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Christ Roi

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Horloge

20 août 2020 4 20 /08 /août /2020 21:16

Le visage est l'expression de la personne. Des instituteurs et professeurs s'interrogent en ce moment de savoir s'ils peuvent rester toute une journée avec un masque devant des enfants, le masque cachant les expressions de leurs visages, et les enfants ne pouvant voir le visage de leurs professeurs. Au-delà de cette simple question liée à la rentrée scolaire, la question touche plus profondément notre relation à Dieu.

 

Yves Daoudal sur son blog explique l'importance d'avoir le visage découvert.

 

Dans la Vulgate il y a près de 740 fois le mot « facies » (la face), et plus de 100 fois le mot « vultus » (le visage). Ces mots traduisent généralement le mot hébreu panim / paneh.

 

C’est qu’en hébreu (et en grec – prosopon- et en latin, qui traduisent vraiment l’hébreu) le mot face, visage, désigne la personne. On ne dit pas que tel roi fuit devant son ennemi, mais qu’il fuit de devant la face de son ennemi. On ne dit que tel personnage est en présence de tel autre, mais qu’il est devant sa face. Etc. Quand on prie (particulièrement les psaumes) ce n’est pas en présence de Dieu, mais devant la face de Dieu.

 

Le mot face, visage, désigne la personne. Il n’y a pas de personne sans visage, et le visage est l’expression de la personne. C’est au point qu’un dérivé direct de panim / paneh est penimah, qui veut dire vers l’intérieur, et tout simplement intérieur, dedans. Le visage est le reflet de l’intérieur de l’homme, de son âme. Si l’on efface son visage, on supprime sa face (ef-facer), on efface son âme, on détruit sa présence. Et l’on ne voit plus qu’une armée de zombies masqués, de plus en plus inquiétants.

 

Dieu cherche le visage de l’homme, et l’homme cherche le visage de Dieu. Pour en arriver dans l’éternité à la vision « face à face ». C’est presque un résumé de toute la sainte Ecriture. Dieu veut voir notre face pour que notre face puisse voir la face de Dieu.

 

Et c’est pourquoi c’est (presque ?) un blasphème que des hiérarques de l’Eglise du Christ osent se montrer en ornements sacerdotaux en effaçant leur visage, sous prétexte d’une « crise sanitaire » qui il y a quelques mois faisait dire aux spécialistes et donc aux politiques qu’il ne fallait pas porter de masque, surtout dehors…

Les masques cachent l'expression de nos visages
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Publié par Ingomer - dans Religion Sciences
20 août 2020 4 20 /08 /août /2020 12:24

De rares découvertes mettent en lumière la vie secrète catholique dans la maison Tudor durant les guerres de religion au XVIe siècle en Angleterre.

Catholic News Agency (Traduction) 

CNA, 20 août 2020 / 04h30 MT ( CNA ) .- Un projet de restauration dans une maison de campagne de Norfolk a permis la découverte d'éléments qui jettent un nouvel éclairage sur la foi inébranlable d'une famille catholique à la suite de la Réforme anglaise. 

Les découvertes incluent un manuscrit enluminé du XVe siècle trouvé par un constructeur dans l'avant-toit d'Oxburgh Hall, un manoir à douves dans le village d'Oxborough, a annoncé l'organisme de bienfaisance de conservation National Trust le 17 août.

 

L'œil du constructeur a été attiré par le parchemin par l'éclat de la feuille d'or et les initiales bleues illuminées, qui sont restées brillantes bien que le texte soit resté pendant des siècles au milieu des débris. 

 

Les chercheurs pensent que le manuscrit a peut-être été utilisé lors de messes secrètes célébrées dans la maison de campagne, qui abrite la famille Bedingfeld depuis 500 ans.

 

La famille occupait autrefois une position de premier plan dans la cour royale des Tudor, mais a été ostracisée après que Sir Henry Bedingfeld (photo ci-dessous) ait refusé de signer l'acte d'uniformité de 1588, qui imposait des amendes à ceux qui refusaient d'assister aux services anglicans.
 

Les Bedingfeld ont défié les autorités en continuant à pratiquer la foi catholique, en construisant un trou de prêtre pour abriter le clergé en cas de raid. La pièce étroite était accessible par une trappe qui se fondait dans le sol carrelé lorsqu'elle était fermée.
 

 

 

Anna Forest, la conservatrice qui supervise les travaux de restauration, a déclaré que le texte du manuscrit enluminé faisait partie du Psaume 39 de la traduction de la Bible en latin Vulgate. 

James Freeman, spécialiste des manuscrits médiévaux à la bibliothèque de l'Université de Cambridge, a suggéré que le parchemin aurait pu appartenir à un livre d'heures, un livre de prières pour les laïcs contenant une forme abrégée de l'Office divin récité dans les monastères.

 

Forest a déclaré: "L'utilisation du bleu et de l'or pour les initiales mineures, plutôt que du bleu et du rouge plus standard, montre que cela aurait été un livre assez coûteux à produire. Il est tentant de penser que cela pourrait être un vestige d'un splendide manuscrit et nous ne pouvons nous empêcher de nous demander s'il appartenait à Sir Edmund Bedingfeld, le constructeur d'Oxburgh Hall.
 

Le parchemin a été retrouvé lors d'un projet de 7,8 millions de dollars visant à refaire le toit d'Oxburgh Hall, qui a obligé les travailleurs à soulever les planchers des combles pour réparer les solives de plancher.


Après que le gouvernement a imposé un verrouillage à l'échelle nationale pour empêcher la propagation du virus du coronavirus en mars, l'archéologue indépendant Matt Champion (photo ci-dessus) a accepté de continuer à travailler, portant un équipement de protection individuelle complet et observant la distanciation sociale.

 

Il a effectué une "fouille du bout des doigts" sous les planches: un examen minutieux d'une zone qui implique de ramper sur le sol.

 

Fouillant dans d'anciens nids de rats dans le coin nord-ouest de la maison, il a découvert des centaines d'artefacts, y compris des morceaux de musique manuscrite du XVIe siècle. La musique peut avoir été jouée lors de messes secrètes à la maison. 

Lorsque les constructeurs sont revenus à la propriété, qui est maintenue par le National Trust, ils ont découvert un livre presque intact connu sous le nom de King's Psalms (photo ci-dessous), imprimé à Londres en 1568. Auparavant, un seul exemplaire du livre était connu pour avoir survécu. Il est conservé à la British Library.

 

 

Le livre, qui a été trouvé dans un vide de grenier, a été écrit par Saint John Fisher, l'évêque catholique de Rochester qui a été exécuté sur ordre d'Henri VIII en 1535.

Les chercheurs espèrent que les découvertes seront éventuellement exposées dans la maison, qui a rouvert aux visiteurs suite à l'assouplissement des mesures de verrouillage. La maison est encore partiellement occupée par des membres de la famille Bedingfeld.

 

Russell Clement, directeur général d'Oxburgh Hall, a déclaré: "Ces objets contiennent autant d'indices qui confirment l'histoire de la maison comme la retraite d'une famille catholique pieuse, qui a conservé sa foi à travers les siècles. Nous raconterons l'histoire de la famille et de ces découvertes dans la maison, maintenant nous avons rouvert après le confinement.

"C'est un bâtiment qui abandonne lentement ses secrets. Nous ne savons pas ce que nous pourrions rencontrer d'autre - ou ce qui pourrait rester caché pour les générations futures à révéler." 

Toutes les photos sont une gracieuseté du National Trust. Le portrait de Sir Henry Bedingfeld a été photographié par Jim Woolf. 

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Publié par Ingomer - dans Histoire Religion
19 août 2020 3 19 /08 /août /2020 18:15

Napoléon créa le "Code civil" en 1804. Article 1er du Code civil "Les lois sont exécutoires dans tout le territoire français, en vertu de la promulgation qui est faite par le Premier Consul."

 

Lorsque la royauté en 1815, se réinstalla, les termes "Premier Consul" furent remplacés par le Roi. 

 

"La dénomination du Roi a remplacé celle de l'Empereur du fait de l'ordonnance royale du 17 juillet 1816" (Bull. CI, n° 914). (Legifrance)

 

Sous la II République du 25 février 1848, l'on conserva sans changement la formule "Le Roi". Faute de le faire, les lois républicaines de la Seconde république perdaient ipso facto leur base légale. (Source)

 

Or, jusqu’à l’ordonnance n° 2004-164 du 20 février 2004, soit 156 ans plus tard, la formule de l'article 1 du Code civil est restée inchangée jusqu'à ce qu'un Premier ministre de Nicolas Sarkozy, Jean-Pierre Raffarin, ne la modifie en ces termes :

 

Sont abrogés :

- la loi du 12 vendémiaire an IV qui détermine un mode pour l'envoi et la publication des lois ;

- l'ordonnance royale du 27 novembre 1816 concernant la promulgation des lois et ordonnances ;

- l'ordonnance royale du 18 janvier 1817 additionnelle à celle du 27 novembre 1816 concernant la publication des lois et ordonnances ;

- le décret du 5 novembre 1870 relatif à la publication des lois et des décrets ;

- la loi du 19 avril 1930 substituant l'insertion au Journal officiel à l'insertion au Bulletin des lois dans tous les cas où elle est prévue par les textes législatifs et réglementaires et supprimant le Bulletin des lois. (Source : ordonnance de 2004)

 

Aujourd'hui l’article 1 du Code civil, tel qu'affiché sur Legifrance, est remplacé par les dispositions suivantes :

 

"Les lois sont exécutoires dans tout le territoire français, en vertu de la promulgation qui en est faite par le Roi (le Président de la République)." (Legifrance)

 

Toutefois lorsque l'on recherche l'ordonnance de Jean-Pierre Raffarin qui modifia l'article 1 du Code civil, Legifrance mentionne ceci, sans plus de précisions :

 

"L'article 1er du code civil est remplacé par les dispositions suivantes : « Art. 1er. - Les lois et, lorsqu'ils sont publiés au Journal officiel de la République française, les actes administratifs entrent en vigueur à la date qu'ils fixent ou, à défaut, le lendemain de leur publication." (Ordonnance n° 2004-164 du 20 février 2004 relative aux modalités et effets de la publication des lois et de certains actes administratifs.)

 

Jean-Pierre Raffarin avait-il la capacité juridique pour changer le texte vu qu'il n'était pas le roi qui promulgue la loi ? 

 

Or, puisque nous n'avons plus de Roi depuis 1848, toutes les lois passées après cette date sont inapplicables sur tout le territoire français. Sans base légale, toutes ces lois sont nulles et non avenues. Nous n'avons pas de constitution. De sorte que "c'est un cataclysme juridique. De loin en loin, le cataclysme affecte tout l'édifice juridique."

 

Telle est l'argumentation que tient depuis des années Maître Fortabat-Labatut, Docteur en droit - Avocat pénaliste - droit des affaires - droits des sociétés. Une argumentation jusqu'ici encore jamais contredite.

 

"Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation", dit l'article 3 de la DDHC de 1789.

 

La loi appartient au peuple, et le roi promulgue la loi !...

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16 août 2020 7 16 /08 /août /2020 09:20
Michelade à Nîmes le 29 et 30 septembre 1567  La Michelade est le nom donné au massacre de quatre-vingts à quatre-vingt-dix catholiques (moines, clercs) par des émeutiers protestants le 29 septembre 1567 à Nîmes.

Michelade à Nîmes le 29 et 30 septembre 1567 La Michelade est le nom donné au massacre de quatre-vingts à quatre-vingt-dix catholiques (moines, clercs) par des émeutiers protestants le 29 septembre 1567 à Nîmes.

Aujourd'hui encore, si l'on écoute la narrative officielle, les catholiques du XVIe siècle auraient naturellement dû se laisser égorger sans se défendre : ils auraient dû laisser les œuvres d'art, les églises et leurs lieux de culte se faire saccager, incendier et détruire, ils auraient dû laisser les religieux et religieuses se faire assassiner dans leurs églises..., sans broncher.

 

Le massacre dit de la Saint-Barthélémy (24 août 1572) est encore de nos jours une date de repentance collective obligatoire que chaque français est tenu de commémorer en se frappant la poitrine. Ce moment de commémoration occulte cependant les meurtres de catholiques commis par des protestants avant cette date, et avant même le début officiel des "guerres de religion" suite au massacre de Wassy, en 1562, lequel, dans la narrative anticatholique, devait entraîner les représailles des "réformés".

 

De même, parmi les préjugés qui courent le monde, il en est un autre, assez courant, non-seulement dans les rangs du protestantisme, mais aussi chez certains catholiques. Ce préjugé est le suivant : "Si la Réforme a fait du mal et démoralisé des pays entiers, du moins a-t-elle apporté au monde un bien inappréciable: la tolérance religieuse." Or, il n'y a rien de plus faux et de moins fondé que ce préjugé historique. Partout où il est le maître, le protestantisme a été intolérant et persécuteur. Sans doute, il ne l'a pas été partout au même degré; mais d'où cela vient-il? De ce qu'il n'a pas partout le même degré de puissance. Pour persécuter, il ne suffit pas de vouloir, il faut pouvoir. Le protestantisme, heureusement, ne put pas toujours ce qu'il voulait; mais toujours, qu'on lui rende cette justice, en fait d'intolérance, il fit ce qu'il put.

 

Partout où la Réforme s'est introduite, elle l'a fait violemment, et ses premiers fruits en Allemagne, en Angleterre, à Genève, en Suède, ont été invariablement la guerre civile, les proscriptions et les meurtres. C'est tout simple: la Réforme est une révolution, et toute révolution est tyrannique de sa nature.

 

Une fois établi, le protestantisme s'est maintenu par les mêmes violences. Chacun sait ce qu'est le protestantisme anglais vis-à-vis des catholiques, quelles sanglantes lois il a portées et exécutées, et avec quel despotisme féroce il a écrasé la fidèle et malheureuse Irlande.

 

Car rien n'est ou tout noir ou tout blanc, cet article se propose de mentionner simplement quelques faits historiques soigneusement occultés par la narrative officielle, dont il s'agirait enfin de parler pour avoir une vision impartiale de notre histoire, et pour donner à nouveau aux Français le goût et la fierté de leur histoire. La repentance éternelle, boulets aux pieds et sac sur la tête, ne sont pas des lectures constructives de notre histoire. La responsabilité collective, d'ailleurs, n'est ni catholique, ni française.   

 

Le premier état protestant au monde fut établi, hors du Saint-Empire, en Prusse, dès 1525

 

C'est le grand maître de l'ordre teutonique, Albert de Brandebourg, qui, poussé par Luther, a facilement sécularisé ce territoire qu'il s'appropria avant de se marier et de chercher à fonder une dynastie. Le passage à la Réformation rencontra d'abord peu de résistances. Dans le nord des pays germaniques ainsi qu'en Scandinavie, le prince régnant ou le magistrat dans les villes d'Empire ou helvétiques adoptèrent telle ou telle modalité de réforme de l'Eglise et l'appuyèrent de leur autorité, organisant des églises d'Etat. [...] En 1534-1535, les anabaptistes établirent leur dictature sur la ville épiscopale de Münster, transformée en "Nouvelle Jérusalem". [...] Plus tard, un juriste germanique allait énoncer la règle qui permettait d'imposer aux sujets la religion du roi : "Cujus regio, ejus religio."

 

 

Par suite des bûchers et des échafauds, la population catholique de l'Angleterre fut décimée en moins de six ans.

 

En Angleterre, le roi Henri VIII établit en 1534 une église nationale dont il était le chef suprême dès 1531. Il se saisir des biens des monastères entre 1536 et 1539. Des aristocrates du nord du royaume prirent les armes en 1538 mais furent vaincus.

 

Un célèbre historien anglais protestant, William Cobbet, a été forcé par sa conscience de rendre contre son Église nationale (l'anglicanisme. Ndlr.), cet écrasant témoignage :

 

"Cette Église, dit-il, la plus intolérante qui ait existé, se montra au monde armée de couteaux, de haches et d'instruments de supplice; ses premiers pas furent marqués du sang de ses innombrables victimes, tandis que ses bras ployaient sous le poids de leurs dépouilles."

 

Il a rapporté des actes officiels du Parlement britannique, constatant que, par suite des bûchers et des échafauds dressés contre les catholiques, la population de l'Angleterre fut décimée en moins de six ans.

La peine de mort était prononcée et impitoyablement exécutée contre tout prêtre catholique qui entrait dans le royaume d'Angleterre, ou qui était convaincu d'avoir célébré la Messe. PEINE DE MORT contre quiconque refusait de reconnaître que la reine Élisabeth I (1558-1603) était le chef de l'Église de JÉSUS-CHRIST. Une forte amende était prononcée contre tout citoyen qui n'assistait pas aux offices protestants, et "la liste des personnes mises à mort pour le seul crime de catholicisme, pendant le règne d'Élisabeth, formerait, ajoute l'historien protestant, une liste dix fois plus longue que celle de notre armée et de notre marine réunies.

 

"L'Eglise d'Angleterre n'a point changé; elle a gardé le même caractère depuis le jour de son établissement jusqu'à présent; en Irlande, ses atrocités ont surpassé celles de Mahomet, et il faudrait un volume pour rapporter ses actes d'intolérance." (Lettre de sir William Cobbet à Lord Tenderden, chef de la justice d'Angleterre, qui avait, en plein Parlement, vanté la tolérance du protestantisme anglais, in Mgr de Ségur, Causeries sur le protestantisme d'aujourd'hui, Libraie Saint-Joseph, Tolra libraire-éditeur, Rennes 1894, rééd. Editions Saint-Rémi, p. 172-174.)

 

Un exemple de tolérance protestante fut la décapitation le 7 juillet 1535 de Thomas More (1478-1535), un catholique humaniste resté fidèle à Rome, décapité parce qu'il refusa de cautionner le divorce d'Henri VIII auto-établi comme l’unique chef de l'Église par l'Acte de suprématie de 1534.

 

L’Acte de suprématie et l’Acte d’uniformité de 1559 par lequel Elisabeth rétablit l'anglicanisme abrogeaient la législation religieuse de la reine Marie et imposaient de nouveau le Book of Common Prayer. Ces deux lois faisaient du protestantisme la seule forme légale de religion autorisée en Angleterre et au Pays de Galles. Tout clerc qui refusait de faire usage du nouveau Prayer Book, ou qui se servait de tout rite, cérémonie, ordre, forme ou manière de célébrer la sainte cène, que ce fût en public ou en privé, ou de Matins (prière du matin), d’Evensong (prière du soir), de rite pour l’administration des sacrements ou de toute prière publique autres que ceux qui étaient prévus dans ce livre, ou qui parlait avec dédain du livre lui-même, était privé d’une année de revenus et emprisonné pendant six mois. Ceux qui récidivaient faisaient un an de prison et perdaient ipso facto tous leurs bénéfices. À la troisième infraction, le châtiment était la prison à vie.

 

D’autres peines étaient prévues pour empêcher les laïcs de critiquer les changements liturgiques. Quiconque parlait en mal de ce qui était contenu dans le livre, que ce fût de vive voix ou par écrit, ou agissait de manière à amener un clerc à faire usage d’une autre forme de service que ce que contenait le livre, ou interrompait ou gênait le déroulement d’un service, était passible, la première fois, d’une lourde amende de quarante-quatre marcs ; la seconde fois, de la même amende multipliée par quatre ; la troisième fois, de la perte de tous ses biens, y compris des biens mobiliers, et d’emprisonnement à perpétuité. En outre, l’absence à l’office dominical en l’église paroissiale constituait une faute. Ce qui s’était passé au moment de l’imposition de la liturgie de Cranmer de 1549 à 1553 avait montré que, lorsque la liturgie en latin n’était plus célébrée, les fidèles cessaient d’assister à l’office : sous le règne d’Élisabeth, tous les Anglais furent donc obligés d’être présents à l’église paroissiale chaque dimanche et jour de fête, sous peine d’une amende de douze pence pour chaque absence. De lourdes peines étaient aussi prévues pour quiconque serait jugé coupable d’avoir assisté à la messe latine proscrite : six mois de prison la première fois ; douze mois la seconde ; la troisième fois, l’emprisonnement à vie. C’est par la privation prolongée de nourriture spirituelle que fut accomplie l’éradication du catholicisme.

 

L’arrestation des évêques, au début du règne d’Elisabeth, en privant les catholiques de leurs chefs spirituels, eut pour conséquence inéluctable une absence complète de direction et de conseils. Leur emprisonnement s’ajoutant à l’imposition renouvelée de l’ordinal de Cranmer signifia qu’il n’y aurait plus en Angleterre de prêtres validement ordonnés, et qu’à la mort des derniers prêtres ordonnés pendant le règne de Marie Tudor, le peuple anglais serait privé de la messe, même occasion-nelle et célébrée en secret. Le gouvernement espérait bien qu’à la longue cette situation finirait par produire le résultat escompté. C’est au cours des années 1560-1570 que le protestantisme en Angleterre s’établit sur des bases solides ; et pourtant, pendant cette décennie, la situation religieuse établie par l’Acte d’uniformité était si précaire, le pouvoir était si faible et, dans l’ensemble du pays, la résistance des catholiques était si forte qu’une action résolue de la part du Saint-Siège et des puissance catholiques aurait fort bien pu faire pencher la balance en faveur du catholicisme, et entraîner peut-être la déposition d’Élisabeth ; mais, faute d’une telle action, le combat fut perdu dès le départ. Ce n’est qu’en 1574 que les premiers prêtres missionnaires arrivèrent dans le royaume ; à cette date, l’immense majorité des catholiques avait déjà succombé à l’habitude du compromis ; cette habitude devait être irréversible. Voici ce que dit à ce sujet l’historien allemand A. O. Meyer : « Dans leur immense majorité, les catholiques furent entièrement laissés à eux-mêmes, sans aucun lien avec leur Église. Certes, au cours de leur longue histoire de souffrances, les catholiques anglais ont connu des périodes d’oppression bien plus aiguës que ne le furent les douze premières années du règne d’Élisabeth ; mais jamais ils ne se sentirent si totalement abandonnés par l’Église, si radicalement coupés de toute communication avec Rome que pendant les sept années qui vont de la conclusion du concile de Trente à l’excommunication de la reine. Ni pape, ni concile, ni empereur ni roi d’Espagne ne firent rien pour eux ; aucun prêtre ne leur fut dépêché. Qui aurait pu croire que, jusqu’à cette date (1570), la cour de Rome aurait fait si peu pour reconquérir cette île qui avait toujours été si fidèle ?... Ce n’est donc pas de propos délibéré et tout d’un coup que la grande apostasie conduisit la masse du peuple anglais à s’éloigner de l’Église ; cet éloignement fut la conséquence de compromis délibérés dans l’intime des consciences.» [1]

 

En 1541 ce fut la naissance de la première église calviniste à Genève. La théocratie genevoise

 

Berne, en Suisse, qui s'était déclaré pour la Réforme en 1528, dépêcha plusieurs "évangélistes" à Genève en 1530 (tels que Ami Perrin, Malbuisson, Clauder Roger et surtout Farel). La religieuse Jeanne de Jussie, du couvent de Sainte-Claire, relata les troubles qui secouèrent Genève à partir de l'arrivée des troupes et des "évangélistes" bernois :

 

"Et le jour de Monsieur Saint François (d'Assise), un mardi [1530], à dix heures du matin, arrivèrent à Morges les fourriers des Suisses pour prendre logis pour l'armée. Le mercredi, jeudi et vendredi, arrivèrent les troupes des deux cantons de Berne et Fribourg, audit Morges, et firent de grands maux... ils commencèrent à piller, dérober, à fourrager les pauvres gens, et ne laissèrent blé, vin, chair ni meubles par les maisons et châteaux des nobles, et puis brûlèrent tout, qui ne fut pas petite perte... Non contents encore, ces hérétiques rompirent la sacristie et toutes les armoires... et prirent tous les ornements qu'ils trouvèrent et emportèrent tout avec l'horloge du couvent, toutes les couvertures et linges des frères, tellement qu'il ne resta chose aucune... Et tous les prêtres [catholiques] qu'ils trouvaient portant longue robe la leur ôtaient, les dépouillaient et battaient, à toutes les images qu'ils trouvaient tant en plate peinture (fresque) qu'en tableaux, ils leurs crevaient les yeux avec la pointe de leurs piques et épées, et crachaient contre... ils brûlèrent tous les livres, tant de la chanterie qu'autres..."

 

"Le lundi, environ midi [1530], l'armée entra dedans Genève; ils menaient dix-neuf grosses pièces d'artillerie... Les luthériens se firent ouvrir l'église cathédrale Saint-Pierre. Le prédicateur Guillaume Farel se mit en chaire et prêchait en langue allemande. Ses auditeurs sautaient par-dessus les autels comme chèvres et bêtes brutes... Ces chiens abattirent l'autel de l'Oratoire et mirent en pièces la verrière où était en peinture l'image de monsieur Saint Antoine... Ils rompirent aussi une belle croix de pierre... et au couvent des Augustins rompirent plusieurs belles images, et au couvent des Jacobins rompirent de belles croix de pierre..."

 

Au mois d'août 1532, les hérétiques firent descendre les cloches du prieuré de Saint-Victor, et puis abattre jusqu'au fondement tout le monastère. En ce même mois, le jour de la Décollation de Saint Jean Baptiste, ils abattirent une petite et fort jolie église de Saint Laurent, et fut aussi abattue l'église de Madame Sainte Marguerite... 

 

L'an 1534,... la veille de Pentecôte, à dix heures de nuit, les hérétiques [luthériens] coupèrent les têtes à six images [statues] devant la porte des Cordeliers, puis les jetèrent dans les puits de Sainte-Claire. Le jour de la Saint-Denis fut découverte [le toit démonté] l'église paroissiale de Saint-Léger hors la ville, et puis entièrement rasée et abattue, et tous les autels rompus et mis en pièces. [2]

 

(En 1535) Expulsion des soeurs de Sainte-Claire. Le dimanche dans les octaves de la Visitation vinrent les syndics [réformés]... Le syndic ordonna à la mère abbesse d'ouvrir les portes (les Soeurs de Ste Claire ou Clarisses appartenaient à un ordre cloîtré). [L]es soeurs s'étant assemblées, Farel les harangua, ... vantant le mariage, la liberté. La mère abbesse l'arrêta mais fut expulsée. Le jour de monsieur saint Barthélémy, vinrent grandes compagnies tous en armes et bien embâtonnées [bien armés] et de toutes sortes d'armes.... ils vinrent heurter à la grande porte du couvent Sainte-Claire. La porte une fois ouverte, le chef de la troupe ordonna aux soeurs 'de par messieurs de la ville que plus ne dites aucun office, haut ni lus, et de ne plus ouïr la messe'. Il fut convenu entre la mère abbesse et le syndic que les soeurs quitteraient le couvent sans rien emporter... Le syndic promit de les conduire à la porte de la ville, sous bonne garde. La sortie se fit alors tant bien que mal, car plusieurs des soeurs étaient âgées et malades. ... Parties de Genève à cinq heures du matin, elles arrivèrent à Saint-Julien en fin de journée, où elles purent prendre du repos, avant de rejoindre Annecy, où le duc de Savoie leur avait fait préparer un couvent.

 

Le 5 août [1535], il (Farel) prêcha à Saint-Dominique et le 8 à Saint-Pierre. Après chacun de ses prêches, la foule de ses partisans abattit les statues et les croix, renversa les autels et les tabernacles, brûla les reliques et jeta les cendres au vent. [3]

 

Pierre de la Baume, le dernier évêque résidant avait quitté Genève le 1er octobre 1535, après que les syndics eurent publié un décret (le 27 août) par lequel ils ordonnaient 'que tous les citoyens et habitants eussent à embrasser la religion protestante, abolissant entièrement et absolument celle de la catholique'".

 

"Le 3 avril 1536, il fut donné un mois aux prêtres catholiques pour qu'ils se convertissent et, en attendant, il leur fut interdit de 'se mêler de dire la messe, de baptiser, confesser, épouser [marier]'. Le 5 avril, pareille défense fut faite aux chanoines. Enfin, le 21 mai 1536, 'le peuple réuni en Conseil général, adhérait unanimement à la Réforme religieuse'. En juin 1536, le Conseil abolit la célébration des fêtes, à l'exception du dimanche. Genève était une ville protestante".[4] La ville, dont l'évêque a été chassé, est devenue une république.

 

Le 2 novembre 1536, le bailli de Lausanne, jugeant que les réformés l'avaient emporté, se mit à la tête d'une troupe d'archers et fit le tour des paroisses du lausannois, 'parcourant les campagnes, rasant les chapelles, renversant les autels et abattant les croix... aux cris de 'À bas les papistes'". [5]

 

Appelé à Genève en 1536, Calvin en fut banni deux ans après, mais il y fut rappelé en 1540. Il exercera alors l'influence la plus absolue, faisant reconnaître comme loi d'État un formulaire réglant les principaux articles de foi. "De lourdes amendes punirent les catholiques qui restaient chez eux au lieu d'aller au prêche; harassés, traqués, les fidèles se lassèrent, beaucoup se soumirent pour avoir la paix. La Réforme, assez vite, régna en maître dans le Chablais." [6]

 

Fondateur de la théocratie genevoise, Calvin forge toute la future démocratie européenne. Du fer antique : l'Ancien Testament - la Loi, il forge une nouvelle Jérusalem terrestre... Calvin confond simplement la nouvelle Sion avec l'ancien Sinaï. Il ne voit pas ou ne veut pas voir la loi nouvelle de l'Évangile par rapport à l'Ancien Testament, à la Loi. "La fin de la loi est le Christ", dit l'apôtre Paul (Rom 10:4); "La fin du Christ, c'est la Loi", aurait pu dire Calvin.

"Composé de pasteurs et de laïcs (les "Anciens"), un consistoire est notamment chargé de la surveillance de la vie privée des citoyens. Jeux, spectacles, bals, chansons et tavernes sont interdits, toute infraction morale (adultère, violence, impiété) étant considérée comme un crime." [7]

 

"La profession de foi de 1536 doit être jurée par les habitants. [...] Pour Luther, la volonté humaine ne pouvait que faire le mal, pour Calvin, elle ne veut que le mal et sa responsabilité est entière.

 

[...] Dieu prédestine au salut (Traité de la prédestination, 1552).

 

Calvin fait exiler ses contradicteurs, l'humaniste Castellion, en 1544, le pasteur Bolsec, qui rejetait la prédestination, en 1551." [8]

 

Le 12 novembre 1537, le Conseil ordonne à tous ceux qui avaient refusé de jurer la Réformation [accepter le formulaire] de quitter la ville.

 

"Calvin inféode l'Église à l'État" : "Les seigneurs sont des dieux. Le peuple est Satan".

Il "fait de l'État le serviteur et l'instrument de l'Église.

À Genève il proscrit les jeux et le théâtre, impose l'assistance aux sermons, détermine les prénoms permis, règle la coupe des habits.

[...] Les huguenots (de l'allemand eidgenosse, lié par serment), les huguenots de religion se transforment en huguenots d'État.

[...] [L]'Église calviniste devient une coalition d'idées et d'intérêts, un parti et une armée." [9]

 

"Tous doivent prêter serment au nouveau Credo; ceux qui y manqueraient seront chassés de la ville; car, [...] l'Église, 'Cité de Dieu', et l'État, 'Cité des hommes', dans l'action, ne font qu'un, aux yeux de Calvin. Être ou ne pas être dans l'Église signifie être ou ne pas être dans l'État. Les dizenniers, ou hommes du guet, font irruption dans les maisons et traînent le peuple, par groupe de dix, à la prestation de serment.

 

"Plusieurs Eidgnots firent remarquer, en se gaussant, que Farel et Calvin 'qui étaient venus pour faire triompher le libre examen [la liberté de conscience] l'étouffaient à la première manifestation de dissidence'. Quelques-uns d'entre eux allèrent jusqu'à se moquer des 'deux papes qui étaient apparus pour ressusciter la lettre et qui l'emprisonnaient après la lutte de Lausanne.' Très vite ces propos se répandirent dans Genève, et firent rire, le peuple ne tarda pas à appeler leurs auteurs des libertins (car ils défendaient la liberté de penser), et le surnom leur resta ; injure qui devait bientôt se propager et dont on allait flétrir tout individu qui jouerait aux dés, qui n'aurait point éteint sa lumière après le signal du couvre-feu, qui boirait pendant les offices, danserait le dimanche, critiquerait les actes du syndic, ou garderait une image [pieuse] au logis.' (J.M. Aulin)." [10]

 

Après la théocratie de l'Ancien Testament, ici, à Genève, se manifeste à nouveau non pas un homme sacré, mais un peuple sacré; le but de l'État et de l'Église devient non plus la sainteté individuelle, mais la sainteté commune. 'Vous êtes un genre élu, une sainteté royale, un peuple saint.' (I P 2:9), dit Calvin aux Genevois. La ville grouille de limiers, dénommés 'Gardiens', dont l'oeil, tel 'l'oeil qui voit tout', pénètre partout (Ordonnances Ecclésiastiques de 1541). On ne juge pas seulement les actes, mais aussi les pensées et les sentiments. Toute tentative, même la plus secrète, de s'élever contre le 'Règne de Dieu', est soumise, en tant que 'trahison envers l'État', aux plus féroces châtiments de la loi: au fer et au feu. Tout le peuple genevois deviendra une sorte de Prisonnier de Chillon, et la Théocratie de Calvin - une ténébreuse prison souterraine dans l'azurée lumière du Léman." [11]

 

Calvin va plus loin que Luther : le salut est offert aux uns, refusé aux autres (Traité sur la Prédestination, 1552). En outre, la volonté humaine est totalement corrompue et l'homme ne peut sortir de cette corruption par aucune oeuvre. Seule la foi peut le sauver. "Ainsi, ... du plus profond pessimisme, le calvinisme débouche sur un certain orgueil, celui d'appartenir à une élite, d'être une sorte de nouveau peuple élu, donc d'être investi d'une mission de régénération du monde.

 

[...] La marque calviniste, même si elle déborde le milieu protestant, est présente dans la manie moderne de tout remettre en question, dans l'interventionnisme moralisateur à propos de tout, [...] dans ce besoin de décerner des bons et des mauvais points aux quatre coins du monde, dans ces discours politiques qui prennent souvent le ton du prêche. [...] Les conformismes qui pullulent aujourd'hui, dont celui du 'politiquement correct', voire du 'sexuellement correct', ne sont pas étrangers à l'influence protestante dans les milieux de la politique ou de l'édition", résume A. Richardt. [12] 

 

De 1541 à 1546 seulement, 76 citoyens sont bannis, et 58 genevois sont envoyés au bûcher par Calvin. [13] Ce qui fait quasiment une personne de la ville envoyée au bûcher tous les mois en cinq ans.

 

Les prisons étaient pleines de délinquants. Aimé Richardt, donne des "exemples de la tyrannie mesquine qu'exerçaient les ministres protestants" à Genève. "C'est ainsi que, en date du 20 mai 1537, nous trouvons : 'Une épouse étant sortie dimanche dernier avec les cheveux plus abattus [plus tombant sur les épaules] qu'il ne se doit faire, ce qui est un mauvais exemple et contraire à ce qu'on évangélise, on fait mettre en prison la maîtresse, les dames qui l'ont menée et celle qui l'a coiffée.'

 

Un autre jour, on saisit à un pauvre diable un jeu de cartes. 'Que va-t-on faire du coupable? Le mettre en prison?' La peine eût été trop douce aux yeux de Calvin. On le condamna donc à être exposé au pilori, son jeu de cartes autour du cou."

 

[...] Les rieurs ne manquèrent pas de protester... L'un demandait 'où le Saint-Esprit avait marqué dans l'Écriture la forme des coiffures des femmes?'. ... Un autre voulait savoir si la barbe de bouc que portait Farel ressemblait à celle d'Aaron !" [14]

 

Dmitri Mèrejkovski donne d'autres exemples de cette tyrannie

- un marchand fort connu, fut condamné à mort pour fornication; il monta sur l'échafaud en remerciant Dieu de ce qu'il allait être exécuté "suivant les lois sévères, mais impartiales de sa patrie";

- Le libertin athée Jacques Gruet fut le premier à être décapité le 26 juillet 1547, après avoir été torturé matin et soir, pendant un long mois, du 28 juin au 25 juillet. Sa tête fut clouée au pilori sur le Champel pendant de longs jours. La flamme des bûchers s'éleva.

Lors de la peste de 1543 à Genève, on brûla quinze sorcières; les sorciers, on les châtiait avec 'une plus grande sévérité' : après des tortures inouïes, on les écartelait ! Plusieurs s'étranglaient dans leur cachot pour échapper à la question.

On brûla également le médecin et ses deux aides de l'hôpital des pestiférés. Le 'Règne de Dieu' à Genève équivalut au règne du diable à Munster.

[...] En novembre 1545, les pasteurs de Genève faisant jeter au feu une de leurs fournées de sorcières, Calvin requit les Conseils de la ville, de 'commander aux officiers de la dicte terre de faire légitime inquisition contre telles hérégies, afin de extyrper telle rasse de la dicte terre.'" [15]

 

En 1555. Deux bateliers, les frères Comparet furent soumis à la question et condamnés à mort. "Je suis certainement persuadé que ce n'est pas sans un spécial jugement de Dieu qu'ils ont tous deux subi, en dehors du verdict des juges, un long tourment sous la main du bourreau" (le fer ayant glissé sur leurs vertèbres). Après l'exécution, les corps des deux frères, suivant la sentence, furent écartelés et l'une des quatre parties de chaque corps, fut clouée au pilori, devant la porte Cornavin, afin que quiconque pénétrait dans la ville sût ce qu'il en coûtait de ne pas se soumettre à la parole de Dieu ou à celle de Calvin.

 

Le 15 septembre 1555, sur le Champel, fut mis à mort ce même Berthelier qui, trois ans auparavant, presque à la veille de l'affaire Servet, avait causé un soulèvement des plus dangereux pour Calvin. Debout au pied de la chaire où prêchait Calvin, des indicateurs observaient la manière dont les gens l'écoutaient.

 

Deux personnes furent arrêtées parce qu'elles sourirent quand quelqu'un tomba, endormi, de son banc; deux autres, parce qu'elles avaient prisé.

 

On jeta en prison celui qui avait dit : "Il ne faut pas croire que l'Église soient pendue à la ceinture de maître Calvin!" On faillit brûler une vieille femme comme sorcière parce qu'elle avait regardé Calvin trop fixement.

 

Calvin est le maître à penser de la cité. "Je vous défends d'obéir au pape, répète-t-il, mais je veux que vous obéissiez à Calvin."

 

Une jeune femme fut condamnée à l'exil perpétuel parce qu'elle avait prononcé en sortant de l'Église : "Il nous suffit bien ce que Jésus-Christ a prêché !" 

 

Deux enfants, qui avaient mangé pour deux florins de gâteaux sur le parvis de l'église, furent fouettés des verges. On était jeté en prison pour la lecture de Amadis; pour le port de chaussures à la mode et de manches à gigots; pour trop bien tresser la chevelure, ce dont Dieu se trouvait 'grandement offensé'; pour un coup d'oeil de travers; pour avoir dansé ou avoir simplement regardé d'autres le faire. Plusieurs personnes qui avaient ri pendant un de ses prêches (de Calvin) furent jetées en prison.." [16] 

 

Le 3 juin 1555. "Ami Perrin fut condamné (ainsi que ceux des libertins qui s'étaient enfuis avec lui, Philibert Berthelier, Michalet, Vernat) par contumace, à avoir 'le poing du bras droit duquel il a intenté aux bâtons syndicaux coupé.' Il sera ensuite décapité puis 'la tête et le dit poing seront cloués au gibet et les corps mis en quatre quartiers (Annales Calviniani, O.C., 21, p. 608)."

 

"Les deux Comparet [...] qui, après avoir eu les têtes décapitées, furent mis en quartiers et les quartiers pendus chacun à une potence, aux quatre coins des franchises de la ville, et la tête d'un chacun d'eux avec l'un des quartiers. [...] L'on ne fit que couper les têtes à (François-Daniel) Berthelier et au Bastard [Claude Genève] sans les écarteler; la tête de Berthelier et son corps demeurèrent au gibet, aussi fut le corps du Bastard, mais sa tête fut clouée à un chevron sur la muraille du Mollard." [17]

 

L'épisode le plus connu de ces dérèglements meurtriers est celui de Michel Servet. Ce médecin aragonais professait publiquement que Dieu n'était pas trinitaire. Ignorant le ressort intime du régime de la ville-église, il eut l'audace d'en discuter avec le maître qui l'envoya brûler en 1555.

 

À Genève, les protestants, jaloux des progrès du catholicisme, ont formé, d'un commun accord, une ligue ou association dans laquelle ils prennent l'engagement:

 

de ne rien acheter des catholiques;

de ne les employer à aucun travail, et de chercher ainsi à les réduire à la plus complète indigence;

de faire en sorte que les protestants obtiennent seuls les charges et les emplois.

 

Le calvinisme en France et en Europe: un siècle de révoltes, de séditions et de pillages commis par les Huguenots

 

Le massacre de Vassy en 1562, selon la narrative protestante, déclencha les "guerres de religion".

 

Mais de 1559 à 1562, de nombreux catholiques furent massacrés par les Huguenots, et cela, la narrative de la repentance n'en parle pas.

 

Or, "c'est de la même manière [qu'en Angleterre] que le calvinisme a tenté de s'introduire en France.

Pendant plus d'un siècle, l'histoire de notre patrie ne retentit que de révoltes, de séditions et de pillages commis par les huguenots, partout où pénétraient leurs prédicants. Toute cette période n'est qu'un tissu de désordres, de perfidies, de cruautés! Et il n'y a point lieu de s'en étonner, puisque Calvin prêchait hautement qu'il fallait jeter à bas les rois et les princes qui ne voulaient pas embrasser le protestantisme, et leur cracher au visage plutôt que de leur obéir.

 

En 1560, la conspiration ou "Conjuration d'Amboise" vit les calvinistes révolutionnaires sous les ordres de Coligny, et selon le plan de La Renaudie, former le projet d'enlever dans son palais le roi de France encore enfant, François II selon le plan de La Renaudie, et de convoquer les états généraux et proclamer les Bourbons. Ayant manqué leur coup (la conjuration fut éventée par le Cardinal de Lorraine), ils s'emparèrent d'Orléans, dévastèrent les bords de la Loire, la Normandie, l'Île de France, et particulièrement le Languedoc, où ils commirent cruautés et profanations plus odieuses les unes que les autres. 

Le duc de Guise devança La Renaudie qui fut tué au moment où il rassemblait ses bandes. Par cette aventure, le parti protestant qui s’était mis en tort grave, fut sévèrement réprimé par le duc de Guise. Le prince de Condé fut condamné à mort (il ne sera sauvé que par la mort de François II, et l’avènement de son frère Charles IX.) Ce fut alors que Catherine de Médicis confia la charge de Chancelier de France (garde des sceaux et Premier ministre) au sage Michel de l'Hospital, qui prévint l'introduction de l'Inquisition en France et tenta aux états généraux d'Orléans, en décembre 1560, de rapprocher les partis (Édit de Janvier ou édit de tolérance de Saint-Germain 1562.

 

En France, le 7 janvier 1562 l'édit de tolérance de Saint Germain (ou Edit de janvier) donnait liberté de culte aux réformés.

 

Les protestants obtinrent le droit de pratiquer publiquement leur culte : droit de se réunir à l'extérieur des villes fortifiées.

 

La paix dite de Saint–Germain consacrait l’influence de Coligny et provoqua en fait le début des guerres de religion de 1562 à 1598, et à 1629 - Paix d’Allès (en d’autres pays elles ne cesseront qu’en 1648). C'est que paradoxalement, l’édit de tolérance de 1562 attisa la haine entre les deux communautés. Le Parlement de Paris refusa de ratifier l'Édit de Janvier. Protestants et catholiques se tinrent sur le qui-vive, prêts à en découdre. On estime que plus d'un tiers de la noblesse française est à ce moment acquise au protestantisme. Les tensions entre les deux communautés ont été avivées par la rivalité entre la famille catholique des Guise et celle, protestante, des Condé.

 

Les protestants qui criaient à la persécution, prirent les armes en mars 1562 : la véritable guerre civile commençait, et c'est un manifeste du prince de Condé qui l’ouvrit.

 

François de Guise (catholique) avait pour lui Paris qui restera jusqu’au bout catholique, et la résistance passionnée de la capitale annonçait l’échec de la nouvelle religion, car déjà la France ne pouvait plus être qu’à l’image de Paris.

 

C'est le début des "guerres de religion". Elles dureront plus de trente ans. 

 

Des villes - Orléans, Poitiers, La Rochelle, Caen, Le Havre, Dieppe, Rouen... - tombèrent, puis furent reprises. La reine Elisabeth d'Angleterre subventionna les protestants "français", et convint d'un secours de six mille hommes envoyé sur le continent, moyennant la livraison du Havre et la restitution de Calais... [18]

Les informations suivantes sont tirées du livre de Jean Guiraud, Histoire partiale histoire vraie, tome II, Moyen Age – Renaissance – Réforme, 4° édition, Gabriel Beauchesne & Cie Editeurs, Paris 1911, p. 345 :

 

"L'intolérance protestante s'est attaquée aux monuments religieux, aux statues et en général aux œuvres d'art, […] la mutilation des églises, martelages au point de bas reliefs, destruction des trésors avec leurs collections artistiques ou archéologiques, statues mutilées ou décapitées, disparition ou destruction de richesses d'orfèvrerie accumulées dans les sacrisities, destruction des boiseries, stalles de chœur, salle capitulaire 'ouvréees et maniérées' (Aubeterre, mai 1562), magnifiques vitraux du XIIIe siècle, cassés et brisés à coups de bâtons, destruction d'un des plus bels orgue du royaume (Cathédrale St Germain d'Auxerre en 1567), manuscrits, parchemins précieux, riches miniatures et livres saints brûlés, destruction d'un grand nombre de châsses et reliquaires, profanations des sépulcres et des corps (cathédrale d'Angoulême en mai 1564 où les corps de messire Jean et Charles, comtes d'Angoulême, aïeul et bisaïeul du roi, furent mis à l'air et découverts, et celui dudit comte Jean, trouvé entier, ils lui avaient coupé la tête et massacré son corps en plusieurs endroits à coups de dague…), dispersion des reliques des saints Ausone, Aptone, Cybard, Groux, Fredebert, etc. (FOURGEAUD, Origine et introduction du protestantisme à Angoumois, p. 115-117.), reliques jetées au vent ou confondues avec les ossements des animaux, sépultures violées (Lyon, avril 1562, tombe au pouvoir des protestants. C 'est le sac d'une ville prise d'assaut)

 

"[…] C'est par fanatisme religieux plutôt que par de légitimes représailles que les réformés de toute confession ont multiplié les actes de vandalisme. La vraie raison de ces mutilations d'églises,[…] c'est que, au XVIe et au XVIIe siècle, tout protestant se doublait d'un iconoclaste.

 

[…] Trente ans avant les guerres de religion, les premiers huguenots français brisaient dans les rues de Paris les images vénérées de la Vierge. Leurs maîtres, les prédicateurs de la Réforme, leur en faisaient un devoir.

 

[…] Thédore de Bèze, le plus fidèle élève de Calvin, s'élevait surtout contre les crucifix qu'il avait en abomination et dont il eût voulu que les autorités chrétiennes ordonassent la destruction. Zwingle demandait encore la démolition des églises pour mieux anéantir le catholicisme. "Quand on détruit leurs nids, disait-il, les cigognes ne reviennent plus !"

 

Un grand nombre des profanations, actes de vandalisme et meurtres que nous signalons ont été commis avant le massacre de Vassy (1er mars 1562), au cours duquel une cinquantaine de protestants furent tués, qui aurait attiré aux catholiques les naturelles représailles des "réformés" et déclenché les "guerres de religion" :

 

Paris. Le 31 mai 1528, nuit de la Pentecôte, les huguenots abattirent la tête d'une figure de la Vierge, dans le mur de la rue des Rosiers qui faisait coin de la rue des Juifs; ils rompirent aussi la tête de l'enfant qu'elle tenait, les jetèrent toutes les deux derrière des pierres, donnèrent quelques coups de poignard dans la robe de la statue et plongèrent son couvre-chef dans la boue…. Elle fut remplacée par une image d'argent à l'issue d'une cérémonie de réparation. Celle-ci fut dérobée en 1545; on en mit une en bois, qui fut brisée en 1551; on en mit une quatrième de marbre (DOM LOBINEAU, Histoire de Paris, II, p. 983-985.)

Près de la rue Saint-Martin, une image de la Vierge et deux autres de Saint Fiacre et de Saint Roch furent défigurées dans la nuit du samedi 21 mai 1529; les protestants leur crevèrent les yeux…. (ibid., p. 988.)

La nuit du 8 au 9 septembre 1554, une image de la Sainte Vierge qui était devant l'hôtel de Châlons fut mise en pièces; une autre de Notre-Dame de Pitié, qui était auprès, fut lacérée de coups de poignard (ibid., p. 988.)

En 1562, les huguenots profanent l'église Saint-Médard (LEBOEUF, Histoire de la ville et du diocèse de Paris, ed. 1883, I, p. 257.)

Dans la nuit du 17 au 18 octobre 1534, ils affichèrent à Paris et en Province des placards violentes contre les catholiques. Ils y traitaient de menteurs et blasphémateurs "le pape et toute sa vermine de cardinaux, d'évêques et de prêtres, de moines et autres cafards,…" et annonçaient "que leur règne serait détruit à jamais" (LAVISSE, Histoire de France, V, partie I, p. 380.) Les pamphlétaires huguenots prêchaient la destruction du catholicisme et demandaient à François Ier de la proclamer ! à l'exemple des princes luthériens de l'Allemagne, ses alliés.

 

Les actes de vandalisme avant le "Massacre de Vassy" en 1562, n'étaient pas particulier à la France. Partout où "la Réforme" avait eu des succès, elle les avait multipliés : Allemagne, Pays-Bas, Flandre, Suisse, Autriche, Angleterre, etc.

 

Augsbourg. En 1528, Michel Cellarius fait briser les images. En janvier et février 1537, le Conseil abolit le catholicisme, s'empare de force de la cathédrale, des églises, des couvents; il ordonne la destruction des autels et des tableaux…; tous les autels et statues de pierre furent enlevés. Le chapitre écrivait à Charles-Quint que "les tableaux qu'il eût fallu respecter, rien que par égard pour leur antiquité et pour l'amour de l'art," avaient été en grande partie détruits, les épitaphes et les mausolées brisés et dispersés. (JANSSEN, L'Allemagne et la Réforme, Plon, tome III, Paris 1889-1905, in 8°, p. 107, 370.)

 

Strasbourg (1528). A l'instigation du disciple de Luther, Bucer, la cathédrale est saccagée… On y brise 50 autels, des tableaux, des croix… On fait servir aux travaux de fortification les pierres tombales enelvées aux églises… JANSSEN, L'Allemagne et la Réforme, Plon, tome III, Paris 1889-1905, in 8°, p. 105.)

 

Paris (1534). Dans la nuit du 17 au 18 octobre 1534, des placards, sortis des presses de Neuchâtel en Suisse furent affichés à Paris, dans certaines grandes villes et jusque sur la porte de la chambre du roi à Amboise. Paris se réveille avec des statues de la Vierge brisées, et un placard contre la messe cloué jusqu'à la porte de la chambre royale (affiches apposées contre le culte des Saints, contre l’Eglise et contre le pape). L'auteur des textes, le pasteur Antoine Marcourt, n'y allait pas de main morte. Il qualifiait de diabolique la doctrine eucharistique de la transsubstantiation, selon laquelle, sous les espèces matérielles du pain et du vin, le corps et le sang de Jésus étaient réellement présents (Présence réelle). Avec ce "Dieu de pâte", dénonçait-il, le clergé romain exploite la crédulité du "pauvre peuple". Il raillait la messe papale, parodie odieuse de la "sainte Cène de Jésus-Christ". Or, l'eucharistie est le cœur même de la vie de l'Église, bâtie autour de ce mystère depuis les temps apostoliques. Le roi avait jusque-là fait preuve d'une grande ouverture d'esprit, n'hésitant pas à s'allier avec les protestants d'Allemagne. La répression fut violente avec 40 luthériens brûlés vifs tandis que s’enfuyait Jean Calvin. En représailles de cette "affaire des placards", le roi François Ier ordonna la chasse aux hérétiques. Une grande procession expiatoire fut décidée de Saint-Germain-des-Près à Notre-Dame: tête nue, vêtu de noir, un cierge à la main, le roi suivit les reliques de la Sainte-Chapelle, dont la couronne d'épines et le morceau de la Vraie Croix. Toute la catholicité du royaume fut convoquée, la reine, ses filles, les cardinaux, les archevêques et évêques, les ordres mendiants, le clergé local avec ses bannières, l'Université, les chanoines, les chantres... Après quelques années de répit, l'intolérance religieuse reprit le dessus.

 

Le calvinisme. Un autre courant réformateur allait prendre en France plus d'ampleur que le luthéranisme. Ses idées connurent en France un grand succès, suivi de violences abominables, dignes des temps barbares. Pendant ce temps, Genève, sous l'influence des prêches incandescents de Guillaume Farel, avait basculé dans le protestantisme et interdit le culte catholique sur son territoire. En 1541, la république y était proclamée sous le nom de seigneurie de Genève. Calvin s'y installa en maître incontesté et transforma les institutions en une dictature théocratique (interdictions des jeux de cartes, de l'ivrognerie ou de l'adultère, suivies de pendaisons, décapitations et bûchers pour les dissidents.).

 

Bergerac. Le 16 janvier 1544, les huguenots entrent aux couvents des Carmes, et des Cordeliers, dont ils emportent les croix, calices, encensoirs. Le 10 juillet, ils brisent la statue de Notre-Dame du Pont particulièrement vénérée par les matelots. Plus tard, ils détruisent l'église du prieuré de Sainte-Catherine de Mercadil (NEYRAC, Les geurres de religion dans nos contrées, p. 25.)

 

Lubéron. En 1545, les Vaudois du Lubéron, qui avaient adhéré à la réforme calviniste, prirent les armes, sous la direction d'un chef fanatique, Eustache Marron. En réponse aux attaques et aux pillages, le baron d'Oppède, Jean Maynier, premier président du parlement d'Aix, déclencha la répression: vingt-trois villages furent rasés, des centaines de personnes de toutes conditions furent égorgées.

 

Toulouse. En 1547, les huguenots troublaient les cérémonies du culte catholique; la veille de Noël 1547, ils faisaient irruption dans l'église Saint-Pierre en tenant un lièvre embroché et en criant à tue-tête : Christus natus est ! Le 29 mars suivant, ils empêchaient une procession et un sermon. Cinq ans plus tard, en 1553, les Etats du Languedoc signalaient la destruction d'un grand nombre de croix dans toute la province; et deux après, des statues de saints étaient mutilées à Toulouse (1555.) Après la mort d'Henri II (1559), l'audace des huguenots augmente en Languedoc et ils s'emparent par la force de beaucoup d'églises catholiques pour en faire des prêches protestants. (Jean Guiraud, Histoire partiale histoire vraie, tome II, Moyen Age – Renaissance – Réforme, 4° édition, Gabriel Beauchesne & Cie Editeurs, Paris 1911, p. 391.)

 

Nîmes. En 1548, les protestants brûlaient, dans la cathédrale de Nîmes, un tableau représentant la sainte Vierge (BOREL, Histoire de la réforme à Nîmes.)

 

Le 29 septembre 1560, le prédicant huguenot Guillaume Maugé, à la tête des huguenots, s'empare de l'église paroissiale Saint-Jacques du Capitole, brise les images, renverse les autels et en fait un temple (Histoire du Languedoc, XI, p. 330.) Le dimanche 21 décembre 1561, les huguenots au nombre de deux mille, envahissent la cathédrale pendant l'office pontifical, renversent les autels, pillent les vases sacrés, brisent les images. Ils en font autant chez les Carmes, les Jacobins, les religieuses de Saint-Sauveur et de Sainte-Claire. L'après-midi, ils allument un grand feu devant la cathérale et brûlèrent les archives, les tableaux, les reliques, les ornements, les saintes hosties. On fait de même dans toutes les églises des environs (Histoire du Languedoc, XI, p. 371.) Du 2 au 12 février 1562, le pastreur Viret préside un synode protestant de 70 ministres; ils décident qu'on démolira toutes les églises de la ville et du diocèse. Le 25, à la suite d'une nouvelle assemblée du synode, au signal de la cloche de l'Hôtel-de-Ville, on pille toutes les églises de Nîmes et on détruit les tableaux qui restent. La cathédrale était un grand monument à trois nerfs, rebâti sous Urbain II (XIe siècle). Il n'en resta que la façace (Histoire du Languedoc, XI, p. 374-375.) L'église Sainte-Eugnénie fut transformée en un magasin de poudres (Histoire du Languedoc, XI, p. 686.)

 

Bretagne. En 1558, quatre ans avant l'échauffourée de Vassy, "les catholiques bretons étaient chassés de leurs propres églises et la messe était transformée de force en prêche protestant !" (Jean Guiraud, Histoire partiale histoire vraie, tome II, Moyen Age – Renaissance – Réforme, 4° édition, Gabriel Beauchesne & Cie Editeurs, Paris 1911, p. 390.)

 

Dauphiné. En 1559, les huguenots de Valence s'emparèrent par la force de l'église des Cordeliers. "Tous ceux de leur parti s'y rendirent en foule; la plupart étaient armés…, si on leur en voulait faire, comme ils disaient (31 mars). Les seigneurs des environs, Claude de Miribel et Jean de Quintel, leur prêtèrent main forte. On opéra de la même manière à Romans et à Montélimar. Dans cette dernière ville, l'église des Cordeliers fut transformée en un prêche protestant, grâce à l'intervention armée des seigneurs de Montbrun, de Saint-Auban, de Vesc, de Compset et de Candorce. Ces nobles "avaient tellement abattu le courage des catholiques, par leur autorité et par leur nombre, que ceux-ci n'osaient même prendre la liberté de se plaindre ni de parler pour leur religion…. Ils commencèrent à exhorter leurs sujets de changer de religion comme eux, et leurs paroles n'ayant pas un assez prompt effet, ils les contraignirent de le faire par les mauvais traitements et par les menaces. Mais Montbrun fut le plus violent de tous: il avait appelé de la ville de Genève des ministres qui prêchaient dans son château et forçait ses sujets à coups de bâton de les venir ouïr" (Nicolas Chorier, Histoire générale de Dauphiné, 1672, p. 542-545.)

 

Bearn (Noël 1560) Jeanne d'Albret, reine de Navarre, se déclare protestante, elle fait dresser l'inventaire de tous les biens ecclésiastiques de la Navarre et du Béarn, puis les confisquent ! les églises devinrent des temples, le culte protestant est le seul permis, le culte catholique est interdit.

 

Languedoc. 1560. Le 15 décembre à Carcassonne, les calvinistes renversent et traînent dans la boue, à travers les rues de la ville, une statue de la sainte Vierge, "la corde au col"; une procession expiatoire ayant été faite à cette occasion par les catholiques, une émeute a lieu mettant aux prises les deux partis. Bientôt, des bandes protestantes armées parcourent tout le Languedoc, pillant sur leur passage les sanctuaires et les maisons des catholiques; le 13 juillet 1560, six cents huguenots de Montauban marchent sur Saint-Antonin dont ils brûlent les églises. Après une violente émeute qui éclate le 19 octobre 1561, […] le culte catholique est aboli dans toute la ville et un prêche est établi dans le palais épiscopal. Des émeutes du même genre font tomber aux mains des calvinistes les villes de Montauban, Nîmes, Lunel, Gignac, Sommières, Négrepelisse, Alais, Castres, Rabastiens, Annonay, etc. et partout ils interdisent l'exercice du culte catholique; à Castres, ils conduisent de force les religieuses clarisses aux prêches des ministres (tous ces faits sont empruntés à l'Histoire du Languedoc, note de J. Roman, tome XII, p. 71-89.)

 

Orange. En septembre 1561, avec la complicité du prince, les huguenots convertissent en temples la grande église Notre-Dame et l'église des Jacobins, après avoir renversé les autels, brûlé les crucifix et les images de la Sainte Vierge qui étaient au coin des rues, ravi les croix, les calices, les châsses d'argent des corps des saints Eutrope et Florent, évêques de la ville (BOUCHE, Histoire de Provence, II, 633.)

 

Montauban. En Juillet 1561, les huguenots s'emparent des églises des Cordeliers et de Saint-Louis; en octobre, ils ravagent toutes les autres églises excepté la cathédrale qui était bien défendue (Histoire du Languedoc, XI, p. 372.)

 

Montpellier. Le 24 septembre 1561 (six mois avant Vassy), les protestants prennent les armes, s'emparent de Notre-Dame des Tables, l'église devient le temple de "La Loge"…

 

Le 19 octobre suivant, ils assiègent les catholiques réfugiés dans la cathédrale Saint-Pierre. Les catholiques ayant capitulé, la cathédrale est pillée avec une fureur extrême, les autels sont renversés, les retables, tableaux, images, statues sont mis en pièces. Cette église que son fondateur, Urbain V, avait merveilleusement ornée au XIVe siècle, fut entièrement saccagée en sept heures.

 

"Dans ses rapports au roi, M. de Joyeuse, lieutenant général du Languedoc, décrivait la terreur que les bandes protestantes faisaient régner dans toute la province. […] Le 24 octobre (1561), il écrivait:

 

"A Montpellier, deux mille hommes armés sont entrés par la force dans l'église Saint-Pierre, et après l'avoir pillée, ont tuée vingt-cinq à trente personnes dans ladite église et, entre autres, quelques chanoines et deux prêcheurs qui prêchaient tous les jours, et ayant fait cela, ils sont allés piller tous les couvents, jusqu'à tirer hors de la religion les religieuses réformées…."

(Jean Guiraud, Histoire partiale histoire vraie, tome II, Moyen Age – Renaissance – Réforme, 4° édition, Gabriel Beauchesne & Cie Editeurs, Paris 1911, p. 358 et 393 sur les morts.)

"Ce n'était pas seulement en Languedoc que les huguenots essayaient de détruire par la force le catholicisme; leurs émeutes, leurs pillages, leurs profanations se répétaient, de la même manière, dans toutes les provinces du royaume." (ibid., p. 393.)

 

Toutes les églises, chapelles, de Montpellier, au nombre de soixante, furent pillées. Le 26 octobre, on recommença et on pilla les églises des Carmes, des Augustins, des Cordeliers et des Jacobins qui étaient hors la ville. "En moins de huit jours, les messes furent abolies, les prêtres chassés, les ornements, les livres d'église et les reliques brûlés, déchirés, dissipés, les images et les croix brisées." On agit de même peu de temps après,… à Lunel, Gignac, Sommières et dans plusieurs autres villes de la province (Histoire du Languedoc, XI, p. 363-364.)

 

En novembre (1561), les protestants, maîtres absolus de Montpellier mirent en pièces tous les anciens tombeaux qui étaient dans les églises, en déterrèrent les corps et les ossements qu'ils abandonnèrent à la merci des chiens (Histoire du Languedoc, XI, p. 365.)

 

Agen. A la fin de 1561, les huguenots pillent les couvents des Augustins, des Carmes et des Cordeliers, détruisent les autels dont les débris furent brûlés de la main du bourreau. Les jours suivants, on en fit de même aux couvents de femmes (GAULLIEUR (protestant), Histoire de la Réformation à Bordeaux, I, 337.)

 

Bourges. L'émeute le dimanche 17 août 1561 entre quatre et cinq heures du soir… En un instant, il y a plus de deux mille combattants sur les remparts, "tous armés de garrots, de pistollets, de pierres et autres ferremens." […] Forcés de battre en retraite, les catholiques se replient sur la ville. Toute la lutte se concentre autour du portail de Bourbonnoux. L'on se bat avec une telle fureur sous la voûte "qu'il s'en fût ensuivi une telle effusion de sang" si le poste n'eût réussi à fermer les portes pour séparer les combattants (De Brimont, Les XVIe siècle et les guerres de religion en Berry, t. I, chap. 3.) (p. 396.)

 

Bazas. A la fin de 1561, les protestants mettent en pièces les statues de toutes les églises, les orgues, les vases sacrés, les ornement sacerdotaux (GAULLIEUR, (protestant), Histoire de la réformation à Bordeaux, I, p. 115-117.)

 

Castres. Le 31 décembre 1561 et le 1er janvier 1562, les protestants détruisent les images et les autels de la cathédrale Saint-Benoît et de toutes les autres églises de la ville; le 2 février, on brûle tous les ornements sacerdotaux de l'église des Mathurins (Histoire du Languedoc, XI, p. 373.)

 

Saint-Paul-Trois-Châteaux. Les huguenots, en 1561, pillent l'église, prennent les croix, calices et ornements et brûlent les reliques de saint Restitut (BOUCHE, Histoire de Provence, II, 633.)

 

Vienne. En mars 1561, quarante huguenots armés brisent, la nuit, les statues du portail de la cathédrale. Ils en font autant à Saint-Pierre, Saint-Martin et Saint-André-le-Haut (NICOLAS CHORIER, Histoire du Dauphiné, I, 553.)

 

Valence. En 1562, les protestants mettent le feu aux églises, brûlent les images et battent les autels (BOUCHE, Histoire de Provence, II, p. 638.)

 

Toulouse. En mai 1562, les huguenots essaient de prendre Toulouse, ils réussissent à en occuper une grande partie. Ils s'emparent de l'église Saint-Paul qu'ils mettent au pillage, tentent d'en faire autant de la cathédrale Saint-Etienne et de la Daurade. Le 14 mai, ils visent à coups de canon les clochers des Augustins, des Cordeliers, des Jacobins, de Saint-Sernin; […] Ils prennent d'assaut les couvents de Saint-Orens, des Cordeliers, de la Merci, de Saint-Antoine, des Béguines, des Augustines, l'église paroissiale de Notre-Dame du Taur, les églises de Saint-Pantaléon et de Saint-Quentin. Ils enlèvent les objets précieux de ces églises. Le 15 mai, ils échouent devant Saint-Sernin, mais prennent et saccagent l'églises des Chanoinesses de Saint-Sernin (Histoire du Languedoc, XI, p. 387 et suiv.)

 

Vendôme. En mai 1562, Jeanne d'Albret…, reine protestante de Navarre, s'empara de vendôme et laissa ses soldats piller la collégiale de Saint-Georges, profaner les tombeaux, briser les statues et les autels… L'orgue, qui avait été construit en 1487, fut détruit et ses tuyaux d'argent enlevés. La reine fit briser les tombeaux des Bourbons, aïeux de son mari (Antoine) et même celui de son beau-père… (METAIS, Jeanne d'Albret et la spoliation de l'église Saint-Georges de Vendôme.)

En même temps, Jeanne d'Albret fit piller un grand nombre d'églises du Vendômois, celles de Saint-Sauveur, de l'Etoile, de Notre-Dame de Villethion.

 

Poitiers. En 1562, les huguenots pillent l'église et l'abbaye de Saint-Hilaire. Ils saccagent la "fameuse bibliothèque et librairie dudit lieu qui était munie de si grand nombre de bons et anciens livres, tant grecs, hébreux que latins, et où de toutes parts, les gens doctes accouraient pour en tirer quelque chose".

 

Le Puy. En 1562, le baron des Adrets avec une troupe de protestants, pille le faubourg de l'Aiguille et les autres faubourgs du puy, saccage les églises des Carmes, des Cordeliers, des Jacobins (Histoire du Languedoc, XI, p. 413.)

 

"La raison de ces troubles est facile à comprendre. Tant que François Ier avait subi l'influence de leur protectrice, Marguerite de Valois, sa sœur, les protestants avaient espéré gagner le gouvernement royal à leurs doctrines et, par le bras séculier, devenu huguenot, les imposer de force à la France. Mais, dans les dernières années de son règne, soit qu'il cédât au Parlement, gardien des traditions catholiques et gallicanes du pays, soit qu'il redoutât lui-même le triomphe du protestantisme, François Ier se montra fidèle catholique; son fils, Henri II (1547-1559), accentua encore ce zèle en faveur de la religion nationale et il le prouva en sanctionnant les mesures de rigueur prises par le Parlement contre les protestants. Ceux-ci changèrent alors de tactique ! Et, le coup de force contre les catholiques qu'ils avaient tout d'abord espéré de l'Etat, ils essayèrent de l'accomplir eux-mêmes : au lieu de la loi générale qui aurait aboli la messe (comme en Angleterre ou en Suisse), confisqué les biens du clergé, forcé les prêtres et les fidèles à l'apostasie, comme cela s'était produit en Allemagne, en Angleterre, en Suisse, en Suède, en Norvège et Danemark, ils essayèrent de supprimer en détail le culte catholique, profitant de toutes les occasions qui paraissaient s'offrir à leur fanatisme" (Jean Guiraud, Histoire partiale histoire vraie, tome II, Moyen Age – Renaissance – Réforme, 4° édition, Gabriel Beauchesne & Cie Editeurs, Paris 1911, p. 388-389.)

 

1er mars 1562 : le Massacre de Vassy en Champagne, (23 morts et plus de cent blessé : LAVISSE, Histoire de France, t. IV, p. I, p. 58-59, in Jean Guiraud, Histoire partiale histoire vraie, tome II, Moyen Age – Renaissance – Réforme, 4° édition, Gabriel Beauchesne & Cie Editeurs, Paris 1911, p. 402) par des soldats du duc de Guise, contre 200 Huguenots qui célèbrent leur culte dans une grange.

 

"Or, il (le massacre de Vassy) fut précédé de massacres de catholiques et d'excès de toutes sortes commis sur plusieurs points du territoires par les huguenots. Excitées par "les appels sauvages" de leurs pamphlétaires, les passions protestantes 'faisaient rage dès 1560.'

 

Dans les provinces du Midi surtout, il y avait des prêches en armes, des pillages, saccagements d'églises, des courses, des combats entre les bandes huguenotes et les troupes royales. […] En 1561, les huguenots avaient saccagé l'église saint-Médard et plusieurs autres.

 

Dans un certain nombre de villes du Languedoc, ils s'étaient emparés à main armée de plusieurs églises : à Montauban, Béziers, Castres, Nîmes, ils avaient interdit tout culte catholique, arraché les religieuses de leurs couvents et forcé ces innocentes victimes à assister aux prêches; à Montauban, il y avaient poussé le peuple à coups de fouet et de nerfs de bœufs.

 

Ceux qui avaient essayé de résister avaient été mis en prison et fouettés jusqu'au sang; plusieurs mêmes avaient expiré sous les coups.

 

Il n'y eut pas à Vassy un "massacre" de protestants; mais […] une bagarre sanglante, une échauffourrée où il y eut des morts des deux côtés, Guise lui-même étant blessé par les protestants" (ibid. p. 403.)

 

"[…] Les guerres de religion étaient déjà commencées avant le massacre de Vassy. […] On vit des bandes ou plus exactement de vraies armées protestantes organisées, dès 1559, 1560, 1561, c'est-à-dire un an, deux ans, trois ans auparavant, dans toute l'étendue du territoire, occupant de force les églises, saccageant les villes, promenant la dévastation dans les campagnes. […] Qu'étaient-ce donc que ces émeutes suscitées délibérément par les protestants, ces rixes et ces batailles sinon des guerres de religion ? […] Et le tableau que Ronsard (Discours des misères de ce temps adressé à la reine régente Catherine de Médicis) et Mézeray nous ont tracé de la France en 1562, nous montre qu'elle était livrée depuis longtemps aux luttes à main armées des factions politiques et religieuses." (p. 404.)

 

Après 1562, à Montauban, à Castres, à Béziers, à Nîmes (la "Michelade" en 1567), à Montpellier, dans le Béarn, les grands prôneurs de la "tolérance" interdirent, sous les peines les plus rigoureuses, tout exercice du culte catholique.[19]

 

La Michelade est le nom donné au massacre le jour de la Saint-Michel, le 29 septembre 1567, à Nîmes, de quatre-vingts à quatre-vingt-dix catholiques (moines, clercs) par des émeutiers protestants.

 

Tel est à peu près le traitement que les protestants firent subir à toutes les villes qui tombèrent en leur pouvoir: églises profanées, vol de vases sacrés, prêtres ou religieux chassés ou tués, atrocités les plus barbares jointes aux sacrilèges les plus abominables. [20]

 

Les persécutions et les dévastations dont les prétendus "réformés" se rendirent coupables à partir de 1560 anticipèrent sur ceux commis pendant la Révolution dite "française". Le prince de Condé avait appelé à son secours 18 000 reîtres du prince - protestant - Casimir d'Allemagne. Ils restèrent dix-huit jours dans la région de Vichy.

 

Une tentative monarchique d'éliminer quelques chefs huguenots dont l'amiral de Coligny, à Saint-Barthélémy (24 août 1572) tourna à une succession de massacres à Paris d'abord puis en province.

 

Au total, il y eut peut-être 3000 victimes à Paris et 7 ou 8000 dans le reste de la France. Nombre de familles huguenotes partirent se réfugier à Genève. [21]

 

Le royaume n'allait pas devenir protestant, mais le protestantisme disposait désormais de solides assises territoriales, de la Saintonge au Dauphiné en passant par le Languedoc.

 

En 1576, ils ruinèrent le village d'Escolles.

La plupart des maisons avec leurs dépendances furent livrées aux flammes.

La tour sainte et le château d'Escolles furent anéantis

Dix hommes furent massacrés

Une femme indignement mise à mort

Tous les biens et les animaux furent pillés

 

Le chroniqueur qui nous décrit ce désastre signale que seules cinq maisons furent épargnées. C'était au début de l'an 1576 (Abbé Alain Delagneau, Douze siècles de tradition catholique au Pointet, Fideliter Novembre-décembre 2001, n° 144, p. 16.)

 

A la fin du siècle, tandis qu'Elisabeth avait établi l'Eglise d'Angleterre et marginalisé un catholicisme criminalisé, les "réformés" français n'avaient pas réussi à faire de la France un royaume protestant mais bénéficiait grâce à l'édit de Nantes (1598) d'un statut privilégié.

 

L'affrontement se poursuivit aux Pays-Bas de 1566 à 1648, puis, dans le Saint-Empire, la guerre de Trente Ans de 1618 à 1648.

Les atrocités commises par les protestants aux Pays-Bas

 

On ne saurait lire, sans frissoner d'horreur, les atrocités commises par les Hollandais pour étendre le protestantisme dans les Pays-Bas, et particulièrement les tortures et les supplices auxquels eut recours le zèle religieux des envoyés du prince d'Orange, Lamark et Sonoi... Ce dernier était passé maître dans l'art de tourmenter les corps pour perdre les âmes. Voici la description qu'une plume protestante et hollandaise nous a laissée des moyens employés par ce tigre pour martyriser les catholiques fidèles à leur religion:

 

"Les procédés ordinaires de la torture la plus cruelle, écrit Kerroux, ne furent que les moindres tourments qu'on fit endurer à ces innocents. Leurs membres disloqués, leurs corps mis en lambeaux par les coups de verges, étaient ensuite enveloppés dans des linges trempés d'eau-de-vie auxquels on mettait le feu, et on les laissait dans cet état jusqu'à ce que leur chair noircie et ridée laissât voir à nu les nerfs sur toutes les parties du corps.

 

"Souvent on employait jusqu'à une demi-livre de soufre pour leur brûler les aisselles et les plantes des pieds. Ainsi martyrisés, on les laissait plusieurs nuits de suite étendus sur la terre sans couverture, et à force de coups, on chassait loin d'eux le sommeil. Pour toute nourriture, on leur donnait des harengs et d'autres aliments de cette espèce propres à allumer dans leurs entrailles une soif dévorante, sans leur accorder seulement un verre d'eau, quelque supplice qu'on leur fit endurer. On appliquait des frelons sur leur nombril. Il n'était pas rare que Sonoi envoyât au service de cet épouvantable tribunal un certain nombre de rats qu'on plaçait sur la poitrine et sur le ventre de ces infortunés, sous un instrument de pierre ou de bois façonné pour cet usage et recouvert de combustibles. On mettait ensuite le feu à ces combustibles, et on forçait ainsi ces animaux à ronger les chairs de la victime et à se faire un passage jusqu'au coeur et aux entrailles. Puis on cautérisait ces plaies avec des charbons allumés, ou bien on faisait couler du lard fondu sur ces membres ensanglantés...

 

"D'autres horreurs plus dégoûtantes encore furent inventées et mises à exécution avec un sang-froid dont on pourrait à peine trouver des exemples parmi les cannibales; mais la décence nous interdit de continuer." (M. Kerroux, Abrégé de l'histoire de Hollande, t. II, p. 319, cité in Mgr de Ségur, Causeries sur le protestantisme d'aujourd'hui, Libraie Saint-Joseph, Tolra libraire-éditeur, Rennes 1894, rééd. Editions Saint-Rémi, p. 175-176.)

 

Partout où il domine, le protestantisme se montre l'ennemi acharné et l'aveugle destructeur des catholiques

 

"Ce que la tolérance protestante a fait en Angleterre, ce qu'elle a voulu faire en France et en Hollande, elle le fait encore en 1894 en Suède. Là aussi, la "Réforme" s'est établie par la violence et par le sang, et les lois religieuses de ce pays ont conservé toute la barbarie que comporte l'esprit de notre siècle. En cette année, plusieurs familles viennent d'être condamnées à l'exil et dépouillées de tous leurs biens uniquement pour avoir embrassé la foi catholique. En Norvège, en Danemark, en Prusse, à Genève, partout où il domine, le protestantisme se montre l'ennemi acharnée et l'aveugle destructeur des catholiques. Ayant là ses coudées franches, il dédaigne tous ces ménagements hypocrites qui lui donnent si souvent chez nous l'apparence de la modération; il dit hautement ce qu'il veut et ce qu'il espère.

 

Poursuite des exécutions de sorcières en Suisse protestante jusqu'en 1782 

 

Au Synode protestant de Brême (Allemagne), un pasteur d'Elberfeld, M. Sangler, s'écriait, en parlant du Pape et des Religieux de la Compagnie de Jésus:

 

"Des autorités protestantes ne doivent pas souffrir qu'ils existent, encore moins doivent-elles supporter qu'ils soient libres." (Mgr de Ségur, Causeries sur le protestantisme d'aujourd'hui, Libraie Saint-Joseph, Tolra libraire-éditeur, Rennes 1894, rééd. Editions Saint-Rémi, p. 176-177.)

 

Alors même que les princes-évêques de Bamberg et Wurtzbourg, de par leur double fonction seigneuriale, étaient évidemment impliqués dans les persécutions, l'historien allemand Rainer Decker, directeur d'études et spécialiste des sorcières, dans son étude remarquable Les Papes et les Sorcières (2003), en arrive au résultat étonnant, mais bien prouvé, que dans les régions luthériennes d'Allemagne, la part des femmes poursuivies pour hérésie était plus grande que dans les régions catholiques... La douceur bientôt proverbiale de l'Inquisition finit par se traduire par des demandes de transfert à Rome de plus en plus fréquentes de la part des accusées, car elles savaient que là-bas, la procédure la plus équitable et une sentence plus clémente les attendaient. Nonobstant cela, les bûchers continuaient comme avant de crépiter au nord des Alpes... Ainsi le nonce apostolique à Lucerne déplora-t-il en 1654 que "les autorités séculières des communes" entendaient condamner à mort quinze jeunes garçons et jeunes filles entre 8 et 12 ans pour sorcellerie présumée... Les instructions de la lointaine Rome restaient lettre morte en Allemagne... La pratique se perpétua encore 125 ans jusqu'à l'extinction du dernier bûcher en 1756, avec l'exécution des dernières sorcières dans l'Empire. En 1775, le dernier procès allemand en sorcellerie se tint à Kempten dans les Alpes d'Allgäu. La sentence ne fut pas exécutée. En revanche, la Suisse réformée exécuta la dernière sorcière présumée Anna Göldin en 1782 ! [22]

Sources 

 

[1] M. DAVIES, La Réforme liturgique anglicane

[2] Aimé RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réforme, François-Xavier de Guibert, Paris 2013, p. 18-21 ; 

[3] Aimé RICHARDT, Calvin, François-Xavier de Guibert, Clamecy 2009, p. 76-78 ; 

[4]  Aimé RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 15 et 21 ; 

[5] RUCHAT, t. VI, p. 334 ; 

[6] Aimé RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 76 ; 

[7] Jean SÉVILLIA, Historiquement correct, Pour en finir avec le passé unique, Perrin, Saint-Amand-Montrond 2003, p. 104 ; 

[8] Bartolomé BENNASSAR, Jean JACQUART, Le XVIe siècle, Armand Colin Poche, Paris 2013, p. 154-158 ; 

[9] Pierre GAXOTTE, de l'Académie française, Histoire des Français, Flammarion, Saint-Amand, 1972, p. 374; 377 ;[10] Aimé RICHARDT, Calvin, ibid., p. 91 ; 

[11] Dimitri MEREJKOVSKI, Calvin, Traduit du russe par Constantin Andronikoff, Nrf, Gallimard, Paris 1942, p. 19; 91-92; 113; 117- 118; 124-125 ;

[12] Aimé RICHARDT, Calvin, ibid., p. 8; 223-234 ;

[13] Yves-Marie ADELINE, Histoire mondial edes idées politiques, Ellipses, Paris 2007, p. 254 ; 

[14] Aimé RICHARDT, Calvin, ibid., p. 102-103 ; 

[15] Jean DUMONT, L'Église au risque de l'histoire, préface de Pierre CHAUNU de l'Institut, Éditions de Paris, 2002, p. 579 ; 

[16) Dimitri MEREJKOVSKI, Calvin, ibid, p.  118;157-158; 167; 176 ; 

[17] Aimé RICHARDT, Calvin, ibid., p. 180-181 ;

[18] Jean-Christian PETITFILS, Histoire de la France, Le Vrai Roman national, Fayard, Lonrai 2018, pp. 246-259

[19] Jean GUIRAUD, Histoire partiale histoire vraie, tome I Des origines à Jeanne d'Arc, neuvième édition, Gabriel Beauchesne & Cie Editeurs, Paris 1911, p. 70-71

[20] Mgr de Ségur, Causeries sur le protestantisme d'aujourd'hui, Librairie Saint-Joseph, Tolra libraire-éditeur, Rennes 1894, rééd. Editions Saint-Rémi

[21] Jean-Christian PETITFILS, Histoire de la France, Le Vrai Roman national, Fayard, Lonrai 2018, p. 263

[22] Michael HESEMANN, Les Points Noirs de l'Histoire de l'Église, Pour en finir avec vingt siècles de polémiques, Artège, Paris 2017, pp. 277-292

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14 août 2020 5 14 /08 /août /2020 17:16
L'existence de Dieu prouvée par l'existence du mal

Extrait de Robert AUGÉ, Osb, Dieu veut-il la souffrance des hommes ?, Du mystère à la contemplation, Artège, Lethielleux, Sed Contra, Paris 2020, pp. 53-54 et 84-85 : 

 

Le mal est une privation

On distingue deux formes de négativité, l'une absolue, l'autre relative. la première est une négativité du néant, la seconde est une négativité de privation.

[...] Le mal est donc l'absence d'une perfection indispensable à l'intégrité d'un être, à sa structure interne ou à son dynamisme vital. Ainsi, Thomas définit le mal comme une privation, dans la continuité de l'enseignement d'Augustin (Confessions, liv. III, chap. 7, n°12) et de Denys (Pseudo-Denys l'Aréopagite, Les Noms divins, chap. 4, n° 18-35). C'est précisément cette privation qui fait que le mal est un scandale : il s'agit d'une réalité qui devrait être et qui n'est pas.

On comprend alors que le mal ne peut être appréhendé qu'à partir du bien auquel il s'oppose. Celui-ci a deux caractéristiques essentielles : d'une part, c'est un bien que le sujet est apte à posséder et devrait avoir (ce qui distingue le mal d'une simple absence); d'autre part, c'est un bien qui n'est que particulier (De malo, q. 1, a 1 c.) (ce en quoi le mal diffère du néant). Voilà qui manifeste la relativité des maux : certains nous touchent superficiellement, d'autres nous atteignent au plus profond de notre être et contrarient nos légitimes aspirations.)

 

[...]

 

Le mal, preuve de l'existence de Dieu

L'argument de la présence du mal dans le monde apparaît à beaucoup de nos contemporains comme l'objection majeure à l'existence de Dieu. Reconnaissons qu'un tel raisonnement cache une noble aspiration de l'esprit créé : le refus d'un Dieu pervers qui se plairait à créer un univers de mal et de souffrance. Étrange paradoxe: cet argument de l'existence du mal constitue au contraire pour saint Thomas une preuve supplémentaire de la réalité de l'être divin et de son action. Voilà qui ne nous étonnera guère si nous avons à l'esprit les considérations précédentes sur la nature du mal comme privation, impliquant nécessairement l'existence d'un bien comme cause ou comme sujet. Au terme d'une longue énumération des raisons pour lesquelles la divine providence n'exclut pas totalement les maux (défectuosités des causes secondes, hiérarchies des êtres, perfection de l'univers, etc.), Thomas conclut :

 

Par là se trouve exclue l'erreur de certains qui, à la vue des maux survenus dans le monde, disaient que Dieu n'existe pas : ainsi Boèce, dans la Consolation de la Philosophie, I [prose 4], introduit un certain philosophe qui demande: "Si Dieu existe, d'où vient le mal ?" Il faudrait au contraire raisonner ainsi : Si le mal existe, Dieu existe. Il n'y aurait pas de mal, en effet, si l'on enlevait l'ordre du bien, dont la privation est le mal. Or cet ordre ne serait pas, si Dieu n'était pas. ( III Summa Contra Gentiles, cap. 71, § 10.)

 

Ce n'est donc pas par le problème du mal qu'il faut engager la réflexion, mais par la question de l'existence du bien, dont le mal est une privation. Puisque ce bien ne peut exister sans Dieu, la question du mal, à son tour, ne peut être abordée que sur le fondement de l'existence de Dieu. 

 

Ajoutons à l'argumentation objective de saint Thomas cette considération plus subjective d'Étienne Gilson, L'Athéisme difficile, Paris, Vrin, 2014, p. 89 : "[...] S'il est absurde qu'il y ait du mal dans un univers créé par Dieu, l'expérience universelle, constante, inéluctable de la douleur, du mal et de la mort, devrait rendre impossible la formation naturelle de la notion de Dieu. Le monde est trop mauvais, semble-t-il, pour être l'oeuvre d'un créateur divin. Or non seulement les hommes pensent à Dieu malgré l'existence du mal, mais à cause d'elle. Ils pensent particulièrement à lui lorsqu'ils souffrent, lorsqu'ils ont peur et particulièrement lors la peur de la mort les inquiète."

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13 août 2020 4 13 /08 /août /2020 16:02

Source : Stilum Curiae

Marco Tosatti

13/08/2020

(Traduction) 

 

Marco Tosatti

Chers Stilumcuriali, comme vous connaissez bien Black Lives Matter par les médias de masse et la télévision, il doit s'agir de vies noires particulières; pas de celles des enfants noirs avortés (beaucoup plus que chez les blancs, aux USA), ni même de celles des chrétiens et catholiques qui font l'objet d'un véritable génocide dans certaines régions d'Afrique et du Nigeria, notamment par des ethnies musulmanes. Il nous a semblé intéressant alors à ce moment historique particulier d'évoquer un communiqué des évêques d'Owerri, au Nigéria, qui en substance, vu le non-respect de la police, appellent les catholiques à la vigilance et à la légitime défense. Nous remercions Sahara Reporters , dont nous avons tiré la nouvelle.

Les évêques catholiques de la province ecclésiastique d'Owerri ont demandé une vigilance totale de la part des citoyens, face à l'insécurité croissante au Nigeria.

Les évêques ont fait cette demande dans une déclaration qu'ils ont publiée après leur deuxième réunion plénière tenue à Bishop House, Okigwe.

§§§

 

"Sachant qu'aucune initiative économique ou éducative ne peut prospérer dans un environnement instable et peu sûr, la sécurité et la sûreté de la nation en général et d'Igboland en particulier méritent une attention particulière", ont déclaré les religieux.

Ils ont souligné que les cas récents et fréquents de déplacement et d'occupation illégale des terres agricoles des populations autochtones par des bergers en maraude sont préoccupants.

De janvier à juillet 2020, au moins 178 personnes ont été tuées dans les zones du gouvernement local du Sud Kaduna, comme en témoignent les données de Civic Media Lab et le rapport des médias sur les meurtres recueillis par Sahara Reporters.

Les hommes armés peuls auraient perpétré la plupart des attaques.

"Les enlèvements, le banditisme, les vols à main armée, les meurtres incessants, qui se poursuivent sans relâche, ont sérieusement remis en question la volonté et la capacité de nos forces de sécurité à assumer leurs responsabilités constitutionnelles", ont déclaré les évêques catholiques.

Ils ont demandé aux gouverneurs de l'Imo et des États de Hia de "protéger la vie de notre peuple, ses maisons et ses terres".

Les prélats ont exhorté le peuple à "s'élever dans la prière à Dieu dans la vigilance et la légitime défense, car le droit à la vie, à nos maisons et à nos terres, est donné par Dieu".

Abordant les problèmes liés aux coronavirus, les évêques ont dit que rien dans la mémoire récente n'avait secoué le monde autant que la pandémie.

"Au milieu de la panique, de la tension et de la confusion sans précédent causées par la pandémie de Covid-19, et face à la résurgence de l'insécurité dans notre pays et à travers le pays, nous avons toutes les raisons de remercier Dieu, qui nous a gardés en vie, dans sa miséricorde", ont dit les évêques.

§§§

(Archevêque Obinna)

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Publié par Ingomer - dans Religion
13 août 2020 4 13 /08 /août /2020 07:31

Source : Stefano Fontana 

La Nuova Bussola Quotidiana

13/08/2020

(Traduction) 

Le pouvoir politique peut être questionné: dans quelle mesure êtes-vous prêt à reconnaître le droit à la liberté de religion? Si le pouvoir ne sait pas comment y répondre, c'est un gros problème car soit le pouvoir lui-même décidera à chaque fois de manière arbitraire (et donc totalitaire), soit il acceptera tout, même les religions sataniques pour le seul fait qu'elles existent. L'autorité légitime ne parvient à utiliser la raison politique à cette fin que si elle reste en contact avec la vraie religion , mais ce faisant, elle sape le principe de la liberté de religion, car elle donne la préférence à une religion sur les autres. Voilà la situation dans laquelle on tombe à vouloir placer la liberté de religion et aussi ses limites.

Ainsi, le temple satanique dit que les lois pro-vie violent le principe de la liberté religieuse parce que l'avortement est un rite pour eux. La chose, qui pourrait être déclassifiée comme l'une des nombreuses bizarreries passagères du moment, a plutôt la capacité d'exposer les difficultés et les incertitudes philosophiques et théologiques du concept de liberté de religion. On se réfère ici à la vision sérieuse de ce droit et non aux nombreuses versions relativistes et libertaires qui ne sont pas justifiées car, au fond, elles réclament une liberté sans règles. Je fais plutôt référence à la vision de la liberté religieuse en tant que droit naturel de la personne humaine lié à sa dignité. Oui, cela pose aussi des problèmes, et les satanistes nous obligent à en prendre note.

Ceux qui considèrent sérieusement la liberté de religion reconnaissent qu'elle ne peut être sans limites. Le pouvoir politique qui l'envisage peut se demander: jusqu'où êtes-vous prêt à reconnaître le droit à la liberté de religion? Si le pouvoir ne sait pas comment y répondre, c'est un gros problème car soit le pouvoir lui-même décidera à chaque fois de manière arbitraire (et donc totalitaire), soit il acceptera tout, même les religions sataniques pour le simple fait qu'elles existent.

La potestas publique : elle doit répondre et jusqu'à hier elle a toujours répondu ainsi: la liberté de religion ne doit pas contredire "l'ordre public juste" qui est le bien commun, les principes naturels de la coexistence humaine. Par exemple, une religion qui envisage la mutilation du corps humain ou qui ne reconnaît pas une dignité égale aux hommes et aux femmes ne peut être politiquement reconnue, du moins dans les dispositions spécifiques. Il est évident qu'en limitant un droit, on ne peut pas simplement recourir à une décision politique, mais il faut se référer aux principes d'un ordre objectif. "Vous ne pouvez pas le faire parce que je le dis" ne s'applique pas dans ces cas, car il n'est pas légal de refuser l'exercice d'un droit de manière arbitraire. Il ne suffit même pas de limiter un droit "parce que la Constitution le dit" parce qu'après tout la Constitution est aussi là parce que "quelqu'un l'a dit" , même s'il s'agit de quelqu'un d'une assemblée savante de gens éclairés ou de la majorité d'un peuple. La légitimité ultime de la Constitution réside dans sa capacité à protéger juridiquement et politiquement le bien de l'homme et de la communauté politique indépendamment de la  Constitution qui l'établit.

Si demain les satanistes demandent à participer aux huit pour mille sur quelle base alors leur dites-vous non? Vous leur dites sur la base d'un ordre du bien humain inscrit dans sa nature et qui était autrefois appelé loi naturelle. Cela semble une conclusion claire et que tout va bien, et c'est exactement là que vient le plaisir.

La raison humaine est grande mais aussi faible. Elle sait peut-être beaucoup de choses mais elle se perd souvent en ayant confiance en elle au point de penser qu'elle est incapable de connaître cette loi non écrite présente dans la nature humaine. Avortement, euthanasie, suicide, embryons, procréation, sexes… beaucoup disent aujourd'hui: "ça dépend…!" . Même les parlementaires disent aujourd'hui "ça dépend ...!" et approuvent toutes les demandes en se limitant à réglementer les circonstances. Une église sataniste? "Ça dépend …!" Une raison tellement affaiblie au point de n'être capable que de mesurer quantitativement les choses, comme le disait Benoît XVI, mais non plus de les évaluer. 

Mais pourquoi la raison, y compris la raison politique , n'est-elle plus capable de connaître un ordre naturel objectif des choses? Parce qu'elle a perdu sa relation avec la religion chrétienne. A propos de cela, Benoît XVI nous a raconté une avalanche de choses fondamentales. Le relativisme est le dogme d'une raison qui n'est plus soutenue par la foi: sans croire au Créateur, la nature finit aussi par n'être qu'un tas de pierres et l'homme juste un tas de cellules. En l'absence de Dieu, tous les dieux sont admis car la raison (pas la foi) n'a plus d'arguments pour les réfuter.

Nous sommes ici confrontés au nœud le plus important de la question de la liberté de religion qui - à mon humble avis - n’a pas encore été résolue, ni par le Concile ni par l’après-Concile. Les limites de la liberté religieuse sont fixées par une autorité légitime pour la défense du bien commun, c'est-à-dire de l'ordre public juste - comme le dit aussi la Dignitatis humanae - mais l'autorité légitime ne peut utiliser la raison politique à cette fin que si elle reste en contact avec religio vera, mais ce faisant, elle sape le principe de la liberté de religion, car elle donne la préférence à une religion par rapport aux autres. Voilà la situation dans lequel on tombe à vouloir placer la liberté de religion et aussi ses limites. Tant que ce cercle ne sera pas défini, il n'y aura aucune raison valable pour dire non même aux religions les plus irréligieuses.

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12 août 2020 3 12 /08 /août /2020 07:05

Un examen plus approfondi des objectifs marxistes des émeutes de gauche à travers le pays.

 

LifeSiteNews

 

Par John Horvat II

Lun 10 août 2020 - 12 h 48 HNE

Comment le mouvement d'extrême gauche Black Lives Matter promeut une révolution qui détruira l'Amérique

10 août 2020 ( LifeSiteNews ) - Une révolution fait rage en Amérique. Si une image pouvait caractériser cette révolution, ce serait la scène récente de l'incendie du drapeau américain et des Bibles lors d'une des émeutes nocturnes de Portland.

 

L'incendie est une provocation claire, destinée à offenser et scandaliser. Son objectif est d'attaquer ces choses qui ont encore un sens pour d'innombrables Américains - Dieu, la patrie, la famille. L'acte symbolique communique un désir incendiaire de voir ces choses réduites en cendres.

 

Le mouvement Black Lives Matter (BLM) est le parapluie sous lequel cela se passe en Amérique. Ses militants circulent dans ces manifestations. Le slogan «les vies noires comptent» est peint et scandé partout par des émeutiers. Le président du Greater New York Black Lives Matter, Hawk Newsome, a menacé de « brûler le système et de le remplacer » si leurs demandes n'étaient pas satisfaites.

 

Pourquoi les gens sympathisent avec BLM

La plupart des gens pensent que le mouvement BLM ne s'occupe que de ceux qui souffrent de racisme. Beaucoup de gens se sentent émotionnellement désolés pour les victimes de l'injustice et sympathisent avec l'indignation généralisée. Certains peuvent même ne pas être au courant de l'incendie de Portland des Bibles et du drapeau américain.

 

Ces partisans peu profonds du BLM excusent la violence comme étant les excès de ceux qui expriment leur juste colère contre un établissement «raciste» et la brutalité policière. Les médias tournent les rapports sur les manifestations pour soutenir ce mythe.

 

Très peu se donnent la peine de creuser plus profondément. S'ils faisaient cela, ils verraient que le mouvement BLM ne correspond pas à l'image mentale véhiculée par les médias. Les co-fondatrices de BLM, Patrisse Cullors et Alicia Garza, sont reconnues et «formées à des marxistes ». Ils ne cachent pas leur programme de destruction de l'Amérique, comme la plupart le savent.

 

Creuser plus profond

Leurs objectifs radicaux peuvent être trouvés sur le site Web du BLM et dans de nombreux articles, tweets et interviews. Ils vont bien au-delà de la lutte des droits civiques d'autrefois. Le manifeste des croyances du BLM veut renverser la société «raciste» actuelle et la remplacer par une société égalitaire et socialiste qui englobe tous les groupes et identités «opprimés» - y compris la classe, l'identité de genre, l'orientation sexuelle et le statut d'immigration.

 

Par exemple, le mouvement cherche à «perturber l'exigence de structure familiale nucléaire prescrite par l'Occident en se soutenant mutuellement en tant que familles élargies et« villages »qui prennent soin les uns des autres». Le leur est «un réseau affirmant queer. Lorsque nous nous réunissons, nous le faisons avec l'intention de nous libérer de l'emprise serrée de la pensée hétéronormative.

 

Sa croyance la plus dangereuse est peut-être son adhésion obstinée à l'idéologie de la lutte des classes, l'appliquant à leur cause. Dans ce cas, il réduit tous les problèmes à un racisme «systémique» auquel il faut lutter dans toutes les structures et institutions sociales. Il crée une fausse division de la société et met toutes les catégories raciales et identitaires en guerre avec l'ordre établi actuel.

 

Ainsi, par exemple, le mouvement BLM veut abolir la police et les prisons en tant qu'instruments de «l' impérialisme hétéropatriarcal capitaliste suprémaciste blanc. «Il cible toutes les manifestations du capitalisme en tant qu'outils d'oppression et cherche à reporter et finalement à abolir les loyers, les hypothèques et les frais de services publics.

 

Sa position religieuse recourt à la théologie de la libération sans cesse recyclée qui applique l'Évangile au récit marxiste de la lutte des classes. Le Christ est devenu le rédempteur des opprimés contre l'establishment oppressif. Sa co-fondatrice Patrisse Cullors se tourne vers d'anciens rituels païens pour les ancêtres et les esprits pour l'aide dans la lutte.

 

L'idée de lutte de BLM cible également l'Église traditionnelle et hiérarchique qu'elle considère comme un outil d'oppression blanche. Ainsi, des militants et sympathisants comme Shaun King appellent au renversement des représentations, des saints et des vitraux «blancs» de Jésus . Toutes les choses qui représentent traditionnellement Dieu et sa loi morale doivent disparaître.

 

Présenter un faux dilemme

Avec des objectifs aussi radicaux, il est difficile d'imaginer pourquoi le public sympathiserait avec le mouvement. Encore plus déroutant est le soutien de l'establishment «raciste» que BLM veut sans équivoque détruire. Les personnalités du sport, les PDG de la technologie et les ecclésiastiques semblent trébucher les uns sur les autres pour voir qui peut faire preuve d'empathie envers l'autre en chouchoutant la cause BLM.

 

BLM a réussi à encadrer le débat pour obtenir le soutien des nombreux Américains qui sont contre le racisme. BLM et la gauche attribuent les souffrances de tous les Noirs au racisme. De plus, ils ont rendu le racisme «systémique» de sorte que seul un changement radical du système américain donnera des résultats. Aucun individu ne peut faire quoi que ce soit à ce sujet, sauf pour se racheter de sa participation au système. Les Américains ont le choix de soutenir la lutte «antiraciste» ou de risquer d'être qualifiés de racistes. Comme toutes les alternatives de gauche, les deux options représentent un faux dilemme.

 

Tant que ce faux dilemme n'est pas dénoncé et rejeté, la cause BLM continuera à avancer.

 

Pourquoi le récit BLM est faux

Les Américains doivent rapidement comprendre que ce récit BLM est faux. Cela ne correspond pas à la réalité et détruira l'Amérique chrétienne.

 

Le récit du BLM est faux parce que la principale cause de la souffrance de la communauté noire n'est pas le racisme. Le racisme peut influencer le problème mais n'est pas la principale cause du sort de grandes parties de la communauté noire.

 

Ce qui plonge les Américains de toute couleur dans la pauvreté, c'est l'effondrement de la famille et de la vie morale. La communauté noire américaine souffre en particulier de pères absents, de mères célibataires en difficulté et d'enfants sans vie de famille stable et morale.

 

Cette rupture familiale et morale crée un cycle de pauvreté et de souffrance qui rend difficile, mais pas impossible, la bonne éducation des enfants. En général, les personnes de toute race qui établissent une vie de famille stable et suivent fidèlement le code moral chrétien prospéreront dans la société américaine. Etude après étude étaye cette conclusion . Toute action visant à affaiblir ces deux éléments alimente le feu de l'effroyable crise au sein de la communauté noire - et de toutes les communautés américaines.

 

Le récit du BLM est faux car il prend ce problème moral et se transforme en un problème racial. Ce faisant, l'individu qui se conduit mal est dispensé de l'obligation de vivre moralement et de tous les devoirs envers la famille, la communauté, la nation et Dieu. Tout le blâme est attribué à un système raciste imposé par une majorité blanche.

 

Pire encore, le discours du BLM est faux car il propose de détruire les institutions, les traditions et les structures sociales nécessaires pour aider à résoudre le problème. Au lieu de renforcer la famille, BLM vise à «perturber la structure de la famille nucléaire prescrite par l'Occident» en faveur de modes plus fluides de vivre ensemble. Au lieu de travailler à l'intérieur d'un système éprouvé qui apporte la prospérité, BLM propose des schémas socialistes et marxistes qui sont tous des échecs avérés. Le communisme a apporté une misère et une mort indescriptibles à des centaines de millions de personnes tout au long du XXe siècle et le fait encore aujourd'hui. BLM favorise l'agenda LGBTQ + qui subvertit la structure familiale traditionnelle si nécessaire. Le mouvement soutient l'avortement qui tue les bébés noirs dans l'utérus et détruit la fibre morale des individus et des communautés.

 

Le récit du BLM est également faux car il ne reflète pas les vrais sentiments de la communauté noire, qui est religieuse, patriotique et manifeste généralement une plus grande désapprobation de l'homosexualité que les autres groupes.

 

Cibler la loi morale

Les objectifs des mouvements marxistes sont toujours les mêmes. Ils veulent démolir toute manifestation de la loi morale naturelle et établir une société égalitaire et immorale, dans laquelle les individus ne sont pas responsables de leurs actes. En fin de compte, ils se révoltent contre Dieu, qui est l'auteur de cette loi. C'est pourquoi les marxistes attaquent l'Église; l'Église enseigne aux gens à connaître, à aimer et à servir Dieu.

 

L'Amérique n'a jamais été et n'est pas parfaite. Mais il conserve quelques restes précieux de la civilisation chrétienne. La plus grande menace pour l'Amérique est la destruction de ce qui reste de la loi morale chrétienne. Si cela se produit, la nation sera submergée par le chaos. Ce danger met en péril toute l'Amérique, pas seulement la communauté noire. Toute l'Amérique est dans un état de décadence morale et souffre de familles brisées, de communautés brisées et d'églises vides. Tout le monde, toutes les races, devrait s'unir pour combattre ces maux communs. Au lieu de cela, BLM poursuit une politique de division, de rage et de lutte de classe qui met en danger la nation en cette période de crise suprême.

 

Il n'est donc pas surprenant que les Bibles et les drapeaux américains soient incendiés. Ils représentent l'ordre à renverser dans la révolution à venir. Les Américains doivent comprendre que la tournure BLM des médias est un gros mensonge qui doit être rejeté. Le mouvement est radicalement marxiste et homosexuel et s'efforce de détruire une Amérique chrétienne. L'avenir de la nation est en danger. Seul un retour à Dieu et à sa loi peut éviter le désastre.

 

John Horvat II est un universitaire, chercheur, éducateur, conférencier international et auteur du livre Return to Order , ainsi que l'auteur de centaines d'articles publiés. Il vit à Spring Grove, en Pennsylvanie, où il est vice-président de l'American Society for the Defence of Tradition, Family and Property.

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12 août 2020 3 12 /08 /août /2020 07:01
https://www.catholicnewsagency.com/news/i-cannot-remain-silent-madison-catholic-bishop-condemns-destruction-of-religious-statues-77800

https://www.catholicnewsagency.com/news/i-cannot-remain-silent-madison-catholic-bishop-condemns-destruction-of-religious-statues-77800

Catholic News Agency

 

Par Jonah McKeown

 

Denver Newsroom, 24 juin 2020 / 16h08 MT ( CNA ). - Alors que des émeutiers à travers les États-Unis ciblent des statues représentant des personnages historiques, l'évêque de Madison, Wisconsin a dénoncé mardi cette destruction, ainsi que des appels à détruire certaines représentations de Jésus-Christ et de la Bienheureuse Vierge Marie.

 

"Certaines statues devraient-elles être placées dans des musées ou des entrepôts? Peut-être. Devrions-nous laisser un groupe de vandales prendre ces décisions pour nous? Non", a déclaré Mgr Donald Hying de Madison, dans une lettre du 23 juin.

 

"Si nous permettons à l'histoire commémorative et visuelle de notre nation d'être détruite par des groupes aléatoires dans le moment actuel de colère, comment pourrons-nous jamais apprendre de cette histoire? Le renversement et le vandalisme d'une statue de George Washington parce qu'il possédait des esclaves, servent-ils vraiment notre pays et notre mémoire collective?"

 

Hying a également répondu à un récent tweet viral de l'animateur de podcasts et activiste Shaun King, qui a déclaré le 22 juin que "les statues de l'Européen blanc qu'ils prétendent être Jésus" sont une forme de "suprématie blanche" et devraient être démolies, avec "toutes les peintures murales et les vitraux de Jésus blanc, de sa mère européenne et de leurs amis blancs."

 

Hying a noté que chaque culture, pays, origine ethnique et race "a revendiqué Jésus et la Bienheureuse Vierge Marie", les représentant avec la couleur de peau de leur culture et vêtus de leur costume.

 

Le Catéchisme déclare au paragraphe 1149 , que "la liturgie de l'Église suppose, intègre et sanctifie des éléments de la création et de la culture humaine, leur conférant la dignité de signes de grâce, de la nouvelle création en Jésus-Christ".

 

Par exemple, l'évêque a mentionné que Notre-Dame de Guadalupe est apparue comme de race "métissée" ou "mixte"; L'art africain représente Jésus en noir et Marie en costume culturel africain; et il existe également de nombreuses représentations asiatiques de Marie.

 

Alors qu'à certains moments de l'histoire de l'Église, certains ont confondu à tort "la plénitude du catholicisme avec la culture européenne", les catholiques devraient plutôt s'efforcer de "l'unité dans ce qui est essentiel et la diversité dans ce qui ne l'est pas", a déclaré Hying.

 

"Dans ce contexte, les représentations blanches du Christ et de sa mère sont-elles intrinsèquement des signes de suprématie blanche? Je crois que non. Parce que le Fils de Dieu s'est incarné dans notre chair humaine, toute l'humanité - chaque race, tribu et langue - n'a-t-elle pas la capacité spirituelle de Le représenter à travers la lentille particulière de sa propre culture?", demanda l'évêque.

 

Les représentations de Jésus sont saintes pour les chrétiens, a-t-il dit - elles sont des manifestations physiques de l'amour de Dieu et nous rappellent la "proximité du divin".

 

"L'iconoclasme laïque du moment actuel n'apportera pas la réconciliation, la paix et la guérison. Une telle violence ne fera que perpétuer les préjugés et la haine qu'elle vise ostensiblement à mettre fin... Seul l'amour du Christ peut guérir un cœur blessé, pas un morceau de métal vandalisé", a conclu Hying.

 

Mardi, à Madison, des émeutiers ont abattu une statue de Hans Christian Heg - un abolitionniste qui s'est battu contre les confédérés et les esclavagistes - et l'ont jetée dans le lac Monona de Madison. Bien que la statue de Heg ait été récupérée, elle a depuis subi de graves dommages et il lui manque la tête et une jambe.

 

Une statue connue sous le nom de "Lady Forward" - une réplique d'une célèbre statue créée par une femme et illustrant le progrès - a également été démolie et traînée au moins un pâté de maisons par des émeutiers au centre de Madison.

 

À travers le pays, les manifestants ont renversé ces derniers jours les statuts des dirigeants confédérés et des personnalités liées à l'esclavage, mais ont également, à certains endroits, abattu des statues de saints catholiques, d'abolitionnistes et d'autres personnalités.

 

La violence à Madison a atteint son paroxysme mardi soir lorsque des manifestants ont attaqué et blessé le sénateur de l'État Tim Carpenter (D-Milwaukee) près de la capitale de l'État du Wisconsin, apparemment parce que Carpenter filmait les manifestations avec son téléphone.

 

S'adressant à CNA mardi, Hying a souligné que bon nombre des manifestations les plus réussies de l'ère des droits civiques étaient fondées sur des idées chrétiennes de non-violence et une compréhension biblique de la personne humaine.

 

Les principes de l'enseignement social catholique - la dignité de la personne humaine; la valeur de la solidarité, "nous sommes tous dans le même bateau"; une option préférentielle pour les pauvres - doit être présente dans la réponse de tout catholique à l'injustice", a-t-il dit.

 

"Si ce n'est pas fondé là-dessus, alors cela finit vraiment par le pouvoir - que je dois affirmer mon pouvoir, dans des situations où je me sens impuissant", a-t-il expliqué.

 

"Cela devient une lutte pour le pouvoir, plutôt qu'une relation transformationnelle dans la façon dont Dieu veut que nous vivions comme frères et sœurs."

 

Certaines personnalités catholiques sur les réseaux sociaux ont appelé les évêques à assister aux rassemblements dans leurs villes et à empêcher physiquement les émeutiers de démolir des statues.

 

Hying a déclaré que tout ce qu'un évêque fait en public doit être enraciné dans une "réponse spirituelle priante" et non dans une motivation politique.

 

Tout mouvement politique qui ne reconnaît pas la dignité de chaque personne est sujet à la "politique de pouvoir" et à la violence, a déclaré Hying.

 

"Je pense que notre présence doit toujours être liée à une présence de prière. Si nous voulons être quelque part en public, je ne pense pas que ce soit dans un contexte de rassemblement, je ne pense pas que ce soit dans un contexte politique ... il doit être un contexte de prière. Sinon, je pense qu'il peut être coopté par la politique du moment."

 

De nombreux catholiques et même certains évêques ont assisté et prié à des rassemblements pacifiques à travers le pays.

 

Hying a dit qu'il était clair pour lui que la violence et les mauvais traitements contre les Amérindiens et l'oppression des Afro-Américains par l'esclavage sont deux des plus grands défauts moraux du pays.

 

La situation exige, écrit-il dans sa lettre, une meilleure connaissance de l'histoire et des discussions respectueuses sur les statues, les bâtiments et les monuments commémoratifs.

 

"Nous devons étudier et connaître cette histoire afin de la transcender, d'en tirer des enseignements et de nous engager pour la justice, l'égalité et la solidarité à cause d'elle", a déclaré Hying.

 

"En même temps, même les pires aspects de l'histoire doivent être mémorisés et gardés sous nos yeux. Auschwitz reste ouvert à la fois en tant que mémorial et musée, afin que l'humanité n'oublie jamais l'horreur de la Shoah."

 

Les manifestants du Golden Gate Park de San Francisco ont détruit une statue de Saint Junipero Serra le 20 juin, ainsi que des statues de Francis Scott Key et Ulysses S. Grant. À Los Angeles, le même jour, des émeutiers ont abattu une statue de Serra dans le centre-ville.

 

Alors que de nombreux militants associent aujourd'hui Serra aux abus dont les Amérindiens ont été victimes, les biographies et les documents historiques suggèrent en fait que Serra a plaidé au nom des autochtones contre l'armée espagnole et contre l'empiétement des colonies européennes.

 

L'archevêque Salvatore Cordileone de San Francisco a dénoncé la "règle de la mafia" qui a conduit à la destruction de la statue de Serra dans sa ville. L'évêque Thomas Daly de Spokane, Washington, originaire de Californie, a également condamné la destruction des statues.

 

"L'Église, en aucun cas, ne souhaite que l'injustice reste sans réponse, mais deux torts ne font pas un droit. Si nous ne pouvons pas reconnaître le bien d'un saint tel que Junipero Serra, nous risquons de préférer l'idéologie à la vérité", a déclaré Daly le 22 juin.

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9 août 2020 7 09 /08 /août /2020 16:11
http://www.francesoir.fr/societe-sante/en-suede-pas-de-masques-pas-de-fermetures-decoles-et-lepidemie-est-au-plus-bas

http://www.francesoir.fr/societe-sante/en-suede-pas-de-masques-pas-de-fermetures-decoles-et-lepidemie-est-au-plus-bas

France Soir

 

La gestion de l’épidémie de COVID-19 a beaucoup fait parler il y a quelques mois, car le pays avait décidé de ne pas mettre en place de mesure de confinement, et de miser sur une stratégie dit de “l’immunité collective”. La Suède n'a pas fermé ses écoles, ses restaurants ou ses bars et, encore plus marquant dans le contexte actuel, n'a pas émis de recommandation ni d'obligation d'utiliser des masques de protection. Cette approche a provoqué d'impressionnantes polémiques et critiques, poussant même la Norvège, principal partenaire commercial de la Suède, à fermer ses frontières avec son voisin. Pourtant, après un début d'épidémie parmi les plus meurtriers au monde (pire qu'aux Etats-Unis, lors d'une première vague), l’épidémie paraît maintenant parfaitement sous contrôle en Suède, alors que les cas augmentent à nouveau dans le reste de pays européens.

 

Lire : Coronavirus: "le confinement nous laisse à la case départ"

 

Comment une approche si différente a été possible?

 

Selon Stéphane Gayet, médecin des hôpitaux au CHU (Hôpitaux universitaires) de Strasbourg, la relation de confiance entre la population et le gouvernement a été déterminante. En se limitant à des recommandations et à des incitations à limiter les déplacements et à respecter les mesures préventives, la Suède a résisté face à l'épidémie CoVid-19, sans avoir eu à mettre en place des mesures drastiques et contraignantes. Plus récemment, la Suède surprend encore plus, en ne souhaitant pas imposer le port du masque obligatoire, même dans les lieux fermés, une mesure qui s'impose pourtant comme indispensable dans le monde entier.

 

Pas de masque pour les suédois

 

En Suède, le débat sur le port du masque divise encore législateurs et scientifiques. La plupart des études valident l'hypothèse que se couvrir la bouche et le nez est efficace pour se protéger des contaminations et surtout pour éviter de propager le virus. Mais avec une tendance très solide à la baisse des cas de COVID-19, le gouvernement suédois ne souhaite pas adopter de nouvelles mesures contraignantes pour la population, notamment concernant les masques. L'épidémiologiste en chef suédois, Anders Tegnell a passé en revue l'ensemble des études sur le port du masque, et il n'est pas convaincu. Pour lui, leur usage est trop complexe, et leur efficacité dépend trop de quand il faut les utiliser, qui doit les utiliser, de comment s'assurer qu’ils soient utilisés correctement, et cela rend le port du masque obligatoire peu efficace. Selon lui, le parfait exemple de l'ambivalence de l'obligation du port du masque est le cas des restaurants: il faudrait porter un masque, mais on ne peut pas manger avec un masque, il faut donc régulièrement l'enlever, le manipuler, pour pouvoir boire et manger… Très loin de l’utilisation recommandée. Il cite aussi le cas de l'Espagne comme un argument contre le port du masque: là-bas, l’obligation est très stricte, même en extérieur, mais cela n'empêche pas le nombre de cas d’augmenter.

 

Selon l'épidémiologiste, avant d'imposer le port de masque, il est beaucoup plus efficace et prioritaire d’appliquer correctement la distanciation sociale. Moins de soirées, plus de télétravail et de vélo pour éviter les transport public. En résumé: pas besoin de masque, si l'on respecte mieux la distance entre les gens.

 

Les écoles aussi restent ouvertes

 

Au printemps, la Suède a choisi de ne pas fermer les garderies et écoles et, selon Tegnell, cela n'a pas eu d'incidence sur les taux d'infection. L'Agence de santé publique suédoise a compilé les données sur sa décision concernant le système scolaire, et a partagé ses résultats. La Suède a signalé 1 124 cas d'enfants en âge d'aller à l'école ayant contracté le COVID-19 au cours d'une période allant de mars jusqu'à mi-juin, fin de l'année scolaire. Ce nombre équivaut à 2,1% de tous les cas de COVID dans le pays au cours de cette période. Parmi ceux-ci, 14 ont dû être hospitalisés dans une unité de soins intensifs. Pour justifier sa position, la Suède se compare a la Finlande qui elle a fermé les écoles. Le nombre de cas des enfants finlandais contaminés a été quatre fois plus importante qu'en Suède, avec par contre seulement une hospitalisation, contre 14 en Suède. La science est divisée concernant le taux de contamination des enfants . Selon une étude scientifique publiée récemment les très jeunes, âgés de moins de 5 ans, seraient en fait particulièrement contagieux.

 

La France peut-elle s'inspirer du modèle suédois basé sur la confiance?

 

Le «modèle suédois» est devenu le symbole d'une approche laissant la population tranquille pour gérer une crise de santé publique. Selon Tegnell, la Suède n'a pas réussi à atteindre cet objectif grâce à un ensemble de règles strictes, mais en “conquérant le peuple”. La population a un niveau de confiance très élevé, difficile à reproduire ailleurs.

En France, la population n'est pas seulement loin de la confiance suédoise dans les autorités, elle est en outre peu encline à la résilience et à la participation sociale (contrairement aux italiens par exemple). Selon Stéphane Gayet, le manque de ce type de confiance, et de comportements, est à l’origine d’une indiscipline des français. L'hétérogénéité de la France et son désenchantement vis-à-vis de la classe politique s'ajoutent aux erreurs dans la gestion de l’épidémie CoVid-19. Et face à cela, les seules solutions envisagées ont été le confinement, la fermeture des écoles, et maintenant le port du masque.

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9 août 2020 7 09 /08 /août /2020 13:17

Partout dans le monde, de nombreuses autorités laïques ont fortement restreint le droit de réunion religieuse sous prétexte de contenir le coronavirus.

 

Mer 5 août 2020 - 16 h 19 HNE

 

 

LifeSiteNews

 

Par Calvin Freiburger

 

5 août 2020 ( LifeSiteNews ) - Un autre pasteur chrétien jure de défier les autorités laïques qui pourraient tenter de le forcer à fermer son église à cause du coronavirus, même au prix de sa propre liberté.

 

"Les églises devraient être ouvertes", a déclaré le pasteur Greg Locke de la Global Vision Bible Church au Tennessee, rapporte le Washington Examiner. "Il ne devrait y avoir aucune excuse. J'irai en prison avant de fermer mon église.

 

Global Vision a également refusé d'obliger les fidèles à pratiquer la soi-disant distanciation sociale ou à porter des masques à l'intérieur, ce qui, selon Locke, découle d'un refus de "vivre dans la peur constante et l'hystérie médiatique".

 

Partout dans le monde, de nombreuses autorités laïques ont fortement restreint le droit de réunion religieuse au nom de contenir le COVID-19, y compris quelques-unes ciblant spécifiquement la distribution de la Sainte Communion sur la langue.

 

En Californie, le gouverneur démocrate Gavin Newsom a interdit les services religieux en salle dans 29 comtés représentant 80% de la population de l'État, au nom de contenir la propagation du COVID-19. Plusieurs églises ont défié l'ordre, notamment l'église Grace Community de Sun Valley, l'église Cornerstone de Fresno, l'église chrétienne Destiny de Rocklin et l'église Harvest Rock de Pasadena.

 

Mais ce qui est sans doute plus préoccupant pour les fidèles, ce sont les dirigeants catholiques qui imposent volontairement de telles restrictions à leurs congrégations. Les évêques de certaines parties des États-Unis, de France, de Malte, de Jérusalem, de Singapour, des Philippines, d'Angleterre et du Pays de Galles ont tous interdit de recevoir la communion sur la langue. Sur le territoire américain de Guam, la paroisse catholique St. Jude Thaddeus a affiché des avertissements de ne pas s'agenouiller pendant la prière.

 

"Lorsque les fonctionnaires limitent la fréquentation de l'église à un certain nombre, ils tentent d'imposer une restriction qui, en principe, rend impossible pour les saints de se rassembler en tant qu'église", ont déclaré le pasteur John MacArthur et les anciens de la Grace Community Church de Californie. "Lorsque les fonctionnaires demandent la distanciation, ils tentent d'imposer une restriction qui, en principe, rend impossible l'expérience de la communion étroite entre croyants qui est commandée dans Romains 16:16, 1 Corinthiens 16:20, 2 Corinthiens 13:12 et 1 Thessaloniciens 5: 26. Dans tous ces domaines, nous devons nous soumettre à notre Seigneur.

***

Sur le blog d'Yves Daoudal, on en sait un peu plus sur l'interdiction de se mettre à genoux pendant la messe :

 

"Il y en a qui ne savent pas quoi faire pour allonger la liste des rites d’adoration du virus dans les églises. A Guam, le curé de l’église Saint-Jude trouvait que cela ne suffisait pas d’imposer le masque, le gel machin, l’interdiction de la communion sur la langue, la distanciation. Il demande en plus aux paroissiens de ne plus se mettre à genoux. Aucune information n’a été donnée quant au motif, mais c’est pour lutter contre le coronamachin.

 

"Le seul « intérêt » visible est que c’est encore une façon de détruire la foi en la Présence réelle.

 

 

 

"Un autre exemple, en Italie, que me communique Jean Kinzler (voir les commentaires). Ici on hasarde une explication: "Pour maintenir la distance de sécurité". Je comprends qu'à genoux on puisse être plus proche de Dieu (qui ne craint pas le virus), mais pas de son voisin, y compris celui qui est devant puisqu'il n'est pas devant mais décalé "pour maintenir la distance de sécurité". En outre, comme le masque est obligatoire chez les sauvages (même le célébrant lit l'évangile avec un masque !!!!), c'est donc un aveu qu'il ne sert à rien.."

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9 août 2020 7 09 /08 /août /2020 00:00
Buste de Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix, par Johann Brunner (2009).

Buste de Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix, par Johann Brunner (2009).

Née en 1891 dans une famille juive, elle passe par une phase d'athéisme. Étudiante en philosophie, elle est la première femme à présenter une thèse dans cette discipline en Allemagne, puis continue sa carrière en tant que collaboratrice du philosophe allemand Edmund Husserl, le fondateur de la phénoménologie. Convertie en 1921, ell est déportée le 2 août 1942, internée au camp d'extermination nazi d'Auschwitz, dans le territoire polonais occupé par le Troisième Reich où elle fut mise à mort le 9 août 1942.


Quand, le 12 octobre 1891, Édith Stein naquit à Wroclaw (à l'époque Breslau), la dernière de 11 enfants, sa famille fêtait le Yom Kippour, la plus grande fête juive, le jour de l'expiation. "Plus que toute autre chose cela a contribué à rendre particulièrement chère à la mère sa plus jeune fille". Cette date de naissance fut pour la carmélite presque une prédiction. Son père, commerçant en bois, mourut quand Édith n'avait pas encore trois ans. Sa mère, femme très religieuse, active et volontaire, personne vraiment admirable, restée seule, devait vaquer aux soins de sa famille et diriger sa grande entreprise; cependant elle ne réussit pas à maintenir chez ses enfants une foi vivante. Édith perdit la foi en Dieu: "En pleine conscience et dans un choix libre je cessai de prier". Elle obtint brillamment son diplôme de fin d'études secondaires en 1911 et commença des cours d'allemand et d'histoire à l'Université de Wroclaw, plus pour assurer sa subsistance à l'avenir que par passion.

 

La philosophie était en réalité son véritable intérêt. Elle s'intéressait également beaucoup aux questions concernant les femmes. Elle entra dans l'organisation "Association Prussienne pour le Droit des Femmes au Vote". Plus tard elle écrira: "Jeune étudiante, je fus une féministe radicale. Puis cette question perdit tout intérêt pour moi. Maintenant je suis à la recherche de solutions purement objectives".

 

En 1913, l'étudiante Édith Stein se rendit à Göttingen pour fréquenter les cours d'Edmund Husserl à l'université; elle devint son disciple et son assistante et elle passa aussi avec lui sa thèse. À l'époque Edmund Husserl fascinait le public avec son nouveau concept de vérité: le monde perçu existait non seulement à la manière kantienne de la perception subjective. Ses disciples comprenaient sa philosophie comme un retour vers le concret. "Retour à l'objectivisme". La phénoménologie conduisit plusieurs de ses étudiants et étudiantes à la foi chrétienne, sans qu'il en ait eu l'intention. À Göttingen, Édith Stein rencontra aussi le philosophe Max Scheler. Cette rencontre attira son attention sur le catholicisme. Cependant elle n'oublia pas l'étude qui devait lui procurer du pain dans l'avenir.

 

En janvier 1915, elle réussit avec distinction son examen d'État. Elle ne commença pas cependant sa période de formation professionnelle. Alors qu'éclatait la première guerre mondiale, elle écrivit: "Maintenant je n'ai plus de vie propre". Elle fréquenta un cours d'infirmière et travailla dans un hôpital militaire autrichien. Pour elle ce furent des temps difficiles. Elle soigna les malades du service des maladies infectieuses, travailla en salle opératoire, vit mourir des hommes dans la fleur de l'âge. À la fermeture de l'hôpital militaire en 1916, elle suivit Husserl à Fribourg-en-Brisgau, elle y obtint en 1917 sa thèse "summa cum laudae" dont le titre était: "Sur le problème de l'empathie".

 

Il arriva qu'un jour elle put observer comment une femme du peuple, avec son panier à provisions, entra dans la cathédrale de Francfort et s'arrêta pour une brève prière. "Ce fut pour moi quelque chose de complètement nouveau. Dans les synagogues et les églises protestantes que j'ai fréquentées, les croyants se rendent à des offices. En cette circonstance cependant, une personne entre dans une église déserte, comme si elle se rendait à un colloque intime. Je n'ai jamais pu oublier ce qui est arrivé". Dans les dernières pages de sa thèse elle écrit: "Il y a eu des individus qui, suite à un changement imprévu de leur personnalité, ont cru rencontrer la miséricorde divine". Comment est-elle arrivée à cette affirmation? Édith Stein était liée par des liens d'amitié profonde avec l'assistant de Husserl à Göttingen, Adolph Reinach, et avec son épouse. Adolf Reinach mourut en Flandres en novembre 1917. Édith se rendit à Göttingen. Le couple Reinach s'était converti à la foi évangélique. Édith avait une certaine réticence à l'idée de rencontrer la jeune veuve. Avec beaucoup d'étonnement elle rencontra une croyante. "Ce fut ma première rencontre avec la croix et avec la force divine qu'elle transmet à ceux qui la portent [...] Ce fut le moment pendant lequel mon irréligiosité s'écroula et le Christ resplendit". Plus tard elle écrivit: "Ce qui n'était pas dans mes plans était dans les plans de Dieu. En moi prit vie la profonde conviction que -vu du côté de Dieu- le hasard n'existe pas; toute ma vie, jusque dans ses moindres détails, est déjà tracée selon les plans de la providence divine et, devant le regard absolument clair de Dieu, elle présente une unité parfaitement accomplie".

 

À l'automne 1918, Édith Stein cessa d'être l'assistante d'Edmund Husserl. Ceci parce qu'elle désirait travailler de manière indépendante. Pour la première fois depuis sa conversion, Édith Stein rendit visite à Husserl en 1930. Elle eut avec lui une discussion sur sa nouvelle foi à laquelle elle aurait volontiers voulu qu'il participe. Puis elle écrit de manière surprenante: "Après chaque rencontre qui me fait sentir l'impossibilité de l'influencer directement, s'avive en moi le caractère pressant de mon propre holocauste". Édith Stein désirait obtenir l'habilitation à l'enseignement. À l'époque, c'était une chose impossible pour une femme. Husserl se prononça au moment de sa candidature: "Si la carrière universitaire était rendue accessible aux femmes, je pourrais alors la recommander chaleureusement plus que n'importe quelle autre personne pour l'admission à l'examen d'habilitation". Plus tard on lui interdira l'habilitation à cause de ses origines juives. Édith Stein retourna à Wroclaw. Elle écrivit des articles sur la psychologie et sur d'autres disciplines humanistes. Elle lit cependant le Nouveau Testament, Kierkegaard et le livre des Exercices de saint Ignace de Loyola. Elle s'aperçoit qu'on ne peut seulement lire un tel écrit, il faut le mettre en pratique. Pendant l'été 1921, elle se rendit pour quelques semaines à Bergzabern (Palatinat), dans la propriété de Madame Hedwig Conrad-Martius, une disciple de Husserl. Cette dame s'était convertie, en même temps que son époux, à la foi évangélique. Un soir, Édith trouva dans la bibliothèque l'autobiographie de Thérèse d'Avila. Elle la lut toute la nuit. "Quand je refermai le livre je me dis: ceci est la vérité". Considérant rétrospectivement sa propre vie, elle écrira plus tard: "Ma quête de vérité était mon unique prière".

        Le 1er janvier 1922, Édith Stein se fit baptiser. C'était le jour de la circoncision de Jésus, de l'accueil de Jésus dans la descendance d'Abraham. Édith Stein était debout devant les fonds baptismaux, vêtue du manteau nuptial blanc de Hedwig Conrad-Martius qui fut sa marraine. "J'avais cessé de pratiquer la religion juive et je me sentis de nouveau juive seulement après mon retour à Dieu". Maintenant elle sera toujours consciente, non seulement intellectuellement mais aussi concrètement, d'appartenir à la lignée du Christ. À la fête de la Chandeleur, qui est également un jour dont l'origine remonte à l'Ancien Testament, elle reçut la confirmation de l'évêque de Spire dans sa chapelle privée. Après sa conversion, elle se rendit tout d'abord à Wroclaw. "Maman, je suis catholique". Les deux se mirent à pleurer. Hedwig Conrad-Martius écrivit: "Je vis deux israélites et aucune ne manque de sincérité" (cf Jn 1, 47).

 

Immédiatement après sa conversion, Édith aspira au Carmel, mais ses interlocuteurs spirituels, le Vicaire général de Spire et le Père Erich Przywara, S.J., l'empêchèrent de faire ce pas. Jusqu'à pâques 1931 elle assura alors un enseignement en allemand et en histoire au lycée et séminaire pour enseignants du couvent dominicain de la Madeleine de Spire. Sur l'insistance de l'archiabbé Raphaël Walzer du couvent de Beuron, elle entreprend de longs voyages pour donner des conférences, surtout sur des thèmes concernant les femmes. "Pendant la période qui précède immédiatement et aussi pendant longtemps après ma conversion [... ] je croyais que mener une vie religieuse signifiait renoncer à toutes les choses terrestres et vivre seulement dans la pensée de Dieu. Progressivement cependant, je me suis rendue compte que ce monde requiert bien autre chose de nous [...]; je crois même que plus on se sent attiré par Dieu et plus on doit "sortir de soi-même", dans le sens de se tourner vers le monde pour lui porter une raison divine de vivre". Son programme de travail est énorme. Elle traduit les lettres et le journal de la période pré-catholique de Newman et l'oeuvre "Questiones disputatae de veritate " de Thomas d'Aquin et ce dans une version très libre, par amour du dialogue avec la philosophie moderne. Le Père Erich Przywara S.J. l'encouragea à écrire aussi des oeuvres philosophiques propres. Elle apprit qu'il est possible "de pratiquer la science au service de Dieu [... ] ; c'est seulement pour une telle raison que j'ai pu me décider à commencer une série d'oeuvres scientifiques". Pour sa vie et pour son travail elle trouve toujours les forces nécessaires au couvent des bénédictins de Beuron où elle se rend pour passer les grandes fêtes de l'année liturgique. En 1931, elle termina son activité à Spire. Elle tenta de nouveau d'obtenir l'habilitation pour enseigner librement à Wroclaw et à Fribourg. En vain. À partir de ce moment, elle écrivit une oeuvre sur les principaux concepts de Thomas d'Aquin: "Puissance et action". Plus tard, elle fera de cet essai son ceuvre majeure en l'élaborant sous le titre "Être fini et Être éternel", et ce dans le couvent des Carmélites à Cologne. L'impression de l'oeuvre ne fut pas possible pendant sa vie. En 1932, on lui donna une chaire dans une institution catholique, l'Institut de Pédagogie scientifique de Münster, où elle put développer son anthropologie. Ici elle eut la possibilité d'unir science et foi et de porter à la compréhension des autres cette union. Durant toute sa vie, elle ne veut être qu'un "instrument de Dieu". "Qui vient à moi, je désire le conduire à Lui". En 1933, les ténèbres descendent sur l'Allemagne. "J'avais déjà entendu parler des mesures sévères contres les juifs. Mais maintenant je commençai à comprendre soudainement que Dieu avait encore une fois posé lourdement sa main sur son peuple et que le destin de ce peuple était aussi mon destin". L'article de loi sur la descendance arienne des nazis rendit impossible la continuation de son activité d'enseignante. "Si ici je ne peux continuer, en Allemagne il n'y a plus de possibilité pour moi". "J'étais devenue une étrangère dans le monde". L'archiabbé Walzer de Beuron ne l'empêcha plus d'entrer dans un couvent des Carmélites. Déjà au temps où elle se trouvait à Spire, elle avait fait les voeux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance. En 1933 elle se présenta à la Mère Prieure du monastère des Carmélites de Cologne. "Ce n'est pas l'activité humaine qui peut nous aider, mais seulement la passion du Christ. J'aspire à y participer". Encore une fois Édith Stein se rendit à Wroclaw pour prendre congé de sa mère et de sa famille. Le dernier jour qu'elle passa chez elle fut le 12 octobre, le jour de son anniversaire et en même temps celui de la fête juive des Tabernacles. Édith accompagna sa mère à la Synagogue. Pour les deux femmes ce ne fut pas une journée facile. "Pourquoi l'as-tu connu (Jésus Christ)? Je ne veux rien dire contre Lui. Il aura été un homme bon. Mais pourquoi s'est-il fait Dieu?" Sa mère pleure. Le lendemain matin Édith prend le train pour Cologne. "Je ne pouvais entrer dans une joie profonde. Ce que je laissais derrière moi était trop terrible. Mais j'étais très calme - dans l'intime de la volonté de Dieu". Par la suite elle écrira chaque semaine une lettre à sa mère. Elle ne recevra pas de réponses. Sa soeur Rose lui enverra des nouvelles de la maison.

 

Le 14 octobre, Édith Stein entre au monastère des Carmélites de Cologne. En 1934, le 14 avril, ce sera la cérémonie de sa prise d'habit. L'archiabbé de Beuron célébra la messe. À partir de ce moment Édith Stein portera le nom de soeur Thérèse-Bénédicte de la Croix. En 1938, elle écrivit: "Sous la Croix je compris le destin du peuple de Dieu qui alors (1933) commençait à s'annoncer. Je pensais qu'il comprenait qu'il s'agissait de la Croix du Christ, qu'il devait l'accepter au nom de tous les autres peuples. Il est certain qu'aujourd'hui je comprends davantage ces choses, ce que signifie être épouse du Seigneur sous le signe de la Croix. Cependant il ne sera jamais possible de comprendre tout cela, parce que c'est un mystère".
Le 21 avril 1935, elle fit des voeux temporaires. Le 14 septembre 1936, au moment du renouvellement des voeux, sa mère meurt à Wroclaw. "Jusqu'au dernier moment ma mère est restée fidèle à sa religion. Mais puisque sa foi et sa grande confiance en Dieu [...] furent l'ultime chose qui demeura vivante dans son agonie, j'ai confiance qu'elle a trouvé un juge très clément et que maintenant elle est ma plus fidèle assistante, en sorte que moi aussi je puisse arriver au but". Sur l'image de sa profession perpétuelle du 21 avril 1938, elle fit imprimer les paroles de saint Jean de la Croix auquel elle consacrera sa dernière oeuvre: "Désormais ma seule tâche sera l'amour". L'entrée d'Édith Stein au couvent du Carmel n'a pas été une fuite. "Qui entre au Carmel n'est pas perdu pour les siens, mais ils sont encore plus proches; il en est ainsi parce que c'est notre tâche de rendre compte à Dieu pour tous". Surtout elle rend compte à Dieu pour son peuple. "Je dois continuellement penser à la reine Esther qui a été enlevée à son peuple pour en rendre compte devant le roi. Je suis une petite et faible Esther mais le Roi qui m'a appelée est infiniment grand et miséricordieux. C'est là ma grande consolation". (31-10-1938) Le 9 novembre 1938, la haine des nazis envers les juifs fut révélée au monde entier. Les synagogues brûlèrent. La terreur se répandit parmi les juifs. La Mère Prieure des Carmélites de Cologne fait tout son possible pour conduire soeur Thérèse-Bénédicte de la Croix à l'étranger.


Dans la nuit du 1er janvier 1938, elle traversa la frontière des Pays-Bas et fut emmenée dans le monastère des Carmélites de Echt, en Hollande. C'est dans ce lieu qu'elle écrivit son testament, le 9 juin 1939: "Déjà maintenant j'accepte avec joie, en totale soumission et selon sa très sainte volonté, la mort que Dieu m'a destinée. Je prie le Seigneur qu'Il accepte ma vie et ma mort [...] en sorte que le Seigneur en vienne à être reconnu par les siens et que son règne se manifeste dans toute sa grandeur pour le salut de l'Allemagne et la paix dans le monde". Déjà au monastère des Carmélites de Cologne on avait permis à Édith Stein de se consacrer à ses oeuvres scientifiques. Entre autres elle écrivit dans ce lieu "De la vie d'une famille juive". "Je désire simplement raconter ce que j'ai vécu en tant que juive". Face à "la jeunesse qui aujourd'hui est éduquée depuis l'âge le plus tendre à haïr les juifs [...] nous, qui avons été éduqués dans la communauté juive, nous avons le devoir de rendre témoignage". En toute hâte, Édith Stein écrira à Echt son essai sur "Jean de la Croix, le Docteur mystique de l'Église, à l'occasion du quatre centième anniversaire de sa naissance, 1542-1942". En 1941, elle écrivit à une religieuse avec laquelle elle avait des liens d'amitié: "Une scientia crucis (la science de la croix) peut être apprise seulement si l'on ressent tout le poids de la croix. De cela j'étais convaincue depuis le premier instant et c'est de tout coeur que j'ai dit: Ave Crux, Spes unica (je te salue Croix, notre unique espérance)".

Son essai sur Jean de la Croix porta le sous-titre: "La Science de la Croix".

 

Le 2 août 1942, la Gestapo arriva. Édith Stein se trouvait dans la chapelle, avec les autres soeurs. En moins de 5 minutes elle dut se présenter, avec sa soeur Rose qui avait été baptisée dans l'Église catholique et qui travaillait chez les Carmélites de Echt. Les dernières paroles d'Édith Stein que l'on entendit à Echt s'adressèrent à sa soeur: "Viens, nous partons pour notre peuple". Avec de nombreux autres juifs convertis au christianisme, les deux femmes furent conduites au camp de rassemblement de Westerbork. Il s'agissait d'une vengeance contre le message de protestation des évêques catholiques des Pays-Bas contre le progrom et les déportations de juifs. "Que les êtres humains puissent en arriver à être ainsi, je ne l'ai jamais compris et que mes soeurs et mes frères dussent tant souffrir, cela aussi je ne l'ai jamais vraiment compris [...]; à chaque heure je prie pour eux. Est-ce que Dieu entend ma prière? Avec certitude cependant il entend leurs pleurs". Le professeur Jan Nota, qui lui était lié, écrira plus tard: "Pour moi elle est, dans un monde de négation de Dieu, un témoin de la présence de Dieu". À l'aube du 7 août, un convoi de 987 juifs partit en direction d'Auschwitz.

 

Ce fut le 9 août 1942, que soeur Thérèse-Bénédicte de la Croix, avec sa soeur Rose et de nombreux autres membres de son peuple, mourut dans les chambres à gaz d'Auschwitz.

Avec sa béatification dans la Cathédrale de Cologne, le 1er mai 1987, l'Église honorait, comme l'a dit le Pape Jean-Paul II, "une fille d'Israël, qui pendant les persécutions des nazis est demeurée unie avec foi et amour au Seigneur Crucifié, Jésus Christ, telle une catholique, et à son peuple telle une juive". "Inclinons-nous profondément devant ce témoignage de vie et de mort livré par Edith Stein, cette remarquable fille d'Israël, qui fut en même temps fille du Carmel et soeur Thérèse-Bénédicte de la Croix, une personnalité qui réunit pathétiquement, au cours de sa vie si riche, les drames de notre siècle. Elle est la synthèse d'une histoire affligée de blessures profondes et encore douloureuses, pour la guérison desquelles s'engagent, aujourd'hui encore, des hommes et des femmes conscients de leurs responsabilités; elle est en même temps la synthèse de la pleine vérité sur les hommes, par son coeur qui resta si longtemps inquiet et insatisfait, "jusqu'à ce qu'enfin il trouvât le repos dans le Seigneur."

 

Depuis le 1er octobre 1999, par une lettre apostolique en forme de Motu Proprio, le Saint-Père a proclamé sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix co-patronne de l’Europe, avec sainte Brigitte de Suède et sainte Catherine de Sienne, aux côtés des trois co-patrons : saint Benoît, saint Cyrille et saint Méthode.

 

Sources: (1) Site officiel du vatican, via Les saints du jour; (2) Wikipedia

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Publié par Ingomer - dans Saints du jour
8 août 2020 6 08 /08 /août /2020 18:47

La souffrance expérimentée dans nos vies ne trouve aucune explication dans les différentes religions. Seule la religion catholique lui donne un sens et l'intègre dans l'économie de la Rédemption comme une opportunité de progresser dans l'amour.

La souffrance, chemin vers la perfection de la charité

Amour et souffrance sont en interaction: d'un côté, la souffrance pousse l'âme à produire des actes de confiance amoureuse en Dieu et la dispose à recevoir un accroissement de charité; d'un autre côté, celui qui aime accepte d'endurer des souffrances toujours plus grandes pour réparer ses fautes, prouver son amour, être configuré au Christ souffrant et s'unir au sacrifice rédempteur.

Par ailleurs, la charité est un don infus: il ne saurait être question de l'acquérir par nos forces naturelles. Néanmoins, l'homme, sous l'effet de grâces actuelles, peut et doit se disposer à recevoir et à faire fructifier ce don. Comment ? Dans ses Sermons sur les Dix commandements, Thomas retient deux moyens pour se préparer à obtenir la charité, à savoir l'écoute de la Parole de Dieu et la méditation des choses saintes, et deux moyens pour se disposer à son accroissement, à savoir l'éloignement du cœur des choses terrestres et une ferme patience dans les adversités. Nous avons déjà cité le passage relatif à la patience. Arrêtons-nous au détachement nécessaire à l'éclosion de la contemplation et de l'amour de Dieu : 

 

Le cœur ne peut pas se porter parfaitement vers des choses diverses. Pour cette raison, nul ne peut Dieu et le monde. Et c'est pourquoi plus notre esprit est éloigné de l'amour des choses terrestres, plus il est affermi dans l'amour de Dieu. [...] Quiconque veut donc nourrir la charité s'efforce de diminuer les cupidités. Or, la cupidité consiste à aimer atteindre ou obtenir les biens temporels. Le commencement de sa diminution est de craindre Dieu, qui seul ne peut être craint sans amour. C'est pour cette raison qu'ont été institués les ordres religieux, dans lesquels et par lesquels l'esprit est retiré des choses mondaines et corruptibles, et élevé vers les divines. (In decem  prec. serm. IV, éd, J.P. Torell).

 

Cet arrachement ne va pas sans souffrances, spécialement pour les religieux, ici mentionnés. Ceux-ci doivent en effet renoncer aux biens terrestres (vœu de pauvreté), aux affections humaines et à l'amour conjugal (vœu de chasteté), à leur volonté propre et à leur liberté d'action (vœu d'obéissance). mais vivre selon l'esprit des conseils évangéliques n'est pas moins exigeant et crucifiant pour ceux qui sont immergés dans les affaires du monde, dans la mesure où ils sont confrontés à des tentations plus pressantes et dépourvues des secours que procure la vie religieuse.

Si les souffrances occasionnées par le détachement et par les adversités disposent l'âme à recevoir un accroissement de charité en stimulant sa générosité et sa patience, en retour, l'âme veut prouver son amour pour Dieu et pour le prochain en se portant à des actions toujours plus ardues, en supportant des épreuves toujours plus pénibles, imitant en cela le Christ :

 

Nous devons donc l'imiter dans la dilection. Et il dit (Ep 5,2) : Marchez, c'est-à-dire progressez sans cesse [...] Et cela dans la dilection, parce que cette dilection est ce bien dans lequel l'homme doit toujours progresser et cette dette qu'il doit toujours payer. Rm 13,5 "Ne devez rien à personne, sinon de vous aimer mutuellement". [...] Et parce que, selon Grégoire "la preuve de l'amour se manifeste dans les œuvres" (Grégoire le Grand, Homélies sur l'Évangile, hom. 30, n°1), l'Apôtre ajoute : et s'est livré lui-même pour nous. [...] Ainsi, devons-nous nous sacrififer à Dieu spirituellement : "Le sacrifice [digne] de Dieu, c'est un esprit brisé" (Ps 51 [50], 19).

 

Dans son traité  La Perfection de la vie spirituelle, saint Thomas détaille trois étapes vers l'amour parfait du prochain, étapes qui correspondent à un renoncement de plus en plus important, car "plus intensément on aime une chose, plus facilement on méprise les autres choses à cause d'elle". Le premier degré de l'amour du prochain veut que l'on soit prêt à sacrififer ses biens extérieurs pour subvenir aux besoins des autres (Cf. 1 Jn 4,17). Le second consiste à exposer son corps à de rudes travaux (cf. 2 Th 3,8) ou encore à supporter tribulations et persécutions pour l'amour du prochain (cf. 2 Co 3,16). Le troisième, enfin, est de donner sa vie pour ses frères (cf. 1 Jn 3,16; Jn 15,13). L'âme parvient alors, moyennant la souffrance et le renoncement, à l'ultime perfection de l'amour, qui consiste à aimer comme le Christ lui-même nous a aimés (cf. Jn 13, 34), c'est-à-dire, précise le maître dominicain, d'un amour gratuit (prévenant), efficace (en bonnes actions) et droit (pour l'amour de Dieu, et non pour notre utilité ou notre plaisir).

 

Jean de la Croix (1542-1591)

Ainsi, l'amour véritable se traduit par des œuvres, ce qui implique nécessairement de notre part, compte tenu de notre nature humaine blessée par le péché, des efforts et des souffrances. Dans l'économie de la Rédemption, on ne peut parvenir à la perfection de la charité sans passer par la souffrance. Sur ce point Jean de la Croix est catégorique ; "Pour entrer dans les trésors de la sagesse, il faut passer par la porte: cette porte est la croix, et elle est étroite. Il en est peu qui désirent passer par cette porte, tandis qu'aspirer aux délices dont elle est la source est le propre du grand nombre." (Le Cantique spirituel B, str. 36, n°13, œuvres complètes, cit. p. 1412. Cf. aussi ID, La Vive Flamme d'amour A, str. 2, n° 21-26, p.. 1122-1125).

 

Telle est la voie que Jésus nous a tracée : il n'en est pas d'autre pour parvenir à la sainteté et à la béatitude du ciel. La souffrance n'est certes pas recherchée pour elle-même, mais elle est librement embrassée en tant qu'elle accompagne une oeuvre bonne ou qu'elle offre une opportunité de progresser dans l'amour. Ceux qui sont parvenus au sommet de la charité, les saints, nous en offrent un témoignage éloquent : leurs souffrances comme celles des autres deviennent des occasions privilégiées d'aimer toujours davantage.  (Teresa de Calcutta, J'ai pris Jésus au mot, Messages recueillis et commentés par José Luis Gonzales-Balado, Maranatha 28, Paris, Mediaspaul, Montréal, éd. Paulines, 1992, p. 144 : "La sainteté n'est pas un luxe réservé à quelques-uns; nous sommes tous appelés à être saints. Je crois que la sainteté seule est capable de dominer le péché, les tristesses et les souffrances des hommes, à commencer par les nôtres. Nous aussi, nous devons souffrir, mais la souffrance est un cadeau de Dieu si nous savons nous en servir correctement. La croix est inséparable de nos vies; sachons donc en remercier Dieu.")

 

Nous avons examiné jusqu'ici le rapport de la charité à la souffrance que l'on éprouve personnellement. Il nous faut désormais aborder l'attitude qu'inspire la charité vis-à-vis de la souffrance des autres.

Source: Père Robert AUGÉ, Osb, Dieu veut-il la souffrance des hommes ?, Du mystère à la contemplation, Artège, Lethielleux, Sed Contra, Paris 2020, pp. 772-775.

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7 août 2020 5 07 /08 /août /2020 21:52

Dans son ouvrage "Héros oubliés", Eric Vieux de Morzadec se penche sur les généraux français qui ont fait honneur à leur Partie en servant dans l'armée confédérée lors de la guerre de Sécession. A l'image du général Beauregard, ils voyaient l'esclavagisme comme une abomination et voulaient la "libération des noirs pour bâtir avec eux un sud fraternel et chrétien".  Un projet bien loin de la tyrannie de l'argent du nord yankee, transformant les citoyens en consommateurs et en esclaves... Le général Beauregard disait : "Nous sommes les Vendéens, ils sont les Jacobins..." Un éclairage nouveau pour rétablir la vérité sur un épisode de l'histoire encore prégnant.

"Gettysburg" est un excellent film, réalisé en 1993, sur le thème de la la bataille de Gettysburg (1863). L'extrait suivant, intitulé "la Charge de Pickett", montre bien le courage des Confédérés menés par des hommes d'élite, fervents catholiques, prêts au sacrifice de leur personne pour la cause :

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6 août 2020 4 06 /08 /août /2020 21:15
Une société laïque?

Source: James Kalb pour CatholicWorldReport

 

Les progressistes trouvent vraiment que tout ce qui évoque le passé américain ou occidental constitue une menace intolérable nécessitant une suppression immédiate.

 

Les gouvernements occidentaux modernes affirment qu'ils laissent des questions de signification ultime à l'individu. C'est le point de l'affirmation de la Cour suprême (américaine. Ndlr.) selon laquelle notre ordre public est fondé sur "le droit de définir sa propre conception de l'existence, du sens, de l'univers et du mystère de la vie humaine". Il forme également une interprétation commune de Dignitatis Humanae, qui dit que ce gouvernement ne devrait pas favoriser une religion par rapport à une autre. 

Cette affirmation convient aux gouvernements, car cela signifie qu'ils n'ont pas à expliquer et à défendre leurs objectifs ultimes. Mais cela ne peut pas être vrai. Des questions fondamentales surgissent inévitablement partout, de sorte que la neutralité du gouvernement est impossible.

Par exemple, le gouvernement exige l'obéissance, la loyauté et le sacrifice. Il revendique le droit d'employer une force meurtrière pour appuyer ses décisions. Comment peut-il faire ces choses sans revendiquer un lien spécial avec ce qui donne un sens à la vie?

Aujourd'hui, c'est plus vrai que jamais. Dans une société industrielle et démocratique, les liens sociaux traditionnels s'affaiblissent, les politiciens obtiennent des votes en offrant des avantages et une protection aux gens, et tous ceux qui comptent sont convaincus que le moyen le plus efficace de faire quoi que ce soit est de l'organiser globalement à la manière d'un processus industriel.

Le résultat est que le gouvernement trouve de plus en plus de choses à faire. Il nous élève jeune, nous éduque, prend soin de notre santé et de notre bien-être général, prend soin de nous dans les moments difficiles, régule nos attitudes les uns envers les autres et nous dit de plus en plus ce qu'il faut croire. Il ne pourrait pas faire ces choses sans une vision générale de l'homme, de sa place dans le monde et de la façon dont il devrait vivre sa vie.

Cela crée des problèmes pour les gouvernements laïques, car il n'y a rien dans leur éventail de préoccupations qui mérite d'être traité de cette façon. Donc, par nécessité, ils ont élaboré des normes ultimes qu'ils considèrent comme transcendant les considérations ordinaires. Celles-ci fonctionnent comme une religion et finissent par évincer la religion de la position sociale qu'elle occupait autrefois.

Au fur et à mesure que le gouvernement libéral laïc a évolué, ces normes sont devenues plus abstraites, complètes et absolues. Au début, la norme en Amérique était une combinaison de liberté et de prospérité dans un contexte d'égalité devant la loi. Ces derniers temps, l'égalité est devenue plus militante et plus importante, et l'accent est passé de l'égalité devant la loi à divers aspects de l'égalité sociale.

Aujourd'hui, la norme libérale est mieux décrite comme la "dignité", c'est-à-dire la liberté personnelle, le bien-être matériel assuré et le traitement respectueux par les autres, où "respectueux" comprend l'acceptation et le soutien de sa compréhension de qui on est.

Cette norme valorise l’égalité à certains égards: l’élimination de la pauvreté et l’abolition des distinctions sociales qui ne sont pas pertinentes pour le fonctionnement des marchés mondiaux et des bureaucraties transnationales. Nous devons tous être assurés de toutes les manières possibles, et il ne doit y avoir aucune distinction entre homme et femme, Français, Japonais et Anglais. Mais l'égalité politique et économique ne fait pas partie du mélange. La sécurité économique universelle est importante, et il est nécessaire que tout le monde ait le droit de vote, mais il est admis que George Soros et Bill Gates devraient garder leur argent et que leurs opinions politiques devraient avoir beaucoup de poids. Après tout, ne savent-ils pas comment gérer les choses?

Il est également admis que les experts et les journalistes qui déterminent la version officielle de la réalité devraient guider le vote des gens. Si les gens ignorent ce qu'on leur dit et suivent leur propre chemin, le résultat est considéré comme illégitime. C'est peut-être pour cette raison qu'il est admis que les juges et les bureaucrates devraient exercer ou du moins avoir un droit de veto sur les décisions importantes.

Le résultat de tout cela est un système dans lequel des autorités non élues élaborent et appliquent une idée globale de ce à quoi devrait ressembler la vie, même si officiellement le système est démocratique et laisse ces questions à l'individu.

Le système est basé sur des principes simples tels que l'égalité, le désir humain et les besoins des institutions commerciales et bureaucratiques qui sont considérés comme particulièrement adaptés pour maximiser le bien-être général. Le résultat est considéré comme étant uniquement rationnel, compréhensible et réalisable. S'y opposer est jugé irrationnel et en fait une preuve de sectarisme.

Mais le système est moins rationnel et digne de choix que ne le pensent ses partisans. Soi-disant, nous avons une liberté sans précédent: nous pouvons être ce que nous voulons! Mais l’exercice de cette liberté ne peut porter atteinte à la liberté d’autrui, qui est également illimitée.

Cela signifie bien sûr un conflit. Mon désir d'organiser une fête bruyante à 3 heures du matin entre en conflit avec votre désir de passer une bonne nuit de sommeil. Le désir de Bob d'accepter son identité de femme récemment adoptée entre en conflit avec le désir de Mary d'un vestiaire pour femmes exempt d'hommes nus.

Qu'est-ce qu'une notion de dignité fondée sur le respect du choix arbitraire exige dans de tels cas? Les règles ne permettent pas de les résoudre en se référant aux réalités humaines selon lesquelles l'homme est diurne plutôt que nocturne, et a deux sexes qui diffèrent profondément. Après tout, Bob et moi rejetons évidemment de telles réalités revendiquées, et nous avons un droit égal de définir ce qu'est la réalité. Ainsi, les différends ne peuvent être résolus qu'en lançant une pièce de monnaie ou en faisant référence à l'efficacité, à la stabilité et à la cohérence du système.

Ce dernier, au fond, signifie les intérêts des puissants, et c'est la norme choisie. Le résultat est que les libertés personnelles qui nous sont accordées se réduisent à celles qui s'intègrent parfaitement dans le système: mode de vie, consommation et choix de carrière, le tout dans le menu de choix jugés inoffensifs ou bénéfiques pour nos dirigeants.

Puisqu'il est dans l'intérêt de ceux qui dirigent les choses d'avoir des ouvriers bien reposés, les ordonnances sur le bruit sont généralement bonnes même si certaines personnes sont des noctambules. Et les normes et identités sexuelles traditionnelles soutiennent les loyautés et les modes de vie que nos dirigeants ne contrôlent pas, donc les violer est autorisé et même applaudi. Le résultat est que je ne peux pas organiser ma fête, mais si Bob dit qu'il est une femme, il peut traîner nu dans les vestiaires pendant que l'équipe de natation des filles du collège l'utilise.

Pour aggraver les choses, les opinions actuelles submergent l'homme dans le monde. Tout est construit par choix, convention sociale ou décision des puissants, et il n'y a pas de réalité au-delà de cela. Cela signifie qu'il n'y a rien qui limite le pouvoir du système de définir la réalité et l'ordre social de manière à supprimer les relations humaines naturelles et à écraser l'esprit humain.

Si l'année prochaine les exigences en constante évolution de la "dignité" exigent la suppression du mariage entre l'homme et la femme, parce que l'institution exprime l'hétéronormativité patriarcale chrétienne blanche, il est difficile de voir quelle raison il y a, dans les modes de pensée actuels, pour ne pas faire respecter l'exigence. Pour un catholique, objecter reviendrait à militariser une revendication abusive de "liberté religieuse" dans l'intérêt de la fragilité blanche.

Même aujourd'hui, cet exemple peut sembler fou pour certains, mais le bon sens n'est plus applicable. Les préoccupations actuelles concernant la "sécurité" montrent la logique derrière les demandes. Les progressistes trouvent vraiment que tout ce qui évoque le passé américain ou occidental constitue une menace intolérable nécessitant une suppression immédiate.

Notre classe éduquée est tombée dans une engrenage de pureté insensée avec des conséquences sociales horribles. Mais quelle est la solution?

La folie s'épuise, donc la folie actuelle ne durera pas éternellement. Elle est susceptible de faire d'énormes destructions tant que cela dure, cependant, et en attendant, le mieux que nous puissions faire est de souligner que l'empereur n'a pas de vêtements et présente une meilleure compréhension de la vie humaine, des relations sociales et du monde que celle-là qui conduit la folie. L'Église a certainement les ressources, et à un moment donné, les gens seront prêts à écouter.

Mais pour combler le besoin, l'Église devra être claire et directe sur ce qu'elle croit. Pour cette raison, l'âge de la subordination ecclésiastique aux tendances séculaires et aux modes de pensée doit prendre fin. Aujourd'hui, ce n'est pas le moment de la médiocrité, de l'opportunisme ou des tentatives de gagner les faveurs du monde. Plus que jamais, l'heure est à la vérité.

 

 

À propos de James Kalb 
James Kalb est un avocat, un universitaire indépendant et un converti catholique qui vit à Brooklyn, New York. Il est l'auteur de The Tyranny of Liberalism (ISI Books, 2008) et, plus récemment, Against Inclusiveness: How the Diversity Regime is Flattening America and the West and What to Do About It (Angelico Press, 2013).
 
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6 août 2020 4 06 /08 /août /2020 00:00
Transfiguration

Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmène, eux seuls, à l'écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux. Ses vêtements devinrent resplendissants, d'une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille. Élie leur apparut avec Moïse, et ils s'entretenaient avec Jésus. Pierre alors prend la parole et dit à Jésus : "Rabbi, il est heureux que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie." De fait, il ne savait que dire, tant était grande leur frayeur. Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoutez-le."

Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux. En descendant de la montagne, Jésus leur défendit de raconter à personne ce qu'ils avaient vu, avant que le Fils de l'homme soit ressuscité d'entre les morts.

Et ils restèrent fermement attachés à cette consigne, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : "ressusciter d'entre les morts".

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc IX, 2-10

Notre-Seigneur Jésus-Christ, avant d'être livré par les Juifs aux autorités romaines, savait qu'ils allaient le livrer, qu'il serait mis à mort et qu'il ressusciterait le troisième jour. La fête de la Transfiguration de Jésus-Christ prouve qu'Il enseignait à ses disciples de ne rien dire avant que tout ne soit accompli. Le secret sur la nature divine du Christ ne devait être levé qu'après Sa Résurrection (voir aussi Mt, VIII, 4; Mt XVII, 9). 

Transfiguration, 1595, Louis Carrache (Ludovico Carracci), Bologne, Pinacothèque nationale, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 464-465.

Transfiguration, 1595, Louis Carrache (Ludovico Carracci), Bologne, Pinacothèque nationale, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 464-465.

"La Transfiguration est [...] interprétée [...] comme prémices de la Résurrection du Christ, mais aussi comme signe de notre propre gloire à venir. 

"Citons au passage une très belle homélie d'Anastase le Sinaïte, vers le milieu du VIIe siècle. Le Christ transfiguré pointe le doigt vers son propre visage et s'écrie : 'C'est ainsi que resplendiront les  justes lors de la Résurrection, c'est ainsi qu'ils seront glorifiés, c'est en ma condition qu'ils seront transfigurés, à cette forme, à cette image, à cette empreinte, à cette lumière et à cette béatitude qu'ils seront configurés et ils siégeront avec Moi le Fils de Dieu.'" (Traduction Michel Coune cité dans Joie de la Transfiguration, collection Spiritualité orientale, n° 39, Abbaye de Bellefontaine, 1985, p. 162.) (3)

Un peu avant, la célèbre mosaïque du VIe siècle de l'abside de la basilique Saint-Apollinaire in Classe, à Ravenne, nous représente dans une synthèse théologique extraordinaire le paradis reconquis par la Croix, comme une Transfiguration éternisée. (4) Saint Apollinaire au milieu des fidèles, comme le Christ au milieu de ses apôtres, célèbre la messe. Au cours de la liturgie, il a une vision de la Transfiguration du huitième jour qui ne finira jamais (il y a les six jours de la Création; le septième est celui de la faute et de la Rédemption; le huitième est celui de la vie éternelle). La Transfiguration du mont Thabor est ici évoquée par la présence de Moïse et d'Elie, et par les trois grandes brebis qui figurent Pierre, Jacques et Jean. Mais c'est une Transfiguration après la Croix. Dans l'immense cercle constellé, il y a 99 étoiles, évoquant les brebis restées avec leur pasteur. La brebis perdue, la centième, c'est toute l'humanité (et chacun de nous) ramenée dans le plérôme, au milieu des autres étoiles, en plein centre. C'est le Christ lui-même qui nous porte en Lui. Alors le Paradis nous sera rendu. (5)

Mosaïque de l'abside de la Basilique Saint-Apollinaire in Classe, Ravenne.

Mosaïque de l'abside de la Basilique Saint-Apollinaire in Classe, Ravenne.

Transfiguration, Fra Angelico v. 1395-1455

Transfiguration, Fra Angelico v. 1395-1455

La Transfiguration, église russe. Bordeaux

La Transfiguration, église russe. Bordeaux

Transfiguration du christ, Carl Heinrich Bloch

Transfiguration du christ, Carl Heinrich Bloch

Transfiguration, Raphaël 1483-1520

Transfiguration, Raphaël 1483-1520

Transfiguration du Christ, Jason Polintan

Transfiguration du Christ, Jason Polintan

Car la gloire n'est pas venue vers le corps du dehors, mais de l'intérieur, de la divinité supradivine, du Verbe de Dieu, unie au corps selon l'hypostase.

Saint Jean Damascène, in P.G. 96, col 548 C-549 A, cité dans J. MEYENDORFF (6)

Sources: (1); (2); Rosa GIORGI, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 464-465; (3) Michel COUNE cité dans François BRUNE, Pour que l'homme devienne Dieu, Dangles, Collection Horizons spirituels, St Jean de Braye 1992, p. 311-312 ; (4) P. François BRUNE, Pour que l'homme devienne Dieu, ibid., p. 312; (5) P. François BRUNE, Pour que l'homme devienne Dieu, ibid., p. 316; (6) Jean MEYENDORFF, La théologie byzantine, Le Cerf 1969, p. 232.

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2 août 2020 7 02 /08 /août /2020 20:54
Archevêque Viganò: "Je ne vois rien de paternel à punir les prêtres qui ne veulent pas profaner l'hostie sacrée"

Source: Life Site

 

30 juillet 2020 ( LifeSiteNews ) - Dans une lettre ouverte à un évêque argentin qui vient de punir des prêtres fidèles en fermant leur séminaire florissant, l'archevêque Carlo Maria Viganò le réprimande pour son manque de charité fraternelle et paternelle envers ceux qui souhaitent recevoir la Sainte Eucharistie uniquement sur la langue et non sur la main. Le prélat italien écrit:

 

Un évêque qui, au lieu de défendre l'honneur dû au roi des rois et de louer ceux qui luttent pour ce noble dessein, va même jusqu'à fermer un séminaire florissant et réprimander publiquement ses clercs ne fait pas un acte de charité mais plutôt un abus déplorable, pour lequel il sera appelé à répondre devant le tribunal de Dieu.

 

Comme l'a rapporté LifeSiteNews , le séminaire San Rafael en Argentine a été fermé par Mgr Eduardo Maria Taussig, utilisant l'excuse de la crise du coronavirus, afin de réprimander plus de 150 familles et les séminaristes pour avoir rejeté la communion dans la main. Taussig, après la réouverture des églises à la fin de la crise des coronavirus, avait ordonné que la Sainte Communion ne soit donnée que sur la main. L'évêque a ensuite démis de ses fonctions le père Alejandro Miguel Ciarrocchi, recteur du séminaire diocésain, après avoir défendu le droit de ses séminaristes de recevoir le Saint Sacrement selon les normes traditionnelles. Le diocèse a déclaré que, «conformément aux instructions du Saint-Siège, il a été décidé de fermer le séminaire».

 

 

Comme nous l'entendons de sources proches de la situation, ce séminaire avait d'excellents théologiens et professeurs et était florissant. On dit que Taussig sera bientôt transféré dans un autre diocèse, mais cette fermeture du séminaire a clairement trouvé l'approbation du Vatican. Certaines sources disent à LifeSite que le séminaire doit fermer en décembre.

 

L'archevêque Viganò, dans sa correction fraternelle, souligne les dommages que cet évêque fait maintenant aux fidèles qui ont gardé la foi malgré «le travail acharné d'endoctrinement ultra-moderniste qui a été mené au cours des dernières décennies». Il loue également les fidèles pour leur respect pour Notre Seigneur dans la Sainte Eucharistie.

 

Le prélat mentionne également un autre scandale en Suisse, où des femmes président désormais de fausses messes tout en omettant uniquement les paroles de la consécration (LifeSiteNews a rapporté à ce sujet ici). Pendant que ces scandales ne sont pas corrigés par leur évêque local, les fidèles qui souhaitent recevoir notre Seigneur dans la Sainte Eucharistie avec respect sont punis.

 

Pourtant, certains catholiques suivent encore ces prêtres fidèles à Notre Seigneur.

 

États Viganò:

 

J'imagine votre vexation de voir que les fidèles laïcs et même des familles entières - de ce qu'on a appelé «la Vendée des Andes» - suivent les bons bergers, dont l'Évangile dit « les brebis reconnaissent sa voix », et non les mercenaires qui « ne se soucient pas des brebis » (Jn 10, 4,13).

 

Vous trouverez ci-dessous la lettre ouverte complète publiée pour la première fois par Marco Tosatti sur son blog. Il est reproduit ici avec la permission de l'archevêque Viganò .

 

30 juillet 2020

 

Votre Excellence,

 

Je suis confus et blessé d'entendre les nouvelles dans la presse internationale sur la décision de fermer le Séminaire du diocèse de San Rafael et de démettre son recteur, le P. Alejandro Miguel Ciarrocchi.

 

 

Cette décision aurait été adoptée, sur votre insistance zélée, par la Congrégation pour le Clergé, qui a jugé irrecevable le refus des clercs sous votre juridiction d'administrer et de recevoir la Très Sainte Eucharistie sur la main plutôt que sur la langue . J'ai imaginé que le comportement louable et cohérent des prêtres, clercs et fidèles de San Rafael vous offrait une excellente excuse pour fermer le plus grand séminaire d'Argentine et disperser les séminaristes afin de les rééduquer ailleurs, dans des séminaires qui exemplaire que maintenant ils sont vides. Votre Excellence a fait un très bon travail de traduction de l'invitation à la parrhésie [la liberté, la franchise] en action, au nom de laquelle nous sommes censés vaincre le fléau du cléricalisme qui a été dénoncé par le plus haut trône.

 

Je peux comprendre votre déception de voir que, malgré le travail acharné d'endoctrinement ultra-moderniste qui a été mené au cours des dernières décennies, il y a encore des prêtres et des clercs courageux qui ne font pas passer l'obéissance de la cour épiscopale avant le respect cela est dû au Saint Sacrement; et je peux imaginer votre vexation de voir que les fidèles laïcs et même des familles entières - de ce qu'on a appelé «la Vendée des Andes» - suivent les bons bergers, dont l'Évangile dit « les brebis reconnaissent sa voix », et pas les mercenaires qui « ne se soucient pas des brebis » (Jn 10, 4,13).

 

Ces épisodes confirment l'action du Saint-Esprit dans l'Église: le Paraclet insuffle le don de la Fortitude aux humbles et aux plus faibles et confond la foi fière et puissante, manifestant d'une part dans le sacrement d'août de l'autel, et sa profanation coupable. du respect humain de l'autre. Se conformer à la mentalité du monde peut peut-être gagner pour Votre Excellence les applaudissements faciles et intéressés des ennemis de l'Église, mais cela n'évitera ni la désapprobation unanime de ceux qui sont bons, ni encore moins le Jugement de Dieu, qui est vraiment présent sous le voile de l'Eucharistie dans son corps, son sang, son âme et sa divinité, et qui demande aux pasteurs sacrés d'être ses témoins, non ses traîtres et persécuteurs.

 

Votre Excellence me permettra de vous signaler une certaine incohérence de votre comportement avec la devise que vous avez choisie pour vos armoiries épiscopales: Paterna Atque Fraterna Charitate [Charité paternelle et fraternelle]. Je ne vois rien de paternel à punir les prêtres qui ne veulent pas profaner la Sainte Hostie, ni aucune forme de vraie charité envers ceux qui ont désobéi à un ordre inadmissible. La charité s'exerce au service du Bien et du Vrai: si elle a l'erreur comme origine et le mal comme fin, elle ne peut être qu'une parodie grotesque de la vertu. Un évêque qui, au lieu de défendre l'honneur dû au roi des rois et de louer ceux qui luttent pour ce noble dessein, va même jusqu'à fermer un séminaire florissant et réprimander publiquement ses clercs ne fait pas un acte de charité mais plutôt un abus déplorable, pour lequel il sera appelé à répondre devant le tribunal de Dieu. Je prie pour que vous compreniez à quel point votre action est sérieuse, considérée comme une sous-espèce aeternitatis, à la fois en soi et aussi à cause du scandale qu'il cause aux plus petits. Vos études à l' Angelicum doivent aider Votre Excellence dans ce travail de repentir sain, qui impose aussi sub gravi le devoir de réparation.

 

La presse rapporte que dans le diocèse de Bâle [Suisse], dans l'église de Rigi-Kaltbad, une femme portant des vêtements sacrés simule régulièrement la célébration de la messe, en l'absence d'un prêtre ordonné, en omettant uniquement les paroles de la consécration. Je me demande si Mgr Felix Gmür de Bâle se distinguera avec le même zèle que vous avez, ayant recours aux dicastères romains pour punir de manière exemplaire la simulation sacrilège de la messe. Je crains cependant que l'inflexibilité dont vous avez fait preuve en punissant les les prêtres qui vous ont désobéi consciencieusement ne seront pas imités en Suisse. Certes, si un prêtre avait célébré la messe en rite tridentin sur ce même autel à Rigi-Kaltbad, les flèches de l'Ordinaire n'auraient pas tardé à l'abattre,

 

Avec les clercs et les laïcs de votre diocèse, que vous avez injustement punis et gravement offensés, je prie pour vous, Excellence, pour les fonctionnaires du Saint-Siège, et en particulier pour le cardinal Beniamino Stella, que j'ai connu comme un prêtre dévoué. et un nonce apostolique fidèle , que j'ai rendu visite à Bogotà en ma qualité de Délégué aux Représentations Pontificales. Il était autrefois mon ami; J'ai collaboré avec lui pendant des années à la Secrétairerie d'État. Malheureusement, depuis quelque temps, je ne peux plus le reconnaître comme tel, à cause de sa participation à la démolition de l'Église du Christ.

 

Nous prions pour votre conversion, une conversion à laquelle nous sommes tous appelés, mais qui ne doit plus être différée par ceux qui oeuvrent non pour la gloire de Dieu mais contre le bien des âmes et l'honneur de l'Église.

 

Prions tous pour les séminaristes et fidèles de San Rafael, auxquels vous, Excellence, avez déclaré la guerre.

 

Avec la charité fraternelle, dans la vérité,

+ Carlo Maria Viganò, archevêque

 

Traduit par Giuseppe Pellegrino

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Publié par Ingomer - dans Religion
2 août 2020 7 02 /08 /août /2020 14:41
Russo: Quand la Vierge explique les étapes sombres de l'Apocalypse

Source: Stilum Curiae

Marco Tosatti

Chers amis et ennemis de Stilum Curiae, Sergio Russo, l'artisan écrivain que vous connaissez désormais bien, pour sa présence sur ce site, nous a envoyé une réflexion dans son style sur la lecture de l'Apocalypse, la réalité que nous vivons et la manifestations qui lient notre existence au surnaturel. Bonne lecture. 

 

§§§

CETTE EPOQUE OÙ SOMBRE PASSAGE DU LIVRE DE L'APOCALYPSE ... ÉTAIT EXPLIQUÉ PAR LA SAINTE VIERGE ELLE-MÊME !

 

Le Mouvement sacerdotal marial est un mouvement ecclésial catholique aujourd'hui répandu sur les cinq continents. Il a été fondé par un prêtre charismatique, Don Stefano Gobbi, le 13 octobre 1972. Et son texte de référence est le célèbre "livre bleu" (Aux prêtres fils bien-aimés de Notre-Dame), qui en est également maintenant à sa 26e édition, dont chacune de celle-ci est toujours accompagnée d'un "imprimatur" de l'évêque: ce texte contient en fait les locutions intérieures que Don Stefano reçut de la Sainte Vierge, de 1973 à 1997.

Peu de croyants catholiques sont conscients de ce verset énigmatique, présent dans le tout aussi énigmatique Livre de l'Apocalypse, dans lequel l'évangéliste Saint Jean voit à un certain moment "une autre bête montant de la terre; elle avait deux cornes comme un agneau, et elle parlait comme un dragon. (Ap 13.11)", et comment sur ce verset précisément, les Pères de l'Église et d'illustres théologiens, ont versé des fleuves d'encre pendant deux millénaires d'histoire ecclésiastique, dans une tentative - malheureusement révélée à ce jour infructueuse - pour identifier cette mystérieuse "bête s'élevant de la terre", également connue sous le nom de "Faux Prophète".

Et puis, le jour même du 13 juin 1989, ce sera Notre-Dame elle-même de "prendre le terrain", fournissant précisément, sur ce vers sibyllin, son explication particulière, lequel - venant d'Elle, la Maîtresse et Guide inégalée de l'Exégèse Chrétienne - évidemment, je pense personnellement qu'elle est fiable et définitivement éclairante.

Et par conséquent, Notre-Dame commence par ces mots:

"Mes chers Enfants, souvenez-vous aujourd'hui de ma deuxième apparition, qui a eu lieu dans le pauvre lieu-dit Cova da Iria à Fatima, le 13 juin 1917.

Depuis, je vous ai déjà annoncé comment vous vivez ces temps.

Je vous ai annoncé la grande lutte entre Moi, Femme revêtue du soleil, et l'énorme Dragon rouge, qui a conduit l'humanité à vivre sans Dieu.

J'ai également prédit le travail subtil et ténébreux accompli par la franc-maçonnerie pour vous éloigner de l'observance de la loi de Dieu et ainsi vous faire des victimes de péchés et de vices.

Surtout, en tant que Mère, je voulais vous avertir du grand danger qui menace l'Église aujourd'hui, à cause des nombreuses et diaboliques attaques qui sont menées contre elle pour la détruire."

Mais nous voici maintenant à ce verset "fatidique":

"Pour atteindre cet objectif, la bête noire qui monte de la mer vient au secours de la terre, une bête qui a deux cornes, semblables à celles d'un agneau."

Et donc, c'est encore vous qui nous donnez cette interprétation éclairante:

"L'agneau, dans l'Écriture divine, a toujours été le symbole du sacrifice. La nuit de l'Exode, l'agneau est sacrifié et, avec son sang, les poteaux des maisons des Juifs sont aspergés, pour les soustraire au châtiment qui affecte en revanche tous les Égyptiens.

La Pâque juive se souvient de ce fait chaque année, avec l'immolation d'un agneau, qui est sacrifié et consommé.

Au Calvaire, Jésus-Christ s'immole pour la rédemption de l'humanité, se fait notre Pâques et devient le véritable Agneau de Dieu qui enlève tous les péchés du monde.

"La bête porte deux cornes semblables à un agneau sur sa tête."

Le symbole du sacrifice est intimement lié à celui de la prêtrise: les deux cornes.

Une coiffe à deux cornes était portée par le Souverain Sacrificateur dans l'Ancien Testament.

La mitre - avec deux cornes - évoque les évêques dans l'Église, pour indiquer la plénitude de leur sacerdoce.

La bête noire [celle décrite dans Ap 13,1-10: la "bête qui monte de la mer", qui a dix cornes et sept têtes ...] semblable à une panthère, évoque la franc-maçonnerie ; la bête à deux cornes [à la place], semblable à un agneau, indique la Maçonnerie infiltrée dans l'Église, c'est-à- dire la Maçonnerie ecclésiastique, qui s'est surtout répandue parmi les membres de la Hiérarchie.

Cette infiltration maçonnique au sein de l'Église a déjà été annoncée par Moi à Fatima, lorsque je vous ai annoncé que Satan se présenterait au sommet de l'Église."

Et ici, j'ouvre une parenthèse, surtout pour ceux qui trouvent une déclaration aussi "excessive" - ​​et pourtant, naturellement - incroyable ...

Lors d'une conversation privée avec le professeur Baumgartner à Salzbourg - et ce témoignage n'a jamais été démenti par personne, ni à l'intérieur ni à l'extérieur de l'Église! - Le cardinal Mario Luigi Ciappi, qui était le théologien personnel des papes Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul I et Jean-Paul II, a révélé que: "Dans le troisième secret de Fatima, il est prophétisé, entre autres, que la grande apostasie dans l'Église partira de son sommet."

Et enfin Notre-Dame conclut:

"Si la tâche de la franc-maçonnerie est de conduire les âmes à la perdition, les conduisant au culte de fausses divinités, le but de la franc - maçonnerie ecclésiastique est plutôt de détruire le Christ et son Église, en construisant une nouvelle idole, c'est-à-dire un faux Christ et une fausse Église."

En conclusion: voici une autre "pièce" capable de dissiper le brouillard ou, mieux encore, cette fameuse "fumée de Satan" qui, selon l'alarme lancée par le Pape Paul VI (homélie du 29 juin 1972. Ndlr.), serait entrée, maléfique et désorientante, en plein dans notre temps, dans le temple sacré du Seigneur. Et nous ne pouvons que nous identifier consciemment - nous, croyants contemporains du troisième millénaire - avec le pape Montini, lorsque celui-ci, désolé et en détresse, fut obligé de prendre acte que "... ce qui me frappe, quand je considère le monde catholique, c'est qu'au sein du catholicisme, une pensée non catholique semble parfois prédominer, et qu'il se pourrait bien que demain, cette pensée non catholique au sein du catholicisme devienne la plus forte [et cela s'est produit à temps!]. Mais elle ne représentera jamais la pensée de l'Église [oui… de l'Église, la vraie, qui appartient au Saint-Père Benoît]. Un petit troupeau doit exister, si petit soit-il [ce qu'il fera comme rempart, brandissant courageusement l'étendard de la Foi, contre cette autre Église, la fausse, qui appartient à l'évêque vêtu de blanc!"

(extrait du livre: "Est-ce vous, ou devons-nous en attendre un autre?" de Sergio Russo)

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Publié par Ingomer - dans Religion Livres
29 juillet 2020 3 29 /07 /juillet /2020 11:47

Le 27 juillet 1920, face à l'avancée de l'Armée rouge, les évêques polonais consacrent la nation au Sacré-Cœur de Jésus et, en réponse à leurs lettres, Benoît XV promeut des prières pour la Pologne, ridiculisées par les communistes. Ceci, au temps de l'Assomption, devait cependant permettre de faire face à ce qui est passé dans l'histoire comme le "Miracle de la Vistule".

100e anniversaire du "Miracle de la Vistule" : la Pologne consacrée au Sacré-Cœur arrête les communistes

Source: Wlodzimierz Redzioch

29/07/2020

La Nuova Bussola Quotidiana

Consacrée au Sacré-Cœur. Et la Pologne a arrêté les communistes

 

Le lundi 27 juillet, dans l'église des Sœurs Visitandines à Cracovie, une messe d'action de grâces a été célébrée (sur la photo, par la Curie Archiépiscopale de Cracovie) à l'occasion du centenaire de l'acte de consécration de la nation polonaise au Sacré-Cœur de Jésus.

100e anniversaire du "Miracle de la Vistule" : la Pologne consacrée au Sacré-Cœur arrête les communistes

En 1920, face à la menace bolchevique, les évêques polonais se sont réunis à Jasna Góra sous la direction du primat polonais, le cardinal Edmund Dalbor, et le 27 juillet ils ont consacré la nation et toute la patrie au Sacré-Cœur de Jésus, réitérant l'élection de Notre-Dame comme Reine de Pologne. "Au moment où des nuages ​​sombres se rassemblent sur notre patrie et notre Église, nous crions comme vos disciples surpris par une tempête en mer: Seigneur, sauve-nous, car nous mourons. Et comme autrefois, en tendant la main droite, vous avez calmé la tempête d'un seul mot, maintenant, Seigneur, enlevez le danger qui nous menace", plaidèrent les évêques.

 

L'épiscopat s'est donc engagé à répandre la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus parmi les fidèles (surtout dans les séminaires) et à encourager les familles à se consacrer à lui.

 

En 1918, un an après la révolution bolchevique, le Conseil des commissaires du peuple (le gouvernement bolchevique) a pris la décision de former au sein de l'Armée rouge la soi-disant Armée occidentale pour mener militairement la "révolution mondiale". Le 10 mars 1920, à Smolensk, a lieu une réunion des dirigeants de l'Armée rouge, du "Front occidental" et des commissaires communistes, dont Staline, qui prirent des décisions sur l'attaque de la Pologne et de l'Europe qui devait avoir lieu sur la trajectoire Varsovie-Poznan-Berlin-Paris.

 

À l'été 1920, l'Armée rouge s'avança menaçante vers la Vistuleaux portes de Varsovie. Et dans ces circonstances, les évêques polonais ont pris la décision de consacrer la nation polonaise au Sacré-Cœur de Jésus. En même temps, pour éveiller les consciences de tous, ils ont envoyé des lettres: à la nation, aux épiscopats du monde entier et au Pape, demandant à Benoît XV la bénédiction et les prières pour la Pologne menacée par les bolcheviks. Dans la courageuse lettre aux Eglises du monde, les évêques ont donné une analyse très précise de la situation, en écrivant: «La Pologne n'avait pas l'intention de se battre; elle y a été forcée. De plus, nous ne luttons pas du tout contre la nation, mais plutôt contre ceux qui ont piétiné la Russie, qui ont sucé son sang et son âme, aspirant à occuper de nouvelles terres. Comme un essaim de sauterelles qui, après avoir détruit tout signe de vie dans un lieu, se déplace ailleurs, forcé par son action destructrice de migrer; de même maintenant le bolchevisme - «empoisonné» et pillé la Russie - se tourne de manière menaçante vers la Pologne ».

 

Au cours de l'été 1920, l'Armée rouge avança de façon menaçante vers la Vistule jusqu'aux portes de Varsovie. Et dans ces circonstances, les évêques polonais prirent la décision de consacrer la nation polonaise au Sacré-Cœur de Jésus. En même temps, pour éveiller les consciences de tous, ils envoyèrent des lettres : à la nation, aux épiscopats du monde entier et au Pape, demandant à Benoît XV sa bénédiction et ses prières pour la Pologne menacée par les bolcheviks. Dans la courageuse lettre aux Églises du monde, les évêques donnèrent une analyse très précise de la situation, en écrivant : "La Pologne n'avait pas l'intention de se battre ; elle y a été contrainte. De plus, nous ne luttons pas du tout contre la nation, mais plutôt contre ceux qui ont piétiné la Russie, qui ont sucé son sang et son âme, aspirant à occuper de nouvelles terres. Comme un essaim de sauterelles qui, après avoir détruit tout signe de vie en un endroit, se déplace ailleurs, forcées par leur action destructrice à migrer ; de même maintenant, le bolchevisme - la Russie "empoisonnée" et saccagée - se tourne de façon menaçante vers la Pologne".

 

Mais les évêques voulurent tout d'abord attirer l'attention du monde sur le fait que les Polonais n'étaient pas les seuls menacés : "Pour l'ennemi qui nous combat, la Pologne n'est pas la dernière destination de sa marche, c'est plutôt une étape et une rampe de lancement vers la conquête du monde." L'expression "conquête du monde" n'était en rien trop audacieuse car "le bolchevisme enveloppait les nations loin de la Russie d'une toile subversive comme une araignée (...) Et aujourd'hui tout est prêt pour cette conquête du monde. Dans tous les pays, des rangs sont déjà organisés, n'attendant que le signal de la bataille ; les préparatifs pour des frappes continues sont fervents, qui devront paralyser la vie normale des nations. La discorde entre les différentes classes sociales se transforme en une haine exacerbée, et les influences internationales bloquent astucieusement tout jugement et toute légitime défense des nations." Alors chacun devait être conscient que dans cette situation "la Pologne est la dernière barrière placée sur la route du bolchevisme vers la conquête du monde : si elle s'effondrait, le bolchevisme se répandrait dans le monde entier, avec toute sa puissance destructrice. Et la vague, qui menace aujourd'hui d'envahir le monde, est vraiment terrible".

 

Les évêques polonais ont souligné que l'Église était en danger avec le bolchevisme : "En plus de la doctrine et de l'action, le bolchevisme porte un cœur plein de haine dans sa poitrine. Et cette haine est dirigée avant tout contre le christianisme, dont il est définitivement une négation, il se retourne contre la croix du Christ et contre son Église. (...) Le bolchevisme est précisément l'incarnation et la manifestation sur terre de l'Antéchrist". Des mots clairs et vrais que tout le monde en Occident ne voulait pas entendre.

 

Malheureusement, le monde est resté sourd aux demandes d'aide des Polonais. Il semble que tout le monde, même les chancelleries occidentales, se résignèrent à la victoire communiste. Et, paralysés, elles ne firent rien. Au lieu de cela, les prières pour la Pologne commencèrent dans les différentes Églises, sollicitées par le Pape lui-même. Le 5 août, Benoît XV adressa une lettre au Cardinal Vicaire de Rome, Basilio Pompili, exprimant toute la proximité du Pape avec le peuple polonais : "Cardinal, avec une profonde satisfaction, nous avons appris qu'elle, suivant Notre suggestion, a ordonné que de ferventes prières solennelles soient élevées au Très-Haut dans la Vénérable Église de Jésus dimanche prochain pour invoquer la miséricorde du Seigneur sur la malheureuse Pologne. Des raisons très sérieuses nous poussent à désirer que l'exemple donné par vous, Cardinal, soit suivi par tous les évêques du monde catholique. En fait, on connaît l'inquiétude maternelle avec laquelle le Saint-Siège a toujours suivi les événements heureux de la nation polonaise." Lorsque toutes les nations civilisées s'inclinèrent silencieusement devant la force dominante de la loi, le Saint-Siège était seul pour protester contre le partage inégal de la Pologne et contre l'oppression non moins injuste du peuple polonais. Mais maintenant, il y eut beaucoup plus; non seulement l'existence nationale de la Pologne était en danger, mais toute l'Europe était menacée par les horreurs de nouvelles guerres. Ce n'est donc pas seulement l'amour pour la Pologne, mais l'amour pour toute l'Europe qui nous poussa à désirer que tous les fidèles se joignent à nous pour implorer le Très-Haut afin que par l'intercession de la Très Sainte Vierge, protectrice de la Pologne, ce désastre suprême soit épargné au peuple polonais, et en même temps élimine ce nouveau fléau de l'Europe ensanglantée."

 

La campagne de prière massive de toute l'Église fut ridiculisée par les cercles socialistes et communistes en Occident. Le journal socialiste Avanti!, tourna ainsi en dérision l'initiative du Pape: "Le Pape compte sur l'intercession de la Vierge. (...) Le Pontife romain est frais s'il croit en l'efficacité de la Vierge! Trois millions de soldats portent l'uniforme russe. (...) Ces soldats et leurs canons valent bien plus que tous les chapelets du monde. Nous en aurons la preuve dans quelques jours." Mais la réalité devait réfuter les paroles méprisantes des révolutionnaires italiens.

 

La bataille finale entre l'armée polonaise dirigée par le maréchal Piłsudski et l'Armée rouge a eu lieu à l'époque de l'Assomption de 1920. La bataille de Varsovie a duré plus de 10 jours: du 13 au 25 août. Malgré la supériorité numérique des soldats bolcheviks, l'armée polonaise vainquit les communistes. Cette année, nous célébrons le 100e anniversaire de cette bataille épique qui est entrée dans l'histoire comme "le miracle de la Vistule". Mais une question se pose: qui voudra se souvenir de la victoire des Polonais qui, il y a cent ans, ont sauvé l'Europe du communisme?

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27 juillet 2020 1 27 /07 /juillet /2020 13:19

Une "initiative citoyenne" internationale, qui vient d'Allemagne, montre des experts de la Santé s'exprimer sur le site "ACU", au sujet de la gestion sanitaire et politique de l'épidémie de Covid-19, en des termes qui ne sont pas exactement ceux que l'on entend dans les médias. 

 

Source: Außerparlamentarischer Corona Untersuchungsausschuss, "Commission d'enquête extra-parlementaire sur le Coronavirus" https://acu2020.org/version-francaise/ 

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25 juillet 2020 6 25 /07 /juillet /2020 11:59
L'accord d'Abou Dhabi trouve un débouché cynique mais logique dans l'invitation du président turc Erdoğan au pape François à venir prier dans la "mosquée" Sainte-Sophie

Dans l'accord d'Abou Dhabi du 4 février 2019 signé entre le Pape François et le Grand Imam d'Al-Azhar Ahmad Al-Tayeb, se trouve une phrase controversée selon laquelle "le pluralisme et la diversité des religions, des couleurs, du sexe, de la race et de la langue sont une sage volonté divine"Comment Dieu peut-il vouloir des religions qui nient la divinité et la résurrection du Christ ?, a pu demander le philosophe autrichien Joseph Seifert. 

 

Hier, vendredi 24 juillet, la déclaration a pu trouver un débouché cynique dans l'invitation du président turc Erdoğan au pape François à venir prier dans la "mosquée" Sainte-Sophie. Selon l’agence turque Anadolou, le président Recep Erdogan, par la voix de son porte parole, Ibrahim Kalin, a en effet invité "tout le monde, y compris le pape François" à la cérémonie d’ouverture à la prière musulmane de Sainte-Sophie le 24 juillet, "après avoir rétabli le statut de mosquée à Sainte-Sophie le 10 juillet 2020", a rapporté le site Aleteia le 22 juillet dernier. La Grèce, opposée à la réouverture de la basilique stambouliote à la prière musulmane, a demandé le soutien du Pape et l’a de plus officiellement invité à se rendre en Grèce.

 

Selon "Liberation.fr", "en réalité, François n’a pas été officiellement invité à la cérémonie d’ouverture. Il est mentionné, lors de l’interview du porte-parole du président, sur CNN le 17 juillet. Interrogé sur l’ouverture du site aux touristes, Ibrahim Kalin répond : "Je veux dire à tout le monde, croyants, non-croyants, musulmans, chrétiens, bouddhistes et nous invitons en fait tout le monde, y compris le pape qui s’est dit triste à ce sujet, à venir visiter Sainte-Sophie en tant que mosquée.""

 

Le Pape François n'a pas répondu à l'invitation d'Erdoğan, invitation cynique mais logique, eu égard à l'accord dit "d'Abou Dhabi" ou de la déclaration "Nostra Aetate" du concile Vatican II du 28 octobre 1965 stipulant que "l’Église regarde aussi avec estime les musulmans, qui adorent le Dieu unique, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, qui a parlé aux hommes. Ils cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu, même s’ils sont cachés, comme s’est soumis à Dieu Abraham, auquel la foi islamique se réfère volontiers. [...] Même si, au cours des siècles, de nombreuses dissensions et inimitiés se sont manifestées entre les chrétiens et les musulmans, le saint Concile les exhorte tous à oublier le passé et à s’efforcer sincèrement à la compréhension mutuelle, ainsi qu’à protéger et à promouvoir ensemble, pour tous les hommes, la justice sociale, les valeurs morales, la paix et la liberté." ("Nostra Aetate", # 3.)

 

Il reste cependant qu'après 86 ans, l'Islam revient prier dans ce qui était l'église la plus importante du christianisme et ne s'arrête pas là. Pour l'Occident, cela ne semble pas être un événement pour lequel élever la voix. Erdoğan jouit du triomphe islamiste et annonce des travaux pour déchristianiser la basilique et débarquer également en Andalousie...

 

Quelque chose d'aussi symbolique dans le monde ne s'était pas produit depuis des années: seul le terrorisme islamique, de temps en temps, avait si bien réussi à toucher le cœur du christianisme.

 

Des centaines de milliers de personnes ont quitté toute la Turquie pour assister à la première prière du vendredi à Sainte-Sophie. Selon Erdoğan hier, il y avait 350 000 musulmans priant avec lui, Allah. Peut-être qu'il n'y en a pas eu autant, mais l'étendue des corps à plat ventre, à l'intérieur et à l'extérieur de Santa Sofia, a fait une telle impression qu'il est surprenant qu'aucun fonds n'apparaisse dans la presse internationale pour dénoncer l'irresponsabilité de ces fidèles malgré le danger de coronavirus.

 

Le sultan en herbe Erdoğan était au premier rang, bien observé par la caméra, accompagné des ministres de son gouvernement, et d'Ali Erbas, le chef de Diyanet, la direction turque des affaires religieuses, pour la prière collective islamique et pour la récitation versets du Coran. À l'extérieur du monument millénaire, des milliers de fidèles ont envahi les rues environnantes - certains sont arrivés la veille et ont prié toute la nuit pour remercier Allah pour l'immense faveur et pour obtenir un meilleur endroit près de l'ancienne basilique.

 

Le président turc, avec 500 dignitaires , était tendu et excité en jouant l'adhan - l'appel islamique à la prière - et la grande plaque en or qui dit: "La grande mosquée de Sainte-Sophie" a été découverte dans ce qu'il a lui-même décrit comme le "rêve de notre jeunesse" ancré dans le mouvement islamique turc.

 

Le drone, utilisé pour capturer la journée historique , a repris à plusieurs reprises la foule qui affichait le salut aux quatre doigts, celui de la confrérie musulmane, et beaucoup portaient la chemise turque avec l'inscription, vétéran du 15 juillet - le jour du coup d'État manqué en 2016.

 

Au premier rang, absorbé dans la prière, évidemment entouré uniquement d'hommes dans toute l'ancienne basilique, Erdoğan s'est assis sur les tapis turquoise choisis pour recouvrir les sols de l'église, joyau de l'architecture byzantine. Sont également couverts tous les symboles du christianisme qui ont survécu au premier passage d'église en mosquée: les mosaïques de la Vierge Marie et les icônes de l'archange Gabriel. [Archange annonçant à Marie la naissance du Sauveur. Ndlr.] Zuccotti blanc sur la tête, bandes rouges ou vertes sur la tête, dans une main le drapeau vert de l'Islam ou le rouge avec le croissant, dans l'autre le tespih, chants et cris de jubilation: " Allah u Akbar "!

 

Entre-temps, quelqu'un à l'extérieur s'est évanoui à cause de la chaleur. Il y a deux zones réservées aux femmes. Tout a commencé à 9 italiens, 10 turcs, tandis que la première prière était à 13 avec le sultan pour réciter une sourate du Coran.

 

Les seules voix de dissidence, tout au long de la journée qui marque une triste date, sont venues du monde orthodoxe et grec. Le Premier ministre grec, Kryakos Mitsotakis, a qualifié la conversion de l’ancienne basilique byzantine en mosquée de "délit à la civilisation qui ne peut éclipser la splendeur d’un site du patrimoine mondial" et "exige une condamnation universelle". "Ce qui se passe aujourd'hui n'est pas une épreuve de force, mais de faiblesse", a-t-il ajouté, tandis qu'à midi les cloches de l'église sonnaient en deuil et leurs drapeaux étaient mis en berne.

 

Puis vint une note du Comité pour la Fraternité humaine, signée Mohamad Abdel Salam, conseiller spécial du grand imam d'al Azhar, Ahmed Al-Tayeb, qui invitait "tout le monde à éviter toute démarche qui pourrait saper le dialogue et la communication interreligieuse interculturelle et qui peut créer des tensions et de la haine parmi les adeptes de différentes religions, confirmant la nécessité pour l'humanité de donner la priorité aux valeurs de coexistence". Pendant ce temps, le président Erdoğan a mis en garde contre les travaux de restauration imminents de l'ancienne basilique et l'a rendue de moins en moins chrétienne.

 

Le rêve du sultan a duré 17 ans , mais il est aujourd'hui réalité. Les sondages et les analystes sont convaincus que la décision de transformer l'église chrétienne en mosquée est venue rapidement distraire les Turcs des graves difficultés économiques auxquelles le pays est confronté. Un excellent opiacé pour une Turquie qui, désormais réislamisée, se nourrit de ces conquêtes.

 

Ainsi, alors qu'Erdoğan avait couvert les mosaïques du christianisme, l'église la plus importante du monde depuis près de mille ans s'est convertie en haussant les épaules. Aujourd'hui, les églises catholiques étaient censées sonner les cloches de deuil, mais il n'y avait que le silence. Après tout, l'autocensure de l'histoire et l'auto-incendie des églises sont mises en scène en Occident. "La renaissance de Santa Sofia est un salut de notre cœur à toutes les villes qui symbolisent notre civilisation. De Boukhara à l'Andalousie". Le président turc regarde déjà vers l'avenir.  (La Nuova Bussola Quotidiana)

 

Le Pape François a pu expliquer le document controversé d'Abou Dhabi par la volonté dite "permissive" de Dieu, en occultant la volonté prescriptrice de Dieu, d'"aller dans le monde entier, proclamer l’Évangile à toute la création." (Mc 16,15).

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24 juillet 2020 5 24 /07 /juillet /2020 07:21

"Je veux que tous les catholiques sachent que recevoir la Sainte Communion sur la langue est leur droit, et ce qu'ils peuvent faire pour retrouver ce droit, car cela fonctionne!"

Un laïc catholique révèle la stratégie qu'il a utilisée pour surmonter l'interdiction de la communion sur la langue d'un prêtre

LifeSiteNews

Jeu.23 juil.2020-13: 27

 

23 juillet 2020 ( LifeSiteNews ) - "Je veux que tous les catholiques sachent que recevoir la Sainte Communion sur la langue est leur droit, et ce qu'ils peuvent faire pour retrouver ce droit, car cela fonctionne!" Un lecteur français a raconté à LifeSite son expérience personnelle de se voir refuser la communion dans sa paroisse locale en raison des directives du COVID-19, et de son combat réussi, par un appel officiel à l'évêque, pour réclamer la possibilité de recevoir notre Seigneur humblement et avec révérence, à genoux et sur la langue.

 

Son nom de famille, ainsi que les éléments d'identification, seront omis de cette histoire, dans un souci de paix et de discrétion: Guillaume est son prénom chrétien, et c'est ainsi qu'il sera appelé par la suite.

 

Ayant obtenu la capitulation de l'évêque, pure et simple, pour la paroisse que lui et sa femme fréquentent (quelque part en France) Guillaume est maintenant confronté à des courriels désobligeants du curé qui y officie; on a même demandé au couple de se retirer de diverses responsabilités qu'il avait été heureux d'accepter dans cette paroisse de Novus Ordo.

 

Comment Guillaume a-t-il obtenu un tel succès? Sur la base des conseils donnés par le P. Reginald-Marie Rivoire de la communauté dominicaine traditionnelle de Saint-Vincent-Ferrier dans le bimensuel catholique L'Homme nouveau au début des restrictions données concernant le coronavirus, Guillaume a décidé de présenter un appel fondé sur le canon à l'évêque local, dans lequel il a cité plusieurs textes de Rome qui permettent de donner des indults locaux pour la Communion dans la main, mais qui ont confirmé à plusieurs reprises que tous les fidèles "ont toujours le droit de recevoir la communion sur la langue selon leur choix."

 

Le P. Reginald-Marie Rivoire est docteur en droit canonique.

 

Le droit des fidèles catholiques a été précisé par l'Instruction Redemptionis Sacramentum de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements datée du 25 mars 2004, clarifiant Memoriale Domini de 1969 autorisant la Communion à la main comme une exception que les évêques pouvaient concéder par un "indult" dans leur propre diocèse.

 

Cinq ans plus tard, dans le contexte de l'épidémie de grippe porcine en 2009, la même Congrégation a répondu à une question sur la Communion sur la langue dans les nouvelles circonstances par lettre du 24 juillet en déclarant: «Ce Dicastère observe que son Instruction Redemptionis Sacramentum (…) stipule clairement que ``chacun des fidèles a toujours le droit de recevoir la sainte communion sur la langue'' (n. 92), et il n'est pas non plus licite de refuser la sainte cène à l'un quelconque des fidèles du Christ qui ne soit pas empêché par la loi de recevoir la sainte Eucharistie.»

 

La même lettre se terminait par les mots: "Puissiez-vous persévérer dans la foi et dans l’amour pour Notre Seigneur et sa Sainte Église, et dans une dévotion continue au Très Saint Sacrement."

 

L'appel de Guillaume n'a pas abouti sur le bureau de la Congrégation pour le culte divin, peut-être parce que les lois et les instructions de l'Église sont si claires que l'évêque a estimé qu'il aurait été inutile de résister. C'est la leçon qu'il aimerait partager avec tant de catholiques confrontés au même genre de difficultés - pour ne pas dire de persécution - de la part des autorités de l'Église partout dans le monde "à cause" du COVID-19.

 

L'épreuve a commencé le premier dimanche de mars, lorsque le curé de la paroisse de Guillaume - dont les fidèles avaient l'habitude de recevoir la communion sur la langue avant son arrivée - a déclaré lors de son homélie qu'en raison de l'épidémie, il ne donnerait la communion qu'à la main, pour des raisons sanitaires.

 

LireCoronavirus : prétexte à la communion dans la main et à la réduction du Saint Sacrifice à une assemblée eucharistique

 

Le moment venu, Guillaume alla à la communion les mains jointes, s'agenouilla et ouvrit la bouche pour recevoir l'hostie comme il l'avait toujours fait, directement sur la langue. Le prêtre a refusé. Ne voulant pas faire de problème à l'église, Guillaume retourna silencieusement sur son banc, profondément blessé, ayant été traité comme un pécheur public.

 

Peu de temps après, la France est entrée en confinement général le 17 mars et les messes publiques ont été suspendues par les autorités civiles, sans résistance de la hiérarchie ecclésiastique française. Lorsque le confinement général a été levé le 25 mai, Guillaume et sa famille ont décidé de se rendre dans une autre paroisse où le prêtre local continuait à donner la communion sur la langue.

 

À ce stade, il a commencé à recevoir des lettres de colère du prêtre qui avait refusé de lui donner la communion avant le confinement. On lui a dit qu'il avait choisi d'aller voir un prêtre "désobéissant" et qu'il n'était "pas sur le bon chemin vers la sanctification". Il a été accusé d'être "obstiné", de "vouloir que Dieu se soumette à ses désirs personnels" même si le Fils de Dieu a donné à ses évêques l'autorité sur les questions disciplinaires. On a même demandé à Guillaume s'il pensait être en état de grâce pour aller recevoir la Sainte Communion ailleurs en raison de son manque d'humilité et de sa désobéissance à l'évêque local, qui a été présenté comme ayant pris la décision que les prêtres doivent donner la communion dans la main. Une autre lettre similaire a suivi. Guillaume et sa femme ont décidé de ne pas répondre.

 

Ils se sont plaints de la correspondance à la hiérarchie catholique et, le 25 juin, Guillaume a déposé un recours formel auprès de l'évêque local, invoquant poliment mais fermement les documents romains cités ci-dessus. Dans cette lettre, rédigée en termes courtois, il a souligné la "grande souffrance" qui affectait sa vie spirituelle et celle de sa femme.

 

"En ce qui concerne la loi, c'est une grande injustice, et en ce qui concerne la communion ecclésiale, cela constitue une discrimination", écrit-il.

 

Comptant sur la "bonne volonté pastorale" de l'évêque, la lettre disait: "Nous avons recours à vous, Excellence, qui êtes garante de la justice et de la communion dans les paroisses du diocèse, pour que nous puissions à nouveau avoir l'immense joie de recevoir Notre Seigneur, dans notre paroisse, suivant l'humble inclination de notre cœur, c'est-à-dire sur la langue, conformément aux normes liturgiques."

 

Quatre jours plus tard, une lettre recommandée de l'évêque invitait le couple à venir discuter de la situation avec lui, mais avant que cela ne pusse arriver, une semaine après que Guillaume eut envoyé son appel officiel, sa paroisse reçut un avis informel de l'évêque indiquant que la sainte communion pouvait être distribué sur la langue. Depuis, environ la moitié des paroissiens ont repris la manière traditionnelle de recevoir l'hostie, à genoux et sur la langue.

 

Mais Guillaume a depuis reçu plusieurs lettres du curé de sa paroisse remettant en question sa connaissance du droit canon et des affaires ecclésiales et l'accusant d'"entêtement" et même de "fierté fanatique".

 

Dans une présentation de son combat pour la réception respectueuse de l'Eucharistie sur Gloria.tv, Guillaume a publié la lettre qui a amené un évêque à retirer une interdiction générale de la communion sur la langue, même si ce n'était que pour une paroisse et aussi discrètement que possible.

 

Il suggère que les fidèles se trouvant dans la même situation que lui se mettent d'abord en contact avec le prêtre qui refuse la communion sur la langue, en invoquant Redemptionis sacramentum et la lettre de 2009 relative à une situation sanitaire. Si cela est impossible, ils peuvent aussi essayer humblement de recevoir notre Seigneur sur la langue, avec un certain espoir de succès. Guillaume lui-même a été renvoyé avec un brusque: "Je ne vous donnerai pas la communion".

 

Si le prêtre, comme il le fera probablement, s'oppose à son devoir d'obéir à son évêque, Guillaume suggère que c'est le moment de s'adresser directement à cet évêque, par lettre recommandée, en prenant soin d'en conserver une copie.

 

La lettre doit indiquer précisément la date, la paroisse et les circonstances dans lesquelles un prêtre donné a refusé la communion sur la langue. Il doit rappeler précisément les normes et demander à l'évêque d'intervenir pour mettre fin aux abus. Elle devrait aussi, "subtilement" préciser, insiste Guillaume, qu'en cas de refus, un recours serait fait à la Congrégation pour le Culte Divin. L'ajout d'une copie de la réponse de cette dernière en 2009 peut suffire.

 

N'oubliez pas de prier pour votre prêtre, votre évêque et le succès de votre action, a ajouté Guillaume, et n'ayez pas l'espoir exagéré de voir l'évêque rétablir la communion sur la langue dans tout son diocèse.

 

N'oubliez pas non plus de remercier votre prêtre ou votre évêque si vous réussissez… et "préparez-vous à souffrir". Citant les messages violents reçus du prêtre local, Guillaume a commenté: "Cette incroyable explosion de violence de la part d'un prêtre, malgré le fait qu'il soit "classique" (sans être traditionnel) nous a fait prendre conscience de l'importance capitale du respect pour le Saint Sacrement. Si cela n'avait aucune importance, de telles passions ne se déchaîneraient pas. Satan ne semble pas du tout aimer la communion sur la langue…"

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Publié par Ingomer - dans Religion Liturgie
23 juillet 2020 4 23 /07 /juillet /2020 07:08
https://www.lanuovabq.it/it/ogni-giorno-chiese-attaccate-ma-nessun-responsabile

https://www.lanuovabq.it/it/ogni-giorno-chiese-attaccate-ma-nessun-responsabile

Une liste loin d'être exhaustive montre une vague d'incendies et de vandalisme d'églises chrétiennes, écoles, cimetières, chapelles, basiliques et cathédrales de France et d'Europe sans qu'il n'y ait jamais une trace des responsables. Lorsque les responsables sont arrêtés, ils sont simplement qualifiés d'alcooliques, drogués, fous, irresponsables. Curieuse justice à deux vitesses. Selon que vous appartenez à la communauté chrétienne ou à d'autres communautés, la protection de l'Etat n'est pas la même.

Dans les cas suivants, où sont passées les forces Sentinelles

 

Cathédrale Notre-Dame de Paris, le 15 avril 2019

 

Saint Sulpice à Paris, le 17 mars 2019 (La Croix)

 

Cathédrale de Lavaur (Tarn) le 5 février 2019 (France Bleu)

 

Sainte Foy à Lyon (Rhône), le 29 janvier 2019 (Lyon capitale)

 

Saint Jacques à Grenoble (Isère) le 16 janvier 2019 (France 3)

 

Saint Georges et Sainte Foy à Sélestat (Bas-Rhin), le 14 janvier 2019 (20 Minutes)

 

Sainte Madeleine à Toulouse (Haute-Garonne) le 30 décembre 2018 (La Dépêche.fr )

 

Cathédrale Saint Maclou de Pontoise (Val-d’Oise) le 24 novembre 2018 (Le Parisien)

 

Basilique Saint Epvre à Nancy (Meurthe-et-Moselle) le 18 novembre 2018 (Est républicain)

 

Église évangélique à Annemasse (Haute-Savoie) le 2 novembre 2018 (France 3)

 

Chapelle du Sacré Cœur, aux Sables-d’Olonne (Vendée) le 25 octobre 2018 (Le Reporter Sablais)

 

Saint-Jean-du-Bruel à Millau (Aveyron), le 28 octobre 2018 (Midi Libre)

 

Sainte-Anne, à La Tour du Pin (Isère) en septembre 2018 (Dauphine / Christianophobie.fr)

 

Chapelle de Péré à Saint-Sever (Landes) le 3 septembre 2018 (France bleu)

 

Église de Villeneuve d’Amont (Doubs), le 5 aout 2018 (Est républicain)

 

Saint-Pierre à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) le 5 aout 2018 (Le Parisien)

 

Sainte Thérèse à Rennes (Ile et Vilaine), le 31 juillet 2018 (Ouest France)

 

Sainte Brigide à Plappeville (Moselle), le 21 juin 2018 (Républicain Lorrain)

 

Saint-Vaast à Béthune (Pas-de-Calais), le 11 juin 2018 (L'Avenir de l'Artois)

 

Notre-Dame des Grâces à Revel (Haute Garonne), le 7 juin 2018 (Actu.fr)

En France, deux églises sont profanées, en moyenne, chaque jour. Selon PI-News, un site d'information allemand, en 2018, 1063 attaques ont été enregistrées contre des églises ou des symboles chrétiens (crucifix, icônes, statues) : statues brisées et décapitées, tabernacles démolis, murs maculés d'excréments.

L'incendie de Notre-Dame s'est produit à un moment où les attaques contre les églises en France et en Europe se produisaient en moyenne une fois par semaine.

Entre février et mars 2019, uniquement en France, ce fut une succession de cas dramatiques. L'église Notre-Dame des Enfants, à Nîmes, a été pillée, des excréments humains ont été traînés sur un mur, des hosties consacrées ont été trouvées dans une poubelle. En février, l'église Saint-Nicolas, à Houilles, a été vandalisée à trois reprises ; une statue de la Vierge Marie du XIXe siècle, dont les dégâts sont considérés comme "irréparables", a été "littéralement pulvérisée" et une croix accrochée à un mur a été jetée par terre. Sans parler de la profanation dans la cathédrale Saint-Alain, à Lavour. Quelques jours plus tard, l'église Saint-Sulpice, à Paris, est incendiée après la messe de midi. Et ces cas rapportés ne sont que les épisodes les plus marquants, mais ils ont permis de décréter 2019 l'année où l'hostilité anti-chrétienne a atteint un niveau record : des recherches montrent qu'environ 3 000 églises, écoles, cimetières et monuments chrétiens ont été vandalisés, pillés et brûlés au cours de l'année.

Des épisodes similaires ont également eu lieu en Allemagne. Quatre églises ont été vandalisées et incendiées seulement en mars 2019. "Dans ce pays", a expliqué PI-News, "il y a une guerre rampante contre tout ce qui symbolise le christianisme."

 

À qui doit - on attribuer la responsabilité de ces attaques continues et toujours croissantes contre les églises d'Europe ? L'année dernière, le site d'information allemand PI News écrivait: "Les croix sont brisées, les autels détruits, les Bibles incendiées, les fonts baptismaux renversés et les portes des églises enduites d'expressions islamiques telles que "Allahu Akbar".

Pourtant, personne n'a jamais été condamné.

Mais il est certain que les épisodes les plus graves se sont produits, en France comme en Allemagne dans les zones les plus densément peuplées d'immigrants. Avant Noël 2016, dans la région allemande de Rhénanie du Nord-Westphalie, où vivent plus d'un million de musulmans , une cinquantaine de statues chrétiennes (y compris de Jésus) ont été décapitées et les crucifix ont été brisés.

En Allemagne, selon des rapports de police, des attaques contre des églises chrétiennes se produisent un peu moins de deux fois par jour.

 

Des actions de profanations violentes contre les églises et symboles chrétiens sont également à l'ordre du jour en Belgique, en Grande-Bretagne, au Danemark, en Irlande, en Italie et en Espagne. Mais il n'y a jamais une trace des responsables. Lorsque la police et les médias les identifient, ils censurent les informations sur leur identité et leur appartenance ethnique. De nombreux suspects souffriraient de troubles mentaux et la plupart des attaques ne sont même pas classées comme crimes de haine. Encore moins comme des attaques.

 

En Grande-Bretagne, près de la moitié de toutes les églises figurant sur la liste du patrimoine national de l'Angleterre ont été pillées. Bon nombre des crimes qui semblent être de nature religieuse ou spirituelle reflètent une profonde hostilité envers le christianisme. Mais beaucoup d'autres de ces attaques pourraient être l'œuvre de satanistes: car une partie du pillage a pour objectif les hosties. (La Nuova Bussola Quotidiana)

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22 juillet 2020 3 22 /07 /juillet /2020 20:50

Source: RIPOSTE CATHOLIQUE

21 JUILLET 2020

La réception du concile Vatican II

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D’un lecteur:

 

La réflexion qui figure ici a été suscitée par la récente prise de connaissance de ce que l’on pourrait appeler le positionnement “brandmullérien” qui semble vraiment être partisan de l’exploitation catholique, orthodoxe et réaliste, d’un potentiel de “ré-aiguillage” ou de “réorientation”, également orthodoxe et réaliste, du Concile Vatican II, et aussi du Magistère et de la pastorale post-conciliaires, y compris en ce qu’ils ont de plus spécifique. Mais encore faut-il que ce potentiel de ré-aiguillage ou de réorientation du Concile existe, ce qui, dans certains domaines, ne va pas de soi du tout.

 

I.

 

1. Première réflexion : ceux qui s’imaginent que Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI n’ont jamais été partisans de “l’esprit du Concile”, ou que ces papes ont été néo-catholiques post-conciliaires pour des raisons avant tout chronologiques, et non pour des raisons avant tout programmatiques, ou encore que les mêmes papes ont défendu la “lettre du Concile”, qui n’est ni intégriste, ni progressiste, contre l’interprétation intégriste ET contre l’interprétation progressiste de cette “lettre du Concile”, sans jamais adhérer, en même temps, à “l’esprit du Concile”, commettent une grave erreur.

 

2. En effet, Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI ont été partisans et promoteurs de “l’esprit du Concile”, c’est-à-dire d’un esprit du Concile qui n’est

 

– ni imaginaire, car cet esprit du Concile existe réellement, et commence à se manifester dès le début ou la fin des années 1930, au sein d’idées proches de celles, ou telles que celles des auteurs suivants : Balthasar, Buber, Chenu, Congar, de Lubac, Maritain, Mounier, Rahner, Scheler, Teilhard,

 

– ni incritiquable, car cet esprit du Concile est particulièrement propice au contournement ou au dépassement d’une conception dogmatiste et véritiste du christianisme catholique et d’une relation dogmatiste et véritiste au christianisme catholique qui seraient d’inspiration augustinienne ou thomiste.

 

3. Sur cette question essentielle, il convient de se déprendre d’une double illusion d’optique :

 

– d’une part, ce n’est pas parce que le Concile a commencé au début des années 1960 que l’esprit du Concile, ou, en d’autres termes, la “mentalité conciliaire”, n’a commencé à sévir qu’à partir du début des années 1960 : cette mentalité a en effet commencé à se déployer dès les années 1930,

 

– d’autre part, ce n’est pas parce que le premier après-Concile, sous Paul VI, a été influencé, notamment, par des références et des thématiques marxisantes et teilhardiennes, que l’esprit du Concile ou la mentalité conciliaire est essentiellement voire exclusivement marxisante et teilhardienne.

 

4. L’esprit du Concile est un esprit de conciliation, vraiment bien plus chimérique qu’hérétique au sens propre de ce terme, du christianisme catholique contemporain, avec des composantes non négligeables de la philosophie allemande post-métaphysique, dans l’acception post-kantienne de cette notion, et avec des composantes elles-aussi non négligeables de la théologie néo-protestante libérale, dans l’acception post-schleiermachienne de cette notion, cet esprit de conciliation étant particulièrement propice à l’idéalisation des religions non chrétiennes et à l’immanentisation de la religion chrétienne, dans le cadre du “gaudium-et-spisme”, mais aussi dans celui de la crise, profonde, de la contemplation, de la piété et des vocations.

 

5. Cet esprit de conciliation fonctionne fréquemment à l’ambivalence, à l’autocensure, au consensualisme, au confusionnisme, à l’inclusivisme, à l’unanimisme, mais aussi à l’imprécision, à l’indistinction, à l’impatience, à l’imprudence, et “surcompense” le fait qu’il fonctionne fréquemment de cette manière en recourant à ce que l’on pourrait appeler “la culture du terrain d’entente à tout prix” (y compris, ayons ici le regret de devoir le dire, au prix du respect de l’identité et de l’intégrité de la foi catholique), en direction des chrétiens non catholiques, des croyants non chrétiens et des non croyants.

 

6. Et l’esprit du Concile n’est pas un esprit d’actualisation du catholicisme antérieur à l’annonce du Concile, tel qu’il s’est manifesté, de la manière la plus féconde, fidèle, solide et valide qui soit, du début du pontificat de Léon XIII à la fin de celui de Pie XII, mais est un esprit d’acclimatation ou d’accommodation du christianisme catholique, dans l’espoir de le rendre à la fois plus attractif aux yeux des non catholiques, des non chrétiens, etc., ET moins contraignant aux yeux des catholiques eux-mêmes, sur le plan doctrinal, sur le plan liturgique, sur le plan pastoral et sur le plan spirituel.

 

7. Ainsi, les conciliaires conservateurs continuistes, qui parlent à juste titre de “l’herméneutique du renouveau dans la continuité”, et non, bien entendu, d’une prétendue ou d’une soi-disant “herméneutique de la continuité”, devraient se poser la question suivante : la philosophie et la théologie apparues dès les années 1930, qui ont amplement contribué à inspirer les papes et les textes du Concile, n’ayant pas été elle-mêmes placées sous le signe de la continuité, à l’égard de la philosophie chrétienne la plus réaliste qui soit et vis-à-vis de la théologie catholique la plus orthodoxe qui soit, en quoi donc les papes et les textes du Concile ont-ils bien pu être eux-mêmes porteurs d’un équilibre satisfaisant entre le renouveau et la continuité ?

 

8. Et les mêmes conciliaires conservateurs continuistes devraient se poser cette autre question : Paul VI et Jean-Paul II ont-ils eux-mêmes été continuistes, de 1965 à 2005, c’est-à-dire, tout de même, pendant quarante ans, dans chacun des domaines du Magistère et de la pastorale néo-catholiques post-conciliaires ? Où est donc la part de continuité, de véritable continuité, à l’égard du Magistère et de la pastorale antérieurs au Concile, à l’intérieur du dialogue interconfessionnel oecuméniste (post-)montinien et à l’intérieur du dialogue interreligieux inclusiviste et unanimiste wojtylien ?

 

II.

 

9. Deuxième réflexion : plus concrètement et précisément, si l’herméneutique du renouveau dans la continuité est vraiment opératoire, utilisable, est-il bel et bien possible de recevoir Dignitatis humanae à la lumière de Libertas præstantissimum, de Léon XIII, est-il pleinement possible de recevoir Unitatis redintegratio et Nostra aetate à la lumière de Mortalium animos, de Pie XI, et est-il tout à fait possible de recevoir Gaudium et spes à la lumière d’une conception “pacellienne” du bien commun, de la loi naturelle, de la personne humaine, de l’adhésion à la vérité, et des vertus de force, de tempérance, de justice et de prudence ?

 

10. A qui donc fera-t-on croire que l’on peut recevoir toute une partie du Magistère intra-conciliaire et du Magistère pontifical post-conciliaire à la lumière du Magistère pontifical antérieur sans être contraint de recourir à bien des contorsions interprétatives et légitimatrices souvent spécieuses ?

 

11. Si l’on préfère, de même que, dans la vie, “il n’y a pas d’amour : il n’y a que des preuves d’amour”, de même, dans le domaine dont il est question ici, “il n’y a pas de continuité, il n’y a que des preuves de continuité”, en l’occurrence entre l’avant-Concile, le Concile et l’après-Concile Vatican II.

 

12. Or, même si des preuves de continuité ne sont pas évidemment pas inexistantes, dans certains domaines caractéristiques du Magistère et de la pastorale des papes du Concile et de l’après-Concile, comme on le voit dans certaines encycliques de consolidation ou de réaffirmation doctrinales, chez Paul VI et chez Jean-Paul II, le moins que l’on puisse dire est que des preuves de continuité, à l’égard du Magistère pontifical ante-conciliaire et vis-à-vis de la pastorale pontificale ante-conciliaire, ne sont absolument pas envahissantes, notamment dans le sillage de ces documents : Dignitatis humanae, Gaudium et spes, Nostra aetate et Unitatis redintegratio.

 

13. Par ailleurs, on est en droit de s’interroger sur l’usage qui a souvent été fait de l’esprit du Concile, dans l’acception montinienne de cette notion, et de l’esprit d’Assise, dans l’acception wojtylienne de ce terme, par ceux qui ont longtemps essayé de faire croire que cet esprit du Concile et cet esprit d’Assise sont incritiquables, notamment parce qu’ils ne sont ni inspirés par l’intégrisme, ni inspirés par le progressisme, mais situés “bien au centre”.

 

14. En effet, comment se fait-il que les responsables religieux catholiques montiniens puis wojtyliens, respectueux de cet esprit du Concile et de cet esprit d’Assise, aient été, pendant quarante ans, non à égale distance de l’intégrisme et du progressisme, mais bien plus contre l’intégrisme que contre le progressisme, comme en témoigne l’absence ou, en tout cas, le déficit de recadrage des clercs progressistes, sous Paul VI puis sous Jean-Paul II ?

 

15. Allons encore un peu plus loin, et considérons ici, d’une part, deux textes de Paul VI, la lettre encyclique Ecclesiam suam (1964) et le discours à l’ONU (1965) et, d’autre part, deux textes de Jean-Paul II, le livre Entrez dans l’Espérance (1993) et la lettre apostolique Tertio Millenio adveniente (1994), cette lettre apostolique ayant été publiée “à mi chemin” entre l’année 1969 et l’année 2019, c’est-à-dire à mi-chemin entre le début de la mise en oeuvre de la réforme montinienne de la liturgie et les deux manifestations de créativité de François, à Abou Dhabi puis au synode sur l’Amazonie.

 

16. Si l’on veut encore respecter le sens des mots, à commencer par le sens du mot continuité, à qui donc fera-t-on croire que la continuité, dans la fidélité au Magistère pontifical antérieur au Concile, bénéficie, dans chacun de ces quatre textes, du même “espace d’expression”, ou du même “temps de parole” que le renouveau, dans le contournement ou le dépassement d’une partie importante de ce Magistère pontifical antérieur à Vatican II ?

 

III.

 

17. Au terme de cette réflexion, voici un simple rappel : oui, il est possible d’être à la fois

 

– opposé à la “dogmatisation” du Magistère pontifical ante-conciliaire et à la “diabolisation” du Magistère pontifical post-conciliaire,

 

et

 

– opposé aux appréciations d’après lesquelles le néo-catholicisme post-conciliaire est placé sous le signe de “l’apostasie” et à celles selon lesquelles les hommes d’Eglise néo-catholiques post-conciliaires sont des “hérétiques”, ces appréciations étant imprécises, inexactes, injustes, lapidaires,

 

tout en étant profondément critique sur les fondements, le contenu, les dimensions et la direction caractéristiques de ce néo-catholicisme post-conciliaire, notamment parce que celui-ci se manifeste fréquemment d’une manière bien plus consensualisatrice ad extra qu’évangélisatrice in Christo.

 

18. En effet, après tout, l’anthropologie personnaliste(*), l’ecclésiologie consensualiste et oecuméniste, la pneumatologie inclusiviste et unanimiste et la politologie propice à l’immanentisme que nous connaissons, officiellement, depuis le début des années 1960, et dont nous subissons bien des effets depuis lors, ne constituent en aucun cas des “dogmes”, auxquels nous devrions nous soumettre d’une manière acritique ou fidéiste, d’autant plus que quand on voit ce que les hommes d’Eglise font de ces “dogmes”, il y a de quoi se poser des questions sur la solidité et la validité de tels “dogmes”.

 

( (*) : Il n’est pas infondé de concevoir que l’anthropologie chrétienne personnaliste qui est apparue dans les années 1930 a pour origine ou pour conséquence une tentative de conciliation entre une conception “kantienne” des valeurs humaines et une conception “thomiste” des vertus théologales, et de concevoir que cette tentative de conciliation est-elle même à l’origine de la survalorisation (post-)conciliaire de la dignité de la personne humaine et de la liberté de la conscience humaine, au préjudice de la prise en compte de l’autorité et de la véracité de la Parole de Dieu. )

 

19. Oui, une réappropriation de Dei verbum, à la lumière de Divino afflante spiritu ET d’Humani generis, de Pie XII, est possible ; oui, une réappropriation de Lumen gentium, à la lumière de Mystici corporis christi, de Pie XII, est possible ; oui, une réappropriation de Sacrosancto concilium, à la lumière de Mediator Dei, encore de Pie XII, est possible ; enfin, oui, une réappropriation d’Ad gentes, à la lumière d’Evangelii praecones et de Fidei donum, toujours de Pie XII, est possible, même s’il est tout à fait probable que la mise en avant et en oeuvre d’une telle stratégie de réappropriation serait considérée comme “nostalgique”, ou comme “passéiste”, y compris par des clercs conciliaires conservateurs continuistes.

 

20. Mais il est également légitime et nécessaire de dire qu’une telle stratégie de réappropriation du Magistère intra-conciliaire par le recours au Magistère pontifical d’avant-hier, en ce qui concerne Dignitatis humanae, Gaudium et spes, Nostra aetate et Unitatis redintegratio, à la lumière du Magistère de Pie XI et/ou de Pie XII, elle, n’est pas aussi envisageable puis réalisable, compte tenu du fait que les inspirateurs de ces quatre textes ont été conciliaires (au sens de : plus philo-libéraux et philo-modernes qu’anti-libéraux et anti-modernes, en philosophie et en théologie), mais n’ont pas été conservateurs ni continuistes, comme le savent ceux qui connaissent et comprennent l’histoire de la construction de la doctrine du Concile.

 

Après tout, pendant le pontificat de Jean-Paul II, et sous la direction du futur Benoît XVI, en tant que Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, il y a eu une seule tentative de réappropriation de Nostra aetate et d’Unitatis redintegratio d’une manière catholique plus orthodoxe et réaliste qu’iréniste et utopiste : Dominus Iesus (2000). Or, quand on voit à quelle vitesse cette tentative a tourné court, il y a de quoi se poser bien des questions sur l’ampleur et la portée réelles de la volonté des clercs conciliaires conservateurs continuistes les mieux intentionnés de “croiser le fer” avec les clercs conciliaires déconstructeurs rupturistes, et de faire preuve d’autorité contre ces clercs et surtout contre leur herméneutique du Concile.

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Publié par Ingomer - dans Religion Vatican II
22 juillet 2020 3 22 /07 /juillet /2020 00:00
Sainte Marie Madeleine (1er siècle), l'Apôtre des Apôtres

"Dis-nous, Marie-Madeleine, qu'as-tu vu en chemin ?" "J'ai vu le sépulcre du Christ vivant, j'ai vu la gloire du Ressuscité. J'ai vu les anges ses témoins, le suaire et les vêtements. Le Christ, mon espérance, est ressuscité ! Il vous précédera en Galilée."

Séquence, liturgie de Pâques

Sainte Marie Madeleine

Sainte Marie Madeleine

Marie Madeleine, soeur de Marthe et de Lazare, était d'une famille distinguée de Béthanie. Après la mort de ses parents, Marie avait reçu en héritage le château de Magdala, en Galilée, d'où lui vint le surnom de Madeleine, et elle y vivait dans le luxe et les plaisirs au point qu'elle devint le scandale de toute la Galilée, et qu'on ne la connut bientôt que sous le nom de la Pécheresse. En punition de ses débordements, elle fut possédée du démon jusqu'au jour où le Sauveur, lui remettant ses péchés, la délivra de la domination de Satan.

Dieu avait fait naître en ce coeur coupable le désir de voir Jésus; ce désir devait être son salut, car le Sauveur voulait donner en Madeleine un exemple frappant de Sa miséricorde infinie en même temps que de la plus parfaite pénitence. C'est elle qui, ayant un jour suivi le Seigneur chez Simon le Pharisien, versa sur les pieds de Jésus un vase de parfum précieux, les arrosa de ses larmes et les essuya avec ses cheveux, et qui entendit ensuite cette parole:

"Beaucoup de péchés lui sont pardonnés, parce qu'elle a beaucoup aimé." (1) 

 

Nous la rencontrons, depuis lors, très souvent dans l'Évangile; elle contemple Jésus et L'écoute, dans la maison de Béthanie, pendant que sa soeur Marthe s'occupe seule du service de la maison: "Marie, dit le Sauveur, a choisi la meilleure part." Une autre fois, dans les derniers jours de sa vie, Jésus voit Madeleine répandre un parfum délicieux sur cette tête divine qui bientôt sera couronnée d'épines. Elle accompagne le Sauveur au sommet du Calvaire, assiste à Sa mort et à Sa sépulture, et bientôt reçoit l'une des premières visites du Christ ressuscité: "Marie!" S'écrie le Sauveur. Et Marie, reconnaissant Jésus, Lui répond dans une effusion d'amour: "O mon Maître!" (Jn 20:16). (1) Marie-Madeleine avait connu les ténèbres du péché, elle s'était égarée dans un amour passionnel et sensible, alors que, comme beaucoup sans le savoir, elle recherchait le véritable amour. Et elle rencontra Jésus, celui qui pouvait, à lui seul, combler son coeur. Elle se jeta à ses pieds jusqu'à ce que Sa miséricorde la délivre du mal et la relève. Elle l'a suivi sur les chemins de Galilée. C'est l'amour qui la rend fidèle et lui donne la force d'être au pied de la Croix. C'est encore lui qui la fait courir au tombeau dès le lever du jour de Pâques. Elle qui avait connu de si profondes ténèbres, celles du péché qui conduit à la mort, elle découvre, la première, les lueurs du jour de Pâques qui ne finira jamais. La foi de l'Église en la résurrection du Christ se manifeste merveilleusement dans l'obéissance de son amour.

 

Fondée sur la tradition écrite et la tradition orale de l'Église, la séquence de la liturgie catholique de Pâques, petit chant ou poème récité avant la lecture de l'Évangile qui condense ou résume l'Évangile, indique ainsi : "Dis-nous, Marie-Madeleine, qu'as-tu vu en chemin ?" "J'ai vu le sépulcre du Christ vivant, j'ai vu la gloire du Ressuscité. J'ai vu les anges ses témoins, le suaire et les vêtements. Le Christ, mon espérance, est ressuscité ! Il vous précédera en Galilée".(2) [Mt 28:1-10Mc, 16:1-10Lc 24:1-10Jn 20:1-18]



Peu après, les Juifs endurcis, fatigués de ses exhortations et de celles de Marthe et de Lazare, les exposèrent sur la mer par une tempête, dans une pauvre barque sans rames ni voiles. La nacelle voguait à la garde de Dieu, et vint aborder, après quelques jours, au rivage de Marseille. Les pieux disciples du Christ firent là de nombreuses conquêtes.

Quant à Madeleine, elle s'enfonça dans les montagnes sauvages et solitaires et fut transportée par les anges dans une grotte appelée depuis
la Sainte-Baume, où elle mena une vie plus angélique qu'humaine, favorisée des grâces les plus merveilleuses, ne vivant que de la Sainte Communion, soupirant et versant des larmes de pénitence et d'amour.

 

Au pied de la montagne dans le Var et aux portes des Bouches du rhône, la basilique Sainte Marie-Madeleine de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, achevée en 1532 est le plus important exemple de style gothique en Provence.

Dans la tradition chrétienne médiévale, après avoir débarqué aux Saintes-Maries-de-la-Mer, Sainte Marie-Madeleine aurait occupé pendant trente ans une grotte du massif de la Sainte-Baume (départements des Bouches-du-Rhône et du Var),
près de Marseille, pendant qu'elle évangéliseait la Provence, de nombreuses années dans le dénuement et l'abandon le plus total, on dit qu'un ange venait lui apporter à manger. A sa mort, elle aurait été ensevelie dans la crypte de la basilique de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume. Une église y a été élevée et les reliques de Sainte Marie Madeleine y sont conservées, ainsi que dans la basilique de Saint-Maximin.
 
Chaque année, les Dominicains qui entretiennent ce lieu organisent une fête le jour de sa fête, le 22 juillet, et une procession avec les reliques a lieu du couvent jusqu'à la grotte, sous forme de chemin de croix. On gravit la montagne et arrivés en haut, avant les dernières marches dans le virage, on se trouve devant une scène de l'Evangile: la croix de Jésus et celles des deux larrons, avec la Vierge Marie, Saint Jean et Sainte Marie Madeleine au pied de la croix de Jésus, d'un réalisme saisissant et émouvant; et juste avant de pénétrer dans la grotte, on se trouve devant Sainte Marie Madeleine pleurant au pied de la croix. Ce pèlerinage en souvenir de celle qui a tant aimé Jésus et a radicalement changé de vie est très porteur et nous plonge 2000 ans en arrière...
La basilique est mondialement connue pour son orgue, magnifique témoin de l'école française, ayant conservé l'intégralité de ses 2960 tuyaux d'origine. En juillet 1971 André Stricker (1931-2003) y donne un récital "Des fils de Bach à Beethoven" d'où est extrait ce choral de Buxtehude: "Wie schön leuchtet der Morgenstern", d'aprés l'hymne de 1599 de Philipp Nicolai dont Bach tirera sa cantate du même nom.
 
Saint Louis est allé en pélerinage à la Sainte Baume. Il semble qu'il se soit beaucoup intéressé à la vie de Marie-Madeleine.
Marie-Madeleine ou Myriam ou Maya qui signifie aussi goutte d'eau de mer.
 

Saint Jean-Paul II, dans sa lettre apostolique Mulieris dignitatem, a mis en relief le rôle particulier de Marie-Madeleine. Elle est la première témoin du tombeau vide au matin de Pâques, la première à rencontrer le Christ ressuscité, et la première à lui rendre témoignage devant les Apôtres. C'est pour cela qu'on l'a même appelée "l'apôtre des Apôtres".

Pour Jean-Paul II, cet événement est révélateur de la volonté du Christ de transmettre la vérité divine aux femmes, sur un pied d'égalité avec les hommes.

À propos de Sainte Marie-Madeleine, Grégoire de Nysse explique que "puisque c'est par une femme qu'a été causée la séparation d'avec Dieu par la désobéissance, il convient qu'une femme soit aussi le premier témoin de la Résurrection, afin que la ruine résultant de la désobéissance soit redressée par la foi en la Résurrection". (3)

Un décret publié le 10 juin 2016 par la Congrégation du culte divin a élevé la mémoire de Marie de Magdala le 22 juillet au rang de fête dans le calendrier liturgique. Lorsque Jésus lui dit : "Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père", c’est à toute l’Église que cette invitation s’adresse, pour qu’elle entre dans une expérience de foi capable de dépasser toute appropriation matérialiste et toute compréhension humaine du mystère divin. Ces mots ont une portée ecclésiale et constituent une leçon pour les disciples de Jésus afin qu’ils ne cherchent pas les certitudes humaines ou les titres mondains, mais la foi dans le Christ vivant et ressuscité. Voilà pourquoi la célébration liturgique de cette femme a désormais le même caractère festif réservé à la célébration des apôtres dans le calendrier romain afin qu’elle soit un modèle pour toute femme dans l’Église.

Le matin de la résurrection, par Edward Burne-Jones (1833-1899). Guidée par deux anges, Marie-Madeleine aperçoit le Christ ressuscité.

Le matin de la résurrection, par Edward Burne-Jones (1833-1899). Guidée par deux anges, Marie-Madeleine aperçoit le Christ ressuscité.

Sources: (1) Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950; (2) Missel du Dimanche 2018, Nouvelle Traduction liturgique, Année B, Bayard Éditions, Lonrai 2017, p. 378 (3) Missel du dimanche 2018ibid., p. 341 ; Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 126.

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Publié par Ingomer - dans Saints du jour

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