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25 septembre 2025 4 25 /09 /septembre /2025 06:21
Nous allons à Jésus avec toute la famille de la foi, sur la terre et dans le ciel, de la manière qu'il a lui-même établie

Les protestants demandent : "Pourquoi passer par des saints, Marie, ou un prêtre ? Pourquoi pas aller directement à Jésus ?" Ce sont des objections communes. Répondons-y de front, avec les Écritures et la foi des chrétiens historiques.

 

Première vérité : nous allons directement au Christ. Puisqu'il dit : "Venez à moi" (Matthieu 11:28). "Avançons-nous donc avec assurance vers le Trône de la grâce" (Hébreux 4:16). Chaque chrétien peut et doit prier Jésus.

 

Mais l'Écriture commande aussi les prières d'intercession : "J’encourage, avant tout, à faire des demandes, des prières, des intercessions et des actions de grâce pour tous les hommes" (1 Timothée 2:1). Paul supplie : "Je vous exhorte, frères ... à soutenir mon combat en priant Dieu pour moi" (Romains 15:30). Demander la prière est biblique.

 

Et le Corps du Christ ne s'arrête pas à la mort. Nous sommes "venus ...vers les esprits des justes amenés à la perfection" (Hébreux 12:22-23). Les Anciens du ciel tiennent une cithare et des coupes d’or pleines de parfums qui sont les prières des saints (Apocalypse 5:8).

 

Les anges les portent avec un encensoir d'or et quantité de parfums pour les offrir avec les prières de tous les saints, sur l’autel d’or qui est devant le Trône. (Apocalypse 8:3-4; Tobie 12:12).

 

L'intercession de Marie fonctionne de la même manière. À Cana, elle indique à propos du Christ : "Tout ce qu'il vous dira, faites-le" (Jean 2:5). L'Écriture dit : "Toutes les générations me diront bienheureuse" (Luc 1:48). L'honorer, c'est obéir aux Écritures.

 

Pourquoi des bergers, et pas seulement un livre ? Jésus a dit : "Sois le pasteur de mes brebis" (Jean 21:15-17). Il nomma des apôtres et des pasteurs "pour l'édification du corps du Christ" (Éphésiens 4:11-13). L'Écriture elle-même dit qu'elle peut être déformée par des gens qui torturent son sens (2 Pierre 3:16).

 

L'Église est "le pilier et le fondement de la vérité" (1 Timothée 3:15). On nous dit de "tenir les traditions... soit par la parole, soit ... par écrit" (2 Thessaloniciens 2:15). L'Écriture et l'Église vivante sont inséparables.

 

Pourquoi se confesser à un prêtre ? Parce que Jésus a donné à ses apôtres cette autorité : "À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus" (Jean 20:23). Jacques dit : "L'un de vous est malade ? Qu’il appelle les Anciens en fonction dans l’Église. ... Confessez donc vos péchés les uns aux autres, et priez les uns pour les autres afin d’être guéris. La supplication du juste agit avec beaucoup de force." (Jacques 5:14-16).

 

Bien sûr, nous nous confessons à Dieu (Psaume 51 (50)). Mais le Christ a confié à ses ministres d'agir comme instruments de Sa miséricorde (Matthieu 9:8). Les deux sont commandés : la prière directe à Dieu et la confession sacramentelle.

 

Les premiers chrétiens le confirment. Irénée : la vraie foi est préservée par la succession apostolique. "Comme il serait trop long, dans un ouvrage tel que celui-ci, d'énumérer les successions de toutes les Églises, nous prendrons seulement l'une d'entre elles, l'Église très grande, très ancienne et connue de tous, que les deux très glorieux apôtres Pierre et Paul fondèrent et établirent à Rome; en montrant que la Tradition qu'elle tient des apôtres et la foi qu'elle annonce aux hommes sont parvenues jusqu'à nous par des successions d'évêques, nous confondrons tous ceux qui, de quelque manière que ce soit, ou par infatuation, ou par vaine gloire, ou par aveuglement et erreur doctrinale, constituent des groupements illégitimes : car avec cette Église, en raison de son origine plus excellente, doit nécessairement s'accorder toute Église, c'est-à-dire les fidèles de partout, — elle en qui toujours, au bénéfice de ces gens de partout, a été conservée la Tradition qui vient des apôtres." (Contre les hérésies 3). Cyprien : "Il ne peut pas avoir Dieu pour Père qui n'a pas l'Eglise pour mère".

 

Augustin a prié pour sa mère Monique après sa mort (Confessions 9). Chrysostome a prêché que les prières des fidèles aident les défunts (Homélie sur Philippiens 3). L'intercession à travers la vie et la mort est ancienne.

 

C'est la communion des saints : un seul Corps en Christ (1 Corinthiens 12,12-27), inséparable même par la mort (Romains 8:38-39). Nous "portons les fardeaux les uns des autres" (Galates 6:2) - sur la terre et dans le ciel.

 

Donc ... les chrétiens historiques ne "remplacent" pas le Christ par des saints, Marie ou des prêtres. Nous allons à Jésus avec toute la famille de la foi, sur la terre et dans le ciel, de la manière qu'il a lui-même établie.

 

C'est pourquoi Jésus a laissé une Église - pas seulement un livre. Il nous a donné des bergers, des sacrements et une communion qui couvre le ciel et la terre. Tout autre don réduirait Son œuvre salvatrice, au lieu de la rendre plus grande.

 

Si vous vous demandez : "Pourquoi pas seulement moi et Jésus ?" Sachez qu'Il vous appelle dans Son Corps, l'Eglise. Demandez les prières d'un ami (1 Timothée 2:1). Demandez aux saints devant Son trône (Apocalypse 5:8). Et surtout, allez hardiment vers Lui (Hébreux 4:16).

 

Cf. Père Chris Vorderbruggen 

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25 septembre 2025 4 25 /09 /septembre /2025 00:00
Hermann Contract (à droite) avec un astrolabe

Hermann Contract (à droite) avec un astrolabe

Le bienheureux Herman ou Hermann de Reichenau (18 juillet 1013 - 24 septembre 1054), surnommé Hermann le Contrefait, fils du comte d'Altshausen, paralysé depuis son enfance (d'où son surnom latin de Contractus), a passé sa vie entière dans le monastère de Reichenau comme enseignant, chercheur et aussi musicien. 

Vers l'âge de 30 ans, il prononça ses vœux monastiques.  

Il se distinguait comme compositeur et poète. Il serait le compositeur de

-l'Alma Redemptoris Mater,

-du Salve Regina 

-et peut-être de l'Ave Regina

-On lui devrait aussi le Veni Sancte Spiritus.

Chant des Templiers - Salve Regina

 Salve, Regina, mater misericordiae,
vita, dulcedo et spes nostra, salve.
Ad te clamamus, exules filii Hevae.
Ad te suspiramus gementes
et flentes in hac lacrimarum valle.
Eia ergo, advocata nostra, illos tuos
misericordes oculos ad nos converte.
Et Jesum, benedictum fructum ventris tui,
nobis post hoc exsilium ostende.
O clemens, o pia, o dulcis Virgo Maria.

Ora pro nobis, sancta Dei Genitrix.
Ut digni efficiamur promissionibus Christi.

 

Hermann a développé sa propre notation de musique, a traité d'astronomie et de chronométrage et écrit une chronique excellente et de grande précision.

Herman de Reichenau (à droite) avec un astrolabe

 

Il inventa un astrolabe, une machine à calculer, et divers instruments de musique. C'est sans doute à Hermann qu'on doit la répartition des heures en minutes (probablement pour ses observations astronomiques). Il joua de son temps un rôle fondamental dans la transmission des connaissances mathématiques et astronomiques.

Le médiéviste Arno Borst admire l’universalité de ses connaissances, mais sa véritable importance réside surtout dans son rôle de compilateur, c'est-à-dire qu’il a rendu accessible la connaissance déjà disponible en la présentant de façon intelligente et claire.

Il mourut en 1054 et fut inhumé dans la tombe de famille à Altshausen.

On doit à son élève Berthold une courte Vita d'Hermann de Reichenau.

 

Sources : 1, 2

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24 septembre 2025 3 24 /09 /septembre /2025 00:00

Image illustrative de l'article Thècle d'Iconium

 

Sainte Thècle, née à Iconium (capitale de la Lycaonie antique en Asie Mineure, actuelle Konya en Turquie) au Ier siècle, dans une riche famille païenne, est une martyre du temps des Apôtres. Les saints pères l'ont appelée avec enthousiasme la femme apostolique, la fille aînée de saint Paul, la protomartyre parmi les femmes, comme saint Étienne fut le protomartyr parmi les hommes. L'Église orthodoxe la vénère comme égale aux apôtres. Son culte se répandit dès le IVe siècle en Occident. L'Eglise catholique en a supprimé son culte en 1969.

 

Thècle, très versée dans la philosophie, dans les sciences et dans les belles-lettres, fut convertie par Saint Paul, à Iconium.

Elle voulut rester vierge et fut dénoncée comme chrétienne par le jeune homme qui aspirait à sa main. Condamnée au feu, dans l'amphithéâtre, à la demande de sa mère, elle vit Notre-Seigneur lui apparaître sous les traits de saint Paul, puis remonter au ciel comme pour lui en tracer le chemin. Pleine alors d'un courage tout nouveau, elle s'arme du signe de la croix et monte, rayonnante de joie et de beauté, sur le bûcher; bientôt les flammes l'entourent de toutes parts, mais sans la toucher, et la foule étonnée aperçoit la victime pleine de vie et priant Dieu; nouveau miracle: un nuage s'abat sur le bûcher et en éteint les flammes.

Bientôt Thècle put revoir l'apôtre saint Paul et être confirmée par lui dans la foi. L'ayant suivi à Antioche de Syrie, elle s'y livra à la propagation du christianisme. Un des premiers habitants de la ville, nommé Alexandre, conçut pour elle une violente passion. Thècle, au lieu de répondre à ses avances, l'humilia en public. Alexandre la dénonça au gouverneur. Elle fut bientôt accusée de nouveau et condamnée aux bêtes. On lâcha contre elle, une lionne furieuse et affamée; mais celle-ci, loin de dévorer sa victime, vint lui lécher les pieds; ni la rage de la faim, ni les excitations des bourreaux, ni les clameurs du peuple ne purent réveiller son instinct carnassier.  "La lionne, dit S. Ambroisevénéra sa proie et fut pénétrée d'une compassion dont les hommes s'étaient dépouillés."

Peu de jours après, la jeune martyre fut exposée au même supplice; on lança sur elle des lions et des ours; aussitôt la lionne qui l'avait épargnée une première fois courut vers elle et lui lécha les pieds. Un ours s'avança, mais la lionne le mit en pièces; un lion, voulut aussi se précipiter sur la victime; mais une lutte acharnée se livra entre la lionne et lui, et ils périrent tous les deux. Le préfet la fit alors jeter dans une fosse remplie de serpents. A peine y fut-elle précipitée, qu'un globe de feu consuma tous les reptiles, et la sainte fut délivrée. L'ordre fut donné d'attacher chacun de ses pieds à des taureaux furieux, pour l'écarteler; les bêtes, excitées par des aiguillons rougis au feu, bondirent en mugissant; mais les liens de la vierge se brisèrent, et elle resta sans blessure. Le préfet étonné, lui demanda l'explication de ces prodiges: "Je suis, dit-elle, la servante de Dieu, Maître de l'univers."

Thècle, rendue à la liberté, retourna dans sa patrie à Iconium pour y prêcher la foi.

Plus tard, elle se retira dans la solitude près de Séleucie où elle se serait construit un ermitage, convertissant par la parole et par ses vertus, les femmes qui venaient en foule la visiter. Elle mourut à l'âge de quatre-vingts ans et y serait enterrée.

On l'invoque pour les paralysés et les enfants qui marchent tardivement.
 

Un apocryphe, connu en copte, les Actes de Paul et Thècle, probablement du IIe siècle, qui fut largement diffusé en Orient est à l'origine de sa vénération. De nombreuses versions furent diffusées en grec, syriaque, arménien et latin, ce qui explique que nombre d'ouvrages des Pères de l'Église y fassent allusion.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/4/4d/Maaloula-VillageView.jpg/240px-Maaloula-VillageView.jpgIl existe un monastère et un sanctuaire très connu de Sainte-Thècle à Maaloula en Syrie (à 60 km au nord de Damas), où on vénère son tombeau, qui serait la grotte-ermitage où elle acheva sa vie terrestre à l'âge de 80 ou 90 ans.


La légende de sainte Thècle, dont la plupart des versions convergent, est construite autour d’un événement central.

   

Thècle, convertie par saint Paul, dut fuir les hommes envoyés par son père, resté païen et hostile à sa conversion : arrivée à Maaloula (dont une des étymologies araméennes couramment invoquées fait opportunément référence à l’idée d’ « ouverture »), la montagne se serait ouverte sur son passage (matérialisé par le fajj, défilé étroit formé par l’érosion karstique) (Annexe 19). Elle aurait ainsi trouvé refuge dans une grotte, d’où sort une source sacrée. Taqla, appelée aussi en araméen « Berikhta » (bénédiction, baraka en arabe) est une figure de la médiation religieuse, par sa présence diffuse à Maaloula : le lieu sacré de la grotte lui appartient (les religieuses veillent à ce que les pélerins se déchaussent en entrant). ... [L]e pèlerin peut légitimement espérer obtenir la baraka de la part de la Sainte, par la déambulation dans le sanctuaire, la collecte d’un peu d’eau de la source ou l’absorbtion de morceaux de coton imbibés d’huile. On vient demander à sainte Thècle la guérison du corps, que l’on soit chrétien ou musulman, comme autrefois l’avaient noté Ferrette ou Bliss, mais surtout la résolution de ses problèmes personnels [Source: Frédéric Pichon, Maaloula (XIXe-XXIe siècles). Du vieux avec du neuf, Histoire et identité d’un village chrétien de Syrie (texte intégral), note 115].

 

Statue de Sainte-Thècle à Maaloula

Le culte de sainte Thècle s’organisa essentiellement au sud de Séleucie d’Isaurie : Hagia-Thekla devint rapidement un grand centre de pèlerinage. La translation de sainte Thècle s’est sans doute effectuée par homonymie : Maaloula est parfois identifiée comme « Séleucie de Damas » à l’époque hellénistique. Toujours est-il que le prénom Taqla est d’origine araméenne. Voir Christelle Jullien, « Thècle, un prénom araméen ? À propos de l’inscription de la grotte funéraire 38 », in M. J. Steve, L’île de Khârg, une page de l’histoire du Golfe persique et du monachisme oriental, Neuchâtel, 2003, p. 51-54. [Source: F. Pichon, ibid.  (texte intégral), note 111.]


Stephen J. Davis s'est intéressé aux lieux où le culte de sainte Thècle est attesté par l'archéologie, à Séleucie, ville méridionale de la Turquie actuelle, proche de Tarse, la patrie de l'apôtre Paul et non loin d'Iconium où celui-ci a prêché. Le sanctuaire de sainte Thècle à Séleucie est agrandi à la fin du ve siècle sous l'empereur Zénon, alors que les Actes de Thècle circulent déjà indépendamment des Actes de Paul, depuis près d'un siècle déjà. Les pèlerinages organisés autour de ce sanctuaire favorisent le développement de réécritures des Actes de Paul et Thècle et la production de la Vie et des miracles de sainte Thècle. S. Davis a relevé minutieusement les éléments qui témoignent de la puissance charismatique de la sainte dans le cadre de son culte. La stature apostolique de Thècle sert à encourager aussi bien les pratiques d'ascèse, dans le monachisme, qu'à favoriser la guérison des pèlerins. [Source: Archives de Sciences sociales des religions, Editions EHESS, 136 | octobre - décembre 2006 : Stephen J. Davis, The Cult of Saint Thecla: A Tradition of Women's Piety in Late Antiquity, Oxford University Press, coll. « Oxford Early Christian Studies », Oxford 2001.]

S. Davis repère les traces de préoccupations liées à la place des femmes dans la culture chrétienne primitive, et le portrait d'ascètes itinérants.

Les Actes de Paul et Thècle illustrent un type de christianisme où les femmes sont valorisées et participent activement à la vie des communautés.


Entre le 6 et le 8 septembre 2013, la ville de Maaloula dont les habitants chrétiens sont grecs-catholiques, est entrée tristement dans l'actualité après avoir été prise d'assaut par les égorgeurs amis de Laurent Fabius, à la solde de l'Arabie Saoudite et du Qatar, qui y ont détruit la statue de la Vierge Marie, bleu ciel et blanc, et renversé des croix aux sommets d'édifices religieux, dont la croix qui surmontait la coupole du monastère des Saints Serge et Bacchus.

 

Maaloula est resté l’un des derniers lieux où se parle encore l’araméen, la langue du Christ. Le 23 septembre 2013, l'armée syrienne annonça avoir repris le contrôle de la ville occupée par les islamistes sunnites du "front Al-Nosra".

 

En décembre 2008, le Général Michel Aoun, lors d’une visite inédite en Syrie qui avait pour thème le christianisme oriental, se rendit à Maaloula et inscrivit dans le livre d’or du couvent Saint Serge son « émotion et sa joie profonde d’avoir entendu et récité la prière du Notre Père dans la langue du Christ » (Voir l’article de Scarlett Haddad, dans le quotidien libanais L’Orient-Le Jour, « Liesse populaire : Pèlerinage religieux et accueil enthousiaste pour Aoun à Homs », 6 décembre 2008.) ... (Source: F. Pichon, ibid.)

 

L'origine mythique troyenne des Maalouliens, à peu près absente dans les sources écrites et qui ne doit son existence qu’au fait que Burton (très brièvement) et Parisot plus tard la recueilleront (fin XIXe siècle, NdCR.) auprès de certains habitants non identifiés (Jean Parisot, « Traditions maalouliennes : les émigrés de Sendjar », mars-avril 1898, NdCR.), disparaît tout à fait des écrits se rapportant à Maaloula par la suite. De nos jours, cette origine mythique est ignorée de tous et n’est jamais mise en avant dans aucun discours interne, pour des raisons évidentes dans le contexte politique actuel. Maaloula a échappé à son origine troyenne [SourceFrédéric Pichon, ibid (texte intégral), paragraphe 50, http://books.openedition.org/ifpo/1621].

 

Le mythe des origines troyennes est resté très actif dans l’Europe médiévale et moderne : on ne compte plus les peuples, régions ou cités qui ont revendiqué la filiation troyenne, évidemment mythique mais porteuse de sens politique. Le cas le plus ancien étant celui de la France : ainsi dans l’Historia Francorum de Frégédaire (vers 660) et plus tard dans les Gesta regum Francorum, œuvre anonyme datant de 727, figure cette parenté qui bénéficiera d’une grande postérité littéraire. (Source et suite: F. Pichon, Maaloula (XIXe-XXIe siècles), ibid., note 145.)

 

http://www.archaeology.org/online/news/jpegs/stpaul1.jpegLe culte de Sainte-Thècle est également présent dans la fameuse "grotte (ou cave) de saint Paul" à Ephèse (Turquie) où se trouvent des fresques qui datent environ des IVe - VIe siècles.

 

Ephèse est l'une des plus anciennes et plus importantes cités grecques d'Asie Mineure, la première de l'Ionie.

 

http://www.archaeology.org/online/news/jpegs/stpaul2.jpeg

Saint-Paul et sainte Thècle, "Grotte de Saint-Paul", Ephèse (Turquie) Source: http://archive.archaeology.org/online/news/stpaul.html

 

En Égypte, le culte de Thècle est bien plus développé, car on ne manque pas tant de témoignages littéraires que de traces iconographiques sur des ampoules de pèlerins, des peintures à Bagawat ou des stèles tombales, dans la vallée du Nil.

 

Divers appendices iconographiques, un catalogue systématique des ampoules conservées ainsi qu'une étude des attestations de l'onomastique liée à Thècle agrémentent cette étude détaillée.

 

Dès le ive siècle, la figure de Thècle est utilisée dans les controverses théologiques au sein des monastères, et Athanase, évêque d'Alexandrie, s'en servira autant que ses adversaires pour canaliser les élans de ceux et celles qui prennent la sainte pour modèle. Les traces de pèlerinages liés à la figure de Thècle dans les environs d'Alexandrie, autour du lac Maréotis, montrent l'association de la sainte avec le culte de saint Ménas, le long de la vallée du Nil jusque dans l'oasis de Kharga. Ce chapitre utilise un maximum de sources coptes directes et illustre, abondamment, comment la dévotion à la sainte a été progressivement égyptianisée. (Source: Archives de Sciences sociales des religions, Editions EHESS, 136 | octobre - décembre 2006 : Stephen J. Davis, The Cult of Saint Thecla: A Tradition of Women's Piety in Late Antiquity, Oxford University Press, coll. « Oxford Early Christian Studies », Oxford 2001. http://assr.revues.org/3908)

 

En Occident, avec la Vierge Marie et sainte Agnès, Thècle est l'une des trois saintes qui apparaissent chaque soir pendant des mois à saint Martin, l'Apôtre des Gaules, dans son ermitage tourangeau.

 

Le truc de Saint-Bonnet-de-Chirac (942 m)Une légende raconte que Thècle aurait traversé les mers pour fuir les persécutions. Arrivée en Gaule, elle aurait franchi les Cévennes pour s'installer dans ces montagnes.

Elle serait morte à Saint-Bonnet-de-Chirac, en Gévaudan et enterrée près de la fontaine qui porte son nom. Cette légende expliquerait pourquoi Thècle d'Iconium est si présente dans les vénérations du sud du Massif Central. On retrouve en effet sa présence en Lozère (crypte Sainte-Thècle à Mende, fontaine à Saint-Bonnet-de-Chirac, patronne de Rocles, ...) et en Auvergne (elle est vénérée à Chamalières où ses reliques furent conduites au VIIe siècle).

 

En Suisse, une chapelle romane lui est dédiée à Donatyre.

Sainte-Thècle est également la patrone de Tarragone en Espagne. La cathédrale lui est dédiée. À Sitges en Espagne encore, une rue porte son nom.

 

Sources:

 

(1); (2); (3) Mgr Paul Guérin, Vie des saints pour tous les jours de l'année, Editions D.F.T., Saint-Etienne 2003, p. 593; (4) Anne Bernet, Les Chrétiens dans l'Empire romain, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 463, note 3

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La communauté chrétienne en Syrie

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23 septembre 2025 2 23 /09 /septembre /2025 00:00
Saint Constant, Sacristain à Ancône, en Italie († Ve s.)

Sacristain à Ancône, en Italie, on ne connaît Constant qu'à travers des Dialogues laissés par S. Grégoire le Grand. Constant était un sacristain de l'église Saint-Étienne d'Ancône (Italie).

 

Homme de grande foi, prenant à la lettre "la foi peut déplacer des montagnes", un jour qu'il n'avait plus d'huile pour ses lampes d'autel, il y mit de l'eau et pria. Les mèches brûlèrent toute la journée, comme si c'eût été de l'huile.

Lampe gallo-romaine à huile chrisme - reproduction

Lampe gallo-romaine à huile chrisme - reproduction

Dans les Marches, au Ve siècle, commémoraison de saint Constance, sacristain de l’église d’Ancône, plus illustre encore par son humilité que par ses miracles. (Martyrologe romain)

Sources : 1, 2, 34 

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22 septembre 2025 1 22 /09 /septembre /2025 00:00
Le martyre de saint Maurice, Le Greco, 1580

Le martyre de saint Maurice, Le Greco, 1580

 

Le 22 septembre 286 vit un spectacle à la fois sublime et épouvantable: une légion romaine entière, général en tête, immolée par un barbare empereur pour n'avoir pas voulu renoncer à Jésus-Christ. Cette légion était la légion Thébaine; ce général, saint Maurice, et ce tyran, Maximien.

La légion Thébaine portait ce nom parce qu'elle avait été recrutée en Thébaïde. Elle fut du nombre de celles que l'empereur emmena combattre la Gaule en révolte. Après le passage des alpes, un sacrifice solennel fut ordonné. La légion chrétienne, ne voulant pas y prendre part, et apprenant qu'elle allait être employée pour persécuter des frères chrétiens, se retira près du lieu appelé aujourd'hui Saint-Maurice-d'Agaune (Valais Suisse). L'empereur les enjoignit de se réunir à l'armée pour la fête. Mais Maurice et ses compagnons coptes  venus de Thèbes (Égypte), se rappelant qu'il vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes, se virent dans la triste nécessité de désobéir.

Cette désobéissance, n'était pas, pour ces braves soldats, vainqueurs sur vingt champs de bataille, un acte de félonie, mais un acte d'héroïque loyauté. Aussitôt le prince barbare donna l'ordre de décimer la légion. À voir ce bataillon de six mille hommes rangés en ordre de combat, ayant à sa tête Maurice, à cheval, avec ses brillants officiers, Exupère, Maurice et Candide, il semble qu'on eût pu craindre une résistance par la force; mais non, les disciples de Jésus-Christ ne cherchaient et n'attendaient qu'une victoire pacifique, la victoire sur le monde, et la conquête du ciel par le martyre. Les noms des soldats sont jetés dans les casques des centurions; six cents sur six mille vont périr; les victimes désignées embrassent leurs camarades, qui les encouragent; bientôt le sacrifice est consommé, et la plaine ruisselle du sang des martyrs.

 

Saint Maurice comme soldat égyptien, cathédrale de Magdebourg (Dom St. Mauritius), ca. 1250
Les survivants persistent à se déclarer chrétiens, et la boucherie recommence; six cents nouveaux élus rougissent de leur sang les rives du Rhône. Les autres sauront mourir jusqu'au dernier; mais ils envoient au tyran un message avec une lettre admirable: "Empereur, nous sommes vos soldats; nous sommes prêts à combattre les ennemis de l'empire; mais nous sommes aussi chrétiens, et nous devons fidélité au vrai Dieu. Nous ne sommes pas des révoltés, nous aimons mieux être des victimes que des bourreaux: mieux vaut pour nous mourir innocents que de vivre coupables." Maximien, désespérant d'ébranler leur constance, les fit massacrer tous en masse.

Une basilique fut élevée par Saint Théodore dès le IVème siècle, puis une abbaye y fut créée.

Son culte se répandit en Suisse, en Savoie et dans les régions voisines. Dès l'origine de leur dynastie, les comtes et les duc de Savoie ont déclaré Saint Maurice protecteur de leurs Etats. A la fin du IVème siècle, les reliques furent déplacées à Angers, il devint ainsi titulaire de la cathédrale et patron du diocèse.


Autres saints militaires engagés dans l'armée romaine (non exhaustif): Saint Victor, Saint Georges, Saint Sébastien, Saint Martin de Tours, Saint Ferréol.

 

Sources: 12

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21 septembre 2025 7 21 /09 /septembre /2025 06:15

 

L'exorciste du diocèse de Rome, le père Gabriele Amorth, a réussi à obtenir, au cours de ses innombrables exorcismes, des aveux liés à l'adoration eucharistique. Ces mots, arrachés aux démons, révèlent l'extraordinaire pouvoir de la présence du Saint Sacrement.

 

Voici ces phrases :

 

• « Le voilà, caché dans ce pain blanc ! Mais il ne nous est pas caché ; nous le voyons et sa lumière nous brûle. C'est comme un feu qu'on ne peut éteindre ! »

 

• « Ce morceau de pain n'est pas que du pain. C'est Lui, le même qui nous a chassés du ciel ! Nous le détestons, mais nous ne pouvons pas nous en approcher ! »

 

• « Si les êtres humains savaient qui existe réellement, le monde entier s’agenouillerait et nous serions vaincus à jamais ! »

 

• « Chaque minute passée devant Lui nous ôte nos forces. Il nous force à fuir comme des lâches ! »

 

• « Le lieu où ils le vénèrent est rempli d'anges. On ne peut pas y entrer, même avec nos pièges ! »

 

• « Lorsque vous l’adorez, il fortifie vos âmes et détruit tout ce que nous avons fait dans vos vies. »

 

• « Une heure devant Lui nous arrache les âmes que nous avions piégées pendant des années. C'est comme une grande guerre contre nous, et nous la perdons toujours ! »

 

• « L'Heure Sainte emplit vos foyers et vos familles de lumière. Nous ne supportons pas cette lumière, elle nous aveugle ! »

 

• « Quand l'Heure Sainte est faite pour les pécheurs, ils reçoivent Sa miséricorde et nos chaînes sont brisées. C'est une condamnation pour nous ! »

 

• « Ces heures de silence devant Lui sont comme un coup de marteau qui nous frappe à la tête. Impossible de te résister ! »

 

• « Quand ils le regardent, ils ne disent rien, mais Il agit dans leur cœur.

« Cela nous détruit de l’intérieur ! »

 

• « Le silence devant Lui est plus puissant que mille paroles. Il les comble de grâce et les rend invincibles ! »

 

• « Chaque instant d'adoration offert par les âmes du purgatoire les libère. Ces actes sont comme des épées qui coupent nos chaînes ! »

 

• « Les âmes qu’Il ​​libère prennent du terrain et nous ne pouvons pas le reprendre ! »

 

• « Lorsqu'ils offrent leur adoration aux morts, nous perdons et ils gagnent Sa lumière. C'est insupportable ! »

 

• « Arrêtez ces cultes de la réparation ! Chaque acte commis devant Lui détruit ce que nous avons construit au prix de tant de travail. »

 

• « Lorsqu'ils se rachètent pour leurs jurons et leurs sacrilèges, ils nous affaiblissent plus qu'ils ne peuvent l'imaginer »

 

• « Le culte restaurateur est un poison pour nous. C'est comme s'ils détruisaient tout ce que nous faisons dans leur âme ! »

 

• « Ceux qui passent du temps en sa présence sont protégés ! C'est comme s'ils avaient construit une barrière de feu autour d'eux. On ne peut pas les atteindre facilement ! »

 

• « Chaque fois que l'un de vous le regarde avec foi, nous recevons une punition qui nous fait plus mal que mille chaînes »

 

• « Quand quelqu'un l'adore de tout son cœur, il nous enlève ce qui nous appartient. Il nous rend humbles à chaque fois ! »

 

• « Ces prières devant le Saint-Sacrement pour les pécheurs sont notre ruine. Ils reçoivent sa miséricorde et se repentent, et cela détruit nos pièges ! »

 

• « Quand vous priez pour les perdus devant Lui, Il vous montre Son amour et brise nos chaînes. C'est un désastre pour nous ! »

 

• « Adorer les pécheurs nous laisse impuissants face à eux. Il les couvre de son sang et nous ne pouvons plus les toucher ! »

 

• « Ça nous brûle, ça nous brûle ! » « Cette lumière qui rayonne du Saint-Sacrement est comme un feu qui ne s'éteint jamais. »

 

• « Il est vivant là-bas et on ne le supporte pas. Son regard nous détruit. »

 

• « Chaque barre consacrée est un supplice pour nous. Elle est là, et nous ne pouvons pas l'approcher ! »

 

• « Les âmes qui se consacrent à l'Adoration sont comme des épées qui nous transpercent. Impossible de le vaincre ! »

 

• « Ces petits groupes qui l'adorent sont plus puissants que nos armées entières »

 

• « Une heure avec Lui vaut plus que des milliers de prières qui n'incluent pas Sa présence »

 

• « L’adoration du Saint-Sacrement est comme la pluie qui éteint les incendies que nous avons allumés dans le monde. »

 

• « Ces actes d’adoration apportent la paix sur terre.

 

 

Cf. https://x.com/SecretFire79/status/1969122902374289491

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21 septembre 2025 7 21 /09 /septembre /2025 00:00
Saint Matthieu, apôtre et évangéliste (1er s.)

Saint Matthieu était probablement galiléen de naissance. Il exerçait la profession de publicain ou de receveur des tributs pour les romains, profession très odieuse parmi les juifs. Son nom fut d'abord Lévi. Il était à son bureau, près du lac de Génésareth, où apparemment il recevait le droit de péage, lorsque Jésus-Christ l'aperçut et l'appela. Sa place était avantageuse; mais aucune considération ne l'arrêta, et il se mit aussitôt à la suite du sauveur. Celui qui l'appelait par sa parole le touchait en même temps par l'action intérieure de sa grâce.

Après sa conversion, Matthieu invita Jésus-Christ et ses disciples à manger chez lui; il appela même au festin ses amis, espérant sans doute que les entretiens de Jésus les attireraient aussi à Lui. C'est à cette occasion que les pharisiens dirent aux disciples du sauveur: "Pourquoi votre maître mange-t-Il avec les publicains et les pécheurs?" Et Jésus, entendant leurs murmures, répondit : "Les médecins sont pour les malades et non pour ceux qui sont en bonne santé. Sachez-le donc bien, je veux la miséricorde et non le sacrifice; car je suis venu appeler, non les justes, mais les pécheurs."

Après l'Ascension, saint Matthieu convertit un grand nombre d'âmes en Judée; puis il alla prêcher en Orient, où il souffrit le martyr. Il est le premier qui ait écrit l'histoire de Notre-Seigneur et sa doctrine, renfermées dans l'évangile qui porte son nom. – On remarque, dans l'évangile de saint Matthieu, qu'il se nomme le publicain, par humilité, aveu touchant, et qui nous montre bien le disciple fidèle de celui qui a dit: "Apprenez de moi que je suis doux et humble de coeur."

 

Clément d'Alexandrie (150-215) atteste l'austérité de l'Apôtre qui ne vivait que de légumes et de fruits sauvages.

 

Saint Matthieu prêchait en Ethiopie dans une ville nommée Nadaber, où il trouva deux mages Zaroïs et Arphaxus qui ensorcelaient les hommes par de tels artifices que tous ceux qu'ils voulaient paraissaient avoir perdu la santé avec l’usage de leurs membres. Ce qui enfla tellement leur orgueil qu'ils se faisaient adorer comme des dieux par les hommes. L'apôtre Matthieu entrant dans cette ville, où il reçut l’hospitalité de l’eunuque de la reine Candace baptisé par S. Philippe (Actes des Apôtres 8 26-40), découvrit si adroitement les prestiges de ces mages qu'il changeait en bien le mal qu'ils faisaient aux hommes.

 

Or, l’eunuque, ayant demandé à saint Matthieu comment il se faisait qu'il parlât et comprit tant de langages différents, Matthieu lui exposa qu'après la descente du Saint-Esprit, il s'était trouvé posséder la science de toutes les langues, afin que, comme ceux qui avaient essayé par orgueil d'élever une tour jusqu'au ciel, s'étaient vus forcés d'interrompre leurs travaux par la confusion des langues, de même les Apôtres, par la connaissance de tous les idiomes, construisissent, non plus avec des pierres, mais avec des vertus, une tour au moyen de laquelle tous ceux qui croiraient pussent monter au Ciel.

 

Alors quelqu'un vint annoncer l’arrivée des deux mages accompagnés de dragons qui, en vomissant un feu de soufre par la gueule et par les naseaux, tuaient tous les hommes. L'Apôtre, se munissant du signe de la croix, alla avec assurance vers eux. Les dragons ne l’eurent pas plutôt aperçu qu'ils vinrent à l’instant s'endormir à ses pieds. Alors saint Matthieu dit aux mages : "Où donc est votre art ? Eveillez-les, si vous pouvez : quant à moi, si je n'avais prié le Seigneur, j'aurais de suite tourné contre vous ce que vous aviez la pensée de me faire." Or, comme le peuple s'était rassemblé, Matthieu commanda de par le nom de Notre Seigneur Jésus-Christ aux dragons de s'éloigner, et ils s'en allèrent de suite sans nuire à personne. Ce fut le signal de la conversion d'un grand nombre. 

 

Ensuite saint Matthieu commença à adresser un grand discours au peuple sur la gloire du paradis terrestre, avançant qu'il était plus élevé que toutes les montagnes et voisin du ciel, qu'il n'y avait là ni épines ni ronces, que les lys ni les roses ne s'y flétrissaient, que la vieillesse n'y existait pas, mais que les hommes y restaient constamment jeunes, que les concerts des anges s'y faisaient entendre, et que quand on appelait les oiseaux, ils obéissaient tout de suite. Il ajouta que l’homme avait été chassé de ce paradis terrestre, mais que par la naissance de Notre Seigneur Jésus-Christ il avait été rappelé au Paradis du Ciel.

 

La résurrection du fils du roi d'Ethiopie, au nom de Jésus-Christ, produisit un effet plus grand encore et fut la cause de la conversion de la maison royale et de tout le pays.

 

Pendant qu'il parlait au peuple, tout à coup s'éleva mi grand tumulte ; car l’on pleurait la mort d'Euphranor, fils héritier du roi. Comme les magiciens ne pouvaient le ressusciter, ils persuadaient au roi qu'il avait été enlevé en la compagnie des dieux et qu'il fallait en conséquence lui élever une statue et un temple. Mais l’eunuque, dont il a été parlé plus haut, fit garder les magiciens et manda l’apôtre qui, après avoir fait une prière, ressuscita à l’instant le jeune homme (Bréviaire). Alors le roi, qui se nommait Egippus, ayant vu cela, envoya publier dans toutes ses provinces : "Venez voir un Dieu caché sous les traits d'un homme." On vint donc avec des couronnes d'or et différentes victimes dans l’intention d'offrir des sacrifices à Matthieu, mais celui-ci les en empêcha en disant : "Ô hommes, que faites-vous ? Je ne suis pas un Dieu, je suis seulement le serviteur de Notre Seigneur Jésus-Christ !"


Alors avec l’argent et l’or qu'ils avaient apportés avec eux, ces gens bâtirent, par l’ordre de l’Apôtre, une grande église qu'ils terminèrent en trente jours ; et dans laquelle saint Matthieu siégea trente-trois ans ; il convertit l’Egypte toute entière ; le roi Egippus, avec sa femme et tout le peuple, se fit Baptiser. Iphigénie, la fille du roi, qui avait été consacrée à Dieu, fut mise à la tête de plus de deux cents vierges. On attribue ainsi à saint Matthieu l'institution du premier couvent des vierges.

L'évangile selon S. Matthieu n'indique pas le nom de son auteur. C'est la tradition apostolique qui atteste que le rédacteur était Matthieu. 

 

L'historien de l'Église du IVe siècle Eusèbe de Césarée, vers 325, rapporte le témoignage d’un auteur chrétien du 1er siècle, ou du début du 2e, nommé Papias. Selon ce dernier, Matthieu aurait écrit en langue araméenne un document nommé les Logia rapportant les oracles et les discours de Jésus, qui par la suite auraient été traduits en grec. 

 

S. Irénée de Lyon, 150 ans avant Eusèbe de Césarée, écrivait vers 180 que Matthieu avait écrit un Évangile à l’intention des Hébreux dans leur dialecte, tandis que Paul et Pierre prêchaient à Rome en y posant les fondements de l’Église.

 

Voici la traduction de la phrase de Papias, évêque de Hierapolis, telle que la rapporte Eusèbe : "Ainsi, Matthieu a en effet mis ensemble (composé) en langue hébraïque les Logia; quant à leur interprétation, chacun les traita comme il en était capable." Personne n’est certain du sens de ces Logia (doctrines ou discours?). Le témoignage d’Origène à la fin du 3e siècle, ne laisse pas de place pour le doute concernant la croyance unanime à ce sujet, et qui remontait déjà à la fin du 2e siècle. Il dit : "J’ai appris la tradition concernant les quatre Évangiles reçus sans contestation par l’Église de Dieu, sous le ciel; le premier a été écrit par Matthieu, autrefois péager, ensuite devenu apôtre de Jésus-Christ, qui le publia à l’intention des convertis juifs et le composa en langue hébraïque." (Ressources chrétiennes)

Le roi Egippe étant mort, son frère Hirtacus (Hirtace) s'empara du royaume et, pour mieux asseoir son pouvoir, voulut d'épouser Iphigénie.

 

Hirtace eut recours à Saint Matthieu qui lui répondit : Vienne votre Majesté au discours que je vais faire aux vierges Chrétiennes rassemblées avec Iphigénie et vous verrez vous-même avec quel zèle je vais remplir vos ordres ; Saint Matthieu fit un tel éloge de la virginité, invitant ses filles à mourir plutôt qu'à y renoncer, qu'Hirtace se résolut à le faire mourir.

 

Selon les récits apocryphes et les traditions hagiographiques reprises par Rufin, Saint Eucher de Lyon et Socrate, comme la Légende dorée de Jacques de Voragine, l'ancien bréviaire romain, source la plus fiable sur sa vie de S. Matthieu en Judée et sa mort en Éthiopie, rapporte qu'il a été martyrisé *pendant* la messe (''le mystère de l'autel'') :

 

''Parmi ses miracles, le plus remarquable fut celui où il ressuscita le fils du roi [d'Ethiopie. Ndlr.], amenant ainsi son père le roi, sa femme et toute la région à croire dans le Christ Roi.

Après la mort du roi, Hirtacus, qui lui succéda, souhaita prendre sa fille Iphigénie pour épouse, mais, sur les exhortations de Matthieu, celle-ci se vouant à Dieu fit vœu de chasteté et resta ferme dans cette sainte résolution, raison pour laquelle Hirtacus ordonna de tuer l'apôtre à l'autel alors qu'il accomplissait le mystère. Il couronna la dignité de l'apostolat par la gloire du martyre le 21 septembre.

Son corps fut transporté à Salerne, où il fut ensuite enterré dans une église dédiée à son nom sous le pontificat de Grégoire VII, et où il est vénéré et recherché par de grandes foules.'' — Ancien bréviaire romain, 21 septembre, lecture 5 sur saint Matthieu, évangéliste. (Père Dave Nix)

 

C'est en défendant contre les atteintes d'un prince la vierge du roi consacrée au Seigneur dont on a parlé plus haut [Iphigénie], que le saint apôtre reçut le coup de la mort sur les marches de l'autel. Aussi, jusqu'à la fin des temps, l'Église, consacrant ses vierges, reprendra pour chacune la Bénédiction que S. Matthieu prononça sur l'Éthiopienne, et que le sang de l'Apôtre-Évangéliste a pénétrée de sa vertu pour jamais.

 

Le corps de Saint Matthieu fut d’abord conservé avec beaucoup de vénération dans la ville de Naddaver où il avait enduré le martyre. En 956, il fut transféré à Salerne, dans le Royaume de Naples. De Salerne, le chef de Saint Matthieu fut transporté en France et déposé dans la Cathédrale de Beauvais ; une partie de ce chef fut donnée au Monastère de la Visitation Sainte-Marie de Chartres. La relique de Beauvais disparut pendant la révolution française (1793).

Saint Matthieu, apôtre et évangéliste (1er s.)

Sources: (1 ) ; (2); (3)  Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011; Dom Guéranger, L'Année liturgique

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20 septembre 2025 6 20 /09 /septembre /2025 06:00

Cinq livres scientifiques écrits par des scientifiques protestants qui restaurent magistralement la compréhension catholique traditionnelle de Genèse 1 à 11

Création: Cinq livres scientifiques écrits par des scientifiques protestants qui restaurent magistralement la compréhension catholique traditionnelle de la Genèse 1 à 11

Par : Bruce W. Walters, MD

 

La plupart, sinon la totalité, des institutions académiques catholiques contemporaines, y compris les séminaires, enseignent une version de la théorie du "Big Bang" pour la création et l'évolution (ou "évolution théiste") comme origine de la vie et des différentes espèces. Cela implique le rejet de l'histoire littérale de la création relatée dans les chapitres 1 à 11 de la Genèse. Cet enseignement, selon lequel la Sainte Bible se serait trompée sur ce sujet, ouvre la voie à la discussion d'autres "erreurs" possibles dans les Écritures, que la "science moderne" aurait soi-disant révélées – par exemple, le remplacement des strictes mœurs sexuelles bibliques par des "perspectives modernes" plus souples issues de la "psychologie moderne". Cette substitution généralisée – d'une science erronée à une véritable théologie intemporelle – s'explique peut-être par le fait que d'éminents universitaires catholiques "préféraient la gloire des hommes à celle de Dieu [1]" et souhaitaient que les institutions catholiques soient respectées par les universitaires traditionnels. Les modernistes de l'Église aiment utiliser le terme péjoratif et inexact de "fondamentaliste" pour dénigrer ceux qui croient au récit biblique de la création et du déluge. Ils recourent à de telles attaques ad hominem, plutôt que de s'engager dans un débat honnête, car les dernières découvertes scientifiques corroborent de plus en plus le récit de la Genèse. Le Centre Kolbe pour l'étude de la Création (www.kolbecenter.org) est une organisation laïque orthodoxe catholique érudite qui cherche à réfuter les erreurs modernistes répandues sur la création. Leurs articles magistraux et la série de DVD "Fondements restaurés" [2] devraient être étudiés par tout catholique qui nourrit des doutes sur la Genèse en tant qu'histoire littérale. La théologie du Centre Kolbe sur la création est profondément catholique et mérite le soutien régulier de tout catholique généreux.

 

Mais il existe aussi une organisation protestante plus importante, Creation Ministries International (CMI) (www.creation.com), qui produit une gamme bien plus vaste de livres et de DVD scientifiques élégants, qui réfutent magistralement le scientisme moderniste (c'est-à-dire la fausse science) en s'appuyant sur la science réelle pour étayer la vérité catholique traditionnelle (biblique) sur la création.

 

https://creation.com/
Creation Ministries International

 

Bien que le personnel de CMI professe une déclaration de foi [3] contenant des erreurs théologiques protestantes typiques (par exemple, sola scriptura , sola fide ) – et qu'un article sur le site web de CMI soutienne la conception virginale miraculeuse du Christ, mais nie ensuite l'Immaculée Conception et la Virginité Perpétuelle de Marie [4] – la théologie et la science de CMI sur la création sont cohérentes avec la compréhension de la Genèse par les Pères de l'Église antique.

 

Tout ce qui est vrai et beau est catholique. Nombre des plus grands hymnes traditionnels, ceux dont la poésie est soignée, imprégnée de doctrine catholique et chantée sur des airs de cantiques respectueux et éprouvés, ont été écrits par des auteurs protestants : par exemple, Hark! The Herald Angels Sing,"Écoutez ! Chantent les anges annonciateurs" ou O God, or Our Help in Ages Past, "Ô Dieu, ou Notre secours dans les âges passés". [5] Même la musique du maître compositeur luthérien J.-S. Bach a désormais trouvé sa place dans l’Église catholique, car sa beauté est catholique. Les protestants évangéliques – qui croient que leur Bible du roi Jacques, diminuée, hautement poétique mais traduite de manière peu fiable (ou certaines versions plus récentes), est la parole infaillible de Dieu – conservent néanmoins une grande partie de la doctrine catholique traditionnelle sur les origines, tout en adoptant diverses autres erreurs théologiques fondées sur des interprétations erronées des Écritures. Mais sur le sujet de la science créationniste, ces protestants sont d'accord avec les Pères et les Docteurs de l'Église catholique (qu'ils ont tendance à accepter, tant qu'ils sont antérieurs à la prétendue "Réforme"). À une époque où de nombreux catholiques perdent la foi à l'adolescence ou à la vingtaine à cause de la fausse "science" universellement enseignée au collège, au lycée, à l'université et à l'université, des supports scientifiques bien conçus, étayant la doctrine catholique traditionnelle sur les origines, devraient être proposés comme éducation corrective. J'ai été très impressionné par le recueil des cinq livres scientifiques suivant, produit par CMI et disponible sur www.creation.com :

 

-How Noah’s Flood Shaped Our EarthComment le Déluge de Noé a façonné notre Terre, par Michael J. Oard, titulaire d'une maîtrise et John K. Reed, titulaire d'un doctorat, 2017, 197 pages, grand ouvrage couleur à couverture souple. Cet ouvrage démontre que la science contemporaine authentique soutient fermement l'hypothèse d'un Déluge mondial récent et du cataclysme géologique qui en a résulté, il y a quelques milliers d'années seulement, et réfute les fausses théories selon lesquelles la Terre aurait des millions, voire des milliards d'années.

 

-How Noah’s Flood Caused a Single Ice AgeComment le Déluge de Noé a provoqué une seule ère glaciaire, par Michael J. Oard, MS, 2025, 236 pages, grand format, couverture souple couleur. [Voir ici un PDF de 20 pages et ] Cet ouvrage démontre que la science contemporaine appuie fermement la théorie géologique d'une Terre jeune et d'une seule ère glaciaire survenue il y a quelques milliers d'années, conséquence d'un Déluge mondial et du cataclysme géologique qui en a résulté.

-Biblical Biology 101Biologie biblique 101, par Robert W. Carter, Ph.D., 2024, 261 pages, grand format, couverture souple couleur. Démontre que la vie est d'une complexité irréductible, merveilleusement conçue, et qu'elle ne peut être le fruit de processus chimiques aléatoires, comme le suggère la théorie de l'évolution.

 

-Biblical Geology 101, Géologie biblique 101, par Michael J. Oard, titulaire d'une maîtrise et Robert W. Carter, titulaire d'un doctorat, 2021, 200 pages, grand format, couverture souple couleur. Cet ouvrage démontre que les formations géologiques observées sur Terre s'expliquent bien mieux par un récent déluge et un cataclysme mondial que par les théories scientifiques erronées dominantes de processus géologiques graduels s'étendant sur des millions, voire des milliards d'années.

 

 

-Genetic Entropy, Entropie génétique, 4e édition , par John C. Sanford, Ph.D., 2014, 271 pages, couverture souple. Professeur de génétique à l'Université Cornell pendant 30 ans, le Dr Sanford démontre qu'après la chute de l'homme, les erreurs de copie de l'ADN à chaque génération successive ont provoqué une courbe de déclin biologique classique correspondant exactement au déclin rapide de l'espérance de vie humaine (de près de 1 000 ans à environ 70 ans) enregistré dans la Genèse ;

et, de plus, que le génome humain est en voie d'extinction rapide, possiblement dans moins de mille ans. Les mutations n'ont jamais entraîné d'améliorations biologiques significatives, mais prouvent au contraire que la durée globale de l'espèce humaine (à partir de la malédiction due à la chute d'Adam) doit être limitée à des milliers, et non à des millions, d'années. Les mutations cumulatives sont également la principale cause du vieillissement progressif des individus.

 

 

Les erreurs théologiques dans ces ouvrages protestants sur la science créationniste semblent être soit absentes, soit minimes (essentiellement limitées à quelques articles publiés par le CMI et référencés en notes de bas de page).

 

La véritable science n'a PAS prouvé que la Terre a plus de mille ans, ni que la vie est apparue et s'est développée par des processus naturels aléatoires. Au contraire, plus les scientifiques chrétiens honnêtes découvrent de choses, plus il semble probable que le récit de la Genèse, relatant la création récente et un déluge universel, il y a seulement mille ans, soit une histoire vraie. Si vous avez l'occasion d'entrer en contact avec des jeunes ou des adultes catholiques terriblement mal éduqués par la fausse "science" destructrice de la foi que sont la théorie du "big bang" et l'"évolution théiste", un ou plusieurs des cinq ouvrages scientifiques mentionnés ci-dessus pourraient les aider à comprendre qu'ils ont été trompés et que l'enseignement intemporel des Pères de l'Église sur la création demeure une doctrine solide, de plus en plus soutenue par la science contemporaine.

 

Notes

 

[1] Jean 12:43, Version standard révisée, édition catholique

[2] Fondations restaurées , https://kolbecenter.org/category/video/foundations-restored/

[3] https://creation.com/en-us/pages/what-we-believe

[4] https://creation.com/en-us/articles/la-conception-virginale-du-christ

[5] Real Music: A Guide to the Timeless Hymns of the Church , par le professeur Anthony Esolen Ph.D., 2016, Gastonia, NC : TAN Books, couverture souple, 282 pages, plus téléchargement inclus de 18 hymnes interprétés par la chorale Sainte-Cécile de l'église Saint-Jean-Cantius, Chicago.

Source: https://remnantnewspaper.com/web/index.php/headline-news-around-the-world/item/7941-five-science-books-by-protestant-scientists-that-masterfully-restore-the-traditional-catholic-understanding-of-genesis-1-11

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19 septembre 2025 5 19 /09 /septembre /2025 08:09

Le pape Léon XIV déclare que les bénédictions faites en Europe pour les couples homosexuels sont contraires à l'enseignement de l'Église.

 

Cf. Pope Respecter

 

 

Dans l'entretien à Crux Now Media, il a défini le mariage comme un homme, une femme liés au saint sacrement du mariage.

 

“La famille, c'est un père, une mère, des enfants.”

 

AF Post: "Le pape Léon XIV a fustigé la bénédiction des couples de même sexe en Europe du Nord sous couvert de Fiducia Supplicans, réaffirmant que le mariage est entre un homme et une femme et que "la famille est père, mère et enfants".

 

"En Europe du Nord, ils publient déjà des rituels de bénédiction 'les gens qui s'aiment', c'est la façon dont ils l'expriment, ce qui va spécifiquement à l'encontre du document que le pape François a approuvé, Fiducia Supplicans, qui dit en gros, bien sûr, nous pouvons bénir tout le monde, mais ce n'est pas un moyen de ritualiser une sorte de bénédiction parce que ce n'est pas ce que l'Église enseigne". (AF Post)

 

Léon XIV a critiqué la ritualisation de la bénédiction des personnes de même sexe qui imitent le mariage et non les bénédictions des personnes.

 

Léon XIV clarifie ce qui a toujours été l'enseignement de l'Église.

 

Voici sur YT tout l'entretien inclusif sur les LGBT :

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19 septembre 2025 5 19 /09 /septembre /2025 00:00
Sainte Émilie de Rodat, fondatrice (1787-1852)

Fondatrice de la congrégation des Soeurs de la Sainte-Famille, Émilie de Rodat, première enfant de Jean-Louis de Rodat et d'Henriette de Pomayrols, est née dans une famille appartenant à la vieille noblesse rouergate.

Après l'échec de trois essais de vie religieuse, elle rejoint sa grand-mère à Villefranche-de-Rouergue (Aveyron) dans une sorte de communauté regroupant d'anciennes religieuses (nous sommes au lendemain de la Révolution) et des personnes pieuses.

En 1815, ayant entendu quelqu'un déplorer la disparition des écoles gratuites des Ursulines, elle ouvre une école dans sa chambre où s'entassent bientôt quarante élèves. Elle devra plusieurs fois émigrer dans des locaux de plus en plus vastes jusqu'à ce qu'elle puisse acquérir en 1817 l'ancien couvent des Cordeliers.

C'est là qu'elle fonde la congrégation des religieuses de la Sainte Famille en 1819. Les unes se vouaient à l'instruction des filles pauvres, les autres allaient soigner les malades à domicile.

Sainte Émilie de Rodat, fondatrice (1787-1852)

À sa mort quarante maisons avaient été fondées dans divers pays.

Elle connut de longues années, plus de vingt ans, de souffrances morales croyant avoir perdu la foi et l'espérance, s'estimant réprouvée. Son entourage ne s'en douta jamais. Ce ne fut que dans les dernières années de sa vie qu'elle recouvra la paix intérieure et que Dieu lui fit sentir à nouveau son amitié.

Elle mourut le 19 septembre 1852 à Villefranche-de-Rouergue, et fut inhumée quatre jours plus tard dans un oratoire du jardin à Notre Dame de la Salette, où des guérisons furent obtenues grâce à son intercession. Des pèlerinages ont lieu.

Son corps est conservé dans la crypte de la chapelle du couvent de la Sainte-Famille. Sa biographie fut écrite par son confesseur Pierre-Marue Fabrer, en 1858.

Elle est béatifiée le 9 juin 1940 et canonisée le 23 avril 1950, décrétée "Sainte" par le pape Pie XII.

Sainte Émilie est fêtée le 19 septembre.

Des rues, dans sa région natale, notamment à Rodez et à Villefranche-de-Rouergue portent son nom ainsi qu'une école à Toulouse et un foyer de jeunes, rue St Martin des Prés.

La Congrégation de la Sainte Famille, de droit Pontifical, siège à Villefranche-de-Rouergue et elle est présente sur tous les continents.

On compte 850 religieuses aujourd'hui à travers le monde.

Blason Congrégation des Soeurs de la Sainte Famille. Devise : Par-dessus tout la charité

Blason Congrégation des Soeurs de la Sainte Famille. Devise : Par-dessus tout la charité

Sources : (1); (2); (3) Sainte Famille Villefranche Congrégation ; (4) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 64.

 

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18 septembre 2025 4 18 /09 /septembre /2025 21:05

Dans un entretien avec Elise Ann Allen, auteur de la biographie du Pape "Léon XIV: citoyen du monde, missionnaire du XXIe siècle", paru en espagnol le 18 septembre au Pérou, Léon XIV affirme avoir "déjà reçu plusieurs demandes et lettres [à propos de ]: La question concernant la messe latine." "Si nous célébrons correctement la liturgie de Vatican II, voyons-nous vraiment une telle différence entre telle expérience ?', demande le Pape.

 

"Il y a un autre sujet, également brûlant, pour lequel j'ai déjà reçu plusieurs demandes et lettres : la question de savoir si l'on dit toujours 'la messe latine'. Eh bien, vous pouvez dire la messe en latin maintenant. Si c'est le rite Vatican II, il n'y a aucun problème.

 

"Évidemment, entre la messe tridentine et la messe Vatican II, la messe de Paul VI, je ne sais pas trop où cela va nous mener. C'est évidemment très compliqué.

 

"Je sais qu'une partie de ce problème, malheureusement, est devenue – encore une fois, un élément d'un processus de polarisation – certains ont utilisé la liturgie comme prétexte pour faire avancer d'autres sujets. C'est devenu un outil politique, et c'est très regrettable.

 

"Je pense que parfois, l'"abus" de la liturgie de ce que nous appelons la messe de Vatican II n'a pas aidé ceux qui recherchaient une expérience plus profonde de la prière, un contact avec le mystère de la foi qu'ils semblaient trouver dans la célébration de la messe tridentine. Là encore, nous sommes devenus polarisés, de sorte qu'au lieu de pouvoir dire : 'Si nous célébrons correctement la liturgie de Vatican II, voyons-nous vraiment une telle différence entre telle expérience ?'

 

"Je n'ai pas encore eu l'occasion de rencontrer un groupe de personnes qui défendent le rite tridentin. Une occasion se présentera bientôt, et je suis sûr que d'autres occasions se présenteront. Mais c'est un sujet sur lequel, je pense aussi, peut-être avec la synodalité, nous devons nous asseoir et discuter. C'est devenu un sujet tellement polarisé que les gens refusent souvent de s'écouter. J'ai entendu des évêques m'en parler, me disant : "On les a invités à ceci et à cela, et ils ne veulent même pas entendre." Ils ne veulent même pas en parler. C'est un problème en soi. Cela signifie que nous sommes désormais dans l'idéologie, que nous ne sommes plus dans l'expérience de la communion ecclésiale."

 

Cf. https://cruxnow.com/vatican/2025/09/pope-leo-speaks-to-cruxs-elise-ann-allen-about-lgbtq-issues-and-the-liturgy 

 
Léon XIV : "Vous pouvez dire la messe en latin maintenant"
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18 septembre 2025 4 18 /09 /septembre /2025 20:01

"Léon XIV: citoyen du monde, missionnaire du XXIe siècle". C’est le titre du premier livre contenant le texte intégral de l'entretien accordé par le Souverain pontife à la journaliste de Crux, Elise Ann Allen, publié jeudi 18 septembre en espagnol au Pérou.

 

Parmi les thèmes abordés: le drame de Gaza, la Chine, le rôle des femmes, l'accueil des personnes lgbt, les abus, la situation financière du Saint-Siège, l'IA et les fausses nouvelles.

 

[D]ans la lignée de François, il souhaite continuer à nommer des femmes à des postes de direction, tout en réaffirmant qu'il n'a pas l'intention de changer l'enseignement de l'Église sur l'ordination des femmes. Il en va de même pour les personnes lgbtq: accueil à "todos, todos, todos" (ndlr- tous, tous, tous), mais "l'enseignement de l'Église restera tel quel". 

 

Les questions et réponses sur les thèmes d'actualité urgente pour l'Église et le monde se retrouvent toutes dans l'entretien –le tout première accordé– du Pape Léon XIV à Elise Ann Allen, journaliste pour le site américain Crux. Le 14 septembre, jour de l'anniversaire de Robert Francis Prevost, quelques extraits de l'entretien ont été dévoilés, publiés en complément du livre biographique León XIV: ciudadano del mundo, misionero del siglo XXI (Léon XIV: citoyen du monde, missionnaire du XXIe siècle), qui est publié ce jeudi 18 septembre, en espagnol aux éditions Penguin Perú.

 

Le drame de Gaza

Parmi les premières questions posées au Pape figure celle concernant la situation à Gaza. "Même si une certaine pression a été exercée" sur Israël par les États-Unis et malgré certaines déclarations du président Donald Trump, "aucune réponse claire n'a été apportée" pour "soulager les souffrances de la population", souligne Léon XIV. "C'est très préoccupant", compte tenu des conditions dans lesquelles se trouvent de nombreuses personnes, en particulier les enfants, qui souffrent d'une "véritable famine". À l'avenir, "ils auront besoin de beaucoup d'aide médicale, en plus de l'aide humanitaire". Le Pape espère que l'on ne deviendra pas "insensible" face à ce qui se passe dans la bande de Gaza: "C'est terrible de voir ces images à la télévision... on ne peut supporter tant de souffrance".

 

Le mot "génocide"

Quant à l'utilisation du mot génocide, "de plus en plus utilisé" pour qualifier le drame de Gaza, le Pape souligne qu'"officiellement, le Saint-Siège estime qu'aucune déclaration ne peut être faite à ce sujet pour le moment". "Il existe une définition très technique de ce qui pourrait être un génocide. Mais de plus en plus de personnes soulèvent la question, notamment deux groupes de défense des droits humains en Israël qui ont publié cette déclaration".

 

Les relations avec la Chine

Toujours dans le domaine géopolitique, Léon XIV se tourne vers l'autre acteur mondial qu'est la Chine. Il assure qu'il poursuivra "la politique que le Saint-Siège suit depuis plusieurs années", sans prétendre "être plus sage ou plus expérimenté" que ses prédécesseurs. Depuis longtemps déjà, il est "en dialogue constant avec différentes personnes chinoises" et cherche à "mieux comprendre comment l'Église peut poursuivre sa mission, en respectant à la fois la culture et les problèmes politique", ainsi que le groupe "important" de catholiques qui "depuis de nombreuses années, ont vécu une sorte d'oppression ou de difficulté à vivre librement leur foi sans prendre parti". "C'est une situation très difficile", admet l'évêque de Rome.

 

Première de couverture du livre : Elise Ann Allen, Léon XIV: citoyen du monde, missionnaire du XXIe siècle

 

La crise des abus dans l'Église

Une large place est consacrée dans l'entretien à la "crise" des abus sexuels dans l'Église. Une crise qui n'est pas encore résolue, souligne immédiatement le Souverain pontife, demandant un «grand respect» pour les victimes, dont beaucoup portent toute leur vie les blessures de ces abus. Léon XIV cite des statistiques qui montrent que "plus de 90% des personnes qui se manifestent et portent des accusations sont de véritables victimes". Elles n'inventent donc rien. Il existe cependant "des cas avérés de fausses accusations" et certains prêtres "ont vu leur vie détruite". L'accusation "n'annule pas la présomption d'innocence", souligne le Pape Léon XIV. Ainsi, "les prêtres doivent eux aussi être protégés, ou l'accusé doit être protégé, ses droits doivent être respectés. Mais le dire peut parfois causer davantage de souffrance aux victimes". Dans tous les cas, explique-t-il, "la question des abus sexuels ne peut devenir le centre d'intérêt de l'Église": "La grande majorité des personnes engagées dans l'Église, prêtres, évêques et religieux, n'ont jamais abusé de personne. Nous ne pouvons donc pas faire en sorte que toute l'Église se concentre exclusivement sur ce sujet".

 

Accueillir tout le monde sans changer la doctrine

Le Pape n'oublie pas non plus d'évoquer les questions relatives aux personnes lgbt et aux femmes. Sur le premier sujet, Léon XIV explique qu'il ne souhaite pas encourager les polarisations au sein de l'Église. Il évoque Fiducia Supplicans, soulignant que le message essentiel de ce document est "certes, nous pouvons bénir tout le monde, mais nous ne devrions pas chercher à ritualiser une quelconque bénédiction". Le Saint-Père adhère sans aucun doute au message de François d'accueillir "todos, todos, todos" : "Tous sont invités", non pas en raison d'une "identité spécifique", mais parce que tous sont enfants de Dieu.

 

"Ce que j'essaie de dire, c'est ce que François a dit très clairement lorsqu'il disait "tous, tous, tous". Tout le monde est invité, mais je n'invite pas une personne en raison de son identité particulière. J'invite une personne parce qu'elle est un fils ou une fille de Dieu. Vous êtes tous les bienvenus, et apprenons à nous connaître et à nous respecter mutuellement. À un moment donné, lorsque des questions spécifiques surgiront… Les gens souhaitent que la doctrine de l'Église change, que les mentalités changent. Je pense que nous devons changer les mentalités avant même de penser à changer ce que l'Église dit sur une question donnée. Je trouve très improbable, surtout dans un avenir proche, que la doctrine de l'Église, concernant ce qu'elle enseigne sur la sexualité et sur le mariage, change.

 

J'ai déjà parlé du mariage, comme l'a fait le pape François lorsqu'il était pape, d'une famille composée d'un homme et d'une femme engagés solennellement, bénis par le sacrement du mariage. Mais même dire cela, je comprends que certains le prennent mal. En Europe du Nord, on publie déjà des rituels de bénédiction : « Ceux qui s'aiment », c'est ainsi qu'ils s'expriment, ce qui va à l'encontre du document approuvé par le pape François, Fiducia Supplicans , qui dit en substance : « Bien sûr, nous pouvons bénir tout le monde, mais il ne cherche pas à ritualiser une quelconque bénédiction, car ce n'est pas ce qu'enseigne l'Église. » Cela ne signifie pas que ces personnes sont mauvaises, mais je pense qu'il est très important, encore une fois, de comprendre comment accepter les autres qui sont différents de nous, comment accepter ceux qui font des choix dans leur vie et les respecter.

 

Je comprends que ce sujet soit brûlant et que certains réclament, par exemple, la reconnaissance du mariage homosexuel ou la reconnaissance des personnes transgenres, pour que cela soit officiellement reconnu et approuvé par l'Église. Ces personnes seront acceptées et accueillies. Tout prêtre ayant déjà confessé aura entendu les confessions de personnes de tous horizons, avec des problématiques variées, des situations de vie variées et des choix variés. Je pense que l'enseignement de l'Église restera tel quel, et c'est ce que j'ai à dire à ce sujet pour l'instant. Je pense que c'est très important.

 

Les familles, ce qu'on appelle la famille traditionnelle, ont besoin d'être soutenues. La famille, c'est le père, la mère et les enfants. Je pense que le rôle de la famille dans la société, qui a parfois souffert ces dernières décennies, doit être à nouveau reconnu et renforcé. Je me demande simplement si la question de la polarisation et de la façon dont les gens se traitent les uns les autres ne vient pas aussi de situations où les gens n'ont pas grandi dans le contexte d'une famille où l'on apprend – c'est le premier lieu où l'on apprend à s'aimer, à vivre ensemble, à se tolérer et à nouer des liens de communion. C'est cela la famille. Si on supprime cette base fondamentale, il devient très difficile d'apprendre cela autrement.

 

Je pense qu'il y a des éléments clés à considérer. Je crois que je suis qui je suis parce que j'ai eu une relation merveilleuse avec mon père et ma mère. Ils ont vécu une vie de couple très heureuse pendant plus de 40 ans. Aujourd'hui encore, les gens le remarquent, même mes frères. Nous sommes toujours très proches, même si l'un est très éloigné politiquement, et que nous sommes sur des positions différentes. D'après mon expérience, cela a été un facteur extrêmement important de qui je suis et de comment je peux être qui je suis aujourd'hui.

 

 

Cela n'implique toutefois pas un changement de doctrine: "Je trouve hautement improbable, certainement dans un avenir proche, que la doctrine de l'Église (change) en ce qui concerne ce qu'elle enseigne sur la sexualité, ce qu'elle enseigne sur le mariage", affirme-t-il. C'est-à-dire "une famille composée d'un homme et d'une femme", "bénis dans le sacrement du mariage".

 

Le rôle des femmes

Le magistère sur l'ordination des femmes ne changera pas non plus. Le Pape dit "continuer sur les traces de François en nommant des femmes à certains postes de direction à différents niveaux de la vie de l'Église". La question "controversée" est celle des diaconesses, soulevée lors de la dernière session du Synode: "Pour l'instant, je n'ai pas l'intention de changer l'enseignement de l'Église sur ce sujet", souligne-t-il.

 

Je m'interroge également, suite à un commentaire que j'ai fait lors d'une conférence de presse à laquelle j'ai participé au synode, sur ce qui a souvent été qualifié de cléricalisme dans les structures actuelles de l'Église. Voudrions-nous simplement inviter les femmes à se cléricaliser, et qu'est-ce que cela a réellement résolu ? 

 

La messe en latin

Le Souverain pontife aborde également la question de la messe tridentine. Plus qu'une question, "un problème", car certains ont utilisé la liturgie comme "un outil politique"... 'Une chose "très regrettable". "L''abus' de la liturgie de ce que nous appelons la messe de Vatican II n'a pas aidé ceux qui recherchaient une expérience plus profonde de la prière, un contact avec le mystère de la foi, qu'ils semblaient trouver dans la célébration de la messe tridentine.'' 

 

Bientôt, dit-il, l'occasion se présentera de "s'asseoir à une table avec un groupe de personnes qui soutiennent le rite tridentin" et peut-être que le problème pourra être résolu "avec la synodalité". [1] [2]

Léon XIV annonce qu'il se réunira pour écouter ceux qui préfèrent la messe tridentine

 

 

Le livre publié aujourd'hui par la journaliste Elise Ann Allen contient un passage dans lequel le pontife explique l'objectif du groupe d'étude sur la liturgie – centré sur l'inculturation – et annonce la tenue prochaine d'une réunion pour entendre les défenseurs du rite tridentin. Vous trouverez ci-dessous la question et la réponse complètes telles qu'elles apparaissent dans l'entretien :

 

Question :
Concernant le groupe d’étude sur la liturgie, sur quoi porte-t-il ses travaux ? Dans quelle mesure sa création était-elle motivée par des divisions autour de la messe latine traditionnelle, par exemple, ou par des enjeux comme le nouveau rite amazonien ?

 

Réponse du pape Léon XIV :
Ma compréhension des motivations de la création du groupe découle principalement des questions liées à l’inculturation de la liturgie. Autrement dit, comment poursuivre le processus visant à donner plus de sens à la liturgie au sein d’une culture différente, d’une culture spécifique, en un lieu précis et à une époque donnée. Je pense que c’était la question principale. Il y a une autre question, également controversée, à propos de laquelle j’ai déjà reçu plusieurs demandes et lettres : comment mentionner systématiquement le retour à la messe latine ? Eh bien, vous pouvez dire la messe latine dès maintenant. S’il s’agit du rite Vatican II, il n’y a aucun problème. Évidemment, entre la messe tridentine et la messe Vatican II, la messe de Paul VI, je ne sais pas où cela va nous mener. C’est évidemment très compliqué.

 

*Je sais qu'une partie de ce problème, malheureusement, est liée – encore une fois, à un processus de polarisation – au fait que certains ont utilisé la liturgie comme prétexte pour promouvoir d'autres enjeux. C'est devenu un outil politique. Je pense que parfois, l'"abus" de la liturgie de ce que nous appelons la messe de Vatican II n'a pas aidé ceux qui recherchaient une expérience plus profonde de la prière, un contact avec le mystère de la foi, qu'ils semblaient trouver dans la célébration de la messe tridentine.[3]

 

Une fois de plus, nous sommes devenus polarisés, de sorte que nous soulevons ce problème au lieu de pouvoir dire : "Eh bien, si nous célébrons correctement la liturgie de Vatican II, trouvez-vous vraiment une telle différence entre telle expérience et telle autre ?" *

 

Je n'ai pas encore eu l'occasion de rencontrer un groupe de défenseurs du rite tridentin. L'occasion se présentera bientôt, et je suis sûr qu'il y aura des occasions d'en parler. Mais c'est un sujet dont je pense que, peut-être avec la synodalité, nous devons aussi discuter. C'est devenu un sujet tellement polarisé que les gens sont souvent réticents à s'écouter. J'ai entendu des évêques m'en parler et dire : "On les a invités à ceci et à cela, et ils ne veulent tout simplement pas entendre." Ils ne veulent même pas en parler. C'est un problème en soi. Cela signifie que nous sommes désormais dans la sphère idéologique, et non plus dans l'expérience de la communion de l'Église. C'est l'un des points à l'ordre du jour.[4]

 

 

"J'ai déjà reçu plusieurs demandes et lettres [à propos de ]: La question concernant la messe latine.

 

"Il y a un autre sujet, également brûlant, pour lequel j'ai déjà reçu plusieurs demandes et lettres : la question de savoir si l'on dit toujours 'la messe latine'.

Eh bien, vous pouvez dire maintenant la messe en latin. S'il s'agit du rite Vatican II, il n'y a aucun problème. Évidemment, entre la messe tridentine et la messe Vatican II, la messe de Paul VI, je ne sais pas trop où cela va nous mener. C'est évidemment très compliqué.

 

"Je sais qu'une partie de ce problème, malheureusement, est devenue – encore une fois, un élément d'un processus de polarisation – certains ont utilisé la liturgie comme prétexte pour faire avancer d'autres sujets. C'est devenu un outil politique, et c'est très regrettable.

 

"Je pense que parfois, l'"abus" de la liturgie de ce que nous appelons la messe de Vatican II n'a pas aidé ceux qui recherchaient une expérience plus profonde de la prière, un contact avec le mystère de la foi qu'ils semblaient trouver dans la célébration de la messe tridentine. Là encore, nous sommes devenus polarisés, de sorte qu'au lieu de pouvoir dire : 'Si nous célébrons correctement la liturgie de Vatican II, voyons-nous vraiment une telle différence entre telle expérience ?'

 

"Je n'ai pas encore eu l'occasion de rencontrer un groupe de personnes qui défendent le rite tridentin. Une occasion se présentera bientôt, et je suis sûr que d'autres occasions se présenteront. Mais c'est un sujet sur lequel, je pense aussi, peut-être avec la synodalité, nous devons nous asseoir et discuter. C'est devenu un sujet tellement polarisé que les gens refusent souvent de s'écouter. J'ai entendu des évêques m'en parler, me disant : "On les a invités à ceci et à cela, et ils ne veulent même pas entendre." Ils ne veulent même pas en parler. C'est un problème en soi. Cela signifie que nous sommes désormais dans l'idéologie, que nous ne sommes plus dans l'expérience de la communion ecclésiale.[5] 

Léon XIV s'entretient avec Elise Ann Allen de Crux sur les questions LGBTQ+ et la liturgie

Léon XIV s'entretient avec Elise Ann Allen de Crux sur les questions LGBTQ+ et la liturgie

Sources:

 

[1] https://www.vaticannews.va/fr/pape.html

[2] https://cruxnow.com/vatican/2025/09/pope-leo-speaks-to-cruxs-elise-ann-allen-about-lgbtq-issues-and-the-liturgy

[3] https://x.com/UnTradi/status/1968687549313962242?t=M3FUPkmck7-XRNgKOPaN5Q&s=09

[4] https://infovaticana.com/2025/09/18/leon-xiv-anuncia-que-se-reunira-para-escuchar-a-quienes-prefieren-la-misa-tridentina/

[5] https://x.com/breeadail/status/1968691393448071430

 

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18 septembre 2025 4 18 /09 /septembre /2025 00:00

Vierge et martyre à Rome avec sa mère Sophie et ses deux sœurs.

Véra (= Foi), Liubbe (= Charité) seraient ses sœurs et Sophia ou Sonia (= sagesse) leur mère.

Sainte Sophie de Rome et ses trois filles, icône russe anonyme du XVIe siècle Galerie Tretiakov, Moscou

Sainte Sophie de Rome et ses trois filles, icône russe anonyme du XVIe siècle Galerie Tretiakov, Moscou

Sources1, 2

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17 septembre 2025 3 17 /09 /septembre /2025 00:00
Saint Renaud, ermite dans la forêt de Craon († v. 1104)

Saint Renaud, ou Regnault vécut à la fin du XIe siècle. Chanoine régulier à Soissons, il fut le disciple de Robert d'Arbrissel, et devint ermite dans la forêt de Craon en Mayenne puis dans celle de Mélinais dans la Sarthe où il mourut en 1104.

 

À Mélinais près de La Flèche, aux confins de l’Anjou, vers 1104, saint Regnauld, ermite, qui se forma, dans la forêt de Craon, auprès du bienheureux Robert d’Arbrissel à accomplir pleinement les préceptes du Seigneur.

Martyrologe romain

Sources: 1 ,2, 3

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16 septembre 2025 2 16 /09 /septembre /2025 00:00
Sainte Édith, fille d'Edgar, roi des Angles, abbesse de Wilton (961-984)

Moniale à Wilton, à quelques kilomètres à l’ouest de Salisbury, dans le Wiltshire, fille du roi anglo-saxon S. Edgar le Pacifique (944-975) et de Ste Wilfride (Wilfrida), elle passa sa vie brève à l’abbaye de Wilton, où sa mère était abbesse. (1) Lorsqu'elle mourut, âgée de vingt-trois ans, elle fut aussitôt placée sur les autels et dans les calendriers de son pays. (2)

 

Fille naturelle d'Edgar le Pacifique, roi des Angles, Édith vint au monde en 961. Ce prince l'avait eue d'une dame illustre par sa naissance, qu'il avait enlevée, et qui se nommait Wulfride ou Wilfrith. Sa femme étant morte, il voulut épouser celle qu'il avait déshonorée; mais Wulfride ne voulut point y consentir, et alla même prendre le voile dans le monastère de Wilton, dont elle devint abbesse peu de temps après. Elle voulut se charger elle-même du soin d'élever Édith, sa fille, qui par là fut arrachée à la corruption du monde, avant d'en avoir ressenti les effets. C'est ce qui a fait dire au rédacteur du martyrologe romain, en parlant de notre Sainte, que, «s'étant consacrée à Dieu dès son enfance, elle avait moins quitté le monde qu'elle ne l'avait ignoré»: ignorance infiniment précieuse, et qui est le plus sûr moyen de vivre dans une parfaite innocence. (3)

 

La jeune princesse profita si bien des exemples et des instructions de sa mère, qu'elle se fit religieuse dans le même monastère. Elle faisait l'office de Marthe à l'égard de toutes les religieuses et des externes, et les fonctions de Marie à l'égard de Notre-Seigneur; car, sans considérer sa naissance, elle s'appliquait aux plus vils ministères de la maison, assistait les malades, et se faisait la servante des étrangers et des pauvres. Elle fonda pour eux, près de son monastère un hôpital pour en entretenir toujours treize. Secourant de ses aumônes et de ses soins ceux qu'elle savait être dans l'indigence, elle cherchait les affligés pour leur donner de la consolation, et aimait mieux converser avec les lépreux, qui sont abandonnés de tout le monde, qu'avec les premiers princes du royaume. Plus les personnes étaient rebutées des autres à cause de leurs infirmités, plus elles étaient bienvenues auprès d'elle; en un mot, Édith était incomparable dans son zèle à rendre service à son prochain. L'abstinence faisait ses plus grandes délices, et elle fuyait autant les viandes délicates que les autres les recherchent avec empressement, joignant à cette mortification celle d'un rude cilice qu'elle portait sur sa chair nue, afin de réprimer de bonne heure les mouvements de la nature. Telle fut la vie de cette jeune princesse jusqu'à l'âge de quinze ans.

 

Le roi informé de tant de belles qualités de sa fille, voulut la faire abbesse de trois monastères; mais elle le remercia, et se contenta de lui proposer pour cela des religieuses que son humilité lui faisait juger beaucoup plus capables qu'elle d'occuper ces places. Elle ne put se résoudre à quitter une maison où elle avait déjà reçu tant de grâces; elle aima mieux obéir que commander, et demeurer sous la conduite de sa mère, que d'être chargée de la conduite des autres. Mais son humilité parut bien davantage lorsqu'elle refusa la couronne d'Angleterre; car après la mort de saint Édouard II que l'Église honore comme un martyr, les seigneurs vinrent la trouver pour lui présenter le sceptre, et employèrent toutes les raisons possibles, et même tentèrent les voies de la violence pour l'obliger de l'accepter. Elle leur résista toujours généreusement, et l'on aurait plutôt transmué les métaux, dit son historien, que de la retirer de son cloître, et de lui faire quitter la résolution qu'elle avait prise d'être toute sa vie dévouée au service de Dieu.

 

Elle avait fait bâtir une église en l'honneur de saint Denis; elle pria saint Dunstan d'en faire la dédicace. Pendant la solennité de la messe, ce saint prélat eut la révélation que la mort de la jeune princesse, qui n'avait encore que vingt trois ans, arriverait au bout de quarante jours. Cette nouvelle attendrit son coeur et tira de ses yeux des torrents de larmes: «Hélas!» dit-il à son diacre qui lui demanda le sujet de sa tristesse, «nous perdrons bientôt notre bien-aimée Édith; le monde n'est plus digne de la posséder. Elle a, en peu d'années, acheté la couronne qui lui est préparée dans les cieux. Sa ferveur condamne notre lâcheté; notre vieillesse n'a pu encore mériter cette grâce; elle va jouir des clartés éternelles, et nous demeurons toujours sur la terre dans les ténèbres et les ombres de la mort». S'étant aperçu, durant la cérémonie, que la Sainte faisait souvent le signe de la croix sur le front, il dit aussi par un esprit de prophétie: «Dieu ne permettra pas que ce pouce périsse jamais».

 

L'événement vérifia l'une et l'autre de ces deux prédictions; car, au bout de quarante jours, le 16 septembre 984, elle rendit son âme dans la même église, entre les mains des anges, qui honorèrent son décès de leur présence et d'une mélodie céleste; et ce même pouce, dont elle s'était tant de fois servie pour former sur elle le signe de la croix, fut trouvé treize ans après sa mort sans aucune marque de corruption, quoique tout le reste de son corps fût presque entièrement réduit en cendres. Cette église de Saint-Denis, qu'elle avait souvent visitée et arrosée de ses larmes pendant sa vie, lui servit de sépulture. Trente jours après son décès, elle apparut à sa mère avec un visage serein et tout lumineux, lui disant que le Roi des anges, son cher Époux, l'avait mise dans Sa gloire; que Satan avait fait tout ce qu'il avait pu pour l'empêcher d'y entrer, en l'accusant devant Dieu de plusieurs fautes; mais que, par le secours des saints Apôtres, et par la vertu de la croix de son Sauveur Jésus, elle lui avait écrasé la tête, et, en triomphant de sa malice, l'avait envoyé dans les enfers.

 

Plusieurs miracles ont été opérés par ses mérites. Nous rapporterons seulement l'exemple suivant, qui montre combien pèchent ceux qui usurpent les biens de l'Église. Un homme s'étant approprié une terre de sainte Édith, tomba tout à coup malade, qu'on le crut mort sans avoir eu le temps de faire pénitence. Mais un peu après, étant revenu à lui, il dit aux assistants: «Ah! mes amis, ayez pitié de moi et secourez-moi par la ferveur de vos prières; l'indignation de sainte Édith contre moi est si grande que, pour me punir de l'usurpation que j'ai faite d'une terre qui lui appartenait, elle chasse mon âme malheureuse du ciel et de la terre. Il faut que je meure, et cependant je ne puis mourir. Je veux réparer mon injustice, et restituer à l'Église le bien que je lui ai ravi». Il n'eut pas plus tôt témoigné cette bonne volonté, qu'il expira paisiblement. On la représente tenant d'une main une bourse, et de l'autre une pièce de monnaie, pour marquer son grand amour pour les pauvres.

Sources: 1, 2, 3, 4

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15 septembre 2025 1 15 /09 /septembre /2025 00:05

On sait que Marie est la plus affligée des mères, qu'elle a souffert au delà de toute mesure, que sa vie s'est passée dans les larmes, que son cœur a été percé de mille glaives de douleur, que son âme est demeurée pendant plus de soixante ans sous le poids des plus grandes tribulations.

Et presque personne ne s'en souvient, ne le remarque, ne s'en affecte et en fait l'objet de son amour, ce qui ravirait assurément l'amour filial du Cœur sacré de son Fils, le Cœur de Dieu.

S.M. Ledoux, de l’ordre des servites. (1888) [1]

La "Mère Pleurante" de Warfhuizen

La "Mère Pleurante" de Warfhuizen

Notre-Dame des Douleurs (ou Notre-Dame des sept Douleurs), invoquée en latin comme Beata Maria Virgo Perdolens, ou Mater Dolorosa, est l'un des nombreux titres par lesquels l'Église catholique vénère la Vierge Marie, mère de Jésus. Le titre souligne l’association de la mère à la souffrance de son fils. Les "sept douleurs" font référence aux événements, relatés dans les évangiles, qui firent souffrir la mère de Jésus dans la mesure où elle accompagnait son fils dans sa mission de Rédempteur. [2]

 

Le 15 septembre (depuis la rénovation liturgique du pape saint Pie X en 1914), la Liturgie de l'Église nous invite à faire mémoire des douleurs de la Vierge Marie.

 

"Votre peine, Vierge sacrée, a été la plus grande qu'une pure créature ait jamais endurée ; car toutes les cruautés que nous lisons que l'on a fait subir aux martyrs, ont été légères et comme rien en comparaison de votre douleur. Elle a été si grande et si immense, qu'elle a crucifié toutes vos entrailles et a pénétré jusque dans les plus secrets replis de votre cœur. Pour moi, ma très pieuse Maîtresse, je suis persuadé que vous n'auriez jamais pu en souffrir la violence sans mourir, si l'esprit de vie de votre aimable Fils, pour lequel vous souffriez de si grands tourments, ne vous avait soutenue et fortifiée par sa puissance infinie" (Saint Anselme - "De l'exercice de la Vierge", I, 5)

 

L'Église honore les incomparables douleurs de la Vierge Marie, spécialement celles qu'elle ressentit au pied de la Croix au moment de la consommation du mystère de notre Rédemption. Après s'être concentrée sur le déchirement de l'âme de Marie au jour de la Passion de son divin Fils, jour où ses souffrances atteignirent leur maximum d'intensité, la piété des fidèles s'est étendue à d'autres douleurs que la divine Mère éprouva à différentes occasions de sa très sainte vie.

 

Notre-Dame des Douleurs

Pour illustrer les douleurs de la Vierge Mère, les peintres représentent son cœur percé de sept glaives, symbole des sept douleurs principales de la Mère de Dieu, qui la couronnèrent comme reine des Martyrs. Voici la liste de ces sept douleurs dont le souvenir est cher aux enfants de Marie :

 

 

1. La prophétie du saint vieillard Syméon : "Syméon les bénit, puis il dit à Marie, sa mère : Vois, ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de division. - Et toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée. - Ainsi seront dévoilées les pensées secrètes d'un grand nombre." (Luc, 2, 34-35)

2. La fuite de la Sainte Famille en Égypte (Matthieu, 2, 13-21)

3. La disparition de Jésus pendant trois jours au Temple (Luc, 2, 41-51)

4. La rencontre de la Vierge Marie et Jésus sur la via crucis lors du portement de la croix (Luc, 23, 27-31)

5. La souffrance et la mort de Jésus sur la Croix (Jean, 19, 25-27)

6. La déposition de la croix du corps du Christ (Matthieu XXVII, 57-59)

7. La mise au tombeau de Jésus (Jean XIX, 40-42)

 

Contemplons donc dans les bras de la Vierge Marie, l'Homme-Dieu crucifié à cause de nos iniquités et compatissons aux douleurs excessives de notre Mère du Ciel. Joignons nos larmes aux siennes et détestons nos péchés qui ayant provoqué la mort de son divin Fils, ont également été la cause de son intime martyre. Prions-la de nous obtenir du Sauveur les grâces nécessaires pour profiter de ses exemples et imiter ses vertus lorsqu'Il lui plaira de nous faire part de ses humiliations, de ses douleurs et de sa croix. [3]

Mater Dolorosa vue de la Croix par Jésus (tableau de Tissot)

Mater Dolorosa vue de la Croix par Jésus (tableau de Tissot)

On trouve les premières traces de la dévotion aux douleurs de la Vierge, à la fin du XI° siècle, particulièrement dans les écrits de saint Pierre Damien (+1072), de saint Anselme (+ 1109), d’Eadmer de Cantorbéry (+ 1124), de saint Bernard (+ 1153) et de moines bénédictins et cisterciens qui méditent le passage de l'Evangile qui montre Marie et Jean au pied de la Croix. [4]

 

Le culte de la Mater Dolorosa apparaît officiellement en 1221, au Monastère de Schönau, en Allemagne. En 1239, dans le diocèse de Florence en Italie, l'Ordre des Servites de Marie (Ordo Servita), dont la spiritualité est très attachée à la Sainte Vierge, fixe la fête de Notre-Dame des douleurs au 15 septembre.

 

Saint Bonaventure remarque que "les plaies qui étaient éparpillées sur le corps de Notre-Seigneur étaient toutes réunies dans l'unique cœur de Marie". Notre-Dame donc, à cause de sa compassion pour Jésus, fut flagellée, couronnée d'épines, insultée, et cloué sur la croix.

Saint Bonaventure, contemplant Marie au Calvaire à la mort de son fils, l'interroge et lui demande : "Ô Dame, dis-moi, où étais-tu au Calvaire ? Près de la croix ? Non, je dirais plutôt que tu étais réellement sur la croix, crucifiée avec ton Fils."

 

Saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de JésusLa dévotion ne fit que croître. Saint Ignace de Loyola avait un culte particulier à l’image connue sous le nom de Notre-Dame du Cœur ; de 1603 à 1881, sans compter les traités, les panégyrique et les méditations, les Jésuites ne publièrent pas moins de quatre-vingt-douze ouvrages sur cette dévotion aux douleurs de Marie. En 1617, Antoinette d’Orléans, aidée par le P. Joseph, fonda les Bénédictines de Notre-Dame du Calvaire (les Filles du Calvaire).

 

Sous ce vocable (Notre-Dame des Douleurs), la Sainte Vierge est la patronne la Congrégation de la Sainte-Croix, de la Slovaquie, de la région italienne du Molise, de l'État du Mississippi, de plusieurs villes des Philippines et des communes italiennes d'Accumoli, Ressort di Bari, Paroldo et Villanova Mondovì. Au Québec, un petit village, Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, porte aussi son nom. De plus, au Portugal où son culte est particulièrement répandu, un grand nombre de paroisses sont consacrées au vocable latin de la mère des douleurs (comme Poço do Canto).

 

Mater dolorosa - Icône russe (XIXe siècle) - Ymyagchenie zlix serdec

Mater dolorosa - Icône russe (XIXe siècle) - Ymyagchenie zlix serdec

Sources: 1, 2, 3, 4, 5

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Publié par Ingomer - dans Saints du jour
15 septembre 2025 1 15 /09 /septembre /2025 00:00
Bx Roland de Médicis, anachorète en Émilie († 1386)

Martyrologe Romain : À Bargone en Émilie (Lombardie, Italie), l’an 1386, le bienheureux Roland de Médicis, anachorète, qui vécut dans des lieux sauvages et inhabités des Apennins, dans la plus austère solitude, conversant avec Dieu.

 

Il prie plusieurs heures debout sur un pied, les yeux tournés vers le ciel.

Découvert moribond dans la forêt de Borgo, par des chasseurs, il fut transporté à l'église voisine, déclara à un confesseur le pourquoi de son silence, de la bizarrerie de sa conduite et de sa volonté de solitude. Il mourut ainsi dans la paix de Dieu.

 

Sources: 1, 23

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14 septembre 2025 7 14 /09 /septembre /2025 21:47

Dans un entretien pour Avvenire.it du 12 septembre 2025, le Cardinal Robert Sarah s'est demandé si il était "possible d'interdire un rite [la messe latine traditionnelle] vieux de plus de mille ans."

Cardinal Sarah: "Je me demande s'il est possible d'interdire un rite vieux de plus de mille ans"

Le cardinal Sarah a parlé des restrictions imposées à la messe en latin dans un nouvel entretien publié cette semaine :

 

"Tous les baptisés ont la citoyenneté de l'Église, partageant son Credo et la morale qui en découle. Au fil des siècles, la diversité des rites célébrant l'unique sacrifice eucharistique n'a jamais posé de problèmes aux autorités, car l'unité de la foi était évidente. En effet, je crois que la variété des rites dans le monde catholique est une grande richesse. 

 

"Un rite, en outre, ne se compose pas sur un bureau, mais est le fruit d’une stratification et d’une sédimentation théologique et cultuelle. Je me demande s’il est possible d’interdire un rite vieux de plus de mille ans.

 

"Enfin, si la liturgie est aussi une source pour la théologie, comment refuser l'accès aux 'sources anciennes' ? Ce serait comme interdire l'étude de saint Augustin à quiconque souhaite réfléchir correctement à la grâce ou à la Trinité."

 

Concernant "Fiducia supplicans", le cardinal a déclaré:

 

"J'espère que le contenu Fiducia supplicans pourra être clarifié davantage, voire reformulé. Cette déclaration est théologiquement faible et donc injustifiée. Elle met en danger l'unité de l'Église. C'est un document à oublier."

 

Source: https://www.avvenire.it/chiesa/pagine/cardinale-sarah-80-anni-guardo-con-fiducia-a-papa-leone-xiv

via CatholicArena

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14 septembre 2025 7 14 /09 /septembre /2025 00:00
Fête de l'Exaltation de la Sainte Croix, ou fête de la Croix glorieuse

''En parlant à Nicodème (Jn 3,14-15) Jésus utilise une image tirée du Livre des Nombres, où l'on voit le peuple du désert en difficulté (chap. 20 à 36). Il a commencé son chemin vers la liberté, mais à un moment donné, il ne supporte plus le voyage et commence à penser que tout ce qu'il vit est inutile ; que le Seigneur l'a trompé, qu'il ne veut pas sa vie, mais sa mort. Nous sommes comme ça aussi. Nous sommes en chemin, et ce chemin est difficile, et nous sommes tentés de penser que si ce chemin est difficile, c'est parce que Dieu n'est pas avec nous, parce qu'il ne se soucie pas de nous. Ce doute est précisément le poison que les serpents nous instillent, un poison qui mène à la mort. Alors le Seigneur envoie un signe pour que son peuple fatigué puisse réapprendre à faire confiance, à croire en l’amour de Dieu. Ce qui est frappant, c'est que le Seigneur n'élimine pas les serpents qui continuent de mordre le peuple. Il ne les supprime pas, mais il offre un antidote plus fort que le venin, un antidote capable de le neutraliser. Le mal demeure, mais il n’apporte pas nécessairement la mort. Et quel est cet antidote ? Que doit faire le peuple ? Paradoxalement, on ne leur demande pas de lutter contre les serpents, ni de tenter de les éliminer : ils n’y parviendront jamais, car nous ne pouvons pas vaincre le mal par nous-mêmes. Au lieu de cela, ils doivent lever les yeux et regarder le serpent dressé. Rien d'autre. Et quiconque agit ainsi demeure en vie. (Nb 21,8-9)

Le symbole même de la mort, le serpent, devient symbole de la vie. Jésus réinterprète ce signe à la lumière de ce que sera son destin de Crucifié : 'Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle'. Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle.' (Jn 3,14-16.) Sa vie et sa mort sont comme le serpent dressé, visibles par tous, et quiconque le regarde voit au plus profond de son cœur quelque chose qui peut le guérir. Il voit l'amour du Père pour chaque homme. Le mal n'a pas disparu : il est là, et c'est un mal générateur de mort, un mal qui veut arrêter le cheminement des hommes vers la liberté, vers la vie éternelle. Un mal qui est, en fin de compte, un manque de confiance, un manque d'amour. Mais la célébration d'aujourd'hui nous dit que la croix peut nous libérer de ce mal ; la croix est l'antidote qui peut nous sauver. Seule la croix peut le faire. Parce que ceux qui lèvent les yeux et regardent le Seigneur pendu à la croix ne peuvent plus penser que Dieu ne nous aime pas. Au contraire, Dieu a pour nous un amour sans fin, qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. C'est un amour qui ne juge pas nos erreurs, mais qui est présent précisément là où chacun de nous est perdu. Il n'y a qu'une seule condition : que cet amour soit regardé, reconnu.

Et la fête d'aujourd'hui nous invite à cet acte même, à reconnaître combien ce signe est précieux dans nos vies, à lever à nouveau les yeux.

Nous avons été sauvés par un amour qui a transformé le mal en bien, et c’est aussi notre vocation, c’est la vie éternelle.

Si vous voulez suivre le Seigneur, vous ne devez pas calculer votre potentiel, mais vous devez seulement lever les yeux et contempler la mesure infinie de l'amour révélé dans la Croix du Seigneur." (Cardinal Pizzaballa)

 

La Fête de l'Exaltation de la Croix célébrée dans l'Église catholique romaine et dans l'Église orthodoxe remonte à la "dédicace de Constantinople" (11 mai 330), peu après la fondation de la ville par Constantin Ier (324). La ville de Constantinople détenait une relique de la Vraie Croix qui avait été découverte à Jérusalem par Ste Hélène, la mère de l'empereur Constantin, lors de son pèlerinage de 325 sur l'emplacement du Golgotha, lieu où le Christ fut crucifié et mis au tombeau. L'habitude fut prise par la suite chaque année d'organiser une grande procession à travers la ville, avec ostension de la relique. "Rome fêtait plutôt l'anniversaire de cette découverte, ou 'Invention de la Sainte Croix', le 3 mai. Elle adopta la fête orientale de l'Exaltation de la Croix au VIIe siècle, après que la précieuse relique, ravie par les Perses lors du sac de Jérusalem de 614, eut été reprise par l'empereur Héraclius (630). La fête fut alors fixée au 14 septembre. Si le terme ''exaltation" renvoyait, à l'origine, au rite de l'élévation de la relique de la Passion sur les pèlerins de Jérusalem, et au-delà d'eux, sur le monde entier racheté par la sainte Croix, la liturgie romaine y voit surtout l'élévation du Christ au Calvaire. .... Par là s'établit le lien avec la fête de la Transfiguration, fixée quarante jours plus tôt. Jésus, Temple de la présence de Dieu parmi les hommes, manifesta alors sa gloire à ses disciples, au sommet du Thabor, les préparant à son élévation au sommet du Golgotha et à son exaltation dans la gloire de la Résurrection (graduel)." (Missel Laudate, Missel grégorien des fidèles, Présenté par D. Thomas Diradourian, Artège, Paris 2021, p. 711)

 

Aujourd’hui encore, en Orient, on célèbre l’Exaltation de la Croix avec autant d’honneur que la fête de Pâques. 

 

Dans la mesure où "il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime" (Jn 15, 13), la Croix est devenue un signe glorieux, car elle révèle la passion de Dieu pour l’humanité et parce qu’elle est salut pour le monde. 

 

Le signe de croix est présent dans la prière, les sacrements, les célébrations tout au long de la vie chrétienne. Lorsque au début de toute prière individuelle ou communautaire, le chrétien fait le "signe de croix",  rassemblant trois doigts (pouce, index, majeur), et les appose sur son front et sur son coeur, puis sur ses épaules, de droite à gauche chez les orthodoxes, ou de gauche à droite chez les catholiques romains, il proclame sa foi en la Trinité (un Dieu en trois personnes) ; il dit sa confiance dans la croix de Jésus ; il rappelle la "signation" de son baptême qui l’a introduit dans le mystère pascal. Tout entier, corps et esprit, le chrétien est sous le signe de la miséricorde de Dieu manifestée en Jésus-Christ. (La Croix.com)

 

Au IVe siècle, Saint Éphrem le Syriaque (306-373) écrit :

 

"Gravons au-dessus de nos portes, sur le front, sur la bouche, sur la poitrine et sur toutes les autres parties de notre corps, le signe vivifiant de la croix ;

revêtons-nous de cette impénétrable armure des chrétiens : car la croix est la victoire de la mort, l’espérance des fidèles, la lumière du monde, la clef du paradis, le glaive qui extermine les hérésies, le secours des âmes religieuses, le soutien de la foi, la défense, la garde et la gloire des catholiques. Porte toujours avec toi, Ô chrétien !

Cette arme de jour et de nuit, en tous lieux et à toutes les heures ;

n’entreprends jamais rien sans faire le signe de la croix.

Quand, tu dors, quand tu veilles, quand tu marches, quand tu travailles, quand tu manges, quand tu bois et que tu es sur mer, que tu traverses les rivières, prends cette armure de la sainte Croix : car, tant que tu en seras armé, les esprits malins s’éloigneront de toi et n’oseront en approcher." (Cf. https://www.laviedessaints.com/invention-de-la-sainte-croix/ )

 

"A tous les pas que nous faisons, écrit Tertullien (160-220), en entrant, en sortant, quand nous nous habillons, quand nous nous levons, quand nous nous mettons à table, quand nous nous asseyons, quand on nous apporte de la lumière, quand nous nous couchons, et généralement dans toutes nos actions, nous faisons le signe de la croix sur le front."

 

"Dextra manu in nomine Christe quos crucis signo obsignandi sunt obsignamus.

Nous faisons le signe de la croix de la main droite sur les catéchumènes, parce que la main droite est censée plus noble que la gauche, bien qu'elle n'en diffère que par sa position, et non par nature; ainsi, nous prions vers l'Orient, comme étant la partie la plus noble de la création.

De qui l'Eglise a-t-elle reçu cette manière de prier ?

De ceux-là même qui lui ont appris à prier : les Apôtres." (Quæst, 18, Saint Justin, martyr 165)

 

Saint Jean Chrysostome (344-407) écrit :

 

"La croix est l’espérance des chrétiens, la résurrection des morts, le bâton des aveugles, l’appui des boiteux, la consolation des pauvres, le frein des riches, la con­fusion des orgueilleux, le tourment des méchants, le trophée contre l’enfer, l’instruction des jeunes, le gouvernail des pilotes, le port de ceux qui font naufrage et le mur des assiégés. Elle est la mère des orphelins, la défense des veuves, le conseil des justes, le repos des affligés, la garde des petits, la lumière de ceux qui habitent dans les ténèbres, la magnificence des rois, le secours de ceux qui sont dans l’indigence, la sagesse des simples, la liberté des esclaves et la philosophie des empereurs.

La croix est la prédiction des Prophètes, la prédication des Apôtres, la gloire des Martyrs, l’abstinence des Religieux, la chasteté des Vierges et la joie des Prêtres. Elle est le fon­dement de l’Église, la destruction des idoles, le scandale des Juifs, la ruine des impies, la force des faibles, la médecine des malades, le pain de ceux qui ont faim, la fontaine de ceux qui sont altérés et le refuge de ceux qui sont dépouillés." (Cf. http://har22201.blogspot.com/2012/05/invention-de-la-sainte-croix.html )

 

Cet exemple des chrétiens des premiers siècles de­vrait faire impression sur nos esprits, et nous devrions, à leur imitation, faire continuellement le signe sacré de la croix, puisque nous apprenons qu’il n’est point de remède plus prompt ni plus assuré contre les traverses et les tentations de la vie.

 

Plus tard, en 613 les Parthes Sassanides s’emparèrent de tout le Moyen-Orient (Syrie, Palestine, Egypte). En 614, ils prirent Jérusalem et emportèrent la relique de la Croix à Jérusalem. Maintes églises avaient flambé, parmi lesquelles, celle de la Résurrection, bâtie par Constantin. D'innombrables couvents avaient été détruits, les moines et les moniales dispersés. Trésors sacrés, étoffes rares, vases d'or et d'argent, tout avait été expédié vers les capitales iraniennes. La Sainte Croix enlevée du Saint-Sépulcre avait été envoyée en trophée à Ctésiphon (Irak). On parlait de 60.000 morts, 37000 chrétiens emmenés en esclavage, parmi lesquels le patriarche Zacharie. Les Perses n'avaient rien respecté hormis à Bethléem, la basilique de la Nativité, à cause disait-on, de la mosaïque de l'"Adoration des Mages", où ils avaient reconnu leurs costumes nationaux. Peu après, arrivèrent à Constantinople deux reliques que le préfet d'Egypte avait pu sauver, la Sainte Lance et l'Eponge de la Passion. En 619, Alexandrie tomba et l'Egypte fut abandonnée.

 

Alors que le patriarche Serge de Constantinople déclarait la guerre sainte contre les Perses, l'empereur romain d'Orient Héraclius, empereur romain d'Orient de 610 à 641, "le premier croisé" (Cf. Daniel-Rops), lança alors une formidable contre-offensive en 622, en Palestine, d'où il parvint à chasser les Parthes, ainsi que de toute l'Asie Mineure (Turquie actuelle), de l'Égypte et de la Syrie. 

 

"C'est bien à une croisade que nous assistons ici, écrit René Grousset [à propos de l'entreprise d'Héraclius], croisade s'il en fut jamais, puisque les armées chrétiennes s'ébranlent à la voix du chef de l'Église (de Constantinople) et qu'elles ont pour objectif la délivrance du Saint Sépulcre et la reconquête de la Vraie Croix."

 

"Non, dit le patriarche, tu n'as pas le droit d'accepter que la Sainte Croix du Christ soit à Ctésiphon un objet de risée !" 

Au même moment, l'empereur perse Chosroès II écrivait à Héraclius une lettre insultante : "Tu prétends mettre en Dieu ta confiance; alors pourquoi donc n'a-t-il pas sauvé de mes mains Césarée, Jérusalem et Alexandrie ? S'il me plaisait, ne détruirais-je point aussi bien Constantinople ? Quant à ton Christ, ne te laisse donc pas abuser par un vain espoir en lui : il n'a même pas été capable de se sauver lui-même des main des Juifs qui le crucifiaient !" (cité dans Daniel-Rops, Histoire de l'Eglise du Christ, tome III L'Eglise des temps barbares, Librairie Arthème Fayard, Editions Bernard Grasset, Paris 1965, p. 267, 269.) 

 

À l'été 622, pendant que la flotte byzantine gardait le détroit du Bosphore contre les Sassanides, Héraclius commença par fondre sur la Galatie et la Cappadoce (Asie Mineure); là à Issos, près de la bataille où le grand Alexandre livra la bataille, il passa l'été en manœuvres avant de battre le général perse Shahrbaraz à l'automne. Il rejeta les Perses sur l'Euphrate, franchit d'un bond l'Arménie, se lança en plein pays perse, prit Erevan, vengea le sac de Jérusalem en incendiant le temple mazdéen de Tabriz.

En 627, il prit Tiflis, traversa l'Arménie, envahit l'Assyrie, écrasa la meilleure armée perse près d'Arbèles, au lieu même où Alexandre avait vaincu le Grand Roi. Épuisée, la Perse demanda grâce. Partout des villes sacrées des Mazdéens flambaient.

Enfin, le 25 février 628, la nouvelle éclata : détrôné par son propre fils Kavadh, le dernier Grand Roi, Chosroès II, venait d'être exécuté dans la "maison des ténèbres". Son fils Kavadh II, mourra de la peste six mois plus tard et son petit-fils, Yazdgard III, après avoir perdu Cstésiphon et la Perse devant les Arabes, sera assassiné à l'automne 651 par un meunier qui voulait lui voler ses bijoux (Kia, Mehrdad, The Persian empire : a historical encyclopedia, 2016). Son corps, jeté dans une rivière sera repêché par des paysans, identifié et inhumé par Élie, l'évêque chrétien nestorien de Merv.

Heraclius ramène la Vraie Croix à Jérusalem

Heraclius ramène la Vraie Croix à Jérusalem

En 629, Héraclius ramena la relique de la Vraie Croix à Jérusalem. Avant de quitter Constantinople, il vint à l'église les pieds chaussés de noir, en esprit de pénitence ; il se prosterna devant l'autel et pria Dieu de seconder son courage ; enfin il emporta avec lui une image miraculeuse du Sauveur, bien décidé à combattre avec elle jusqu'à la mort. Le Ciel aida sensiblement le vaillant empereur : son armée courut de victoire en victoire ; une des conditions du traité de paix fut la reddition de la Croix de Notre-Seigneur dans le même état où elle avait été prise en 614.

Reçu à Constantinople par les acclamations du peuple, on alla au-devant d'Heraclius avec des rameaux d'oliviers et des flambeaux. La vraie Croix fut honorée, à cette occasion, d'un magnifique triomphe. (630)

Pour donner plus d'éclat à cette marche triomphale, Dieu permit que plusieurs miracles fussent opérés par la vertu de ce bois sacré. À la suite de ces événements fut instituée la fête de l'"Exaltation de la Sainte Croix", pour en perpétuer le souvenir.

 

Cependant, la même année 630, Mahomet conquit La Mecque dont les habitants adoptèrent la doctrine.

En 638, menés par le calife Omar, son successeur, les musulmans s'emparaient (pour la première fois) de Jérusalem. La cité sainte ne sera récupérée qu'en 1099 lors de la première Croisade. Les Francs s'établiront dans ces vieilles terres chrétiennes qui avaient été enlevées aux chrétiens par les Arabes au VIIe siècle. La ville de Jérusalem sera de nouveau prise par les musulmans conduits par Saladin en 1187. Elle reviendra sous contrôle chrétien suite aux tractations de l'empereur Frédéric II de Hohenstaufen, mais le Lieu saint fut définitivement perdu en 1244 avec la prise de la ville par les musulmans Kharezmiens. Milieu XIIIe siècle, la cité sainte où le Christ fut crucifié et mis au tombeau devint définitivement musulmane et le resta jusqu'au XXe siècle, où les Juifs disputèrent aux musulmans la souveraineté sur la ville.

 

Entretemps, le bois de la Croix avait été partagé en trois grandes parts, elles-mêmes fractionnées, pour Jérusalem, Constantinople et Rome. Ce qui restait du morceau de Jérusalem fut caché pendant l'occupation musulmane et ne réapparut que lorsque la ville fut récupérée par les Croisés en 1099. Ceux-ci s'en servirent comme étendard, de sorte qu'il fut pris par Saladin à la bataille d'Hattin (1187) et ne fut rendu qu'après la prise de Damiette (1249) pour être partagé entre certains croisés dont Sigur de Norvège et Waldemar de Danemark.

 

Au VIIIe siècle, Saint Damascène (675-749) écrit :

 

"La croix est notre bouclier, notre défense et notre trophée contre le prince des ténèbres. Elle est le signe dont nous sommes marqués, afin que l’ange exterminateur ne nous frappe point, et de crainte que nous ne tombions dans des filets où nous trouverions notre perte. Elle relève ceux qui sont tombés, elle soutient ceux qui sont debout, elle fortifie les faibles, elle gouverne les pasteurs ; elle est le guide de ceux qui commen­cent, et la perfection de ceux qui achèvent ; la santé de l’âme et le salut du corps, la destruction de tous les maux, la cause et l’origine de tous les biens, la mort du péché, l’arbre de la vie et la source de notre félicité."

En 1205, un crucifix (le crucifix de l'église Saint-Damien à quelques centaines de mètres d'Assise, sur le chemin de Spolète) parla à S. François d'Assise et fut à l'origine de sa mission évangélisatrice.

 

François, qui s'était arrêté pour prier devant le crucifix en bois peint dans la tradition byzantine, la tradition a conservé la prière que le jeune homme qui cherchait sa voie adressa à Dieu en s'agenouillant devant cette image :

 

"Ô Dieu haut et glorieux illumine les ténèbres de mon coeur. Donne-moi la foi droite, l'espérance certaine et la charité parfaite, le sens et la connaissance, Seigneur, pour que, moi, je fasse ton saint et véridique commandement. Amen.

 

Une voix l'interpella:

 

"François, va réparer ma maison, qui, tu le vois, se détruit tout entière." (Legenda major, de S. Bonaventure)

Le 14 septembre 1241, le saint roi Louis IX alla solennellement au-devant des reliques de la Passion qu'il avait achetées à l'empereur de Constantinople : c'étaient un morceau de bois de la Vraie Croix, le fer de la lance, une partie de l'éponge, un morceau du roseau et un lambeau du manteau de pourpre. Elles furent déposées à la Sainte-Chapelle en 1248.

 

Sainte-Chapelle

 

La Révolution de 1789 marque la disparition de la Sainte Relique. Le 25 avril 1794, la Vraie Croix était dépouillée des matières précieuses qui l’ornaient et sa trace se perd.

 

Au milieu des ruines de l'incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris du 15 avril 2019, le maître autel, la croix et la statue de la Vierge Marie ont été miraculeusement retrouvés intacts

Et du "trésor de Notre-Dame", la tunique du roi Saint-Louis, la Couronne d'épines du Christ, le clou de la crucifixion et un morceau de la vraie Croix, reliques de la Passion du Christ ont été sauvées, annonça lundi soir le recteur de la cathédrale, Mgr Patrick Chauvet. ( https://www.leparisien.fr/societe/incendie-a-notre-dame-que-reste-t-il-des-tresors-religieux-15-04-2019-8054091.php )

 

 

Alors Jésus dit à ses disciples: "Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il renonce à soi-même, qu'il prenne sa croix et me suive.

Mt 16,24 BBC 1923

Fête de l'Exaltation de la Sainte Croix, ou fête de la Croix glorieuse

C’est à cause de nous-mêmes que nous endurons ces souffrances, pour avoir péché contre notre propre Dieu.

IIe Livre des Martyrs d'Israël 7,18

Aujourd'hui, la fête de l'Exaltation de la Sainte Croix revêt des significations plus spirituelles.

 

Elle symbolise la présence de la Croix à l'intérieur des chrétiens.

 

Porter sa croix est d'abord en effet une démarche intérieure. Par-dessus tout, la leçon de la fête de la Croix glorieuse pourrait se résumer dans les mots suivants sous la forme d’un appel lancé à chaque chrétien : donner sa vie par amour pour les autres.

 

Dieu a donné les lois à son peuple pour la vie, elles sont données par Dieu au peuple comme des lois qui sauvent la vie et maintenant ceux qui veulent obéir à la loi de Dieu doivent mourir à eux par amour pour les autres parce qu'ils veulent obéir à Dieu et se conformer à Jésus. Ainsi, ils ne sont pas des esclaves, mais des Fils du Roi, libérés du péché.

 

Sources : [1] [2], [3], [4]; [5] Daniel-Rops, Histoire de l'Eglise du Christ, tome III L'Eglise des temps barbares, Librairie Arthème Fayard, Editions Bernard Grasset, Paris 1965, p. 267, 269.

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13 septembre 2025 6 13 /09 /septembre /2025 00:00
Saint Pio de Pietrelcina, mystique et thaumaturge († 1968)

Humble capucin, mystique et thaumaturge (guérisseur), des milliers de personnes vinrent le voir en Italie.

 

Il naît sous le nom de Francesco Forgione (1887-1968) dans une famille de paysans pauvres. Particulièrement pieux et solitaire il préfère la compagnie de son ange gardien à celle des autres enfants. Très jeune il est attaqué par le démon. Ces violents combats contre Satan continueront toute sa vie. La Vierge Marie sera pour lui un soutien indéfectible dans ces combats.

 

il est entré à 16 ans chez les capucins, où il prit le nom de Pio, en hommage au pape Pie V.

 

Bientôt surnommé Padre Pio, il aimait passer de longues heures à l'église et, plus que tout, célébrer l'eucharistie - moment intense d'intimité avec son Dieu.

 

À 31 ans, il reçut les stigmates de la Passion du Christ. En 1918 il vit la transverbération : son cœur est transpercé spirituellement mais saigne réellement. Il commence à revivre la passion du Christ et est alors marqué des mêmes blessures aux mains et aux pieds : les stigmates, visibles par tous à partir de ce moment. Ses plaies ne cicatriseront jamais et continueront de saigner toute sa vie. Il est ainsi le premier prêtre stigmatisé de l’histoire de l’Eglise. Pendant cinq ans il sera soumis à toutes sortes d’analyses et d’examens médicaux. Les conclusions indiquent qu’il ne peut en aucun cas s’agir d’une supercherie. Pourtant, le Saint-Office déclare « ne rien constater de surnaturel dans les faits qui lui sont attribués » et prononcera une condamnation formelle et publique interdisant à Padre Pio tout contact avec les fidèles. Pendant 10 ans il ne pourra plus donner les sacrements, seule la messe en privé lui est possible. Les fidèles continuent malgré tout d’affluer espérant l’apercevoir. Le 14 juillet 1933 l’interdiction est levée et des milliers de fidèles attendent aux portes de l’église pour la célébration de la messe.

 

Du monde entier, on se bouscula pour se confesser à lui.

 

Les persécutions reprirent, venues cette fois des capucins eux-mêmes. De nouveau il fut empêché de dispenser les sacrements librement jusqu’en 1964 où Paul VI demanda à ce qu’il puisse exercer son ministère en toute liberté.

 

De façon inexplicable, les blessures que portait Padre Pio depuis 50 ans ont totalement disparu quelque temps avant sa mort. C’est après avoir célébré la messe solennelle du cinquantenaire de ses stigmates qu’il meurt le 23 septembre 1968.

 

Son corps demeuré incorrompu repose à San Giovanni Rotondo.

 

Il béatifié le 2 mai 1999 et canonisé par Jean-Paul II en 2002. Vont alors être réunis plus de 73 témoignages de guérison compris dans 104 volumes.

 

Sa notoriété s'est accompagnée de multiples récits de phénomènes surnaturels rapportés par des fidèles — guérisons miraculeuses et don de bilocation —, ou rapportés par lui-même comme des visions. Après sa mort, sa dévotion s'est diffusée dans le monde, encouragée par sa béatification en 1999 puis sa canonisation le 16 juin 2002 par le pape Jean-Paul II.

Le 3 Mars 2008, Padre Pio est exhumé à l'occasion du 40e anniversaire de sa mort : son corps est en parfait état. La décomposition et la putréfaction du corps est quelque chose qui commence immédiatement après le décès.

 

Pour Padre Pio, aucun embaumement à sa mort n'eut lieu, c'est une conservation naturelle, on a un corps qui est non corrompu. Son corps dégage une odeur très agréable tantôt florale tantôt une odeur d'épices. Il arrive encore que ce corps ce mette à saigner lorsqu'on le pique ou lorsqu'on le coupe. Les médecins n'ont pas d'explication et ont là "quelque chose qui dépasse l'entendement et les limites" de leurs connaissances.

Citations

 

""Ne vous attardez pas volontairement sur ce que le diable vous présente... Lorsque vous êtes tenté, dites à Dieu : « Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de ton pauvre faible." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1939038510671139144 )

 

"Chaque Sainte Messe entendue avec dévotion produit dans nos âmes d'abondantes grâces spirituelles et maternelles, que nous-mêmes ne connaissons pas."(Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1972349538808778846 )

 

 

"Sous la Croix, on apprend à aimer" (Cf. https://x.com/PadrepioSaint/status/1971660128656261388 )

 

 

 

"Vous aurez besoin de l'aide de saint Michel qui vit dans ce monde." (Cf. https://x.com/PadrepioSaint/status/1970929903723037102 )

 

"Méfiez-vous de l'anxiété. Faites souvent confiance à la Divine Providence et soyez assurés que ~ le ciel et la terre passeront avant que le Seigneur ne cesse de vous protéger." (Cf. https://x.com/PadrepioSaint/status/1969468158089314401 )

 

"Si vous tombez, soyez humble, prenez la résolution de vous soumettre à la volonté de Dieu... puis relevez-vous et continuez." (Cf. https://x.com/PadrepioSaint/status/1965087160140533871 )

 

"La confession est le bain de l'âme. Même une pièce propre et inoccupée accumule de la poussière. Revenez-y une semaine plus tard et vous verrez qu'il faut à nouveau la dépoussiérer." (Cf. https://x.com/PadrepioSaint/status/1956749483439497684 )

 

"Si les gens connaissaient la valeur de la Sainte Messe ••••• il y aurait des policiers à la porte pour réguler l'accès à l'Église, chaque fois que la Messe est célébrée !" (Cf. https://x.com/PadrepioSaint/status/1949534339760636017 )

 

"La prière... est l'oxygène de l'âme." (Cf. https://x.com/PadrepioSaint/status/1947340970825290162 )

 

"Insensés sont ceux qui ne parviennent pas à comprendre les secrets de la croix." (Cf. https://x.com/PadrepioSaint/status/1946265311784874400 )

 

 

"Humilité, humilité, et toujours humilité... Satan craint et tremble devant les âmes humbles !" (Cf. https://x.com/PadrepioSaint/status/1945526057093775409 )

 

"Souvenez-vous de ceci : Le pécheur qui regrette ses péchés est plus proche de Dieu que l'homme qui se vante de ses bonnes œuvres." (Cf. https://x.com/PadrepioSaint/status/1944112839079207235 )

 

"Le rosaire est l'arme que Marie nous a donnée pour lutter contre les ruses de l'ennemi infernal." (Cf. https://x.com/PadrepioSaint/status/1940814300203176107 )

 

"Si seulement nous savions comment Dieu considère ce sacrifice ••••• nous risquerions notre vie pour assister à une seule messe !" (Cf. https://x.com/PadrepioSaint/status/1939343947563978931 )

 

"Il est plus facile pour la terre d'exister sans le soleil que sans le Saint Sacrifice de la Messe." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1936804516780986654 )

 

"Ne laissez pas la triste vision de l'injustice humaine attrister votre âme ~•~ un jour, vous verrez la justice infaillible de Dieu triompher !" (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1935739092127695227 )

 

"C'est par les épreuves que Dieu lie à Lui les âmes qu'Il aime." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1935008932235477267 )

 

"Si le bon Dieu souhaite prolonger l'heure de l'épreuve, ne vous plaignez pas et ne cherchez pas la raison : mais souvenez-vous toujours que les enfants d'Israël ont dû rester quarante ans dans le désert avant d'atteindre la terre promise." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1933201397518082091 )

 

"Gardez Jésus crucifié dans votre cœur et toutes les croix du monde vous apparaîtront comme des roses." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1932820816410128746 )

 

"Invoquez votre ange gardien afin qu'il vous éclaire et vous guide. Dieu vous l'a donné pour cette raison. ~•~ Alors, faites appel à lui !"

(Cf  https://x.com/PadrepioSaint/status/1934996043428692247 )

Saint Pio de Pietrelcina, mystique et thaumaturge († 1968)

"D’autres religions chrétiennes ont été fondées par des hommes différents, MAIS la religion catholique a été fondée directement par Jésus-Christ." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1931801347181138423 )

 

"La prière, c'est se perdre en Dieu, s'oublier soi-même, se retrouver en Dieu. C'est se consumer d'amour ••• pour Lui." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1930657482109788373 )

 

"Le diable est comme un chien enragé attaché à une chaîne : au-delà de la longueur de la chaîne, il ne peut attraper personne. Et VOUS : gardez vos distances. Si vous vous approchez trop près, vous vous laissez attraper. Rappelez-vous : le diable n'a qu'une seule porte pour entrer dans l'âme : la VOLONTÉ." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1927812363912192163 )

 

"Ne vous attardez pas sur vos tentations. ................... Ce n'est pas la pensée qui fait le péché, mais le fait d'y consentir." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1926332746642665932 )

 

"Si certaines pensées vous troublent, c'est le diable qui vous inquiète, et non Dieu... Qui, étant l'esprit de paix, vous accorde la tranquillité." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1927741104650060014 )

 

"Ceux qui prient ont de l'espoir. Ceux qui prient peu sont en grand danger. Ceux qui ne prient pas sont perdus." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1927032781256769962 )

 

"Dans toutes les circonstances de la vie, vous devez reconnaître la volonté divine. Adorez-la et bénissez-la... surtout dans les choses qui vous sont les plus difficiles." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1924866423568138601 )

 

"Soyez attentif à prendre soin de vous-même et de votre famille selon Sa volonté, et ne vous inquiétez de rien d'autre. Si vous faites cela ••••• vous verrez que Jésus prend soin de vous." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1924489982577877376 )

 

 

Sources:

-https://fr.wikipedia.org/wiki/Padre_Pio

-https://hozana.org/saints/saint-padre-pio

-https://fr.aleteia.org/2017/09/23/padre-pio-sa-vie-ses-miracles-ses-souffrances-son-heritage/

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13 septembre 2025 6 13 /09 /septembre /2025 00:00
Saint Aimé ou Amé, à Remiremont - Premier Abbé du Saint-Mont († v. 629)

Saint Aimé ou Amé.

 

Dans les Vosges, au monastère de Remiremont, vers 629, saint Amé, prêtre et abbé. Célèbre par ses austérités, ses jeûnes et son amour de la solitude, il gouverna dignement le monastère qu’il avait construit à Habend avec saint Romaric.

 

Martyrologe romain

 

Né à Grenoble, il fut d'abord moine à Saint Maurice en Valais puis à Luxeuil. Il rencontra le comte Romaric lors d'une prédication à Metz. Celui-ci lui donna un grand domaine et, ensemble, ils y fondèrent deux abbayes, l'une d'hommes, l'autre de femmes (Remiremont - Romarici Mons) Il y établit l'office perpétuel.

 

Il passa ses dernières années dans une grotte, au fond d'une crevasse où on lui descendait la nourriture au bout d'une corde.

 

"Amé ou Aimé naît à Grenoble vers 570. Adolescent, il entre à l’abbaye de Saint-Maurice d’Agaune (Suisse). Il y vit pendant trente ans en moine exemplaire, puis se retire comme ermite dans une grotte. Saint Eustase le décide à l’accompagner à Luxeuil.

 

D’une mission prêchée à Metz, il ramène Romaric. Vers 620, Amé et Romaric gagnent le Mont Habend (futur Saint Mont). Sous la règle de Saint Colomban, ils y fondent deux monastères de moines et de moniales. 'La louange perpétuelle' est assurée par sept chœurs de religieuses. Amé en est le premier abbé.

 

Il meurt le 13 septembre 629. Romaric, devenu prêtre, lui succède. Il s’éteint à son tour le dimanche 8 décembre 653. S. Adelphe devient le 3e abbé. C’est le début de l’évangélisation du pays de Remiremont. Le 13 novembre 1049, le pape lorrain Saint Léon IX canonise les 'Corps Saints' par la translation de leurs reliques."

 

Une localité voisine conserve sa mémoire : 88120 Saint Ame.

Sources: 1, 2

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12 septembre 2025 5 12 /09 /septembre /2025 09:22
Saint Nom de Marie

La dévotion envers le Nom de Marie, qui a débuté dès les premiers siècles du christianisme, a traversé les siècles et a donné lieu à la fête liturgique du Saint Nom de Marie (mémoire facultative), fixée au 12 septembre.

 

L'amour du saint nom de Marie remonte à l'âge patristique

Saint Ambroise de Milan, docteur de l'Église (339-397), s'exclamait :

"Ô Marie, votre nom est un parfum qui répand la suave odeur de la divine grâce. Qu’il descende donc sur moi, ce parfum céleste et qu’il pénètre jusqu’aux dernières fibres de mon âme !" (Saint Ambroise de Milan, De institutione virginis et S. Mariae viirginitate perpetua, I, 13)

 

Saint Pierre Chrysologue, Docteur de l'Église (406-450) a commenté, dans un Sermon sur l'Annonciation, le fait que l'ange Gabriel appelle la Vierge Marie par son nom à l'Annonciation :

"De peur qu’en Marie le limon friable de notre corps ne s’affaissât sous le poids énorme du céleste édifice ; de peur que cette branche délicate qui devait porter le fruit de tout le genre humain ne se rompit, l’Ange a bientôt pris les devants et dit à la Vierge : 'Ne craignez pas, Marie.' Avant d’énoncer le motif de sa mission, il lui fait entendre, par ce nom, quelle est sa dignité. Car le mot hébreu de Marie, en latin Domina, signifie souveraine. L’Ange l’appelle souveraine, pour lui ôter la crainte qui appartient à la servitude, destinée qu’elle est à devenir la Mère du Dominateur, celui qu’elle doit enfanter ayant obtenu, par son autorité même, qu’elle naquît et fût appelée souveraine. 'Ne craignez pas, Marie, car vous avez trouvé grâce.' C’est vrai : celui qui a trouvé grâce ne saurait craindre. Or, vous avez trouvé grâce."

 

La dévotion au Saint Nom de Marie s'est enrichie au fil du temps, notamment grâce aux révélations faites par la Vierge Marie à Sainte Brigitte sur la puissance de son Saint Nom, en particulier pour lutter contre les démons. (1)

 

La fête du saint Nom de Marie fut établie par le pape Innocent XI, l'an 1683, en souvenir d'une mémorable victoire remportée par les chrétiens sur les turcs, avec la protection visible de la Reine du Ciel. Cent cinquante mille turcs s'étaient avancés jusque sous les murs de Vienne et menaçaient l'Europe entière. Sobieski, roi de Pologne, vint au secours de la ville assiégée dans le temps de l'octave de la nativité de la Sainte Vierge, et se disposa à livrer une bataille générale. Ce religieux prince commença par faire célébrer la messe, qu'il voulut servir lui-même, ayant les bras en croix. Après y avoir communié avec ferveur, il se leva à la fin du sacrifice et s'écria : 'Marchons avec confiance sous la protection du ciel et avec l'assistance de la très sainte Vierge.' Son espoir ne fut pas trompé : les turcs, frappés d'une terreur panique, prirent la fuite en désordre. (2)

 

La fête était célébrée le dimanche pendant l'octave de la Nativité de Marie (8 septembre-15 septembre).

 

Au début du xxe siècle, le pape Pie X la fixa au 12 septembre en l'anniversaire de la victoire.

 

La fête fut supprimée du calendrier romain en 1970, mais elle fut rétablie en 2002, par le pape Jean-Paul II, lui-même d'origine polonaise.

 

Elle est la fête patronale des Sociétés de Marie (Marianistes et Maristes).(3)



Source :

 

(1) https://www.mariedenazareth.com/encyclopedie-mariale/prier-marie-prier-avec-la-vierge-marie/la-vierge-marie-dans-la-liturgie/marie-dans-la-liturgie-catholique-romaine/memoires-liturgiques-de-marie-ou-joseph/12-septembre-le-saint-nom-de-marie-memoire-facultative/

(2) www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=saintfeast&localdate=20110912&id=190&fd=1

(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%AAte_du_Saint_Nom_de_Marie

 

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12 septembre 2025 5 12 /09 /septembre /2025 00:00
Tomás de Zumárraga, Zurbaran

Tomás de Zumárraga, Zurbaran

Martyrologe Romain : À Omura au Japon, en 1622, les bienheureux martyrs Apollinaire Franco, franciscain, Thomas Zumarraga, dominicain, tous deux prêtres, et quatre compagnons, qui furent jetés en prison en haine de la foi chrétienne, puis bientôt brûlés vifs.

 

Il fut brûlé vif à Omura au Japon en 1622 pour ne pas avoir obtempéré à l'ordre donné par les shogouns aux missionnaires catholiques de quitter le pays sous peine de mort en 1614.  Y vivaient alors 500.000 catholiques à qui l'on interdit de pratiquer leur religion.

Source: 1, 2, 3, 4

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11 septembre 2025 4 11 /09 /septembre /2025 00:00
Saint Adelphe, moine et abbé de Remiremont († 670)

Moine et abbé du monastère d'Habendum fondé à Remiremont par son oncle, saint Romaric, Adelphe avait reçu toute sa formation au monastère de Luxeuil, puis il entra à l'abbaye d'Habendum (Remiremont). Il se retira à l'abbaye de Luxeuil après avoir gouverné l'abbaye de Remiremont dans les Vosges.

 

"Amé ou Aimé naît à Grenoble vers 570. Adolescent, il entre à l’abbaye de Saint-Maurice d’Agaune (Suisse). Il y vit pendant trente ans en moine exemplaire, puis se retire comme ermite dans une grotte. Saint Eustase le décide à l’accompagner à Luxeuil.

 

D’une mission prêchée à Metz, il ramène Romaric. Vers 620, Amé et Romaric gagnent le Mont Habend (futur Saint Mont). Sous la règle de Saint Colomban, ils y fondent deux monastères de moines et de moniales. 'La louange perpétuelle' est assurée par sept chœurs de religieuses. Amé en est le premier abbé.

 

Il meurt le 13 septembre 629. Romaric, devenu prêtre, lui succède. Il s’éteint à son tour le dimanche 8 décembre 653. Adelphe devient le 3e abbé. C’est le début de l’évangélisation du pays de Remiremont. Le 13 novembre 1049, le pape lorrain Saint Léon IX canonise les 'Corps Saints' par la translation de leurs reliques." (site internet du diocèse de Saint-Dié) (1)

 

Une tapisserie du xvie siècle conservée à Saverne (Bas-Rhin) illustre sa vie. L'église de Neuwiller-lès-Saverne porte son nom.

 

Adelphe est canonisé avec saint Romaric et saint Aimé de Sion le 13 novembre 1049 par le pape lorrain Léon IX. (2)

 

Au monastère de Luxeuil en Bourgogne, vers 670, le trépas de saint Adelphe, abbé de Remiremont, qui racheta par une profusion de larmes un bref moment de discorde.

 

Martyrologe romain

 

Dieu ami des humbles

tu as appelé les saints Amé, Romaric et Adelphe

à mener une vie fraternelle

dans la prière et le partage ;

Fais-nous la grâce de vivre comme eux

attentifs les uns aux autres,

à l’écoute de l’Esprit que tu nous a donné.

Sources: 1, 2, 3 

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10 septembre 2025 3 10 /09 /septembre /2025 09:00

Mis à jour le 8-11-2025

L’Église était unanime sur de nombreuses doctrines catholiques avant même le canon du Nouveau Testament officiellement établi au IVe siècle.

 

Les premiers chrétiens ne voyaient pas l'Eucharistie comme un symbole, ils la considéraient comme le Corps, le Sang, l'Âme et la Divinité de Jésus. Nier la présence réelle du Corps, du Sang, de l'Âme et de la Divinité de Jésus dans l'Eucharistie, c'est nier sa Résurrection, car celle-ci est révélée pour la première fois lorsqu'il rompit le pain sur le chemin d'Emmaüs : "Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais IL DISPARUT A LEURS REGARDS". (Luc 24,13-31) Jésus était présent sans être présent.

 

L'Eucharistie (c'est-à-dire le corps et le sang du Christ entendus comme présence réelle du Christ dans l’Eucharistie, et le caractère sacrificiel de l'Eucharistie), est une de ces doctrines que l’Église primitive partageait unanimement, avec :

 

-la Succession apostolique [Comment l'Eglise est gouvernée]

-le sacerdoce de la Nouvelle Alliance

-la régénération baptismale [Comment nous devenons chrétiens],

-le péché mortel,

-la virginité perpétuelle de Notre-Dame - Nouvelle Ève],

-l'offrande de prières, l'aumône et la messe pour les morts

-la supériorité de la virginité/célibat, etc.

 

 

"Si les sacrifices offerts à Yahvé ont été au centre de la vie des Israélites, il en est un qui fut toujours fêté avec grandeur et magnificence, il s'agit de la Pâque juive, au cours de laquelle un agneau était sacrifié dans chaque maison. Aussi, ne soyons pas étonnés si Abram, animé d'une foi exceptionnelle, fut prêt à offrir en holocauste son fils unique Isaac. 

 

 

"Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui. [...] Il a envoyé son Fils en sacrifice de pardon pour nos péchés." (1 Jn 4,9-10)

 

Plus tard, le Christ se substituera à l'Agneau Pascal et offrira Sa Vie à Son Père pour la rédemption du monde. Il est l'Agneau de Dieu qui remplace le sacrifice de l'Ancienne alliance, par le seul sacrifice de l'Eucharistie. (Ap 13,8)

 

On retrouve également une préfiguration du sacrifice de la messe dans l'attitude de Melchisedech, roi de Shalem. Il apporta du pain et du vin en tant que prêtre de Dieu avant de prononcer sa bénédiction "béni soit Abram par le Dieu très haut qui a créé le ciel et la terre." Les pères ont vu dans le pain et le vin une figure du sacrifice eucharistique (Gn 14, 17-21). (Gérard Faivre d'Arcier, Jésus-Hostie, Document émis à titre privé, Imprimerie J. Kayzerp, Montsûrs 2017, 7.)

 

Le miracle de la multiplication des pains fut le miracle qui prépara de la façon la plus explicite l'institution de l'Eucharistie. Les Apôtres et la foule qui suivait le Christ était loin de penser ce que serait un jour l'Eucharistie. Ce n'est qu'après la mort du Christ que les Apôtres comprirent la signification profonde de ce miracle, le Sauveur pain de vie se donnant au monde, institution de l'Eucharistie par le Christ le Jeudi qui précéda sa mort sur la Croix.

 

Il était partout évident dans l'Église antique que la plénitude du culte chrétien était le sacrifice de l'Eucharistie offert par un prêtre de Jésus-Christ.

 

"Or, tandis qu'ils mangeaient, Jésus prit du pain, le bénit, le rompit et le donna à ses disciples en disant: prenez et mangez, ceci est mon corps, puis prenant une coupe, il rendit grâce et la leur donna en disant: "Buvez-en tous, car ceci est mon Sang, le Sang de l'alliance qui va être répandu pour la multitude en rémission des péchés." (Mt 7,26; 26-29)

 

Lorsque les catholiques reçoivent le Corps du Christ dans un état de grâce, ils s'unissent intimement à Lui, nourrissant leur âme, renforçant leur foi et grandissant spirituellement dans une paix et une joie profondes.

 

L'Eucharistie est plus efficace lorsqu'elle est reçue dignement. La grâce coule là où il y a repentance, humilité et conversion.

La paix s'approfondit.
Le péché perd son emprise.
La prière change.
La force revient.
Ce n'est pas de la nostalgie. C'est une réalité catholique.

 

La messe (Eucharistie) précède la ''Bible'' de 350 ans. C'est la messe qui a porté la foi des trois premiers siècles, avant même que ne soit fixé le canon biblique (Concile de Rome 382). 

 

Aller à la messe c'est respecter le 1er commandement ''Dieu tu adoreras et serviras'' et le 3e commandement ''Tu sanctifieras le jour du Seigneur…'' Le premier appel et la juste exigence de Dieu est que l’homme l’accueille et l’adore. 

 

Dans Jean 6, 42-67, nous voyons Jésus enseigner aux Juifs qui récriminaient une doctrine pour laquelle beaucoup le quittèrent. Cette doctrine n'a pas changé depuis. Jésus est : ''le ''pain qui est descendu ciel'', ''le pain de la vie''... ''tel que celui qui en mange ne mourra pas''. 'Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde''.

 

''Les Juifs se querellaient entre eux :

'Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ?'

Voilà ce que Jésus a dit, alors qu’il enseignait à la synagogue de Capharnaüm : … ''Jésus leur dit alors : 'Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.

En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui.

De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi.

Tel est le pain qui est descendu du ciel : il n’est pas comme celui que les pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement.'

Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, déclarèrent : 'Cette parole est rude ! Qui peut l’entendre ?' À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de l’accompagner, en raison de la difficulté à comprendre et à accepter l'enseignement de Jésus sur sa nature divine et l'Eucharistie. Alors Jésus dit aux Douze : "Voulez-vous partir, vous aussi ?"

Déjà à l'époque du Christ donc ces paroles du Christ avaient choqué à tel point que certains de ses disciples incrédules le quittèrent. 

 

Si "mangez ma chair" signifiait juste "croyez en moi", Jésus a vu les gens l'abandonner à cause d'une mauvaise formulation!

"Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit et, le donnant aux disciples, il dit : 'Prenez, mangez : ceci est mon corps.' Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, en disant : 'Buvez-en tous, car ceci est mon sang'." (Matthieu 26,26-28). Pas peut-être, ou "ceci est symbolique", mais "CECI EST".

 

Dans sa Lettre aux Smyrniotes, VII, 1, S. Ignace d'Antioche, disciple de Saint Jean l'évangéliste et de Saint Pierre, écrit :

 

'ils s'abstiennent de l'eucharistie et de la prière,

parce qu'ils ne confessent pas que l'eucharistie est la chair de notre Sauveur Jésus-Christ,

chair qui a souffert pour nos péchés, et que dans sa bonté le Père a ressuscitée.

Ainsi ceux qui refusent le don de Dieu meurent dans leurs disputes.''

 

Les sacrements sont des instruments de la grâce.

 

Supprimez la réalité, vous supprimez l'effet. Si votre communion est symbolique, votre grâce est symbolique. 

 

Dans sa Lettre aux Philadelphiens, IV, Ignace ajoute:

 

''Ayez donc soin de ne participer qu'à une seule eucharistie ;

car il n'y a qu'une seule chair de notre Seigneur Jésus Christ,

et un seul calice pour nous unir en son sang,

un seul autel, comme un seul évêque avec le presbyterium et les diacres, mes compagnons de service : ainsi, tout ce que vous ferez, vous le ferez selon Dieu.''

 

La messe, ainsi, s'est-elle développée lentement au fil des siècles. Mais nous avons là le sens spirituel profond de la messe :

 

-la transsubstantiation, ou conversion du pain en corps du Christ,

-et la Présence réelle dans l'eucharistie, "pain de la vie".

 

Enracinée dans la foi des apôtres, façonnée par Rome, codifiée par Trente et transmise sans changement jusqu'aux années 1960, voici une brève histoire de l'origine de la messe et de son développement.

 

La messe dans les premiers siècles : Comment les premiers chrétiens recevaient-ils l'Eucharistie?

 

Saint Paul dit aux Corinthiens de recevoir l'Eucharistie avec crainte et tremblement.(1 Co 11,26-29)

 

La discipline eucharistique la plus ancienne était stricte, respectueuse et jamais désinvolte.

 

Saint Clément de Rome († 97/101) mentionne explicitement l'autel comme le seul lieu approprié pour offrir un sacrifice

 

Dans sa Première Lettre aux Corinthiens écrite à la fin du Ier siècle apr. J.-C., et postérieure d'une quarantaine d'années aux deux épîtres adressées par S. Paul à la même communauté corinthienne, au chapitre 40, S. Clément établit un parallèle étroit entre le culte de l'Ancien Testament et le culte chrétien : de même que les Juifs ont un lieu où ils sacrifient, de même les chrétiens en ont un aussi ; de même que les premiers ont leurs prêtres, les seconds en ont aussi. Dans ce contexte, la recommandation apparaît que nous fassions "avec ordre tout ce que le Maître nous a prescrit d’accomplir en temps déterminés, car c'est Dieu lui-même qui prescrit "que les offrandes et le service divin soient faits, non pas au hasard et sans ordre, mais à des temps et à des heures fixés. Il a déterminé lui-même par sa décision souveraine à quels endroits et par quels ministres ils doivent s'accomplir, afin que toute chose se fasse saintement selon son bon plaisir, et soit agréable à sa volonté. Donc, ceux qui présentent leurs offrandes aux temps marqués sont bien accueillis et bienheureux; car, à suivre les ordonnances du Maître, ils ne font pas fausse route. Au grand-prêtre des fonctions particulières ont été conférées ; aux prêtres, on a marqué des places spéciales ; aux lévites incombent des services propres ; les laïques sont liés par des préceptes particuliers aux laïques." (XL, 1-5).

 

La fin de l'Ancienne Alliance ne met pas fin à l'ordre dans lequel Dieu veut être servi en termes de temps, de lieux et de ministres. Avec la venue de Jésus-Christ et la fondation de l’Église, le culte n’est pas laissé à la discrétion de chacun ; les lieux, les temps et les ministres sacrés ne disparaissent pas. (Luisella Scrosati )

 

Les premiers chrétiens célébraient l'Eucharistie dans leurs maisons, suivant les paroles du Christ lors de la Cène, mais il n'existe aucune preuve écrite ou archéologique attestant que les chrétiens des trois premiers siècles utilisaient des tables communes pour célébrer l'Eucharistie dans un cadre convivial. Au contraire, les résultats des recherches approfondies de Mgr Stefan Heid, témoignent de l'utilisation par les premiers chrétiens d'une table sacrée, considérée comme un véritable autel exclusivement dédié au culte, et qui est devenue un signe tangible de leur appartenance exclusive au seul vrai Dieu, un et trinitaire.

 

"La mosaïque de Meggido"

En 2005, quatre mosaïques d'un autel consacré dédié à 'JESUS CHRIST DIEU', dans le cadre de la célébration de l'Eucharistie, ont été découvertes sur le site d'un camp légionnaire daté de 230 à 250 ap. J.-C., sur la colline de Megiddo en Galilée (Tel Megiddo en hébreu ; Tell el-Muteselim en arabe), qui domine la vaste vallée de Jezreel. (Y. TREPPER et L. Di SEGNI, A Christian Prayer Hall of the Third Century, Jerusalem, Israrel Antiquities Authority, 2006, in Marie-Françoise BASLEZComment les Chrétiens sont devenus catholiques, Texto Lonrai 2021, p . 29.)

 

Ce site est devenu un important centre de fouilles archéologiques en raison de son ancienneté, attestant d'une présence d'habitation dès 6000 av. J.-C. En 2005, alors que des travaux étaient en cours pour la construction d'un lieu de détention, dans une zone anciennement connue sous le nom de Legio, des traces d'une mosaïque ont été découvertes ; des fouilles archéologiques ultérieures ont permis de mettre au jour une mosaïque occupant une surface de 10 x 5 mètres, datant d'entre 230 et 250 apr. J.-C. Il s'agit sans aucun doute de l'une des plus anciennes découvertes d'un lieu de culte chrétien.

 

Une inscription dans mosaïque, est particulièrement intéressante. On y lit : "Akeptous, qui aime Dieu, offrit la table à Jésus-Christ Dieu en mémorial", payant manifestement de sa poche, la table sur laquelle l'Eucharistie fut célébrée. "Jésus-Christ Dieu" n'est pas mentionné intégralement dans l'inscription, mais avec une abréviation : Θω ΙΥΧω. La juxtaposition du nom de Dieu avec celui de Jésus-Christ, ainsi que l'utilisation de cette abréviation, est caractéristique des nomina sacra.

 

 

Il est clair que ce qui fut offert à Dieu au IIIe siècle en mémorial n'était pas une table ordinaire sur laquelle prendre ses repas, mais une table sacrée, c'est-à-dire une table-autel dédiée exclusivement à la célébration de l'Eucharistie, qui reposait vraisemblablement sur de grandes pierres centrales. Le sens de l'offrande à Dieu réside précisément dans le fait de lui dédier un objet, c'est-à-dire de le lui consacrer, acte qui méritait d'être gravé au sol devant l'autel. Quel sens aurait-il eu à immortaliser le don d'une table commune dans une mosaïque ? Et qui plus est, devant deux grandes pierres centrales, manifestement destinées à soutenir cette table ?

Et au contraire, il n'y a aucune preuve pour soutenir l'hypothèse opposée à celle évidente, à savoir que cette table offerte par Akeptous aurait été une simple table, utilisée lorsque cela était nécessaire également pour l'Eucharistie.

 

C'est donc une question difficile. Ce qui est sûr c'est que l'église primitive (avant 313) a été proscrite et persécutée pendant longtemps. La découverte de la mosaïque de Megiddo révèle l'incohérence de l'idée reçue selon laquelle les chrétiens ne pouvaient pas avoir d'autel. Mais elle met également à mal un autre mythe de l'Église primitive : celui selon lequel il n'existait pas de véritables lieux de culte, mais seulement les domus Ecclesiæ, ces maisons privées accueillant des groupes de chrétiens pour l'Eucharistie.

 

Ce n’est que lorsque Constantin publia l’édit de Milan que l’Église jouit d’une relative stabilité. Même alors, les chrétiens étaient encore largement persécutés.

 

Pour cette raison, il n’y eut pas beaucoup de documents survivants ou existants sur les pratiques liturgiques des premiers chrétiens.

 

Posture debout, mains ouvertes et yeux tournés vers le ciel : les gestes des premiers chrétiens (St JustinPremière Apologie LXVII )

 

L'idée que les chrétiens, pour l'Eucharistie, s'asseyaient ou s'allongeaient autour d'une table pour y prendre un repas est historiquement dénuée de fondement. Ils se tenaient debout, comme l'a décrit saint Justin. Leurs mains et leurs yeux devaient également être levés.

 

Dans le langage religieux du paganisme et du judaïsme, il est caractéristique que le prêtre et le donateur se tiennent debout devant l'autel pendant l'offrande. Non seulement l'offrande matérielle, mais aussi la prière à l'autel exigeaient de se tenir debout, les mains levées. Cette posture est attestée par des bas-reliefs sur des sarcophages et des autels votifs, ou encore par des gravures sur des pièces de monnaie ; et l'on ignore pourquoi les premiers chrétiens auraient bouleversé cette posture traditionnelle. Une importante méprise concernant une supposée eucharistie durant laquelle les fidèles seraient assis ou allongés en cercle, proviendrait de certaines images anciennes, comme celle découverte dans les catacombes de Saint-Calixte. Longtemps considérées comme des synaxes eucharistiques, ces images représentent en réalité des festins funéraires. Il est possible qu'aux premiers siècles, en certains lieux, la célébration de l'Eucharistie ait été liée à un repas fraternel ; mais cela ne signifie pas pour autant que l'Eucharistie se déroulait au sein de l'agapè. L'idée que les chrétiens, pour l'Eucharistie, étaient assis ou allongés autour d'une table pour y prendre un repas est sans fondement historique, et le fait qu'elle se réfère précisément à des repas communautaires n'implique pas que l'Eucharistie était célébrée pendant le repas et en faisait partie intégrante.

 

Dans le passage bien connu de la Première Apologie, où saint Justin décrit le dimanche chrétien, nous trouvons clairement la posture adoptée par les chrétiens lors de la prière liturgique :

 

"LXVII. Après cela, dans la suite, nous renouvelons le souvenir de ces choses entre nous. Ceux qui ont du bien viennent en aide à tous ceux qui ont besoin, et nous nous prêtons mutuellement assistance. [2] Dans toutes nos offrandes, nous bénissons le Créateur de l'univers par son Fils Jésus-Christ et par l'Esprit-Saint. [3] Le jour qu'on appelle le jour du soleil, tous, dans les villes et à la campagne, se réunissent dans un même lieu : on lit les mémoires des apôtres et les écrits des prophètes, autant que le temps le permet. [4] Quand le lecteur a fini, celui qui préside fait un discours pour avertir et pour exhorter à l'imitation de ces beaux enseignements. [5] Ensuite, nous nous levons tous et nous prions ensemble à haute voix. Puis, comme nous l'avons déjà dit, lorsque la prière est terminée, on apporte du pain avec du vin et de l'eau, Celui qui préside fait monter au ciel les prières et les eucharisties autant qu'il peut, et tout le peuple répond par l'acclamation Amen. Puis a lieu la distribution et le partage des choses consacrées à chacun et l'on envoie leur part aux absents par le ministère des diacles. [6] Ceux qui sont dans l'abondance, et qui veulent donner, donnent librement chacun ce qu'il veut, et ce qui est recueilli est remis à celui qui préside, et il assiste les orphelins, les veuves, les malades, les indigents, les prisonniers, les hôtes étrangers, en un mot, il secourt à tous ceux qui sont dans le besoin. [7] Nous nous assemblons tous le jour du soleil, parce que c'est le premier jour, où Dieu, tirant la matière des ténèbres, créa le monde, et que, ce même jour, Jésus-Christ notre sauveur ressuscita des morts. La veille du jour de Saturne, il fut crucifié, et le lendemain de ce jour, c'est-à-dire le jour du soleil, il apparut à ses apôtres et à ses disciples et leur enseigna cette doctrine, que nous avons soumise à votre examen."

 

Se tenir debout pour être en présence de Dieu a toujours été la posture du priant, surtout près de l’autel ; Saint Justin souligne que même les chrétiens, assis, écoutent le lecteur, mais se lèvent pour prier et se joindre au prêtre qui présente les offrandes, élevant leurs prières et rendant grâces. Les Chrétiens se mettent debout pour montrer que Jésus ressuscité, ils célèbrent la vie.

 

Le moment où le fidèle est assis est le moment où le disciple écoute. Les moments où l’on s'incline plus ou moins profondément ou même lorsque le fidèle se met à genoux, c’est un signe de pénitence et d'humilité, un signe où devant Dieu le fidèle se fait tout petit

 

Non seulement la posture droite, mais aussi les mains et les yeux devaient être levés vers le ciel. C'est une autre caractéristique typique de ceux qui se présentaient devant le Très-Haut pour le prier ; et cela vaut également pour la prière liturgique, orientée vers l'autel, qui est comme l'extrémité terrestre de l'autel placé devant le trône du Très-Haut (cf. Ap 8, 3.5 ; 9, 13).

 

La signification du geste des mains est controversée, mais il semble que le texte d'Isaïe 1, 15 soit particulièrement décisif : "Quand vous étendez les mains, je détourne les yeux. Vous avez beau multiplier les prières, je n’écoute pas : vos mains sont pleines de sang." Celui qui se présente devant Dieu montre à son regard ses propres mains, afin qu'il puisse voir qu'elles sont désarmées, qu'elles ne sont souillées ni par le sang de son frère, ni même par le sang des victimes offertes aux idoles de tous les temps. Il ne s'agit pas de revendiquer une innocence présomptueuse, mais de vouloir exclure toute duplicité et toute hypocrisie. C'est probablement pour cette même raison que les chrétiens se lavaient les mains avant d'entrer dans l'église, comme cela se fait encore aujourd'hui dans les monastères et avec l'utilisation des bénitiers aux entrées des églises.

 

Ce point important permet également d'écarter la possibilité que les chrétiens aient pu célébrer l'Eucharistie allongés sur des tricliniums, la tête appuyée sur un bras. Aucun païen ne se serait jamais allongé devant la divinité, et rien ne prouve que les premiers chrétiens, issus du paganisme, l'aient fait.

 

L'autel n'a pas été conçu comme une table pour y déposer de la nourriture, ni même simplement comme une table conviviale. L'autel est le fondement d'une ligne reliant la terre au Ciel, ou, plus précisément, l'autel de la terre est le signe et la présence de l'autel du Ciel, qui se dresse devant le Très-Haut. Pour cette raison profonde, une attitude caractéristique de la prière consiste à lever les yeux vers le ciel, comme pour retracer cette ligne jusqu'à son sommet. Les Psaumes indiquent à plusieurs reprises ce geste ; le Canon romain représente le Christ lui-même levant les yeux vers le Père lors de l'institution de l'Eucharistie — et elevátis oculis in cælum ad te Deum Patrem suum omnipotentem — et enjoint au prêtre d'en faire autant.

 

Le rite romain prescrit à plusieurs reprises, durant la célébration eucharistique, que le prêtre lève les yeux vers le ciel. Ce regard levé ne cherche pas un Dieu perdu dans les régions célestes, mais le reconnaît comme présent. Elle reconnaît que la prière s'accomplit précisément devant Lui, en Sa présence , une expression très lourde de sens qui évoque précisément le regard que nous croisons de nos propres yeux.

 

Ces trois aspects caractéristiques de l'homme en prière, que l'on retrouve explicitement chez les Juifs et les Chrétiens – la position debout, les mains ouvertes vers le haut, les yeux levés vers le Ciel – confirment combien il est anachronique et injustifié d'attribuer aux Chrétiens des premiers siècles une position qui nie radicalement la posture de la personne en prière. (Luisella Scrosati)

 

L'autel était orienté vers l'Est

 

Dans les cultes païens, les images des idoles jouaient le rôle de point de focalisation. La personne en prière se tournait vers l'image et tendait les mains dans cette direction. Il en allait de même pour le sacrifice : l'offrant et le prêtre étaient orientés vers l'image. Cela impliquait un fait intéressant : l'autel avait une direction, c'est-à-dire qu'il avait un devant et un derrière, de sorte que le prêtre qui offrait le sacrifice se tenait debout devant lui, orienté vers l'image de la divinité, qui se trouvait donc derrière.

Stefan Heid (Altar and Church, pp. 236-237) souligne que, selon l'architecte romain Marco Vitruvio Pollione, l'autel devait se trouver à l'extérieur, sur le côté ouest du temple, tourné vers l'est, de sorte que le prêtre offrait le sacrifice en regardant vers le ciel, en direction de l'est, face à l'image de l'idole.

Clément d'Alexandrie confirme également cette orientation : "C'est pourquoi même les temples les plus anciens étaient orientés vers l'ouest, afin que ceux qui se trouvaient face aux statues des divinités soient amenés à se tourner vers l'est" (Stromata, VII, 43, 7).

 

Dans le judaïsme également, l'orientation était fondamentale. L'interdiction de faire des images de Yahvé empêchait la création de statues et de représentations semblables à celles des païens ; mais cette interdiction n'affectait en rien l'orientation de la prière et du sacrifice. Concernant le sacrifice expiatoire, Dieu ordonne à Moïse : "Voici l'holocauste perpétuel que vous offrirez de génération en génération, à l'entrée de la tente de la rencontre, devant l'Éternel, où je vous rencontrerai pour vous parler" (Exode 29, 42). L'immolation des animaux avait lieu sur l'autel de bronze, à l'intérieur de l'enceinte sacrée, mais hors du Lieu Saint. Le sacrifice devait être offert par les prêtres "en présence de l'Éternel", c'est-à-dire face au Saint des Saints. Le sacrifice d'encens devait également être offert "devant l'Éternel" : "Il l'offrira aussi au crépuscule, quand Aaron allumera les lampes ; ce sera un encens perpétuel devant l'Éternel, de génération en génération" (Exode 30, 8). Tout sacrifice offert par le roi et le peuple l’était "devant l’Éternel" (cf. 1 Rois 8, 62). Cette expression, que l’on retrouve dans de nombreux passages de l’Ancien Testament, désigne moins une disposition intérieure qu’une orientation corporelle, étroitement liée à celle des autels. Aucun Lévite n’aurait jamais offert le sacrifice debout entre le Saint des Saints et l’autel, et aucun Juif n’aurait jamais prié dos au Temple, comme l’Éternel l’avait expressément condamné par la bouche du prophète Ézéchiel (cf. Ézéchiel 8, 16).

Pour les chrétiens aussi, l'exercice du sacerdoce est synonyme de présence à Dieu, de se tenir devant lui, de se présenter devant son visage, de s'exposer au regard de la Majesté divine. Les expressions "in conspectu Dei stare", "coram oculis Dei", "astare coram te", "adstanes ante tuam Maiestatem" abondent dans les textes liturgiques anciens et chez les Pères de l'Église. Ces expressions, encore une fois, ne visent pas à exprimer un recueillement intérieur, mais une orientation corporelle concrète : le prêtre se tient devant Dieu, car il se tient face à l'autel ("ante altare stans"), tourné vers l'image du Christ et vers l'Orient, point cardinal également présent dans les cultes païens, mais qui revêt pour les chrétiens une signification nouvelle. Le prêtre qui sacrifie et les fidèles qui offrent se tiennent "du même côté", devant l’autel, et se tiennent en présence de Dieu, le regardant, représenté en image, comme on peut le voir dans de nombreuses mosaïques et fresques de l’abside ; ou simplement vers l’Est, le point cardinal considéré comme le plus noble par nature, une expression dans la création du Soleil de justice (Mal 4,2), du Soleil levant (Luc 1,78), de Jésus-Christ notre Seigneur. De nombreux textes des Pères de l'Église attestent que cette coutume de prier face à l'Orient , c'est-à-dire orientée vers lui, nous vient directement des Apôtres.

-Saint Jean Damascène, après avoir expliqué les raisons de cette orientation, écrit : "Cette tradition des Apôtres n'est pas écrite ; en fait, ils nous ont transmis beaucoup de choses qui ne sont pas écrites" (Sur la foi orthodoxe, IV, 12).

-Saint Basile le Grand considère comme une évidence que la prière s'élève lorsqu'on se tourne vers l'Orient, bien que peu se souviennent aujourd'hui de la raison : "C'est pourquoi nous nous tournons tous vers l'Orient quand nous prions ; mais peu savent que nous recherchons la patrie originelle, le paradis, que Dieu a planté en Éden, à l'Orient" ( Sur le Saint-Esprit , XXVII, 66, 60).

 

Lors des prières et des sacrifices , les chrétiens et les prêtres se tournent donc vers l'Orient, souvent vers une image du Christ.

L'autel est également orienté. À cet égard, il est important de dissiper un malentendu : l'autel orienté a souvent été confondu avec l'autel "mural", c'est-à-dire l'autel à trois côtés libres, intégré à une structure plus complexe ; un autel libre sur ses quatre côtés était considéré comme un signe de libre orientation, laissant supposer que le prêtre pouvait faire face aux fidèles. Or, il n'en est rien : l'autel a toujours été orienté, c'est-à-dire qu'il avait un devant et un derrière, et le prêtre se tenait devant, même lorsque l'autel était libre sur ses quatre côtés. (Luisella Scrosati)

 

Des sources du IIIe siècle et du IVe siècle sur la liturgie chrétienne, comme la Tradition apostolique ou la Diataxeis des saints Apôtres (Traité du début IIIe s. attribué à S. Hippolyte de Rome) et les Constitutions apostoliques (IV.e s.) ont des éléments dans lesquels Adrian Fortescue a discerné des antécédents d'éléments spécifiques du rite romain. (Adrian Fortescue, ''Liturgy of the Mass'', dans The Catholic Encyclopedia, vol. 9, New York, Robert Appleton Company, 1910.)

 

La Didache (96 ap. J.-C.) ne mentionne pas la façon de la réception, mais seulement celle qu'ils reçurent le jour du Seigneur. Cependant, il existe des indices scripturaires intéressants que nous pouvons découvrir lorsque nous examinons l'Ancien Testament. Ces indications pourraient fournir des indications utiles sur la manière dont les premiers chrétiens auraient pu recevoir l'Eucharistie:

 

-Les trois principaux prophètes de l'Ancien Testament ont tous été nourris de la Parole de Dieu dans leur bouche au début de leur ministère [Es 6,7Jr. 1: 9, Ez. 2: 8-9 ; 3: 1–3]

-De plus, les Juifs ne savaient pas s’approcher de ce qui était saint. L'histoire d'Ozame vient à l'esprit [2 Sam. 6: 7].

-Seuls les Lévites, qui étaient consacrés par Dieu, pouvaient toucher l'Arche de l'Alliance [1 Chroniques 15:2].

TÉMOIGNAGES PATRISTIQUES

 

DIDACHÈ Doctrine des 12 apôtres

"Pour l’Eucharistie, rendez grâces de la manière suivante : [...] Que personne ne mange ni ne boive de votre eucharistie hors ceux baptisés au nom du Seigneur. Car à ce sujet aussi, le Seigneur a dit : ne donnez pas ce qui est saint aux chiens." (9, 1.5 in Premiers écrits chrétiens, Bibliothèque de la Pléiade, éd. Publiée sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, Nrf Gallimard, Lonrai 2017.)

 

SAINT JUSTIN

"[1] Cette nourriture reçoit chez nous le nom d''Eucharistie', et nul n'est admis à y prendre part, sinon celui qui a foi en la vérité de nos enseignements, qui a reçu le bain pour la rémission des péchés et en vue de la régénération, et qui vit selon les préceptes donnés par le Christ. [2] Ce n'est en effet ni comme un pain ordinaire ni comme une boisson ordinaire que nous prenons cette nourriture; mais de même que, fait chair par le Verbe de Dieu, Jésus Christ, notre sauveur, prit chair et sang pour notre salut, de même la nourriture faite 'eucharistie' par la parole de prière que nous tenons de lui, et dont notre sang et nos chairs sont nourris par transformation, est-elle – c'est l'enseignement que nous avons reçu – la chair et le sang de ce Jésus fait chair. [...] [4] Cela, les démons malfaisants l'ont aussi imité, dans la tradition des mystères de Mithra: on présente en effet dans les cérémonies d'initiation [de Mithra. Ndlr.] du pain et une coupe d'eau qu'on accompagne de certaines formules; si vous ne le savez déjà, vous pouvez vous en informer." (1 Apologie 66, 1-3 in Premiers écrits chrétiens, Bibliothèque de la Pléiade, éd. Publiée sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, Nrf Gallimard, Lonrai 2017.)

 

 

SAINT IGNACE D'ANTIOCHE

"Cherchez donc à n'avoir qu' une seule Eucharistie ; en effet, il n'y a qu'une seule chair de notre Seigneur Jésus-Christ et une seule coupe pour l'union de son sang , un seul autel, comme un seul épiscope avec le presbytérion et les les diacres, mes compagnons de service - pour que tout ce que vous fassiez, vous le fassiez selon Dieu." (S. Ignace d'Antioche, Lettre aux Philadelphiens, 4).

 

"Je n'ai pas de plaisir à la nourriture corruptible, ni aux plaisirs de cette vie. C’est le pain de Dieu que je veux, c'est-à-dire la chair de Jésus-Christ, qui est de la race de David, et comme boisson, c'est son sang que je veux, c'est l’amour incorruptible". (S. Ignace d'Antioche, Romains 7:3 in Premiers écrits chrétiens, Bibliothèque de la Pléiade, éd. Publiée sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, Nrf Gallimard, Lonrai 2017.)

 

SAINT IRÉNÉE DE LYON

"Recommandant aussi à ses disciples d’offrir à Dieu les prémices de ses créatures, non pas parce qu’il en avait besoin, mais pour qu’ils ne paraissent pas inactifs et ingrats, il prit le pain issu de la création, rendit grâce en disant : Ceci est mon corps ; de même, il prit la coupe, et il revient lorsque nous, ceux de la création, proclamons son sang et établissons la nouvelle offrande de la nouvelle alliance.

C'est la même offrande que l’Église a reçue des Apôtres et que, dans le monde entier, elle offre à Dieu qui nous nourrit, comme prémices des dons de Dieu." (Saint Irénée de Lyon, Contre les hérésies 4,17,5)

"Quant à nous, notre manière de penser et d’être est conforme à l’Eucharistie, ce qui confirme notre doctrine, car nous offrons ce qui lui appartient déjà, proclamant, comme il se doit, la communion et l’unité de la chair et de l’esprit. De même que le pain issu de la terre, recevant l’invocation de Dieu, n’est plus pain ordinaire, mais Eucharistie, composée de deux éléments : terrestre et céleste, de même nos corps, recevant l’Eucharistie, ne sont plus corruptibles, car ils ont l’espérance de la Résurrection." (Contre les hérésies 4,18, 3-4)

"De même que la semence de la vigne, plantée en terre, porte ensuite du fruit, et que le grain de blé, tombé à terre et détruit, ressuscite multiplié par l’action de l’Esprit de Dieu qui soutient toutes choses, et que, par l’œuvre des hommes, ces choses deviennent vin et pain, qui, par la parole de Dieu, deviennent l’Eucharistie, c’est-à-dire le corps et le sang du Christ."

De même, nos corps, nourris par cette Eucharistie, après leur décomposition, ressusciteront en leur temps, lorsque la parole de Dieu les élèvera à la gloire de Dieu le Père, car elle donnera l’immortalité aux corruptibles, puisque la puissance de Dieu se manifestera dans la faiblesse » (Contre les hérésies 5,2, 2-3).

 

TERTULLIEN 3e siècle

"C’est pourquoi, par le sacrement du pain et du calice, nous avons déjà prouvé dans l’Évangile la vérité du corps et du sang du Seigneur, contrairement au fantôme prêché par Marcion (Contre Marcion 5: 8).

"C’est pourquoi, par le sacrement du pain et du calice, nous avons déjà prouvé dans l’Évangile la vérité du corps et du sang du Seigneur, contrairement au fantôme prêché par Marcion (Contre Marcion 5: 8).

"Le sacrement de l’Eucharistie, confié par le Seigneur à tous lors de la Cène, nous le recevons aussi dans les réunions avant l’aube, non des mains d’étrangers, mais de ceux qui président (…) Nous souffrons d’angoisse si quelque chose tombe de notre calice ou de notre pain." (De la couronne 3)

 

HIPPOLYTE DE ROME

"Que tous les fidèles s’empressent de recevoir l’Eucharistie avant toute autre chose. S’ils la reçoivent par foi, quoi qu’il leur soit donné ensuite, même mortel, ne pourra leur nuire."

"Faites tout votre possible pour que l’incroyant ne goûte pas à l’Eucharistie, ni un rat ou un autre animal, et pour qu’aucune partie ne tombe et ne soit perdue : c’est le corps du Christ, que les croyants doivent manger et ne doivent pas négliger." (Tradition apostolique).

 

ORIGÈNE D’ALEXANDRIE

"N’avez-vous pas peur de recevoir le Corps du Christ et de vous approcher de l’Eucharistie comme si vous étiez purs et irréprochables ? Comment pouvez-vous mépriser le jugement de Dieu ? Ne vous souvenez-vous pas qu’il est écrit : « C’est pourquoi beaucoup parmi vous sont faibles, malades et mourants » ? Pourquoi tant de personnes sont-elles faibles ? Parce qu’elles ne se jugent pas elles-mêmes, qu’elles ne s’examinent pas, qu’elles ne comprennent pas ce que signifie participer à l’Église, ni ce que signifie s’approcher de tant de sacrements si précieux. Elles subissent ce que subissent habituellement ceux qui ont de la fièvre lorsqu’ils osent goûter aux mets délicats des saints, c’est-à-dire qu’elles se perdent." (Commentaires sur les Psaumes 37,2,6).

"Sachez-le vous-mêmes, vous qui avez l’habitude de voir les mystères en les racontant : lorsque nous recevons le corps du Seigneur, vous le gardez avec tout le soin et la vénération nécessaires, afin que rien n’en tombe, ni qu’aucune partie du don consacré ne disparaisse ; car, comme vous le savez, on sera accusé, et à juste titre, si quelque chose est perdu par négligence." (Homélie sur Exode 13, 3).

"[Auparavant,] la manne était la nourriture dans Enigma ; maintenant, il est clair que la chair de la parole de Dieu est la vraie nourriture, comme il le dit lui-même : ma chair est vraiment de la nourriture et mon sang est vraiment de la boisson." (homélie sur le numéro 7.2)

 

SAINT HILAIRE DE POITIERS

 

"Le Verbe s’est véritablement fait chair, et nous, dans le repas du Seigneur, recevons véritablement la chair du Verbe (…) Il nous donne à la fois la réalité de sa chair et la réalité de sa divinité dans le sacrement de sa chair." (Sur la Trinité 8, 13)

" S’il est vrai que “le Verbe s’est fait chair”, il est également vrai que dans la sainte nourriture (l’Eucharistie), nous recevons le Verbe incarné. Dès lors, nous devons être convaincus que Celui qui (…) s’est aussi fondu dans le sacrement qui unit sa chair à la nature de l’éternité (…) par sa chair, demeure en nous, en nous, et nous en lui. (…) Il témoigne lui-même que nous sommes pleinement en lui, par le Sacrement dans lequel il nous communique sa chair et son sang (…) ceci est donc la source de notre vie : la présence du Christ en nous par sa chair." (Sur la Trinité 8.13 trait 16)

"Il dit lui-même : “Ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure avec moi, et moi avec lui” (Jean 6, 56). Quant à la vérité de la chair et du sang, il n’y a aucun doute : c’est véritablement chair et véritablement sang, comme nous le voyons dans la déclaration même du Seigneur et dans notre foi en ses paroles. Cette chair, une fois mangée, et ce sang, une fois bu, nous unissent aussi en Christ et Christ en nous." (Sur la Trinité).

 

SAINT ATHANASE D’ALEXANDRIE

 

"Vous verrez les Lévites apporter du pain et une coupe de vin, et les déposer sur la table. Jusqu’à ce que les invocations et les prières soient faites, il n’y a que du pain et du vin dans la coupe ; cependant, après que les grandes et admirables prières aient été dites, alors le pain devient le corps de Notre Seigneur Jésus-Christ et le vin devient votre sang." (Aux nouveaux baptisés, p. 26, 325).

 

SAINT CYRILLE DE JÉRUSALEM

 

"Après avoir déclaré sur le pain : « Ceci est mon corps », qui osera en douter ? Et après avoir affirmé : « Ceci est mon sang », qui pourra douter et dire que ce n’est pas son sang ? (…) À une autre occasion, il changea l’eau en vin à Cana en Galilée, par un signe. Ne croirons-nous donc pas en lui lorsqu’il change le vin en sang ? (…)

Ainsi, avec une certitude absolue, nous participons au Corps et au Sang du Christ . Car, sous la forme du pain, le Corps vous est donné, et sous la forme du vin, le Sang vous est donné, afin que, ayant participé au Corps et au Sang du Christ, vous soyez un avec lui corps et sang.  Nous devenons ainsi « Christophores », c’est-à-dire porteurs du Christ, dont le Corps et le Sang se diffusent en nous. Et alors, comme le dit saint Pierre, « nous participons à la nature divine » (2 Pierre 1, 4). En effet, ne les considérez pas comme du simple pain et du simple vin, car ils sont, selon la foi, le Corps et le Sang du Christ : croyez fermement, sans aucun doute, que vous avez été rendus dignes du Corps et du Sang du Christ (Catéchèse 4, 1-2, 6).

 

SAINT AMBROISE DE MILAN

 

"Vous dites peut-être : ́Mon pain est du pain ordinaire.’ Cependant, ce pain est Pain avant les paroles sacramentelles. Dès que la consécration a lieu, le pain qu’il est devient la Chair du Christ » (Sur les Sacrements 4).

"Le Seigneur a commandé, et les cieux furent faits ; le Seigneur a commandé, et la terre fut faite ; le Seigneur a commandé, et les mers furent faites ; le Seigneur a commandé, et toutes les créatures furent créées. Voyez donc combien la parole du Christ est efficace. Si la parole du Seigneur Jésus est si puissante que, par elle, des choses qui n’existaient pas auparavant commencent à être, combien plus doit-elle l’être pour que des choses qui existaient déjà puissent être et devenir autre chose." (Sur les Sacrements 4,4,15).

 

[...] "Confirmons la vérité du mystère de l’Eucharistie par l’exemple de l’Incarnation : la naissance du Christ a-t-elle été précédée d’un processus naturel ? (…) Il est évident qu’il est né de la Vierge au-dessus de la nature. Or, le corps que nous consacrons est né de la Vierge. Pourquoi chercher à ordonner le Corps du Christ (l’Eucharistie) alors que le Seigneur est né de la Vierge au-dessus de la nature ? La chair du Christ, crucifié et enseveli, était réelle ; par conséquent, ce sacrement est véritablement de sa chair."

 

Cf. https://www.primeroscristianos.com/la-eucaristia-que-pensaban-y-que-decian-los-primeros-cristianos-de-ella/

Sachant cela, il semble légitime de se demander si les apôtres, les consacrés de Jésus (évêques) auraient laissé des membres non consacrés de l'Église toucher le corps, le sang, l'âme et la divinité de notre Seigneur dans l'Eucharistie alors que seuls les lévites, une fois purifiés, pouvaient toucher l'Arche (1 Chroniques 15:2-14)

 

Au IIe siècle, les prières et les lectures formaient déjà une structure ressemblant de la messe.

 

Sixte I (117-126) interdit de toucher les mystères sacrés si l’on ne faisait pas partie du clergé : ut mysteria sacra non tangerentur, nisi a ministris, "les Mystères Sacrés ne doivent pas être manipulés par des personnes autres que celles consacrées au Seigneur. (Liber Pontificatis, éd. DUCHESNE, I, Paris, 1886, 128.)

 

Au IIIe s., Saint Eutychian, Pape (275-283) interdit que la communion à porter aux malades soit confiée à un laïc ou à une femme (nullus praesumat tradere communionem laico vel feminae ad deferendum infirmo).

 

Tertullien de Carthage (160-250) attestait que la sainte eucharistie était reçue uniquement du prêtre et pas d’autrui (nec de aliorum manu sumimus).

 

À mesure que le christianisme se répandit, les liturgies locales se développèrent.

 

Au IVe siècle, Rome développa son propre style liturgique, simple, sobre et fortement inspiré des Écritures.

 

D'autres lieux (comme Byzance) avaient leurs propres rites.

 

Le latin devint la langue officielle au IVe siècle.

 

Le grec était la première langue de la liturgie romaine, mais le latin remplaça le grec, unifiant l'Occident. La messe était célébrée dans la langue du peuple de l'empire romain.

 

En entrant dans la patristique et dans les époques médiévales où nous avons une documentation plus complète, nous pouvons établir de manière plus définitive le mode de réception de l’Eucharistie pratiqué dans l’Église.

 

Les citations suivantes montrent que la communion dans la bouche (ou sur la langue) était la norme dans l'Église:

 

Le concile de Saragosse (380) dans son canon 3 excommuniait tous ceux qui osaient continuer à recevoir la Sainte Communion à la main comme en temps de persécution. Décision confirmée par le synode de Tolède (400).

 

Une formule apocryphe est alléguée comme étant de Saint Cyrille de Jérusalem (313-386) dans ses "Catéchèses mystagogiques" vers 350, citée hors contexte pour faire penser à la pratique moderne : "Lorsque tu t’avances pour Le recevoir, ne t’approche pas sans respect, les paumes des mains grandes ouvertes ou les doigts écartés ; mais avec ta main gauche, fais un trône pour la droite où va reposer le Roi. Reçois le Corps du Christ dans le creux de ta main et réponds Amen." [Catéchèse mystagogie V, xxi-xxii, Migne Patrologia Graeca, 33.] Les passages supprimés sont : "Sanctifie tes yeux par le contact du saint Corps" et puis, après avoir bu au calice, "lorsque tes lèvres en sont encore mouillées, touche-les avec les mains et passe sur tes yeux, ton front et tous tes autres sens, pour les sanctifier.

 

Cet extrait provient d'une des cinq Conférences de Pâques (mystagogies) attribuées à saint Cyrille, mais on se demande si ces cinq conférences de suivi sont bien du grand saint. L'érudit Dr. Taylor Marshall en doute. Il pose que certains manuscrits n'attribuent pas ces conférences à saint Cyrille. Il écrit que cette même citation continue en mentionnant que le corps de Christ devrait être porté aux yeux et au front et que le communicateur devrait toucher ses lèvres avec le sang précieux de notre Seigneur. Les passages supprimés sont : "Sanctifie tes yeux par le contact du saint Corps" et puis, après avoir bu au calice, "lorsque tes lèvres en sont encore mouillées, touche-les avec les mains et passe sur tes yeux, ton front et tous tes autres sens, pour les sanctifier." De même Michael Davies, un autre érudit, évoque la question de l'identité de l'auteur de la citation alléguée à S. Cyrille dans son ouvrage "Communion dans la main et autres fraudes similaires" (P.8).

 

Les témoignages des premiers siècles attestent que si la communion pouvait être reçue dans la main, c’était dans des cas exceptionnels relevant de circonstances très particulières (persécutions, nécessité de mettre le Pain consacré à l’abri... etc.) [Pro liturgia, Lundi 30/3/2015]

 

Saint Basile, Père grec et Docteur de l’Église (329-379), expliqua qu’en des circonstances pareilles de persécution et en l’absence de prêtre et/ou de diacre pour administrer la communion et la porter aux malades, on avait pu jadis "recevoir la communion au moyen de sa propre main". [Saint Basile, Lettre 93]

 

L’historien Eusèbe de Césarée (270-339) attesta au livre VI de son "Histoire ecclésiastique" que la communion dans la main se faisait seulement en cas de véritable nécessité. La pratique normale avait toujours été que les fidèles communient à genoux et dans la bouche. Devant les abus locaux, le concile de Rouen rappela en 650 cette norme apostolique, en interdisant la communion dans la main (nulli autem laico aut feminae Eucharistiam in manibus ponat, sed tantum in os ejus).

 

Dans une homélie sur la première épître à Timothée, Saint Jean Chrysostome (347-407) indiquait cette humble et pieuse attitude de réception de la part des fidèles : "Que rien d’amer ne sorte de la bouche qui a été gratifiée d’un si grand mystère ; que la langue, sur laquelle le divin Corps a été déposé, ne profère rien de déplaisant."

 

D'après la tradition, à la fin du IVe siècle, S. Ambroise de Milan régla la forme du chant ecclésiastique (cantus ambrosianus, seu firmus) et pour parler de l'assemblée dominicale (dominicum) imposa le mot missa, messe.

 

L'Institution de l'Eucharistie tableau de Nicolas Poussin († 19 novembre 1665), commandé par SMTC Louis XIII pour la chapelle du château de Saint-Germain-en-Laye, 1641, Louvre.

 

Au Moyen-Âge 

 

Au Ve siècle, le pape Saint Léon I (440-461) enseigna que l’on recevait en bouche ce qui était cru par la foi (hoc enim ore sumitur quod fide tenetur), "ceci est effectivement reçu au moyen de la bouche, à quoi nous croyons par la foi". "Le minerai" est ici dans l'ablatif; dans le contexte, cela désigne l'instrumentation. La bouche est donc le moyen par lequel la Sainte Eucharistie est reçue.

 

Au VIe siècle, en 536, le pape Saint Agapet I accomplit un miracle de guérison après avoir donné l’hostie en bouche à quelqu’un (cumque ei Dominicum corpus mitteret in os).

 

Au VIe et VIIe siècles, le pape Saint Grégoire I le Grand  (590-604) perfectionna les prières et les chants. Il façonna le Canon (le cœur de la messe) et donna à la liturgie une grande partie de sa stabilité, ce qui lui valut le nom de ''messe grégorienne''. Dans ses dialogues (Romain 3, c. 3) il attesta que le Pape saint Agapet accomplit le miracle de la guérison durant la messe après avoir placé le Corps du Seigneur dans la bouche de la personne. Jean le Diacre parla de la manière dont ce Pape distribuait la sainte communion. 

 

Au VIIe siècle, en Orient, le 3ème concile de Constantinople (680-681), 6e concile œcuménique, interdit sous peine d'excommunication aux fidèles de prendre l'Armée sacrée dans la main alors qu’un évêque, un prêtre ou un diacre étaient disponibles pour la leur dispenser en bouche.

 

Le Synode de Cordoue (839) a condamné la secte de "Casiani" pour son refus de recevoir la Sainte Communion directement dans la bouche [Cf. Mgr Athanasius Schneider, Dominus Est, p.47.].

 

Le Synode de Rouen (878) a déclaré: "L'Eucharistie ne peut jamais être confiée à un laïc, ni à une femme, mais doit seulement être donnée à la bouche".

 

Il découle de la prémisse que si les vases et les mains du prêtre touchant l'Eucharistie devaient être consacrés, elle ne serait pas par la suite remis entre les mains du profane.

 

Au IXe siècle, le Synode de Cordoue au condamna en 839 la secte de "Casiani" pour son refus de recevoir la Sainte Communion directement dans la bouche. [Cf. Mgr Athanasius Schneider, Dominus Est, p.47.]

 

Le Synode de Rouen (878) déclara : "L'Eucharistie ne peut jamais être confiée à un laïc, ni à une femme, mais doit seulement être donnée à la bouche".

 

Au XIIIe siècle saint Thomas d'Aquin (1225–1274) précisa : "Par respect pour ce sacrement [la Sainte Eucharistie], rien ne le touche, sauf ce qui est consacré. c'est pourquoi le corporal et le calice sont consacrés, ainsi que les mains du prêtre, pour toucher ce sacrement." (Summa Theologica, partie III, Q.82, art. 3, Rep. Obj.8.)

 

 

La messe Saint Pie V ou "tridentine"

 

En 1570, après le concile de Trente, le pape Pie V publia le Missel romain (Bulle Quo Primum). Il n'inventa pas la messe. Il préserva et normalisa la forme qui s'était déjà développée naturellement pendant plus de 1 000 ans.

 

Des églises domestiques aux basiliques, du grec au latin, de la tradition orale au Missel.

 

La messe en latin est un lien vivant avec les apôtres.

 

C'est la messe des siècles, qui grandit comme un chêne à partir d'une minuscule graine.

 

À l'époque contemporaine

 

La communion fréquente, et des enfants, est une pratique instaurée par Saint Pie X (1903-1914).

 

La constitution sur la divine liturgie du concile vatican II, Sacrosanctum Concilium n° 36,1 a demandé de conserver l'usage du latin dans la liturgie :

 

"L’usage de la langue latine, sauf droit particulier, sera conservé dans les rites latins".

 

Le Concile Vatican II ne s'est pas pas exprimé sur le sujet de la communion dans la bouche ou dans la main, mais précise dans Lumen Gentium § 11 que 'l’Eucharistie est "la source et le sommet de la vie chrétienne".

 

Les autres sacrements ainsi que tous les ministères ecclésiaux et les tâches apostoliques sont tous liés à l’Eucharistie et ordonnés à elle. Car la sainte Eucharistie contient tout le trésor spirituel de l’Église, c’est-à-dire le Christ lui-même, notre Pâque." [CEC 1324]

 

Le 3 avril 1969, le pape Paul VI promulgue la constitution apostolique Missale romanum pour officialiser le "nouveau missel romain" de la messe dite "de Paul VI" désormais en usage dans l'Église latine, rendant obsolète le missel romain de 1570. Toutefois, certains fidèles sont demeurés attachés à l'ancien rite.

 

Le 29 mai 1969, le sujet de la distribution de la Communion est abordé par la Sacrée Congrégation pour le culte divin dans l’instruction de Paul VI, Memoriale Domini, pour confirmer la réception de la communion à genoux et sur les lèvres :

 

"... la coutume s'est établie que ce soit le ministre lui-même qui dépose sur la langue du communiant une parcelle de Pain consacré. Compte tenu de la situation actuelle de l'Église dans le monde entier, cette façon de distribuer la Sainte Communion doit être conservée, non seulement parce qu'elle a derrière elle une tradition multiséculaire, mais surtout parce qu'elle exprime le respect des fidèles envers l'Eucharistie."

 

Mais cette instruction de Paul VI de 1969 a ouvert une brèche dans le principe énoncé de conserver la tradition de la distribution de la communion dans la bouche "sur la langue": à la fin du texte, l'on se demande si c’est bien dans ce document que Paul VI a introduit la réception dans la main ? Dans les dernières lignes, un indult est accordé, en totale incohérence avec le raisonnement qui précède. Tolérance restreinte, encadrée, assortie d’un contrôle strict, etc... mais toutes ces précautions étaient évidemment illusoires. Ce qui est important, ce n’est pas le barrage qui est solide en tous points sauf un, la brèche... On sait ce qui est advenu après cette instruction romaine de 1969. La norme est à présent si bien inversée que la règle est devenue l'exception et que c’est la communion dans la bouche qui est vue comme une bizarrerie à peine tolérée dans certains endroits. C'est l'époque de la désacralisation. Au nom de ''l'esprit du concile'' toutes sortes d'abus ont vu le jour : 

-distribution de la communion par des laïcs ;
-obligation de recevoir la communion dans la main ;
-célébration ''face au peuple' sur des édicules dépourvus de valeur et de dignité ;
-médiocrité du répertoire musical et limitation - voir interdiction - du chant grégorien ;
-disparition des chorales au profit de l’"assemblée-chantante" invitée à répéter n’importe quoi, n’importe quand et n’importe comment... pourvu que ce soit des airs qu’il ne viendrait à l’idée de personne de chanter ailleurs que dans une église où le mauvais goût est de bon ton ;
-geste de paix transformé en séance de "shake your hands" totalement anti-liturgique ;
-équipes d’animation liturgique envahissantes et totalement inefficaces... sauf, bien sûr, quand c’est pour démolir la liturgie ;
-donné du missel romain Paul VI lui-même systématiquement modifié ou ignoré par les célébrants ;
-absence de dignité, de tenue, de réserve des célébrants ;
-etc.

 

 

Aussi, en 2007, Benoît XVI libéralisa la messe latine traditionnelle, autorisa à nouveau l'usage de l'ancien rite (bien qu'il n'ait jamais été formellement interdit) dans son Motu proprio Summorum Pontificum, sous le nom de forme extraordinaire du rite romain. Cette forme est parfois erronément appelée 'rite tridentin'. Pour l'Église catholique il ne s'agit pas d'un autre rite, mais bien d'une forme exceptionnelle ("extraordinaire") du même rite romain

 

En 2008,Benoît XVI déclarait que dans l’Eucharistie se trouve la "force de la révolution chrétienne", la "plus profonde de l’histoire humaine", qui donne à l’homme une "vraie liberté".

 

En 2009, pour le n° 7000 de PRESENT du Jeudi 31 décembre 2009, Jean Madiran dresse un bilan accablant de la messe en français ''sur quarante ans, de 1965 (fin du Concile) à 2005 (élection de Benoît XVI)''. ''Selon un bilan de la Croix'', ''c’est le désastre des 'messalisants', c’est-à-dire des catholiques allant chaque dimanche à la messe. En 1965, ils étaient 27 % de la population française. Ils ne sont plus que 4,5 % en 2005.'' ''La messe en français'' serait ''la principale cause prochaine'. Il faut se souvenir des raisons de l’institution d’une messe nouvelle, telles qu’elles ont été énoncées par Paul VI. Il s’agissait de sacrifier le latin et les magnifiques vêtements de la liturgie traditionnelle, dont il ne niait pas l’éclat merveilleux, mais qui étaient selon lui un obstacle à la participation des masses populaires, des journalistes et des hommes d’affaires.''

'La courbe plonge à partir des années 1970'', ''celles où bat son plein la plus spectaculaire 'audace post-conciliaire'. (sic)'' A la page suivante du même numéro de La Croix (29 décembre), Frédéric Mounier, nous rapporte un propos du cardinal Poupard : ''Il faut se souvenir de l’homélie de Paul VI lors de l’ouverture de son pontificat. Pour lui, avant de parler, l’Eglise devait se faire écoute. Ce fut le thème de sa première encyclique. De même (…), il n’a pas condamné la jeunesse en ébullition. Il s’est interrogé : – Saurons-nous les comprendre ?'' ''Si bien, ironise Jean Madiran, que ce n’est plus guère : 'Allez enseigner toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit' (Mt 28, 19). Ce n’est plus guère ; 'Allez dans le monde entier, proclamer l’Evangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ; celui qui ne croira pas sera condamné' (Mc 16,15-16). C’est plutôt : Allez écouter ce qu’on dit dans le monde, comprenez leurs désirs, accompagnez leurs problèmes…'' (Fin de citation)

 

En 2021, la législation de l'Église catholique déclare que les livres liturgiques promulgués par les papes Paul VI et Jean-Paul II, conformément aux décrets du concile Vatican II, sont les seuls du rite romain. Néanmoins chaque évêque diocésain, en suivant les orientations du Saint-Siège (annulant l'élargissement proposé par Benoît XVI en 2007) et en particulier celles qui sont mentionnées dans le motu proprio Traditionis custodes, peut permettre dans son diocèse une utilisation limitée du missel de 1962 (la messe latine traditionnelle Saint Pie V).

 

D'autres formes rituelles sont en vigueur de plein droit dans l'Église latine:

-le rite ambrosien, en vigueur à Milan et dans certains diocèses du Nord de l'Italie,

 

 

-le rite de Braga au Portugal,

-le rite mozarabe célébré à Tolède et quelquefois à Salamanque et à Madrid

-ou le rite cartusien des Chartreux.

-le rite maya ou "amazonien" (2024)

-les Églises catholiques orientales pratiquent des rites orientaux et n'utilisent donc pas le rite romain ni aucun autre rite liturgique latin. Il existe un grand nombre de rites dits "orientaux", dont l'arménien, le copte, le syriaque et le byzantin. Et un catholique romain entrant dans une église catholique maronite au Liban, ou une église catholique byzantine en Ukraine, ou une église catholique chaldéenne en Irak, la messe lui paraît différente, les vêtements semblent étranges, les chants lui sont inconnus. Et pourtant, au moment de la communion, ce catholique romain peut s'avancer et recevoir l'Eucharistie. Pourquoi ? Parce que l'Église catholique romaine et les 23 Églises catholiques orientales ne forment qu'une seule et même Église catholique. Nous avons une seule foi, un seul baptême et, surtout, une seule Eucharistie. Les prières peuvent être différentes, les traditions peuvent paraître différentes, mais c'est le même Corps et le même Sang du Christ, car nous sommes tous en pleine communion avec le Pape. C’est là la beauté de notre Église : de nombreuses traditions, de nombreux rites, mais un seul Seigneur, un seul Pasteur, une seule table.

[

Où en sommes-nous aujourd'hui ?

 

Le Card. Francis Arinze, Préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des Sacrements, s'exprima sur le sujet à la conférence liturgique de Gateway, St. Louis, Missouri, 11 novembre 2006 (Texte intégral) :

 

"L’Église fondée par notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ s’efforce de rassembler les hommes de toutes races, langues, peuples et nations (cf. Ap 5,9), afin que "toute langue proclame que Jésus Christ est le Seigneur pour la gloire de Dieu le Père" (Phil 2,11). Le jour de la Pentecôte, des hommes et des femmes "issus de toutes les nations qui sont sous le ciel" (cf. Ac 2,5) ont écouté les Apôtres relater les oeuvres prodigieuses de Dieu. Cette Église, ce nouveau peuple de Dieu [Cf. Note 1 du décret Optatam Totius du Concile Vatican II] ce corps mystique du Christ, prie. Sa prière publique est la voix du Christ et celle de l’Église, son épouse. Tête et membres. La liturgie est une expression du magistère sacerdotal de Jésus Christ. En elle, le culte public est accompli par l’Église tout entière, autrement dit par le Christ qui y associe ses membres. "Par conséquent, toute célébration liturgique, en tant qu’œuvre du Christ prêtre et de son Corps qui est l’Église, est l’action sacrée par excellence dont nulle autre action de l’Église ne peut atteindre l’efficacité au même titre et au même degré." (Sacrosanctum Concilium, § 7). À la sainte source de la liturgie, nous tous qui avons soif des grâces de la Rédemption, allons puiser l’eau vive (cf. Jn 4,10).

La conscience que, dans chaque acte liturgique, Jésus Christ est le grand prêtre, devrait instiller en nous une grande ferveur. Comme le disait saint Augustin : "Il prie pour nous comme notre Prêtre ; il prie en nous comme notre Chef ; nous le prions comme notre Dieu. Nous reconnaissons ainsi notre voix en lui, et sa voix en nous" (Enarratio in Psalmum, 85).

[...] À l’origine, l’Église de Rome utilisait le grec. Ce n’est que progressivement que le latin a été introduit, jusqu’à la latinisation définitive de l’Église de Rome au IVe siècle (cf. A.G. Martimort, L’Église en prière, Desclée 1983).

[...] Il est à noter que beaucoup de religions du monde, ou leurs ramifications principales, ont une langue qui leur est chère. On ne peut pas penser à la religion judaïque sans penser à l’hébreu. Pour l’islam, la langue sacrée est l’arabe du Coran. L’hindouisme classique considère le sanscrit comme sa langue officielle, tandis que les textes sacrés du bouddhisme sont rédigés en pali.

Il serait superficiel de notre part de croire qu’il s’agit là d’une tendance ésotérique, bizarre, désuète, vieux jeu ou médiévale. Ce serait ignorer une composante subtile de la psychologie humaine. Dans les questions religieuses, les personnes tendent à conserver ce qu’elles ont reçu depuis les origines, la manière dont leurs prédécesseurs ont formulé leur religion et prié. Les paroles et les formules utilisées par les premières générations sont chères à ceux qui en ont hérité aujourd’hui. S’il est vrai qu’on ne peut certes pas identifier une religion avec une langue, la façon dont elle se comprend peut créer un lien affectif avec une expression linguistique particulière en usage dans sa période de croissance classique.

[...] Comme nous l’avons vu, le latin a remplacé le grec comme langue officielle de l’Église de Rome au IVe siècle. Parmi les principaux Pères de l’Église qui écrivirent en latin de manière ample et belle figurent

-saint Ambroise (339-397),

-saint Augustin d’Hippone (354-430),

-et le pape Grégoire le Grand (540-604)... en particulier donna au latin toute sa splendeur dans la sainte liturgie, dans ses sermons et dans l’usage général de l’Église.

 

[...] Les papes et l’Église de Rome ont constaté que le latin était bien adapté pour diverses raisons. C’est la langue qui convient à une Église universelle, à une Église où tous les peuples, toutes les langues et toutes les cultures doivent se sentir chez eux, et où nul n’est considéré comme un étranger.

[...] Le latin a pour caractéristique de posséder des mots et des expressions qui conservent leur sens de génération en génération. C’est un avantage, lorsqu’il s’agit d’exprimer notre foi catholique et de rédiger les documents papaux et autres textes de l’Église. Les universités modernes apprécient également cette caractéristique, puisque certains de leurs titres solennels sont en latin.

Le Bienheureux Jean XXIII, dans sa Constitution apostolique Veterum Sapientia, publiée le 22 février 1962, avance deux raisons à cela, et en donne une troisième. La langue latine a une noblesse et une dignité non négligeables (cf. Veterum Sapientia, 5, 6, 7). Nous pouvons ajouter que le latin est concis, précis, et poétiquement mesuré.

N’est-il pas admirable que des personnes, et en particulier des clercs s’ils sont bien formés, puissent se rencontrer dans des réunions internationales et être capables de communiquer entre eux au moins en latin ?

[...] Il est vrai qu’il existe une tendance, tant à l’intérieur de l’Église que dans le monde en général, à accorder plus d’attention aux langues modernes comme l’anglais, le français et l’espagnol, qui peuvent nous aider à trouver plus rapidement un emploi sur le marché du travail ou au ministère des affaires étrangères de notre pays. Mais l’exhortation du Pape Benoît XVI aux étudiants de la Faculté de lettres classiques et chrétiennes de l’Université pontificale salésienne de Rome, à l’issue de l’Audience générale du mercredi 22 février 2006, garde toute sa valeur et son importance. Et il l’a prononcée en latin ! En voici une traduction libre en français : "Avec raison, nos prédécesseurs ont insisté sur l’étude de la grande langue latine afin que l’on puisse mieux apprendre la doctrine salvifique contenue dans les disciplines ecclésiastiques et humanistiques. De même, je vous invite à cultiver cette activité, afin que le plus grand nombre possible de personnes puissent accéder à ce trésor et en apprécier l’importance" (in L’Osservatore Romano, 45, 23 fév. 2006, p.5).

 

Le chant grégorien

"L’action liturgique présente une forme plus noble lorsque les offices divins sont célébrés solennellement avec chants" (Sacrosanctum Concilium, 113). Selon un vieil adage, bis orat qui bene cantat, ce qui veut dire : "Celui qui chante bien prie deux fois". Cela, parce que l’intensité que prend la prière lorsqu’elle est chantée renforce sa ferveur et multiplie son efficacité (cf. Paul VI, Discours à la Schola Cantorum italienne le 25 sept. 1977, Notitiae 136, nov. 1997, p. 475).

La bonne musique aide à prier, élève l’âme des fidèles vers Dieu, et donne à ceux qui l’écoutent un avant-goût de la bonté divine.

Dans le rite latin, ce qui est connu sous le nom de "chant grégorien" fait partie de la tradition. Un chant liturgique particulier existait à Rome, il est vrai, avant saint Grégoire le Grand (+ 604). Mais ce fut ce grand pape qui donna à ce chant sa prééminence. Après saint Grégoire, cette forme de chant continua à se développer et à s’enrichir jusqu’aux bouleversements qui marquèrent la fin du moyen âge. Les monastères, et en particulier ceux de l’Ordre bénédictin, ont beaucoup fait pour préserver cet héritage.

Le chant grégorien est caractérisé par une cadence méditative et émouvante. Il touche les profondeurs de l’âme. Il manifeste la joie, la tristesse, le repentir, la requête, l’espérance, la louange ou l’action de grâce propres à une fête particulière, à une partie de la Messe ou à toute autre prière. Il rend les Psaumes plus vivants. Il exerce une fascination universelle, qui le rend approprié à toutes les cultures et à tous les peuples. Il est apprécié aussi bien à Rome, qu’à Solesmes, Lagos, Toronto ou Caracas. Il résonne dans les cathédrales, les séminaires, les sanctuaires, les centres de pèlerinage et les paroisses traditionnelles.

Le saint Pape Pie X célébra le chant grégorien en 1904 (Tra le Sollecitudini, 3).

Le Concile Vatican II en fit l’éloge en 1963 : "L’Église reconnaît dans le chant grégorien le chant propre de la liturgie romaine ; c’est donc lui qui, dans les actions liturgiques, toutes choses égales d’ailleurs, doit occuper la première place." (Sacrosanctum Concilium, 116). Le Serviteur de Dieu et Pape Jean-Paul II renouvela cet éloge en 2003 (cf. Chirographe pour le centenaire de Tra le Sollecitudini, 4-7, in Cong. Pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, Spiritus et Sponsa, 2003, p. 130). À l’occasion d’une rencontre à Rome à la fin de 2005, le Pape Benoît XVI a encouragé l’association internationale des Pueri Cantores, qui fait une grande place au chant grégorien. À Rome et dans le monde entier, de nombreuses chorales, composées tant de professionnels que d’amateurs, interprètent ces chants de façon magnifique, en communiquant l’enthousiasme qu’il leur inspire.

Ce n’est pas vrai que les fidèles laïcs ne veulent pas chanter le chant grégorien. Ils demandent au contraire que les prêtres, les moines et les religieuses partagent ce trésor avec eux. Les CD gravés par les moines bénédictins de Silos, par leur maison généralice de Solesmes et par beaucoup d’autres communautés sont très demandés par les jeunes. Les monastères sont visités par des personnes désireuses de chanter les laudes, et surtout les vêpres.

 

[...] En 1962, juste avant d’ouvrir le Concile, le Bienheureux Jean XXIII a rédigé une Constitution apostolique dans laquelle il insistait sur l’usage du latin dans l’Église. Le Concile Vatican II, bien qu’ayant autorisé l’introduction de la langue vulgaire, a mis l’accent sur la place du latin : "L’usage de la langue latine, sauf droit particulier, sera conservé dans les rites latins" (Sacrosanctum Concilum, 36). Le Concile a également demandé aux séminaristes d’avoir "la connaissance de la langue latine qui leur permettra de comprendre et d’utiliser les sources de tant de sciences et les documents de l’Église" (Optatam Totius, 13). Le Code de Droit Canonique publié en 1983 dit : "La célébration eucharistique se fera en latin, ou dans une autre langue, pourvu que les textes liturgiques aient été légitimement approuvés" (can. 928).

Par conséquent, ceux qui veulent donner l’impression que l’Église a voulu éliminer le latin de la liturgie se trompent. En avril 2005, on a assisté au niveau mondial à une manifestation de l’adhésion à une liturgie bien célébrée en latin, lorsque des millions de personnes ont suivi à la télévision les obsèques du Pape Jean-Paul II et, deux semaines plus tard, la Messe inaugurale du Pontificat de Benoît XVI.

 

[...] L’article 54 précise les modalités à suivre pour que "les fidèles puissent dire ou chanter ensemble, en langue latine, aussi les parties de l’ordinaire de la messe qui leur reviennent". Dans la célébration de la Liturgie des Heures, "selon la tradition séculaire du rite latin dans l’office divin, les clercs doivent garder la langue latine" (SC 101).

 

[...] Les développements furent tellement rapides qu’aujourd’hui certains clercs, religieux et fidèles laïcs ignorent que le Concile Vatican II n’a pas introduit la langue vulgaire dans toutes les parties de la liturgie.

Les requêtes d’extension de l’usage de la langue vulgaire ne se firent pas attendre. À la demande pressante de certaines Conférences épiscopales, le Pape Paul VI autorisa d’abord la célébration de la Préface de la Messe en langue vulgaire (cf. Lettre du Cardinal Secrétaire d’État, 27 avril 1965), puis de tout le Canon et des prières d’ordination en 1967. Enfin, le 14 juin 1971, la Congrégation pour le Culte Divin publia une communication selon laquelle les Conférences épiscopales pouvaient autoriser l’usage de la langue vulgaire dans tous les textes de la Messe, et tout Ordinaire pouvait donner la même autorisation pour la célébration chorale ou privée de la Liturgie des Heures (pour tous ces développements, voir A. G. Martimort : Le dialogue entre Dieu et son peuple, in A.G. Martimort : L’Église en prière, op. cit.)

Les raisons de l’introduction de la langue du pays ne sont pas difficiles à comprendre. Celle-ci favorise une meilleure compréhension de la prière de l’Église : "La Mère Église désire beaucoup que tous les fidèles soient amenés à cette participation pleine, consciente et active aux célébrations liturgiques, qui est demandée par la nature de la liturgie elle-même et qui, en vertu de son baptême, est un droit et un devoir pour le peuple chrétien" (SC 14).

 

[...] Les textes latins ont été préparés avec la plus grande attention à la doctrine, dans une formulation exacte, 'exempte de toute influence idéologique, et possédant les qualités voulues pour que les saints mystères du salut et la foi inébranlable de l’Église soient transmis efficacement, au moyen du langage humain, à la prière et à une adoration digne offerte au Très-Haut' (Liturgiam Authenticam, 3).

 

[...] La liturgie latine n’exprime pas seulement des faits, mais aussi des sentiments, des sensations, par exemple celle de la transcendance de Dieu, de sa majesté, de sa miséricorde et de son amour infini (cf. Liturgiam Authenticam, 25). Des expressions telles que Te igitur, clementissime Pater, Supplices te rogamus, Propitius esto, veneremur cernui, Omnipotens et misericors Dominus, nos servi tui, ne doivent pas être affaiblies ou démocratisées par une traduction iconoclaste. Quelques-unes de ces expressions latines sont difficiles à traduire. Il faut s’adresser aux meilleurs spécialistes en matière de liturgie, de classiques, de patrologie, de théologie, de spiritualité, de musique et de littérature, afin de réaliser des traductions qui soient belles sur les lèvres de notre sainte Mère l’Église. Les traductions doivent refléter la ferveur, la gratitude et l’adoration devant la majesté transcendante de Dieu, la faim de Dieu chez l’homme, toutes choses qui apparaissent clairement dans les textes latins.

 

[...] Tout ne peut pas être expliqué pendant la célébration liturgique. La liturgie n’épuise pas toute l’activité de l’Église (cf. Sacrosanctum Concilium, 9). La théologie, la catéchèse et la prédication sont également nécessaires. Et même après une bonne catéchèse, un mystère de notre foi demeure un mystère.

En réalité, nous pouvons dire que le plus important dans le culte divin, ce n’est pas de comprendre chaque mot ou chaque concept. Le plus important, c’est que nous ayons une attitude de ferveur et de crainte devant Dieu, que nous l’adorions, le louions et lui rendions grâce. Le sacré, les choses de Dieu, doivent être abordées sans idées préconçues.

 

[...] Il en résulte que personne, pas même un prêtre ou un diacre, n’a autorité pour changer la formulation approuvée de la sainte liturgie. C’est une question de bon sens. Mais on constate parfois que le bon sens n’est pas très répandu. C’est pourquoi Redemptionis Sacramentum a tenu à réaffirmer expressément : "L’usage suivant, qui est expressément réprouvé, doit cesser : ici ou là, il arrive que les prêtres, les diacres ou les fidèles introduisent, de leur propre initiative, des changements ou des variations dans les textes de la sainte Liturgie, qu’ils sont chargés de prononcer. En effet, cette manière d’agir a pour conséquence de rendre instable la célébration de la sainte Liturgie, et il n’est pas rare qu’elle aille jusqu’à altérer le sens authentique de la Liturgie" (Red. Sacramentum, 59 ; cf. aussi Instruction générale sur le Missel romain, n. 24).

 

[...]Tous les fidèles laïcs ne connaissent pas le latin, mais ils peuvent apprendre au moins les réponses les plus simples en latin. Les prêtres doivent accorder plus d’attention au latin, et célébrer de temps en temps une messe en latin. Dans les grandes églises où plusieurs messes sont célébrées le dimanche et les jours de fête, pourquoi ne pas dire l’une de ces messes en latin ?

 

Dans les paroisses rurales, une messe en latin devrait être possible, disons une fois par mois.

 

Dans les assemblées internationales, le latin est encore plus nécessaire. C’est pourquoi les séminaires doivent s’efforcer de préparer et de former les prêtres à l’usage du latin (cf. Synode des Évêques, octobre 2005, Prop. 36).

[...] Que la Bienheureuse Vierge Marie, Mère du Verbe fait chair dont nous célébrons les mystères dans la sainte liturgie, veuille obtenir pour nous tous la grâce de remplir notre rôle en participant par notre chant aux louanges du Seigneur, que ce soit en latin ou en langue vulgaire. Francis Card. Arinze (Agence Fides 20/12/2006)

Pourquoi gardons-nous le latin ? (Bénédictines de l'Abbaye Notre Dame de Wisques, Diocèse d'Arras)

 

"L’Église reconnaît dans le chant grégorien le chant propre de la liturgie romaine ; c’est donc lui qui, dans les actions liturgiques, toutes choses égales d’ailleurs, doit occuper la première place." (Concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium, 116).

 

La musique du chant grégorien est au service de la Parole, au point qu'il a pu être appelé : "la Bible en musique".

 

Priant et chantant dans la même langue, au fil des années liturgiques, une véritable imprégnation de la Parole se fait.

 

La célébration en latin, même pour le rite ordinaire, est donc une des expressions possibles et normales de la liturgie vivante de l’Église au 3ème millénaire. À l’issu du Concile, le pape a souhaité que cette langue soit gardée, par choix, dans certains monastères.

 

La langue latine est la langue de l’Église universelle, catholique.

 

De plus, le latin est un vrai patrimoine culturel et surtout spirituel. Au cours des siècles, cette langue s’est révélée particulièrement apte à exprimer le sacré, c’est-à-dire à nous mettre en présence de Dieu.

 

Le latin nous permet aussi de garder le chant grégorien. Ce chant a été composé sur des mots latins entre le 8ème et le 12ème siècle. Chant profondément contemplatif, il aide la prière et soutient l’attention. C’est un véritable trésor de l’Église. 

 

"L’œuvre essentielle de notre vie est la contemplation, c’est la prière de l’Église célébrée par nous, devenue l’objet et le moyen de notre contemplation." (Mère Cécile Bruyère, fondatrice des Bénédictines de l'Abbaye Notre Dame de Wisques, Diocèse d'Arras)

Image illustrative de l’article Albert Malcolm RanjithEn 2008, dans un entretien donné à Bruno Volpe, S. Exc. Mgr Albert Malcolm Ranjith Patabendige Don, secrétaire de la S. Congrégation pour le culte divin et la discipline des Sacrements a exprimé son désir que la communion dans la main soit revue :

"Il est vraiment mauvais que des prêtres, heureusement pas tous, continuent à dénaturer, avec des extravagances inexplicables, la liturgie qui – on devrait se le rappeler – n’est pas leur propriété mais appartient à l’Église. Je rappelle à ces prêtres qu'ils doivent, et j'insiste, respecter la liturgie officielle de l'Eglise catholique. A propos des abus et des interprétations personnelles : la messe n'est pas un spectacle, mais un sacrifice, un don et un mystère. Ce n'est pas un hasard si le Saint-Père Benoît XVI nous rappelle sans cesse de célébrer l'Eucharistie avec dignité et décorum.

"... (La question de la communion dans la main). Je crois tout "simplement" que cette pratique doit être revue. Comment procéder ? Pour commencer, un bon catéchisme. Vous savez, hélas, beaucoup de gens ne savent même plus Qui ils reçoivent dans la communion, qui est le Christ, et ainsi approchent de la table de communion sans grande concentration et avec très peu de respect.

"Nous avons besoin de retrouver le sens du sacré. Je parle seulement en mon nom, mais je suis convaincu de l'urgence du réexamen de la pratique de la communion donnée dans la main, du retour à la distribution de l’hostie aux fidèles directement dans la bouche, sans qu’ils la touchent, rappelant par là que Jésus est vraiment dans l'Eucharistie et que chacun doit Le recevoir avec dévotion, amour et respect.

"L’agenouillement au moment de la communion... constituerait une véritable marque de respect pour le don et le mystère de l'Eucharistie. ... En tant que catholique, je me demande et je me pose la question : pourquoi avoir honte de Dieu ? S’agenouiller à la communion serait un acte d’humilité et de reconnaissance de notre nature en tant qu’enfant de Dieu."

 

Lors de la grippe porcine de juin 2009, un catholique britannique demanda à la Congrégation pour le Culte divin quelles étaient les restrictions diocésaines contre la communion sur la langue en raison des inquiétudes liées à l'épidémie? Dans sa réponse, la Congrégation réaffirma que les fidèles ont toujours le droit de recevoir la sainte Communion sur la langue :

 

Distribution de la Communion en période d'épidémie : Réponse de la Congrégation pour le Culte divin (en 2009)

Source: Pro Liturgia, Actualité du vendredi 6 mars 2020

 

 

En 2014, dans un entretien à Corpus Christi, Mgr Athanasius Schneider, Evêque auxiliaire d’Astana au Kazakhstan, s’exprima sur la situation de l’Eglise à l'occasion de la publication de son livre “Corpus Christi ; la communion dans la main au cœur de la crise de l’Eglise” aux éditions Contretemps :

 

"Tant que l’adorable personne du Christ, cachée sous les humbles espèces sacramentelles, sera traitée d’une manière aussi banale, indélicate et superficielle qu’aujourd’hui il ne pourra se produire un vrai progrès spirituel dans l’Eglise.

 

... Parmi les principaux problèmes soulevés par la Communion dans la main il faut d’abord signaler les deux faits les plus graves. Tout d’abord une perte importante de parcelles de la Sainte Hostie qui tombent sur le sol où elles sont piétinées, ensuite le nombre grandissant de vols d’hosties consacrées.

De plus l’absence quasi-totale de gestes manifestes d’adoration et de sacralité au moment de la distribution et de la réception de la sainte Communion entraîne, avec le temps, une diminution et même une perte de la croyance en la présence réelle et en la transsubstantiation. 

Le geste moderne de la Communion dans la main – substantiellement différent du geste analogue dans la primitive Eglise – contribue à la banalisation et même à la profanation non seulement de la réalité la plus sainte, mais de la Personne la plus sainte qui est Notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ. "

 

En 2020, le covid fut le prétexte à distribuer la communion dans la main.

 

L'instruction Redemptionis sacramentum § 91-92 donne un droit à tous les fidèles de communier à genoux et dans la bouche :

 

"ll n’est pas licite de refuser la sainte Communion à un fidèle, pour la simple raison, par exemple, qu’il désire recevoir l’Eucharistie à genoux ou debout.

- Tout fidèle a toujours le droit de recevoir, selon son choix, la sainte communion dans la bouche."

 

Ce droit est confirmé par le canon 843 §1 du CIC : "Les ministres sacrés ne peuvent pas refuser les sacrements aux personnes qui les leur demandent opportunément, sont dûment disposées et ne sont pas empêchées par le droit de les recevoir."

Add. 18 septembre 2025. Dans un entretien avec Elise Ann Allen, auteur de la biographie du Pape "Léon XIV: citoyen du monde, missionnaire du XXIe siècle", paru en espagnol le 18 septembre au Pérou, Léon XIV affirme avoir "déjà reçu plusieurs demandes et lettres [à propos de ]: La question concernant la messe latine." "Si nous célébrons correctement la liturgie de Vatican II, voyons-nous vraiment une telle différence entre telle expérience ?', demande le Pape.

 

"Il y a un autre sujet, également brûlant, pour lequel j'ai déjà reçu plusieurs demandes et lettres : la question de savoir si l'on dit toujours 'la messe latine'. Et bien, vous pouvez dire la messe en latin maintenant. S'il s'agit du rite Vatican II, il n'y a aucun problème. Évidemment, entre la messe tridentine et la messe Vatican II, la messe de Paul VI, je ne sais pas trop où cela va nous mener. C'est évidemment très compliqué.

 

"Je sais qu'une partie de ce problème, malheureusement, est devenue – encore une fois, un élément d'un processus de polarisation – certains ont utilisé la liturgie comme prétexte pour faire avancer d'autres sujets. C'est devenu un outil politique, et c'est très regrettable.

 

"Je pense que parfois, l'"abus" de la liturgie de ce que nous appelons la messe de Vatican II, n'a pas aidé ceux qui recherchaient une expérience plus profonde de la prière, un contact avec le mystère de la foi qu'ils semblaient trouver dans la célébration de la messe tridentine. Là encore, nous sommes devenus polarisés, de sorte qu'au lieu de pouvoir dire : 'Si nous célébrons correctement la liturgie de Vatican II, voyons-nous vraiment une telle différence entre telle expérience ?'

 

"Je n'ai pas encore eu l'occasion de rencontrer un groupe de personnes qui défendent le rite tridentin. Une occasion se présentera bientôt, et je suis sûr que d'autres occasions se présenteront. Mais c'est un sujet sur lequel, je pense aussi, peut-être avec la synodalité, nous devons nous asseoir et discuter. C'est devenu un sujet tellement polarisé que les gens refusent souvent de s'écouter. J'ai entendu des évêques m'en parler, me disant : "On les a invités à ceci et à cela, et ils ne veulent même pas entendre." Ils ne veulent même pas en parler. C'est un problème en soi. Cela signifie que nous sommes désormais dans l'idéologie, que nous ne sommes plus dans l'expérience de la communion ecclésiale."

 

Cf. https://cruxnow.com/vatican/2025/09/pope-leo-speaks-to-cruxs-elise-ann-allen-about-lgbtq-issues-and-the-liturgy 

Conclusion 

 

La messe est devenue une sorte de spectacle où par endroits les applaudissements ou l'auto-célébration d'un groupe remplacent le culte du Dieu vivant adoré à l'autel sacré.

 

La communion dans beaucoup d'endroits a perdu tout sens mystique et sacré. Des gens communient dans la main et retournent à leur place sans conscience de la Présence réelle. Sans parler des actes de vols et de profanations d'osties. 

 

Les chrétiens “conservateurs” sur le plan théologique ont mieux résisté à la chute de la pratique religieuse que les libéraux.

 

Aujourd'hui comme il y a deux mille ans, la mosaïque de Megiddo, il est clair que ce qui est offert à Dieu en mémorial n'est pas une table ordinaire sur laquelle prendre ses repas, mais une table sacrée.

 

 

Le plus important dans le culte divin, ce n’est pas de comprendre chaque mot ou chaque concept. Le plus important, c’est que nous ayons une attitude de ferveur et de crainte devant Dieu, que nous l’adorions, le louions et lui rendions grâce.

Cardinal Francis ARINZE, conférence liturgique de Gateway, St. Louis, Missouri, 11 novembre 2006

Parce que la liturgie est la grande école de la prière de l’Église, il a été jugé bon d’introduire et de développer l’usage de la langue vivante, sans éliminer l’usage de la langue latine, conservée par le Concile pour les rites latins.

Lettre apostolique de S. Jean-Paul II pour le 25e anniversaire de la Constitution sur la liturgie de Vatican II

Je pense que parfois, l'"abus" de la liturgie de ce que nous appelons la messe de Vatican II, n'a pas aidé ceux qui recherchaient une expérience plus profonde de la prière, un contact avec le mystère de la foi qu'ils semblaient trouver dans la célébration de la messe tridentine.

[...] Si nous célébrons correctement la liturgie de Vatican II, voyons-nous vraiment une telle différence entre telle expérience ?

Léon XIV, Entretien à Crux, 18 septembre 2025

Des experts suggèrent des réformes urgentes dans la nouvelle messe catholique de 1969 afin de rétablir des éléments traditionnels tels que le silence sacré, la communion à genoux dans la bouche, certaines parties en latin, les Prières au pied de l'autel, de multiples signes de croix, le dernier évangile, le canon silencieux, les génuflexions du prêtre avant chaque contact avec l'hostie.

 

La messe préconisée par Vatican II s'apparentait davantage au Missel intérimaire utilisé entre 1965 et 1970, qui était essentiellement le Missel de 1962, traduit en langues vernaculaires, sans les options décrites précédemment. Si Rome s'en était tenue à cette règle et avait poursuivi le lent développement organique, la messe aurait encore aujourd'hui une allure beaucoup plus tridentine, et nous aurions beaucoup moins de problèmes de division et de polarisation au sein de l'Église catholique.

 

Rien n'empêche le pape (quel qu'il soit) de mettre en œuvre une telle solution. Il n'est pas nécessaire de convoquer un autre concile œcuménique, ni un grand synode. Le pape a le pouvoir de le faire de son propre chef s'il le souhaite.

 

La solution est donc simple. Il suffit de fixer la messe Novus Ordo (messe régulière) avec plus de révérence, plus de latin. Exiger des homélies orthodoxes et interdire les innovations liturgiques. En d'autres termes : suivre Vatican 2. Et c'est, bien sûr, ce que Vatican 2 exige.

 

Quant à l'autre forme du rite romain, le pape peut aussi prévoir de libéraliser la messe traditionnelle en latin (tridentine). Ces fidèles ont également besoin d'un bon soutien pastoral et ne devraient pas être punis pour les péchés des autres. Il est injuste et peu charitable de punir une personne pour les péchés d'une autre personne.

 

 

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