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« Je recommande à mon fils s’il avait le malheur de devenir Roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, [...] qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les Lois, mais en même temps qu’un Roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile. » (Testament de Louis XVI)
Christophe (+ vers 250), dérive des mots grecs Kristos (Christ) et phorein (porter), c'est-à-dire celui qui porte le Christ, en allusion à un géant légendaire initialement nommé "Réprouvé" qui aurait aidé l'enfant Jésus à traverser une rivière. Autrefois, il passait pour mettre à l'abri des maladies quiconque voyait sa statue.
La fusion de la mythologie païenne et de la légende chrétienne expliquent probablement la popularité du saint dans tout l’Occident à la fin du moyen-âge et les réticences des clergés anglais et allemands à son égard.
Selon une tradition très populaire, de sources variées et popularisée par la Légende dorée de Jacques de Voragine, Réprouvé était un Chananéen, d’allure terrible tant il était imposant.
Il eut l’idée de se mettre au service du plus grand prince du monde et se présenta donc à un roi très puissant. Un jour, un jongleur évoqua le diable devant le roi très chrétien qui se signa aussitôt. Réprouvé, fort étonné, demanda au roi le sens de ce geste. Celui-ci avoua, après bien des hésitations, sa peur devant le diable. Réprouvé, qui ne concevait de se mettre au service que du plus puissant quitta donc le roi pour trouver le diable.
Dans le désert, il s’approcha d’un groupe de soldats parmi lesquels s’en trouvait un particulièrement féroce qui lui demanda où il allait. Lorsque Réprouvé répondit, le soldat lui dit : « Je suis celui que tu cherches ». Marchant ensemble, il fut étonné de voir le diable s’enfuir devant une croix. Réprouvé, qui l’avait suivi, lui demanda la raison de sa peur. Après bien des hésitations, le diable avoua craindre la croix. À ces mots, Réprouvé le quitta et partit à la recherche du Christ pour se mettre à son service.
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Il finit par rencontrer un ermite qui lui expliqua les principes de la foi en Jésus-Christ. Il lui dit :
Réprouvé accepta. Il se construisit une petite maison au bord du fleuve et chaque jour, aidé d’une perche, il faisait traverser les voyageurs. Un jour, longtemps après, il entendit la voix d’un petit enfant qui lui demandait de le faire traverser. Il sortit mais ne vit personne. Rentré chez lui, il entendit une seconde fois l’appel de l’enfant. Dehors il ne trouva personne. Ce n’est qu’au troisième appel que le géant vit le petit enfant qui attendait sur la berge. Il le prit sur ses épaules et commença donc la traversée. Mais, à mesure qu’ils progressaient, l’enfant devenait de plus en plus lourd et le fleuve de plus en plus menaçant, tant et si bien qu’il eut le plus grand mal à rejoindre la berge opposée. Une fois l’enfant déposé il lui dit :
L’enfant disparut miraculeusement.
Christophe fit ainsi que l’enfant le lui avait dit et trouva le matin des feuilles et des dattes sur le bâton.
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Christophe partit alors pour Samos, en Lycie (sud de l'actuelle Asie mineure) où, ne comprenant pas la langue, il tomba en prières afin que Dieu l’éclaire – ce qu’il obtint. Il alla à la rencontre des chrétiens qui, dans la ville, essayaient de convertir la population. Un des juges de la ville y trouva l’occasion de le frapper au visage. Il ficha son bâton dans le sol avec l’espoir d’un nouveau miracle… qui eut lieu en effet : ainsi huit mille hommes devinrent croyants. Le roi de la région, exaspéré, envoya deux cents soldats pour l’arrêter. Mais, sitôt qu’ils le virent en prière, ils hésitèrent. Le roi envoya à nouveau deux cents autres hommes qui à leur tour prièrent avec Christophe. Les ayant convertis, il accepta de les suivre chez le roi. Le roi eut grand peur en le voyant mais lui demanda son nom. Christophe répondit :
Saint Christophe, détail Polyptyque de saint Vincent Ferrer, 1472, Giovanni Bellini, Venise, église Saint-Jean-et-Saint-Paul, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 440-441.
Saint Christophe est fêté en Orient le 9 mai et en Occident le 21 août, autrefois le 25 juillet (avant la réforme du calendrier liturgique de 1967).
Il est le patron de la capitale de Lituanie, Vilnius.
Sources : (1) ; (2) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 43.
Les forêts t'apprendront plus que les livres.
Les arbres et les rochers t'enseigneront des choses
Que ne t'enseigneront point les maîtres de la science.
À quoi pouvait rêver dans l'éclat de sa jeunesse le fils de Tescelin, chevalier du duc de Bourgogne, et de dame Aleth de Montbard, si bonne chrétienne? de chasses ou de tournois? de chants de guerre ou de galantes conquêtes? En tous cas, certainement pas de vie monastique comme il en fera le choix à l'âge de vingt-trois ans. D'autant qu'il entraînait avec lui une trentaine de jeunes en quête d'absolu... Il méditait beaucoup, parlait peu, était doux, modeste, charitable, donnant aux pauvres tout ce qu'il pouvait. On lui offrit l'archevêché de Milan; il le refusa, comme toutes les autres dignités, et revient en France.
Saint Bernard, le prodige de son siècle, naquit au château de Fontaines, près de Dijon, d'une famille distinguée par sa noblesse et par sa piété, et fut, dès sa naissance, consacré au Seigneur par sa mère, qui avait eu en songe le pressentiment de sa sainteté future. Une nuit de Noël, Bernard, tout jeune encore, assistait à la Messe de Noël; il s'endormit, et, pendant son sommeil, il vit clairement sous ses yeux la scène ineffable de Bethléem, et contempla Jésus entre les bras de Marie. "Guillaume de Saint-Thierry, l'un de ses biographes, note : 'Il lui apparut comme s'il venait une nouvelle fois au monde, sortant Verbe enfant, du sein de la Vierge Mère'.
"Parvenu à l'âge adulte, le futur saint multiplie exorcismes, prédications et guérisons. Son charisme de 'connaissance' stupéfie. Il prédit la mort de son frère Gui en dehors du monastère de Clairvaux dont il est l'abbé prestigieux. Parmi les pathologies vaincues par sa prière, toutes les parties du corps humain sont concernées, ou presque, mais on lui reconnaît une force surnaturelle dans la guérison des troubles sensoriels comme la cécité par exemple." (Patrick SBALCHIERO, Enquête sur les miracles dans l'Église catholique, Artège, Paris 2019, p. 231-232.)
Dans sa vie de S. Bernard (T. II), Mabillon compte plus de trente aveugles de tout âge et de toute condition, en France, en Allemagne, en Italie, guéris en présence des rois et des grands seigneurs, au moyen du signe de la croix fait sur eux par le thaumaturge de Clairvaux. Par le même signe, l'abbé de Clairvaux a guéri une foule de sourds et de muets. (Mgr Jean-Joseph GAUME, Le Signe de la Croix au XIXe siècle, 1869, rééd. Éditions Saint-Sébastien 2016, p. 103.)
À dix-neuf ans, malgré les instances de sa famille, il obéit à l'appel de Dieu, qui le voulait dans l'Ordre de Citeaux; mais il n'y entra pas seul; il décida six de ses frères et vingt-quatre autres gentilshommes à le suivre. L'exemple de cette illustre jeunesse et l'accroissement de ferveur qui en résulta pour le couvent suscitèrent tant d'autres vocations, qu'on se vit obligé de faire de nouveaux établissements. Il raffermit la règle à l'Abbaye de Citeaux et créa dans ce centre religieux l'amour de l'étude, du travail, la prospérité.
L'abbaye de Citeaux sera la source de cent soixante fondations, du vivant même du Saint. Loin de rester cloîtré il parcourt les routes d'Europe devenant, comme on a pu l'écrire, "la conscience de l'Eglise de son temps". Il vient plusieurs fois à Paris, à Saint Pierre de Montmartre, à la chapelle du Martyrium, à la chapelle Saint Aignan où il vient prier souvent devant la statue de la Vierge qui se trouve maintenant à Notre-Dame de Paris.
moines de Clairvaux furent au début contraints de vivre d'aliments mêlés de feuille de hêtre, d'orge, de millet d'avoine, de se composer un pain ressemblant à de la terre; mais bientôt, le sol se couvrit de verdure et de moissons. Cette transformation fut due à la foi, à la prière, à l'obéissance, à la règle et au travail de la bêche que Bernard maniait aussi lui-même pour donner l'exemple à ses frères.
Conseillez et ne forcez pas.
Bernard avait pris en main la défense du dogme, de l'unité catholique, de la foi, de la morale. Il protégeait les faibles, il fulminait contre les désordres de l'Église et les vices du clergé. Il professait la doctrine de S. Augustin et ses principes sur l'amour et sur la grâce. Il proclamait qu'il ne fallait pas écraser les hérétiques par les armes, mais par les arguments. Ainsi, en 1144, à Cologne, une foule en colère se livra à un pogrom contre les hérétiques qui se conclut, contre la volonté de l'archevêque, par leur mise à mort dans les flammes. Ce qui provoqua la protestation de Bernard :
"Nous apprenons ce zèle [du peuple], mais non ces sortes d'actions, parce qu'on doit obtenir la foi par la persuasion et non par la force, fides suadenda, non imonenda." (Sermon 66)
Ailleurs : "Mais je dis, qu'on les prenne non par les armes, mais par des raisonnements qui réfutent leurs erreurs" (Sermon 64) (Michael HESEMANN, Les Points Noirs de l'Histoire de l'Église, Pour en finir avec vingt siècles de polémiques, Artège, Paris 2017, p. 244).
La vie contemplative ne suffisait pas à son âme énergique. Il associa à la religion de l'évêque d'Hippone à la règle austère et active de S. Benoît. "La contemplation n'est qu'un loisir. L'homme doit exercer sa volonté sur la nature et sur la société. L'activité est le principe du salut. L'oisiveté est l'ennemie de l'âme."
Chaque jour, pour animer sa ferveur, il avait sur les lèvres ces mots: "Bernard, qu'es-tu venu faire ici?" Il y répondait à chaque fois par des élans nouveaux. Il réprimait ses sens au point qu'il semblait n'être plus de la terre; voyant, il ne regardait point, entendant, il n'écoutait point; goûtant, il ne savourait point. C'est ainsi qu'après avoir passé un an dans la chambre des novices, il ne savait si le plafond était lambrissé ou non; côtoyant un lac, il ne s'en aperçut même pas; un jour, il but de l'huile pour de l'eau, sans se douter de rien.
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Infatigable fondateur, on le voit sur sa mule, traînant sur les routes d'Europe sa santé délabrée et son enthousiasme spirituel. Sa réforme monastique l'oppose à l'Ordre de Cluny dont il jugeait l'interprétation de la règle de S. Benoît trop accommodante. À sa mort, en 1153, ce sont 343 abbayes cisterciennes qui auront surgi du sol européen.
Le Saint n'avait point étudié dans le monde; mais l'école de l'oraison suffit à faire de lui un grand Docteur, admirable par son éloquence, par la science et la suavité de ses écrits. Il fut le conseiller des évêques, l'ami des Papes, l'oracle de son temps. Mais sa principale gloire, entre tant d'autres, semble être sa dévotion incomparable envers la très Sainte Vierge.
Cherchons la grâce, et cherchons-la par Marie ; car ce qu'elle cherche, elle le trouve, et elle ne peut être déçue.
"Il porta à la Vierge une dévotion de chaque instant. Toutes les églises cisterciennes furent dédiées à la Vierge et, dans tout l'Occident, Bernard se fit l'apôtre du culte de Marie. Il est ainsi l'initiateur d'une religion d'amour moins juridique, moins comptable que la piété des siècles précédents et dans une certaine mesure le précurseur de cette piété du coeur, de cette dévotion du sentiment que le Poverello d'Assise allait répandre au siècle suivant." "Le culte de la Vierge se développa fortement, en liaison avec l'accent mis sur la piété mariale par S. Bernard, puis S. Dominique et les frères mendiants." (Jean CHELINI, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, Pluriel, Millau 2012, p. 367, 403)
Dans cette période de développement des écoles urbaines, où les nouveaux problèmes théologiques sont discutés sous forme de questions (quaestio) et d'argumentation et de recherche de conclusion (disputatio), Bernard est partisan d'une ligne traditionnaliste. Il combat les positions d'Abélard, approximatives d'un point de vue théologique, et le fait condamner au concile de Sens en 1140. Abélard incarne tout ce que Bernard déteste : l'intelligence triomphante, l'arrogance dominatrice, les prouesses dialectiques, une célébrité immense, fondée sur la foi passée au crible de la raison au détriment de la vie intérieure, l'obstination à tenir des positions. Bernard refuse que les secrets de Dieu soient examinés et questionnés par la raison. Il veut que la raison reconnaisse ce qu'il y a d'infiniment profond et d'incompréhensible dans les choses divines.
Les puissances de l'enfer sont puissantes, mais la prière est plus forte que tous les démons.
Saint Bernard, auteur de la règle des Templiers
En 1124, lorsque des chevaliers demandèrent une règle pour leur ordre, le pape Honorius II chargea de cette affaire importante Bernard, abbé de Clervaux qui croyait à l'utilité d'une milice d'élite permanente, une véritable armée de métier, composée de chevaliers catholiques de toutes nationalités revêtus du double caractère religieux et militaire. Baudouin II, roi de Jérusalem, leur attribua une résidence dans son palais, construit croyait-on sur l'emplacement du Temple de Salomon. En 1129, lors de la création de l'ordre des Templiers au Concile de Troyes, celui-ci se dota d'une règle propre qui s'inspire directement de la règle de S. Benoît. La tâche de la rédiger fut confiée à Bernard.
En 1145, Clairvaux donne un pape à l'Église, Eugène III, qui alors que le royaume de Jérusalem est menacé après la chute du comté d'Édesse, demande à Bernard de prêcher la deuxième croisade, laquelle sera entreprise en grande partie à l'initiative du roi de France Louis VII le Jeune.
Bernard, plus préoccupé par le développement de l'hérésie cathare dont les fidèles dépréciaient le Créateur en méprisant la matière et le corps (enfanter était un péché satanique chez les cathares), est réticent à l'idée de s'associer à une croisade en Terre sainte. Il ne s'incline que par obéissance au pape.
Il prend la parole le 31 mars 1146, le jour de Pâques au milieu d'une foule de chevaliers réunis au pied de la colline de Vézelay. À cette époque, il a cinquante six ans. Son discours enflamme la foule. Son discours évoque Édesse profané et le tombeau du Christ menacé. L'objectif de la croisade reste l'objectif limité de la première croisade. Il invite les chevaliers qui veulent se croiser à une intention droite (humilité, obéissance et sacrifice). Après son prêche, on lui arrache même des morceaux de son vêtement pour en faire des reliques. Sa parole éloquente est confirmée par des miracles nombreux; l'enthousiasme est indescriptible. Son prestige entraîne le peuple de France.
La même année 1146, Bernard fait accorder par le Pape Eugène III, tant aux chevaliers qu'aux Frères servants, le droit de mettre la croix rouge sur leurs manteaux du côté gauche, a sinistra, "la croix rouge, ce signe du martyre, ce signe qui obligeait ceux qui en étaient décorés à ne jamais lâcher pied dans les batailles, armés ainsi du signe de la Croix contre les ennemis du Christ." (Bulle de Clément V, Labbe, Conciles, vol. XI.)
Après le Père de l'Europe que fut S. Benoît au VIe siècle, saint Bernard est l'unificateur de "la Chrétienté". Il adressa une lettre circulaire aux Allemands, aux Anglais, aux Bretons, aux Lombards, les exhortant à cesser entre eux toute guerre, toute querelle, et à s'unir contre l'ennemi commun de la chrétienté. Enfin, il passa en Allemagne, où ses prédications obtinrent le même succès qu'en France.
Près de Cologne, les Annales de Saint-Nicolas de Brauweiler, monastère bénédictin, écrites après l'échec de la seconde croisade devant Damas (1149) dressent un portrait flatteur de Bernard. Selon leur auteur anonyme, autant - si ce n'est plus que sa parole -, ce sont sa haute sainteté et ses oeuvres admirables qui poussent beaucoup à se croiser. Néanmoins, le bénédictin de Brauweiler semble aborder la prédication du cistercien et ses fruits avec une scepticisme détaché. Il n'est pas sûr, en tout cas, de leurs origines surnaturelles. "Je ne sais pas si Bernard était alors poussé par l'esprit de l'homme ou par l'esprit de dieu", avoue-t-il. (Martin Aurell, Des Chrétiens contre les croisades, XIIe – XIIIe siècle, Le Grand Livre du mois, Librairie Arthème Fayard, Saint-Amand-Montrond 2013, p. 53-58).
En France, alors qu'en avril 1150, encouragé par l'abbé Suger de Saint-Denis, son plus proche conseiller, Louis VII convoqua ses fidèles à Laon et à Chartres pour programmer une nouvelle croisade, à laquelle il souhaitait amener Bernard en personne, le célèbre prédicateur ne put que constater que leur toute proche expérience empêchait les chevaliers de prendre la croix : "Le coeur des barons reste insensible. C'est en vain qu'ils portent l'épée, qu'ils ont préféré gainer d'une peau de bête morte et attendre qu'elle rouille. Ils n'oseront pas la tirer, tandis que Jésus souffre", écrit-il alors dans l'une de ses lettres. Dans son esprit, l'Église est le corps mystique du Christ qui pâtit sous la domination musulmane. (R.C. SMAIL, Latin Syria and the West, 1149-1187, Transactions of the Royal Historical Society, 5e série, 19, 1969, p. 5-7, in Martin Aurell, Des Chrétiens contre les croisades, XIIe – XIIIe siècle, ibid., p. 53-54.)
Saint Bernard contre les pogroms
Bernard pourfend les pogroms dans sa lettre circulaire promouvant la croisade (ep. 363, 6-7). Il explique pourquoi l'on ne saurait persécuter les Juifs. Ils représentent, en effet, "le témoignage et le mémorial vivant de la Passion du Seigneur", c'est-à-dire le souvenir de ses racines, de son genre de vie et de sa mort. Bernard note que Dieu a jadis accordé aux Juifs la Loi et la promesse du Messie, et que le Christ lui-même descend d'eux selon la chair. S'ils ont été dispersés par la diaspora et asservis aux princes chrétiens, c'est justement pour prouver, par ces châtiments, la Rédemption. À la fin des temps, ils se convertiront toutefois en masse, entrant dans l'Église selon la prophétie de Saint Paul (Rm 11:26).
Bernard met ainsi fin au périple du "prophète Raoul", un meneur de pogroms au ton apocalyptique qui "par ses prêches mit au supplice le peuple, qui crut en ses signes et visions mensongères" (Annales de Saint-Jacques de Liège). Raoul s'en prend aux Juifs, dont la conversion forcée devait accélérer le retour du Christ sur le Mont des Oliviers. Bernard professe au contraire une eschatologie modérée. Il n'entend pas accélérer la Parousie, contrairement à Raoul et à ses complices qui veulent hâter le millenium de paix et de prospérité par leurs massacres.
L'évêque de Freising en Bavière, le cistercien Otton (+ 1158), un des grands théoriciens de l'histoire de l'époque médiévale, écrit à propos de Raoul, dans ses Gestes de Frédéric Barberousse (I, 38-40) : "Il portait certes l'habit religieux et il imitait avec ruse un certain ascétisme, mais il avait à peine des lettres". À lire Otton entre les lignes, l'inculture est source d'erreurs doctrinales et de fautes morales. C'est pourquoi l'évêque de Freising sait tellement gré à Bernard d'avoir mis fin, avec l'aide de l'empereur Conrad III (1138-1152), au périple du gyrovague, l'enfermant dans son monastère. Otton clôt en effet l'épisode de la rencontre à Mayence de Bernard et Raoul, "qui jouissait de la plus grande faveur du peuple". Au nom de la sainte obéissance, l'abbé lui enjoint de revenir à la vie cénobitique. Raoul s'exécute. Et l'évêque de Freising, de conclure de façon significative : "Le peuple s'indigna gravement. Il se serait même livré à la sédition, s'il n'avait pas tenu compte de la sainteté de Bernard."
À propos des violences déclenchées par des chrétiens, Bernard développe la théorie de la guerre juste pour leur interdire toute première agression, même contre des païens. Il cite le vieux principe du droit romain Vim vi repellere, "Repousser la violence par la violence". La croisade n'est, à ses yeux, qu'une riposte légitime aux envahisseurs de la Terre sainte. En revanche, rien ne justifie qu'on s'en prenne aux Juifs. (Martin AURELL, Des Chrétiens contre les croisades, XIIe – XIIIe siècle, ibid., p. 59-62.)
Pour avoir arrêté Raoul et ses complices, Bernard s'est attiré la faveur de la communauté juive. Adolescent lors des événements, Éphraïm ben Jacob de Bonn (1132-1200) rend grâces, dans son Livre du Souvenir, à "Yahvé qui, pour consoler nos pleurs et pour contrer le méchant [Raoul], envoya un prêtre bon et authentique, honoré de tout son clergé, qui connaissait et qui comprenait sa propre religion: son nom était Bernard et il était abbé de Clairvaux, en France." Éphraïm va jusqu'à mettre sur ses lèvres une affirmation témoignant de son acceptation sincère de la judaïté de Jésus : "Tuer un juif est tuer le Christ lui-même." (Trad. anglaise dans R. Chazan, European Jewry and the First Crusade, Berkeley (CA), 1996, p. 178. Voir Dahan, Saint Bernard et les Juifs; Regnard, Le Sens de la permanence du peuple juif pour saint Bernard, in Martin Aurell, Des Chrétiens contre les croisades, XIIe – XIIIe siècle, ibid., p. 63.)
Après sa mort, qui arriva le 20 août 1153, plusieurs moines le voient en différents endroits; mais ces manifestations ont toujours un but spirituel: consoler les religieux, leur prodiguer aides et conseils, inviter les uns à la prière, les autres à la fréquentation de sacrements, etc.
Sur sa tombe d'innombrables miracles se produisent. La plupart sont des guérisons qui concernent par ailleurs toutes les couches de la société de l'époque. (Patrick SBALCHIERO, Enquête sur les miracles dans l'Église catholique, Artège, Paris 2019, p. 232.)
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Il est déclaré docteur de l'Église en 1830 par Pie VIII.
Jean CHELINI, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, ibid., p. 389.
Jean CHELINI, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, Pluriel, Millau 2012 (7) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 34-35.
Le temps de la Pachamama est révolu. Les chrétiens vénèrent le Dieu de la nature, et non la nature elle-même.
À l'occasion de la réunion des évêques de la Conférence ecclésiale de l'Amazonie, réunis à Bogotá du 17 au 20 août, le pape Léon XIV a demandé aux évêques amazoniens de Bogotá de prendre soin de la création sans faire de la nature leur idole.
Il les a exhortés à proclamer le Christ avec clarté, à donner l'Eucharistie, à défendre la dignité des populations locales et à sauvegarder la création comme don de Dieu ordonné au salut.
Léon XIV: La nature ne doit être ni idolâtrée ni subie en esclaves. Cf. https://www.silerenonpossum.com/en/leone-xiv-stoppa-la-pachamama--la-natura-non-va-ne-idolatrata-ne-subita-come-schiavi/?s=09
Traduction en français du texte en langue anglaise
Cité du Vatican – À l'occasion de la réunion des évêques de la Conférence ecclésiale de l'Amazonie, réunis à Bogotá du 17 au 20 août, le pape Léon XIV a adressé un télégramme d'encouragement et de direction pastorale.
Par l'intermédiaire du cardinal secrétaire d'État, Pietro Parolin, le pape a souhaité réaffirmer trois dimensions essentielles de la mission de l'Église sur le territoire amazonien :
-l'annonce de l'Évangile,
-le respect des peuples qui y vivent
-et le soin de notre maison commune.
Les paroles du pape sont sans ambiguïté. Ceux qui, au cours de ces cent premiers jours, se sont demandé pourquoi l'approche de Prévost sur la question climatique se distingue de celle du pontificat précédent trouveront dans ce message une réponse claire. Léon XIV souligne la nécessité de maintenir un équilibre authentiquement chrétien dans notre relation à la nature. Il rappelle la doctrine pérenne de l'Église : "Non moins évident est le droit et le devoir de prendre soin de la maison que Dieu le Père nous a confiée en intendants attentifs, afin que personne ne détruise de manière irresponsable les biens naturels qui témoignent de la bonté et de la beauté du Créateur, ni, encore moins, ne s'y soumette comme un esclave ou un adorateur de la nature."
Cette précision n'est en aucun cas secondaire. À une époque où le discours écologique risque souvent de se transformer en une nouvelle religion de la Terre, le Pape met en garde contre la tentation d'absolutiser la nature, en oubliant qu'elle n'est pas une fin en soi, mais un don ordonné à un but supérieur : louer Dieu et obtenir le salut des âmes. Ici, Léon XIV cite explicitement saint Ignace de Loyola (ce qui est révélateur en soi), qui, dans ses Exercices spirituels (n° 23), nous rappelle que toute chose créée existe au service de notre vocation ultime.
Il ne s'agit donc pas d'un rejet du soin de la création, mais plutôt d'un rappel à ne pas confondre les plans. La forêt amazonienne, ses fleuves, les peuples qui l'habitent – tout cela fait partie d'un projet qui ne trouve pas son sens en lui-même, mais dans le Christ, "en qui tout est récapitulé" (Ep 1, 10).
Dans cette optique, Léon XIV exhorte les évêques de l’Amazonie à ne jamais perdre de vue la primauté de l'annonce de Jésus-Christ, le seul capable de racheter l’homme de l’injustice et de l’oppression. "Partout où le nom du Christ est prêché", rappelle le télégramme, "l'injustice recule en proportion".
Le message s'inscrit ainsi dans la continuité de la tradition doctrinale de l'Église : défendre la nature, oui, mais sans tomber dans un culte de la nature. Sauvegarder les biens de la création, mais sans pour autant en devenir captifs. Car la mission chrétienne, même en Amazonie, n'est pas de générer de nouveaux cultes, mais de conduire toutes choses à leur accomplissement dans le Christ.
Bref, le temps de la Pachamama est révolu.
Léon XIV aux évêques d’Amazonie : la nature ne doit pas être adorée mais existe pour louer Dieu
https://www.catholicnewsagency.com/news/266037/pope-leo-xiv-to-bishops-of-the-amazon-region-nature-is-not-to-be-worshipped-but-exists-to-praise-god
Sources :
(1) https://www.silerenonpossum.com/en/leone-xiv-stoppa-la-pachamama--la-natura-non-va-ne-idolatrata-ne-subita-come-schiavi/?s=0
(2) https://www.lifesitenews.com/analysis/did-pope-leo-just-warn-the-amazon-bishops-away-from-heterodoxy/?utm_source=twittercath
(3) https://x.com/MLJHaynes/status/1957768322662957490?t=b3JlpqFKg3zFw6vhHb_vrQ&s=19
(4) https://x.com/EdwardPentin/status/1958617233845874848?t=f6wsp7FlB-I4nNvGepD5mw&s=19
(5) https://www.catholicnewsagency.com/news/266037/pope-leo-xiv-to-bishops-of-the-amazon-region-nature-is-not-to-be-worshipped-but-exists-to-praise-god
La plupart des gens ne comprennent pas le symbolisme de la parabole du Bon Samaritain. (Lc 10,25-37)
Un homme (nous) est attaqué par des bandits (le péché), et laissé à moitié mort sur le bord du chemin.
Le prêtre et le lévite (Loi + Prophètes) passant à côté et le voyant ne le sauvent pas...
Le Samaritain (le Christ) amène l'homme dans une auberge (l'Église) et le laisse à l'aubergiste (le pape) jusqu'à son retour... (Patrick Neve)
la Loi et les Prophètes ne sauvent pas. Le Christ nous sauve en nous confiant à son auberge : l'Église.
Dans le but de travailler au relèvement du Clergé, "le plus grand ennemi de l'Église", selon lui, le Père Eudes ouvrit à Caen un séminaire qui fut l'embryon d'une nouvelle famille religieuse, consacrée aux Coeurs de Jésus et de Marie et appelée "Congrégation de Jésus et de Marie" (Eudistes). Le succès vint aussitôt: les diocèses de Normandie furent bientôt pourvus de prêtres instruits et vertueux. Le Père Eudes ajouta à la formation du clergé les missions dans les campagnes.
En même temps, il fondait à Caen un Institut pour assurer la persévérance des "Repenties". Selon l'usage du temps, chaque maison était indépendante; à la mort du Père Eudes, il y en avait quatre; à la veille de la Révolution, il y en avait huit. En 1835, la supérieure du Refuge d´Angers, sainte Marie-Madeleine Pelletier, femme "de taille à gouverner un royaume", obtint que les nouvelles maisons fondées par son monastère restassent sous la dépendance de la Maison-Mère et donna à sa Congrégation le nom de "Bon-Pasteur". Cette branche a eu un grand succès, et possède des ramifications dans les cinq parties du monde.

Une des gloires du Père Eudes est d'avoir été le précurseur de la dévotion aux Coeurs de Jésus et de Marie. Quarante ans avant les apparitions de Paray-le-Monial, il faisait célébrer par ses prêtres l'Office solennel de ces très saints Coeurs et s'en faisait l'Apôtre dans ses missions. Aussi Léon XIII a appelé le Père Eudes "Auteur du culte liturgique des SS. Coeurs de Jésus et de Marie"; et Pie X, en le béatifiant, a dit qu´il devait être regardé comme "Père, Docteur et Apôtre" de cette dévotion.
Dans son ouvrage "Le Royaume de Jésus" cité dans le Catéchisme de l'Église catholique au paragraphe 521, Saint Jean Eudes explique que "nous devons continuer et accomplir en nous les états et mystères de Jésus, et le prier souvent qu'il les consomme et les accomplisse en nous et en toute son Église. (...) Car le Fils de Dieu a dessein de mettre une participation, et de faire comme une extension et continuation de ses mystères en nous et en toute son Église, par les grâces qu'il veut nous communiquer, et par les effets qu'il veut opérer en nous par ces mystères. Et par ce moyen il veut les accomplir en nous" (Le Royaume de Jésus 3.4: Œuvres complètes, v. 1 [Vannes 1905], p. 310-311.)
Arrivé à un âge avancé, le saint fondateur déposa sa charge de Supérieur et mourut saintement le 19 août 1680. Il est représenté avec un ou deux coeurs brûlants dans les mains.
Au XVIIIe siècle, les Eudites combattent le jansénisme, mouvement gallican contre l'ultramontanisme et l'autorité du Pape, donc proche du protestantisme et développant en même temps un rigorisme moral excessif.
On ne peut dire trop de fois l’Ave Maria, parce qu’on ne peut trop célébrer la mémoire de ce mystère.
Le Carême de Saint Michel est une période de jeûne observée de la fête de l'Assomption (le 15 août) jusqu'à la Saint-Michel (le 29 septembre).
Nous découvrons la tradition du carême de Saint Michel telle qu’elle est décrite dans « Les petites fleurs de Saint François » de Saint Bonaventure. Semblable au carême précédant Pâques, le carême de la Saint Michel est une période de 40 jours de prière et de pénitence qui commence le jour de la solennité de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie (15 août) et se termine le jour de la fête des Saints Archanges : Saint Michel, Saint Gabriel et Saint Raphaël (29 septembre) : Michel, Gabriel et Raphaël (29 septembre). Ce temps de dévotion est l’occasion pour les fidèles de renouveler leur foi et de grandir dans l’union avec Dieu.[2]
Aujourd’hui l’Eglise du Christ connaît de grands combats. C’est pourquoi tout chrétien doit en appeler au bras invincible de l’Archange. Grandes sont les grâces liées à la pratique de ce carême.[3]
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Etonnant destin de Ste Hélène, qui fut la concubine de Constance Chlore. Le nom de la mère de Constantin, devenue chrétienne et premier pélerin illustre de Terre sainte, est immortalisé par "l'Invention de la sainte Croix". Image tirée d'une photo Bibliothèque nationale in DANIEL-ROPS, Histoire de l'Eglise du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965, p. 360
Sainte Hélène naquit vers le milieu du IIIe siècle. Voici ce que dit saint Ambroise (340-397):
« Hélène, première femme de Constance Chlore, qui ceignit depuis la couronne impériale, était, paraît-il, une humble fille d'étable. Noble fille d'étable, qui sut mettre tant de sollicitude dans la recherche de la Crèche sacrée ! Noble fille d'étable, à qui fut réservé de connaître l'Étable de Celui qui guérit les blessures de l'humanité déchue ! Noble fille d'étable, qui préféra les abaissements du Christ aux dignités trompeuses du monde ! Aussi le Christ l'a-t-il élevée de l'humilité de l'étable au sommet des grandeurs humaines. »
La gloire de sainte Hélène c'est d'avoir été la mère de Constantin. « Constantin, dit saint Paulin de Nole, doit plus à la piété de sa mère qu'à la sienne d'avoir été le premier empereur chrétien. » Contrairement aux autres empereurs, Constance Chlore reconnaissait le vrai Dieu. Les prêtres chrétiens étaient admis à sa cour et y vivaient en paix. Une telle bienveillance ne peut être attribuée qu'à l'influence de l'impératrice sur le cœur de son époux. Sainte Hélène a donc joué un grand rôle dans la fin des persécutions, puisqu'elle fut l'épouse et la mère des deux hommes qui, sous son influence, protégèrent le christianisme. Qui sait même si les prières d'Hélène ne méritèrent point à Constantin l'apparition miraculeuse de la Croix, par laquelle il remporta la victoire et devint seul maître de l'empire?
Un autre événement remarquable dans la vie de sainte Hélène, c'est la découverte de la Vraie Croix du Sauveur, lors d’un pélerinage en Palestine entrepris en 326. Le bois de la croix fut découvert sur le lieu du Calvaire, après que l'on fit détruire le temple de Vénus bâti par l'empereur Hadrien, afin d'y ériger la basilique du Saint-Sépulcre. C'est au cours du chantier que trois croix auraient été trouvées. Un miracle (ou une inscription, selon les versions), aurait permis de distinguer la croix du Christ de celles des deux larrons.
Hélène vivait sans étalage de grandeurs. Nourrir les pauvres, donner aux uns de l'argent, aux autres des vêtements, à d'autres une maison ou un coin de terre, c'était son bonheur. Sa bonté s'étendait aux prisonniers, aux exilés, à tous les malheureux. Le peuple ne pouvait voir sans une joie mêlée de larmes son impératrice venir en habits simples et communs prendre sa place à l'église dans les rangs des fidèles : une telle conduite n'a sa source que dans l'Évangile. Hélène eut, avant sa mort, la consolation de voir Constantin, protecteur de la religion de Jésus-Christ.
Sainte Hélène, détail vers 1495, jean-Baptiste Cima de Conegliano, Washington National Gallery of Art
Apôtre de la Pologne, saint Patron de la Lituanie, surnommé "l'Apôtre du Nord".
Originaire de Silésie, il fit ses études à Paris et à Bologne. Docteur en théologie et prêtre, il réforma de nombreux couvents en Pologne, en Russie et en Lituanie.
Hyacinthe était de famille illustre. À Rome, il fut le témoin d'un miracle de S. Dominique, et devint son disciple.
reçut ses vœux et l'envoya évangéliser la Pologne, où il opéra des conversions sans nombre.
Hyacinthe transmit la doctrine dominicaine en Pologne et évangélisa également la Suède, la Norvège, le Danemark, l'Ecosse (d'où son surnom d'"Apôtre du Nord"), l'Asie mineure et la Grèce.
Sa vie n'était qu'un perpétuel exercice de charité envers toutes les misères, et de sainte cruauté contre lui-même. À l'imitation de , il n'avait point d'autre chambre que l'église et d'autre lit que la terre ; il se déchirait toutes les nuits les épaules avec des chaînes de fer et jeûnait fréquemment au pain et à l'eau. Parmi les prodiges qu'il opéra, on cite des résurrections de morts, la délivrance de possédés du démon, la guérison de nombreux malades. On le vit traverser le fleuve rapide de la Vistule avec plusieurs de ses frères, sur son manteau étendu.
Obligé de fuir devant les Tartares, il emporte du moins avec lui le Saint-Sacrement, pour en empêcher la profanation. Comme il va quitter l'église, une voix sort de la statue de Marie, qui lui demande de l'emporter aussi. Elle pèse huit ou neuf cents livres ; Hyacinthe, plein de foi, la prend d'une main et la trouve légère comme un roseau. À défaut de bateau, il traverse avec son fardeau le grand fleuve du Borysthène comme une terre ferme, pendant que son manteau sert de barque à ses frères, qui le suivent.
Consolé par plusieurs visites de la Sainte Vierge, il eut révélation de sa mort, qui arriva le 15 août 1257.
Hyacinthe a été canonisé le 17 avril 1594 par le Pape Clément VIII.
En 1686 le Pape Innocent XI le nomma saint patron de la Lituanie.
Une basilique à Chicago porte son nom.
La ville de Saint-Hyacinthe au Canada est nommée en son honneur.
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Lituanie : la laïcité n'empêche pas la royauté sociale du Christ
Armel naquit au Pays de Galles en 482 où il fréquenta les écoles monastiques et fonda un monastère.
Lorsque le roi breton Vortigern fit appel aux Saxons, aux Angles et aux Jutes pour défendre son territoire contre les Scots venus du Nord, les protecteurs, qui étaient païens, s'en prirent bientôt aux chrétiens bretons. Saint Armel quitta alors la Bretagne insulaire lors de la grande migration bretonne devant des protecteurs qui devinrent des envahisseurs et ils s'installèrent sur le continent armoricain auquel ils donnèrent leur nom, leurs traditions, leurs structures et leur foi. (1)
"Quand les Bretons (de Grande-Bretagne, Ndlr.) vaincus et menacés de disparitions par les Saxons voulurent trouver le salut, un grand nombre fut heureux d'être accueilli par la catholique Cambrie (ancien nom du Pays de Galles ou Cornouaille. Ndlr.) Mais celle-ci était fort peuplée ; nombreux furent alors les fugitifs qui préférèrent tenter l'aventure dans l'Armorique païenne. Ils s'embarquèrent avec leurs prêtres, leurs évêques, leurs abbés et leurs ermites, avec leurs ornements sacrés, leurs croix et leurs livres liturgiques, et cinglèrent vers la péninsule, dans laquelle ils s'installèrent sans être repoussés, et furent si bien assimilés par la population qu'ils lui donnèrent leur religion et leur langue. Le gaulois et ses traditions furent oubliés. A partir de ce moment, on l'appela à son tour 'Bretagne', la petite Bretagne peuplée par les fugitifs de la Grande-Bretagne". (2)
Saint Armel, d'abord ermite près de Quimper, fonda un monastère au pays de Léon, Plouarzel-29229 (abbaye de Plouarzel en Bretagne).
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Statue moderne du saint en la chapelle Notre-Dame-des-Fleurs de Plouharnel. |
Il exerça son influence jusqu'à la cour du roi Childebert à Paris où il résida durant six ans, défenseur vigoureux de la justice, contre la peine de mort. Il y guérit un boiteux et un aveugle.
Chassé de la cour à la suite d'intrigues, il vint s'établir au sud de Rennes. Il débarrassa le pays d'un dragon qu'il noya dans la rivière Seiche (affluent de la Vilaine) ; on dit que l’herbe n’a jamais poussé depuis sur le sol où glissa le serpent en tombant dans la rivière. Mais le pays de Ploërmel revendique aussi ce miracle comme sien, et voici ce que nous lisons à ce sujet dans "Les Légendes locales de la Haute-Bretagne", par M. Sébillot, page 174 :
Dans les environs de Ploërmel, la légende de Saint-Armel triomphant d’un serpent, ou dragon, qu’on appelle populairement "la Guibre", est encore très connue des paysans. La guibre était un énorme serpent, ou lézard vert, qui désolait le pays on l’appelait aussi "la beste de Guibourg", parce que, disent les anciens, c’était près de Guibourg (Jerguy) qu’elle se cachait le plus souvent, attaquant les grandes personnes, et dévorant les moutons, les poulains et les petites vaches bretonnes. Tout comme Saint-Michel terrassa le dragon, image du démon, ainsi Saint-Armel terrassa la guibre. Lorsqu’il l’eût vaincue, il la lia avec son étole, ainsi qu’en témoignent toutes les vieilles statues et les anciens vitraux du pays ; et, la guibre devenant aussi faible qu’un mouton, Saint-Armel la précipita dans l'Etang-au-Duc (ou plutôt dans la rivière d'Yvel, car l'Etang-au-Duc n’exista que plus tard). D’aucuns prétendent que c’est dans un chemin creux tout près de la pièce dite "des châteaux" ("dans le petit chemin des Châteaux de l’enfer") que se livra le combat entre la guibre et Saint-Armel. Au milieu de ce chemin on voit une grosse roche qui porte la trace d’une patte ; et ce pied est celui de la guibre, qui, précipitée du haut de la butte des châteaux alla rouler dans le ravin et se noya dans le ruisseau qui sort du grand Etang (la butte des Châteaux domine à l'Est la chaussée de l'Etang-au-Duc). Ce serait en reconnaissance de ce miracle, que le seigneur de Jerguy (Guybourg) aurait donné à Saint-Armel le territoire qui s’appela depuis Ploërmel. (3)
A Bochod (nom de Saint-Armel en Ille et Vilaine au VIe siècle), Armel joua un rôle durant la plus grave sécheresse que connut la commune.
Une fois l'intégralité des puits asséchés et l'ensemble des récoltes dévastées, la population désespérée supplia le saint de la délivrer de ses tourments. Armel planta alors un bâton dans le sol et pria. L'eau se mit alors à jaillir abondamment de ce point pour - selon le saint - mettre éternellement à l'abri de la sécheresse la population. Cette fontaine miraculeuse existe toujours et est visitée chaque année par de nombreux chrétiens en quête de ses vertus miraculeuses. La voie qui y mène, le "chemin de la fontaine", commence devant la mairie de la commune. (4)
Armel décèda vers 570.
Dans l'église de Saint-Armel (Ille-et-Vilaine) est conservé un sarcophage qui serait sa tombe.
De nombreuses paroisses le choisirent comme patron (comme Ploërmel).
Invoqué contre la sécheresse, saint Armel est aussi le patron des aumôniers d'hôpitaux. (5)
Sources: (1) http://nominis.cef.fr/contenus/saint/2114/Saint-Armel.html; (2) Ivan Gobry, Le Baptême de l'Angleterre, Clovis, Condé-sur-Noireau 1998, p. 52-53 ; (3) Vie de Saint Armel ; (4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Armel_%28Ille-et-Vilaine%29#Histoire ; (5) http://fr.wikipedia.org/wiki/Armel_des_Boschaux
Le corps de l'Immaculée Conception, conçue sans péché, n'a pas connu la corruption conséquence du péché.
Monte, Seigneur, vers le lieu de ton repos, toi, et l'arche de ta force !
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"ASSOMPTION, se dit aujourd'hui particulièrement dans l'Eglise romaine d'une fête qu'on y célèbre tous les ans, le 15 août, pour honorer la mort, la résurrection, et l'entrée triomphante de la sainte Vierge dans le ciel. |
Après l’Ascension du Seigneur Jésus, les Actes des Apôtres montrent les Apôtres réunis tous ensemble, "avec quelques femmes, dont Marie, la Mère de Jésus" (Ac 1, 14). En prière, ils attendent la Pentecôte et la venue du Saint-Esprit. Marie est citée pour la dernière fois dans un livre du Nouveau Testament. En effet, les récits bibliques ne racontent pas la fin de sa vie terrestre. Aussi des chrétiens ont rédigé des textes pour l’évoquer. On les appelle des écrits apocryphes.
Selon saint Jean Damascène, l'empereur romain Marcien demanda le corps de Marie, mère de Dieu, au concile de Chalcédoine en 451.
Saint Juvénal, qui était évêque de Jérusalem, dit à l'empereur que "Marie mourut en présence de tous les apôtres, mais que son tombeau, lorsqu'il fut ouvert à la demande de saint Thomas, fut trouvé vide ; d'où les apôtres concluent que le corps fut enlevé au ciel", a écrit le saint.
Un argument fort convaincant est l'absence de commerce des reliques de la Vierge Marie, et même le commerce de fausses reliques. Il n'y a même pas un murmure de commerce des reliques corporelles de Marie. Pas même de fausses reliques : il était entendu que Marie avait été enlevée au ciel.
Au VIIIe siècle, à l’époque du pape Adrien, l’Église a commencé à changer sa terminologie, renommant la fête du Mémorial de Marie en Assomption de Marie, a noté Bunson.
La croyance en l'Assomption de Marie était une tradition largement répandue et fréquemment évoquée dans les écrits des saints au cours des siècles. Elle n'a cependant été définie officiellement qu'au siècle dernier.
On y trouve toujours les éléments suivants.
Un ange annonce à Marie sa mort, paisible et sereine, tel un endormissement. De là vient le terme ''Dormition'' chez les Orthodoxes. Pour y assister, les apôtres, en mission d’évangélisation dans le monde, sont amenés miraculeusement par des anges. Au moment de l’endormissement de Marie dans sa mort, son âme quitte son corps. À cet instant, le Christ apparaît. Il prend dans ses bras l’âme de Marie, représentée sur les images par un bébé en signe de sa pureté. Il amène l’âme dans le Royaume de Dieu. Les apôtres célèbrent les obsèques de Marie. À la fin, les anges emmènent le corps de Marie au Paradis où son corps retrouve son âme.
L’empereur romain d’Orient Maurice (539-602) décide de célébrer le 15 août cette fête de la Dormition.
Le dogme de l'Assomption, défini par le pape Pie XII en 1950, explique qu’à la fin de sa vie, elle fut ''assumée'', corps et âme. Selon la foi catholique, tout être humain vivra cette même assomption, pas au moment de la mort, mais à la Résurrection de la chair.
Ce dogme de l’Assomption est la conséquence de celui de l’Immaculée Conception (défini par le pape Pie IX en 1854); Un privilège divin a épargné Marie du péché originel. Elle échappe à la mort, conséquence de ce même péché. (eglise.catholique.fr )
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| Le tableau de Carle Vanloo, au-dessus du maître-autel de la Basilique N.-D. des Victoires (Paris), représente ce voeu. La Sainte Vierge apparaît assise dans un nuage, au haut du tableau; d'une main elle soutient l'Enfant Jésus, debout sur ses genoux; de l'autre elle offre une palme à Louis XIII; des groupes d'anges l'environnent. Le roi, prosterné lui présente le plan de l'église de N.-D. des Victoires. A la gauche du roi, le cardinal de Richelieu. A sa droite, un échevin de la la Rochelle lui remet les clefs de la ville, sur un plateau d'argent. Sous le nuage, où trône la Reine des Cieux, on aperçoit dans le lointain la Rochelle. |
En 1638, le roi Louis XIII fit du 15 août jour de fête nationale. Il voua le royaume à Dieu par la Vierge Marie en remerciement de la grossesse de sa femme, le reine Anne d'Autriche enceinte du futur Louis XIV et ordonne qu'aient lieu chaque année à cette date des processions pour prier pour la France.
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Tel est le "Voeu de Louis XIII" institué en février 1638, encore célébré aujourd'hui le 15 août.
Depuis, chaque année, ont lieu des messes partout en France et des processions en l'honneur de la sainte Vierge, Patronne de la France.
Renforcée sous Louis XIV, la date devint la fête nationale de la France, jusqu’à la Révolution.
Le calendrier républicain adopté en 1792 remet en questions les fêtes liturgiques. L'Assomption est supprimée. L'Assomption de l'année 1793 n'est plus que le 28 thermidor an I de la République, jour du lupin. Les processions sont interdites le 16 août 1792. Notre-Dame de Paris devient un "Temple de la Raison". (Histoire-pour-tous)
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Le jour de fête nationale fut repris par la Restauration après que Napoléon Ier y ait substitué une éphémère "Saint Napoléon"...
Le 15 août resta jour de fête nationale jusqu’à ce qu'en 1880 la IIIe République le supprima et le remplaça par la date du 14 juillet, qui commémore la prise de la Bastille et la "fête de la Fédération" (loi Raspail du 6 juillet 1880).
15 août 1852, Fête nationale, Mairie de Nîmes https://www.bibliomonde.fr/lalmanach/assomption-fete-nationale-france-15-aout
Le 15 août est toujours la fête nationale des Acadiens, Canadiens.
C'est durant le siège de la Rochelle (1627-1628), où les protestants révoltés s'étaient constitués en "comité de salut public chargé de 'recevoir les avis secrets qui pourraient être donnés' sur l'ennemi" (le Roi de France), avec une cour de justice "pour juger les personnes accusées d'attentat contre l'ordre public", en l'espèce, les catholiques qui leur tomberaient dans les mains, ... que Louis XIII fit son voeu à la Vierge "que toute les années, par tout le royaume, l'on ferait des processions, le jour de son entrée (de la Vierge, ndlr.) dans les cieux, par son Assomption glorieuse".
Et ce n'est que dix ans après, en 1638, et alors que la Reine Anne d'Autriche jusque-là stérile venait miraculeusement de tomber enceinte, depuis trois mois, du futur Louis XIV, que Louis XIII rédigea officiellement son voeu. Voici le texte:
«Déclaration par laquelle le Roi place le royaume sous la protection spéciale de la Vierge Marie.
"Louis, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre.
Dieu qui élève les rois aux trônes de leur grandeur, non content de nous avoir donné l'esprit qu'il départ à tous les princes de la terre, pour la conduite de leurs peuples, a voulu prendre un soin si spécial de notre royaume et de notre Etat, que nous ne pouvons considérer le bonheur du cours de notre règne, sans y voir autant d'effets merveilleux de sa bonté, que d'accidents qui nous menaçaient.
Lorsque nous sommes entrés au gouvernement de cette couronne, la faiblesse de notre âge donna sujet à quelques mauvais esprits d'en troubler la tranquilité; mais la main divine soutint avec tant de force la justice de notre cause, que l'on vit en même temps la naissance et la fin de ces pernicieux desseins.
En divers autres temps, l'artifice des hommes et la malice du démon, ayant sucité et fomenté des divisions, non moins dangereuses pour notre couronne, que préjudiciables à notre maison, il lui a plu d'en détourner le mal avec autant de douceur que de justice.
La rébellion de l'hérésie ayant aussi formé un parti dans l'Etat, qui n'avait d'autre but que de partager notre autorité (Ndlr. allusion aux guerres de religion et au siège de La Rochelle), il s'est servi de nous pour en abattre l'orgueil, et a permis que nous ayons relevé ses saints autels, en tous lieux où la violence de cet injuste parti en avait ôté les marques.
Si nous avons entrepris la protection de nos alliés, il a donné des succès si heureux à nos armes, qu'à la vue de toute l'Europe, contre l'espérance de tout le monde, nous les avons rétablis en la possession de leurs Etats, dont ils avaient été dépouillés.
Si les plus grandes forces des ennemis de cette couronne, se sont ralliées pour conspirer sa ruine, il a confondu leurs ambitieux desseins, pour faire voir à toutes les nations, que comme la Providence a fondé cet Etat, sa bonté le conserve et sa puissance le défend.
Tant de grâces si évidentes font que, pour n'en pas différer la reconnaissance, sans attendre la paix qui nous viendra sans doute de la même main dont nous les avons reçues et que nous désirons avec ardeur, pour en faire sentir les fruits aux peuples qui nous sont commis, nous avons cru être obligé, nous prosternant aux pieds de sa sainteté divine, que nous adorons en trois personnes, à ceux de la sainte Vierge et de la sacrée Croix, où nous recevons l'accomplissement des mystères de notre rédemption, par la vie et la mort du Fils de Dieu, nous consacrer à sa Grandeur, par son Fils rabaissé jusqu'à nous, et à ce Fils, par sa mère élevée jusqu'à Lui, en la protection de la quelle nous mettons particulièrement notre personne, notre Etat, notre couronne et tous nos sujets, pour obtenir par ce moyen celle de la sainte Trinité, par son intercession, et de toute la cour céleste, par son autorité et par son exemple.
A ces causes nous avons déclaré et déclarons que, prenant la très sainte et très glorieuse Vierge pour protectrice spéciale de notre royaume, nous lui consacrons particulièrement notre personne, notre Etat, notre couronne et nos sujets, la suppliant de nous vouloir inspirer une sainte conduite, et défendre avec tant de soin ce royaume contre l'effort de tous ses ennemis, que soit qu'il souffre le fléau de la guerre ou jouisse des douceurs de la paix, que nous demandons à Dieu de tout notre coeur, il ne sorte point des voies de la grâce qui conduisent à celles de la gloire.
Et, afin que la postérité ne puisse manquer à suivre nos volontés à ce sujet, pour monument et marque immortelle de la consécration présente que nous faisons, nous ferons construire de nouveau le grand autel de l'église cathédrale de Paris, avec une immage de la Vierge, qui tienne en ses bras celle de son divin Fils descendu de la Croix; nous serons représenté aux pieds du Fils et de la Mère, comme leur offrant notre couronne et notre sceptre.
Nous admonestons le sieur Archevêque de Paris et néanmoins lui enjoignons, que tous les ans, le jour et fête de l'Assomption, il fasse faire commémoration de notre présente déclaration, à la grand'messe qui se dira en son église cathédrale, et qu'après les Vêpres dudit jour, il soit fait une procession en ladite église: à laquelle assisteront toutes les compagnies souveraines et le corps de ville, avec pareille cérémonie que celle qui s'observe aux processions générales les plus solennelles. Ce que nous voulons aussi être fait en toutes les églises, tant parochailes que celle des monastères de la dite ville et faubourgs, en toutes les villes, bourgs et villages du diocèse de Paris.
Exhortons pareillement tous les archevêques et évêques de notre royaume, et néanmoins leur enjoignons, de faire célébrer la même solennité en leurs églises épiscopales et autres églises de leurs diocèses, entendant qu'à ladite cérémonie les cours de parlement et autres compagnies souveraines et les principaux officiers des villes y soient présents.
Et d'autant qu'il y a plusieurs églises épiscopales qui ne sont point dédiées à la Vierge, nous exhortons lesdits archevêques et évêques, pour y être faite ladite cérémonie; et d'y élever un autel avec un ornement convenable à une action si célèbre et d'admonester tous nos peuples, d'avoir une dévotion toute particulière à la Vierge, d'implorer en ce jour sa protection, afin que sous une si puissante patronne, notre royaume soit à couvert de toutes les entreprises de ses ennemis, qu'il jouisse longuement d'une bonne paix, que Dieu y soit servi et révéré si saintement, que nous puissions arriver heureusement à la dernière fin, pour laquelle nous avons tous été créés: car tel est notre plaisir.
Donné à Saint-Germain en Laye, 10 février 1638"»
(Source: Louis XIII cité in Abbé Marie-Léon Vial, Jeanne d'Arc et la monarchie, 1910, réed. Editions Saint-Rémi, p. 344-345; 352; 376-379.)
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| Le chœur de la Basilique de Notre-Dame-des-Victoires, avec les sept tableaux de Carle Van Loo |
En 2015, les cloches de France sonnèrent à la volée le 15 août pour les Chrétiens d'Orient. Il y avait alors un an que les Chrétiens irakiens avaient été chassés de la plaine de Ninive par les djihadistes de l'État islamique.
En 2016, c'est "pour la France", frappée par de multiples attentats, que les cloches retentirent. Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, appela tous les baptisés à venir prier dans une église le jour du 15 août "en hommage au père Hamel". La Conférence des évêques de France invita les paroisses à faire sonner "à la volée les cloches de nos églises" et à prier pour "notre pays dans les épreuves qu'il traverse".
Traduction française du texte anglais de la lettre originale publiée sur One Peter Five.
Sa Sainteté le Pape Léon XIV
22 juillet 2025
00120 CITÉ DU VATICAN
Europe
Très Saint-Père,
Je vous adresse cette sincère requête concernant un problème urgent et pratiquement sans précédent que Votre Sainteté a hérité du pontificat précédent. Comme beaucoup d'autres catholiques, je crois qu'il est au cœur même de la mission qui vous a été confiée par Notre-Seigneur, Successeur du bienheureux Pierre : celle de garder et d'enseigner la doctrine incorruptible du Christ, "transmise aux saints une fois pour toutes" (Jude 3).
1. Je me réfère au fait que le chapitre VIII de l'exhortation apostolique du pape François du 19 mars 2016, Amoris Laetitia (AL), enseigne des doctrines qu'aucun de ses apologistes n'a réussi à concilier de manière convaincante avec la tradition magistérielle bimillénaire de l'Église catholique, dérivée directement de l'Écriture Sainte.
2. La plus urgente d'entre elles, sur le plan pastoral, est la permission accordée dans la note 351 de l' article 305 de la AL, de donner la Sainte Communion "dans certains cas" à des couples vivant "une situation objectivement pécheresse", notamment ceux qui ont été validement mariés mais ont depuis divorcé et se sont remariés civilement, et continuent de vivre more uxorio. Il ne s'agit certes pas d'une permission "générale" pour toutes ces personnes de recevoir l'Eucharistie. Mais la tradition claire de l'Église a toujours été qu'en aucun cas, les personnes se trouvant dans cette situation ne peuvent recevoir la Sainte Communion. C'est là une contradiction très troublante.
3. Ceux qui tentent de concilier cet enseignement avec l'orthodoxie catholique soulignent qu'il est possible de commettre ce qui constitue objectivement un péché mortel ("matière grave"), tout en étant en état de grâce grâce à des circonstances atténuantes subjectives : absence de plein consentement de la volonté et/ou ignorance du caractère gravement immoral de son acte. C'est vrai, mais cela n'a rien à voir. Les prédécesseurs du pape François sur le Siège de Pierre étaient bien sûr parfaitement conscients de ces circonstances atténuantes. Mais ils ont néanmoins exclu catégoriquement de la communion toute personne vivant dans l'adultère, précisément en raison de son statut objectif.
4. Comme le pape saint Jean-Paul II l’a résumé et confirmé l’enseignement de tous ses prédécesseurs dans Familiaris Consortio , n° 84 :
"Ils [les divorcés remariés] se sont rendus eux-mêmes incapables d'y être admis [à la comminion] car leur état et leur condition de vie est en contradiction objective avec la communion d'amour entre le Christ et l'Eglise, telle qu'elle s'exprime et est rendue présente dans l'Eucharistie. Il y a par ailleurs un autre motif pastoral particulier: si l'on admettait ces personnes à l'Eucharistie, les fidèles seraient induits en erreur et comprendraient mal la doctrine de l'Eglise concernant l'indissolubilité du mariage."
En effet, des dizaines de passages des Écritures et d’interventions magistérielles au cours de deux millénaires témoignent du fait que refuser l’Eucharistie à de telles personnes est une question de loi divine, et non de législation disciplinaire mutable.
5. Le Catéchisme de l'Église catholique affirme également qu'en raison de leur violation objective de la loi divine, les divorcés remariés civilement ne peuvent pas recevoir la communion. Il en résulte clairement que toute diminution d'imputabilité subjective ne suffit pas à justifier leur admission à l'Eucharistie :
1650 Nombreux sont aujourd’hui, dans bien des pays, les catholiques qui ont recours au divorce selon les lois civileset qui contractent civilement une nouvelle union. ... Si les divorcés sont remariés civilement, ils se trouvent dans une situation qui contrevient objectivement à la loi de Dieu. Dès lors ils ne peuvent pas accéder à la communion eucharistique, aussi longtemps que persiste cette situation. Pour la même raison ils ne peuvent pas exercer certaines responsabilités ecclésiales. La réconciliation par le sacrement de pénitence ne peut être accordée qu’à ceux qui se sont repentis d’avoir violé le signe de l’Alliance et de la fidélité au Christ, et se sont engagés à vivre dans une continence complète. (Souligné par nous)
2384 Le divorce est une offense grave à la loi naturelle. Il prétend briser le contrat librement consenti par les époux de vivre l’un avec l’autre jusqu’à la mort. Le divorce fait injure à l’Alliance de salut dont le mariage sacramentel est le signe. Le fait de contracter une nouvelle union, fût-elle reconnue par la loi civile, ajoute à la gravité de la rupture : le conjoint remarié se trouve alors en situation d’adultère public et permanent :
En d’autres termes, le nouveau mariage civil, tout en rendant sans doute l’union plus respectable socialement, ne fait qu’en faire une offense plus grave du point de vue de la loi divine.
2390 : "l’acte sexuel doit prendre place exclusivement dans le mariage ; en dehors de celui-ci, il constitue toujours un péché grave et exclut de la communion sacramentelle." (souligné par nous).
6. En bref, Votre Sainteté a hérité d'une situation où les documents d'enseignement de l'Église contiennent une dangereuse contradiction. On nous dit dans AL que les personnes vivant dans une relation adultère peuvent, dans certains cas, recevoir l'Eucharistie, alors que non seulement les documents pontificaux et conciliaires antérieurs, mais aussi le Catéchisme de l'Église catholique, ne prévoient aucune exception à leur exclusion de l'Eucharistie. Une fois encore, c'est la relation objective qui serait à l'origine de cette exclusion de la communion.
7. Très Saint-Père, au vu de cette incohérence scandaleuse entre AL et l’enseignement constant de tous les papes et conciles précédents, fidèlement résumé dans le Catéchisme de l’Église catholique, je vous demande respectueusement d’examiner les mesures les plus appropriées pour surmonter cette source de désunion et de confusion sur une question de grande importance doctrinale et pastorale, et ainsi "confirmer les frères dans la foi".
Bien sincèrement et respectueusement en Christ,
(Rév.) Brian W. Harrison, MA, STD
Professeur associé de théologie (retraité), Université pontificale catholique de Porto Rico
Source : https://onepeterfive.com/open-letter-to-leo-xiv-on-amoris-laetitia/
Via https://x.com/MLJHaynes/status/1955629200569704523?t=kK4M84xSebolGEDRZF-pTg&s=19
Le Comité des droits des personnes handicapées des Nations Unies conteste le projet de loi français sur l'euthanasie et le suicide assisté, qui contient des ''perceptions discriminatoires'' à l'égard des personnes handicapées. Il appelle la France à respecter la Convention du même nom.
Le projet de loi français sur le suicide assisté et l'euthanasie viole les droits des personnes handicapées. Le Comité des droits des personnes handicapées des Nations Unies l'a également reconnu, en adressant le 23 juin une lettre à la France exhortant les autorités françaises à fournir des informations complémentaires sur ce projet de loi, dont l'approbation, selon l'interprétation de l'organisme, ''constituerait une violation de l'obligation de l'État partie de respecter, de protéger et de garantir le droit à la vie des personnes handicapées''. La France est partie à la Convention relative aux droits des personnes handicapées, dont l'article 36 prévoit expressément la possibilité pour le Comité des droits des personnes handicapées des Nations Unies d'enquêter sur le respect de sa mise en œuvre.
L'enquête fait suite à une pétition déposée en avril 2025 par le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ). Dirigé par le juriste Grégor Puppinck, l'ECLJ a soumis deux documents supplémentaires au Comité des Nations Unies entre fin mai et début août, démontrant comment la loi française – déjà approuvée par l'Assemblée nationale et actuellement devant le Sénat – viole les droits des personnes handicapées et est activement soutenue par le gouvernement, même dans ses aspects les plus préoccupants pour les personnes handicapées.
La réponse du gouvernement français (la date limite pour la soumettre était fixée à deux jours) est vraisemblablement déjà examinée par la session actuelle du Comité des Nations Unies, qui se réunit à Genève du 11 au 29 août. Son contenu est encore inconnu, mais il est peu probable qu'elle réponde (sauf de manière évasive) aux conclusions du Comité. Premièrement, la lettre du 23 juin susmentionnée remet en question les critères d'accès à ce que l'on appelle l'"aide à mourir", car, comme l'explique le Comité, ils "semblent fondés sur des perceptions discriminatoires de la qualité et de la valeur de la vie des personnes handicapées". Parmi les critères contestés figurent "être atteint d'une maladie grave et incurable" et "souffrir physiquement ou psychologiquement" à cause de cette maladie. Force est de constater que ces conditions, et d'autres, du projet de loi français sont très similaires à celles en discussion en Italie.
Le Comité des Nations Unies s'inquiète également de l'absence d'''alternatives à l'aide à mourir' et demande que des informations adéquates soient fournies aux personnes handicapées. Il demande également des éclaircissements sur les dispositions de la proposition française relatives au consentement des personnes placées en détention. Un autre point de discorde concerne la disposition liberticide incluse dans le projet de loi français, qui stipule que quiconque tente de dissuader une personne de recourir à l'euthanasie ou au suicide assisté encourt jusqu'à deux ans de prison et 30 000 € d'amende.
De plus, le délai minimum de réflexion obligatoire avant de procéder à l'euthanasie ou au suicide assisté n'est que de deux jours.
Il est intéressant de noter que le Comité rappelle également ses précédentes recommandations à la France, datant de septembre 2021, dans lesquelles il notait avec inquiétude le taux élevé de suicide chez les personnes autistes et celles présentant un handicap psychosocial. Ainsi, il y a quatre ans, il avait notamment recommandé aux autorités françaises de "renforcer les mesures visant à mettre en œuvre une stratégie nationale de prévention du suicide des personnes handicapées", en impliquant les organisations qui les représentent. Cet appel est manifestement resté lettre morte, car Macron et ses collègues – au nom de ce que le président français a osé appeler, dans un style révolutionnaire, la "fraternité" – se préoccupent de faciliter le suicide des plus vulnérables, plutôt que de le prévenir.
La lettre du Comité des Nations Unies semble refléter, par certains passages, la logique de l'autodétermination et ne condamne jamais explicitement l'euthanasie dans son ensemble, bien qu'elle appelle à "des mesures visant à garantir que les autorités des États parties s'abstiennent de déclarer publiquement et sur les réseaux sociaux que le Comité soutient la légalisation de l'euthanasie". Elle constitue néanmoins un signe de résistance à la tendance actuelle en France et au-delà. En 2019 déjà, le Comité s'était opposé, sans succès, à l'euthanasie pratiquée sur Vincent Lambert, laissé mourir de faim et de soif en raison de son handicap. En avril dernier, le même organisme des Nations Unies a appelé le Canada à modifier sa législation relative aux droits des personnes handicapées. Ces positions devraient également inciter notre pays à réfléchir au danger accru et à la pression sociale accrue que représenterait pour les personnes handicapées l'adoption d'une loi pro-suicide.
Le Premier ministre israélien Netanyahu a admis qu'il se sentait une "mission historique et spirituelle" attachée à la vision du Grand Israël, qui englobe les territoires désignés pour un futur État palestinien ainsi que des parties de la Jordanie et de l'Égypte actuelles.
Source : AF Post
https://x.com/AFpost/status/1955356299790782690?t=X8qrmOLtiovR-G7Y-i0PgA&s=19
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Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré à i24 qu'il se sentait investi d'une "mission historique et spirituelle" et qu'il était "très" attaché à la vision d'un Grand Israël.
Le terme "Grand Israël" a été utilisé après la guerre des Six Jours de juin 1967 pour désigner Israël et les territoires qu'il venait de conquérir : Jérusalem-Est, la Cisjordanie, la bande de Gaza, la péninsule du Sinaï et le plateau du Golan.
L'expression a été utilisée par certains des premiers sionistes, dont Ze'ev Jabotinsky, précurseur du parti Likoud de Netanyahu, pour désigner l'Israël actuel, Gaza et la Cisjordanie, ainsi que la Jordanie actuelle.
Note du blog Christ Roi.
Sous la monarchie davidique de l'ancienne alliance, être en "communion" visible avec Jérusalem / Juda, la ville en chef / tribu d'Israël, le centre visible de la congrégation liturgique, était le signe d'être en pleine communion avec le peuple de Dieu.
Sous la nouvelle et dernière monarchie davidique de Jésus-Christ, être en communion visible avec Rome, l'Église en chef de l'Église, le centre visible de la congrégation liturgique, est un signe d'être en pleine communion avec le nouveau peuple de Dieu.
Dans la Septante (textes bibliques utilisés par les premiers chrétiens), le mot Ekklesia ne designe pas que l’Assemblée, il désigne le Qahal d’Israël (Cf. Deutéronome 4:10 et Néhemie 8:2, l'assemblée est le peuple élu de Dieu) qui s’avère être toujours structuré selon Dieu. De même sous la nouvelle alliance il y a une volonté du Christ d’organiser l’assemblée de Dieu autour d’une foi, d’un culte, d’une mission. Dans la Bible les changements de noms par Dieu ne sont pas anodins: Abram (Abraham), Jacob (Israël), Simon (Pierre).
En donnant le nom de rocher (Pierre) à Simon (Pierre) à Simon, Dieu lui remet une mission, il le charge de s’occuper du nouveau peuple élu comme écrit en Jean 21,15-17. Au plan spirituel, le projet du verus Israël, vrai Israël, est depuis 2000 ans l'Église catholique, dans le ciel et sur terre.
L'évolution politique de l’État d’Israël aujourd'hui devient inquiétante pour ses voisins et pour la paix dans le monde.
"Grand Israël", "mission historique et spirituelle"... des guerres mondiales ont été déclenchées pour ce type de raisons (voir le pangermanisme et l’aryanisme).
Le langage médiatique criminalise un État européen actuellement (la Russie) qui défend ses compatriotes assassinés dans une province voisine (8000 morts, dont des millier de civils dans le Dombass entre 2014 et 2022. Chiffres ONU). L’intervention militaire russe elle-même (jusqu’à présent limitée aux dites provinces culturelles russophones) est qualifiée d’"invasion". Imagine-t-on le président russe Vladimir Poutine dire se sentir investi d'une "mission historique et spirituelle" pour reconstituer "le grand empire russe" ?
L’État d’Israël parle de "Grand Israël". Le génocide à Gaza (où les gens meurent de faim chaque jour en raison du blocus israélien soutenu par les États-Unis bloquant l'aide internationale des ONG, eau potable, nourriture, vivres, abris, médicaments, et les activités des acteurs humanitaires essentiels) n'émeut personne (il faut bien qu’Israël s’agrandisse, ... aux dépens des autres ?!) La famine organisée ne les émeut pas moins. N’y a-t-il pas un deux poids deux mesures effroyable ?
N’est-il pas temps de se réveiller ?
La messe latine traditionnelle n’est pas seulement latine : elle est parsemée de gestes respectueux, de prières anciennes et de théologie tacite. Beaucoup ont disparu après les changements liturgiques des années 60.
Voici 5 petits mais profonds détails que le Novus Ordo a laissés derrière lui.
(1) Les Prières au pied de l'autel
La messe commence par le Psaume 42,4, ''J'avancerai jusqu'à l'autel de Dieu'', et le Confiteor. Le prêtre et les servants confessent leurs péchés, demandent l’aide de Dieu et reconnaissent leur indignité avant de monter à l’autel.
C'est de l'humilité sous forme rituelle.
(2) De multiples signes de croix
Le prêtre fait le signe de croix sur lui-même, sur les offrandes et sur les fidèles, soulignant ainsi la puissance de la Passion et scellant les prières au nom de la Trinité.
Chaque signe de croix est une mini-homélie sur le sacrifice et la bénédiction du Christ.
(3) Le dernier évangile
Avant la fin de la Messe, on lit Jean 1 : ''Au commencement était le Verbe.''
Cela encadre la messe avec le mystère de l'Incarnation, envoyant les fidèles en leur rappelant que le Christ est éternel et qu'
Il s'est fait chair pour notre salut.
(4) Canon silencieux
Du Sanctus au Notre Père, le prêtre prie dans un quasi-silence.
Ce silence signale qu'il se passe quelque chose qui dépasse l'entendement humain. Il invite à l'émerveillement, au calme et à la prière personnelle.
Le ciel rencontre la terre dans le Sacrifice.
(5) Les génuflexions avant chaque contact avec l'hostie
Avant et après avoir tenu l'Hostie sacrée, le prêtre fait une génuflexion.
Aucune manipulation désinvolte, juste une reconnaissance constante qu’il s’agit du véritable Corps du Christ, exigeant une révérence visible à chaque fois.
Ce n'étaient pas des ''extras'', c'était le langage de la révérence.
Les détails de la messe tridentine enseignaient la théologie sans mots.
Les perdre signifiait perdre les rappels quotidiens que la messe ne nous concerne pas nous.
C'est l'adoration de Dieu lui-même.
Source : Holden Cole
https://x.com/HoldenCCole/status/1954895230790205794
Hippolyte de Rome, originaire d’une famille patricienne d’Asie Mineure ou d’Alexandrie (Egypte) est né aux environs de 160–170. Il était le disciple d’Irénée, théologien réputé au IIe siècle, qu’il rencontra en Gaule vers 194.
Homme d’un grand savoir, grand travailleur, Hippolyte de Rome a été l’auteur de nombreuses œuvres exégétiques en grec, langue écrite des théologiens de son époque.
Pécheur repentant, Hippolyte (170-235) se fit baptiser puis ordonner prêtre. Il se rebella contre le pape Calixte à qu'il reprochait d'avoir relâché la discipline pénitentielle de l'Eglise. Il fut la cause d'un des premiers schismes de l'Église. Prenant plus tard conscience de son erreur, il eut le courage de le reconnaître.
Persécuté sous Maximin Ier (empereur 235-238) vers 235, il fut envoyé dans les mines de Sardaigne où il rencontra Saint Pontien. Ensemble, ils donnèrent leur démission et appelèrent les fidèles à l'unité avant de mourir martyrs.
Hippolyte rapporte qu'il eut une vision où un nouveau-né se serait révélé à lui comme le Logos.
Après saint Irénée, Hippolyte de Rome a posé le principe de la "tradition apostolique" (oeuvre connue grâce à la collection du SYNODOS de l'Église d'Alexandrie).
Un sanctuaire commémoratif de la victoire des Francs chevelus sur les Sarrasins à Bourland aurait été érigé il y a fort longtemps, au lieu de Bourland dans le département du Rhône sous le patronage de saint Hippolyte. On y venait en pèlerinage de toute la région, car on obtenait beaucoup de miracles par l’intercession du saint.
Une légende précise que ce succès excita la convoitise des gens du village voisin de Frontenas qui vinrent subrepticement enlever la statue, pour l’emporter chez eux ; mais dans la traversée du ruisseau du Merloux, la statue quitta les épaules de celui qui la portait pour regagner la chapelle.
Au cours des siècles, la chapelle primitive tomba en ruines. L’actuelle chapelle fut réédifiée en 1602 par Claude Meyssonnier, curé de Theizé. Des restaurations furent faites au XIXème siècle et récemment en 1974 et 2003.
Longtemps, on fêta au 13 août un autre saint Hippolyte, soldat romain du III° siècle converti par saint Laurent et que la tradition nous dit avoir été mis en pièces par des chevaux sauvages, sous l’empereur Valérien.
On adresse des prières à Saint Hippolyte pour le développement de la force physique. Il est le saint Patron des gardiens de prison.
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| Le martyre d'Hippolyte, Vies de saints, France, Paris, XIVe siècle |
Sur une statue d'Hippolyte de Rome trouvée en 1551 (image ci-dessus) on y trouve une liste de ses écrits dont la Tradition apostolique d'Hippolyte. Cette dernière nous a été conservée grâce à des traductions coptes, arabes et éthiopiennes ainsi que par le palimpseste de Verone (recueil latin du IVe siècle). La première partie traite de la consécration épiscopale, de la liturgie eucharistique et de la bénédiction. La seconde partie présente les lois et les règles en vigueur pour les laïcs. Et la troisième partie s'occupe des pratiques religieuses de l'Église.
L'Anaphore de Saint Hippolyte
Historiquement, il s'agit du premier texte complet de la prière de consécration qui nous soit parvenu complet. Écrit en grec, il a été l'objet de nombreux commentaires postérieurs et s'appuie sur une théologie assez précise :
« Nous te rendons grâces, Ô Dieu, par ton fils bien-aimé, Jésus Christ, que dans les derniers temps tu nous as envoyé comme sauveur et rédempteur et messager de ta volonté : il est ton Verbe inséparable, par lequel tu as tout créé et en qui tu t'es complu : que tu as envoyé du ciel dans le sein de la Vierge où il s'est incarné : qui est né du Saint Esprit et de la Vierge ; qui pour accomplir ta volonté t'as conquis un peuple saint, et a délivré par sa passion ceux qui ont cru en lui.
C'est lui qui en se livrant volontairement à la passion, pour vaincre la mort, pour rompre les liens du démon, fouler aux pieds l'Enfer, illuminer les justes, atteindre le terme et manifester la résurrection : prenant le pain et rendant grâces à Toi, il a dit "Prenez et mangez, ceci est mon corps offert pour vous. De même pour le calice disant : Ceci est mon sang répandu pour vous. Quand vous faites cela, vous le faites en mémoire de moi"
Nous souvenant donc de sa mort et de sa résurrection, nous t'offrons le pain et le calice en te rendant grâces, parce que tu as daigné nous permettre de nous présenter devant toi et d'accomplir notre ministère, et nous te demandons d'envoyer ton Esprit Saint sur l'oblation de la Sainte Eglise afin que nous puissions te louer, te glorifier par ton fils Jésus Christ, par qui est à toi gloire et honneur, au Père au fils et au Saint Esprit dans ta Sainte Eglise et maintenant et dans les siècles des siècles. Amen » (Clavis Patrum Græcorum 1870-1925).
Sources : 1; 2; 3 ; 4; 5 Jean Daniélou, L'Eglise des premiers temps, Points Histoire, Tours 1999, p. 108, 159.
Et si le salut ne consiste pas seulement à être sauvé, mais à devenir quelque chose de plus?
Voici l'ancien enseignement chrétien de la théose - Dieu est devenu l'homme afin que nous puissions devenir comme lui.
La théose signifie devenir "participants à la nature divine".
"[n]ous sont accordés les dons promis, ..., pour que, par eux, vous deveniez participants de la nature divine"
—2 Pierre 1: 4
Vous n'êtes pas appelé à simplement survivre au péché.
Vous êtes appelé à partager la vie de Dieu.
Ce n'est pas nouveau. L'église primitive l'a constamment enseigné.
"Dieu est devenu l'homme pour que l'homme devienne Dieu." Saint Athanase (4ème siècle)
Ils ne voulaient pas dire que nous devenons Dieu par nature, mais par grâce.
Adopté dans la famille divine.
Élevé par l'union avec le Christ.
Les sacrements sont la façon dont Dieu nous divinise.
Le baptême fait de vous une nouvelle créature.
L'eucharistie vous nourrit de la vie divine.
La confession guérit les blessures par la grâce.
La théose n'est pas seulement mystique - c'est sacramentel.
Ce n'est pas facultatif - c'est tout l'intérêt.
"Nous le savons, quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien, ... Ceux que, d’avance, il connaissait, il les a aussi destinés d’avance à être configurés à l’image de son Fils" Romains 8:29
Le salut ne consiste pas seulement à échapper de l'enfer.
Devenir saint.
Devenir comme le Christ.
Devenir des fils dans le fils.
Même les grands saints occidentaux l'ont enseigné.
"La seule vraie tristesse… est de pas devenir un saint." Léon Bloy
Contrairement à certains Pères orientaux qui mettent l'accent sur une transformation ontologique plus mystique (chez S. Grégoire de Nysse ou Maxime le Confesseur), les Pères occidentaux soulignent l'adoption filiale où l'homme partage la vie divine sans devenir Dieu par essence, par la grâce divine en la liant aux sacrements (baptême, eucharistie), moyens de l'union au Christ, moyens de la théose.
"Le Verbe de Dieu s'est fait homme, et le Fils de Dieu s'est fait Fils de l'homme, afin que l'homme, en recevant le Verbe et en recevant l'adoption, devienne fils de Dieu" (Saint Irénée de Lyon, IIe siècle, Contre les hérésies, IV 38,4)
Saint Cyprien de Carthage (200-258) met l'accent sur la participation à la vie divine à travers les sacrements, notamment le baptême et l'eucharistie, dans son traité De l'Unité de l'Église catholique, il parle de l'Église comme corps du Christ où les fidèles sont unis au Christ, et par conséquent, à la divinité.
Saint Hilaire de Poitiers (310-367) surnommé l'Athanase de l'Occident, développe la théose dans son De Trinitate 9,3 où il explique que l'Incarnation du Verbe permet à l'humanité d'être divinisée par l'union avec le Christ.
La théose est une participation mystique à la vie trinitaire, où l'homme est transformé par la grâce et adopté comme fils de Dieu (De Trinitate 1,18). Le baptême permet à l'homme de devenir "un avec le Christ" et de recevoir l'Esprit-Saint, lien de la déification. (De Trinitate 8,13). Saint Hilaire articule cette idée dans un cadre trinitaire rigoureux, en réponse aux hérésies ariennes.
Commentaire sur le Psaume 118 est l'autre texte où S. Hilaire relie la théose à la transformation spirituelle des fidèles par la grâce et la contemplation de Dieu.
Saint Ambroise de Milan (340-397) met l'accent sur la transformation spirituelle des chrétiens par les sacrements, qui les rendent participants de la nature divine, et évoque l'humanité du Christ comme pont vers la divinité. Dans De mysteriis 3,8 il décrit le baptême comme une incorporation au Christ, permettant à l'homme de devenir "temple de Dieu" et de partager la vie divine par la grâce.
Dans De Incarnationis dominicae sacramento (Sur le Mystère de l'Incarnation), il explique que le Christ, en assumant la nature humaine, a uni l'humanité à la divinité. Il écrit : "Le Verbe s'est fait chair pour que nous, par lui, puissions devenir participants de sa divinité." (De incarnationis, 6,54) Le Fils de Dieu devient homme pour que les hommes deviennent fils de Dieu.
Dans De sacramentis 4,5,23, il explique que l'Eucharistie transforme les fidèles en participants de la vie divine, car ils reçoivent le corps et le sang du Christ, qui les unissent à sa nature divine. L'homme ne devient pas Dieu par essence, mais participe à la vie divine par la grâce. Relevons chez S. Ambroise cette dimension ecclésiale de la théose : celle-ci se vit dans le cadre de l'Église, communauté des fidèles unis au Christ par les sacrements, corps du Christ où les chrétiens sont transformés ensemble.
Nous retrouvons la même idée chez S. Augustin. "Le Fils de Dieu s'est fait homme pour que nous puissions devenir des enfants de Dieu" (Saint Augustin, Sermon 192 Sur la Divinité)
"C'était un Dieu caché sous un homme visible, qui voulut par ce saint artifice rendre en quelque façon des dieux les hommes visibles à qui il parlait ; & qui de Fils de Dieu qu'il était, s'était fait Fils de l'homme, pour faire devenir les enfants des hommes enfants de Dieu.'' (Saint Augustin, Traités sur l'Évangile de Jean et son épître aux Parthes, traduits en français par Ph. Goibaud Du Bois sur l'édition des PP. Bénédictins de la Congrégation de S. Maur., J.-B. Coignard Paris 1700, traité 21, paragraphe 1)
[Autre traduction] "Qui sommes-nous? Que cherchons-nous à comprendre? ... le principe spirituel qui rend notre âme supérieure au monde est un don de ce Dieu miséricordieux qui a envoyé son Fils unique sur la terre, pour partager notre condition mortelle et nous faire entrer en possession de son immortalité. Il est notre maître et doit nous apprendre à ne point pécher : il sera notre défenseur, si, après avoir péché, nous confessons nos fautes et revenons au bien; ... en lui le Dieu se cachait et l’homme se montrait, pour faire des dieux avec de simples hommes; étant Fils de Dieu, il est devenu fils de l’homme, afin de rendre enfants de Dieu les enfants des hommes..." (Saint Augustin, Traité sur Saint Jean, épitre aux Parthes, livre 21, paragraphe 1, in Oeuvres complètes de Saint Augustin", Traduites pour la première fois, sous la direction de M. Poujoulat et de M. l'abbé Raulx, Bar-le-Duc, 1864-1872)
"Il s'est fait homme pour que nous puissions être divinisés. Factus est homo ut nos dii efficeremur" (Saint Athanase, De Incarnatione Verbi)
Ce n’est pas du vent oriental, c'est le catholicisme central.
Vous avez été fait pour plus qu'une amélioration morale.
Vous avez été fait pour être divinisé, uni à Dieu si intimement que sa vie traverse en vous.
Ce n'est pas une hérésie. C’est l’évangile.
Dieu est devenu l'homme, afin que l'homme puisse devenir comme Dieu.
La théose est votre destin.
Cf. Holden Cole
L'église Saint-Ferdinand, située dans le cœur historique de Naples, en Italie, a été le théâtre d'un événement que beaucoup qualifient déjà de miraculeux attribué à l’intercession de Saint Charbel, un ermite libanais dont la dévotion a transcendé les frontières.
Le 24 juillet, dans le cadre de sa mémoire liturgique, Monseigneur Pasquale Silvestri, curé de l'église napolitaine, a célébré une messe en l'honneur du saint à laquelle ont participé plus de 500 personnes, dont beaucoup étaient malades.
À la fin de l'Eucharistie, le prêtre procéda à l'onction des fidèles qui s'approchaient de l'autel avec de l'huile bénite, envoyée spécialement pour l'occasion par la Curie maronite de Rome. C'est alors qu'un événement inattendu se produisit.
La jarre s'est vidée - mais quelques minutes plus tard, elle a été retrouvée pleine, plus lourde qu'auparavant.
Le lendemain, les pèlerins ont déclaré qu'il transportait le parfum des Cèdres du Liban, liés à la patrie de St. Charbel. Le même matin, une femme de 20 ans déclara être guérie d’une cancer du sein "incurable".
La jarre est maintenant sécurisée pour examen par les autorités ecclésiastiques.
Source:
https://www.catholicnewsagency.com/news/265801/i-couldnt-believe-what-i-was-seeing-the-miracle-of-the-oil-of-st-charbel-in-a-naples-church
Via
Cedars and Saints
https://x.com/CedarsAndSaints/status/1954595962455761022?t=rzq9e-S6e2VAk-ykVIGYiw&s=19
Lire aussi:
Sainte Claire d'Assise, fondatrice (1194-1253)
Sainte Claire naquit à Assise, en Italie. Dès son enfance, on put admirer en elle un vif attrait pour la retraite, l'oraison, le mépris du monde, l'amour des pauvres et de la souffrance ; sous ses habits précieux, elle portait un cilice.
À l'âge de seize ans, fortement émue de la vie si sainte de François d'Assise, elle va lui confier son désir de se donner toute à Dieu. Le Saint la pénètre des flammes du divin amour, accepte de diriger sa vie, mais il exige des actes : Claire devra, revêtue d'un sac, parcourir la ville en mendiant son pain de porte en porte. Elle accomplit de grand cœur cet acte humiliant, et, peu de jours après, quitte les livrées du siècle, reçoit de François une rude tunique avec une corde pour lui ceindre les reins, et un voile grossier sur sa tête dépouillée de ses beaux cheveux.
Elle triomphe de la résistance de sa famille. Quelques jours après, sa sœur Agnès la supplie de l'agréer en sa compagnie, ce que Claire accepte avec joie, en rendant grâce au Ciel. « Morte ou vive, qu'on me ramène Agnès ! » s'écria le père, furieux à cette nouvelle ; mais Dieu fut le plus fort, et Agnès meurtrie, épuisée, put demeurer avec sa sœur. Leur mère, après la mort de son mari, et une de leurs sœurs, vinrent les rejoindre.
La communauté fut bientôt nombreuse et florissante ; on y vit pratiquer, sous la direction de sainte Claire, devenue, quoique jeune, une parfaite maîtresse de vie spirituelle, une pauvreté admirable, un détachement absolu, une obéissance sublime : l'amour de Dieu était l'âme de toutes ses vertus.
Claire dépassait toutes ses soeurs par sa mortification ; sa tunique était la plus rude, son cilice le plus terrible à la chair; des herbes sèches assaisonnées de cendre formaient sa nourriture ; pendant le Carême, elle ne prenait que du pain et de l'eau, trois fois la semaine seulement. Longtemps elle coucha sur la terre nue, ayant un morceau de bois pour oreiller.
Claire, supérieure, se regardait comme la dernière du couvent, éveillait ses sœurs, sonnait matines, allumait les lampes, balayait le monastère. Elle voulait qu'on vécût dans le couvent au jour le jour, sans fonds de terre, sans pensions et dans une clôture perpétuelle.
Claire est célèbre par l'expulsion des Sarrasins, qui, après avoir pillé la ville, voulaient piller le couvent. Elle pria Dieu, et une voix du Ciel cria : « Je vous ai gardées et je vous garderai toujours. » Claire, malade, se fit transporter à la porte du monastère, et, le ciboire en main, mit en fuite les ennemis.
Sa naissance au ciel eut lieu le 11 août 1253.
Saint Laurent de Rome, martyr à Rome sous l'empereur Valérien († 258).
Il y a peu de martyrs dont le nom soit aussi célèbre que celui de saint Laurent. Les plus illustres Pères latins ont employé leur éloquence pour le louer, et toute l'Eglise, dit saint Maxime de Turin.
Comme on le conduisait au supplice, Laurent, son diacre, suivait le pape Sixte II en pleurant : "Où allez-vous, mon père, disait-il, sans votre fils ? Où allez-vous, saint Pontife, sans votre diacre ? Jamais vous n'offriez le sacrifice sans que je vous servisse à l'autel. En quoi ai-je eu le malheur de vous déplaire ?"
Le saint Pape, ému, lui dit : "Je ne vous abandonne point, mon fils ; une épreuve plus pénible et une victoire plus glorieuse vous sont réservées ; vous me suivrez dans trois jours." Puis il lui ordonna de distribuer aux pauvres tous les trésors de l'Église, pour les soustraire aux persécuteurs: mission que Laurent accomplit avec joie.
Le préfet de Rome, à cette nouvelle, fit venir Laurent et lui demanda où étaient tous les trésors dont il avait la garde, car l'empereur en avait besoin pour l'entretien de ses troupes : "J'avoue, lui répondit le diacre, que notre Église est riche et que l'empereur n'a point de trésors aussi précieux qu'elle ; je vous en ferai voir une bonne partie, donnez-moi seulement un peu de temps pour tout disposer." Le préfet accorda trois jours de délai.
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| Le martyre de Saint-Laurent, de Pierre Paul Rubens |
Pendant ce temps, Laurent parcourut toute la ville pour chercher les pauvres nourris aux dépens de l'Église ; le troisième jour, il les réunit et les montra au préfet, en lui disant : "Voilà les trésors que je vous ai promis. J'y ajoute les perles et les pierres précieuses, ces vierges et ces veuves consacrées à Dieu ; l'Église n'a point d'autres richesses. - Comment oses-tu me jouer, malheureux ? dit le préfet ; est-ce ainsi que tu outrages en moi le pouvoir impérial ?" Puis il le fit déchirer à coups de fouets.
Laurent, après ce supplice, fut conduit en prison, où il guérit un aveugle et convertit l'officier de ses gardes, nommé Hippolyte. Rappelé au tribunal, il fut étendu sur un chevalet et torturé cruellement ; c'est alors qu'un soldat de la garde, nommé Romain, vit un Ange essuyer le sang et la sueur du martyr : "Vos tourments, dit Laurent au juge, sont pour moi une source de délices." Laurent fut ensuite rôti à petit feu sur un gril de fer, et quand il eut un côté tout brûlé : "Je suis assez rôti de ce côté, dit-il au juge en souriant ; faites-moi rôtir de l'autre." Bientôt, les yeux au Ciel, il rendit l'âme.
"Il est dit de Saint Laurent que le feu que Jésus-Christ allumait dans son cœur, amortissait par son activité le feu extérieur qui brûlait son corps. [...] Et il est dit encore de lui, qu'étant saintement enivré du Sang de Jésus-Christ, & qu'étant plein de la force & de la vie qu'il avait puisée dans l'Eucharistie, il devint non seulement invincible dans les tourments très cruels & très longs, mais même comme insensible, tant il était au-dessus des douleurs par sa foi & par son amour ; tant il était transformé en Jésus-Christ, dont la puissance s'était rendue maîtresse de l'infirmité de la chair. [...] Il en a été ainsi de tous les Martyrs, & principalement de ceux que Jésus-Christ a voulu rendre l'étonnement des persécuteurs, & la consolation de l'Église, qui apprenait par des tels exemples quel était le pouvoir de la grâce, & combien elle était supérieure à tout ce que la malice des hommes & la fureur des démons pouvaient inventer.
"[...] La grâce de Jésus-Christ nous soutient mais ne nous cache pas le fond de notre faiblesse. Elle nous inspire le courage, mais en nous faisant sentir qu'il vient d'elle & non pas de nous. (2 Co 4,7). [...] Les faibles qui avouent leur faiblesse, & qui désirent d'avoir plus de forcer & plus de courage, sont consolés par les vérités que S. Paul vient de nous enseigner. [...] Mais [...] ils doivent toujours se souvenir de S. Pierre, plein d'ardeur & de zèle, mais qui est trompé par la présence d'un sentiment qui lui cache sa faiblesse, qui s'endort au lieu de veiller & de prier avec Jésus-Christ, & qui s'expose à la tentation sans s'y être préparé par aucun des moyens légitimes. C'est sur l'exemple de Jésus-Christ qui est la force même, qu'ils doivent se régler, s'humilier & se prosterner avec lui; demander avec lui que le calice passe; l'accepter quand la nécessité les y contraint; souffrir en silence tout ce qui leur arrive; prier sans cesse, & même avec larmes, afin que la persévérance leur soit accordée; & bien se persuader qu'ils ne conserveront la grâce de Jésus-Christ que par des moyens semblables à ceux qu'il a employés pour la leur mériter : n'étant pas juste que ce qui a été le prix de son Sang, de ses opprobres, & de ses instantes prières, soit accordé à des personnes qui se contentent de la justice de leur cause, & de la gloire de souffrir pour elle, sans travailler à se conserver cet honneur par une humilité, un silence, une prière, qui aient quelque conformité avec les dispositions de Jésus-Christ.'' (Abbé Jacques-Joseph DUGUET, Explication du Mystère de la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ suivant la Concorde, volume 1, éd. Jacques Estienne et François Babuty, Paris 1728, rééd. Lightning Source Milton Keynes UK, p. 84-85; 95-97.)
Saint Laurent, 1618, Le Bernin, Florence, Offices, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 472-473.
Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 222;Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011.
Aucun saint marquant, aucune grande initiative religieuse n'avait surgi depuis la mort de S. Bernard (1153). Saint Dominique de Guzman naît dans la Vieille-Castille en 1170, dans une famille de la noblesse espagnole. Il a deux frères : Antoine, probablement mort durant la bataille tragique d'Alarcos contre les Maures en 1195, et Mamès, un homme contemplatif et saint qui se fit religieux et suivit Dominique.
Sa mère, Jeanne, avant sa naissance, a une vision étrange; il lui semble voir l'enfant qu'elle va mettre bientôt au monde sous la forme d'un petit chien tenant un flambeau dans sa gueule et prêt à répandre le feu sur la terre.
L'enfance de Dominique est marquée par plusieurs autres présages merveilleux.
Jeune étudiant, il vivait déjà comme un saint. Il avait chaque jour ses heures fixées pour la prière, et souvent il était ravi en Dieu. Il jeûnait presque toujours, ne buvait jamais de vin, dormait fort peu et n'avait d'autre lit que le plancher de sa chambre.
Un jour, ayant tout donné, il dit à une femme qui lui demandait de l'argent pour racheter son frère captif: "Je n'ai ni or ni argent; mais prenez-moi et offrez-moi aux Maures en échange de votre frère." La proposition héroïque ne fut pas acceptée, mais Dominique en eut le mérite. Dans une maladie très grave, causée par son travail et ses austérités, il fut guéri soudain par l'apparition de saint Jacques le Majeur, Apôtre (+44).
En 1203, Dominique, ayant dû venir en France avec son évêque Diègue (Diego d'Osma), découvre dans la région toulousaine, l'hérésie des "bons hommes", les Albigeois, qualifiés de "cathares" au XIXe siècle. Dominique logeait à Carcassonne et, discutant toute la nuit des vertus de la vraie foi avec son aubergiste, cathare, il le convertit.
L'hérésie cathare se composait d'un mélange de vieilles hérésies, comme la négation de l'Eucharistie et du baptême catholique, sur un fond de manichéisme asiatique importé en Europe par les marchands, les pèlerins et les missionnaires revenus des Croisades. Sa présence dans le sud de la France est attestée à partir de 1140. Selon son enseignement, l'univers est en proie à la lutte de deux principes également forts et également premiers : le bien et le mal. (Jean CHELINI, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, Pluriel, Millau 2012, p. 312.) Ce n'est pas Dieu qui a créé l'univers, c'est Satan. Toute réalité terrestre est marquée du signe du mal…
Le manichéisme qui avait été détruit par les arguments de S. Augustin à la fin de l'Antiquité, se présentait déjà au IVe siècle comme "une religion de la Lumière, une Eglise de la Justice, des Elus, des Justes, des Véridiques. [...] Mani (216-277) que les Latins et les Grecs ont appelé Manichée. […] Son enseignement était tout simplement la gnose de Marcion (que S. Polycarpe, le disciple de l'apôtre Jean, reconnut comme le "Fils aîné de Satan"), et de Basilide.
Le catharisme n'est pas original. Il insiste simplement avec une accentuation particulière sur un double principe du monde, l'existence d'un dieu bon et d'un dieu mauvais en conflit éternel et sur la réincarnation des âmes. (Etienne COUVERT, La Gnose universelle, De la Gnose à l'Oecuménisme, tome 3, Editions de Chiré, Chiré-en-Montreuil 1993, p. 14-15.) La Création tout entière est un mélange inextricable de bien et de mal. L'homme est divin, lumineux par l'âme, mais le corps, opaque, est porté vers le mal. Avec Mani, tout est simple... il faut aider le Bien contre le Mal, c'est-à-dire écarter de soi tout ce qui est matériel et diabolique.
Au IVe siècle, le manichéisme apparut comme une sorte d'anarchisme spirituel propre à désagréger tous les principes les plus solides de l'éthique et de la vie. "Sinistre, intolérante, pour laquelle chaque péché était mortel et qui condamnait la joie" (Emile GEBHART), l'hérésie manichéenne, dans son expansion, rencontra partout de terribles obstacles, récusée comme hérésie et persécutée. L'Inde, après quelques mois d'essais de pénétration s'en débarrassa. Elle fut également chassée de Chine. En Turquie, les Kirghiz, ces stricts musulmans éliminèrent le dualisme manichéen. (DANIEL-ROPS, Histoire de l'Eglise du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965, p. 402-403.)
"Les lucifériens, c'est-à-dire les adorateurs du diable, étaient manifestement une variété de cathares qui croyaient à l'existence des deux principes moteurs de l'univers." (Jean CHELINI, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, Pluriel, Millau 2012, p. 422.)
Aux yeux des cathares:
-Jésus est un ange dont la vie terrestre n'a été qu'une illusion, le Christ n'a pas eu à ressusciter. Ils nient la Sainte Trinité, l'Incarnation du Verbe, les sacrements, l'Enfer et le Purgatoire.
-La Vierge Marie était un pur esprit aux apparences humaines.
-La procréation, elle-même est criminelle : mettre un enfant au monde, c'est précipiter une nouvelle âme dans le royaume du Mal…
Toutefois, certains "parfaits" admettent les relations charnelles; condamnant seulement l'institution du contrat et du sacrement de mariage, ils en viennent à prôner la liberté sexuelle. Ils faisaient eux-mêmes profession de chasteté perpétuelle, fuyaient avec horreur les moindres occasions d’impureté ; et cependant ils admettaient dans leur société les concubines des Croyants et les faisaient participer à leurs rites les plus sacrés, même lorsqu’elles n’avaient aucune intention de s’amender.
Les "Croyants" eux-mêmes n’avaient aucun scrupule de conserver leurs maîtresses, tout en acceptant la direction des "Parfaits". On a dit que leurs doctrines rigoristes n’étaient qu’un masque sous lequel se dissimulaient les pires excès. Quiconque voulait être sauvé, devant se soumettre à la loi de la chasteté rigoureuse, le mari quittait la femme, la femme le mari, les parents abandonnaient les enfants, fuyaient un foyer domestique qui ne leur inspirait que de l’horreur ; car l’hérésie leur enseignait "que personne ne saurait se sauver en restant avec son père et sa mère. Il est inutile d’insister longuement sur les conséquences antisociales de la négation de la famille. Elle ne tend à rien moins qu’à supprimer l’élément essentiel de toute société (la famille), en faisant de l’ensemble de l’humanité une vaste congrégation religieuse sans recrutement et sans lendemain...
Les autres engagements que prenaient les hérétiques en entrant dans la secte, allaient à l’encontre des principes sociaux sur lesquels reposent les constitutions de tous les états. Ils promettaient, au jour de leur initiation, de ne prêter aucun serment et niaient les sanctions sociales. La pure doctrine cathare déniait absolument à la société le droit de punir. C’était l’un des liens les plus solides que les Manichéens détruisaient ainsi, et en le faisant, ils avaient l’apparence d'anarchistes. Récusant l'Eglise, la famille, la propriété et le serment d'homme à homme, les cathares nient les fondements de l'ordre social.
"Observant des rites initiatiques, obéissant à une hiérarchie secrète, ils présentent toutes les apparences d'une secte. Une secte qui contrevient ouvertement à la morale commune de l'époque". (Jean Sévillia, Historiquement correct, Pour en finir avec le passé unique, Perrin, Saint-Amand-Montrond 2003, p. 50-54).
Henry Charles Lea, dans son Histoire de l’Inquisition, quoique protestant et ennemi de la religion catholique, a vu que le nihilisme des Albigeois marquait un retour à la barbarie, tandis que la doctrine chrétienne représentait la civilisation et le progrès. La victoire des Albigeois, c’était le déchaînement du fanatisme le plus terrible puisqu’il faisait gloire à l’homme de se suicider et un devoir à la famille de se dissoudre ; en les combattant, l’Eglise catholique défendit, avec la vérité dont elle est dépositaire, la cause de la vie, du progrès, de la civilisation.
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Dominique de Guzman, profondément touché du triste état auquel l'hérésie avait réduit les provinces du Midi, décida de discuter en public et résolut de travailler dans ce pays au triomphe de la foi en proposant d'organiser des débats publics, des disputationes.
Diego et Dominique arrivèrent tous les deux dans la région de Montpellier au printemps 1206, où Dominique rencontra les légats cisterciens chargés de lutter contre l'hérésie. Devant leur découragement, l'évêque Diègue leur proposa de renvoyer équipages et bagages pour aller à pied prêcher humblement la foi catholique, priant, étudiant et discutant. Le prêche et la parole étaient les principales armes de cette bataille, mais il fallait y associer l'action et l'exemple. Sans escorte et sans argent, ils allaient à pied, mendiant leur pain de maison en maison.
Les dominicains, ordre des Prêcheurs ou des Frères prêcheurs qui se fondent alors, Dominique choisit de marcher pieds nus sur les chemins, sans argent, en bure, rivalisant d'austérité, pour aller discuter avec les représentants des "Bons Hommes", les "Purs" ou les "Parfaits" comme les Cathares se désignaient eux-mêmes, dans les salles de châteaux, sur les places publiques ou dans les églises.
Dominique et ses frères ont fait choix, pour leur communauté, de la règle de S. Augustin, qui donne comme but à la communauté d'"habiter ensemble dans l'unanimité, ne faisant qu'un coeur et qu'une âme en Dieu".
A Montréal en 1206, suite à la réunion où lors d’une ordalie ("jugement de Dieu"), le libellus rédigé par Dominique lui est arraché des mains par les hérétiques qui le plongent dans le feu trois fois et ressort intact : il y eut 150 conversions (une toile de Pedro Berruguete illustre cet épisode parfaitement attesté dans les chroniques); à Pamiers en 1207, le président du débat se convertit avec ses compagnons vaudois.
L'homme qui gouverne ses passions est maître de son monde. Il faut les commander ou en être esclave. Il vaut mieux être un marteau qu'une enclume.
Dominique avait, dès le début, donné à sa fondation ses buts précis : la vie évangélique et la prédication.
La réponse de Dominique à la crise des débuts du XIIIe siècle part d'abord d'une intuition simple, pour prêcher l'Évangile, il faut vivre selon l'Évangile. La communauté dominicaine sera donc au coeur des villes, les frères iront à l'Université et vivront de mendicité pour annoncer efficacement l'Évangile. Dominique veut aussi des frères pleinement insérés au coeur de l'Église puisque la crise médiévale est aussi une tentative de se passer de sa médiation pour accéder à l'Évangile.
Mais les cathares multiplient les attentats contre l’Eglise, ils pillent les églises et les monastères, persécutent les catholiques, massacrent les prêtres et les moines. Saint Dominique manque de se faire tuer : il voit les hommes embusqués, et chante le Veni Creator, hymne au Saint-Esprit. Les cathares sont sidérés. Plus tard, ils lui demandent :
"Qu’aurais-tu fait, si nous t’avions pris ? – Je vous aurais demandé de prolonger mon martyre en me coupant un à un tous les membres… – Pourquoi ? – Pour que je sois plus semblable à Jésus-Christ mourant sur la Croix afin de sauver vos âmes."
La nuit, on entend Dominique répéter "Seigneur, ayez pitié de votre peuple ! Seigneur, que vont devenir les pécheurs ?"
En 1207, ce chemin conduira Dominique jusqu’à la région de Fanjeaux, entre Carcassonne et Castelnaudary, où il s’établira dans l’œil du cyclone, arrachant à l’influence des prédicateurs pauvres et évangéliques les jeunes filles cathares de la noblesse locale qu’il installe à Prouille, en fondant ainsi une première communauté féminine de dames revenues dans l'Eglise, qui veulent mener une vie dévouée à la prière et à la pénitence dans la chasteté. Cette première communauté féminine deviendra en 1211 l'Abbaye Sainte-Marie de Prouille. Une communauté de frères se développe à côté du monastère: des fidèles s'offrent à leur tour pour la mission. C'est le moment où, au XIIIe siècle, l'Occident connaît un puissant mouvement spirituel, appelé évangélisme, qui prône une fidélité totale à l'Evangile, une pauvreté radicale et l'annonce par la parole et l'exemple de la Bonne Nouvelle.
En janvier 1208, la mission de Dominique est menacée à la suite de l'assassinat du légat du pape, Pierre de Castelnau, derrière lequel se dresse l'ombre menaçante de Raymond VI, comte de Toulouse, fief de l'hérésie. Les limites sont franchies. Le Languedoc est envahi par l'armée de Simon de Montfort: c'est la croisade des Albigeois, justifiée, non seulement par les doctrines subversives des Albigeois, et par les outrages de toutes sortes que depuis cent ans ils avaient accumulés contre les catholiques, mais aussi par ce meurtre qui frappait l’Eglise catholique tout entière dans la personne d’un légat du Saint-Siège. Les moines rentrent dans leurs abbayes, Arnaud regagne Cîteaux, maître Raoul est mort, et Diego est reparti en Espagne. Dominique reste seul dans la région. Il lui reste la communauté rassemblée dans le monastère de Prouille, aux environs de Fanjeaux. Il y resta jusqu'en 1214.
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Le grand apôtre du Saint Rosaire
Au printemps 1215, le fondateur de l'Ordre des Prêcheurs s'installe avec quelques frères à Toulouse.
Sentant son insuffisance pour évangéliser seul de si vastes contrées, narre deux siècles après le Bienheureux dominicain Alain de la Roche (1428-1475), c'est à cette époque qu'après avoir prié pour qu'elle l'aide à convertir les hérétiques albigeois, la Sainte Vierge lui apparut et lui enseigna définitivement, en lui ordonnant de la répandre, la dévotion du Rosaire (chapelets d'oraison) qui fut bientôt le plus terrible fléau de l'hérésie.
Affligé de ne pas pleinement parvenir à convaincre les Toulousains de revenir à la foi catholique, "un jour, brûlant de zèle et d'amertume, saint Dominique se retira seul dans une grotte de la forêt voisine, pour implorer plus intensément la puissante intercession de la Mère de Dieu. Aux prières, il ajoutait le jeûne et de rigoureuses mortifications corporelles. Dans cet état d'esprit, il avait adressé un triduum à Marie, implorant sur lui le châtiment des péchés des Toulousains, et il ne cessait de frapper son corps affaibli avec des ronces et des épines, jusqu'à ce que, la force manquant, il tombe épuisé." C'est alors que la Vierge Marie vint au secours du saint, lui apparaissant "avec le regard et les paroles les plus doux". Notre-Dame se présenta "couronnée et nommée Reine du Très Saint Rosaire, avec une Couronne de 150 joyaux : les 50 premiers sont les pierres blanches de l’Incarnation ; les 50 suivants sont les pierres violettes de la Passion de son Fils ; les 50 derniers sont les pierres étincelantes, semblables à des étoiles, de la Résurrection du Christ et de la Gloire des Saints." Et, enfin, l’exhortation : "Venez donc, prenez ce Rosaire et enseignez-le partout : je serai avec vous."
La récitation répétée de prières litaniques était apparue au IVe siècle; les ermites et les ascètes les matérialisaient par de petits cailloux qu'ils portaient dans un sac. En Occident, les petits cailloux furent bientôt remplacés par des graines séchées, passées dans un fil et réunies en couronne. Les laïcs récitaient 150 Pater en analogie avec les 150 psaumes de la prière monastique. Vers 1050, les dévots ajoutèrent les premiers mots de la salutation angélique aux Pater, et récitaient 150 Ave après les 150 Pater. L'ensemble des grains étaient appelés couronne de roses ou rosaire.
En 1213-1214, alors que S. Dominique prêchait en Espagne avec son frère Fra Bernardo, il fut enlevé par des pirates. La nuit de l'Annonciation de Marie (25 mars) une tempête détruisit le navire sur lequel ils étaient quand la Madone dit à Dominique que le seul salut à la mort pour l'équipage était de dire oui à sa Confrérie du Rosaire, donc les pirates avec les Dominicains à bord pour être les premiers membres.
Depuis, le Rosaire est devenu la prière la plus populaire pour combattre les hérésies et, au fil des décennies, l'une des prières catholiques les plus traditionnelles.
On reconnait traditionnellement quinze mystères divisés en trois catégories : les mystères joyeux, les mystères douloureux, et les mystères glorieux. Chaque catégorie comprend cinq mystères, correspondant aux cinq dizaines du chapelet. Ceci permet de réciter une fois en entier le chapelet pour chaque catégorie de mystère, et trois fois le chapelet pour faire tous les mystères joyeux, douloureux et glorieux- soit un rosaire entier, composé de 15 dizaines, ou 150 prières (150 étant le nombre des psaumes).
Désormais, lui, le grand marcheur qui sillonnait les routes du Lauragais va devenir le globe-trotter de l’Europe. Il avait déjà fait deux fois le trajet de l’Espagne au Danemark en passant par Rome, mais cette fois-ci il se dirigera à deux reprises vers Rome, fin 1215 et fin 1216. Il en reviendra avec une bulle d’approbation du pape Honorius III, datée du 22 décembre 1216. Désormais son ordre devient universel et il décide d’abandonner Toulouse, ses pas le conduiront vers Paris, Madrid, Salamanque, Bologne...
Personne ne peut le retenir, le plus déçu dans l’affaire sera son protecteur l’évêque Foulques : "ce fut contre la volonté du comte de Montfort, de l’archevêque de Narbonne, de l’évêque de Toulouse, de l’évêque de Toulouse, et le mien propre", dit-il pour justifier cet arrachement, "je sais ce que je fais !"
Parmi les miracles quotidiens que Dieu opérait en sa faveur, on rapporte que, dans ses voyages, la pluie tombait souvent autour de lui sans l'atteindre; qu'un jour, son sac et ses livres, étant tombés dans une rivière, furent repêchés plusieurs jours après, sans qu'on y vît aucune trace d'eau.
A l'occasion de l'ouverture le 11 novembre 1215 à Rome du IVe concile dans la basilique Saint-Jean-de-Latran en présence de quelques quatre cents évêques, Dominique fit le voyage de Rome pour obtenir l'approbation de l'Ordre des Frères-Prêcheurs. C'est là, alors qu'ils ne se connaissaient pas et ne se seraient pas rencontrés dans le tohu-bohu de ces quelques mille cinq cents personnes, qu'ils se reconnurent, s'embrassèrent comme deux frères et lièrent une amitié profonde qui dura jusqu'à la mort. S. Dominique rencontra François d'Assise, qu'il avait vu en songe. Dans cette vision, S. Dominique vit Jésus irrité contre le monde qui a perdu la foi et vit dans le péché. Pour l'apaiser la Vierge lui présente deux hommes dont la sainteté, lui dit-elle, est à même de racheter la mauvaise conduite des autres qui, par eux, retrouveront la voie de la vérité. Il se reconnaît dans l'un de ces hommes. Il se demande qui pourrait bien être l'autre qui a l'air d'un mendiant, vêtu d'une simple tunique de bure. Le lendemain, dans une église dont la tradition n'a pas conservé le nom, S. Dominique reconnaît, habillé comme il l'avait vu dans son extase, ce deuxième homme que la Vierge recommandait si chaleureusement au Christ. S. Dominique se serait précipité vers S. François et l'aurait serré dans ses bras en lui disant : "Vous êtes mon compagnon, vous marcherez avec moi, tenons-nous ensemble et nul ne pourra prévaloir contre nous."
Dominique opérait une multitude de miracles, ressuscitait les morts, et se disait: "le plus grand pécheur de l'univers".
La fondation de Prouille (1207) avait précédé de huit ans la création de la première communauté masculine à Toulouse (1215). A l'été 1217, Dominique envoie des frères à Paris pour étudier et établir un couvent placé sous le patronage de S. Jacques qui vaudra aux Dominicains français le surnom de Jacobins. D'autres partent pour l'Espagne ou pour l'Italie.
C'est lors du chapitre général de Bologne de 1220 que Dominique impose à ses frères prêcheurs le renoncement aux possessions et aux revenus, au profit d'un abandon à la providence divine. La même année 1220, des prêcheurs sont envoyés en Suède, en Angleterre, en Hongrie, au Danemark, en Pologne et peut-être aussi en Grèce.
Mais l'été 1221, Dominique, épuisé, tombe malade à Bologne et assure aux frères qu'il leur sera plus utile mort que vivant. Il meurt le 6 août 1221. Dès 1223, une enquête officielle sur sa sainteté et ses miracles recueille de nombreux témoignages à Bologne et dans la région toulousaine. Au terme du procès, Dominique est canonisé à Rieti le 3 juillet 1234. L'ordre s'étend sur l'Europe entière. Les provinces périphériques sont des bases d'action missionnaire pour les pays païens, musulmans, ou séparés de Rome. Dès le XIIIe siècle, des laïcs s'assemblent autour des couvents dominicains et franciscains.
En 1303, l'Ordre compte près de 10000 religieux. Il en compte 6000 aujourd'hui. Contemplation, étude et prédication sont les raisons de son succès. L'acharnement des dominicains à étudier pour comprendre, réfuter et témoigner explique aussi le succès des prêcheurs. C'est dans le public étudiant que les premiers frères ont cherché des vocations et ce fut en collaborant avec l'université de Paris qui naquit en leur temps, que les Dominicains ouvrirent de nouveaux chemins à l'intelligence de la foi. La scolastique s'offrait comme une méthode d'investigation du réel d'une extraordinaire fécondité.
Sa fête liturgique est fixée au 5 puis au 4 août. Elle est transférée au 8 août après Vatican II.
Postérité
La traduction en latin des auteurs grecs a eu lieu "non à la Renaissance mais aux siècles précédents par de pieux érudits monastiques. En effet, 'entre 1125 et 1200, une véritable vague de traduction vers le latin avait rendu accessibles les écrits grecs, une vague qui allait enfler encore au XIIIe siècle' (Grant, 1996, 23) - ce qui est largement attesté par les catalogues des bibliothèques monastiques survivantes, qui remontent jusqu'au XIIe siècle et révèlebt l'ampleur de leurs fonds en auteurs classiques. [...] L'essor de la science fut inséparable de la théologie chrétienne" (Rodney STARK, Faux Témoignages, Pour en finir avec les préjugés anticatholiques, Salvator, Paris 2019, p. 100-101.)
Au XIIIe siècle, on attendra de l'Ordre de S. Dominique une parole qui mène à Dieu mais qui fera droit à la raison comme l'enseignera S. Thomas d'Aquin (1225-1274) qui naîtra quatre ans après la disparition du fondateur (1221) et occupera une place particulière, à la fois comme un maître et un frère; l'Aquinate exercera son influence sur les universités de Paris, de Bologne et d'Oxford.
À partir de 1230, les œuvres d'Aristote, principales représentantes de la scolastique (philosophie développée et enseignée au "Moyen-Âge" dans les universités), sont traduites du grec en latin par le dominicain allemand Albert le Grand, véritable introducteur de la pensée du philosophe, et par Guillaume de Moerbeke, secrétaire de Thomas d'Aquin, et introduites dans les universités.
"La scolastique des XIIe et XIIIe siècles porte un esprit nouveau, celui des écoles avec leur intérêt pour la science, la philosophie. La tradition chrétienne est relue au prisme d'Aristote. La nature, le monde sont réinvestis, valorisés. Il existe une physique qui a ses lois propres, que l'on peut comprendre par la raison, sans avoir besoin de s'en référer à Dieu, et qui sert de base à un ordre politique naturel qui a lui aussi son autonomie, même s'il dépend en dernier ressort des normes divines." (Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 189.)
"Ce sont les érudits de l'Église qui, bien avant la Renaissance (au XIVe siècle), ont réintroduit les études classiques, en admettant qu'elles aient jamais été perdues." (Rodney STARK, Faux Témoignages, Pour en finir avec les préjugés anticatholiques, Salvator, Paris 2019, p. 88-89.)
"Aristote, Platon, Euclide, Sophocle, Aristophane et autres coryphées de l'enseignement et de la littérature classiques..., cet héritage avait été pleinement restauré bien avant la Renaissance, avec un développement clé : la traduction en latin des écrits de ces auteurs, étant donné que le grec n'était plus le langage intellectuel de la chrétienté... Ils ont été traduits non à la Renaissance, mais aux siècles précédents par de pieux érudits monastiques. En effet, entre 1125 et 1200, une véritable vague de traduction vers le latin avait rendu accessibles les écrits grecs, une vague qui allait enfler encore au XIIIe siècle, ce qui est largement attesté par les catalogues des bibliothèques monastiques survivantes, qui remontent jusqu'au XIIe siècle et révèlent l'ampleur de leur fonds en auteurs classiques." (Rodney STARK, Faux Témoignages, Pour en finir avec les préjugés anticatholiques, Salvator, Paris 2019, p. 99-100.)
"Dans un autre domaine, celui des grands centres artistiques qui utilise les innovations du langage pictural au service de sa vision du monde, (au XIVe siècle)... Rome est tout autant un centre des débuts de la Renaissance que Florence. (Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 187-188.)
Dans l'histoire de l'ordre dominicain, on trouvera des artistes comme Jean de Fiesole (1387-1455), dit Fra Angelico (le Frère Angélique), qui, même devenu prieur de sa communauté, continue d'exercer son ministère par la peinture; des grands prédicateurs comme Vincent Ferrier (1350-1419); des visionnaires comme Bartolomé de Las Casas (1484-1566), défenseur et protecteur des Indiens; ou des mystiques comme Rose de Lima (1586-1617), Patronne du Pérou, de l'Amérique du Sud et des Philippines.
En 1790, un décret révolutionnaire supprime les Dominicains. Ils ne renaissent en France qu'en 1850 grâce à la volonté d'Henri Lacordaire (1802-1861).
Plus tard, Marie-Joseph Lagrange, qui fondera à Jérusalem, l'Ecole pratique d'études bibliques (Ecole Biblique), et dont la cause en béatification est en cours à Rome, sera le "saint Thomas de la question biblique".
Aujourd'hui, l'actuelle province de Toulouse est l'héritière des anciennes provinces médiévales de Provence et de Toulouse. Elle a en héritage trois lieux historiques et spirituels importants pour l'Ordre : Fanjeaux (lieu de prédication de Dominique, fondation des moniales); Toulouse (fondation de la première communauté); et la Sainte-Baume, sanctuaire de sainte Marie-Madeleine où l'Ordre est présent depuis sept siècles.
L'Ordre de S. Dominique qui se maintient en France dans ses deux provinces, est en expansion aux Etats-Unis, en Afrique et en Asie.
Sources: (1);(2); (3); (4); (5) Jean CHELINI, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, Pluriel, Millau 2012; (6) Emile CHAVANT DE MALAN, Vie de S. François, Debécourt libraire-éditeur, 1841, p. 103. Cf aussi John MOORMAN'S, A History of the Franciscan Order, Franciscan Herald Press, 1988, p. 29, note 2, in Virgil TANASE, Saint François d'Assise, Gallimard Folio Biographies, Malesherbes 2015, p. 162-163; (7) 800e anniversaire : Qui sont les Dominicains ?, Revue La Nef, N° 274 – Octobre 2015; (8) Les Dominicains, 800 ans de prédication, in Histoire du Christianisme Magazine, bimestriel novembre - décembre 2015, n° 78, p. 30, 31; (9) F. FICARRA, Les Dominicains, éd. de Vecchi, Paris 2005; (10); (11) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 48.
L'Espagne installe une Croix au point culminant des Pyrénées, le Pic Aneto 3404 m. Vive le Christ Roi !
Spain installs a cross on the highest point of the Pyrenees mountains. Viva Christo Rey! pic.twitter.com/OqMFKvuDlZ
— Catholics for Catholics 🇺🇲 (@CforCatholics) August 7, 2025
Source: Catholic for Catholics
Suspendue à un hélicoptère à 3.400 m : les images spectaculaires de la réinstallation de la croix du plus haut sommet des Pyrénées
Le plus haut sommet des Pyrénées en Espagne, l'Aneto, a retrouvé sa croix à son pic le mercredi 6 août. Héliportée, elle a été réinstallée par Groupement de Secours et d'Intervention en Montagne espagnol et avait été descendue pour restauration il y a deux ans. En place depuis plus de 70 ans, la croix de l'Aneto était dégradée à cause des conditions climatiques difficiles des Pyrénées et des randonneurs.
Saint Gaétan, Patron des théatins, des chômeurs et demandeurs d'emploi
Gaétan est né à Vicence, qui faisait alors partie de la république de Venise. Ses parents étaient Gaspard, comte de Thiène, et Maria Porto.
Sa mère, très pieuse, l'encouragea dans la voie de la sainteté.
Comme nombre de jeunes gens de son milieu, il étudie le droit à Padoue et achève ses études à l'âge de 24 ans, en obtenant un diplôme de droit civil et de droit canon.
En 1506, son père le fit entrer dans la diplomatie vénitienne. Il fut envoyé à la cour du pape Jules II, où il travailla à la réconciliation du souverain pontife avec la république de Venise.
La mort de sa mère le rappelle à Vicence, où il fonde un hôpital pour les incurables. Le jeune diplomate est alors tout autant préoccupé par le soin des âmes que par celui des corps.
L'ordre des Théatins
Il décide de grouper autour de lui des personnes souhaitant partager l'idéal monastique avec un ministère actif. En 1513, la mort du pape Jules II lui permet de quitter la cour pontificale et de fonder un ordre fondé sur ces idéaux : l'oratoire de l'Amour divin. Gaétan fut ordonné prêtre en 1516 à l'âge de 36 ans, ce qui, pour l'époque est tardif. L'année suivante, au coeur du Saint Empire Romain Germanique, le moine augustin Martin Luther, tout autant conscient de la décadence de la cour pontificale et du clergé, publiait 95 thèses qui allaient être à l'origine du schisme protestant.
L'oratoire de l'Amour divin, sa nouvelle congrégation formée de de prêtres qui mèneraient, comme lui, une vie pauvre et austère, et s'engageraient à ne pas mendier pour eux, à soigner les malades, à répandre l'usage des sacrements parmi les laïcs et à ramener le clergé à ses devoirs, fut approuvé par Clément VII en 1524. L'un de ses compagnons, Giovanni Pietro Carafa (futur pape sous le nom de Paul IV), en fut le premier supérieur. Évêque de Chieti (qui se prononce Theate en latin), il est à l'origine du nom que la congrégation a porté par la suite. L'ordre des Théatins prit les apôtres pour modèles et contribua puissamment à la réforme des mœurs au XVIe siècle. Les premières maisons de la congrégation furent fondées à Naples en 1533 (basilique San Paolo Maggiore) et à Venise en 1540.
Après avoir subi de nombreuses difficultés en dépit du succès de ses fondations, Gaétan de Thiène meurt à Naples le 7 août 1547 à l'âge de 67 ans. Ses restes reposent à la basilique Saint-Paul-Majeur de Naples.
Gaétan de Thiène est béatifié en 1629 par le pape Urbain VIII et canonisé le 12 avril 1671 par le Pape Clément X, en même temps que Rose de Lima, François Borgia, Louis Bertrand et Philippe Benizi.
Sa fête est le 7 août.
Il est le patron des théatins, des chômeurs et demandeurs d'emploi. En Argentine, saint Gaétan est le patron des travailleurs. Tous les 7 août, à Buenos Aires, les abords de l'église Saint-Gaétan sont fréquentés par des centaines de personnes qui cherchent du travail. (1)
Mémoire de saint Gaétan de Thienne, prêtre, qui se consacra aux œuvres de charité, en particulier aux souffrants de maladie incurable, encouragea des associations pour la formation chrétienne des laïcs et, pour la réforme de l'Église, fonda une société de clercs réguliers, en engageant ses disciples à vivre à la manière des premiers Apôtres. Il mourut à Naples en 1547.
Martyrologe romain (2)
Kath.net, 05/08/2025
Le Cardinal Koch discute de l'avenir de l'œcuménisme sous le pontificat de Léon XIV, des réactions orthodoxes à "Fiducia supplicans", de la primauté papale, de la synodalité et des évolutions possibles de la liturgie extraordinaire.
Entretien avec Michael Hesemann sur kath.net
(Traduction du texte en langue allemande en français)
Vatican (kath.net) "Nous partageons de nombreux points communs avec les Églises orthodoxes orientales et orthodoxes en termes de foi et de compréhension de l'Église. La question centrale est celle de la fonction pétrinienne. Là aussi, c'est un bon point de départ, car les orthodoxes reconnaissent une hiérarchie d'évêchés dans laquelle Rome occupe la première place. La question reste cependant ouverte : quels sont les pouvoirs de l'évêque de Rome ? S'agit-il d'une primauté purement honorifique, ou y est-il associé à des devoirs et des droits ?" C'est ce qu'a déclaré le cardinal Kurt Koch dans une interview accordée à kath.net. Où en est le dialogue œcuménique après le pontificat du pape François ? Comment évoluera-t-il sous Léon XIV ? Michael Hesemann a abordé ces questions et d'autres avec le cardinal Kurt Koch, préfet du Dicastère pour la promotion de l'unité des chrétiens et donc "commissaire œcuménique" du Saint-Père. Le cardinal d'origine suisse est préfet du Dicastère pour la promotion de l'unité des chrétiens depuis 2010. Auparavant, il a été évêque de Bâle à partir de 1996 et président de la Conférence épiscopale suisse de 2007 à 2009. Il est l'auteur de nombreux ouvrages.
Michael Hesemann : Éminence, les deux premières rencontres du pape Léon avec le chef honoraire de l'orthodoxie, le patriarche de Constantinople Bartholomée Ier, et la visite papale prévue en Turquie pour le 1700e anniversaire du concile de Nicée, remettent au premier plan l'œcuménisme, le dialogue et la réconciliation avec les Églises orientales. Mais avant de nous tourner vers le pape Léon, revenons sur le dernier pontificat, celui du pape François. Qu'a apporté ce pontificat à l'œcuménisme ? Quels progrès ont été réalisés sur les questions œcuméniques ?
Cardinal Koch : Deux aspects du pape François méritent particulièrement d’être soulignés. Premièrement, ses rencontres directes avec les représentants d’autres Églises. Il utilisait toujours la triple formule : "Marcher ensemble, prier ensemble, travailler ensemble". C’était primordial pour lui, tout comme ses relations amicales avec les autres Églises chrétiennes.
Deuxièmement, il y a ce qu'il appelle "l'œcuménisme du sang", une expression qu'il a inventée à la suite du pape Jean-Paul II. La conviction qui sous-tend ce concept est qu'il existe aujourd'hui de nombreux martyrs, et que toutes les Églises chrétiennes ont leurs martyrs. Les chrétiens ne sont pas persécutés parce qu'ils sont catholiques, orthodoxes ou protestants, mais parce qu'ils sont chrétiens. Le sang des martyrs nous unit, il ne nous divise pas.
Le pape François y a beaucoup insisté. Il m'a dit un jour, avec humour et sérieux : "Ne pensez-vous pas aussi que les persécuteurs des chrétiens ont une meilleure vision œcuménique que nous ? Parce qu'ils savent que nous sommes un." Je pense que c'était très important pour lui.
Hesemann : L’œcuménisme a progressé à tel point que, par exemple, le pape copte Tawadros a reçu le pape François en audience place Saint-Pierre. Cependant, le document "Fiducia supplicans" a représenté un léger recul. Comment évaluez-vous cela ? Quelles pourraient être les implications pour le nouveau pontificat ? Faut-il relativiser le document "Fiducia supplicans" ou comment surmonter cet obstacle ?
Cardinal Koch : La situation était effectivement difficile. L'année dernière, nous avons pu revenir sur vingt ans de dialogue œcuménique avec les Églises orthodoxes orientales. L'Assemblée plénière de janvier devait discuter de Marie et de la dévotion mariale. Cependant, les Églises orientales souhaitaient discuter exclusivement de "Fiducia supplicans". J'ai tenté d'inviter le cardinal Fernández [l'auteur du document. Ndlr.], mais la session plénière de son dicastère a rendu cela impossible. Il s'est ensuite rendu au Caire et s'est entretenu personnellement avec le patriarche. Nous avons alors décidé d'organiser des réunions séparées au début de cette année : uniquement avec les catholiques et les Orientaux. J'attends maintenant les rapports dans l'espoir de pouvoir reprendre le dialogue.
Concernant "Fiducia supplicans", le Dicastère pour la Doctrine de la Foi est responsable. Des réserves importantes ont également été exprimées du côté catholique, notamment de la part des évêques africains. Ils considèrent "Fiducia supplicans" comme non seulement en relation avec les relations homosexuelles, mais aussi avec d'autres relations non canoniques, notamment la polygamie, qu'ils jugent absolument inacceptable.
Hesemann : Une conférence s'est récemment tenue à Vienne, où la question du prétendu Grand Schisme de 1054 entre les Églises orthodoxe et catholique a été abordée. S'agissait-il d'un schisme, ou plutôt d'un approfondissement de la séparation ? Quel commentaire en feriez-vous ?
Cardinal Koch : Il faut partir du principe que les excommunications de 1054 n’étaient pas des excommunications des Églises. Le cardinal Humbert de Silva Candida a excommunié le patriarche Michel, et le patriarche a excommunié le cardinal. Selon la croyance catholique, les excommunications prennent fin avec la mort des personnes concernées. Il ne s’agissait donc pas d’une excommunication des Églises en tant que telle. Cela a peut-être été quelque peu mal compris en 1965, lorsque le pape Paul VI et le patriarche Athénagoras ont relégué les excommunications de 1054 aux oubliettes historiques. En ce sens, on ne peut pas parler de schisme. Je partage la conviction du professeur Larentzakis de Graz, et le patriarche Bartholomée l’a également mentionné dans son discours de bienvenue à Vienne.
Hesemann : Comment surmonter cette aliénation ?
Cardinal Koch : En apprenant à se connaître personnellement, surtout lorsque l’on est profondément catholique ou orthodoxe, c’est-à-dire dans la liturgie. C’est une loi fondamentale de la psychologie de l’apprentissage que les émotions ne peuvent être surmontées par la seule information, aussi précieuse soit-elle. Cela nécessite une expérience émotionnelle positive, notamment la prise de conscience que les deux parties sont chrétiennes et aiment le Christ. C’est pourquoi le dialogue d’amour est essentiel pour apprendre à se connaître plus profondément.
Hesemann : Dans son discours aux Églises orientales, le pape Léon XIII a souligné l’importance de la diversité liturgique. Il existe également une certaine diversité au sein de la tradition catholique romaine, notamment l’"ancienne" messe tridentine et la messe régulière postconciliaire, le Novus Ordo. Le pape François était notoirement hostile à l’ancienne messe tridentine et l’a sévèrement restreinte. Pensez-vous que le pape Léon XIII sera plus ouvert à cet égard et pourrait également se montrer plus inclusif envers les adeptes de la liturgie traditionnelle ?
Cardinal Koch : Je n’en ai pas parlé au pape Léon et je ne veux pas susciter de faux espoirs. Personnellement, je serais ravi que nous trouvions une solution. Le pape Benoît XVI a montré la voie en étant convaincu qu’une pratique séculaire ne peut être simplement interdite. Cela m’a convaincu. Le pape François a opté pour une approche très restrictive à cet égard. Il serait certainement souhaitable de rouvrir la porte, aujourd’hui close.
Hesemann : En 2025, outre le Jubilé de Nicée, un autre événement important aura lieu : la célébration commune de Pâques, qui n'a lieu que tous les deux ou trois ans. Le pape François a déclaré à plusieurs reprises qu'il envisageait une avancée vers une date commune de Pâques. Pensez-vous que le pape Léon poursuivra dans cette voie ? Quel est votre avis personnel à ce sujet ?
Cardinal Koch : Le Concile Vatican II a déjà déclaré dans une annexe à la constitution liturgique "Sacrosanctum Concilium" que l’Église catholique était ouverte à cette question et prendrait une décision si toutes les autres Églises chrétiennes étaient d’accord. Le pape François a maintenu cette position, et le pape Léon XIV s’est également exprimé dans ce sens. Ma principale préoccupation est que nous recherchions une date commune, mais que cela ne provoque pas de nouvelles divisions au sein des Églises et de la communauté œcuménique. Il serait souhaitable et important de trouver une date commune pour Pâques, mais seulement si cela n’entraîne pas de nouvelles divisions.
Hesemann : Le pape Léon a déjà parlé de synodalité dans son premier discours sur la loggia de la basilique Saint-Pierre – un terme que nous connaissons bien dans les Églises orthodoxes. Les Allemands l’associent à leur "chemin synodal", ce qui n’est certainement pas ce que voulait dire le pape Léon. Pouvez-vous expliquer à nos lecteurs la différence entre la synodalité, telle que la comprend le pape Léon, et le "chemin synodal" des évêques allemands ?
Cardinal Koch : Le pape Léon lui-même a fourni la clé dans son discours lorsqu’il a déclaré être un disciple de saint Augustin, c’est-à-dire un augustinien. Lors de son ordination épiscopale, Augustin a utilisé cette phrase pertinente : "Avec vous, je suis chrétien, pour vous, je suis évêque." Tout le concept de synodalité réside dans cette tension entre "être avec vous" par le baptême et "être pour vous" par l’ordination.
La synodalité ne s'oppose pas à la hiérarchie ; au contraire, les deux sont interdépendantes. Il n'y a pas de synodalité sans primauté, et pas de primauté sans synodalité. Le pape François a toujours souligné que la synodalité n'est pas du parlementarisme. Le prototype de la synodalité est l'Esprit Saint. Le pape Léon poursuivra dans cette voie. Dans son discours, il a également précisé que sa préoccupation première est une Église missionnaire et donc synodale. Car la synodalité est au service de la mission.
Hesemann : Décririez-vous le pape Léon XIV comme un ami de l’orthodoxie ?
Cardinal Koch : Oui, on peut le dire. Cela transparaît également dans son discours aux Églises catholiques orientales. Il entretient un lien profond avec le monde oriental. Ce qu’il a dit des Églises catholiques orientales s’applique également aux Églises orthodoxes orientales.
Hesemann : Où en sommes-nous sur le chemin de la communion avec les différentes Églises orthodoxes ? Dans certains cas, comme en Arménie, des expériences similaires ont déjà eu lieu. Où en sommes-nous actuellement ?
Cardinal Koch : Nous partageons de nombreux points communs avec les Églises orthodoxes orientales et orientales en termes de foi et de conception de l’Église. La question centrale est celle de la primauté de Pierre. Là aussi, c’est un bon point de départ, car les orthodoxes reconnaissent une hiérarchie d’évêchés, Rome étant au sommet. La question reste ouverte : quels sont les pouvoirs de l’évêque de Rome ? S’agit-il d’une primauté purement honorifique, ou y est-il associé à des devoirs et des droits ? En 1995, le pape Jean-Paul II a invité toutes les Églises chrétiennes à développer conjointement une pratique de la primauté afin que la primauté de Pierre ne soit plus un obstacle, mais plutôt une aide sur le chemin de l’unité. L’année dernière, notre dicastère a publié un document sur ce sujet, qui a été distribué à toutes les Églises chrétiennes. Dès que nous aurons reçu les réponses, nous en établirons une synthèse et discuterons avec le pape Léon XIV de la marche à suivre.
Hesemann : Les orthodoxes ne sont pas toujours d’accord entre eux, par exemple sur la primauté de l’honneur. Quel impact cela a-t-il sur le dialogue avec Rome ?
Cardinal Koch : C’est effectivement un problème majeur. Alors que nous recherchons l’unité avec les orthodoxes, de nouvelles divisions apparaissent au sein de l’orthodoxie, par exemple concernant la déclaration d’autocéphalie de l’Église orthodoxe en Ukraine. Cette question est controversée au sein de l’orthodoxie. Cependant, il est crucial pour notre dialogue œcuménique que nous le menions conjointement avec toutes les Églises orthodoxes canoniques, comme le souhaitent ces dernières.
Hesemann : Quelles sont, selon vous, les chances que Rome puisse agir comme médiateur dans les divisions au sein de l’Orthodoxie ?
Cardinal Koch : Ce n’est pas facile. Même avant la guerre en Ukraine, les relations entre Moscou et Constantinople étaient difficiles. La guerre a rendu la situation encore plus difficile. Rome ne peut jouer un rôle de médiateur que si les différentes parties au conflit le souhaitent. Pour l’instant, cela ne semble pas être le cas.
Hesemann : Quel est l’état de l’œcuménisme chez les protestants, notamment en Allemagne ?
Cardinal Koch : Nous ne menons pas de dialogue au niveau national ; cela relève de la compétence des conférences épiscopales. Notre dialogue se déroule avec des fédérations mondiales, comme la Fédération luthérienne mondiale. Le luthéranisme en Allemagne est un cas particulier. Il existe l'Église évangélique luthérienne unie (VELKD), elle-même membre de l'EKD. Si la VELKD s'appuie sur la Confession d'Augsbourg, celle-ci ne fait pas partie des fondements confessionnels de l'EKD. Il y a également le Comité national de la Fédération luthérienne mondiale. Nous entamons actuellement une nouvelle phase de dialogue avec la Fédération luthérienne mondiale, dans l'espoir qu'une lecture commune de la Confession d'Augsbourg nous permettra de progresser vers une compréhension plus juste de la conception de l'Église.
Hesemann : Merci, Votre Éminence !
Michael Hesemann est historien et auteur de plusieurs ouvrages sur l'histoire de l'Église et la spiritualité.
Malgré sa bonne réputation, Charles Martel, vainqueur des Arabes à Poitiers, fut aussi un grand amateur des biens d'Eglise dont il s'emparait par personnes interposées, en nommant des abbés de monastères et des évêques qui partageaient avec lui les revenus ecclésiastiques. Pépin le Bref, son fils, voulut réformer cette manière de faire et il nomma comme évêque de Reims Abel, moine de l'abbaye de Lobbes en Belgique (diocèse de Liège).
Abel était d'origine écossaise ou irlandaise. On ignore les circonstances qui le déterminèrent à quitter son pays natal et dans quelle province il passa ses premières années. Peut-être était-il un de ces évêques missionnaires qui venaient encore alors, quoique en moindre nombre, évangéliser les peuples du nord des Gaules et de la Germanie. Cette conjecture parâit assez vraisemblable lorsqu’on considère ses relations avec saint Boniface, apôtre de la Germanie, le lieu où il se retira et le genre de vie qu’il embrassa quand il dut quitter son siège de Reims.
L'évêque destitué, Milon de Trèves, lui rendit la vie impossible d'autant que Pépin de Bref était fort occupé à guerroyer.
Au bout de trois ans, lassé, saint Abel se retira dans son monastère. Il donna à l'Eglise sa prière pour compenser ce qu'il ne pouvait lui donner par son ministère épiscopal.
Après avoir édifié ces religieux par l’éclat de ses vertus et procuré un très-grand bien aux âmes, il mourut paisiblement, le 5 août.
Au rapport des historiens, saint Abel était un homme doué de toutes les vertus, très-versé dans les saintes Écritures et dans d’autres sciences sacrées, un pasteur plein de sollicitude et d’activité, dont la sainteté est reconnue par une foule de témoignages. Son nom se trouve dans plusieurs anciens martyrologes. La dissertation du bollandiste Pinius sur sa vie a été reproduite par Ghesquiere, dans les Acta SS. Belgii, t. VI, p. 353.