« Je recommande à mon fils s’il avait le malheur de devenir Roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, [...] qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les Lois, mais en même temps qu’un Roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile. » (Testament de Louis XVI)
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Face à une situation désespérée le roi de Juda Ézékias (VIIIe s. av. J.-C.) se tourna vers le prophète Isaïe. (2 Ch 32,20)
La nuit même, l’ange du Seigneur sortit et frappa cent quatre-vingt-cinq mille hommes dans le camp assyrien (2 R 19,35), délivrant ainsi Jérusalem d'une destruction imminente par le roi assyrien Sennachérib. Celui-ci rentra à Ninive où il mourut peu après, ses propres enfants le mettant à mort par l’épée. (2 Ch 32,21)
La nuit même, l’ange du Seigneur sortit et frappa cent quatre-vingt-cinq mille hommes dans le camp assyrien. Le matin, quand on se leva, ce n’était que des cadavres.
Alors le Seigneur envoya un ange qui anéantit tous les vaillants guerriers, les chefs et les officiers, dans le camp du roi d’Assour. Celui-ci retourna dans son pays, la honte au visage. Il entra dans la maison de son dieu, et quelques-uns de ses propres enfants le mirent à mort par l’épée.
L'ange détruisant l'armée de Sennacherib devant Jérusalem, gravure sur bois de Gustave Doré
***
On trouve le même récit d'anges venant en aidé au peuple de Dieu dans le IIe Livre des Maccabées où Héliodore est chassé du temple par trois anges envoyés par Dieu suite à la prière des Juifs de Jérusalem (II M 3,13-25).
De même le grand prêtre Onias et le prophète Jérémie apparurent également en songe intercédant pour Judas Maccabée et son armée. (2 M 15,11-14)
Béatrix (ou Béatrice) naquit au village d'Ornacieux en Isère, dans le Dauphiné. Elle entra à la Chartreuse de Parménie puis fonda la chartreuse d'Eymeux (Drôme) d'où elle gagna le ciel le 25 novembre 1303.
Son culte est confirmé en 1763 et elle est béatifiée par le Pape Pie IX le 15 avril 18692.
Le principal texte la concernant a été écrit au XIIIe siècle, par Marguerite d'Oingt, en Francoprovençal, sous le titre original : Li Via seiti Biatrix, virgina de Ornaciu (La Bienheureuse Béatrix d'Ornacieux, religieuse de Parménie).
Sa fête liturgique est fixée au 13 février par les chartreux et le 25 novembre dans le diocèse de Valence. [2]
"Née au château d'Ornacieux, près de la Côte-Saint-André vers 1260, Béatrix entre à l'âge de 13 ans à la chartreuse de Parménie, non loin de Tullins. En 1300, elle fonde le monastère d'Eymeux où elle connaît le plus extrême dénuement. Elle y meurt un 25 novembre, sans doute en 1303. Une chapelle y perpétue son souvenir. La vie de Béatrix a été écrite par une moniale chartreuse contemporaine de la bienheureuse, Marguerite d'Oingt et elle atteste son ardent amour pour Jésus crucifié."
(Bienheureuse Béatrix d'Ornacieux - diocèse de Valence 25 novembre)
Dans le Valentinois, entre 1303 et 1309, la bienheureuse Béatrice d'Ornacieux, vierge, qui, saisie d'un grand amour de la croix, vécut et mourut dans la plus grande pauvreté dans la Chartreuse d'Eymeu qu'elle avait fait construire (25 novembre).
L’Église honore le 10 décembre la mémoire d’une de ses plus valeureuses martyres, qui courut au supplice pour témoigner du vrai Dieu. Défiant ses juges et ses bourreaux, elle résista à toutes les tortures avant de mourir ébouillantée, ensevelie dans la neige.
Il fait froid, ce début d’hiver 303 en Estrémadure. Pourtant, malgré la bise mordante, par ce matin glacial du 7 décembre, deux très jeunes filles, presque des enfants car elles n’ont pas encore treize ans, se hâtent sur la route de Mérida. L’une, Eulalie, prénom grec signifiant "Bien disante", est la fille unique d’un patricien de cette ville, Libère ; l’autre, Julia, une petite esclave élevée avec elle et devenue son inséparable. Depuis quelques semaines, la terreur règne à Mérida. En charge de l’empire d’Occident, Maximien, décidé à éradiquer le christianisme, a donné des ordres féroces pour identifier les chrétiens, les contraindre à renier leur foi, et mettre à mort, dans les pires tourments, afin d’impressionner les autres, ceux qui refusent d’abjurer.
Brûlant de témoigner
Un certain Datianus, haut magistrat, s’est vu confier l’organisation de tribunaux d’exception aux méthodes expéditives et il met du cœur à l’ouvrage. Telle est la raison pour laquelle Libère, chrétien, a voulu éloigner Eulalie et sa compagne de la ville. Il connaît sa fille, redoute son caractère exalté qui pourrait la pousser à des actes inconsidérés. Et puis, son unique enfant a voué sa virginité au Christ et proposer le mariage aux adolescentes suspectées d’être chrétiennes et de ne vouloir d’autre époux que leur Dieu est un moyen usuel pour les amener à confesser leur foi.
Depuis des semaines, Eulalie et Julia sont recluses dans une propriété campagnarde, loin de Mérida. Mais pas assez pour qu’elles ignorent ce qui s’y passe et brûlent de témoigner, elles aussi. Alors, la veille au soir, échappant à la surveillance des domestiques, elles se sont enfuies et ont repris le chemin de la ville. Comme poussée par une force intérieure, Eulalie dévore la route, Julia sur les talons, si pressée de la rejoindre qu’elle parvient à la dépasser dans leur émulation enfantine ; en doublant son amie, elle crie : "Tu as beau te hâter, j’arriverai avant toi !" Prophétie qui sera tôt réalisée.
Elle renverse les idoles
Lorsque les adolescentes arrivent à Mérida, Datianus siège à son tribunal, au forum, et auditionne les prévenus accusés de christianisme. Afin de les impressionner, il s’est entouré de bourreaux qui exhibent les instruments de supplice, assez terrifiants pour que beaucoup, saisis de panique, acceptent de sacrifier aux idoles dont les statues trônent sur un autel portatif. À cette vue, Eulalie est indignée et, s’avançant vers le magistrat, elle le défie, moquant les divinités muettes et aveugles, impuissantes, qu’il veut forcer à adorer. Provocante, elle ose les renverser, blasphème passible de mot, et déclare : "Il n’y a qu’un Dieu et j’ai assez vécu sur terre pour être pressée d’aller vivre dans le Ciel."
Embarrassé, car on l’a informée que l’insolente appartient à une grande famille de la région, touché, aussi, de sa beauté, son courage, son air enfantin, il tente de la raisonner, feignant de ne pas prendre ses actes au sérieux. Elle ne sait pas ce qu’elle fait, ni ce qu’elle risque mais Eulalie le détrompe, en des termes qui prouvent sa maturité. N’ayant plus le choix, et parce que la procédure le prévoie, pour donner une chance à l’accusée de se rétracter, avant de l’envoyer réfléchir une nuit en prison, Datianus ordonne de la flageller et, car il connaît la pudeur des chrétiennes, il ordonne que la jeune fille soit dévêtue avant d’être fouettée. Eulalie subit tout sans broncher. Dans l’espoir de la fléchir, et parce que l’on ne s’encombre pas d’une esclave, le juge ordonne de mettre Julia à mort sous ses yeux, réalisant la prophétie de la petite qui arrive, en effet, première au Ciel.
Le juge déploie les pires moyens
Le lendemain, Eulalie reste ferme dans la foi et Datianus passe aux choses sérieuses. La veille, elle a été battue de verges, maintenant, c’est à coups de flagrum, le fouet aux lanières terminées par des billes de plomb de la flagellation du Christ qu’elle est frappée. Son corps frêle est labouré de coups horribles mais elle dit : "Merci d’imprimer ainsi dans ma chair les blessures triomphales de mon Seigneur !" Décidé à venir à bout de cette gamine, le juge déploie les pires moyens. Il ordonne de l’ébouillanter lentement, puis de verser du plomb fondu sur ses plaies. C’est si atroce que les spectateurs détournent les yeux, bouleversés, ou pleurent.
Eulalie, quant à elle, en extase, paraît ne rien sentir et même, à la stupeur de ses tourmenteurs, ses blessures se referment tandis que, de son corps supplicié émane une lumière éblouissante. Comme s’il voulait dissiper l’effet produit sur la foule par ces prodiges, Datianus renchérit dans la violence, ordonne de brûler Eulalie à petit feu avec des torches ardentes qui consument sa chair jusqu’à l’os. La martyre, sans une plainte, lève les yeux vers le magistrat et lance : "Regarde-moi bien, juge cruel, car je te jure que tu me reverras un jour au tribunal suprême, moi pour y gagner le prix de mes souffrances, toi pour en répondre à jamais !"
Son corps martyr est intact
Datianus envoie alors Eulalie au bûcher. À peine y est-elle montée qu’elle expire doucement. Son cadavre nu et mutilé est abandonné aux bêtes mais Dieu ne permet pas que, même morte, sa chaste épouse soit profanée par des regards impurs. La neige se met à tomber en abondance, l’ensevelissant sous un linceul blanc. Quand il fondra, chacun constatera que le corps de la martyre ne conserve nulle trace des supplices infligés. La basilique bâtie sur son tombeau à Mérida a été, jusqu’aux invasions wisigothes puis arabes, l’un des premiers sanctuaires d’Espagne.
Eulalie est la patronne de Barcelone, de Bordeaux et de Montpellier.
Certains historiens déclarent désormais que sainte Eulalie de Barcelone et sainte Eulalie de Mérida sont en réalité une seule et même personne. En revanche, le Cantilène de sainte Eulalie est bien attribué à Eulalie de Mérida, jeune fille espagnole qui a dénoncé la barbarie romaine à l’encontre des chrétiens.
Différence entre sainte Eulalie de Mérida et sainte Eulalie de Barcelone
Sainte Eulalie de Mérida est fêtée le 10 décembre.
Sainte Eulalie de Barcelone est célébrée le 12 février.
Les deux jeunes filles sont nées la même année, ont la même enfance, et donc la même histoire. Elles ont toutes deux dénoncé les agissements des romains envers les chrétiens. C’est ce qui cause leur perte.
Les deux histoires racontent qu’une colombe s’est échappée de leurs bouches au moment de leur dernier souffle, ce qui atteste de leur sainteté et de leur pureté. Elles sont mortes la même année, toutes les deux en Espagne, mais dans des régions différentes.(3)
''L'Église catholique est fondée sur les Apôtres et les prophètes; ET la pierre angulaire, c’est le Christ Jésus lui-même.'' (Eph 2,20) Une révélation divine présuppose l'immutabilité du dépôt originel de la foi, une doctrine vivante permettant des définitions ou explications ultérieures de vérités de foi ou de morale et un magistère de l'Église pour trancher les questions doctrinales. La "tête de l'Église" est ainsi le Christ qui est le chef de l'Eglise (Col 1,18), et l'Église est fondée sur les apôtres et leurs successeurs.
Dès le 1er siècle, l'Eglise au eu le souci de la succession apostolique. Le mot episkopos, évêque (celui qui ''surveille'' ou ''supervise'', contrôle et dirige le navire, le berger ou le gardien qui conduit et protège le troupeau), est utilisé dans plusieurs passages du Nouveau Testament, dans les Épîtres de Paul, les Actes des Apôtres et l'épître aux Corinthiens de Saint Clément de Rome (42 à 44). Ces passages discutent des qualifications et des rôles des évêques dans l'Église primitive:
1 Tim 3,2 Le responsable doit être irréprochable, époux d’une seule femme, un homme sobre, raisonnable, équilibré, accueillant, capable d’enseigner,
Tite 1,7 Il faut en effet que le responsable de communauté soit sans reproche, puisqu’il est l’intendant de Dieu ; il ne doit être ni arrogant, ni coléreux, ni buveur, ni brutal, ni avide de profits malhonnêtes ;
Actes 20,28 "Veillez sur vous-mêmes, et sur tout le troupeau dont l’Esprit Saint vous a établis responsables, pour être les pasteurs de l’Église de Dieu, qu’il s’est acquise par son propre sang."
Philippiens 1,1 PAUL ET TIMOTHEE, serviteurs du Christ Jésus, à tous ceux qui sont sanctifiés dans le Christ Jésus et habitent à Philippes, ainsi qu’aux responsables et aux ministres de l’Église.*
Epître aux Corinthiens (de S. Clément de Rome) "XLII. ... Dans les campagnes et les cités, en faisant leurs proclamations, ils (les Apôtres) établissaient les prémices, en les mettant à l'épreuve par l'Esprit, comme épiscopes et diacres de ceux qui allaient croire. Et cela n'était pas une nouveauté: en effet, c'est depuis bien longtemps qu'il était écrit au sujet des épiscopes et des diacres; car l'Ecriture dit quelque part: 'J'établirai leurs épiscopes dans la justice et leurs diacres dans la foi.' (Is 60,17)
... XLIV Et nos apôtres ... ont établi ... comme loi supplémentaire que s'ils s'endormaient (atténuation courante pour désigner la mort), d'autres hommes qu'on aurait mis à l'épreuve recevraient leur service." [Cité dans Premiers écrits chrétiens, Bibliothèque de la Pléiade, éd. Publiée sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, Nrf Gallimard, Lonrai 2017, p. 60]
Avant le christianisme, le terme désignait diverses fonctions d'administrateur dans les domaines civil, financier, militaire ou judiciaire.
Subordonnés aux apôtres, les episkopoi et presbyteroi semblent avoir joué le rôle de proche collaborateurs de ceux-ci dont ils sont parfois les délégués dans une communauté donnée. (Enrico Cattaneo trad. de l'italien par Agnès Bastit et Christophe Guignard, Les ministères dans l’Église ancienne : Textes patristiques du Ier au IIIe siècle, Paris, éditions du Cerf, p.81.)
Auprès des communautés d'Asie Mineure, Ignace d'Antioche défend l'unité de l'Église par un système hiérarchique d'épiscopat ''conforme à la volonté de Dieu'', où l'évêque unique est assisté d'un collège de presbytres (presbyterium) et des diacres, justifiant le primat par une approche théologique. (Enrico Norelli, trad. Viviane Dutaut, Comment tout a commencé : La naissance du christianisme, Montrouge, Bayard, p. 189.)
Saint Ignace d'Antioche, céramique byzantine du Xe siècle, Walters Art Museum.
Le premier exemple de la doctrine de la succession apostolique se trouve dans le tout premier chapitre des Actes des Apôtres, lorsque le Prince des Apôtres, Pierre, appelle à un remplacement de Judas : "On en présenta deux : Joseph appelé Barsabbas, puis surnommé Justus, et Matthias. Ensuite, on fit cette prière : ''Toi, Seigneur, qui connais tous les cœurs, désigne lequel des deux tu as choisi pour qu’il prenne, dans le ministère apostolique, la place que Judas a désertée en allant à la place qui est désormais la sienne.'' On tira au sort entre eux, et le sort tomba sur Matthias, qui fut donc associé par suffrage aux onze Apôtres." (Ac 1:20-26)
Puis nous voyons Timothée et Tite partageant une célébration commune, les chers fils de saint Paul dans le sacerdoce et l'épiscopat, à qui il adressa les dites lettres pastorales traitant précisément de l'ordre de l'Église et de la vie chrétienne. Chez ces deux fils de Paul, nous voyons se matérialiser la doctrine de l'Église sur la succession apostolique.
Et le concile de Jérusalem en 49 dans Actes 15, où nous voyons parmi ceux qui prenaient la décision sanctionnant l'ouverture de la communauté des Juifs chrétiens aux "païens", les apôtres et les presbytres qu’ils avaient déjà nommés : les apôtres ont fait appel à leur propre autorité et à celle de Dieu pour régler un différend théologique concernant tous les chrétiens (Actes 15:27-28) et parmi ceux qui prenaient la décision figuraient les apôtres et les presbytres qu’ils avaient déjà nommés, c’est-à-dire des hommes nommés directement par le Christ et d’autres hommes nommés indirectement par Lui via les apôtres, ce qui en un mot est la succession apostolique. Il s'agit d'une succession, et non d'une auto-nomination. L'imposition des mains (1 Tm 4,14) n'était pas symbolique. C'étaitle signe biblique de la transmission de l'autorité et du pouvoir spirituel:
"Ne néglige pas le don de la grâce en toi, qui t’a été donné au moyen d’une parole prophétique, quand le collège des Anciens a imposé les mains sur toi." (1 Tm 4,14)
Dans Ac 15,22-29 nous voyons les Apôtres et les Anciens décider avec toute l’Église de choisir parmi eux des hommes qu’ils enverraient à Antioche avec Paul et Barnabé. ''C’étaient des hommes qui avaient de l’autorité parmi les frères : Jude, appelé aussi Barsabbas, et Silas.''
En Ac 20,28 nous voyons S. Paul dire : ''Veillez sur vous-mêmes, et sur tout le troupeau dont l’Esprit Saint vous a établis responsables, pour être les pasteurs de l’Église de Dieu.'' L’imposition des mains ‘sacralise’ une personne qui est appartient désormais au domaine du sacré, à Dieu. Dieu prend possession de la personne, lui donnant autorité et aptitude pour exercer une fonction particulière.
Par exemples, les Lévites qui étaient ceux qui devaient être purifiés pour porter l'arche d'alliance (1Chroniques 15:14), sont mis à part comme groupe sacerdotal par le peuple d’Israël : Nb. 8,10. À la fin du livre du Deutéronome, le peuple écoute Josué ‘pour ainsi agir dans les voies du Seigneur’, car Moïse lui a imposé les mains, et Josué est rempli de l’Esprit de sagesse (Dt 34,9).
Dans le christianisme, l’imposition des mains est fréquente chez Jésus lorsqu'il guérit des malades (Lc 13,12-13; Lc 4,40; Mc 8,23; Mt 9,18 ; Mc 7,32) ou lorsqu'il bénit des enfants en leur imposant les mains en leur disant une prière (Mt 19,13 : parole et mains). Ce qu’il fait, leur obtenant du Père le fruit de sa propre prière.
Chez les apôtres, l'imposition des mains est le signe de la transmission de l'autorité et du pouvoir spirituel. Les dons divins, et particulièrement le don de l’Esprit-Saint sont transmis par ce geste :
-Pierre et Jean confèrent le don de l’Esprit aux Samaritains qui, bien que baptisés au nom du Seigneur Jésus’, ne l’avaient pas encore reçu. "Alors Pierre et Jean leur imposèrent les mains, et ils reçurent l’Esprit Saint." (Ac 8,16-17)
-Paul fait de même pour les disciples d’Éphèse qui n’avaient connu que le baptême de Jean (le Baptiste) (Ac 19,6). ''ils se firent baptiser au nom du Seigneur Jésus. Et quand Paul leur eut imposé les mains, l’Esprit Saint vint sur eux'' (Ac 19,6).
-L’imposition des mains est un geste de communication de pouvoir spirituel adapté à un envoi précis en mission. Les sept premiers diacres sont consacrés et ordonnés à une fonction bien définie au sein de la communauté primitive : ''On les présenta aux Apôtres, et après avoir prié, ils leur imposèrent les mains.'' (Ac 6,1-6).
-A Antioche, Paul et Barnabas sont mis à part pour leur mission : ''Alors, après avoir jeûné et prié, et leur avoir imposé les mains, ils les laissèrent partir.'' (Ac 13,3).
-L'ordination sacerdotale, elle-même, est un geste où l'on voit Paul imposer les mains à Timothée (‘Je t’ai imposé les mains’: 2 Tm 1,6). On a ici les germes de l’ordination sacerdotale telle qu’elle est encore comprise aujourd’hui : ''ne néglige pas le don de la grâce en toi, qui t’a été donné au moyen d’une parole prophétique, quand le collège des Anciens a imposé les mains sur toi.'' (1 Tm 4,14). Et Timothée refera ce geste sur d’autres, choisis pour le ministère de l’Église (1 Tm. 5,22), mais ''ne décide pas trop vite d’imposer les mains à quelqu’un'' conseille saint Paul.
Une Église valide doit avoir:
-une succession apostolique,
-une ligne ininterrompue d’ordinations, par l’imposition des mains, remontant au Christ lui-même. Sans cela, vous n’avez tout simplement pas d'autorité.
L'autorité de l'évêque sur les communautés locales semblent bien établie dès le IIe siècle. (Florian Mazel, L'Evêque et le Territoire : L'invention médiévale de l'espace (Ve – XIIIe siècle), Paris, Seuil, et il est un fait que le mono-épiscopat tend à devenir le modèle commun à partir de la seconde moitié du IIe siècle. (Simon Claude Mimouni et Pierre Maraval, Le christianisme des origines à Constantin, Paris, Presses universitaires de France, coll. Nouvelle Clio, p. 416-417.) Depuis la seconde moitié du IIe siècle, l'évêque prend la tête de cette hiérarchie ecclésiastique pour devenir le dispensateur sur terre de l’auctoritas — une notion jusque-là exclusivement civile — confiée par Dieu à l'Église. (Simon Claude Mimouni et Pierre Maraval, Le christianisme des origines à Constantin, p. 418.)
En outre d'assurer la prédication, c'est l'évêque qui assure les fonctions liturgiques et sacrées, assurant l'administration du baptême, la célébration de l'eucharistie, la réconciliation des pénitents, la formation, l'ordination et le contrôle des clercs (Sylvie Joye, L'Europe barbare : 476-714, Paris, Armand Colin, 2019, 3e éd., p. 106), la consécration des vierges et veuves ainsi que celle des édifices religieux. Il existe cependant une grande disparité dans la distribution des sièges épiscopaux : quand en Afrique romaine le moindre bourg est doté d'un évêque, l'Égypte et la Gaule ne connaissent qu'un unique siège métropolitain pendant longtemps. (Enrico Cattaneo, trad. de l'italien par Agnès Bastit et Christophe Guignard, Les ministères dans l’Église ancienne : Textes patristiques du Ier au IIIe siècle, Paris, éditions du Cerf, p. 89.)
Rapidement, une hiérarchie entre les évêques finit par apparaître : les évêques de villes importantes peuvent souvent se réclamer d'une origine apostolique plus directe et président aux affaires des évêques d'une région donnée.
Néanmoins, lorsque l'empereur Constantin s'empare de la tête de l'Etat, la physionomie de l'Église chrétienne est pour l'essentiel fixée (Bernard Flusin, chap. IV "Les structures de l'Église impériale", dans Cécile Morrisson, Le monde byzantin, vol. I : L'Empire romain d'Orient (330-641), 2012, 2e éd., p. 111), et le modèle épiscopal de direction des communautés chrétiennes, largement établi. (David M. Gwynn, "Episcopal Leadership", dans Scott Fitzgerald Johnson (éd.), The Oxford Handbook of Late Antiquity, Oxford University Press, 2015, p. 880.)
À partir du IVe siècle, la charge pastorale de l'évêque envers les communautés de fidèles — citadines ou rurales — qui lui sont soumises est désignée sous terme latin de parochia, dont provient le mot "paroisse".
Dans le même temps, les troubles causés par les différends théologiques qui se développent et multiplient les contestations d'élections épiscopales, occasionnent l'immixtion du pouvoir civil dans les affaires des communautés chrétiennes (en 325, Constantin Ier convoque le concile de Nicée), immixtion politique dont l'Église cherchera à s'extraire dès le début, le christianisme n'étant pas - chose nouvelle - une religion intégrée au système étatique. (Yves Bruley, Histoire du Catholicisme, Que Sais-je ?, 4e édition, Paris 2018, p. 22.)
La succession apostolique dans l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe de Césarée (260-339) retrace la succession des évêques depuis l'époque apostolique jusqu'au début des années 300 pour les principales églises fondées par les apôtres, à savoir :
Ces documents indiquent que les anciens chrétiens ne croyaient pas que l’Église catholique était une société invisible mais une société visible dont les dirigeants pouvaient être retracés jusqu’au Christ et aux Apôtres eux-mêmes.
Le souci de la continuité de l'enseignement apostolique oral, le souci de 'garder le dépôt de la foi dans toute sa beauté' (2 Tm 1,13-14) et de le transmettre à d'autres générations, aux "hommes dignes de foi qui seront capables de l’enseigner aux autres, à leur tour" (2Tm 2), la transmission de la charge ecclésiastique (office) par les apôtres eux-mêmes, dont celle de Judas par S. Pierre (Ac 1,15-25 et c'est Matthias qui est élu Ac 1, 24-26) ; ou celles de Timothée et Tite (les chers fils de saint Paul dans le sacerdoce à qui il adressa les dites lettres pastorales traitant de l'ordre de l'Église et de la vie chrétienne) ; le caractère collectif autant que solidaire des premières communautés chrétiennes (1 Th 4,6) ; le titre de "pasteur", titre qui convient d'abord au Christ et que Jésus avait donné à Pierre (Jn 21,15-17) pour être le berger de ses brebis, la recommandation par S. Paul aux Anciens d'Ephèse de veiller sur le troupeau dont l’Esprit Saint les a établis responsables "pour être les pasteurs de l’Église de Dieu, qu’il s’est acquise par SON propre sang" (Ac 20,28), ainsi que la nécessité de l'interprétation de l'Écriture dans le sens de la tradition orale apostolique (à propos de l'interprétation de la parole entendue du Ciel par S. Jean le Baptiste lors du baptême de Jésus. 2 P 1,16-20) ou bien lors de l'enseignement du fonctionnaire de la reine Candace (l'eunuque Éthiopien qui désirait être éclairé sur l'interprétation des prophéties messianiques d'Isaïe. Ac 8,27-35) ; la volonté de choisir des hommes mandatés de la part des apôtres pour éviter que des personnes ''sans aucun mandat'' tiennent ''des propos'' qui pourraient ''jeter le trouble et le désarroi'' (Ac 15,22-26) sont autant de traits particuliers de l'Église primitive qui existent toujours.
La succession apostolique est ininterrompue. Les pasteurs des hérétiques s'auto-promeuvent
Dans le Nouveau Testament, les seules personnes qui avaient l'autorité d'enseigner étaient les apôtres, ceux qu'ils avaient nommés (comme Timothée et Tite) et ceux qu'ils avaient également nommés. Il n'y a aucune indication dans l'Écriture qu'un chrétien est habilité à enseigner en dehors de cette ligne d'autorité.
Les sources scripturaires de la primauté papale et de la succession apostolique sont nombreuses :
ISAÏE 22,22 « Je mettrai sur son épaule la clef de la maison de David : s’il ouvre, personne ne fermera ; s’il ferme, personne n’ouvrira. »
« Et moi, je te dis : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. Je te donnerai les clefs du royaume des cieux : tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. »
LUC 22:31-32
« Simon, Simon, voici, Satan vous a réclamés, pour vous cribler comme le froment. Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Et toi, quand tu seras revenu, affermis tes frères. »
JEAN 1:42
Jésus le regarda et dit : « Tu es donc Simon, fils de Jonas ? Tu seras appelé Céphas » (ce qui signifie Pierre).
Jean 21:15-17
Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon Pierre : « Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu plus que ne m’aiment ceux-ci ? » Il lui répondit : « Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime. » Il lui dit : « Pais mes brebis. » Il lui dit une seconde fois : « Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu ? » Il lui dit : « Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime. » Il lui dit : « Pais mes brebis. » Il lui dit une troisième fois : « Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu ? » Pierre fut attristé de ce qu’il lui avait dit pour la troisième fois : « M’aimes-tu ? » Il lui répondit : « Seigneur, tu sais tout, tu sais que je t’aime. » Jésus lui dit : « Pais mes brebis. »
Actes 15:7
Pierre se leva et leur dit : Frères, vous savez que dès les premiers jours Dieu m’a choisi parmi vous, afin que par ma bouche les païens entendissent la parole de l’Évangile et qu’ils croient.
Frères, au nom du Seigneur Jésus Christ, nous vous ordonnons d’éviter tout frère qui mène une vie désordonnée et ne suit pas la tradition que vous avez reçue de nous.
Ce que tu m’as entendu dire en présence de nombreux témoins, confie-le à des hommes dignes de foi qui seront capables de l’enseigner aux autres, à leur tour.
La primauté instituée par Jésus est nécessaire pour l'unité de l'Église, et conforme à la raison
Jésus parle de SON Église, et non d'églises fondées par des individus.
Au IIIe siècle, saint Cyprien de Carthage, auteur de59 lettres qui sont "l'une des sources les plus précieuses de patrologie" (H.R. DROBNER, Les Pères de l'Église, Desclée, 1999, p. 183) écrira dans sa lettre 33 que :
"Notre Seigneur, dont nous devons révérer et garder les commandements, réglant ce qui concerne les égards dus à l'évêque, et le plan de son Église, parle dans l'évangile et dit à Pierre : "Je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle. Je te donnerai les clefs du royaume des cieux, et ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans le ciel, et que tu auras délié sur la terre sera délié dans le ciel". [Mt 16,18-19; Jn 21,15-17]. De là découle, à travers la série des temps et des successions, l'élection des évêques et l'organisation de l'Église : l'Église repose sur les évêques et toute sa conduite obéit à la direction de ces mêmes chefs.»
La primauté de Pierre a été instituée par le Christ, selon le témoignage des Évangiles où Pierre reçoit seul et personnellement, tout ce que Jésus confie aussi aux douze apôtres collectivement, notamment : le fondement de l’Église, le don des clés, du pouvoir de lier et délier, la charge de conduire les brebis du Christ et de les confirmer dans la foi.
C’est à Pierre – et à Pierre seul – que le sauveur dit 'Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et la puissance de la mort n’aura pas de force contre elle.' (Matthieu 16, 19 ; Isaïe 22, 21-22 ; Jean 21, 15-17 et Lumen Gentium 19).
Pierre est le rocher. Les chrétiens historiques ont toujours vu Pierre et sa confession comme la pierre de fondation dont parle le Christ. L'Est et l'Ouest diffèrent sur la façon dont sa primauté est exercée, mais pas sur son rôle.
Jésus a laissé SON Église avec des sacrements (baptême, eucharistie), la prière et une discipline spirituelle comme moyens concrets pour que chaque homme vive une relation avec Lui (religare, ce qui relie à Dieu). La vraie religion religare selon Jésus est une relation vécue dans la vérité, la prière ET la fidélité à SON Église.
La primauté ne signifie par que le pape est plus saint que les autres, mais que le Christ lui a promis une assistance spéciale pour garder le dépôt de la foi, et ''confirmer ses frères''.
La pleine communion voulue par le Seigneur entre ceux qui se reconnaissent comme ses disciples requiert la reconnaissance commune d'un ministère ecclésial universel "dans lequel tous les évêques se reconnaissent unis dans le Christ et où tous les fidèles trouvent la confirmation de leur foi" (Ut Unum Sint 97).
L'Église catholique professe que ce ministère est le ministère primatial du pontife romain, successeur de Pierre, et soutient avec humilité et fermeté "que la communion des Églises particulières avec l'Église de Rome, et de leurs évêques avec l'évêque de Rome, est une exigence essentielle - dans le dessein de Dieu - de la communion plénière et visible" (Ut Unum Sint 97).
Seul le Pontife romain peut être, en tant que successeur de Pierre, "le principe perpétuel et visible et le fondement de l'unité qui lie entre eux soit les évêques, soit la multitude des fidèles" (Lumen Gentium, 23)
"Jésus fonde UNE Église, non des églises multiples
C'est SON Église : Il en est le propriétaire et la Tête
Elle a une structure visible avec un chef désigné"
"Les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle"
Indefectibilité : L'Église ne peut défaillir totalement dans sa foi et sa mission
Promesse d'assistance divine : L'Esprit Saint la préserve de l'erreur substantielle
Implication logique : Il doit exister une Église visible, historiquement continue depuis les apôtres jusqu'à aujourd'hui
Les "portes du séjour des morts" (Hadès/Shéol) : symbole des puissances du mal, de la mort spirituelle et de l'enfer - aucune ne vaincra l'Église" (Metanoïa catholique)
La primauté est un grand don du Christ à son Église en tant que service nécessaire de l'unité
L’histoire des Églises ou Communautés chrétiennes séparées de Rome, qui ont donc perdu le lien avec ce principe d’unité qu’est l’évêque de Rome, montre à quel point le ministère de l’unité du pontife romain est nécessaire et utile pour que l’Église reste une et que la foi soit protégée.
L’histoire malheureuse des séparations, dont les conséquences sont des communautés protestantes aujourd’hui divisées en plus de 1.000 groupes, professant des fois diverses, et des Églises Orthodoxes elles aussi divisées et souvent dépendantes des pouvoirs politiques locaux, sont la démonstration visible de l’utilité du service de l’unité et de la communion dans la foi exercé par le pape.
La primauté a été aussi, souvent, comme le prouve l'histoire, une défense de la liberté des évêques et des Églises particulières face aux ingérences du pouvoir politique
Il n’y a pas et il n’y aura pas d’unité de tous les chrétiens possible sans ce ministère d’unité visible et permanent, qui garantit la communion et la foi, dans le respect de la diversité légitime et des richesses de chacun : "Toutes les Églises sont en communion plénière et visible, parce que tous les pasteurs sont en communion avec Pierre, et ainsi dans l'unité du Christ." (Ut Unum Sint 94), et de la même manière tous les évêques ne peuvent être les témoins de la vérité divine que quand ils enseignent en communion avec le pontife Romain (cf. Lumen Gentium 25).
Et l'unité de l'Église, au service de laquelle le ministère du successeur de Pierre se met d'une manière singulière, atteint sa plus haute expression dans le sacrifice eucharistique, qui est le centre et la racine de la communion ecclésiale. Ainsi, "Toute célébration de l'Eucharistie est faite en union non seulement avec l'évêque propre mais aussi avec le pape, avec l'Ordre épiscopal, avec tout le clergé et avec le peuple tout entier. Toute célébration valide de l'Eucharistie exprime cette communion universelle avec Pierre et avec l'Église tout entière, ou bien la réclame objectivement" (Catéchisme Église Catholique, 1369).
La primauté papale au Ier siècle et la succession apostolique au Ier siècle
Trois papes sont mentionnés dans la Bible : Saint Pierre (Mt 16,18), Saint Lin (2 Tm 4,21), Saint Clément (Ph 4,3).
La succession apostolique dans l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe de Césarée (260-339) retrace la succession des évêques depuis l'époque apostolique jusqu'au début des années 300 pour les principales églises fondées par les apôtres, à savoir :
- Rome,
- Alexandrie,
- Antioche
et Jérusalem
Ces églises furent initialement gouvernées respectivement par saint Pierre, saint Marc, saint Pierre et saint Jacques.
Les anciens chrétiens ne croyaient pas que l’Église catholique était une société invisible, mais une société visible dont les dirigeants pouvaient être retracés jusqu’au Christ et aux Apôtres eux-mêmes.
Je mettrai sur son épaule la clef de la maison de David : s’il ouvre, personne ne fermera ; s’il ferme, personne n’ouvrira.
Dans Isaïe 22,22 nous voyons qu'un intendant reçoit les clés de la maison royale de David, une mission de gouvernance spirituelle.
Dans Jean 21,15 à 17, après sa résurrection, on voit Jésus réitérer cette mission; il demande trois fois 'Pierre, m'aimes-tu?', puis il lui confie la tâche de paître ses brebis :
"Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : 'Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ?' Il lui répond : 'Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime.' Jésus lui dit : 'Sois le berger de mes agneaux.' Il lui dit une deuxième fois : 'Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ?' Il lui répond : 'Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime.' Jésus lui dit : 'Sois le pasteur de mes brebis.' Il lui dit, pour la troisième fois : 'Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ?' Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : 'M’aimes-tu ?' Il lui répond : 'Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime.' Jésus lui dit : 'Sois le berger de mes brebis.'
Ce dialogue montre qu'àtrois reprises, en écho au triple reniement de Pierre et malgré lui, Jésus confirme totalement sa mission "Sois le Pasteur de mes brebis" (Jean 21, 16).
Pierre reçoit la responsabilité de guider tout le Peuple de Dieu comme un berger principal.
Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai MON Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle.
19 Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux.
Jésus utilise ici une image forte, celle des clés, symbole de pouvoir et d'autorité.
Après l'intendant recevant les clés de la maison royale de David, Pierre devient à son tour chef de la maison spirituelle du Christ Roi sur terre.
Les Actes des Apôtres illustrent ce rôle unique : Pierre est celui qui déclare ouvertement la résurrection, qui prend le premier parole le jour de la Pentecôte et qui établit des directives claires pour l'Église naissante (Actes 1,15).
La primauté de Pierre a donc été instituée par le Christ, selon le témoignage des Évangiles où Pierre reçoit seul et personnellement, tout ce que Jésus confie aussi aux douze apôtres collectivement, notamment : le fondement de l’Église, le don des clés, du pouvoir de lier et délier, la charge de conduire les brebis du Christ et de les confirmer dans la foi.
La papauté est donc l'institution chrétienne qui désigne le pape comme successeur de l'apôtre Pierre, chargé de guider l'Église universelle en étant le pasteur des brebis du Seigneur (Jn 21,15-17).
Elle repose sur l'autorité spirituelle confiée par Jésus-Christ à Pierre et à ses successeurs afin que dans le temps les portes de l'enfer ne prévalent pas contre SON ÉGLISE...
"[V]otre Père qui est aux cieux ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu.15 Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère.16 S’il ne t’écoute pas, prends en plus avec toi une ou deux personnes afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins.17 S'il refuse de les écouter, dis-le à l’assemblée de l’Église ; s’il refuse encore d’écouter l’Église, considère-le comme un païen et un publicain" (Mt 18,14-17) : le souci du Christ est manifestement de préserver dans le temps contre les puissances de l'enfer, l'unité de foi (le culte) et de gouvernement de SON Église.
Le CEC n°424dit : "Mûs par la grâce de l’Esprit Saint et attirés par le Père nous croyons et nous confessons au sujet de Jésus : " Tu es le Christ, le Fils du Dieu Vivant " (Mt 16, 16). C’est sur le roc de cette foi, confessée par S. Pierre, que le Christ a bâti son Église (cf. Mt 16, 18 ; S. Léon le Grand, serm. 4, 3 : PL 54, 151 ; 51, 1 : PL 54, 309B ; 62, 2 : PL 350C-351A ; 83, 3 : PL 54, 432A).
Pierre est-il aussi le "rocher" de Matthieu 16:18?
Beaucoup de chercheurs disent oui. Voici les 3 principales raisons :
"Tu es Pierre, et sur ce rocher, je vais construire mon église ..." Qu'est-ce que Jésus voulait dire?
Raison n ° 1: le jeu de mots en grec (et araméen)
En grec:
- "Tu es Pierre (πέτρος, Petros), et sur ce rocher (πέτρα, Petra), je construireai mon église."
-Petros et Petra partagent la même racine. Il s'agit d'un jeu de mots intentionnel sur le nom de Pierre.
Mais le vrai argument ? En Araméen - La langue que Jésus a probablement parlé. Jésus dit : "Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras Képhas – ce qui veut dire : Pierre". (Jn 1:42)
Le mot Kephas vient de l’araméen "Kepha", qui signifie "rocher". Ce lien est important car l’araméen était la langue parlée par Jésus et ses disciples.
Jésus a donc nommé Simon "Cephas" ou "Kephas" qui signifie roc…. en araméen - la langue que Jésus a parlé dans cette conversation (car il ne lisait pas ou ne citait pas les Écritures dans Matt 16: 18-19)
Donc, en araméen, cephas = roc… Et il n'y a pas de versions Gros Rocher / Petit Rocher... , féminin ou masculin, etc.
Cephas = rocher.
En araméen, Jésus aurait dit:
"Tu es Kepha, et sur ce Kepha, je vais construire mon église."
Contrairement au grec, Kepha est le même mot les deux fois! Pas de distinction. Jésus identifie clairement Pierre comme le rocher. Fin du débat.
Raison n ° 2: le contexte immédiat
Jésus vient de dire à Pierre:
"Béni es-tu, Simon Bar-Jona ... tu es Pierre..."
Et juste après:
"… Et sur ce rocher, je construirai mon église."
La lecture naturelle? Pierre est le rocher. La phrase découle directement de Pierre au rocher.
Certains soutiennent que le "rocher" est plutôt la foi de Pierre. Mais si Jésus avait voulu dire cela, il aurait pu dire:
"Tu es Pierre, et sur ta confession, je construirai mon église."
Il ne l'a pas fait. Au lieu de cela, il a utilisé un jeu de noms de nom directement lié à Pierre lui-même.
[Précisons que c'est là aussi le témoignage des Pères de l'Église :
Saint Jean Chrysostome (Homélie 54 sur Matthieu) : "Sur cette pierre je bâtirai mon Église, c'est-à-dire, sur cette foi et sur cette confession. [...] Il relève l'esprit et les pensées de cet apôtre, et il l'établit le pasteur de son Église."
Saint Augustin (Rétractations I, 21) : "J'ai dit quelque part au sujet de l'apôtre Pierre que l'Église a été bâtie sur lui comme sur une pierre ; mais je sais que depuis j'ai très souvent expliqué cette parole du Seigneur : 'Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église', en ce sens que cette pierre est Celui que Pierre a confessé en disant : 'Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant' [...] Cependant, que le lecteur choisisse des deux interprétations celle qui lui paraîtra la plus probable."
Note importante : Saint Augustin a proposé les deux interprétations, mais n'a jamais nié que Pierre puisse être le roc. L'interprétation "pétrinienne" (Pierre comme fondement) est devenue la lecture officielle de l'Église. Metanoïa catholique]
Raison n ° 3: L'Église primitive et le témoignage patristique
De nombreux pères d'église ont reconnu Pierre comme le rocher. Certains ont souligné sa confession, mais la première tradition dominante a vu Pierre jouer un rôle fondamental.
Regardez Eph 2: 20 - les apôtres sont appelés la fondation de l'église. "car vous avez été intégrés dans la construction qui a pour fondations les Apôtres et les prophètes ; et la pierre angulaire, c’est le Christ Jésus lui-même."
Alors, Pierre est-il le rocher? Les érudits disent : oui.
-Jesus a donné à Pierre un nom qui signifie littéralement "rocher".
-L'Araméen confirme le même sens.
-La structure de la phrase pointe Pierre lui-même.
- Et l'Église primitive le considérait comme tel.
La doctrine de la succession apostolique est ainsi définie dans le Catéchisme de l'Église catholique :
"L’Église est apostolique parce qu’elle est fondée sur les apôtres, et ceci en un triple sens :
– elle a été et demeure bâtie sur "le fondement des apôtres" (Ep 2, 20 ; Ap 21, 14), témoins choisis et envoyés en mission par le Christ lui-même (cf. Mt 28, 16-20 ; Ac 1, 8 ; 1 Co 9, 1 ; 15, 7-8 ; Ga 1, 1 ; etc.) ;
– elle garde et transmet, avec l’aide de l’Esprit qui habite en elle,
*l’enseignement (cf. Ac 2, 42) "Ils étaient assidus à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières."
*le bon dépôt, les saines paroles entendues des apôtres (cf. 2 Tm 1, 13-14) "Tiens-toi au modèle donné par les paroles solides que tu m’as entendu prononcer dans la foi et dans l’amour qui est dans le Christ Jésus. Garde le dépôt de la foi dans toute sa beauté, avec l’aide de l’Esprit Saint qui habite en nous."
– elle continue à être enseignée, sanctifiée et dirigée par les apôtres jusqu’au retour du Christ grâce à ceux qui leurs succèdent dans leur charge pastorale : le collège des évêques, "assisté par les prêtres, en union avec le successeur de Pierre, pasteur suprême de l’Église" (Catéchisme de l'Eglise Catholique, 857)
À ce stade, le Catéchisme cite la Préface I pour les Apôtres dans l'édition actuelle du Missale Romanum :
"Car toi, Pasteur éternel, n'abandonne pas ton troupeau, mais par l'intermédiaire des bienheureux Apôtres, veille sur lui et protège-le toujours, afin qu'il soit gouverné par ceux que tu as désignés comme bergers pour le conduire au nom de ton Fils."
Puis le texte reprend ici :
"Jésus est l’Envoyé du Père. Dès le début de son ministère, il "appela à lui ceux qu’il voulut, et il en institua Douze pour être avec lui et pour les envoyer prêcher" (Mc 3, 13-14). Dès lors, ils seront ses "envoyés" (ce que signifie le mot grec apostoloi). En eux continue sa propre mission : "Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie" (Jn 20, 21 ; cf. 13, 20 ; 17, 18). Leur ministère est donc la continuation de sa propre mission : "Qui vous accueille, M’accueille", dit-il aux Douze (Mt 10, 40 ; cf. Lc 10, 16).
859 Jésus les unit à sa mission reçue du Père : comme "le Fils ne peut rien faire de Lui-même" (Jn 5, 19. 30), mais reçoit tout du Père qui l’a envoyé, ainsi ceux que Jésus envoie ne peuvent rien faire sans Lui (cf. Jn 15, 5) de qui ils reçoivent le mandat de mission et le pouvoir de l’accomplir. Les apôtres du Christ savent donc qu’ils sont qualifiés par Dieu comme "ministres d’une alliance nouvelle" (2 Co 3, 6), "ministres de Dieu" (2 Co 6, 4), "en ambassade pour le Christ" (2 Co 5, 20), "serviteurs du Christ et dispensateurs des mystères de Dieu" (1 Co 4, 1).
860 Dans la charge des apôtres, il y a un aspect intransmissible : être les témoins choisis de la Résurrection du Seigneur et les fondements de l’Église. Mais il y a aussi un aspect permanent de leur charge.Le Christ leur a promis de rester avec eux jusqu’à la fin des temps (cf. Mt 28, 20). "La mission divine confiée par Jésus aux apôtres est destinée à durer jusqu’à la fin des siècles, étant donné que l’Évangile qu’ils doivent transmettre est pour l’Église principe de toute sa vie, pour toute la durée du temps. C’est pourquoi les apôtres prirent soin d’instituer (...) des successeurs" (LG 20).
Les évêques successeurs des apôtres
861 " Pour que la mission qui leur avait été confiée pût se continuer après leur mort, les apôtres donnèrent mandat, comme par testament, à leurs coopérateurs immédiats d’achever leur tâche et d’affermir l’œuvre commencée par eux, leur recommandant de prendre garde au troupeau dans lequel l’Esprit Saint les avait institués pour paître l’Église de Dieu. Ils instituèrent donc des hommes de ce genre, et disposèrent par la suite qu’après leur mort d’autres hommes éprouvés recueilleraient leur ministère." (LG 20 ; cf. Saint Clément de Rome, Ad Cor. 44, 3). [Voir ci-dessous "La succession apostolique au Ier siècle]
862 "De même que la charge confiée personnellement par le Seigneur à Pierre, le premier des apôtres, et destinée à être transmise à ses successeurs, constitue une charge permanente, permanente est également la charge confiée aux apôtres d’être les pasteurs de l’Église, charge dont l’ordre sacré des évêques doit assurer la pérennité". C’est pourquoi l’Église enseigne que "les évêques, en vertu de l’institution divine, succèdent aux apôtres, comme pasteurs de l’Église, en sorte que, qui les écoute, écoute le Christ, qui les rejette, rejette le Christ et celui qui a envoyé le Christ." (CEC 858-862)
Ce que tu m’as entendu dire en présence de nombreux témoins, confie-le à des hommes dignes de foi qui seront capables de l’enseigner aux autres, à leur tour.
Ce verset illustre une chaîne de transmission fiable où chaque génération reçoit, préserve et transmet ce qu'elle a reçu, sans rien ajouter ni retirer. C'est cette succession qui garantit que nous ne nous éloignons pas de la pleine vérité révélée par Jésus-Christ. Car sans un cadre établi et une autorité établie, il serait facile de dériver, de réinterpréter ou même de perdre des aspects essentiels de la foi chrétienne. La succession apostolique agit comme une boussole qui maintient l'Église ancrée dans la vérité de l'Évangile. Elle protège le dépôt de la foi contre les erreurs et les hérésies. Par exemples, dans les premiers siècles du christianisme, ce sont les évêques en communion les uns avec les autres qui ont défendu des vérités fondamentales comme la divinité du Christ et la Trinité. Ces doctrines bien que considérées comme évidentes aujourd'hui, auraient pu disparaître sans la doctrine de la succession apostolique. En restant fidèle à cette chaîne de transmission, l'Église garantit que nous vivons et croyons selon la pleine vérité de Dieu et non selon les idées ou les modes d'une époque. Ainsi la succession apostolique n'est pas simplement une tradition ou une formalité, elle est la garantie que l'Église demeure comme Paul le dit dans 1 Timothée 3,15 "la colonne et le soutien de la vérité". Elle nous offre un accès sûr et authentique à l'enseignement du Christ. Un trésor que nous avons le devoir de préserver pour les générations futures.
Les apôtres Pierre et Jean imposant les mains (Actes 8,17)
Voici les noms des douze Apôtres et le premier parmi eux :
C'est par cet accent significatif mis sur la primauté de Simon-Pierre que saint Matthieu commence dans son Évangile la liste des douze apôtres qui, également dans les deux autres évangiles synoptiques et dans les actes, débute par le nom de Simon (Marc 3, 16 ; Luc 6, 14 ; Actes 1, 13).
D'autres passages évangéliques (Matthieu 14, 28-31 ; 16, 16-23 ; 19, 27-29 ; 26, 33-35 ; Luc 22, 32 ; Jean 1, 42 ; 6, 67-70 ; 13, 36-38 ; 21, 15-19) montrent avec clarté et simplicité le rôle premier de Pierre parmi les Douze.
Pierre, malgré sa faiblesse humaine, fut placé expressément par le Christ à la première place parmi les Douze et appelé à exercer dans l'Église une fonction propre et spécifique
C’est à Pierre – et à Pierre seul – que le sauveur dit "Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et la puissance de la mort n’aura pas de force contre elle." (Matthieu 16, 19 ; Isaïe 2, 21-22 ; Jean 21, 15-17 et Lumen Gentium 19).
L’apôtre "est" cette pierre, ce rocher "Képhâ" en grec (Jean 1,42 ; Galates 1,12) sur lequel l’Église sera édifiée dans la communion de la foi.
Jésus ne donne pas seulement un nouveau nom à l’apôtre ; il l’investit d’une mission. Dans la Judée du Ier siècle, le substantif "rocher" n’était jamais utilisé comme prénom. Le nom attribué à Simon traduit la communion à Dieu et la nature des prérogatives du serviteur de l’Éternel (Genèse 17, 5).
"Pierre n'est pas le rocher" disent les protestants. Alors pourquoi Jésus l’a-t-il renommé le rocher ?
S. Pierre recommande aux "anciens en fonction" de paître "le troupeau de Dieu qui leur est confié et aux "jeunes gens" d'être "soumis aux anciens" (1 P. 5, 1-2).
Puis nous voyons Pierre inventer la succession apostolique lorsque Judas, mort, il propose "qu'un autre prenne sa charge" (Ac 1,20), de prier le Seigneur, qui connait tous les cœurs, afin qu'il désigne par tirage au sort celui qui prendra, "dans le ministère apostolique, la place que Judas a désertée en allant à la place qui est désormais la sienne". Et c'est Matthias qui est élu. (Ac 1, 24-26)
Pierre a eu le nom de pierre car par la fermeté de sa foi il était LE PREMIER à mériter d'être une fondation de l'Église.
"Premier" des douze apôtres (Mt 10, 2), il est le premier apôtre à qui le ressuscité apparaît (Luc 24, 34 ; Corinthiens 15, 5).
C’est lui qui indique la voie à suivre pour compléter le collège apostolique après la défection de Judas (Actes 1, 15-22).
Le jour de la Pentecôte, après que l’Esprit Saint fut venu sur les disciples dans la maison où ils se tenaient (Actes 2, 1-13), c’est lui qui prend la parole le premier pour annoncer la réalisation des promesses divines et la Résurrection du Seigneur (Actes 2, 14-36).
C’est lui qui est l’auteur du premier miracle obtenu après la Résurrection de Jésus (Actes 3, 6-7).
C’est lui qui s’adresse aux fidèles au "portique de Salomon", suite à ce miracle (Actes 3, 13-26).
C’est avec Jean qu’il est arrêté, emprisonné par les sadducéens et le commandant du temple puis forcé de comparaître devant le sanhédrin (Actes 4, 3 ; 4, 5-22) devant lequel il confesse sa foi qui est celle de tous les apôtres (Actes 4, 10-12).
C’est Pierre qui défend les premiers chrétiens devant le sanhédrin (Actes 4, 6 ; 19).
C’est également lui qui interroge Ananias sur la moralité de ses actes (Actes 5, 1-11).
C’est à nouveau Pierre ("et les apôtres" précise le texte) qui répond une seconde fois aux accusations infondées du sanhédrin (Actes 5, 31).
C’est lui qui tient un discours sous la forme d’une profession de foi chez Corneille (Actes 10, 34-43), à la suite duquel "l’Esprit saint tomba sur tous ceux qui avaient écouté la Parole" (Actes 10, 44).
C’est lui de surcroît qui parle publiquement (le premier une fois encore) à l’assemblée de Jérusalem, en présence de "l’Église", des "apôtres" et des "anciens" (Actes 15, 4).
Cette présence – sous forme d’omniprésence - de l’apôtre Pierre n’est pas anodine. Elle traduit un rang exceptionnel et reconnu par tous : le premier parmi les Douze.
De même que les scribes et les pharisiens enseignaient dans la chaire de Moïse (Mt 23, 2), cette primauté de Pierre est transmise à ses successeurs, selon la tradition biblique constante.
Alors Jésus s’adressa aux foules et à ses disciples,
et il déclara : « Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse.
Donc, tout ce qu’ils peuvent vous dire, faites-le et observez-le. Mais n’agissez pas d’après leurs actes, car ils disent et ne font pas.
La chaire de Saint Pierre succède à la chaire de Moïse dans la Nouvelle Alliance.
Si le respect et l’obéissance sont dus à ceux qui enseignent dans la chaire de Moïse malgré des comportements scandaleux, combien plus est-on tenu de respecter et d’obéir encore davantage à ceux qui enseignent dans la chaire de saint Pierre ?!
Saint Pierre prend la parole lors de la Pentecôte (Ac 1,15). L'Esprit Saint envoyé à la Pentecôte devient la force qui garantit que l'Eglise restera fidèle à la vérité divine malgré les épreuves et les siècles.
Au concile de Jérusalem dans Actes 15, 4-11, Pierre intervient pour résoudre les premières grandes controverses doctrinales, confirmant ainsi sa position de guide spirituel :
"Frères, vous savez bien comment Dieu, dans les premiers temps, a manifesté son choix parmi vous : c’est par ma bouche que les païens ont entendu la parole de l’Évangile et sont venus à la foi."
Historiquement, les premiers chrétiens ont reconnu en Pierre le premier évêque de Rome.
Les Pères de l'Église, tels qu'Ignace d'Antioche ou Irénée de Lyon, ont affirmé que les successeurs de Pierre, les papes, portaient cette même responsabilité.
Rome est devenue le centre de l'unité chrétienne non pas par hasard, mais parce qu'elle était le siège apostolique de Pierre.
Cette autorité ne diminue pas la place de Jésus-Christ qui est le fondement ultime de l'Église. Au contraire, la papauté agit comme un instrument choisi par Dieu pour garder la continuité et l'unité de l'Église visible. Aujourd'hui encore, à travers les siècles et malgré les défis, la papauté reste un signe d'unité pour plus d'un milliards de catholiques à travers le monde, fidèles à la mission confiée par Jésus-Christ à Pierre et à ses successeurs. Cf. Orthodoxie catholique
Le document Dominus Iesus, n° 16 et 17 signé en 2000 par le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le Card. Ratzinger, précise :
Les fidèles sont tenus de professer qu'il existe une continuité historique — fondée sur la succession apostolique [Conc. OEcum. Vat. II, Const. dogm. Lumen gentium, n. 20 ; cf. aussi S. Irénée, Adversus haereses, III, 3, 1--3 : SC 211, 20-44 ; S. Cyprien, Epist. 33, 1 : CCL 3 B, 164-165 ; S. Augustin, Contra adversarium legis et prophetarum, 1, 20, 39 : CCL 49, 70.] — entre l'Église instituée par le Christ et l'Église catholique : « C'est là l'unique Église du Christ [...] que notre sauveur, après sa résurrection, remit à Pierre pour qu'il en soit le pasteur (cf. Jn 21,17), qu'il lui confia, à lui et aux autres apôtres, pour la répandre et la diriger (cf. Mt 28,18ss.), et dont il a fait pour toujours la “colonne et le fondement de la vérité” (1 Tm 3,15). Cette Église comme société constituée et organisée en ce monde, c'est dans l'Église catholique qu'elle se trouve [subsistit in], gouvernée par le successeur de Pierre et les Évêques qui sont en communion avec lui ».54 Par l'expression subsistit in, le Concile Vatican II a voulu proclamer deux affirmations doctrinales : d'une part, que malgré les divisions entre chrétiens, l'Église du Christ continue à exister en plénitude dans la seule Église catholique ; d'autre part, « que des éléments nombreux de sanctification et de vérité subsistent hors de ses structures »,55 c'est-à-dire dans les Églises et Communautés ecclésiales qui ne sont pas encore en pleine communion avec l'Église catholique.56 Mais il faut affirmer de ces dernières que leur « force dérive de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à l'Église catholique ».[Conc. OEcum. Vat. II, Décr. Unitatis redintegratio, n. 3.]
17. Il existe donc une unique Église du Christ, qui subsiste dans l'Église catholique, gouvernée par le successeur de Pierre et les Évêques en communion avec lui.58 Les Églises qui, quoique sans communion parfaite avec l'Église catholique, lui restent cependant unies par des liens très étroits comme la succession apostolique et l'Eucharistie valide, sont de véritables Églises particulières.59 Par conséquent, l'Église du Christ est présente et agissante dans ces Églises, malgré l'absence de la pleine communion avec l'Église catholique, provoquée par leur non-acceptation de la doctrine catholique du Primat, que l'Évêque de Rome, d'une façon objective, possède et exerce sur toute l'Église conformément à la volonté divine.60
En revanche, les Communautés ecclésiales qui n'ont pas conservé l'épiscopat valide et la substance authentique et intégrale du mystère eucharistique,[Conc. OEcum. Vat. II, Décr. Unitatis redintegratio, n. 22.] ne sont pas des Églises au sens propre ; toutefois, les baptisés de ces Communautés sont incorporés au Christ par le baptême et se trouvent donc dans une certaine communion bien qu'imparfaite avec l'Église.62
L’Église considère ainsi que la succession apostolique est si essentielle qu’aucun organisme chrétien ne peut être qualifié d’"Église" sans elle.
C’est pourquoi les documents de Vatican II (et tous les documents officiels depuis) s’abstiennent d’appeler "Église" toute communauté qui n’a pas le charisme de la succession apostolique, les désignant simplement comme des "communautés ecclésiales". En réalité, cela signifie que seules les orthodoxes orientaux peuvent être considérés comme de véritables Églises.
"Nos apôtres ... au sujet de la dignité de l'épiscopat ... instituèrent les ministres ... et posèrent ... la règle qu'à leurs morts d'autres hommes éprouvés SUCCEDERAIENT à leurs fonctions."
Épitre de S. Clément de Rome, Pape, aux Corinthiens 44
L’Église romaine est la "présidente de l’alliance divine" chez Saint Ignace d'Antioche (Ier siècle)
C'est à Ignace que l'on doit le mot grec "kajolik´ov", "catholicos" pour définir l'Eglise de Jésus-Christ (Cf. Encyclopédie Universalis).
Selon Ignace, une vénération spéciale entoure déjà l'église de Rome dès la fin du Ier siècle.
Dans sa "Lettre aux Tralliens" (§3) (vers 107 ap. J.-C.), Ignace écrit :
"Que tous révèrent les diacres comme Jésus-Christ, comme aussi l'évêque, qui est l'image du Père, et les Presbytres (les prêtres) comme le sénat de Dieu et comme l'assemblée des Apôtres: sans eux, on ne peut parler d'Église . (Cf. Les Pères Apostoliques, Texte intégral, Sagesses Chrétiennes, Cerf, Paris 2012, p.178.)
Dans sa Lettre aux Romains, il précise que :
"Cette Église préside dans la région des Romains". (Cf. Les Pères Apostoliques, Texte intégral, Sagesses Chrétiennes, Cerf, Paris 2012, p. 185.)
Présider dans la région des Romains est autre chose que présider sur la région. L'Église de Rome préside. Il est difficile de ne pas voir dans ce texte une allusion à une prééminence de l'Église de Rome sur les autres Églises.
Saint Ignace d'Antioche, Lettre aux Smyrniotes (§8) (v. 107) :
"Suivez tous l'évêque, comme Jésus-Christ suit son Père, et le presbyterium comme les Apôtres; quant aux diacres, respectez-les comme la loi de Dieu. Que personne ne fasse, en dehors de l'évêque, rien de ce qui regarde l'Église. Que cette eucharistie seule soit regardée comme légitime, qui se fait sous la présidence de l'évêque ou de celui qu'il en aura chargé.
Là où paraît l'évêque, que là soit la communauté, de même que là où le Christ Jésus, là est l'Église catholique. Il n'est pas permis en dehors de l'évêque ni de baptiser, ni de faire l'agape, mais tout ce qu'il approuve, cela est agréable à Dieu aussi. Ainsi, tout ce qui se fait sera sûr et légitime." (Cf. Les Pères Apostoliques, Texte intégral, Sagesses Chrétiennes, Cerf, Paris 2012, p.207-208)
La primauté papale au IIe siècle
Denys de Corinthe, évêque de Corinthe vers 171, rappelle que le nom de Pierre (et celui de Paul également) est lié indéfectiblement lié à Rome (cité par Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique II, 25, 8).
Saint Irénée de Lyon, un autre auteur contre les hérétiques soutient à son tour que "toute l’Église" doit être "unie à celle de Rome", "car en elle la tradition apostolique a toujours été conservée" (Contre les hérésies III, 3, 2)
"3,2. L'Eglise très grande, très ancienne et connue de tous, que les deux très glorieux apôtres Pierre et Paul fondèrent et établirent à Rome;
[...] la Tradition qu'elle tient des apôtres et la foi qu'elle annonce aux hommes sont parvenues jusqu'à nous par des successions d'évêques, nous confondrons tous ceux qui, de quelque manière que ce soit, ou par infatuation, ou par vaine gloire, ou par aveuglement et erreur doctrinale, constituent des groupements illégitimes: car avec cette Église, en raison de son origine plus excellente, doit nécessairement s'accorder toute Église, c'est-à-dire les fidèles de partout, – elle en qui toujours, au bénéfice de ces gens de partout, a été conservée la Tradition qui vient des apôtres." Adversus haereses, III, 2.
Vers l'an 180, Irénée donne comme premiers successeurs de saint Pierre et saint Paul respectivement Lin, Anaclet, Clément (Contre les hérésies, III, 3,3), version que l'on retrouve chez Eusèbe de Césarée (Histoire ecclésiastique, III, 2,13-15,21).
3,3. Donc, après avoir fondé et édifié l'Église, les bienheureux apôtres remirent à Lin la charge de l'épiscopat; c'est de ce Lin que Paul fait mention dans les épîtres à Timothée (II Tim 4,21). Anaclet lui succède. Après lui, en troisième lieu à partir des apôtres, l'épiscopat échoit à Clément. Il avait vu les apôtres eux-mêmes et avait été en relations avec eux: leur prédication résonnait encore à ses oreilles et leur Tradition, était encore devant ses yeux. Il n'était d'ailleurs pas le seul, car il restait encore à cette époque beaucoup de gens qui avaient été instruits par les apôtres." (Saint Irénée de Lyon, Adversus haereses, III, 2.)
À la fin du IIe siècle, la controverse au sujet de la date de la fête de Pâques (dans le sillage des années 150 au cours desquelles S. Polycarpe de Smyrne s’était entretenu à ce sujet avec Anicet, évêque de Rome ; cf. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, V, 24, 16-17) manifeste le pouvoir du siège romain. Polycrate, évêque d’Éphèse, fêtait Pâques le même jour que les juifs, le 14 Nisan. Une partie de son entourage pensait que le dimanche aurait mieux convenu, selon l’usage romain. Victor Ier, évêque de Rome (189-199) réunit un des premiers synodes de l’histoire où l’on décida de rompre la communion ecclésiale avec les fidèles qui ne suivraient pas la prescription romaine.
Vers 200, Gaius, romain d’origine, parle des "trophées de ceux qui ont fondé cette Église (de Rome)" (cité par Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique II, 25, 7).
La primauté papale au IIIe siècle
Tertullien (+ 220), écrivain ecclésiastique qui tomba dans l'hérésie montaniste à la fin de sa vieécrivit néanmoins à propos de la primauté papale :
‘’Qu’est-ce qui a pu être caché à Pierre, appelé ainsi parce que l’Église devait être bâtie sur lui ; à Pierre, qui avait reçu avec la clé du royaume des cieux, le pouvoir de lier de délier, tant dans les cieux que sur la terre ?’’ (Prescription contre les hérétiques XXII ; PL2,34).
Tertullien considérait même que le Christ avait confié le privilège de lier et de délier uniquement à la personne de Pierre. Chose qu’il rappela ailleurs.
L'argument de prescription de Tertullien contre les hérétiques évoque l'"apostolicité des origines" et les "successions apostoliques"
Bien que Tertullien ait énoncé un certain nombres d'erreurs, dans son Traité des Prescriptions contre les hérétiques, il développe néanmoins l'''argument solide et invincible'' de prescription contre les hérétiques et les schismatiques. ''Vous êtes d'hier, vous venez de naître ; avant-hier on ne vous connaissait pas.''
XIII. [1] 1. La Règle de foi -- car il nous faut faire connaître dès maintenant ce que nous défendons -- est celle qui consiste à croire : [2] « qu'il n'y a qu'un seul Dieu qui n'est autre que le Créateur du monde ; que c'est lui qui a tiré l'univers du néant par son Verbe émis avant toutes choses ; [3] que ce Verbe fut appelé son fils, qu'au nom de Dieu il apparut sous diverses figures aux patriarches, qu'il se fit entendre en tout temps par les prophètes, enfin qu'il descendit par l'esprit et la puissance de Dieu le père dans la Vierge Marie, qu'il devint chair dans son sein et que né d'elle 'sa vie devint celle de Jésus-Christ' ; [4] qu'il 'proclama' ensuite la loi nouvelle et la nouvelle promesse du royaume des cieux, qu'il fit des miracles, qu'il fut crucifié, qu'il ressuscita le troisième jour, qu'enlevé aux cieux il s'assit à la droite du Père ; [5] qu'il envoya à sa place la force du Saint-Esprit pour conduire les croyants ; qu'il viendra dans la gloire pour prendre les saints et leur donner la jouissance de la vie éternelle et des promesses célestes, et pour condamner les profanes au feu éternel, après la résurrection des uns et des autres et le rétablissement de la chair. »
Et au chapitre XXI, il énonce ''deux prescriptions contre les hérétiques'' :
[1] De ces faits, voici la prescription que nous dégageons. Du moment que Jésus-Christ, Notre Seigneur, a envoyé les apôtres prêcher, il ne faut donc point accueillir d'autres prédicateurs que ceux que le Christ a institués. [2] Car nul ne connaît le Père, si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils l'a révélé. Or 'l'on ne voit pas que le Christ l'ait révélé' à d'autres qu'aux apôtres qu'il a envoyés prêcher -- prêcher ce que, bien entendu, il leur avait révélé. [3] Mais quelle était la matière de leur prédication, autrement dit, qu'est-ce que le Christ leur avait révélé ? Ici encore j'élève cette prescription que, pour le savoir, il faut nécessairement s'adresser à ces mêmes Eglises que les apôtres ont fondées en personne, et qu'ils ont eux-mêmes instruites, tant de "vive voix", comme on dit, que, plus tard, par lettres.
[4] Dans ces conditions, il est clair que toute doctrine qui est en accord avec celle de ces Églises, matrices et sources de la foi, doit être considérée comme vraie, puisqu'elle contient évidemment ce que les Églises ont reçu des apôtres, les apôtres du Christ, le Christ de Dieu.
[5] Par contre, toute doctrine doit être a priori jugée 'comme venant du mensonge' qui contredit la vérité des Églises des apôtres, du Christ et de Dieu.
[6] Reste donc à démontrer que cette doctrine, qui est la nôtre, et dont nous avons plus haut formulé la règle, procède de la tradition des apôtres, et que, par le fait même, les autres viennent du mensonge.
[7] Nous sommes en communion avec les Églises apostoliques, parce que notre doctrine ne diffère en rien de la leur : c'est là le signe de la vérité.''
Au chapitre ''Apostolicité des origines et successions apostoliques. XXXII.'' il écrit ainsi :
''[1] D'ailleurs, si quelques-unes osent se rattacher à l'âge apostolique pour paraître transmises par les apôtres, sous prétexte qu'elles existaient à l'époque des apôtres, nous sommes en droit de leur dire : « Montrez l'origine de vos Églises; déroulez la série de vos évêques se succédant depuis l'origine, de telle manière que le premier évêque ait eu comme garant et prédécesseur l'un des apôtres ou l'un des hommes apostoliques restés jusqu'au bout en communion avec les apôtres. » [2] Car c'est ainsi que les Églises apostoliques présentent leurs fastes. Par exemple,
- l'Église de Smyrne rapporte que Polycarpe (martyr 155 +) fut installé par Jean;
- l'Église de Rome montre que Clément a été ordonné par Pierre. [Jérusalem dirigée initialement par Pierre et Jacques le Juste; Antioche fondée vers 38-43 par des chrétiens fuyant Jérusalem; Alexandrie fondée par Marc selon la tradition ; Ephèse, Smyrne, Pergame, Tyatire, Sardes, Philadelphie, Laodicée, Galatie (Asie Mineure), Philippes, Thessalonique, Corinthe, Colosses, etc. fondées par Paul et Jean. Ndlr.]
- [3] De même encore, d'une façon générale, les autres Églises exhibent les noms de ceux qui, établis par les apôtres dans l'épiscopat, possèdent la bouture de la semence apostolique.
[4] Que les hérétiques inventent quelque chose de semblable !''
Dans ses ''Derniers arguments en faveur de l'apostolicité des Églises. XXXVI'', Tertullien écrit encore :
''[1] Or donc, voulez-vous exercer plus louablement votre curiosité en l'employant à votre salut ? Parcourez les Eglises apostoliques où les chaires même des apôtres président encore à leur place, où on lit leurs lettres authentiques qui rendent l'écho de leur voix et mettent sous les yeux la figure de chacun d'eux.
[2] Êtes-vous tout proche de l'Achaïe : vous avez Corinthe.
N'êtes-vous pas loin de la Macédoine : vous avez Philippes ;
si vous pouvez aller du côté de l'Asie : vous avez Ephèse ;
si vous êtes sur les confins de l'Italie, vous avez Rome, dont l'autorité nous apporte aussi son appui. [3] Heureuse Église ! les apôtres lui ont versé toute leur doctrine avec leur sang. Pierre y subit un supplice semblable à celui du Seigneur. Paul y est couronné d'une mort pareille à celle de Jean (Baptiste). L'apôtre Jean y est plongé dans l'huile bouillante : il en sort indemne et se voit relégué dans une île.''
Et au chapitre ''Prescription de longue possession ?'', il écrit enfin : XXXVII. [1] S'il est vrai que la vérité doive nous être adjugée en partage, à nous qui marchons dans cette règle que les Eglises nous transmettent après l'avoir reçue des apôtres, les apôtres du Christ, le Christ de Dieu, nous étions donc bien fondés à soutenir que les hérétiques ne doivent pas être admis à nous provoquer sur les Ecritures, puisque nous pouvons démontrer, sans le secours des Écritures, qu'ils n'ont rien à voir avec les Ecritures. [2] Etant hérétiques, ils ne peuvent être chrétiens, car ils ne tiennent pas du Christ la doctrine qu'ils suivent de leur propre choix en adoptant ce nom d'hérétiques. [3] N'étant pas chrétiens, ils n'ont aucun droit sur les écrits chrétiens, et ils méritent qu'on leur dise : Qui êtes-vous ? Quand et d'où êtes-vous venus ? Que faites-vous chez moi, vous qui n'êtes pas des miens ? De quel droit, Marcion, fais-tu des coupes dans ma forêt ? D'où le prends-tu, Va-lentin, pour détourner mes sources ? Qui t'autorise, Apelle, à déplacer mes bornes? [4] Pourquoi, vous autres, venez-vous semer et paître ici arbitrairement ? Ce domaine m'appartient, je le possède d'ancienne date, je le possédais avant vous ; j'ai des pièces authentiques émanant des propriétaires même auxquels le bien a appartenu. [5] C'est moi qui suis l'héritier des apôtres. C'est d'après les dispositions prises par testament, d'après leur fideicommis, d'après l'adjuration qu'ils ont faite que j'en suis possesseur. [6] Quant à vous, ce qui est sûr, c'est qu'ils vous ont toujours déshérités et reniés comme des étrangers, comme des ennemis. [7] Et pourquoi les hérétiques sont-ils pour les apôtres des étrangers et des ennemis, sinon à cause de la divergence de leur doctrine, que chacun d'eux a inventée ou reçue selon son caprice, contre les apôtres ?''
Étienne de Rome, pape (254-257), confronté aux Églises africaines à propos de la réintégration des "lapsi" (fidèles apostats au moment des persécutions), "réclame pour sa personne la succession de Pierre, l’apôtre sur lequel ont été établis les fondements de l’Église" (cité par Perrin, op. cit., p. 41).
Saint Cyprien de Carthage (+258) est plus mesuré : il dit aussi que le Christ a bâti l’Église sur Pierre mais qu’il a autant d’autorité apostolique que les autres apôtres, à ceci près que le pape est le premier parmi eux et qu’il en est le responsable, parce qu’il y a un seul responsable dans l’Église. "En plein accord avec l'évêque de Rome Corneille", il (Cyprien) prend à l'égard des lapsi "des mesures de miséricorde (concile de Carthage, 251), qui provoquent le schisme des rigoristes Felicissimus et Novat (à Rome, à la même époque, dans une situation analogue, c'est le schisme de Novatien). (Cf. Universalis.fr)
Vers 250, Cyprien soutient qu'"il n'y a qu'une Église" (Lettre 54) et quel’Église romaine est la "matrice et la racine de l’Église catholique" (Épître 48).
"[...] Dans le Deutéronome en effet, le Seigneur Dieu parle ainsi : "Tout homme qui agira orgueilleusement, n'écoutant point le prêtre ou le juge qui sera en fonction en ces jours-là, sera mis à mort, et tout le peuple qui le saura sera saisi de frayeur, et ils ne se comporteront plus en impies à l'avenir". (Dt 17,12-13).
De même parlant à Samuel, objet du mépris des Juifs, le Seigneur dit : "Ce n'est pas vous qu'ils ont méprisé, mais c'est Moi qu'ils ont méprisé"; (1 Sam 8,7) et le Seigneur dit encore dans son évangile : "Celui qui vous écoute, M'écoute, et celui qui M'a envoyé, et celui qui vous rejette Me rejette, et celui qui m'a envoyé". (Lc 10,16).
[...] Il est écrit en effet : 'Tu n'outrageras point un prince de ton peuple'." (Ac 23,4-5).
Quand il y a de tels exemples, et beaucoup d'autres de même nature, par où Dieu daigne affirmer l'autorité et la puissance épiscopale, que pensez-vous que soient ceux qui, se faisant les ennemis des évêques, et se mettant en révolte contre l'Église catholique, ne se laissent toucher ni par les menaces de Dieu qui nous avertit, ni par les rigueurs vengeresses du jugement qui doit venir ? Jamais en effet les hérésies n'ont surgi d'ailleurs, jamais les schismes n'ont eu une autre source : c'est toujours qu'on n'obéit pas à l'évêque de Dieu, que l'on ne songe plus qu'il n'y a dans l'Église qu'un évêque, qu'un juge, tenant pour un temps la place du Christ."
[...] Et pourtant, il n'a pas, Lui, fait des reproches ou de graves menaces à ceux qui s'éloignaient, mais se tournant vers ses apôtres, il leur a dit : "Est-ce que vous aussi, vous voulez vous en aller ?" Il a respecté la loi d'après laquelle l'homme, laissé à sa volonté et à son libre arbitre, se porte de lui-même ou à la mort ou au salut. Pierre cependant, sur qui l'Église avait été bâtie par le même Christ, parlant de lui seul pour tous et répondant par la voix de l'Église, lui dit : "A qui irions-nous ? Tu as la parole de la vie éternelle; et nous croyons et nous savons que tu es le Christ, Fils du Dieu vivant". (Jn 6,67-69). Il veut faire entendre que ceux qui s'éloignent du Christ périssent par leur faute; mais que l'Église qui croit au Christ, et qui reste fidèle à ce qu'elle sait, ne s'éloigne jamais de Lui; il montre que ceux-là sont l'Église qui demeurent dans l'Église de Dieu, tandis que ces autres ne représentent pas une plantation faite par le Père, que l'on voit non pas rester en place comme le blé, mais s'agiter au souffle de l'ennemi comme la paille que le vent emporte. C'est d'eux que Jean dit, dans son épître : "Ils se sont séparés de nous, mais ils n'étaient pas des nôtres; s'ils avaient été des nôtres, ils seraient restés avec nous". (Jn 2,19). De même Paul nous avertit de ne pas nous émouvoir lorsque des méchants s'en vont de l'Église, et de ne point avoir une foi moins vive quand des mécréants s'éloignent : "Eh quoi, dit-il, si quelques-uns d'entre eux sont devenus infidèles, est-ce que leur incrédulité a anéanti la Fidélité de Dieu ? Écartons cette pensée : car Dieu est véridique, et tout homme est menteur". (Rom 3,3-4).(Lettre 59)
Vers 251, dans De unitate, Cyprien évoque la place de Pierre et de ses successeurs :
"Dieu parle à Pierre: Je te dis que tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église et les puissances des enfers n’en triompheront jamais. Je te donnerai les clefs du royaume du Ciel, et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans le Ciels et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans le Ciel (Matt., XVI.). Après sa résurrection, il dit au même apôtre : Pais mes brebis. Sur lui seul il bâtit son Église, à lui seul il confie la conduite de ses brebis.
Quoique, après sa résurrection,. il donne à tous ses apôtres un pouvoir égal, en leur disant : Comme mon Père m’a envoyé, je vous envoie; recevez le Saint-Esprit les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez (Joan., XX), cependant, afin de rendre l’unité évidente, il a établi une seule chaire et, de sa propre autorité, il a placé dans un seul homme le principe de cette même unité. Sans doute les autres apôtres étaient ce que fut Pierre; ils partageaient le même honneur, la même puissance, mais tout se réduit à l’unité. La primauté est donnée à Pierre, afin qu’il n’y ait qu’une seule Église du Christ et une seule chaire." (De l 'Unité de l'Eglise 3)
Dans sa Lettre 55, il écrit : "il n'y a, de par l'institution du Christ, qu'une Église unique répandue en plusieurs membres dans le monde entier, un épiscopat unique"
"Pour ce qui est de Novatien, frère très cher, vous désirez savoir quelle hérésie il a introduite. Sachez d'abord que nous ne devons même pas être curieux de connaître ce qu'il enseigne, puisqu'il enseigne hors de l'Église. Quel que soit ce personnage, quelle que soit sa qualité, il n'est pas chrétien, n'étant pas dans l'Église du Christ. Il a beau se vanter, et exalter en termes orgueilleux sa science, ou son éloquence, n'ayant pas conservé la charité fraternelle, ni l'unité de la société chrétienne, il a perdu sa qualité antérieure. A moins qu'il ne soit encore un évêque à vos yeux, lui qui, alors qu'un évêque a été élu dans l'Église par seize évêques, s'efforce par la brigue de se faire donner un épiscopat adultère et étranger par des gens qui ont quitté l'Église ! Alors qu'il n'y a, de par l'institution du Christ, qu'une Église unique répandue en plusieurs membres dans le monde entier, un épiscopat unique représenté par une multiplicité d'évêques unis entre eux, il s'efforce, malgré l'enseignement de Dieu, malgré l'unité de l'Église dans la diversité de ses parties partout liées et adhérentes, de faire une église humaine !" (Lettre 55)
"Pierre cependant, sur qui l'Église avait été bâtie par le même Christ" (Lettre 59 au Pape Corneille, PL 3, 806)
"Quant aux lapsi, qu'ils ne cessent pas, connaissant la gravité de leur faute, d'implorer de Dieu leur pardon, et n'abandonnent pas l'Église catholique, l'unique, la seule qu'a établie le Seigneur." (Lettre 65)
"Et sur cette unité réglant son Église, Il (Notre Seigneur) dit de nouveau : "Et il n'y aura qu'un troupeau et qu'un pasteur" (Jn 10,16). Mais si le troupeau est un, comment peut-on compter dans le troupeau quelqu'un qui n'en est point ? Comment peut-on, alors qu'il y a un vrai pasteur présidant au gouvernement de l'Église en vertu d'une ordination régulière, tenir pour pasteur celui qui ne succède à personne, qui commençant à lui-même, n'est qu'un étranger et un profane, ennemi de la Paix du Seigneur, de l'Unité de Dieu, et qui n'habite pas dans la Maison de Dieu, c'est-à-dire dans l'Église de Dieu?" (Lettre 69)
"[...] Or, il est manifeste que ceux qui ne sont pas dans l'Église du Christ sont au nombre des morts, et qu'on ne peut recevoir la vie de celui qui n'est pas lui-même vivant, attendu qu'il n'y a qu'une Église qui, ayant obtenu la grâce de la vie éternelle, tout ensemble vit éternellement, et vivifie le peuple de Dieu." (Lettre 71)
À propos du baptême, Cyprien évoque dans sa Lettre 73 les hérétiques tels Marcion, qui ne croient pas dans la Trinité de Mt 28,19. Et il dit que "c'est seulement à ceux qui sont les chefs dans l'Église, et dont l'autorité repose sur la loi évangélique et l'institution du Seigneur, qu'il est permis de baptiser et de donner la rémission des péchés, tandis qu'au dehors rien ne peut être ni lié ni délié, puisqu'il n'y a personne qui ait le pouvoir de lier ou de délier.'' (Lettre 73)
"[…] Or, on sait ou et par qui peut être donnée la rémission des péchés que donne le baptême. C'est à Pierre d'abord, sur qui il a bâti son Église et en qui il a établi et montré l'origine de l'unité, que le Seigneur a conféré le privilège de voir délier ce qu'il aurait délié sur la terre. Après sa Résurrection aussi, c'est aux apôtres qu'Il s'adresse : "Recevez; le saint Esprit. Si vous remettez les péchés à quelqu'un, ils lui seront remis; et, si vous les retenez, ils seront retenus". (Jn 21,22-23). Par là nous comprenons que c'est seulement à ceux qui sont les chefs dans l'Église, et dont l'autorité repose sur la loi évangélique et l'institution du Seigneur, qu'il est permis de baptiser et de donner la rémission des péchés, tandis qu'au dehors rien ne peut être ni lié ni délié, puisqu'il n'y a personne qui ait le pouvoir de lier ou de délier."(Lettre 73)
Origène (v. 254) répétait aussi plusieurs fois que Pierre était celui sur qui était édifiée l’Église du Christ. (Commentaire sur S. Jean, Livre V,3, SC 120, p. 176-177).
Origène se repentit de ses erreurs auprès du pape Fabien (milieu des années 200)
Selon Rufin d’Aquilée (344/45-411) et saint Jérôme (vers 342-47-420), Origène (vers 185-vers 253), l’éminent théologien du IIIe siècle originaire d’Alexandrie, en Égypte, s’est repenti de diverses erreurs doctrinales auprès de saint pape Fabien, qui fut pape de 236 à 250.
Le repentir d'Origène pour certaines de ses doctrines auprès du pape Fabien fournit une preuve solide que, dès le milieu des années 200, même des personnalités éminentes de l'Orient savaient que le pape possédait une autorité supérieure en matière doctrinale. Nous le démontrerons :
- En fournissant un contexte historique à la repentance d'Origène ;
- puis en citant la partie pertinente de l'Apologie de Rufin ;
- puis en résumant les conclusions que nous croyons pouvoir raisonnablement déduire de cet événement.
Origène d'Alexandrie fut l'un des théologiens chrétiens les plus importants du IIIe siècle, ayant été un membre éminent de la célèbre école catéchétique d'Alexandrie.
Bien qu'une grande partie de ce qu'il avait à dire était parfaitement orthodoxe, certains de ses enseignements furent controversés non seulement à son époque, mais des siècles plus tard. Beaucoup d'entre eux furent condamnés à plusieurs reprises par divers conciles.
Une telle controverse a surgi entre Rufin d'Aquilée, philosophe, historien et théologien, et saint Jérôme, qui s'engagèrent dans une longue dispute sur les doctrines d'Origène, la pertinence de traduire ses œuvres, etc.
L'excuse de Rufin
C'est dans ce contexte que dans son Apologie (Livre 1, §44) 1, Rufin affirmait à saint Jérôme — citant Jérôme lui-même comme source — qu'Origène s'était repenti de diverses erreurs doctrinales auprès du saint Pape Fabien (236-250) :
Origène lui-même s’est repenti de ces doctrines et a envoyé un écrit à Fabien, alors évêque de Rome. Et pourtant, après ce repentir, et cent cinquante ans après sa mort, vous le traînez devant le tribunal et vous demandez sa condamnation. Comment est-il possible que vous receviez le pardon, même si vous vous repentez, si celui qui s’est repenti auparavant d’avoir émis ces doctrines n’obtient pas le pardon ? Il a écrit exactement comme vous l’avez écrit : il s’est repenti comme vous vous êtes repenti. Vous devez donc, ou bien être tous deux absous de votre repentir, ou bien, si vous refusez le pardon à un pénitent (ce que je ne désire pas que vous fassiez), être tous deux également condamnés.
De cette brève allusion au repentir d'Origène, nous croyons pouvoir conclure ce qui suit :
En ce qui concerne Rufin et saint Jérôme, Origène s'était repenti de ses erreurs doctrinales auprès du pape Fabien ; Ce repentir d’Origène est la preuve que, dès le milieu des années 200 au moins, on savait que le pape possédait une autorité supérieure en matière doctrinale ; Cette conclusion est probable, car même si Origène s’était repenti auprès de son propre évêque à Alexandrie (ce que d’autres rapports historiques disent qu’il a également fait), un tel repentir serait, à lui seul, suffisant si tous les évêques possédaient exactement la même autorité en matière de doctrine ; Mais comme il s’est également repenti auprès d’un pape qui était très éloigné de lui, il est tout à fait logique de conclure que le pape possédait une sorte d’autorité supérieure en matière de doctrine. Cf Philip Schaff et Henry Wace (dir.), Nicene and Post-Nicene Fathers, Second Series, Vol. 3 : Théodoret, Jérôme, Gennadius, Rufinus : Historical Writings, etc. (Peabody, MA : Hendrickson Publishers, 2012), 459.
En 268, l’empereur Aurélienprend fait et cause pour l’évêque de Rome dans la querelle provoquée par le refus de Paul de Samosate, évêque d’Antioche hérétique car niant la divinité de Jésus (de 260 à 272) de quitter son diocèse comme les Pères réunis à Antioche le lui avaient demandé (268). Aurélien explique alors que la "maison de l’Église" est constituée par "ceux qui sont en relation épistolaire [en communion spirituelle] avec les évêques d’Italie et l’évêque de la ville de Rome" (cité par Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique VII, 30, 19).
‘’Pierre, prince des apôtres, a été pour nous comme une pierre solide sur laquelle la foi du Seigneur est appuyée comme sur un fondement, sur laquelle l’Église a été construite de toutes manières, ce fut surtout parce qu’il confessa le Christ fils du Dieu vivant qu’il entendit à son tour : sur cette pierre de foi solide j’édifierai mon Église.’’ (Épiphane, Haeres., 59)
Saint Hilaire de Poitiers (+ 367), Docteur de l'Église, Malleus Arianorum (le Frappeur des Ariens) au sujet de l'interprétation de Matthieu 16,16-19, développe l'idée que la foi confessée par Pierre est le fondement inébranlable de l'Église, avec les clés symbolisant l'autorité et le pouvoir de lier et de délier, et la victoire sur les portes de l'enfer. Le texte original est en latin, mais des traductions françaises existent comme dans les éditions des Sources chrétiennes ou chez Migne (Patrologia Latina, vol. 10).
Pierre est "la pierre d’assise sur laquelle l’Église est bâtie"; le "fondement de l'Église, gardien de la porte du royaume céleste et, dans les affaires terrestres, juge du ciel triomphant de Satan." (De Trinitate, Livre VI, sections 36 à 37 (parfois numérotées 36-38 dans certaines éditions)
‘’Pierre a le primat de la fonction apostolique.’’ (Commentaire de Matthieu 7,6 in Sources chrétiennes 254, p. 184-185).
‘Simon, proclamé bienheureux après sa profession de foi, devient alors la pierre d’assise sur laquelle l’Église est bâtie, et reçoit les clés du royaume des cieux.’’ (La Trinité, Livre VII, 20. PL 10, 172)
"Pierre, à qui Il avait précédemment donné les clés du royaume des cieux, sur qui Il allait bâtir Son Église contre laquelle les portes de l'enfer ne prévaudraient pas, ce qu'il lirait ou délierait sur terre resterait lié ou délié dans les cieux... Il devait souffrir tellement pour le salut du genre humain qu'il nomma Pierre, premier confesseur du Fils de Dieu, fondement de l'Église, gardien de la porte du royaume céleste et, dans les affaires terrestres, juge du ciel triomphant de Satan." (De Trinitate, Livre VI, sections 36-38)
‘’si le Christ est la lumière saint Pierre est son chandelier.’’ (Sermon XI, Méquignon-Havard 1842, Enconium Petrum et Paulum) Et que le Christ a fait de lui la fondation de sa Sainte Église et qu’il l’a appelé Pierre parce qu’elle supportera toutes ces constructions. Et si quelqu’un cherchait à construire quelque chose de faux, c’est lui, le fondement, qui le condamnerait. Il dit aussi qu’il est ‘’la tête de la fontaine d’où découle tous les enseignements'' et qu’il est le "chef de ses disciples". Ce sera à travers lui qu’"il donnera à boire à tous les peuples". Il dit l’avoir "choisi comme premier-né de son institution" et qu’il lui a "donné toute autorité sur son trésor."
"Simon, mon disciple, je t'ai fait la fondation de la Sainte Église. Je t'ai tantôt appelé Pierre, car tu soutiendras toutes ses constructions." (Sermon IV, 1, Lamy 1882, p. 4)
Saint Cyrile de Jérusalem, évêque de Jérusalem(+386) identifie Pierre comme ‘’le Prince des apôtres’’, ainsi que ‘’leur chef’’.
Saint Grégoire de Nysse (+394) dit aussi qu’il est le chef des apôtres et que l’Église est glorifiée avec lui parce qu’elle est établie avec lui. (seconde homélie sur S. Etienne, protomartyr, PG 46, col. 733-734.)
"C'est selon les paroles du Seigneur qui a fait de lui la pierre la plus ferme et solide sur laquelle il a bâti son Église." (S. Grégoire de Nysse, Seconde Homélie sur S. Étienne, protomartyr, PG 46, col 734.)
S. Ambroise (+397) dit : ‘’Il a donné le royaume à celui qu'il a nommé Pierre, faisant ainsi de lui la fondation de l’Église’’ (Traité de la foi, De Fide ad Gratianum, Livre IV, chapitre 5, PL 16, col 628.)
"Ainsi il convenait pour le premier des Apôtres, celui qui est la pierre solide 'sur laquelle l'Église de Dieu a été construite et contre laquelle les portes de l'enfer ne prévaudront pas." (Saint Épiphane de Salamine, Ancoratus, chapitre 9, PG 43, 34)
"Pierre, le fondement de l'Église." Saint Jean Chrysostome, Commentaire sur Ozias, Homélie 4 au sujet d'Isaïe 6,1, PG 56, 123)
Dans les Actes du Concile d'Éphèse (431), il était aussi déclaré que Pierre était ''le prince et la tête des apôtres, le pilier de la foi et la fondation de l'Église catholique."
Un historien païen reconnaît "l’autorité supérieure de l’évêque de la Ville éternelle" (vers 355)
Cet "instantané papal" concerne la reconnaissance de "l’autorité supérieure de l’évêque de la Ville éternelle" par l’historien païen Ammien Marcellin, à propos d’un événement qui a eu lieu en 355.
Notre feuille de route est la suivante :
Notre thèse est que ce récit fournit une bonne preuve qu'au milieu du IVe siècle, l'autorité supérieure du pape était connue non seulement des historiens païens, mais aussi des empereurs romains favorables aux Ariens, comme Constance (qui est mentionné par Ammien). Nous le démontrerons en :
Fournir un contexte historique aux événements décrits ; puis
Citant le récit d'Ammianus Marcellinus ; alors
Résumant les conclusions que nous croyons pouvoir raisonnablement déduire de ce récit.
Contexte historique
Au lendemain du concile de Nicée en 325, la division doctrinale entre catholiques et ariens continua de diviser le monde romain. L'un des plus grands défenseurs de la définition de Nicée qui affirmait la divinité du Christ fut saint Athanase d'Alexandrie. Il fut la cible constante des complots ariens et fut exilé de son diocèse au moins cinq fois.
À l’époque de l’événement rapporté par Ammien Marcellin, saint Athanase avait été condamné par plusieurs conciles d’évêques orientaux, dont le synode de Tyr en 335 et le synode d’Antioche en 341. Le synode auquel il est fait référence ici est le synode de Milan en 355, qui devait à l’origine être un concile général comme celui de Nicée, car l’empereur Constance – qui était empereur de tout l’empire, et pas seulement de l’Occident – désirait obtenir une uniformité doctrinale dans tout l’empire. Après le synode, qui fut coopté par les ariens et condamna saint Athanase, Constance demanda au pape Libère d’approuver la sentence prononcée contre lui. Il refusa et, en réponse, l’empereur le bannit de Rome. L’historien de l’Église Sozomène mentionne également l’incident. 1 Saint Athanase discute également de cet incident et d’autres incidents liés à la persécution du pape Libère, et observe : « Ces hommes impies [les ariens] raisonnaient ainsi entre eux : « Si nous pouvons persuader Libère, nous vaincrons bientôt tous. » 2
Le récit d'Ammianus Marcellinus
Ammien Marcellin (vers 330-vers 390-400) était un historien romain païen du IVe siècle. Son ouvrage, Res gestae (« Choses faites »), fournit une anecdote intéressante sur les événements historiques susmentionnés qui jette un éclairage sur l’autorité papale (Livre 15, Ch. 7) 3 :
Sous le règne de Léonce, Libère, évêque chrétien, fut cité à comparaître devant le tribunal impérial. Il s’était opposé aux ordres de l’empereur et à la décision de la majorité de ses confrères sur une question que je vais aborder brièvement. Athanase, alors évêque d’Alexandrie, dont on disait qu’il avait des idées au-dessus de sa position et qu’il fouinait dans des affaires qui n’étaient pas de son ressort, avait été destitué de sa charge par une assemblée des fidèles de la même foi, réunie en synode. On prétendait qu’il était versé dans l’interprétation des oracles et du vol des oiseaux, et qu’il avait à plusieurs reprises prédit les événements futurs ; on lui reprochait aussi d’avoir d’autres pratiques contraires aux principes de la foi dont il était le gardien. Libère partageait les opinions de ses confrères, mais lorsque l’empereur lui ordonna de signer le décret destituant Athanase de sa charge sacerdotale, il refusa obstinément. Il déclara qu'il était parfaitement injuste de condamner un homme sans l'avoir vu et sans l'avoir entendu, et il défia ouvertement les vœux de l'empereur. Constance, qui était toujours hostile à Athanase, savait que la sentence avait été exécutée, mais il était extrêmement désireux de la faire confirmer par l'autorité supérieure de l'évêque de la Ville Éternelle. N'y parvint pas, et il réussit de justesse à faire déporter Libère à la faveur de la nuit . Ce fut une affaire très difficile à cause de la forte affection que lui portait le public.
De cette anecdote, nous pouvons discerner trois faits relatifs à l’autorité papale :
D'abord, Ammien, un païen, connaissait l'autorité supérieure du pape, et la rapporte sans avoir besoin de l'expliquer.
Deuxièmement, l'empereur Constance, allié des ariens, était lui aussi conscient de l'autorité supérieure du pape. D'où sa tentative de coopter le pape Libère à des fins ariennes.
Enfin, la référence d'Ammien à « l'autorité supérieure de l'évêque de la Ville éternelle » signifie que lui et Constance croyaient (ou du moins savaient que de nombreux chrétiens croyaient) que l'autorité papale était supérieure à celle d'au moins un synode d'évêques, qui dans ce cas comprenait – et fut finalement coopté par – des évêques d'Orient. Le comportement de Constance après le refus de Libère de condamner saint Athanase semble confirmer cela.
Saint Jérôme et la seule véritable Église construite sur le roc de Pierre et de ses successeurs à Rome (vers 376/377)
et « instantané papal » concerne les affirmations extraordinaires sur l’autorité papale faites par saint Jérôme dans une lettre écrite au saint pape Damase vers 376/77.
Notre feuille de route est la suivante :
Notre thèse est que la lettre de Jérôme fournit une preuve très solide d'une compréhension catholique de la papauté. Nous le démontrerons en :
En fournissant un bref contexte historique pour la lettre de saint Jérôme ; puis
Citant des sections pertinentes de sa lettre 15 au saint pape Damase ; puis
Montrant que ses affirmations explicites et ses hypothèses implicites témoignent d'une vision très élevée, et en effet catholique, de l'autorité papale ;
Résumant les conclusions que nous croyons pouvoir raisonnablement déduire de sa lettre.
Contexte historique
Saint Jérôme est né dans les années 340, dans la région de l'actuelle Croatie, et est décédé le 30 septembre 420 à Bethléem, en Terre Sainte. Bien qu'il ait vécu une grande partie de sa vie en Occident (principalement à Rome), il a passé les 40 dernières années de sa vie en Orient, mourant dans un monastère de Bethléem.
Il écrivit sa Lettre 15 au saint pape Damase vers l'an 376/77 depuis l'Orient, et posa au pape deux questions principales :
Tout d'abord, une question liée à ce qui fut plus tard connu sous le nom de schisme de Mélétios, à savoir, qui est le véritable évêque d'Antioche (parmi trois prétendants, dont un homme nommé Mélétios) ?
Deuxièmement, une question de théologie trinitaire : quelle est la terminologie correcte en ce qui concerne les « hypostases » en Dieu ? S’agit-il de trois ou d’une seule ?
Nous n’entrerons pas dans les détails du schisme mélétien, ni de la question théologique trinitaire soulevée par Jérôme. Mais il est important de reconnaître qu’il s’adresse au pape pour obtenir une réponse faisant autorité sur les deux questions – la première étant juridictionnelle, la seconde doctrinale. Cela est très significatif lorsqu’il s’agit de la question de l’autorité papale.
Lettre 15 de saint Jérôme au saint pape Damase (vers 376/377)
Nous passons maintenant à la lettre elle-même, que Jérôme ouvre en expliquant au Pape son besoin de conseils au milieu du chaos à l’Est (§1) :
Puisque l’Orient, déchiré par les querelles qui perdurent entre ses peuples, déchire peu à peu en lambeaux la tunique sans couture du Seigneur, « tissée de haut en bas » ( Jn 19,23 ), puisque les renards détruisent la vigne du Christ ( Ct 2,15 ), et puisque parmi les citernes crevassées qui ne retiennent pas l’eau, il est difficile de découvrir « la source scellée » et « le jardin clos » ( Ct 4,12 ), je crois qu’il est de mon devoir de consulter la chaire de Pierre et de me tourner vers une église dont la foi a été louée par Paul [ Rom 1,8 ]. Je demande la nourriture spirituelle à l’église d’où j’ai reçu le vêtement du Christ [baptême ; cf. Gal 3,27 ]. Le vaste espace de mer et de terre qui nous sépare ne peut me dissuader de rechercher « la perle de grand prix » ( Mt 13,46 ). «Où que soit le corps, là s’assembleront les aigles» ( Mt 24, 28 ). Les mauvais enfants ont dilapidé leur patrimoine; vous seuls conservez votre héritage intact. La terre fertile de Rome, quand elle reçoit la pure semence du Seigneur, porte du fruit au centuple; mais ici [à l’Est] le grain de semence est étouffé dans les sillons et il ne pousse que l’ivraie ou l’avoine [ Mt 13, 22-23 ]. A l’Ouest, le Soleil de justice [ Ml 4, 2 ] se lève déjà; à l’Est, Lucifer, tombé du ciel [ Lc 10, 18 ], a de nouveau placé son trône au-dessus des étoiles [ Es 14, 12 ]. «Vous êtes la lumière du monde» ( Mt 5, 14 ), «vous êtes le sel de la terre» ( Mt 5, 13 ), vous êtes «des vases d’or et d’argent». Ici sont des vases de bois ou de terre [ 2 Tim. 2:20 ], qui attendent la verge de fer [ Apoc. 2:27 ], et le feu éternel.
Le fait que Jérôme fasse appel au pape au sujet d’un conflit en Orient est en soi une indication de sa conviction que le pape détient une sorte de juridiction universelle. Notez que Jérôme croit clairement qu’en consultant le pape, il consulte « la chaire de Pierre », qu’il associe à la seule véritable Église et qu’il considère comme remarquable par sa fidélité (voir le témoignage chrétien ancien et unanime selon lequel saint Pierre a établi son trône apostolique à Rome ici ).
Jérôme continue (§2) :
Mais si ta grandeur m'effraie, ta bonté m'attire. Au prêtre j'exige la protection de la victime, au berger la protection due aux brebis.
En décrivant le pape comme un « berger » capable de protéger les brebis de l’Est, Jérôme reconnaît implicitement une certaine forme de juridiction universelle. Cela devient très clair dans ce qui suit :
Mes paroles s’adressent au successeur du pêcheur [saint Pierre], au disciple de la croix. Comme je ne suis d’autre chef que le Christ, ainsi je ne communie qu’avec votre béatitude, c’est-à-dire avec la chaire de Pierre. Car c’est là, je le sais, le roc sur lequel l’Église est bâtie [ Mt 16, 18 ] ! C’est là la maison où seule l’agneau pascal peut être mangé correctement [ Ex 12, 22 ]. C’est là l’arche de Noé, et celui qui ne s’y trouve pas périra quand le déluge prévaudra [ Gn 7, 23 ]… C’est pourquoi je suis ici les confesseurs égyptiens [catholiques expulsés par l’empereur Valens] qui partagent votre foi, et qui ancrent ma frêle embarcation à l’ombre de leurs grandes argosies [grands navires]. Je ne sais rien de Vitalis ; je rejette Mélétius ; je n’ai rien à voir avec Paulin [les prétendants rivaux au siège d’Antioche]. Qui ne rassemble pas avec vous disperse [ Mt 7, 23]. 12:30 ]; celui qui n’est pas de Christ est de l’Antéchrist.
Ces paroles se rapportent à la question juridictionnelle de Jérôme, à savoir : qui doit-il considérer comme faisant partie de l'Église parmi un groupe de prétendants rivaux au trône épiscopal d'Antioche ? Il croit que seul le pape peut lui fournir une réponse faisant autorité à cette question. Comme le montrent clairement le reste de ses paroles, Jérôme croit que la véritable Église est celle qui est en communion avec le successeur de Pierre, le rocher, à savoir le pape de Rome. Être en dehors de cette communion, c'est être en dehors de l'Église et du côté de l'Antéchrist.
Jérôme fournit ensuite plus de détails sur la controverse en question (§3) :
En ce moment, je suis désolé de le dire, ces ariens, les Campenses [le parti de Mélétius à Antioche, qui adorait hors de la ville], essaient d’extorquer à moi, chrétien romain, leur formule inouïe… Et cela aussi après la définition de Nicée et le décret d’Alexandrie [qui permettait d’interpréter trois hypostases de manière catholique, mais ne l’encourageait pas], auxquels l’Occident s’est rallié. Où sont, je voudrais savoir, les apôtres de ces doctrines ? Où est leur Paul, leur nouveau docteur des Gentils ?
Le reste du contexte indique que les hérétiques qui ont affronté Jérôme ont affirmé que les « trois hypostases » signifiaient que Dieu avait trois natures, plutôt qu’une nature en trois personnes, comme cela avait été enseigné à Nicée et dans d’autres conciles orthodoxes. Jérôme considère que de telles nouveautés sont offensantes pour « un chrétien romain », ce qu’il associe, comme nous l’avons vu, à la fidélité et à la pureté doctrinales. Le conflit tourne autour du langage ambigu que les hérétiques tentent d’utiliser contre lui.
Au milieu de cette controverse doctrinale, Jérôme passe à sa deuxième question, la question doctrinale, dans laquelle il fait appel au pape pour une clarification doctrinale, et fait à nouveau une affirmation remarquable qui indique une très haute vision de l'autorité papale (§4) :
Si vous le jugez bon, édictez un décret, et alors je n’hésiterai pas à parler des trois hypostases. Ordonnez un nouveau credo pour remplacer celui de Nicée ; et alors, que nous soyons ariens ou orthodoxes, une seule confession suffira pour nous tous… Ou bien, si vous jugez bon que je parle de trois hypostases, en expliquant ce que j’entends par elles, je suis prêt à m’y soumettre.
Jérôme affirme très explicitement que le pape a l'autorité de décréter un nouveau credo pour toute l'Église, et affirme qu'il se soumettrait à un tel décret. Un tel credo, émis par le pape seul, remplacerait même le credo de Nicée lui-même, comme il le déclare ouvertement. Cela contredit catégoriquement toute notion purement conciliaire de l'Église et de son autorité, et est bien plus proche de la définition de l'autorité papale promulguée par Vatican I.
Dans la conclusion de sa lettre, Jérôme implore une fois de plus le pape de clarifier non seulement la question doctrinale, mais aussi la question ecclésiale en question. Quelle doctrine doit-il croire et avec qui doit-il être en communion en Orient ? Il s'agit d'une question à laquelle, selon lui, seul le pape de Rome peut apporter une réponse (§5) :
Je vous prie donc de m’autoriser par lettre, par le Sauveur crucifié du monde et par la Trinité consubstantielle, à employer ou à refuser cette formule des trois hypostases. Je vous prie aussi de m’indiquer avec qui je dois communier à Antioche. Non, je l’espère, avec les Campenses ; car eux – et leurs alliés les hérétiques de Tarse [probablement des semi-ariens ou des Macédoniens, conduits par Silvain de Tarse] – ne désirent communier avec vous que pour prêcher avec plus d’autorité leur doctrine traditionnelle des trois hypostases.
Un dernier détail à noter à propos de la conclusion de Jérôme est le suivant : même les sectes hérétiques/schismatiques d’Orient ont reconnu que si elles obtenaient l’approbation papale, elles pourraient « prêcher avec une plus grande autorité ».
Conclusions
Nous croyons pouvoir tirer les conclusions suivantes de la lettre de saint Jérôme au saint pape Damase :
Jérôme croyait que la fonction papale avait été instituée directement par le Christ et représentait le « rocher » de saint Pierre dans la personne de ses successeurs.
En tant que tel, le pape de Rome, en tant que successeur direct de saint Pierre, détient la plus haute fonction dans l’Église.
Cette fonction confère au Pape une juridiction universelle sur l'Orient et l'Occident, et lui confère l'autorité de régler les questions doctrinales et ecclésiales, jusqu'à et y compris l'émission de nouveaux credos pour toute l'Église qui remplaceraient même ceux d'un concile œcuménique.
La communion avec le pape est donc essentielle pour faire partie de la seule véritable Église que le Christ a établie et qu'il a promis de protéger. Être en dehors de la communion du pape, c'est être en dehors de l'Église du Christ. Jérôme décrit la communion du pape comme le rocher sur lequel l'Église est construite ; comme l'arche de Noé qui résistera au déluge ; et comme la seule maison d'Israël dans laquelle l'agneau pascal (l'Eucharistie) peut être mangé à juste titre.
Même les sectes hérétiques/schismatiques d’Orient ont reconnu que l’approbation papale de leur enseignement leur conférait « une plus grande autorité ».
Enfin, bien que Jérôme n’affirme pas explicitement l’infaillibilité papale, une telle doctrine découlerait sans doute et nécessairement de sa croyance que la papauté est divinement établie, universelle et prééminente dans son autorité sur l’Église, et le rocher de l’Église qui ne sera jamais vaincu par l’Enfer.
L'évêque de Constantinople a une autorité secondaire par rapport à l'église de Rome.
Le canon n° 3 du concile de Constantinople 381 précise que "l'évêque de Constantinople aura la préséance d'honneur après l'évêque de Rome, puisque cette ville est la nouvelle Rome."
Saint Optate (ou Optatus), évêque de Milève, dit :
"Pour le bien de l'unité, le Bienheureux Pierre (à qui il aurait pu suffire, après son reniement, d'obtenir seulement le pardon), mérita d'être placé au-dessus de tous les apôtres, et fut le seul à recevoir les clés du Royaume des cieux, pour les communiquer aux autres." (Contre les Donatistes, De schismate Donatistarum adversus Parmenianum, Livre VII, chapitre 3)
"Quiconque s'oppose au siège romain est un schismatique et un pécheur".
"Vous ne pouvez donc pas nier que vous [les donatistes] savez que le premier siège épiscopal a été établi à Rome, et qu'il a été occupé par Pierre, le chef de tous les apôtres (c'est pourquoi il a été appelé Céphas), afin que dans ce siège unique l'unité soit préservée par tous, de peur que chacun des autres apôtres ne maintienne le sien propre ; Ainsi, quiconque établirait un autre siège contre ce siège unique serait un schismatique et un pécheur." (Saint Optatus, Contre les Donatistes, Livre 2, §2, vers 384)
"Aussi ces malheureux, en ne voyant point la pierre dans Pierre, en ne voulant pas croire que les clés du royaume des cieux ont été remises à l'Église, les ont laissées échapper de leurs mains !..." (Sermones, Sermon 295, qui traite de la fête des Apôtres Pierre et Paul.)
"Il (Jésus) change son nom en Pierre, le nommant petra, parce qu'il allait fonder Son Église sur lui." (Commentaire sur Jean, Livre II, 1:41-42, PG 73, 219)
"Pierre a eu le nom de pierre car par la fermeté de sa foi il était le premier à mériter d'être une fondation de l'Église." (Sermon 154, sur S. Étienne le protomartyr, PL 52, 608)
"Car nous ne pouvons pas juger des affaires sur la foi sans le consentement de l'évêque de Rome. - Saint Pierre Chrysologue, Lettre à Eutychès (Epistula ad Eutychen, v. 449 ap. J.-C.), qui exhorte Eutychès à obéir au pape Léon le Grand en matière de foi, en lien avec la succession de saint Pierre. Cette lettre est citée dans les Actes du Concile de Chacédoine 451.
‘’C’est sur le roc de cette foi confessée par S. Pierre que le Christ a bâti son Église (Cf. Mt 16,18) (S. Léon, Serm. 4,3 : PL 54, 151 ; 51,1 : PL 54, 309 B ; 62,2 : PL 350C-350A ; 83,3 : PL 54, 432A) Pierre avait confessé : ‘’Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant’’. Notre Seigneur lui répondit alors : ‘’Tu est Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les Portes de l’Hadès ne tiendrot pas contre elle’’ (Mt 16,18).
De la même façon Le Chist ‘’Pierre vivante’’ (1P 2,4) est fondement de l’Église car c’est bien parce que le Christ fait de Pierre une pierre de fondation qu’il peut être appelé fondement.
Tous les premiers chrétiens partageaient ces affirmations sans les juger contradictoires et c’est même en raison de son siège apostolique que Rome et ses évêques ont été considérés comme proéminents dans l’Église.
Le Christ assure à son Église bâtie sur Pierre la victoire sur les puissances de mort. Pierre en raison de la foi confessée en lui, demeurera le roc inébranlable de l’Église. Il aura mission de garder cette foi de toute défaillance et d’y affermir ses frères (Cf. Lc 22,32.)"
La primauté papale au VIe siècle
Le pape Grégoire Ier (590-604) dans sa lettre à "Maurice Auguste"critiqua la tentative du patriarche de Constantinople de devenir le seul "évêque, prêtre universel", y voyant une ambition orgueilleuse qui pouvait présager l'Antéchrist. Le pape Grégoire défendait la primauté papale comme une unité au service des autres, et non comme une domination.
Conclusion
Les Pères de l’Église n’ont JAMAIS compris le terme "catholique" comme devant inclure quiconque prétendait "croire au Christ", ou quoi que ce soit d’aussi vague et lâche. JAMAIS. Il s’agissait toujours d’un chrétien qui croyait à la seule vraie foi, à la communion à la seule vraie Église, construite sur les successeurs visibles des Apôtres, et en premier lieu sur le successeur de Pierre à Rome.
Ce que saint Augustin décrit en 397 est ce qui se passe aujourd’hui:
"Bien que tous les hérétiques souhaitent être appelés catholiques, lorsqu’un étranger demande où se réunit l’Église catholique, aucun hérétique n’osera lui indiquer sa propre chapelle ou sa maison."
Saint Augustin, "Contre la lettre fondamentale de Manichée", §5 (397) [Joshua Charles]
Et comme l'a dit aussi S. Augustin : "Tu ne peux pas avoir Dieu comme Père si tu n'as pas l'Église comme mère".
Toutes les personnes qui mettaient alors en garde leurs prochains devant les effets secondaires graves des dits "vaccins" Covid étaient traitées de "complotistes", roulées dans la boue. Quatre ans après, rétropédalage complet du mediavers le 27 janvier 2025, le Daily Mail publie à notre connaissance pour la première fois un article faisant le lien entre injections covid et maladies cardiaques avec ce titre : "Les scientifiques appellent à davantage de recherches sur les effets secondaires du vaccin Covid en raison d'une une augmentation inexpliquée des maladies cardiaques" !!
Une "augmentation inexpliquée". Sans blague. Bonne lecture...
Daily Mail
27 janvier 2025
Les experts canadiens appellent à plus de recherches sur les dommages cardiaques liés aux vaccins Covid.
Ils craignent que l'ampleur du problème reste "sous-documenté" parce qu'ils disent que les études ont été trop minces et n'ont pas examiné le risque de ces blessures des mois et des années après avoir reçu l'injection.
Dans de rares cas, il a été démontré que les photos de l'ARNm provoquent la myocardite, l'inflammation du muscle cardiaque et la péricardite, l'inflammation de la muqueuse en forme de sac entourant le cœur.
Une étude majeure de 2021 en Israël a mis le taux à un sur 50 000. D'autres études ont atteint des estimations très différentes.
Mais les chercheurs de la Colombie-Britannique avertissent que ces études ont été incohérentes dans la façon dont elles ont classé la myocardite et la péricardite "post vaccinnale", en utilisant des délais différents pour définir si les conditions étaient directement liées aux injections.
(...)
Les données du CDC montrent que la myocardite post vaccinale et la péricardite sont deux des quelques effets secondaires bien établis de la vaccination covid, bien que l'agence ne fournisse pas un certain nombre de cas.
Dans la myocardite, on pense que le système immunitaire peut enregistrer l'ARNm dans les vaccins comme une menace, ce qui a conduit le système immunitaire à s'attaquer et à provoquer une inflammation du myocarde, le muscle du cœur.
Ce même mécanisme a été lié à la péricardite, ce qui entraîne une inflammation du péricarde, la poche entourant le cœur.
Le 26 janvier, l'Église catholique célèbre la fête de deux figures importantes du christianisme primitif : Saints Timothée et Tite. L’Eglise en Occident les unit comme disciples très chers de saint Paul qui leur confie la charge épiscopale dans l’Eglise naissante.
Le fait que Timothée et Tite partagent une célébration commune – et suivent celle de la conversion de Paul – prend tout son sens puisqu'ils étaient les chers fils de saint Paul dans le sacerdoce et l'épiscopat, à qui il adressa les dites lettres pastorales du Nouveau Testament, traitant précisément de l'ordre de l'Église et de la vie chrétienne. Chez ces deux fils de Paul, nous voyons se matérialiser la doctrine de l'Église sur la succession apostolique.
Timothée, que Paul appelle "son vrai fils dans la foi" est né en Asie mineure d’un père grec et d’une mère juive.
Converti lors de la première mission de saint Paul, il devient son disciple et son collaborateur fidèle.
Pour le faire accepter des juifs et des judéo-chrétiens, Paul le fait circoncire (Ac 16,3). Timothée partagera la première captivité de Paul qui, lors de sa seconde captivité, le réclamera encore.(1) Timothée est influencé par les mouvements baptistes, ainsi Paul lui reproche de « ne boire que de l'eau » et lui conseille de boire un peu de vin.(2)
Selon l’Histoire ecclésiastique postérieure d’Eusèbe de Césarée, Timothée fut le premier évêque d’Ephèse où il rencontre l'apôtre Saint Jean.
C'est dans cette ville qu'il est mort martyr, tué par des exaltés le frappant à coup de massues et de pierres parce qu'il voulait les dissuader de s'adonner à une fête licencieuse en l'honneur d'une divinité païenne.
Son corps a été enterré avec celui de saint Jean, à Ephèse, avant qu’on ne le transporte à Constantinople en 356, en l'église des Saints-Apôtres.
Certaines de ses reliques se trouvent depuis 1239 en Italie dans la cathédrale de Termoli dans le Molise, en provenance de Constantinople.(3) C'est à l'occasion de travaux de restauration en 1945, qu'elles ont été redécouvertes et mises à l'honneur.(4)
Son nom, en grec (timao et theos), signifie “celui qui honore Dieu”. (5)
Tite est un Grec converti, mais non circoncis.
Grec, Tite est païen.
À la suite de riches études en philosophie, lettres et poésie, il est préoccupé par les sciences et mène une vie vertueuse. Il reçoit l’intuition de lire les enseignements bibliques. Mais ce n’est qu’un an plus tard qu’il est frappé d’étonnement en lisant le chapitre 47 du Livre d’Isaïe. Il en fait part à son oncle qui lui propose d’aller sur place à Jérusalem, et c’est ainsi qu’il est témoin des différents événements de Jésus. L’ayant remarqué, Jésus le choisit pour faire partie du groupe des soixante-dix disciples dans la continuité des Douze.
Témoin de l’effusion de l’Esprit Saint à la Pentecôte où il découvre que les apôtres s’expriment dans des langues différentes, Tite, à la fois impressionné et stimulé, se dispose dès lors à traduire pour aider à conduire; et c’est ainsi qu’il va s’accomplir pour une part auprès de Paul. Il se convertit avec l’apôtre Paul qui le baptise et devient son directeur spirituel.
Une tradition, en partie soutenue par l’Église orthodoxe, dit que Tite est né en Crète d’une illustre famille, peut-être même descendante du roi Minos, son oncle étant lui-même le gouverneur des lieux.(6)
C’est un diplomate habile à qui Paul confie des missions délicates, tout en lui demandant d’être ferme et catégorique. L’Apôtre s’oppose en effet fermement à la circoncision du chrétien d’Antioche, et Tite devient ainsi le symbole vivant de la valeur universelle du Christianisme, sans distinction ni de nationalité, race, et culture.
Il participe au concile de Jérusalem qui définit certaines modalités d’admission à la communauté chrétienne, notamment la circoncision que n’a pas connue Tite (Ga 2:3). La foi seule est-elle suffisante ou faut-il toujours pratiquer les observances de la Loi judaïque ? Pierre et Paul défendent que le salut n’en dépend plus pour permettre au plus grand nombre de rejoindre l’assemblée des nouveaux convertis.
Il ramènera la paix dans la communauté de Corinthe et premier évêque de la Crète, il organisera les communautés naissantes de cette île.
Lorsque l’apôtre se voit emmené à Rome pour y être jugé, Tite n’hésite pas à le rejoindre pour l’aider. Après la mort de Paul en martyr, il retourne en Crète en s’efforçant de soutenir la communauté des baptisés et d’éclairer les païens sur leurs pratiques et croyances idolâtriques. À la suite de prédications et de prières répétées, il amène de plus en plus de gens à croire au Christ. On dit même qu’un nouveau temple dédié à Zeus ne fut pas achevé et qu’il finit par s’effondrer.
La tradition nous dit qu’il meurt évêque de Cnossos, en Crète.
Selon la tradition, Paul écrit deux lettres à Timothée et à Tite. Ce sont les seules lettres du Nouveau Testament adressées non pas à des communautés mais à des individus. L’Apôtre, désormais âgé, se laisse aller à des annotations riches d’affection envers ces deux disciples, satisfait d’avoir mis en leurs mains l’annonce de l’Evangile. Selon Benoît XVI, Timothée et Tite "nous enseignent a servir l’Evangile avec générosité, en sachant que cela est aussi un service à l’Eglise".
Selon la tradition, Tite rend son âme à Dieu à l’âge de quatre-vingt-quatorze ans, vers l’an 105, en tant qu'évêque basé à Gortyne (au sud de Cnossos) alors capitale romaine de l’île.
Son corps est inhumé dans la cathédrale de Gortyne, jusqu’à la destruction de la ville par les musulmans en 823. On ne retrouva malheureusement que sa tête qui fût transportée à Venise où elle fût déposée dans l’église de Saint-Marc.
Prends ta part de souffrances, en bon soldat du Christ Jésus. Dans le métier des armes, personne ne s’encombre des affaires de la vie civile s’il veut donner satisfaction à qui l’a engagé. De même l’athlète ne reçoit la couronne que s’il a lutté selon les règles. Comprends ce que cela veut dire. D’ailleurs le Seigneur te le fera comprendre.
Les protestants disent que les saints du ciel ne peuvent pas nous entendre sur terre et qu’il n’est pas biblique de leur parler. Mais le Christ parla à Moïse et à Élie, et ils l'entendirent.
Lorsqu'un ami de Dieu décède, son corps de poussières retourne à la terre comme il vint (Eccl 12: 7), mais son âme vit. Jésus lui-même dit: "Il n'est pas Dieu des morts, mais des vivants, car pour lui tous sont vivants" (Luc 20:38). Alors Abraham, Moïse, Élie - qui vivent devant Dieu-, ils peuvent apparaître avec Jésus sur le mont de la Transfiguration (Matt 17: 3). Leurs corps attendaient la résurrection, mais ils ne dormaient pas eux-mêmes dans le sol.
L’intercession des saints (au Ciel ou vivants sur terre) consiste à demander aux saints de prier pour nous et de soutenir nos prières devant Dieu.
Les saints sont des hommes et des femmes qui ont vécu dans la foi et la charité, et qui sont maintenant au ciel, auprès de Dieu.
Ils sont nos frères et sœurs dans le Christ, et font partie de l’Église, qui est le corps du Christ. Nous pouvons leur demander de prier pour nous et de soutenir nos prières devant Dieu. C’est ce qu’on appelle l’intercession des saints.
La Bible enseigne en effet que nous sommes tous unis en Christ, que nous soyons sur terre ou déjà auprès de lui.
Rm 12,5 ... nous qui sommes plusieurs, nous sommes un seul corps dans le Christ, et membres les uns des autres.
Quand l’Agneau eut pris le Livre, les quatre Vivants et les vingt-quatre Anciens se jetèrent à ses pieds. Ils tenaient chacun une cithare et des coupes d’or pleines de parfums qui sont les PRIÈRES DES SAINTS.
S'il n'y a qu'un seul médiateur (Saint Paul dans 1Tm 2,5), les saints ne sont que des intercesseurs. Les saints vivants peuvent intercéder les uns pour les autres :
''J’encourage, avant tout, à faire des demandes, des prières, des intercessions et des actions de grâce pour tous les hommes,
pour les chefs d’État et tous ceux qui exercent l’autorité, afin que nous puissions mener notre vie dans la tranquillité et le calme, en toute piété et dignité.
Cette prière est bonne et agréable à Dieu notre Sauveur,'' (1 Tm 2,3)
La Vierge Marie intercède auprès du Seigneur lors des Noces de Cana
Jn 2,1-11 Le troisième jour, il y eut un mariage à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là.
Jésus aussi avait été invité au mariage avec ses disciples.
Or, on manqua de vin. La mère de Jésus lui dit : "Ils n’ont pas de vin."
[...] Or, il y avait là six jarres de pierre pour les purifications rituelles des Juifs ; chacune contenait deux à trois mesures, (c’est-à-dire environ cent litres).
Jésus dit à ceux qui servaient : "Remplissez d’eau les jarres." Et ils les remplirent jusqu’au bord.
Il leur dit : "Maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas." Ils lui en portèrent.
Et celui-ci goûta l’eau changée en vin. Il ne savait pas d’où venait ce vin, mais ceux qui servaient le savaient bien, eux qui avaient puisé l’eau.
"Tous nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce ; car la Loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ." (Jn 1,16-17)
Tous les chrétiens sont appelés à participer à l"œuvre de salut du Christ.
Jean 7:38-39 7:38-39, Jésus dit :
"De son cœur couleront des fleuves d'eau vive".
Dans Apocalypse 12, 1 la Femme revêtue du soleil, et d'une couronne de 12 étoiles. Imédiatement après, un fleuve de grâce/vie coule (Apocalypse 22:1)
Toutes les grâces coulent à travers le Christ, qui a choisi dans sa bonté infinie de venir à travers Marie.
Il est bon d’intercéder pour son prochain
La Bible nous encourage à prier les uns pour les autres, et c’est cela que l’on nomme ''intercéder'' pour autrui:
Jc 5:16 "Confessez donc vos péchés les uns aux autres, et priez les uns pour les autres afin d’être guéris. La supplication du juste agit avec beaucoup de force."
Ap 8,3 "Un autre ange vint se placer près de l’autel ; il portait un encensoir d’or ; il lui fut donné quantité de parfums pour les offrir, avec les PRIÈRES DE TOUS LES SAINTS, sur l’autel d’or qui est devant le Trône."
Apocalypse 5,8 "Quand l’Agneau eut pris le Livre, les quatre Vivants et les vingt-quatre Anciens se jetèrent à ses pieds. Ils tenaient chacun une cithare et des coupes d’or pleines de parfums qui sont les PRIÈRES DES SAINTS."
Ac 8,24 "Priez vous-mêmes pour moi le Seigneur, afin que rien ne m’arrive"
Jr 42:2 "et dirent au prophète Jérémie : 'Laisse-toi toucher par notre supplication ! Intercède pour nous auprès du Seigneur ton Dieu"
Né 1:6 "Ecoute la prière que ton serviteur t’adresse en ce moment, jour et nuit, pour tes serviteurs les enfants d’Israël, en confessant les péchés des enfants d’Israël."
De même, une prière faite par quelqu’un de saint a plus de valeur aux yeux de Dieu:
Jb 42:8-10 "Maintenant, prenez sept taureaux et sept béliers, allez trouver mon serviteur Job. Offrez un holocauste en votre faveur, et Job mon serviteur intercédera pour vous. Uniquement par égard pour lui, je ne vous infligerai pas l’infamie méritée pour n’avoir pas parlé de moi avec justesse, comme l’a fait mon serviteur Job. ... Le Seigneur rétablit la condition de Job tandis qu’il intercédait pour son prochain, et le Seigneur porta au double tous les biens de Job."
On comprend clairement que la prière de Job, intercédant pour ses frères, est exaucée en vertu de sa droiture personnelle. L’intercession a donc plus d’efficacité que s’ils avaient prié Dieu directement.
Que les morts ressuscitent, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur le Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob.
Il n’est PAS LE DIEU DES MORTS, MAIS DES VIVANTS. Tous, en effet, vivent pour lui.
Les Saints morts vont bien au ciel, et ont la vie éternelle. Ils ne vont plus au séjour des morts où Jésus y a libéré les âmes des justes:
Jr 15,1 "Le Seigneur me dit : Même si Moïse et Samuel se tenaient devant moi, je n’aurais pas d’égard pour ce peuple. Renvoie-les loin de moi."
Hébreux 12,1 "Ainsi donc, nous aussi, entourés de cette immense nuée de témoins, et débarrassés de tout ce qui nous alourdit – en particulier du péché qui nous entrave si bien –, courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée
2 Co 1,11 avec l’aide que vous nous apportez en priant pour nous ; ainsi, par l’intervention d’un grand nombre de personnes, la grâce que nous aurons reçue sera pour beaucoup de gens une occasion de rendre grâce à notre sujet.
Jn 11,25-26 "Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais."
Jn 3,18 "Celui qui croit en lui échappe au Jugement ; celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu."
1 P 3,18-19 "Car le Christ, lui aussi, a souffert pour les péchés, une seule fois, lui, le juste, pour les injustes, afin de vous introduire devant Dieu ; il a été mis à mort dans la chair, mais vivifié dans l’Esprit.C’est en lui qu’il est parti proclamer son message aux esprits qui étaient en captivité."
1 P 4,6 "C’est pour cela que l’Évangile a été annoncé aussi aux morts, afin que, jugés selon les hommes dans la chair, ils vivent selon Dieu dans l’Esprit." [Le «jugement» quant à la chair désigne la mort physique, la phrase structurant clairement une antithèse]
1 Th 3,13 "qu’ainsi il affermisse vos cœurs, les rendant irréprochables en sainteté devant Dieu notre Père, lors de la venue de notre Seigneur Jésus avec tous les saints." (+ Za 14:5)
A la fin Jésus reviendra accompagné de tous les saints: ils ne l’attendent donc pas au séjour des morts. Le récit de la transfiguration (Mt 17) montre Moïse et Elie en discussion avec Jésus, et non pas comme "endormis" dans le shéol.
Révolte des Maccabées
Ainsi, ces Saints au ciel vivent et sont actifs; ils nous entendent et peuvent transmettre nos prières à Dieu.
Les Écritures montrent que les saints du ciel intercédent activement. Apocalypse 5: 8: "Les quatre Vivants et les vingt-quatre Anciens se jetèrent à ses pieds. Ils tenaient chacun une cithare et des coupes d’or pleines de parfums qui sont les prières des saints." Ils portent nos prières devant Dieu.
Apocalypse 8: 3–4 va plus loin: "un autre ange vint se placer près de l’autel ; il portait un encensoir d’or ; il lui fut donné quantité de parfums pour les offrir, avec les prières de tous les saints, sur l’autel d’or qui est devant le Trône. Et par la main de l’ange monta devant Dieu la fumée des parfums, avec les prières des saints." Le paradis n'est pas silencieux. Le paradis est rempli de prière.
Si les saints dans la gloire présentent nos prières à Dieu, alors la mère de Jésus - qui est vivante avec lui dans le ciel - est-ce d'une manière la plus parfaite. De la croix, Jésus nous l'a confiée: "Voici ta mère" (Jean 19:27).
Les premiers chrétiens le croyaient. Saint-Ephrem le Syrien (4e s.) A écrit à propos de Marie: "Après le médiateur, vous êtes la médiatrice du monde entier." Elle prie avec nous et pour nous, nous conduisant toujours à son fils.
Saint-Jérôme s'est opposé à Vigilantius, qui a nié la prière aux saints: "Si les apôtres et les martyrs tout en étant encore dans le corps peuvent prier pour les autres, combien plus après leurs couronnes, leurs victoires et triomphes?"
Même certains réformateurs ont reconnu la vérité. Martin Luther a écrit: "Il faut honorer Marie comme elle le souhaitait elle-même et comme elle s'est exprimée dans le Magnificat: car Dieu a fait de grandes choses pour elle. Nous pouvons dire qu’elle prie pour l'église."
Nous devons être clairs: Jésus-Christ est le seul médiateur (1 Tim 2: 5). Lui seul fait le pont entre Dieu et l'homme. Mais les Écritures également nous ordonnent d'intercéder les uns pour les autres (1 Tim 2:1). Si nous prions les uns pour les autres ici, à combien plus forte raison les saints dans le ciel?
Pensez-y de cette façon: demander à Marie ou aux Saints de prier n'est pas différent que de demander à votre ami ou à votre pasteur de prier pour vous. La différence est qu'ils sont déjà parfaits en amour, plus près du Christ que nous ne pouvons l'être dans cette vie. (Cf. Père Chris Vorderbruggen)
''Il (Judas Maccabée) leur raconta en outre un songe digne de foi, une sorte de vision qui les réjouit tous.
Voici ce qu’il avait vu : Onias, jadis grand prêtre, cet homme noble et bon, modeste dans son abord et doux de caractère, distingué dans son langage et adonné dès l’enfance à tout ce qui concerne la vertu, étendait les mains etpriait pour toute la communauté des Juifs. [faisant et anticipant ainsi le signe de la Croix, Salut du monde]
Ensuite apparut de la même manière un homme remarquable par ses cheveux blancs et par sa dignité, dont le maintien était admirable et tout empreint de majesté.
Prenant la parole, Onias disait : 'Cet homme est l’ami de ses frères, celui qui prie beaucoup pour le peuple et pour la Ville sainte, Jérémie, le prophète de Dieu.'
De la main droite, Jérémie tendit à Judas une épée d’or. En la lui donnant, il s’exprima ainsi :
' Reçois cette épée sainte que Dieu te donne. Par elle, tu briseras tes adversaires.'
Ce très beau discours de Judas eut le pouvoir d’inciter à la vertu et de donner aux jeunes une âme virile.''
La Fête de la Dédicace, fête de la Lumière ou fête des Maccabées, la Ḥānukkāh (en hébreu : "inauguration" ou "dédicace") est la fête juive qui commémore la Nouvelle Dédicace (en ~ 165) du second Temple de Jérusalem, trois ans après sa profanation par Antiochus IV Épiphane (175-164 av. J.-C.) roi grec de Syrie (issu de la dynastie séleucide des diadoques, successeurs d'Alexandre le Grand). La révolte maccabéenne qui vit la victoire des Juifs et permit la fête de la Dédicace est relatée dans les deux livres des Maccabées qui font partie du canon de la Bible catholique.
Alors Judas et ses frères déclarèrent : "Voilà nos ennemis écrasés, montons purifier le Lieu saint et en faire la dédicace."
Toute l’armée se rassembla, et ils montèrent à la montagne de Sion.
Là, ils virent le sanctuaire dévasté, l’autel profané, les portes complètement brûlées. Dans les parvis, la végétation avait poussé comme dans un bois ou sur une montagne, et les salles des prêtres étaient détruites.
Ils déchirèrent leurs tuniques, se frappèrent la poitrine, répandirent de la cendre sur leur tête
et tombèrent, la face contre terre. Au signal donné par les trompettes, ils poussèrent des cris vers le Ciel.
Alors, Judas donna l’ordre à quelques hommes de combattre les occupants de la citadelle, pendant la purification du Lieu saint.
Il choisit des prêtres irréprochables et très attachés à la Loi.
Ceux-ci purifièrent le Lieu saint et emportèrent les pierres souillées dans un endroit impur.
Ils se demandèrent ce qu’il fallait faire de l’autel des holocaustes, qui avait été profané.
Ils eurent la bonne idée de le démolir, pour écarter tout reproche, du fait que les païens l’avaient souillé. Ils démolirent donc l’autel,
et transportèrent les pierres sur la montagne de la Demeure, dans un endroit approprié, en attendant la venue d’un prophète qui se prononcerait à leur sujet.
Conformément à la Loi, ils prirent des pierres non taillées et bâtirent un autel nouveau, sur le modèle du précédent.
Ils restaurèrent aussi le Lieu saint et l’intérieur de la Demeure ; ils sanctifièrent les parvis.
Ils introduisirent au cœur du sanctuaire les nouveaux ustensiles sacrés qu’ils avaient fabriqués, le chandelier, l’autel des parfums et la table des offrandes.
Ils firent brûler de l’encens sur l’autel et allumèrent les lampes du chandelier, qui illuminèrent le sanctuaire.
Ils placèrent les pains de l’offrande sur la table et tendirent les rideaux. Ils achevèrent ainsi tous les travaux qu’ils avaient entrepris.
Le vingt-cinquième jour du neuvième mois, c’est-à-dire le mois de Kisléou, en l’année 148, de grand matin,
les prêtres offrirent le sacrifice prescrit par la Loi sur le nouvel autel qu’ils avaient construit.
On fit la dédicace de l’autel au chant des hymnes, au son des cithares, des harpes et des cymbales. C’était juste l’anniversaire du jour où les païens l’avaient profané.
Le peuple entier se prosterna la face contre terre pour adorer, puis ils bénirent le Ciel qui avait fait aboutir leur effort.
Pendant huit jours, ils célébrèrent la dédicace de l’autel, en offrant, dans l’allégresse, des holocaustes, des sacrifices de communion et d’action de grâce.
Ils ornèrent la façade du Temple de couronnes d’or et de boucliers, ils en restaurèrent les entrées et les salles et y replacèrent des portes.
Il y eut une grande allégresse dans le peuple, et l’humiliation infligée par les païens fut effacée.
Judas Maccabée décida, avec ses frères et toute l’assemblée d’Israël, que l’anniversaire de la dédicace de l’autel serait célébré pendant huit jours chaque année à cette date [fête juive actuelle deHanukkah... Ndlr.], dans la joie et l’allégresse."
Curieusement les Juifs ont exclu 1 M 4,36-59de leur canon biblique massorétique. La fête de Hanoucca commémorant la révolte des Maccabées a ainsi été conservée dans la tradition juive bien que les livres décrivant cet événement ne figurent pas dans le canon hébraïque... Si bien que de nos jours, ce sont les catholiques qui rappellent aux Juifs cette antique fête juive de Hanukkah. En effet c'est Rabbi Akiva ben Yosseph (37-135 après J.-C.) contributeur central à l'élaboration de la Mishna (premier recueil de la Torah orale) considéré comme l'un des fondateurs du judaïsme rabbinique (il suivit le faux Messie Simon bar Kohba lors de la seconde révolte juive de 135), a exclu les Maccabées du canon biblique juif non encore fixé, 40 à 60 ans après Jésus-Christ, selon la Tosefta (compilation de la torah orale juive, fin 2e siècle), Yadayim 2:13-14 où il déclare que "les Évangiles et les livres hérétiques ne rendent pas les mains impures. Les livres de Ben Sira, et tous les autres livres écrits à partir de cette époque, ne rendent pas les mains impures". [Cette expression se réfère à un texte profane. Les textes sacrés, eux, requièrent un lavage rituel des mains après avoir été touchés. Ce n'est pas le cas des textes non sacrés. Par conséquent Akiba affirme que les textes cités ne sont pas sacrés, c'est-à-dire qu'ils ne font pas partie des Écritures. Puisque les évangiles sont mentionnés, les propos d'Akiba concernent les Écritures chrétiennes. Son rejet du Nouveau Testament comme Écriture inclut également le rejet des livres de Ben Sira (Siracide daté vers 180 av. J.-C., le plus ancien des Deutérocanoniques] ainsi que tous les livres postérieurs à cette date, ce qui inclut les deux livres des Maccabées (écrits vers 124-100 av. J.-C.) du canon hébreu, car ils ne sont pas (plus) considérés comme sacrés, ainsi que l'ensemble des Deutérocanoniques.
Or bien que le rabbin Akiba n'éprouvât aucune sympathie pour le christianisme, il n'en révéla pas moins un point souvent contesté par les protestants : à savoir que les premiers chrétiens considéraient bel et bien ces livres deutérocanoniques comme faisant partie des Écritures saintes, au même titre que les Évangiles et le Nouveau Testament. Akiba ne chercha pas à réfuter cette affirmation, il l'a présupposa et s'y opposa. (Cf.Gary MICHUTA, Témoins hostiles: Comment les ennemis historiques de l'Église prouvent le Christianisme). Akiba confirma involontairement certains points controversés concernant l'Église catholique et le christianisme.
Et le meilleur témoin de l'inspiration des livres des Maccabées exclus par les rabbins reste le Christ lui-même puisque Jean 10,22-23 nous dit que ''alors arriva la fête de la dédicace du Temple à Jérusalem. C’était l’hiver. Jésus allait et venait dans le Temple, sous la colonnade de Salomon."
Le deuxième Livre des Maccabées rapporte un évènement qui se déroula auparavant, sous la grande prêtrise d'Onias(II 3 M 1). L'épisode d'Héliodore chassé du temple par trois anges envoyés par Dieu, sur la prière des Juifs de Jérusalem, est relaté en II M 3,13-25 :
Heliodore chassé du temple par trois anges (II M 3), tableau de Raphael
Les habitants de la Ville sainte jouissaient d’une paix totale ; on y observait au mieux les lois, grâce à la piété du grand prêtre Onias et à sa haine du mal.
À cette époque, les rois eux-mêmes en vinrent à honorer le Lieu saint et à rehausser la gloire du Temple par les dons les plus magnifiques.
Séleucos (187-175) roi d’Asie, couvrait lui-même de ses revenus personnels toutes les dépenses exigées par la liturgie des sacrifices.
Or, un certain Simon, de la tribu de Bilga, qui avait été nommé administrateur du Temple, se trouva en désaccord avec le grand prêtre, au sujet de la surveillance des marchés de la ville. [...] Le roi désigna Héliodore, qui était à la tête de ses affaires. Il l’envoya avec l’ordre de procéder à l’enlèvement des richesses indiquées.
[...] Héliodore, en raison des ordres qu’il avait reçus du roi, soutenait absolument que ces richesses devaient être confisquées au profit du trésor royal.
Au jour fixé par lui, il entra pour dresser l’inventaire de ces richesses. Grande fut l’angoisse qui se répandit alors dans toute la ville.
Les prêtres, prosternés devant l’autel en habits sacerdotaux, invoquaient le Ciel, lui qui avait institué la loi sur les dépôts, pour qu’il garde intacts les biens de ceux qui les avaient mis en dépôt.
Heliodore chassé du temple par trois anges (II M 3). Détail du tableau de Raphael montrant le Grand Prêtre Onias priant
À voir l’aspect du grand prêtre, on ne pouvait manquer d’être profondément blessé, tant son apparence et l’altération de son teint trahissaient l’angoisse de son âme.
La frayeur dont cet homme était envahi et le tremblement de son corps manifestaient clairement à ceux qui le regardaient la souffrance intime de son cœur.
Devant la profanation qui menaçait le Lieu saint, les gens se précipitaient en foule hors des maisons où ils se trouvaient, pour s’unir dans une supplication commune.
Les femmes, enveloppées d’une toile à sac serrée au-dessous de la poitrine, se répandaient dans les rues. Quant aux jeunes filles, habituellement retenues à l’intérieur, les unes couraient vers les portails, d’autres sur les murailles, d’autres encore se penchaient aux fenêtres.
Toutes faisaient monter leur imploration, les mains tendues vers le Ciel.
C’était pitié de voir la confusion de cette foule prostrée, et l’extrême angoisse dans laquelle attendait le grand prêtre.
Tandis qu’on invoquait le Seigneur tout-puissant pour qu’il garde intacts, en toute sécurité, les dépôts de ceux qui les avaient confiés au Temple,
Héliodore, lui, exécutait ce qui avait été décidé.
Mais à l’endroit précis où il se trouvait déjà, avec ses gardes, près de la salle du trésor, le Souverain des esprits célestes et de toute autorité se manifesta avec un tel éclat que tous ceux qui avaient eu l’audace d’entrer, frappés par la force de Dieu, défaillirent d’épouvante.
Héliodore chassé du temple, Par Raphaël. Détail du tableau montrant le cavalier angélique chassant Héliodore
Un cheval leur apparut, monté par un redoutable cavalier et orné d’un harnachement somptueux. S’élançant avec impétuosité, il projetait les sabots antérieurs vers Héliodore. L’homme qui le chevauchait paraissait avoir une armure d’or.
En même temps lui apparurent deux autres jeunes gens, d’une force extraordinaire, éclatants de beauté et magnifiquement vêtus. Se plaçant de part et d’autre d’Héliodore, ils le flagellaient sans relâche, lui portant une grêle de coups.
Subitement, Héliodore fut terrassé et environné d’épaisses ténèbres ; on le ramassa pour le mettre sur une civière.
Cet homme, qui venait de pénétrer dans la salle du trésor avec une escorte nombreuse et toute sa garde, n’était plus d’aucun secours à lui-même ; on l’emporta, en reconnaissant ouvertement le pouvoir de Dieu.
Lui, par l’action de la force divine, gisait sans voix, privé de tout espoir de salut ;
les autres bénissaient le Seigneur qui avait grandement glorifié son Lieu saint.
Cet épisode d'Héliodore chassé du temple est une preuve que les saints au Ciel entendent nos prières et les portent pour nous à Dieu.
Hé 12:1 ''Nous donc aussi, puisque nous sommes environnés d’une si grande nuée de témoin.''
Ap 5:8 ''[…] les vingt-quatre vieillards se prosternèrent devant l’agneau, tenant chacun une harpe et des coupes d’or remplies de parfums, qui sont les prières des saints.'' (+ Ap 8:3 ; 6:9-10)
Les vieillards (qui représentent des hommes) sont décrits en train d’apporter les «prières des saints» à Dieu. C’est exactement ce qui se passe quand un Saint prononce une prière à la place de son prochain: il intercède. Or, ces hommes (non pas anges dont ils sont dissociés) sont au ciel avec Dieu: les Saints au ciel intercèdent donc bien pour nous !
1 Co 13:12 ''Nous voyons actuellement de manière confuse, comme dans un miroir ; ce jour-là, nous verrons face à face. Actuellement, ma connaissance est partielle ; ce jour-là, je connaîtrai parfaitement, comme j’ai été connu.''
1 Jn 3:2 ''Nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté; mais nous savons que, lorsque cela sera manifesté, nous serons semblables à lui.''
2 Co 3:18 ''Et nous tous qui n’avons pas de voile sur le visage, nous reflétons la gloire du Seigneur, et nous sommes transformés en son image avec une gloire de plus en plus grande, par l’action du Seigneur qui est Esprit.''
Il est bien dit ici que notre connaissance devient parfaite au paradis: en étant semblable à Dieu, il est évident que nous pouvons entendre les prières des vivants.
Cela n’a rien de satanique de demander aux saints (saints et anges) de prier pour nous
L’intercession de Saints n’invalide pas le fait que Jésus est le seul médiateur entre Dieu et l’homme. Il ne faut pas confondre le Médiateur dans le Salut qui est le seul Jésus-Christ et les médiateurs dans la prière ou intercesseurs (les saints et les anges). "Un seul médiateur" ne signifie pas qu'il n'y a pas d'intercesseurs. Sinon, vous ne pourriez demander à personne de prier pour vous!
Dans Job, 33,26-26 nous lisons : "S’il y a près de lui un ange, un interprète, un seul entre mille, pour signifier à l’homme son devoir, s’il le prend en grâce et demande à Dieu : “Exempte-le de descendre dans la fosse, j’ai trouvé une rançon pour sa vie”,alors sa chair retrouve la fraîcheur de la jeunesse, il revient aux jours de son adolescence ; il implore Dieu et Dieu se plaît en lui, avec allégresse l’homme voit la face de celui qui le restaure en sa justice."
1 Tim 2:1-5 ''J’encourage, avant tout, à faire des demandes, des prières, des INTERCESSIONS et des actions de grâcepour tous les hommes,
pour les chefs d’État et tous ceux qui exercent l’autorité, afin que nous puissions mener notre vie dans la tranquillité et le calme, en toute piété et dignité.
Cette prière est bonne et agréable à Dieu notre Sauveur,
car il veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la pleine connaissance de la vérité.
En effet, il n’y a qu’un seul Dieu ; il n’y a aussi qu’un seul médiateur entre Dieu et les hommes : un homme, le Christ Jésus.''
L’intercession des saints était pratiquée et connue par l’Eglise primitive
Quelques exemples:
St Hippolyte de Rome († 235), Commentaire sur Daniel, discours II, XXX:
''Dites-moi, vous, les trois enfants [martyrs chrétiens], souvenez-vous de moi, je vous en prie, afin que moi aussi avec vous, j’obtienne le même héritage, celui du martyre.''
(Hé 12:1-24 ''Nous donc aussi, puisque nous sommes environnés d’une si grande nuée de témoin. [...] vous êtes venus vers la montagne de Sion et vers la ville du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, vers des myriades d’anges en fête et vers l’assemblée des premiers-nés dont les noms sont inscrits dans les cieux. Vous êtes venus vers Dieu, le juge de tous, et vers les esprits des justes amenés à la perfection.'')
St Grégoire le Thaumaturge († 270), Homélie sur l’annonciation de la Sainte Vierge :
Ta louange, ô Vierge très sainte, surpasse toute louange, en raison du Dieu qui s’est fait chair et qui est né homme de toi. C’est à toi que toute créature, dans les cieux, sur la terre et sous la terre, présente l’offrande d’honneur. En effet, tu as été présenté comme le véritable trône chérubinique. Tu resplendis comme l’éclat de la lumière dans les hauts lieux des royaumes de l’intelligence, où l’on glorifie le Père, qui est sans commencement et dont la puissance te couvrait, où l’on adore le Fils, que tu as enfanté selon la chair […] Avec toi, juge-nous dignes d’être associés à ta grâce parfaite en Jésus-Christ notre Seigneur.
"Chœur sacré, saint bataillon, armée invincible, astres du monde, ornements des églises, protecteurs du genre humain, puissants intercesseurs, prenez part à nos peines et appuyez nos prières. La terre n’a pas renfermé vos corps dans son sein, mais le ciel vous a reçus ; les portes du paradis vous ont été ouvertes."
Les Pères de l’Eglise des premiers siècles, rapportant la tradition qui leur a été transmise, se mettent d’accord en ce qui concerne la prière aux saints malgré qu’ils viennent de nombreux pays différents. Les églises d’Europe, d’Afrique du Nord et d’Asie Mineure témoignent toutes de ce culte et ont continué à le faire jusqu’à aujourd’hui, qu’elles soient Catholiques ou Orthodoxes. L’histoire rapporte très clairement la présence de cette pratique dans le Christianisme primitif. S’il s’agit d’idolâtrie, alors la forte majorité des chrétiens va en enfer depuis 2000 ans, ne laissant qu’une minorité de sectes pré-réforme et la mosaïque des églises protestantes depuis le XVIe siècle (toujours minoritaire).
La première prière mariale remonte à 250 après J.-C.
"SUB TUUM. Prière du IIIe siècle dédiée à la Vierge Marie. ... C'est la plus ancienne prière à la Vierge Marie actuellement connue, mis à part l'Ave Maria." (Dominique Le TOURNEAU, Les Mots du christianisme, Bibliothèque de culture religieuse, Fayard, La Flèche 2005, p. 598)
La prière est appelée "Sub Tuum Praesidium" (Sous l'abri de ta miséricorde)
"Sous ta compassion, nous nous réfugions, ô Mère de Dieu [Porteuse de Dieu];
Ne dédaigne pas nos supplications au temps de la détresse,
Mais sauve-nous des dangers,
Seule pure, seule bénie.''
Le plus ancien manuscrit du "Sub Tuum Praesidium" a été découvert en Égypte en 1917. Écrit en grec, il date du IIIe siècle, soit 250 ans après Jésus-Christ.
Les protestants ne prient pas la Vierge Marie. Les premiers martyrs chrétiens n'étaient pas de cet avis. Pour l'Église primitive, la protection de Marie ÉTAIT la protection du Christ. Elle n'a pu les protéger que grâce à la grâce qui lui a été donnée par Jésus.
Les Pères de l’Église priaient les saints !
Les saints martyrs sont honorés dès les premiers siècles. Par exemples dans les catacombes de Rome (IIIe siècle), les tombes des martyrs comme Ste Cécile, St Callixte, St Sébastien contiennent des graffitis de pèlerins demandant l'intercession du saint. Il y a une vénération des reliques : les restes des saints sont conservés avec un grand respect.
Catacombe de Callixte - Fresque de l'Eucharistie, Via Appia
Le plus ancien calendrier liturgique, le Chronographe de 354 mentionne des fêtes chrétiennes comme la Nativité de Jésus-Christ le 25 décembre, la consécration de l'antique basilique vaticane et des noms de martyrs qui sont célébrés à Rome, une depositio martyrum, liste des jours de commémoration de la mort des premiers martyrs : Perpétue et Félicité, Parthenius et Calocerus, Félix et Philippe, Laurent, Gorgon, Hyacinthe et Prote, Cyprien, Basile, Calliste, Saturnin et Ariston.
On a conservé également des prières d'intercession comme les Actes du Martyr de S. Polycarpe (v. 155) où l'on demande la médiation du saint auprès de Dieu.
Le concile de Laodicée en 364 demande aux chrétiens de ne pas honorer la mémoire de martyrs hérétiques (canon 34).
Saint Athanase, champion de l'orthodoxie catholique contre l'hérésie arienne, s'exprimait ainsi à propos de la Vierge Marie :
"Ecoutez maintenant, Ô Fille de David, inclinez l'oreille à nos prières...
Nous élevons nos voix vers vous, souvenez-vous de nous, ô Vierge très sainte !
Et pour les fragiles éloges que nous vous donnons, faites-nous part de vos précieuses richesses et du trésor de vos grâces, vous avez été comblée des dons de la grâce... (Lc 1,28)
Je vous salue, Marie Pleine de grâces, le SEIGNEUR est avec vous,
"Je reconnais les Apôtres, les Prophètes et les Martyrs, je les invoque afin qu'ils prient pour moi, et j'espère que par leur intercession, Dieu usera de miséricorde envers moi, et me pardonnera mes fautes. C'est pour cela aussi que je révère et honore leurs images, vu surtout que nous y sommes instruits par la tradition des saints apôtres. Bien loin de nous être défendues, nous les exposons dans nos églises."
"Et afin que ma prière devienne plus efficace, j'invoque les suffrages de la Bienheureuse Vierge Marie, j'implore l'intercession des Apôtres, l'assistance ces martyrs..., les supplications des confesseurs."
CONCLUSION
L'intercession et le culte des saints nous viennent d'une tradition ininterrompue avec :
- un fondement scripturaire. La communion des saints est bibliquement fondée.
- Le témoignage ininterrompu de la tradition apostolique. Les Pères attestent unanimement cette pratique...
- Une continuité historique : l'Eglise a constamment maintenu cette tradition.
TRIBUNE. Dans ses vœux pour l'année à venir, le duc d'Anjou, chef de la Maison de Bourbon et prétendant légitimiste aux trônes de France et de Navarre, dresse un bilan de l'état du pays et appelle à une réflexion sur la pertinence des institutions actuelles.
Louis de Bourbon, Duc d'Anjou
20/01/2025 à 19:15, Mis à jour le 20/01/2025 à 19:57
Au seuil de l’année 2025, fidèle à ma position d’héritier de la plus ancienne tradition politique française, j’adresse mes vœux de bonheur et d’espérance à tous les Français. Que l’œuvre des siècles continue !
Que la nouvelle année permette à chacun de retrouver les chemins de l’espoir et de croire, de nouveau, en l’avenir. Cette voie est possible si nous en avons la volonté. L’histoire de la France nous apprend qu’il n’est jamais de situation si désespérante soit-elle, qui ne trouve son dénouement. Il y a toujours eu des hommes de bien qui continuent à entreprendre et à se battre pour apporter à leurs contemporains cette harmonie et les progrès qu’ils chérissent tant. C’est pourquoi, malgré les temps difficiles que nous vivons, j’ai confiance quant au retour de jours heureux si, collectivement, nous œuvrons dans ce sens et si, individuellement, nous acceptons nos responsabilités de tous ordres, dans le souci de l’équilibre entre droits et devoirs.
Cela passe par les familles et nos activités qui doivent être soucieuses du bien commun. Sans doute faut-il aussi ouvrir une réflexion sur les institutions comme cela a été souvent le cas au cours de notre histoire. Comment ne serions-nous pas capables de faire ce qu’ont réalisé en leur temps, Louis IX, François Ier, Henri IV, Louis XIV, à savoir faire évoluer la société non pas vers sa perte mais vers son salut ?
Le droit lui-même est bafoué quand il sert les intérêts de certaines communautés et ne garantit plus la justice
Les institutions actuelles ont montré ces derniers mois combien elles étaient usées et ne répondaient plus à ce qui fait normalement l’essence même du pouvoir, à savoir la gestion des hommes et des choses. La démocratie n’est plus qu’un vain mot quand elle n’assure plus la représentativité des forces vives.Le droit lui-même est bafoué quand il sert les intérêts de certaines communautés et ne garantit plus la justice, quand les délinquants sont préférés aux victimes, quand la partialité supplante l’équité.
L’économie est faussée quand elle ne sert plus à produire pour répondre aux besoins mais qu’elle n’est plus que financiarisation au profit de quelques-uns. Ce sont maintenant, non plus seulement telle ou telle catégorie de la société qui est atteinte mais la société dans son ensemble, du haut en bas de l’échelle sociale. Tout nous porte à redonner à nos institutions le souffle qui leur manque depuis des décennies.
Ainsi seront chassés les doutes et l’inquiétude qui rongent notre société et ébranlent la France. Appuyons-nous sur l’histoire, nos valeurs et nos traditions ; revenons aux fondamentaux puisés aux racines chrétiennes et à celles de l’antiquité gréco-romaine. Ce sont ces principes et ces valeurs dont la Révolution nous a coupé et qui, peu à peu, ont été oubliés jusqu’à mener la France à l’abandon des promesses de son baptême.
Retrouvons-les et la France se réinscrira dans sa destinée qui est d’être souveraine. Redevenant grande, fière, audacieuse, elle retrouvera aussi sa mission de modèle pour éclairer les nations. Elles en ont tant besoin alors que dans une grande partie du monde la barbarie revient !
Cet esprit fait de volonté, de réalisme et de bon sens est celui qui a guidé la France durant des siècles
Abandonnons les idéologies et le déni qu’elles engendrent pour renouer avec le réel ! Retrouvons dans tous les domaines l’objectif du bien commun partagé, la Res Publica, c’est-à-dire la volonté de faire passer l’intérêt social nécessaire à tous avant les individualismes. Cet esprit fait de volonté, de réalisme et de bon sens, est celui qui a guidé la France durant des siècles. Abandonné progressivement à partir du XVIIIème siècle, il n’est, heureusement, pas perdu. Il demeure dans de nombreux foyers et se transmet dans les familles. Amour du travail, du métier bien fait, souci des autres sont ce qui fait vivre la France que l’on aime et lui permet d’échapper aux fausses valeurs délétères qui détruisent notre société.
Suite : https://www.lejdd.fr/societe/les-voeux-2025-de-louis-de-bourbon-duc-danjou-154078
Le projet d'annulation de la messe tridentine est "une insulte à l'histoire de l'Église". Benoît XVI rappelait déjà que "le Concile Vatican I n'a pas du tout défini le Pape comme un monarque absolu". Non à l'indifférentisme : "Celui qui, hors des frontières visibles du christianisme, parvient au salut, y parvient toujours et seulement par les mérites du Christ sur la Croix et non sans une certaine médiation de l'Église". Les mots du Cardinal Robert Sarah lors de la présentation de son livre Does God Exist ?, organisée par La Bussola Quotidiana
La présentation du dernier livre du cardinal Robert Sarah, Dieu existe-t-il ? Le cri de l'homme qui demande le salut (Cantagalli), dans lequel le préfet émérite de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements répond à une série de questions sur l'existence et la présence de Dieu dans nos vies.
L'événement était organisé par La Nuova Bussola Quotidiana et La Bussola Mensile. Nous publions ci-dessous de longs extraits de la lectio prononcée à cette occasion par Sarah (cliquez ici pour lire le discours complet )
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La prière est un regard silencieux, contemplatif et amoureux vers Dieu. La prière, c'est regarder Dieu et laisser Dieu nous regarder. C'est ce que nous enseigne le paysan d'Ars. Le Curé d'Ars, étonné de le voir régulièrement et chaque jour à genoux et en silence devant le Saint-Sacrement, lui demande : "Mon ami, que fais-tu ici ?" Et il répondit: "Je l'avise et il m'avise!".
Le cardinal Ratzinger de l'époque, dans l'homélie de la Missa pro eligendo Romano Pontifice , disait : "Avoir une foi claire, selon le Credo de l'Église, est souvent qualifié de fondamentalisme. Tandis que le relativisme, c'est-à-dire se laisser emporter 'çà et là par n'importe quel vent de doctrine', apparaît comme la seule attitude qui soit d'actualité à l'époque d'aujourd'hui. Une dictature du relativisme est en train de s'établir, qui ne reconnaît rien comme définitif et qui ne laisse comme mesure ultime que soi-même et ses désirs. Mais nous avons une autre mesure : le Fils de Dieu, le véritable homme. Il est la mesure du véritable humanisme. Être "adulte" ce n'est pas avoir une foi qui suit les vagues de la mode et les dernières nouvelles ; être adulte et mûr c'est avoir une foi profondément enracinée dans l’amitié avec le Christ." Comme ce texte du cardinal Joseph Ratzinger est d’une actualité dramatique !
La tâche la plus urgente est de retrouver le sens de l'adoration et de la prosternation avec foi et émerveillement devant le mystère de Dieu ! Comme les mages qui "se prosternaient et l'adoraient". La perte de la valeur religieuse de l’agenouillement et du sens de l’adoration de Dieu est la source de tous les incendies et de toutes les crises qui secouent le monde et l’Église, de l’inquiétude et du mécontentement que nous voyons dans notre société. Nous avons besoin de fidèles ! Le monde se meurt parce qu’il manque de fidèles ! L'Église est asséchée par le manque de fidèles. C'est le lieu premier et privilégié du dialogue avec Dieu : le Tabernacle, sa présence parmi nous.
Pour la même raison, la Sainte Messe est comme un rendez-vous nécessaire et vital avec le Christ. L'Eucharistie est la source de la mission de l'Église ; des célébrations sacrées et belles pour la gloire de Dieu et la sanctification du peuple sont fondamentales pour favoriser la confiance en Lui, cette intimité divine à laquelle aspire notre existence. C'est aussi pour cette raison que la Sainte Messe, célébrée dans les langues nationales ne doit jamais perdre le sens du sacré et ne jamais trahir la parole du Seigneur Jésus. La Sainte Messe n'est pas une assemblée sociale pour nous célébrer et célébrer nos œuvres, elle ne l'est pas une exposition culturelle, mais le souvenir de la mort et de la résurrection du Seigneur que, depuis des siècles, l'Église a toujours célébrée. (…)
Nous sommes infiniment plus bénis que le prophète Isaïe : il a imploré Dieu de déchirer les cieux et de descendre (voir Is 63,19), nous le contemplons parmi nous. Le roi David s'est demandé où attendre l'aide (voir Ps 121), nous savons que notre aide est dans le Seigneur Jésus. Toute la tradition de l'Église enseigne que Jésus de Nazareth, Seigneur et Christ, est l'unique sauveur de l'homme, et cela en personne d’autre il n’y a de salut. Ceux qui, en dehors des frontières visibles du christianisme, parviennent toujours et seulement au salut, par les mérites du Christ sur la Croix, et non sans une certaine médiation de l'Église.
Ces vérités centrales de la foi chrétienne ont été réitérées récemment (parce qu'il y avait évidemment un besoin) par deux documents fondamentaux : l'Encyclique Redemptor Hominis, de mars 1978, de saint Jean-Paul II et la Déclaration Dominus Iesus, de l'année jubilaire 2000.
Ce sont deux documents fondamentaux du magistère de l'Église : le premier est celui par lequel saint Jean-Paul II a ouvert son pontificat, y engageant toute sa propre crédibilité et celle de l'Église - presque le programme du pontificat - et résumant ce que l'Église elle-même a mûri au fil des siècles, comme conscience de soi et de sa tâche ; l'autre, émis par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi de l'époque, présidée par le Card. Ratzinger, avec l'approbation particulière de saint Jean-Paul II, représente le fondement du dialogue œcuménique, en vérité, car sans vérité il ne peut y avoir de dialogue. (…)
L'Église catholique est "le lieu où toutes les vérités se rencontrent", écrivait il y a près de cent ans le grand Chesterton, découvrant que la religion la plus ancienne s'avère étonnamment être la plus récente, plus nouvelle même que les soi-disant nouvelles religions - comme le protestantisme, le socialisme ou le spiritualisme - parce que, contrairement à elles, la tradition et la vérité catholiques ont conservé leur validité intacte pendant deux mille ans. La réponse à toutes les questions que tout homme se pose se trouve dans le christianisme, la seule réponse possible à cette aspiration au Vrai, au Bien, au Beau, au Juste, qui vit dans le cœur de chacun de nous, est le Christ. (…)
Après avoir abandonné Dieu, s’est imposée la conviction que le libéralisme moral conduit au progrès de la civilisation. Au contraire, l'observation de la réalité met en évidence combien ce prétendu progrès est en réalité une décadence morale et anthropologique, une nouvelle forme de paganismequi a désacralisé l'homme et ses relations : il prétend même établir qui a le droit de vivre, et le pire est que les plus vulnérables en portent le poids : l'homme dans le ventre de sa mère, les personnes âgées, les handicapés, et finalement tous les abandonnés, sont convaincus d'être un fardeau pour la société, pour leurs amis et même pour leur propre famille.
L'Église, viscéralement soucieuse de sauver l'homme intégral dans son corps et son âme, a toujours eu pour priorité l'évangélisation, l'éducation par l'école et la santé humaine en ouvrant des dispensaires et des hôpitaux. Dans cette défense de l'homme, du caractère sacré de sa vie, nous ne pouvons permettre aux puissances de ce monde, qui s'expriment en tant que gouvernements nationaux ou supranationaux (pensez à l'ONU et à ses branches ; aux pactes de défense militaire qui deviennent alors offensants) de dicter programmes utilitaires et inhumains. Nous nous méfions de la nouvelle éthique mondialiste promue par l’ONU ; Méfions-nous de l'idéologie du genre ! (…)
Dans la tempête une certaine foi
Pourquoi vouloir changer de nature ? Pourquoi la violer en la manipulant ? Pourquoi vouloir changer de sexe en mutilant inutilement un corps créé, voulu, par Dieu ? Nous ne devons pas nous mutiler pour nous réaliser selon nos sentiments ou nos tendances, différemment de ce que Dieu a fait de nous. Il nous a créés à son imageet ressemblance, homme et femme, il nous a créés (voir Genèse 1:27). Nous nous détruisons si nous voulons nier ou refuser d'être nés hommes et femmes, en décidant de mutiler notre nature d'homme ou de femme. Au contraire, nous devons entrer dans une logique d'accueil de la nature, de notre propre nature, comme un don, comme un don gratuit du Créateur qui nous révèle un fragment de sa sagesse infinie. (…)
L'Eucharistie est le sacrement le plus vital. C'est la vie de notre vie. Le cadeau le plus précieux dont nous avons hérité. Et un héritage se conserve, il ne peut se dissiper !
"Dans l'histoire de la liturgie, il y a croissance et progrès, mais pas de rupture. Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste sacré et grand pour nous aussi et ne peut pas être soudainement complètement interdit ni même jugé nuisible. Il nous fait du bien à tous de préserver les richesses qui ont grandi dans la foi et la prière de l'Église et de leur donner la place qui leur revient" (Benoît XVI).
Pour cette raison, même le fait d'envisager d'annuler définitivement la messe tridentine traditionnelle, c'est-à-dire un rite qui remonte à saint Grégoire le Grand, une liturgie vieille de 1600 ans, une messe qui a créé de nombreux saints et qui a été célébrée par de nombreux saints : saint Padre Pio, saint Philippe Néri, saint Jean-Marie Vianney (curé d'Ars), saint François de Sales, saint Josémaria Escrivá, etc. Et cela remonte au pape Grégoire le Grand (590-604) et aussi au pape saint Damase (366-384). Ce projet, s'il est réel, me semble être une insulte à l'histoire de l'Église et à la Sainte Tradition, un projet diabolique qui voudrait rompre avec l'Église du Christ, des Apôtres et des Saints.
Le Pape Benoît XVI rappelle que "le Concile Vatican I n'a pas du tout défini le Pape comme un monarque absolu, mais au contraire comme un garant de l'obéissance à la Parole transmise : son autorité est liée à la tradition de la foi : cela est également vrai dans le contexte de la liturgie. Elle n'est pas 'fabriquée' par un appareil bureaucratique. Même le Pape ne peut être qu'un humble serviteur de son juste développement et de son intégrité et de son identité permanentes... L'autorité du Pape n'est pas illimitée ; elle est au service de la Tradition Sacrée."
Trump passe la journée à signer une série de décrets importants tandis que les médias passent la journée à chercher une signification dans la façon dont Elon Musk a bougé le bras.
À peine intronisé, le président américain Donald Trump a paraphé lundi 20 janvier un décret visant à retirer les États-Unis de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), un organisme qu'il avait par le passé vivement critiqué pour sa gestion de la pandémie de Covid-19. "L'OMS nous a escroqués", a accusé le républicain en signant ce décret, quelques heures seulement après avoir été investi.(1)
L'organisation onusienne pro-avortement, l'OMS, ne recevra plus d'argent des États-Unis - l'avocate pro-vie Bevelyn Williams sera libérée ! (Le "catholique" Biden avait fait envoyer la jeune mère en prison pendant trois ans)
Le président américain Donald Trump a déjà mis en œuvre plusieurs ordonnances pro-vie au cours des premières heures de son mandat.
Le site Web gouvernemental « http://ReproductiveRights.gov », lancé par Joe Biden et encourageant le meurtre de jeunes enfants à naître, a été fermé.
Dans l’un de ses premiers décrets, Trump a annoncé que les États-Unis ne soutiendraient plus financièrement l’organisation onusienne pro-avortement, l’OMS (Organisation mondiale de la santé). 11 pour cent du budget de l’OMS étaient réservés uniquement aux projets liés à l’avortement.
Selon les médias américains, l'une des premières ordonnances de Trump est la libération de l'avocate pro-vie Bevelyn Williams (voir photo). Elle avait été condamnée à 3 ans de prison par la justice "catholique" de Joe Biden pour avoir manifesté contre le meurtre de jeunes enfants devant une clinique d'avortement.
Trump est également susceptible de gracier d’autres prisonniers pro-vie.(2)
La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, pétrie des meilleurs sentiments philosophiques, achèvera d'immoler les libertés et franchises concrètes de l'Ancien Régime sur l'autel d'une Liberté théorique, d'une Égalité formelle et d'une Fraternité abstraite.
C'est l'histoire de l'une des plus grandes injustices que la France ait connues, l'histoire d'un Roi qui ne voulait que le bonheur de son peuple.
A peine sacré, il abolit la torture et fait relâcher des milliers de prisonniers. Louis XVI rend visite aux pauvres, et fait rénover les hôpitaux. Soucieux de la justice et des peuples, Louis XVI vole au secours de l'Amérique pour lui donner la liberté.
Père de famille exemplaire, il enseigne à son fils qu'un Roi se doit de penser uniquement au bonheur de son peuple. Mais la guerre a coûté plus de deux milliards de livres, les caisses sont vides. Louis XVI convoque les Etats généraux pour réaliser l'égalité fiscale. La Bastille est prise, les quelques gardes infirmes sont massacrés, le gouverneur est décapité, premiers signes d'une tyrannie totalitaire et pour Louis XVI une destinée de saint martyr. Louis XVI ne reverra jamais plus Versailles. Il ne reverra plus jamais sa femme car il sera assassiné à l'aide d'un procès truqué.
Il est mort le 21 janvier 1793. Son fils sera battu à mort au nom de la "liberté" et des droits de l'homme, sa femme Marie-Antoinette sera guillotinée.
Chaque année les Français honorent sa mémoire afin que sa mort n'ait pas été inutile.
Chaque année au mois de janvier, les royalistes français rendent hommage au roi Louis XVI.
Louis XVI décida de soulager son peuple en le dispensant du "droit de joyeux avènement", impôt perçu à chaque changement de règne.
Louis XVI créa le corps des pompiers. Il autorisa l'installation de pompes à feu, pour approvisionner Paris en eau de manière régulière.
Louis XVI créa un mont-de-piété à Paris pour découragerl'usure, et venir en aide aux petites gens.
Louis XVI aida l'oeuvre de l'Abbé de l'Epée, pour l'éducation des "Sourds-muets sans fortune", auxquels il fit enseigner un langage par signes de son invention. Le roi lui versa une pension de 6000 livres sur sa propre cassette, contre l'avis de l'archevêché qui soupçonnait cet homme de jansénisme.
Louis XVI dota l'oeuvre de Valentin Hauÿ pour les aveugles.
Louis XVI donna aux femmes mariées et aux mineurs de toucher eux-mêmes leurs pensions sans demander l'autorisation de leur mari ou tuteur.
Louis XVI ordonna aux hôpitaux militaires de traiter les blessés ennemis "comme les propres sujets du roi", 90 ans avant la première convention de Genève.
Par l'Édit du 8 août 1779, Louis XVI fit abolir le droit de servage, le droit de suite et la mainmorte (c'est-à-dire la ''servitude personnelle et réelle'' sur les domaines royaux de France. (Louis Firmin Julien Laferrière, Histoire du droit français, Joubert, 1837), servage qui dans la pratique n'existait plus dans la majorité des terres depuis trois siècles.[1] L'esclavage ayant été aboli par l'édit de 1315 de Louis X le Hutin au XIVe siècle [2], et le servage ayant disparu depuis la fin de la Guerre de Cent Ans (1453) l'"abolition des privilèges" lors de la célèbre nuit du 4 août 1789 n'a donc eu aucun effet sur l'abolition du servage. L'édit de 1779 considère ''bien moins ces affranchissements comme une aliénation, que comme un retour au droit naturel''...
Louis XVI ordonna l'abolition de la question préparatoire et préalable (torture).
Louis XVI accorda le premier le droit de vote aux femmes dans le cadre de l'élection des députés de l'Assemblée aux États-généraux.
Louis XVI permit aux femmes d'accéder à toutes les maîtrises.
Louis XVI finança tous les aménagements de l'Hôtel-Dieu pour que chaque malade ait son propre lit individuel.
Louis XVI employa le premier l'expression justice sociale.
Louis XVI fonda un hôpital pour les enfants atteints de maladies contagieuses, aujourd'hui nommé Hôpital des Enfants-Malades.
Louis XVI créa le musée des Sciences et Techniques, futur centre national des Arts et Métiers.
Louis XVI fonda l'école des Mines.
Louis XVI finança sur ses propres fonds les expériences d'aérostation des frères Montgolfier.
Louis XVI finança également les expériences de Jouffroy d'Abbans pour l'adaptation de la machine à vapeur à la navigation.
Louis XVI exempta les Juifs du péage corporel et autres droits humiliants, fit construire les synagogues de Nancy et de Lunéville et permit aux Juifs l'accès à toutes les maîtrises dans tout le ressort du parlement de Nancy.
Louis XVI accorda des pensions de retraite à tous ceux qui exerçaient une profession maritime.
Louis XVI demanda l'établissement annuel de la balance du commerce.
Louis XVI accorda l'état-civil aux protestants et aux juifs (édit de Versailles, 1787). Il autorise les constructions des synagogues de Nancy & Lunéville. A Lunéville, le décor de la façade sculpté au ciseau de Thouvenot manifeste l’expression de la reconnaissance envers le roi : couronne et fleurs de lys. Ces symboles "furent martelés à la Révolution". La généreuse guirlande de pampres de vigne et la couronne partiellement martelée sont interprétées comme le symbole du peuple juif et de la Loi transmise par Dieu à Moïse. (Les synagogues de Phalsbourg, Carpentras et Cavaillon furent construites au XVIIIe siècle, avant celle de Lunéville.)
Louis XVI ressuscitant 144 corporations se justifia ainsi devant Turgot : "En faisant cette création nous voulons donner aux ouvriers les moyens de défense, nous voulons qu'ils puissent jouir en commun, de leur intelligence qui est le bien le plus précieux de l'homme."
La condition paysanne et ouvrière sous l’Ancien Régime, bien que marquée par certaines contraintes, était globalement plus stable que celle des classes populaires sous la République où dans les villes, les ouvriers étaient soumis à des conditions de travail inhumaines :
Journées de 12 à 16 heures...
Logements insalubres dans des taudis urbains
Suppression des corporations : aucune protection sociale pour un siècle
Source: Jean-Louis Harouel,La pré-Révolution 1788-1789inLes révolutions françaises, Sous la Direction de Frédéric Bluche et Stéphane Rials, Fayard, Mesnil-sur-l'Estrée 1989].
Louis XVI était devenu un obstacle aux projets de la bourgeoisie capitaliste, qui le fit donc assassiner le 21 janvier 1793, sur l'actuelle Place de la Concorde à Paris.
La mort du Roi, c'est : un procès inique truqué qui déshonore la justice, la rupture avec 1300 ans d'histoire de France, le point de départ de tous les totalitarismes
Je meurs innocent de tous les crimes qu'on m'impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort; je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe pas sur la France.
Louis XVI
Notes
[1] "Les caractères de l'ancienne servitude ont progressivement disparu (sous l'Ancien Régime). Il ne reste plus guère, en quelques régions, que des sujets soumis à la mainmorte." C'est-à-dire des gens qui ne peuvent transmettre leurs biens à d'autres qu'à leurs enfants. La mainmorte décline aux XVIIe et XVIIIe siècle, mais reste en certaines régions (Bourgogne) une arme aux mains du seigneur. (Guy CABOURDIN, Georges VIARD,Lexique historique de la France d'Ancien Régime, Armand Collin, 3e éd., Paris 1998, p. 303 et p. 206.)
[2] "Lorsque paraît l'édit de Louis X (1315), l'esclavage proprement dit a en fait disparu. Sous le règne des rois mérovingiens déjà, cette pratique n'avait plus guère de défenseurs, pour des raisons à la fois économiques et religieuses." (Catherine MALABOU, Il n'y a pas eu de Révolution, Réflexion sur la propriété privée, le pouvoir et la condition servile en France, Bibliothèque Rivages, Éditions Payot & Rivages, Paris 2024, p. 230.)
Antoine le Grand, également connu comme Antoine d'Égypte, Antoine l'Ermite, ou encore Antoine du désert, est un moine considéré comme le père du monachisme chrétien.
Il est fêté sous le nom de saint Antoine le 17 janvier par les catholiques et les orthodoxes. (1)
Mémoire de saint Antoine, abbé. Après la mort de ses parents, accueillant les préceptes de l'Évangile, il distribua tous ses biens aux pauvres et se retira dans la solitude de la Thébaïde en Égypte, où il commença à mener une vie d'ascète. Il travailla avec zèle à fortifier l'Église en soutenant les confesseurs de la foi lors de la persécution de Dioclétien et en aidant saint Athanase contre les ariens. Il eut tellement de disciples qu'il est appelé père des moines. Il mourut en 356.
Peu d’hommes ont enduré la terreur comme saint Antoine
Ses ennuis ont commencé par un simple vœu : vivre dans la pauvreté, la prière et la pénitence.
Ce qui a suivi a été une vie d’attaques démoniaques
Voici pourquoi les démoniaques détestaient saint Antoine, et comment sa foi a vaincu toute une vie d'horreur spirituelle…
Antoine est né à Côme(Koma), en Haute-Égypte, en 251 après J.-C., dans une famille chrétienne de propriétaires terriens aisés, et mort vers 356 à l'âge de 105 ans, entre les bras de ses deux disciples, Macaire l'Ancien ou Macaire d'Égypte et Amathas.
Il a bénéficié d'une éducation confortable jusqu'à l'âge de 20 ans, lorsque ses parents sont décédés
Il s'est retrouvé seul pour s'occuper de lui et de sa jeune sœur
Au milieu de ce chagrin d'amour, cependant, le destin l'a appelé.
En lisant la Bible un jour, Anthony a été frappé par Matthieu 19:21:
"Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu as et donne aux pauvres, et tu auras des trésors dans le ciel"
Son esprit s'est gonflé à ces mots.
Antoine vendit sa fortune, 80 hectares de terres paternelles, et en fit don aux pauvres.
Il s'assura ensuite que sa sœur était soignée et s'abandonna à Dieu... Il se mit à l'école d'un ascète proche de son village, où il partagea son temps entre la prière et le travail; il fit son unique repas après le coucher du soleil, d'un peu de pain, de sel et d'eau, et gardait parfois l'abstinence jusqu'à quatre jours entiers ; le peu de sommeil qu'il se permettait, il le prenait sur une simple natte de jonc ou sur la terre nue.
Mais ce ne serait pas une vie ordinaire de mendicité
La piété d'Antoine devint légendaire et inspira 1 700 ans de tradition monastique.
Antoine a commencé sa vie religieuse en tant que disciple d'un ermite
Bien qu'il ait vécu dans la pauvreté, il a travaillé dur. Sa devise était:
"Celui qui est oisif ne doit pas manger"
Son régime alimentaire était également maigre - simplement du pain et de l'eau
Aussi éprouvante que soit cette vie, elle l'a préparé aux épreuves sataniques à venir.
Après 15 ans de discipulat, Antoine s'est séparé de son maître.
Il s'est retiré de la société, choisissant de vivre seul dans le désert
Pourquoi ? Il croyait que la privation renforcerait sa foi.
Mais le "désert" est aussi le lieu où règnent la souffrance et la tentation.
Immédiatement, le démon commença à tenter Anthony:
D'abord, il trouva inexplicablement des sacs d'or dans le sable. Il les repoussa comme des tentations du diable... mais ses tentations ne firent qu'augmenter.
La Tentation de saint Antoine par David Teniers le Jeune.
De belles femmes commencèrent ensuite à apparaître. Antoine rejeta également ces visions.
Finalement, les démons eux-mêmes commencèrent à apparaître à ses côtés. Ils contrariaient, tourmentaient et harcelaient Antoine.
C'était étrange - quelque chose dans le fait de vivre dans le désert exaspérait les démons. Ils cherchaient désespérément à le corrompre...
Les attaques démoniaques ne cessèrent jamais, mais Antoine n'a jamais faibli. Il les a supportées avec patience, et les a humblement réprimées au nom du Christ.
Les malins esprits prenaient pour l'épouvanter les formes les plus horribles ; mais il se moquait de leurs efforts. Après les avoir chassés par le signe de la croix :
"Où étiez-vous donc, Seigneur ?" s'écriait-il ; et Dieu lui répondait : "Antoine, j'étais avec toi et je me réjouissais de ta victoire."
Plus Antoine résistait, plus les démons devenaient furieux.
Finalement, dans leur fureur, ils lancèrent un assaut total contre lui. Un soir, Antoine priait seul dans une grotte du désert. Soudain, une légion de démons l'envahit, le battant à mort. Il fut laissé pour mort, mais il fut sauvé par son serviteur qui le trouva en sang.
Comment Antoine a-t-il réagi à cette attaque démoniaque ? Antoine n'a pas été perturbé. Il fut soigné et retourna rapidement à la grotte.
Il défia les démons, qui l'envahirent à nouveau depuis les ténèbres.
Mais cette fois-ci, les choses ne se passèrent pas comme prévu pour eux…
Une lumière majestueuse brilla dans la grotte. Elle écrasa les démons et les renvoya dans l'abîme. Dieu était intervenu personnellement pour vaincre les démons pour Antoine. Il prononça ensuite des paroles de louange à son fidèle disciple :
"Parce que tu as bien combattu et que tu as bien mené ton combat,
Je ferai en sorte que ton nom soit répandu dans le monde entier.''
Dieu explique pourquoi il a permis une vie entière de terreur démoniaque:
Les attaques ont renforcé la piété d'Antoine - il sera un modèle pour inspirer l'homme pour l'histoire.
Antoine passa le reste de sa vie dans une humilité paisible.
Il continua à vivre dans le désert, ne revenant à la ville que pour aider à enseigner à ses semblables.
À l'âge de 35 ans, vers 286, après plusieurs attaques des démons, désireux de pratiquer une ascèse de plus en plus rude, il s'enferma dans un fort abandonné. Il y resta 20 ans, et vers 306, âgé de 55 ans, il quitta sa retraite et accepta des disciples.
La persécution le fit retourner dans le monde :
"Allons, dit-il, voir les triomphes de nos frères qui combattent pour la cause de Dieu ; allons combattre avec eux."
Pendant qu'Antoine était ainsi occupé dans la solitude de sa propre sanctification et de celle de ses disciples ; l'Église se vit attaquée par Maximin, qui ralluma le feu de la persécution en 311.
L'espérance de verser son sang pour Jésus-Christ, l'engagea à sortir de son monastère.
Ainsi, vers la soixantaine, Antoine vint à Alexandrie soutenir les confesseurs de la foi.
On le vit soulager les confesseurs de Jésus-Christ dans les cachots des prisons et condamnés à travailler aux mines, les accompagner devant les juges et les exhorter à la constance.
Son courage étonnait les juges et les bourreaux ; il alla cent fois au-devant du martyre ; mais Dieu lui réservait une autre couronne.
La persécution ayant cessé l'année suivante (312-313), harcelé par les visiteurs, il gagna le mont Kolzim dans le désert arabique, à trois jours de marche du Nil, résolu d'y vivre plus que jamais dans une entière séparation du monde; ce fut ce qui le porta à faire murer la porte de sa cellule. De cette "montagne intérieure", il en sortit néanmoins régulièrement vers Pispir, sur la rive droite du Nil, pour guérir les malades et instruire les visiteurs. C'est probablement alors qu'il écrit ses Lettres. Quelque temps après, il quitta la contrée où étaient ses premiers monastères, que saint Athanase appelle les Monastères de dehors. Ils étaient aux environs de Memphis, d'Arsinoé, de Babylone et d'Aphrodite. (3)
Il fut béni d'une longue vie, décédant à l'âge de 105 ans.
Quelle est la morale ?
L'histoire d'Antoine parle de bravoure:
Apprendre le courage et la force d'âme pour vivre dans la nature.
Pourquoi ? Le désert est l'endroit où Dieu appelle l'homme à devenir une grande âme.
Les démons n'ont jamais attaqué Antoine jusqu'à ce qu'il cherche le désert: Ils l'ont attaqué spécifiquement parce qu'il s'est abandonné à Dieu.
L'idée est - une vie d'abandon affiche une foi si grande qu'elle devient un fléau pour les démons.
Cela fait écho à la tentation du Christ par Satan dans le désert.
Comme Antoine, Dieu nous appelle tous au désert; Il n'est pas nécessaire que ce soit un désert littéral :
Le désert, c'est "porter la croix"
C'est le renoncement à soi et l'abandon de soi à la vertu dans un complet abandon de soi.
C'est construire la piété qui vaincra toute une vie de terreur.
Pour conclure:
Rien ne fait de vous un homme à la grande âme comme l'abandon à la bonté.
Aimer le Bien au-dessus de toutes les préoccupations du monde, c'est embrasser le "désert".
Renoncez au monde, et vous gagnerez la sainteté de l'âme à laquelle même Satan ne peut résister.(4)
Si la gloire de l'ermite Paul (v. 227 - 345) qu'Antoine est allé visité et ensevelir, est d'avoir donné le premier exemple connu de la vie cachée au désert, celle d'Antoine est d'avoir réuni des peuples de solitaires sous les règles d'une vie commune. (5)
Croyez-moi, disait saint Antoine, d'après le témoignage de saint Athanase, il n'est rien que Satan redoute et déteste plus que les veilles, que les prières et le jeûne des saints, que leur pauvreté volontaire, que leur charité, leur humilité, mais pardessus tout que leur ardent amour du Christ notre maître.
Saint Athanase, Vie de Saint Antoine, chap. XXV.
Que le souvenir de l'éternité, disait-il, ne sorte jamais de votre esprit. Pensez, tous les matins, que peut-être vous ne vivrez pas jusqu'à la fin du jour ; pensez, tous les soirs, que peut-être vous ne verrez pas le lendemain matin. Faites chacune de vos actions comme si elle était la dernière de votre vie.
Veillez sans cesse contre les tentations , et résistez courageusement aux efforts du démon : cet ennemi est bien faible quand on sait le désarmer ; il redoute le jeûne, la prière, l'humilité et les bonnes œuvres. Quoique je parle contre lui, il n'a pas la force de me fermer la bouche ; il ne faut que le signe de la croix pour dissiper ses prestiges et ses illusions.... Oui, ce signe de la croix du Sauveur qui l'a dépouillé de sa puissance, suffit pour le faire trembler.
Le travail des mains, le chant des cantiques, la lecture des Saints Livres, la prière, les jeûnes et les veilles étaient leur vie.
Le désert, habité par des anges, florissait de toutes les vertus, et Antoine était l'âme de ce grand mouvement cénobitique.
Les Lettres d'Antoine
Sept lettres sont attribuées à Antoine par saint Jérôme, Chenoute d'Attrpè et d'autres auteurs anciens.
D'après Athanase, il enseignait à ceux qui venaient le visiter au sortir de sa seconde réclusion :
Ne rien préférer de ce qui est dans le monde à l'amour du Christ.
Les Lettres d'Antoine brossent une fresque théologique selon laquelle tous les êtres spirituels, anges, hommes et démons, ont été créés à l'image de l'Image de Dieu qu'est le Christ.
Le ressort constant de ses Lettres est la dignité de la nature spirituelle de l'homme, créée dans le Fils de Dieu, déchue par le péché, puis rachetée par l'Incarnation du Verbe.
Antoine croit certes au démon, au mal; mais, d'après lui, c'est en péchant que l'homme se soumet au pouvoir du diable. L'homme est toujours libre.
Pour lui :
Qui pèche contre le prochain, pèche envers soi-même; qui aimera son prochain, aimera Dieu, et qui aime Dieu s'aime soi-même.
Ce n'est qu'une de ses apophtegmes résume de manière plus édifiante :
La vie et la mort dépendent du prochain. En effet, si nous gagnons notre frère, nous gagnons le Christ; mais si nous scandalisons notre frère, nous péchons contre Dieu.
Selon la Vie d'Antoine par Athanase, "il exhortait toujours aux moines qui venaient, et voici ce qu'il recommandait :
- croire au Seigneur et l'aimer;
- se garder des pensées impures et des plaisirs charnels,
- et comme il est écrit au livre des Proverbes, ne pas se laisser égarer par un ventre rassasié;
- fuir la vaine gloire ("Que celui qui s'enorgueillit mette son orgueil dans le Seigneur" 1Co 1,31)
- et prier sans cesse;
- psalmodier avant le sommeil et au réveil."
L'ascèse d'Antoine et et son combat victorieux sur les démons ne sont possibles qu'avec le secours du Christ.
Athanase exprime cela à l'aide d'un verset de l'Epître aux Romains qu'il lit ainsi :
Quiconque a choisi le bien, Dieu collabore avec lui pour le bien.
Les apophtegmes d'Antoine, en tête des grandes collections de sentences des pères du désert, ont formé des générations de moines en Orient et en Occident.
En 338, à la demande des évêques, Antoine, âgé de 87 ans, retourne à Alexandrie pour réfuter les thèses des ariens.
Il meurt le 17 janvier 356, âgé de 105 ans environ.
L'exemple d'Antoine a sans doute inspiré son désir de vie monastique à saint Martin de Tours. (6)
Statue de saint Antoine et son cochon, collégiale d'Uzeste en Gironde
Ne cédons pas à la tristesse comme si nous périssions. Confiance et joie, nous sommes sauvés !
S. Antoine, dans Vie des Pères du désert
***
Sources : (1), (2), (3) (4) Sean Berube, (5), (6) Dictionnaire des saints et Grands témoins du christianisme, Sous la direction de Jean-Robert ARMOGATHE et André VAUCHEZ, CNRS Éditions, Paris 2019, p. 68-72.
Dans son entretien avec Joe Rogan, Mark Zuckerberg, PDG de Meta (Facebook, Instagram, Whatsapp), a confié combien de pressions il avait reçu de l'administration Biden pour censurer les contenus, notamment sur les vaccins.
Lors d'un entretien fleuve avec Joe Rogan sur le célèbre podcast The Joe Rogan Experience , Mark Zuckerberg a abordé des questions cruciales liées à la gestion des contenus sur Meta, aux tensions avec l'administration Biden et à l'avenir technologique de son entreprise. De la pression du gouvernement pour censurer le contenu sur les vaccins contre le COVID-19 à la controverse sur la fin du programme de vérification des faits sur Facebook et Instagram, l'interview offre un aperçu des coulisses des décisions les plus critiquées de Meta ces dernières années.
Censure et pression de la part de l'administration Biden. L’une des déclarations les plus marquantes de Zuckerberg concerne la pression exercée par l’administration Biden pour censurer les informations sur les vaccins contre la COVID-19. Zuckerberg a déclaré que les responsables gouvernementaux non seulement suggéraient mais exigeaient la suppression de certains contenus. Dans certains cas, ces demandes incluaient des publications basées sur des données réelles sur les effets secondaires des vaccins.
"L'administration nous a poussé très fort", a expliqué Zuckerberg, décrivant comment certains responsables sont allés jusqu'à crier sur les dirigeants de Meta pour obtenir la suppression immédiate de ce contenu, même lorsqu'il relevait de la liberté d'expression ou de la satire. Un exemple discuté inclut un mème de Leonardo DiCaprio qui plaisantait sur les effets secondaires des vaccins, contenu que Meta a refusé de supprimer.
Cette politique de fort interventionnisme gouvernemental a créé des tensions sans précédent entre Meta et l’administration Biden, soulevant une question cruciale : quand une action visant à contrer la désinformation devient-elle une censure gouvernementale ? Zuckerberg a souligné que, malgré le respect des directives sanitaires, il était important de protéger également les contenus qui représentaient de véritables préoccupations.
La question du fact-checking : le changement de direction sur Meta. Outre la censure gouvernementale, Zuckerberg a également évoqué la récente décision de Meta d'abandonner les programmes tiers de vérification des faits sur Facebook et Instagram. Ce changement de direction, perçu par beaucoup comme une concession aux accusations de partialité, a été défendu par Zuckerberg comme une étape nécessaire pour améliorer l'autonomie de la plateforme.
[...]
Zuckerberg a ensuite laissé entendre que Meta essayait de suivre un modèle différent avec des projets comme le métaverse, encourageant les développeurs à explorer de nouvelles possibilités sans les restrictions imposées par un système fermé. Il a toutefois admis que Meta devait encore convaincre le grand public de l'utilité et de la valeur de ses propositions.
Vers une gestion de contenu plus autonome ? Les propos de Zuckerberg révèlent un tableau complexe : Meta se trouve confrontée à un équilibre entre une pression politique croissante, les attentes des utilisateurs et une stratégie d'entreprise visant à se positionner en tant que leader technologique. Les critiques de la censure et du contrôle gouvernemental, combinées à la décision de mettre fin au programme de vérification des faits et aux efforts visant à construire un métavers ouvert, reflètent une orientation vers l’autonomie des plateformes en ligne. Les critiques du côté progressiste à l'égard de Meta et du patron ne manquaient pas : de nombreux internautes se sont déclarés préoccupés par le manque de gestion de la vérification des faits par un groupe d'étrangers, même si, comme Zuck lui-même l'a déclaré, c'était le cas, surtout au cours des années de Biden, franchement partial, envers le Parti démocrate.
D'un autre côté, cependant, le spectre de Trump plane de façon menaçante dans le dos de Zuckerberg, surtout compte tenu de la relation du président nouvellement élu Donald Trump avec Elon Musk, non seulement propriétaire de Tesla mais surtout de Facebook et Instagram avait suivi les traces de la vérification des faits par les utilisateurs et a libéralisé la possibilité de publier du contenu sans censure bipartite. Beaucoup de gens pensent que Zuck essaie de se rapprocher le plus possible de Trump. Nous verrons.
Et nous verrons également comment le public, les gouvernements et les entreprises concurrentes réagiront à ces changements. À une époque où technologie et politique sont de plus en plus étroitement liées, Zuckerberg continue de se présenter comme un partisan de la liberté d'expression, malgré les limites et les contradictions d'un géant comme Meta.
En Algérie, toutes les églises protestantes sont désormais fermées, a pointé l'ONG Portes ouvertes dans son index mondial 2025 publié ce mercredi.
Le constat est sans appel. Si quatre demeuraient encore ouvertes en mai dernier, toutes les églises protestantes évangéliques en Algérie sont désormais fermées. Des églises fréquentées majoritairement par des Algériens convertis, une situation que dénonce l’association Portes ouvertes.
Dans son dernier rapport mondial sur la persécution des chrétiens, publié ce mercredi, l'ONG évoque un tour de vis très sévère des autorités algériennes qui ne tolèrent plus les conversions au christianisme.
En effet, le 2 mai dernier, la Cour d'Appel de Tizi Ouzou a confirmé la condamnation du pasteur Youssef Ourahmane, vice-président de l’Église Protestante d’Algérie à 1 an de prison ferme pour «célébration d'un culte non autorisé» dans un «édifice non permis à cet effet», pour avoir organiser une retraite spirituelle sur un site abritant une chapelle fermée par les autorités.
La «fin d'une exception» dans la région
Selon la Constitution, les non-musulmans ne peuvent accéder aux plus hauts niveaux du gouvernement. L’ordonnance 06-03 datant de 2006, interdit les cultes non-musulmans en dehors de bâtiments préalablement agréés et criminalise tout ce qui pourrait «ébranler la foi d’un musulman». A noter que les quatre diocèses catholiques d’Algérie bénéficient de la liberté de culte.
Aujourd’hui, le pays compte plus de 60.000 chrétiens évangéliques et 42.900 pentecôtistes. Les convertis doivent désormais pratiquer leur foi clandestinement. Selon le rapport, une vingtaine de chrétiens convertis sont actuellement aux prises avec la justice.
«En Algérie, plus aucune liberté de culte n’est possible pour les protestants, les 47 églises qui existaient ne peuvent plus fonctionner. C’est la fin d’une exception dans la région, ce pays étant le seul où des locaux, en majorité des convertis, se réunissaient jusqu’alors en toute liberté», a souligné l'ONG lors d'un point presse mardi.
A l’échelle mondiale, la persécution des chrétiens a augmenté de 25% ces dix dernières années, passant de 215 millions de victimes, à plus de 380 aujourd'hui. Un chrétien sur sept serait ainsi persécuté dans le monde.
Ardent défenseur, contre les ariens, de la divinité du Christ, saint Hilaire, évêque de Poitiers, est l’un des grands évêques du IVe siècle. Il rencontre plusieurs fois saint Martin, l’évêque de Tours, qui fondera un monastère près de Poitiers. Saint Hilaire est aussi un théologien remarquable, qui a cherché à entrevoir rationnellement – autant que faire possible – le mystère de la sainte Trinité : il n’y a qu’un seul Dieu, mais il est en trois Personnes. Ce mystère ne contredit pas l’intelligence, mais dépasse ses capacités : il est révélé par Dieu lui-même et appartient donc au dépôt de la foi.(1)
Hilaire naît à Poitiers, probablement en 310 de parents païens.(2) Il est issu de l'aristocratie gallo-romaine de la cité de Lemonum(oppidum celte, ancien nom de Poitiers). En installant le jeune Saint Martin de Tours, son disciple, au monastère de Ligugé, il a établi la vie monastique en Gaule.
Il fait de solides études à l'école des rhéteurs gaulois, soit à Bordeaux, soit même à Poitiers où enseignent les rhéteurs Rufus et Anastasius. Il étudie les philosophes païens. Cependant son âme ne pouvait se satisfaire du polythéisme, de cette multitude de divinités qu'on adorait autour de lui : Jupiter, Apollon, Mercure, Mars, Hercule, ni même de ces cultes venus d'Orient : Attis, Cybèle. Pour lui, Dieu ne peut qu'être unique.
Il découvre le prologue de l'Évangile de Jean, qui lui révèle l'existence du Verbe, de la Parole, "qui était auprès de Dieu et qui était Dieu" (Jn, 1,1). C'est une illumination.(3)
Hilaire ne découvre le Christ qu'à l'âge adulte. Après une éducation toute profane, il secoue par les propres forces de son génie, aidé de la grâce, le joug absurde et impur du paganisme, et reçoit publiquement le baptême.
D'abord père de famille païen, il se convertit à la foi chrétienne grâce à sa méditation des Écritures, dont ses commentaires sont encore aujourd'hui étudiés. C'est en lisant "Je suis celui qui est" (Ex 3,14) qu'il s'enthousiasme. Mais la mort reste une idée insupportable. Il trouve le plein rassasiement de sa faim spirituelle dans l'Évangile de saint Jean, l'évangile de l'Incarnation et de la Résurrection. À trente ans, il demande le baptême.(4)
Ce païen converti allait devenir l'une des plus brillantes lumières de l'Église, le marteau de l'hérésie et, dans la crise arienne, l'apôtre infatigable du dogme de laSainte Trinité. Ce qui lui valut d'être appelé l'"Athanase de l'Occident".
Où n'est pas le Saint-Esprit, là est le diable.
Saint Hilaire cité in Mgr Jean-Joseph GAUME, Traité du Saint-Esprit, 1864, Rééd. Éditions Saint-Rémi, 2019, p. 62.
Hilaire est le premier grand docteur de la foi que la Gaule ait donné à l'Église. Saint Denis qui avait été apôtre des gaules, martyr en 270, venait d'Italie. Saint Martin de Tours, qui accepta la fonction d'exorciste de son Église poursuivra son œuvre d'évangélisation de la Gaule.
Hilaire compose le De Trinitate, un traité sur la divinité du Christ où il défend la consubstantialité du Fils avec le Père et réfute les argumentsariens, qui nient la nature divine du Christ. C'est dans le prologue de cet ouvrage "la Trinité" qu'il raconte lui-même les étapes de sa conversion.
Lorsque l'évêque de Poitiers vient à mourir, tous les fidèles le demandent pour pasteur. Il devient évêque de Poitiers en 350, sa ville natale.
La vertu d'Hilaire croissant chaque jour, on ne parle, dans toute la province de Poitiers, que de la pureté de ses mœurs, de sa modestie, de sa charité et de son zèle.
Si on usait de violence pour la défense de la Foi, les Evêques s'y opposeraient.
Saint Hilaire, cité dans Voltaire, Traité sur la tolérance, Chapitre XV, Témoignages contre l'Intolérance, 1763
Comme dans la plupart des Églises d'Occident, hors de Rome et de son cercle d'influence directe, saint Hilaire qui défend la doctrine catholique orthodoxe n'utilise ni ne connaît à ce moment les Symboles orientaux de la Foi : il ne découvre lesymbole de Nicée promulgué en 325 (affirmant la doctrine catholique de la Trinité) qu'en 354, en Orient. Ce qui le confirme dans sa doctrine catholique trinitaire. D'ailleurs très peu de pères d'Occident avaient d'ailleurs participé au premier concile œcuménique de Nicée réuni en 325, et aucun document d'époque ne subsiste à propos de cette participation. Une tradition rapporte que quatre évêques occidentaux seulement y furent représentés : Nicaise de Die (Drôme) pour la Gaule, Ossius de Cordoue pour l'Espagne, une délégation de Carthage pour l'Afrique et une délégation de Rome pour l'Italie. Ce symbole n'était pas diffusé en Occident, les puissants ouvrages pré-exiliques d'Hilaire le montrent.
Ce qui est étonnant c'est que les écrits d'Hilaire ne reprennent pas le moindre élément de littérature, culture, théologie ou philosophie orientale. Tout chez lui est du monde occidental, parfaitement orthodoxe stricto sensu, mais occidental. C'est que "jusque-là, les évêques d'Occident s'étaient à peu près tenus à l'écart des querelles doctrinales de l'Orient. Sauf les évêques de Trèves et le pape de Rome, qui avaient accueilli saint Athanase, le principal représentant du courant nicéen catholique exilé en Occident (par Constantin sous la pression des évêques ariens après le concile de Nicée), nombre d'évêques occidentaux ignoraient le 'consubstantiel' défini en 325 (au concile de Nicée). Hilaire en fit l'aveu lui-même. Ils étaient dans la possession tranquille de la vraie foi. Mais à partir de 353 les choses changent : l'empereur arien Constance II, qui méprise le pape, est le premier tenant du césaro-papisme : il prétend être l'"évêque des évêques", pouvoir nommer les évêques et convoquer les conciles... Partisan d'une 4ème nuance de l'arianisme (celle des ariens homéens selon lesquels le Christ était "semblable au Père sous tous les rapports") contre les Nicéens homoousiens catholiques (le Christ est de même nature ou de même substance que le Père), Constance II fait emprisonner, exiler ou déposer les récalcitrants. Sous prétexte de condamner Athanase, l'empereur oblige les évêques d'Occident à adopter des formulaires de foi de plus en plus marqués par l'hérésie ("symbole de Sirmium"). La plupart, médiocres théologiens, signent ces formulaires. Au synode d'Arles (fin 353), tous signent, sauf Paulin, évêque de Trèves. 'Jugé indigne de l'Eglise par les évêques, il fut jugé digne de l'exil par l'empereur', selon les termes d'Hilaire. Paulin fut donc relégué en Phrygie (Turquie actuelle), où il mourut quelques années plus tard. Puis, au synode de Milan (début 355), tous signèrent, sauf Lucifer de Cagliari, Eusèbe de Verceil et Denis de Milan, qui furent eux aussi exilés en Asie Mineure; le pape Libère fut exilé en Thrace et le vieil évêque de Cordoue, Ossius, retenu prisonnier à Sirmium, résidence de l'empereur.
C'est alors qu'une réaction se dessina en Gaule
En 355, l'empereur prit comme associé (césar) son cousin, Julien. Au printemps de 356, sur l'ordre de Constance, Julien convoqua un nouveau synode à Béziers. Hilaire fut contraint d'y assister. C'était, semble-t-il, la première fois qu'il quittait Poitiers pour prendre part à une assemblée d'évêques. Le synode de Béziers fut dominé par un trio d'évêques hérétiques : Saturnin, Ursace et Valens qui obligèrent les évêques à signer le formulaire préparé par leurs soins. Hilaire ne put s'exprimer. Bien plus, victime d'un faux rapport de la part de ses ennemis, il fut, ainsi que l'évêque de Toulouse, Rhodanius, frappé d'une sentence d'exil. En septembre 356, Hilaire dut quitter sa ville de Poitiers et partir pour l'exil en Phrygie, où se trouvait déjà l'évêque de Trèves, Paulin, exilé trois ans auparavant. C'est en décembre 356 ou janvier 357 qu'Hilaire fut installé en résidence surveillée dans la province de Phrygie. Il semble ne pas avoir subi de vexations. Il se plaint seulement des lenteurs du courrier, de la rareté des lettres et du contrôle de sa correspondance. D'autres évêques furent moins favorisés, puisque trois moururent en exil : Paulin de Trèves, Denis de Milan et Rhodanius de Toulouse. De ces trois ans d'exil datent ses œuvres les plus importantes :
- la Foi (De Fide), plus tard appelée la Trinité (De Trinitate),
- les Synodes (De Synodis)
- et un ouvrage historique dont il ne reste que des fragments. Il restait en relation avec son clergé de Poitiers et les évêques de Gaule, mais nous n'avons conservé de lui aucune lettre.
Hilaire connut alors en Orient toutes les disputes théologiques concernant la divinité du Christ. Dans son livre sur les Synodes, il relate et discute les innombrables formulaires de foi qui furent promulgués de 341 à 358. Surtout, il expose magistralement la foi catholique dans les douze livres de l'ouvrage sur la Trinité. L'empereur Constance voulut réunir un nouveau concile à Nicomédie, quand, le 24 août 358, un tremblement de terre détruisit la ville. Après bien des tractations, il fut décidé qu'il y aurait deux conciles : un pour l'Occident à Rimini en Italie, un autre pour l'Orient, à Séleucie d'Isaurie en Asie Mineure. Evêque occidental mais exilé en Orient, Hilaire fut néanmoins convoqué au synode d'Orient à Séleucie (automne 359). Il n'eut pas peur d'y affirmer son attachement au credo nicéen (325). L'empereur décida de renvoyer chez lui cet évêque gênant. En vain, Hilaire demanda une audience à l'empereur, à Constantinople. Alors il s'en retourna. Il semble être passé par Rome et Toulouse, avant de regagner Poitiers. (Dictionnaire des saints et Grands témoins du christianisme, Sous la direction de Jean-Robert ARMOGATHE et André VAUCHEZ, CNRS Éditions, Paris 2019, p. 486-489.)
Quand S. Hilaire fut enfin rendu à son troupeau, après plusieurs années d'exil, son retour prit le caractère d'un vrai triomphe.
"La Gaule tout entière, dit S. Jérôme, embrassa un héros qui revenait victorieux du combat, la palme à la main."
Dernières années
Un concile réuni à Paris sous son influence réaffirma la foi de Nicée (325), excommunia les chefs de l'hérésie arienne (Saturnin, évêque d'Arles, et Paterne, évêque de Périgueux), mais pardonna aux autres évêques plus faibles que coupables et qui avaient presque tous capitulé au concile de Rimini (décembre 359).
Hilaire s'employa à réparer les dégâts provoqués par l'hérésie. C'est l'objet du libelle Contre Constance (env. 360-361), adressé à ses frères dans l'épiscopat, afin de dévoiler la fourberie de l'empereur et d'exposer la doctrine catholique. C'était en 361 et 362, après la mort de Constance II (3 novembre 361).
Plus tard en 364, Hilaire tenta d'obtenir de l'empereur Valentinien Ier la condamnation et la déposition d'Auxence, l'évêque arien de Milan. Mais Hilaire fut prié de regagner Poitiers. Ainsi, s'il ne put rien obtenir des empereurs auxquels il s'était successivement adressé pour contrecarrer les évêques hérétiques, du moins Hilaire éclaira-t-il ses collègues et le peuple chrétien en composant le livre Contre Auxence.
Il compose des commentaires célèbres sur les psaumes et sur l'Évangile de Matthieu. C'est au service de ses diocésains qu'Hilaire passa ses dernières années. La mort le surprit avant qu'il ait pu terminer ses ouvrages historiques, le 1er novembre 367, selon l'estimation la plus vraisemblable.
De son vivant, on l'appela déjà le saint. Plusieurs écrivains, et non des moindres (Jérôme, Sulpice Sévère, Rufin puis Cassiodore, Grégoire de Tours, Venance Fortunat), lui donnent le titre de sanctus Hilarius (saint Hilaire). Il apparaît très tôt comme un docteur de l'Église.
Au VIe siècle, selon Venance Fortunat, les faits rapportés montrent une grande dévotion envers Saint Hilaire. Une dizaine de miracles lui sont attribués, dont plusieurs guérisons : deux lépreux guéris en s'appliquant la poussière du tombeau d'Hilaire, une fillette née avec une main repliée et qui est guérie, un aveugle qui recouvre la vue en priant dans l'église de Saint-Hilaire, une femme à la main paralysée, et qui en recouvre l'usage et d'autres encore.
Il est officiellement proclamé "docteur de l'Église" le 29 mars 1851 par Pie IX, à la suite d'une requête des évêques réunis en synode à Bordeaux (15-30 juillet 1850).
L’Église orthodoxe l'a toujours considéré comme Père de l'Église et tenu en haute estime.
Il est fêté le 13 janvier (date présumée de sa mort).
Chaque année, à Poitiers, la fête de Saint Hilaire est marquée par une messe solennelle avec panégyrique.
En France, soixante-dix-huit communes et une cinquantaine de hameaux s'appellent Saint-Hilaire, en référence à l'évêque de Poitiers.
La France lui a voué un culte spécial, et une multitude d'églises s'honorent de l'avoir pour patron.
Il est probablement à l'origine de la construction à Poitiers du baptistère Saint-Jean, le plus vieux ou un des plus vieux bâtiments chrétiens actuellement subsistants.
"Je t'en prie, conserve intacte la ferveur de ma foi et jusqu'à mon dernier souffle donne-moi de conformer ma voix à ma conviction profonde. Oui, que je garde toujours ce que j'ai affirmé dans le symbole proclamé lors de ma nouvelle naissance, lorsque j'ai été baptisé dans le Père, le Fils et l'Esprit Saint !" Saint Hilaire - Traité de la Trinité III, 57
Peu importe combien un homme a été pécheur, s'il a de la dévotion à Marie, il est impossible qu'il se perde.
Sources : (1) 1000 raisons de croire; (2); (3) Dictionnaire des saints et Grands témoins du christianisme, Sous la direction de Jean-Robert ARMOGATHE et André VAUCHEZ, CNRS Éditions, Paris 2019, p. 487-491; (4); (5)
Vierge, fondatrice de la Congrégation Notre-Dame (1620-1700)
Fille d’un commerçant champenois, elle partit avec les émigrés français qui allait dans la Nouvelle-France, à Ville-Marie, au Québec et qui devint la ville de Montréal. Elle fut la première institutrice laïque du Canada français. (1)
Marguerite Bourgeois naît à Troyes, en France, le Vendredi Saint, 17 avril 1620. Elle fut préparée longuement par des voies toutes providentielles à sa mission future.
Elle a dix-neuf ans quand elle perd sa mère. L'année suivante, le dimanche, 7 octobre 1640, au cours d'une procession en l'honneur de Notre-Dame du Rosaire, à la vue d'une statue de la Vierge, elle est saisie d'une grâce qui la transforme et la presse de se retirer du monde pour se consacrer au service de Dieu. (2)
Dès lors, Marguerite renonça aux parures et aux amusements de son âge et entra dans la Société des Enfants de Marie dont elle devint la présidente.
Dix ans plus tard, le jour de l'Assomption, Jésus-Enfant, (âgé de trois ans,) lui apparaît dans l'Hostie de l'ostensoir. Il embrase son cœur des flammes de la divine charité, lui inspire un souverain mépris pour tous les biens terrestres et lui communique une immense soif des âmes.
En 1653, Marguerite Bourgeois part en 1653, à trente-trois ans, pour Montréal tout juste fondée et devient l'âme de la colonie. La Vierge lui dit: "Va, Je ne t'abandonnerai pas." Quatre années s'écoulent avant qu'il lui soit possible de se vouer à l'éducation chrétienne des enfants. En attendant, sa charité s'étend à tous: elle visite et sert les malades, ensevelit les morts, console les affligés, catéchise les colons.
Pour stimuler la piété des colons, elle fait relever la Croix du Mont-Royal abattue par des Indiens ennemis ; elle entreprend la construction d'une chapelle dédiée à Notre-Dame de Bon Secours. Convaincue de l'importance des familles dans l'édification de ce pays nouveau, elle perçoit le rôle prépondérant des femmes et met tout en œuvre pour les former.
Elle ouvre une première école en 1658 dans une étable cédée par Monsieur de Maisonneuve, puis fonde une congrégation pour éduquer les filles.
Marguerite aimait réfléchir sur la naissance de l’Église, contempler Marie au sein de la première communauté chrétienne et imaginer le rôle qu’elle a pu y jouer : "Elle se tint renfermée avec les Apôtres dans le Cénacle, pour les encourager à attendre la venue de ce divin Esprit qui leur avait été promis". (3)
La "Congrégation de Notre-Dame" reçoit sa charte civile de Louis XIV en 1671, puis canonique par mandement de l'évêque de Québec en 1676, et enfin l'approbation de ses Constitutions religieuses en 1698.
L'oeuvre sociale de Mère Bourgeois n'est pas moins admirable que son oeuvre d'éducation. Son dévouement la met au service des jeunes ménages d'alors. Elle héberge chez elle les Filles du Roi, les guide et les dirige, inculquant en elles les sérieux devoirs de l'épouse et de la mère. Elle demeurera la conseillère de ces jeunes femmes auprès de qui elles chercheront toujours réconfort et encouragement pour la pratique des vertus.
Son action scolaire et sociale s'étend à tout le pays et lui vaut le titre de cofondatrice de l'Église du Canada.
Après quarante-sept ans de travaux bénis du Ciel et de la Sainte Vierge, le , alors qu'une jeune sœur était à l'article de la mort, mère Marguerite demanda au Seigneur de prendre sa vie en échange. Au matin du , la jeune sœur en question avait recouvré la santé et mère Marguerite fut prise d'une violente fièvre. Elle souffrit pendant douze jours, puis s'éteignit le .(4)
Elle laissa quarante religieuses poursuivre son œuvre, parmi lesquelles de jeunes Iroquoises.
Le 12 novembre 1950, dans une cérémonie solennelle à Saint-Pierre de Rome, Pie XII la déclarait bienheureuse.(5)
Elle sera canonisée par Jean-Paul II en 1982. La Congrégation des sœurs de Notre-Dame compte aujourd'hui au Canada plus de 2600 sœurs.(6)
Vitrail représentant la sainte, ancienne église Saint-Vincent-de-Paul de Montréal
Citations
Au milieu de mon abattement, je n’ai jamais perdu confiance en la bonté de ma céleste Mère ni en la divine miséricorde.
Quand bien même je me verrais avec un pied en enfer, j’espérerais encore en Jésus et Marie.
Sainte Marguerite Bourgeoys – Réplique à une soeur)
La règle de la charité est celle que la Sainte Vierge a prescrite à tous ceux qui ont eu l’honneur d’être à sa suite, car l’amour de Dieu et du prochain renferme toute la loi.
Il est vrai que ce que j’ai toujours désiré, et que je souhaite encore le plus ardemment, c’est que le grand précepte de l’amour de Dieu par-dessus toutes choses et du prochain comme soi-même soit gravé dans tous les cœurs.
Tu aimeras ton prochain comme toi-même, qui est de ne rein faire à ton prochain que tu ne voudrais pas qu’on te fît et lui faire ce que tu voudrais t’être fait .
(5) Marguerite Bourgeois par une religieuse de la Congrégation Notre-Dame. (Résumé de); Collection "Ville-Marie" no: 8, éd. 17 avril 1941. Cf https://sanctoral.com/fr/saints/sainte_marguerite_bourgeois.html
(6) Missel des dimanches 2025, Cerf, Édition collective es Éditeurs de liturgie
Le baptême est le "sacrement qui efface le péché originel, et qui nous fait chrétiens, enfants de Dieu et de l'Église." (Encyclopedie Nicolas Bergier, Abbé Migne Éditeur, tome 33e, Paris, 1875, p. 483.)
[Le Christ] se fait baptiser [...] afin de révéler le mystère de la Trinité.
Jean Damascène, Exposition exacte de la foi orthodoxe, Livre I
Par le Baptême nous sommes libérés du péché et régénérés comme fils de Dieu, nous devenons membres du Christ et nous sommes incorporés à l’Église et faits participants à sa mission. (cf. Cc. Florence : DS 1314)
Selon une tradition ancienne et apostolique, les églises du Christ soutiennent intrinsèquement que sans le baptême et la participation à la table du Seigneur, il est impossible pour un homme d'atteindre le royaume de Dieu ou le salut et la vie éternelle. C’est aussi le témoignage de l’Écriture.
Saint Augustin, Du mérite et de la rémission des péchés et du baptême des petits enfants, livre 1, chapitre 24, paragraphe 34 [412 ap. J.-C.]
"Le baptême ne purifie pas de souillures extérieures, mais il est l’engagement envers Dieu d’une conscience droite et il sauve par la résurrection de Jésus Christ." (1 P 3, 21)
Le baptême purifie notre conscience dans le Sang du Christ (Hébr. 9,14), et nettoie nos cœurs de toute mauvaise conscience. (Hébr. 10, 22)
C’est un rite de passage. Configurés au Christ, nous devenons fils d’un même Père et frères de Jésus-Christ, par l'Esprit-Saint. Il s'agit de l'amour de Dieu qui nous est proposé, la vie en Christ.
Le baptême est le sacrement de la naissance à la vie chrétienne : marqué du signe de la croix, plongé dans l’eau, le nouveau baptisé renaît à une vie nouvelle. Devenu chrétien, le nouveau baptisé peut vivre selon l’Esprit de Dieu. (Conférence des évêques de France.),
L'Église n'a jamais prétendu que le baptême était magique ou qu'une personne baptisée était assurée d'aller au ciel, quelle que soit sa vie. L’Église historique a toujours enseigné - à l'Est comme à l'Ouest - que le baptême a un effet réel.
"Personne, à moins de naître de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu.." (Jean 3:5) Le Christ n'a pas dit "si vous le sentez", il a dit "à moins que"... Le baptême est la nouvelle naissance. Le baptême n'est pas un symbole. C'est un sacrement.
Le baptême donne la vie. Mais une personne baptisée peut encore choisir le péché, la haine, voire le mal. Nous ne sommes pas sauvés indépendamment de notre volonté.
"Le baptême est le germe de l’Esprit Saint,
qui doit grandir jusqu'à la plénitude de vie, pour que le Christ puisse venir s'incarner en nous et que nous soyons intégrés dans la divine volonté. C'est la suite que nous, chrétiens, trop souvent, nous oublions." Père Joseph Verlinde, Triduum Pascal 2026.
Alors, que fait le baptême ?
- Il nous unit au Christ (Rm 6,3)
- Il nous lave du péché (Ac 22,16)
- Il nous revêt du Christ (Ga 3,27)
- Il nous incorpore à l'Église (1 Co 12,13)
- Il donne l'Esprit (Tite 3,5)
C'est l'enseignement même des Apôtres.
Tite 3:5 est clair: "il nous a sauvés, non pas à cause de la justice de nos propres actes, mais par … le bain du baptême, il nous a fait renaître et nous a renouvelés dans l’Esprit Saint.." St. Paul appelle le baptême la renaissance. Donc oui, le baptême est la façon dont nous naissons de nouveau.
"Le baptême est le don le plus beau et le plus magnifique de Dieu... On l'appelle un don, parce qu'il est conféré à ceux qui n'apportent rien en propre."
Avec la fête du Baptême (du grec baptizein, plongé dans l'eau) de Jésus, que nous célébrons aujourd'hui, s'achève le temps liturgique de Noël. L'Enfant que les Mages étaient venus adorer de l'Orient, à Bethléem, en offrant leurs dons symboliques, nous le retrouvons maintenant adulte, au moment où, arrivant de Galilée, il se fait baptiser dans le fleuve du Jourdain par le grand prophète Jean (cf. Mt 3, 13).
L'Évangile fait remarquer que lorsque Jésus sortit de l'eau après avoir reçu le baptême, les cieux s'ouvrirent et l'Esprit Saint descendit sur lui comme une colombe (Mt 3, 16). On entendit alors une voix venue du ciel qui disait : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé; en lui j'ai mis tout mon amour" (Mt 3, 17). Ce fut sa première manifestation publique après environ trente ans de vie cachée à Nazareth en Galilée.
-La voix est celle du Père
-le Fils bien-aimé est Jésus
-la colombe est l'Esprit-Saint.
Avec le récit de la Transfiguration, le Baptême du Seigneur est une théophanie de la Trinité.
Outre Jean Baptiste, ses disciples furent également des témoins oculaires de cet événement singulier. Certains d'entre eux (André, Pierre) commencèrent à le suivre à partir de ce moment (Jn 1, 35-40). Ce fut dans le même temps une christophanie et une théophanie: Jésus se manifesta en tant que Christ, terme grec traduisant le mot hébreu Messia, qui signifie "oint". Il ne fut pas oint avec de l'huile à la manière des rois et des grands prêtres d'Israël, mais avec l'Esprit-Saint. Dans le même temps, aux côtés du Fils de Dieu apparurent les signes de l'Esprit-Saint et du Père céleste.[1]
La colombe renvoie au récit de la Création (Gn 1,2), ainsi qu'à l'Alliance renouvelée après le Déluge, au Cantique des cantiques (Ct 2,14; 5,2): nous sommes à l'aube d'une ère nouvelle, d'une Nouvelle Alliance. La voix du Père révèle que Jésus est Dieu et atteste la venue de Dieu parmi les hommes. Cette Bonne nouvelle est celle de la liberté annoncée par le prophète Isaïe 40,4-11 : "Une voix proclame : 'Dans le désert, préparez le chemin du Seigneur ; tracez droit, dans les terres arides, une route pour notre Dieu. [...] Alors se révélera la gloire du Seigneur, et tout être de chair verra que la bouche du Seigneur a parlé.' Une voix dit : 'Proclame !' Et je dis : 'Que vais-je proclamer ?' [...] Monte sur une haute montagne, toi qui portes la bonne nouvelle à Sion. Élève la voix avec force, toi qui portes la bonne nouvelle à Jérusalem. Élève la voix, ne crains pas. Dis aux villes de Juda : 'Voici votre Dieu !' Voici le Seigneur Dieu ! Il vient avec puissance ; son bras lui soumet tout. Voici le fruit de son travail avec lui, et devant lui, son ouvrage. Comme un berger, il fait paître son troupeau : son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur.''[2]
Cependant, « il (Jean-Baptiste) préparait un peuple en annonçant d'avance à ses compagnons de servitude la venue du Seigneur et en leur prêchant la pénitence, afin que, lorsque le Seigneur serait présent, ils fussent en état de recevoir son pardon, pour être revenus à Celui auquel ils s'étaient rendus étrangers par leurs péchés et leurs transgressions, selon ce que dit David : "Les pécheurs se sont rendus étrangers dès le sein maternel, ils se sont égarés dès leur conception." C'est pourquoi, en les ramenant à leur Seigneur, il préparait au Seigneur un peuple bien disposé, dans l'Esprit et la puissance d'Elie.»(Psaume 57:4) (S. Irénée, Contre les hérésies, Livre 3.)
Au moment où Jésus s’assimile lui-même aux pécheurs, où il se veut un homme comme les autres, il est manifesté comme Fils de Dieu.[3]
Baptême du Christ (Le Pérugin, Vatican)
"Pourquoi Jésus a-t-il insisté pour être baptisé ?"
Saint Justin (mort en 165), l’un des premiers grands apologistes, a abordé le baptême dans son Dialogue avec Tryphon. Il a souligné que le Fils n’avait pas besoin d’être baptisé – tout comme il n’avait pas besoin de naître, de souffrir ou de mourir – mais qu’il l’a fait pour se révéler à l’humanité ; le baptême, en d’autres termes, était la manifestation messianique, un signe pour l’Église d’abord, puis pour le monde. Lorsque Jésus est venu aux eaux, écrit saint Justin, "il était considéré comme un charpentier", mais la proclamation du Père et la descente du Saint-Esprit sous la forme d’une colombe ont montré qu’il était bien plus qu’un simple ouvrier du bois.
Dans son célèbre ouvrage Contre les hérésies, saint Irénée (dc 202) met l’accent sur la participation de ceux qui croient au Christ à l’onction du Sauveur. Le lien entre le baptême et l’onction – concept messianique essentiel en soi – est déjà évident dans le Nouveau Testament, comme on peut l’entendre dans la lecture d’aujourd’hui tirée des Actes des Apôtres : "… comment Dieu a oint Jésus de Nazareth du Saint-Esprit et de force."
Cette même onction, écrit saint Irénée, est donnée à ceux qui sont baptisés dans le Christ. Le Saint-Esprit, étant descendu sur le Fils, s’est "accoutumé à demeurer en communion avec lui dans le genre humain, à se reposer avec les êtres humains et à demeurer dans l’ouvrage de Dieu, accomplissant en eux la volonté du Père et les renouvelant de leurs vieilles habitudes à la nouveauté du Christ".
La présence de théophanie étant extrêmement rare dans la Bible, donne une importance plus particulière au baptême de Jésus. (Mt 3, 17)
L’Église catholique, dans le rite romain, fête le Baptême du Seigneur le dimanche qui suit l'Épiphanie.
Dans sa forme extraordinaire, le Baptême du Seigneur est fêté le 13 janvier.[4]
Une fête du Baptême du Christ était célébrée dans les liturgies françaises au XVIIIe siècle, et dans les régions où fut instaurée une octave de la Nativité. La célébration du Baptême du Christ a été inscrite au calendrier romain en 1960, et fixée à la date actuelle en 1969.[5]
Cependant dans les pays où la célébration de l'Épiphanie est reportée au dimanche, parfois les deux fêtes tomberont le même jour. Dans ces années-là, le Baptême du Seigneur est reporté au lendemain (lundi).
Le Baptême du Christ par Verrocchio
Ne le savez-vous pas ? Nous tous qui par le baptême avons été unis au Christ Jésus, c’est à sa mort que nous avons été unis par le baptême.
Si donc, par le baptême qui nous unit à sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, comme le Christ qui, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts.
Car, si nous avons été unis à lui par une mort qui ressemble à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection qui ressemblera à la sienne.
Le Jourdain s'étend à travers la vallée du rift et se jette dans la mer Morte, mais les théologiens peinent à déterminer de quel côté de la rive le baptême est censé avoir lieu. Les Évangiles de Matthieu et Marc décrivent tous deux Jésus venant de Galilée au Jourdain, près du désert (Mt 3,13; Mc 1,9), mais l'Évangile selon Jean se réfère à Béthanie en Pérée, sur la rive orientale du Jourdain, près de Jéricho (Jn 1,28). Comme le site d'Al-Maghtas (qui signifie "baptême", ou "immersion" en arabe) situé sur la rive est en Jordanie (à neuf kilomètres au nord de la Mer morte et à 10 km au sud-est de Jéricho), est le plus ancien lieu historiquement observé et qu'il comprend les vestiges d'un ancien monastère, d'églises et d'étangs de baptême, il est considéré comme le lieu officiel du baptême de Jésus. Le pape Jean-Paul II a contemplé le Jourdain, où le baptême de Jésus aurait eu lieu, en mars 2020. (Source : Les grandes figures de L'Histoire, Jésus, Hors-série, n° 20, Oracom Éditions, Paru le 26/11/2021, p. 68.) Tout comme Benoît XVI en mai 2009 et François en mai 2014.
Le site d'Al-Maghtas est une destination de pèlerinage. C'est également, selon la tradition juive, le lieu par lequel Josué aurait fait passer les Hébreux lors de leur entrée en Palestine. (Pierre Maraval, Lieux saints et pèlerinages d'Orient : histoire et géographie des origines à la conquête arabe, Cerf, 1985, p. 57.)
Le baptême est un sacrement de l'Église fondé sur la parole du Seigneur "Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé; celui qui refusera de croire sera condamné." (Mc 16:16)
Le baptême est l'un des trois commandements fondamentaux du Christ dans la Grande Commission adressée aux apôtres avant qu'Il ne monte au ciel. (Mc 16, 16-19.)
Comment pourrait-il s'agir d'une question "non essentielle" ?
Le baptême revient constamment dans les Écritures. Quelle que soit la manière dont vous l'interprétez, Saint Pierre dit carrément que "le baptême vous sauve aujourd'hui" (1 P. 3, 21). Comment quelque chose qui "vous sauve" peut-il être "non essentiel" ? Le baptême en effet est une question sur laquelle la plupart des protestants sont d'accord pour ne pas être d'accord. Ils ont des dénominations séparées à ce sujet, mais ne nient pas nécessairement que ceux qui n'étaient pas d'accord avec eux soient chrétiens. La plupart d’entre eux rejettent la régénération baptismale. Mais lorsque nous ouvrons les ouvrages des Pères de l'Église, on est absolument stupéfait par l'unanimité dont ceux-ci ont fait preuve sur la doctrine de la régénération baptismale : elle y est omniprésent, cohérente, siècle après siècle, à l'est et à l'ouest, en Europe, en Afrique ou en Asie, avant et après Constantin, etc. Dans le baptême, disaient-ils, nous :
- renaissons, naissons de nouveau, devenons de nouvelles créatures ;
- sommes purifiés, pardonnés de tous nos péchés ;
- recevons le Saint-Esprit ;
- sommes justifiés, et devenons justes.
Pas un seul d'entre eux nient l'un ou l'autre de ces éléments.
Voici une courte liste sur le sujet de la régénération baptismale développée par les Pères de l’Église du premier siècle à Saint Augustin :
- Saint Cyrille de Jérusalem, "Conférence catéchétique 3"
- Saint Grégoire de Nazianze, "Oraison 40 : Sur le saint baptême"
- Saint Basile le Grand, "Sur le baptême"
- Saint Cyrille de Jérusalem, "Conférence catéchétique 3"
- Saint Grégoire de Nazianze, "Sur le baptême"
- Saint Cyrille de Jérusalem, "Sur le baptême"
- Saint Basile le Grand, "Sur le baptême" et "L'Esprit Saint"
- Saint Ambroise de Milan, "L'Esprit Saint" et "Sur les mystères"
- Saint Jean Chrysostome, "Sur le sacerdoce" et "Conférences catéchétiques"
- Saint Augustin, "La Cité de Dieu", "Foi, espérance et charité" (et bien d'autres encore). [Cf. Joshua Charles]
Au IIIe siècle, S. Cyprien de Carthage (200-258) évoque dans sa Lettre 73 les hérétiques tels Marcion, qui ne croient pas dans la Trinité de Mt 28,19, et il dit que "c'est seulement à ceux qui sont les chefs dans l'Église, et dont l'autorité repose sur la loi évangélique et l'institution du Seigneur, qu'il est permis de baptiser et de donner la rémission des péchés, tandis qu'au dehors rien ne peut être ni lié ni délié, puisqu'il n'y a personne qui ait le pouvoir de lier ou de délier.''
''Pour éviter d'être long, en passant en revue toutes les hérésies, et les absurdités ou les folies de chacune d'elles, (car on n'aime pas à dire ce qu'on a horreur ou ce qu'on rougit de connaître), occupons-nous pour le moment de Marcion (86-160) seul, dont il est question dans la lettre que vous nous avez envoyée et examinons si son baptême peut se défendre. Le Seigneur, après sa Résurrection, envoyant ses disciples, les instruit de la manière dont ils doivent baptiser, et leur dit : "Tout; pouvoir M'a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du saint Esprit". (Mt 28,18-19). Il marque la Trinité, au nom de laquelle les nations devaient être baptisées. Est-ce que Marcion admet cette Trinité ? Est-ce qu'il confesse le même Dieu le Père Créateur que nous confessons ? Reconnaît-il le même Fils, le Christ, né de la Vierge Marie, le Verbe qui S'est fait chair, qui a porté sur Lui nos fautes, qui a vaincu la mort en mourant, qui a inauguré en Lui-même la résurrection de la chair, et a montré à ses disciples qu'Il était ressuscité dans la même chair où il avait vécu ? Tout autre est la croyance chez Marcion et les autres hérétiques; ou plutôt il n'y a chez eux qu'incroyance, blasphèmes et contentions, choses ennemies de la saine doctrine et de la vérité. Comment pourrait-on donc considérer celui qui est baptisé chez eux comme ayant obtenu la rémission de ses fautes, par le moyen de sa foi, lui qui n'a pas la foi véritable ? Si, en effet, comme certains le pensent, quelqu'un a pu recevoir quelque chose hors de l'Église, d'après sa foi, à coup sûr il a reçu ce qu'il a cru. Mais celui qui croyait le faux n'a pu recevoir le vrai; mais plutôt il a reçu, d'après sa foi, des choses comme sa foi adultères et profanes.
[…] Or, on sait ou et par qui peut être donnée la rémission des péchés que donne le baptême. C'est à Pierre d'abord, sur qui il a bâti son Église et en qui il a établi et montré l'origine de l'unité, que le Seigneur a conféré le privilège de voir délier ce qu'il aurait délié sur la terre. Après sa Résurrection aussi, c'est aux apôtres qu'Il s'adresse : "Recevez; le saint Esprit. Si vous remettez les péchés à quelqu'un, ils lui seront remis; et, si vous les retenez, ils seront retenus". (Jn 21,22-23). Par là nous comprenons que c'est seulement à ceux qui sont les chefs dans l'Église, et dont l'autorité repose sur la loi évangélique et l'institution du Seigneur, qu'il est permis de baptiser et de donner la rémission des péchés, tandis qu'au dehors rien ne peut être ni lié ni délié, puisqu'il n'y a personne qui ait le pouvoir de lier ou de délier... (Lettre 73)
« La liturgie romaine prie pour la coupure des liens et entraves des péchés
La liturgie ne s'y trompe pas. Déjà, sur le bébé qui va être baptisé, "la captivité" (le Concile de Trente parle ainsi du péché originel) constituée par le péché originel est tel que l'Église prie ainsi : "Seigneur [....] Brisez tous les liens par lesquels Satan le tenait attaché." (Extrait du Rituel Romain du baptême des enfants, 1962.)
« À la suite de S. Paul, l'Église a toujours enseigné que l'immense misère qui opprime les hommes et leur inclinaison au mal et à la mort ne sont pas compréhensibles sans lien avec le péché d'Adam et le fait qu'il nous a transmis un péché dont nous naissons tous affectés et qui est la "mort de l'âme". En raison de cette certitude de foi, l'Église donne le baptême pour la rémission des péchés même aux petits enfants qui n'ont pas commis de péché personnel. » (Concile de Trente: DS 1514 dans Catéchisme de l'Église catholique, # 403.)
« Le baptême conféré soit aux enfants, soit aux adultes, applique les mérites de Jésus-Christ, donne la grâce, remet le péché originel et, tout ce qui participe de la nature du péché (Concil. Trid., sess. 5, can. 3 et 5). Il est de foi que le baptême est le moyen communément et ordinairement requis pour obtenir le salut. (Jn 3:5). Le martyre et la charité parfaite peuvent cependant suppléer le baptême lorsqu'il n'est pas possible de le recevoir.
« Jean s’adressa alors à tous : ''Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu''. (Lc 3,16)
« L'eau véritable et naturelle est de nécessité de sacrement pour la validité du baptême » (Concil. trid., sess. 7, can. 7).
Pour conférer validement le baptême, il faut absolument invoquer les trois personnes de la Trinité. (Mt 28:19). L'intention doit être de "faire ce que fait l'Eglise".
Écrit en grec entre le milieu et la fin du Ier siècle (50-90 ap J-C), la Didachè(§ 7,1) ou Didakè (traduit en français par "Enseignement des douze Apôtres ou Doctrine des Apôtres") demande de baptiser au nom de la Trinité :
''Pour ce qui est du baptême, donnez-le de la façon suivante : 'après avoir enseigné tout ce qui précède, baptisez au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit' (Mt 28,19), dans de l'eau vive.'' (Les Pères apostoliques, Texte intégral, Sagesses chrétiennes, Cerf 1990, p. 52)
Didachè. Les Pères de l'Église (Irénée de Lyon, Clément d'Alexandrie, Origène) y font référence.
On baptisait aussi "au nom de Jésus" au temps des premiers disciples, c'est-à-dire sous l'autorité de Jésus, et De nombreux Pères de l’Église ont considéré valide le baptême "au nom de Jésus" (saint Basile, saint Ambroise, saint Jean Chrysostome, etc.) si réalisé dans des dispositions trinitaires.
Le Concile de Trente affirme que "si l'on est obligé d'avouer qu'à un moment donné les Apôtres baptisaient seulement au Nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, nous devons tenir pour certain qu'ils ne l'ont fait que par inspiration du Saint-Esprit. Dans ces commencements de l'Eglise ils voulaient donner plus d'éclat à leur prédication par le Nom de Jésus-Christ, et faire connaître davantage sa puissance divine et sans bornes.
"...Des ministres du baptême. ...[T]ous les humains, hommes ou femmes, même les derniers du peuple et de quelque religion qu’ils soient. ... Juifs, infidèles, hérétiques, quand la nécessité l’exige, tous peuvent baptiser, pourvu qu’ils aient l’intention de faire ce que fait l’Eglise, en administrant ce Sacrement." (Concile de Trente, Deuxième Partie Des sacrements, Chapitre quinzième Du sacrement du baptême.)
Le sacrement du baptême, Pietro Antonio Novelli, 1779
Jésus avait déjà été consacré au Seigneur après sa naissance, quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, lors de la présentation de Jésus au Temple de Jérusalem, et de la purification de Marie. (Luc 2, 22)
Les bébés masculins sans conscience étaient circoncis pour appartenir à l'alliance de Dieu.
La circoncision était donnée aux enfants le huitième jour (Genèse 17:12) comme leur entrée dans le peuple de Dieu. Le baptême est l'accomplissement de la Nouvelle Alliance. Les nourrissons n'ont jamais été exclus.
S. Paul lui-même etablit le parallèle entre le baptême et la circoncision dansColossiens 2,11-12 : ''en lui, vous avez reçu une circoncision qui n’est pas celle que pratiquent les hommes, mais celle qui réalise l’entier dépouillement de votre corps de chair ; telle est la circoncision qui vient du Christ. Dans le baptême, vous avez été mis au tombeau avec lui et vous êtes ressuscités avec lui par la foi en la force de Dieu qui l’a ressuscité d’entre les morts.''
Le baptême accomplit ce que la circoncision préfigurait. Le roi David parle de la condition humaine : " Voici, j'ai été façonné dans l'iniquité" (Psaume 51:5) . L'Église n'a jamais lu cela comme signifiant la culpabilité personnelle d'un bébé, mais pour confesser notre besoin commun de purification et de vie en Dieu. Le baptême est cette purification et cette vie.
Et "l'usage a été, dès le commencement du christianisme, de baptiser les enfants, comme le témoignent S. Irénée, (Adv. Haer., II, 22, 4), Origène, Saint Cyprien (vers les années 200 à 250), et les pères postérieurs.
« Origène (185-253), dans ses Commentaires des Romains (V, 9) affirme que la tradition que suit l’Église en baptisant les enfant vient des apôtres. Cette tradition est attestée historiquement dès le IIème siècle de notre ère.
« [...] On peut même le prouver par une lettre de l'hérésiarque Manès (S. Augustin, Op. Imperf., I, 3, n. 187.) « Les Sociniens ne le nient point; mais ils prétendent que c'est un des abus qui s'introduisirent dans l'Église, incontinent après la mort des apôtres.
« [...] Dans S. Matthieu 19:14, Jésus-Christ dit : "Laissez approcher de moi les enfants, tels sont les héritiers du royaume des cieux."
Or, il dit ailleurs que l'on ne peut pas entrer dans le royaume de Dieu si l'on n'est pas régénéré par l'eau et par le Saint-Esprit. Donc les enfants sont capables de cette régénération.
Il est dit que quelques-uns des premiers fidèles ont été baptisés avec toute leur maison (I Corinthiens 1:16). Les enfants ne sont pas exceptés. »
(Encyclopédie théologique Nicolas Bergier, Abbé Migne Éditeur, tome 33e, Paris, 1875, p. 483; et 490.)
On suppose que dans une famille il y a des enfants.
Dans le livre des Actes des Apôtres, Paul nous raconte comment, dans la ville de Philippes, il avait baptisé une dame appelée Lydie "avec toute sa famille" (Ac 16:15). Et parlant de son geôlier à Philippe, dit : "il se fit baptiser avec tous les siens" (Ac 16:33).
En Orient comme en Occident, la pratique de baptiser les petits enfants est considérée comme une norme de tradition immémoriale. Origène, puis plus tard saint Augustin, y voient une "tradition reçue des apôtres" (Origène: In Romanos, lib. V, 9, Migne, Patr. Grec., 14, 1047; cf. S. Augustin: De Genesi ad litteram, X, XXIII, 39, Patr. Lat., 44, 131.
Dès la première prédication de l'Évangile, la promesse fut donnée à toute la famille. "Repentez-vous, et soyez baptisés chacun de vous... Car la promesse est faite pour vous et pour vos enfants " (Actes 2:38-39) . Dans les Écritures, l'alliance englobe des familles entières baptisées :
-celle de Lydie (Actes 16:15),
-celle du geôlier (Actes 16:33),
-et celle de la maison de Stephanas (1 Corinthiens 1:16).
Les Écritures ne constituent pas une exception pour les plus jeunes. L'Eglise a reçu cela comme un modèle, pas une note de bas de page!
Lorsque les parents amènent un enfant au baptême, ils ne prétendent pas que l'enfant a un repentir adulte. Ils se confessent au nom de l'enfant, et l'Église entoure l'enfant de foi. Plus tard, l'enfant sera personnellement propriétaire de ces vœux. La grace vient en premier. Notre réponse grandit après. (Cf. Père Chris Vorderbruggen
Cf. https://x.com/FatherChrisVor1/status/1978442130000334995?t=pfmNhlPspehSBlkowYNe9Q&s=19 )
Lorsqu'au IIe siècle apparaissent les premiers témoignages directs, aucun d'eux ne présente jamais le baptême des enfants comme une innovation.
Saint Irénée considère comme allant de soi la présence parmi les baptisés "de tout-petits et d'enfants", aux côtés d'adolescents, de jeunes et de personnes plus âgées (Adv. Haer., II, 22, 4. Patr. Grec., 7, 784; Harvey, I, 330).
De nombreux documents épigraphiques décernent dès le IIe siècle à de petits enfants le titre d'"enfants de Dieu" réservé aux baptisés ou même mentionnent explicitement le fait de leur baptême. (Cf. par exemple Corpus inscriptionum graecarum, 9727, 9817, 9801 ; E. Diehl, Inscriptiones latinae christianae veteres, Berlin 1961, nn. 1523, 4429 A.).
Le plus ancien rituel connu, celui que décrit au début du IIIe siècle la Tradition apostolique, contient la prescription suivante: "On baptisera en premier lieu les enfants; tous ceux qui peuvent parler pour eux-mêmes parleront; quant à ceux qui ne le peuvent pas, leurs parents parleront pour eux ou quelqu'un de leur famille" (Hippolyte de Rome, La Tradition apostolique, éd. et trad. par R. Botte, Münster W., Aschendorff 1963, Liturgiewissenschaftliche Quellen und Forschungen 39, pp. 44-45.).
Saint Cyprien, tenant un Synode avec les évêques d'Afrique, affirmait "qu'il ne faut refuser la miséricorde et la grâce de Dieu à aucun homme venant à l'existence"; et ce même Synode, rappelant "l'égalité spirituelle" de tous les hommes, quels que soient "leur taille et leur âge", décréta que l'on pouvait baptiser les enfants "dès le deuxième ou le troisième jour après leur naissance (Epist. LXIV, Cyprianus et coeteri collegae, qui in concilia adfuerunt numero LXVI. Fido fratri ; Patr. Lat., 3, 1013-1019; Hartel, CSEL, 3, pp. 717-721. Dans l'Église d'Afrique, cette pratique était particulièrement ferme, malgré la position de Tertullien qui conseillait de différer le baptême des jeunes enfants en raison de l'innocence de leur âge, et par crainte d'éventuelles défaillances de jeunesse:. Cf. De baptismo, XVIII, 3 - XIX, 1, Migne, Patr. Lat., 1, 1220-1222; De anima, 39-41, Patr. Lat., 2, 719 ss.)." Certes, la pratique du baptême des enfants a connu une certaine régression an cours du IVe siècle. A cette époque, où les adultes eux-mêmes différaient leur initiation chrétienne, dans l'appréhension des fautes à venir et la crainte de la pénitence publique, bien des parents renvoyaient le baptême de leurs enfants pour les mêmes motifs. Mais on doit également constater que des Pères et des Docteurs comme Basile, Grégoire de Nysse, Ambroise, Jean Chrysostome, Jérôme, Augustin - eux-mêmes baptisés à l'âge adulte en raison de cet état de choses -, réagirent ensuite avec vigueur contre une telle négligence, demandant instamment aux adultes de ne pas retarder le baptême nécessaire au salut (S. Basile, Homilia XIII exhortatoria ad sanctum baptisma, Patr. Grec., 31, 424-436; S. Grégoire de Nysse, Adversus eos qui differunt baptismum oratio, Patr. Grec., 46, 424; S. Augustin, In Ioannem Tractatus 13, 7, Patr. Lat., 35, 1496; CCL 36, p. 134.), et plusieurs d'entre eux insistent pour qu'il soit conféré aux petits enfants (S. Ambroise, De Abraham, II, 11, 81-84, Patr. Lat., 14, 495-497, CSEL 32, 1, pp. 632-635; S. Jean Chrysostome, Catechesis III, 5-6, ed. A.Wenger, SC 50, pp. 153-154; S. Jérôme, Epist. 107, 6, Patr. Lat., 22, 873, ed. J. Labourt (coll. Budé), t. 5, pp. 151-152. Cependant, Grégoire de Nazianze, tout en pressant les mères de faire baptiser leurs enfants dans l'âge le plus tendre, se contente de fixer cet âge à trois ans. Cf. Oratio XL in sanctum baptisma, 17 et 28, Patr. Grec., 36, 380 et 399.).
Les Papes et les Conciles sont également intervenus souvent pour rappeler aux chrétiens le devoir de faire baptiser leurs enfants. A la fin du IVe siècle, on oppose aux doctrines pélagiennes l'usage ancien de faire baptiser les enfants aussi bien que les adultes "pour la rémission des péchés". Comme l'avaient relevé Origène et saint Cyprien, avant saint Augustin (Origène, In Leviticum hom. VIII, 3, Patr. Gr., 12, 496, In Lucam hom. XIV, 5, Patr. Gr., 13, 1835; S. Cyprien, Epist. 64, 5, Patr. Lat., 3, 1018, B. Hartel, CSEL, p. 720; S. Augustin, De peccatorum meritis et remissione et de baptismo parvulorum, lib. I, XVII-XIX, 22-24, Patr. Lat., 44, 121-122, De Gratia Christi et de peccato originali, lib. I, XXXII, 35, ibid., 377, De praedestinatione Sanctorum, XIII 25, ibid., 978, Opus imperfectum contra Iulianum, lib. V, 9, Patr. Lat., 45, 1439.), un tel usage confirmait la foi de l'Église dans l'existence du péché originel, ce qui, en retour, fit apparaître encore davantage la nécessité du baptême des enfants. En ce sens intervinrent les Papes Sirice (Epist. "Directa ad decessorem " ad Himerium episc. Tarracon., 10 feb. 385, c. 2, apud Denz.-Sch. [' Denzinger-Schönmetzer, Enchiridion Symbolorum, definitionum et declarationum de rebus fidei et morum, Herder 1965], n. 184.) et Innocent Ier (Epist. "Inter ceteras Ecclesiae Romanae " ad Sylvanum et ceteros synodi Milevitanae Patres, 27 jan. 417, c. 5 ; Denz.-Sch. n. 219.); puis le Concile de Carthage de 418 condamne "ceux qui nient qu'on doive baptiser les petits enfants récemment sortis du sein maternel", et affirme que "en raison de la règle de foi" de l'Église catholique concernant le péché originel, "même les tout-petits, qui n'ont pu commettre encore personnellement aucun péché, sont baptisés véritablement pour la rémission des péchés, afin que soit purifié par la régénération ce qu'ils tiennent de leur naissance (Can. 2, Mansi, III, 811-814 et IV, 327 A-B, Denz.-Sch. n. 223.)". (SOURCE : Cardinal Franjo Seper, Instruction Postoralis Actio sur le baptême des petits enfants, Rome, le 20 octobre 1980.)
Pierre leur répondit : "Convertissez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ pour le pardon de ses péchés ; vous recevrez alors le don du Saint-Esprit.
Car la promesse est pour vous, POUR VOS ENFANTS et pour tous ceux qui sont loin, aussi nombreux que le Seigneur notre Dieu les appellera."
Dès l'origine, les nourrissons étaient baptisés. Saint Irénée (IIe siècle) disait : "il est venu sauver ...tous les hommes ... : nouveaux-nés, enfants, adolescents, jeunes hommes, hommes d'âge. » (II ,22,4)
Dans Contre les hérésies, Saint Irénée mentionne en 180 ap. J.-C., des hérétiques qui rejetaient le baptême catholique :
« Que cette sorte de gens ait été envoyée en sous-main par Satan pour la négation du baptême de la régénération en Dieu et pour le rejet de toute la foi, nous le montrerons à l'endroit voulu, quand nous les réfuterons.» (I, 21, 2)
Il écrit : « Il (le Seigneur) n'a ni rejeté ni dépassé l'humaine condition et n'a pas aboli en sa personne la loi du genre humain, mais il a sanctifié en tous les âges par la ressemblance que nous avons avec lui. C'est en effet, tous les hommes qu'il est venu sauver lui-même - , tous les hommes dis-je, qui par lui renaissent en Dieu : nouveaux-nés, enfants, adolescents, jeunes hommes, hommes d'âge. » (II ,22,4)
Les apôtres et leurs successeurs furent clairs : "Car la promesse est pour vous, pour vos enfants et pour tous ceux qui sont loin, aussi nombreux que le Seigneur notre Dieu les appellera." (Actes 2:39)
La pratique du baptême des enfants dès les premiers temps de l'Église amène Origène (185-253), le grand théologien de l'école d'Alexandrie, à se poser la question : de quels péchés peuvent-ils bien être lavés ? Dans son Commentaire sur l'Épître aux Romains, il répond en disant : "Tout homme avait en lui, du fait de sa naissance, la souillure du péché que devaient laver l'eau et l'Esprit". (Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, Nouvelle Clio, l'Histoire et ses problèmes, PUF, Clamecy 2018, p. 471.)
Saint Hippolyte, mort martyr à Rome en 235, qui (avec S. Irénée) a posé le principe de la "tradition apostolique", dit : « On baptisera d'abord les enfants. Tous ceux qui peuvent parler par eux-mêmes parleront. Quant à ceux qui ne le peuvent pas, leurs parents parleront pour eux, ou quelqu'un de leur famille ; on baptisera ensuite les hommes et enfin les femmes. » (S. Hippolyte de Rome, La Tradition apostolique.)
Saint Augustin (354-430) dit : « Aux petits enfants, la Mère-Église prête les pieds des autres pour qu'ils viennent, le cœur des autres pour qu'ils croient, la langue des autres pour qu'ils affirment leur foi. »
La Didachè, ou Doctrine des douze apôtres, livre contemporain du Nouveau Testament, écrit à la fin du premier siècle, mentionne cette recommandation à l'attention des parents : « Tu ne retireras pas la main de dessus ton fils ou ta fille, mais dès leur enfance tu leur apprendras la crainte de Dieu.» (Didachè IV,9 cité dans Les Écrits des Pères apostoliques, Sagesses chrétiennes, Les Éditions du Cerf, Paris 2012, p. 50).
L'action de Dieu précède notre action et notre foi
Nous ne devons pas penser que Dieu commence à nous aimer seulement lorsque nous avons manifesté consciemment notre amour et notre foi en Lui. L'amour de Dieu précède notre initiative d'aimer : "Avant même de te former dans le ventre de ta mère, je t'ai connu ; avant que tu sois sorti de son sein je t'avais consacré" (Jr 1, 4-5 ; Is 49, 1). "Voilà comment est l'amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, c’est lui qui nous a aimés d'abord" (1 Jn 4:10).
Lorsque l'Église baptise les petits enfants en s'appuyant sur la foi de leurs parents chrétiens, elle veut exprimer sa conviction qu’être chrétien signifie, avant tout, un don gratuit de Dieu. Dieu nous aime avant que nous n’ayons fait quelque chose pour Lui. Si l'on comprend ainsi les choses, le baptême des enfants est authentiquement biblique et met en relief la gratuité de l'amour de Dieu, qui entoure toute notre vie. Ce serait limiter le pouvoir de Dieu que de penser qu'il se communique à l'homme seulement par le biais de la foi consciente de celui-ci.
Certaines personnes disent que ce n'est pas juste d’imposer aux enfants une religion : l'enfant ne peut pas raisonner... on doit attendre qu'il devienne adulte pour qu'il puisse opter librement pour le baptême. II est vrai qu'un nouveau-né ne peut pas raisonner. Mais attendre que l'enfant puisse raisonner pour choisir librement une religion, n'est-ce pas une illusion ?
Nous croyons que ce serait une grave erreur que de laisser l’enfant sans religion ; ce serait la même chose que de le laisser sans orientation dans la vie. Cela ne signifie pas imposer une religion. Chaque enfant naît et grandit avec l’ambiance où il est né. Il grandit au sein d'une famille qui, sans que l’enfant le demande, lui communique les grandes valeurs de la vie. Attendre qu'il devienne adulte pour pouvoir choisir ces valeurs par lui-même équivaudrait à le laisser grandir dans la désorientation totale. Il y a tellement de choses que la vie donne aux enfants sans qu'ils les aient demandées... Ils ne peuvent pas choisir leurs parents, ni leur ambiance, ni leur langue, ni leur culture. Mais tout cela ne constitue pas une limite ; c'est quelque chose de très naturel. Dans une vie normale, ce sont d'abord les parents qui doivent faire pour leurs enfants les options nécessaires à leur développement intégral. Les bons parents désirent toujours communiquer à leurs enfants les grandes valeurs de la vie. Or, la foi chrétienne d'une famille est sans doute le plus grand don divin. [6] Qui refuserait à un bébé d’avoir tous les dons de l’existence comme celui dont parle Jésus à la Samaritaine : "Si tu savais le don de Dieu" et elle de lui répondre : "Seigneur, donne-la-moi, cette eau" (Jn 4, 10…15) ? [7]
Baptême du Christ, par Andrea della Robbia (Santa Fiora, Italie)
Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de naître de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu.
"S. Grégoire de Naziance (329- † 390) (Docteur de l'Église) nous rapporte que les chrétiens de son temps renouvelaient la profession de foi et les engagements de leur baptême le jour où l'on célébrait le Baptême du Seigneur. Imitons-les."(Saint François de Sales, Introduction à la Vie dévote mise en français contemporain, Les Éditions du Cerf, Spiritualité Lexio, Paris 2019, p. 458.)
Le résumé de ‘’l’Évangile catholique’’ (l’Évangile actuel) est :
Repentez-vous, croyez en l'Évangile, faites-vous baptiser, et obéissez aux commandements.
Certains déclarent qu’il s’agit là de ‘’justification par les œuvres’’, expression répandue parmi les protestants.
Mais nous pouvons tirer ce résumé directement de la Grande Commission :
‘’Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé.’’ (Mt 28, 19-20).
Apparemment Jésus croyait que ses disciples devaient et pouvaient obéir à ses commandements – et que cela devait être précédé du baptême.
C'est pourquoi les anciens Pères de l'Église étaient unanimes dans leur croyance que le baptême régénérait, faisait renaître et justifiait (rendait juste) ceux qui le recevaient avec foi en les purifiant de leurs péchés et en leur accordant le don du Saint-Esprit qui avait longtemps été annoncé. Cela les a sortis de la mort en Adam et les a amenés à la vie dans le Christ. Cela a fait disparaître l’ancien et a fait venir le nouveau. Cela leur a donné l'Esprit de puissance et de maîtrise de soi dont parle saint Paul. Ils devinrent ainsi de nouvelles créatures qui purent, s'ils le voulaient, obéir aux commandements du Christ par la puissance de la grâce qu'il leur avait lui-même donnée.
Mais avant de pouvoir obéir à Ses commandements, ils avaient besoin de recevoir — par la foi, et par aucune de leurs œuvres mortes accomplies en Adam — le pardon pour leurs péchés, et l’Esprit promis par lequel leur libre arbitre a été libéré pour choisir Dieu dans l’amour — afin d'observer en effet tout ce qu’Il a commandé.
Le Baptême du Christ de Károly Markó (après 1840), Galerie nationale hongroise
Le plus bas degré de grâce dans une âme, par exemple dans celle d'un petit enfant après son baptême, a plus de valeur que la bonté naturelle de l'univers tout entier.
Cette grâce seule vaut plus que toutes les natures créées ensemble, y compris même les natures angéliques. Car les anges aussi avaient besoin, non de la rédemption, mais du don gratuit de la grâce, pour tendre vers la béatitude surnaturelle à laquelle Dieu les appelait.
P. Garrigou-Lagrange
Mais le Sauveur avait-il besoin d’être baptisé ? Je vous demande à mon tour : Notre-Seigneur avait-il besoin de se faire homme ? d’être crucifié ? de mourir ? d’être mis dans un tombeau ?
Puisqu’il s’est ainsi abaissé pour nous, pourquoi donc n’aurait-il pas reçu le baptême ? Et puisqu’il a reçu le baptême de son serviteur, qu’en conclure, sinon que tu ne dois pas dédaigner de recevoir celui de ton maître ?
S. Augustin, Traité sur l'évangile de S. Jean, 4 § 13
Ainsi voyez-vous quelquefois un catéchumène s’abstenir de tout commerce charnel, dire adieu au siècle, renoncer à tous ses biens, les distribuer aux pauvres, et quoique simple catéchumène, connaître peut-être mieux la doctrine du salut qu’un grand nombre de fidèles. ... Cependant, tous ses péchés demeurent sur lui, et à moins qu’il se présente à ce baptême salutaire où les péchés sont remis, il ne peut, même avec toute sa supériorité de mérites, entrer dans le royaume des cieux.
S. Augustin, Traité sur l'évangile de S. Jean, 4 § 13
Parce que le religare(du latin relier, ce qui relie à Dieu et à son prochain. Ndlr.) vous inonde et vous façonne la FORCE INTERNE (seule capable de résister et de vaincre).
Et ce système ne s’intéresse qu’aux marionnettes pusillanimes et déconnectées de Dieu.
Si quelqu’un veut vraiment libérer son peuple des griffes du Léviathan – le démon marin dont le système est la "démocratie" -, il doit le faire les pieds sur terre et les yeux tournés vers le ciel. Une créature a besoin d'un pouvoir surnaturel et divin pour vaincre le monstre surnaturel.
Le religieux donne à l'esprit humain la liberté intérieure de choisir (le libre arbitre), ce qui pour le Leviathanet son monde de liberté (sans Dieu) et d'égalité (sans l'homme) est le mal absolu à combattre . D'où son insistance sans relâche à dire que "le religieux (ce qui relieà Dieu et à l'homme, c'est-à-dire l'amour, par la Croix de Notre Seigneur qui a vaincu le mal. Ndlr.), c'est le mal".
On ignore si Paulin est d'origine allemande ou italienne. Il passe pour être l'un des hommes les plus savants de son époque, écrivant aussi bien en prose qu'en vers. Ce professeur avait tant de renommée que Charlemagne l'appela à la cour pour en faire l'un de ses conseillers. Il ne prenait jamais une décision sans le consulter.
Le savant Alcuin le considérait comme son maître. Paulin fut l'un des grands défenseurs du "Filioque" ajouté dans le texte latin du Concile de Nicée.
En 776, l'Empereur lui fit don d'une terre en Lombardie. Lorsque le diocèse d'Aquilée se trouva sans évêque, il fut pressenti mais refusa longuement avant d'accepter.
Il fut missionnaire auprès des peuples encore païens et prit part aux Conciles d'Aix-la-Chapelle (789), de Ratisbonne (792) et de Francfort (794). Il fut canonisé à la vue des miracles qui eurent lieu de son vivant et après sa mort.
"Pour notre part, nous disons que le Seigneur est venu uniquement pour les brebis perdues de la maison d’Israël et qu’il n’a pas voulu prendre le pain des enfants pour le donner aux chiens.
Il apporta la première bénédiction au peuple juif, à qui les oracles de Dieu furent confiés, et la promesse fut faite, la loi fut donnée et l'alliance fut établie.
Mais comme ils ne voulaient pas croire, la bénédiction fut transmise à Jacob, c'est-à-dire aux plus jeunes. Pourtant, le fils aîné n’a pas été totalement méprisé, car lorsque la plénitude des païens sera entrée, alors tout Israël sera sauvé."
Saint Jérôme, Lettre 36 : À saint Pape Damase (§17)
Alix, en religion Marie-Thérèse de Jésus,naît le 2 fevrier 1576 à Remiremont, ville des Vosges dans le duché de Lorraine, alors indépendant de la France. Son père, Jean Le Clerc, seigneur de Roville-aux-Chênes, avait épousé Anne Sagay, descendante d'une ancienne famille d'Épinal, et Alix sera leur seule enfant. C'était une belle jeune fille, elle était riche et passait sa jeunesse dans la joie et l'insouciance, aimant danser et se divertir : « J’avais tant de compagnie de vanité et de jeunesse… J’aimais fort à danser. »
Vers ses 18 ans, elle quitte sa ville natale avec ses parents pour un petit village d'Hymont dépendant de la cure de Mattaincourt. Toujours insatisfaite, mais déterminée, elle se confie au jeune nouveau curé arrivé, le 1er juin 1597. C’était St Pierre Fourier. « Il me tombait toujours en l’esprit qu’il faudrait faire une nouvelle maison de filles pour y pratiquer tout le bien que l’on pourrait. » Elle entraîne avec elle quatre amies. Elles désirent donner leur vie à Dieu : elles vont s’essayer à vivre ensemble, prier et faire l’école aux petites filles dont, en ce temps, personne ne s’occupe.
Le Concile de Trente s’était clos en 1563. De la volonté de rénovation pastorale et sociale de Pierre et de l’intuition créatrice d’Alix, la Congrégation Notre-Dame naît à Noël 1597, à Mattaincourt.
Durant vingt-cinq ans, avec Pierre Fourier, Alix connaît les difficultés des premières fondations, lutte pour maintenir l’esprit du projet d’origine, participe à l’élaboration des constitutions de la congrégation, vivant elle-même une intense expérience spirituelle, séjournant dans les maisons qui s’ouvrent, proche de ses sœurs, leur souhaitant en fin de lettre : « Que Dieu soit votre amour entier. »
De nombreuses écoles furent fondées : à Pont-à-Mousson en 1604, Saint-Nicolas-de-Port en 1605, Verdun en 1608, Châlons-sur-Marne en 1613, Bar-le-Duc en 1618, Mirecourt en 1619.
Extrait d'une gravure représentant Alix Le Clerc à genoux devant la Vierge et l'Enfant Jésus
Alix Le Clerc meurt le jour de l'Epiphanie 1622, le 9 janvier 1622 au monastère de Nancy, récemment fondé. Trois jours avant sa mort, elle réunit sa communauté et leur dit :
« Je me souviendrai de vous toutes devant Dieu. Pour votre compte, conservez-vous toujours dans la plus entière union, usant de charité les uns envers les autres, car la charité et l'union sont les seuls moyens de maintenir votre Ordre. »
D'autres fondations eurent lieu après le décès d'Alix. À la veille de la Révolution, l'œuvre comportait 84 monastères et 4000 religieuses.
Après sa mort, des miracles furent attestés sur sa tombe, des guérisons qui déroutaient les praticiens, tous consignés par la maison ducale, et publiés en 1666 sous le titre de Vie de la Mère Alix Le Clerc.
Une fois la Révolution passée, qui vit la disparition de toutes les congrégations, la cause en béatification de Mère Alix Le Clerc fut reprise suite aux écrits de A. Gandelet en 1870-80, par les évêques de Saint Dié et de Nancy. Le 21 février 1899 le Pape Léon XIII proclamait Alix Le Clerc Vénérable.
Quand Pierre Fourier est canonisé, en 1897, on dénombre 31 monastères-écoles de Notre-Dame en Europe.
Puis ce sont les fondations au Brésil, au Vietnam, en RD Congo, à Hong Kong, au Mexique.
Marie-Thérèse de Jésus a été béatifiée le 4 mai 1947 par le vénérable Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958).
Les reliques de la Bienheureuse Alix Le Clerc ont été solennellement transférées en octobre 2007 en la cathédrale Notre-Dame de l'Annonciation de Nancy.
Ce n'est qu'en 1950 qu'on retrouva fortuitement le cercueil contenant les reliques d'Alix Le Clerc au 9 rue Maurice Barrès à Nancy, son tombeau ayant disparu à la Révolution. Longtemps conservées par le lycée Notre-Dame Saint-Sigisbert, ses reliques ont été transférées à la cathédrale de Nancy le 14 octobre 2007. Son cercueil est conservé et visible dans la partie basse de l'Église Abbatiale Saint-Pierre de Remiremont, sa ville Natale.
Une chapelle lui est dédiée, sur la gauche du chœur de la Basilique Saint-Pierre-Fourier de Mattaincourt. Une autre chapelle, à l'Institution Notre-Dame d'Épinal lui est aussi dédiée depuis 1961.
Plusieurs monastères portent son nom, en Belgique, au Brésil et aux Pays-Bas. C'est dans ce dernier qu'est conservée la seule statue existante de la bienheureuse, une statuette en bois sculpté du XVIIIe.
L’étonnante (et qui donne à réfléchir) "Admonition aux jeunes" de Saint Basile (Lettre 43).
Vous n’entendrez pas très souvent de telles choses parmi de nombreux chrétiens modernes, qui veulent une vie sans difficultés, une vie de facilité, de luxe, et de prospérité, et qui s'imaginent que leurs graves péchés ne mettent pas leur salut en danger.
"Vous qui vivez une vie solitaire fidèle et pratiquez la piété, observez et apprenez le mode de vie selon l’Évangile :
Soumission du corps, humilité de l'esprit, pureté de pensée et maîtrise de la colère.
Lorsqu'on est pressé de servir pour l'amour du Seigneur, il faut faire encore plus.
En cas de fraude, abstenez-vous de toute poursuite.
Transférez tous vos besoins au Seigneur, afin que vous puissiez obtenir cette fin où il y a des armées d'anges, des assemblées de premiers-nés, des trônes d'apôtres, des sièges de prophètes, des sceptres de patriarches, des couronnes de martyrs et des louanges de justes.
Ayez hâte d’être vous-même compté parmi ces justes en Jésus-Christ, notre Seigneur.
Le féminisme est né dans les pays protestants pour la simple raison qu’ils ont tourné le dos à la mère du Christ.
Alice von Hildebrand (1923 - 2022)
Le féminisme est le plus grand mensonge jamais vendu aux femmes ; il est en train de détruire la société moderne :
1. La culture du flirt :
Le féminisme a glorifié les relations sexuelles occasionnelles comme une forme d’'autonomisation', mais il a laissé les femmes émotionnellement seules et insatisfaites.
Il a ignoré le désir biologique des femmes d'avoir des relations significatives, les laissant à leur sort dans un monde qui valorise les sensations fortes bon marché plutôt que l'intimité durable.
2. Le démantèlement de la cellule familiale :
En promouvant avant tout l’indépendance, le féminisme a fragilisé la famille traditionnelle.
Au lieu de soutenir des foyers solides, elle a encouragé les femmes à considérer les hommes comme des concurrents.
Le résultat ?
Des foyers brisés, des enfants sans père et une société en ruine.
La Révolution voue une haine indicible à la famille. En Louis XVI, elle a tué le père, dans le féminisme elle a détruit la femme.
Ce funeste projet est ancien.
Dans le deuxième volume de son ouvrage "L'Eglise Romaine en face de la révolution", Jacques Crétineau-Joly publia une lettre d'un membre de la Haute vente (franc-maçonnerie italienne au XIXe siècle), "Vindice à Nubius" - deux pseudonymes -, de Castellemare, le 9 août 1838 :
Popularisons le vice dans les multitudes. Qu'elles le respirent par les cinq sens, qu'elles le boivent, qu'elles s'en saturent [...] Faites des coeurs vicieux et vous n'aurez plus de catholiques.
C'est la CORRUPTION en grand que nous avons entreprise [...] la corruption qui doit nous conduire à mettre un jour l'Eglise au tombeau.
J'entendais dernièrement un de nos amis rire d'une manière philosophique de nos projets et nous dire:
"Pour abattre le catholicisme, il faut commencer par supprimer la femme. Mais, puisque nous ne pouvons supprimer la femme, corrompons-la avec l'Eglise. Corruptio optimi pessima. [...] Le meilleur poignard pour l'Eglise, c'est la corruption."
Le féminisme a convaincu les femmes qu’accepter leur féminité naturelle était une attitude de faiblesse.
Les tâches ménagères, les soins et l'éducation ont été considérés comme des oppressions ; et les femmes ont été forcées de poursuivre des rôles masculins qui les laissaient souvent épuisées, malheureuses et déconnectées de leur vraie nature.
4. La carrière professionnelle placée au-dessus de la famille :
On disait aux femmes que la carrière était plus importante que la maternité.
Les femmes ont toujours travaillé, le but du féminisme était d'en faire des salariées afin de baisser les salaires des hommes.
Désormais il est quasi impossible à une famille d'avoir un seul salaire.
Le plus grand mensonge du féminisme a été de faire croire aux femmes qu’avoir une carrière était plus important que d’être chez elle à s’occuper de leurs enfants.
Aujourd’hui, beaucoup sont confrontées à la dure réalité de devoir sacrifier leurs années les plus fertiles pour des emplois qu’elles considèrent remplaçables et peu rémunérateurs, tout en luttant contre la solitude et les instincts maternels insatisfaits.
5. Un encouragement à la compétition avec les hommes :
Le féminisme disait aux femmes qu’elles devaient "rivaliser avec les hommes" plutôt que de les compléter.
Cette mentalité antagoniste a détruit l’harmonie entre les sexes, transformant les relations en luttes de pouvoir plutôt qu’en partenariats basés sur la confiance, l’amour et le soutien mutuel.
6. Une indépendance toxique :
"Des femmes fortes et indépendantes" est devenu le mantra, mais à quel prix ?
La dépendance à l’égard des hommes a été remplacée par une dépendance à l’égard du gouvernement et/ou des entreprises.
La véritable force réside dans l’interdépendance et non dans l’isolement au nom de l’autonomisation.
Le féminisme pense que les femmes sont libres lorsqu’elles servent leurs employeurs, mais esclaves lorsqu’elles aident leurs maris.
7. Un nombre élevé de partenaires sexuels, une faible estime de soi et des regrets :
Le féminisme considère la promiscuité comme une liberté, mais les femmes ayant de nombreux partenaires sexuels connaissent souvent une estime de soi diminuée et ont des difficultés à nouer des relations durables.
Ce qui a été vendu comme une libération entraîne souvent un fardeau émotionnel et des regrets.
8. Le dénigrement des hommes :
Le féminisme dépeint les hommes comme des oppresseurs plutôt que comme des alliés.
Ce récit ''diviser pour régner'' alimente le ressentiment et la méfiance, empêchant l’unité et la collaboration nécessaires pour bâtir des familles, des relations et des communautés solides.
9. Une baisse des taux de nuptialité :
En dévalorisant le mariage et en glorifiant l’indépendance, le féminisme a conduit une génération de femmes à retarder ou à éviter complètement le mariage.
Le résultat ?
Moins de stabilité, plus de solitude et des bases moins solides pour élever la prochaine génération.
Natalité 2024 en chute libre
Les pays qui résistent le mieux à la chute de leur natalité en Europe sont ceux qui ont gardé une solide foi religieuse : l'Italie, l'Espagne catholique et la Pologne du Christ Roi institutionnel.
Le mariage est le fondement de la société, le taux de natalité est bien trop bas et seule une foi religieuse forte préserve de la pauvreté de l’histoire – en éloignant les gens de l’hédonisme et de l’autodestruction.
10. Le déclin du bonheur :
Malgré les promesses d’autonomisation, des études montrent que les femmes sont moins heureuses aujourd’hui que par le passé.
Pourquoi ?
Parce que le féminisme a encouragé la recherche d’une validation externe plutôt que d’une satisfaction interne, laissant beaucoup de personnes se sentant perdues, désillusionnées et loin de se sentir véritablement autonomes.
De nombreux parents et enseignants, témoins stupéfaits de la révolution en cours, s'interrogent sur les mutations profondes qu'a subi et que subit encore notre système éducatif. Mais aucun gouvernement, tant de droite que de gauche, ne les a jamais éclairés en exposant les fondements idéologiques de ces réformes et en faisant ressortir leur cohérence et leurs objectifs.
Les réponses à ces interrogations existent pourtant : la philosophie générale de la révolution pédagogique est exposée sans détour dans les publications des organisations internationales (Unesco, OCDE, Conseil de l'Europe, Commission de Bruxelles. ).
S'appuyant sur ces textes, Pascal Bernardin montre dans cette conférence qu'aujourd'hui l'objectif prioritaire de l'école n'est plus de donner aux élèves une formation intellectuelle ni de leur faire acquérir les savoirs élémentaires. Au terme d'une redéfinition du rôle de l'école, celle-ci devient le véhicule d'une révolution culturelle et éthique destinée à modifier les valeurs, les attitudes et les comportements des peuples à l'échelle de la planète.
Les techniques de manipulation psychologique, qui ne se distinguent guère des techniques de lavage de cerveau, sont utilisées à tout niveau.
Les élèves en sont naturellement les premières victimes.
Mais les enseignants et le personnel administratif (directeurs, etc.) ne sont guère épargnés.
Cette révolution silencieuse, antidémocratique et totalitaire, veut faire des peuples des masses ignorantes et soumises. Elle illustre de manière exemplaire la philosophie manipulatoire et dictatoriale qui sous-tend le Nouvel Ordre Mondial et les modes d'action subtils et indirects, mais d'autant plus puissants, qu'il utilise.
Les hommes, unis par une même langue, ont voulu construire une tour pour atteindre le ciel, non par amour de Dieu, mais par orgueil, pour se faire un nom et éviter d’être dispersés. Dieu a confondu leur langage et les a dispersés sur la face de la terre.
Dans...
Saint Curé d'Ars, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 119.
On a dit de plus d'un personnage, de plu s d'un Saint, qu'ils furent les prodiges de leur siècle. Ceci n'est peut-être vrai de personne autant que du curé d'Ars...
Lydie de Thyatire (ville de Mysie, actuelle Turquie) ou Lydie de la Pourpre (Ier s.) D'après Saint Luc, elle serait la première Européenne à s'être convertie au Christ. Saint Paul l'aurait rencontrée alors qu'il arrivait en Macédoine orientale. Elle était...
Fondateur de la Congrégation des Pères du Saint-Sacrement et de celle des Servantes du Saint-Sacrement (1811-1868). Fils d'un boutiquier de village dans la région de Grenoble, il fut d'abord prêtre séculier. En 1839, il entre chez les Pères maristes dont...
Évêque, fondateur de la “Congregatio Sanctissimi Redemptoris” Docteur de l'Église Alfonso Maria de Liguori naît à Marianella, près de Naples, le 27 septembre 1696, dans une famille noble. Après de fort brillantes études, docteur en droit civil et canonique...
Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 85.
Un militaire Saint Ignace naquit en 1491 a u château de Loyola, en Espagne. Il était le dernier de douze enfants, et il donna dès son bas âge des marques d'une grande vivacité d'esprit....
Le martyre de sainte Julitte (anonyme, 2e moitié du XVIIe siècle), église Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte de Villejuif
Julitte de Tarse ou Juliette de Césarée est une riche veuve de Césarée (aujourd'hui Kayseri en Turquie), dépouillée par un homme d'affaires...
En Chine, les prêtres sont tenus de se conformer aux directives officielles : un nouveau code de conduite a été dévoilé (en février dernier – voir le texte intégral ci-dessous), exigeant du clergé un lien étroit avec le parti au pouvoir et le socialisme....
Sainte Marthe, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 141.
Sainte Marthe était soeur de Lazare . C'est elle qui dirigeait la maison de Béthanie et s'en montrait digne par sa douceur et son amabilité envers les siens, par sa...
Un synode est (était) par définition un événement : il a été convoqué, tenu et conclu. Il en a été ainsi pendant vingt siècles. Le Synode sur la synodalité s’est achevé en octobre 2024. Son document final a été remis. Affaire classée, pourrait-on penser....