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28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 00:00
Saint Irénée de Lyon, Evêque, et ses compagnons, Martyrs

Saint Irénée de Lyon, Evêque, et ses compagnons, Martyrs

Irénée écrivait : "Je n'étais encore qu'un enfant, mais je me souviens des choses d'alors, mieux que de ce qui est arrivé depuis. Je pourrais dire l'endroit où le bienheureux Polycarpe s'asseyait pour parler, sa démarche, sa façon de vivre, sa physionomie. Je pourrais répéter les discours qu'il adressait au peuple, comment il racontait sa familiarité avec saint Jean et avec les autres qui avaient vu le Seigneur, comment il évoquait leurs paroles; les détails sur le Seigneur, sur ses miracles, sur sa doctrine, qu'il avait appris de ceux qui avaient vu le Verbe de vie, comme il les rappelait, comme tout cela s'accordait avec les Ecritures !

Saint Irénée, cité in Frantz FUNCK-BENTANO, Les Origines, Librairie Hachette, 1925, p. 165.

Irénée avait été envoyé en Gaule vers 157 par son maître Saint Polycarpe, disciple de saint Jean l'Evangéliste. Il fut le défenseur de la foi contre la gnose.

Irénée avait été envoyé en Gaule vers 157 par son maître Saint Polycarpe, disciple de saint Jean l'Evangéliste. Il fut le défenseur de la foi contre la gnose.

Né à Smyrne en Asie Mineure vers 120 ap. J.-C., de parents grecs et chrétiens, saint Irénée succéda au premier évêque de Lyon, Saint Pothin, qui venait d'expirer sous les mauvais traitement qu'on lui infligea lors de la persécution de Marc-Aurèle en 177 ap. J.-C.

 

En grec, "le pacifique", évêque de Lyon (177), Père de l'Église et théologien catholique anti-gnostique, saint Irénée eut le bonheur insigne d'être, jeune encore, disciple de l'admirable évêque de Smyrne, Polycarpe, qui fut lui-même le disciple de Jean l'Evangéliste

 
Irénée conçut une telle vénération pour son saint maître, que, non content de se pénétrer de sa doctrine et de son esprit, il modelait sur lui ses actions et jusqu'à son pas et sa démarche. Il écoutait ses discours avec une ardeur incroyable, et il les grava si profondément en son coeur, que jamais il ne les oublia, pas même dans sa vieillesse.
 
Il fut bientôt fort instruit dans les Saintes Écritures et dans les traditions apostoliques, et déjà l'on pouvait prévoir en lui l'auteur futur de tant de saints ouvrages et surtout de ce travail si remarquable Contre les Hérésies, où devaient puiser, comme à une source riche et sûre, tous les savants de l'avenir.

Irénée était l'enfant chéri de Polycarpe; mais il était aussi l'espoir et la joie de toute la chrétienté. Jamais diacre ne s'acquitta de toutes ses fonctions avec tant de zèle.
 
L'ardeur du jeune apôtre s'enflammait de plus en plus à la vue des missionnaires que Polycarpe envoyait dans les Gaules; aussi bientôt il reçut de son maître l'ordre impatiemment désiré d'aller au secours du vieil évêque de Lyon, saint Pothin.

Polycarpe fit, au jour de la séparation, un grand sacrifice; mais il fit aussi une oeuvre féconde. Le bonheur du vénérable évêque des Gaules dépassa toutes ses espérances, quand il reconnut tout le mérite de son jeune auxiliaire. Avec Irénée, l'avenir de l'Église occidentale était sauvé.

Une terrible persécution fit disparaître
saint Pothin avec grand nombre de fidèles. Les païens avaient cru noyer l'Église lyonnaise dans le sang de ses enfants, mais Irénée restait encore, et, par l'ordre du Pape Éleuthère (175-189), il monta bientôt sur le siège épiscopal de Lyon (178). Ses prières, ses prédications, ses exhortations, ses réprimandes, eurent bientôt reconstitué cette Église dévastée. La paix toutefois n'était que précaire, et la persécution fit couler de nouveau le sang des martyrs. Le temps d'Irénée n'était pas encore venu, son oeuvre n'était que commencée, et Dieu voulait lui donner le temps de l'accomplir.
 
 
Irénée dressa la liste de succession des papes à Rome. 
 
Quand, en 202, après la publication d'un édit de persécution par Septime Sévère, les horreurs de la persécution éclatèrent encore, l'Église de Lyo, toujours en vue, était prête à subir le choc. Irénée, plus que jamais, ranimait la foi de ses enfants et leur montrait le Ciel. Il fut au nombre des premières victimes; c'était la juste récompense due à ses longs travaux.
 
Parmi tous les éloges que lui ont donnés les Saints, citons les titres glorieux de Zélateur du Nouveau Testament, Flambeau de la foi, homme versé dans toutes les sciences.

Ses reliques sont conservées dans l'église Saint-Irénée auprès d'autres martyrs de Lyon depuis le Ve siècle.
 
 
Irénée contribua à la connaissance du gnosticisme (ce terme vient du grec gnosis, "connaissance révélée"), dont il reste peu de documents. Il défendit la vraie tradition de l'Église, transmise par les apôtres et fondée sur la "règle de vérité" qui est la foi en Dieu et en son Fils Jésus-Christ : la soit-disant "tradition" des hérétiques était sans autorité parce qu'elle ne reposait pas sur l'institution et la tansmission légitime de l'autorité. Au contraire, les évêques étaient, eux, les héritiers de l'autorité des Apôtres (traditio ab apostolis). Saint Irénée est le premier à parler de la tradition apostolique.
 
 
"Presque toutes les idées qu'il a défendues sont devenues des dogmes et lois dans l'Eglise catholique. Elle peut se réclamer de lui comme d'un de ses principaux fondateurs." (Camille JULLIAN, La Gaule dans l'Empire romain, Editions du Trident, Paris 2013, p. 73.)
 
 
 
Sources : (1), (2), (3) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 178.

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Publié par Ingomer - dans Saints du jour
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