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Christ Roi

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20 novembre 2025 4 20 /11 /novembre /2025 07:00
Brant Pitre sur les racines juives de la papauté

Il n'y a qu'un seul pape car il n'y avait au premier siècle qu'un seul grand prêtre du Temple de Jérusalem.

 

Jésus a promis que le Saint-Esprit guiderait Son Église dans toute la vérité (Jn 16,13). Il a promis que Son autorité pleine et entière reviendrait à son intendant en chef, Pierre et à ses successeurs (Mt 16,18), jusqu'à Son retour (Mt 28,20). Les Écritures attestent de l'autorité magistérielle infaillible (Mt 16,18). Le Nouveau Testament affirme que l'autorité magistérielle est infailliblement guidée par le Saint-Esprit et que la charge de Pierre en tant que principal intendant, détenteur des clés, est permanente jusqu'au retour du Christ et ne peut être retirée.

 

Dans Jean 21,25, il est dit que Jésus a encore enseigné beaucoup de choses qui n'ont pas écrites. Une partie de ce que nous savons l’est par tradition orale juive. Jésus était juif. La compréhension d'une partie de son enseignement est enrichie par la compréhension de ce que le peuple juif comprenait déjà. Exemple:

 

Le grand prêtre dirigeait le Sanhédrin (le conseil suprême juif). Il supervisait les sacrifices et les rituels du Temple, et représentait le peuple devant Dieu. Il était le seul autorisé à entrer dans le Saint des Saints une fois par an, lors de Yom Kippour (le Jour des Expiations), pour expier les péchés d'Israël. Symboliquement, il incarnait l'intermédiaire entre le divin et les humains, portant des vêtements sacrés symbolisant la sainteté et la pureté.

 

Durant le ministère de Jésus, Caïphe (Joseph ben Caïphe), occupa officiellement le poste de 18 à 36 ou 37 ap. J.-C. Il est notamment connu pour son rôle dans le procès de Jésus, où il présida le Sanhédrin et contribua à sa condamnation. Les grands prêtres appartenaient à une élite aristocratique et sadducéenne. Leur pouvoir combinait autorité religieuse, judiciaire et politique, mais restait subordonné aux préfets romains comme Ponce Pilate.

 

Comparez le Psaume 109 (110),4 109 (110),4 "Le Seigneur l'a juré dans un serment irrévocable : *  ́Tu es prêtre à jamais selon l'ordre du roi Melkisédek'", avec Hébreux 5,4-6 "On ne s’attribue pas cet honneur à soi-même, on est appelé par Dieu, comme Aaron."

 

Dans une conférence publiée il y a sept ans sur YT, le Dr Brant Pitre, professeur émérite de recherche en études bibliques, et auteur de nombreux ouvrages sur le Jésus historique, la Vierge Marie, l'apôtre Paul, l'origine de l'Eucharistie et les Évangiles canoniques, livre une étude passionnante sur le thème des "racines juives de la Papauté".

 

Voici une reproduction d'une grande partie du script en français de la conférence:

Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! »

17 Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux.

18 Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle.

19 Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »

Matthieu 16,16-19

L'image du roc et de la pierre angulaire Matthieu 16,13-19

 

Le texte fondateur de l'autorité de Pierre et de ses successeurs.

 

Chacune de ces images est enracinée dans le judaïsme et la culture juive du premier siècle.

 

Le temple de Jérusalem a été décrit avec tellement de précision par l’historien Flavius Josèphe (37-100 après J.-C.) qu’il est possible de le restituer en détail.

 

La pierre de fondement du Temple de Jérusalem, au temps du Christ (période du Second Temple), est connue en hébreu sous le nom de "Even ha-shetiyaha" (אבן השתייה), ce qui signifie littéralement "la pierre de fondement" ou "la pierre de la fondation" du temple de Jérusalem, ''une grande dalle de pierre située au centre même du Temple, plus précisément dans le Saint des Saints, et associée à des traditions juives anciennes (où elle est considérée comme le point de départ de la création du monde selon certaines sources talmudiques). Sur cette pierre reposait l'arche d'alliance. Et les rabbins avaient des traditions intéressantes à propos de ce rocher sur lequel le Temple fut construit.

 

Voici la première : il s'agit d'une description tirée de la Mishna (premier recueil de la loi juive orale et donc de la littérature rabbinique, compilée au IIIe s. après J.-C.), qui nous explique comment, le jour du Grand Pardon, le grand prêtre entrait dans le Saint des Saints et y voyait non seulement l'emplacement de l'Arche, mais aussi la pierre angulaire sur laquelle tout le Temple avait été bâti.

 

Voici un extrait :

 

'Le jour du Grand Pardon, le grand prêtre traversait le sanctuaire jusqu'à l'espace entre les deux voiles ou rideaux séparant le Temple du Saint des Saints. Arrivé près de l'Arche, il plaçait le récipient à encens entre les deux barreaux.'

 

Ce récipient est un encensoir, n'est-ce pas ? Le prêtre, lorsqu'il accomplissait le rite du Grand Pardon, avait toujours un encensoir rempli d'encens et de fumée. Cela ne vous rappelle-t-il rien ?

 

Les catholiques voient souvent des prêtres agiter des encensoirs en montant à l'autel. Ou bien, vous autres catholiques, tenez-vous cela de là ? Non, ce n'est pas une religion 'païenne' : cela vient du judaïsme ancien, du Lévitique, chapitre 16 de l'Ancien Testament! 

 

Lorsque le Grand prêtre entrait dans le Saint des Saints une fois par an, il apportait l'encensoir avec lui et y déposait l'encens. C'était une messe solennelle, pas une messe basse. Le lieu était alors rempli de fumée. Le Grand Prêtre ressortait par le même chemin et récitait une courte prière, sans s'attarder, de peur d'effrayer Israël. Que cela signifiait-il ? Et bien tous savaient que si le Grand Prêtre entrait dans le Saint des Saints en état d'impureté rituelle, il y mourrait. Le prêtre ne voulait donc pas rester trop longtemps dans le Saint des Saints, car les fidèles à l'extérieur auraient pu s'inquiéter et croire qu'il était mort pendant la liturgie. D'ailleurs les rabbins avaient une tradition le jour du Grand pardon, d'attacher une corde à la cheville du grand prêtre juste au cas où il mourrait parce que s'il mourrait dans le Saint des Saints, qui allait aller le chercher ? Donc s'il mourrait pendant les offices sacrés, ils traîneraient son corps par la corde.

 

La Mishna dit qu'après le retrait de l'Arche, une pierre est restée là depuis l'époque des premiers prophètes. Elle s'appelait '"Even ha-shetiyaha". Elle était plus haute que le sol de trois largeurs de doigt. On y déposait quelque chose – le texte ne précise pas ce qu'on y déposait -, de la même manière que sur ceci on déposait ceci en hébreu. Que décrit ce texte ? C'est un détail très intéressant, souvent méconnu de la plupart des chrétiens qui connaissent l'Arche d'alliance, et la raison pour laquelle la plupart des chrétiens la connaissent est que nous avons tous vu le film 'Indiana Jones et les Aventuriers de l'Arche Perdue'. Vous vous souvenez du coffre doré avec le chérubin dessus ? Mais ce que la plupart des gens ignorent, c'est que l’Arche dans le Temple était placée sur cette pierre de fondation. Mais, ce que leur mission nous apprend, c'est qu'au moment de l'exil à Babylone, qu'est-il arrivé à l'Arche ? Elle a disparu, n'est-ce pas ? Jérémie l'a prit et, nous dit le IIe Livre des Maccabées la cacha sur le Mont Nebo, où l'Arche devait rester cachée jusqu'à la venue du Messie et la descente de la nuée de gloire du ciel.

 

Ainsi, depuis cette époque, le VIe siècle avant Jésus-Christ, jusqu'à l'époque de Jésus, chaque fois que le grand prêtre entrait dans le Temple pour offrir le sang du sacrifice du jour des expiations, devinez ce qui manquait ? L'Arche !

 

Donc, si vous êtes le grand prêtre et que vous vous rendez au jour des expiations pour offrir le sang, où devez-vous le déposer ? N'est-il pas censé aller sur l'Arche ?

 

Et bien la tradition juive disait que, en l'absence de l'Arche, les grands prêtres le déposaient (le sang du sacrifice) sur la pierre de fondation, car c'était le centre, le pilier sur lequel tout le Temple était bâti. C'était donc une pierre très importante. Les rabbins croyaient que la même pierre qui se trouvait dans la pierre de fondation du Temple de Jérusalem était celle sur laquelle Abraham avait offert Isaac. Il avait construit l'autel dans Genèse chapitre 22 avec une pierre très importante.

 

Que cela signifie-t-il en regard de Matthieu 16 ?

 

Il existe une autre tradition où nous remarquons que la pierre n'était pas seulement au centre du Temple, dans le Saint des Saints. Les rabbins croyaient aussi que le monde entier était issu de cette pierre. Ils l'affirmaient dans le citation suivante : 'Shetty Yaw' ou 'Etana', une autorité rabbinique enseignait que le monde était ainsi nommé car c'est à partir de cette pierre que le monde a été fondé. Cela était enseigné conformément à l'idée que le monde avait été créé à partir de Sion, autrement dit Jérusalem. Pour les rabbins, Jérusalem était le centre de la Terre, la première chose que Dieu a créée.

 

Rabbi Isaac le Forgeron (rabbin des IIIe et IVe siècles ap. J.-C.) dit : "le Saint, béni soit-il, jeta une pierre dans l'océan, une pierre à partir de laquelle le monde fut fondé. Il était dit : 'Sur quoi ses fondements furent-ils fixés ?' Ou 'qui en posa la pierre angulaire ?' Mais les Sages disaient que le monde fut créé à partir de Sion, comme il est dit : 'De Sion', la perfection du monde, telle qu’elle est décrite dans le Talmud de Babylone...

 

Si nous examinons donc ces deux traditions, que nous apprennent-elles ?

 

Pourquoi Jésus dit-il à Pierre : 'Tu es le roc et sur ce roc je bâtirai mon Église' ?

 

Comment ces mots auraient-il résonné aux oreilles des Juifs de son époque?

 

Et bien cela aurait signifié que Jésus ne bâtissait pas seulement l'Église sur les fondements de Pierre, mais essentiellement sur les fondements d'une pierre d’un nouveau Temple, un nouveau lieu où le peuple de Dieu viendrait adorer, un nouveau Temple d'une nouvelle alliance!

 

Et cela est encore plus puissant si l'on considère ce que Steve a dit à propos des versets de Philippiens, qui décrivent une sorte d'anti-Temple, anti-lieu de culte, une anti-pierre. Or le Christ va bâtir sur Pierre un nouveau temple, une nouvelle pierre, une nouvelle pierre de fondation qui sera l'Église. Permettez-moi de vous poser une question : si Pierre est une pierre de fondation dans le Saint des Saints, si c'est comme '"Even ha-shetiyaha", commencez-vous déjà à percevoir le contexte sacerdotal ? Qui était celui qui pouvait entrer dans le Saint des Saints et y apposer le Sang ? 'Even ha-shetiyaha, le grand prêtre, et lui seul.

Les clés du Royaume dans la tradition juive

 

Par manque de temps nous ne pouvons pas examiner tous ces passages en détail, mais je souhaite simplement souligner les liens entre le sacerdoce et le Temple.

 

Dans Isaïe 22, les clés du royaume sont un signe d'autorité royale : elles étaient données au premier ministre du royaume de David qui était, en quelque sorte, le second du roi lui-même. Mais, comme nous le montre la tradition juive, ces clés n'étaient pas simplement un signe d'autorité royale, elles étaient attribuées à l'autorité sacerdotale. Ce sont les prêtres qui détenaient les clés du Temple. On peut le constater dans plusieurs cas, notamment les deux premiers. Les 889⁸⁸ mentionnés ici proviennent de Flavius Josèphe et de la Mish⁹Misha Misha na. Ils nous apprennent qu'à l'époque de Jésus, au premier siècle après J.-C., il existait de véritables clés du Temple, détenues exclusivement par les prêtres juifs:888

 

(1) La première La Trinité, l'Assomption de Marie, son Immaculée Conception, la croyance en l'Eucharistie, le culte des saints, des reliques, leur intercession, le Purgatoire, les rites sacramentaux, les prières (Sub tuum praesidium), le signe de croix..., incarnent des traditions orales. de Josèphe dit : 'Il y avait quatre classes de prêtres, chacune comptant environ 5000 hommes. Ils n'officiaient que certains jours. (C'est un peu comme si mon père avait congé le lundi). Et une fois ces jours passés, d'autres prêtres accomplissaient les sacrifices. Ils se réunissaient ensuite à midi.' Comment savait-on que le moment était venu pour le prêtre d'offrir un sacrifice ? On recevait les clés du Temple. Donc remarquez-le bien : la remise des clés n'était pas un simple symbole d'autorité, mais bien l'autorité sacerdotale d'offrir des sacrifices.

Donc, lorsque Jésus donne les clés à Pierre, que lui dit-il ? Pierre, va chercher des coup99es, tu vas prendre des chèvres et tu vas aller à Jérusalem pour offrir un sacrifice. Quel sacrifice Pierre va-t-il offrir ? Non pas le sacrifice de taureaux et de chèvres, mais l'offrande eucharistique. C'est ce qu'il va faire en tant que prêtre, pour une nouvelle alliance qui ne sera plus le sang des animaux mais le Sang saint et vivant du Christ.

 

(2) La 2e citation est la tradition de la Mishna : devinez où ils gardaient les clés du Temple ? Dans une pierre ! C'est incroyable quand on y pense, en regard de ce que Jésus dit en Matthieu 16.

 

Il existait une pierre dans le Temple, une dalle de marbre sur laquelle étaient fixés un anneau et une chaîne auxquels étaient suspendues les clés, et quand venait le moment de fermer le Temple, les prêtres soulevaient la dalle par l'anneau et prenaient les clés sur la chaîne. Les prêtres fermaient les portes de l'intérieur, tandis qu'un Lévite dormait dehors. Une fois la fermeture terminée, ils remettaient les clés sur la chaîne et la dalle à sa place, puis posait son matelas dessus et y dormait. Donc pour un juif du 1er siècle les clés ne représentent pas seulement le Temple, elles symbolisaient aussi le sacerdoce et la liturgie sacerdotale. Et ces clés n'étaient pas données à n'importe quel prêtre. Il y en avait un en particulier qui les possédait, et son nom était "Segan ha-Kohanim" en hébreu (סגן הכהנים), un terme d'origine araméenne signifiant littéralement "le député des prêtres" ou "le préfet des prêtres".[Ce rôle désignait le second du Grand Prêtre (Kohen Gadol), chargé de superviser les activités des prêtres, de maintenir l'ordre dans le Temple et de remplacer le Grand Prêtre en cas d'impureté rituelle, selon les traditions talmudiques et les sources historiques juives.] Cela vous fait penser à quelqu'un ?

 

LireDes archéologues découvrent une inscription en mosaïque sur une église de la Mer de Galilée : "Pierre, chef et commandant des apôtres célestes"

 

C'est comme le grand prêtre de tous les autres prêtres, le commandant du Temple? Et Josèphe, une juif du premier siècle, nous dit qu'avant la destruction du Temple (en 70 ap. J.-C.), un signe se produisit : les portes du Temple de Jérusalem d'elles-mêmes s'ouvrirent miraculeusement et dès que cela se produisit les invités accoururent trouver le Segan ha-Kohanim parce qu'il détenait les clés. Josèphe nous rapporte qu'avant la révolte des Juifs et les troubles qui précédèrent la guerre, la porte orientale de la cour intérieure du Temple, en bronze et extrêmement lourde avait été fermée avec difficulté pendant 20 minutes, soit vingt hommes et reposait sur une base en fer... Cette porte s'ouvrit donc d'elle-même vers la sixième heure de la nuit. Et ceux qui observaient le Temple, impatients, vinrent alors trouver le commandant du Temple et lui en firent part. Le Segan ha-Kohanim accourut et, non sans mal, parvint à refermer la porte. Ce miracle apparut aussi au peuple, pour certains comme un signe de joie, comme si Dieu avait ouvert la porte du bonheur. Mais les scribes, ces hommes de lettres, comprenaient que le miracle signifiait que la sécurité de leur Temple s'était effondrée et que la porte s'était d’elle-même ouverte à l'avantage de leurs ennemis. Autrement dit, une fois que vous avez les clés d'une ville et que vous en ouvrez les portes, cela signifie qu'on peut la piller. Et nous savons ce qui arriva au Temple de Jérusalem en 70 ap. J.-C. : les Romains ont défoncé les portes et l'ont réduite en cendres. C'est donc une image du Temple, c'est le symbolisme. Pensez-vous que Jésus était au courant de cela lorsqu'il parla à Pierre dans Matthieu 16, disant 'Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai Mon Eglise, et les portes de l'enfer ne l'emporteront pas contre elle' ? Jésus, un juif du 1er siècle, un rabbin, connaissait ces traditions des clés et des portes du Temple et il fit de Pierre le nouveau rabbin, le nouveau commandant du Temple, en lui remettant de nouvelles clés, d'un nouveau Royaume...

 

Cette histoire passionnante nous révèle que même si les rabbins considéraient les clés comme un signe d'autorité sacerdotale, ils reconnaissaient aussi que cette autorité pouvait prendre fin. Et ils savaient que cette fin était annoncée par le fait que les clés du Temple seraient remises à quelqu'un d'autre.

 

Voyez cette tradition rapportée par les rabbins : lors de la destruction du Temple de Jérusalem, un événement miraculeux se produisit dans lequel les prêtres prirent les clés du royaume et les jetèrent au ciel. Voyez ce que disent nos rabbins : on retrouve cette tradition partout, dans tous les écrits rabbiniques anciens. Et ce ne sont là que deux exemples parmi tant d'autres. Nos rabbins ont enseigné que lorsque le premier Temple était sur le point d'être détruit, des groupes de jeunes prêtres, avec les clés en main, se rassemblèrent, montèrent sur le toit du Temple et s'écrièrent : 'Maître de l'Univers, n'ayant pas le mérite d'être de fidèle trésoriers, ces clés te sont rendues.' Ils jetèrent alors les clés vers le Ciel, et la figure d'une main apparut qui les reçut d'eux. Aussitôt ils sautèrent et tombèrent dans le feu du Temple.

La seconde tradition raconte la même histoire. Qu'a fait Segan ha-Kohanim ? Il a rassemblé toutes les clés du Temple et est monté sur le toit et a dit : 'Seigneur de l'univers, puisque nous n'avons jusqu'ici pas été dignes d'être de fidèles intendants' – voyez cette image qui apparaîtra dans Isaïe 22 – : 'Fidèles gardiens pour toi désormais. Et voici les clés sont derrière toi, elles sont à toi.' Les deux traditions rabbiniques divergent. L'une dit qu'une sorte de main de feu est descendue du Ciel et apris les clés, tandis que l'autre dit qu'il les a jetées vers le ciel et qu'elles ne sont plus redescendues. Ceci est tiré du Commentaire du Lévitique.

 

Donc, encore une fois. Si vous êtes un juif chrétien du 1er siècle, et êtes l'un des apôtres et que vous connaissez ces traditions, lorsque Jésus remet les clés à Pierre en disant 'Je te donnerai les clés du Royaume des cieux', que fait-il exactement ? A-t-il même besoin de prononcer le mot prêtre ou grand prêtre ou commandant du Temple ? Non. Car tout est contenu dans l'image des clés. Pierre ne sera pas seulement l'intendant du Temple terrestre de Jérusalem car Jésus sait parfaitement que quarante ans après sa crucifixion, ce Temple sera détruit et qu'il n'en restera pas pierre sur pierre, comme il le dit dans Mc 13,1-2, Mais les clés qu'il donne à Pierre sont l'autorité pour entrer dans le Royaume surnaturel des cieux. Il est celui qui aura l'autorité sacerdotale d'ouvrir et de fermer. Et ces clés ne serviront pas seulement à la défense, elles serviront aussi à l'attaque, car rien ne prévaudra contre Pierre et l'Eglise. Et ces clés sont les portes, non de Jérusalem, non de Césarée, un port maritime, mais les portes des enfers. Autrement dit, Pierre n'est pas seulement un prêtre, c'est un guerrier et avec son armée sacerdotale d'apôtres et tous leurs successeurs, ils vont piller l'enfer. C'est un peu comme la parabole du voleur racontée par Jésus dans l'Evangile. Il dit qu'on ne peut entrer dans la maison d'un homme fort et prendre ses biens sans l'avoir d'abord ligoté. Vous liez l'homme fort, et lorsque l'homme fort est ligoté, le voleur peut entrer dans sa maison et tout voler. Pardois, quand on entend cette parabole on pense que le voleur est Satan ou que l'homme fort est Jésus, car on a tendance à penser que l'image positive serait Jésus l'image négative du voleur Satan. Mais c'est l'inverse ici, le voleur est Jésus et l'homme fort ligoté et pillé est Satan. Et que sont ces biens que Satan a volés ? Les âmes de toute l'humanité. Et Jésus donne ce même pouvoir à Pierre comme s'il allait piller la ville d'Hadès, dont les portes ne font pas le poids face au Royaume des cieux.

 

Que dire à présent de l'image de lier et de délier ?

 

Pierre est le rocher. Les chrétiens historiques ont toujours vu Pierre et sa confession comme la pierre de fondation dont parle le Christ. L'Est et l'Ouest diffèrent sur la façon dont sa primauté est exercée, mais pas sur son rôle.

 

Comment un juif du premier siècle pouvait-il comprendre cette image? Et bien encore une fois, ici c'est le langage courant des rabbins, le langage de l'autorité.

 

D'abord, il y a cette citation de Flavius Josèphe où il parle des pharisiens et de leur autorité. Devinez quels mots il a utilisés pour décrire leur autorité ? Lier et délier. Selon Josèphe, au premier siècle, 'les pharisiens, un groupe de Juifs réputés pour leur observance religieuse exemplaire et leur interprétation rigoureuse de la loi, devinrent les véritables administrateurs de l'Etat. Ils avaient le pouvoir de bannir et de rappeler (délier et lier) qui ils voulaient, ainsi que les jouissances royales. Quelle était leur autorité ? Josèphe écrit : 'la guerre des clans'. Donc ce n'est pas seulement les clés qui symbolisent l'autorité, c'est aussi le pouvoir de lier et de délier. Et c'est précisément ce pouvoir qui est donné à Pierre dans Matthieu 16. Il reçoit le même pouvoir d'interpréter les Ecritures que celui dont disposaient les prêtres, les scribes et les pharisiens, au premier siècle. Et si vous avez le moindre doute à ce sujet, je vous encourage à comparer ce que Jésus dit à Pierre dans Mt 16 et ce que Jésus dit des pharisiens dans Mt 23. Le commandement donné par Jésus aux Apôtres durant son ministère terrestre sur la manière dont ils doivent réagir à l'autorité des pharisiens. Ils doivent lui obéir. Remarquez ceci, c'est un des textes les plus marquants des évangiles. Chapitre 23 de Matthieu décrivant les scribes et les pharisiens qui "s'assoient sur le siège de Moïse", et le mot grec est cathedre ou cathedra, de katha, le siège de Moïse. Et de suivre et de garder leurs enseignements, car ils ont l'autorité. 'Mais ne faites pas comme ils font, car ils ne pratiquent pas ce qu'ils prêchent.' Et c'est pourquoi Jésus les fustige, parce qu'ils sont des hypocrites. La cathèdre deviendra l'autorité du pape lorsqu'il parle. Et cette image ne vient pas du Moyen Âge, elle vient du Nouveau Testament, où dans les lignes suivantes, Jésus dit des pharisiens qu'ils imposent de lourds fardeaux aux autres, mais qu'eux-mêmes ne veulent pas lever le petit doigt pour les soulager ! Et il dit : 'Malheur à vous scribes et pharisiens!' Car vous fermez la porte, 'vous  fermez le royaume des cieux aux hommes'.

 

Donc voici les trois raisons pour lesquelles les chrétiens devaient obéir aux enseignements des pharisiens : 

1- ils étaient assis dans le siège de Moïse

2- ils avaient le pouvoir de lier

3- ils ont les clés, ils ouvrent et ferment le royaume des cieux.

 

Comment font-ils cela? Grâce à leurs interprétations des Ecritures, leur interprétation faisant autorité de la loi.

 

Et donc, lorsque Jésus dit ces paroles à Pierre, il établit en lui une autorité sacerdotale, une autorité spirituelle, dont on peut accepter l'autorité quand on est d'accord? L'idée est de savoir si on peut choisir ce que l'on veut ? Non. Réfléchissez-y. Si vous, vous ne pouviez pas choisir parmi les enseignements des pharisiens et de ceux qui siégeaient sur le siège de Moïse dans l'ancienne alliance, à combien plus forte raison pouvez-vous choisir parmi les enseignements de celui qui siège sur la cathèdre que le Christ Lui-même a établie ? Pensez-y. C'est une question très sérieuse.

Brant Pitre sur les racines juives de la papauté

Isaïe, chapitre 22,2 "Je mettrai sur son épaule la clef de la maison de David : s’il ouvre, personne ne fermera ; s’il ferme, personne n’ouvrira."

 

Ce chapitre, tiré de l'Ancien Testament, décrit les mêmes images que celles que Jésus emploie dans Matthieu chapitre 16:

- les clés

- le pouvoir de lier et délier

 

Il s'agit ici du premier ministre du royaume davidique, cet homme qui était le second en rang après le roi. Et ce personnage n'était pas seulement une figure royale, il était aussi une figure sacerdotale. C'est très important. Relisons ce passage :

 

C'est l'histoire de deux premiers ministres, un mauvais, Shebna, un bon, Éliakim, et qui va lui succéder ? Dieu dit dans Isaïe 22 : " Va trouver ce ministre, Shebna, le maître du palais". Il s'agit ici du Temple de Jérusalem. "Et dis-lui : Ici, quel est ton bien ? Qui sont les tiens, ici, pour t’y faire creuser un tombeau, toi qui te creuses un tombeau sur une hauteur, et te fais tailler une demeure dans le roc ?" En d'autres termes, Shebna a mal agi.

 

"Voici que le Seigneur va te rejeter, il va te rejeter, grand homme, t’empaqueter comme un paquet, t’enrouler, t’envoyer rouler comme une boule vers un pays aux vastes étendues. C’est là-bas que tu vas mourir, là-bas, dans tes chars prestigieux, toi, le déshonneur de la maison de ton maître. Je vais te chasser de ton poste, t’expulser de ta place."

 

Dieu dit: je vais te chasser de ton poste, ou office.

 

Et, ce jour-là, j’appellerai mon serviteur, Éliakim, fils d’Helcias.

Je le revêtirai de ta tunique, je le ceindrai de ton écharpe, je lui remettrai tes pouvoirs : il sera un père pour les habitants de Jérusalem et pour la maison de Juda.

Je mettrai sur son épaule la clef de la maison de David : s’il ouvre, personne ne fermera ; s’il ferme, personne n’ouvrira. Je le planterai comme une cheville dans un endroit solide ; il sera un trône de gloire pour la maison de son père. Le poids de la gloire de la maison de son père y sera suspendu : les rameaux et les pousses, et même tous les petits récipients, depuis les coupes jusqu’aux vases de toute sorte."

 

De quoi parle-t-on ici ?

 

De l'or, des récipients et des coupes dans lesquelles on offrait des sacrifices. Et d'une autorité sacerdotale. Et souvenez-vous, David n'était pas seulement roi, il était aussi prêtre selon l'ordre de Melchisédech. Et son second n'est pas simplement premier ministre royal, il est aussi son premier ministre sacerdotal.

 

Ce jour-là – oracle du Seigneur de l’univers –, la cheville plantée dans un endroit solide lâchera, elle cédera, elle tombera, et la charge qui pesait sur elle sera détruite. Le Seigneur a parlé."

 

Donc, si Jésus fait allusion à ce passage d'Isaïe 22 dans Mt 16 et qu'il donne à Pierre la même autorité, cela signifie :

 

(1) que Jésus est le Dieu qui parle dans Isaïe 22...

(2) que Pierre n'est pas seulement une figure royale, mais qu'il est aussi une figure sacerdotale, le responsable sacerdotal de la maison de Dieu et du nouveau Temple.

 

Et si vous avez un doute, il existe un ancien targoum juif araméen sur Isaïe 22, qui était une sorte de traduction et de commentaire de l'ancien testament. Et regardez comment les rabbins ont interprété Isaïe 22: ils ont ajouté quelques éléments à la description. Voyons lesquels. C'est une sorte de répétition:

 

'Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel des Armées: approchez-vous du gardien, de Shebna, qui a été établi sur la maison et vous lui direz: 'Que fais-tu ici ? Pourquoi agis-tu ainsi ? Il a préparé sa place sur la hauteur et a établi sa demeure dans le...' ?... Dans le rocher ! Le prêtre responsable d'Isaïe 22,16 a sa demeure ... dans le rocher ! Coïncidences 'catholiques' ?? Je ne le pense pas. Je pense que Jésus sait exactement ce qu'il dit dans Matthieu 16.

 

'Je le revêtirai de ta tunique, je le ceindrai de ton écharpe,'

 

'Dieu...vous enlèvera votre turban'. Qu'est ce que que le turban ? Le mot grec pour turban qui traduit l'araméen est ... mitre ! La mitre était portée par les grands prêtres dans le Temple.

 

Et Flavius Josèphe nous dit qu'au fil du temps, la mitre est devenue toujours plus haute...

 

Donc. si vous n'aimez pas le pape, ce qu'il dit, c'est votre problème. Car ce qu'il lie est lié au ciel et ce qu'il délie est délié au ciel. Pourquoi, parce qu'il a un pouvoir surnaturel, une autorité que le Christ lui a donnée. Et c'est une autorité royale et sacerdotale. Et c'est pourquoi, nous, catholiques, avons un sacerdoce ministériel institué par Jésus-Christ Lui-même. Rendons grâce à Dieu pour nos prêtres. Et au sommet de cette hiérarchie se trouve le pape. successeur du chef sacerdotal institué par Jésus-Christ lui-même, Pierre au premier siècle après Jésus-Christ.

 

CEC 553 "Jésus a confié à Pierre une autorité spécifique :

 

"Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux : quoi que tu lies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour lié, et quoi que tu délies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour délié" (Mt 16, 19).

 

Le "pouvoir des clefs" désigne l’autorité pour gouverner la maison de Dieu, qui est l’Église.

 

Jésus, "le Bon Pasteur" (Jn 10, 11) a confirmé cette charge après sa Résurrection : "Pais mes brebis" (Jn 21, 15-17).

 

Le pouvoir de "lier et délier" signifie l’autorité pour absoudre les péchés, prononcer des jugements doctrinaux et prendre des décisions disciplinaires dans l’Église.

 

Jésus a confié cette autorité à l’Église par le ministère des apôtres (cf. Mt 18, 18) et particulièrement de Pierre, le seul à qui il a confié explicitement les clefs du Royaume."

Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel.

Matthieu 18,18

Actes 9,31 L'église de toute la Judée, la Galilée et la Samarie était en paix. Elle s’édifiait et marchait dans la crainte du Seigneur, et avec la consolation de l'Esprit saint, elle grandissait en nombre ("Ekklesia Kata Holos").

Actes 9,31 L'église de toute la Judée, la Galilée et la Samarie était en paix. Elle s’édifiait et marchait dans la crainte du Seigneur, et avec la consolation de l'Esprit saint, elle grandissait en nombre ("Ekklesia Kata Holos").

Conclusion

 

Nous, en tant que catholiques, nous devons êtres fiers de nos racines juives, fiers de la tradition juive et reconnaître que l'une des raisons pour lesquels les premiers Juifs se sont convertis au christianisme est précisément cette origine juive: ils interprétaient les Ecritures à travers un prisme juif, et comprenaient que toute cette structure, de royaume, avec un roi, un grand prêtre, un sacerdoce, un temple et les sacrifices n'avaient pas été instituée par Dieu pour être abolie et rejetée lors de l'avènement de la nouvelle alliance, mais pour se poursuivre en Christ, en Pierre et dans les apôtres, et finalement dans l'Eglise catholique, qu'Il a établie comme un don pour nous.

 

Ainsi, lorsque nous assistons à la messe  et que nous entendons les enseignements de l'Eglise, nous pouvons avoir confiance que l'autorité même par laquelle le pape enseigne, prend des décisions est l'autorité qui lui a été donnée par Jésus-Christ Lui-même. Aussi Le remercions-nous:

 

Gloire au Père,

au Fils

et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant et pour toujours. Amen.

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commentaires

C
Bravo pour cette traduction qui mériterait d'être en sous titres sur yt.<br /> C'est tout un symbolisme utilisé ensuite en littérature et au cinéma...<br /> Par exemple dans le film de Spielberg le lieu où l'arche est caché s'appelle le puis des âmes...<br /> Sachant que la nouvelle alliance délivre des âmes des enfer et les tire du gouffre pré messie.<br /> <br /> Quand à la corde au pied du grand prêtre Spielberg l'utilise dans son autre film, the polergeist, où elle s utilise pour sortir la fille de l'au-delà.<br /> Ce juif est décidément bien informé.
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