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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 17:34
"Valeurs de la république" : Marion Sigaut explique les Massacres de Septembre (1792)

Dans sa rubrique mensuelle pour Médias-Presse-Info, Marion Sigaut s'attaque aux mensonges colportés par les pseudo-historiens sur la Révolution Française. Dans sa ligne de mire, cette fois-ci, les Massacres de septembre. A bien réfléchir, Daesch et l'Etat Islamique passent pour de petits faiseurs devant les grands ancêtres inventeurs des droits de l'homme.

 

Marion Sigaut explique ce que raconte Jean Massin d'un évènement extraordinaire de la Révolution française,

 

"qui se passe au lendemain du 10 août (1792Ndlr.), c'est-à-dire au lendemain de la chute de la royauté et avant la proclamation de la république qui va avoir lieu le 21 septembre. Et cet évènement extraordinaire et absolument abominable, ce sont les "massacres de Septembre.

 

Voilà ce que nous raconte Jean Massin, il dit :

 

'Le 1er septembre, au Conseil général de la Commune, Robespierre affirme qu'il faut purger le sol de la Liberté des conspirateurs qui l'infectent.

 

Voilà au moins une chose qui est annoncée : il va falloir perpétrer des massacres. Cela signifie et c'est ce que Jean Massin va nous affirmer, qu'il existe un complot tramé dans les prisons, puisque le sol de la Liberté doit être purgé des conspirateurs. Voilà ce que nous dit Jean Massin de la préparation des Massacres de Septembre.

 

Je cite :

 

"Il faut dire que cette appréhension se justifie. Les prisons ont vu brusquement s'accroitre considérablement le nombre des détenus alors que les gardiens y étaient déjà en nombre insuffisants.

 

On pourrait au passage dire que le nombre considérable des détenus tient au fait que l'on a fait des raffles et que l'on a rempli les prisons. Et que les gardiens y étaient déjà en nombre insuffisants, cela c'est lui qui le dit, il ne nous donne pas de chiffre, il ne donne pas de sources.

 

Je reprends ma citation :

 

"Les prisonniers peuvent assez facilement communiquer avec l'extérieur, plus encore se réunir entre eux."

 

C'était drôlement sympa les prisons de la Commune de Paris ! Les prisonniers discutent et communiquent avec l'extérieur... On l'apprend, en tous les cas c'est lui qui le dit.

 

Je reprends :

 

"Il règne parmi eux une atmosphère invraisemblable, ils boivent ensemble à la santé de l'ennemi, ils festoient à la nouvelle des victoires prussiennes, ils promettent aux Patriotes un châtiment sanglant et exemplaires quand les Alliés entreront dans Paris.

 

Qu'est-ce que nous raconte Jean Massin ici ? Que les prisons étaient dirigées par les prisionniers qui y faisaient la loi ? Qu'est-ce qu'il raconte ? D'où il sort cela ?

 

Je reprends :

 

"Tout ceci transpire largement au dehors et il faut en tenir compte."

 

Et oui, dans les prisons les prisonniers complotent contre 'la Patrie', et il faut en tenir compte... Je reprends :

 

"La guerre de la contre-révolution contre la Révolution est vraiment une guerre à mort. Ni Robespierre, ni Marat, ni les autres n'étaient des hallucinés pour en avoir conscience."

 

Et voilà comment on avance des contre-vérités historiques ou en tout cas des fausses vérités historiques. Parce que pour avancer des choses comme celles-là, il faudrait à tout le moins citer des sources, donner des preuves, des arguments, et pas seulement des formules à l'emporte-pièce qui consistent à justifier par avance qu'on aille massacrer des gens, qu'on soupçonne des pires intentions alors qu'ils sont prisonniers, donc incapables d'agir.

 

Je reprends :

 

"Si Brunswick, traînant les immigrés, était entré à Paris, il y aurait eu autant de potences dans les rues que de croix sur les routes de Capoue à Rome après la défaite de Spartacus. Et les Suspects, prisonniers de la veille, n'auraient pas été les derniers à y accrocher les Patriotes."

 

Ah ben voilà... Si Brunswick était entré à Paris, les gens qui étaient en prisonniers n'auraient pas été les derniers à accrocher à des potences les têtes des Patriotes... Ce n'est pas comme cela que l'on fait de l'histoire monsieur Massin.

 

Je reprends :

 

"Avant de gémir sur le sort de Mme de Lamballe,

 

(qui était une amie de Marie-Antoinette, qui a été abominablement massacrée parmi les 1500 victimes des Massacres de Septembre.)

 

... Avant de gémir sur le sort de Mme de Lamballe, il vaut mieux réfléchir et réaliser de quel coeur la confidente et la complice de Marie-Antoinette, aurait applaudi du bout de ses doigts distingués, à la pendaison massive des Parisiens. ...

 

De quel droit ose-t-on parler comme cela au nom des morts? Avec des si, on peut refaire toute l'histoire. Et ce n'est pas comme cela que l'on écrit l'histoire. En tous les cas, ce n'est pas comme cela que je la conçois.

 

Je reprends les citations de Jean Massin.

 

"Les Massacres de Septembre devaient durer jusqu'au 4

 

(ils ont commencé le 2)

 

...et faire de 1000 à 1400 victimes."

 

Alors là monsieur Massin ce n'est pas sérieux. Les massacres ont duré du 2 au 9. De dimanche 2 à dimanche 9. Et pas de dimanche 2 à mardi 4. C'est faux. Et vous le savez puisque vous avez accès aux archives.

 

La version de Jean Massin a été relayée à l'époque par Le Moniteur. C'est-à-dire le journal des débats de l'époque, qui a écrit: 

 

"On a des preuves non équivoques du plus horrible complot contre la Liberté publique."

 

Et oui ! On n'a pas massacré simplement des prisonniers mais des gens qui complotaient. Et Le Moniteur dit qu'on a des preuves. Lesquelles ?

 

Je reprends :

 

"Pendant la nuit du 1er au 2 septembre, les prisons seraient ouvertes pour faire évader les conspirateurs."

 

On a des preuves que des gens allaient libérer les gens qu'on avait mis en prison ?

 

"... et que les autres détenus dont le nombre était considérable et auxquels on devait donner des armes, autant qu'il en serait possible, répandraient dans la ville, forceraient les corps de garde, désarmeraient les citoyens. Et réunis, quelques autres Brigants s'introduiraient dans les maisons pour piller et incendier."

 

On a donc fait des massacres préventifs... Les massacres de Septembre ont prévenu la population parisienne contre son massacre par les gens qui étaient en prison.

 

Alors laisson-là les délires de monsieur Jean Massin pour apprendre et pour dire que ce que l'on sait des Massacres de Septembre on l'a trouvé dans l'étude des Archives de la Commune de Paris, qui était à l'époque le gouvernement de Paris, puisque cela a été la dictature de la Commune de Paris sur l'ensemble du territoire. Les archives de la Commune de Paris ont malencontreusement été détruites pendant la deuxième Commune de Paris, celle de 1871. Or il se trouve qu'avant 1871 des chercheurs ont épluché à fond ces archives, et sont en mesure de dire que 235 égorgeurs embauchés par un comité spécial de la Commune de Paris, spécialement créé à cet effet. Le comité était surveillé par Pétion, maire de Paris, Manuel, procureur, Robespierre, dont il s'agit ici, Marat, de triste réputation, les officiers municipaux, et les juges de paix Panis et Sergent, 235 égorgeurs, ont été payés par le ministre de l'Intérieur, Roland (girondin) et par le ministre de la justice Danton (montagnard), pour massacrer dans les prisons au moins 1400 détenus. On a tué à l'arme blanche. Un batallion de 50 soldats mettant les égorgeurs en joue les aurait neutralisé en un quart d'heure. Pas un n'avait une arme à feu. On a leurs noms, on a leurs signatures sur les quittances qu'ils ont signé de leur salaire. Ils ont massacré des prêtres réfractaires, des soldats suisses rescapés de l'horreur du 10 Août, des galériens dont le pécule avait éveillé leur convoîtise. Des galériens... ils ont massacré et pillé des galériens. ... On a massacré les filles de joie et les voleuses de la Salepêtrière. ... Ils ont massacré des prisonniers arrêtés pour des petits délits correctionnels. Et à Bicêtre, ils ont massacré 30 enfants, 30 petits garçons qui étaient là à titre de correction ... ou bien était-ce les enfants de choeurs qui étaient destinés au service religieux de l'établissement.

 

Et vous savez ce que ces valeureux défenseurs de la République en danger, ou de la "Patrie en danger" ont fait avant d'aller massacrer des femmes ? ils sont rentrés dans les dortoirs des petites filles, et ils en ont fait un viol collectif pendant toute une nuit.

 

Vous savez ce que représente le sang de 1500 personnes ? Ca fait 7000 litres de sang,  7 mètres cubes. Un mètre cube multiplié par 7. Ce sang s'est répandu dans les rues de Paris. On a promené des têtes dans les rues de Paris. On a mangé de la chair humaine. On a bu du sang humain. On a violé, outragé, dépecé vivant, mutilé, tué de mort lente. Et heureux celui qui tombait du premier coup. Ceux qui ont vu les autres en réchapper et se faire massacrer disaient qu'ils priaient pour mourir le plus vite possible. Et ne pas subir les outrages que les autres ont subi.

 

Marion Sigaut termine ainsi cette video :

 

"La version de Jean Massin c'est celle de tous les adorateurs de la Révolution française. Les Massacres de Septembre ? Il fallait le faire. C'était nécessaire. La Patrie était "en danger"... En plus, ce n'était pas si grave, et c'est le peuple qui a agi de son propre mouvement, pour se protéger. La vérité ? C'est que ce fut une abomination, que cela a été préparé, voulu, planifié, organisé, surveillé, et payé. Le peuple a été tétanisé de terreur. Et les 'élections' à la convention [1], qui ont vu naître la république... se déroulaient en même temps. Elles ne sont pas belles les 'valeurs de la république' ?"

Notes

 

[1] Les élections" entre guillemets, vu que depuis le "élections" de juin 1791 qui se traduisirent par une forte abstention",  "les consultations organisées les années suivantes,... n'ont "jamais mobilisé plus du cinquième des électeurs." ... La promotion aux responsabilités se faisait "en circuit fermé" : les fonctionnaires peuplent les assemblées chargées d'élire les fonctionnaires. ... L'oligarchie née de ces pratiques n'était pas moins un démenti des attentes... On n'imaginait pas que l'élection puisse conduire à la formation d'une 'classe' politique distincte du reste de la société" (Patrice Gueniffey, Histoire de la Révolution et de l'Empire, Perrin, Collection Tempus, Paris 2011, p. 86-88).

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commentaires

C
BRAVO MARION POUR CETTE ANALYSE.C EST SORAL QUI DISAIT QU IL ETAIT ROBESPIERRISTE.C EST POUR CELA QUE JE NE REGARDE PLUS CES VIDEOS
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