« Je recommande à mon fils s’il avait le malheur de devenir Roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, [...] qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les Lois, mais en même temps qu’un Roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile. » (Testament de Louis XVI)
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Dans un nouveau débat video sur YT, Adrien Abauzit, soutient mordicus que le magistère de l’Eglise est toujours infaillible sur la foi et les mœurs et que les papes ne pouvaient jamais enseigner l’erreur dans le cadre de leur magistère. Or cela est faux. Matthieu Lavagna explique que ''le magistère n'est pas infaillible en toute circonstance et qu'il existe des degrés d'autorité du magistère''.
Le code de droit canonique précise bien qu’"aucune doctrine n’est considérée comme infailliblement définie sauf si cela est manifestement établi." (canon 749, n°3), reprenant substantiellement le code de 1917 (accepté par les sédévacantistes) qui précisait déjà qu’"aucune chose ne doit être tenue pour déclarée ou définie dogmatiquement en l’absence de preuve manifeste" (1323 n°3) Le Code exige donc qu’une "preuve soit manifeste" pour qu’un enseignement soit considéré comme dogmatique/infaillible. Il n’est évidemment pas question d’un simple passage d’une encyclique. Il faut que le pontife ait la volonté de définir quelque chose en matière de foi et de mœurs et d’obliger les fidèles à y adhèrer de manière irréversible.
Mathhieu Lavagna donne trois exemples historiques de magistère "faillible" où le magistère est revenu sur lui-même :
>La condamnation du prêt à intérêt (usure). Pendant plus d'un millénaire, le magistère a condamné le prêt à intérêt (Léon Ier au 2e concile du Latran, Concile de Vienne, et pape Benoît XIV qui a affirmé qu'il s'agissait d'un "péché" dans l'encyclique Vix pervenit 1745, 3). Or l'Eglise a reconnu depuis que cette position était fausse et que ce n'était pas un péché que d'exiger plus que ce qui a été prêté. Cet exemple prouve que toutes les encycliques ne sont pas infaillibles.
>Le pape Innocent IV sur la torture judiciaire contre les hérétiques dans la Bulle Ad extirpenda (1252), était en contradiction avec la lettre Ad consulta vestra de Nicolas Ier (866) où celui-ci écrivait: ''(la torture) De tels procédés sont contraires à la loi divine et à la loi humaine, car des aveux doit être spontané et non forcé, il doit être fait volontairement et non arraché par la violence.'' Les papes plus tard sont revenus sur la position d'Innocent IV, dont Pie XII en 1953 qui dit que "l'instruction judiciaire doit exclure la torture physique et psychique, parce qu'elle viole un droit naturel de la personne."
>la condamnation de l'héliocentrisme par le Saint-Office avec l'approbation de Paul V en 1616 comme "formellement hérétique'' parce que jugé "contraire à la Sainte Ecriture". En 1822, avec l'approbation de Pie VII autorisa officiellement l'enseignement de l'héliocentrisme. Ce qui signifie que Paul V en 1616 s'est trompé en condamnant l'héliocentrisme comme hérétique. Et à l'époque le Saint-Office était un organe du Magistère.
Le Concile Vatican I (1870) a défini le dogme de l'infaillibilité pontificale :
Il y a quatre critères pour que l'infaillibilité pontificale s'exerce :
(1) s'adresser à l'ensemble de l'Eglise universelle en faisant appel à sa suprême autorité apostolique de "successeur de Saint Pierre"
(2) La mention d'une volonté de "définir" une doctrine
(3) L'enseignement concerne la foi ou la morale
(4) la volonté de contraindre tous les croyants à croire ce qui est défini (mention expresse d'une volonté d'obliger)
Dans son Grand Catéchisme de 1905, saint Pie X précisait que le pape est infaillible "seulement" lorsqu’il définit.
Question: Quand est-ce que le Pape est infaillible ? Réponse: "Le Pape est infaillible seulement lorsque, en sa qualité de Pasteur et de Docteur de tous les chrétiens, en vertu de sa suprême autorité apostolique, il définit, pour être tenue par toute l’Église, une doctrine concernant la foi et les mœurs. »
Même avant le Concile Vatican II et après la définition dogmatique de l’infaillibilité pontificale au concile Vatican I, les théologiens les plus réputés de l’Eglise reconnaissaient que le pape pouvait parfois enseigner l’erreur dans le cadre de son magistère s’il ne parlait pas ex cathedra. En voici une liste non exhaustive.
Père Thomas Pègues, dans la Revue thomiste de 1904, sous le pontificat de saint Pie X : "C’est donc lorsque le Pape définit, c’est-à-dire lorsqu’il tranche définitivement et avec l’intention formelle de clore toutes les discussions ou de les prévenir ; c’est alors, et uniquement alors, qu’il est infaillible et que sa décision s’impose à tous comme un article de foi. […] Que s’il s’agit d’un point de doctrine ayant trait au dépôt de la Révélation, nous ne devons pas nous hâter, même alors, d’en appeler à l’Infaillibilité et à la foi. Le Pape, même comme Pape et dans un document où il se propose de parler à l’Église universelle, peut très bien aborder un point de doctrine qui touche à la vérité révélée […] non pas pour trancher et clore définitivement le débat, mais simplement pour rehausser la discussion, ou l’orienter et la diriger. Dans ce cas […] bien que le Pape agisse et parle comme chef de l’Église, se proposant […] d’enseigner, d’une certaine manière, à l’univers, cependant nous ne parlerons pas d’Infaillibilité, parce que nous n’avons pas la troisième condition essentiellement requise pour que l’Infaillibilité soit en jeu." Revue thomiste, 1904, "L’autorité des encycliques pontificales d’après saint Thomas", p. 525
Mgr Gasser, secrétaire de la Députation de la foi (Commission théologique du concile) précise que cette infaillibilité est restreinte: "Je réponds et je le reconnais simplement : en aucun sens l’infaillibilité pontificale n’est absolue, car l’infaillibilité absolue appartient à Dieu seul, Vérité première et essentielle, qui ne peut jamais faillir en aucune manière. Toute autre infaillibilité, du fait qu’elle est communiquée dans un but déterminé, possède ses limites dans lesquelles, et ses conditions auxquelles, elle est censée être présente. Il en est de même de l’infaillibilité du Pontife romain. Elle est maintenue dans certaines limites et à certaines conditions. […] L’infaillibilité du Pontife romain est, en réalité, restreinte par rapport au sujet, à savoir quand il s’agit de la foi et des mœurs, et par rapport à l’acte, à savoir quand il définitce qui est à croire ou à rejeterpar tous les fidèles. " (Commentaire officiel de Mgr Gasser sur le dogme de l’infaillibilité pontificale, cité dans "L’infaillibilité pontificale", in R. Aubert, Vatican I, Orante, Paris, 1964) Le rapport Gasser précise qu’est nécessaire "l’intention manifeste de définir une doctrine, c’est-à-dire de mettre fin à des fluctuations […] en donnant une sentence définitive et en proposant cette doctrine comme devant être tenue pour toute l’Eglise" (Commentaire officiel de Mgr Gasser sur le dogme de l’infaillibilité pontificale)
Père Choupin, s'appuyant sur le Cardinal franzelin:
"Nous pouvons l’affirmer sans crainte de nous tromper : il y a beaucoup de documents pontificaux émanant directement du pape, en tant que chef de l’Église, et relatifs à la foi, à la doctrine catholique, assurément d’une très grande autorité, universellement obligatoires, mais qui cependant ne sont pas des définitions ex cathedra, et ne s’imposent donc pas comme un dogme de foi. […] On peut même dire que les encycliques, les constitutions doctrinales où le pape donne une direction, un enseignement obligatoire et universel, sans vouloir se prononcer définitivement sur la question, constituent le mode ordinaire de procéder, le plus fréquemment employé." (Cité dans Lucien Choupin, Valeur des décisions doctrinales et disciplinaires du Saint-Siège, Beauchesne, Paris, 1907, 3e édition, pp. 50-52.) Franciscus Diekamp, grand théologien catholique allemand (1864-1943), professeur de théologie dogmatique à Münster écrivait par exemple dans son manuel de théologie dogmatique : "Ces actes non-infaillibles du magistère du pontife romain n’obligent pas à croire, et ne postulent pas une soumission absolue et définitive. Mais il est du devoir de chacun d’adhérer d’un assentiment religieux et intérieur à de telles décisions, en tant qu’elles constituent des actes du magistère suprême de l’Eglise, et sont fondées sur de solides raisons naturelles et surnaturelles. L’obligation d’y adhérer ne pourrait prendre fin que dans le cas, rarissime, où un homme, apte à juger cette question, après une analyse répétée et très fouillée de tous les arguments, parvient à la conviction qu’une erreur s’est glissée dans la décision" (Diekamp, Theol. dogm. man., vol. I, p. 72)
Franciscus Diekamp, grand théologien catholique allemand (1864-1943), professeur de théologie dogmatique à Münster écrivait par exemple dans son manuel de théologie dogmatique : "Ces actes non-infaillibles du magistère du pontife romain n’obligent pas à croire, et ne postulent pas une soumission absolue et définitive. Mais il est du devoir de chacun d’adhérer d’un assentiment religieux et intérieur à de telles décisions, en tant qu’elles constituent des actes du magistère suprême de l’Eglise, et sont fondées sur de solides raisons naturelles et surnaturelles. L’obligation d’y adhérer ne pourrait prendre fin que dans le cas, rarissime, où un homme, apte à juger cette question, après une analyse répétée et très fouillée de tous les arguments, parvient à la conviction qu’une erreur s’est glissée dans la décision" (Diekamp, Theol. dogm. man., vol. I, p. 72)
Benedict Heinrich Merkelbach Théologien moraliste dominicain (1871-1942), professeur à Louvain et à Rome expliquait lui aussi que "quand l’Église n’enseigne pas avec son autorité infaillible, la doctrine proposée n’est pas de soi irréformable ; c’est pourquoi, si per accidens, dans une hypothèse qui est vraiment très rare, après un examen particulièrement attentif de la question, quelqu’un voit qu’il existe des motifs très graves pour refuser la doctrine ainsi proposée, l’on serait en droit, sans tomber dans la témérité, de suspendre l’assentiment intérieur [ … ]" (Merkelbach, Summa theol. mor., vol. 1, p. 601. )
Dominico Palmieri, Théologien jésuite italien (1829-1909), auteur du "Tractatus de Romano Pontifice" enseignait également: "Il s’agit également de savoir quel type d’obéissance est dû au Pontife romain qui enseigne quelque chose sur la doctrine de la foi ou qui s’y rapporte, lorsque cela n’est pas défini ex Cathedra, et quel type d’obéissance est dû aux sentences doctrinales des congrégations des cardinaux. […] On peut en effet discerner que le Pontife Romain ne parle pas à chaque fois ex Cathedra ; lorsqu’en effet il enseigne quelque chose, n’ayant cependant pas l’intention d’imposer l’obligation de la croire comme quelque chose devant être tenu par toute l’Église, s’il ne signifie pas qu’il le veut, alors on ne dit pas qu’il parle ex Cathedra, même s’il parle de doctrine au sujet de la foi ou de la morale. […] car, la certitude de l’infaillibilité n’existant pas, on remarque que l’erreur n’est pas impossible, et on remarque donc qu’il est possible que le contraire soit vrai. » (Dominico Palmieri SJ, 1891, Thesis XXXII, Scholion II De Romano Pontifice, 1891)
Christianus Pesch, grand dogmaticien catholique (fin XIXᵉ début XXᵉ siècle) précise lui aussi "On doit donner son assentiment aux décrets des Congrégations romaines, tant qu’il n’est pas devenu positivement évident qu’elles se sont trompées. Puisque les Congrégations, en elles-mêmes, ne fournissent pas une preuve absolument certaine en faveur d’une doctrine donnée, il est permis, voire nécessaire, d’examiner les raisons de cette doctrine. Ainsi, il arrivera soit que cette doctrine soit progressivement reçue dans toute l’Église, atteignant de cette manière la condition de l’infaillibilité, soit que l’erreur soit peu à peu décelée. En effet, comme l’assentiment religieux dont il est question ne repose pas sur une certitude métaphysique, mais seulement sur une certitude morale et générale, il n’exclut pas toute suspicion d’erreur. C’est pourquoi, dès que surgissent des motifs suffisants de doute, l’assentiment doit être prudemment suspendu. Néanmoins, tant que de tels motifs de doute ne se présentent pas, l’autorité des Congrégations suffit pour obliger à donner son assentiment. Les mêmes principes s’appliquent sans difficulté aux déclarations que le Souverain Pontife fait sans engager son autorité suprême, ainsi qu’aux décisions des autres supérieurs ecclésiastiques qui ne sont pas infaillibles." (Pesch, Praelectiones dogmaticae, no. 521, 1:314–15)
Van Noort Théologien néerlandais (1861-1946), professeur de dogmatique à Warmond, écrit également dans son ouvrage monumental Dogmatic Theology : "Il peut être utile d’ajouter quelques points concernant des opinions purement théologiques — des opinions relatives au pape lorsqu’il ne parle pas ex cathedra. Tous les théologiens admettent que le pape peut commettre une erreur en matière de foi et de morale lorsqu’il s’exprime ainsi : soit en proposant une opinion fausse sur une question encore non définie, soit en différant innocemment d’une doctrine déjà définie. Les théologiens ne s’accordent pas, toutefois, sur la question de savoir si le pape peut devenir un hérétique formel en s’obstinant dans une erreur sur une matière déjà définie. L’opinion la plus probable, suivie par Suarez, Bellarmin et bien d’autres, soutient que, de même que Dieu n’a jusqu’à ce jour jamais permis qu’une telle chose se produise, il ne permettra jamais qu’un pape devienne un hérétique formel et public. Néanmoins, certains théologiens compétents concèdent que le pape, lorsqu’il ne parle pas ex cathedra, pourrait tomber dans l’hérésie formelle." (Dogmatic Theology, volume II : Christ’s Church, p. 294)
Ludwig Ott, Théologien catholique allemand, professeur à Eichstätt, auteur du manuel incontournable "Fundamentals of Catholic Dogma" conclut: "En ce qui concerne l’enseignement doctrinal de l’Église, il faut bien noter que toutes les affirmations de l’Autorité enseignante de l’Église sur les questions de foi et de morale ne sont pas infaillibles et, par conséquent, irrévocables. Ne sont infaillibles que celles qui émanent des conciles généraux représentant l’épiscopat tout entier, ainsi que les décisions pontificales ex cathedra… La forme ordinaire et habituelle de l’activité enseignante du pape n’est pas infaillible. En outre, les décisions des congrégations romaines (Saint-Office, Commission biblique) ne sont pas infaillibles. Néanmoins, elles doivent normalement être acceptées avec un assentiment intérieur fondé sur la haute autorité surnaturelle du Saint-Siège… Le silentium obsequiosum, c’est-à-dire le "silence respectueux », ne suffit généralement pas. Par exception, l’obligation d’un assentiment intérieur peut cesser si un expert compétent, après un examen scientifique renouvelé de tous les fondements, en vient à la conviction positive que la décision repose sur une erreur." (Fundamentals of Catholic Dogma, p. 10)
[Mgr Joseph Fessler,La vraie et la fausse infaillibilité des papes, E. Plon et Cie, Paris 1873. Ecrit par un évêque autrichien au XIXe siècle, cet ouvrage clarifie la doctrine de l’infaillibilité pontificale, définie au concile Vatican I (1870). L’auteur distingue l’infaillibilité véritable, limitée aux déclarations ex cathedra sur la foi et la morale, des erreurs possibles dans d’autres domaines. Il répond aux critiques, notamment des catholiques libéraux et des protestants, dénonçant une fausse conception absolutiste... Le texte s’appuie sur les Écritures, la tradition et les conciles pour défendre l’autorité papale. Il insiste sur les conditions strictes de l’infaillibilité, évitant les exagérations. Publié trois ans après le concile Vatican I, il vise à apaiser les controverses.
Ajoutons que concernant le magistère ordinaire (qui n'est "pas infaillible", Ludwig Ott), l'assentiment religieux "jugement probable ne relevant pas formellement de la foi" et nécessitant néanmoins "l'assentiment et de la volonté et de l'intelligence" (Donum veritatis 23; LG 25; Note doctrinale CDF 29 juin 1998), il s'agit d'un jugement PROBABLE (non définitif) qui ne relève donc pas formellement de la foi, mais "l'obligation d'adhérer à un enseignement pontifical non infaillible a toujours été admise par l'Eglise au moins implicitement", et que cela apparaît de manière manifeste "à partir du XIIIe siècle à cause des interventions fréquentes des papes en matière doctrinale, même en dehors de toute définition infaillible (Dictionnaire de théologie catholique, col 1709-1710)]
=> L’existence d’un magistère pontifical non-infaillible n’est donc pas une "invention de Vatican II" mais existait bien avant chez les théologiens les plus réputés approuvés par Rome. De tels ouvrages ont reçu l’approbation ecclésiastique et ont été largement utilisés pour la formation des prêtres et des théologiens à une époque où l’insistance de l’Église sur l’autorité doctrinale du pape était sans doute plus forte que jamais.
Cf. https://www.youtube.com/watch?v=ANTXTk9pWQg
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Que faire dans le cas d'enseignements papaux non infaillibles problématiques ?
"Il faut résister, même frontalement, au pape qui détruit publiquement l'Eglise" (Cajetan dans De Comparatione Auctoritas Papae et Concili, cap. 27, cité par Vitoria, ibidem.)
"De même qu'il est permis de résister au pontife qui attaque le corps, il est permis de résister à celui qui attaque les âmes ou trouble l'ordre public; et il est bien davantage permis de lui résister s'il détruit l'Eglise. Il est permis, dis-je, de lui résister en ne faisant pas ce qu'il ordonne et en empêchant l'exécution de sa volonté; mais il n'est pas permis de le juger, de le punir ou de le déposer, car cela relève d'un supérieur'' (Saint Robert Bellarmin dans De Romano Pontifice I,2, c. 29, arg 7, in Opera Omnia t. 1, p. 417-418, Neapoli, 1856.)
"Lorsque les commandements ou les actes du pape tendent à la destruction de l'Eglise, ils peuvent être refusés, et l'exécution de ces ordres peut être empêchée [...] car il appartient à chacun de repousser l'injustice et d'empêcher qu'elle ne se produise, et de se défendre.'' (Francisco de Vitoria dans Relectiones theologicae, p. 179, Matriti, 1765)
Invitée de la chaine YT "Haltérophilo", l'anthropologue Marion DAPSANCE, confrontée au bouddhisme 'dans les livres, dans les magazines et tout ce qui flottait dans l'air depuis un certain temps déjà'' s'est rendue, compte d'un certain nombre de choses au sujet de l'"hindouisme" et du "bouddhisme". Extraits:
"Ce qui était raconté dans les livres sur le bouddhisme et sur la méditation, cela n'avait strictement rien à voir avec ce que proposait les maîtres tibétains, qui pratiquent des espèces de grandes liturgies sous la méditation d'un lama, avec des instruments liturgiques, avec des pilules magiques à avaler pour nettoyer son karma et qui comprennent des plantes mais aussi de l'encens, éventuellement des reliques de grands maîtres, des chants d'après des textes tibétains, pour appeler des divinités, leur demander leur aide, pour qu'elles nous purifient, etc. Et le lama est considéré comme un être omniscient, qui ne pouvait agir que pour notre bien à nous. S'il était désagréable, violent ou arrogant (il y a eu des cas d'abus sexuels dans un groupe sur lequel j'ai fait ma thèse), c'était pour nous tester, pour nous défaire de notre ego, etc. Et à ce moment-là, je me suis aperçue que c'était des gens qui venaient pour pour la spiritualité, qui s'estimaient 'spirituels', mais surtout pas 'religieux', et qui pour la plupart avait quitté l'Eglise ou d'une manière générale le monde chrétien, qui n'auraient jamais accepté le dixième de ce qu'ils subissent d'un lama tibétain d'un curé, mais qui trouvaient cela tout à fait génial et magnifique d'aller mal se faire traiter par un lama tibétain !
"Une fois, je parlai à une dame qui crachait son venin pendant une pause sur 'le pape', 'les dorures' (du Vatican. ndlr), 'cela n'est pas normal...' Mais alors le Dalaï Lama ? La réponse: 'ha oui, mais ce n'est pas pareil !'. Voilà le présupposé et le parti pris.
"Voilà comment a démarré une religion (en France) auprès de gens auxquels l'on a fait croire que 'ce n'était pas une religion', que 'c'était spirituel', que tout allait bien et qu'ils pouvaient y aller tranquillement. [...] C'est une sorte de conditionnement, et de réflexe pavlovien.
De même "les gens plaquent des présupposés catholiques qu'ils ont intégré malgré eux et dont ils ne savent pas que c'est catholique - comme l'éveil, l'union avec la divinité -,
"Or cela vient de notions de mystiques catholiques, et on en parlera, le but de ces religions (orientales) ce n'est pas l'union avec la divinité, ce n'est pas l'expérience mystique.
Et c'est à ce moment là que l'on a inventé les "grandes religions mondiales",
Congrès ou Parlement des religions, Chicago septembre 1893
"Ce qu'il faut savoir. Ces grandes catégories : hindouïsme, bouddhisme, shintoïsme, sont des notions très récentes, modernes, qui datent au plus tôt de la fin du XIXe siècle, voire début XXe siècle, époque à laquelle l'on a voulu mettre sur un même pied d'égalité différentes traditions religieuses, ou différentes traditions qui ont un rapport avec des divinités, ou des esprits. Il y a eu par exemple le Congrès des religions à Chicago en 1893, rassemblant des représentants ou des supposés des différentes religions, comme l'hindouïsme, et qui en fait, étaient des gens qui avaient déjà été très occidentalisés. et la plupart étaient en fait des théosophes (Vivekananda par ex.) c'est-à-dire des gens qui avaient reçu une initiation et une formation dans les doctrines ésotériques occidentales... Ils ont donc fait de l'appropriation culturelle.
Et les élites politiques, religieuses d'Inde, du Sri Lanka, et de Birmanie, etc., ont voulu mettre en avant leur propre tradition religieuse, liées au Bouddha, à différents textes, de différentes traditions, pour dire qu'ils n'avaient pas besoin des colons occidentaux et de leur christianisme - que ce soit fans sa forme catholique ou protestante anglicane -, puisqu'ils avaient, eux, leur propres traditions religieuses. Et ils ont fait observer que les élites occidentales elles-mêmes disaient que les traditions religieuses orientales étaient plus rationnelles que les occidentales'.
Et c'est là que l'on a inventé ou réiventé les grandes traditions religieuses mondiales, en disant: regardez, il y a un fondateur, il y a des textes fondateurs, etc....
Il y a une chercheuse américaine, d'origine japonaise qui a travaillé sur ce sujet, Donald Sewell Lopez Jr et tout un tas de gens ont étudié la manière dont ces traditions se sont constituées comme religion mondiale, en concurrence avec le christianisme à la fin du XIXe siècle, début XXe siècle... Et alors que traditionnellement, les gens ne parlent pas de bouddhisme, ne parlent pas d'hindouisme. Il s'agit de traditions qu'ils ont depuis des centaines d'années auxquelles ils ne donnent pas de nom. Le 'Bouddha' a des noms différents selon les pays, si bien que lorsqu'on lit les missionnaires catholiques aux XVIIe ou même au XVIe siècle dans ces pays, ils trouvent tout un tas de noms pour différentes divinités, dont on ne sait jamais à l'époque qu'il s'agit de 'Bouddha', puisque les gens sur place ne disaient pas que c'était 'Bouddha', c'était la divinité, point. Et c'est seulement après, en découvrant certains textes, et par cette volonté politique de constituer différentes religions mondiales, que l'on a dit qu'il y avait l'hindouisme, le bouddhisme, etc.
Pour l'hindouisme, c'est la même chose. C'est une volonté politiquede mettre en avant davantage une certaine forme de la religion indienne, plus intellectuelle, une forme de monothéisme par émanations, avec un dieu unique, et il émane des divinités, des êtres, et le but est de s'unir à lui par une certaine dévotion, ce qui ressemble au christianisme. Et cela a été réinventé par des élites indiennes à la fin du XIXe siècle, début XXe siècle, en prenant certains textes, comme l'épopée de Rama, les hymnes à Krishna. Mais c'est prendre une partie seulement de la religion indienne, pour la monter en épingle, parce qu'elle ressemble au christianisme. C'est cela l'hindouisme. C'est une réinvention très récente et très moderne de la religion indienne, qui n'a rien à voir avec la tradition religieuse indienne qui existe depuis au moins le VIe siècle de notre ère - sanskrisme, langue de la religion -, qui consiste au culte des divinités locales, des démons, des bouddhas. Et tout cela est la même chose - puisqu'ils ne définissent pas les termes -, et auxquels l'on faisait des sacrifices pour obtenir de l'aide ou acquérir des pouvoirs...
Vous retrouverez ces informations dans les travaux de :
>David Gordon White, indologue américain, auteurs de travaux sur l'histoire du yoga et du tantra.
>Religions of Early India, de Richard H. Davis (2024), l'extraordinaire multiplicité des religions et des cultures religieuses en Inde, relatée sur plus de deux mille ans.
"Il y a donc un tel écart entre ce que l'on nous raconte dans cette espèce de soupe médiatique et vulgarisatrice chez nous que l'on en tombe de sa chaise.
"Les chercheurs ont beaucoup avancé dans leurs recherches. Ils communiquent entre eux. Ils ont leur colloque et leurs livres universitaires. Mais ils ne communiquent quasiment jamais au public, encore moins en France où on est en retard, au moins au niveau de la communication de la recherche. Et alors que cela fait maintenant 20 ou 30 ans que l'on sait tout ça ! Mais comme les chercheurs ne parlent pas et que des gens, comme Frédéric Lenoir et d'autres en ont fait un gagne-pain de diffuser ces salades sur les pseudo-spiritualités orientales, tout le monde a intérêt à ce que la vérité sur ces religions ne se sache pas. Ces notions, bouddhisme, hindouisme sont des notions modernes alors qu'il faudrait parler d'un paganisme indien avec différentes branches et des développements philosophiques dans certaines écoles bouddhiques. Pour le comprendre, il faudrait s'imaginer par ex. le vaudou en Afrique, avec ses différentes divinités auxquelles on fait des sacrifices, et des occidentaux trouveraient que dans ces tribus, on cherche à se relier avec le divin, par le biais de sacrifices et rituels où l'on tue des poulets, etc., et de textes que l'on a découverts, etc. C'est du paganisme. Et c'est exactement la même chose en Inde !...
"En France. Ce qu'il y a, c'est que pour des raisons liées à l'ésotérisme, la société théosophique et Madame Blavatsky, qui racontait qu'elle était une medium russe au XIXe siècle, qui a raconté qu'elle était en lien avec des mahatmas cachés en Inde, au Tibet, qui appartenaient à une 'Grande Loge Blanche' (sic) en Himalaya et qui étaient détenteurs d'une sagesse éternelle de l'humanité ... Mais ils auraient pu faire la même chose avec l'Afrique et aujourd'hui ce serait la mode des religions africaines.
Les "trois monothéismes du grand livre"
Haltérophilo: De nos jours. De plus en plus, nous entendons dire qu'il y a "les trois monothéismes du grand livre". C'est ce que l'on entend. Mais c'est complètement faux, puisqu'il y a le mosaïsme, puis le christianisme ancien et nouveau testament. Ce que l'on appelle le judaïsme est faux puisqu'il se réfère au talmud qui est un nouveau texte rédigé entre 100 et 500. Puis l'islam, qui est arrivé étrangement au même moment, ou plutôt vers 600. Donc là aussi, l'on peut se poser des questions sur l'origine de l'islam. Mais nous ne le ferons pas maintenant. Donc, visiblement, il y avait aussi une volonté d'ajouter un quatrième monothéisme, ce "grand livre" avec ses doctrines orientales, et qui s'articulerait autour de ce "grand tout". C'est aussi peut-être une volonté d'avoir une religion universelle, qu'on appelle le 'noachisme', et visiblement les doctrines orientales se conjugueraient parfaitement avec cette idée.
Marion Dapsance :
"On a l'impression d'une religion mondiale à partir de toutes les religions du monde, toutes mises sur le même niveau. Avec l'idée, qu'il y aurait eu à l'origine une seule religion, une seule manière de voir Dieu et le monde et qu'elle se serait diversifiée au fil du temps, donnant naissance à différentes traditions et dont il s'agirait de retrouver le noyau commun, "tradition primordiale" de l''ésotérisme, tradition ésotérique qui historiquement est fausse. Les traditions asiatiques par exemple, ne cherchent pas du tout les mêmes choses que le christianisme. On est dans des univers mentaux complètement différents.
Le présupposé est de dire que toutes les religions recherchent la même chose. C'est ce que l'on nous raconte avec les pseudos 'religions du livre' : en gros, c'est la même chose, avec des petits accents différents et globalement ce n'est pas très différent.
Or, si c'est très différent !
Il faut adopter un point de vue historique sur tout cela, c'est-à-dire vraiment regarder les faits, ce que croient les gens, et à quel moment c'est apparu."
"Aujourd'hui, beaucoup de gens disent 'je suis spirituel' mais je ne suis 'pas religieux'. Donc il y a un présupposé négatif de la religion, notamment le christianisme.
Ce qui a été présenté aux Occidentaux, fondamentalement c'est de l'ésotérisme occidental façon Héléna Blavatsky et autres. Par exemple, Arnaud Desjardins (1925-2011), qui était un grand défenseur et promoteur des Tibétains et de la sagesse des Tibétains, avec Frédéric Lenoir, etc., Matthieu Ricard qui dit pratiquer le bouddhisme tibétain, mais qui montre aux Occidentaux ce qu'ils ont envie d'entendre, c'est-à-dire 'la spiritualité'. C'est-à-dire, tout ce qui n'est pas chrétien, comme par exemple, pouvoir atteindre je ne sais quel absolu ou 'grand tout', seul dans son coin [comme un gnostique]...
"Le gnosticisme c'est des traditions ésotériques occidentales auxquelles on a donné un vernis asiatique, en parlant de Bouddha, d'hindouisme, etc. Mais, c'est une sorte de théorie créole hybride, dont la grammaire est celle de l'ésotérisme occidental agrémenté de vocabulaire asiatique. Et par exemple, face à cet ésotérisme occidental, Alexandra David-Néel (1869-1959) qui a fréquenté au XIXe siècle à Paris et en Angleterre tout ce réseau de gens, a inventé son propre bouddhisme anarchique et athée, en réaction à ce "bouddhisme" de la société théosophique ou d'autres groupes ésotériques...
Cette dernière n'est pas, contrairement à l'image qu'on a ou qu'on donne d'elle, une bouddhiste authentique, "ni une mystique ni une spirituelle" : "bien qu'elle se réclame effectivement du bouddhisme, le sens qu'elle donne à ce mot est très différent de ce qu'en ont pensé les Asiatiques pendant des siècles. Ils sont spiritualistes alors qu'elle est farouchement matérialiste. Alice Raybaud, Bouddhisme Marion Dapsance : "Alexandra David-Neel n’était ni une mystique, ni une spirituelle". Le Monde des religions, 4 février 2020.
"Les amazones parisiennes, Conciergerie holistique, espace de transformation et de célébration, formation et expériences immersives'' (sic). On remarque la "position du lotus" montrant les "chakras" avec les sept couleurs arc en ciel LGBT mais qui font aussi référence aux sept lois de Noé du noachisme.
[...]
"David Gordon White a montré que la position du Lotus n'est pas une position spirituelle ou religieuse de méditation..., c'est une position de pouvoir, de souveraineté, qui désigne le roi ou l'empereur, et que l'on retrouve dans le monde celtique (sur différentes pièces de monnaie). Cette position signifie que l'on domine et maîtrise les choses.
"Ouvrir ses chakras" "position du lotus". Cf. https://fr.wikihow.com/ouvrir-vos-chakras
"Rien à voir donc avec la méditation mais tout à voir avec le pouvoir ! Il y a en outre différentes écoles de chakras en Inde liées à des roues de panthéons et à des divinités, qui ne disent pas toutes la même chose. Prétendre qu'il y aurait des courants d'énergie dans ces chakras est purement de l'ésotérisme occidental n'ayant rien à voir avec ce que l'on dit des chakras en Inde !
"Ouvrir et activer ses chakras" en vue de "la tolérance", du "bienêtre général", etc., est simplement de l'ésotérisme occidental.
[...] Le yoga occidental, sil s'agit juste d'une gymnastique n'est pas problématique, mais il relie à un univers doublement problématique: le tantrisme, et l'ésotérisme occidental (lié aux pierres, aux cristaux, au reiki, en bref le 'New Age'),
Yoga, Om et hymnes à Krishna
Autre émission d'Haltérophilo sur le "bouddhisme" en Occident:
Haltérophilo: Dans cette entrevue avec Roland Thévenet, nous nous intéressons à l’histoire, aux doctrines et aux transformations du bouddhisme, ainsi qu’à son implantation progressive dans les sociétés occidentales. Derrière l’image souvent apaisée et consensuelle que l’on associe à cette tradition, quelles réalités historiques, philosophiques et religieuses convient-il de connaître ?
Pourquoi s’intéresser aujourd’hui à la question du bouddhisme ? Comment Roland Thévenet est-il passé des spiritualités orientales au catholicisme ? Qui était réellement Bouddha et quelle différence existe-t-il entre le bouddhisme des érudits et les formes plus populaires ou occidentalisées de cette tradition ?
Au fil de cet échange, nous abordons également les liens entre bouddhisme et théosophie, l’émergence du « bouddhisme californien », l’influence des mouvements contre-culturels issus des années 1960, ainsi que certaines formes contemporaines de spiritualité mêlant développement personnel, écologie et quête de bien-être.
Enfin, nous revenons sur les différences fondamentales entre la réincarnation et l’Incarnation chrétienne, ainsi que sur plusieurs débats théologiques contemporains concernant le dialogue interreligieux, Vatican II et le noachisme.
Une émission consacrée aux rapports entre spiritualités orientales, christianisme et modernité, afin de mieux comprendre les enjeux religieux et culturels de notre époque.
Les hommes, unis par une même langue, ont voulu construire une tour pour atteindre le ciel, non par amour de Dieu, mais par orgueil, pour se faire un nom et éviter d’être dispersés. Dieu a confondu leur langage et les a dispersés sur la face de la terre.
S. Augustin d’Hippone, De Genesi ad litteram (415), XVI, 4
Dans Genèse 11,1-9, la destruction de Babel montre Dieu punissant la démesure et l’orgueil des hommes qui voulaient bâtir "une ville, avec une tour dont le sommet soit dans les cieux", se faisant ainsi "un nom, pour ne pas être disséminés sur toute la surface de la terre". "De là, le Seigneur les dispersa sur toute la surface de la terre. Ils cessèrent donc de bâtir la ville. C’est pourquoi on l’appela Babel, car c’est là que le Seigneur embrouilla la langue des habitants de toute la terre ; et c’est de là qu’il les dispersa sur toute la surface de la terre."
Dans la tradition maçonnique - comme toujours -, la symbolique de la tour de Babel est inversée, réinterprétée de manière positive... Les francs-maçons, tout en reconnaissant le récit biblique, le réinterprete à rebours en y voyant une allégorie de l’art de bâtir et de la quête spirituelle ! La tour devient alors le symbole de l’ascension de l’esprit humain à travers les étapes de la "perfection", et la confusion des langues est transformée en une métaphore de la nécessité de retrouver un langage universel, des symboles et de l’esprit. Nous voyons aussitôt que dans ce projet, l'homme se passe de son Créateur. Pour la franc-maçonnerie, Babel n’est pas un échec, c'est le point de départ d’une reconstruction en esprit, où l’unité se retrouve dans le langage symbolique et l’action spirituelle. Certains textes maçonniques vont jusqu’à dire que la tour de Babel est le lieu où l’art et le mystère de la maçonnerie ont été mis en œuvre pour la première fois, avant d’être transmis à travers les âges... [Cf. https://www.ecossaisdesaintjean.org/2014/04/la-tour-de-babel.html ]
Dans la tradition des Pères de l’Église, la grâce est un secours intérieur et gratuit, nécessaire pour faire le bien et être sauvé. Le salut est d’abord un don de Dieu, non un mérite humain construit. La tour de Babel est le symbole de cette démesure d'une construction qui écarterait Dieu et sa grâce, le symbole de l’orgueil humain et de la rébellion contre Dieu punis par :
>la confusion des langues
>et la dispersion de l’humanité.
Saint Augustin d’Hippone, dans son commentaire de la Genèse (Livre XVI, 4-10), y voit une illustration du péché d’orgueil et de la multiplicité détruisant l’unité originelle, une tentative de s’élever au-dessus de la condition humaine et de s’égaliser à Dieu. La destruction de la tour et la confusion des langues sont une punition divine, une réponse à l’hybris des hommes. Augustin souligne que Babel (Babylone) devient, dans la tradition biblique et patristique, le symbole des ennemis de la Cité de Dieu, c’est-à-dire de ceux qui s’opposent au dessein divin de salut et d’unité.
De même, pour les Pères, Babel-Babylone désigne les ennemis de la chrétienté, et la destruction de la tour est une punition divine contre l’hybris des hommes qui, en voulant atteindre le ciel, ont cherché à égaler Dieu. La confusion des langues et la dispersion des peuples la conséquence directe de cette chute, marquant la rupture de l’unité originelle de l’humanité.
Pour Grégire de Nysse, Babel une image de la division et du chaos qui s’oppose à l’harmonie divine (Contre Eunome)
Jean Chrysostome dans ses Homélies sur la Genèse, insiste sur la folie de vouloir rivaliser avec Dieu et sur la justesse de la punition divine.
La symbolique patristique est la suivante :
- Babel = Babylone = symbole de l’idolâtrie, de la rébellion, de la confusion spirituelle.
- La destruction de la tour est une leçon : l’unité ne peut venir que de Dieu, non de l’effort humain orgueilleux...
Aujourd'hui, sans jamais avoir mis les pieds dans une loge, de nombreuses personnes ont inconsciemment assimilé des idées maçonniques.
Par exemples,
>l’idée que toutes les religions mènent à Dieu,
>la construction orgueilleuse d’une cité, ne tenant pas compte de Dieu, et de Sa Révélation.
>la perfectibilité de l'homme par lui-même, par ses propres forces, comme si Dieu n'existait pas,
>l’idée que le salut réside dans le cœur humain, que l'homme est responsable de son propre salut.
Toutes ces opinions anthropocentriques nient fondamentalement l'Incarnation - donc la Rédemption offerte par le Fils de Dieu -, et par conséquent, la Trinité. Bien qu’il puisse y avoir des éléments apparemment "chrétiens" (la "croyance en Dieu", "la Trinité"), la doctrine maçonnique est inévitablement irréconciliable avec les doctrines du péché originel, de la grâce et de la rédemption offerte par le sacrifice unique de l'Agneau de Dieu.
Jamais la "perfection" maçonnique de l’homme ne tient compte de l'athée qui découvre l’existence de l'Agneau de Dieu, de l'amour gratuit et infini de Dieu et de la grâce et se convertit. La recherche de la Rédemption est inarrêtable. C'est ce qui aujourd’hui attire les jeunes en nombre croissant, notamment en Occident sécularisé (fortes augmentations des baptêmes ces dernières années) vers les rites traditionnels de l'Église où ils "trouvent non seulement une oasis sacrée, mais aussi le rempart nécessaire pour lutter contre la chair, le monde et le mal." (Cf. Diane Montagna, Nouvelle manipulation extraordinaire : le cardinal Roche s'exprime à nouveau sur la messe traditionnelle en latin.)
Il s'agit donc de repérer ces hérésies et de les exposer.
C'est ce que fait très bien Henry Von Blumental dans un texte en anglais, que nous traduisons ci-dessous en français et que nous complèterons en suivant par d'autres considérations :
Les francs-maçons ont pour mission d'ériger une tour de Babel nouvelle et parfaite.
Henry Von Blumental
Le pape Clément XII, âgé de 78 ans et déjà aveugle, accéda au trône en 1730. Juriste et administrateur compétent, encore plein d'énergie, il trouva le trésor public vide, les États pontificaux gangrenés par la corruption et l'Église en disgrâce. Durant ses dix années de pontificat, il redressa les finances, rehaussa le prestige politique de la papauté tant au niveau national qu'international – même au Moyen-Orient – et entreprit de vastes travaux de bienfaisance, tels que l'assèchement de marais infestés de paludisme et la construction d'importants monuments publics, dont la fontaine de Trevi, qu'il ne put admirer lui-même, étant aveugle. Tout cela fut accompli grâce à une lutte acharnée contre la corruption.
Pour des raisons politiques, jacobites et hanovriens (par l'intermédiaire de leurs alliés au sein du gouvernement français) faisaient pression sur le pape pour qu'il excommunie les loges de l'autre camp. Il est toutefois aisé de comprendre pourquoi une société secrète importante et méconnue fut perçue comme un terreau d'activités illégales. En 1738, Clément Ier prit les devants avec sa courte bulle In Eminenti. Ce document révèle sa difficulté : la franc-maçonnerie étant alors encore plus secrète qu'aujourd'hui, il n'était pas tout à fait certain de ce qu'il interdisait. Il était difficile de dire s'il y avait quelque chose d'hérétique, mais le fait qu'elle soit ouverte à toutes les confessions paraissait suspect. Faute de preuves concrètes d'hérésie, il se concentra sur les préceptes civils et moraux plutôt que sur les préceptes doctrinaux. Les hommes honnêtes n'ont nul besoin de secret, argumente la bulle : "S'ils ne faisaient pas le mal, ils n'auraient pas une telle haine de la lumière." Cette focalisation sur les comportements maçonniques plutôt que sur les idées maçonniques a, depuis lors, déterminé la position de l'Église sur le sujet.
Cela ne signifie pas pour autant que les théologiens ne recherchaient pas eux aussi l'hérésie. La prochaine injonction anti-maçonnique, Providas Romanorum , promulguée par le successeur de Clément, Benoît XIV, en 1751, soulevait des objections philosophiques à l'encontre de la franc-maçonnerie, l'accusant implicitement d' indifférentisme religieux. Benoît cherchait à comprendre pourquoi de nombreux athées, inspirés par la philosophie libérale anthropocentrique de Rousseau, commençaient à se rassembler dans les loges maçonniques. Il supposait que la franc-maçonnerie propageait des idées anti-religieuses. Les événements lui ont donné raison, mais jusqu'alors, aucune véritable analyse des implications théologiques du rituel maçonnique n'avait été menée. Une partie du problème pour l'Église résidait dans le fait que la franc-maçonnerie n'affirme pratiquement rien quant à ses croyances. Elle se décrit avec justesse comme "un système moral particulier, voilé d'allégories et illustré par des symboles". Les implications des allégories et du symbolisme maçonniques sont laissées à l'interprétation de chacun. Cela n’est pourtant pas difficile à faire, et étant donné que l’Église a toujours compris que le rituel véhicule des idées, il est surprenant qu’elle n’ait jamais analysé en détail le rituel maçonnique.
L'histoire se poursuivit donc.
Aucune des condamnations papales de la franc-maçonnerie au XIXe siècle ne faisait allusion aux détails concrets du rituel maçonnique.
Pie IX, qui semble avoir lui-même appartenu à une loge en Amérique du Sud dans sa jeunesse avant de renier la franc-maçonnerie, condamna "les sectes, qu'on les appelle maçons ou autrement", et ajouta : "C'est de là que se forme la synagogue de Satan." Mais même lui ne fit aucune référence concrète à un quelconque détail du rituel maçonnique.
C'est fort surprenant. L'implication la plus évidente du rituel maçonnique est que l'homme est responsable de son propre salut, une position qui nie inévitablement l'Incarnationet [la Rédemption offerte par le Fils de Dieu], par conséquent, la Trinité. Cette conception est clairement illustrée par la présence, dans chaque loge, de deux pierres de taille, l'une brute, l'autre parfaitement cubique, représentant respectivement l'âme non éclairée et l'âme après l'illumination maçonnique. Elle est également mise en scène de façon saisissante lors de la reconstitution, au troisième degré, du meurtre d'Hiram Abiff, l'architecte fictif du Temple de Salomon, qui symbolise l'âme éclairée, éliminée par des scélérats non éclairés désireux de s'emparer du secret maçonnique. Les tentatives pour ressusciter Hiram par l'application maçonnique de l'amour fraternel, du savoir et de la raison échouent ; mais l'âme est alors ranimée par la lumière qui réside au cœur du franc-maçon accompli.
En réalité, les papes de l'époque étaient distraits de la théologie par la politique. Le Vatican était indifférent aux rouages de la franc-maçonnerie et cherchait simplement à l'interdire. L'Église craignait peut-être qu'en étant trop explicite, les francs-maçons n'adaptent leurs rituels sans en altérer le caractère révolutionnaire. En Italie, les révolutionnaires du Risorgimento étaient presque tous francs-maçons, et nombre d'entre eux appartenaient également à des groupes paramilitaires comme la Camorra et les Carbonari, qui n'avaient guère de prétentions philosophiques. L'Église utilisa donc le terme "maçon" au sens large pour désigner tout groupe philosophique secret, sans se soucier des différentes définitions et des luttes intestines au sein de la franc-maçonnerie.
Un développement maçonnique important restait donc hors de portée des papes. Dès ses débuts au début du XVIIIe siècle, la franc-maçonnerie se divisait en deux branches : la première, dite "moderne", ne reconnaissait que trois degrés, à l’instar des guildes de tailleurs de pierre, et la seconde, appelée de manière confuse "antique", en reconnaissait trente autres. Les modernes prônaient la croyance en Dieu, tandis que les anciens étaient plutôt athées. Dans le monde anglophone, ces deux systèmes parvinrent à un compromis et les deux grandes loges rivales fusionnèrent en 1813 (d’où le nom de Grande Loge "Unie" d’Angleterre). Les trois degrés de la franc-maçonnerie moderne, dite "de métier", étaient alors considérés comme suffisants pour qu’un franc-maçon puisse achever son parcours, les trente degrés supplémentaires du rite ancien et du rite accepté étant des options. La dérive des Anciens vers l'athéisme fut, formellement parlant, bloquée par la Grande Loge d'Angleterre, qui exigeait que les membres soient à la fois chrétiens et trinitaires pour accéder aux hauts grades, une condition récemment levée. Cependant, l'accusation initiale d'indifférentisme formulée par Benoît XIV demeurait valable. En Europe, c'est la franc-maçonnerie ancienne qui était dominante, gouvernée par les Grands Orients de France et d'Italie et rejetant toute religion. Léon XIII, dans Humanum Genus, identifia alors le naturalisme comme la principale hérésie maçonnique.
La doctrine fondamentale des naturalistes est que la nature et la raison humaines doivent, en toutes choses, être maîtresses et guides. Partant de ce principe, ils se soucient peu de leurs devoirs envers Dieu, ou les pervertissent par des opinions erronées et vagues. Car ils nient que Dieu ait enseigné quoi que ce soit.
Le naturalisme équivaut à l'athéisme, ce qui est tout à fait différent de l'indifférentisme qui prévalait dans la franc-maçonnerie à l'époque de Benoît XIV. Léon XIII manifeste sa conscience de cette incohérence au sein du système maçonnique plus loin dans la même encyclique :
La secte accorde une grande liberté à ses adeptes, de sorte que chaque camp a le droit de défendre sa propre opinion, soit qu'il y a un Dieu, soit qu'il n'y en a pas ; et ceux qui soutiennent obstinément qu'il n'y a pas de Dieu sont initiés aussi facilement que ceux qui soutiennent que Dieu existe, bien que, comme les panthéistes, ils aient des idées fausses à son sujet : tout cela n'est rien d'autre que de nier la réalité, tout en conservant une représentation absurde de la nature divine.
Alors que la franc-maçonnerie traditionnelle exige qu'une Bible, ou un autre texte sacré, soit toujours ouverte en loge, le Grand Orient a retiré le "Volume de la Loi sacrée" de toutes ses loges. La Grande Loge Unie d'Angleterre a réagi en lui retirant sa reconnaissance, et ses membres n'ont toujours pas le droit de fréquenter les loges du Grand Orient.
La franc-maçonnerie traditionnelle donne accès à divers degrés et grades annexes, dont certains exigent que l'initié foule aux pieds une effigie du pape en criant "À bas l'imposture !". Rares sont les francs-maçons traditionnels qui s'aventurent jusqu'à ces degrés ésotériques sans jamais y réfléchir. Malgré l'apparence anodine des trois premiers degrés de la franc-maçonnerie traditionnelle et le trinitarisme apparent des trente degrés supérieurs du Rite Ancien et Accepté, il est difficile de concevoir comment un catholique pourrait s'associer sereinement à un tel système. Nous avons déjà constaté le mélange hétéroclite de naturalisme et d'indifférentisme qui imprègne le rituel maçonnique, et d'autres hérésies spécifiques méritent d'être examinées.
Le plus évident de ces courants est le pélagianisme. Pélage était un avocat britannique typique de la vieille école, réputé pour son esprit critique et son souci du détail, un héritier philosophique du pharisaïsme, qui vécut au Ve siècle. En Grande-Bretagne, c'était l'époque du roi Arthur, quelle que soit la forme que prit cette ère, aujourd'hui plongée dans la brume historique. Contemporain et opposant de saint Augustin, il fut témoin du sac de Rome par les Wisigoths. Il était consterné par la basse moralité de son temps. Il soutenait que l'homme devait être tenu pleinement responsable de ses actes, non seulement des mauvais, pour lesquels il devait être puni, mais aussi des bons, pour lesquels il devait espérer une récompense. Il en déduisait qu'un homme pouvait accéder au paradis par ses propres efforts, ce qui impliquait que sa nature n'était pas déchue [Selon Pélage, le Christ n'était donc pas le Rédempteur offrant sa propre vie au Père en sacrifice expiatoire pour guérir la nature humaine blessée par le péché originel, mais plutôt un maître moral et un modèle de vertu.]. Il serait jugé uniquement selon le bien et le mal qu'il avait faits à son prochain. L'idée de la bonté innée de l'homme est un élément clé de la théorie marxiste ; Pélage mérite donc d'être considéré comme l'un des premiers héros de la gauche.
C’est le Synode général de l’Église d’Angleterre qui, en 1987, publia le premier document accusant explicitement la franc-maçonnerie de pélagianisme après avoir examiné en détail le rituel maçonnique. J’ai déjà évoqué les pierres de taille brutes et lisses, mais l’expression la plus flagrante du pélagianisme se trouve peut-être dans le rituel d’initiation d’un candidat au troisième degré, lorsqu’il est expliqué que les francs-maçons travaillant au Temple recevaient leur salaire en fonction précisément de la qualité de leur travail, ni plus ni moins. Le dialogue entre le Maître et le candidat est touchant, et d’autant plus dangereux spirituellement.
Maître : Puisque c'est l'espoir d'une récompense qui adoucit le travail, où allaient donc nos anciens frères recevoir leur salaire ?
Candidat : Dans la chambre centrale du temple du roi Salomon.
Maître : Comment les ont-ils reçus ?
Candidat : Sans scrupules ni timidité.
Maître : Pourquoi de cette manière si particulière ?
Candidat : Sans scrupules, sachant pertinemment qu’ils y avaient légitimement droit, et sans aucune hésitation, forts de la grande confiance qu’ils accordaient à l’intégrité de leurs employeurs à cette époque.
Les dix premiers mots du Maître pourraient servir de titre à un manifeste pélagien. Comparons cela à l'Acte de Contrition catholique, qui cite deux motifs de regret du péché : la crainte du châtiment et le chagrin d'avoir offensé Dieu. Le franc-maçon, quant à lui, apprend ici que ses bonnes œuvres lui donnent "justement droit" à sa récompense céleste. S'il demande pourquoi l'Église n'enseigne pas cela, on lui répond qu'à l'époque préchrétienne, les autorités religieuses étaient plus dignes de confiance qu'elles ne le sont aujourd'hui. Ce bref échange catéchétique suffit à lui seul à condamner d'emblée la franc-maçonnerie, la jugeant irréconciliable avec les doctrines du péché originel, de la grâce et de la rédemption sacrificielle.
On pourrait percevoir une idée similaire lors de la cérémonie d'initiation, où le candidat, les yeux bandés, se trouve, à son insu, confronté au double danger d'être poignardé ou étranglé. Symboliquement, il s'est placé de son plein gré dans une situation où sa sécurité, c'est-à-dire son salut, dépend de sa volonté de se conformer aux vertus maçonniques de courage et de prudence.
À la fin de la cérémonie, le candidat est conduit dans un coin de la loge, près du Vénérable Maître, qui s'adresse à lui :
Il est de coutume, lors de l'érection de tout édifice majestueux et remarquable, de poser la première pierre, ou pierre de fondation, à l'angle nord-est du bâtiment. Vous, nouvellement admis en franc-maçonnerie, êtes placé à l'angle nord-est de la Loge, symbolisant ainsi cette pierre. Puisse cette fondation, posée ce soir, vous permettre d'édifier une construction parfaite et digne de son bâtisseur. Vous apparaissez désormais, en apparence, comme un franc-maçon juste et intègre, et je vous recommande vivement de toujours continuer ainsi.
Le sens est clair : en rejoignant la Loge, la perfection personnelle et le salut spirituel sont à portée de main.
Nous en venons maintenant à l'hérésie du manichéisme. Une fois encore, une incohérence apparaît dans la pensée maçonnique, cette fois-ci avec l'hérésie du pélagianisme que nous venons d'évoquer. En effet, lors de leur grand différend, Pélage accusa Augustin de manichéisme, et la franc-maçonnerie se trouve ainsi potentiellement à cheval sur deux camps. Les manichéens originaux pratiquaient une religion dualiste perse, dont l'héritage a refait surface depuis lors. Il est aisé de comprendre cette religion, car elle naît de l'amour du Dieu bon et de l'horreur face à l'état de la création. Elle propose, pour expliquer la cruauté et la souffrance de ce monde, l'idée que le monde n'est pas l'œuvre de Dieu, mais qu'il s'oppose à sa volonté. Les pavés, conçus avec les meilleures intentions pour protéger la réputation de Dieu, tracent littéralement un chemin vers l'enfer, car la conclusion de cette logique est que le monde est le domaine de Satan et que la Création n’a rien de bon... Quel rapport avec la franc-maçonnerie ? On en revient au gnosticisme, qui considérait le monde comme impur, à purifier par un savoir secret. Par des signes, des symboles et des mots de passe, les francs-maçons se distinguent des non-initiés, qu’ils considèrent comme des êtres ignorants, persuadés de vivre dans la lumière, laquelle, comme le précise le rituel, est toujours à son apogée en franc-maçonnerie.
Ce dualisme est assurément symbolisé même par le sol à damier sur lequel se déroule le rituel maçonnique.
Ceci est tout à fait différent de la sainteté qui, étymologiquement parlant, renferme également l'idée de séparation. On trouve (ou du moins, jusqu'au concile Vatican II) une illustration éloquente de ce concept lors de la messe : le sanctuaire délimité par une balustrade d'autel, les vêtements liturgiques du prêtre, sa confession séparée de celle des fidèles, l'emploi d'un langage sacré. Mais toutes ces expressions de séparation reflètent la sainteté du Créateur par rapport à la Créée, et non la prétendue supériorité intellectuelle de l'initié par rapport aux gens ordinaires, que la franc-maçonnerie qualifie de "profanes". Dans la pensée catholique, la sanctification est accessible à tous par la foi et la grâce, à travers les sacrements ; en franc-maçonnerie, une poignée d'initiés peuvent l'obtenir par leurs propres efforts personnels – à condition, bien sûr, d'avoir acquitté leur cotisation annuelle.
Il est on ne peut plus clair que le rituel maçonnique propose un programme spirituel et théologique qui contredit frontalement les fondements du christianisme. Il est d'autant plus inquiétant, dès lors, que le Vatican, sous ce pontificat, semble enclin à accepter la franc-maçonnerie sans exiger de renonciation à sa croyance en la perfectibilité de l'homme par lui-même. En effet, il semblerait que les papes actuels souhaitent que l'Église se rapproche de la vision du monde maçonnique. Dans l'encyclique Fratelli Tutti de 2020 , le pape François appelle à :
Une aspiration universelle à la fraternité. La fraternité entre tous les hommes et toutes les femmes. Voilà un secret précieux qui nous révèle comment rêver et faire de notre vie une merveilleuse aventure. Les différentes religions contribuent de manière significative à l'édification de la fraternité. Le dialogue entre les fidèles des différentes religions ne se limite pas à la diplomatie, à la considération ou à la tolérance. Son but est d'établir l'amitié, la paix et l'harmonie. Un droit fondamental de la personne humaine ne doit pas être oublié sur le chemin de la fraternité et de la paix : la liberté de religion pour les croyants de toutes confessions. Cette liberté affirme que nous pouvons bâtir l'harmonie et la compréhension entre les différentes cultures et religions.
Les paragraphes de Fratelli Tutti sont intitulés "Liberté, égalité et fraternité ", "Un amour universel qui promeut les personnes" et "Les religions au service de la fraternité dans notre monde".
En février 2024, le cardinal Coccopalmieri a appelé à un dialogue permanent avec le Grand Orient, la Grande Loge et la Grande Loge Régulière d'Italie. Trois mois plus tard, le 8 avril, paraissait l'encyclique Dignitas Infinita, affirmant que la dignité humaine est sans limites, plaçant ainsi implicitement tous les hommes sur un pied d'égalité avec Jésus-Christ et la Vierge Marie. Le document précisait également :
Pour Jésus, le bien fait à chaque être humain, indépendamment des liens du sang ou de la religion, est le seul critère de jugement.
En fin de compte, il n'existe que deux conceptions possibles de l'univers : soit l'on croit, à l'instar des habitants de Babel, que l'on peut construire son propre chemin vers Dieu, soit l'on croit que Dieu, dans sa grâce et sa miséricorde, vient à nous. On croit soit aux valeurs relatives, soit aux valeurs absolues. Ce sont les deux cités décrites par saint Augustin. Toutes les visions du monde, même chez les athées, se situent d'un côté ou de l'autre de cette distinction.
La grande accusation que l'Église catholique a toujours portée contre la franc-maçonnerie tient toujours : la superstructure que tous les francs-maçons sont tenus d'ériger, parfaite en tous points, n'est rien de plus qu'une ziggourat babylonienne.
La Tour de Babel, par Lucas van Valckenborch en 1594.
Autres considérations
Deux hérésies maçonniques
1. Le pélagianisme maçonnique et l’absence de référence explicite à la grâce :
Les sacrements, dont celui de l'Eucharistie accroissent la grâce sanctifiante en nous (moyen d'union à Dieu par les moyens divins). "Chaque réception digne (de l'Eucharistie ) accroît la grâce sanctifiante, vie surnaturelle de Dieu dans l’âme, nous rendant plus saints et plus agréables à Dieu. Cela élève notre dignité et nous prépare à la vie éternelle (cf. Catéchisme de l’Église catholique, n° 1392 ; Thomas d’Aquin).
Léon XIII (Humanum Genus, 1884) associe la franc-maçonnerie à un "naturalisme" proche du pélagianisme, où l’homme se prend pour son propre sauveur, niant le besoin de la grâce pour s'unir à Dieu.
Dans La Franc-maçonnerie selon l’Église, 2010, Yves Maris, théologien catholique, nuance les accusations, mais souligne que la franc-maçonnerie peut conduire à une forme de pélagianisme pratique.
Pour René Guénon (La Franc-maçonnerie et le pélagianisme, in Études sur la franc-maçonnerie et l’ésotérisme), la franc-maçonnerie moderne a perdu son caractère traditionnel et est devenue une "contre-initiation" proche du pélagianisme par son humanisme rationaliste.
Le pélagianisme est une doctrine attribuée à Pélage (IVe-Ve siècle), moine britannique, qui nia la nécessité de la grâce divine pour le salut, affirmant que l’homme pouvait, par sa seule volonté et ses efforts, atteindre la perfection morale et spirituelle. L’Église (notamment par saint Augustin et les conciles de Carthage en 418 et d’Éphèse en 431) a condamné le pélagianisme comme hérésie, car il minimise le rôle de la grâce et du péché originel, et exalte la capacité humaine à se sauver par elle-même.
En franc-maçonnerie, l’homme s’autosauve par le travail sur soi, la perfection morale, la construction de son propre temple intérieur. Pour certains théologiens, cela ressemble à une forme de pélagianisme, où l’homme se perfectionne par ses propres forces, sans recourir à la grâce divine.
Dans les rituels maçonniques, le salut ou l’élévation spirituelle ne passent pas par la médiation du Christ ou des sacrements, ni par la grâce, mais par l’"initiation", la réflexion et l’action vertueuse. La raison ne vient plus de Dieu mais de l’homme, qui progresserait par la "science" de l'arbre... et la philosophie, un rationalisme optimiste, proche du pélagianisme.
Exemples rituels
- Le grade d’Apprenti : Le néophyte reçoit la lumière de la raison et est invité à travailler sur lui-même pour "tailler sa pierre brute". Ce symbolisme peut être lu comme une métaphore de l’autoperfectionnement, sans référence à une aide divine extérieure.
- Le serment maçonnique : Le travail sur soi, l’engagement à se perfectionner, à aider ses frères, à chercher la vérité, repose sur la volonté individuelle, sans invocation explicite de la grâce.
En franc-maçonnerie le travail sur soi est un moyen de s’élever spirituellement, ce qui peut être compatible avec une foi en Dieu (y compris pour un chrétien).
Chaque franc-maçon est libre d’intégrer sa propre vision de la grâce ou de la providence dans son travail initiatique, ainsi que le "GADLU" comme principe transcendant : Le Grand Architecte de l’Univers pourrait être interprété comme une source de grâce ou d’inspiration divine, mais son rôle n’est pas clair :
"Le Grand Architecte de l'Univers des francs-maçons n'est pas le Dieu chrétien parce qu'il n'est pas 'transcendant' au sens chrétien, mais est un démiurge 'interne' au Cosmos. Le Grand Maître Oscar Wirth, entre autres, l'a reconnu.
Le déisme mécanique de Newton, un suprême moteur interne à la matière, annonce le déisme maçonnique et la croyance en l'existence d'un démiurge, esprit moteur, horloger ou Grand Architecte d'une Nature divinisée (panthéisme), Or le théisme, au contraire, affirme un Dieu transcendant à la matière, un Dieu surnaturel, personnel et providentiel. (Cf. Alain PASCAL, Le Siècle des Roses-Croix, Pascal contre Descartes, La Conspiration des philosophes, tome II, éd. Des Cimes, Paris 2018, p. 431.)
"Les maçons font référence à un Grand architecte de l'univers qui n'est pas le Dieu chrétien, mais un Esprit cosmique, donc qui n'a pas d'Être. Or on ne peut pas s'unir ou contempler un Dieu qui n'a pas d'Être (c'est la mystique), ni atteindre à la raison sans la Révélation chrétienne (vrai rationalisme). " (Alain PASCAL, La Révolution des Illuminés, Les droits de l'homme contre Dieu, La Conspiration des philosophes tome IV, éd. Cimes, Paris 2023, p. 34.)
La vraie mystique et le vrai rationalisme ne sont possibles que dans un dualisme métaphysique (une différentiation entre l'Être créateur et l'être créé (la Nature), qui se trouve dans le christianisme, mais ne se trouve plus dans le panthéisme du démiurge GADLU.
Suite logique:
>le collectif sombre dans la folie
>suicides...
"La grâce divine est source du SALUT de l'humanité; c'est par grâce que Dieu nous sauve."("Grâce" dans Pascal-Raphaël AMBROGI, Dictionnaire culturel du christianisme, Le sens chrétien des mots, Honoré Champion éd., Paris 2021, p. 431.)
Croire que le monde est créé par un démiurge est en refus de la Création gratuite et par amour ex nihilo, refus qui a plusieurs conséquences, dont
>le puritanisme (ou son inverse...)
>la croyance erronée que la création est mauvaise, qu'il convient de s'en détacher. Dans le gnosticisme et dans le manichéisme (cathares par exemple) l'univers et le corps humain sont mauvais (la chair considérée comme mauvaise), comme dans la tradition indienne.
>le rejet de l'amour infini et gratuit de Dieu (désespérance)
>le rejet de la grâce
>la perte de la grâce dans notre monde.
Suite logique: Jésus n'est pas le Fils de Dieu, le Messie qui offre le salut gratuit et personnel, mais chacun doit au contraire par ses propres efforts espérer et construire un royaume terrestre matérialiste (messianismes, millénarismes, sectes apocalyptiques).
Le salut d'individuel et libre devient collectif et obligatoire, la soumission aux "initiés".
Il n'y a plus de destinée individuelle mais collective.
C'est ce qui arrive.
L'homme moderne a cru se libérer du Dieu de la tradition chrétienne, en se prétendant son égal (auto-sauveur), l'homme a perdu sa liberté en se soumettant à la dictature mondialiste... (Cf. Alain PASCAL, La Guerre des Gnoses, Les ésotérismes contre la tradition chrétienne, La Pré-kabbale, Éd. de l'Æncre, Paris 1999, pages 78, 80 et 277.)
"Les faits sont là: la Démocratie fondée sur l'Humanisme prétendait offrir la liberté à l'individu, or elle a inexorablement dévié ... en dictature.
Les forces occultes monopolisent la Démocratie et nous vivons les 'fascismes des Droits de l'Homme' ... avec le mondialisme. Désormais, c'est la liberté de s'exprimer qui est condamnée et bientôt celle de penser." (Alain PASCAL, La Renaissance, cette imposture, La Guerre des Gnoses, tome III, éd. Des Cimes, Paris 2021, p. 335.)
2. Le manichéisme et la franc-maçonnerie
Julius Evola (La Tradition hermétique) voit dans la franc-maçonnerie une déviation manichéenne, notamment dans ses formes "profanes" et laïcisées.
Oswald Wirth (La Franc-maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes) : Franc-maçon lui-même, il explique que le dualisme maçonnique est un outil pour l’initié, non une métaphysique.
Éliphas Lévi (Dogme et Rituel de la Haute Magie), autre "initié" voit dans la franc-maçonnerie une voie de réconciliation des opposés.
- Le manichéisme : Le rituel maçonnique utilise un langage dualiste, mais il s’agit d’un dualisme méthodologique (pour stimuler la réflexion), non d’un dualisme métaphysique. La franc-maçonnerie ne pose pas l’existence de deux principes divins opposés.
a. Qu’est-ce que le manichéisme ?
- Origine : Doctrine fondée par Mani (IIIe siècle), qui repose sur un dualisme radical entre le bien (esprit, lumière) et le mal (matière, ténèbres). Le monde est le théâtre d’un combat cosmique entre ces deux principes.
- Condamnation : Le manichéisme a été condamné par l’Église comme hérésie, car il nie l’unité de la création (Dieu a créé un monde bon) et introduit un principe du mal aussi puissant que Dieu.
b. Accusation de manichéisme contre la franc-maçonnerie
- Le dualisme symbolique : La franc-maçonnerie utilise abondamment des symboles dualistes :
- Lumière vs Ténèbres (le passage de l’obscurité à la lumière lors de l’initiation).
- Bien vs Mal (la lutte contre les passions, les vices, l’ignorance).
- Esprit vs Matière (la recherche de la connaissance spirituelle au-delà du monde matériel).
- Le combat initiatique : Le rituel maçonnique met en scène une lutte intérieure (contre ses propres défauts, ses passions), qui peut être interprétée comme un combat entre le bien et le mal en l’homme, à l’image du dualisme manichéen.
L’influence gnostique : Certains auteurs (comme René Guénon) ont souligné des similitudes entre la franc-maçonnerie et le gnosticisme (qui partage avec le manichéisme une vision dualiste du monde). Les rituels maçonniques, avec leurs références à la connaissance secrète (gnose), à l’initiation comme libération de l’ignorance, rappellent en effet certains thèmes gnostiques.
Exemples rituels
- Le voyage initiatique : Dans certains hauts grades (notamment du Rite Écossais Ancien et Accepté), le candidat est confronté à des épreuves symbolisant la lutte entre la lumière et les ténèbres, la vie et la mort.
- Le mythe d’Hiram : La légende du maître architecte assassiné par trois mauvais compagnons (symbolisant l’ignorance, la passion et la tyrannie) peut être lue comme une allégorie du combat entre le bien et le mal.
- Les couleurs noir et blanc : Le damier du temple maçonnique, alternant cases noires et blanches, est parfois interprété comme une représentation du dualisme cosmique.
Le dualisme maçonnique serait "pédagogique", non métaphysique, nous dit-on : La franc-maçonnerie utiliserait le dualisme comme outil symbolique pour "stimuler la réflexion", mais ne poserait pas l’existence de deux principes divins opposés. Le mal n’est pas une entité autonome, mais le résultat de l’ignorance ou de la méchanceté humaine.
- L’unité du principe créateur : Le GADLU est unique et bon ; les ténèbres ou le mal ne sont que des absences de lumière ou de connaissance, non des réalités substantielles.
En franc-maçonnerie il n’y a donc pas de bien et de mal objectifs, tout est relatif.
Mais les symboles maçonniques montrent un manichéisme métaphysique et une cosmologie dualiste. Serge Abad-Gallardo l'explique dans une video en 2017 :
Le Rite écossais rectifié est le rite qui va nous intéresser le plus parce qu'il se base sur la tradition chrétienne originelle, nourri des enseignements des Pères de l'Eglise. Donc cela, ca nous plaît, sauf que ce n'est pas le Magistère de l'Eglise, ce n'est pas un enseignement de l'Eglise, c'est une interprétation à partir des écritures des Pères. Cela veut dire que quiconque peut s'intituler interprète des Écritures. (Une des sources) de ce rite est l'enseignement de Martinès de Pasqually (1727-1774), un occultiste, magicien et hermétiste qui a vécu au XVIIIe siècle, qui a écrit un ouvrage "Traité de la Réintégration des Êtres" (1754-1772), qui développe une cosmologie théurgique et réintégratrice qui a profondément marqué la franc-maçonnerie à travers le Rite écossais rectifié et le martinisme, une doctrine manichéiste en son dualisme métaphysique radical, où le mal y est décrit comme le résultat "réparable" d'une chute et d'une corruption de la création originelle. Parfaitement gnostique également (dans la suite de Valentin et Basilide), cette doctrine sépare la matière et l'esprit; nous serions aujourd'hui prisonnier de la matière décrite comme négative (prison), alors que pour nous chrétiens, et catholiques en particulier, le corps et l'esprit font un, même si l'âme est une troisième entité. La matière y a été corrompue par la chute des êtres spirituels (par orgueil et désir de s'égaler à Dieu), ce qui a introduit le mal dans la création, la matière elle-même qui n'y est pas décrite comme une création de Dieu mais comme la conséquence de la chute, une création en quelque sorte "à réparer", "à réintégrer", comme si Dieu avait fait une création "mauvaise" à réparer !... Notons à ce sujet que dans les premiers siècles les démons chez les païens étaient terrifiés par les reliques des saints. (Source: Peter Brown, Le culte des saints, Essor et fonction dans la chrétienté latine, 1971.) On est supérieur aux anges déchus parce qu’en notre chair/matière, on les vainc par la grâce qu'ils ont rejetée et qu’ils enseignent à rejeter. Martines de Pasqually enseigne ainsi que l'homme par des "rites théurgiques" (rituels) peut purifier la matière en lui redonnant sa "dimension spirituelle" (sans la grâce), "libérer les esprits prisonniers de la matière", "accélérer la réintégration universelle" (sic). L'initié doit agir sur le monde pour le "réintégrer" en Dieu. C'est tout le baratin maçonnique courant que nous entendons chaque jour dans les programmes politiques, le contraire même de la laïcité présentée comme séparation du spirituel et du temporel..., via les slogans du type "changer l'homme", "refaire le monde", "recréer le monde", etc., etc.
Sur la chute des êtres, Martines de Pasqually a dit : "La matière n'est pas une création directe de Dieu, mais le résultat de la corruption des esprits. Elle est une limite, une prison, mais aussi un moyen de réintégration."
Martines de Pasqually (1727-1774) a eu une influence majeure sur la franc-maçonnerie notamment à travers:
>le rite écossais rectifié (RER), rectifié par son disciple Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824) entre 1778-1782 et d'autres francs-maçons lyonnais.
Une réforme du ''Rite écossais Ancien Et Accepté (REAA), inspirée directement des principes de Martines de Pasqually.
Le RER inclut des pratiques théurgiques telles que prières, invocations au "Christ" "Médiateur" et "réintégrateur"..., méditations, visant à purifier l'''initié'' de ses passions et de ses ignorances, agir sur le monde pour "accélérer la réintégration universelle" (sic) (!) avec "le Principe" (qui est le Grand Architecte de l'Univers, qui n'est PAS le Dieu chrétien), qui résultera de l'"illumination" par la seule "initiation maçonnique", une croyance purement ésotérique dénommée "illuminisme" : l'homme n'y est en rien sauvé par la Grâce divine ou par la Croix, mais par son propre mérite sur le chemin initiatique... (Cf. Serge ABAD-GALLARDO, Secret maçonnique ou vérité catholique, Artège, Monaco 2019, p. 27.)
Dieu n'est pas le Grand Architecte. Il faut insister sur ce point, tant la franc-maçonnerie joue sur un double langage afin d'attirer dans ses filets les fidèles chrétiens: un auteur franc-maçon de référence et occultiste de haut niveau le confirme : 'Gardons-nous de céder à cette paresse d'esprit qui confond le Grand Architecte des Initiés [le GADLU] avec le Dieu des croyants." (Oswald WIRTH, La Franc-maçonnerie rendu intelligible à ses adeptes, t. III, Le Maître, éd. Dervy 1977, p. 148 in Serge ABAD-GALLARDO, Secret maçonnique ou vérité catholique, Artège, Monaco 2019, p. 309.)
Pour ce rite, "Adam a été le précurseur de la quête initiatique, puisque sa transgression visait à obtenir la Connaissance, et à vouloir devenir 'comme des dieux' (Gn 3,5). Cette interprétation de la Chute se retrouve dans de nombreux rites maçonniques, tels que le Rite Écossais rectifié par Jean-Baptiste Willermoz, et qui est privilégié en tant qu'il se veut le support rituel des obédiences maçonniques prétendument 'chrétiennes'. Or, le secret des Élus Cohen est une théurgie emprunte de magie et de consultations d'esprits par des somnambules extralucides censés recevoir des messages de l'Au-delà. Gnose, kabbale, théurgie, magie, consultations d'esprits, une véritable panoplie de pratiques hétérodoxes dangereuses qui s'opposent au christianisme depuis les origines. (Cf. Alain PASCAL, La Révolution des Illuminés, Les droits de l'homme contre Dieu, La Conspiration des philosophes tome IV, éd. Cimes, Paris 2023, p. 85)
Le rite Écossais Rectifié (RER) fondé par Willermoz prétend être 'antidogmatique'... Cf. Karl Van der Eyken, ''L'Imposture de la maçonnerie chrétienne et traditionnaliste''. (Serge ABAD-GALLARDO, Secret maçonnique ou vérité catholique, Artège, Monaco 2019, p. 26.)
La quête de la Connaissance, telle que la poursuit l'"initié" est donc bien la poursuite d'une tentative de s'approprier ''le fruit de l'Arbre qui est au milieu du Jardin... (Gn 3,3)'' C'est-à-dire celui qui permet ''la connaissance du bien et du mal...'' (Gn 2,9), et dont la consommation aura pour conséquence que vos ''yeux s'ouvriront et vous serez comme des dieux, qui connaissent le bien et le mal.'' (Gn 3,5). Il se confirme que le secret de l'initiation est donc un procédé luciférien, une tentation adressé par le Malin à l'homme désirant se diviniser lui-même par l'appropriation du Secret et de la Connaissance.'' (Serge ABAD-GALLARDO, Secret maçonnique ou vérité catholique, ibid., p. 328- 329.)
>le mouvement ésotérique dit "martiniste" (martinisme)
Un autre disciple de Martines de Pasqually au 18e siècle, Louis-Claude de Saint Martin (1743-1803) qui a fondé le "martinisme", mouvement ésotérique qui reprend et développe la doctrine de la "réintégration".
>la franc-maçonnerie dite "chrétienne" (loges qui intègrent une dimension théurgique et "réintégratrice") où l'"Homme-Dieu" (sic) est appelé à devenir un être divin non pas par la grâce et les sacrements de Dieu dans son Eglise, mais par les moyens maçonniques de la "Réintégration"...
''En observant mon parcours, je constate finalement qu'il y a près d'un quart de siècle, j'avais frappé à la porte d'un Temple qui abritait un système métaphysique spécifique : la franc-maçonnerie, déiste ou athée, confesse en effet, parmi les nombreux dogmes qui lui sont spécifiques, une métaphysique dualiste, omniprésente depuis le symbolisme du Pavé mosaïque, que l'apprenti découvre à son initiation, jusqu'à celui du 30e degré du haut grade de Chevalier Kadosh, Chevalier de l'aigle blanc et noir. Cette dualité, en tant que système de conception de l'Univers, repose sur ces deux forces antinomiques, de valeur égale, blanche et noire. C'est ainsi que, bien et mal s'équilibrant parfaitement, rien ne saurait, selon son enseignement initiatique, être totalement vrai ou faux : 'L'initié se tient debout et avance dans la vie sur ce damier qui proportionne exactement les satisfactions et les peines, les joies et les douleurs des vivants.' (Oswald WIRTH, Le Symbolisme occulte de la franc-maçonnerie, Dervy 1993, p. 87) Le dualisme maçonnique devient alors la clef de voûte du relativisme : 'Les manières de voir divergentes qui se font jour […] expriment la vérité sous les différents aspects.' (Oswald WIRTH, La franc-maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes, t. I : L'apprenti, Dervy 2003, p. 123 in Serge ABAD-GALLARDO, Je servais Lucifer sans le savoir, Pierre Téqui éditeur, Préface de Maurice Caillet, Paris 2016, p. 138.)
Lisez Oswald Wirth (1860-1943). Lisez Jules Boucher également, des planches maçonnique sur le "pavé mosaïque" en tapant l''édifice.net' sur internet. Et alors vous verrez que la franc-maçonnerie a une croyance. Il y a un livre qui a été écrit par Richard DUPUIS, qui a été "Grand Maître" de la "Grande Loge de France" et qui s'appelle "La Foi d'un franc-maçon". Ils ont une croyance... Et cette croyance est que l'univers est régi par deux puissances également fortes. Cette croyance veut dire que le bien et le mal sont équivalents. Cela veut dire que si le bien et le mal sont équivalents, Dieu n'est pas Tout-Puissant. On est dans la doctrine manichéenne. Et cela veut dire également que le mal peut être utile au bien. Je ne l'invente pas, je le tire de planches que je cite dans mon deuxième ouvrage. Et donc quelque part, le mal est nécessaire à l'humanité. Or, l'enseignement du Christ, et de l'Eglise, ce n'est pas cela. Le Christ nous dit qu'il a vaincu définitivement le monde, il a vaincu le mal, en mourant sur la Croix. Saint Michel, aussi, écrase Satan et l'a vaincu.
Donc vous voyez ce pavé mosaïque est important parce qu'il va amener au relativisme, à la dualité, ensuite à l'inversion entre le bien et le mal... Et à une glorification de la transgression. Là non plus je n'invente pas :
"Le mal est l'ombre du bien. Il en est inséparable. Donc, le mal est nécessaire à l'humanité comme le sel est indispensable à l'eau des mers. Là aussi, l'harmonie ne peut seulement dériver que de l'équilibre des contraires." (Albert Pike, Morals and Dogma, volume 6, p. 212 et 213) pour les personnes qui auraient des doutes sur la réalité de la citation.
Cette inversion des valeurs amènera à la transgression.
Je cite une planche maçonnique : "N'a-t-on pas prétendu que le Serpent tentateur était le diable, alors que de tout temps, le Serpent primordial a symbolisé le savoir, la connaissance".
Vous voyez, lorsqu'on est catholique, on aurait du mal à dire que le Serpent représente la connaissance ! [Au contraire, c'est Dieu qui est Connaissance qui nous donne par son Esprit-Saint le don d'intelligence (raison spéculative) et le don de conseil (raison pratique) pour saisir la vérité, ainsi que le don de sagesse et le don de science pour bien juger (Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, Seconde partie, La foi q. 8 et 9). Cf. Lessept dons du Saint-Esprit.]
Que fait le Serpent ? Il pousse Eve et Adam à consommer le fruit défendu par Dieu et il dit -comme le fait et le dit la franc-maçonnerie d'ailleurs - Vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. Dieu vous a menti. (Genèse III, 5). La franc-maçonnerie dit exactement la même chose que le Serpent de la Genèse. D'où il ressort que la franc-maçonnerie considère que l'homme doit devenir un dieu et dieu lui-même en désobéissant aux commandements de Dieu...
Cette divinisation de l'individu commence donc par une glorification personnelle de l'homme. Cela est précisé au 4e degré des hauts grades, c'est le grade qui s'appelle "maître secret" :
- Voici le Rituel. "Êtes-vous Maître secret ?"
- Réponse : "Je m'en glorifie".
A contrario, voilà ce que nous dit Saint Paul : " Où est donc le sujet de se glorifier ? Il est exclu... par la loi de la foi" (Romains, III:5) Il poursuit dans Colossiens, chapitre 12, verset 7 : "Et pour que je ne sois pas enflé d'orgueil, il m'a été mis une écharde dans la chair. Un ange de Satan pour me souffleter et m'en empêcher de m'enorgueillir. Trois fois j'ai prié Seigneur de l'éloigner de moi et Il m'a dit: Ma grâce te suffit, car ma puissance s'accomplit dans la faiblesse. Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses afin que la puissance du Christ repose sur moi."
Il n'y a pas cela en franc-maçonnerie : la grâce de Dieu n'y existe pas, c'est l'autonomie du maître qui s'impose. Oswald Wirth dit : "Un maître maçon ne peut être contesté. Il est libre dans une loge libre".
"Le signe luciférien du 18e degré des hauts grades. Au 18e degré, 'le signe du grade se fait en élevant la main droite fermée, l'index levé verticalement montrant le ciel. Le contre-signe s'exécute en descendant la main et en montrant la terre avec l'index. Signe et contre-signe [...] évoquent la maxime hermétique : 'Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, et ce qui est en bas est comme ce qui est en haut', comme l'indique loe rituel maçonnique. Or ce geste est repris dans l'arcane XV du tarot, qui représente le diable, lequel pointe une main vers le haut et une autre vers le bas, afin de signifier également que le haut et le bas sont de même nature...
On retrouve la dualité du pavé maçonnique. Et là on est au 18e degré quand même, on n'est plus au grade d'apprenti. Le 18e degré, c'est un petit peu au-delà de la moitié des grades.
Et bien le Christ au contraire nous dit, je cite : "Jésus leur dit : 'Vous, c'est d'en bas que vous êtes, moi c'est d'en haut que je suis. Vous, vous êtes de ce monde ; moi, je ne suis pas de ce monde." (Jn 8:23) Ce qui est en haut n'est pas comme ce qui est en bas.
"Ce signe se retrouve aussi, tout comme sa signification et son symbolisme maçonnique dans une illustration d'Oswald WIRTH, représentant Ishtar, la déesse des polarités. Ishtar était également nommée, tout comme Lucifer, 'Étoile du matin'!
Enfin, on retrouve ce signe du diable sur une représentation de Baphomet, tel que dessiné par Éliphas Lévi et reprise (aujourd'hui. Ndlr.) sous forme de statue dans le Temple satanique de Détroit (États-Unis). [...] Cette croyance, ce dogme, car c'est bien de cela qu'il s'agit, de l'égalité entre ce qui vient d'en haut et ce qui vient d'en bas, sont d'inspiration dualiste, manichéenne. À l'inverse, la Parole de Dieu nous apprend que seul ce qui vient d'en haut est revêtu de la puissance divine. Jésus [...] leur disait : 'Vous c'est d'en bas que vous êtes; moi, c'est d'en haut que je suis. Vous, c'est de ce monde que vous êtes; moi, je ne suis pas de ce monde.' (Jn 8,23) [...] Il sera même précisé plus loin que toute philosophie qui vient d'en bas vient du démon: 'Pareille sagesse ne descend pas d'en haut: elle est terrestre, animale, démoniaque [...]. Tandis que la sagesse d'en haut est tout d'abord pure, puis pacifique, indulgente, bienveillante, pleine de pitié et de bons fruits.'' (Jc 3,15-17.)
(Serge ABAD-GALLARDO, Je servais Lucifer sans le savoir, Pierre Téqui éditeur, Préface de Maurice Caillet, Paris 2016, p. 128.)
Cf. Serge ABAD-GALLARDO, Je servais Lucifer sans le savoir, Pierre Téqui éditeur, Préface de Maurice Caillet, Paris 2016, p. 128.
"Pour l'Église catholique, la clef de la nature n'est absolument pas une analogie de cet ordre. C'est l'amour infini de Dieu auquel nous devons offrir notre cœur. Et cette clef, le chrétien ne cherche pas à se la procurer par le chemin initiatique vers la Connaissance. Il adore et loue simplement Celui qui la détient: Dieu Tout-Puissant, créateur du Ciel et de la terre. Par ailleurs, il n'existe pour l'Église catholique aucune analogie entre le créé et le Créateur, mais une création par laquelle la créature est créée (gratuitement) par l'amour de Dieu." (Serge ABAD-GALLARDO, Secret maçonnique ou vérité catholique, Artège, Monaco 2019, p. 243.)
Une initiation luciférienne pour "libérer l'humanité de Dieu le Père"
Au cœur du mythe du "Fils de la Veuve", Max HEINDEL, fondateur de la Rosicrucian Fellowship (Association rosicrucienne) propose une réécriture du livre de la Genèse, ancrée dans une cosmologie différente de la version biblique classique. Dans ce récit alternatif, un ange déchu nommé Samaël apparaît dès le deuxième chapitre de cette genèse gnostico-rosicrucienne.
Samaël donne à Ève son premier enfant, "Caïn" (avant donc que celle-ci s'unisse à Adam dans la Bible pour engendrer Abel.) Caïn est alors décrit comme un hybride "ange de feu" / humain, et comme un "Fils de la Veuve". Les textes rosicruciens s'appuient souvent, directement ou indirectement, sur des traditions juives mystiques où l'on trouve des idées similaires: Zohar (kabbale) affirme que Samaël "monta Ève et injecta l'impureté"; de cette union naît Caïn "du côté de l'impureté", tandis qu'Abel vient du côté de la sainteté via Adam. Pirque de-Rabbi Eliezer (midrash) suggère que la serpente/Samaël séduit Ève et qu'elle conçoit Caïn de cette "mauvaise semence", Adam engendrant ensuite Abel. Le Targum Pseudo-Jonathan et certains passages du Talmud laissent entendre une relation surnaturelle entre Ève et le serpent/Samaël, d'où la naissance de Caïn. Ces sources juives kabbalistiques forment le fonds textuel que les rosicruciens (et d'autres courants ésotériques) réinterprétèrent. (Sources: Max HEINDEL, La Cosmogonie des Rose-Croix, éd. ENSRO. C'est dans cet ouvrage que se trouve l'essentiel de son interprétation alternative de la Genèse (Adam, Ève, Caïn, Abel, Samaël, etc.)
Serpent tentateur dans la tradition kabbalistique et gnostique, Samaël offre à Ève le fruit de l'arbre de la connaissance. Dans certains courants ésotériques, Lucifer est vu comme un prométhéen qui apporte la lumière (savoir) à l'humanité, même si cela implique une rupture avec l'ordre divin. Certaines interprétations gnostiques et rosicruciennes suggèrent que Ève aurait été fécondée par Samaël (ou l'esprit luciférien) avant sa relation avec Adam, donnant ainsi naissance à Caïn. Cette union symbolise: la dualité en l'humain; l'union du spirituel (Ève, liée à la lumière) et du matériel (Samaël, lié aux ténèbres). Caïn représente la descendance caïnite de ceux qui cherchent le savoir au-delà des limites imposées par Dieu... (Yahvé vu souvent dans la tradition gnostique comme un démiurge ignorant), c'est-à-dire que les Cainites sont la descendance de ceux qui s'opposent à Dieu pour, prétendument, acquérir la "Connaissance" (sic). Dans la Bible, Caïn, premier-né d'Adam et Ève, tue son frère cadet Abel par jalousie; il est maudit, marqué par Dieu, condamné à errer sur terre. Dans la réinterprétation rosicrucienne, Caïn est le symbole de la libération par la connaissance..., comme Prométhée volant le feux aux dieux. Les Caïnites, lignée de Caïn incarne ceux qui défient l'ordre établi. Dans la symbolique rosicrucienne, Caïn représente l'alchimiste: celui qui travaille avec les forces obscures (la matière, le plomb) pour les transfigurer en lumière (l'or "spirituel"), le chercheur de vérité qui explore les mystères interdits pour soit-disant accéder à la "sagesse'. Les Caïnites symbolisent les initiés. La Rose-Croix voit en Caïn l'équilibre des opposés, un dualisme moyen de comprendre la soit disant "unité sous-jacente du tout"... Or il n’y a évidemment rien de commun entre la vérité et l'erreur, le bien et le mal, la lumière et les ténèbres, le Christ et Satan (2 Co 6,14-15)... Dans la théosophie, Helena Blavatsky mentionne Caïn comme un symbole de la révolte contre l'autorité aveugle. Dans le satanisme (LaVey, Temple of Set), Caïn est parfois vénéré comme un archétype du 'libre penseur'... (sic)
Dans le gnosticisme, Dieu le Père y est présenté comme responsable du malheur originel et le principal obstacle à la régénération, donc il faut l'évincer pour que la Nature soit purifiée. "Comme la théosophie, la légende Rose-Croix créée ainsi une culpabilité de Dieu, mais aussi un irrationalisme divin. [...] Dieu le Père est à la fois contre le Bien, contre la Nature, contre l'Humain; il est obscur, jaloux, haineux et il convient donc de lui apporter la lumière contre sa volonté. Ce sera le 'grand oeuvre' du Fils.
Pour les Rose-Croix, le Père n'offre pas le Fils en sacrifice pour la Rédemption de l'humanité, c'est le Fils qui va débarrasser l'humanité de ce Dieu obscur qui a transmis le Mal à l'homme en l'obligeant à la corporéité et qui l'empêche de faire le Bien ! Comment ? En forçant le Père à céder à l'Humain la Connaissance. Un modèle existe, Lucifer, le chef des anges révoltés contre Jéhovah. [...] L'humanité doit donc se tourner vers Lucifer pour obtenir la Connaissance, la Gnose suprême (c'est la Kabbale). Lucifer est le diable, mais, comme sa lumière peut permettre à l'homme de se libérer de Dieu, le Mal devient bénéfique, ''positif''. [...] En d'autres termes, l'initiation rosicrucienne est une invitation à prendre le Diable pour Maître, c'est-à-dire à soumettre l'humain à l'Adversaire, que la Genèse représente sous la forme du Serpent, qui est aussi le symbole de l'initiation égyptienne.
Rappelons ici que certains Pères de l'Église comme Saint Basile le Grand (Homélie sur le Saint-Esprit) voient dans l'attribution du mal à Dieu une forme de blasphème ou de désespoir.
>Le Saint-Esprit est la source de toute sainteté et nier sa bonté ou lui attribuer le mal revient à renier la nature même de Dieu qui est amour (Jn 1,4,8.)
>St Grégoire de Nysse, dans Contre Eunome, condamne l'idée que Dieu pourrait être l'auteur du mal, car cela contredit Sa perfection absolue.
>St Thomas d'Aquin, synthétisant les Pères dans la Somme théologique (II-II, q. 14), classe le péché contre le St-Esprit parmi les péchés irremissibles par leur nature (non par limitation divine, mais par le refus humain de se repentir et d'accepter la Rédemption du Christ via désespoir, obstination, impénitence finale, présomption d'être sauvé sans mérite ou par ses propres forces, résistance à la vérité (refus de la lumière ou du St-Esprit), l'envie de la grâce d'autrui (tristesse face au bien spirituel des autres). L'attribution du mal à Dieu pourrait relever de la résistance à la vérité connue car Dieu est bon par essence, ou du blasphème, mais St Thomas ne l'énumère pas explicitement comme une catégorie distincte. Cependant, il souligne que toute pensée qui contredit la bonté divine est une offense contre l'Esprit de vérité (Cf. Somme théologique, II-II, q. 13, a.2)
Dans le Catéchisme de l'Église catholique (1992), le sujet est abordé aux n° 1864 et 2091.
>1864 "Tout péché et blasphème sera remis aux hommes, mais le blasphème contre l’Esprit ne sera pas remis " (Mt 12, 31 ; cf. Mc 3, 29 ; Lc 12, 10). Il n’y a pas de limites à la miséricorde de Dieu, mais qui refuse délibérément d’accueillir la miséricorde de Dieu par le repentir rejette le pardon de ses péchés et le salut offert par l’Esprit Saint (cf. DeV 46). Un tel endurcissement peut conduire à l’impénitence finale et à la perte éternelle."
>2091 "Par le désespoir, l’homme cesse d’espérer de Dieu son salut personnel, les secours pour y parvenir ou le pardon de ses péchés. Il s’oppose à la Bonté de Dieu, à sa Justice – car le Seigneur est fidèle à ses promesses -, et à sa Miséricorde."
Le refus délibéré de Dieu implique une fausse image de Dieu (comme dire qu'il est un juge cruel plutôt qu'un Père miséricordieux).
Pour le cardinal Journet (Le Mal, 1948), le mal n'est pas une création positive de Dieu, c'est une absence de bien, une absence de l'Être de Dieu, qui seul est. Attribuer le mal à Dieu revient à confondre l'ordre naturel (où le mal se répand comme conséquence du péché originel) avec la volonté divine, qui ne veut que le Bien. Cela confine à une erreur intellectuelle ou à un péché de volonté (si fait avec malice).
L'attribution du mal à Dieu peut être une erreur intellectuelle par ignorance (ex : Pourquoi Dieu permet-il la souffrance?). Cela n'est pas un péché si c'est une question honnête. Mais l'attribution du mal à Dieu devient un péché quand cette attribution devient volontaire, systématique, obstinée, ou malveillante (ex: Dieu est cruel, je Le hais).
La tradition catholique distingue : Dieu permet le mal pour en tirer un bien plus grand, cf. Rm 8,28, mais ne le veut pas positivement (car Il est bon). Attribuer à Dieu la volonté positive du mal est une hérésie (close du manichéisme) et peut relever du péché contre le Saint-Esprit, si obstination et impénitence finale.
Lien avec le désespoir: si l'attribution du mal à Dieu conduit à perdre l'espérance en Sa miséricorde, cela rejoint directement le péché contre le Saint-Esprit (cf. Catéchisme, 1864 )
[...] Les Fils de la Veuve et le Temple d'Hiram
Comment Caïn est le premier "Fils de la Veuve" :
Les francs-maçons se nomment eux-mêmes ''Fils de la Veuve''. Reprenons donc le récit de la légende Rose-Croix pour comprendre d'où vient cette expression.
Dans la Genèse, l'Humanité se perpétue sur terre après la Chute. Adam et Ève enfantent Abel et Caïn, puis, après le meurtre d'Abel par Caïn (meurtre de l'aîné par le cadet), Seth. La légende Rose-Croix est très différente, puisque Ève est créée la première et qu'elle est séduite avant l'existence d'Adam par un esprit luciférien, Samaël, qui, s'unissant à elle, lui engendre Caïn. Caïn est donc l'aîné d'Abel et il n'est plus un fils d'Adam, mais du diable; il n'est donc pas un fils d'homme, mais ''semi-divin'', écrit Max HEINDEL, dans ''Franc-maçonnerie et catholicisme", éd. Maison rosicrucienne, 1983 (qui dévoile quel est son camp, car il devrait dire semi-diabolique). Si le diable envoie Samaël féconder Ève, c'est parce qu'il faut ''libérer l'esprit captif de la lumière''. Par Samaël, Caïn hérite du feu de Lucifer, dont il est ainsi le Fils spirituel.
Dans la kabbale juive (Zohar), Samaël est le chef des forces du mal, parfois décrit comme l'époux de Lilith (figure démoniaque liée à la sexualité et à la rébellion).
Lien avec le serpent de la Genèse. Dans la gnose valentinienne, le serpent de la Genèse est interprété comme un libérateur (il révèle à Adam et Eve la Connaissance qui leur permet de s'affranchir du démiurge, créateur de la matière mauvaise.
Quand Jéhovah chasse Samaël du Paradis, Ève et Caïn sont abandonnés sur terre, où Cain devient le premier ''Fils de la veuve'', la veuve du Diable !
Jéhovah crée alors, et alors seulement, Adam - qui n'a donc pas connu le Paradis -, et qui est un simple être humain. Adam s'unit à son tour à Ève, laquelle enfante Abel, qui est donc un simple enfant d'humains, c'est-à-dire inférieurs à Caïn. [...] Le premier fils de la veuve possède le secret de la 'science', l'alchimie, mais aussi la 'sagesse', qui n'est pas de Dieu, mais du Serpent.... Après la mort d'Abel, Adam et Ève ont un autre enfant, Seth, lequel, comme Abel, est un simple fils d'humains. Il y a dès lors dans le monde deux races d'hommes, la race de Caïn et la race de Seth. Et non plus d'Abel. Cette division .... remonte pour le moins à Satornil... Pour les Rose-Croix, la race de Caïn est semi-divine (sic). Et, étant engendrée par l'esprit luciférien, elle est douée de l'"énergie dynamique" du Feu, ce qui lui donne l'initiative du progrès. Par contre la race de Seth [...] est ignorante et docile comme l'était Abel, ce qui "plaît à Jéhovah", car le Père est ''jaloux'' de ses prérogatives de créateur. Rien ne peut venir de cette race soumise et crédule, et qui est exploitée par les pires des fils de Seth, les serviteurs de Jéhovah sur terre, le clergé. L'humanité dont donc être libérée de Jéhovah et de son clergé par les Fils de Caïn, qui détiennent le feu de Lucifer, le porteur de lumière.... Le "grand oeuvre" assigné par le Diable aux Fils de Caïn est d'achever la construction du Temple qu'avait commencé Hiram....
Dans la Bible, Salomon, fils de David a recours à Hiram, le roi de Tyr pour accomplir le voeu de David, mais il n'a pas la vertu de son père. Il tolère l'idolâtrie et Dieu lui pardonne uniquement parce qu'il est le Fils de David. Hiram fournit à Salomon les matériaux et les ouvriers. (1 Rois 6-7; 2 Chroniques 3-4)
Les Rose-Croix reprennent cet épisode en créant une légende du Grand Architecte Hiram, qui nous intéresse, car les francs-maçons ont fait d'Hiram l'ancêtre de leur Grand Architecte de l'Univers - Hiram est une personnage central de l'initiation maçonnique -, alors que pour les Rose-Croix, Hiram est un fils de Caïn, c'est-à-dire un représentant de l'esprit de Lucifer. Le grand ancêtre maçonnique n'est donc pas le roi de Tyr, mais un des noms secrets du Diable.
[...] Il y a donc deux Hiram, et celui des Rose-Croix n'est pas le roi de Tyr auquel (dans la Bible) Salomon s'adresse pour construire le Temple, mais Hiram Abiff, un phénicien envoyé par le roi. Or, si le premier Hiram est dans la Bible, le second n'y est pas. C'est donc par subterfuge que les maçons prétendent faire revivre un personnage biblique au 3e Degré, celui de Maître. Dans le Rite Ecossais, le Hiram qui est invoqué lors du rituel du 3e grade, celui de Maître, est en effet ''Hiram Abiff'', en d'autres termes le Diable.
Et il y a des catholiques initiés dans ce rite...
Par conséquent, le Temple d'Hiram Abiff construit n'est pas celui que Salomon veut édifier selon la volonté et à la gloire de Dieu, mais un Temple symbolique au service d'une autre volonté, celle du Diable, dont les Fils de Caïn doivent réaliser le désir de soumettre les fils de Seth. (Cf. Alain PASCAL, Les Sources occultes de la philosophie moderne, De la Gnose à la théosophie, tome 1 de La Conspiration des philosophes, éd. des Cimes, Paris 2017, p. 253-266.)
Ces deux temples, bien que distincts dans leur origine historique et légendaire, sont volontairement confondus dans la tradition Rose-Croix et maçonniques, dans les rituels et les enseignements ésotériques. La légende d'Hiram Abiff, dans la légende maçonnique apparaît dans les textes maçonniques du XVIIIe siècle, notamment dans le grade de Maître du Rite Ecossais Ancien et Accepté (REAA) et du Rite de York. Le récit est le suivant : trois mauvais compagnons (Jubéla, Jubélo et Jubélum) tentent d'extorquer les secrets à Hiram, celui-ci refuse de les révéler et ils l'assassine et cachent son corps sous un acacia. Son corps est retrouvé par Salomon, qui le fait inhumer dans le Saint des Saints du Temple. La légende se termine par la résurrection symbolique d'Hiram, qui devient un symbole de l'immortalité de l'âme et de la transmission des secrets sacrés.
Les hauts grades maçonniques du 4e au 33e développent la légende d'Hiram en y ajoutant des éléments kabbalistiques et rose-croix.
Exemple: dans le rituel du grade de Chevalier Rose-Croix (18e degré du REAA), le candidat est invité à reconstruire le Temple spirituel lui-même. Le Temple d'Hiram Abiff devient alors une métaphore du Temple intérieur que chaque Rose-Croix et franc-maçon doit construire en lui-même. La mort et la résurrection d'Hiram symbolisent le processus alchimique et la transformation de l'initié, sans aucun rapport avec le Hiram Ier, roi biblique de Tyr, fils d'une veuve de la tribu de Nephtali, lui-même fils d'un artisan de bronze tyrien (1 Rois 7 :13-14), et son temple matériel historique...
La tradition Rose-Croix au 17e siècle, telle qu'elle apparaît dans les Manifestes (Fama Fraternitatis, Confessio Fraternitatis) et dans les enseignements ultérieurs de Robert Fludd, Elias Ashmole, ou Stanislas de Guaita, intègre des éléments du gnosticisme. Samaël est alors présenté comme une force nécessaire dans le processus de réintégration (influence de Martines de Pasqually), un ange déchu, mais aussi un agent de la purification par le feu, un symbole de l'ombre qui doit être transmué en lumière.
Stanislas de Guaita, fondateur de l'ordre kabbalistique de la Rose-Croix (1888), dans son ouvrage Au Seuil du Mystère, décrit Samaël comme un ange déchu, une force nécessaire dans l'équilibre cosmique... Il le lie à Lith et à une révolte contre Dieu qui peut être transcendée par l'"initié".
Eliphas Levi, occultiste du 19e siècle, dans Dogme et Rituel de la Haute Magie, associe ouvertement Samaël à Satan, mais aussi à Lucifer, le "porteur de lumière", soulignant son rôle de tentateur poussant l'homme à la chute, et de "libérateur" par la délivrance de la "Connaissance" (sic). Lévi écrit: "Samaël est l'ange de la mort, mais aussi celui qui en tuant l'homme ancien, permet la naissance de l'homme nouveau." Et voilà notre "homme nouveau" maçonnique.
Caïn a eu une influence sur l'occultisme moderne:
>Théosophie d'Helena Blavatsky, reprend l'idée que Lucifer est un "porteur de lumière", nécessaire à l'évolution humaine.
>Satanisme (LaVey, Temple de Set): Caïn et Lucifer sont célébrés comme symboles de l'individualisme et de la "libération" des dogmes.
>Néopaganisme: certains courants voient en lui le premier "sorcier" ou chamane, maître des forces cachées de la nature.
La franc-maçonnerie, descendante directe de Caïn, inspiré par Lucifer
Le grade de Grand Maître Architecte du 12e degré des hauts grade était perçu de la sorte: 'Ce degré, en effet achève la formation du maître et annonce déjà l'Élu que façonneront les 13e et 14e degrés. (Claude LLORENS, Planche maçonnique 'Grand Maître Architecte: un thème du 12e degré', in Serge ABAD-GALLARDO, Je servais Lucifer sans le savoir, Pierre Téqui éditeur, Préface de Maurice Caillet, Paris 2016, p.131- 132.)
"[...] Ainsi que l'avoue un franc-maçon dans l'une de ses planches : 'Tubal-Caïn [...], mot de passe des maîtres qui donne à réfléchir, car il comporte une telle ambiguïté qu'il ne peut nous laisser indifférent...' (Planche maçonnique 'Tubal-Caïn' https://ledifice.net/maitre/tubalcain/7076-2 )
L'institution maçonnique met Tubal-Caïn en relation avec le secret du feu et des métaux. [...] Elle l'assimile à un alchimiste: 'Tubal-Caïn, le forgeron, travaille les métaux et s'inscrit spirituellement comme continuateur de LA LIGNEE CAÏNITE [...]'. Mais il est aussi considéré par les obédiences comme un artisan de guerre et de violence : 'Tubal fut, d'après la légende, le premier qui conquit l'art de forger le bronze, donnant à ses alliés un avantage militaire inévitable sur ceux qui ne connaissaient alors que le cuivre pour la fabrication de leurs armes.' (Planche maçonnique 'Tubal-Caïn' https://ledifice.net/maitre/tubalcain/7076-2 ) 'C'est la raison pour laquelle Caïn et ses descendants gagnèrent une réputation de tyrans, de voleurs brutaux et d'assassins, et acquirent des biens matériels de toutes sortes.' (ibid.)
"Tubal-Caïn! On aurait rêvé mieux comme référence pour un maître franc-maçon et bienfaiteur de l'humanité!", écrit Serge-Abad Gallardo dans Je servais Lucifer sans le savoir, ibid., p.133.
Cf. https://ledifice.net/maitre/tubalcain/7076-2
Or, précisément, "le mardi 5 avril 1785 [...] Jean-Baptiste Willermoz [...] reçut onze cahiers rédigés par Marie-Louise de Monspey, dite Mme de Vallière' (SAPPIA ART, Planche maçonnique 'De Tubal-Caïn à Phaleg', 20 mai 2012 ) Dans certains de ses écrits, il était alors question de "substituer le mot de passe [...], à savoir 'Tubal-Caïn'".
Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824), adepte de Martines de Pasqually qui le reçuthttps://christroi.over-blog.com/article-l-illuminisme-philosophique-maconnique-au-xviiie-siecle-39283401.html dans l'ordre des 'Élus Cohens', organisa en juillet 1782 le convent de Wilhelmsbad (où les "Illuminés" tiennent un rôle actif et où sera décidé de la Révolution en France... Cf. Alain PASCAL, La Révolution des Illuminés, Les droits de l'homme contre Dieu, La Conspiration des philosophes tome IV, éd. Cimes, Paris 2023, p. 85-177.)
Il fut à l'origine de la création du Rite écossais rectifié (RER). C'est la raison pour laquelle, 'le 5 mai 1785, Jean-Baptiste Willermoz remplace le nom de Tubal-Caïn par Phaleg, sur décision de la Régence écossaise de Lyon et du directoire d'Auvergne.' Le fondateur de ce rite prit conscience grâce aux cahiers de Madame de Vallière, de la portée satanique de la référence à Tubal-Caïn. De l'aveu même d'une certaine franc-maçonnerie déiste, 'Tubal-Caïn [...] est qualifié d'''agent diabolique' et portant les 'vices charnels', 'c'est un nom d'abomination' [...], 'il n'apprit l'art du travail des métaux et la maîtrise du feu que par des voies profanatrices et sataniques'.
Depuis, le RER ne comporte plus de référence à Tubal-Caïn au grade de maître. Le RER est le rite privilégié de la Grande Loge nationale de France, même s'il n'est pas le seul. (Serge-Abad Gallardo dans Je servais Lucifer sans le savoir, ibid., p.135-136.)
Mais 'Tubal-Caïn' est toujours le mot dans d'autres rites maçonniques .... :
"Au Rite Émulation, Tubalcaïn est le mot de passage donnant accès du 2ème au 3ème grade.
"Au Rite York, Tubalcaïn est le nom de la griffe de passage de compagnon à maître, servant de mot de passe au 2ème degré, tel que cela apparaît dans l’échange entre le 1er surveillant et le 1er expert dans les instructions du degré : «- A-t-elle un nom? -Oui – Voulez-vous me le donner ? – Ce n’est pas ainsi que je l’ai reçu et je ne le communiquerai jamais ainsi.- Comment en disposez-vous ? – En l’épelant ou par syllabe. – Donnez-le par syllabe et commencez. – Commencez vous-même. – C’est à vous de commencer.». Le mot Tubalcaïn est donné par syllabe entre le premier expert et le V\ M\ Puis complètement par le 1er expert. Cette griffe est un en-deçà de la griffe véritable du maître.
"Au REAA, c’est le mot de passe du Maître. 'Ce mot est TULBAKAIN, que nous avons adopté en raison de l’intimité qui doit exister entre nous et le premier Vulcain dans l’univers. Nous appelons cela un mot de veille, car nous exigeons qu’il soit prononcé avant ce qui était jadis connu, à savoir JAKIN' (Solomon in All His Glory or the Master-mason, traduction du Franc-maçon démasqué ou le vrai secret des Frans maçons de 1751)." ( Cf. https://450.fm/2023/02/07/tubalcain-un-personnage-sulfureux-en-franc-maconnerie/)
Les Caïnites étaient une secte gnostique antique (IIᵉ–IIIᵉ siècles) qui vénéraient Caïn, Judas, Ésaü, et d’autres figures bibliques traditionnellement considérées comme "maudites". Pour eux, ces personnages incarnaient la révolte contre le Démiurge (Yahvé, vu comme un dieu ignorant et tyrannique) et la recherche de la connaissance véritable au-delà des dogmes religieux.
Influences :
- Gnosticisme : L’idée que le monde matériel est une prison créée par un dieu inférieur (le Démiurge), et que l’humain doit se libérer par la gnose (connaissance spirituelle).
- Manichéisme : Dualisme entre lumière et ténèbres, où l’humain doit libérer les particules de lumière piégées dans la matière.
- Hermétisme : Utilisation de rituels magiques pour accéder à des vérités cachées.
Textes Fondateurs
- Évangile de Judas (apocryphe du IIe siècle) : Présente Judas comme un héros qui aide Jésus à accomplir sa mission en le trahissant, permettant ainsi la libération de l’âme humaine. Saint Irénée de Lyon fait mention de l'Évangile de Judas à la fin du IIe siècle dans son ouvrage Contre les hérésies (Livre 1, chapitre 31, alinéa 1): l’Évangile de Judas y est attribué à la secte gnostique des Caïnites...
- Apocryphon de Jean (texte gnostique du IIe siècle) : Décrit le Démiurge comme un être ignorant, et encourage la rébellion contre ses lois.
- Pistis Sophia : Texte gnostique où Jésus enseigne des rituels pour libérer l’âme des chaînes de la matière.
Exemples de rituels caïnites
Voici quelques exemples reconstruits à partir de textes gnostiques, occultes et rosicruciens :
A. Rituel de l’Illumination par le Serpent
But : Éveiller la gnose (connaissance divine) en l’individu, comme Ève l’a reçue de Samaël (le serpent).
Étapes :
1. Préparation :
- Lieu : Un espace sacré, souvent un cercle tracé à la craie ou au sang (symbolique).
- Objets : Une pomme (symbole de la connaissance), un miroir (pour la réflexion intérieure), une bougie noire et une bougie blanche (dualisme).
- Participants : Un officiant (le "Guide") et un initié.
2. Invocation de Samaël :
- Le Guide récite une prière ou un hymne à Samaël (ou Lucifer), souvent en araméen ou en hébreu, pour invoquer son énergie de connaissance.
- Exemple d’invocation :
"Samaël, Porteur de Lumière, toi qui as offert à Ève le fruit de la sagesse,
Ouvre nos yeux à la vérité cachée, libère-nous des chaînes de l’ignorance."
3. Consommation du Fruit :
- L’initié mange une pomme (ou un fruit symbolique) en méditant sur la chute comme éveil.
- Le Guide déclare :
"Par ce fruit, tu quittes l’innocence de l’ignorance et entre dans le jardin de la connaissance." Ce qui équivaut à une réédition du Péché originel !
4. Méditation sur la Dualité :
- L’initié médite devant le miroir, symbolisant la connaissance de soi comme premier pas vers la libération.
- Les bougies (noire et blanche) représentent l’acceptation des ténèbres et de la lumière en soi.
5. Clôture :
- Le Guide éteint les bougies en déclarant :
"Que la lumière de Samaël brille en toi, et que tu marches sur le chemin de Caïn, le premier des libres."
B. Rituel du Sang de Caïn
But : Se connecter à la lignée spirituelle de Caïn et recevoir sa "bénédiction" de rébellion et de force. En somme, vous recevez la "bénédiction" du Diable;
Étapes :
1. Préparation :
- Lieu : Un autel avec une dague rituelle (ou un couteau symbolique), un calice, et une image de Caïn (ou un symbole comme un crane ou une épée).
- Participants : Un groupe ou un individu.
2. Offrande Symbolique :
- Les participants déposent des objets personnels (une mèche de cheveux, une lettre écrite à la main) sur l’autel, symbolisant leur ancienne vie qu’ils abandonnent.
3. Récit de Caïn :
- Lecture d’un texte gnostique ou d’une réinterprétation de la Genèse, où Caïn est présenté comme un héros.
- Exemple :
"Caïn, premier-né de l’humanité, tu as osé défier le Démiurge.
Ton sang crie du sol, non pas pour la vengeance, mais pour la libération de ceux qui osent voir au-delà."
4. Partage du "Sang" :
- Le Guide verse du vin rouge (symbolisant le sang) dans le calice et le partage avec les participants.
- Chaque participant boit en déclarant :
"Je bois le sang de Caïn, et je deviens un enfant de la rébellion sacrée." (sic)
5. Marquage Symbolique :
- Le Guide trace une marque (une croix inversée, un serpent, ou un symbole caïnite) sur le front ou la main de chaque participant avec de l’huile ou du charbon, en disant :
"Que cette marque te rappelle que tu es un héritier de Caïn, libre et indomptable." Cette marque en somme est un Pacte avec le diable.
C. Rituel de la Rose Noire (Inspiré de la Rose-Croix)
But : Utiliser la symbolique de la rose noire (représentant la connaissance cachée et la beauté dans l’obscurité) pour accéder à des vérités ésotériques.
Étapes :
1. Création de la Rose Noire :
- Les participants fabriquent une rose noire (réelle ou symbolique, en papier ou en tissu) en méditant sur les mystères cachés du monde.
2. Consécration :
- La rose est placée au centre d’un cercle et aspergée d’eau salée (purification) et de vin (symbolisant le sang et la vie).
- Le Guide récite :
"Rose Noire, fleur de la connaissance interdite,
Ouvre-toi à nous, et révèle les secrets que le Démiurge a cachés."
3. Méditation sur les Opposés :
- Les participants méditent sur l’union de la rose (beauté, amour) et de la croix (souffrance, sacrifice), en visualisant une Rose-Croix noire.
4. Brûlure de la Rose :
- La rose est brûlée dans un encensoir, et la fumée est inhalée comme une offrande aux esprits de la connaissance.
- Les participants déclarent :
"Par cette fumée, nous envoyons nos prières à ceux qui ont osé savoir."
D. Certains groupes maçonniques et rosicruciens (maçonnerie dite "déviante", loges ouvertement lucifériennes, loges "Noires") font des pactes avec des démons, des rituels de malédictions (actes sexuels violents, sacrifices animaux ou humains). Leurs membres souffrent de de déséquilibres psychologiques (folie, suicides).
Temple of Set : Vénère Lucifer et explore les thèmes caïnites...
Fraternitas Rosicruciana Antiqua (FRA) : Intègre des éléments gnostiques et alchimiques dans ses pratiques.
Rituels et pratiques empruntes de magie noire
En maçonnerie.
>L'ambivalence ("Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas", et inversement), l'ambiguïté elle-même utilisée comme "outil de transformation" pour "stimuler la réflexion" est un outil occultiste puissant permettant un passage facile vers la Magie, le satanisme, porte ouverte à des forces incontrôlables.
>Les menaces symboliques lors de l'"initiation" ou "mort symbolique" - bandage des yeux, menaces de morts avec une épée pointée sur la gorge, le serment de fidélité sous peine de châtiments terrifiants Ex: avoir la gorge tranchée, la langue arrachée) - ont été perçues comme des malédictions réelles, une manipulation psychologique ou un pacte occulte.
>Le rituel de Maître maçon : la légende d'Hiram et la recherche du Mot perdu ou secret, une une apologie du meurtre rituel
>l'utilisation d'un langage codé et allégorique confinent à des incantations magiques
En Rosicrucianisme.
>Visualisations de lumière noire (nigredo) comme étape de purification dans certains rituels.
>Le rituel du "Pacte avec Soi-Même" rappelle le pacte avec le diable (comme celui de Faust)
>L'utilisation des "forces de la nature", des "éléments", par Paracelse et Agrippa
>L'utilisation du Baphomet par Eliphas Lévi
>Le mélange de maçonnerie, de rosicrucianisme et de magie noire (Thelema) par Aleister Crowley (1875-1947), membre de l'O.T.O. et de la Golden Dawn (Ordre hermétique de l'Aube dorée), fondateur d'une "magie sexuelle", qui a pratiqué des rituels d'invocations de démons (Livre de la Loi)... et a rapporté des rencontres avec des entités.
>L'utilisation de pentacles, de talismans, de symboles hermétiques et d'invocations magiques.
>L'utilisation de rituels d'invocations d'"anges" et de démons... par Samuel Liddell MacGregor Mathers (1854-1918), un des fondateurs de la Golden Dawn.
Dangers
Un symbole comme Baphomet peut représenter
>pour un rosicrucien: l'équilibre des forces.
>pour un sataniste : l'adoration du mal.
L'ambivalence des rituels maçonniques, l'union des opposés, l'ambiguïté "pour stimuler la réflexion" et outil dit "de transformation", est un moyen occultiste puissant (hermétisme, rosicrucianisme, maçonnerie) reposant sur le principe "Comme en haut, ainsi en bas" (Hermès Trimégiste), reflétant la dualité du monde (bien/mal; lumière/ténèbres; esprit/matière; homme/femme) utilisant des symboles ambivalents (serpent, androgyne, Baphomet, étoile flamboyante) intégrant les opposés en soi-même, permettant un passage facile vers la magie, le satanisme, porte grande ouverte à la possession diabolique.
Les expériences de l'O.T.O. d'Aleister Crowley : Crowley a pratiqué des rituels d'invocation (Comme ceux du Livre de la Loi) et a raconté des rencontres avec des entités. Certains de ses disciples ont :
>perdu la raison (folie, irrationalisme); dire tout et son contraire "en même temps" (ce qui nous rappelle un certain président de la république)
>ou sont tombés dans la dépravation (magie noire sexuelle)
>ont développé orgueil et isolement. L'occultiste développe un sentiment de supériorité ("je saisis des choses que les autres ignorent"), il peut rejeter toute morale, sombrer dans le nihilisme ou le cynisme.
Des cauchemars récurrents, des hallucinations ou des voix intérieures, sont un signe d'infestation d'entités. Que faire ? Consulter un thérapeute spécialisé (approche psychologique d'abord), un exorciste si le thérapeute est "dépassé".
L'ambiguïté est donc dangereuse :
>elle peut conduire à des dérives psychologiques graves (folie, possession).
>elle expose à des manipulations (sectes, gourous)
>elle ouvre des portes à des forces obscures incontrôlables.
Que répondre à un proche qui s'intéresse à l'occultisme ?
Qu'il pratique une tendre dévotion à la Vierge Marie "gratia plena", Pleine de grâce, qui ouvre à la grâce, s'intéresse plutôt à la douceur et à la collaboration avec Dieu de la Mère de Dieu (Notre-Dame de Guadalupe, Vierge des Amériques portant en elle les deux continents).
Cette voie est une Protection puissante: la Vierge Marie est une Protectrice et une Mère
Notre-Dame de Guadalupe est un symbole universel de miséricorde, de compassion et de protection. Son apparition au Mexique en 1531 à Juan Diego montre qu'elle se révèle aux humbles et intercède pour eux. Son manteau étoilé montre le Ciel enveloppant la terre, image de protection divine. Les roses de Castille rappellent que:
>la beauté et la grâce viennent de Dieu. Pas de nos propres forces.
>la Vierge Marie intercède puissamment. Elle dissout la peur et l'angoisse.
C'est déjà la prière que faisaient les premiers Chrétiens au IIIe siècle à la Vierge Marie :
Sous l'abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu.
Ne méprise pas nos prières dans nos nécessités, mais délivre-nous toiujours de tous les dangers,
Ô Vierge glorieuse et bénie.
Qu'il apprenne à prier en aimant d'abord la Création, en la voyant belle et bonne, car elle est une image du Créateur.
Qu'il apprenne à croire en la bonté gratuite et l'amour infini de Dieu. "Père, que ta volonté soit faite" et non pas la mienne.
La prière humble et confiante "Que ta volonté soit faite" (Mt 6,10) détache de l'ego (on ne cherche plus à imposer sa chair, sa volonté, on cherche à l'aligner sur la volonté de Dieu). C'est un antidote puissant contre l'orgueil, la manipulation et les forces obscures. Cette prière apporte la paix, elle apaise l'âme : la confiance en Dieu chasse la peur et l'anxiété.. Elle protège des tentations.
En acceptant la volonté divine, on évite de tomber dans l'orgueil ou la rébellion (comme Lucifer / Caïn)
L'amour de la création (nature, humanité, vie) est un chemin de lumière qui éloigne des tentations de pouvoir, de domination ou de contrôle humain.
Prier en aimant la Création c'est:
>passer du temps dans la nature (marcher en forêt, contempler un lever ou un coucher de soleil, la mer, la montagne, écouter le chant des oiseaux : tout cela est une prière)
>reconnaître que tout vient de Dieu (la nature, les autres, nous-mêmes),
>voir le monde avec des yeux de gratitude (comme S. François d'Assise qui appelait le Soleil ''frère" et la lune ''soeur''),
>devenir pour soi-même et les autres un canal de bonté: En aimant ce que Dieu a créé, on participe à Son amour.
Pratiquer la gratitude quotidienne :
Remercier.
Chaque soir, noter 2 choses pour lesquelles on est reconnaissant
Ex: "Merci Seigneur,
>pour ce repas,
>pour cette personne rencontrée qui m'a souri
>pour la beauté des fleurs.
"Loué sois-Tu, mon Seigneur, pour toutes Tes créatures, et spécialement pour notre frère le Soleil, qui nous donne le jour et nous éclaire de sa lumière." (Cantique des créatures)
Vivre dans la confiance
"S'abandonner". Lâcher prise: accepter que tout ne dépend pas de nous, mais de Dieu
Demander la volonté de Dieu: avant de prendre une décision, prier; "Seigneur, Que ta volonté soit faite, pas la mienne''.
Se détacher des résultats. "Faire notre devoir et laisser faire à Dieu".
Se protéger spirituellement
>fréquenter les sacrements pour vivre dans la grâce
Ô Vierge de Guadalupe, Mère des Amériques et Protectrice des affligés,
Nous venons à toi avec confiance et amour
Tu as choisi de te révéler à un humble indigène pour nous montrer ta tendresse,
Intercède pour nous auprès de ton Fils Jésus.
Aide-nous à aimer comme toi, avec un coeur pur et généreux.
Protège-nous des pièges du mal et des tentations de l'orgueil.
Apprends-nous à prier avec simplicité et à vivre dans la confiance.
Que notre vie soit un chant d'amour à Dieu.
Et que, comme Saint Juan Diego, nous portions Ta Lumière au monde.
Notre-Dame de Guadalupe, Prie pour nous.
Amen.
Conclusion
Le pélagianisme, le dualisme manichéen, la réinterprétation symbolique du temple d'Hiram, reposent sur des analogies entre certains aspects du rituel maçonnique et ces hérésies...
Sans nier ouvertement la possibilité d’une aide divine, la franc-maçonnerie promeut un autosauvetage humain directement inspiré du luciférisme, le devoir de "réintégration" du monde - comme si Dieu avait créé un monde mauvais - n'étant alors que la construction du royaume de Satan et des ennemis de Dieu sur terre.
Il n'existe pas de vérité absolue accessible à l'homme. Sa quête réside dans le secret et dans la transgression.
A travers Tubal-Caïn, Caïn et Samaël le serpent, Lucifer est glorifié comme un dieu. L'obéissance à Dieu est considéré comme servile, l'obéissance au serpent comme libératrice !
La tradition rosicrucienne et maçonnique est donc :
>une inversion du dogme chrétien et son remplacement par ses propres dogmes maçonniques
>un renversement du bien et du mal qui fait incontestablement du Diable, du Serpent, son propre dieu, "un bienfaiteur." "Rien n'est complètement mauvais, rien n'est entièrement bon". Pas même le Dieu de la Bible et de la Révélation chrétienne. Chacun décidant de ses propres critères moraux, le pavé mosaïque étant parfois présenté comme le ying et le yang de la cosmologie manichéenne extrême-orientale.
Or, attribuer le mal à Dieu peut être considéré comme un aspect du péché contre le Saint-Esprit, seul péché irrémissible, à condition que ce soit:
>un acte libre et conscient (pas une simple erreur ou doute)
>une persistance dans cette croyance malgré la lumière de la foi (obstination et impénitence finale)
>un rejet de la bonté divine (ex: haïr Dieu à cause du mal)
Pourquoi ? Parce que:
>cela nie la nature même de Dieu (Amour et Vérité)
>rejette l'action du Saint-Esprit (qui relève Dieu comme Père miséricordieux)
>bloque la grâce en fermant le cœur à la conversion.
Lorsque tout est relatif et provisoire, [...] tout est permis et LA MORALE N'EXISTE PLUS.
Serge ABAD-GALLARDO, Je servais Lucifer sans le savoir, Pierre Téqui éditeur, Préface de Maurice Caillet, Paris 2016, p. 38
Et lorsque la morale n'existe plus, les tyrans font ce qu'ils veulent.
Saint Jérôme, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011.
Père de l'Église latine, né vers 340 ou 331 à Stridon, à la frontière entre la Pannonie et la Dalmatie (actuelle Croatie), Jérôme de Stridon ou S. Jérôme, en latin Eusebius Sophronius Hieronymus (vers 340 - 30 septembre 420) est connu pour ses traductions en latin de la Bible à partir du grec et de l'hébreu (la "Vulgate de S. Jérôme").
Les catholiques le considèrent comme un des Pères de l'Église et, avec les orthodoxes, le vénèrent comme saint.
Jérôme fait des études à Rome, se convertit à l'âge de 25 ans suite à un rêve mystérieux lors d'une maladie, puis, après un séjour en Gaule, part pour la Terre Sainte en 373 où il vit en ermite à Chalcis de Syrie dans la "Thébaïde de Syrie" au sud-ouest d'Antioche (Asie Mineure - Turquie), où il est ensuite fait prêtre.
En 383, le pape Damase Ier le choisit comme secrétaire et lui demande de traduire la Bibleen latin. À la mort de Damase, il doit quitter Rome et retourne en Terre Sainte en compagnie de Paula, noble romaine. Ils fondent un monastère double à Bethléem.
Durant les 34 dernières années de sa vie, Jérôme se consacre à l'écriture de l'Ancien Testament en latin à partir de sa propre traduction de l'hébreu, et à rédiger ses commentaires sur la Bible.
Ce saint docteur meurt en 420 à Bethléem.
Ses restes sont d'abord enterrés à Jérusalem puis transférés à la Basilique Sainte-Marie-Majeure, une des quatre grandes basiliques de Rome.
Sa traduction constitue la pièce maîtresse de la Vulgate, traduction de la Bible officiellement reconnue par l'Église catholique.
Un jour, "un lion s'était introduit dans le monastère de Bethléem et par sa présence il effrayait les moines. Mais l'animal boîtait, et Jérôme, comprenant sa détresse, et voulant faire taire les cris de ses frères, s'avança et retira une épine de la patte du lion. Le lion demeura auprès de lui tout le reste de sa vie. Peut-être un animal muet s'adaptait-il mieux au tempérament fougueux du saint qu'un humain. Après la mort de Jérôme, le lion protégea les animaux domestiques du monastère." (Le Grand Livre des Saints, Les Grands Mystères de l'Histoire, numéro spécial, octobre 2015, n° 9, p. 85)
Tout est et sera vain jusqu’à ce que nous trouvions ce qui est complet et parfait.
En 379, Jérôme écrit : "la seule vraie Église a été fondée par les Apôtres et continue dans leurs successeurs jusqu'à ce jour ; Les hérétiques ne peuvent pas utiliser la Bible comme excuse pour rejeter ses enseignements.
" Nous devons rester dans cette Église qui a été fondée par les Apôtres et qui continue jusqu’à ce jour. Si jamais vous entendez parler de ceux qui sont appelés 'chrétiens' et qui tirent leur nom non pas du Seigneur Jésus-Christ, mais de quelque autre, par exemple, des Marcionites, des Valentiniens, des Hommes de la montagne ou de la plaine, vous pouvez être sûr que vous n’avez pas là l’Église du Christ, mais la synagogue de l’Antéchrist.
"Car le fait qu’ils aient pris leur essor après la fondation de l’Église est la preuve qu’ils sont ceux dont l’Apôtre a prédit la venue.
" Et qu’ils ne se flattent pas s’ils pensent qu’ils ont l’autorité de l’Écriture pour leurs affirmations, puisque le diable lui-même a cité l’Écriture, et que l’essence des Écritures n’est pas la lettre, mais le sens." (Saint Jérôme," Dialogue avec les lucifériens", § 28, 379 apr. J.-C.)
Ce saint docteur meurt à Bethléem le 30 septembre 420.
Ses restes sont d'abord enterrés à Jérusalem puis transférés à la Basilique Sainte-Marie-Majeure, une des quatre grandes basiliques de Rome.
On le considère comme le patron des traducteurs à cause de sa révision critique du texte de la bible latine, la Vulgate, qui a été utilisée jusqu'au XXe siècle comme texte officiel de la Bible en Occident.
Saint Jérôme au désert, Giovanni Battista Cima da Conegliano, v. 1500-1510
Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 274 ; Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011.
Le pape Léon déclare la France "Royaume de Marie" !
Oui, vraiment ! S’adressant hier aux évêques français à Lourdes, Léon a puisé profondément dans l’histoire catholique de la France et leur a rappelé que leur pays était autrefois connu sous le nom de Regnum Mariae – le "Royaume de Marie".
Léon transforme ensuite l’histoire en mission ; il exhorte les évêques à faire preuve de "courage, d’audace et de créativité missionnaire", à défendre le droit de l’Église d’évangéliser publiquement, et à "ne jamais se lasser de proclamer l’Évangile", puis vient sa remarquable "feuille de route" pour l’Église de France :
"Faire connaître et aimer Jésus-Christ, authentiquement, passionnément, encore et encore."
Cela devient l’un des aspects les plus fascinants de la visite de Léon. Il ne traite pas l’héritage catholique de la France comme une pièce de musée, il le présente comme quelque chose à se rappeler, à reconquérir et, surtout, à vivre !
La France, le "Royaume de Marie", se voit rappeler son héritage à Lourdes.
Un auteur très intéressant, en ce qui concerne la question sociale, est Wilhelm Emmanuel von Ketteler (1811-1877), évêque de Mayence. À partir de la doctrine de saint Thomas d'Aquin, il a défendu la propriété privée contre le collectivisme, mais il s'est également opposé fermement au capitalisme libéral et à sa conception absolue de la propriété privée et du propriétaire compris comme maître absolu ou "seigneur sans restriction’́ (unbeschränkter Herr) doté de droits inconditionnels et illimités.
Or, ce qui attire le plus mon attention chez cet auteur, c'est l'étiologie qu'il présente de ce phénomène, à savoir que l'absolutisation de la propriété privée se trouve dans l'athéisme et dans le déni de l'ordre social chrétien :
"Cette doctrine [thomiste] du droit de propriété ne peut exister que là où il y a une foi vivante en Dieu, puisque c'est en Dieu que réside sa racine et son fondement.
À partir du moment où ces hommes qui se disent “amis du peuple”, bien qu'ils ne travaillent que pour sa ruine, ont détruit chez les hommes la croyance en Dieu, c'est alors seulement que la doctrine athée du droit de propriété a commencé à se répandre, doctrine par laquelle l'homme devient Dieu de sa propriété. Éloignés de Dieu, les hommes se considèrent comme les maîtres exclusifs de leur propriété, et ne la voient que comme un moyen de satisfaire leur désir toujours croissant de jouissance. Éloignés de Dieu, ils font des joies de la vie et des plaisirs sensuels l'objet de leur existence, et des biens terrestres les moyens d'atteindre cette fin. C'est ainsi qu'un abîme s'est ouvert entre pauvres et riches tel que le monde chrétien n'en a jamais connu de semblable, même de loin.
Les 1 % les plus riches du monde possèdent plus que les 99 % restants, AFP Le Point, Publié le 18/01/2016 Cf. https://www.lepoint.fr/economie/les-1-les-plus-riches-au-monde-possedent-plus-que-les-99-autres-18-01-2016-2010951_28.php
"Tandis que le riche, dans sa sensualité surexcitée et raffinée, gaspille et dissipe, il laisse ses frères pauvres se consumer dans le manque des choses les plus nécessaires et leur vole ce que Dieu a destiné à la nourriture des hommes. Sur la propriété ainsi comprise et de cette manière séparée de l'ordre naturel et surnaturel, pèse, comme une lourde malédiction, une montagne d'injustice...
Ce n'est pas l'Église catholique, mais l'incrédulité et l'athéisme qui ont instauré ces choses, et de même qu'ils détruisent chez le pauvre la joie du travail, ils dissipent chez le riche l'esprit d'amour et la charité en acte. '’ (19-XI-1848)
Citation : Wilhelm Emmanuel von Ketteler, "Die christliche Idee vom Recht des Eigentums’́ (19-XI-1848), in ''Die großen sozialen Fragen der Gegenwart'', Mayence, 1849.
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Conclusion
L'égalité des uns présuppose comme condition préalable l'inégalité économique et sociale des autres !...
"Même si l’on donnait à ces titres un contenu qui puisse être reconnu comme faisant partie du dépôt de la foi, leur définition, dans la situation actuelle, ne serait pas théologiquement claire, car ces titres, et les doctrines qui leur sont inhérentes, nécessitent encore un examen approfondi dans une perspective trinitaire, ecclésiologique et anthropologique renouvelée." Telle est la conclusion de la Déclaration de Częstochowa, que nous avons débattue ces derniers dimanches. L’accent mis sur la nécessité d’un nouvel examen des titres de Corédemptrice, de Médiatrice et d’Avocate semble davantage relever d’un espoir fugace que d’un engagement concret ; on aurait pu s’attendre à ce qu’une commission constituée spécifiquement pour traiter cette question, dont les membres possédaient assurément l’expertise, entreprenne cet examen. Malheureusement, on a le sentiment que des études complémentaires, toujours bienvenues en soi, ont servi de prétexte pour reporter indéfiniment la mise en œuvre d’une définition dogmatique, désapprouvée non pas tant dans le milieu œcuménique que dans le monde théologique catholique. La note doctrinale Mater Populi Fidelis a, en fait, pleinement exposé cette résistance interne, soutenue par des arguments fragiles et dépassés.
Efforçons-nous, autant que faire se peut et avec l’aide de Dieu, de pénétrer le mystère de Marie, en contemplant sa personne en relation avec la Très Sainte Trinité, la Sainte Église et le plan que Dieu a conçu pour l’humanité. Commençons par la perspective trinitaire.
Le dogme de la maternité divine de Marie ne révèle pas seulement sa relation maternelle avec Jésus, qui reçoit d'elle seule sa sainte humanité ; plus profondément encore, il souligne l'union intime entre elle et le Père, qui, dans son amour infini, l'a créée pour participer à la génération du Fils. Le Père unit à lui cette créature, si parfaite par nature et par grâce, et lui communique sa puissance génératrice ; Marie se trouve ainsi à engendrer le Fils dans le temps, de façon analogue à la manière dont le Père l'engendre dans l'éternité. L'adverbe "analogue" est essentiel : Dieu ne peut ni ne désire la contradiction ; autrement dit, il ne peut permettre qu'une créature soit simultanément Dieu ; tout ce que Dieu partage avec ses créatures doit donc être compris et prêché par analogie, et non de manière univoque. Ainsi, comme l’écrivait le théologien Louis Bouyer (1913-2004), "Jésus, entièrement Fils du seul Père céleste par sa divinité, sera entièrement Fils de la seule Mère terrestre par son humanité" ( Le trône de la Sagesse. Essai sur la signification du culte marial, Paris 2012, p. 147).
C'est une vérité stupéfiante : la maternité de Marie a la particularité d'être virginale, analogue à la paternité du Père dans la génération du Fils : le Père seul engendre dans l'éternité, la Mère seule engendre dans le temps.
Nous pouvons donc affirmer que la Théotokos est l'impression de la paternité divine dans une créature, la participation unique de cette paternité dans la Vierge, fille de Sion. Ce qui a été dit concerne la caractéristique des opérations ad intra de la personne du Père, dans la vie intime de la Trinité (c'est-à-dire du point de vue de la Trinité immanente). Mais il y a aussi le point de vue de la Trinité économique, c'est-à-dire de la Trinité dans ses opérations ad extra ; ce sont certes deux dimensions distinctes, mais non déconnectées l'une de l'autre ; on peut dire, en simplifiant, que dans les opérations ad extra, on trouve la signature de la caractéristique que chaque Personne possède au sein de la vie intime de la Sainte Trinité.
Par conséquent, du point de vue des opérations extérieures, la création est attribuée à la personne du Père. Afin de comprendre cette perspective d'attribution, une clarification s'impose. Toutes les personnes de la Sainte Trinité sont impliquées dans chaque opération ad extra, Dieu étant le sujet de ces opérations : c'est Dieu qui crée, c'est Dieu qui rachète, c'est Dieu qui sanctifie. Cependant, en raison de la similitude entre une opération extérieure particulière et la caractéristique spécifique de la vie intime de cette Personne divine particulière, on peut dire que certaines opérations ad extra sont attribuées à une Personne divine plutôt qu'à une autre. Ainsi, puisque le Père est le principe des communications trinitaires et, en ce sens, de la vie divine immanente à la Trinité, la création lui est attribuée, c'est-à-dire l'action qui initie quelque chose de nouveau et de distinct de la Trinité.
Cette attribution est également partagée avec Marie, appelée à être celle qui initie la nouvelle création. La nouvelle création, en effet, n'est autre que l'irruption dans l'histoire de Celui qui est "plein de grâce et de vérité" (Jn 1, 14), du Verbe qui s'incarne pour être la tête d'un corps formé de membres régénérés par l'eau et l'Esprit (cf. Jn 3, 5). Dans la première création, déchue par le péché originel, un principe nouveau est greffé, qui atteindra sa pleine maturité dans le monde nouveau, dans la vie éternelle. Marie, la Très Sainte, est celle qui engendre cette nouvelle création. Il s'agit encore d'une analogie de participation : Marie ne crée pas ex nihilo, car elle n'est pas Dieu ; et pourtant, il est indéniable que le principe de la nouvelle création, Jésus-Christ, notre Seigneur, naît d'elle.
Avant d’examiner la relation de Marie avec les deux autres Personnes de la Sainte Trinité , il convient de considérer un aspect fondamental de sa relation avec le Père, que l’on retrouve également dans ses relations avec le Fils et le Saint-Esprit. Dieu a créé l’humanité pour entrer en communion d’amour avec Lui, et l’amour est unificateur et participatif ; ceux qui aiment recherchent l’union avec l’Aimé et, dans cette union, se communiquent à Lui. Le dessein de Dieu pour l’humanité est un appel parrain/marraine : Dieu désire unir l’humanité à Lui de cette manière intime qui, du point de vue des réalités créées, s’exprime le mieux dans le mariage.
Cela s’est produit d’une manière particulièrement merveilleuse en la Vierge Marie. Elle est l’Épouse de Dieu par excellence, entretenant avec chacune des Personnes trinitaires une relation d’union unique et de don mutuel de soi. Dans ce don de soi, chaque Personne lui communique – de manière participative – ce qui la caractérise dans ses propres actions, tant intérieures qu’extérieures. Il me semble que la vocation sponsale est la clé d’une compréhension plus juste de l’histoire du salut, des mystères de la foi et de la figure extraordinaire de Marie Très Sainte, qui a réalisé, de la manière la plus pleine et la plus parfaite qui soit pour une créature, cette vocation sponsale.
De gauche à droite : Saints Gabriel, Michel et Raphaël
Le 29 septembre, l'Église honore les trois archanges mentionnés dans les Saintes Écritures : saint Michel, saint Gabriel et saint Raphaël. Ces êtres célestes, chargés de missions particulières dans le plan de salut de Dieu, nous rappellent la présence et la protection constantes des anges dans notre cheminement spirituel.
La fête des Archanges est plus qu'une commémoration des êtres célestes : elle rappelle la proximité de Dieu avec l'humanité. Ces trois archanges symbolisent :
-Protection (Michel),
-Révélation du plan de Dieu (Gabriel), et
-Guérison et guidance (Raphaël).
Leur présence nous rassure : Dieu n'abandonne jamais son peuple. Tout comme ils ont accompagné Marie, l'Église primitive et les fidèles d'autrefois, ils continuent de nous fortifier, de nous guider et d'intercéder pour nous aujourd'hui.
Saint Michel – Défenseur du Ciel
Il est vénéré comme le plus puissant défenseur contre le démon. Pour cette raison l'iconographie, tant orientale qu'occidentale, le représente comme un guerrier qui, avec l'épée ou la lance, frappe à mort le dragon sous ses pieds.
Le Livre du Pasteur d'Hermas évoque en ces termes l'ange grand et glorieux de Dieu : "[...] Écoute, dit. Ce grand arbre qui couvre des plaines et des montagnes et toute la terre, c'est la loi de Dieu qui a été donnée au monde entier. Or cette loi, c'est le Fils de Dieu qui a été proclamé jusqu'aux confins de la terre. Les peuples qui se trouvent à l'abri sous l'arbre, ce sont ceux qui ont entendu la proclamation et qui ont cru en elle. L'ange grand et glorieux, c'est Michel qui détient le pouvoir sur ce peuple et qui le gouverne, car c'est lui qui donne la loi et la met dans le coeur des croyants. Il inspecte donc ceux auxquels il a donné la loi, vérifiant s'ils l'ont bien gardée. Tu vois les rameaux de chacun: les rameaux, c'est la loi. Tu vois donc beaucoup de rameaux devenus inutiles: tu reconnaîtras en eux tous ceux qui n'ont pas gardé la loi. [...] Tous ceux, dit-il, qui ont transgressé la loi qu'ils ont reçue de lui, il les a laissés en mon pouvoir en vue de la pénitence. Et tous ceux qui se plaisent désormais dans la loi et qui l'ont observée, il les tient en son propre pouvoir. Qui sont donc, Seigneur, dis-je, ceux qui sont couronnés et qui vont dans la tour?' En réponse, il me dit: 'Ces hommes couronnés, ce sont ceux qui ont lutté contre le diable et qui l'ont vaincu.'" (Pasteur d'HermasLXIX, Parabole VIII, 2-6, Premiers écrits chrétiens, Bibliothèque de la Pléiade, éd. Publiée sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, Nrf Gallimard, Lonrai 2017, p. 157)
Avec saint Michel, l'Église honore tous les bons anges, dont il a été le chef et le modèle au jour de la révolte de Lucifer (Lucifer est l'autre nom de Satan que l'on retrouve dans les livres de Isaïe 14 12, Job, Zacharie, Ezechiel 28 2, 11 et dans l'Apocalypse de saint Jean) et des mauvais anges qui ont suivi Lucifer ("Chute des anges"). Ces mauvais anges sont ceux que l'Église appelle les "démons". Leur chef de file, Lucifer ou "Satan" n'a de cesse que de tenter les hommes, afin de les amener à le rejoindre dans sa rébellion contre Dieu en les poussant au péché. Les démons "s'enorgueillirent des dons qu'ils avaient reçus; ils s'en firent des armes contre celui de qui ils les tenaient, et refusant à Dieu le respect et l'obéissance qu'ils lui devaient, ils employèrent leur liberté et toutes leurs facultés à offenser celui qu'à tant de titres ils auraient dû servir. [...] Dieu les frappa à l'instant même, sans leur laisser le temps de faire pénitence. Pour cet unique péché, Il les dépouilla des dons de la grâce; il les lança du haut du ciel comme la foudre (Et ait illis: Videbam Satanam sicut fulgur de coelo cadentem. Luc, X, 18.) et les précipita dans les flammes éternelles de l'enfer". (1)
Les bons Anges, ayant suivi saint Michel dans sa fidélité à Dieu, sont divisés en neuf chœurs et en trois hiérarchies : les anges, les archanges et les vertus ; les puissances, les principautés et les dominations ; enfin, plus haut encore, les trônes, les chérubins et les séraphins. Leur occupation est de contempler Dieu, de L'aimer, de Le louer et d'exécuter ses volontés pour la conduite de l'univers et pour le salut des hommes. Aussi les voyons-nous chargés de différentes missions sur la terre, auprès des personnes, des familles, des paroisses, des diocèses, des royaumes, de l'Église entière.
Francesco Botticini: Three Archangels with Tobias
Ceux dont l'écriture fait une mention particulière sont(2) :
Prince des anges (Dn 10,13), on prie S. Michel dans les tentations et les moments de danger, mais il est aussi celui qui pèse les âmes des défunts, le prince des âmes qui doivent remplir les places demeurées vides par la chute des démons. Son nom marque sa fidélité, car il signifie : "Qui est semblable à Dieu !", "Quis ut Deus?!", le cri de l'humble loyauté face à l'orgueil de Lucifer.
Saint Michel Archange, Grand-Place de Kiev (Ukraine)
Saint Michel s'est montré le plus ardent et le premier à lutter pour l'honneur de Dieu. Il a été place à la tête de toutes les armées célestes. C'est pour cela que l'Église lui donne ce titre "Praepositus paradisi quem honorificant angelorum cives !", c'est-à-dire "le premier placé dans le ciel qui est honoré de tous les autres anges". Michel est vénéré du titre de "Prince des anges".
L'Ancien Testament décrit Michel comme le protecteur d'Israël, "intercédant toujours pour la race humaine".
En hébreu son nom se dit Mik e' El et signifie "Qui est semblable à Dieu ?" Ce fut le cri de guerre avec lequel il vainquit Lucifer et les anges rebelles. Le nom même de Michel est donc une protestation de fidélité et d'humilité, un cri d'amour, un choix inconditionnel pour le service de Dieu (Ap 12,7-9).
Michel était considéré par les Hébreux comme le prince des anges, protecteur et défenseur du peuple élu, représentant de l'assistance divine puissante à l'égard d'israël (Dn 10,21 ; 12,1) (3)
Les saints attribuent à saint Michel la plupart des apparitions mentionnées dans l'Ancien Testament.
-C'est l'archange qui s'est adressé à Moïse au sommet du Mont Sinaï, en Égypte, où Moïse rencontre Dieu une première fois au "buisson ardent" (Ex 3,1-4), où il reçut les Dix Commandements (Ex 20,1-17) ainsi que de nombreuses autres lois pour le peuple hébreu (Exode 19,1-31,18).
-C'est lui qui retint la main d'Abraham prêt à immoler son fils Isaac (Gn 22,12);
-c'est lui qui apparut à Josué et le rendit maître de Jéricho par la chute de ses tours et de ses murailles (Jos 6);
-c'est lui qui dirigea l'arche de Noé par-dessus les eaux du déluge (Gn 7,17-18);
-c'est lui qui lutta contre Jacob et le bénit (Gn 32,25-29);
-c'est lui qui rendit David victorieux de Goliath (1S 17, 21-51) et le préserva durant la persécution de Saül (1 S 18,9-12) où celui-ci chercha à ôter la vie à David (1 S 19,1), tentant à plusieurs reprises de le tuer, par son épée, ou de subtils stratagèmes, en espérant faire de David la cible des Philistins. David, fidèle au Seigneur, échappa toujours à la mort, démontrant ainsi la protection divine qui l'entourait. N'ayant d'autre choix que la fuite (1 S 20,1) le périple de David est marqué par des moments d'extrême danger, mais aussi par des actes de grande foi et de confiance en Dieu. David, bien qu'ayant eu l'onction de roi par Samuel, ne prétend pas au trône par la force. Il choisit plutôt de se retirer, laissant sa vie et son destin entre les mains du Seigneur. Cette période cruciale de sa vie forge en lui un caractère d'humilité, de patience dans l'adversité et de dépendance totale à Dieu. David, malgré l'injustice et la persécution, ne cesse jamais de rechercher la direction et le réconfort en Dieu. Cette attitude lui permet de rester intègre, même face aux provocations et aux opportunités de se venger. A travers ce récit, la Bible nous montre que même dans les moments les plus sombres, Dieu est avec ceux qui sont fidèles et mettent leur confiance en Lui. Ce n'est pas la force ou la ruse qui prévaut, mais la foi et la fidélité au Seigneur.
-c'est lui qui combat l'ange de la Perse avec saint Raphaël (Dn 10,13-21).
-Dans le livre de l'Apocalypse, il combat le "dragon" (Ap 12,7), etc.
Il a été le protecteur de la synagogue ; il est le protecteur de l'Église.
L'histoire nous rapporte tant de merveilles de cet ange sublime, qu'on ne peut douter qu'il ne soit, dans les desseins de Dieu, l'un des principaux instruments de sa puissance et de sa bonté.
L'assistance que la France a souvent reçue de lui le fait regarder comme le protecteur spécial de ce royaume.
Michel est le Patron des batailles et des soldats ainsi que des personnes qui se croient "possédées par le diable."
Saint Michel, est celui que l'on invoque pour s'encourager au juste combat.
Durant la Guerre de Cent Ans, ange protecteur de la France, il parla en ce sens à sainte Jeanne d'Arc dans sa mission de libération des Anglais; le Mont-Saint-Michel ne fut jamais pris par les Anglais.
Durant les Guerres de religion au XVIe siècle, malgré de nombreux assauts et stratagèmes, les protestants ne parvinrent pas non plus à prendre le Mont-Saint-Michel. (4)
Prière de Léon XIII à Saint Michel Archange Saint Michel Archange, défendez-nous dans les combats Soyez notre protecteur contre la méchanceté et les embûches du démon. Que Dieu lui commande, nous L'en supplions, et vous, prince de la milice céleste, par le pouvoir qui vous a été confié, précipitez au fond des enfers Satan et les autres esprits mauvais qui parcourent le monde pour la perte des âmes. Ainsi soit-il.
Prière rédigée par le pape Léon XIII, le 13 octobre 1884.Source
Saint Michel assiste les âmes à l'heure de la mort et, selon la doctrine de saint Augustin et de saint Bonaventure, les introduit dans le ciel après la mort. Il attend les ordres de l'auguste Mère de Dieu, pour assister plus spécialement les âmes qu'elle favorise davantage; c'est le sentiment de saint Bonaventure. (5)
« La tradition attribue à saint Michel la tâche de peser les âmes des défunts. En plus de l'épée, l'iconographie place dans sa main la balance de la justice divine. Saint Michel accompagne dont les âmes qui quittent ce monde. Et tous ceux qui l'auront vénéré sur la terre pourront compter sur sa puissante intercession lorsque le Seigneur les rappellera à Lui. » (6)
Déjà en 709, l'évêque d'Avranches, saint Aubert, fonda une chapelle qui deviendra l'Abbaye du Mont Saint Michel où viendront en pèlerinage, entre autres, Charlemagne, Saint Louis, Louis IX, pour demander la protection pour la France.
Après la deuxième guerre mondiale, le 13 juin 1948 à la cathédrale d'Hanoï, les troupes aéroportées le choisirent comme saint patron, voyant dans l'âme "ailé" qui descend du ciel comme un ancêtre, certes plus agile encore, du parachutiste contemporain. (7)
Saint Michel - Lourdes, Entrée du sanctuaire
Saint Michel est aussi le protecteur de l'Église universelle, « le patron des radiologues, ... et des escrimeurs. » (8)
« Pie XII, en 1941, l'a proclamé patron des radiologues. » (9)
« Origène s'appuie probablement sur l'Évangile (Lc 16,22) pour affirmer qu'"au moment de la mort, l'ange gardien, le psychopompe céleste, recueille l'âme qui quitte le corps." (Origène, in Jo, t. XIX, 4 PG, 14,554 G- 555 A). »
« Saint Alphonse de Liguori (169-1787) va dans le même sens et dit que la sainte Église prie pour que les anges accueillent et accompagnent au paradis l'âme qui se sépare du corps. (St Alphonse de Ligori, La Voie du salut. Méditations pour la fête de Saint Michel, Oeuvres ascétiques X, 1968, p. 263-264.) »
Grotte de Monte Gargano (Italie)
« Quelques maîtres spirituels expliquent que c'est à Saint Michel que revient l'honorable charge de présenter au Christ, Juge de toutes les âmes, celles qui quittent cette terre dans la grâce de Dieu." (Saint Alphonse de Liguori, La Voie du salut. Méditations pour la fête de Saint Michel, Oeuvres ascétiques X, 1968, p. 263-264.) » (10)
Puisque saint Michel aime beaucoup nos âmes, lorsqu'il les voit tomber dans le péché et donc, courir le risque d'aller en enfer, il cherche par tous les moyens à les amener à faire pénitence, ce qui est la seule voie pour obtenir la rémission des fautes.
Saint Michel dirige lui-même les anges gardiens et leur enseigne la meilleure manière de nous garder et de nous défendre. (11)
L'archange Michel est apparu dans des visions au Mont Gargan, dans la région des Pouilles, en Italie, au Ve siècle.
L’"Épée de Saint-Michel” est une mystérieuse ligne imaginaire unit entre eux sept sanctuaires de Saint Miche Archange, sept monastères de l’Irlande jusqu’en Israël. Simple coïncidence ? Ces sanctuaires sont très éloignés les uns des autres, mais parfaitement alignés. La ligne sacrée de saint Michel archange serait, selon la légende, le coup d’épée que le saint asséna sur le diable pour le renvoyer en enfer. Le parfait alignement de ces sanctuaires est surprenant : les trois sites les plus importants – le Mont-Saint-Michel en France, l’abbaye Saint-Michel–de-la-Cluse et le sanctuaire du Mont-Gargan en Italie – sont équidistants. Un avertissement du saint afin que les lois de Dieu soient toujours respectées et que les fidèles restent sur le droit chemin. Cette ligne sacrée s’aligne parfaitement avec le soleil levant du solstice d’été.
Aujourd'hui, le sanctuaire de Monte Gargano (Italie) est le site de destination de deux millions de pèlerins par an pour avoir été le lieu de quatre apparitions de Saint Michel. De nombreux pèlerins ont visité le sanctuaire de Monte Gargano, notamment les saints Thomas d'Aquin, Catherine de Sienne, Bernard et Guillaume de Vercelli. Lorsque Saint François d’Assise s'y rendit en 1221 pour se préparer au carême, la tradition veut qu’il se considéra indigne et qu’il n’entra pas, mais qu’il grava plutôt une croix dans le marbre.
Le martyrologe romain dit :
"Sur le mont Gargan, la vénérable mémoire du bienheureux archange, Michel, lorsqu'en ce lieu fut consacrée sous son vocable une église pauvre d'aspect, mais riche d'une vertu céleste."
Michel est le protecteur national de l'Allemagne, de Bruxelles, d'Iéna, d'Andernach, de Comar, de Tauste (Saragosse) et patron de plus de 60 localités en Italie. En France, 70 villes portent le nom de saint-Michel.
En Espagne, on vénère saint Michel qui apparut pendant le siège de Sarragosse (XIIe siècle) et libéra la ville des Arabes (12)(En mars 1118, le roi d'Aragon Alphonse Ier, avec l'aide des croisés français et de moines-soldats des ordres militaires mit le siège devant Saragosse. Les Aragonais battirent les Maures le 18 décembre 1118, s'emparèrent de la ville et firent de Saragosse leur capitale. La récupération de Saragosse fut rapidement suivie par celle des villes de Calatayud et de Daroca après la bataille de Cutanda en 1120, ce qui mit fin à l'occupation musulmane en Aragon.)
Saint Gabriel Archange , Entrée du sanctuaire de Lourdes
Saint Gabriel Archange – Messager de Dieu
À Gabriel semble avoir été confié le soin de tout ce qui regarde le mystère de l'Incarnation. Gabriel signifie "Force de Dieu", ou "Dieu guérit", "Médecine de Dieu".
Dans la Bible, à chaque fois que l'on voit quelque chose qui se présente comme Dieu et a une forme humaine, Dieu apparaît par la médiation d'un ange. Par exemple, lorsque Dieu apparaît sous la forme de la Trinité à Abraham aux chênes de Mambré (Gn 18,1-8), pour lui annoncer sa descendance (à savoir Isaac, image du christianisme futur), "une nation grande et puissante, et toutes les nations de la terre doivent être bénies en lui" (Gn 18,18), les théologiens pensent que Dieu apparu sous la forme de trois hommes, les "anges" dont parle un peu plus loin la Bible (Gn 19,1) qui se dirigeaient vers Sodome (Gn 18,22) et où ils arrivèrent le soir, il s'agirait de saint Gabriel qui était là et sans doute aussi Michaël, et Raphaël, les trois archanges dont on connaît les noms. Michaël représentait le père ("Qui est comme Dieu ?"); Gabriel représentait le Fils, celui qui est la connaissance infinie de Dieu (le "Verbe de Dieu"); et Raphaël représentait le Saint-Esprit ("Dieu guérit").
Gabriel apparaît au prophète Daniel et manifeste ainsi la mission qu'il exercera par la suite, celle de messager des révélations divines. Il apparaît à Daniel sous les traits d'un jeune "homme vêtu de lin, les reins ceints d'or pur, son corps avait l'apparence de la chrysolithe, son visage, l'aspect de l'éclair, ses yeux, comme des lampes de feu, ses bras et ses jambes comme l'éclat du bronze poli, le son de ses paroles comme la rumeur d'une multitude" (Dn 10, 5-6). Gabriel est chargé d'expliquer la vision qui "est pour le temps de la fin" (Dn 8, 16-17; Dn 10,14). À la vue de l'ange Gabriel, Daniel s'évanouit, mais Gabriel le réconforta (Dn 8,18). Gabriel apparut à Daniel "d'un vol rapide au moment de l'oblation du soir" lorsqu'il confessait son péché et le péché de son peuple Israël, déposant sa supplication devant le Seigneur son Dieu. Gabriel lui dit : "je suis sorti pour te conférer l'intelligence [...] car tu es l'homme des prédilections. Comprends les paroles et aie l'intelligence de la vision !" (Dn 9,20-21). Plus loin, Gabriel lui dit encore : "Ne crains pas, homme de prédilection, paix à toi, sois fort !". Et tandis qu'il parlait, Daniel dit qu'il reprit des forces et dit : "Que mon Seigneur parle, car tu m'as rendu la force" (Dn 10,19).
Bien plus tard, à Zacharie, alors que, prêtre, celui-ci a été désigné pour entrer dans le Temple et y brûler l'encens, Gabriel lui apparaît et lui annonce qu'il aura un fils de sa femme Élisabeth, bien que celle-ci soit avancée en âge, qu'il s'appellera Jean et qu'il sera le précurseur du Messie (Lc 1,11-20). Devant les doutes de Zacharie, l'archange se présente: "Je suis Gabriel et je me tiens en présence de Dieu. J’ai été envoyé pour te parler et pour t’annoncer cette bonne nouvelle" (Luc 1,19).
Gabriel est l'ange de la Bonne nouvelle : Dieu l'a choisi pour être envoyé à la Vierge Marie pour lui annoncer le grand mystère de l'Incarnation du Fils de Dieu et qu'elle sera la mère du Sauveur (Lc 1,31-32) et pour réconforter Joseph : "Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l'enfant qui est engendré en elle vient de l'Esprit Saint; elle enfantera un Fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c'est-à-dire : Le Seigneur-sauve)." (Mt 1, 20-21)
Sa salutation à la Vierge est pleine de respect et de considération : "Je vous salue, marie, pleine de grâce. Le Seigneur est avec vous" (Lc 1,28). (13)
Gabriel se présente comme envoyé de Dieu pour instruire dans l'intelligence. (Dn 9,22)
L'iconographie byzantine dépeint l'ange de l'Annonciation toujours dans la même pose : Gabriel se tient debout devant la Vierge Marie, portant de riches vêtements et des ailes lui sont généreusement fournies. Dans une main il tient un bâton, qui est le symbole de l'autorité de l'ambassadeur divin.
Saint Gabriel Archange, iconographie byzantine
Dans les représentations plus récentes, et dans l'art italien en particulier, le bâton d'ambassadeur que l'ange Gabriel tenait dans sa main est devenu un lys, symbole de la pureté, puis il ploie le genou devant Celle qui est la pureté même, la Vierge Marie.
L'archange Gabriel est le saint patron des télécommunications civiles et militaires. Il est aussi le saint patron des diplomates, des facteurs et des personnels de radio et de télévision. (14)
Prière de Don G. Alberione (1884-1971) à Saint Gabriel Archange, Patron des techniques audiovisuelles (15):
Père des cieux
Je te remercie d'avoir choisi et envoyé l'archange Gabriel annoncer l'Incarnation de ton Fils et la rédemption de l'humanité. Marie a reçu l'annonce avec Foi et ton Fils s'est incarné.
En mourant sur la croix, il nous racheta tous mais la grande majorité n'a pas encore reçu le message du salut. Saint Gabriel, protecteur des techniques audiovisuelles : cinéma, radio et télévision, intercède auprès du maître divin pour que l'Église puisse utiliser pleinement ces moyens puissants pour annoncer à tous les vérités à croire et pour indiquer la route à suivre. Que ces dons de Dieu servent à l'élévation et au salut de tous et jamais pour avilir des êtres humains. Que chacun de nous accueille docilement le message de Jésus-Christ.
Saint Gabriel, prie pour nous et pour les apôtres des techniques audiovisuelles.
Amen.
L’Ange aux cheveux d'or, icône russe de Gabriel Archange (XIIe siècle)
Saint Raphaël Archange "Dieu guérit", "Médecine de Dieu"
Saint Raphaël Archange - Lourdes, entrée du sanctuaire
Saint Raphaël Archange – Guérisseur et Guide
Compagnon de Tobie (israélite de la tribu de Nephthali dont le père Tobit devint aveugle), son nom "Raphaël", en hébreu, signifie "Dieu guérit" (Tb 12, 14). Raphaël est "l'un des sept anges qui se tiennent" devant Dieu (Tb 12, 15), le héros qui guérit un vieil homme aveugle. Il est un protecteur et un guérisseur.
Compagnon de route sous forme humaine, Raphaël, sous le nom d'emprunt d'Azarias (Azarée) (Tb 5,13) conduit et le jeune Tobie (Livre de Tobie) parti récupérer une somme d'argent que son père avait prêtée à un certain Gabaël, habitant de la ville de Rhagès (Tb 4).
De prime abord, il (Raphaël) salue le père de Tobie : "Que la joie soit toujours avec vous" (Tb 5,10). (16)
Tout au long du chemin, l'ange guide Tobie, le protégeant des dangers de la route, et le ramena chez son père saint et sauf. Il lui prodigue des conseils; il le protège contre un poisson monstrueux qui sortait de l'eau pour le dévorer (Tb 6,2), et l'invite à s'arrêter chez Ragouël et à demander la main de la fille de son hôte, Sarra, pour déjouer les maléfices du démon Asmodée (Tb 3,8 ; Tb 7), dont il libère Sarra (Tb 8,1-3).
L’archange Raphaël avec Tobie, Pieter Lastman — 1. Rüdiger Klessmann; Im Detail die Welt entdecken – Adam Elsheimer 1578–1610; Ed. Minerva, Wolfratshausen 2006
De retour au pays, Raphaël enseigne à Tobie la façon de guérir la cécité de son père en prenant la bile du poisson et en l'appliquant sur les yeux. Le père de Tobie fut ainsi instantanément guéri (Tb 10).
L'ange refuse la récompense qu'on veut lui offrir, explique qu'il présente à Dieu la prière des hommes et révèle son nom : "Je suis Raphaël, l'un des sept anges qui se tiennent ou se présentent devant la gloire du Seigneur". (Tb 12,15).
Tous se demandèrent pourquoi Dieu leur avait envoyé un ange. Raphaël répliqua :
"Parce que vous avez toujours loué Dieu, enterré les morts, aidé les pauvres, supporté bravement vos épreuves, Dieu m'a chargé d'aller vers vous. Louez le Seigneur qui vous a montré Sa bonté."
Ils bénirent Dieu, chantèrent pour lui et le célébrèrent pour la grandeur de ses œuvres, tandis que l'ange, après leur avoir donné la paix, retourna vers "Celui qui l'avait envoyé" (Tb 12,20).
L'évangile de Jean nous apprend qu'il y avait autrefois à Jérusalem une piscine appelée Bethesda où, chaque année, à un certain moment, "un ange" remuait l'eau. Les premières personnes à entrer dans la piscine après cette visite étaient guéries de leurs maladies et de leurs handicaps. La tradition veut qu'il s'agisse de l'archange Raphaël.
De nombreux saints et voyageurs ont fait l'expérience de l'aide efficace et charitable de l'archange Raphaël. Saint Jean de Dieu (1495-1550), fondateur d'un hospice qui vit naître l'Ordre des frères hospitaliers, bénéficia dès ses débuts de l'aide de saint Raphaël. Un jour il lui apparut et lui dit : "Jean, je suis l'archange Raphaël, envoyé par Dieu pour t'assister dans ton charitable labeur. Le Seigneur m'a confié la garde de ta personne et de tous ceux qui, avec toi, serviront le Seigneur. je tiens un compte fidèle de tes actions et des aumônes qui te sont faites. J'ai pour mission de protéger ceux qui favorisent tes oeuvres de charité." (I.-M. Magin, Un héros de la charité au XVIe siècle, saint Jean de Dieu, éd. Beauchesne, Paris 1931, p. 71-72).
Saint Antoine-Marie Claret (1807-1870) ne pouvait se passer de son "navigateur" céleste. Dans ses écrits autobiographiques, il raconte que saint Raphaël et les saints anges l'ont souvent guidé dans ses voyages : ses célestes protecteurs pensaient à lui monter la route à suivre dès qu'il s'égarait et le défendaient des embuscades tendues par les brigands de grand chemin.
Saint Raphaël est le saint Patron des médecins et des apothicaires. Les navigateurs et les voyageurs, se réclament, eux aussi de ses bons offices. (17)
Les anges sont des envoyés, des messagers, des ambassadeurs, des "esprits chargés d'un ministère." (Hébreux 1, 14).
Il y a de plus quatre autres princes du ciel "qui se tiennent ou se présentent devant la gloire du Seigneur" (Tb 12,15), et dont l'on ne sait pas les noms. Quelques-uns pourtant disent que le quatrième s'appelle Uriel, et ils prennent leur fondement du quatrième livre d'Esdras, comme saint Ambroise et saint Bonaventure. (18)
« D'autres noms d'anges nous sont communiqués, non par la Bible, mais par des écrits apocryphes (écrits religieux d'origine juive ou chrétienne qui ressemblent à ceux de la Bible mais n'ont pas été accueillis dans le canon des Écritures) juifs : "Uriel", par exemple, est cité dans le livre d'Hénoch, et les archanges "Barachiel", "Jehudiel" et Zeadkiel" sont nommés dans des écrits rabbiniques. (A. M. Gérard, Dictionnaire de la Bible, Robert Laffont, Paris 1989, p. 99, col. 1). Ces noms d'anges ne font pas partie du canon des Écritures et ne doivent pas être invoqués dans les prières, comme l'affirme le pape Zaccaria lors d'un synode diocésain en 745. En 789, [...] le concile d'Aix-la-Chapelle interdit d'en composer des listes. (J.P. Guetny, La Vie réelle des anges, in Actualités des Religions, Mystère & Spiritualité, Hors série n°1, 1er avril 1999, p. 39.) Peu après, une capitulaire de Charlemagne interdisait d'introduire des noms d'anges dans le culte liturgique en dehors de ceux des archanges Michel, Raphaël et Gabriel. (G. Del Ton, Verita sugli angeli e sugli arcangeli, Éd. Giardini, Pisa, 1995, p. 17). »
« Le Directoire sur la piété populaire et la liturgie (2001) maintient cette ligne en affirmant : "Il faut réprouver l'usage de donner aux anges des noms particuliers, que la Sainte Écriture ignore, hormis ceux de Michel, Gabriel et Raphaël. (Congrégation pour le Culte divin et la discipline des Sacrements, Directoire sur la piété populaire et la liturgie, Principes et orientations, n° 217, éd. Téqui, Paris 2001, p. 182). »
« Les anges ne sont nullement les laquais des hommes : les esprits célestes, bien plus élevés que nous par nature, n'obéissent qu'à Dieu, leur unique maître et souverain Seigneur. Les sites d'Internet qui vous proposent de "connaître" le nom de votre ange gardien relèvent du folklore, voire de l'escroquerie. »
« En feuilletant certains livres sur les anges, écrit le Père Jean Gilles Jeanguenin, il m'est arrivé de découvrir des listes complètes de noms avec prières, miracles ou guérisons spécifiques opérés par chacun d'eux. Parmi les anges cités, on y trouvait les archanges Michel, Raphaël et Gabriel, mélangés avec d'autres "anges", provenant de religions orientales, de la mythologie assyrio-babylonienne, de diverses traditions (notamment juive), ainsi que des noms farfelus et des noms de démons... » (19)
« Ces "anges" post-modernes, précise le père Gilles Jeanguenin, appartiennent en grande partie au New Age et aux mouvements ésotériques et donc ne font pas partie de ceux que nous connaissons par les Saintes Écritures et par l'enseignement de l'Église. Il faut le dire clairement car je connais des chrétiens de bonne foi qui se sont fait piéger par ces fausses doctrines. Ce nouvel engouement pour l'angélologie peut aussi conduire à la magie, au spiritisme et au channeling (forme moderne du spiritisme où l'on prétend pouvoir communiquer avec des entités, esprits ou anges) qui sont autant de pratiques réprouvées par la parole de Dieu (Dt 18,10-12). Ces pratiques gravement contraires à la foi, constituent une offense envers Dieu et mettent en danger ceux qui en font usage (Un jour, au cours d'un exorcisme, je demandais à Satan comment il était entré dans le corps de la personne qui était possédé. Il me répondit : "Au cours d'une séance de spiritisme"). D'autres exploitent ce regain d'intérêt pour les anges à des fins de malhonnêteté en proposant par exemple, des cures bidons, des poudres magiques et des stages de communication avec les anges [Un certain Xanath Lichy, animateur d'une société Kevala, spécialisée dans la vente de produits diététiques, se comporte, lui aussi, comme un homme d'affaires avisé. Il organise des stages de communication avec les anges : une semaine, 2 600 euros par personne. Un tarif qui ne semble pas prohibitif aux adeptes : en 1997, 152 stagiaires originaires de France, du Canada, de Suisse, y ont participé (Cf. G. Gaetner, L'Argent caché des sectes : L'Express du 19/09/2002)]. » (20)
« Dieu ne parle pas comme nous avec des paroles mais il communique avec les anges en les illuminant. Saint Grégoire écrit : "Dieu parle aux anges par le fait même qu'il dévoile à leurs coeurs les secrets cachés et invisibles." Et saint Thomas commente : "Or, parler ainsi, c'est illuminer. Donc toute parole divine est une illumination. Au même titre, toute parole angélique est une illumination. (I Qu. 52 a. 1 resp.) » (21)
Les anges sont dans un état de bonheur parfait car ils reçoivent constamment l'amour de Dieu en eux. (22)
En retour, les saints anges manifestent leur amour pour Dieu par leur adoration et leur louange, mais aussi par l'accompagnement et la protection qu'ils assurent auprès des hommes. Sur la terre, le ministère de ces messagers de Dieu est multiple :
- Ils transportent les sauvés au ciel après leur mort (Lc 16,22) ;
- Ils accompagnent le Seigneur lorsqu'il reviendra pour juger les nations (Mt 25,31 ; 13,30).
Selon Origène, Père de l'Église au IIIe siècle, Dieu envoie un ange particulier pour protéger chaque pays et chaque province. (Origène, Sur saint Luc, Homélie 12, 3-4.) Pie XI, lui aussi, a témoigné que Dieu avait préposé un ange au service de chaque pays et de chaque diocèse. (C. Confalonieri, Pio XI, visto da vicino, Turin 1957, p. 308-309). (23)
Quelques citations de saints sur les anges :
Le diacre Pantaléon: « Dieu qui est bon de sa nature, a donné à l'Eglise le grand Michel, prince des milices célestes, comme un bouclier impénétrable pour la mettre à couvert contre la puissance de Satan. Saint Michel, suivant l'ordre que Dieu a établi, prend soin de tous les fidèles. Saint Michel, tout en demeurant dans le ciel, parcourt toute la terre avec une extrême rapidité, pour aller fortifier les hommes contre les tentations du démon et visiter, fortifier et consoler les hommes pieux dans leurs épreuves. Il nous découvre les pièges de notre ennemi, et il déjoue ses artifices. Saint Pantaléon l'appelle le "Ministre de la Trinité, image des trois divines personnes". Saint Michel, non content d'obtenir à ses pieux serviteurs le courage et la force de résister aux tentations de l'enfer, vient combattre en personne, lorsqu'il en voit un fortement pressé par le démon qui l'expose au péril de tomber dans le péché. Lorsque nous invoquons Michel, il nous délivre des dangers. Il aide ses fidèles serviteurs à accomplir la volonté divine. Saint Michel est la plus grande et la plus radieuse étoile de l’ordre angélique; il occupe le rang le plus distingué parmi ces milliers et myriades d’Anges qui peuplent le fortuné séjour. Moïse ne pouvait le regarder en face; pendant 40 ans. Saint Michel conduisit les Hébreux à travers le désert par une nuée, le jour, et une colonne de feu, la nuit, les nourrissant de la manne. (Gloires de Marie, par Alphonse de Liguori, Saintrain p.315.) »
« Dans une révélation faite à l'ermite saint Eutrope ; saint Michel déclara, qu'il avait été choisi pour être l'ange gardien du saint sacrement, et que ces fonctions lui avaient été confiées dès le jeudi saint; on rapporte aussi plusieurs autre révélations faites par lui à divers saints touchant le culte du saint sacrement. (Histoire dogmatique, liturgique, et archéologique du sacrement de..., Volume 1 par Jules Corblet -.71) »
« Saint Bruno de Segni: Saint Michel ayant été élevé par le Seigneur à la dignité de chef de tous les anges, Dieu lui a donné cette fonction : le soin de donner à chaque âme sur la terre son ange gardien; et il nous engage à considérer combien nous lui sommes redevables a ce titre. Il aime les hommes; au point de combattre pour eux, jour et nuit, contre le dragon infernal, et même, ajoute-t-il, il appelle les anges qui sont sous ses ordres, et les fait combattre avec lui, afin que nous ne soyons pas vaincus par notre ennemi. (Gloires de Marie, par Alphonse de Liguori, Saintrain p. 321) »
« Jacques Massi nous apprend qu'un prêtre, en disant un jour la messe des morts, recommandait spécialement quelques âmes en prononçant les paroles citées ci-dessus : Que le Prince des anges, saint Michel, les introduise dans la sainte lumière ; — et à l'instant même, il vit le glorieux archange descendre du ciel dans le purgatoire, pour les délivrer. Le même auteur rapporte qu'un moine de Citeaux apparut après sa mort à un prêtre, son ami, et lui dit qu'il était encore en purgatoire, mais qu'il serait délivré, si, à la messe, il le recommandait à saint Michel. Le prêtre fit ce qu'il désirait, et vit, ce que d'autres virent pareillement, l'âme de son ami conduite au ciel par le saint archange. (Gloires de Marie, par Alphonse de Liguori, Saintrain p.325). »
« Le père Engelgrave raconte que Ferdinand, jeune prince de Portugal, avait une grande dévotion à Saint Michel : il lui faisait chaque jour une visite, à un autel dédié en son honneur, et célébrait toutes ses fêtes par des jeûnes et par la sainte communion. Aussi, le saint archange sut bien récompenser son zèle : il lui apparut un jour suppliant la Mère de Dieu de délivrer bientôt son protégé des périls du monde, et de lui obtenir la grâce d'aller droit au ciel. La bonne Mère accueillit cette prière de son céleste serviteur, et, le jour qu'elle prédit, Ferdinand quitta heureusement cette vie à l'âge de dix-sept ans, assisté par saint Michel, qui l'introduisit aussitôt en paradis. (La Semaine religieuse de Lyon et de la Province, p.125). »
« Le père Recupito dit que ceux qui sont dévots à ce glorieux archange, ont un signe spécial de prédestination au paradis. La raison en est que saint Michel, aimant beaucoup le salut de ses pieux serviteurs, ne souffrira pas qu'une âme qui conserve envers lui une dévotion particulière, tombe dans la disgrâce de Dieu : il lui obtiendra la force de résister aux attaques de l'enfer ; et si malheureusement cette âme est tombée par le passé dans quelque faute grave, dès qu'elle se recommande à ce puissant protecteur, il lui obtiendra facilement la grâce du pardon et de la persévérance; car l'Église atteste que, lorsqu'on honore saint Michel, on participe à ses bienfaits et aux prières qu'il ne cesse d'adresser pour ceux qui le servent, afin de pouvoir les conduire au royaume des cieux. (Oeuvres complètes de Alphonse de Liguori, Dujardin, p. 513 ) »
« Saint Michel est spécialement chargé par le Seigneur de nous assister au moment de la mort. Chacun sait qu'alors les attaques du démon deviennent plus terribles, tandis que nos forces diminuent, et que nous avons l'esprit accablé par d'extrêmes angoisses ; car il faut considérer que trois causes tourmentent principalement ceux qui sont près de mourir : premièrement, le souvenir des péchés commis; secondement, la crainte de la damnation éternelle; et troisièmement, les assauts de l'enfer. C'est pourquoi l'Eglise nous engage à supplier saint Michel de nous protéger dans le grand combat que nous aurons à soutenir contre le démon à l'heure de la mort, en disant : Saint Michel archange, défendez-nous dans le combat, afin que nous ne périssions pas au redoutable jugement. — Et dans la recommandation de l'âme, elle veut que tous les assistants prient le saint archange de prendre sous sa protection l'âme qui va sortir de ce monde. De plus, on lit dans l'Office ces paroles, comme dites par le Seigneur lui-même ; Michel, mon archange, je t'ai établi prince sur toutes les âmes qui doivent être reçues dans mon royaume — C'est donc à saint Michel que Dieu a confié le soin des âmes qui passent de cette vie à l'éternité. Beaucoup d'exemples constatent que saint Michel procure une mort heureuse à ses pieux serviteurs. (Gloires de Marie, par Alphonse de Liguori, Saintrain, p. 323). »
« On lit dans la vie de saint Gaétan, par le père Falcone, que, dans ses derniers moments, les démons lui apparaissaient et le tourmentaient par leurs tentations, mais que saint Michel, à qui il était fort dévot, lui apparut à son tour, et le délivra de toutes les inquiétudes que lui causaient les esprits malins. Saint Michel est aussi chargé du soin de consoler les âmes du purgatoire. On lit dans son Office, que Dieu lui confie toutes les âmes qui se sauvent, afin qu'il les conduise en paradis. Et dans la messe des morts, l'Église prie le saint archange de présenter à Dieu dans le ciel les âmes des défunts. Aussi, plein d'une tendre sollicitude pour ces bonnes âmes, qui lui sont ainsi confiées et recommandées, il ne manque pas de les assister et de les secourir, en leur procurant beaucoup de soulagements dans les peines du purgatoire. Après le dernier jugement, Saint Michel réunira toutes les âmes sauvées, les introduira dans le paradis, et les présentera au trône de Dieu, afin que le Seigneur les bénisse et les admette à jouir éternellement du bonheur céleste. (Oeuvres complètes de Alphonse de Liguori, Dujardin, p.509.) (Source). »
« Les anges coopèrent à toutes nos bonnes actions." (Saint Thomas, Summa th., I, q. 114, art. 3, ad. 3.)
Saints Michel, Gabriel et Raphaël Archanges
Saint Michel Archange, église saint Jacques, Pau. Photo prise le 29 septembre 2020
Prière à Saint Michel Archange du Pape Léon XIII :
Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat, soyez notre secours contre la malice et les embûches du démon.
Que Dieu exerce sur lui son empire, nous vous le demandons en suppliant.
Et vous, Prince de la Milice Céleste, repoussez en enfer par la force divine Satan et les autres esprits mauvais qui rôdent dans le monde en vue de perdre les âmes. Ainsi soit-il.
Prière de consécration personnelle à Saint Michel Archange :
Ô grand Prince du ciel, gardien très fidèle de l'Eglise,
Saint Michel Archnage, moi N ...
quoique très indigne de paraître devant toi,
confiant néanmoins en ton immense bonté,
touché de l'excellence de tes magnifiques prières et de la multitude de tes bienfaits, je me présente à toi, accompagné de mon Ange gardien; et en présence de tous les Anges du ciel que je prends à témoin de mon affection envers toi, je te choisis pour mon protecteur et mon avocat particulier, et me propose de t'honorer toujours et de te faire honorer autant qu'il me sera possible. Assiste-moi pendant toute ma vie, afin que je n'offense jamais les yeux très purs de Dieu, ni en œuvres, ni en paroles, ni en pensées. Défends-moi contre toutes les tentations du démon, et plus spécialement les tentations contre la foi et la pureté, et, à l'heure de ma mort, donne-moi la paix de l'âme et introduis-la dans l'éternelle Patrie. Amen.
Une prière pour la fête des Archanges:
Père céleste, nous te remercions d'avoir envoyé Saint Michel pour nous protéger, Saint Gabriel pour nous apporter ton message, et Saint Raphaël pour nous guider et nous guérir.
Puissions-nous marcher dans la foi, le courage et l’espoir, confiant toujours en Ta divine providence.
Par le Christ notre Seigneur. Amen.
En ce 29 septembre, confions-nous à la protection des Archanges et efforçons-nous de vivre avec courage, fidélité et joie en tant que témoins de l'amour de Dieu.
Sources : (1) Père Louis du Pont, S.J., Méditations sur les Mystères de Notre Sainte Foi, première partie, Presses de l'Imprimerie La Source d'Or, Marsat 1995, p. 70 ; (2) Gilles Jeanguenin, Les Anges existent !, Éditions Savator, Paris 2008, p. 54-55 ; (3) Gilles Jeanguenin, Les Anges existent !, ibid., p. 100 ; (4) Père J.-B.-J. Ayroles, Jeanne d'Arc sur les autels et la régénération de la France, 1885, Rééd. Éditions Saint-Rémi, Cadillac 2009, p. 335-348 ; (5) Henri-Marie Boudon, La dévotion aux saints anges, Collection Itinéraire spirituel, Clovis, Étampes 1998, p. 240 ; (6) Gilles Jeanguenin, Les Anges existent !, ibid., p. 101-102 ; (7) Monsieur-Legionnaire.org ; (8) Gilles Jeanguenin, Les Anges existent !, ibid., p. 102 ; (9) Gilles Jeanguenin, Le Prince des Anges Saint Michel, Pierre Téqui éditeur, Paris 2002, p. 13 ; (10) Père Gilles Jeanguenin, Le Prince des Anges Saint Michel, ibid., p. 13 ; (11) Gilles Jeanguenin, Les Anges existent !, ibid., p. 100 et 179 ; (12) Gilles Jeanguenin, Le Prince des Anges Saint Michel, ibid., p. 35-36 ; (13) Gilles Jeanguenin, Le Prince des Anges Saint Michel, ibid., p. 18 et 26 ; (14) Fernand Comte, Dictionnaire de la Civilisation chrétienne, In Extenso, Larousse, p. 460 ; (15) Gilles Jeanguenin, Les Anges existent !, ibid., p. 103 ; (16) Gilles Jeanguenin, Les Anges existent !, ibid., p. 346-347 ; (17) Henri-Marie Boudon, La dévotion aux saints anges, p. 242 ; (18) Gilles Jeanguenin, Les Anges existent !, ibid., p. 104-106 ; (19) Henri-Marie Boudon, La dévotion aux saints anges, p. 243 ; (20) Gilles Jeanguenin, Les Anges existent !, ibid., p. 56-57 ; (21) Gilles Jeanguenin, Les Anges existent !, ibid., p. 29-30 ; (22) Gilles Jeanguenin, Les Anges existent !, ibid., p. 96 ; (23) Gilles Jeanguenin, Les Anges existent !, ibid., p. 110-120.
Léon XIV à Metz : le pape conditionne l’accueil des migrants à la "redécouverte de nos racines", Le Figaro, Publié le 28/09/2026 à 15h03. Cf. https://www.lefigaro.fr/actualite-france/leon-xiv-a-metz-le-pape-conditionne-l-accueil-des-migrants-a-la-redecouverte-de-nos-racines-20260928
Dans son discours sur l’Europe, le pape Léon XIV a plaidé pour l’assimilation des migrants en invitant à les "intégrer comme dans sa propre famille" et les faire "entrer dans l’esprit de la maison".
Devant les chefs d’État et de gouvernement européens rassemblés à Metz au centre des congrès Robert Schuman, Léon XIV a prononcé ce lundi matin un discours très politique, invitant le Vieux Continent à puiser dans ses racines chrétiennes pour bâtir un avenir fondé sur l’unité et la paix. Sans grande surprise, le pape a rappelé à cette occasion quelques fondamentaux de la doctrine sociale de l’Église concernant les relations internationales.
[...] Sans être en rupture avec la vision de son prédécesseur, Léon XIV a insisté sur les conditions culturelles qui permettent d’accueillir convenablement une immigration extra-européenne susceptible de bouleverser l’identité européenne. Ainsi inscrit-il le défi de l’immigration de masse au XXIe siècle dans un "double mouvement, de ressourcement et de dialogue" pour les Européens.
"Accueillir une personne, c’est l’intégrer comme dans sa propre famille"
Le pape a alors rappelé les exigences qu’il avait formulées déjà lors d’un précédent déplacement, très remarqué, aux îles Canaries, en pleine crise migratoire : "Des voies légales et sûres, le secours et l’assistance, la coopération réelle contre les trafiquants, la protection effective des victimes, des processus sérieux d’accueil et d’intégration, et des politiques qui permettent à chaque personne de vivre dignement sur sa propre terre."
Mais ces impératifs humanitaires (qui englobent donc selon lui l’action conjointe des autorités pour lutter contre les réseaux illégaux de passeurs) ne "suffisent pas", selon Léon XIV, qui a alors étendu sa réflexion sur la nécessité de réaffirmer les racines chrétiennes de l’Europe en plaidant en faveur d’un véritable modèle d’assimilation culturelle des migrants. "Accueillir une personne, c’est l’intégrer comme dans sa propre famille, en lui offrant la possibilité de développer ses talents, ses capacités et sa sensibilité, mais aussi d’entrer dans l’esprit de la maison" a-t-il ainsi développé, évoquant le phénomène d’"une rencontre inédite entre peuples et cultures" qui "appelle à la redécouverte créative de nos racines et, en même temps, à une écoute attentive de l’autre".
En ce qui concerne la propriété privée, le capitalisme tend à concentrer la propriété entre les mains de quelques-uns et nous conduit à une sorte d'esclavage. Par conséquent, il n'y a que deux alternatives : soit que la propriété n'appartienne à personne (collectivisme), soit qu'elle appartienne à tous, mais bien distribuée. Cette dernière option correspond à la pensée distributiste du catholique Hilaire Belloc (1870-1953) :
"Il est évident que si l'on parvient à la conclusion que le mal ne réside pas dans la propriété en elle-même, mais dans le petit nombre de ceux qui en jouissent, alors le remède réside dans l'augmentation du nombre de ces propriétaires." ("L'État servile", Buenos Aires : La Espiga de Oro, 1945, p. 110).
En somme, en lisant des auteurs comme Belloc et d'autres qui suivent la Doctrine sociale de l'Église catholique, j'ai très clairement conscience que seul le catholicisme peut sauver notre civilisation.
D'après le distributisme, la propriété des moyens de production devrait être aussi répandue que possible dans la population plutôt que d'être centralisée sous le contrôle de quelques bureaucrates (dans le socialisme d'État) ou quelques riches individus (dans le capitalisme). Cette idée est condensée dans une citation de Chesterton : "Trop de capitalisme ne signifie pas trop de capitalistes, mais pas assez." (G. K. Chesterton, The Uses of Diversity, 1921.)
Le distributisme se distingue par la distribution de propriété (à ne pas confondre avec la redistribution des richesses). Il maintient que, puisque le socialisme d'État ne permet pas aux individus d'être propriétaires des moyens de production (accaparés par l'État, la communauté ou les collectifs de travailleurs), et puisque le capitalisme ne permet qu'à quelques-uns d'en posséder, le distributisme cherche à assurer que la plupart des gens pourront devenir propriétaires de biens de production. Cette distribution large ne s'étend pas à toute propriété, mais seulement aux biens de productions ; c'est-à-dire la propriété qui est employée pour produire la richesse, tout ce que l'homme requiert pour survivre. Cela inclut la terre, les outils, etc. Certains l'ont vu plutôt comme un modèle idéalisé, qui serait réalisé avec succès à court-terme par la poursuite des principes de subsidiarité et de solidarité (servant de fondements à des coopératives financièrement indépendantes).
Vratislas, duc de Bohème, laissait deux fils en mourant: Venceslas, l'héritier âgé de treize ans, et Boleslas, de deux années plus jeune. Drahomira leur mère exerça la régence, mais restait attachée à l'ancien culte comme Boleslas, alors que Venceslas était devenu chrétien.
Durant les cinq années de sa régence, elle persécuta les chrétiens et Venceslas lui-même devait se cacher pour entendre la messe. À 18 ans, quand il monta sur le trône, il construisit des églises, ouvrit des monastères, rappela les prêtres exilés. Il gouvernait sagement et ses mœurs étaient pures. Il fut assassiné par son frère qui convoitait le trône et avait pris la tête du parti païen. Boleslas (et d'autres conspirateurs) l'attaqua par surprise devant l'église où il se rendait à la messe. Venceslas ne tira pas son épée: "Je ne serai pas fratricide. Je te pardonne." Il fut assassiné devant la porte de l'église le 28 septembre 929/935. Son frère devint duc de Bohême sous le nom de Boleslav Ier.
Il avait vingt-trois ans.
Saint Venceslas est le patron de la République tchèque et le 28 septembre y est fête nationale.
Il se distingua par sa piété, sa bienveillance et son pacifisme et transforma la société dans les domaines religieux et institutionnels.
Il modifia le système judiciaire en réduisant le recours à la peine capitale ou à la torture. Il laissa en vie et maintint dans ses fonctions Radislav, prince de Kouřim, qu'il avait vaincu lors d'un duel mais selon la tradition ordonna la destruction des potences de son duché.
Le corps de Venceslas fut inhumé dans la petite église des Saints-Côme-et-Damien, à Boleslava, où il y eut tant de miracles que Boleslas dut consentir à le faire transférer à Prague, dans l’église Saint-Guy (4 mars 932). Venceslas fut canonisé entre 976 et 996 et sa fête fixée au 28 septembre. Il fut considéré comme le patron des armées tchèques. En 1848 et en 1914, il fut le signe de ralliement des nationalistes de Bohême. En 1923, la monnaie d’or du jeune état tchécoslovaque fut frappée à son effigie et, en 1929, le millième anniversaire de sa mort fut marqué de fêtes triomphales.
Mémoire de saint Venceslas, martyr. Duc de Bohême élevé par sa grand-mère, sainte Ludmilla, dans la sagesse divine et humaine, il se montra sévère pour lui-même, pacifique dans l'administration de son pays, plein de bonté pour les pauvres; il racheta des foules d'esclaves païens sur le marché de Prague, pour qu'ils soient baptisés; après bien des difficultés supportées pour gouverner ses sujets et les instruire de la foi chrétienne, il fut trahi par son frère Boleslas et tué par des sicaires dans l'église de Boleslava, en 935.
Benoit XVI, lors de son voyage Apostolique en République tchèque (26-28 septembre 2009) évoqua ainsi la figure de Venceslas : "...le souvenir glorieux du martyr saint Venceslas, dont j’ai pu vénérer la relique, avant la messe, dans la Basilique qui lui est dédiée, nous réunit autour de l’autel. Il a versé son sang sur votre terre et son aigle que vous avez choisi comme écusson de la visite d’aujourd’hui constitue l’emblème historique de la noble Nation tchèque. Ce grand saint que vous aimez appeler ‘éternel’ Prince des Tchèques, nous invite à suivre toujours et fidèlement le Christ, il nous invite à être des saints. Lui-même est un modèle de sainteté pour tous, spécialement pour tous ceux qui conduisent le destin des communautés et des peuples..."
Vincent de Paul ou Vincent Depaul, est né au village de Pouy près de Dax dans le département des Landes, le 24 avril 1581 et mort le 27 septembre 1660.
Depuis le XIXe siècle, Pouy est appelé "Saint-Vincent-de-Paul" en son honneur.
Renommé pour la charité, qu'il exerça notamment auprès des galériens - dont il était aumônier -, des enfants trouvés et des populations rurales, Vincent de Paul fut Aumônier de la reine Marguerite, épouse de Henri IV, puis curé de campagne à Clichy, précepteur des enfants du marquis de Belle-Isle, frère de l'archevêque de Paris.
Son père, témoin de sa charité et devinant sa rare intelligence, résolut de s'imposer les plus durs sacrifices pour le faire étudier et le pousser au sacerdoce : "Il sera bon prêtre, disait-il, car il a le cœur tendre." À vingt ans, il étudie la théologie à Toulouse et reçoit bientôt le grade de docteur. Un an après son ordination au sacerdoce, il se rendit à Marseille pour recueillir un legs que lui laissa un de ses amis. Au retour, voyageant par mer pour se rendre à Narbonne, il fut pris par des pirates et emmené captif en Afrique (vraisemblablement en 1605). Sa captivité, d'abord très dure et accompagnée de fortes épreuves pour sa foi, se termina par la conversion de son maître, qui lui rendit la liberté.
Vincent organisa des collectes à Paris pour porter secours aux victimes des guerres de religion. Membre de la Compagnie du Saint-Sacrement, il prêcha la modération à l'égard des protestants, puis s'opposa au jansénisme.
Louis XIII voulut être assisté par lui dans ses derniers moments et mourir dans ses bras le 14 mai 1643.
Vincent fut ensuite nommé au "Conseil de Conscience" (Conseil de Régence pour les affaires ecclésiastiques) par la régente Anne d'Autriche dont il est également le confesseur.
Vincent est béatifié par Benoît XIII, le 13 août 1729, et canonisé par Clément XII le 16 juin 1737. Actuellement son corps est exposé dans la Chapelle des Lazaristes, 95, rue de Sèvres, à Paris VIe.
Saint Vincent de Paul, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 184.
Sources : (1) ; (2) ; (3) Christine Barelly, Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 184 ; (4) Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 568-569.
Saint Côme et saint Damien étaient deux frères, venus d'Arabie en Cilicie (province romaine du sud de l'Asie Mineure).Ils étaient frères jumeaux.
Leur profession de médecin leur fournit l'occasion d'exercer un véritable apostolat ; car à travers les corps ils savaient voir les âmes, les toucher, les convertir. La grâce divine vint relever leur science par le don des guérisons miraculeuses : de toutes parts, on accourait à eux pour obtenir la délivrance des maux les plus invétérés et les plus incurables. Le résultat ne trompait jamais leur foi et leur confiance, et il ne se passait pas de jour sans qu'ils eussent opéré quelque cure souvent désespérée.
Auprès d'eux, les aveugles recouvraient la vue, les boiteux marchaient droit, les sourds entendaient, les estropiés étaient guéris. Leur puissance s'étendait même au-delà de ce monde visible, et, à leur voix, les démons abandonnaient leurs victimes. Tout cela, ils le faisaient par pure charité, ne recevant jamais aucune rétribution. On les avait surnommés anargyres (sans argent).
Ils passent pour guérir les animaux comme les hommes. C'est ainsi qu'ils guérirent la patte d'un chameau blessé.
À cette gloire devait se joindre celle du martyre.
Lysias, récemment nommé gouverneur de Cilicie, commença la persécution à Aegée.Il accusa Côme et Damien de séduire le peuple et de faire déserter les temples des dieux. Le préfet leur infligea une si longue et si rude flagellation, que les bourreaux n'en pouvaient plus de fatigue ; les deux martyrs bénissaient le Seigneur. À la vue d'une foule immense, ils furent précipités du haut d'un rocher dans les flots ; mais un ange plana au-dessus des eaux et transporta les martyrs au rivage. Alors Lysias leur dit : "Je vois que vous êtes très forts dans la magie; expliquez-nous cet art. - Nous sommes chrétiens, et non pas magiciens, répondirent-ils: c'est la puissance divine de Jésus-Christ qui se manifeste en nous. Devenez chrétien, et vous en ferez vous-même l'expérience". Les deux martyrs furent jetés dans une fournaise ardente ; mais ils s'y promenèrent comme sur des fleurs. On les crucifia, on les lapida, sans pouvoir les faire mourir; il fallut leur trancher la tête.Leurs trois frères Anthime, Léonce et Euprepius meurent en martyrs avec eux. L'exécution aurait eu lieu un 27 septembre, probablement en l'an 287.
Les restes des martyrs furent enterrés à Cyr, ville épiscopale de Théodoret (en Syrie). Une autre partie des reliques des saints Côme et Damien fut transportée à Rome. Le pape Félix III éleva une église en l'honneur des deux martyrs (483-492), qu'Urbain VIII embellit au dix-septième siècle.Le pape Symmaque (498-514) leur dédia un oratoire, et Félix IV (526-530) une basilique au Forum, dont les mosaïques sont parmi les plus précieux vestiges de la cité.L'empereur Justinien (527-565) restaura somptueusement la cité en leur honneur. Ayant été guéri d'une dangereuse maladie par l'intercession de Côme et Damien, en remerciement, il reconstruisit et orna leur église à Constantinople, qui devint un lieu de pélerinage.
Côme et Damien sont considérés comme les saints patrons des médecins et des chirurgiens. Il sont représentés avec une robe fourrée, un chaperon ou bonnet cylindrique de médecin, une trousse et des instruments de chirurgien. Quelques exemples d'iconographie florentine de saint Côme et saint Damien.
Les reliques des crânes de saint Côme et de saint Damien sont conservées dans un sanctuaire de l'église jésuite Saint-Michel de Munich (Allemagne).
Sources : (1) ; (2) ; (3)Mgr Paul Guérin, Vie des saints pour tous les jours de l'année, Editions D.F.T., Saint-Etienne 2003, p. 601-602 ; (4) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 50.
Derrière la figure du vieux sage adulé pour sa défense des opprimés se cachait un bourgeois cynique qui profitait directement de la faim des gamines des rues, achetant frénétiquement des jeunes filles souvent âgées de quinze ou seize ans à peine.
Celui qui a fait pleurer des générations entières sur le sort tragique des femmes du peuple réduites à vendre leur corps pour survivre s'offrait cette même misère pour quelques centimes.
Le grand moraliste tenait d'ailleurs une comptabilité effroyable de ses abus. Dans ses carnets intimes, il notait méthodiquement les tarifs sordides, l'âge et les actes sexuels, réduisant la chair des misérables à un simple livre de comptes.
Ses journaux cryptés regorgent d'entrées glaçantes où l'on peut lire par exemple : "La petite blanchisseuse, 15 ans : 2 francs", ou encore "Fille de la rue de la Verrerie. 16 ans. 1 franc 50.", au milieu de froides descriptions anatomiques codées en espagnol.
La cruauté de cet homme s'illustre de manière encore plus tragique avec Juliette Drouet, la maîtresse dévouée qui lui a sacrifié cinquante ans de son existence.
Pendant que l'écrivain s'érigeait en champion universel de la liberté, il exigeait de sa compagne une soumission totale, l'enfermant à double tour et anéantissant sa carrière d'actrice.
Alors qu'il amassait une fortune colossale grâce à ses droits d'auteur, il prenait un plaisir sadique à la maintenir dans une pauvreté humiliante.
Sa correspondance dévoile le calvaire d'une femme brisée. Transie de froid l'hiver, Juliette devait le supplier pour payer le boucher ou acheter du bois, lui écrivant avec désespoir : "Je suis si pauvre, mon adoré, que je n'ai plus de souliers à mettre à mes pieds".
Pendant qu'elle mettait ses propres robes en gage pour survivre, Hugo dépensait sans compter pour multiplier les passes avec des adolescentes des quartiers pauvres.
Le monde littéraire entretient aujourd'hui une amnésie bien commode pour protéger la statue d'or du grand républicain au Panthéon.
Ses propres écrits décrivent plutôt un rentier de la morale qui sublimait la pauvreté dans ses livres pour mieux l'acheter et l'asservir dans son lit.
**Oui, dans ses grandes lignes, c’est exact.** Le post s’appuie sur des faits historiques bien documentés, même s’il les présente avec un ton très accusateur et moralisateur.
### Les carnets intimes et les relations tarifées
Victor Hugo tenait effectivement des carnets secrets (surtout pendant l’exil à Guernesey et après) où il notait ses rencontres sexuelles de façon codée : en espagnol, en latin, avec des métaphores (« Suisse » pour les seins, « forêt », « ravin », « ermite » pour la défloration, etc.) et des abréviations. Ces notes mentionnent des jeunes femmes, des domestiques, des actrices et des prostituées, avec parfois l’âge, le prix (quelques francs) et la nature de l’acte.
Les biographes (notamment Henri Guillemin dans ses éditions des *Carnets intimes*) et des articles récents confirment ce « livre de comptes » érotique. Des exemples du style cité dans le post (« petite blanchisseuse 15 ans », « fille de la rue de la Verrerie 16 ans ») collent au ton et au contenu réels des notes, même si les formulations exactes sont souvent des reconstructions ou des paraphrases. Hugo fréquentait régulièrement des jeunes filles pauvres ou des prostituées, parfois très jeunes selon les standards actuels (15-18 ans). C’était courant à l’époque (âge de consentement plus bas, prostitution très répandue), mais cela reste documenté.
### Le contraste avec son œuvre et son image publique
Hugo a écrit abondamment sur la misère, les femmes du peuple et la prostitution (Fantine dans *Les Misérables* en est l’exemple le plus célèbre). Il a aussi pris publiquement la défense de prostituées et pratiqué la charité. Le contraste entre le moraliste social et l’homme qui consommait cette misère est réel et souligné par plusieurs biographes. Il n’était pas un « saint » ; sa vie privée était très libre et libidineuse jusqu’à un âge avancé.
### La relation avec Juliette Drouet
Là aussi, les faits sont solides :
- Elle a abandonné sa carrière d’actrice pour lui.
- Il était extrêmement jaloux et contrôlant : elle vivait de façon cloîtrée, ne sortait guère sans lui, devait lui rendre des comptes (« restitus »).
- Elle a vécu dans une dépendance financière totale, parfois dans des conditions modestes voire précaires (lettres où elle se plaint du froid, du manque d’argent, de vêtements, etc.), alors qu’Hugo était riche grâce à ses droits d’auteur.
- Il multipliait les infidélités pendant qu’elle lui restait fidèle pendant près de 50 ans.
Sa correspondance (plus de 20 000 lettres) témoigne d’un amour passionné mais aussi de souffrances, d’humiliations et d’un rapport très inégal. Des biographies récentes (Florence Naugrette notamment) nuancent un peu l’image de pure victime, mais confirment le caractère asymétrique et contraignant de la relation.
[...]
En résumé : les faits bruts (carnets codés, jeunes filles pauvres, contrôle sur Juliette, contraste public/privé) sont exacts. L’interprétation très noire et univoque du post est une lecture possible et argumentée, mais pas la seule.
A noter que Baudelaire (qui était toutefois plutôt servile avec lui en public) détestait en privé cet homme et sa moraline.
Le portrait qu'il dresse de la famille Hugo lorsqu'il la fréquentait à Bruxelles est éloquent à ce sujet...
Merci Monsieur, il y a un travail énorme de réinformation a faire sur des dizaines de personnages public érigés a tord comme modèles a suivre.
Bien souvent on découvre sous la façade des moeurs sataniques et dépravées. Alors même que depuis 200 ans on crache sur nos saints catho.
Le bienheureux Herman ou Hermann de Reichenau (18 juillet 1013 - 24 septembre 1054), surnommé Hermann le Contrefait, fils du comte d'Altshausen, paralysé depuis son enfance (d'où son surnom latin de Contractus), a passé sa vie entière dans le monastère de Reichenau comme enseignant, chercheur et aussi musicien.
Vers l'âge de 30 ans, il prononça ses vœux monastiques.
Il se distinguait comme compositeur et poète. Il serait le compositeur de
Salve, Regina, mater misericordiae,
vita, dulcedo et spes nostra, salve.
Ad te clamamus, exules filii Hevae.
Ad te suspiramus gementes
et flentes in hac lacrimarum valle.
Eia ergo, advocata nostra, illos tuos
misericordes oculos ad nos converte.
Et Jesum, benedictum fructum ventris tui,
nobis post hoc exsilium ostende.
O clemens, o pia, o dulcis Virgo Maria.
Ora pro nobis, sancta Dei Genitrix.
Ut digni efficiamur promissionibus Christi.
Hermann a développé sa propre notation de musique, a traité d'astronomie et de chronométrage et écrit une chronique excellente et de grande précision.
Herman de Reichenau (à droite) avec un astrolabe
Il inventa un astrolabe, une machine à calculer, et divers instruments de musique. C'est sans doute à Hermann qu'on doit la répartition des heures en minutes (probablement pour ses observations astronomiques). Il joua de son temps un rôle fondamental dans la transmission des connaissances mathématiques et astronomiques.
Le médiéviste Arno Borst admire l’universalité de ses connaissances, mais sa véritable importance réside surtout dans son rôle de compilateur, c'est-à-dire qu’il a rendu accessible la connaissance déjà disponible en la présentant de façon intelligente et claire.
Il mourut en 1054 et fut inhumé dans la tombe de famille à Altshausen.
On doit à son élève Berthold une courte Vita d'Hermann de Reichenau.
"Parmi ses nombreuses vertus et services, deux se distinguent particulièrement : son travail d'évangéliste – de proclamateur de l'Évangile – et son existence de pasteur missionnaire." (Cardinal Tagle, archevêque des Philippines et propréfet du Dicastère pour la promotion de l’évangélisation, représentant le pape Léon XIV lors de son homélie à la béatification du Bienheureux Fulton Sheen, le 24 septembre 2026 à Saint-Louis, Missouri.)
Fulton J. Sheen (1895-1979) fut évêque de Rochester (ville américaine de l'État de New York), directeur national de l'Œuvre pontificale pour la propagation de la foi, professeur de philosophie et participant au concile Vatican II. Grâce à ses émissions hebdomadaires à la radio et à la télévision, il toucha 30 millions de personnes avec ses messages encourageants de foi, d'espérance et d'amour.
Sheen est né le 8 mai 1895, c'était un Irlando-Américain qui est devenu non seulement un archevêque, mais le premier télévangéliste, avec son programme 'Life is Worth Living' attirant régulièrement des millions de téléspectateurs
Il attribuait son succès au maintien d'une Heure Sainte quotidienne, affirmant que "Regarder le Seigneur Eucharistique pendant une heure transforme le cœur".
Le 24 septembre 2026, Sheen a été béatifié à Saint Louis, Missouri.
Voici un fait peu connu à propos de l'archevêque Fulton Sheen : le vénérable Fulton Sheen était en réalité… birituel. Bien qu'il ait été ordonné et ait servi en tant qu'évêque dans l'Église catholique romaine (rite latin), il a reçu de Pie XII des facultés canoniques spéciales pour célébrer également la Divine Liturgie dans le rite byzantin. Fulton Sheen a adopté le rite byzantin en grande partie comme un moyen de montrer une proximité spirituelle et une solidarité avec les chrétiens orientaux, dont beaucoup faisaient face à de sévères persécutions de la part des régimes communistes derrière le Rideau de fer pendant la Guerre froide. En 1955, il a célébré une Divine Liturgie byzantine hiérarchique pour une foule estimée à plus de 100 000 personnes lors d'un grand pèlerinage à Uniontown, en Pennsylvanie. Cet événement était historique : c'était la première Liturgie byzantine publique chantée en anglais et la première jamais célébrée par un évêque du rite latin avec une permission spéciale du Vatican. Il a également fourni un commentaire pour la Divine Liturgie byzantine lors de la Convention nationale melkite en 1958, qui a été enregistrée et diffusée à la télévision nationale. En agissant ainsi, il a introduit le riche trésor spirituel des Églises catholiques orientales à des millions de catholiques occidentaux qui, autrement, n'y auraient peut-être jamais été exposés. Grâce à ses facultés biritueles, l'archevêque Sheen a agi comme un pont hautement visible entre les traditions orientale et occidentale de l'Église catholique.[1]
L'héroïque Américain irlandais Archevêque Fulton Sheen sera béatifié à St Louis le 24 septembre. Cf. https://x.com/CatholicArena/status/2036854759672475750/photo/1
Le miracle reconnu de Fulton Sheen : le bébé a survécu à 61 minutes d'arrêt respiratoire et est aujourd'hui en parfaite santé. L'homme guéri, James Fulton Engstrom (photo !), aujourd'hui âgé de 16 ans en 2026 porta une relique du nouveau Bienheureux lors de la messe de béatification de Sheen, le 24 septembre 2026. James Fulton Engstrom bébé a survécu à 61 minutes d'arrêt respiratoire et est aujourd'hui en parfaite santé. Il ne respira et son cœur ne battit pas pendant 61 minutes après sa naissance. Durant cette période, ses parents et ses amis ont imploré à plusieurs reprises l'intercession de l'archevêque Fulton Sheen. L'information a été rapportée par le ''National Catholic Register'', affilié à EWTN. Le père a administré le baptême d'urgence à son enfant mourant, comme la mère l'a décrit plus tard : "Travis chercha de l'eau dans la pièce. Prenant le verre dans lequel j'avais bu pendant tout l'accouchement, il y trempa son pouce et ses doigts. L'eau perla sur le front de James, et avec son pouce, Travis traça le signe de la croix sur le front de notre fils. Sa voix était douce et claire, bien qu'elle dissimulât une grande émotion : "James Fulton, je te baptise au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.'' '' La mère a poursuivi : ''C’était la première fois que l’un de nous prononçait le nom complet de James. Il y a une force particulière dans ce nom, car nous avions consciemment décidé que chaque fois que nous prononcerions le nom de nos enfants, ce serait une invocation aux saints dont ils portent le nom.'' Même pendant la grossesse. Tout a été mis en œuvre pour réanimer le bébé, mais les médecins devaient encore constater l'heure du décès. Puis, après 61 minutes, l'enfant a finalement recommencé à respirer. Mais cela n'a pas apaisé leurs inquiétudes. Les médecins ont annoncé aux parents que le bébé avait subi de graves lésions organiques dues au manque d'oxygène prolongé et qu'il allait bientôt mourir. De plus, une IRM cérébrale a révélé des lésions au cerveau. Cependant, une nouvelle IRM réalisée trois mois plus tard n'a montré aucune trace de ces lésions, et le cerveau était parfaitement normal pour son âge. Toute la famille Engstrom, avec leurs huit enfants, se sent très proche de l'archevêque Fulton Sheen. Elle explique : "Je crois pouvoir parler au nom de mon mari : le témoignage de Sheen sur la signification de l'Eucharistie nous a profondément marqués, lui et moi, tant sur le plan spirituel que dans la manière dont nous avons élevé nos enfants : connaître, aimer et honorer Jésus-Christ dans l'Eucharistie." Les Engstrom ont assisté bien entendu, à la béatification. Même pendant la grossesse, la famille avait développé une admiration particulière pour l'archevêque Sheen, lui aussi originaire du centre de l'Illinois. Bonnie et Travis regardaient d'anciens enregistrements de ses sermons et admiraient la chaleur, l'humour et l'intelligence de celui qu'on appelait autrefois ''le porte-parole de Dieu'', rapporte le site web de la Société missionnaire américaine (MISSIO).
L’évêque américain Sheen (né en 1895 à El Paso, Illinois ; décédé en 1979 à New York) a écrit plus de 50 ouvrages sur la foi et a utilisé la radio et la télévision de manière stratégique pour diffuser le message chrétien. Ses émissions et ses interventions publiques ont suscité un immense intérêt ; il a même reçu deux Emmy Awards pour son travail à la télévision. Son apostolat médiatique était, même selon les critères actuels, absolument exceptionnel ; de son vivant, il pourrait même être considéré comme prophétique.
Le pape Léon XIV expliquait il y a quelques mois aux directeurs nationaux de Missio : ''J’ai moi-même été témoin de son œuvre d’évangélisation dans ma jeunesse.'' ''L’archevêque Sheen a été pendant des décennies une lumière de foi, d’espérance et d’amour, rayonnant à travers la radio et la télévision'' (Voir le lien).
La béatification de l'archevêque Fulton Sheen a eu lieu le 24 septembre 2026 à Saint-Louis, aux États-Unis. Le cardinal philippin Luis Antonio Tagle présida la cérémonie au nom du pape.[2]
Citations
"De nombreuses âmes échouent à trouver Dieu parce qu'elles veulent une religion qui refaçonnera la société sans les refaçonner elles-mêmes." Saint Quotes sur X
James Fulton Engstrom, le bébé qui a survécu à 61 minutes d'arrêt respiratoire est aujourd'hui en parfaite santé.
En 1974, l'archevêque Fulton J. Sheen annonçait son intention d'écrire un livre sur le démoniaque. Ce projet ne vit jamais le jour. Aujourd'hui, plus de cinquante ans plus tard, l'ouvrage tant attendu de Sheen est enfin disponible, compilé intégralement à partir de ses propres écrits. Dans "Sur le démoniaque", l'archevêque Sheen rassemble ses réflexions sur le combat spirituel et les forces du mal, à travers l'histoire du salut jusqu'à nos jours. Incluant des écrits privés inédits, ce volume offre des perspectives prophétiques sur le combat que tous les chrétiens doivent mener.[3]
Le père Michael Rennier, un ancien prêtre anglican converti à l'Église catholique, a complètement transformé sa conception du sacerdoce grâce à un livre de Fulton Sheen. Le père Michael Rennier, ancien prêtre anglican converti au catholicisme, explique sur "Aleteia" comment le livre de l’archevêque Fulton J. Sheen, "Le prêtre ne s'appartient pas", a profondément transformé sa vision du sacerdoce. Jusque-là, il avait perçu le sacerdoce, en quelque sorte, comme une profession, une simple question de présence à l'église.
"Fulton Sheen m'a cependant appris que le sacerdoce est une identité nouvelle, entièrement consacrée au service de l'Église. Sheen compare cela à une maison à deux étages : au rez-de-chaussée vit une famille en souffrance, à l'étage, la maison du prêtre." Si le prêtre descend occasionnellement pour aider et retourne ensuite au confort de son foyer, c'est bien, mais ce n'est pas la plénitude du sacerdoce. À l'exemple du Christ, le prêtre descend là où souffrent les personnes et y demeure.
Rennier identifie trois dimensions essentielles du sacerdoce dans l'enseignement de Fulton Sheen, dimensions qui l'ont façonné sur son chemin vers l'Église catholique :
Le prêtre est un sacrifice : Sheen souligne que nous devons mourir avec le Christ lors de la célébration de la Sainte Messe. Si un prêtre n'est pas prêt à mourir avec le Christ à l'autel, son ministère ne peut engendrer de vie nouvelle. Il peut être un bon travailleur social, un bon pasteur ou un bon prédicateur, mais il n'est pas un catalyseur surnaturel pour l'éternité.
Le prêtre est un pont : Nul ne possède par lui-même la force suffisante pour cette vocation. Or, le sacerdoce a une dimension verticale : il s'élève vers le Christ, le Souverain Prêtre. De là, le prêtre reçoit la force d'élever les fidèles vers Dieu.
Chaque prêtre a la même mère : Alors que je concevais auparavant le sacerdoce comme une simple fraternité, Sheen m'a enseigné que nous partageons tous la même mère spirituelle : la Vierge Marie. Un prêtre n'appartient plus seulement à lui-même, à sa famille ou à sa paroisse, mais à Marie et donc à l'Église universelle. Il la sert non comme un employé, mais comme un fils.[4]
Dans son homélie, le cardinal Tagle a relu une partie de la lettre apostolique du pape Léon XIV en anglais, qui "décrit l’archevêque comme un prédicateur infatigable de l’Évangile, par les moyens modernes de communication, et un pasteur diligent, animé par un zèle missionnaire".
Selon le cardinal Tagle, deux aspects de la béatitude du bienheureux Sheen résidaient dans sa communion avec Jésus et sa communion avec les personnes et les peuples.
La communion avec Jésus, expliquait le cardinal Tagle, "est la source du bonheur". "Comme l’Évangile l’affirme clairement, le Seigneur ressuscité choisit et envoie ses amis proclamer l’Évangile à toute la création. Heureux êtes-vous d’être vus, choisis et envoyés par le Seigneur lui-même", a-t-il déclaré.
Le bienheureux Sheen rencontra un jour le pape Pie XII, qui lui demanda "combien de conversions il pouvait revendiquer" grâce à son œuvre d'évangélisation et à sa présence médiatique, raconta le cardinal Tagle. Sa réponse était emblématique d'une personne en véritable communion avec Jésus-Christ.
"Il répondit au pape, et je cite : 'Je n’ai vraiment pas compté – afin de ne pas être tenté de croire qu’ils étaient à moi.' Puis il ajouta, et je cite : 'simplement comme un portier, qui est parfois capable de conduire les gens à la porte ouverte de la Maison de Dieu. J’ai eu un certain succès comme portier.' ''
Le second aspect de la béatitude du bienheureux Sheen réside dans la manière dont il a été ''béni par la communion avec les personnes et les peuples, en particulier les pauvres et les vulnérables. C'est la communion au nom de Jésus-Christ.''
''Se servir de la prédication comme prétexte pour éviter de voir les personnes concrètes et pour être aveugle à l’action de Dieu en elles, ce n’est pas une mission'', a déclaré le cardinal Tagle.
Il poursuivit : ''[...] Dominer les autres et faire sentir son importance n’est pas une mission. Ce n’est pas la béatitude. Heureux êtes-vous, lorsque vous vous considérez comme un instrument au service du peuple, afin que la puissance vienne de Dieu et non de vous, comme le dit saint Paul."
La béatification de jeudi est l'aboutissement de plus d'un quart de siècle de travail, de prières et même d'une bataille juridique entre deux diocèses.
La cause de canonisation du bienheureux Sheen a été officiellement ouverte en 2002 par le diocèse de Peoria, dans l'Illinois. Il a alors été reconnu comme "Serviteur de Dieu". Dix ans plus tard, le 28 juin 2012, le pape Benoît XVI a annoncé que Sheen serait déclaré "Vénérable" en raison de la "vertu héroïque" de sa vie.
En 2014, un miracle attribué à l'intercession de Sheen fut reconnu par des experts médicaux. La béatification semblait imminente.
Et puis, la procédure a été suspendue. L’évêque Daniel Jenky de Peoria a fait cette annonce le 3 septembre 2014, déclarant que la cause ne pouvait pas aller de l’avant en raison d’un différend juridique entre le diocèse de Peoria et l’archidiocèse de New York, où Sheen était évêque auxiliaire de 1951 à 1966.
Après son décès en 1979, conformément à ses dernières volontés, le corps de Sheen fut inhumé dans la crypte de la cathédrale Saint-Patrick. Sa plus proche parente vivante, Joan Sheen Cunningham, souhaitait que sa dépouille repose à la cathédrale Sainte-Marie-de-l'Immaculée-Conception de Peoria. Cinq ans plus tard, en juin 2019, suite au refus de la Cour d'appel de l'État de New York d'examiner un nouvel appel, la dépouille de Blessed Sheen a été transportée et réinhumée à Peoria, où elle repose encore aujourd'hui. La cause a été rouverte et, le 6 juillet 2019, le miracle attribué à l'intervention de Sheen a été officiellement reconnu par le pape François. Le 18 novembre, la date de la béatification a été annoncée : elle aura lieu le 21 décembre 2019 à la cathédrale Sainte-Marie-de-l'Immaculée-Conception de Peoria. Il n'en fut rien. Le 3 décembre, le diocèse de Peoria annonça que, à la demande de plusieurs évêques, la béatification serait reportée sine die. Dans les jours qui suivirent le report, il fut révélé que c'était l'évêque Salvatore Matano, alors évêque de Rochester (État de New York), qui en avait fait la demande. Mgr Matano craignait que l'archevêque Sheen, qui avait dirigé le diocèse de Rochester de 1966 à 1969, ne soit cité dans un rapport à paraître du procureur général de l'État de New York. L’archevêque Sheen n’a été accusé d’aucune malversation ni de dissimulation, mais le Vatican est resté silencieux quant à un éventuel report. Le 9 février 2026, le diocèse de Peoria a annoncé que la messe de béatification se tiendrait le 24 septembre au Dôme de l'America's Center à Saint-Louis, dans le Missouri. Ce lieu se situe à environ 270 kilomètres au sud de la cathédrale de Peoria et peut accueillir entre 40 000 et 67 000 personnes, selon la configuration et l'événement. On estime à 50 000 le nombre de personnes présentes le jeudi. À l'inverse, la cathédrale Sainte-Marie de l'Immaculée-Conception peut accueillir moins de 2 000 personnes. Il s'agissait de la cinquième béatification à avoir lieu sur le sol américain, et de la première d'un évêque né aux États-Unis.
Sa fête sera célébrée le 9 décembre, date anniversaire de sa mort.[5]
Citations
"L’anxiété augmente en proportion et en raison directe à mesure que l’homme s’éloigne de Dieu."
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Sources
[1] Wojciech Pawelczyk sur X https://x.com/WojPawelczyk/status/2053373597117186424
Sainte Thècle, née à Iconium (capitale de la Lycaonie antique en Asie Mineure, actuelle Konya en Turquie)au Ier siècle, dans une riche famille païenne, est une martyre du temps des Apôtres. Les saints pères l'ont appelée avec enthousiasme la femme apostolique, la fille aînée de saint Paul, la protomartyre parmi les femmes, comme saint Étienne fut le protomartyr parmi les hommes. L'Église orthodoxe la vénère comme égale aux apôtres. Son culte se répandit dès le IVe siècle en Occident. L'Eglise catholique en a supprimé son culte en 1969.
Thècle, très versée dans la philosophie, dans les sciences et dans les belles-lettres, fut convertie par Saint Paul, à Iconium.
Elle voulut rester vierge et fut dénoncée comme chrétienne par le jeune homme qui aspirait à sa main. Condamnée au feu, dans l'amphithéâtre, à la demande de sa mère, elle vit Notre-Seigneur lui apparaître sous les traits de saint Paul, puis remonter au ciel comme pour lui en tracer le chemin. Pleine alors d'un courage tout nouveau, elle s'arme du signe de la croix et monte, rayonnante de joie et de beauté, sur le bûcher; bientôt les flammes l'entourent de toutes parts, mais sans la toucher, et la foule étonnée aperçoit la victime pleine de vie et priant Dieu; nouveau miracle: un nuage s'abat sur le bûcher et en éteint les flammes.
Bientôt Thècle put revoir l'apôtre saint Paul et être confirmée par lui dans la foi. L'ayant suivi à Antioche de Syrie, elle s'y livra à la propagation du christianisme. Un des premiers habitants de la ville, nommé Alexandre, conçut pour elle une violente passion. Thècle, au lieu de répondre à ses avances, l'humilia en public. Alexandre la dénonça au gouverneur. Elle fut bientôt accusée de nouveau et condamnée aux bêtes. On lâcha contre elle, une lionne furieuse et affamée; mais celle-ci, loin de dévorer sa victime, vint lui lécher les pieds; ni la rage de la faim, ni les excitations des bourreaux, ni les clameurs du peuple ne purent réveiller son instinct carnassier. "La lionne, dit S. Ambroise, vénéra sa proie et fut pénétrée d'une compassion dont les hommes s'étaient dépouillés."
Peu de jours après, la jeune martyre fut exposée au même supplice; on lança sur elle des lions et des ours; aussitôt la lionne qui l'avait épargnée une première fois courut vers elle et lui lécha les pieds. Un ours s'avança, mais la lionne le mit en pièces; un lion, voulut aussi se précipiter sur la victime; mais une lutte acharnée se livra entre la lionne et lui, et ils périrent tous les deux. Le préfet la fit alors jeter dans une fosse remplie de serpents. A peine y fut-elle précipitée, qu'un globe de feu consuma tous les reptiles, et la sainte fut délivrée. L'ordre fut donné d'attacher chacun de ses pieds à des taureaux furieux, pour l'écarteler; les bêtes, excitées par des aiguillons rougis au feu, bondirent en mugissant; mais les liens de la vierge se brisèrent, et elle resta sans blessure. Le préfet étonné, lui demanda l'explication de ces prodiges: "Je suis, dit-elle, la servante de Dieu, Maître de l'univers."
Thècle, rendue à la liberté, retourna dans sa patrie àIconium pour y prêcher la foi.
Plus tard, elle se retira dans la solitude près de Séleucie où elle se serait construit un ermitage, convertissant par la parole et par ses vertus, les femmes qui venaient en foule la visiter. Elle mourut à l'âge de quatre-vingts ans et y serait enterrée.
On l'invoque pour les paralysés et les enfants qui marchent tardivement.
Un apocryphe, connu en copte, les Actes de Paul et Thècle, probablement du IIe siècle, qui fut largement diffusé en Orient est à l'origine de sa vénération. De nombreuses versions furent diffusées en grec, syriaque, arménien et latin, ce qui explique que nombre d'ouvrages des Pères de l'Église y fassent allusion.
Il existe un monastère et un sanctuaire très connu de Sainte-Thècle à Maaloula en Syrie (à 60 km au nord de Damas), où on vénère son tombeau,qui serait la grotte-ermitage où elle acheva sa vie terrestre à l'âge de 80 ou 90 ans.
La légende de sainte Thècle, dont la plupart des versions convergent, est construite autour d’un événement central.
Thècle, convertie par saint Paul, dut fuir les hommes envoyés par son père, resté païen et hostile à sa conversion : arrivée à Maaloula (dont une des étymologies araméennes couramment invoquées fait opportunément référence à l’idée d’ « ouverture »), la montagne se serait ouverte sur son passage (matérialisé par le fajj, défilé étroit formé par l’érosion karstique) (Annexe 19). Elle aurait ainsi trouvé refuge dans une grotte, d’où sort une source sacrée. Taqla, appelée aussi en araméen « Berikhta » (bénédiction, baraka en arabe) est une figure de la médiation religieuse, par sa présence diffuse à Maaloula : le lieu sacré de la grotte lui appartient (les religieuses veillent à ce que les pélerins se déchaussent en entrant). ... [L]e pèlerin peut légitimement espérer obtenir la baraka de la part de la Sainte, par la déambulation dans le sanctuaire, la collecte d’un peu d’eau de la source ou l’absorbtion de morceaux de coton imbibés d’huile. On vient demander à sainte Thècle la guérison du corps, que l’on soit chrétien ou musulman, comme autrefois l’avaient noté Ferrette ou Bliss, mais surtout la résolution de ses problèmes personnels[Source:Frédéric Pichon, Maaloula (XIXe-XXIe siècles). Du vieux avec du neuf, Histoire et identité d’un village chrétien de Syrie (texte intégral),note 115].
Statue de Sainte-Thècle àMaaloula
Le culte de sainte Thècle s’organisa essentiellement au sud de Séleucie d’Isaurie : Hagia-Thekla devint rapidement un grand centre de pèlerinage. La translation de sainte Thècle s’est sans doute effectuée par homonymie : Maaloula est parfois identifiée comme « Séleucie de Damas » à l’époque hellénistique. Toujours est-il que le prénom Taqla est d’origine araméenne. Voir Christelle Jullien, « Thècle, un prénom araméen ? À propos de l’inscription de la grotte funéraire 38 », in M. J. Steve, L’île de Khârg, une page de l’histoire du Golfe persique et du monachisme oriental, Neuchâtel, 2003, p. 51-54. [Source:F. Pichon, ibid. (texte intégral), note 111.]
Stephen J. Davis s'est intéressé aux lieux où le culte de sainte Thècle est attesté par l'archéologie, à Séleucie, ville méridionale de la Turquie actuelle, proche de Tarse, la patrie de l'apôtre Paul et non loin d'Iconium où celui-ci a prêché. Le sanctuaire de sainte Thècle à Séleucie est agrandi à la fin du ve siècle sous l'empereur Zénon, alors que les Actes de Thècle circulent déjà indépendamment des Actes de Paul, depuis près d'un siècle déjà. Les pèlerinages organisés autour de ce sanctuaire favorisent le développement de réécritures des Actes de Paul et Thècle et la production de la Vie et des miracles de sainte Thècle. S. Davis a relevé minutieusement les éléments qui témoignent de la puissance charismatique de la sainte dans le cadre de son culte. La stature apostolique de Thècle sert à encourager aussi bien les pratiques d'ascèse, dans le monachisme, qu'à favoriser la guérison des pèlerins. [Source: Archives de Sciences sociales des religions, Editions EHESS, 136 | octobre - décembre 2006 :Stephen J. Davis,The Cult of Saint Thecla: A Tradition of Women's Piety in Late Antiquity, Oxford University Press, coll. « Oxford Early Christian Studies »,Oxford 2001.]
S. Davis repère les traces de préoccupations liées à la place des femmes dans la culture chrétienne primitive, et le portrait d'ascètes itinérants.
Les Actes de Paul et Thècle illustrent un type de christianisme où les femmes sont valorisées et participent activement à la vie des communautés.
En décembre 2008, le Général Michel Aoun, lors d’une visite inédite en Syrie qui avait pour thème le christianisme oriental, se rendit à Maaloula et inscrivit dans le livre d’or du couvent Saint Serge son « émotion et sa joie profonde d’avoir entendu et récité la prière du Notre Père dans la langue du Christ » (Voir l’article de Scarlett Haddad, dans le quotidien libanais L’Orient-Le Jour, « Liesse populaire : Pèlerinage religieux et accueil enthousiaste pour Aoun à Homs », 6 décembre 2008.) ...(Source: F. Pichon, ibid.)
L'origine mythique troyenne des Maalouliens, à peu près absente dans les sources écrites et qui ne doit son existence qu’au fait que Burton (très brièvement) et Parisot plus tard la recueilleront(fin XIXe siècle, NdCR.) auprès de certains habitants non identifiés (Jean Parisot, « Traditions maalouliennes : les émigrés de Sendjar », mars-avril 1898, NdCR.), disparaît tout à fait des écrits se rapportant à Maaloula par la suite. De nos jours, cette origine mythique est ignorée de tous et n’est jamais mise en avant dans aucun discours interne, pour des raisons évidentes dans le contexte politique actuel. Maaloula a échappé à son origine troyenne [Source: Frédéric Pichon, ibid (texte intégral), paragraphe 50, http://books.openedition.org/ifpo/1621].
Le mythe des origines troyennes est resté très actif dans l’Europe médiévale et moderne : on ne compte plus les peuples, régions ou cités qui ont revendiqué la filiation troyenne, évidemment mythique mais porteuse de sens politique. Le cas le plus ancien étant celui de la France : ainsi dans l’Historia Francorum de Frégédaire (vers 660) et plus tard dans les Gesta regum Francorum, œuvre anonyme datant de 727, figure cette parenté qui bénéficiera d’une grande postérité littéraire. (Source et suite:F. Pichon, Maaloula (XIXe-XXIe siècles), ibid., note 145.)
Le culte de Sainte-Thècle est également présent dans la fameuse "grotte (ou cave) de saint Paul" à Ephèse(Turquie) où se trouvent des fresques qui datent environ des IVe - VIe siècles.
Ephèse est l'une des plus anciennes et plus importantes cités grecques d'Asie Mineure, la première de l'Ionie.
En Égypte, le culte de Thècle est bien plus développé, car on ne manque pas tant de témoignages littéraires que de traces iconographiques sur des ampoules de pèlerins, des peintures à Bagawat ou des stèles tombales, dans la vallée du Nil.
Divers appendices iconographiques, un catalogue systématique des ampoules conservées ainsi qu'une étude des attestations de l'onomastique liée à Thècle agrémentent cette étude détaillée.
Dès le ive siècle, la figure de Thècle est utilisée dans les controverses théologiques au sein des monastères, et Athanase, évêque d'Alexandrie, s'en servira autant que ses adversaires pour canaliser les élans de ceux et celles qui prennent la sainte pour modèle. Les traces de pèlerinages liés à la figure de Thècle dans les environs d'Alexandrie, autour du lac Maréotis, montrent l'association de la sainte avec le culte de saint Ménas, le long de la vallée du Nil jusque dans l'oasis de Kharga. Ce chapitre utilise un maximum de sources coptes directes et illustre, abondamment, comment la dévotion à la sainte a été progressivement égyptianisée. (Source:Archives de Sciences sociales des religions, Editions EHESS, 136 | octobre - décembre 2006 :Stephen J. Davis,The Cult of Saint Thecla: A Tradition of Women's Piety in Late Antiquity, Oxford University Press, coll. « Oxford Early Christian Studies »,Oxford 2001.http://assr.revues.org/3908)
En Occident,avec la Vierge Marie etsainte Agnès, Thècle est l'une des trois saintes qui apparaissent chaque soir pendant des mois à saint Martin, l'Apôtre des Gaules, dans son ermitage tourangeau.
Une légende raconte que Thècle aurait traversé les mers pour fuir les persécutions. Arrivée en Gaule, elle aurait franchi les Cévennes pour s'installer dans ces montagnes.
Elle serait morte à Saint-Bonnet-de-Chirac, en Gévaudan et enterrée près de la fontaine qui porte son nom.Cette légende expliquerait pourquoi Thècle d'Iconium est si présente dans les vénérations du sud du Massif Central. On retrouve en effet sa présence en Lozère (crypte Sainte-Thècle à Mende, fontaine à Saint-Bonnet-de-Chirac, patronne de Rocles, ...) et en Auvergne (elle est vénérée à Chamalières où ses reliques furent conduites au VIIe siècle).
En Suisse, une chapelle romane lui est dédiée à Donatyre.
Sainte-Thècle est également la patrone de Tarragone en Espagne. La cathédrale lui est dédiée. À Sitges en Espagne encore, une rue porte son nom.
Sources:
(1); (2); (3) Mgr Paul Guérin, Vie des saints pour tous les jours de l'année, Editions D.F.T., Saint-Etienne 2003, p. 593; (4) Anne Bernet, Les Chrétiens dans l'Empire romain, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 463, note 3
Le monde entier vénère Toussaint Louverture (1743-1803) comme le "Spartacus noir", l'icône absolue qui a vaincu l'esclavage. Sa détention par Napoléon et sa mort en captivité achèveront de le transformer en héros, dont la légende dépasse la réalité.
Ce que l'historiographie décoloniale refuse d'admettre, c'est que le grand libérateur d'Haïti possédait lui-même des esclaves.[1] Les archives domaniales de Saint-Domingue sont implacables : dès son affranchissement, bien avant la révolution, il a loué des terres et acheté des hommes pour faire fructifier ses propres plantations.
Les travaux les plus récents d'historiens (Jacques de Cauna[2], Philippe Girard[3], Jean Louis Donnadieu[4]) font ainsi apparaître par leurs recherches les aspects contradictoires du personnage, lequel exploita des plantations esclavagistes, ne rechercha pas toujours la libération effective des travailleurs noirs et fut adepte d'un pouvoir pour le moins autoritaire(Constitution de Saint-Domingue de 1801). En 2020 encore néanmoins, Toussaint Louverture était présenté a posteriori sur ''France culture'' comme le maître d'esclaves ''chantre de l'émancipation noire''. (''Toussaint Louverture, figure de l'émancipation'', France Culture, signes des temps, 11 octobre 2020)
Le héros de l'émancipation s'est d'abord enrichi comme un esclavagiste ordinaire, exploitant une main-d'œuvre asservie avec le même cynisme que les colons blancs.Il fait ainsi partie des esclaves qui connaissent une ascension sociale sous l'Ancien Régime. À l'aube de la Révolution française, sa situation est plutôt aisée.
Après le déclenchement en des révoltes d'esclaves, Toussaint de Bréda, occupe des fonctions de médecin chez les insurgés et dirige unegarde disciplinée à l’européenne qui tranche avec la totale désorganisation des insurgés. Promu lieutenant-général, Toussaint troque son nom Bréda pour Louverture, surnom qui, devait suggérer son habileté à ouvrir une brèche dans les rangs de l’adversaire. Ses qualités militaires le mènent à développer des ambitions politiques. Toussaint s’émancipe rapidement de la tutelle des deux chefs historiques du mouvement ainsi que de celle des Espagnols, en entretenant des relations avec le camp français. Le , il rallie ainsi le camp républicain sur l’offre du du gouverneur général Lavaux. Longtemps, les historiens ont cru que cette décision avait été motivée par l’officialisation de l’abolition de l’esclavage par la Convention le 4 février 1794. L’historien américain John Garrigus a démontré que ce n'était pas le cas : la mesure de la Convention n’avait pas encore été portée à l’île. La proclamation par Sonthonax, commissaire de la République pour Saint-Domingue, de la liberté générale sur l’île en août 1793 rendit le camp français plus attractif pour les anciens cultivateurs esclaves, que le camp espagnol. En mai 1794, Lavaux put armer de nombreux cultivateurs avec les 30 000 fusils qu’il avait reçus de la deuxième commission civile. Ce n’est donc qu’une fois l’armée française passa à l’offensive, que Toussaint Louverture rallia les abolitionnistes. Pour autant, il n’est pas impossible que Toussaint ait vu dans la cause abolitionniste l’idéologie qui pourrait lui permettre de survivre politiquement. Une autre raison l’ayant poussé dans le camp français est qu'il était en conflit ouvert avec ses supérieurs. Sa défection du camp espagnol marqua ainsi son engagement en faveur de l’abolition de l’esclavage. Le ralliement de Toussaint Louverture apporta à Lavaux 4 000 hommes entraînés à l’européenne, disciplinés. Cet apport fut décisif dans la reprise en main du Nord de Saint-Domingue par les républicains.
Lorsqu'il prend le contrôle total de l'île à la fin des années 1790, l'économie sucrière est en ruine. Pour financer son armée et son jeune État, il a besoin de rentabilité immédiate. Le libérateur instaure alors le redoutable "caporalisme agraire", un systèmetotalitairequi ramène de force les ouvriers noirs tout juste affranchis sur les plantations de leurs anciens maîtres.
Dans son règlement de culture d'octobre 1800, il assume un autoritarisme total et décrète noir sur blanc : "Tout cultivateur ou cultivatrice qui sera surpris oisif sera arrêté et puni selon la rigueur des lois."
Il attache légalement les paysans à la terre en leur interdisant de se déplacer sans laissez-passer, exigeant publiquement que chaque cultivateur obéisse "avec la même exactitude qu'un militaire".
Pour mater les soulèvements de ces travailleurs qui refusent ce retour déguisé à l'esclavage, il envoie sa propre armée.
Les soldats noirs répriment les cultivateurs en utilisant exactement les méthodes des anciens bourreaux. Le général français Pamphile de Lacroix, témoin direct de l'époque, rapportera avec stupeur que sous les ordres de Toussaint, les travailleurs sont frappés "à coups de lianes", la version locale et redoutée du fouet colonial.
L'intransigeance de ce tyran culmine en 1801 lorsqu'il fait impitoyablement fusiller son propre neveu, le général Moyse, coupable d'avoir pris le parti des ouvriers agricoles qui se révoltaient contre ces cadences infernales.
En 1795, les Espagnols vaincus signent la paix avec la France et lui cèdent Santo Domingo. Toussaint Louverture domine alors la province du Nord, à l'exception du Cap-Français contrôlé par le général Villatte. En récompense de ses services, Toussaint fait partie de la promotion du 23 juillet 1795 permettant l’accès à de nombreux officiers de couleur au grade de général de brigade. La figure de Toussaint Louverture, particulièrement appréciée par le gouverneur Lavaux, finit par entraver l’ascension du général Villatte. En mars 1796, las de cette situation, Villatte se fourvoie dans un coup d'État en arrêtant le gouverneur Lavaux. Immédiatement, Toussaint intervient et le met en déroute. En récompense de sa loyauté, en plus d’être promu général de division, Toussaint est nommé le 31 mars 1796 lieutenant gouverneur de Saint-Domingue, occupant de fait le second rang derrière Lavaux. Une fois la promotion obtenue, Toussaint expédie manu militari, en août 1797, Sonthonax siéger en métropole, ce dernier lui portant ombrage notamment auprès des Noirs dont il était très apprécié. Toussaint, jaloux de son autorité, glissa vers un pouvoir très personnel...
En août 1798, le général de division Toussaint Louverture négocie la reddition des Britanniques occupant encore l'ouest de l'île. L’accord signé entre les deux parties prévoit notamment l’ouverture des ports de Saint-Domingue aux navires de commerce britanniques, alors même que la France est encore en guerre avec la Grande-Bretagne. Le général Hédouville, supérieur hiérarchique de Toussaint en poste depuis mars 1798, furieux d’une telle insubordination, s’émeut plus encore du contenu de l’accord. La dégradation de leur relation est telle que Toussaint organise en octobre 1798 une révolte populaire forçant Hédouville à quitter l’île. La veille de son départ forcé, Hédouville décharge le général André Rigaud contrôlant le Sud de l’île, de toute sujétion à l’égard de Toussaint Louverture. En juin 1799, Toussaint entre en guerre contre Rigaud. C'est la "guerre du Sud", vue comme un conflit entre la "caste" des Noirs (représentés par Toussaint) et la "caste" des Mulâtres (terme qui désignent les métis, représentés par Rigaud). De lourdes pertes sont infligées aux mulâtres du Sud ; les sources rapportent entre 5 000 et 10 000 morts, des soldats désarmés pour la plupart. Bernard Gainot parle à ce propos d'une "guerre d'extermination" menée par Toussaint Louverture[5]. En juillet 1800, Toussaint sort vainqueur. Six mois après, la partie espagnole, officiellement française depuis 1795, est envahie par Toussaint. Mais la consécration vient le 13 ventôse an IX (4 mars 1801), lorsque Napoléon Bonaparte nomme le général de division Toussaint capitaine-général de Saint-Domingue, c'est-à-dire le deuxième personnage de la colonie après le représentant légal de la France sur place. En réponse, le 14 messidor de l'an IX (3 juillet 1801), le général de division Toussaint Louverture promulgue une constitution autonomiste : il se nomme lui-même gouverneur à vie [terme de l'ancien régime] de Saint-Domingue, qui reste terre française, en se gardant la possibilité de désigner son successeur. Si l'esclavage est supprimé, la traite est maintenue et un nouveau servage instauré (attachement des travailleurs à la terre et recours au travail obligatoire possible) [Jean Louis Donnadieu, Toussaint Louverture, le Napoléon noir, ].
En moins d’une décennie, sous son impulsion, la révolution domingoise permet l’instauration d’un nouvel ordre, inspiré du modèle colonial de l’Ancien Régime, mais profitant aux militaires de couleur, surtout aux Noirs. Toussaint Louverture s’était entouré, d’après l’historien Bernard Gainot, d’une cour où l’étiquette était de rigueur. Les Blancs étaient nombreux à y participer. Certaines mesures prises par Toussaint marquent également une restauration des "valeurs morales". Ainsi est rétablie la pompe de l’Église catholique lors de victoires : cette cérémonie d’Ancien Régime glorifiant la lutte contre le protestantisme, a été célébrée lors des succès de Toussaint contre les Anglais. Le divorce, légalisé sous la Révolution, est supprimé avec Toussaint. Les émigrés, ces planteurs blancs ayant fui la Révolution, sont rappelés afin, assure Toussaint, de bénéficier de leurs compétences techniques et relancer l'économie sucrière. Dès 1795, Toussaint Louverture se montre très actif pour maintenir l'économie de plantation. Il oblige les anciens esclaves non engagés dans l’armée à reprendre le travail. Ce qui provoque des soulèvements, les cultivateurs y voyant une forme de rétablissement de l’esclavage. Toussaint utilise alors ses troupes disciplinées d’anciens esclaves pour mater ces révoltes. Les habitations sont placées sous administration militaire : les officiers de Toussaint, comme Jean-Jacques Dessalines ou Henri Christophe, appliquent de manière militaire les "règlements de culture". Cette forme de travail forcé a été qualifiée par les historiens de "caporalisme agraire". Désormais, à Saint-Domingue, deux entités existent : celle des militaires et celle des cultivateurs assignés sur leurs anciennes habitations. Toutefois, Toussaint Louverture ne rétablit pas l'esclavage : les cultivateurs perçoivent un salaire et se voient reconnaître des droits civils.
Enfin, sous son autorité, est réalisée une vieille revendication coloniale : l’accession à l’autonomie de la colonie. À la suite du coup d’État de Bonaparte, le régime d’isonomie républicaine des colonies a été supprimé. Les colonies ont été placées sous un régime d’exception. Toussaint, informé de cette mesure, s’attelle de son propre chef à l’élaboration d’une constitution, celle du 8 juillet 1801 (Constitution de Saint-Domingue de 1801), autonomiste et autocratique. Elle est inspirée de la constitution de l’an VIII, notamment pour la prééminence de l’exécutif et du militaire. Cette constitution le nomme gouverneur à vie, et consacre le catholicisme comme religion d’État ; et si, en théorie, elle reconnaît la liberté générale, elle envisage à terme la possibilité de recourir de nouveau à une main-d’œuvre africaine. Enfin, cette constitution institutionnalise les "règlements de culture".
C’est compter sans Napoléon Bonaparte. La France, en octobre 1801, entre en paix avec la Grande-Bretagne : une expédition à Saint-Domingue est ainsi rendue possible. Un corps expéditionnaire est formé et placé sous le commandement du général Leclerc. Il comporte des officiers issus des colonies comme Rochambeau, ou encore des officiers de couleur défaits par Toussaint Louverture (Rigaud, Pétion, Villatte). L’expédition Leclerc quitte la France en décembre 1801 avec 17 000 hommes, renforcée entre mars et mai 1802 par 6 000 hommes. Toussaint dispose d’une armée de 20 000 hommes, répartie entre l'infanterie, la cavalerie et le génie. Par ailleurs, sa garde nationale, véritable troupe aguerrie, compte près de 10 000 hommes. Le général Leclerc débute par un débarquement simultané dans tous les grands ports en février 1802, suivi d’une offensive pour refouler les rebelles. Ce même mois, il envoie Placide et Isaac Louverture, les deux aînés de Toussaint qu'il a amené avec lui de métropole, accompagné de leur professeur l'abbé Jean-Baptiste Coisnon, afin de remettre au chef des insurgés une lettre de menace du Premier Consul Bonaparte. Toussaint Louverture choisit de poursuivre le combat. Toutefois, rapidement défait militairement, il adopte une tactique défensive, pratiquant la stratégie de la terre brûlée. Celle-ci n’arrête pas l’offensive menée par le corps expéditionnaire. Malgré des pertes importantes, les troupes venues de métropole sont victorieuses, si bien que les officiers de Toussaint, à l’exemple de Maurepas ou Henri Christophe, font tour à tour défection. Le 6 mai 1802, Toussaint Louverture est contraint de capituler, puis est assigné à résidence dans sa propriété dans l’île. Avec la chute de Toussaint Louverture, la révolution domingoise connaît un coup d’arrêt. Trop progressiste pour Bonaparte, trop réactionnaire aux yeux des cultivateurs, le régime de Toussaint Louverture ne semble satisfaire personne, à l’exception de la nouvelle élite de militaires de couleur, grande bénéficiaire du nouvel ordre. C’est finalement dans une certaine indifférence que le 7 juin 1802, en dépit des promesses faites en échange de sa reddition, Toussaint Louverture — ainsi qu'une centaine de ses proches — est capturé et déporté en France : il est embarqué avec sa famille sur la frégate la Créole et transbordé au large du Cap-Haïtien sur le Héros qui le transporte à Brest. Maintenu aux arrêts en rade à bord du Héros, il est débarqué le 25 thermidor an X (13 août 1802) à bord d'une chaloupe vers Landerneau et conduit sous bonne garde avec son fidèle serviteur Mars Plaisir au fort de Joux près de Pontarlier, dans le plus grand des secrets afin d'être "interrogé". Plutôt que de l'envoyer en procès, on le laisse croupir en prison afin de le briser moralement et physiquement par de nombreuses vexations, humiliations et brimades. Il meurt le 7 avril 1803, d'apoplexie et de pleuro-péripneumonie, après un hiver rude dans le Doubs. Napoléon Ier, à Sainte-Hélène, émit finalement quelques remords sur le sort qu’il avait réservé à cet homme et l’estima même "fin et astucieux", avouant qu’il lui avait donné beaucoup de fil à retordre. Il se reprocha finalement d’avoir voulu à tout prix soumettre la colonie, et de ne pas s’être contenté de gouverner Saint-Domingue par son intermédiaire.
Il faut attendre la fin de la révolution haïtienne pour que l’œuvre amorcée par Toussaint Louverture trouve son aboutissement, et qu'il soit érigé pour la postérité en héros national haïtien. En effet, c'est son ancien lieutenant Jean-Jacques Dessalines qui proclame l'indépendance de la République le 1er janvier 1804, donnant ainsi naissance à la première république noire.
Conclusion
Le récit militant actuel occulte ces faits historiques dérangeants pour protéger la légende dorée du résistant irréprochable. Ses propres décrets racontent plutôt l'histoire d'un dictateur martial qui n'a pas hésité à utiliser le fouet et le sang pour transformer son île en une gigantesque caserne agricole.
[1] Descendant d'esclaves noirs, Toussaint Louverture est affranchi puis devient lui-même propriétaire d'esclaves, et possède plusieurs plantations. Cf. Paul Berman, A Biography Reveals Surprising Sides to Haiti’s Slave Liberator, "Une biographie dévoile des facettes surprenantes du libérateur des esclaves en Haïti", The New York Times,
[2]Jacques de Cauna, Toussaint Louverture et l'indépendance d'Haïti : témoignages pour un bicentenaire, Paris, SFHOM, Éditions Karthala, coll. Hommes et sociétés, 2004
[3] Philippe Girard, Ces esclaves qui ont vaincu Napoléon. Toussaint Louverture et la guerre d'indépendance haïtienne (1801-1804), 18 décembre 2012
[4]Jean Louis Donnadieu, Toussaint Louverture, le Napoléon noir, janvier 2014
[5]Bernard Gainot, Sur fond de cruelle inhumanité ; les politiques du massacre dans la Révolution de Haïti, La Révolution française. Cahiers de l’Institut d’histoire de la Révolution française,
Humble capucin, mystique et thaumaturge (guérisseur), des milliers de personnes vinrent le voir en Italie.
Il naît sous le nom de Francesco Forgione (1887-1968) dans une famille de paysans pauvres. Particulièrement pieux et solitaire il préfère la compagnie de son ange gardien à celle des autres enfants. Très jeune il est attaqué par le démon. Ces violents combats contre Satan continueront toute sa vie. La Vierge Marie sera pour lui un soutien indéfectible dans ces combats.
il est entré à 16 ans chez les capucins, où il prit le nom de Pio, en hommage au pape Pie V.
Bientôt surnommé Padre Pio, il aimait passer de longues heures à l'église et, plus que tout, célébrer l'eucharistie - moment intense d'intimité avec son Dieu.
À 31 ans, il reçut les stigmates de la Passion du Christ. En 1918 il vit la transverbération : son cœur est transpercé spirituellement mais saigne réellement. Il commence à revivre la passion du Christ et est alors marqué des mêmes blessures aux mains et aux pieds : les stigmates, visibles par tous à partir de ce moment. Ses plaies ne cicatriseront jamais et continueront de saigner toute sa vie. Il est ainsi le premier prêtre stigmatisé de l’histoire de l’Eglise. Pendant cinq ans il sera soumis à toutes sortes d’analyses et d’examens médicaux. Les conclusions indiquent qu’il ne peut en aucun cas s’agir d’une supercherie. Pourtant, le Saint-Office déclare « ne rien constater de surnaturel dans les faits qui lui sont attribués » et prononcera une condamnation formelle et publique interdisant à Padre Pio tout contact avec les fidèles. Pendant 10 ans il ne pourra plus donner les sacrements, seule la messe en privé lui est possible. Les fidèles continuent malgré tout d’affluer espérant l’apercevoir. Le 14 juillet 1933 l’interdiction est levée et des milliers de fidèles attendent aux portes de l’église pour la célébration de la messe.
Du monde entier, on se bouscula pour se confesser à lui.
Les persécutions reprirent, venues cette fois des capucins eux-mêmes. De nouveau il fut empêché de dispenser les sacrements librement jusqu’en 1964 où Paul VI demanda à ce qu’il puisse exercer son ministère en toute liberté.
De façon inexplicable, les blessures que portait Padre Pio depuis 50 ans ont totalement disparu quelque temps avant sa mort. C’est après avoir célébré la messe solennelle du cinquantenaire de ses stigmates qu’il meurt le 23 septembre 1968.
Son corps demeuré incorrompu repose à San Giovanni Rotondo.
Il béatifié le 2 mai 1999 et canonisé par Jean-Paul II en 2002. Vont alors être réunis plus de 73 témoignages de guérison compris dans 104 volumes.
Sa notoriété s'est accompagnée de multiples récits de phénomènes surnaturels rapportés par des fidèles — guérisons miraculeuses et don de bilocation —, ou rapportés par lui-même comme des visions. Après sa mort, sa dévotion s'est diffusée dans le monde, encouragée par sa béatification en 1999 puis sa canonisation le 16 juin 2002 par le pape Jean-Paul II.
Le 3 Mars 2008, Padre Pio est exhumé à l'occasion du 40e anniversaire de sa mort : son corps est en parfait état. La décomposition et la putréfaction du corps est quelque chose qui commence immédiatement après le décès.
Pour Padre Pio, aucun embaumement à sa mort n'eut lieu, c'est une conservation naturelle, on a un corps qui est non corrompu. Son corps dégage une odeur très agréable tantôt florale tantôt une odeur d'épices. Il arrive encore que ce corps ce mette à saigner lorsqu'on le pique ou lorsqu'on le coupe. Les médecins n'ont pas d'explication et ont là "quelque chose qui dépasse l'entendement et les limites" de leurs connaissances.
Citations
""Ne vous attardez pas volontairement sur ce que le diable vous présente... Lorsque vous êtes tenté, dites à Dieu : « Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de ton pauvre faible." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1939038510671139144 )
"Chaque Sainte Messe entendue avec dévotion produit dans nos âmes d'abondantes grâces spirituelles et maternelles, que nous-mêmes ne connaissons pas."(Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1972349538808778846 )
"Sous la Croix, on apprend à aimer" (Cf. https://x.com/PadrepioSaint/status/1971660128656261388 )
"Vous aurez besoin de l'aide de saint Michel qui vit dans ce monde." (Cf. https://x.com/PadrepioSaint/status/1970929903723037102 )
"Méfiez-vous de l'anxiété. Faites souvent confiance à la Divine Providence et soyez assurés que ~ le ciel et la terre passeront avant que le Seigneur ne cesse de vous protéger." (Cf. https://x.com/PadrepioSaint/status/1969468158089314401 )
"Si vous tombez, soyez humble, prenez la résolution de vous soumettre à la volonté de Dieu... puis relevez-vous et continuez." (Cf. https://x.com/PadrepioSaint/status/1965087160140533871 )
"La confession est le bain de l'âme. Même une pièce propre et inoccupée accumule de la poussière. Revenez-y une semaine plus tard et vous verrez qu'il faut à nouveau la dépoussiérer." (Cf. https://x.com/PadrepioSaint/status/1956749483439497684 )
"Si les gens connaissaient la valeur de la Sainte Messe ••••• il y aurait des policiers à la porte pour réguler l'accès à l'Église, chaque fois que la Messe est célébrée !" (Cf. https://x.com/PadrepioSaint/status/1949534339760636017 )
"La prière... est l'oxygène de l'âme." (Cf. https://x.com/PadrepioSaint/status/1947340970825290162 )
"Insensés sont ceux qui ne parviennent pas à comprendre les secrets de la croix." (Cf. https://x.com/PadrepioSaint/status/1946265311784874400 )
"Humilité, humilité, et toujours humilité... Satan craint et tremble devant les âmes humbles !" (Cf. https://x.com/PadrepioSaint/status/1945526057093775409 )
"Souvenez-vous de ceci : Le pécheur qui regrette ses péchés est plus proche de Dieu que l'homme qui se vante de ses bonnes œuvres." (Cf. https://x.com/PadrepioSaint/status/1944112839079207235 )
"Le rosaire est l'arme que Marie nous a donnée pour lutter contre les ruses de l'ennemi infernal." (Cf. https://x.com/PadrepioSaint/status/1940814300203176107 )
"Si seulement nous savions comment Dieu considère ce sacrifice ••••• nous risquerions notre vie pour assister à une seule messe !" (Cf. https://x.com/PadrepioSaint/status/1939343947563978931 )
"Il est plus facile pour la terre d'exister sans le soleil que sans le Saint Sacrifice de la Messe." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1936804516780986654 )
"Ne laissez pas la triste vision de l'injustice humaine attrister votre âme ~•~ un jour, vous verrez la justice infaillible de Dieu triompher !" (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1935739092127695227 )
"C'est par les épreuves que Dieu lie à Lui les âmes qu'Il aime." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1935008932235477267 )
"Si le bon Dieu souhaite prolonger l'heure de l'épreuve, ne vous plaignez pas et ne cherchez pas la raison : mais souvenez-vous toujours que les enfants d'Israël ont dû rester quarante ans dans le désert avant d'atteindre la terre promise." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1933201397518082091 )
"Gardez Jésus crucifié dans votre cœur et toutes les croix du monde vous apparaîtront comme des roses." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1932820816410128746 )
"Invoquez votre ange gardien afin qu'il vous éclaire et vous guide. Dieu vous l'a donné pour cette raison. ~•~ Alors, faites appel à lui !"
"D’autres religions chrétiennes ont été fondées par des hommes différents, MAIS la religion catholique a été fondée directement par Jésus-Christ." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1931801347181138423 )
"La prière, c'est se perdre en Dieu, s'oublier soi-même, se retrouver en Dieu. C'est se consumer d'amour ••• pour Lui." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1930657482109788373 )
"Le diable est comme un chien enragé attaché à une chaîne : au-delà de la longueur de la chaîne, il ne peut attraper personne. Et VOUS : gardez vos distances. Si vous vous approchez trop près, vous vous laissez attraper. Rappelez-vous : le diable n'a qu'une seule porte pour entrer dans l'âme : la VOLONTÉ." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1927812363912192163 )
"Ne vous attardez pas sur vos tentations. ................... Ce n'est pas la pensée qui fait le péché, mais le fait d'y consentir." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1926332746642665932 )
"Si certaines pensées vous troublent, c'est le diable qui vous inquiète, et non Dieu... Qui, étant l'esprit de paix, vous accorde la tranquillité." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1927741104650060014 )
"Ceux qui prient ont de l'espoir. Ceux qui prient peu sont en grand danger. Ceux qui ne prient pas sont perdus." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1927032781256769962 )
"Dans toutes les circonstances de la vie, vous devez reconnaître la volonté divine. Adorez-la et bénissez-la... surtout dans les choses qui vous sont les plus difficiles." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1924866423568138601 )
"Soyez attentif à prendre soin de vous-même et de votre famille selon Sa volonté, et ne vous inquiétez de rien d'autre. Si vous faites cela ••••• vous verrez que Jésus prend soin de vous." (Cf https://x.com/PadrepioSaint/status/1924489982577877376 )
"Fais en sorte que le triste spectacle de l’injustice humaine ne trouble pas ton âme ; elle aussi a sa valeur dans l’économie des choses. C’est sur elle que tu verras un jour s’élever le triomphe infaillible de la justice divine." (Cf. https://evangelium-vitae.org/documents/342/guetteurs-veilleurs/vie-spirituelle/saint-padre-pio--quelques-pensaees.htm)
Le martyre de saint Maurice, Le Greco, 1580. Sous l'empereur Maximien, la légion refusa de participer à des sacrifices aux dieux païens et de persécuter les populations chrétiennes; Face à leur refus d'obéir à ces ordres impies, Maximien ordonna d'abord la décimation (l'exécution d'un soldat sur dix). Devant la constance et le refus des survivants de renier leur foi, résumés par la devise « Mieux vaut pour nous mourir innocents que de vivre coupables », l'empereur ordonna le massacre de toute la légion.
Le 22 septembre 286 vit un spectacle à la fois sublime et épouvantable: une légion romaine entière, général en tête, immolée par un barbare empereur pour n'avoir pas voulu renoncer à Jésus-Christ. Cette légion était la légion Thébaine; ce général, saint Maurice, et ce tyran, Maximien.
La légion Thébaine portait ce nom parce qu'elle avait été recrutée en Thébaïde. Elle fut du nombre de celles que l'empereur emmena combattre la Gaule en révolte. Après le passage des alpes, un sacrifice solennel fut ordonné. La légion chrétienne, ne voulant pas y prendre part, et apprenant qu'elle allait être employée pour persécuter des frères chrétiens, se retira près du lieu appelé aujourd'hui Saint-Maurice-d'Agaune (Valais Suisse). L'empereur les enjoignit de se réunir à l'armée pour la fête. Mais Maurice et ses compagnons coptes venus de Thèbes (Égypte), se rappelant qu'il vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes, se virent dans la triste nécessité de désobéir.
Cette désobéissance, n'était pas, pour ces braves soldats, vainqueurs sur vingt champs de bataille, un acte de félonie, mais un acte d'héroïque loyauté. Aussitôt le prince barbare donna l'ordre de décimer la légion. À voir ce bataillon de six mille hommes rangés en ordre de combat, ayant à sa tête Maurice, à cheval, avec ses brillants officiers, Exupère, Maurice et Candide, il semble qu'on eût pu craindre une résistance par la force; mais non, les disciples de Jésus-Christ ne cherchaient et n'attendaient qu'une victoire pacifique, la victoire sur le monde, et la conquête du ciel par le martyre. Les noms des soldats sont jetés dans les casques des centurions; six cents sur six mille vont périr; les victimes désignées embrassent leurs camarades, qui les encouragent; bientôt le sacrifice est consommé, et la plaine ruisselle du sang des martyrs.
Les survivants persistent à se déclarer chrétiens, et la boucherie recommence; six cents nouveaux élus rougissent de leur sang les rives du Rhône. Les autres sauront mourir jusqu'au dernier; mais ils envoient au tyran un message avec une lettre admirable: "Empereur, nous sommes vos soldats; nous sommes prêts à combattre les ennemis de l'empire; mais nous sommes aussi chrétiens, et nous devons fidélité au vrai Dieu. Nous ne sommes pas des révoltés, nous aimons mieux être des victimes que des bourreaux: mieux vaut pour nous mourir innocents que de vivre coupables." Maximien, désespérant d'ébranler leur constance, les fit massacrer tous en masse.
Une basilique fut élevée par Saint Théodore dès le IVème siècle, puis une abbaye y fut créée.
Son culte se répandit en Suisse, en Savoie et dans les régions voisines. Dès l'origine de leur dynastie, les comtes et les duc de Savoie ont déclaré Saint Maurice protecteur de leurs Etats. A la fin du IVème siècle, les reliques furent déplacées à Angers, il devint ainsi titulaire de la cathédrale et patron du diocèse.
Le mythe du vieux sage en sandales dissimulait un pur comptable de la terreur.
Pendant que les étudiants occidentaux scandaient son nom, Ho Chi Minh exigeait un rendement minimum de cadavres par village.
Loin du romantisme de la guérilla, son administration a géré la lutte des classes avec la froideur clinique d'une chaîne de montage.
La réforme agraire vietnamienne ne reposait pas sur la colère populaire, mais sur une terrifiante politique de quotas meurtriers.
En 1953, Ho Chi Minh décide d'éradiquer la classe des propriétaires terriens pour imposer le modèle communiste dans le nord du pays.
Pour justifier le massacre, il signe sous pseudonyme dans la presse officielle un article accusateur qui donne le feu vert national à la chasse aux sorcières.
L'appareil d'État fixe froidement un taux d'exécutions arbitraire exigeant la mort d'un propriétaire foncier pour mille habitants.
Chaque village reçoit l'ordre strict de trouver, dénoncer et massacrer ce pourcentage exact d'ennemis du peuple. Pour satisfaire les exigences mathématiques du Parti, les paysans terrorisés sont contraints de désigner des coupables au hasard...
Les archives modernes confirment qu'au moins quinze mille innocents ont été liquidés d'une balle dans la tête ou lapidés pour remplir ces grilles statistiques.
Ce bilan macabre a été décuplé par les dizaines de milliers d'autres victimes qui ont péri à petit feu suite à la directive du boycott total.
Les témoignages des survivants décrivent une cruauté de laboratoire où des enfants étaient publiquement forcés d'exiger la mise à mort de leurs propres parents...
Des rescapés racontent comment les familles accusées étaient séquestrées chez elles, le village ayant l'interdiction absolue de leur adresser la parole ou de leur vendre la moindre poignée de riz.
Ceux qui ont survécu aux tribunaux populaires se souviennent de leurs proches agonisant de faim et de soif dans leurs propres maisons, sous l'indifférence forcée d'un voisinage pétrifié.
Face à l'ampleur du carnage et aux premiers soulèvements paysans de 1956, Ho Chi Minh met en scène ses regrets et verse des larmes publiques.
Devant les cadres du régime, il lâche l'une de ses citations les plus cyniques en admettant simplement que des erreurs ont été commises et que l'on a exécuté trop d'innocents.
Il ravale un massacre de masse au rang de simple bavure administrative, s'assurant ainsi le contrôle total sur une population définitivement brisée par la terreur.
Les manuels scolaires préfèrent retenir le patriote héroïque qui a tenu tête aux superpuissances occidentales. Les registres de la réforme racontent l'histoire d'un ingénieur social qui a transformé la mort en une simple contrainte de rendement.
>Michel Tauriac, Viet Nam, Le dossier noir du communisme, de 1945 à nos jours, Broché 2001.
Résumé : Pour la première fois, ce livre dénonce les horreurs qu'un régime demeuré stalinien dissimule sous une image trompeuse et qui a sur la conscience un génocide dépassant celui des Khmers Rouges. Sait-on, par exemple, que 700 000 paysans du Nord-Viêt Nam ont été " liquidés " sur les ordres de Hô Chi Minh ? Sait-on que 80 % des Viêtnamiens vivent avec moins d'un dollar par jour ? Que 15 % d'entre eux connaissent la disette chronique et que 69 % des enfants souffrent de malnutrition, alors que le Viêt Nam est le deuxième exportateur de riz et compte entre 500 et 1000 apparatchiks millionnaires en dollars ? Sait-on que tout Viêtnamien peut être emprisonné sans procès ou isolé économiquement ? Que les lépreux sont abandonnés, que les bons hôpitaux sont réservés à la nomenklatura, que bouddhistes et chrétiens sont persécutés à cause de leur foi ? Regorgeant de documents et de témoignages inédits, ce livre est un implacable constat. C'est aussi l'histoire d'un pays crucifié par les siens, et la réparation qu'attendaient tous ceux qui ont le Viêt Nam au cœur.
Saint Matthieu était probablement galiléen de naissance. Il exerçait la profession de publicain ou de receveur des tributs pour les romains, profession très odieuse parmi les juifs. Son nom fut d'abord Lévi. Il était à son bureau, près du lac de Génésareth, où apparemment il recevait le droit de péage, lorsque Jésus-Christ l'aperçut et l'appela. Sa place était avantageuse; mais aucune considération ne l'arrêta, et il se mit aussitôt à la suite du sauveur. Celui qui l'appelait par sa parole le touchait en même temps par l'action intérieure de sa grâce.
L'appel de Matthieu par Jésus a amené certaines autorités religieuses de la communauté juive à s'interroger.
Après sa conversion, Matthieu invita Jésus-Christ et ses disciples à manger chez lui; il appela même au festin ses amis, espérant sans doute que les entretiens de Jésus les attireraient aussi à Lui. C'est à cette occasion que les pharisiens dirent aux disciples du sauveur: "Pourquoi votre maître mange-t-Il avec les publicains et les pécheurs?" Et Jésus, entendant leurs murmures, répondit : "Les médecins sont pour les malades et non pour ceux qui sont en bonne santé. Sachez-le donc bien, je veux la miséricorde et non le sacrifice; car je suis venu appeler, non les justes, mais les pécheurs."
L’Encyclopédie catholique note qu’aucune autre mention de Matthieu n’est faite dans les Évangiles, si ce n’est dans la liste des apôtres, et que "nous ne possédons, concernant la suite de son parcours, que des informations inexactes ou légendaires". Ce que nous savons de Matthieu, nous le devons donc à la Tradition (et non au sola scriptura). ll semble ainsi, d’après plusieurs autres sources anciennes, qu’il ait évangélisé pendant au moins quinze ans en Asie.
Après l'Ascension, saint Matthieu convertit un grand nombre d'âmes en Judée; puis il alla prêcher en Orient, où il souffrit le martyr. Il est le premier qui ait écrit l'histoire de Notre-Seigneur et sa doctrine, renfermées dans l'évangile qui porte son nom. – On remarque, dans l'évangile de saint Matthieu, qu'il se nomme le publicain, par humilité, aveu touchant, et qui nous montre bien le disciple fidèle de celui qui a dit: "Apprenez de moi que je suis doux et humble de coeur."
Clément d'Alexandrie (150-215) atteste l'austérité de l'Apôtre qui ne vivait que de légumes et de fruits sauvages.
Saint Matthieu prêchait en Ethiopie dans une ville nommée Nadaber, où il trouva deux mages Zaroïs et Arphaxus qui ensorcelaient les hommes par de tels artifices que tous ceux qu'ils voulaient paraissaient avoir perdu la santé avec l’usage de leurs membres. Ce qui enfla tellement leur orgueil qu'ils se faisaient adorer comme des dieux par les hommes. L'apôtre Matthieu entrant dans cette ville, où il reçut l’hospitalité de l’eunuque de la reine Candace baptisé par S. Philippe (Actes des Apôtres 8 26-40), découvrit si adroitement les prestiges de ces mages qu'il changeait en bien le mal qu'ils faisaient aux hommes.
Or, l’eunuque, ayant demandé à saint Matthieu comment il se faisait qu'il parlât et comprit tant de langages différents, Matthieu lui exposa qu'après la descente du Saint-Esprit, il s'était trouvé posséder la science de toutes les langues, afin que, comme ceux qui avaient essayé par orgueil d'élever une tour jusqu'au ciel, s'étaient vus forcés d'interrompre leurs travaux par la confusion des langues, de même les Apôtres, par la connaissance de tous les idiomes, construisissent, non plus avec des pierres, mais avec des vertus, une tour au moyen de laquelle tous ceux qui croiraient pussent monter au Ciel.
Alors quelqu'un vint annoncer l’arrivée des deux mages accompagnés de dragons qui, en vomissant un feu de soufre par la gueule et par les naseaux, tuaient tous les hommes. L'Apôtre, se munissant du signe de la croix, alla avec assurance vers eux. Les dragons ne l’eurent pas plutôt aperçu qu'ils vinrent à l’instant s'endormir à ses pieds. Alors saint Matthieu dit aux mages : "Où donc est votre art ? Eveillez-les, si vous pouvez : quant à moi, si je n'avais prié le Seigneur, j'aurais de suite tourné contre vous ce que vous aviez la pensée de me faire." Or, comme le peuple s'était rassemblé, Matthieu commanda de par le nom de Notre Seigneur Jésus-Christ aux dragons de s'éloigner, et ils s'en allèrent de suite sans nuire à personne. Ce fut le signal de la conversion d'un grand nombre.
Ensuite saint Matthieu commença à adresser un grand discours au peuple sur la gloire du paradis terrestre, avançant qu'il était plus élevé que toutes les montagnes et voisin du ciel, qu'il n'y avait là ni épines ni ronces, que les lys ni les roses ne s'y flétrissaient, que la vieillesse n'y existait pas, mais que les hommes y restaient constamment jeunes, que les concerts des anges s'y faisaient entendre, et que quand on appelait les oiseaux, ils obéissaient tout de suite. Il ajouta que l’homme avait été chassé de ce paradis terrestre, mais que par la naissance de Notre Seigneur Jésus-Christ il avait été rappelé au Paradis du Ciel.
La résurrection du fils du roi d'Ethiopie, au nom de Jésus-Christ, produisit un effet plus grand encore et fut la cause de la conversion de la maison royale et de tout le pays.
Pendant qu'il parlait au peuple, tout à coup s'éleva mi grand tumulte ; car l’on pleurait la mort d'Euphranor, fils héritier du roi. Comme les magiciens ne pouvaient le ressusciter, ils persuadaient au roi qu'il avait été enlevé en la compagnie des dieux et qu'il fallait en conséquence lui élever une statue et un temple. Mais l’eunuque, dont il a été parlé plus haut, fit garder les magiciens et manda l’apôtre qui, après avoir fait une prière, ressuscita à l’instant le jeune homme (Bréviaire). Alors le roi, qui se nommait Egippus, ayant vu cela, envoya publier dans toutes ses provinces : "Venez voir un Dieu caché sous les traits d'un homme." On vint donc avec des couronnes d'or et différentes victimes dans l’intention d'offrir des sacrifices à Matthieu, mais celui-ci les en empêcha en disant : "Ô hommes, que faites-vous ? Je ne suis pas un Dieu, je suis seulement le serviteur de Notre Seigneur Jésus-Christ !"
Alors avec l’argent et l’or qu'ils avaient apportés avec eux, ces gens bâtirent, par l’ordre de l’Apôtre, une grande église qu'ils terminèrent en trente jours ; et dans laquelle saint Matthieu siégea trente-trois ans ; il convertit l’Egypte toute entière ; le roi Egippus, avec sa femme et tout le peuple, se fit Baptiser. Iphigénie, la fille du roi, qui avait été consacrée à Dieu, fut mise à la tête de plus de deux cents vierges. On attribue ainsi à saint Matthieu l'institution du premier couvent des vierges.
L'évangile selon S. Matthieu n'indique pas le nom de son auteur. C'est la tradition apostolique qui atteste que le rédacteur était Matthieu.
L'historien de l'Église du IVe siècle Eusèbe de Césarée, vers 325, rapporte le témoignage d’un auteur chrétien du 1er siècle, ou du début du 2e, nommé Papias. Selon ce dernier, Matthieu aurait écrit en langue araméenne un document nommé les Logia rapportant les oracles et les discours de Jésus, qui par la suite auraient été traduits en grec.
S. Irénée de Lyon, 150 ans avant Eusèbe de Césarée, écrivait vers 180 que Matthieu avait écrit un Évangile à l’intention des Hébreux dans leur dialecte, tandis que Paul et Pierre prêchaient à Rome en y posant les fondements de l’Église.
Voici la traduction de la phrase de Papias, évêque de Hierapolis, telle que la rapporte Eusèbe : "Ainsi, Matthieu a en effet mis ensemble (composé) en langue hébraïque les Logia; quant à leur interprétation, chacun les traita comme il en était capable." Personne n’est certain du sens de ces Logia (doctrines ou discours?). Le témoignage d’Origène à la fin du 3e siècle, ne laisse pas de place pour le doute concernant la croyance unanime à ce sujet, et qui remontait déjà à la fin du 2e siècle. Il dit : "J’ai appris la tradition concernant les quatre Évangiles reçus sans contestation par l’Église de Dieu, sous le ciel; le premier a été écrit par Matthieu, autrefois péager, ensuite devenu apôtre de Jésus-Christ, qui le publia à l’intention des convertis juifs et le composa en langue hébraïque." (Ressources chrétiennes)
Le roi Egippe étant mort, son frère Hirtacus (Hirtace) s'empara du royaume et, pour mieux asseoir son pouvoir, voulut d'épouser Iphigénie.
Hirtace eut recours à Saint Matthieu qui lui répondit : Vienne votre Majesté au discours que je vais faire aux vierges Chrétiennes rassemblées avec Iphigénie et vous verrez vous-même avec quel zèle je vais remplir vos ordres ; Saint Matthieu fit un tel éloge de la virginité, invitant ses filles à mourir plutôt qu'à y renoncer, qu'Hirtace se résolut à le faire mourir.
Selon les récits apocryphes et les traditions hagiographiques reprises par Rufin, Saint Eucher de Lyon et Socrate, comme la Légende dorée de Jacques de Voragine, l'ancien bréviaire romain, source la plus fiable sur sa vie de S. Matthieu en Judée et sa mort en Éthiopie, rapporte qu'il a été martyrisé *pendant* la messe (''le mystère de l'autel'') :
''Parmi ses miracles, le plus remarquable fut celui où il ressuscita le fils du roi [d'Ethiopie. Ndlr.], amenant ainsi son père le roi, sa femme et toute la région à croire dans le Christ Roi.
Après la mort du roi, Hirtacus, qui lui succéda, souhaita prendre sa fille Iphigénie pour épouse, mais, sur les exhortations de Matthieu, celle-ci se vouant à Dieu fit vœu de chasteté et resta ferme dans cette sainte résolution, raison pour laquelle Hirtacus ordonna de tuer l'apôtre à l'autel alors qu'il accomplissait le mystère. Il couronna la dignité de l'apostolat par la gloire du martyre le 21 septembre.
Son corps fut transporté à Salerne, où il fut ensuite enterré dans une église dédiée à son nom sous le pontificat de Grégoire VII, et où il est vénéré et recherché par de grandes foules.'' — Ancien bréviaire romain, 21 septembre, lecture 5 sur saint Matthieu, évangéliste. (Père Dave Nix)
C'est en défendant contre les atteintes d'un prince la vierge du roi consacrée au Seigneur dont on a parlé plus haut [Iphigénie], que le saint apôtre reçut le coup de la mort sur les marches de l'autel. Aussi, jusqu'à la fin des temps, l'Église, consacrant ses vierges, reprendra pour chacune la Bénédiction que S. Matthieu prononça sur l'Éthiopienne, et que le sang de l'Apôtre-Évangéliste a pénétrée de sa vertu pour jamais.
Tombe de Saint Matthieu, Duomo di Salerno, La Cripta
Le corps de Saint Matthieu fut d’abord conservé avec beaucoup de vénération dans la ville de Naddaver où il avait enduré le martyre. En 956, il fut transféré à Salerne, dans le Royaume de Naples. Dès mars 1081, en présence de Robert Guiscard et de l'archevêque Alfano Ier, les reliques de saint Matthieu, des saints martyrs et d'autres saints y furent déposées, comme en témoignent les diverses pierres tombales qui y furent placées, attestant que la structure était déjà achevée à cette date.
De Salerne, le chef de Saint Matthieu fut transporté en France et déposé dans la Cathédrale de Beauvais ; une partie de ce chef fut donnée au Monastère de la Visitation Sainte-Marie de Chartres. La relique de Beauvais disparut pendant la révolution française (1793).
Dans cette crypte, une statue en bronze de saint Matthieu, réalisée par Michelangelo Naccherino en 1606, surplombe l'autel. Le saint est représenté en train d'écrire l'Évangile, un livre posé sur son genou gauche et une plume à la main droite. À sa gauche, un ange lui tend un encrier tandis qu'il écrit. Alfano Ier, archevêque de Salerne de 1058 à 1085, acheva la crypte en 1081 et y déposa le corps de Matthieu. La rénovation du début du XVIIe siècle fut réalisée par les architectes Domenico et son fils Giulio Cesare Fontana.
Selon la légende, l'intercession de saint Matthieu a contribué à protéger la ville de Salerne en 1544 du redoutable pirate Ariadeno Barberousse, commandant suprême de la flotte militaire turque, lorsqu'une tempête implorée par les fidèles de saint Matthieu à Salerne a éloigné la flotte de Barberousse de la ville.(4)
Sources: (1 ) ; (2); (3) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011; Dom Guéranger, L'Année liturgique (4) https://www.ewtnnews.com/world/us/where-is-the-body-of-st-matthew-a-visit-to-his-tomb
L'Archange de la Révolution française a justifié le massacre de milliers de citoyens au nom de la pureté politique.
L'historiographie romantique célèbre souvent le génie de ce jeune éphèbe mort à vingt-six ans pour ses idéaux. Une partie de l'intelligentsia aime dépeindre Louis Antoine de Saint-Just comme le visage pur et incorruptible de l'émancipation populaire.
Les archives du Comité de salut public documentent plutôt un fanatique glacial qui a érigé la paranoïa en système de gouvernement.
Propulsé au sommet de l'État sous la Terreur, ce théoricien implacable décide que la vertu républicaine ne peut exister sans la guillotine.
Il conçoit un appareil idéologique qui transforme la moindre nuance d'opinion en crime de haute trahison.
Dès le procès du roi, il donne le ton de sa rhétorique macabre en clamant froidement que l'on ne peut régner innocemment, justifiant par avance la liquidation physique de ses adversaires.
Devant la Convention nationale, il franchit le point de non-retour du fanatisme d'État en affirmant qu'il faut punir non seulement les traîtres, mais aussi les indifférents.
Il théorise l'anéantissement de toute opposition en martelant qu'il n'y a point de liberté pour les ennemis de la liberté.
Cette doctrine aveugle offre une base légale pour traquer des hommes et des femmes dont le seul crime est de ne pas manifester un enthousiasme suffisant envers le régime.
Sous son impulsion directe, la terrible loi des suspectspermet l'incarcération arbitraire de près d'un demi-million de citoyens sur le territoire national.
Le système judiciaire se transforme en abattoir politique où le droit à la défense est supprimé pour accélérer les cadences de mise à mort.
Les statistiques de la Terreur qu'il co-dirige sont glaçantes, avec près de dix-sept mille condamnations à mort officielles et des dizaines de milliers d'exécutions sommaires ordonnées en l'espace d'à peine dix mois.
Des ouvriers, des paysans et de simples citoyens sont expédiés vers l'échafaud après des simulacres de procès expédiés en quelques minutes.
Il n'hésite pas à faire décapiter ses propres amis et alliés politiques, comme Danton et Camille Desmoulins, parce qu'ils osent réclamer l'arrêt de la machine à tuer.
Le cynisme de ce puritain culmine lorsqu'il justifie les purges en déclarant publiquement que ce qui constitue la République, c'est la destruction totale de ce qui lui est opposé.
Certains admirateurs continuent de philosopher sur la beauté tragique de ce jeune martyr de l'égalité.
Les registres de la guillotine racontent l'histoire d'un intégriste en col blanc qui a noyé la liberté dans le sang pour imposer sa vision du bonheur commun.
Quelques citations des humanistes au nom de la pureté politique :
On connaît l'expression suivante de Saint-Just : "Ce qui constitue une République, c'est la destruction totale de ce qui lui est opposée." Si nous nous purgeons, dit sous peu son collègue Garnier de Saintes, c'est pour avoir le droit de purger la France. Nous ne laisserons aucun corps hétérogène dans la République.
Garnier de Saintes aux Jacobins, 16 germinal an II, 5 avril 1794 : Aulard, La Société des Jacobins, Recueil de Documents..., t. 6, Paris, 1897, p. 47, in Xavier MARTIN, Régénérer l'espèce humaine. Utopie médicale des Lumières (1750-1850), Dominique Martin Morin édition, Mayenne 2008
Couthon bientôt, membre au surplus du Comité de salut public, ne dit guère moins lorsqu'il préconise, pour l'accomplissement du régime nouveau, "la résolution d'exterminer tous ceux qui ne veulent pas de la République."
Couthon aux Jacobins, 6 messidor an II, 24 juin 1794 : Aulard, La Société des Jacobins, Recueil de Documents..., t. 6, Paris, 1897, p. 188, in Xavier MARTIN, Régénérer l'espèce humaine. Utopie médicale des Lumières (1750-1850), Dominique Martin Morin édition, Mayenne 2008
Une nation ne se régénère que dans un bain de sang.
Guillaume-Thomas Raynal, Histoire philosophique et politique des établissements du Commerce des Européens dans les deux Indes, 10 vol., Genève 1780-1781, t. 6 (1780), p. 20-21 in Xavier MARTIN, Régénérer l'espèce humaine. Utopie médicale des Lumières (1750-1850), Dominique Martin Morin édition
Il faut régénérer l'espèce humaine en épuisant le vieux sang.
Le Batteux à Carrier, 21 nivôse an II, 10 janvier 1794: cité dans J. CRETINEAU-JOLY, Histoire de la Vendée militaire (1840-1842), 4 vol., Paris 1979, t. 2, p. 78.
"La guerre de la liberté est une guerre sacrée, une guerre commandée par le ciel; et comme le ciel elle purifie les âmes. ... Au sortir des combats, c'est une nation régénérée, neuve, morale; tels vous avez vu les Américains: sept ans de guerre ont valu pour eux un siècle de moralité. ... La guerre seule peut égaliser les têtes et régénérer les âmes.
Jacques-Pierre Brissot de Warville, discours du 16 décembre 1791, cité in L. Jaume, Le Discours jacobin et la démocratie, Fayard, Saint-Amand-Montrond 1989,, p. 71
C'est par principe d'humanité que je purge la terre de la liberté de ces monstres... J'invite mon collègue Francastel à ne pas s'écarter de cette salutaire et expéditive méthode."
Lettre de Carrier à la Convention nationale, 30 frimaire an II, 20 décembre 1793, lue à l'assemblée le 6 nivôse, 26 décembre; Moniteur, n° 98, 8 nivôse, 28 décembre ("à la une") p. 393, col. 1.
Fouché terrorisant la Nièvre. La République, telle qu'il la voit ? « Il ne doit entrer dans sa composition que des ÉLÉMENTS PURS » (cette annonce est chimique). « Dans ses premiers moments de fermentation elle a déjà vomi […] le clergé et la noblesse, il lui reste encore à se purger des égoïstes, des lâches, des traîtres et des fripons. » [NdCR. En somme, tout le monde !]
Fouché aux habitants de la Nièvre, 10 octobre 1793 : Arch. Parlem., 1ère série, t. 76, p. 686, col. 1, in Xavier MARTIN, Régénérer l'espèce humaine, ibid.
Oui, nous devons l'avouer, nous faisons répandre beaucoup de SANG IMPUR, mais c'est par humanité, par devoir.
Lettre de Fouché à la Convention, 27 décembre 1793, cité d'après A. GERARD, Par Principe d'humanité..., La Terreur et la Vendée, Paris 1999, p. 25.
Fouché, de Lyon, en dit autant : « Oui, nous devons l'avouer, nous faisons répandre beaucoup de SANG IMPUR, mais c'est par humanité, par devoir. » Fouché dit « par humanité » ; Carrier dit « par principe d'humanité » ; le médecin du camp (nazi) exprime-t-il autre chose lorsque disant éradiquer « un appendice purulent », il déclare agir « par respect pour la vie humaine » ?
Lettre de Fouché à la Convention, 27 décembre 1793 : cité de seconde main d'après A. Gérard, op. cit., p, 25, in Xavier MARTIN, Régénérer l'espèce humaine, ibid.
Saints André Kim Taegon (1821-1846) Prêtre coréen et ses compagnons Martyrs de Corée (1839-1867)
Durant les quatre vagues de persécutions qui se succédèrent en Corée de 1839 à 1867, Saint André Kim fut le premier prêtre coréen martyrisé pour sa foi.
Né en 1821, il mourut en Corée en 1846, à l'âge de 25 ans, après d'horribles tortures à l'exemple de son père, saint Ignace Kim, qui l'avait précédé dans le martyre, décapité lui aussi, neuf ans plus tôt.
Durant les années qui suivirent, 10.000 chrétiens allaient donner leur vie en témoignage.
En 1984, à Séoul, le Bx Jean-Paul II a canonisé André Kim, avec 102 prêtres et laïcs morts lors de ces persécutions de 1839-1846 et 1866-1867. Parmi eux, des enfants, 3 évêques et 7 prêtres français des Missions étrangères de Paris (rue du Bac).
Le groupe des martyrs est composé de :
- Trois évêques français :
Laurent IMBERT,
Siméon BERNEUX,
Antoine DAVELUY ;
- Sept prêtres missionnaires français :
Pierre MAUBANT,
Jacques CHASTAN,
Just Ranfer de BRETENNIERES,
Pierre Henri DORIE,
Louis BEAULIEU,
Martin Luc HUIN,
Pierre AUMAITRE ;
- André KIM TAEGON, premier prêtre coréen ;
- 92 laïcs, dont Paul CHONG HASANG, un des chefs de la communauté chrétienne.
Ils furent tous martyrisés en 1839, 1846 ou 1866.
Ils ont été béatifiés ainsi :
79 béatifiés le 5.7.1925 par Pie XI : 70 martyrs de 1839-1841 et 9 martyrs de 1846.
24 béatifiés le 6.10.1968 par Paul VI : martyrs en 1866.
Aujourd'hui, alors que de nombreux diocèses connaissent un déclin persistant des vocations, l'archidiocèse de Séoul, en Corée du Sud , conserve un presbytère de plus de mille prêtres et une structure laïque qui œuvre depuis un demi-siècle au soutien des vocations par la prière, l'aide financière aux séminaristes et la formation. Suite aux nouvelles ordinations de février 2026 , le nombre de prêtres de l'archidiocèse est passé de 994 à 1 009. Ce chiffre actualise un cap franchi l'année précédente. Le 7 février 2025, 26 nouveaux prêtres ont été ordonnés – 25 de l'archidiocèse et un du séminaire Redemptoris Mater – portant ainsi le nombre de prêtres à Séoul à un chiffre symbolique de 1 000. L'Église locale compte également plus de 1,5 million de catholiques.
L'une des particularités de Séoul est l' Association pour le soutien aux vocations , fondée le 17 avril 1975. À l'origine, il s'agissait d'un petit groupe de soutien pour les séminaristes, animé par des membres du personnel du séminaire et quinze laïques , sous la direction spirituelle du père Kim Deok-jae. En 1977, elle a adopté son nom actuel et s'est affiliée au service des vocations de l'archidiocèse. Depuis cinq décennies, leur activité repose sur trois piliers : leurs membres prient et offrent des messes pour les vocations, contribuent aux études et à l’entretien des séminaristes et reçoivent une formation pour continuer à promouvoir les vocations sacerdotales dans leurs communautés. L’archevêque de Séoul, Peter Chung Soon-taick , a souligné le rôle de ce réseau lors de la messe célébrée en avril 2025 pour son 50e anniversaire, à laquelle ont assisté environ 700 personnes.
"Cette croissance n’aurait pas été possible sans la grâce de Dieu et sans les efforts dévoués des prêtres et des membres qui ont servi dans cette mission", a souligné Chung.
L’archevêque a également résumé le principe qui a guidé le travail de l’association : "Une vocation est un don de Dieu, mais c’est aussi un don qu’il faut nourrir et cultiver pour qu’il puisse s’épanouir."
Une Église née sans prêtres
L'importance du rôle des laïcs dans la promotion des vocations est liée aux origines mêmes du catholicisme coréen. L'Église en Corée du Sud est unique en ce qu'elle a commencé à se développer à la fin du XVIIIe siècle grâce à l'initiative de laïcs qui ont découvert le christianisme grâce à des livres importés de Chine. Faute de prêtres à leurs débuts, ces premiers catholiques étudièrent la doctrine, se firent baptiser et formèrent des communautés en attendant l'arrivée des missionnaires. Les persécutions qui suivirent firent environ 10 000 martyrs , dont le témoignage demeure essentiel à l'identité du catholicisme coréen. Parmi eux figurait saint André Kim Dae-geon, le premier prêtre coréen, ordonné en 1845 et martyrisé l'année suivante à l'âge de 25 ans. L'augmentation du nombre de membres du clergé de Séoul à plus de mille s'est donc produite à peine 180 ans après cette première ordination.
Cf. Le "modèle de Séoul" : la prière et le soutien des laïcs derrière un archidiocèse comptant plus de mille prêtres.
Certains libertariens, professant une fiction pernicieuse, ont jugé nécessaire de justifier leurs théories de manière fallacieuse, déformant ainsi les scolastiques hispaniques en général et Juan de Mariana en particulier. Selon Juan de Mariana(16e-17e siècles), pourtant absurdement qualifié de proto-libertarien par les anarcho-capitalistes, la République doit aux pauvres l'assistance publique et la charité. C'est pourquoi il est conseillé de lire ces Magni Hispani directement
Père Juan de Mariana (Musée du Prado)
Pour ce théologien jésuite, monarchomaque (partisan d'une monarchie limitée), le premier devoir de justice de l'autorité républicaine est de veiller à ce que les pauvres soient secourus ; ce devoir ne dépend donc pas exclusivement du libre arbitre individuel, mais, comme il le souligne à juste titre, il incombe à la République tout entière, à commencer par le prince.
Il convient, par piété et par justice, de soulager la misère des pauvres et des faibles, de nourrir les orphelins, d'aider les nécessiteux. Tel est le premier devoir du prince, tel est le but le plus noble et le plus juste des richesses, que nous ne devons pas utiliser pour notre propre plaisir, mais pour le bien de tous, non pour notre gain immédiat, mais pour défendre la justice, qui ne meurt jamais. Il est de notre devoir, en tant qu'êtres humains, de mettre à la disposition de tous les richesses que Dieu a faites communes à tous les hommes, car Il a donné la terre en héritage à tous afin qu'ils puissent vivre de ses fruits sans distinction. Seule une cupidité débridée peut s'approprier ce don du ciel, faisant sienne la nourriture et les richesses qui ne devraient appartenir qu'à tous. Juan de Mariana nous rappelle [dans Del rey y de la institucional real", "Du roi et de l'institution royale"] queles biens ont une destination universelleet que la concentration excessive du capital entre les mains de quelques-uns constitue une injustice :
''La terre, même en temps de disette, fournit suffisamment pour tous, et il n'y aurait jamais de misère si les puissants n'hésitaient pas à ouvrir leurs greniers et leurs coffres pour le bien commun et à nourrir les pauvres. Dieu veut, et ses lois le décrètent, que puisque la nature humaine s'est corrompue et qu'il est devenu nécessaire de partager les biens communs, quelques-uns ne les accaparent pas, et qu'une part soit toujours réservée pour soulager la souffrance du peuple.''
Par conséquent, l'autorité de la République a l'obligation de veiller à ce que l'accumulation de richesses par quelques-uns n'entraîne pas la pauvreté pour les autres. Juan de Mariana insiste sur cette mission du prince, car c'est lui qui détient l'autorité et le pouvoir coercitif nécessaires pour faire appliquer ses décrets.
''Que le prince s'efforce toujours, conformément à la volonté de Dieu, de veiller à ce que, si certains s'enrichissent et s'emparent excessivement du pouvoir, d'autres ne soient pas réduits à l'extrême pauvreté et à la misère la plus totale. [...] La première raison pour laquelle un prince devrait soulager la misère et aider le peuple est que si les riches étaient contraints de partager ce qu'ils ont accumulé sans mesure, ces richesses appartiendraient à un grand nombre, et nul ne manquerait de la nourriture qui est destinée à tous.''
Cependant, ce jésuite ne se contente pas de rester dans le domaine des principes moraux, mais descend jusqu'à leur application concrète, rappelant que l'Église a toujours enseigné que l'assistance aux nécessiteux est un devoir qui incombe aux communautés politiques :
''Afin de réduire le nombre de mendiants qui errent dans les rues de nos villes, les Pères de l'Église ont modestement pensé et ordonné que chaque ville prenne en charge le soutien des pauvres, car il est triste de voir des hordes d'hommes sans abri errer à travers le royaume, qui ne peuvent guère et ne veulent pas bénéficier de la charité d'autrui. Je constate que tel est le cas dans deux conciles établis à Tours, et je crois que cela devrait être fait et pratiqué.''
Pour Juan de Mariana, cela ne suffit toutefois pas, car l'aide aux pauvres ne peut dépendre uniquement de l'aumône volontaire, mais un moyen de financement stable et régulier doit être garanti :
''Mais j'aimerais davantage ; j'aimerais que des revenus annuels soient affectés à cet usage et qu'il soit déterminé d'où proviendrait au moins une partie des dépenses, car j'ai du mal à nourrir une telle multitude de pauvres avec les aumônes collectées quotidiennement.''
Enfin, comme il l'enseigne, pour que cette aide publique aux pauvres soit aussi efficace que possible, la république doit promouvoir, par la législation, la création d'institutions qui prennent soin des plus démunis en tenant compte de leurs difficultés spécifiques, ce qui contribuerait également au bien commun de la société et favoriserait une juste redistribution des richesses :
''Il serait toutefois judicieux de répartir ces mêmes pauvres gens en différentes classes et de leur attribuer, autant que possible, des asiles distincts, comme cela se faisait dans l'Antiquité et comme je l'entrevois dans les lois de Charlemagne. On pourrait fonder des xénodocies pour les pèlerins ; des tocotrophies pour les pauvres ; des hôpitaux pour les malades ; des orphelinats pour éviter que les orphelins ne se corrompent par manque de soins parentaux ; des gérontocomiums pour les personnes âgées ; et des orphelinats pour les enfants trouvés qui, faute de soutien public jusqu'à un certain âge, mourraient de faim, précisément au moment le plus critique de leur vie. Ainsi, les devoirs de la piété chrétienne seraient accomplis, des actions agréables au Ciel seraient entreprises, le bien commun de la République serait assuré et les richesses données par Dieu seraient employées aux meilleurs et aux plus légitimes usages.''
En bref, ce que nous avons lu n'est qu'un petit exemple de l'incompatibilité radicale entre l'idéologie libertarienne et la doctrine catholique de Juan de Mariana, un auteur fréquemment manipulé et ridiculisé par une horde de sophistes qui, n'ayant aucun scrupule même à instrumentaliser sacrilègement les Saintes Écritures à des fins cupides, n'ont pas non plus de scrupules à déformer les doctrines des théologiens les plus distingués.
Citations : Juan de Mariana, "Del rey y de la institucional real", lib. III, ch. XIII.
Dans son traité De mutatione monetae (Sur l'altération de la monnaie), publié en 1609, Mariana critique vivement la politique royale qui se montre néfaste en raison de la loi de Gresham mais qui contrevient aussi au droit naturel car la dévaluation de la monnaie, s'apparentant à une taxation, doit être approuvée par le peuple, sous peine d'abuser du pouvoir royal et de devenir un tyran
S'agissant des institutions, parmi ses autres travaux, le plus remarqué fut le traité De rege et regis institutione (Sur le Roi et les institutions royales) publié en 1599. Cette œuvre de commande avait été rédigée à la demande des tuteurs des princes espagnols et payée sur la cassette de Philippe II, mais fut dédiée à Philippe III devenu roi entre-temps. L'œuvre fut bien accueillie en Espagne et surtout par le Roi qui voulait ainsi se poser en "père du peuple" proche de ses sujets. Le Père Juan de Mariana justifie moralement le tyrannicide, dans certaines circonstances exceptionnelles et si expression de la volonté populaire. En revanche, en France, le livre fut très mal reçu parce qu'il pouvait servir dans les violents affrontements générés par les guerres de religion comme argument favorable aux régicides, d'abord protestants puis catholiques de la Ligue. En effet, dans son sixième chapitre, la question de savoir s'il est légal d’assassiner un tyran est librement abordée et il y est répondu de manière affirmative, bien qu'assortie de multiples précautions et réserves.
Cette prise de position causa aux Jésuites de France de graves difficultés, tous se souvenant que dix ans auparavant le roi Henri III avait été assassiné par un religieux dominicain. Cette publication fut désapprouvée par le Supérieur général Claudio Acquaviva. Exprimant ses regrets, il ajouta que le texte serait remanié, ce qui fut fait dans l'édition de Mayence en 1605. Mais, lorsque le roi Henri IV de France est à son tour assassiné (en ), une véritable tempête éclate contre les jésuites. Par ordre du Parlement de Paris, le livre est brûlé en place publique le . Le Supérieur général interdit aux jésuites de défendre l’idée qu'il pouvait être licite de tuer un tyran [On vit également dans la conspiration des poudres de 1605 (en Angleterre), l’influence de la théorie de Mariana. L’attentat contre le roi Jacques Ier d'Angleterre échoua, mais on prétendait que les jésuites avaient trempé dans le complot]. Malgré toutes les dénégations et prises de distance, la théorie de Mariana contribua beaucoup au développent de l’image du jésuite comme "comploteur".
Saint Jérôme, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011.
Père de l'Église latine, né vers 340 ou 331 à Stridon, à la frontière entre la Pannonie et la Dalmatie (actuelle Croatie), J érôme de Stridon ou S. Jérôme, en latin Eusebius...
Le pape Léon déclare la France "Royaume de Marie" ! Oui, vraiment ! S’adressant hier aux évêques français à Lourdes, Léon a puisé profondément dans l’histoire catholique de la France et leur a rappelé que leur pays était autrefois connu sous le nom de...
Un auteur très intéressant, en ce qui concerne la question sociale, est Wilhelm Emmanuel von Ketteler (1811-1877), évêque de Mayence. À partir de la doctrine de saint Thomas d'Aquin, il a défendu la propriété privée contre le collectivisme, mais il s'est...
"Même si l’on donnait à ces titres un contenu qui puisse être reconnu comme faisant partie du dépôt de la foi, leur définition, dans la situation actuelle, ne serait pas théologiquement claire, car ces titres, et les doctrines qui leur sont inhérentes,...
De gauche à droite : Saints Gabriel, Michel et Raphaël
Le 29 septembre, l'Église honore les trois archanges mentionnés dans les Saintes Écritures : saint Michel, saint Gabriel et saint Raphaël. Ces êtres célestes, chargés de missions particulières dans...
Léon XIV à Metz : le pape conditionne l’accueil des migrants à la "redécouverte de nos racines", Le Figaro, Publié le 28/09/2026 à 15h03. Cf. https://www.lefigaro.fr/actualite-france/leon-xiv-a-metz-le-pape-conditionne-l-accueil-des-migrants-a-la-redecouverte-de-nos-racines-20260928...
En ce qui concerne la propriété privée, le capitalisme tend à concentrer la propriété entre les mains de quelques-uns et nous conduit à une sorte d'esclavage. Par conséquent, il n'y a que deux alternatives : soit que la propriété n'appartienne à personne...
Statue équestre de saint Venceslas à Prague
Vratislas, duc de Bohème, laissait deux fils en mourant: Venceslas, l'héritier âgé de treize ans, et Boleslas, de deux années plus jeune. Drahomira leur mère exerça la régence, mais restait attachée à l'ancien...
Vincent de Paul ou Vincent Depaul, est né au village de Pouy près de Dax dans le département des Landes, le 24 avril 1581 et mort le 27 septembre 1660. Depuis le XIXe siècle, Pouy est appelé "Saint-Vincent-de-Paul" en son honneur. Renommé pour la charité,...
Saint Côme et saint Damien étaient deux frères, venus d'Arabie en Cilicie (province romaine du sud de l'Asie Mineure). I ls étaient frères jumeaux. Leur profession de médecin leur fournit l'occasion d'exercer un véritable apostolat ; car à travers les...