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Christ Roi

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24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 06:50
Du Brexit à l'Eurexit ?

D'après un sondage YouGov publié vendredi 5 février par The Times, les partisans d'une sortie de l'Union européenne devancent de neuf points ceux qui prônent le maintien de la Grande-Bretagne au sein du bloc communautaire. 45% des Britanniques sont favorables à une sortie de l'Union alors que 36% disent vouloir y rester. Le Royaume Uni n’est pas devenu eurosceptique voire europhobe avec la crise des migrants. Le fonctionnement actuel de l’Union Européenne plongée dans cette double crise économique et migratoire, a accentué l’hostilité d'une partie des britanniques et du parti conservateur vis-à-vis de l’Europe. La situation économique de la Grande Bretagne est meilleure que dans la zone euro. Avec un taux de chômage qui a 5% est moitie moins qu'en France et une croissance économique a 2,2% doublement supérieure à la croissance française, on comprend bien que les Britanniques ne peuvent pas avoir une image très positive de l'Europe. [1]

 

Sur son site, l'économiste Charles Gave explique malgré tout que le referendum organisé le 23 juin en Grande-Bretagne sera l'occasion de voir une nouvelle campagne de la "peur" menée par les "milieux dits « d’affaires »" si le vote négatif l'emportait. Un vote instrumenté par les "partisans de l'euro" "fort bien représentés par le Financial Times, de façon générale", qui avaient utilisé les mêmes arguments pour essayer de "forcer la Grande-Bretagne à rejoindre la monnaie commune" ("la City allait voir son influence s’écrouler puisque la Grande Bretagne n’étant pas dans l’Euro, le marché de l’Euro irait automatiquement s’installer à Francfort ou à Paris, ce qui serait très dommageable pour les institutions financières Britanniques. On sait ce qu’il en advint…").

 

La campagne de la peur est menée par ceux qui "se précipitent à Davos chaque année et correspondraient chez nous à  messieurs Attali, Duhamel, Minc ou Bernard Henri-Levy dont chacun reconnait la remarquable capacité à ne faire que des erreurs et à se tromper tout le temps." Et alors même que l'UE n'est pas une construction démocratique mais technocratique ("Il n’y a pas de séparation des pouvoirs puisque la Commission détient à la fois le Pouvoir législatif et exécutif alors qu’elle n’est élue par personne").

 

Résumant "le choix" qui est donné au peuple britannique comme non pas le choix "pour ou contre l'Europe", mais un choix "pour ou contre la démocratie", l'auteur omet toutefois de préciser que la soit-disant "démocratie" représentative et parlementaire britannique inventée "depuis la magna carta imposée à Jean sans Terre" n'est pas elle-même une démocratie mais une oligarchie aux mains des banquiers de la City.

 

Le texte de Charles Gave a le mérite toutefois de rappeler que "les institutions Européennes n’ont JAMAIS respecté les souverainetés nationales puisqu’elles ont été créées pour les détruire" !

 

Le referendum britannique marquera l'affrontement entre deux oligarchies européennes rivales, une plus continentale européiste, fédérale et transatlantique et une plus souverainiste et confédérale, toutes les deux fortement liées l'une à l'autre.

 

La nouveauté est que sur le continent, (jusqu'ici) chaque tentative de s'émanciper de l'UE, chaque vote contre l'oligarchie européiste fédérale a été contourné. Charles Gave le rappelle très bien :

 

On se souvient du referendum sur la Constitution Européenne que la France et la Hollande ont rejeté pour se les voir imposer par un traité quelque temps après.

 

On se souvient aussi des Irlandais qui avaient voté non à l’Euro et qui furent invités à voter à nouveau jusqu’à ce qu’ils  acceptent l’Euro de guerre lasse, pour s’entendre dire ensuite qu’ils ne pourraient jamais plus en sortir.

 

On se souvient du vote des Grecs, immédiatement trahis par Tsipras dont on se demande combien il a touché pour trahir ses électeurs aussi rapidement.

 

Comme l’a dit fort clairement le ministre des finances Allemand « il n’y a pas de sortie démocratique des institutions européennes». On ne saurait être plus clair : c’est ce que disait Brejnev aux Tchèques ou aux Polonais en 1968, en mettant en avant sa théorie de la « Souveraineté limitée »

 

 

 

Lire: 5 minutes pour comprendre l'illusion du vote

 

C'est donc au tour de la Grande-Bretagne de se prononcer.

Et l'on pourra vérifier si le vote y est davantage respecté, ou non.

 

On peut dors et déjà dire que si le referendum aboutissait à un brexit et que le vote était respecté, le projet fédéraliste anti-souverainiste de l'UE sera fortement atteint et pourrait, rapidement, s'écrouler tel un chateau de cartes.

 

C'est la raison pour laquelle toute l'oligarchie continentale, qui depuis des années a misé sur le projet fédéraliste de l'Europe cède tout au Premier ministre britannique.

 

David Cameron, partisan d'un maintien de la Grande-Bretagne dans l'UE, a en effet obtenu tout ce qu'il voulait. En matière d'immigration, il a obtenu une clause de sauvegarde de sept ans sur certaines aides sociales pour les nouveaux migrants, qui permet de limiter les versements selon une échelle graduelle. Un système sera également mis en place pour indexer les allocations familiales au niveau de vie du pays où vivent les enfants. Cela s'applique aux nouveaux demandeurs mais peut être étendu aux bénéficiaires actuels à partir de 2020. En matière de souveraineté, il s'est assuré d'une exemption pour le Royaume-Uni sur "l'Union toujours plus étroite", qui doit être inscrite dans les traités si l'opportunité de leur remaniement se présentait. Le "carton rouge" est présent sous condition d'une alliance de 55% des votes alloués aux parlements nationaux, ce qui le rend compliqué en pratique. Sur le principe de subsidiarité, Cameron a indiqué qu'il prévoyait de prendre de nouvelles mesures pour protéger la souveraineté britannique. En matière de gouvernance économique, Cameron revendique avoir obtenu des protections pour la City contre toute discrimination des pays utilisant la monnaie unique, estimant que l'UE reconnaissait "pour la première fois" qu'elle avait plusieurs monnaies. Mais le vocabulaire du texte reste vague: les institutions de l'Union "faciliteront la coexistence entre plusieurs perspectives". Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a de son côté insisté que l'accord n'accordait aucun veto à Londres en matière de décision. En matière de compétitivité et de libre-échange, Cameron s'est vu accordé moins de charges administratives, la libre-circulation du capital, des biens et des services: une partie qui n'a jamais été vraiment problématique, la "compétitivité" étant une priorité de la Commission Juncker... [3]

 

En fin de compte, que s'est-il passé? Karine Bechet-Golovko l'explique :

 

La Grande Bretagne n'a jamais caché que l'UE l'intéresse dans son volet économique, permettant de lever les entraves nationales à la circulation des biens, des capitaux et des personnes, surtout lorsque ces personnes sont des hommes d'affaires. Le volet politique n'intéresse pas du tout le pays qui se voit comme une nation souveraine et entend le rester, quant au volet social il n'entre simplement pas dans sa conception de la gouvernance. Au Conseil européen, D. Cameron a obtenu que sa vision politique soit consacrée. Mais qu'elle ne le soit que pour la Grande Bretagne. Et c'est ici que le bât blesse.

 

Que la Grande Bretagne se batte pour défendre ses intérêts, c'est normal. Que les autres pays européens ne le fasse pas est problématique. Au nom d'une construction "européenne", qui ne porte d'européen plus que le nom. La Grande Bretagne a obtenu le droit de rester un état, au prix des autres états qui se sont écrasés pour sauver une structure qui ne correspond plus au projet pour lequel elle avait été créée. L'UE a bradé l'intérêt des états européens continentaux pour sauver son existence. Et l'on retrouve cette scission historique entre pays européens continentaux et anglo-saxons à nouveau se dresser devant nous.

 

L'UE se replie sur l'Europe continentale qu'elle continue à affaiblir, à destructurer, à "désétatiser". Ce territoire qui va devoir se débrouiller avec les crises économiques, sociales, les immigrés. Et la Grande Bretagne, protégeant la City de son corps, va pouvoir regarder à distance, aider l'UE à se développer, à créer ce Super-état européen, monstre désarticulé sans colonne vertébrale, le tout en gardant un accès facilité au marché, en protégeant ses institutions étatiques, sans lesquelles aucune société ne peut prospérer.

 

Il ne reste qu'une voie: "l'Eurexit". Mais avoir le droit d'être un état, aujourd'hui, ça se mérite. Et l'Europe continentale vient d'abdiquer ce droit. [4]

 

Un mouvement politique italien prône l'Eurexit qui favorise la sortie de l'euro comme monnaie unique.

 

Notes

 

[1] Brexit en hausse dans les sondages : pourquoi les Britanniques ne vivent pas la crise de l’Europe sur le même mode que nous, Atlantico, 7 février 2016

[2] Brexit ou pas Brexit?, Institut des Libertés, Par Charles Gave, 22 février, 2016

[3] Ce que David Cameron voulait et ce qu'il a obtenu dans l'accord avec l'UE, AFP, Publication: 20/02/2016 09h06 CET Mis à jour: 20/02/2016 09h53)

[4] Le Conseil de toutes les lâchetés: du Brexit à l'Eurexit, Russie Politics, 21 février 2016

 

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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 11:31
Ancien pasteur pentecôtiste, il se convertit et découvre la puissance d'un simple chapelet

En avril 2013, la conversion au catholicisme de Fernando Casanova, pasteur pentecôtiste portoricain, avait défrayé la chronique latino américaine (en espagnol dans l’hypertexte). Depuis, il s’est fait le zélé défenseur de l’Église avec sa stupéfiante maîtrise de la Bible et son style oratoire latin, passionné et chaleureux.

C’est Fernando lui-même qui raconte son lent et douloureux processus de conversion au catholicisme : pas moins de cinq ans lui auront été nécessaires, après bien des années d’un prestigieux service au sein de son Église protestante.

Ce processus a débuté par sa recherche biblique d’une Église unique et unie fondée par Jésus Christ, Fernando étant désorienté par la prolifération continue d’Églises et de groupes protestants. Mais son zèle dans cette quête visait un seul et clair objectif : « ne pas être catholique ». Sauf que le coup de grâce de sa conversion a précisément été sa découverte de l’Eucharistie catholique.

En prenant la décision de se convertir, il en informe sa femme qui, protestante convaincue, préférera la séparation du couple. Doté d’un grand esprit de famille et fidèle à son mariage, Casanova passe alors plusieurs mois sans vivre avec sa femme et ses trois enfants, crucifié par ce mystère : pourquoi Dieu permet-Il une telle souffrance alors que, après tout, il suit maintenant le droit chemin ?

« J’ai demandé pardon à Dieu tous les dix ‘Je vous salue Marie’ au cas où ma façon de prier ne Lui plaise pas »

Dans ses prédications, il raconte avec beaucoup d’émotion comment il est un jour entré dans une chapelle pour chercher la force de Dieu au milieu de son malheur. Il aperçoit sur un banc de l’église un chapelet. Il comprend que Dieu lui demande de le réciter. Pour le jeune homme récemment converti, bien que ferme dans sa foi, il lui est encore très difficile, en raison des origines évangéliques, de prier le chapelet. Mais Fernando regarde Marie et lui dit qu’il est prêt à le faire, mais lui adresse deux demandes : qu’il puisse se réconcilier avec sa femme et que celle-ci ainsi que leurs enfants puissent entrer en pleine communion avec l’Église de son Fils.

L’ancien pasteur raconte : « J’ai prié le chapelet maladroitement et sans foi, demandant pardon à Dieu tous les dix Je vous salue Marie au cas où ma façon de prier ne Lui plaise pas ».

Le jour même, Fernando Casanova voit sa famille et se réconcilie avec sa femme. Simple coïncidence ? Un an jour pour jour après ce « rosaire mal récité », à la cathédrale de de Porto Rico la capitale, le Fernando Casanova, son épouse et ses enfants ont été officiellement reçus dans l’Église catholique.

Fernando lui-même regrette de n’avoir pas conservé ce chapelet qu’il avait trouvé, un an plus tôt, abandonné sur un banc d’église. Il n’aurait pas seulement aimé le garder : l’ancien pasteur se serait bien vu enterré avec ce chapelet, enroulé dans ses mains reconnaissantes.

 

Source: Il se convertit au catholicisme… et découvre la puissance d’un simple chapelet, Aleteia, Javier Ordovás, 22 février 2016

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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 10:25
Actes de cruauté dans un abattoir du Gard certifié "bio"

Moutons torturés, cochons et bœufs saignés alors qu’ils sont conscients… L'association protectrice des animaux L214 rend public ce mardi de nouvelles horribles images d’un abattoir, qui a la particularité d’être "bio" (Attention, ces images peuvent choquer).

 

Attention, images choc ! L’association lyonnaise L214, connue pour avoir révélé le sort de poussins broyés vivants en 2014 et les conditions d’abattage abjectes endurées par des bovins, ovins et porcins dans un abattoir d’Alès (Gard) remet ça. Cette fois, c’est l’abattoir du Vigan, à 60 km à l’ouest d’Alès, qui fait les frais de leur caméra cachée, placée dans l’enceinte du bâtiment par un complice entre juin 2015 et février 2016.

 

Que voit-on dans ce montage de quatre minutes ?

 

Des moutons terrorisés, violemment balancés contre une grille en métal. Un cochon qui devrait être étourdi par un coup de pince électrique sur le front, mais qui finit lentement brûlé, car l’outil est défectueux. Un bœuf et un cochonnet pendus à une patte, encore conscients - ils se débattent, les yeux grand ouverts – mais saignés quand même...

 

Employé sadique

 

Suprême infamie : un employé sadique au visage flouté s’amuse à donner des coups de pince électrique à des moutons qui sursautent, et l’on entend son rire d’ogre s’élever dans le bâtiment d’une blancheur clinique. Ambiance...

 

Cerise sur le gâteau : l’abattoir gardois dans le collimateur est certifié bio… une ensemble de pratiques agricoles qui revendiquent le respect du bien-être animal. Une publicité assurément mensongère dans le cas du Vigan. [1]

 

L’association, qui « milite pour la fin de l’élevage et la fermeture des abattoirs » selon ses propres termes, a utilisé la même méthode qu’à Alès : une personne ayant accès à l’abattoir y a posé une caméra qui a tourné des images pendant quelques journées entre mai 2015 et février 2016. Comme d’habitude, les images sont accablantes.

 

Contacté par 20 Minutes lundi dans la soirée, le directeur de l’abattoir, Laurent Kauffmann, n’avait pas encore vu les images, mais expliquait qu’une « reprise de conscience des animaux après une électronarcose, sans visiblement d’actions correctives de la part du personnel, ça peut arriver. Mais ça ne devrait pas arriver », ajoute-t-il. Quant aux cas de manipulations brutales des moutons, Laurent Kauffmann précise qu’il n’est « pas en mesure de dire si ces choses sont effectivement arrivées, mais si c'est le cas c’est une faute professionnelle. »

 

Le rapport du vétérinaire qui a visionné les images conclut à « l’absence d’encadrement technique permanent des opérateurs permettant de s’assurer du respect des procédures » et déplore « des opérateurs peu formés et encore moins sensibilisés à la protection animale ». L’expert indépendant, qui qualifie toutefois les abattoirs « d’antichambres de la mort », estime que le cas particulier de maltraitance des ovins « doit faire l’objet de sévères sanctions professionnelles et judiciaires ». [2]

 

Ce qui est plus étonnant, c'est que cet abattoir s'avère un petit établissement de proximité, spécialisé dans la vente directe et certifié bio par l'organisme Ecocert – même si seulement 5 % de sa production est issue de l'agriculture biologique. On y tue chaque année 250 bovins, 200 cochons et 6 000 agneaux, soit 240 tonnes de viande par an, à peine 6 % des quantités débitées à l'abattoir d'Alès. L'établissement emploie seulement trois salariés, et ses locaux, qui datent de 1985, ont été modernisés en 2010 et en 2014. Et pourtant, il ne respecte non seulement pas la réglementation en bio mais pas non plus les normes minimales communes à tous les abattoirs.

 

"Il semble y avoir eu des fautes professionnelles. Si elles sont avérées, nous devrons agir en conséquence", reconnaît Laurent Kauffmann, le directeur de l'abattoir, contacté par Le Monde lundi soir avant d'avoir pu visionner les vidéos. Mais, insiste-t-il, l'abattoir est "agréé", "contrôlé tous les jours par une personne des services vétérinaires et une fois par an par la direction départementale de la protection des populations (DDPP)" et les salariés "suivent des formations sur le bien-être animal et les bonnes pratiques d'abattage".

 

Commission d’enquête parlementaire

 

"Nous avons une image idyllique de la production bio. En réalité, il n'y a pas de mort bio ou de mort douce. La viande heureuse n'existe pas, argue Brigitte Gothière, porte-parole de L214. Il est temps de regarder en face et avec honnêteté la réalité de l’abattage des animaux, une réalité dont même les abattoirs à taille humaine et certifiés ne peuvent masquer la cruauté."

 

L'association a déposé une plainte contre l'abattoir du Vigan, mercredi, devant le tribunal de grande instance d'Alès. Elle lance également une pétition demandant la création d’une commission d’enquête parlementaire sur les abattoirs. Fin octobre, après le scandale d'Alès, plusieurs sénateurs avaient déjà demandé la création d'une telle commission d'enquête sur les conditions d'abattage des animaux de boucherie. Quelques jours plus tard, 90 personnalités – Eva Joly, José Bové, Luc Ferry ou encore Michel Drucker – signaient un manifeste pour appuyer cette demande. Mais depuis, rien n'a avancé, l'abattoir d'Alès rouvrant même après deux mois de fermeture administrative. "Quand le scandale retombe, tout le monde oublie, mais les animaux, eux, continuent de subir des actes de cruauté, relève Brigitte Gothière. On demande donc des contrôles dans tous les abattoirs pour que les normes soient, au minimum, respectées." [3]

 

Sources:

 

[1] VIDEO. Nouvelles images insoutenables de cruauté dans un abattoir du Gard, Nouvel Obs, Publié le 23-02-2016 à 07h46Mis à jour à 09h03

[2] VIDEO. Les terribles images tournées dans un abattoir «bio» du Gard, 20 Minutes, Publié le 23.02.2016 à 07:05, Mis à jour le 23.02.2016 à 09:47

[3] Actes de cruauté dans un abattoir du Gard certifié bio, Le Monde, mardi 23 février 2016

 

 

. Scandale alimentaire : des animaux encore conscients au moment de leur mise à mort

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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 09:24
La fleur de lys

Emblème royal par excellence, la fleur de lys a une très ancienne origine.
Sans doute fleur d’iris sous Clovis (fleur que l’on retrouve, par ailleurs, dans les armes de Florence), elle devient rapidement le symbole de la monarchie française de par son rapport avec la Vierge Marie, en référence à la pureté, à l’innocence et à la virginité, la Vierge étant la Sainte protectrice des Rois, et médiatrice entre Dieu et les hommes; mais également comme figure d’abandon à la volonté de Dieu, c’est-à-dire à la providence, qui pourvoit aux besoins de ses élus. Ce symbole indique donc la soumission du Souverain à une autorité divine qui lui permettra d’exercer son règne sans qu’il oublie de qui il tient son pouvoir.
Le blason de la couronne de France représente trois fleurs de lys, évoquant ainsi la Sainte Trinité mais également les vertus théologales. Enfin, la fleur de lys marquait les pouvoirs guérisseurs que l’on attribuait au Roi, en référence aux écrouelles guéries par simple attouchement.Fleur de gloire, elle est également assimilée aux rayons du soleil, source de fécondité; sa forme a parfois été reprise sur certaines hallebardes.
La structure de cette figure héraldique peut offrir différents degrés de lecture.
Ainsi, les six pointes de la fleur (trois en haut et trois en bas) présente une analogie avec le sceau de Salomon, composé de deux triangles inversés; on pourra donc y voir le passage de l’Ancien au Nouveau testament, l’axe vertical de la fleur et la barrette horizontale faisant référence à la croix du Christ (une autre interprétation voit d’ailleurs cette croix dans les trois pétales supérieurs).
Sur le schéma ci-joint, la fleur est séparée en deux par l’axe horizontal (la barrette), scindant le ciel et la terre. Les trois pétales du haut appartiennent au monde céleste en un delta représentant Dieu; cette figure se reflète sur le monde terrestre par un effet miroir. Les 3 pétales du haut (T-A-S, thèse,antithèse, synthèse) affirmant l’unité divine, trouve son corollaire dans celles du bas, plus petites, et confirme bien la figure royale en tant que conciliatrice des contraires. C’est donc un élément rassembleur autour de la personne du Roi; on peut également y lire l’allégeance au Souverain, les deux pétales latéraux se ployant devant l’axe central, droit et dirigé vers le ciel.

Source et suite: Sous le regard du symbole: La fleur de lys, Alliance Royale, La France réconciliée

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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 19:04

Laissez une paroisse vingt ans sans prêtre : on y adorera les bêtes

Saint Curé d'Ars

"Laissez une paroisse vingt ans sans prêtre : on y adorera les bêtes." Saint Curé d'Ars

Source: Diakonos.be

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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 17:28

L’évêque de Phoenix, Arizona, Mgr Thomas Olsted, vient d’appeler les militants provie à la « vigilance » lors de leurs veilles auprès des centres d’avortement, rappelant que Satan est « particulièrement actif » autour de ces lieux : « Nous pouvons êtres sûrs que lorsque nous sommes à proximité d’un lieu où des avortements sont pratiqués, le Malin y est spécialement actif, mais nous ne sommes pas seuls lorsque nous prions. (…) Nous en rendons grâce à Dieu et c’est pour cela que nous y prions ensemble. C’est pour cela que nous appelons Notre Dame de Guadalupe à être auprès de nous et à nous garder à l’abri de son manteau. »

 

Mgr Olsted a fait ces réflexions lors d’une messe célébrée, le 4 février dernier, en la basilique Sainte-Marie de Phoenix à l’occasion de la campagne de printemps de veilles de « 40 Days for Life » (40 jours pour la vie), un mouvement qui associe veilles, jeûne et prières pour obtenir la fin de l’avortement légal et la protection des enfants à naître.

 

Prier près des avortoirs parce que Satan y est « particulièrement actif »

 

Rappelant que le Christ ne nous demande pas d’agir isolés – « Il envoyait les apôtres deux par deux, ils ne devaient pas partir seuls » – l’évêque de Phoenix a affirmé que « ceux qui sont engagés comme témoins de l’Evangile de la Vie, et qui cherchent à défendre les plus vulnérables d’entre nous » ne sont pas seuls.

 

Le seul diocèse de Phoenix compte cinq villes qui participent depuis le mercredi des Cendres à « 40 Days for Life », un carême offert pour cette intention qui est aujourd’hui au cœur du combat chrétien.

 

L’évêque de Phoenix, Arizona, Mgr Thomas Olsted, appelle à un combat spirituel contre l’avortement

 

C’est ce que prêche Mgr Olmsted en paroles et en action : il a lui-même participé à une veille devant le Planned Parenthood de sa ville, le Vendredi Saint de l’année dernière et appelant les hommes de son diocèse à prendre la défense du mariage et de la famille. En 2013, il s’était exprimé devant une réunion de cardinaux, d’évêques et de prêtres des Amériques à garder ferme leur confiance dans les « vérités difficiles » que l’Eglise enseigne sur le mariage, la vie et la liberté religieuse pour que l’Evangile puisse continuer de se répandre.

 

Source et suite: Reinformation.tv

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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 15:32

Un deux poids deux mesures de plus. Monseigneur Aillet, évêque du diocèse de Bayonne, Lescar et Oloron connu pour son combat pour la défense des plus faibles et la vie, contre l'avortement, a été pris pour cible lors du "jugement de San Pantzar", carnaval basque à Saint Jean de Luz. Son effigie a été brûlée en place publique : de l'"humour", disent les organisateurs. "Essayez avec un imam ou un rabbin, on verra si «drôle» !", a ironisé dans un tweet l'abbé Pierre Amar du diocèse de Versailles, qui dénonce un "deux poids deux mesures."

Deux poids deux mesures de l'effigie brûlée de Mgr Aillet

Le jugement de Zanpantzar est une vieille tradition du carnaval basque. Chaque année, on brûle en place publique un géant de paille censé exorciser le mal et annoncer l'arrivée des beaux jours. Cette année, le mannequin, vêtu d'une soutane, était à l'effigie de Monseigneur Aillet, évêque de Bayonne connu pour son combat contre la banalisation de l‘avortement. Le discours précédant le bûcher, habituellement politiquement orienté, ne laissait guère de place au doute: «San Pantzar! C'est toi qui veut empêcher les femmes de disposer de leur corps? Cela t'amuse de comparer l'avortement à Daech?», ont crié les organisateurs, l'association culturelle locale Donibane Ziburuko Ihauteriak.

 

Mehdi Ouraoui, membre du conseil national du parti socialiste, qui était présent à cette cérémonie populaire a pour sa part tweeté: «A St Jean, au procès de Zanpantzar, internationalistes on juge aussi le FN et féministes on juge @MgrMAillet! #Fier»

 

Chaque année, une cible est brûlée. Parfois San Pantzar prend le costume d'un politicien. Mais il est vrai qu'il est rare qu'il soit aussi identifiable. La soutane en papier, qui a été allumée pour mettre le feu à l'ensemble du pantin de paille est un symbole reconnaissable du catholicisme.

 

Le chargé de communication du diocèse Thibault Luret a interpellé la mairie de la Ville, qui a autorisé la tenue du carnaval.

 

Il rappelle le sort des chrétiens d'Orient pour dénoncer un acte «qui dans un contexte difficile pour les chrétiens cautionne sous couvert d'humour les persécutions».

 

D'autres, comme l'abbé Pierre Amar du diocèse de Versailles, dénoncent un deux-poids, deux mesures. «Brûler la figure d'1 évêque c'est de «l'humour» Essayez avec 1 imam ou 1 rabbin, on verra si c'est «drôle»», a-t'il tweeté.

 

Source : L'effigie de l'évêque de Bayonne brûlée en place publique lors d'un carnaval, Le Figaro, Par Eugénie Bastié Publié le 22/02/2016 à 12:26

 

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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 09:47
5000 terroristes de l'Etat islamique infiltrés en Europe

Entre 3000 et 5000 djihadistes se sont infiltrés en Europe.

 

Dans un entretien publié jeudi (18 février Ndlr.) au journal allemand Neue Osnabrücker Zeitung le directeur d'Europol Rob Wainwright a averti que

 

"l'Europe est actuellement confrontée à la menace terroriste la plus élevée depuis dix ans. ... Nous pouvons nous attendre à des attaques de Daech ou d'autres groupes terroristes religieux quelque part en Europe." [1]

 

Selon le responsable d'Europol, 3 000 à 5 000 terroristes entraînés par Daesh se sont infiltrés en Europe. Il ajoute que ces agents infiltrés vont obliger les Etats Européens "à faire face à de tout nouveaux challenges". [2]

 

Fin janvier, Rob Wainwright avait déjà prévenu que Daesh avait développé "une nouvelle capacité de combat pour effectuer une campagne d'attaques d'ampleur", concentrées en particulier sur l'Europe.

 

Le rapport réalisé par les analystes d'Europol affirmait alors que Daesh "prépare de nouvelles attaques (...) dans des Etats membres de l'UE, et en particulier en France".

Sources:

 

[1] 5000 djihadistes se trouveraient en Europe, Par lefigaro.frMis à jour le 21/02/2016 à 19:05 Publié le 21/02/2016 à 19:03

[2] 3 000 à 5 000 terroristes de Daesh se seraient infiltrés en Europe, selon Europol, Publié le 20/02/2016 . Mis à jour à 17h21 par SudOuest.fr

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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 09:41

Logique:

Migrants: l'Allemagne aurait mieux fait d'avoir une "politique nataliste" (Nadine Morano)

La député européenne Nadine Morano (Les Républicains) a estimé dimanche sur BFMTV que l'Allemagne "en matière de crise migratoire a(vait) réagi d'une manière totalement égoïste", et qu'elle "aurait mieux fait depuis des années d'avoir une politique nataliste pour renouveler ses générations".

 

"L'Allemagne en matière de crise migratoire a réagi d'une manière totalement égoïste. L'Allemagne aurait mieux fait depuis des années d'avoir une politique nataliste pour renouveler ses générations" plutôt que d'ouvrir ses portes aux migrants, a affirmé Mme Morano, au détour d'un développement sur l'Europe.

 

Source : Morano: l'Allemagne aurait mieux fait d'avoir une "politique nataliste", 21 Févr. 2016, 19h47 | MAJ : 21 Févr. 2016, 19h47

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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 09:35
Migrants : l'Autriche renforce sa présence militaire aux frontières

L'Autriche a annoncé ce dimanche un renforcement militaire le long de ses frontières pour faire face à l'afflux de migrants. Ainsi, dès lundi, 450 soldats supplémentaires, et des effectifs de police militaires seront présents en cas de difficultés. En tout, 1.450 soldats et réservistes seront désormais affectés à la surveillance des frontières autrichiennes.

 

Ces troupes patrouilleront le long de la frontière et contrôleront les personnes et les véhicules entrant dans le pays, a précisé le ministère de la Défense dans un communiqué.

Une compagnie de police militaire basée à Salzbourg se tiendra prête à intervenir «pour faire face à des groupes de personnes violentes ou pour les empêcher de franchir la frontière», est-il encore précisé. Ces renforcements seront particulièrement importants à douze points frontaliers avec la Slovénie, l'Italie et la Hongrie.

Cette mesure intervient alors que l'Autriche a inauguré vendredi un strict quota journalier de demandeurs d'asile admis sur son territoire, malgré les critiques de l'Union européenne. Désormais, le pays n'accepte plus que 80 demandeurs d'asile chaque jour sur son territoire. Depuis le début de l'année en moyenne, l'Autriche reçoit 250 demandes par jour. 3.200 migrants par jour seront autorisés à transiter vers d'autres pays, soit plus de 950.000 migrants jusqu'à la fin de l'année. La Commission européenne a qualifié les quotas autrichiens de «clairement incompatibles» avec le droit européen.

 

Source: Face à l'afflux de migrants, l'Autriche renforce sa présence militaire aux frontières, Le Parisien, 21 Févr. 2016, 16h34 | MAJ : 21 Févr. 2016, 16h33

 

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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 07:05

Un article de Roland Hureaux pour "Causeur.fr"' montre que la démocratie ne peut prospérer que dans une communauté relativement homogène. Des communautés religieuses d’importance comparable ne peuvent coexister longtemps de manière pacifique. Plus une société est hétérogène, plus il faut un pouvoir autoritaire pour y maintenir la paix civile.

Vers une Europe autoritaire et ghettoïsée?

 

Bienvenue dans le monde d’après

 

La conjonction de vagues migratoires hors de contrôle, d’attentats terroristes de grande ampleur et d’une restriction des libertés (loi sur les écoutes, état d’urgence) allant jusqu’à une réforme de la Constitution qui va jusqu’à inquiéter le Conseil de l’Europe, pourrait bien dessiner les traits de l’Europe vers laquelle nous allons : ghettoïsée, conflictuelle et autoritaire.

 

Les tenants de la société multiculturelle pensent que la diversité des communautés allogènes implantées dans les pays européens constituera un enrichissement pour le pays d’accueil par la multiplication des échanges et le croisement des cultures qu’elle suscitera, pouvant aller jusqu’au métissage. Cela est vrai, au moins en partie, quand les dites communautés ne sont qu’une petite minorité, trop réduite pour rester dans l’entre-soi et pour apparaître comme une menace. Chacun de ses membres a de fortes chances de rencontrer à l’école, sur les stades ou au travail des autochtones et de s’assimiler à leur mode de vie. Les autochtones ne sentant pas leur primauté remis en cause, se montrent accueillants et ouverts aux échanges.

 

Il n’en est plus de même quand les dites communautés se font nombreuses. Les nationaux ont moins envie d’échanger. Les immigrés ou fils d’immigrés ont moins de chances de les rencontrer notamment dans des classes devenues monocolores. En France, la reprise de la fécondité immigrée depuis quinze ans, laquelle s’était jusque-là plus ou moins normalisée, est un marqueur de la communautarisation, de pair avec la préférence des mâles pour des femmes qu’ils font venir du pays, plus dociles que leurs voisines de palier.

 

Au terme : une société d’apartheid telle que l’Allemagne en montre l’exemple depuis longtemps. A Berlin, il n’y a pas d’Allemands dans les quartiers turcs et très peu de Turcs dans les quartiers allemands. Plus les populations immigrées seront importantes, plus la séparation sera grande.

 

Des tensions prévisibles

 

Les relations de ces communautés seront, qu’on le veuille ou non, conflictuelles. Sans doute, le nombre de musulmans impliqués dans les actes terroristes est-il infime par rapport à leur nombre total : 1 sur 1 000 si on se réfère au fichier S, lui-même très extensif. Mais ces actes auront statistiquement et toutes choses égales par ailleurs deux fois plus de chances de se produire si la population allogène devient deux fois plus nombreuse. Ils contribuent et contribueront à durcir les relations intercommunautaires, à entretenir la méfiance et l’hostilité dont les effets seront seulement tempérés par la séparation des communautés. En outre, le terrorisme n’est pas la seule forme de l’agressivité réciproque des communautés : la délinquance ordinaire, les « incivilités » ou alors les réflexes d’autodéfense des autochtones y contribueront aussi.

 

Malgré les exemples de pays comme le Liban, la Bosnie, le Sri Lanka qui montrent que des communautés religieuses d’importance comparable [1] ne peuvent coexister longtemps de manière pacifique, on peut penser que ce n’est pas ce genre de guerre ouverte qui menace immédiatement l’Europe. Mais, comme l’a montré Pierre Manent [2], la démocratie ne peut prospérer que dans une communauté relativement homogène. On peut craindre que l’hétérogénéité au contraire lui soit fatale. C’est une loi historique que plus une société est hétérogène, plus il faut un pouvoir fort pour y maintenir la paix civile.

 

Menaces sur les libertés

 

On ne voit que trop comment un pouvoir socialiste qui proclame à tout-va son attachement aux valeurs républicaines, conforte chaque jour sa légitimité par une gesticulation sécuritaire qui entretient la psychose de l’attentat et habitue insensiblement les esprits à un régime d’exception. S’il est vrai que des failles dans le dispositif policier ont fait obstacle à ce que les attentats de Charlie et du Bataclan aient été détecté à temps, personne n’a considéré que ces failles provenaient de lacunes juridiques, seulement de dysfonctionnements des services. Il est probable que leur vigilance ayant été aiguisée par les événements, ils mettront un point d’honneur à mieux prévenir les attentats et donc à diminuer les risques que court la population. Il reste qu’avec l’état d’urgence, tout citoyen français peut craindre de voir au milieu de la nuit débarquer la police chez lui pour y effectuer une perquisition sans mandat judicaire. Il est aussi vrai que depuis la loi du 24 juillet 2015 sur le renseignement, des gens font attention au contenu de leurs courriels craignant qu’ils ne soient interceptés et utilisés contre eux. Ces moyens juridiques d’exception ont été notoirement utilisés contre des personnes, écologistes, identitaires ou autres, qui n’avaient rien à voir avec les réseaux terroristes. Sans aucune nécessité, on veut réformer la Constitution alors même qu’une démocratie forte devrait garder ses lois fondamentales sauves quelles que soient les circonstances [3].

 

S’il est vrai, comme on le dit, que les événements que nous avons vécus ne sont rien à côté de ceux qui nous attendent (il faut espérer le contraire !), alors les restrictions de libertés que nous aurons à connaître dans le futur seront encore plus considérables.

 

Cela ne concerne pas que la France. Une fois l’euphorie de la politique d’accueil de Merkel passée, qui sait ce que nous réserve ce pays dont les oscillations extrêmes ont déjà ébranlé l’Europe ?

 

Il est des gens, en France et en Europe, qui imaginent qu’une politique d’accueil large et généreuse rendra les gens meilleurs et la société plus prospère et démocratique, qu’elle fera progresser les droits de tous à commencer par ceux des migrants. Certains sont même prêts à faire émerger cette société vertueuse par la force d’une loi impitoyable au moindre écart de langage. Ils devraient être refroidis par les perspectives qui se dessinent. Ce n’est pas la première fois dans l’histoire contemporaine que les bons sentiments amènent des catastrophes, c’est même plutôt là la règle que l’exception. Nos anticipations ne découlent de rien d’autre que d’une connaissance objective de la dynamique des sociétés de tous les temps et de l’extrapolation de ce qui se passe sur notre sol depuis quelques mois.

 

[1] Ce qui ne veut pas dire un poids démographique équivalent. Le nombre d’adeptes actifs de chaque groupe, ses appuis extérieurs, importent aussi.

[2] Pierre Manent , La Raison des nations : réflexions sur la démocratie en Europe. Gallimard, collection L’esprit de la cité, 2006.

[3] Ce qui fut le cas de la IIIe République en guerre de 1914 à 1918 ou des Etats-Unis jusqu’au 11 septembre 2001

Le multiculturalisme conduit à l'autoritarisme du pouvoir et à la ghettoïsation

Source: Vers une Europe autoritaire et ghettoïsée? Bienvenue dans le monde d’après, Causeur.fr, Roland Hureaux, Publié le 18 février 2016 à 11:00 / Société

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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 19:56

La diplomatie russe a annoncé dans un communiqué que la Russie va convoquer vendredi soir une session du Conseil de sécurité des Nations unies au sujet des déclarations du gouvernement turc favorable à une intervention militaire terrestre en Syrie.

 

"La Russie a l'intention de convoquer aujourd'hui une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU pour discuter cette question et soumettre un projet de résolution appelant à mettre fin à toutes les actions qui sapent la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie", a fait savoir la porte-parole du ministère Maria Zakharova. [1]

 

Le Kremlin va "soumettre un projet de résolution appelant à mettre fin à toutes les actions qui sapent la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie", a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

 

Depuis plusieurs jours, la Turquie évoque l'éventualité d'une opération terrestre avec l'Arabie saoudite afin de venir en aide aux groupes rebelles soutenus par les deux pays. Ceux-ci sont en difficulté depuis l'intervention militaire directe de la Russie l'automne dernier: Moscou a accentué ses frappes, ces dernières semaines, principalement contre les zones aux mains des rebelles dits "modérés". ... [L]a Russie tient désormais de fait tout l'espace aérien du nord de la Syrie, après le déploiement de missiles sol-air S400 et de Tupolev 214R. [2]

 

La demande de Moscou intervient après que la Turquie a plaidé mardi (16 février Ndlr.) pour une intervention militaire terrestre de la coalition internationale en Syrie. "Nous voulons une opération terrestre avec nos alliés internationaux", avait déclaré à la presse un général turc qui s'exprimait sous couvert de l'anonymat. Et d'ajouter toutefois qu'il "n'y aurait pas d'opération militaire unilatérale de la Turquie". [3]

 

Samedi 13 février, la Turquie avec l'Arabie Saoudite avait déjà déclaré qu'elle pourrait mener une intervention terrestre contre l'EI en Syrie.

Syrie: la Russie convoque le Conseil de sécurité

Sources

 

[1] Syrie: la Russie convoque le Conseil de sécurité, Par LeFigaro.fr, avec AFP et Reuters Mis à jour le 19/02/2016 à 16:45 Publié le 19/02/2016 à 16:40

[2] Intervention turque en Syrie? Moscou convoque le Conseil de sécurité, Par LEXPRESS.fr avec AFP , publié le , mis à jour à

Réunion d’urgence du Conseil de sécurité sur la Syrie à la demande de la Russie, France24, Dernière modification : 19/02/2016

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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 10:06

Xavier Moreau, auteur de "Ukraine, Pourquoi la France s'est trompée" analyse pour "Stratpol.com", le 31 janvier 2016, les prises de position anti-bolchéviques du président russe Vladimir Poutine.

 

Extrait:

 

Nous avions déjà abordé la question des prises de position de Vladimir Poutine, en particulier, et des élites russes en général, pour dénoncer la période bolchévique de destruction de la Russie qui fait suite à la Révolution de 1917. Le cas le plus éclatant avait été lors de l'Université d'été de la jeunesse du parti Russie Unie, à l'été 2014, lorsque Vladimir Poutine avait comparé les libéraux pro-américains aux bolchéviques financés par l'Allemagne en 1917.

 

"Nous avons une opposition tournée vers l'intérêt national. Nous avons aussi une opposition dite hors du système. Ce n'est pas non plus un bloc unique, il y a des gens différents. Il y a des patriotes et il y a aussi des gens, et je ne voudrais pas choquer les gens de gauche, qui se trouvent peut-être au sein de cet auditoire. Mais durant la Première Guerre mondiale les bolchéviques souhaitaient la défaite de leur patrie. Et quand les héroïques soldats et officiers russes versaient leur sang sur le front de la Première Guerre mondiale, certains secouaient la Russie de l'intérieur et la déstabilisèrent si bien que l'Etat russe s'écroula, et se déclara vaincu vis-à-vis du pays vaincu ! C'est absurde, mais cela s'est produit. C'est une trahison totale de l'intérêt national.

 

De tels personnages, nous en avons aujourd'hui, mais que faire ? Aucune société n'est épargnée par ce genre de chose...

 

Quoiqu'il en soit, je pense que les bases fondamentales de la viabilité de notre Etat ne permettront jamais à de telles personnes d'arriver à la tête de l'Etat."

 

Vladimir Poutine a réitéré ses accusations contre Lénine à deux occasions lors de forums et de rencontres avec la population russe. Il a notamment comparé l'action de Lénine en URSS à celle de quelqu'un qui aurait déposé une bomba atomique sous la Russie et qui a fini par exploser :

 

"A cette époque il y avait beaucoup d'idées comme celles-là, autonomisation et ainsi de suite. Ils ont posé une bomba atomique sous cette maison qu'on appelait Russie. Et elle a explosé."

 

Effectivement ce sont les bolchéviques (Vladimir Lénine, Joseph Staline, Lazare Kaganovitch, Grigori Petrovski) qui non seulement ont créé l'Ukraine de toute pièce, mais qui en plus ont laissé la possibilité à ces régions qui avaient toujours été russes de pouvoir quitter l'URSS. Donc c'est en ce sens-là que Vladimir Poutine parle de la "bombe atomique" qui a été glissée sous la Maison Russie par Lénine.

 

Mais tout en reconnaissant les très beaux idéaux de partage et de générosité des communistes, a critiqué très fortement les massacres qui ont été accomplis par les Bolchéviques. [1]

 

"Certains accusaient le régime tsariste de répression. Mais par quoi a commencé le régime soviétique ? Par une répression massive. Et les prêtres qu'ils ont massacrés ? Rien qu'en 1918, ils ont massacré 3000 prêtres. Et en 10 ans, 10 000 prêtres. Et dans le Don, ils nes noyaient sous la glace.

 

Quand tu commences à réfléchir là-dessus, quand de nouvelles informations apparaissent, tu évalues les choses d'une autre manière. Vladimir Ilitch Lénine, dans une de ses lettres adressées à Molotov - je crois, je ne me souviens plus exactement de la citation, mais il écrivait:

 

"Plus on tue de représentants de la bourgeoisie réactionnaire et de prêtres, mieux c'est..."

 

Notamment celui de la famille impériale, celui du médecin de la famille impériale, les 10 000 prêtres orthodoxes qui ont été massacrés par les bolchéviques. Rappelons que les massacres des chrétiens par les Bolchéviques ont fait plus de martyrs que toutes les persécutions de l'Empire romain. Et de toute l'histoire, même celle de la 'Révolution française', c'est bien les persécutions antichrétiennes bolchéviques qui ont été les plus radicales.

 

Et donc ce qui est intéressant, c'est qu'en Russie comme en France, la crise ukrainienne est l'occasion de revoir l'histoire telle qu'elle a vraiment été de la création de l'URSS et de la création de l'Ukraine. Dans ce cadre-là je voudrais recommander la lecture d'un livre du seul théoricien du nationalisme ukrainien sérieux que l'on peut avoir en France, qui est M. Lebedynsky, qui vient de sortir un livre intitulé "Les Etats ukrainiens, La première indépendance et son héritage" (Harmattan). ... Un livre qui montre à quel point l'Ukraine est une création factice qui comme elle n'a jamais réellement existé avant que les Bolchéviques n'ukrainisent la région de force, n'a jamais obtenu l'adhésion des populations locales."

Notes

 

[1] La violence faisait partie intégrante du génome communiste. "La conclusion du Manifeste du Parti communiste est fort claire : 'Les communistes déclarent ouvertement qu'ils ne peuvent atteindre leurs objectifs qu'en détruisant par la violence l'ancien ordre social'." (Stéphane Courtois, Communisme et totalitarisme, Tempus, Paris 2009, p. 76.) Dès 1914-1915, Lénine s'empare de cette conclusion de Marx, dans le Manifeste de 1848, "pour inaugurer un slogan appelé à un grand retentissement : 'tranformer la guerre impérialiste en guerre civile'" (S. courtois, ibid., p. 77.)

 

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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 07:12
Saint Alphonse, un grand maître pour notre temps

Le temps du Carême est celui dans lequel les gens devraient bénéficier d'une plus grande détermination pour faire le tri dans le désordre de leur propre âme. Nous vivons dans une culture où non seulement les péchés et les tentations sont considérés par la masse comme légitimes, mais où ils sont continuellement parrainés et considérés comme des "droits".

 

Nous sommes prêts, par exemple, de faire beaucoup de sacrifices pour être physiquement en offrant des performances en prenant le stéréotype proposé par la publicité, le cinéma, les magazines ... mais peu ou rien n'est fait pour mettre les péchés au le régime alimentaire. Les clubs de sport et de santé sont devenus de grandes places d'affaires "pour le bien du peuple". Et tandis que toute l'attention et le culte sont prêtés à son corps, l'âme se sépare toujours plus de son Créateur, l'Unique à vouloir le vrai bien de sa créature. Pourtant, les grands moralistes de l'Église ont toujours dit: offrir des sacrifices, des jeûnes, des petites pénitences (les "voeux" miséricordieux enseignés par les bonnes mamans à leurs fils sont bénéfiques non seulement pour exprimer dans un manifeste leur croyance, mais pour se dégager avec grande force et facilité des esclavages du monde, en donnant ainsi place à la vraie liberté de l'âme.. Saint Alphonse de Liguori (1696-1787) est l'un de ces grands moralistes.

 

Au temps où les séminaires apprenaient la théologie morale selon les directives de ce dernier, les catholiques vivaient, malgré les tribulations et les péchés quotidiens, avec une plus grande sérénité et le tissu social catholique suivait des directives en harmonie avec la conscience de chacun, constituées par la loi divine inscrite dans chaque individu, par conséquent, l'honnêteté et le sens du devoir les tenaient plus éloignés des différents visages de la corruption. La théologie morale est la médecine la plus salutaire de toutes pour rester en bonne santé, y compris les produits pharmaceutiques, parce que quand l'âme se porte aussi bien, le corps en bénéficie. Il est étonnant de voir combien la théologie morale de saint Alphonse est encore aussi assurée, même en temps de miséricorde immense et prodigieuse.

 

A son époque, nombreux étaient les confesseurs enclins à une mesure de raideur vis-àvis de leurs pénitents et voilà que l'évêque de Sant'Agata de 'Goti donna la direction correcte à une situation qu'on avait créée. Aujourd'hui, nous sommes dans une situation inverse: la miséricorde, prodiguée par la majorité des confesseurs, sans le sens de la justice divine et sans la prétention de la repentance essentielle. Il convient de rappeler que Padre Pio de Pietrelcina, porté comme modèle du confesseur dans l'actuel Jubilé, était un champion de l'extrême sérieux du sacrement de la confession.

 

Avec saint Alphonse de Liguori, nous sommes confrontés à l'équilibre de la tradition: il est plus facile pour les hommes (ne sont pas exemptss ceux de l'Eglise) de mener des idées et des doctrines en avance. Il est plus difficile de rester dans les canons de la proportion. Eh bien, saint Alphonse était un savant équilibreur.

 

L'ordre moral, pour saint Alphonse, est constitué d'un rapport de conformité entre la volonté et de la règle objective, c'est-à-dire la loi. Tel rapport est donné par la connaissance qu'a le sujet de la loi comme règle obligatoire. De là, il est amené à rejeter la probabilité isolée comme une règle universelle de conduite, parce qu'au moins dans les degrés inférieurs, n'est pas la connaissance; c'est par contre la certitude morale en tout rapport cognitif. Ce génie de la théologie morale agit de manière fulgurante pour contrer les hérésies contemporaines et la "norme universelle" devenue "certitude morale". Il se détacha ainsi de la facilité des probabilistes, en accueillant le meilleur côté du probabilisme et en établissant une position de fort contraste en face de toutes les nuances de la rigueur et du jansénisme.

 

Ses écrits formidables et sa prédication infatigable ont mis les enseignements dans les séminaires sur le droit chemin, alors qu'ils étaient devenus des forges d'erreurs en raison de théologiens hors équilibre: l'Europe prit contact avec la nouvelle morale à laquelle fut petit à petit reconnu le mérite d'avoir consommé les sorts du jansénisme et les tendances les plus discutées du probabilisme. Toute la pensée antécédente fut reprise de saint Alphonse : plus de 70.000 citations de 800 auteurs attestent d'elles-mêmes du travail surhumain de révision, de critique, de criblage accompli par cet homme de Dieu.

 

La mentalité de saint Alphonse, un peu hostile aux discussions abstraites, réapparaît identique dans la morale comme dans la théologie dogmatique, dans la prédication, dans la mission, dans la pastorale. Dans son oeuvre complexe et articulée entrent de nouvelles préoccupations, inspirées de la lutte contre le matérialisme, l'indifférence religieuse et l'incrédulité, comme en témoigne la Brève Dissertation contre les erreurs modernes des incroyants aujourd'hui nommées matérialistes et déistes et les écrits ultérieurs similaires, avec lesquels le théologien se pose, excellant surtout, parmi les tendances controversées antinationalistes, antilluministes et l'apologétique de la seconde moitié du dix-huitième siècle.

 

C'est un théologien libre lui-même (sans vanité) de préjugés (facile à prendre par rapport à l'affranchissement du sage); libre de toute influence d'adresses de l'une ou l'autre école à la mode, mais fidèle à la Tradition de l'Eglise. À l'exception de quelques auteurs préférés, comme sainte Thérèse d'Avila et saint François de Sales, sa doctrine évolue entre les différents sujets offerts par Tradition avec indépendance de jugement. Il aime naviguer dans la Tradition, libre et réaliste, et choisit dans celle-ci et discerne pour le bien des âmes, toujours à la recherche de l'aspect efficace, pratique et salvifique. Il y a des questions sur lesquelles il ne transige pas et sur lesquelles il insiste sans relâche: la prière, la conformité à la volonté de Dieu (qui est le terme de l'exercice de perfection), et la méditation sur les fins dernières et sur la Passion de Notre-Seigneur, l'Eucharistie, la dévotion à la Vierge Marie.


Joseph Chasseur écrit dans le Dictionnaire biographique des italiens de l'Encyclopédie Treccani (Vol. 2 1960): "Il n'est pas exagéré de dire qu'on lui doit principalement les grandes théories de la mystique et de l'ascèse, qui, avec saint François de Sales avaient quitté l'école pour entrer dans la dite bonne société, elles en sortirent également et se déversèrent parmi le peuple. Alfonse, dans la dernière histoire de la pensée catholique, sans conteste, celui qui a trouvé les veines de l'ancienne conception héroïque du chrétien et a, dans sa vie et sa doctrine - humble seulement dans le vêtement  - renouvelé les grands théoriciens de l'amour de Dieu, comme en avait connu le Moyen Âge."

 

Sa moral a facilement rompu la résistance du jansénisme et se levèrent ses propagateurs éminents : Bruno Lanteri, Joseph Cafasso, Jean Bosco en Italie; Gousset et Mazenod en France; Diesbach en Suisse et en Bavière; Hennequin en Flandre; Waibel en Allemagne. Ses livres ont couru le monde dans toutes les langues.

 

Le philosophe Kierkegaard a noté, dans le sens religieux de ce Docteur de l'Eglise, des correspondances d'âme qui personnellement le détachaient sans repentir du piétisme protestant éhontée; tandis Gioberti et Döllinger, éprouvant la gênée allumée contre lui, le snobaient du haut de leurs enseignements pompeux et erronés. L'originalité de saint Alphonse est celle des penseurs catholiques équilibrés, qui est enracinée dans la Pensée éternelle de Dieu; celle sans temps, qui a son séjour dans la "Beauté si ancienne et si nouvelle", pour employer l'expression sublime de Saint Augustin; celle en mesure d'évacuer les rondes du jardin et qu'on propose pour redresser le chemin vers Dieu, distordu de certains par ingénuité ou mauvaise foi. (Cristina Siccardi)

 

Source: Corrispondenzaromana

 

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18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 17:54

Invité de Ruth Elkrief lundi 15 février sur BFMTV, Philippe de Villiers a affirmé que les hommes politiques français "ont une responsabilité criminelle".

 

"Ils ont du sang sur les mains", a même ajouté le fondateur du Mouvement pour la France. "Je pense aux attentats du 13 novembre, si on avait rétabli les relations diplomatiques avec la Syrie, on aurait eu les renseignements sur le cerveau des attentats. Et si on avait rétabli le contrôle aux frontières, on aurait empêché les allers et venues des kalachnikovs et des terroristes qui sont venus sur les terrasses pour tuer des petits français", a-t-il soutenu.

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18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 17:41

Valeurs de la république ?

En sortant lundi pour protester contre l'abattage de 98 platanes, Katia Lipovoï, habitante du quartier de Beaulieu à Poitiers, ne s'attendait pas à être brutalement interpelée, menottée et mise en garde à vue. Heureusement, les témoins oculaires ont tourné une vidéo de cette scène de violence intempestive.

 

La vidéo montrant une arrestation musclée d'une retraitée de 72 ans, sortie avec d'autres militants protester contre l'abattage de 98 platanes dans le quartier de Beaulieu à Poitiers, a créé un tollé sur les réseaux sociaux. D'ailleurs, les internautes ont raison de s'indigner

Tout comme d'autres militants, Katia Lipovoï, membre de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), est sortie le 15 février pour prendre part à une action de protestation contre le projet de la mairie d'abattre 98 arbres de son quartier. Tout comme d'autres militants, elle manifestait derrière une barrière de sécurité mise en place par les autorités locales. Sauf qu'elle a eu le malheur de faire tomber une barrière derrière laquelle se trouvaient les forces de l'ordre.

 

Violente arrestation d'une dame de 72 ans manifestant contre l'abattage de platanes

Source : Poitiers: une retraitée violemment arrêtée pour avoir manifesté pour des platanes, SputnikNews, 13:14 18.02.2016(mis à jour 13:51 18.02.2016)

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18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 11:13

Les employés pourraient travailler jusqu'à 60 heures en période exceptionnelle. La mise en esclavage pour "faire avancer le pays par le dialogue social" et "garantir des droits réels" ? Ubuesque :

Nous voulons faire avancer le pays par le dialogue social, garantir davantage des droits réels et rendre les entreprises plus compétitives. ... Le renvoi à la négociation n'est en aucun cas un recul des droits des salariés.

Myriam El Khomri, Ministre du Travail et de l'Emploi, Les Echos

Temps de travail : El Khomri veut "faire avancer le pays par le dialogue social" par la force, au besoin

Comme le voulait le patronat, le projet de loi promet plus de "souplesse", plus de latitude pour la négociation du temps de travail.

 

"Nous voulons rendre les entreprises plus compétitives", la ministre du Travail, Myriam El Khomri, souhaite assouplir le modèle français, en revoyant notamment le temps de travail. Selon le projet de loi, les employés pourraient travailler jusqu'à 60 heures par semaines en périodes exceptionnelles. [1]

 

Dans un entretien aux Echos, le "faire avancer le pays par le dialogue social" n'empêche pas El Khomri d'annoncer vouloir faire passer sa "réforme du code du travail" en force, au besoin, et d'utiliser l'article 49.3 de la constitution, permettant l'adoption d'un texte sans vote parlementaire. [2]

 

Ce texte qui prévoit un assouplissement du code et du marché du travail devrait "crisper une partie de la gauche et des syndicats", nous dit-on. Mais pour Myriam El Khomri, dans l'entretien aux Echos, "Il n’y a aucun recul des droits des salariés". Travailler jusqu'à 60 heures revient à "réduire la précarité du travail et améliorer les droits des salariés" !

 

Pour El Khomri, "l’objectif est de s’adapter aux besoins des entreprises. Elles pourront par exemple, par accord, moduler le temps de travail sur l’année et au-delà d’une année - un besoin de notre industrie, notamment automobile et aéronautique, pour être plus compétitive. Elles pourront aussi prévoir des durées de travail jusqu’à 46 heures hebdomadaires pendant 16 semaines. Mais le maximum hebdomadaire reste le plafond européen de 48 heures." [3] Ah dommage !

La durée légale du travail resterait à 35 heures. Autrement dit, les heures supplémentaires débuteraient toujours à la 36e heure. Mais la durée maximale d’une semaine de travail serait portée à 60 heures. Un cas déjà possible « pour des circonstances exceptionnelles, sous réserve d’accord de l’inspection du travail ». Sauf que Myriam El Khomri veut faire sauter cette demande d’autorisation. Lors d’un passage à vide économique, ou dans le cas de la conquête de nouveaux marchés, l’entreprise pourrait moduler librement le temps de travail et le salaire des employés pour cinq années maximum. Si l’accord préalable des salariés est prévu, ceux qui refuseront pourront être licenciés pour « cause réelle et sérieuse ». Jusqu’ici, le salarié qui refusait la nouvelle version de son contrat de travail pouvait être licencié économique. [4]

 

Le projet de loi sera présenté le 9 mars en Conseil des ministres.

 

Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a estimé ce jeudi que le projet de loi porté par la ministre du Travail, Myriam El Khomri,était une "réforme importante" proposant "plus de souplesse, plus de flexibilité, et des protections repensées". [5]

Sources

 

[1] Temps de travail : les employés pourraient travailler jusqu'à 60 heures en période exceptionnelle, Lci.tf1, 18/02/2016 à 06h32

[2] Réforme du Code du travail : El Khomri n'exclut pas de passer en force, Lci.tf1, Edité par avec , le 18 février 2016 à 07h25 , mis à jour le 18 février 2016 à 07h32.

[3] Myriam El Khomri : «Il n’y a aucun recul des droits des salariés», Les Echos, Le 17/02 à 20:42

[4] 35 heures, licenciement : El Khomri déverrouille, Dernières Nouvelles d'Alsace, 18/02/2016 à 05:00

[5] Macron salue le projet de loi El Khomri, Par Lefigaro.fr avec AFPMis à jour le 18/02/2016 à 10:52 Publié le 18/02/2016 à 10:48

 

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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 08:34

On aura tout vu, la Turquie viole l'espace aérien grec sous prétexte d'"une opération de l'Otan contre les passeurs de migrants..." :

L'agence publique grecque ANA a annoncé que des avions de combat turcs sont entrés à plusieurs reprises dans l'espace aérien grec avant une "opération de l'Otan contre les passeurs de migrants" en mer Egée. Selon l'agence, plus de 20 violations de l'espace aérien grec ont été réalisées par six avions de guerre au-dessus des îles de l'est et du centre de la mer Egée.

 

Deux des avions turcs étaient armés et ont été pris en chasse à deux reprises par des avions de combat grecs.

 

Selon la dpêche Afp Le Figaro qui rapporte l'information, "ces incidents interviennent au moment où un groupe naval de l'Otan est sur le point de lancer des patrouilles dans les eaux séparant la Turquie de la Grèce afin de dissuader les passeurs de faire traverser des milliers de migrants fuyant les conflits principalement en Syrie et en Irak pour rejoindre l'Europe, parfois au péril de leur vie."

 

La Grèce craint qu'Ankara n'utilise la crise des migrants pour renforcer sa présence en mer Egée où les deux pays membres de l'Alliance se disputent la souveraineté de certaines îles.

 

En 1996, un incident sur l'îlot de Kardak (Imia en grec), proche des côtes occidentales turques, disputé depuis plusieurs années par Ankara et Athènes, avait failli dégénérer en conflit armé.

La Grèce s'est dite disposée à travailler avec la Turquie contre les réseaux de passeurs, mais réclame qu'Ankara applique un accord bilatéral de retour des migrants arrivants sur le sol grec. Des milliers de migrants continuent de traverser quotidiennement la mer Egée en provenance de Turquie, certains y perdant la vie.

Des avions turcs violent l'espace aérien grec

Source : Des avions turcs violent l'espace aérien grec, Par lefigaro.fr avec AFPMis à jour le 16/02/2016 à 06:19 Publié le 15/02/2016 à 23:29

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 11:39

Selon l'"Agence arabe syrienne d'informations", le président syrien Bachar al-Assad a accordé un entretien à l'Afp sur les développements en Syrie et dans la région dans lequel il accuse la France de soutenir "politiquement les terroristes", et même de les avoir soutenus "militairement dans certains cas". 

 

Extrait :

Journaliste : Quel est votre commentaire sur la démission de Laurent FABIUS ? Pensez-vous que cela changera à la politique de la France à votre égard ? Est-il possible de faire un geste à l’égard de Paris, par exemple sur la lutte contre le terrorisme pour essayer de convaincre la France de changer d’attitude à votre égard ?

Monsieur le Président : Le changement de personnalités n’est pas vraiment d’une grande importance, c’est plutôt le changement des politiques qui compte. L’administration française a presque totalement changé entre Sarkozy et Hollande. Mais pour nous les politiques n’ont pas changé. Elles ont demeuré, des politiques de sabotage dans la région, directement à l’appui du terrorisme. Nous ne devons donc pas supposer que c’est le ministre des affaires étrangères qui est l’artisan des politiques. C’est plutôt tout l’Etat, et notamment le président de la république qui les conçoit. Pour ce qui est de la Syrie, je ne pense pas qu’elle doit faire un geste envers la France. C’est plutôt à la France d’agir pour combattre le terrorisme. Jusqu’à présent elle soutient politiquement les terroristes, et même les soutenait militairement dans certains cas. Il incombe à présent à la France d’adopter des politiques contraires, ou de changer de politiques pour combattre le terrorisme. Surtout que des centaines de Français ont payé de leurs vies ces politiques erronées.

La France "soutient politiquement les terroristes, et même les soutenait militairement dans certains cas" (Bachar el Assad)
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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 10:38
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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 10:32
Conférence de Marion Sigaut : Enquête à l'ombre des Lumières, Le mystère de Damiens – Vendredi 26 février 2016 – 18h ARRAS, Hôtel d'Angleterre

Conférence de Marion Sigaut : Enquête à l'ombre des Lumières, Le mystère de Damiens – Vendredi 26 février 2016 – 18h ARRAS, Hôtel d'Angleterre

 

suivi d'une séance de dédicace et d'un repas

 

Source: Alliance Royale Facebook

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14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 14:43

L'Arabie saoudite, qui a reconnu hier soir avoir déployé des avions dans des bases turques proches de la Syrie, s'est dit prête à envoyer des troupes au sol, en précisant ce dimanche qu'un tel déploiement dépendrait d'une décision de la coalition internationale rassemblée par les Etats-Unis contre l'organisation Etat islamique.

 

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al Jubeir, a souligné aujourd'hui lors d'une conférence de presse à Ryad que

 

"la disponibilité du royaume à fournir des forces spéciales dans le cadre d'opérations terrestres en Syrie est liée à une décision d'ajouter une composante terrestre à la coalition contre Daech en Syrie".

 

L'ancien ambassadeur saoudien à Washington a ajouté que

 

"le calendrier ne dépend donc pas de nous", et que les modalités de cette éventuelle intervention au sol devaient encore être fixées.

 

Le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter a déclaré vendredi qu'il souhaitait que l'Arabie saoudite de même que les Emirats arabes unis déploient des forces spéciales en Syrie pour aider les insurgés à reprendre Rakka, capitale syrienne du califat proclamé par les djihadistes. [1]

 

Or le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a mis en garde jeudi 11 février contre une offensive terrestre étrangère en Syrie, estimant qu'une telle offensive terrestre étrangère présenterait le risque de déclencher "une nouvelle guerre mondiale", dans un entretien au quotidien économique allemand Handelsblatt à paraître vendredi 12 février.

 

"Les offensives terrestres conduisent généralement à ce qu'une guerre devienne permanente", a averti le premier ministre russe, ajoutant à ce propos: "toutes les parties doivent être contraintes de s'asseoir à la table de négociations plutôt que de déclencher une nouvelle guerre mondiale".

 

Une offensive terrestre de l'Arabie Saoudite se réaliserait sans le mandat international et surtout sans l'accord exprimé par la Syrie qui n'a rien demandé à l'Arabie Saoudite. La Syrie avait par contre demandé l'aide de la Russie pour lutter contre les islamistes. Une offensive terrestre de l'Arabie saoudite en Syrie s'assimilerait donc à une invasion militaire d'un Etat souverain par la coalition "internationale" dirigée par les Etats-Unis...

Grave escalade en Syrie: l'Arabie Saoudite prête à envoyer des troupes au sol

Sources

 

[1] Syrie: l'Arabie Saoudite prête à envoyer des troupes au sol, Par LeFigaro.fr, avec AFPMis à jour le 14/02/2016 à 14:30 Publié le 14/02/2016 à 14:22

 

. Risque de «guerre mondiale» en cas d'offensive terrestre étrangère en Syrie, selon Medvedev

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13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 11:27
Hélène Carrère d'Encausse : l'Académie française, pas à l'origine de la réforme de l'orthographe

C'est une mise au point. Hélène Carrère d'Encausse, secrétaire perpétuel, s'étonne que l'on exhume une réforme de l'orthographe élaborée il y a un quart de siècle, et affirme fortement que l'Académie française, «greffier de la langue», n'est pas à l'origine de ce texte.

 

Dans le Figaro, à la question "avez-vous compris la violence des attaques que l'Académie française a subies après l'annonce de la réforme de l'orthographe?", la secrétaire perpétuelle de l'Académie répond:
 

 

"Je n'ai pas compris les raisons qui expliquent l'exhumation d'une réforme de l'orthographe élaborée il y a un quart de siècle et où l'Académie française n'a eu aucune part, à l'inverse de ce que l'on a voulu faire croire. Je rappelle qu'à l'époque on réfléchissait à l'idée de simplifier l'apprentissage de l'orthographe par les élèves. Mais en 2016, nous sommes devant une situation radicalement différente: notre système éducatif s'est écroulé." [1]

L'Académie française se dit "opposée" à la réforme de l'orthographe.

 

La secrétaire perpétuelle de l'Académie assure, samedi, au "Figaro", qu'elle "n'a eu aucune part" dans la réforme de 1990 qui fait polémique. Pas touche aux circonflexes. L'Académie française est opposée à la réforme de l'orthographe qui doit être prochainement généralisée dans les manuels scolaires, assure Hélène Carrère d'Encausse, secrétaire perpétuelle de l'Académie, samedi 13 février, sur le site du Figaro.

 

Largement méconnue, la réforme adoptée en 1990 prévoit la simplification de l'orthographe de certains mots et allège l'usage des traits d'union et des accents circonflexes. Sa généralisation prochaine dans les manuels scolaires du primaire suscite une vive polémique.

"La position de l'Académie n'a jamais varié sur ce point : une opposition à toute réforme de l'orthographe mais un accord conditionnel sur un nombre réduit de simplifications qui ne soient pas imposées par voie autoritaire et qui soient soumises à l'épreuve du temps", souligne Hélène Carrère d'Encausse, qui rappelle que la langue "est une part essentielle de notre identité".

 

"Revoir totalement notre système éducatif"

 

L'historienne précise qu'en ce qui concerne la réforme de 1990, l'Académie s'était prononcée sur des "principes généraux - un nombre limité de rectifications d'incohérences ou d'anomalies graphiques - mais non sur le projet lui-même, dont le texte était en cours d'élaboration". L'Académie a par la suite "marqué son désaccord" avec le texte.

"Le problème n'est donc plus d'offrir des facilités aux élèves, de conserver ou non l'accent circonflexe, mais de revoir totalement notre système éducatif", estime-t-elle. [2]

 

Sources:

 

[1] Hélène Carrère d'Encausse: «L'Académie s'oppose à toute réforme de l'orthographe», Le Figaro, Par Mohammed Aissaoui , Bruno Corty Mis à jour le 12/02/2016 à 23:26 Publié le 12/02/2016 à 17:11

[2] L'Académie française se dit "opposée" à la réforme de l'orthographe, France Tv Info 

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13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 11:19

Le premier ministre russe Dmitri Medvedev a estimé ce samedi que les relations russo-occidentales étaient entrées dans une "nouvelle guerre froide".

"On peut dire les choses plus clairement : nous avons glissé dans une période de nouvelle guerre froide", a-t-il déclaré à la Conférence de sécurité de Munich.

"Ce qui reste c'est une politique inamicale et fermée, selon nous, de l'Otan vis-à-vis de la Russie", a-t-il jugé.

"Les politiques européens ont cru que créer une soi-disant ceinture d'amis aux frontières de l'UE serait une garantie de sécurité. Quel est le résultat? Pas une ceinture d'amis, mais une ceinture d'exclusion", a-t-il dit.

"Créer la confiance c'est difficile (...) mais nous devons commencer. Nos positions diffèrent mais elles ne diffèrent pas autant qu'il y a 40 ans quand en Europe il y avait un mur", a souligné le premier ministre russe.

L'Otan est l'alliance militaire pilotée par les Etats-Unis depuis 1949. A l'origine conçue pour défendre l'Europe occidentale contre une invasion soviétique, l'Otan a maintenu son existence après la dissolution du bloc de l'Est. 

En 2004, l'Otan s'est étendu aux frontières de la Russie, en ajoutant l'Estonie, la Lettonie et la Lithuanie. La Bulgarie, la Roumanie, la Slovénie et la Slovaquie ont ensuite été admises. L'Otan travaille à intégrer la Géorgie et l'Ukraine, deux anciennes républiques soviétiques, suscitant les craintes de Moscou, qui accuse les Etats-Unis de vouloir encercler la Russie. 

"Ceinture d'exclusion" : Dmitri Medvedev dénonce une "nouvelle guerre froide"

Source: Medvedev: "nous sommes dans une nouvelle guerre froide", Par LeFigaro.fr, avec AFPMis à jour le 13/02/2016 à 10:57 Publié le 13/02/2016 à 10:33

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13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 09:03
Rencontre historique entre le Patriarche de Moscou et le Pape de Rome

Un premier signe du rapprochement du Patriarchat de Moscou et de Rome avait été établi en mai 2010 avec la co-édition d'un recueil de discours du patriarche de Moscou, Cyrille Ier : "Liberté et responsabilité : à la recherche de l'harmonie. Dignité de l'homme et droits de la personne", où le patriarche Cyrille expliquait précisément ce qui rendait le christianisme désagréable aux oreilles modernes : notre conception de la dignité humaine. "Nous avons avec le pape une vision commune sur la protection de la dignité de l'homme en Europe", écrit le patriarche Kirill pour qui "l'Eglise catholique et l'Eglise orthodoxe sont aujourd'hui les seules à être naturellement liées dans le dur combat" contre "le libéralisme et le sécularisme". Une idéologie, écrit le patriarche russe, qui comme le communisme en URSS à l'époque, voudrait condamner le christianisme à l'insignifiance sociale et publique : "En Occident, on veut, de manière encore pire que le fit le régime soviétique de notre pays, relayer la foi au domaine de la vie privée."

 

Aujourd'hui, le drame des chrétiens de Terre sainte fauchés par les islamistes de Daech contribue au rapprochement entre le Patriarche russe et le Vatican.

 

Près de mille ans après le schisme entre chrétiens d'Orient et d'Occident, les chefs de file des deux Églises, le pape catholique François et le plus puissant des responsables orthodoxes, le Patriarche de Moscou, Kirill, se sont rencontrés pour la première fois, hier soir, 12 février, à Cuba. [1]

 

Abordant plusieurs thèmes, ils ont commencé par rappeler qu'ils partageaient une "commune Tradition spirituelle du premier millénaire du christianisme" et ont prié pour la "pleine unité" de tous les disciples du Seigneur "dans un monde qui attend de nous non pas seulement des paroles mais des actes."

 

Ils ont réclamé de "la communauté internationale" "des actions urgentes pour empêcher que se poursuive l'éviction des chrétiens du Proche Orient". Ils ont condamné "les tentatives de justifications d'actions criminelles par des slogans religieux" comme "absolument inacceptables", "car Dieu n'est pas un Dieu de désordre, mais de paix" (1 Co 14, 33). Ils ont prié "avec ferveur le Dieu Créateur du monde et Provident, qu'il protège sa création de la destruction et ne permette pas une nouvelle guerre mondiale", et ont dénoncé "l'inégalité croissante dans la répartition des biens terrestres." Ils se sont dits "inquiets de la crise de la famille dans de nombreux pays." La famille, "centre naturel de la vie humaine et de la société", "fondée sur le mariage, acte d'amour libre et fidèle d'un homme et d'une femme."

 

Ils ont appelé "chacun au respect du droit inaliénable à la vie." "Des millions d'enfants sont privés de la possibilité même de paraître au monde. La voix du sang des enfants non nés crie vers Dieu" (cf. Gn 4, 10).

 

Ils ont expliqué que la "mission de prêcher l'Evangile du Christ dans le monde contemporain" "implique le respect mutuel des membres des communautés chrétiennes" et "exclut toute forme de prosélytisme." Ils ont ainsi exhorté les chrétiens à ne pas "utiliser des moyens indus pour pousser des croyants à passer d'une Eglise à une autre, niant leur liberté religieuse ou leurs traditions propres. Nous sommes appelés à mettre en pratique le précepte de l'apôtre Paul: "Je me suis fait un honneur d'annoncer l'Évangile là où Christ n'avait point été nommé, afin de ne pas bâtir sur le fondement d'autrui" (Rm 15, 20).

 

Dans un des salons de l'aéroport Jose Marti de La Havane, Kirill et François se sont chaleureusement salués et embrassés. François, les traits tirés après ses douze heures de vol depuis Rome, était visiblement ravi d'être là. Kirill, d'ordinaire le visage fermé, était, lui aussi, extrêmement souriant.

 

"Finalement!" a lancé le pape François en s'approchant de Kirill qui, très bienveillant, lui a rétorqué: "Les choses seront plus faciles à présent…" Et le pape catholique d'observer, devant l'immense crucifix fixé derrière les deux fauteuils où ils devaient s'entretenir: "Nous sommes tous des hommes. Il est très clair que cette rencontre est la volonté de Dieu."

 

Ces deux éminents chrétiens ne sont toutefois pas allés jusqu'à prier ensemble, du moins en public, comme l'avaient fait François et l'autre grand patriarche de l'orthodoxie, Bartholomé de Constantinople, en mai 2014, à Jérusalem, dans la basilique du Saint-Sépulcre. De même, le Pape ne s'est pas publiquement profondément incliné devant le religieux russe, un geste de déférence très frappant qu'il avait osé devant le patriarche Bartholomée à Istanbul, en novembre 2014.

 

Déclaration commune

 

Reste que cette rencontre cubaine avec "mon frère Kirill" comme l'a qualifié le Pape en quittant Rome - a été marquée par une impressionnante empathie qui marque un dégel décisif des relations orthodoxes-catholiques même s'il faudra beaucoup de temps pour colmater des blessures encore très vives… Sur la question ukrainienne notamment, qui oppose frontalement l'Église gréco-catholique, unie à Rome, à l'Eglise orthodoxe russe.

 

Ce sujet, comme beaucoup d'autres dont l'écologie, les deux chefs d'Église devaient en parler, mais l'objet de ce rendez-vous, pensé à Cuba, en "terre neutre", entendez non catholique, sur le trajet du voyage du pape François pour le Mexique, était bien, en ce début de millénaire, sa portée historique. Jamais dans l'histoire chrétienne un patriarche russe n'avait encore rencontré le pape de Rome! Le divorce entre ces deux Églises chrétiennes date de 1054.

 

Ce qui explique que les deux hommes ont pris le temps de s'entretenir longuement - deux heures - pour faire connaissance. De mémoire de prélats jamais un pape n'a accordé une telle durée à une personnalité lors d'une visite au Vatican ou à l'étranger, sinon à titre privé. À côté de cette conversation hors norme, la "déclaration commune" que les deux responsables devaient signer avant de se séparer demeurera aussi l'acquis tangible de ce sommet.

 

À l'image d'une autre "déclaration commune" signée avec le patriarche de Constantinople en mai 2014, ce texte devait insister sur le drame des chrétiens de Terre sainte fauchés par les islamistes de Daech. C'est d'ailleurs la clé de ce rapprochement entre le patriarcat russe et le Vatican, car la Russie cherche actuellement à sortir de son isolement diplomatique lié à son soutien du régime de Damas en Syrie.

 

En novembre 2014, la déclaration commune signée avec le patriarche de Constantinople évoquait ainsi "l'œcuménisme de la souffrance". Catholiques et orthodoxes lançaient alors un appel pour réveiller "l'indifférence" face à "la terrible situation des chrétiens". Il est très probable que le ton de cette déclaration cubaine - qui a été toutefois très difficile à mettre au point jusqu'à la dernière minute - monte d'un cran dans cette dénonciation, car le sort des chrétiens de Terre sainte s'est considérablement aggravé.

 

Cette poignée de main sous les tropiques sera-t-elle suivie par une seconde à venir dans la capitale russe? Sur place, les esprits ne sont pas encore mûrs mais tout est prêt dans l'esprit de François. À Cuba, il a clairement posé les fondations d'un nouveau pont entre Rome et Moscou.

 

Déclaration commune du Pape François et du Patriarche Kirill de Moscou et de toute la Russie

 

"La grâce de Notre Seigneur Jésus Christ, l'amour de Dieu le Père et la communion du Saint-Esprit soit avec vous tous" (2 Co 13, 13).

 

1. Par la volonté de Dieu le Père de qui vient tout don, au nom de Notre Seigneur Jésus Christ et avec le secours de l'Esprit Saint Consolateur, nous, Pape François et Kirill, Patriarche de Moscou et de toute la Russie, nous sommes rencontrés aujourd'hui à La Havane. Nous rendons grâce à Dieu, glorifié en la Trinité, pour cette rencontre, la première dans l'histoire.

 

Avec joie, nous nous sommes retrouvés comme des frères dans la foi chrétienne qui se rencontrent pour se "parler de vive voix" (2 Jn 12), de coeur à coeur, et discuter des relations mutuelles entre les Eglises, des problèmes essentiels de nos fidèles et des perspectives de développement de la civilisation humaine.

 

2. Notre rencontre fraternelle a eu lieu à Cuba, à la croisée des chemins entre le Nord et le Sud, entre l'Est et l'Ouest. De cette île, symbole des espoirs du "Nouveau Monde" et des événements dramatiques de l'histoire du XXe siècle, nous adressons notre parole à tous les peuples d'Amérique latine et des autres continents.

 

Nous nous réjouissons de ce que la foi chrétienne se développe ici de façon dynamique. Le puissant potentiel religieux de l'Amérique latine, sa tradition chrétienne séculaire, réalisée dans l'expérience personnelle de millions de personnes, sont le gage d'un grand avenir pour cette région.

 

3. Nous étant rencontrés loin des vieilles querelles de l'"Ancien Monde", nous sentons avec une force particulière la nécessité d'un labeur commun des catholiques et des orthodoxes, appelés, avec douceur et respect, à rendre compte au monde de l'espérance qui est en nous (cf. 1 P 3, 15).

 

4. Nous rendons grâce à Dieu pour les dons que nous avons reçus par la venue au monde de son Fils unique. Nous partageons la commune Tradition spirituelle du premier millénaire du christianisme. Les témoins de cette Tradition sont la Très Sainte Mère de Dieu, la Vierge Marie, et les saints que nous vénérons. Parmi eux se trouvent d'innombrables martyrs qui ont manifesté leur fidélité au Christ et sont devenus "semence de chrétiens". [2]

 

5. Malgré cette Tradition commune des dix premiers siècles, catholiques et orthodoxes, depuis presque mille ans, sont privés de communion dans l'Eucharistie. Nous sommes divisés par des blessures causées par des conflits d'un passé lointain ou récent, par des divergences, héritées de nos ancêtres, dans la compréhension et l'explicitation de notre foi en Dieu, un en Trois Personnes - Père, Fils et Saint Esprit. Nous déplorons la perte de l'unité, conséquence de la faiblesse humaine et du péché, qui s'est produite malgré la Prière sacerdotale du Christ Sauveur: "Que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu'eux aussi soient un en nous" (Jn 17, 21).

 

6. Conscients que de nombreux obstacles restent à surmonter, nous espérons que notre rencontre contribue au rétablissement de cette unité voulue par Dieu, pour laquelle le Christ a prié. Puisse notre rencontre inspirer les chrétiens du monde entier à prier le Seigneur avec une ferveur renouvelée pour la pleine unité de tous ses disciples! Puisse-t-elle, dans un monde qui attend de nous non pas seulement des paroles mais des actes, être un signe d'espérance pour tous les hommes de bonne volonté!

 

7. Déterminés à entreprendre tout ce qui nécessaire pour surmonter les divergences historiques dont nous avons hérité, nous voulons unir nos efforts pour témoigner de l'Evangile du Christ et du patrimoine commun de l'Eglise du premier millénaire, répondant ensemble aux défis du monde contemporain. Orthodoxes et catholiques doivent apprendre à porter un témoignage unanime à la vérité dans les domaines où cela est possible et nécessaire. La civilisation humaine est entrée dans un moment de changement d'époque. Notre conscience chrétienne et notre responsabilité pastorale ne nous permettent pas de rester inactifs face aux défis exigeant une réponse commune.

 

8. Notre regard se porte avant tout vers les régions du monde où les chrétiens subissent la persécution. En de nombreux pays du Proche Orient et d'Afrique du Nord, nos frères et soeurs en Christ sont exterminés par familles, villes et villages entiers. Leurs églises sont détruites et pillées de façon barbare, leurs objets sacrés sont profanés, leurs monuments, détruits. En Syrie, en Irak et en d'autres pays du Proche Orient, nous observons avec douleur l'exode massif des chrétiens de la terre d'où commença à se répandre notre foi et où ils vécurent depuis les temps apostoliques ensemble avec d'autres communautés religieuses.

 

9. Nous appelons la communauté internationale à des actions urgentes pour empêcher que se poursuive l'éviction des chrétiens du Proche Orient. Elevant notre voix pour défendre les chrétiens persécutés, nous compatissons aussi aux souffrances des fidèles d'autres traditions religieuses devenus victimes de la guerre civile, du chaos et de la violence terroriste.

 

10. En Syrie et en Irak, la violence a déjà emporté des milliers de vies, laissant des millions de gens sans abri ni ressources. Nous appelons la communauté internationale à mettre fin à la violence et au terrorisme et, simultanément, à contribuer par le dialogue à un prompt rétablissement de la paix civile. Une aide humanitaire à grande échelle est indispensable aux populations souffrantes et aux nombreux réfugiés dans les pays voisins.

 

Nous demandons à tous ceux qui pourraient influer sur le destin de ceux qui ont été enlevés, en particulier des Métropolites d'Alep Paul et Jean Ibrahim, séquestrés en avril 2013, de faire tout ce qui est nécessaire pour leur libération rapide.

 

11. Nous élevons nos prières vers le Christ, le Sauveur du monde, pour le rétablissement sur la terre du Proche Orient de la paix qui est "le fruit de la justice" (Is 32, 17), pour que se renforce la coexistence fraternelle entre les diverses populations, Eglises et religions qui s'y trouvent, pour le retour des réfugiés dans leurs foyers, la guérison des blessés et le repos de l'âme des innocents tués.

 

Nous adressons un fervent appel à toutes les parties qui peuvent être impliquées dans les conflits pour qu'elles fassent preuve de bonne volonté et s'asseyent à la table des négociations. Dans le même temps, il est nécessaire que la communauté internationale fasse tous les efforts possibles pour mettre fin au terrorisme à l'aide d'actions communes, conjointes et coordonnées. Nous faisons appel à tous les pays impliqués dans la lutte contre le terrorisme pour qu'ils agissent de façon responsable et prudente. Nous exhortons tous les chrétiens et tous les croyants en Dieu à prier avec ferveur le Dieu Créateur du monde et Provident, qu'il protège sa création de la destruction et ne permette pas une nouvelle guerre mondiale. Pour que la paix soit solide et durable, des efforts spécifiques sont nécessaires afin de redécouvrir les valeurs communes qui nous unissent, fondées sur l'Evangile de Notre Seigneur Jésus Christ.

 

12. Nous nous inclinons devant le martyre de ceux qui, au prix de leur propre vie, témoignent de la vérité de l'Evangile, préférant la mort à l'apostasie du Christ. Nous croyons que ces martyrs de notre temps, issus de diverses Eglises, mais unis par une commune souffrance, sont un gage de l'unité des chrétiens. A vous qui souffrez pour le Christ s'adresse la parole de l'apôtre: "Très chers!… dans la mesure où vous participez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin que, lors de la révélation de Sa gloire, vous soyez aussi dans la joie et l'allégresse" (1 P 4, 12-13).

 

13. En cette époque préoccupante est indispensable le dialogue interreligieux. Les différences dans la compréhension des vérités religieuses ne doivent pas empêcher les gens de fois diverses de vivre dans la paix et la concorde. Dans les circonstances actuelles, les leaders religieux ont une responsabilité particulière pour éduquer leurs fidèles dans un esprit de respect pour les convictions de ceux qui appartiennent à d'autres traditions religieuses. Les tentatives de justifications d'actions criminelles par des slogans religieux sont absolument inacceptables. Aucun crime ne peut être commis au nom de Dieu, "car Dieu n'est pas un Dieu de désordre, mais de paix" (1 Co 14, 33).

 

14. Attestant de la haute valeur de la liberté religieuse, nous rendons grâce à Dieu pour le renouveau sans précédent de la foi chrétienne qui se produit actuellement en Russie et en de nombreux pays d'Europe de l'Est, où des régimes athées dominèrent pendant des décennies. Aujourd'hui les fers de l'athéisme militant sont brisés et en de nombreux endroits les chrétiens peuvent confesser librement leur foi. En un quart de siècle ont été érigés là des dizaines de milliers de nouvelles églises, ouverts des centaines de monastères et d'établissements d'enseignement théologique. Les communautés chrétiennes mènent une large activité caritative et sociale, apportant une aide diversifiée aux nécessiteux. Orthodoxes et catholiques oeuvrent souvent côte à côte. Ils attestent des fondements spirituels communs de la convivance humaine, en témoignant des valeurs évangéliques.

 

15. Dans le même temps, nous sommes préoccupés par la situation de tant de pays où les chrétiens se heurtent de plus en plus souvent à une restriction de la liberté religieuse, du droit de témoigner de leurs convictions et de vivre conformément à elles. En particulier, nous voyons que la transformation de certains pays en sociétés sécularisées, étrangère à toute référence à Dieu et à sa vérité, constitue un sérieux danger pour la liberté religieuse. Nous sommes préoccupés par la limitation actuelle des droits des chrétiens, voire de leur discrimination, lorsque certaines forces politiques, guidées par l'idéologie d'un sécularisme si souvent agressif, s'efforcent de les pousser aux marges de la vie publique.

 

16. Le processus d'intégration européenne, initié après des siècles de conflits sanglants, a été accueilli par beaucoup avec espérance, comme un gage de paix et de sécurité. Cependant, nous mettons en garde contre une intégration qui ne serait pas respectueuse des identités religieuses. Tout en demeurant ouverts à la contribution des autres religions à notre civilisation, nous sommes convaincus que l'Europe doit rester fidèle à ses racines chrétiennes. Nous appelons les chrétiens européens d'Orient et d'Occident à s'unir pour témoigner ensemble du Christ et de l'Evangile, pour que l'Europe conserve son âme formée par deux mille ans de tradition chrétienne.

 

17. Notre regard se porte sur les personnes se trouvant dans des situations de détresse, vivant dans des conditions d'extrême besoin et de pauvreté, alors même que croissent les richesses matérielles de l'humanité. Nous ne pouvons rester indifférents au sort de millions de migrants et de réfugiés qui frappent à la porte des pays riches. La consommation sans limite, que l'on constate dans certains pays plus développés, épuise progressivement les ressources de notre planète. L'inégalité croissante dans la répartition des biens terrestres fait croître le sentiment d'injustice à l'égard du système des relations internationales qui s'est institué.

 

18. Les Eglises chrétiennes sont appelées à défendre les exigences de la justice, le respect des traditions des peuples et la solidarité effective avec tous ceux qui souffrent. Nous, chrétiens, ne devons pas oublier que "ce qu'il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d'origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n'est pas, voilà ce que Dieu a choisi, pour réduire à rien ce qui est ; ainsi aucun être de chair ne pourra s'enorgueillir devant Dieu" (1 Co 1, 27-29).

 

19. La famille est le centre naturel de la vie humaine et de la société. Nous sommes inquiets de la crise de la famille dans de nombreux pays. Orthodoxes et catholiques, partageant la même conception de la famille, sont appelés à témoigner que celle-ci est un chemin de sainteté, manifestant la fidélité des époux dans leurs relations mutuelles, leur ouverture à la procréation et à l'éducation des enfants, la solidarité entre les générations et le respect pour les plus faibles.

 

20. La famille est fondée sur le mariage, acte d'amour libre et fidèle d'un homme et d'une femme. L'amour scelle leur union, leur apprend à se recevoir l'un l'autre comme don. Le mariage est une école d'amour et de fidélité. Nous regrettons que d'autres formes de cohabitation soient désormais mises sur le même plan que cette union, tandis que la conception de la paternité et de la maternité comme vocation particulière de l'homme et de la femme dans le mariage, sanctifiée par la tradition biblique, est chassée de la conscience publique.

 

21. Nous appelons chacun au respect du droit inaliénable à la vie. Des millions d'enfants sont privés de la possibilité même de paraître au monde. La voix du sang des enfants non nés crie vers Dieu (cf. Gn 4, 10).

 

Le développement de la prétendue euthanasie conduit à ce que les personnes âgées et les infirmes commencent à se sentir être une charge excessive pour leur famille et la société en général.

 

Nous sommes aussi préoccupés par le développement des technologies de reproduction biomédicale, car la manipulation de la vie humaine est une atteinte aux fondements de l'existence de l'homme, créé à l'image de Dieu. Nous estimons notre devoir de rappeler l'immuabilité des principes moraux chrétiens, fondés sur le respect de la dignité de l'homme appelé à la vie, conformément au dessein de son Créateur.

 

22. Nous voulons adresser aujourd'hui une parole particulière à la jeunesse chrétienne. A vous, les jeunes, appartient de ne pas enfouir le talent dans la terre (cf. Mt 25, 25), mais d'utiliser toutes les capacités que Dieu vous a données pour confirmer dans le monde les vérités du Christ, pour incarner dans votre vie les commandements évangéliques de l'amour de Dieu et du prochain. Ne craignez pas d'aller à contre-courant, défendant la vérité divine à laquelle les normes séculières contemporaines sont loin de toujours correspondre.

 

23. Dieu vous aime et attend de chacun de vous que vous soyez ses disciples et apôtres. Soyez la lumière du monde, afin que ceux qui vous entourent, voyant vos bonnes actions, rendent gloire à votre Père céleste (cf. Mt 5, 14, 16). Eduquez vos enfants dans la foi chrétienne, transmettez-leur la perle précieuse de la foi (cf. Mt 13, 46) que vous avez reçue de vos parents et aïeux. N'oubliez pas que vous «avez été rachetés à un cher prix» (1 Co 6, 20), au prix de la mort sur la croix de l'Homme-Dieu Jésus Christ.

 

24. Orthodoxes et catholiques sont unis non seulement par la commune Tradition de l'Eglise du premier millénaire, mais aussi par la mission de prêcher l'Evangile du Christ dans le monde contemporain. Cette mission implique le respect mutuel des membres des communautés chrétiennes, exclut toute forme de prosélytisme.

 

Nous ne sommes pas concurrents, mais frères: de cette conception doivent procéder toutes nos actions les uns envers les autres et envers le monde extérieur. Nous exhortons les catholiques et les orthodoxes, dans tous les pays, à apprendre à vivre ensemble dans la paix, l'amour et à avoir «les uns pour les autres la même aspiration» (Rm 15, 5). Il ne peut donc être question d'utiliser des moyens indus pour pousser des croyants à passer d'une Eglise à une autre, niant leur liberté religieuse ou leurs traditions propres. Nous sommes appelés à mettre en pratique le précepte de l'apôtre Paul: "Je me suis fait un honneur d'annoncer l'Évangile là où Christ n'avait point été nommé, afin de ne pas bâtir sur le fondement d'autrui" (Rm 15, 20).

 

25. Nous espérons que notre rencontre contribuera aussi à la réconciliation là où des tensions existent entre gréco-catholiques et orthodoxes. Il est clair aujourd'hui que la méthode de l'"uniatisme" du passé, comprise comme la réunion d'une communauté à une autre, en la détachant de son Eglise, n'est pas un moyen pour recouvrir l'unité. Cependant, les communautés ecclésiales qui sont apparues en ces circonstances historiques ont le droit d'exister et d'entreprendre tout ce qui est nécessaire pour répondre aux besoins spirituels de leurs fidèles, recherchant la paix avec leurs voisins. Orthodoxes et gréco-catholiques ont besoin de se réconcilier et de trouver des formes de coexistence mutuellement acceptables.

 

26. Nous déplorons la confrontation en Ukraine qui a déjà emporté de nombreuses vies, provoqué d'innombrables blessures à de paisibles habitants et placé la société dans une grave crise économique et humanitaire. Nous exhortons toutes les parties du conflit à la prudence, à la solidarité sociale, et à agir pour la paix. Nous appelons nos Eglises en Ukraine à travailler pour atteindre la concorde sociale, à s'abstenir de participer à la confrontation et à ne pas soutenir un développement ultérieur du conflit.

 

27. Nous exprimons l'espoir que le schisme au sein des fidèles orthodoxes d'Ukraine sera surmonté sur le fondement des normes canoniques existantes, que tous les chrétiens orthodoxes d'Ukraine vivront dans la paix et la concorde et que les communautés catholiques du pays y contribueront, de sorte que soit toujours plus visible notre fraternité chrétienne.

 

28. Dans le monde contemporain, multiforme et en même temps uni par un même destin, catholiques et orthodoxes sont appelés à collaborer fraternellement en vue d'annoncer la Bonne Nouvelle du salut, à témoigner ensemble de la dignité morale et de la liberté authentique de la personne, "pour que le monde croie" (Jn 17, 21). Ce monde, dans lequel disparaissent progressivement les piliers spirituels de l'existence humaine, attend de nous un fort témoignage chrétien dans tous les domaines de la vie personnelle et sociale. De notre capacité à porter ensemble témoignage de l'Esprit de vérité en ces temps difficiles dépend en grande partie l'avenir de l'humanité.

 

29. Que dans le témoignage hardi de la vérité de Dieu et de la Bonne Nouvelle salutaire nous vienne en aide l'Homme-Dieu Jésus Christ, notre Seigneur et Sauveur, qui nous fortifie spirituellement par sa promesse infaillible: "Sois sans crainte, petit troupeau: votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume" (Lc 12, 32)!

 

Le Christ est la source de la joie et de l'espérance. La foi en Lui transfigure la vie de l'homme, la remplit de sens. De cela ont pu se convaincre par leur propre expérience tous ceux à qui peuvent s'appliquer les paroles de l'apôtre Pierre: "Vous qui jadis n'étiez pas un peuple et qui êtes maintenant le Peuple de Dieu, qui n'obteniez pas miséricorde et qui maintenant avez obtenu miséricorde" (1 P 2, 10).

 

30. Remplis de gratitude pour le don de la compréhension mutuelle manifesté lors de notre rencontre, nous nous tournons avec espérance vers la Très Sainte Mère de Dieu, en l'invoquant par les paroles de l'antique prière: "Sous l'abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu". Puisse la Bienheureuse Vierge Marie, par son intercession, conforter la fraternité de ceux qui la vénèrent, afin qu'ils soient au temps fixé par Dieu rassemblés dans la paix et la concorde en un seul Peuple de Dieu, à la gloire de la Très Sainte et indivisible Trinité!

 

Le 12 février 2016, à La Havane (Cuba)

 

Notes

 

[1] Cuba : rencontre historique entre le patriarche russe et le Pape, Le Figaro, Par Jean-Marie Guénois Mis à jour le 12/02/2016 à 23:33 Publié le 12/02/2016 à 23:07

[2] "Le sang des martyrs est semence de chrétiens." (Tertullien, L'Apologétique, Apologie du christinianisme).

 

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