« Je recommande à mon fils s’il avait le malheur de devenir Roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, [...] qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les Lois, mais en même temps qu’un Roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile. » (Testament de Louis XVI)
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Sainte Geneviève, patronne de Paris, naquit au village de Nanterre, vers l'an 422. Elle est la fille de l'officier franc, Severus, qui converti au christianisme nicéen (catholicisme) a servi dans l'armée romaine en Gaule, et de Gerontia, gauloise, fille de Gerontius, maître de cavalerie et ami personnel de Constantin III, qui tentait de préserver une partie de la Gaule de l'installation des Germains.
Ses parents possédaient des terres cultivables du côté de Melun et de Meaux où poussait le blé.
Elle était âgée de sept ans quand saint Germain, évêque d'Auxerre, traversa le village de Nanterre, où elle habitait. Éclairé par une lumière divine, le Saint discerna cette modeste enfant parmi la foule accourue sur ses pas :
"Béni soit, dit-il à ses parents, le jour où cette enfant vous fut donnée.
"Sa naissance a été saluée par les anges, et Dieu la destine à de grandes choses."
Puis, s'adressant à la jeune enfant, il la confirma dans son désir de se donner tout à Dieu :
"Ayez confiance, ma fille, lui dit-il, demeurez inébranlable dans votre vocation ; le Seigneur vous donnera force et courage."
Sainte Geneviève bénie par S. Germain, par J.-N. JOUY (1845), église Saint Nicolas-des-Champs - Paris
Un dimanche que Geneviève s'habillait pour accompagner sa mère aux offices, Gérontia dit à sa fille avec rudesse : "reste à la maison, Genovefa ; je ne veux pas que tu ailles à l'église."
La pauvre enfant, tout en larmes, répliqua :
"mais ma mère, il faut que je tienne la promesse que j'ai faite à Dieu et au saint Évêque Germain ! Il faut que je sois assidue aux offices pour mériter de devenir l'épouse du Christ."
Pour toute réponse, Gérontia leva la main sur sa fille et lui donna un soufflet. Le châtiment céleste suivit de près la faute. À peine Geneviève eut-elle été frappée que, subitement, Gérontia perdit l'usage de la vue ; tout devint ténèbres autour d'elle, et cela pendant près de deux ans. Mais Dieu qui voulut la punition permit aussi le miracle ; c'est là une des plus jolies pages de le vie de la douce enfant de Nanterre.
Depuis que sa mère était devenue aveugle, Geneviève l'amenait chaque jour dans la prairie où elle gardait son troupeau, elle lui décrivait ce qu'elle voyait autour d'elle, lui parlait de Dieu, de sa joie de s'être consacrée à lui, de la paix qui remplissait son cœur depuis la promesse faite à Germain d'Auxerre. Et Gérontia, qui comprenait maintenant les desseins de la Providence, écoutait l'enfant en silence et priait. Un soir, au soleil couchant, Gérontia élève la voix et, appelant sa fille, lui dit : "Prends le vase à puiser de l'eau, mon enfant, va au puits et rapporte-moi l'eau fraîche que tu auras tirée."
Il y a une si grande tristesse dans l'accent avec lequel ces paroles sont prononcées que Geneviève se hâte d'obéir. Au moment de porter la cruche à Gérontia, elle joint les mains et adresse au ciel une ardente supplication. Elle demande cette chose, en apparence irréalisable, la guérison de sa mère. Cependant l'aveugle renouvelle sa demande : "Apporte mois l'eau du puits, Génovefa." Geneviève s'approche de l'infirme, élève la cruche à portée de ses mains et fait un signe de croix sur l'eau. Avec une grande foi, l'aveugle prend du bout des doigts un peu d'eau bénite par sa fille et s'en baigne les yeux. Au premier attouchement, le voile qui obscurcit sa vue semble moins épais, au deuxième il disparaît presque entièrement, au troisième, la lumière se fait, définitive.
Et c'est là le premier miracle de la petite vierge de Nanterre qui, plus tard, rendra la santé à tant d'infirmes, la vue à tant d'aveugles, la foi à tant d'âmes égarées. Le puits ou Genovefa puisa l'eau miraculeuse existe encore à Nanterre et les pèlerins y affluent comme aux premiers siècles de la chrétienté.
Extrait de l'ouvrage Les Saintes Patronnes de France, éditions Voxgallia.
Geneviève reçut le voile à quatorze ans, des mains de l'archevêque de Paris, et, après la mort de ses parents, elle quitta Nanterre pour se retirer à Paris même, chez sa marraine, où elle vécut plus que jamais saintement.
Malgré ses austérités, ses extases, ses miracles, elle devint bientôt l'objet de la haine populaire, et le démon jaloux suscita contre elle une guerre acharnée. Il fallut un nouveau passage de saint Germain de Nanterre pour rétablir sa réputation : "Cette vierge, dit-il, sera votre salut à tous."
Bientôt, en effet, le terrible Attila, roi des Huns (434-453), surnommé le Fléau de Dieu, envahissait la Gaule ; mais Geneviève prêcha la pénitence, et, selon sa prédiction, Paris ne fut pas même assiégé.
"Ayez confiance, priez et Dieu vous écoutera". C'est ce que Ste Geneviève dit aux Parisiens lors du Conseil municipal qui se réunit pour débattre de l'évacuation de la ville devant l'invasion d'Attila.
Mais on ne l'écouta pas. Les prêtres eux-mêmes se détournaient d'elle et commencèrent à entasser les trésors de l'église S. Etienne sur des barques que les nautes avaient amarrées au port et où magistrats, marchands, artisans, commerçants commencaient à s'installer avec leurs biens. Les hommes pressaient leurs épouses et leurs enfants de partir avec eux. Sur des chariots étaient amassés des meubles, de l'argent, des vivres, des troupeaux, des animaux domestiques. Tout le monde voulait s'échapper de Lutèce, fuir par le fleuve, par les routes et les sentiers. On partait, on quittait Lutèce, on abandonnait les toits. Geneviève courut alors d'un endroit à un autre de l'Île, et même traversa à plusieurs reprises le pont pour tenter d'arrêter le flot des exilés. Elle osa sur le port s'adresser aux hommes et elle les exhorta à ne pas abandonner leur ville. Comme ils proférèrent des injures et finirent par la bousculer, elle fit appel à leur patriotisme gaulois. Elle évoqua l'antique cité lorsqu'elle était habitée par des hommes farouches et libres avant l'occupation romaine... et la défaite de Camulogène devant Labienus, lieutenant de César. Elle parla de ces précédentes invasions auxquelles toute la population de la cité sut résister en s'enfermant dans l'Île, en fortifiant les plus vastes de ses monuments. Elle s'étonna que soudain ils abdiquaient, alors que leurs pères et leurs aïeux leur avaient donné tant d'exemples de courage et d'abnégation. Geneviève se réfugia dans le baptistère S. Jean-en-Rond et là, au cours de la journée, bon nombre d'épouses, de mères ou de jeunes filles vinrent la rejoindre pour soutenir son action. Elles finirent par se retrouver nombreuses dans le baptistère et par s'y enfermer à l'abri des imprécations de leurs époux qui n'osaient quitter la ville sans elles. Elles s'agenouillèrent avec Geneviève et commencèrent des prières, des suppliques, pour demander à Dieu d'écarter Attila du chemin de Lutèce. Après avoir pris Orléans, Attila décida de lever le siège d'Orléans et de rebrousser chemin en direction de Troyes. L'affrontement des armées eu lieu aux Champs Catalauniques (451). Attila défait, Geneviève était rassurée en apprenant qu'il franchit les Alpes et s'apprêtait à entreprendre la conquête de l'Italie: ne l'avait-t-elle pas prédit ? Elle ne douta pas que le Hun se perdrait dans cette nouvelle aventure après la défaite qu'il venait d'essuyer. (Joël SCHMIDT, Sainte Geneviève, La Fin de la Gaule romaine, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1997)
"Que les hommes fuient, s’ils veulent, s’ils ne sont plus capables de se battre. Nous les femmes, nous prierons Dieu tant et tant qu’Il entendra nos supplications."
La sainte mourut à quatre-vingt-neuf ans, le 3 janvier 512.
D'innombrables miracles ont été opérés par son intercession.
Le reliquaire contenant les restes de la Sainte situé dans une crypte de l'église Sainte Geneviève comportait une grande quantité d'or et d'argent ainsi que des pierres précieuses qui avaient été données par des nobles. Il sera hélas fondu avec avidité en 1793 par la Commune de Paris, et une partie de ses reliques furent brûléespar les barbares avant d'être jetées dans la Seine en 1793. L'église Sainte Geneviève, confisquée en 1791 avec l'abbaye dont elle dépendait, fut abattue de 1801 à 1807... Ce ne sera hélas pas le seul exemple de profanations de symboles et de monuments chrétiens lors de la Révolution.
Mais la pierre tombale qui supportait le corps de la Sainte depuis 512 avait été épargnée en 1793 par manque d'intérêt et s'est mélangée au milieu des débris de l'église : elle sera retrouvée en 1802 avant d'être transférée de l'église Sainte Geneviève vers l'église Saint-Etienne-du-Mont. Une chapelle lui est dédiée en 1852 :
la pierre tombale sera recouverte d'une châsse, véritable manteau d'orfèvrerie,
une copie de la statue qui ornait l'ancienne église Sainte Geneviève a été intégrée dans l'autel,
trois reliquaires comportant les dernières reliques de la Sainte, qui avaient été distribuées à d'autres paroisses, sont déposés au pied de la statue.
Encore aujourd'hui, de très nombreux cierges sont allumés par des personnes souhaitant obtenir quelque grâce par l'intercession de la sainte et à la suite de la fête de Ste Geneviève début janvier, de très nombreux fidèles s'y retrouvent en pèlerinage pour prier.
Un des plus importants parmi les Pères de l’Église, saint Basile, est appelé dans les textes de la liturgie byzantine "un phare de l’Église".
Basile fut un grand évêque du IVe siècle, que regardent avec admiration aussi bien l’Église d’Orient que l’Église d’Occident, à cause de la sainteté de sa vie, de l’excellence de sa doctrine et de l’harmonieuse synthèse de ses qualités spéculatives et pratiques.[1]
Il est issu d'une vielle famille chrétienne, venue à la foi quand elle n'avait rien à y gagner et tout à y perdre. Les grands-parents de Basile étaient devenus chrétiens dès la fin du IIIe siècle, en pleine période de persécution violente. Son nom signifie "Royal".
Il naquit à Césarée en Cappadoce (Asie Mineure, actuelle Turquie), l'an 329, d'une famille "de haute et ancienne aristocratie", "descendant probablement de petits princes plus ou moins souverains qui régnaient à une époque reculée sur l'une des villes maritimes du rivage sud de la Mer noire[2], une famille où la sainteté était héréditaire; son père et sa mère, deux de ses frères, une de ses sœurs, sont placés au rang des saints.
Basile ainsi que ses frères et soeurs ont été formés dès l'enfance dans la foi chrétienne et ils ont été élevés dans un climat d'intrépidité, si ce n'est d'héroïsme, et dans le culte de la mémoire encore toute proche des martyrs.
Un seul défaut paraissait dans cet enfant de prédilection, sa faible santé; elle se rétablit pourtant, grâce aux prières de ses parents.
Doué d'un heureux génie, Basile étudia auprès des meilleurs maîtres d’Athènes et de Constantinople. Ne se satisfaisant pas de ses réussites mondaines, et se rendant compte d’une importante perte de temps dans les vanités, il allait confesser lui-même :
Un jour, comme me réveillant d’un profond sommeil, je me tournai vers l’admirable lumière de l’Évangile (…) et pleurai sur ma misérable vie. (cf. Lettres 223).
Attiré par le Christ il commença à regarder vers lui et à n’écouter que lui (cf. Moralia, 80, 1, Patr. Gr. 31, 860bc). Il se livra avec zèle à la vie monastique dans la prière, dans la méditation des Saintes Écritures et des écrits des Pères de l’Église, et dans l’exercice de la charité (cf. Lettres 2 et 22), suivant l’exemple de sa sœur, sainte Macrine la Jeune qui déjà vivait dans l’ascétisme monacal. Il fut ensuite ordonné prêtre et finalement, en 370, évêque de Césarée de Cappadoce, dans la Turquie actuelle.
Comme évêque et pasteur de son vaste diocèse, Basile se préoccupa constamment des conditions matérielles difficiles dans lesquelles vivaient les fidèles ; il dénonça les maux avec fermeté ; il s’engagea en faveur des plus pauvres et des marginalisés ; il intervint également auprès des autorités pour alléger les souffrances des populations, surtout dans les moments de calamités ; il veilla à la liberté de l’Église, et même s’opposa aux puissants pour défendre le droit de professer la vraie foi (cf. Grégoire de Nazianze, Discours 43, 48-51).
Le créateur des hôpitaux
À Dieu, qui est amour et charité, Basile rendit le puissant témoignage de la construction d’hospices pour les malheureux (cf. Lettres 94), telle une cité de la miséricorde, qui prit de lui le nom de "Basiliade" (cf. Sozomène, Histoire Ecclesiastique 6, 34). Elle est à l’origine des institutions hospitalières modernes d’accueil et soin des malades.
Le Père des moines d'Orient
À vingt-trois ans, il parut à Athènes et se lia avec Grégoire de Nazianze, au point que tous les deux ne faisaient qu'un cœur et qu'une âme. Amitié intellectuelle: tous deux brûlent de ferveur pour la littérature et la philosophie grecques. Là, ainsi qu'à Césarée et Constantinople, il poursuivit de longues et brillantes études. Son frère, Grégoire de Nysse, exercera lui aussi la profession de rhéteur avant de devenir évêque.
De retour en son pays, les applaudissements qu'il reçut l'exposèrent à une tentation de vaine gloire dont il fut si effrayé, qu'il embrassa l'état monastique pour y vivre dans l'oubli du monde et la pénitence; il fonda plusieurs monastères, écrivit des ouvrages ascétiques très estimés et traça des règles de vie religieuse demeurées célèbres.
Un très léger repas par jour, un sommeil très court, de longues veilles, un vêtement léger par les temps les plus froids, tel était l'ordinaire de ce saint austère, "dont la pâleur, dit saint Grégoire, annonçait un mort plutôt qu'un vivant." Basile eut à souffrir d'infirmités continuelles; dans le temps de sa meilleure santé, dit-il lui-même, il était plus faible que ne sont les malades abandonnés des médecins.
Le zèle contre l'hérésie d'Arius le fit un jour sortir de sa retraite. Avec zèle et courage Basile sut s’opposer aux hérétiques qui niaient que Jésus-Christ fût Dieu comme le Père (cf. Basile, Lettres 9, 3 ; Lettres 52, 1-3 ; Contre Eunome 1, 20). L'orthodoxie trinitaire avait été définie à Nicée en 325.
De la même façon, contre ceux qui n’acceptaient pas la divinité du Saint-Esprit, il soutint que l’Esprit est Dieu et "doit être reconnu et glorifié avec le Père et le Fils" (cf. Traité sur le Saint Esprit, SC 17bis, 348).Il nous dévoile comment l’Esprit anime l’Église, la remplit de ses dons, la sanctifie.
La part de l'exégèse y est considérable. Quinze homélies sur les Psaumes et neuf homélies sur le récit de la création procèdent d'une explication de texte méthodique.
Basile est par là un des principaux Pères à avoir formulé un concept de Dieu présent aussi bien dans l'Ancien (Genèse 18:1-5) que dans le Nouveau Testament : la doctrine sur la Trinité. Le Dieu unique, parce qu’il est Amour, est un Dieu en trois Personnes, lesquelles constituent la plus profonde unité qui existe, l’unité divine.
En 373, la disparition de Saint Athanase d'Alexandrie, qui avait assisté au concile de Nicée et qui était parti en exil à cinq reprises à cause de son attachement au symbole qui y avait été adopté, fait de Basile la figure de proue de l'orthodoxie.
D'autres homélies visent à alimenter la piété en développant l'éloge de plusieurs martyrs populaires dans la région, en particulier les Quarante Martyrs de Sébaste en Arménie, culte que sa famille avait contribué à répandre.
Mais le souci le plus marquant du prédicateur est de provoquer une réforme des mœurs. La pratique du jeûne, de l'aumône, de la sobriété, de l'humilité sont autant de thèmes dominants de cette prédication. Plusieurs sermons surtout s'efforcent de développer l'assistance aux pauvres et font aux riches, en termes exigeants, un devoir de leur consacrer leur superflu.
Contre l'usure, les mises en garde contre le recours à l'emprunt ne s'adressent évidemment pas à des possédants, mais ceux-ci sont invités à prêter largement sans demander d'intérêts.
La lumière resplendissante du mystère divin se reflète sur l’homme, image de Dieu, et exalte sa dignité. En regardant le Christ, on comprend pleinement la dignité de l’homme. Basile s’exclame :
Ô homme, mesure la grandeur qui est la tienne en considérant le prix payé pour toi : évalue le prix de ton rachat et comprends ta dignité ! (In Psal., 48, 8).
En particulier, le chrétien qui vit en conformité avec l’Évangile reconnaît que les hommes sont tous frères entre eux ; que la vie est une administration des biens reçus de Dieu, dont chacun est responsable vis-à-vis d’autrui ; et celui qui est riche doit être comme "un exécutant des ordres de Dieu-bienfaiteur" (Homélie 6 De l’avarice). Nous devons nous aider et coopérer comme les membres d’un corps (Lettres 203, 3).
Il est par conséquent bien mérité cet éloge que faisait Grégoire de Nazianze disant, après la mort de Basile :
Basile nous convainc que nous, parce que nous sommes humains, ne devons pas mépriser les hommes, ni, par notre inhumanité à l’égard des hommes, outrager le Christ, chef commun de tous ; mais bien plutôt, dans les disgrâces qui atteignent le prochain, devons-nous répandre le bien et emprunter de Dieu notre miséricorde, parce que nous avons besoin de miséricorde (Grégoire de Nazianze, Discours 43, 63).
Ce sont la générosité à l'égard des pauvres, la pratique de l'hospitalité, l'exercice de la maîtrise de soi, le versement à l'Eglise d'une dîme à une époque où, précise-t-il, cette pratique était encore rare.
Paroles tout à fait actuelles. Nous voyons comment Basile est réellement l’un des Pères de la doctrine sociale de l’Église.
En outre, Basile nous rappelle que pour garder vivants notre amour de Dieu et notre amour des hommes, l’Eucharistie est nécessaire, nourriture tout indiquée pour les baptisés, et capable d’alimenter les nouvelles énergies découlant du baptême (cf. Du baptême, 1, 3 ; SC 357,192). Pouvoir participer à l’Eucharistie est cause de joie immense (Moralia, 21, 3) car elle fut instituée "pour garder sans cesse le souvenir de celui qui est mort et ressuscité pour nous" (id. 80, 22). L’Eucharistie, don immense de Dieu, conserve en chacun de nous le souvenir du sceau baptismal et permet de vivre en plénitude et avec fidélité la grâce du baptême. Pour cela le saint évêque recommande la communion fréquente, et même quotidienne :
Aller jusqu’à communier chaque jour, recevant par là les saints corps et sang du Christ, est chose bonne et utile, parce que lui-même dit clairement "Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle" (Jn 6, 5). Qui donc alors douterait que communier continûment à la vie soit vivre en plénitude ? (Lettres 93).
En un mot, l’Eucharistie nous est indispensable pour accueillir en nous la véritable vie, la vie éternelle (cf. Moralia, 21, 1).
Ni les intrigues, ni les menaces n'eurent jamais prise sur cette grande âme. Un préfet le mande un jour et lui enjoint d'obéir à un prince arien, sous peine de confiscation de ses biens, de l'exil, des tourments, et de mort : "Faites-moi d'autres menaces, dit Basile, car il n'y a rien là que je puisse craindre; le premier coup suffira pour achever mes peines; la mort m'unira à mon Dieu." L'empereur dut s'avouer vaincu.
Il meurt le 1er janvier 379, à cinquante et un ans, ne laissant pas de quoi se faire élever un tombeau de pierre.[3] Et ses funérailles se déroulent au milieu d'un énorme rassemblement de population.
La vie de Basile a été brève puisqu'il n'a probablement pas atteint la cinquantaine (nous connaissons de façon précise la date de sa mort, mais seulement d'une manière approximative la date de sa naissance). Son activité pastorale s'étend à peine sur une quinzaine d'année, dont neuf seulement d'épiscopat.
Ce grand seigneur a vécu comme un pauvre. Par sa parole et par ses actes, il a le souci constant des misérables en un temps où les riches étaient très riches et les pauvres très pauvres, la classe moyenne étant à peu près inexistante.
Basile n'a pas pas eu le triomphe de la cause qu'il défendait. Il est mort deux ans et demi avant le deuxième concile œcuménique, réuni à Constantinople en 381. Il eût été heureux de le voir présider par son ami et compagnon de lutte, Grégoire de Naziance.
Il est reconnu Docteur de l'Église en 1568 par le pape Pie V. [4]
Le péché sans repentir est un poids qui entraîne l'âme au fond de l'enfer.
Saint Basile le Grand
Icône des sept premiers conciles œcuméniques
Sources: (1), (2) Dictionnaire des saints et Grands témoins du christianisme, Sous la direction de Jean-Robert ARMOGATHE et André VAUCHEZ, CNRS Éditions, Paris 2019, p. 120 ; (3), (4)
Huit jours après la Nativité du Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, nous célébrons Sa Mère, celle qui Lui a donné son être humain, corps et âme par l'Esprit-Saint qui vient sur elle, la plaçant elle-même dans l'orbite de la paternité divine. C'est la raison pour laquelle le concile d'Éphèse, en 431 ap. J.-C. la proclama la Theotokos (en grec Θεοτόκος; en latin Deipara o Dei genetrix), la Mère de Dieu, puisque son fils est Dieu. Ce qui ne préjuge pas de la différence entre Marie créature humaine et Jésus Fils éternel de Dieu.
La circoncision de Jésus, relaté dans l'Évangile selon Saint Luc (Lc 2,21), était autrefois une fête liturgique célébrée par les Églises catholique et orthodoxe le 1er janvier ; en 1974 elle fut remplacée par la fête de "Sainte Marie, Mère de Dieu".
Concile d'Ephèse de 431, Mosaïque de Notre-Dame de Fourvièvre
La solennité de Sainte Marie Mère de Dieu est la première fête mariale apparue dans l’Église occidentale. [1]
D'un point de vue théologique, au IVe siècle, l'hérésie d'Arius (arianisme) affirmait que si Dieu était divin, son Messager (le Fils pour les chrétiens trinitaires), lui, était d'abord humain et apportait la parole de Dieu sur terre, mais ne disposait pas d'une nature divine. Cette hérésie qui niait la divinité du Christ, fut rejetée au premier concile œcuménique, dit de Nicée, en 325.
Au Ve siècle, l’affirmation de Marie comme Mère de Dieu était la garantie de l’affirmation de la personne divine du Christ. Le problème posé par la crise nestorienne voyant deux hypostases (personnes) dans le Christ ne sera pas seulement mariologique, il sera fondamentalement christologique. La vérité contestée était en effet celle de l’unité de la personne (hypostase) du Christ, c'est-à-dire l'unité du Père et du Fils dans le Christ (Cf. I Jn 2, 22 "Voilà l'antichrist, celui qui nie le Père et le Fils.") Cette unité du Père et du Fils fut donc reconnue par le concile d’Ephèse, en 431, qui enseignait que dans le Christ ne se trouvait qu'une seule hypostase, la personne divine, qui a assumé une nature humaine [2],union fondée sur le mystère de l'Incarnation du Fils de Dieu ayant pris chair de la Vierge Marie, dans le sein de laquelle le Verbe éternel a assumé la nature humaine de manière ineffable et indicible, selon la parole évangélique : "Et le Verbe s'est fait chair et il a demeuré parmi nous." (Jn 1,14).
Sur la base de la seconde lettre de Cyrille d’Alexandrie (376-444) à Nestorius, qui fut approuvée par le concile, le Fils éternel du Père est celui qui, à la suite de l’engendrement charnel, est né de la Vierge Marie. De cette vérité sur le Christ dérivait la conséquence suivante pour Marie: pour cette raison, et en vertu de cette même union hypostatique, Marie est légitimement appelée Theotokos, "Mère de Dieu". Les Douze Chapitres formulés par Cyrille d'Alexandrie dans sa dernière lettre à Nestorius seront joints aux actes canoniques du concile d'Éphèse.
Après 440, une nouvelle hérésie, le "monophysisme" d'Eutychès, accentuera la nature divine du Christ, considérant la nature humaine comme seulement une "apparence", en réalité absorbée par la divine. Ce qui amènera la convocation du concile de Chalcédoine, en 451, 4e concile œcuménique, qui proclamera que l'union hypostatique dans la personne du Christ n'entraîne pas la confusion des deux natures, ni l'absorption de l'une par l'autre, définissant cela en une formule désormais célèbre : dans le Christ, "vrai homme et vrai Dieu", les deux natures humaine et divine sont "sans confusion, sans mutation, sans division, sans séparation". [3]
***
Prière du P. Léonce de Grandmaison, jésuite et théologien : Sainte Marie Mère de Dieu, gardez-moi un cœur d'enfant, pur et transparent comme une source. Obtenez-moi un cœur simple.
Sainte Marie Mère de Dieu
gardez-moi un cœur d'enfant
pur et transparent
comme une source.
Obtenez-moi un cœur simple
qui ne savoure pas les tristesses.
Un cœur magnifique
à se donner,
tendre à la compassion.
Un cœur fidèle et généreux
qui n'oublie aucun bien
et ne tienne rancune
d'aucun mal.
Faites-moi un cœur doux
et humble
aimant sans demander
de retour,
joyeux de s'effacer
dans un autre cœur
devant votre divin Fils.
P. Léonce de Grandmaison, jésuite et théologien [4]
La Théotokos de Vladimir, icône byzantine du xiie siècle.
***
Sources : (1) ; (2) "Nestorianisme", dans Dominique LE TOURNEAU, L'Église et l'État en France, PUF, Que sais-je ?, Vendôme 2000, p. 424 ; (3) ; (4)
Quand il fut en âge de disposer de sa fortune, il se plaisait à donner l'hospitalité aux chrétiens étrangers qui passaient à Rome ; il les menait à sa demeure, lavait leurs pieds, leur servait à manger, enfin leur donnait, au nom de Jésus-Christ, tous les soins de la plus sincère charité. [1]
Vint un jour à Rome, un illustre confesseur de la foi, nommé Timothée d'Antioche. Personne n'osait le recevoir ; Sylvestre s'en fit un honneur, et, pendant un an, Timothée prêchant Jésus-Christ avec un zèle incroyable, recevait chez lui la plus généreuse hospitalité. Cet homme héroïque ayant conquis la palme du martyre, Sylvestre déroba ses précieux restes et les ensevelit à la faveur de la nuit. Mais lui-même fut bientôt traduit devant le tribunal du préfet, comme recélant les trésors du martyr :
"Timothée, répondit-il, ne m'a laissé que l'héritage de sa foi et de son courage."
Le préfet le menaça de la mort et le fit jeter en prison ; mais Sylvestre, en le quittant, lui dit : "Insensé, c'est toi-même qui, cette nuit, vas rendre compte à Dieu."
Le persécuteur avala une arête de poisson et mourut en effet dans la nuit.
La crainte des châtiments célestes adoucit les bourreaux et l'héroïque jeune homme fut rendu à la liberté.
Cette belle conduite de Sylvestre le fit appeler au diaconat par le Pape saint Melchiade, dont il devait être l'éminent successeur. Son long pontificat de vingt et un ans (314-335) est surtout célèbre par le concile de Nicée, le Baptême de l'empereur Constantin et le triomphe de l'Église. Le Baptême de Constantin est reporté à une époque plus tardive par de nombreux auteurs; mais des témoignages non moins nombreux et non moins sérieux placent le Baptême de ce grand empereur sous le règne de saint Sylvestre, et le Bréviaire romain confirme cette opinion. [2]
Icône du premier concile de Nicée. Au premier plan, l'évêque saint Spyridon s'exprime devant le concile et confond Arius.
Derrière lui, préside à gauche (à droite de l'autel) le représentant de l'évêque de Rome, et en seconde place, à droite, la puissance invitante, l'empereur Constantin
Constantin, encore païen et peu favorable aux chrétiens dont il ignorait complètement la doctrine, fut atteint d'une sorte de lèpre qui lui couvrit tout le corps. Une nuit, saint Pierre et saint Paul, éclatants de lumière, lui apparurent et lui ordonnèrent d'appeler le Pape Sylvestre, qui le guérirait en lui donnant le Baptême. Le Pape, en effet, instruisit le royal néophyte et le baptisa. Le règne social de Jésus-Christ commençait; la conversion de Constantin allait avoir pour heureuse conséquence celle de l'univers.
Les historiens chrétiens de l'époque romaine (Eusèbe de CésaréeetLactance) attribuent la conversion de Constantin à une vision qu'il aurait eue juste avant labataille du pont Milvius, où il triompha de Maxence (312). Mais la tradition médiévale, véhiculée notamment par la Légende dorée, en donne une autre interprétation : l'empereur était couvert d'une lèpre incurable, et c'est lorsque Sylvestre l'eut baptisé par immersion dans une piscine qu'il fut guéri de sa lèpre et comprit qu'il lui fallait défendre la foi chrétienne. [3]
Sylvestre Ier tuant un dragon et ressuscitant ses victimes
On a attribué aussi à Sylvestre d'autres miracles spectaculaires, par exemple d'avoir ressuscité un taureau et dompté un dragon, qui sont décrits dans la Légende dorée.
Il fut, à l'origine, inhumé dans la Catacombe de Priscille, à Rome. [4]
Sources: [1]; [2]; [3] Jacques de Voragine, La Légende dorée, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 2004, publication sous la direction d'Alain Boureau, chapitre 12, p. 86-93; [4] Wikipedia
Nous ne connaissons quasiment rien de la jeunesse de Roger. En raison de son prénom, "Roger", inhabituel dans la région à cette époque, on a pensé qu'il pourrait être d'origine normande, mais c'est incertain. Il fut évêque de Cannes en Italie, sa ville natale.
Il a vécu et subi les ravages de la guerre, ravages causés lors des nombreuses rébellions des barons normands refusant notamment l'autorité de Robert Guiscard. C'est ainsi qu'en l'an 1083, Cannes fut ravagée et rasée par Guiscard afin de punir la rébellion de son neveu Herman, comte de la cité.
Saint Roger se montra serviable envers la population de la cité en souffrance, allant chercher lui-même pieds-nus dans la campagne environnante de quoi la nourrir.
Certains documents de cette période montrent que le saint évêque était souvent consulté par les papes Gélase II et Pascal II de régler certaines questions de droit et de réprimer la rivalité entre les églises et les communautés.
Il est décédé le 30 décembre 1129 et fut enterré dans la cathédrale de Cannes. [1]
L'évêque de Cannes (Canosa) était mort quelques années plus tôt, quand les habitants de Barletta, dans les Pouilles italiennes, vinrent piller la cathédrale pour emporter des reliques. C'était chose habituelle à l'époque. Ils rapportèrent de leur expédition un coffre de reliques, le trône épiscopal, des vases sacrés, et le corps de l'évêque Roger. L'année suivante, ils durent restituer les objets du vol, sauf le corps de l'évêque que son successeur ne considérait pas comme si précieux. Alors les habitants de Barletta voulurent le rendre précieux. Ils le canonisèrent et composèrent un office. "Accorde-nous, par ses prières et ses vertus, d'être à jamais préservés de tout mal" dit l'oraison du nouveau saint Roger. [2]
Ses reliques sont maintenant vénérées dans la ville voisine de Barletta, qui annexa Cannes en 1303.
Il est le saint patron de la ville de Barletta et de l'archidiocèse de Trani-Barletta-Bisceglie.
Les Églises d'Orient célèbrent le saint roi-poète qui est la figure messianique du Christ, et dont les psaumes sont la base même de la prière liturgique depuis des millénaires. Après avoir gravement offensé la loi divine, il manifesta un repentir exemplaire. [1]
"Samuel donna l’onction à David au milieu de ses frères. L’esprit du Seigneur s’empara de David" (1 S 16, 1-13) [2]
Suivant la Bible hébraïque, ce jeune berger de la tribu de Juda, fils de Jessé, est appelé aux côtés du roi Saül pour l'apaiser de ses chants. Il met en déroute les ennemis philistins en vainquant le géant Goliath à l'aide de sa fronde. Devenu le héros d'Israël, il s'attire la jalousie puis la vindicte de Saül, doit s'enfuir et prend la tête de maquisards, opérant la vengeance divine et redistribuant les butins aux pauvres.[3]
Les chrétiens adoptent les Écritures hébraïques et font de Jésus-Christ l'héritier de la promesse messianique faite à David.
"Devenu vieux vers 975 av. J.-C., le roi David appela le prêtre Sadoc, le prophète Nathan et Benaya, fils de Joad, et leur dit :
Vous placerez mon fils Salomon sur ma propre mule et vous le ferez descendre à Guilhone. Là le prêtre Sadoc et le prophète Nathan lui donneront l'onction comme roi sur Israël. Vous sonnerez du cor et vous direz : 'Vive le roi Salomon!' Vous remonterez à sa suite et il viendra s'asseoir sur mon trône et c'est lui qui régnera à ma place [...] Alors le prêtre Sadoc prit dans sa Tente la corne d'huile et donna l'onction à Salomon. On sonna du cor et tout le peuple dit : 'Vive le roi Salomon!' Tout le peuple remonta derrière lui. Le peuple jouait de la flûte et manifestait une joie débordante." (1 R 1, 32 et suiv.)"
Ainsi s'accomplissait la promesse du Seigneur : "Quand tes jours seront accomplis et que tu reposeras auprès de tes pères, je te susciterai pour ta descendance un successeur, qui naîtra de toi, et je rendrai stable sa royauté. [...] Ta maison et ta royauté subsisteront toujours devant moi, ton trône sera stable pour toujours." (2 S 7, 12-16.)
Cette annonce se réalise en Jésus-Christ ('Christ' signifie en grec celui qui a reçu l'onction), dont le rôle et le caractère royal sont soulignés par les Évangiles (jusqu'à treize fois dans le seul Évangile de Jean)." [4]
En 751, le roi de France Pépin le Bref recevra l’onction sainte des mains de saint Boniface, l'évangélisateur de la Germanie, et se fera élire roi par les grands de Soissons : il deviendra le premier de nos rois à être "sacrés". Pépin partagera avec Saül et David le fait de ne pas avoir été appelé à régner par sa naissance.
Après David, à travers Jésus-Christ, l'héritage se transmet à tous les rois de la chrétienté, à l'instar de Saint Charlemagne qui se proclamera "nouveau David". [5]
MISERERE MEI DEUS (Psaume 50)
Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.
Oui, je connais mon péché,
ma faute est toujours devant moi.
Contre toi, et toi seul, j’ai péché,
ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait.
Ainsi, tu peux parler et montrer ta justice,
être juge et montrer ta victoire.
Moi, je suis né dans la faute,
j’étais pécheur dès le sein de ma mère.
Mais tu veux au fond de moi la vérité ;
dans le secret, tu m’apprends la sagesse.
Purifie-moi avec l’hysope, et je serai pur ;
lave-moi et je serai blanc, plus que la neige.
Fais que j’entende les chants et la fête :
ils danseront, les os que tu broyais.
Détourne ta face de mes fautes,
enlève tous mes péchés.
Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.
Rends-moi la joie d’être sauvé ;
que l’esprit généreux me soutienne.
Aux pécheurs, j’enseignerai tes chemins ;
vers toi, reviendront les égarés.
Libère-moi du sang versé, Dieu, mon Dieu sauveur,
et ma langue acclamera ta justice.
Seigneur, ouvre mes lèvres,
et ma bouche annoncera ta louange.
Si j’offre un sacrifice, tu n’en veux pas,
tu n’acceptes pas d’holocauste.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ;
tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé…
Sources: 1; 2; 3; [4] Patrick Demouy, Le Sacre du Roi, La Nuée bleue, Place des Victoires, Editions du Quotidien, Strasbourg 2016, p. 29; [5] Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman (trad. Patrice Ghirardi), Les rois sacrés de la Bible : à la recherche de David et Salomon, Paris, Bayard, 2006, p. 20-21
Les pasteurs de Bethléem ayant reçu l'annonce de l'ange, s'empressèrent d'accourir à la grotte et trouvèrent "Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la crèche" (Lc 2, 16).
Les premiers témoins de la naissance du Christ, les pasteurs, se trouvèrent non seulement en face de l'Enfant Jésus, mais d'une petite famille : la Mère, le Père et le Fils nouveau-né.
Jésus est le fils de Dieu envoyé dans ce monde. Il est aussi le fils de Marie, une jeune fille de Galilée, et, comme tout enfant, il apprend tout auprès de ses parents. La parole de Dieu n'est pas une parole proférée loin au-dessus de nos vies ; elle prend chair et apprend les mots des hommes dans une humble famille. [1]
Dieu a voulu se révéler en naissant dans une famille humaine, et c'est pourquoi la famille humaine est devenue une icône de Dieu.
Dieu est Trinité, il est communion d'amour et la famille en est une expression qui reflète le Mystère insondable de Dieu amour, dans toute la différence qui existe entre le Mystère de Dieu et sa créature humaine.
L'homme et la femme, créés à l'image de Dieu, deviennent dans le mariage "une seule chair" (Gn 2, 24), c'est-à-dire une communion d'amour qui engendre une nouvelle vie. La famille humaine, dans un certain sens, est une icône de la Trinité du point de vue de l'amour interpersonnel et de la fécondité de l'amour.
Chaque année, les parents de Jésus se rendaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Quand il eut douze ans, ils montèrent en pèlerinage suivant la coutume.
La liturgie d'aujourd'hui célèbre cet épisode évangélique où Jésus âgé de douze ans reste au Templeà Jérusalem, à l'insu de ses parents, qui, surpris et inquiets, l'y retrouvent après trois jours alors qu'il discute avec les docteurs. À sa mère qui lui demande des explications, Jésus répond qu'il doit "être dans la propriété", dans la maison de son Père, c'est-à-dire de Dieu (cf. Lc 2, 49).
Dans cet épisode, le jeune Jésus nous apparaît plein de zèle pour Dieu et pour le Temple. Demandons-nous : de qui Jésus avait-il appris l'amour pour les "choses" de son Père ? Assurément en tant que fils, il a eu une intime connaissance de son Père, de Dieu, d'une profonde relation personnelle permanente avec Lui, mais, dans sa culture concrète, il a assurément appris les prières, l'amour envers le Temple et les institutions d'Israël de ses propres parents. Nous pouvons donc affirmer que la décision de Jésus de rester dans le Temple était surtout le fruit de sa relation intime avec le Père, mais aussi le fruit de l'éducation reçue de Marie et de Joseph.
Nous pouvons ici entrevoir le sens authentique de l'éducation chrétienne : elle est le fruit d'une collaboration à rechercher toujours entre les éducateurs et Dieu. La famille chrétienne est consciente que les enfants sont un don et un projet de Dieu. Par conséquent, elle ne peut pas les considérer comme sa propriété, mais, en servant à travers eux le dessein de Dieu, elle est appelée à les éduquer à une plus grande liberté, qui est précisément celle de dire oui à Dieu pour faire sa volonté.
Il s'ensuit que l'un des services les plus grands que nous chrétiens pouvons prêter à nos semblables est de leur offrir notre témoignage serein et ferme de la famille fondée sur le mariage entre un homme et une femme, en la sauvegardant et en la promouvant, car celle-ci possède une importance suprême pour le présent et l'avenir de l'humanité. En effet, la famille est la meilleure école pour apprendre à vivre les valeurs qui donnent sa dignité à la personne et rendent les peuples grands. [2]
Jésus au milieu des docteurs (Origène)
"Mon Jésus ne peut être trouvé dans la foule. Apprenez donc où l'ont découvert ceux qui le cherchaient, afin que vous aussi, en le cherchant avec Marie et Joseph, vous puissiez le découvrir.
"À force de le chercher, dit l'évangéliste, 'ils le trouvèrent dans le Temple' (Lc 2,46). Non pas n'importe où, mais dans le Temple, et là, en outre, 'au milieu des docteurs de la Loi qu'il écoutait et interrogeait' (Lc 2, 46-47).
"Vous aussi, cherchez Jésus dans le Temple de Dieu, cherchez-le dans l'Église, cherchez-le auprès des maîtres qui sont dans le Temple et n'en sortent jamais. [...] Ils le trouvent assis au milieu des docteurs, et non seulement assis, mais les interrogeant et les écoutant. Maintenant encore Jésus est ici : il nous interroge et il nous écoute parler'".
(Origène, Homélie sur Saint Luc, Cerf, 1962, pp. 266-267.) [3]
Sources:[1] Croire [2] BENOÎT XVI, Angelus - Place Saint-Pierre, Dimanche 27 décembre 2009 [3] Missel des dimanches 2022, Année C, Nouvelle traduction du Missel romain, p. 176.
Au cours des trois premiers siècles de l'Église, outre la croyance en la Trinité et en l'Incarnation, les documents existants révèlent une croyance largement répandue en :
Quelle qu'ait été cette Église primitive, elle n'était pas protestante. C'est ce que voulait dire saint John Henry Newman : il est impossible d'étudier en profondeur l'histoire de l'Église et d'en conclure qu'elle présente la moindre ressemblance avec la foi et la pratique protestantes. Le catholicisme, en revanche, peut remonter le cours de l'histoire jusqu'à l'Église pré-constantinienne et y trouver une continuité substantielle.
J'ai compris que je n'avais pas besoin de mourir pour aller au paradis. Le paradis, c'est là où je viens d'aller. La messe est ce qui m'y emmène.
L’Évangile de Jean le mentionne anonymement comme « le disciple que Jésus aimait » (Jean 13,23 ; 19,26 ; 20,2 ; 21,7), qui était assis auprès de Jésus lors de la Cène et se tenait au pied de la croix, où Jésus lui confia sa mère Marie (Jean 19,26-27). La tradition veut que Jean soit le seul apôtre à ne pas être mort en martyr.
Saint Jean l'Apôtre, également connu sous le nom de saint Jean l'Évangéliste ou saint Jean le Bien-Aimé, était l'un des douze apôtres de Jésus-Christ, tels que décrits dans le Nouveau Testament. Né vers l'an 6 après J.-C. en Galilée, il était le fils de Zébédée, un pêcheur, et de Salomé, et le frère cadet de l'apôtre Jacques le Majeur.
Jésus appela Jean et Jacques alors qu’ils réparaient des filets avec leur père (Mt 4:21-22 ; Marc 1:19-20), et il les surnomma "Boanerges" (Βοανηργές en grec), ou " fils du tonnerre" (Marc 3:17), forme galiléenne pour ben, fils; roguèz, de ragaz, tremblement, ébranlement, tonnerre provenant de l'hébreu bene reghesh, reflétant leur tempérament zélé (Lc 9,54).
La tradition chrétienne attribue à Jean la paternité de l'Évangile selon Jean, des trois épîtres de Jean et du livre de l'Apocalypse. Son Évangile met l'accent sur la divinité du Christ et les thèmes de l'amour et de la lumière.
Jean occupait une place importante parmi les apôtres. Représentant l'amour, il marche à côté de S. Pierre, qui symbolise la doctrine.
Jésus semble avoir réservé à cet Apôtre les plus tendres effusions de son Cœur. Plus que tout autre, en effet, Jean pouvait rendre amour pour amour au divin Maître. Le Sauveur prit plaisir à multiplier les occasions de témoigner envers son cher disciple une prédilection singulière : Il le fit témoin de la résurrection de la fille de Jaïre (Marc 5:37-43) ; Il lui montra sa gloire sur le Thabor, au jour de sa Transfiguration merveilleuse (Matthieu 17:1-9) ; l'agonie au jardin de Gethsémani (Marc 14:33); mais surtout la veille de sa Passion, à la dernière cène, Il lui permit de reposer doucement la tête sur son Cœur divin, où il puisa cette charité et cette science des choses de Dieu, qu'il répandit dans ses écrits et au sein des peuples auxquels il porta le flambeau de l'Évangile.
Une des gloires de S. Jean fut d'être le seul, parmi les Apôtres, fidèle à Jésus dans ses souffrances ; il Le suivit dans l'agonie du calvaire ; il accompagna dans ces douloureux instants la Mère du Sauveur.
Jésus, ayant vu sa Mère au pied de la croix, abîmée dans sa tristesse, et près d'elle S. Jean, Il dit à Marie : "Femme, voilà ton fils !" Ensuite Il dit au disciple : "Voilà ta mère !". L'Apôtre, en cette circonstance, nous disent les saints docteurs représentait l'humanité tout entière ; en ce moment solennel Marie devenait la Mère de tous les hommes, et les hommes recevaient le droit de s'appeler les enfants de Marie.
Il était juste que S. Jean, ayant participé aux souffrances de la Passion, goûtât l'un des premiers les joies pures de la résurrection. Le jour où le Sauveur apparut sur le rivage du lac de Génésareth (Lac de Tibériade) pendant que les disciples étaient à la pèche, S. Jean fut le seul à Le reconnaître. "C'est le Seigneur," dit-il à S. Pierre. Jean était donc bien, tout l'Évangile le prouve, le disciple que Jésus aimait.
"L'Évangile selon Marcest situé autour des années 60 après l'avoir été autour des années 70, mais il pourrait bien être des années 50.
"L'Évangile selon Luc + les Actes des Apôtres sont situés de manière habituelle dans les années 80, mais ils pourraient bien être aussi des années 60.
"L'Évangile selon Jeanest situé autour des années 90, mais à cause de son caractère mystique et de certaines caractéristiques relevant de la topographie et de la chronologie il pourrait bien être des années 60." (3)
Saint Jean à Patmos - Hans Memling (1475)
L’Évangile de Jean est unique par sa structure, son style et sa profondeur théologique.
Cette différence a conduit certains érudits à affirmer qu'il n'a pas été écrit par l'apôtre Jean, mais par un autre 'Jean' ou par une communauté chrétienne ultérieure.
Une théorie veut que l'Évangile ait été écrit par "Jean l'Ancien", mentionné par Papias au IIe siècle. Mais "Ancien" est un titre de respect - il pourrait s'agir de l'apôtre Jean lui-même. Si "l'Ancien" est un autre Jean, il pourrait s'agir d'un scribe de l'apôtre.
Un autre argument repose sur le style et le contenu de l'Évangile. Certains affirment qu'il reflète une théologie développée qui a dû apparaître des décennies après la vie de Jean. Les critiques soutiennent qu'une telle profondeur indique un auteur ou un groupe d'auteurs plus tardif. Mais les Pères de l’Église comme S. Irénée identifient spécifiquement l’apôtre Jean comme l’auteur de l’Évangile. Une seule génération sépare Jean et Irénée. Des preuves internes dans l’Évangile indiquent également que Jean est l’auteur unique. L’auteur s’identifie comme 'le disciple que Jésus aimait'. Il est 'témoin oculaire' de moments clés : la Cène, la crucifixion et le tombeau vide. Ce 'Disciple bien-aimé' fait clairement partie du cercle intime de Jésus. Qui d'autre dans le cercle restreint correspond à cette description ? Pierre est mentionné par son nom, ce qui ne laisse que Jacques ou Jean. Jacques a été martyrisé très tôt (Actes 12,2) décapité vers 41 ap. J.-C. sur l'ordre d'Hérode Agrippa. Ce qui laisse Jean comme seul candidat possible.
"Jean n'était qu'un pêcheur ! Il n'aurait pas pu écrire un évangile aussi élaboré !", dit-on. Cela suppose que le Saint-Esprit serait inefficace. Mais Dieu cache les choses aux sages et les révèle aux petits. En résumé:
• Des témoignages extérieurs pointent vers Jean
• L’unité interne pointe vers un seul auteur
• Seul Jean pouvait être le 'Disciple bien-aimé'. (4)
Selon des traditions postérieures, Jean aurait résidé à Éphèse, pris soin de la Vierge Marie, subi les persécutions de l'empereur Domitien (notamment une survie miraculeuse dans l'huile bouillante), et été exilé à Patmos.
Il serait mort de causes naturelles vers l'an 100 à Éphèse, à un âge avancé.
Sa fête est célébrée le 27 décembre. Jean est le saint patron de l'amour, de la loyauté, des amitiés, des auteurs et des théologiens, et son symbole est souvent un aigle, représentant la perspective théologique élevée de son Évangile.
***
Sources : (1) ; (2) ; (3) Simon Claude MIMOUNI, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, Bayard, Italie 2018, p. 21 ; (4) https://x.com/catholicpat/status/1872250661397536790
On ignore si saint Étienne fut disciple de Jésus-Christ ou s'il fut converti par les prédications des Apôtres.
C'était une âme de feu, rayonnante d'audace, le premier et le modèle de cette immense série d'hommes admirables que le christianisme possédera au service de sa cause, et qui, ayant trouvé la vie en Jésus, jugeront naturel de la lui sacrifier.
Helléniste, peut-être même alexandrin d'origine (on l'a supposé d'après la connaissance qu'il semble posséder des doctrines du philosophe juif hellénisé Philon, alors surtout en vogue à Alexandrie, et d'après l'emploi qu'il fait, quatre fois dans son discours, du mot Sagesse, très en usage dans les milieux juifs d'Égypte . Cf. Le livre biblique de la Sagesse en vient), au fait des doctrines philosophiques autant que des traditions hébraïques, Étienne incarne à merveille l'esprit nouveau, tourné vers les conquêtes et décidé aux ruptures nécessaires.
Élevé à l'école du scribe éminent, le Rabbi Gamaliel (fils d'une lignée de docteurs de la Loi, petit-fils du célèbre rabbi Hillel), dans toute la science des Juifs, il avait une autorité spéciale pour convertir les prêtres et les personnes instruites de sa nation. Ses miracles (Ac 6,8) ajoutaient encore au prestige de son éloquence et de sa sainteté. De tels succès excitèrent bientôt la jalousie; on l'accusa de blasphémer contre Moïse et contre le temple en affirmant que Jésus détruirait le Lieu saint et changerait les coutumes que Moïse nous a transmises (Ac 6,11-14).
Quand Pierre enseignait les foules de Jérusalem, Étienne s'appliquait surtout à montrer que Jésus avait été le Messie, l'extrême aboutissement d'Israël. Étienne, lui, a surtout retenu les phrases où il est dit qu'on ne met pas du vin nouveau dans une vieille outre, et qu'on ne coud pas une pièce neuve à un vieux manteau. Aussi les Juifs judaïsants ne s'y trompent-ils pas : voilà un plus dangereux adversaire ! "Cet homme ne cesse de proférer des blasphèmes contre le Saint Lieu et contre la Loi." (1)
Il professait une relation à Dieu qui n'avait plus besoin ni du temple ni des sacrifices d'animaux. (2)
Les Hellénistes comme les Hébreux sont des chrétiens d'origine judéenne mais les premiers proviennent de Diaspora et s'expriment en grec alors que les seconds sont de Palestine et s'expriment en hébreu ou en araméen. Les Hellénistes résidant à Jérusalem sont sans doute rattachés aux nombreuses synagogues de langue grecque qui se trouvent dans la Ville sainte.
Le procès et la mort de Jacques le Majeur, frère de Jean l'Évangéliste, vers 41, sont proches de ceux d'Étienne : pour l'un comme pour l'autre, il est question d'un blasphème formel suivi d'un procès au Sanhédrin et d'une lapidation légale. Étienne développe une doctrine fondée sur une lecture messianique des évènements rapportés dans la Bible : Moïse annonce non seulement jésus (Ac 7,37), mais il en est la préfiguration (Ac 7,22). Il rappelle comment Israël a traité les prophètes en attendant de mettre à mort le "Juste" annoncé par eux (Ac 7,51-52) : il s'agit là d'une véritable confession messianique. (3)
Étienne fut traîné devant le Sanhédrin. En ces jours-là, les autorités juives se sentirent plus libres qu'à l'ordinaire, car Ponce Pilate vient d'être rappelé à Rome pour rendre compte de quelques récentes et trop flagrantes violences et se défend - mal - devant Caligula. Les discours qu'Étienne prononce est beau de rigueur et de force dans le raisonnement, reliant le message du Christ à tout ce qui, dans les Ecritures, l'annonce, et le montrant comme une conclusion indispensable; mais plus encore, il est superbe par son intrépidité. Les accusations claquent contre la nation prédestinée, mais infidèle. Et il termine son long développement apologétique par ces phrases terribles :
"Hommes au cou raide, incirconcis de coeur et d'oreilles, vous résistez toujours au Saint-Esprit. Tels furent vos pères, tels vous êtes. Quel est celui des prophètes que vos ancêtres n'ont point persécuté ? Ceux qui annonçaient la venue du Messie, ils les ont tués, comme vous-mêmes avez trahi et tué maintenant le Messie lui-même. Et la loi qui vous a été donnée par les Anges, vous ne l'avez pas observée ! " (Ac 7,51-53)
Étienne répondit victorieusement aux attaques dirigées contre lui, et prouva que le blasphème était du côté de ses adversaires et de ses accusateurs. À ce moment le visage du saint diacre parut éclatant de lumière comme celui d'un ange. Mais il avait affaire à des obstinés, à des aveugles. Pour toute réponse à ses paroles et au prodige céleste qui en confirmait la vérité, ils grinçaient des dents contre lui et se disposaient à la plus noire vengeance. Afin de rendre leur conduite plus coupable, Dieu fit un nouveau miracle; le ciel s'entrouvrit et le saint, levant les yeux en haut, s'écria avec ravissement: "Je vois les cieux ouverts et le Fils de l'homme debout à la droite de Dieu." (Ac 7,56) À ces mots, ses ennemis ne se contiennent plus; ils poussent des cris de mort, entraînent le martyr hors de la ville et le lapident comme un blasphémateur. Étienne, calme et souriant, invoquant Dieu, disait: "Seigneur, recevez mon esprit!... Seigneur, ne leur imputez point ce péché." Saul, le futur saint Paul, était parmi les bourreaux. "Si Étienne n'avait pas prié, dit S. Augustin, nous n'aurions pas eu saint Paul."
Par amour de Dieu, il n’a pas cédé à la brutalité des bourreaux, par amour du prochain, il a intercédé pour ceux qui le lapidaient. Par charité, afin de les corriger, il reprend ceux qui errent; par charité, afin d’écarter d’eux le châtiment, il prie pour ceux qui le lapident.
"Voici avait dit Jésus, j’envoie vers vous des prophètes, des sages et des scribes ; vous tuerez et crucifierez les uns, vous en flagellerez d’autres dans vos synagogues, vous les poursuivrez de ville en ville ; ainsi, sur vous retombera tout le sang des justes qui a été versé sur la terre, depuis le sang d’Abel le juste jusqu’au sang de Zacharie, fils de Barachie, que vous avez assassiné entre le sanctuaire et l’autel. Amen, je vous le dis : tout cela viendra sur cette génération. Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous n’avez pas voulu ! Voici que votre temple vous est laissé : il est désert. En effet, je vous le déclare : vous ne me verrez plus désormais jusqu’à ce que vous disiez : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !" (Matthieu 23, 34-39)
Lorsque trente ans plus tard, Jérusalem sera devenue "la maison déserte" prédite par le Messie (destruction du temple de Jérusalem en 70 par les armées de Titus), la mort du premier martyr se trouvera payée par une immensité de douleur, mais elle aura puissamment contribué à répandre la Bonne nouvelle, en donnant au christianisme le premier témoignage signés de sang.
Premier martyr de la chrétienté, Étienne apparaît comme étant à l’origine du culte des saints. Dans les quatre premiers siècles du christianisme, tous les saints vénérés par l’Église étaient martyrs.
La persécution déclenchée par le martyre de saint Étienne ne cessa jamais complètement.
À la suite de l'exécution d'Étienne, la répression s'abattit sur les autres membres du groupe des Hellénistes, contraignant la plupart d'entre eux à s'enfuir loin de Jérusalem pour échapper à la persécution : la première visant les chrétiens et venant des autorités religieuses judéennes, comme pour Jésus. (Les Hellénistes) sont passés en Phénicie, à Chypre et à Antioche, ancienne capitale du royaume grec séleucide de Syrie, lieu de rencontre de l'Orient et de l'Occident, où ils ont diffusé le message chrétiens aux judéens et aux Grecs (Ac 11, 19-21) (4), et où les disciples du Christ reçoivent pour la première fois le nom de chrétiens. C'est d'Antioche qu'au plan doctrinal les approches d'Ignace d'Antioche, conservées dans ses sept lettres, influenceront de manière décisive le christianisme du IIe siècle, celui qui se définira comme "orthodoxe". (5)
Avec des périodes de calme et des recrudescences, la persécution avait toujours remué les chrétiens. En l'année 41, elle éclatera plus forte et plus systématique par la volonté d'Hérode Agrippa Ier, petit-fils d'Hérode, alors devenu roi d'Israël, par la volonté de son compagnon de débauche et d'orgies à la cour de Tibère, Caligula. Dès son arrivée à Jérusalem en 37, Flavius Josèphe raconte que lors de son entrée dans la ville, "il avait immolé des victimes en actions de grâces." Pour la première fois, la persécution allait prendre un caractère systématique, ce qu'elle n'avait pas eu précédemment. Il fit mourir par l'épée en 44 Jacques, frère de St Jean l'Évangéliste. (6) Dans le même temps, S. Pierre lui-même, qui avait baptisé un centurion romain, Corneille, fut arrêté.
Le nom Étienne provient du grec Στέφανος (Stephanos), "couronné" ou encore, selon Jacques de Voragine dans La Légende dorée, du mot hébreu pour "norme".
Ce nom est repris de manière plus fidèle en anglais (Stephen) ou en néerlandais (Stefaan).
Cathédrale Saint-Étienne de Sens : statue de Saint Étienne sur le trumeau du portail central de la façade occidentale (fin du XIIe siècle)
Basilique S.-Laurent-hors-les-Murs (Rome), où se trouve le corps de S. Étienne
En 2014, des archéologues ont découvert le lieu de sépulture du saint diacre Etienne, selon le site d'information Linga.
Dans Kharaba au village de Taiar, qui se trouve à 2 km à l'ouest de Ramallah, les recherches menées par les archéologues palestiniens et israéliens ont livré des résultats inattendus. Dans le cadre d'un projet de l'université de Jérusalem pour la découverte et la restauration d'antiquités, un groupe d'archéologues dirigés par le professeur Salah al Hudeliyya a découvert les ruines d'un complexe ecclésial qui comporte une église de l'ère byzantine-omeyades ainsi qu'un monastère byzantin.
Selon une déclaration du prof. Al Hudeliyya, cette découverte est d'une grande valeur pour les Chrétiens du monde entier. "A l'intérieur d'une de ces églises, nous avons découvert une inscription qui indique que cette église a été construite en l'honneur du saint apôtre et diacre Étienne le proto-martyr, qui a été enterré en ce lieu en l'an 35," a déclaré l'historien. (7)
On peut offrir cette journée pourtous ceux qui, d'Irak à la Chine, sont persécutés, et à tous ces chrétiens qui ont passé Noël sans prêtre, souffrent de façon diverse, pour témoigner de l’Évangile du Christ.
Sources : (1) DANIEL-ROPS, Histoire de l'Église du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965, p. 38 ; (2) François BRUNE, Saint Paul Le Témoignage mystique, Oxus, Paris 2003, p. 23 ; (3) Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, Nouvelle Clio, l'Histoire et ses problèmes, PUF, Clamecy 2018, p. 187-191 ; (4) Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, ibid.,, p. 191-192 ; (5) Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, ibid.,, p. 218 ; (6) DANIEL-ROPS, Histoire de l'Église du Christ, ibid.,, p. 42-43 ; (7); (8); (9) ; (10).
Pourquoi les catholiques fêtent-ils Noël le 25 décembre ?
Les catholiques célèbrent Noël le 25 décembre principalement pour commémorer la naissance de Jésus-Christ, bien que la date exacte de sa naissance ne soit pas définitivement connue. Le choix du 25 décembre a des racines historiques, théologiques et culturelles.
Origines historiques
La fête de Noël n'est pas païenne, mais chaque année, des gens prétendent que c'est le cas :
La première célébration enregistrée de Noël le 25 décembre remonte à 336 après J.-C. sous le règne de l'empereur Constantin (272-337), le premier empereur romain chrétien. Auparavant, il n'y avait pas de date universellement acceptée pour célébrer la naissance de Jésus, et diverses dates ont été proposées par les premiers chrétiens.
Certains prétendent que le 25 décembre est "une invention". L'une des premières mentions du 25 décembre comme date d'anniversaire de Jésus vient d'un un historien chrétien, Sextus Julius Africanus (v. 160 - v. 240), qui a suggéré que Jésus avait été conçu le 25 mars. L'ange Gabriel annonça en Lc 1,13 à Zacharie lors de la fête de Yom Kippour (au mois de septembre ou octobre), qu'Elisabeth mettra au monde pour lui un fils, et six mois après l'ange annonce à Marie en Lc 1,26-32 qu'elle concevra "Jésus", "le Fils du Très-Haut". Or, six mois après septembre-octobre, on tombe en mars, et en comptant neuf mois à partir du 25 mars, on arrive au 25 décembre, qui est devenu la date de Noël.
Certains "spécialistes" suggèrent que l'Église a peut-être choisi le 25 décembre pour coïncider avec des fêtes païennes existantes, telles que la fête romaine des Saturnales et la célébration du solstice d'hiver. Ce choix aurait pu faciliter l'acceptation du christianisme par les populations païennes en offrant une alternative chrétienne aux célébrations païennes populaires. Mais les Saturnales Instituée vers 220 av. J.-C. en l'honneur du dieu romain Saturne était initialement célébrée le 17 décembre, puis fut étendue à une semaine entière, se terminant le 23 décembre. Le lien supposé avec Noël repose sur la proximité des deux fêtes. Le 23 décembre et Noël le 25 décembre ne se chevauchent pas et il n'y a aucune preuve que l'Église primitive ait choisi cette date pour concurrencer les Saturnales.
De même, le solsticea lieu aux alentours du 21 décembre, et non du 25 décembre. Les chrétiens ont choisi le 25 décembre parce qu'il se situe 9 mois après le 25 mars, date de l'Annonciation.
On nous dit que "Noël est en fait la fête de Sol Invictus (le soleil invaincu)", mais le Sol Invictus n'a été déclaré qu'en 274 après J.-C par l'empereur Aurélien, alors qu'Hippolyte de Rome (mort en 235) avait déjà lié la naissance de Jésus au 25 décembre en 204 après J.-C., dans son Commentaire sur le livre de Daniel (vers 204) :
"La première venue de notre Seigneur dans la chair, lorsqu'il naquit à Bethléem, eut lieu le mercredi 25 décembre, alors qu'Auguste était dans sa quarante-deuxième année, ... Il souffrit la trente-troisième année, le vendredi 25 mars, la dix-huitième année du règne de Tibère César, tandis que Rufus et Roubellion étaient consuls."
Louis Duchesne, liturgiste du XIXe siècle propose que la date de la naissance du Christ ait été fixée à partir du jour où l’on croyait qu’il était mort. (Christian Worship, Its Origin and Evolution: A study of the Latin liturgy up to the time of Charlemagne, 261).
Non seulement cette fête de Sol n'était pas annuelle, mais il n'est pas non plus historiquement possible de la documenter comme ayant été établie le 25 décembre par Aurélien (voir Steven Hijmans, Sol Invictus, The Winter Solstice, and the Origins of Christmas , Mouseion, Series III, vol. 3, 377-398). La fête de Sol Invictus a peut-être été une tentative de Rome de contrer le développement du Noël chrétien.
On nous dit que "Mithra est né le 25 décembre" : il n'existe aucune preuve historique reliant Mithra à cette date. De plus, la célébration de Noël est antérieure au culte de Mithra. D'après les inscriptions sur des bougies votives et d'autres œuvres d'art antiques, il existe un lien entre Mithra et Sol Invictus. Dans certains cas, il semble que les mithraïstes considéraient Mithra et Sol comme deux manifestations différentes d'un même dieu. Dans d'autres, ils apparaissent comme deux dieux unis en un seul. Ces liens sont difficiles à comprendre, compte tenu de notre connaissance limitée du système de croyances mithraïque. Un manuscrit connu sous le nom de Chronographie de 354 indique que la naissance de Sol Invictus était célébrée le 25 décembre. Étant donné que les mithraïstes assimilaient leur dieu à Sol d'une manière ou d'une autre, il est compréhensible qu'ils aient pu s'approprier cette date. Le problème pour les sceptiques est qu'aucune preuve ne permet d'affirmer qu'Aurélien était mithraïste, ni même qu'il ait eu le mithraïsme à l'esprit lorsqu'il institua la fête de Sol Invictus. Le lien entre Mithra et le 25 décembre n'est qu'une coïncidence. Le coup de grâce porté aux parallèles entre Mithra et Sol Invictus réside dans le fait que la Chronographie de 354 est la plus ancienne mention d'une divinité païenne célébrée le 25 décembre. La célébration de la naissance du Christ par les chrétiens est également mentionnée dans le calendrier comme ayant eu lieu ce jour-là..., ce qui réduit la probabilité que la fête païenne soit antérieure. À tout le moins, cela réfute l'affirmation selon laquelle on pourrait prouver, à partir des sources historiques, qu'une quelconque fête païenne du 25 décembre est antérieure à la tradition chrétienne. Les preuves que ce jour revêtait une signification particulière pour les chrétiens sont antérieures à celles d'une prétendue célébration de Sol Invictus ou de toutes autres divinités païennes ce jour-là.
Le choix par les chrétiens d'une date si proche du solstice d'hiver n'était pas motivé par une volonté d'imiter les fêtes païennes. Les différentes religions païennes célébraient toutes des fêtes tout au long de l'année. Quel que soit le mois choisi par les premiers chrétiens, Noël aurait de toute façon coïncidé avec une fête païenne, et les théoriciens opposés auraient continué à avancer les mêmes arguments.
Le solstice était important pour tous, notamment pour des raisons agricoles, au même titre que l'eau est essentielle à la survie de l'humanité. C'est pourquoi on retrouve des rituels liés à l'eau dans diverses religions. Cela ne prouve en rien qu'une religion ait emprunté l'idée ou le thème à une autre...
On nous dit qu'"Horus est né d'une vierge, tout comme Jésus". Mais Horus est né d'Isis en utilisant le corps démembré d'Osiris, ce qui n'est pas exactement une "naissance virginale" ! La naissance de la Vierge est ancrée dans une prophétie juive antérieure à la plupart des mythes païens, en particulier dans Isaïe 7,14. Les allégations de "parallèles" avec des mythes païens relèvent de la spéculation moderne, et non de faits anciens.
On dit que "la tradition du sapin de Noël a vu le jour dans l'Allemagne du XVIe siècle, bien après la mort du paganisme en Europe" et que "les cadeaux proviennent des traditions babyloniennes." Mais les ornements et les bougies symbolisent le jardin d'Eden où il y avait des arbres, le Christ en tant que lumière du monde, et les chrétiens offrent des cadeaux à Noël à cause des trois rois mages.
On dit que "le Père Noël n'est autre que le dieu nordique Odin." Ce lien est supposé être dû au fait qu'Odin montait un cheval volant... mais c'est le seul lien : Odin était un dieu dont le culte n'est attesté et n'a émergé qu'au IVe-Ve siècle, et Saint Nicolas a vécu au 4ème siècle.
Au cours de la christianisation, le pape Grégoire Ier (540-604) fit valoir que les conversions étaient plus faciles si les gens étaient autorisés à conserver les formes extérieures de leurs traditions tout en affirmant que les traditions étaient en l'honneur du Dieu chrétien.
On dit que "les bûches de Noël, le gaulage, le houx, le gui, etc. sont la preuve que Noël est païen." Ce sont des exemples d'adaptation culturelle, pas de paganisme. Aucune de ces traditions n'est intrinsèquement païenne. Elles ne sont pas non plus strictement nécessaires pour célébrer Noël.
Ces comparaisons entre Noël et des fêtes païennes ont influencé les Puritains, qui rejetèrent la célébration de Noël, la qualifiant de "fausse fête". En 1644, le Parlement anglais, sous influence puritaine, décréta Noël jour de jeûne. Le peuple anglais ne devait ni se réjouir ni célébrer, mais consacrer ce jour à la méditation sur ses propres péchés et ceux de ses ancêtres. Des troupes furent chargées de faire respecter cette mesure parlementaire ; elles patrouillaient dans les rues de Londres et faisaient du porte-à-porte. En Écosse, les descendants calvinistes de John Knox étaient allés plus loin que les puritains anglais en abolissant Noël comme jour férié. Ce travail austère des puritains et des calvinistes allait planer sur Noël pendant un certain temps dans les pays anglophones.
Les Puritains se sentirent contraints de quitter la Hollande et s'installèrent en Amérique, fondant la colonie de la baie du Massachusetts. Leurs traditions de Noël, empreintes de tristesse et de morosité, les suivirent. Ils espéraient que leurs enfants, parfois qualifiés par leurs prédicateurs de « démons du diable », pourraient être éduqués loin des distractions du Vieux Continent.
Aux États-Unis, l'influence puritaine a empêché la reconnaissance de Noël comme jour férié fédéral jusqu'en 1870. Ce n'est qu'au XIXe siècle que la morosité qui planait sur Noël s'est dissipée. On attribue en grande partie ce changement à Charles Dickens. Son "Chant de Noël" et ses "Aventures de M. Pickwick" ont contribué à adoucir la rigueur des fêtes de fin d'année chez les Puritains. Dickens disait : "Il est bon parfois d'être enfant, et jamais autant qu'à Noël, lorsque le grand fondateur du christianisme était lui-même un enfant." Le mariage de la reine Victoria avec le prince Albert, un Allemand, a permis l'introduction en Grande-Bretagne, par le biais de la famille royale, de nombreuses traditions de Noël d'Europe continentale. Celles-ci se sont rapidement répandues dans les autres classes sociales, puis à l'étranger.
Ce manque de joie, ce malaise face au plaisir d'autrui se retrouve encore aujourd'hui dans certaines sectes protestantes. Leurs membres invoquent des excuses pour ne pas avoir à admettre leur aversion pour les divertissements simples. Ils qualifient Noël de fête "païenne", y voyant la preuve de la contamination, de la décadence et de l'apostasie de l'Église catholique.
On nous dit encore en 2025qu'un dieu Nabatéen, Dousarès, serait né d'une Vierge : le "Noël" nabatéen (Cf. www.science-et-vie.com/science-et-culture/les-nabateens-ont-ils-fete-noel-plusieurs-siecles-avant-les-chretiens-222056.html ) qu'Épiphane de Salamine, théologien chrétien du IVᵉ siècle, nous apprend dans l’ouvrage intitulé Panarion où il recense ce qu’il considère comme des hérésies, qu’une fête nocturne se déroulait chaque année à Pétra, capitale du royaume des Nabatéens (peuple antique qui entre le IVe siècle avant Jésus-Christ et 106 après, domina un vaste territoire depuis le sud de la Syrie jusqu’à l’oasis d’al-Ula, aujourd’hui en Arabie saoudite, en passant par le Néguev et le Sinaï), pour y célébrer la naissance du principal dieu des Nabatéens, Doushara (Dousarès, en grec, "celui du Shara", appellation d’une montagne près de Pétra, qui signifie le dieu qui se trouve au sommet de la montagne. Un lieu élevé qui rappelle le mont Sinaï où se manifeste le dieu de Moïse, dans l’Exode). De même, le Dieu de la Bible n’a pas de véritable nom : il est le Seigneur, l’Éternel. Un des rites les plus courants de la religion nabatéenne était l’adoration de pierres dressées, qu’on appelle "bétyles" (du terme araméen "bet-el" signifiant "maison de dieu", parce qu’on pensait qu’une divinité ou des parcelles de divinité pouvaient se trouver à l’intérieur). Une comparaison est faite avec le bétyle biblique qui est "la pierre de Jacob", fils d’Isaac et petit-fils d’Abraham, dans la Genèse (Genèse 28, 17-22). Pendant son sommeil, Jacob posa sa tête sur cette pierre et s’endormit. Il vit en songe "une échelle dont le sommet touchait le ciel". À son réveil, il comprit que la pierre sur laquelle il avait dormis était sacrée, la redressa comme une stèle et versa de l’huile en son sommet. Puis il nomma le lieu Béthel. Le principal bétyle nabatéen se dressait à Pétra, dans un grand temple, nommé aujourd’hui Qasr al-Bint ("Château de la fille") en arabe. L’encyclopédie byzantine nommée Souda nous en donne une description assez précise, bien qu’elle ait été composée plusieurs siècles après la destruction du temple. L’ouvrage s’appuie sur des écrits antérieurs, aujourd’hui perdus. L'idole peut-on lire, était une pierre quadrangulaire de couleur noire sans image divine. Sa hauteur était de quatre pieds (environ 1 mètre 20) et sa largeur de deux pieds (60 centimètres). Elle se dressait sur un socle doré. La couleur noire laisse penser qu’elle était peut-être taillée dans une météorite. La Souda précise que les fidèles lui offraient des sacrifices et versaient sur elle le sang des victimes, en guise de libation. Le culte Nabatéen diffère du culte hébreu qui interdit l'adoration d'idoles ou de pierres taillées, l'adoration étant réservée à Dieu seul. Au cours de la grande fête annuelle célébrant la naissance de Doushara, évoquée par Épiphane de Salamine, les fidèles chantaient en arabe, nous dit l’auteur, un hymne à la mère de Doushara dite Chaamou, c’est-à-dire "Jeune fille" ou "Vierge". Doushara, fils de la Vierge, était quant à lui surnommé "l’Unique enfant du Seigneur" (Épiphane de Salamine, Panarion II, 51, 22,11). On nous dit que "cette ressemblance entre Doushara et Jésus, lui aussi né d’une conception virginale, explique pourquoi Épiphane a cru bon d’évoquer ce ́'Noël’ nabatéen. Rappelons que le mot Noël nous vient du latin Natalis dies qui signifie Jour de la naissance. "Épiphane de Salamine entendait ainsi condamner la religion des Nabatéens qui pouvait apparaitre comme concurrente du christianisme." (Sic) "Le danger pour le théologien, nous dit-on, était aussi que les détracteurs de la religion du Christ accusent les auteurs chrétiens de plagiat, le culte de Doushara étant antérieur de plusieurs siècles à celui de Jésus. Les chrétiens ne possédaient pas le monopole du thème de la conception virginale. Épiphane, retournant ces accusations, s’emploie à délégitimer la religion nabatéenne considérée comme une hérésie et une parodie païenne de la seule vraie religion à ses yeux." "Épiphane de Salamine y mentionne trois lieux où la fête de Noël de Doushara était célébrée : le grand temple de Pétra, nous l’avons dit, mais aussi le sanctuaire de la ville nabatéenne d’Elousa dans le Néguev, et enfin le temple de Koré, fille de Déméter, à Alexandrie. Koré, dont le nom signifie ́Jeune fille', était considérée comme l’équivalent grec de la Chaamou. Elle était adorée à Alexandrie, nous dit Épiphane, en tant que Vierge mère d’un jeune dieu incarnant l’Éternité que les Grecs nommaient Aiôn. À n’en pas douter, les Nabatéens, installés à Alexandrie, y avaient fondé, comme dans les autres villes où ils étaient présents, un sanctuaire en l’honneur de leur grand dieu. Une association religieuse y rendait un culte à la Chaamou, associée aux mystères de la Koré grecque." Toute cette présentation omet de dire que la prophétie faite au VIII-VIIe siècle avant J.-C. par Isaïe 7,14 annonce une Vierge concevant le Sauveur quatre siècles avant l’époque des Nabatéens et du culte du "Noël" nabatéen..., que tous les prophètes annonce le Messie, Dieu se faisant homme, Dieu incarné (Is 9,5), que tous les nations et peuples du monde entier attendaient ce Messie Sauveur, Fils de Dieu né d'une Vierge(par exemples: les rois Mages, les Gaulois via la Vierge qui devait enfanter, Virgini pariturae à Bourges). Saint Justin Martyr, également connu comme saint Justin de Naplouse, "le Philosophe", auteur des célèbres Apologies et du Dialogue avec Tryphon, mort par décapitation après flagellation entre 163 et 168, commémoré le 1er juin dans les Églises catholique et orthodoxe, confirme cette attente messianique antique universelle, en répondant au préfet de Rome Q. Junius Rusticus : "Le Fils de Dieu Jésus-Christ, dont les prophètes ont proclamé la venue au bénéfice du genre humain, comme héraut du salut et maître des beaux enseignements [...] depuis les temps ancien, les prophètes ont annoncé sa venue parmi les hommes." (Martyre des saints Justin, Chariton, Charitô, Evelpistos, Hiérax, Péon, Libérien et de leur communauté in Premiers écrits chrétiens, Bibliothèque de la Pléiade, éd. Publiée sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, Nrf Gallimard, Lonrai 2017, p. 263-264).
Le christianisme enseigne que depuis la Création du monde, par jalousie, le diable copie Dieu, et qu'il cherche à renverser son culte pour se faire adorer à la place de Dieu. Le diable aurait voulu se faire lui-même adorer comme un dieu né d’une Vierge avant l’apparition du Christianisme. Ce serait alors le "Noël nabatéen" qui aurait plagié le judaïsme antique et non l'inverse... Mgr Gaume dans son ouvrage Traité du Saint-Espritévoque les nombreux emprunts et plagiats du vrai culte par le diable durant l’Antiquité, dont la profanation de l’Eucharistie dans les sacrifices humains antiques. Vers 150 ap. J.-C., nous avons ces témoignages de Saint Justin, qui le confirme :
>Apologie pour les chrétiens LIV : DETOURNEMENTS DE LA PROPHETIE, INSPIRES PAR LES DEMONS, DANS LA FABLE MYTHOLOGIQUE
PROPHETIES IMITEES PAR LES DEMONS
[1] Ceux (Cf. Is 5,20) qui transmettent les fables inventées par les poètes n'apportent [...] aux jeunes gens qui apprennent d'eux aucune démonstration à l'appui de leurs récits, et [...] c'est pour troubler et égarer le genre humain, à l'instigation des démons malfaisants, que ces fables furent composées.
[2] Ayant appris en effet, par l'intermédiaire des prophètes, que le Christ annoncé devait venir et que seraient châtiés par le feu ceux des hommes qui se seraient montrés impies, ils produisirent des récits attribuant à Zeus une quantité de fils, dans l'idée qu'ils pourraient ainsi amener les hommes à considérer comme un conte prodigieux, analogue aux récits des poètes, ce qui se rapporte au Christ.
[3] Ces récits furent colportés chez les Grecs, comme dans toutes les nations, et particulièrement là où les démons avaient appris des proclamations des prophètes que l'on croirait au Christ.
[...] [5] Le prophète Moïseétait plus ancien que l'ensemble des auteurs et c'est par son intermédiaire, [...] que fut faite cette prophétie : 'Il ne manquera pas de prince issu de Juda ni de chef issu de ses cuisses jusqu'à ce que vienne Celui à qui cela est réservé. Et lui, il sera l'attente des nations, attachant son ânon à la vigne, lavant sa robe dans le sang de la grappe.' (Gn 49,10-11).
[6]Ayant eu vent de ces prophéties, les démons prétendirent que Dionysos était né fils de Zeus, et ils rapportèrent qu'il était l'inventeur de la vigne; ils inscrivent aussi le vin dans ses mystères et ils enseignent qu'il est monté au Ciel après avoir été mis en pièces. [7] Et comme il n'était pas littéralement signifié dans la prophétie de Moïse, si celui qui allait venir était bien le Fils de Dieu, et si, monté sur un 'poulain', il devait restersur terre ou monter au ciel, [...] et si celui-ci était le Fils de Dieu, ainsi que nous l'avons dit, ou d'un homme, ils racontèrent que Bellérophon lui aussi, sur le cheval Pégase, homme né d'un homme, étant monté au ciel. [8] Quand ils eurent entendu dire, par l'intermédiaire d'Isaïe, l'autre prophète, qu'il naîtrait d'une Vierge (Is 7,14), et que par sa propre puissance il monterait au ciel (Mi 2,13; Ps 67,19; Ps 109,1) ils produisirent la légende dePersée (qui naquit de Danaé, qui était une vierge séduite par Zeus sous la forme d'une pluie d'or. Ndlr.) [9] Et lorsqu'ils surent qu'il était dit de lui, dans les prophéties rapportées plus haut, 'puissance comme un géant pour courir sa carrière' (Ps 19(18),5-7), ils mirent en avant un Héraclès puissant et ayant parcouru la terre entière. [10] Et quand ils eurent appris encore que, selon les prophéties, il devait guérir tout maladie et ressusciter les morts (Is 35,4-6), ils introduisirent Asclépios..." (Apologie pour les chrétiens54,1-6 in Premiers écrits chrétiens, Bibliothèque de la Pléiade, éd. Publiée sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, Nrf Gallimard, Lonrai 2017, p. 370-371.)
>Apologie pour les chrétiens LXVI : "[2] Ce n'est en effet ni comme un pain ordinaire ni comme une boisson ordinaire que nous prenons cette nourriture; mais de même que, fait chair par le Verbe de Dieu, Jésus Christ, notre sauveur, prit chair et sang pour notre salut, de même la nourriture faite 'eucharistie' par la parole de prière que nous tenons de lui, et dont notre sang et nos chairs sont nourris par transformation, est-elle – c'est l'enseignement que nous avons reçu – la chair et le sang de ce Jésus fait chair. [...][4]Cela, les démons malfaisants l'ont aussi imité, dans la tradition des mystères de Mithra: on présente en effet dans les cérémonies d'initiation [de Mithra. Ndlr.] du pain et une coupe d'eau qu'on accompagne de certaines formules; si vous ne le savez déjà, vous pouvez vous en informer." (1 Apologie 66, 1-4 in Premiers écrits chrétiens, Bibliothèque de la Pléiade, éd. Publiée sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, Nrf Gallimard, Lonrai 2017, p. 382.)
>Dans son Dialogue avec le juif Tryphon LXX 1,4, Justin mentionne l'imitation sur le grotte, lieu de naissance du Christ: "Et lorsque ceux qui transmettent les mystères de Mithra soutiennent qu'il est né d'une pierre et qu'ils qualifient de 'grotte' l'endroit où ils initient selon la tradition ses fidèles, eh bien, ne sais-je pas s'ils imitent cette parole de Daniel : ' Une pierre s'est détachée de la grande montagne sans l'aide des mains.' (Dn 2,34), et pareillement ces mots d'Isaïe, dont ils se sont efforcés de reproduire toute la teneur ? Car ils ont employé tout leur art à leur faire tenir à eux aussi des propos de justice. Mais il est nécessaire que je vous rapporte les paroles d'Isaïe, pour qu'elles vous fassent connaître qu'il en est bien ainsi. Les voici : 'Écoutez ce que j'ai fait, vous qui êtes au loin; ils connaîtront ma force, ceux qui s'approchent. Les iniques qui étaient en Sion se sont retirés; un tremblement saisira les impies. Qui vous proclamera le lieu éternel? Quelqu'un qui marche dans la justice, qui parle selon la voie droite, qui hait l'iniquité et l'injustice, qui préserve ses mains des présents, qui se bouche les oreilles pour ne pas entendre le jugement injuste du sang, qui ferme les yeux pour ne pas voir l'injustice; celui-là habitera dans la grotte élevée d'une roche dure. Le pain lui sera donné et l'eau lui sera assurée. Vous verrez un roi dans la gloire, et vos yeux verront de loin.' (Isaïe 33,13-17). [...] lorsque Trypon, ajoutai-je, j'entends dire que Persée, a été engendré d'une vierge, je comprends qu'il s'agit là aussi d'une contrefaçon du serpent trompeur.
[...] LXXVIII 6. J'ajoutai: je vous ai déjà rapporté qu'Isaïe avait annoncé par avance le symbole de la grotte (Is 33,16), et, pour ceux qui vous ont rejoint aujourd'hui, je rappellerai de nouveau le passage. Et je répétai le passage d'Isaïe que j'ai transcrit plus haut, précisant que c'est à cause de ces paroles que ceux qui transmettent les mystères de Mithra, ont été amenés par le diable à dire que, chez eux, l'initiation se pratique dans un lieu qu'ils qualifient de grotte. (Dialogue avec Tryphon, in Premiers écrits chrétiens, Bibliothèque de la Pléiade, éd. Publiée sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, Nrf Gallimard, Lonrai 2017, p. 489-490 et p. 498.)
Signification théologique
Dieu, infiniment parfait et béni en lui-même, dans un plan de pure bonté, a librement créé l'homme pour lui faire partager sa propre vie bénie. En tout temps et en tout lieu, Dieu se rapproche de l’homme. Il l’appelle à le chercher, à le connaître, à l’aimer de toutes ses forces. Il rassemble tous les hommes, dispersés et divisés par le péché, dans l'unité de sa famille, l'Église. Pour ce faire, lorsque les temps furent accomplis, Dieu envoya son Fils comme Rédempteur et Sauveur. En son Fils et par lui, il invite les hommes à devenir, dans le Saint-Esprit, ses enfants adoptifs et ainsi héritiers de sa vie bienheureuse. Afin que cet appel résonne dans le monde entier, le Christ envoya les apôtres qu'il avait choisis, leur confiant la mission de proclamer l'Évangile : ''Allez donc, faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde.'' Fortifiés par cette mission, les apôtres ''allèrent prêcher partout, tandis que le Seigneur agissait avec eux et confirmait le message par les signes qui l’accompagnaient.'' Ceux qui, avec l’aide de Dieu, ont accueilli l’appel du Christ et y ont répondu librement sont poussés par l’amour du Christ à proclamer la Bonne Nouvelle partout dans le monde. Ce trésor, reçu des apôtres, a été fidèlement préservé par leurs successeurs. Tous les fidèles du Christ sont appelés à la transmettre de génération en génération, en professant la foi, en la vivant dans le partage fraternel et en la célébrant dans la liturgie et la prière. (Cf. MetaThomist)
1. Célébration de l'Incarnation :
Pour les catholiques, Noël n'est pas seulement la célébration de la naissance de Jésus, c'est aussi un événement théologique profond qui marque l'Incarnation, c'est-à-dire le fait que Dieu s'est fait homme.
Cette croyance met l'accent sur l'importance de Jésus en tant que Sauveur et sur l'accomplissement des prophéties messianiques.
2. Mettre l'accent sur le salut : La célébration de Noël rappelle la croyance chrétienne dans le salut par Jésus. Cette date est considérée comme un moment de réflexion sur le mystère de Dieu entrant dans le monde sous une forme humaine pour racheter l'humanité du péché.
Jésus s'est incarné pour nous révéler une vérité absolue, universelle et éternelle : nous sommes enfants de Dieu et par Lui nous sommes rachetés.
3. Contexte liturgique : Noël fait partie du calendrier liturgique, qui comprend l'Avent, saison de préparation à la célébration de la naissance du Christ. Ce contexte enrichit le sens de Noël dans la foi catholique, en le reliant aux thèmes de l'espoir, de la joie et de la Rédemption.
En résumé, la célébration de Noël le 25 décembre par les catholiques s'enracine dans les traditions historiques établies par les premiers chrétiens, la signification théologique de l'Incarnation et l'intégration de pratiques culturelles.
Cette date est devenue un élément central du calendrier liturgique chrétien, symbolisant la joie de la naissance du Christ et la promesse du salut.
Car il a été fait homme pour que nous puissions devenir Dieu ; et Il s'est manifesté par un corps afin que nous puissions recevoir l'idée du Père invisible ; et il a enduré l'insolence des hommes afin que nous puissions hériter de l'immortalité.
Aussi, en entrant dans le monde, le Christ dit : Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps.
Tu n’as pas agréé les holocaustes ni les sacrifices pour le péché ;
alors, j’ai dit : Me voici, je suis venu, mon Dieu, pour faire ta volonté, ainsi qu’il est écrit de moi dans le Livre.
Le Christ commence donc par dire : Tu n’as pas voulu ni agréé les sacrifices et les offrandes, les holocaustes et les sacrifices pour le péché, ceux que la Loi prescrit d’offrir.
Puis il déclare : Me voici, je suis venu pour faire ta volonté. Ainsi, il supprime le premier état de choses pour établir le second.
Et c’est grâce à cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’offrande que Jésus Christ a faite de son corps, une fois pour toutes.
La Bonne Nouvelle de Noël : Jésus est l'Agneau de Dieu qui remplace le sacrifice de l'Ancienne alliance, par le seul sacrifice de l'Eucharistie. (Ap 13,8)
Saint Irénée de Lyon, disciple de S. Polycarpe qui lui-même avait été le disciple de S. Jean l'évangéliste, explique ce changement dans Contre les hérésies (livre IV, I, 6.) : les prophètes de l'Ancien Testament avaient averti Jérusalem de l'inutilité des sacrifices si le coeur était loin de Dieu :
Psaume 39, 7-9Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice, tu as ouvert mes oreilles ; tu ne demandais ni holocauste ni victime, alors j'ai dit : "Voici, je viens. Dans le livre, est écrit pour moi ce que tu veux que je fasse."
« Isaïe, dit [...] : 'Que m'importe la multitude de vos sacrifices ? dit le Seigneur. Je suis rassasié.'
Puis, après avoir repoussé les holocaustes, sacrifices et oblations, ainsi que les néoménies, les sabbats, les fêtes et toute la suite des autres observances, il ajoute, en leur conseillant ce qui procure le salut : 'Lavez-vous, purifiez-vous, ôtez la malice de vos cœurs de devant mes yeux ; cessez vos méchancetés, apprenez à bien faire; recherchez la justice, sauvez celui qui souffre l'injustice, faites droit à l'orphelin et défendez la veuve: venez alors et disputons ensemble, dit le Seigneur.' [Isaïe 1, 11-17]
« [...] Si c'était par colère qu'il (Dieu) repoussât leurs sacrifices, comme de gens indignes d'obtenir sa miséricorde, il ne leur conseillerait pas ce par quoi ils pourraient être sauvés; mais, parce que Dieu est miséricordieux, il ne les prive pas du bon conseil.
« C'est ainsi qu'après leur avoir dit par la bouche de Jérémie : 'Pourquoi m'apportez-vous l'encens de Saba et le cinnamome d'une terre lointaine ? Vos holocaustes et vos sacrifices ne m'ont pas été agréables' [Jérémie 6,20 et Isaïe, 1, 11], il ajoute : 'Ecoutez la parole du Seigneur, vous tous, Juda. Voici ce que dit le Seigneur Dieu d'Israël : Redressez vos voies et vos habitudes de vie, et je vous ferai habiter en ce lieu. Ne vous fiez pas à des paroles mensongères qui ne vous seront d'aucun profit, en disant : C'est le temple du Seigneur, c'est le temple du Seigneur...' [Jr 7,4] 'Mais voici le commandement que je leur ai donné : Écoutez ma voix, et je serai votre Dieu, et vous serez mon peuple ; marchez dans toutes mes voies que je vous prescrirai, pour que vous vous en trouviez bien. Mais ils n'ont pas écouté ni prêté attention; ils ont marché selon les pensées de leur cœur pervers, ils ont rétrogradé au lieu d'avancer.' [Jr 7,23-24]
[...] Ainsi encore, chez le prophète Osée [6, 6], pour leur enseigner sa volonté, Dieu leur disait : 'Je veux la miséricorde plus que le sacrifice, et la connaissance de Dieu plus que les holocaustes.'
[...] Malachie a parlé d'avance en ces termes : 'Je ne prends pas plaisir en vous, dit le Seigneur tout-puissant, et je n'agréerai pas de sacrifice de vos mains ; car du levant au couchant, mon nom est glorifié parmi les nations, et en tout lieu de l'encens est offert à mon nom, ainsi qu'un sacrifice pur : car mon nom est grand parmi les nations, dit le Seigneur tout-puissant.' (Ml 1,10-11) Il signifiait très clairement par là que le premier peuple cesserait d'offrir à Dieu, tandis qu'en tout lieu un sacrifice lui serait offert, pur celui-ci, et que Son nom serait glorifié parmi les nations.
Or, quel est le nom qui est glorifié parmi les nations, sinon celui de notre Seigneur, par l'entremise de qui est glorifié le Père et est glorifié l'homme?
[…] Ainsi donc, l'oblation de l'Église, que le Seigneur a enseigné à offrir dans le monde entier, est réputée sacrifice pur auprès de Dieu et lui est agréable. » (Irénée de Lyon, Contre les hérésies, livre IV, I, 6.)
Vous voyez cette merveilleuse histoire à travers les anciens Pères : le remplacement des sacrifices païens et des sacrifices de l’Ancienne Alliance par le seul sacrifice de l’Eucharistie de la Nouvelle Alliance, offert sur les autels catholiques à travers le monde.
Prophète de l'ancienne alliance, Isaïe annonce encore :
C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel (c’est-à-dire : Dieu-avec-nous).
Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi.
Tu as prodigué la joie, tu as fait grandir l’allégresse : ils se réjouissent devant toi, comme on se réjouit de la moisson.
... Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! Sur son épaule est le signe du pouvoir ; son nom est proclamé : « Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix ».
Et le pouvoir s’étendra, et la paix sera sans fin pour le trône de David et pour son règne qu’il établira, qu’il affermira sur le droit et la justice dès maintenant et pour toujours.
En prenant chair, Dieu n’a pas diminué sa majesté… [ou] la raison de le vénérer, qui augmente par l’augmentation de sa connaissance. Mais au contraire, dans la mesure où il a voulu s'approcher de nous en prenant chair, il nous a grandement attirés à le connaître."
Saint Thomas d'Aquin
Voici que le Seigneur se fait entendre jusqu’aux extrémités de la terre : Dites à la fille de Sion : Voici ton Sauveur qui vient ; avec lui, le fruit de son travail, et devant lui, son ouvrage.
Eux seront appelés « Peuple-saint », « Rachetés-par-le-Seigneur », et toi, on t’appellera « La-Désirée », « La-Ville-qui-n’est-plus-délaissée ».
20 [...] [L]’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ;
21 elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »
22 Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète :
23 Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous »
24 Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse.
Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth, vers la Judée, jusqu'à la ville de David appelée Bethléem. Il était en effet de la maison et de la lignée de David.
Il venait se faire recenser avec Marie, qui lui avait été accordée en mariage et qui était enceinte.
Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.
Le renouveau de la Création a été l’œuvre du même Verbe qui l’a créée au commencement. Car il ne semblera pas incongru que le Père ait opéré son salut en Celui par le moyen duquel Il l’a fait.
Saint Athanase, De l'Incarnation du Verbe" (§1)
Le Seigneur a fait connaître sa victoire et révélé sa justice aux nations ;
il s'est rappelé sa fidélité, son amour, en faveur de la maison d'Israël ; la terre tout entière a vu la victoire de notre Dieu.
"NOËL. Fête de la naissance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui se célèbre le 25 décembre.
On ne peut pas douter que cette fête ne soit de la plus haute antiquité, surtout dans les Églises d'Occident. Quelques auteurs ont dit qu'elle avait été instituée par le papeTélesphore, mort l'an 138; qu'au IVe siècle le papeJules Ier, à la prière desaint Cyrille de Jérusalem, fit faire des recherches exactes sur le jour de la Nativité du Sauveur, et que l'on trouva qu'elle était arrivée le 25 de décembre; mais ces deux faits ne sont pas assez prouvés.
"Le premier à avoir affirmé clairement que Jésus était né un 25 décembre est Hippolyte de Rome dans son commentaire du Livre du prophète Daniel, aux environs de 204", a expliqué Benoît XVI en décembre 2009, au cours d'une audience générale de la catéchèse du mercredi, célébrée dans la Salle Paul VI. "L'année liturgique de l'Église ne débute pas à la naissance du Christ mais de la foi en sa résurrection. C'est pourquoi, la plus ancienne fête du christianisme n'est pas la Nativité mais Pâques. La résurrection du Christ fonde la foi chrétienne, est à la base de l'annonce de l'Évangile et fait naître l'Église." Benoît XVI ajouta que "dans le christianisme, la fête de Noël a pris sa forme définitive au IV siècle en prenant la place de la fête romaine du Sol Invictus, le soleil invincible. C'est de cette façon qu'a été mis en évidence que la naissance du Christ est lavictoire de la vraie lumière sur les ténèbres du mal et du péché.
"Toutefois, l'atmosphère spirituelle et intense qui entoure Noël s'est développée au Moyen-Age, grâce à saint François d'Assise profondément amoureux de l'homme-Jésus, du Dieu avec nous... Cette particulière dévotion au mystère de l'Incarnation - a-t-il poursuivi - a donné naissance à la fameuse célébration de Noël à Greccio... Avec saint François et sa crèche, c'est l'amour inerme de Dieu, son humilité, sa bénignité qui sont mis en évidence et qui, dans l'Incarnation du Verbe, se manifestent aux hommes pour leur enseigner une nouvelle façon de vivre et d'aimer".
Le Pape rappela que "dans la première biographie sur le saint d'Assise, Thomas de Celano raconte qu'au cours de la nuit de Noël, la grâce d'une vision merveilleuse a été accordée à François : il voyait un petit enfant immobile dans la mangeoire qui fut tiré de son sommeil par sa seule proximité. Grâce à saint François, le peuple chrétien a pu percevoir que dans sa nativité, Dieu est réellement l'Emmanuel, Dieu avec nous, de qui aucune barrière ni aucun éloignement ne nous sépare.
Giotto, L'Adoration des mages, 1304
Dans ce petit enfant, Dieu se fait si proche de chacun de nous, que nous pouvons le tutoyer et avoir avec lui une relation confidentielle empreinte d'affection comme nous le faisons avec un nouveau-né. Dans cet enfant, c'est Dieu-amour qui se manifeste: Dieu vient sans armes, sans force, car il ne prétend pas conquérir, pour ainsi dire, de l'extérieur, mais entend plutôt être écouté de l'homme dans sa liberté. Dieu se fait enfant sans défense pour vaincre la superbe, la violence, et le désir de posséder de l'homme. En Jésus, Dieu a assumé cette condition pauvre et humble pour nous vaincre par l'amour et nous conduire à notre vraie identité." [1]
Dieu aime tellement l'humanité qu'Il se fait homme pour mieux la sauver. A Noël, Dieu a manifesté son amour et sa tendresse pour les hommes. (Tite 3,4)
"Vient ... la révélation aux païens à travers la venue des Mages : le Dieu d'Israël n'est pas que le Dieu des Juifs. Sous l'aspect encore fragile d'un enfant, il s'offre à toutes les nations. Son amour n'est plus privilégié : il est universel." (Nouvelle Traduction du Missel Romain, Missel des Dimanches 2023,p. 133)
Noël est l'annonce de ce messie inaugurant une nouvelle ère de justice et de droit. (Is 42,1)
Au IVe siècle, "Saint Jean Chrysostome, dans une homélie sur la naissance de Jésus-Christ, dit que cette fête a été célébrée dès le commencement, depuis la Thrace jusqu'à Cadix, par conséquent dans tout l'Occident, et il n'y aucune preuve que dans cette partie du monde le jour en ait jamais été changé.
"Il n'y a eu de variation que dans les Églises orientales. Quelques-unes la célèbrent d'abord au mois de mai ou au mois d'avril, d'autres au mois de janvier, et la confondirent avec l'Épiphanie; insensiblement elles reconnurent que l'usage des Occidentaux était le meilleur, elles s'y conformèrent. En effet, selon la remarque deSaint Jean Chrysostome, puisque Jésus-Christ est né au commencement du dénombrement que fit faire l'empereurAuguste, on ne pouvait savoir ailleurs mieux qu'à Rome la date précise de sa naissance, puisque c'était là qu'étaient conservées les anciennes archives de l'empire. Saint Grégoire de Naziance, mort l'an 398 (Serm. 58 et 59), distingue très-clairement la fête de la Nativité de Jésus-Christ, qu'il nomme Théophanie, d'avec l'Épiphanie (manifestation de Dieu), jour auquel il fut adoré par les mages. (Voy. Epiphanie. Bingham, Orig. Ecclés., I, XX, chap. 4, § 4; Thomassin, Traité des fêtes, liv. II, chap. 6; Benoît XIV, de Festis Christi, c. 17, n. 45, etc.)
"L'usage de célébrer trois messes dans cette solennité, l'une à minuit, l'autre au point du jour, la troisième le matin, est ancien, et il avait autrefois lieu dans quelques autres fêtes principales.Saint Grégoire le Granden parle, Hom. 8 in Evang., etBenoît XIVa prouvé par d'anciens monuments, qu'il remonte plus haut que le VIe siècle.
"Dans les bas siècles, la coutume s'introduisit en Occident de représenter le mystère du jour par des personnages; mais insensiblement se glissa des abus et des indécences dans ces représentations, et l'on reconnut bientôt qu'elles ne convenaient pas à la gravité de l'office divin; on les a retranchées dans toutes les églises.
"On ne peut guère douter que ce nom de Noël donné à la fête ne soit un abrégé d'Emmanuel" (terme hébreu qui signifie Dieu avec nous). Il se trouve dans la célèbre prophétie d'Isaïe, chap. VII v. 14. Une Vierge concevra et enfantera un Fils, et il sera nommé EMMANUEL, Dieu avec nous." (Encyclopédie théologique, Nicolas Bergier (1718-1790), ibid., tome II, art. Emmanuel.) [2]
« Aujourd'hui, frères bien-aimés, Notre-Seigneur est né. Réjouissons-nous ! Nulle tristesse n'est de mise, le jour où l'on célèbre : naissance de la vie, abolition de la peur causée par la mort, éternité promise...
Le Verbe divin, Dieu lui-même, s'est fait homme pour délivrer l'homme de la mort éternelle. Pour ce faire, il s'est abaissé jusqu'à nous, mais sans rien perdre de sa majesté. Il est devenu ce qu'il n'était pas, tout en demeurant tout ce qu'il était. Il unit donc la forme de l'esclave à la forme dans laquelle il est égal à Dieu le Père. De la sorte, il a lié entre elles deux natures, de telle façon qu'il n'a pas détruit la nature inférieure par sa glorification et n'a pas amoindri la nature supérieure par l'addition de l'autre.»
Sermon XXI sur la Nativité.
Et Verbum caro factum est, Et le Verbe s'est fait chair (Jn 1,14)
"Tu cherches la raison pour laquelle Dieu est né parmi les hommes ?
Il fallait un médecin à notre nature déchue ;
il fallait quelqu'un qui relève l'homme tombé à terre ;
il fallait celui qui donne la vie ;
il fallait celui qui ramène au bien, car l'homme s'est détaché du bien." [3]
"Pourquoi le sapin est-il associé à la tradition de Noël ?
"Le sapin de Noël puise son origine dans la tradition celte. En effet, pour les Celtes le 24 décembre était le jour de la renaissance du soleil. Pour eux, chaque mois (lunaire) était associé à un arbre et décembre l’était à l’épicéa, un arbre qui reste vert même en hiver.
"Cette tradition païenne qui s’était perdue a ressurgi dans l’est de la France, notamment en Alsace, au 16e siècle et a été assimilée à la fête chrétienne. Mais c'est surtout la reine Marie Leszczynska, épouse de Louis XV, qui a lancé le rite du sapin à Noël en en installant un à Versailles en 1738.
"Quelle signification a la bûche à Noël ?
"Une autre tradition liée au solstice d’hiver est celle de la bûche de Noël. Là aussi, cela remonte à la nuit des temps. Pour faire face à la nuit la plus longue de l’année, rien de tel qu’une bûche pour entretenir le feu et mettre de la lumière dans la maison.
"Dans la tradition chrétienne, on faisait brûler dans l’âtre une très grosse bûche lors de la veillée de Noël. Elle provenait d’un arbre fruitier, censé garantir une bonne récolte pour l’année suivante.
"Dans certaines régions, comme en Bourgogne, la bûche était arrosée de vin afin d’assurer une bonne vendange à venir. Dans d’autres, on utilisait du sel pour se protéger des sorcières. Cette bûche devait se consumer très lentement et la tradition voulait que l’on conserve les tisons pour préserver les maisons de la foudre.
"Aujourd’hui, cette bûche a pris la forme d’un dessert indissociable des fêtes de Noël.
"Pourquoi utilise t-on le vert, le rouge, le blanc et le doré pour les décorations de Noël ?
"Aujourd'hui, les décorations de Noël, comme le reste, ont tendance à suivre les courants de la mode. Malgré cela, le vert, le rouge, le blanc et le doré restent les couleurs traditionnelles qui ont une valeur symbolique :
"le rouge car c’est la fête, la chaleur.
"le vert car il rappelle le sapin et le houx : la légende veut que lorsque la Sainte Famille fut contrainte de quitter l’Egypte, elle se dissimula derrière des branches de houx. En guise de reconnaissance, Marie l’aurait béni en annonçant que le houx serait éternellement symbole d’immortalité.
"Le blanc symbolise la neige, la pureté, la naissance de Jésus.
"le doré représente la couleur de l’étoile, symbole de lumière et d'espérance." [4]
Dieu s'est fait homme pour que l'homme devienne Dieu... pour que les habitants de la terre deviennent les habitants du Ciel.
[2] Encyclopédie théologique, Nicolas Bergier (1718-1790), publ. par M. l'abbé Migne, Ateliers catholiques au Petit-Montrouge, tome III, Paris 1850-1851, art. Noël.
[3] Saint Grégoire de Nysse (IVème siècle), Belgicatho
"Les paysans ne demandent pas des privilèges, ils demandent à ne pas être trahis. Et ceux qui gouvernent, ceux qui parlent au nom du spirituel, ceux qui informent, ceux qui façonnent l'opinion devront un jour répondre devant l'histoire." François-Marie Portes - YouTube.
"Écoutez bien ce message d’un jeune docteur catholique en philosophie, il témoigne de la doctrine sociale de l’Eglise. Nous devons aider nos paysans pour qu’ils ne cèdent pas à des propositions mensongères. Résistez !" (Père Michel Viot)
Illustration: tympan de la porte principale de l'église de l'abbaye de Klosterneuburg où il figure avec Léopold III.
Il était originaire de la Bavière et entra dans l'Ordre des chanoines réguliers de Saint-Augustin.
Il réforma de nombreuses communautés de son Ordre puis fut évêque de Brixen dans le Tyrol italien nommé aussi Vénétie tridentine.
À Brixen (Bressanone) dans la région de Trente, en 1164, le bienheureux Hartmann, évêque. Auparavant chanoine régulier, il gouverna cette Église avec prudence et fidélité.
Dans une nouvelle lettre apostolique intitulée "Une fidélité qui engendre l’avenir", et adressée aux prêtres à l’occasion du 60e anniversaire des anniversaire des décrets conciliaires Optatam totius – sur la formation sacerdotale –et Presbyterorum ordinis– sur le ministère et la vie des prêtres – promulgués en 1965, le pape Léon XIV "relit Vatican II à l’école de la fidélité sacerdotale", citant l'avis du concile selon lequel "le renouveau souhaité de toute l'Église dépend en grande partie d'un ministère sacerdotal animé par l'esprit du Christ".
Il exhorte les catholiques à poursuivre la lecture de ces deux textes conciliaires au sein des communautés chrétiennes et à les étudier "en particulier dans les séminaires et dans tous les lieux de préparation et de formation au ministère ordonné".
Le Pape propose une réflexion ample sur l’identité, la vie et la mission du sacerdoce ministériel dans le contexte actuel de l’Église.
Le pape parle d’une "Pentecôte vocationnelle renouvelée". Le mot signifie que la crise des vocations se résoudra par un retour persévérant à la sainteté ordinaire. (1)
Loin d’une approche purement commémorative, le document invite à relire les textes du Concile Vatican II comme une "mémoire vivante", soulignant que le renouveau de l’Église dépend en grande mesure de la fidélité des presbytres à leur vocation et à la mission reçue. Dans ce cadre, le Pape situe la fidélité non comme une attitude statique, mais comme un chemin permanent de conversion, enraciné dans la relation personnelle avec le Christ et soutenu par la grâce du sacrement de l’Ordre.
Léon XIV rappelle que toute vocation sacerdotale naît de la rencontre avec le Christ, qui appelle librement et confie une mission. La fidélité, affirme-t-il, se renforce lorsque le prêtre revient à ce premier "oui", surtout dans les moments d’épreuve, de tentation ou de fatigue. À cet égard, le Pape insiste sur l’importance de la prière, de l’écoute de la Parole, de la célébration fidèle des sacrements et de l’accompagnement spirituel comme moyens concrets pour accomplir la vocation au fil du temps.
La lettre souligne que la fidélité sacerdotale n’équivaut pas à l’immobilité ni au repli, mais qu’elle implique une formation permanente, entendue comme mise à jour constante de la propre vocation. Le Pape rappelle que le Concile avertissait déjà que la formation ne se termine pas avec la sortie du séminaire, et il reprend cet enseignement pour encourager les presbytres à prendre soin de leur croissance humaine, spirituelle, intellectuelle et pastorale tout au long de la vie.
Léon XIV n’élude pas les difficultés qui ont marqué le clergé au cours des dernières décennies. Il reconnaît que la crise de confiance provoquée par les abus commis par des membres du clergé a mis en lumière l’urgence d’une formation plus intégrale et d’une maturité humaine solide. Dans ce contexte, la fidélité sacerdotale apparaît liée non seulement à la persévérance dans le ministère, mais aussi à la cohérence de vie, à l’humilité et à la capacité d’assumer les responsabilités avec vérité.
Le Pape fait également référence au douloureux phénomène des prêtres qui abandonnent le ministère, invitant à le regarder avec une attention pastorale et non uniquement d’une perspective juridique. Face à ces situations, il propose de redoubler l’engagement formatif et d’accompagner les vocations dès leurs étapes initiales, afin qu’elles puissent s’enraciner dans une relation profonde et stable avec le Seigneur.
Un autre aspect central du document est lafraternité presbytérale, présentée comme un don inhérent au sacrement de l’Ordre. La fidélité au ministère ne se vit pas de manière isolée, mais en communion avec l’évêque et avec les autres presbytres du presbytère diocésain. Le Pape encourage à surmonter l’individualisme, à prendre particulièrement soin des prêtres qui vivent des situations de solitude et à promouvoir des formes concrètes de soutien mutuel, y compris sur le plan matériel, surtout en cas de maladie et de vieillesse.
Cette fidélité à la communion s’insère, selon le Pape, dans l’appel plus large à une Église synodale et missionnaire, dans laquelle le prêtre exerce son service sans tomber dans le personnalisme ni dans l’autoréférentialité, en restant toujours orienté vers le bien du Peuple de Dieu.
Léon XIV lie la fidélité sacerdotale à lamission évangélisatrice. Il met en garde contre deux tentations opposées : l’activisme, qui mesure la valeur du prêtre par son rendement, et le repli passif, qui renonce à l’annonce de l’Évangile. Face à l’une et l’autre, il propose une fidélité centrée sur la charité pastorale, capable d’harmoniser contemplation et action, et de rendre un témoignage crédible de l’amour de Dieu dans un monde marqué par la fragmentation et l’incertitude.
Le Pape conclut en exprimant son désir que cette réflexion contribue à un renouveau de l’élan vocationnel dans l’Église et encourage à offrir aux jeunes des propositions exigeantes et authentiques.(2)
Le Grand Rabbin de Rome réfléchit aux progrès accomplis et aux défis qui restent à relever dans le dialogue entre juifs et catholiques à la lumière du document conciliaire. Il invite à distinguer entre antisémitisme et antijudaïsme et met en garde contre la "contamination de la politique" qui aujourd'hui "perturbe et modifie considérablement le climat, créant des malentendus et des incompréhensions". Pour relancer le dialogue, il souligne la nécessité de "recréer un climat de relations cordiales" et de "voir réellement ce qui peut être fait ensemble".
Il y a soixante ans, la déclaration conciliaireNostra aetate ouvrait "un nouvel horizon de rencontre, de respect et d'hospitalité spirituelle", semant, comme l'a rappelé le pape Léon XIV, "une graine d'espoir pour le dialogue interreligieux" destinée à grandir avec le temps. Une voie qui, pour le Souverain Pontife, reste aujourd'hui "plus urgente que jamais", car le dialogue "n'est pas une tactique ou un instrument, mais un mode de vie, un chemin du cœur". C'est dans cette perspective que s'inscrit l'interview du professeur Riccardo Di Segni, grand rabbin de la communauté juive de Rome, enregistrée pour le podcast de Radio Vatican - Vatican News "Raggi di verità" (Rayons de vérité), dont les deux derniers épisodes ont été publiés le jeudi 18 décembre.
Construire ensemble
Revenant sur la signification de Nostra aetate, Di Segni souligne que le dialogue judéo-chrétien est "un travail en cours" et qu'aujourd'hui, des "gestes concrets" sont nécessaires pour "recréer un climat de relations cordiales" et "voir réellement ce qui peut être fait ensemble et construit ensemble".
Rabbin Di Segni, en 1965, avec Nostra aetate, l'Église catholique a explicitement reconnu pour la première fois le lien spirituel avec le judaïsme et condamné toute forme d'antisémitisme. Quel effet cela a-t-il eu sur la communauté juive de l'époque d'entendre de tels propos ?
Permettez-moi de préciser que l'Église n'a jamais rompu ses liens avec le judaïsme, qui sont fondamentaux et indispensables. Ce qui a changé avec la déclaration Nostra aetate, c'est la relation que l'Église entretient avec le judaïsme actuel, le judaïsme postérieur à la venue de Jésus, qui avant Nostra aetate pouvait être une relation de conflit, de mépris et de substitution. Avec Nostra aetate, la relation avec le judaïsme, qui n'a jamais été niée, est devenue une relation de collaboration et positive. Quant à la condamnation de l'antisémitisme, si l'on examine attentivement les termes utilisés (dans la déclaration, ndlr), il s'agissait de mots très mesurés et pesés, car il y avait une forte opposition de la part d'un certain type d'évêques. Il ne s'agissait pas d'une condamnation, mais d'une « déploration », mais c'était un pas en avant significatif. À l'époque, cette déclaration était donc très attendue et a été accueillie favorablement. Certains se sont montrés très prudents, car ils voulaient voir ce qui allait se passer, mais dans tous les cas, l'accueil a été résolument positif.
À votre avis, que reste-t-il à faire pour réaliser les souhaits exprimés dans ce document ?
Soixante ans ont passé, le monde a changé et tout le processus doctrinal lié à cette déclaration a considérablement évolué. Aujourd'hui, on peut la considérer comme une déclaration très prudente, très attentive, timide, et d'autres documents plus importants l'ont renforcée et mise en place. La rencontre, le dialogue entre le monde chrétien et le monde juif est un travail en cours, c'est quelque chose qui doit être réévalué jour après jour. Il reste donc beaucoup à faire, surtout au niveau général, et il faut disposer des outils nécessaires pour gérer les difficultés actuelles, c'est le problème d'aujourd'hui.
Que représente ce document pour la communauté juive aujourd'hui dans le cadre du dialogue avec l'Église catholique et quelles ont été les réponses à Nostra etate de la part des juifs au cours de ces 60 dernières années ?
Quelques années plus tard, un livre a été publié contenant les documents publiés par l'Église catholique et par des représentants juifs sur ce sujet, sachant que nous n'avons pas une seule organisation, mais de nombreux représentants. Ce qui était frappant, c'était la disproportion, dans le sens où sur les 500 pages du livre, 400 étaient des documents chrétiens et 100 des documents juifs. Il y avait donc une certaine attention, une certaine méfiance et une certaine réticence de la part de certains, car on ne comprenait pas exactement les termes du changement, qui s'est effectivement produit, mais qui a été très articulé. Du point de vue juif, même dans le domaine orthodoxe – et c'est une nouveauté importante de ces dernières années –, il y a eu une attention croissante, une disponibilité croissante à la confrontation et au dialogue et à l'idée de pouvoir travailler ensemble. Les objectifs de ce dialogue restent à définir, car du côté chrétien, on souligne généralement la nécessité d'un dialogue sur le plan théologique, tandis que du point de vue juif, on met l'accent sur l'aspect social et pratique, ainsi que sur le témoignage commun.
Nostra aetate affirme que l'Église déplore, comme vous l'avez rappelé, « les haines, les persécutions et toutes les manifestations d'antisémitisme dirigées contre les Juifs à toute époque et par quiconque ». Cet engagement reste d'actualité aujourd'hui, mais quels échos et quelles réalités spécifiques y sont confrontés aujourd'hui ?
Tout d'abord, il faut être très clair, même lorsque l'on fait des déclarations fermes contre l'antisémitisme, sur ce que l'on entend par antisémitisme. Car c'est un terme qui a son histoire, qui a ensuite pris au XXe siècle la connotation de haine anti-juive sous forme raciale, c'est-à-dire une forme particulière d'hostilité anti-juive. Mais à côté de cela, il existe l'antijudaïsme, c'est-à-dire une position très controversée à l'égard du judaïsme en tant que religion, en raison des valeurs et des messages qu'il véhicule. Il faut donc veiller à préciser exactement ce contre quoi nous voulons lutter et, en outre, le problème actuel est en réalité la contamination politique. En effet, ce qui se passe – et nous l'avons vu ces dernières années avec la guerre à Gaza – c'est que les dimensions politiques interviennent de manière arrogante dans ces discussions, les perturbent et changent considérablement l'atmosphère, créant des malentendus et des incompréhensions.
Les juifs, les chrétiens et les musulmans sont tous les descendants d'Abraham, les trois religions dites abrahamiques. Notre époque a accordé une attention particulière, surtout d'un point de vue catholique, aux « frères aînés » juifs et a également parlé des musulmans. Quelle importance accordez-vous aujourd'hui à un dialogue à trois entre juifs, chrétiens et musulmans ?
Chaque religion a ses propres problèmes, difficultés et agendas vis-à-vis des autres : il existe un dialogue judéo-chrétien, un dialogue judéo-musulman et un dialogue chrétien-musulman. Mais, au-delà de cela, il existe des besoins, des appels au témoignage et à l'action commune qui concernent précisément ces religions abrahamiques qui se reconnaissent spirituellement dans le message de leur ancien fondateur. Travailler à trois n'exclut donc pas le travail à deux, mais c'est sans aucun doute une nécessité.
Quels sont vos souhaits pour l'avenir du dialogue interreligieux ? En particulier, qu'attendez-vous de l'engagement de l'Église catholique et des autres interlocuteurs religieux pour faire avancer ce dialogue ?
Comme je l'ai dit précédemment, l'agenda actuel a été perturbé et contaminé par les événements politiques. Ce qu'il faut faire, surtout après ces dernières années marquées par de nombreux revers et malentendus, c'est recréer un climat de relations cordiales, voir réellement ce que l'on peut faire ensemble et construire ensemble. Il faut l'expliquer, car cela peut échapper au grand public. Ces documents dont nous parlons, étant des documents théologiques, personne ne les lit, personne ne les comprend, personne ne sait ce qu'ils recèlent. Un geste comme celui de Jean-Paul II, puis des papes qui lui ont succédé, qui consiste à visiter une synagogue, a fait beaucoup plus d'impression et a eu un impact favorable sur le public. Les gens ont besoin de signes, de gestes concrets, et il faut y travailler, en plus, bien sûr, de diffuser les messages à un public de plus en plus large.
Et selon vous, un dialogue théologique entre juifs et catholiques est-il possible ?
Nous ne recherchons pas le dialogue théologique, pour nous chaque foi doit rester telle qu'elle est, mais en construisant une relation de respect mutuel. Cela peut sembler un objectif simple, mais ce n'est pas le cas, et il faut donc y travailler beaucoup.
Sainte Françoise-Xavier Cabrini (1850-1917), Vierge et fondatrice : "Missionnaires du Sacré-Cœur"
Née et baptisée le 15 juillet 1850 à Sant'Angelo Lodigiano, en Lombardie, treizième enfant d'une famille de cultivateurs, la petite Marie-Françoise, de santé si frêle, ne semblait guère vouée à traverser trente fois l'océan et à établir des fondations qui essaimeraient jusqu'en Australie et en Chine.
Françoise Cabrini embrassa la profession d'institutrice.
Plusieurs tentatives pour se faire religieuse échouèrent à cause de sa santé précaire ; elle désirait aussi ardemment devenir missionnaire. Le curé de Codogno, qui connaissait sa force d'âme, la fit venir à l'âge de vingt-quatre ans dans la Maison de la Providence pour remettre de l'ordre dans ce couvent où quelques orphelines recevaient leur formation.
Un jour, l'évêque de Lodi dit à Françoise : "Je sais que vous voulez être missionnaire. Je ne connais pas d'institution qui réponde à votre désir. Fondez-en une !" Sœur Cabrini réfléchit un instant et répondit fermement : "Je chercherai une maison." Elle posa à Codogno les bases de l'Institut des Sœurs Missionnaires du Sacré-Coeur. La prière était l'âme de leur action ; l'oraison remplissait quatre heures du jour, une cinquième s'ajoutait pour la fondatrice qui se levait une heure plus tôt que ses sœurs.
En sept ans, Mère Cabrini accomplit l'objectif désiré : l'établissement de sa congrégation à Rome et son approbation par le pape Léon XIII.
De Rome, son institut s'étendit rapidement. Françoise-Xavier croyait que la Chine l'appelait, mais le Pape lui demanda d'envoyer ses sœurs en Amérique pour aider les cinquante mille émigrés italiens qui attendaient un support matériel, spirituel et moral. Le Saint-Père lui dit : "Non pas l'est, mais l'ouest. Allez aux États-Unis où vous trouverez un large champ d'apostolat." En effet, sans racines et sans foyer, les émigrés dépérissaient sur le plan religieux et social.
Francesca Saverio Cabrini arriva en Amérique le 31 mars 1889. Sa communauté prit bientôt un développement extraordinaire : hôpitaux, écoles, orphelinats surgirent à New-York, Brooklyn, Scranton, New Jersey, Philadelphia, New Orleans, Chicago, Denver, Seattle et Californie. (1)
La Providence aplanit les difficultés.
Elle fonda une école supérieure féminine à Buenos-Aires. Cette vaillante ouvrière de l'Évangile se dépensa aussi en Amérique centrale et en Amérique du Sud. Au retour de ses voyages en Europe, Mère Cabrini ramenait des milliers de sœurs pour ses hôpitaux, ses écoles et ses orphelinats.
"Travaillons, travaillons, disait-elle toujours à ses Filles, car nous avons une éternité pour nous reposer. Travaillons simplement et bien, et le Seigneur est Celui qui fera tout." Elle établit soixante-sept maisons en huit pays. Humble devant la prospérité de son œuvre, elle répondait aux témoignages d'admiration : "Est-ce nous qui faisons cela ou bien est-ce Notre-Seigneur ?" Son inébranlable confiance dans le Cœur de Jésus fut largement récompensée.
Celle qui s'était souvent écrié : "Ou aimer ou mourir !" fit de sa mort un acte de pur amour de Dieu. "La mère des immigrants" mourut d'épuisement à 67 ans, le 22 décembre 1917, à Chicago, dans l'état d'Illinois, en laissant trente maisons dans huit pays. Son corps fut transporté à New-York, dans la chapelle de l'école qui porte son nom. C'est là que ses restes sont encore vénérés.
Francesca Saverio Cabrini a été béatifié, en 1938, par Pie XI et canonisée le 7 juillet 1946 par Pie XII, première sainte des Etats-Unis, qui l'a aussi constituée sainte patronne des émigrés. (2)
Les Hôpitaux Santa Cabrini de Montréal et de New York sont nommés en son honneur. (3)
À Chicago dans l’Illinois, aux États-Unis d’Amérique, en 1917, sainte Françoise-Xavière Cabrini, vierge, qui fonda l’Institut des Sœurs missionnaires du Sacré-Cœur et dépensa toutes ses forces avec une immense charité au soin des migrants.
Le prochain ouvrage de Paul Kelly, *Contre le post-libéralisme*, arrive à point nommé. Le post-libéralisme fait l'objet de vifs débats ces derniers temps, libéraux et conservateurs proches du libéralisme accusant les post-libéraux d'accélérer la montée en puissance de personnalités caricaturales comme Nick Fuentes.
Kelly dissipe les tensions en proposant une analyse globalement juste et objective du mouvement politique qu'il combat. Il en distingue trois facettes :
-les populistes nationaux,
-les communautaristes du bien commun
-et les autoritaires du bien commun.
Le libéralisme est une politique de séparation : Église et État, droit et bien, public et privé, loi et morale. Le post-libéralisme représente une réaction intégriste, portée par de grands penseurs comme Charles Taylor, Alasdair MacIntyre, Adrian Vermeule, Patrick Deneen et John Milbank, dont la pensée est relayée par des vulgarisateurs journalistiques tels que Michael Lind, Sohrab Ahmari et David Goodhart, auprès d’acteurs politiques désireux de bouleverser les règles du jeu et de promouvoir un programme politique axé sur la foi, la famille et le patriotisme.
Selon Kelly, les différentes formes de post-libéralisme sont alimentées par une nostalgie partagée d’un Éden perdu d’intégration et de solidarité.
Les populistes nationaux s'attaquent au libéralisme en s'appuyant sur sa généalogie : le libéralisme n'est pas ce qu'il prétend être, un projet de libération et d'égalité, mais l'idéologie d'une élite mondiale coercitive et détachée, qui poursuit ses intérêts de classe tout en méprisant les masses opprimées qu'elle domine et en justifiant son pouvoir par une méritocratie opportuniste. Les populistes ciblent les universités, car, dans le libéralisme contemporain, elles servent d'organismes de certification pour les élites et parce qu'elles déracinent les jeunes, physiquement et culturellement, de leur famille, de leur foi et de leur communauté. Les élites se protègent des conséquences économiques de l'immigration de masse, tout en brandissant l'accusation de racisme pour sanctionner toute objection. Kelly estime que la véracité des affirmations populistes importe peu aux populistes, car elles fonctionnent comme des armes politiques plutôt que comme des arguments dans un débat public rationnel. Les populistes proposent un renouveau de la morale conventionnelle, mais sans fondement. Concrètement, le programme populiste se résume à : "On n'a jamais fait comme ça."
Les communautariens du bien commun résolvent ce problème en fournissant un fondement philosophique à leur projet. S'appuyant sur une critique anthropologique, ils s'attaquent à l'individualisme libéral, arguant que la société n'est pas un ensemble d'individus figé, mais un réseau d'associations au sein duquel les individus se forment. Les défauts du libéralisme sont des caractéristiques inhérentes, non des anomalies ; son attachement à l'autonomie individuelle et à la liberté d'expression dissout nécessairement les institutions et les valeurs sociales et culturelles qui assurent sa pérennité. Prétendument vide en son centre, le libéralisme impose en réalité sa propre vision globale du bien, qui n'est autre que le libéralisme lui-même.Dans la lignée de Burke et puisant dans la doctrine sociale de l'Église catholique, les communautariens appellent au renouvellement d'une alliance sociale entre les générations afin de fonder la morale publique sur la recherche du bien commun, un ordre substantiel et faisant autorité de la vie commune qui s'oppose à la fois au formalisme libéral vide et à un marché débridé. Le pluralisme est le talon d'Achille des communautariens. Ils promeuvent le bien commun à une époque où la question de sa définition même, et de ceux qui la définissent, est sujette à controverse.
Les régimes autoritaires ont une solution simple : un changement de régime coercitif, révolutionnaire au sens propre du terme, renversant le libéralisme. S’inspirant parfois explicitement de Carl Schmitt, les tenants du bien commun insistent sur le fait que l’autorité politique doit reposer sur une justification transcendante et fonctionnent selon la distinction schmittienne entre amis et ennemis. Ils rejettent l’idée lockéenne que la coercition n’est justifiable qu’avec le consentement des personnes coercitives. La vérité est la vérité, aussi largement rejetée soit-elle, et elle doit façonner la vie sociale et politique. Le libéralisme prive le droit de sa force normative, qui découle de son intégration dans un ordre autoritaire. L’autorité vient d’en haut, non d’en bas. Les nouvelles élites, attachées à une vision transcendante du bien commun, doivent s’emparer des leviers du pouvoir et modeler la société selon la vérité, en recourant à toutes les stratégies machiavéliques nécessaires.
Les profils ne sont pas toujours clairement définis, et certains acteurs changent d'attitude selon les circonstances. Il s'agit néanmoins d'une taxonomie utile, et Kelly parvient globalement à expliquer avec empathie les motivations post-libérales. Il aurait pu approfondir les racines théologiques du post-libéralisme, qui présentent des affinités avec la théologie post-libérale de l'École de Yale, notamment celle de George Lindbeck et Stanley Hauerwas, ainsi qu'avec le cercle de penseurs catholiques réunis autour de David L. Schindler. Il affirme que les post-libéraux veulent éradiquer le libéralisme, malgré la volonté manifeste de certains d'entre eux d'en préserver les acquis.
L'analyse de Kelly est généralement impartiale. Parfois, elle est déformée, voire méprisante. L'affirmation détachée de Yoram Hazony selon laquelle la famille a été "instituée afin de transmettre un héritage à la génération suivante" est, d'après Kelly, "intentionnellement provocatrice". Selon Kelly, l'accent mis par Hazony sur les obligations et les sacrifices liés au mariage implique que "les conjoints ne sont pas censés être heureux", ce qui me laisse penser que Kelly connaît peu de choses sur le mariage ou le sacrifice. Les ruptures conjugales, "les femmes qui cherchent à s'épanouir hors du foyer" et celles qui aspirent à se libérer des "exigences des conjoints traditionalistes" sont les "bêtes noires" pour les conservateurs. On pourrait penser que l'éclatement de la famille inquiéterait aussi les progressistes. L'idée que la famille est une "communauté éducative" trouve un écho auprès des "adeptes de l'instruction à domicile, comme Dreher". On ne comprend pas bien pourquoi il faut mettre des guillemets autour d'un écosystème éducatif qui concerne 3,5 millions d'enfants américains. Pour information, ma femme et moi avons commencé l'instruction à domicile lorsque Dreher était encore au lycée.
Les régimes autoritaires proposent une réponse au pluralisme : l’ignorer. Kelly, bien sûr, rejette cette solution, tout comme il n’adhère pas au libéralisme post-libéral exhaustif et perfectionniste de Samuel Moyn et Ronald Dworkin. Il privilégie plutôt une réinterprétation du libéralisme politique de John Rawls. Rawls place le problème du pluralisme au cœur de son projet politique et esquisse une forme de coopération qui ne requiert qu’un accord minimal et raisonnable sur les modalités de cette coopération. Contrairement aux critiques post-libérales, le libéralisme rawlsien ne privilégie pas l’autonomie ; il ne repose pratiquement sur aucune hypothèse anthropologique. De plus, Rawls a porté une attention particulière à ce que, selon Kelly, les post-libéraux ignorent : la manière dont les inégalités de richesse, et les inégalités de statut et de pouvoir qui en découlent, menacent les démocraties. Kelly ressort le libéralisme du placard, le présente comme un arbitre neutre et le remet sur le devant de la scène.
Décevant, Kelly n'évoque pas, et encore moins n'aborde, le problème fondamental de Rawls : qu'est-ce qui définit ce qui est « raisonnable » et qui le définit ? Qui établit les règles que l'arbitre applique ? Quand la liberté d'expression, de religion ou de réunion bascule-t-elle dans l'irrationnel, et qui surveille cette frontière ? Ce sont ces questions qui ont semé le doute à l'égard du libéralisme. Je soupçonne que « raisonnable » est plus ou moins synonyme de « libéral », ce qui signifie que la solution de Kelly se résume à : « On continue comme ça. » Contre le post-libéralisme n'apporte rien au débat, mais nous ramène à notre point de départ.
Peter J. Leithart
Peter J. Leithart est président du Theopolis Institute, à Birmingham, en Alabama. Il publie régulièrement des articles sur son blog Substack, Notes from Beth-Elim.
Saint Pierre Canisius, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 162.
Issu d'une famille de Nimègue située dans les Pays-Bas actuels, Saint Pierre Canisius naît en 1521 ; il est né le jour où Luther est mis au ban de l'empire et le mois même où saint Ignace est blessé au siège de la citadelle de Pampelune.
Saint Pierre Canisius étudie à Cologne (Allemagne) la philosophie, et c'est alors qu'il mûrit la décision de devenir prêtre ; il oriente ses études de théologie vers l'Écriture Sainte et les Pères de l'Église.
Pierre Canisius rencontra Pierre Favre, le premier compagnon d'Ignace de Loyola, qui, chargé d'une mission papale, séjournait à Mayence. Au printemps 1543, Pierre fit sous la direction de Pierre Favre, les exercices spirituels de Saint Ignace durant trente jours ; puis il décida d'entrer dans la compagnie et scella son choix par un vœu. En 1546, il fut ordonné prêtre.
À vingt-neuf, il était docteur en théologie et recteur d'université.
Travailleur acharné, il a laissé douze mille pages de sermons et dix mille correspondances, un nombre incalculable de livres de théologie, de prières et d'apologétiques, ainsi qu'un catéchisme, édité quatre cents fois et traduit en quinze langues, ainsi que des dizaines de vie de saints. Il provoqua quelques oppositions, et on le traitait de "chien", en raison de son nom de famille, Kanis ou Canisius, le mot latin "canis" désignant cet animal. [1]
Pierre quitta bientôt Cologne pour l'Italie.
Il fut envoyé au concile de Trente, comme théologien de l'évêque d'Augsbourg.
Après l'ajournement du concile, Ignace l'appela à Rome et lui fit accomplir son noviciat sous sa propre direction.
Au printemps 1548, il fut envoyé avec un groupe de dix jésuites sous la direction de Jérôme Nadal pour fonder à Messine le premier collège jésuite ; Pierre y enseigna le latin.
Bientôt, sur l'ordre du pape Paul III, il fut envoyé en 1549 avec Claude Jay et Alonso Salmeron en Bavière. C'est de cette base que pendant trente ans, Pierre Canisius va déployer dans l'empire son activité et ses talents en faveur de l'Église, sachant même se faire apprécier des protestants par sa douceur et sa gentillesse. [2]
Quatre points essentiels marquent son action:
1°/ D'abord la lutte contre l'ignorance religieuse et contre la dépravation morale qui en était la conséquence.
En d'innombrables prédications, souvent préparées de nuit (plus de 12.000 pages in-4° de sermons manuscrits sont conservés), Saint Pierre Canisius exposait la doctrine de l'Église et amenait ses auditeurs à vivre chrétiennement.
Pour la réforme du clergé, Saint Pierre Canisius employait surtout les exercices ignatiens. Plus étendue encore et plus durable, son action s'exerça par l'imprimé, principalement par les trois Catéchismes et les divers livres de prières qu'il écrivit.
2°/ Le second point capital concernait l'éducation et la formation du clergé
Saint Pierre Canisius commença par la réforme de l'université d'Ingolstadt, dont le pape lui avait fait l'immédiate obligation ; puis il travailla à la réforme de l'université de Vienne tombée dans un état de langueur désespérant, mais appréciant de manière réaliste la situation, il porta sur le domaine de l'éducation le principal de ses efforts en érigeant des collèges. Ceux-ci devaient former une nouvelle génération chrétienne pour servir dans l'Église et dans le monde.
Les commencements furent laborieux. Cependant à la mort de Saint Pierre Canisius on comptait dans l'Empire 100 fondations dont beaucoup étaient directement ou indirectement son œuvre.
3°/ Le troisième point était la situation interne des jésuites
Saint Pierre Canisius fut le maître d'œuvre spirituel et l'organisateur de la Compagnie de Jésus dans l'Empire.
Lorsqu'en 1556, Ignace érigea deux provinces allemandes de l'ordre, il nomme Saint Pierre Canisius au gouvernement de la Germania Superior qui, jusqu'en 1563, engloba aussi l'Autriche.
Pendant plus de treize ans, outre le reste de son travail, Saint Pierre Canisius eut à diriger et à superviser le nombre toujours croissant des compagnons, leurs communautés et leurs travaux apostoliques.
4°/ Le quatrième point consistait à conseiller évêques et princes dans les questions touchant la réforme de l'Église et ses conséquences pour l'État
C'est ainsi que Saint Pierre Canisius eut à intervenir six fois comme théologien des légats pontificaux ou du roi, aux assemblées d'Empire. Sur mandat du pape et pour ses propres supérieurs, Saint Pierre Canisius rédigea toute une série de mémorandums concernant la réforme de l'Église.
Durant l'hiver 1565-1566, par commission papale, il eut à remettre et à commenter les décrets du concile de Trente aux évêques et aux princes catholiques de l'Empire.
Saint Pierre Canisius a été le plus puissant agent de la réforme intérieure de l'Église catholique dans l'Empire.
Il a fortement contribué à contenir les progrès et la pression de la réforme protestante et à ramener à l'Église des régions perdues, surtout dans l'Allemagne méridionale et en Autriche.
Extrêmement ferme sur ses positions, Saint Pierre Canisius était, en face des protestants, tout disposé aux attitudes iréniques, et celles-ci se manifestaient aussi dans ses jugements.
Il passa ses dernières années (1580-1597) à Fribourg, en Suisse où il avait été envoyé pour fonder un collège.
Autant que le permettait ses forces usées par une activité de trente ans, Saint Pierre Canisius continua son action à Fribourg pour réformer l'Église et affermir la foi. Il y mourut le 21 décembre 1597.
Saint Pierre Canisius fut béatifié en 1864 et déclaré docteur de l'Église en 1925. [3]
"Pierre Canisius a clairement enseigné que le ministère apostolique ne porte des fruits que si le pédicateur est un témoin réel de Jésus, sachant être son instrument dans l'union à l'Évangile et à l'Église, vivant de manière moralement cohérente, dans la prière et l'amour." Benoît XVI. [4]
Les Œuvres de Saint Pierre Canisius
1°/ le premier travail de Saint Pierre Canisius a été l'édition allemande, à Cologne, en 1546, des œuvres de Jean Tauler (mystique).
Il a également publié : - trois volumes de sermons et d'autres ouvrages de Saint Cyrille d'Alexandrie ( Cologne 1546 ), - un volume d'homélie de S. Léon le Grand ( 1546, 1548, 1566 )
Ces éditions sont le fruit de ses études patristiques.
2°/ l'œuvre la plus importante de Saint Pierre Canisius, qui étendra son action durant des siècles et à travers de nombreux pays, est constituée par ses catéchismes.
La première rédaction connue sous le nom de "Grand Catéchisme" parut en 1555: Summa doctrina christianae. La traduction française parut à Liège en 1588.
Également en 1556, Saint Pierre Canisius publia un catéchisme pour les gens simples et pour les enfants des écoles : Summa doctrina christianae ad captum rudiorum accomodata (Ingolstadt, 1556).
Pour les classes moyennes, il composa enfin Parvus Catechismus Catholicorum que l'on tient pour sa meilleure œuvre. Saint Pierre Canisius travailla tout le reste de sa vie à améliorer et à compléter ses catéchismes.
À sa mort, quinze traductions et plus de deux cents éditions avaient été faites.
Par son catéchisme, Saint Pierre Canisius donnait à la jeunesse de son temps un traité de foi et aussi une introduction à la vie chrétienne.
3°/ Autres ouvrages destinés à soutenir la prière et à enseigner la doctrine chrétienne.
4°/ Sermons
Saint Pierre Canisius n'a publié qu'un Avent réduit aux quatre dimanches.
Il existe de nombreux sermons manuscrits aux archives de la province jésuite de Germanie Supérieure.
5°/ Saint Pierre Canisius entreprit par obéissance la réfutation des Centuries de Magdebourg, réfutation de cette histoire de l'Église violemment antipapiste édité par Flacius Illyricus ( 8 vol., Bâle, 1559-1574). Saint Pierre Canisius n'était pas un historien et le résultat de son patient travail est une apologie de la foi catholique romaine dans sa lecture de la Bible, avec des aspects de controverse antiprotestante.
6°/ A Fribourg, il publie des biographies populaires de plusieurs saints de la Suisse : Nicolas de Flue, Meinrad, Ida, Fridolin, etc.
7°/ Exhortationes domesticae
8°/ 1.310 Lettres
cf. J.F. Gilmont Les écrits spirituels des premiers jésuites, Rome, 1961, p. 209-31
Saint Pierre Canisius en train de prêcher, 1635, Pierre Wuilleret, Fribourg, Collège Saint-Michel, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 746-747.
Sources : (1) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 162 ; (2) Missel du Dimanche 2020, Nouvelle traduction liturgique, Année A, Artège Bayard Éditions, p. 102; (3) Les saints du jour ; (4) Benoît XVI en 2011, cité dans Missel du Dimanche 2020, Nouvelle traduction liturgique, Année A, Artège Bayard Éditions, p. 102; (5) Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 746-747.
Originaire des pays de la langue d’oc, Urbain V, de son nom de famille Guillaume de Grimoard, naquit près de Mende, dans le Gévaudan. Il gravit rapidement les degrés successifs de l'échelle des lettres et des sciences. La vie religieuse s'offrit alors à lui comme l'idéal qui répondait le mieux aux tendances de son esprit et aux besoins de son cœur. Il alla frapper à la porte de l'abbaye de Saint-Victor, près de Marseille. A l'ombre paisible du cloître, profès de l’ordre de Saint-Benoît, comme Benoît XII et Clément VI, il s'éleva chaque jour de vertu en vertu. On remarquait particulièrement en lui une tendre dévotion pour la Sainte Vierge.
La profession religieuse n'avait fait que développer son ardeur pour la science, les supérieurs crurent bientôt l'humble moine capable d'enseigner, et, en effet, il illustra successivement les chaires qui lui furent confiées dans les plus prestigieuses abbayes bénédictines de France et de Provence, à Montpellier, à Paris, à Avignon et à Toulouse.
Quelques années plus tard, après avoir été peu de temps abbé de Saint-Germain d'Auxerre, il fut envoyé en Italie par le Pape Clément VI (1342-1352) en qualité de légat. C'était, à son insu, un acheminement vers la plus haute dignité qui soit au monde.
Il n’a jamais entretenu de relations suivies avec la Curie. Il fut donc totalement étranger aux querelles de clans de l’Antique et Sacré Collège des cardinaux. De plus, sa carrière ne doit rien à l’administration royale française, et ses missions diplomatiques l’ont rendu très proche de l’Italie.
Il fut élu pape en 1362 et prit le nom d'Urbain V, parce que tous les Papes qui avaient porté ce nom l'avaient illustré par la sainteté de leur vie. C'est lui qui ajouta à la tiare papale une troisième couronne, non par orgueil, mais pour symboliser la triple royauté du pape sur les fidèles, sur les évêques et sur les États romains.
Il se proposa, en montant sur le trône de saint Pierre, trois grands projets : ramener la papauté d'Avignon à Rome, réformer les mœurs, propager au loin la foi catholique. Le retour de la papauté à Rome fut un triomphe, et les poètes le saluèrent comme l'augure d'un nouvel âge d'or. Pendant ces grandes œuvres, Urbain vivait en saint, jeûnait comme un moine, et rapportait toute gloire à Dieu. A sa mort, il demanda qu'on permît au peuple de circuler autour de son lit : "Il faut, dit-il, que le peuple puisse voir comment les papes meurent."
Urbain V est le seul des pontifes avignonnais à avoir été porté sur les autels avec le titre de bienheureux. Béatifié en 1870, sous Pie IX, il est fêté par l'Église catholique le 19 décembre.
Saint Gatien, premier évêque de Tours, originaire de Rome, il fut envoyé dans les Gaules par le pape saint Fabien en 250, sous le règne de l'empereur Dèce, avec six autres évêques.
À son arrivée en Gaule, le pays de Touraine était plongé dans le paganisme et l'on ne voyait partout que les images des faux dieux. Disciple de S. Denis, Gatien commença par montrer à ces païens l'absurdité de leur culte, et l'impuissance de leurs idoles, puis il en vint à leur découvrir les mystères de la puissance et de la bonté de Dieu et révéla à leurs yeux étonnés l'incomparable figure du Sauveur et celle de sa sainte Mère. Les conquêtes furent nombreuses ; mais le démon ne laissa pas détruire son règne sans résistance; les miracles de Gatien ne suffirent pas à lui faire pardonner ses succès, et plus d'une fois les païens endurcis jurèrent sa mort. Traqué comme une bête fauve, l'apôtre se cachait en des grottes profondes et y célébrait les saints mystères : une de ses retraites est devenue plus tard la célèbre abbaye de Marmoutier.
Gatien, songeant à l'avenir, forma une école où de jeunes clercs apprenaient, avec les leçons de la science, celles de la vertu; il les initiait au sacerdoce et en faisait ses auxiliaires ; il les envoyait même au loin porter les lumières de l'Évangile. Huit églises furent élevées, par ses soins, sur la terre de Tournai.
Les travaux apostoliques de Gatien ne l'empêchaient pas de se livrer à de grandes austérités ; il épuisait son corps par les jeûnes et par les veilles, et se préparait par le martyre quotidien et volontaire à la couronne de gloire. Comme tous les vrais disciples du Christ, il aimait éperdument les pauvres, et sa charité se plaisait à soulager leurs misères.
Il fit bâtir, dans un faubourg de la ville, un hôpital pour les malheureux. C'est dans cet asile que le Sauveur réservait à Son disciple une grâce extraordinaire.
Il y avait cinquante ans que Gatien arrosait de ses sueurs le pays qu'il avait gagné à Dieu. Un jour, accablé de fatigue, il s'était retiré dans l'hôpital des pauvres et y prenait un peu de repos, quand Notre-Seigneur lui apparut et lui dit : "Ne crains rien, ta couronne est prête et les Saints attendent ton arrivée au Ciel." Et le Sauveur administra Lui-même à Son disciple la Sainte Communion en viatique.
Cathédrale Saint-Gatien de Tours
L'Église de Tours a de tout temps voué un culte enthousiaste à son premier prédicateur. La magnifique cathédrale est sous son vocable. Il réussit à installer des bases solides du christianisme dans la région. St Lidoire lui succéda jusqu'en 371, année où S. Martin arriva à Tours et découvrit la sépulture de S. Gatien, sur laquelle il se recueillit régulièrement.
Vitrail figurant Gatien, dans l'église de La Celle-Guénand.
En 636, S. Eloi lui fit rencontrer à Clichy, près de Paris, le roi Dagobert pour signer un traité de paix entre Bretons et Francs.
Deux ans plus tard, il laissa son trône et se retira dans une abbaye, près de Montfort (Ille-et-Vilaine) pour finir les 20 dernières années de sa vie dans la prière.
En Bretagne, l’an 658, saint Judicaël, roi de Domnonée, qui contribua beaucoup à établir la paix entre les Bretons et les Francs et, après avoir quitté sa charge, termina sa vie au monastère de saint Méen.
La liturgie sacrée sera en vedette lors de la rencontre de janvier du pape Léon XIV avec les cardinaux.
Catholic Arena
Cf. https://x.com/i/status/2000947260511908275
Dans une lettre de Noël au Sacré Collège, le Pape aurait présenté l'ordre du jour de son prochain consistoire extraordinaire avec les cardinaux, sur la gouvernance de l'Église, la synodalité et la liturgie sacrée au centre de la scène.
Des informations antérieures du National Catholic Register indiquaient que le pape Léon XIII prévoyait de convoquer un consistoire extraordinaire les 7 et 8 janvier 2026, réunissant l'ensemble du Collège des cardinaux. Cependant, à l'époque, le Vatican n'avait pas divulgué les détails de l'ordre du jour.
De nouveaux détails émergent concernant l'ordre du jour du pape Léon XIV pour sa rencontre de janvier avec les cardinaux.
Dans sa lettre de Noël au Sacré Collège – que les cardinaux auraient reçue aujourd’hui – (19 décembre. Ndlr.), le Pape propose une ''réflexion théologique, historique et pastorale approfondie'' sur la liturgie sacrée ''afin de conserver une saine tradition tout en restant ouvert à un progrès légitime''.
Dans un article paru dans Il Giornale le 19 décembre, le journaliste italien Nico Spuntoni a confirmé que les membres du Sacré Collège avaient reçu ce jour la lettre de Noël du Saint-Père, qui énonce les quatre sujets qui seront abordés lors du consistoire extraordinaire prévu les 7 et 8 janvier au Vatican.
Il s'agit de :
(1) la révision d'Evangelii Gaudium du pape François aux évêques, aux prêtres et aux diacres, aux personnes consacrées et à tous les fidèles laïcs sur l'annonce de l'Évangile dans le monde d'aujourd'hui pour un nouvel élan dans la proclamation de l'Évangile ;
(2) l'étude de Praedicate evangelium concernant la relation entre l'Église universelle et l'Église particulière ;
(3) l'examen du Synode et de la synodalité comme "instruments d'une collaboration efficace avec le Pontife romain sur des questions d'importance majeure, pour le bien de toute l'Église" ;
(4) une discussion sur la liturgie à travers une "réflexion théologique, historique et pastorale approfondie afin de préserver la tradition tout en restant ouvert à un progrès légitime".
Cette dernière formulation est tirée de l'encyclique Sacrosanctum Concilium du Concile Vatican II, article 23, sur les normes générales pour la réforme de la liturgie sacrée:
23. Tradition et progrès
Afin que soit maintenue la saine tradition, et que pourtant la voie soit ouverte à un progrès légitime, pour chacune des parties de la liturgie qui sont à réviser, il faudra toujours commencer par une soigneuse étude théologique, historique, pastorale. En outre, on prendra en considération aussi bien les lois générales de la structure et de l’esprit de la liturgie que l’expérience qui découle de la récente restauration liturgique et des indults accordés en divers endroits. Enfin, on ne fera des innovations que si l’utilité de l’Église les exige vraiment et certainement, et après s’être bien assuré que les formes nouvelles sortent des formes déjà existantes par un développement en quelque sorte organique.
"Ce passage semble laisser ouverte la possibilité d’une discussion entre les cardinaux sur la manière d’aborder les communautés de fidèles attachés aux traditions, qui ne cessent de croître, notamment dans des pays comme l’Italie, les États-Unis et la France", observe Spuntoni.
Il convient également de noter que, dans sa lettre, le pape Léon indique son intention de discuter du "synode et de la synodalité", plutôt que du "synode sur la synodalité".
Si les mérites et les dangers de cette dernière approche seront sans aucun doute examinés et débattus lors de la réunion de janvier, le choix des mots du pape suggère qu'il souhaite une discussion sérieuse et approfondie avec les cardinaux sur la nature et la signification de ces concepts.
Le Vatican a officiellement confirmé que le pape Léon XIV tiendra un consistoire extraordinaire les 7 et 8 janvier :
Déclaration du Vatican :
« Comme annoncé en novembre dernier, le Saint-Père a convoqué le premier consistoire extraordinaire de son pontificat, qui se tiendra les 7 et 8 janvier 2026. »
La rencontre se déroulera sur deux jours et sera ponctuée de moments de communion et de fraternité, ainsi que de temps consacrés à la réflexion, au partage et à la prière. Ces moments auront pour but de favoriser un discernement commun et d’offrir soutien et conseils au Saint-Père dans l’exercice de sa haute et exigeante responsabilité de gouverner l’Église universelle.
Le consistoire se déroule dans le contexte de la vie et de la mission de l'Église et vise à renforcer la communion entre l'évêque de Rome et les cardinaux, qui sont appelés à collaborer d'une manière particulière au souci du bien de l'Église universelle.
Des sources proches du Saint-Père ont indiqué que le pontificat du pape François prendra fin et que celui du pape Léon débutera pleinement le 6 janvier, jour de l'Épiphanie et de la conclusion officielle de l'Année jubilaire.
Des sources proches du Consistoire ont indiqué que le cardinal britannique Timothy Radcliffe doit prononcer la Méditation d'ouverture, aux cardinaux, lors de l’ouverture de la réunion cet après-midi. Hier, Radcliffe s’est prononcé en faveur d’une procédure accélérée d’ordination des femmes comme diacres.
Cardinal Radcliffe : un consistoire extraordinaire pourrait ramener les cardinaux dissidents dans le giron de l'Église
Dans une nouvelle interview, le cardinal anglais explique pourquoi il pense que les cardinaux ont choisi le pape Léon XIV et se prononce en faveur d'une procédure rapide d'ordination des femmes comme diacres.
CITÉ DU VATICAN, 6 janvier 2026 — Le cardinal Timothy Radcliffe a déclaré que le premier consistoire extraordinaire des cardinaux du pape Léon XIV, prévu les 7 et 8 janvier, pourrait servir à ramener dans le giron ceux qui avaient été aliénés par l'approche du défunt pape.
Constatant que le pontificat de François n'avait pratiquement organisé aucune réunion de ce type en dehors de celle avec son conseil de cardinaux « C9 », il a déclaré : « De nombreux cardinaux pensent qu'il devrait y en avoir au moins une par an. »
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Le frère dominicain, âgé de 80 ans et ancien maître général de l'Ordre des Prêcheurs, a fait ces commentaires lors d'une conversation à grande échelle avec le Daily Telegraph britannique, publiée le 6 janvier.
Le Telegraph a souligné que Radcliffe est le petit-fils d'un baronnet, un homme « rural et cultivé, et l'une des figures religieuses contemporaines les plus importantes du pays », qui mène le « combat progressiste depuis plus d'un demi-siècle ». L'interview a abordé son rôle dans le conclave qui a élu le pape Léon XIV et sa longue amitié avec le défunt pape François.
Il a décrit le conclave de 2025 comme ayant été marqué par une atmosphère étonnamment fraternelle parmi les 133 électeurs, loin des manœuvres politiques souvent imaginées. Il a affirmé que le pape Léon XIV avait été choisi à la fois pour « rapprocher les fidèles qui s'étaient sentis éloignés par François » et pour poursuivre l'œuvre du défunt pape en faveur d'une Église plus consultative et synodale, qui résiste au cléricalisme et maintient les évêques et les prêtres proches de leurs fidèles.
L'article mentionne l'importance accordée par le cardinal à « l'inclusion », une valeur forgée, dit-on, au fil de décennies de ministère en marge de la société, notamment pendant la crise du sida, lorsqu'il a accueilli avec ses confrères dominicains des hommes attirés par le même sexe qui se sentaient rejetés par la société et par l'Église.
Cette expérience a contribué à inspirer les controversées « masses de Soho » pour la communauté homosexuelle, qu'il a toujours affirmé n'avoir jamais été une campagne politique, mais un simple message d'accueil. Aujourd'hui, il a déclaré ne pas s'inquiéter de l'homosexualité de quelqu'un et a même suggéré qu'il y avait « probablement » déjà eu un pape homosexuel, arguant que l'amour, et non l'identité sexuelle, est ce qui compte vraiment et que ce qui l'inquiéterait c'est que quelqu'un n'aime personne.
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Concernant le rôle des femmes dans l'Église, le cardinal Radcliffe a déclaré soutenir des progrès rapides en matière d'ordination des femmes comme diacres.
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Pour lui, le problème de fond est de dépasser une mentalité cléricale qui considère les prêtres comme les seules figures importantes. Selon Radcliffe, « les saints sont plus importants que les prêtres », et seule une Église joyeuse où « tous sont les bienvenus » est capable de prêcher l'Évangile avec conviction.
Premier Consistoire de Léon XIV, perplexité pour les groupes de travail
Le Collège sacré se réunit aujourd'hui et demain, comme demandé lors des congrégations pré-conclave. La synodalité et la liturgie sont à l'ordre du jour, mais la méthode bergoglienne des groupes de travail est maintenue.
Image partagée par @oss_romano du consistoire montrant les cardinaux qui occupent jusqu'à présent une place prépondérante dans l'événement d'aujourd'hui
-- De gauche à droite Cdl. de Mendonca ; Cdl. Grech ; Cdl. Fernández Artime ; Cdl. Roche ; Cdl. Baggio ; Cdl. Fernández
Le calendrier officiel complet du consistoire extraordinaire, publié le 6 janvier par le College of Cardinals Report , sera structuré sur le modèle d'un synode récent — c'est-à-dire avec des cardinaux divisés en groupes de travail qui soumettront ensuite des rapports.
Cette structure s'écarte des formats consistoriaux traditionnels et rappelle le dernier consistoire extraordinaire qui s'est tenu à la fin de l'été 2022. Cette structure synodale est censée orienter les discussions sur des thèmes clés, bien que certains cardinaux aient critiqué le format en 2022, affirmant qu'il ne laissait pas suffisamment de place à un débat ouvert et collectif.
La même possibilité existe pour cette réunion, avec seulement deux segments de 45 minutes prévus pour des interventions ouvertes où les cardinaux pourront s'engager dans une discussion libre devant l'ensemble du collège.
Depuis plus de cinquante ans, certains au sein de l'Église nous exhortent à « faire confiance à l'Esprit » et à ignorer le déclin des paroisses et la baisse des vocations, arguant que tout finira par s'arranger, ou que, dans le cas contraire, c'est la volonté de Dieu que l'Église se réduise. Ce qui frappe dans cet appel à la Providence, c'est qu'il s'accompagne souvent d'une opposition farouche à ce que les générations précédentes considéraient comme des instruments providentiels d'évangélisation : le patrimoine musical, architectural et artistique de l'Église ; sa spiritualité et ses dévotions traditionnelles ; et son ancienne liturgie. Ceux qui défendent cet argument sont convaincus que ces éléments freinaient l'Église, et pour eux, le principe du pape François sert de prétexte pour ignorer les conséquences pratiques désastreuses de leurs politiques pastorales.
Une autre interprétation de ce même principe est que l'Église doit résister à la tentation de céder aux modes et aux idéologies prometteuses de popularité, et s'en tenir au message central de l'Évangile. Historiquement, l'Église a agi ainsi en s'appuyant sur les traditions qui, à travers une chaîne vivante à travers les siècles, ont transmis la sagesse des saints, des érudits et des pasteurs. Ces traditions peuvent certes évoluer, mais cette évolution n'implique pas de détruire des œuvres d'art dévotionnelles irremplaçables, de bannir la musique sacrée traditionnelle de la liturgie, ni de reléguer de précieux vêtements liturgiques dans des caves.
Le fait que des mots identiques puissent revêtir des significations diamétralement opposées est déconcertant, et les propos du pape Léon XIV sur la liturgie présentent une caractéristique similaire. Il a invité les cardinaux à réfléchir « afin que la saine tradition soit préservée, tout en laissant la voie ouverte à un progrès légitime », citant Sacrosanctum Concilium (23) du concile Vatican II. Plus on restreint la notion de saine tradition, plus le progrès légitime peut s'élargir, car la tradition impose des limites, et donc une forme, à ce vers quoi l'Église peut légitimement progresser.
Ce débat est par nature permanent. Ces dernières décennies ont été marquées par un processus de redécouverte de la tradition, qui a permis de définir des limites cohérentes et des orientations pratiques pour l'évangélisation d'un monde en crise. Ce processus a connu un certain recul sous le pontificat du pape François, mais le pape Léon XIV semble le relancer. Le rétablissement par le Saint-Père de la mozzetta et du trône pontifical, plutôt que du fauteuil blanc privilégié par son prédécesseur, est loin d'être anodin. Ces mesures constituent des avancées significatives et donnent l'exemple à l'Église tout entière, sans pour autant susciter de polémiques, de scandales ou de atteintes au respect dû à la papauté.
D'autres décisions ne seront pas prises aussi facilement. Lors de ce consistoire, ou prochainement, la question de la messe traditionnelle devra être abordée. La justification de la persécution des prêtres et des fidèles attachés à la tradition liturgique de l'Église est difficile à expliquer, tant au sein qu'à l'extérieur de l'Église, et il est difficile d'imaginer qu'elle perdure sous le nouveau pontificat.
Add. 8 janvier 2026. Dans le premier consistoire extraordinaire du pape Léon XIV, les cardinaux ont donné la priorité à l'évangélisation (inspirée par Evangelii gaudium) et à la synodalité pour une discussion approfondie, en mettant de côté la liturgie et la réforme curiale.
Cette décision a déçu les catholiques traditionnels qui espéraient progresser sur les questions liturgiques post-Traditionis Custodes.
Cf. https://x.com/i/status/2009268549710197158
La liturgie mise de côté lors du premier consistoire du pape Léon XIV
Les cardinaux ont choisi l'évangélisation et la synodalité comme thèmes principaux, décevant ceux qui s'attendaient à ce que la liturgie soit un thème central après les récentes restrictions imposées à la forme traditionnelle du rite romain.
[...]la décision de ne pas faire de la liturgie un thème central a déçu certains cardinaux et fidèles traditionnels.
La liturgie est depuis longtemps un sujet particulièrement sensible, notamment pour les catholiques attachés à la tradition, suite aux restrictions importantes imposées récemment à la forme ancienne du rite latin sous le pontificat du pape François. Ces fidèles ont perçu ces restrictions non comme un simple changement disciplinaire, mais comme un jugement porté sur leur fidélité, leur spiritualité et leur appartenance à l'Église, ce que beaucoup ont décrit comme profondément blessant et source de division.
Le site web italien traditionnel populaire Messa in Latino a écrit le 7 janvier avoir contacté des cardinaux anonymes mais importants qui se sont tous déclarés « découragés et déçus » par la relégation de la liturgie au rang de sujet de discussion.
Dans un commentaire au Register le 8 janvier, le rédacteur en chef du site web, Luigi Casalini, a demandé : "À qui le pape a-t-il délégué ce choix, et selon quels critères ces cardinaux des neuf églises locales ont-ils été sélectionnés pour écarter – de fait – deux sujets ?" Il s'est également demandé "pourquoi les cardinaux sensibles à la question" ne semblent "avoir fait aucune tentative pour faire pression" afin que la liturgie soit incluse comme sujet central de discussion, "même avant le consistoire".
Le consistoire, a-t-il ajouté, "semble être en parfaite continuité avec les synodes et la pensée de François" — une allusion au silence des synodes récents sur la liturgie traditionnelle.
Premier consistoire extraordinaire du pape Léon : une courbe d'apprentissage chaotique et quelques indices
Des comptes rendus contradictoires ont émergé de Lifesitenews et GloriaTV, certains décrivant des cardinaux contrariés par la confusion et une prétendue continuation des priorités de l’ère François, tandis queThe Pillarfaisait état d’ un optimisme plus marqué, ainsi que de craintes et d’inquiétudes quant à l’abandon des sujets très attendus concernant la messe traditionnelle en latin.
La présence dominante des préfets progressistes de la Curie (de par leur fonction) et l’autorisation accordée au cardinal Radcliffe, ultralibéral britannique, de prononcer une méditation plutôt générique en début de séance ont amplifié les craintes (bien que, comme l’a témoigné Damian Thompson, de nombreux catholiques conservateurs au Royaume-Uni apprécient en réalité sa méditation, malgré les idées parfois hérétiques qu’il défend).
Avant même la tenue du consistoire, les commentateurs avaient souligné le temps limité imparti au nombre relativement important de sujets à aborder. Le consistoire combinait la formule utilisée sous François lors du pseudo-consistoire de 2022, où une partie de la réunion consistait en des discussions entre cardinaux au sein de différents groupes d'étude, avec la pratique antérieure des plénières où l'ensemble du collège prenait la parole et où les sujets pouvaient être librement débattus. Certains cardinaux avaient initialement critiqué cette formule avant de confier au journal The Pillar qu'ils l'appréciaient désormais.
Le fait que le pape Léon XIV ait annoncé un autre consistoire pour juin de cette année, les consistoires annuels étant le plan (pour l'instant), a peut-être contribué à atténuer les frustrations liées au manque de temps pour traiter certains sujets lors de la plénière, d'autant plus que les futurs consistoires devraient durer trois ou quatre jours afin de garantir suffisamment de temps pour aborder les différents sujets.
Maintenant que la situation s'est enfin stabilisée, certaines choses sont claires :
1. Le pape Léon souhaite rétablir les réunions avec le Collège des cardinaux comme forme de consultation et de conseil pour le pape.
2. L'atmosphère de peur et de censure qui régnait au Vatican a disparu.
Les cardinaux s'expriment désormais plus librement et ouvertement sur ce qu'ils apprécient et ce qu'ils désapprouvent.
[S'agissant du synode des évêques de Paul VI que François a supprimé, le cardinal Zen (à gauche du Pape sur la photo) a dénoncé la "synodalité de François" en ces termes : "Le pape Bergoglio a exploité le mot Synode, mais a fait disparaître le Synode des évêques, une institution établie par Paul VI". Cardinal News.
Avant l'ouverture du Consistoire extraordinaire, le cardinal Zen fut reçu en audience privée par le pape Léon XIV. Cf. https://cardinalnews.substack.com/p/cardinal-zen-denounces-bergoglian?r=kvqsz&shareImageVariant=overlay&triedRedirect=true
Le cardinal Zen ne mâche pas ses mots lors du consistoire extraordinaire : il qualifie la "synodalité bergoglienne" de "manipulation implacable" qui insulte la dignité des évêques et encourt le blasphème en attendant du Saint-Esprit qu'il contredise la Tradition bimillénaire de l'Église." Des paroles courageuses de la part d'un véritable berger."P. R. Vierling
'Le cardinal Joseph Zen a critiqué le Synode sur la synodalité lors du Consistoire. Il a dénoncé son processus comme une "manipulation implacable" et a averti que son invocation constante du Saint-Esprit est "ridicule" et frôle le "blasphème".'Raymond Arroyo sur X. Ndlr.]
3. Il n'y avait pas d'ordre du jour prédéfini ; les cardinaux pouvaient librement choisir les sujets prioritaires et ceux mis de côté par la majorité pouvaient être abordés officieusement, ainsi que lors de consistoires ultérieurs.
Aucun résultat n'était prédéterminé, contrairement à ce qui semblait être le cas sous le pontificat précédent.
La réponse du pape Léon aux frustrations liées aux contraintes de temps, par l'organisation de réunions ultérieures plus longues, témoigne de la sincérité de son approche collégiale et d'un rejet du despotisme personnaliste souvent associé à son prédécesseur.
4. Le pape Léon ne souhaite pas tomber dans l'excès inverse et réduire son rôle de pape à celui de primus inter pares.
Aucun document n'a été établi. Bien que la réunion ait pour but d'aider le pape Léon à définir les prochaines années de son pontificat, il ne se laisse pas contraindre par une majorité à suivre un programme détaillé.
Lorsque la majorité des cardinaux a mis de côté la question de la liturgie et de la réforme de la Curie, le pape Léon a souligné qu'il s'agissait de sujets essentiels qui devaient être abordés.
5. Il n'existe pas de consensus majoritaire fort en faveur d'une réforme radicale de la Curie, de Traditionis Custodes, d'expérimentations liturgiques ou du maintien d'une synodalité dogmatique. Même le cardinal Hollerich, moderniste radical, a suggéré que les restrictions sur la messe tridentine pouvaient être levées, et le cardinal López Romero, progressiste modéré originaire du Maroc, a déclaré que le consistoire ne concernait pas tant François que l'ensemble des papes depuis le concile Vatican II.
6. Le Collège des cardinaux lui-même semble être un véritable désastre.
Ce dernier point est particulièrement poignant. Il relève presque du miracle (ou du signe d'une stratégie brillante de la part du bloc des cardinaux conservateurs) que cette pléthore de cardinaux du monde entier, qui ne se connaissent pas, ait pu élire Léon XIV comme pape capable de rétablir la normalité et l'orthodoxie et de nous faire cesser de déplorer la démission de Benoît XVI. Nombre de ces cardinaux manquent d'expérience et de connaissances essentielles sur le Vatican et ont été nommés par favoritisme personnel du pape précédent, souvent sans conviction idéologique, mais simplement parce que François les avait rencontrés une fois et avait décidé qu'ils lui plaisaient.
De plus, François a largement empêché ces rencontres et ces échanges.
De ce fait, la majorité du Collège actuel n'est pas nécessairement très progressiste, mais elle n'est pas non plus fermement orthodoxe. Plusieurs cardinaux d'Asie et d'Afrique (dont Da Silva du Timor oriental, Bo du Myanmar et Napier d'Afrique du Sud) ont simplement manifesté de l'apathie à l'égard de la messe traditionnelle, plutôt que de l'hostilité.
Le point positif est que la plupart des cardinaux semblent vouloir évangéliser, promouvoir la foi catholique fondée sur Jésus-Christ plutôt que de défendre un agenda politique ou social. Les principes fondamentaux semblent unir la majorité. Mais au-delà de cela, les détails de la doctrine et de la liturgie paraissent beaucoup plus confus, s'éloignant d'un (semi-)conservatisme général qui, au moins parfois, semble davantage influencé par la culture (bien que de nombreux cardinaux africains aient démontré que leur défense des enseignements de l'Église sur le mariage et la sexualité repose sur le droit naturel et l'Évangile, et non pas uniquement sur la culture africaine).
La confusion qui règne lors de la première véritable discussion ouverte au sein du Collège des Cardinaux depuis 2014 ressemble presque à celle d'une ancienne équipe sportive ou d'un ancien groupe de musique qui doit reprendre ses marques après plus d'une décennie de séparation.
Cela souligne la nécessité pour le pape Léon XIV de fortifier ses frères, d'être le Siège d'où découle l'unité, comme le décrivait saint Cyprien (v. 200-258). Heureusement, le pape Léon XIV a démontré à maintes reprises qu'il est l'homme de la situation. Fermement orthodoxe, d'un style et d'une présentation modérés, prudent et patient sans être indécis, réservé sans être timide, et surtout, à la fois un bon administrateur et un canoniste compétent.
Après sa résurrection, il dit au même apôtre : Pais mes brebis. Sur lui seul il bâtit son Église, à lui seul il confie la conduite de ses brebis.
Quoique, après sa résurrection,. il donne à tous ses apôtres un pouvoir égal, en leur disant : Comme mon Père m’a envoyé, je vous envoie; recevez le Saint-Esprit les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, [...] (Joan., XX), cependant, afin de rendre l’unité évidente, il a établi une seule chaire et, de sa propre autorité, il a placé dans un seul homme le principe de cette même unité. Sans doute les autres apôtres étaient ce que fut Pierre; ils partageaient le même honneur, la même puissance, mais tout se réduit à l’unité. La primauté est donnée à Pierre, afin qu’il n’y ait qu’une seule Église du Christ et une seule chaire.
Selon The Pillar et Monday Vatican, le pape Léon XIV considérait l'année jubilaire 2025 comme une année de transition. Il souhaitait éviter toute décision radicale ou rupture avec son prédécesseur. Malgré cela, il est parvenu à faire réviser certains documents (élaborés par le cardinal Fernández, figure radicale, et à écarter quelques membres de la Curie de second rang, parmi les plus fidèles conseillers de François. De plus, presque immédiatement après son accession au trône pontifical, il a démantelé les réseaux de cardinaux libéraux qui, court-circuitant les nonces, proposaient des candidats libéraux à l'épiscopat.
On dit désormais que le pape Léon XIV peut définir son propre pontificat et, ce faisant, définir (ou redéfinir) l'héritage de François, qui a laissé certaines questions clés dans un flou frustrant, notamment les implications de ses réformes controversées de la Curie et de la synodalité elle-même. Le site The Pillar a noté que le pape Léon XIV peut donner à la synodalité une signification totalement différente de celle qu'elle avait sous François. Dans une certaine mesure, ce processus semble déjà avoir commencé.
La synodalité semble avoir perdu de son importance. Bien qu'elle ait figuré parmi les deux sujets prioritaires pour la majorité des cardinaux, ces derniers n'en ont parlé que très peu aux journalistes. Le pape Léon XIV l'a évoquée à peine, tant lors de son discours aux cardinaux que lors de son allocution aux fidèles, mercredi, sur le concile Vatican II. La synodalité ne semble pas avoir été intégrée à la compréhension qu'a le pape de ce concile. Elle demeure un concept à la mode, une nouvelle approche ou méthode d'évangélisation, et non un élément essentiel.
Le discours du pape sur le concile Vatican II eut de multiples implications importantes. Bien que quelque peu déconnecté des jeunes prêtres et fidèles, pour qui le concile n'est plus qu'une simple note de bas de page dans l'histoire de l'Église, il s'inscrivait clairement dans la lignée de Ratzinger, prônant un retour aux textes mêmes du concile. Le nouveau pape a ainsi proposé une herméneutique claire de continuité pour tous les papes depuis le concile (lors des congrégations générales précédant le conclave, certains cardinaux avaient souhaité une telle herméneutique spécifiquement pour les trois derniers papes).
L'interprétation du pape a redonné à Jean-Paul II et Benoît XVI (les papes qui ont marqué l'essentiel de son ministère sacerdotal et de son poste de prieur général des Augustins) une place prépondérante. Léon XIV a associé Jean-Paul II à Paul VI et François à Benoît XVI, plutôt que de suivre les associations traditionnelles de Paul VI avec Jean XXIII et de Benoît XVI avec Jean-Paul II. Ce faisant, il place Jean-Paul II au cœur de la mise en œuvre du concile Vatican II par Paul VI (et comme nous l'avons déjà mentionné, Jean-Paul II a, à bien des égards, renforcé et approfondi la période plus conservatrice du pontificat de Paul VI, de 1968 à 1978).
Le lien établi entre Benoît XVI et François repose clairement sur une interprétation de François à travers le prisme de Benoît XVI. Le pape Léon XIV cite les propos de Benoît XVI lors de la conférence d'Aparecida (2007), un événement complexe et controversé, et affirme ensuite que François y était favorable et l'a répété à maintes reprises. Aparecida est un sujet de vives controverses entre conservateurs et progressistes depuis près de vingt ans. François (et ses alliés) semble avoir progressivement adopté une interprétation plus ouvertement progressiste après son élection. Or, Léon XIV interprète cette conférence et François à travers le prisme de Benoît XVI, faisant de François le prolongement de l'œuvre de Jean-Paul II.
De ce fait, l'interprétation du pape Léon XIV par François s'appuie fortement sur les aspects non progressistes de son premier document majeur, Evangelii Gaudium (La Joie de l'Évangile, 2013). Ce document, qu'il a cité aux cardinaux peu après son élection, figurait désormais parmi les points clés de leur programme et faisait l'objet de nombreuses discussions. Il était généralement perçu comme un fondement pour une évangélisation plus radicale que les mesures plus radicales du programme de François. Le cardinal Napier, quant à lui, le considérait comme un retour aux fondamentaux, ce qui laisse curieusement penser que le document n'a pas été correctement appliqué ni suivi sous le pontificat de François. L'encyclique Evangelii Gaudium s'appuyait encore en partie sur le Synode des évêques de 2012 sur la nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne, convoqué sous le pontificat de Benoît XVI. Il s'agissait du premier synode auquel le prieur général Prevost participait alors, et du seul avant le Synode sur la synodalité. Il semble désireux de ramener l'Église à ce synode, à celui de 2012, et d'interpréter François à travers ce prisme, validant ainsi a posteriori les interprétations conservatrices du pape qui, durant les premières années de son pontificat, s'efforçaient désespérément de lire François sous cet angle.
Le nouveau pape réinterprète le concile Vatican II comme une invitation à une Église plus christocentrique, à un dialogue constructif avec le monde et les autres religions, en partant du Christ, à s'engager auprès des laïcs et à les encourager à répondre à l'appel universel à la sainteté. On ne retrouve nulle part dans cette interprétation "l'esprit du concile Vatican II" ni une "herméneutique de la rupture".
Cela laisse entrevoir un retour à une orthodoxie qui intègre certains éléments non réalisés ou mal utilisés du pontificat de François. Cette impression est renforcée par le fait que plusieurs cardinaux ayant connu le pape ont affirmé qu'il abhorrait les abus liturgiques et distinguait une véritable inculturation de la liturgie (l'usage zaïrois) des formes réductrices ou nuisibles (les projets du prétendu rite amazonien).
En ce qui concerne l'organisation de grandes assemblées à Rome, le pape rencontre encore quelques difficultés de mise en œuvre, mais sa volonté d'améliorer la situation devrait encourager tous les catholiques.
Au moins plusieurs cardinaux de droite se sont félicités de l'issue des événements. Le cardinal Chomali du Chili (fervent opposant à l'avortement, à l'homosexualité et à la communion des divorcés remariés) et Arborelius de Suède (un des premiers critiques déclarés du chemin synodal allemand, mais personnellement très favorable à la messe tridentine) étaient tous deux satisfaits du dénouement.
À mesure que les cardinaux nommés sous François et les cardinaux plus anciens apprendront à mieux se connaître, et lorsque le pape Léon XIV commencera à nommer ses propres cardinaux (en moyenne plus orthodoxes, généralement plus expérimentés et plus compétents), les futures rencontres se dérouleront probablement plus sereinement. Espérons qu'ils parviendront à un juste équilibre entre la primauté pétrinienne et la collégialité épiscopale.
via https://x.com/RorateCaeli/status/2009624105440428387?s=20
Le premier consistoire extraordinaire du pape Léon XIV révèle ainsi :
>un engagement sincère en faveur de la consultation collégiale, du rétablissement d'un dialogue ouvert au Vatican et d'une herméneutique de la continuité ancrée dans les textes mêmes de Vatican II.
>Une étape transitoire vers une orthodoxie renouvelée.
Add. 6 janvier 2026 "Les synodes ne doivent pas servir de tribune aux débats doctrinaux. Lorsque des doctrines établies deviennent l'objet de décisions synodales, l'Église sombre dans le relativisme et le doute". Mgr Robert Barron, évêque de Winona-Rochester (Etats-Unis) a fait cette déclaration sur X le 6 janvier :
"Les synodes sont des outils précieux pour définir des stratégies pastorales concrètes, mais ils ne doivent pas servir de tribune aux débats doctrinaux. Lorsque des doctrines établies deviennent l'objet de décisions synodales, l'Église sombre dans le relativisme et le doute, comme en témoigne la 'Voie synodale' en Allemagne, une approche mal conçue. Je partage la position des fondateurs de la revue 'Communio' – Joseph Ratzinger, Hans Urs von Balthasar et Henri de Lubac – qui ont rompu avec la revue 'Concilium', dont l'objectif affiché était de perpétuer 'l'esprit de Vatican II'. Les grands théologiens de Communio affirmaient que les conciles sont parfois nécessaires dans la vie de l'Église, mais qu'un soupir de soulagement accompagne leur fin, car l'Église peut alors reprendre sa mission essentielle. Tant qu'elle siège en concile, l'Église est dans l'incertitude, incertaine d'elle-même, et se tourmente. C'est précisément la perpétuation de l'esprit de Vatican II qui a engendré tant d'hésitations et de dérives durant les années de mon adolescence.
"Si nous devons maintenir la synodalité, qu'elle soit consacrée à l'étude des moyens pratiques permettant à l'Église d'accomplir plus efficacement sa mission de culte, d'évangélisation et de service des pauvres. Qu'elle ne devienne pas un élément déterminant et permanent de la vie de l'Église, de peur que nous n'en perdions notre dynamisme et notre concentration."
Add. Schisme en Allemagne, le jeu à haut risque de Léon XIV
Le nonce apostolique allemand rencontre le pape. Le cardinal Marx plaide pour le diaconat féminin lors d'un consistoire extraordinaire.
Diane Montagna
17 janvier 2026
ROME, 17 janvier 2026 — Le pape Léon XIV a rencontré vendredi le nonce apostolique en Allemagne, l'archevêque Nikola Eterović, alors que des informations indiquent que leurs discussions ont porté sur le vote prévu des évêques allemands pour établir une Conférence synodale permanente qui accorderait aux laïcs une autorité décisionnelle égale à celle des évêques, permettrait des changements doctrinaux par vote majoritaire et placerait les finances de l'Église sous un contrôle partagé.
Dans un article paru ce matin dans Il Giornale , le journaliste italien Nico Spuntoni a déclaré qu'il était « inévitable » que la rencontre du pape avec son nonce en Allemagne soit « dominée par le vote imminent de la Conférence des évêques allemands sur les statuts de la Conférence synodale ».
Le vote est prévu lors de l'assemblée plénière des évêques qui se tiendra du 19 au 22 février à Augsbourg.
Cette décision fait suite à une réunion qui s'est tenue le 22 novembre à Fulda, où les évêques et les représentants laïcs ont approuvé à l'unanimité les statuts d'un organe synodal national permanent composé d'évêques, de représentants du Comité central des catholiques allemands (ZdK) et d'autres laïcs catholiques.
Le Saint-Siège avait averti dès 2019 que de telles questions dépassaient la compétence de toute Église locale, mais les évêques allemands — menés par l'ancien et l'actuel président de la Conférence des évêques allemands, le cardinal Reinhard Marx et l'évêque Georg Bätzing — ont persisté, allant même jusqu'à promouvoir des propositions telles que le diaconat féminin.
En effet, plusieurs sources ont indiqué à Spuntoni que le cardinal Marx était intervenu lors du consistoire extraordinaire des cardinaux de la semaine dernière pour exprimer l'espoir d'évoluer vers un diaconat féminin — dans la pratique, sinon formellement ou par écrit.
Son article révèle également que Benoît XVI avait exprimé en privé de vives inquiétudes dans une lettre adressée à Marx en 2021, craignant que la voie synodale ne « fasse du mal et ne finisse mal » si elle n’était pas stoppée – un conseil qui est resté lettre morte.
Le pape Léon XIV doit désormais répondre à la question de savoir comment et s'il doit intervenir, face aux craintes que l'initiative allemande ne dégénère en schisme au sein de l'Église universelle.
Dans ses commentaires ce soir, Spuntoni a déclaré que lors de la réunion d'aujourd'hui, « le nonce a également parlé au pape de sa démission à l'âge de 75 ans. La décision revient au pape, mais ceux qui le connaissent disent que le nonce a souffert de la situation de ces dernières années et préféreraient que sa démission soit acceptée. »
Vous trouverez ci-dessous une traduction anglaise de l'article, publiée avec l'aimable autorisation de l'auteur.
Schisme à Berlin, le jeu à haut risque de Leo
Par Nico Spuntoni
Le nonce allemand rencontre le pape. Lettre inédite de Ratzinger au cardinal Marx.
C’est en Allemagne que se joue le dossier le plus explosif hérité de François par Léon XIV. Ni l’année jubilaire ni le conclave n’ont freiné ce que le cardinal Gerhard Müller a qualifié de « processus de protestantisation » de l’Église catholique en Allemagne. Et tandis que Rome a jusqu’ici temporisé face aux avancées constantes venues d’outre-Rhin, la situation devient critique.
Dans les prochaines heures, le pape devrait recevoir l'archevêque Nikola Eterović, nonce apostolique à Berlin. Il est inévitable que la conversation soit dominée par le vote imminent de la Conférence épiscopale allemande sur le statut de la Conférence synodale.
Il s'agit d'un projet, déjà approuvé par le très influent Comité central des catholiques allemands, qui donnera naissance à un organe permanent où les laïcs seront placés sur un pied d'égalité avec les évêques. Cette Conférence synodale disposera d'un pouvoir décisionnel et pourra modifier la doctrine à la majorité des voix, obligeant les dissidents à fournir une justification publique. De plus, la Conférence prendra en charge la gestion des ressources financières de l'Église catholique allemande, extrêmement riche.
C’est précisément ce que le Saint-Siège craignait en 2019, lorsque le Chemin synodal controversé a été lancé en Allemagne et que l’actuel préfet du Dicastère pour les évêques, l’archevêque Filippo Iannone, a écrit au président de la Conférence des évêques allemands de l’époque, le cardinal Reinhard Marx, pour l’avertir que des questions telles que les ministères ordonnés pour les femmes, la séparation des pouvoirs entre les laïcs et le clergé et le célibat des prêtres « ne concernent pas l’Église en Allemagne mais l’Église universelle et, à quelques exceptions près, ne peuvent faire l’objet de délibérations ou de décisions d’une Église particulière ».
Au fil des années, les évêques allemands ont systématiquement ignoré les avertissements de Rome. Leur objectif semble toutefois aller plus loin et viser à provoquer une « contagion » allemande au sein de l'Église. Le récent consistoire au Vatican, où – comme nous pouvons le révéler – le cardinal Marx est intervenu pour exprimer l'espoir de parvenir très prochainement à la reconnaissance du diaconat féminin, en est la preuve. Ce cardinal est le principal artisan du processus synodal allemand et a conservé son influence même après avoir été remplacé à la tête de la Conférence des évêques.
Aujourd'hui [17 janvier 2026. Ndlr.] , Il Giornale révèle un épisode inédit impliquant Marx : en 2021, Benoît XVI s'est adressé à son successeur comme archevêque de Munich et Freising pour exprimer sa « vive inquiétude » quant au processus synodal en Allemagne. Des sources vaticanes confirment que, durant ses dernières années, Ratzinger était profondément sceptique quant à la direction prise par l'Église allemande et convaincu que « cette voie mènera au mal et finira mal si elle n'est pas stoppée ». Marx a ignoré l'appel du pape émérite, qui, quelques mois plus tard, a été fortement discrédité dans son pays à cause d'un rapport sur les abus commandé précisément par l'archidiocèse de Munich, sans être défendu par son successeur.
C’est maintenant au tour de Léon XIV. Il est appuyé par le rapport présenté par le cardinal Mario Grech au consistoire, qui stipule qu’« il appartient toujours à l’évêque de Rome, si nécessaire, de suspendre le processus synodal ». Prévost partage les appréhensions de Benoît XVI, mais s’il n’a pas la force de dire « non » au projet de Conférence synodale, le risque est que le raz-de-marée allemand se transforme, pour l’Église universelle, en une avalanche appelée schisme.
Le problème le plus épineux hérité de Léon XIV par François concerne l'Allemagne. L'Année jubilaire et le conclave n'ont pas freiné ce que le cardinal Gehrard Müller a appelé le « processus de protestantisation » de l'Église catholique en Allemagne. Et tandis que Rome a jusqu'à présent temporisé face à la progression continue de l'Église au-delà du Rhin, les questions épineuses se posent désormais directement à Rome. Dans les prochaines heures, le pape devrait recevoir Monseigneur Nikola Eterovic, nonce apostolique à Berlin. Il est inévitable que la conversation soit dominée par le vote imminent de la Conférence des évêques allemands sur le statut de la Conférence synodale.
Il s'agit d'un projet, déjà approuvé par le tout-puissant Comité central des catholiques allemands, qui créera un organe permanent où les laïcs seront placés sur un pied d'égalité avec les évêques. Cette Conférence synodale aura le pouvoir de décision et pourra introduire des modifications doctrinales à la majorité des voix, imposant ainsi des changements.
L'Église catholique allemande poursuit son "Chemin synodal" malgré les avertissements de Rome, risquant une "protestantisation". Hérité de François par Léon XIV, ce processus vise à créer une Conférence synodale où laïcs et évêques décident à égalité de réformes doctrinales (ex. : diaconat féminin, célibat). Le cardinal Marx a ignoré Benoît XVI en 2021. Un vote imminent pourrait forcer des changements, avec contagion possible à l'Église universelle.
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Entretien accordé par Monseigneur Schneider à la journaliste américaine Diane Montagna, au sujet du document sur la liturgie rédigé par le cardinal Roche et présenté au consistoire des 7 et 8 janvier. Monseigneur Schneider conteste et rejette ce document, le jugeant idéologique, instrumental et partial.
Nous vous en souhaitons une bonne lecture.
§§§
ROME, 20 janvier 2026 — L’évêque Athanasius Schneider a vivement critiqué un récent rapport sur la liturgie préparé par le cardinal Arthur Roche, affirmant qu’il est basé sur un "raisonnement manipulateur" et "déforme les preuves historiques".
Le texte de deux pages du cardinal – présenté comme une "réflexion théologique, historique et pastorale approfondie" – a été distribué aux membres du Sacré Collège lors du consistoire convoqué par le pape Léon XIV les 7 et 8 janvier. Bien qu'il n'ait pas été formellement présenté ni discuté pendant la réunion en raison de contraintes de temps, le rapport a suscité une forte résistance de la part du clergé et des fidèles après la diffusion de son contenu dans les médias.
Dans une analyse détaillée, Mgr Schneider remet en question les présupposés historiques et théologiques qui sous-tendent le texte. S’appuyant sur les documents du concile Vatican II, l’enseignement pontifical et les témoignages d’érudits et de témoins directement impliqués dans la réforme liturgique post-conciliaire, il soutient que le rapport ne reflète pas une analyse impartiale et rigoureuse, mais plutôt une approche idéologique caractérisée par ce qu’il appelle un "cléricalisme rigide".
Au cœur de la critique de l'évêque se trouve l'affirmation selon laquelle la réforme liturgique mise en œuvre en 1970 marque une rupture avec l'évolution organique du rite romain. Mgr Schneider soutient que la messe la plus fidèle au Concile était l'Ordo Missae de 1965 et que la forme promulguée ultérieurement par le pape Paul VI – le Novus Ordo Missae – a été en substance rejetée par le premier synode des évêques après le Concile en 1967.
Il conteste également l'interprétation par le cardinal Roche de la bulleQuo primum de Pie V, réfute son affirmation selon laquelle la restauration de la liturgie romaine traditionnelle n'était qu'une "concession", et remet en cause l'idée que le pluralisme liturgique "fige la division" au sein de l'Église.
Pour l’évêque Schneider, le rapport du cardinal Roche "rappelle la lutte désespérée d’une gérontocratie confrontée à des critiques sérieuses et de plus en plus véhémentes, venant principalement d’une jeune génération, dont cette gérontocratie cherche à étouffer la voix par des arguments manipulateurs et, finalement, en transformant le pouvoir et l’autorité en armes."
Dans l'entretien qui suit, Son Excellence évoque également le consistoire extraordinaire prévu pour la fin juin, en présentant des solutions alternatives qui, selon lui, pourraient contribuer à rétablir la paix liturgique dans l'Église.
Diane Montagna (DM) : Votre Excellence, quelle est votre opinion générale sur le document relatif à la liturgie préparé par le cardinal Roche pour examen par les membres du Sacré Collège lors du consistoire extraordinaire ?
+Athanasius Schneider (+AS) : Pour tout observateur honnête et objectif, le document du cardinal Roche donne l'impression d'un parti pris manifeste contre le rite romain traditionnel et son usage actuel. Il semble motivé par une volonté de dénigrer cette forme liturgique et, à terme, de l'éliminer de la vie ecclésiale. Le cardinal paraît déterminé à nier au rite traditionnel toute place légitime dans l'Église d'aujourd'hui. L'objectivité et l'impartialité, caractérisées par l'absence de préjugés et un souci sincère de la vérité, font cruellement défaut. Au contraire, le document recourt à des raisonnements manipulateurs et va jusqu'à déformer les faits historiques. Il ne respecte pas le principe classique "sine ira et studio", c'est-à-dire une approche "sans colère ni zèle partisan".
(DM) : Penchons-nous sur quelques passages précis du rapport. Au point n° 1, le cardinal Roche affirme : "On pourrait dire que l’histoire de la liturgie est celle de sa “réforme” continue, dans un processus de développement organique." Ceci soulève une question fondamentale : réforme et développement sont-ils synonymes ? La réforme semble suggérer une intervention délibérée et positiviste, tandis que le développement semble impliquer une croissance organique vérifiée au fil du temps. Historiquement, est-il juste d’affirmer que la liturgie a nécessité une réforme continue, ou vaut-il mieux la concevoir comme un développement organique, ponctué seulement d’interventions correctives ponctuelles ?
Cette évaluation est confortée par l'avis de l'archimandrite Boniface Luykx (1915-2004),liturgiste, expert du Concile Vatican II et membre de la commission liturgique du Vatican (le Consilium) présidée par le père Annibale Bugnini. Luykx a mis en évidence des fondements théologiques erronés au sein des travaux de la commission, écrivant :
"Derrière ces exagérations révolutionnaires se cachent trois principes typiquement occidentaux mais faux :
(1) le concept (à la Bugnini) de la supériorité et de la valeur normative de l’homme occidental moderne et de sa culture sur toutes les autres cultures ;
(2) la loi inévitable et tyrannique du changement continu que certains théologiens ont appliquée à la liturgie, à l’enseignement de l’Église, à l’exégèse et à la théologie ; et
(3) la primauté de l’horizontal" (Une vision plus large de Vatican II, Angelico Press, 2025, p. 131).
(DM)La description que fait le cardinal Roche de la bulle Quo primum n° 2 du pape Pie V est-elle exacte ? Le pape saint Pie V n’a-t-il pas autorisé le maintien d’un rite en usage depuis deux siècles ? D’autres rites, comme le rite ambrosien ou dominicain, ont-ils également été empêchés de se perpétuer et de prospérer ?
(+AS) : Le cardinal Roche fait référence de manière sélective à Quo primum, en dénaturant ainsi le sens et en utilisant le document du pape saint Pie V pour étayer une interprétation contraire à la tradition. Or, Quo primum autorise explicitement la poursuite légitime de toutes les variantes du rite romain en usage ininterrompu depuis au moins deux siècles. L’unité ne signifie pas l’uniformité, comme l’atteste l’histoire de l’Église.
Dom Alcuin Reid, spécialiste de la liturgie et expert reconnu du développement organique de la liturgie, décrit ainsi la situation de cette période :
Il ne faut pas tomber dans l’erreur révisionniste qui consiste à imaginer une "réhabilitation romaine" complète et centralisatrice de la liturgie occidentale : la diversité s’est maintenue au sein de cette unité. Les Dominicains ont apporté leur propre liturgie. D’autres ordres ont également conservé des rites distinctifs. Les Églises locales (Milan, Lyon, Braga, Tolède, etc., ainsi que les principaux centres médiévaux anglais : Salisbury, Hereford, York, Bangor et Lincoln) ont préservé leurs propres liturgies. Pourtant, chacune appartenait à la famille liturgique romaine" (Le développement organique de la liturgie, Farnborough 2004, p. 20-21).
Cette réalité historique confirme que le pape saint Pie V a bien permis que des rites ayant une histoire continue d'au moins deux siècles perdurent, y compris des usages établis tels que les rites ambrosien et dominicain, qui non seulement furent préservés mais continuèrent à prospérer au sein de l'unité de l'Église romaine.
Au paragraphe 4 du document, le cardinal Roche écrit : "Nous pouvons assurément affirmer que la réforme de la liturgie souhaitée par le concile Vatican II est… pleinement conforme au véritable sens de la Tradition." Quel est votre avis sur cette affirmation, notamment au regard de l’expérience qu’ont la plupart des catholiques de la nouvelle messe dans leur paroisse ?
Cette affirmation n'est que partiellement vraie. L'intention des Pères du Concile Vatican II était, en réalité, une réforme s'inscrivant dans la continuité de la tradition de l'Église, comme en témoigne cette importante formulation de la Constitution sur la sainte liturgie :
"Afin que soit maintenue la saine tradition, et que pourtant la voie soit ouverte à un progrès légitime, pour chacune des parties de la liturgie qui sont à réviser, [...] on ne fera des innovations que si l’utilité de l’Église les exige vraiment et certainement, et après s’être bien assuré que les formes nouvelles sortent des formes déjà existantes par un développement en quelque sorte organique." (Sacrosanctum Concilium, n° 23).
Le cardinal Roche commet l'erreur typique de l'idéologue, en utilisant un argument circulaire, qui peut être résumé comme suit : (1) la réforme de la messe de 1970 est en pleine harmonie avec le vrai sens de la Tradition ; (2) l'intention des Pères du concile Vatican II était en pleine harmonie avec le vrai sens de la Tradition ; (3) par conséquent, la messe de 1970 est en pleine harmonie avec le vrai sens de la Tradition.
Nous disposons toutefois des opinions de témoins illustres, directement impliqués dans les débats liturgiques du Concile, qui affirment que l'Ordre de la messe de 1970 représente le produit d'une sorte de révolution liturgique, contraire à la véritable intention des Pères conciliaires.
Parmi les témoins les plus importants figure Joseph Ratzinger. Dans une lettre de 1976 adressée au professeur Wolfgang Waldstein, il écrivait avec une clarté surprenante :
"Le problème du nouveau Missel réside dans le fait qu’il rompt avec cette histoire continue – qui s’est déroulée sans interruption avant et après Pie V – et crée un livre entièrement nouveau, dont l’apparition s’accompagne d’une sorte d’interdiction de ce qui existait auparavant, totalement étrangère à l’histoire du droit canonique et de la liturgie. De par ma connaissance des débats conciliaires et après une relecture des discours prononcés par les Pères conciliaires durant cette période, je peux affirmer avec certitude que telle n’était pas mon intention."
Un autre témoin de premier plan est l'archimandrite Boniface Luykx, déjà mentionné. Dans son récent ouvrage "Une vision plus large de Vatican II. Souvenirs et analyse d'un consulteur du Concile", il a déclaré sans ambages :
"Il y avait une continuité parfaite entre la période préconciliaire et le Concile lui-même, mais après le Concile, cette continuité cruciale a été interrompue par les commissions postconciliaires. […] Le Novus Ordo n’est pas fidèle à la Constitution sur la sainte liturgie, mais va bien au-delà des paramètres qu’elle a établis pour la réforme du rite de la messe. […] Le rouleau compresseur de l’horizontalité anthropocentrique (par opposition à la verticalité divine) a aplati toutes les formes liturgiques depuis Vatican II, mais sa principale victime est le Novus Ordo. […] Le grand perdant de ce processus est le mystère, qui devrait être, au contraire, l’objet et le contenu principaux de la célébration" (p. 80, 98, 104).
DM : Que pensez-vous de la déclaration du cardinal Roche au numéro 9, selon laquelle « le bien premier de l’unité de l’Église ne s’atteint pas en figeant la division, mais en nous trouvant dans le partage de ce qui ne peut qu’être partagé » ?
Pour le cardinal Roche, l’existence même du principe et de la réalité du pluralisme liturgique dans la vie de l’Église équivaut apparemment à "figer la division". Cette affirmation est manipulatrice et malhonnête, car elle contredit non seulement la pratique bicentenaire de l’Église, qui a toujours considéré la diversité des rites reconnus – ou les variations légitimes au sein d’un même rite – non comme une source de division, mais comme un enrichissement de la vie ecclésiale.
Seuls des clercs étroits d'esprit, imprégnés d'une mentalité cléricale, ont fait preuve – et continuent de faire preuve aujourd'hui encore – d'intolérance envers la coexistence pacifique de différents rites et pratiques liturgiques. Parmi les nombreux exemples déplorables, on peut citer la coercition des chrétiens de Thomas en Inde au XVIe siècle, contraints d'abandonner leurs propres rites et d'adopter la liturgie de l'Église latine, sous prétexte qu'une seule lex credendi devait correspondre à une seule lex orandi, c'est-à-dire à une seule forme liturgique.
Un autre exemple tragique est la réforme liturgique de l'Église orthodoxe russe au XVIIe siècle, qui interdit la forme la plus ancienne de son rite et imposa l'usage exclusif d'une forme nouvellement révisée. Si les autorités ecclésiastiques avaient permis la coexistence des anciens et nouveaux rites, elles n'auraient certainement pas "figé la division", mais auraient au contraire évité un schisme douloureux – celui des "Vieux Rites" ou "Vieux Croyants"– qui perdure aujourd'hui encore. Après une longue période, la hiérarchie de l'Église orthodoxe russe reconnut l'erreur pastorale de l'uniformisation liturgique forcée et rétablit le libre usage de la forme la plus ancienne du rite. Malheureusement, seule une minorité de "Vieux Croyants" se réconcilia avec la hiérarchie, tandis que la majorité demeura schisteuse, car les traumatismes étaient trop profonds et le climat de méfiance et d'aliénation mutuelles avait trop longtemps persisté. Dans ce cas précis, l'intolérance de la hiérarchie envers l'usage légitime du rite le plus ancien a littéralement figé la division : les adeptes des anciens rituels furent exilés par le tsar dans la Sibérie glacée.
L’attachement à la forme la plus ancienne du rite romain ne "fige pas la division". Au contraire, il représente, selon les mots de saint Jean-Paul II :
"la légitimité mais aussi la richesse que représente pour l'Eglise la diversité des charismes et des traditions de spiritualité et d'apostolat. Cette diversité constitue aussi la beauté de l'unité dans la variété." (Lettre apostolique Ecclesia Dei, 2 juillet 1988, n° 5 c).
La coexistence pacifique des deux usages du rite romain, égaux en droit et en dignité, témoignerait de la tolérance et de la continuité que l’Église a préservées dans sa vie liturgique, mettant ainsi en œuvre le conseil du "maître de la maison", loué par le Seigneur, "qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien" (Mt 13, 52). À l’inverse, dans ce document, le cardinal Roche apparaît comme le représentant d’un cléricalisme intolérant et rigide en matière liturgique, rejetant toute possibilité de véritable partage entre les différentes traditions liturgiques.
DM.Au point 10 du document – qui a peut-être suscité le plus de consternation –, le cardinal Roche déclare : "L’usage des livres liturgiques que le Concile a cherché à réformer était, de saint Jean-Paul II à François, une concession qui n’envisageait aucunement leur promotion." Comment répondriez-vous au cardinal sur ce point, notamment à la lumière de la lettre apostolique Summorum Pontificum du pape Benoît XVI et de la lettre d’accompagnement de ce motu proprio ?
AS. Je voudrais répondre par cette sage observation de l’archimandrite Boniface Luykx : "Je soutiens que la pluriformité, c’est-à-dire la coexistence de différentes formes de célébration liturgique tout en préservant leur essence, pourrait être d’un grand secours à l’Église occidentale. […] Le pape Jean-Paul II a d’ailleurs adopté le principe de pluriformité lorsqu’il a rétabli la messe tridentine en 1988" (Une vision plus large de Vatican II, p. 113).
Cette observation contredit directement l'affirmation selon laquelle le maintien de l'usage des anciens livres liturgiques n'était qu'une concession tolérée, sans aucune intention d'encouragement ou de promotion. Un enseignement important de saint Jean-Paul II éclaire davantage ce point. Il déclare :
"Dans le Missel romain de saint Pie V, comme dans diverses liturgies orientales, nous trouvons de belles prières par lesquelles le prêtre exprime le plus profond sentiment d’humilité et de révérence devant les saints Mystères : en elles se révèle la substance même de la Liturgie" (Message aux participants de l’Assemblée plénière de la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements, 21 septembre 2001).
Pris ensemble, ces témoignages faisant autorité démontrent que la reconnaissance et la restauration des anciens livres liturgiques n’étaient pas de simples concessions faites à contrecœur, mais l’expression d’une pluralité légitime au sein de la vie liturgique de l’Église, capable d’enrichir l’Église occidentale tout en préservant le noyau essentiel du rite romain.
Il est fort possible que, si ce document avait été examiné lors du consistoire des 7 et 8 janvier, les cardinaux, pris dans leur ensemble, n'auraient pas été en mesure de le comprendre pleinement, compte tenu du manque généralisé de formation liturgique au sein de l'Église aujourd'hui, même parmi le clergé et la hiérarchie. Combien d'entre eux, par exemple, auraient pu réfuter l'affirmation du cardinal concernant Quo primum de Pie V ? Lors d'un futur consistoire, il est parfaitement du pouvoir du pape de convoquer un expert afin de présenter aux membres du Sacré Collège un document plus érudit et mieux étayé sur le sujet qu'il souhaite leur soumettre. Cette voie pourrait-elle être envisagée lors du consistoire extraordinaire prévu pour la fin juin 2026 ?
Je crois qu'il existe aujourd'hui une ignorance généralisée parmi les évêques et les cardinaux concernant l'histoire de la liturgie, la nature des débats liturgiques durant le Concile, et même le texte même de la Constitution sur la sainte liturgie du Concile Vatican II.
Deux faits essentiels sont souvent oubliés. Premièrement, la véritable réforme de la messe selon le Concile avait déjà été promulguée en 1965, avec l’Ordo Missae de 1965, que le Saint-Siège décrivait alors explicitement comme la mise en œuvre des dispositions de la Constitution sur la sainte liturgie. Cet Ordo Missae constituait une réforme très prudente et conservait tous les éléments essentiels de la messe traditionnelle, avec seulement quelques modifications mineures. Parmi celles-ci figuraient l’omission du psaume 42 au début de la messe – un changement non inédit, puisque ce psaume avait toujours été omis de la messe de requiem et du temps de la Passion – ainsi que l’omission de l’Évangile selon saint Jean à la fin de la messe.
La véritable innovation résidait dans l'usage de la langue vernaculaire pour l'ensemble de la messe, à l'exception du Canon, qui devait encore être récité en silence en latin. Les Pères conciliaires eux-mêmes célébrèrent cette messe réformée lors de la dernière session de 1965 et s'en félicitèrent. Mgr Lefebvre célébra également cette forme de messe et en ordonna l'usage dans son séminaire d'Écône jusqu'en 1975.
Le second fait est le suivant. Lors du premier synode des évêques après le concile, tenu en 1967, le père Annibale Bugnini présenta aux pères synodaux le texte et la célébration d'un Ordo Missae profondément réformé. Il s'agissait essentiellement du même Ordo Missae qui fut promulgué plus tard par le pape Paul VI en 1969 et qui constitue aujourd'hui la forme ordinaire de la liturgie dans l'Église catholique romaine.
Cependant, la plupart des Pères synodaux de 1967 — presque tous Pères du Concile Vatican II — ont rejeté cet Ordo Missae, c'est-à-dire notre Novus Ordo actuel. Par conséquent, la messe que nous célébrons aujourd'hui n'est pas la messe du Concile Vatican II, qui est en réalité l'Ordo Missae de 1965, mais bien la forme de la messe rejetée par les Pères synodaux en 1967, jugée trop révolutionnaire.
Quelles alternatives au document du cardinal Roche proposeriez-vous aux cardinaux, si vous pouviez leur offrir ne serait-ce que quelques points de vue ?
Je voudrais présenter aux cardinaux quelques points essentiels. Premièrement, je voudrais rappeler les faits historiques incontestables concernant la véritable messe du concile Vatican II, à savoir l'Ordo Missae de 1965, ainsi que le rejet catégorique par les Pères synodaux, en 1967, du Novus Ordo qui leur avait été présenté par le père Bugnini.
Deuxièmement, je voudrais attirer l’attention sur les principes toujours valables qui régissent le culte divin, formulés par le Concile Vatican II lui-même : le caractère théocentrique, vertical, sacré, céleste et contemplatif de la liturgie authentique. Comme l’enseigne le Concile :
"en elle ce qui est humain est ordonné et soumis au divin ; ce qui est visible à l’invisible ; ce qui relève de l’action à la contemplation ; et ce qui est présent à la cité future que nous recherchons. […] Dans la liturgie terrestre, nous participons par un avant-goût à cette liturgie céleste." (Sacrosanctum Concilium, n° 2 ; 8).
[Ndlr.Ajoutons cette réflexion du Card. Francis Arinze, Préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des Sacrements, qui s'exprima sur le sujet à la conférence liturgique de Gateway, St. Louis, Missouri, 11 novembre 2006 (Texte intégral) : ‘’[...] Tout ne peut pas être expliqué pendant la célébration liturgique. La liturgie n’épuise pas toute l’activité de l’Église (cf. Sacrosanctum Concilium, 9). La théologie, la catéchèse et la prédication sont également nécessaires. Et même après une bonne catéchèse, un mystère de notre foi demeure un mystère. En réalité, nous pouvons dire que le plus important dans le culte divin, ce n’est pas de comprendre chaque mot ou chaque concept.Le plus important, c’est que nous ayons une attitude de ferveur et de crainte devant Dieu, que nous l’adorions, le louions et lui rendions grâce. Le sacré, les choses de Dieu, doivent être abordées sans idées préconçues.’’ (Francis Card. Arinze, Agence Fides 20/12/2006)]
Troisièmement, je tiens à souligner le principe selon lequel la diversité liturgique ne nuit pas à l’unité de la foi. Comme l’ont souligné les Pères conciliaires :
"[O]béissant fidèlement à la Tradition, le saint Concile déclare que la sainte Mère l’Église considère comme égaux en droit et en dignité tous les rites légitimement reconnus, et qu’elle veut, à l’avenir, les conserver et les favoriser de toutes manières" (n° 4).
Enfin, je voudrais faire appel à la conscience des cardinaux en déclarant que le Pape a aujourd'hui une occasion unique de rétablir la justice et la paix liturgique dans la vie de l'Église en accordant à la forme la plus ancienne du rite romain la même dignité et les mêmes droits qu'à la forme liturgique ordinaire, connue sous le nom de Novus Ordo.
Une telle mesure pourrait être prise par une ordonnance pastorale généreuse et définitive. Elle mettrait fin aux controverses nées des interprétations casuistiques concernant l'usage de l'ancienne forme liturgique. Elle mettrait également fin à l'injustice qui consiste à traiter tant de fils et de filles exemplaires de l'Église – en particulier tant de jeunes et de jeunes familles – comme des catholiques de seconde zone.
Une telle mesure pastorale permettrait de jeter des ponts et de témoigner d'une empathie envers les générations passées et envers un groupe qui, bien que minoritaire, reste négligé et discriminé dans l'Église d'aujourd'hui, à une époque où l'on parle beaucoup d'inclusion, de tolérance envers la diversité et d'écoute synodale des expériences des fidèles.
DM : Excellence, avez-vous quelque chose à ajouter ?
Comme je ne saurais mieux décrire la crise liturgique actuelle qu'en citant ces paroles lumineuses de l'archimandrite Boniface Luykx, érudit en liturgie, missionnaire zélé en Afrique et homme de Dieu qui célébrait à la fois la liturgie latine et byzantine, respirant ainsi, pour ainsi dire, des deux poumons de l'Église :
"Le cardinal Ratzinger a également apporté son soutien, déclarant que l’ancienne messe est une partie vivante et, en effet, 'intégrale' du culte et de la tradition catholiques, et prévoyant qu’elle apportera 'sa contribution caractéristique au renouveau liturgique appelé par le concile Vatican II' (p. 115).
"Quand la vénération fait défaut, toute forme de culte se réduit à un simple divertissement horizontal , une fête sociale. Là aussi, les pauvres, les petits, sont victimes, car la réalité évidente de la vie qui découle de Dieu dans l’adoration leur est enlevée par les 'experts' et les dissidents" (p. 120).
"Aucun hiérarque, du simple évêque au pape, ne peut rien inventer. Chaque hiérarque est un successeur des apôtres, ce qui signifie qu’il est avant tout le gardien et le serviteur de la Sainte Tradition – le garant de la continuité dans l’enseignement, le culte, les sacrements et la prière" (p. 188).
Le document du cardinal Roche rappelle la lutte désespérée d'une gérontocratie confrontée à des critiques sérieuses et de plus en plus virulentes, notamment de la part d'une jeune génération, dont cette gérontocratie cherche à étouffer la voix par des arguments manipulateurs et, finalement, en transformant le pouvoir et l'autorité en armes.
Cependant, la fraîcheur et la beauté intemporelle de la liturgie, ainsi que la foi des saints et de nos ancêtres, prévaudront malgré tout. Le sensus fidei perçoit instinctivement cette réalité, particulièrement chez les plus jeunes au sein de l’Église : les enfants innocents, les jeunes courageux et les jeunes familles.
C’est pourquoi je conseillerais vivement au cardinal Roche et à nombre d’autres membres du clergé, plus âgés et parfois un peu rigides, de discerner les signes des temps – ou, pour le dire autrement, de se rallier au mouvement afin de ne pas être laissés pour compte. Car ils sont appelés à reconnaître les signes des temps que Dieu lui-même manifeste à travers les "petits" de l’Église, qui ont soif du pain pur de la doctrine catholique et de la beauté intemporelle de la liturgie traditionnelle.
Diane Montagna: Des failles fatales révélées dans le document d'information du consistoire du cardinal Roche
Un érudit liturgique accompli déconstruit les directives adressées au Collège sacré par le préfet du Dicastère pour le culte divin.
ROME, 28 janvier 2026 — Un liturgiste de renom a mis en lumière de graves lacunes dans le récent document d'information du cardinal Arthur Roche au Collège des cardinaux, proposant une critique détaillée avant leur prochaine rencontre avec le pape Léon XIV fin juin.
Dans une analyse systématique et point par point, Dom Alcuin Reid, moine bénédictin, prêtre et érudit liturgique de renommée internationale né en Australie, conclut que le document d'information de Roche "manque d'honnêteté intellectuelle", "témoigne d'une ignorance déplorable de l'histoire liturgique" et est "extrêmement embarrassant"
Bien que le document n'ait pas été examiné lors du consistoire des cardinaux des 7 et 8 janvier, faute de temps, sa diffusion dans les médias a suscité de vives critiques. La question de la liturgie devrait être abordée lors du prochain consistoire convoqué par le pape les 27 et 28 juin.
Dom Alcuin Reid, dont la thèse de doctorat sur la réforme liturgique a été publiée sous le titre "Le développement organique de la liturgie" avec une préface du cardinal Joseph Ratzinger, soutient en outre que la "dénigration" de la liturgie romaine traditionnelle et la "critique facile" de ceux qui y sont attachés, présentes dans la note d'information, semblent davantage motivées par des considérations politiques que par un souci pastoral.
"Que ce document porte le nom du Préfet du Dicastère pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements est tout simplement scandaleux", affirme le Père Reid. "S’il est l’œuvre du Préfet lui-même, il devrait, comme diraient les politiciens de son pays, “s’interroger sur sa position”. S’il est l’œuvre de son personnel, il devrait également s’interroger sur leur position, tout en assumant l’entière responsabilité de sa diffusion auprès des membres du Sacré Collège." SUITE
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Reid a dénoncé l'invocation par Roche de Quo Primumparce qu'il déclare qu'"il ne devrait y avoir qu'un seul rite pour célébrer la messe" ce qui est "gravement malhonnête sur le plan intellectuel"... : "[Le Concile de] Trente a demandé aux évêques de corriger les abus et non de remanier ou d’uniformiser leurs rites,et Quo Primum prévoyait explicitement que les rites ayant plus de 200 ans de pratique légitime étaient exemptés de l’intention unificatrice de ladite bulle", a fait remarquer Reid.
Le prêtre a mis en avant la déclaration de Roche selon laquelle "la réforme de la liturgie voulue par le concile Vatican II est non seulement en parfaite harmonie avec le sens véritable de la Tradition", qualifiant d'"académiquement embarrassante" son incapacité à distinguer entre la réforme voulue par le Concile et les rites liturgiques réels qui ont suivi le Concile.
Reid a répondu à la suggestion de Roche selon laquelle la liturgie doit être ouverte à un "progrès légitime", qu'il a utilisée pour défendre sa position selon laquelle la messe traditionnelle en latin doit céder la place au Novus Ordo.
"Parler constamment de la liturgie comme étant "dynamique", "évolutive" et "changeante", c'est risquer de la transformer en une forme de divertissement religieux pour des personnes qui, sans la formation nécessaire pour en découvrir les richesses, s'ennuieront et chercheront constamment quelque chose de nouveau, de plus dynamique et de différent si nous voulons retenir leur attention", a fait remarquer Reid.
Le théologien bénédictin avait établi une distinction entre le "développement organique" de la liturgie et "l’intervention positiviste disproportionnée", qu’il jugeait "inconnue dans l’histoire du rite occidental jusqu’au XXe siècle et ayant atteint son apogée après le concile Vatican II". Dans le cas de la promulgation du Novus Ordo, une telle intervention n’a pas respecté "l’intégrité de la tradition liturgique héritée".
Reid s'en est ensuite pris à l'affirmation de Roche selon laquelle la soi-disant "réforme liturgique" avait été faite "sur la base d'une enquête théologique, historique et pastorale précise", qualifiant cela d'"extrêmement embarrassant".
Le moine bénédictin a rétorqué que "certaines des hypothèses formulées" par les réformateurs de la liturgie se sont révélées "fausses". Il a cité en exemple l’utilisation de la "Prière eucharistique II", qui utiliserait prétendument la plus ancienne anaphore romaine, mais qui, selon Reid, est en réalité "une construction issue d’une érudition erronée du milieu du XXe siècle, théologiquement remaniée selon l’esprit du temps du milieu des années 1960 et imposée à l’Église".
Reid a poursuivi en soulignant que les appels à une "enquête théologique, historique et pastorale précise" sur les rites "n’envisageaient certainement pas l’éviscération des enseignements centraux des Saintes Écritures".
Force est de constater que la nouvelle liturgie "n’a pas réussi à insuffler à l’Église le renouveau qu’elle était censée promouvoir", a-t-il écrit, soulignant que la plupart des catholiques baptisés n’assistent même pas à la messe.
"Cela est dû à diverses causes", a-t-il déclaré, "mais la liturgie réformée ne s'est pas révélée être un remède efficace. Elle ne contribue pas à unir les fidèles à Dieu." De fait, tout porte à croire que les changements survenus après Vatican II, dont les plus marquants et les plus tangibles furent les modifications apportées à la messe, ont été corrélés au déclin important de la pratique catholique. La fréquentation des messes et les vocations religieuses ont chuté de façon spectaculaire depuis Vatican II dans le monde entier.
Aux États-Unis en particulier, le nombre de prêtres s'est stabilisé en 1965 après le concile Vatican II, puis a commencé à chuter vers 1985, parallèlement à l'explosion démographique catholique. Cela laisse supposer que les changements apportés à la liturgie et à la doctrine de la foi par le Concile ont eu un impact négatif significatif sur les vocations.
À l’appui de cette association, une étude laïque publiée en 2025 a constaté que Vatican II avait "déclenché un déclin" de la fréquentation des messes catholiques dans le monde par rapport à la fréquentation des offices religieux d’autres religions, y compris le christianisme protestant.
Cette crise de l'Église donne du crédit à l'affirmation de Reid selon laquelle l'objectif de Roche, qui consiste non seulement à promouvoir la messe du Novus Ordo mais aussi à supprimer la messe latine traditionnelle, "ne vise pas le bien des âmes aujourd'hui ; il vise plutôt à protéger à tout prix les idéologies liturgiques chéries d'hier."
"En définitive, il faut affirmer clairement que ce document d’information manque d’honnêteté intellectuelle et témoigne d’une ignorance déplorable de l’histoire liturgique", écrit Reid. "De même, il est dépourvu de la sollicitude pastorale et de la générosité que l’on pourrait attendre, et les remplace par une rigidité qui s’accroche à une vision très étroite de la vie et de l’histoire liturgiques de l’Église."
"Que ce document porte le nom du Préfet du Dicastère pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements est tout simplement scandaleux", conclut Reid. "S’il est l’œuvre du Préfet lui-même, il devrait, comme diraient les politiciens de son pays, “s’interroger sur sa position”. S’il est l’œuvre de son personnel, il devrait également s’interroger sur leur position, tout en assumant l’entière responsabilité de sa diffusion auprès des membres du Collège Sacré."
"Ce document n’est assurément pas une enquête théologique, historique et pastorale approfondie visant à préserver une tradition saine tout en laissant la voie ouverte à un progrès légitime. Il n’est guère plus qu’un instrument de propagande superficielle et devrait être rejeté comme tel. Le Collège des cardinaux, et même l’Église – et plus particulièrement ses fidèles – méritent bien mieux."
Jésus leur répondit : "Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez : Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute !" (Mt 11,2-11)
Angelus : La prophétie, même enchaînée, reste une voix libre
Au terme de la messe dominicale qu’il a présidée dans la basilique Saint-Pierre à l’occasion du jubilé des détenus ce 14 décembre, le Pape Léon XIV, depuis la fenêtre des appartements pontificaux, a livré, avant la prière de l’angélus, une méditation dense sur l’espérance chrétienne. Une espérance qui ne déçoit pas, même dans l’épreuve, car elle se fonde sur l’action concrète du Christ au cœur de l’humanité blessée.
"La prophétie, même enchaînée, reste une voix libre en quête de vérité et de justice".
En évoquant Jean-Baptiste emprisonné à cause de sa prédication, le Pape Léon XIV a ouvert sa réflexion dominicale par une image forte. Derrière les barreaux, le Précurseur continue d’espérer et d’interroger. Il devient ainsi le signe que la Parole de Dieu ne peut être muselée, même lorsque le prophète est privé de liberté.
Depuis sa prison, Jean-Baptiste entend parler des œuvres accomplies par Jésus. Pourtant, ces œuvres ne correspondent pas à l’attente qu’il s’en faisait. D’où sa question: "Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre?". Une interrogation qui traverse les siècles et rejoint tous ceux "qui recherchent la vérité et la justice, ceux qui attendent la liberté et la paix [qui] interrogent Jésus".
Le Christ se révèle par ses œuvres
Face à cette question, Jésus ne donne pas de définition théorique de son identité. Il invite à regarder ce qu’Il fait. "Ce sont les derniers, les pauvres, les malades, qui parlent pour Lui", a souligné le Saint-Père, indiquant que le Messie se reconnaît à ses gestes qui sont des signes visibles du salut à l’œuvre: "Les aveugles voient, les muets parlent, les sourds entendent" (Isaïe 61,1 / Matthieu 11,2-11).
Même l’image de Dieu, défigurée par la maladie et l’exclusion, retrouve son intégrité. Jusqu’aux morts eux-mêmes, "totalement insensibles", qui reviennent à la vie. C’est là, a-t-il insisté, le cœur de l’Évangile: "Quand Dieu vient dans le monde, ça se voit!".
Libérés du découragement et de la souffrance
“La parole de Jésus nous libère de la prison du découragement et de la souffrance: toute prophétie trouve en Lui l'accomplissement attendu.”
C'est le Christ, en effet, a encore souligné le Pape, qui ouvre les yeux de l'homme à la gloire de Dieu qui "donne la parole aux opprimés, auxquels la violence et la haine ont ôté la voix; vainc l'idéologie qui rend sourd à la vérité; et guérit des apparences qui déforment le corps".
L’Avent, temps d’attente et d’attention
Le Pape a en outre invité les fidèles, en ce temps de l’Avent, à unir deux attitudes fondamentales: "l’attente du Sauveur et l’attention pour ce que Dieu fait dans le monde. Nous pourrons alors expérimenter la joie de la liberté de qui rencontre son Sauveur".
"Gaudete in Domino semper". Léon XIV a également rappelé le sens du troisième dimanche de l’Avent, dimanche de Gaudete, la joie. Il s’agit d’une joie qui n’ignore pas les épreuves, mais qui demeure "surtout lorsque la vie semble perdre son sens et que tout nous paraît plus sombre".
Kaiserin Adelheid und König Otto I, La reine Adélaïde et le roi Othon Ier
Fille du roiRodolphe II de Bourgogneet de Berthe de Souabe, née àOrbe, une commune suisse du canton de Vaud, située dans le district du jura-Nord vaudois, Aliceou Adélaïde, mariée une première fois, à 16 ans, à Lothaire II, roi d'Italie, se retrouva veuve 3 ans plus tard.
Elle était à la fois reine d'Italie, reine d'Allemagne et elle sera la première en date des impératrices du Saint Empire-Romain Germanique à la suite de son mariage avecOthon Ier.
Elle met son influence auprès de l'empereur au service de l'Église et des pauvres; elle favorise laréforme clunisienne.
À la mort d'Othon Ier (+973), elle exerça la régence pendant cinq ans, durant l'enfance d'Othon II. Puis à nouveau pendant la minorité d'Othon III. Ce fut pour elle, des périodes difficiles, pleines de souffrances et d'épreuves. Mais sa force de caractère et sa bonté, puisées dans sa foi, surmontèrent tous les obstacles.
Elle montra toutes les qualités d'un chef d'Etatdans la justice de sa charge, les vertus chrétiennes et en particuliersa charité envers aux pauvres.
Elle meurt à Seltz, près de Strasbourg, en 999, lors d'un voyage qu'elle effectuait dans l'un des nombreux monastères qu'elle avait fondés.
Sainte Ninon, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 149
Nous connaissons sa vie par l'écrivain ecclésiastique Rufin qui donna quelques détails sur la conversion de l'Ibérie, région intérieure de l'actuelle Géorgie. (1)
Jeune femme, nonne de Jérusalem, de la famille de S. Georges, elle avait été emmenée captive dans la capitale de la Géorgie vers 337. Comme on ne savait d'où elle venait, on la surnomma "Christiana" du nom de sa religion, ce qui devint par abréviation Nina ou Ninon.
On vint un jour lui apporter un enfant mourant, elle pria pour lui et il guérit. Ayant appris qu'elle avait guéri un enfant, la reine Nana se fit porter chez elle pour être soigner d'un mal étrange. Recouvrant la santé, elle et son mari Mirian voulurent couvrir de cadeaux sa bienfaitrice mais celle-ci refusa. La reine insistant, elle déclara que le seul cadeau qu'elle accepterait serait la conversion de ses souverains.
Plus tard, Mirian se perd à la chasse et repense à ce Christ. Le voilà sur le bon chemin. Il rencontre Nina qui lui conseille de bâtir une église à Mtskhéta, aujourd'hui centre patriarcal de l'Eglise orthodoxe de Géorgie.
La reine puis le roi se convertirent et demandèrent à l'empereur Constantin de leur envoyer des prêtres missionnaires.
Dès les années 330, la Géorgiese convertitau christianisme apporté par Ninon.
Sainte Ninon se retira dans la région de Bobdé où, dès le 4e siècle, fut construite une cathédrale.
À Mtskhéta un petit oratoire rappelle aujourd'hui encore ce baptême de la Géorgie.
Ninon est généralement représentée tenant une croix aux bras légèrement incurvés vers le bas, dite Croix de la Grappe. (2)
Sainte Ninon de Géorgie
Sainte Nino (Église de l'Assomption à Anaouri)
Les Églises d'Orient la fêtent le 14 janvier, l'Église en Occident en fait mémoire également ce jour et aussi le 15 décembre. (3)
Sources: (1); (2) ; (3); (4) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 148
Les hommes, unis par une même langue, ont voulu construire une tour pour atteindre le ciel, non par amour de Dieu, mais par orgueil, pour se faire un nom et éviter d’être dispersés. Dieu a confondu leur langage et les a dispersés sur la face de la terre.
Dans...
Saint Curé d'Ars, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 119.
On a dit de plus d'un personnage, de plu s d'un Saint, qu'ils furent les prodiges de leur siècle. Ceci n'est peut-être vrai de personne autant que du curé d'Ars...
Lydie de Thyatire (ville de Mysie, actuelle Turquie) ou Lydie de la Pourpre (Ier s.) D'après Saint Luc, elle serait la première Européenne à s'être convertie au Christ. Saint Paul l'aurait rencontrée alors qu'il arrivait en Macédoine orientale. Elle était...
Fondateur de la Congrégation des Pères du Saint-Sacrement et de celle des Servantes du Saint-Sacrement (1811-1868). Fils d'un boutiquier de village dans la région de Grenoble, il fut d'abord prêtre séculier. En 1839, il entre chez les Pères maristes dont...
Évêque, fondateur de la “Congregatio Sanctissimi Redemptoris” Docteur de l'Église Alfonso Maria de Liguori naît à Marianella, près de Naples, le 27 septembre 1696, dans une famille noble. Après de fort brillantes études, docteur en droit civil et canonique...
Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 85.
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En Chine, les prêtres sont tenus de se conformer aux directives officielles : un nouveau code de conduite a été dévoilé (en février dernier – voir le texte intégral ci-dessous), exigeant du clergé un lien étroit avec le parti au pouvoir et le socialisme....
Sainte Marthe, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 141.
Sainte Marthe était soeur de Lazare . C'est elle qui dirigeait la maison de Béthanie et s'en montrait digne par sa douceur et son amabilité envers les siens, par sa...
Un synode est (était) par définition un événement : il a été convoqué, tenu et conclu. Il en a été ainsi pendant vingt siècles. Le Synode sur la synodalité s’est achevé en octobre 2024. Son document final a été remis. Affaire classée, pourrait-on penser....