André Bercoff termine l'entretien en indiquant que : "dans un livre L'Archipel (L’Archipel français : Naissance d’une nation multiple et divisée, éditions du Seuil, février 2019) Jérôme Fourquet, le directeur opinion de l'Ifop, a parlé d'isolats et que l'on va vers cela."

 

Présentation du livre "L'Archipel français, Naissance d'une nation multiple et divisée" publié au Seuil, en 2019 : "En quelques décennies, tout a changé. La France, à l’heure des gilets jaunes, n’a plus rien à voir avec cette nation une et indivisible structurée par un référentiel culturel commun. Et lorsque l’analyste s’essaie à rendre compte de la dynamique de cette métamorphose, c’est un archipel d’îless’ignorant les unes les autres. [...] [S]écession des élites, autonomisation des catégories populaires, formation d’un réduit catholique, instauration d’une société multiculturelle de fait, dislocation des références culturelles communes (comme l’illustre, par exemple, la spectaculaire diversification des prénoms).  À la lumière de ce bouleversement sans précédent, on comprend mieux la crise que traverse notre système politique : dans ce contexte de fragmentation, l’agrégation des intérêts particuliers au sein de coalitions larges est tout simplement devenue impossible."

 

Note du blog Christ-Roi. Les Européens sont des peuples dont la mentalité attachée au libre-arbitre n'a jamais accepté la soumission à l'islam ou à une quelconque autre idéologie totalitaire d'emprunt. C'est la raison pour laquelle sur ce blog nous ne croyons pas au "Grand remplacement", ni d'ailleurs à la "nation multiple et divisée" des macronistes, ni au succès final du N.O.M. Il restera toujours en France comme en Europe des isolats, des communautés de la pérennité française, des peuples libres qui refuseront leur disparition en tant que peuples libres. C'est le besoin de liberté qui sauvera le peuple français et les peuples européens et qui permettra de refaire les nation unies que les mondialistes auront cherché à détruire par idéologie.

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25 juin 2019 2 25 /06 /juin /2019 18:25
Charles-Éloi Vial, La Famille royale au Temple

Le 10 août 1792, l’émeute parisienne renverse le trône fragile de Louis XVI. Trois jours plus tard, la famille royale est enfermée au Temple, dans un donjon édifié au XIIIe siècle. Dans ce lieu sinistre périront successivement le roi, sa femme Marie-Antoinette, sa sœur Madame Élisabeth, tous trois guillotinés ; et enfin son fils, le dauphin « Louis XVII ». Seule survivante, la fille du couple royal, Marie-Thérèse de France, sera finalement libérée le 19 décembre 1795, après une détention de plus de mille jours. Entre-temps, le Directoire a remplacé la Convention et les thermidoriens tentent de terminer la Révolution en faisant oublier la Terreur.

 

Pour la première fois, un historien se penche sur l’histoire globale de cette captivité. Nourri de nombreuses archives encore inexploitées, Charles-Éloi Vial raconte avec un sens rare de la narration le quotidien des captifs et brosse le portrait de l’ensemble des protagonistes du drame, la famille royale au premier chef, mais aussi les geôliers, les employés, les gardes et les visiteurs, sans oublier les figures politiques souvent rivales à l’instar d’Hébert et de Robespierre. Ce récit prenant interroge enfin la Révolution, et plus précisément la Terreur, sur l’antinomie entre la grandeur de ses principes et certains de ses actes. Un grand livre d’histoire sur un lieu d’histoire et de mémoire, qui incarne et marque l’origine de la guerre entre les deux France.

 

Archiviste paléographe, docteur en histoire, Charles-Éloi Vial est conservateur à la Bibliothèque nationale de France. Après un remarqué Les Derniers Feux de la monarchie. La cour au siècle des révolutions (Perrin, 2016), sa biographie de Marie-Louise a été couronnée en 2017 par le prix Premier Empire de la Fondation Napoléon.

 

Source: Lys de France

 

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1 mai 2019 3 01 /05 /mai /2019 11:30

Sujets abordés :

 

- (À partir de 06:11) La franc-maçonnerie a inventé des rituels autour du temple de Salomon.

Dès lors la question est : comment la question du temple de Salomon a-t-elle pu apparaître dans un monde chrétien, catholique, puisque l'Ancienne Alliance vit dans la nouvelle Alliance et qu'il n'y a plus de question de rebâtir le temple de Salomon ? D'autant plus que le Christ était déjà le temple, Celui qui, né d'une Vierge par l'Esprit Saint, a établi son Royaume sur la terre sans le concours d'aucune puissance humaine, celui qui est la pierre qui a été rejetée par les "bâtisseurs", et qui est devenue un sommet d'angle (Lc XX, 17). Il n'y a de salut en aucun autre, car nul autre nom n'a été donné sous le ciel aux hommes, par lequel nous devions être sauvés (Ac 4,11-12).

- (À partir de 06:30) Vers 1611-12-13 Les manifestes rose-croix apparaissent. Le fondateur de la "Rose-Croix" est Christian Rosencreutz, qui a beaucoup voyagé surtout en Afrique et parmi les musulmans et qui est revenu avec une nouvelle cabale, qui est (aussi) la cabale d'Isaac Louria. Et en fait, il s'agit de la gnose, de l'hermétisme, plus la cabale qui caractérise le mouvement rosicrucien. Et en fait, la franc-maçonnerie, c'est la gnose, le gnosticisme ou le néo-gnosticisme si on préfère (le premier issu du judéo-christianisme ayant disparu lors des premier siècles du christianisme). Et ce gnosticisme qui vers 1200 avait complètement disparu d'Occident réapparaîtrait à l'occasion des croisades vers 1250 avec l'empereur Frédéric de Hohenstaufen qui n'allait pas à l'Église et qui fut déjà excommunié pour son syncrétisme mélangeant l'islam, le christianisme et le judaïsme. Vers 1300 apparaît avec Dante et la Divine Comédie l'idée inspirée du soufisme d'Ibn Arabi.

- (À partir de 12:40) Au XVIe siècle, le rose-croix Francis Bacon qui a écrit "La Nouvelle Atlantide" reprend et développe l'idée du temple de Salomon.

- (À partir de 12:40) Un manifeste maçonnique rosicrucien du XVIIIe siècle annonce l'objectif de la destruction de l'alliance du trône (monarchie) et de l'autel (Église). Nous avons là les antécédents de la franc-maçonnerie.

- (À partir de 13:25) En 1738 apparaît l'idée que le franc-maçon est un bon noachide. Le noachisme est la soumission que doit faire l'humanité aux prêtres d'"Israël". C'est un nivellement religieux de toutes les religions. Et seuls les prêtres juifs doivent constituer les intermédiaires entre les goyim (le reste de l'Humanité) et Dieu.

- (À partir de 14:00) Avec la Révolution dite française, le temple maçonnique de Salomon va devenir vraiment et explicitement le temple universel de toute l'humanité. Ce sont les prémisses du mondialisme.

- La première loge maçonnique apparaît à Paris en 1723, à Paris, quartier Saint-Germain-des-Près; La "loge des Neuf Soeurs" très connue pour être la loge des révolutionnaires, Mirabeau, Benjamin Franklin, juif américain (mais non-pratiquant), dont le père imprimait déjà de la pornographie, Talleyrand, qui proposa la nationalisation (c'est-à-dire le vol) des biens du Clergé, Sieyès, à l'origine du régime dit "représentatif". 

- (À partir de la 23e minute) L'hermétisme (que l'on trouve dans la gnose) c'est l'homme au centre de tout. 

L'hermétisme rosicrucien (Rose-Croix) propose de rendre ce qui est en haut comme ce qui est en bas, et vice versa, c'est-à-dire de mettre l'homme à la place de Dieu. 

- (À partir de la 23e minute) Le gnostique Valentin (IIe siècle), ancêtre de la gnose (cabale juive) : sa doctrine sur les eons (principes divins qui deviendront les sephiroths juifs), a été réfutée par saint Irénée de Lyon, évêque et Martyr (120-202), dans son traité Contre les hérésies, Livre 1 (v. 180).

 

 

Lire : Le signe luciférien du 18e degré des hauts grades de chevalier Rose-Croix, expliqué par Serge Abad-Gallardo : "Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas et ce qui est en bas est comme ce qui est en haut." 

 

- (À partir de 36:10) Les "fraternelles" regroupant plusieurs obédiences maçonniques différentes au sein du "parlement" (assemblée dite "nationale", "sénat").

 

- (À partir de 48:44) Le planning familial financé par Rockefeller.

 

- (À partir de 49:34) La franc-maçonnerie, matrice idéologique du "Nouvel ordre mondial", la Tour de Babel.

 

- (À partir de 51:50) Présentation du livre de Serge Abad-Gallardo, Pr. J.-C. Lozac'Hmeur, Alain Pascal et Karl van der Eyken, Le Vrai Visage de la franc-maçonnerie, Acte du colloque du 24 juin 2017, éditions de l'Héritage.

 

- (À partir de 53:50) L'architecte Viollet-le-Duc qui construisit la flèche de la cathédrale Notre-Dame de Paris était franc-maçon : Sa flèche est tombée sur la table du rite moderne du rite romain (rite ordinaire Paul VI de 1970), alors que le maître-autel de Louis XIV a été retrouvé intact.

 

***

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14 avril 2019 7 14 /04 /avril /2019 12:32
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14 novembre 2018 3 14 /11 /novembre /2018 22:45

Christophe Guilluy, qui vient de sortir "No Society, La Fin de la classe moyenne occidentale" (Flammarion) était invité de Ruth Elkrief ce soir sur Bfmt-tv. Il analyse en géographe ce que Ruth ElKrief résume bien comme "la déconnection des élites et des classes moyennes et des classes populaires".

Extrait

- « Aujourd'hui, l'idée est que le socle de la classe moyenne est en train de se fragiliser. Finalement, ce qu'on vit aujourd'hui c'est du temps long. La révolte des Gilets jaunes n'est pas conjoncturelle, ce n'est pas seulement l'augmentation du prix du gasoil. C'est pour cela qu'y répondre seulement par des mesures techniques, c'est déjà afficher un discours technocratique qui ne passera absolument pas. On est là en train de payer trente années d'évolution de la société française et des sociétés de l'adaptation de ces économies vers l'économie monde.

« Les gens avaient joué le jeu de la mondialisation. Les gens ont fait un diagnostic de leur propre vie et ils ont fait un diagnostic rationnel. Et ils font le constat que le modèle qu'on leur a vendu n'a pas été bénéficiaire pour eux, mais aussi pour leurs enfants. Ils font un constat rationnel. [...] C'est pour cela que j'ai appelé cela "No Society", c'est-à-dire qu'on est à un moment très particulier où vous avez - ce qu'avait remarqué Christopher Lasch dans les années 80 -, une sécession des élites qui allait beaucoup plus loin en fait, c'était une sécession du monde d'en-haut. Géographiquement, on peut le voir avec la constitution de ces citadelles métropoles avec des péages autour (c'est l'octroi qui revient); un monde d'en-haut qui s'isole et puis un monde d'en-bas qui n'écoute plus les politiques.

- « Et donc qu'est-ce qu'il faudrait faire pour que ce monde d'en-haut renoue le contact, se reconnecte?», demande Ruth Elkrief.

« [...] On a un problème économique. Nous avons un modèle qui crée de la richesse, mais qui ne fait pas société. Il faut réfléchir à cela.

 

Note du blog Christ Roi. « La démocratie fondée sur la conviction que le corps politique est le produit des volontés de chacun, et portant jusqu'à l'incandescence l'idée d'une création de l'homme par lui-même, est vouée à étendre sans cesse les droits des individus. Elle contraint les hommes à vivre dans un monde d'individus inégaux, alors même qu'elle a posé en principe leur égalité. Elle se condamne donc à rendre sans cesse moins tolérable l'écart entre les promesses [...], les espérances qu'elle suscite et les accomplissements qu'elle offre... » (Préface de Mona Ozouf dans François Furet, La Révolution française, Quarto Gallimard, Malesherbes 2007, p. XXI.) Dans ce système l'égalité des uns présuppose comme condition préalable l'inégalité économique et sociale des autres. Belle réussite du marché, mais impasse totale des principes de 1789.

 

Lire : Penser l'impasse des droit de l'homme

 

« Et aujourd'hui, poursuit Christophe Guilluy, il y a un effort en-haut à faire une sorte de révolution culturelle finalement et se dire qu'il faut aller au peuple. Ce monde d'en-haut n'arrête pas toute la journée de parler du "vivre-ensemble" : il faut qu'il apprenne à vivre ensemble avec son propre peuple, avec ses classes populaires. Déjà ce sera très bien. C'est dans ce sens-là qu'il faut aller.

- « De haut en bas », précise Ruth Elkrief.

- «Bien sûr. Evidemment, on ne changera pas le peuple.»

- « Dans les prochaines années, vous avez l'impression qu'il pourrait y avoir un autre leader qui pourrait représenter ces couches-là et qui les incarneraient, un champion de ces classes populaires ?», demande Ruth Elkrief.

- Evidemment, répond Christophe Guilluy. Il peut venir de gauche, de droite (en tout cas certainement ni de la droite ni de la gauche qui gouverne depuis 1789... et qui a donné les pleins pouvoirs à la finance! NdCR.), on ne sait pas d'où. Mais quand on regarde le succès des populistes partout en Europe, ils se sont adaptés à une demande, ils n'ont pas changé ce que pense ce peuple, ils se sont inspirés de la demande de ces catégories populaires. Quelle est cette demande ? Du travail et la préservation d'un capital social et culturel. »

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15 juillet 2018 7 15 /07 /juillet /2018 07:27
Jean-Louis Harouel, Droite-Gauche : ce n'est pas fini

Dans l'entretien de novembre 2017 donné à Sputnik autour de son essai, "Droite-gauche, ce n'est pas fini" (DDB, 2017), Jean-Louis Harouel, professeur agrégé des Facultés de droit et spécialiste de la sociologie de la culture, explique que le clivage "droite - gauche, ce n'est pas fini". La droite est l'héritière du christianisme et la gauche de la gnose et du millénarisme.

Concernant le titre du livre d'Alain de Benoist, "Le moment populiste, droite - gauche c'est fini" (Pierre-Guillaume de Roux, 2017),

 

"le parallélisme inversé de nos titres et sous-titres, explique Jean-Louis Harouel, est le fruit des circonstances et certainement pas l'effet de ma volonté. Ce livre, j'y travaille depuis quatre ou cinq bonnes années. J'y ai accumulé des matériaux qui m'ont servi à publier entretemps 'Les Droits de l'Homme contre le peuple' (DDB 2016), mais ce projet est très vieux. Il s'agit d'une enquête sur les conséquences politico-sociales du facteur religieux, que j'ai même commencé il y a quinze ans, en partant d'une intuition de Jean Fourastié [qui dans ses ouvrages, écrit à plusieurs reprises, qu'il établit un lien entre notre religion, le christianisme, et le progrès scientifiques, technique, économique et social. Idées qui ont conduit Jean-Louis Harouel à publier en 2012 le "Le vrai génie du christianisme". NdCR.

 

Mon titre 'Droite-gauche ce n'est pas fini', poursuit Jean-Louis Harouel, ce n'est pas une réponse à Alain de Benoist. Ce qui m'a donné l'idée de ce titre, c'est le titre d'un numéro de l'hebdomadaire Marianne, il y a peut-être maintenant un an et demi, qui disait 'droite - gauche, c'est fini : chiche.' Et j'avais trouvé que c'était un titre accrocheur.  Et j'ai proposé ce livre à l'éditeur et le temps que la publication se fasse, j'ai constaté qu'il y avait la publication se fasse, j'ai constaté qu'il y avait le livre d'Alain de Benoist dont le sous-titre semblait être la réponse anticipée à mon propos. Donc en réalité je ne me suis pas du tout centré sur lui pour lui répondre. 

[...] Donc, à propos d'Alain de Benoist, nos démarches ne sont pas placées au même niveau, et si je m'étais placé au même niveau (que lui), j'aurais probablement défendu la même thèse. C'est-à-dire qu'il n'est pas possible, sur un mode descriptif, de faire véritablement un descriptif des idées de droite et de gauche, tellement il y a eu de chassés croisés.

[...] En revanche, moi je pense y arriver parce que je ne cherche pas du tout à faire un descriptif des idées de droite et de gauche, mais je définis les idées de droite et de gauche à partir de leur généalogie."

Jean-Louis Harouel traite la gauche de secte, car, selon lui, aujourd'hui la gnose (du grec gnosis, connaissance) est triomphante. Il se réfère à des hérésies du christianisme (la gnose) pour expliquer l'émergence de la gauche. Chesterton avait dit à propos des idées modernes qu'il s'agissait d'"idées chrétiennes devenues folles". Mais pour Jean-Louis Harouel, bien que dans des livres anciens il ait cité cette formule, "ce n'est pas tout à fait vrai, parce que ces idées sont peut-être folles, mais elles n'ont jamais été tout à fait chrétiennes puisque dès le départ elles ont été hérétiques."

 

On peut en effet désigner par gnose, les hérésies du christianisme primitif.

 

"Les racines mentales, affectives de la gauche, plongent dans deux grandes hérésies qui remontent aux premiers temps du christianisme : la gnose et le millénarisme.

La gnose, ce sont des sectes dont l'enseignement a pour conséquence de prôner une image de l'homme-dieu, de l'homme divinisé, parce que nous dit la gnose, il y a le bien et le mal (c'est très manichéen); le bien c'est la lumière, le mal c'est la matière. La lumière est divine, la matière c'est le mal. Elle (la matière) est sans valeur, elle est à détruire. Les gnostiques rejettent l'idée de la Création, considérée comme bonne dans la Bible (Genèse). Pour eux, la Création est mauvaise, ce n'est pas l'oeuvre d'un dieu bienfaisant, mais l'oeuvre du diable", explique jean-Louis Harouel.

 

"Quand on regarde les thèmes de la gnose et du gauchisme sociétal, on est frappé par des tas de coïncidences, comme le refus de la transmission de la vie, la récusation de toutes les règles de la vie en société (la haine de la famille, la haine de la propriété, la haine du mariage), l'anomie - je dirai même l'antinomisme -, ou le refus de toutes règles, de toutes normes; l'affirmation illimitée du moi. On peut rattacher à cela, l'apologie du divorce, l'avortement érigé en norme sociale; le refus même du réel, puisque le réel c'est la matière et que la matière est méprisable, donc le réel n'est pas important, ne compte que l'esprit : cela donne le 'mariage homosexuel', le transgenre, tout ce que l'on veut. L'esprit décide, la matière ne compte pas.

Autre exemple: la gnose a une prédilection pour les déviants, les criminels et les ennemis : notre justice actuelle n'est-elle pas justement marquée par une préférence pour les déviants et les criminels, voire les ennemis ?... On pourrait me répondre que ce ne sont que des coïncidences. Or il se trouve qu'il y a à travers l'histoire de la pensée occidentale un certain nombre d'auteurs importants qui se sont réclamés à gauche de la gnose, et je pense en particulier à un grand situationniste, un maître à penser de mai 68, Raoul Vaneigem, un auteur de très haute culture, qui s'est explicitement réclamé de la gnose, et qui dans son livre 'Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations', qui a été l'un des livres fondateurs de mai 68, Vaneigem se réclame des gnostiques anciens, et surtout des gnostiques médiévaux, ceux que l'on appelait les 'frères du libre-esprit', et il cite tout un passage des frères du libre-esprit, dans lequel ils expliquent que la propriété n'existe pas, qu'on prend ce que l'on veut, que l'on se sert, et si quelqu'un essaie de vous en empêcher, on le tue !

 

Le journaliste de Sputnik qui interroge Jean-Louis Harouel, cite un passage du livre concernant ces "frères du libre-esprit", mouvement gnostique du XIIIe siècle : 

 

"L'homme libre a parfaitement raison de faire tout ce qui lui procure du plaisir. Que le monde entier soit détruit et périsse, plutôt qu'un homme libre s'abstienne de faire une seule action que sa nature le pousse à accomplir."

 

"Pour la gnose, poursuit Jean-Louis Harouel, la procréation, [...] donner naissance à des êtres humains était la pire des monstruosités car on réenfermait dans la matière, qui est le mal, des parcelles de lumière qui sont divines."

 

"La gnose a repris les évangiles et Jésus, mais en donnant une image de Jésus très différente des évangiles canoniques. [...] Pour la gnose, la mission de Jésus était de venir révéler aux hommes qu'ils sont dieu, de nature divine. Et à partir du moment où un homme prend conscience qu'il est de nature divine, tout lui est permis, la morale ordinaire, les conventions et règles de la vie sociale ne comptent pas : tout lui est permis, il est l'homme-dieu. Et tout le romantisme français (au XIXe siècle) - Lamartine, Hugo, etc. - plonge dans la gnose. Victor Hugo, par exemple était obsédé de métempsychose (la réincarnation). Il était imprégné de l'idée de tout - et que l'on retrouve actuellement paradoxalement dans le culte du monde extérieur et des animaux -. 

 

Le journaliste résume la pensée de l'auteur : "le millénarisme et la gnose ont été sécularisés. La religion a été remplacée par une religion de l'humanité et des droits de l'Homme."

 

"Le millénarisme, autre hérésie chrétienne, poursuit J.-L. Harouel, c'est l'idée du paradis matériel sur la terre. Et très vite, dans la pensée millénariste au Moyen-Âge et dans la pensée moderne, il a été entendu que ce 'paradis' serait communiste. D'où des révolutions, des séditions, et à chaque fois, le paradis communiste, comme la Guerre des Paysans en Allemagne, les Anabaptistes de Munster, les Taborites de Bohême au XVe siècle : à chaque fois le petit paradis communiste se transforme en petit enfer. Sans surprise."

 

A contrario, le christianisme est l'origine des attitudes de droite, [qui trouvent leurs racines dans le christianisme orthodoxe]

"Par exemple: le christianisme a toujours refusé l'utopie. Or, la gnose et le millénarisme sont des utopies.

L'utopie, à partir du XVIe siècle, c'est le nom savant du millénarisme. Le christianisme a mis l'accent sur le refus de l'utopie, la sécurité, la justice, la paix. Au Moyen-Âge, le roi jurait devant l'Église la paix. Il jurait d'assurer la paix aux habitants du royaume. C'est-à-dire d'assurer leur sécurité et d'assurer une justice exacte. Le christianisme a mis l'accent sur un équilibre entre les intérêts du groupe, la défense légitime des intérêts du groupe, l'identité du groupe, et en même temps, il n'y a pas de divinisation du groupe, ou de ses intérêts. Sinon on tomberait dans l'utopie et la religion séculière. [...] Et le libéralisme minimal, c'est-à-dire la liberté d'entreprise est tout à fait compatible avec le christianisme. Et cette liberté d'entreprise s'est même développé pendant deux millénaires dans ce terreau chrétien, où l'idée de la propriété était déjà valorisée. 

À cela sont venues se greffer des doctrines aussi bien économiques que sociétales qui sont un libéralisme qui n'a plus rien à voir avec le christianisme mais qui relèverait davantage de la gnose.

Par exemple, ce qui est gnostique c'est de considérer que l'individu est l'humanité en général, et ce qui est conforme au christianisme c'est de considérer qu'il y a des individus, il y a l'humanité, et il y a des groupes intermédiaires.

Et à propos d'un certain nombre de grands libéraux, on se rend compte que dans une logique chrétienne, il font tout à fait la place aux groupes intermédiaires sans renier pour autant l'humanité. J'en donnerai pour exemple Adam Smith, qui est actuellement un des maîtres à penser du libéralisme intégral. Et pourant, si on lit bien Adam Smith, qui était partisan de la libre entreprise et partisan et du libre-échange, on constate qu'il mettait un certain nombre de réserves et de limitations conformes aux intérêts de la nation, aux intérêts de sa nation. Par exemple, les Actes de navigation, législation anglaise [législation protectionniste votée à partir de 1651 par le parlement anglais, pendant le mandat républicain de Cromwell, visant à financer la construction d'une marine de guerre, et à affaiblir les colonies de la Barbade, des Bermudes et de la Virginie, contrôlées par l'opposition royaliste], qui réservait aux Anglais le commerce avec les colonies anglaises. Et cela, Adam Smith, se comportant en patriote écossais, se prononce dans les années 1760 tout à fait en faveur du maintien des Actes de navigation, parce que ces Actes de navigation, pendant la première moitié du XVIIIe siècle, ont fait la fortune de Glasgow. Parce qu'avec l'unité du Royaume-Uni, et l'instauration du Royaume-Uni, les ports écossais ont été admis à ce monopole anglais et du commerce avec les colonies anglaises. Et Adam Smith n'allait certainement pas critiquer une législation règlementariste qui avait fait la fortune de sa patrie. Donc il y a chez Adam Smith même, ce point que si une production nationale est défavorisée par un facteur social ou fiscal par rapport à la concurrence étrangère, il faut introduire un droit à l'entrée des produits étrangers concurrents, etc..."

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20 juin 2018 3 20 /06 /juin /2018 20:51
Comment notre monde a cessé d'être chrétien ?

Seuls 3% des fidèles catholiques vont à la messe le dimanche. Les séminaires sont pratiquement vides. Le nombre de jeunes refusant d’aller au catéchisme et d’être confirmés est en augmentation. Les statistiques sont là, implacables. On nous dit que cette situation n’est pas imputable à nos évêques : ils ont fait ce qu’ils ont pu mais leurs directives n’ont pas été suivies. Vraiment ? Que celui ou celle qui se souvient d’avoir entendu un évêque rappeler les normes liturgiques et avoir ouvertement soutenu ses prêtres qui respectaient le missel romain lève le doigt. Personne ? En fait, les évêques ont été - et sont encore, à deux ou trois exceptions près - les grands responsables de la situation que nous connaissons aujourd’hui et qui vient de ce que les directives qu’ils ont données allaient toutes dans des directions opposées à celle indiquée par l’Eglise, comme le montre le sociologue Guillaume Cuchet dans « Comment notre monde a cessé d’être chrétien » (éd. du seuil, 2018) et comme l’a laissé entendre Mgr Gaidon dans « Un évêque français entre crise et renouveau de l’Eglise » (éd de l’Emmanuel) ou encore l’académicien André Frossard dans « Le parti de Dieu ; lettre ouverte aux évêques » (éd. Fayard). Voici pêle-mêle ce qui fut fait au cours des années 1970-90 (les plus anciens s’en souviennent) avec la bénédiction de nos pasteurs diocésains et qui a aura conduit, sans faire de bruit, à la situation calamiteuse qui se prolonge actuellement :


 

1. Liturgie :

- retournement des autels et généralisation des « messes face au peuple » ;

- suppression des messes en latin (nous parlons ici uniquement de la « forme ordinaire ») et limitation drastique du chant grégorien ;

- suppression de la confession individuelle au profit d’absolutions collectives célébrées les veilles de grandes fêtes (Noël, Pâques, Toussaint) ;

- suppression des agenouilloirs afin que les fidèles ne puissent plus exprimer un sentiment d’adoration ;

- obligation de rester debout pour recevoir la communion et de prendre l’hostie dans les mains ;

- encouragements à chanter « par Lui, avec Lui et en Lui... » avec le célébrant à la fin de la prière eucharistique ;

- suppression du « Je confesse à Dieu » et du rite du lavement des mains à l’offertoire ;

- obligation de truffer la messe de mots d’accueil, de bienvenue et de souhaits de « bon dimanche » ;

- liberté laissée aux célébrants de modifier ou d’ « adapter » tel rite, telle oraison ;

- liberté laissée aux prêtres de ne pas revêtir la chasuble pour célébrer la messe ;

- appel lancé aux fillettes pour servir la messe ;

- systématisation de la distribution de la communion par des laïcs ;

- messes épiscopales célébrées dans des cirques, des aut-tamponneuses, des salles de sport, des salles de spectacles...

- liturgies « revisitées » par des « équipes d’animation pastorale » regroupant des laïcs qui n’ont jamais lu ni les textes conciliaires ni la Présentation Générale du Missel romain.


 

2. Catéchèse.

- publication de parcours catéchétiques (le plus bel exemple étant « Pierres vivantes ») passant sous silence les connaissances de base de la doctrine catholique ;

- catéchèses paroissiales assurées par des laïcs peu formés et parfois même non-pratiquants ;


 

3. Séminaires ; formation des candidats au sacerdoce.

- aucune formation liturgique solide ;

- discrédit jeté sur les candidats au sacerdoce qui veulent mettre en application des enseignements du Concile.


 

4. Clergé.

- obligation faite aux prêtres d’abandonner l’habit ecclésiastique, le costume-cravate de « cadre légèrement supérieur » devenant le signe distinctif des évêques.

- obligation de passer sous silence des documents magistériels tels que le « Directoire pour le ministère et la vie des prêtres », l’ Exhortation « Sacramentum Caritatis », l’Instruction « Redemptionis Sacramentum »...


 

Nous récoltons aujourd’hui ce qui fut semé hier par nos évêques...

 

Source: Pro Liturgia, Actualité du mercredi 20 juin 2018

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