Les lois de l'église sont absolues dans leur principe, mais leur application est tempérée par l'équité et la charité.
Saint John Henry Newman sera bientôt déclaré Docteur de l'Église universelle, a annoncé le Vatican.
Comme le souligne l' Encyclopédie catholique, l'Église proclame docteur en raison d'une ''érudition éminente'' et d'un ''haut degré de sainteté''. Cette combinaison fait d'un docteur un guide exemplaire en matière de foi et de morale:
-Les docteurs ne sont pas infaillibles.
-Leur autorité n'est pas aussi grande que celle des Écritures, du consensus des Pères de l'Église ou des déclarations définitives du magistère de l'Église. Néanmoins, comme le souligne Thomas d'Aquin, l'appel à l'autorité des docteurs de l'Église est ''un recours légitime'' pour aborder des questions doctrinales, même si un tel appel, à lui seul, conduit à des conclusions 'pr'obables' p'lutôt qu'irréfutables (Summa Theologiae I.1.8).
-La cohérence avec le consensus des Docteurs a été considérée par l'Église comme une marque d'orthodoxie doctrinale. Par exemple, en 1312, le Concile de Vienne a défendu un point de doctrine en faisant appel à ''l'opinion commune de la réflexion apostolique des Saints Pères et des Docteurs'' (Denzinger, section 480).
-''Cette soumission qui doit être manifestée par un acte de foi divine… ne devrait pas se limiter aux matières qui ont été définies par des décrets exprès des Conciles œcuméniques, ou des Pontifes romains ... mais devrait s’étendre également aux matières qui sont transmises comme divinement révélées par le pouvoir d’enseignement ordinaire de toute l’Église répandue dans le monde entier, ... aux formes de doctrine que les catholiques tiennent, du consentement commun et constant, pour des vérités et des conclusions théologiques si certaines que les opinions opposées à ces mêmes formes de doctrine, bien que ne pouvant être qualifiées d'hérétiques, méritent néanmoins une censure théologique." (Pie IX, Tuas Libenter, Denzinger, sections 1683-1684)
"Les plus grands théologiens du catholicisme sont parfois des hommes qui ont été formés hors de son sein. C'est le cas de saint Augustin, c'est celui aussi de Newman. Sa pensée est l'héritière en droite ligne de celles des grands anglicans, Hooker, Butler, Coleridge, qu'il a acclimatées dans le catholicisme. Ceux-ci ont eu le sens de l'histoire et s'étaient interrogés sur l'historicité du christianisme bien avant qu'on ait songé à le faire dans le catholicisme. Au moment de son adhésion à l'Église catholique, Newman donna, dans son Essai sur le développement de la doctrine chrétienne, cette raison, aujourd'hui familière mais au premier abord surprenante, qu'il se ralliait à elle parce qu'elle était l'Église, non de l'immutabilité, mais du développement, l'Église insérée dans l'histoire, en un mot l'Église réelle." (Universalis.fr)
John Henry Newman affirme néanmoins clairement l'immuabilité du dépôt apostolique de la foi et l'exigence d'une cohérence totale de toute définition ou explication ultérieure d'une vérité avec tout ce qui a déjà été soutenu et enseigné à son sujet. En d'autres termes, S. J. H. Newman adhérait à l'idée de saint Vincent de Lérins selon laquelle, si la doctrine doit croître ou progresser, elle ne peut le faire que ''selon le même genre, c'est-à-dire dans la même doctrine, selon le même sens et le même jugement" (Commonitorium : Pour l'antiquité et l'universalité de la foi catholique contre les nouveautés profanes de toutes les hérésies, 434, §§48, 54-59), in eodem sensu eademque sententia – une affirmation maintes fois répétée dans les documents magistériels. (Cf. LifeSite) Autrement dit, S. John Henry Newman, comme saint Vincent de Lérins (l'autre grand théologien du développement doctrinal), insiste sur le fait qu'un développement authentique ne peut jamais contredire l'enseignement passé.
À ce sujet, peu de gens réalisent à quel point la réalité du développement de la doctrine (en raison des hérésies) est bien établie dans les écrits des Pères de l'Eglise eux-mêmes. [Cf. Saint Clément d'Alexandrie, Les Stromates ou Mélanges, vers 207, Livre 7, Ch. 15 ; Origène (vers 184-vers 253), Sur les premiers principes, ou De Principiis (vers 225, Préface, §§2-3) ; Saint Athanase, De Decretis : Défense de la définition de Nicée vers 350-56, § 19-20) ; Saint Basile, Lettre 140 À l'Église d'Antioche, 373 ; Lettre 159 : À Eupaterius et à sa fille, 373 ; Saint Grégoire de Nysse, contre Eunome vers 364-365, Livre 1, Ch. 13 ; Discours catéchétique, Partie 2, Ch. 3, §§2-3) ; S. Augustin, De la vraie religion 390, § 15 ; Cité de Dieu vers 413-426, Livre 16, Ch. 2 ; exposition du Psaume 7, §15 ; Exposition du Psaume 55 §§21-22 ; Sermon 1 (51) : Sur l'accord de Matthieu et de Luc sur les générations du Seigneur, §11 ; Confessions, vers 397-400, Livre 7, Ch. 19, §25 ; Traité 36 sur l'Évangile de Jean, §6 ; Sur le baptême, contre les donatistes 400, Livre 2, Ch. 7, §12 ; ch 15 ; Lettre 137 : À Volusien, 412, §6 ; Lettre 194 : À saint pape Sixte, 418 ; Saint Cyrille d'Alexandrie, Lettre 10 : À un certain dévot de Nestorius, §§1, 7 ; Saint Vincent de Lérins, Commonitorium : Pour l'antiquité et l'universalité de la foi catholique contre les nouveautés profanes de toutes les hérésies, 434, §§48, 54-59 ; Saint Prosper d'Aquitaine, Réponses aux Gaulois, Art. 13 ; Sozomène, Histoire ecclésiastique, vers 440-43, Livre 1, Ch. 15 ; Saint Césaire d'Arles, Sermon 110 : Saint Jérôme sur les encensoirs de Core et Dathan, §1 ; Saint Pape Grégoire le Grand, Moralia sur Job, c. 578-595, Livre 27, Ch. 8, §14) ; Saint Pape Grégoire le Grand, Lettre 2, Livre 8, À Anastase, évêque d'Antioche Évêque d'Antioche ; Saint Isidore de Séville, Sententiae, vers 612, Livre 1, Ch. 16, §§5, 8. Joshua Charles Sur le développement de la doctrine]
L'œuvre de S. John Henry Newman a jeté un pont entre foi et raison.
Le pape Léon XIV a souligné sa capacité à intégrer la tradition catholique aux défis du monde moderne. (iglesianoticias)
/image%2F1400167%2F20250731%2Fob_0f8b07_saint-john-henry-newman.jpg)
Dans un communiqué, le Vatican a déclaré que le pape Léon XIV, lors d'une audience aujourd'hui avec le cardinal Marcello Semeraro, préfet du Dicastère pour les causes des saints, a "confirmé l'avis positif" de la session plénière du dicastère composée de cardinaux, d'évêques et de membres "concernant le titre de Docteur de l'Église universelle qui sera bientôt conféré à Saint John Henry Newman".
Cette nouvelle survient après que la Conférence épiscopale d'Angleterre et du Pays de Galles eut officiellement demandé au pape de nommer le cardinal Newman docteur de l'Église. Cette initiative a été fortement soutenue par d'autres conférences épiscopales, notamment celles des États-Unis, d'Irlande et d'Écosse, ainsi que par de nombreuses institutions universitaires et communautés religieuses du monde entier.
Source: Edward Pentin
Add. Dimanche 28-09-2025 le Pape Léon XIV a annoncé que le 1er novembre 2025, solennité de la Toussaint. il conférera le titre de Docteur de l'Église à saint John Henry Newman, dans le cadre des célébrations du Jubilé du Monde de l'Éducation.
"Je confèrerai le titre de docteur de l'Église à saint John Henry Newman, qui a apporté une contribution décisive au renouveau de la théologie et à la compréhension de la doctrine chrétienne dans son développement, dans le contexte du Jubilé du Monde de l'Éducation », a déclaré le pape après avoir célébré la messe du Jubilé des catéchistes sur la place Saint-Pierre.
Avec cette proclamation, Newman deviendra le 38e docteur de l'Église, rejoignant ainsi un groupe restreint de saints reconnus pour leur contribution durable à la théologie et à la spiritualité catholiques. Il est particulièrement reconnu pour ses réflexions sur le développement de la doctrine et le rôle de la conscience." (CNA)
Né à Londres et baptisé dans l'Église d'Angleterre en 1801, Newman était un prêtre anglican, théologien et écrivain populaire et respecté parmi ses pairs avant sa conversion au catholicisme.
En 1845, Newman demanda à son ami le bienheureux Dominique Barberi, prêtre passioniste italien vivant en Angleterre, de le recevoir dans l'Église catholique.
Il fut ordonné prêtre catholique en 1847 et plus tard nommé cardinal par le pape Léon XIII en 1879. Il choisit la devise "Cor ad cor loquitur" ("Le cœur parle au cœur") comme expression de sa conversion dans son propre cœur, par le cœur de Dieu.
En tant que catholique, il a approfondi et contribué à l'enseignement de l'Église, grâce à sa vaste connaissance de la théologie et à sa vision aiguë des temps modernes, fondée sur l'Évangile.
Il nota que les protestants attaquent la dévotion à la Bienheureuse Vierge Marie, mais qu'au XIXe siècle, la plupart des protestants (par exemple, à Oxford, Cambridge, Harvard, Yale, Tübingen) remettaient en question la divinité du Christ et la christologie chalcédonienne. La Mariologie servit donc de protection et d'assurance contre les attaques contre la divinité du Christ. L’élévation de Marie n’a de sens que si elle est la Mère de Dieu le Fils, Jésus qui est divin et au-dessus de toute la création. C'est pourquoi presque toutes les sectes ''protestantes traditionnelles" en 2025 nient que le Christ soit le Fils unique de Dieu. Newman était sur la bonne voie.
Son œuvre comprend 40 livres et plus de 20 000 lettres.
Newman est décédé à Edgbaston, en Angleterre, en 1890. Il a été béatifié par le pape Benoît XVI le 19 septembre 2010 et canonisé par le pape François le 13 octobre 2019.
Cf.
htthttps://x.com/TaylorRMarshall/status/1965453716363903013
ps://www.catholicnewsagency.com/news/265685/st-john-henry-newman-to-be-declared-38th-doctor-of-the-church
"Newman était l'ennemi juré du libéralisme (religieux. Ndlr.), le plus grand théologien du développement doctrinal, qui insistait sur le fait qu'un véritable développement ne peut jamais être un renversement de doctrine, et mettait en garde contre les abus de la doctrine de l'infaillibilité papale. Son œuvre est des plus pertinentes aujourd'hui." (Edward Feser)
Dans An Essay on the Development of Christian Doctrine, S. John Henry Newman prêche contre la corruption doctrinale, limitant le développement du dogme à sa cohérence avec la tradition.
L'Eglise garde une vérité immuable (principe intolérant ou dogmatiqu), mais l'applique de manière adaptée au contexte historique :
Un véritable développement [de la doctrine] peut donc être décrit comme conservant le cours des développements antérieurs, étant réellement ces antécédents et quelque chose d'autre : c'est un ajout qui illustre, et non obscurcit, corrobore, et non corrige, le corps de pensée dont il procède ; et c'est là sa caractéristique par opposition à une corruption...
Une doctrine développée qui inverse le cours du développement qui l'a précédée n'est pas un véritable développement mais une corruption.
"Dans son célèbre discours prononcé lors de son élévation au cardinalat (1879), Newman a mis en évidence deux attitudes fondamentales possibles à l'égard de la révélation. Il appelle l'une l'attitude libérale-sceptique de l'agnosticisme et de l'athéisme, et l'autre l'attitude dogmatique, c'est-à-dire la disposition fondamentale à l'obéissance dans la foi à la Parole de Dieu, incarnée dans la parole humaine de la confession de l'Église :
"Le libéralisme religieux est la doctrine selon laquelle il n'existe pas de vérité positive en religion, mais qu'une croyance en vaut une autre, et c'est cette doctrine qui gagne en influence et en puissance de jour en jour. Il (le libéralisme religieux. Ndlr.) est incompatible avec la véracité de toute religion. Il enseigne que tout doit être toléré, car tout est en fin de compte une question d'opinion personnelle. La religion révélée n'est pas la vérité, mais une question de sentiment et de goût ; elle n'est pas un fait objectif et n'appartient pas au domaine du miraculeux. De plus, chacun a le droit de lui attribuer les affirmations qui lui plaisent.
"La pensée dogmatique est à l'opposé. Elle reconnaît la réalité de la Parole révélée de Dieu, qui a parlé à l'humanité en Jésus-Christ. Contrairement à une perception purement émotionnelle d'une présence divine impersonnelle, la Parole incarnée de Dieu est rationnelle et clairement exprimable." (Cardinal Müller, John Henry Newman – Maître de l’Église et pourquoi il est devenu catholique)
Le libéralisme, critiqué par Newman, est une forme de rationalisme : 'Le libéralisme est donc l'abus consistant à soumettre à lui les doctrines révélées, qui, par leur nature même, sont au-dessus et indépendantes du jugement humain, et à prétendre déterminer, sur des bases internes, la vérité et la validité des propositions qui reposent pour leur acceptation sur la seule autorité externe de la Parole divine.' (Apologia pro vita sua, p. 327.)
En proposant de déclarer le saint cardinal Newman, Docteur de l'Eglise, Léon XIV corrige trois erreurs :
-Il met fin à l’erreur populaire selon laquelle le pape est toujours infaillible dans tous ses enseignements officiels sur la foi et la morale — l’hyperpapalisme.
-Il corrige l’erreur populaire selon laquelle les catholiques croient que la vérité change en fonction de qui est le pape et de ce qu’il enseigne – le relativisme papal.
-Il corrige la marginale mais croissante erreur selon laquelle un pape qui enseigne l’erreur n’est pas le pape — le sédévacantisme. (Shane Schaetzel)
Interrogé sur le fait de savoir si la déclaration de Newman "Docteur de l'Eglise" pourrait conduire à ce que son enseignement sur le développement de la doctrine soit davantage exploité par des théologiens hétérodoxes, Mgr Andrew Wadsworth a déclaré : "Pas si nous sommes fidèles à ce que John Henry Newman a enseigné. Je pense que nous sommes mieux à même de contrer de telles tentatives en réitérant ce qu'il a écrit."
L'élévation de S. John Henry Newman au rang de Docteur de l'Eglise est perçue comme un cadeau pour notre époque.
Alors qu'en Angleterre, les jeunes fidèles catholiques sont désormais plus nombreux que les anglicans, la voix de Newman est reconnue comme celle que le monde moderne a besoin d’entendre.
John Henry Newman sera le troisième Anglais à recevoir ce titre, après saint Bède le Vénérable et saint Anselme, qui était d'origine italienne mais a servi 16 ans comme archevêque de Canterbury au XIIe siècle. | National Catholic Register (Edward Pentin)
-------------------
Add. 1er novembre 2025
Le pape Léon XIV proclame saint John Henry Newman 38e docteur de l'Église lors du Jubilé pour le monde de l'éducation et à l'occasion de la Toussaint au Vatican. EWTN Vatican
Au cours de la messe célébrée à l'occasion de la solennité de la Toussaint et du jubilé du monde de l'éducation, le pape Léon XIV a proclamé saint John Henry Newman docteur de l'Église et co-patron de l'éducation catholique. Il a loué Newman comme un maître de la foi et de la raison, exhortant les éducateurs à former des personnes « qui puissent briller comme des étoiles dans leur pleine dignité » et à faire des écoles « des portes d'accès à une civilisation du dialogue et de la paix ». EWTN Vatican
During the Mass for the Solemnity of All Saints and the Jubilee of the World of Education, Pope Leo XIV proclaimed Saint John Henry Newman a Doctor of the Church and co-Patron of Catholic education. He praised Newman as a master of faith and reason, urging educators to form… pic.twitter.com/oLXVlC1eSN
— EWTN Vatican (@EWTNVatican) November 1, 2025
/image%2F1400167%2F20250701%2Fob_420393_christ-roi-de-l-univers-2.jpg)
/image%2F1400167%2F20250731%2Fob_9b018c_leon-xiv-va-declarer-le-cardinal-new.jpg)