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6 décembre 2019 5 06 /12 /décembre /2019 00:00
Saint Nicolas, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 138.

Saint Nicolas, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 138.

Saint Nicolas de Patare, né en Lycie (Asie mineure, actuelle Turquie) entre 250 et 270 ap. J.-C., fut le fruit des prières de ses pieux parents. Il eut l'esprit ouvert aux choses divines dès sa plus petite enfance ; à peine sut-il manger, qu'il sut jeûner. Il avait un oncle évêque, qui, voyant avec admiration les vertus de Nicolas, l'ordonna prêtre dès qu'il eut l'âge requis et fit de lui cette prédiction : "Il sera la consolation des affligés, le sauveur des âmes en péril, le bon pasteur qui rassemble ses brebis égarées au bercail de Jésus-Christ." (1)

C'est lui, dit-on, qui "apporte des cadeaux" aux enfants à l'approche de Noël. (2)

Après un pèlerinage aux Lieux saints, Nicolas se retira à Myre, espérant échapper aux honneurs qu'il voulait éviter avec tant de soin, et à la mort de l'évêque de Myre, qui arriva peu de temps après, il fut élu pour lui succéder. Il semble que ce nom "Myre" soit lycien, la racine "Myrrh" pouvant signifier "la cité de la déesse mère". Des vestiges romains, partiellement dégagés, comportent pour l'essentiel des thermes et un théâtre. Celui-ci fut détruit en 141 par un tremblement de terre et rebâti ensuite.

Il a probablement participé au premier Concile de Nicée au cours duquel il combat l'arianisme avec force, accomplissant des miracles devenus légendaires. On dit qu’il ressuscita à Myre deux jeunes écoliers de qualité qu’un hôtelier avare et cruel avait égorgés et serrés dans un saloir, afin de profiter de leur argent et de leur corps. D’autres disent qu’il en ressuscita trois sur le chemin de Nicée, qu’un méchant homme avait traités avec la même barbarie et dont il vendait la chair hachée comme de la viande commune. Ces deux prodiges, néanmoins, n’ont aucun témoignage dans l’antiquité ; nous n’avons que la tradition des peuples pour nous en assurer. Peut-être aussi que ce n’a été qu’un seul miracle rapporté différemment par divers auteurs. (France Pittoresque, Saint Nicolas : vie, miracles, légendes, d’après « Les petits Bollandistes » paru en 1876, « Le romancéro populaire de la France : choix de chansons populaires françaises » paru en 1904, « La Légende dorée - édition enrichie » paru en 1910 et « Revue britannique » paru en 1851.)

 

Saint-Nicolas n’est pas simplement un gentil Saint qui distribue des cadeaux. La légende raconte que c’est en Lorraine que le Saint-Nicolas réalisa sa première "bonne action". Trois enfants, partis cueillir quelques fruits, se perdirent sur le chemin du retour. Voyant au loin de la lumière dans une maison, ils décidèrent d’aller demander l’hospitalité pour la nuit. Pierre Lenoir, un boucher, leur ouvrit et accepta leur demande. Finalement, il les tua pour les transformer en petit salé, un plat typique de la région. Une légende faisant un peu écho à celle d’Hansel et Gretel… Saint-Nicolas, passant dans les environs, toqua lui aussi à la porte du boucher. Ce dernier n’osa pas refuser l’entrée à un évêque et l’invita donc à diner. Le saint homme demanda alors un petit salé, mettant le boucher dans l’embarras et avoua finalement son crime. Saint-Nicolas décida alors de ressusciter les trois enfants, et devint ainsi le Saint protecteur des enfants. Mais pour punir le méchant boucher, l’évêque l’enchaina à son âne, et devint alors le Père Fouettard, chargé de réprimander les garnements. Une légende qui explique alors le rôle de Saint-Nicolas, encore à l’heure actuelle. (3)

 

Une de ses premières œuvres fut de sauver l'honneur de trois filles exposées à la perte de leur vertu ; il les dota toutes, l'une après l'autre, et il le fit si discrètement, que c'est à la fin seulement que le père, touché d'admiration, surprit la main du bienfaiteur.  

Saint Nicolas, Nicolas de Myre (icône russe, Eglise de Saint-Nicolas, Novgorod, Russie), reproduction photographique fidèle d'une œuvre d'art originale de 1294.

Saint Nicolas, Nicolas de Myre (icône russe, Eglise de Saint-Nicolas, Novgorod, Russie), reproduction photographique fidèle d'une œuvre d'art originale de 1294.

L'habitude qu'il avait de pourvoir anonymement à la dot des jeunes filles pauvres, en introduisant discrètement des cadeaux dans leurs maisons est à l'origine de la légende du père Noël, version profane ou « laïcisée » de l'histoire du saint évêque. En Turquie, et particulièrement à Demre (nom actuel de Myre), les deux personnages sont confondus et le souvenir de saint Nicolas est maintenu. (4)

 

 http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/db/Ancient_Roman_theater_in_Myra.jpg/280px-Ancient_Roman_theater_in_Myra.jpg
Le théâtre de Myre

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/7/79/St_Nicolas_Les_Heures_de_Jean_de_Vy_%26_Perrette_Baudoche_v1450.jpg/220px-St_Nicolas_Les_Heures_de_Jean_de_Vy_%26_Perrette_Baudoche_v1450.jpgDès lors il s'appliqua à devenir le modèle de son troupeau. Il ne mangea plus qu'une fois le jour, et jamais de viande ; il faisait toujours lire à sa table quelque livre de la Sainte Écriture ; ses nuits se passaient en oraison, et la terre dure était sa couche pour le peu de repos qu'il prenait. Levé avant le jour, il réveillait ses clercs pour chanter des hymnes et des psaumes ; aussitôt le soleil paru, il allait à l'église et employait le reste du jour à ses diverses fonctions pastorales.

 

Saint Nicolas détruit une idole païenne, Monastero di Esphigmenou

 

Nicolas, sous la persécution de Dioclétien, fut jeté dans un cachot et mis à la torture ; mais on n'osa pas le faire mourir, par peur de la vengeance de son peuple.

 

Peu de Saints ont opéré de plus nombreux et de plus éclatants miracles. Tantôt il apparaît à Constantin pendant la nuit, pour lui ordonner de mettre en liberté trois innocents qui doivent être exécutés le lendemain ; tantôt il se montre, en pleine tempête, à des matelots en danger qui l'ont appelé à leur secours. Il est surtout légendaire entre mille, le miracle de la résurrection de trois enfants tués par un boucher et hachés menu, pour être mêlés à la viande de son commerce. On l'honore comme le patron des écoliers.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/cf/MYRA_0245.jpg

Statue de Saint-Nicolas à Myre

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/df/MYRA_0252.jpg/800px-MYRA_0252.jpg


Église Saint-Nicolas de Myre

 

Le culte de saint Nicolas, d’abord spécial aux Grecs, passa en Occident à l’époque des Croisades.

L'église Saint-Nicolas, appelée par les Turcs Noel baba kilisesi (église du père Noël) est un édifice byzantin, orné de fresques et partiellement restauré. Elle se trouve près du centre de la ville et reçoit la visite de nombreux touristes et pèlerins, russes en particulier.

La première église Saint-Nicolas de Myre remonte au VIe siècle. L'édifice actuel fut construit essentiellement au VIIIe siècle. Un monastère vint s'ajouter au milieu du XIe siècle. En 1863, le tsar Alexandre II de Russie acheta le bâtiment et entama une restauration. En 1963, on dégagea les ailes Est et Sud. En 1968, la tombe de saint Nicolas fut couverte d'une toiture.

Le sol de l'église est réalisé en opus sectile, une mosaïque de marbre coloré, et des fresques subsistent sur les murs. Un ancien sarcophage grec a été réutilisé pour recevoir les reliques du saint, qui reposent aujourd'hui dans la basilique de Bari. De nouveaux travaux de restauration sont en cours (2009). En 2007, après de nombreux refus, le gouvernement turc a donné l'autorisation d'y célébrer le culte chrétien.

Un archevêque membre du saint synode du patriarcat de Constantinople porte le titre d'archevêque de Myre.

Au cours de la persécution des chrétiens de 310, il est arrêté et torturé. Il distribue la richesse dont il a hérité parmi les pauvres. Ce fait est rapporté par les évêques du IVe siècle, Ambroise de Milan et saint Basile de Césarée et, pour cette raison est considéré comme un fait historique. 

Un an avant sa mort, il fait démolir le temple d'Artémis de Myre. (Kevers-Pascalis, Saint Nicolas personnage historique, dans Musée Lorrain, Saint Nicolas et les Lorrains, entre histoire & légende, Editions serpenoise, 2005, p. 26.)

Un jour, des pèlerins s'embarquaient pour le miraculeux tombeau, quand une vieille femme vint les prier d'emporter avec eux son offrande, une provision d'huile pour les lampes du sanctuaire. Au deuxième jour du voyage, la tempête s'éleva, mettant le navire en danger. Les pèlerins envisagent de s'abriter dans un port, mais voici venir à eux, ô prodige! saint Nicolas sur une petite barque... Il leur dit de jeter à l'eau l'huile dont ils se sont chargés, les assurant qu'ensuite ils voyageraient sans encombre. Obéissant, les pèlerins versent l'huile dans les flots et, terrifiés, comprenant qu'elle leur vient du démon, ils la voient qui s'enflamme avec un bruit et une odeur épouvantables. On dit que la veille femme était la déesse Diane, qui, furieuse de la destruction de son temple, cherchait à se venger sur les fervents de saint Nicolas. (Germaine et Pierre Noury, Saint Nicolas, Ernest Flammarion, 1928.)

J'aimais et pratiquais dans la perfection les saintes vertus d'humilité et de chasteté.

Saint Nicolas

Sainte Brigitte, née en 1302, se marie et met au monde 8 enfants dont sainte Catherine de Suède. Elle fait de nombreux pèlerinages dont un à Bari pour honorer les reliques de saint Nicolas. "Ce fut au prix de peines et de fatigues considérables que les voyageurs accomplirent le long voyage de Manfredonia à Bari. En pénétrant dans le temple qui renferme le tombeau du grand saint Nicolas, Brigitte ressentit une joie inexprimable ; elle se prosterna avec une humble dévotion devant les saintes reliques. À ce moment apparut à ses yeux une forme vénérable, toute brillante et comme ointe d'un baume odorant. La céleste vision lui dit : 'Je suis l'évêque Nicolas ; je vous apparais sous cette forme pour vous révéler l'état dans lequel se trouvait mon âme aux jours de ma vie terrestre ; mes membres étaient adroits et souples au service de Dieu, comme l'est un instrument frotté d'huile sous la main de celui qui le manie. Et si mon âme tressaillait toujours d'allégresse et de bonheur, si ma bouche ne prêchait que la parole de Dieu, si enfin la patience reluisait dans toutes mes œuvres, c'est que j'aimais et pratiquais dans la perfection les saintes vertus d'humilité et de chasteté. Écoutez donc : [...] mes ossements ont reçu de Dieu le rare privilège de distiller une huile salutaire. En effet, le Tout-Puissant n'honore et n'exalte pas seulement ses élus dans le ciel ; il les glorifie également sur la terre, pour l'édification d'un grand nombre, qui participent ainsi aux grâces accordées aux Saints.

"Brigitte se réjouit grandement de la faveur dont elle venait d'être l'objet ; elle en rendit grâces à Dieu et à saint Nicolas. Elle voulait ne s'arrêter que peu de temps à Bari, et retourner ensuite à Rome, s'il était possible, avant Noël ; mais Dieu en ordonna autrement." (Vie de sainte brigitte de suède écrite d'après les documents authentiques par une religieuse de l'adoration perpétuelle avec approbation épiscopale, tome second, Paris Librairie Saint-Joseph Tolra, libraire-éditeur 112, rue de rennes, 1879.)

C'est de l'évolution de la représentation de cet évêque que naît la tradition des jouets et friandises offerts dans la nuit du 5 décembre par saint Nicolas aux enfants sages. (Philippe Duley, Saint Nicolas, Éditions de l'Est, 1990, p. 43.)

 

Au XVIe siècle, Luther refusa que cette mission soit confiée à un saint. En 1545, il prône le remplacement des "cadeaux de saint Nicolas" par ceux du "Seigneur Christ" ou Christkindel et veut remplacer le 5 décembre par la fête de Noël, mais la fonction convenait probablement mieux à un vieillard barbu qu'au "petit Jésus", et c'est ainsi que fut inventé l'artificiel Père Noël du 25 décembre qui ne supplanta pas saint Nicolas auprès des enfants de Lorraine (Colette Méchin, Saint Nicholas: fêtes et traditions populaires d'hier et d'aujourd'hui, Berger-Levrault, 1978, p. 12.)

Aujourd'hui Nicolas est le Saint patron des écoliers, des enfants, des marins et bateliers, des avocats du barreau de Paris, des célibataires, mais aussi de la Lorraine, de la Russie, de la ville de Houilles, de la ville de Fribourg, de l'île de Terre-de-Bas aux Saintes, de l'Université de Valladolid en Espagne et de la ville de Bari en Italie. (4)

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/0b/Saint-P%C3%A8re-sur-Loire_%28croix_pr%C3%A8s_du_pont%29_5702a.jpg/800px-Saint-P%C3%A8re-sur-Loire_%28croix_pr%C3%A8s_du_pont%29_5702a.jpg

Plaque invoquant saint Nicolas fixée sur la croix érigée par les mariniers de Saint-Père-sur-Loire, avant le passage sur le pont menant sur l'autre rive, à Sully-sur-Loire.

La fête de Saint-Nicolas est célébrée dans beaucoup de pays d’Europe, dans la nuit du 5 au 6 décembre.

 

Le Saint descend du ciel dans la nuit du 5 au 6 décembre, accompagné d'un âne ou d'un cheval blanc, selon les pays. Il se glisse dans les cheminées, et distribue cadeaux et friandises: sa monture, elle, se nourrit des pommes et des carottes laissées par les enfants. (5)

 

 

En Belgique, où le Saint (Sinterklaas en Région flamande et aux Pays-Bas) se charge de venir offrir quelques douceurs telles que des spéculoos ou des mandarines, aux gentils enfants pendant la nuit, si ceux-ci ont pris la peine de préparer sa venue en déposant un verre de vin et une carotte pour son âne. C’est aussi dans les écoles que Saint-Nicolas se déplace, pour demander aux enfants les cadeaux qu’ils souhaitent, et les encourage à écrire une lettre au Père Noël.

 

Aux Pays-Bas aussi, Saint-Nicolas est bien fêté. 2 semaines avant le 6 décembre, il arrive en bateau à vapeur depuis l’Espagne. Chaque année, les autorités nationales choisissent une ville différente pour accueillir le bateau, qui fera ensuite sa tournée à travers le pays. Mais la soirée du 5 décembre a lieu le Pakjesavond, la soirée des paquets surprises. Ces paquets sont distribués par les cheminées ou les paliers des maisons et sont souvent accompagnés de poèmes retraçant les éléments de l’année.

 

 

En France, et particulièrement en Lorraine, la fête est d’autant plus célébrée puisque le Saint est le saint-patron de la région depuis 1477. Jusque dans les années 60, la Saint-Nicolas était bien plus importante que Noël. Dans toutes les grandes villes de la région comme Metz, Nancy ou Verdun, le cortège de Saint-Nicolas est une véritable tradition. Il passe ainsi de porte-en-porte pour distribuer quelques friandises aux enfants. A Saint-Nicolas-de-Port, la fête prend une toute autre dimension. C’est dans cette ville qu’une relique, l’os du doigt de Saint-Nicolas, est conservée dans la basilique. A lieu alors une grande procession de cierges à travers les rues de la ville. Lors de cette marche, le Saint, le boucher et les trois enfants de la légende sont présents.

 

En Allemagne, c’est Nikolaus qui descend du ciel avec sa luge et ses cadeaux à distribuer aux gentils enfants allemands. Les enfants sont invités à déposer une chaussure au pas de la porte de leur chambre avant d’aller se coucher. Si le soulier est rempli de cadeaux et de friandises le lendemain, cela veut dire qu’ils ont été sages ! Cette tradition marque le début des fêtes de fin d’années en Allemagne.

 

En Autriche, selon les régions, le nom du Saint change. Dans l’est du pays, il est appelé Nikolo ou Niglo, tandis que dans le Tyrol, il est nommé SantaKlos ou Klos. Mais peu importe la région, partout en Autriche, le soir du 5 décembre, le Saint défile traditionnellement dans les rues et questionne les enfants sur leur catéchisme. S’ils répondent correctement, les enfants reçoivent des noix et des pommes. Ici, le Saint n’est pas accompagné du Père Fouettard mais des Krampus, des créatures venues des Enfers, chargées de punir les enfants dont les réponses sont erronées. Il irait même jusqu’à les emmener en Enfer avec lui, en les mettant sans sa hotte appelée Buckelkraxen. Dans une autre région encore, en Haute Styrie, Saint-Nicolas est accompagné des Schnabs, qui claquent leurs fouets pour chasser les démons de l’hiver.

 

Dans beaucoup d’autre pays d’Europe est célébré Saint-Nicolas, comme en Pologne, en Hongrie, en Suisse… Mais dans tous les pays, le principe est le même, celui de la distribution de cadeaux aux enfants. 

 

 

 

Sources: (1) ; (2) Dominique Le Tourneau, Les Mots du christianisme, Catholicisme, Orthodoxie, Protestantisme, Bibliothèque de Culture religieuse, Fayard, La Flèche 2005, p. 425; (3) LeSoir.be; (4) ; (5) Le Figaro ; (6) ; (7) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 138.

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commentaires

duchesse du Berry 07/12/2012 20:28


http://www.youtube.com/watch?v=69tUlSoiMwg