Mise à jour le 28-12-2025
Pendant plus de mille ans, les chrétiens ont utilisé une Bible en 73 livres tirés de la Septante, les Écritures mêmes citées par Jésus et les apôtres. En 1534, Martin Luther en a retiré sept livres de l'Ancien Testament, car ils contredisaient sa théologie, notamment le principe de la foi seule. Il les jugeait utiles, mais non conformes aux Écritures, et a même remis en question certains passages de Daniel et d'Esther. L'Église ne s'est pas empressée de réintégrer ces livres. Au concile de Trente, elle a simplement réaffirmé ce que les chrétiens lisaient depuis toujours. Ce ne sont pas les catholiques qui ont modifié la Bible lors de la Réforme ; c'est la Réforme qui l'a modifée.
Certains demandent : ''La Bible a-t-elle été modifiée ?'' Quelle est la bonne traduction de la Bible ? Pour répondre à cette question il faut recenser l'histoire des traductions de la Bible, afin de voir si certaines traductions n'ont pas modifié le sens premier. Mais avant de le faire considérons cette vérité : la foi n'a pas été donnée aux apôtres comme un livre avec un index - elle a été confiée à l’Église, vécue dans le Culte chrétien et transmis à la fois dans les Écritures ET la tradition orale (2 Thessaloniciens 2:15).
À l’époque du Second Temple et à l’époque des Apôtres, il n’existait pas de canon unique et universellement accepté des Écritures hébraïques – ce que nous appelons aujourd’hui l’Ancien Testament. Le canon de l'Ancien Testament n'était pas clos au Ier siècle. Les Juifs n'avaient pas de canon biblique établi. Différents groupes juifs possédaient des canons différents. Ils s'appuyaient sur une autorité communautaire pour interpréter l'Écriture (Magistère). Mais les pharisiens, les sadducéens et les esséniens avaient chacun des points de vue différents sur les livres considérés comme faisant autorité. Les Sadducéens n'en reconnaissaient que cinq. Les Esséniens, auteurs des manuscrits de la mer Morte, en comptaient plus de 39. Certains Juifs en avaient plus de 39, d'autres moins. Après la destruction du second temple en 70 après J.-C., le christianisme connut un essor fulgurant. Les chrétiens utilisaient les livres deutérocanoniques pour convaincre les gens que Jésus-Christ était le Messie. La standardisation du canon juif tel que nous le connaissons aujourd'hui ne s'est achevée qu'au IXe siècle avec les Massorètes. Le Canon de Muratori (vers 177 après J.-C.) énumère les livres du Nouveau Testament, en utilisant l'expression "l'Église catholique" pour désigner le corps unifié des croyants qui acceptent ces textes comme saints et canoniques.
Les catholiques reconnaissent la plupart des livres contenus dans la Septante fixée dès , qui contenait des livres écrits en grec, ou dont seule la version grecque nous est parvenue (confirmée par les Manuscrits hébreux dits "de Qumran" ou "de la mer Morte"). La Septante était en usage chez les premiers chrétiens des siècles avant la fixation définitive du canon hébraïque par les Massorètes entre le VIIe siècle et le Xe siècle apr. J.-C. (que les protestants suivirent).
L'Église catholique n'a en revanche pas inclus tous les livres traditionnellement présents dans la Septante tels que : 1 Esdras (ou Esdras grec, distinct d'Esdras et de Néhémie), 3 Maccabées (parfois en appendice), 4 Maccabées, Psaume 151, Prière de Manassé, parfois 3 et 4 Esdras. Ces livres sont parfois considérés comme apocryphes ou pseudépigraphes dans la tradition catholique, et ne sont pas inclus dans le canon. L'Eglise orthodoxe orientale inclut certains ce ces livres supplémentaires dans son canon.
La Fête de la Dédicace, fête de la Lumière ou fête des Maccabées mentionnée en 1 M 4,36-59, la Ḥānukkāh (en hébreu : "inauguration" ou "dédicace") est la fête juive qui commémore la Nouvelle Dédicace (en ~ 165) du second Temple de Jérusalem, trois ans après sa profanation par Antiochus IV Épiphane (175-164 av. J.-C.) roi grec de Syrie issu de la dynastie séleucide des diadoques, successeurs d'Alexandre le Grand. La révolte maccabéenne qui vit la victoire des Juifs et permit la fête de la Dédicace est relatée dans les deux livres des Maccabées qui font partie de la Septante et du canon de la Bible catholique.
Les Juifs ont exclu 1 M 4,36-59 de leur canon biblique massorétique. La fête de Hanoucca commémorant la victoire juive sur les Grecs a ainsi été conservée dans la tradition juive bien que les livres décrivant cet événement ne figurent pas dans le canon hébraïque... Si bien que de nos jours, ce sont les catholiques qui rappellent aux Juifs cette antique fête juive de Hanukkah!
C'est Rabbi Akiva ben Yosseph (37-135 après J.-C.) contributeur central à l'élaboration de la Mishna (premier recueil de la Torah orale, considéré comme l'un des fondateurs du judaïsme rabbinique) qui suivit le faux Messie Simon bar Kohba lors de la seconde révolte juive de 135... et exclut les Maccabées et les Deutérocanoniques du canon biblique juif, selon la Tosefta (compilation de la torah orale juive fin 2e siècle) Yadayim 2:13-14 où il déclare que : "les Évangiles et les livres hérétiques ne rendent pas les mains impures. Les livres de Ben Sira, et tous les autres livres écrits à partir de cette époque, ne rendent pas les mains impures". [Cette expression se réfère à un texte profane. Les textes sacrés, eux, requièrent un lavage rituel des mains après avoir été touchés. Ce n'est pas le cas des textes non sacrés.]
Par conséquent Akiba affirme que les textes cités ne sont pas sacrés, c'est-à-dire qu'ils ne font pas partie des Écritures. Puisque les évangiles sont mentionnés, les propos d'Akiba concernent les Écritures chrétiennes. Son rejet du Nouveau Testament comme Écriture inclut également le rejet des livres de Ben Sira (Siracide daté vers 180 av. J.-C., le plus ancien des Deutérocanoniques ainsi que tous les livres postérieurs à cette date, ce qui inclut les deux livres des Maccabées (écrits vers 124-100 av. J.-C.) du canon hébreu, car ils ne sont pas (plus) considérés comme sacrés, ainsi que l'ensemble des Deutérocanoniques.
Or bien que le rabbin Akiba n'éprouvât aucune sympathie pour le christianisme, il n'en révéla pas moins un point souvent contesté par les protestants : à savoir que les premiers chrétiens considéraient bel et bien ces livres deutérocanoniques comme faisant partie des Écritures saintes, au même titre que les Évangiles et le Nouveau Testament. Akiba ne chercha pas à réfuter cette affirmation, il l'a présupposa et s'y opposa. (Cf. Gary MICHUTA, Témoins hostiles: Comment les ennemis historiques de l'Église prouvent le Christianisme). Akiba confirma involontairement certains points controversés concernant l'Église catholique et le christianisme.
Le meilleur témoin de l'inspiration des livres des Maccabées exclus par les rabbins reste le Christ lui-même, puisque Jean 10,22-23 nous dit que ''alors arriva la fête de la dédicace du Temple à Jérusalem. C’était l’hiver. Jésus allait et venait dans le Temple, sous la colonnade de Salomon."
L'"Église catholique" a intégré les 73 livres de la Bible au concile de Rome en 382 après J.-C. Ces 73 livres ont été réaffirmés au synode d'Hippone (393 après J.-C.), aux deux conciles de Carthage (397 et 419 après J.-C.), au concile de Florence (1431-1449 après J.-C.) et enfin, comme article de foi, par le concile de Trente (1545-1563 après J.-C.). Martin Luther lui-même utilisait et citait les livres deutérocanoniques, cependant, il ne les rejeta que lorsqu'ils furent utilisés contre lui pour dénoncer ses erreurs. Il rejeta également l'apostolicité de l'épître de Jacques et de l'épître aux Hébreux. Néanmoins, ces livres furent inclus dans toutes les Bibles protestantes à des fins édifiantes jusqu'au XIXe siècle où les sept livres deutérocanoniques ont été retirés par la Société biblique protestante britannique en 1825 afin nous dit-on de réduire les coûts d'impression. Voilà le pieux mensonge officiel avancé. Les protestants du XIXe siècle ne voulaient simplement pas que vous lisiez ces livres de peur que vous ne vous convertissiez au catholicisme; Ils ont donc édité et altéré la Parole de Dieu. Et dans les années 1880, toutes les éditions protestantes ultérieures de la Bible du "roi Jacques" ont cessé d'inclure les livres deutérocanoniques.
La Bible n'est pas tombée du ciel reliée en cuir.
L’Église catholique est responsable de la canonisation de l’Ancien et du Nouveau Testament.
Les évêques de l'Église catholique, guidés par le Saint-Esprit, ont discerné le canon au IVe siècle.
Sans l'Église, vous ne sauriez même pas quels livres en font partie.
La tradition orale apostolique a permis de recevoir des livres bibliques antiques dans la Bible.
Les livres qui ont été reçus dans le canon de la Bible dans la tradition catholique et orthodoxe grâce aux traditions orales apostoliques sont principalement les livres deutérocanoniques de l'Ancien Testament. Ces livres, qui faisaient partie déjà de la Septante (la version grecque de l'Ancien Testament utilisée par les apôtres et citée dans le Nouveau Testament), ont été acceptés comme inspirés sur la base de la Tradition apostolique qui inclut les transmissions orales et les pratiques de l'Église primitive. Cette Tradition orale, guidée par l'Esprit Saint, a permis à l'Église de reconnaître leur autorité, comme en témoignent les citations des Pères de l'Église, les conciles anciens (comme ceux de Rome en 382, Hippone en 393 et Carthage en 397) et l'usage liturgique apostolique.
Voici la liste des sept livres deutérocanoniques principaux :
(1) Ecclésiastique (Siracide ou Sagesse de Ben Sira)
(2) Sagesse (Sagesse de Salomon)
(3) Judith
(4) Tobie (Tobit)
(5) Baruch (incluant la Lettre de Jérémie)
(6) 1 Maccabées
(7) 2 Maccabées
À cela s'ajoutent les sections deutérocanoniques intégrées dans d'autres livres :
Ajouts au livre d'Esther
Ajouts au livre de Daniel (comme la Prière d'Azarias, le Cantique des trois jeunes gens, Susanne et Bel et le Dragon)
Il s'agit des livres qui ne furent pas inclus dans le canon hébreu strict, ou tanakh (hors Septante grecque), fixé par les Massorètes à partir de Rabbi Akiva ben Yosseph, entre la fin 1er siècle et le Xe siècle (et utilisé par les protestants), mais leur inclusion dans la Bible chrétienne repose sur la Tradition apostolique orale et écrite, transmise par les apôtres et confirmée par l'Église. Les apôtres et les premiers chrétiens utilisaient la Septante, et les Pères de l'Église comme Irénée, Cyprien et Augustin les citaient comme Écriture sans distinction.
Les livres du Nouveau Testament qui ont été reçus dans le canon de la Bible (dans la tradition catholique et orthodoxe) grâce aux traditions orales apostoliques sont principalement les livres dits "antilegomena" (disputés). Ces livres ont fait l'objet de débats dans l'Église primitive quant à leur authenticité apostolique et leur inspiration, et leur inclusion finale a reposé sur la Tradition apostolique, qui inclut les transmissions orales, les témoignages des Pères de l'Église, l'usage liturgique et la reconnaissance progressive par les communautés chrétiennes guidées par l'Esprit Saint. Contrairement aux livres "homologoumena" (universellement acceptés dès le début, comme les quatre Évangiles, les Actes et la plupart des épîtres pauliniennes), les antilegomena ont dépendu davantage de la Tradition orale pour confirmer leur lien apostolique et leur autorité, comme en témoignent les conciles anciens (Hippone en 393, Carthage en 397) et les écrits des Pères comme Athanase, Jérôme et Augustin.
Voici la liste des sept livres antilegomena principaux :
Hébreux (attribué à Paul ou son entourage via la Tradition, malgré des doutes sur l'auteur)
Jacques
2 Pierre
2 Jean
3 Jean
Jude
Apocalypse (Révélation)
Ces livres n'étaient pas universellement reconnus au départ (par exemple, l'Apocalypse a été contestée pour des raisons doctrinales, et Hébreux pour son style), mais la Tradition apostolique orale et écrite, transmise par les apôtres et leurs successeurs, a permis à l'Église de les accepter comme inspirés. Par exemple, les Pères de l'Église comme Irénée et Origène les citaient, et leur usage dans les églises apostoliques a confirmé leur statut. En revanche, les livres homologoumena (comme Matthieu, Marc, Luc, Jean, Actes, les 13 épîtres de Paul, 1 Pierre et 1 Jean) étaient déjà largement acceptés sur la base de leur origine apostolique évidente, bien que l'ensemble du canon repose ultimement sur la Tradition ecclésiale. L'attribution de l'"Évangile de Luc à Luc lui-même" est une tradition orale.
Où trouve-t-on les traditions orales non écrites transmises par les apôtres ?
Dans les traditions chrétiennes catholiques et orthodoxes, les traditions orales non écrites transmises par les apôtres – souvent appelées "Tradition apostolique" ou "Sainte Tradition" – ne se trouvent pas sous forme de textes isolés ou de listes exhaustives, car elles sont par nature non écrites et ont été intégrées progressivement dans la vie et l'enseignement de l'Église. Elles sont préservées et transmises à travers plusieurs canaux vivants, guidés par l'Esprit Saint, tels que :
Le Magistère vivant de l'Église : L'autorité enseignante des évêques et des papes (dans le catholicisme) ou des conciles et de la hiérarchie (dans l'orthodoxie), qui interprète et applique ces traditions. Par exemple, le Concile de Trente (1545-1563) affirme que la révélation divine est contenue dans les livres sacrés et dans les traditions non écrites reçues par les apôtres du Christ ou dictées par l'Esprit Saint, transmises de génération en génération. Cela inclut des doctrines comme - mais ces doctrines ont aussi des sources scripturaires - :
-la Trinité ou la nature du Christ
-l'Assomption de Marie, son Immaculée Conception.
-la croyance en l'Eucharistie corps et sang du Christ, qui découle de la Tradition apostolique.
-le culte des saints, des reliques, leur intercession.
-le Purgatoire. Bien que le mot n'apparaisse qu'au 12e siècle, des idées de purification après la mort et de prières pour les défunts sont présentes dès les premiers siècles. (Clément d'Alexandrie, Stromates; Origène, De Principiis; Tertullien, De Anima; St Augustine, Cité de Dieu et Confessions; Basile le Grand; Grégoire de Nysse; Jean Chrysostome.)
Les écrits des Pères de l'Église comme Irénée de Lyon, Athanase d'Alexandrie, Basile le Grand ou Augustin témoignent de ces traditions orales dans leurs œuvres, en les reliant à l'enseignement apostolique. Par exemple, saint Athanase définit la Tradition comme ce que le Logos a donné, les apôtres ont prêché et les Pères ont préservé depuis les origines. Ces écrits ne sont pas la Tradition elle-même, mais des témoins de sa transmission orale initiale.
Les conciles œcuméniques et synodes : Les décisions des sept premiers conciles (comme Nicée en 325 ou Chalcédoine en 451) reflètent ces traditions, en clarifiant ces doctrines.
La liturgie et les pratiques ecclésiales : Les rites sacramentaux (le baptême trinitaire dans la Didachè), les prières (Sub tuum praesidium), les fêtes et les coutumes liturgiques (comme le signe de croix, le jeûne eucharistique incarnent ces traditions orales, transmises par la pratique apostolique et intégrées dans le culte quotidien de l'Église. Des textes anciens comme la Didachè ou la Tradition apostolique d'Hippolyte (IIIe siècle) en donnent des aperçus, bien qu'ils ne soient pas exhaustifs.
La succession apostolique : Les évêques, successeurs des apôtres, sont considérés comme les gardiens de ces traditions, assurant leur continuité par l'ordination et l'enseignement oral au sein des communautés.
Nous aborderons ici le problème du choix éditorial des Bibles modernes de changer le sens ou d'occulter des versets bibliques premiers connus dès le IIe siècle et qui définissent des éléments doctrinaux centraux du christianisme des premiers siècles, au prétexte que l'on n'a pas conservé de manuscrit grec ancien ou autres de cette époque même ou d'avant le Moyen Âge. Le fait que ces versets occultés soient à l'origine de doctrines centrales dès le début du christianisme prouve cependant que ces versets sont authentiques.
Le mot "prêtre" par exemple, dans les traductions protestantes, est toujours utilisé dans un sens négatif, faisant en général référence aux pharisiens et aux sadducéens, et à la prêtrise de l'ancienne alliance (remplacée par la nouvelle), mais en réalité, le mot est une évolution du grec presbyteros qui, comme nous le savons est très souvent mentionné de manière positive dans le Nouveau Testament (latin vulgaire prester, latin tardif presbyter). Les protestants traduisent ainsi "presbyteros" par ''ancien'' ou quelque chose de similaire, cherchant à éviter le mot prêtre parce qu'ils sont protestants et que toute leur religion repose sur le fait qu'ils ne sont pas catholiques.
Diacre, prêtre, évêque : un certain nombre de traductions sont littérales (serviteur, aîné, surveillant) au lieu de prendre les noms précis diacre, prêtre, évêque qui viennent tous des mots grecs. Cela revient à appeler par exemple Jésus Josué. De même, la plupart des endroits où se trouvent le mot "traditions" au pluriel dans un sens positif (comme lorsque employé par S. Paul dans 2 Thessaloniciens 2,15), ils le remplacent par "enseignements". Si le mot recouvre par contre un sens négatif (lorsque Jésus parlent de la tradition des pharisiens), ils le laissent. Au simple changement de mot dans la traduction, Luther ajoute un mot comme " seule" après "justification par la foi". D'autres peuvent omettre un mot ou un passage.
Les livres deutérocanoniques, également appelés "apocryphes" par les protestants, sont sept livres de l'Ancien Testament (Tobie, Judith, Sagesse, Ecclésiastique, Baruch, 1 et 2 Maccabées) ainsi que des ajouts à Esther et Daniel, inclus dans le canon biblique catholique, mais qui ne sont pas reconnus comme canoniques par les juifs et la plupart des protestants. Leur réception dans le canon catholique se fit progressivement au cours des siècles, mais le moment décisif a été le Concile de Trente (1545-1563), précisément lors de la quatrième session en 1546 qui définit le canon des Écritures pour l'Église catholique, en incluant ces livres "deutérocanoniques" (arrivés en second), en réponse aux réformes protestantes qui les excluaient, suivant le canon juif (Tanakh). Pourtant, avant le concile de Trente, dès les premiers siècles ces livres étaient largement utilisés dans la liturgie et la tradition de l'Église primitive, particulièrement dans la Septante (traduction grecque de l'Ancien Testament), qui à l'époque du Christ était le recueil de livres inspirés le plus répandu et comprenait les sept livres. De plus, c'est de cette Septante que Jésus tire systématiquement ses citations bibliques : il les considérait donc comme inspirées. Des Pères de l'Eglise comme saint Augustin (354-430) les considéraient comme inspirés, bien que des débats existaient (par exemple, saint Jérôme, traducteur de la Vulgate, exprimait des réserves mais les inclut aussi dans sa traduction). Les conciles régionaux de Rome en 382 avec le "Décret de Damase" (liste reprise dans le "Décret de Gélase" au VIe siècle), Hippone (393) et Carthage (397, 419) avaient déjà inclus ces livres dans leurs listes canoniques (mais sans caractère universel).
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Le Concile de Trente scella leur statut canonique pour l'Église catholique, les déclarant inspirés et faisant partie intégrante de l'Écriture, avec la même autorité que les autres livres. Cette décision a été réaffirmée par le Concile Vatican II (1962-1965) dans la constitution dogmatique Dei Verbum. Lorsque vous supprimez 7 livres et que vous modifiez les traductions pour effacer la théologie sacramentelle, vous ne préservez pas la Parole, vous l'éditez pour l'adapter à votre dénomination.
Le canon biblique protestant en 66 livres a été décidé par l'imprimerie en 1826 pour des raisons commerciales, parce qu'il était moins coûteux d'imprimer chaque biblette protestante en 66 livres après 1826.
Le canon catholique de 73 livres a été établi par Dieu, et non par une imprimerie. Les conciles de Rome en 382, d'Hippone en 393 et de Carthage en 397 et 419 ont reconnu l'intégralité des 73 livres comme faisant partie des Écritures, dont les 7 livres "deutérocanoniques", livres utilisés par Jésus et les apôtres ; ces conciles étaient guidés par le Saint-Esprit. Le concile de Trente en 1546 en a fait un dogme officiel.
Exemples d'occultation ou de mauvaises traductions
(1) Le mot "seule" ajouté après "foi" à Romains 3,28
Martin Luther a ajouté un mot à la Bible.
Dans sa traduction allemande de 1522, Martin Luther a inséré le mot "allein" (seule) dans sa traduction allemande de Romains 3:28, rendant "un homme est justifié par la foi seule en dehors des œuvres de la loi." Et ce, bien que le grec du verset n'ait pas le mot. Luther le savait. Il l'a fait quand même. Et lorsqu'il a été mis au défi, il ne s'est pas excusé. Il a persisté.
Dans sa Lettre ouverte sur la traduction de 1530, il écrit :
"Si votre papiste veut faire tout un plat du mot 'seul', dites-lui tout de suite : le Dr Martin Luther l'aura ainsi". C'est une citation directe.
Il fit valoir que cela était requis par l'idiome allemand pour exprimer clairement l'exclusion des œuvres, car dire "par la foi sans les œuvres" lui semblait maladroit sans elle. Bien que linguistiquement motivé pour le flux naturel, l'ajout a explicitement avancé sa doctrine sola fide, ce qui a entraîné les accusations catholiques d'insertion théologique sur la fidélité stricte au texte. (GROK)
Le père de la Réforme justifiait de modifier le texte de la Sainte Écriture en raison de sa propre autorité. Pas sur le grec. Pas sur la tradition manuscrite. Sur sa volonté.
Pensez-y un instant. L'homme qui revendiquait l'Écriture seule comme son autorité changeait l'Écriture pour la faire correspondre à sa théologie...
L'ironie est dévastatrice, mais les preuves contre Sola Fide vont bien au-delà de la traduction de Luther.
Il y a exactement un verset dans toute l'Écriture où les mots "foi" et "seul" apparaissent ensemble. Un. C'est Jacques 2:24: "Vous voyez qu'une personne est justifiée par les œuvres et non par la foi seule". La seule fois où la Bible met la "foi" et la "seule" dans la même phrase, c'est pour nier la doctrine même que Luther a construite autour de lui.
La réponse de Luther ? Il appela l'épître de Jacques "une épître de paille" et essaya de la retirer entièrement du canon. Quand les Écritures contredisaient sa doctrine, il ne révisait pas la doctrine. Il a essayé de réviser les Écritures.
Voici comment cela a fonctionné :
Original grec (Romains 3,28) : "λογιζόμεθα γὰρ δικαιοῦσθαι πίστει ἄνθρωπον χωρὶς ἔργων νόμου."
→ littéralement : "Nous soutenons qu'une personne est justifiée par la foi, indépendamment des œuvres de la loi." Le mot (foi) seule n'y est pas.
→ Traduction allemande de Luther (1522) : "So halten wir nun dafür, daß der Mensch gerecht werde ohne des Gesetzes Werke, allein durch den Glauben." → "Nous soutenons qu'un homme est justifié par la foi seule, sans les œuvres de la loi."
→ dans Galates 2,16 "ce n’est pas en pratiquant la loi de Moïse que l’homme devient juste devant Dieu, mais seulement par la foi en Jésus Christ", Luther a également parfois ajouté "allein" dans sa traduction ou son commentaire pour souligner la justification par la foi seule.
La doctrine de la justification par la foi seule n'est donc pas biblique mais un ajout, puisque dans Matthieu 25:34-40, Jésus décrit les justes comme ceux qui ont accompli des œuvres de miséricorde telles que :
- nourrir les affamés,
-vêtir ceux qui étaient nus,
-visiter les malades, les prisonniers
- et leur récompense est "la vie éternelle".
Dans Romains 2:6-8 : Il est dit que Dieu "rendra à chacun selon ses œuvres"; Il donnera la "vie éternelle" à "ceux qui font le bien avec persévérance et recherchent ainsi la gloire, l’honneur et une existence impérissable".
Dans Apocalypse 20:12-13, les morts sont jugés selon ce qui est écrit dans "le livre de la vie", "selon leurs actes".
Dans Apocalypse 22:12, Jésus dit : "Voici que je viens sans tarder, et j’apporte avec moi le salaire que je vais donner à chacun selon ce qu’il a fait."
Le seul moment où les mots "foi" et "seule" apparaissent dans le même verset est dans Jacques 2:24-26 où la Bible déclare explicitement : "l’homme devient juste par les œuvres, et non seulement par la foi", car "la foi sans les œuvres est morte..." La Bible dit donc expressément le contraire de ce que dit Luther.
De même donc que le salut par les œuvres seules sans la foi est une hérésie, la foi seule est une hérésie expressément contredite par la Bible en Jc 2,24-26.
L'Église catholique souscrit à une partie de l'interprétation protestante d'Éphésiens 2, ''C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, et par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu.'' L'Église croit que l'homme ne peut ni œuvrer ni mériter la grâce originelle. Sans la grâce, nous sommes morts dans le péché. Dieu nous a donné la grâce de dire ''oui'' ou ''non'', Il nous offre le salut pour entrer dans l'alliance, mais nous conservons le libre arbitre de consentir ou de refuser sa volonté. (Jean 3,36 ; Actes 7,51 ; 1 Corinthiens 3,9) Cependant, une fois qu'une personne a reçu la grâce initiale, cette personne doit faire la volonté de Dieu.
1 Corinthiens 15:2 "c’est par lui que vous serez sauvés si vous le gardez tel que je vous l’ai annoncé ; autrement, c’est pour rien que vous êtes devenus croyants."
Philippiens 2:12 "Ainsi, mes bien-aimés, vous qui avez toujours obéi, travaillez à votre salut avec crainte et profond respect ; ne le faites pas seulement quand je suis là, mais encore bien plus maintenant que je n’y suis pas.."
La citation suivante montre qu'il s'agit d'un cheminement de foi, et non de la foi seule (idée hérétique qu'une fois sauvé, on est sauvé pour toujours) : Romains 13:11 "Vous le savez : c’est le moment, l’heure est déjà venue de sortir de votre sommeil. Car le salut est plus près de nous maintenant qu’à l’époque où nous sommes devenus croyants." Pour Paul, le salut est tourné vers l’avenir. Son emploi du passé et du présent en ce qui concerne le salut a une dimension prospective. Les protestants affirment que les bonnes œuvres découlent de la foi, en s'appuyant sur Philippiens 2,13. Nous, catholiques, croyons qu'à mesure que notre foi grandit, nous accomplissons davantage la volonté de Dieu et recevons plus de grâce, et ne croyons pas que les bonnes œuvres nous assurent le salut initial. "Car celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère." (Matthieu 12:50) Réfléchissez-y : faire la volonté de mon Père !
Voir aussi :
Matthieu 7.21 "Ce n’est pas en me disant : “Seigneur, Seigneur !” qu’on entrera dans le royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux."
Matthieu 16.27 "Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite."
Marc 10.21 "Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi".
Luc 12.43-48 "Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi !"
2 Corinthiens 5.10 "Car il nous faudra tous apparaître à découvert devant le tribunal du Christ, pour que chacun soit rétribué selon ce qu’il a fait, soit en bien soit en mal, pendant qu’il était dans son corps."
2 Corinthiens 9.6 “À semer trop peu, on récolte trop peu ; à semer largement, on récolte largement”.
2 Corinthiens 11.15 "ils auront une fin conforme à leurs œuvres.";
Galates 6.7-9 "Ne vous égarez pas : Dieu ne se laisse pas narguer. Ce que l’on a semé, on le récoltera."
Éphésiens 6.8 "Car vous savez bien que chacun, qu’il soit esclave ou libre, sera rétribué par le Seigneur selon le bien qu’il aura fait."
Colossiens 3.25 "Celui qui fait le mal récoltera le mal qu’il aura fait"
1 Timothée 6.18-19 "Qu’ils fassent du bien et deviennent riches du bien qu’ils font"
Apocalypse 2.23 "Toutes les Églises reconnaîtront que moi, je suis celui qui scrute les reins et les cœurs, et je donnerai à chacun de vous selon ses œuvres."
Romains 8:38-39 n'enseigne pas la sécurité éternelle. Chacun des neuf éléments que Paul déclare incapables de " nous séparer de l'amour de Dieu" — absolument tous — sont une force extérieure au pécheur. Mais le pécheur peut assurément se séparer de lui-même, se couper de Dieu et perdre son salut.
La doctrine de la justification par la foi seule, telle que formulée par Martin Luther au XVIᵉ siècle ne se retrouve pas non plus chez les Pères de l’Église (IIᵉ–Vᵉ siècle) qui n’opposaient pas la foi et les œuvres comme le fit Martin Luther. Pour eux, la foi est le commencement du salut, mais les œuvres (ou fruits de la foi) sont inséparables de la vie en Christ. Les Pères de l’Église parlaient de synergie entre la grâce de Dieu et la coopération libre de l’homme (cf. saint Irénée, saint Jean Chrysostome, saint Basile.). La foi est le commencement du salut, non son unique condition. La justification est un processus impliquant à la fois et la foi (comme don gratuit de Dieu) et les œuvres. Par exemple: Vous êtes riche et face aux pauvres, vous avez "la foi", mais ne faites rien. Êtes-vous justifié ?La réponse est non évidemment. Les Pères, tels que Saint Augustin (De fide et operibus), Saint Jean Chrysostome (Homélies sur les Romains), et Saint Basile le Grand (Homélies sur les Psaumes), affirment unanimement que la foi doit être vivante, c’est-à-dire agissante par la charité (Galates 5:6). L’Épître à Diognète (8–9) et Polycarpe (Aux Smyrniens 1) insistent sur la grâce gratuite de Dieu, mais précisent que celle-ci transforme le croyant et le rend “digne par l’effet de la bonté divine”, non par simple imputation extérieure. Théophylacte d’Ochrida et Photius, souvent cités par les partisans du sola fide, décrivent la foi comme le moyen d’union à Christ, inséparable des œuvres de miséricorde. Chez les Pères, la justification se comprend comme une synergie entre la grâce divine et la coopération libre de l’homme : “Celui qui t’a créé sans toi ne te sauvera pas sans toi” (Augustin, Sermon 169). La tradition patristique enseigne donc la primauté de la foi, mais jamais son exclusivité car elle trouve sa plénitude dans la charité, c'est-à-dire les œuvres.
En 1999, le Vatican a signé une Déclaration conjointe sur la doctrine de la justification avec la Fédération luthérienne mondiale, qu'il élargit par la suite à d'autres dénominations protestantes, le conseil méthodiste mondial (2006), le conseil consultatif anglican (2016) et la Communion mondiale des églises réformées (2017). "Nous confessons ensemble que l’homme est justifié par la foi en l’Evangile "indépendamment des œuvres de la loi" (Rm 3, 28) "Nous confessons ensemble que les bonnes œuvres – une vie chrétienne dans la foi, l’espérance et l’amour – sont les conséquences de la justification et en représentent les fruits." Ce texte a représenté un accord historique sur la doctrine de la justification par la foi, marquant un pas important dans le dialogue œcuménique. Contrairement à ce que les protestants ont parfois prétendu, l'Eglise n'a jamais enseigné le salut par les œuvres seules (sans la foi...) Le concile de Trente disait déjà au 16e siècle : "Si quelqu'un dit que l'homme peut être justifié devant Dieu par ses œuvres... sans la grâce divine venant par Jésus Christ, qu'il soit anathème."
"La paix si possible, la vérité à tout prix", a dit Martin Luther. ''La vérité'', selon Luther, et c'est là le point crucial, est son avis personnel puisqu'il ne présente aucune affirmation étayée par une autorité divine.
En 1517, Luther (1483-1546) brisa l'Église catholique en demandant une réforme et introduisit une nouvelle idée : le libre examen et sola scriptura, la croyance que l'Écriture est la seule autorité infaillible en matière de foi. Une doctrine inconnue jusqu'au 16e siècle. La conséquence fut la division. Wycliffe (1330-1384) et les premiers "réformateurs" luthériens croyaient en la foi seule. Depuis les protestants donnent simplement leur avis personnels, et c'est tout. Leur "autorité" est "sola scriptura" ("l'Écriture seule") interprétée personnellement. Et c’est sur cette base qu’ils se sont ''réformés'' dans un million de directions et de sens contradictoires. Ce n'est pas un hasard si le principe de la "sola scriptura" tout en se justifiant par une vénération profonde des Écritures, conduit nécessairement et inévitablement à une erreur et à un schisme sans fin et insolubles.
-Calvin (150-1564) rejeta Luther sur l'eucharistie.
-Zwingli (1484-1531) fut en désaccord avec les deux.
-Et Wesley (1703-1791) commença le méthodisme avec de nouvelles doctrines.
Ce n'est pas la liberté chrétienne. C'est une division avec une Bible. L'Église primitive n'interprétait pas les Écritures de manière isolée et indépendante. Les premiers chrétiens les ont reçu d'une autorité vivante : l'interprétation privée des Écritures doit se réaliser dans la tradition apostolique. (Cf. L'eunuque de la reine Candace éclairé par S. Philippe Apôtre pour interpréter et comprendre le prophète Isaïe dans Actes 8,27-35).
Une fois l'autorité rejetée, l'interprétation devient personnelle, isolée, contradictoire. Ce n'est plus de la clarté. C'est du chaos.
500 ans plus tard, les protestants continuent à se disputer et à se diviser indéfiniment. Le baptême est-il nécessaire ? Qu'est-ce que la communion ? Existe-t-il un ordre sacerdotal ? Les femmes peuvent-elles prêcher ? La liste est sans fin.
Aujourd'hui, environ 40 000 dénominations protestantes proclament toutes ''suivre la Bible seule'' et toutes prétendent avoir raison!
Mais l'Écriture elle-même nous avertit : 2 Pierre 1,20 ''pour aucune prophétie de l’Écriture il ne peut y avoir d’interprétation individuelle''.
Les protestants avec leurs milliers de dénomination et d’interprétation ont-ils la même foi que celle des chrétiens des mille premières années ? Y a-t-il maintien de l’unité avec les mille premières années du christianisme?
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Sans une Église unie, chaque homme devient son propre pape, chacun proclame sa propre interprétation est la vérité, mais l'Écriture dit que ''l'Église est le pilier et le soutien de la vérité'' (1 Thim 3,15), pas l'opinion privée. Pas l'interprétation personnelle. Jésus n'a jamais dit : lis ta Bible et interprète là toi-même, il dit : ''Celui qui vous écoute m’écoute.'' Lc 10,16. C'est l'autorité. C'est apostolique. C'est l'Église une, sainte, catholique et apostolique que l'on trouve par anticipation dans Actes des Apôtres 9,31 qui présente une seule Église, "en paix", unie, visible, en croissance. Les Écritures n'ont pas créé de dénominations. L'interprétation privée l'a fait. L'histoire a déjà nommé l'Église : 𝗘𝗰𝗰𝗹𝗲𝘀𝗶𝗮 𝗞𝗮𝘁𝗵' holes, l'Église "dans toute" ou "à travers (kata) toute (holes)" la Judée, la Galilée et la Samarie, anticipe son universalité "en paix" et en croissance. Le mot katholikos ("selon le tout", "universelle") apparait la première fois chez S. Ignace d'Antioche vers 110 ap. J.-C. dans l'épître aux Smyrniotes 8,2 pour désigner l'"Église universelle". Le texte mentionne : "Partout où est le Christ Jésus, là est l'Église catholique", c'est-à-dire dans le contexte des lettres de Saint Ignace d'Antioche l'ensemble de la communauté chrétienne UNIE autour du Christ et de SON Église, par opposition aux groupes hérétiques agissant en dehors de l'évêque ("docètes", "judaïsants") contre lesquels Ignace met en garde, ou assemblées locales isolées. Ce sens est fondamental dans la théologie patristique de l'unité ecclésiale et a contribué à l'usage ultérieur du terme Église "catholique" pour qualifier l'Église.
Donc, nous demandons : si Luther eut raison, pourquoi tout le monde n'est pas luthérien ? Pourquoi ses propres alliés rejetèrent ses enseignements et commencèrent leurs propres églises ? Pourquoi des pasteurs prétendent légitimer la polygamie ?
Les fruits protestants libéraux de la tradition non biblique sans l'Église sont:
- Divorce et remariage
- Polygamie : en lisant I Samuel, un polygame pourra en tirer de sa propre autorité que David ayant eu trois épouses, c'est bien pour lui aussi.
- Contraception
- Avortement
- Clergé féminin
- Clergé LGBTQ
- Mariage homosexuel (Cf. Photos)
Lorsque chacun devient sa propre autorité ultime, les Écritures cessent d'être la voix de Dieu interprétée à travers son Église et deviennent un outil d'autojustification. C'est le fruit amer de la sola scriptura : des divisions sans fin, des milliers de sectes et doctrines contradictoires, et des "pasteurs" autoproclamés qui déforment la Parole pour l'adapter à leurs désirs.
Les protestants ne pensent pas du tout en termes d'une histoire de salut unifiée, globale et cohérente. Ils utilisent plutôt les Ecritures comme un distributeur automatique, raisonnant en termes de versets individuels isolés par eux-mêmes et coupés des autres enseignements bibliques tandis que les chrétiens pensent en termes de cohérence de l'ensemble de la Révélation.
Le même phénomène s'est produit dans l'Église primitive. Les mêmes principes mènent aux mêmes désastres. Ce n'est pas un phénomène récent, apparu au XVIe siècle. Cela se produit depuis les origines. Les hérétiques gnostiques des premiers siècles affirmaient eux aussi que leur schisme était justifié car ils "réformaient" l'Église: c'est l'affirmation traditionnelle de la plupart des hérétiques.
Les Pères de l'Église ont toujours rejeté de telles affirmations.
Dans son chef-d'œuvre, "Contre les hérésies" vers 180, Saint Irénée de Lyon décrit "l'homme spirituel" auquel saint Paul faisait référence dans l'Écriture, et comment il suit la foi et l'Église, qui, selon lui (comme tous les autres Pères), ne se trouvaient que dans la succession des évêques directement issus des Apôtres, et perdureraient jusqu'au retour du Christ (aucun Père n'a nié cela).
Une des choses que saint Irénée disait que "l’homme spirituel" ne fait jamais, c’est justifier le schisme au nom de la "réforme" :
-Le Christ a enseigné à tort
-Les apôtres l'ont mal compris
-seul l'enseignant gnostique connaît vraiment la vérité.
Pendant quinze cents ans, les chrétiens n'ont pas décidé de la doctrine par interprétation privée. Ils ont fait appel à l'Église qui a préservé l'Écriture, défini son canon et jugé l'hérésie. Vous ne pouvez pas hériter de la Bible de cette Église et ensuite prétendre que l'Église n'avait aucune autorité. Si les Écritures seules suffisaient, le christianisme ne se briserait pas au moment où l'autorité serait supprimée. Cette division n'existait pas avant la Réforme... Elle existe à cause de cela. L'histoire a donc déjà réglé ce problème.
Seule l'Eglise qui a compilé la Bible peut l'interpréter correctement.
"L'Église catholique seule détient la plénitude de la vérité." Concile de Trente, Décret sur la justification, Session VI.
(2)La Sainte Trinité dans la première lettre de Saint Jean
Bible Catholique Crampon 1923. La Bible "Crampon", d'après les textes originaux du chanoine Auguste Crampon 1923, Lonrai 2014, p. 319 du Nouveau Testament) explique bien les raisons de cette mise entre crochets : "aucun manuscrit grec antérieur au XVe siècle et aucun manuscrit de la Vulgate antérieur au VIIIe siècle", mais sans donner plus d'explication, elle laisse entendre malheureusement que la Sainte Trinité a été inventée par les Pères de l'Eglise (voir les Pères de l'Eglise ci-dessus qui l'infirment). Cf. https://www.bible.com/fr/bible/504/1JN.5.BCC1923
Au prétexte que l'on n'a pas conservé de manuscrit grec ancien datant d'avant le XIVe siècle, les traductions modernes occultent le verset I Jean V, 7-8 qui mentionne la sainte Trinité, connu pourtant dès le IIe siècle, que l'on appelle le comma johannique et qui ne se retrouve plus dorénavant ni dans les traduction modernes de la Bible, ni dans le lectionnaire de la nouvelle messe !
Ce verset était connu :
- par Théophile d'Antioche, évêque d'Antioche (IIe siècle), dans on ouvrage Autolycus, une apologie de la foi chrétienne qui a été conservée ;
- Saint Justin Martyr (165 ap. J.-C.) ("Nous honorons en esprit et en vérité le Père et le Fils et le Saint-Esprit". Apolog., I, 6) ;
- Saint Irénée de Lyon ("Ceux qui secouent le joug de la loi et se laissent emporter à leurs convoitises, n'ayant aucun désir du Saint-Esprit, l'apôtre les appelle avec raison des hommes de chair", cité par S. Basile, en preuve de la divinité du Saint-Esprit, Lib. de Spir. Sanct. C., XXIX, n°72);
- ou encore Athénagore d'Athènes (133-190) qui demandait : "N'est-il pas étrange qu'on nous appelle athées, nous qui prêchons Dieu le Père et Dieu le Fils et le Saint-Esprit ?" (Legat. pro christian, n° 12 et 24) ;
- Saint Cyprien (IIIe siècle) ;
- Tertullien (160-220) ;
- Eusèbe de Palestine (265-340), qui pour s'encourager à parler, disait au IIIe s. : "invoquons le Dieu des prophètes, auteur de la lumière, par notre Sauveur Jésus-Christ avec le Saint-Esprit." (Ap. Basil., ibid, in Mgr Jean-Joseph Gaume, Traité du Saint-Esprit, 1864, Rééd. Éditions Saint-Rémi, 2019, p. 373-374) ;
- Potamius de Lisbonne, du milieu du IVe siècle, impliqué dans les controverses ariennes, a fait référence à plusieurs reprises au verset des témoins célestes 'les trois sont un', d'après les écrits de Jean, dans le contexte direct du Père, du Fils et du Saint-Esprit. (...) bien que publié pour la première fois en 1908) (Epistula ad Athanasium 1x; Epistula de substantia Patris et Filii et Spiritus sancti 3x) Et il y avait une correspondance avec Athanase et Potamius dans les deux sens.
Ces références (...) devraient aider à éliminer toute idée que le verset ne circulait pas dans les Bibles pendant les controverses ariennes.’’ [Commentaire de Steven Avery, 4 juin 2021 pour http://purebibleforum.com/index.php?threads/potamius-of-lisbon.1115/post-7316 ]
- Les conciles de Nicée (325) et Constantinople (381), IVe siècle ;
- Le Concile de Carthage au Ve ;
- Saint Fulgence au Ve - VIe s.,
- Saint Thomas d'Aquin au XIIIe siècle qui cite le verset entier I Jean V, 7 dans sa Somme théologique (Q. 30, a. 2).
La preuve "de l'utilisation ante-nicéenne de Tertullien et Cyprien, la déclaration textuelle de Jérôme dans le Prologue de la Vulgate qui relatait la tendance des scribes à omettre le verset, et la déclaration spéciale au Concile de Carthage de 484 après J.-C., entre orthodoxes et "ariens", plusieurs centaines affirment que le verset de Jean était un texte principal. Outre les lignes du texte latin ancien et de la Vulgate... Alors que ceux qui sont empêtrés dans la critique textuelle scientifique moderne peuvent se tordre les mains dans l'angoisse des manuscrits grecs, ils devraient essayer de voir le tableau d'ensemble. Et le style grammatical et johannique et les éléments "internes" s'intègrent parfaitement." [Commentaire publié de Steven Avery 24/09/2020 00:25 ]
Voir aussi la Trinité chez :
Clément d'Alexandrie (150-250 après J.-C.)
● Extraits prophétiques. 13.1 : « Par deux ou trois témoins toute parole est établie. » Par le Père, le Fils et le Saint-Esprit, par le témoignage et l'aide desquels les commandements prescrits doivent être observés. (Clément d'Alexandrie. Extraits prophétiques. 13.1 ; ANF, vol 8)
o Grec : Πᾶν ῥῆμα ἵσταται ἐπὶ δύο καὶ τριῶν μαρτύρων, ἐπὶ πατρὸς καὶ υἱοῦ καὶ ἁγίου πνεύματος, ἐφ' ὧν μαρτύρων καὶ βοηθῶν αἱ ἐντολαὶ λεγόμεναι φυλάσσεσθαι ὀφείλουσιν. (Clément d'Alexandrie. Eclogae ex Scripturis Propheticis. 13.1; Migne Graeca PG 9, 703-704)
Origène d'Alexandrie (184-253 après JC)
● Scholia sur le Psaume 122 :2 « Voici, comme les yeux des serviteurs regardent vers la main de leurs maîtres, et comme les yeux d'une jeune fille vers la main de sa maîtresse. » L'Esprit et les corps sont les serviteurs de leurs maîtres (le Père et le Fils) ; l'âme est la jeune fille pour sa maîtresse (le Saint-Esprit) ; et le Seigneur notre Dieu est les trois [personnes], car les trois sont un. Ainsi, les yeux des serviteurs regardent les mains de leurs maîtres tandis qu'ils donnent des ordres par des gestes. Il se peut aussi que les mains des maîtres, qui sont le Père et le Fils, soient les anges qui leur appartiennent à tous les deux, tandis que les mains de la maîtresse, qui est le Saint-Esprit, sont les pouvoirs qui sont propres au Saint-Esprit. (Origenis Selecta dans Psalmos CXXII)
○ Grec : Ἰδοὺ ὡς ὀφθαλμοὶ δούλων εἰς χεῖρας τῶν κυρίων αὐτῶν, ὡς ὀφθαλμοὶ παιδίσκης εἰς χεῖρας τῆς κυρίας αὐτῆς, οὕτως οἱ ὀφθαλμοὶ ἡμῶν πρὸς Κύριον Θεὸν ἡμῶν, ἕως οὖ οἰκτειρήσαι ἡμᾶς, κ. τ. ἑ. Δοῦλοι κυρίων Πατρὸς καὶ Υἱοῦ πνεῦμα καὶ σῶμα· παιδίσκη δὲ Il s'agit d'une solution à votre problème. Τὰ δὲ τρία Κύριος ὁ Θεὸς ἡμῶν ἐστιν · οἱ γὰρ τρεῖς τὸ ἕν Oui. Ὀφθαλμοὶ γοῦν δούλων εἰς χεῖρας κυρίων ὁρῶντες, ὅτε διὰ χειρῶν νεύοντες κελεύσουσιν. Ἤ χεῖρες κυρίων μὲν Πατρὸς καὶ Υἱοῦ οἱ ἑκατέρου ἄγγελοι· κυρίας δὲ τοῦ ἁγίου Πνεύματος αἱ οἰκεῖαι αὐτοῦ δυνάμεις. (Origenis Selecta dans Psalmos CXXII, Migne Graeca, PG 12.1633).
[Cf. Commentaire publié par MidusItus27/11/2022 22:27 https://evangelicaltextualcriticism.blogspot.com/2020/01/the-greek-manuscripts-of-comma.html?m=1 ]
La solution de la Bible Crampon de mettre le verset 1 Jn 5,7 ne remontant qu'au XIVe siècle entre crochets est judicieuse. Les bibles modernes connues pour d'autres traductions erronées ne pourraient-elles donc pas ajouter une note explicative en bas de page comme elles le font déjà pour les autres versets ?
Pour aller plus loin [Cf. www.leforumcatholique.org/message.php?num=897051 ] :
On retrouve le comma johannique (sans crochets) dans les traductions de Sacy, Fillion, et Vigoureux, mais pas dans la Bible de Jérusalem.
Du côté protestant, on le retrouve dans la King James Version, et dans la Bible de David Martin, mais pas dans la traduction de Louis Second.
Sur le blog d'Yves Daoudal, on lit ceci: ''L’épître de ce dimanche présente une particularité unique, c’est d’avoir une importante partie de texte qui n’existe pas. (…) Des tentatives désespérées ont été faites au cours de l’histoire pour voir le texte complet comme étant le texte canonique, d’autant que son parallélisme est si séduisant, et surtout que son affirmation de la Sainte Trinité est si claire… Mais il faut se rendre à l’évidence. La partie litigieuse ne se trouve dans aucun manuscrit grec ancien. Le plus ancien est du… XIVe siècle.'' (Source)
S'il est vrai que beaucoup de manuscrits omettent cette partie, je ne suis pas d'accord que cela suffise à mettre en cause son authenticité, et encore moins sa canonicité.
Chez les Orthodoxes
Malgré son absence des manuscrits grecs antérieurs au XIVe siècle, les Orthodoxes ont intégré ce verset dans leur liturgie:
''(…) ce que l'on appelle "le comma johannique". Les exégètes considèrent généralement cet élément textuel comme : "une incise, absente dans les manuscrits grecs anciens, les versions anciennes et les meilleurs manuscrits de la Vulgate" (...).
La Tradition de l'Église est tout autant liturgique qu'écrite.
Nous croyons, pour notre part, que la Tradition de l'Église s'exprime par cette vision trinitaire des "Trois qui sont Un".
Cette Tradition s'est trouvée incluse dans le texte de la première épître du saint Apôtre et Évangéliste Jean, de sorte qu'elle se trouve maintenant présente dans le texte liturgique utilisé dans l'Église orthodoxe, tout comme dans la Vulgate de l'Église latine.'' (Source)
Non seulement on retrouve le comma johannique dans la liturgie orthodoxe, mais on le retrouve également dans le "Texte autorisé du Nouveau Testament grec" du Patriarcat oecuménique de Constantinople, dans son édition de 1904 ICI.
Chez les Latins
Évidemment, chez les Latins, on a évoqué ce texte bien avant le XIVe siècle.
Au XIIIe siècle, saint Thomas d'Aquin le cite dans la Somme théologique:
'[...] on lit dans la 1° lettre de S. Jean (5, 7) : “Ils sont trois qui témoignent dans le ciel : le Père, le Verbe et le Saint-Esprit. ” Et si l’on demande : Trois quoi ? on répond : Trois Personnes, comme S. Augustin l’expose. Il y a donc seulement trois Personnes en Dieu.'' (Ia pars, Q. 30, a. 2)
Au V-VIe siècle, saint Fulgence invoque ce texte pour contrer l'arianisme:
''Ce Père [saint Fulgence] rapporte un grand nombre de passages pour prouver la divinité du Fils et du Saint-Esprit, entre autres celui de la première Épître de saint Jean, où il est dit: ''Il y en a trois qui rendent témoignage dans le ciel, le Père, le Verbe et le Saint-Esprit, et ces trois sont une même chose.'' (Histoire générale des auteurs sacrés et ecclésiastiques).
Au Ve siècle, le Concile de Carthage cite le comma johannique contre les ariens:
''Les évêques s'étendent particulièrement sur la divinité du Saint-Esprit, et la prouvent entre autres par ce texte de saint Jean, déjà cité par saint Cyprien: «Il y en a trois qui rendent témoignage dans le ciel : le Père, le Verbe et l'Esprit-Saint, et ces trois sont une même chose.» Ils concluent en ces mots : Telle est notre foi, appuyée sur l'autorité et les traditions des évangélistes et des apôtres, et fondée sur la société de toutes les églises catholiques du monde, dans laquelle, par la grâce de Dieu tout-puissant, nous espérons persévérer jusqu'à la fin de notre vie. Ce mémoire est daté du vingt avril 484.'' (Histoire universelle de l'Église catholique)
Quant à saint Cyprien de Carthage (IIIe siècle), on peut penser raisonnablement qu'il connaissait le texte en question comme le rappelle Bossuet:
''Un passage positif vaut mieux tout seul que cent omissions, surtout quand c'est un passage d'une aussi savante église que celle d'Afrique, qui, dès le cinquième siècle, a mis ce passage en preuve de la foi de la Trinité contre les hérétiques qui la combattaient. On ne doit pas oublier qu'une si savante Église allègue comme incontestable le texte dont il s'agit ; ce qu'elle n'aurait jamais fait s'il n'avait été reconnu, même par les hérétiques. Il n'y a rien qui démontre mieux l'ancienne tradition qu'un tel témoignage ; aussi vient-elle bien clairement des premiers siècles ; et on la trouve dans ces paroles de saint Cyprien au livre de l'Unité de l'Église. ''Le Seigneur dit : ''Moi et mon Père nous ne sommes qu'un''; et il est encore écrit du Père, du Fils et du Saint-Esprit : ''et ces trois sont un'', et hi tres unum sunt'' : où cela est-il écrit nommément et distinctement du Père, du Fils et du Saint-Esprit, sinon en saint Jean, au texte dont il s'agit ?'' (Oeuvres complètes de Bossuet, lere partie, Écriture sainte)
L'autorité de l'Église
Au-delà des témoignages historiques montrant l'importance que revêt ce verset, il y a l'autorité de l'Église dont il faut tenir compte.
Comme le rappelait Lycobates ICI, il importe de croire en l'authenticité du comma johannique en raison de ''l'autorité de l'Église, notamment du Concile de Trente (sess.IV, 1546), qui, en pleine connaissance de cause, a déclaré infailliblement qu'il fallait accepter, cum omnibus suis partibus, avec toutes ses parties, comme sacrés et canoniques, tous les livres de l'Écriture que l'Église a coutume de lire, tels qu'ils se trouvent dans la Vulgate.''
En 1897, un décret papal interdit de nier l'authenticité du comma johannique:
“Secrétariat de la Congrégation du Saint-Office de l’Inquisition. En ce qui concerne l’authenticité du texte de I Jean V. 7 (mercredi 12 janvier 1897).
“En Congrégation générale de la Sainte Inquisition romaine (...) la question discutable fut présentée comme suit, à savoir :
''Si nous pouvons impunément nier, voire mettre en doute, l’authenticité de ce texte (I Jean V. 7) (...)''
“Toutes choses ayant été examinées et pesées avec un très grand soin, et les grands Consulteurs ayant été chargés de donner leur avis, les très éminents Cardinaux susdits font savoir que ‘la réponse est négative’. Le vendredi 15 du mois et de l’année susmentionnés, à l’audience habituelle accordée du révérend père le grand Assesseur du Saint-Office, après qu’il eut fait un compte rendu exact des délibérations mentionnées ci-dessus au très saint et grand pape Léon XIII, Sa Sainteté a approuvé et confirmé la résolution de ces très éminents Pères (...).”
— Acta Sanctae Sedis, tome XXIX, 1896-7, p. 637.
Ce texte des AAS (qui me semble véridique) a été publié sur Internet par… les Témoins de Jéhovah mais pas pour en faire l'apologie comme on s'en doute. Ces derniers sont, comme on le sait, anti-trinitaires, et voient donc le comma johannique une falsification des Écritures par les catholiques. Une rhétorique similaire existe chez les musulmans. Mais nous savons, nous les catholiques, que c'est à l'Église catholique qu'il appartient de définir ce qui fait partie du canon des Écritures.
Historité et canonicité
Peut-être devrions-nous séparer la question de l'historicité et celle de la canonicité de ce verset. En effet, ne serait-il pas possible de laisser aux spécialistes la liberté de débattre de la datation de ce verset tout en laissant à l'Église le soin de dire que ce verset est canonique, et donc inspiré? Personnellement, j'aimerais bien que l'Église dise que ce comma johannique fait partie intégrante des Écritures.
Saviez-vous que du côté protestant (baptiste), ces dernières années, la défense de l'authenticité du comma johannique est devenue importante au sein du King James Only Movement (églises anabaptistes conservateurs, anglo-catholiques traditionalistes , méthodistes conservateurs de sainteté et baptistes indépendants.Ndlr)? De nombreux partisans considèrent ce verset comme un texte trinitaire important.
Comme catholiques, nous devrions être en mesure de voir cela. Ainsi, en raison de son caractère dogmatique, de son intégration dans la liturgie (tant dans la forme extraordinaire du rite romain que dans les liturgies orthodoxes), et de sa présence dans la Vulgate, je pense que le comma johannique devrait se retrouver dans toute bonne Bible catholique, et sa canonicité devrait même faire l'objet d'un rappel par l'Église." (Fin de citation) [1]
‘’L'interprétation est importante ici. Les non-trinitaires peuvent interpréter le CJ comme enseignant l'unité, et non la Trinité.’’ [Commentaire de Élie Hixson15/10/2020 15:36, auteur de l’article]
Ainsi, parmi les protestants (en majorité trinitaires), les ‘’pentecôtistes unitaires’’ (30 millions d'adhérents dans le monde, une branche du protestantisme ‘’pentecôtiste’’qui nie la Trinité) qui utilisent la King James Version, également appelée Bible du roi Jacques) font également appel à ce passage, mais comme preuve de leur doctrine antitrinitaire - ils prétendent que l'expression ‘’et ces trois sont un’’ enseigne leur doctrine de ‘’l'unité’’ de Dieu (une forme de monarchianisme modaliste communément appelée doctrine de l'unité, affirmant qu'il existe un seul Dieu - un esprit divin singulier mais sans distinction de personnes - qui se manifeste en tant que Père , Fils et Saint-Esprit), ce qui contraste fortement avec la doctrine dominante des trois personnes distinctes et éternelles posées par la théologie trinitaire chrétienne traditionnelle partagée par toutes les autres branches du christianisme.
[Notons encore que les pentecôtistes unitaires diffèrent ainsi des autres pentecôtistes et ''évangéliques'' dans leurs points de vue sur la sotériologie , croyant que la véritable foi salvatrice se démontre par la repentance, le baptême d'eau par immersion totale et le baptême dans le Saint-Esprit, fait uniquement au nom de Jésus-Christ, rejetant les formules trinitaires. Ils ont tendance à mettre l'accent sur des normes strictes de sainteté dans la tenue vestimentaire, la coiffure et d'autres domaines de la conduite personnelle. Le pentecôtisme unitaire est apparu pour la première fois en Amérique du Nord vers 1914 à la suite d'un schisme au sein du mouvement pentecôtiste de l'Œuvre achevée naissante (qui avait lui-même rompu avec le pentecôtisme de la sainteté.)
"Certains des défenseurs les plus véhéments du CJ sont des partisans protestants du textus receptus qui adhèrent aux confessions baptistes de Westminster ou de Londres et revendiquent la pureté doctrinale par l'affirmation de ces confessions, mais pour défendre le Comma Johannique (CJ) en faisant appel aux manuscrits grecs, ils doivent faire appel à des manuscrits de la tradition dont leur propre tradition s'est détachée !"
Cf. https://evangelicaltextualcriticism.blogspot.com/2020/01/the-greek-manuscripts-of-comma.html?m=1 ]
***
(3) La prophétie de la Vierge d'Isaïe 7,14
La Septante traduit l'hébreu "alma" du verset d'Isaïe 7,14 par le mot grec "parthenos" (παρθένος), Vierge.
Les traducteurs juifs de la Bible "massorétique" (Xe siècle) modifièrent l'Ancien Testament dans un sens anti-chrétien. La "vierge" de la prophétie d'Isaie 7,14 devient la "jeune fille". Or le Dictionnaire de Mayer-Lambert (ancien grand Rabbin de France) ne donne que deux traductions possibles pour 'alma' : vierge ou jeune-fille, mais pas jeune-femme. [2]
C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la VIERGE est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel (c’est-à-dire : Dieu-avec-nous).
Cette prophétie d'Isaïe (7, 14) est citée par l'évangéliste Matthieu (1, 23) précisément pour indiquer comment la conception de Jésus par la Sainte Vierge était l'accomplissement de la prophétie du prophète Isaïe.
Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète :
Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous »
Traduire Is 7,14 par 'jeune femme' est une falsification du sens parmi d'autres faite par la traduction juive massorétique qui revient à amoindrir le sens de l'Incarnation. Malheureusement, on trouve cette altération de sens de la virginité de Marie également dans bibles dites "oecuméniques" (catholiques protestantes) qui donnent un tout autre sens au verset 23 du premier chapitre de l'Evangile selon saint Matthieu.
Dans la T.O.B., par exemple, la version est: "24. A son réveil, Joseph fit ce que l'Ange du Seigneur lui avait prescrit: il prit chez lui son épouse, 25. mais il ne la connut pas jusqu'à ce qu'elle eût enfanté un fils, auquel il donna le nom de Jésus." La Vulgate mentionne : "24. Ainsi réveillé de son sommeil, Joseph, fit comme l'ange du Seigneur lui avait ordonné, et il prit sa femme avec lui. 25. Or il ne l'avait point connue, quand elle enfanta son fils premier-né, à qui il donna le nom de Jésus." Autrement dit, la version moderne laisse entendre que Joseph eut des relations avec Marie après "qu'elle eût enfanté un fils" tandis que la version ancienne - la Vulgate -, nous dit simplement que Joseph ne l'avait point connu quand elle enfanta Jésus.
De même, *dans Le Nouveau Testament, traduit en français courant d'après le texte grec. Alliance Biblique Universelle, Traduction Société Biblique française, Imprimatur Paris 22 mars 1973, le verset 25 sous-entend que Joseph a eu des relations après avec Marie. Un pas est franchi : "Mais il n'eut pas de relations avec elle jusqu'à ce qu'elle ait mis au monde son fils, que Joseph appela Jésus".
Ces falsifications du sens d'Is 7,14, les Juifs et les gnostiques commencèrent à les faire au IIe siècle après J.-C., selon saint Irénée dans son ouvrage Contre les hérésies 3,2,2, Dénonciation et réfutation de la gnose, écrit vers 180 ap. J.-C. :
« Une altération juive de la prophétie de l'Emmanuel
Dieu s'est donc fait homme, et le Seigneur lui-même nous a sauvés en nous donnant lui-même le signe de la Vierge. On ne saurait dès lors donner raison à certains, qui osent maintenant traduire ainsi l'Écriture : "Voici que la jeune femme concevra et enfantera un fils." Ainsi traduisent en effet Théodotion d'Éphèse et Aquila du Pont, tous les deux prosélytes juifs. Ils sont suivis par les Ébionites, qui disent Jésus né de Joseph, détruisant ainsi autant qu'il est en eux cette grande « économie » de Dieu et réduisant à néant le témoignage des prophètes, qui fut l'œuvre de Dieu. Il s'agit en effet d'une prophétie qui fut faite avant la déportation du peuple à Babylone, c'est-à-dire avant l'hégémonie des Mèdes et des Perses ; cette prophétie fut ensuite traduite en grec par les Juifs eux-mêmes longtemps avant la venue de notre Seigneur, en sorte que personne ne puisse les soupçonner d'avoir traduit comme ils l'ont fait dans l'éventuelle pensée de nous faire plaisir : car, s'ils avaient su que nous existerions un jour et que nous utiliserions les témoignages tirés des Ecritures, ils n'auraient certes pas hésité à brûler de leurs mains leurs propres Écritures, elles qui déclarent ouvertement que toutes les autres nations auront part à la vie et qui montrent que ceux-là mêmes qui se vantent d'être la maison de Jacob et le peuple d'Israël sont déchus de l'héritage de la grâce de Dieu.

« […] Ceux qui changent le texte d'Isaïe pour lire : "Voici que la jeune femme concevra en son sein" et qui veulent que l'enfant en question soit le fils de Joseph, qu'ils changent donc le texte de la promesse qui se lit en David, là où Dieu lui promettait de susciter "du fruit de son sein" une "Corne" (Psaumes 131, 17) qui ne serait autre que le Christ Roi ! Mais ils n'ont pas compris ce texte, sans quoi ils auraient eu l'audace de le changer lui aussi. » (S. Irénée de Lyon, Adversus Haereses, Contre les Hérésies, Livre III, 2e partie, 2.)
L'ouvrage Contre les hérésies a été écrit vers 180 ap. J.-C. par Saint Irénée de Lyon, disciple de S. Polycarpe, lui-même disciple de S. Jean l'Évangéliste.)
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Le Chevalier Paul Louis Bernard Drach (1791-1865), ancien rabbin français converti au 19e siècle, affirme lui aussi que l'hébreu alma du texte sacré de Is 7,14 signifie vierge (De l'harmonie entre l'Eglise et la synagogue ou Perpétuité et catholicité de la religion chrétienne, tome second, Paul Mélier éditeur Paris 1844, rééd. Scholar Select, UK 2018, p. 108-310), de même que pour Rebecca (Gn 24,16) et Marie, soeur de Moïse (Ex 2,8), elles aussi qualifiées d'alma. (De l'harmonie entre l'Eglise et la synagogue, ibid. p. 122.)
"Alma ... signifie une personne qui a conservé jusqu'à ce moment la virginité effective, et même ce que nous appelons la virginité morale, par son éloignement de tout ce qui peut flétrir la fleur si délicate de l'angélique vertu de pureté." (ibid. p. 132.)
"La version des Septante, qui est antérieure de plusieurs siècles au christianisme, et qui a fait longtemps autorité dans la Synagogue, rend ici (pour Is 7,14) le terme Alma par vierge; et en cela tous les manuscrits, tous les imprimés sont d'accord. On n'a jamais observé de variantes dans ce mot." (ibid., p. 138-139.)
"Après de longues et consciencieuses études sur notre prophétie d'Isaïe, saint Jérôme (340-420) déclare comme nous, sans craindre, dit-il, d'être démenti par les Juifs, qu'Alma, partout où ce mot se rencontre dans les saintes Ecritures, signifie uniquement une vierge dans la plénitude de son innocence, éloignée de toute communication avec l'autre sexe; et nulle part, une femme mariée, une femme non vierge." (De l'harmonie entre l'Eglise et la synagogue, ibid., p. 164.)
***
(4) En Luc 1,28 l'ange Gabriel entra chez Marie et lui dit (traduction de l'Association épiscopale liturgique) : ''Je te salue, Comblée-de-grâce''
Cependant la bible protestante Louis Second traduit Lc 1,28 par :
''Je te salue, toi à qui une grâce a été faite''
Il y a une grande différence. Quelle est donc la bonne traduction ?
L'utilisation du parfait, montre que l'action est parfaitement achevée, donc que la Grâce prend sa source dans le passé, et a un impact durable sur le présent.
Par exemple en Luc 16,20, Louis Second aurait dû traduire ''qui a un ulcère'', pourtant LS traduit ''couvert d'ulcères''. La Vulgate en latin dit bien ''ulceribus plenus'', ''couvert d'ulcères''...
Pareil en Jean 19,30, le dernier mot de Jésus sur la Croix est "tout est accompli." Louis Second traduit bien "Tout est accompli." L'action est accomplie et elle a un impact sur le présent. Or selon la logique de la traduction LS de la salutation de l'ange à Marie, on devrait avoir ''un acte a été accompli''... La traduction de Luc 1,28 par Louis Second est donc un choix plus personnel que textuel.
Trouvez une version de la Bible dans laquelle Marie a été comblée de grâce dans un passé qui persiste (Vulgate, Bible liturgique, Bible Crampon, Bible de Jérusalem) et oubliez donc la Louis Segond !
(Source : βιβλίον/biblion TikTok )
On trouve le même choix personnel de la Bible Louis second dans sa traduction de Genèse 33,11 qui traduit : "Accepte donc mon présent qui t'a été offert, puisque Dieu m'a comblé de grâces." Or la LS avait choisit de dire que Marie ne recevait qu'une seule grâce et ici Jacob ne reçoit même pas qu'une seule grâce, il est "comblé de grâces" !
La bible de la liturgie catholique traduit : "Accepte donc le présent que je t’ai apporté. Car Dieu m’a fait grâce et j’ai tout ce qu’il me faut."
La Bible de Jérusalem traduit dans le même sens : "Accepte donc le présent qui t'est apporté, car Dieu m'a favorisé et j'ai tout ce qu'il me faut."
Ainsi que la Bible Crampon 1923 : "Accepte donc mon offrande qui t'a été amenée, car Dieu m'a accordé sa faveur et je ne manque de rien."
(5) La prophétie du Christ crucifié
Lui-même a porté nos péchés, dans son corps, sur le bois, afin que, morts à nos péchés, nous vivions pour la justice. Par ses blessures, nous sommes guéris.
Dans certaines traductions de la Bible, on ne trouve pas "ils m’ont percé les mains et les pieds" (Psaumes 21,17) mais "comme un lion, [ils sont] à mes mains et à mes pieds", ce qui fait perdre au texte sa portée prophétique et ne donne plus aucun sens. Le sens de la prophétie est maintenu en revanche dans Zacharie 12, 10 :
"Je répandrai sur la maison de David et sur l’habitant de Jérusalem un esprit de grâce et de supplication, et ils regarderont vers moi, celui qu’ils ont transpercé."
"[...]. Ce jour-là, il y aura une source qui jaillira pour la maison de David et pour les habitants de Jérusalem : elle les lavera de leur péché et de leur souillure.' (Za 13, 1).
La traduction du texte juif massorétique s’écarte de la version des Septante pour Ps 21,17 : dans le texte massorétique, on trouve le mot ka’ari qui veut dire "lion" ; il faut donc supposer que les Septante, qui ont traduit par "ils ont percé" (oruxsan) disposaient d’un texte différent. Lequel ? C’est assez simple : en l’occurrence, le verbe "percer" pourrait s’écrire karu. Comment trancher ? Nous avons ici deux éléments :
1. le texte massorétique n’est grammaticalement pas très satisfaisant, puisqu’il manque un verbe dans la phrase (littéralement, on devrait traduire par "comme un lion, mes mains et pieds").
2. Les manuscrits hébreux de Nahal Hever datés de 50-68 ap. J.-C., donc plus anciens que la version massorétique, portent le mot ka’aru, forme archaïque de karu, ce qui conforte les Septante (Source: Peter W. Flint, "Biblical Scrolls from Nahal Hever", Discoveries in the Judean Desert, 38, Oxford, Clarendon Press, 2000, p. 133-166). [3]
La Bible selon la Vulgate de Saint Jérôme, Editeur: DFT (EDITIONS), traduite en français, avec des notes par l'Abbé Glaire (mort en 1879), introduction, notes complémentaires et appendices par F. Vigouroux, seule approuvée après examen fait à Rome par la Sacrée Congrégation de l´Index, Edition 1902, précise dans la note 17, p. 1127 : "Ils ont percé mes mains et mes pieds. Il faut renoncer à toutes les lois de la critique et de l'herméneutique, pour traduire avec les Juifs, comme un lion, mes mains et mes pieds, et avec les hébraïsants rationalistes, ils ont lié, ou souillé mes mains et mes pieds."
Heureusement, la découverte des rouleaux de la mer Morte a permis de prouver que l'Ancien Testament grec (la version des Septantes, IIIe s. av. J-C.), utilisé par les chrétiens des premiers siècles et par l'Église orthodoxe grecque est plus proche du texte original, et que la version juive massorétique (Ancien Testament en hébreu datant de l'an 1000 environ) a été volontairement "retouché". [4]
Alors que le texte juif massorétique du Psaume XXI (Hébr. 22), 17 s'exprime en ces termes: "Comme un lion mes mains et mes pieds", les Manuscrits de la mer Morte reviennent à l'original : "Ils ont percé mes mains et mes pieds" (sens préservé dans la Version des LXX = Septante), dont l'application à la crucifixion du Fils de Dieu est évidente.
Les Manuscrits de la mer Morte sont un ensemble de parchemins et de fragments de papyrus principalement en hébreu, mais aussi en araméen et en grec, qui ont été copiés entre le IIIe siècle avant Jésus-Christ et le Ier siècle après, et ont été découverts entre 1947 et 1956 à proximité du site de Qumrân en Palestine mandataire 1947-1948, puis en Cisjordanie.
Nous pouvons ainsi affirmer que cette traduction erronée quant à la personne du Messie crucifié dans la Bible médiévale juive dite "Bible massorétique" ("Massorah", dont la compilation et la révision des anciens manuscrits date du Xe siècle), montre que l'interprétation sioniste de la Bible depuis 2 000 ans a pour origine une négation théologique de la royauté du Christ, roi pacifique universel crucifié pour nous sauver, et que ce rejet vise à privilégier un sens matérialiste plus terrestre du Messie. D'où le fait que beaucoup de Juifs se convertissent aujourd'hui lorsqu'ils lisent la prophétie non trafiquée d'Isaïe 53,10 Messie homme de douleur portant nos péchés et mourant pour nous sauver, qui "remet sa vie en sacrifice de réparation".
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Les sionistes veulent établir un royaume d'Israël temporel, y compris au moyen de la tromperie et de la violence. Ils ne voient la terre que comme perspective ultime (d'où l'indifférence aux mobiles religieux ou laïcs). Ils centrent tout sur une interprétation terrestre littérale et religieuse de la Bible. L'autre monde n'est pas l'essentiel. Ils voient des signes confirmant leurs théories dans des événements comme la mort de saint Louis. Pour eux, le signe qu'ils sont dans le vrai c'est que Dieu extermine les ennemis d'Israël. Il confirme par ces événements, l'élection divine. Comme si Dieu cherchant sur la terre un peuple supérieur avait élu les Juifs non par un décret dont les raisons nous sont incompréhensibles, mais parce qu'Il les avait jugés supérieurs aux autres hommes. Ces erreurs d'interprétation de la Bible sont le mobile central des sionistes. Une illustration de cette erreur se trouve encore dans la traduction: "By way of deception thou shall do war." (Proverbes 24,6) Ce que l'on peut traduire en français par "Par la tromperie, vous mènerez la guerre." Comme si Dieu pouvait conseiller le mensonge et la tromperie ! Comme l'établit monsieur Daoudal, cette traduction erronée est issue d'une version moyenâgeuse trafiquée de la Bible (version massorétique). La traduction authentique est :
« Pr 24, 6 quia cum dispositione initur bellum et erit salus ubi multa consilia sunt. » (Vulgate)
Dans la traduction en français de la Vulgate, la traduction est :
Pr 24,6. « Parce que c'est avec réflexion que s'entreprend une guerre ; et que le salut sera où il y a beaucoup de conseils. » Ce qui change en effet complètement du sens donné par la Bible massorétique !
***
(6) La prophétie du Christ souffrant
Avec Isaïe 53, le chapitre interdit du Tanakh (Bible dite "hébraïque"), le Livre de la Sagesse 2,1-20 datant du second ou premier siècle avant Jésus-Christ, et décrivant avec une grande précision la Passion que vivra le Christ, est une autre prophétie messianique qui est rejetée par les Juifs et considérée comme "apocryphe" par les protestants :
"Ils ne sont pas dans la vérité lorsqu’ils raisonnent ainsi en eux-mêmes : 'Notre existence est brève et triste, rien ne peut guérir l’homme au terme de sa vie, on n’a jamais vu personne revenir du séjour des morts.'
(...)
"Attirons le juste dans un piège, car il nous contrarie, il s’oppose à nos entreprises, il nous reproche de désobéir à la loi de Dieu, et nous accuse d’infidélités à notre éducation.
Il prétend posséder la connaissance de Dieu, et se nomme lui-même enfant du Seigneur. Il est un démenti pour nos idées, sa seule présence nous pèse ;
car il mène une vie en dehors du commun, sa conduite est étrange.
Il nous tient pour des gens douteux, se détourne de nos chemins comme de la boue.
Il proclame heureux le sort final des justes et se vante d’avoir Dieu pour père.
Voyons si ses paroles sont vraies, regardons comment il en sortira.
Si le juste est fils de Dieu, Dieu l’assistera, et l’arrachera aux mains de ses adversaires. Soumettons-le à des outrages et à des tourments ; nous saurons ce que vaut sa douceur, nous éprouverons sa patience.
Condamnons-le à une mort infâme, puisque, dit-il, quelqu’un interviendra pour lui."
(7) La reconnaissance de Jésus Dieu par Saint Pierre
La Bible protestante Louis Segond traduit 2 P 1,1 par "Simon Pierre, serviteur et apôtre de Jésus-Christ, à ceux qui ont reçu en partage une foi du même prix que la nôtre, par la justice de notre Dieu et du Sauveur Jésus-Christ."
Mais la Bible de la liturgie catholique traduit : "SYMEON PIERRE, serviteur et apôtre de Jésus Christ, à ceux qui ont reçu en partage une foi d’aussi grand prix que la nôtre, par la justice de notre Dieu et Sauveur Jésus Christ." Et toutes les bibles (la Bible de Jérusalem, la TOB, la Bible des peuples) traduisent ainsi de la même manière.
Car dans le texte grec nous lisons "Συμεὼν Πέτρος δοῦλος καὶ ἀπόστολος Ἰησοῦ Χριστοῦ τοῖς ἰσότιμον ἡμῖν λαχοῦσιν πίστιν ἐν δικαιοσύνῃ τοῦ θεοῦ ἡμῶν καὶ σωτῆρος Ἰησοῦ Χριστοῦ·", ce qui se traduit bien littéralement par : "Siméon Pierre, serviteur et apôtre de Jésus-Christ, à ceux qui croient en la justice de notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ."
(8) La référence au Messie divin de Deutéronome 32,43 enlevée dans la bible massorétique et certaines bibles modernes
Hormis ''les anges'' de la Septante qui sont remplacés par ''les fils de Dieu'' dans le texte 4Q44 de Qumran (mais les fils de Dieu sont les anges), nous avons les textes de la Septante (IIIe s. av; J.-C.) et les Manuscrits de Qumran (Manuscrits en hébreu écrits entre le IIIe s. ava; J-C. et le 1er siècle après J.-C.) qui sont concordants et évoquent ensemble les fils de Dieu (ou anges) qui devaient se prosterner devant Dieu.
Or le texte massorétique qui arrive, lui, au Xe siècle, enlève ce passage du verset. Et on se alors qui a enlevé quoi?
Par exemple, la Bible (catholique) "de Jérusalem" traduit bien Deutéronome 32,43 par :
"Cieux, exultez avec lui,
et que les Fils de Dieu l'adorent! Nations, exultez avec son peuple.
La Bible en hébreu sur le site Torah Box (tiré du canon juif massorétique Xe siècle) traduit Deutéronome 32,43 par :
"Nations, félicitez son peuple, car Dieu venge le sang de ses serviteurs; il exerce sa vindicte sur ses ennemis, réhabilite et sa terre et son peuple!"
La découverte des manuscrits hébreux et grecs de Qumrân en 1947 permet de montrer que la Septante (dite LXX) n'est pas un texte isolé. Elle se situe dans l'ensemble des textes juifs produits juste avant l'ère chrétienne. Certains manuscrits de Qumrân ont même révélé que certains passages comme ici Deutéronome 32,43, jusqu'à présent considérés comme des erreurs ou des amplifications dues aux traducteurs reçoivent désormais l'appui d'un support hébreu prémassorétique...
Ce passage de Deutéronome 32,43 est important parce que Hébreux 1,6 écrit bien "au moment d’introduire le Premier-né dans le monde à venir, il dit : Que se prosternent devant lui tous les anges de Dieu." Ce verset chrétien renvoie justement à Deutéronome 32,43 et montre que le Messie dans Deutéronome 32,43 devait être divin puisque les anges se prosternent devant lui !
Et ce passage de Qumran fait également très expressément référence au texte grec de Deutéronome 32,43 qui écrit lui aussi "Réjouissez-vous, cieux, avec son peuple; que tous les anges se prosternent devant lui."
Pourquoi dans le texte massorétique, ce passage ne figure-t-il plus, mais débute directement par "réjouissez-vous, nations, avec son peuple'...' ?
La réponse est que ce passage ne figure plus dans le canon juif du Xe siècle car il fait trop référence à un Messie divin.
La fixation du Canon Biblique, et la Vulgate de Saint Jérôme ou Bible latine catholique (Ve siècle)
L'Église n'a pas décidé de ce qui constituait le Canon des "Écritures" avant la fin du 4ème siècle. Ce qui a laissé 4 siècles aux chrétiens à ''errer'' sans canon biblique. Ce qui prouve la fausseté du Sola scriptura protestant.
Cependant, les sept premiers conciles de l'Église jusqu'en 787 enseignèrent que :
1. Jésus est pleinement Dieu ; le Christ est ''incréé'' et divin de même essence que le Père = condamnation de l'hérésie arienne (Nicée I 325)
2. Le Saint-Esprit est pleinement Dieu (Constantinople I 381)
3. Il n'y a dans le Christ qu'une seule personne, vrai Dieu et vrai homme (Ephèse 431) ;
- condamnation de l'hérésie de Nestorius, primat de Constantinople pour qui les deux natures dans le Christ étaient sans influences de l'une sur l'autre.
- Marie est la Mère de Dieu.
4. Le Christ est une seule personne, divine et humaine, son humanité n'est pas "absorbée" par la nature divine
L'unité des deux natures est ''sans mélange, sans confusion, sans division et sans séparation'', définition négative soulignant un mystère qui nous dépasse. (Chalcédoine 451)
5. Le Fils est une seule personne dans deux natures (Constantinople II 553 sous Justinien)
6. Le Christ a deux volontés, humaine et divine (Constantinople III 680-681)
7. Le Christ peut être vénéré par des images, condamnation de l'iconoclasme (Nicée II 787)
Les conciles œcuméniques ont défini avec autorité des dogmes pour tous : tout chrétien doit adhérer à ces dogmes, alors que l'Église (au niveau œcuménique) conserva au moins jusqu'en 382 un certain degré d'ambiguïté sur le canon de l'Écriture.
La préface à l'édition de la Vulgate de saint Jérôme (390-405 ap.J-C.) (traduite en français par l'Abbé J.-B. Glaire, Nouvelle Edition, Editions D.F.T. 2002, p. VII, VIII) précise :
"L'oeuvre de Saint Jérôme aboutit à une nouvelle traduction latine de la Bible : la Vulgate, ainsi appelée parce que d'usage général ou "vulgaire".
"[...] (Saint Jérôme) Il avait à sa disposition les manuscrits hébreux les plus anciens et de précieux documents qui ont disparu depuis, et qui n'avaient pas été altérés par les falsifications introduites par les Juifs qui voulaient gommer ou atténuer les prophéties qui les condamnaient clairement. Le résultat des travaux acharnés de saint Jérôme est donc réuni dans la version latine de la sainte Ecriture désignée sous le nom de Vulgate, dont l'autorité est sans égale, d'une part parce que saint Jérôme avait reçu une mission explicite de l'Eglise pour sa réalisation, et d'autre part, parce que le Concile de Trente (1546) l'a déclarée authentique, c'est-à-dire ayant valeur d'original.
"[...] Aucun des manuscrits que nous possédons aujourd'hui, il faut le répéter, n'a l'antiquité de ceux que suivait saint Jérôme; ils sont même, et de beaucoup, postérieurs à la Vulgate elle-même (l'hébreu massorétique - compilation et révision des anciens manuscrits - date du Xe siècle).
"[...] Il fallut la Réforme Protestante pour bien évidemment se défier de la Vulgate et opérer un retour aux prétendus "textes originaux" hébreux, araméens et grecs, et opérer de nouvelles traductions faites sur ces textes. De là viennent toutes les bibles modernes actuellement disponibles qui, même chez les catholiques, rejettent comme un "écran" la Vulgate de saint Jérôme.
"Or, [ ...] le texte massorétique hébreu que nous possédons [...] a subi plusieurs variantes, altérations et des interpolations. [...] Le texte hébreu que nous possédons aujourd'hui, n'est pas, tant s'en faut, le texte authentique et primitif. D'autre part, la Vulgate a été rédigée par saint Jérôme sur le texte primitif, original hébreu qui a disparu.
[...] La Vulgate est à ce titre au même niveau que la Septante (grecque)." [5]
‘’En appeler de la Vulgate à la vérité hébraïque est une de ces vastes duperies dont la haute critique est coutumière. Car c’est justement cette ‘vérité hébraïque’ que saint Jérôme (340-420) a entendu rétablir en elle, au-dessus de toutes les traductions de la Bible plus ou moins altérées, qui circulaient de son temps.
’’Saint Jérôme employa toutes les ressources de son intelligence et de sa volonté à restituer la parole de Dieu dans sa teneur authentique. ... Il tenait à fournir aux apologistes de son temps une œuvre sûre, afin qu'on ne pût les arrêter à tout propos dans les discussions, en disant : 'Ce passage n'est pas dans l'hébreu', comme les Juifs le faisaient constamment." (La Sainte Bible selon la Vulgate traduite en français par l'Abbé J.-B. Glaire, Nouvelle Edition, Editions D.F.T. 2002, p. 3028.)
Pour sa traduction en latin, l'auteur "Saint Jérôme avait à sa disposition les manuscrits hébreux les plus anciens et de précieux documents qui ont disparu depuis (en particulier, le rouleau de la Synagogue de Bethléem, qu'il avait copié de sa main; et les célèbres Hexaples, où Origène avait reproduit sur six colonnes parallèles, le texte hébreu et les cinq principales traductions grecques qui en existaient alors), et qui n'avaient pas été altérés par les falsifications introduites par les Juifs qui voulaient gommer ou atténuer les prophéties qui les condamnaient clairement.
Il fallut la Réforme Protestante pour se défier de la Vulgate et opérer un retour aux prétendus "textes originaux" hébreux, araméens et grecs, et opérer de nouvelles traductions faites sur ces textes. De là viennent toutes les bibles modernes actuellement disponibles qui, malheureusement, même chez les catholiques, rejettent comme un "écran" la Vulgate de saint Jérôme et privilégient un sens antichrétien juif au détriment du sens chrétien traditionnel.
Cette falsification de la Bible par les Pharisiens au Xe siècle (Bible "massorétique") peut être mise en relation avec ce passage du Christ Notre-Seigneur sur les Pharisiens, et qui révèle que ceux-ci changeaient déjà la Parole de Dieu, du temps même du Christ, pour la conformer à des traditions humaines : "vous annulez ainsi la parole de Dieu par la tradition que vous transmettez. Et vous faites beaucoup de choses du même genre." (Mc 7,13)
"Ceux qui invoquent la vérité hébraïque raisonnent comme si nous possédions encore aujourd'hui les manuscrits originaux de Moïse et des Prophètes. Mais il n'est pas permis d'ignorer que la seule version de l'Écriture conservée par les Juifs est celle dite des Massorètes, qui ne remonte pas au-delà du VIe siècle. Elle est par conséquence postérieure, et à celle des Septante, et à la Vulgate. Elle ne s'impose donc pas par son ancienneté; elle ne s'impose pas non plus par la qualité de sa rédaction : car les Rabbins qui l'exécutèrent étaient loin d'avoir les méthodes critiques comparables à celles de saint Jérôme, qui se montre déjà un maître en la matière. Eux cherchaient seulement à établir une leçon uniforme, pour fixer par écrit les fameux points-voyelles que l'on se transmettait jusque-là uniquement par tradition orale. Mais surtout – et c'est là ce qui enlève à leur travail, la valeur absolue qu'on voudrait lui donner – chaque fois qu'ils le pouvaient sans faire violence au texte, ils s'attachaient à effacer tout ce qui risquait de tourner à la glorification de Jésus-Christ.
"Saint Justin de Neapolis (Naplouse) (juif de Samarie converti au christianisme, mort martyr en 165 ap. J.6C.), dans son Dialogue avec Tryphon, en donne plusieurs exemples : ainsi, lorsque Jérémie, après avoir présenté le Messie sous la figure de l'agneau que l'on mène à l'abattoir, montre les Juifs acharnés à sa perte et disant : Mettons du bois dans son pain, il est évident qu'il y a là une allusion – et les Pères de l'Eglise l'ont compris ainsi – au Pain de vie descendu du Ciel qui sera comme traversé par le bois de sa croix sur laquelle on le clouera. Ces mots figurent et dans la Septante et dans la Vulgate : mais les Massorètes les ont remplacés par ceux-ci : Détruisons l'arbre dans sa sève, qui éliminent le symbolisme prophétique. De même, ils ont tronqué le verset du Psaume XCV (95) qui porte : Dites aux nations : le Seigneur a régné par le bois. Cette expression visait manifestement le Christ établissant son règne sur tout l'univers, du haut de sa croix. Mais ils l'ont vidée de son sens, en supprimant les mots : par le bois.
"De même, Saint Jérôme nous les montre au chapitre II,22 d'Isaïe ('Laissez donc l'homme dont le souffle est dans ses narines parce qu'il a été réputé pour le Très-Haut'), éliminant discrètement l'épithète de 'Très-Haut' (excelsus, BAMA), que le Prophète applique au Messie : 'Comprenant, dit-il, que cette prédiction avait trait à Jésus-Christ, ils ont interprété un mot équivoque dans son sens le plus défavorable, pour paraître n'attacher aucun prix au Christ, bien loin de le louer... Ils ont profité de l'ambiguïté du mot, pour en détourner le sens au profit de leur impiété, ne voulant rien dire de glorieux sur le Christ, en qui ils ne croyaient pas.' (Isaiam, Pat. lat., t. XXIV, c. 56.)'' (Don Jean de Monléon 1890-1981, moine bénédictin exégète de l'abbaye Sainte-Marie de Paris, cité dans La Sainte Bible selon la Vulgate traduite en français par l'Abbé J.-B. Glaire, Nouvelle Edition, Editions D.F.T. 2002, p. 3029.)
Les livres dits "deutérocanoniques" (livres admis "secondairement" que l'Église catholique et les Églises orthodoxes incluent dans l'Ancien Testament et qui ne font pas partie de la Bible hébraïque dite "protocanonique") sont canoniques depuis le quatrième siècle.
Le protestantisme et le judaïsme ne voient pas ces livres comme inspirés et les considèrent donc comme apocryphes. Or, ces livres sont appelés "deutérocanoniques" non parce qu’ils seraient d’un rang inférieur ou représenteraient un intérêt secondaire, mais parce que leur appartenance au canon des Écritures fut statuée plus tardivement que d’autres livres qui furent partout et toujours regardés comme canoniques, comme la Genèse, Isaïe, les Psaumes. Au XVIe siècle, avec l’avènement de la Réforme, les premiers protestants remarquèrent cette différence entre les Bibles hébraïques et catholiques, démasquèrent ces additions ''médiévales'' pour ce qu’elles étaient, et les arrachèrent de la Parole de Dieu... Rome réagit en ajoutant officiellement les livres deutérocanoniques (qui faisaient déjà partie de la Septante) lors du Concile de Trente (1564-1565) et dit que ces ivres ''avaient toujours été là...''
En effet, l’actuelle Bible utilisée par les juifs n'est pas la même que celle utilisée par Jésus et ses Apôtres.
Du temps de Jésus, les limites de l’Ancien Testament étaient encore floues et le canon des Écritures n’était pas encore établi à la période Apostolique.
Si Jésus tenait les gens pour responsables de leur obéissance aux Écritures, il leur demandait de suivre leur conscience, et donc les Écritures, dans la mesure où ils étaient capables de comprendre ce qui constituait ''les Écritures''.
Les Sadducéens, par exemple, ne considéraient que les cinq premiers livres de l’Ancien Testament comme inspirés et canoniques. Ils regardaient les autres livres de l’Ancien Testament, un peu comme les protestants aujourd’hui regardent les Deutérocanoniques : intéressants, mais pas la Parole inspirée de Dieu. Et c’est précisément pourquoi les Sadducéens débattent avec Jésus de la réalité de la résurrection en Mathieu 22,23-33 : ils ne la trouvaient pas dans les cinq livres de Moïse, et ne considéraient pas les autres livres de l’Écriture qui en parlent explicitement (comme Isaïe et 2 Macchabées) comme inspirés et canoniques. Jésus ne les oblige pas à reconnaître ces livres comme canoniques, il n’essaie pas de forcer les Sadducéens à reconnaître un Ancien Testament ''augmenté''. Il attend seulement d'eux qu’ils prennent au sérieux les Écritures qu’ils reconnaissent : c’est-à-dire qu’il débat sur la résurrection à partir des cinq livres de la loi. Mais bien sûr, cela ne signifie pas non plus que Jésus acceptait ce canon ''rétréci'' des Sadducéens.
Jésus fait la même chose quand il s’adresse aux Pharisiens. Ces juifs semblent avoir eu un canon de l’Ancien Testament proche de celui des juifs d’aujourd’hui. Un canon bien plus grand que celui des Sadducéens, mais pas aussi grand que d’autres collections juives de l’Écriture. Là encore, Jésus et ses Apôtres n’hésitent pas à discuter à partir des textes que les pharisiens reconnaissent comme scripturaires. Mais comme pour les Sadducéens, cela ne signifie pas que le Christ ou les Apôtres aient limité les Écritures à ce qui était reconnu par les pharisiens. Quand Jésus et ses Apôtres s’adressent à la Diaspora juive de langue grecque, ils utilisent une collection d’écrits encore plus grande : la Septante, une traduction des Écritures juives en grec, que beaucoup de juifs (la majorité en fait), regardaient comme Écritures inspirées. En fait, le Nouveau Testament est plein de références à la Septante comme Écriture, et à sa manière particulière de traduire certains passages de l’Ancien testament. Ironiquement, l’un des passages favoris utilisé dans les polémiques contre les catholiques est Marc 7,6-8. Dans ce passage, Jésus condamne des doctrines enseignées comme préceptes humains. Ce texte est la base d’un invraisemblable nombre de récriminations contre l’Église catholique, accusée d’ajouter à l’Écriture des traditions humaines, comme ces Deutérocanoniques, qui seraient uniquement un travail d’hommes. Peu réalisent que dans Marc 7, 6-8, le Seigneur citait la version d’Isaïe trouvée dans la Septante...
"Jésus leur répondit : « Isaïe a bien prophétisé à votre sujet, hypocrites, ainsi qu’il est écrit :
Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi."
L'Ancien Testament lui-même est issu de la plume de ceux que Dieu a établis en premier lieu avec autorité et alors qu'il n'y avait AUCUN écrit. Moïse n'a pas écrit un seul mot de l'Écriture avant que Dieu ne le désigne comme son représentant, et beaucoup des choses qu'il a écrites se sont produites des siècles, voire des millénaires, avant lui.
L’Église a transmis l’Écriture aux générations futures à travers une succession historique et documentée d’évêques.
Les Églises locales transmettaient parfois des listes de livres quelque peu différentes. Mais cela ne posait pas de problème à l’Église antique, dont la "règle de foi" ne se résumait jamais à l’Écriture seule.
Ce n’est pas avant la fin de l’âge apostolique (fin 1er siècle) que les juifs, cherchant une nouvelle base pour leur pratique religieuse suite à la destruction du temple en 70, se concentrèrent sur l’Écriture, et établirent leur canon au rassemblement des Rabbins, connu sous le nom de ''Concile de Javneh'' (ou ''Jamnia'') vers 90 après J.C.. Auparavant, il n’y avait jamais eu d’effort pour définir le canon des Écritures juives. En fait, l’Écriture n’indique nulle part que les juifs aient eu l’idée de définir ce canon. Le canon obtenu par les rabbins à Javneh était celui des pharisiens palestiniens : pas le plus court, qui était utilisé par les Sadducéens qui avaient pratiquement disparus après le soulèvement contre Rome. Pas non plus celui plus récent, constitué par la version grecque de la Septante, que les rabbins regardaient plutôt de haut, comme ''teintée de paganisme'', car eux-mêmes n'étaient pas ouverts au multiculturalisme (hellénisme), suite à ce qu’ils avaient subi de la main des romains. Leur peuple avait été massacré par des envahisseurs étrangers, le Temple profané et détruit, la religion juive palestinienne se retrouvait en lambeaux. Ces rabbins rejetèrent donc la version de la Septante (grecque) et adoptèrent le canon intermédiaire des pharisiens. Par la suite, cette version fut adoptée par la majorité des juifs, cependant, pas par tous. Aujourd’hui par exemple les juifs d’Éthiopie utilisent encore la version grecque de la Septante, et non le canon palestinien, plus court, établi par les rabbins à Javneh. En d’autres termes, le canon de l’Ancien Testament reconnu par les juifs éthiopiens est le même que celui de l’Ancien Testament des catholiques, avec les sept livres Deutérocanoniques (Enc. Judaïca, vol.6, p. 1147).
Et rappelons-nous qu’avant que ne se déroule le Concile de Javneh, l’Église Catholique existait déjà et utilisait déjà la Septante dans ses enseignements, prédications et célébrations, exactement comme les Apôtres l’avaient fait eux-mêmes. L’Église ne s’est donc pas sentie obligée de se conformer aux souhaits des rabbins qui ont exclu les livres Deutérocanoniques, pas plus qu’elle ne s’est sentie obligée de les suivre dans leur rejet des écrits du Nouveau Testament. Pour les chrétiens, après la naissance de l’Église le jour de la Pentecôte, les rabbins n’avaient plus l’autorité de Dieu pour décider de ce genre de choses. Cette autorité qui incluait celle de définir le canon des Écritures a été donnée à l’Église par le Christ. C'est ainsi que l’Église et la Synagogue ont séparé leurs chemins non au ''moyen âge'' ou au XVI e siècle, mais au 1er siècle.... La Septante, incluant les Deutérocanoniques, fut d’abord acceptée, non pas par le Concile de Trente, mais par Jésus et ses Apôtres.
Cf. Réponses aux protestants sur les Deutérocanoniques
11 janvier 2015
https://www.islam-et-verite.com/mahomet-lhomme-parfait/
La version de l’Écriture appelée Septante, citée par le Christ, inclut ces livres Deutérocanoniques, livres censés avoir été ajoutés par Rome au XVI e siècle. Et ce n’est absolument pas la seule citation de la Septante dans le Nouveau testament. En fait, deux bons tiers des passages de l’Ancien Testament cités dans le Nouveau viennent de la Septante. Alors pourquoi les deutérocanoniques ne sont-ils pas retrouvés dans les Bibles juives d’aujourd’hui ? Parce que les juifs qui formulèrent le canon juif moderne a) n’étaient pas concernés par l’enseignement des Apôtres et b) avaient d’autres préoccupations que celles de la communauté apostolique.
Le Christ ne nous a pas laissé de livre lors de son Ascension. Il nous a laissé l’autorité enseignante de l’Église dans la personne des Apôtres. La seule raison pour laquelle certains livres ont été reconnus plus tard comme Écritures est que ces hommes les ont écrits, ou qu'ils ont approuvé les écrits d'autres qui l'ont fait, et cette connaissance a été transmise par leurs successeurs (les évêques) aux générations futures. Lorsque certaines des listes ne correspondaient pas (il y a de nombreuses raisons possibles à cela), ces mêmes successeurs ont utilisé leur autorité pour établir définitivement ce qu'était le canon de l'Écriture, non pas en tant que seigneurs de l'Écriture, mais en tant que témoins ordonnés et publics de Dieu de son contenu authentique. L’Église" (c’est-à-dire ses autorités vivantes) a été établie par le Christ avec l’autorité d’enseigner oralement avant l’Écriture (d’ailleurs, la même chose s’est produite dans l’Ancien Testament, par exemple, lorsque Dieu a nommé Moïse avant qu’il n’écrive quoi que ce soit). Contrairement à ce que disent les protestants, la Bible n'a PAS créé l’Église, c'est l’Église qui A CREE la Bible.
Saint Irénée de Lyon (mort vers 202) dans "Contre les hérésies" vers 180 cite 21 livres qui finiront par faire partie du Nouveau Testament, mais n'utilisent pas Philémon, Hébreux, Jacques, 2 Pierre, 3 Jean et Jude (F. F. Bruce, The Books and the Parchments, Fleming H. Revell Company, , p. 109).
Dès le IIe siècle donc se répandent sur les étagères des rouleaux de parchemins pouvant contenir deux ou trois livres. Et c'est aussi au IIe siècle que nous commençons à utiliser des codex, qui feront partie du canon. Et c'est à ce moment-là que vous commencez à avoir quelque chose qui se rapproche de la Bible moderne. Les plus anciennes Bibles complètes que nous ayons conservé datent du IVe et Ve siècle (la Vaticane, le Sinaïticus et l'Alexandrine). Mais elles avaient des prédécesseurs et bien sûr les Écritures étaient lues dans les églises depuis le début, prenant le relais de la pratique de la synagogue où il y a une station spéciale pour la lecture des Écritures sacrées. Les lectionnaires étaient des copies de la Bible aux IIe ou IIIe siècle.
En 200, le fragment du Canon de Muratori (Quatre fragments du Canon ont été trouvés en 1897 dans des manuscrits des XIe et XIIe siècles de la bibliothèque du Mont-Cassin) montre qu'il existait un ensemble d'écrits chrétiens quelque peu similaires à ce qui est aujourd'hui le Nouveau Testament, qui comprenait quatre évangiles. Une référence au Pasteur d'Hermas et à l'évêque de Rome Saint Pie Ier (Pape 140-155) l'ont fait situer à la fin du IIe siècle.
L’Église a finalement déclaré le canon biblique en 382 avec le décret du Pape Damase au concile de Rome en définissant quels livres faisaient authentiquement partie de l’Écriture lorsque cela était nécessaire pour éviter que la règle de foi ne soit déformée par les hérétiques... (Cf. https://x.com/JoshuaTCharles/status/1874967936232022487 )
L'on y trouve tous les livres dits deutérocanoniques. Les conciles d'Hippone (393) et de Carthage (397 et 419) confirmèrent l'authenticité des livres.
En réaction aux suppressions protestantes, la Vulgate de Jérôme (390-405) deviendra version officielle de l'Église catholique au concile de Trente en 1546. Cette canonisation se fit au titre des mesures de la Contre-Réforme. Les huit livres deutérocanoniques sont :
1) Le Livre de Judith (dont S. Jérôme dit dans sa préface au Livre de Judith que le Concile de Nicée de 325 l'a compté parmi le nombre des Écritures sacrées. Il semble donc y avoir eu des discussions sur le canon biblique au Concile de Nicée.)
Démystification ou création de mythes ? Critique de "5 mythes sur la Bible (et comment nous l’avons obtenue)". Vidéo de Gary Michuta, le premier apologiste catholique sur la question des livres "apocryphes" "deutérocanoniques". Cf. https://www.youtube.com/watch?v=FoiInv4UuLw
2) Le Livre de Tobie (ou Tobit)
3) Le Premier livre des Macchabées
4) le Deuxième livre des Macchabées
5) Le Livre de la Sagesse. Par sa date probable (Ier siècle av. J.-C.), c'est sans doute le dernier en date des écrits de l'Ancien Testament.
6) L'Ecclésiastique (ou Siracide, Livre de Ben Sira dont nous avons des fragments hébreux dans les Manuscrits de Qumran mis au jour entre 1947 et 1956, et aussi un rouleau à Massada, datant du Ier s. av. J.-C. Que ce livre fasse partie de deux communautés différentes juives et écrit dans des formats métriques comparables à Deutéronome ou de chapitres des Psaumes,, de Job ou de la Genèse, est une preuve que ce livre était reconnu comme une écriture sainte.)
7) Le Livre de Baruch : chapitres 1 à 6 (Ba 6 = Lettre de Jérémie)
8) Les Passages grecs du Livre d'Esther :
"Songe de Mardochée" et "Complot contre le roi" (avant le verset 1,1 du texte hébreu),
"Édit d'Artaxerxès" (après 3, 13),
"Mardochée à Esther" (ap. 4, 8),
"Prière de Mardochée" et "Prière d'Esther" (ap. 4, 17),
"Rencontre d'Esther et du roi" (ap. 5, 5),
"Nouvel édit d'Artaxerxès" (ap. 8, 12),
"Explication du songe de Mardochée" (ap. 10, 3),
"Conclusion de la version grecque"
9) Les passages grecs du Livre de Daniel :
insertions au chapitre 3 (prière des trois jeunes gens dans la fournaise),
chapitre 13 ("Suzanne"),
chapitre 14 ("Bel et le dragon").
Il est étrange que les protestants écartent les livres deutérocanoniques au motif que c'était une période de silence pour Dieu. Comment cela peut-il avoir un sens ? Dieu est toujours actif jusqu'à ce que la Révélation soit close. Et si les livres sont vraiment d'inspiration divine, comme le croient les catholiques, c'est simplement la preuve que Dieu n'était pas silencieux pendant cette période. La Bible ne parle pas d'un silence de quatre cents ans. Ainsi le livre de Daniel a très probablement été écrit pendant cette période. Les protestants sont-ils prêts à enlever ce livre là de leur Bible ?
Ces livres ne sont pas inclus dans le canon juif, en grande partie parce que les copies originales ont été écrites en grec et non en hébreu. Mais alors ? Pourquoi cela devrait-il avoir de l’importance ? Les Grecs ont pris le contrôle de la Terre Sainte (IVe siècle av. J.-C.) et le grec était la langue la plus utilisée par les érudits. Bien sûr, d’importants textes religieux seraient écrits en grec. Plus de gens y auraient accès. Martin Luther a rejeté ces livres, apparemment à cause du problème de langue, mais il avait aussi d’autres raisons. Les Maccabées impliquent fortement l’existence du Purgatoire et Luther voulait une raison pour rejeter cette croyance.
Le Siracide 15,14 ; 31,10 soutient explicitement la doctrine du libre arbitre, mais Luther la nie, il a donc dû supprimer le Siracide. Plutôt que de supprimer seulement quelques passages ou livres, il était plus pratique pour lui de supprimer l’ensemble des sept livres, car il avait une excuse non égoïste. ''Mais les Juifs ne les utilisent pas non plus !''. C’est une mauvaise excuse.
Les premiers exemplaires de ces livres ont en fait été retrouvés parmi les Manuscrits de Qumran (ou "de la Mer Morte") et ils étaient écrits en hébreu !
La question de la langue (pour les protestants) a donc été un faux prétexte depuis le début.
La célébration de la fête de Hanoukka par les Juifs d'aujourd'hui eux-mêmes vient des Maccabées (deux livres du canon biblique catholique) avec sa fête de la Dédicace que célébrait Jésus, même si les Juifs d'aujourd'hui n'ont pas ces livres dans leurs Bibles !
De même, si les textes les plus anciens de la Bible juive n'évoquent jamais clairement l'idée de la résurrection des morts (on la trouve seulement sous la forme d'allusions dans de rares passages). Il semble que cette idée soit apparue assez tardivement dans le développement de la foi des israélites. La résurrection des morts est exprimée par contre clairement en 2 Maccabées ch. 7,14.
Cf. https://x.com/_invictus_x/status/1875007542008656178
Saint Clément d'Alexandrie note vers l'an 200 dans "Stromates" que les hérétiques de son époque avaient exclu 1 et 2 Timothée de leur canon des Écritures parce qu'ils contenaient tous deux des versets contraires à leurs enseignements (Livre 2, Ch. 11). Le fait est que ce n'est pas un phénomène nouveau pour les hérétiques de retirer des livres de la Bible, que ce soit au IIe ou au XVIe siècle : ils l'ont fait depuis le début, parce que ce qui compte le plus pour eux, c'est d'affirmer leurs propres enseignements, plutôt que d'apprendre la vérité de l'Église, à qui le Christ a fait des promesses extraordinaires de préservation et d'orientation vers toute la vérité. (Joshua Charles)
CONCLUSION
Nous conclurons donc que la traduction catholique classique peut être conservée.
Le canon des Écritures est catholique. La version protestante est une contrefaçon.
De manière assez récurrente, les textes qui apparaissent comme prophétiques dans la traduction des LXX perdent cette portée dans les Massorètes.
SOURCES :
[1] Chicoutimi https://www.leforumcatholique.org/message.php?num=897051
[2] https://www.leforumcatholique.org/message.php?num=788013
[3] https://www.leforumcatholique.org/message.php?num=788001
[4] http://www.osservatore-vaticano.org/article-quelques-precisions-d-un-lecteur-sur-l-antijudaisme-44357051.html
[5] La Sainte Bible selon la Vulgate traduite en français par l'Abbé J.-B. Glaire, Nouvelle Edition, Editions D.F.T. 2002, p. VII, VIII
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