« Je recommande à mon fils s’il avait le malheur de devenir Roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, [...] qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les Lois, mais en même temps qu’un Roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile. » (Testament de Louis XVI)
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"Voici un argument frappant en faveur du catholicisme que j'ai découvert récemment dans le livre de Franco SERAFINI, Un cardiologue rencontre Jésus: Les miracles eucharistiques à l'épreuve de la science' (Artège 2025), traduit de l'italien au français, d'un cardiologue, spécialiste du cœur et de biochimie, qui a examiné et rapporté certains miracles eucharistiques récents, les mieux attestés, qui ont fait l'objet d'investigations par la science moderne.
Franco SERAFINI, Un Cardiologue rencontre Jésus, Les miracles eucharistiques à l'épreuve de la foi, Artège 2025
Ce que nous montre SERAFINI, c'est que dans les miracles eucharistiques où le groupe sanguin a été examiné, dans les cas de Lanciano et de Tixtla, c'était du groupe sanguin de type AB sur l'hostie. Et il en est de même pour les tests scientifiques qui ont été réalisés sur les objets comme le linceul de Turin, la Tunique d'Argenteuil et le Suaire d'Oviedo. À la fois sur ces trois objets médiévaux et sur les deux miracles eucharistiques où le groupe sanguin a été analysé, on retrouve à chaque fois du sang AB. Donc cela fait au total cinq objets indépendants où l'on retrouve du sang AB lors d'analyses scientifiques.
Or, l'argument stastistique est intéressant: la probabilité d'être du sang AB pour une personne sur terre est de 5%. Vous avez une chance sur vingt d'être de sang AB, c'est le groupe sanguin le plus rare sur terre. Et la probabilité d'obtenir cinq fois de suite du groupe sanguin AB sur des objets indépendants, en mathématiques, c'est une chance sur vingt, le tout à la puissance 5 : soit une chance sur 3 million deux cent mille.
Conclusion: c'est hyper improbable d'obtenir cinq fois de suite sur cinq objets différents du groupe sanguin de type AB.
En outre les groupes sanguin ont été découverts en 1902. Avant 1902, personne ne connaissait l'existence des groupes sanguins, et donc personne n'aurait pu trafiquer quoique ce soit, falsifier à la fois le linceul de Turin, le Suaire d'Oviedo, la Tunique d'Argenteuil et le miracle de Lanciano en essayant de mettre dessus du groupe sanguin AB, parce que personne ne connaissait les groupes sanguins à l'époque. C'eut été impossible de falsifier tout cela et de tomber comme par hasard sur du sang AB.
Et donc une chance sur 3 million deux cents mille, c'est immensément improbable. La probabilité d'être foudroyé par la foudre et d'en mourir est estimée à une chance sur 80 000.
Cet argument statistique est donc un argument puissant pour montrer que ces différents objets de groupe sanguin AB proviennent bien d'une seule et même personne, dont le groupe sanguin est AB et cette personne, c'est Jésus-Christ." (Fin de citation)
Des études utilisant l'IRMf et l'EEG montrent qu'une prière régulière et concentrée active le cortex préfrontal, la région du cerveau responsable de la concentration, de la discipline et de la régulation émotionnelle.
Elle réduit également l'activité dans les zones liées au stress et à la peur, ce qui peut expliquer pourquoi la prière à long terme est associée à une meilleure santé mentale, à la guérison des traumatismes et à la maîtrise de soi.
Sources :
-Newberg et al. (Neuroscience of Religious Experience) ;
-Schjoedt et al. (2009), études de l'université de Pennsylvanie.
Les protestants demandent : "Pourquoi passer par des saints, Marie, ou un prêtre ? Pourquoi pas aller directement à Jésus ?" Ce sont des objections communes. Répondons-y de front, avec les Écritures et la foi des chrétiens historiques.
Première vérité : nous allons directement au Christ. Puisqu'il dit : "Venez à moi" (Matthieu 11:28). "Avançons-nous donc avec assurance vers le Trône de la grâce" (Hébreux 4:16). Chaque chrétien peut et doit prier Jésus.
Mais l'Écriture commande aussi les prières d'intercession : "J’encourage, avant tout, à faire des demandes, des prières, des intercessions et des actions de grâce pour tous les hommes" (1 Timothée 2:1). Paul supplie : "Je vous exhorte, frères ... à soutenir mon combat en priant Dieu pour moi" (Romains 15:30). Demander la prière est biblique.
Et le Corps du Christ ne s'arrête pas à la mort. Nous sommes "venus ...vers les esprits des justes amenés à la perfection" (Hébreux 12:22-23). Les Anciens du ciel tiennent une cithare et des coupes d’or pleines de parfums qui sont les prières des saints (Apocalypse 5:8).
Les anges les portent avec un encensoir d'or et quantité de parfums pour les offrir avec les prières de tous les saints, sur l’autel d’or qui est devant le Trône. (Apocalypse 8:3-4; Tobie 12:12).
L'intercession de Marie fonctionne de la même manière. À Cana, elle indique à propos du Christ : "Tout ce qu'il vous dira, faites-le" (Jean 2:5). L'Écriture dit : "Toutes les générations me diront bienheureuse" (Luc 1:48). L'honorer, c'est obéir aux Écritures.
Pourquoi des bergers, et pas seulement un livre ? Jésus a dit : "Sois le pasteur de mes brebis" (Jean 21:15-17). Il nomma des apôtres et des pasteurs "pour l'édification du corps du Christ" (Éphésiens 4:11-13). L'Écriture elle-même dit qu'elle peut être déformée par des gens qui torturent son sens (2 Pierre 3:16).
L'Église est "le pilier et le fondement de la vérité" (1 Timothée 3:15). On nous dit de "tenir les traditions... soit par la parole, soit ... par écrit" (2 Thessaloniciens 2:15). L'Écriture et l'Église vivante sont inséparables.
Pourquoi se confesser à un prêtre ? Parce que Jésus a donné à ses apôtres cette autorité : "À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus" (Jean 20:23). Jacques dit : "L'un de vous est malade ? Qu’il appelle les Anciens en fonction dans l’Église. ... Confessez donc vos péchés les uns aux autres, et priez les uns pour les autres afin d’être guéris. La supplication du juste agit avec beaucoup de force." (Jacques 5:14-16).
Bien sûr, nous nous confessons à Dieu (Psaume 51 (50)). Mais le Christ a confié à ses ministres d'agir comme instruments de Sa miséricorde (Matthieu 9:8). Les deux sont commandés : la prière directe à Dieu et la confession sacramentelle.
Les premiers chrétiens le confirment. Irénée : la vraie foi est préservée par la succession apostolique. "Comme il serait trop long, dans un ouvrage tel que celui-ci, d'énumérer les successions de toutes les Églises, nous prendrons seulement l'une d'entre elles, l'Église très grande, très ancienne et connue de tous, que les deux très glorieux apôtres Pierre et Paul fondèrent et établirent à Rome; en montrant que la Tradition qu'elle tient des apôtres et la foi qu'elle annonce aux hommes sont parvenues jusqu'à nous par des successions d'évêques, nous confondrons tous ceux qui, de quelque manière que ce soit, ou par infatuation, ou par vaine gloire, ou par aveuglement et erreur doctrinale, constituent des groupements illégitimes : car avec cette Église, en raison de son origine plus excellente, doit nécessairement s'accorder toute Église, c'est-à-dire les fidèles de partout, — elle en qui toujours, au bénéfice de ces gens de partout, a été conservée la Tradition qui vient des apôtres." (Contre les hérésies 3). Cyprien : "Il ne peut pas avoir Dieu pour Père qui n'a pas l'Eglise pour mère".
Augustin a prié pour sa mère Monique après sa mort (Confessions 9). Chrysostome a prêché que les prières des fidèles aident les défunts (Homélie sur Philippiens 3). L'intercession à travers la vie et la mort est ancienne.
C'est la communion des saints : un seul Corps en Christ (1 Corinthiens 12,12-27), inséparable même par la mort (Romains 8:38-39). Nous "portons les fardeaux les uns des autres" (Galates 6:2) - sur la terre et dans le ciel.
Donc ... les chrétiens historiques ne "remplacent" pas le Christ par des saints, Marie ou des prêtres. Nous allons à Jésus avec toute la famille de la foi, sur la terre et dans le ciel, de la manière qu'il a lui-même établie.
C'est pourquoi Jésus a laissé une Église - pas seulement un livre. Il nous a donné des bergers, des sacrements et une communion qui couvre le ciel et la terre. Tout autre don réduirait Son œuvre salvatrice, au lieu de la rendre plus grande.
Si vous vous demandez : "Pourquoi pas seulement moi et Jésus ?" Sachez qu'Il vous appelle dans Son Corps, l'Eglise. Demandez les prières d'un ami (1 Timothée 2:1). Demandez aux saints devant Son trône (Apocalypse 5:8). Et surtout, allez hardiment vers Lui (Hébreux 4:16).
Sacristain à Ancône, en Italie, on ne connaît Constant qu'à travers des Dialogues laissés par S. Grégoire le Grand. Constant était un sacristain de l'église Saint-Étienne d'Ancône (Italie).
Homme de grande foi, prenant à la lettre "la foi peut déplacer des montagnes", un jour qu'il n'avait plus d'huile pour ses lampes d'autel, il y mit de l'eau et pria. Les mèches brûlèrent toute la journée, comme si c'eût été de l'huile.
Lampe gallo-romaine à huile chrisme - reproduction
Dans les Marches, au Ve siècle, commémoraison de saint Constance, sacristain de l’église d’Ancône, plus illustre encore par son humilité que par ses miracles. (Martyrologe romain)
L'exorciste du diocèse de Rome, le père Gabriele Amorth, a réussi à obtenir, au cours de ses innombrables exorcismes, des aveux liés à l'adoration eucharistique. Ces mots, arrachés aux démons, révèlent l'extraordinaire pouvoir de la présence du Saint Sacrement.
Voici ces phrases :
• « Le voilà, caché dans ce pain blanc ! Mais il ne nous est pas caché ; nous le voyons et sa lumière nous brûle. C'est comme un feu qu'on ne peut éteindre ! »
• « Ce morceau de pain n'est pas que du pain. C'est Lui, le même qui nous a chassés du ciel ! Nous le détestons, mais nous ne pouvons pas nous en approcher ! »
• « Si les êtres humains savaient qui existe réellement, le monde entier s’agenouillerait et nous serions vaincus à jamais ! »
• « Chaque minute passée devant Lui nous ôte nos forces. Il nous force à fuir comme des lâches ! »
• « Le lieu où ils le vénèrent est rempli d'anges. On ne peut pas y entrer, même avec nos pièges ! »
• « Lorsque vous l’adorez, il fortifie vos âmes et détruit tout ce que nous avons fait dans vos vies. »
• « Une heure devant Lui nous arrache les âmes que nous avions piégées pendant des années. C'est comme une grande guerre contre nous, et nous la perdons toujours ! »
• « L'Heure Sainte emplit vos foyers et vos familles de lumière. Nous ne supportons pas cette lumière, elle nous aveugle ! »
• « Quand l'Heure Sainte est faite pour les pécheurs, ils reçoivent Sa miséricorde et nos chaînes sont brisées. C'est une condamnation pour nous ! »
• « Ces heures de silence devant Lui sont comme un coup de marteau qui nous frappe à la tête. Impossible de te résister ! »
• « Quand ils le regardent, ils ne disent rien, mais Il agit dans leur cœur.
« Cela nous détruit de l’intérieur ! »
• « Le silence devant Lui est plus puissant que mille paroles. Il les comble de grâce et les rend invincibles ! »
• « Chaque instant d'adoration offert par les âmes du purgatoire les libère. Ces actes sont comme des épées qui coupent nos chaînes ! »
• « Les âmes qu’Il libère prennent du terrain et nous ne pouvons pas le reprendre ! »
• « Lorsqu'ils offrent leur adoration aux morts, nous perdons et ils gagnent Sa lumière. C'est insupportable ! »
• « Arrêtez ces cultes de la réparation ! Chaque acte commis devant Lui détruit ce que nous avons construit au prix de tant de travail. »
• « Lorsqu'ils se rachètent pour leurs jurons et leurs sacrilèges, ils nous affaiblissent plus qu'ils ne peuvent l'imaginer »
• « Le culte restaurateur est un poison pour nous. C'est comme s'ils détruisaient tout ce que nous faisons dans leur âme ! »
• « Ceux qui passent du temps en sa présence sont protégés ! C'est comme s'ils avaient construit une barrière de feu autour d'eux. On ne peut pas les atteindre facilement ! »
• « Chaque fois que l'un de vous le regarde avec foi, nous recevons une punition qui nous fait plus mal que mille chaînes »
• « Quand quelqu'un l'adore de tout son cœur, il nous enlève ce qui nous appartient. Il nous rend humbles à chaque fois ! »
• « Ces prières devant le Saint-Sacrement pour les pécheurs sont notre ruine. Ils reçoivent sa miséricorde et se repentent, et cela détruit nos pièges ! »
• « Quand vous priez pour les perdus devant Lui, Il vous montre Son amour et brise nos chaînes. C'est un désastre pour nous ! »
• « Adorer les pécheurs nous laisse impuissants face à eux. Il les couvre de son sang et nous ne pouvons plus les toucher ! »
• « Ça nous brûle, ça nous brûle ! » « Cette lumière qui rayonne du Saint-Sacrement est comme un feu qui ne s'éteint jamais. »
• « Il est vivant là-bas et on ne le supporte pas. Son regard nous détruit. »
• « Chaque barre consacrée est un supplice pour nous. Elle est là, et nous ne pouvons pas l'approcher ! »
• « Les âmes qui se consacrent à l'Adoration sont comme des épées qui nous transpercent. Impossible de le vaincre ! »
• « Ces petits groupes qui l'adorent sont plus puissants que nos armées entières »
• « Une heure avec Lui vaut plus que des milliers de prières qui n'incluent pas Sa présence »
• « L’adoration du Saint-Sacrement est comme la pluie qui éteint les incendies que nous avons allumés dans le monde. »
• « Ces actes d’adoration apportent la paix sur terre.
Cinq livres scientifiques écrits par des scientifiques protestants qui restaurent magistralement la compréhension catholique traditionnelle de Genèse 1 à 11
Par : Bruce W. Walters, MD
La plupart, sinon la totalité, des institutions académiques catholiques contemporaines, y compris les séminaires, enseignent une version de la théorie du "Big Bang" pour la création et l'évolution (ou "évolution théiste") comme origine de la vie et des différentes espèces. Cela implique le rejet de l'histoire littérale de la création relatée dans les chapitres 1 à 11 de la Genèse. Cet enseignement, selon lequel la Sainte Bible se serait trompée sur ce sujet, ouvre la voie à la discussion d'autres "erreurs" possibles dans les Écritures, que la "science moderne" aurait soi-disant révélées – par exemple, le remplacement des strictes mœurs sexuelles bibliques par des "perspectives modernes" plus souples issues de la "psychologie moderne". Cette substitution généralisée – d'une science erronée à une véritable théologie intemporelle – s'explique peut-être par le fait que d'éminents universitaires catholiques "préféraient la gloire des hommes à celle de Dieu [1]" et souhaitaient que les institutions catholiques soient respectées par les universitaires traditionnels. Les modernistes de l'Église aiment utiliser le terme péjoratif et inexact de "fondamentaliste" pour dénigrer ceux qui croient au récit biblique de la création et du déluge. Ils recourent à de telles attaques ad hominem, plutôt que de s'engager dans un débat honnête, car les dernières découvertes scientifiques corroborent de plus en plus le récit de la Genèse. Le Centre Kolbe pour l'étude de la Création (www.kolbecenter.org) est une organisation laïque orthodoxe catholique érudite qui cherche à réfuter les erreurs modernistes répandues sur la création. Leurs articles magistraux et la série de DVD "Fondements restaurés" [2] devraient être étudiés par tout catholique qui nourrit des doutes sur la Genèse en tant qu'histoire littérale. La théologie du Centre Kolbe sur la création est profondément catholique et mérite le soutien régulier de tout catholique généreux.
Mais il existe aussi une organisation protestante plus importante, Creation Ministries International (CMI) (www.creation.com), qui produit une gamme bien plus vaste de livres et de DVD scientifiques élégants, qui réfutent magistralement le scientisme moderniste (c'est-à-dire la fausse science) en s'appuyant sur la science réelle pour étayer la vérité catholique traditionnelle (biblique) sur la création.
Tout ce qui est vrai et beau est catholique. Nombre des plus grands hymnes traditionnels, ceux dont la poésie est soignée, imprégnée de doctrine catholique et chantée sur des airs de cantiques respectueux et éprouvés, ont été écrits par des auteurs protestants : par exemple, Hark! The Herald Angels Sing,"Écoutez ! Chantent les anges annonciateurs" ou O God, or Our Help in Ages Past, "Ô Dieu, ou Notre secours dans les âges passés". [5] Même la musique du maître compositeur luthérien J.-S. Bach a désormais trouvé sa place dans l’Église catholique, car sa beauté est catholique. Les protestants évangéliques – qui croient que leur Bible du roi Jacques, diminuée, hautement poétique mais traduite de manière peu fiable (ou certaines versions plus récentes), est la parole infaillible de Dieu – conservent néanmoins une grande partie de la doctrine catholique traditionnelle sur les origines, tout en adoptant diverses autres erreurs théologiques fondées sur des interprétations erronées des Écritures. Mais sur le sujet de la science créationniste, ces protestants sont d'accord avec les Pères et les Docteurs de l'Église catholique (qu'ils ont tendance à accepter, tant qu'ils sont antérieurs à la prétendue "Réforme"). À une époque où de nombreux catholiques perdent la foi à l'adolescence ou à la vingtaine à cause de la fausse "science" universellement enseignée au collège, au lycée, à l'université et à l'université, des supports scientifiques bien conçus, étayant la doctrine catholique traditionnelle sur les origines, devraient être proposés comme éducation corrective. J'ai été très impressionné par le recueil des cinq livres scientifiques suivant, produit par CMI et disponible sur www.creation.com :
-How Noah’s Flood Shaped Our Earth, Comment le Déluge de Noé a façonné notre Terre, par Michael J. Oard, titulaire d'une maîtrise et John K. Reed, titulaire d'un doctorat, 2017, 197 pages, grand ouvrage couleur à couverture souple. Cet ouvrage démontre que la science contemporaine authentique soutient fermement l'hypothèse d'un Déluge mondial récent et du cataclysme géologique qui en a résulté, il y a quelques milliers d'années seulement, et réfute les fausses théories selon lesquelles la Terre aurait des millions, voire des milliards d'années.
-How Noah’s Flood Caused a Single Ice Age, Comment le Déluge de Noé a provoqué une seule ère glaciaire, par Michael J. Oard, MS, 2025, 236 pages, grand format, couverture souple couleur. [Voiriciun PDF de 20 pages etlà] Cet ouvrage démontre que la science contemporaine appuie fermement la théorie géologique d'une Terre jeune et d'une seule ère glaciaire survenue il y a quelques milliers d'années, conséquence d'un Déluge mondial et du cataclysme géologique qui en a résulté.
-Biblical Biology 101, Biologie biblique 101, par Robert W. Carter, Ph.D., 2024, 261 pages, grand format, couverture souple couleur. Démontre que la vie est d'une complexité irréductible, merveilleusement conçue, et qu'elle ne peut être le fruit de processus chimiques aléatoires, comme le suggère la théorie de l'évolution.
-Biblical Geology 101, Géologie biblique 101, par Michael J. Oard, titulaire d'une maîtrise et Robert W. Carter, titulaire d'un doctorat, 2021, 200 pages, grand format, couverture souple couleur. Cet ouvrage démontre que les formations géologiques observées sur Terre s'expliquent bien mieux par un récent déluge et un cataclysme mondial que par les théories scientifiques erronées dominantes de processus géologiques graduels s'étendant sur des millions, voire des milliards d'années.
-Genetic Entropy, Entropie génétique, 4e édition , par John C. Sanford, Ph.D., 2014, 271 pages, couverture souple. Professeur de génétique à l'Université Cornell pendant 30 ans, le Dr Sanford démontre qu'après la chute de l'homme, les erreurs de copie de l'ADN à chaque génération successive ont provoqué une courbe de déclin biologique classique correspondant exactement au déclin rapide de l'espérance de vie humaine (de près de 1 000 ans à environ 70 ans) enregistré dans la Genèse ;
et, de plus, que le génome humain est en voie d'extinction rapide, possiblement dans moins de mille ans. Les mutations n'ont jamais entraîné d'améliorations biologiques significatives, mais prouvent au contraire que la durée globale de l'espèce humaine (à partir de la malédiction due à la chute d'Adam) doit être limitée à des milliers, et non à des millions, d'années. Les mutations cumulatives sont également la principale cause du vieillissement progressif des individus.
Les erreurs théologiques dans ces ouvrages protestants sur la science créationniste semblent être soit absentes, soit minimes (essentiellement limitées à quelques articles publiés par le CMI et référencés en notes de bas de page).
La véritable science n'a PAS prouvé que la Terre a plus de mille ans, ni que la vie est apparue et s'est développée par des processus naturels aléatoires. Au contraire, plus les scientifiques chrétiens honnêtes découvrent de choses, plus il semble probable que le récit de la Genèse, relatant la création récente et un déluge universel, il y a seulement mille ans, soit une histoire vraie. Si vous avez l'occasion d'entrer en contact avec des jeunes ou des adultes catholiques terriblement mal éduqués par la fausse "science" destructrice de la foi que sont la théorie du "big bang" et l'"évolution théiste", un ou plusieurs des cinq ouvrages scientifiques mentionnés ci-dessus pourraient les aider à comprendre qu'ils ont été trompés et que l'enseignement intemporel des Pères de l'Église sur la création demeure une doctrine solide, de plus en plus soutenue par la science contemporaine.
Notes
[1] Jean 12:43, Version standard révisée, édition catholique
[5] Real Music: A Guide to the Timeless Hymns of the Church , par le professeur Anthony Esolen Ph.D., 2016, Gastonia, NC : TAN Books, couverture souple, 282 pages, plus téléchargement inclus de 18 hymnes interprétés par la chorale Sainte-Cécile de l'église Saint-Jean-Cantius, Chicago.
Dans l'entretien à Crux Now Media, il a défini le mariage comme un homme, une femme liés au saint sacrement du mariage.
“La famille, c'est un père, une mère, des enfants.”
AF Post: "Le pape Léon XIV a fustigé la bénédiction des couples de même sexe en Europe du Nord sous couvert de Fiducia Supplicans, réaffirmant que le mariage est entre un homme et une femme et que "la famille est père, mère et enfants".
"En Europe du Nord, ils publient déjà des rituels de bénédiction 'les gens qui s'aiment', c'est la façon dont ils l'expriment, ce qui va spécifiquement à l'encontre du document que le pape François a approuvé, Fiducia Supplicans, qui dit en gros, bien sûr, nous pouvons bénir tout le monde, mais ce n'est pas un moyen de ritualiser une sorte de bénédiction parce que ce n'est pas ce que l'Église enseigne". (AF Post)
Léon XIV a critiqué la ritualisation de la bénédiction des personnes de même sexe qui imitent le mariage et non les bénédictions des personnes.
Léon XIV clarifie ce qui a toujours été l'enseignement de l'Église.
Voici sur YT tout l'entretien inclusif sur les LGBT :
Dans un entretien avec Elise Ann Allen, auteur de la biographie du Pape "Léon XIV: citoyen du monde, missionnaire du XXIe siècle", paru en espagnol le 18 septembre au Pérou, Léon XIV affirme avoir "déjà reçu plusieurs demandes et lettres [à propos de ]: La question concernant la messe latine." "Si nous célébrons correctement la liturgie de Vatican II, voyons-nous vraiment une telle différence entre telle expérience ?', demande le Pape.
"Il y a un autre sujet, également brûlant, pour lequel j'ai déjà reçu plusieurs demandes et lettres : la question de savoir si l'on dit toujours 'la messe latine'. Eh bien, vous pouvez dire la messe en latin maintenant. Si c'est le rite Vatican II, il n'y a aucun problème.
"Évidemment, entre la messe tridentine et la messe Vatican II, la messe de Paul VI, je ne sais pas trop où cela va nous mener. C'est évidemment très compliqué.
"Je sais qu'une partie de ce problème, malheureusement, est devenue – encore une fois, un élément d'un processus de polarisation – certains ont utilisé la liturgie comme prétexte pour faire avancer d'autres sujets. C'est devenu un outil politique, et c'est très regrettable.
"Je pense que parfois, l'"abus" de la liturgie de ce que nous appelons la messe de Vatican II n'a pas aidé ceux qui recherchaient une expérience plus profonde de la prière, un contact avec le mystère de la foi qu'ils semblaient trouver dans la célébration de la messe tridentine. Là encore, nous sommes devenus polarisés, de sorte qu'au lieu de pouvoir dire : 'Si nous célébrons correctement la liturgie de Vatican II, voyons-nous vraiment une telle différence entre telle expérience ?'
"Je n'ai pas encore eu l'occasion de rencontrer un groupe de personnes qui défendent le rite tridentin. Une occasion se présentera bientôt, et je suis sûr que d'autres occasions se présenteront. Mais c'est un sujet sur lequel, je pense aussi, peut-être avec la synodalité, nous devons nous asseoir et discuter. C'est devenu un sujet tellement polarisé que les gens refusent souvent de s'écouter. J'ai entendu des évêques m'en parler, me disant : "On les a invités à ceci et à cela, et ils ne veulent même pas entendre." Ils ne veulent même pas en parler. C'est un problème en soi. Cela signifie que nous sommes désormais dans l'idéologie, que nous ne sommes plus dans l'expérience de la communion ecclésiale."
"Léon XIV: citoyen du monde, missionnaire du XXIe siècle". C’est le titre du premier livre contenant le texte intégral de l'entretien accordé par le Souverain pontife à la journaliste de Crux, Elise Ann Allen, publié jeudi 18 septembre en espagnol au Pérou.
Parmi les thèmes abordés: le drame de Gaza, la Chine, le rôle des femmes, l'accueil des personnes lgbt, les abus, la situation financière du Saint-Siège, l'IA et les fausses nouvelles.
[D]ans la lignée de François, il souhaite continuer à nommer des femmes à des postes de direction, tout en réaffirmant qu'il n'a pas l'intention de changer l'enseignement de l'Église sur l'ordination des femmes. Il en va de même pour les personnes lgbtq: accueil à "todos, todos, todos" (ndlr- tous, tous, tous), mais "l'enseignement de l'Église restera tel quel".
Les questions et réponses sur les thèmes d'actualité urgente pour l'Église et le monde se retrouvent toutes dans l'entretien –le tout première accordé– du Pape Léon XIV à Elise Ann Allen, journaliste pour le site américain Crux. Le 14 septembre, jour de l'anniversaire de Robert Francis Prevost, quelques extraits de l'entretien ont été dévoilés, publiés en complément du livre biographique León XIV: ciudadano del mundo, misionero del siglo XXI (Léon XIV: citoyen du monde, missionnaire du XXIe siècle), qui est publié ce jeudi 18 septembre, en espagnol aux éditions Penguin Perú.
Le drame de Gaza
Parmi les premières questions posées au Pape figure celle concernant la situation à Gaza. "Même si une certaine pression a été exercée" sur Israël par les États-Unis et malgré certaines déclarations du président Donald Trump, "aucune réponse claire n'a été apportée" pour "soulager les souffrances de la population", souligne Léon XIV. "C'est très préoccupant", compte tenu des conditions dans lesquelles se trouvent de nombreuses personnes, en particulier les enfants, qui souffrent d'une "véritable famine". À l'avenir, "ils auront besoin de beaucoup d'aide médicale, en plus de l'aide humanitaire". Le Pape espère que l'on ne deviendra pas "insensible" face à ce qui se passe dans la bande de Gaza: "C'est terrible de voir ces images à la télévision... on ne peut supporter tant de souffrance".
Le mot "génocide"
Quant à l'utilisation du mot génocide, "de plus en plus utilisé" pour qualifier le drame de Gaza, le Pape souligne qu'"officiellement, le Saint-Siège estime qu'aucune déclaration ne peut être faite à ce sujet pour le moment". "Il existe une définition très technique de ce qui pourrait être un génocide. Mais de plus en plus de personnes soulèvent la question, notamment deux groupes de défense des droits humains en Israël qui ont publié cette déclaration".
Les relations avec la Chine
Toujours dans le domaine géopolitique, Léon XIV se tourne vers l'autre acteur mondial qu'est la Chine. Il assure qu'il poursuivra "la politique que le Saint-Siège suit depuis plusieurs années", sans prétendre "être plus sage ou plus expérimenté" que ses prédécesseurs. Depuis longtemps déjà, il est "en dialogue constant avec différentes personnes chinoises" et cherche à "mieux comprendre comment l'Église peut poursuivre sa mission, en respectant à la fois la culture et les problèmes politique", ainsi que le groupe "important" de catholiques qui "depuis de nombreuses années, ont vécu une sorte d'oppression ou de difficulté à vivre librement leur foi sans prendre parti". "C'est une situation très difficile", admet l'évêque de Rome.
Première de couverture du livre : Elise Ann Allen, Léon XIV: citoyen du monde, missionnaire du XXIe siècle
La crise des abus dans l'Église
Une large place est consacrée dans l'entretien à la "crise" des abus sexuels dans l'Église. Une crise qui n'est pas encore résolue, souligne immédiatement le Souverain pontife, demandant un «grand respect» pour les victimes, dont beaucoup portent toute leur vie les blessures de ces abus. Léon XIV cite des statistiques qui montrent que "plus de 90% des personnes qui se manifestent et portent des accusations sont de véritables victimes". Elles n'inventent donc rien. Il existe cependant "des cas avérés de fausses accusations" et certains prêtres "ont vu leur vie détruite". L'accusation "n'annule pas la présomption d'innocence", souligne le Pape Léon XIV. Ainsi, "les prêtres doivent eux aussi être protégés, ou l'accusé doit être protégé, ses droits doivent être respectés. Mais le dire peut parfois causer davantage de souffrance aux victimes". Dans tous les cas, explique-t-il, "la question des abus sexuels ne peut devenir le centre d'intérêt de l'Église": "La grande majorité des personnes engagées dans l'Église, prêtres, évêques et religieux, n'ont jamais abusé de personne. Nous ne pouvons donc pas faire en sorte que toute l'Église se concentre exclusivement sur ce sujet".
Accueillir tout le monde sans changer la doctrine
Le Pape n'oublie pas non plus d'évoquer les questions relatives aux personnes lgbt et aux femmes. Sur le premier sujet, Léon XIV explique qu'il ne souhaite pas encourager les polarisations au sein de l'Église. Il évoque Fiducia Supplicans, soulignant que le message essentiel de ce document est "certes, nous pouvons bénir tout le monde, mais nous ne devrions pas chercher à ritualiser une quelconque bénédiction". Le Saint-Père adhère sans aucun doute au message de François d'accueillir "todos, todos, todos" : "Tous sont invités", non pas en raison d'une "identité spécifique", mais parce que tous sont enfants de Dieu.
"Ce que j'essaie de dire, c'est ce que François a dit très clairement lorsqu'il disait "tous, tous, tous". Tout le monde est invité, mais je n'invite pas une personne en raison de son identité particulière. J'invite une personne parce qu'elle est un fils ou une fille de Dieu. Vous êtes tous les bienvenus, et apprenons à nous connaître et à nous respecter mutuellement. À un moment donné, lorsque des questions spécifiques surgiront… Les gens souhaitent que la doctrine de l'Église change, que les mentalités changent. Je pense que nous devons changer les mentalités avant même de penser à changer ce que l'Église dit sur une question donnée. Je trouve très improbable, surtout dans un avenir proche, que la doctrine de l'Église, concernant ce qu'elle enseigne sur la sexualité et sur le mariage, change.
J'ai déjà parlé du mariage, comme l'a fait le pape François lorsqu'il était pape, d'une famille composée d'un homme et d'une femme engagés solennellement, bénis par le sacrement du mariage. Mais même dire cela, je comprends que certains le prennent mal. En Europe du Nord, on publie déjà des rituels de bénédiction : « Ceux qui s'aiment », c'est ainsi qu'ils s'expriment, ce qui va à l'encontre du document approuvé par le pape François, Fiducia Supplicans , qui dit en substance : « Bien sûr, nous pouvons bénir tout le monde, mais il ne cherche pas à ritualiser une quelconque bénédiction, car ce n'est pas ce qu'enseigne l'Église. » Cela ne signifie pas que ces personnes sont mauvaises, mais je pense qu'il est très important, encore une fois, de comprendre comment accepter les autres qui sont différents de nous, comment accepter ceux qui font des choix dans leur vie et les respecter.
Je comprends que ce sujet soit brûlant et que certains réclament, par exemple, la reconnaissance du mariage homosexuel ou la reconnaissance des personnes transgenres, pour que cela soit officiellement reconnu et approuvé par l'Église. Ces personnes seront acceptées et accueillies. Tout prêtre ayant déjà confessé aura entendu les confessions de personnes de tous horizons, avec des problématiques variées, des situations de vie variées et des choix variés. Je pense que l'enseignement de l'Église restera tel quel, et c'est ce que j'ai à dire à ce sujet pour l'instant. Je pense que c'est très important.
Les familles, ce qu'on appelle la famille traditionnelle, ont besoin d'être soutenues. La famille, c'est le père, la mère et les enfants. Je pense que le rôle de la famille dans la société, qui a parfois souffert ces dernières décennies, doit être à nouveau reconnu et renforcé. Je me demande simplement si la question de la polarisation et de la façon dont les gens se traitent les uns les autres ne vient pas aussi de situations où les gens n'ont pas grandi dans le contexte d'une famille où l'on apprend – c'est le premier lieu où l'on apprend à s'aimer, à vivre ensemble, à se tolérer et à nouer des liens de communion. C'est cela la famille. Si on supprime cette base fondamentale, il devient très difficile d'apprendre cela autrement.
Je pense qu'il y a des éléments clés à considérer. Je crois que je suis qui je suis parce que j'ai eu une relation merveilleuse avec mon père et ma mère. Ils ont vécu une vie de couple très heureuse pendant plus de 40 ans. Aujourd'hui encore, les gens le remarquent, même mes frères. Nous sommes toujours très proches, même si l'un est très éloigné politiquement, et que nous sommes sur des positions différentes. D'après mon expérience, cela a été un facteur extrêmement important de qui je suis et de comment je peux être qui je suis aujourd'hui.
Cela n'implique toutefois pas un changement de doctrine: "Je trouve hautement improbable, certainement dans un avenir proche, que la doctrine de l'Église (change) en ce qui concerne ce qu'elle enseigne sur la sexualité, ce qu'elle enseigne sur le mariage", affirme-t-il. C'est-à-dire "une famille composée d'un homme et d'une femme", "bénis dans le sacrement du mariage".
Le rôle des femmes
Le magistère sur l'ordination des femmes ne changera pas non plus. Le Pape dit "continuer sur les traces de François en nommant des femmes à certains postes de direction à différents niveaux de la vie de l'Église". La question "controversée" est celle des diaconesses, soulevée lors de la dernière session du Synode: "Pour l'instant, je n'ai pas l'intention de changer l'enseignement de l'Église sur ce sujet", souligne-t-il.
Je m'interroge également, suite à un commentaire que j'ai fait lors d'une conférence de presse à laquelle j'ai participé au synode, sur ce qui a souvent été qualifié de cléricalisme dans les structures actuelles de l'Église. Voudrions-nous simplement inviter les femmes à se cléricaliser, et qu'est-ce que cela a réellement résolu ?
La messe en latin
Le Souverain pontife aborde également la question de la messe tridentine. Plus qu'une question, "un problème", car certains ont utilisé la liturgie comme "un outil politique"... 'Une chose "très regrettable". "L''abus' de la liturgie de ce que nous appelons la messe de Vatican II n'a pas aidé ceux qui recherchaient une expérience plus profonde de la prière, un contact avec le mystère de la foi, qu'ils semblaient trouver dans la célébration de la messe tridentine.''
Bientôt, dit-il, l'occasion se présentera de "s'asseoir à une table avec un groupe de personnes qui soutiennent le rite tridentin" et peut-être que le problème pourra être résolu "avec la synodalité". [1] [2]
Léon XIV annonce qu'il se réunira pour écouter ceux qui préfèrent la messe tridentine
Le livre publié aujourd'hui par la journaliste Elise Ann Allen contient un passage dans lequel le pontife explique l'objectif du groupe d'étude sur la liturgie – centré sur l'inculturation – et annonce la tenue prochaine d'une réunion pour entendre les défenseurs du rite tridentin. Vous trouverez ci-dessous la question et la réponse complètes telles qu'elles apparaissent dans l'entretien :
Question : Concernant le groupe d’étude sur la liturgie, sur quoi porte-t-il ses travaux ? Dans quelle mesure sa création était-elle motivée par des divisions autour de la messe latine traditionnelle, par exemple, ou par des enjeux comme le nouveau rite amazonien ?
Réponse du pape Léon XIV : Ma compréhension des motivations de la création du groupe découle principalement des questions liées à l’inculturation de la liturgie. Autrement dit, comment poursuivre le processus visant à donner plus de sens à la liturgie au sein d’une culture différente, d’une culture spécifique, en un lieu précis et à une époque donnée. Je pense que c’était la question principale. Il y a une autre question, également controversée, à propos de laquelle j’ai déjà reçu plusieurs demandes et lettres : comment mentionner systématiquement le retour à la messe latine ? Eh bien, vous pouvez dire la messe latine dès maintenant. S’il s’agit du rite Vatican II, il n’y a aucun problème. Évidemment, entre la messe tridentine et la messe Vatican II, la messe de Paul VI, je ne sais pas où cela va nous mener. C’est évidemment très compliqué.
*Je sais qu'une partie de ce problème, malheureusement, est liée – encore une fois, à un processus de polarisation – au fait que certains ont utilisé la liturgie comme prétexte pour promouvoir d'autres enjeux. C'est devenu un outil politique. Je pense que parfois,l'"abus" de la liturgie de ce que nous appelons la messe de Vatican II n'a pas aidé ceux qui recherchaient une expérience plus profonde de la prière, un contact avec le mystère de la foi, qu'ils semblaient trouver dans la célébration de la messe tridentine.[3]
Une fois de plus, nous sommes devenus polarisés, de sorte que nous soulevons ce problème au lieu de pouvoir dire : "Eh bien, si nous célébrons correctement la liturgie de Vatican II, trouvez-vous vraiment une telle différence entre telle expérience et telle autre ?" *
Je n'ai pas encore eu l'occasion de rencontrer un groupe de défenseurs du rite tridentin. L'occasion se présentera bientôt, et je suis sûr qu'il y aura des occasions d'en parler. Mais c'est un sujet dont je pense que, peut-être avec la synodalité, nous devons aussi discuter. C'est devenu un sujet tellement polarisé que les gens sont souvent réticents à s'écouter. J'ai entendu des évêques m'en parler et dire : "On les a invités à ceci et à cela, et ils ne veulent tout simplement pas entendre." Ils ne veulent même pas en parler. C'est un problème en soi. Cela signifie que nous sommes désormais dans la sphère idéologique, et non plus dans l'expérience de la communion de l'Église. C'est l'un des points à l'ordre du jour.[4]
"J'ai déjà reçu plusieurs demandes et lettres [à propos de ]: La question concernant la messe latine.
"Il y a un autre sujet, également brûlant, pour lequel j'ai déjà reçu plusieurs demandes et lettres : la question de savoir si l'on dit toujours 'la messe latine'.
Eh bien, vous pouvez dire maintenant la messe en latin. S'il s'agit du rite Vatican II, il n'y a aucun problème. Évidemment, entre la messe tridentine et la messe Vatican II, la messe de Paul VI, je ne sais pas trop où cela va nous mener. C'est évidemment très compliqué.
"Je sais qu'une partie de ce problème, malheureusement, est devenue – encore une fois, un élément d'un processus de polarisation – certains ont utilisé la liturgie comme prétexte pour faire avancer d'autres sujets. C'est devenu un outil politique, et c'est très regrettable.
"Je pense que parfois, l'"abus" de la liturgie de ce que nous appelons la messe de Vatican II n'a pas aidé ceux qui recherchaient une expérience plus profonde de la prière, un contact avec le mystère de la foi qu'ils semblaient trouver dans la célébration de la messe tridentine. Là encore, nous sommes devenus polarisés, de sorte qu'au lieu de pouvoir dire : 'Si nous célébrons correctement la liturgie de Vatican II, voyons-nous vraiment une telle différence entre telle expérience ?'
"Je n'ai pas encore eu l'occasion de rencontrer un groupe de personnes qui défendent le rite tridentin. Une occasion se présentera bientôt, et je suis sûr que d'autres occasions se présenteront. Mais c'est un sujet sur lequel, je pense aussi, peut-être avec la synodalité, nous devons nous asseoir et discuter. C'est devenu un sujet tellement polarisé que les gens refusent souvent de s'écouter. J'ai entendu des évêques m'en parler, me disant : "On les a invités à ceci et à cela, et ils ne veulent même pas entendre." Ils ne veulent même pas en parler. C'est un problème en soi. Cela signifie que nous sommes désormais dans l'idéologie, que nous ne sommes plus dans l'expérience de la communion ecclésiale.[5]
Léon XIV s'entretient avec Elise Ann Allen de Crux sur les questions LGBTQ+ et la liturgie
Martyrologe Romain : À Bargone en Émilie (Lombardie, Italie), l’an 1386, le bienheureux Roland de Médicis, anachorète, qui vécut dans des lieux sauvages et inhabités des Apennins, dans la plus austère solitude, conversant avec Dieu.
Il prie plusieurs heures debout sur un pied, les yeux tournés vers le ciel.
Découvert moribond dans la forêt de Borgo, par des chasseurs, il fut transporté à l'église voisine, déclara à un confesseur le pourquoi de son silence, de la bizarrerie de sa conduite et de sa volonté de solitude. Il mourut ainsi dans la paix de Dieu.
Dans un entretien pour Avvenire.it du 12 septembre 2025, le Cardinal Robert Sarah s'est demandé si il était "possible d'interdire un rite [la messe latine traditionnelle] vieux de plus de mille ans."
Le cardinal Sarah a parlé des restrictions imposées à la messe en latin dans un nouvel entretien publié cette semaine :
"Tous les baptisés ont la citoyenneté de l'Église, partageant son Credo et la morale qui en découle. Au fil des siècles, la diversité des rites célébrant l'unique sacrifice eucharistique n'a jamais posé de problèmes aux autorités, car l'unité de la foi était évidente. En effet, je crois que la variété des rites dans le monde catholique est une grande richesse.
"Un rite, en outre, ne se compose pas sur un bureau, mais est le fruit d’une stratification et d’une sédimentation théologique et cultuelle. Je me demande s’il est possible d’interdire un rite vieux de plus de mille ans.
"Enfin, si la liturgie est aussi une source pour la théologie, comment refuser l'accès aux 'sources anciennes' ? Ce serait comme interdire l'étude de saint Augustin à quiconque souhaite réfléchir correctement à la grâce ou à la Trinité."
Concernant "Fiducia supplicans", le cardinal a déclaré:
"J'espère que le contenu Fiducia supplicans pourra être clarifié davantage, voire reformulé. Cette déclaration est théologiquement faible et donc injustifiée. Elle met en danger l'unité de l'Église. C'est un document à oublier."
Les premiers chrétiens ne voyaient pas l'Eucharistie comme un symbole, ils la considéraient comme le Corps, le Sang, l'Âme et la Divinité de Jésus. Nier la présence réelle du Corps, du Sang, de l'Âme et de la Divinité de Jésus dans l'Eucharistie, c'est nier sa Résurrection, car celle-ci est révélée pour la première fois lorsqu'il rompit le pain sur le chemin d'Emmaüs : "Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais IL DISPARUT A LEURS REGARDS". (Luc 24,13-31) Jésus était présent sans être présent.
L'Eucharistie (c'est-à-dire le corps et le sang du Christ entendus comme présence réelle du Christ dans l’Eucharistie, et le caractère sacrificiel de l'Eucharistie), est une de ces doctrines que l’Église primitive partageait unanimement, avec :
"Si les sacrifices offerts à Yahvé ont été au centre de la vie des Israélites, il en est un qui fut toujours fêté avec grandeur et magnificence, il s'agit de la Pâque juive, au cours de laquelle un agneau était sacrifié dans chaque maison. Aussi, ne soyons pas étonnés si Abram, animé d'une foi exceptionnelle, fut prêt à offrir en holocauste son fils unique Isaac.
"Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui. [...] Il a envoyé son Fils en sacrifice de pardon pour nos péchés." (1 Jn 4,9-10)
Plus tard, le Christ se substituera à l'Agneau Pascal et offrira Sa Vie à Son Père pour la rédemption du monde. Il est l'Agneau de Dieu qui remplace le sacrifice de l'Ancienne alliance, par le seul sacrifice de l'Eucharistie. (Ap 13,8)
On retrouve également une préfiguration du sacrifice de la messe dans l'attitude de Melchisedech, roi de Shalem. Il apporta du pain et du vin en tant que prêtre de Dieu avant de prononcer sa bénédiction "béni soit Abram par le Dieu très haut qui a créé le ciel et la terre." Les pères ont vu dans le pain et le vin une figure du sacrifice eucharistique (Gn 14, 17-21). (Gérard Faivre d'Arcier, Jésus-Hostie, Document émis à titre privé, Imprimerie J. Kayzerp, Montsûrs 2017, 7.)
Le miracle de la multiplication des pains fut le miracle qui prépara de la façon la plus explicite l'institution de l'Eucharistie. Les Apôtres et la foule qui suivait le Christ était loin de penser ce que serait un jour l'Eucharistie. Ce n'est qu'après la mort du Christ que les Apôtres comprirent la signification profonde de ce miracle, le Sauveur pain de vie se donnant au monde, institution de l'Eucharistie par le Christ le Jeudi qui précéda sa mort sur la Croix.
Il était partout évident dans l'Église antique que la plénitude du culte chrétien était le sacrifice de l'Eucharistie offert par un prêtre de Jésus-Christ.
"Or, tandis qu'ils mangeaient, Jésus prit du pain, le bénit, le rompit et le donna à ses disciples en disant: prenez et mangez, ceci est mon corps, puis prenant une coupe, il rendit grâce et la leur donna en disant: "Buvez-en tous, car ceci est mon Sang, le Sang de l'alliance qui va être répandu pour la multitude en rémission des péchés." (Mt 7,26; 26-29)
Lorsque les catholiques reçoivent le Corps du Christ dans un état de grâce, ils s'unissent intimement à Lui, nourrissant leur âme, renforçant leur foi et grandissant spirituellement dans une paix et une joie profondes.
L'Eucharistie est plus efficace lorsqu'elle est reçue dignement. La grâce coule là où il y a repentance, humilité et conversion.
La paix s'approfondit.
Le péché perd son emprise.
La prière change.
La force revient.
Ce n'est pas de la nostalgie. C'est une réalité catholique.
La messe (Eucharistie) précède la ''Bible'' de 350 ans. C'est la messe qui a porté la foi des trois premiers siècles, avant même que ne soit fixé le canon biblique (Concile de Rome 382).
Aller à la messe c'est respecter le 1er commandement ''Dieu tu adoreras et serviras'' et le 3e commandement ''Tu sanctifieras le jour du Seigneur…'' Le premier appel et la juste exigence de Dieu est que l’homme l’accueille et l’adore.
Dans Jean 6, 42-67, nous voyons Jésus enseigner aux Juifs qui récriminaient une doctrine pour laquelle beaucoup le quittèrent. Cette doctrine n'a pas changé depuis. Jésus est : ''le ''pain qui est descendu ciel'', ''le pain de la vie''... ''tel que celui qui en mange ne mourra pas''. 'Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde''.
''Les Juifs se querellaient entre eux :
'Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ?'
Voilà ce que Jésus a dit, alors qu’il enseignait à la synagogue de Capharnaüm : … ''Jésus leur dit alors : 'Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sangdemeure en moi, et moi, je demeure en lui.
De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi.
Tel est le pain qui est descendu du ciel : il n’est pas comme celui que les pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement.'
Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, déclarèrent : 'Cette parole est rude ! Qui peut l’entendre ?' À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de l’accompagner, en raison de la difficulté à comprendre et à accepter l'enseignement de Jésus sur sa nature divine et l'Eucharistie. Alors Jésus dit aux Douze : "Voulez-vous partir, vous aussi ?"
Déjà à l'époque du Christ donc ces paroles du Christ avaient choqué à tel point que certains de ses disciples incrédules le quittèrent.
Si "mangez ma chair" signifiait juste "croyez en moi", Jésus a vu les gens l'abandonner à cause d'une mauvaise formulation!
"Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit et, le donnant aux disciples, il dit : 'Prenez, mangez : ceci est mon corps.' Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, en disant : 'Buvez-en tous, car ceci est mon sang'." (Matthieu 26,26-28). Pas peut-être, ou "ceci est symbolique", mais "CECI EST".
Dans sa Lettre aux Smyrniotes, VII, 1, S. Ignace d'Antioche, disciple de Saint Jean l'évangéliste et de Saint Pierre, écrit :
'ils s'abstiennent de l'eucharistie et de la prière,
parce qu'ils ne confessent pas que l'eucharistie est la chair de notre Sauveur Jésus-Christ,
chair qui a souffert pour nos péchés, et que dans sa bonté le Père a ressuscitée.
Ainsi ceux qui refusent le don de Dieu meurent dans leurs disputes.''
Les sacrements sont des instruments de la grâce.
Supprimez la réalité, vous supprimez l'effet. Si votre communion est symbolique, votre grâce est symbolique.
Dans sa Lettre aux Philadelphiens, IV, Ignace ajoute:
''Ayez donc soin de ne participer qu'à une seule eucharistie ;
car il n'y a qu'une seule chair de notre Seigneur Jésus Christ,
et un seul calice pour nous unir en son sang,
un seul autel, comme un seul évêque avec le presbyterium et les diacres, mes compagnons de service : ainsi, tout ce que vous ferez, vous le ferez selon Dieu.''
La messe, ainsi, s'est-elle développée lentement au fil des siècles. Mais nous avons là le sens spirituel profond de la messe :
-et la Présence réelle dans l'eucharistie, "pain de la vie".
Enracinée dans la foi des apôtres, façonnée par Rome, codifiée par Trente et transmise sans changement jusqu'aux années 1960, voici une brève histoire de l'origine de la messe et de son développement.
La messe dans les premiers siècles : Comment les premiers chrétiens recevaient-ils l'Eucharistie?
Saint Paul dit aux Corinthiens de recevoir l'Eucharistie avec crainte et tremblement.(1 Co 11,26-29)
Dans sa Lettre aux Romains 12,1-2, il exhorte chacun à présenter son "corps" "en sacrifice vivant" " la juste manière de lui rendre un culte" et de ne pas prendre pour modèle le monde présent, de nous "transformer" en renouvelant notre façon de penser "pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait."
La discipline eucharistique la plus ancienne était stricte, respectueuse et jamais désinvolte...
Saint Clément de Rome († 97/101) mentionne explicitement l'autel comme le seul lieu approprié pour offrir un sacrifice
Dans sa Première Lettre aux Corinthiens écrite à la fin du Ier siècle apr. J.-C., et postérieure d'une quarantaine d'années aux deux épîtres adressées par S. Paul à la même communauté corinthienne, au chapitre 40, S. Clément établit un parallèle étroit entre le culte de l'Ancien Testament et le culte chrétien : de même que les Juifs ont un lieu où ils sacrifient, de même les chrétiens en ont un aussi ; de même que les premiers ont leurs prêtres, les seconds en ont aussi. Dans ce contexte, la recommandation apparaît que nous fassions "avec ordre tout ce que le Maître nous a prescrit d’accomplir en temps déterminés, car c'est Dieu lui-même qui prescrit "que les offrandes et le service divin soient faits, non pas au hasard et sans ordre, mais à des temps et à des heures fixés. Il a déterminé lui-même par sa décision souveraine à quels endroits et par quels ministres ils doivent s'accomplir, afin que toute chose se fasse saintement selon son bon plaisir, et soit agréable à sa volonté. Donc, ceux qui présentent leurs offrandes aux temps marqués sont bien accueillis et bienheureux; car, à suivre les ordonnances du Maître, ils ne font pas fausse route. Au grand-prêtre des fonctions particulières ont été conférées ; aux prêtres, on a marqué des places spéciales ; aux lévites incombent des services propres ; les laïques sont liés par des préceptes particuliers aux laïques." (XL, 1-5).
La fin de l'Ancienne Alliance ne met pas fin à l'ordre dans lequel Dieu veut être servi en termes de temps, de lieux et de ministres. Avec la venue de Jésus-Christ et la fondation de l’Église, le culte n’est pas laissé à la discrétion de chacun ; les lieux, les temps et les ministres sacrés ne disparaissent pas. (Luisella Scrosati )
Les premiers chrétiens célébraient l'Eucharistie dans leurs maisons, suivant les paroles du Christ lors de la Cène, mais il n'existe aucune preuve écrite ou archéologique attestant que les chrétiens des trois premiers siècles utilisaient des tables communes pour célébrer l'Eucharistie dans un cadre convivial. Au contraire, les résultats des recherches approfondies de Mgr Stefan Heid, témoignent de l'utilisation par les premiers chrétiens d'une table sacrée, considérée comme un véritable autel exclusivement dédié au culte, et qui est devenue un signe tangible de leur appartenance exclusive au seul vrai Dieu, un et trinitaire.
"La mosaïque de Meggido"
En 2005, quatre mosaïques d'un autel consacré dédié à 'JESUS CHRIST DIEU', dans le cadre de la célébration de l'Eucharistie, ont été découvertes sur le site d'un camp légionnaire daté de 230 à 250 ap. J.-C., sur la colline de Megiddo en Galilée (Tel Megiddo en hébreu ; Tell el-Muteselim en arabe), qui domine la vaste vallée de Jezreel. (Y. TREPPER et L. Di SEGNI, A Christian Prayer Hall of the Third Century, Jerusalem, Israrel Antiquities Authority, 2006, in Marie-Françoise BASLEZ, Comment les Chrétiens sont devenus catholiques, Texto Lonrai 2021, p . 29.)
Ce site est devenu un important centre de fouilles archéologiques en raison de son ancienneté, attestant d'une présence d'habitation dès 6000 av. J.-C. En 2005, alors que des travaux étaient en cours pour la construction d'un lieu de détention, dans une zone anciennement connue sous le nom de Legio, des traces d'une mosaïque ont été découvertes ; des fouilles archéologiques ultérieures ont permis de mettre au jour une mosaïque occupant une surface de 10 x 5 mètres, datant d'entre 230 et 250 apr. J.-C. Il s'agit sans aucun doute de l'une des plus anciennes découvertes d'un lieu de culte chrétien.
Une inscription dans mosaïque, est particulièrement intéressante. On y lit : "Akeptous, qui aime Dieu, offrit la table à Jésus-Christ Dieu en mémorial", payant manifestement de sa poche, la table sur laquelle l'Eucharistie fut célébrée. "Jésus-Christ Dieu" n'est pas mentionné intégralement dans l'inscription, mais avec une abréviation : Θω ΙΥΧω. La juxtaposition du nom de Dieu avec celui de Jésus-Christ, ainsi que l'utilisation de cette abréviation, est caractéristique des nomina sacra.
Il est clair que ce qui fut offert à Dieu au IIIe siècle en mémorial n'était pas une table ordinaire sur laquelle prendre ses repas, mais une table sacrée, c'est-à-dire une table-autel dédiée exclusivement à la célébration de l'Eucharistie, qui reposait vraisemblablement sur de grandes pierres centrales. Le sens de l'offrande à Dieu réside précisément dans le fait de lui dédier un objet, c'est-à-dire de le lui consacrer, acte qui méritait d'être gravé au sol devant l'autel. Quel sens aurait-il eu à immortaliser le don d'une table commune dans une mosaïque ? Et qui plus est, devant deux grandes pierres centrales, manifestement destinées à soutenir cette table ?
Et au contraire, il n'y a aucune preuve pour soutenir l'hypothèse opposée à celle évidente, à savoir que cette table offerte par Akeptous aurait été une simple table, utilisée lorsque cela était nécessaire également pour l'Eucharistie.
C'est donc une question difficile. Ce qui est sûr c'est que l'église primitive (avant 313) a été proscrite et persécutée pendant longtemps. La découverte de la mosaïque de Megiddo révèle l'incohérence de l'idée reçue selon laquelle les chrétiens ne pouvaient pas avoir d'autel. Mais elle met également à mal un autre mythe de l'Église primitive : celui selon lequel il n'existait pas de véritables lieux de culte, mais seulement les domus Ecclesiæ, ces maisons privées accueillant des groupes de chrétiens pour l'Eucharistie.
Ce n’est que lorsque Constantin publia l’édit de Milan que l’Église jouit d’une relative stabilité. Même alors, les chrétiens étaient encore largement persécutés.
Pour cette raison, il n’y eut pas beaucoup de documents survivants ou existants sur les pratiques liturgiques des premiers chrétiens.
Posture debout, mains ouvertes et yeux tournés vers le ciel : les gestes des premiers chrétiens (St Justin, Première ApologieLXVII )
L'idée que les chrétiens, pour l'Eucharistie, s'asseyaient ou s'allongeaient autour d'une table pour y prendre un repas est historiquement dénuée de fondement. Ils se tenaient debout, comme l'a décrit saint Justin. Leurs mains et leurs yeux devaient également être levés.
Dans le langage religieux du paganisme et du judaïsme, il est caractéristique que le prêtre et le donateur se tiennent debout devant l'autel pendant l'offrande. Non seulement l'offrande matérielle, mais aussi la prière à l'autel exigeaient de se tenir debout, les mains levées. Cette posture est attestée par des bas-reliefs sur des sarcophages et des autels votifs, ou encore par des gravures sur des pièces de monnaie ; et l'on ignore pourquoi les premiers chrétiens auraient bouleversé cette posture traditionnelle. Une importante méprise concernant une supposée eucharistie durant laquelle les fidèles seraient assis ou allongés en cercle, proviendrait de certaines images anciennes, comme celle découverte dans les catacombes de Saint-Calixte. Longtemps considérées comme des synaxes eucharistiques, ces images représentent en réalité des festins funéraires. Il est possible qu'aux premiers siècles, en certains lieux, la célébration de l'Eucharistie ait été liée à un repas fraternel ; mais cela ne signifie pas pour autant que l'Eucharistie se déroulait au sein de l'agapè. L'idée que les chrétiens, pour l'Eucharistie, étaient assis ou allongés autour d'une table pour y prendre un repas est sans fondement historique, et le fait qu'elle se réfère précisément à des repas communautaires n'implique pas que l'Eucharistie était célébrée pendant le repas et en faisait partie intégrante.
Dans le passage bien connu de la Première Apologie, où saint Justin décrit le dimanche chrétien, nous trouvons clairement la posture adoptée par les chrétiens lors de la prière liturgique :
"LXVII. Après cela, dans la suite, nous renouvelons le souvenir de ces choses entre nous. Ceux qui ont du bien viennent en aide à tous ceux qui ont besoin, et nous nous prêtons mutuellement assistance. [2] Dans toutes nos offrandes, nous bénissons le Créateur de l'univers par son Fils Jésus-Christ et par l'Esprit-Saint. [3] Le jour qu'on appelle le jour du soleil, tous, dans les villes et à la campagne, se réunissent dans un même lieu : on lit les mémoires des apôtres et les écrits des prophètes, autant que le temps le permet. [4] Quand le lecteur a fini, celui qui préside fait un discours pour avertir et pour exhorter à l'imitation de ces beaux enseignements. [5] Ensuite, nous nous levons tous et nous prions ensemble à haute voix. Puis, comme nous l'avons déjà dit, lorsque la prière est terminée, on apporte du pain avec du vin et de l'eau, Celui qui préside fait monter au ciel les prières et les eucharisties autant qu'il peut, et tout le peuple répond par l'acclamation Amen. Puis a lieu la distribution et le partage des choses consacrées à chacun et l'on envoie leur part aux absents par le ministère des diacles. [6] Ceux qui sont dans l'abondance, et qui veulent donner, donnent librement chacun ce qu'il veut, et ce qui est recueilli est remis à celui qui préside, et il assiste les orphelins, les veuves, les malades, les indigents, les prisonniers, les hôtes étrangers, en un mot, il secourt à tous ceux qui sont dans le besoin. [7] Nous nous assemblons tous le jour du soleil, parce que c'est le premier jour, où Dieu, tirant la matière des ténèbres, créa le monde, et que, ce même jour, Jésus-Christ notre sauveur ressuscita des morts. La veille du jour de Saturne, il fut crucifié, et le lendemain de ce jour, c'est-à-dire le jour du soleil, il apparut à ses apôtres et à ses disciples et leur enseigna cette doctrine, que nous avons soumise à votre examen."
Se tenir debout pour être en présence de Dieu a toujours été la posture du priant, surtout près de l’autel ; Saint Justin souligne que même les chrétiens, assis, écoutent le lecteur, mais se lèvent pour prier et se joindre au prêtre qui présente les offrandes, élevant leurs prières et rendant grâces. Les Chrétiens se mettent debout pour montrer que Jésus ressuscité, ils célèbrent la vie.
Le moment où le fidèle est assis est le moment où le disciple écoute. Les moments où l’on s'incline plus ou moins profondément ou même lorsque le fidèle se met à genoux, c’est un signe de pénitence et d'humilité, un signe où devant Dieu le fidèle se fait tout petit
Non seulement la posture droite, mais aussi les mains et les yeux devaient être levés vers le ciel. C'est une autre caractéristique typique de ceux qui se présentaient devant le Très-Haut pour le prier ; et cela vaut également pour la prière liturgique, orientée vers l'autel, qui est comme l'extrémité terrestre de l'autel placé devant le trône du Très-Haut (cf. Ap 8, 3.5 ; 9, 13).
La signification du geste des mains est controversée, mais il semble que le texte d'Isaïe 1, 15 soit particulièrement décisif : "Quand vous étendez les mains, je détourne les yeux. Vous avez beau multiplier les prières, je n’écoute pas : vos mains sont pleines de sang." Celui qui se présente devant Dieu montre à son regard ses propres mains, afin qu'il puisse voir qu'elles sont désarmées, qu'elles ne sont souillées ni par le sang de son frère, ni même par le sang des victimes offertes aux idoles de tous les temps. Il ne s'agit pas de revendiquer une innocence présomptueuse, mais de vouloir exclure toute duplicité et toute hypocrisie. C'est probablement pour cette même raison que les chrétiens se lavaient les mains avant d'entrer dans l'église, comme cela se fait encore aujourd'hui dans les monastères et avec l'utilisation des bénitiers aux entrées des églises.
Ce point important permet également d'écarter la possibilité que les chrétiens aient pu célébrer l'Eucharistie allongés sur des tricliniums, la tête appuyée sur un bras. Aucun païen ne se serait jamais allongé devant la divinité, et rien ne prouve que les premiers chrétiens, issus du paganisme, l'aient fait.
L'autel n'a pas été conçu comme une table pour y déposer de la nourriture, ni même simplement comme une table conviviale. L'autel est le fondement d'une ligne reliant la terre au Ciel, ou, plus précisément, l'autel de la terre est le signe et la présence de l'autel du Ciel, qui se dresse devant le Très-Haut. Pour cette raison profonde, une attitude caractéristique de la prière consiste à lever les yeux vers le ciel, comme pour retracer cette ligne jusqu'à son sommet. Les Psaumes indiquent à plusieurs reprises ce geste ; le Canon romain représente le Christ lui-même levant les yeux vers le Père lors de l'institution de l'Eucharistie — et elevátis oculis in cælum ad te Deum Patrem suum omnipotentem — et enjoint au prêtre d'en faire autant.
Le rite romain prescrit à plusieurs reprises, durant la célébration eucharistique, que le prêtre lève les yeux vers le ciel. Ce regard levé ne cherche pas un Dieu perdu dans les régions célestes, mais le reconnaît comme présent. Elle reconnaît que la prière s'accomplit précisément devant Lui, en Sa présence , une expression très lourde de sens qui évoque précisément le regard que nous croisons de nos propres yeux.
Ces trois aspects caractéristiques de l'homme en prière, que l'on retrouve explicitement chez les Juifs et les Chrétiens – la position debout, les mains ouvertes vers le haut, les yeux levés vers le Ciel – confirment combien il est anachronique et injustifié d'attribuer aux Chrétiens des premiers siècles une position qui nie radicalement la posture de la personne en prière. (Luisella Scrosati)
L'autel était orienté vers l'Est
Dans les cultes païens, les images des idoles jouaient le rôle de point de focalisation. La personne en prière se tournait vers l'image et tendait les mains dans cette direction. Il en allait de même pour le sacrifice : l'offrant et le prêtre étaient orientés vers l'image. Cela impliquait un fait intéressant : l'autel avait une direction, c'est-à-dire qu'il avait un devant et un derrière, de sorte que le prêtre qui offrait le sacrifice se tenait debout devant lui, orienté vers l'image de la divinité, qui se trouvait donc derrière.
Stefan Heid (Altar and Church, pp. 236-237) souligne que, selon l'architecte romain Marco Vitruvio Pollione, l'autel devait se trouver à l'extérieur, sur le côté ouest du temple, tourné vers l'est, de sorte que le prêtre offrait le sacrifice en regardant vers le ciel, en direction de l'est, face à l'image de l'idole.
Clément d'Alexandrie confirme également cette orientation : "C'est pourquoi même les temples les plus anciens étaient orientés vers l'ouest, afin que ceux qui se trouvaient face aux statues des divinités soient amenés à se tourner vers l'est" (Stromata, VII, 43, 7).
Dans le judaïsme également, l'orientation était fondamentale. L'interdiction de faire des images de Yahvé empêchait la création de statues et de représentations semblables à celles des païens ; mais cette interdiction n'affectait en rien l'orientation de la prière et du sacrifice. Concernant le sacrifice expiatoire, Dieu ordonne à Moïse : "Voici l'holocauste perpétuel que vous offrirez de génération en génération, à l'entrée de la tente de la rencontre, devant l'Éternel, où je vous rencontrerai pour vous parler" (Exode 29, 42). L'immolation des animaux avait lieu sur l'autel de bronze, à l'intérieur de l'enceinte sacrée, mais hors du Lieu Saint. Le sacrifice devait être offert par les prêtres "en présence de l'Éternel", c'est-à-dire face au Saint des Saints. Le sacrifice d'encens devait également être offert "devant l'Éternel" : "Il l'offrira aussi au crépuscule, quand Aaron allumera les lampes ; ce sera un encens perpétuel devant l'Éternel, de génération en génération" (Exode 30, 8). Tout sacrifice offert par le roi et le peuple l’était "devant l’Éternel" (cf. 1 Rois 8, 62). Cette expression, que l’on retrouve dans de nombreux passages de l’Ancien Testament, désigne moins une disposition intérieure qu’une orientation corporelle, étroitement liée à celle des autels. Aucun Lévite n’aurait jamais offert le sacrifice debout entre le Saint des Saints et l’autel, et aucun Juif n’aurait jamais prié dos au Temple, comme l’Éternel l’avait expressément condamné par la bouche du prophète Ézéchiel (cf. Ézéchiel 8, 16).
Pour les chrétiens aussi, l'exercice du sacerdoce est synonyme de présence à Dieu, de se tenir devant lui, de se présenter devant son visage, de s'exposer au regard de la Majesté divine. Les expressions "in conspectu Dei stare", "coram oculis Dei", "astare coram te", "adstanes ante tuam Maiestatem" abondent dans les textes liturgiques anciens et chez les Pères de l'Église. Ces expressions, encore une fois, ne visent pas à exprimer un recueillement intérieur, mais une orientation corporelle concrète : le prêtre se tient devant Dieu, car il se tient face à l'autel ("ante altare stans"), tourné vers l'image du Christ et vers l'Orient, point cardinal également présent dans les cultes païens, mais qui revêt pour les chrétiens une signification nouvelle. Le prêtre qui sacrifie et les fidèles qui offrent se tiennent "du même côté", devant l’autel, et se tiennent en présence de Dieu, le regardant, représenté en image, comme on peut le voir dans de nombreuses mosaïques et fresques de l’abside ; ou simplement vers l’Est, le point cardinal considéré comme le plus noble par nature, une expression dans la création du Soleil de justice (Mal 4,2), du Soleil levant (Luc 1,78), de Jésus-Christ notre Seigneur. De nombreux textes des Pères de l'Église attestent que cette coutume de prier face à l'Orient , c'est-à-dire orientée vers lui, nous vient directement des Apôtres.
-Saint Jean Damascène, après avoir expliqué les raisons de cette orientation, écrit : "Cette tradition des Apôtres n'est pas écrite ; en fait, ils nous ont transmis beaucoup de choses qui ne sont pas écrites" (Sur la foi orthodoxe, IV, 12).
-Saint Basile le Grand considère comme une évidence que la prière s'élève lorsqu'on se tourne vers l'Orient, bien que peu se souviennent aujourd'hui de la raison : "C'est pourquoi nous nous tournons tous vers l'Orient quand nous prions ; mais peu savent que nous recherchons la patrie originelle, le paradis, que Dieu a planté en Éden, à l'Orient" ( Sur le Saint-Esprit , XXVII, 66, 60).
Lors des prières et des sacrifices , les chrétiens et les prêtres se tournent donc vers l'Orient, souvent vers une image du Christ.
L'autel est également orienté. À cet égard, il est important de dissiper un malentendu : l'autel orienté a souvent été confondu avec l'autel "mural", c'est-à-dire l'autel à trois côtés libres, intégré à une structure plus complexe ; un autel libre sur ses quatre côtés était considéré comme un signe de libre orientation, laissant supposer que le prêtre pouvait faire face aux fidèles. Or, il n'en est rien : l'autel a toujours été orienté, c'est-à-dire qu'il avait un devant et un derrière, et le prêtre se tenait devant, même lorsque l'autel était libre sur ses quatre côtés. (Luisella Scrosati)
Des sources du IIIe siècle et du IVe siècle sur la liturgie chrétienne, comme la Tradition apostolique ou la Diataxeis des saints Apôtres(Traité du début IIIe s. attribué à S. Hippolyte de Rome) et les Constitutions apostoliques (IV.e s.) ont des éléments dans lesquels Adrian Fortescue a discerné des antécédents d'éléments spécifiques du rite romain. (Adrian Fortescue, ''Liturgy of the Mass'', dans The Catholic Encyclopedia, vol. 9, New York, Robert Appleton Company, 1910.)
La Didache (96 ap. J.-C.) ne mentionne pas la façon de la réception, mais seulement celle qu'ils reçurent le jour du Seigneur. Cependant, il existe des indices scripturaires intéressants que nous pouvons découvrir lorsque nous examinons l'Ancien Testament. Ces indications pourraient fournir des indications utiles sur la manière dont les premiers chrétiens auraient pu recevoir l'Eucharistie:
-Les trois principaux prophètes de l'Ancien Testament ont tous été nourris de la Parole de Dieu dans leur bouche au début de leur ministère [Es 6,7; Jr. 1: 9, Ez. 2: 8-9 ; 3: 1–3]
-De plus, les Juifs ne savaient pas s’approcher de ce qui était saint. L'histoire d'Ozame vient à l'esprit [2 Sam. 6: 7].
-Seuls les Lévites, qui étaient consacrés par Dieu, pouvaient toucher l'Arche de l'Alliance [1 Chroniques 15:2].
TÉMOIGNAGES PATRISTIQUES
DIDACHÈ Doctrine des 12 apôtres
"Pour l’Eucharistie, rendez grâces de la manière suivante : [...] Que personne ne mange ni ne boive de votre eucharistie hors ceux baptisés au nom du Seigneur. Car à ce sujet aussi, le Seigneur a dit : ne donnez pas ce qui est saint aux chiens." (9, 1.5 in Premiers écrits chrétiens, Bibliothèque de la Pléiade, éd. Publiée sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, Nrf Gallimard, Lonrai 2017.)
SAINT JUSTIN
"[1] Cette nourriture reçoit chez nous le nom d''Eucharistie', et nul n'est admis à y prendre part, sinon celui qui a foi en la vérité de nos enseignements, qui a reçu le bain pour la rémission des péchés et en vue de la régénération, et qui vit selon les préceptes donnés par le Christ. [2] Ce n'est en effet ni comme un pain ordinaire ni comme une boisson ordinaire que nous prenons cette nourriture; mais de même que, fait chair par le Verbe de Dieu, Jésus Christ, notre sauveur, prit chair et sang pour notre salut, de même la nourriture faite 'eucharistie' par la parole de prière que nous tenons de lui, et dont notre sang et nos chairs sont nourris par transformation, est-elle – c'est l'enseignement que nous avons reçu – la chair et le sang de ce Jésus fait chair. [...][4] Cela, les démons malfaisants l'ont aussi imité, dans la tradition des mystères de Mithra: on présente en effet dans les cérémonies d'initiation [de Mithra. Ndlr.] du pain et une coupe d'eau qu'on accompagne de certaines formules; si vous ne le savez déjà, vous pouvez vous en informer." (1 Apologie 66, 1-3 in Premiers écrits chrétiens, Bibliothèque de la Pléiade, éd. Publiée sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, Nrf Gallimard, Lonrai 2017.)
SAINT IGNACE D'ANTIOCHE
"Cherchez donc à n'avoir qu' une seule Eucharistie ; en effet, il n'y a qu'une seule chair de notre Seigneur Jésus-Christ et une seule coupe pour l'union de son sang , un seul autel, comme un seul épiscope avec le presbytérion et les les diacres, mes compagnons de service - pour que tout ce que vous fassiez, vous le fassiez selon Dieu." (S. Ignace d'Antioche, Lettre aux Philadelphiens, 4).
"Je n'ai pas de plaisir à la nourriture corruptible, ni aux plaisirs de cette vie. C’est le pain de Dieu que je veux, c'est-à-dire la chair de Jésus-Christ, qui est de la race de David, et comme boisson, c'est son sang que je veux, c'est l’amour incorruptible". (S. Ignace d'Antioche, Romains 7:3 in Premiers écrits chrétiens, Bibliothèque de la Pléiade, éd. Publiée sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, Nrf Gallimard, Lonrai 2017.)
SAINT IRÉNÉE DE LYON
"Recommandant aussi à ses disciples d’offrir à Dieu les prémices de ses créatures, non pas parce qu’il en avait besoin, mais pour qu’ils ne paraissent pas inactifs et ingrats, il prit le pain issu de la création, rendit grâce en disant : Ceci est mon corps ; de même, il prit la coupe, et il revient lorsque nous, ceux de la création, proclamons son sang et établissons la nouvelle offrande de la nouvelle alliance.
C'est la même offrande que l’Église a reçue des Apôtres et que, dans le monde entier, elle offre à Dieu qui nous nourrit, comme prémices des dons de Dieu." (Saint Irénée de Lyon, Contre les hérésies 4,17,5)
"Quant à nous, notre manière de penser et d’être est conforme à l’Eucharistie, ce qui confirme notre doctrine, car nous offrons ce qui lui appartient déjà, proclamant, comme il se doit, la communion et l’unité de la chair et de l’esprit. De même que le pain issu de la terre, recevant l’invocation de Dieu, n’est plus pain ordinaire, mais Eucharistie, composée de deux éléments : terrestre et céleste, de même nos corps, recevant l’Eucharistie, ne sont plus corruptibles, car ils ont l’espérance de la Résurrection." (Contre les hérésies 4,18, 3-4)
"De même que la semence de la vigne, plantée en terre, porte ensuite du fruit, et que le grain de blé, tombé à terre et détruit, ressuscite multiplié par l’action de l’Esprit de Dieu qui soutient toutes choses, et que, par l’œuvre des hommes, ces choses deviennent vin et pain, qui, par la parole de Dieu, deviennent l’Eucharistie, c’est-à-dire le corps et le sang du Christ."
De même, nos corps, nourris par cette Eucharistie, après leur décomposition, ressusciteront en leur temps, lorsque la parole de Dieu les élèvera à la gloire de Dieu le Père, car elle donnera l’immortalité aux corruptibles, puisque la puissance de Dieu se manifestera dans la faiblesse » (Contre les hérésies 5,2, 2-3).
TERTULLIEN 3e siècle
"C’est pourquoi, par le sacrement du pain et du calice, nous avons déjà prouvé dans l’Évangile la vérité du corps et du sang du Seigneur, contrairement au fantôme prêché par Marcion (Contre Marcion 5: 8).
"C’est pourquoi, par le sacrement du pain et du calice, nous avons déjà prouvé dans l’Évangile la vérité du corps et du sang du Seigneur, contrairement au fantôme prêché par Marcion (Contre Marcion 5: 8).
"Le sacrement de l’Eucharistie, confié par le Seigneur à tous lors de la Cène, nous le recevons aussi dans les réunions avant l’aube, non des mains d’étrangers, mais de ceux qui président (…) Nous souffrons d’angoisse si quelque chose tombe de notre calice ou de notre pain." (De la couronne 3)
HIPPOLYTE DE ROME
"Que tous les fidèles s’empressent de recevoir l’Eucharistie avant toute autre chose. S’ils la reçoivent par foi, quoi qu’il leur soit donné ensuite, même mortel, ne pourra leur nuire."
"Faites tout votre possible pour que l’incroyant ne goûte pas à l’Eucharistie, ni un rat ou un autre animal, et pour qu’aucune partie ne tombe et ne soit perdue : c’est le corps du Christ, que les croyants doivent manger et ne doivent pas négliger." (Tradition apostolique).
ORIGÈNE D’ALEXANDRIE
"N’avez-vous pas peur de recevoir le Corps du Christ et de vous approcher de l’Eucharistie comme si vous étiez purs et irréprochables ? Comment pouvez-vous mépriser le jugement de Dieu ? Ne vous souvenez-vous pas qu’il est écrit : « C’est pourquoi beaucoup parmi vous sont faibles, malades et mourants » ? Pourquoi tant de personnes sont-elles faibles ? Parce qu’elles ne se jugent pas elles-mêmes, qu’elles ne s’examinent pas, qu’elles ne comprennent pas ce que signifie participer à l’Église, ni ce que signifie s’approcher de tant de sacrements si précieux. Elles subissent ce que subissent habituellement ceux qui ont de la fièvre lorsqu’ils osent goûter aux mets délicats des saints, c’est-à-dire qu’elles se perdent." (Commentaires sur les Psaumes 37,2,6).
"Sachez-le vous-mêmes, vous qui avez l’habitude de voir les mystères en les racontant : lorsque nous recevons le corps du Seigneur, vous le gardez avec tout le soin et la vénération nécessaires, afin que rien n’en tombe, ni qu’aucune partie du don consacré ne disparaisse ; car, comme vous le savez, on sera accusé, et à juste titre, si quelque chose est perdu par négligence." (Homélie sur Exode 13, 3).
"[Auparavant,] la manne était la nourriture dans Enigma ; maintenant, il est clair que la chair de la parole de Dieu est la vraie nourriture, comme il le dit lui-même : ma chair est vraiment de la nourriture et mon sang est vraiment de la boisson." (homélie sur le numéro 7.2)
SAINT HILAIRE DE POITIERS
"Le Verbe s’est véritablement fait chair, et nous, dans le repas du Seigneur, recevons véritablement la chair du Verbe (…) Il nous donne à la fois la réalité de sa chair et la réalité de sa divinité dans le sacrement de sa chair." (Sur la Trinité 8, 13)
" S’il est vrai que “le Verbe s’est fait chair”, il est également vrai que dans la sainte nourriture (l’Eucharistie), nous recevons le Verbe incarné. Dès lors, nous devons être convaincus que Celui qui (…) s’est aussi fondu dans le sacrement qui unit sa chair à la nature de l’éternité (…) par sa chair, demeure en nous, en nous, et nous en lui. (…) Il témoigne lui-même que nous sommes pleinement en lui, par le Sacrement dans lequel il nous communique sa chair et son sang (…) ceci est donc la source de notre vie : la présence du Christ en nous par sa chair." (Sur la Trinité 8.13 trait 16)
"Il dit lui-même : “Ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure avec moi, et moi avec lui” (Jean 6, 56). Quant à la vérité de la chair et du sang, il n’y a aucun doute : c’est véritablement chair et véritablement sang, comme nous le voyons dans la déclaration même du Seigneur et dans notre foi en ses paroles. Cette chair, une fois mangée, et ce sang, une fois bu, nous unissent aussi en Christ et Christ en nous." (Sur la Trinité).
SAINT ATHANASE D’ALEXANDRIE
"Vous verrez les Lévites apporter du pain et une coupe de vin, et les déposer sur la table. Jusqu’à ce que les invocations et les prières soient faites, il n’y a que du pain et du vin dans la coupe ; cependant, après que les grandes et admirables prières aient été dites, alors le pain devient le corps de Notre Seigneur Jésus-Christ et le vin devient votre sang." (Aux nouveaux baptisés, p. 26, 325).
SAINT CYRILLE DE JÉRUSALEM
"Après avoir déclaré sur le pain : « Ceci est mon corps », qui osera en douter ? Et après avoir affirmé : « Ceci est mon sang », qui pourra douter et dire que ce n’est pas son sang ? (…) À une autre occasion, il changea l’eau en vin à Cana en Galilée, par un signe. Ne croirons-nous donc pas en lui lorsqu’il change le vin en sang ? (…)
Ainsi, avec une certitude absolue, nous participons au Corps et au Sang du Christ . Car, sous la forme du pain, le Corps vous est donné, et sous la forme du vin, le Sang vous est donné, afin que, ayant participé au Corps et au Sang du Christ, vous soyez un avec lui corps et sang. Nous devenons ainsi « Christophores », c’est-à-dire porteurs du Christ, dont le Corps et le Sang se diffusent en nous. Et alors, comme le dit saint Pierre, « nous participons à la nature divine » (2 Pierre 1, 4). En effet, ne les considérez pas comme du simple pain et du simple vin, car ils sont, selon la foi, le Corps et le Sang du Christ : croyez fermement, sans aucun doute, que vous avez été rendus dignes du Corps et du Sang du Christ (Catéchèse 4, 1-2, 6).
SAINT AMBROISE DE MILAN
"Vous dites peut-être : ́Mon pain est du pain ordinaire.’ Cependant, ce pain est Pain avant les paroles sacramentelles. Dès que la consécration a lieu, le pain qu’il est devient la Chair du Christ » (Sur les Sacrements 4).
"Le Seigneur a commandé, et les cieux furent faits ; le Seigneur a commandé, et la terre fut faite ; le Seigneur a commandé, et les mers furent faites ; le Seigneur a commandé, et toutes les créatures furent créées. Voyez donc combien la parole du Christ est efficace. Si la parole du Seigneur Jésus est si puissante que, par elle, des choses qui n’existaient pas auparavant commencent à être, combien plus doit-elle l’être pour que des choses qui existaient déjà puissent être et devenir autre chose." (Sur les Sacrements 4,4,15).
[...] "Confirmons la vérité du mystère de l’Eucharistie par l’exemple de l’Incarnation : la naissance du Christ a-t-elle été précédée d’un processus naturel ? (…) Il est évident qu’il est né de la Vierge au-dessus de la nature. Or, le corps que nous consacrons est né de la Vierge. Pourquoi chercher à ordonner le Corps du Christ (l’Eucharistie) alors que le Seigneur est né de la Vierge au-dessus de la nature ? La chair du Christ, crucifié et enseveli, était réelle ; par conséquent, ce sacrement est véritablement de sa chair."
Sachant cela, il semble légitime de se demander si les apôtres, les consacrés de Jésus (évêques) auraient laissé des membres non consacrés de l'Église toucher le corps, le sang, l'âme et la divinité de notre Seigneur dans l'Eucharistie alors que seuls les lévites, une fois purifiés, pouvaient toucher l'Arche (1 Chroniques 15:2-14)
Au IIe siècle, les prières et les lectures formaient déjà une structure ressemblant de la messe.
Sixte I (117-126) interdit de toucher les mystères sacrés si l’on ne faisait pas partie du clergé : ut mysteria sacra non tangerentur, nisi a ministris, "les Mystères Sacrés ne doivent pas être manipulés par des personnes autres que celles consacrées au Seigneur. (Liber Pontificatis, éd. DUCHESNE, I, Paris, 1886, 128.)
Au IIIe s., Saint Eutychian, Pape (275-283) interdit que la communion à porter aux malades soit confiée à un laïc ou à une femme (nullus praesumat tradere communionem laico vel feminae ad deferendum infirmo).
Tertullien de Carthage (160-250) attestait que la sainte eucharistie était reçue uniquement du prêtre et pas d’autrui (nec de aliorum manu sumimus).
À mesure que le christianisme se répandit, les liturgies locales se développèrent.
Au IVe siècle, Rome développa son propre style liturgique, simple, sobre et fortement inspiré des Écritures.
D'autres lieux (comme Byzance) avaient leurs propres rites.
Le latin devint la langue officielle au IVe siècle.
Le grec était la première langue de la liturgie romaine, mais le latin remplaça le grec, unifiant l'Occident. La messe était célébrée dans la langue du peuple de l'empire romain.
En entrant dans la patristique et dans les époques médiévales où nous avons une documentation plus complète, nous pouvons établir de manière plus définitive le mode de réception de l’Eucharistie pratiqué dans l’Église.
Les citations suivantes montrent que la communion dans la bouche (ou sur la langue) était la norme dans l'Église:
Le concile de Saragosse (380) dans son canon 3 excommuniait tous ceux qui osaient continuer à recevoir la Sainte Communion à la main comme en temps de persécution. Décision confirmée par le synode de Tolède (400).
Une formule apocryphe est alléguée comme étant de Saint Cyrille de Jérusalem (313-386) dans ses "Catéchèses mystagogiques" vers 350, citée hors contexte pour faire penser à la pratique moderne : "Lorsque tu t’avances pour Le recevoir, ne t’approche pas sans respect, les paumes des mains grandes ouvertes ou les doigts écartés ; mais avec ta main gauche, fais un trône pour la droite où va reposer le Roi. Reçois le Corps du Christ dans le creux de ta main et réponds Amen." [Catéchèse mystagogie V, xxi-xxii, Migne Patrologia Graeca, 33.] Les passages supprimés sont : "Sanctifie tes yeux par le contact du saint Corps" et puis, après avoir bu au calice, "lorsque tes lèvres en sont encore mouillées, touche-les avec les mains et passe sur tes yeux, ton front et tous tes autres sens, pour les sanctifier."
Cet extrait provient d'une des cinq Conférences de Pâques (mystagogies) attribuées à saint Cyrille, mais on se demande si ces cinq conférences de suivi sont bien du grand saint. L'érudit Dr. Taylor Marshall en doute. Il pose que certains manuscrits n'attribuent pas ces conférences à saint Cyrille. Il écrit que cette même citation continue en mentionnant que le corps de Christ devrait être porté aux yeux et au front et que le communicateur devrait toucher ses lèvres avec le sang précieux de notre Seigneur. Les passages supprimés sont : "Sanctifie tes yeux par le contact du saint Corps" et puis, après avoir bu au calice, "lorsque tes lèvres en sont encore mouillées, touche-les avec les mains et passe sur tes yeux, ton front et tous tes autres sens, pour les sanctifier." De même Michael Davies, un autre érudit, évoque la question de l'identité de l'auteur de la citation alléguée à S. Cyrille dans son ouvrage "Communion dans la main et autres fraudes similaires" (P.8).
Les témoignages des premiers siècles attestent que si la communion pouvait être reçue dans la main, c’était dans des cas exceptionnels relevant de circonstances très particulières (persécutions, nécessité de mettre le Pain consacré à l’abri... etc.) [Pro liturgia, Lundi 30/3/2015]
Saint Basile, Père grec et Docteur de l’Église (329-379), expliqua qu’en des circonstances pareilles de persécution et en l’absence de prêtre et/ou de diacre pour administrer la communion et la porter aux malades, on avait pu jadis "recevoir la communion au moyen de sa propre main". [Saint Basile, Lettre 93]
L’historien Eusèbe de Césarée (270-339) attesta au livre VI de son "Histoire ecclésiastique" que la communion dans la main se faisait seulement en cas de véritable nécessité. La pratique normale avait toujours été que les fidèles communient à genoux et dans la bouche. Devant les abus locaux, le concile de Rouen rappela en 650 cette norme apostolique, en interdisant la communion dans la main (nulli autem laico aut feminae Eucharistiam in manibus ponat, sed tantum in os ejus).
Dans une homélie sur la première épître à Timothée, Saint Jean Chrysostome (347-407) indiquait cette humble et pieuse attitude de réception de la part des fidèles : "Que rien d’amer ne sorte de la bouche qui a été gratifiée d’un si grand mystère ; que la langue, sur laquelle le divin Corps a été déposé, ne profère rien de déplaisant."
D'après la tradition, à la fin du IVe siècle, S. Ambroise de Milan régla la forme du chant ecclésiastique (cantus ambrosianus, seu firmus) et pour parler de l'assemblée dominicale (dominicum) imposa le mot missa, messe.
L'Institution de l'Eucharistie tableau de Nicolas Poussin († 19 novembre 1665), commandé par SMTC Louis XIII pour la chapelle du château de Saint-Germain-en-Laye, 1641, Louvre.
Au Moyen-Âge
Au Ve siècle, le pape Saint Léon I (440-461) enseigna que l’on recevait en bouche ce qui était cru par la foi (hoc enim ore sumitur quod fide tenetur), "ceci est effectivement reçu au moyen de la bouche, à quoi nous croyons par la foi". "Le minerai" est ici dans l'ablatif; dans le contexte, cela désigne l'instrumentation. La bouche est donc le moyen par lequel la Sainte Eucharistie est reçue.
Au VIe siècle, en 536, le pape Saint Agapet I accomplit un miracle de guérison après avoir donné l’hostie en bouche à quelqu’un (cumque ei Dominicum corpus mitteret in os).
Au VIe et VIIe siècles, le pape Saint Grégoire I le Grand (590-604) perfectionna les prières et les chants. Il façonna le Canon (le cœur de la messe) et donna à la liturgie une grande partie de sa stabilité, ce qui lui valut le nom de ''messe grégorienne''. Dans ses dialogues (Romain 3, c. 3) il attesta que le Pape saint Agapet accomplit le miracle de la guérison durant la messe après avoir placé le Corps du Seigneur dans la bouche de la personne. Jean le Diacre parla de la manière dont ce Pape distribuait la sainte communion.
Au VIIe siècle, en Orient, le 3ème concile de Constantinople (680-681), 6e concile œcuménique, interdit sous peine d'excommunication aux fidèles de prendre l'Armée sacrée dans la main alors qu’un évêque, un prêtre ou un diacre étaient disponibles pour la leur dispenser en bouche.
Le Synode de Cordoue (839) a condamné la secte de "Casiani" pour son refus de recevoir la Sainte Communion directement dans la bouche [Cf. Mgr Athanasius Schneider, Dominus Est, p.47.].
Le Synode de Rouen (878) a déclaré: "L'Eucharistie ne peut jamais être confiée à un laïc, ni à une femme, mais doit seulement être donnée à la bouche".
Il découle de la prémisse que si les vases et les mains du prêtre touchant l'Eucharistie devaient être consacrés, elle ne serait pas par la suite remis entre les mains du profane.
Au IXe siècle, le Synode de Cordoue au condamna en 839 la secte de "Casiani" pour son refus de recevoir la Sainte Communion directement dans la bouche. [Cf. Mgr Athanasius Schneider, Dominus Est, p.47.]
Le Synode de Rouen (878) déclara : "L'Eucharistie ne peut jamais être confiée à un laïc, ni à une femme, mais doit seulement être donnée à la bouche".
Au XIIIe siècle saint Thomas d'Aquin (1225–1274) précisa : "Par respect pour ce sacrement [la Sainte Eucharistie], rien ne le touche, sauf ce qui est consacré. c'est pourquoi le corporal et le calice sont consacrés, ainsi que les mains du prêtre, pour toucher ce sacrement." (Summa Theologica, partie III, Q.82, art. 3, Rep. Obj.8.)
Au XVIe siècle, le pape (Clément VII) autorisa le bréviaire novateur du cardinal Quiñones dans la période 1529-1534. Ce bréviaire, dit "de Sainte-Croix", imprimé sous le nom de Breviarium romanum à Rome en 1535, bien qu'approuvé des papes Clément VII, Paul III, Jules III et Paul IV, fut censuré par la Sorbonne et interdit par Pie V. Au XIXe siècle, Dom Guéranger critiquera durement ce bréviaire dans ses Institutions liturgiques : ''Au moyen d’une certaine variété dans les prières et les lectures, en évitant, autant que possible, les répétitions, en retranchant tout ce qui se rapporte à l’assemblée des fidèles, comme n’ayant plus de sens dans la récitation privée, on pensait ranimer le goût de la prière chez les clercs, et l’on ne voyait pas que c’était aux dépens de la Tradition ; que l’antique dépôt des prières liturgiques une fois altéré, ne tarderait pas à périr ; que cette forme d’office, inconnue à tous les siècles chrétiens, pénétrerait bientôt dans les Églises, au grand scandale des peuples ; en un mot, que c’était une Réforme désastreuse que celle à laquelle on sacrifiait tout le passé de la Liturgie.'' (Prosper Guéranger, Institutions liturgiques, Première partie, chapitre 13)
La messe Saint Pie V ou "tridentine"
En 1570, après le concile de Trente, le pape Pie V publia le Missel romain (Bulle Quo Primum). Il n'inventa pas la messe. Il préserva et normalisa la forme qui s'était déjà développée naturellement pendant plus de 1 000 ans.
Des églises domestiques aux basiliques, du grec au latin, de la tradition orale au Missel.
La messe en latin est un lien vivant avec les apôtres.
C'est la messe des siècles, qui grandit comme un chêne à partir d'une minuscule graine.
À l'époque contemporaine
Des problèmes majeurs et mineurs ont pris des décennies, parfois des siècles, à se résoudre. Les interventions d’Urbain VIII (1623-1644) dans le bréviaire, afin de satisfaire les admirateurs baroques du latin classique, jamais acceptées par les ordres monastiques, ont été partiellement annulées par Paul VI au XXe siècle lorsqu’il a restauré certains des textes originaux dans la Liturgia Horarum (Liturgie des Heures, prière principale de l'Église en dehors de la messe). Le chant grégorien a existé dans un état de corruption pendant des siècles avant que ses mélodies ne soient restaurées par les moines de Solesmes avec le soutien de Pie X. L’histoire de l’Église ne se déroule pas à la vitesse des tweets et des podcasts ; elle est plutôt comme Dieu lui-même : "pour le Seigneur, un seul jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un seul jour." (2 P 3, 8).
La communion fréquente, et des enfants, est une pratique instaurée par Saint Pie X (1903-1914).
La conservation de l'usage du latin dans la liturgie est une demande du Concile Vatican II dans sa constitution sur la divine liturgie, Sacrosanctum Concilium n° 36,1 :
"L’usage de la langue latine, sauf droit particulier, sera conservé dans les rites latins".
Le Concile Vatican II ne s'est pas pas exprimé sur le sujet de la communion dans la bouche ou dans la main, mais précise dans Lumen Gentium§ 11 que 'l’Eucharistie est "la source et le sommet de la vie chrétienne".
Les autres sacrements ainsi que tous les ministères ecclésiaux et les tâches apostoliques sont tous liés à l’Eucharistie et ordonnés à elle. Car la sainte Eucharistie contient tout le trésor spirituel de l’Église, c’est-à-dire le Christ lui-même, notre Pâque." [CEC 1324]
Le 3 avril 1969, le pape Paul VI promulgue la constitution apostolique Missale romanumpour officialiser le "nouveau missel romain" de la messe dite "de Paul VI" désormais en usage dans l'Église latine, rendant obsolète le missel romain de 1570. Toutefois, certains fidèles sont demeurés attachés à l'ancien rite.
Le 29 mai 1969, le sujet de la distribution de la Communion est abordé par la Sacrée Congrégation pour le culte divin dans l’instruction de Paul VI, Memoriale Domini, pour confirmer la réception de la communion à genoux et sur les lèvres :
"... la coutume s'est établie que ce soit le ministre lui-même qui dépose sur la langue du communiant une parcelle de Pain consacré. Compte tenu de la situation actuelle de l'Église dans le monde entier, cette façon de distribuer la Sainte Communion doit être conservée, non seulement parce qu'elle a derrière elle une tradition multiséculaire, mais surtout parce qu'elle exprime le respect des fidèles envers l'Eucharistie."
Mais cette instruction de Paul VI de 1969 a ouvert une brèche dans le principe énoncé de conserver la tradition de la distribution de la communion dans la bouche "sur la langue": à la fin du texte, l'on se demande si c’est bien dans ce document que Paul VI a introduit la réception dans la main ? Dans les dernières lignes, un indult est accordé, en totale incohérence avec le raisonnement qui précède. Tolérance restreinte, encadrée, assortie d’un contrôle strict, etc... mais toutes ces précautions étaient évidemment illusoires. Ce qui est important, ce n’est pas le barrage qui est solide en tous points sauf un, la brèche... On sait ce qui est advenu après cette instruction romaine de 1969. La norme est à présent si bien inversée que la règle est devenue l'exception et que c’est la communion dans la bouche qui est vue comme une bizarrerie à peine tolérée dans certains endroits ! C'est l'époque de la désacralisation. Au nom de ''l'esprit du concile'' toutes sortes d'abus ont vu le jour :
-distribution de la communion par des laïcs ;
-obligation de recevoir la communion dans la main ;
-célébration ''face au peuple' sur des édicules dépourvus de valeur et de dignité ;
-médiocrité du répertoire musical et limitation - voir interdiction - du chant grégorien ;
-disparition des chorales au profit de l’"assemblée-chantante" invitée à répéter n’importe quoi, n’importe quand et n’importe comment... pourvu que ce soit des airs qu’il ne viendrait à l’idée de personne de chanter ailleurs que dans une église où le mauvais goût est de bon ton ;
-geste de paix transformé en séance de "shake your hands" totalement anti-liturgique ;
-équipes d’animation liturgique envahissantes et totalement inefficaces... sauf, bien sûr, quand c’est pour démolir la liturgie ;
-donné du missel romain Paul VI lui-même systématiquement modifié ou ignoré par les célébrants ;
-absence de dignité, de tenue, de réserve des célébrants ;
-etc.
Et cela alors que Paul VI, Jean-Paul II, Benoît XVI ont tous été profondément formés par le rite romain traditionnel qu’ils ont célébré pendant des années, si bien que même lorsqu’ils ont adopté le nouveau rite, ils le célébraient avec des yeux et un esprit enracinés dans la tradition. En un certain sens, ils insufflaient à ce corps du Novus Ordo l'âme du Vetus Ordo.
Paul VI exprima des regrets pour la perte de l’ancien rite qu’il avait lui-même renversé, et a commença déjà à donner des permissions pour que l’ancien rite continue ; Jean-Paul II ouvrit plus grand cette porte avec l’indult mondial ; Benoît XVI ouvrit la porte grande ouverte en 2007 et influença un grand nombre de clercs qui célèbrent ou admirent le Vetus Ordo.
Le pape François a été le premier pape ordonné dans le nouveau rite et à n’avoir jamais célébré l’ancien.
"Le Missale de Pie V ne fut pas un nouveau missel, mais simplement une version du Missel Romain existant qui avait été légèrement révisée en fonction des sources, et en ce sens elle n’était qu’une étape supplémentaire dans un processus qui était en cours depuis Hippolyte.
Pour cette raison, je considère que les termes Messe tridentine et Messe de Pie V sont historiquement inexacts et théoriquement désastreux."
— Cardinal Ratzinger, Lettre de l’Université de Regensburg (14/12/1976), citation extraite d’une lettre adressée au professeur Wolfgang Waldstein.
Pour que la liturgie retrouve un développement organique dans la tradition de l'Eglise, le Cardinal Ratzinger dit dans cette lettre qu'il faudrait permettre à tous les prêtres de continuer à utiliser l'ancien Missel et que les règles à venir devraient laisser une large liberté d'usage de l'ancien rite. L'introduction du nouveau missel lui paraît rompre avec la continuité historique de la liturgie, contrairement à la réforme dite de "saint Pie V",a et que les termes de "messe tridentine" ou "missel de saint Pie V" lui semblent historiquement inexactes et théologiquement regrettables.
En 2007, Benoît XVI libéralise la messe latine traditionnelle, autorise à nouveau l'usage de l'ancien rite (bien qu'il n'ait jamais été formellement interdit) dans son Motu proprio Summorum Pontificum, sous le nom de forme extraordinaire du rite romain. Cette forme est parfois erronément appelée 'rite tridentin'. Pour l'Église catholique il ne s'agit pas d'un autre rite, mais bien d'une forme exceptionnelle ("extraordinaire") du même rite romain. Dans sa lettre aux évêques accompagnant son Motu proprio Summorum Pontificum, il indique que "ce Missel n’a jamais été juridiquement abrogé, et que par conséquent, en principe, il est toujours resté autorisé. ... L’histoire de la liturgie est faite de croissance et de progrès, jamais de rupture. Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous, et ne peut à l’improviste se retrouver totalement interdit, voire considéré comme néfaste."
Mais en 2021, sous François, la législation de l'Église catholique déclare que les livres liturgiques promulgués par les papes Paul VI et Jean-Paul II, conformément aux décrets du concile Vatican II, sont les seuls du rite romain. Néanmoins chaque évêque diocésain, en suivant les orientations du Saint-Siège (annulant l'élargissement proposé par Benoît XVI en 2007) et en particulier celles qui sont mentionnées dans le motu proprio Traditionis custodes, peut permettre dans son diocèse une utilisation limitée du missel de 1962 (la messe latine traditionnelle Saint Pie V).
Au sujet des restrictions de la messe traditionnelle en latin par François, le cardinal Robert Sarah réitéra les arguments qui étaient ceux de Benoît XVI : "on ne peut pas dire que ce qui a été fait pendant 1 600 ans n'est plus valable aujourd'hui. Ce qui annule n'est pas un texte valide, car l'Église est une continuité. Je ne sais pas de quelle autorité nous disposons pour interdire une liturgie célébrée depuis des siècles !" (Cf. Entretien vidéo le 16 juillet 2026 avec Diane Montagna )
En 2008, Benoît XVI déclarait que dans l’Eucharistie se trouve la "force de la révolution chrétienne", la "plus profonde de l’histoire humaine", qui donne à l’homme une "vraie liberté".
En 2009, pour le n° 7000 de PRESENT du Jeudi 31 décembre 2009, Jean Madiran dresse un bilan accablant de la messe en français ''sur quarante ans, de 1965 (fin du Concile) à 2005 (élection de Benoît XVI)''. ''Selon un bilan de la Croix'', ''c’est le désastre des 'messalisants', c’est-à-dire des catholiques allant chaque dimanche à la messe. En 1965, ils étaient 27 % de la population française. Ils ne sont plus que 4,5 % en 2005.'' ''La messe en français'' serait ''la principale cause prochaine'. Il faut se souvenir des raisons de l’institution d’une messe nouvelle, telles qu’elles ont été énoncées par Paul VI. Il s’agissait de sacrifier le latin et les magnifiques vêtements de la liturgie traditionnelle, dont il ne niait pas l’éclat merveilleux, mais qui étaient selon lui un obstacle à la participation des masses populaires, des journalistes et des hommes d’affaires.''
'La courbe plonge à partir des années 1970'', ''celles où bat son plein la plus spectaculaire 'audace post-conciliaire'. (sic)'' A la page suivante du même numéro de La Croix (29 décembre), Frédéric Mounier, nous rapporte un propos du cardinal Poupard : ''Il faut se souvenir de l’homélie de Paul VI lors de l’ouverture de son pontificat. Pour lui, avant de parler, l’Eglise devait se faire écoute. Ce fut le thème de sa première encyclique. De même (…), il n’a pas condamné la jeunesse en ébullition. Il s’est interrogé : – Saurons-nous les comprendre ?'' ''Si bien, ironise Jean Madiran, que ce n’est plus guère : 'Allez enseigner toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit' (Mt 28, 19). Ce n’est plus guère ; 'Allez dans le monde entier, proclamer l’Evangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ; celui qui ne croira pas sera condamné' (Mc 16,15-16). C’est plutôt : Allez écouter ce qu’on dit dans le monde, comprenez leurs désirs, accompagnez leurs problèmes…'' (Fin de citation)
D'autres formes rituelles sont en vigueur de plein droit dans l'Église latine:
-le rite ambrosien, en vigueur à Milan et dans certains diocèses du Nord de l'Italie,
-le rite de Braga au Portugal,
-le rite mozarabe célébré à Tolède et quelquefois à Salamanque et à Madrid
-les Églises catholiques orientales pratiquent des rites orientaux et n'utilisent donc pas le rite romain ni aucun autre rite liturgique latin. Il existe un grand nombre de rites dits "orientaux", dont l'arménien, le copte, le syriaque et le byzantin. Et un catholique romain entrant dans une église catholique maronite au Liban, ou une église catholique byzantine en Ukraine, ou une église catholique chaldéenne en Irak, la messe lui paraît différente, les vêtements semblent étranges, les chants lui sont inconnus. Et pourtant, au moment de la communion, ce catholique romain peut s'avancer et recevoir l'Eucharistie. Pourquoi ? Parce que l'Église catholique romaine et les 23 Églises catholiques orientales ne forment qu'une seule et même Église catholique. Nous avons une seule foi, un seul baptême et, surtout, une seule Eucharistie. Les prières peuvent être différentes, les traditions peuvent paraître différentes, mais c'est le même Corps et le même Sang du Christ, car nous sommes tous en pleine communion avec le Pape. C’est là la beauté de notre Église : de nombreuses traditions, de nombreux rites, mais un seul Seigneur, un seul Pasteur, une seule table.
Le Card. Francis Arinze, Préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des Sacrements, s'exprima sur le sujet à la conférence liturgique de Gateway, St. Louis, Missouri, 11 novembre 2006 (Texte intégral) :
"L’Église fondée par notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ s’efforce de rassembler les hommes de toutes races, langues, peuples et nations (cf. Ap 5,9), afin que "toute langue proclame que Jésus Christ est le Seigneur pour la gloire de Dieu le Père" (Phil 2,11). Le jour de la Pentecôte, des hommes et des femmes "issus de toutes les nations qui sont sous le ciel" (cf. Ac 2,5) ont écouté les Apôtres relater les oeuvres prodigieuses de Dieu. Cette Église, ce nouveau peuple de Dieu [Cf. Note 1 du décret Optatam Totius du Concile Vatican II] ce corps mystique du Christ, prie. Sa prière publique est la voix du Christ et celle de l’Église, son épouse. Tête et membres. La liturgie est une expression du magistère sacerdotal de Jésus Christ. En elle, le culte public est accompli par l’Église tout entière, autrement dit par le Christ qui y associe ses membres. "Par conséquent, toute célébration liturgique, en tant qu’œuvre du Christ prêtre et de son Corps qui est l’Église, est l’action sacrée par excellence dont nulle autre action de l’Église ne peut atteindre l’efficacité au même titre et au même degré." (Sacrosanctum Concilium, § 7). À la sainte source de la liturgie, nous tous qui avons soif des grâces de la Rédemption, allons puiser l’eau vive (cf. Jn 4,10).
La conscience que, dans chaque acte liturgique, Jésus Christ est le grand prêtre, devrait instiller en nous une grande ferveur. Comme le disait saint Augustin : "Il prie pour nous comme notre Prêtre ; il prie en nous comme notre Chef ; nous le prions comme notre Dieu. Nous reconnaissons ainsi notre voix en lui, et sa voix en nous" (Enarratio in Psalmum, 85).
[...] À l’origine, l’Église de Rome utilisait le grec. Ce n’est que progressivement que le latin a été introduit, jusqu’à la latinisation définitive de l’Église de Rome au IVe siècle (cf. A.G. Martimort, L’Église en prière, Desclée 1983).
[...] Il est à noter que beaucoup de religions du monde, ou leurs ramifications principales, ont une langue qui leur est chère. On ne peut pas penser à la religion judaïque sans penser à l’hébreu. Pour l’islam, la langue sacrée est l’arabe du Coran. L’hindouisme classique considère le sanscrit comme sa langue officielle, tandis que les textes sacrés du bouddhisme sont rédigés en pali.
Il serait superficiel de notre part de croire qu’il s’agit là d’une tendance ésotérique, bizarre, désuète, vieux jeu ou médiévale. Ce serait ignorer une composante subtile de la psychologie humaine. Dans les questions religieuses, les personnes tendent à conserver ce qu’elles ont reçu depuis les origines, la manière dont leurs prédécesseurs ont formulé leur religion et prié. Les paroles et les formules utilisées par les premières générations sont chères à ceux qui en ont hérité aujourd’hui. S’il est vrai qu’on ne peut certes pas identifier une religion avec une langue, la façon dont elle se comprend peut créer un lien affectif avec une expression linguistique particulière en usage dans sa période de croissance classique.
[...] Comme nous l’avons vu, le latin a remplacé le grec comme langue officielle de l’Église de Rome au IVe siècle. Parmi les principaux Pères de l’Église qui écrivirent en latin de manière ample et belle figurent
-saint Ambroise (339-397),
-saint Augustin d’Hippone (354-430),
-et le pape Grégoire le Grand (540-604)... en particulier donna au latin toute sa splendeur dans la sainte liturgie, dans ses sermons et dans l’usage général de l’Église.
[...] Les papes et l’Église de Rome ont constaté que le latin était bien adapté pour diverses raisons. C’est la langue qui convient à une Église universelle, à une Église où tous les peuples, toutes les langues et toutes les cultures doivent se sentir chez eux, et où nul n’est considéré comme un étranger.
[...] Le latin a pour caractéristique de posséder des mots et des expressions qui conservent leur sens de génération en génération. C’est un avantage, lorsqu’il s’agit d’exprimer notre foi catholique et de rédiger les documents papaux et autres textes de l’Église. Les universités modernes apprécient également cette caractéristique, puisque certains de leurs titres solennels sont en latin.
Le Bienheureux Jean XXIII, dans sa Constitution apostolique Veterum Sapientia, publiée le 22 février 1962, avance deux raisons à cela, et en donne une troisième. La langue latine a une noblesse et une dignité non négligeables (cf. Veterum Sapientia, 5, 6, 7). Nous pouvons ajouter que le latin est concis, précis, et poétiquement mesuré.
N’est-il pas admirable que des personnes, et en particulier des clercs s’ils sont bien formés, puissent se rencontrer dans des réunions internationales et être capables de communiquer entre eux au moins en latin ?
[...] Il est vrai qu’il existe une tendance, tant à l’intérieur de l’Église que dans le monde en général, à accorder plus d’attention aux langues modernes comme l’anglais, le français et l’espagnol, qui peuvent nous aider à trouver plus rapidement un emploi sur le marché du travail ou au ministère des affaires étrangères de notre pays. Mais l’exhortation du Pape Benoît XVI aux étudiants de la Faculté de lettres classiques et chrétiennes de l’Université pontificale salésienne de Rome, à l’issue de l’Audience générale du mercredi 22 février 2006, garde toute sa valeur et son importance. Et il l’a prononcée en latin ! En voici une traduction libre en français : "Avec raison, nos prédécesseurs ont insisté sur l’étude de la grande langue latine afin que l’on puisse mieux apprendre la doctrine salvifique contenue dans les disciplines ecclésiastiques et humanistiques. De même, je vous invite à cultiver cette activité, afin que le plus grand nombre possible de personnes puissent accéder à ce trésor et en apprécier l’importance" (in L’Osservatore Romano, 45, 23 fév. 2006, p.5).
Le chant grégorien
"L’action liturgique présente une forme plus noble lorsque les offices divins sont célébrés solennellement avec chants" (Sacrosanctum Concilium, 113). Selon un vieil adage, bis orat qui bene cantat, ce qui veut dire : "Celui qui chante bien prie deux fois". Cela, parce que l’intensité que prend la prière lorsqu’elle est chantée renforce sa ferveur et multiplie son efficacité (cf. Paul VI, Discours à la Schola Cantorum italienne le 25 sept. 1977, Notitiae 136, nov. 1997, p. 475).
La bonne musique aide à prier, élève l’âme des fidèles vers Dieu, et donne à ceux qui l’écoutent un avant-goût de la bonté divine.
Dans le rite latin, ce qui est connu sous le nom de "chant grégorien" fait partie de la tradition. Un chant liturgique particulier existait à Rome, il est vrai, avant saint Grégoire le Grand (+ 604). Mais ce fut ce grand pape qui donna à ce chant sa prééminence. Après saint Grégoire, cette forme de chant continua à se développer et à s’enrichir jusqu’aux bouleversements qui marquèrent la fin du moyen âge. Les monastères, et en particulier ceux de l’Ordre bénédictin, ont beaucoup fait pour préserver cet héritage.
Le chant grégorien est caractérisé par une cadence méditative et émouvante. Il touche les profondeurs de l’âme. Il manifeste la joie, la tristesse, le repentir, la requête, l’espérance, la louange ou l’action de grâce propres à une fête particulière, à une partie de la Messe ou à toute autre prière. Il rend les Psaumes plus vivants. Il exerce une fascination universelle, qui le rend approprié à toutes les cultures et à tous les peuples. Il est apprécié aussi bien à Rome, qu’à Solesmes, Lagos, Toronto ou Caracas. Il résonne dans les cathédrales, les séminaires, les sanctuaires, les centres de pèlerinage et les paroisses traditionnelles.
Le saint Pape Pie X célébra le chant grégorien en 1904 (Tra le Sollecitudini, 3).
Le Concile Vatican II en fit l’éloge en 1963 : "L’Église reconnaît dans le chant grégorien le chant propre de la liturgie romaine ; c’est donc lui qui, dans les actions liturgiques, toutes choses égales d’ailleurs, doit occuper la première place." (Sacrosanctum Concilium, 116). Le Serviteur de Dieu et Pape Jean-Paul II renouvela cet éloge en 2003 (cf. Chirographe pour le centenaire de Tra le Sollecitudini, 4-7, in Cong. Pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, Spiritus et Sponsa, 2003, p. 130). À l’occasion d’une rencontre à Rome à la fin de 2005, le Pape Benoît XVI a encouragé l’association internationale des Pueri Cantores, qui fait une grande place au chant grégorien. À Rome et dans le monde entier, de nombreuses chorales, composées tant de professionnels que d’amateurs, interprètent ces chants de façon magnifique, en communiquant l’enthousiasme qu’il leur inspire.
Ce n’est pas vrai que les fidèles laïcs ne veulent pas chanter le chant grégorien. Ils demandent au contraire que les prêtres, les moines et les religieuses partagent ce trésor avec eux. Les CD gravés par les moines bénédictins de Silos, par leur maison généralice de Solesmes et par beaucoup d’autres communautés sont très demandés par les jeunes. Les monastères sont visités par des personnes désireuses de chanter les laudes, et surtout les vêpres.
[...] En 1962, juste avant d’ouvrir le Concile, le Bienheureux Jean XXIII a rédigé une Constitution apostolique dans laquelle il insistait sur l’usage du latin dans l’Église. Le Concile Vatican II, bien qu’ayant autorisé l’introduction de la langue vulgaire, a mis l’accent sur la place du latin : "L’usage de la langue latine, sauf droit particulier, sera conservé dans les rites latins" (Sacrosanctum Concilum, 36). Le Concile a également demandé aux séminaristes d’avoir "la connaissance de la langue latine qui leur permettra de comprendre et d’utiliser les sources de tant de sciences et les documents de l’Église" (Optatam Totius, 13). Le Code de Droit Canonique publié en 1983 dit : "La célébration eucharistique se fera en latin, ou dans une autre langue, pourvu que les textes liturgiques aient été légitimement approuvés" (can. 928).
Par conséquent, ceux qui veulent donner l’impression que l’Église a voulu éliminer le latin de la liturgie se trompent. En avril 2005, on a assisté au niveau mondial à une manifestation de l’adhésion à une liturgie bien célébrée en latin, lorsque des millions de personnes ont suivi à la télévision les obsèques du Pape Jean-Paul II et, deux semaines plus tard, la Messe inaugurale du Pontificat de Benoît XVI.
[...] L’article 54 précise les modalités à suivre pour que "les fidèles puissent dire ou chanter ensemble, en langue latine, aussi les parties de l’ordinaire de la messe qui leur reviennent". Dans la célébration de la Liturgie des Heures, "selon la tradition séculaire du rite latin dans l’office divin, les clercs doivent garder la langue latine" (SC 101).
[...] Les développements furent tellement rapides qu’aujourd’hui certains clercs, religieux et fidèles laïcs ignorent que le Concile Vatican II n’a pas introduit la langue vulgaire dans toutes les parties de la liturgie.
Les requêtes d’extension de l’usage de la langue vulgaire ne se firent pas attendre. À la demande pressante de certaines Conférences épiscopales, le Pape Paul VI autorisa d’abord la célébration de la Préface de la Messe en langue vulgaire (cf. Lettre du Cardinal Secrétaire d’État, 27 avril 1965), puis de tout le Canon et des prières d’ordination en 1967. Enfin, le 14 juin 1971, la Congrégation pour le Culte Divin publia une communication selon laquelle les Conférences épiscopales pouvaient autoriser l’usage de la langue vulgaire dans tous les textes de la Messe, et tout Ordinaire pouvait donner la même autorisation pour la célébration chorale ou privée de la Liturgie des Heures (pour tous ces développements, voir A. G. Martimort : Le dialogue entre Dieu et son peuple, in A.G. Martimort : L’Église en prière, op. cit.)
Les raisons de l’introduction de la langue du pays ne sont pas difficiles à comprendre. Celle-ci favorise une meilleure compréhension de la prière de l’Église : "La Mère Église désire beaucoup que tous les fidèles soient amenés à cette participation pleine, consciente et active aux célébrations liturgiques, qui est demandée par la nature de la liturgie elle-même et qui, en vertu de son baptême, est un droit et un devoir pour le peuple chrétien" (SC 14).
[...] Les textes latins ont été préparés avec la plus grande attention à la doctrine, dans une formulation exacte, 'exempte de toute influence idéologique, et possédant les qualités voulues pour que les saints mystères du salut et la foi inébranlable de l’Église soient transmis efficacement, au moyen du langage humain, à la prière et à une adoration digne offerte au Très-Haut' (Liturgiam Authenticam, 3).
[...] La liturgie latine n’exprime pas seulement des faits, mais aussi des sentiments, des sensations, par exemple celle de la transcendance de Dieu, de sa majesté, de sa miséricorde et de son amour infini (cf. Liturgiam Authenticam, 25). Des expressions telles que Te igitur, clementissime Pater, Supplices te rogamus, Propitius esto, veneremur cernui, Omnipotens et misericors Dominus, nos servi tui, ne doivent pas être affaiblies ou démocratisées par une traduction iconoclaste. Quelques-unes de ces expressions latines sont difficiles à traduire. Il faut s’adresser aux meilleurs spécialistes en matière de liturgie, de classiques, de patrologie, de théologie, de spiritualité, de musique et de littérature, afin de réaliser des traductions qui soient belles sur les lèvres de notre sainte Mère l’Église. Les traductions doivent refléter la ferveur, la gratitude et l’adoration devant la majesté transcendante de Dieu, la faim de Dieu chez l’homme, toutes choses qui apparaissent clairement dans les textes latins.
[...] Tout ne peut pas être expliqué pendant la célébration liturgique. La liturgie n’épuise pas toute l’activité de l’Église (cf. Sacrosanctum Concilium, 9). La théologie, la catéchèse et la prédication sont également nécessaires. Et même après une bonne catéchèse, un mystère de notre foi demeure un mystère.
En réalité, nous pouvons dire que le plus important dans le culte divin, ce n’est pas de comprendre chaque mot ou chaque concept. Le plus important, c’est que nous ayons une attitude de ferveur et de crainte devant Dieu, que nous l’adorions, le louions et lui rendions grâce. Le sacré, les choses de Dieu, doivent être abordées sans idées préconçues.
[...] Il en résulte que personne, pas même un prêtre ou un diacre, n’a autorité pour changer la formulation approuvée de la sainte liturgie. C’est une question de bon sens. Mais on constate parfois que le bon sens n’est pas très répandu. C’est pourquoi Redemptionis Sacramentum a tenu à réaffirmer expressément : "L’usage suivant, qui est expressément réprouvé, doit cesser : ici ou là, il arrive que les prêtres, les diacres ou les fidèles introduisent, de leur propre initiative, des changements ou des variations dans les textes de la sainte Liturgie, qu’ils sont chargés de prononcer. En effet, cette manière d’agir a pour conséquence de rendre instable la célébration de la sainte Liturgie, et il n’est pas rare qu’elle aille jusqu’à altérer le sens authentique de la Liturgie" (Red. Sacramentum, 59 ; cf. aussi Instruction générale sur le Missel romain, n. 24).
[...]Tous les fidèles laïcs ne connaissent pas le latin, mais ils peuvent apprendre au moins les réponses les plus simples en latin. Les prêtres doivent accorder plus d’attention au latin, et célébrer de temps en temps une messe en latin. Dans les grandes églises où plusieurs messes sont célébrées le dimanche et les jours de fête, pourquoi ne pas dire l’une de ces messes en latin ?
Dans les paroisses rurales, une messe en latin devrait être possible, disons une fois par mois.
Dans les assemblées internationales, le latin est encore plus nécessaire. C’est pourquoi les séminaires doivent s’efforcer de préparer et de former les prêtres à l’usage du latin (cf. Synode des Évêques, octobre 2005, Prop. 36).
[...] Que la Bienheureuse Vierge Marie, Mère du Verbe fait chair dont nous célébrons les mystères dans la sainte liturgie, veuille obtenir pour nous tous la grâce de remplir notre rôle en participant par notre chant aux louanges du Seigneur, que ce soit en latin ou en langue vulgaire. Francis Card. Arinze (Agence Fides 20/12/2006)
Où en sommes-nous aujourd'hui ?
Pourquoi gardons-nous le latin ? (Bénédictines de l'Abbaye Notre Dame de Wisques, Diocèse d'Arras)
"L’Église reconnaît dans le chant grégorien le chant propre de la liturgie romaine ; c’est donc lui qui, dans les actions liturgiques, toutes choses égales d’ailleurs, doit occuper la première place." (Concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium, 116).
La musique du chant grégorien est au service de la Parole, au point qu'il a pu être appelé : "la Bible en musique".
Priant et chantant dans la même langue, au fil des années liturgiques, une véritable imprégnation de la Parole se fait.
La célébration en latin, même pour le rite ordinaire, est donc une des expressions possibles et normales de la liturgie vivante de l’Église au 3ème millénaire. À l’issu du Concile, le pape a souhaité que cette langue soit gardée, par choix, dans certains monastères.
La langue latine est la langue de l’Église universelle, catholique.
De plus, le latin est un vrai patrimoine culturel et surtout spirituel. Au cours des siècles, cette langue s’est révélée particulièrement apte à exprimer le sacré, c’est-à-dire à nous mettre en présence de Dieu.
Le latin nous permet aussi de garder le chant grégorien. Ce chant a été composé sur des mots latins entre le 8ème et le 12ème siècle. Chant profondément contemplatif, il aide la prière et soutient l’attention. C’est un véritable trésor de l’Église.
"L’œuvre essentielle de notre vie est la contemplation, c’est la prière de l’Église célébrée par nous, devenue l’objet et le moyen de notre contemplation." (Mère Cécile Bruyère, fondatrice des Bénédictines de l'Abbaye Notre Dame de Wisques, Diocèse d'Arras)
En 2008, dans un entretien donné à Bruno Volpe, S. Exc. Mgr Albert Malcolm Ranjith Patabendige Don, secrétaire de la S. Congrégation pour le culte divin et la discipline des Sacrements a exprimé son désir que la communion dans la main soit revue :
"Il est vraiment mauvais que des prêtres, heureusement pas tous, continuent à dénaturer, avec des extravagances inexplicables, la liturgie qui – on devrait se le rappeler – n’est pas leur propriété mais appartient à l’Église. Je rappelle à ces prêtres qu'ils doivent, et j'insiste, respecter la liturgie officielle de l'Eglise catholique. A propos des abus et des interprétations personnelles : la messe n'est pas un spectacle, mais un sacrifice, un don et un mystère. Ce n'est pas un hasard si le Saint-Père Benoît XVI nous rappelle sans cesse de célébrer l'Eucharistie avec dignité et décorum.
"... (La question de la communion dans la main). Je crois tout "simplement" que cette pratique doit être revue. Comment procéder ? Pour commencer, un bon catéchisme. Vous savez, hélas, beaucoup de gens ne savent même plus Qui ils reçoivent dans la communion, qui est le Christ, et ainsi approchent de la table de communion sans grande concentration et avec très peu de respect.
"Nous avons besoin de retrouver le sens du sacré. Je parle seulement en mon nom, mais je suis convaincu de l'urgence du réexamen de la pratique de la communion donnée dans la main, du retour à la distribution de l’hostie aux fidèles directement dans la bouche, sans qu’ils la touchent, rappelant par là que Jésus est vraiment dans l'Eucharistie et que chacun doit Le recevoir avec dévotion, amour et respect.
"L’agenouillement au moment de la communion... constituerait une véritable marque de respect pour le don et le mystère de l'Eucharistie. ... En tant que catholique, je me demande et je me pose la question : pourquoi avoir honte de Dieu ? S’agenouiller à la communion serait un acte d’humilité et de reconnaissance de notre nature en tant qu’enfant de Dieu."
En 2014, dans un entretien à Corpus Christi, Mgr Athanasius Schneider, Evêque auxiliaire d’Astana au Kazakhstan, s’exprima sur la situation de l’Eglise à l'occasion de la publication de son livre “Corpus Christi ; la communion dans la main au cœur de la crise de l’Eglise” aux éditions Contretemps :
"Tant que l’adorable personne du Christ, cachée sous les humbles espèces sacramentelles, sera traitée d’une manière aussi banale, indélicate et superficielle qu’aujourd’hui il ne pourra se produire un vrai progrès spirituel dans l’Eglise.
... Parmi les principaux problèmes soulevés par la Communion dans la main il faut d’abord signaler les deux faits les plus graves. Tout d’abord une perte importante de parcelles de la Sainte Hostie qui tombent sur le sol où elles sont piétinées, ensuite le nombre grandissant de vols d’hosties consacrées.
De plus l’absence quasi-totale de gestes manifestes d’adoration et de sacralité au moment de la distribution et de la réception de la sainte Communion entraîne, avec le temps, une diminution et même une perte de la croyance en la présence réelle et en la transsubstantiation.
Le geste moderne de la Communion dans la main – substantiellement différent du geste analogue dans la primitive Eglise – contribue à la banalisation et même à la profanation non seulement de la réalité la plus sainte, mais de la Personne la plus sainte qui est Notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ. "
L'instruction Redemptionis sacramentum § 91-92 donne un droit à tous les fidèles de communier à genoux et dans la bouche :
"ll n’est pas licite de refuser la sainte Communion à un fidèle, pour la simple raison, par exemple, qu’il désire recevoir l’Eucharistie à genoux ou debout.
- Tout fidèle a toujours le droit de recevoir, selon son choix, la sainte communion dans la bouche."
Ce droit est confirmé par le canon 843 §1 du CIC : "Les ministres sacrés ne peuvent pas refuser les sacrements aux personnes qui les leur demandent opportunément, sont dûment disposées et ne sont pas empêchées par le droit de les recevoir."
Dans un entretien avec Elise Ann Allen, auteur de la biographie du Pape "Léon XIV: citoyen du monde, missionnaire du XXIe siècle", paru en espagnol le 18 septembre 2025 au Pérou, Léon XIV affirme avoir "déjà reçu plusieurs demandes et lettres [à propos de ]: La question concernant la messe latine." "Si nous célébrons correctement la liturgie de Vatican II, voyons-nous vraiment une telle différence entre telle expérience ?', demande le Pape.
"Il y a un autre sujet, également brûlant, pour lequel j'ai déjà reçu plusieurs demandes et lettres : la question de savoir si l'on dit toujours 'la messe latine'. Et bien, vous pouvez dire la messe en latin maintenant. S'il s'agit du rite Vatican II, il n'y a aucun problème. Évidemment, entre la messe tridentine et la messe Vatican II, la messe de Paul VI, je ne sais pas trop où cela va nous mener. C'est évidemment très compliqué.
"Je sais qu'une partie de ce problème, malheureusement, est devenue – encore une fois, un élément d'un processus de polarisation – certains ont utilisé la liturgie comme prétexte pour faire avancer d'autres sujets. C'est devenu un outil politique, et c'est très regrettable.
"Je pense que parfois, l'"abus" de la liturgie de ce que nous appelons la messe de Vatican II, n'a pas aidé ceux qui recherchaient une expérience plus profonde de la prière, un contact avec le mystère de la foi qu'ils semblaient trouver dans la célébration de la messe tridentine. Là encore, nous sommes devenus polarisés, de sorte qu'au lieu de pouvoir dire : 'Si nous célébrons correctement la liturgie de Vatican II, voyons-nous vraiment une telle différence entre telle expérience ?'
"Je n'ai pas encore eu l'occasion de rencontrer un groupe de personnes qui défendent le rite tridentin. Une occasion se présentera bientôt, et je suis sûr que d'autres occasions se présenteront. Mais c'est un sujet sur lequel, je pense aussi, peut-être avec la synodalité, nous devons nous asseoir et discuter. C'est devenu un sujet tellement polarisé que les gens refusent souvent de s'écouter. J'ai entendu des évêques m'en parler, me disant : "On les a invités à ceci et à cela, et ils ne veulent même pas entendre." Ils ne veulent même pas en parler. C'est un problème en soi. Cela signifie que nous sommes désormais dans l'idéologie, que nous ne sommes plus dans l'expérience de la communion ecclésiale."
La messe est devenue une sorte de spectacle où par endroits les applaudissements ou l'auto-célébration d'un groupe remplacent le culte du Dieu vivant adoré à l'autel sacré.
La communion dans beaucoup d'endroits a perdu tout sens mystique et sacré. Des gens communient dans la main et retournent à leur place sans conscience de la Présence réelle. Sans parler des actes de vols et de profanations d'osties.
Aujourd'hui comme il y a deux mille ans, la mosaïque de Megiddo, il est clair que ce qui est offert à Dieu en mémorial n'est pas une table ordinaire sur laquelle prendre ses repas, mais une table sacrée.
Le plus important dans le culte divin, ce n’est pas de comprendre chaque mot ou chaque concept. Le plus important, c’est que nous ayons une attitude de ferveur et de crainte devant Dieu, que nous l’adorions, le louions et lui rendions grâce.
Cardinal Francis ARINZE, conférence liturgique de Gateway, St. Louis, Missouri, 11 novembre 2006
Parce que la liturgie est la grande école de la prière de l’Église, il a été jugé bon d’introduire et de développer l’usage de la langue vivante, sans éliminer l’usage de la langue latine, conservée par le Concile pour les rites latins.
Je pense que parfois, l'"abus" de la liturgie de ce que nous appelons la messe de Vatican II, n'a pas aidé ceux qui recherchaient une expérience plus profonde de la prière, un contact avec le mystère de la foi qu'ils semblaient trouver dans la célébration de la messe tridentine.
[...] Si nous célébrons correctement la liturgie de Vatican II, voyons-nous vraiment une telle différence entre telle expérience ?
Des experts suggèrent des réformes urgentes dans la nouvelle messe catholique de 1969 afin de rétablir des éléments traditionnels tels que le silence sacré, la communion à genoux dans la bouche, certaines parties en latin, les Prières au pied de l'autel, de multiples signes de croix, le dernier évangile, le canon silencieux, les génuflexions du prêtre avant chaque contact avec l'hostie.
La messe préconisée par Vatican II s'apparentait davantage au Missel intérimaire utilisé entre 1965 et 1970, qui était essentiellement le Missel de 1962, traduit en langues vernaculaires, sans les options décrites précédemment. Si Rome s'en était tenue à cette règle et avait poursuivi le lent développement organique, la messe aurait encore aujourd'hui une allure beaucoup plus tridentine, et nous aurions beaucoup moins de problèmes de division et de polarisation au sein de l'Église catholique.
Rien n'empêche le pape (quel qu'il soit) de mettre en œuvre une telle solution. Il n'est pas nécessaire de convoquer un autre concile œcuménique, ni un grand synode. Le pape a le pouvoir de le faire de son propre chef s'il le souhaite.
La solution est donc simple. Il suffit de fixer la messe Novus Ordo (messe régulière) avec plus de révérence, plus de latin. Exiger des homélies orthodoxes et interdire les innovations liturgiques. En d'autres termes : suivre Vatican 2. Et c'est, bien sûr, ce que Vatican 2 exige.
Quant à l'autre forme du rite romain, le pape peut aussi prévoir de libéraliser la messe traditionnelle en latin (tridentine). Ces fidèles ont également besoin d'un bon soutien pastoral et ne devraient pas être punis pour les péchés des autres. Il est injuste et peu charitable de punir une personne pour les péchés d'une autre personne.
L’archevêque Claudio Maniago de Catanzaro-Squillace (Italie) a déclaré à la clôture de la Semaine liturgique nationale italienne vendredi 27 août 2026 que plus de six décennies après la réforme liturgique, l’Église ne sait toujours pas comment célébrer le Novus Ordo.
"Nous ne savons toujours pas comment célébrer d’une manière qui fasse ressortir l’éclat de la liturgie", a déclaré Son Excellence aux participants à Catane.
L’archevêque Maniago a insisté sur le fait que cet éclat appartient déjà à la liturgie et n’a pas besoin d’être fabriqué : "L’éclat est propre à la liturgie, elle le possède ; nous devons simplement le faire ressortir."
L’enjeu n’était pas simplement esthétique. La beauté liturgique réside dans la capacité de la célébration à laisser émerger le mystère qui en est le cœur, à travers la Parole, les gestes, les chants, le silence et la participation de l’assemblée.
Ce contexte a permis à l'archevêque d'admettre que l'Église ne maîtrise pas encore suffisamment la célébration de la liturgie réformée pour en révéler toute la splendeur. Cette remarque a été présentée comme un argument en faveur de la poursuite du travail de formation liturgique, et non comme la conclusion d'un échec de la réforme.
L’archevêque Maniago, président du Centro di Azione Liturgica (CAL) et archevêque de Catanzaro-Squillace, a fait ces remarques à la clôture de la Semaine liturgique nationale, où il a averti que les difficultés rencontrées par l’initiation chrétienne ne peuvent être résolues simplement en modifiant les programmes pastoraux existants.
Cardinal : "Nous n’attendons pas des gouvernements laïcs et des catholiques qui y travaillent qu’ils utilisent les ressources de l’État pour promouvoir le christianisme en tant que croyance surnaturelle en la révélation de Dieu en Christ ou qu’ils fassent pression en sa faveur, mais…"
Assise (kath.net) kath.net documente le message de bienvenue du cardinal Gerhard Ludwig Müller au Congrès : Le Tavole di Assisi, du 6 septembre 2025, sur le thème : "La nouvelle présidence américaine. Trône et autel du nouveau commun ? Une occasion pour l’Occident chrétien ?"
Chers amis,
malheureusement, je ne peux pas être présent en personne à votre important événement à Assise les 6 et 7 septembre 2025. Cette semaine, je suis toujours en Pologne, en tant que pasteur, dirigeant un service et un sermon pour un anniversaire majeur dans le diocèse de Lyck et donnant une conférence à Bialystok sur le transhumanisme et ses conséquences anti-humaines.
D'un point de vue catholique, il ne peut y avoir de mariage entre le trône et l'autel, comme le montre le modèle de l'Empire allemand dominé par les protestants à l'époque de Bismarck et comme cela correspond à la conception luthérienne du prince comme évêque d'une église régionale.
L'Église catholique, inséparable en tant que communion invisible de grâce avec Dieu et institution sacramentelle visible – fondée sur le Christ, Dieu-Homme, comme chef – doit son origine, son activité et sa mission exclusivement à Dieu et est, en cela, absolument indépendante de toute autorité séculière. Cependant, si l'État remplit son mandat de servir le bien commun, et si l'autorité étatique reconnaît les droits humains inaliénables comme fondement et limite de son action dans les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, alors une coopération entre l'Église et l'État est possible, par exemple dans les domaines de l'éducation et de la formation, ainsi que dans les institutions sociales et caritatives
L'Église catholique, qui est indissociable en tant que communauté invisible de grâce avec Dieu et en tant qu'institution sacramentelle visible – fondée sur le Christ, Dieu fait homme, comme son chef –, doit son origine, son action et sa mission exclusivement à Dieu et est en cela absolument indépendante de tout pouvoir temporel.
Mais lorsque l'État remplit sa mission au service du bien commun et que le pouvoir étatique reconnaît les droits humains inaliénables comme fondement et limite de son action dans les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, alors une coopération entre l'Église et l'État peut s'établir, par exemple dans les domaines de l'éducation et de la formation, dans les institutions sociales et caritatives.
Dans les États modernes, des personnes de religions et de visions du monde différentes cohabitent pacifiquement lorsque la constitution, la jurisprudence et la législation spécifiques sont guidées par la loi morale naturelle, qui, dans la raison de chaque être humain, distingue infailliblement le bien du mal. Les idéologues nazis savaient en leur for intérieur que tuer des innocents est un crime devant Dieu et les hommes. Mais ils ont engourdi leur conscience avec leur idéologie raciale, affirmant que les Juifs et d'autres peuples (comme les Slaves) n'étaient pas des êtres humains à part entière et que, par conséquent, la loi "Tu ne tueras point" (Exode 20:13 ; Deutéronome 5:17), inscrite au cœur de tout être rationnel, ne s'appliquait pas en l'espèce.
De même, les idéologues de l'avortement savent que l'enfant dans le ventre de sa mère est un être humain individuel qui ne peut être tué. Mais pour dissimuler ce crime, ils prétendent que les enfants dans le ventre de leur mère ne sont pas encore des êtres humains à part entière et peuvent donc être tués si nécessaire. Pour étouffer leurs remords, ils criminalisent les défenseurs du droit à la vie de l'enfant à naître. En Angleterre, on peut être emprisonné pour avoir prié pour la vie d'un enfant à naître devant une clinique d'avortement, tout comme dans l'Allemagne nazie, le prévôt de la cathédrale de Berlin, Lichtenberg, est mort en détention à la Gestapo en 1943 simplement pour avoir prié pour les Juifs persécutés.
Cela s'applique également à la folie du genre qui convainc les adolescents qu'ils peuvent changer de genre et qui, par l'automutilation assistée, les plonge dans une misère physique et une souffrance mentale permanentes.
Par conséquent, chaque catholique des États-Unis, et en particulier l'épiscopat de l'administration Trump, doit être reconnaissant que, dans la puissance dominante de l'Occident libre, la loi morale naturelle, reconnaissable comme norme morale dans la raison de toute personne consciencieuse, soit à nouveau érigée en fondement de l'action de l'État.
Le pape Léon XIV a récemment clairement indiqué que la conscience des hommes politiques catholiques ne peut être divisée (au sens de la fausse doctrine de la double vérité) entre une sphère privée, où ils obéissent à Dieu et suivent les enseignements de l'Église du Christ, et une sphère publique, où ils suivent la logique des jeux de pouvoir de leurs partis.
Dans la vie privée comme dans la vie publique, nous, catholiques, sommes responsables devant notre conscience, où Dieu nous appelle directement à faire le bien et à éviter le mal. Nous n'attendons pas d'un gouvernement laïc et des catholiques qui y œuvrent qu'ils utilisent les ressources de l'État pour promouvoir le christianisme comme une croyance surnaturelle en la révélation de Dieu en Christ, ni pour faire pression en faveur de l'Église en tant qu'institution. En revanche, nous exigeons que chaque État fasse de la loi morale naturelle, au cœur de laquelle se trouve l'inviolabilité de la dignité de chaque être humain, le fondement de toute action administrative, législative et judiciaire. Et nous, en tant qu'Église dans son ensemble, et en tant que catholiques individuels, dans nos vocations et nos domaines de responsabilité, sommes prêts à coopérer à l'édification d'une communauté juste, libre, sociale et solidaire au sein de notre peuple et de la communauté internationale, comme l'a décrit le Concile Vatican II dans la Constitution pastorale "L'Église dans le monde de ce temps : Gaudium et spes", en nous inspirant de l'enseignement social de l'Église depuis Léon XIII. C'est pourquoi nous suivons les paroles de Jésus : "Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu." (Matthieu 22, 21).
En cas de conflit, cependant, l'interprétation authentique de ces paroles de Jésus par l'autorité doctrinale suprême de saint Pierre devant le Sanhédrin prévaut : "Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes." (Actes 5, 29).
Le cardinal Müller dans la salle de presse du Vatican (c) Michael Hesemann
Le Dr Aseem Malhotra, conseiller du ministre américain de la santé Robert F. Kennedy affirme que les vaccins causent le cancer lors d'une conférence. Il estime que les décès causés par le vaccin à ARNm se comptent par millions.
Bertrand naît à Garrigues (Gard). Il entra dans l’Ordre domibicain en 1215 et fut en 1216 le premier prieur du premier couvent dominicain : Saint-Romain de Toulouse. (1)
Il fut l'un des premiers compagnons de saint Dominique, séduit par la sainteté et le projet de saint Dominique de convertir les cathares par la prière et l'exemple d'une vie de pauvreté. (2)
Il a été dit de lui qu'il était « un véritable reflet de la sainteté de son maître ». (3)
St Dominique l’envoya à Paris en 1217, où il fonda avec le frère Mannès le couvent Saint-Jacques (aujourd'hui rue des Tanneries, dans le XIIIème) au cœur de l'Université qui était alors la première de l'Europe chrétienne. Il fonda plusieurs autres couvents à Montpellier, à Avignon et ailleurs.
De retour à Toulouse en 1219, il fut nommé, en 1221, premier Provincial de Provence. Âme de grande pénitence et de singulière innocence, dans sa profonde humilité il ne cessait de pleurer abondamment sur ses péchés, au point que St Dominique, jugeant ces pleurs excessifs, lui demanda de se contenter de pleurer pour la conversion des pécheurs. Jourdain de Saxe le décrit ainsi: « Compagnon de St Dominique dans les voyages, dans la sainteté et dans la ferveur ».
Beaucoup de ses attitudes reflétaient, jusque dans les traits extérieurs, le comportement de son maître Dominique qu’il s’était proposé d’imiter et qu’il avait suivi dans ses voyages. Après la mort de St Dominique, il veilla sur les sœurs de Prouille, ces anciennes cathares converties dont la prière soutenait la prédication des frères.
Il meurt le 18 avril 1230 au cours d'une retraite, qu'il prêchait aux cisterciennes de Bouchet, près d’Orange. Son tombeau y devint un lieu de pèlerinage.
Son corps est examiné post mortem à trois reprises, en 1253, 1398 et 1561. À trois siècles de distances, les témoins observent un "corps entier et sans corruption aucune." (4)
Son corps, enlevé par les Frères Prêcheurs d’Orange en 1414, fut vénéré dans leur église jusqu’en 1561, date à laquelle il fut jeté au feu lors des guerres de religion.
Au 18ème siècle, sa statue, placée dans l'église, était encore vénérée par les fidèles qui en avaient fait un saint.
Culte approuvé en 1881 par Léon XIII (1878-1903).
Sources: 1; 2; 3; (4) Patrick SBALCHIERO, Enquête sur les miracles dans l'Église catholique, Artège, Paris 2019, p. 158.
La liberté humaine,... est la faculté de faire le bien alors qu'on a la possibilité de faire le mal. ... Mais de ce que l'homme pourra choisir le mal, il ne s'en suit aucunement qu'il ait le droit de le faire. ... Voici le fait. Dieu impose sa loi à la nature, et il la propose à l'homme. La liberté est donc... le pouvoir qu'a l'homme d'accomplir sa loi. ... [L]e pouvoir d'accomplir de soi-même sa loi n'est point le droit de la violer ... : interprétation qui serait digne du néant, d'où nous sommes, et non de l'être que Dieu veut en faire sortir!'.
Et Yahweh Dieu donna à l'homme cet ordre :
"Tu peux manger de tous les arbres du jardin ; mais tu ne mangeras pas de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras certainement.'
-> Dieu pose une limite, mais ne force pas l'obéissance. Le péché (se tromper de route en hébreu) naît du choix humain (révolte, désobéissance). Le péché entre dans le monde par la décision libre d'Adam et Eve, tentés par le serpent, non contraints par Dieu. (Genèse 3,1-6)
''Que personne en étant tenté ne dise : 'C'est Dieu qui me tente. Car Dieu ne peut être tenté par le mal, et il ne tente lui-même personne. Chacun est tenté par sa propre concupiscence, qui l'attire et le séduit.'' Dieu ne tente pas l'homme vers le mal : le péché vient des plaisirs humains déréglés. (Cf. Jacques 1,13-15)
''Car Dieu n'a pas fait la mort, et il n'éprouve pas de joie de la perte des vivants. Il a créé toutes choses pour la vie ; les créatures du monde sont salutaires ; il n'y a en elles aucun principe de destruction, et la mort n'a pas d'empire sur la terre.'' (Sagesse 1,13-14)
->Dieu n'est pas l'auteur du mal ou de la mort.
On trouve également la doctrine catholique du libre arbitre dans le livre du Siracide chapitres 15 et 31
il est fort et puissant, et il voit toutes choses.
Ses yeux sont sur ceux qui le craignent, et il connaît lui-même toutes les œuvres de l'homme.
Il n'a commandé à personne d'être impie, à personne il n'a donné la permission de pécher."
La définition du libre arbitre
Voudriez-vous être entouré d'une personne que vous forceriez à vous aimer ? Non ? Vous voulez quelqu'un qui désire vous aimer et qui le choisit de son propre chef. C'est la même chose pour Dieu. Dieu nous a créés avec le libre arbitre, aptitude de l'être humain à se déterminer librement et par lui seul, pour agir et penser. Si Dieu a choisi la possibilité d'un enfer pour les gens et les hommes qui ont décidé de le rejeter c'est pour le Bien commun, c'est-à-dire ceux qui sont fidèles, qui ont volontairement choisi de l'aimer.
Cette notion s'oppose au déterminisme, au fatalisme du destin dans les sociétés antiques et/ou extrêmes orientales bouddhistes (karma, histoire cyclique), à la prédestination protestante, pour lesquels la volonté est déterminée par une chaîne causale, où chaque cause est aussi une conséquence, selon la théorie du déterminisme, ou par une prédétermination inéluctable, selon la doctrine fataliste, ou par une prédestination selon la doctrine protestante.
Des sept livres enlevés de la Bible par le canon biblique protestant, se trouve le livre de L'Ecclésiastique ou "Siracide", Livre de Ben Sira dont nous avons conservé des fragments écrits en hébreux dans les Manuscrits de Qumran (mis au jour entre 1947 et 1956), ainsi qu'un rouleau à Massada (la forteresse tombée aux mains des Romains en 73 après J.-C.), datant du Ier s. av. J.-C. Ce livre se rattachant à la littérature de la sagesse, est écrit dans des formats métriques comparables à Deutéronome ou de chapitres des Psaumes, de Job ou de la Genèse, était connu de deux communautés différentes juive. Ce qui est une preuve qu'il était reconnu comme une écriture sainte.
La tradition chrétienne, au moins depuis Saint Cyprien, l'a désigné sous le nom de l'Ecclésiastique (c'est-à-dire livre de l'Église ou de l'assemblée). La littérature juive parle de "Proverbes de Ben Sira" (tire connu de S. Jérôme au Ve siècle), ou de "Livre de Ben Sira". Des manuscrits grecs ont pour titre "Sagesse de Sirakh". L'auteur vivait vers 200 avant notre ère et le livre date de 180 environ av. J.-C.
La Judée, après avoir été pendant plus d'un siècle (après 301 av. J.-C.) sous la domination des Ptolémées d'Égypte (ou "Lagides"), était passée au pouvoir des Séleucides de Syrie en 198, où Antiochos III, descendant de Séleucos Ier, général d'Alexandre, parvient à prendre possession de la Cœlé-Syrie, dans le cadre des guerres de Syrie. Antiochos III et son successeur Séleucos IV furent très favorables aux Juifs, leur concédant privilèges et exemptions et contribuant même à la restauration et au culte du Temple (2 M 3,3). L'oeuvre de restauration décrite dans Si 20,1-4 se situe dans ce contexte. Mais les conquêtes d'Alexandre, l'hellénisme devaient à brève échéance remettre en question l'existence du judaïsme. Notre auteur, Ben Sira, partage le malaise que beaucoup de Juifs pieux devaient ressentir et prévoit la fin de la coexistence pacifique de deux visions du monde : l'heure du choix va bientôt sonner, la société où l'homme est déterminé, prédestiné, et la société où l'homme est libre.
Face à ses périls, Ben Sira se met à écrire pour défendre le patrimoine religieux et culturel du judaïsme, sa conception de Dieu, du monde et de son élection privilégiée. Il cherche à convaincre ses coreligionnaires qu'Israël, qui posèdde dans sa Loi révélée l'authentique Sagesse, n'a rien à envier des conquêtes réelles, mais ambiguës de pensée et de la civilisation grecque.
Bilan de la tradition juive face à ce péril, le livre de Ben Sira dresse un tableau de la culture juive: depuis l'amitié, l'aumône, l'éducation des enfants, les femmes, les médecins et la maladie, la richesse et la pauvreté, les esclaves, les banquets et la façon de s'y comporter, jusqu'à l'histoire ancienne d'Israël, les sacrifices et le culte, Dieu, la Loi, la liturgie, la création (42,21-24), la liberté humaine (15,14; 31,10), la mort.
L'homme a été créé libre (15,14).
C'est en lui-même et non en Dieu que se trouve la source du mal (21,27; 25,24). L'homme peut rester maître du péché (31,10) et, s'il triomphe, il recevra de Dieu une juste rétribution:
"Tout ce qui est abominable est détesté du Seigneur et ne peut être aimé de ceux qui le craignent. C’est lui qui, au commencement, a créé l’homme et l’a laissé à son libre arbitre. Si tu le veux, tu peux observer les commandements, il dépend de ton choix de rester fidèle." (Si 15,13-15)
"Qui donc fut jugé parfait dans l’épreuve ? À lui, la gloire pour toujours ! Qui donc pouvait pécher et n’a point péché, faire le mal, et ne l’a pas fait ? Ses biens s’affermiront dans le Seigneur, et l’assemblée dira ses largesses." (Si 31,10-11)
La note au verset 15,14 de la Traduction Œcuménique Biblique qui traduit "libre arbitre" par "propre conseil" précise (p. 1858), qu'au mot grec, conseil, correspond l'hébreu yecer. Chez Ben Sira, il a ... le sens neutre de 'volonté libre qui peut se décider en bien ou en mal'. ... De l'épître de Jacques 1,13-17 à Erasme (Traité du Libre arbitre), ce v. a servi à bien des développements sur la liberté humaine."
"Dans l’épreuve de la tentation, que personne ne dise : "Ma tentation vient de Dieu."
Dieu, en effet, ne peut être tenté de faire le mal, et lui-même ne tente personne.
Chacun est tenté par sa propre convoitise qui l’entraîne et le séduit.
Puis la convoitise conçoit et enfante le péché, et le péché, arrivé à son terme, engendre la mort.
Ne vous y trompez pas, mes frères bien-aimés, les présents les meilleurs, les dons parfaits, proviennent tous d’en haut, ils descendent d’auprès du Père des lumières, lui qui n’est pas, comme les astres, sujet au mouvement périodique ni aux éclipses." (Jacques 1,13-17)
" ... pour que tu accomplisses ce qui est bien, non par contrainte mais volontiers." (Philémon 1,14)
Source générale :
Introduction au livre du Siracide, dans la Traduction Œcuménique Biblique, avec notes intégrales, Cerf, 12e édition, Paris 2012, p. 1829-1834
Add. 22-09-2025
Le libre arbitre et la grâce chez S. Prosper d'Aquitaine (390-466), Docteur de L'Église
La doctrine de la grâce de S. Prosper d'Aquitaine, disciple de S. Augustin, au Ve siècle est similaire mille ans plus tard à ce que sera la doctrine de la grâce du concile de Trente.
Pour saint Prosper, la grâce est transformatrice.
Être justifié, c'est être changé.
Notre âme est purifiée du péché, mais notre volonté passe aussi d'être simplement "naturelle", incapable de plaire à Dieu, à spirituelle, capable de coopérer avec Lui dans l'amour.
Ceci, saint Prosper est clair, n'enlève rien à Dieu. Bien au contraire : tout ce qui en résulte, tout ce qui est mérité, toute vertu qui est maîtrisée grâce aux dons de la grâce qu'il nous a donnés, est redonné à sa gloire.
Comme le dit saint Prosper en un seul endroit : "Elle [la grâce] dissipe plutôt les ténèbres qui opprimaient l'esprit, de sorte que sa volonté [du destinataire], qui était auparavant dépravée et captive, est maintenant droite et libre" (Saint Prosper d'Aquitaine, Omnium gentium vocatione, L'appel de tous les peuples, Livre 2, Ch. 27).
En d'autres termes, saint Prosper articule le noyau catholique de l'Évangile : que le Christ est mort et a été ressuscité pour notre justification, comme le dit saint Paul, pour réaliser notre transformation radicale en nouvelles créatures, notre être rendu juste, dans le but de lui obéir dans l'amour.
Saint Prosper écrit encore:
"Nous croyons et nous savons par expérience que cette grâce abondante agit dans l'homme comme une puissante influence ; mais à notre avis, cette influence n'est pas de nature à être écrasante, dans la mesure où tout ce qui se passe dans le salut des hommes est réalisé par la seule volonté de Dieu ; Car déjà dans le cas des enfants, c'est l'assentiment de la volonté d'un autre homme [à leur baptême] qui est le moyen pour eux d'être soulagés de leur affliction. La grâce spéciale de Dieu est certainement le facteur le plus important dans chaque justification. Elle pousse avec des exhortations, agit par des exemples, inspire la peur des dangers, suscite des miracles, donne la compréhension, inspire des conseils, illumine le cœur lui-même, et lui inspire les aspirations de la foi.
Mais la volonté de l'homme est également associée à la grâce comme facteur secondaire. Car il est éveillé par les aides mentionnées ci-dessus afin qu'il puisse coopérer avec l'œuvre de Dieu accomplie en lui, et qu'il puisse commencer à pratiquer et à gagner du mérite à partir de ce pour quoi la semence divine inspire le désir effectif. Ainsi, son échec final est dû à sa propre inconstance ; mais son succès est dû à l'aide de la grâce.
Cette aide est donnée d'innombrables façons, dont certaines sont cachées, et d'autres facilement discernables. Si beaucoup refusent cette aide, c'est seulement leur malice qui en est la cause. Si beaucoup l'acceptent, alors cela est dû à la fois à la grâce divine et à leur volonté humaine.
Nous pouvons examiner le début de la foi dans les fidèles ou leur progrès ou leur persévérance finale en elle, nulle part nous ne découvrirons une sorte de vertu qui ne soit pas le fait à la fois du don de la grâce et du consentement de nos volontés. Car la grâce, dans toute la variété des remèdes ou des aides qu'elle fournit, opère d'abord pour préparer la volonté du destinataire de son appel à accepter et à donner suite à ses dons.
La vertu est inexistante chez les hommes qui ne veulent pas être vertueux, et vous ne pouvez pas dire que les hommes pourraient avoir la foi, l'espoir ou la charité, s'ils refusent leur libre consentement à ces vertus." (Saint Prosper d'Aquitaine, L'appel de tous les peuples, Livre 2, Ch. 26)
Mais entre les deux, il y a le Purgatoire, un lieu de purification, de souffrance rédemptrice et d’espoir.
Et les âmes là-bas ont BESOIN de notre aide.
Ce que l'Église enseigne sur le purgatoire et comment VOUS pouvez aider à libérer les âmes qui s'y trouvent.
Qu'est-ce que le Purgatoire ?
Selon l'Église, il s'agit de la purification finale des élus, une purification nécessaire pour ceux qui meurent dans la grâce de Dieu mais qui sont encore imparfaitement purifiés.
Ainsi, la miséricorde divine offre aux âmes pas encore prêtes pour entrer au Ciel un moyen d’être purifiées, de ne pas être damnées.
L'Encyclopédie catholique définit le purgatoire comme "un lieu ou un état de punition temporaire pour ceux qui, quittant cette vie dans la grâce de Dieu, ne sont pas entièrement exempts de péchés véniels ou n'ont pas pleinement expié leurs transgressions". En d'autres termes, Dieu leur a pardonné, mais ils n'ont pas reçu justice pour leurs péchés et/ou ne se sont pas parfaitement détachés de leurs péchés.
Le paragraphe 1472 du Catéchisme de l’Église catholique ajoute :
Pour comprendre cette doctrine [du Purgatoire] et la pratique de l'Église, il est nécessaire de comprendre que le péché a une double conséquence. Le péché grave nous prive de la communion avec Dieu et nous rend donc incapables de la vie éternelle, dont la privation est appelée la “peine éternelle” du péché. D'autre part, tout péché, même véniel, entraîne un attachement malsain aux créatures, qui doivent être purifiées soit ici-bas, soit après la mort dans l'état appelé Purgatoire.
Pour comprendre cette doctrine et cette pratique de l’Église il faut voir que le péché a une double conséquence. Le péché grave nous prive de la communion avec Dieu, et par là il nous rend incapables de la vie éternelle, dont la privation s’appelle la "peine éternelle" du péché. D’autre part, tout péché, même véniel, entraîne un attachement malsain aux créatures, qui a besoin de purification, soit ici-bas, soit après la mort, dans l’état qu’on appelle Purgatoire. Cette purification libère de ce qu’on appelle la "peine temporelle" du péché [payer nos mauvaises actions ici bas sur Terre. Ndlr]. Ces deux peines ne doivent pas être conçues comme une espèce de vengeance, infligée par Dieu de l’extérieur, mais bien comme découlant de la nature même du péché. Une conversion qui procède d’une fervente charité, peut arriver à la totale purification du pécheur, de sorte qu’aucune peine ne subsisterait (cf. Cc. Trente : DS 1712-1713 ; 1820).
Est-ce douloureux ?
Oui. Les saints disent que les douleurs du purgatoire sont plus grandes que toutes les souffrances sur Terre.
C'est un feu spirituel, comparé par les mystiques au feu de l'Enfer, avec la différence essentielle : au Purgatoire, l'âme sait qu'elle verra Dieu.
Cette certitude est sa joie. Le retard est son tourment.
La punition sert quatre objectifs pour le pécheur :
a) elle sert de rétribution pour les péchés commis (justice rétributive),
b) elle dissuade les péchés futurs (justice réformatrice),
c) elle restaure ce qui a été pris à la société (justice réparatrice),
et d) elle guérit le délinquant (justice réhabilitatrice).
Puisque nous ne pouvons jamais rendre à Dieu nos péchés, son Fils, infini, dont les œuvres salvifiques ont une valeur infinie, s'est offert en sacrifice éternel pour nos péchés. Ainsi, lorsque nous sommes en Christ, c'est-à-dire en état de grâce, Dieu ne nous condamnera pas au châtiment éternel (rétribution), pourvu que nous mourions dans sa grâce. Cependant, cela ne signifie pas qu'une certaine satisfaction ne nous soit plus due.
Comme nous ne pourrons jamais rembourser Dieu les péchés que nous commettons, Son Fils, qui est infini et dont les œuvres salvifiques ont une valeur infinie, s'est offert Lui-même en sacrifice éternel pour nos péchés. Ainsi, lorsque nous sommes en Christ, c'est-à-dire en état de grâce, Dieu ne nous condamnera pas à un châtiment éternel (rétribution) à condition que nous mourions dans Sa grâce. Cependant, cela ne signifie pas qu'une certaine rétribution n'est plus due.
Si je vole 1 000 $ à quelqu’un, le pardon de Dieu ne me dispense pas de rembourser cette personne, au contraire, il renforce mon obligation de le faire.
Puisque Dieu a pitié de moi et que je deviens plus semblable à Lui par sa grâce, je devrais avoir pitié de ceux que j'ai offensés (voir Matthieu 5:21-26 et 18:23-35). Par conséquent, j'ai le devoir moral de réparer mes actes (réparation).
En commettant le péché, je facilite aussi la commission d'autres péchés. Par conséquent, j'ai besoin d'être dissuadé de le faire (réforme). Finalement, à cause de mon péché, j'ai développé un attachement à mon péché. J'ai donc besoin que Dieu m'aide à m'en détacher complètement (réhabilitation ; voir Hébreux 12:4-11).
Combien de temps cela dure-t-il ?
Certaines âmes ne restent que quelques heures. D'autres, des siècles.
Le temps au Purgatoire n'est pas compté comme le nôtre, mais de nombreuses révélations privées le montrent : il peut durer beaucoup plus longtemps qu'on ne le pense.
Une religieuse est apparue à Sainte Marguerite-Marie et lui a dit qu'elle était au purgatoire depuis plus de 40 ans.
Pourquoi les âmes vont-elles là-bas ?
> Pour expier les péchés véniels non confessés
> Pour purifier les attachements au péché
> Pour satisfaire à la punition temporelle due pour les péchés mortels pardonnés
Même une âme qui meurt dans la grâce peut ne pas être prête pour la sainteté infinie du Ciel.
Ceux qui sont au Purgatoire sont en route vers le Ciel et n'iront pas en Enfer. Par conséquent, ils ne bénéficieront pas de la justice rétributive. Puisqu'ils n'auront pas l'occasion de pécher au Purgatoire ou au Ciel, ils n'auront pas besoin de justice réformatrice pour les dissuader de commettre de nouveaux péchés.
Cependant, leurs péchés post-baptismaux privent la société et l'Église de quelque chose, et tout péché (post-baptismal ou autre) crée en eux un attachement aux péchés commis. Par conséquent, s'ils ne satisfont pas à la justice durant leur vie terrestre, ils auront besoin d'un moyen de bénéficier d'une justice réparatrice et/ou réhabilitatrice dans l'au-delà.
Pour celui qui meurt en état de grâce, mais avec une âme imparfaitement purifiée, le Purgatoire est la manière dont Dieu applique ces deux types de justice. Au Purgatoire, nous obtenons la satisfaction temporelle pour nos péchés, et Dieu purifie notre âme de tout attachement à ceux-ci.
Le pardon de Dieu est parfait et absolu, pourvu que nous venions à Lui avec un cœur triste et un désir sincère de changer.
Le pardon de Dieu ne nous dispense cependant en rien de notre besoin de réparation pour nos péchés. Le pardon supprime l'hostilité et/ou la division entre deux entités ; il ne supprime pas le besoin de punition ou de réparation.
D'ailleurs, la réparation est simplement une punition que l'on subit volontairement par amour pour Dieu et pour son prochain.
Pouvons-nous les aider ? Oui, et ils ont désespérément besoin de nous.
> Indulgences [Les indulgences, rémissions totales ou partielles devant Dieu de la peine temporelle encourue, peuvent être obtenues par des pèlerinages, des prières spéciales, la visite de reliques, assister à telle ou telle messe, le jeûne, le don destiné au chantier d'une cathédrale... En quoi par exemple, dans un contexte de construction de la basilique Saint-Pierre de Rome au 16e siècle, payer pécuniairement dans un don pour réduire son temps au Purgatoire serait-il un abus comme le dit Luther à propos des ''indulgences'' et du "salut par l'argent"?]
> L'aumône
> L'acte héroïque de charité (offrant tous les mérites pour les âmes)
C’est un acte de véritable miséricorde.
Que dit l’Église ?
"Dès les premiers temps, l’Église a honoré la mémoire des défunts et offert des suffrages en leur faveur, en particulier le sacrifice eucharistique (cf. DS 856), afin que, purifiés, ils puissent parvenir à la vision béatifique de Dieu.
L’Église recommande aussi les aumônes, les indulgences et les œuvres de pénitence en faveur des défunts" - Catéchisme de l'Église catholique, § 1032
La tradition est ancienne, apostolique, et doit être ravivée.
Ainsi, le Purgatoire ne remplace pas l'action du Christ sur la Croix. Il en est plutôt le prolongement, qui est un acte de miséricorde.
Dieu pourrait simplement dire : "Je t’ai pardonné, mais tu n’es pas parfait/pur. Par conséquent, éloigne-toi de moi pour l’éternité."
Heureusement, Dieu nous aide à entrer dans Son Royaume par le pardon et une purification finale qui purifie complètement nos âmes.
Lorsqu'une âme entre au Ciel grâce à vos prières, elle ne l'oublie jamais.
Les défunts prient pour vous. Ils deviennent nos amis éternels.
Et un jour, quand nous serons dans le besoin, ils nous rendront la pareille.
C’est la communion des saints en action.
Le purgatoire est réel. Il est miséricorde et justice.
La théologie du purgatoire est mentionnée et développée dans les écrits des Pères de l'Église. Ces hommes ont enseigné sous la direction des disciples des Apôtres et ont fidèlement préservé les Écritures et le dépôt de la foi : saint Irénée (120-200 apr. J.-C.), Tertullien (160-240 apr. J.-C.), saint Cyprien (200-258 apr. J.-C.), saint Chrysostome (347-407 apr. J.-C.) et saint Augustin (354-430 apr. J.-C.).
Sources scripturaires du Purgatoire
Ancien Testament
La théologie du Purgatoire remonte à des siècles avant Jésus-Christ. Dans les traditions les plus anciennes de l'Ancien Testament, les Israélites croyaient que tous les morts, justes ou méchants, allaient au Shéol, le royaume des ténèbres (par exemples : Genèse 37:35 ; Job 7:9 ; Job 17:13 ; Psaume 86 (87):13). Ce principe se retrouve dans le Nouveau Testament où, en Matthieu 12:40, Jésus parle d'être dans le ventre de la Terre comme Jonas dans le ventre de la baleine trois jours et trois nuits. En Luc 16:19-31, Jésus mentionne dans une parabole un lieu appelé le sein d'Abraham. Dans 2 Timothée 1:16-18, Paul demande des prières pour son ami décédé Onésiphore, afin que le Seigneur lui accorde sa miséricorde "au jour du Jugement". Enfin, en 1 Corinthiens 3:15, Paul mentionne ceux qui seront sauvés par le feu.
Dans la théologie primitive, le shéol n'était pas considéré comme une punition ou une récompense, mais plutôt comme un état de séparation de la vie et du culte. On y trouvait peu de notion de purification post-mortem, mais la croyance grandissante que les justes pouvaient encore être commémorés et soutenus par la miséricorde divine s'est développée. Cette théologie s'est développée au fil du temps pour être mieux comprise et intégrée au dépôt de la foi. Il y a des allusions à un processus de purification dans Ésaïe 4:4 qui parle du Seigneur "lavant" et "purifiant" les péchés du peuple "par un esprit de jugement et par un esprit de feu".
Ésaïe 6:1:8 décrit Ésaïe refusant de parler devant l'autel du Seigneur, car ses lèvres étaient impures. À ce moment-là, un ange purifie Ésaïe avec un charbon ardent pris sur l'autel et pressé contre sa bouche.
2 Maccabees 12:39-46c’était là une pensée religieuse et sainte.Voilà pourquoi il fit ce sacrifice d’expiation, afin que les morts soient délivrés de leurs péchés.
Job 1,5 Une fois terminé le cycle des festins, Job les faisait venir pour les purifier. Levé de bon matin, il offrait un holocauste pour chacun d’eux. Car Job se disait : 'Peut-être mes fils ont-ils péché et maudit Dieu dans leur cœur.' C’est ainsi que Job agissait, chaque fois.
"Si les fils de Job furent purifiés par le sacrifice de leur père, pourquoi douterions-nous que nos offrandes pour les morts leur apportent quelques consolation ? N'hésitons pas à aider ceux qui sont morts et à prier pour eux!", écrit Saint Jean Chrysostome, dans Homélies sur 1 Corinthiens 41,5.
Malachie 3,2-3 Qui pourra soutenir le jour de sa venue ? Qui pourra rester debout lorsqu’il se montrera ? Car il est pareil au feu du fondeur, pareil à la lessive des blanchisseurs.
Il s’installera pour fondre et purifier : il purifiera les fils de Lévi, il les affinera comme l’or et l’argent ; ainsi pourront-ils, aux yeux du Seigneur, présenter l’offrande en toute justice.
Livre de Zacharie 13,9 Je ferai passer ce tiers par le feu ; je l’épurerai comme on épure l’argent, je l’éprouverai comme on éprouve l’or. Lui, il invoquera mon nom, et moi, je lui répondrai. Je dirai : "C’est mon peuple !", et lui, il dira : "Le Seigneur est mon Dieu !"
Sagesse 3,1-6 Mais les âmes des justes sont dans la main de Dieu ; aucun tourment n’a de prise sur eux.
Aux yeux de l’insensé, ils ont paru mourir ; leur départ est compris comme un malheur,
et leur éloignement, comme une fin : mais ils sont dans la paix.
Au regard des hommes, ils ont subi un châtiment, mais l’espérance de l’immortalité les comblait.
Après de faibles peines, de grands bienfaits les attendent, car Dieu les a mis à l’épreuve et trouvés dignes de lui.
Comme l’or au creuset, il les a éprouvés ; comme une offrande parfaite, il les accueille.
Siracide 2,5 car l’or est vérifié par le feu, et les hommes agréables à Dieu, par le creuset de l’humiliation. Dans les maladies comme dans le dénuement, aie foi en lui.
Psaumes 66 (65), 10 C'est toi, Dieu, qui nous as éprouvés, affinés comme on affine un métal
2 Samuel 12,13 David dit à Nathan : « J’ai péché contre le Seigneur ! » Nathan lui répondit : « Le Seigneur a passé sur ton péché, tu ne mourras pas.
Nouveau Testament
1 Co 5,4-5 "Ma conscience ne me reproche rien, mais ce n’est pas pour cela que je suis juste : celui qui me soumet au jugement, c’est le Seigneur.
Ainsi, ne portez pas de jugement prématuré, mais attendez la venue du Seigneur, car il mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres, et il rendra manifestes les intentions des cœurs. Alors, la louange qui revient à chacun lui sera donnée par Dieu."
1 P 3, 19-20 Car le Christ, lui aussi, a souffert pour les péchés, une seule fois, lui, le juste, pour les injustes, afin de vous introduire devant Dieu ; il a été mis à mort dans la chair, mais vivifié dans l’Esprit. C’est en lui qu’il est parti proclamer son message aux esprits qui étaient en captivité. [Ce n'est pas l'enfer car on n'en revient plus de l'enfer. Ndlr.] Ceux-ci, jadis, avaient refusé d’obéir, au temps où se prolongeait la patience de Dieu, quand Noé construisit l’arche, dans laquelle un petit nombre, en tout huit personnes, furent sauvées à travers l’eau."
1 P 4,6 C’est pour cela que l’Évangile a été annoncé aussi aux morts, afin que, jugés selon les hommes dans la chair, ils vivent selon Dieu dans l’Esprit.
Mt 5,26 "Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou."
Mt 12, 31-32 "C’est pourquoi, je vous le dis : Tout péché, tout blasphème, sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l’Esprit ne sera pas pardonné. Et si quelqu’un dit une parole contre le Fils de l’homme, cela lui sera pardonné ; mais si quelqu’un parle contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera pas pardonné, ni en ce monde-ci, ni dans le monde à venir." [Cette parole du Christ implique qu'il existe dans l'autre monde un lieu où les péchés peuvent être pardonnés comme purifiés par le feu, sauf dit-il le péché contre l'Esprit Saint.]
1 Co 3, 10-15 "l’ouvrage de chacun sera mis en pleine lumière. En effet, le jour du jugement le manifestera, car cette révélation se fera par le feu, et c’est le feu qui permettra d’apprécier la qualité de l’ouvrage de chacun."
Lc 12, 58-59 "Ainsi, quand tu vas avec ton adversaire devant le magistrat, pendant que tu es en chemin mets tout en œuvre pour t’arranger avec lui, afin d’éviter qu’il ne te traîne devant le juge, que le juge ne te livre à l’huissier, et que l’huissier ne te jette en prison. Je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier centime."
Mt 18, 32-35 "Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : “Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié.
Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?”
Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait.
C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur."
Hb 12, 23 "et vers l’assemblée des premiers-nés dont les noms sont inscrits dans les cieux. Vous êtes venus vers Dieu, le juge de tous, et vers les esprits des justes amenés à la perfection." [Dans un endroit où les âmes sont amenés à la perfection]
Luc 16,24Alors il cria : “Père Abraham [Alors au séjour des morts. Cf. Verset précédent], prends pitié de moi et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise.
Patrologie
Comme le mot "Trinité", le mot purgatoire n'est pas dans la Bible, mais nous venons de le voir, l'idée oui. Le terme purgatorium apparaît tardivement, autour du XIIe siècle, mais la réalité qu'il désigne s'appuie outre les sources scripturaires sur les témoignages patristiques et liturgiques. Saint Augustin parle de "feu purgatoire" (Manuel sur la Foi, l'espérance et la charité 18,69), en 421 ap. J.-C.
Le cardinal saint John Henry Newman a fait remarquer que la doctrine du purgatoire était plus attestée par les Pères que la doctrine du péché originel ! "Une notion de souffrance, de désavantage ou de châtiment après cette vie, pour les fidèles défunts, ou d'autres formulations vagues de la doctrine du Purgatoire, bénéficie d'un quasi- consensus parmi les quatre premiers siècles de l'Église, bien que certains Pères l'expriment avec une plus grande clarté et une plus grande fermeté que d'autres. C'est, en substance, la confession de saint Clément d'Alexandrie, Tertullien, sainte Perpétue, saint Cyprien, Origène, Lactance, saint Hilaire, saint Cyrille de Jérusalem, saint Ambroise, saint Basile, saint Grégoire de Nazianze et de Nysse, saint Jean Chrysostome, saint Jérôme, saint Paulin et saint Augustin. Par ailleurs, il existe un certain consensus parmi les Pères, depuis les premiers siècles, sur le fait que l'humanité a subi un préjudice du fait du péché d'Adam. Ensuite, si l'on considère plus distinctement les deux doctrines – celle selon laquelle il existe un temps ou un état de châtiment entre la mort et le jugement, et celle selon laquelle tous les hommes, descendants naturels d'Adam déchu, naissent par conséquent dépourvus de justice originelle –, on constate que plusieurs, tels que Tertullien, sainte Perpétue, saint Cyrille, saint Hilaire, saint Jérôme et saint Grégoire Nysse, affirment clairement, dans la mesure de leurs écrits, l'existence d'une doctrine du Purgatoire. En revanche, nul ne prétend qu'il existe un témoignage des Pères aussi convaincant en faveur de la doctrine du péché originel, bien qu'il soit difficile ici de se prononcer avec certitude sur leur enseignement sans aborder ce sujet." (Essai sur le développement de la doctrine chrétienne, 1845 ; révisé en 1878 ; Introduction, sections 15 et 16 )
Perpétue a une vision de son frère Dinocrate, mort jeune, dans un lieu sombre et souffrant. Après ses prières, elle le revoit soulagé et heureux. C'est l'un des plus anciens récits de secours apporté aux défunts par la prière : "Les chaines m'ont été montrées: je vis que ce lieu que j'avais auparavant trouvé sombre était maintenant lumineux; et Dinocrate, le corps propre et bien vêtu, y trouvait du réconfort... Et il s'éloigna de l'eau pour jouer joyeusement, à la manière des enfants, et je m'éveillai. Alors je compris qu'il avait été enlevé du lieu de châtiment." (Le Martyre de Perpétue et Félicité 2, 3-4, écrit vers 202)
Saint Clément d'Alexandrie (vers 150 – vers 215) et Origène évoquent un feu purificateur (distinct du feu destructeur des damnés) qui sanctifie les âmes.
"Dans l'autre vie, il y aura deux feux : un feu 'dévorant et consumant' pour les incorrigibles, et pour les autres, un feu 'sanctifiant' qui « ne consume pas, comme le feu de la forge », un feu 'prudent et intelligent' qui pénètre l'âme qui le traverse." (Stromates 8.6)
Tertullien (vers 160 – vers 225), vers 211 mentionne les offrandes et prières pour les morts à l'anniversaire de leur décès (De Corona), écrit : ''Si l'Ecriture ne l'a point déterminée, toujours est-il que la coutume, qui sans doute est provenue de la tradition, la fortifie: en effet, comment l'usage s'établirait-il s'il n'avait sa source dans la tradition? [...] Nous faisons annuellement des oblations pour les défunts" (De Corona militis, De la Couronne du soldat 3,3). Et cela vient de la tradition, non de l'Ecriture seule.
Et il conseille à une veuve de prier pour le repos de l'âme de son mari et de faire des oblations (De Monogamia 10, 1-2) : "Après la mort de son mari, une femme prie pour son âme et demande qu'il trouve le repos dans l'attente et qu'il participe à la première résurrection. Chaque année, à l'anniversaire de sa mort, elle offre le sacrifice."
Il parle aussi de peines et de consolations dans l'Hadès, et d'une purification.
"Toutes les âmes sont donc enfermées aux Enfers : l’admettez-vous ? (C’est vrai, que) vous disiez oui ou non : de plus, y ont déjà connu châtiments et consolations ; et là se trouvent le pauvre et le riche… Par ailleurs, l’âme n’accomplit pas toutes ses opérations par l’intermédiaire de la chair ; car le jugement de Dieu poursuit même les pensées les plus simples et les plus humbles volontés. « Quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur. » C’est pourquoi, pour cette raison même, il est tout à fait juste que l’âme, sans attendre la chair, soit punie pour ce qu’elle a fait sans la participation de la chair. Ainsi, selon le même principe, en retour des pensées pieuses et bienveillantes auxquelles elle a participé sans l’aide de la chair, elle recevra, sans la chair, sa consolation. En résumé, dans la mesure où nous comprenons que la « prison » mentionnée dans l’Évangile désigne l’Hadès, et où nous interprétons également « le moindre sou » comme la plus infime offense qui doit y être expiée avant la résurrection, nul n’hésitera à croire que l’âme subit en Hadès une forme de discipline compensatoire, sans préjudice du processus complet de la résurrection, lorsque la récompense sera également administrée par la chair." (Traité sur l’âme, p. 58)
Origène (v. 185–v. 254) commentant 1 Co 3, décrit le feu qui brûle le "bois, foin et paille" des péchés légers pour préparer l'âme au Royaume (sa vision de l'apocastase universelle sera plus tard rejetée, mais l'idée de purification post-mortem influence la tradition. (Apologetica catolica)
"Cet avertissement s'applique aussi bien à vous qu'à moi. Si je ne bâtis pas correctement sur les fondations déjà posées, mon œuvre sera consumée par le feu au jour du jugement." (Commentaire sur 1 Corinthiens 1.15.18-20 ; sur 1 Corinthiens 3.10)
"Si un homme quitte cette vie avec des fautes mineures, il est condamné au feu qui consume les matières légères et prépare son âme au royaume de Dieu, où rien d'impur ne peut entrer. Car si, sur le fondement du Christ, vous avez bâti non seulement avec de l'or, de l'argent et des pierres précieuses (1 Corinthiens 3), mais aussi avec du bois, du foin et du chaume, qu'espérez-vous lorsque l'âme sera séparée du corps ? Entrerez-vous au ciel avec votre bois, votre foin et votre chaume, souillant ainsi le royaume de Dieu ? Ou, à cause de ces obstacles, resterez-vous dehors sans recevoir de récompense pour votre or, votre argent et vos pierres précieuses ? Cela n'est pas juste non plus. Il vous appartient donc d'être livrés au feu qui consumera les matières légères ; car notre Dieu, pour ceux qui comprennent les choses célestes, est appelé un feu purificateur. Mais ce feu ne consume pas la créature, mais ce qu'elle a elle-même bâti : le bois, le foin et le chaume. Il est manifeste que le feu détruit le bois de nos transgressions et nous rend ensuite la récompense de nos grandes œuvres." (Homélies sur Jérémie 13 : 445, 448)
"Comme Jean se tenait près du Jourdain parmi ceux qui venaient se faire baptiser, accueillant ceux qui confessaient leurs vices et leurs péchés et rejetant les autres… ainsi le Seigneur Jésus-Christ se tiendra dans un fleuve de feu, près d’une épée flamboyante, et baptisera tous ceux qui, après leur mort, doivent aller au Paradis, mais qui n’ont pas reçu la purification… Cependant, ceux qui ne portent pas la marque du premier baptême ne seront pas baptisés dans le bain de feu. Il faut d’abord être baptisé d’eau et d’Esprit afin que, lorsqu’on atteint le fleuve de feu, les marques des bains d’eau et d’Esprit demeurent comme signes qu’on est digne de recevoir le baptême de feu en Jésus-Christ." ( Commentaire sur Luc, 24e homélie )
Saint Cyprien de Carthage (210-258) vers 250, atteste de la même pratique. Il distingue clairement le martyr couronné immédiatement de celui qui, après réconciliation, doit encore être "nettoyé et longuement purgé par le feu" ou rester "en prison jusqu'au dernier sou... " (Lettres 51 / Pères de l'Eglise sur le Purgatoire)
"C’est une chose d’obtenir le pardon, c’en est une autre d’atteindre la gloire. C’est une chose, jeté en prison, de n’en sortir qu’après avoir payé jusqu’au dernier sou ; c’en est une autre de recevoir aussitôt le salaire de la foi et du courage. C’est une chose d’être torturé par de longues souffrances pour ses péchés, puis purifié et longuement expié par le feu ; c’en est une autre d’avoir expié tous ses péchés par la souffrance. C’est une chose d’être dans l’attente du jugement de Dieu au jour du jugement ; c’en est une autre d’être aussitôt couronné par le Seigneur." (Lettres 51:20 ; sur 1 Corinthiens 3:13-15)
Saint Cyrille de Jérusalem dans ses Catéchèses mystagogiques (350) explique aux nouveaux baptisés qu'au canon de la Messe on prie pour les défunts (canon romain) et c'est un grand secours pour leurs âmes''.
"Mais lorsqu'il aura jugé les justes, il les éprouvera aussi par le feu. Alors ceux dont les péchés seront plus nombreux ou plus graves seront brûlés par le feu. Mais ceux que la justice et la maturité de la vertu ont imprégnés ne verront pas ce feu ; car ils ont en eux quelque chose de Dieu qui repousse et rejette la violence des flammes. La force de l'innocence est si grande que les flammes reculent devant elle sans lui faire de mal ; elle a reçu de Dieu ce pouvoir de brûler les méchants et d'être soumise aux justes." (Institution divine 7:21 ; sur 1 Corinthiens 3:15)
Je n'ai pas pu retrouver les citations exactes, mais un résumé de l'IA intitulé "Hilaire de Poitiers sur le Purgatoire" résume :
Saint Hilaire de Poitiers n'a pas enseigné une doctrine du purgatoire pleinement élaborée, telle que le concept dogmatique formel s'est développé plus tard dans l'Église occidentale médiévale. Cependant, dans son Commentaire sur les Psaumes, Hilaire a exprimé la conception des premiers chrétiens selon laquelle toutes les âmes doivent traverser une épreuve purificatrice, le feu du jugement, après avoir quitté le corps, avant d'accéder à la gloire éternelle.
Le Jugement de Feu : Hilaire a interprété des passages bibliques — tels que les Psaumes 118/119 et les références à l'épreuve du feu — comme signifiant que chacun doit faire face à une épreuve spirituelle après la mort.
Le passage par le feu : Il a suggéré que même ceux qui sont justes et dévoués à Dieu auront encore besoin de « passer par le feu » (faisant allusion à des concepts comme 1 Corinthiens 3:15) pour être purifiés de toute faiblesse ou de tout péché humain restant.
La nature du feu : Pour Hilaire, ce feu est un agent de sanctification et d'épreuve ultimes plutôt que de damnation éternelle et définitive, garantissant que les âmes soient rendues complètement pures et dignes de la présence de Dieu.
"Et si l’on trouve chez eux [les chrétiens qui meurent] des blessures dues à leurs combats, des souillures ou les conséquences du péché, ils sont retenus. Si, en revanche, on les trouve indemnes et sans tache, ils sont, comme non vaincus, conduits par le Christ dans leur repos." (Homélies sur les Psaumes , 7:2)
"Il vaut mieux ne pas avoir besoin d'une seconde purification, mais s'arrêter à la première, . . .
"Car il est étrange de substituer à un remède indolore un remède plus douloureux ; de rejeter la grâce de la miséricorde et de contracter une dette de châtiment ; et de mesurer notre amende à l'aune du péché. Car combien de larmes devons-nous verser avant d'égaler la source du baptême ? Et qui se portera garant pour nous que la mort attendra notre guérison, et que le tribunal ne nous appellera pas alors que nous serons encore débiteurs et en manque du feu de l'autre monde ?
"Je connais un feu purificateur que le Christ est venu répandre sur la terre [ Luc 12, 49], et il est lui-même appelé, par anagogie, un Feu. Ce Feu consume tout ce qui est matériel et impur ; et il désire l’attiser au plus vite, car il aspire à agir rapidement en notre faveur, puisqu’il nous donne même des charbons ardents pour nous y aider." (Oraison 40 : Sur le Saint Baptême , sections VIII-IX, XXXVI)
Saint Cyrille de Jérusalem dans ses Catéchèses mystagogiques aux nouveaux baptisés (350) décrit la liturgie eucharistique et explique qu'au canon de la Messe (canon romain) on prie pour les défunts (patriarches, prophètes, évêques, et tous les fidèles endormis), "croyant que ce sera d'un très grand secours pour les âmes''.
"Il se peut qu’il s’intéresse ensuite, d’une manière bien différente, à ce qui est meilleur, lorsqu’après sa mort, il aura pris conscience de la différence entre la vertu et le vice et aura constaté qu’il ne peut accéder à la divinité qu’après avoir été purifié de la souillure qui ronge son âme par le feu purificateur." (Sermon sur les morts ; sur 1 Corinthiens 3,15)
"Accorde à ton serviteur Théodose le repos parfait, ce repos que tu as préparé pour tes saints… Je l’ai aimé, et c’est pourquoi je le suivrai au pays des vivants ; je ne le quitterai pas avant de l’avoir conduit, par les larmes et les prières, là où ses mérites l’appellent, vers la montagne sainte du Seigneur" (Oraison funèbre de Théodose 36-37).
Saint Augustin dans les Confessions (Livre 9) rapporte la dernière volonté de sainte Monique, sa mère mourante à Ostie en 387: ''qu'on se souvienne d'elle à l'autel du Seigneur''.. Il développe la doctrine dans La Cité de Dieu et dans l'Enchiridion.
"De plus, mentionner les noms des défunts, en quoi cela est-il utile ? Quoi de plus opportun et de plus excellent que de faire croire à ceux qui sont encore parmi nous que les défunts sont vivants, qu’ils ne se sont pas retirés dans le néant, mais qu’ils existent et vivent auprès du Maître ? Et comment espèrent-ils que cette proclamation solennelle soit pleinement diffusée, eux qui prient pour les frères comme s’ils n’étaient que de passage en terre étrangère ? La prière composée en leur faveur est également utile." (Contre toutes les hérésies 75:8).
"Si quelqu’un a la foi véritable mais mène une vie perverse, sa foi ne le protégera pas du châtiment, car ses œuvres seront consumées. Un homme revêtu d’une armure d’or traversera un fleuve de feu et en ressortira plus resplendissant encore ; mais celui qui le traverse avec du foin perdra tout et se perdra lui-même." (Homélies sur les Épîtres de Paul aux Corinthiens 9.5 ; sur 1 Corinthiens 3.15)
"Aidons et honorons leur mémoire. Si les fils de Job furent purifiés par le sacrifice de leur père [Jb 1,5], pourquoi douterions-nous que nos offrandes pour les morts leur apportent quelques consolation ? N'hésitons pas à aider ceux qui sont morts et à prier pour eux!" (Homélies sur 1 Corinthiens 41,5)
Saint Jérôme soutenait l'idée d'une purification post-mortem et la prière pour les défunts. Il considérait des textes bibliques comme Michée 7,9 comme une preuve de cette idée , enseignait que les pécheurs mortels ne peuvent être secourus après la mort et affirmait que les suffrages et les messes apportent du réconfort aux âmes souffrantes.
Michée 7:9 : Jérôme a interprété le verset ( « Je subirai la colère de l’Éternel parce que j’ai péché contre lui… » ) comme une référence directe à la purification des âmes avant d’atteindre la lumière divine.
Malachie 3:3 : Avec d'autres Pères de l'Église, il voyait dans le feu purificateur du Seigneur une image du jugement post-mortem purificateur.
La prison (Matthieu 5:25) : Interprété le paiement du "dernier sou" comme satisfaisant les fautes mineures dans un lieu de transit temporaire avant l'entrée définitive au paradis.
Il affirme l'existence de peines temporelles après la mort pour certains fidèles, avant le jugement dernier, et distinctes des peines éternelles. Dans l'Enchiridion, il parle d'un "feu purgatoire" possible par lequel certains seront sauvés "plus lentement ou plus vite". Il insiste sur l'efficacité des prières, de l'aumône et du sacrifice eucharistique pour les défunts. (Cf. Pères de l'Eglise sur le Purgatoire)
"Le feu mettra à l'épreuve la qualité du travail de chacun. Si son travail subsiste, il recevra sa récompense. Si son travail est consumé, il perdra sa récompense, mais lui-même sera sauvé. Dans ce feu, nul ne sera perdu à jamais, bien que le feu profite à l'un et nuise à l'autre, constituant une épreuve pour tous deux." (La Cité de Dieu, 21 ; sur 1 Corinthiens 3, 13)
"Certains subissent des châtiments temporaires seulement dans cette vie, d'autres après la mort, d'autres encore de temps à autre ; mais tous avant le jugement dernier et le plus sévère. Cependant, parmi ceux qui subissent des châtiments temporaires après la mort, tous ne sont pas condamnés aux souffrances éternelles qui suivront ce jugement ; car pour certains, comme nous l'avons déjà dit, ce qui n'est pas remis en ce monde l'est dans l'autre, c'est-à-dire qu'ils ne sont pas punis du châtiment éternel du monde à venir." (La Cité de Dieu 21:13 ; sur 1 Corinthiens 3:15)
"L'idée qu'il puisse subsister un feu après cette vie n'est pas inconcevable, et l'on peut s'y intéresser et découvrir, ou au contraire laisser insoupçonné, si certains fidèles peuvent être sauvés, certains plus lentement, d'autres plus rapidement, selon l'importance qu'ils ont accordée aux biens périssables, par un certain feu purgatoire." (Manuel de Foi, Espérance et Charité 18:69).
"Le temps qui s'interpose entre la mort et la résurrection finale retient les âmes dans un recueillement secret, chacune méritant repos ou épreuves selon ses mérites terrestres. Il est indéniable que les âmes des défunts trouvent du réconfort dans la piété de leurs proches vivants, lors de l'offrande de la messe du Médiateur ou de la distribution d'aumônes à l'église. Mais ces actes profitent à ceux qui, de leur vivant, ont mérité de pouvoir en bénéficier après leur mort. Il existe une manière de vivre qui ne soit ni si vertueuse qu'on se dispense de ces secours après la mort, ni si mauvaise qu'ils soient inutiles." ( ibid ., 29:109)
"Le maître enseigne la vérité. Certains le suivent, d'autres non. Ceux qui le suivent seront comme l'or et l'argent : purifiés par le feu, ils resplendiront à leur sortie. Les autres seront consumés. Mais le maître n'y perdra rien. S'il a été fidèle, il recevra sa récompense." (Commentaire sur la Première Épître aux Corinthiens 183 ; sur 1 Cor 3,15)
"Nombreux sont ceux qui interprètent mal ce texte, se berçant d'illusions. Ils croient qu'en fondant leurs péchés graves sur le Christ, ces mêmes offenses peuvent être purifiées par des flammes passagères, et qu'ils pourront ainsi accéder à la vie éternelle. Il est impératif de corriger cette conception. Se bercer d'illusions est une erreur. Car dans ce feu, ce sont les péchés mineurs qui sont purifiés, non les graves. Pire encore, ce ne sont pas seulement les grands péchés, mais aussi les petits qui peuvent ruiner une personne." (Sermons 179.1 ; sur 1 Corinthiens 3:15)
"Bien que l’apôtre Paul ait mentionné de nombreux péchés graves, nous les énumérerons brièvement afin de ne pas semer le désespoir : le sacrilège, le meurtre, l’adultère, le faux témoignage, le vol, le brigandage, l’orgueil, l’envie, l’avarice et, si elle est ancienne, la colère ; l’ivrognerie, si elle persiste ; et la calomnie en font partie. Si quelqu’un sait que ces péchés le dominent, s’il ne fait pas une pénitence digne et durable, si le temps lui en est accordé… il ne pourra être purifié par ce feu transitoire dont parlait l’apôtre, mais les flammes éternelles le tourmenteront sans remède." (Sermons 179 (104) :2 ; sur 1 Corinthiens 3 :11-15)
"Chacun sera présenté au Juge tel qu'il était au moment de sa mort. Cependant, un feu purificateur doit précéder le jugement, en raison de quelques fautes mineures qui peuvent subsister et devoir être expiées. Le Christ, la Vérité, ne dit-il pas que quiconque blasphème contre le Saint-Esprit ne sera pardonné 'ni dans ce monde ni dans le monde à venir' [Mt 12, 32] ? De cette affirmation, nous apprenons que certains péchés peuvent être pardonnés dans ce monde et d'autres dans le monde à venir. Car si le pardon est refusé pour un péché particulier, nous en concluons logiquement qu'il est accordé pour d'autres. Cela doit s'appliquer, comme je l'ai dit, aux transgressions mineures." (Dialogue 4.39)
"Il faut se rappeler que, dans le monde à venir, nul ne sera purifié de ses moindres fautes s’il ne l’a pas mérité par les bonnes œuvres accomplies dans cette vie." (Dialogue 4.41 ; sur 1 Cor 3.15)
Loin d'être une 'invention médiévale tardive', l'idée de purgatoire plonge ses racines aussi bien dans les textes de l'Ancien testament que du Nouveau, ainsi que dans la pratique et la réflexion des Pères dès le IIe siècle.
On entend souvent les musulmans dire : regarde, dans le coran on parle plus de Marie que dans la Bible. Mariam est citée 34 fois alors que dans les Evangiles c'est beaucoup moins.
Mais on ne sait pas qui est la Maryam de l'islam.
Marie qui est la Mère de Jésus, a vécu au 1er siècle. La tradition chrétienne la reconnaît comme fille d'Anne et Joaquim.
Dans le coran, Maryam est appelée ''soeur d'Aaron''. Or, l'Aaron biblique est le frère de Moïse qui a vécu environ 1500 ans avant Marie, la Mère de Jésus.
Et le coran va encore plus loin. Il dit que le père de Marie s'appelait Imran. Or, dans la Bible, Imran, ou Amran, est précisément le père de Moïse, d'Aaron, et de Myriam.
Autrement dit, non seulement le coran appelle Marie "soeur de Aaron", mais il lui donne aussi exactement le même père de cette Myriam biblique, qui a vécu 1500 ans plus tôt.
Ce n'est donc pas une simple ambiguïté linguistique. C'est une confusion historique flagrante impossible à nier.
Et cela continue:
-Marie qui accouche sous un palmier ? C'est repris du Pseudo-Matthieu.
-Jésus qui parle au berceau pour défendre sa Mère ? C'est tiré de l'évangile arabe de l'enfance de Jésus.
Que des légendes tardives, sans valeur historique.
Dans le Coran, Maryam est pieuse, elle est choisie entre toutes les femmes, mais seulement comme la mère d'un prophète. Dans la foi chrétienne, Marie est théotokos, Mère de Dieu, titre proclamé au concile d'Éphèse en 431.
Si Jésus est vraiment Dieu fait homme [comme le croient les chrétiens dans le Nouveau Testament. Ndlr.], alors Marie est vraiment Mère de Dieu.
Soyons donc logiques : son nom est confus, ses récits viennent d'apocryphes, et son rôle est radicalement réduit : est-ce encore la même femme ?
La Bible révèle Marie, Mère de Dieu. Le Coran invente Maryam, soeur de Moïse, et d'Aaron.
Alors, je pose la question:
à qui faites-vous confiance pour connaître la Vierge Marie, aux témoins apostoliques ou à un livre écrit six siècles plus tard et qui la confond avec quelqu'un d'autre ?
On entend souvent les musulmans dire : regarde, ''dans le coran on parle plus de Jésus que de Mohammed. Issa (Jésus dans l'islam) est cité plus de 25 fois, tellement il est important pour nous''.
Mais, voilà le problème. Je ne sais pas qui est votre Issa. En araméen et en hébreu, c'est Yéshuah. En grec c'est Iesous. Et chez les chrétiens arabes c'est Yasu. Mais dans le coran, c'est Issa.
Imagine, je prends Socrate et je l'appelle Socris. Et je dis qu'il n'a jamais philosophé à Athènes, mais qu'il a vendu des tapis en Arabie. Est-ce encore Socrate? Et pourtant, Socrate et Socris se ressemblent un peu. Mais entre Yéshouah, Iesous, Yasu et Issa, même la racine est différente, c'est carrément un autre prénom.
Mais ce n'est pas tout, le coran 4. 157 dit [de Jésus] qu'ils ne l'ont ni tué ni crucifié. Mais sans la croix, il n'y a plus de Jésus-Christ. Paul le dit. 1 Co 15,14 "si le Christ n’est pas ressuscité, notre proclamation est sans contenu, votre foi aussi est sans contenu." En supprimant la croix, le coran supprime le cœur du christianisme. [En supprimant la croix, on supprime la résurrection du Christ, la nécessité de la Rédemption en Christ, l'Incarnation de Dieu. Ndlr.]
Mais encore, que penser des miracles de Isa ?
-Jésus qui parle au berceau ? C'est repris des écrits gnostiques.
Si Dieu crée par la parole qu’il prononce, comme l’enseigne le livre de la Genèse : "Dieu dit" (cf. Genèse 1,3 ; cf. Psaume 33,6), les Pères de l’Église interprètent cette parole comme le Logos (Jean 1,1-3), qu’ils identifient à la Sagesse créatrice dont parle l’Ancien Testament (Pr 8,22-31). [Théophile d'Antioche, Ad Autol. II,10 : FuP 16, 116-120 ; Athénagoras, Leg. 10 : SCh 379, 100-2 ; Justin, composez. 61-62 : Bobichon Ier, 346-352 ; Tertullien, Adv. Herm. 18,1-4 : SCh 439, 124-128 ; Av. Prax . 6,1-75 : CCSL 2, 1164-1166.]
Puisque le Fils est le Logos de Dieu le Père – c’est-à-dire intelligence, sagesse et parole –, il connaît le plan divin dans son intégralité et le réalise dans la création. [Cf. Irénée de Lyon, Adv. hein. V, 18,3 : SCh 153, 247 ; Dém. 34 : FuP 2, 128-131 ; Thomas d'Aquin, S.Th. Je, q. 34, un 1 et 3 ; III, q. 3, une. 8.]
C’est pourquoi toute la création porte en elle l’empreinte du Logos, le lógoi, qui imprègne la nature même de la création du dynamisme de sa réalisation, laquelle s’accomplira par la grâce. [Maxime le Confesseur, Amb. Io., 33 : PG 91, 1285 CD ; Thal. 35 : PG 90, 377 C ; SCh 529, 374-376.]
Le Fils, qui est le Verbe de Dieu, intervient de manière décisive dans l’œuvre créatrice [Athanase, Contra Gentes 40 : PG 25, 80B-82B ; Hilaire de Poitiers, Trin. V,5 : CCSL 62 A, 154-156].
Les Pères interprètent le principe évoqué en Genèse 1,1 (ἐν ἀρχῇ) comme le Logos de Jean 1,1 (ἐν ἀρχῇ ἦν ὁ λόγος). [Origène, Homiliae ad Genesim 1,1 : SCh 7 bis, 25 ; Augustin, Confessions XIII,5,6 ; XI,5,7 : CCSL 27, 244 ; 198 ; Civil. Dei XI,33 : CCSL 48, 354.]
Lors des premiers siècles, "la divinité du Christ n'était jamais mise en doute, ainsi que l'atteste l'enquête menée par un gouverneur romain en 112 sur les célébrations des chrétiens de Bithynie (Lettre rapport à l'empereur Trajan de Pline le Jeune, Lettres 10 n°96 qui explique que les chrétiens rendaient un culte à Jésus "comme à un Dieu" dès le lever du soleil...) ou le témoignage archéologique de la table eucharistique dédiée à 'Jésus-Christ Dieu' par les soldats chrétiens d'un camp de légionnaires de Samarie au IIIe siècle. Mais on débattait de la manière dont le Christ est Dieu.
Jérémie 23,5-6 : ''Voici venir des jours – oracle du Seigneur–, où je susciterai pour David un Germe juste : il régnera en vrai roi, il agira avec intelligence, il exercera dans le pays le droit et la justice. En ces jours-là, Juda sera sauvé, et Israël habitera en sécurité. Voici le nom qu’on lui donnera : « Le-Seigneur-est-notre-justice. »'
Daniel 7,13-14 ''Je regardais, au cours des visions de la nuit, et je voyais venir, avec les nuées du ciel, comme un Fils d’homme ; il parvint jusqu’au Vieillard, et on le fit avancer devant lui. Et il lui fut donné domination, gloire et royauté ; tous les peuples, toutes les nations et les gens de toutes langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera pas détruite.''
Les contemporains du Christ ont pris Jésus pour Dieu. Même "Ce Tibère (empereur), ayant entendu parler des prodiges du Christ, voulut le déclarer dieu, à la manière des rois, mais il en fut empêché par le Sénat, à ce que raconte Eusèbe" (Eusèbe, Histoire ecclésiastique, II, II, I-3, cité librement par Georges Cedrenos dans son Compendium; Voir aussi Tertullien, Apologétique V,2, in Premiers écrits chrétiens. Source: Bibliothèque de la Pléiade, éd. Publiée sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, Nrf Gallimard, Lonrai 2017, note 18, p. 1165-1166.)
"Jésus n'a jamais prétendu être Dieu"
Si, il l'a fait. Et il l'est. Voyons combien de fois Jésus a prétendu être Dieu.
Dans le livre de l'Apocalypse, Jésus est Dieu qui envoie son ange :
Apocalypse 22,6 dit ''le Seigneur, le DIEU qui inspire les prophètes, a envoyé son ange pour montrer à ses serviteurs ce qui doit bientôt advenir.'' Et Apocalypse 22,16 : ''Moi, Jésus, j’ai envoyé mon ange vous apporter ce témoignage au sujet des Églises.'' Dans ce verset d'Ap22,16 nous voyons Jésus dire qu'il envoie son ange. Il s'applique à lui-même la divinité du verset 22,6 où le Seigneur, 'le Dieu qui inspire les prophètes' envoie son ange.
Saint Paul Apôtre dans Colossiens 1,16 précise que Jésus est créateur : tout a été créé "en", "par" et "pour" Jésus.
"EN lui [le "Fils bien-aimé" du verset 13] tout fut créé, dans le ciel et sur la terre. Les êtres visibles et invisibles, Puissances, Principautés, Souverainetés, Dominations, tout est créé PAR lui et POUR lui." Col 1, 16
Dans Jn 17,5, Jésus dit : "Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe."
Hébreux 1,05 à 13 demande : "En effet, Dieu déclara-t-il jamais à un ange : Tu es mon Fils, moi, aujourd’hui, je t’ai engendré ? Ou bien encore : Moi, je serai pour lui un père, et lui sera pour moi un fils ? À l’inverse, au moment d’introduire le Premier-né dans le monde à venir, il dit : Que se prosternent devant lui tous les anges de Dieu. À l’adresse des anges, il dit : Il fait de ses anges des esprits, et de ses serviteurs des flammes ardentes. Mais à l’adresse du Fils, il dit : Ton trône à toi, DIEU, est pour les siècles des siècles, le sceptre de la droiture est ton sceptre royal ; tu as aimé la justice, tu as réprouvé le mal, c’est pourquoi, toi, DIEU, ton Dieu t’a consacré d’une onction de joie, de préférence à tes compagnons ; et encore : C’est toi, Seigneur, qui, au commencement, as fondé la terre, et le ciel est l’ouvrage de tes mains. … Dieu a-t-il jamais dit à l’adresse d’un ange : Siège à ma droite, jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis le marchepied de ton trône ?"
Jésus est le Dieu "JE SUIS" d'Exode 3,14: "Dieu dit à Moïse : "JE SUIS CELUI QUI SUIS. Puis il ajouta : "Voici ce que tu diras aux Israélites : JE SUIS m'a envoyé vers vous."
Dans Jean 8,58 "Jésus leur répondit : En vérité, je le déclare : avant qu'Abraham fût, JE SUIS."
C'est le nom que Dieu s'est donné lorsqu'il a communiqué pour la première fois avec Moïse dans Exode 3,14.
En Jn 8,28 Jésus dit "... vous connaîtrez que JE SUIS".
En Jean 12,19 : "Je vous le dis à présent avant que l’événement n’arrive afin que lorsqu’il arrive vous croyiez que Je Suis".
En Jn 13, 19-20 "...afin que lorsque l'événement arrive, vous croyiez que Je Suis."
Et en Jean 12, 46 "Moi la lumière, je suis venu dans le monde afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres".
Ap 3:21 mentionne : ''Le vainqueur, je lui donnerai de siéger avec moi sur mon Trône, comme moi-même, après ma victoire, j’ai siégé avec mon Père sur son Trône.''
Dieu a dit qu’Il ne partage point Sa Gloire avec aucun autre en Esaïe 42:8 "Je suis le Seigneur, tel est mon nom ; et je ne céderai pas ma gloire à un autre, ni ma louange aux idoles." Et 48:11 "C’est à cause de moi, de moi seul que je le fais : Comment ! Mon nom serait-il profané ? Ma gloire, je ne la donnerai pas à un autre."
Et voilà que l'on voit Jésus dire qu'il s’est assis avec le Père sur Son Trône, et qu'Il a le pouvoir de nous faire asseoir avec Lui sur Son Trône! Preuve ultime.
Il existe encore dans la Sainte Bible de nombreux autres versets indiquant la divinité du Christ : dans l'Ancien Testament, Isaïe 48,12 : Dieu dit : "C'est Moi, Moi qui suis le Premier, C'est aussi Moi Qui suis le Dernier."
Isaïe 44,6 Ainsi parle le Seigneur, le roi d’Israël, son rédempteur, le Seigneur de l’univers : Je suis le premier et je suis le dernier, hors moi, pas de Dieu.
Or, dans le livre de l'Apocalypse chapitre 22,13-16 Jésus dit : "Moi, je suis l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin. Heureux ceux qui lavent leurs vêtements : ils auront droit d’accès à l’arbre de la vie et, par les portes, ils entreront dans la ville. Dehors les chiens, les sorciers, les débauchés, les meurtriers, les idolâtres, et tous ceux qui aiment et pratiquent le mensonge ! Moi, Jésus, j’ai envoyé mon ange vous apporter ce témoignage." Et au chapitre 21 précédent de l'Apocalypse, versets 6 et 7 Dieu dit : "Puis il me dit : « C’est fait. Moi, je suis l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin. À celui qui a soif, moi, je donnerai l’eau de la source de vie, gratuitement. Tel sera l’héritage du vainqueur ; je serai son DIEU, et lui sera mon fils."
De même, au premier chapitre du livre de l'Apocalypse, Jésus dit à Jean, verset 17-18 : ''Ne crains pas. Moi, je suis le Premier et le Dernier, le Vivant : j’étais mort, et me voilà vivant pour les siècles des siècles.''
Notre-Seigneur Jésus-Christ, avant d'être livré par les Juifs aux autorités romaines, savait qu'ils allaient le livrer, qu'il serait mis à mort et qu'il ressusciterait le troisième jour.
La fête de sa Transfiguration Jésus-Christ prouve qu'Il enseignait à ses disciples de ne rien dire de sa divinité avant que tout ne soit accompli.
Sur une haute montagne, le Christ a révélé sa divinité à trois de ses apôtres :
-La voix qui parle, c'est le Père disant de Jésus qu'il est son "Fils bien-aimé"
-la nuée est le Saint-Esprit.
Nous avons là une illustration de la Trinité dans la Bible.
Avant la Croix, Jésus a donné un aperçu du Ciel à ses disciples pour fortifier leur cœur. Le secret sur sa nature divine ne devait être levé qu'après Sa Résurrection (voir aussi Mt, VIII, 4; Mt XVII, 9).
L'Évangile fait remarquer que lorsque Jésus sortit de l'eau du Jourdain après avoir reçu le baptême de S. Jean le Baptiste, les cieux s'ouvrirent et l'Esprit Saint descendit sur lui comme une colombe (Mt 3, 16). On entendit alors une voix venue du ciel qui disait : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé; en lui j'ai mis tout mon amour" (Mt 3, 17).
Avec la Transfiguration, le Baptême de Jésus est une autre théophanie.
Matthieu 3,16-17 "Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau, et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des cieux, une voix disait : 'Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie.'"
31 De nouveau, des Juifs prirent des pierres pour lapider Jésus.
32 Celui-ci reprit la parole : « J’ai multiplié sous vos yeux les œuvres bonnes qui viennent du Père. Pour laquelle de ces œuvres voulez-vous me lapider ? »
33 Ils lui répondirent : « Ce n’est pas pour une œuvre bonne que nous voulons te lapider, mais c’est pour un blasphème : tu n’es qu’un homme, et tu te fais Dieu. »
34 Jésus leur répliqua : « N’est-il pas écrit dans votre Loi : J’ai dit : Vous êtes des dieux ?
35 Elle les appelle donc des dieux, ceux à qui la parole de Dieu s’adressait, et l’Écriture ne peut pas être abolie.
36 Or, celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde, vous lui dites : “Tu blasphèmes”, parce que j’ai dit : “Je suis le Fils de Dieu”.
Jean 14,8-11"Philippe lui dit : 'Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit.' Jésus lui répond : Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : “Montre-nous le Père” ? Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres. Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes."
"Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler." (Mt 11,27)
"Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, continuez à ne pas me croire. Mais si je les fais, même si vous ne me croyez pas, croyez les œuvres. Ainsi vous reconnaîtrez, et de plus en plus, que le Père est en moi, et moi dans le Père." (Jn 10, 37-38)
Matthieu 9,5-7 : "Qu'est-ce qui est le moins difficile à dire : 'Tes péchés sont pardonnés' ou 'Lève-toi et marche' ? Pour vous faire comprendre que le Fils de l'homme a le pouvoir sur la terre de pardonner les péchés, il dit alors au paralytique : 'Lève-toi ! Enroule ton lit et rentre chez toi.' L'homme se leva et s'en alla chez lui.
Personne ne conteste que Jésus fut, au moins, un très grand mystique, l’initiateur d’un courant spirituel remarquable. Or, jamais nous le voyons se reconnaître pécheur. Lui, si humble, dit un jour à ses auditeurs: "Qui de vous me convaincra de péché?" (Jean 8,46). Comment se fait-il que cet homme qui avait un si grand sens de Dieu ne se soit pas reconnu pécheur devant Lui? C’est que Dieu et Jésus sont un.
Lors de la Tentation de Jésus au désert, le diable l’emmena sur une très haute montagne et lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire. Il lui dit : ''Tout cela, je te le donnerai, si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi.'' Alors, Jésus lui dit : ''Arrière, Satan ! car il est écrit : C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte.'' Alors le diable le quitte. Et voici que des anges s’approchèrent, et ils le servaient.'' (Mt 4, 8-11) Les anges servant Jésus, cela signifie que le diable qui est un ange déchu n'ayant pas voulu adorer Jésus, les anges, eux, l'ont fait. Donc Jésus est Dieu vu qu'"il est écrit : C'est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras." Sinon les anges n'auraient pas servi Jésus.
De même, aux versets 5 à 7 de Mt 4, nous lisons : "le diable l’emmène à la Ville sainte, le place au sommet du Temple 06 et lui dit : 'Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre.' 07 Jésus lui déclara : 'Il est encore écrit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu.'" Jésus répond au diable qu'il met le Seigneur son Dieu à l'épreuve en le tentant.
Jésus dit qu'il faut l'adorer comme on adore Dieu "le Père"
Dans Jn 5,23 Jésus dit : ''afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui ne rend pas honneur au Fils ne rend pas non plus honneur au Père, qui l’a envoyé.'' Ici Jésus dit qu'il faut l'adorer comme on adore Dieu le Père.
Bien d'autres versets évoquent la divinité de Jésus :
Philippiens 2,5-6 2,5-6: "Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu."
Tite 2,13 écrit : ''attendant la bienheureuse espérance et l'Apparition de la gloire de notre GRAND DIEU et Sauveur, le CHRIST JESUS''.
Colossiens 2,9 : "Car en lui habite corporellement toute la Plénitude de la Divinité".
Colossiens 1,15 "Il est l'Image du DIEU invisible, Premier-Né de toute créature"
2 Pierre 1,1 "SYMEON PIERRE, serviteur et apôtre de Jésus Christ, à ceux qui ont reçu en partage une foi d’aussi grand prix que la nôtre, par la justice de notre DIEU et Sauveur Jésus Christ."
1 Jean 5,20 "Nous savons aussi que le Fils de Dieu est venu nous donner l’intelligence pour que nous connaissions Celui qui est vrai ; et nous sommes en Celui qui est vrai, en son Fils Jésus Christ. C’est lui qui est le DIEU VRAI, et la vie éternelle."
Jean 1, 01-14AU COMMENCEMENT était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. ...14 Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.
Dans l'Ancien Testament, le prophète Jérémie 17.10 écrit : "Moi, le Seigneur, qui pénètre les cœurs et qui scrute les reins, afin de rendre à chacun selon sa conduite, selon le fruit de ses actes." Or, dans le Nouveau Testament, Jésus dit dans Apocalypse 2,23 "Toutes les Églises reconnaîtront que moi, je suis celui qui scrute les reins et les cœurs, et je donnerai à chacun de vous selon ses œuvres." Qui scrute les reins et les cœurs si ce n'est Dieu ?
Réclamer pour soi l'adoration est un péché puni de mort. (Actes 12 v 21 à 23). Or, Jésus n’a jamais refusé ni ne s’est opposé à l’adoration qui Lui est due, signe très clair de sa divinité :
Dans les versets bibliques Jean 5,19-,23, Jésus demande de l'adorer comme on adorait Dieu auparavant : "Jésus reprit donc la parole. Il leur déclarait : "Amen, amen, je vous le dis : le Fils ne peut rien faire de lui-même, il fait seulement ce qu’il voit faire par le Père ; ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement. [...] Car le Père [...] a donné au Fils tout pouvoir pour juger, afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui ne rend pas honneur au Fils ne rend pas non plus honneur au Père, qui l’a envoyé." Le verbe ici employé est le verbe "honorer". Or, le terme grec que vous pouvez retrouver dans Le "Nouveau Testament interlinéaire grec - français" en ligne, " τιμῶσι ", "honorent" à la 3e personne du pluriel a la même racine que " τιμᾷ " signifiant "honore" : Celui qui ne rend pas honneur au Fils n'honore pas non plus au Père, qui l’a envoyé. Et dans Matthieu 15,8-9 nous avons le même mot : "Isaïe [29,13] a bien prophétisé à votre sujet quand il a dit : Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. C’est en vain qu’ils me rendent un culte [Le culte qu'ils rendent à qui ? À Dieu!]." Retournons dans le grec de Matthieu 15,8, "Ce peuple m’honore des lèvres" : le terme grec est le même : "τιμᾷ", "honore". Le culte rendu ici à Dieu le Père est le culte d'adoration et non simplement d'honneur.
Revenons à la demande de Jésus dans Jn 5,23 "afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Donc ici très précisément le Christ nous demande de l'adorer.
Les mages d’Orient (Matthieu 2, 2) : "Ou est le Roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son astre à l’Orient et nous sommes venus lui rendre hommage" ; le lépreux (Matthieu 8, 2) : "un lépreux s’approcha et, prosterné devant lui disait : seigneur si tu le veux tu peux me purifier" ; l’aveugle de Jean 9.1/38 L’homme dit : "Je crois, Seigneur" et il se prosterna devant lui ; Jaïrus le notable dont la fille est morte, "prosterné devant Jésus il lui disait : viens lui imposer la main et elle vivra" (Matthieu 9, 18). Or seul Dieu ressuscite les morts. La Cananéenne (Matthieu 15, 25) : "la femme vint se prosterner devant lui : seigneur dit elle, viens à mon secours" ; Marie-Madeleine et Marie (Matthieu 28, 9); Les disciples l’adorèrent également (Matthieu 28, 9 ; Luc 5 , 8 ; 24, 52). Jésus revendique le droit d'être Dieu lorsque, entre autres, Il accepte l'adoration de Thomas en Jean 20,28 : Lorsque Thomas voit Jésus ressuscité, il se rend enfin compte de la vrai nature du Christ : "Thomas lui répondit : 'mon Seigneur ET mon Dieu !' et Jésus l'approuve en répondant : "parce que tu as vu, tu as cru. Heureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru."
Isaïe 8 : "Sanctifiez le Seigneur des armées lui-même, Il est, lui, votre peur et votre terreur. Il sera pour vous sanctification, pierre d’achoppement et de scandale, pour les deux maisons d’Israël, un nœud coulant et une ruine pour les habitants d’Israël, Plusieurs viendront buter sur elle, ils tomberont, et ils seront broyés par elle.'' Ici, en toute clarté, de l’aveu même de tous les Juifs, le Dieu suprême et le Seigneur des armées est appelé pour les uns une sanctification, et pour d’autres une pierre d’achoppement et de scandale, un nœud coulant et une ruine.
Or c’est au Christ lui-même qu’attribuent ce texte saint Luc, saint Pierre, et saint Paul. Car on lit dans Luc 2 que Siméon a dit au sujet du Christ : ''Il est placé pour la ruine et la résurrection de beaucoup''. Et aux Romains 9 : ''Que dirons-nous ? Que les Gentils qui ne cherchaient pas la justice ont accueilli la justice, cette justice qui vient de la Foi. Mais en cherchant la justice dans la loi de la justice, Israël n’est pas parvenu à atteindre la justice. Pourquoi ? Parce que les Israélites ne l’ont pas recherchée avec la foi, mais les œuvres. Car ils ont buté sur la pierre d’achoppement, comme il est écrit : voici que je place en Sion une pierre d’achoppement, une pierre de scandale." Pierre 11 : "À vous les croyants, l’honneur, mais aux incroyants la pierre d’achoppement et de scandale".
Isaïe 40 : "La voix de celui qui crie dans le désert : préparez un chemin pour le Seigneur, rendez droits dans le désert les sentiers de notre Dieu." C’est du Dieu d’Israël que ces choses sont dites par Isaïe. Car les Juifs ne donnent pas le nom de Seigneur et de Dieu à d’autres qu’au seul vrai Dieu, surtout les prophètes et les saints. Et pourtant, que cette voix soit celle de saint Jean Baptiste préparant un chemin pour le Christ, tous les évangélistes l’attestent. Matt.3, Marc 1, Luc 1, Jean 1. Le Christ est donc le Seigneur et le Dieu d’Israël dans lequel les adversaires de sa divinité ne voient que le Père.
Isaïe 45 : "Je suis Dieu, et il n’y en a pas d’autre, je le jure sur moi-même. Et tout genou fléchira devant moi". Romains 14 : "Nous nous tiendrons tous debout devant le tribunal du Christ. Car il est écrit : Je vis, moi, le Seigneur. Et tout genou fléchira devant moi". Vous voyez comment, au témoignage de l’apôtre, le Christ est ce Dieu en dehors duquel il n’y en a pas d’autre.
Malachie 3. "Voici que j’envoie mon ange, et il préparera le chemin devant ma face". C’est ainsi que parle le Dieu d’Israël, car tous les codex (hébreux, grecs, chaldéens, latins) ont "devant ma face". Et, pourtant, le Christ lui-même (en Matt. 11) dit que cet ange est Jean Baptiste qui prépara un chemin devant la face du Christ. En Luc 1, Zacharie dit : "C’est devant la face du Seigneur que tu prépareras ses voies". Quoi de plus clair ?
Pour prouver que ses brebis ne périront pas, Jésus fait ce raisonnement : "Personne ne peut enlever les brebis des mains de mon Père, parce qu’il est plus grand que tous". "Personne ne peut non plus enlever des brebis de ma main, Car le Père et moi nous sommes un." Cet argument ne prouve rien d’autre que ceci : le Père et le Fils ont la même main, c’est-à-dire la même puissance. Si la puissance est la même, l’essence est certainement aussi la même, car en Dieu l’essence et la puissance ne se distinguent pas l’une de l’autre.
"Après avoir entendu cette parole, les Juifs prirent des pierres pour le lapider." Ils avaient donc compris que par ce "moi et le Père nous sommes un", il prêchait qu’il est un seul et même être avec le Père. Car ils n’auraient surement pas cherché à le lapider, s’ils avaient compris que le Christ ne parlait que d’une union de concorde avec son Père. Et comme Jésus n’a pas corrigé leur façon de penser, il s’ensuit donc qu’ils avaient bien compris.
Jean 16 : "Toutes les choses que le Père a sont miennes." Donc le Fils a l’essence du Père. N’allons pas penser qu’on doive entendre cela des choses qui sont à l’extérieur de Dieu, comme on dit, par exemple, que tout ce qu’un mari a sa femme l’a aussi. Mais un homme peut posséder une sagesse que sa femme n’a pas. Les mots qui précèdent excluent ce sens. Car il avait dit d’abord : "Il me glorifiera, car c’est de moi qu’il recevra". Ce que l’Esprit Saint reçoit du Père et du Fils est commun aux deux. Qu’est-ce que l’Esprit saint reçoit du Fils ? La science, certainement, car il dit : "Il recevra de moi et vous annoncera". Et plus loin : "Il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu". La science du Père et du Fils est la même. Mais, en Dieu, la science et l’essence sont une seule et même chose, comme l’a connu même un Aristote. L’un et l’autre ont donc la même essence. C’est ainsi que commentent ce texte tous les docteurs catholiques, à la suite de saint Jean Chrysostome, de saint Augustin et de saint Cyrille. (Saint Robert Bellarmin, Les Controverses de la Foi Chrétienne contre les Hérétiques de ce Temps)
"Les fouilles archéologiques conduites récemment sur le site d'un camp légionnaire à Meggido en Samarie, ont mis au jour un local associatif utilisé par un groupe de soldats chrétiens entre 230 et 250, avec une table eucharistique dédiée à 'JESUS CHRIST DIEU'. (Source : Y. TREPPER et L. Di SEGNI, A Christian Prayer Hall of the Third Century, Jerusalem, Israrel Antiquities Authority, 2006, inMarie-Françoise BASLEZ, Comment les Chrétiens sont devenus catholiques, Texto Lonrai 2021, p . 29.)
Lors des premiers siècles, "la divinité du Christ n'était jamais mise en doute, ainsi que l'atteste l'enquête menée par un gouverneur romain en 112 sur les célébrations des chrétiens de Bithynie (Lettre rapport à l'empereur Trajan de Pline le Jeune, Lettres 10 n°96 qui explique que les chrétiens rendaient un culte à Jésus "comme à un Dieu" dès le lever du soleil...) ou le témoignage archéologique de la table eucharistique dédiée à 'Jésus-Christ Dieu' par les soldats chrétiens d'un camp de légionnaires de Samarie au IIIe siècle. Mais on débattait de la manière dont le Christ est Dieu.", (Marie-Françoise BASLEZ, ibid. p. 103.)
Pour les premiers Pères de l'Eglise, Jésus est Dieu :
La première épître de Clément de Rome XLVI (de 92 – 98), lettre rédigée en grec par Clément de Rome, évêque de Rome dans la décennie 90-100 et considéré comme pape demande : ''N'avons-nous pas un même Dieu, un même Christ et un même esprit de grâce ?''
Avec la Didachè, cette lettre de Clément de Rome constitue l'un des plus anciens témoignages sur le christianisme primitif, parallèlement au Nouveau Testament. Cette lettre est la première œuvre de la littérature chrétienne à développer le thème de la succession apostolique.
Saint Ignace d'Antioche, deuxième successeur de S. Pierre comme évêque d’Antioche,et disciple de Saint Jean,mort martyr vers 116 écrit dans l'Epître aux Ephésiens:
"Ignace, surnommé Théophore, à l’Église d’Éphèse en Asie, comblée de bénédictions par la munificence de Dieu le père, prédestinée avant tous les siècles à une gloire permanente, immuable ; unie étroitement à lui, et choisie en vertu des mérites réels de la passion par la volonté du Père et celle de Jésus-Christ notre Dieu."
Au chapitre VII de son épître aux Ephésiens écrite vers 107,S. Ignace parle de Jésus comme ''médecin, charnel et spirituel, engendré et inengendré, venu en chair, Dieu, en la mort vie véritable, <né> de Marie et <né> de Dieu, d'abord passible et maintenant impassible, Jésus-Christ notre Seigneur.''
Ephésiens 7. Saint Ignace d'Antioche, disciple de l'Apôtre Jean l'Evangéliste, parle vers 107 de Jésus comme "Dieu", "venu en chair" (Cf. prologue de S. Jean 1,1-14) in Les Ecrits des Pères apostoliques, Cerf, Sagesses chrétiennes, p. 160
"Car notre Dieu, Jésus-Christ, a été porté dans le sein de Marie, selon l'économie divine, né 'de la race de David' (Jn 7,42; Rm 1,3; 2 Tm 2,8) et de l'Esprit-Saint." (Ignace d'Antioche, Ephesiens 18)
"Nous croyons que Jésus-Christ, le Fils de Dieu, est le Seigneur annoncé par les Prophètes comme devant assister la race des hommes; (...) moi qui ne suis qu'un homme, je suis trop petit, je l'avoue, pour parler dignement de sa divinité infinie."
Voici qu’il vient avec les nuées, tout œil le verra, ils le verront, ceux qui l’ont transpercé ; et sur lui se lamenteront toutes les tribus de la terre. Apocalypse 1,7
Vers 189 ap. J.-C : Saint Irénée - "Car avec Lui étaient toujours présents le Verbe et la Sagesse, le Fils et l’Esprit, par qui et en qui, librement et spontanément, Il a créé toutes choses, à qui aussi Il parle, disant : 'Faisons l’homme selon Notre image et Notre ressemblance', prenant de Lui-même la substance des créatures [formées], le modèle des choses faites, et la figure de tous les ornements du monde." (Contre les hérésies, Livre IV, Chapitre XX)
Saint Irénée souligne également que Rome détient l'autorité suprême et que tout disciple du Christ doit s'y conformer. Il fournit même une généalogie ininterrompue des évêques de Rome remontant aux premiers disciples de Jésus (Cf. Contre les hérésies, livre 3, chapitre 3).
Les musulmans disent que Allah a 99 noms (nombre généralement admis par les théologiens de l'islam ou oulémas. Ces noms ont été extraits de différents passages du Coran et des hadiths, mais il existe plusieurs listes des 99 noms d'Allah.)
Or, ''quand on observe les 99 noms d'Allah généralement admis, on peut les regrouper en douze grands thèmes, qui curieusement correspondent aux douze grands lieux où la Bible dénoncent les puissances mauvaises : Abadon, Mammon, Baal. Des noms que l'Écriture connaît très bien. Dans la foi chrétienne les attributs de Dieu n'ont de sens que dans le Christ. Dans la Bible, ce ne sont pas des titres abstraits mais une personne vivante.
En Jn 14,9 Jésus dit : ''Qui m'a vu a vu le Père''.
Hors du Christ, un attribut devient une coquille vide, il garde le mot mais perd la substance. Et une coquille vide c'est l'endroit rêvé pour l'ennemi qui l'imite.
''Prenons trois exemples:
(1) Dans les 99 noms, Allah est appelé ٱلْنُّورُ
An-Nūr, la Lumière.
Dans l'Évangile dit, Jésus dit : ''Je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie'.'' (Jn 8,12)
Et S. Paul avertit : ''Satan lui-même se déguise en ange de lumière'' (2 Co 11,14)
Sans le Christ, la lumière est comme un mirage, comme un phare éteint, présent mais incapable de guider les navires, alors qu'avec Jésus, la lumière guide et sauve.
(2) Dans les 99 noms, Allah est appelé ٱلْمُحْىِ
Al-Muhyī. Celui qui donne la vie.
Or dans l'Évangile Jésus déclare : ''Je suis la vie.'' (Jn 14,6)
Ici la vie n'est pas une idée, ni seulement la survie biologique, c'est une personne vivante et ressuscitée. Mais l'Apocalypse 9,11 nomme un ange de l'abîme, Abaddon, le destructeur. Sans le Christ, la vie se réduit à une parodie, une vie biologique destinée à finir dans la destruction. Alors qu'avec le Christ la vie signifie résurrection et éternité.
(3) Dans les 99 noms, Allah est appelé لْرَّزَّاقُ
Ar-Razzāq, le Pourvoyeur. Celui qui donne la subsistance.
Dans l'Évangile Jésus enseigne la Providence (Mt 6,26) ''Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils n’amassent pas dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit.''
Ici la subsistance n'est pas un titre, mais l'amour d'un Père qui libère. En ce sens Jésus dit : ''Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon'' (Mt 6,14)
Sans le Christ le Pourvoyeur devient une table pleine mais sans Père pour s'asseoir et partager.
Cela nourrit le ventre mais cela laisse l'âme vide.
Avec Jésus, c'est une table pleine et avec un Père.
Voilà trois exemples seulement mais il y en a douze.
Et c'est toujours la même mécanique, les mêmes mots, les mêmes titres mais pas avec le même esprit.
Avec le Christ c'est la vérité, sans Lui c'est une contrefaçon.
Très peu de lumière est faite dans les media sur la ''coalition des volontaires''.
Voici ce que nous savons à ce jour.
''Les frontières internationales ne doivent pas être modifiées par la force'', répètent inlassablement les pays occidentaux.
Curieusement, à l'origine la ''coalition des volontaires'' a été le nom donné à la coalition menée par les Etats-Unis en 2003 dans leur guerre illégale en Irak fondée sur la fausse nouvelle des armes de destructions massives (armes non conventionnelles les plus terrifiantes que Colin Powell accusa l'Irak de posséder pour justifier l'agression de la ''Coalition''.)
En 2005, Le Monde titrait : ''En deux ans, la 'coalition des volontaires' a perdu la moitié de ses membres". "Aucun haut responsable du gouvernement américain n’a été traduit en justice pour les crimes perpétrés en Irak depuis 2003" [1]. Ni pour le déclenchement d'une guerre illicite sur une fausse nouvelle...
Cette même coalition ferme les yeux sur d'autres violations de frontières, celles de décennies d'expansion territoriale de l'Etat d'Israël. Aucun mot d'indignation et/ou de protestation n'a été entendu lorsque Benjamin Netanyahou a évoqué la construction du ''Grand Israël''.
Aujourd'hui, à la suite d’un sommet à Londres, tenu le 2 mars 2025, comprenant 18 dirigeants mondiaux, la coalition des volontaires met en place "un plan en quatre points proclamé par le Premier ministre britannique Keir Starmer pour soutenir l’Ukraine contre la Russie" [sic].
***
I-L'initiative, rendue publique lors du sommet de Londres sur l'Ukraine le 2 mars 2025, vise à renforcer le soutien européen au régime de Kiev dans un contexte de revirements politiques des Etats-Unis dirigés par Donald Trump.
Keir Starmer dit de la réunion qu'elle fut un ''moment qui n'arrive qu'une fois par génération'' pour la sécurité européenne, affirmant que le temps des actions concrètes était venu plutôt que celui des délibérations sans fin.
Cette annonce a été faite "en réponse" deux jours après une rencontre tenue entre le dirigeant ukrainien Volodymyr Zelensky et le président américain Donald Trump accompagné du vice-président JD Vance à la Maison Blanche le 28 février 2025.[2]
Le 15 mars 2025 Keir Starmer annonça que la Grande-Bretagne allait "maintenant passer à une phase opérationnelle'' et a évoqué l’"envoi de troupes sur le terrain."
"Ce sont des discussions opérationnelles que nous avons au sein de la coalition des volontaires", ajouta-t-il.[3]
La première réunion de la ''Coalition'' eut lieu le 10 avril 2025 au siège de l’Otan à Bruxelles.
Mardi 13 mai 2025 sur TF1, Emmanuel Macron répondant à plusieurs questions sur la guerre en Ukraine, déclara que la France était ''prête'' à une ''discussion'' sur le déploiement d'avions armés de ''bombes'' nucléaires dans d'autres pays européens.
II- Pendant que Macron et Starmer mettent en place leur "coalition des volontaires", Donald Trump et Vladimir Poutine réunis en Alaska , font des pourparlers de paix du 15 août au 18 août 2025.
Une fois de plus, "en réponse" à ce sommet de paix en Alaska, la coalition des volontaires se réunit en visioconférence dimanche 17 août, avec l'objectif de réaffirmer le soutien de l'UE à l’Ukraine, réaffirmant le refus d’une quelconque concession territoriale à Moscou, et coordonnant une réponse européenne.
La coalition prévoit la création d’une “force de réassurance” en Ukraine. Cette force, conçue pour intervenir après un éventuel cessez-le-feu ou accord de paix en Ukraine, aiderait à sécuriser le territoire ukrainien.
D’autres nations comme la Hongrie ou la Pologne s’y opposent. De nombreux États membres craignent une escalade militaire.
L’Europe augmente ses dépenses de défense, via des plans comme ReArm Europe (800 milliards d’euros).
Le manque de soutien des américains pourrait affaiblir le projet d’une opération militaire. La plupart des systèmes de surveillance et de collecte de données en temps réel utilisés en Ukraine sont américains (satellites, drones stratégiques), et donc le problème se pose pour la défense anti-missiles et le guidage par satellites : la plupart des systèmes utilisés sont américains.
Le 12 juillet Macron parle d'un 'corps d'armées pouvant aller jusqu'à 50 000 hommes, capables d'être employés dans un engagement majeur''. ''Troupes au sol : les plans sont prêts" (Macron, LCI) [4]
Ces derniers jours les forces aérospatiales russes ont :
-détruit les bureaux de la représentation de l'UE à Kiev
-frappé le "British Council" à Kiev
- détruit l'usine de fabrication des drones turcs BayraktarTB2 à Kiev, fabriqués depuis début 2024 et destinés à être envoyés sur la Russie.
Trump n'a pas condamné les frappes sur Kiev."Et récemment, l'Ukraine a frappé des usines pétrolières russes", a même déclaré Caroline Leavitt, Secrétaire de Presse de la Maison Blanche, comme pour justifier les frappes russes.
Troupes au sol_les plans sont prêts (Macron) |LCI 14 juillet 2025.
"Cette guerre pourrait encore durer de nombreux mois. Nous devrions en tout cas nous y préparer.'' LCI YouTube [5]
Troupes au sol_les plans sont prêts (Macron) |LCI 14 juillet 2025
III- Enfin, une note "secrète", révélée par le Canard enchaîné le 26 août et relayée sur LCI et TF1 porte le titre : "La note secrète qui prépare la France à la guerre".
"Un document des services du ministère de la Santé et qui n'avait pas été rendue publique a été adressé à tous les directeurs des agences nationales de santé. Voici ce que l'on peut y lire : "il faut que toutes les agences de santé soient prêtes d'ici mars 2026 pour un engagement majeur."
Pendant qu'Américains et Russes travaillent à la paix, Grande-Bretagne et France travaillent à la guerre.
Add. 1er septembre 2025. La présidente de la Commission européenne,Ursula von der Leyen, vient de déclarer que des dizaines de milliers de soldats européens seront déployés en Ukraine, sous la régie directe de l’Europe. [6]
The Guardian, 1er septembre 2025: "l'Europe prépare des plans de déploiement de troupes"
L'Europe élabore des "plans assez précis" pour un déploiement de troupes multinationales en Ukraine dans le cadre des garanties de sécurité post-conflit qui auront le soutien des capacités américaines, a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans une interview publiée dimanche au Financial Times.
"Le président Trump nous a assurés qu'il y aurait une présence américaine dans le cadre du filet de sécurité", a déclaré von der Leyen au FT, ajoutant que "cela était très clair et affirmé à plusieurs reprises".
Le déploiement devrait inclure potentiellement des dizaines de milliers de soldats dirigés par l'Europe, soutenus par l'aide des États-Unis, y compris des systèmes de contrôle et de commandement et des moyens de renseignement et de surveillance, indique le rapport, ajoutant que cet accord a été conclu lors d'une réunion entre le président américain Donald Trump, le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy et de hauts dirigeants européens le mois dernier.
Les médias confirment qu’une réunion des dirigeants européens est prévue le 4 septembre à Paris pour discuter des "garanties de sécurité" à l’Ukraine. Présents autour de la table :
Ursula von der Leyen, Emmanuel Macron, Friedrich Merz, Keir Starmer, Volodymyr Zelenskyy. [7]
Cf. The Guardian, 1 septembre 2025: "Briefing sur la guerre en Ukraine : l'Europe prépare des plans de déploiement de troupes". Cf. https://www.theguardian.com/world/2025/sep/01/ukraine-war-briefing-europe-drawing-up-plans-for-troop-deployment-zelenskyy-vows-retaliation-for-drone-strikes
05/09/2025 Réunis en visioconférence depuis Paris, les membres de la "coalition des volontaires" tentent toujours d’obtenir une confirmation du soutien de Donald Trump aux garanties de sécurité promises à l’Ukraine.
"Pourquoi continue-t-on à faire croire que la 'coalition des volontaires' emmenée par notre président peut contribuer à renforcer l’armée ukrainienne en déployant des soldats une fois le cessez-le-feu conclu pour dissuader la Russie d’une nouvelle agression ? Il me semble que cette disposition fait en soi figure d’obstacle à la négociation puisque les Russes n’en veulent absolument pas. C’est donc totalement illusoire", explique le journaliste Régis Le Sommier.
Vladimir Poutine à propos de l'idée de troupes occidentales en Ukraine après la guerre, actuellement débattue par la soi-disant "coalition des volontaires" (sorte de substitut de l'Otan), a déclaré :
"Si des troupes apparaissent là-bas, surtout maintenant, pendant les hostilités, nous les considérerons comme des cibles légitimes pour des frappes."[8] [9]
S'il dit qu'il veut envoyer des troupes en Ukraine, ce n'est en aucun cas pour faire la guerre à la Russie mais pour faire la paix : "Emmanuel Macron annonce que 26 pays "se sont formellement engagés" à déployer des troupes dans le cadre d'un cessez-le-feu". Ces forces "se déploieront dans le cadre d'un cessez-le-feu" mais pas sur la ligne de front", a précisé ce jeudi [4 septembre] le président français, dans le cadre d'une réunion de la coalition des volontaires à l'Élyséeau côté de son homologue ukrainien.[10]
Alors qu'il inclut l'Italie dans ces 26 pays près à envoyer des troupes, Giorgia Meloni répète qu'elle exclut tout envoi de troupes italiennes en Ukraine, estimant qu'un tel plan est irréalisable et inefficace.[11] [12] [13]
Les autres pays qui excluent l'envoi de troupes : l'Allemagne, l'Espagne, la Pologne, la Hongrie, la Slovaquie, l'Italie, le Portugal, la Lettonie (indécise), et la Suède (position non définitive).[14]
"La Pologne n'envisage pas d'envoyer de soldats en Ukraine, y compris après la fin de la guerre", a déclaré le Premier ministre polonais Donald Tusk.[15]
E.M. vient de confirmer l'envoi de troupes en Ukraine. Les Français ont-ils été consultés ?, demande Béatrice Rosen. [16]
C’est la question que pose Hans van Leeuwen, chroniqueur au The Telegraph, alors que se profile le 19e paquet de sanctions anti-russes.
L’article publié porte le titre prudent (en français) "La Grande-Bretagne et la France s’approchent d’une nouvelle crise", mais l’URL trahit l’intitulé original, plus cru : ''Who will go bust first: Britain or France ?''
▪️ Les rendements des obligations d’État à 10 ans des deux pays surpassent désormais ceux de la Grèce.
La dette publique du Royaume-Uni avoisine 96 % du PIB, tandis que celle de la France, qui atteignait 113 % fin 2024, s’élève aujourd’hui à 115 %.
Le déficit budgétaire britannique s’élevait à 4,8 % du PIB l’an dernier, celui de la France à 5,8 %.
Van Leeuwen en tire une conclusion limpide :
Londres et Paris devront soit couper dans leurs dépenses, soit augmenter les impôts – voire les deux.
En Grande-Bretagne, le ministère des Finances a supprimé les aides hivernales au carburant, réduit plusieurs programmes sociaux et relevé les impôts.
En France, la situation est encore plus critique : le Premier ministre Bayrou a proposé un plan de 44 milliards d’euros combinant coupes budgétaires et hausses fiscales, mais il n’a pas réussi à le faire adopter par le Parlement et attend un vote de confiance le 8 septembre.
Au Royaume-Uni, le Parti travailliste au pouvoir est devancé d’au moins 10 points par les réformistes de Nigel Farage, tandis qu’une nouvelle menace émerge à gauche avec le parti soutenu par Jeremy Corbyn. Les positions de Starmer restent donc précaires, et ses membres commencent à lorgner d’autres projets politiques.
"Les gouvernements des deux pays voudraient augmenter les impôts, mais ils pressurent déjà leurs économies jusqu’à la dernière goutte.
"En 2027-2028, la part des impôts dans le PIB britannique atteindra un record de 38 %. En France, elle s’élève déjà à 46 %", met en garde van Leeuwen.
Et comme si cela ne suffisait pas, la France et la Grande-Bretagne se sont engagées auprès de Trump à accroître leurs dépenses militaires...
À cela s’ajoute le vieillissement de la population (qui alourdit les dépenses de retraites) et une croissance économique anémique, estimée à 1 % dans le meilleur des cas.
L’auteur n’exclut pas que Londres et Paris doivent bientôt se tourner vers le FMI pour demander une aide...
Bien que van Leeuwen se focalise sur la France et la Grande-Bretagne, des dynamiques similaires se dessinent en Allemagne. Par une curieuse coïncidence, les économies européennes ont commencé à "s’effriter" après que leurs élites ont embrassé une russophobie politique et économique.
Seul un changement radical de cette posture destructrice pourrait sauver l’Europe.
Mais, à en juger par la situation, il faudra attendre la prochaine génération de dirigeants : sur les « leaders » actuels comme Merz, Macron ou Starmer, aucun espoir ne repose.
Saviez-vous que le pape saint Jean-Paul II a pratiqué trois exorcismes au Vatican ?
Un pape brandissant la Croix en combat direct contre l'Enfer. Le Diable a même avoué le craindre.
C'est l'histoire du pape qui a affronté le démon de front –
L'un des principes fondamentaux de la foi catholique est que les démons existent réellement et, comme le dit la prière à saint Michel, qu'ils "rôdent sur la terre pour la des âmes".
Beaucoup de gens pensent que le diable est une invention du marketing, mais il est bien réel.
Le journaliste italien Fabio Marchese Ragona a déclaré s'être entretenu avec plusieurs exorcistes qui ont affirmé que "le diable était terrifié" par saint Jean-Jeaul II et Benoît XVI. Son livre relate en détail ces moments, tels qu'ils ont été vécus par le photographe de longue date du pape, Arturo Mari, et tels qu'ils ont été témoignés par le Père Gabriele Amorth.
Jean-Paul II était aussi un exorciste, haï et craint par le diable, selon le célèbre Père exorciste Gabriele Amorth.
Jusqu’au début de son pontificat, les exorcismes étaient considérés comme une pratique "médiévale" en voie de disparition face aux avancées scientifiques en psychiatrie, en médecine et en technologie. Le pape Jean-Paul II "venu d'un pays lointain", a approuvé une version actualisée du rite de l'exorcisme en 1998, près de 400 ans après la publication de la version précédente. Il avait lui-même déjà pratiqué ce rite d'exorcisme dans l'enceinte du Vatican, comme le rapporta le journaliste David Murgia dans une émission télévisée sur TV2000, la chaîne de radio et de télévision de la Conférence épiscopale italienne. Alors qu'il était encore jeune prêtre, selon les sources de TV2000, le futur pape polonais aurait pratiqué des exorcismes sur diverses personnes atteintes de maladies inexplicables et qu'on croyait possédées.
Mais pourquoi le diable avoue-t-il avoir peur de Jean-Paul II ?
Le père Amorth, exorciste officiel du diocèse de Rome, confia à TV2000 avoir découvert pourquoi saint Jean-Paul II était un puissant intercesseur pour lutter contre le diable et libérer les possédés. Il aborda également ce sujet dans le livre qu'il coécrivit avec le journaliste italien Pablo Rodari, déclarant : "J'ai demandé au diable plus d'une fois : 'Pourquoi as-tu si peur de Jean-Paul II ?' "
(1) La chute du communisme
Tout d'abord, explique le Père Amorth, le diable répondit que le saint pape avait "perturbé ses plans" sur la Terre. Amorth interpréta alors la réponse du diable comme une allusion à la chute du communisme et du marxisme dans l'ex-Union soviétique.
(2) De nombreuses jeunes âmes arrachées au démon
Deuxièmement, l’exorciste italien a déclaré que le diable était furieux contre Jean-Paul II parce qu’il "lui avait arraché tant de jeunes de ses mains".
Amorth expliqua que c'était précisément parce que "beaucoup de jeunes se sont convertis grâce à Jean-Paul II. Certains étaient peut-être déjà chrétiens, mais non pratiquants, mais avec Jean-Paul II, ils sont revenus à la pratique."
Le Père Amorth souligna également le fait que, même si Jean-Paul II et Padre Pio étaient nos alliés contre le diable, il ne fait aucun doute que leur influence ne peut être comparée à la puissance de la Vierge Marie, la Mère de Jésus.
"Un jour, j'ai aussi demandé à Satan : 'Mais pourquoi as-tu plus peur quand j'invoque Notre-Dame que quand j'invoque Jésus-Christ ?' Il m'a répondu : 'Parce que je suis plus humilié d'être vaincu par une créature humaine que par Lui'. "
Il convient également de noter que, sous le pontificat de Jean-Paul II, le Saint-Père a décidé que ce serait une priorité dans le diocèse de Rome de dépoussiérer l'ancien rite de l'exorcisme et de former des prêtres à cette mission spirituelle de guérison et de libération.
En juillet 2014, la Congrégation pour le Clergé, avec la bénédiction du pape François, accorda la reconnaissance juridique à l'Association internationale des exorcistes (AIE).
Le Vatican a ainsi officiellement reconnu l'existence d'un groupe de 250 prêtres répartis dans 30 pays qui luttent contre la possession démoniaque.
Mais passons aux exorcismes.
En 1982, une femme possédée par des esprits violents fut amenée à Jean-Paul II.
Tandis que le successeur de Pierre priait sur elle, elle criait et se tordait. Mais lorsqu’il leva la main pour la bénir, elle fut libérée. Les démons ne purent résister à l’autorité du successeur de Pierre.
Des années plus tard, en 1984, une autre jeune femme fut amenée au Vatican. Les médecins n'avaient pas pu l'aider. Les exorcistes luttèrent.
Lorsque Jean-Paul II entra dans la pièce, elle cria :
"Laissez-nous tranquilles, Pape ! Vous êtes à nous !"
Mais il pria, et l’emprise de l’Enfer se brisa.
Peut-être que le cas le plus dramatique se produisit en 2000, sur la place Saint-Pierre, où le pape ne procéda pas à un exorcisme complet, mais aida une femme possédée.
Une jeune fille de 19 ans, se débattant violemment, fut placée devant lui.
Quand il priait, elle grogna: "Même votre pape ne peut pas la sauver."
Mais il persista. Il la bénit. Et il invoqua Marie.
Cela eu un certain effet positif, mais ne réussit à libérer la jeune fille, écrit Amorth.
"De son vivant, Jean-Paul II, en plus de pratiquer des exorcismes, représentait par sa prière un grand trouble pour le père du mensonge", écrit Ragona, "le diable, en pratique, l'a toujours haï et continue de le haïr, d'abord comme pape, maintenant comme saint."
Le pape ne procédé pas à un exorcisme rituel complet, mais le père Amorth déclara que les éléments rituels ne font que "la plus légère différence" dans l'efficacité d'un exorcisme.
"De nombreux exorcistes ne pratiquent pas l'exorcisme rituel mais se limitent à prier et à ordonner au démon de partir", a-t-il déclaré.
Le père Amorth a déclaré que la jeune fille était possédée depuis l'âge de 12 ans et qu'elle lui avait été envoyée en consultation par l'exorciste de l'archidiocèse de Milan, qui n'avait jamais traité un cas aussi grave.
Il déclaré que Danzi avait conseillé Monseigneur Stanislaw Dziwisz, le secrétaire privé du pape, qui avait informé le pape de la situation. Jean-Paul II vit la femme visiblement en détresse alors qu'il s'apprêtait à quitter la place dans sa "papamobile", mais il est sorti du véhicule pour passer un peu de temps avec elle, a déclaré le porte-parole du Vatican, Joaquin Navarro-Valls.
Pas d'exorcisme, déclare le Vatican
Navarro-Valls a déclaré que le pape avait passé "quelques minutes" avec la femme mais, à sa connaissance, n'avait procédé à aucun exorcisme.
"Il l'a d'abord bénie", a déclaré le porte-parole. "Il l'a caressée, il a essayé de la calmer, de la réconforter." Le pape sembla la calmer, a-t-il ajouté.
Ce ne sont pas des légendes. Ce sont des témoignages enregistrés de responsables du Vatican.
Saint Jean-Paul II n’était pas seulement un philosophe, ou un homme d’État, ou le "pape de la jeunesse".
Il était un guerrier contre l'enfer.
Et même les démons reconnaissaient son autorité.
"N’ayez pas peur."
Ces mots définissent son pontificat.
Ils ont terrifié les tyrans sur terre et ils ont terrifié les démons de l’enfer.
Saint Fiacre (statue du XVe siècle, église St Taurin d'Évreux)
Saint Fiacre, fils d'un roi d'Écosse, vivait au VIè siècle ; il fut élevé dans la science et la piété par des maîtres habiles. Jeune encore, il sentit son âme enflammée par l'amour de la solitude et le désir de ne vivre que pour Dieu. Il s'embarqua pour la France, à l'insu de son père, et se choisit, près de Meaux en Brie, un lieu retiré, dans une forêt, où l'évêque lui concéda une portion de terre, et où il bâtit un couvent (monastère du Breuil) qu'il consacra à la Sainte Vierge, à laquelle il avait voué dès son enfance, une dévotion singulière.
Vénéré en Brie depuis le haut Moyen Âge, patron des jardiniers, mais aussi saint guérisseur spécialiste du fic (hémorroïdes), des chancres et des cancers, Fiacre fut un des saints les plus populaires de France. De nombreuses églises et chapelles, non seulement en France, mais aussi en Belgique et en Rhénanie, possèdent encore une statue plus ou moins rustique de ce moine à scapulaire et capuchon, l'air grave et parfois extatique, tenant une bêche dans sa main droite et un livre dans la gauche. Une iconographie foisonnante - miniatures, gravures, images de dévotion, enseignes, médailles et méreaux…- a soutenu son culte pendant des siècles. Ce personnage pieux et secourable, proche des fidèles et qui, dans sa représentation, allie les symboles du travail et de l'oraison a manifestement séduit. Depuis le Xe siècle au moins, on célébrait traditionnellement sa fête le 30 août.
Sa sainteté ne manqua pas d'attirer en foule vers lui les pauvres et les pèlerins.
Fiacre mangeait peu et employait presque tout le produit du travail de ses mains à la subsistance de ses pieux visiteurs. On lui amenait des possédés et des malades, et il les délivrait ou les guérissait en grand nombre. Cependant le petit terrain qu'il occupait étant devenu insuffisant pour subvenir à tant d'aumônes et à une si généreuse hospitalité, Fiacre fut obligé d'implorer de l'évêque une nouvelle concession de terre, et le prélat lui permit de prendre et d'utiliser tout ce qu'il pourrait entourer d'un fossé dans l'espace d'une journée. Chose merveilleuse, Dieu vint au secours du travailleur : la terre se fendait d'elle-même comme par enchantement, et un seul jour suffit au Saint pour entourer une étendue considérable.
C'est sans doute à cause des travaux de jardinage dont il occupait les loisirs que lui laissaient la prière et le service de Dieu, que saint Fiacre est regardé comme le patron des jardiniers.
Tandis qu'il jouissait tranquillement des délices de la solitude, des envoyés écossais vinrent lui offrir la couronne royale, dont son frère s'était rendu indigne. Fiacre avait eu révélation de leur approche et obtint de Dieu, à force de larmes et de prière, de ne pas permettre qu'il sortît de sa chère solitude pour être exposé aux dangers des honneurs du monde. Il devint aussitôt semblable à un lépreux. Quand les ambassadeurs furent arrivés près de lui, ils ne purent voir sans horreur ce visage défiguré, et ils n'eurent plus aucun désir de le faire monter sur le trône de ses pères. Fiacre mourut dans son ermitage ; il opéra de grands miracles après sa mort.
Il n'y a pas lieu de mettre en doute l'existence de Fiacre. Il fallait bien quelqu'un pour fonder le monastère du Breuil et pour occuper le tombeau de son église. Par ailleurs, le nom typiquement irlandais de Fiacre est, en dehors de lui, inconnu sur le continent.
Fiacre, patron des jardiniers, est un saint qui a joui d’une popularité exceptionnelle en France. On compte 522 statues de ce saint, généralement représenté avec une bêche, dont 229 antérieures au XVIIe siècle (Régine Pernoud, Les Saints au Moyen Âge - La sainteté d’hier est-elle pour aujourd’hui ?, Plon, Paris, 1984, p. 367). Dans la Somme, à Esclainvillers, le patron est Saint Fiacre. L'église possède sa satue et une relique : le bras de St Fiacre, mais il n'est plus visible au village. A Nevers (Nièvre), les jardiniers du bassin maraîcher de la Baratte, ont commémoré, en 2008, le tricentenaire de leur confrérie de Saint-Fiacre Local (la plus ancienne confrérie de la ville). C'est l'association Saint-Fiacre Loire-Baratte qui perpétue la tradition locale.
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