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Christ Roi

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2 février 2026 1 02 /02 /février /2026 23:53

Avant-propos

 

Je ne suis pas membre de la FSSPX. Je ne fréquente pas les chapelles de la FSSPX. Je ne suis pas même un fervent pratiquant de la messe en latin, et j'assiste la plupart du temps à la messe du Novus ordo dans une paroisse diocésaine. Je ne comprends pas pourquoi la FSSPX est un problème si important dans l'Église alors qu'il y a une crise de la foi et de la doctrine presque partout. Il est difficile pour moi de comprendre pourquoi le Vatican permet une hérésie flagrante parmi les évêques en Allemagne, tout en menaçant d'excommunier des évêques doctrinaux sur un point technique. Nous ne devons pas laisser les agitateurs dicter le discours simpliste des "consécrations sans mandat papal rééditant 1988". Aujourd'hui, il ne s’agit pas tant des "consécrations" de la FSSPX, que d'un débat doctrinal urgent à mener dans l'Église. Il s'agit d'interprétations modernistes problématiques sapant le magistère précédent. Ce débat nous concerne tous, que nous soyons membres de la FSSPX ou non.

 

Mises à jour permanentes

 

Le Supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX), le père Davide Pagliarani, a annoncé le 2 février son intention de procéder aux ordinations épiscopales le 1er juillet 2026, précisant que cette décision faisait suite à la réception d’une lettre du Saint-Siège qui ne répond ''en aucune façon'' aux demandes de la Fraternité. (Texte en anglais du communiqué)

 

La FSSPX choisit fréquemment la fête de la Purification de la Bienheureuse Vierge Marie ou Chandeleur pour la cérémonie officielle de "remise des habits", au cours de laquelle les nouveaux séminaristes échangent leurs habits civils contre la soutane, symbolisant la mort au monde et une vie nouvelle au service du Christ.

 

Pour le père Davide Pagliarani, cette décision était naturelle compte tenu de ce qu'il interprétait comme une rupture des négociations entre la Fraternité et le Saint-Siège. Sa demande d'audience papale l'été dernier (2025. Ndlr.) a été ignorée. Il a adressé plusieurs lettres de demande d'audience auprès du Saint-Père qui lui a été hélas toujours refusée, sans réponse. Une lettre détaillée adressée par la suite au pape a reçu une réponse du cardinal Fernández, Préfet de la Doctrine de la Foi, ces derniers jours (janvier 2026. Ndlr.) Don Davide a écrit que cette réponse "ne répond en rien à nos demandes".

 

Cf. https://www.complicitclergy.com/2026/02/18/homily-why-the-sspx-will-consecrate-bishops-without-romes-approval/

https://remnantnewspaper.com/web/index.php/articles/item/8103-why-the-sspx-will-consecrate-bishops-without-rome-s-approval-fr-de-lacoste-explains

 

Le supérieur général invoque une ''grave nécessité'' après que la lettre du Saint-Siège n'ait pas répondu aux demandes de la Fraternité.

 

La décision, annoncée dans un communiqué de la Maison générale de la FSSPX à Menzingen, en Suisse, a été prise avec le soutien unanime du Conseil général et fait suite à une tentative apparemment infructueuse d'obtenir une audience privée avec le pape Léon XIV pour présenter la situation de la Fraternité.

 

Le père Pagliarani fournira de plus amples explications concernant cette décision dans les prochains jours, précise le communiqué.

 

Léon XIV a rencontré James Martin, prêtre qui bénit les "couples" homosexuels, mais ne rencontre pas la FSSPX.

 

 

Léon XIV rencontre les Églises orthodoxes orientales en appelant à nous "dépouiller de nos préjugés", mais pas de rencontre avec la FSSPX. Dans son discours aux participants à la visite d'étude des jeunes prêtres et moines des Églises orthodoxes orientales le 5 février 2026, il déclare : "Chers amis, les différences historiques et culturelles de nos Églises forment une magnifique mosaïque de notre héritage chrétien commun, une richesse que nous pouvons tous apprécier. Parallèlement, nous devons continuer à nous soutenir mutuellement afin de grandir dans notre foi commune en Christ, source ultime de notre paix. Cela exige de nous que nous apprenions à nous dépouiller de nos préjugés."

 

Léon XIV célèbre les 1700 ans du Concile de Nicée avec les orthodoxes et les luthériens en invitant à "dépasser les querelles théologiques dépassées" affirmant que les anglicans et les autres protestants ne font ''qu'un'' avec l'Église catholique, lors de la conclusion de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, dimanche 25 janvier 2026. Mais les communautés FSSPX et TLM  (Messes Latines Traditionnelles), qui sont catholiques, ne méritent pas de rencontre, ni de réponse positive et ne feraient pas "un" ??

 

 

Toute critique de cette décision devra expliquer pourquoi il est acceptable que le Parti communiste chinois (PCC), athée, nomme les évêques de Chine et que le pape François et le pape Léon XIV approuvent ensuite cette nomination. Ironiquement, l'action approuvée du PCC crée un précédent pour tout le monde.

 

"Il semblerait en effet difficile d'imaginer que le Saint-Siège impose des sanctions canoniques à la FSSPX, étant donné qu'il ne l'a pas fait de manière comparable en Chine, où le gouvernement communiste a procédé à plusieurs reprises à des ordinations épiscopales sans l'accord préalable du pape, en violation de l'accord entre le Vatican et la Chine" (Diane Montagna), ou lorsque en sens inverse après que le cardinal Parolin au nom du Vatican négocia en 2018 un accord secret avec Pékin qui légitima le contrôle de l'État chinois sur les évêques - accord qualifié de "trahison" par le Cardinal Joseph Zen, évêque retraité de Hong Kong -.

 

Sources :

>https://www.ewtnnews.com/vatican/sspx-to-consecrate-bishops-without-rome-s-approval-courting-excommunication

>https://dianemontagna.substack.com/p/sspx-announces-intention-to-proceed

>https://x.com/FSSPXFR/status/2018345039538065737?s=20

>https://thecatholicherald.com/article/the-real-source-of-tensions-in-the-sspx-and-vatican-standoff

 

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Add. Humour : commentaire amusant sur X

"L’évêque Fellay signe un accord avec Xi Xinping pour consacrer des évêques de la FSSPX en Chine. Le Vatican ne s'oppose plus aux consécrations de la FSSPX."

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Témoignage sur X d'une personne ayant posé une question il y a une dizaine d'années au Nebraska au père Bisig, lors d'une ordination de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre (FSSP) alors qu'ils avaient pris un repas au réfectoire auparavant [le père Bisig fut ordonné prêtre par Mgr Lefebvre, le fondateur de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (1970). Par la suite, il quitta la FSSPX en raison de la consécration des évêques sans mandat papal en 1988 et co-fonda la FSSP] :

 

"Alors, la FSSPX va ordonner des évêques et tous les bien-pensants s'en offusquent. Ils pensent que tout est évident et que la FSSPX n'est rien d'autre que des protestants.

 

Eh bien, je vais donner mon avis. Si vous ne connaissez pas l'histoire, vous voudrez la suivre.

 

En 1969, alors que les séminaires européens perdaient des vocations à un rythme alarmant et enseignaient des hérésies extrêmes, Mgr Lefebvre fonda, avec autorisation, le séminaire Saint-Pie X dans le sud de la Suisse et, en 5 ans, celui-ci compta environ 120 séminaristes.

 

On y enseignait la liturgie tridentine et la théologie préconciliaire. Les élèves apprenaient le latin, portaient la soutane et chantaient des chants religieux. Cela inquiéta fortement certains à Rome. Le Saint-Siège ordonna une visite pastorale, organisée par la Congrégation pour les séminaires et les universités (à l'époque). Les visiteurs envoyés étaient deux Belges : Mgr Descamps, bibliste, et Mgr Onclin, canoniste.

 

Lors de leur visite, les visiteurs s'entretinrent en privé avec les séminaristes et menèrent des entretiens approfondis avec le personnel. Leurs propos scandalisèrent l'assemblée et conduisirent directement à la déclaration de Lefebvre du 21 novembre 1974, dans laquelle il affirmait :

 

"... Nous refusons… et avons toujours refusé de suivre la Rome des tendances néo-modernistes et néo-protestantes… Aucune autorité, pas même la plus haute dans la hiérarchie, ne peut nous contraindre à abandonner ou à diminuer notre foi catholique, si clairement exprimée et professée par le Magistère de l’Église depuis 19 siècles.

 

Voilà donc ce qui a déterminé le cours des choses, ce qui a convaincu l'archevêque qu'il y avait une crise justifiant ses actions futures.

 

Alors, qu'ont dit les visiteurs du Vatican ?

 

Permettez-moi une petite parenthèse. Vous pouvez tout simplement agir. Si vous voulez connaître la réponse à une question, vous pouvez trouver quelqu'un qui la connaît et lui poser la question.

 

Il y a une dizaine d'années, j'étais au Nebraska pour une ordination de la FSSP. Nous avions pris un repas au réfectoire auparavant, et le père Bisig était assis à notre table.

 

Le père Bisig était séminariste lors de la Visite. Il fut ordonné prêtre trois ans plus tard par Lefebvre. Par la suite, il quitta la FSSPX en raison de la consécration des évêques en 1988 et co-fonda la FSSP.

 

Je suis allé m'asseoir en face de lui.

Je me suis présenté et j'ai simplement demandé : « Qu'est-ce que les visiteurs vous ont dit ? »

 

Il répondit que, comme cela avait été rapporté depuis longtemps, ils disaient que

>le mariage universel des prêtres était inévitable,

>qu'il n'existait aucune vérité morale immuable[Relativisme moral. Ndlr.]

>que la contraception artificielle était acceptable,

>qu'il était acceptable de ne pas croire à la virginité perpétuelle de Marie [Protestantisme. Ndlr.]

>et qu'il pouvait y avoir diverses interprétations de la nature de la résurrection du Christ, non pas nécessairement comme un retour physique d'entre les morts, mais comme une expérience mystique ou spirituelle vécue par les apôtres. [Hérésies docètes des "faux-semblants" des premiers siècles condamnées au Concile de Constantinople I 381]

 

Et tout cela était présenté comme la norme pour une formation adéquate à l'époque moderne."

(Fin de citation) 

 

Voilà des exemples d'hérésies des années 1970. Témoignage pour l'histoire...

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Quelques commentaires glanés sur X

 

* "Je vois beaucoup de grands comptes catholiques partager leur opinion de théologien amateur sur la FSSPX, mais je ne les ai jamais vus publier quoi que ce soit sur le fait que cela pose problème. 

 

Je dis juste que ça semble assez hypocrite de vous voir tous vous vanter de votre attachement à la discipline ecclésiastique quand il s'agit des traditionalistes, mais de rester silencieux quand il s'agit du modernisme qui profane l'Église."

 

 

Alors qu'aux États-Unis, une nouvelle tendance discrète voit des paroisses catholiques réintroduire les bancs de communion, la réception de la Communion à genoux et sur la langue restant toujours un droit des fidèles catholiques (Instruction Redemptionis Sacramentum § 91-92) et qu'aucun document ecclésiastique – y compris les documents du Concile Vatican II – n'a jamais demandé le retrait des bancs de communion, un diocèse de Charlotte, en Caroline du Nord, a BANNI les bancs de communion destinés à la RÉCEPTION de l’Eucharistie À GENOUX. (Le Figaro).

La FSSPX annonce son intention d'ordonner des évêques le 1er juillet

* URGENT :

Humour: L'évêque Xi Lei et Son Excellence Gua Ling Reta consacrent de nouveaux candidats après avoir prêté serment d'allégeance au PCC !

* InfoVaticana: "Si le Parti communiste peut ordonner des évêques, la Fraternité peut en faire autant"

 

"Comment interdire à la FSSPX ce qui est autorisé au Parti communiste chinois "?

"[...] le Parti communiste chinois – athée, matérialiste et officiellement hostile à la foi – ordonne des évêques à sa guise depuis des années, bafouant même l'accord déjà déplorable signé avec Rome. Et rien ne se passe. Ou plutôt, c'est tout le contraire : les gens sourient, dialoguent, la confiance se renouvelle et la tolérance s'accroît.

[...] la doctrine de la tolérance sélective."

 

"La question n'est pas rhétorique, elle est juridique et morale. Si le régime communiste peut imposer des évêques sans mandat papal et être considéré comme un interlocuteur légitime, selon quelle logique peut-on appliquer un critère plus strict à une fraternité qui ne renie pas les dogmes, ne prêche pas le sédévacantisme et ne répond pas à un comité central marxiste, mais plutôt à une conception – certes discutable – de la nécessité objective des sacrements ?

 

L’Église contemporaine a développé une théologie pratique curieuse : la désobéissance est tolérée lorsqu’elle s’accompagne du pouvoir politique et sanctionnée lorsqu’elle émane d’une structure ecclésiale gênante. Le problème n’est pas la consécration sans mandat, mais l’identité de celui qui l’accomplit. Lorsque c’est le Parti communiste qui ordonne, on parle de « contexte complexe ». Lorsque c’est la FSSPX qui ordonne, on parle de « rupture ». La différence n’est pas théologique : elle est géopolitique.

 

Il est difficile d'expliquer aux fidèles pourquoi Pékin peut produire des évêques soumis au régime et bénéficiant d'un dialogue privilégié avec Rome, tandis qu'une fraternité née précisément de l'effondrement doctrinal et liturgique qui a suivi le Concile est perçue comme une menace pour l'ordre ecclésial. C'est d'autant plus difficile lorsque ces mêmes fidèles voient des paroisses traditionnelles fermées, des confirmations interdites, des ordinations bloquées et des apostolats entiers suspendus par simple décision administrative.

 

La Compagnie de Jésus n'a pas agi en vase clos. Elle a agi dans un contexte où Rome est très à l'écoute, peu de promesses et quasiment aucune garantie. Et lorsque l'accès stable aux sacrements dépend du bon vouloir de l'évêque en fonction, les décisions cessent d'être idéologiques et deviennent des décisions de survie pastorale. Ce n'est pas beau à voir. Ce n'est pas idéal. Mais ce n'est pas incompréhensible non plus.

 

[...] S'il est acceptable que le Parti communiste chinois nomme des évêques pour maintenir un canal de dialogue, il est intellectuellement malhonnête de s'indigner lorsqu'une confrérie catholique consacre des évêques pour garantir à ses membres l'accès à la confirmation et à l'ordination. Le critère ne saurait dépendre de la couleur du drapeau."

 

Cf. https://infovaticana.com/2026/02/03/si-el-partido-comunista-puede-ordenar-obispos-la-fraternidad-tambien-doctrina-de-la-tolerancia-selectiva/

 

 

* Mark Lambert de Catholic Unscripted: "Quand la loi s'effondre

"[...] Le langage employé par la FSSPX est mesuré et réfléchi. Il évoque une intention filiale, une réflexion mûrie dans la prière et un état objectif de grave nécessité pour le salut des âmes. Loin d'être une rhétorique de rébellion, il s'agit du langage du droit canonique et de la théologie morale, et il témoigne de la pleine conscience, par la Fraternité, des enjeux. [...] La FSSPX n'a ​​pas prétendu que Rome ignorait le problème, ni qu'aucune piste n'avait été explorée. Au contraire, sa propre déclaration insiste sur le fait que le facteur décisif a été la réception d'une réponse qui « ne répondait en rien à nos demandes ». Autrement dit, le problème n'était pas le simple refus, mais l'absence de réponse concrète à un besoin réel et reconnu.

Selon le Code de droit canonique de 1983, la consécration d'un évêque sans mandat pontifical constitue une faute grave. Le canon traditionnellement cité stipule que l'évêque qui consacre et l'homme consacré encourent tous deux une excommunication latae sententiae réservée au Siège apostolique. Ce point est incontesté. Ce qui est bien plus souvent ignoré, c'est que ce même Code limite explicitement l'application des peines lorsque la culpabilité morale est absente ou atténuée. Le droit canonique reconnaît qu'une personne agissant par nécessité ou pour éviter un préjudice grave n'est pas passible de peines canoniques, pourvu que l'acte ne soit pas intrinsèquement mauvais ou gravement préjudiciable aux âmes. Même lorsque la responsabilité n'est que partiellement atténuée, le Code exclut les peines automatiques. Le principe selon lequel le salut des âmes est la loi suprême de l'Église n'est pas un slogan, mais une norme directrice.

La FSSPX ne conteste donc pas l'existence de la loi. Elle soutient que, dans les circonstances actuelles, la loi n'est pas contraignante comme elle le serait habituellement. "

* Mark Lambert: "Après la Chine, Rome ne peut plus prétendre que les consécrations épiscopales sans mandat papal sont inacceptables en tant que telles. Elle ne peut prétendre qu'elles sont inacceptables que lorsque la Tradition les pratique."

 

* NovusOrdoWatch "Si la FSSPX consacrait un groupe de communistes et les installait comme évêques en Chine, le Vatican n'y verrait aucun inconvénient."

 

* Pillars of faith : ''La situation actuelle concernant la Fraternité Saint-Pie X (FSSPX) a une fois de plus révélé une réalité grave et non résolue au sein de l'Église – une réalité qui ne peut être ignorée, indéfiniment reportée ou à laquelle on ne peut répondre par le silence. […] L’unité de l’Église ne se préserve pas par l’ambiguïté. La fidélité n’est pas une menace. La tradition n’est pas un ennemi. Lorsque ceux qui contredisent ouvertement l’enseignement de l’Église sont tolérés, tandis que ceux qui recherchent la continuité sont traités avec suspicion, il y a eu un renversement de situation.''

 

* LifeSiteNews L’évêque Eleganti : ''Parce que le pape et les évêques tolèrent les hérétiques, nous avons un schisme interne au sein de l’Église.''

 

La guérison de l'Église ne pourrait avoir lieu que si les hérésies étaient clairement identifiées comme telles par le pape, et si leurs représentants et promoteurs étaient de nouveau excommuniés s'ils ne se repentaient pas.

 

Remarque préliminaire de l'évêque Marian Eleganti : J'ai été inspiré pour écrire cet article par un article d'Eric Sammons paru dans Crisis Magazine, dont le contenu était similaire : "Une unité léonine est-elle même possible ?" Je partage ce point de vue. Vladimir Soloviev écrit : "Les 'Latins', comme vous appelez l’Église une, sainte, catholique et apostolique, n’ont jamais renié la foi. Aucune argumentation, aussi détaillée soit-elle, ne saurait réfuter le fait qu’en dehors de Rome, il n’existe que des Églises nationales, telles que les Églises arménienne ou grecque, des Églises d’État, telles que les Églises russe ou anglicane, ou des sectes fondées par des individus, comme les luthériens, les calvinistes, les irvingiens, etc. L’Église catholique romaine est la seule Église qui ne soit ni une Église nationale, ni une Église d’État, ni une secte fondée par un être humain ; elle est la seule Église au monde qui défend le principe de l’unité sociale universelle contre l’égoïsme individuel et le particularisme national ; elle est la seule Église qui défend la liberté du pouvoir spirituel contre l’absolutisme de l’État ; en un mot, elle est la seule Église contre laquelle les portes de l’enfer n’ont pas prévalu."

 

C’est exact. En effet, la plupart des Églises orthodoxes sont de facto des Églises nationales, et nombre d’entre elles sont, historiquement ou actuellement, des Églises d’État, ou du moins entretiennent des liens très étroits avec l’État. C’est pourquoi elles se désignent, par exemple, comme Églises orthodoxes russe, serbe ou grecque. Il existe des exceptions parmi les patriarcats de moindre importance. Il s’agit d’un phénomène historique qui ne découle pas de la conception théologique que l’orthodoxie se fait d’elle-même (cette dernière étant universelle). À l'inverse, l'Église catholique romaine est une Église universelle, sans affiliation nationale ni étatique. Elle est présente pratiquement partout dans le monde. L'adjectif "romain" fait référence au siège actuel du pape à Rome et au martyre des saints Pierre et Paul dans cette même ville. Ces deux apôtres sont d'une importance fondamentale pour l'Église. Le fait qu'ils aient subi le martyre à Rome n'est pas un détail historique anodin, mais témoigne en quelque sorte de la primauté de l'évêque de Rome et de ses successeurs, les papes, qui se considèrent comme les successeurs de saint Pierre, mort à Rome. Le Christ a fondé l'Église sur Pierre et a promis que les portes de l'enfer ne prévaudraient pas contre elle. Soloviev le souligne sans envie. C'est le fondement de l'unité de l'Église catholique : une unité canonique (et non idéaliste) avec Pierre, ou le pape. Soloviev a également raison sur ce point.

 

Pour simplifier, on pourrait dire que les Églises orthodoxes s'accordent sur la foi et la liturgie, mais rencontrent en réalité des difficultés considérables à vivre en unité canonique. Les patriarcats se font concurrence. Il n'existe pas de papauté unifiée, tout au plus une primauté honorifique, contestée, comme on le constate. Elle n'est plus reconnue par tous. C'est notamment pour cette raison qu'aucun concile panorthodoxe n'a été convoqué récemment. De nouveaux schismes douloureux se sont formés, comme celui entre Moscou et Constantinople (Cyrille et Bartholomée), qui a des répercussions dans d'autres pays, comme l'Ukraine, mais pas seulement. Il n'y a pas d'unité juridictionnelle et canonique comme dans l'Église catholique romaine. Cela signifie que l'unité n'est pas visiblement constituée, mais qu'elle est de nature abstraite et, malheureusement, ne se concrétise pas dans les faits.

 

Cela ne s'applique pas à l'Église catholique romaine sous le pontificat, du moins sur le plan canonique. Car même en son sein, les réalités schismatiques ne sont plus prises au sérieux, contrairement à l'orthodoxie. Autrement dit, on vit avec, on s'y accommode, ou on les passe sous silence, comme dans le récent sermon papal consacré aux relations avec l'Église anglicane. Dans l'ensemble, cependant, un schisme profond est toléré au sein de toute l'Église catholique, opposant les catholiques dits "modernistes", "adaptés à l'air du temps", "relativistes", "pluralistes", "de gauche" et "réformés", aux catholiques "conservateurs", "de droite", "traditionalistes" et "orthodoxes". Les deux camps se considèrent comme fidèles et catholiques. C'est là le paradoxe par excellence.

 

Concernant les attributs communs énumérés ci-dessus, je ne fais que relever une stéréotypisation vulgaire et répandue dans l'esprit et les écrits des catholiques, sans pour autant l'approuver. Car on ne devrait parler que de catholiques. Cependant, il convient alors de définir clairement qui peut être considéré comme tel et qui ne l'est pas (ou ne l'est plus). En bref : soit on est catholique, soit on ne l'est pas. Mais on n'est pas – comme on l'entend souvent dans le langage courant – un catholique de droite ou de gauche. On est soit orthodoxe, soit hérétique, et donc catholique ou non (plus catholique). En fin de compte, cela doit être clairement défini et tranché par le pape pour l'Église universelle.

 

En tout état de cause, l’appartenance au catholicisme constitue également un critère d’exclusion, qui n’est plus compris ni appliqué aujourd’hui. On aspire à l’inclusion. Malheureusement, cela offre aussi un refuge aux hérétiques au sein de l’Église. Ils sont autorisés à enseigner et à exercer leur ministère, même s’ils critiquent la foi de l’Église et ne la vivent pas. Ils proclament un évangile différent de celui transmis par les apôtres et préservé par les papes (la Tradition). Parce que le pape, dans l’Église universelle, et les évêques, dans leurs diocèses, tolèrent les hérésies et les hérétiques, un schisme interne, sordide et omniprésent, sévit au sein de l’Église catholique.

 

Aujourd'hui, dans l'Église catholique, les hérésies ne sont plus identifiées ni punies. Les hérétiques ne sont plus reconnus comme tels, sanctionnés ni excommuniés. Ils peuvent ainsi corrompre librement le Corps du Christ, l'Église. Les papes se laissent photographier en leur compagnie et les rendent socialement acceptables en dialoguant avec eux, sans pour autant prendre publiquement leurs distances avec leurs idées et leurs agissements, sans les réprimander, sans condamner leurs positions et, le cas échéant, sans les excommunier. De ce fait, le mal se propage sans entrave au sein du Corps mystique du Christ, l'Église.

 

La guérison de l'Église ne pourra avoir lieu que si les hérésies sont clairement identifiées comme telles par le pape, et si leurs représentants et promoteurs (activistes) sont de nouveau excommuniés s'ils refusent de se repentir. Alors seulement pourra-t-on parler d'une véritable unité (une seule foi, un seul baptême, un seul corps) au sein de l'Église catholique romaine. Comme Jean l'a déjà écrit, ceux qui déchirent l'Église et falsifient la foi sont issus de l'Église elle-même. Le pape et les évêques devraient le déclarer clairement et publiquement, comme l'écrit Jean, ils ne nous appartiennent pas."

 

Cf. https://www.lifesitenews.com/opinion/bishop-eleganti-the-church-is-suffering-internal-schism-because-pope-bishops-tolerate-heresies/

 

Selon le journaliste accrédité par le Bureau de presse du Saint-Siège Niwa Limbu, ''Matteo Bruni, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège'', lui ''a déclaré'' :

 

''Les contacts entre la Fraternité Saint-Pie-X et le Saint-Siège se poursuivent, dans le but d’éviter toute rupture ou les solutions unilatérales aux problèmes qui ont surgi.''

 

Cf. https://blog.messainlatino.it/2026/02/news-fsspx-matteo-bruni-a-niwa-limbu-su-fsspx.html

Voir aussi Edward Pentin https://x.com/EdwardPentin/status/2018659574144971204?s=20

Catholic Herald 07-02-2026 Léon a chargé le cardinal Fernández de rencontrer Pagliarani en tête-à-tête la semaine prochaine.

 

Michael Haynes pour Catholic Herald pose la question sur X : "combien de dégâts supplémentaires le cardinal Fernández peut-il encore infliger à l'Église ?", et demande pour le Catholic Herald : "Le cardinal Víctor Manuel Fernández est-il à l'origine de la rupture entre la FSSPX et Rome ?", "est-il la véritable source des tensions dans le bras de fer entre la FSSPX et le Vatican ?"

 

 

Dans cet article du Catholic Herald, Michael Haynes écrit :

 

"Dans un entretien accordé au service de presse interne de la FSSPX, le père Pagliarani a souligné que

>les écrits de Fernández, tels que Mater Populi Fidelis,

>et ses actions, comme sa promotion de la synodalité et sa rupture avec la Tradition,

étaient des éléments clés de la décision de procéder aux consécrations épiscopales.

 

Le prêtre a fait siennes les critiques du cardinal Joseph Zen : "Le cardinal Zen lui-même considère cette méthode comme manipulatrice et juge blasphématoire le fait de l'attribuer au Saint-Esprit. Malheureusement, je crains qu'il n'ait raison."

 

L'encyclique Mater Populi Fidelis semble avoir été le coup de grâce pour la Compagnie de Jésus, si l'on en croit Pagliarani. Il suffit d'examiner son homélie, dans laquelle il fait cette annonce, pour comprendre le lien étroit qui unit les deux événements. On peut établir un parallèle évident entre le rejet par Rome de Marie comme Co-Rédemptrice et l'arrivée des nouveaux évêques au sein de la Compagnie.

 

Face à ce constat, quelle que soit l'opinion que l'on porte sur la décision de la FSSPX, la controverse entourant Fernández depuis sa prise de fonctions apparaît plus claire. La FSSPX n'est pas la seule à critiquer ses actions et a dénoncé sa conduite depuis son arrivée en juillet 2023.

 

Léon a chargé Fernández de rencontrer Pagliarani en tête-à-tête la semaine prochaine. Si le cardinal maintient sa position actuelle, il est peu probable que cette rencontre aboutisse à une solution.

 

On peut arguer que la FSSPX n'a ​​pas suffisamment tenu compte de la délicate situation diplomatique au Vatican et que sa déclaration, faite à un moment potentiellement préjudiciable, pourrait se retourner contre elle et, plus généralement, contre le mouvement traditionaliste. Une chose est sûre : il est peu probable que le cardinal Fernández parvienne à convaincre le père Pagliarani de changer de position." (Fin de citation)

Le site InfoVaticana publie dimanche 8 février 2026 une ''lettre ouverte à Léon XIV à propos de son discours au Dicastère pour la Doctrine de la Foi'', rédigée par Francisco José Vegara Cerezo, Prêtre du diocèse d'Orihuela-Alicante qui expose les contradictions qualifiées d'hérésies du magistère actuel vis-à-vis du "magistère dogmatique précédent" :

 

''De quelle intégrité doctrinale peut-on parler aujourd’hui, quand le magistère de son prédécesseur et le sien [celui du Préfet du Dicastère, le cardinal Víctor Manuel Fernández. Ndlr.] ont publié des documents qui, comme je vous l’ai expliqué dans mes lettres successives, s’opposent frontalement au magistère dogmatique précédent ? […] Qui peut considérer la négation de ce qui a été préalablement établi comme une clarification ? Et comment la théologie catholique, dont le fondement est la continuité organique, étant basée sur l’Écriture et la Tradition, peut-elle être construite sur une rupture ?

 

À cette fin, au cours des deux dernières années, le Dicastère a publié divers documents ; je rappelle les principaux :

>(…) la Déclaration Dignitas infinita, sur l'"infinie dignité" humaine (2 avril 2024), qui a réaffirmé la dignité infinie de chaque être humain, gravement menacée aujourd’hui, notamment par les guerres en cours et par une économie qui privilégie le profit. La thèse centrale de Dignitas infinita est l'infinité de la dignité humaine naturelle, comme déjà indiqué dans le premier point : Une dignité infinie, inaliénable et inhérente à son être, appartient à chaque personne humaine, quelles que soient les circonstances et la situation dans laquelle elle se trouve. […] [S]i la dignité humaine est déjà infinie en elle-même, alors que, d'une part, l'infini est une caractéristique exclusive de la divinité, comme expression de son éminence, et que, d'autre part, en raison de son incommensurabilité, rien ne peut être ajouté ni soustrait à l'infini, quel serait l'intérêt du domaine surnaturel, qui ne pourrait rien y apporter et qui, même s'il le faisait, ne ferait qu'ajouter à un caractère divin déjà naturellement présent chez l'infini lui-même ? […] Votre Sainteté, vous ayant déjà adressé une lettre exposant les affirmations bibliques et magistérielles contredites par la thèse de la dignité naturelle infinie, j'estime inutile de répéter tous les arguments. Je me contente de réaffirmer que cette thèse, contenue dans un document magistériel, n'est pas simplement une hérésie ponctuelle – bien que même un seul cas d'une telle hérésie serait dévastateur, car faillir sur un seul point de dogme équivaut à perdre la foi catholique – mais une hérésie véritablement radicale, dans la mesure où elle nie le fondement même de toute la doctrine catholique, à savoir sa nature surnaturelle. Et vous prétendez qu'un document contenant une telle aberration clarifie la doctrine de l'Église ? Franchement, tous ces mots dont vous tentez de dissimuler, sous le voile de la plus inoffensive normalité, le plus grand affront doctrinal de l'histoire, ne peuvent sonner que comme du sarcasme.

 

>La Note doctrinale Mater Populi Fidelis sur certains titres mariaux faisant référence à la coopération de Marie dans l'œuvre du salut (4 novembre 2025), qui promeut la dévotion mariale populaire, approfondit ses fondements bibliques et théologiques, et offre en même temps des clarifications précises et importantes pour la mariologie. Le document en question contient les déclarations suivantes :

 

22. Compte tenu de la nécessité d’expliquer le rôle subordonné de Marie au Christ dans l’œuvre de la Rédemption, l’utilisation du titre de Co-rédemptrice pour définir la coopération de Marie est toujours inopportune.

 

27. On ne peut parler au sens strict d’une médiation de la grâce autre que celle du Fils de Dieu incarné.

 

67. Certains titres, comme celui de Médiatrice de toutes les grâces, ont des limites qui ne facilitent pas une compréhension correcte de la place unique de Marie.

 

Le rejet des rôles de Marie comme corédemptrice et médiatrice de la grâce peut-il vraiment être attribué, selon ses propres dires, à la promotion de la dévotion mariale populaire par l'approfondissement de ses fondements bibliques et théologiques ? Comment peut-on encourager une quelconque dévotion en annulant les prières les plus chères que l'Église a toujours adressées à Marie ? Quel sens y a-t-il désormais à solliciter son intercession surnaturelle si, précisément, le don surnaturel – la grâce – n'est plus entre ses mains ?

 

Je suppose que l'objectif œcuménique de convergence avec l'aversion mariale protestante, si prononcée, a été pleinement atteint ; mais je ne cesse de m'étonner que cela soit présenté comme une diatribe enflammée contre le catholicisme le plus archaïque. C'est la même tactique ironique et trompeuse que son prédécesseur a employée, par exemple, en intitulant 'Traditiones custodes' le document qui visait précisément à restreindre drastiquement la tradition liturgique. Ce n'est d'ailleurs pas une nouveauté, car chacun sait que l'ancienne ''République démocratique allemande'' n'était pas exactement l'Allemagne démocratique ; mais que le magistère pontifical recoure à une telle supercherie verbale sournoise jette irrémédiablement le discrédit sur toute la doctrine catholique, à moins que ce magistère ne soit qu'une utopie.

 

>Enfin, la Note doctrinale "Una Caro. Éloge de la monogamie, sur la valeur du mariage comme union exclusive et appartenance réciproque (25 novembre 2025), qui explore de manière originale la nature de l’unité du mariage entre un homme et une femme.

 

De ce dernier document, je retiendrai deux points :

 

122. La personne ne peut être traitée d’une manière qui ne corresponde pas à cette dignité que l’on peut qualifier d’“infinie”, tant en raison de l’amour illimité que Dieu lui porte, que parce qu’il s’agit d’une dignité absolument inaliénable.

 

La thèse de la Dignitas infinita est expressément confirmée ; mais, premièrement, la raison de l'amour de Dieu est tout à fait inadéquate, puisque cet amour est manifestement surnaturel et par conséquent ne peut fonder une dignité purement naturelle ; et, deuxièmement, l'inaliénabilité rend cette dignité substantielle et prive de sens le péché et la damnation, puisque ni le premier ne pourrait diminuer une dignité infinie, ni celui qui possède une telle dignité ne pourrait être condamné éternellement.

 

145. Une vision intégrale de la charité conjugale ne nie pas sa fécondité, la possibilité de générer une nouvelle vie, car 'cette totalité, requise par l’amour conjugal, correspond également aux exigences d’une fécondité responsable'. L’union sexuelle, en tant que mode d’expression de la charité conjugale, doit naturellement rester ouverte à la transmission de la vie sans pour autant que cela doive être un but explicite de chaque acte sexuel.

 

Maintenant que François a approuvé l'interprétation d'Amoris Laetitia donnée par les évêques argentins, selon laquelle, lorsqu'une déclaration de nullité ne peut être obtenue, (…) un chemin de discernement demeure possible. Ainsi, s'il est reconnu que, dans un cas particulier, des limitations atténuent la responsabilité et la culpabilité (cf. 301-302), notamment lorsqu'une personne considère qu'elle tomberait dans un péché supplémentaire, en nuisant aux enfants de la nouvelle union, Amoris Laetitia ouvre la possibilité d'accéder aux sacrements de la réconciliation et de l'Eucharistie (cf. notes 336 et 351), quelle importance revêt désormais l'utilisation de méthodes contraceptives artificielles pour les époux légitimes ? Ne sommes-nous pas en train de filtrer le moucheron pour avaler le chameau ? (cf. Mt 23, 24). Ceux qui ont pris la peine de régulariser sacramentellement leur situation vont-ils se voir refuser la possibilité de participer à un processus de discernement qui prend en compte, là aussi, l'existence de limitations circonstancielles atténuant la responsabilité et la culpabilité ? Ayant accepté une morale des circonstances qui remet en cause l'objectivisme censé caractériser la morale catholique, quelles limites peut-on fixer à cette question ? Accepter la profanation du mariage par les adultères, qui peuvent désormais recevoir sacrilègement la pénitence et l'Eucharistie, tout en imposant des exigences à ceux qui sont dûment mariés, est dénué de toute logique et de toute justice, et semble même être une parodie, facilitant la tâche à ceux qui se sont égarés et entravant celle de ceux qui ont emprunté le droit chemin.

 

[…] Dans le nouveau jargon, l'hérésie éhontée est appelée ''transmission de la foi'', mais en omettant, bien sûr de dire que cette foi n'est plus catholique, car même si l'hérésie semble provenir du Saint-Siège, elle n'en reste pas moins une hérésie.

 

 

[…] La véritable rupture s'opère actuellement avec le remplacement de la doctrine dogmatique catholique par quelque chose non seulement de différent, mais même de diamétralement opposé, et c'est ce que je tiens à dénoncer publiquement par cette lettre.

 

Comme je l’ai rappelé à l’occasion du récent consistoire extraordinaire, nous voulons être une Église (…) qui proclame l’Évangile, avant tout par la puissance d’attraction.

 

Le seul fait indéniable est l'attrait ; mais, bien sûr, un attrait qui utilise les mêmes moyens que le monde, ce qui implique que cet évangile, qui occulte le surnaturel – dont nous sommes si indignes – et qui exige, comme condition inéluctable, une conversion radicale, ne peut être que le substitut auquel saint Paul faisait allusion : ''Mais si un ange venu du ciel vous annonçait un évangile différent de celui que nous vous avons annoncé, qu'il soit anathème !'' (Galates 1, 8). Sans doute, pour l'apôtre, la couleur des vêtements de l'ange importait peu, car, comme le dit le proverbe, l'habit ne fait pas le moine… ni l'ange, ni le pape. "

(Fin de citation)

 

Niwa Limbu sur X

 

"De nombreuses sources au sein de la SSPX m'ont informé que Mgr Fellay et Mgr Galarreta se rendront à une réunion en tête-à-tête entre le Père Davidé Pagliarani, Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, et le Cardinal Fernandez, Préfet du DDF."

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Lors d'un sermon dimanche 8 février, l'évêque de la Fraternité Saint-Pie-X (FSSPX) Bernard Fellay a soutenu qu'un "état de nécessité" existe clairement pour que la FSSPX puisse procéder à la consécration d'évêques sans l'approbation du Vatican.

 

''Où est passé l’esprit missionnaire aujourd’hui ? Il est mort… Pourquoi ? Parce qu’on prétend maintenant que tout le monde peut être sauvé'', s’est exclamé Son Excellence. ''Le pape François a osé dire que la pluralité des religions relève de la sagesse de Dieu. Autrement dit, Dieu voulait plusieurs religions, d’autres religions. Cela détruit la foi.''

 

 

Tout en reconnaissant que "nul ne peut juger le Saint-Siège" lors de son sermon de 38 minutes, Fellay a soutenu que le « salut des âmes » exigeait simplement que la Fraternité procède aux consécrations.

 

Le père John McFarland, de l'église Notre-Dame-des-Douleurs de Phoenix, en Arizona, a tenu des propos similaires à ceux de Fellay. Dans son homélie, disponible sur YouTube, il affirme que Léon XIV défend les enseignements du pape François, ce qui est profondément problématique.

 

Fellay a avancé d'autres arguments pour défendre les consécrations possibles, prévues pour le 1er juillet. Son Excellence a parlé d'une désorientation diabolique au sein de l'Église.

 

Le jeudi 12 février, le Père Davide Pagliarani, supérieur général de la FSSPX, doit rencontrer à Rome le cardinal Tucho Fernandez, préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi. Selon certains médias, Mgr Fellay et Mgr Alfonse de Galarreta, également de la FSSPX, seront présents à cette rencontre, information que LifeSite n'a pas confirmée.

 

Cf. https://www.lifesitenews.com/news/sspx-bishop-fellay-defends-consecration-plans-says-churchs-missionary-spirit-has-been-killed/

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10-02-2026

 

Humour

 

LE DIALOGUE FERNÁNDEZ-PAGLIARANI COMMENCE

 

Fernandez : Allez-vous ordonner des évêques ?

 

Pagliarani : "J’ai la certitude morale que c’est l’offrande que Dieu lui-même demande au milieu de la complexité concrète des limites, même si ce n’est pas encore l’idéal." (Amoris Laetitia, VIII)

 

Fernandez : Mais cela ne viole-t-il pas le droit canonique ?

 

Pagliarani : "Il est mesquin de s'arrêter à la seule question de savoir si les actions d'une personne correspondent ou non à une loi ou à une norme générale, car cela ne suffit pas pour discerner et assurer la pleine fidélité à Dieu dans l'existence concrète d'un être humain." (Amoris Laetitia)

 

Fernandez : Mais ce serait un cas de désobéissance.

 

Pagliarani : "Ce qui relève d’un discernement pratique face à une situation particulière ne saurait être érigé en norme. Cela engendrerait non seulement une casuistique insupportable, mais mettrait également en péril les valeurs qu’il convient de préserver avec une attention toute particulière." (Amoris Laetitia)

 

Fernandez : N'avez-vous pas peur de pécher ?

 

Pagliarani : "En raison de circonstances atténuantes, il est possible que, au milieu d'une situation objective de péché — qui peut ne pas être subjectivement coupable ou ne pas l'être pleinement — on puisse vivre dans la grâce de Dieu, aimer et progresser dans la vie de grâce et de charité, en recevant pour cela l'aide de l'Église." (Amoris Laetitia)

 

Fernandez : Prétendez-vous faire le bien en dehors du cadre juridique de l'Église ?

 

Pagliarani : "La vie de l’Église s’écoule par de nombreux canaux autres que les canaux normatifs." (Fiducia supplicans)

 

Fernandez : Enfin, n'avez-vous pas peur de vous séparer de la véritable Église ?

 

Pagliarani : "S’ils se mettent à argumenter – “ma religion est plus importante que la tienne”, “la mienne est la vraie, la tienne ne l’est pas” – où tout cela nous mène-t-il ? Où ? Que quelqu’un réponde : où ? [Quelqu’un répond : 'À la destruction.'] Et c’est bien le cas. Toutes les religions sont un chemin vers Dieu. Je fais une comparaison : elles sont comme différentes langues, différentes expressions, pour y parvenir. Car Dieu est Dieu pour tous. Et puisque Dieu est Dieu pour tous, nous sommes tous enfants de Dieu. 'Mais mon Dieu est plus important que le tien !' Est-ce vrai ? Il n’y a qu’un seul Dieu, et nos religions sont des langues, des chemins pour atteindre Dieu. L’un est sikh, l’autre musulman, hindou, chrétien ; ce sont des chemins différents. Compris ?" (François à Singapour, septembre 2024)

 

Fernandez : Bon, ça suffit pour aujourd’hui. Embrasse-moi.

 

Pagliarani : Non, merci.

 

CfHenry von Blumenthal

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L'erreur commise par la FSSPX que Rome peut exiger qu'elle corrige

 

InfoVaticana

 

par Miguel Escrivá | 10 février 2026

 

Si Rome souhaite que le dialogue avec la Fraternité Saint-Pie-X soit plus qu'une simple mise en scène, un point concret, clairement défini et pleinement contraignant doit être abordé publiquement. Il ne s'agit pas tant de la reconnaissance de la crise ecclésiale, désormais de facto admise même par les autorités romaines, ni du débat interminable sur l'interprétation du Concile Vatican II, dont la dimension pastorale et la réception controversée ne constituent plus un tabou institutionnel. Ce que Rome doit légitimement exiger de la FSSPX, c'est la correction d'une grave erreur pastorale : empêcher de fait les fidèles de remplir leur obligation dominicale en assistant à une messe valide promulguée par l'Église, et ce, au nom de la défense de la tradition.

 

Dans la pratique courante de la FSSPX, une idée claire se dégage de ses conséquences, même si elles sont parfois formulées implicitement : lorsque les fidèles ont accès à la messe traditionnelle en latin, la participation à la messe selon le rite romain (Novus Ordo) ne remplit pas l’obligation dominicale ; et lorsqu’ils n’y ont pas accès, ils sont dispensés d’y assister. Il ne s’agit pas d’une préférence liturgique ni d’une exhortation ascétique. C’est un jugement moral qui place les fidèles dans une situation objective de péché grave pour avoir obéi à l’autorité de l’Église.

 

C’est là le nœud du problème. L’obligation dominicale est impérative sous peine de péché mortel. Affirmer, explicitement ou implicitement, qu’une messe valide, célébrée selon un rite promulgué par le Pontife romain, ne suffit pas à remplir cette obligation, revient à ébranler la certitude morale des fidèles. Dès lors, l’obéissance à l’Église cesse d’être une garantie suffisante pour demeurer en état de grâce. Les fidèles sont alors contraints de soumettre le droit canonique à un jugement antérieur extérieur à la hiérarchie, et l’autorité pastorale perd sa capacité objective d’imposer.

 

Mais les dégâts ne s'arrêtent pas là. Cette position affaiblit en fin de compte la doctrine catholique sur l'efficacité objective de la grâce sacramentelle. La tradition de l'Église a toujours été claire : la messe agit ex opere operat . Son efficacité ne dépend ni du contexte, ni du climat spirituel, ni de la justesse subjective des participants. La grâce n'est pas fragile. Ce qui est fragile, c'est l'humanité, et c'est pourquoi nous avons besoin des sacrements. Introduire l'idée que le contexte puisse neutraliser la grâce à ce point revient à inverser la logique traditionnelle : le sacrement cesse d'être un remède et devient un danger.

 

Cette approche trouve son origine dans un contexte historique compréhensible. Dans les années 1970 et 1980, alors que le paysage liturgique était objectivement bouleversé et que la messe traditionnelle en latin semblait menacée, une approche pastorale de retrait a pu se développer instinctivement, marquée par une crainte légitime de sa disparition. Mais ce contexte n'est plus d'actualité. Aujourd'hui, une réalité ecclésiale est incontestable : le biritualisme. Des centaines de milliers de fidèles ont découvert la messe traditionnelle en latin à travers le Novus Ordo. Non pas contre lui, mais grâce à lui. Ils sont venus à la tradition non par rupture, et ils vivent naturellement dans les deux rites.

 

[…] Par conséquent, l’erreur la plus grave n’est pas d’ordre doctrinal abstrait, mais d’ordre pastoral concret : empêcher explicitement les fidèles d’assister à une messe valide pour accomplir un commandement grave de l’Église. C’est ce point que Rome doit exiger. Il ne s’agit pas d’une concession idéologique, mais d’une exigence minimale de cohérence théologique. Tant que persistera l’idée que l’obéissance à l’Église ne suffirait pas à éviter le péché mortel, le problème ne sera ni disciplinaire ni canonique, mais bien théologique.

 

Dans ce contexte, la rencontre entre le cardinal Víctor Manuel Fernández et le supérieur général Davide Pagliarini révèle un point de convergence évident. Rome peut et doit demander à la Fraternité de revenir sur cette position pastorale spécifique. Cet engagement acquis, la question se pose différemment. L’acceptation des évêques ne constituerait alors pas une concession doctrinale, mais une mesure prudente de continuité sacramentelle, notamment dans le contexte d’urgence objective créé par Traditionis Custodes. Cette situation exceptionnelle existe, et la nier serait faire preuve de naïveté.

 

Mais rien de tout cela ne saurait se justifier tant que persiste une approche pastorale qui, au nom de la protection des fidèles, les empêche d'accéder à la grâce. La tradition n'a pas besoin de cette crainte. Elle n'en a probablement jamais eu besoin. Mais aujourd'hui, elle en a plus que jamais besoin. (Fin de citation)

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Comment Rome devrait-elle réagir aux consécrations épiscopales prévues par la FSSPX ? Le liturgiste de renommée internationale Dom Alcuin Reid propose une approche calme et pragmatique à suivre. Son ouvrage principal, ''Le développement organique de la liturgie'' (Ignatius, 2005), avait été préfacé par le cardinal Joseph Ratzinger.

 

''On hésite à ajouter sa voix au flot de commentaires qui a suivi l'annonce, somme toute prévisible, de la consécration de nouveaux évêques par la Fraternité Saint-Pie-X (FSSPX) le 1er juillet. Trop de propos tenus n'ont fait que raviver de vieux préjugés et exacerber les divisions. 'On y est encore', entend-on bien trop souvent. On imagine aisément les soupirs similaires dans les couloirs et les bureaux des dicastères concernés du Saint-Siège : 'Tiens, encore des excommunications', etc.

 

Une telle approche fataliste est indigne et inacceptable. Comme l'écrivait un pape érudit en 2007 : ''En se penchant sur le passé, sur les divisions qui, au cours des siècles, ont déchiré le Corps du Christ, on a constamment l'impression qu'aux moments critiques où ces divisions se manifestaient, les responsables de l'Église n'ont pas fait assez pour maintenir ou retrouver la réconciliation et l'unité. On a l'impression que les omissions de l'Église ont porté une part de responsabilité dans le durcissement de ces divisions. Ce regard porté sur le passé nous impose aujourd'hui une obligation : celle de tout mettre en œuvre pour permettre à tous ceux qui désirent véritablement l'unité de demeurer dans cette unité ou de la retrouver.''

 

Nous vivons assurément un moment historique. Le 1er juillet 2026 pourrait être un moment amer où les divisions s'aggraveraient pour des décennies – une répétition désastreuse du fiasco de 1988 – ou bien l'occasion de se réjouir d'une réconciliation historique renforçant l'unité et la communion des fidèles catholiques du monde entier, consolidant la crédibilité du témoignage de l'Église et amplifiant son impact missionnaire.

 

Ce que beaucoup ignorent, c'est le réel besoin pastoral de la FSSPX en nouveaux évêques, plus jeunes. Avec plus de 730 prêtres, plus de 260 séminaristes, diverses communautés religieuses et près de 800 églises ou chapelles à travers le monde, ainsi qu'un grand nombre de fidèles, qui a considérablement augmenté pendant la période de suspension du ministère par de nombreuses paroisses traditionnelles en raison de la Covid-19, et encore davantage après la mise en œuvre pastoralement désastreuse du motu proprio Traditiones Custodes de 2021, la Fraternité a besoin de plus d'évêques pour les confirmations, les ordinations, les professions et autres fonctions pontificales. Ses deux évêques actuels ne sont plus assez jeunes ni assez nombreux pour répondre à ces besoins pastoraux croissants et aux déplacements constants qu'ils impliquent.

 

Nous aurions tort de considérer les consécrations épiscopales annoncées comme une manœuvre politique ou une tentative d'embellir les liturgies de la Fraternité Saint-Pie-X. La Fraternité Saint-Pie-X est convaincue, à juste titre, de leur nécessité pour la vie sacramentelle des fidèles catholiques qui s'adressent à elle. Ses évêques œuvrent avec un dévouement exceptionnel et sont de véritables missionnaires, animés par le salut des âmes, et non par leur propre confort ou leur intérêt personnel.

 

Il s'agit là d'une profonde question de conscience pour eux, et il est difficile, à vrai dire, de les contredire lorsque des évêques, voire des papes et des cardinaux, font parfois tout leur possible pour fermer des apostolats utilisant les rites liturgiques traditionnels pour la messe et les sacrements, et lorsque des séminaires et des maisons religieuses se vident et ferment les uns après les autres. Les exigences d'obéissance aveugle, telles que celles qui sont adressées à la Compagnie de Jésus depuis les années 1970, sont tout simplement inacceptables : le revirement du pape François concernant les mesures généreuses prises par le pape Benoît XVI a accru leurs craintes et confirmé leur méfiance envers l'autorité.

 

De même, la perspective d'une rencontre fructueuse entre le Supérieur général de la FSSPX et l'actuel Préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi – célèbre pour avoir participé à la rédaction d'Amoris Laetitia, pour la déclaration controversée autorisant les bénédictions spontanées pour les couples de même sexe (Fiducia Supplicans. Ndlr.) et pour le récent document, totalement inutile et contre-productif, sur le rôle de la Vierge Marie dans notre Rédemption – est difficile à croire. Si, comme l'a suggéré le porte-parole du Vatican, « cette rencontre [doit] être l'occasion d'un dialogue informel et personnel, susceptible d'aider à identifier des instruments de dialogue efficaces pouvant mener à des résultats positifs », il nous faudra un véritable miracle.

 

Mais nous croyons aux miracles. Et nous avons un nouveau pape, qui a souvent et clairement parlé de l'importance et de la nécessité de l'unité dans l'Église. Il n'a pas insisté sur l'« uniformité » (les mensonges à ce sujet, propagés par certains responsables de la Curie concernant la liturgie, ont été suffisamment dénoncés), mais sur cette unité qui est le fruit de la profession commune de la foi une, sainte, catholique et apostolique, et qui se vit dans la communion hiérarchique avec et sous l'autorité de Pierre et de ses successeurs.

 

C’est donc un moment crucial pour le Saint-Père. Car lui seul peut faire pleinement valoir son autorité pour des mesures qui renforcent l’unité de l’Église à l’égard de la FSSPX en ce moment critique de l’histoire – comme l’a fait le pape saint Jean-Paul II en 1988, comme l’a fait Benoît XVI tout au long de son pontificat, et comme l’a fait le pape François en leur accordant les facultés de confesser et de célébrer des mariages.

 

Le Saint-Père devra sans doute faire preuve d'innovation, car certains membres de sa Curie, par leur rigidité et leur étroitesse d'esprit, s'opposeront systématiquement à toute réconciliation. Le Pape pourrait certainement trouver un cardinal ou un évêque compétent et le charger d'œuvrer avec zèle à la régularisation canonique de la Fraternité. De tels hommes existent. Ce qu'il faut, c'est la volonté de mettre l'autorité au service de cette unité si ardemment désirée.

 

Certes, cela impliquerait que la Fraternité fasse confiance au Pape, et elle a, hélas, des raisons d'hésiter à cet égard. Sa Sainteté lui-même devrait agir pour panser cette plaie, par la parole et par les actes.

 

De même, ceux qui ne voient aucune place pour la FSSPX dans une ''Église synodale'' devraient finalement admettre que la ''synodalité'' n'est pas une caractéristique de l'Église du Christ et qu'elle ne relève pas de la nature de la foi catholique. Ils devraient également reconnaître que continuer d'exclure ces catholiques serait en réalité le rejet ultime de leur propre prétention à l'''inclusivité''. Les catholiques conservateurs ou dits ''traditionnels'' devraient eux aussi mettre de côté leur mépris pour les actes de désobéissance matérielle passés de la Fraternité et accueillir à nouveau les frères prodigues avec une charité et une joie véritablement évangéliques.

 

C’est une demande exigeante, mais nous croyons aux miracles, et le Saint-Père a le pouvoir de déplacer des montagnes de canons s’il le juge opportun. Notre tâche – surtout à l’approche du Carême – est de prier, de jeûner et d’œuvrer de toutes les manières possibles pour contribuer à l’édification de l’unité de l’Église en ce moment crucial de son histoire. Il est temps de célébrer la messe votive pro Ecclesia unitate et de faire offrir des messes pour cette intention. Par-dessus tout, nous devons prier et offrir des sacrifices au Saint-Père.

 

Le 1er juillet 2026 se lèvera, porteur de joie ou de tristesse ; l’Église se réjouira-t-elle de son unité renforcée avec les nouveaux évêques, peut-être même avec la participation d’un consécrateur délégué par le Pape, ou bien sera-t-elle davantage blessée par des divisions plus profondes. Iam hora est – c’est le moment d’agir.

 

Cf. Dom Alcuin Reid, Iam hora est : sur l'annonce par la FSSPX des consécrations épiscopales, The Catholic Herald, 09-02-2026

Le Saint-Siège a averti la Fraternité Saint-Pie-X (FSSPX), traditionaliste, que procéder à des ordinations épiscopales sans mandat papal "constituerait une rupture décisive de la communion ecclésiale (schisme)".

 

L’avertissement a été annoncé aujourd’hui dans un communiqué publié par le Dicastère pour la Doctrine de la Foi (DDF) à la suite d’une réunion privée dans les bureaux du dicastère entre le Supérieur général de la FSSPX, le Père Davide Pagliarani, et le Préfet du DDF, le Cardinal Victor Manuel Fernández.

Lors de cette réunion à huis clos, le cardinal Fernández a proposé un dialogue théologique structuré afin de clarifier les questions non résolues, notamment les différents niveaux d'adhésion aux textes du concile Vatican II.

 

"L’objectif de ce dialogue est de mettre en lumière, dans les sujets abordés, les conditions minimales pour la pleine communion avec l’Église catholique et, par conséquent, de définir un statut canonique pour la Fraternité, ainsi que d’autres aspects nécessitant un examen plus approfondi", indique le communiqué.

 

Le dicastère a toutefois souligné que de telles discussions ne pourront avoir lieu que si la FSSPX suspend ses consécrations épiscopales prévues, programmées pour le 1er juillet 2026.

 

La réunion a également abordé les points soulevés par la FSSPX dans des correspondances précédentes, notamment des questions sur la "volonté divine concernant le pluralisme des religions" — une référence au controversé "Document d’Abou Dhabi" de 2019 signé aux Émirats arabes unis par le pape François et le grand imam d’Al-Azhar, Ahmad Al-Tayyeb.

 

Le père Pagliarani devrait présenter la proposition du Vatican à son conseil et communiquer la réponse de la Fraternité au Dicastère pour la Doctrine de la Foi.

En cas de réponse positive, les étapes, les phases et les procédures à suivre seront établies d'un commun accord.

 

L’Église est invitée à accompagner ce processus, particulièrement dans les temps à venir, par la prière au Saint-Esprit, qui est le principal artisan de la véritable communion ecclésiale voulue par le Christ.

 

Cf. Diane Montagna

 

Trois jours avant la rencontre de ce jeudi au Saint-Office, le préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi était reçu en audience privée lundi matin 9 février par le Pape Léon XIV au Palais apostolique.


Cf. https://www.vaticannews.va/fr/vatican/news/2026-02/vatican-doctrine-de-la-foi-saint-pie-x-cardinal-fernandez-abbe.html

 

 

Selon Niwa Limbu :

 

''[...] le cardinal Fernandez avait bien 'rejeté la demande' d’évêques.

 

Il semblerait que cela provienne du cardinal Fernandez plutôt que du pape lui-même, car rien ne m'a été indiqué concernant les choix de Sa Sainteté.''

 

Cf. https://x.com/NiwaLimbu1988/status/2021996365182550521?s=20

 

"Les évêques de la Fraternité ne revendiquent pas l’exercice de la juridiction sur une Église particulière ; autrement dit, ils ne s’attribuent pas de diocèse et n’entendent pas constituer une province ecclésiastique ni une structure territoriale autonome. Ils reconnaissent ainsi ne pas avoir de mission canonique. Ils ne se présentent pas comme Ordinaires. Leur action s’inscrit dans la structure interne de la Compagnie, dont le Supérieur général est, de surcroît, un simple prêtre ; il n’est ni Ordinaire diocésain ni chef d’une Église particulière. Il n’y a donc ni dans l’intention déclarée ni dans la configuration juridique actuelle aucune prétention à constituer une hiérarchie de juridiction ''parallèle'' à celle de l’Église universelle. Cet élément distingue radicalement la situation de la Compagnie de celle, par exemple, des évêques de l’Association patriotique chinoise condamnés par Pie XII, qui furent intégrés à une structure ecclésiale alternative promue par l’État et orientée vers la réalisation d’une Église indépendante de Rome. Dans ce cas, l'ordination sans mandat pontifical servait à la création d'une hiérarchie autonome et séparée ; dans le cas de la Fraternité, en revanche, la primauté du Pontife romain est expressément reconnue et aucun pouvoir de juridiction propre, en acte, opposé à celui qui émane de lui n'est revendiqué.

 

[…] Cependant, bien que l’acte d’ordination épiscopale soit objectivement illégitime (can. 1013) et entraîne l’excommunication latae sententiae pour l’évêque consacrant et pour le consacré (can. 1387), la même loi prévoit des circonstances atténuantes. Elle stipule en effet que « l’auteur de la violation n’est pas exempté de la peine établie par la loi ou le précepte, mais la peine doit être atténuée ou remplacée par une pénitence si l’offense a été commise […] par une personne contrainte par une crainte grave, même relative, ou qui a agi par nécessité ou par grave contrainte », pourvu que « l’offense commise soit intrinsèquement mauvaise ou nuisible aux âmes » (can. 1324). Si, toutefois, une telle offense n’est pas intrinsèquement mauvaise ou nuisible, la peine est même nulle (can. 1323).

 

Il reste donc à déterminer si les ordinations épiscopales de la Compagnie sont motivées par une crainte grave, un état de nécessité ou un grave inconvénient. Attention : ces trois conditions possibles ne rendent pas un acte licite intrinsèquement contraire à la constitution hiérarchique de l’Église ; tout au plus elles peuvent affecter l’imputabilité et, par conséquent, la peine. De plus, la nécessité doit être objective, grave, proportionnée et ne peut concerner un bien susceptible d’être défendu par des moyens licites.

 

Or de fait, l’état de nécessité constitue la crise même de l’Église, reconnue comme telle ces dernières décennies par les hiérarchies ecclésiastiques elles-mêmes : il est inutile, à cet égard, de rappeler toutes les interventions du pape Benoît XVI sur la question, ni celles des nombreux prélats et théologiens qui se sont exprimés sur ce thème : Alfredo Ottaviani, Antonio Bacci, Giacomo Biffi, Carlo Caffarra, Alfons Maria Stickler, Raymond Leo Burke, Gerhard Müller, Robert Sarah, Athanasius Schneider, Joseph Edward Strickland, Marian Eleganti, Nicola Bux, etc. La liste est longue.

Il convient de noter que, à cet égard, les interventions publiques des papes ont plus de poids que celles des théologiens et des évêques agissant à titre privé. Citons-en quelques-unes.

Paul VI : Discours du 7 décembre 1968 ; Homélie du 29 juin 1972. Jean-Paul II : Discours du 11 janvier 1997 ; Discours du 21 septembre 1993 ; Encyclique Redemptoris Missio (7 décembre 1990). Cette dernière affirme notamment : « En ce nouveau printemps du christianisme, une tendance négative indéniable se dessine. L’activité missionnaire spécifiquement adressée aux nations semble s’essouffler. Des difficultés tant internes qu’externes ont affaibli l’élan missionnaire de l’Église auprès des non-chrétiens, un fait qui ne peut qu’inquiéter tous ceux qui croient en Christ. Car dans l’histoire de l’Église, le dynamisme missionnaire a toujours été un signe de vitalité, tout comme son déclin est un signe de crise de foi. »

Il convient de noter que cette liste de discours et de documents similaires n'est pas exhaustive, faute de place.

Or, cet état de nécessité réside dans la grave difficulté, voire l'impossibilité dans certains cas, de fournir aux fidèles une doctrine juste et des sacrements dignes et efficaces. Si l'on refuse d'admettre cet état de nécessité, il est difficile de ne pas reconnaître au moins la grave difficulté qu'il présente.

De plus, un tel état de nécessité objectif et grave ne concerne pas un bien défendable par des moyens licites, c’est-à-dire par l’utilisation des autres instruments prévus par la loi pour régler les différends visant à sauvegarder la foi, les mœurs et la discipline (appels aux congrégations, listes de dubia, avertissements, etc.), tout simplement parce que, durant toutes ces années, ils se sont toujours révélés infructueux. Les néo-modernistes au pouvoir ont toujours évité la confrontation directe.

À cet état de nécessité s'ajoute la vive crainte de nombreux prêtres et fidèles à travers le monde qui voient la survie de la liturgie traditionnelle menacée, notamment après le dernier consistoire extraordinaire où Arthur Roche et ses associés ont défendu le motu proprio Traditionis custodes, un texte autoritaire , et ont même implicitement encouragé une nouvelle répression des rites les plus anciens. Si la Fraternité disparaît, il est plausible de croire que Rome, entre les mains des Fernández, Viola, Roche, etc., s'emploiera à interdire totalement l'ancien missel, ou à le reléguer au rang de propriété exclusive d'instituts marginaux réduits à des réserves indiennes pratiquant la messe traditionnelle en latin, plutôt que de le considérer comme patrimoine liturgique commun et ordinaire de tous les baptisés, causant ainsi des blessures, des scandales et des conséquences encore plus graves que celles que nous avons connues jusqu'à présent. Il est inutile de rappeler, par exemple, le sort réservé à des ordres religieux tels que les Franciscains de l'Immaculée.

 

La position canonique des fidèles laïcs

Il reste à déterminer si cette peine, même atténuée, implique la gravité du péché, et si les fidèles peuvent paisiblement assister aux offices ou recevoir les sacrements administrés par les diacres, les prêtres et les évêques de la Fraternité. En l'état actuel des choses, aucun problème particulier ne semble se poser. L'Église, dans sa pratique récente, n'a jamais excommunié les fidèles qui fréquentent les chapelles de la Fraternité. De plus, selon le droit canonique, la simple réception des sacrements d'un ministre ordonné illégalement ne constitue pas en soi une adhésion formelle au schisme. Pour qu'un fidèle soit excommunié, un acte formel d'adhésion à un schisme déclaré serait requis : tel n'est pas le cas de la FSSPX, qui reconnaît l'autorité du pape Léon XIV.

 

En définitive, il semble que si le Vatican refusait les cinq ordinations à venir, nous serions confrontés à un acte illégitime qui, à proprement parler, ne devrait entraîner aucune sanction , car motivé par une crainte grave et par un état de nécessité objectif. Autrement dit, ce sont les néo-modernistes du Vatican qui contraignent la FSSPX à agir ainsi, malgré les problèmes théologico-canoniques que cela soulève.

De l'impunité à la légitimité

Nous nous demandons maintenant s'il est possible d'aller plus loin et, par conséquent, de reconnaître également la légitimité des ordinations de la FSSPX, et ce, en nous appuyant sur des arguments solides, d'abord théologico-canoniques, puis historiques. Jusqu'à présent, le débat s'est certes limité à la question de l'imputabilité et de la sanction. Cependant, une autre voie est envisageable.

[...] Comme nous l'avons dit, nous ne sommes pas confrontés à un état de nécessité subjectif, mais à un état de nécessité objectif, reconnu comme tel par l'Église enseignante et dirigeante elle-même, c'est-à-dire par les papes et les évêques, qui ont ouvertement évoqué une crise profonde de la foi, de la liturgie et de la transmission doctrinale. À cela s'ajoutent les positions convergentes des cardinaux et des évêques qui ont diagnostiqué une situation ecclésiale gravement compromise.

 

 

Si l’état de nécessité est publiquement reconnu par la hiérarchie enseignante et dirigeante, le principe suprême de l’ordre canonique dont découle toute codification et discipline, à savoir le salut des âmes, ne peut être subordonné à la simple préservation formelle de la structure juridique, et encore moins à la préservation du pouvoir personnel, sous peine de s’exposer à l’abus mentionné au début de ces articles.

Puisque le droit canonique est ordonné au salut des âmes, il ne peut imposer de manière à empêcher ce qui est nécessaire à la préservation de la foi et des sacrements. Il y aurait contradiction. Il s'ensuit que, face à un état de nécessité objectif reconnu par l'autorité même qui le crée, la loi divine qui fonde la structure hiérarchique de l'Église dispenserait de l'observance de la norme positive relative au mandat pontifical, légitimant ainsi l'acte accompli pour la sauvegarde de la foi, même lorsque l'autorité qui devrait conférer la mission canonique participe à la cause immédiate de la crise et en a connaissance.

Il y a là, de toute évidence, une tension logique : si l’autorité reconnaît formellement la crise, pourquoi n’intervient-elle pas ? La réponse est évidemment complexe et ne fera pas l’objet de la présente étude : contentons-nous de relever cette tension comme un fait établi.

De plus, l’objectivité de l’état de nécessité ne repose pas uniquement sur le jugement de l’Église doctrinale post-conciliaire, mais aussi sur celui du Magistère traditionnel, c’est-à-dire sur les déclarations infaillibles des papes et des conciles à travers les siècles. Le premier, en effet, se limite à observer l’effet ou le symptôme sans en diagnostiquer la cause ; le second, au contraire, en présentant une doctrine salutaire, indique indirectement la cause du mal, à savoir la crise actuelle. Quiconque compare ces deux jugements peut parvenir à une conception unifiée du diagnostic.

 

Précédents historiques : Wojtyła et Slipyj

Pour étayer ce qui a été dit, il peut être utile de rappeler un précédent historique significatif, tout en précisant un point méthodologique essentiel. L'histoire, en tant que telle, ne fonde ni ne réfute un principe universel ; elle peut toutefois apporter des confirmations empiriques de sa cohérence et en démontrer les conséquences dans des applications concrètes. Faire du fait historique un critère normatif reviendrait à glisser vers l'historicisme.

Cela dit, le comportement de Karol Wojtyła (futur pape Jean-Paul II) lorsqu'il était encore archevêque de Cracovie est révélateur. Dès 1965 au moins, avec son auxiliaire Juliusz Groblicki, il procéda à des ordinations sacerdotales clandestines en faveur de l'Église persécutée en Tchécoslovaquie, malgré l'interdiction faite par le Saint-Siège aux évêques clandestins de ce pays de procéder à de telles ordinations. Wojtyła n'en informa pas Rome au préalable. Il n'interpréta pas ces actes comme une contestation de l'autorité, mais comme un devoir envers les fidèles privés des sacrements. Il ne porta pas la question devant les autorités car il estimait que, dans ce cas précis, le jugement prudentiel de Rome était erroné et qu'une contestation formelle n'aurait fait qu'aggraver la situation.

Rappelons que, depuis le 9 avril 1951, par un décret général de la Suprême Congrégation du Saint-Office, la peine pour l’ordination sans mandat a été changée de la suspension à l’excommunication de plein droit, d’une manière très spéciale réservée au Siège apostolique, tant pour celui qui confère que pour celui qui reçoit la consécration (cf. Bruno F. Pighin, "Le ordinazioni episcopali senza mandato pontificio e le loro conseguenze canoniche", Ius Ecclesiae XXIV, 2012, pp. 401-420).

L’interdiction du Vatican découlait, de surcroît, d’une méfiance envers le discernement exercé par des figures telles que le cardinal Stefan Wyszyński ou le cardinal Josyf Slipyj, c’est-à-dire des pasteurs qui connaissaient directement la situation des Églises persécutées. On observe ici clairement la tension entre norme positive universelle et jugement prudentiel face à un état de nécessité.

Plus significatif encore est le cas du cardinal Josyf Slipyj (1892-1984), chef de l'Église gréco-catholique ukrainienne, dont la cause de béatification a récemment été ouverte. En 1976, il consacra trois évêques sans mandat pontifical afin d'assurer la survie de son Église clandestine sous le régime soviétique. Formellement, cet acte était contraire à la discipline en vigueur. Cependant, Paul VI, informé des faits, ne le sanctionna pas. Cette omission n'était pas une simple tolérance, mais la reconnaissance implicite du caractère exceptionnel de la situation et de la finalité salvifique de cet acte. L'un des évêques consacrés, Lubomyr Husar, fut par la suite créé cardinal par Jean-Paul II.

L’affaire Lefebvre à la lumière des précédents

Ces précédents ne constituent pas une preuve automatique de la légitimité de toute consécration sans mandat pontifical. Ils montrent cependant que, dans des circonstances de nécessité grave et objective, l'Église a concrètement reconnu que le non-respect matériel d'une norme disciplinaire peut ne pas constituer une rébellion contre l'autorité, mais une obéissance au principe fondateur de toute codification canonique, et donc, en définitive, légitime.

À la lumière de tels cas, les consécrations épiscopales de Mgr Lefebvre en 1988 ne sauraient être qualifiées de "schismatiques", d'une part parce qu'elles ne revendiquent aucune mission canonique et ne créent donc pas de hiérarchie parallèle de juridiction, et d'autre part parce qu'aucune hérésie n'y est professée. Saint Thomas d'Aquin explique pertinemment qu'il n'y a jamais de schisme sans hérésie qui le provoque, et que cette dernière est toujours plus grave que le premier, contrairement à une idée répandue aujourd'hui, même dans les milieux conservateurs. Cependant, d'un point de vue disciplinaire, schisme et hérésie sont à juste titre considérés comme deux fautes distinctes.

La question n’est pas de savoir s’il y a eu désobéissance matérielle, mais si cette désobéissance était contraire à la constitution divine de l’Église ou visait à sa préservation dans un contexte perçu comme extraordinaire. Si cette seconde interprétation est retenue, alors les ordinations épiscopales de Mgr Lefebvre en 1988 et celles qui auront lieu en 2026, possiblement sans mission canonique du pape Léon XIV (mais nous espérons qu’un accord approprié pourra être trouvé), seront considérées comme légitimes.

 

Cf. https://remnantnewspaper.com/web/index.php/articles/item/8099-sspx-bishop-ordinations-and-the-crisis-of-authority-what-rome-s-response-will-reveal

La FSSPX interroge la manière dont Rome traite ses consécrations épiscopales au vu de la situation en Chine.

 

La Fraternité Saint-Pie X (FSSPX) a ouvertement posé une question au Saint-Siège : si Rome a maintenu un accord avec la Chine concernant les nominations épiscopales, pourquoi considère-t-elle inacceptables les consécrations que la Fraternité prévoit d'effectuer le 1er juillet sans mandat papal ?

 

La question n'est pas rhétorique, elle est juridique et morale. Si le régime communiste peut imposer des évêques sans mandat papal et être considéré comme un interlocuteur légitime, selon quelle logique peut-on appliquer un critère plus strict à une fraternité qui ne renie pas les dogmes, ne prêche pas le sédévacantisme et ne répond pas à un comité central marxiste, mais plutôt à une conception – certes discutable – de la nécessité objective des sacrements ?

 

Lire : Comment empêcher la FSSPX de faire ce qui est permis au Parti communiste chinois : la doctrine de la tolérance sélective

 

Selon FSSPX News, de nombreux fidèles s'interrogent sur la manière dont un critère aussi sévère peut être appliqué à la Fraternité alors que, dans le cas chinois, le Saint-Siège a opté pour le dialogue et la négociation malgré l'intervention directe de l'État dans la vie de l'Église.

 

Le contexte de l'accord avec Pékin

Depuis 2018, le Vatican a maintenu un accord provisoire avec le gouvernement chinois sur la nomination des évêques, renouvelé par la suite jusqu'en 2028. Bien que les détails de ce pacte n'aient pas été intégralement rendus publics, il est considéré comme permettant une participation significative des autorités chinoises au processus.

 

La Fraternité sacerdotale Saint Pie X rappelle que le Parti communiste chinois, officiellement athée, exerce un contrôle strict sur les pratiques religieuses dans le pays. Malgré cela, Rome a plaidé pour le dialogue, insistant sur la nécessité d'éviter une rupture totale et de préserver autant que possible la vie catholique dans un contexte complexe.

 

La justification de la fraternité

 

S’appuyant sur ce précédent, la FSSPX affirme que son intention n’est pas d’établir une hiérarchie parallèle ni de contester l’autorité du Pape, mais d’assurer la continuité sacramentelle et la formation des prêtres conformément à la tradition doctrinale et liturgique qu’elle considère essentielle.

 

À cet égard, elle présente les consécrations prévues comme une mesure exceptionnelle en réponse à ce qu'il décrit comme une crise profonde au sein de l'Église. Selon elle, le principe suprême du droit canonique – le salut des âmes – devrait également guider l'appréciation de leur situation particulière.

 

Un débat fondamental

Au-delà de la dimension disciplinaire, la Fraternité inscrit la question dans un débat plus large sur l'interprétation de la situation ecclésiale actuelle. Selon son approche, si la gravité de la crise est reconnue, certaines mesures exceptionnelles pourraient être jugées proportionnées ; si, au contraire, la crise est minimisée, de telles mesures sont inacceptables.

 

Lire aussi : La FSSPX explique sa rencontre avec Rome et défend la nécessité de nouvelles consécrations épiscopales

 

De son côté, le Saint-Siège a réaffirmé que l'ordination d'évêques sans mandat papal constituerait une grave rupture de la communion ecclésiale

 

Cf. https://infovaticana.com/2026/02/14/la-fsspx-cuestiona-el-trato-de-roma-ante-sus-consagraciones-episcopales-frente-al-caso-de-china/

Léon XIV étend le pouvoir de sœur Simona Brambilla en la nommant au Dicastère pour les évêques, instance chargée d'étudier et de proposer les nominations épiscopales au sein de l'Église latine. Sœur Brambilla occupait depuis un an la préfecture du Dicastère pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique, une organisation au sein de laquelle elle a auparavant exercé les fonctions de secrétaire. Son nom a été associé à des approches théologiques féministes, notamment à des expressions comme ''Dieu est une femme'', qui proposent une lecture problématique du langage révélé ; la tradition théologique ayant toujours enseigné que Dieu se révèle comme Père, il ne s’agit pas d’une catégorie interchangeable dépendant des sensibilités culturelles, mais d’un fait établi transmis dans l’Apocalypse. Le bulletin du Saint-Siège précise également que le Pape a reconduit les cardinaux et prélats suivants dans leurs fonctions de membres du Dicastère pour les évêques :

 

Cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État. [qui négocia l'accord secret entre le Vatican et le PCC en 2018. Cf. https://x.com/alexsalvinews/status/1924626537170587824?s=20 

Le Cardinal Pietro Parolin participa à Davos et au Bildelberg et fut promu par le WEF. "Quelques jours avant le Conclave (de mai 2025), Giuliano Di Bernardo, franc-maçon influent et ancien Grand Maître du Grand Orient d'Italie, lui apporta un soutien.]

Cardinal Kurt Koch, préfet du dicastère pour le service de l'unité des chrétiens.

Cardinal João Braz de Aviz, préfet émérite du dicastère pour les instituts de vie consacrée.

Cardinal Sérgio da Rocha, archevêque métropolitain de São Salvador da Bahia (Brésil).

Cardinal Blase Joseph Cupich, archevêque métropolitain de Chicago (États-Unis).

Cardinal Joseph William Tobin, C.SS.R., archevêque métropolitain de Newark (États-Unis).

Cardinal Juan José Omella Omella, archevêque métropolitain de Barcelone (Espagne).

Cardinal Anders Arborelius, OCD, évêque de Stockholm (Suède).

Cardinal José F. Advincula, archevêque métropolitain de Manille (Philippines).

Cardinal Augusto Paolo Lojudice, archevêque métropolitain de Sienne-Colle di Val d'Elsa-Montalcino et évêque de Montepulciano-Chiusi-Pienza (Italie).

Cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque métropolitain de Marseille (France).

Cardinal Oscar Cantoni, évêque de Côme (Italie).

Cardinal Grzegorz Ryś, archevêque métropolitain de Cracovie (Pologne).

Cardinal José Cobo Cano, archevêque métropolitain de Madrid (Espagne).

Cardinal José Tolentino de Mendonça, Préfet du Dicastère de la Culture et de l'Éducation.

Cardinal Mario Grech, Secrétaire général du Synode.

Cardinal Arthur Roche, préfet du dicastère pour le culte divin et la discipline des sacrements.

Cardinal Lazzaro You Heung-sik, préfet du dicastère pour le clergé.

Cardinal Claudio Gugerotti, préfet du dicastère pour les Églises orientales.

Cardinal Victor Manuel Fernandez, préfet du dicastère pour la doctrine de la foi.

Cardinal Paul Emil Tscherrig, nonce apostolique.

Cardinal Rolandas Makrickas, archiprêtre de la basilique papale Sainte-Marie-Majeure.

Mgr Dražen Kutleša, archevêque métropolitain de Zagreb (Croatie).

Mgr Jorge Ignacio García Cuerva, Archevêque métropolitain de Buenos Aires (Argentine).

Mgr Felix Genn, évêque émérite de Münster (Allemagne).

Mgr Paul Desmond Tighe, secrétaire du dicastère pour la Culture et l'Éducation.

Mons. José Antonio Satué Huerto, évêque de Malaga (Espagne).

Père Donato Ogliari, OSB, abbé du monastère Saint-Paul-hors-les-Murs.

Sœur Raffaella Petrini, FSE, Présidente de la Commission pontificale pour l'État de la Cité du Vatican.

María Lía Zervino, ancienne présidente de l'Union mondiale des organisations de femmes catholiques.

La liste des noms confirme le profil de l'instance chargée de conseiller le Pape sur la nomination des évêques. Dans ce contexte, l'élargissement de la sphère d'influence de sœur Simona Brambilla consolide son poids à un moment crucial pour l'avenir de la direction de l'Église.

 

Cf. https://infovaticana.com/2026/02/14/leon-xiv-amplia-el-poder-de-brambilla-influencia-directa-en-el-nombramiento-de-obispos/

Add. 18-02-2026. 

L'évêque auxiliaire d'Astana, Mgr Athanasius Schneider, a déclaré à @RobertMoynihan qu'il n'était pas d'accord avec l'affirmation du cardinal Víctor Manuel Fernández selon laquelle les textes de Vatican II "ne peuvent être modifiés".

Sa Grâce a cité le quatrième concile du Latran (1215) comme un exemple de changement dans les conseils pastoraux. Mgr Schneider a proposé de les amener d'abord à la régularité canonique, puis à poursuivre le dialogue doctrinal.

Lisez des extraits de la transcription :

"Tout d'abord, la déclaration du cardinal Fernandez est complètement fausse parce que ce qui ne peut pas être changé ce n'est que la Parole de Dieu. Vous ne pouvez pas changer la Bible parce que c'est la Parole de Dieu".

Le Concile Vatican II, par le Pape qui l'a convoqué, Jean XXIII, a déclaré clairement : "Ce Concile est convoqué pour ne pas donner de nouveaux dogmes, pour ne pas donner de solutions aux doctrines d'une manière définie". Ce sont les paroles de Jean XXIII et dit : "Ce concile n'est convoqué que pour faire des explications, en quelque sorte catéchétiques, pour expliquer aux gens de notre temps dans le style de notre temps". C'est donc un style catéchétique, un style pastoral, de doctrines qui restent les mêmes mais la modalité, la forme d'explication, qui n'est pas un dogme, qui n'est pas un enseignement défini, mais une sorte d'explication catéchétique, pastorale, temporelle, il est, en soi, bien sûr, possible de la modifier, de l'améliorer ou de la corriger parce qu'elle n'était pas destinée à être énoncée sous une forme définie.
Il répéta : "Le Concile n'avait pas du tout l'intention de proclamer un dogme. Le Concile n'avait pas l'intention de proclamer une doctrine de lui-même de manière définitive, mais son caractère était avant tout pastoral et il doit le répéter et donc, la formulation du cardinal Fernandez est complètement erronée".

"Bien sûr, il aurait raison quand ces déclarations dans le conseil, qui sont dans lequel vous ne pouvez pas changer, ce sont les dogmes que le conseil a cités des conseils précédents".
Maintenant, je voudrais demander au cardinal Fernandez : "J'ai fait une liste de déclarations pastorales de conciles précédents qui sont inacceptables pour nous" et je lui demanderais: " Est-ce possible de les corriger ? Il devrait me concéder : "Oui". Et puis si, par exemple, le Concile œcuménique, le quatrième Concile œcuménique de Latran en 1215, si certaines déclarations de leurs expressions pastorales pouvaient être modifiées, pourquoi pas certaines expressions pastorales du Concile ? Par exemple, il y a une formulation dans le Concile œcuménique du quatrième Concile du Latran qui stipule que le peuple juif qui vit dans un pays chrétien et, par exemple, il y a une formulation dans le Concile œcuménique du quatrième Concile du Latran qui stipule que le peuple juif qui vit dans une ville chrétienne, il doit porter un signe sur ses vêtements, un signe distinctif à montrer à tous : "Je suis juif", attention. C'est une discrimination horrible qui fut aussi celle d’Hitler... Je voudrais donc demander au Cardinal Fernandez : "Cette déclaration d'un Concile œcuménique peut-elle être corrigée ?" Je suppose qu'il dirait : "Bien sûr".

Nous devons examiner honnêtement cette ambiguïté évidente et indéniable de certaines expressions du Concile.

Comme les autres conciles œcuméniques, les déclarations pastorales peuvent être modifiées. Comme je l'ai mentionné, un seul exemple, il y a plusieurs exemples dans les déclarations pastorales d'autres conciles.

"J'espère donc que la question de la Fraternité Pie X sera utile à toute l'Eglise de leur donner la possibilité, réellement, honnêtement, charitablement, pastoralement, synodalement, de donner leur contribution pour clarifier, améliorer, corriger l'ambiguïté et ce sera un service pour nous tous.... donc, je crains que ce comportement dur du Saint-Siège intransigeant et imprudent envers la question de la Fraternité Pie X ne soit préjudiciable à l’Église"

Mgr Athanasius Schneider

Cf. Niwa Limbu

Mise à jour 19.02.26 de la FSSPX :

 

La FSSPX refuse de reporter les consécrations du 1er juillet et n'accepte pas de reprendre le dialogue avec le DDF.

Le refus est cosigné par le Conseil général (y compris par les évêques Alfonso de Galarreta et Bernard Fellay, entre autres) . Il répond à une rencontre le 12 février 2026 à Rome avec le cardinal Víctor Manuel Fernández, préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi (DDF), et à la proposition publique du Saint-Siège de reprendre le dialogue théologique/doctrinal.

Cf. Niwa Limbu 

La direction de la Fraternité Saint-Pie-X a annoncé qu'elle procéderait aux ordinations épiscopales le 1er juillet, malgré l'avertissement du Vatican selon lequel le faire sans mandat papal "constituerait une rupture décisive de la communion ecclésiale (schisme)'

 

Dans une lettre datée du 18 février et adressée au préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, le cardinal Victor Manuel Fernández, suite à une rencontre la semaine précédente au Vatican, le supérieur général de la FSSPX, le père Davide Pagliarani, a déclaré que, tout en saluant l'offre du préfet du DDF de reprendre les discussions théologiques, il "ne peut accepter la perspective et les objectifs au nom desquels le Dicastère propose de reprendre le dialogue dans la situation actuelle, ni le report de la date du 1er juillet" pour procéder aux ordinations épiscopales.

Vous trouverez ci-dessous le texte traduit en français de l’anglais de la déclaration officielle publiée par la FSSPX. Ce texte est également disponible en italien, français, allemand et espagnol ici .

Réponse du Conseil général de la Fraternité Saint-Pie X au Préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, Menzingen, le mercredi des Cendres, 18 février 2026

"Très Révérende Éminence,

 

Je vous remercie tout d'abord de m'avoir reçu le 12 février et d'avoir rendu public le contenu de notre réunion, ce qui favorise une transparence parfaite dans la communication.

Je ne peux que me réjouir de l’ouverture d’une discussion doctrinale, telle qu’annoncée aujourd’hui par le Saint-Siège, pour la simple raison que je l’avais moi-même proposée il y a exactement sept ans, dans une lettre datée du 17 janvier 2019.(1) À cette époque, le Dicastère n’avait pas vraiment exprimé d’intérêt pour une telle discussion, au motif – présenté oralement – ​​qu’un accord doctrinal entre le Saint-Siège et la Fraternité Saint-Pie-X était impossible.

Pour la Société, une discussion doctrinale a toujours été – et demeure – souhaitable et utile. En effet, même en l’absence d’accord, les échanges fraternels nous permettent de mieux nous connaître, d’affiner et d’approfondir nos propres arguments, et de mieux comprendre l’esprit et les intentions qui animent les positions de notre interlocuteur – notamment son amour sincère pour la Vérité, pour le salut des âmes et pour l’Église. Cela reste vrai en tout temps pour les deux parties.

C’était précisément mon intention en 2019, lorsque j’ai suggéré une discussion dans un contexte calme et paisible, sans la pression ni la menace d’une éventuelle excommunication, ce qui aurait nui au libre dialogue – comme c’est malheureusement le cas aujourd’hui.

Cela dit, bien que je me réjouisse de la reprise du dialogue et de l’accueil positif réservé à ma proposition de 2019, je ne peux accepter ni la perspective ni les objectifs au nom desquels le Dicastère propose de reprendre le dialogue dans la situation actuelle, ni le report de la date du 1er juillet.

Je vous expose respectueusement les raisons de cela, auxquelles j'ajouterai quelques considérations complémentaires.

  1. Nous savons tous deux d'avance que nous ne pouvons être d'accord sur le plan doctrinal, notamment concernant les orientations fondamentales adoptées depuis le concile Vatican II. Ce désaccord, pour la Fraternité, ne relève pas d'une simple divergence d'opinions, mais d'un véritable problème de conscience, né d'une rupture avérée avec la Tradition de l'Église. Ce nœud complexe s'est malheureusement encore davantage inextricablement lié aux évolutions doctrinales et pastorales des pontificats récents.

    Je ne vois donc pas comment un processus de dialogue commun pourrait aboutir à déterminer ensemble ce qui constituerait "les conditions minimales pour la pleine communion avec l’Église catholique", puisque – comme vous l’avez vous-même rappelé avec franchise – les textes du Concile ne peuvent être corrigés, ni la légitimité de la réforme liturgique contestée.

  2. Ce dialogue est censé clarifier l'interprétation du Concile Vatican II. Or, cette interprétation est déjà clairement donnée dans la période post-conciliaire et dans les documents successifs du Saint-Siège. Le Concile Vatican II n'est pas un ensemble de textes ouverts à la libre interprétation : il a été reçu, développé et appliqué pendant soixante ans par les papes successifs, selon des orientations doctrinales et pastorales précises.

    Cette lecture officielle s’exprime, par exemple, dans des textes majeurs tels que Redemptor hominisUt unum sintEvangelii gaudium ou Amoris lætitia. Elle est également manifeste dans la réforme liturgique, comprise à la lumière des principes réaffirmés dans Traditionis custodes. Tous ces documents montrent que le cadre doctrinal et pastoral dans lequel le Saint-Siège entend inscrire toute discussion est déjà fermement établi.

  3. On ne saurait ignorer le contexte du dialogue proposé aujourd’hui. Nous attendons depuis sept ans une réponse favorable à la proposition de discussion doctrinale formulée en 2019. Plus récemment, nous avons écrit à deux reprises au Saint-Père : d’abord pour solliciter une audience, puis pour exposer clairement et respectueusement nos besoins et la situation concrète de la Fraternité.

    Pourtant, après un long silence, ce n’est qu’à l’évocation des consécrations épiscopales qu’une offre de reprise du dialogue est faite, ce qui apparaît comme une manœuvre dilatoire et conditionnelle. En effet, la main tendue pour ouvrir le dialogue s’accompagne malheureusement d’une autre main déjà prête à imposer des sanctions. On parle de rupture de communion, de schisme (2) et de "graves conséquences". De plus, cette menace est désormais publique, créant une pression difficilement compatible avec un désir sincère d’échanges fraternels et de dialogue constructif.

  4. De plus, il ne nous semble pas possible d'entamer un dialogue visant à définir les conditions minimales de la communion ecclésiale, car cette tâche ne nous incombe pas. Au fil des siècles, les critères d'appartenance à l'Église ont été établis et définis par le Magistère. Ce qu'il faut croire pour être catholique a toujours été enseigné avec autorité, dans une fidélité constante à la Tradition.

    Nous ne voyons donc pas comment ces critères pourraient faire l’objet d’un discernement commun par le dialogue, ni comment ils pourraient être réévalués aujourd’hui de manière à ne pas correspondre à ce que la Tradition de l’Église a toujours enseigné – et que nous désirons observer fidèlement en notre lieu.

  5. Enfin, si un dialogue est envisagé en vue d’élaborer une déclaration doctrinale que la Fraternité puisse accepter concernant le Concile Vatican II, nous ne pouvons ignorer les précédents historiques des efforts déployés en ce sens. J’attire votre attention sur le plus récent : le Saint-Siège et la Fraternité ont mené un long dialogue, entamé en 2009, particulièrement intense pendant deux ans, puis poursuivi de manière plus sporadique jusqu’au 6 juin 2017. Durant toutes ces années, nous avons cherché à parvenir à ce que le Dicastère propose aujourd’hui.

    Pourtant, tout s’est finalement terminé de manière radicale, avec la décision unilatérale du cardinal Müller, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, qui, en juin 2017, a solennellement établi, à sa manière, "les conditions minimales pour la pleine communion avec l’Église catholique", incluant explicitement l’ensemble du Concile et la période post-conciliaire.(3) Cela montre que, si l’on persiste dans un dialogue doctrinal trop forcé et manquant de sérénité, à long terme, au lieu d’obtenir un résultat satisfaisant, on ne fait qu’aggraver la situation.

Ainsi, partant du constat partagé que nous ne pouvons nous entendre sur aucun point de doctrine, il me semble que le seul point sur lequel nous pouvons nous accorder est celui de la charité envers les âmes et envers l'Église.

En tant que cardinal et évêque, vous êtes avant tout un pasteur : permettez-moi de m’adresser à vous en cette qualité. La Compagnie est une réalité objective : elle existe. C’est pourquoi, au fil des années, les Souverains Pontifes ont pris acte de cette existence et, par des actes concrets et significatifs, ont reconnu la valeur du bien qu’elle peut accomplir, malgré sa situation canonique. C’est aussi la raison de notre conversation aujourd’hui.

Cette même Fraternité vous demande seulement de pouvoir continuer à œuvrer pour le bien des âmes auxquelles elle administre les saints sacrements. Elle ne vous demande rien d’autre : ni privilèges, ni même régularisation canonique, laquelle, dans la situation actuelle, est impossible en raison des divergences doctrinales. La Fraternité ne peut abandonner les âmes. Le besoin des sacrements est un besoin concret et immédiat pour la survie de la Tradition, au service de la Sainte Église catholique.

Nous sommes d’accord sur un point : aucun de nous ne souhaite rouvrir de vieilles blessures. Je ne reviendrai pas ici sur tout ce que nous avons déjà exprimé dans la lettre adressée au pape Léon XIV, dont vous avez directement connaissance. Je tiens simplement à souligner que, dans la situation actuelle, la charité est la seule voie véritablement viable.

Au cours de la dernière décennie, le pape François et vous-même avez abondamment plaidé pour une écoute attentive et une compréhension des situations atypiques, complexes, exceptionnelles et particulières. Vous avez également souhaité un usage du droit toujours pastoral, souple et raisonnable, sans prétendre tout résoudre par un automatisme juridique et des cadres préétablis. Aujourd’hui, la Fraternité ne vous demande rien de plus – et surtout, elle ne le demande pas pour elle-même : elle le demande pour ces âmes, pour lesquelles, comme elle l’a déjà promis au Saint-Père, elle n’a d’autre intention que de faire de véritables enfants de l’Église romaine.

Enfin, il est un autre point sur lequel nous sommes d’accord et qui devrait nous encourager : le temps qui nous sépare du 1er juillet est un temps de prière. C’est un moment où nous implorons le Ciel d’une grâce particulière et le Saint-Siège, la compréhension. Je prie tout particulièrement pour vous le Saint-Esprit et – ne le prenez pas comme une provocation – Son Épouse très sainte, Médiatrice de toutes les grâces.

Je tiens à vous remercier sincèrement de l'attention que vous m'avez portée et de l'intérêt que vous voudrez bien porter à cette affaire.

Veuillez agréer, Très Révérende Éminence, l'expression de mes salutations les plus sincères et de ma dévotion au Seigneur.

Davide Pagliarani, supérieur général
 ; Alfonso de Galarreta, premier assistant général ;
Christian Bouchacourt, deuxième assistant général
 ; Bernard Fellay, premier conseiller général, ancien supérieur général ;
Franz Schmidberger, deuxième conseiller général, ancien supérieur général.

Cf. Diane Montagna 

La FSSPX rejette l'accusation de "schisme", écrivant :

"La société se défend contre toute accusation de schisme et, s'appuyant sur toute la théologie traditionnelle et l'enseignement constant de l'Église, soutient qu'une consécration épiscopale non autorisée par le Saint-Siège ne constitue pas une rupture de communion - à condition qu'elle ne soit pas accompagnée d'une intention schismatique ou de l'octroi d'une juridiction."

 

Cf. Michael Haynes sur X

"Si Rome n'excommunie pas simultanément les évêques allemands hérétiques, l'excommunication latae sententiae des évêques de la FSSPX n'aura guère de valeur. Que vaut le droit canonique si même Rome ne l'applique pas ?"

 

Cf. Shane Schaetzel †☧

 

L'évêque Schneider répond au cardinal Fernández

 

L'évêque auxiliaire d'Astana, au Kazakhstan, Mgr Athanasius Schneider, a contesté l'affirmation du cardinal Víctor Manuel Fernández selon laquelle les textes du concile Vatican II ne peuvent être modifiés.

Dans un entretien accordé le 17 février au journaliste Robert Moynihan, il a abordé l'impasse actuelle et critiqué vivement l'affirmation selon laquelle les textes du Concile "ne peuvent être modifiés".

[...] l’évêque Schneider a déclaré : "Premièrement, l’affirmation du cardinal Fernández est totalement erronée, car seule la Parole de Dieu est immuable. On ne peut changer la Bible, car elle est la Parole de Dieu."

Il a poursuivi : "Deuxièmement, on ne peut modifier les dogmes proclamés, qui l’ont été ex cathedra. Même si un autre pape ou concile peut, par exemple, améliorer un dogme en le clarifiant, cela est possible. Mais l’améliorer, car il ne s’agit pas de la Parole de Dieu. Même la formulation dogmatique est infaillible, mais elle n’est pas parfaite. Elle est infaillible. Elle pourrait encore être, comment dire, améliorée."

Abordant la nature du concile Vatican II, il a souligné son caractère pastoral tel que décrit par le pape Jean XXIII : "Le concile Vatican II, convoqué par le pape Jean XXIII, a clairement affirmé : “Ce concile n’est pas convoqué pour donner de nouveaux dogmes, ni pour apporter des solutions définitives aux doctrines.” »

Il a ajouté : "Ce concile n'est convoqué que pour donner des explications, en quelque sorte catéchétiques, afin d'expliquer aux gens de notre temps, dans le style de notre temps" Il a décrit cela comme "un style catéchétique, un style pastoral, de doctrines qui restent les mêmes", arguant que "la modalité, la forme d'explication, qui n'est pas un dogme, qui n'est pas un enseignement définitif, mais une sorte d'explication catéchétique, pastorale, liée à son temps, est, en soi, bien sûr, possible à modifier, à améliorer ou à corriger, car elle n'a pas été conçue pour être énoncée sous une forme définitive."

Il a indiqué que le pape Paul VI avait réaffirmé ce point après la conclusion du concile. "Le concile n'avait pas l'intention de proclamer une doctrine définitive, mais son caractère était avant tout pastoral."

L’évêque Schneider a donc conclu que "la formulation du cardinal Fernández est totalement erronée". Il a précisé que les dogmes cités par le Concile, tirés de conciles antérieurs, sont "immuables", mais que "les autres formulations, de nature pastorale, peuvent, en soi, être modifiées, améliorées, voire corrigées".

À titre d'exemple historique, il a cité le quatrième concile du Latran de 1215. Il a évoqué les dispositions imposant aux Juifs vivant dans les villes chrétiennes de porter des signes distinctifs et les sanctions liées à certains arrangements domestiques, qualifiant ces mesures de "discrimination horrible" ». Il a demandé si de telles déclarations "d'un concile œcuménique" pouvaient être corrigées, ajoutant : "Je suppose qu'il dirait : “Bien sûr.”"

L’évêque Schneider est allé plus loin, déclarant : "Nous devons examiner honnêtement ces ambiguïtés évidentes et indéniables de certaines expressions du concile", mentionnant en particulier"la soi-disant liberté religieuse, puis l’œcuménisme et la collégialité".

Concernant les négociations en cours avec la FSSPX, il a déclaré : "Nous ne pouvons pas régler cette question maintenant. Le temps nous manque." Il a proposé que Rome établisse d’abord un cadre d’intégration. "Intégrez-les. Offrez-leur une intégration minimale au sein de l’Église. L’Église est si vaste, elle a toujours su trouver des solutions."

L’intervention récente de l’évêque auxiliaire d’Astana, suite aux pourparlers entre la Fraternité et le préfet du dicastère pour la doctrine de la foi, est l’une des premières réactions épiscopales publiques à la phase actuelle des négociations.

L'analyse de l'évêque n'est pas sans fondement. Le concile Vatican II s'est explicitement abstenu de définir de nouveaux dogmes et n'a exercé aucun magistère extraordinaire ; son action était clairement pastorale. 

[...] Lors de la présentation d'un ouvrage sur l'interprétation de Vatican II, le cardinal Walter Brandmüller a souligné que les documents conciliaires possèdent différents degrés d'autorité. L'ancien président du Comité pontifical pour les sciences historiques a déclaré : "Il y a une différence considérable entre une grande constitution et de simples déclarations." Concernant les deux textes les plus souvent critiqués par la FSSPX – Dignitatis humanae sur la liberté religieuse et Nostra aetate sur les relations avec les religions non chrétiennes –, il a fait remarquer qu'ils "n'ont pas de contenu doctrinal contraignant, ce qui permet d'en dialoguer".

Cette évaluation ne diminue en rien l'importance de ces documents ; elle précise plutôt la nature de l'adhésion requise. L'absence de clarification de ces distinctions a engendré un climat où des discussions théologiques légitimes sont prises pour de la rébellion.

Pour étayer son propos, l'évêque Schneider a évoqué les mesures disciplinaires du quatrième concile du Latran concernant le port de vêtements distinctifs par les Juifs. Si cet exemple historique démontre la nature évolutive des dispositions conciliaires, la controverse actuelle porte sur l'interprétation doctrinale plutôt que sur la discipline médiévale.

La leçon est donc claire. L’unité ne sera acquise ni par des slogans sur l’immuabilité, ni par des critiques méprisantes du Concile. Elle ne viendra que d’une réflexion honnête sur la véritable nature du Concile : une autorité pastorale, inscrite dans une hiérarchie des vérités. Tant que cette nature ne sera pas comprise, la controverse avec la Fraternité restera le symptôme d’une incertitude plus profonde quant à l’enseignement de l’Église et à la manière dont ses fidèles sont appelés à écouter.

C’est dans cette perspective qu’il faut comprendre l’intervention de l’évêque. Son appel à une intégration canonique avant la résolution complète des questions doctrinales repose sur la conviction que le dialogue présuppose la communion. La pertinence de cette stratégie est discutable. Cependant, son affirmation sous-jacente – que les expressions pastorales peuvent être examinées et, si nécessaire, clarifiées – n’est pas étrangère à l’histoire de l’Église. Les conciles ont toujours nécessité une interprétation ; leur autorité n’a jamais été mécanique.

 

Cf. The Catholic Herald

Le cardinal Müller se joint au débat sur les consécrations épiscopales

 

Il poursuit son argumentation de 2017 visant à mettre en garde contre les consécrations, MAIS propose une résolution canonique.

 

La "protestation" de la FSSPX risque d’être instrumentalisée par des « groupes hérétiques » pour attaquer les catholiques fidèles.

 

Cf. Michael Haynes / Per Mariam

Pour le Cardinal Müller, "la FSSPX doit rester 'au sein de l'Église' pour avoir un 'effet positif'."

 

Dans un article en allemand publié samedi matin 21-02-26, le cardinal Müller a publié une longue réponse à l'intention de la FSSPX de consacrer de nouveaux évêques le 1er juillet.

 

préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF) de 2012 à 2017, le cardinal Müller était chargé des relations du Saint-Siège avec la Fraternité – des rencontres dont cette dernière garde un souvenir amer, comme Müller le reconnaît dans son analyse. {Le texte intégral de la déclaration de Müller se trouve ci-dessous.}

 

"Si la Fraternité Saint-Pie X souhaite avoir une influence positive sur l’histoire de l’Église, elle ne peut défendre la vraie foi à distance, en dehors de l’Église, contre l’Église unie au Pape, mais seulement au sein de l’Église, avec le Pape et tous les évêques, théologiens et fidèles orthodoxes", a écrit le cardinal. "Autrement, leur protestation restera vaine et sera instrumentalisée par des groupes hérétiques pour accuser les catholiques orthodoxes de traditionalisme stérile et de fondamentalisme étriqué."

 

Müller, fervent défenseur de l'interprétation du concile Vatican II par le pape Benoît XVI, a averti que "l'histoire de l'Église nous enseigne comment les schismes, contrairement aux hérésies, sont apparus et se sont enracinés même parmi les catholiques orthodoxes".

 

Le cardinal allemand a défendu les croyances catholiques de la FSSPX, écrivant qu'il ne pouvait y avoir "aucun doute que la Fraternité Saint-Pie-X adhère à la foi catholique sur le fond (mis à part Vatican II, qu'elle interprète à tort comme une rupture avec la tradition)".

 

Mais il a critiqué leurs inquiétudes concernant le concile Vatican II, écrivant : "S’ils ne reconnaissent pas Vatican II en tout ou en partie, ils se contredisent eux-mêmes, puisqu’ils affirment à juste titre que le concile Vatican II n’a présenté aucune doctrine nouvelle sous la forme d’un dogme défini auquel tous les catholiques doivent croire."

 

La défense des documents du concile Vatican II par Müller contraste fortement avec les critiques formulées à leur encontre par la Fraternité. Pour Müller, le Concile avait "le seul but de présenter aux fidèles, de manière dogmatique et dans leur contexte général, les enseignements toujours valides concernant la révélation divine (Dei verbum) et l’Église du Dieu trinitaire (Lumen gentium). Il ne s’agissait pas non plus de réformer la liturgie comme si elle était dépassée. Contrairement au discours progressiste, l’Église n’a pas besoin de subir de traitements de rajeunissement médical comme si elle était soumise à un processus de vieillissement biologique."

 

À cela s'oppose l'argumentation de la Société concernant le Concile et les interprétations de celui-ci qui ont acquis un statut officiel. Comme indiqué dans la lettre de la Fraternité au Saint-Siège du 18 février : "Nous savons tous deux d’avance que nous ne pouvons être d’accord sur le plan doctrinal, notamment sur les orientations fondamentales adoptées depuis le concile Vatican II. Ce désaccord, pour la Fraternité, ne résulte pas d’une simple divergence d’opinions, mais d’un véritable problème de conscience, né d’une rupture avérée avec la Tradition de l’Église."

 

Müller est devenu l'un des rares cardinaux à exprimer publiquement ses inquiétudes concernant les questions doctrinales sous le pape François, ainsi que les restrictions liturgiques [de la messe tridentine. Ndlr.] émises par le biais de Traditionis Custodes. Pour le cardinal, de telles critiques des questions actuelles sont bienvenues, voire justifiées. Il a défendu le droit de "tout catholique" de "critiquer" Traditionis Custodes et "sa mise en œuvre souvent indigne par des évêques spirituellement dépassés, ainsi que leurs raisonnements théologiques erronés et leur imprudence pastorale".

 

Poursuivant son argumentation, il a soutenu que "l’on ne peut pas non plus s’attendre à ce qu’un véritable catholique accepte sans esprit critique tous les documents provenant de Rome ou d’une autorité épiscopale".

 

Mais Müller faisait la distinction entre cela et l'argument selon lequel la messe du Novus Ordo "contredit la tradition de l'Église comme critère normatif d'interprétation de la révélation (et est imprégnée d'idées maçonniques)". Cette opinion, écrivait Müller, "est théologiquement absurde et indigne d'un catholique sérieux".

 

Il a plutôt soutenu que les abus liturgiques n'étaient pas "à imputer au rite du Novus Ordo ni même au Concile, mais à ceux qui, par ignorance ou frivolité, se rendent coupables de ces blasphèmes et abus liturgiques devant Dieu et l'Église."

 

D’autres prélats, comme Mgr Athanasius Schneider, ont formulé des critiques plus approfondies que Müller à l’égard du Concile. Mgr Schneider – qui a notamment été visiteur apostolique de la FSSPX pour le Saint-Siège sous le pontificat du pape François – écrivait en 2020 : "Nous assistons aujourd’hui à l’apogée du désastre spirituel qui frappe l’Église, désastre que Mgr Lefebvre dénonçait avec tant de vigueur il y a déjà quarante ans."

 

[...] L'un des éléments qui a visiblement fait déborder le vase pour la Fraternité fut le document du cardinal Fernández, Mater Populi Fidelis, qui s'attaquait au titre marial de Co-Rédemptrice, sans toutefois le rejeter comme étant faux, car un tel argument contredirait directement l'enseignement et la Tradition de l'Église. Cette attaque doctrinale a été régulièrement citée par la Fraternité ces derniers jours, alors que les négociations entre elle et le Saint-Siège étaient rendues publiques.

 

Müller, semble-t-il, a cherché à apaiser la Société en soulignant que leurs préoccupations concernant le document sont partagées par beaucoup :

 

Les évêques orthodoxes [c'est-à-dire fidèles] se sont également offusqués de documents plus récents dans lesquels les arguments dogmatiques et pastoraux ont été confondus de manière amateur, ou lorsque des déclarations malavisées ont été faites selon lesquelles – relativisant le Christ – toutes les religions sont des chemins vers Dieu, tandis qu'en ce qui concerne Maria Co-redemptrix et Mediatrix omnium gratiarum [médiatrice de toutes frâces], la seule médiation du Christ a été insistée sans tenir compte de l'enseignement de l'Église sur la coopération de Marie dans l'œuvre de salut du Christ.

 

Cela arrive toujours lorsque les évêques accordent plus d'importance à l'appel public qu'à l'utilisation d'une théologie érudite et fidèle et à la proclamation de la Parole de Dieu et de la vérité de la foi "à temps et à contretemps" (2 Tim 4:2).

 

Mais face à cette "confusion interne" au sein de l’Église, à travers laquelle "de grandes incertitudes sur les questions dogmatiques et même des hérésies ont également pénétré l’Église", Müller a soutenu que la Fraternité devait "se soumettre" à "l’autorité enseignante et à la primauté de juridiction sans conditions préalables" du pape Léon XIV.

 

"La seule solution possible en conscience devant Dieu est que la Fraternité Saint-Pie X, avec ses évêques, ses prêtres et ses laïcs, reconnaisse notre Saint-Père le pape Léon XIV comme le pape légitime, non seulement en théorie mais aussi en pratique, et se soumette à son autorité magistérielle et à sa primauté de juridiction sans conditions préalables", a-t-il écrit.

 

Partant de ce constat, l'ancien préfet de la CDF a suggéré une solution potentielle pour la Société concernant son statut canonique :

 

"On peut alors trouver une solution juste à leur statut canonique, par exemple en accordant à leur prélat une juridiction ordinaire sur la Compagnie, lequel serait directement soumis au Pape (peut-être sans la médiation d’une autorité de la Curie). Mais ce sont là des conclusions canoniques et pratiques qui ne sont valables que si elles sont dogmatiquement conformes à l’ecclésiologie catholique." L'argument de Müller, selon lequel la FSSPX serait "hors de l'Église" si elle procédait aux consécrations épiscopales, est vivement contesté par la Fraternité elle-même, et ce depuis les consécrations de 1988.

 

Cette semaine encore, la Société a publié une tribune théologique affirmant que – en raison de la distinction entre la juridiction épiscopale et l’ordre épiscopal – les consécrations prévues le 1er juillet "n’exerceront donc aucune juridiction contraire à la volonté du Pape et ne seront en aucun cas schismatiques".

 

Cf. PerMariam / InfoCatolica

Rome Reports : Le cardinal Darío Castrillón Hoyos (1929-2018) président de la Commission pontificale Ecclesia Dei de 2000 à 2009 a déclaré : "La FSSPX a pris ses distances, mais elle n'est jamais tombée dans l'hérésie ni dans le schisme... c'est pourquoi l'excommunication a été levée."

Le père Jaime Simó, titulaire d’un doctorat en études thomistes, en droit et en sciences sociales, et bientôt en théologie sacrée, est directeur de la bibliothèque diocésaine de Majorque et professeur au Centre d’études théologiques de Majorque. Il a publié ce point de vue sur la FSSPX :

 

1. Les lefebvristes commettront-ils un péché mortel avec ces consécrations épiscopales ?

— Non, pas du tout.

 

2. N'est-ce pas un acte schismatique ?

— Non, formellement, ce n'est pas le cas.

 

3. Pourquoi n'est-ce pas formellement ainsi ?

— Car, pour qu’un "schisme parfait" se produise, il faut une intention claire de commettre un acte schismatique et d’établir, avec les nouveaux évêques, une juridiction hiérarchique parallèle à celle de l’Église catholique romaine. Or, en l’espèce, rien de tout cela ne se produira.

 

4. Cela pourrait-il au moins constituer un acte de désobéissance ?

— Oui, en effet, du moins matériellement, puisque Rome ne souhaite pas que de telles consécrations aient lieu.

 

5. Alors, commettent-ils un péché mortel par désobéissance ?

—Non plus, car en l’espèce, l’intention de l’autorité de la FSSPX, des consécrateurs et des futurs consacrés semble juste. Ils invoquent "l’état de nécessité", qui justifierait une "désobéissance matérielle". À cet égard, nous n’avons aucune raison objective de douter de leur conscience ni de leur intention droite, qui est le bien des âmes qu’ils assistent.

 

6. Mais l'excommunication aura lieu "latae sententiae", c'est-à-dire automatiquement et immédiatement, n'est-ce pas ?

D'un point de vue canonique, oui, mais, à mon humble avis, une telle excommunication serait nulle et non avenue. Je crois qu'il existe des raisons théologiques et juridico-philosophiques suffisantes pour conclure ainsi, même si je sais que de nombreux canonistes seront en désaccord d'un point de vue purement légaliste. Cependant, je pense que, outre l'"état de nécessité" invoqué comme raison fondamentale, la "raison formelle" justifiant l'imposition d'une telle peine est erronée, puisqu'il n'y a aucune intention objective de schisme formel, et qu'aucune juridiction parallèle ne sera créée, je le répète.

 

7. L'archevêque Lefebvre a-t-il été condamné à l'excommunication ?

— Oui, comme ces évêques le recevront certainement, mais leur excommunication était également nulle, puisque, sur le plan surnaturel du Corps mystique, cet évêque n'a jamais cessé d'être en communion avec l'Église.

 

8. Que voulez-vous dire par là ?

L’essence de la communion est triple : doctrinale, sacramentelle et hiérarchique. Je crois donc que Mgr Lefebvre et, par extension, la FSSPX, n’ont nié aucune de ces trois dimensions essentielles de la communion ecclésiale.

 

9. La FSSPX est-elle en communion doctrinale ?

— Bien sûr, elle n’a pas cessé d’enseigner ce que l’Église a toujours cru.

 

10. Mais les lefebvristes ne remettent-ils pas toujours en question les documents du concile Vatican II ?

— Ils n’apportent pas une réforme totale, comme on le croit généralement, étant donné que leurs textes contiennent des éléments qui font partie du "depositum fidei", mais ils abordent, dans un esprit critique, certaines questions "délicates", sur lesquelles la discussion théologique est légitime.

 

11. Comment peux-tu dire une chose aussi ridicule ?

— Je peux le dire parce que la "nature" même du Concile me le permet.

 

12. Que voulez-vous dire par là ?

Je tiens à préciser que Vatican II était un concile de nature pastorale, non dogmatique, et qu'il ne jouissait donc pas du charisme de l'infaillibilité, car il n'a jamais été question de définir ou de condamner quoi que ce soit de manière infaillible ; telle fut la décision expresse de la majorité des Pères conciliaires. Cependant, après le concile, malgré cette nature pastorale, certains ont tenté d'en faire un superdogme...

 

13. Un superdogme ? C’est irrespectueux. Pourquoi utilisez-vous le discours de Lefebvre ?

— J’utilise en fait les mots mêmes de Joseph Ratzinger, qui, lors d’une visite aux évêques du Chili (1988), a utilisé ces mêmes termes.

 

14. D’autre part, est-il vrai que la FSSPX est en communion sacramentelle ?

— Ses sacrements sont non seulement valides, mais ils sont célébrés selon les rites traditionnels que l'Église utilise depuis des temps immémoriaux.

 

15. Mais il est clair que la FSSPX n'est pas en communion hiérarchique, n'est-ce pas ?

Bien que sa situation institutionnelle soit irrégulière et imparfaite du point de vue canonique, la Fraternité Saint-Pie-X continue de reconnaître le pape de Rome comme le pasteur suprême de l’Église universelle. De fait, elle reconnaît et respecte également la juridiction de tous les évêques du monde catholique.

 

16. Donnez-moi une preuve de ce que vous dites ?

— Dans chaque messe de la FSSPX, sans exception, le prêtre nomme, dans le "canon missae", le pape et l’évêque local.

 

17. N'est-ce pas un argument très faible ?

— Par Dieu, certainement pas. La manifestation la plus formelle et publique de la reconnaissance hiérarchique se produit précisément lors de la Sainte Messe, et plus précisément dans le canon.

 

18. Êtes-vous un lefebvrien ou un sympathisant lefebvrien ?

— Ni l'un ni l'autre, monsieur ; je fais ce que je veux. Je suis simplement catholique et, à ce titre, j'ai un esprit critique, c'est-à-dire la bonne habitude d'user de raison et de discernement.

 

19. Mais il semble que vous soyez d'accord avec tout ce que dit la FSSPX ?

— Non. Je ne partage pas certains points de vue et certaines opinions, mais ils sont, à mon sens, secondaires et accessoires. Sur les points essentiels, je suis entièrement d'accord avec la Fraternité et, par conséquent, je ne contribuerai pas à sa diabolisation publique injuste et disproportionnée.

 

20. Pouvez-vous me dire ce qui est essentiel ?

— Ce qui est « essentiel », c’est son « universalité ». Point final.

 

21. Mais la « tendance » des lefebvristes ne vous inquiète-t-elle pas ?

Je suis surtout préoccupé par la horde d'hétérodoxes, de blasphémateurs et de sacrilèges qui pullulent, notamment en Allemagne. Je suis également troublé par le deux poids, deux mesures apparent des autorités ecclésiastiques en matière de sanctions et de censure.

 

22. Alors, quelle solution voyez-vous au problème lefebvrien actuel ?

— Premièrement, je crois que Rome devrait faire preuve de bienveillance et accepter formellement la consécration de ces futurs évêques, tout en reconnaissant les fruits spirituels de l’apostolat de la FSSPX. Je crois que ce serait un véritable geste de miséricorde et de sagesse ; les deux ne sont pas incompatibles.

 

23. N’avez-vous pas peur d’être critiqué pour ces opinions ? Non, car je suis prêtre de l’Église catholique, non pasteur d’une secte, et par conséquent, avec tout le respect que je dois à Dieu, je peux et dois exercer, dans ma vie de foi, la véritable liberté des enfants de Dieu.

 

Cf. Dr Jaime Mercant Simó

Mgr Athanasius Schneider lance un appel empreint de respect et de charité fraternelle à notre Saint-Père le pape Léon XIV

L’évêque Athanasius Schneider a lancé le 24 février 2026 un appel au pape Léon XIV suite à l’annonce de la Fraternité Saint-Pie-X (FSSPX) selon laquelle elle procédera à des consécrations épiscopales, malgré les avertissements du Vatican selon lesquels cela "constituerait une rupture décisive de la communion ecclésiale (schisme)".

Intitulé "Appel fraternel au pape Léon XIV pour construire un pont avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X" et publié en exclusivité par Diane Montagna, l'évêque auxiliaire d'Astana appelle à la générosité pastorale et à l'unité ecclésiale à un moment qu'il décrit comme décisif pour la future relation entre le Saint-Siège et la Fraternité sacerdotale traditionnelle.

Mgr Schneider a déjà été visiteur du Vatican auprès des séminaires de la FSSPX, ce qui lui a permis d'acquérir une connaissance directe des structures, de la direction et des fidèles de la Fraternité. 

Extraits: 

''Les priorités au sein de la vie de l'Église sont inversées, érigeant la dimension canonique et juridique – autrement dit, un certain positivisme juridique – en critère suprême. […] Dans ce débat, de nouveaux quasi-dogmes, absents du Dépôt de la foi, sont établis. Ces quasi-dogmes affirment que le consentement du pape à la consécration d'un évêque est de droit divin et qu'une consécration effectuée sans ce consentement, voire contre une interdiction papale, constitue en soi un acte schismatique. Or, la pratique et la compréhension de l'Église, tant à l'époque des Pères de l'Église que pendant une longue période ultérieure, s'opposent à cette conception. De plus, il n'existe pas d'opinion unanime sur ce point parmi les théologiens reconnus de la tradition bicentenaire de l'Église. Des siècles de pratique ecclésiale, ainsi que le droit canonique traditionnel, s'opposent également à de telles affirmations absolutisantes. Selon le Code de droit canonique de 1917, une consécration épiscopale effectuée contre la volonté du pape n'était pas punie d'excommunication, mais seulement de suspension. Par là, l'Église a clairement manifesté qu'elle ne considérait pas un tel acte comme schismatique.

 

[… ] [U]ne conception réductrice qui assimile la désobéissance à un ordre papal à un schisme – même en cas de consécration d'un évêque contre son gré – était étrangère aux Pères de l'Église et au droit canonique traditionnel. Par exemple, en 357, saint Athanase désobéit à l'ordre du pape Libère, qui lui enjoignait d'entrer en communion hiérarchique avec l'immense majorité de l'épiscopat, laquelle était en réalité arienne ou semi-arienne. Il fut alors excommunié. Dans ce cas précis, saint Athanase a désobéi par amour pour l'Église et pour l'honneur du Siège apostolique, cherchant précisément à préserver la pureté de la doctrine de tout soupçon d'ambiguïté.

 

Au cours du premier millénaire de l'histoire de l'Église, les consécrations épiscopales se faisaient généralement sans autorisation papale formelle, et les candidats n'étaient pas tenus d'obtenir l'approbation du pape. Le premier règlement canonique sur les consécrations épiscopales, édicté par un concile œcuménique, fut celui de Nicée en 325, qui exigeait qu'un nouvel évêque soit consacré avec le consentement de la majorité des évêques de la province. Peu avant sa mort, durant une période de confusion doctrinale, saint Athanase choisit et consacra personnellement son successeur, saint Pierre d'Alexandrie, afin de s'assurer qu'aucun candidat inapte ou faible n'accède à l'épiscopat. De même, en 1977, le Serviteur de Dieu, le cardinal Josyf Slipyj, consacra secrètement trois évêques à Rome sans l'approbation du pape Paul VI, pleinement conscient que ce dernier ne le permettrait pas en raison de l'Ostpolitik alors en vigueur au Vatican. Lorsque Rome eut connaissance de ces consécrations secrètes, la peine d'excommunication ne fut cependant pas appliquée.

 

 

[…] La crise actuelle liée aux consécrations épiscopales annoncées – mais non encore approuvées – au sein de la FSSPX expose, aux yeux de toute l’Église, une plaie qui couve depuis plus de soixante ans. Cette plaie peut être comparée à un cancer ecclésial, plus précisément au cancer ecclésial des ambiguïtés doctrinales et liturgiques.

 

Récemment, un excellent article a paru sur le blog Rorate Caeli, d'une rare clarté théologique et d'une grande honnêteté intellectuelle, sous le titre : 'La longue ombre de Vatican II : l'ambiguïté comme cancer ecclésial' (Canon de Shaftesbury : Rorate Caeli, 10 février 2026 ). Le problème fondamental de certaines déclarations ambiguës du Concile Vatican II réside dans le fait que ce dernier a privilégié un ton pastoral à la précision doctrinale. On ne peut qu'approuver l'auteur lorsqu'il affirme : 'Le problème n’est pas que Vatican II ait été hérétique. Le problème, c’est son ambiguïté. Et c’est dans cette ambiguïté que nous avons vu germer les germes de la confusion, qui ont donné naissance à certains des développements théologiques les plus troublants de l’histoire moderne de l’Église. Lorsque l’Église s’exprime en termes vagues, même involontairement, ce sont des âmes qui sont en jeu.' L'auteur poursuit : 'Lorsqu’un développement doctrinal semble contredire ce qui a précédé, ou lorsqu’il nécessite des décennies de gymnastique théologique pour se réconcilier avec l’enseignement magistériel antérieur, nous devons nous demander : s’agit-il d’un développement, ou d’une rupture déguisée en développement ?' (Chanoine de Shaftesbury : Rorate Caeli, 10 février 2026).

 

On peut raisonnablement supposer que la FSSPX ne désire rien de plus que d'aider l'Église à sortir de cette ambiguïté doctrinale et liturgique et à retrouver sa clarté salvatrice et éternelle, tout comme le Magistère de l'Église, sous la conduite des Papes, l'a fait sans équivoque tout au long de l'histoire après chaque crise marquée par la confusion et l'ambiguïté doctrinales.

 

En réalité, le Saint-Siège devrait être reconnaissant envers la FSSPX, car elle est actuellement quasiment la seule entité ecclésiastique majeure à dénoncer ouvertement et publiquement l'existence d'éléments ambigus et trompeurs dans certaines déclarations du Concile et du Novus Ordo Missae. Dans cette démarche, la FSSPX est guidée par un amour sincère pour l'Église : si elle n'aimait pas l'Église, le Pape et les âmes, elle n'entreprendrait pas cette œuvre, ni ne dialoguerait avec les autorités romaines – et sa vie serait sans aucun doute plus facile.

 

Les paroles suivantes de l'archevêque Marcel Lefebvre sont profondément émouvantes et reflètent l'attitude de la direction actuelle et de la plupart des membres de la FSSPX :

 

'Nous croyons en Pierre, nous croyons au Successeur de Pierre ! Mais comme le dit si bien le pape Pie IX dans sa constitution dogmatique, le pape a reçu le Saint-Esprit non pour créer de nouvelles vérités, mais pour nous maintenir dans la foi de tous les temps. Telle est la définition du pape donnée par Pie IX lors du premier concile Vatican I. C’est pourquoi nous sommes persuadés qu’en conservant ces traditions, nous manifestons notre amour, notre docilité, notre obéissance au Successeur de Pierre. Nous ne pouvons rester indifférents face à la dégradation de la foi, des mœurs et de la liturgie. C’est hors de question ! Nous ne voulons pas nous séparer de l’Église ; au contraire, nous voulons qu’elle continue !' [L'autorité existe pour préserver le dépôt de la foi, pas pour imposer un nouvel Evangile. Ndlr.]

 

Si quelqu'un considère ses difficultés avec le Pape comme l'une de ses plus grandes souffrances spirituelles, cela prouve sans équivoque l'absence d'intentions schismatiques. Les véritables schismatiques se vantent même de leur séparation du Siège apostolique. Jamais ils n'imploreraient humblement le Pape de reconnaître leurs évêques.

 

En quoi les paroles suivantes de l'archevêque Marcel Lefebvre sont-elles véritablement catholiques ?

 

'Nous le regrettons infiniment, c’est une immense douleur pour nous, de penser que nous sommes en difficulté avec Rome à cause de notre foi ! Comment est-ce possible ? C’est quelque chose qui dépasse l’entendement, que nous n’aurions jamais dû pouvoir imaginer, que nous n’aurions jamais dû pouvoir croire, surtout dans notre enfance – alors que tout était uniforme, que toute l’Église croyait en son unité générale et professait la même foi, les mêmes sacrements, le même sacrifice de la messe, le même catéchisme.'

 

Il nous faut examiner avec honnêteté les ambiguïtés manifestes concernant la liberté religieuse, l’œcuménisme et la collégialité, ainsi que les imprécisions doctrinales du Novus Ordo Missae. À cet égard, il convient de lire l’ouvrage récemment paru de l’archimandrite Boniface Luykx, consultant conciliaire et éminent liturgiste, intitulé avec éloquence 'Une vision plus large de Vatican II. Souvenirs et analyse d’un consulteur conciliaire'.

 

Comme l'a dit G.K. Chesterton : 'En entrant dans l'Église, on nous demande d'ôter notre chapeau, non notre tête.' Ce serait une tragédie si la FSSPX était complètement exclue, et la responsabilité d'une telle division incomberait avant tout au Saint-Siège. Le Saint-Siège devrait accueillir la FSSPX, en lui offrant au moins un minimum d'intégration ecclésiale, puis poursuivre le dialogue doctrinal. Le Saint-Siège a fait preuve d'une générosité remarquable envers le Parti communiste chinois, en lui permettant de choisir des candidats à l'épiscopat ; pourtant, ses propres enfants, les milliers de fidèles de la FSSPX, sont traités comme des citoyens de seconde zone.

 

La FSSPX devrait être autorisée à apporter une contribution théologique afin de clarifier, compléter et, le cas échéant, corriger les passages des textes du Concile Vatican II qui soulèvent des doutes et des difficultés doctrinales. Il convient également de tenir compte du fait que, dans ces textes, le Magistère de l’Église n’a pas entendu se prononcer par des définitions dogmatiques empreintes d’infaillibilité (cf. Paul VI, Audience générale , 12 janvier 1966 ).

 

La FSSPX prononce exactement la même Professio fidei que celle des Pères du Concile Vatican II, connue sous le nom de Professio fidei tridentino-vaticane. Si, selon les paroles explicites du pape Paul VI, le Concile Vatican II n'a présenté aucune doctrine définitive, ni n'a eu l'intention de le faire, et si la foi de l'Église demeure la même avant, pendant et après le Concile, pourquoi la profession de foi valable dans l'Église jusqu'en 1967 ne serait-elle plus considérée comme une marque de la véritable foi catholique ?

 

Pourtant, la profession de foi tridentine-vaticane est jugée insuffisante par le Saint-Siège pour la FSSPX. Cette profession de foi ne constituerait-elle pas, en réalité, le minimum requis pour la communion ecclésiale ? Si tel n’est pas le cas, qu’est-ce qui, honnêtement, pourrait constituer un minimum ? La FSSPX est tenue, comme condition sine qua non, de prononcer une profession de foi par laquelle elle accepte les enseignements pastoraux, et non définitifs, du dernier concile et du magistère subséquent. Si telle est véritablement cette prétendue 'exigence minimale', alors le cardinal Victor Fernández semble jouer avec les mots !

 

Le pape Léon XIV a déclaré, lors des vêpres œcuméniques du 25 janvier 2026, à la clôture de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, qu’une unité existe déjà entre catholiques et chrétiens non catholiques, car ils partagent le minimum de la foi chrétienne : 'Nous partageons la même foi en un seul Dieu, le Père de tous les hommes ; nous confessons ensemble un seul Seigneur et vrai Fils de Dieu, Jésus-Christ, et un seul Esprit Saint, qui nous inspire et nous pousse à la pleine unité et au témoignage commun de l’Évangile' ( Lettre apostolique In Unitate Fidei, 23 novembre 2025, p. 12). Il a ajouté : 'Nous sommes un ! Nous le sommes déjà ! Reconnaissons-le, vivons-le et rendons-le visible !'

 

Comment cette déclaration peut-elle être conciliée avec l'affirmation faite par des représentants du Saint-Siège et certains hauts dignitaires du clergé selon laquelle la FSSPX n'est pas doctrinalement unie à l'Église, étant donné que la FSSPX professe la Professio fidei des Pères du Concile Vatican II — la Professio fidei tridentine-vaticane ?

 

L’octroi de nouvelles mesures pastorales provisoires à la FSSPX pour le bien spirituel de tant de fidèles catholiques exemplaires témoignerait profondément de la charité pastorale du Successeur de Pierre. Ce faisant, le pape Léon XIV ouvrirait son cœur paternel à ces catholiques qui, d’une certaine manière, vivent en marge de l’Église, leur permettant de ressentir que le Siège apostolique est véritablement une Mère, y compris pour la FSSPX.

 

Les paroles du pape Benoît XVI devraient éveiller la conscience de ceux qui, au Vatican, décideront d'autoriser les consécrations épiscopales pour la FSSPX. Il nous rappelle :

 

'En repensant au passé, aux divisions qui, au cours des siècles, ont déchiré le Corps du Christ, on a constamment l’impression qu’aux moments critiques où ces divisions se manifestaient, les responsables de l’Église n’ont pas fait assez pour maintenir ou retrouver la réconciliation et l’unité. On a l’impression que les omissions de l’Église ont porté une part de responsabilité dans le durcissement de ces divisions. Ce regard sur le passé nous impose aujourd’hui une obligation : celle de tout mettre en œuvre pour que tous ceux qui désirent véritablement l’unité puissent y demeurer ou la retrouver.' ( Lettre aux évêques à l’occasion de la publication de la Lettre apostolique 'motu proprio data' Summorum Pontificum sur l’usage de la liturgie romaine avant la réforme de 1970 , 7 juillet 2007)

 

'Peut-on rester totalement indifférent à une communauté qui compte 491 prêtres, 215 séminaristes, 6 séminaires, 88 écoles, 2 instituts universitaires, 117 frères religieux, 164 sœurs religieuses et des milliers de fidèles laïcs ? Devons-nous les laisser s’éloigner de plus en plus de l’Église ? Et la grande Église ne devrait-elle pas, elle aussi, se montrer généreuse, consciente de son immense étendue, consciente de la promesse qui lui a été faite ?' ( Lettre aux évêques de l’Église catholique concernant la levée de l’excommunication des quatre évêques consacrés par Mgr Lefebvre , 10 mars 2009).

 

Des mesures pastorales provisoires et minimales pour la FSSPX, entreprises pour le bien spirituel de ses milliers de fidèles à travers le monde – y compris un mandat pontifical pour les consécrations épiscopales – permettraient de créer les conditions nécessaires pour dissiper sereinement les malentendus, les questions et les doutes d’ordre doctrinal suscités par certaines déclarations des documents du Concile Vatican II et du Magistère pontifical subséquent. Parallèlement, ces mesures offriraient à la FSSPX l’opportunité de contribuer de manière constructive au bien de toute l’Église, tout en maintenant une distinction claire entre ce qui relève de la foi divinement révélée et de la doctrine définitivement proposée par le Magistère, et ce qui, ayant un caractère essentiellement pastoral dans des circonstances historiques particulières, est donc ouvert à une étude théologique approfondie, comme cela a toujours été la pratique au sein de l’Église.

 

Soucieux de l’unité de l’Église et du bien spirituel de tant d’âmes, je lance un appel empreint de respect et de charité fraternelle à notre Saint-Père le pape Léon XIV :

 

Très Saint-Père, accordez le mandat apostolique pour les consécrations épiscopales de la FSSPX. Vous êtes aussi le père de vos nombreux fils et filles – deux générations de fidèles qui, jusqu'à présent, ont été pris en charge par la FSSPX, qui aiment le Pape et qui aspirent à être de véritables fils et filles de l'Église romaine. Aussi, tenez-vous à l'écart des partis pris et, avec un grand esprit paternel et un esprit véritablement augustinien, montrez que vous bâtissez des ponts, comme vous l'avez promis devant le monde entier lors de votre première bénédiction après votre élection. Ne laissez pas l'histoire de l'Église vous marquer comme celui qui a échoué à construire ce pont – un pont qui aurait pu être bâti en ce moment véritablement providentiel, avec une volonté généreuse – et qui, au contraire, a permis une division supplémentaire, inutile et douloureuse, au sein de l'Église, alors même que se déroulaient des processus synodaux se targuant d'une ampleur pastorale et d'une inclusivité ecclésiale maximales. Comme Votre Sainteté l’a récemment souligné : 'Engageons-nous à développer davantage les pratiques synodales œcuméniques et à partager entre nous qui nous sommes, ce que nous faisons et ce que nous enseignons (cf. François, Pour une Église synodale, 24 novembre 2024)' (Homélie du pape Léon XIV, Vêpres œcuméniques pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, 25 janvier 2026).

 

Très Saint-Père, si vous accordez le mandat apostolique pour les consécrations épiscopales de la FSSPX, l'Église de notre temps n'y perdra rien. Vous serez un véritable bâtisseur de ponts, et plus encore, un bâtisseur de ponts exemplaire, car vous êtes le Souverain Pontife, Summus Pontifex.

 

+ Athanasius Schneider, évêque auxiliaire de l'archidiocèse de Sainte-Marie d'Astana

 

24 février 2026

 

Cf. https://dianemontagna.substack.com/p/exclusive-bishop-schneider-appeals

L'évêque Heiner Wilmer de Hildesheim a été élu à la tête de la conférence des évêques d'Allemagne. Un partisan de la voie synodale, il a pris un ton spirituel ; plus tôt, le nonce pontifical a averti que la réforme peut conduire au schisme.

Catholic News Agency sur X

L'évêque Heiner Wilmer de Hildesheim a été élu mardi président de la Conférence des évêques allemands, succédant à l'évêque Georg Bätzing de Limbourg à la tête de ce puissant organe épiscopal pour un mandat de six ans.

Interrogé sur la possibilité que le Vatican approuve les statuts d'une conférence synodale permanente proposée en Allemagne, Wilmer s'est dit "confiant", soulignant que le pape François et le pape Léon XIV avaient tous deux affirmé que la synodalité était une forme fondamentale de la vie de l'Église. L’organisme proposé représente la dernière version des plans visant à établir un organe permanent en Allemagne à la suite de ce processus controversé , après des interventions répétées du pape François et du Vatican . Cette élection intervient alors que les évêques devraient voter, lors de la même assemblée plénière, sur les statuts de l'organe proposé, qui accorderait aux laïcs un droit de vote égal à celui des évêques sur les questions de gouvernance de l'Église. Le Vatican a exprimé à plusieurs reprises ses inquiétudes concernant cette proposition.

L'évêque a voté conformément à la Voie synodale, l'événement de 2019-2023 qui a adopté des résolutions appelant à la bénédiction des unions homosexuelles et d'autres changements qui ont suscité de vives critiques de la part de Rome et des conférences épiscopales du monde entier

>l'idéologie transgenre: la modification des registres de baptême pour qu'ils correspondent au genre auto-identifié

>une formation obligatoire pour les prêtres et les employés de l'Église sur la question de la diversité de genre

>l'ordination de femmes

Selon le National Catholic Register, Wilmer a également été envisagé — mais finalement non choisi — par le pape François fin 2022 pour diriger le Dicastère pour la doctrine de la foi.

Le nonce a mis en garde contre le risque de schisme

La veille de l'élection de Wilmer, le nonce apostolique en Allemagne, l'archevêque Nikola Eterović, a adressé un message aux évêques contenant une mise en garde explicite contre les réformes susceptibles d'entraîner des divisions.

Lors d'une conférence de presse lundi, le président sortant Bätzing a défendu la voie synodale allemande, déclarant qu'il y a "des points sur lesquels je crois que nous pouvons changer l'enseignement de l'Église pour le bien des gens sans toucher au cœur de ce qui est catholique". Il affirmait que la morale sexuelle de l'Église était "dans une large mesure inefficace" car les fidèles catholiques "laissent tomber et vivent leur vie". [Il est sûr qu'avec de tels pasteurs les fidèles ont de vrais modèles à suivre ! Ndlr.]

Cf. https://www.ewtnnews.com/world/europe/german-bishops-choose-synodal-way-backer-as-new-leader

Le chanoine de Shaftesbury pour Rorate Caeli le 10/02/2026 : ''La longue ombre de Vatican II : ''l'ambiguïté comme cancer de l'Église''

 

''Le concile Vatican II (1962-1965) compte parmi les événements les plus marquants de l'histoire de l'Église catholique. Convoqué par saint Jean XXIII pour ouvrir les fenêtres de l'Église sur le monde moderne, il a produit seize documents abordant tous les sujets, de la liturgie à la liberté religieuse. Pourtant, plus de soixante ans après, le concile demeure une source de profondes controverses, non pas tant pour ses enseignements explicites que pour les points restés obscurs. Le problème n'est pas que Vatican II ait été hérétique, mais qu'il ait été ambigu. Et c'est dans cette ambiguïté que sont nés les germes de la confusion, qui ont donné naissance à certains des développements théologiques les plus troublants de l'histoire moderne de l'Église. Lorsqu'un concile peut être interprété de manière à sembler contredire deux mille ans d'enseignement constant, c'est que quelque chose a gravement déraillé. Il ne s'agit pas d'un argument contre les conciles œcuméniques ou le développement doctrinal légitime, mais d'un plaidoyer pour la clarté. Car lorsque l'Église s'exprime en termes vagues, même involontairement, ce sont des âmes qui sont en jeu.

 

La nature du problème : l’ambiguïté comme rupture

 

Vatican II s'est présenté comme un concile pastoral, et non dogmatique. Cette distinction est importante. Les Pères conciliaires affirmaient ne pas définir de nouveaux dogmes, mais plutôt exprimer des vérités éternelles d'une manière accessible au monde moderne. Cela paraît noble et louable. Mais voici le problème : privilégier le ton pastoral à la précision doctrinale, c'est risquer de dire des choses qui sonnent bien, mais qui signifient… quoi, au juste ?

 

Prenons l’expression 'subsiste dans' tirée de Lumen Gentium. Le Concile a déclaré que l’Église du Christ 'subsiste dans' l’Église catholique, plutôt que d’utiliser la formulation traditionnelle selon laquelle l’Église du Christ 'est' l’Église catholique. Depuis lors, les théologiens débattent de la signification exacte de 'subsiste dans'. Suggère-t-elle que l’Église du Christ existe, de manière imparfaite, au sein d’autres communautés chrétiennes ? Ou s’agit-il simplement d’une façon plus nuancée d’exprimer ce que les catholiques ont toujours cru ? Le fait que ce débat persiste soixante ans plus tard en dit long sur les dangers de l’ambiguïté.

 

Le cardinal Ratzinger et le cardinal Betti ont tous deux défendu cette expression en arguant qu'elle expliquait les manifestations de la grâce en dehors de l'Église. Certes, on peut affirmer que certaines manifestations de la grâce se produisent hors de la communion visible de l'Église catholique. Cependant, cette expression recèle aussi des sources de confusion, car, pour un œil non averti, elle tend à minimiser le rôle de l'Église comme seule institution fondée par le Christ. Peut-être qu'au moment du Concile, une autre expression aurait été plus appropriée pour expliquer cela, sans risquer cette ambiguïté.

 

Les défenseurs du Concile soutiennent que ce type de langage représente un développement doctrinal légitime au sens où le concevait saint John Henry Newman : un déploiement organique de la vérité fidèle au dépôt de la foi. Or, pour Newman, un développement authentique impliquait la préservation du type, la continuité des principes et la cohérence logique avec l’enseignement antérieur. Lorsqu’un 'développement' semble contredire ce qui a précédé, ou lorsqu’il exige des décennies de contorsions théologiques pour se concilier avec l’enseignement magistériel antérieur, il convient de se demander : s’agit-il d’un développement, ou d’une rupture déguisée en développement ?

 

Le problème est particulièrement flagrant dans Dignitatis Humanae, la déclaration du Concile sur la liberté religieuse. Ce document affirme que toute personne a droit à la liberté religieuse et que l'État ne doit contraindre personne en matière de religion. À première vue, cela semble raisonnable, voire évident pour nos oreilles modernes. Mais cela pose un problème majeur lorsqu'on le met en parallèle avec les enseignements pontificaux antérieurs.

 

Il convient toutefois de noter que l'Église catholique, contrairement à d'autres religions, ne recourt pas à la conversion par la force. Le problème réside ici encore dans la formulation et les difficultés d'interprétation et d'ambiguïté qu'elle engendre. Sous un certain angle, le texte de Dignitatis Humanae se heurte aux problèmes soulevés par le pape Grégoire XVI dans Mirari Vos (1832), où les idées, si elles ne sont pas explicitées avec soin par une subtile pirouette linguistique, conduisent à l'indifférentisme critiqué par le pape.

 

Ceci est réaffirmé dans le Syllabus des erreurs (1864) du pape Pie IX, où, condamnant l'indifférentisme et le latitudinarisme, il réfute l'idée que 'tout homme est libre d'embrasser et de professer la religion qu'il jugera vraie à la lumière de la raison » (n° 15). Or, il ne s'agissait pas d'entretiens informels ou de remarques prises à la légère. Non, c'étaient des déclarations papales solennelles sur des questions de foi et de morale.

 

Que s'est-il donc passé lors du concile Vatican II ? L'Église a-t-elle soudainement réalisé que Grégoire XVI et Pie IX avaient eu tort ? La vérité a-t-elle changé ? Ou bien Dignitatis Humanae est-elle compatible avec l'enseignement antérieur d'une manière qui nécessite des explications approfondies ?

 

Le père John Courtney Murray, l'un des principaux architectes et commentateurs de Dignitatis Humanae, a reconnu le problème. Il a admis que le document représentait un développement doctrinal qui 'reste à être expliqué par le magistère'. C'est un problème sérieux. L'un des auteurs du document lui-même a reconnu qu'il nécessitait des éclaircissements supplémentaires pour démontrer sa continuité avec la tradition. Ce n'est pas une simple remarque ; c'est l'aveu que le Concile a laissé une question doctrinale en des termes très ambigus.

 

Le problème n'est pas seulement théorique. Si l'Église peut revendiquer ce qui semble être un 'droit à l'erreur' en matière religieuse (comme le prétendent les critiques de Dignitatis Humanae ), qu'advient-il de son enseignement traditionnel selon lequel l'erreur n'a pas de droits, seules les personnes en ont ? Faute de clarté sur ce point, on aboutit à une incohérence théologique : affirmer à la fois que l'Église catholique détient la plénitude de la vérité et que l'erreur religieuse mérite une protection, voire un encouragement. L'ambiguïté de Dignitatis Humanae a ouvert la boîte de Pandore. Dès lors qu'on suggère que l'État doit traiter toutes les religions avec neutralité, il devient très difficile de soutenir que le catholicisme est la seule vérité susceptible d'influencer la vie publique. Le document a tenté de trouver un juste milieu, mais le fil glisse constamment.

 

Certains défendent Dignitatis Humanae, arguant, selon une certaine perspective, que ce document aborde des questions différentes des enseignements pontificaux antérieurs. Cependant, cette interprétation se heurte à un obstacle majeur : la confusion engendrée par ce document a conduit nombre de personnes, même au sein de l’Église, à remettre en question le rôle unique de l’Église dans le salut.

 

En définitive, l'interprétation repose sur la question de savoir précisément ce que les documents antérieurs condamnaient et si Dignitatis Humanae aborde la même question ou une question différente. Le père Murray revendiquait une continuité avec la tradition tout en reconnaissant l'évolution de la compréhension de la dignité humaine et des limites de la coercition étatique, tandis que d'autres, comme Yves Congar, considéraient ce document comme fondamentalement en rupture avec les enseignements pontificaux antérieurs.

 

Si Vatican II a semé les graines de l'ambiguïté, les décennies qui ont suivi nous en ont montré les conséquences. Le langage ambigu du Concile a été interprété de manière de plus en plus radicale, souvent par des personnes se réclamant de l''esprit de Vatican II' (une expression qui devrait tirer la sonnette d'alarme, puisqu'elle admet implicitement que la lettre de Vatican II est ambiguë !).

 

Nous l'avons constaté dans la liturgie, où l'appel du Concile à une 'participation active' et l'autorisation des langues vernaculaires sont en quelque sorte devenus un prétexte pour démanteler le culte traditionnel et le remplacer par des guitares folk et des bannières en feutre.

 

Nous l'avons constaté en ecclésiologie, où l'accent mis par le Concile sur l'Église comme 'Peuple de Dieu' a été utilisé pour minimiser l'autorité hiérarchique et promouvoir des processus démocratiques qui n'ont pas leur place dans la tradition catholique.

 

Nous l'avons constaté dans l'activité missionnaire de l'Église, où le respect du Concile pour les autres religions s'est transformé en un relativisme de fait qui remet en question la nécessité même de se convertir au catholicisme.

 

Mais c’est peut-être dans les récentes déclarations papales, et notamment celles du pape François, que la trajectoire qui mène de l’ambiguïté à la confusion a été la plus manifeste.

 

En 2016, le pape François a publié Amoris Laetitia, une exhortation apostolique sur le mariage et la vie de famille. Une grande partie de ce document contient de belles réflexions sur l'amour, le mariage et la famille. Mais une section, le chapitre 8, et plus particulièrement la note 351, a déclenché une vive polémique qui perdure encore aujourd'hui. Au cœur de cette ambiguïté se trouve la question suivante : les catholiques divorcés et remariés civilement (qui n'ont pas obtenu d'annulation de leur mariage et restent donc validement mariés à leur premier conjoint aux yeux de l'Église) peuvent-ils recevoir la sainte communion ? L'enseignement de l'Église est clair depuis deux millénaires : non. Pourquoi ? Parce que recevoir la communion en état de péché grave objectif (ce qu'est l'adultère) profane l'Eucharistie et porte atteinte à l'âme du communiant.

 

Mais Amoris Laetitia semble suggérer que, dans certains cas, après un discernement avec un pasteur, ces couples pourraient être admis aux sacrements. Le langage employé est, comme à son habitude, vague et ambigu. Le pape François a parlé d’'intégration' et d’'accompagnement', et de la nécessité d’éviter une application 'rigide' des normes morales. L’implication était suffisamment claire pour que les conférences épiscopales du monde entier interprètent le document différemment : certaines affirmant qu’il n’avait pas changé, tandis que d’autres estimaient que les catholiques divorcés et remariés pouvaient recevoir la communion. Le pape lui-même a refusé de clarifier la situation lorsque quatre cardinaux le lui ont formellement demandé par la procédure des dubia.

 

Lire : Les cardinaux des dubia reçoivent leur réponse dans une information donnée seize mois plus tard en quatre lignes !

 

Finalement, l'ambiguïté fut encore accrue par le préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, le cardinal Fernández, lorsqu'en septembre 2023 il réaffirma officiellement les directives des évêques d'Argentine. Ces directives stipulaient qu'il existe un chemin de discernement qui peut, dans certains cas, conduire aux sacrements de Pénitence et d'Eucharistie pour les catholiques divorcés et remariés civilement, même s'ils ne vivent pas dans une continence complète. Ces directives furent ensuite publiées dans les Acta Apostolicae Sedis (éditions officielles du Saint-Siège), confirmant ainsi leur importance.

 

Le problème, c'est qu'il ne s'agit pas d'un simple désaccord sur la stratégie pastorale. La question touche à l'indissolubilité du mariage : une doctrine qui remonte au Christ lui-même, qui a dit : 'Que l'homme ne sépare pas ce que Dieu a uni' (Matthieu 19,6). Si une personne validement mariée peut avoir une relation sexuelle avec une autre personne et être toujours considérée comme étant en état de grâce suffisant pour recevoir la communion, qu'advient-il de l'enseignement de l'Église sur l'adultère ? Qu'advient-il de la permanence du lien matrimonial ?

 

Le problème, encore une fois, c'est l'ambiguïté.

 

Amoris Laetitia ne rejette pas explicitement l'enseignement de l'Église sur le mariage. Cependant, son langage est suffisamment souple pour permettre des interprétations contraires. Or, lorsque différents évêques interprètent un document papal de manière contradictoire – certains autorisant la communion pour les remariés et d'autres la refusant –, l'Église ne parle plus d'une seule voix. Les fidèles se trouvent alors plongés dans la confusion, et la confusion n'est pas un don du Saint-Esprit. Enfin, sur ce point, l'interprétation du cardinal Fernández, qui préconise un discernement au cas par cas, conduit non seulement à l'ambiguïté, mais aussi à l'arbitraire et à la casuistique !

 

Cependant, l'histoire ne s'arrête pas là : en décembre 2023, le Dicastère pour la Doctrine de la Foi, avec l'approbation du pape François, a publié Fiducia Supplicans, une déclaration autorisant la bénédiction des 'couples en situation irrégulière', y compris les couples de même sexe. Le document insistait sur le fait qu'il s'agissait de bénédictions 'pastorales', et non liturgiques, et qu'elles ne constituaient pas une approbation de l'union irrégulière elle-même. Cette distinction s'est avérée trop subtile pour être comprise par la plupart des fidèles, y compris par de nombreux évêques, qui ont publiquement refusé d'appliquer le document dans leurs diocèses. Si un prêtre peut bénir un couple de même sexe, comment le catholique lambda (ou l'observateur non catholique) est-il censé comprendre que cela ne signifie pas que l'Église approuve les relations homosexuelles ?

 

L’Église enseigne, sur la base de l’Écriture et du droit naturel, que les actes homosexuels sont intrinsèquement désordonnés et que les unions entre personnes de même sexe ne peuvent être bénies car elles impliquent un engagement à commettre des actes pécheurs. La Congrégation pour la Doctrine de la Foi l’a affirmé clairement dans une réponse de 2021, approuvée explicitement par le pape François : l’Église 'n’a pas, et ne peut avoir, le pouvoir de bénir les unions de personnes de même sexe'.

 

Pourtant, deux ans plus tard, l'encyclique Fiducia Supplicans semble affirmer le contraire – ou du moins, elle exprime une idée suffisamment différente pour que les évêques du monde entier soient en désaccord sur sa signification et sur son application. Une fois de plus, l'ambiguïté engendre la confusion. Et une fois de plus, cette confusion touche à des enseignements moraux fondamentaux concernant la sexualité humaine et le mariage.

 

Cependant, le fruit le plus flagrant de cette confusion est sans doute l'indifférentisme qui s'est installé au sein de l'Église, un problème aggravé ces dernières années, même par ceux qui sont chargés de confirmer la foi. En septembre 2024, lors d'une visite apostolique à Singapour, le pape François a tenu des propos sur le pluralisme religieux qui ont semé la confusion et l'indignation, tant au sein de l'Église catholique qu'à l'extérieur. À Singapour, il a suggéré que la multiplicité des religions est un 'don' et que les différentes confessions sont autant de 'chemins vers Dieu' ou de 'langages' permettant d'atteindre le Divin. Il a encouragé le dialogue plutôt que la division et a insisté sur ce qui unit plutôt que sur ce qui divise.

 

À première vue, cela semble charitable, surtout dans une société pluraliste. Mais à y regarder de plus près, un problème sérieux se pose. Si toutes les religions sont des voies également valables vers Dieu, pourquoi le Christ a-t-il ordonné à ses apôtres d’'aller et de faire des disciples de toutes les nations' (Matthieu 28:19) ? Pourquoi Pierre a-t-il déclaré qu’'il n’y a de salut en aucun autre, car il n’y a sous le ciel aucun autre nom donné parmi les hommes par lequel nous devions être sauvés' (Actes 4:12) ? Pourquoi d’innombrables missionnaires ont-ils sacrifié leur vie pour apporter l’Évangile à ceux qui ne connaissaient pas le Christ, si les gens empruntaient déjà des voies parfaitement valables vers Dieu à travers leurs religions respectives ?

 

La position catholique traditionnelle est claire : si des éléments de vérité et de bonté peuvent se trouver dans d’autres religions (comme le reconnaît Vatican II dans Nostra Aetate), la plénitude de la vérité n’existe que dans l’Église catholique, et le salut vient par Jésus-Christ. D’autres religions peuvent contenir des vérités partielles qui peuvent préparer à l’Évangile, mais elles ne constituent pas des voies de salut équivalentes.

 

Pourtant, les propos du pape François à Singapour laissent entendre autre chose, ou du moins, ils sont suffisamment ambigus pour qu'on puisse les interpréter autrement. Ses défenseurs affirment qu'il soulignait simplement que Dieu peut agir à travers différentes cultures et que nous devons respecter les personnes d'autres confessions. Soit. Mais le langage qu'il a employé va au-delà du respect et s'apparente à de l'indifférentisme : l'idée qu'une religion vaut l'autre.

 

Ce problème n'était pas nouveau chez le pape François. Il avait déjà tenu des propos similaires, notamment dans le Document sur la Fraternité humaine de 2019, signé avec le Grand Imam d'Al-Azhar, qui affirmait que 'le pluralisme et la diversité des religions' sont 'voulus par Dieu dans Sa sagesse'. Cette phrase avait suscité une telle controverse que le Vatican avait fini par publier une clarification, elle-même assez ambiguë, laissant entendre que Dieu permettait la diversité religieuse plutôt que de la vouloir activement.

 

Mais voilà le problème : si les déclarations du Pape sur le pluralisme religieux nécessitent des clarifications répétées, et si ces clarifications elles-mêmes suscitent le débat, c’est que les déclarations initiales étaient trop ambiguës. Lorsque le Vicaire du Christ s’exprime sur des questions touchant à l’unicité du Christ et à la nécessité de l’Église pour le salut, nous avons besoin de clarté, non de subtilité.

 

La désorientation de l'ambiguïté doctrinale

 

Sœur Lucie de Fatima, l'une des voyantes qui ont assisté aux apparitions de la Vierge Marie en 1917, évoquait, vers la fin de sa vie, une désorientation diabolique qui affectait l'Église. S'il convient d'être prudent face aux révélations privées, cette expression décrit parfaitement ce qui se produit lorsque l'ambiguïté doctrinale règne : les gens sont désorientés, incapables de discerner le vrai sens de la foi. Cela est particulièrement vrai en Amérique et en Europe occidentale.

 

Le diable n'a pas besoin de convaincre l'Église de promulguer officiellement l'hérésie. Il lui suffit de semer suffisamment de confusion pour que les gens ne puissent plus distinguer le vrai du faux, ou qu'ils perdent confiance en la capacité de l'Église à enseigner de manière définitive. Dès lors, chaque catholique devient son propre magistère, choisissant les enseignements qu'il souhaite accepter selon ses préférences personnelles ou les modes du moment.

 

C’est précisément ce à quoi nous assistons. Certains catholiques progressistes invoquent Vatican II, Amoris Laetitia et le pape François pour justifier leurs positions sur des sujets aussi variés que le divorce, l’homosexualité ou l’indifférence religieuse. D’autres catholiques, quant à eux, se réfèrent à l’enseignement magistériel antérieur à Vatican II et insistent sur le fait que rien ne peut être changé, ni n’a changé. Les deux groupes se réclament de la tradition catholique et peuvent s’appuyer sur des documents de l’Église qui semblent conforter leur position. Résultat ? Division, confusion et affaiblissement du témoignage moral de l’Église dans le monde. Et c’est là le véritable problème : la confusion des fidèles.

 

Le problème s'aggrave : lorsque les fidèles constatent des désaccords entre évêques sur l'interprétation des documents pontificaux, ou des papes semblant contredire leurs prédécesseurs, ils perdent confiance en l'autorité doctrinale de l'Église. Et lorsqu'ils perdent confiance dans le Magistère, ils sont livrés à eux-mêmes pour discerner la vérité, ce qui ressemble étrangement au protestantisme, et c'est précisément ce à quoi l'Église catholique était censée apporter une solution.

 

Et n'oublions pas qu'il ne s'agit pas d'un exercice théorique. L'ambiguïté doctrinale a des conséquences bien réelles pour les âmes. Prenons l'exemple d'un catholique divorcé et remarié qui apprend d'un prêtre qu'il peut communier après un discernement, mais d'un autre qu'il ne le peut pas. Qui doit-il croire ? S'il suit l'interprétation permissive et communie en état de péché mortel, il commet un sacrilège et se perd. S'il suit l'interprétation stricte alors que l'interprétation permissive est la bonne, il se coupe inutilement de la source et du sommet de la vie chrétienne.

 

Prenons l'exemple d'un catholique attiré par les personnes du même sexe qui entend le pape affirmer que Dieu l'a créé et l'aime (ce qui est vrai), mais qui interprète cela (ce qui n'est pas déraisonnable, compte tenu du principe de Fiducia Supplicans) comme signifiant que sa relation homosexuelle fait partie du plan de Dieu pour lui et peut être bénie par l'Église. S'il poursuit une relation homosexuelle sexuellement active en croyant que ce n'est pas un péché, il s'engage dans une grave erreur morale qui met son salut en péril.

 

Imaginez un catholique, dans un pays pluraliste, qui entend le pape affirmer que toutes les religions sont des dons et des chemins vers Dieu. S'il en conclut que l'œuvre missionnaire est arrogante ou que ses amis non chrétiens n'ont pas besoin d'entendre parler de Jésus, il renie la Grande Mission et risque de plonger des personnes dans l'ignorance spirituelle.

 

Il ne s'agit pas de scénarios hypothétiques. Ces situations se produisent quotidiennement. Et elles se produisent parce que les pasteurs de l'Église n'ont pas su s'exprimer avec clarté sur des questions d'importance éternelle.

 

La trahison de la conception newmanienne du développement

 

Les défenseurs du concile Vatican II et de l'enseignement pontifical récent invoquent souvent l'Essai sur le développement de la doctrine chrétienne de saint John Henry Newman pour affirmer que ce qui apparaît comme une contradiction constitue en réalité un développement doctrinal légitime. Or, cette invocation relève souvent d'une mauvaise compréhension, voire d'une trahison, de la pensée de Newman.

 

Saint John Henry a identifié plusieurs caractéristiques d'un développement authentique : la préservation du type, la continuité des principes, la capacité d'assimiler, la progression logique, l'anticipation de l'avenir, la rigueur dans l'action face au passé et une vigueur constante. Le véritable développement préserve l'essence de la doctrine tout en en déployant les implications. Il est organique, à l'image d'un arbre qui pousse à partir d'un semis : il s'agit toujours de la même chose, mais plus pleinement réalisée.

 

Ce que saint Jean Henry n'avait pas envisagé, c'était un 'développement' qui semble contredire un enseignement définitif antérieur, ou qui exige des contorsions linguistiques d'interprétation pour s'accorder avec la tradition. Lorsque John Courtney Murray admet que Dignitatis Humanae représente un développement qui 'reste à expliquer par le magistère', il admet en réalité qu'il ne satisfait pas aux critères de Newman, ou du moins, qu'il est difficile de savoir s'il y satisfait.

 

Le véritable développement ne requiert pas soixante ans de débats théologiques pour déterminer sa cohérence avec l'héritage antérieur. Le véritable développement n'engendre pas d'interprétations divergentes parmi les évêques en règle. Le véritable développement ne rend pas les fidèles moins certains de l'enseignement de l'Église.

 

L'évolution de nombreux pasteurs de l'Église, suite aux ambiguïtés de Vatican II, ne ressemble pas au déploiement organique d'une vérité unique et cohérente. Elle s'apparente plutôt à une dérive, à un relâchement des amarres, chaque génération de responsables ecclésiastiques se sentant plus libre de réviser ou de 'réinterpréter' l'enseignement clair de ses prédécesseurs.

 

Je tiens également à préciser clairement ce que je critique ici. Il ne s'agit pas de remettre en cause la validité du concile Vatican II ni la légitimité du pape François. Il s'agit d'affirmer que l'ambiguïté du langage dans les documents de l'Église, qu'ils soient conciliaires ou pontificaux, est dangereuse, et que les dernières années ont démontré à quel point elle peut l'être.

 

L'Église a l'obligation sacrée d'enseigner clairement, notamment en matière de foi et de morale. Cette obligation lui vient du Christ lui-même, qui a promis que l'Esprit Saint la conduirait à la vérité tout entière et que les portes de l'enfer ne prévaudraient pas contre elle. Lorsque l'Église s'exprime avec ambiguïté sur des questions cruciales, elle risque de manquer à sa mission, car l'ambiguïté favorise l'erreur. Si deux évêques lisent le même document papal et parviennent à des conclusions opposées quant à la possibilité pour les catholiques divorcés et remariés de recevoir la communion, au moins l'un d'eux se trompe. Et si le document avait été clair, cette erreur aurait pu être évitée.

 

Les fidèles ont droit à un enseignement clair et les pasteurs de l'Église ont le devoir de le leur dispenser. Lorsqu'ils reçoivent des messages contradictoires, lorsqu'ils trouvent des documents de l'Église qui semblent affirmer des choses différentes, ils sont lésés par leurs pasteurs.

 

En fin de compte, le Saint-Siège doit reconnaître que certaines formulations de Vatican II étaient ambiguës et les clarifier de manière à démontrer leur continuité avec la Tradition, ou, si cela s'avère impossible, reconnaître que les formulations ambiguës doivent être écartées au profit de l'enseignement clair qui les précédait.

 

L'Église a besoin de papes et d'évêques qui privilégient la rigueur doctrinale à la sensibilité pastorale, non pas que cette dernière soit sans importance, mais parce que le plus grand acte pastoral consiste à dire clairement la vérité. La confusion n'est pas compassionnelle. L'ambiguïté n'est pas miséricordieuse. Laisser les gens dans l'incertitude quant à leur état de grâce ou au péché mortel n'est pas un accompagnement… c'est un abandon.

 

L'Église doit retrouver la conviction que la vérité prime sur le dialogue, la clarté sur la convivialité, et le salut des âmes sur le fait d'éviter de froisser. Cela ne signifie pas être dur ou insensible, mais être honnête. Cela signifie dire les choses difficiles quand elles doivent l'être. Cela signifie ne pas se retrancher derrière un langage pastoral quand la précision doctrinale est de mise.

 

[...] Ce ne sont pas des questions rhétoriques. Ce sont des questions urgentes. Et elles exigent une réponse de la hiérarchie ecclésiastique : de la clarté, maintenant, sur les questions qui touchent au salut. Pas plus de dialogue. Pas plus d’ambiguïté. Pas plus de documents qui nécessitent d’autres documents pour être expliqués. Juste la vérité, dite clairement, dans la continuité de tout ce que l’Église a toujours enseigné.

 

Tout autre comportement constitue une trahison du dépôt de la foi et un danger pour les âmes. Et dans le plan du salut, il n'y a rien de plus grave.

 

Cf. https://rorate-caeli.blogspot.com/2026/02/the-long-shadow-of-vatican-ii-ambiguity.html

Allemagne: la messe de la Danse des Canards

Nous n'oserions jamais faire cela lors d'un événement sérieux, d'une réunion de parents d'élèves, d'un entretien d'embauche, d'une audience de justice ou en présence de politiciens médiocres au Conseil des ministres ou à l'assemblée nationale, et pourtant, cela se produit en présence du Roi des rois. Et c'est la FSSPX le problème ? 

Conclusion.

 

La crise de l'Eglise est bien plus grande aujourd'hui qu'en 1988, avec "même des hérésies" qui "ont également pénétré l’Église" (Cardinal Müller)

 

En 1988, la papauté était estimée et honorée. Le pape Jean-Paul II était aimé de tous. Nous sommes aujourd'hui en 2026, après des décennies de révélations de scandales sexuels impliquant des prêtres, des évêques et des cardinaux. Il n'y a plus de "génération Jean-Paul II". Le pape François a encore érodé l'admiration et le respect que l'on portait à la papauté. La papauté demeure la papauté, mais son autorité morale et son éthique actuelles ne sont plus ce qu'elles étaient en 1988. De son côté, la FSSPX est beaucoup plus importante et la dévotion à la messe traditionnelle en latin est aujourd'hui universellement plus forte qu'elle ne l'était en 1988. Le pape Léon a maintenu en poste l'incompétent et embarrassant cardinal Fernandez, et ce dernier est en train de faire des erreurs monumentales. C'est un point de non-retour, et je crains que le pape Léon et le cardinal Fernandez ne comprennent pas ce qu'ils sont sur le point de faire. Nous ne sommes plus en 1988. Le pape Léon n'est pas Jean-Paul II. Fernandez n'est pas Ratzinger. (CfDr Taylor Marshall sur X)

 

Rome menace d'excommunication toute la Fraternité et les Saints Pieux si ils procèdent à la consécration de nouveaux évêques, mais ne lève pas le petit doigt contre:

>Le clergé moderniste qui annule purement et simplement le concile Vatican II qui a affirmé que le latin devait être conservé (Sacrosanctum Concilium n° 36,1). Depuis 60 ans ce clergé racialisé et ces prêtres irresponsables ne sont jamais sanctionnés et, en toute impunité, ils persécutent leurs confrères et les fidèles catholiques qui veulent respecter ce que demande le Concile!

>Marko Rupnik. Prêtre en règle, même s'il a abusé sexuellement de nombreuses nonnes et s'est engagé dans la magie sexuelle

>Père James Martin. Prêtre en règle et très apprécié par François et Léon XIV malgré la promotion de l'homosexualité à chaque occasion

>le cardinal Timothy Radcliffe élevé au Collège sacré des cardinaux, même s'il a déclaré publiquement que les actes sexuels homosexuels pouvaient exprimer le don de soi du Christ

>les "évêques" chinois consacrés directement par le Parti communiste chinois, qui fait disparaître des évêques, emprisonne des prêtres et contraint l’Église à la clandestinité.

>>les anglicans, qui continuent à consacrer des évêques sans la permission de Rome, et sans que Rome rompe pour autant le "dialogue"

>les évêques allemands, qui mettent en place ce mois-ci leur concile synodal permanent afin de modifier la doctrine de l'Église, au vote avec des laïques sur l'adultère, l'homosexualité, la sodomie, la masturbation, la contraception, l'avortement, la transidentité et le sacerdoce féminin, les femmes diacres et autres, les laïcs autorisés à prêcher à la messe, etc.

>les dirigeants des Églises schismatiques et religieusement "woke" sont célébrés (Le roi Charles "frère royal", dans un esprit de dialogue avec l'Église anglicane); le "dialogue" est au contraire fermé à ceux qui défendent la doctrine et la liturgie traditionnelles, s’ouvrant vers l’extérieur mais se fermant à l’intérieur.

>Léon XIV nomme Francesco Antonio Soddu, archevêque de Sassari, qui a participé à l'ouverture d'une loge maçonnique en 2022

 

Le révérend Père Davide Pagliarani, Supérieur général de la FSSPX, dont une rencontre avec le pape Léon lui a été refusée, annonce la consécration des évêques pour maintenir le but du salut des âmes dans un état de nécessité. Le narratif est immédiatement lancé: "schisme" et "excommuniés" par le cardinal qui a lui-même écrit explicitement des livres pornographiques, permis sous condition la "bénédiction" des couples adultères et sodomites et qui a nié les titres mariaux de Co-Rédemptrice et Médiatrice de toutes Grâces.

 

Une morale à double standard.

 

Ceux qui, en paroles, prônent le dialogue et l’inclusion, en pratique, font preuve de deux poids, deux mesures selon l'interlocuteur.

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