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Christ Roi

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30 avril 2025 3 30 /04 /avril /2025 00:00
Fondateur des cisterciens

Fondateur des cisterciens

Le champenois Robert de Molesme, entré à 15 ans chez les bénédictins de Moutier-la-Celle dans l'Aube, est très vite remarqué. A peine son noviciat terminé, il fut nommé prieur. Les bénédictins de Tonnerre ayant voulu l'avoir comme Père Abbé, il accepta, mais ces moines qui sont allés le quérir, ne veulent pas de la réforme austère qu’il préconise. Les ayant trouvés très relâchés et surtout peu réformables, il prit congé d'eux et revint à Moutier.

Non loin de là vivent sept ermites ; après de multiples péripéties, il accepte de devenir leur supérieur et les installe dans des huttes dans la forêt de Molesme, près de Laignes, en Côte d'Or. Leur genre de vie, fait de solitude et de silence, impressionne les voisins. Chacun s’ingénia à aider ces moines vertueux. Mais l’abondance des donations tourne la tête à bien des religieux qui ne voient plus le besoin de travailler, ni de tant d’austérités. Les recrues et les dons affluent, les huttes disparaissent, un monastère se construisit. Incapable de restaurer la discipline, Robert les quitte, triste, mais les dons cessèrent en même temps.

Les moines sont décontenancés. Robert ne revenant pas, on en réfère au Pape. Robert est sommé de reprendre sa place. Il revient, mais les bons sentiments des frères ne durent qu’un an. Robert s’en va définitivement avec six de ses moines. Avec, saint Aubry et saint Etienne Harding, vénérant la Vierge Marie, il s’installe à Cîteaux, se promettant de vivre la Règle de saint Benoît dans toute sa pureté et sa rigueur.

 

Les trois fondateurs de Citeaux : Robert, Aubry et Etienne Harding. Cette peinture commémore et décrit la fondation en 1098, montrant les trois fondateurs vénérant la Vierge Marie

 

Ainsi naquit l'Ordre cistercien en 1098. Mais les moines de Molesme ne s’en tiennent pas là. Une deuxième fois, le pape est consulté. Celui-ci lui intime l'ordre de reprendre la tête de son monastère. Il obéit et revient, après 14 mois, dans son abbaye, confiant Cîteaux à un frère très observant. Il a la consolation de voir ses moines revenus à de meilleures dispositions.

Il gouvernera pendant 9 mois, jusqu’en 1110. Il mourut ainsi en paix.

Deux ans après sa mort, saint Bernard (1090-1153) entre à Cîteaux à qui l'Ordre cistercien devra son considérable développement : "Plus j’avance dans la connaissance de mon 'moi', plus je m’approche de la connaissance de Dieu", dira Saint Bernard.

L'art cistercien est en accord avec leur spiritualité : il doit être une aide pour le cheminement intérieur des moines. En 1134, lors d'une réunion du Chapitre général de l'ordre, Bernard de Clairvaux qui est au sommet de son influence, recommande la simplicité dans toutes les expressions de l'art (CfJean-François Leroux-Dhuys, Art cistercien, architecture cistercienne, Histoire et Images médiévales n°12 (thématique), Les cisterciens, février-mars-avril 2008, p. 37).

 

Dès lors, les cisterciens vont développer un art dépouillé et souvent monochrome.

 

Du XIe au XIIIe siècle une véritable révolution industrielle s'opère dans l'Occident médiéval. Elle est portée par la monétarisation croissante de l'économie depuis l'introduction du denier d'argent par les carolingiens au VIIIe siècle, qui permet l'introduction de millions de producteurs et de consommateurs dans le circuit commercial.

 
Moulin hydraulique de Braine-le-Château XIIe siècle
 
 
Pour augmenter encore cette productivité les paysans investissent dans des équipements qui l’améliorent, fournissant des charrues, construisant des moulins à eau en remplacement des meules à bras, des pressoirs à huile ou à vin en remplacement du foulage. Ce phénomène est attesté par la multiplication des moulins, des routes, des marchés et des ateliers de frappe de monnaie dans tout l’Occident dès le IXe siècle.
 
 
Les abbayes sont souvent le fer de lance de cette révolution économique
Les progrès se transmettent entre abbayes par le biais de manuscrits ou par le déplacement de moines. Les frères convers, dont une partie vit en dehors de l'abbaye dans les "granges", participent à la diffusion des améliorations techniques auprès des populations locales : les cisterciens sont des vecteurs de première importance dans la révolution industrielle du Moyen-Âge. 
 
Si les Cisterciens savent innover, ils utilisent aussi parfois des techniques très anciennes. De nombreuses églises cisterciennes bénéficient d'une excellente acoustique qui n'est pas due au hasard : plusieurs (comme Melleray, Loc-Dieu, Orval...) utilisent la technique des vases acoustiques décrite par Vitruve, ingénieur romain du 1er siècle av. J.-C. ; des études contemporaines ont démontré que ces vases, répartis dans les murs et les voûtes, amplifient le son dans la gamme de fréquences de la voix des moines ; et d'autres procédés réduisent l'écho. (Source)

 

***

 

Sources : 1, 2, 3, 4

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29 avril 2025 2 29 /04 /avril /2025 18:00

"Le Magistère est au service de l’Évangile, et non au-dessus de lui. Ce n’est pas un maître, mais un serviteur de la Parole de Dieu.

Benoît XVI, Audience générale, 10 mai 2006

On se souvient que dans un entretien au journaliste italien Eugénio Scalfari, publié le 1er octobre 2013, le pape François avait expliqué comment il "changerait l'Eglise", en déclarant que "chacun a sa propre conception du Bien et du Mal et chacun doit choisir et suivre le Bien et combattre le Mal selon l'idée qu'il s'en fait. Il suffirait de cela pour vivre dans un monde meilleur."

Intervention importante du professeur Josef Seifert sur l’invalidité du Conclave

Le Professeur Josef Seifert demande l’ouverture d’un procès ecclésiastique en hérésie du pape François qui a nommé 80% des cardinaux au conclave. 

Paul IV a décrété que toutes les nominations cardinales faites par un pape hérétique sont nulles et non avenues.

 

Dans une lettre ouverte du 24 avril dernier, le Professeur Josef Maria Seifert demande aux évêques et aux cardinaux d'examiner l’accusation d’hérésie portée par l’archevêque Viganò.

 

Extraits

 

"Sur la nécessité d’examiner avant le prochain Conclave l’accusation formelle d’hérésie lancée par l’archevêque Viganò (et soutenue par de nombreux théologiens, juristes et philosophes éminents du monde entier) contre le pape François

 

Votre Eminence, cher Cardinal Dean Giovanni Battista Re,

Salutations très cordiales dans le Christ. Je m’adresse à vous, cher et très vénéré cardinal Dean Re, parce que vous êtes le seul à détenir l’autorité pour qu’une enquête sur l’accusation d’hérésie contre le pape François ait lieu avant le prochain Conclave.

Vous tenez jusqu’à l’élection du prochain Pape la plus haute autorité de l’Église catholique, et en union avec le Camerlingue Kevin Joseph Cardinal Farrell, vous inviterez les cardinaux qualifiés du monde entier âgés de moins de 80 ans à élire le nouveau Pape et serez en mesure de déterminer la date du prochain Conclave.

Je vous écris avec une lettre ouverte en raison du peu de temps qu’il nous reste pour résoudre des questions d’une importance et d’une urgence extrêmes.

J’ai découvert à travers le texte J’accuse de l’archevêque Viganò deux documents pontificaux - par l’invocation solennelle du Siège de Pierre et leur déclaration de validité pour toujours - probablement dogmatiques et certainement les plus autorisés sur la question des "évêques, cardinaux et papes hérétiques" par le pape Paul IV et saint Pie V.[1] Ces textes me semblent être de la plus haute importance pour l’Église à l’heure actuelle.

Ils demandent solennellement à l’Église de procéder à un examen des accusations d’hérésie papale.


Le simple fait d’excommunier un archevêque parce qu’il a agi exactement comme un pape éminent et saint l’a solennellement demandé face à un pape qui a adhéré à des hérésies avant, pendant et après son élection à la papauté est, je pense, gravement erroné et injuste. Ces accusations auraient dû être examinées en premier, et si elles sont vraies, il n’y a absolument aucune punition à infliger pour les avoir faites.

 

Je crois que l’Église doit à un archevêque excommunié et à au moins quatre autres excommuniés pour la même raison, à deux papes, et aux fidèles de répondre à l’insistance ferme du pape Paul IV sur le fait qu’un pape qui professe l’hérésie n’est plus pape et ne peut exiger aucune obéissance, comme l’a dit l’archevêque Viganò, avec le conseil important que l’inconvenance de toute autorité jugeant un pape ne s’applique pas à un pape hérétique qui usurpe simplement le Siège de Pierre, mais, en vertu de son hérésie, n’est pas vraiment pape et a moins d’autorité dans l’Église que n’importe quel cardinal ou évêque orthodoxe. 

L’importance cruciale d’ordonner et de mener à bien cette enquête avant la convocation du prochain Conclave réside dans les éléments suivants :

Le résultat de la prochaine élection papale dépend en grande partie du résultat de cette enquête, car ... Paul IV [a] décrété que toutes les nominations cardinales faites par un pape hérétique sont nulles et non avenues.

 

Ainsi, si l’accusation d’hérésie avant, pendant et après l’élection du pape François s’avère vraie, les deux tiers du collège cardinalice actuel seraient exclus du Conclave. Par conséquent, la conclusion de cette affaire doit avoir lieu avant le prochain Conclave, sinon la prochaine élection papale sera a priori invalide à moins qu’il ne soit d’abord déterminé si la plupart des membres du Collège des Cardinaux sont des électeurs légitimes ou non, et si le futur Pape élu appartient au Collège des Cardinaux ou non.

 

En outre, deux autres questions strictement liées doivent être clarifiées avant le prochain conclave :

1. si les modifications apportées par le pape François aux règles régissant les élections papales émises par le saint pape Jean-Paul II sont valides ou non (s’il n’était pas un pape valide), et
2. si certains documents du pape François doivent rester dans les Acta Apostolica ou en être retirés (comme l’ont décrété les papes saint Pie V et Paul IV pour les documents délivrés par un pape hérétique).

 

Les papes saint Pie V et Paul IV ont décrété et fixé pour des temps perpétuels : que toutes les décisions, nominations et élévations d’évêques et de cardinaux et tous les écrits d’un pape hérétique soient déclarés nuls et non avenus.

 

Selon ces documents pontificaux et selon le droit naturel, les cardinaux choisis par le pape François ne peuvent pas rester électeurs si l’accusation d’hérésie ou d’apostasie s’avère fondée.

 

Je m’adresse à vous, cher et très vénéré cardinal Re, parce que vous seul, en union avec le cardinal camerlingue Kevin Joseph Farrell, détenez maintenant l’autorité nécessaire pour que cette enquête ait lieu avant le prochain Conclave.

 

Puisque vous, cher cardinal, avez maintenant l’autorité suprême dans l’Église jusqu’à l’élection d’un nouveau pape, vous pourriez agir immédiatement, en déterminant les membres du jury parmi les cardinaux nommés par les papes avant le pape François qui rendraient un jugement sur la question de l’hérésie et de la validité du pape François.


C’est pourquoi je vous exhorte humblement, cher cardinal doyen, à exercer votre autorité en ce moment dramatique de l’histoire de l’Église, et à agir sur l’autorité de deux papes qui exigent une telle action.

 

Je pense qu’à l’heure actuelle, vous seul pourriez être comparable à saint Athanase, qui, encore diacre, pendant la crise arienne et avec un pape hésitant, a pu (malgré ses deux excommunications dans le processus) préparer la voie à certains conciles qui condamnant l’hérésie arienne, qui, si elle avait été acceptée, aurait été fatale à la foi chrétienne. Mais l’hérésie selon laquelle Dieu veut la pluralité des religions, y compris les religions non chrétiennes, et d’autres hérésies attribuées au pape François sont encore plus contraires à la vraie foi chrétienne que ne l’était l’arianisme.

Par conséquent, je suggère et j’implore humblement que vous ordonniez, avant l’imminent Conclave, un examen juste et équitable des nombreuses accusations d’hérésie et (compte tenu de la déclaration d’Abou Dhabi selon laquelle Dieu a voulu la pluralité des religions depuis la création, ...) également d’une possible apostasie du pape François.

Je crois qu’en faisant cela, vous pourriez sauver l’Église d’une confusion unique, d’un point de vue historique, aux proportions catastrophiques.

 

Vous vous appuieriez sur les documents de Paul IV et de saint Pie V, qui ont tous deux enseigné solennellement que même si tous les cardinaux avaient librement élu le pape, son élection aurait été annulée par les hérésies qu’il a défendues avant et après son élection.

Cela n’a rien à voir avec une action contre l’Église ou contre le Pape : au contraire, c’est un acte d’amour suprême pour l’Église et François : car SI l’accusation d’hérésie, lancée officiellement et officieusement par les hautes autorités doctrinales et théologiques contre François, s’avère vraie à l’issue d’un véritable procès ecclésiastique,  l’Église confrontera les fidèles à la vérité (et Socrate l’a déjà dit dans le Gorgias qu’il ne peut être accordé à une personne un don plus précieux que de la libérer de l’erreur).

L’occasion de libérer François de son vivant des erreurs a maintenant été manquée, compte tenu de sa mort. Mais si le pape François a, comme il faut l’espérer, révoqué toutes les erreurs de son cœur avant sa mort et les reconnaît certainement maintenant, les condamner et en libérer la doctrine de l’Église serait encore un acte d’amour pour le pape François et surtout pour l’épouse de Jésus, l’Église, en la libérant de l’immense mal des hérésies.

Je crois que, si l’accusation d’hérésie est vraie, un verdict officiel valide selon lequel François est hérétique et n’était donc pas un pape valide, comme cela a été fait à l’égard de plusieurs papes auparavant, également à titre posthume, serait du plus grand bénéfice pour l’avenir de l’Église.

En effet, même si le pape François avait démissionné de son poste, comme l’a fait le pape Benoît XVI, cela n’aurait pas suffi à guérir la terrible blessure d’un pape hérétique, car les éléments destructeurs et les fruits empoisonnés de son pontificat seraient restés :

 

1. Les Acta Apostolica continueront à contenir des hérésies non condamnées.
2. Les enseignements moraux hérétiques tels que ceux exprimés dans Amoris Laetitia resteraient ostensiblement des enseignements officiels de l’Église et séduiraient les fidèles pour les amener à commettre des péchés graves.
3. Beaucoup d’autres remarques hérétiques du Pape qui contredisent directement les paroles solennelles du Christ et les dogmes de l’Église ne seraient pas expurgées du corpus de l’enseignement de l’Église, telles que :

a. L'"enseignement" (privé mais répété) de François sur la vacuité de l’enfer et l’inexistence du châtiment éternel,
b. l’affirmation de l’anéantissement au lieu du châtiment éternel pour les pécheurs impénitents, un enseignement typique des Témoins de Jéhovah, incompatible avec plusieurs dogmes.
c. La phrase de la Déclaration d’Abou Dhabi sur la volonté de Dieu depuis la création concernant la pluralité des religions (y compris celles qui nient la divinité du Christ, la Sainte Trinité, la rédemption par le Christ seul, etc.), qui est plus apostatique qu’hérétique, ne serait pas supprimée des Acta Apostolica mais resterait prescrite à tous les évêques et recteurs de séminaires du monde entier pour l’enseigner dans les séminaires de l’una,  sancta, catholica et apostolica Ecclesia dans le cadre de la préparation des séminaristes à l’ordre.

 

Cette sentence apostatique resterait aux yeux des fidèles un "enseignement de l’Église", mais en réalité elle est non seulement non catholique, voire anticatholique, mais aussi antichrétienne, ce qui causerait un immense tort à la foi et à la morale si elle était laissée dans les Acta Apostolica.

Pourtant, si nous-mêmes, ou si un ange du ciel vous annonçait un Évangile différent de celui que nous vous avons annoncé, qu’il soit anathème !

Galates 1,8

3. De plus, ce n’est que si François, après que l’Église a examiné et condamné ses hérésies qui sont bien pires que celles de n’importe quel pape précédent comme Jean XXII, a été déclaré à titre posthume ne pas avoir été le vrai pape, que de nombreuses actions entreprises par le pape (éloge papal et célébration du jour de la Réforme, une statue, un timbre et éloge de Luther) pourraient être considérées comme des mesures qui doivent être réprimées ; culte du Pacha Mamma à Saint-Pierre ; les bénédictions des couples homosexuels et adultères, la fausse affirmation selon laquelle les couples adultères et remariés peuvent savoir par leur conscience que Dieu veut qu’ils restent dans le péché d’adultère, plutôt que de suivre l’enseignement perpétuel de l’Église sur le mariage exprimé dans Familiaris Consortio 83 , etc., etc.), ne pouvaient plus être considérés comme des actions et des enseignements catholiques légitimes, et ses documents ne seraient plus acceptés comme faisant partie du véritable enseignement catholique.

Par conséquent, selon l’enseignement papal infaillible de Paul IV et de saint Pie V, à mon avis, la nomination par François de 80 % des cardinaux élus (qui, humainement parlant, seront susceptibles d’élire un pape qui pourrait continuer à enseigner les hérésies de François) sera rétractée et cessera d’être une menace horrible pour le prochain conclave et l’élection d’un nouveau pape.

Pour toutes ces raisons, cher cardinal Gianbattista Re, je vous implore au nom de Jésus-Christ, sa et notre mère bien-aimée qui tue toutes les hérésies, et au nom de saint Joseph, terreur du démon, de considérer si vous ne pourriez pas être appelés à aider à libérer l’Église des maux mentionnés. 

Je vous demande, à genoux, de vous demander si Dieu ne vous appelle pas, en son nom et en celui de Jésus-Christ, à devenir un instrument humain pour sauver l’Église de l’abîme vers lequel elle semble se précipiter.
Cette démarche me semble la seule juste, et les résultats négatifs qu’elle pourrait provoquer, l’apparition effective d’une division dans l’Église entre l’Église de Bergoglio et la véritable Église, serait un bien moindre mal qu’une Église tranquille plongée dans le désordre de l’erreur ; en fait, ce serait une véritable bénédiction parce qu’elle conduirait à un renouveau de la véritable ECCLESIA UNA, SANCTA, CATOLICA ET APOSTOLICA fondée sur la VÉRITÉ. Je suis également certain que d’innombrables catholiques accueilleraient favorablement cette étape.

...

Dans l’amour de Jésus qui a donné sa vie pour l’Église et a versé son sang saint pour nous tous, et que je veux servir de tout mon cœur et comme humble serviteur dans votre service bien plus parfait à Lui et à la Sainte Église.

En Christ
Josef Seifert

 

[1] Curieusement, aucun des multiples appels à la démission de François par différents groupes de théologiens et de philosophes, à l’exception de J’accuse, ne cite ces deux documents pontificaux qui font autorité sur la question des "évêques, cardinaux et papes hérétiques", 
Bien que j’aie pensé "a priori" que de tels documents devaient exister et que j’en fasse des recherches depuis quelques années, je dois ma connaissance de ces deux documents de l’Église, probablement dogmatiques et en tout cas d’une importance cruciale, uniquement à l’archevêque Viganò.

Pour autant que je sache, il y a un manque total (et tragique dans la situation actuelle) dans le droit CANON d’application concrète de l’enseignement de ces deux papes. Mais maintenant, après la mort du pape François, il n’y a plus de problème du tout, mais un devoir clair de l’Église d’enquêter pour savoir si ces accusations d’hérésie et (dans l’affirmation que Dieu a voulu depuis la création la multiplicité des religions, y compris celles qui nient les vérités les plus centrales de la Révélation du Christ) d’une apostasie sont justifiées ou non.

Je vous enverrai mon article sur cette question plus tard.

Josef

 

[Fin de citation et traduction Christ Roi Overblog]

 

Cf. https://x.com/ProtecttheFaith/status/1916490225913671911?t=JP-r0LdU0EK9WOQa7XYpbQ&s=19

Et

https://gloria.tv/post/JjnttBYxp2uH6cF4q4maop3oN?fbclid=IwY2xjawJ7FW1leHRuA2FlbQIxMABicmlkETFhN3d6TFd3ZmVFZ21BVFR0AR4k-Ld1_XFAnHhYjtucSoCmGLQZNrlUndAGUjReu3VZF42u8exrty69lUvBeA_aem_TrmHPU8ZIUsm4dXr2FAu1w

Il y a deux ans, le célèbre philosophe autrichien, le professeur Josef Seifert, a mis en garde contre le "silence effrayant" des cardinaux face au relativisme dominant, et l'éthique situationnelle.


Dans des commentaires à la suite de la publication d’une lettre ouverte qu’il a écrite le 30 avril appelant tous les cardinaux, évêques et dirigeants de l’Église à défendre la vérité de l’enseignement catholique face au relativisme dominant et à l’éthique situationnelle, Seifert a observé ce qu’il a décrit comme le "silence effrayant" des cardinaux sur cette crise unique qui va "du haut de l’Église vers le bas".


Le respecté professeur autrichien, qui a fondé en 2017 l’Académie Jean-Paul II pour la vie humaine et la famille comme contrepoids à l’Académie pontificale pour la vie, autrefois respectée, aujourd’hui dirigée par l’archevêque dissident Vincenzo Paglia, a déclaré que c’était son amour pour la vérité et l’Église, et le fait que des éléments clés de l’enseignement du pape François vont à l’encontre du pape saint Jean-Paul II.  Cela l’a incité à prendre la plume.

Il a rappelé que dans son encyclique de 1993 sur l’enseignement moral de l’Église, Veritatis splendor, Jean-Paul II "a magnifiquement élucidé" la vérité de la reconnaissance d’"actes mauvais non négociables", la défendant contre les positions éthiques relativistes qui "cherchent partout des échappatoires" pour tenter de justifier "l’adultère, la sodomie, la contraception, l’idolâtrie, l’apostasie, le déni du purgatoire, de l’enfer et du jugement dernier."


Retraçant une telle dissidence aux critiques de Humanae vitae, encyclique du pape Paul VI de 1968 qui a souligné l'utilisation de la contraception artificielle comme intrinsèquement maléfique, le professeur Seifert a souligné que l'enseignement de l'Église sur le sujet a des racines profondes. 


"La pilule anti-bébé et d’autres actes qui sont déjà décrits dans l’Ancien Testament comme gravement désordonnés, sont intrinsèquement mauvais", a-t-il déclaré. Il a également déclaré que même les anglicans avaient publié des déclarations contre la contraception artificielle, pour ensuite faire une "contradiction flagrante" avec leur enseignement précédent lors de leur conférence de Lambeth en 1930, lorsqu’ils sont devenus la première communion ecclésiale à autoriser la contraception.

En conséquence, a-t-il dit, "une pression énorme" a été exercée sur le pape Paul VI pour qu’il adopte le même changement, mais "le Saint-Esprit l’a empêché", et Humanae Vitae a été écrit pour soutenir l’enseignement éternel de l’Église. En outre, a déclaré Seifert, "de nouvelles études montrent" que Jean-Paul II, puis Karol Wojtyla, ont "profondément influencé" cette encyclique que les catholiques pratiquants fidèles au Magistère ont longtemps considérée comme prophétique. Veritatis Splendor a en fait été écrit pour contrer la dissidence contre Humanae Vitae.

Mais le professeur Seifert, maître de conférences en métaphysique et en épistémologie de la Ludwig Maximilians Universität à Munich, a déclaré qu'une telle dissidence avait réémergée après la publication en 2016 de l'exhortation apostolique du pape François pour nier, le contenu essentiel de l’Écriture sainte et de l'enseignement de l'Église."

"Il est devenu incompréhensible pour moi qu'aucun des cardinaux, outre les quatre Cardinaux des Dubia, ne se se soit clairement prononcé contre de telles erreurs et obscurcissant l'enseignement catholique", a expliqué le professeur Seifert. "Par conséquent, comme dans la crise arienne, quand un évêque, Saint Athanase et de nombreux laïcs se sont précipités pour la défense de la vérité, il fallait que le même Miseri Laici [nous misérables laïcs] ait soutenu la vérité."

Seifert a expliqué que la lettre qu'il a envoyée au Collège des Cardinaux a été envoyée pour la première fois il y a deux ans et demi à un cardinal avec qui il était en termes amicaux qui avait dit que la critique du pape François était un "grand mal qui devrait être éradiqué". 


Lorsque le cardinal a répondu respectueusement mais n’a pas agi, le professeur Seifert a décidé d’adresser la lettre à tous les cardinaux et évêques, "non pas pour qu’elle atterrisse dans des corbeilles à papier", mais parce qu’ils ont un "devoir sacré" de mettre en garde leurs frères, en particulier en Allemagne, et le pape "contre toute déviation de l’enseignement perpétuel de la vérité dans l’Église".


Compte tenu de ce qu’il appelle le "silence effrayant de la majorité des cardinaux et des évêques sur cette crise unique au sommet de l’Église pendant une décennie", il n’est pas optimiste quant à la réception de la réponse à son appel.

Mais il a dit qu’il avait "l’espoir que le Dieu tout-puissant, qui est la vérité, réveillera le feu de l’amour pour la vérité et pour l’Église dans le cœur de tous les cardinaux et évêques, et accordera le don du saint courage à beaucoup d’entre eux, comme il l’a déjà fait à certains cardinaux et évêques".


"Je ne suis pas du tout optimiste, mais j’espère vraiment que les cardinaux et les évêques ne regarderont plus passivement la chute de l’Église que seule une intervention divine peut empêcher", a-t-il déclaré. "Dieu veut nous utiliser tous, mais il choisit surtout les cardinaux et les évêques, tout comme il a choisi saint Paul pour répandre l’Église, et saint Athanase pour la sauver de l’arianisme et de la destruction."


Lorsqu’on lui a demandé quelles pourraient être les conséquences s’ils ne le faisaient pas, Seifert a répondu : "Je vois un terrible danger d’un effondrement complet de l’Église catholique dans de nombreux pays, et même de sa destruction totale dans certaines régions du monde."

Mais il a ajouté qu’il savait, non pas par la raison mais par une foi "cruellement éprouvée", que cela n’était pas possible parce que la vérité elle-même nous a dit que jamais les portes de l’enfer ne prévaudront contre l’Église".

La lettre ouverte du professeur Seifert aux cardinaux et aux évêques de l'Église catholique. 

 

 Edward Pentin, X


Cf.


https://edwardpentin.co.uk/professor-seifert-catholic-church-in-terrible-danger-of-complete-collapse-unless-cardinals-bishops-speak-up/

***

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29 avril 2025 2 29 /04 /avril /2025 17:57

La rupture a été la langue des textes conciliaires et postconciliaires. L’ambiguïté s’est installée, supprimant la clarté pour une orientation correcte.

Aujourd’hui, pratiquement tout est permis, selon l’herméneutique de l’interprète.

Cf.https://x.com/LF_Miceli/status/1917159354538590525?t=c7aSh6Tr-kaxvHmsXpNGfA&s=19

Vous avez tout à fait raison de souligner la rupture provoquée par le changement de langage dans les documents conciliaires et postconciliaires. Le pape Benoît XVI lui-même, avant et pendant son pontificat, s’est penché sur ce grave problème.
 
Dans son célèbre discours de Noël 2005 à la Curie romaine, le pape Benoît XVI a expliqué que la crise de l’interprétation de Vatican II provenait d’une "herméneutique de la discontinuité et de la rupture", qui s’opposait à la véritable "herméneutique de la réforme dans la continuité". Il dit:
 
"L’herméneutique de la discontinuité risque d’aboutir à une scission entre l’Église préconciliaire et l’Église postconciliaire. Il affirme que les textes du Concile en tant que tels n’expriment pas encore le véritable esprit du Concile." (Benoît XVI, 22 décembre 2005)
 
Il a averti que l’ambiguïté et la mauvaise interprétation permettaient aux gens de se comporter comme si l’Église avait été "refondée" – rejetant sa Tradition sacrée. Cette ambiguïté a ouvert la porte à des interprétations subjectives où, comme vous l’avez souligné, "pratiquement tout est permis" sur la base d’une herméneutique personnelle.
 
Le pape Benoît XVI, en tant que cardinal Ratzinger, a également clairement indiqué dans "Le rapport Ratzinger" (1985) que l’ambiguïté était un problème sérieux. Il a critiqué le langage pastoral adopté au Concile qui abandonnait les définitions théologiques précises, permettant de multiples interprétations contradictoires :
 
"De nombreux évêques étaient convaincus qu’il fallait abandonner l’ancien style d’anathématisation et que seul un langage positif devait être utilisé. Ce langage positif devait ouvrir l’Église ; Mais en conséquence, beaucoup de choses sont restées ouvertes et ambiguës." (Le rapport Ratzinger, p. 38)
 
Ainsi, Benoît XVI a toujours enseigné que la véritable interprétation de Vatican II doit être en continuité avec la Tradition constante de l’Église – et non selon de nouveaux cadres herméneutiques arbitraires.
 
Le pape Benoît XVI s’est fermement opposé à la confusion créée par les ambiguïtés postconciliaires. Il a rappelé l’Église à la clarté, à la vérité et à la continuité fidèle. Toute sa mission théologique était la restauration de l’orientation légitime de l’Église catholique, fondée sur sa tradition doctrinale et sacramentelle ininterrompue.
L’Église doit entrer dans le véritable esprit de Vatican II !

Source : https://x.com/Sanothomas/status/1917244882466603142?t=LbqgmqQ2mJPmbVtaZphINQ&s=19

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29 avril 2025 2 29 /04 /avril /2025 00:00

Tertiaire dominicaine et mystique italienne qui a exercé une grande influence dans l'Église catholique, Sainte Catherine naît à Sienne en 1347, avec le désir très tôt de se consacrer à Dieu, contre la volonté de ses parents. 

 

Dès l'âge le plus tendre, elle fit le voeu de virginité, et ne montrait de goût que pour la prière et la mortification. Ses parents, qui voulaient la marier, s'y prirent de toutes les manières pour rompre sa résolution, la contrariant dans ses exercices de piété, et la chargeant des soins les plus pénibles du ménage. Bien que vertueux, ils se firent longtemps ses persécuteurs et entravèrent, autant qu'il leur fut possible sa vocation religieuse. Soumise et obéissante, Catherine sut se créer une solitude intérieure, où elle trouvait toujours son Bien-Aimé, dont rien ne pouvait l'empêcher de jouir.

Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), patronne de l’Italie, co-patronne de l'Europe

Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), patronne de l’Italie, co-patronne de l'Europe

Enfin, les préventions cessèrent, et on lui permit d'entrer dans le tiers ordre de S. Dominique.

 

Très vite marquée par des phénomènes mystiques comme les stigmates et le mariage mystique, elle se fait connaître.

 

Ce fut alors que ses austérités n'ont plus de bornes et qu'elle s'élève à cette sublime contemplation dont on voit la preuve dans ses écrits, et mieux encore au milieu des vertus héroïques qu'elle pratiqua.

Sainte Catherine de Sienne, Vierge († 1380), Docteur de l'Eglise, co-patronne de l'Europe

Elle accompagne l'aumônier des dominicains auprès du pape à Avignon, en tant qu'ambassadrice de Florence, ville alors en guerre contre le pape.

 

Son influence sur Grégoire XI (1371-1378), dernier pape français, joue un rôle avéré dans la décision du pontife de quitter Avignon pour Rome. Elle est ensuite envoyée par celui-ci négocier la paix avec Florence. Grégoire XI étant mort et la paix conclue, elle retourne à Sienne. Lors d'extases mystiques, elle dicte ses conversations avec Dieu, constituant sa principale œuvre, Le Dialogue. La richesse théologique de ces écrits et la doctrine qu'ils décrivent sont reconnus au point que l'Église catholique, a proclamé Catherine docteur de l'Église.

Ste Catherine de Sienne, Dialogues

Ste Catherine de Sienne, Dialogues

"Quand un exorciste ne parvenait pas à libérer une personne, il l'envoyait à sainte Catherine de Sienne, pas parce qu'elle était exorciste, encore moins parce qu'elle était prêtre, mais parce qu'elle était sainte. Parce que la condition sine qua non de la réussite d'un exorcisme est la foi.

 

[...] la foi de celui qui prie, et de la foi de celui qui reçoit la prière."

(Gabriele AMORTH, J'ai rencontré Satan, Le Combat du plus célèbre exorciste, Entretiens avec Slawomir Sznurkowski, Traduti de l'italien par Quentin Petit, EdN, Vendôme 2016 , p. 142; 149.)

Sainte Catherine de Sienne exorcisant une femme possédée, Girolamo di Benvenuto, 1500-10, musée d'art de Denver

Sainte Catherine de Sienne exorcisant une femme possédée, Girolamo di Benvenuto, 1500-10, musée d'art de Denver

"Lorsque sainte Catherine de Sienne disait : 'Au nom de Marie, va-t-en !', elle le faisait avec foi, et c'est cela qui rendait sa parole efficace." (Gabriele Amorth, ibid., p. 197.)

Sainte Catherine obtient du Christ la libération de sa sœur Palmerina de son pacte avec le diable avant de mourir, Girolamo di Benvenuto (1470-1524), Cambridge (Ma), Fogg Art Museum

Sainte Catherine obtient du Christ la libération de sa sœur Palmerina de son pacte avec le diable avant de mourir, Girolamo di Benvenuto (1470-1524), Cambridge (Ma), Fogg Art Museum

Sa charité pour les pauvres, sa patience dans les calomnies dont on payait ses services, son ardeur et son talent pour la conversion des pécheurs, son zèle pour la paix de l'Église et des États, en firent la gloire de son ordre, l'ornement de son pays et la merveille de son siècle. Catherine, toujours supérieure à sa réputation par son humilité, préférait la couronne d'épines du Sauveur à tout le reste.

 

Dans une de ses apparitions, le Sauveur ôta le cœur de la poitrine de sa servante et mit le Sien à sa place. Une autre fois, elle reçut les stigmates du divin Crucifié.

 

Souvent, au moment de la Communion, l'Hostie s'échappait des mains du prêtre pour voler vers la bouche de Catherine. La vie entière de Catherine fut un miracle.

 

Dieu permit qu'elle exerçât une immense influence sur son époque, et qu'elle contribuât pour beaucoup à la cessation du grand schisme d'Occident (crise qui divisa l'Église pendant 39 ans de 1378 à 1417.)

 

Elle écrit au pape en Avignon, une lettre brûlante où elle le pressait de revenir à Rome. Elle alla même le chercher : son influence sur Grégoire XI (Pape de 1371 à 1378) joua un rôle avéré dans la décision du pontife de quitter Avignon (Cf. Papes en Avignon de 1309 à 1377) pour Rome et favorisa le retour du Saint-Siège dans la ville éternelle (le ). Le pape reçut d’abord son confesseur, le bienheureux Raymond de Capoue, puis la dominicaine qui arriva le 18 juin 1376. Elle venait tout simplement lui demander d’organiser une croisade contre les infidèles et de faire la paix avec Florence. Catherine fut envoyée par Grégoire XI négocier la paix avec Florence. 

 

À la mort de Grégoire XI le 25 mars 1378, Catherine soutient Urbain VI (1378-1389), qui ne fut pas accepté par les cardinaux français, et qui élurent un autre pape, Clément VII. Celui-ci revint s'installer en Avignon, tandis qu'Urbain VI restait à Rome. Catherine déploya alors des trésors d'activité et de diplomatie pour rassembler l'Église autour d'Urbain VI. Elle envoya parallèlement de nombreuses lettres aux princes et cardinaux, pour promouvoir l'obéissance au pape Urbain VI et défendre ce qu'elle nommait le "vaisseau de l'Église". Une laïque sans instruction de Sienne corrigea publiquement le grand saint Vincent Ferrier, OP, qui avait dit à tort (mais sincèrement) à tout le monde d'obéir à Clément VII installé en Avignon, sauf qu'il était un antipape et elle exhorta à l'obéissance et à la prière pour Urbain VI, le vrai pape à Rome. Probablement que les catholiques de son époque lui dirent de rester dans sa voie et de reconnaître Clément VII !

Sainte Catherine de Sienne portant sur son voile la couronne d'épines, tenant un crucifix et une fleur de lys

Sainte Catherine de Sienne portant sur son voile la couronne d'épines, tenant un crucifix et une fleur de lys

Elle voyagea inlassablement comme médiatrice dans le nord de l'Italie et le sud de la France. Pourtant cette activité débordante n'était pas le tout de Catherine. Ce n'était que la face apparente d'une intense vie mystique, avec des extases durant lesquelles ses disciples copiaient les prières qui s'échappaient de ses lèvres.

 

Cette sainte nous a laissé des ouvrages qui paraîtront précieux à quiconque estime le langage de la vraie piété. Ce sont six traités en forme de dialogues, un discours sur l'Annonciation de la très-sainte Vierge, et trois cent soixante-quatre lettres qui portent l'empreinte de son génie supérieur.

 

Son "Dialogue" sur la Divine Providence, qui est un des classiques de la langue italienne, retrace ces entretiens enflammés avec le Christ. Ils auraient été composés en cinq jours d'extase, du 9 au 14 octobre 1378. 

La doctrine du pont : Catherine de Sienne et le "libre arbitre"

 

Dans cet ouvrage Le Dialogue, Catherine développe un traité de christologie à travers ce qui est appelé la "doctrine du pont". Ce traité se veut une démonstration de la place centrale du Christ dans le rôle de médiateur entre l'homme et Dieu.

 

Au cours d'une image qu'elle développe, Catherine décrit l'importance du Christ comme un pont qui permet de traverser un fleuve où tout le monde se noie. Ce fleuve empêche d'accéder à l'autre rive, celle qui est décrite alors comme le paradis, le lieu de l'union à Dieu. Le pont qui permet de traverser ce fleuve est le Christ, avec trois marches. Ces trois marches représentent les trois étapes de la vie chrétienne, mais aussi les principales plaies du Christ en croix : les pieds sont les premières marches du pont, mais ils représentent le désir de Dieu qui conduit l'âme à vouloir connaître et mieux aimer Dieu. La deuxième marche du pont est le cœur du Christ, lieu de l'union à Dieu et de la connaissance de soi et de Dieu. La dernière marche est la bouche du Christ, symbole de l'union à Dieu et de la paix intérieure. Le pont n'est accessible qu'à travers la connaissance de soi, la pratique des vertus, mais aussi la miséricorde de Dieu.

 

La pratique de la connaissance de soi et des vertus est le seul moyen de passer le pont. Ceux qui ne suivent pas cette voie sont alors emportés par les flots des divers désirs désordonnés comme l'avarice, la concupiscence charnelle, l'orgueil, l'injustice et le mensonge qui conduisent à l'enfer. Le libre arbitre a une place primordiale dans cette doctrine du pont. Pour Catherine, l'homme étant libre et à l'image de Dieu, c'est par sa volonté et le désir de Dieu que l'homme peut Le choisir ou non en succombant aux tentations :

 

"Personne ne peut avoir peur d'aucune bataille, d'aucun assaut du démon, parce que j'ai fait de tous des forts. Je leur ai donné une volonté intrépide, en trempant dans le sang de mon Fils. Cette volonté, ni démon, ni aucune puissance créée ne peut l'ébranler. Elle est à vous, uniquement à vous, c'est Moi qui vous l'ai donnée avec le libre arbitre.

"C'est donc à vous qu'il appartient d'en disposer, par votre libre arbitre, et de la retenir ou de lui lâcher la bride suivant ce qu'il vous plait.

"La volonté, voilà l'arme que vous livrez vous même aux mains du démon : elle est vraiment le couteau avec lequel il vous frappe, avec lequel il vous tue. Mais si l'homme ne livre pas au démon ce glaive de la volonté, je veux dire s'il ne consent pas aux tentations, à ses provocations, jamais aucune tentation ne pourra le blesser et le rendre coupable de péché : elle le fortifiera au contraire lui faisant comprendre que c'est par amour que je vous laisse tenter, pour vous faire aimer et pratiquer la vertu." (Le Dialogue, chapitre XIII (43)

Dieu la favorisa, pendant sa vie, de la connaissance des choses cachées.

 

Catherine avait une grande vénération pour sainte Agnès de Montepulciano (1268-1317).

 

Les peines qu'elle se donna pour le bien de l'Église la conduisirent au tombeau à l'âge de trentre-trois ans, le 29 avril 1380.

 

La dévotion autour de Catherine de Sienne se développe rapidement après sa mort.

 

Elle est canonisée en 1461, déclarée sainte patronne de Rome en 1866, et de l'Italie par Pie XII en 1939.

 

Elle est la protectrice officielle de l'Italie, comme saint François d'Assise en est le protecteur; les deux saints ont été consacrés dans la fonction avec motu proprio de Pie XII le 18 juin 1939.

 

Le 4 octobre 1970 elle est proclamée docteur de l'Église en même temps que Ste Thérèse d’Avila (1515-1582) par Paul VI (titre que l’Église d’Angleterre lui reconnaît aussi), et co-patronne de l'Europe par Jean-Paul II en 1999, avec Ste Brigitte de Suède (1302-1373) et Ste Thérèse-Bénédicte de la Croix (1891-1942) : 

 

"Sainte Catherine entra avec un regard sûr et des paroles de feu dans le vif des problèmes sociaux et politiques qui ont déchiré l'Europe de son époque." (Jean Paul II, Lettre apostolique Spes aedificandi, 02/10/1999)


Sainte-Catherine de Sienne est la patronne des infirmières.

 

Elle est aussi la sainte protectrice des journalistes, des médias, et de tous les métiers de la communication, en raison de son œuvre épistolaire en faveur de la papauté.

 

Elle est invoquée par les personnes qui craignent de subir un échec.

***

Sainte Catherine de Sienne, Vierge († 1380), Docteur de l'Eglise, co-patronne de l'Europe

Sources :

 

(1) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 120; (2), (3), (4), (5) ; (6) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 38.

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28 avril 2025 1 28 /04 /avril /2025 00:00

Au IIe siècle, mariée à S. Vital, personnage consulaire, Valérie mourut martyre à Ravenne alors que son mari périssait martyr lui-aussi à Milan (Italie) (1)

 

Vital était un militaire né à Milan, père de S. Gervais et de S. Protais, martyrs. Il fut condamné à mort pour sa religion par le juge de Ravenne, brûlé vif après avoir été étendu sur le chevalet, et avoir souffert divers autres genres de tortures.

 

On lit dans ses Actes, que Valérie, sa femme, retournant de Ravenne à Milan, fut mise à mort par une troupe de paysans auxquels elle refusa de se joindre dans la célébration d'une fête impie et licencieuse. (2)

 

Mosaïque de San Vitale

  Mosaïque de San Vitale

 

Sources:

 

(1), (2) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 118.

 

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27 avril 2025 7 27 /04 /avril /2025 00:00
Sainte Zite (Zita) de Lucques (1218-1278), Vierge

L'histoire de Zita se déroule dans l'Italie du XIIIe siècle.

Zita était une petite vendeuse de légumes qui s'en allait au marché de Lucques (Toscane, Italie) pour ses parents. Sa mère, pauvre, mais vertueuse, l'éleva dans la crainte du Seigneur, et eut la consolation de voir ses bonnes instructions porter de précieux fruits.

 Zite parlait peu, travaillait avec assiduité, et tenait son âme dans un recueillement perpétuel.

À douze ans, elle fut placée dans une famille comme servante, et ne la quitta plus.

Pour ne pas déranger son service, elle se levait plus tôt afin d'aller entendre la sainte messe, jeûnait pour donner aux pauvres une part de sa nourriture, supportait avec patience et sourire les jalousies des autres domestiques qui parfois même la dénonçaient avec calomnie. Dieu permit qu'on traita sa modestie de stupidité, et son exactitude à ses devoirs fut regardée comme le fruit d'un orgueil secret. Sous le coup de préventions si injustes, qu'on imagine ce que cette sainte fille eut à souffrir. Mais sa patience triompha de la malice et des péjugés. Ses maîtres devinrent plus équitables: leur jalousie se transforma en admiration, et ils lui confièrent le maniement de leurs affaires, qu'elle géra avec une grande sagesse. (1) 

Un soir de Noël, Zita se rend à la messe de minuit. Son maître, le signore Fatinelli, lui prête son manteau, mais lui enjoint aussitôt de bien le rapporter. Il sait que Zita a l'habitude de se dépouiller de tout pour donner aux pauvres. Arrivant à l'église, elle aperçoit un mendiant grelottant à qui elle confie le précieux vêtement juste le temps de l'office. À la sortie, l'homme a disparu. Au retour, la colère du maître est immédiate. Mais voilà que le mendiant apparaît avec le manteau, sourit, le tend à Zita et, tel un éclair, disparaît. (2)

Les anges se chargeaient de faire cuire son pain pendant qu’elle était en extase, de lui rendre le manteau qu'elle avait prêté à un pauvre, et de lui ouvrir la porte des églises ! 

Un jour, pendant une de ses ferventes oraisons, le temps s'écoula de telle sorte qu'au moment où elle quittait l’église, le soleil déjà haut au-dessus de l'horizon lui rappela qu'elle avait dépassé l'heure où elle devait faire un ouvrage indispensable : c’était la préparation (ou la fourniture) du pain nécessaire à toute la maison. Elle se hâta de gagner le logis, se reprochant intérieurement la négligence de son devoir : quand elle arriva, elle trouva toute la pâte préparée et le feu allumé. Elle était convaincue qu'une autre servante, désireuse de lui épargner une réprimande, avait voulu faire sa besogne en son absence, mais quand elle tenta de trouver à qui adresser ses remerciements, personne ne sut ce qu'elle voulait dire, car personne n'avait songé à lui rendre ce service. Dans la simplicité de son cœur, elle en conclut que Dieu avait accordé cette faveur à sa servante qui avait tout oublié pour lui.

 Une nuit de Noël, qu'il faisait extrêmement froid, Zite se disposait à se rendre à Matines. Son maître lui dit : « Comment cours-tu à l'église par un temps si froid, que nous pouvons à peine nous en défendre ici avec tous nos vêtements ? Toi surtout, épuisée par le jeûne, vêtue si pauvrement, et qui vas s'asseoir sur un pavé de marbre ? » Entrée dans l'église, elle aperçut un pauvre demi-nu, qui murmurait tout bas, et qui grelottait de froid ; émue de compassion, Zita s'approcha et lui dit : « Qu'avez-vous, mon frère, et de quoi vous plaignez-vous ? » Lui, la regardant d'un visage placide, tendit la main et toucha le manteau en question. Aussitôt Zita l'ôta de ses paules, en revêtit le pauvre et lui dit : « Tenez cette pelisse, mon frère, jusqu'à la fin de l'office, et vous me la rendrez; n'allez nulle part, car je vous mènerai à la maison et vous chaufferai près du feu. » Cela dit, elle alla se mettre à l'endroit où elle priait d'ordinaire. Après l'office, et quand tout le monde fut sorti, elle chercha le pauvre partout, au dedans et au dehors de l’église, mais ne le trouva nulle part. Elle se disait en elle-même : « Où peut-il être allé ? Je crains que quelqu'un ne lui ait pris le manteau, et que, de honte, il n'ose se présenter à mes yeux. Il paraissait assez honnête, et je ne crois pas qu'il ait voulu attraper le manteau et s'enfuir. » C'est ainsi qu’elle excusait pieusement le pauvre. Mais enfin, ne l'ayant pu trouver, elle revenait un peu honteuse, espérant toujours néanmoins que Dieu apaiserait son maître, ou inspirerait au pauvre de rapporter le manteau. Quand elle fut de retour à la maison, le maître lui dit des paroles très-dures, lui fit de vifs reproches. Elle ne répondit rien, mais, lui recommandant d'espérer, elle lui raconta comment la chose s'était passée. Il entrevit bien comment la chose s'était passée, mais ne laissa pas de murmurer jusqu'au dîner. A la troisième heure, voilà sur l'escalier de la maison un pauvre qui charmait tous les spectateurs par sa bonne mine, et qui, portant le manteau dans ses bras, le rendit à Zita, en la remerciant du bien qu'elle lui avait fait. Le maître voyait et entendait le pauvre. Il commençait, ainsi que Zita, à lui adresser la parole, lorsqu'il disparut comme un éclair, laissant dans leurs cœurs une joie inconnue et ineffable, qui les ravit longtemps d'admiration. On a cru que ce vieillard était un ange;  c'est pourquoi la porte de l’église où elle rencontra le pauvre au manteau a été depuis appelée la porte de l'Ange.

Chaque vendredi elle allait en pèlerinage à San-Angelo in Monte, à deux lieues de Lucques ; un jour qu'elle avait été retenue par les travaux de la maison plus que d'ordinaire, elle fut surprise par la nuit. Un cavalier qui suivait le même chemin lui prédit qu'elle périrait dans les précipices si elle continuait à marcher au milieu des ténèbres ; mais quand il arriva, il fut bien saisi de trouver à la porte de l'église celle qu'il croyait avoir laissé loin derrière lui.

Sainte Zita avait un grand amour pour sainte Marie-Madeleine et pour saint Jean l'Evangéliste ; une veille de fête de la première, elle voulut aller faire brûler un cierge devant son autel dans une église assez éloignée de Lucques. Elle arriva tard et trouva les portes fermées ; elle alluma son cierge, se mit à genoux et s'endormit. La nuit, un orage terrible s'éleva, la pluie tomba par torrents, et la Sainte reposait ; quand elle se réveilla, les rues étaient couvertes d'eau, mais elle n'avait pas même été touchée par une goutte de pluie, et son cierge brûlait encore. Les portes alors s'ouvrirent devant elle, et quand le curé arriva pour dire la messe, il trouva la Sainte en prières dans cette église qui n'avait pas été ouverte depuis la veille au soir. (3)

Zite mourut à l'âge de soixante ans le 27 avril 1278, pleine des mérites qu'elle avait puisés dans le recueillement, la mortification, et un saint et fréquent usage des sacrements.

 

Châsse de Sainte ZitaSa sainteté fut reconnue après sa mort tant étaient grandes les faveurs que le petit peuple obtenait en lui demandant son intercession.  

Les miracles se multiplièrent tant à son tombeau que, quatre ans après sa mort, l'évêque de Lucques permit de lui rendre un culte public qui se répandit rapidement en Italie, en Espagne, en Angleterre et dans toute l'Europe. Il y eut par trois fois, en 1446, en 1581 et en 1652, ouverture de son cercueil où le corps fut trouvé parfaitement intact, dans un état de parfaite conservation. Il est enchâssé et gardé avec beaucoup de respect dans l'église Saint-Fridien. Zite a été canonisée par lnnocent XII en 1696. Elle est la patronne de Lucques ; les servantes et les femmes de charge l'invoquent comme leur spéciale protectrice. De la chaumière du mont Sagrati, qui avait abrité le berceau de l'humble Sainte, on a fait une chapelle qui lui est dédiée. D'autres églises lui sont consacrées à Gênes et à Milan.

 

On donne pour attributs à sainte Zite un trousseau de clefs suspendu à sa ceinture et une cruche : les clefs rappellent qu'elle fut investie de la confiance de ses maîtres, et la cruche, le miracle qu'elle fit de changer l'eau en vin au bénéfice des pauvres. On montre encore à Lucques le puits où elle prit de l'eau pour faire ce miracle. On l'a aussi représentée debout devant les portes de la ville, et la sainte Vierge venant lui ouvrir le guichet. La miséricordieuse Marie dut rendre ce service à sa servante un soir que celle-ci s'était attardée à ses bonnes œuvres. Une vieille gravure allemande la représente sous les traits d'une jeune fille accorte, revêtant le vieillard de la pelisse de son maître.

 

Sainte-Zita est la patronne des employés de maison, garçons de café, des serveurs, des maîtres d’hôtels et des hôtesses. On lui demande d’intervenir pour retrouver des clés perdues. (4)

 

Sources:  (1) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 117 ; (2) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 186 ; (3) http://missel.free.fr/Sanctoral/04/27.php ; (4) http://jubilatedeo.centerblog.net/6573157-Les-saints-du-jour-Lundi-27-Avril (5) Wikipedia

 

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26 avril 2025 6 26 /04 /avril /2025 00:00
Sainte Alida (Alde) de Sienne, Veuve, Tertiaire des Humiliés † 1309

Alida épousa Bindo Bellanti, un noble de Sienne dont la bonté était aussi grande que la piété, et fut toute sa vie une épouse exemplaire. À la mort de celui-ci, alors qu'elle avait 30 ans, malgré les nombreux prétendants qui la sollicitèrent, elle resta veuve et entra dans le tiers ordre des Umiliati pour y soigner les malades jusqu'à sa mort.

 

Les biens qui lui restaient furent distribués aux pauvres, et sa dépouille mortelle repose dans l'église San Tommaso à Sienne.

Sources: (1); (2)

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25 avril 2025 5 25 /04 /avril /2025 00:00
Saint Marc, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011

Saint Marc, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011

Saint Marc était probablement de la race d'Aaron; il était né en Galilée. Il semble avoir fait partie du groupe des soixante-douze disciples du Sauveur; mais il nous apparaît surtout dans l'histoire comme le compagnon fidèle de l'apostolat de saint Pierre avec Barnabé à Chypre et en Asie Mineure.

S. Irénée de Lyon écrivait vers 180 : "Marc, le disciple et l'interprète de Pierre, nous transmit lui aussi par écrit ce que prêchait Pierre". (Adversus Haereses, III Prologue).

 

C'est sous l'inspiration du chef des Apôtres et à la demande des chrétiens de Rome qui désiraient avoir par écrit ce que saint Pierre leur avait enseigné de vive voix, qu'il écrivit l'Évangile qui porte son nom. L'Evangile de Marc est le plus ancien. Des fragments de cet Évangile  retrouvés à Qumran prouvent qu'il est antérieur à 68, voire à l'an 41 selon certains historiens.

"L'Évangile selon marc est situé autour des années 60 après l'avoir été autour des années 70, mais il pourrait bien être des années 50", observe Simon Claude Mimouni dans "Le judaïsme ancien et les origines de christianisme" (Bayard 2018, p. 21).  

"L'Évangile selon Jean est situé autour des années 90, mais à cause de son caractère mystique et de certaines caractéristiques relevant de la topographie et de la chronologie il pourrait bien être des années 60.

"L'Évangile selon Luc + les Actes des Apôtres sont situés de manière habituelle dans les années 80, mais ils pourraient bien être aussi des années 60." (4)

Saint Marc, évangéliste

Origène et S. Jérôme prétendent que c'est lui que le chef des Apôtres appelle son fils.

Marc reçut de saint Pierre la mission spéciale d'évangéliser Alexandrie, qui était après Rome la ville la plus célèbre de l'univers, l'Égypte et d'autres provinces africaines. 

Cela se passe probablement en 45. Eusèbe, HE 2,16,1 évoque l'évangélisation d'Alexandrie par Marc d'après une tradition fixée à la fin du IIe siècle. Ac 15,36-39 : "Paul dit à Barnabé : 'Retournons donc visiter les frères en chacune des villes où nous avons annoncé la parole du Seigneur, pour voir où ils en sont.' Barnabé voulait emmener aussi Jean appelé Marc. [...] Barnabé emmena Marc et s’embarqua pour Chypre." Les relations en Chypre et Alexandrie sont faciles. (5) Il s'y forma en peu de temps une église fort nombreuse et si fervente que ses nouveaux fidèles, à l'exemple de ceux de Jérusalem, ne faisaient qu'un coeur et qu'une âme. Les païens endurcis s'en alarmèrent, et résolurent la mort du saint évangéliste et cherchèrent tous les moyens de s'emparer de lui. Marc forma un clergé sûr et vraiment apostolique, puis échappa aux pièges de ses ennemis en allant porter ailleurs la Croix de Jésus-Christ. Quelques années plus tard, il eut la consolation de retrouver l'Église d'Alexandrie de plus en plus florissante.

La nouvelle extension que prit la foi par sa présence, les conversions nombreuses provoquées par ses miracles, renouvelèrent la rage des païens. Il fut saisi et traîné, une corde au cou, en criant qu'il fallait mener ce boeuf à Bucoles (Alexandrie), qui était
un lieu près de la mer, plein de rochers et de précipices. Le saint fut traîné pendant tout le jour. La terre et les pierres furent teintes de son sang, et l'on voyait partout des lambeaux de sa chair. Tandis qu'on le traitait si cruellement, il remerciait Dieu de ce qu'Il l'avait trouvé digne de souffrir. Le soir, après ce long et douloureux supplice, on le jeta en prison, où il fut consolé la nuit venue, par l'apparition d'un ange qui le fortifia pour le combat décisif, et par l'apparition du Sauveur Lui-même.

Le lendemain matin, Marc fut tiré de prison; on lui mit une seconde fois la corde au cou, on le renversa et on le traîna en poussant des hurlements furieux. La victime, pendant cette épreuve douloureuse, remerciait Dieu et implorait Sa miséricorde. Enfin broyé par les rochers où se heurtaient ses membres sanglants, il expira en disant: "Seigneur, je remets mon âme entre Vos mains."

Ses reliques furent
conservées dans une petite chapelle du petit port de pêche de Bucoles proche d'Alexandrie où il avait souffert le martyre.

Il
devint le saint patron de Venise avec son lion comme symbole de la ville. Marc était venu évangéliser la région par bateau et avait fait naufrage dans la lagune qui allait donner naissance en 452 à Venise.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/f7/Stmark.jpg/221px-Stmark.jpg

Église d'Orsanmichele de Florence: statue de saint Marc par Donatello (1411)
 

 

Sources :

(1) Abbé L. JAUD, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950 ;
 (2) Les saints du jour (3) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 115 ; (4) Simon Claude MIMOUNI, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, Bayard, Italie 2018, P 21 ; (5) Wikipedia (source à prendre avec prudence) ; (6) Marie-Françoise BASLEZ, Saint Paul, Fayard, Saint Amand-Montrond 1991, p. 138 ; (7) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011.

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24 avril 2025 4 24 /04 /avril /2025 00:00

Saint-Fidele-de-Sigmaringen.jpg

Saint Fidèle de Sigmaringen

Fidèle, de son nom civil Marc Roy, né le 1er octobre 1577 à Sigmaringen, petite ville d'Allemagne voisine de la Suisse, est mort assassiné martyr pour la foi à Seewis im Prättigau (Suisse) le 24 avril 1622.

Son éducation fut soignée, même brillante, et ses vertus étaient si appréciées de ses condisciples, qu'ils l'appelaient le Philosophe chrétien. Dès lors il s'approchait souvent des sacrements, visitait et soignait les malades dans les hôpitaux et passait des heures entières au pied des autels, dans une intime conversation avec Jésus-Christ.



Il exerça plusieurs années la profession d'avocat à Colmar, en Alsace, et s'y fit remarquer par sa loyauté, sa haine du mensonge et la sagesse de ses plaidoyers ; il mérita le surnom d'Avocat des pauvres.



Bientôt pourtant la Lumière divine lui fit comprendre qu'il était difficile d'être en même temps riche avocat et bon chrétien : aussi il quitta sans hésiter le monde, où il eût fait bonne figure, pour se retirer chez les Capucins de Fribourg; il y prit l'habit en 1612, à l'âge de trente-cinq ans. 



Devenu prêtre capucin et éminent prédicateur, il obtint de nombreuses conversions auprès des calvinistes des Grisons. L'animosité que cela entraina fit qu'il fut assassiné.



Ses premières années de vie religieuse furent difficiles, il éprouva de profonds doutes, et fut victime de violentes tentations. Son guide spirituel l'aida à voir clair en lui et le rassura. Dès lors, il vendit tous ses biens, et retrouva la paix. Il disait : "J'ai rendu les biens de la terre, et Dieu me donne en retour le royaume du Ciel."

Il choisissait les meubles les plus humbles, les habits les plus usés, il s'infligeait de pénibles mortifications, et vivait les temps de pénitence en ne mangeant que du pain, de l'eau et quelques fruits. "Quel malheur, disait-il, si je combattais mollement sous ce Chef couronné d'épines !"



Il mit tout son zèle dans sa mission, sa vie sainte et austère était un témoignage éloquent, et fit de nombreuses conversions.

Toutefois, il fut trahi, et fut poignardé par un groupe d'hommes qui contestaient son enseignement. Il mourut à Seewis im Prättigau, en 1622.



Béatifié le 24 mars 1729 par le Pape Benoît XIII il fut canonisé une vingtaine d'années plus tard (29 juin 1746) par le Pape Benoît XIV. Liturgiquement il est commémoré le 24 avril.
 

Citation de saint Fidèle :

 

"Ô foi catholique, comme tu es ferme, comme tu es inébranlable, bien enracinée, bien fondée sur la pierre solide! Le ciel et la terre disparaîtront, mais tu ne pourras jamais disparaître. Dès le commencement, le monde entier t'a contredite, mais tu as triomphé de tous par ta grande puissance. La victoire qui a vaincu le monde, c'est notre foi. Elle a fait plier des rois très puissants sous le joug du Christ, elle a conduit les peuples à obéir au Christ."

 

Saint-Fidele-avec-Saint-Joseph-de-Leonessa-par-Tiepolo.jpg

Saint Fidèle avec Saint Joseph de Leonessa par Tiepolo

Sources: 1, 2, 3

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Publié par Ingomer - dans Saints du jour
23 avril 2025 3 23 /04 /avril /2025 00:00
Saint Georges († 303)

Georges de Lydda naît vers 275/280 à Mazaca, en Cappadoce (Turquie), dans une famille relativement aisée. Son père, Gérontius, noble d’Arménie, vint en Cappadoce servir dans l'armée romaine. Son éducation fut toute chrétienne

 

À l'âge de dix-sept ans, il embrassa la profession des armes comme son père, et bientôt sa beauté, sa distinction, son courage, l'élevèrent à la dignité de tribun militaire (commandant) dans la garde impériale.
 

La légende du dragon

 

Dans l'histoire de S. Georges il n'y a ni dragons ni princesses.

 

Georges combattit une bande de pillards dirigée par un homme qui terrorisait la région de Lydda (Lod, dans l'état actuel d'Israël). Le nom de cet homme, Nahfr, en égyptien voulait dire le "serpent", le "dragon" : la région appela l'armée romaine à l'aide. Le pays était obligé de lui fournir chaque jour deux moutons. Un jour que le pays de Lydda n'eut plus de moutons, l'homme réclama un enfant chaque jour en sacrifice. Une jeune fille de quatorze ans fut offerte. C'est alors que Georges décida de mettre fin à cette terreur. Chevauchant son cheval, armé de sa lance, il tua la bête et délivra la région de ce monstre.

 

La légende Jacques de Voragine au XIIIe siècle a spiritualisé cette histoire, qui a sans doute un fondement réel. Le plus ancien récit connu de l'épisode complet du dragon est un texte en géorgien du XIe siècle.

 

De ses origines orientales, il a été introduit dans la tradition chrétienne occidentale, peut-être par les Croisades.

 

La légende est devenue un symbole de la victoire de la foi contre le malin.

 

Le monde de la chevalerie médiévale en a fait l'incarnation de ses propres idéaux. 

De retour à Nicomédie, Georges rendit visite aux chrétiens emprisonnés. Dioclétien ayant rallumé la persécution contre les chrétiens, l'indignation de Georges éclata en face même du tyran, devant lequel il exalta la grandeur du Dieu véritable et confondit l'impuissance des fausses divinités. Sa noble audace lui mérita le reproche d'ingratitude et des menaces de mort. 

 

Dioclétien (empereur 284-305) lui enjoignit de cesser ses actions pro-chrétiennes et de reprendre son service. Il refusa et quitta le palais, en détruisant une tablette sur laquelle figurait l'édit obligeant au culte d'Apollon. Arrêté pour cet acte, il fut soumis à de nombreux supplices, mais il survit miraculeusement, provoquant de nombreuses conversions, notamment celle de l'épouse de Dioclétien, une princesse perse nommée Alexandra, et deux autres consuls d'Orient, Anatole et Protole, ainsi que celle du gardien de la prison où il fut interné.

 

Georges profita de ses derniers jours de liberté pour distribuer ses biens aux pauvres et affranchir ses esclaves. Ainsi préparé aux combats du Christ, le tribun aborde l'empereur lui-même et plaide devant lui la cause des chrétiens.

 

"Jeune homme, lui répond Dioclétien, songe à ton avenir!



- "Je suis chrétien, dit Georges, je n'ambitionne ni ne regrette rien dans ce monde; rien ne saurait ébranler ma foi." Il est alors battu de verges, puis il subit l'affreux supplice de la roue, on le met dans l'intérieur d'une roue armée de tous côtés de pointes d'acier, afin de le déchirer en mille pièces : au sortir de ce supplice, il est entièrement guéri. Un ange descendit du Ciel pour guérir ses blessures.

 

Quelques jours après, le martyr reparaît plein de vie en présence de l'empereur, qui le croyait mort; il lui reproche de nouveau sa cruauté et l'engage à reconnaître le vrai Dieu. Trois jours il est abandonné sur un lit de chaux vive; on lui met ensuite des chaussures de fer rougies au feu, on lui fait avaler un poison très violent, on lui passe les pieds dans des entraves, on l'étend sur le pavé, on lui roule sur la poitrine une énorme pierre; On le suspend à un poteau pour l'éventrer à coups de lance.

 

 

Georges, par la grâce de Dieu, subit toutes ces épreuves sans en ressentir aucun mal; plusieurs païens même se convertissent à la vue de tant de merveilles. Reconduit de nouveau dans sa prison, l'athlète invincible de la foi vit en songe Jésus-Christ descendre vers lui:



"Georges, lui dit-Il en lui présentant une couronne de pierres précieuses, voilà la récompense que Je te réserve au Ciel; ne crains rien, Je combattrai avec toi demain, et tu remporteras sur le démon une victoire définitive."

 

Le jour suivant, Dioclétien tâcha d'ébranler le martyr par des flatteries:

 

"Conduisez-moi devant vos dieux," dit Georges. On l'y conduit, croyant qu'il va enfin sacrifier.

 

Parvenu devant la statue d'Apollon, Georges fait le signe de la Croix et dit: "Veux-tu que je te fasse des sacrifices comme à Dieu?"

 

La voix du démon répond: "Je ne suis pas Dieu; il n'y a de Dieu que Celui que tu prêches." Et en même temps la statue tombe en poussière. Le peuple s'enfuit épouvanté, et l'empereur vaincu, humilié et furieux, fait trancher la tête au martyr, un vendredi 23 avril 303, à l'âge de 22 ans.

 

Des chrétiens recueillent sa dépouille pour l'enterrer à Lydda, dans une église qui lui est dédiée, là où il avait vaincu "le dragon".

 

 

En Israël, où son tombeau est vénéré à Lydda (Lod). Chrétiens d'Orient et Musulmans affirment qu’il s'y trouve encore, dans la crypte, sous l’autel.

 

Le culte de saint Georges est attesté dès le IVe siècle en Palestine. Des églises lui sont dédiées, ainsi qu'un monastère à Jérusalem et un autre à Jericho.

 

En Égypte, il patronne une quarantaine d'églises et trois monastères ; à Constantinople, Constantin devenu empereur en 324, fait élever une église à sa mémoire; saint Georges devient un des protecteurs des milices de Byzance ; En Grèce se construisent des sanctuaires à Mytilène, à Bizana, à Thessalonique et Athènes, tandis qu’à Chypre, on compte plus de soixante églises.

 

En Italie son culte arrive par la Sicile, Naples et Ravenne où il est attesté dès le VIe siècle, ainsi qu’à Ferrare.

 

Gélase Ier le canonise en l'an 494.

 

Dans le royaume des Francs, sous l'influence de Clotilde, Clovis (466 - roi de 481 à 511) fait élever un monastère en son honneur.

 

Il semble que le culte de saint Georges fut établi à Rome sous Léon II (682) avec l'église des saints Sébastien et Georges.

 

Son culte fleurit au IXe siècle, probablement grâce aussi aux croisades et ne faiblira plus au cours du Moyen Âge. Il devient le saint patron de l'ordre du Temple, de l'ordre Teutonique, de l'ordre de la Jarretière...

 

Des textes laïcs évoquant le martyre du saint furent écrits aux Xe et XIe siècles, comme le Georgslied, un poème vernaculaire relatant la passion du saint ou "la Légende dorée" au XIIIe.

Le culte de saint Georges est très fort en Angleterre où au moins six rois portent son nom. La "Croix de Saint Georges" fut le drapeau officiel de l'Angleterre de 1277 à la création du Royaume-Uni en 1707.

 

En 1970, l'Église a réduit le culte de saint Georges de "fête" à mémoire facultative", car nous manquons de renseignements sur sa vie. Mais la dévotion des fidèles est restée très forte.

Saint Georges terrassant le dragon, Paolo Uccello, 1470

Saint Georges terrassant le dragon, Paolo Uccello, 1470

Saint Georges combattant le dragon, Eugène Delacroix, 1847, musée du Louvre

Saint Georges combattant le dragon, Eugène Delacroix, 1847, musée du Louvre

Saint Georges est vénéré : en Géorgie, dont il est le saint patron ; en Éthiopie, dont il est également le saint patron ("patron céleste de l’Éthiopie") ; en Bourgogne, dont il est le saint protecteur ; en Angleterre, où il remplaça Édouard le Confesseur en tant que saint national lors de la fondation de l’ordre de la Jarretière par Édouard III en 1348. Le drapeau anglais porte d'ailleurs la croix de saint Georges ; en Navarre, où son nom était scandé lors des batailles, notamment par les troupes du roi Charles II ; en Israël, où son tombeau est vénéré à Lydda (Lod) ; chez les scouts dont il est le saint patron ; chez les Grecs, qui lui ont conféré la qualité de Grand-Martyr (mégalomartyr) ; en Arménie, où un monastère dans la ville de Moughni est supposé avoir quelques reliques du saint ; à Beyrouth, dont il est le patron, avec un monastère remontant au IVe siècle ; en Russie, qui l'a adopté comme principal emblème de ses armoiries et où le premier des ordres militaires porte son nom (voir ordre de Saint-Georges) ; au cours de la Seconde Guerre mondiale, une division de l’Armée rouge, constituée sous le patronage de l’Église orthodoxe, porta le nom de Saint-Georges ; en Bulgarie où il est le saint patron de l’armée bulgare ; à Moscou, Gênes, Venise et Barcelone, dont il est un des saints patrons ; en Espagne, il est aussi le saint patron de l’Aragon et la Catalogne, dont il est le saint patron et où la principale décoration, la creu de Sant Jordi ou croix de saint Georges porte son nom, bien qu'il soit aussi vénéré comme saint patron par quelques villes espagnoles importantes dans d’autres régions autonomes du pays, telles que Alcoy ou Cáceres ; en Serbie, Balkans, par les communautés Slaves du Sud comme les Serbes de Croatie, de Bosnie, du Monténégro et les Macédoniens (Đurđevdan), Serbe (Sveti Georgije ou Djurdjic) fêté le 16 novembre en référence à saint Georges de Lyidie et chez les Rroms (Hıdırellez), il est fêté le 6 mai et marque le début du printemps ; en Allemagne où il est le saint patron de la cité de Fribourg-en-Brisgau ; en Suisse où il est le saint patron de la commune de Chermignon ; Dans les troupes blindées de l'armée suisse, qui ont pour devise :  "Par saint Georges, vive la cavalerie !" ; au Brésil et plus particulièrement à Rio de Janeiro où il est très apprécié et où la journée du 23 avril lui est dédiée ; dans toute la chrétienté, en tant que patron des chevaliers ; par les frères de l’ordre du Temple dont il était le saint patron et protecteur ; par les membres de l’ordre Teutonique, dont il est le saint patron ; ainsi qu’au Portugal où il est préféré à saint Jacques ; en Lituanie, où il est vénéré comme "deuxième patron" après saint Casimir ; en Belgique, saint patron des gendarmes à cheval et de la cavalerie ; dans l’arme blindée et cavalerie française, qui a pour devise : "Et par saint Georges… !" ; en Camargue, il est le patron de la Confrérie des gardians ; Il est représenté sur la bannière des Dauphins de Viennois, dont le cri de guerre était "Saint Georges et Dalphiné", et aussi sur la croix de Georges, la médaille la plus haute pour la bravoure des civils dans le Royaume-Uni ; Il est le saint patron des plumassiers.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/bc/Sv_Juraj_Fernkorn_Zg_0707.JPG/645px-Sv_Juraj_Fernkorn_Zg_0707.JPG

Saint Georges et le dragon, Anton Dominik Fernkorn, Zagreb, Croatie
Ordre impérial (russe) et militaire de Saint-Georges, institué par Catherine II de Russie en 1769 pour récompenser officiers et soldats. Supprimé par Lénine, en 1918, il fut réinstauré en 1994 par Boris Eltsine sous le nom d’ordre de Saint-Georges (Орден Святого Георгия). Il comporte quatre classes et ses couleurs distinctives sont l’orange rayé de trois bandes noires.

Ordre impérial (russe) et militaire de Saint-Georges, institué par Catherine II de Russie en 1769 pour récompenser officiers et soldats. Supprimé par Lénine, en 1918, il fut réinstauré en 1994 par Boris Eltsine sous le nom d’ordre de Saint-Georges (Орден Святого Георгия). Il comporte quatre classes et ses couleurs distinctives sont l’orange rayé de trois bandes noires.

Ordre impérial (russe) et militaire de Saint-Georges, Croix de Saint-Georges de 3e classe

Ordre impérial (russe) et militaire de Saint-Georges, Croix de Saint-Georges de 3e classe

Sources : (1), (2) Mgr Paul Guérin, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Editions D.F.T., Saint-Etienne 2003, p. 247 ; (3) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 68.

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22 avril 2025 2 22 /04 /avril /2025 00:00
Saints Alexandre de Lyon et Épipode, Martyrs à Lyon († 178)

Cet Alexandre que nous fêtons aujourd'hui ne doit pas être confondu avec saint Alexandre, Martyr à Apamée sur le Méandre en Phrygie (Turquie) l'an 171.

 

Alexandre, d'origine grecque, natif de Lugdunum, et Épipode, sont deux jeunes hommes nés au milieu du IIe siècle et habitant Lyon. Amis, ayant suivi les mêmes études et professant tous deux la religion chrétienne, ils échappent à la persécution contre les chrétiens de 177 sous Marc-Aurèle Antonin (161-180), pendant laquelle périssent entre autres sainte Blandine et l'évêque Pothin, en se cachant à l'extérieur de la ville dans la maison d'une veuve chrétienne prénommée Lucie, dans le faubourg de Vaise. Il y restent quelques mois mais, dénoncés, ils sont arrêtés alors qu'ils tentent de s'enfuir. Lors de l'arrestation, Épipode aurait perdu un soulier que la veuve conserva. Jetés en prison puis interrogés et torturés par le gouverneur romain, ils refusent d'abjurer leur foi et sont condamnés à mort.

 

Épipode est décapité alors qu'Alexandre est crucifié deux jours plus tard. Selon les martyrologes d'Adon et de Florus, 34 autres chrétiens sont exécutés avec eux.

 

Après leur mort, d'autres chrétiens récupèrent secrètement les corps d'Épipode et d'Alexandre et les cachèrent dans une petite grotte non loin de Lyon. Dès la fin de l'Antiquité, des récits de miracles prêtent à ces deux saints des guérisons qui font de la grotte un lieu de pèlerinage.

 

Probablement vers la fin de l'Antiquité, lorsque le christianisme est autorisé, les corps de ces deux saints sont transférés à côté du corps de saint Irénée.

 

L'évêque de Lyon Patient construit à cet emplacement l'église Saint-Irénée au Ve siècle. Les trois corps sont enterrés dans la crypte de cette basilique.

 

Grégoire de Tours dans ses Sept livres des miracles évoque ces trois tombeaux, en situant Épipode et Alexandre de part et d'autre d'Irénée. Il écrit également que "la poussière de leurs tombeaux, si on la recueille avec soin, soulage aussitôt ceux qui souffrent".

 

Les corps sont détruits en grande partie, lors de l'occupation de la ville par les protestants en 1562. Il n'en resta que quelques ossements d'Épipode, perdus lors de la Révolution, et la main gauche d'Alexandre.

 

Saint Épipode est fêté le 22 avril par les églises catholique et orthodoxe, et Saint Alexandre le 24 avril.

 

Les deux sont fêtés ensemble le 22 avril dans le diocèse de Lyon. 

 

La passion d'Épipode et Alexandre a été écrite dans les Actes des saints Épipode et Alexandre, rédigés au Ve siècle par un auteur anonyme. Le récit, attribué par le passé à l'évêque de Lyon Eucher, est plus probablement l'œuvre de Fauste de Riez (462-485).

 

Les deux martyrs sont également cités dans le Martyrologe hiéronymien et dans ceux d'Adon de Vienne et de Florus de Lyon.

 

Saint Eucher leur consacre une homélie. (1)

 

 

À Lyon, en 178, saint Alexandre, martyr. Deux jours après la passion de son ami saint Épipode, il fut retiré de sa prison, déchiré sur tout le corps et enfin attaché en croix, où il rendit l'esprit.

 

Martyrologe romain (2) 

 

Saint Alexandre expire en invoquant le saint Nom de Jésus.

 

Pensée spirituelle d’Alexandre à son juge :

 

"Apprends donc que les âmes, auxquelles tu crois donner la mort, prennent leur essor vers le ciel où un royaume les attend."

 

Courte prière d’après les paroles d’Alexandre mourant :

 

"Dieu que j’adore, Tout-Puissant et Eternel, donne-moi la force de te confesser jusqu’au dernier soupir."  (3) 

Saints Alexandre de Lyon et Épipode, Martyrs à Lyon († 178)

À Lyon, en 178, saint Épipode, qui, après les combats glorieux des quarante-huit martyrs, l'année précédente, fut arrêté avec son ami très cher Alexandre, torturé sur le chevalet et eut enfin la tête tranchée, terminant ainsi son martyre. (4)

 

Réplique d'Épipode au juge qui tentait de vaincre sa résolution :

 

"La vie que tu me proposes est pour moi une éternelle mort; et la mort dont tu me menaces est un passage à une Vie qui ne finira jamais !

 

Lorsque nous périssons par vos ordres, vos tourments nous font passer du temps à l'éternité, des misères d'une vie mortelle au Bonheur d'une Vie qui n'est plus sujette à la mort.(5)

 

Parole de Saint Epipode au moment de sa condamnation :

 

"Je confesse que le Christ est Dieu avec le Père et le Saint-Esprit. Il est juste que je lui rende mon âme, à lui mon créateur et mon sauveur. Ainsi la vie ne m’est pas ôtée, elle est transformée en une vie meilleure. Peu importe la faiblesse du corps, par laquelle il se dissout finalement, du moment que mon âme, transportée aux cieux, soit rendue à son créateur." (6)

Sources: (1) Wikipedia ; (2) Nominis ; (3) CNews;  (4) Nominis ; (5) Réflexions chrétiennes ; (6) Eglise catholique.fr

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21 avril 2025 1 21 /04 /avril /2025 21:01

Mis à jour le 5 juin 2025

Les oeuvres du Christ ne reculent pas, mais elles progressent.

Saint Bonaventure

Après le décès du pape François ce matin, certains commencent déjà à demander si l'on verra les "progressistes" poursuivre les thèmes portés par François dans le prochain pontificat ou si l'on verra au contraire un "retour en arrière" avec les "conservateurs" (sic) ?

 

En réalité il n'y a jamais de retour en arrière, ni de fuite en avant.

 

L'Église des conservateurs n'est pas non plus contradictoire avec une Église des réformateurs : l'Église est toujours nouvelle, elle est toujours en progrès car greffée sur le cep du Ressuscité. L’Église intègre en elle-même une auto-contestation arbitrée par l’élection du Successeur de Pierre à chaque conclave.

Extrait du livre de René Laurentin, Bilan du Concile Vatican II, publié en 1967, sur l’intégriste conservateur ou progressiste, de droite ou de gauche. Plus d'un demi siècle plus tard, le débat est (toujours) le même. Cf. https://x.com/Ch_DICKES/status/1653012699167465472?t=u5Y2tyeHhea0zmsennhDcQ&s=19

Extrait du livre de René Laurentin, Bilan du Concile Vatican II, publié en 1967, sur l’intégriste conservateur ou progressiste, de droite ou de gauche. Plus d'un demi siècle plus tard, le débat est (toujours) le même. Cf. https://x.com/Ch_DICKES/status/1653012699167465472?t=u5Y2tyeHhea0zmsennhDcQ&s=19

François a créé 108 des 136 cardinaux électeurs. On imaginerait donc l’élection d’un pontife progressiste, capable de suivre la direction indiquée lors du dernier pontificat. Mais les cardinaux créés par le pape ne se connaissent souvent pas. Cela rendra plus difficile le travail des prochaines "congrégations générales", ainsi que l’identification du successeur au trône de Pierre.

Cette problématique de débat politique à l’intérieur de l’Église ne remet pas en cause l’unité de la foi mais est au contraire le fruit d’une sage volonté divine. Les cardinaux ne peuvent pas dire publiquement qui sera le prochain pape, car l'élection du pape est un processus sacré guidé par l'Esprit Saint et non une campagne politique. Benoît XVI, en 1997, avait bien clarifié la question en répondant à la question de savoir si c'est le Saint-Esprit qui choisit le pape : "Je ne dirais pas cela, dans le sens où c'est le Saint-Esprit qui le choisit – disait alors le cardinal Ratzinger. Je dirais que le Saint-Esprit ne prend pas exactement le contrôle de la question, mais plutôt, en bon éducateur qu'il est, il nous laisse beaucoup d'espace, beaucoup de liberté, sans pour autant nous abandonner complètement. Le rôle de l’Esprit doit donc être compris dans un sens beaucoup plus flexible, et non pas comme s’il dictait le candidat pour lequel il fallait voter. La seule sécurité qu’il offre est probablement que la chose ne peut pas être totalement ruinée. Il y a trop d’exemples de papes que le Saint-Esprit n’aurait évidemment pas choisis." 

Selon la constitution Universi Dominici Gregis, il est interdit de faire des pactes, des promesses ou des plans pour influencer les votes, sous peine d'excommunication. Ces règles garantissent le secret et l'impartialité du conclave, en évitant les ambitions personnelles qui pourraient diviser l'Église. L'Église donne ainsi la priorité à l'inspiration divine sur la popularité humaine, préservant l'intégrité spirituelle du processus.

 

Il est vrai cependant que le pape François fait partie d'une génération dans le Clergé qui a porté des thèmes mondialistes ou de gauche qui ont vu la persécution des catholiques de la messe latine traditionnelle, des déclarations hérétiques sur l'enfer (voir ici et ), la Résurrection du Christ, la suppression de la peine de mort dans le catéchisme de S. Jean-Paul II, l'accueil sans limites des migrants (sauf au Vatican où François a pris un decret contre l’entrée illégale sur le territoire avec des peines d’emprisonnement de un à quatre ans et de lourdes amendes entre 10000 et 25000 euros), le relativisme de la religion, un regard candide sur l'islam et l'islamisation de l'Europe, au point qu'en 2018 des ex-musulmans convertis au catholicisme lui écrivaient pour s'inquiéter de cette orientation. 

En 12 ans, la doctrine sociale de l’Église (DSE) a été annulée.

Non seulement l’expression n’a plus été utilisée, ni ses principes et critères d’évaluation des nombreux nouveaux phénomènes sociaux, mais surtout ses présupposés philosophiques et théologiques ont disparu, sans lesquels elle est réduite à un moralisme social et à l’humanisme générique de la solidarité. Le cadre de ces fondations avait tenu, bien qu’avec quelques difficultés, jusqu’à Benoît XVI, alors beaucoup de choses ont été perdues et ceux qui avaient cultivé leur engagement envers la DSE ont été durement mis à l’épreuve. À partir d’un certain moment, ce qui a été dit et fait auparavant, il n’était plus possible de le dire ou de le faire. Du jour au lendemain, un nouveau plan avait été imposé.

 

Les présupposés philosophiques et théologiques de la tradition catholique, le rapport entre nature et surnaturel, entre raison (y compris la raison politique) et foi, ont disparu. La théologie des universités pontificales n’utilise plus ces mots à consonance métaphysique, remplacés désormais par la perspective historique et existentielle, beaucoup plus horizontale.

 

La DSE doit se fonder sur un ordre naturel et finaliste, inhérent à la nature sociale de l’homme et capable, malgré la situation déchue suite au péché, d’atteindre les préambules de la foi, de permettre à la Parole de s’exprimer dans un langage compréhensible. Cet ordre naturel finaliste contient les principes de la morale sociale et politique, que la révélation confirme et que l’Église protège, sans lesquels il n’y a pas de DSE, car le concept du bien commun et le fondement de l’autorité politique feraient défaut. La DSE a besoin de loi naturelle et de morale naturelle.

 

Les principes non négociables qui émanent du droit naturel ont été niés et oubliés. On a proposé une Église qui soit inclusive de tous les comportements, selon laquelle il n’y a plus que l’être et non plus le devoir être, puisque Dieu nous aimerait non seulement tels que nous sommes mais aussi tels que nous demeurons, une Église qui ne juge pas les événements historiques mais se limite à les accompagner. Une Église qui se réfère uniquement à la miséricorde tout en négligeant la vérité se trouve en décalage avec les exigences de la DDC, qui est un jugement sur l’histoire et le monde à la lumière de la raison naturelle et de la révélation.

 

La nouvelle interprétation de l’adultère dans Amoris Laetitia ne tient pas compte du fait qu’elle va à l’encontre de la loi naturelle et non seulement de la loi divine. La bénédiction des couples homosexuels dans les supplicans de Fiducia oublie que c'est la raison naturelle elle-même, devant les normes évangéliques, qui dit que ce ne sont même pas des couples. Des manquements de ce genre dans l’ordre de la raison naturelle ont des répercussions sur la DSE, qui fonde la société sur la famille et le mariage. Les ouvertures à la reconnaissance légale des unions civiles, y compris homosexuelles, exprimées directement par François lui-même, l’encouragement des mouvements en faveur du transgendérisme ont affaibli, voire rendu impossible, la cohérence entre foi et politique sur laquelle se fonde la DSE.

 

Sur les questions de morale sociale, François s'est toujours adressé à tout le monde, indifféremment, et jamais aux catholiques et aux croyants. Les discours aux mouvements populaires de toutes sortes, les interventions directes aux fondations mondialistes, les messages aux mouvements pour de "nouveaux droits"… n’ont jamais parlé du Christ. Destinées à tous sans distinction, avec un critère large et inclusif, ces interventions se sont donc placées à un niveau purement humain. Jean-Paul II écrit dans Centesimus annus que la DSE est l'annonce du Christ dans les réalités temporelles et que son but est l'évangélisation, dont elle est un instrument. Rien de tout cela dans le pontificat de François, durant lequel l’évangélisation était exclue comme forme de prosélytisme, et les chrétiens étaient appelés à prendre soin des pauvres mais non plus à construire la société, dont les critères architecturaux sont conservés dans la DSE. Pour aborder les principaux processus en cours dans nos sociétés, tels que le Covid, l’immigration, l’environnement, l’unification européenne, les principes et critères de la DSE n’ont jamais été utilisés. Sur les grandes questions mentionnées ci-dessus, l’Église a été absente, finissant par s’aplatir aux courants les plus forts du mondialisme dominant. Et, qui plus est, heureuse d'être absent, considérant ce positionnement comme plus ''évangélique''.

 

François a écrit deux encycliques proposées et considérées comme de nature sociale, Laudato si' (18 juin 2015) et Fratelli tutti (3 octobre 2020). Laudato si' est consacrée à un thème sectoriel, l'environnement, contrairement aux encycliques précédentes ; sa rédaction, de l'aveu même de François, est due à Leonardo Boff ; une grande partie de son texte est consacrée à des clichés sur l’environnementalisme chers à la presse mondialiste ; il y a de sérieuses concessions à la vision de l'homme comme partie d'une terre mère plus vaste et à des formes économiques, comme la décroissance heureuse, déjà critiquée par Benoît XVI. Cette encyclique est responsable du ''délire écologique'' de nombreuses conférences épiscopales et communautés chrétiennes et de leur alignement sur les plans des grandes puissances mondiales à cet égard. Quant à Fratelli tutti, l'encyclique prétendait fonder la fraternité entre les hommes non pas sur la nature humaine commune résultant de la création et de l'élection des fils par le Père, mais sur le fait d'être ''dans le même bateau'', c'est-à-dire sur une solidarité purement existentielle. Ces deux encycliques ne peuvent être considérées comme s’inscrivant dans la continuité de toute la tradition de la DSE. (Cf. Stefano Fontana)

Au début de son pontificat, l'exhortation apostolique post-synodale Amoris laetitia, avec l'ambiguïté de ses passages concernant la possibilité (non expressément indiquée et, en tant que telle, objet d'interprétations divergentes entre les différentes Conférences épiscopales) d'accès aux sacrements pour les personnes divorcées remariées, a illustré cette transition : une forme de pastorale qui, plutôt que de partir de la norme objective pour l'appliquer avec discernement, tend à la relativiser dans la réalité existentielle concrète du sujet. Elle a fait comprendre à tous que l'approche des questions morales avait radicalement changé. C'était en 2016. 

Le paragraphe 305 ainsi que la note 351 de cette Exhortation ouvraient une double morale en réconciliant l'inconciliable : l'adultère, dans les cas où il est innocent ou pas entièrement coupable, peut s'approcher de l'Eucharistie tout en restant adultère. La même année, les évêques de la région de Buenos Aires publient une lettre intitulée "Accompagner, discerner et intégrer les fragilités", qui admet à la communion les personnes divorcées et remariées. François déclare que "le texte est très bon et explique de manière excellente le chapitre VIII d’Amoris laetitia. Il n'y a pas d'autre interprétation." La lettre et le commentaire du Pape ont été incorporés aux Acta Apostolicae Sedis en 2017, devenant ainsi un Magistère authentique.

Une application abusive de Gaudium et spes aux divorcés et "remariés" avait été relevée par Don Alfredo Morselli dans l'article en italien de "Corrispondenza Romana" titré "Amoris Laetitia: la logica dell’eresia", "Amoris Laetitia : la logique de l'hérésie", dont nous avions proposé une traduction :

"Pour soutenir que la fornication et l'adultère ne sont pas toujours des péchés mortels, vous avez ... une utilisation absurde de Gaudium et Spes utilisé pour soutenir que dans certains cas, le péché est bon pour l'amour, en appliquant à une relation adultère le principe selon lequel s'il lui manque certaines expressions d'intimité conjugale, il n'est pas rare que "la fidélité peut courir des risques et le bien des enfants être compromis" (Conc Concile œcuménique Vatican II, Constitution Gaudium et spes, 51;..... cf. Amoris laetitia, note 329) ..."

 

Romano Amerio (1905-1997), éminent théologien d’origine suisse, constitue une clé herméneutique d’une profondeur significative pour comprendre les implications doctrinales, anthropologiques et philosophiques de ce pontificat. Dans son œuvre majeure, "Iota Unum", Amerio ne se limite pas à une analyse historique des effets du Concile Vatican II, mais propose un diagnostic métaphysique de la crise de l'Église, identifiée dans la dissolution de la forma mentis traditionnelle, qui trouve ses racines dans une altération du rapport entre vérité et charité, entre doctrine et pratique. La double morale de l'exhortation Amoris Laetitia, la primauté de la miséricorde comme clé de l’interprétation de l’Évangile, contribuent à vider la structure rationnelle de la foi, en sapant sa cohérence métaphysique et dogmatique. Le principe de non-contradiction, si central dans la réflexion thomiste et la Tradition ecclésiale, semble atténué au nom d’un dialogue qui devient souvent une fin en soi, ou pire, un instrument d’abnégation. Amerio, avec une lucidité tragique, avait déjà anticipé qu'une charité séparée de la vérité est destinée à devenir une philanthropie sentimentale, et la pastorale, sans racines dans la métaphysique de l’être, se transforme en sociologie sacrée. Dans cette optique, de nombreux choix du pape François semblent s’inscrire non pas comme une cause première, mais comme une accélération d’une dérive déjà en cours, dans laquelle l’identité catholique est comprise en termes existentiels plutôt qu’ontologiques. 

Ce qui en résulte n’est pas une Église renouvelée, mais une Église désinstitutionnalisée, qui perd son autorité prophétique dans le monde contemporain, précisément parce qu’elle essaie de lui parler dans sa propre langue, mais en renonçant à la sienne.

La mort du Pape pourrait marquer non seulement la fin d’une époque, mais aussi un "kairos" pour un retour à l’essentiel : à cette sagesse de l’être et de la vérité, dans laquelle seule la charité peut retrouver son sens authentique.

L'"Église synodale"

 

De manière emblématique, cette dynamique a trouvé son expression la plus structurelle dans la promotion insistante du concept de synodalité. Dans son sens traditionnel, la synodalité a toujours été conçue comme un processus consultatif, subordonné à la fonction magistérielle du Pape et des évêques unis à lui, selon un principe de hiérarchie sacramentelle et doctrinale qui reflète l’ordre même de la réalité participée : Dieu est le principe et la mesure de toutes choses, et l’Église est la forme visible de cette communication ordonnée de la vérité. Avec François, la synodalité a tendu à devenir une forme structurelle de l’être ecclésial, avec le risque implicite de transformer l’autorité d’une fonction dérivée du "munus pétrinien" en résultat consensuel d’un dialogue continu et indéfini. La synodalité a alors semblé confirmer ce qu'Amerio définit comme un "transfert de la verticale à l'horizontale" de l'identité ecclésiale : non plus "Ecclesia docens e discens", mais une communauté autopoïétique, en dialogue indéfini avec elle-même et avec le monde, sans centre de gravité métaphysique stable. 

Le langage des synodes eux-mêmes a montré une tendance à adopter des formules délibérément ambiguës, manquant de définition théologique précise, dans lesquelles on peut entrevoir l’influence du langage sociologique et psychologique contemporain plutôt que de la théologie classique. 

Des questions telles que:

- l’homosexualité,

- le rôle des femmes,

- le diaconat féminin et

- le ministère laïc ont été abordées selon la logique de l’équilibre politique, plutôt que selon des critères doctrinaux. 

 

Le principe de "l’écoute", présenté comme supérieur à celui de l’enseignement, risque de déboucher sur une ecclésiologie démocratique, qui dissout le "munus docendi" dans une horizontalité procédurale. En ce sens, la synodalité, plutôt que de renforcer la communion ecclésiale, a produit, au moins en partie, une plus grande désorientation et désintégration.

La crise de l’Église n’a pas commencé avec le pape François, ni ne s’est terminée avec lui ; mais en lui elle trouve une forme explicite et paradigmatique, qui oblige théologiens, philosophes et pasteurs à s'interroger non pas tant sur "que faire", mais sur "que sommes-nous devenus" ? 

 

Le processus synodal est une menace très sérieuse pour l'Église. 

La synodalité est un processus qui modifie (protestantise) la structure de l’Église catholique, du rôle des évêques au Catéchisme, du rapport au monde au relativisme doctrinal. C’est le danger le plus grave car il s’agit d’une pratique et non d’une doctrine.

 

Le processus se termine lorsque la doctrine assouplie est modifiées au nom de la "décentralisation" (assembléisme), de la "miséricorde" ou de tout autre prétexte. La doctrine contournée perdra alors sa valeur et son sens profond.

 

Ceux qui étaient dans l’opposition avec Jean-Paul II et Benoît XVI sont désormais au gouvernement.

Les nouveaux chemins déjà empruntés pourraient ne pas s’arrêter, mais continuer par inertie, quel que soit le résultat du vote. Leur incubation doctrinale dure depuis des décennies et, au cours du récent pontificat, elles ont trouvé une promotion substantielle.

 

La raison en est que durant le pontificat de François, les changements se sont produits de manière comportementale par la "miséricorde" sans toucher à la doctrine, avec des paroles ambiguës et des gestes provocateurs. Ce sont ces derniers qui ont causé la confusion, et non seulement les Exhortations apostoliques ou les Déclarations de la doctrine de la foi. La nouveauté était une façon d’être et de se positionner. Cette manière d’être risque de perdurer et de nous positionner sur un chemin qui pourrait rendre impossible le retour en arrière, où nous vivons des situations irréversibles. Négocier une extension de la possibilité de célébrer dans le Vetus Ordo ou une révision/clarification de Fiducia supplicans ne suffira pas. C’est pourquoi il est utile de clarifier quel est le sujet fondamentalement important sur lequel tous les cardinaux devraient se concentrer. Quel est le problème central qui, s’il reste tel quel, représentera un dommage certain et général ? À notre avis, c’est la synodalité, car il s’agit d’une pratique et non d’une doctrine, même si elle cache une doctrine. La pratique synodale peut changer la physionomie de l’Église en peu de temps.

- Elle peut détruire sa structure hiérarchique, elle peut faire en sorte que les laïcs guident les évêques ;

- elle peut donner une cohérence théologique à l’assembléisme (une "Assemblée ecclésiale" - un terme sans précédent dans la tradition catholique -  était prévue en 2028, qui devait évaluer la mise en œuvre du Synode de 2023 et du Synode de 2024, où les évêques ne devaient plus qu'être une partie intégrante, et en préparation de l'Assemblée, devant "accompagner" leur peuple, c'est-à-dire, ne pas le diriger) ;

- confondre le "peuple de Dieu" avec un groupe de pression sociologique ;

- décomposer l’unité universelle en diverses composantes régionales ;

- "décentraliser" l'autorité doctrinale (c'est-à-dire le fait de décider de certaines questions doctrinales au niveau local plutôt qu'au niveau universel . . . Une proposition accueillie avec une vive opposition lors du Synode sur la synodalité en octobre 2024, plusieurs délégués craignant que cette démarche ne brise l'unité de l'Église et ne relativise l'enseignement catholique); l'archevêque Anthony Fisher de Sydney déclara à EWTN News que l'Église "ne peut pas enseigner un catholicisme différent dans différents pays")

- assurer qu'ici on est béni et là on ne l'est pas, qu'ici un comportement est permis et là inadmissible ;

- que la liturgie devient la proie des cultures locales ;

- que les conférences épiscopales légifèrent différemment dans le domaine doctrinal ;

- que les besoins du moment prévalent sur les besoins éternels ;

- que la démocratie libérale entre dans l’Église ;

- que l’auto-convocation par la base devienne la règle ;

- qu’il y a une pulvérisation des "communautés de base" ;

- qu'il n'existe plus de Catéchisme mais seulement des catéchismes ;

- que l’écoute précède les exigences de la vérité ;

- que tout est en fin de compte interprétation ;

- que la papauté n’est pas l’autorité finale en matière de doctrine ;

- que les questions et les doutes sont fondamentaux parce qu’ils favorisent la discussion synodale, tandis que les réponses sont comme des pierres jetées aux autres ;

- que le jugement doit toujours être fait dans son contexte et jamais en termes absolus ;

- que l’important est de décider ensemble et de manière partagée et non pas que ce qui est décidé soit vrai et bon ;

- que tout et tous sont admissibles dans l'Église, mais pas ceux qui soutiennent que tout ne peut pas être admis. C'est le plus grand danger . La synodalité est comme un infiltré qui, sous couverture, joue le jeu de l’ennemi. (Cf. Stefano Fontana)

 

Comme le résuma le cardinal Müller : "les chrétiens ne peuvent aller au-delà de l'autorévélation de Dieu en Jésus-Christ pour se tourner vers une église moderniste ou progressiste. Dans l'ecclésiologie catholique, la combinaison du concept protestant de synodalité qui est basé sur la négation de l'ordre sacramentel et de la constitution épiscopale de l'Église, avec le concept catholique de synode et de synodalité est vouée à l'échec. Dans son ouvrage "An Essay on the Development of Christian Doctrine" (1845), John Henry Newman a montré, en ce qui concerne l'Église des Pères, que l'anglicanisme avait échoué en tant que voie médiane entre les points de vue protestants et catholiques, et qu'il n'était donc pas une option pour l'œcuménisme catholique. Vatican II, dans Lumen gentium 10, montre une autre voie. L'unité d'action et la diversité de mission des laïcs, fondées sur le baptême, et des évêques et des prêtres, fondées sur le sacrement de l'ordre, s'enracinent dans la participation à l'unique sacerdoce du Christ. Il est la tête du corps, qui est représenté dans ses membres par tous les baptisés, et spécifiquement en tant que tête par les évêques et les prêtres."

 

Le cardinal Joseph Zen avertit en octobre 2024 : "les conférences épiscopales individuelles devraient-elles avoir une autorité indépendante sur la doctrine de la foi ? Si cette idée réussit, nous ne serons plus l’Église catholique."

Durant le covid, François critiqua les cardinaux qui ne voulurent pas se faire injecter le "vaccin" et assura que se vacciner (avec le "vaccin" covid expérimental) était "un acte d’amour".

 

Le Cardinal Burke, l’une des voix les plus critiques du Vatican à l’égard de François, a sévèrement critiqué les vaccins contre la COVID-19, allant jusqu’à les décrire comme faisant partie d’un "programme totalitaire". Sa position fut perçue comme un scandale par le Vatican, qui promut la vaccination comme un acte de responsabilité chrétienne.

Burke aura plus tard raison avec sa position sceptique sur les vaccins, et les organisations de santé ont fini par admettre les dangers de l’injection génique expérimentale promue par le pape François.

Mort du pape François, fin d'une époque ?

Tout en cultivant l’image médiatique d’un pape "soucieux des périphéries", François était coutumier d'un langage brutal envers ses opposants ou les fidèles réclamant plus de clarté, les couvrant d'épithètes désobligeantes telles que "rigides", "rétrogrades", "pélagiens", "endurcis", "traditionalistes". Il dit par exemple du cardinal Burke qu’il était un "pauvre type', son "ennemi" et que c'était la raison pour laquelle il lui supprimait son salaire et le chassait de ses appartements. 

 

Lire aussi sur ce sujet :

Mais où sont donc passés l'"ouverture", le "dialogue" et la "miséricorde" ?

 

François est souvent loué pour avoir soutenu la cause Lgbt sous le slogan "Qui suis-je pour juger ?" Mais qui était-il alors pour juger ceux qui, par exemples, refusaient de se faire injecter des produits expérimentaux, ceux qui rejetaient la propagande LGBT, ou ceux qui souhaitaient une clarification de son enseignement?

François a évoqué l’espérance dans la bulle du Jubilé 2025 : "L’espérance ne déçoit pas" (Rm 5, 1-2.5). 

Dans une lettre, il affirme sa volonté que le Jubilé soit une occasion de "favoriser grandement la recomposition d’un climat d’espérance et de confiance" après deux ans de pandémie". Mais, prévient François, tout cela ne sera possible que si nous sommes capables de retrouver le sens de la fraternité, notamment envers les migrants et les pauvres.

La mascotte "manga" du jubilé, a été nommée "Luce". Problème,  elle a été produite par l’entreprise Tokidoki, qui avait travaillé en collaboration avec la société "Lovehoney", qui vendait des "jouets sexuels". 

 

Sur de nombreuses questions, François n'a pas apporté de réponses , mais a soulevé des doutes et des problèmes. Il a accusé de rigidité ceux qui prétendaient encore avoir recours au pape pour être confirmés dans la foi. Il n'a pas répondu aux dubia des cardinaux.

 

Le Pontificat des purges vit en 2023 une longue série d'évêques destitués prématurément, et ce, alors que d’autres ecclésiastiques proches du pontife, de Zanchetta à Rupnik, étaient farouchement défendus malgré les énormes scandales dans lesquels ils étaient impliqués. Une distance entre les paroles toujours destinées à exalter la miséricorde, le dialogue et la compréhension se creusait avec des comportements durs et intransigeants, par exemple envers les nombreux ordres religieux placés sous administration spéciale et détruits. François déclarait publiquement à plusieurs reprises que l’avortement était "comme engager un tueur à gages", puis excusait les politiciens pro-avortement, boycottait les associations laïques pro-vie et élevait dans des organisations comme l’Académie pontificale pour la vie des personnes qui considéraient l’avortement comme un droit.

 

Sur la guerre en Ukraine (son manque de sympathie pour Zelensky), les massacres israéliens à Gaza, le réarmement des États (quelque chose de "fou"), François a été non seulement plutôt dans la lignée des pontificats précédents, mais peut-être même plus courageux, même si ses actions quelque peu "garibaldiennes" et autoréférentielles, incapables d’impliquer véritablement la diplomatie vaticane et les fidèles, ont été, en fin de compte, plutôt infructueuses.

François fractura et divisa profondément l’Église. Il nomma régulièrement des cardinaux de sa mouvance, ce que ne firent ni S. Jean-Paul II ni Benoît  XVI, qui au contraire nommèrent leurs opposants. 

En 2013, Français assura aux athées : "Vous n'avez pas besoin de croire en Dieu pour aller au ciel."

 

En 2019, des érudits l’accuserent d'hérésie. En 2020, l'accord d'Abou Dhabi trouvait un débouché cynique mais logique dans l'invitation du président turc Erdoğan au pape François à venir prier dans la "mosquée" Sainte-Sophie. Dans le dit "accord" du 4 février 2019 signé entre le Pape François et le Grand Imam d'Al-Azhar Ahmad Al-Tayeb, se trouvait cette phrase : "le pluralisme et la diversité des religions, des couleurs, du sexe, de la race et de la langue sont une sage volonté divine".

 

Le Professeur Josef Seifert, philosophe autrichien, docteur de l’université de Salzbourg, demanda alors : "Comment Dieu peut-il vouloir des religions qui nient la divinité et la résurrection du Christ ? Comment cela est-il compatible avec la logique ? Dieu peut-il vouloir que les hommes aient des croyances contradictoires à propos de Jésus-Christ, de Dieu ou de toute autre chose? Comment Dieu dès sa création a-t-il voulu que les hommes tombent dans le péché, adorent les faux dieux, deviennent victimes d'erreurs et de superstitions de toutes sortes, qu'ils adhèrent à des religions subtilement athées ou panthéistes telles que le bouddhisme ou à des religions maudites par l'Ancien Testament et attribuées aux démons et au culte des démons?"

 

En 2024, François affirmait encore qu'"il n'y a qu'un seul Dieu et chacun a son propre langage pour arriver à Dieu. Sikh, musulman, hindou, chrétien, ce sont des chemins différents." Ces propos tenus à Singapour, alors que François s'adressait à un groupe interreligieux de jeunes ont fait que l'évêque Strikland aux Etats-Unis l'accusa publiquement d'hérésie. Le professeur américain Edward Feser ironisait : 

 

"Si, comme le dit le pape François, nous devions accepter toutes les religions comme des chemins vers Dieu et ne pas les condamner comme fausses, alors cela inclurait le catholicisme traditionaliste, la FSSPX, le sédévacantisme, etc. - Dans ce cas, pour être cohérents, les défenseurs du pape doivent cesser de critiquer ces points de vue."

( Cf. x.com/FeserEdward/status/1835021839367823603)

 

Le salut éternel, la vie morale et sacramentelle, la personne de Jésus-Christ jetée sur la place publique avec des expressions approximatives, des enseignements incomplets, des déclarations trompeuses. Comme lorsque le pape François inventa que "toutes les religions sont un chemin pour atteindre Dieu", sans plus de précisions, annulant avec ces quelques mots la vérité selon laquelle c'est seulement en Jésus-Christ qu'il y a le salut.

 

La déclaration Fiducia supplicans signée sous ce pontificat a été critiquée pour sa grande confusion ou son hérésie (par des cardinaux, ce qui est du jamais vu) et a fait l'objet d'un barrage mondial de la part des conférences épiscopales. La foudre même détruisit la clé et la main de la statue de Saint-Pierre le jour de l'anniversaire du pape François, la veille même de la publication de la dite déclaration. Un hasard ?

 

La disparition du pape François un lundi de Pâques est-elle un signe de la résurrection de l'Église ?

 

La génération du pape François est en train de disparaître et d'être remplacée par une autre génération plus "conservatrice" davantage soucieuse du sacré, du respect des dogmes, de la religion, et en ce qui concerne les racines chrétiennes, de la souveraineté et de la culture.

 

Prions pour François.

 

Et prions pour le prochain pape afin que les oeuvres du Christ continuent.

Mort du pape François, fin d'une époque ?
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20 avril 2025 7 20 /04 /avril /2025 19:15

Dans un monde qui court après des illusions passagères, une vérité inébranlable demeure : Jésus-Christ est ressuscité des morts. De l'image mystérieuse du Suaire de Turin au martyre courageux des apôtres, les preuves sont convaincantes.

 

Explorons…

Les preuves convaincantes de la Résurrection du Christ

Le suaire de Turin, un tissu de lin de 2,5 mètres de long portant l'image légère et détaillée d'un homme crucifié, défie les explications modernes. Son négatif - comme l'image - montre des blessures correspondant à la crucifixion romaine : des marques de clous, des blessures de fouet et une blessure latérale correspondant à une lance.

Les preuves convaincantes de la Résurrection du Christ

L'image est dépourvue de pigments ou de colorants, ce qui exclut toute forme d'art conventionnel.

 

Il s'agit d'une décoloration superficielle des fibres supérieures du lin, pénétrant à peine à 200 nanomètres.

 

Son image codée en 3D et sa précision anatomique défient toute falsification. 

Des théories telles qu'une explosion de lumière ultraviolette ou de radiations ont été proposées, mais aucun processus naturel ou artificiel connu ne permet de reproduire ce phénomène.

 

Une étude réalisée en 2018 par le Conseil national italien de la recherche a relevé les propriétés "photochimiques" de l'image, suggérant un événement instantané.

Les grains de pollen présents sur le Suaire comprennent des espèces originaires de Judée, et son tissage en chevrons correspond aux textiles syriens du 1er siècle.

 

Une datation au radiocarbone réalisée en 1988 l'a placé au Moyen Âge, mais la contamination due à des réparations et des méthodes d'échantillonnage défectueuses ont jeté le doute sur ces résultats.

Des études ultérieures, comme une analyse réalisée en 2019 par le chercheur français Tristan Casabianca, suggèrent que les données n'étaient pas cohérentes, ce qui relance la possibilité d'une origine au 1er siècle.

 

Les sceptiques affirment qu'il s'agit d'un faux, citant la date du radiocarbone.

 

Pourtant, la précision anatomique - qui correspond à des blessures de crucifixion inconnues des artistes médiévaux - et l'absence de coups de pinceau remettent en cause cet argument. Aucun faussaire n'aurait pu anticiper l'effet négatif de la photographie des siècles plus tard.

Après le sabbat, à l’heure où commençait à poindre le premier jour de la semaine, Marie Madeleine et l’autre Marie vinrent pour regarder le sépulcre. ... L’ange prit la parole et dit aux femmes : "Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié.

Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. ... [A]llez dire à ses disciples : “Il est ressuscité d’entre les morts, et voici qu’il vous précède en Galilée ; là, vous le verrez.”"

Vite, elles quittèrent le tombeau, remplies à la fois de crainte et d’une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples..

Mt 28,1-8

"Peu d'époques et de sociétés ont accordé un grand crédit aux femmes. ...

Les preuves convaincantes de la Résurrection du Christ

S'ils (les Apôtres) avaient voulu monter une telle opération d'intoxication, une telle manipulation, comme on dit aujourd'hui, ils auraient choisi d'autres messagers que des femmes (Mt 28,1; Mc 16,1-4; Lc 24,1-3; Jn 20,1-2).

Les preuves convaincantes de la Résurrection du Christ

Faire annoncer la résurrection de Jésus par des femmes, quelles qu'elles soient, était le plus sûr moyen de ne pas être cru." (Jacques DUQUESNE, Jésus, Desclée de Brouwer/Flammarion, Éditions J'ai lu, Paris 1996, p. 250)

Fra Angelico, Fresques de San Marco

Fra Angelico, Fresques de San Marco

Il est frappant de constater que les apôtres sont passés du statut de disciples timides à celui de proclamateurs audacieux de la résurrection du Christ.

 

Après l'arrestation de Jésus, Pierre l'a renié trois fois et la plupart ont fui.

 

Pourtant, après la résurrection, ils ont prêché sans crainte, affrontant la torture et la mort.

Pierre a été crucifié la tête à l'envers à Rome (selon l'historien de l'Église primitive Eusèbe).

Les preuves convaincantes de la Résurrection du Christ

Jacques, fils de Zébédée, a été décapité (Actes 12:2), Philippe crucifié.

 

La tradition veut que la plupart des apôtres aient connu une fin atroce : André crucifié sur une croix en X, Thomas transpercé. Jean, exilé à Patmos, est mort naturellement mais a subi des persécutions.

Les preuves convaincantes de la Résurrection du Christ

Les menteurs ne meurent pas pour des histoires inventées.

 

Les apôtres n'ont acquis ni richesse ni pouvoir, mais seulement des souffrances.

 

Leur conviction inébranlable suggère qu'ils ont été témoins de quelque chose d'extraordinaire. Comme l'a fait remarquer le sceptique devenu chrétien C.S. Lewis, on peut mourir pour une croyance, mais pas pour un mensonge avéré. 

"Ces hommes couchés se sont relevés, et ils ont tout affronté pour proclamer que Jésus était vivant, et la meilleure preuve, ce sont ces hommes eux-mêmes, ces moins que rien, ces poltrons à demi illettrés qui allaient affronter tous les périls, ressusciter le mouvement de Jésus, répéter partout ses paroles d'amour et de libération." (Jacques DUQUESNE, Jésus, Desclée de Brouwer/Flammarion, Éditions J'ai lu, Paris 1996, p. 252)

Les critiques suggèrent qu'ils étaient délirants ou motivés par le zèle religieux.

 

Mais il est improbable que des personnalités diverses aient pu délirer en masse sous la torture.

 

Le zèle seul n'explique pas leur témoignage unifié à travers les décennies et les régions. 

Les preuves convaincantes de la Résurrection du Christ

Des documents historiques autres que la Bible confirment des détails essentiels de la vie et de la mort de Jésus.

 

Des sources non chrétiennes, écrites en l'espace d'un siècle, s'alignent sur les récits de l'Évangile. 

En 116 après J.-C., l'historien romain Tacite rapporte l'exécution de Jésus sous Ponce Pilate, notant que le christianisme s'est répandu malgré les persécutions. 

En écrivant 𝘐𝘯 𝘈𝘯𝘵𝘪𝘲𝘶𝘪𝘵𝘪𝘦𝘴 𝘰𝘧 𝘵𝘩𝘦 𝘑𝘦𝘸𝘴 en 93, l'historien juif Flavius Josèphe mentionne la crucifixion de Jésus et la croyance de ses disciples qu'il est ressuscité. 

Le tombeau vide a posé problème aux Romains et aux dirigeants juifs.

 

Les Évangiles font état d'un tombeau scellé, gardé par des soldats romains, et pourtant le corps de Jésus a disparu.

 

L'explication du Sanhédrin - les disciples ont volé le corps - n'est pas crédible.

Les gardes romains risquaient la mort s'ils manquaient à leur devoir.

 

Une lourde pierre, roulée en bas d'une pente dans un sillon, devait être déplacée par plusieurs hommes.

 

Les disciples, décrits comme dispersés et craintifs, n'avaient ni le motif ni les moyens de dominer des soldats entraînés. 

Le Sanhédrin avait toutes les raisons d'exposer le corps de Jésus pour écraser le christianisme.

 

Il n'existe aucune trace de la découverte du corps, malgré l'intérêt du public.

 

Les premières prédications chrétiennes à Jérusalem, à quelques pas du tombeau, auraient été impossibles si le corps avait été conservé.

Certains prétendent que le tombeau n'a jamais été vide ou que Jésus n'y a pas été enterré.

 

Pourtant, Joseph d'Arimathie, membre du Sanhédrin, est cité comme ayant fourni le tombeau - un détail vérifiable qui ne saurait être inventé.

Paul, dans 1 Corinthiens 15 (~55 ap. J.-C.), affirme que plus de 500 personnes ont vu Jésus ressuscité, dont beaucoup étaient encore en vie et pouvaient être interrogées. Ces apparitions ont eu lieu dans différents groupes, contextes et époques : des disciples, des sceptiques et des foules.

 

En l'espace de quelques décennies, le christianisme s'est répandu dans l'Empire romain, convertissant des milliers de personnes dans un environnement hostile.

 

En l'an 100 de notre ère, les croyants comprenaient d'anciens sceptiques comme Paul et même des élites romaines.

Les premiers chrétiens ont été persécutés - les boucs émissaires de Néron, les exécutions publiques.

Les preuves convaincantes de la Résurrection du Christ

Pourtant, le mouvement s'est développé, attirant des juifs, des païens et des intellectuels.

 

Quelque chose de réel a déclenché ce mouvement.

 

Pharisien et persécuteur, le revirement spectaculaire de Paul après sa rencontre avec Jésus ressuscité (Actes 9) a déconcerté ses pairs. Ses écrits, incontestés dès le début, reflètent un homme transformé par une expérience tangible.

Les preuves convaincantes de la Résurrection du Christ

Les preuves cumulées - scientifiques (Suaire), historiques (martyre, sources non chrétiennes) et logiques (tombeau vide, croissance rapide de l'Église, témoignages des femmes dans une époque où leurs paroles ne valaient rien) - pointent vers une seule réalité : Jésus a vaincu la mort.

 

Les sceptiques doivent se confronter à ces faits, et non les rejeter.

Les preuves convaincantes de la Résurrection du Christ

Il est vraiment ressuscité.

Les preuves convaincantes de la Résurrection du Christ

Cf. Catholic Frequency

 

https://x.com/CatholicFQ/status/1913974589618561165

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20 avril 2025 7 20 /04 /avril /2025 00:00

Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. »

Matthieu 28:10

Bonnes et Joyeuses Fêtes de Pâques à tous !

La fête de Pâques se célèbre dans l'Église chrétienne en mémoire de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ

 

"Inaugurées dans la nuit de Pâques, les fêtes de la Résurrection vont se prolonger pendant quarante jours. Elles se complèteront par les fêtes de l’Ascension et de la Pentecôte, couronnement des mystères du Christ et rayonnement de sa vie sur la nôtre par l’envoi du Saint-Esprit.

Le Temps pascal est le temps de la vie nouvelle. Celle du Sauveur d’abord, à jamais vivant d’une vie qui n’appartient plus à la terre, et qu’un jour nous partagerons au ciel avec lui. La nôtre ensuite ; du Christ à nous, il y a plus que la certitude de le rejoindre ; arrachés par lui au pouvoir de Satan, nous lui appartenons comme sa conquête et nous participons à sa vie." (Dom G. Lefebvre, Dimanche de Pâques, Textes avec commentaire de Dom Guéranger, dans l’Année liturgique )

 

D’après les Évangiles, c’est le jour de la fête juive de Pâque, commémorant la délivrance de l'esclavage en Égypte (Ex 12,1,28), qu’eut lieu la résurrection du Sauveur. 

 

Dès la pointe du jour, de pieuses femmes vinrent au sépulcre, avec des aromates pour achever l'embaumement. Pendant cet intervalle, il se fit un grand tremblement de terre aux environs du tombeau. Le Sauveur en sortit vivant, glorieux et triomphant, et un ange descendit du ciel, renversa la pierre qui fermait le sépulcre et s'assit dessus. Les gardes demeurèrent d'abord comme morts, puis ils prirent la fuite et allèrent rapporter aux princes des prêtres ce qu'ils avaient vu. Ceux-ci leur donnèrent de l'argent pour dire qu'on était venu enlever le corps pendant qu'ils dormaient. 

Bonnes et Joyeuses Fêtes de Pâques à tous !

Cependant les saintes femmes pénétrèrent dans l'intérieur, et n'y trouvèrent que des linges qui avaient enveloppé le corps. Leur inquiétude fut extrême; mais des anges les rassurèrent, et leur apprirent que Jésus-Christ était ressuscité. Lui-même, il apparut à sainte Marie-Madeleine (Mt 28,1-10 ; Mc 16,1-10 ; Lc 24,1-10 ; Jn 20,1-18), à Jean et à Pierre (Jn 20,2-4), aux deux disciples d'Emmaüs (Lc 24:13), et aux onze apôtres assemblés (1Co 15,5 Mc 16,14 ; Mt 28, 16-17Lc 24,33).

 

Les apparitions de Jésus ressuscité continuèrent; on le vit, on le toucha; on mangea et conversa avec lui. Les plus incrédules se rendirent; la conviction était portée à son comble.

 

La mort de Jésus, sa résurrection, et le don du Saint-Esprit à Pentecôte, cinquante jour après Pâques, sont le déploiement du même mystère, le mystère pascal ou temps pascal. Saint Pierre le dit longuement à la foule à Jérusalem le jour de la Pentecôte (Ac 2:23-33). Cela reflète la relation entre les fêtes de la Pâque juive et le Chavouot/Pentecôte, qui commémore l'alliance que Dieu fait avec Israël.

 

L'histoire d'Israël, elle-même, est porteuse d'un dynamisme messianique qui la dépasse, puisque le peuple ancien porte déjà en lui de façon embryonnaire les noms mêmes qui seront ceux du Ressuscité : Christ, fils, serviteur. Ce dynamisme s'accomplit dans la Pâque, qui est un mystère d'attraction de tout, même l'ancienne Alliance dans son entièreté, de ses Écritures et de son peuple. L'Église plonge donc ses racines en Israël, lequel à son tour est enraciné dans le Christ pascal. (François-Xavier DURRWELL, La Trinité, Le Père engendre le Fils dans l'Esprit, Cerf, Paris 2021, p. 14).

 

Aujourd'hui on se prépare à cette grande fête par le jeûne solennel de quarante jours, que nous appelons le carêmeLes plus anciens monuments nous attestent que cette solennité est de même date que la naissance du christianisme, qu'elle a été établie du temps des apôtres. Dès les premiers siècles, la fête de Pâques a été regardée comme la plus grande et la plus auguste fête de notre religion, avant Noël; le moment qui explique et résume l'Écriture.

 

C'est avec la Résurrection du Seigneur que prend toute sa valeur la mission de Jésus. La fête de Pâques renfermait les huit jours que nous nommons la Semaine sainte, et l'octave entière du jour de la Résurrection; on y administrait solennellement le baptême aux catéchumènes; les fidèles y participaient aux saints mystères avec plus d'assiduité et de ferveur que dans les autres temps de l'année; on y faisait d'abondantes aumônes : la coutume s'introduisit d'y affranchir les esclaves; plusieurs empereurs ordonnèrent de rendre à cette occasion la liberté aux prisonniers détenus pour dettes ou pour des crimes qui n'intéressaient point l'ordre public.

 

 

La fixation de la date de Pâques a été réalisée par S. Léon le Grand qui intervint dans la querelle qui avait repris au Ve siècle concernant la date de la fête de Pâques. Le concile de Nicée (325) avait mis fin aux anciennes controverses en condamnant définitivement les quartodecimans qui voulaient célébrer Pâques avec les Juifs le 14 Nisan, et en fixant cette fête au dimanche qui suit la pleine lune de mars. Alexandrie avait été chargée de la notification de cette décision. Mais au milieu du Ve siècle, on mit en doute de-ci de-là l'exactitude des calculs alexandrins. S. Léon trancha en faveur des décisions prises et des calculs faits à Alexandrie, par "souci de l'unité qu'il importe avant tout de conserver." (Source: Daniel-Rops, Histoire de l'Eglise du Christ, tome III L'Eglise des temps barbares, Librairie Arthème Fayard, Editions Bernard Grasset, Paris 1965, p. 91.)

 

"Dans les Églises des Gaules et des autres contrées occidentales, on chanta longtemps à la Procession qui précédait la Messe, d’admirables strophes de saint Venance Fortunat, évêque de Poitiers.'' (Dom G. Lefebvre, Dimanche de Pâques, Textes avec commentaire de Dom Guéranger, dans l’Année liturgique )

 

De nos jours, la plupart des Églises chrétiennes célèbrent Pâques à une date indépendante du calendrier juif selon les prescriptions du Concile de Nicée et de S. Léon au Ve siècle. Seules quelques cultes évangélistes schismatiques suivent le calendrier juif : "Église de Dieu du Septième Jour", "Baptistes du Septième Jour", "Témoins de Jéhovah", "Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours."

 

"Le dimanche, où, de par la tradition apostolique, est célébré le mystère pascal, doit être observé dans l’Église tout entière comme le principal jour de fête de précepte." (CEC 2177)

 

Après la fête du dimanche du Pâques, les employeurs donnaient traditionnellement un jour de repos. Cette coutume civile a été conservée sous Napoléon et par la République. 

Bonnes et Joyeuses Fêtes de Pâques à tous !

La Résurrection du Christ est le grand miracle devant lequel l'incrédulité est forcée de s'avouer vaincue

 

Les ennemis de Jésus-Christ ayant voulu le faire passer pour un imposteur, les mesures mêmes qu'ils avaient prises pour dévoiler sa prétendue imposture ne devaient servir, en rendant impossible l'enlèvement de son corps, qu'à les confondre eux-mêmes, et à donner une force irrésistible à cette preuve capitale de Sa divinité.

 

Après la Résurrection, beaucoup des Juifs qui se sont convertis l'ont fait en méditant les prophéties juives du Messie devant mourir au combat pour son peuple. "Et après soixante-deux semaines, le Christ sera mis à mort" (Dn 9,26). (Cf. Robert EISENMAN, défenseur de la thèse du Messie mourant à la guerre in Michael WISE, Martin ABEGG, Edward COOK, Les Manuscrits de la mer Morte, Perrin 2003, page 361. Le fragment 5 de 4Qumran 285,11Q14 décrit l’exécution d’un messie.)

 

"Car il s'est dépouillé lui-même jusqu'à la mort, et il a été compté avec les pécheurs, alors qu'il portait le péché des multitudes et qu'il intercédait pour les pécheurs" (Is 53 ,5-12). Jésus n'a donc pas immédiatement annoncé à ses disciples qu'il était le Christ et qu'il serait mis à mort, car il devait accomplir sa mission. Le Messie devait d'abord mourir et ressusciter le 3e jour, conformément aux Écritures (Osée 6, 2). Jésus défendit même à ses disciples de dire à personne qu'il était le Christ. "Alors, il ordonna aux disciples de ne dire à personne que c'était lui Christ. À partir de ce moment, Jésus commença à montrer à ses disciples qu'il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter." (Mt 16, 20-21.) Leur disant cela, les disciples ne comprenaient pas. Et en effet, beaucoup n'ont compris la messianité de Jésus et n'ont cru en Lui qu'après la Résurrection.

 

C'est la semence de la Résurrection en nous qui nous fait reconnaître la vraie nature de Jésus-Dieu

 

Marie-Madeleine, d'abord, crut à un enlèvement du corps de Jésus, les disciples d'Emmaüs (Luc 24, 22-24), les apôtres (Luc 24, 11) n'ont d'abord pas cru en sa résurrection ni n'ont reconnu immédiatement le Christ Ressuscité parce qu'il leur manquait cette semence de la Résurrection. (Jésus le dit dans Le Livre du Ciel de Luisa Piccarreta).

 

"Leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître" nous dit Luc 24,16 au sujet des disciples d'Emmaüs. En effet, cela ne correspondait pas à ce qu’ils attendaient. À la veille même de l’Ascension du Christ, les Actes nous disent qu’ils ont demandé à Jésus s’il allait "restaurer la royauté en Israël" (Ac 1, 6). Ils restaient encore accrochés à un messianisme immédiatement triomphant. Jésus était 'ressuscité d’entre les morts" (Jn 20, 9), sans que la Résurrection finale et son triomphe eschatologique soient arrivés. Il apparaît donc de manière non glorieuse, tout ordinaire : Marie-Madeleine le prend pour le jardinier, les disciples d’Emmaüs pour un voyageur et les apôtres qui pêchent dans le lac de Galilée voient la silhouette d’un inconnu sur le rivage.

 

Jésus apparaissait et disparaissait. Si au moins il était resté tout le temps avec eux, mais sa présence était intermittente. On dit d’habitude qu’il est passé à travers les portes ou les murs du Cénacle ("Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : La paix soit avec vous !". Jn 20,19). Mais, non, cela voudrait dire qu’il venait de l’autre côté de la porte ; pas plus qu’il n’a eu à rattraper les disciples d’Emmaüs sur le chemin. Jésus était là dans toute sa réalité ; et puis il n’était plus là. Car Jésus n’est pas revenu comme Lazare à la vie de ce monde. Jésus ressuscité n’appartient plus à notre monde, c’est notre monde qui lui appartient. Lui, dans son humanité ressuscitée, appartient au monde à venir dont il est "les prémices" (1 Co 15, 20.23).

 

Il n’est plus soumis aux lois de la pesanteur, ni à celles de la distance ou du temps ; il n’ y a plus pour lui de barrières infranchissables. (Christ est vivant.fr)

 

Cela lui donne la possibilité de se rendre réellement présent partout où il veut dans notre monde, sans être contenu par aucun de ces lieux. Non pas qu’il soit partout, il est ailleurs. C’est très exactement ainsi qu’il se donne à nous dans le sacrement de l’eucharistie quand il se rend présent sur tous les autels et dans tous les tabernacles sans être contenu par aucun. La présence du Christ ressuscité continue parmi nous, de manière très réelle même si voilée par les signes du pain et du vin, dans le sacrement de l’eucharistie. Jésus a donc dû apporter sans cesse aux apôtres la solidité de la paix que donne la foi. (Toulouse Dominicains)

 

Les disciples d'Emmaüs sont découragés, ils ont perdu l'espérance, ils continuent le mouvement de dispersion provoqué par la crucifixion de Jésus. Celui-ci les rejoint inopinément, mais ne révèle pas son identité : il entre dans leur tristesse et la transforme progressivement en joie, en leur donnant une leçon sur les Écritures qui rend leur cœur tout brûlant. Ce sont eux qui le reconnaissent à la fraction du pain, un geste particulièrement familier à Jésus, celui qui l'évoque tout entier. Thomas, également, n'a compris la messianité divine de Jésus et n'a cru qu'après la Résurrection. "Alors Thomas lui dit : Mon Seigneur et mon Dieu ! (Jean 20, 28). Jésus ne le corrige pas pour cette assimilation de Sa personne à Dieu. Jésus au contraire lui répond : Heureux celui qui croit sans voir. Jésus n'est pas reconnu comme tel par la simple perception sensorielle, mais bien par les yeux de la foi, par une expérience spirituelle, une rencontre et grâce à des paroles qui expliquent le sens des Écritures.

 

Après la Résurrection, Jésus est resté sur terre pendant quarante jours au cours desquels il est apparu plusieurs fois à ses disciples dans son corps glorieux avant son Ascension au Ciel. Combien de fois ? ? Nous ne le savons pas précisément, car comme il est dit dans l’Évangile de Jean : "Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre." (Jn 20, 30) (Aleteia.org)

Bonnes et Joyeuses Fêtes de Pâques à tous !

La Résurrection est la pierre angulaire que les Écritures attribuent au projet du Salut.  

 

Une loi du devenir dans la mort et la Résurrection du Christ

Les œuvres du Christ ne reculent pas, mais elles progressent.

Saint Bonaventure

La Résurrection est l'effusion de la plénitude de l'Esprit-Saint dans cet homme, Jésus, offert sur la Croix à son Père. (François-Xavier DURRWELL, La Trinité, ibid., p. 5-6.)

 

La mort et la résurrection signifiaient pour le Christ lui-même, la fin d'une vie "selon la chair" et l'entrée dans la vie de l'Esprit; la Rédemption est accomplie dans le Christ; elle fut pour Lui un drame personnel. Et les hommes sont sauvés non par distribution des mérites du Christ mais par communion avec lui. (F.-X. DURRWELL, Jésus Fils de Dieu dans l'Esprit Saint, Desclée, Paris 1977, p. 39, n. 1, cité in F.-X. DURRWELL, La Trinité, ibid., p. 6).

 

La Pâque du Christ est le mysterium princeps à partir duquel doit être repensé le mystère de l'Église, des sacrements, de l'homme et de son agir responsable. La Résurrection constitue l'événement sommet et terminal du Salut. Elle n'est pas l'anticipation de l'eschatologie (discours sur la fin du monde ou fin des temps), mais l'eschatologie elle-même. (F.-X. DURRWELL, La Trinité, ibid., p.7; 9-10).

 

Dieu s'est fait chair (Jn 1,14. "Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.")

 

"Celui qui est le roi de gloire", "le Seigneur vaillant des combats" (Ps 23,7-8) est venu "sans armes, sans la force car il ne prétend pas conquérir, pour ainsi dire, de l'extérieur, mais entend plutôt être écouté de l'homme dans sa liberté." (Benoît XVI, Audience générale de la Catéchèse du mercredi 23 décembre 2009).

 

"Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! Sur son épaule est le signe du pouvoir; son nom est proclamé : Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince de la Paix (Prophétie d'Isaïe 9,5 qui parle d'un Messie Dieu-Fort). "Il vient lui-même et va vous sauver. Alors se dessilleront les yeux des aveugles, et s’ouvriront les oreilles des sourds. Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie", annonce encore Isaïe 35,4Il a pris sur Lui nos infirmités, nos maladies, nos iniquités (Isaïe 53, 3-6). Dans cet échange, Dieu Père n'est pas exactement le même que lorsqu'il est Dieu Fils dans son humanité, qui lui-même n'est pas le même que Dieu-Père avant qu'il ne soit retourné à Dieu Père dans son Corps glorieux (ressuscité).

 

Les apparitions du Ressuscité aux disciples expriment une communication inattendue entre un corps glorieux et des corps non ressuscités. Les disciples ne l'ont pas immédiatement reconnu. Si l'on a bien réalisé le caractère étrange de la manifestation d'un corps glorieux à des hommes restés dans les conditions de notre monde, cela apparaît très cohérent (La Croix).

 

L'incarnation, la mort et la résurrection ont prétention salvifique. Il y a un aspect profond qui garantit aux trois mystères unité et salut.

 

La vérité de l'incarnation du Verbe impose la nécessité d'une soumission terrestre à la loi du devenir. Cette loi exige que le mystère de la filiation s'incarne dans toute l'existence terrestre jusqu'au moment sommet de la vie représenté par la mort.

 

Dans la Pâque de Jésus s'accomplit le mystère de l'incarnation parce que dans la mort, comme moment synthétique et sommet de la vie, le Fils de Dieu fait homme accueille du Père qui le ressuscite le don de sa propre filiation. C'est précisément ce mystère de la filiation qui garantit unité et pouvoir salvifique à l'incarnation, mort et résurrection de Jésus. (F.-X. DURRWELL, La Trinité, ibid., p. 8-9).

 

Le Christ glorieux apparaît avec ses plaies. La Résurrection ne dépasse pas la mort du Christ; elle ne la renie pas. Au contraire : elle la glorifie, l'éternise, la transfigure, la transforme en son contraire, de sorte que, de fin de vie, elle soit inversée en plénitude vie toujours naissante. (François-Xavier DURRWELL, La Trinité, Le Père engendre le Fils dans l'Esprit, Cerf, Paris 2021, p. 8-9; 11; 75)

 

Saint Paul explique ainsi cette loi du devenir :

 

"Il s’agit pour moi de connaître le Christ, d’éprouver la puissance de sa résurrection et de communier aux souffrances de sa passion, en devenant semblable à lui dans sa mort, avec l’espoir de parvenir à la résurrection d’entre les morts. ... Une seule chose compte : oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant, je cours vers le but en vue du prix auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus."  (Ph 3, 10-14)

 

C'est dans le Ressuscité et son mystère pascal, et non dans une action reportée ou prolongée à partir de lui, que les croyants ressusciteront. Leur corps sera incorruptible, fort, glorieux et spirituel (Voir 1 Co 15,42-44).

 

"La logique même du péché est vaincue sur son propre terrain; nous sommes libérés de la mort spirituelle par la mort éminemment sainte du Christ. (Quodlibet II, q. 1, a. 2, c). ... 'Le Fils de Dieu n'est pas venu détruire la souffrance, écrit Claudel, mais pour souffrir avec nous. Il n'est pas venu pour détruire la croix, mais pour s'étendre dessus.' (P. CLAUDEL, Les Invités à l'attention). Il a ainsi atteint le mal en sa racine même, triomphant de la souffrance par la souffrance." Le Christ vivifie de l'intérieur la souffrance humaine. ... Le chrétien n'est pas isolé dans sa souffrance, un autre est là qui ne le laisse jamais seul : telle est la consolation (con-solation) que le Christ apporte au malade à travers le sacrement de l'onction.

 

"... Les mots du pape Benoît XVI prennent alors tout leur relief : '... L'homme ne porte plus seul son épreuve, mais il est conformé au Christ qui s'offre au Père, en tant que membre souffrant du Christ, il participe, en lui, à l'enfantement de la nouvelle création.' (Benoît XVI, Le Sourire de Marie, Homélie à Lourdes du 15 septembre 2008, DC n° 2409 (2008), p. 867-870).

 

"... Déjà par le baptême et les autres sacrements, le fidèle est identifié par mode de configuration sacramentelle au Christ pascal : il est ainsi mystiquement descendu dans la mort du Christ, participant à la rédemption que celle-ci apporte à l'humanité déchue." [Père ROBERT AUGÉ, Dieu veut-il la souffrance des hommes? La souffrance humaine dans le dessein divin selon saint Thomas d'Aquin, Artège Lethielleux 2020, p. 543, 611, 657.]

 

"La mort est le préalable de la glorieuse venue du Fils de l'homme, elle caractérise la messianité de Jésus (Mt 16, 13-23).

 

 

Le partage du destin de mort sera, pour les disciples, la condition de leur accès au Royaume (Mc 10,39), leurs relations au Royaume étant celles mêmes qui les unissent à Jésus. 

 

Saint Paul professe que l'homme meurt à la chair de péché - trouve donc la rémission des péchés - et ressuscite à la vie 'dans le Christ' (Rm 6,11; 8, 1 et suiv.; 1 Co 15,22; Col 2,11.) C'est là que nous atteint la rédemption (Rm 3,24; 1 Co 1,30; Col 1,14), que nous acquérons le Salut (cf. 2 Tm 2,10); là est le lieu où se communique la justice de Dieu (2 Co 5,21 ; Ga 2,17). Or c'est toujours d'une communion au Christ de gloire que nous parle la formule 'dans le Christ'.

 

Plusieurs textes baptismaux parlent d'une communion au Christ en sa mort : 'baptisés dans le Christ Jésus, c'est dans sa mort que nous avons été baptisés. Nous avons été ensevelis avec lui par le baptême en la mort... Notre vieil homme a été crucifié avec lui.' (Rm 6, 3-6). Du haut de la gloire, descendent sur tous les hommes les effets de la mort. La mort et la résurrection constituent le point central du programme de Jésus. Le sens de la mort est dans la gloire du Règne, qu'elle inaugure. (François-Xavier DURRWELL, La Trinité, ibid., p. 49, 55,57,62,65.)

 

La Résurrection est à part entière et dans le sens le plus réel du terme une génération filiale. Dieu a ressuscité Jésus. Ainsi est-il écrit dans les Psaumes : Tu es mon fils, moi-même aujourd'hui je t'ai engendré. (Ac 13, 33). La communauté primitive déclare le Christ constitué pleinement Fils par la résurrection (voir Rm 1,4). Bien que le titre de Fils puisse être considéré en un sens messianique, il exprime aussi l'intimité avec Dieu et l'appartenance à Lui, plus qu'un pouvoir et une mission. Dans la mort, Jésus est ressuscité dans l'Esprit du Père, ou encore il est engendré par Lui. (F.-X. DURRWELL, La Trinité, ibid., p. 11). 

 

L'homme a un visage christique, sa vie est une vie dans la mort, où ce qui est mort dans le Christ est mort aussi en lui (le péché in primis). Il appartient à une humanité nouvelle, il est réellement fils de Dieu. Engendré dans l'acte même d'engendrement du Christ, il perd les traits serviles et assume la ressemblance avec le Père (voir Col 3,9 s.)

 

Sa morale n'est pas celle d'un perfectionnisme dans l'observance d'une loi, ni celle d'une initiative personnelle, aussi consciencieuse qu'elle soit. C'est plutôt une morale communionnelle, une morale du consentement  et par là de l'accueil de l'action formatrice de l'Esprit de Dieu qui l'engendre continuellement dans la chair, en un passage continu en lequel s'achèvera l'appel à la pleine communion avec le Fils.

 

L'agir croyant aura donc toujours la forme de la Pâque, de la conversion, du passage, de la communion, de la réponse accueillante et libre d'une action d'engendrement...; exactement comme le Fils accueille le dont du salut rédempteur dans la mort. (F.-X. DURRWELL, La Trinité, ibid., p. 15-16).

 

"Notre Seigneur Jésus, crucifié pour nous, est le fondement de notre espérance, & c'est de lui, & par lui, que nous devons attendre la justice & le bonheur, qui sont les deux grands objets de l'espérance chrétienne. Ceux qui ne sont pas éclairés par la foi, ou qui ne suivent pas la lumière, séparent ces deux choses, en désirant le bonheur, sans désirer la justice, qui est le seul moyen d'y parvenir. Mais ces deux choses sont inséparablement unies. Sans la justice véritable, on sera toujours malheureux : & avec elle, on ne peut l'être. ''L'affliction et le désespoir, dit S. Paul, accableront tout homme qui fait le mal. [...] Et au contraire, l'honneur, la gloire, & la paix seront le partage de tout homme qui fait le bien.'' (Rom 2,2) La loi éternelle l'ordonne ainsi."

De quelque côté que l'homme se tourne, s'il cherche hors de Dieu la paix & le bonheur, il ne trouvera qu'affliction et misère. Plus l'homme cherchera dans des biens étrangers celui qu'il n'a pas, plus il augmentera son indigence, en augmentant son agitation. Hors du Seigneur, il n'y a qu'une vaine apparence de félicité, qui cache aux imprudents un vide affreux & une réelle misère.

"En nous disant que c'est par les souffrances que le chef & le prince du salut a été consommé & perfectionné, S. Paul aux Hébreux nous enseigne que c'est aussi par les souffrances que le mérite des saints devient plein & parfait. (Héb 10, 12-14 ; Lc 24,46) [...] Il nous dit dès le commencement de sa prédication, que "quiconque ne portait pas sa croix, & ne le suivait pas, n'était pas digne de lui, & qu'il ne pouvait pas être son disciple. (Lc 14,27). [...] Nous ne pouvons vivre avec Jésus-Christ qu'en mourant avec lui. Nous ne pouvons partager sa gloire, qu'en partageant ses souffrances.

[...] Entre les souffrances, [...] il faut faire usage de toutes, en commençant par celles que Dieu lui-même a imposées à l'homme, & qui font partie de la pénitence générale à laquelle il l'a condamné en le chassant du paradis terrestre; en se cachant de lui; en l'obligeant à un continuel combat contre la concupiscence, dont les branches & les racines sont inépuisables; en l'exerçant par les infirmités du corps, qui s'augmentent avec l'âge; en le tenant toujours exposé au danger de la mort; en l'assujettissant à une suite d'événements dont il n'est pas le maître; en lui faisant un devoir du travail; en l'environnant de besoins; de servitudes; de nécessités qui se succèdent [...]; en le soumettant à des maîtres qui ne dépendent pas de son choix. [...] "Car celui qui voudra sauver son âme (sa vie) la perdra; et celui qui la perdra pour l'amour de moi, la sauvera." (Mc 8,35) Il faut donc que du côté du cœur & de l'amour, un tel sacrifice soit réel et sérieux. [...] Les occasions où le sacrifice réel & extérieur est exigé, sont rares. Mais celles où il faut du courage pour être fidèle à son devoir & à sa conscience, sont plus fréquentes." (Abbé Jacques-Joseph DUGUET, Explication du Mystère de la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ suivant la Concorde, volume 1, éd. Jacques Estienne et François Babuty, Paris 1728, rééd. Lightning Source Milton Keynes UK, p. 150; 285-286; 340; 343; 364; 368.)

 

"La force que Jésus-Christ communique à ceux qui souffrent pour lui, élève l'âme au-dessus de toutes passions capables de l'affaiblir. Elle la prépare aux plus grands combats par le mépris des délices, du repos, des espérances du siècle; par l'amour de la pauvreté, de l'obscurité, de la prière; et par le détachement de tout ce qu'on aimait légitimement.. [...] Cette force, est une force spirituelle, qui guérit l'âme, qui l'élève au-dessus des passions capables de l'amollir, qui l'attache à des devoirs d'une manière ferme & confiante. Cette force est celle de la charité, c'est-à-dire de l'amour de la justice & de la sainteté, qui surmonte les douleurs, après avoir vaincu la volupté, & qui se rend maîtresse de la crainte & du sentiment des maux les plus pressants, après avoir triomphé de tous les désirs & de tous les attraits de la cupidité.

 

"La première victoire n'est pas celle que l'on remporte par la patience, & le premier ennemi qu'on a à combattre, n'est pas la douleur. Il faut te préparer à ce combat par la haine des délices; par l'amour de la pauvreté; par une vie humble; & cachée autant qu'il est possible dans une salutaire obscurité; par la fuite du siècle; par le mépris de la fausse gloire & de ses vaines promesses; par la miséricordes envers les pauvres; par une vie sérieuse remplie de devoirs & de saintes actions; par une prière assidue & fervente; C'est par où il faut commencer. Car on sera toujours faible, si l'on aime quelque chose que le monde puisse nous ôter. [...] On cédera enfin à des persécutions, si l'on n'est pas au-dessus de ses promesses, & de ses manières séduisantes & flatteuses. 

"Il n'est pas nécessaire que l'on tienne à beaucoup de choses, ni qu'on ait de grandes espérances pour être affaibli par une occasion importante & décisive. Il suffit qu'on s'aime soi-même, qu'on aime son repos, sa liberté, son obscurité même, où l'on est tranquille; & où l'on espérait d'être à l'abri. Il suffit de tenir à la vie, à sa santé, à ses livres, à ses amis, à son emploi, souvent juste & nécessaire. Il suffit de désirer de ne pas déplaire & de n'être pas désapprouvé; de vouloir conserver la paix avec tout le monde, de craindre d'être singulier; & de s'engager dans un combat, dont la durée et la fin sont incertaines. Il suffit de retenir dans son cœur quelque attachement qui donne prise au monde ou à l'ennemi de notre salut, & qui lui serve comme le premier anneau de la chaîne qu'il nous prépare.

"[...] Le moyen unique pour résister à toutes les tentations, est de croître tous les jours dans l'amour de Jésus-Christ, de s'y affermir, de s'y enraciner, & de demander par une prière continuelle, qu'il nous rende supérieurs à tout autre amour, à toute autre crainte, & à toute autre espérance." (Abbé Jacques-Joseph DUGUET, Explication du Mystère de la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Chris, ibid., p. 98-99; 338)

Bonnes et Joyeuses Fêtes de Pâques à tous !

L'agir salvifique dans le cadre trinitaire

 

La dimension filiale déployée dans la Pâque est salvifique. Jésus meurt à l'heure de la prière, il meurt en priant. À l'heure de son élévation sur la Croix, tout son être devient prière et, dans la prière, accueille le don engendrant du Père qui l'exauce dans la Résurrection (voir He 5, 7-9). Et c'est l'Esprit qui déclenche cette supplication filiale du Christ qui, dans la mort, est sauvé par son Père. 

 

L'initiative vient du Père et de son action engendrante, et non de l'homme-Dieu Jésus. Si le Père sauve en engendrant, le Fils sauve en consentant. Dans le salut, l'Esprit personnalise le Père et le Fils qui deviennent dans la Pâque ce qu'ils sont dans l'éternité. Le salut est une réalité de communion, avant que d'être une expiation des péchés. (F.-X. DURRWELL, La Trinité, ibid., p. 20).

 

"Béni soit Dieu , Père de notre Seigneur Jésus-Christ!" (1 P 1,3; 2Co 1,3; 11-31; Ep 1,3; 1 Co 1,4; Ph 1,3 ; Col 1,3). Saint Paul unit "l'action de grâce rendue à Dieu, Père de notre Seigneur Jésus-Christ" et le souhait que soient données aux fidèles "grâce et paix de par Dieu, notre Père. (Col 1,2; Rm 1,7; 1 Co 1,3; 2 Co 2,2; Phm 3) Paul appelle Dieu ''notre Père" dans des contextes où il parle du Christ et situe ainsi les fidèles dans la relation de Jésus avec son Père. Dieu est aussi pour les fidèles le Dieu-Père. (F.-X. DURRWELL, La Trinité, ibid., p. 387-388).

 

"Quiconque se joint au Christ dans le mystère de sa pâque, le Père le 'ressuscite ensemble avec' le Christ, l'engendre en Lui, le 'fait asseoir dans les cieux en Christ Jésus'. (Ep 2,6; Ph 3,20) Il en fait une "pierre vivante" dans la construction de la maison spirituelle (1 P 2,5). Et au-delà de la multitude humaine, le ciel étend sa grâce sur la création entière, pour qu'elle "ait part à la glorieuse liberté des enfants de Dieu" (Rm 8,21), car elle est filiale tout entière, créée en Christ er vers lui (cf. Col 1,16).

 

Le centre de la communion (avec Dieu) est donc ce Fils en son engendrement, c'est-à-dire le Fils dans l'Esprit qui est amour.' (F.-X. DURRWELL, La Trinité, ibid., p. 463-464). Le Christ est l'alpha et l'omega de la création (Ap 21,6).

 

La gloire qui exalte Jésus auprès de Dieu, non seulement le donne comme tête à l'Église (Ep 1,22), mais elle l'établit seigneur de l'univers (Ph 2,11). Le Christ est, en toutes choses, "principe (Col 1,18), "prémices de l'activité (de Dieu), prélude à ses œuvres" (Cf. Pr 8,22; Si 24,9, textes concernant la sagesse de Dieu en laquelle la foi chrétienne a reconnu le Christ) : la création entière est fondée sur lui. Car Dieu, en créant, étend sur tous les êtres l'amour qui engendre le Fils, les englobant dans l'unique mystère. Saint Paul affirme ainsi la seigneurie universelle du Christ, dont la puissance s'exerce jusqu'à la racine des choses (Col 1,12-20). (F.-X. DURRWELL, La Trinité, ibid., p. 465.)

                                              

L'engendrement du Fils qui est à l'origine de la création (Ap 3,14; Col 1, 16) en est aussi l'avenir : "Tout est créé vers lui". 1 Col, verset 16 : on traduit d'ordinaire "Tout est créé pour lui", mais la préposition grecque eis dit plus que en faveur, elle exprime un mouvement vers le Christ. C'est de même que les fidèles sont baptisés dans (eis) le Christ et dans sa mort (Rm 6,3), baptisés à (eis) un seul corps (1 Co 12,13), non seulement en faveur du Christ, mais dans un mouvement vers Lui. Le monde naît dans un mouvement qui le porte vers le Fils en son éternelle naissance. (F.-X. DURRWELL, La Trinité, ibid., p. 470)

                                  

Dans la Résurrection, le Père est le don. Le Fils accepte ce don dans sa mort.

 

Dans la Pâque, le Fils se révèle et se donne comme celui qui accueille le Père dans la mort, tandis que le Père se révèle et se donne dans la résurrection comme celui qui engendre le Fils. 

 

La mort filiale constitue le lieu où la mort humaine devient le contraire d'elle-même : de fin de vie, elle établit son véritable commencement, de destructrice elle devient créatrice, de solitaire elle se transforme en lieu de pleine communion avec le Fils. 

 

À l'intérieur du mystère trinitaire lui-même, il y a donc une priorité de la résurrection sur la mort, parce que le don a priorité sur l'attente accueillante.

 

Le mystère pascal est un évènement salvifique qui accomplit un véritable devenir dans la vie de Dieu, puisque en Jésus, Dieu est devenu pour nous ce qu'il est dans son mystère éternel : le Père du Fils unique.

 

Le devenir divin s'inscrit dans le devenir plus grand et éternel qui est dynamisme continuel d'un Père qui engendre le Fils, dans le mouvement agapique de l'Esprit.

 

La différence essentielle entre le Fils et les fils réside dans le fait que si le Christ est engendré par une action du Père sans médiation, les chrétiens, eux, deviennent fils par l'indispensable médiation du Fils pleinement incarné dans le mystère pascal.

 

Le Père constitue la véritable origine de tout mystère présent dans l'Église. De l'Apôtre, par exemple, il participe à la même action par laquelle le Père ressuscite le Christ dans la multitude des hommes. Ou même de l'Eucharistie : c'est le Père, en effet, qui, en engendrant le Fils, fait de lui le Seigneur de la table et, en même temps, le pain et la coupe. (F.-X. DURRWELL, La Trinité, ibid., p. 27-28). 

 

Grâce au Fils, nous pouvons certainement affirmer que le Père est le principe de tout dynamisme ad intra et ad extra. Il réalise tout le mouvement salvifique dans et en vue du Fils. Le Père apparaît comme le générateur, celui qui dans le mouvement agapique trinitaire se donne pleinement : s'abandonnant dans le don du Fils, il ne peut se perdre parce que c'est précisément dans ce don qui consiste sa personne. 

 

Le mystère pascal reste unique et la tentation du théologien est de vouloir tout dire à la fois, tentation qui ne peut être réalisée en raison des richesses infinies que ce mystère projette sur le monde. (F.-X. DURRWELL, La Trinité, ibid., p. 31-32). 

 

Une leçon de prière du Fils au Père

 

Dans la mort du Christ et de ses fidèles, l'Esprit joue le rôle qui est le sien dans le mystère trinitaire. Il est l'amour en lequel le Fils naît de son Père et se porte vers lui. Pour le Christ et son fidèle, la mort est la naissance de plénitude; elle est le mouvement vertigineux qui les porte hors de ce monde vers Dieu. [Ignace d'Antioche (Rom, 2,2, SC 10, 128) a trouvé cette formule : "Mourir hors du monde vers Dieu."). Le Christ partage avec son fidèle son propre mourir : deux dans une seule mort, ils sont unis dans une inconcevable unité. ... La promesse de Jésus trouve son accomplissement : "En ce jour (de leur Pâque commune), vous saurez que vous êtes en moi et moi en vous." (Jn 14,20). Mourir dans la communion est l'acte d'amour absolu et la racine du bonheur éternel. Cette mort est la forme de la présence totale de l'Esprit en Jésus et son fidèle. (F.-X. DURRWELL, La Trinité, ibid., p. 341.)

 

Prier ne consiste pas à informer Dieu de nos besoins : "Votre Père sait ce dont vous avez besoin" (Mt 6, 8-32) Ni à fléchir Dieu et à le rendre bon, car il est le Père essentiel. La prière ne devance pas l'action de Dieu pour la mettre en mouvement, elle reconnaît Dieu en sa paternité, consent à elle, se laisse engendrer par elle. S'il est vrai que la prière est une montée vers Dieu, on peut dire aussi qu'elle est une montée de l'homme vers sa naissance. L'homme qui prie se laisser lover vers sa propre origine où le Père engendre son Fils; c'est ainsi qu'il monte vers Dieu.

 

Telle a été la prière pascale de Jésus. En sa mort glorifiante, il n'a pas informé son Dieu et Père, il ne l'a pas fléchi à la bonté, il n'a pas modifié ses desseins : il s'est soumis, il a consenti, et son Père l'a amené à la plénitude de la naissance filiale.

 

L'homme qui prie est, du fait de la prière, saisi dans "la rédemption qui est en Christ Jésus". 

 

Crucifix de Saint-Damien (XIIe s.)

Le salut du monde est dans la communion à cette mort filiale.

 

En Jésus-Christ, Dieu sauve les hommes en sauvant leur mort, en la transformant en naissance. Dieu n'exempte pas l'homme de mourir : il le sauve en établissant la mort dans sa vérité filiale que "l'envie du diable" veut dénaturer.

 

En leur leur permettant de mourir dans l'éternelle naissance du Fils, Dieu amène les hommes au terme de leur création.

 

La mort si mystérieuse, inconnue tant qu'on n'en a pas fait l'expérience, le chrétien la connaît, ... il fait en lui-même l'expérience de sa propre mort, bien avant l'échéance finale et peut reconnaître en elle la grâce ultime en laquelle se réalisera son éternelle naissance. En effet, c'est en mourant avec le Christ que le chrétien devient enfant de Dieu : "Nous tous qui avons été baptisés, c'est dans sa mort que nous avons été baptisés... nous sommes morts avec le Christ." (Rm 6, 3-8); Col 2,11; cf. 2 Co 5,14). Dans l'eucharistie, plus encore réellement que dans le baptême, le chrétien vit d'avance la mort qui l'attend. "Chaque fois que nous mangeons ce pain et buvons à cette coupe c'est la mort du seigneur que nous annonçons" (1 Co 11,26) et aussi la nôtre. Cette communion de mort avec le Christ se vit aussi (tous les jours) en dehors de la célébration des sacrements. Paul se sait "crucifié avec le Christ" (Ga 2,19).

 

En toute rencontre du Christ en sa pâque, le fidèle meurt avec lui, jusqu'au jour de la rencontre définitive, dans une entière communion de mort. C'est pourquoi mort et résurrection sont éternellement inséparables." (F.-X. DURRWELL, La Trinité, ibid., p. 561; 572-576.) 

 

Joyeuses et saintes Fêtes de Pâques à tous !

Bonnes et Joyeuses Fêtes de Pâques à tous !

Pourquoi le ruban de l'œuf de Pâques et le lapin ?

 

La signification du ruban de l'œuf de Pâques est en rapport avec la résurrection de notre Seigneur bien aimé au tombeau.

 

Que nous dévoile la Sainte bible :

"On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l'a déposé."

Pierre partit donc avec l'autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il s'aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n'entre pas.

Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat,

ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place.

C'est alors qu'entra l'autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.

Il aperçoit les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus. Non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place.

 

Entourer le visage d'un mort était une pratique funéraire ancestrale. Cela signifie que les bandelettes mortuaires qui entouraient la tête de notre Seigneur bien aimé étaient comme à leur origine intacte et encore roulées à leur place.

 

Essayez de sortir un œuf roulé de larges bandelettes bien serré sur ses 4 cotés avec un nœud au-dessus de la tête sans casser l'œuf, ni défaire le nœud, cela est bien impossible et révèle le caractère miraculeux de la résurrection.

 

Une résurrection bien différentes de celle de Lazare qui enleva lui-même ses bandelettes. C'est en voyant ce prodige que Pierre et Jean crurent.

 

Quelle est la signification du lapin de Pâques ?

 

Le jour de Pâques correspond au premier dimanche qui suit (ou tombe en même temps que) le jour de la première pleine lune après l'équinoxe de printemps.

 

Le lapin blanc est un symbole qui exprime la pleine lune. Lorsque la lune est pleine vous verrez avec un peu d'imagination un lapin sur ses deux pattes. Le blanc est un symbole féminin lunaire associé au métal argent, son contraire est le jaune un symbole solaire masculin associé à l'or. 

 

En fait, ce n'est pas un lapin, mais une lapine, car elle est représentée avec plusieurs petits lapins, cela suggère une mère avec ses enfants.

 

Les veilles gravures de Pâques, représentaient un œuf avec un large ruban blanc dentelé avec un nœ​​​​​​​ud au dessus et une lapine blanche entourée de ses petits.

 

C'est bien une femme (Marie-Madeleine) qui alla au tombeau et qui fut la première a témoigné de la résurrection. C'est elle qui annonça la première la résurrection, c'est une analogie au lapin blanc qui dévoile le secret caché aux enfants (de Dieu) la résurrection de notre Seigneur bien aimé et qui nous apportent la joie (de la Pâques).

 

Trouver un œuf de Pâques dans le jardin est aussi une expression cachée de trouver notre Dieu ressuscité et de se réjouir de sa présence au jardin du Paradis comme un de ses enfants. (GloriaTv)

Bonnes et Joyeuses Fêtes de Pâques à tous !

Pourquoi colorons-nous les œufs pour Pâques? 

 

Dans le christianisme, l'œuf de Pâques représente le Saint-Sépulcre dans lequel la vie éternelle était cachée. Selon la légende, la pierre qui enfermait le tombeau de Jésus-Christ ressemblait au contour d'un œuf. Sous la coquille d’œuf se trouve une nouvelle vie. Par conséquent, pour les chrétiens, l'œuf de Pâques est un rappel de la Résurrection de Jésus-Christ, du salut et de la vie éternelle. Le rouge, l'œuf le plus souvent coloré, signifie la souffrance et le sang du Christ.

 

Il existe plusieurs versions de la raison pour laquelle nous teignons les œufs pour Pâques. Une légende raconte que Marie-Madeleine, vénérée par l'Église comme sainte pour les apôtres, est venue avec un sermon auprès de l'empereur romain Tibère (14-37). Selon l'ancienne coutume, des cadeaux ont été offerts à l'empereur, et Madeleine a offert un œuf avec les mots: "Le Christ est ressuscité !" L'empereur a répondu qu'il était blanc, pas rouge, comme un œuf, donc les morts ne se sont pas relevés. À ce moment, l'œuf dans sa main est devenu rouge. (Gloria Tv)

Iconographie. 

Noli me tangere, Fra Angelico, 1440-1441.

Noli me tangere, Fra Angelico, 1440-1441.

La Résurrection du Christ,  Matthias Grünewald, retable d'Issenheim, 1515

La Résurrection du Christ, Matthias Grünewald, retable d'Issenheim, 1515

La nuit de Pâques peut être célébrée soit en début soit en fin de nuit. Mais si l’on considère que toute la fête repose sur la symbolique du passage des ténèbres à la lumière, il apparaît que si une célébration organisée le soir, après le coucher du soleil, a certes des côtés pratiques, une célébration placée au lever du jour correspondrait mieux à l’essence même de cette liturgie. Ainsi la liturgie de Pâques débuterait dans l’obscurité : l’Église bénit le feu pascal, la lumière est transportée dans l’église et partagée entre les fidèles, et l’on chante l’ « Exultet », la louange solennelle de la lumière pascale.

De tout temps l’Église a comparé la Résurrection du Christ avec le soleil levant.

Qu’on pense à la façon dont Matthias Grünewald a représenté la Resurrection du Christ au XVIe siècle sur son retable d’Issenheim : Jésus-Christ y apparaît comme un soleil personnifié illuminé de l’intérieur. Et pourtant, le corps de Jésus porte les stigmates de sa Passion, preuve qu’il ne s’agit pas ici d’une transfiguration ésotérique, mais d’une réelle transformation, au cours de laquelle la personnalité et l’histoire individuelle restent intactes. Le Crucifié et le Ressuscité sont tout un.

Angelus Silesius a repris cette même symbolique dans ces vers qui sont parvenus jusqu’à nous et qui sont chantés aussi bien dans la liturgie catholique que dans le culte protestant en Allemagne: « Morgenstern der finstern Nacht, der die Welt voll Freuden macht, Jesu mein, komm herein, leucht in meines Herzens Schrein. (…) Du erleuchtest alles gar, was jetzt ist und kommt und war; voller Pracht wird die Nacht, weil dein Glanz sie angelacht. » « Sainte étoile du matin, qui illumine la nuit et remplit la terre de sa joie, mon Jésus, viens en moi, illumine le secret de mon cœur. (…) Tu illumines tout ce qui est, tout ce qui vient et tout ce qui était. Grandiose est la nuit que ton sourire illumine. »

C’est pour toutes ces raisons que, déjà dans l’Église primitive, les fidèles se tournaient vers l’Est lors de la célébration de la sainte messe. Les prêtres et les fidèles se trouvaient ainsi dans une orientation commune au cours de leur prière : ils faisaient face au Christ ressuscité, symbolisé par le soleil levant.

Dans les églises orthodoxes on a conservé cette attitude mais dans la plupart des églises catholiques et protestantes, l’orientation de la prière a été malheureusement abandonnée pour mettre l’accent davantage sur la communion du prêtre avec l’assemblée. Au départ, beaucoup d’églises avaient pourtant été construites en orientant l’abside vers l’Est.

Dans l’Église catholique, la célébration « ad orientem » a disparue de facto depuis la réforme liturgique : mais cette liquidation ne repose sur aucune norme liturgique. Il importe de repréciser les choses : la célébration de la messe n’est pas un face à face prêtre/communauté. Le Cardinal Ratzinger, futur pape Benoît XVI, écrivait déjà dans ses livres consacrés à la liturgie que le célébrant devrait à tout le moins se tourner vers une grande croix pour célébrer la messe, créant ainsi une sorte d’orient virtuel pour pallier la perte d’une orientation physique réelle.

Au cours de l’été 2016, le cardinal Sarah, Préfet de la Congrégation pour le Culte divin, a encouragé prêtres et fidèles à reprendre l’habitude de se tourner ensemble dans la même direction pour prier. Il a même clairement demandé que tous les prêtres reviennent à la célébration de la messe « ad orientem ». Malheureusement, le pape François n’a donné aucune suite à cette demande.

La liturgie catholique a ainsi perdu son orientation. Qui, parmi les chrétiens, connaît encore de nos jours la symbolique du soleil levant ? Mgr Georg Alois Oblinger, Recteur de Marienfried (diocèse d’Augsbourg). Source: Kathnet (Trad. MH/APL) / Pro Liturgia Actualité du dimanche de Pâques 21 avril 2019.

Résurrection du Jésus, par Noël Coypel (1700)

Résurrection du Jésus, par Noël Coypel (1700)

Jésus retourne des Enfers, par Kocheliov (1900)

Jésus retourne des Enfers, par Kocheliov (1900)

Résurrection de Jésus, Hans Memling.

Résurrection de Jésus, Hans Memling.

La Résurrection du Christ, par Raphaël, v. 1501

La Résurrection du Christ, par Raphaël, v. 1501

Matin de Pâques (M. Denis, 1870-1943)

Matin de Pâques (M. Denis, 1870-1943)

Musique.

 

Gaudii Paschalis (A. Scandello, 1517-1580)

 

Dialogo per la Pescua (H. Schültz, 1535-1672)

 

J.S. Bach (1685-1750)

Les thèmes de cette ouverture sont en grande partie extraits de la liturgie orthodoxe russe, basés plus exactement sur une collection d'anciens cantiques disparates, souvent anonymes, appelés Obikhod et adoptés comme chants liturgiques officiels à la Cour Impériale des Romanov.

La Grande Pâque russe (N. Rimski-Korsakov, 1844-1908)

***

 

PRATIQUE. Un jour, un prêtre, un moine dit : "Tu sais pourquoi les couvents ont des cloîtres, qui sont fermés et sans sortie ? C'est parce que la seule sortie c'est vers le haut."

 

"Et si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui." (Rm 6,8)

 

Si vous êtes ressuscité avec Jésus-Christ, cherchez les choses du ciel.

 

***

Sources :

(1) Encyclopédie théologique Nicolas BERGIER 1718-1790, publié par M. l'abbé Migne, Ateliers catholiques au Petit-Montrouge, tome III, Paris 1850-1851, p. 1262; (2) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. XVIII; (3) Missel du Dimanche 2018, Nouvelle Traduction liturgique, Année B, Bayard Éditions, Lonrai 2017, p. 337; (4) François-Xavier DURRWELL, La Trinité, Le Père engendre le Fils dans l'Esprit, Cerf, Paris 2021. 

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19 avril 2025 6 19 /04 /avril /2025 11:00
Samedi saint

En ce jour, l'Église se prépare à célébrer au lever de l'aurore, la glorieuse résurrection du Sauveur. C'est le "Grand et saint Sabbat".

   

Le corps de Notre Seigneur Jésus-Christ, détaché de la croix, le soir du vendredi, jour de sa mort, fut embaumé et enseveli par quelques-uns de ses disciples. Ce corps, toujours uni à la Divinité dans le tombeau, ainsi que son âme, qui descendit aux limbes pour y visiter celles des justes et leur annoncer leur entrée prochaine dans le ciel, est le sujet que l'Eglise propose aujourd'hui à notre adoration. 

Samedi saint

''Il est descendu aux enfers''. Chaque fois que nous récitons le Credo des Apôtres, nous prononçons ces mots. Mais qu'est-ce qu'ils signifient ? Examinons ce que les Pères de l'Église disent à propos de la "descente aux enfers".

 

En tant que chrétiens, nous considérons la résurrection du Christ le dimanche de Pâques comme le triomphe de Jésus. Mais en réalité, son triomphe commence le Vendredi saint, quelques instants après sa mort sur la Croix.

 

Ce n'est pas le dimanche de Pâques que Satan a découvert que Dieu utiliserait la mort de son Fils pour sauver l'humanité - c'est le Vendredi saint. De nombreux Pères de l'Église ont écrit sur ce qu'il est convenu d'appeler "la descente aux enfers".

 

 

Dans le livre III, 23.2 et le livre IV, 27.2 de l'ouvrage Contre les hérésies, saint Irénée enseigne que le Christ est descendu dans les "parties inférieures de la terre" (en référence à Éphésiens 4.9) pour offrir le salut aux justes morts avant sa venue. Irénée souligne que la mort et la descente du Christ étaient nécessaires pour atteindre ceux qui se trouvaient dans le séjour des morts, garantissant qu'aucune partie de l'humanité n'était laissée sans rédemption. Le Christ a délivré de la captivité de la mort les patriarches, les prophètes ainsi les fidèles (par exemple Adam, Abraham, David). Il écrit que le Christ "a prêché aux esprits en prison" (1 Pierre 3:19) les amenant dans son royaume, accomplissant la promesse de salut de Dieu à travers tous les âges (Contre les hérésies IV, 33.1). La descente du Christ est une victoire sur les puissances de la mort et de Satan. Le Christ entre dans le séjour des morts non pas en tant que victime, mais en tant que conquérant, liant "l'homme fort" (Satan) et libérant ceux qui sont retenus captifs (Contre les hérésies III, 18.6).

 

Dans son 𝘋𝘪𝘢𝘭𝘰𝘨𝘶𝘦 avec 𝘛𝘳𝘺𝘱𝘩𝘰n vers 150, saint Justin Martyr écrit : "Le Seigneur Dieu s'est souvenu de son peuple d'Israël qui gisait dans ses tombes, et il est descendu pour lui annoncer son propre salut." Justin Martyr a à l'esprit le Psaume 16:10 ("Tu n'abandonneras pas mon âme au séjour des morts") et il utilise cette descente pour affirmer que le christianisme accomplit les Écritures juives. Il relie les actions du Christ dans l'Hadès aux prophéties sur la seigneurie universelle du Messie.

 

Saint Cyrille de Jérusalem, évêque et théologien du IVe siècle, a parlé du déchirement de l'enfer dans ses conférences catéchétiques, décrivant la descente du Christ dans le séjour des morts comme un acte triomphal où, après sa crucifixion, le Christ est entré dans le monde souterrain pour libérer les âmes justes qui y étaient retenues prisonnières. Cyrille souligne que le Christ, à la fois Dieu et homme, a brisé les portes de l'Hadès, vaincu la mort et libéré les âmes des justes. Il affirme que le Christ est "descendu dans les régions souterraines" pour "racheter" les justes, notant que le séjour des morts a été "frappé de terreur" par sa présence.

 

Dans sa Summa Theologiae III, saint Thomas d'Aquin explique que la descente du Christ avait pour but de libérer les saints pères qui étaient retenus en enfer en raison du péché originel, qui les empêchait d'entrer immédiatement au paradis jusqu'au sacrifice rédempteur du Christ. Le Christ n'est pas descendu en enfer pour souffrir, mais pour vaincre et libérer. Et l'Aquinate a précisé que le Christ n'est pas descendu dans l'enfer des damnés pour les délivrer, mais spécifiquement dans le lieu où sont détenus les justes.

 

 

Clément d'Alexandrie (150-215) suggère que le Christ, après sa mort, a prêché aux âmes du séjour des morts, y compris aux Juifs justes et potentiellement aux païens qui vivaient selon la raison (logos). Il interprète 1 Pierre 3:19-20, qui parle du Christ prêchant aux "esprits en captivité", comme une preuve que le Christ est descendu aux enfers pour offrir le salut à ceux qui sont morts avant sa venue. Clément postule que la descente du Christ a offert une chance de salut même aux païens vertueux qui ont suivi le Logos divin dans leur vie - des personnages comme Platon, Aristote, etc. Bien qu'il s'agisse d'une spéculation et non d'un enseignement officiel, c'est un point intéressant à méditer.

 

 

Ainsi, alors que l'Église retient son souffle en ce Samedi saint solennel, nous nous souvenons de la souffrance de la Vierge et des apôtres en ce jour, mais nous savons aussi que le Christ proclamait déjà sa victoire et dévastait Satan et les chiens de l'enfer en ce jour.

 

La descente du Christ n'est pas un acte passif, mais un acte triomphal, où il brise les portes du Hadès et libère les justes. Ceci affirme qu'aucun domaine - ni la terre, ni les enfers - n'échappe à l'autorité du Christ. "Je suis celui qui vit, et qui était mort ; et voici que je vis aux siècles des siècles'', Amen, et j'ai les clefs de l'enfer et de la mort.

Cf. CATHOLIC FREQUENCY https://x.com/CatholicFQ/status/191358773225058758

Cf. CATHOLIC FREQUENCY https://x.com/CatholicFQ/status/191358773225058758

Cette célébration festive commence par la bénédiction du feu nouveau, auquel est allumé le Cierge pascal. ''Lumière du Christ ! Nous rendons grâce à Dieu !'' 

 

Elle place dans son sanctuaire un grand cierge, portant, pour symboles des plaies glorieuses du corps de Jésus-Christ vivant, cinq grands encens, et chante ensuite les oracles des saints Prophètes qui annoncèrent son triomphe sur la mort et sur l'enfer.

 

Un chantre chante d'abord l'''Exultet'', grand chant de joie.

Puis, l'histoire du Salut est récapitulée, depuis la Création jusqu'à la Résurrection, en passant par la sortie d'Egypte, les prophètes, etc., au cours d'une grande liturgie de la Parole. On relit tout ce que Dieu a fait pour les Hommes à la lumière de la Résurrection de Jésus-Christ. Ceci amène à chanter la gloire de Dieu, en faisant sonner les cloches à toute volée. L'évangile est acclamé en chantant Alléluia (ce qui n'avait pas été fait pendant tout le carême).

 

Pendant la nuit du samedi saint au dimanche de Pâques, on fête la Résurrection du Christ lors de la Vigile pascale.

 

L'Eglise bénit aujourd'hui les fonds baptismaux et confère solennellement le baptême aux catéchumènes, en versant sur eux, au nom des trois personnes divines, les eaux vivifiantes qui, par l'institution de Jésus-Christ, et en vertu de ses mérites, nous régénèrent comme enfants de Dieu, en gravant sur nos âmes le sceau indélébile de notre adoption.

 

PRATIQUE. N'oublions pas en ce jour de remercier le Seigneur de la grâce qu'il nous a faite en nous recevant pour ses enfants, dans le saint baptême.

"Le terme Exultet correspond au premier mot du chant liturgique qui, du haut de la Chaire, a été chanté par le diacre lors de la cérémonie de la nuit du samedi Saint. Le texte et la mélodie des Exultet ont été transcrits à plusieurs reprises entre le Xe et le XIVe siècle sur des rouleaux formés de plusieurs feuilles de parchemin cousues ensemble. L'origine de cette pratique est attestée presque exclusivement dans le contexte méridional et se trouve peut-être dans le soi-disant libelli, petits livrets composés d'un ou plusieurs quaternions destinés à la célébration de certaines festivités ou d'actions particulières de Rites liturgiques (le rite de l'investiture sacerdotale, l'onction des malades et d'autres). Ils étaient très communs au Moyen-Âge et constituaient des artefacts extrêmement simples et modestement précieux. Par conséquent, dans les célébrations les plus importantes, ils ont parfois été remplacés par des spécimens assemblés dans la forme la plus noble de rouleau. L'adoption de ce type de livre insolite à des fins liturgiques rappelait en fait les formes de l'ancien papyrus. Toutefois, il a probablement été suggéré dans le sud aussi par la connaissance des rites de l'église gréco-orientale. Ce dernier envisageait l'utilisation de rouleaux de manuscrits, appelés Kontakia, peut-être déjà au Ve-VIème siècle et en tout cas certainement au VIIIe-IXe siècle. Leurs connaissances ont dû avoir lieu dans le domaine de Bénévent-Cassino. [...] C'est en fait dans la région Bénévent (Italie) qu'apparaissent les premiers spécimens de rouleaux de Exultet. Comme un genre créé ad hoc, le Exultet ne se conforme pas à un type déjà existant d'illustration, mais est le résultat d'une véritable invention iconographique élaborée autour du 10e siècle. Pour cette raison les décorations ne suivent pas un modèle prédéfini, mais composent un cycle variable qui fournit l'illustration de différents sujets. Elles sont essentiellement attribuables à trois domaines thématiques liés au texte et à la liturgie pascale: l'histoire sacrée, les cérémonies liturgiques-le spectacle le plus récurrent le diacre qui reçoit le rouleau de l'évêque, allume la bougie Pascale, ou prie De la chaire-et les portraits de contemporains. Différentes solutions sont également proposées pour la traduction visuelle du même concept. Par exemple, l'allégorie de la terre, Tellus, appelée à célébrer la résurrection, peut être dépeinte comme une femme richement habillée, ou comme une figure, ou comme le Christ trône avec des animaux; La figure de Mater Ecclesia est parfois indiquée par la communauté des fidèles rassemblés autour de l'évêque, d'autres fois par une figure de femme, ou par d'autres variantes. Les scènes bibliques sont nombreuses et tirées principalement du Nouveau Testament. L'exception est quelques thèmes, tels que le salut du premier-né juif, le péché originel, le passage de la mer rouge, qui sont inspirés par les pièces de la Genèse et de l'exode contenues dans l'ancien testament. Une des images récurrentes est celle introduite dans le Apium de Lamy, la louange des abeilles. Il suit plusieurs variantes dictées par les orientations spécifiques des illuminateurs: elle suppose parfois un caractère fortement symbolique ou décoratif; D'autres fois, il est basé sur la narration animée et montre les essaims qui volent à travers les champs et les paysans qui recueillent le miel et la cire. Le Exultet a pris fin avec les commémorations liturgiques, souvent accompagnées du portrait solennel et stéréotypé des figures politiques et religieuses évoquées."

L'Ange ouvre le sépulcre

L'Ange ouvre le sépulcre

Samedi saint
Samedi saint
Samedi saint
Samedi saint
Samedi saint
Samedi saint
La Résurrection – Irma Martin. Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? Il n'est pas ici, il est ressuscité. Lc 24, 5-6

La Résurrection – Irma Martin. Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? Il n'est pas ici, il est ressuscité. Lc 24, 5-6

Sources: (1) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. XVII ;(2)

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19 avril 2025 6 19 /04 /avril /2025 10:40
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19 avril 2025 6 19 /04 /avril /2025 07:20
L'université d'Oxford a déterminé la date de la Crucifixion : 3 avril 33

La date de la crucifixion fait l'objet de débats, mais aucun consensus n'a été trouvé sur l'année ni sur le jour de la mort de Jésus. Dans cette analyse, des calculs astronomiques sont utilisés pour reconstituer le calendrier juif du Ier siècle après J.-C. et dater une éclipse lunaire qui, selon des références bibliques et autres, a suivi la crucifixion. Les preuves suggèrent fortement que le vendredi 3 avril 33 après J.-C. est la date de la mort du Christ.

 

 

La chronologie est l'épine dorsale de l'histoire. La date clé de la vie de Jésus est celle de la crucifixion, car elle est directement liée à la durée de son ministère, ainsi qu'à la date et à la nature de la Dernière Cène. Nous pensons que la seule façon d'établir la date précise de la crucifixion est d'utiliser la science, l'histoire et la théologie dans une étude interdisciplinaire. Les tentatives précédentes de datation de la crucifixion ont utilisé un processus d'élimination, montrant que toute année autre que celle choisie est incompatible avec les preuves disponibles (voir, par exemple, Hoehner, 1 Finegan 2 ). Dans cet article, nous examinons la première datation positive de la crucifixion à l'aide de preuves d'éclipse lunaire. Nous réévaluons également la "méthode d'élimination" en utilisant une nouvelle technique de reconstruction du calendrier juif du Ier siècle après J.-C., qui devrait être plus précise que les versions précédentes. Les détails de notre travail ont déjà été publiés. 3,4

Dans cet article, nous rassemblons ces détails et ajoutons quelques commentaires.

 

Contexte biblique

 

Il existe trois principaux éléments de preuve pour dater la crucifixion :

 

(I) Jésus a été crucifié lorsque Ponce Pilate était procurateur de Judée (les quatre Évangiles ; également Tacite 5 ), 2 ce qui est bien documenté comme étant entre 26 et 36 après J.-C.

 

(II Les quatre Évangiles s’accordent à dire que Jésus est mort quelques heures avant le début du sabbat juif, c’est-à-dire qu’il est mort avant la tombée de la nuit un vendredi.

(III) Les quatre Évangiles s’accordent à un jour près (voir ci-dessous) sur le fait que la crucifixion a eu lieu au moment de la Pâque.

 

Ces trois éléments nous obligent à rejeter de nombreuses dates proposées par le passé pour la crucifixion.

Par exemple, l'une des plus anciennes traditions, remontant à Tertullien (200 apr. J.-C.), la situe au 29 apr. J.-C., le 25 mars. Cette date n'était pas acceptée partout dans l'Église primitive, et nous savons maintenant, grâce aux calculs astronomiques, que la lune de Pâques en 29 apr. J.-C. tombait en avril, et non en mars.

 

Dans le calendrier officiel des fêtes de Judée, tel qu'il était utilisé par les prêtres du temple, la date de la Pâque était spécifiée avec précision (voir, par exemple, Reicke 6 ). L'abattage des agneaux de la Pâque avait lieu entre 15 h et 17 h le 14e jour du mois juif de Nisan (correspondant à mars/avril dans notre calendrier). Le repas pascal commençait au lever de la lune ce soir-là, c'est-à-dire au début du 15 Nisan (le jour juif qui s'étend d'un soir à l'autre) (Lévitique 23 v. 5 ; Nombres 28 v. 16). Il existe une divergence apparente d'un jour dans les récits évangéliques de la crucifixion, qui a fait l'objet de nombreux débats. Dans l'Évangile de Jean, il est indiqué que le jour du procès et de l'exécution de Jésus était la veille de la Pâque (Jean 18 v. 28 et 19 v. 14). Jean situe donc la crucifixion au 14 Nisan. L’interprétation correcte des Synoptiques est moins claire et nous considérons brièvement trois des nombreuses interprétations possibles qui ont été proposées.

 

(a) Une lecture directe des Synoptiques semble indiquer que la Cène était un repas pascal, consommé au moment de la Pâque (c'est-à-dire le soir au début du 15 Nisan), la crucifixion ayant lieu plus tard ce jour-là, soit le 15 Nisan (par exemple, Marc 14 v. 12). Ceci contredit la date du 14 Nisan donnée par Jean (voir Jérémie 7 ).

 

(b) De nombreux érudits suggèrent que la Cène décrite par les Synoptiques n'était pas un repas pascal au sens strict. On suggère que Jésus, conscient de son arrestation imminente, aurait organisé un repas pascal la veille de la Pâque (voir Luc 22 v. 15). Les partisans de cette interprétation notent que les Synoptiques ne font aucune mention d'un agneau pascal immolé et rôti pour la Cène. Cette interprétation concorde largement avec le récit johannique, où le repas d'adieu est explicitement mentionné comme ayant eu lieu avant la fête de Pâque (Jean 13 v. 1). La chronologie concorde également, de sorte que, selon cette théorie, les quatre Évangiles donnent le 14 Nisan comme date de la crucifixion. Il existe plusieurs variantes de cette interprétation de base (par exemple, références 7, 8, 9 ).

 

(c) Jaubert 10 a proposé que la Cène rapportée par les Synoptiques était un repas pascal strict, mais célébré à la date de la Pâque, calculée selon le calendrier "sectaire" de la communauté de Qumrân et d'autres. Selon cette théorie, la Cène aurait eu lieu le mardi soir, c'est-à-dire au début du mercredi juif (jour de la Pâque selon le calendrier sectaire, tel qu'il est rapporté par les Synoptiques), la crucifixion aurait eu lieu le vendredi (les quatre Évangiles) et la Pâque officielle aurait eu lieu le samedi (rapportée par Jean). (Pour une discussion des calendriers en usage au premier siècle après J.-C., voir par exemple les références 2 et 11). Selon cette théorie, les quatre Évangiles donnent à nouveau le 14 Nisan (calendrier officiel) comme date de la crucifixion.

 

Ainsi, certains érudits pensent que les quatre Évangiles situent la crucifixion le vendredi 14 Nisan, tandis que d'autres, selon les Synoptiques, elle a eu lieu le vendredi 15 Nisan. Par souci de généralité, nous supposons que les deux dates sont possibles. Le problème qui se pose alors est de déterminer dans laquelle des années 26 à 36 de notre ère les 14 et 15 Nisan tombaient un vendredi. Comme on le sait, divers auteurs (par exemple, 7, 12, 13, 14, 15) ont tenté d'utiliser l'astronomie pour apporter une solution à ce problème. Ce n'est cependant pas tout à fait simple, car, si les calculs astronomiques permettent de préciser avec précision les heures des nouvelles et des pleines lunes, nous ne le savons pas.

 

 

Il existe donc une unanimité impressionnante de toutes les sources selon laquelle la crucifixion a eu lieu le 14 Nisan et, par conséquent, les deux seules années plausibles pour la crucifixion sont 30 et 33 après J.-C.

 

Source et suite: https://www.asa3.org/ASA/PSCF/1985/JASA3-85Humphreys.html

L'université d'Oxford a déterminé la date de la Crucifixion : 3 avril 33

RÉFÉRENCES

 

1 Hoehner, HW, Aspects chronologiques de la vie du Christ. Zondervan : Grand Rapids (1977).

2 Finegan, J., Manuel de chronologie biblique. Princeton University Press : Princeton (1964).

3 'Humphreys, CJ, et Waddington, WG Nature , 306, 743 (1983).

4 'Humphreys, CJ, et Waddington, WG dans le Finegan Festschrift (éd. J. Vardaman, EM Yamauchi et B. Van Eldeven). (1984).

5 Tacite, Annales , XV, 44.

6 Reicke, B., L'ère du Nouveau Testament . Traduit de l'allemand par DE Green. Black : Londres (1968).

7 Jeremias, J., Les paroles eucharistiques de Jésus , traduit par N. Perrin. Français : SCM Press : Londres (1966).

8 Bruce, FF, Histoire du Nouveau Testament . Pickering et Inglis ; Londres et Glasgow (1982).

9 Whiteley, DEH, Aufstieg und Niedergang der Romischen Welt , 25, partie 11, de Gruyter : Berlin-Est et New York, sous presse (1983).

10 Ojaubert, A., La Date de la Cène . Gabalda : Paris (1957).

11 Schurer, E., Vermes, G., et Millar, F., L'histoire du peuple juif à l'époque de Jésus-Christ , vol. 1. Edinburgh University Press : Édimbourg (1973).

12 Fotheringham, JK, J. Études théologiques , 35, 146 (1934). Français

: 13 Goldstine, H, H., Nouvelles et pleines lunes , 1000 av. J.-C. à 1651 apr. J.-C. Fortress Press : Philadelphie (1973).

14 Fotheringham, JK, Mon. Not. R. Astr. Soc . 70 527 (1910).

15 Maunder, EW, J. Brit. Asir. Assoc . 21, 355 (1911).

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18 avril 2025 5 18 /04 /avril /2025 00:00
Vendredi Saint

C’était déjà environ la sixième heure (c’est-à-dire : midi) ;
l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure,
car le soleil s’était caché.
Le rideau du Sanctuaire se déchira par le milieu.
Alors, Jésus poussa un grand cri :
"Père, entre tes mains je remets mon esprit."
Et après avoir dit cela, il expira.

Lc 23,44-46

Méprisé, abandonné des hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, il était pareil à celui devant qui on se voile la face ; et nous l’avons méprisé, compté pour rien.
En fait, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était frappé, meurtri par Dieu, humilié.
Or, c’est à cause de nos révoltes qu’il a été transpercé, à cause de nos fautes qu’il a été broyé. Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui : par ses blessures, nous sommes guéris.
Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. Mais le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous.

Esaie 53, 3-6

Le Vendredi saint est le jour de la célébration liturgique du mystère de la Passion, de la mort sur la Croix et de la mise du Christ au tombeau.

 

C'est un jour de jeûne et d'abstinence, à l'instar du Mercredi des Cendres qui, quarante jours plus tôt, ouvre le temps du Carême.
 
Le Vendredi saint est marqué encore davantage par le deuil et le recueillement.
 
"Il s’agit pour moi de connaître le Christ, d’éprouver la puissance de sa résurrection et de communier aux souffrances de sa passion, en devenant semblable à lui dans sa mort, avec l’espoir de parvenir à la résurrection d’entre les morts. ... Une seule chose compte : oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant, je cours vers le but en vue du prix auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus."  (Ph 3, 10-14)
 
Le Vendredi saint est marqué par une liturgie particulière (vénération de la croix, communion eucharistique mais pas de célébration du sacrifice de la messe ce jour-là). Le moment culminant de la journée, dans son silence recueilli, est celui de la Crucifixion (entre 12h et 15h) et le moment même où le Christ expira, à 15 heures.
 
Chez les Romains, le crucifiement était un supplice infamant réservé aux criminels, ce qui indique que les charges retenues contre Jésus devaient être très sérieuses : « agitateur dangereusement arrogant », criminel politique, il fut probablement accusé de créer de graves troubles à l'ordre public, « ce qui correspondrait à l'idée d'une prétention messianique royale, qu'elle soit de son fait ou de celui de ses disciples » (Larry W. Hurtado, Le Seigneur Jésus Christ: la dévotion envers Jésus aux premiers temps du Christianisme, Éditions du Cerf, 2009, p. 69-70.)
 
 
C'est spécialement ce jour que se fait la dévotion du Chemin de croix. Cette procession est particulièrement solennelle dans les lieux mêmes où elle eut lieu il y a près de 2000 ans, à Jérusalem, le long de la Via Dolorosa (Chemin de la souffrance, à Jérusalem) puis dans la basilique du Saint-Sépulcre, où se trouvent le rocher du Golgotha et le Tombeau du Christ. A Rome, le Chemin de Croix est traditionnellement célébré au Colisée, durant le soir du Vendredi saint.
 
Par référence au jour du Vendredi saint, tout au long de l'année et spécialement durant le Carême, les vendredis sont un jour de pénitence, en principe d'abstinence de viande. On y dit les mystères douloureux du Rosaire.
 
Ce mystère ineffable, prédit si souvent et si clairement dans les siècles qui le précédèrent (prophéties messianiques) est le triomphe complet de la justice divine et le chef d'oeuvre le plus glorieux de la miséricorde infinie. Il fut opéré par la charité sans bornes du Verbe incarné, qui, selon les décrets divins, voulut de toute éternité s'anéantir, souffrir et mourir dans la plénitude des temps, pour réconcilier le ciel et la terre (1), suite à la première désobéissance ou Péché originel.
Vendredi Saint

D’après les Évangiles synoptiques, sur la route du Golgotha, les soldats obligent un passant, Simon de Cyrène, à porter la croix de Jésus. Luc ajoute que les femmes disciples suivaient Jésus et pleuraient sur son destin (Sainte Véronique, Sainte Marie-Madeleine, et la Vierge Marie).

Les quatre Évangiles canoniques mentionnent un titulus - pancarte qui porte une inscription laconique - déclarant, sur un ton moqueur, "Jésus roi des Juifs", "Iesvs Nazarenvs, Rex Ivdæorvm" (le futur acronyme INRI).
 
L’Évangile selon Jean dit que l'inscription avait été rédigée et placée par Pilate, en hébreu, en latin et en grec (Jn 19:19-20).
 
Jean mentionne la "lance" qu'un des soldats utilisa pour percer le côté du Christ "et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau" (Jn 19:34
 
Les Évangiles canoniques disent que deux criminels sont crucifiés avec Jésus. Tandis que l'un l'insulte, l'autre le respecte et lui demande : "Souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton règne". En raison de la réponse de Jésus dans cet évangile : "aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis", on le considère comme un saint, en l’appelant 'le bon larron". On considère ainsi que dès le jour de la mort, l'âme est jugée pour aller soit au Purgatoire (ou au paradis directement si l'âme est en état de grâce), soit en enfer.
Vendredi Saint, on voile les crucifix ce jour-là jusqu'à la veillée pascale (Samedi Saint au soir)

Vendredi Saint, on voile les crucifix ce jour-là jusqu'à la veillée pascale (Samedi Saint au soir)

 Liturgie :
        Le vendredi saint est le seul jour de l'année où on ne célèbre pas d'Eucharistie. La communion est distribuée aux fidèles au cours d'une célébration qui dégage une ambiance particulière : l'église est sombre, les autels sont dépouillés de leurs nappes, les statues et images sont voilées. Il n'y a pas de sonnerie de cloche, de jeu d'orgues, et les chants sont absents, ou très peu nombreux. La célébration commence et finit en silence. On lit l'évangile de la Passion. Il n'y a pas de prière eucharistique mais une grande prière universelle.
        C'est le jour de la célébration de la Croix : la croix est amenée en procession puis proposée à la vénération des fidèles. Dans certains pays, comme l'Espagne, il y a d'importantes processions dans les rues des villes.
        La dernière messe célébrée était celle du soir du Jeudi saint, correspondant à son institution au Cénacle, et la prochaine sera celle de la Vigile pascale, le soir du Samedi
saint.
(2)

Historicité

 

Selon le Digeste, code de droit romain, "le crime commis contre le peuple romain ou contre sa sécurité est un crime de lèse-majesté (maiestatis crimen)". Jésus, provincial juif condamné pour sédition, tombe ainsi sous le coup de la Lex Iulia maiestatis (it) qui établit pour ce crime de rébellion envers l'autorité impériale, la crucifixion. [Pierre Maraval, Simon Claude Mimouni, Le christianisme des origines à Constantin, Presses Universitaires de France, 2006, p. 87.]

 

L'historicité de la crucifixion ne fait plus aucun doute pour la majorité des chercheurs, qui y voient des critères d'authenticité (critère d'embarras ecclésiastique, d'attestation multiple, de cohérence) [Jacques Giri, Les nouvelles hypothèses sur les origines du christianisme, éditions Karthala, 2011, p. 182; John Paul Meier, How do we decide what comes from Jesus, in The Historical Jesus in Recent Research, James D. G. Dunn et Scot McKnight, 2006, p. 126–136 ]

 

L'évangéliste Jean évoque le cloutage des mains au moment de la crucifixion en rapportant la remarque de S. Thomas "si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas !" (Jn 20:25).

 

Les autres évangélistes ne mentionne pas le procédé de la crucifixion chez les Romains. Mais la recherche contemporaine qui s'appuie sur les sources documentaires relatant les crucifiements à l'époque romaine, sur le contexte historique (les crucifiements en masse privilégiaient les cordes mais il n'était pas rare pour des exécutions singulières d'utiliser des clous) et les découvertes archéologiques confirment la pratique de la crucifixion chez les Romains. 

 

En 1938, des recherches archéologiques près de Jérusalem, à Giv’at mivtar, ont démontré que les crucifiés contemporains du Christ étaient exécutés sur une croix. (Les Dossiers de l'Archéologie n°10 page 107. Article du professeur N. Haas de l'Université Hébraïque de Jérusalem.) Les crucifiés avaient les bras étendus à l’horizontale. 

 

Dans les documents latins de l'époque romaine, le mot "crux" est mentionné, et ces sources antiques évoquent la poutre transversale sur les épaules attachée aux bras sous le terme de patibulum (partie transversale de la croix destinée au crucifiement). Le poteau vertical était appelé stipes, qui était généralement fixé de manière permanente dans la terre à l’emplacement de l’exécution.

 

 

Saint Irénée, évêque de Lyon et Martyr (120-202 ap.J.-C.) dans Contre les hérésies, cote II, 24,4, daté d'entre 175 et 189 ap. J.-C., explique que la croix a cinq extrémités ; sur la cinquième se repose le crucifié : "La structure de la croix présente cinq extrémités, deux en longueur, deux en largeur, une cinquième sur laquelle s’appuie le crucifié." (Irénée de Lyon, Contre les hérésies, Dénonciation et réfutation de la gnose au nom menteur, Sagesses chrétiennes, Cerf, Paris 2007, p. 225.)

   

Iconographie

 

        La Crucifixion de Jésus a donné lieu à différentes représentations à travers les âges :

 

Dans la "Maison du Bicentenaire" à Herculanumcité romaine qui fut détruite par l'éruption du Vésuve en l'an 79 apr. J.-C., une croix a été découverte en 1938 par les archéologues, qui donne sur le decumanus maximus, prestigieux immeuble d'un bloc d'habitations ayant des sols à mosaïques, des cloisons fastueusement décorés avec peintures, l'atrium avec toit à compluvium et un jardin avec portique. Dans l'un des côtés d'un somptueux tablinum décoré avec des peintures à sujet mythologique, on remarque une singulière grille en bois avec ouverture à soufflet. Dans l'une des modestes pièces du premier étage, on trouve un réduit, probablement le logement d’un esclave, où une croix a été gravée dans le plâtre d'une paroi. Selon l'interprétation la plus répandue, il s'agirait de l'un des témoignages les plus anciens de la religion chrétienne.Sources 1, 2

 

À Pompéi, d’autres symboles chrétiens ont été relevés, dont dans la Maison dite de Pansa :

une croix gravée en relief sur un mur (découverte en 1813-1814)

https://www.eecho.fr/pompei-herculanum-vestiges-chretiens-avant-79/ 

Une des plus anciennes représentation de la Crucifixion et de Croix chrétienne est le graffiti d'Alexamenos, dessin injurieux réalisé entre le IIe et le IIIe siècle sur un mur de Rome (colline Palatin), au moment des persécutions. 

Graffito d'Alexamenos. La légende signifie "d'Alexamenos rend un culte à son Dieu". Michael Gough, dans La Grèce et Rome (éd. Imprimerie des arts et manufactures, 1974, direction Marcel Brion, p. 364), suppose que Alexamenos était sans doute un esclave, que ses compagnons raillaient parce qu'il était chrétien. Daniel-Rops explique qu'Alexamenos fut un "page impérial" caricaturé par ses camarades. Le jeune chrétien d'alors n'avait guère à attendre que l'ironie et l'outrage. (DANIEL-ROPS, Histoire de l'Eglise du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965, p. 175)

Graffito d'Alexamenos. La légende signifie "d'Alexamenos rend un culte à son Dieu". Michael Gough, dans La Grèce et Rome (éd. Imprimerie des arts et manufactures, 1974, direction Marcel Brion, p. 364), suppose que Alexamenos était sans doute un esclave, que ses compagnons raillaient parce qu'il était chrétien. Daniel-Rops explique qu'Alexamenos fut un "page impérial" caricaturé par ses camarades. Le jeune chrétien d'alors n'avait guère à attendre que l'ironie et l'outrage. (DANIEL-ROPS, Histoire de l'Eglise du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965, p. 175)

Enluminure de l’Évangéliaire syriaque de Rabula (586)

Enluminure de l’Évangéliaire syriaque de Rabula (586)

La Crucifixion, Bartolomeo Bulgarini, v. 1330 Hermitage, Saint Petersbourg

La Crucifixion, Bartolomeo Bulgarini, v. 1330 Hermitage, Saint Petersbourg

La Crucifixion, style byzantin du XIIIe siècle, monastère Sainte-Catherine du Sinaï

La Crucifixion, style byzantin du XIIIe siècle, monastère Sainte-Catherine du Sinaï

Giovanni Previtali, historien de l'art, crédite Giotto de l'innovation du Christ en croix avec trois clous et le suppedaneum, la planchette de bois chevillée sur laquelle les crucifiés pouvaient appuyer leurs pieds.

Le Portement de Croix par Raphaël

Le Portement de Croix par Raphaël

Giotto, La Crucifixion, 1320-1325

Giotto, La Crucifixion, 1320-1325

La Crucifixion- Le Pérugin (Pietro Perugino) - 1482

La Crucifixion- Le Pérugin (Pietro Perugino) - 1482

Sources: (1) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. XVI. (2) L'Evangile au quotidien (3) Vendredi Saint (4) Crucifixion

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17 avril 2025 4 17 /04 /avril /2025 18:26

Les musulmans prétendent détenir le monothéisme le plus pur.

Mais leur Dieu n'est pas celui qu'ils disent qu'il est.

 

Loin d'être le même Dieu que le Dieu des chrétiens, le dieu islamique Allah est en fait l'un des dieux de l'ancien paganisme nabatéen

On nous dit souvent que "Allah" n'est que le nom arabe de "Dieu".

Mais ce n'est pas vraiment vrai.

La parole arabe d'origine pour Dieu n'est pas "aḷḷāh" (اللّٰه), mais "al-ʾilāh" (إِلٰه). 

Loin d'être le même Dieu que le Dieu des chrétiens, le dieu islamique Allah est en fait l'un des dieux de l'ancien paganisme nabatéen

En fait, "aḷḷāh" et "al-ʾilāh" sont des mots très différents: - "al-ʾilāh" est un titre, mais
- "Aḷḷāh" est un nom propre.

C'est-à-dire que "aḷḷāh" ne signifie pas "Dieu". "Aḷḷāh" est plutôt le nom d'un dieu particulier. 

Al'illāh Ballanfat P., « Allah » dans Dictionnaire du Coran, 2007, Paris, p. 40-43.

Al'illāh Ballanfat P., « Allah » dans Dictionnaire du Coran, 2007, Paris, p. 40-43.

Avant l'apparition de l'islam, les chrétiens arabes n'ont jamais appelé Dieu "aḷḷāh". Ils ont plutôt appelé Dieu "al-ʾilāh" (الإلٰه), ce qui signifie littéralement "le dieu". [P. Ballanfat, "Allah" dans Dictionnaire du Coran, 2007, Paris, p. 40-43.]

(NB. Cette locution correspond exactement à l'expression chrétienne grecque normale pour Dieu, «ὁ θεός».)

[Mais à partir du Ve siècle, le nom "Allah" est utilisé par les chrétiens avant l’islam. Dans une inscription chrétienne datant de 512, les références à Allah sont en arabe et en araméen, soit "Par le secours d'Allah" et/ou "Alaha"]

Loin d'être le même Dieu que le Dieu des chrétiens, le dieu islamique Allah est en fait l'un des dieux de l'ancien paganisme nabatéen
Loin d'être le même Dieu que le Dieu des chrétiens, le dieu islamique Allah est en fait l'un des dieux de l'ancien paganisme nabatéen

Aḷḷāh n'était pas le dieu des chrétiens ou des juifs. "Aḷḷāh" était plutôt l'un des dieux des Nabatéens polythéistes. 

Aḷḷāh était une divinité mineure dans le panthéon nabatéen, associée à une déesse féminine appelée Allat, qui était à la fois sa fille et sa concubine. [L'étymologie du nom "Allat" est interprétée soit comme un dérivé de latta ''mélanger,  pétrir la farine d’orge'' et associe la déesse à Baala/Astarté, soit une association au dieu Allah. Son nom serait alors la forme féminisée d’Allāh ou d'al-Ilāh et ferait d'al-Lât sa parèdre. Sources: Fahd, T., “al-Lāt”, in: Encyclopédie de l’Islam; et P. Ballanfat,"Allah" dans Dictionnaire du Coran, 2007, Paris, p. 40-43.

Le terme utilisé dans le Coran ne désigne alors pas un dieu unique.

Au IVe siècle, chez les semi-nomades de la steppe syrienne, Allâh restait loin derrière les autres divinités. (Dominique Sourdelle, Mahomet et le coran, L’islam. Presses Universitaires de France, 2009, p. 5-17)]

Loin d'être le même Dieu que le Dieu des chrétiens, le dieu islamique Allah est en fait l'un des dieux de l'ancien paganisme nabatéen

Avant l'islam, Allah et Allat étaient deux des 360 dieux adorés par les Nabatéens dans leur sanctuaire païen dans la ville de La Mecque.

[Selon la tradition islamique de Sahih al-Bukhari 64.48.7, à l'avènement de l'islam, la Kaaba contenait plus de 360 idoles]

[Al-Lāt, Manat et Uzza étaient les trois divinités objets du culte le plus intense à l'époque préislamique; et il est dit dans le Livre des idoles de Hicham ibn al-Kalbi que les Arabes les considéraient comme les "filles du dieu", probablement Houbal, divinité principale de la Kaaba préislamique, et donc pas les filles du dieu préislamique "Allah" de Coran, Sourate L’Étoile 53, 19-22, (ar) النجم, L’Abeille, XVI, 57 et Les Rangs, XXXVII, 149.

"Lors de la révélation de la sourate 53, Mahomet avait, selon Tabari, historien arabe du IXe siècle, dans une première version, recommandé qu'on leur rende un culte (Source: W. Montgomery Watt, M. V. McDonald, The History of al-Tabari –Muhammad at Mecca, State University of New York Press, 1988, Volume VI, p. 111).  Dans l'ouvrage collectif, Le Coran des historiens, Christian Julien Robin cite ce passage qui "a une notoriété universelle grâce aux fameux versets dits 'sataniques', qui ont inspiré le romancier britannique Salman Rushdie. Ces deux versets auraient été déclamés, puis abrogés parce qu'ils ne s'accordaient pas avec le monothéisme radical de la prédication muhammadienne.]

Au centre du sanctuaire se trouvait un rocher noir ("la Kaaba").

Les Nabatéens païens circuleraient dans ce sanctuaire dans le sens inverse des aiguilles d’une montre et embrasseraient le rocher noir. 

Loin d'être le même Dieu que le Dieu des chrétiens, le dieu islamique Allah est en fait l'un des dieux de l'ancien paganisme nabatéen

Aujourd'hui, les musulmans continuent d'adorer ce dieu nabatéen Allah.

Ils continuent de se rendre dans son sanctuaire à La Mecque.

Ils continuent de se promener dans le même Kaaba dans le sens inverse des aiguilles d'une montre et, quand ils le peuvent, embrassent le Rocher noir. 

Loin d'être le même Dieu que le Dieu des chrétiens, le dieu islamique Allah est en fait l'un des dieux de l'ancien paganisme nabatéen

Ce Dieu, bien sûr, n'est pas le Dieu des chrétiens.

Le Dieu chrétien est le Dieu de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ.

Le Dieu chrétien n'a jamais eu de consort - la fille appelée Allat.

Et le Dieu chrétien n'est pas adoré en se promenant ou en embrassant une pierre noire à la Mecque. 

Loin d'être le même Dieu que le Dieu des chrétiens, le dieu islamique Allah est en fait l'un des dieux de l'ancien paganisme nabatéen

Loin d'être le même Dieu que le dieu des chrétiens, le dieu islamique Allah est en fait l'un des dieux de l'ancien paganisme nabatéen, qui continue d'être adoré d'une manière païenne par les musulmans aujourd'hui.

Le rejet chrétien de tous les dieux païens est un rejet de l'Allah islamique. 

Loin d'être le même Dieu que le Dieu des chrétiens, le dieu islamique Allah est en fait l'un des dieux de l'ancien paganisme nabatéen

Cf. https://x.com/maksimologija/status/1912646629066223710?t=IjlTPmlyDpkHtgmvR81ABA&s=19

Add. 01-09-2025

Les musulmans disent que Allah a 99 noms (nombre généralement admis par les théologiens de l'islam ou oulémas. Ces noms ont été extraits de différents passages du Coran et des hadiths, mais il existe plusieurs listes des 99 noms d'Allah.)

 

Or, ''quand on observe les 99 noms d'Allah généralement admis, on peut les regrouper en douze grands thèmes, qui curieusement correspondent aux douze grands lieux où la Bible dénoncent les puissances mauvaises : Abadon, Mammon, Baal. Des noms que l'Écriture connaît très bien. Dans la foi chrétienne les attributs de Dieu n'ont de sens que dans le Christ. Dans la Bible, ce ne sont pas des titres abstraits mais une personne vivante.

 

En Jn 14,9 Jésus dit : ''Qui m'a vu a vu le Père''.

 

Hors du Christ, un attribut devient une coquille vide, il garde le mot mais perd la substance. Et une coquille vide c'est l'endroit rêvé pour l'ennemi qui l'imite.

 

''Prenons trois exemples:

 

(1) Dans les 99 noms, Allah est appelé ٱلْنُّورُ

, An-Nūr, la Lumière.

Dans l'Évangile dit, Jésus dit : ''Je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie'.'' (Jn 8,12)

Et S. Paul avertit : ''Satan lui-même se déguise en ange de lumière'' (2 Co 11,14)

Sans le Christ, la lumière est comme un mirage, comme un phare éteint, présent mais incapable de guider les navires, alors qu'avec Jésus, la lumière guide et sauve.

 

(2) Dans les 99 noms, Allah est appelé ٱلْمُحْىِ

Al-Muhyī. Celui qui donne la vie.

Or dans l'Évangile Jésus déclare : ''Je suis la vie.'' (Jn 14,6)

Ici la vie n'est pas une idée, ni seulement la survie biologique, c'est une personne vivante et ressuscitée. Mais l'Apocalypse 9,11 nomme un ange de l'abîme, Abaddon, le destructeur. Sans le Christ, la vie se réduit à une parodie, une vie biologique destinée à finir dans la destruction. Alors qu'avec le Christ la vie signifie résurrection et éternité.

 

(3) Dans les 99 noms, Allah est appelé لْرَّزَّاقُ

Ar-Razzāq, le Pourvoyeur. Celui qui donne la subsistance.

Dans l'Évangile Jésus enseigne la Providence (Mt 6,26)  ''Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils n’amassent pas dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit.''

Ici la subsistance n'est pas un titre, mais l'amour d'un Père qui libère. En ce sens Jésus dit : ''Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon'' (Mt 6,14

 

Sans le Christ le Pourvoyeur devient une table pleine mais sans Père pour s'asseoir et partager.

 

Cela nourrit le ventre mais cela laisse l'âme vide.

 

Avec Jésus, c'est une table pleine et avec un Père.

 

Voilà trois exemples seulement mais il y en a douze.

 

Et c'est toujours la même mécanique, les mêmes mots, les mêmes titres mais pas avec le même esprit.

 

Avec le Christ c'est la vérité, sans Lui c'est une contrefaçon.

 

Les 99 noms ? Une liste de titres.

 

Le christianisme ? Un visage.

 

Et ce visage a un nom unique : Jésus-Christ

 

(Source : AhmedExpose )

'Dieu s’est fait homme pour que nous devenions Dieu. Il s’est rendu visible dans le corps pour que nous ayons une idée du Père invisible.

S. Athanase d'Alexandrie, Sur l'Incarnation du Verbe (Ive siècle)

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17 avril 2025 4 17 /04 /avril /2025 00:00

L'eucharistie dans la plantation du Père, qui est l'Église, est l'image opposée de l'arbre de la connaissance du bien et du mal au paradis selon le récit biblique (Gn 2,17). Là, le goût du fruit apporte la mort, ici, le fruit de la croix de la Passion du Christ offre l'incorruptibilité (Cf. A.-G. HAMMAN, op. Cit., Les évêques, n° 17, p. 129). La vie de la communauté chrétienne quand elle se trouve en unité avec son évêque, est la garantie du don du Christ aux hommes et leur protection du danger du péché et de la mort.

Elefthérios Anyfankatis, La Théologie de l'Unité chez les Pères apostoliques, Clément de Rome, Ignace d’Antioche, Pasteur d’Hermas, L'Harmattan, 2023, p. 340

Jeudi saint

Le Jeudi saint est un des jours les plus importants de la Semaine sainte : il correspond à la commémoration de la dernière Cène (au Cénacle) suivie de la nuit d'agonie du Christ au Jardin des Oliviers (Gethsémani). 

Simon Ushakov, La Dernière Cène, École de Moscou, 1685

Simon Ushakov, La Dernière Cène, École de Moscou, 1685

Le Jeudi saint est un jour de fête, qui commémore l'institution de l'Eucharistie par Jésus lors du repas pascal au Cénacle la veille de sa mort, – le "sacrifice unique" de la Nouvelle Alliance préfiguré tout au long de l'Ancienne Alliance et prophétisé dans des endroits comme Malachie 1,11 –; Et le sacerdoce qui l'offrirait, les Apôtres et leurs successeurs, c'est-à-dire l'institution de l'ordination des prêtres.

 

 

Jeudi saint

Tout prêtre, chaque jour, se tenait debout dans le Lieu saint pour le service liturgique, et il offrait à maintes reprises les mêmes sacrifices, qui ne peuvent jamais enlever les péchés.

Jésus Christ, au contraire, après avoir offert pour les péchés un UNIQUE SACRIFICE, s’est assis pour toujours à la droite de Dieu.

Hébreux 10, 11-12

Les prêtres ont reçu un pouvoir que Dieu n'a donné ni aux anges ni aux archanges... Celui qui offense un prêtre offense Dieu.

Saint Jean Chrysostome

Jeudi saint

Jésus réunit autour de lui ses chers apôtres, sans en excepter même celui qui devait le trahir, pour célébrer avec eux la dernière cène judaïque, à laquelle allait succéder le sacrifice de sa chair et de son sang, sous les symboles eucharistiques.

 

Il établit dans le même temps le sacerdoce de son Église, ordonne à ses apôtres de n'offrir qu'à Dieu seul l'oblation d'un prix infini, dont il allait être volontairement l'hostie sanglante sur la croix, mais qui jusqu'à la fin des temps, serait offerte d'une manière non sanglante, toujours aussi glorieuse à Dieu que salutaire aux hommes, dans tous les sanctuaires du monde catholique.

 

 

 

Jésus-Christ daigna laver lui-même les pieds de ses apôtres, après leur avoir déjà dit :

 

"Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et je demeure en lui... Je suis le pain descendu des cieux; celui qui mange de ce pain vivra éternellement.. Ceci est mon corps... Voilà la coupe de mon sang... Prenez et mangez... et faites-le toujours en mémoire de moi." (1)

 

 

La messe et les prêtres trouvent en ce jour leur origine et la profondeur de leur mystère. 

   

Pendant la célébration de ce jour, on lit l'évangile du lavement des pieds, et le célébrant refait le geste de Jésus en lavant les pieds de quelques personnes de l'assemblée. 

Cette messe est la dernière qui soit célébrée avant la "Veillée pascale" du Samedi saint (veille de Pâques).

 

Après le repas pascal, Jésus et ses apôtres se sont retirés à Gethsémani pour y bivouaquer, comme à l'habitude. Cette nuit fut cependant pour le Christ une nuit de prière et d'agonie - au cours de laquelle le Christ accepta le "calice" de sa Passion.

 

La célébration liturgique du Jeudi saint se termine par une procession, pendant laquelle la réserve eucharistique (les hosties consacrées) est amenée dans un endroit spécialement aménagé, le reposoir. Une veillée y est souvent organisée, et les fidèles peuvent s'y recueillir et adorer le Christ dans une nuit de veille.

 

Le triduum pascal est un ensemble de trois jours (en latin triduum) qui marquent l'aboutissement de la Semaine Sainte et le sommet de l'année liturgique : c'est la célébration du mystère de Pâques, avec : - la mort et la mise au tombeau de Jésus-Christ (le Vendredi saint), - la descente du Christ aux Enfers durant le "Grand sabbat" du Samedi saint, - la nouvelle de la Résurrection, nouvelle Pâque, durant la nuit du samedi au dimanche (Vigile pascale), où surgit la lumière de Pâques, l'alléluia du Dimanche de Pâques, avec les messes de l'aube et du jour.

 

Le triduum pascal est l'articulation entre les quarante jours de préparation pénitentielle du Carême et les cinquante jours du temps pascal jusqu'à la Pentecôte (dont quarante jours jusqu'à l'Ascension). 

 

C'est au pape Pie XII que l'on doit la restauration de la liturgie du triduum pascal dans son ancienne grandeur et à des heures et dans une atmosphère correspondant à celles du mystère, dans la liturgie latine (notamment, la vigile pascale), dans le même esprit qui avait été gardé dans les liturgies orientales.

Jeudi saint

"C'est le pieux roi Robert qui, aux lointains alentours de l'an mil, institua l'usage par les Roys de France de laver les pieds des pauvres le Jeudi Saint de chaque année et de célébrer la Cène en leur honneur. Cette coutume qui courbait devant des malheureux la Majesté Royale, avait été pratiquée déjà par les Empereurs Grecs de Byzance, et c'est de là qu'elle était venue d'Europe.

 

"Le nombre des pauvres amenés au palais pour cette cérémonie fut d'abord illimité. Il se réduisit par la suite et au début du XVIIème siècle, Henri IV régnant, il avait été définitivement fixé à treize garçons ou fillettes, ce nombre symbolisant Jésus-Christ et les douze Apôtres.

 

"Si le roy était empêché, le Dauphin le remplaçait...

 

"Une cérémonie se déroula jusqu'à la Révolution, également dans les grands appartements de la Reine. Elle aussi y servait les petits pauvres, assistée par les Princesses de la Famille Royale et par des Duchesses qui lui tendaient les plats." (Extrait tiré du livre de Paul Gruyer, Quand les Roys de France lavaient les pieds des pauvres). 

Jeudi saint

L'hymne Pange lingua gloriosi écrite par S. Thomas d'Aquin (1225-1274) est chantée le Jeudi saint lors de la translation du Saint-Sacrement au reposoir. La dernière séquence Tantum ergo est chantée à tous les saluts du Saint-Sacrement. L'hymne atteste la croyance catholique en la présence réelle du corps et du sang du Christ dans les espèces consacrées.

La Cène, Philippe de Champagne

La Cène, Philippe de Champagne

Sources:

 

(1) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. XV ; (2) L'Évangile au Quotidien. 

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16 avril 2025 3 16 /04 /avril /2025 18:38
Les Trinitaires, gardiens des chrétiens persécutés : "Nous sommes nés pour aller dans les cachots"

''La fondation de l’ordre en 1198 fut un événement unique dans l’histoire de l’Église, car jusqu’alors seule la vie monastique existait'', selon Aurelio, le vicaire général.

 

Saint Jean de Matha, son fondateur, créa le premier ordre sorti du couvent pour aider les nécessiteux, en particulier les chrétiens faits prisonniers pendant les années des Croisades (1096-1291), pour lesquels les Trinitaires payèrent des rançons et même échangèrent des places.

 

L'ordre avait pour mission de sauver et de racheter les captifs chrétiens et musulmans, établissant ainsi un nouveau modèle de vie religieuse centré sur l'action et le service hors du monastère. Les Trinitaires se rendaient dans les zones de guerre ''au nom de la paix, non pas avec une arme, mais avec une croix''.

 

''On nous appelle rédempteurs parce que nous suivons le même chemin que le Rédempteur. Il quitte son lieu de gloire, pour ainsi dire, et descend dans le monde. Il va à la rencontre des besoins, des faiblesses de l'homme, pour le libérer, le sortir des ténèbres. Et les Trinitaires suivent le même chemin. Ils quittent leurs foyers pour aller à la rencontre de ceux qui sont dans le besoin, pour leur apporter la clarté du Dieu du jour, les sortant des ténèbres des cachots'', a-t-il déclaré.

 

En fait, il y a actuellement des Trinitaires en cours de béatification comme Antonio da Conceiçao, un Trinitaire chaussé portugais (qui accomplit une rédemption de 232 captifs en 1579 à Marrakech), José de la Madre de Dios et Ignacio Tavares, morts en prison après s'être échangés contre des prisonniers chrétiens.

 

''Il y avait des religieux qui, quand l'argent n'arrivait pas et qu'ils voyaient que les prisonniers étaient dans une situation désespérée, prenaient leur place, offrant littéralement leur vie pour les captifs'', a ajouté Aurelio.

 

Aujourd'hui, les Trinitaires perpétuent l'héritage de leur ordre, consacrant leur vie aux captifs du XXIe siècle, ceux qui souffrent de persécutions en raison de leur foi. L'ordre compte actuellement 54 communautés en Europe, 22 aux États-Unis et au Canada, 21 en Amérique latine, 10 à Madagascar, deux en Inde et deux en Afrique continentale.

 

Source: 

 

https://www.catholicnewsagency.com/news/263387/trinitarians-guardians-of-persecuted-christians-we-were-born-to-go-to-the-dungeons

Les Trinitaires, gardiens des chrétiens persécutés : "Nous sommes nés pour aller dans les cachots"
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16 avril 2025 3 16 /04 /avril /2025 11:25
Mercredi saint

Aujourd'hui, c'est mercredi, une journée de trahison camouflée en silence.

 

Mais qu'est-ce qui la rend si grave?


Quel secret fait tourner la tendance de l'histoire ce jour-là?

 

Il commence par des mots chuchotés dans le temple et se termine par trente pièces d'argent et un baiser de trahison.

Aujourd'hui, les ombres s'epaississent.

 

Jérusalem, la ville sainte, bourdonne de pèlerins se préparant pour la grande fête de la Pâque. Le temple est rempli d'offrandes, de prières et de fumée de sacrifices...

 

Mais à huis clos, dans les chambres près du sanctuaire, les principaux prêtres, scribes et anciens du peuple complotent.

 

"Et les principaux prêtres et les scribes cherchaient à l'arrêter par furtivité et à le tuer; car ils ont dit:" Pas pendant la fête, de peur qu'il y ait une émeute du peuple." - Marc 14,1–2

Ils sont terrifiés. Pas de Dieu, mais du peuple.

 

Il y a quelques jours seulement, Jésus de Nazareth était entré dans la ville pour crier "Hosanna!" La foule l'avait salué comme le fils de David. Ses enseignements dans le temple étaient captivants, son autorité irrésistible. Les gens étaient accrochés à chaque mot. L'arrêter maintenant, au plus fort de la semaine de la Pâque, pourrait provoquer un soulèvement, et les Romains n'hésiteraient pas à l'écraser.

 

Les dirigeants décident donc d'attendre.

 

Laissez passer la fête. Puis, peut-être en secret, ils pourraient le saisir et en disposer discrètement. 

À leur grand étonnement, un personnage familier demanda à être admis. Judas Iscariote, l’un des Douze, un homme qui marcha avec Jésus, partagé des repas avec lui, été témoin de ses miracles, se tenait maintenant devant eux, le visage illisible.

 

"Que me donnerez-vous", dit-il, "si je vous le livre ?" - Matthieu 26,15. Un murmure de joie maléfique se répandit dans le conseil. Ils n’avaient pas osé l’espérer. La Divine Providence, du moins c’est ce qu’il leur semblait, leur donnait la clé même de la chute de Jésus.

L’accord fut conclu.

Mercredi saint

Ils comptent trente pièces d’argent, le prix d’un esclave. La somme même prédite par le prophète Zacharie des siècles auparavant :

"Ils pesèrent comme salaire trente pièces d’argent." - Zacharie 11,12

Judas prend l’argent. L’alliance de la trahison est scellée.

Et maintenant, le plan est en marche.

Judas, qui a accès aux temps privés de Jésus, trouvera le bon moment, loin de la foule, pour conduire à Lui les gardes du Temple. Mais comment s’assurer qu’ils arrêtent la bonne personne ?

Judas a un signal : "Celui que j’embrasse, c’est l’homme ; saisissez-le." - Matthieu 26, 48

Un baiser, le geste universel d’affection et de paix, déformé en signe de trahison.

Mercredi saint

Le mercredi des espions, comme on l’appelle communément, du nom de la trahison secrète de Judas, "l’espion" parmi les Douze, nous confronte à la tournure la plus sombre de la Semaine sainte.



Le Seigneur de Gloire est vendu comme un esclave ordinaire, trahi par un ami, chassé par ses propres prêtres et pris pour cible par ceux qui auraient dû le reconnaître comme le Messie.



Et pourtant, rien de tout cela n’est en dehors du plan de Dieu.

Mercredi saint

Les prêtres pensent qu’ils agissent en secret. Judas croit qu’il se déplace dans l’ombre. Mais la lumière de la prophétie brille à travers tout cela :



> L’Agneau pascal doit être sacrifié, non pas la semaine prochaine, mais cette même Pâque, comme ordonné avant la fondation du monde.

> Les trente pièces d’argent ne sont pas aléatoires, mais prédites.


> Même le baiser de la trahison devient un pas vers la Croix, où l’Amour vaincra le péché et la mort.

Mercredi saint

Aujourd’hui, l’Église entre dans un souvenir douloureux. Pendant des siècles, le mercredi a été un jour de pénitence et de jeûne, pour expier la trahison du Christ, pas seulement la trahison de Judas, mais toute trahison, y compris la nôtre.

Tel est le plan impie conçu ce jour-là, dans l’enceinte du Temple de Jérusalem.

 

Pour témoigner sa détestation, et pour faire expiation au Fils de Dieu de l’outrage qui lui était ainsi offert, la sainte Église, dès les premiers âges, consacra le mercredi de chaque semaine à la pénitence.

 

De nos jours, le jeûne du Carême commence un mercredi ; et lorsque l’Église a ordonné que nous commencions chacune des quatre saisons de l’année par le jeûne, le mercredi a été choisi pour être l’un des trois jours ainsi consacrés à la mortification corporelle.

 

- DOM PROSPER GUÉRANGER, ABBÉ DE SOLESMES

Cf. Trad West https://x.com/trad_west_/status/1912449554550567324?t=MIuMm-qP0J_nhkPoKbjM9Q&s=19

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16 avril 2025 3 16 /04 /avril /2025 00:00
Saint Benoît-Joseph Labre († 1783)

Benoît-Joseph Labre naquit à Amettes, diocèse d'Arras, et fut l'aîné d'une famille de quinze enfants. Âgé de douze ans, il fut reçu chez son oncle paternel, curé d'Érin, pour faire ses études en vue du sacerdoce.

 

Après la mort de son oncle, Benoît-Joseph passa chez son oncle maternel, vicaire de Conteville, où il ne fit que grandir dans la mortification et la prière. Son attrait était toujours vers le Saint-Sacrement devant lequel il s'abîmait des heures entières en contemplation.

 

Il y avait longtemps que Benoît-Joseph aspirait à une vie plus parfaite : "Être prêtre est bien beau, disait-il ; mais j'ai peur de me perdre en sauvant les autres."

 

Il finit par vaincre les résistances de ses parents et entre chez les Chartreux, espérant y trouver sa voie définitive. Il se trompait, car la Providence permet qu'il soit bientôt renvoyé par ses supérieurs, comme n'ayant pas la vocation de cet Ordre. La pensée de la Trappe, qu'il avait eue d'abord, lui revient ; on ne l'y accepte pas.

 

Ballotté de nouveau entre la Chartreuse et la Trappe, il est forcé de s'adresser enfin à Sept-Fonts.

 

Ses scrupules, ses peines d'esprit et une maladie sérieuse donnent bientôt lieu à son renvoi; son aspect inquiétant le fait prendre pour un voleur... Libéré de prison, il part à Saint-Jacques de Compostelle puis va vivre dans une caverne d'Aix-en-Provence.

 

Toute sa réponse à tant d'épreuves était : "Que la Volonté de Dieu soit faite !" C'est alors que Dieu lui inspire cette vocation de pèlerin-mendiant qui devait le mener droit, par les chemins les plus ardus de la pénitence, à une éminente sainteté. 

 

Il n'aura plus de relations suivies avec personne, vivra en solitaire au milieu du monde, ira toujours à pied, cherchera tous les lieux consacrés par la dévotion. Il sera revêtu d'un habit pauvre et déchiré, qu'il ne changera point.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/b1/BJLABRE1.jpg/260px-BJLABRE1.jpg

 

Un chapelet à la main, un autre au cou, un crucifix sur la poitrine, sur les épaules un petit sac contenant tout son avoir, c'est-à-dire son Nouveau Testament, l'Imitation de Jésus-Christ et le Bréviaire : tel on verra Benoît-Joseph dans ses continuels pèlerinages.

 

La pluie, le froid, la neige, la chaleur, rien ne l'arrête ; il couche le plus souvent en plein air, il vit de charité, au jour le jour, sans rien réserver pour le lendemain ; il ne prend que la plus misérable et la plus indispensable nourriture, et se fait lui-même pourvoyeur des pauvres. Souvent il est le jouet des enfants et de la populace ; il est regardé comme un insensé ; il souffre tout avec patience et amour.

 

Rome, Lorette, Assise et une multitude d'autres lieux saints sont l'objet de sa dévotion. À Rome, dans les ruines du Colisée, il s'installe une cabane. Ses visites quotidiennes à l'église Notre-Dame de Lorette attirent l'attention du sacristain qui lui trouve un emploi chez un marchands d'objets de piété. 

 

"Benoît Labre est reconnu pour avoir guéri de multiples maux : apoplexie, chancre, fistule, hernie, tumeur, calcul, sciatique, épilepsie, scorbut, fractures, cécité, surdité, hydropisie, etc. L'éventail clinique est de loin le plus extraordinaire de l'histoire des miracles chrétiens.

 

Il rend son âme à Dieu le 16 avril 1783 et devient le plus populaire saint de France en Italie. Le peuple romain avait été touché par la vie de cet homme, vêtu de haillons et distribuant ses maigres vivres aux pauvres.

 

En 1787, le premier volume des actes de sa canonisation avance le chiffre de 168 guérisons inexpliquées. En 1789, on parle de 200 cas. C'est une estimation importante, nettement supérieure aux chiffres fournis par les actes des procès de béatification et de canonisation à l'époque classique et pendant la période contemporaine.

 

La première guérison citée, intervenue après la mort du saint, est celle d'une clarisse italienne Angélique Gardellini, victime d'une chute grave dans un escalier, souffrante d'un anévrisme et de troubles sensoriels. Après avoir reçu l'extrême-onction, les religieuses veillant sur elles la recommandent au saint. Le résultat est immédiat : guérison totale, sans séquelle ni convalescence. [4]

 

***

Sources: (1), (2) Saints et Saintes de France, Des premiers martyrs à nos jours, Hatier, Renens (Suisse) 1988, p. 88, (3Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 20; (4) Patrick SBALCHIERO, Enquête sur les miracles dans l'Église catholique, Artège, Paris 2019, p. 271-272.

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Publié par Ingomer - dans Saints du jour
15 avril 2025 2 15 /04 /avril /2025 00:00
Saint Paterne de Vannes, Évêque d’Avranches († v. 565)

Saint Paterne de Vannes, Évêque d’Avranches († v. 565)

Surnommé aussi Paterne l'Ancien, pour le distinguer de celui de Coutances en Normandie.

On connaît peu de choses de lui, mais l'auteur imaginatif de l'aimable roman hagiographique connu sous le nom de "Vita Paterni" supplée largement à ces lacunes.

Ce Breton d'Armorique émigre en Bretagne insulaire (actuellement Pays de Galles) au rebours du mouvement habituel des Bretons à cette époque.

Il va fonder, au comté de Cardigan, un monastère qui prendra le nom de "Lhan-Paderne-Vaur" - église du grand Paterne.

On dit qu'il bâtit d'autres monastères au Pays de Galles et convertit des rois en Irlande.

Au cours d'un pèlerinage en Terre Sainte, il reçoit la consécration épiscopale à Jérusalem. De retour en Armorique, le roi Caradoc lui confie l'évêché de Vannes.

Le nouveau venu se lie d'amitié avec son voisin, saint Samson, évêque de Dol.

Vilipendé par de faux frères, il prend une retraite anticipée.

 

Sources : 1, 2, 3

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14 avril 2025 1 14 /04 /avril /2025 18:10
https://www.thetimes.com/uk/defence/article/the-untold-story-of-british-military-chiefs-crucial-role-in-ukraine-3j2zpgrxg

https://www.thetimes.com/uk/defence/article/the-untold-story-of-british-military-chiefs-crucial-role-in-ukraine-3j2zpgrxg

En janvier 2023, Lloyd Austin, le secrétaire américain à la Défense, a annoncé que les États-Unis et d'autres pays de l'OTAN enverraient un énorme paquet d'armes lourdes de grande envergure à l'Ukraine. La Maison Blanche avait annoncé que les États-Unis enverraient 31 chars M1 Abrams en Ukraine pour les aider à repousser les forces russes, mettant fin à leur nervosité de longue date à fournir à Kiev des véhicules blindés offensifs.

La Grande-Bretagne, pour sa part, deviendrait le premier pays occidental à fournir à l'Ukraine des missiles de croisière longue portée Storm Shadow afin d'accroître ses chances de succès, a déclaré Wallace. Des troupes britanniques ont été secrètement envoyées pour équiper les avions ukrainiens de ces missiles et leur apprendre à les utiliser. Ce ne serait pas la première fois que des troupes britanniques seraient déployées au sol : quelques dizaines de soldats britanniques réguliers avaient déjà été envoyés à Kiev pour former les nouvelles recrues et celles qui revenaient de l'armée à l'utilisation des NLAW, des missiles antichars fournis par le Royaume-Uni et livrés en février 2022, alors que l'invasion ne faisait que commencer.

 

Bien que des troupes d'entraînement britanniques soient déployées en Ukraine depuis 2015, elles ont été contraintes de se retirer en février 2022, craignant que la Russie ne lance une attaque à tout moment.

La contre-offensive

La contre-offensive à venir était censée marquer un tournant dans la guerre. Un sentiment d'optimisme régnait au sein de la coalition : la bataille serait la dernière pour l'Ukraine et le président Poutine serait contraint de faire la paix.

 

Dans les mois qui suivirent juin 2023, les chefs américains devaient commencer à jouer la guerre lors de l’offensive du printemps. Les Américains ne sont allés en Ukraine qu’à de rares occasions, craignant d’être perçus comme trop impliqués dans la guerre, contrairement aux chefs militaires britanniques qui ont eu la liberté d’y aller chaque fois que nécessaire. Parfois, leurs visites étaient si délicates qu’ils y allaient en civil.

 

...Août 2023, la diplomatie britannique a ramené les deux parties et, à la mi-août, Radakin, Zaluzhny et Cavoli se sont rencontrés en personne à la frontière polono-ukrainienne. Au cours d’une discussion de cinq heures, ils élaborèrent des plans pour la contre-offensive et complotèrent pour l’hiver, ainsi que pour l’année suivante. C’était un signe que les Américains n’allaient nulle part de sitôt.

À l’approche de Noël, environ six mois après la contre-offensive de l’été, les forces de Kiev avaient fait peu de progrès face à la résistance russe retranchée. La guerre grondait.

Au fil du temps, la Grande-Bretagne et l’Amérique ont assoupli leurs restrictions sur la façon dont les armes à longue portée telles que Storm Shadow pouvaient être utilisées contre des cibles à l’intérieur de la Russie. Le centre névralgique des livraisons d’armes occidentales à l’Ukraine a été déplacé d’un grenier dépoussiéré d’un bâtiment de la Seconde Guerre mondiale à Stuttgart, dans le sud de l’Allemagne, à une garnison militaire américaine à Wiesbaden.

Zaluzhny, maintenant en poste à Londres, déclara que Wiesbaden était devenu ''notre arme secrète'' en coordonnant avec nos partenaires la planification opérationnelle et en identifiant les ressources nécessaires pour la ligne de front. Les exercices de guerre entre Britanniques et Américains se sont poursuivis et les besoins en approvisionnement ont été identifiés et communiqués à Londres, Washington et d’autres capitales européennes. Les chefs britanniques ont posé des questions telles que celle de savoir si un plan d’attaque fonctionnerait et si les chiffres correspondaient à certaines offensives.

 

Le travail s’est poursuivi. En août 2024, les Ukrainiens ont envoyé des troupes de l’autre côté de la frontière sud-ouest de la Russie, dans la région de Koursk, sans en informer les États-Unis ou d’autres alliés. Selon une source militaire ukrainienne, on craignait que les détails de l’attaque prévue ne parviennent à Moscou après une fuite américaine en avril 2023 avant la contre-offensive. Des documents secrets du Pentagone mettant en évidence de graves pénuries de munitions au sein de l’armée ukrainienne avaient été exposés sur les réseaux sociaux. Les deux parties ont estimé que le niveau de confiance avait chuté.

 

La Grande-Bretagne et la France ont convoqué jeudi à Bruxelles une réunion de la ''coalition des volontaires'' des ministres de la Défense pour discuter des plans avec 50 pays. John Healey, le ministre britannique de la Défense, a déclaré : ''Bien que les discussions d’aujourd’hui soient privées, notre planification est réelle et substantielle. Nos plans sont bien élaborés."

Alors que l’engagement de la Grande-Bretagne à défendre l’Ukraine s’intensifie, certains se méfient de la fin de la route. John Foreman, ancien attaché de défense à Moscou et à Kiev, s’inquiète de la perspective imminente d’un engagement militaire à durée indéterminée envers l’Ukraine avec une 'mission incertaine' qui pourrait durer plus d’une décennie, ainsi que de l’impact que cela pourrait avoir sur l’OTAN.

Londres était impliquée militairement et stratégiquement, à l’insu du public.

 

Un nouveau rapport du British Times montre à quel point le Royaume-Uni a été profondément impliqué dans l’offensive ukrainienne du printemps 2023 – politiquement, militairement et en termes de renseignement.

Les responsables ont toujours souligné que le soutien occidental à Kiev était "défensif" et "à la demande de l’Ukraine". Mais un nouveau rapport complet du Times (du 11 avril 2025) révèle à quel point la Grande-Bretagne a activement participé en coulisses à l’élaboration, à la coordination – et à l’exécution significative – des plans d’attaque de l’Ukraine .

Des relations publiques à la participation directe à la guerre

Ce qui était auparavant vendu comme un "soutien moral" s’avère être une participation stratégique à la guerre. Les chefs militaires britanniques, en particulier l’amiral Tony Radakin, n’étaient pas seulement des conseillers, mais étaient profondément impliqués dans la planification, la mise en œuvre et la médiation entre les États-Unis et l’Ukraine. Dans certains cas, ils se sont rendus à Kiev incognito pour désamorcer les tensions au sein de la coalition occidentale – sans aucun débat public ni mandat parlementaire.

L'article se concentre sur le secrétaire à la Défense de l'époque, Ben Wallace, en l'honneur duquel un axe d'attaque a même été nommé. Les officiers ukrainiens l’ont surnommé avec révérence "l’homme qui a sauvé Kyiv". Le général Roly Walker et le chef du renseignement Hockenhull ont également joué un rôle central – ce dernier avait été impliqué dans la préparation du conflit avec la Russie pendant des années.

Des troupes britanniques sur place – malgré les dénégations ?

Le rapport du Times affirme ouvertement que des soldats britanniques ont été déployés en Ukraine, par exemple pour intégrer des missiles de croisière occidentaux ou pour s'entraîner sur des chars.

Cela contredit les déclarations antérieures selon lesquelles les États occidentaux n’étaient pas présents militairement.

Particulièrement explosif : de nombreux voyages se déroulaient en civil, ce qui témoigne du caractère secret de ces opérations.

Différend stratégique entre les États-Unis et l'Ukraine : Londres intervient comme médiateur

Alors que Washington cherchait à obtenir une percée décisive et ciblée, les généraux ukrainiens préféraient un front plus large et fragmenté – une erreur tactique, comme il s’est avéré plus tard. Les Britanniques ont tenté de jouer un rôle de médiateur, jouant le rôle de modérateur dans une alliance de plus en plus fragile.

Mais malgré tous les efforts, l’offensive n’apporta que peu de gains territoriaux et les défenses russes se révélèrent plus tenaces que prévu. Les soldats souffraient de niveaux de stress élevés, l’équipement était retardé et le moral s’effondrait.

Bases secrètes, centres de commandement, "Force de réassurance"

Le rapport décrit également comment le centre de commandement occidental a été déplacé d’un grenier improvisé à Stuttgart vers une base militaire américaine à Wiesbaden – "notre centre secret", selon le général ukrainien Zaluzhny. Selon le Times, tous les fils conducteurs convergent là : livraisons d'armes, planification des attaques, définition des cibles.

Et les perspectives ? La Grande-Bretagne et la France prévoient une "force de réassurance" pour l'après-guerre. Ce qui ressemble à un maintien de la paix pourrait se transformer en une mission militaire permanente. L'ancien attaché militaire John Foreman met en garde : "Il est facile de s’engager dans une guerre, il est plus difficile d’en sortir."

Conclusion : La participation a été plus complète que ce qui a été admis

Ce que révèle le Times ne laisse qu’une seule conclusion : la Grande-Bretagne n’était pas un soutien en coulisses, mais le principal architecte de l’offensive ukrainienne – militairement, politiquement et en termes de renseignement.

Et le public ? Je n'en ai pas entendu parler.


Source : The Times, 11 avril 2025, "L’histoire inédite du rôle crucial des chefs militaires britanniques en Ukraine"

 

Cf. https://uncutnews.ch/the-times-enthuellt-die-geheime-kriegsfuehrung-britische-soldaten-in-der-ukraine-im-einsatz/

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