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Christ Roi

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28 janvier 2026 3 28 /01 /janvier /2026 08:00
À gauche la menorah et le rouleau de la Torah représentent le sabbat (7e jour), jour de repos et de consécration à Dieu dans la tradition mosaïque. Au centre, le Christ ressuscité émergeant d'un tombeau ouvert symbolise sa résurrection des morts le 3e jour après vendredi, premier jour de la semaine (dimanche), devenu le "huitième jour" dans la tradition patristique. À droite, la Croix et la Bible ouverte évoquent le dimanche chrétien, jour de la célébration eucharistique de la nouvelle alliance (Actes 20,7). Le calendrier au premier plan relie le 7e jour (samedi ou sabbat) au premier/huitième jour (dimanche), illustrant la continuité et l'accomplissement de toutes choses dans le Christ ressuscité. Le dimanche n'abolit pas le sabbat, mais l'accomplit (nouvelle création)

À gauche la menorah et le rouleau de la Torah représentent le sabbat (7e jour), jour de repos et de consécration à Dieu dans la tradition mosaïque. Au centre, le Christ ressuscité émergeant d'un tombeau ouvert symbolise sa résurrection des morts le 3e jour après vendredi, premier jour de la semaine (dimanche), devenu le "huitième jour" dans la tradition patristique. À droite, la Croix et la Bible ouverte évoquent le dimanche chrétien, jour de la célébration eucharistique de la nouvelle alliance (Actes 20,7). Le calendrier au premier plan relie le 7e jour (samedi ou sabbat) au premier/huitième jour (dimanche), illustrant la continuité et l'accomplissement de toutes choses dans le Christ ressuscité. Le dimanche n'abolit pas le sabbat, mais l'accomplit (nouvelle création)

Le sabbat (shabbat) vient du mot hébreu shavat qui veut dire (cesser de travailler le "7e jour". Ex. 20,10), conformément à son institution dans la Genèse (Gn 2,2-3) comme jour de repos de Dieu après la création, puis formalisé dans les Dix Commandements (Ex 20,8-11 ; Dt 5,12-15). Le chiffre 7 symbolise la plénitude, la perfection des choses, leur accomplissement temporel (sept jours de la semaine, sept sacrements, etc.)

 

Jour de repos strict, consacré à la prière, à l’étude et à la célébration de Dieu, du coucher du soleil vendredi au coucher du soleil samedi, c'est un signe de l’alliance entre Dieu et Israël (Ex 31,13-17).

 

Chez les chrétiens, le Dies dominicus en latin, le jour de repos en l'honneur du Seigneur est le dimanche. En français, le mot ''dimanche'' est un nom commun issu de diominicu (non attesté) qui remonte au gallo-roman. En Espagnol : domingo, issu également de dies Dominicus; Italien : domenica, qui partage la même origine. Si dans ces langues latines la référence solaire a été effacée, cette transition témoigne du processus par lequel le culte du soleil a été assimilé par le christianisme dans l'empire romain. D’autres langues européennes, en particulier celles des régions nordiques conservent des traces de la signification solaire du dimanche : Suédois : Söndag, Allemand : Sonntag où le mot sol (soleil) est présent dans la racine. Danois et norvégien : Søndag, avec la même signification de "jour du Soleil".

 

Isaïe 1,11-13 annonce: "Que m’importe le nombre de vos sacrifices ? – dit le Seigneur. Les holocaustes de béliers, la graisse des veaux, j’en suis rassasié. Le sang des taureaux, des agneaux et des boucs, je n’y prends pas plaisir. [...] Cessez d’apporter de vaines offrandes ; j’ai horreur de votre encens. Les nouvelles lunes, les sabbats, les assemblées, je n’en peux plus de ces crimes et de ces fêtes." Dans L'Épître de Barnabé XV,8 attribuée au compagnon de Saint Paul, et citée comme Écriture par Origène et Clément d'Alexandrie, Barnabé l'explique ainsi : "Voilà pourquoi nous célébrons dans la joie le huitième jour, précisément celui où Jésus est ressuscité des morts et, après s'être manifesté, est monté aux Cieux." Le véritable sabbat inaugure le huitième jour, le dimanche, qui pour les chrétiens est le jour de la Résurrection. On passe ainsi de la semaine de la Création à celle de la nouvelle création." (Premiers écrits chrétiens, Bibliothèque de la Pléiade, éd. Publiée sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, Nrf Gallimard, Lonrai 2017, note 85, p. 1364.)

 

Le dimanche dans le Nouveau Testament

 

->nous voyons Jésus faire la lecture dans la synagogue le jour du sabbat (Lc 4,16), mais son interprétation libérale ''le sabbat a été fait pour l’homme, et non pas l’homme pour le sabbat'' (Mc 2,27; Mt 12,2) et ses guérisons le jour du sabbat (Mc 3,1-6) irritèrent les autorités juives (pharisiens). Jésus se présenta alors comme le ''maître du sabbat' (Mt 12,8).

->La résurrection de Jésus a lieu "le premier jour de la semaine", donc un dimanche et pas un jour de sabbat (Mt 28,1 ; Mc 16,2 ; Lc 24,1 ; Jn 20,1).

->Les apparitions du Christ ressuscité (Jn 20,19.26) et la Pentecôte (Ac 2,1) ont également lieu un dimanche. 

-> Le dimanche est vu comme le ''huitième jour'', symbole de la résurrection et de la vie nouvelle (cf. Didachè, Barnabé). Il dépasse le sabbat en accomplissant son sens spirituel.

->Nous voyons les premiers chrétiens, majoritairement juifs, fréquenter le Temple et les synagogues le sabbat (Ac 13,14.42-44 ; 17,2 ; 18,4). Mais depuis la Pentecôte, ils se réunissent "pour rompre le pain" (eucharistie) "le premier jour de la semaine", donc le dimanche, pas le samedi (Ac. 20, 7). Paul invite alors à ne pas juger ceux qui observent ou non le sabbat (Col 2,16-17), suggérant une liberté spirituelle face aux pratiques rituelles.

->Luc 24:1-3 "Le premier jour de la semaine, à l’aube, elles prirent les aromates qu’elles avaient préparés et se rendirent au tombeau. Elles trouvèrent la pierre roulée de devant le tombeau ; mais, étant entrées, elles ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus."

->Matthieu 28:1-2 "Après le sabbat, à l’aube du premier jour de la semaine, Marie de Magdala et l’autre Marie vinrent voir le tombeau. Et voici, il y eut un grand tremblement de terre ; car un ange du Seigneur descendit du ciel, s’approcha, roula la pierre et s’assit dessus."

->Marc 16:1-6 Le sabbat étant passé, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des aromates pour aller embaumer le corps de Jésus. 2 Le premier jour de la semaine, très tôt le matin, elles se rendirent au tombeau. 3 Elles se disaient entre elles : "Qui nous roulera la pierre qui ferme l’entrée du tombeau ?" 4 Levant les yeux, elles virent que la pierre avait été roulée ; elle était très grande. 5 Entrant dans le tombeau, elles virent un jeune homme assis à droite, vêtu d’une robe blanche, et elles furent saisies d’étonnement. 6 Il leur dit : "Ne soyez pas étonnées ! Vous cherchez Jésus de Nazareth, le crucifié. Il est ressuscité ; il n’est pas ici."

->Jean 20:1-2 Le premier jour de la semaine, Marie de Magdala se rendit au tombeau de grand matin, alors qu'il faisait encore nuit, et elle vit que la pierre avait été enlevée du tombeau. 2 Elle courut donc trouver Simon Pierre et l'autre disciple que Jésus aimait, et leur dit : "On a enlevé le Seigneur du tombeau, et nous ne savons pas où on l'a mis."

->Dans l'Apocalypse 1, 10, saint Jean dit : "Je fus saisi en esprit, le jour du Seigneur (c'est-à-dire un dimanche, jour de la résurrection)".

Dans 1 Corinthiens 16:2, saint Paul confirme que la collecte cultuelle était faite "le premier jour de la semaine" (dimanche). "Le premier jour de la semaine, chacun mettra de côté ce qu’il a réussi à épargner, afin que l’on n’attende pas mon arrivée pour faire la collecte."

->Paul invite alors à ne pas juger ceux qui observent ou non le sabbat (Col 2,16-17), suggérant une liberté spirituelle face aux pratiques rituelles.

->Hébreux 4,3-11 est le meilleur texte du Nouveau Testament pour expliquer aux pratiquants du sabbat que le nouveau jour du Seigneur est le dimanche, et pas le samedi, puisqu'il est écrit : ''Mais nous qui sommes venus à la foi, nous entrons dans le repos dont il est dit : Dans ma colère, j’en ai fait le serment : On verra bien s’ils entreront dans mon repos ! Le travail de Dieu, assurément, était accompli depuis la fondation du monde, comme l’Écriture le dit à propos du septième jour : Et Dieu se reposa le septième jour de tout son travail. Et dans le psaume, de nouveau : On verra bien s’ils entreront dans mon repos ! Puisque certains doivent encore y entrer, et que les premiers à avoir reçu une Bonne Nouvelle n’y sont pas entrés à cause de leur refus de croire, il fixe de nouveau un jour, un aujourd’hui, en disant bien longtemps après, dans le psaume de David déjà cité : Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas votre cœur. Car si Josué leur avait donné le repos, David ne parlerait pas après cela d’un autre jour. Ainsi, un repos sabbatique doit encore advenir pour le peuple de Dieu. Car Celui qui est entré dans son repos s’est reposé lui aussi de son travail, comme Dieu s’est reposé du sien. Empressons-nous donc d’entrer dans ce repos-là, afin que plus personne ne tombe en suivant l’exemple de ceux qui ont refusé de croire...''

->Le dimanche distingue alors déjà les chrétiens des juifs ("qui ont refusé de croire" de He ,11) et des païens, tout en unifiant l’Église autour de la célébration eucharistique.

 

Le dimanche chez les Pères:

 

Didache 14.1 dit : "Le jour du Seigneur, rassemblez vous pour rompre le pain et rendre grâces, après avoir en outre confessé vos écarts de conduite pour que votre sacrifice soit pur." (Premiers écrits chrétiens, Bibliothèque de la Pléiade, éd. Publiée sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, Nrf Gallimard, Lonrai 2017, p. 93.)

 

Le livre apocryphe l'Épître de Barnabé 15, 6-8, l'un des documents les plus anciens de l’Église primitive (et une source majeure pour comprendre la théologie des premiers chrétiens), rédigé avant même le livre de l'Apocalypse, atteste : "Nous célébrons dans l'allégresse le huitième jour (dimanche), celui où Jésus est ressuscité des morts".

->"L’Église célèbre le mystère pascal, en vertu d’une tradition apostolique qui remonte au jour même de la Résurrection du Christ, chaque huitième jour, qui est nommé à bon droit le Jour du Seigneur, ou dimanche (de la même racine sémantique que "Seigneur"/Dominus). Le jour de la Résurrection du Christ est à la fois le "premier jour de la semaine", mémorial du premier jour de la création, et le "huitième jour" où le Christ, après son "repos" du grand Sabbat, inaugure le Jour "que fait le Seigneur", le "jour qui ne connaît pas de soir”. (Catéchisme de l'Eglise catholique, CEC 1166)

->"L’Église célèbre le jour de la Résurrection du Christ le 'huitième jour', le dimanche, qui est à juste titre appelé le Jour du Seigneur. En tant que chrétiens, nous appelons cela la 'théologie de l'accomplissement'. Puisque Notre Seigneur a accompli l'Ancien Testament, nous avons adopté une coutume liturgique qui reflétait la Loi divine accomplie." (CEC 2191)

->Le 8e jour n'existe pas dans le cycle naturel de la semaine: c'est un jour qui dépasse le temps ordinaire, et la création elle-même (abbat); il évoque une réalité au-delà de l'histoire, une nouvelle création, conséquence de la résurrection des morts du Christ, une recréation de l'humanité par la résurrection du Christ. Le baptême lui-même est une mort et une résurrection (Rm 6,4).

->Comme Dieu a créé le monde en six jours, le Christ par sa mort et sa résurrection, inaugure une nouvelle création renouvelée (2Co 5,17 "Si donc quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né.") Le dimanche devient ainsi le 8e jour après le sabbat (7e jour).

->Le 8e jour représente aussi la vie éternelle, le "repos" définitif avec Dieu, repos céleste où le temps n'a plus de limite, mentionné dans Hébreux 4,9-11.

->Dans la tradition patristique, le baptême est souvent associé au 8e jour:

Les fonts baptismaux, les baptistères (du Latran, Rome IVe siècle), ainsi que certaines églises (L'église du Saint-Sépulcre de Jérusalem, IVe s.; Ste Sophie de Constantinople construite entre 532 et 537; la basilique San Vitale, Ravenne VIe s.; la Chapelle Palatine d'Aix-la-Chapelle VIIIe siècle) étaient parfois en forme d'octogone (8 côtés) symbolisant la régénération.

Basilique Saint-Vital de Ravenne

 

Au IIe siècle, S. Ignace d’Antioche, disciple de S. Jean évangéliste de S. Pierre Apôtre, évêque mort en martyr livré aux bêtes au Colisée de Rome vers 107, dans sa Lettre aux Magnésiens (9,1), confirme que les chrétiens ne vivent plus selon le sabbat, mais selon le "jour du Seigneur" (dies Dominica) en référence au jour de sa résurrection.

->"Ceux qui vivaient dans l’ancien ordre de choses (les juifs) sont venus à la nouvelle espérance, n’observant plus le sabbat, mais le jour du Seigneur, jour où notre vie s’est levée par lui et par sa mort".

 

Vers 150, S. Justin de Naplouse,

->Dans son Dialogue avec Tryphon (41,1-4), décrit les chrétiens se réunissant le dimanche pour l’eucharistie, tout en reconnaissant que les juifs gardaient alors le sabbat. Il observe que ''la prescription' qui […] a été faite d'observer le sabbat (à Moïse au sein des dix commandements. Ex 20,8-11) et de présenter des offrandes, l'octroi par le Seigneur d'un lieu pour invoquer le nom de Dieu avaient pour but'' […] d'''empêcher'' les Juifs ''de devenir impies et athées en adorant les idoles et en oubliant Dieu'', ainsi qu'ils l'avaient ''toujours fait.'' (S. Justin de Naplouse, Dialogue avec Tryphon, XCII, 4.)

->Dans son Apologie 67,3, il nous dit que: "Et au jour qu'on appelle 'jour du soleil', que nous demeurions dans les villes ou dans les campagnes, nous nous rassemblons tous en un même lieu; on y donne lecture des mémoires des apôtres ou des écrits des prophètes. [...] Ensuite, nous nous levons tous ensemble et nous adressons des prières; et comme nous l'avons dit plus haut, lorsque s'achève notre prière, on apporte du pain avec du vin et de l'eau, et celui qui préside élève des prières, pareillement, et des actions de grâces, [...] puis a lieu, pour chacun, la distribution et le partage de l'eucharistie, et leur part est envoyée aux absents par l'intermédiaire des diacres." (Premiers écrits chrétiens, Bibliothèque de la Pléiade, éd. Publiée sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, Nrf Gallimard, Lonrai 2017, p. 382-383.)

Aux IIIᵉ-IVᵉ siècles, Tertullien (vers 200), dans De Corona (3,3) associe le dimanche à la joie de la résurrection et à l’abandon des pratiques juives. 

 

Au IVe siècle, Constantin incite l’administration du sud de la péninsule italienne à observer une journée de repos ''le jour vénérable du Soleil''. 

 

Saint Basile de Césarée († 379) : "Le dimanche est le huitième jour, image de la vie future" (Homélie sur le psaume 114)

 

Le Concile de Laodicée (vers 360), canon 29 interdit aux chrétiens de "judaïser" en observant le sabbat, et prescrit le repos dominical. 

 

Saint Ambroise de Milan († 397): "Le huitième jour est le jour où le Christ a vaincu la mort, où l'Église est née." (De Sacramentis 1,5)

 

Saint Jean Chrysostome (IVᵉ s.), dans ses Homélies, exhorte les fidèles à sanctifier le dimanche par la prière et la charité.

 

Fin IVᵉ-début Vᵉ s., S. Augustin, dans La Cité de Dieu (16,30), explique que le repos du sabbat est une préfiguration du repos éternel, réalisé spirituellement dans le Christ. Le dimanche devient le symbole de la nouvelle création.

Il écrit encore : "Le 8e jour est le jour de la résurrection, où nous sommes régénérés par le baptême." (La Cité de Dieu 22,30)

 

"Le sabbat, qui représentait l’achèvement de la première création, a été remplacé par le dimanche qui rappelle la nouvelle création inaugurée par la Résurrection du Christ." (Catéchisme de l'Eglise catholique, CEC 2190)

Le sabbat et son remplacement par le dimanche dans les Écritures et les Pères de l'Église

Conclusion

Le remplacement du sabbat par le dimanche s’est opéré progressivement, motivé par :

  1. L’événement fondateur de la résurrection.
  2. La liberté spirituelle prônée par Paul et les Apôtres.
  3. La distinction théologique entre l’Ancienne et la Nouvelle Alliance.
  4. La pratique liturgique centrée sur l’eucharistie dominicale.

Ce changement reflète une herméneutique chrétienne : le Christ accomplit et transforme les institutions de l’Ancien Testament, sans les abolir (Mt 5,17)

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