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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 09:32

Dans un entretien pour Tv-Libertés, le philosophe Francis Cousin, auteur du livre "l'Être contre l'Avoir", fait une critique "radicale" des gens de la "Manif pour tous" :

Merci à R. pour le lien.

Extrait :

 

"Il y a entre Marx et Lénine autant de différences qu'entre Jésus et Calvin. Jésus est venu sur terre dans l'Incarnation radicale du soleil christique pour l'abolition du temple de la marchandise. Calvin se réclame de Jésus et c'est l'apothéose boursière de la Genève financière... Il y a donc manifestement chez Calvin, l'antithèse radicale du Christ. Et, pour les groupes radicaux dont je vous parlais tout à l'heure, à l'époque où Charles Maurras découvre Lénine, cela fait plus de vingt ans que des groupes radicaux dénoncent le bolchévisme comme 'un capitalisme d'état'. Donc les groupes ouvriers radicaux ont toujours été contre la social-démocratie du capital, et ils ont toujours été contre le capitalisme d'état bolchévique, léniniste, trotskyste, maoïste, etc. C'est-à-dire que au moment où toute une population était effectivement encartée dans le mythe fallacieux de la Russie soviétique, ces groupes disaient mais non : la Russie soviétique, c'est le capitalisme d'état soviétique.

 

Et le fétichisme de la marchandise, c'est le moment où la valeur d'échange potentiel qui a commencé à naître lors de la révolution au néolithique, et qui n'a pas cessé de s'étendre siècle par siècle, au moment de la guerre de 14 commence à prendre le pouvoir absolu sur le monde. Aujourd'hui, tout est fétichisme, tout est marchandisation... La GPA, la PMA, ce ne sont pas des ratés, c'est la logique absolue. Et puisqu'on est sur Tv-Libertés, il m'arrive parfois de tomber sur des gens de la Manif pour tous et je leur dis: mais vous n'avez rien compris, vous êtes là, une bonne famille française, vous êtes classiques, vous souhaiteriez que la France se soit arrêtée à un temps antérieur, vous êtes fiers que votre fils soit avocat en droit d'affaires, vous êtes fiers que votre fille fasse HEC, mais vous n'avez rien compris. La PMA et la GPA sont constitutifs de ce monde traditionnel que vous défendez parce que vous n'avez pas compris que dans ce monde traditionnel que vous défendiez il y avait souterrainement la vampirisation qui arrivait et qui est là. On ne peut pas dire : je veux une société où il y a de l'argent et en même temps condamner les effets de l'argent. Donc la vraie problématique contre l'avoir, contre l'Argent, on en revient au Christ incendiaire chassant les marchands du temple, à Hegel et à Marx, à Babeuf. On est ici dans une télévision qui a dans son soubassement culturel une propension particulière à poser le fait vendéen. Le fait vendéen, ce n'est ni Cathelineau ni Charette qui l'ont compris. Ils n'ont strictement rien compris à la dialectique industrielle du capitalisme populicide. C'est un communiste radical qui s'appelait Babeuf, qui a été guillotiné parce qu'il soutenait les insurrections sans-culottes de Paris contre la bourgeoisie thermidorienne, qui a compris en quoi le 'populicide' vendéen venait marquer le passage dans la dynamique industrielle de la dictature du fétichisme de la marchandise. Et il n'y a que Babeuf qui a compris le 'populicide'".

 

Le journaliste Martial Bild pose alors une question essentielle à Francis Cousin : "Parmi vos références, est-ce que le marxisme est une clé de lecture suffisante pour comprendre les coulisses de cette guerre de l'être sur l'avoir ?"

 

Francis Cousin : "Pas le marxisme, puisque comme le disait Marx dans toute sa correspondance à la fin de sa vie : ce que je sais c'est que je ne suis pas marxiste.

 

Le marxisme, c'est une gigantesque imposture qui s'est créée pour étouffer la pensée subversive radicale de Marx. Marx est aux antipodes de toutes les droites et aux antipodes de toutes les gauches et il a fait une critique radicale de ce que devenait la social-démocratie et il a fait une critique radicale de ce que devenait le bolchévisme, le capitalisme d'état concentrationnaire. L'objet de Marx, en reprenant les pré-socratiques, dans la poursuite de Hegel, c'est de poser l'insurrection de l'être générique contre l'avoir.

 

[...] Je me définis comme communiste, au sens ontologique de ce qu'est le communisme, c'est-à-dire la communion des hommes. [...] Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon se disent communistes comme Calvin se dit chrétien. Le mot communiste surgit dans l'histoire bien avant Marx. Il surgit dans tous ces mouvements, la guerre des paysans, la croisade des Pastoureaux. Durant tout le Moyen-Âge nous avons des insurrections paysannes qui se disent communeuses, qui se disent communières, qui se disent communistes, il faut restaurer le Royaume du Christ sur terre, il faut abolir l'état, il faut abolir l'argent.

 

Durant tour le temps médiéval, il ne se passe pas une année sans que dans une région ou que dans une province le tocsin insurrectionnel des paysans se mette en mouvement pour que les paysans se réapproprient leur vie, dans une sacralité, dans une sacralité de l'être.

 

Je pense qu'on en revient si vous voulez à ce que disait Hegel, 'le vrai c'est le tout'. Il n'y a pas un sujet de notre quotidienneté qui ne trouve sa signification si on le rapporte pas au tout de cette contradiction essentielle qui fait la vie, il y a l'être et il y a l'avoir, il y a le beau et il y a le laid, il y a la domestication et il y a l'émancipation. Il y a donc toute une série de problématiques qui sont toujours à résoudre dans cette articulation-là, et c'est c'est ce que les présocratiques ont compris." (Fin de citation)

 

Note de Christ-Roi. Les présocratiques ne sont pas la religion indépassable. Hormis un impératif moral pour soi-même, poser l'insurrection de l'être contre l'avoir comme un impératif collectif, poser l'instauration ou la "restauration" du Royaume du Christ sur terre par la force, l'"abolition" de l'état et de l'argent par la force, c'est méconnaître l'action et la volonté réelle de Dieu. C'est méconnaître l'enseignement du Christ et de l'Eglise. A la place d'un tout indistinguable, religion du monde antique, le Christ a distingué le temporel et le spirituel. Se constituer contre (ce que voulait faire les Juifs de l'empire romain) est déjà donner une existence et une constitution à ce que l'on combat. A la culture de l'affrontement matériel insurrectionnel, pour détruire ce qu'il y a de mal dans la matière (héritage du péché originel) le Christ n'a pas cherché à abolir l'empire romain par la force ou à le combattre avec les armes matérielles de l'ennemi..., il a plutôt condamné ceux qui voulaient se servir de l'épée pour le défendre ("Rentre ton épée, car tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée." Mt, 26:52), et a privilégié l'arme spirituelle, le don gratuit de soi et l'exemple communicatif. [A noter que cela ne signifie pas non plus comme le prétendent certaines sectes, que tout usage de la force soit prohibé dans le christianisme. (Cf. S. Thomas d'Aquin, II, 9-40, sur le concept de guerre : intention droite, cause juste, être le seul moyen, un espoir raisonnable de victoire, des moyens non intrinsèquement mauvais, des moyens proportionnés). Dans l'Evangile, saint Jean le Baptiste dit clairement que le métier des armes n'est pas interdit : "Et des soldats aussi l’interrogeaient, disant : Et nous, que ferons-nous ? Et il leur dit : N’usez de violence ni de fraude envers personne, et contentez-vous de votre paye". Luc 3:14.]

 

Sachant qu'elle ne pouvait pas abolir d'un coup matériellement l'esclavage, l'Eglise s'est contentée de le condamner moralement dans différents conciles (conciles d'Orange 441, Arles 442, Agde 506, Orléans 541, Mâcon 585, Paris 615, Reims 625, Chalon-Sur-Saône 650), ainsi que dans différentes bulles des papes, jusqu'à ce que ce soit des pouvoirs séculiers temporels des sociétés chrétiennes elles-mêmes qui finissent par décréter l'abolition de l'esclavage.

 

De même, s'agissant de l'argent, l'Eglise en condamnant l'usure a permis à l'Occident d'être libre de l'esclavage des changeurs de monnaie pendant quinze siècles. Le Code de droit canon de 1917 continue d'interdire l'usure pour les clercs.

La trahison du Christ, Cavalier d'Arpinon (1568)

La trahison du Christ, Cavalier d'Arpinon (1568)

Et lorsque Jésus chassa les changeurs de monnaie et les marchands du temple, parce que "lieu de prière" et non de commerce, son Sacré-Coeur le fit avec force et charisme en renversant les tables par la douceur associée à la Parole. La foi sans la charité n'est rien, mais la charité sans la foi débouche sur rien de solide et de durable. On ne dit pas assez que même à ce moment-là, le divin Coeur de Jésus était plein de douceur.

Francis Cousin fait une critique radicale des gens de la "Manif pour tous"

L'Eglise catholique s'est donc efforcée de suivre cet enseignement du Christ, enseignement du don gratuit de soi pour les autres, tout en encourageant vivement les possédants dans la société (les riches, les marchands, etc.) à donner gratuitement de leur richesse aux autres, à émanciper leurs esclaves,mais sans jamais imposer la charité publique et politique. Cette manière de combattre la matière était fondamentalement bien plus puissante et durable que n'importe quelle autre. Elle a transformé la société antique de l'avoir, abouti à la société du don gratuit du 'Moyen Âge' féodal où les artisans donnaient gratuitement de leur temps et offraient leurs savoir-faire et où les nobles et les possédants faisaient des dons d'argent et des legs divers.

 

Et c'est effectivement l'état moderne, celui de l'avoir, qui a transformé l'ancienne charité publique gratuite médiévale en charité publique obligatoire payée sur l'impôt... Nos états modernes sont fondés sur ce changement. Puis de la charité obligatoire dans l'état moderne nous sommes passés au stade de l'insurrection obligatoire au XXe siècle. On a vu ce que cela a donné.

 

Le Christ ne combat donc pas matériellement l'avoir dans la société à coups d'épée ou d'insurrection matérielle, il agit spirituellement en nous par la vie intérieure, en appelant chacun à des valeurs plus hautes, et la transformation intérieure. C'est pourquoi il est Notre Maître, Notre Seigneur, le "chemin", la "vie", la "vérité", parce qu'il est Celui qui nous conduit vers l'authentique progrès, le progrès qui dure et ne périt pas...

 

L'homme intérieur qui a une vie spirituelle intérieure transforme en profondeur une société bien mieux et d'une façon bien plus durable que n'importe quel insurrectionnel matériel.

 

Les révolutionnaires et le capital ont d'ailleurs fait 1789 pour détruire ce qui véritablement était pour eux un obstacle : la force de l'esprit sur la matière.

 

Ceci nous renvoie encore à la citation du royaliste Joseph de Maistre : "La contre-révolution ne sera point une révolution contraire, mais le contraire de la révolution".

 

Enfin, bien qu'habillé d'un anti-matérialisme apparent, le radicalisme de Francis Cousin a tout l'air d'une tentation sous apparence de bien. Il s'agirait essentiellement d'un globalisme inversé qui aboutit à un matérialisme inversé, énième avatar des vieilles lunes des Juifs de l'empire romain (et encore aujourd'hui des Juifs talmudistes) dans l'attente d'un Messie politique ou d'un messianisme politique qui sauvera le monde.

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9 juin 2017 5 09 /06 /juin /2017 13:41

"Au temps de la Rome antique, un citoyen avait le pouvoir de vie et de mort sur sa femme, ses enfants et ses esclaves. La fameuse patria potestas romaine. Au Ve siècle, cet empire romain allait se désagréger et disparaître. L'Occident entra alors dans une période d'instabilité, les invasions se succédaient.

 

L'émergence du christianisme permit de modifier en profondeur les mentalités.

 

Jadis, le père ou le mari avait un pouvoir total envers les siens, pouvant aller jusqu'à la mort et était totalement indifférent à tout ce qui n'était pas de sa famille, de son sang. La communauté ne s'immisçait jamais dans ces histoires de famille. En ce Moyen-Âge naissant, tout allait changer. Désormais, ce sera Dieu qui aura le pouvoir sur les hommes. L'autorité arbitraire antique laissera la place à la bonté chrétienne.

 

Dès le VIe siècle, le pouvoir temporel et spirituel prirent à bras le corps la pauvreté alors croissante en Occident encore fragile politiquement.

 

En 511, le Concile d'Orléans stipula, entre autres, que les prélats allaient devoir s'occuper des plus pauvres, et Childebert Ier, fils de Clovis, en 549, édifia pour la première fois un lieu dont la vocation allait être de recevoir des pèlerins et des malades. Ces premiers établissements, liés à la charité chrétienne, accueillent toute personne dans le besoin sans distinction.

 

A partir du XIIe siècle, au temps du pape Innocent III, et des ordres franciscains, et dominicains, la démographie urbaine explosa, avec son lot de pauvreté. En réaction, ces lieux d'accueil allaient se structurer, on les appellera des "hôtels-Dieu" (leur devise : "Nos seigneurs les pauvres". NdCR.). Dès lors ces hôtels-Dieu commençaient à se spécialiser, à se professionnaliser. Une femme enceinte n'était pas accueillie au même endroit qu'un pèlerin ou qu'un malade. Ces hôtels-Dieu étaient administrés par des assemblées de religieux, appelées des chapitres placées près des cathédrales contrôlées par des évêques. [...] Plus tard, ces structures accueillirent tout ce que la société comptait d'indigents et de personnes fragiles. La mission des frères et des soeurs étaient de guérir et de soulager à la fois le corps et l'âme de la personne. Les apothicaires, les ancêtres des médecins y prodiguaient leurs soins corporels. Quant aux religieux, ils s'adonnaient à la guérison des âmes en donnant la communion, la confession...

 

Les hôtels-Dieu vivaient principalement de dons. Les artisans donnaient de leur temps et offraient leurs savoir-faire. Quant aux nobles, ils faisaient des dons d'argent et des legs divers. Ainsi, quiconque pouvait selon son statut faire acte de piété.

 

A partir de la 'Renaissance' (redécouverte du droit romain. NdCR.), à partir du XVIe siècle, la perception de la pauvreté changea. Elle fut perçue comme une menace sociale. Des magistrats commenceront petit à petit à s'immiscer dans la gestion de ces établissements. Dorénavant, les gueux seront chassés et amenés à l'hôtel-Dieu pour y travailler. Les pauvres étaient devenus gênants et inutiles. La charité d'antan se transforma en enfermement. Le pouvoir séculier prit la place du pouvoir spirituel, et la pauvreté deviendra désormais une affaire de laïcs."

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9 juin 2017 5 09 /06 /juin /2017 10:13

Un débat a été organisé par l'agence de presse "Sputnik" entre le journaliste Eric Zemmour et l'économiste Jacques Sapir sur le thème "Identité ou souveraineté ?"

Alors qu'il y a d'autres domaines de la souveraineté (la définition du droit et de la justice, la défense du territoire et les relations internationales), la question du débat aborde la souveraineté sous l'angle simplement économiste (l'euro et d'autres problèmes liés à l'économie).

Zemmour pense que Marine Le Pen aurait dû parler davantage d'identité, d'immigration, d'islam et de guerre de civilisation que d'économie (l'euro) lors de la campagne présidentielle et reproche à Jacques Sapir d'avoir influencé négativement sur ces sujets le FN Florian Philippot en axant la campagne sur l'économisme.

Sapir, qui récuse l'accusation pense que cet argument d'Eric Zemmour l'affaiblit plus qu'elle ne le renforce, le camp souverainiste devant aussi "prendre en compte" les personnes de gauche. Il précise qu'il pense même qu'"il aurait fallu faire la campagne sur les deux pieds", même s'il ne donne pas à l'identité le même contenu que Zemmour.

Bien que Sapir reconnaisse un problème avec l'islamisme, il ne le confond pas avec l'islam et accuse le polémiste de faire une "lecture fondamentaliste de l'islam". Il faudrait, selon lui, contextualiser l'islam dans le champ géo-politique et notamment "la politique américaine au Moyen-Orient".

Eric Zemmour, d'accord sur les problèmes créés par la géopolitique américaine dans le monde, explique néanmoins qu'il "ne pense pas que c'est la faute de l'autre" (rien ne se réduit jamais à "la faute de l'autre". NdCR.), qu'il va y avoir un problème démographique lié au "nombre" (de la population musulmane), qu'"il y a une civilisation chrétienne, grecque et romaine qui a fait la France et une civilisation musulmane, et qu'"il ne peut pas y avoir deux civilisations sur un même territoire parce que cela va faire deux peuples et deux peuples qui vont s'affronter dans une guerre de civilisation et une guerre civile". "A partir d'un certain nombre, ajoute-t-il, l'identité revient et elle veut s'imposer aux autres". Cette position est tout à fait juste car réaliste.

Sapir répond à cette position de Zemmour que ce n'est "pas une question de nombre mais une question de contexte", "il ne peut pas y avoir de lecture politique du fait religieux qui se fait hors contexte". Cette affirmation est incomplète et donc fausse. C'est bien évidemment à la fois une question de "contexte" et une question de "nombre". De sorte que l'on peut dire que celui qui cherche à séparer les deux concepts (ou à en nier l'un ou l'autre) est un imposteur au service de l'oligarchie.

On peut aussi dire que le candidat à la présidentielle qui saura parler et de "contexte" géopolitique (souveraineté)  et de "guerre de civilisation" (identité) - ce que n'a pas fait Marine Le Pen - agrégera sur sa personne la majorité et pourra prétendre incarner le pouvoir. C'est la raison essentielle du "cordon sanitaire" et du "front républicain" afin d'empêcher toute jonction des deux concepts. Cette ligne se fera également nécessairement par la définition d'un fondement politique qui ne soit ne pas absurde, mais clairement identifié...

Le jour où cette ligne se réalisera, l'oligarchie nihiliste pourra faire ses valises.

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8 juin 2017 4 08 /06 /juin /2017 14:24

Le docteur Maurice Berger, pédopsychiatre, ex-professeur associé de psychopathologie de l’enfant à l’Université Lyon 2, a lancé hier une alerte sur les dangers concernant les plans gouvernementaux français sur "l'éducation à la sexualité", prenant source dans des textes internationaux portés par l'OMS, le planning familial et l'ONU, en cours d'application dès la maternelle en France.

 

Liens attachés à la video :



http://pros-contre-educsex.strikingly...

http://petitionpublique.fr/PeticaoVer...

 

En introduction à cette video, pour "anticiper les critiques à venir", le docteur Berger précise qu'il est "athée", et "qu'il n'est pas question ici de religion, mais de protection du développement affectif de l'enfant".

 

Extrait :

 

"Savez-vous que l'éducation à la sexualité est prévue dès la maternelle, par le ministère de l'éducation nationale ? Savez-vous que dans certaines classes de CM1, à dix ans, on explique aux enfants qu'ils auront des relations sexuelles plus tard et qu'on leur parle de l'utilisation des préservatifs ?

 

Savez-vous que sur le site 'On s'exprime', sous tutelle du ministère de la santé, destiné aux mineurs à partir de la classe de 5ème, donc âgés de douze ans, on décrit six positions de pénétration vaginale, dessins ludiques à l'appui et comment se pratique la sodomie ? On explique pourquoi les acteurs de films pornographiques éjaculent hors du vagin de leur partenaire. Et on propose aux mineurs de raconter leurs premières relations sexuelles." Et est-il indispensable de faire imprimer un clitoris en trois dimensions aux élèves comme proposé sur un site partenaire du ministère ?

 

Savez-vous que dans certaines classes on fait étudier aux adolescents et adolescentes des textes où des scènes de fellations sont longuement détaillées sans prendre en compte ce que cela peut occasionner ? Comment en est-on arrivé là ?

 

En mars 2017, la ministre de la santé, a annoncé la généralisation d'un programme d'éducation à la sexualité dès octobre 2017, donc dans quelques mois.

 

[...] Ce programme est imposé par les instances européennes et il est obligatoire. En France, aucun parent ne peut y soustraire son enfant. En référence aux textes internationaux de l'Organisation mondiale de la Santé (O.M.S.), cette éducation à la sexualité doit commencer entre zéro et quatre ans. Et l'on doit expliquer aux enfants de cet âge ce qu'est la masturbation infantile précoce et leur proposer de jouer au docteur. Pour les six - neuf ans on leur explique ce qu'est l'éjaculation. C'est déjà le cas dans certaines classes.

Dans les standards européens de l'éducation à la sexualité, il est précisé qu'il faut donner des explications à l'enfant avant qu'il soit en âge de se poser des questions à ce propos".

 

Le docteur Berger précise :

 

"Vous vous demandez probablement si ce que je dis est vrai. J'ai eu la même réaction d'incrédulité quand mes collègues m'ont transmis ces informations. Et puis je suis allé vérifier, et je puis vous assurer que tout ceci est exact. C'est ce que les promoteurs de ces programmes appellent 'changer de paradigme', c'est-à-dire parler aux enfants, dès petits, d''une sexualité synonyme de plaisirs et d'épanouissement personnel'. Il est précisé que ce sera 'fait avec tact'. Or, je peux vous affirmer que ce n'est f'réquemment pas le cas et que nous recevons des témoignages d'enfants et d'adolescents qui expriment leurs gênes ou leur dégoûts face à cet enseignement collectif qu'ils qualifient de 'très intrusif'.

 

"Ce programme présente plusieurs risques majeurs, poursuit le docteur Berger. Tout d'abord, il fait intrusion de manière traumatique, dans le rythme de croissance affective des enfants. Par traumatique, je veux dire qu'un certain nombre d'entre eux vont mal après cet enseignement. Pourquoi ne pas attendre que des enfants posent des questions sur la sexualité au moment où ils en ressentent le besoin ? Pourquoi ne pas laisser la sexualité dans le domaine de l'intime ? Car c'est le domaine de l'intimité par excellence. Les enfants n'auraient-ils pas de pudeur ? Pourquoi des adultes éprouvent-ils le besoin de prendre une place de séducteur initiateur ?

 

Et il est évident qu'en introduisant précocément des informations techniques, on risque de séparer la sexualité de la vie affective.

 

Mais il y a pire encore. Ce programme introduit la théorie du genre, c'est-à-dire de l'idée selon laquelle notre identité sexuelle, garçon ou fille, masculine ou féminine est une construction sociale qui n'est pas liée à notre sexe biologique. Donc, comme notre identité sexuelle serait liée à notre manière d'élever les enfants (les filles jouent à la poupée et les garçons aux cowboys), il faudrait sortir de ces modèles, les déconstruire, avec comme objectif - je cite - qu'un enfant 'intègre la liberté de choix de ses modèles sexuels'. Et ceci, à la période même où il s'identifie à ses modèles familiaux, à son père ou à sa mère. Il s'agit donc d'une attaque des processus d'affiliation. L'enfant pourrait en quelque sorte choisir à quel sexe il souhaite appartenir. Cette théorie très contestée n'a aucun fondement scientifique. Cette idéologie qui prône une égalité - non pas entre tous dans l'accès aux droits fondamentaux - mais de tous, voudrait la négation de la différence des identités masculines et féminines.

 

Ce projet qui consiste à couper l'enfant de l'éducation familiale pour lui proposer une éducation, disons même un formatage fait par l'état, est la marque des fonctionnements totalitaires. Rappelez-vous l'Histoire avec un grand H.

 

Mais il y a encore plus. Dans les textes internationaux qui nous sont imposés, il n'est jamais indiqué l'âge au-dessous duquel il y aurait un interdit à avoir des relations sexuelles avec un mineur.

Le terme flou qui revient en permanence est que l'activité sexuelle dépend des capacités évolutives de l'enfant. On peut donc glisser rapidement vers l'idée que selon ses capacités, l'enfant peut être consentant. Ce qui revient à dire qu'un enfant séduit par un adulte sans violence physique - comme c'est le cas dans beaucoup d'abus sexuels -, serait obligatoirement consentant. Et l'on comprend alors l'intérêt d'éveiller l'enfant à la sexualité le plus tôt possible comme le propose l''éducation à la sexualité'. C'est la voie ouverte à la pédophilie.

 

Comment une petite minorité d'individus est-elle parvenue à imposer un tel programme à la majorité de la population ? Quels sont les lobbies sous-jacents ? Pourquoi les principales associations des parents d'élèves ont-elles laissé s'installer cet état de fait ? Faut-il créer une nouvelle association de parents plus soucieuse de protéger le devenir affectif des enfants ?

 

Tel qu'il est imposé actuellement, le programme d''éducation à la sexualité', constitue une véritable immixtion dans la vie privée, une intrusion dans l'éducation familiale, dont il faut rappeler qu'elle est l'un des attributs de l'autorité parentale selon notre code civil.

 

Le docteur Berger termine cette video ainsi :

 

"Lisez attentivement les textes qui accompagnent notre pétition. Nous faisons cinq propositions. 1 - Arrêter toute 'éducation à la sexualité en classe maternelle et primaire', 2 - Arrêter totalement de parler de la théorie du genre, 3 - Pour les adolescents, maintenir l'obligation qu'à partir de quatorze ans les élèves assistent aux cours consacrés à des informations indispensables, dont la prévention, mais limiter ces informations à des données scientifiques et développer des espaces de relations privées pour ceux qui ont besoin d'informations plus personnelles tel que des entretiens avec des infirmières scolaires, 4 - Créer des conseils de vigilance qui devraient être obligatoirement extérieurs à l'établissement d'où émaneraient d'éventuelles critiques concernant ces sujets, 5 - Retirer les termes 'déclaration des droits sexuels' et 'standard pour l'éducation sexuelle en Europe' de tous les textes ministériels français.

 

Pour que ces propositions aient quelques chances d'être acceptées, il faut que les professionnels de l'enfance et les citoyens en général signent cette pétition.

 

Et si ces propositions sont refusées par les ministères concernés, je pense nécessaire que dans toutes les classes, toutes les écoles, tous les collèges, tous les lycées, les parents s'opposent dans l'intérêt de leurs enfants à l'enseignement de l'éducation à la sexualité."

 

Source: Ariane Bilheran. Partagez, relayez, informez.

Un nouveau professionnel de l'enfance, le docteur Maurice Berger, pédopsychiatre, alerte sur les dangers liés à l'"éducation à la sexualtié" des enfants à l'école (07 juin 2017)
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8 juin 2017 4 08 /06 /juin /2017 12:57

Voici un intéressant point de vue posé par un musulman sur l'islam et le multiculturalisme des sociétés occidentales. L’égyptien Fael Farouq, professeur à l'Institut de langue arabe de l'Université Américaine du Caire, a signé un éditorial publié dans Avvenire.it,  dans lequel il contredit les plus hauts responsables catholiques qui persistent à nier tout lien entre le terrorisme islamique et une "doctrine spécifique" de l’islam. Dans cet éditorial, l'auteur évoque le multiculturalisme comme une idéologie qui est en train de se retourner contre les sociétés occidentales au nom d'une "suprématie de l'idéologie" sur la personne :

Le multiculturalisme est-il une idéologie alliée des islamistes?

 

Selon le professeur Fael Farouq, le pluralisme des sociétés occidentales est devenu un pluralisme de l'exclusion qui s'est aujourd'hui retourné contre le but pour lequel il a été conçu.

 

Celui qui se tue lui-même et qui tue les autres croit en une doctrine bien précise de l'islam. Pour arrêter ce fleuve de sang, il faut purifier cette doctrine des interprétations qui mènent des personnes de confession musulmane à embrasser le terrorisme.

 

Fael Farouq enseigne les sciences linguistiques à l'Université Catholique de Milan. Il est également professeur à l'Institut de langue arabe de l'Université Américaine du Caire et a enseigné dans de nombreuses universités internationales, à New York, Washington, Madrid, Turin, Bologne ainsi qu'à l'University of Notre Dame dans l'Indiana.

 

Un article de Sandro Magister, vaticaniste à l'Espresso.

 

Extrait :

 

Celui qui tue croit en une doctrine spécifique

 

de Wael Farouq

 

Celui qui se tue lui-même et qui tue les autres croit en une doctrine bien précise de l’islam. Et les massacres continuent à s’ajouter aux massacres, au cœur de l’Europe comme dans tant de cœurs meurtris en Asie et en Afrique. Pour arrêter ce fleuve de sang, il faut donc purifier cette doctrine des interprétations qui mènent des personnes de confession musulmane à embrasser le terrorisme.

 

On m’objectera sans doute que même le mufti saoudien wahhabite condamne le terrorisme. C’est vrai mais ce même mufti refuse le pluralisme et les droits humains et c’est là une contradiction insoluble.

 

On me dira peut-être que l’université al-Azhar, elle, défend le pluralisme et propose un fondement islamique aux droits humains. C’est vrai également mais al-Azhar pâtit de l’instrumentalisation de la politique.

 

[...] Le pluralisme des sociétés occidentale est devenu un pluralisme de l’exclusion qui s’est aujourd’hui retourné contre le but pour lequel il a été conçu. Il ne favorise pas la personne mais plutôt les stéréotypes et les idéologies. En Grande-Bretagne par exemple, c’est au nom de l’intégration qu’on tolère des tribunaux islamiques qui violent les droits des femmes ainsi que l’afflux de millions de livres sterling et d’euros en provenance des extrémistes du Golfe à destination des caisses des organisations islamiques fondamentalistes sans aucun contrôle ni restriction.

 

L’Occident s’est consacré au pluralisme et aux droits humains dans le but que les expériences douloureuses du nazisme et du fascisme ne puissent plus se reproduire mais il faudrait se demander si le nazisme et le fascisme ne représentaient pas justement la suprématie de l’idéologie sur la personne? Est-ce qu’eux aussi ne croyaient pas en quelque chose de supérieur à la personne humaine pour laquelle il était légitime de mourir et de tuer? Et aujourd’hui ne courons-nous pas le risque que le multiculturalisme ne se mue lui-même en une idéologie qui aurait plus d’importance que la personne et que ses véritables droits fondamentaux?

Sources: (1), (2)

Il est toujours bon d'en revenir aux classiques, ici avec une citation d'Aristote :

L'absence de communauté nationale est facteur de guerre civile, tant que les citoyens ne partagent pas les mêmes valeurs de civilisation. Une cité ne se forme pas à partir de gens pris au hasard, et elle a besoin de temps pour se coaguler. C'est pourquoi, parmi ceux qui ont accepté des étrangers pour fonder une cité avec eux, et pour les intégrer à la cité, la plupart ont connu des guerres civiles. Par exemple, les tyrans de Syracuse, en ayant naturalisé les immigrés, ont dû subir des révoltes. Citoyens et étrangers en sont venus à se combattre.

Aristote, Politique, Livre V.

Le multiculturalisme est-il une idéologie alliée des islamistes?
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1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 13:14

Vous avez dit liberté d'expression ?

https://www.thenewamerican.com/culture/faith-and-morals/item/26127-judge-orders-removal-of-latest-undercover-video-implicating-planned-parenthood-abortionists

https://www.thenewamerican.com/culture/faith-and-morals/item/26127-judge-orders-removal-of-latest-undercover-video-implicating-planned-parenthood-abortionists

La tragédie que constitue l’avortement de masse connaît un nouveau développement aux Etats-Unis avec la publication par le Center for Medical Progress (CMP) d’une vidéo montrant des fonctionnaires et des avorteurs de Planned Parenthood se livrant à des tractations sordides, ce qui vaut à son auteur d’être traîné en justice. Les conversations, assorties de lourdes plaisanteries, tournent autour de la vente de morceaux de corps des bébés avortés. La vidéo a été tournée en 2014 et 2015 par des enquêteurs anonymes du CMP lors de conventions, à San Francisco, de la Fédération nationale pour l’avortement (NAF) américaine, principale structure de commerce des avorteurs. Aux Etats-Unis, le nombre annuel d’avortements dépasse le million, après un pic à 1,3 million en 1990.
 
On trouve dans ce document de quoi vaciller. Deborah Nucatola, directrice des services médicaux de Planned Parenthood y détaille les moyens d’avorter en protégeant, pour qu’ils restent négociables, les organes de l’enfant. « Vous savez, parfois, elle (l’acheteuse de tissus) va me dire qu’elle veut le cerveau, donc nous laissons la boîte crânienne intacte », explique-t-elle. « Ensuite nous essayons de la prendre ou, en fait, de prendre tout, vous voyez, et même de la séparer du reste des tissus pour ne pas les perdre », dit-elle.

 

Une nouvelle vidéo du CMP laisse des membres Planning familial s’accuser eux-mêmes [1]

 
Plus généralement, et en admettant sans ciller que leur travail consiste à « tuer », les avorteurs se lamentent de la « difficulté » à découper le fœtus. « Un globe oculaire m’est tombé sur les genoux, c’était dégoûtant », s’exclame le Dr Uta Landy, fondatrice du consortium de Planned Parenthood pour les fournisseurs, lors d’un discours devant la NAF. Rires dans la salle. Le Dr Lisa Harris, directrice médicale du Planned Parenthood du Michigan ironise : « Nos histoires n’ont pas vraiment leur place dans les discours et raisonnements des pro-vie, hein ? ». Et de se plaindre de « ces têtes qui restent collées et qu’on ne parvient pas à amputer ; de ces hémorragies qu’il faut gérer… voyez-vous, tout cela fait partie de notre métier, mais on a du mal à trouver le bon endroit pour en parler ».
 
Le Dr Susan Robinson, avorteuse de Planned Parenthood de Mar Monte, qui officie en Californie et au Nevada, raconte son usage de forceps pour extraire les bébés. « Vous y allez, vous y allez : est-ce que j’ai attrapé l’utérus ou le fœtus ? Ouf, oui, le fœtus. Non ? On n’a rien attrapé ? Alors on y retourne », dit-elle devant les enquêteurs masqués du CMP : « Le fœtus est une petite chose coriace, et l’extraire, je dis bien l’extraire, d’entrée c’est vraiment difficile ».

 

Le meurtre de masse passe par le dépeçage de petits d’homme – on en rigole

 
Dans un accès de sincérité mêlée de cynisme, le Dr Lisa Harris reconnaît la validité des arguments des militants pro-vie : « Comme nous considérons le fœtus comme eux et que nous pourrions convenir qu’il s’agit d’actes de violence, je me demande comment je peux venir travailler chaque matin. Oui concédons-leur toute cette violence ; c’est une personne, c’est un meurtre, concédons-leur cela ! ».
 
Le Dr Ann Schutt-Aine, directrice des services d’avortement au Planned Parenthood de la Côte du Golfe, explique qu’elle détourne souvent ce qui peut être considéré comme un avortement tardif, interdit par la loi fédérale américaine dite Partial-Birth Abortion Ban Act de 2003. Comment ? Elle tire l’une des deux jambes du bébé. Le texte définissant l’avortement tardif comme une extraction du corps du bébé, mais à l’exception de son cerveau, l’avorteur insère des ciseaux sous la boîte crânienne, aspire le cerveau puis peut tranquillement extraire le corps sans craindre de tomber sous le coup de la loi.

 

Deb VanDerhei « ne peut pas empêcher » le trafic d’organes et de tissus foetaux

 
La dimension mercantile ajoute à l’insupportable. La vidéo montre d’autres caciques de Planned Parenthood évoquer les besoins de sociétés de négoce des tissus fœtaux. « La vérité est que certaines cliniques en demandent pour augmenter leurs revenus », dit Deb VanDerhei, directrice du Consortium de Planned Parenthood pour les fournisseurs, « et nous ne pouvons pas le leur interdire ». « Je sais que Planned Parenthood vend un paquet de ce type de matériau », ajoute son directeur médical pour le Maryland, le médecin émérite Paul Blumenthal.
 
Deborah Nucatola, objet d’une plainte pour ses propos sur l’usage à but lucratif des embryons, a été relaxée par un grand jury au motif que les images des vidéos auraient été manipulées et montées à charge. En revanche, la NAF a traîné la CMP en justice pour avoir publié ces enregistrements. Le président du CMP, David Daleiden, a été inculpé le 3 mai par le procureur de Californie pour 15 délits. Daleiden est défendu par l’ancien procureur du comté de Los Angeles, Steve Cooley, et l’ancien procureur adjoint du même comté, Brentford J. Ferreire.

 

La vidéo David Daleiden n’a fait que montrer ce que les journalistes cachent

 
Plusieurs de ces enregistrements avaient fuité sur le site conservateur Got News, mais c’est la première fois que le Center for Medical Progress les a publiés en les sous-titrant. « Chacune des vidéos, pour la publication desquelles le procureur poursuit David Daleiden, a de toute évidence et sans discussion possible été tournée dans un lieu public et donc ne peut en aucun cas être considérée comme confidentielle », argumente Me Ferreira, qui ironise : « La seule différence entre les publications de Daleiden et la couverture quotidienne des journalistes de Californie est qu’il a enregistré les propos de personnes qui soutiennent le chef du parquet de Californie ». Aux Etats-Unis, les procureurs généraux des Etats sont la plupart du temps élus. Dans la tragédie de ce meurtre de masse, c’est toute la société qui est impliquée.

 

La video est interdite [2]

 


The New American l’avait mise en ligne dans son rapport du 25 mai, mais les images furent rapidement inaccessibles.
 
Un juge fédéral a ordonné le retrait de YouTube et d’ailleurs de la dernière vidéo infiltrée du groupe Pro-Life Center for Medical Progress (CMP), montrant des avocats et des dirigeants de Planned Parenthood dans une conversation horrible sur les bébés abandonnés : commentaires financiers sur la vente des tissus et des parties du corps de leurs victimes présumées assassinées.
 
Cette publication violerait, selon le juge, une injonction préliminaire antérieure : la Fédération nationale de l’avortement avait soutenu que l’accès public aux vidéos pourrait mettre en danger ses membres…
Le procureur Brentford Ferreira dénonce, lui, une « chasse aux sorcières », car chaque enregistrement vidéo (pour lequel l’enquêteur principal David Daleiden a été à chaque fois inculpé) a été de manière évidente et incontestable fait dans un lieu public où il ne pouvait pas être considéré comme « confidentiel ».
 
Mais l’idéologie empiète inévitablement sur l’impartialité de la justice…

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1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 12:25

Introduction

 

Pour combattre efficacement le Nouvel ordre mondial promu par les élites globaliste coupées de la civilisation occidentale, nous proposons le programme catholique suivant. La double nature de l'homme matérielle et spirituelle n'est pas prise en compte par nos états modernes qui ne retiennent que la dimension matérielle, puisqu'ils sont des états "laïcs". Or, il arrive un moment où cette vision incomplète de la nature de l'homme pèche par son défaut essentiel : un vide est laissé que ne parvient pas à combler la république "laïque". Entre temps, le vide aura eu des conséquences terribles (loi du plus fort, mépris des pauvres et des faibles, nomadisme, eugénisme, pollution, nivellement culturel, appauvrissement général, sur-enrichissement des riches, règne de l'argent, totalitarismes, etc.).

 

La conception incomplète de la nature humaine dans nos états modernes est une attaque en règle de la Création et de la nature en général. C'est une conception anti-écologiste et a-humaine qui ne conçoit la nature que coupée de son Créateur, et la nature de l"homme, que comme coupée, amputée de sa dimension spirituelle, pour ne plus retenir que la dimension matérielle et ne retenir encore cette dimension que d'une manière désordonnée (l'âme doit animer la matière et non l'inverse). C'est à proprement parler un enjeu de civilisation, la guerre de la civilisation contre la barbarie.

 

On sait en effet depuis les philosophes classiques Socrate, Platon et Aristote, au moins deux choses : l'homme n'est pas qu'un animal politique, il a une âme, et au-dessus de la terre il y a un Ciel. Nos ancêtres les Gaulois n'avaient d'ailleurs qu'une crainte, c'est que le Ciel ne leur tombe sur la tête.

La deuxième chose est  que toute la civilisation occidentale a vécu sur les valeurs créées par l'hellénisme enrichi de l'apport chrétien. Et cette civilisation reconnaissait la supériorité de la pensée rationnelle sur la force de la nature, la supériorité de l'esprit sur la matière. La poésie, les lettres, la philosophie classique, l'art de persuader les sophistes (contre l'amoralisme de Calliclès, "l'homme mesure de toute chose" ou la loi du plus fort de Protagoras), le raisonnement, la logique, la recherche du Vrai, du Beau, du Bien (Platon et le monde des idées, Aristote dans le monde de la nature), la politique, conçue comme l'art de l'organisation sociale qui libère l'homme de formes de domination fondées sur la force brute pour tendre à faire de la cité le cadre d'une amitié partagée en vue du Bien commun et de la vertu (Aristote), les sciences elles-mêmes (Pythagore, Démocrite, Anaxagore, Euclide, Archimède), l'architecture, la peinture, la sculpture qui délaisse le colossal, l'écrasant pour tendre à un idéal d'équilibre (Phidias, Praxitèle, Polyclète, Lysippe), toutes ces parties de la culture européenne étaient organisées autour d'un même idéal contre le règne de la tyrannie et de l'arbitraire : le primat de la pensée était la garantie de la liberté (eleutheria), le règne de la raison, la loi commune. Toute l'histoire européenne est emprunte de cette souveraineté de l'esprit et de cette exigence.

 

Or, depuis 1789 et la "Grande Révolution", nos états sont organisés comme s'il n'y avait aucun fondement politique ultime.

 

Notre programme s'articulera donc autour d'une double exigence : un réarmement moral et spirituel afin de combler le vide laissé par la modernité.

 

Un réarmement moral

 

Une définition du fondement de la politique

 

Sous couvert de démocratie, c'est le règne de l'absurde et du vide. L'indétermination ultime de la politique comme fondement et garantie de la liberté politique est une absurdité anti-historique et anti-civilisationnelle qui transforme petit à petit nos sociétés dites "démocratiques" en états policiers totalitaires où Antigone a perdu et où Créon a gagné.

 

La France et l'Europe ont besoin de revenir aux éléments vitaux qui les ont vu naître et se développer. La France a besoin d'une constitution qui reconnaisse l'existence d'un ordre transcendantal. Il y a un bien et un mal. La constitution doit borner la volonté du prince, afin que tout ne lui soit pas permis (condamnation du volontarisme révolutionnaire). Le respect des lois naturelles données par le "roi de toutes les créatures" (Dieu), dont "ni le Sénat, ni le peuple ne peuvent nous délier de l'obéissance", "que l'homme ne peut méconnaître sans se fuir lui-même, sans renier sa nature, et par cela seul, sans subir les plus dures expiations"  (Cicéron, De republica, libri III, 17) est une exigence de la raison.

 

Antigone, héroïne de la loi naturelle, rappelle aux tyrans de la modernité qu’il existe une loi naturelle indépendante de la volonté de l’homme, une loi de notre nature, cette loi de raison qu’on ne saurait violer sans violer notre humanité.

Antigone, héroïne de la loi naturelle

Antigone, héroïne de la loi naturelle

Pour l'essentiel ce programme a pour moyen de réinscrire l'homme dans son environnement et pour finalité de lui permettre de sauver son âme.

 

Une nécessité anthropologique

 

Plus qu'une nécessité idéologique, c'est une nécessité anthropologique qui guide notre programme. Il s'agit de redécouvrir les besoins de la nature humaine, besoins matériels et spirituels, qui quoi qu'en disent les globalistes ne sont pas pas pris en compte dans leur agenda. D'où pour une grande partie le ressenti cruel d'un vide, le désintéressement et la défiance des Français vis-à-vis d'une politique absurde nous conduisant aux abysses.

 

Les fabricants du consentement ne veulent pas simplement le pouvoir, ils veulent aussi notre âme. Ils suppriment la liberté de conscience et fabriquent la parole autorisée, la maîtrise du licite et de l'illicite (exemple : "je suis Charlie"), la censure de toute idée qu'ils auront jugé illégitime.

 

Tout l'enjeu pour l'hyperclasse mondialisée consiste à créer en politique une symbolique assez puissante destinée à contrer la symbolique des peuples enracinés, ce que les publicitaires appellent une lovemark (une concept venu du marketing, introduit et popularisé par Kevin Roberts responsable de l’agence Saatchi & Saatchi dans son ouvrage éponyme en 2005. Selon l’auteur, une lovemark est une marque qui va au delà d’une relation de fidélité classique et qui génère de l’amour et du respect auprès des consommateurs et acheteurs. Toujours selon l’auteur, cette "relation amoureuse" ou affective est générée par trois composantes essentielles qui sont le mystère, la sensualité et l’intimité. La notion de lovemark ou de love brand a été ensuite reprise et élargie par d’autres auteurs dont l’objectif est le plus souvent de distinguer la notion d’attachement ou de fidélité rationnelle à une marque de celle d’amour ou de passion plus ou moins irraisonnée. Il s’agit alors de montrer comment cet "amour" peut être créé et de démontrer sa "rentabilité" pour la marque). Une marque qui joue sur les ressorts affectifs et émotionnels, et dont les consommateurs citoyens ne peuvent que s'éprendre tellement elle a de qualités..., explique Patrick Buisson dans sa conférence de Versailles.

 

 "Si depuis mai 68, les classes dirigeantes se sont employé à délégitimer la représentation transcendante des anciennes figures de l'autorité comme autant de formes surannées du contrôle social, si elles ont abjuré l'autorité comme principe, elles n'ont pas pour autant renoncer à l'autorité en tant que fonctionnalité, en tant qu'outil indispensable à l'induction du consentement, de l'obéissance, voire de la soumission des gouvernés. La dissolution de l'autorité n'as pas conduit à la liberté mais à une nouvelle forme de domination : la domination par la séduction. [...] Le pouvoir s'exerce désormais de moins en moins dans l'espace de la souveraineté et de plus en plus dans l'univers de la communication" - "coeur de la médiasphère" - via un univers de fabrication du consentement, véritable usine à manipuler des esprits, une ingénierie du "contrôle social impulsé par le pouvoir politico-médiatique, afin de dicter aux Français leur conduite et leurs pensées". Il est une nécessité de sortir de cette politique de l'avilissement de l'âme humaine. La liberté de conscience doit être réaffirmée, l'âme humaine sanctuarisée.

 

Un réarmement spirituel

 

Pas de table rase ni de construction ex nihilo : les racines du ciel

 

Le Christ s'est défini comme "le chemin, la vérité et la vie" (Jn, 14:6). Les fondamentaux spirituels sont la justice, l'amour (de Dieu et de son prochain), la vérité et la beauté. Ces absolus sont la base de toute civilisation. Ils étaient au coeur de la civilisation européenne jusqu'en 1789.

 

L'idée que la communauté construise quelque chose dans l'invisible et que chaque génération est redevable de la pierre qu'elle apporte à l'invisible est l'idée de la verticalité. La république n'apporte aucune verticalité puisque elle est "laïque" : ce laïcisme est en fait un laïcisme anti-spirituel et anti-humain qui détruit notre monde.

 

La prise en compte de la verticalité est nécessaire à toute société qui veut être pérenne, elle permet à l'homme de nourrir sa nature spirituelle, et d'élever son âme.

 

La laïcité c'est le christianisme qui l'a inventée: il y avait plus de laïcité avant 1789 qu'aujourd'hui où nous assistons symétriquement au développement de l'état moderne progressiste à l'absorption du spirituel par le temporel ("islam de France"), des états qui cherchent à produire une religion d'état ("religion de la république", religion du progrès, le "bougisme", la croyance en la promesse d'un développement durable et illimité, l'"avènement du changement perpétuel non comme un moyen pour parvenir à sa fin mais comme sa propre fin").

 

la France compte aujourd'hui six millions, soit 10% de la population, de consommateurs d'anti-dépresseurs et d'anxiolytiques. Elle détient le record mondial de consommation de médicaments psychotropes avec 65 millions de boîtes vendues par an (une par habitant). "Nos sociétés sont les premières de l'histoire à rendre les gens malheureux de ne pas être heureux" (Pascal Bruckner).

 

Face au développement de ces nouvelles religions séculières, religions qui échouent, nous devons réaffirmer la religion historique qui a fait la France.

 

Une écologie

 

Contre la destruction de la planète, notre projet replace l'homme dans son environnement.

Respecter de notre environnement, c'est respecter la Création.

Une écologie c'est créer un espace social harmonieux qui satisfasse nos besoins essentiels sans destruction de l'environnement.

 

Une identité

 

Une écologie réaliste est la prise en compte de l'environnement immédiat, la recherche et la découverte d'une histoire, d'une lignée, d'un héritage reçu, la richesse de ceux qui nous ont précédé et l'héritage que nous-mêmes nous transmettrons.

 

La promotion de l'identité locale permet de lutter contre le projet globaliste négateur des identités culturelles (la France n'a pas de culture, pas d'art selon Emmanuel Macron).

 

Conclusion

 

En 410 ap. J.-C. eut lieu de la "Sac de Rome" par les Barbares, prélude à la chute de Rome 66 ans plus tard : une "conséquence d'une rébellion à l'intérieur de l'empire" (Paul Veyne). Les Goths avaient été installés et constitués au coeur du monde romain par le foedus de 382. Le Sac de Rome de 410 marque l'échec de l'idée d'impérialisme. Les historiens allemands parlent de la "migration des peuples" (Völkerwanderung) qui commence en 360 ap. J.-C... La Chute de Rome était inscrite dans sa nature dès sa fondation par Romulus comme un empire ouvert "à tous les fugitifs..." (PLUTARQUE, Vies, Romulus et TITE-LIVE). L'ouverture fut ainsi l'élément principal de la décomposition de l'empire romain. L'idéologie de l'"ouverture" est une erreur qui conduit tout état à être conquis de l'intérieur.

 

"Aucune civilisation n’est détruite du dehors sans s’être tout d’abord ruinée elle-même, aucun empire n’est conquis de l’extérieur qu’il ne se soit préalablement suicidé" (René GROUSSET, Bilan de l’histoire, 1946).

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30 mai 2017 2 30 /05 /mai /2017 19:45

Après ils feignent de s'étonner d'une chute générale du niveau d'adhésion des européens aux institutions de l'UERSS... Comme pour le referendum négatif des Français en 2005 contourné deux ans plus tard sous Sarkozy, les Pays-Bas ratifient l'accord d'association avec l'Ukraine contre la volonté du peuple néerlandais exprimée lors d'un referendum en 2016.

Contre la volonté du peuple, les Pays-Bas ratifient l'accord d'association avec l'Ukraine

En dépit du référendum qui s'est tenu en avril 2016 et lors duquel les Néerlandais se sont prononcés contre l'accord d'association entre l'Ukraine et l'UE, le Sénat des Pays-Bas l'a ratifié mardi 30 mai en présence du Premier ministre Mark Rutte et du ministre des Affaires étrangères Bert Koenders.

 

Le référendum sur l'association entre l'Ukraine et l'Union européenne a eu lieu aux Pays-Bas le 6 avril 2016. Ses résultats définitifs ont été publiés le 12 avril. 61 % des votants se sont prononcés contre l'accord d'association, soutenu par un peu plus de 38 %. Un taux de participation de 32 % a permis de considérer le référendum comme valide, bien que son résultat soit non-contraignant.

Source: Sputnik

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30 mai 2017 2 30 /05 /mai /2017 18:27

Lors de la conférence de Versailles hier avec le président russe, Emmanuel Macron a critiqué les médias russes. Il ferait bien de se regarder dans une glace !

À en croire Emmanuel Macron, Sputnik et RT ne feraient que fabriquer à la chaîne des «fake news», alors que les médias mainstream seraient tout à fait impartiaux et objectifs. Or, plusieurs internautes ne voient pas les choses de cet œil et dénoncent ouvertement le « deux poids, deux mesures » du Président français.

 

Emmanuel Macron a expliqué lors de sa première rencontre avec Vladimir Poutine que les journalistes de Sputnik et de RT n'ont pas eu accès à son état-major électoral pendant la récente présidentielle française parce qu'il considérait que ces médias « diffusaient des contre-vérités ».

 

« J'ai toujours eu une relation excellente avec les journalistes étrangers, encore faut-il qu'ils soient journalistes. RT et Sputnik ne se sont pas comportés comme des organes de presse, mais comme des organes d'influence, de propagande », a-t-il affirmé.

 

Et si on se penchait sur l'«impartialité» des médias mainstream lors de la campagne présidentielle de 2017 en France? Les internautes n'ont pas hésité à le faire et à tourner entre-temps en dérision les allégations du Président.

 

C est l hopital qui se moque de la charité!

 

Comme les médias de tes amis milliardaires qui ont fait ta campagne électorale: Le Monde, Le Point, LObs, BFMwc

 

Oui, mais France2, France Inter… Financés 100% par l'État, organe de propulsion de Macron pendant la campagne!!!

 

Nombreux sont ceux qui lui rappellent que certains médias français n'ont eu de cesse d'épauler de façon pour le moins voyante la candidature d'Emmanuel Macron tout au long de la campagne présidentielle, d'autant plus que « ses amis milliardaires » en possèderaient le contrôle total.

 

Ainsi, les internautes se demandent si Macron considère de telles publications comme de la propagande :

Macron critique les médias russes : "L'hôpital qui se fout de la charité", selon la Twittosphère
Macron critique les médias russes : "L'hôpital qui se fout de la charité", selon la Twittosphère

Le Monde, lui aussi, n'a pas été épargné, le journal ayant fait avec beaucoup d'obséquiosité l'éloge de l'«audace» du Président.

 

"Journalisme" @ lemonde.fr : "Gloire à notre guide" !

Macron critique les médias russes : "L'hôpital qui se fout de la charité", selon la Twittosphère
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30 mai 2017 2 30 /05 /mai /2017 06:34

Conférence de Patrick Buisson le mardi 16 mai 2017 au Théâtre Montansier à Versailles. Extrait :

 

"Que s'est-il passé en France le 7 mai 2017 ? Les observateurs ont signalé un vaste mouvement de transhumance qui a affecté plus de vingt millions d'électeurs. Etaient présentes ce jour-là les trois catégories jadis recensées par le regretté Philippe Muray : les matons de panurge destinés à surveiller la chiourme, les mutés de panurge qui constituaient le gros du cheptel, et évidemment la variété urbaine et diplômée de l'espèce, les mutins de panurge, toujours assez tapageurs dans leur déplacement.

 

Les mutins, c'est-à-dire les nouveaux rebelles, et le rebelle est celui qui toujours dit oui. L'homme moderne ne se sent jamais aussi personnel que lorsqu'il fait la même chose que ses voisins. La rébellion n'est plus ce qu'elle était. Un grand écrivain, comme Emil Cioran, l'a pressenti lorsqu'il disait 'pour punir une idée, les dieux la condamnent à enthousiasmer les imbéciles.'

 

Vingt millions de marcheurs le 7 mai. Vingt millions. Ils se sont mis en marche. Vers où, vers quoi ? La question est superflue. Cela n'a aucune espèce d'importance. L'important, c'est le mouvement. En marche, n'est qu'à bien y regarder la déclinaison remise au goût du jour du slogan de François Hollande en 2012 : 'Le changement, c'est maintenant', disait-il.

 

Nous sommes ici au coeur du bougisme. Cette ultime métamorphose de l'idée de progrès. Une idée à bout de souffle, mais qui connaît un nouveau regain à travers le bougisme. C'est-à-dire le règne du mouvement devenu l'essence même de l'existence, l'avènement du changement perpétuel non comme un moyen pour parvenir à sa fin mais comme sa propre fin. Le programme c'est simple, c'est la tribulation, à pieds, en rollers, à trottinette. On ne doit plus parler de foule ni de masse, mais simplement de flux. Voilà ce qu'en disait prophétiquement un grand écrivain, Alexandre Vialatte au début des années 60 : 'L'homme est devenu fluide. Autrefois il fut granuleux, chacun des gras comptait, sa naissance et sa mort s'entourait de mille cérémonies, son mariage faisait mille histoires, on en finissait plus de chanter sur son cercueil. On imaginait pas que le bonheur de la masse fut autre chose que le bonheur de l'individu multiplié par un grand nombre. Nous avons changé tout cela. Il y a maintenant des bonheurs de groupes qui se passent parfaitement de la joie de l'individu. On ne veut plus voir cet homme. On l'enterre au galop, il ne compte plus qu'en masse pâteuse, on le travaille comme les berlingots.' En fait, ce que décrivait Vialatte, l'homme pâteux, c'était le dernier stade avant l'avènement de la société liquide, si bien décrite par le sociologue Zygmunt Bauman. Autrement dit, le règne de l'homme sans consistance, le règne de l'homme sans qualité, le règne de l'homme interchangeable. 'L'individu, disait Maritain avant guerre, c'est la personne dissoute dans la matière'. Nous y sommes. 

Conférence de Patrick Buisson du 16 mai 2017

Alors cette élection, ce flux qui s'est écoulé, il l'a faite sans encombre. Mais quand on regarde les choses de près, on peut faire quelques constats, qui ne sont pas des constats polémiques mais qui relèvent simplement de la politologie et de l'observation.

 

La présidentielle 2017 aura vu le triomphe des médiagogues. Jamais sans doute n'a-t-on pu assister à une telle opération de manipulation politico-médiatique, opération destinée à obtenir le consentement des masses. Pardon, des 'flux'. Pour la première fois, la télégouvernance a monopolisé tous ses moyens au service d'un seul candidat, d'une seule candidature. Pas un seul grand medias, qui n'ait fait peu ou prou allégeance à Emmanuel Macron. Malheur à celui qui ne présentait pas son certificat de conformité à la patrouille des idées légitimes. Quelques rares résistants ont bravé ce couvre-feu de la pensée. Je pense à Régis Debray, Emmanuel Todd, et quelques autres. La vérité est qu'on n'a jamais vu manipulation aussi efficace et à l'arrivée une docilité des masses. Vingt millions qui se sont mis en marche. Les médias ont réussi à travers cette campagne à imposer une nouvelle technologie du pouvoir. 1984, le roman de George Orwell, aura connu là, en France, à l'occasion de cette élection, sa meilleure adaptation sous la forme d'une époustouflante série de télé-réalités, dont nous avons été les otages et les victimes consentantes. Quand je dis nous, c'est une figure de style, vous le comprenez bien.

 

Car si depuis mai 68, les classes dirigeantes se sont employé à délégitimer la représentation transcendante des anciennes figures de l'autorité comme autant de formes surannées du contrôle social. Si elles ont abjuré l'autorité comme principe, elles n'ont pas pour autant renoncer à l'autorité en tant que fonctionnalité, en tant qu'outil indispensable à l'induction du consentement, de l'obéissance, voire de la soumission des gouvernés. La dissolution de l'autorité n'as pas conduit à la liberté mais à une nouvelle forme de domination : la domination par la séduction. C'est évidemment moins douloureux que l'ordre qui vous dégringolait d'en-haut.

 

A l'ère de la communication, ainsi que l'avait pressenti Antonio Gramsci, la relation de domination ne repose plus en effet sur la propriété et les moyens de production, elle dépend de l'aliénation culturelle que le pouvoir est en mesure d'imposer via la représentation de l'événement. Ils appellent cela le 'narratif du réel'. Ce narratif du réel a une fonction, un but. Il détermine ce que l'on doit ou ne doit pas savoir et penser de la réalité, les formes de manipulation et d'assujettissement, plus enveloppantes et plus insidieuses, qui trouvent leur modèle inconscient dans l'emprise maternelle, sont désormais jugées plus performantes et donc préférables aux anciens formes patriarcales de la domination. Avec la télégouvernance, nous sommes passés de l'âge des démagogues à l'ère des médiagogues. Dans l'Antiquité grecque, le démagogue est celui qui flatte et exploite les passions de la plèbe. De Philon d'Argos à Denys de Syracuse, en passant par Pisistrate, le premier geste du démagogue est de procéder au bannissement des oligarques. Le médiagogue, lui, au contraire, est l'agent exécutif de l'oligarchie, son auxiliaire patenté. Là où le premier exploite l'instinct et la flagrance du bon sens, le second instrumentalise l'émotion et les bons sentiments pour tenter d'imposer son point de vue à la majorité. Adrénaline et moraline sont les deux substances que secrète la machine médiatique afin de produire de l'hébétude et fabriquer du consentement... Alors avec une différence majeure néanmoins avec l'Antiquité grecque. Si l'ancienne tyrannie que Platon décrit dans La République, fait endosser au peuple 'la livrée de la servitude la plus rude et la plus amère', cette tyrannie s'arrêtait néanmoins au seuil de la conscience. Elle était circonscrite à l'asservissement des corps. Il en va autrement avec la dictature molle de la médiacratie, qui au-delà de la régulation des comportements et du contrôle social, vise, cherche à façonner le jugement et prétend à la maîtrise des esprits. Tout le travail des adeptes de l''émancipation' (sic) a été de convertir la transgression permanente de l'héritage en impératif catégorique. Elle aura donc consisté en vingt cinq siècles à troquer les chaînes de l'esclave (l'asservissement physique) contre les ficelles de la marionnette : la maîtrise de la pensée. Saluons comme il se soit ce progrès de la dignité humaine !

 

 

A cette manipulation des esprits, il y avait déjà eu une répétition générale, vous vous en souvenez avec la manifestation du 11 janvier 2015 contre les premiers attentats islamistes. Tout le monde a en mémoire le fameux 'pas d'amalgame'. La plus grande manifestation de contrôle social jamais impulsé par le pouvoir politico-médiatique, afin de dicter aux Français leur conduite et leurs pensées, en s'arrogeant la production de la parole autorisée, la maîtrise du licite et de l'illicite. [...] Tout l'enjeu consiste désormais à créer en politique ce que les publicitaires appellent une lovemark (Le concept de lovemark a été introduit et popularisé par Kevin Roberts responsable de l’agence Saatchi & Saatchi dans son ouvrage éponyme en 2005. Selon l’auteur, une lovemark est une marque qui va au delà d’une relation de fidélité classique et qui génère de l’amour et du respect auprès des consommateurs et acheteurs. Toujours selon l’auteur, cette « relation amoureuse » ou affective est générée par trois composantes essentielles qui sont le mystère, la sensualité et l’intimité. La notion de lovemark ou de love brand a été ensuite reprise et élargie par d’autres auteurs dont l’objectif est le plus souvent de distinguer la notion d’attachement ou de fidélité rationnelle à une marque de celle d’amour ou de passion plus ou moins irraisonnée. Il s’agit alors de montrer comment cet « amour » peut être créé et de démontrer sa « rentabilité » pour la marque. Ndlr.). Une marque qui joue sur les ressorts affectifs et dont les consommateurs citoyens ne peuvent que s'éprendre tellement elle a de qualités...

 

Le phénomène Macron se présente comme un avatar français, une rémanence de l'idée selon laquelle la politique est une opération de séduction des foules sentimentale, qui s'exerce d'abord par le corps, et avec le corps. Son élection est le point d'aboutissement d'un inexorable processus d'abaissement de la chose publique, au terme duquel les politiques ont délibérément renoncé à une stratégie de puissance au profit d'un jeu d'influence, où le pouvoir s'exerce de moins en moins dans l'espace de la souveraineté et de plus en plus dans l'univers de la communication. C'est-à-dire à l'intérieur même, au coeur de la médiasphère.

 

Vous vous êtes sans doute satisfait comme moi que le nouveau président convoque un certain ordre symbolique. Après les deux précédents, cela nous change. Fidèle en cela à l'idée française que le pouvoir s'exerce non pas par délégation mais par incarnation. Toute la question maintenant est de savoir à quoi vont servir le corps politique et le corps mystique d'Emmanuel Macron. De quoi Emmanuel Macron est-il le nom ?

 

[...] Il a bien une vision de l'homme: pas de racines, ni de lieux comme première composante du lien, pas d'appartenance à subir, le moins de passé possible, l'obsolescence programmée des anciens modes de vie légués au corps social.

Si être c'est habiter, habiter un lieu, un corps, une nature, une culture, une histoire, alors l'homo œconomicus cher à macron est un dés-habitant, un homme engagé dans un processus de mutabilité perpétuel de destruction créatrice, aux mains de Schumpeter et de démiurgisme technologique. Ce dés-habitant a néanmoins une adresse, on la connaît : Silicon Valley, Californie, USA.

 

Macron n'est pas le remède à la crise de la société française, il en est le symptôme. Il est la figure la plus aboutie et la plus chatoyante de la déliaison libérale, qui ne veut connaître que des hommes détachés, délestés, désaffiliés, désinstitués de toute appartenance et de toute obligation communautaire, et par-là même soustraits au sacré, la religion étant vous le savez étymologiquement religare, ce qui relie, ce qui relie l'homme au monde, à lui-même, aux autres, à ce qui est vrai, réel, permanent, durable, non fluctuant, non flexible, non mobile, chargé de sens, en un mot : l'être.

 

Face à lui, face à ce trou noir tapageur et désormais tentaculaire, les populismes de Le Pen et Mélenchon exprimait confusément, maladroitement, et parfois lamentablement, il faut bien le dire, la nostalgie des appartenances communautaires et des solidarités perdues. [...] En niant l'existence d'une culture française, Emmanuel Macron s'est posé en chef de file de ce que le philosophe allemand Peter Sloterdijk appelle la génération anti-généalogique, la génération de la modernité. [...] Avec Macron, c'est ce nouveau monde qui est entré à l'Elysée.

 

Ce monde, c'est aussi celui de l'économisme, c'est-dire le monde où l'économie commande l'organisation de la société, ou l'idée qui vient du monde anglo-saxon qui veut que l'économie fasse à elle seule société. Le parti de l'économie est le parti des révolutionnaires au sens où l'entendait Gorge Bernanos quand il définissait la dictature de l'économique comme la forme bourgeoise de la Révolution. En dépit de sa prétention à la scientificité, à se substituer à tous les autres savoirs (sociologie, histoire, anthropologie), en dépit des faits qui ridiculisent régulièrement les prédictions de ses prétendus 'experts', cette croyance - car c'en est une - a répandu l'illusion partagée à la fois par les marxistes et par les libéraux. A la vérité, l'économisme est la nouvelle religion moderne, celle qui aspire à combler notre soif d'infini, par la promesse d'un développement durable et illimité. Les mots même de l'économie ont insidieusement colonisé notre vocabulaire usuel (gérer, investir, plus-value, challenge)... Je ne dis pas que ce n'est pas important, je dis que ce ne sont pas les ressorts du vote. La bataille des chiffres s'est substituée à la bataille des idées. [...] D'où ces illuminés de l'économisme, un dogmatisme, un fanatisme volontiers allumeur de bûchers, qui s'emploie à subvertir le champ politique, afin d'en chasser toutes les visions non utilitaristes du monde, et de la vie en société. [...] Cette belle mécanique s'est enrayée avec la crise financière de 2008, lorsque le règne de l'économie a révélé ses limites. La crise de 2008 a en effet fait apparaître la faiblesse de l'anthropologie matérialiste qui veut que les êtres humains se comportent comme des êtres rationnels, des individus calculateurs exclusivement investis dans la poursuite de leurs intérêts matériels immédiats et en concurrence sauvage les uns avec les autres, dans la recherche du profit maximal. Avoir plus pour être plus. La quête de ce Graal désespérant a perdu une partie de son attrait. L'économisme est progressivement apparu pour ce qu'il était : le parti de l'uni-dimensionalité, le parti des grandes surfaces, qui ignore toute profondeur et toute transcendance, et inspire à substituer à tout ce qui propose un salut hors de l'économie (religion ou politique) la seule vérité de l'économie. [...] Qui peut douter aujourd'hui que la sosiété de consommation n'est rien d'autre qu'une société de consom-nations. L'homme réduit à l'économie réduit sa nation à une grande surface qui fait des soldes ou du crédit. Qui peut croire que l'identité d'un pays se ramène à son PIB et que la croissance peut opérer le réenchantement du monde ?

 

Depuis la fin des années 90, la montée en puissance de l'abstention et du vote populiste dans tous les pays anciennement  industrialisés martèle partout le même message, à savoir que la société de la consommation et de l'avoir n'est pas seulement la société du mal-être mais aussi la société qui est celle du manque à être.

 

 

[...] Nos sociétés marquées par l'idée de progrès font parfois une certaine référence à Dieu, mais jamais au diable. L'idée de péché originel est sans doute l'idée la moins acceptable aux yeux des modernes et de nos contemporains. Or le péché originel du progrès c'est de ne pas croire au péché originel. Et il s'agit bien là de la dérive qui a affecté la droite de gouvernement depuis des décennies, et du moment où le parti du mouvement auquel la gauche était depuis un siècle identifié, l'éloge mécanique du progrès et de la modernité (interdiction de regarder en arrière) se trouve frappé d'obsolescence, moment où la croyance religieuse en la rédemption par la technique, cette domination de l'esprit par ce dont l'esprit est absent, selon la merveilleuse définition de Carl Schmitt, se heurte à un scepticisme croyance.

 

C'est ce moment-là que choisit une partie de la droite dans le sillage de l'hyperclasse mondialisée pour reprendre à son profit le thème du changement, illustrant le tableau clinique que brossait déjà Mark Twain à la fin du XIXe siècle : 'Les gens de gauche inventent des idées nouvelles, quand elles sont usées, la droite les adopte !' Ce que Chesterton avait résumé par un trait encore plus fulgurant : 'Le monde est divisé entre conservateurs et progressistes. L'affaire des progressistes est de continuer à faire des erreurs, l'affaire des conservateurs est d'éviter que les erreurs ne soient encore réalisées.'

 

[...] L'invention du 'progrès' au XVIIIe siècle a fait de deux hérésies chrétiennes deux idéologies séculières. Elles ont dominé le monde pendant près de deux siècles. Première hérésie : le pélagianisme, qui rend l'homme totalement libre de faire son salut par lui-même, sans intervention de Dieu. Le véritable inspirateur de l'homme macronien, l'homme auto-entrepreneur de son salut), ce n'est ni Luther ni Calvin, c'est le moine Pélage qui vécut au IVe siècle. L'autre hérésie est le calvinisme qui lui, fait dépendre le salut de la seule grâce de Dieu, sans intervention de la liberté humaine. D'un côté plus loin dans la liberté de l'homme, de l'autre plus loin dans la toute puissance de Dieu. Ainsi, deux erreurs ont fait deux progrès : l'amour de l'homme jusqu'à la mort de Dieu (progrès marxiste), l'obéissance à Dieu jusqu'au refus du libre arbitre (progrès capitaliste). Ces deux idées-là du progrès sont mortes, ou agonisantes. Et avec elles, la religion du progrès, qui constitua également la matrice de tous les systèmes totalitaire du XXe siècle.

 

Emmanuel Macron, le candidat pro business, le candidat geek des technologies de pointe, porteur d'une promesse d'un paradis de prospérité et de croissance économique, pourvoyeuse de confort et de vie heureuse (les 'jeunes vieux' dont je parlais tout à l'heure), à peine entré en fonction, il a déjà une utopie de retard. Ces gens-là aiment se présenter comme la jeunesse du monde alors qu'il ne sont que la vieillesse de l'homme. Il a une utopie de retard car la promesse fondatrice du progrès, l'assurance absolue d'une amélioration, inéluctable, générale et universelle, cette promesse ne fait plus recette parce qu'elle a failli sur la question du bonheur.

 

L'indicateur de cet échec, on le trouve dans la croissance exponentielle de la production, de la consommation et du trafic de la drogue à l'échelle de la planète. Le chiffre d'affaires mondial du trafic des stupéfiants, faut-il le rappeler, n'est dépassé que par le commerce de l'alimentation et celui du pétrole. Il se situe devant celui des médicaments. L'explosion du trafic de la drogue au coeur du village global, au coeur du village planétaire procède du principe fondateur de la modernité : la déception, l'attente toujours insatisfaite de plaisirs croissants, immédiats, l'incompréhension et le rejet de la nature humaine lorsqu'elle amène le vieillissement et l'affaiblissement du corps. En cela, il exprime le décalage entre le bonheur promis et le bonheur réel dans nos sociétés... Comme l'écrit Pierre de La Coste, dans le livre 'L'Apocalypse du Progrès', 'le progrès est en lui-même un crack, mélange d'addictifs d'héroïne individualiste et de cocaïne déterministe qui fait de l'homme un dieu.' Ajoutons pour compléter ce bilan que la France compte aujourd'hui six millions, soit 10% de la population, de consommateurs d'anti-dépresseurs et d'anxiolytiques et qu'elle détient le record mondial de consommation de médicaments psychotropes avec 65 millions de boîtes vendues par an (une par habitant).

 

La promesse du progrès et la dictature du bonheur qui l'a suivait comme un ciel de traîne auront été le paradis artificiel par excellence du demi-siècle qui vient de s'écouler. Erigée en impératif catégorique, l'injonction au bonheur a amplifié le désarroi de ses victimes et transformé l'hédonisme en pensum. Voilà comment nos sociétés, comme le dit Pascal BRUCKNER, sont 'les premières de l'histoire à rendre les gens malheureux de ne pas être heureux'.

 

Socialisme et capitalisme, ces 'deux idées chrétiennes devenues folles' (Chesterton) sont en train d'achever leurs courses : le mystère chrétien est disponible pour une autre aventure de l'esprit. Toute la question est de savoir maintenant laquelle."

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29 mai 2017 1 29 /05 /mai /2017 16:00
Conférence de Versailles : une revanche de la culture et de l'art français et une déclaration agressive inutile d'Emmanuel Macron

A l'occasion des 300 ans de la naissance des relations diplomatiques franco-russe, le président de la Russie Vladimir Poutine était invité aujourd'hui par Emmanuel Macron au Château de Versailles. Le président français a parlé de relancer les relations "stratégiques et économiques".

 

Il y a 300 ans, en 1717, deux ans après la mort de Louis XIV, alors que la Russie était menacée par la montée en puissance de la Suède et de la Prusse, le tsar Pierre le Grand vint à Paris, et passa plusieurs jours au château de Versailles, résidence des rois. Il rencontra le jeune roi Louis XV, âgé de 7 ans, qu'il prit dans ses bras. Cette visite du tsar en France fut organisée afin de sceller l'alliance franco-russe, mais aussi parce que Paris représentait à cette époque la Patrie de la culture et de l'art. C'est ainsi la revanche de cette "culture" française qui n'existe pas pour l'actuel président de la république et de cet art français qu'il disait n'avoir "jamais vu" !

 

Colbert, le "véritable artisan du Grand Siècle", supervisa la construction du  château de Versailles. Cette oeuvre d'art déclencha dans toute l'Europe une véritable course à la construction de répliques dans des parcs remplis de fontaines. En Russie, Pierre le Grand fit construire dans les faubourgs de Saint-Pétersbourg, ville natale de Vladimir Poutine, un ensemble de bâtiments, le complexe de Peterhof, entouré de jardins et de parcs.

 

Philippe Erlanger, haut-fonctionnaire et écrivain, calcula qu’en comptant les deux Trianon, sur un demi-siècle, Versailles n’a pas coûté plus cher qu’un porte-avion moderne : il a coûté le prix du déficit de l’exposition universelle de Léon Blum en 1936 ou encore le prix d'une campagne électorale d’un Président de la République (P. Erlanger, Louis XIV, La Table ronde 1960). Sans compter ce que continue de rapporter à la république dite française le Château de Versailles aujourd'hui, Louis XIV a enrichi la France bien plus qu'il ne l'a endettée. "On s'accordera à penser que Louis XIV, en nous donnant Versailles, a enrichi la France...  Les dépenses du Grand Roi ont valu à l'univers un château que personne n'oserait ne pas admirer." (Pierre VERLET, Le Château de Versailles, Paris 1985).

 

La question des sanctions de l'UE contre la Russie n'a pas été abordée. La Russie, accusée depuis 2014 par Obama d'avoir envahi l'Ukraine et de défendre le "dictateur" Bachar al Assad, a été lourdement pénalisée par les sanctions économiques. Elle a été contrainte à apprendre à développer une agriculture auto-suffisante. Les premiers sanctionnés sont les agriculteurs français et l'industrie automobile française.

 

Peu avant la fin de la conférence commune, et alors que l'invité Vladimir Poutine s'est abstenu de toute déclaration à connotation négative, Emmanuel Macron a qualifié les agences de presse russes "Sputnik" et "Russia today" d'"organes d'influence et de propagande mensongère", répandant "des contrevérités infamantes". Il a fait cette déclaration sans accuser directement le Kremlin d'avoir interféré dans l'élection présidentielle comme le font les grands medias français à la remorque des médias états-uniens. Ne peut-on pas dire la même chose à propos des agences de presse françaises dont la russophobie n'est plus à démontrer ? Sur le plan de l'image, ce qu'il y a de certain c'est que cette déclaration agressive ne sera d'aucune utilité pour faire grandir la position française déjà bien entamée dans l'opinion russe et ne change rien à la situation antérieure.

Add. Réponse de Russia Today à 17h49 :

"Des accusations sans preuves du camp Macron depuis le mois de mars

 

Début mars, l'équipe d'Emmanuel Macron avait déjà accusé RT France de véhiculer des «fake news» sur sa personne. «Nous accusons Russia Today et Sputnik d'être la première source de fausses informations véhiculées sur notre candidat et de travailler en symbiose avec des organisations fascistes ou d'extrême droite», avait déclaré Mounir Mahjoubi, conseiller du candidat d'En Marche! à la chaîne britannique Sky News. Il n'avait pas pour autant présenté les preuves permettant d'étayer ses accusations.

 

Le 27 avril, le mouvement En Marche! avait ensuite déclaré à l’agence Reuters que RT France et Sputnik ne seraient pas autorisés à couvrir la soirée électorale d’Emmanuel Macron, accusant les deux médias d’être «des agences de propagande de l'Etat russe» et de véhiculer de «fausses informations». La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, avait qualifié de «discrimination ciblée» ce refus d’accréditer des médias russes...

Nous conseillons à Vladimir Poutine d'appliquer la symétrique réciproque lors des prochaines élections présidentielles en Russie et interdire à son tour l'accréditation à son quartier général des médias français pour diffusion de contre-vérités et de fake news sur sa personne en Ukraine, Syrie, etc.. Les médias français auront alors l'occasion de dire leur indignation !

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29 mai 2017 1 29 /05 /mai /2017 12:56
Source: http://www.proliturgia.org/

Source: http://www.proliturgia.org/

Le pape est très populaire. Mais pas chez les évêques

 

Avec la nomination du cardinal Gualtiero Bassetti à la présidence, après celle du secrétaire général il y a trois ans, le pape François contrôle à présent totalement la conférence épiscopale italienne dans laquelle un tiers des évêques ont été nommés par lui, y compris dans des diocèse de premier plan comme Bologne, Palerme, le vicariat de Rome et bientôt également Milan.

Les nominations sont un élément-clé de la stratégie de Jorge Mario Bergoglio. Il suffit de voir comment il est en train de remodeler à son image le collège des cardinaux, celui-là même qui élira un jour son successeur.  Après la dernière fournée de cardinaux annoncée la semaine dernière pour fin juin, l’hypothèse que le prochain pape puisse faire marche arrière s’éloigne de plus en plus.

En dehors de l’Italie, la conquête du consensus des évêques est cependant pour François loin d’être évidente.

Les seuls épiscopats nationaux sur lesquels il peut aujourd’hui compter sont ceux d’Allemagne, d’Autriche et de Belgique, c’est-à-dire les nations dans lesquelles l’Eglise catholique connait son déclin le plus dramatique.

Alors qu’à l’inverse les Eglises les plus florissante d’Afrique sont celles qui ont fait bloc, au cours des deux synodes controversés sur la famille, contre les innovations voulues par le pape.

Si on se tourne vers les Amériques, aussi bien au Nord qu’au Sud, le climat est encore davantage défavorable au pape.

 

Source (et suite) : Diakonos.be (Traduction de la note publiée dans le numéro 21 de 2017 de L’Espresso, en librairie le 28 mai dans la rubrique d’opinion intitulée « Settimo Cielo » confiée à Sandro Magister.)

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29 mai 2017 1 29 /05 /mai /2017 12:30
Beata Szydlo : est-ce que nous voulons des responsables politiques qui prétendent que nous devons nous habituer à ces attaques ?

La Pologne résiste. Beata Szydlo, Premier ministre de Pologne, à la Diète, après l’attentat de Manchester qui a fait 22 morts en Angleterre :

La Pologne ne cédera pas à aucun chantage de la part de l’Union Européenne. Nous n’allons pas participer à la folie de l’élite de Bruxelles. Nous voulons aider les gens, pas les élites politiques. J’ai le courage de dire, j’ai le courage de demander à toutes les élites politiques européennes : où allez-vous ? Où vas-tu, Europe ? Relève-toi de tes agenouillements, sors de ta léthargie, ou bien tu pleureras tes enfants tous les jours. Si vous ne voyez pas cela, si vous ne voyez pas que le danger terroriste aujourd’hui est un fait qui peut frapper tout pays d’Europe, et si vous pensez que la Pologne ne devrait pas se défendre elle-même, vous êtes main dans la mains avec ceux qui pointent cette arme contre l’Europe, contre nous tous. Et il faut le dire clairement et sans détour : c’est une attaque contre l’Europe, contre notre culture, contre notre tradition. Pourquoi est-ce que je parle de cela ? Pourquoi est-ce que je parle de cela ? Ça c’est une bonne question. Parce que nous tous dans cet hémicycle devons répondre à cette question, mais aussi tous les gens en Europe doivent répondre à la question : est-ce que nous voulons des responsables politiques qui prétendent que nous devons nous habituer à ces attaques et qui décrivent les attaques terroristes comme des « incidents », ou est-ce que nous voulons des responsables politiques forts capables de voir le danger et de le combattre de façon efficace ?

Beata Szydlo, Premier ministre de Pologne, à la Diète, après l’attentat de Manchester

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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 14:23
L'art français n'existe pas ? Petite video dédiée au roi de l'absurde

Emmanuel Macron, roi de l'absurde, avait déclaré qu'il n'y avait "pas une culture française" et qu'il n'avait "jamais vu" l'art français. Cette petite video lui est dédiée :

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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 13:33
Draža Mihailović (1943)

Draža Mihailović (1943)

Il y a quelques jours après 5 ans de procédure entamée par son arrière-petite-fille, la cour de justice de Valjevo a réhabilité officiellement le commandant d'une unité tchetnik de montagne, le royaliste Nikola Kalabic, probablement exécuté en janvier 1946 par les communistes de Tito. Après un long débat de 2 ans au parlement sur le projet de loi de réhabilitation des anciens résistants royalistes, commencé en 2004 sous l’impulsion du leader monarchiste Vuk Drašković et dont les derniers articles ont été adoptés officiellement en 2011, plus de 700 tchetniks ont fait l'objet d'une réhabilitation officielle par des cours de justices de Serbie.

 

Ces "membres d'une compagnie militaire" ou "combattants armés" avaient été réunis sous le drapeau de la royauté par le colonel Dragoljub (dit Draža) Mihailović au lendemain de l'invasion nazie, en avril 1941. Les allemands n’avaient que peu apprécié ce coup d'état qui avait fait rompre le pacte de collaboration germano-yougoslave et conforté les droits du jeune roi Pierre II Karađorđević., à peine âgé de 11 ans. Mihailović et plusieurs ex-officiers de l'armée royale avaient alors efficacement constitué de petits groupes de royalistes armés, l'Armée yougoslave de la patrie composée de 46000 hommes, harcelant quotidiennement les troupes du chancelier Hitler. Ce dernier avait d’ailleurs rapidement mis sa tête à prix pour 100 000 reichsmarks chacun. Avec la petite rébellion communiste du Conseil antifasciste de Libération nationale de Yougoslavie dirigé par Joseph Tito, Mihailović passe un accord en octobre 1941. Mais des dissensions éclatent rapidement entre les deux hommes quant aux actions à mener contre la Wehrmacht. Tito ignore les ordres qui lui sont donnés. En représailles, les nazis massacreront et exécuteront sommairement 7 000 habitants de Valjevo et des environs. Furieux, Mihailović rompt avec Tito; les deux groupes seront désormais des ennemis irréconciliables.

Mihailović était un piètre politique et n'exercera tout au long de son combat qu'une autorité minime sur ses troupes. Certains groupes n'hésitant à passer des accords avec les fascistes dans les montagnes noires du Monténégro, les Croates oustachis et autres bosniaques SS quand ce ne furent pas avec les nazis eux-mêmes (comme Nikola Kalabic en 1943 ou Konstantin Milovanović Pećanac qui mettra finalement ses hommes au service du régime de collaboration de l'ancien ministre de la guerre, Milan Nedić) afin de combattre conjointement les partisans communistes de Joseph Tito.

 

A l'extérieur, ils reçoivent très peu d'aide des britanniques et les actions du gouvernement royal en exil ont très peu d'effet sur le premier ministre Winston Churchill qui répond plus facilement aux demandes du dirigeant soviétique Staline. Les anglais n'hésitant pas à s'attribuer pour la gloire de l'empire britannique des faits d'armes des royalistes serbes. Et bien qu'il soit nommé ministre de la guerre en janvier 1942 par le roi Pierre II, Mihailović est progressivement abandonné par les alliés qui ont choisi finalement de soutenir les communistes de Tito dont le Foreign Office a déjà compris qu'il pouvait être un grain de sable, à court terme, dans l'appareil soviétique. Les multiples actions de sabotages et destruction de convois militaires nazis par les tchetniks empêcheront l'acheminement d'armement aux troupes de l'Afrika Korps, en Afrique du Nord, et permettront la réussite de l'Opération Torch décidée par les Alliés. Mihailović reçoit le soutien appuyé du général Charles de Gaulle qui réclame à Churchill que ce dernier accentue l'aide aux royalistes mais le Foreign Office (qui décidément n'aimait pas cette "Jeanne d'Arc", comme le surnommait Churchill) manœuvre en coulisse et inonde le bureau du Premier ministre de fausses dépêches montrant une collusion entre les tchetniks et les nazis (oubliant de mentionner certaines actions communes des titistes avec les oustachis). Fin 1943, tout est bouclé. La défaite des allemands à Stalingrad vient de changer le cours de la seconde guerre mondiale et Churchill (comme le président américain Franklin Delano Roosevelt) a décidé du futur destin du royaume Yougoslave. Il tente même d’empêcher le roi Pierre II, assez agacé par le double-jeu des britanniques qui épient le moindre de ses gestes et pensent déjà à ne pas reconstituer la Yougoslavie du traité de Versailles, de se faire parachuter au milieu de ses troupes avant de le pousser à renoncer à son audacieux projet.

 

En juin 1944, à la demande expresse de Londres, le roi Pierre II relève à contrecœur Mihailović de sa fonction de ministre de la Guerre, puis le destitue en août suivant de son titre de commandant en chef des armées, nommant ...Tito à sa place. Seuls face aux communistes qui ont désormais l'avantage du terrain, les royalistes serbes doivent quitter le royaume, défaits ou massacrés par les Oustachis croates. Pourtant un mois plus tard, 500 pilotes alliés abattus sur le sol yougoslave (Opération Halyard) devront encore leurs vies aux royalistes serbes. Et si Pierre II accepte malgré lui l’accord de formation d’un gouvernement royal pro titiste et la constitution d’une régence avant que le système de gouvernement ne soit soumis à référendum, il ne comprend pas tout de suite qu’il a été berné par le Premier ministre Churchill. Tito se refusera à tout contact direct avec le roi des Yougoslaves, le conseil de régence ne devant avoir aucun pouvoir réel.

 

La fin de la guerre se profile. Tito qui promet l'amnistie aux tchetniks en profite pour faire arrêter, juger sans preuves formelles et faire exécuter les officiers de l'armée royale avant d'abolir la monarchie et mettre fin au royaume yougoslave (Kraljevina Jugoslavija) le 29 novembre 1945 (Pierre II s’exilera aux Etats-Unis où il y meurt en 1970). Les Partisans pourchassent les royalistes, les abattants inlassablement dans une vaste quête de revanche. Draža Mihailović sera arrêté le 12 mars 1946 après des mois de traque dans les montagnes bosniaques. Après un procès d'un mois, accusé d'être un criminel de guerre et reconnu coupable, il est fusillé le 17 juillet 1946. Il n'avait que 53 ans.

 

La guerre aura coûté la vie à plus de 166000 royalistes dont 140 000 uniquement dus aux combats contre les communistes ou morts dans les camps de déportations créés à cet effet par le régime titiste. Après la seconde guerre mondiale, des maquis royalistes subsistèrent jusqu’en 1957. Vladimir Šipčić avait vu la totale destruction de son bataillon et avec ses deux derniers hommes continuèrent des actions de sabotage au nom du roi Pierre II. Officiellement tué par les communistes, son corps n’a jamais été montré et diverses thèses ont affirmé que « Vlado », devenu un héros populaire, s’était réfugié en Amérique du Sud. Le mystère demeure encore à ce sujet.

 

Avec la chute du régime communiste, le mouvement monarchiste du Renouveau Serbe (SPO) va tenir le rôle de premier opposant au régime socialiste de Slobodan Milošević durant une décennie. Parmi ses cadres, le petit-fils de Draža Mihailović, Vojislav. Ce dernier maire de Belgrade (1999-2000) et éphémère Président de Serbie en 2004 entame alors une longue procédure de réhabilitation de son grand-père en 2006. Il a alors rompu avec le SPO et fondé un autre mouvement monarchiste, le Mouvement démocratique serbe du renouveau (2005) et dont l’existence ne dépassera pas les 5 ans. Bien que sa figure divise encore les serbes, il faudra attendre 2015 à son petit-fils pour que la cour de justice de Belgrade ne décide de réhabiliter (non sans controverses) l’ancien chef de guerre royaliste aux côtés de 13 autres tchetniks. Une victoire qui allait être le prélude à des centaines d’autres par la suite. La Serbie redécouvrait son histoire, celle des héros à la résistance au nazisme que les soviétiques avaient contribué durant un demi-siècle à grimer en collaborateurs (un point de vue que l’on retrouve allègrement dans le film de 1978 intitulé les « Canons de Navarone »).

 

Aujourd’hui de nombreux films historiques basés sur leurs faits d’armes, parfois bien romancés, ont été depuis retransmis sur les ondes de la télévision serbe et les groupes nationalistes ou paramilitaires serbes (comme celui du royaliste Vojislav Šešelj, leader du Parti radical serbe et accusé d’avoir orchestré une purification ethnique durant la guerre civile de 1991 à 1995) ont encouragé le gouvernement à procéder à des réhabilitations de masse, prônant le retour à la doctrine des tchetniks tout en chantant leurs exploits lors de manifestations d’hommages organisées en leur honneur, bannière noire flottant dans les vents, ornée d’une tête de mort et de deux humérus entrecroisés sur laquelle reposait cette devise : « La liberté ou la mort» .

 

Le 26 mai 2013, la république de Serbie enterre lors de funérailles nationales publiques le roi Pierre II dont le corps a été rapatrié. La chapelle royale d'Oplenac se couvre de chants orthodoxes, tout l'appareil d'état accompagné des membres de la famille royale de Serbie assistent à l'office qui rend hommage au souverain destitué. A l'extérieur, les royalistes s'agenouillent. Les tchetniks venaient de prendre leur revanche sur l'histoire. Le roi était enfin de retour.

 

Frederic de Natal

Draža Mihailović (1943)

Draža Mihailović (1943)

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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 13:07
Cristeros

Cristeros

Interdiction du parti monarchiste au Mexique !

 

Lors d'une réunion de la Hermandad Nacional Monárquica de España (Fraternité nationale monarchique d'Espagne) aux Baléares le week end dernier, le délégué du mouvement monarchiste au Mexique, don Arturo Santoyo et Medina, a affirmé que les partis monarchistes mexicains seraient interdits au sein de la république fédérale et actuellement en quasi état de clandestinité

 

Selon le représentant monarchiste, "les règles démocratiques de la République du Mexique ne permettent pas aux monarchistes mexicains d'organiser des manifestations publiques car interdites"...

 

Après 3 siècles de monarchie impériale aztèque (1200-1521) tombée entre les mains des conquistadores espagnols, d'Hernan Cortès, il faudra attendre la lutte pour l'indépendance (1810) pour que l'idée monarchique refasse surface. Une fois mis en place, le parlement mexicain avait alors proposé une union personnelle au royaume d'Espagne et invité le roi Ferdinand VII (alors exilé par Napoléon Ier) à venir se faire couronner à Mexico. Devant le refus du roi Bourbon, qui ne reconnaissait pas cette indépendance, la loi prévoyait qu'un prince européen occupe alors le trône vacant. Ferdinand VII s'empressa d'y mettre son véto. Adopté en février 1821, le plan d'Iguala transformera le Mexique en une monarchie constitutionnelle catholique et d'offrir la couronne au général Agustín de Iturbide, ancien commandant des forces royalistes devenu héros de la révolution mexicaine.

 

Son règne absolu durera moins d'un an (mars 1823-mai 1824) et il devra se résigner à renoncer au trône après une conspiration d'officiers militaires , parmi lesquels le général Antonio Lopez de Santa -Anna, futur vainqueur d'Alamo en 1836 sur les indépendantistes texans américains . Tentant vainement de reprendre son trône, il sera arrêté et fusillé en juillet 1824.

Interdiction du parti monarchiste au Mexique !

Bien que devenue république, les présidents qui se succèdent gardent toute la pompe monarchique du pouvoir notamment durant les nombreuses dictatures de Santa Anna (entre 1833 et 1855), surnommé le "Napoléon de l'Ouest" qui n'hésita pas à se parer du prédicat d'Altesse royale et porter manteau royal.

 

Caressant l'espoir de voir se fonder un empire catholique en Amérique du Sud, l'Empereur Napoléon III accepte de recevoir une délégation de conservateurs mexicains en 1863. Poussé par son épouse Eugénie de Montijo,il cautionnera financièrement et militairement la création de ce nouvel empire, bientôt pris dans la tourmente de la guerre de Sécession. Après avoir refusé le trône de Grèce, converti à cette idée par son épouse ambitieuse, Charlotte de Belgique et berné par les promesses des délégués, le frère de l'empereur d'Autriche, Maximilien de Habsbourg-Lorraine accepte de ceindre cette nouvelle couronne. A peine arrivé au Mexique en 1864, le nouveau souverain doit faire face à une rébellion conduite par l'indien et Président Bénito Juarez et faire face à peu de soutiens de la population qui se méfie de cet étranger. 3 ans plus tard, l'empire de Maximilien s'effondrait, défait par la rébellion. Abandonné par ses alliés, un peloton d'exécution à Querétaro mettra définitivement à cette nouvelle tentative de monarchie.

 

Le parti monarchiste désagrégé, se réfugie dans la clandestinité et progressivement se reconstitue apportant un soutien au coup d'état conservateur du général Porfirio Díaz. Installé sous les dorures du palais royal, il ré-instaure toutes les institutions monarchiques sans pour autant appeler sur le trône le prince Agustín de Iturbide y Green (1863-1925), prétendant à la couronne. Fils du premier empereur et que le second avait adopté, ce dernier reste très critique à l'égard du régime et prend contact avec les monarchistes. Un complot tente alors de l'installer sur le trône en 1890 mais il est arrêté par les autorités mexicaines pour sédition et emprisonné pour 14 mois . Craignant d'être empoisonné, il s'exilera au Etats-Unis où il travaillera comme traducteur et professeur d'espagnol.

 

De nouveau décapité, le mouvement monarchiste rejoindra le mouvement des Cristeros (1926-1929) , ces mexicains catholiques révoltés après que la république ait décidé de promulguer de violentes mesures anti-cléricales. Bannières du Christ-roi se mêlent à celles de l'empire, menées par le général Enrique Gorostieta Velarde. Croyants et monarchistes côte à côté dans cette vendée mexicaine qui fera des centaines de milliers de morts. Bien que l'héritière au trône, la princesse María Josepha Sophia de Iturbide (1872-1949) apporte son soutien à la rébellion, nul ne songe à rétablir la monarchie. Le principe de la foi catholique primera tout au long du conflit sur celui de la monarchie. Battus, le mouvement des Cristeros force les monarchistes à s'exiler et avec eux l'idéal monarchique qui entre dans une longue période de léthargie.

 

Ce n'est qu'au début des années 2000, que le mouvement monarchiste mexicain refait surface. Face aux multiples affaires de corruption, à une criminalité en augmentation et à l'omniprésence des partis traditionnels qui se partagent la présidence à tour de rôle, ces néo-monarchistes tentent de réintroduire l'idée monarchique comme alternative. En juillet 2013, timidement, les groupes monarchistes comme "Viva el III Imperio Mexicano" et le "Partido Monárquico Mexicano", ont tenté d'organiser un rassemblement afin de réclamer le retour de la monarchie constitutionnelle avant d'être dispersés par la police.

 

Il est difficile d'évaluer aujourd'hui le nombre de monarchistes , tout au plus quelques milliers de nostalgiques, qui sont principalement actif sur les réseaux sociaux. Des monarchistes qui restent très divisés sur la question du prétendant et qui ont lancé une campagne afin que l'empereur Maximilien Ier et son épouse soient de nouveau inhumés au Mexique. En cas de restauration, ils auront le choix entre le prince Juan José Marcilla de Teruel-Moctezuma y Jiménez, 5ème duc de Moctezuma de Tultengo (descendant de Moctezuma II et vivant en Espagne), le prince Maximiliano II von Götzen - Iturbide (petit fils de la princesse Maria et vivant en Australie, n'ayant jamais revendiqué ses droits sur le Mexique en dépit d'une reconnaissance comme tel par le pape Benoit XVI en 2011) et le prince Charles-Philippe de Habsbourg-Lorraine (petit-fils d'Otto de Habsbourg-Lorraine, résidant au Mexique).

 

Frederic De Natal

 

Source: Vexilla-Galliae

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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 11:18

Quand des "grands hommes" se prennent pour le Messie... Cela donne "levez-vous et en marche" :

Le Règne de l'Absurde - Emmanuel Macron, roi de l'Absurde

La démocratie libérale organisant la politique sans raison morale ultime est le Règne de l'absurde où des gourous, des guides, des sauveurs se succèdent les uns après les autres sans jamais parvenir à réaliser leur programme (Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande).

 

L'illogisme, l'absurdité étant le moyen et le fondement ultime du "libéralisme", "valeur de la gauche" depuis 1789, il n'est pas étonnant qu'un tel système court tout seul à sa ruine.

Le Règne de l'Absurde - Emmanuel Macron, roi de l'Absurde
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26 mai 2017 5 26 /05 /mai /2017 12:12

Soyez donc prudents comme les serpents, et simples comme les colombes.

Evangile selon S. Matthieu, 10:16

Pour gagner la bataille métaphysique et symbolique face à un croyant de la foi dans le néant, il faut être un saint. Et sinon, du moins, faut-il avoir une connaissance claire des techniques de communication qu'il emploie, afin de ne pas tomber dans les pièges grossiers tendus et perdre la bataille de l'image.

 

Ainsi, à propos du départ de la politique de Marion Maréchal Le Pen, nous avions pensé que "dans les débats télévisés, ce qui compte c'est l'image que retiennent les téléspectateurs, non le fond. C'est triste, mais c'est ainsi. Dans ce débat de l'entre-deux tours, il fallait simplement dérouler l'argumentaire logique, exposer le programme, être dans le positif sans chercher à s'opposer ou à contrer le vide argumentaire de Macron : contrer le vide c'est déjà lui donner une existence et une réalité. Macron manquait d'oxygène, Marine Le Pen le lui a apporté." De ce point de vue, par l'aspect lisse, consensuel, positif et enthousiaste de son discours, Marion Maréchal Le Pen eut fait une candidate beaucoup plus efficace.

 

Symétriquement, nous avons vu que même s'il commence à entrevoir un manque au fondement ultime de la politique... (" la démocratie comporte toujours une forme d’incomplétude, car elle ne se suffit pas à elle-même… il y a un processus démocratique et dans son fonctionnement un absent. Dans la politique française, cet absent est la figure du roi". Entretien à Valeurs actuelles, 8 juillet 2015), c'est Emmanuel Macron, gourou de la foi dans le néant, capable de dire tout et son contraire, qui a employé le langage positif, et a réussi à vendre sa camelote. Le 8 mai, au lendemain de l'élection, nous écrivions que sa victoire était "la victoire d'un technicien de la communication sur la sincérité, la victoire du vide et du mensonge sur la vérité."

 

Il y a deux jours, nous avons découvert la video suivante de Charles Robin, un youtubeur venu de l'extrême-gauche mais qui a parfaitement compris la "totale connivence entre la droite et de la gauche, qui est une véritable connivence philosophique, puisque la gauche et la droite ne sont que les deux faces complémentaires d'une même logique, la logique libérale qui a contaminé tout l'Occident" [1]. Le terme de "logique libérale" est un oxymore : la logique n'est pas libérale et l'illogisme, l'absurdité même est le moyen et le fondement ultime de la démocratie libérale dont le processus aboutit à l'abolition de l'homme. C'est la raison pour laquelle nous parlons plutôt de "méta-hérésie" qui a envahi toute la vie sociale et religieuse, et qui donne à l'homme la faculté de définir le bien et le mal selon l'idée qu'il s'en fait comme si Dieu n'existait pas, comme si la vérité n'existait pas, c'est-à-dire comme s'il n'y avait pas de norme morale supérieure universelle.

 

Charles Robin voit également dans la victoire d'Emmanuel Macron le résultat d'une "technique de communication". Il explique un phénomène qui a été "effleuré mais sans jamais être parfaitement analysé dans les médias, ... quelque chose que l'on a un peu sous-évalué, qui est sa technique de communication... Et lorsqu'on l'écoute bien, on s'aperçoit que toute la communication de Macron est basée sur le langage positif, sur la communication positive. C'est-à-dire que contrairement aux autres candidats, il ne va jamais être dans l'attaque, dans l'hostilité de ses opposants, il va toujours trouver le moyen d'avoir un langage fédérateur, un langage positif. Et cela, c'est quelque chose d'extrêmement efficace.

 

Alors, cela a été beaucoup reproché à Marine Le Pen d'avoir été durant ce débat très offensive, très agressive, tandis que Macron, lui, est resté dans une attitude positive et fédératrice. Cela explique en grande partie l'attraction, la séduction qu'il a réussi à opérer sur tout le paysage politique, y compris chez ceux qui le critiquaient la veille et qui se sont ralliés à lui. Et on ne peut pas s'empêcher de voir en Macron une sorte de sorcier, une sorte d'ensorceleur, parce qu'il a réussi à envoûter les gens. Le terme n'est pas excessif. D'ailleurs quand il allait faire les visites d'usine où il était accueilli et reçu par des insultes (comme à Whirlpool. NdCR.), il allait quand même parlé aux ouvriers, et par son langage positif il arrivait malgré tout à apaiser les tensions et presque à se faire respecter. Donc c'est quelque chose quand même d'assez puissant, et on peut lui reconnaître cette habileté."

 

"Et d'ailleurs, ajoute Charles Robin, cela m'a été confirmé parce que le dimanche 7 mai, au soir, à l'annonce des résultats, j'ai passé une partie de ma soirée dans un rassemblement de macroniens. Et j'ai parlé avec un jeune homme qui s'occupait de la communication numérique de Macron, dans ma région. Et il m'a dit : 'effectivement, on était les seuls à envisager la campagne et la conquête du pouvoir dans une attitude positive.' Et c'est cela qui a fait la différence.

 

Cela ne m'étonnerait pas que Macron ait étudié ce que l'on appelle la PNL, la programmation neuro-linguistique. C'est un mot un petit peu barbare, mais assez simple finalement à comprendre, c'est l'art de la communication positive. Et on apprend beaucoup cela dans les études de commerce, dans l'apprentissage des techniques de vente... On nous explique que pour faire consentir le client, pour le faire adhérer au produit qu'on lui propose, il faut peser chacun de ses mots et n'employer que le langage positif:

 

'On apprend vraiment l'art de la négociation, on est amené aussi beaucoup aussi et cela c'est aussi heureusement ou malheureusement utile en politique, communiquer, c'est-à-dire à raconter des histoires, raconter une histoire. Donc on y apprend d'une certaine façon aussi des techniques de... pas de manipulation de l'opinion,... mais un petit peu'. (François Henrot, Directeur à la banque Rothschild)

 

"Par exemple, continue Charles Robin, on va éviter les tournures de phrases négatives, on va éviter d'employer des mots qui ont une connotation négative et qui risquent de produire un blocage mental, un blocage psychologique. Cela c'est une technique vielle comme le monde, mais qui fonctionne. Et pour certains, la PNL c'est la forme contemporaine de la magie." (Fin de citation)

 

La video de Charles Robin :

Notes

 

[1] S'il y a effectivement une totale connivence philosophique entre la gauche et la droite (la foi dans une politique sans raison morale ultime), il faut préciser néanmoins qu'il existe une "droite hors les murs" qui précisément n'a pas la foi dans le néant héritée de 1789, c'est la droite légitimiste, une droite qui reconnaît qu'il y a un ordre moral supérieur ultime qu'il s'agit de découvrir et de respecter, condition de la liberté politique... (Cf. Aussi : Antigone contre Créon).

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25 mai 2017 4 25 /05 /mai /2017 09:07

L'Ascension est la la fête qui condamne la foi démocratique dans le néant (l'indifférenciation quant au fondement de la politique) :

L'Ascension : la fête qui condamne la démocratie relativiste

Dès 1976, Karol Wojtyla, futur Jean-Paul II, déclarait que « nous sommes aujourd’hui face au plus grand combat que l’humanité ait jamais vu. Je ne pense pas que la communauté chrétienne l’ait compris totalement. Nous sommes aujourd’hui devant la lutte […] entre l’Eglise et l’anti-Eglise, entre l’Evangile et l’anti-Evangile. ».

Et lors de sa visite au Portugal, en 2010, Benoît XVI, qui avait longtemps été aux côtés de Jean-Paul II avant d’être pape lui-même, avait précisé : « Nous voyons aujourd’hui de façon beaucoup plus terrifiante que la plus grande persécution de l’Eglise ne vient pas d’ennemis extérieurs mais naît du péché de l’Eglise ». Au moment de son élection, le même Benoît XVI avait d’ailleurs averti : « Priez pour moi, afin que je ne me dérobe pas, par peur, devant les loups. » Il était très réaliste : il savait que les “loups” en question n’allaient pas tous venir de l’extérieur de l’Eglise mais que certains étaient déjà dans l’Eglise. Des loups déguisés en gentilles brebis bêlant toutes en chœur : « Pastorââââle, pastorââââle ! »

[...] Le jour de l’Ascension, lorsque Jésus retourne chez son Père, il donne un ultime commandement à ses disciples : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé » (Mt 28, 19-20).

Jésus n’invite pas, au nom d’une “bienveillante pastorale”, à relativiser ce qu’il nous a commandé. Non : il nous demande d’ “apprendre à observer” TOUT ce qu’il nous a commandé.

L’apprentissage ne se fait pas par la dilution de la vérité ou par la mise de côté de ce qui dérange. Il faut TOUT apprendre ! Or, pour TOUT apprendre, il faut que ce sur quoi porte l’apprentissage soit clairement énoncé et clairement présenté à l’aide d’un langage qui ne soit pas une sorte de “novlangue” pastorale.

 

Source : Pro Liturgia, Actualités du jeudi 25 mai en la fête de l'Ascension.

Rappelons que le relativisme éthique et religieux consiste à organiser la vie sans raison ultime, comme si Dieu n'existait pas. Cette manière de faire qui n'explique pas les fins dernières, revient aussi à organiser la vie comme si le diable n'existait pas. Or, "la plus grande astuce du démon " n'est-elle pas "de faire croire qu'il n'existe pas" ?

 

"Pauvres enfants de la société qui ne reconnaît pas le mal"

 

Homélie de Mgr Negri, Archevêque de Ferrare (Italie)

 

« Mes très chers enfants,
J’ai envie de vous appeler ainsi même si je ne vous connais pas. Mais dans les longues heures d’insomnie qui ont suivi l’annonce de ce terrible attentat (attentat de Manchester. NdCR.), où beaucoup d’entre vous ont perdu la vie et beaucoup ont été blessés, je vous ai sentis liés à moi d’une manière particulière.

Vous êtes venus au monde, souvent même pas désirés, et personne ne vous a donné de “raisons appropriées pour vivre”, comme le demandait le grand Bernanos à la génération de ses adultes. Ils vous ont mis dans la société avec deux grands principes : que vous pouvez faire ce que vous voulez parce que chacun de vos désirs est un droit ; et l’importance d’avoir le plus grand nombre de biens de consommation.

Vous avez grandi ainsi, considérant comme évident que vous ayez tout. Et quand vous aviez un quelconque problème existentiel - autrefois, c’est comme cela qu’on disait - et le communiquiez à vos parents, à vos adultes, la séance de psychanalyse était déjà prête pour résoudre ce problème.

Ils ont juste oublié de vous dire qu’il y a le Mal. Et le Mal est une personne, pas une série de forces ou d’énergies. C’est une personne. Cette personne s’est tapie là, pendant votre concert. Et l’aile terrible de la mort qu’elle porte avec elle vous a saisis.

Mes enfants, vous êtes morts ainsi, presque sans raison, comme vous aviez vécu. » Source

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24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 15:21

Conférence organisée au Parlement européen de Strasbourg le 17 mai 2017 autour du député français Marie Christine Arnautu, avec la journaliste Gabrielle Cluzel et le Président de la "Fondation Jérôme Lejeune" Jean-Marie Le Méné. Extraits :

 

Marie Christine Arnautu : "Les féministes n'ont rien de mieux à faire que de faire interdire la mention 'mademoiselle'. C'est extrêmement important, pendant qu'à deux pas de là, des fillettes se font excisées. Les estimations font état actuellement de 60.000 femmes excisées en France, et plus de 500.000 au sein de l'Union européenne. Là encore, il y a un ordre des priorités."

 

Gabrielle Cluzel : "La maltraitance de l'enfant et du jeune adolescent dans le milieu scolaire.

 

Selon les chiffres officiels, le harcèlement à l'école touche entre 10 et 12% des enfants en milieu scolaire. La pornographie: selon un sondage opinion way début 2017, l'âge moyen de primo-exposition à la pornographie est de onze ans.

 

Ces trois sujets sont souvent intiment liés : harcèlements, pornographie, prostitution. Parce qu'ils sont la conséquence d'un grand laxisme en milieu scolaire, au prétexte de bienveillance, le professeur n'ayant plus à sa disposition plus aucun outil de coercition pour assurer son autorité, cela induit un retour à la loi de la jungle, la loi du plus fort, à celui des mini caïds.

Et puis ils sont aussi la conséquence de la banalisation de l'acte sexuel abordé à l'école de façon très triviale, technique et hygiéniste; également la conséquence de la concomitance contradictoire et pourtant complémentaire d'une hypersexualisation des fillettes et de l'indifférenciation des sexes prôné par un féminisme militant. Et tout cela s'articule. [...] Et depuis l'indifférenciation des sexes, la jeune fille ne bénéficie plus de la galanterie...

La Manif pour tous sur le site ecole et sexe . fr revient sur la façon dont les parents sont floués dans ce domaine. L'Education nationale, poussée en cela - il faut bien le dire - par l'O.M.S. distille dès l'âge de 4 à 6 ans jusqu'au lycée une vision de la sexualité qui échappe au contrôle des parents, avec des contenus frisant parfois la pornographie.

 

Il y a quelque temps l'association Agir contre la prostitution s'est alarmée de certaines pratiques dès le collège, dans les toilettes scolaires notamment. Selon cette association, entre 6000 et 8000 mineurs seraient concernés par la prostitution en France, une prostitution tabou qui se passe à l'école (Sources: 1, 2)

 

Ne faudrait-il pas repenser toute cette 'éducation sexuelle' à l'école qui outrepasse ces droits et redonner aux parents les moyens d'éduquer leurs enfants, puisque l'école les en a peu à peu dépossédés, quand ils étaient les premiers concernés pour les éduquer à une sexualité vraie, respectueuse de l'autre, et en particulier des femmes, procédant de l'identité, de l'art d'aimer et d'être aimé, de l'inscription dans une lignée, et pas seulement de la froide injonction prophylactique 'Sortez protégés', qui ne fait que violenter le corps et l'esprit de nos enfants et procède, de ce fait, de la maltraitance".

 

Marie Christine Arnautu : "Selon des chiffres officiels et différentes associations dont l''Innocence en danger', 'Enfant bleu', 'Enfance et partage', en France, deux enfants par jour meurent de maltraitance chaque jour (bébés dans des machines à laver, enfants tasés au taseur parce qu'ils pleurent, le nourrisson secoué parce qu'on ne veut plus entendre ses cris). C'est des centaines de cas tous les jours d'enfants torturés.

 

A l'inverse du projet présidentiel de Marine Le Pen, je n'ai pas trouvé dans le programme d'Emmanuel Macron, le nouveau président de la république, la moindre intention de protéger l'enfant. Et en revanche, il l'a dit, ouvrez les guillemets, il est "très ouvert à toutes les formes de parentalité", défenseur du droit à l'enfant bien plus que du droit de l'enfant.

 

J'ai vu, moi, je suis originaire d'un pays communiste, comment la destruction de la famille et la prise en charge de l'enfant par l'état était un préalable à son embrigadement par le parti. Or l'état n'a aucune légitimité pour s'immiscer dans les familles. [...] Sauf en cas de maltraitance avérée qui doit être traitée immédiatement, il faut autant que faire se peut laisser l'enfant dans son environnement familial.

 

Il y a des cas de maltraitance abominables dans des familles aisées et riches. Et une situation familiale modeste n'est pas nécessairement synonyme d'enfants malheureux. Loin s'en faut. Il faut en cela évidemment avoir une politique familiale extrêmement volontariste.

 

L'école primaire : son rôle est d'apprendre à nos enfants à lire, à compter, à écrire. Et certainement pas de leur bourrer le crâne avec la théorie du genre, car cela aussi c'est une forme de maltraitance morale que de perturber des petits avec une idéologie qui est totalement néfaste à leur équilibre".

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24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 14:19

La religion catholique reconnaît le droit de propriété et elle conseille aux possédants de donner librement aux pauvres. Pour les globalistes, il faut aller plus loin et abolir la propriété, parce que "la terre n'appartient à personne"... Vieille lune de l'illuminisme du XVIIIe siècle, qui continue d'agiter apparemment nos gourous, "En Marche" s'attaque à la propriété foncière :

"En Marche" contre la propriété foncière

Deux mesures du programme d'Emmanuel Macron touchent directement les Français dans leur rapport au logement, en tant que propriétaires ou locataires. La première, le remplacement de l'impôt sur la fortune (ISF) par un impôt sur la fortune immobilière (IFI) illustre la volonté du chef de l'État de détourner les épargnants de la pierre (maisons, appartements) pour promouvoir les investissements qu'il juge plus utiles à l'économie, comme les actions ou les obligations.

Source: Le Figaro

 

Les actions et les obligations, au moins, font tourner le business des financiers et des gourous ! Ingrats que vous êtes !

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24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 07:10
Le roi libérateur

Dans la série "déconstruisons les déconstructeurs", voici un petit article présentant l'illogisme et les dangers de la démocratie. La monarchie, système où le roi gouverne par la grâce de Dieu sans chercher à diriger (il a déjà le pouvoir) reste le meilleur des gouvernements. Moins une nécessité idéologique qu'une nécessité anthropologique. Démonstration.

 

(Les arguments contraires sont les bienvenus en commentaires.)

Les démocrates admettent en général le danger du relativisme propre à la démocratie (directe), mais loin d'identifier ce danger comme un obstacle majeur, ils en font la condition de la liberté politique collective.

 

Ainsi, dans son livre "Défendre la démocratie directe. Sur quelques arguments antidémocratiques des élites suisses", Antoine CHOLLET, docteur en science politique, explique :

 

"il n'y a pas de fondement ultime à l'action politique.

[...] Nous ne pouvons nous référer qu'à nous-mêmes pour décider, ce que les Athéniens, [...] avaient parfaitement compris puisque toutes leurs lois contenaient la formule liminaire suivante : 'edoxe te boule kai to demo...' (que l'on peut traduire par : 'il a paru bon au conseil et au peuple...', sans autre justification).

[...] Être démocrate, c'est aussi accepter cette indétermination et cette incertitude quant aux fins dernières du combat politique.

Dire que la démocratie n'a pas de fondement qui lui soit extérieur, c'est [...] reconnaître qu'elle est en réalité une an-archie. Elle n'a pas d'arkhè, de commencement et de commandement, elle ne connaît pas d'autorité... Pas même le passé et la tradition n'ont d'autorité absolue dans une démocratie, puisque aucune de leurs règles n'est à l'abri d'un réexamen." (Antoine CHOLLET, Défendre la démocratie directe. Sur quelques arguments antidémocratiques des élites suisses, Presses polytechniques et universitaires romandes, Lausanne 2011, p. 86) [1]

 

Cette définition de la démocratie correspond à ce qui est devenu aujourd'hui la religion de l'humanisme séculier : déification de l'homme en tant que centre de l'univers, placé au-dessus de toute loi. Or, "selon les études du comportement électoral, le peuple vote en premier lieu pour des raisons morales, c'est-à-dire par sentiment du devoir civique". [2]

 

En outre, après deux siècles de démocratie sans fondement extérieur, les élites politico-médiatiques ressentent un manque. Il y a à n'en pas douter plusieurs manques, qu'il s'agirait d'identifier.

 

Dans un entretien à Valeurs actuelles paru le 8 juillet 2015, Emmanuel Macron avait lui-même expliqué que "la démocratie comporte toujours une forme d’incomplétude, car elle ne se suffit pas à elle-même (…) il y a un processus démocratique et dans son fonctionnement un absent. Dans la politique française, cet absent est la figure du roi, donc je pense fondamentalement que le peuple français n’a pas voulu la mort. La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le roi n’est plus là ! On a essayé ensuite de réinvestir ce vide, d'y placer d'autres figures : ce sont les moments napoléonien et gaulliste, notamment. Le reste du temps, la démocratie française ne remplit pas l'espace. On le voit bien avec l'interrogation permanente sur la figure présidentielle, qui vaut depuis le départ du général de Gaulle. Après lui, la normalisation de la figure présidentielle a réinstallé un siège vide au cœur de la vie politique. Pourtant, ce qu'on attend du président de la République, c'est qu'il occupe cette fonction. Tout s'est construit sur ce malentendu".

 

"Cette idée que la communauté construise quelque chose dans l'invisible et que chaque génération est en quelque sorte redevable de la pierre qu'elle apporte à l'invisible (pour les catholiques c'est la Jérusalem céleste) est également une dimension qui manque. Elle était particulièrement atteinte dans le sacre, ce moment où le roi devient le portier de l'invisible, cette espèce de charnière entre le visible et l'invisible et où la collectivité peut se reconnaître comme une génération et l'homme comme une personne qui va mourir.... On peut vivre sans, mais on vit avec moins d'humour, on vit avec moins de hauteur de vue, avec moins d'ironie. On vit avec moins d'idées qu'il faut aller chercher les principes dans le ciel. C'est au fond 'Les Racines du Ciel' (titre du livre de Romain GARY). "La monarchie, c'est les racines du Ciel" (Marin de VIRY)

 

La question de la transmission n'est pas résolue par la démocratie, puisque la république est "laïque", elle ne se prononce pas sur l'Au-delà, elle n'ouvre pas la perspective dans laquelle la communauté construit quelque chose dans l'invisible. Avec Emmanuel Macron, la démocratie se cherche un chef symbolique de la communauté qui puisse ouvrir cette perspective.

 

Dans ces conditions, continuer de voir dans le danger du relativisme et le vide de l'indifférenciation quant à la morale une garantie de la liberté politique est pour ainsi dire une idée saugrenue. Il s'agit sans doute là de la démocratie absolue poussée à son extrémité, où effectivement "il n'y a pas de fondement ultime à l'action politique" (Antoine Chollet), dans un champ d'action en quelque sorte ouvert sur tout et n'importe quoi, mais un champ où les racines du Ciel sont impossibles à trouver, du fait même d'un logiciel amoral.

 

Il n'empêche, quand on interroge les partisans de la démocratie directe sur le sujet, la liberté politique du peuple implique la mise sur la touche de toute norme, de toute limite, y compris morale, donc la mise en débat du Bien et du Mal, comme si Dieu n'existait pas, comme si le mal pouvait valoir le bien. Ce préalable serait la condition de la "liberté". On inaugure pourtant ainsi l’aire de l’anarchie et de la permissivité dans les relations humaines avec autrui, au point que faire un acte mauvais peut du jour au lendemain être requalifié en "acte bon et vertueux", et envoyer des millions de gens à l'abattoir... On inaugure ainsi l'ère du matérialisme le plus brutal d'où toute élévation spirituelle est impossible.

 

Le défaut de ce système est que le pouvoir ne devrait pas avoir de commencement ni de "commandement" supérieur, pas d'"autorité" supérieure, pas de limites. Le choix dans l'offre politique se réaliserait dans un choix entre aucune morale supérieure ou bien aucune morale supérieure, le néant ou le néant. Ainsi, il serait bon que les républicains qui nous parlent sans arrêt de "valeurs de la république" nous expliquent quelles sont ces valeurs, vu qu'"il n'y a pas de fondement ultime à la démocratie" et que le relativisme éthique est la règle ? Un démocrate plus modéré (ou plus lucide) expliquerait que ceci n'est pas un programme politique, mais absence de programme, la porte ouverte au pire. Du Macron durant la campagne présidentielle.

 

En 2013, lors des "débats" sur la légalisation du "mariage" homosexuel, et alors qu'André Bercoff déplorait le fait que la filiation ne représente plus rien pour le Législateur, le "philosophe" Luc Ferry affirma sa foi philosophique dans le néant :

 

"Je me réjouis de cette perte de repères. La démocratie, c'est la déconstruction des repères traditionnels." Déconstruction ? Disons : destruction culturelle organisée, ce sera plus simple. La démocratie n'admet plus aucune loi supérieure à la Volonté générale des citoyens, telle qu'elle s'exprime à un moment donné. Elle déconstruit donc méthodiquement et logiquement tout repère."

 

Prétendre que le peuple trouverait sa "liberté" politique dans l'indétermination du fondement du pouvoir revient à légitimer un pouvoir sans norme morale extérieure. C'est postuler le primat d'un état fondé sur rien, hormis la force (la loi du nombre à un moment donné.) Outre le danger du relativisme, les dangers du totalitarisme de l'assemblée (Terreur de 1793, régime bolchévique) et la barbarie guettent. "Si Dieu n'existe pas, tout est permis". Fedor Dostoïevski, Les Frères Karamazov.

 

On peut d'ailleurs noter ici que ce que l'on nomme l'"insécurité" n'a jamais été aussi haute que dans les états démocratiques au lendemain de la Révolution dite française.

 

Sous l'Ancien Régime, le professeur Pierre Chaunu résumait la situation sous la belle formule : "être français s'est d'abord confondu avec le privilège de vivre protégé sous les fleurs de lys. Niveau de paix dans Paris unique en l'univers au milieu du XVIIIe siècle. [...] Aucune ville au monde n'est aussi sûre que Paris, de jour comme de nuit, de 1730 à 1789. C'est connu, c'est célèbre, cela constitue et participe au prestige." [3]

Le roi libérateur

La police et les grands corps de la police contemporaine ont été créés par la IIIe république "laïque", sans "fondement ultime à l'action politique" et où le pluralisme éthique est ouvert. Conséquence : vivre au XXIe siècle, c'est vivre dans un état d'urgence permanent, dans des états éthiquement pluralistes et relativistes où la police et la surveillance des populations a pris une place démesurée, et où la seule réponse du pouvoir semble être toujours plus de police et de places de prison, quand l'éducation morale et religieuse serait la solution. "Nous ne pouvons juger du degré de civilisation d'une nation qu'en visitant ses prisons". (Fedor Dostoïevski)

 

Pourtant, s'il y a une morale extérieure à l'homme et à laquelle tout individu doit conformer son libre arbitre, il ne peut y avoir de régime politique sans norme morale extérieure. Sortir de cette exigence imposerait de fonder un pouvoir sur rien, en-dehors de toute norme morale supérieure : c'est ce que font les démocraties modernes en y ajoutant le garde-fou des droits de l'homme (qui n'en est plus un dès lors que tout, même le meurtre devient sujet de droits. Cf. l'avortement, l'euthanasie). On vient de le voir, dans un tel système, il y a partout et toujours une explosion de l'insécurité du fait même du pluralisme éthique et du relativisme.

 

Mais c'est aussi une inversion du principe philosophique spiritualiste classique et chrétien, selon lequel l'homme trouve son bonheur et sa liberté dans la recherche, la découverte et donc le respect d'une loi morale et divine supérieure, transcendante qui lui est extérieure. "Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres", nous dit l'Evangile (Jn VIII, 32). Il s'agit donc de la liberté de chercher la vérité, de choisir la vérité et de connaître la liberté dans la vérité.

 

Outre un bienfait global pour la société d'une pacification et d'une civilisation des mœurs, plutôt qu'une indétermination, il y a bien un choix à faire, et ce choix est la condition de la liberté, la condition même de la dignité de l'homme devant Dieu, quand il choisit le bien et la vérité.

 

C'est là, la vraie ligne de démarcation entre les Anciens et les Modernes, les philosophes et les sophistes, les conservateurs et les progressistes, les réalistes et les idéologues. L'Evangile prône la liberté, celle des enfants de Dieu placés devant un choix précis encadré de limites entre le bien et le mal. Personne n'a attendu Jean-Jacques Rousseau pour prôner une véritable liberté. Tout la question est celle du choix des moyens de la liberté, qui ne peuvent jamais aller contre Dieu et la morale naturelle (Décalogue).

 

La liberté conçue comme la capacité de choisir entre le bien et le mal est donc un élément essentiel de la dignité et de la nature de la personne humaine.

 

Par exemple, chaque homme a en lui une conscience naturelle du bien et du mal. Chacun, quelque soit son origine, sa religion, sa culture, a l'intime conviction qu'il ne doit pas tuer, ni voler. Cette conviction lui vient de sa conscience. Et cette conscience est une création naturelle de Dieu que l'Ennemi du genre humain veut anéantir en organisant un ordre politique qui supprime le champ de la conscience.

 

Il y a deux libertés : d'une part celle de choisir la vérité et le bien (libre arbitre) et d'autre part la liberté dans la vérité (la faculté de se mouvoir et d'évoluer dans le bien).

 

La démocratie, en supprimant toute norme morale supérieure comme fondement du pouvoir, le bien et le mal deviennent indifférents. La possibilité du choix entre le bien et le mal est supprimée du fait de cette indifférence. Avec la suppression des limites morales, les conditions de la liberté de l'homme sont supprimées.

 

Ce qui est en bas vaut désormais ce qui est en haut, et vice versa.... Cette doctrine est celle de Lucifer. C'est celle aussi de la franc-maçonnerie :

 

Lire : Serge Abad Gallardo : "Pourquoi j'ai quitté la franc-maçonnerie?"

 

La conquête ultime de l’homme sur la nature consiste dans le viol de sa propre nature : "il s’agit toujours de discréditer totalement les valeurs traditionnelles et de donner à l’humanité une forme nouvelle conformément à la volonté (qui ne peut être qu’arbitraire) de quelques membres… la maîtrise de l’homme sur lui-même signifie alors simplement la domination des conditionneurs sur le matériau humain conditionné". Plus effrayant : puisant ses racines dans la volonté d’autonomie de la modernité, "ce processus qui abolira l’homme va aussi vite dans les pays communistes que chez les démocrates et les fascistes". (Cf. L'abolition de l'homme. Par C.S. LEWIS (1898-1963))

 

Néanmoins, rappelons qu'il restera toujours un champ que l'Ennemi du genre humain ne pourra pas jamais atteindre, et où l'homme reste le seul maître : sa conscience.

 

Dans le cadre des sociétés démocratiques, lorsque un vote entre deux candidats est organisé, dont l'un ne défend aucun principe non négociable et l'autre en défend au moins un, la compétence à défendre les principes non négociables est centrale.

 

"Le culte agréable à Dieu n'est jamais un acte purement privé, sans conséquence sur nos relations sociales : il requiert un témoignage public de notre foi. Évidemment, cela vaut pour tous les baptisés, mais s'impose avec une exigence particulière pour ceux qui, par la position sociale ou politique qu'ils occupent, doivent prendre des décisions concernant les valeurs fondamentales, comme le respect et la défense de la vie humaine, de sa conception à sa fin naturelle, comme la famille fondée sur le mariage entre homme et femme, la liberté d'éducation des enfants et la promotion du bien commun sous toutes ses formes. (230) Ces valeurs ne sont pas négociables. Par conséquent, les hommes politiques et les législateurs catholiques, conscients de leur grave responsabilité sociale, doivent se sentir particulièrement interpellés par leur conscience, justement formée, pour présenter et soutenir des lois inspirées par les valeurs fondées sur la nature humaine.

(Benoît XVI, Sacramentum caritatis, n° 83)

 

 

Il ressort du "rendez à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui appartient à Dieu" (distinction des deux pouvoirs temporel et spirituel), que dans le cadre du temporel, on doit rendre à César ce qui lui appartient : nous avons un devoir d'oeuvrer au Bien commun, y compris dans l'état démocratique, où même si la démocratie a supprimé les conditions de la liberté et de la dignité, le temporel n'est pas délégitimé. Nous avons encore dans ce cadre-là un devoir de témoignage public de notre foi et de recherche du Bien commun, même si le combat semble perdu d'avance du fait des règles du jeu modifiées.

 

En 2002, dans sa "NOTE DOCTRINALE concernant certaines questions sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique", le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, avait listé à la demande de S. Jean-Paul II, une série de "principes éthiques" qui ne sont pas "négociables", et qui doivent éclairer et encadrer "l’engagement social et politique des catholiques dans les sociétés démocratiques : (1) le droit primordial à la vie depuis sa conception jusqu’à sa fin naturelle, (2) la protection des droits de l’embryon humain, (3) la famille fondée sur le mariage monogame entre personnes de sexe différent, (4) la liberté d’éducation des enfants, (5) la protection contre les formes modernes d’esclavage (drogue, prostitution), (6) le droit à la liberté religieuse (7) une économie qui soit au service de la personne et du bien commun, dans le respect de la justice sociale, du principe de solidarité humaine et de la subsidiarité. Extraits :

 

"En deux mille ans d’histoire, l’engagement des chrétiens dans le monde s’est réalisé sous des formes diverses. L’une d’entre elles a été la participation à l’action politique: les chrétiens, affirmait un écrivain ecclésiastique des premiers siècles, "participent à la vie publique comme citoyens" (Lettre à Diognète, 5, 5. Cf. aussi Catéchisme de l’Église catholique, n. 2240.) L'un d'entre eux, saint Thomas More , proclamé Patron des responsables de gouvernement et des hommes politiques, a su témoigner jusqu’à la mort de "la dignité inaliénable de la conscience". (S. Thomas More désavoua le divorce du roi Henri VIII et refusa de cautionner l'autorité que ce dernier s'était arrogée en matière religieuse et fut décapité. NdCR.) "Il a affirmé par sa vie et par sa mort que l''on ne peut séparer l’homme de Dieu, ni la politique de la morale".

 

Les sociétés démocratiques actuelles, dans lesquelles, à juste titre, tous sont appelés à participer à la gestion des affaires publiques dans un climat de vraie liberté requièrent des formes nouvelles et plus larges de participation à la vie publique de la part des citoyens, qu’ils soient chrétiens ou non. En effet, tous peuvent contribuer, par leur vote, à l’élection des législateurs et des responsables de gouvernement, et, par d’autres moyens aussi, à l’élaboration des orientations politiques et des choix législatifs qui, selon eux, servent le mieux le bien commun (Gaudium et spes n° 75)

[...] "[L]es fidèles laïcs ne peuvent absolument pas renoncer à la participation à la ‘politique’, à savoir à l’action multiforme, économique, sociale, législative, administrative, culturelle, qui a pour but de promouvoir, organiquement et par les institutions, le bien commun" (Jean-Paul II, Exhort. apost. post-synodale Christifideles laici (30 décembre 1988), n. 42). Ce bien commun inclut la défense et la promotion de réalités telles que l’ordre public et la paix, la liberté et l’égalité, le respect de la vie humaine et de l’environnement, la justice, la solidarité, etc.

 

[...] On constate aujourd’hui un certain relativisme culturel qui se manifeste de manière évidente en érigeant en théorie et en défendant le pluralisme éthique, qui est la preuve de la décadence et de la dissolution de la raison et des principes de la loi morale naturelle.

[...] il n’est malheureusement pas rare de rencontrer, dans des déclarations publiques, des assertions qui soutiennent qu’un tel pluralisme éthique est la condition de la démocratie.

[...] L’histoire du XXe siècle suffit à montrer que les citoyens qui ont raison sont ceux qui jugent totalement fausse la thèse relativiste selon laquelle il n’existe pas une norme morale enracinée dans la nature même de l’homme, au jugement de laquelle doit se soumettre toute conception de l’homme, du bien commun et de l’État.

[...] La liberté politique n’est pas fondée, et ne peut pas l’être, sur l’idée relativiste selon laquelle toutes les conceptions du bien de l’homme ont la même vérité et la même valeur.

[...] Si les chrétiens sont tenus 'de reconnaître la légitime multiplicité et diversité des options temporelles', ils sont également appelés à s’opposer à une conception du pluralisme marquée par le relativisme moral, qui est nuisible pour la vie démocratique elle-même, celle-ci ayant besoin de fondements vrais et solides, c’est-à-dire de principes éthiques qui, en raison de leur nature et de leur rôle de fondement de la vie sociale, ne sont pas 'négociables'.

[...] La légitime pluralité des options temporelles garde intacte la source d’où provient l’engagement des catholiques dans la politique, et cette dernière se réfère directement à la doctrine morale et sociale chrétienne. C’est à cet enseignement que les laïcs catholiques doivent toujours se conformer pour avoir la certitude que leur participation à la vie politique est empreinte d’une responsabilité cohérente à l’égard des réalités temporelles.

[...] La structure démocratique sur laquelle entend se construire un État moderne aurait une certaine fragilité si elle ne prenait pas comme fondement le caractère central de la personne. C’est d’ailleurs le respect de la personne qui rend possible la participation démocratique. Comme l’enseigne le Concile Vatican II, 'la sauvegarde des droits de la personne est en effet la condition indispensable pour que les citoyens, individuellement ou en groupe, puissent participer activement à la vie et à la gestion de la Nation' (Gaudium et spes n° 73)

 

Dans Sacramentum Caritatis, Benoît XVI emploiera de nouveau l'expression "valeurs qui ne sont pas négociables" au paragraphe 83 : "le respect et la défense de la vie humaine, de sa conception à sa fin naturelle, la famille fondée sur le mariage entre homme et femme, la liberté d’éducation des enfants et la promotion du bien commun sous toutes ses formes. Ces valeurs ne sont pas négociables." Il précise, au titre de l’exemplarité, que cette exigence s’applique particulièrement pour les baptisés qui occupent un poste de décision politique.

 

Pour Benoît XVI, la loi naturelle est le fondement et la condition de la démocratie. La loi naturelle morale étant une création divine, Dieu est le cadre privilégié de la démocratie. Cette doctrine n'est pas nouvelle.

Socrate

Socrate

Dans l'Antiquité, c'est Platon, l'élève de Socrate, qui a situé comme toute première idée, l'idée du bien, qui est le principe même de l'être intelligent, par quoi cet être découvre Dieu, c'est-à-dire l'existence d'une loi morale tendant à la ressemblance à Dieu, donc la vérité. Platon est l'auteur du premier système politique spiritualiste complet. Ses opposants étaient les sophistes : tous étaient démocrates.

 

Et comme il y a 2500 ans, la démocratie contemporaine continue de répandre ses mensonges, son absence de programme, son néant. L'illogisme est son moyen. C'est la raison pour laquelle on a pu voir durant la campagne présidentielle, un Emmanuel MACRON n'avoir aucun programme politique, affirmer tout et son contraire.

 

Pourtant, la démocratie contient un cercle, une faute logique qui détruit son postulat de base d'une supériorité politique et morale sur les autres régimes. Cette faute logique a été mise en évidence dans un débat sur un sujet voisin entre Socrate et le sophiste Calliclès. Ce débat a été rapporté par le philosophe Platon dans Gorgias : "Pourquoi faudrait-il obéir à la loi morale (universelle et rationnelle) ?

 

Calliclès vient du grec ancien "kallistos", superlatif qui signifie "le plus beau". Ce sophiste, le jeune, beau et riche Calliclès, tout infatué de sa personne (comme tous les autres) avait la croyance dans la relation directe entre la force et le droit, le tout mâtiné d'une bonne dose d'hédonisme.

 

Calliclès est peut-être un personnage fictif inspiré par des personnages réels comme Critias, Isocrate, Polycrate de Samos, Denys II ou encore Alcibiade, dont Platon dit qu'il est ami.

 

Les dialogues de Socrate sont des essais de réfutation de l'idéologie terrifiante des sophistes, de leur "tout pour moi, rien pour les autres", la "loi du loup intelligent", la "loi du plus fort, et "l'homme est la mesure de toutes choses" (à chacun sa vérité...) de Protagoras.

 

La vraie nature de la barbarie c'est d'enlever à l'homme sa liberté, le traiter comme du bétail que l'on peut sans scrupule amener à l'abattoir (Hitler, Staline) dans un régime qui ne reconnaitrait aucune loi morale supérieure.

 

Le sophiste Calliclès, face à Socrate, voulait montrer que la morale est une entrave au bonheur, à son bonheur (ce qui reste d'ailleurs discutable c'est de prétendre que l'on peut trouver son bonheur en écrasant les autres...) Calliclès portait également la discussion autour de la nécessité (ou pas) du fondement moral de la politique publique.

 

Socrate savait d'avance comment le contredire. Pour démontrer qu'il faut (ou qu'il ne faut pas) respecter la loi morale, il faudrait construire un raisonnement, c'est-à-dire recourir à la raison théorique. Mais il y a là chez Calliclès un cercle, une faute logique. L'usage de la faculté de la raison théorique se fonde lui-même sur la loi morale (démonstration => déduction => loi morale). Vouloir démontrer la nécessité de la morale ou son inutilité en vue du bonheur est un cercle vicieux, car c'est déjà présupposer la morale. Quel scrupule me pousse à poser cette difficile question (plutôt qu'à la taire), à tenter de construire une déduction rigoureuse (plutôt qu'un sophisme ou qu'une faible argumentation) ? C'est d'abord un scrupule d'honnêteté intellectuelle, envers autrui et envers moi-même. C'est déjà une exigence morale. Vouloir construire une démonstration valide (vraie) qui prouverait la légitimité (ou l'illégitimité) de la morale, c'est déjà obéir à une exigence morale... La légitimité ou l'illégitimité de l'exigence morale ne peut donc pas être démontrée parce qu'elle précède toute démonstration.

 

Il ne faut pas dire que l'exigence morale est sans valeur au prétexte qu'elle est indémontrable (ce serait un non-sens). C'est le contraire : l'exigence morale a une valeur suprême et absolue parce qu'elle est au fondement de toute démonstration, de toute vérité rationnellement déduite (en mathématique, philosophie, histoire, physique, logique, etc.) et donc, également (et surtout), l'exigence morale est au fondement de toute politique publique.

 

Et c'est là que Calliclès s'est retrouvé piégé à la fin de sa démonstration : il a fait un raisonnement rigoureux, intellectuellement honnête dans ses arguments. Il a prouvé par là-même qu'il a respecté l'honnêteté intellectuelle (envers autrui et envers lui-même) : c'est déjà de la morale. Calliclès, par sa démonstration, a prouvé l'inverse de ce qu'il voulait prouver. Socrate l'a laissé parler dans le vide, il savait d'avance quel en serait le résultat.

 

A notre tour aujourd'hui, lors des débats politiques télévisés, nous conseillons de laisser les sophistes dérouler leurs argumentaires, sans chercher à les contredire, sans chercher à s'opposer ou à contrer leur vide argumentaire : contrer le vide c'est déjà lui donner une existence et une réalité. Au final, le candidat sophiste se contredira tout seul. Il s'agit simplement d'être dans le pour (et non dans le contre), d'affirmer la vérité et de l'expliquer.

 

On a ainsi pu voir durant la campagne présidentielle des partisans d'Emmanuel ne pas savoir quoi répondre à la question simple : "quel est le programme d'Emmanuel Macron?" Certains répondaient "on vote pour lui parce qu'il est beau"... Degré zéro de la politique. D'autres se mettaient en colère, en voyant qu'ils étaient piégés.

Si on refuse l'exigence de la loi morale, on s'autorise à refuser la rigueur, c'est-à-dire que l'on accepte de se contredire, ce qui est un non-sens.

 

(Un exemple concret de cela donne : La théorie du genre : une idéologie totalitaire fascisante qui détruit la pensée (Yann CARRIERE)

 

Judith Bulter, théoricienne du gender, a été interviewée par le Nouvel Observateur dans un numéro de décembre 2013. On lui posait la question : "Vous dites que les différences sexuelles n'existent pas biologiquement?". Elle répond : "C'est vrai, le sexe biologique existe". Elle n'est pas toujours aussi claire, mais là elle le dit. "Simplement, ajoute-elle, sa définition nécessite un langage et un cadre de pensée - autant de choses qui par principe peuvent être contestées et qui le sont..." (Source : "Théorie du genre: Judith Butler répond à ses détracteurs", Le Nouvel Observateur, Publié le 15-12-2013 à 19h19, Mis à jour le 15-01-2014 à 11h15)

 

Traduction : oui les différences biologiques existent. Mais si vous en parlez je vais vous démolir. Cela peut être contesté et cela l'est. Votre code de pensée est contestable et il va être contesté. Les mots que vous employez, ils sont contestables, et ils vont être contestés. Et vous n'aurez plus qu'à vous taire....

 

 

"On supprimera la foi, au nom de la lumière

Puis, on supprimera la lumière.

 

On supprimera l'âme, au nom de la raison

Puis, on supprimera la raison.

 

On supprimera la charité, au nom de la justice

Puis, on supprimera la justice.

 

On supprimera l'amour, au nom de la fraternité

Puis, on supprimera la fraternité.

 

On supprimera la vérité, au nom de l'esprit critique

Puis, on supprimera l'esprit critique.

 

On supprimera le sens du mot, au nom du sens des mots

Puis, on supprimera les sens des mots.

 

On supprimera le sublime, au nom de l'art

Puis, on supprimera l'art.

 

On supprimera les écrits, au nom des commentaires

Puis on supprimera les commentaires.

 

On supprimera le saint, au nom du génie

Puis, on supprimera le génie.

 

On supprimera le prophète, au nom du poète

Puis, on supprimera le poète.

 

On supprimera l'esprit, au nom de la matière

Puis, on supprimera la matière

 

Au nom de rien, on supprimera l'homme

On supprimera le nom de l'homme.

 

Il n'y aura plus de nom

Nous y sommes.

 

 

Armand Robin (1912-1961), "Le programme en quelques siècles"
- Ma vie sans moi (Gallimard 1940, rééd. 1970), un poème qui résume bien la subversion du langage, la destruction de la logique et l'abolition de l'homme.

 

 

Le principe de non-contradiction interdit de se contredire.

 

Si on élimine la loi morale, on tombe dans la tyrannie des désirs et des passions, on va d'un moindre mal à un pire mal. En politique c'est pareil, si on refuse l'exigence de la loi morale, tout est permis, et on se choisit des guides chargés de nous guider. "En Marche" vers le "Nouvel Ordre mondial"...

 

 

Le roi de justice

Les rois ont été élus premièrement pour faire la justice.

Michel de l'HOSPITAL, Chancelier de France, aux Etats généraux de 1560, in Arlette LEBIGRE, La Justice du roi, La vie judiciaire dans l'Ancienne France, Editions Complexe, Bruxelles 1995, p. 33

La vraie science du prince est de juger son peuple.

Jean BODIN, Six Livres de la République (1577), Livre IV, chap. VI, p. 612.

Dans l'Ancien Régime, le roi de France était le lieutenant du Christ.  Le roi ne guidait pas, il était essentiellement un juge. Il était destiné à trancher où se trouvait l'ordre de la nature, à dire le bon ordre de la nature, à dire la justice, à rendre à chacun ce qui lui appartient : il n'était pas souverain. Le roi ne décidait pas lui-même de la loi, ni du bien et du mal. C'est l'histoire de la triple donation de sainte Jeanne d'Arc. Le royaume de France appartient d'abord à Dieu qui est le Souverain. Dans ce système, le Législateur est Dieu et la loi appartient à l'homme qui n'a pas la possibilité de la changer.

 

De même, la loi du roi dès le Haut Moyen Âge ne pouvait pas aller contre la loi des gens, ni contre les traditions du peuple parce que cette loi et ces traditions appartenaient au peuple :

 

Sous Charlemagne, la loi est "intangible" parce qu'elle "appartient au peuple", le roi ne peut y "toucher quant au fond" écrit l'historien Jean Favier, dans son ouvrage "Charlemagne". "Le roi n'a rien d'un autocrate. Pour bien des affaires législatives ou politiques, qui ne sont pas dans le champ d'application du ban royal, la rédaction de l'assemblée paraît avoir infléchi ou déterminé la décision royale".

"Lorsque le roi ajoute aux lois, c'est pour clarifier les ambiguïtés et combler les lacunes, non pour changer le sens de la législation". [4]

 

"En 792, il (le roi) évoque les nombreuses plaintes de ceux qui 'n'ont pas conservé leur loi'. Si quelqu'un dit qu'on lui a refusé le bénéfice de sa loi, écrit le roi, les missi (préfets de l'époque NdCR.) doivent bien dire que ce n'est ni la volonté ni l'ordre du roi. On punira le missus ou le comte qui aura confondu les lois. Pour limiter les contentieux, le roi prescrit que l'on fasse enquête pour savoir 'quelle est la loi de chacun, d'après son nom' !"

 

Dans la monarchie, le peuple avait également la possibilité de faire des représentations, des doléances et soumettre des pétitions au souverain (cette faculté de démocratie directe n'existe pas sous la Ve république...). Les communautés d'habitants défendaient leurs droits et privilèges devant la justice du roi, face aux seigneurs peu respectueux. Et souvent la justice du roi tranchait en faveur des habitants.

Le roi libérateur

Aujourd'hui, la faculté laissée à l'homme de définir le Bien et le Mal selon l'idée qu'il s'en fait... est une sorte de méta-hérésie qui imprègne l'ensemble de la vie sociale et religieuse.

 

Le roi, lui, est le chevalier supérieur qui n'utilise la force que pour rendre la justice. Il ne s'arroge pas le pouvoir du Législateur, qui n'est pas en son pouvoir. Il ne cherche pas à gouverner, à guider, à diriger, à avoir un pouvoir sur : il a déjà le pouvoir. A ce double titre, le roi est l'émancipateur par excellence. Il transforme la violence, en utilisant la force au profit de la justice. C'est l'idée que la force ne sera utilisée qu'à cette fin.

 

Le peuple guidé

 

En sens contraire, "depuis la Révolution Française et au XIX eme siècle, surtout, avec Marx, tout change. Les notions de peuple, de petites gens comme centre de l’histoire franchissent une nouvelle étape. Le Peuple n’est plus sauvé par le Messie, mais le DEVIENT (Marx), ce qui est une novation extraordinaire. Mais cette nouveauté à une conséquence fâcheuse que peu de gens ont compris à l’époque : le Peuple n’a plus besoin d’être aimé, soigné et éduqué mais … guidé." (Charles GAVE: Réflexions sur la notion de peuple) Dès lors, le peuple se choisit des guides et passe de gourous en gourous.

 

Libéraux comme bolchéviques léninistes réclament une élite de guides du peuple réunis dans un parti chargé de gagner les élections par le vote, ou la révolution par les armes, et gouverner pour le bien du peuple.

 

Lénine réclamait "une discipline la plus rigoureuse", une "véritable discipline de fer dans notre parti", "l'appui total et indéfectible accordé à ce dernier par toute la masse de la classe ouvrière", le maintien au pouvoir du Parti bolchévique par la "centralisation absolue" (Lénine, La maladie infantile du communisme : le gauchisme, 1920, dans Oeuvres, t. 31, Editions sociales / Editions du Progrès, Paris / Moscou 1976, p. 17 et 73-85.).

Léon Trotski, bras droit de Lénine et commandant de l'Armée rouge dira que le Parti est le "cerveau" du prolétariat.

 

Emmanuel Macron ne sera "ni le président normal et bavard avec les journalistes qu’était Hollande. Ni l’hyperprésident impétueux et se mêlant de tout qu’était Sarkozy. [...] C’est donc une présidence jupitérienne, au pouvoir vertical, que conçoit Macron. Il veut renouer avec les codes d’une République monarchique qu’avait imposés De Gaulle et une autorité toute bonapartiste." [5]

Le roi libérateur

Le côté christique ou mystique d'Emmanuel Macron, la présidence qu'il a lui-même théorisée comme "jupitérienne", la verticalité recherchée comme remède au matérialisme de la démocratie, ne doit pas faire illusion.

 

Emmanuel Macron est un gourou comme les autres, fabriqué par les communicants en vue d'attirer les spiritualistes et tromper l'électorat. Macron n'est pas spirituel, il est matérialiste, narcissique et infatué de sa personne, il cherche à avoir un pouvoir sur.

 

C’est à Jean Dorat, professeur de Pierre de Ronsard et de Joachim du Bellay, que nous devons la définition d’un pouvoir jupitérien. Celle-ci se trouve dans l’Exhortation au roi (Ad Regem exhortatio) [6] qu’il adressa à Henri III en 1576.

 

Dorat n’était pas un démocrate. Il n’entendait pas contester au roi le privilège de seconder et de protéger le juge (iudex). En revanche, en républicain convaincu, il assoit un gouvernement juste sur le respect du droit et avertissait que l’association du mercantilisme et de la force brutale, étatique ou non, enfante des monstres politiques. Les débuts d’Emmanuel Macron, de ce point de vue, posent de sinistres jalons. Et l’on peut même se demander si Macron lui-même n’est pas déjà une manière de monstre, de Jupiter dégénéré, que la foire médiatique exhibe pour masquer l’éreintement de la justice sociale au profit d’une caste vampirique ?" [7]

 

De même, notons ici que l'assimilation trompeuse de Macron à un monarque, lancée par le franc-maçon Jean-Luc Mélenchon durant la campagne présidentielle (discours sur la "monarchie républicaine"), les medias dominants ont ensuite repris l'image et savamment donné à la présidence Macron une dimension sacrée qui n'existe pas dans la démocratie : encore un mensonge.

 

Or, en France, pendant deux mille ans, la monarchie a été ce régime politique d'équilibre où le peuple continuait d'être sauvé par le Messie, et ne le devenait pas. La monarchie était ce régime où la personne du roi, ses qualités, ses défauts, ne comptaient pas, mais où la qualité des institutions faisait que le roi gouvernait et servait par amour du Messie, sans chercher à diriger le peuple.

 

Ceci était d'ailleurs conforme à la philosophie classique qui disait que "la cité où ceux qui doivent commander sont les moins empressés à rechercher le pouvoir est la mieux gouvernée et la moins sujette à la sédition, et celle où les chefs sont dans des dispositions contraires se trouve elle-même dans une situation contraire..." (Platon, La République VII / 520c-521c)

 

Les démagogues

 

Les démocrates dans leur ensemble, c'est-à-dire ceux qui veulent diriger, ceux qui veulent guider, se sont rendus compte de la faiblesse du fondement philosophique de leur système. C'est pourquoi, pour combler le vide et le néant de leur argumentaire, les communicants et autres publicitaires incitent les candidats à porter le débat non pas sur le fond mais sur la forme.

 

Les philosophes classiques (Socrate, Platon, Aristote) voyaient dans la démocratie le système de la démagogie.

 

Dans la Rome antique, Quintus CICERON (frère du célèbre philosophe) offrait au candidats potentiels des conseils pratiques pour manipuler l'opinion publique et être élu. Il vantait la 'supériorité de l'éloquence' et suggérait aux candidats d'apprendre à 'flatter' les électeurs (on a vu ainsi Emmanuel MACRON dire "mes amis" au cours de ses meetings de campagne présidentielle, ce qui est un élément de langage destiné à s'attirer la sympathie des électeurs. NdCR.) et de s'assurer de mener une 'campagne... magnifique, brillante, éclatante, populaire'. (Quintus CICERON, Petit manuel de campagne électorale, Arléa, Paris 1992, p. 41, 49, 51.)

 

Le sociologue Max WEBER a pu dire que même dans l'état le plus démocratique (nous écririons plutôt "surtout" ! NdCR.), le chef politique recrute ses partisans et gagne les masses à cause de sa 'démagogie'. [8]

 

Dans les débats télévisés, ce qui compte c'est l'image que retiennent les téléspectateurs, non le fond. C'est triste, mais c'est ainsi. Emmanuel MACRON a pu ainsi mener une campagne du vide, une campagne en creux contre "nos vrais ennemis" (Meeting de Paris, 1er mai), et même déclarer qu'il revendiquait l'"immaturité" et l'"inexpérience politique" ! La reconnaissance de défauts majeurs qui suffiraient normalement à le disqualifier contribue, au contraire, à fabriquer une image de présidentiable :

Le roi libérateur

Charles de Gaulle est celui qui a théorisé le rôle du chef de l'état comme une rencontre entre le peuple et la France.

 

Tous les "candidats à la candidature" sont des chefs charismatiques de partis politiques ou mouvement qui prétendent représenter le "peuple" dans son ensemble. Tous dirigent un parti ou un mouvement d'une main de fer, sur un modèle hiérarchique pyramidal. Par exemple, Emmanuel Macron, patron du mouvement "En Marche" (dont les initiales sont les mêmes que les siennes...), est l'auteur d'un ouvrage programmatique ("Révolution, C'est notre combat pour la France", Xo éditions, 2016) où le mot France n'est écrit qu'une fois dans les cinquante premières pages alors qu'il y est inscrit 250 fois "moi je"...

 

Tous les "candidats à la candidature" présentent un programme politique censé conduire le peuple à la liberté & à l'égalité, et c'est l'inverse qui se produit depuis deux siècles... La main invisible du marché nous guide, les banques d'affaires financent et le peuple attend toujours les lumières promises par la République dite "française" : où sont-elles ? Serait-ce l’analphabétisation, l'illettrisme en augmentation ? La dette publique en augmentation constante ? La laideur architecturale et l'insécurité des banlieues ? L'augmentation des écarts de richesses et des inégalités ? Le chômage galopant ? Le bourrage de crâne médiatique ? Le divertissement dans les loisirs ? L’abandon de Dieu ? La raréfaction des familles ?

Le roi libérateur

Le 8 mai dernier, le soir de son élection, sous la pyramide en verre du Louvre désirée par François Mitterrand, et après une arrivée solitaire mise en scène sous la musique de l'hymne officiel de l'Union européenne (Hymne à la joie de Beethoven), "Moi je" a donc déclaré qu'il "rassemblerait et réconcilierait" car il veut "l'unité de notre peuple et de notre pays" (après avoir qualifié durant la campagne ses opposants de "nos vrais ennemis" !) Il assure qu'il servira le peuple "au nom de notre devise, liberté, égalité, fraternité".

 

Contrairement à l'image donnée de la solitude du nouveau président, Emmanuel Macron a derrière lui d'autres personnes et d'autres instances qui l'ont soutenu, financé, et porté là où il est. Ces personnes tirent les ficelles dans l'ombre. Macron n'est donc pas "un monarque", qui serait indépendant des lobbys et groupes de pression.

 

Le président de la Ve république n'est pas non plus un monarque "républicain", comme le dit le franc-maçon Jean-Luc Mélenchon. La république étant (en théorie) la chose de tous, le président n'est l'homme que de quelques-uns... Son élection par une minorité des électeurs inscrits le prouve. (Emmanuel Macron n'a été élu que par 43,75% des inscrits).

Au début du XXe siècle, le sociologue Robert MICHELS a développé la notion de "loi d'airain de l'oligarchie",  selon laquelle "aussi bien en autocratie qu'en démocratie, c'est toujours une minorité qui gouverne".

 

Cette loi d'airain désigne la dérive autoritaire qu'il avait observée dans le Parti social-démocrate d'Allemagne (Sozialdemokratische Partei Deutschlands, PSD), dont il était membre. Michels a expliqué comment ce parti, qui prétendait défendre les masses et s'identifier à la liberté, l'égalité et la solidarité..., était en fait dirigé par une élite animée par un "esprit aristocratique" et qui se méfiait des masses. Michels en a déduit qu'inévitablement tout parti politique se hiérarchise et tombe sous le contrôle d'une élite autoritaire. La conclusion finale est moins connue : au nom justement des principes de liberté et d'égalité, une partie de la base se rebellera toujours contre cette élite en lui reprochant d'être trop autoritaire, le tout dans une dynamique vicieuse cyclique : les rebelles qui prendront le contrôle du parti formeront une nouvelle aristocratie, contre laquelle se rebelleront - au nom de la démocratie - d'autres militants de la base, etc. [9] C'est le principe du moteur de la révolution.

 

Chaque génération "progressiste" place ses espoirs dans un nouveau parti, un nouveau mouvement, qui promet de nouveau à la fois la justice sociale, le rassemblement, et des espaces de participation politique. Une fois arrivés au pouvoir, les nouveaux dirigeants, émanant du peuple ou de l'oligarchie, deviennent à leur tour des gouvernants comme les autres.

L'anarchiste Bakounine résuma le problème : "Si après-demain on établissait un gouvernement et un conseil législatif, un parlement, exclusivement composé d'ouvriers, ces ouvriers qui sont aujourd'hui de fermes démocrates socialistes deviendraient demain des aristocrates déterminés, des adorateurs hardis ou timides du principe d'autorité, des oppresseurs et des exploiteurs". Mais Bakounine avait tort lorsqu'il concluait que "il faut abolir complètement dans le principe et dans les faits, tout ce qui s'appelle pouvoir politique; parce que tant que le pouvoir politique existera, il y aura des dominateurs et des dominés, des maîtres et des esclaves, des exploiteurs et des exploités" [10].

 

S'il est vrai qu'il y aura toujours des dominateurs et des dominés au sens qu'il y aura toujours des gouvernants et des gouvernés, l'anarchie est un mythe : il y aura toujours un pouvoir politique. Il ne s'agit donc pas d'imaginer un monde sans pouvoir, mais de rechercher et de préciser quel est le meilleur pouvoir, y compris dans la pratique, le pouvoir qui permet les conditions de l'action politique conforme à l'exigence morale universelle. Un pouvoir où le dirigeant ne cherche pas à diriger...

 

La responsabilité ne ressort pas uniquement des dirigeants ou des élites: le "peuple", comme tous les chefs ou représentants, n'est pas parfait par nature, il a ses défauts. Et la démocratie ne fait que les entretenir.

 

La crise de la démocratie libérale conduit à l'insurrection, qui conduit à son tour au changement de pouvoir, mais sur les mêmes anti-fondement politique. Une prise de pouvoir se réalise par les urnes, une autre par la rue. L'interprétation du vote de l'insurrection révolutionnaire comme réponse à une crise du néo-libéralisme convient aux nouveaux pouvoirs, car elle renforce leur légitimation. Selon ce système, il faut un nouveau gourou, un nouveau guide, une nouvelle aristocratie pour sauver le pauvre peuple manipulé, et même pour que sa légitime colère et son action trouve "une signification", un débouché politique !...

Voilà la démocratie. Et c'est ce régime qu'on nous vante être "le pire système de gouvernement, à l'exception de tous les autres" (Winston Churchill). En réalité, c'est le pire des régimes, car il nous prive de notre liberté en tant qu'homme et en tant que peuple politique. Tous les autres régimes reconnaissent l'exigence morale et ne la suppriment pas.

 

Dans un système amoral, défendre la justice, défendre les plus faibles, et défendre le sacré reste bien le seul recours qui nous reste pour combattre le narcissisme des "candidats à la candidature", le "moi je" d'un Macron ou le "moi président" d'un Hollande.

 

Conclusion

 

Le roi héréditaire évite les guerres civiles qui se produisent à chaque élection. Un Emmanuel Macron désigne dans ses meetings les électeurs de Marine Le Pen comme "nos vrais ennemis".

 

Un roi n'a pas besoin d'être élu (il a déjà le pouvoir). Il n'a pas besoin de flatter le peuple par les vices. Il tire le peuple vers le haut.

 

Le roi ne désire pas le pouvoir (il l'a déjà). La démocratie flatte le peuple par ses mensonges afin d'avoir un pouvoir sur (populisme de droite comme de gauche). Quelle est l'utilité de la démocratie ?

 

L'exigence morale est au fondement de toute vérité universelle rationnellement déduite (en mathématique, philosophie, histoire, physique, logique). Le peuple vote en premier lieu pour des raisons morales. La démocratie en organisant le combat politique sans raison morale ultime a-t-elle peur du peuple ?

 

Le roi reconnait l'existence d'une loi morale universelle et rationnelle transcendante; il n'est pas dans son pouvoir de la supprimer. La démocratie organise la suppression de la morale comme fondement de la politique. Elle détruit les conditions de la liberté politique. Le processus se termine par l'"abolition de l'homme" (C.S. LEWIS). N'est-il pas temps de changer de logiciel ?

 

"Un roi, le désir de roi est plutôt de la nécessité anthropologique que de la nécessité idéologique. Ce n'est pas un désir d'autorité, c'est un désir d'aspiration vers le haut." (Marin de VIRY)

 

Le roi est l'émancipateur, le libérateur par excellence, celui qui rend la justice.

Notes

 

[1] Francis DUPUIS-DERI, La peur du peuple, Agoraphobie et agoraphilie politiques, LUX Humanités, Québec 2016, p. 131-132.

[2] Francis DUPUIS-DERI, La peur du peuple, ibid., p. 207.

[3] Pierre CHAUNU, Le Grand déclassement, à propos d'une commémoration, Robert Laffont, Alençon, 1989, p. 77-78.

[4] Jean FAVIER, Charlemagne", Texto, Le Goût de l'histoire, Lonrai 2013, p. 303-348.

[5] Macron à l’Élysée, c’est l’anti Hollande, Europe 1, L'édito politique d'Yves THREARD, 07h41, le 19 mai 2017

[6] Texte publié dans Humanistica Lovaniensia, Journal of neo-latin studies, vol. XXVI-1977, Leuven University Press/The Hague Martinus Nijhoff, et accessible ici.

[7] Que pourrait bien être une présidence "jupitérienne"?, Le Blog Mediapart, 19 mai 2017

[8] Max WEBER, Parliament and Government in Germany under a New political Ordre : Towards a Political Critque of Officialdom and The Party system, Cambridge University Press, 1994, p. 228) cité in Francis DUPUIS-DERI, La peur du peuple, ibid., p. 115.

[9] Robert MICHELS, Sociologie du parti dans la démocratie moderne. Enquête sur les tendances oligarchiques de la vie des groupes, 1911, rééd. Gallimard, Paris 2015, p. 75 et suiv., cité in Francis DUPUIS-DERI, La peur du peuple, ibid., p. 192.

[10] Michel BAKOUNINE, Le système parlementaire est-il le meilleur en Suisse?, Les Ours de Berne et l'Ours de Saint-Pétersbourg, 1870, cité dans Raoul VILETTE, (dirc), Précis d'anti-électoralisme élémentaire. 120 motifs de ne pas aller voter, Nuits rouges, Paris 2007, p. 17. Résumé du livre : "Ce choix de textes n'est pas destiné à prôner l'abstention, encore qu'il donnera beaucoup d'arguments en ce sens, mais simplement à relativiser l'importance des élections dans les sociétés contemporaines. Lorsqu'elles ne sont ni truquées ni faussées - ce qui est le cas, d'une manière ou d'une autre, dans la majorité des pays -, elles n'offrent qu'un état de l'opinion ; état qui est déterminé par le jeu des forces économiques, militaires et sociales, intérieures et extérieures. Autrement dit, les élections ne font qu'entériner ces rapports de forces, mais elles ne les créent pas. Dans les pays riches, le système politique organise l'alternance au pouvoir de deux partis, qui mènent à peu près la même politique procapitaliste. Les deux blocs se neutralisant, la décision est faite à chaque élection par quelques centaines de milliers d'électeurs du centre. Les petits partis extrémistes ne peuvent que graviter autour de ces blocs, et ne peser que marginalement sur leur politique. Même l'abstention est intégrée - parfois même encouragée - par le système, puisqu'elle réunit, autour des " apolitiques ", les déçus de la droite et de la gauche. Elle reste pourtant l'attitude la plus claire, sinon toujours la plus raisonnable, pour qui ne veut pas être l'éternel dindon de la farce électorale."

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22 mai 2017 1 22 /05 /mai /2017 08:03

Un article de Marco Tosatti, vaticaniste à La Stampa, traduit par Diakonos.be :

Il faut mettre Benoît XVI au secret. Burke n'est qu'un pauvre type. La garde rapprochée du pape contre-attaque

 

En lisant trois informations parues hier, je me suis dit que certains avaient perdu leur sang-froid et que nous avions entamé une dangereuse période de retour en arrière du style: celui qui n’est pas d’accord avec moi, qu’on lui coupe la tête. Une décadence populiste inédite dans l’histoire de l’Eglise moderne. J’espère vraiment me tromper et ce n’est pas une façon de parler. Je l’espère sincèrement. Malheureusement, plusieurs indices ne sont pas du genre à nous apaiser.

 

Le nœud du problème, si j’ai bien compris, réside encore une fois dans la réponse non donnée – un an plus tard – à cinq questions posées au Pape par quatre cardinaux sur des points controversés de son exhortation apostolique Amoris Laetitia. Des questions posées dans un esprit d’obéissance, suivant une procédure classique dans l’Eglise, c’est-à-dire en demandant au Pape et à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi de fournir un éclaircissement. Deux mois après que les questions aient été posées, ces cardinaux ont appris que le Pape n’avait pas l’intention de répondre et ont rendu leurs questions publiques. En effet, ces questions nous concernent tous et on pourrait les résumer à une seule : est-il permis de communier en état de péché mortel sans avoir l’intention de changer de comportement ?

 

Pourquoi le pape refuse-t-il de répondre, nous n’en avons aucune idée. Il nous semble nous souvenir qu’un jésuite qui lui est proche ait un jour affirmé que c’était parce que les questions étaient idéologiques. Désolé mais cela me semble un peu court. Le rôle de l’autorité est justement d’éclaircir sa propre pensée et ce faisant de rendre évident qu’une question soit inutile ou pertinente. Au sein de l’Eglise en particulier, une autorité qui ne répond pas remplit-elle son devoir ?

 

En guise de réponse, des attaques à n’en plus finir se sont déchaînées contre ces quatre cardinaux et contre quiconque partageait leur perplexité. Nous ne voulons pas croire, comme on nous l’a laissé entendre, que le Pape ait encouragé ou donné son assentiment à ses fidèles en ce sens. Mais il ne fait aucun doute que le seul des quatre qui ait encore une charge – Raymond Leo Burke, Patron de l’Ordre de Malte – soit entré et se trouve toujours au milieu du champ de tir. En ce qui concerne Malte, vous pouvez retrouver un historique de l’affaire dans nos précédents articles. C’est peut-être justement la parésie de Burke qui a fait problème.

 

Ce qui nous amène au premier des trois épisodes d’hier : l’attaque personnelle déconcertante du cardinal Oscar Rodriguez Maradiaga, un comportement sans précédent. Dans la préface d’un livre-entretien écrit de concert avec son confrère salésien Antonio Carriero intitulé « Seul l’Evangile est révolutionnaire », voici ce que Maradiaga déclare au sujet de Burke, à propos des Dubia : « Ce cardinal qui soutient cela est un homme frustré, parce qu’il voulait le pouvoir et qu’il l’a perdu. Il croyait représenter la plus haute autorité des Etats-Unis ». Et il ajoute : « Ce n’est pas lui le magistère, c’est le Saint-Père qui est le magistère et c’est lui qui enseigne à toute l’Eglise. L’autre ne dit que sa propre pensée, ce qui ne mérite aucun autre commentaire. Ce ne sont que les mots d’un pauvre homme ». C’est pourtant là que réside le problème : un éclaircissement est demandé à propos du magistère et il ne vient pas. Mais pour Maradiaga, grand défenseur du Pape, il s’agit là d’un détail sans importance. Il préfère s’en prendre à une obscure « droite catholique » qui voudrait « le pouvoir et pas la vérité. Et s’ils pensent trouver une hérésie entre guillemets dans les paroles de François, ils se trompent lourdement parce qu’ils ne pensent que comme les hommes et pas comme le Seigneur le voudrait ».

 

La violence de ces propos est frappante. Où sont donc passés le dialogue et la miséricorde ?

 

Venons-en donc au deuxième épisode qui est tout aussi significatif. Le protagoniste est un certain Andrea Grillo, un laïc professeur de théologie à Saint-Anselme. Grillo ferait partie – à ce qu’on nous dit – de cette commission jamais officiellement annoncée et officiellement inconnue du Préfet du Culte Divin (c’est-à-dire l’autorité qui est normalement responsable en la matière) et qui aurait été chargée d’étudier la possibilité de créer une messe à laquelle catholiques et protestants pourraient participer ensemble. Ce qui n’est pas une mince affaire étant donné que le sens de l’eucharistie est totalement différent.

 

Le Préfet du Culte, c’est le cardinal africain Robert Sarah, nommé par le Pape à une époque où il avait dû pour des raisons de réforme diverses et variées le déplacer de la fonction qu’il occupait à la tête de Cor Unum. Dans la postface d’un de ses livres qui va bientôt sortir, Benoît XVI a déclaré qu’avec Sarah, la liturgie était en de bonnes mains. Cela ne nous semble pas être une affirmation scandaleuse, sauf pour ceux qui haïssent Sarah.

 

Cet Andrea Grillo, que nous n’avons pas le bonheur de connaître, s’est déchaîné : « Il faut bien comprendre la singularité de la situation. Un pape renonce à l’exercice de son ministère pétrinien. La procédure de succession est lancée et un successeur est élu. Normalement cela n’advient que « mortis causa ». Quand la raison n’est pas la mort du prédécesseur mais la « démission », cela expose l’institution à un cas délicat de conflit d’autorité. Qui devrait être réglé par la « consigne du silence » du prédécesseur. Lequel, dans la préface où les exalte les vertus du Préfet Sarah, cite un texte d’Ignace d’Antioche qui dit : « Il est préférable de rester silencieux ». Si non seulement il parle mais qu’en plus il fait l’éloge d’un Préfet qui a causé des tracas sans fin à l’Eglise et à son successeur, commence alors un conflit dangereux qui exigerait des comportements plus prudents et des mots plus responsables. Il faut à l’avenir fixer des normes qui règlent de façon plus nette et certaine la « mort institutionnelle » du prédécesseur et la pleine autorité du successeur, en cas de démission ».

 

Entre autres choses désagréables et peu respectueuses, Grillo a également déclaré : « Il ne peut y avoir de cohabitation. Cela semble maintenant parfaitement évident. Tout comme il est évident que le vêtement blanc et le droit de parole ainsi que la résidence doivent être strictement réglementés. L’Evêque émérite doit s’éloigner du Vatican et se taire à jamais. Ce n’est qu’à ces conditions qu’il est possible de configurer une « succession » réelle… Les intentions de discrétion et d’humilité sont violées de façon flagrante, de façon presque scandaleuse. Et je trouve véritablement déconcertant que l’Evêque émérite de Rome loue François pour une nomination qu’il sait pertinemment bien avoir contribué à décider. Cela me semble le fait le plus grave, c’est un signe de cléricalisme et dirais-je même d’une certaine hypocrisie ».

 

La solution que nous pourrions suggérer c’est celle de Fumone, le château en Campanie où le pape Célestin V fut déporté après sa renonciation. Je connais bien au moins l’un de ses propriétaires, s’il le souhaite je peux faire office d’intermédiaire. Blague à part, ce qui est scandaleux c’est le climat agressif créé par les responsables de cette nouvelle tendance. Une quantité de venin telle que peut-être quelqu’un à Sainte-Marthe devrait s’en préoccuper.

 

Venons-en enfin au troisième épisode. Les paroles du Pape à Sainte-Marthe. Il était question du problème des païens qui voulaient devenir chrétiens et de la discussion qui eut lieu entre les apôtres à ce sujet. Le Pape décrit ainsi la situation : « le groupe des apôtres qui voulaient débattre du problème et les autres qui créent des problèmes, qui sèment la division, qui divisent l’Eglise, qui disent que ce que prêchent les apôtres n’est pas ce que Jésus a dit, que ce n’est pas la vérité ».

 

Finalement, on aboutit à un accord et les païens peuvent entrer sans circoncision physique. Le Pape affirme que c’est « un devoir de l’Eglise d’éclaircir la doctrine » (Ah bon ? Et les dubia ? ndlr) afin « que l’on comprenne bien ce que Jésus a dit dans les Evangiles, quel est l’Esprit des Evangiles ».

 

« Mais il a toujours eu ces gens qui sans aucun mandat vont troubler la communauté chrétienne avec des discours qui troublent les âmes : ‘Eh, non. Ce que celui-là a dit est hérétique, on ne peut pas le dire, ça non, voilà la doctrine de l’Eglise… ‘. Et ils sont fanatiques de choses qui ne sont pas claires, comme ces fanatiques qui semaient à l’époque la zizanie pour diviser la communauté chrétienne. Et c’est cela le problème : quand la doctrine de l’Eglise, celle qui vient de l’Evangile, celle qu’inspire l’Esprit Saint – parce que Jésus a dit : ‘Il nous enseignera et il vous fera vous souvenir de tout ce que je vous ai dit’ -, quand cette doctrine se fait idéologie. Et c’est cela la grande erreur de ces gens ».

 

Petit jeu : dans lequel de ces deux groupes cités par le Pape rangeriez-vous Maradiaga et Grillo ? Et si les fanatiques spéculent sur des choses qui ne sont pas claires, pourquoi ne pas les éclaircir quand on le demande et couper court à toute ambigüité ?

 

Un article de Marco Tosatti, vaticaniste à La Stampa

 

Maradiaga, et c'est un secret de polichinelle, flirte avec l'open society de Soros... ceci explique peut-être cela...

 

Source

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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 20:15

Le nouveau site de la Fraternité de la Transfiguration :

http://transfiguration.over-blog.com/

Fondée par M. l’abbé Lecareux, La Fraternité de la Transfiguration est une communauté catholique traditionaliste – 21 religieux dont 9 prêtres, et 12 religieuses – installée en pleine campagne, au lieudit Le Bois, commune de Mérigny (Indre). 

Le fondateur de cette communauté, M. l’abbé Lecareux avait été ordonné prêtre en juin 1963. A Suresnes, dans le diocèse de Nanterre, il était l’aumônier d’un groupe de jeunes et d’une troupe scoute. En 1970, il s’est installé avec l’accord de l’évêque de Bourges, Mgr Vignancour, dans cette ancienne ferme qui nécessitait de gros travaux de restauration et d’aménagement – réalisés depuis. Les premiers membres de la Fraternité l’avaient connu dans le cadre du scoutisme. Il avait toujours affirmé ses convictions traditionalistes. Les relations avec l’évêché de Bourges se détériorèrent lorsque la communauté affirma sa volonté de ne pas renoncer à la messe traditionnelle, et plus encore lorsqu'il fut question de faire ordonner des membres de la Fraternité selon le rite traditionnel : seul Mgr Lefebvre put répondre à cette demande légitime (les premiers prêtres furent ordonnés en 1979). L'archevêque de Bourges de l'époque, Mgr Vignancour, avait eu, en 1976 (lors de "l'été chaud"), l'idée de destituer le Père Lecareux, mais il y renonça lorsqu'il constata le soutien unanime des paroissiens à leur curé ; l'archevêque eut la sagesse alors de fermer les yeux sur son cas, et cela dura jusqu'en 1984, lorsqu'un nouvel archevêque (Mgr Plateau) chercha à "normaliser" la situation. Entre-temps heureusement, la communauté avait pu s'installer au lieu-dit "Le Bois", hâvre de paix pour elle et pour ses paroissiens.

 

Source: Centre Grégorien Saint Pie X

 

La devise de la Fraternité de la Transfiguration est "Adorare, Unire, Servire".

La Fraternité de la Transfiguration
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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 14:47

En meeting politique à Marseille, durant la campagne présidentielle, nous avons pu voir un Emmanuel MACRON, disciple de Lénine et de Staline, désigner l'ennemi intérieur, affirmer que les membres de toutes les nations qu'il voyait à Marseille étaient "des Français" : "Je vois des Arméniens, des Comoriens, des Italiens, Algériens, Marocains, Tunisiens, Malais, Sénégalais ... Mais je vois quoi? Je vois des Marseillais...Je vois des Français." Or, faire une différence entre les Français selon leur origine nationale est déjà faire du racisme selon la loi même de la république, loi du 1er juillet 1972 relative à la lutte contre le racisme, qui interdit de faire une différence entre les Français selon "leurs origines, leur "ethnie", leur "nation".

 

C'est au cours d'un autre meeting, à Paris le 1er mai, que comme les Bolchéviques désignant les "ennemis du peuple" ou les nazis désignant les "Juifs" coupables de tous les maux, Emmanuel MACRON a dénoncé "nos vrais ennemis" : "ils sont là. Ce sont eux, nos vrais ennemis, puissants, organisés, habiles, déterminés. Vous les croisez dans les rues, dans les campagnes ou sur la toile, bien souvent masqués, aussi haineux que lâches. Vous les connaissez. Le parti des agents du désastre. Les instruments du pire. L’extrême droite française. Elle est là." (Source: https://en-marche.fr/article/discours-1er-mail-emmanuel-macron )

 

Lire : Les Francophobes

 

Pour le même Emmanuel MACRON, la France n'a pas de culture : "J'ai dit : 'Il n'y a pas une culture française', mais c'est une vérité... Parce que moi, l'art français je ne l'ai jamais vu".

 

L'homme s'est également distingué en affirmant que la France est "coupable de crime contre l'humanité" dans la colonisation.

 

Au-delà de la critique de l'"extrême-droite", en somme, dans le discours d'Emmanuel MACRON et des macronistes, il faut retenir que le français français, d'origine française, attaché à ses origines, fier de sa culture, de son histoire, de toute son histoire (même républicaine... on sait en effet qu'en Algérie par exemple c'est la IIIe république qui a pris résolument le parti d'une implantation définitive avec une intégration pure et simple du territoire algérien dans l'organisation politique et administrative française) devient l’indésirable, le "vrai ennemi" (sic) "aussi haineux que lâche"..., un bouc émissaire destiné à la vindicte publique.

 

Emmanuel Macron prêche la bienveillance, l'amour du lointain pour mieux se défaire de l'amour de son prochain : l'attachement aux origines ne vaut que pour l’immigré. C'est sur ce plan de l'illogisme de son amour affiché du prochain qu'il faut porter la critique du macronisme.

 

En pratique, l'état macronien s'attache donc à gommer les origines nationales tout en les instrumentalisant à des fins de politique antinationale et antifrançaise.

 

Le macronisme s'attachera-t-il lui aussi surtout à détruire les cultures locales et la culture de la France ?

 

C'est la réflexion que nous porte la lecture du 19ème chapitre de l'ouvrage "La Fin des empires", publié sous la direction de Patrice GUENIFFEY et Thierry LENTZ (Le Figaro Histoire, Collection Tempus, Paris 2017, p. 522-523) où il est écrit qu'en 1922, secrétaire général du Parti communiste soviétique,

 

"Staline hérite des idées et des méthodes de Lénine : il expérimente l'édification du 'socialisme dans un seul pays' à l'échelle de l'URSS. Officiellement, ... les peuples dits 'allogènes' sont considérés comme des citoyens à part entière. ... En pratique, l'état soviétique s'attache surtout à la destruction des cultures locales. Lénine avait qualifié l'empire tsariste de 'prison des peuples'. L'expression est plus appropriée à l'Urss, véritable Archipel du Goulag.

 

[...] La fiction d'une union fraternelle des peuples est l'objet d'une propagande continue, qui se reflète jusque dans les manuels de géographie ou les études des historiens occidentaux, y compris les plus compétents d'entre eux : dans Les Slaves, peuples et nations, publié en 1965, Roger PORTAL, professeur à la Sorbonne, met en valeur l''assimilation morale' intégrant les éléments ethniques variés, insistant sur la rupture avec l'ère tsariste : 'Il n'y a pas comme autrefois simple juxtaposition de peuples différents. [...] Les fortes nationalités non slaves du Caucase (Arméniens, Géorgiens, Azerbaïdjanais) et d'Asie centrale (Ouzbèkes, Turkmènes, Kirghiz, etc.), en même temps qu'elles affirment leurs caractéristiques nationales comme elles ne pouvaient le faire dans le passé, n'ont pas davantage une manière de penser la vie politique, sociale, économique, différente de celles des peuples slaves de l'Ouest.'

 

Dans la seconde moitié de années 1970, la thèse du 'peuple soviétique' comme communauté historique fait l'objet d'un concept idéologique renforcé. [...] le concept de 'peuple soviétique' s'exprime génétiquement par un génotype qui imprime un caractère internationaliste transcendant les appartenances ethniques'...

 

En 1978, Hélène Carrère d'Encausse diagnostique, dans 'l'Empire éclaté. La révolte des nations en URSS', une crise des nationalismes.

 

[...] A partir de 1989, des 'Fronts populaires' surgissent en Lituanie, en Estonie, en Lettonie, en Moldavie, en Azerbaïdjan, en Géorgie et en Arménie. [...] L'URSS est moribonde...

 

Le 8 décembre 1991, les leaders de la Russie, de l'Ukraine et de la Biélorussie proclament la dissolution de l'URSS et forment la Communauté des états indépendants."

L'"homo macronicus", nouvel homme supranational ?
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