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Christ Roi

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9 juin 2025 1 09 /06 /juin /2025 13:05

Le protestantisme était un mouvement discordant de sectes contradictoires qui, malgré sa désunion, était néanmoins unifié dans son objectif de détruire - ou de minimiser - des doctrines catholiques fixées avant même le canon du Nouveau Testament établi au IVe siècle et pour lesquelles l'Église était unanime :

 

—L'Eucharistie (le Christ lui-même). La messe (Eucharistie) précède la ''Bible'' de 350 ans. C'est la messe qui a porté la foi des trois premiers siècles, avant même que ne soit fixé le canon biblique (Concile de Rome 382).

—Le sacerdoce de la Nouvelle Alliance

—La dévotion à Notre-Dame, et tous les bienfaits et la protection qui découlent de son intercession

7 livres de l'Ecriture (il y en aurait eu plus si des esprits plus calmes n'avaient pas convaincu Luther d'arrêter)

—Plusieurs autres sacrements

-Etc.

 

J'ai déjà vu la liste suivante assez souvent et j'ai donc pensé qu'il serait bien d'examiner brièvement chaque point.

 

Bien entendu, il ne s'agira pas d'une réfutation en profondeur de chaque accusation, car pour chaque point, on pourrait écrire un livre entier, mais au moins je fournirai de brèves réfutations pour chaque point.

Brèves réfutations à une liste d'objections des protestants

(1) ''300 après J.-C. : Prières pour les morts''

 

La coutume de prier pour les morts peut premièrement être déduite de la Bible, comme il est écrit :

''Que le Seigneur fasse miséricorde à la famille d’Onésiphore qui m’a plusieurs fois rendu courage et qui n’a pas eu honte de mes chaînes de prisonnier.

17 Arrivé à Rome, il s’est empressé de me chercher, et il m’a trouvé.

18 Que le Seigneur lui donne de trouver miséricorde auprès de Dieu au jour de sa venue ! Et tous les services qu’il a rendus à Éphèse, tu les connais mieux que personne.'' (2 Timothée 1,16-18)

 

D'après la grammaire et la structure de cette épître, saint Paul montre clairement qu'il prie pour Onésiphore, aujourd'hui décédé. On le sait, car à la fin de son épître, il salue explicitement la famille d'Onésiphore, mais pas Onésiphore lui-même :

''Salue Prisca et Aquilas, ainsi que ceux de la maison d’Onésiphore.'' (2 Timothée 4,19)

 

Dans le 2e livre des Maccabées nous lisons :

 

''Il organisa une collecte auprès de chacun et envoya deux mille pièces d’argent à Jérusalem afin d’offrir un sacrifice pour le péché. C’était un fort beau geste, plein de délicatesse, inspiré par la pensée de la résurrection.

Car, s’il n’avait pas espéré que ceux qui avaient succombé ressusciteraient, la prière pour les morts était superflue et absurde.'' (2 Maccabées 12,43-44)

 

Deuxièmement, l'Église a pratiqué cette coutume avant l'an 300.

 

Par exemple, nous voyons sur le tombeau de saint Abercius de Hiérapolis, mort en 167 après J.-C., qu'il est écrit :

''Que chaque ami qui observe cela prie pour moi''

 

Tertullien écrit :

''En effet, elle prie pour son âme, demande du réconfort pour lui en attendant et sa communion lors de la première résurrection ; et elle offre son sacrifice aux anniversaires de son sommeil. Car, si elle n'accomplit pas ces actes, elle a véritablement divorcé de lui.'' (De Monogamia X, 5, 6)

 

Saint Jean Chrysostome ajoute :

 

''Pleurons pour eux ; aidons-les selon nos forces ; pensons à leur venir en aide, même modestement, mais aidons-les quand même. Comment et de quelle manière ? En priant et en suppliant les autres de prier pour eux, en donnant continuellement aux pauvres pour eux. C'est une action qui a quelque consolation…'' (Homélies sur Philippiens 3,24)

 

Cette coutume se retrouve donc dans la Bible elle-même et est aussi bien plus ancienne que l'an 300 après J.C.

(2) ''300 après J.-C. : Faire le 'signe de croix' ''

 

Le signe de croix est une tradition orale, qui ne se retrouve pas explicitement dans les Écritures comme c'est le cas aujourd'hui. Cependant, on en trouve des préfigurations dans la Bible. Il est écrit :

 

''L'Éternel lui dit : Passe par la ville, par Jérusalem, et fais une marque sur le front des hommes qui soupirent et gémissent à cause de toutes les abominations qui s'y commettent.'' (Ézéchiel 9,4)

Ce signe est un 'Tav' qui – à l’époque où Ézéchiel a été écrit – ressemblait à une croix.

Et plus loin, il est écrit :

 

''En disant : Ne faites point de mal à la terre, ni à la mer, ni aux arbres, jusqu'à ce que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu.'' (Apocalypse 7,3)

 

Ce n'est pas exact non plus du point de vue de l'époque. Tertullien écrit vers 200 après J.-C. :

 

''À chaque pas en avant, à chaque mouvement, à chaque entrée et sortie, lorsque nous mettons nos vêtements, nos chaussures, lorsque nous nous baignons, lorsque nous nous asseyons à table, lorsque nous allumons les lampes, sur le canapé, sur le siège, dans tous les actes ordinaires de la vie quotidienne, nous traçons sur le front le signe.'' (De Corona, chapitre 3)

 

D'autres Pères de l'Église font explicitement remonter le signe de croix aux apôtres. Saint Basile le Grand explique :

 

''Par exemple, pour prendre le premier exemple, le plus général, qui nous a enseigné par écrit à signer du signe de la croix ceux qui ont eu confiance dans le nom de notre Seigneur Jésus-Christ ?… Car nous ne nous contentons pas, comme on le sait, de ce que l'apôtre ou l'Évangile ont rapporté ; mais, tant dans la préface que dans la conclusion, nous ajoutons d'autres paroles, jugées d'une grande importance pour la validité du ministère, et nous les tirons d'un enseignement non écrit.'' (De Spiritu Sancto, chapitre 27, 66)

 

Lire aussi : Le signe de la Croix, Salut du monde toujours et partout

 

(3) ''375 après J.-C. : Vénération des anges et des saints morts''

 

Là encore, la date et l'idée que les catholiques auraient ''inventé'' cette coutume sont toutes deux erronées.

 

La vénération des reliques est une pratique très ancienne. On la retrouve dans les Écritures, dans le 2e livre des Rois 13,20-21 (vénération des ossements d'Elisée) ou dans 2 Rois 2,12-14 à propos du manteau d'Élie que son disciple Élisée ramassa pour que les eaux des rives du jourdain s'écartent et permettent son passage.

 

La Bible prouve clairement la vénération des morts :

 

"Faisons l’éloge de ces hommes glorieux qui sont nos ancêtres.." (Siracide 44,1)

 

''En ce temps-là se lèvera Michel, le chef des anges, celui qui se tient auprès des fils de ton peuple. Car ce sera un temps de détresse comme il n’y en a jamais eu depuis que les nations existent, jusqu’à ce temps-ci. Mais en ce temps-ci, ton peuple sera délivré, tous ceux qui se trouveront inscrits dans le Livre.'' (Daniel 12,1)

 

''Il répondit : 'Ni l’un ni l’autre, car je suis le chef de l’armée du Seigneur!' Alors Josué tomba face contre terre, se prosterna et lui demanda : 'Que dit mon seigneur à son serviteur ?' Le chef de l’armée du Seigneur dit à Josué : 'Retire tes sandales de tes pieds : le lieu où tu te trouves est saint.' Et Josué fit ainsi."(Josué 5,14-15)

 

 

Héliodore chassé du temple, Par Raphaël. Détail du tableau montrant le cavalier angélique chassant Héliodore

Quant à la chronologie, il semble une fois de plus que les protestants inventent eux-mêmes des dates. Dans le Martyre de saint Polycarpe (écrit vers 155 après J.-C. et non 375), on peut lire :

''C'est pourquoi nous avons ensuite recueilli ses os, plus précieux que les plus beaux joyaux et plus purifiés que l'or, et nous les avons déposés dans un lieu approprié. Rassemblés, selon l'occasion, avec joie et allégresse, le Seigneur nous accordera de célébrer l'anniversaire de son martyre, à la fois en mémoire de ceux qui ont déjà achevé leur carrière et pour l'exercice et la préparation de ceux qui doivent encore marcher sur leurs traces.'' (Chapitre 18)

 

Bien sûr, cette pratique a du sens théologiquement, puisque 2 Thessaloniciens 1,9-10 déclare :

''Ceux-là subiront comme châtiment la ruine éternelle, loin de la face du Seigneur et de la gloire de sa force, quand il viendra en ce jour-là pour être glorifié dans ses saints et admiré en tous ceux qui ont cru ; or vous, vous avez cru à notre témoignage.."

Ainsi, nous voyons clairement et clairement que Dieu est ''glorifié dans ses saints''.

(4) ''375 après J.-C. : Utilisation des images dans le culte''

 

C'est vraiment l'une des affirmations les plus confuses, puisque Dieu lui-même a ordonné les images dans le culte. Il est écrit :

 

''Tu forgeras deux kéroubim (chérubins ou anges) en or à placer aux deux extrémités du propitiatoire..'' (Exode 25,18

 

 

Et plus loin :

 

''et le Seigneur dit à Moïse : 'Fais-toi un serpent brûlant, et dresse-le au sommet d’un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu’ils le regardent, alors ils vivront !' '' (Nombres 21, 8)

 

"Le Seigneur dit à Moïse : 'Fais-toi un serpent brûlant, et dresse-le au sommet d’un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu’ils le regardent, alors ils vivront !' Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet du mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu’il regardait vers le serpent de bronze, il restait en vie !" (Nb 21, 8-9)

"Le Seigneur dit à Moïse : 'Fais-toi un serpent brûlant, et dresse-le au sommet d’un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu’ils le regardent, alors ils vivront !' Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet du mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu’il regardait vers le serpent de bronze, il restait en vie !" (Nb 21, 8-9)

 

Ce ''mât'' est même une préfiguration du Christ (et de sa croix), comme Jésus lui-même l'a dit :

 

''De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé,

afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle..'' (Jean 3,14-15)

 

De plus, le Christ lui-même est dans l'icône du Dieu invisible, comme le dit Colossiens 1,15 :

''Il est l’image du Dieu invisible, le premier-né, avant toute créature ;''

 

Enfin, selon l'époque, cette affirmation peut être réfutée par l'observation des innombrables icônes de l'Église primitive.

 

Pour ne citer qu'un exemple, la Fractio Panis (première moitié du IIe siècle), située dans les catacombes de Priscille, est une fresque magnifique au-dessus de l'autel funéraire sur lequel l'Eucharistie était célébrée. Puisque nous savons sans l'ombre d'un doute que l'Eucharistie était considérée comme faisant partie du culte, la Fractio Panis seule permet de prouver que les icônes faisaient partie du culte bien plus tôt que ne le prétend la date avancée.

 

D'une manière générale les catacombes à Rome comprenant des représentations des saints, de la Vierge et du Christ sont un démenti formel de ce marronnier protestant.

 

 

Catacombe de Callixte - Fresque de l'Eucharistie, Via Appia

Catacombe de Callixte - Fresque de l'Eucharistie, Via Appia

(5) ''394 après J.-C. : La messe comme célébration quotidienne ''

 

Même si cette accusation était fondée, on ne voit pas en quoi célébrer la messe quotidiennement serait mauvais. Cependant, nous le voyons aussi clairement dans la Bible :

''Chaque jour, d’un même cœur, ils fréquentaient assidûment le Temple, ils rompaient le pain dans les maisons, ils prenaient leurs repas avec allégresse et simplicité de cœur'' (Actes 2,46)

 

Ainsi, nous devrions nous efforcer encore plus d’assister à la messe quotidiennement, car la Bible nous dit littéralement que c’est ce que faisaient les premiers chrétiens.

(6) ''431 après J.-C. : L'exaltation de Marie comme 'Mère de Dieu' ''

 

Encore une fois, ce sujet est biblique :

 

''D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?'' (Luc 1,43)

 

Si Marie est la Mère du Seigneur, et que le Seigneur est Jésus – qui est Dieu – alors il s’ensuit qu’elle est la Mère de Dieu.

 

La date de 431 apr. J.-C. fait référence au concile d'Éphèse, qui a vaincu les Nestoriens en prouvant que le mot ''Theotokos'' (Mère de Dieu) est bien la conclusion logique des Écritures et de la christologie correcte. Mais, comme toujours, la date ne reflète pas l'origine de ce mot. Puisque Saint Grégoire le Thaumaturge (213-270) écrit au IIIe siècle :

 

'Tous ceux qui observent dignement la fête de l'Annonciation de la Vierge Marie, Mère de Dieu, acquièrent comme juste récompense un intérêt plus profond pour le message : 'Salut, toi qui es comblée de grâce !' Il est donc de notre devoir de célébrer cette fête, étant donné qu'elle a rempli le monde entier de joie et de bonheur.'' (Deuxième Homélie)

 

Encore plus tôt, dans la célèbre prière Sub Tuum Praesidium, datée au moins de 250 après J.-C., il est dit :

''Sub tuum præsidium confugimus, Sancta Dei Genetrix.'' Ou en français :

''Nous nous réfugions sous ta protection, ô sainte Mère de Dieu.''

(7) ''526 après J.-C. : Extrême-Onction (Derniers Sacrements)''

 

Une description des derniers sacrements se trouve littéralement dans la Bible :

''L’un de vous est malade ? Qu’il appelle les Anciens en fonction dans l’Église : ils prieront sur lui après lui avoir fait une onction d’huile au nom du Seigneur.

 

15 Cette prière inspirée par la foi sauvera le malade : le Seigneur le relèvera et, s’il a commis des péchés, il recevra le pardon." (Jacques 5,14-15)

 

Ici, il n’y a pas grand-chose à dire, car saint Jacques décrit très clairement cette coutume !

 

Cependant, d'après la datation, il faut souligner que saint Chrysostome (349-407) écrit déjà :

''Et cela, ils le savent, tous ceux qui, avec foi et au temps convenable, se sont oints d'huile, et ont été délivrés de leurs maladies.'' (Commentaire sur Matthieu 9,27-30)

(8) ''593 après J.-C. : Doctrine du Purgatoire''

 

La doctrine du purgatoire peut également être déduite des Écritures.

 

Nous pouvons la déduire clairement de 2 Maccabées 12, 44-46 :

 

''Car, s’il n’avait pas espéré que ceux qui avaient succombé ressusciteraient, la prière pour les morts était superflue et absurde.

 

45 Mais il jugeait qu’une très belle récompense est réservée à ceux qui meurent avec piété : c’était là une pensée religieuse et sainte. ''

 

 

Car si ceux qui meurent dans la piété n'étaient pas allés au purgatoire, mais étaient directement au ciel, il serait vain de prier pour eux, puisqu'ils étaient déjà auprès de Dieu.

 

Puisqu'il est bon de prier pour eux, ils doivent être purifiés, car il est dit qu'ils doivent encore être délivrés de leurs péchés.

 

Or, ils ne peuvent pas non plus être en enfer, car en enfer il n'y a pas d'issue, comme le dit Matthieu 25,46 :

 

''Et ils iront au châtiment éternel, mais les justes à la vie éternelle.''

 

Il s’ensuit donc logiquement qu’une sorte de purification après la mort doit avoir lieu.

 

Cela ressort encore plus clairement de l’écrit de saint Paul :

 

''l’ouvrage de chacun sera mis en pleine lumière. En effet, le jour du jugement le manifestera, car cette révélation se fera par le feu, et c’est le feu qui permettra d’apprécier la qualité de l’ouvrage de chacun.

 

14 Si quelqu’un a construit un ouvrage qui résiste, il recevra un salaire ;

 

15 si l’ouvrage est entièrement brûlé, il en subira le préjudice. Lui-même sera sauvé, mais comme au travers du feu.''(1 Corinthiens 3,13-15)

 

Ce principe de prier pour les morts et ainsi de suite est également prouvé très tôt dans les Pères, ce qui n'a de sens que si un état comme le Purgatoire existe.

 

Tertulien (160-240) écrit :

 

''Chaque fois que l’anniversaire arrive, nous faisons des offrandes pour les morts en l’honneur de leur anniversaire.''

 

Saint Cyrille de Jérusalem (313-386) explique plus en détail :

 

''Nous commémorons également ceux qui se sont endormis avant nous, d'abord les patriarches, les prophètes, les apôtres et les martyrs, afin que, par leurs prières et leurs intercessions, Dieu accueille notre requête. Nous adressons également nos condoléances aux saints Pères et aux évêques qui se sont endormis avant nous, et, en un mot, à tous ceux qui, ces dernières années, se sont endormis parmi nous, croyant que ce sera un grand bienfait pour les âmes pour lesquelles nous exprimons nos supplications, tandis que nous offrons ce saint et terrible sacrifice.'' (Catéchèse, 23:9)

(9) ''600 après J.-C. : Prières à Marie et aux saints défunts''

 

Demander l'intercession des saints peut découler des enseignements implicites des Écritures.

 

Pour plus de clarté, je placerai l'argumentation dans les prémisses :

 

P1 : Les chrétiens sont le Corps du Christ. (1. Corinthiens 12,27 ; Romains 12,5)

P2 : Les chrétiens au sein du Corps du Christ doivent prier les uns pour les autres. (1. Timothée 2,1)

P3 : Les saints du ciel font partie du Corps du Christ. (Romains 8,38-39 ; Hébreux 12,22-23)

P4 : Les saints du ciel prient pour nous. (Apocalypse 5,8 ; Apocalypse 8,3-4)

P5. La prière des saints est capable de beaucoup. (Jacques 5,16)

P6 : Les saints du ciel ont une idée de ce qui se passe sur terre (Luc 15,7 ; Hébreux 12,1 ; Apocalypse 6,9)

C1 : Nous pouvons et devons donc demander l’intercession des saints.

 

Quant à la date, elle semble une fois de plus inventée...

 

J'ai déjà cité le Sub Tuum Praesidium, qui prouve que l'invocation de l'intercession des saints est non seulement biblique, mais aussi présente dans l'Église primitive bien avant cette date présumée.

 

De plus, saint Jean Chrysostome explique :

 

''Les tombeaux des serviteurs du Crucifié sont plus splendides que les palais des rois, non seulement par la taille et la beauté des édifices, car ils excellent en cela aussi, mais, plus encore, par la ferveur des foules qui les visitent. En effet, même celui qui est vêtu de pourpre va vénérer ces tombeaux ; il abandonne son faste et se tient debout, implorant les saints, afin qu'ils intercèdent pour lui auprès de Dieu. Le fabricant de tentes et le pêcheur, tous deux morts depuis longtemps, sont ceux auprès desquels celui qui porte la couronne implore son secours. Osez-vous encore, je vous le demande, dire mort ce Seigneur dont les serviteurs, même après la mort, sont les protecteurs des rois de la terre ?'' (Homélies sur 2 Corinthiens, Homélie 26,5)

(10) ''786 après J.-C. : Culte de la croix, images et reliques''

 

Cet argument peut être réfuté en examinant à nouveau la Bible.

 

Arguments bibliques en faveur des reliques et des objets sacrés:

1. Les ossements de Joseph.

2. Les ossements d'Élisée.

3. L'arche d'alliance

4. Le bâton d'Aaron.

5. Le manteau d'Élie.

6. Les mouchoirs de Paul.

7. Le serpent d'airain.

8. Le temple de Salomon.

9. L'ombre de Pierre

10. L'éphod du grand prêtre.

11. Le peuple saint.

 

Premièrement, le mot ''adoration'' ne constitue évidemment pas une explication honnête de la vision catholique.

 

La Croix, les Images et les reliques méritent révérence, car l'objet représenté est vénéré à travers l'Image. Il n'est cependant pas adoré ; ce terme est trompeur.

 

La Croix n'est pas un objet neutre. Elle est l'instrument du salut et mérite donc la révérence :

''Pour moi, que la croix de notre Seigneur Jésus Christ reste ma seule fierté. Par elle, le monde est crucifié pour moi, et moi pour le monde.'' (Galates 6,14)

 

Et plus loin :

« il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix.

C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom,'' (Philippiens 2, 8-9)

 

Deuxièmement, des images peuvent également être trouvées dans la Bible :

 

''Ensuite tu forgeras deux kéroubim en or à placer aux deux extrémités du propitiatoire.

 

Fais un kéroub à une extrémité, et l’autre kéroub à l’autre extrémité ; vous ferez donc les kéroubim aux deux extrémités du propitiatoire.

 

Les kéroubim auront les ailes déployées vers le haut et protégeront le propitiatoire de leurs ailes. Ils se feront face, le regard tourné vers le propitiatoire.

 

Tu placeras le propitiatoire sur le dessus de l’arche et, dans l’arche, tu placeras le Témoignage que je te donnerai.

 

C’est là que je te laisserai me rencontrer ; je parlerai avec toi d’au-dessus du propitiatoire entre les deux kéroubim situés sur l’arche du Témoignage ; là, je te donnerai mes ordres pour les fils d’Israël.'' (Exode 25,18-22)

 

Et encore :

 

''et le Seigneur dit à Moïse : 'Fais-toi un serpent brûlant, et dresse-le au sommet d’un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu’ils le regardent, alors ils vivront !' '' (Nombres 21, 8 21, 8)

 

Troisièmement, des reliques se trouvent également dans la Bible :

''Il advint que des gens qui portaient un homme en terre aperçurent une de ces bandes ; ils jetèrent l’homme dans la tombe d’Élisée et partirent. L’homme toucha les ossements d’Élisée, il reprit vie et se dressa sur ses pieds.'' (2 Rois 13,21) Et encore :

''Par les mains de Paul, Dieu faisait des miracles peu ordinaires,

 

12 à tel point que l’on prenait des linges ou des mouchoirs qui avaient touché sa peau, pour les appliquer sur les malades ; alors les maladies les quittaient et les esprits mauvais sortaient.'' (Actes 19,11-12)

 

Certains prétendent que les icônes ne se trouvent pas dans l'Église primitive. De nombreuses sources le contredisent. Je voudrais tout d'abord souligner un récit moins connu, tiré des Actes de Mar Mari, au début du IIe siècle :

 

''La lettre parvint au roi Abgar, qui la reçut avec une grande joie. Lorsqu'on lui raconta les prodiges accomplis par Jésus en Judée, il fut admiratif et émerveillé par la puissance de Dieu. N'étant pas digne de voir ces choses… il fit appel à des peintres talentueux et leur ordonna… de représenter l'image de notre Seigneur et de la lui apporter. Les peintres furent incapables de représenter l'apparence humaine du Seigneur. Lorsque notre Seigneur le réalisa, et pensa à la compréhension de sa divinité, à l'amour d'Abgar pour lui, et voyant les peintres qui cherchaient sans succès l'image pour le représenter tel qu'il était, il prit un tissu et y imprima son visage… Le tissu fut déposé dans l'église d'Édesse, où il demeure une source de secours pour tous.'' (Page 327)

 

En ce qui concerne les reliques, j'ai déjà cité le martyre de saint Polycarpe plus tôt, alors maintenant j'ajouterai le martyre encore plus ancien de saint Ignace :

''Il fut ainsi livré aux bêtes sauvages, tout près du temple, afin que soit accompli par elles le vœu du saint martyr Ignace, selon ce qui est écrit : 'ce que désirent les justes leur est accordé' (Proverbes 10:24), afin qu'il ne soit importun pour aucun des frères par le recueillement de ses restes, comme il l'avait d'avance exprimé dans son épître. Car seules les parties les plus dures de ses saints restes furent conservées, transportées à Antioche et enveloppées dans des linceuls, comme un trésor inestimable légué à la sainte Église par la grâce qui résidait dans le martyr.'' (Chapitre 6)

Brèves réfutations à une liste d'objections des protestants

(11) ''995 après J.-C. : Canonisation des saints décédés''

 

Cette plainte est particulièrement étrange, car elle ne critique ni un enseignement ni une pratique, mais simplement le changement d'une coutume. Auparavant, les saints étaient canonisés par vote populaire. Il ne s'agit donc pas d'une invention, mais de la formalisation d'un processus.

 

Ce qui est également amusant, c'est que, même si ce tableau fait référence à ce changement spécifique, la date n'a pas été correctement fixée. Saint Ulrich d'Augsbourg fut le premier saint canonisé selon cette méthode – en 993 apr. J.-C., et non en 995.

 

 

Or, avant cela, des saints avaient encore été canonisés ; la canonisation ne date donc pas non plus de cette époque. Seule la question de la canonisation des saints a été tranchée ici. Parmi les saints considérés comme saints auparavant, on trouve saint Ignace d'Antioche, saint Irénée de Lyon ou saint Athanase. Nombre d'entre eux datent du IVe siècle. Cet argument n'a donc pratiquement aucun poids.

(12) ''1079 après J.-C. : Le célibat du sacerdoce''

 

Les changements de 1079 s'inscrivaient dans une réforme faite contre la corruption cléricale, le concubinage, etc.

Cependant, il ne s'agissait pas d'une innovation, mais plutôt de l'application stricte d'enseignements déjà existants sur le célibat. Comme les autres points, celui-ci est ancré dans les Écritures et les Pères de l'Église :

 

''Il y a des gens qui ne se marient pas car, de naissance, ils en sont incapables ; il y en a qui ne peuvent pas se marier car ils ont été mutilés par les hommes ; il y en a qui ont choisi de ne pas se marier à cause du royaume des Cieux. Celui qui peut comprendre, qu’il comprenne !'' (Matthieu 19,12

 

''J’aimerais vous voir libres de tout souci. Celui qui n’est pas marié a le souci des affaires du Seigneur, il cherche comment plaire au Seigneur.

 

33 Celui qui est marié a le souci des affaires de ce monde, il cherche comment plaire à sa femme, et il se trouve divisé.

 

34 La femme sans mari, ou celle qui reste vierge, a le souci des affaires du Seigneur, afin d’être sanctifiée dans son corps et son esprit. Celle qui est mariée a le souci des affaires de ce monde, elle cherche comment plaire à son mari.

 

35 C’est dans votre intérêt que je dis cela ; ce n’est pas pour vous tendre un piège, mais pour vous proposer ce qui est bien, afin que vous soyez attachés au Seigneur sans partage.'' (1 Corinthiens 7, 32-35) https://www.aelf.org/bible/1Co/7

 

De plus, Jésus lui-même, qui est le grand prêtre, et donc le modèle de tous les prêtres, a vécu célibataire. Lui, qui est le grand prêtre, doit être imité, car les prêtres agissent in Persona Christi. Saint Paul dit :

 

''En parlant d’Alliance nouvelle, Dieu a rendu ancienne la première ; or ce qui devient ancien et qui vieillit est près de disparaître.'' (Hébreux 8, 1-3

 

Encore une fois, la date proposée par ce graphique est littéralement décalée de plusieurs siècles.

 

Tertullien atteste déjà du célibat comme pratique courante, qu'il dit que le Mithraistes ont imité du christianisme :

''Et si je me souviens encore de Mithra, il marque ses soldats au front. Il offre aussi du pain et introduit une image de la résurrection et des couronnes d'épée. Que dire du fait qu'il nomme un grand prêtre issu d'un mariage unique ? Il a aussi ses vierges, ses disciples célibataires.'' (Liber De Praescriptione Haereticorum, XL, 4-5)

 

Et dans le Concile d'Elvire (306 après J.-C.), il est déclaré :

 

''Les évêques, les prêtres, les diacres et les autres personnes exerçant une fonction ministérielle doivent s'abstenir totalement de relations sexuelles avec leur épouse et de procréer. Quiconque désobéit sera démis de ses fonctions cléricales.'' (Canon 33)

(13) ''1090 après J.-C. : Le Rosaire''

 

Cette accusation est à nouveau dénuée de sens, sachant que le Rosaire n'est pas une question de foi ou de morale, mais une coutume.

 

Les prières et les méditations sur la Parole de Dieu sont une pratique courante au sein du christianisme, et le Rosaire ne modifie en rien l'enseignement chrétien.

 

L'utilisation de chapelets est aussi ancienne que la vie monastique.

 

Saint Pacôme le Grand (292-348) recommandait l'utilisation de chapelets similaires aux Komboskini orthodoxes ; ce n'est donc pas non plus une critique.

 

Si la critique de ce Point concerne les Ave Maria, qui sont aussi priés avec le Rosaire, cette pratique est défendue sur les Points sur l'Invocation des Saints.

 

Il ne reste donc que l'accusation de ''prière répétitive''. Ce point est réfuté par l'existence des Psaumes, qui sont des prières et des chants à répéter. Je tiens en particulier à souligner le Psaume 136, qui répète sans cesse la phrase ''car sa miséricorde dure à toujours''.

 

Nous savons de plus que Jésus lui-même utilisait des prières répétitives :

 

'' Les laissant, de nouveau il s’éloigna et pria pour la troisième fois, en répétant les mêmes paroles. '' (Matthieu 26,44) https://www.aelf.org/bible/Mt/26

 

Cette accusation contredit donc la Bible et toute l'histoire de l'Église, où le Notre Père, la prière répétitive et la prière des Psaumes étaient omniprésents.

 

Une dernière hypothèse que je pourrais imaginer est que l'auteur de ce tableau pense que l'Ave Maria serait une invention non biblique. Cette hypothèse est réfutable, l'Ave Maria n'étant qu'un amas de citations bibliques et de références indirectes :

 

''Je vous salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous !'' (Luc 1,28)

''Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni !'' (Luc 1,42)

''Sainte Marie, Mère de Dieu'' (indirect de Luc 1,43 ; cf. aussi le Concile d'Éphèse)

''Priez pour nous, pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Amen.'' (indirect de Jacques 5,16 et 1 Timothée 2, 1-2)

(14) ''1090 après J.-C. : Indulgences''

 

Concernant les indulgences, il convient d'abord d'examiner la distinction entre pardon et châtiment temporel. Cette distinction est bien sûr présente dans la Bible :

 

''David dit à Nathan : 'J’ai péché contre le Seigneur !' Nathan lui répondit : 'Le Seigneur a passé sur ton péché, tu ne mourras pas.

 

14 Cependant, parce que tu as bafoué le Seigneur, le fils que tu viens d’avoir mourra.'' (2 Samuel 12,13-14

 

Nous voyons ici une distinction nette entre le pardon des péchés et ses châtiments temporels. Cette distinction est non seulement nécessaire pour les indulgences, mais elle en prouve aussi le fondement et est profondément biblique.

 

Saint Paul montre que sa souffrance est bénéfique pour les autres, ce qui renforce encore davantage le cas biblique des indulgences :

 

''Maintenant je trouve la joie dans les souffrances que je supporte pour vous ; ce qui reste à souffrir des épreuves du Christ dans ma propre chair, je l’accomplis pour son corps qui est l’Église.'' (Colossiens 1,24). https://www.aelf.org/bible/Col/1

 

Et s’il est vrai que la compréhension des indulgences s’est précisée au fil du temps, le principe est déjà visible dans l’Église primitive.

 

Le Concile d'Ancyre (en 314 après J.-C.) affirme déjà des types d'indulgences pour les peines canoniques :

 

''Il est également décrété que les diacres qui ont sacrifié et repris ensuite le combat jouiront de leurs autres honneurs, mais s'abstiendront de tout ministère sacré, n'apportant ni le pain ni la coupe, ni ne faisant de proclamations. Toutefois, si l'un des évêques constate chez eux une détresse d'esprit et une humiliation modérée, il leur sera permis d'accorder davantage d'indulgence ou de la supprimer.'' (Canon 2)

 

''Cependant, tous ceux qui sont montés en deuil, se sont assis et ont mangé, pleurant pendant toute la cérémonie, s'ils ont accompli les trois années de prosternation, seront reçus sans oblation ; s'ils n'ont pas mangé, ils seront prosternés pendant deux ans, et la troisième année, ils communieront sans oblation, afin d'être reçus à la pleine communion la quatrième année. Les évêques ont le droit, après avoir examiné le caractère de leur conversion, de les traiter avec plus d'indulgence ou de prolonger la période. Mais avant tout, que leur vie soit soigneusement examinée avant et après, et que l'indulgence soit fixée en conséquence.'' (Canon 5)

 

De plus, les indulgences font partie du ''lier et délier'' que l'Église peut faire à travers la Mission, que le Christ a ordonné à son Église de faire ( Matthieu 16,17-19 ; Matthieu 18,18).

(15) ''1215 après J.-C. : Transsubstantiation''

 

Une fois de plus, ce thème confond doctrine et innovation.

 

Suivant la même logique, la Trinité aurait été inventée en 325 après J.-C. Ce n'est évidemment pas le cas, car la Trinité est biblique et apparaît dans les écrits patristiques bien avant 325. Il en va de même pour la quasi-totalité des autres points de cette liste.

 

La transsubstantiation est profondément biblique :

 

''En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui.'' (Jean 6,55-56

 

''Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit et, le donnant aux disciples, il dit : « Prenez, mangez : ceci est mon corps. »

 

27 Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, en disant : « Buvez-en tous,

 

28 car ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude en rémission des péchés.''(Matthieu 26,26-28

 

''Et celui qui aura mangé le pain ou bu la coupe du Seigneur d’une manière indigne devra répondre du corps et du sang du Seigneur.

 

28 On doit donc s’examiner soi-même avant de manger de ce pain et de boire à cette coupe.

 

29 Celui qui mange et qui boit mange et boit son propre jugement s’il ne discerne pas le corps du Seigneur.'' (1 Corinthiens 11,27-29

 

Les premiers Pères de l’Église enseignent également cela à l’unanimité.

 

Saint Ignace d'Antioche (35-110) dit à propos des hérétiques :

 

''Ils s'abstiennent de l'Eucharistie et de la prière, parce qu'ils ne confessent pas que l'Eucharistie est la chair de notre Sauveur Jésus-Christ, qui a souffert pour nos péchés et que le Père, dans sa bonté, a ressuscité.'' (Épître aux Smyrniotes, chapitre 7)

 

Saint Justin le Martyr (100-165) l'explique un peu plus en profondeur :

 

''Car nous ne recevons pas cela comme du pain commun et une boisson commune ; mais de la même manière que Jésus-Christ notre Sauveur, ayant été fait chair par la Parole de Dieu, avait à la fois chair et sang pour notre salut, nous a également enseigné que la nourriture qui est bénie par la prière de sa parole, et à partir de laquelle notre sang et notre chair, par transmutation, sont nourris, est la chair et le sang de ce Jésus qui a été fait chair." (Première Apologie, Chapitre 66)

 

Voyez comment saint Justin parle explicitement d'un changement dans la substance, qu'il appelle ''Transmutation''.

 

Plus tard, la transsubstantiation explique certaines choses plus en profondeur, mais elle est totalement conforme à l’enseignement de l’Église primitive.

(16) ''1215 après J.-C. : Confession des péchés à un prêtre''

 

Sur ce point, coutume et doctrine se confondent une fois de plus.

 

La confession était en vigueur bien avant le concile du Latran en 1215 !

 

De plus, c'est bien sûr aussi biblique :

 

''Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus.'' (Jean 20,23)

 

''Confessez donc vos péchés les uns aux autres, et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris. La prière du juste a une grande efficacité.'' (Jacques 5,16)

 

Et comme d’habitude, l’Église primitive enseignait la confession.

 

Dans la Didachè (vers 70 après J.-C.), nous lisons :

 

''Confessez vos péchés à l'église et ne vous rendez pas à la prière avec une mauvaise conscience. C'est là le chemin de la vie.'' (Chapitre 4,14)

 

Tertullien remarque vers 203 après J.-C. :

 

''[Concernant la confession, certains] fuient cette œuvre, la considérant comme une exposition d'eux-mêmes, ou la remettent à plus tard. Je présume qu'ils sont plus soucieux de la pudeur que du salut, comme ceux qui contractent une maladie dans les parties les plus honteuses du corps et évitent de se faire connaître aux médecins ; ainsi, ils périssent avec leur propre pudeur.'' (Du Repentir, chapitre 10)

 

Origène écrit :

 

''[Une dernière méthode de pardon], bien que dure et laborieuse [est] la rémission des péchés par la pénitence, lorsque le pécheur… n’hésite pas à déclarer son péché à un prêtre du Seigneur et à rechercher un remède, à la manière de celui qui dit : ''J’ai dit : 'C’est au Seigneur que je m’accuserai de mon iniquité' '' (Homélies sur Lévitique 2,4)

 

Enfin, je voudrais citer saint Cyprien de Carthage, qui écrit vers 251 après J.-C. :

 

''Combien plus grande est la foi et la crainte salutaire de ceux qui… confessent leurs péchés aux prêtres de Dieu d’une manière directe et dans la douleur, faisant une déclaration de conscience ouverte ! ... Je vous en supplie, frères, que quiconque a péché confesse son péché pendant qu’il est encore dans ce monde, pendant que sa confession est encore admissible, pendant que la satisfaction et la rémission faites par l’intermédiaire des prêtres sont encore agréables au Seigneur.'' (Les Repentis, chapitre 28)

(17) ''1220 après J.-C. : Adoration de l'Hostie (Corps du Christ)''

 

L'adoration de l'Eucharistie est l'adoration du Christ, car, dans la théologie catholique, l'Eucharistie est véritablement Corps et Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ.

 

Il est donc pieu et précieux pour la vie spirituelle d'adorer l'Eucharistie, et donc d'adorer le Christ lui-même.

 

Ceci ne devrait pas prêter à controverse.

 

Si l'Eucharistie est Corps et Sang, Âme et Divinité du Christ, elle mérite l'adoration.

 

 

La question de savoir si cela est vrai devra être tranchée ultérieurement. Pour parler de cette prétendue innovation, l'Église a pratiquement toujours pratiqué l'adoration de l'Eucharistie :

Saint Augustin écrit donc clairement :

 

"Car il a pris de la terre de la terre ; parce que la chair est de la terre, et il a reçu la chair de la chair de Marie. Et parce qu'il a marché ici dans une chair véritable, et a donné cette même chair à manger pour notre salut ; et personne ne mange cette chair, à moins qu'il n'ait d'abord adoré : nous avons découvert dans quel sens un tel marchepied de notre Seigneur peut être adoré, et non seulement que nous ne péchons pas en l'adorant, mais que nous péchons en ne l'adorant pas." (Commentaire sur les Psaumes 99,8)

 

Ainsi, du temps de Saint Augustin, c'était déjà une pratique normale.

 

De plus, de Saint Augustin, nous savons que l'Eucharistie était même donnée en latrie, pas seulement en dulie, comme il explique, car adorer l'Eucharistie n'est pas un péché..

(18) ''1416 après J.-C. : 'La Coupe' interdite au peuple''

 

Cette objection est encore une fois relativement sans importance pour trois raisons principales :

 

1. La Coupe n'est pas interdite. Il existe des églises où elle est donnée aux laïcs, etc. L'usage de la Coupe a été restreint afin d'éviter toute fuite du précieux Sacrement.

 

2. Ce n’est pas une question de foi et de morale, mais une question de logistique.

 

3. Le corps, le sang, l'âme et la divinité du Christ sont pleinement présents dans le Pain comme dans le Vin.

Par conséquent, l'Eucharistie est valide si l'on participe 'seulement' au Pain. Faire de cela un problème de validité reviendrait à séparer le Corps et le Sang du Christ. Or, puisque la chair contient du sang et que, sans le sang, la chair est morte, cette distinction est dénuée de sens.

(19) ''1439 après J.-C. : Le Purgatoire est proclamé dogme''

 

Curieusement, l'auteur de ce tableau mentionne ici ''proclamé comme dogme'', prouvant ainsi qu'il connaît bien la différence entre le commencement et la dogmatisation d'un enseignement. Si nous critiquons maintenant la date de dogmatisation d'un enseignement, nous en arrivons à la conclusion logique que la Trinité serait une innovation, comme indiqué ci-dessus. Ses opposants prétendraient le contraire, car elle est biblique. Par conséquent, je continuerai à souligner les preuves bibliques du purgatoire :

 

''Il organisa une collecte auprès de chacun et envoya deux mille pièces d’argent à Jérusalem afin d’offrir un sacrifice pour le péché. C’était un fort beau geste, plein de délicatesse, inspiré par la pensée de la résurrection.

 

44 Car, s’il n’avait pas espéré que ceux qui avaient succombé ressusciteraient, la prière pour les morts était superflue et absurde.

 

45 Mais il jugeait qu’une très belle récompense est réservée à ceux qui meurent avec piété :

 

46 c’était là une pensée religieuse et sainte.. (2 Maccabées 12,43-46)

 

Ces prières ne peuvent avoir de valeur que s'il existe un état de purgatoire, car ceux qui sont au paradis n'ont pas besoin de nos prières et pour ceux qui sont en enfer, nos prières ne valent rien, comme il est écrit : ''– Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur pendant la sienne. Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance.

 

26 Et en plus de tout cela, un grand abîme a été établi entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient passer vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne traverse pas vers nous.”'' (Luc 16,25-26

 

De plus, il est écrit :

'' Si quelqu’un a construit un ouvrage qui résiste, il recevra un salaire ;

 

15 si l’ouvrage est entièrement brûlé, il en subira le préjudice. Lui-même sera sauvé, mais comme au travers du feu..'' (1Corinthiens 3,14-15

 

Quant à la date, il a en effet été dogmatisé quelque temps plus tard, mais dans l’Église primitive, nous voyons déjà cet état évident :

 

Tertullien dit :

''Nous offrons des sacrifices pour les morts à l'occasion de leur anniversaire [la date de la mort — naissance à la vie éternelle]'' (De Corona 3,3)

 

Saint Jean Chrysostome dit :

''Aidons-les et commémorons-les. Si les fils de Job furent purifiés par le sacrifice de leur père [Job 1,5], pourquoi douterions-nous que nos offrandes pour les morts leur apportent une certaine consolation ? N'hésitons pas à aider ceux qui sont morts et à prier pour eux.'' (Homélies sur 1 Corinthiens 41,5)

 

Et bien sûr, saint Augustin dit avec justesse :

Certains subissent des châtiments temporels seulement ici-bas, d'autres après la mort, d'autres encore ici-bas et dans l'au-delà, mais tous avant le jugement dernier et le plus sévère. Mais tous ceux qui subissent des châtiments temporels après la mort ne subiront pas les châtiments éternels qui suivront ce jugement. (La Cité de Dieu, Livre 21, Chapitre 13)

 

Et bien sûr, Saint Augustin dit avec justesse : "Les châtiments temporels sont subis par certains dans cette vie uniquement, par d'autres après la mort, par d'autres à la fois ici et dans l'au-delà, mais tous devant le plus strict jugement. Mais tous ceux qui subissent des châtiments temporels après la mort ne seront pas condamnés aux châtiments éternels qui suivront après ce jugement" (La Cité de Dieu, Livre 21, Chapitre 13).

(20) ''1439 après J.-C. : Les sept sacrements confirmés''

 

Tout comme les autres points, celui-ci est également un malentendu.

 

Les sept sacrements ont été clarifiés et connus auparavant.

 

Saint Thomas d'Aquin a longuement défendu les sacrements.

 

De plus, les sept arguments se trouvent bien sûr dans les Écritures et la Patristique. Il serait trop long de prouver en profondeur les sept sacrements, mais je souhaite au moins souligner leur fondement biblique :

 

Baptême — Matthieu 28:19, Jean 3:5

Confirmation — Actes 8:17, Actes 19:6

Eucharistie — Matthieu 26, 26-28, Jean 6

Pénitence — Jean 20:21–23, Jacques 5:16

Onction des malades — Jacques 5:14–15

Ordres sacrés — Luc 22:19, 2 Timothée 1:6

Mariage — Matthieu 19:4–6, Éphésiens 5:32

(21) ''1545 après J.-C. : La tradition est établie comme égale à la Bible''

 

Ce point est l'un des plus drôles de la liste, car il illustre bien l'état d'esprit de l'auteur.

 

Avant la Réforme, les chrétiens n'ont jamais cru à la Sola Scriptura. Aucun chrétien avant la Réforme n'y croyait, et les Écritures n'enseignent pas non plus la Sola Fide.

 

Par conséquent, cet enseignement ne peut être une innovation, car la Sola Scriptura n'a jamais été acceptée avant la Réforme. Je souhaite néanmoins passer rapidement en revue les preuves bibliques et patristiques de ce point.

 

Considérons d’abord saint Paul, lorsqu’il dit que les traditions et les Écritures sont égales :

'' Ainsi donc, frères, tenez bon, et gardez ferme les traditions que nous vous avons enseignées, soit de vive voix, soit par lettre.'' (2Thessaloniciens 2,15

 

Deuxièmement, considérons que l’Église est le pilier et le rempart de la vérité :

''Si je tarde, tu sauras comment il faut se conduire dans la maison de Dieu, qui est l'Église du Dieu vivant, la colonne et le soutien de la vérité.'' (1Timothée 3,15)

 

Troisièmement, considérons l’infaillibilité des saints Conciles, car ils sont guidés par le Saint-Esprit :

''L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas faire peser sur vous d’autres obligations que celles-ci, qui s’imposent'' (Actes 15,28)

 

Quatrièmement, considérons la direction de l’Église par le Saint-Esprit :

''Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le dira ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître.'' (Jean 16,13

 

Et cinquièmement, considérons que l’Église ne peut jamais tomber :

Jésus lui répondit : ''Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux.

 

18 Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle.

 

19 Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux.'' (Matthieu 16,17-19

 

On peut affirmer beaucoup de choses concernant l'enseignement patristique. Ce qui est indéniable, c'est qu'aucun Père de l'Église n'aurait enseigné la Sola Scriptura. Examinons quelques éléments :

 

Saint Basile le Grand répond à cette objection de manière particulièrement claire :

''Parmi les croyances et les pratiques, généralement acceptées ou publiquement prescrites, conservées dans l'Église, certaines nous viennent d'un enseignement écrit ; d'autres nous sont parvenues mystérieusement de la tradition des apôtres ; et toutes deux, par rapport à la vraie religion, ont la même force. Et personne ne les contredira, même s'il est un tant soit peu versé dans les institutions de l'Église.'' (De Spiritu Sancto, chapitre 27, 66)

 

Un autre témoin, plus ancien, serait saint Irénée de Lyon, qui affirme encore que nous n'avons pas besoin de chercher plus loin que l'Église, car en elle se trouvent toujours les Traditions apostoliques :

 

''Puisque nous possédons de telles preuves, il n'est pas nécessaire de chercher la vérité parmi d'autres, car il est facile de l'obtenir de l'Église. Les apôtres, comme un riche déposant son argent dans une banque, déposaient entre ses mains une grande quantité de tout ce qui appartient à la vérité, afin que chacun, qui le veut, puisse y puiser l'eau vive.'' (Contre les hérésies, livre 3, chapitre 4)

 

Et il dit plus loin :

''Que serait-il arrivé si les apôtres eux-mêmes ne nous avaient pas laissé d'écrits ? Ne serait-il pas nécessaire, dans ce cas, de suivre la tradition qu'ils ont transmise à ceux à qui ils ont confié les Églises ?'' (Contre les hérésies, livre 3, chapitre 4)

 

Ou, comme l'a si bien décrit Saint Vincent de Lérins :

''De plus, dans l'Église catholique elle-même, il faut veiller avec le plus grand soin à conserver la foi qui a été acceptée partout, toujours et par tous. Car est véritablement et strictement catholique ce qui, comme le nom même et la raison de la chose l'indiquent, comprend tout universellement.'' (Commonitoire, chapitre 2, 6)

(22) ''1546 après J.-C. : Des livres apocryphes ajoutés à la Bible''

 

Une fois de plus, l'auteur présuppose son opinion pour formuler une affirmation erronée sur l'histoire de l'Église.

 

Dans l'Église primitive en effet, il n'existait pas de canon unifié.

 

Nous voyons de nombreux canons différents, qui se précisent progressivement au fil du temps, notamment les livres ''deutérocanoniques'' (arrivés en second).

 

On constate dans la Bible elle-même que la majorité des citations de l'Ancien Testament dans le Nouveau Testament proviennent de la Septante, qui possède le canon catholique le plus important, et non le canon protestant le plus restreint.

 

De plus, on trouve dans le Nouveau testament de nombreux passages faisant allusion aux livres deutérocanoniques, dont je souhaite souligner quelques-uns rapidement :

 

2. Maccabées 7 => "Des femmes dont les enfants étaient morts les ont retrouvés ressuscités. Mais certains autres ont été torturés et n’ont pas accepté la libération qui leur était proposée, car ils voulaient obtenir une meilleure résurrection." Hébreux 11,35

1 Maccabées 4:52-59 ; 2 M 1,18 ; 2 M 4=> Jn 10,22-23 ('Jésus allait et venait dans le Temple''... ''sous la colonnade de Salomon lors de la fête de la dédicace du Temple à Jérusalem.'')

Siracide 28,2 => Matthieu 6,14-15

Sagesse 2,12-20 => Matthieu 27,42-43

Sagesse 7,26 => Hébreux 1,3

Sagesse 9,13 "Quel homme peut découvrir les intentions de Dieu ? Qui peut comprendre les volontés du Seigneur ?"=> "Qui a connu la pensée du Seigneur ? Qui a été son conseiller ?" Romains 11,34

 

Et bien d'autres encore. Les liens en cours sont si clairs que je ne vois pas comment les ignorer.

 

En ligne, on trouve des listes contenant probablement plus de 100 de ces références, même si elles ne sont pas toutes aussi claires.

 

Mais en outre, nous voyons également le Canon catholique confirmé au Concile de Carthage (Canon 24) et le Concile d'Hippone déclare explicitement sur le Canon de l'Ancien Testament :

« Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome, Josué, Les Juges, Ruth, 1 Rois, 2 Rois, 1 Chroniques, 2 Chroniques, Job, les Psaumes, les Proverbes, l'Ecclésiaste, le Cantique des Cantiques, la Sagesse de Salomon et l'Ecclésiastique, Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habacuc, Sophonie, Aggée, Zacharie, Malachie, Isaïe, Jérémie, Ézéchiel, Daniel, Tobie, Judith, Esther, 1 Esdras, 2 Esdras, 1 Maccabées, 2 Maccabées.''

 

Notez que Baruch était considéré comme inclus dans Jérémie et n'est donc pas répertorié séparément.

(23) ''1854 après J.-C. : 'L'Immaculée Conception' de Marie''

 

Une fois de plus, Ce point ne respecte pas les normes pour déduire l'enseignement chrétien de la Bible et des Pères de l'Église.

 

Premièrement, l’Immaculée Conception peut être implicitement déduite de l’Écriture :

''Il s'approcha d'elle et dit : Je te salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi !'' (Luc 1,28)

 

Pour l'instant, je n'approfondirai pas le mot ''κεχαριτωμένη'' et ses implications théologiques. De nombreux catholiques peuvent l'expliquer bien mieux que moi. Ce mot si particulier et unique, particulièrement dans ce contexte, constitue une base solide pour cet enseignement. Voir également :

 

''Je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité : elle t'écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon.'' (Genèse 3,15)

 

Voyez maintenant comment il existe une rivalité entre Satan – et donc le péché – et Jésus, mais aussi la Sainte Vierge. Marie s'oppose donc à Satan, et donc au péché. Cette opposition serait impossible si Marie était pécheresse ; c'est pourquoi il s'ensuit logiquement que Marie doit également être sans péché.

 

Concernant la datation, ce thème confond à nouveau dogmatisation et origine d'un enseignement. Il est franchement étonnant que ce thème soit ainsi diffusé à l'infini, alors que rien n'y est, même vaguement, vrai. Citons encore quelques témoins anciens, juste pour illustrer ce point :

 

Déjà vers l'an 155 après J.-C, saint Justin le Martyr établit un parallèle entre l'absence de péché d'Ève avant la chute et celle de notre Mère Marie. (Dialogue avec Tryphon, 100)

 

Saint Éphrem le Syrien, vers 360 après J.-C., dit :

''Toi et ta Mère êtes les plus belles de tous, car il n'y a en toi ni défaut ni tache sur ta Mère. Lequel de mes enfants peut se comparer en beauté à eux ?'' (Hymnes de Nisibène 27, 8)

 

Saint Ambroise est encore plus clair vers l’an 387 après J.-C. :

''Viens donc, et cherche tes brebis, non par l'intermédiaire de tes serviteurs ou de tes mercenaires, mais fais-le toi-même. Relève-moi corporellement et dans la chair qui est tombée en Adam. Relève-moi, non pas de Sara, mais de Marie, vierge non seulement sans tache, mais vierge que la grâce a rendue immaculée, pure de toute tache de péché...'' (Commentaire sur le Psaume 118)

 

Et bien sûr, saint Augustin exclut aussi explicitement la bienheureuse Mère de Dieu de la nature pécheresse de tous les humains :

 

"À l'exception de la sainte Vierge Marie, au sujet de laquelle, pour l'honneur du Seigneur, je ne veux avoir absolument aucune question en traitant des péchés – car comment savons-nous quelle abondance de grâces pour la victoire totale sur le péché fut conférée à celle qui a mérité de concevoir et de porter celui en qui il n'y avait pas de péché ? – ainsi, dis-je, à l'exception de la Vierge, si nous avions pu réunir tous ces saints hommes et femmes, lorsqu'ils vivaient ici, et leur avions demandé s'ils étaient sans péché, quelle aurait été, à notre avis, leur réponse ?" (Nature et Grâce 36, 42)

(24) ''1870 après J.-C. : Infaillibilité du pape dans la foi et les mœurs''

 

Comme pour les autres points, l'infaillibilité du pape repose sur la Bible et la Patristique, et la datation de ce point repose sur la confusion habituelle entre dogmatisation et origine d'un enseignement.

 

Dans la Bible, nous lisons :

 

''Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : 'Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux.

 

18 Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle.

 

19 Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux.' '' (Matthieu 16,17-19

 

Nous savons que cette promesse, que l’Église, qui est bâtie sur saint Pierre, ne tombera jamais, inclut les attaques par de faux enseignements, car les faux enseignements viennent du Diable, comme le dit saint Paul :

 

''Ces sortes de gens sont de faux apôtres, des fraudeurs, qui se déguisent en apôtres du Christ.

 

14 Cela n’a rien d’étonnant : Satan lui-même se déguise en ange de lumière.

 

15 Il n’est donc pas surprenant que ses serviteurs aussi se déguisent en serviteurs de la justice de Dieu ; ils auront une fin conforme à leurs œuvres.'' (2Corinthiens 11, 13-15

 

Il s’ensuit donc logiquement que le Pape doit être infaillible en matière de foi et de morale, car c’est lui aussi qui doit nourrir les brebis du Christ :

 

''Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : 'Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ?' Il lui répond : 'Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime.' Jésus lui dit : 'Sois le berger de mes agneaux.'

 

16 Il lui dit une deuxième fois : 'Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ?' Il lui répond : 'Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime.' Jésus lui dit : 'Sois le pasteur de mes brebis.'

 

17 Il lui dit, pour la troisième fois : 'Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ?' Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : 'M’aimes-tu ?' Il lui répond : 'Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime.' Jésus lui dit : 'Sois le berger de mes brebis.' (Jean 21,15-17)

 

De plus, Jésus a prié spécifiquement pour saint Pierre, afin qu’il fortifie ses frères, soulignant ainsi davantage son rôle de premier plan :

'Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous passer au crible comme le blé.

 

32 Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères.' '' (Luc 22,31-32) https://www.aelf.org/bible/Lc/22

 

Selon l’histoire de l’Église, ce point de vue a toujours été maintenu.

 

Le pape saint Clément de Rome écrit déjà au premier siècle :

 

''Si toutefois quelqu'un désobéit aux paroles qu'il a dites par notre intermédiaire, qu'il sache qu'il s'expose à une transgression et à un grave danger.'' (Première épître, chapitre 59)

 

Saint Irénée de Lyon a déclaré vers l'an 180 après J.-C. :

 

''Mais comme il serait fastidieux, dans un tel volume, de recenser les successions de toutes les Églises, nous confondons tous ceux qui, de quelque manière que ce soit, par égoïsme, par vaine gloire, par aveuglement ou par opinion perverse, se réunissent en réunions non autorisées ; nous le faisons, dis-je, en rappelant la tradition des apôtres, de la très grande, très ancienne et universellement connue Église, fondée et organisée à Rome par les deux glorieux apôtres Pierre et Paul ; ainsi que la foi prêchée aux hommes, qui nous est parvenue par la succession des évêques. Car il est nécessaire que chaque Église s'accorde avec cette Église, en raison de son autorité prééminente [potiorem principalitatem].'' (Contre les hérésies, Livre 3, Chapitre 3, Paragraphe 2)

(25) ''1950 après J.-C. : L'assomption corporelle de la Vierge Marie ''

 

Ce dernier point relève à nouveau d'une confusion entre la dogmatisation et l'origine d'un enseignement – ​​comme nous l'avons constaté à maintes reprises dans cette liste.

 

Là encore, l'assomption corporelle de la Vierge Marie est implicitement enseignée dans les Écritures :

 

''Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles.'' (Apocalypse 12,1)

 

''Monte, Seigneur, vers le lieu de ton repos, toi, et l'arche de ta force !'' (Psaume 132, 8

 

L'Arche de Sa puissance est traditionnellement interprétée comme étant Marie, car elle est l'Arche du Nouveau Testament, qui portait le Christ en son sein. Le Psaume 132, parlant du Messie, prophétise donc l'Assomption corporelle de la très sainte Vierge Marie.,,

 

La préfiguration de l'Assomption de Marie peut être vue avec Enoch dans Genèse 5,24 :

''Il (Hénoc) avait marché avec Dieu, puis il disparut car Dieu l’avait enlevé.''

 

Et avec Élie dans 2 Rois 2,11 :

''Ils étaient en train de marcher tout en parlant lorsqu’un char de feu, avec des chevaux de feu, les sépara. Alors, Élie monta au ciel dans un ouragan.'' 

 

On sait maintenant que l'Assomption est possible, c'est pourquoi il est logiqu que la Mère de Dieu soit également élevée au ciel par Dieu.

 

Concernant la date, comme d'habitude ce graphique est encore erroné, car nous avons des témoins antérieurs :

 

Saint Épiphane écrit vers 350 après J.-C. :

 

''Tout comme les corps des saints, elle a été honorée pour son caractère et son intelligence. Et si je devais ajouter quelque chose à son éloge, elle ressemble à Élie, qui était vierge dès le sein de sa mère, le resta toujours, fut élevé au ciel, mais ne connut pas la mort.'' (Panarion 79)

 

Au IVe siècle, le prêtre Timothée de Jérusalem a déclaré dans un sermon :

''immortelle jusqu'à ce jour par celui qui habitait en elle, qui l'a enlevée et élevée dans les lieux célestes''

 

De plus, nous disposons de multiples fragments de manuscrits anciens de liturgies, d’histoires et d’enseignements, par exemple certains fragments du ''Liber Requiei Mariae'' de Syrie datant d’entre 250 et 300 après J.-C.

 

Et dans le texte pseudo-Jean du IVe siècle ''La Dormition de Marie'', on peut lire :

 

''Le Seigneur dit à sa mère : 'Que ton cœur se réjouisse et soit dans l'allégresse. Car toute grâce et tout don t'ont été accordés par mon Père qui est aux cieux, par moi et par le Saint-Esprit. Toute âme qui invoquera ton nom ne sera point confuse, mais trouvera miséricorde, réconfort, secours et confiance, dans le monde présent et dans le monde à venir, devant mon Père qui est aux cieux.'' Et dès lors, tous savaient que le corps sans défaut et précieux avait été transféré au paradis.

 

Et saint Grégoire de Tours écrit en 575 après J.-C. :

 

''Les apôtres transportèrent son corps sur un cercueil et le déposèrent dans un tombeau ; ils veillèrent sur lui, attendant la venue du Seigneur. Et voici que le Seigneur se tint de nouveau parmi eux ; et lorsqu'ils eurent reçu le corps saint, il ordonna qu'il soit transporté dans un nuage au Paradis, où, réunie à son âme, elle se réjouit avec les élus du Seigneur. (Miracles, Livre 8)

Conclusion

 

Ce qui m'a particulièrement frappé, c'est que ce tableau semble non seulement méconnaître les concepts fondamentaux d'origine et de dogmatisation, même en ce qui concerne la date de dogmatisation – qui est sans importance pour la question elle-même –, il se trompe souvent de dates, les confond, et sur certains points, on peut déduire une intention anticatholique simplement en lisant les titres succincts. Il me semble frappant que quelqu'un ait créé ce tableau en pensant avoir raison, sans pour autant avoir correctement saisi les dates de base et sans même chercher à paraître sérieux.

C'était quand même agréable de parcourir très brièvement ces enseignements catholiques et de revisiter certains des beaux enseignements de la sainte Église catholique.

 

Merci à tous d'avoir lu, que Dieu vous bénisse tous.

 

Cf. https://x.com/JesusIsLord0405/status/1931655919017796011

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commentaires

C
Soyez béni ☺️. <br /> Comme bien souvent, la désinformation court le monde pendant que la vérité met ses bottes. Mais nous savons que la vérité sera combattue et vaincra.<br /> Merci pour citations bibliques, qui sont<br /> rarement vues.
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