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24 décembre 2025 3 24 /12 /décembre /2025 15:00

Pourquoi les catholiques fêtent-ils Noël le 25 décembre ?

 

Les catholiques célèbrent Noël le 25 décembre principalement pour commémorer la naissance de Jésus-Christ, bien que la date exacte de sa naissance ne soit pas définitivement connue. Le choix du 25 décembre a des racines historiques, théologiques et culturelles.

 

Origines historiques

 

La fête de Noël n'est pas païenne, mais chaque année, des gens prétendent que c'est le cas :

 

La première célébration enregistrée de Noël le 25 décembre remonte à 336 après J.-C. sous le règne de l'empereur Constantin (272-337), le premier empereur romain chrétien. Auparavant, il n'y avait pas de date universellement acceptée pour célébrer la naissance de Jésus, et diverses dates ont été proposées par les premiers chrétiens.

 

Certains prétendent que le 25 décembre est "une invention". L'une des premières mentions du 25 décembre comme date d'anniversaire de Jésus vient d'un un historien chrétien, Sextus Julius Africanus (v. 160 - v. 240), qui a suggéré que Jésus avait été conçu le 25 mars. L'ange Gabriel annonça en Lc 1,13 à Zacharie lors de la fête de Yom Kippour (au mois de septembre ou octobre), qu'Elisabeth mettra au monde pour lui un fils, et six mois après l'ange annonce à Marie en Lc 1,26-32 qu'elle concevra "Jésus", "le Fils du Très-Haut". Or, six mois après septembre-octobre, on tombe en mars, et en comptant neuf mois à partir du 25 mars, on arrive au 25 décembre, qui est devenu la date de Noël.

https://x.com/catholicpat/status/1868278548617740689/photo/1

https://x.com/catholicpat/status/1868278548617740689/photo/1

Certains "spécialistes" suggèrent que l'Église a peut-être choisi le 25 décembre pour coïncider avec des fêtes païennes existantes, telles que la fête romaine des Saturnales et la célébration du solstice d'hiver. Ce choix aurait pu faciliter l'acceptation du christianisme par les populations païennes en offrant une alternative chrétienne aux célébrations païennes populaires. Mais les Saturnales Instituée vers 220 av. J.-C. en l'honneur du dieu romain Saturne était initialement célébrée le 17 décembre, puis fut étendue à une semaine entière, se terminant le 23 décembre. Le lien supposé avec Noël repose sur la proximité des deux fêtes. Le 23 décembre et Noël le 25 décembre ne se chevauchent pas et il n'y a aucune preuve que l'Église primitive ait choisi cette date pour concurrencer les Saturnales.

De même, le solstice a lieu aux alentours du 21 décembre, et non du 25 décembre. Les chrétiens ont choisi le 25 décembre parce qu'il se situe 9 mois après le 25 mars, date de l'Annonciation.

 

On nous dit que "Noël est en fait la fête de Sol Invictus (le soleil invaincu)", mais le Sol Invictus n'a été déclaré qu'en 274 après J.-C par l'empereur Aurélien, alors qu'Hippolyte de Rome (mort en 235) avait déjà lié la naissance de Jésus au 25 décembre en 204 après J.-C., dans son Commentaire sur le livre de Daniel (vers 204) :

"La première venue de notre Seigneur dans la chair, lorsqu'il naquit à Bethléem, eut lieu le mercredi 25 décembre, alors qu'Auguste était dans sa quarante-deuxième année, ... Il souffrit la trente-troisième année, le vendredi 25 mars, la dix-huitième année du règne de Tibère César, tandis que Rufus et Roubellion étaient consuls."

Louis Duchesne, liturgiste du XIXe siècle propose que la date de la naissance du Christ ait été fixée à partir du jour où l’on croyait qu’il était mort. (Christian Worship, Its Origin and Evolution: A study of the Latin liturgy up to the time of Charlemagne, 261).

Non seulement cette fête de Sol n'était pas annuelle, mais il n'est pas non plus historiquement possible de la documenter comme ayant été établie le 25 décembre par Aurélien (voir Steven Hijmans, Sol Invictus, The Winter Solstice, and the Origins of Christmas , Mouseion, Series III, vol. 3, 377-398). La fête de Sol Invictus a peut-être été une tentative de Rome de contrer le développement du Noël chrétien.

 

On nous dit que "Mithra est né le 25 décembre" : il n'existe aucune preuve historique reliant Mithra à cette date. De plus, la célébration de Noël est antérieure au culte de Mithra. D'après les inscriptions sur des bougies votives et d'autres œuvres d'art antiques, il existe un lien entre Mithra et Sol Invictus. Dans certains cas, il semble que les mithraïstes considéraient Mithra et Sol comme deux manifestations différentes d'un même dieu. Dans d'autres, ils apparaissent comme deux dieux unis en un seul. Ces liens sont difficiles à comprendre, compte tenu de notre connaissance limitée du système de croyances mithraïque. Un manuscrit connu sous le nom de Chronographie de 354 indique que la naissance de Sol Invictus était célébrée le 25 décembre. Étant donné que les mithraïstes assimilaient leur dieu à Sol d'une manière ou d'une autre, il est compréhensible qu'ils aient pu s'approprier cette date. Le problème pour les sceptiques est qu'aucune preuve ne permet d'affirmer qu'Aurélien était mithraïste, ni même qu'il ait eu le mithraïsme à l'esprit lorsqu'il institua la fête de Sol Invictus. Le lien entre Mithra et le 25 décembre n'est qu'une coïncidence. Le coup de grâce porté aux parallèles entre Mithra et Sol Invictus réside dans le fait que la Chronographie de 354 est la plus ancienne mention d'une divinité païenne célébrée le 25 décembre. La célébration de la naissance du Christ par les chrétiens est également mentionnée dans le calendrier comme ayant eu lieu ce jour-là..., ce qui réduit la probabilité que la fête païenne soit antérieure. À tout le moins, cela réfute l'affirmation selon laquelle on pourrait prouver, à partir des sources historiques, qu'une quelconque fête païenne du 25 décembre est antérieure à la tradition chrétienne. Les preuves que ce jour revêtait une signification particulière pour les chrétiens sont antérieures à celles d'une prétendue célébration de Sol Invictus ou de toutes autres divinités païennes ce jour-là.

 

Le choix par les chrétiens d'une date si proche du solstice d'hiver n'était pas motivé par une volonté d'imiter les fêtes païennes. Les différentes religions païennes célébraient toutes des fêtes tout au long de l'année. Quel que soit le mois choisi par les premiers chrétiens, Noël aurait de toute façon coïncidé avec une fête païenne, et les théoriciens opposés auraient continué à avancer les mêmes arguments.

 

Le solstice était important pour tous, notamment pour des raisons agricoles, au même titre que l'eau est essentielle à la survie de l'humanité. C'est pourquoi on retrouve des rituels liés à l'eau dans diverses religions. Cela ne prouve en rien qu'une religion ait emprunté l'idée ou le thème à une autre...

 

On nous dit qu'"Horus est né d'une vierge, tout comme Jésus". Mais Horus est né d'Isis en utilisant le corps démembré d'Osiris, ce qui n'est pas exactement une "naissance virginale" ! La naissance de la Vierge est ancrée dans une prophétie juive antérieure à la plupart des mythes païens, en particulier dans Isaïe 7,14. Les allégations de "parallèles" avec des mythes païens relèvent de la spéculation moderne, et non de faits anciens.

 

On dit que "la tradition du sapin de Noël a vu le jour dans l'Allemagne du XVIe siècle, bien après la mort du paganisme en Europe" et que "les cadeaux proviennent des traditions babyloniennes." Mais les ornements et les bougies symbolisent le jardin d'Eden où il y avait des arbres, le Christ en tant que lumière du monde, et les chrétiens offrent des cadeaux à Noël à cause des trois rois mages.

 

On dit que "le Père Noël n'est autre que le dieu nordique Odin." Ce lien est supposé être dû au fait qu'Odin montait un cheval volant... mais c'est le seul lien : Odin était un dieu dont le culte n'est attesté et n'a émergé qu'au IVe-Ve siècle, et Saint Nicolas a vécu au 4ème siècle. 

 

Au cours de la christianisation, le pape Grégoire Ier (540-604) fit valoir que les conversions étaient plus faciles si les gens étaient autorisés à conserver les formes extérieures de leurs traditions tout en affirmant que les traditions étaient en l'honneur du Dieu chrétien.

 

On dit que "les bûches de Noël, le gaulage, le houx, le gui, etc. sont la preuve que Noël est païen." Ce sont des exemples d'adaptation culturelle, pas de paganisme. Aucune de ces traditions n'est intrinsèquement païenne. Elles ne sont pas non plus strictement nécessaires pour célébrer Noël.

 

Ces comparaisons entre Noël et des fêtes païennes ont influencé les Puritainsqui rejetèrent la célébration de Noël, la qualifiant de "fausse fête". En 1644, le Parlement anglais, sous influence puritaine, décréta Noël jour de jeûne. Le peuple anglais ne devait ni se réjouir ni célébrer, mais consacrer ce jour à la méditation sur ses propres péchés et ceux de ses ancêtres. Des troupes furent chargées de faire respecter cette mesure parlementaire ; elles patrouillaient dans les rues de Londres et faisaient du porte-à-porte. En Écosse, les descendants calvinistes de John Knox étaient allés plus loin que les puritains anglais en abolissant Noël comme jour férié. Ce travail austère des puritains et des calvinistes allait planer sur Noël pendant un certain temps dans les pays anglophones. 

Les Puritains se sentirent contraints de quitter la Hollande et s'installèrent en Amérique, fondant la colonie de la baie du Massachusetts. Leurs traditions de Noël, empreintes de tristesse et de morosité, les suivirent. Ils espéraient que leurs enfants, parfois qualifiés par leurs prédicateurs de « démons du diable », pourraient être éduqués loin des distractions du Vieux Continent.

Aux États-Unis, l'influence puritaine a empêché la reconnaissance de Noël comme jour férié fédéral jusqu'en 1870. Ce n'est qu'au XIXe siècle que la morosité qui planait sur Noël s'est dissipée. On attribue en grande partie ce changement à Charles Dickens. Son  "Chant de Noël"  et  ses "Aventures de M. Pickwick" ont contribué à adoucir la rigueur des fêtes de fin d'année chez les Puritains. Dickens disait : "Il est bon parfois d'être enfant, et jamais autant qu'à Noël, lorsque le grand fondateur du christianisme était lui-même un enfant." Le mariage de la reine Victoria avec le prince Albert, un Allemand, a permis l'introduction en Grande-Bretagne, par le biais de la famille royale, de nombreuses traditions de Noël d'Europe continentale. Celles-ci se sont rapidement répandues dans les autres classes sociales, puis à l'étranger.

Ce manque de joie, ce malaise face au plaisir d'autrui se retrouve encore aujourd'hui dans certaines sectes protestantes. Leurs membres invoquent des excuses pour ne pas avoir à admettre leur aversion pour les divertissements simples. Ils qualifient Noël de fête "païenne", y voyant la preuve de la contamination, de la décadence et de l'apostasie de l'Église catholique.

 

On nous dit encore en 2025 qu'un dieu Nabatéen, Dousarès, serait né d'une Vierge : le "Noël" nabatéen (Cf. www.science-et-vie.com/science-et-culture/les-nabateens-ont-ils-fete-noel-plusieurs-siecles-avant-les-chretiens-222056.html ) qu'Épiphane de Salamine, théologien chrétien du IVᵉ siècle, nous apprend dans l’ouvrage intitulé Panarion où il recense ce qu’il considère comme des hérésies, qu’une fête nocturne se déroulait chaque année à Pétra, capitale du royaume des Nabatéens (peuple antique qui entre le IVe siècle avant Jésus-Christ et 106 après, domina un vaste territoire depuis le sud de la Syrie jusqu’à l’oasis d’al-Ula, aujourd’hui en Arabie saoudite, en passant par le Néguev et le Sinaï), pour y célébrer la naissance du principal dieu des Nabatéens, Doushara (Dousarès, en grec, "celui du Shara", appellation d’une montagne près de Pétra, qui signifie le dieu qui se trouve au sommet de la montagne. Un lieu élevé qui rappelle le mont Sinaï où se manifeste le dieu de Moïse, dans l’Exode). De même, le Dieu de la Bible n’a pas de véritable nom : il est le Seigneur, l’Éternel. Un des rites les plus courants de la religion nabatéenne était l’adoration de pierres dressées, qu’on appelle "bétyles" (du terme araméen "bet-el" signifiant "maison de dieu", parce qu’on pensait qu’une divinité ou des parcelles de divinité pouvaient se trouver à l’intérieur). Une comparaison est faite avec le bétyle biblique qui est "la pierre de Jacob", fils d’Isaac et petit-fils d’Abraham, dans la Genèse (Genèse 28, 17-22). Pendant son sommeil, Jacob posa sa tête sur cette pierre et s’endormit. Il vit en songe "une échelle dont le sommet touchait le ciel". À son réveil, il comprit que la pierre sur laquelle il avait dormis était sacrée, la redressa comme une stèle et versa de l’huile en son sommet. Puis il nomma le lieu Béthel. Le principal bétyle nabatéen se dressait à Pétra, dans un grand temple, nommé aujourd’hui Qasr al-Bint ("Château de la fille") en arabe. L’encyclopédie byzantine nommée Souda nous en donne une description assez précise, bien qu’elle ait été composée plusieurs siècles après la destruction du temple. L’ouvrage s’appuie sur des écrits antérieurs, aujourd’hui perdus. L'idole peut-on lire, était une pierre quadrangulaire de couleur noire sans image divine. Sa hauteur était de quatre pieds (environ 1 mètre 20) et sa largeur de deux pieds (60 centimètres). Elle se dressait sur un socle doré. La couleur noire laisse penser qu’elle était peut-être taillée dans une météorite. La Souda précise que les fidèles lui offraient des sacrifices et versaient sur elle le sang des victimes, en guise de libation. Le culte Nabatéen diffère du culte hébreu qui interdit l'adoration d'idoles ou de pierres taillées, l'adoration étant réservée à Dieu seul. Au cours de la grande fête annuelle célébrant la naissance de Doushara, évoquée par Épiphane de Salamine, les fidèles chantaient en arabe, nous dit l’auteur, un hymne à la mère de Doushara dite Chaamou, c’est-à-dire "Jeune fille" ou "Vierge". Doushara, fils de la Vierge, était quant à lui surnommé "l’Unique enfant du Seigneur" (Épiphane de Salamine, Panarion II, 51, 22,11). On nous dit que "cette ressemblance entre Doushara et Jésus, lui aussi né d’une conception virginale, explique pourquoi Épiphane a cru bon d’évoquer ce  ́'Noël’ nabatéen. Rappelons que le mot Noël nous vient du latin Natalis dies qui signifie Jour de la naissance. "Épiphane de Salamine entendait ainsi condamner la religion des Nabatéens qui pouvait apparaitre comme concurrente du christianisme." (Sic) "Le danger pour le théologien, nous dit-on, était aussi que les détracteurs de la religion du Christ accusent les auteurs chrétiens de plagiat, le culte de Doushara étant antérieur de plusieurs siècles à celui de Jésus. Les chrétiens ne possédaient pas le monopole du thème de la conception virginale. Épiphane, retournant ces accusations, s’emploie à délégitimer la religion nabatéenne considérée comme une hérésie et une parodie païenne de la seule vraie religion à ses yeux." "Épiphane de Salamine y mentionne trois lieux où la fête de Noël de Doushara était célébrée : le grand temple de Pétra, nous l’avons dit, mais aussi le sanctuaire de la ville nabatéenne d’Elousa dans le Néguev, et enfin le temple de Koré, fille de Déméter, à Alexandrie. Koré, dont le nom signifie  ́Jeune fille', était considérée comme l’équivalent grec de la Chaamou. Elle était adorée à Alexandrie, nous dit Épiphane, en tant que Vierge mère d’un jeune dieu incarnant l’Éternité que les Grecs nommaient Aiôn. À n’en pas douter, les Nabatéens, installés à Alexandrie, y avaient fondé, comme dans les autres villes où ils étaient présents, un sanctuaire en l’honneur de leur grand dieu. Une association religieuse y rendait un culte à la Chaamou, associée aux mystères de la Koré grecque." Toute cette présentation omet de dire que la prophétie faite au VIII-VIIe siècle avant J.-C. par Isaïe 7,14 annonce une Vierge concevant le Sauveur quatre siècles avant l’époque des Nabatéens et du culte du "Noël" nabatéen..., que tous les prophètes annonce le Messie, Dieu se faisant homme, Dieu incarné (Is 9,5), que tous les nations et peuples du monde entier attendaient ce Messie Sauveur, Fils de Dieu né d'une Vierge (par exemples: les rois Mages, les Gaulois via la Vierge qui devait enfanter, Virgini pariturae à Bourges). Saint Justin Martyr, également connu comme saint Justin de Naplouse, "le Philosophe", auteur des célèbres Apologies et du Dialogue avec Tryphon, mort par décapitation après flagellation entre 163 et 168, commémoré le 1er juin dans les Églises catholique et orthodoxe, confirme cette attente messianique antique universelle, en répondant au préfet de Rome Q. Junius Rusticus : "Le Fils de Dieu Jésus-Christ, dont les prophètes ont proclamé la venue au bénéfice du genre humain, comme héraut du salut et maître des beaux enseignements [...] depuis les temps ancien, les prophètes ont annoncé sa venue parmi les hommes." (Martyre des saints Justin, Chariton, Charitô, Evelpistos, Hiérax, Péon, Libérien et de leur communauté in Premiers écrits chrétiens, Bibliothèque de la Pléiade, éd. Publiée sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, Nrf Gallimard, Lonrai 2017, p. 263-264).

Le christianisme enseigne que depuis la Création du monde, par jalousie, le diable copie Dieu, et qu'il cherche à renverser son culte pour se faire adorer à la place de Dieu. Le diable aurait voulu se faire lui-même adorer comme un dieu né d’une Vierge avant l’apparition du Christianisme. Ce serait alors le "Noël nabatéen" qui aurait plagié le judaïsme antique et non l'inverse... Mgr Gaume dans son ouvrage Traité du Saint-Esprit évoque les nombreux emprunts et plagiats du vrai culte par le diable durant l’Antiquité, dont la profanation de l’Eucharistie dans les sacrifices humains antiquesVers 150 ap. J.-C., nous avons ces témoignages de Saint Justin, qui le confirme :

>Apologie pour les chrétiens LIV : DETOURNEMENTS DE LA PROPHETIE, INSPIRES PAR LES DEMONS, DANS LA FABLE MYTHOLOGIQUE

PROPHETIES IMITEES PAR LES DEMONS

[1] Ceux (Cf. Is 5,20) qui transmettent les fables inventées par les poètes n'apportent [...] aux jeunes gens qui apprennent d'eux aucune démonstration à l'appui de leurs récits, et [...] c'est pour troubler et égarer le genre humain, à l'instigation des démons malfaisants, que ces fables furent composées.

[2] Ayant appris en effet, par l'intermédiaire des prophètes, que le Christ annoncé devait venir et que seraient châtiés par le feu ceux des hommes qui se seraient montrés impies, ils produisirent des récits attribuant à Zeus une quantité de fils, dans l'idée qu'ils pourraient ainsi amener les hommes à considérer comme un conte prodigieux, analogue aux récits des poètes, ce qui se rapporte au Christ. 

[3] Ces récits furent colportés chez les Grecs, comme dans toutes les nations, et particulièrement là où les démons avaient appris des proclamations des prophètes que l'on croirait au Christ.

[...] [5] Le prophète Moïse était plus ancien que l'ensemble des auteurs et c'est par son intermédiaire, [...] que fut faite cette prophétie : 'Il ne manquera pas de prince issu de Juda ni de chef issu de ses cuisses jusqu'à ce que vienne Celui à qui cela est réservé. Et lui, il sera l'attente des nations, attachant son ânon à la vigne, lavant sa robe dans le sang de la grappe.' (Gn 49,10-11).

[6] Ayant eu vent de ces prophéties, les démons prétendirent que Dionysos était né fils de Zeus, et ils rapportèrent qu'il était l'inventeur de la vigne; ils inscrivent aussi le vin dans ses mystères et ils enseignent qu'il est monté au Ciel après avoir été mis en pièces. [7] Et comme il n'était pas littéralement signifié dans la prophétie de Moïse, si celui qui allait venir était bien le Fils de Dieu, et si, monté sur un 'poulain', il devait rester sur terre ou monter au ciel, [...] et si celui-ci était le Fils de Dieu, ainsi que nous l'avons dit, ou d'un homme, ils racontèrent que Bellérophon lui aussi, sur le cheval Pégase, homme né d'un homme, étant monté au ciel. [8] Quand ils eurent entendu dire, par l'intermédiaire d'Isaïe, l'autre prophète, qu'il naîtrait d'une Vierge (Is 7,14), et que par sa propre puissance il monterait au ciel (Mi 2,13; Ps 67,19; Ps 109,1) ils produisirent la légende de Persée (qui naquit de Danaé, qui était une vierge séduite par Zeus sous la forme d'une pluie d'or. Ndlr.) [9] Et lorsqu'ils surent qu'il était dit de lui, dans les prophéties rapportées plus haut, 'puissance comme un géant pour courir sa carrière' (Ps 19(18),5-7), ils mirent en avant un Héraclès puissant et ayant parcouru la terre entière. [10] Et quand ils eurent appris encore que, selon les prophéties, il devait guérir tout maladie et ressusciter les morts (Is 35,4-6), ils introduisirent Asclépios..." (Apologie pour les chrétiens 54,1-6 in Premiers écrits chrétiens, Bibliothèque de la Pléiade, éd. Publiée sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, Nrf Gallimard, Lonrai 2017, p. 370-371.)

>Apologie pour les chrétiens LXVI : "[2] Ce n'est en effet ni comme un pain ordinaire ni comme une boisson ordinaire que nous prenons cette nourriture; mais de même que, fait chair par le Verbe de Dieu, Jésus Christ, notre sauveur, prit chair et sang pour notre salut, de même la nourriture faite 'eucharistie' par la parole de prière que nous tenons de lui, et dont notre sang et nos chairs sont nourris par transformation, est-elle – c'est l'enseignement que nous avons reçu – la chair et le sang de ce Jésus fait chair. [...] [4] Cela, les démons malfaisants l'ont aussi imité, dans la tradition des mystères de Mithra: on présente en effet dans les cérémonies d'initiation [de Mithra. Ndlr.] du pain et une coupe d'eau qu'on accompagne de certaines formules; si vous ne le savez déjà, vous pouvez vous en informer." (1 Apologie 66, 1-4 in Premiers écrits chrétiens, Bibliothèque de la Pléiade, éd. Publiée sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, Nrf Gallimard, Lonrai 2017, p. 382.)

>Dans son Dialogue avec le juif Tryphon LXX 1,4, Justin mentionne l'imitation sur le grotte, lieu de naissance du Christ: "Et lorsque ceux qui transmettent les mystères de Mithra soutiennent qu'il est né d'une pierre et qu'ils qualifient de 'grotte' l'endroit où ils initient selon la tradition ses fidèles, eh bien, ne sais-je pas s'ils imitent cette parole de Daniel : ' Une pierre s'est détachée de la grande montagne sans l'aide des mains.' (Dn 2,34), et pareillement ces mots d'Isaïe, dont ils se sont efforcés de reproduire toute la teneur ? Car ils ont employé tout leur art à leur faire tenir à eux aussi des propos de justice. Mais il est nécessaire que je vous rapporte les paroles d'Isaïe, pour qu'elles vous fassent connaître qu'il en est bien ainsi. Les voici : 'Écoutez ce que j'ai fait, vous qui êtes au loin; ils connaîtront ma force, ceux qui s'approchent. Les iniques qui étaient en Sion se sont retirés; un tremblement saisira les impies. Qui vous proclamera le lieu éternel? Quelqu'un qui marche dans la justice, qui parle selon la voie droite, qui hait l'iniquité et l'injustice, qui préserve ses mains des présents, qui se bouche les oreilles pour ne pas entendre le jugement injuste du sang, qui ferme les yeux pour ne pas voir l'injustice; celui-là habitera dans la grotte élevée d'une roche dure. Le pain lui sera donné et l'eau lui sera assurée. Vous verrez un roi dans la gloire, et vos yeux verront de loin.' (Isaïe 33,13-17). [...] lorsque Trypon, ajoutai-je, j'entends dire que Persée, a été engendré d'une vierge, je comprends qu'il s'agit là aussi d'une contrefaçon du serpent trompeur.

[...] LXXVIII 6. J'ajoutai: je vous ai déjà rapporté qu'Isaïe avait annoncé par avance le symbole de la grotte (Is 33,16), et, pour ceux qui vous ont rejoint aujourd'hui, je rappellerai de nouveau le passage. Et je répétai le passage d'Isaïe que j'ai transcrit plus haut, précisant que c'est à cause de ces paroles que ceux qui transmettent les mystères de Mithra, ont été amenés par le diable à dire que, chez eux, l'initiation se pratique dans un lieu qu'ils qualifient de grotte.  (Dialogue avec Tryphon, in Premiers écrits chrétiens, Bibliothèque de la Pléiade, éd. Publiée sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, Nrf Gallimard, Lonrai 2017, p. 489-490 et p. 498.)

 

Signification théologique

 

Dieu, infiniment parfait et béni en lui-même, dans un plan de pure bonté, a librement créé l'homme pour lui faire partager sa propre vie bénie. En tout temps et en tout lieu, Dieu se rapproche de l’homme. Il l’appelle à le chercher, à le connaître, à l’aimer de toutes ses forces. Il rassemble tous les hommes, dispersés et divisés par le péché, dans l'unité de sa famille, l'Église. Pour ce faire, lorsque les temps furent accomplis, Dieu envoya son Fils comme Rédempteur et Sauveur. En son Fils et par lui, il invite les hommes à devenir, dans le Saint-Esprit, ses enfants adoptifs et ainsi héritiers de sa vie bienheureuse. Afin que cet appel résonne dans le monde entier, le Christ envoya les apôtres qu'il avait choisis, leur confiant la mission de proclamer l'Évangile : ''Allez donc, faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde.'' Fortifiés par cette mission, les apôtres ''allèrent prêcher partout, tandis que le Seigneur agissait avec eux et confirmait le message par les signes qui l’accompagnaient.'' Ceux qui, avec l’aide de Dieu, ont accueilli l’appel du Christ et y ont répondu librement sont poussés par l’amour du Christ à proclamer la Bonne Nouvelle partout dans le monde. Ce trésor, reçu des apôtres, a été fidèlement préservé par leurs successeurs. Tous les fidèles du Christ sont appelés à la transmettre de génération en génération, en professant la foi, en la vivant dans le partage fraternel et en la célébrant dans la liturgie et la prière. (Cf. MetaThomist)

 

1. Célébration de l'Incarnation :

Pour les catholiques, Noël n'est pas seulement la célébration de la naissance de Jésus, c'est aussi un événement théologique profond qui marque l'Incarnation, c'est-à-dire le fait que Dieu s'est fait homme.

Cette croyance met l'accent sur l'importance de Jésus en tant que Sauveur et sur l'accomplissement des prophéties messianiques

 

2. Mettre l'accent sur le salut : La célébration de Noël rappelle la croyance chrétienne dans le salut par Jésus. Cette date est considérée comme un moment de réflexion sur le mystère de Dieu entrant dans le monde sous une forme humaine pour racheter l'humanité du péché. 

 

Jésus s'est incarné pour nous révéler une vérité absolue, universelle et éternelle : nous sommes enfants de Dieu et par Lui nous sommes rachetés.

 

3. Contexte liturgique : Noël fait partie du calendrier liturgique, qui comprend l'Avent, saison de préparation à la célébration de la naissance du Christ. Ce contexte enrichit le sens de Noël dans la foi catholique, en le reliant aux thèmes de l'espoir, de la joie et de la Rédemption.

 

En résumé, la célébration de Noël le 25 décembre par les catholiques s'enracine dans les traditions historiques établies par les premiers chrétiens, la signification théologique de l'Incarnation et l'intégration de pratiques culturelles.

 

Cette date est devenue un élément central du calendrier liturgique chrétien, symbolisant la joie de la naissance du Christ et la promesse du salut.

 

Cf. https://x.com/Vitus_oss/status/1864966305771618470

Dans l'incarnation de Dieu, il n'y a pas d'abaissement de la Divinité ; mais nous croyons que la nature de l’homme est exaltée.

Saint Anselme de Cantorbéry, Cur Deus Homo

Car il a été fait homme pour que nous puissions devenir Dieu ; et Il s'est manifesté par un corps afin que nous puissions recevoir l'idée du Père invisible ; et il a enduré l'insolence des hommes afin que nous puissions hériter de l'immortalité.

Saint Athanase (297-373), Sur l'Incarnation, 54

Aussi, en entrant dans le monde, le Christ dit : Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps.

Tu n’as pas agréé les holocaustes ni les sacrifices pour le péché ;

alors, j’ai dit : Me voici, je suis venu, mon Dieu, pour faire ta volonté, ainsi qu’il est écrit de moi dans le Livre.

Le Christ commence donc par dire : Tu n’as pas voulu ni agréé les sacrifices et les offrandes, les holocaustes et les sacrifices pour le péché, ceux que la Loi prescrit d’offrir.

Puis il déclare : Me voici, je suis venu pour faire ta volonté. Ainsi, il supprime le premier état de choses pour établir le second.

Et c’est grâce à cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’offrande que Jésus Christ a faite de son corps, une fois pour toutes.

Hébreux 10,5-10

La Bonne Nouvelle de Noël : Jésus est l'Agneau de Dieu qui remplace le sacrifice de l'Ancienne alliance, par le seul sacrifice de l'Eucharistie. (Ap 13,8)

 

Saint Irénée de Lyon, disciple de S. Polycarpe qui lui-même avait été le disciple de S. Jean l'évangéliste, explique ce changement dans Contre les hérésies (livre IV, I, 6.) : les prophètes de l'Ancien Testament avaient averti Jérusalem de l'inutilité des sacrifices si le coeur était loin de Dieu :

 

Psaume 39, 7-9 Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice, tu as ouvert mes oreilles ; tu ne demandais ni holocauste ni victime, alors j'ai dit : "Voici, je viens. Dans le livre, est écrit pour moi ce que tu veux que je fasse."

 

« Isaïe, dit [...] : 'Que m'importe la multitude de vos sacrifices ? dit le Seigneur. Je suis rassasié.' 

Puis, après avoir repoussé les holocaustes, sacrifices et oblations, ainsi que les néoménies, les sabbats, les fêtes et toute la suite des autres observances, il ajoute, en leur conseillant ce qui procure le salut : 'Lavez-vous, purifiez-vous, ôtez la malice de vos cœurs de devant mes yeux ; cessez vos méchancetés, apprenez à bien faire; recherchez la justice, sauvez celui qui souffre l'injustice, faites droit à l'orphelin et défendez la veuve: venez alors et disputons ensemble, dit le Seigneur.[Isaïe 1, 11-17]

 

« [...] Si c'était par colère qu'il (Dieu) repoussât leurs sacrifices, comme de gens indignes d'obtenir sa miséricorde, il ne leur conseillerait pas ce par quoi ils pourraient être sauvés; mais, parce que Dieu est miséricordieux, il ne les prive pas du bon conseil.

 

« C'est ainsi qu'après leur avoir dit par la bouche de Jérémie : 'Pourquoi m'apportez-vous l'encens de Saba et le cinnamome d'une terre lointaine ? Vos holocaustes et vos sacrifices ne m'ont pas été agréables' [Jérémie 6,20 et Isaïe, 1, 11], il ajoute : 'Ecoutez la parole du Seigneur, vous tous, Juda. Voici ce que dit le Seigneur Dieu d'Israël : Redressez vos voies et vos habitudes de vie, et je vous ferai habiter en ce lieu. Ne vous fiez pas à des paroles mensongères qui ne vous seront d'aucun profit, en disant : C'est le temple du Seigneur, c'est le temple du Seigneur...' [Jr 7,4] 'Mais voici le commandement que je leur ai donné : Écoutez ma voix, et je serai votre Dieu, et vous serez mon peuple ; marchez dans toutes mes voies que je vous prescrirai, pour que vous vous en trouviez bien. Mais ils n'ont pas écouté ni prêté attention; ils ont marché selon les pensées de leur cœur pervers, ils ont rétrogradé au lieu d'avancer.' [Jr 7,23-24]

 

[...] Ainsi encore, chez le prophète Osée [6, 6], pour leur enseigner sa volonté, Dieu leur disait : 'Je veux la miséricorde plus que le sacrifice, et la connaissance de Dieu plus que les holocaustes.' 

 

[...] Malachie a parlé d'avance en ces termes : 'Je ne prends pas plaisir en vous, dit le Seigneur tout-puissant, et je n'agréerai pas de sacrifice de vos mains ; car du levant au couchant, mon nom est glorifié parmi les nations, et en tout lieu de l'encens est offert à mon nom, ainsi qu'un sacrifice pur : car mon nom est grand parmi les nations, dit le Seigneur tout-puissant.' (Ml 1,10-11) Il signifiait très clairement par là que le premier peuple cesserait d'offrir à Dieu, tandis qu'en tout lieu un sacrifice lui serait offert, pur celui-ci, et que Son nom serait glorifié parmi les nations.

 

Or, quel est le nom qui est glorifié parmi les nations, sinon celui de notre Seigneur, par l'entremise de qui est glorifié le Père et est glorifié l'homme?

 

[…] Ainsi donc, l'oblation de l'Église, que le Seigneur a enseigné à offrir dans le monde entier, est réputée sacrifice pur auprès de Dieu et lui est agréable. » (Irénée de LyonContre les hérésies, livre IV, I, 6.)

 

Vous voyez cette merveilleuse histoire à travers les anciens Pères : le remplacement des sacrifices païens et des sacrifices de l’Ancienne Alliance par le seul sacrifice de l’Eucharistie de la Nouvelle Alliance, offert sur les autels catholiques à travers le monde.

 

 

Prophète de l'ancienne alliance, Isaïe annonce encore : 

C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel (c’est-à-dire : Dieu-avec-nous).

Isaïe 7,14

Joyeux et saint Noël à tous !

Chantez au Seigneur un chant nouveau, chantez au Seigneur, terre entière,

chantez au Seigneur et bénissez son nom ! De jour en jour, proclamez son salut,

racontez à tous les peuples sa gloire, à toutes les nations ses merveilles !

Psaume 95

Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi.

Tu as prodigué la joie, tu as fait grandir l’allégresse : ils se réjouissent devant toi, comme on se réjouit de la moisson.

... Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! Sur son épaule est le signe du pouvoir ; son nom est proclamé : « Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix ».

Et le pouvoir s’étendra, et la paix sera sans fin pour le trône de David et pour son règne qu’il établira, qu’il affermira sur le droit et la justice dès maintenant et pour toujours.

Isaïe 9, 1-6

Joyeux et saint Noël à tous !

En prenant chair, Dieu n’a pas diminué sa majesté… [ou] la raison de le vénérer, qui augmente par l’augmentation de sa connaissance. Mais au contraire, dans la mesure où il a voulu s'approcher de nous en prenant chair, il nous a grandement attirés à le connaître."

Saint Thomas d'Aquin

Voici que le Seigneur se fait entendre jusqu’aux extrémités de la terre : Dites à la fille de Sion : Voici ton Sauveur qui vient ; avec lui, le fruit de son travail, et devant lui, son ouvrage.

Eux seront appelés « Peuple-saint », « Rachetés-par-le-Seigneur », et toi, on t’appellera « La-Désirée », « La-Ville-qui-n’est-plus-délaissée ».

Isaïe 62, 11-12

Le mot Noël vient du latin natalis : la naissance. Cette fête commémore la naissance de Jésus à Bethléem.

L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.

Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus.

Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ;

il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. »

Luc 1-30-33

20 [...] [L]’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ;

21 elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »

22 Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète :

23 Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous »

24 Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse.

Évangile de Jésus-Christ selon S. Matthieu 1 : 18-24

Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth, vers la Judée, jusqu'à la ville de David appelée Bethléem. Il était en effet de la maison et de la lignée de David.

Il venait se faire recenser avec Marie, qui lui avait été accordée en mariage et qui était enceinte.

Evangile de Jésus-Christ selon S. Luc 2 : 4-5

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem.

Evangile de Jésus-Christ selon S. Matthieu 2 : 1

Joyeux et saint Noël à tous !

Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.

Jean 1,14

Joyeux et saint Noël à tous !

Le renouveau de la Création a été l’œuvre du même Verbe qui l’a créée au commencement. Car il ne semblera pas incongru que le Père ait opéré son salut en Celui par le moyen duquel Il l’a fait.

Saint Athanase, De l'Incarnation du Verbe" (§1)

Le Seigneur a fait connaître sa victoire et révélé sa justice aux nations ;

il s'est rappelé sa fidélité, son amour, en faveur de la maison d'Israël ; la terre tout entière a vu la victoire de notre Dieu.

Psaume 97,2-3

"NOËL. Fête de la naissance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui se célèbre le 25 décembre.

On ne peut pas douter que cette fête ne soit de la plus haute antiquité, surtout dans les Églises d'Occident. Quelques auteurs ont dit qu'elle avait été instituée par le pape Télesphore, mort l'an 138; qu'au IVe siècle le pape Jules Ier, à la prière de saint Cyrille de Jérusalem, fit faire des recherches exactes sur le jour de la Nativité du Sauveur, et que l'on trouva qu'elle était arrivée le 25 de décembre; mais ces deux faits ne sont pas assez prouvés.

"Le premier à avoir affirmé clairement que Jésus était né un 25 décembre est Hippolyte de Rome dans son commentaire du Livre du prophète Daniel, aux environs de 204", a expliqué Benoît XVI en décembre 2009, au cours d'une audience générale de la catéchèse du mercredi, célébrée dans la Salle Paul VI. "L'année liturgique de l'Église ne débute pas à la naissance du Christ mais de la foi en sa résurrection. C'est pourquoi, la plus ancienne fête du christianisme n'est pas la Nativité mais Pâques. La résurrection du Christ fonde la foi chrétienne, est à la base de l'annonce de l'Évangile et fait naître l'Église.Benoît XVI ajouta que "dans le christianisme, la fête de Noël a pris sa forme définitive au IV siècle en prenant la place de la fête romaine du Sol Invictus, le soleil invincible. C'est de cette façon qu'a été mis en évidence que la naissance du Christ est la victoire de la vraie lumière sur les ténèbres du mal et du péché.

"Toutefois, l'atmosphère spirituelle et intense qui entoure Noël s'est développée au Moyen-Age, grâce à saint François d'Assise profondément amoureux de l'homme-Jésus, du Dieu avec nous... Cette particulière dévotion au mystère de l'Incarnation - a-t-il poursuivi - a donné naissance à la fameuse célébration de Noël à Greccio... Avec saint François et sa crèche, c'est l'amour inerme de Dieu, son humilité, sa bénignité qui sont mis en évidence et qui, dans l'Incarnation du Verbe, se manifestent aux hommes pour leur enseigner une nouvelle façon de vivre et d'aimer".

Le Pape rappela que "
dans la première biographie sur le saint d'Assise, Thomas de Celano raconte qu'au cours de la nuit de Noël, la grâce d'une vision merveilleuse a été accordée à François : il voyait un petit enfant immobile dans la mangeoire qui fut tiré de son sommeil par sa seule proximité. Grâce à saint François, le peuple chrétien a pu percevoir que dans sa nativité, Dieu est réellement l'Emmanuel, Dieu avec nous, de qui aucune barrière ni aucun éloignement ne nous sépare.

 

Giotto, L'Adoration des mages, 1304

 

Dans ce petit enfant, Dieu se fait si proche de chacun de nous, que nous pouvons le tutoyer et avoir avec lui une relation confidentielle empreinte d'affection comme nous le faisons avec un nouveau-né. Dans cet enfant, c'est Dieu-amour qui se manifeste: Dieu vient sans armes, sans force, car il ne prétend pas conquérir, pour ainsi dire, de l'extérieur, mais entend plutôt être écouté de l'homme dans sa liberté. Dieu se fait enfant sans défense pour vaincre la superbe, la violence, et le désir de posséder de l'homme. En Jésus, Dieu a assumé cette condition pauvre et humble pour nous vaincre par l'amour et nous conduire à notre vraie identité." [1]

Dieu aime tellement l'humanité qu'Il se fait homme pour mieux la sauver. A Noël, Dieu a manifesté son amour et sa tendresse pour les hommes. (Tite 3,4)

"Vient ... la révélation aux païens à travers la venue des Mages : le Dieu d'Israël n'est pas que le Dieu des Juifs. Sous l'aspect encore fragile d'un enfant, il s'offre à toutes les nations. Son amour n'est plus privilégié : il est universel." (Nouvelle Traduction du Missel Romain, Missel des Dimanches 2023, p. 133)

Noël est l'annonce de ce messie inaugurant une nouvelle ère de justice et de droit. (Is 42,1

Au IVe siècle, "Saint Jean Chrysostome, dans une homélie sur la naissance de Jésus-Christ, dit que cette fête a été célébrée dès le commencement, depuis la Thrace jusqu'à Cadix, par conséquent dans tout l'Occident, et il n'y aucune preuve que dans cette partie du monde le jour en ait jamais été changé.

"Il n'y a eu de variation que dans les Églises orientales. Quelques-unes la célèbrent d'abord au mois de mai ou au mois d'avril, d'autres au mois de janvier, et la confondirent avec l'Épiphanie; insensiblement elles reconnurent que l'usage des Occidentaux était le meilleur, elles s'y conformèrent. En effet, selon la remarque de Saint Jean Chrysostome, puisque Jésus-Christ est né au commencement du dénombrement que fit faire l'empereur Auguste, on ne pouvait savoir ailleurs mieux qu'à Rome la date précise de sa naissance, puisque c'était là qu'étaient conservées les anciennes archives de l'empire.
Saint Grégoire de Naziance, mort l'an 398 (Serm. 58 et 59), distingue très-clairement la fête de la Nativité de Jésus-Christ, qu'il nomme Théophanie, d'avec l'
Épiphanie (manifestation de Dieu), jour auquel il fut adoré par les mages. (Voy. Epiphanie. Bingham, Orig. Ecclés., I, XX, chap. 4, § 4; Thomassin, Traité des fêtes, liv. II, chap. 6; Benoît XIV, de Festis Christi, c. 17, n. 45, etc.)

"L'usage de célébrer trois messes dans cette solennité, l'une à minuit, l'autre au point du jour, la troisième le matin, est ancien, et il avait autrefois lieu dans quelques autres fêtes principales. Saint Grégoire le Grand en parle, Hom. 8 in Evang., et Benoît XIV a prouvé par d'anciens monuments, qu'il remonte plus haut que le VIe siècle.

"Dans les bas siècles, la coutume s'introduisit en Occident de représenter le mystère du jour par des personnages; mais insensiblement se glissa des abus et des indécences dans ces représentations, et l'on reconnut bientôt qu'elles ne convenaient pas à la gravité de l'office divin; on les a retranchées dans toutes les églises.

"On ne peut guère douter que ce nom de Noël donné à la fête ne soit un abrégé d'Emmanuel" (terme hébreu qui signifie Dieu avec nous). Il se trouve dans la célèbre prophétie d'Isaïe, chap. VII v. 14. Une Vierge concevra et enfantera un Fils, et il sera nommé EMMANUEL, Dieu avec nous." (Encyclopédie théologique, Nicolas Bergier (1718-1790), ibid., tome II, art. Emmanuel.) [2]

 

Sermon sur Noël de S. Léon :

 

« Aujourd'hui, frères bien-aimés, Notre-Seigneur est né. Réjouissons-nous ! Nulle tristesse n'est de mise, le jour où l'on célèbre : naissance de la vie, abolition de la peur causée par la mort, éternité promise...

Le Verbe divin, Dieu lui-même, s'est fait homme pour délivrer l'homme de la mort éternelle. Pour ce faire, il s'est abaissé jusqu'à nous, mais sans rien perdre de sa majesté. Il est devenu ce qu'il n'était pas, tout en demeurant tout ce qu'il était. Il unit donc la forme de l'esclave à la forme dans laquelle il est égal à Dieu le Père. De la sorte, il a lié entre elles deux natures, de telle façon qu'il n'a pas détruit la nature inférieure par sa glorification et n'a pas amoindri la nature supérieure par l'addition de l'autre

 

Sermon XXI sur la Nativité.

Et Verbum caro factum est, Et le Verbe s'est fait chair (Jn 1,14)

Joyeux et saint Noël à tous !

Saint Grégoire de Nysse (IVème siècle) sur Noël :

 

"Tu cherches la raison pour laquelle Dieu est né parmi les hommes ?

Il fallait un médecin à notre nature déchue ;

il fallait quelqu'un qui relève l'homme tombé à terre ;

il fallait celui qui donne la vie ;

il fallait celui qui ramène au bien, car l'homme s'est détaché du bien." [3]

"Pourquoi le sapin est-il associé à la tradition de Noël ?

 

"Le sapin de Noël puise son origine dans la tradition celte. En effet, pour les Celtes le 24 décembre était le jour de la renaissance du soleil. Pour eux, chaque mois (lunaire) était associé à un arbre et décembre l’était à l’épicéa, un arbre qui reste vert même en hiver.

"Cette tradition païenne qui s’était perdue a ressurgi dans l’est de la France, notamment en Alsace, au 16e siècle et a été assimilée à la fête chrétienne. Mais c'est surtout la reine Marie Leszczynska, épouse de Louis XV, qui a lancé le rite du sapin à Noël en en installant un à Versailles en 1738.

 

"Quelle signification a la bûche à Noël ?

"Une autre tradition liée au solstice d’hiver est celle de la bûche de Noël. Là aussi, cela remonte à la nuit des temps. Pour faire face à la nuit la plus longue de l’année, rien de tel qu’une bûche pour entretenir le feu et mettre de la lumière dans la maison.

"Dans la tradition chrétienne, on faisait brûler dans l’âtre une très grosse bûche lors de la veillée de Noël. Elle provenait d’un arbre fruitier, censé garantir une bonne récolte pour l’année suivante.

"Dans certaines régions, comme en Bourgogne, la bûche était arrosée de vin afin d’assurer une bonne vendange à venir. Dans d’autres, on utilisait du sel pour se protéger des sorcières. Cette bûche devait se consumer très lentement et la tradition voulait que l’on conserve les tisons pour préserver les maisons de la foudre.

"Aujourd’hui, cette bûche a pris la forme d’un dessert indissociable des fêtes de Noël.

 

"Pourquoi utilise t-on le vert, le rouge, le blanc et le doré pour les décorations de Noël ?

"Aujourd'hui, les décorations de Noël, comme le reste, ont tendance à suivre les courants de la mode. Malgré cela, le vert, le rouge, le blanc et le doré restent les couleurs traditionnelles qui ont une valeur symbolique :

"le rouge car c’est la fête, la chaleur.

"le vert car il rappelle le sapin et le houx : la légende veut que lorsque la Sainte Famille fut contrainte de quitter l’Egypte, elle se dissimula derrière des branches de houx. En guise de reconnaissance, Marie l’aurait béni en annonçant que le houx serait éternellement symbole d’immortalité.

"Le blanc symbolise la neige, la pureté, la naissance de Jésus.

"le doré représente la couleur de l’étoile, symbole de lumière et d'espérance." [4]

Dieu s'est fait homme pour que l'homme devienne Dieu... pour que les habitants de la terre deviennent les habitants du Ciel.

Saint Augustin d'Hippone, Sermon 371,1 cité par Léon XIV, Audience générale Place S. Pierre le 17 décembre 2025

Sources :

 

[1] Zenit

[2Encyclopédie théologique, Nicolas Bergier (1718-1790), publ. par M. l'abbé Migne, Ateliers catholiques au Petit-Montrouge, tome III, Paris 1850-1851, art. Noël.

[3] Saint Grégoire de Nysse (IVème siècle), Belgicatho

[4] France 3 Régions, Marie-Thérèse Garcin dans l’émission Ensemble c’est mieux du 9 décembre 2019

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