Source : PRO LITURGIA, Lundi 16/3/2015 : C’est la plus ancienne représentation connue de la Vierge Marie ; elle se trouve dans les catacombes romaines et date du milieu du IIe siècle
Infos tirées de deux articles que j'ai réalisés en 2005 pour "Christ-Roi.net" et augmentés de quelques informations supplémentaires :
* Quand les antiques catacombes de Rome prouvent que le catholicisme est le vrai christianisme
"On appelle ainsi les antiques galeries souterraines creusées par les chrétiens des trois premiers siècles dans la campagne de Rome, et qui leur servaient à la fois de cimetières et de refuge durant les persécutions." (Mgr de Ségur, Causeries sur le protestantisme d'aujourd'hui, Libraie Saint-Joseph, Tolra libraire-éditeur, Rennes 1894.)
On dénombre une quarantaine de catacombes autour de Rome. Elles furent construites le long des voies romaines comme l'Appia, l'Ostiense, la Labicana, la Tiburtina, et la Nomentana. Plus de 500.000 chrétiens sont enterrés dans ces catacombes, dont des dizaines de martyrs et 16 pontifes. [1]
"Tout homme qui s'occupe sérieusement de l'étude des choses anciennes, des origines du christianisme, des écrits des Pères, est habitué à retrouver dans ces témoins des siècles antiques les preuves répétées de l'unité parfaite de la foi et de la religion chrétienne, depuis les temps apostoliques jusqu'à nos jours. La papauté, la hiérarchie catholique, le sacerdoce, le sacrifice de la messe avec la présence réelle, la confession, le culte de la sainte Vierge, des Saints, des reliques, la prière pour les morts, en un mot tout ce que nous contestent les sectes hérétiques, trouvent dans ces monuments aussi authentiques que vénérables une pleine justification." (Mgr de Ségur, ibid.)
Les fouilles opérées depuis vingt ans dans les catacombes de Rome produisent journellement de nouveaux témoignages à l'appui, et les savants protestants qui viennent visiter la capitale du monde chrétien reconnaissent à la fois l'authenticité incontestable et l'importance religieuse de ces découvertes. Inscriptions, peintures, monuments, etc., tout y rappelle les formes de notre culte, tout retrace nos croyances.
Dans toutes les Catacombes de Rome, de Syracuse et de Naples, on retrouve des sculptures représentant le Bon Pasteur, représentant un berger portant sur ses épaules une brebis : c’est le symbole du prêtre ramenant le pêcheur repentant.
La crypte des papes est certainement l'endroit le plus important. Définit aussi comme «le petit Vatican", ce site contient les restes d'au moins cinq Papes martyrs qui furent ensuite canonisés.
Les catacombes de San Sebastiano sont très similaires aux catacombes de San Callisto (Saint Calixte). Elles présentent quatre niveaux de profondeur, et à l’intérieur sont encore bien visibles certaines peintures qui remontent à la première période du Christianisme, des stucs, des graffitis et des mosaïques. La partie centrale de notre itinéraire est la Basilique de San Sebastiano, une des sept destinations de pèlerinage à Rome.
L’église est en style baroque. Dans la première chapelle à gauche se trouve une statue en marbre poli projetée par Le Bernin, mais réalisée par Antonio Giorgetti et qui représente Saint Sébastien percé de flèches. A côté de la statue, à travers une rampe on accède à la crypte où se trouvent les restes du Saint conservés dans une urne. Dans la chapelle de l’abside de droite, sont conservées d’autres reliques saintes: une pierre qui porte une empreinte attribuée à Jésus Christ (quand il rencontra Saint Pierre qui fuyait Rome); des flèches dont on dit qu’elles aurait transpercé Saint Sébastien, la colonne à la quelle il fut attaché et les mains de Saint Calixte et de Saint André.
Une fois quitté l’Appia Antica, on se dirige vers la via Ardeatina pour nous rendre à notre troisième étape: les catacombes de Santa Domitilla (aussi appelées des Saints Nérée et Achillée).
Ces catacombes, pas très distantes des précédentes, sont parmi les plus anciennes et vastes. Elles comprennent 15 km de galléries souterraines disposées sur quatre niveaux. Elles sont très bien conservées et comptent plus de 150.000 sépultures.
A travers une rampe réalisée en âge moderne, on accède à une petite basilique consacrée aux Saints Nérée et Achillée. Martyrisés sous Dioclétien, les corps furent déposés dans une crypte que le Pape Damase transforma en lieu de culte à la fin du IV siècle.
La Basilique possède une structure à trois nefs séparées par deux files de quatre colonnes. Dans l’autel majeur, on peut admirer la seule colonne restée intacte, décorée avec une représentation de la décapitation d’Achillée, un monument très rare de l’art chrétien. Dans le même endroit se trouve la tombe de Santa Petronilla (Sainte-Pétronille) et derrière l’abside il y a un passage avec une fresque figurant la Sainte.
A partir du nef gauche on accède à une partie très ancienne (deuxième moitié du II siècle): il s’agit des tombes de certains membres de la famille des Flavi Aureli. Cette partie, à l’origine hypogée païen privée, a aussi accueilli au cours du III siècle des sépultures chrétiennes, décorées avec des scènes des Saintes Écritures. Aux étages supérieurs on tombe sur une petite chambre avec une peinture qui remonte à la fin du III siècle après. J.-C. où est représenté le mythe païen d’Amour et Psychè.
Au niveau inférieur, de particulier intérêt, une chambre avec une fresque du III siècle qui représente le Christ Bon Pasteur.
Enfin on rejoins la région dite « della Madonna » (de la Madone) où l’on peut admirer des peintures du III et du IV siècle, parmi lesquels se distingue celle figurant les quatre Mages s’approchant de la Vierge à l’Enfant. Parmi les plus belles tombes, celle avec les fresques du IV siècle figurant Saint Pierre et Saint Paul aux deux côtés de la sombre et spectrale image de la défunte. En autre, si on se met à genoux sous la voûte de la tombe, on peut découvrir une très ancienne peinture du Dernier Dîner.
Les peintures à caractère marial (Adoration des mages, Vierge à l'enfant) dans les catacombes sont un discret témoignage de la place de Marie dans le culte primitif.
1. L'adoration des Mages:
Dans l'arc central de la "chapelle grecque" des catacombes de Priscille à Rome, datant de l'an 180 environ, la Vierge apparaît dans une attitude majestueuse, assise, dans l'acte de présenter son divin fils à l'adoration des mages.[2]
Catacombe de Priscilla. Vierge à l'enfant avec un prophète pointant une étoile. IIe siècle. (wikipedia.org, http://it.wikipedia.org/wiki/File:Madonna_catacomb.jpg )
2. La Vierge avec l'enfant:
La peinture est située dans un des plus anciens noyaux de la catacombe et on peut le situer vers l'an 210.
La Vierge est représentée avec l'enfant dans les bras; à sa droite il y a un prophète, qui montre une étoile sur le chef du divin enfant; un peu plus loin est représentée la scène du bon Berger qui porte un mouton sur les épaules dans un milieu paradisiaque.
Il est probable que la scène de la Vierge avec l'enfant fasse en même temps allusion à la prophétie d'Isaїe 7,14 sur la Vierge qui enfantera un fils et à la prophétie de Balaam sur l' "étoile qui se lèvera de Jacob" (Nm 24,17). [3]
Dans le cadre du cimetière, les deux peintures donnent vie à une scène de salut: le Christ, annoncé par le prophète, fils de la Vierge Mère est le bon berger qui sauve; mais quelques auteurs observent qu'on ne peut pas exclure à priori qu'avec l'acte de foi dans le Christ qui sauve, la scène suggère aussi la confiance dans l'intercession de la mère du Rédempteur pour implorer le salut éternel aux morts. [4]
Notes
[1] Italia.it
[2] P. TESTINI, Le catacombe e gli antichi cimiteri cristiani in Roma, Cappellli ed., Bologna 1966, 288.
[4] S. MAGGIO, Come arricchire la catechesi mariana degli adulti leggendo le testimonianze mariane dei primi due secoli, in AA. VV., La Madonna nella vita pastorale, Las, Roma 1982, 143.
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