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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 00:00
Bataille du Pont Milvius, fragment d'une fresque de Raphaël au Vatican, in La Gaule chrétienne, D'après les écrivains et les monuments anciens, Paris Librairie Hachette et Cie, Paris 1879, p. 43

Bataille du Pont Milvius, fragment d'une fresque de Raphaël au Vatican, in La Gaule chrétienne, D'après les écrivains et les monuments anciens, Paris Librairie Hachette et Cie, Paris 1879, p. 43

Né en Serbie, fils de l'empereur Constance Chlore et de sainte Hélène, Constantin fut élevé à la cour de Dioclétien et proclamé empereur en Gaule après la mort de son père, en 306.

 

Son règne marque la fin des persécutions contre les chrétiens.

 

 

Saint-Constantin--empereur--272-337-.png

Le Chrisme: image que vit Constantin dans le ciel avant la bataille du Pont Milvius, correspondant aux lettres grecques X Chi et P Rho (XP), les deux premières lettres du mot Christ.

 

Constantin Ier, et toute son armée avec lui, vit apparaître dans le ciel une croix. Jésus, dans un rêve prémonitoire, lui promit aussi de vaincre Maxence par le chrisme, formé des deux lettres grecques Khi (X) et rho (P): ce sont les deux premières lettres de Christ. Constantin les fit apposer sur les étendards de son armée et les boucliers de ses hommes.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/b5/Labarum.svg/117px-Labarum.svg.pngAu Pont Milvius, à quelques kilomètres au nord-est de Rome, deux empires, deux mondes s'affrontaient devant les siècles : l'empire des Césars et la monarchie chrétienne, le monde païen et le monde chrétien. Combattant sous le drapeau marqué de la croix, son armée composée de Germains, de Gaulois et de chrétiens au nombre de 98.000 fantassins et cavaliers, vainquit les Romains, Italiens, Carthaginois, Tyrrhéniens et Siciliens ainsi que Maxence au nombre de 188.000 fantassins et cavaliers, sous les murs de Rome. Constantin se fit chrétien, concluant ainsi la paix avec l'Église. Il se convertit et édifia à Rome une basilique sur le tombeau de saint Pierre, premier pape. 
         
Il proclama l'édit de Milan (312) qui donna la liberté aux chrétiens de pratiquer leur culte et de propager leur foi. Il restitua les biens ecclésiastiques confisqués par Maxence.
Légalement, depuis 313, les cultes officiels n'étaient plus obligatoires pour personne, mais leur statut n'était pas aboli. La conversion de Constantin ne donna pas le signal d'une revanche contre le paganisme. Il interdit seulement la divination par consultation des entrailles des victimes (haruspicine), la magie, les cultes païens immoraux (viols de sépultures, infanticides), les coutumes païennes immorales (Constantin fait détruire un sanctuaire d'Asclépios à Agaï en Cilicie, fermer un temple d'Astarté à Baalbek en Phénicie où se pratiquait la prostitution sacrée) et les sacrifices, mais ne ferma pas les temples :

 

"Vous qui estimez que cela vous est utile, rendez-vous aux autels publics, aux temples, et célébrez les rites auxquels vous êtes habitués: nous n'empêchons pas en effet de célébrer en plein jour les rites de cet ancien usage illicite" (15 mai 319.)

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/e4/Chrisme_PARIS_Saint_Fran%C3%A7ois-Xavier.jpg/800px-Chrisme_PARIS_Saint_Fran%C3%A7ois-Xavier.jpg

 

Chrisme surplombant une chapelle de l'Eglise Saint-François-Xavier, Paris

 

"Il est manifeste, écrit Constantin, que la négligence de la religion, dans laquelle est conservée le respect souverain de la très-sainte et très-haute puissance, est cause de grands dangers pour les affaires de l'Etat; en revanche, lorsque la religion est reçue et gardée conformément aux lois, elle apporte, procurée par les bienfaits divins, une très grande prospérité au nom romain et une réussite notable à toutes les entreprises humaines" (Lettre III, 1.)

 

En 329, Constantin interdit aux juifs de molester ou de lapider les juifs qui passent aux christianisme.

 

Le 25 juillet 336, lorsque Constantin fête ses trente ans de règne à Constantinople, la paix règne aux frontières comme à l'intérieur de l'empire. Les Barbares et les Perses sont tenus en respect, le pouvoir de l'empereur s'étend sur l'Orient et sur l'Occident. La nouvelle capitale, Constantinople, est en plein développement. Avec une position stratégique exceptionnelle, elle se révélera imprenable, et sera pendant des siècles, le verrou qui interdira le passage des Barbares venus du nord vers les provinces de l'Orient puis des musulmans vers l'Europe, jusqu'en 1453.

 

L'empereur Constantin fit reconstruire les églises et en les honorant par des offrandes de grand prix. En Cilicie, il chassa le démon Pythonicos, en ayant ordonné l'ordre que la maison dans laquelle il se cachait soit renversée de fond en comble. (Socrate, Histoire ecclésiatique, I, III, 1; XVIII, 7-11.)

 

Fort de son titre de Pontifex Maximus (Grand Pontife) titre traditionnel des empereurs, et bien qu'il ne fût baptisé que peu de temps avant sa mort, Constantin présida des conciles, tels que celui de Nicée (325) et essaya de résoudre les conflits internes et externes de l'Église. En réponse à Michel Onfray dans son livre "Monsieur Onfray, Au Pays des Mythes, Réponses sur Jésus et le christianisme" (éd. Salvator, Paris 2017), Jean-Marie Salamito explique que Constantin découvrit avec inquiétude les dissensions entre chrétiens d'Orient. Le concile qu'il eut l'idée de réunir à Nicée dans l'actuelle Turquie rassembla les évêques de tout l'empire. Contrairement à ce que dit "Décadence" de Michel Onfray, le concile ne visait pas à "trancher contre Arien et en faveur des Nicéens" (p. 164) : personne ne pouvait en prévoir l'issue, et il n'existait pas encore de "nicéens", de partisans de Nicée, puisque ce concile n'avait pas encore eut lieu... Les évêques donnèrent raison à Alexandre, patriarche d'Alexandrie, et tort à Arius. Ils proclamèrent le Fils "consubstantiel" (homoousios) au Père, c'est-à-dire de la même substance ou essence (ousia) divine que le Père. Un Fils "engendré, non pas créé". Un Fils tout aussi Dieu, tout aussi éternel que le Père. Ce qui était en jeu c'était la Trinité -le Père, le Fils et le Saint-Esprit -, c'est-à-dire l'idée spécifiquement chrétienne de Dieu. Ce n'étaient pas les idées de Constantin, qui ne sera baptisé que sur son lit de mort en 337 par un évêque arien... (Eusèbe de Nicomédie), mais celle des évêques. Et, contrairement à ce que prétend encore Michel Onfray, le Père n'est pas le Fils. La consubstantialité n'est pas l'identité tout court, mais l'identité de substance ou l'égale majesté des Trois.

 

Ses lois et sa politique se basaient sur les principes chrétiens. Il était un grand constructeur d'édifices chrétiens. Il semble que dès cet hiver de 312-313, le trésor public ait aidé à des reconstructions de bâtiments chrétiens et que le pape Miltiade (311-314) ait obtenu de l'impératrice Fausta le somptueux palais du Latran.

 

Le Liber Pontificalis, dans sa biographie du pape Silvestre (314-335) attribue à Constantin la construction de :

 

- la basilique Constantinienne St Jean de Latran, première église à être publiquement consacrée le 9 novembre 324 sous le titre de Basilique du Très Saint Sauveur par le pape Sylvestre Ier (son nom de basilique Saint-Jean est progressivement adopté par association à son important baptistère voisin, dédié à saint Jean-Baptiste, le plus ancien de Rome. Pendant plus de dix siècles, les papes, évêques de Rome, résidèrent dans le palais du Latran voisin)

- celles de St Pierre au Vatican, où les premiers pèlerins venaient rendre un culte à Saint Pierre à l'emplacement du cirque de Néron;

- à Rome, de Saint-Paul hors les murs, de Sainte Croix de Jérusalem, de Saint-Sébastien, des Saints-Pierre-et-Marcellin, de Saint-Laurent et de Sainte-Agnès (ces deux derniers édifices seraient dus à d'autres membres de la dynastie).

 

Si Constantin n'évite pas la guerre civile qui éclate entre ses fils (Constantin II à Trèves, Constant à Sirmium et Constance II à Antioche), il en limite les conséquences et permet, in fine, la réunification du monde romain entre les mains de Constance II (353), puis de son neveu Julien (361).

 

Le principe héréditaire l'emportait sur l'élection par les légions, ce fléau qui vit des coup d'Etat permanent caractériser l'Anarchie militaire du IIIe siècle, où 18 empereurs se succédèrent en 49 ans (235-284), cinquante années marquées de guerres, de ravages, d'invasions (particulièrement en Occident qui vit les premières invasions germaniques). "Être élu empereur dans la période d'un demi-siècle qui suit la mort de Sévère Alexandre, est une destinée tragique. Les élus acceptent le principat comme un arrêt de mort" (Ferdinant Lot, La Fin du monde antique et le début du Moyen Âge, 1927, Albin Michel, Paris 1989, p. 21).

 

La victoire du principe héréditaire correspondait à une tendance latente depuis le Haut-empire : les Césars s'étaient succédé dans la famille d'Auguste, les Julio-Claudiens, puis les Flaviens, les Antonins eux-mêmes, et enfin les Sévères. Il répondait à l'évolution des mentalités et d'une reconnaissance d'un pouvoir transcendant, qui ne doit rien au consentement des administrés, tout au caractère divin que lui a imprimé son investiture. C'était proprement l'héritage grec de la croyance en un Dieu ordonnateur du monde (Cf. Platon, Gorgias). L'empereur devient l'instrument choisi par la divinité pour faire régner l'ordre sur la création. Et là aussi, la tendance remonte à loin. (Cf. L'Arc de Bénévent représentant Jupiter tendant le foudre à l'empereur Trajan).

Sources:

 

(1) La Véritable histoire de Constantin, Textes réunis et commentés par Pierre Maraval, Les Belles Lettres, Clamecy 2010, p. 455, 458; (2) DANIEL-ROPS, Histoire de l'Eglise du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965, p. 455 ; (3) Calendrier perpétuel, Les Saints en 365 jours, Chêne; (4), (5), (6); (7) Michel de Jaeghere, Les Derniers jours, La fin de l'Empire romain d'Occident, Perrin Collection Tempus, Malesherbes 2016; (8) Jean-Marie Salamito, Monsieur Onfray, Au Pays des Mythes, Réponses sur Jésus et le christianisme, éd. Salvator, Paris 2017

 

. 6 octobre 2013 - Commémorations du 17e centenaire de l'édit de Milan

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Publié par Ingomer - dans Saints du jour
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