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Christ Roi

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1 novembre 2025 6 01 /11 /novembre /2025 22:10
Un nouveau document sur les titres de la Vierge Marie "Mater Populi Fidelis"

Le Dicastère pour la Doctrine de la foi (DDF) annonce que "le mardi 4 novembre 2025  aura lieu la présentation d'un nouveau document pour la Doctrine de la Foi intitulé Mater Populi Fidelis. Note doctrinale sur certains titres mariaux concernant la coopération de Marie dans l'œuvre du salut".[1]

 

Le 4 novembre, le DDF publie une note doctrinale sur certains titres mariaux, afin d’éclairer les dévotions et d’éviter les dérives autour de la figure de Marie.[2]

 

Cette nouvelle risque de faire sensation dans le monde catholique : "Le DDF publiera le 4 novembre le document 'Mater Populi Fidelis', une note doctrinale sur certains titres mariaux en rapport avec la participation de Marie à l’œuvre du salut."

 

Parmi les titres mariaux, on trouve :

-Marie Reine,

-Théotokos

-et Mère de l'Église.

 

Cependant, le titre de "Marie Corédemptrice" a longtemps fait l'objet de vifs débats au sein de l'Église catholique. Avant le concile Vatican II, environ 500 Pères conciliaires préconisaient de définir Marie comme "Médiatrice" (médiatrice des grâces). Une cinquantaine d'entre eux souhaitaient même la définir comme "Corédemptrice", c'est-à-dire "Co-Rédemptrice".[3]

 

Le préfixe "co-" dans l'expression "co-rédemptrice" (ou "co-redemptrix" en latin) provient du mot latin "cum", qui signifie "avec" ou "en union avec", et pas "égal à"

 

"La Corédemptrice n'est pas une rivale du Rédempteur, puisqu'elle est devenue *Co*-rédemptrice par Lui. Par conséquent, ce n'est pas l'affirmation, mais la négation du rôle corédempteur de Marie qui diminue l'œuvre rédemptrice du Christ." (Père Tibor Gallus SJ)

 

Il est regrettable qu'il faille faire une leçon de grammaire parce que des illettrés ne comprennent pas le sens de l'expression "co". Dans le contexte théologique catholique, cela indique que d'une manière unique la Vierge Marie est associée à l'oeuvre de la Rédemption: elle coopère activement et directement à l'œuvre de rédemption accomplie par son fils Jésus-Christ (Lumen gentium 61 "operari Salvatoris singulari prorsus modo cooperata est"), sans qu'elle lui soit "égale". Lorsque l'ange Gabriel lui apparaît, elle accepte de devenir la mère du Messie, le Rédempteur, et ainsi elle coopère volontairement avec le Rédempteur, et en ce sens, on pourrait la décrire comme quelqu'un qui travaille avec le Rédempteur d'une manière unique, en étant acceptant d'être sa mère, et on pourrait légitimement utiliser ce titre pour elle dans ce sens.

 

Les papes récents ont adopté des positions diverses sur l'utilisation du titre de "Corédemptrice" pour Marie.

 

Dans son discours lors de l'audience générale du 24 mars 2021, François a déclaré que si les chrétiens ont toujours donné de beaux titres à Marie, il est important de se rappeler que le Christ est le seul rédempteur et que Marie nous a été confiée "comme une mère, non comme une déesse, ni comme une corédemptrice".

 

En tant que cardinal Joseph Ratzinger en 2000, le pape Benoît XVI avait déclaré qu'il pensait que le titre de "Corédemptrice" était trop éloigné des Écritures et pouvait entraîner des malentendus sur le statut de rédempteur du Christ — même si les partisans de la formule mariale estimaient qu'il se montrait plus ouvert à cette dévotion dans son pontificat, bien qu'il n'ait jamais utilisé explicitement ce terme. 

 

Pie IX, Léon XIII, Pie X, Pie XI, Jean-Paul II et Paul VI étaient-ils tout simplement ignorants ? Saint Jean-Paul II, utilisa publiquement le mot "corédemptrice" au moins six fois au cours de son pontificat, renouvelant ainsi l'espoir d'une déclaration imminente du dogme dans les années 1990.

 

Ce titre remonte au Xe siècle, lorsque certaines litanies mariales incluaient le titre de Marie comme rédemptrice, aux côtés de son fils. Le préfixe "co-" a été ajouté au XVe siècle, afin de préciser que Marie n'était pas la rédemptrice, mais plutôt quelqu'un qui avait coopéré de manière unique à l'œuvre de rédemption.

 

Le titre de "Corédemptrice" n'a été reconnu par le magistère que plusieurs siècles plus tard, en 1908, lorsque la Sacrée Congrégation des Rites l'a utilisé dans un décret élevant le rang de la fête des Sept Douleurs de Marie.

 

Depuis lors, il a été mentionné à plusieurs reprises dans l'enseignement de l'Église, notamment lors du Concile Vatican II, qui a finalement décidé de ne pas reconnaître officiellement ce titre dans le document Lumen Gentium.[4]

 

Parmi les saints ayant médité sur le rôle de Marie comme Co-Rédemptrice, on peut citer John Henry Newman, saint Josémaria Escrivá, sainte Edith Stein, saint Pio de Pietrelcina et saint Maximilien Kolbe.[5]

 

Il est probable que la rédaction de la "note doctrinale" ait été commandée sous le pontificat du pape François.

 

Un autre titre, tel que "qui défait les nœuds", pourrait être envisagé, mais pour l’instant, cela reste incertain.

 

Ce document, dont la rédaction a débuté sous le pontificat de François, appliquera, selon les informations disponibles, les nouvelles normes d'évaluation des phénomènes surnaturels aux titres mariaux liés aux dévotions.[6]

 

Le correspondant du Vatican pour Per Mariam, Michael Haynes, a souligné qu’en 1913, le Saint-Office, devenu depuis le Dicastère pour la Doctrine de la Foi, avait accordé une indulgence partielle à une prière de réparation à la Vierge Marie se terminant par ces mots : "Je bénis ton saint Nom, je loue ton privilège infini d’être véritablement Mère de Dieu, toujours Vierge, conçue sans tache de péché, Co-Rédemptrice du genre humain."

 

Le débat sur le statut de Co-Rédemptrice fut un point de discorde lors du Concile. De nombreux évêques et théologiens conservateurs insistèrent pour que Marie soit proclamée Co-Rédemptrice, Médiatrice et Avocate, constituant ainsi un cinquième dogme marial. Des pétitions en ce sens auraient recueilli des signatures parmi les évêques présents, mais, par un vote serré, le Concile décida d'intégrer l'enseignement marial à la Constitution dogmatique sur l'Église ( Lumen Gentium ) plutôt que de publier un dogme marial distinct. Lumen Gentium la nomma finalement "Médiatrice", reconnaissant son intercession maternelle et sa coopération à l’œuvre salvifique du Christ, mais évita le titre plus fort de "Co-Rédemptrice", que de nombreux Pères conciliaires craignaient de voir occulter le rôle rédempteur unique du Christ et compliquer le dialogue œcuménique.

 

Les préoccupations œcuméniques continuent de freiner toute définition formelle, car de nombreux théologiens craignent que la promotion d'un nouveau dogme marial ne tende les relations avec les communautés orthodoxes et protestantes. C'est pourquoi les correspondants du Vatican suivront de près la présentation de Mater Populi Fidelis le 4 novembre.[7]

 

 

Add. 4 novembre 2025

 

"Mater populi fidelis" est le titre du document du dicastère pour la Doctrine de la foi approuvé et signé par Léon XIV le 7 octobre, et publié et signé le 4 novembre par le préfet, le cardinal Víctor Manuel Fernández. Cette "note doctrinale" clarifie les titres à utiliser pour la Vierge Marie. Une attention particulière est également requise pour le titre "Médiatrice de toutes grâces".

 

La note est le fruit d'un long et minutieux travail collégial sur la dévotion mariale, centré sur la figure de Marie associée à l'œuvre du Christ en tant que Mère des croyants. La note fournit une base biblique significative pour la dévotion à Marie, en plus de rassembler différentes contributions des Pères, des Docteurs de l'Église, des éléments de la tradition orientale et de la pensée des derniers Papes.

 

Dans ce cadre, le texte doctrinal analyse un certain nombre de titres mariaux; il en valorise certains et met en garde contre l'utilisation d'autres.

 

Des titres tels que "Mère des croyants", "Mère spirituelle", "Mère du peuple fidèle", sont particulièrement appréciés, lit-on dans la note.

 

En revanche, le titre de "co-rédemptrice" est considéré comme inapproprié et inconvenant. Le titre de "médiatrice' est considéré comme inacceptable lorsqu'il revêt une signification exclusive à Jésus-Christ, mais il est considéré comme précieux s'il exprime une médiation inclusive et participative, qui glorifie la puissance du Christ.

 

Les titres de "Mère de la grâce" et "Médiatrice de toutes grâces" sont considérés comme acceptables dans certains sens très précis, mais une explication particulièrement large des significations qui peuvent présenter des risques est proposée.

 

En substance, la note réaffirme la doctrine catholique qui a toujours bien mis en évidence que tout en Marie est orienté vers la centralité du Christ et son action salvifique. C'est pourquoi, même si certains titres mariaux peuvent être expliqués par une exégèse correcte, il est préférable de les éviter.

 

Dans sa présentation, le cardinal Fernández valorise la dévotion populaire, mais met en garde contre les groupes et les publications qui proposent un certain développement dogmatique et suscitent des doutes parmi les fidèles, notamment à travers les réseaux sociaux. "Le principal problème dans l’interprétation de ces titres appliqués à la Vierge Marie est de comprendre comment Marie est associée à l’œuvre rédemptrice du Christ".

 

En ce qui concerne le titre "co-rédemptrice", la note rappelle que certains Papes "ont utilisé ce titre sans trop s’attarder à l’expliquer. D’une manière générale, ils l’ont présenté de deux manières précises: par rapport à la maternité divine, dans la mesure où Marie, en tant que mère, a rendu possible la Rédemption accomplie dans le Christ, ou en référence à son union avec le Christ près de la Croix rédemptrice. Le Concile Vatican II a évité d’utiliser le titre de co-rédemptrice pour des raisons dogmatiques, pastorales et œcuméniques. Saint Jean-Paul II l’a utilisé à sept reprises au moins, en le rapportant en particulier à la valeur salvifique de nos souffrances offertes avec celles du Christ à qui Marie est unie avant tout sur la Croix".

 

Le document cite une discussion interne de l'ancienne Congrégation pour la doctrine de la foi qui, en février 1996, avait examiné la demande de proclamer un nouveau dogme sur Marie "co-rédemptrice ou médiatrice de toutes grâces". L'avis du cardinal Ratzinger n’était pas favorable: "La signification précise des titres n’est pas claire et la doctrine qu’ils contiennent n’est pas mûre. […] On ne voit pas clairement comment la doctrine exprimée dans les titres est présente dans l’Écriture et dans la tradition apostolique". Plus tard, en 2002, le futur Benoît XVI s'était également exprimé publiquement dans le même sens: "La formule “co-rédemptrice” est trop éloignée du langage de l’Écriture et de la patristique et provoque ainsi des malentendus... Tout procède de Lui, comme le disent surtout les Lettres aux Éphésiens et aux Colossiens. Marie est ce qu’elle est grâce à Lui". Le cardinal Ratzinger, précise la note, ne niait pas qu'il y avait de bonnes intentions et des aspects précieux dans la proposition d'utiliser ce titre, mais il soutenait qu'il s'agissait d'un "terme erroné".

 

Le Pape François a exprimé au moins trois fois une position clairement opposée à l'utilisation du titre de co-rédemptrice. Le document doctrinal conclut à ce sujet: "l’utilisation du titre de co-rédemptrice pour définir la coopération de Marie est toujours inopportune. Ce titre risque d’obscurcir l’unique médiation salvifique du Christ et peut donc générer une confusion et un déséquilibre dans l’harmonie des vérités de la foi chrétienne... Lorsqu’une expression nécessite des explications nombreuses et constantes, afin d’éviter qu’elle ne s’écarte d’un sens correct, elle ne rend pas service à la foi du Peuple de Dieu et devient gênante".

 

Le Christ est l'unique Médiateur. D'autre part, elle souligne l'usage très courant du "terme “médiation” dans les domaines les plus variés de la vie sociale, où il s’entend simplement comme coopération, aide, intercession. Par conséquent, il est inévitable qu’il soit appliqué à Marie dans un sens subordonné, et en aucune façon il n’a pour but d’ajouter une efficacité ou une puissance à l’unique médiation de Jésus-Christ". En outre, le document reconnaît qu'"il est évident qu’il y a eu une forme de médiation réelle de Marie pour rendre possible l’Incarnation du Fils de Dieu dans notre humanité".

 

Mère des croyants

 

La fonction maternelle de Marie "n’offusque et ne diminue en rien" la médiation unique du Christ, mais "en manifeste au contraire la vertu". Ainsi comprise, "la  maternité de Marie n’a pas pour but d’affaiblir l’unique adoration qui n’est due qu’au Christ, mais de la stimuler". Il faut donc éviter, affirme la note, "les titres et les expressions qui se réfèrent à Marie et qui la présentent comme une sorte de “paratonnerre” devant la justice du Seigneur, comme si Marie était une alternative nécessaire à l’insuffisante miséricorde de Dieu" (n. 37, b). Le titre de "Mère des croyants" nous permet de parler de "l’action de Marie aussi en relation avec notre vie de grâce" (n. 45).

 

Il faut cependant faire attention aux expressions qui peuvent transmettre "d’autres contenus moins acceptables" (45). Le cardinal Ratzinger avait expliqué que le titre de "Marie médiatrice de toutes grâces" n'était pas clairement fondé sur la révélation divine, et "en accord avec cette conviction, nous pouvons reconnaître les difficultés qu’il comporte, tant pour la réflexion théologique que pour la spiritualité". En effet, "aucun être humain, pas même les apôtres ou la Très Sainte Vierge, ne peut agir en tant que dispensateur universel de la grâce. Seul Dieu peut donner la grâce et Il le fait à travers l’humanité du Christ". Les titres, tels que celui de "Médiatrice de toutes grâces", ont donc "des limites qui ne facilitent pas une compréhension correcte de la place unique de Marie. En effet, elle, la première rachetée, ne peut pas avoir été médiatrice de la grâce qu’elle a reçue elle-même".

 

Cependant, le document reconnaît enfin que "le mot “grâces”, à propos de l’aide maternelle de Marie à différents moments de la vie, peut avoir un sens acceptable. Le pluriel exprime toutes les aides, même matérielles, que le Seigneur peut nous apporter en écoutant l’intercession de la Mère".[8]

Ap12,1-5;17 "Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. ... Elle mit au monde un fils, un enfant mâle, celui qui sera le berger de toutes les nations, les conduisant avec un sceptre de fer. ... Alors le Dragon se mit en colère contre la Femme, il partit faire la guerre au reste de sa descendance."

 

Le Vatican déclare que les titres de "Co-Rédemptrice" et de "Médiatrice" ne devraient plus être utilisés pour Marie, réaffirmant que le Christ seul est Rédempteur et clarifiant la doctrine mariale.[9]

 

Saint Thomas d'Aquin: 


"Les souffrances des saints sont bénéfiques à l'Église, non pas pour la rédemption, mais pour l'exemple et l'exhortation, selon 2 Corinthiens 1:6: "Que nous soyons dans la tribulation, c'est pour votre exhortation et votre salut"? (Somme théologique, Troisième partie, Question 48, Article 5, Réponse à l'objection 3.)

 

 

Le Père Jaime Mercant Simo précise

"Aujourd'hui est le jour le plus opportun et le plus approprié pour se rappeler que si la Sainte Vierge est, bien que de manière participative et subordonnée, 'co-rédemptrice', c'est-à-dire épouse et coadjutrice de la rédemption, elle est aussi 'médiatrice de toutes grâces', non pas comme source, mais comme canal."

 

"Traditionnellement, la coopération de Marie à l’œuvre du salut a été abordée selon une double perspective : à partir de sa participation à la Rédemption objective, accomplie par le Christ au cours de sa vie et particulièrement dans la Pâques, et à partir de l’influence qu’elle a actuellement sur ceux qui ont été rachetés." (# 4)

 

Le Vatican ne rejette pas la théologie de la co-rédemption comme étant erronée, il met en garde contre un développement dogmatique inapproprié de ce terme: "Compte tenu de la nécessité d’expliquer le rôle subordonné de Marie au Christ dans l’œuvre de la Rédemption, l’utilisation du titre de Co-rédemptrice pour définir la coopération de Marie est toujours inopportune." (# 22)

 

Les malentendus sont plus susceptibles de surgir dans le monde protestant, qui nie la coopération de l'homme au salut par le principe de la sola gratia.

 

Dans son Homélie à Fatima, 13 mai 2010, le Pape Benoît XVI, par exemple, indiqua comment en embrassant nos croix et en les unissant spirituellement à celle de Jésus, nous devenons tous "rédempteurs avec le Rédempteur", participant à l’œuvre de salut et de "rédemption pour le monde entier" :

 

"Mes chers frères et sœurs, aux yeux de Dieu, vous avez une valeur inestimable : 'Il s’est fait homme pour souffrir avec l’homme de manière pleinement réelle, en chair et en os, comme nous le révèle le récit de la Passion de Jésus. Ainsi, dans toute souffrance humaine, nous sommes unis à Celui qui la vit et la porte avec nous ; ainsi la consolation est présente dans toute souffrance, la consolation de l’amour compatissant de Dieu, et ainsi l’étoile de l’espérance se lève' (Spe Salvi , 39). Forts de cette espérance, vous pouvez quitter les sables mouvants de la maladie et de la mort et vous tenir sur le roc inébranlable de l’amour divin. Autrement dit, vous pouvez surmonter le sentiment d’inutilité de la souffrance qui ronge l’être humain et le fait se sentir un fardeau pour son prochain, alors qu’en réalité, la souffrance vécue avec Jésus contribue au salut de vos frères et sœurs.

Comment cela est-il possible ? Parce que la source de la puissance divine jaillit au cœur de la faiblesse humaine. C’est le paradoxe de l’Évangile. C’est pourquoi le Maître divin, au lieu d’expliquer les raisons de la souffrance, a préféré appeler chacun à le suivre, disant : « Prenez votre croix et suivez-moi » (cf. Mc 8, 34). Venez avec moi. Par votre souffrance, participez à l’œuvre de salut qui s’accomplit par ma souffrance, par ma croix. En embrassant peu à peu votre propre croix, en vous unissant spirituellement à la mienne, le sens salvifique de la souffrance vous sera révélé. Dans la souffrance, vous découvrirez une paix intérieure et même une joie spirituelle.

Chers amis malades, accueillez l’appel de Jésus qui passera bientôt parmi vous dans le Très Saint Sacrement, et confiez-lui toutes vos épreuves et vos souffrances, afin qu’elles deviennent – ​​selon son dessein – un moyen de rédemption pour le monde entier. Vous serez rédempteurs avec le Rédempteur, comme vous êtes fils dans le Fils. Au pied de la croix… se tient la mère de Jésus, notre mère."[10]

 

Est-il juste de sacrifier une expression qui, en soi, est "tout à fait vraie" pour des raisons œcuméniques ? Quoi qu'il en soit, pour les protestants, se pose non seulement le problème du terme, mais aussi celui de la doctrine enseignée par Vatican II sur la coopération singulière de Marie à la rédemption. Un faux œcuménisme peut nuire à la doctrine catholique, qui doit être professée dans toute sa richesse. Si l'Église devait supprimer toutes les expressions qui déplaisent aux protestants, elle devrait également supprimer le titre de Mère de Dieu ( Theotokos).Comme mentionné dans la Note (n° 9, 11, 15), ce titre pourrait prêter à confusion, notamment chez les personnes peu catéchisées.

Aujourd'hui, presque tous les journaux, y compris catholiques, titrent que Marie n'est pas corédemptrice. Il est donc surprenant de constater que la Note déclare soudainement "inapproprié" et "inconvenant" un titre comme celui de corédemptrice, pourtant entré dans le vocabulaire théologique et l'enseignement des papes. 

Le titre de "corédemptrice" est l'expression la plus concise pour exprimer la coopération unique de Marie à la rédemption. Le risque de mettre Marie sur le même plan que Jésus est évité en précisant que sa coopération dépend entièrement du Christ et lui est subordonnée. Interdire un titre aussi bref, qui exprime une vérité centrale clairement exposée par Vatican II, serait une tâche ardue.[11]

 

Le Concile Vatican II dans Lumen gentium ajoute un élément central absent du nouveau document : l' association de Marie, par un esprit maternel, au sacrifice de son Fils (cf. LG 58). Lumen gentium 58 réaffirme clairement le magistère antérieur (en particulier celui de Benoît XV dans Inter sodalicia) concernant le rôle actif et oblatif de la Vierge Marie. En ce sens, le nouveau document n'est pas un développement de la doctrine mais en est "une régression significative".[12]

 

Sources :

 

[1] https://www.doctrinafidei.va/en/attivita/news/2025/presentazione-della-nota-mater-populi-fidelis.html

[2] https://www.famillechretienne.fr/45941/article/le-vatican-va-faire-une-mise-au-point-sur-les-titres-attribues-a-marie

[3] https://www.kath.net/news/88794

[4] https://www.aciafrique.org/news/17895/le-vatican-se-prononcera-sur-le-role-de-marie-dans-le-salut-dans-un-document-doctrinal-le-4-novembre

https://www.catholicnewsagency.com/news/267479/vatican-to-weigh-in-on-mary-s-role-in-salvation-with-doctrine-document-on-nov-4

[5] https://www.eldebate.com/religion/vaticano/20251031/vaticano-aclarara-titulos-marianos-aluden-cooperacion-maria-obra-salvacion_350365.html

[6] https://aleteia.org/2025/10/31/holy-see-will-clarify-titles-attributed-to-mary-on-november-4/

[7] https://freerepublic.com/focus/f-religion/4349684/posts

[8] https://www.vaticannews.va/fr/vatican/news/2025-11/note-doctrinale-ddf-titres-mariaux.html

[9] EWTN Vatican

[10] https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/en/homilies/2010/documents/hf_ben-xvi_hom_20100513_fatima.html#

[11] Luisella Scrosati, Une co-rédemption "inconvenante" ? Réprimandez les saints et les docteurs.

[12] Diane Montagna, Une note doctrinale très dissonante : sur "Mater Populi Fidelis". Le mariologue italien, le père Serafino Lanzetta, analyse un nouveau document du Vatican sur les titres mariaux de "Corédemptrice" et de "Médiatrice de toutes les grâces".

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