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Christ Roi

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28 novembre 2025 5 28 /11 /novembre /2025 19:21
Prière œcuménique à Iznik: Nicée invite les chrétiens à s’unir face à la violence

Durant l'été 325 après J.-C., plus de 300 évêques se réunirent à Nicée — située dans le nord de la Turquie actuelle — pour promulguer un credo chrétien commun, régler les différends christologiques nés de l'hérésie arienne et promouvoir l'unité de l'Église.

 

Lors du concile, les évêques ont établi la formulation initiale du Credo de Nicée, profession de foi encore récitée lors de la messe catholique, des liturgies orthodoxes et de certains offices protestants. Ce concile a également rejeté les affirmations ariennes hérétiques selon lesquelles le Christ était une créature dépourvue de nature divine éternelle et a au contraire confirmé que le Fils est engendré de Dieu du Père avant tous les siècles. Saint Athanase, l'un des plus fervents opposants à l'arianisme lors du concile et après celui-ci, écrivit dans son Premier Discours contre les Ariens, au milieu du IVe siècle, que "les Écritures proclament l'éternité du Fils". Athanase note, par exemple, que l'Évangile selon saint Jean 1 déclare qu'"AU COMMENCEMENT était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu." Il cite également le chapitre 8 du même Évangile dans lequel le Christ déclare : "Avant qu'Abraham fût, JE SUIS", invoquant le nom divin utilisé par Dieu pour indiquer son éternité lorsqu'il est apparu à Moïse sous la forme du buisson ardent. (Exode 3,14

 

"Le Seigneur lui-même dit : “Je suis la Vérité”, non pas “Je suis devenu la Vérité”, mais toujours : “Je suis – Je suis le Berger – Je suis la Lumière” – et encore : “Ne m’appelez-vous pas Seigneur et Maître ? Et vous m’appelez à juste titre, car tel je suis”, écrivait Athanase. Qui, entendant un tel langage de la part de Dieu, de la Sagesse et du Verbe du Père parlant de lui-même, hésitera encore sur la vérité et ne croira pas immédiatement que dans l’expression “Je suis”, il est signifié que le Fils est éternel et sans commencement ?" 

 

Athanase avait également averti que la position d'Arius "menaçait la vérité centrale du christianisme selon laquelle Dieu s'est fait homme pour notre salut".

 

"Ce concile représente une étape fondamentale dans le  développement du credo partagé par toutes les Églises et les communautés ecclésiales", a déclaré le pape Léon XIV il y a deux semaines , à l’occasion du 1700e anniversaire.

 

Ni le concile ni le credo ne furent adoptés universellement et immédiatement. Thomas Clemmons, professeur d'histoire de l'Église à l'Université catholique d'Amérique, remarqua que l'adoption fut plus rapide à l'Est, mais plus lente à l'Ouest. Le conflit entre les Ariens et les défenseurs du concile de Nicée resta tendu pendant le demi-siècle suivant, certains empereurs soutenant le credo et d'autres l'arianisme. Finalement, comme l'a dit Clemmons, le credo "convainc les gens sur plusieurs décennies, mais sans l'application impériale à laquelle on pourrait s'attendre". Constantin s'était converti au christianisme plus de dix ans avant le concile, mais il ne fut baptisé que quelques instants avant sa mort en 337. Ce ne sera qu'en 380 que l'empereur Théodose déclarera le christianisme nicéen religion officielle de l'Empire romain. Un an plus tard, lors du premier concile de Constantinople (en 381), l'Église réaffirma le concile de Nicée et actualisa le Credo de Nicée en y ajoutant des passages relatifs au Saint-Esprit et à l'Église. [1]

 

Aux côtés de Bartholomée Ier et des patriarches et représentants des Églises, le Pape Léon XIV a commémoré dans la prière le 1700e anniversaire du Concile de Nicée sur les vestiges de la basilique Saint-Néophyte, dans l’actuel ville d’Iznik. Dans son discours, le Saint-Père a appelé à rejeter avec force "toute forme de fondamentalisme et de fanatisme" religieux, et à œuvrer pour la fraternité, le dialogue et la collaboration.[2]

Cf. https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2025-11/voyage-apostolique-turquie-pape-leon-priere-oecumenique-iznik.html

Cf. https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2025-11/voyage-apostolique-turquie-pape-leon-priere-oecumenique-iznik.html

Lire la Déclaration conjointe

 

Contrairement à la basilique Saint-Néophyte, détruite par un tremblement de terre en 740 et engloutie par les eaux du lac d’Iznik, l’héritage du premier concile œcuménique de l’histoire de l’Église a su traverser les siècles. 1700 ans plus tard, son Credo a été récité en chœur sur les lieux même où il a été formulé pour la première fois, par les chefs des Églises et les représentants des communautés chrétiennes mondiales, ce vendredi 28 novembre.

 

Près des vestiges archéologiques de l’ancienne basilique byzantine, à 130 km au sud-est d'Istanbul, et dans un silence solennel conféré par l’historicité de l’instant, le Pape Léon XIV et le patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomée Ier ont prié aux côtés de leurs frères chrétiens devant les icônes représentant le Christ et les participants du Concile. 

 

Parmi les patriarches présents, ceux du patriarcat syriaque orthodoxe d’Antioche et de tout l’Orient, du patriarcat copte-orthodoxe d’Alexandrie, du patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem, du patriarcat grec-orthodoxe d’Antioche et de tout l’Orient mais aussi les représentants de l’Église apostolique arménienne. Sans oublier le monde protestant, avec la Communion anglicane, la Fédération luthérienne mondiale, l’Alliance évangélique mondiale ou la Conférence mennoniste mondiale. Toutes ces voix ont énoncé à l'unisson le Credo de Nicée-Constantinople, sans prononcer le Filioque.

Rencontre de prière œcuménique à Iznik, ancienne Nicée, le vendredi 28 novembre 2025.

Rencontre de prière œcuménique à Iznik, ancienne Nicée, le vendredi 28 novembre 2025.

"Nous sommes profondément émus que vous ayez tous répondu positivement à notre humble invitation à honorer, à travers ce pèlerinage commun, la mémoire et l'héritage du premier concile œcuménique qui s'est tenu ici à Nicée il y a dix-sept cents ans", a déclaré dans son discours de bienvenue Bartholomée Ier. "Nous ne sommes pas réunis ici simplement pour nous souvenir du passé ou pour réfléchir uniquement à l'histoire" a précisé le chef de l’Église orthodoxe de Constantinople, à l’origine de l’initiative. "Nous sommes ici pour témoigner de la même foi que celle exprimée par les Pères de Nicée". Convoqués par l’empereur romain Constantin Ier, les Pères du Concile se réunirent en 325 dans l’actuelle ville d’Iznik pour condamner l’arianisme et proclamer la foi dans le salut en Jésus-Christ et dans le Dieu unique, Père, Fils et Saint-Esprit. "Nous revenons à cette source de la foi chrétienne afin d'aller de l'avant", a souligné le patriarche.

Après la lecture de l’Évangile selon saint Jean, le Pape a prononcé son discours en anglais. "En cette période dramatique à bien des égards, où les personnes sont soumises à d’innombrables menaces contre leur dignité, le 1700e anniversaire du premier Concile de Nicée est une précieuse occasion pour nous demander qui est Jésus-Christ dans la vie des femmes et des hommes d’aujourd’hui, qui est-Il pour chacun de nous", a souligné le Saint-Père. "Cette question, a poursuivi Léon XIV, interpelle tout particulièrement les chrétiens qui risquent de réduire Jésus-Christ à une sorte de chef charismatique ou de surhomme, une déformation qui conduit en définitive à la tristesse et à la confusion".

"En niant la divinité du Christ, Arius l’avait réduit à un simple intermédiaire entre Dieu et les êtres humains, ignorant la réalité de l’Incarnation, de sorte que le divin et l’humain restaient irrémédiablement séparés", a expliqué le Saint-Père. "Mais si Dieu ne s’est pas fait homme, comment les mortels peuvent-ils participer à sa vie immortelle? C’était l’enjeu à Nicée et c’est l’enjeu aujourd’hui: la foi en Dieu qui, en Jésus-Christ, s’est fait comme nous pour nous rendre 'participants de la nature divine'".

 

Unis en Jésus-Christ

 

"Cette confession de foi christologique revêt une importance fondamentale dans la marche des chrétiens vers la pleine communion", a souligné le Saint-Père, tout en précisant que celle-ci est partagée par toutes les Églises et communautés chrétiennes dans le monde, y compris celles qui n’utilisent pas le Credo de Nicée-Constantinople dans leurs liturgies. Le Pape augustin a poursuivi son discours en citant son père spirituel, l’évêque d'Hippone: 'nous pouvons dire que "bien que nous chrétiens soyons nombreux, dans l'unique Christ, nous sommes un'" (Exposition sur le Psaume 127). [D'où Léon XIV a tiré sa devise: "In Illo uno unum", "En Celui qui est Un, nous ne faisons qu'un" ou "En Lui, nous sommes un".]

 

"Partant de la conscience que nous sommes déjà unis par ce lien profond", l’Évêque de Rome a invité chacun à "surmonter le scandale des divisions qui malheureusement existent encore, et à nourrir le désir de l’unité pour laquelle le Seigneur Jésus a prié et donné sa vie". "Plus nous sommes réconciliés, plus nous, chrétiens, pouvons rendre un témoignage crédible à l’Évangile de Jésus-Christ, qui est une annonce d’espérance pour tous, un message de paix et de fraternité universelle dépassant les frontières de nos communautés et de nos nations", a assuré Léon XIV, faisant siens les mots prononcés par son prédécesseur argentin lors d’une session plénière du conseil pontifical pour la Promotion de l’unité des chrétiens le 6 mai 2022.

 

Réconcilier l’humanité, rejeter le fanatisme religieux

 

Mais ce désir d’une pleine communion entre tous les croyants en Jésus-Christ dépasse le monde chrétien. Il s’accompagne "toujours de la recherche de la fraternité entre tous les êtres humains", martèle Léon XIV. "Dans le Credo de Nicée, nous professons notre foi 'en un seul Dieu, le Père'; cependant, il ne serait pas possible d’invoquer Dieu comme Père si nous refusions de reconnaître comme frères et sœurs les autres hommes et femmes, eux aussi créés à l’image de Dieu" (Gn 1,27). Si la fraternité et la sororité universelles transcendent les différences ethniques, culturelles ou religieuses, les religions "sont dépositaires de cette vérité et devraient encourager les personnes, les groupes humains et les peuples à la reconnaître et à la pratiquer".

"L’utilisation de la religion pour justifier la guerre et la violence, comme toute forme de fondamentalisme et de fanatisme, doit être rejetée avec force, tandis que les voies à suivre sont celles de la rencontre fraternelle, du dialogue et de la collaboration", a encore exhorté le Pape. Le Saint-Père a conclu son discours en s’en remettant à Dieu: "Que Dieu le Père, tout-puissant et miséricordieux, écoute la prière fervente que nous Lui adressons aujourd’hui et qu’Il accorde à cet anniversaire important de porter des fruits abondants de réconciliation, d’unité et de paix". 

D’une même voix, les représentants des Églises et communautés chrétiennes professent le Symbole de Nicée-Constantinople, là où il a été institué il y a 1700 ans. KTOTV

Cf. KTOTV

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Sources

 

[1] https://www.catholicnewsagency.com/news/264539/the-council-of-nicaea-1700-years-of-christian-unity-amid-division

[2] https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2025-11/voyage-apostolique-turquie-pape-leon-priere-oecumenique-iznik.html

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Lire aussi:

In Unitate Fidei: Léon XIV exhorte les chrétiens à dépasser les querelles théologiques dépassées

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