Sur notre route vers Noël, nous fêtons la solennité de l'Immaculée Conception de la Vierge Marie définie le 8 décembre 1854 par le pape Pie IX dans sa bulle Ineffabilis Deus. La mère de Dieu fut préservée de tout péché dès sa conception, y compris le péché originel.
Il convient de noter ici que Pie IX, qui a défini l'Immaculée Conception de Marie, était épileptique. Malgré ses graves crises, il fut autorisé à rester au séminaire, mais on lui annonça qu'il ne pourrait jamais être ordonné prêtre. Il pria et supplia la Vierge Marie de le guérir de son épilepsie. Pendant un certain temps avant son ordination, il n'eut plus de crises. Le pape de l'époque intervint et, à contrecœur, autorisa son ordination, à une condition : qu'il ne célèbre jamais la messe seul, mais qu'il soit toujours accompagné d'un prêtre à ses côtés, au cas où il serait victime d'une nouvelle crise pendant la messe. Devenu prêtre, il pria : "Marie, je vous en prie, que je n'aie plus de crises. Épargnez-moi aussi la gêne et le désagrément de ne jamais pouvoir célébrer la messe sans un autre prêtre à mes côtés." Pendant plusieurs années, il continua à célébrer la messe avec un prêtre assistant, sans qu'aucune crise ne survienne. Finalement, le Saint-Siège leva la condition et Pie IX fit vœu de consacrer le reste de sa vie à promouvoir la gloire de Marie. Le jour où il proclama le dogme de l'Immaculée Conception, Pie IX déclara que c'était le plus beau jour de sa vie, l'occasion de rendre grâce à Marie pour tout ce qu'elle avait fait pour lui. (Cf. Père John Hardon, sur l'Immaculée Conception)
L'enseignement catholique de l'Immaculée Conception est souvent mal compris. Il ne se rapporte pas à la conception de Jésus, mais à celle de Marie, et enseigne que dès le premier instant de son existence, Marie fut préservée du péché originel par la grâce de Dieu. Ce n'était pas un mérite, mais le fruit par anticipation de l'œuvre salvifique du Christ accomplie en elle, en vue de l'Incarnation du Fils dans son sein.
Le théologien médiéval John Duns Scot explique que Dieu n'étant pas soumis au temps a appliqué les mérites de la Croix avant même l’événement historique de la Passion, et que Marie a bien été sauvée par le Christ, mais d'une manière préventive plutôt que curative. Ainsi Marie est la première bénéficiaire de la Rédemption du Christ et non une exception à celle-ci. (Ordinatio III, dist. 3)
Nous vénérons la Sainte Mère en raison de notre amour pour le Christ et son œuvre salvifique. Le Christ sauve Marie non pas en effaçant son péché après coup, mais en la préservant du péché dès le commencement. Notre-Dame, a été créée "parfaite" non pas comme une exception au sacrifice du Christ, mais à cause de lui, et afin de le réaliser dans l'ordre du temps d'une manière plus appropriée. Comme le dit la définition doctrinale : "La Très Sainte Vierge Marie, dès sa conception, par une grâce singulière et un privilège accordés par Dieu Tout-Puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, le Sauveur de la race humaine, a été préservée de toute tache de péché originel."
Dans Luc 1:28, l'ange Gabriel salue Marie avec le titre unique kecharitōmenē, souvent traduit par "comblée de grâce". Cette forme grecque est un participe passé passif, indiquant une action déjà accomplie dans le passé et dont les effets se poursuivent dans le présent. Certains font remarquer qu'Étienne est également qualifié de "plein de grâce" dans Actes 6:8, mais le texte grec est différent: Étienne est décrit par l'expression ''plērēs charitos'', qui signifie simplement qu'il est plein de grâce à ce moment précis. Le titre de Marie, en revanche, souligne son identité unique, celle d'une personne que Dieu a déjà rendue parfaite par sa grâce. Marie, mère de Jésus-Christ, fut conçue exempte du péché originel. Ce privilège accordé à la Sainte Vierge avait été prédit et figuré dès l'origine du monde dans les prophéties universelles d'une Vierge Mère d'un Sauveur; voyez par exemple les prophéties druidiques en France, du collège national de la forêt des Carnutes, sous l'appellation de "la Vierge qui enfantera".
Quatre arguments en faveur de l'Immaculée Conception
1) Gabriel a appelé Marie "Pleine de Grâce" à un moment où Marie n'a pas encore mis Jésus au monde. (Lc 1,28)
C’est le premier indice biblique selon lequel Marie a été conçue sans péché. Pour être "Pleine de Grâce", vous devez être "vide de péché".
2) Marie est la nouvelle arche d'alliance
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• Elle a été "couverte" par l'Esprit
• Elle a tenu à l'accomplissement des commandements
• Elle apparaît à côté de l'Arche dans Apocalypse 11,19; 12,1
Tout comme l'Arche, Marie est un vase pur et intact. Intouché par l'homme et par le péché. Comment les gens ont réagi : après une manifestation de la puissance de Dieu agissant à travers l'arche :
-Dans Luc 1, 39 Marie "se leva et partit" rendre visite à Élisabeth. Dans 2 Samuel 6, 2, David "se leva et s’en alla" pour amener l’arche à Jérusalem. Luc utilise la même expression pour attirer notre attention sur le voyage de David avec l’Arche des siècles auparavant. Et tous deux voyageaient dans les pays de Juda.
-Après la révélation à Élisabeth de la véritable vocation de Marie, qui portait Dieu dans son sein, lorsqu’Elizabeth vit Marie, elle est remplie de respect et se demande : "D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?" (Luc 1, 43) : De même, David se tient avec admiration devant l’Arche et s’écrie : "Comment l’Arche de l’Éternel peut-elle venir à moi ?" (2 Samuel 6, 9).
-David "sautait et dansait" devant l'Arche lorsqu'elle était transportée à Jérusalem en procession dans 2 Samuel 6, 16. Dès qu'Elisabeth a entendu le son de la salutation de Marie, Jean le Baptiste "sautait de joie" dans son ventre (voir (Luc 1, 41-44) : les deux scènes évoquent une joyeuse reconnaissance de la présence de Dieu.
-L'arche du Seigneur "resta dans la maison d'Obed-Edom trois mois" dans 2 Samuel 6,11). Luc 1:56 dit que "Marie demeura avec [Élisabeth] environ ... trois mois". (Luc 1, 56)
-L'Arche de l'Alliance contenait trois "types" de Jésus : la manne [pain ou nourriture divine miraculeuse fournie par Dieu aux Israélites pour les sustenter pendant leurs quarante années d'errance lors de leur Exode dans le désert, et dont un échantillon fut conservé dans l'Arche d'alliance. Exode 16,33-34], le bâton d'Aaron et les Dix Commandements [la Parole de Dieu écrite sur des tablettes de pierre]. Marie a porté l’accomplissement de tout cela. Jésus est à la fois la "véritable [manne] venue du ciel" (Jean 6:32), le véritable "Grand Prêtre" (Hébreux 3:1) et "la Parole faite chair" (Jean 1:14).
-Ce qui les a "éclipsés" : Le nuage de gloire (en hébreu : Anan) représentait le Saint-Esprit et il "couvrait" l’Arche lorsque Moïse la consacra dans Exode 40:32-33. Le mot grec pour "éclipser" trouvé dans la Septante (la traduction la plus ancienne de l’Ancien Testament) est une forme d’episkiasei. Dans Luc 1:35, Gabriel dit à Marie : "Le Saint-Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C'est pourquoi l'enfant qui naîtra sera appelé saint, Fils de Dieu." Le mot grec pour "faire de l’ombre" est episkiasei.
Ces références sont des faits: ils révèlent Marie comme un vase sacré porteur de la présence de Dieu.
Pourquoi est-il important que Marie soit la nouvelle arche ? Parce que cela a d'énormes implications. En fait, c'est une raison clé pour laquelle Marie a été conçue sans péché. Attaquer l'Immaculée conception c'est attaquer la mission salvatrice du Fils Incarné dans le sein d'une Vierge et offenser Dieu en diminuant la Mère du Fils en la plaçant au même rang que les autres femmes, comme si Dieu avait pu s'incarner dans un vase impur corrompu par le péché. La raison théologique pour laquelle la Très Sainte Vierge Marie est Reine repose sur sa divine Maternité et sur son rôle de Co-rédemptrice ("co"- vient de "cum", avec en latin, et en union avec son Fils et non égal) du genre humain. "La Corédemptrice n'est pas une rivale du Rédempteur, puisqu'elle est devenue *Co*-rédemptrice par Lui [par anticipation de l'œuvre salvifique du Christ accomplie en elle, en vue de l'Incarnation. Ndlr.]. Par conséquent, ce n'est pas l'affirmation, mais la négation du rôle corédempteur de Marie qui diminue l'œuvre rédemptrice du Christ." (Père Tibor Gallus SJ)
Les premiers Pères de l’Église ont vu un lien entre Marie et l’Arche.
"En ce temps-là, le Sauveur venant de la Vierge, l'Arche, faisait naître son propre Corps au monde de cette Arche..."
-St. Hippolyte de Rome (v. 170-v.236)
Certains soutiennent que la nouvelle arche n'est pas Marie, mais le corps de Jésus. Même si c'était le cas, il convient de noter que 1 Chroniques 15:14 mentionne que les prêtres et lévites qui portaient l'Arche devaient être purifiées. Il semblerait absurde de purifier des hommes qui ont porté l’Arche et de ne pas sanctifier les entrailles memes qui ont porté le Saint Lui-même.
Le dogme de l'Immaculée Conception de Marie est particulièrement approprié si l'on considère l'honneur qui a été fait à l'Arche d'Alliance. Dans Exode 25, Dieu dit à Moïse de construire l'arche plaquée d'or, et recouverte d'un couvercle, le propritiatoire ornée de deux keroubim, chérubins, anges (Ex 25,17-18). On y met le témoignage que Dieu a donné à Moïse (les dix commandements. Ex 25,16; 21), le bâton d'Aaron et une jarre de manne.
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L'Arche contenait la manne (le pain du ciel), les tablettes de pierre des dix commandements (la parole de Dieu) et le bâton d'Aaron (l'instrument de la rédemption d'Israël). Si cette boîte avait été créée avec tant d'honneur - pour porter un bâton, du pain et des tablettes de pierre - combien plus Marie devrait-elle être une digne demeure pour Dieu lui-même ? Elle est la nouvelle Arche d'alliance parce qu'elle a porté le vrai Pain du ciel, la Parole de Dieu et l'instrument de notre rédemption, le corps de Jésus. (Cf. 'Avee. ☧ ; Marie de Nazareth; Foi catholique)
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Le destin de l'Arche terrestre reste un mystère. Mais la véritable Arche, Marie, est corps et âme au Ciel.
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La sagesse n'habitera pas "dans un corps endetté par le péché" (Sagesse 1,4) : "Car la Sagesse ne peut entrer dans une âme qui veut le mal, ni habiter dans un corps asservi au péché."
Job 14,4 : "Qui tirera le pur de l’impur ? Personne !"
3) L'Immaculée Conception accomplit l'histoire d'Adam et Ève.
Il est dit dans Genèse 3,15 que la mère du Messie partage la même inimitié que lui - l'opposition totale - avec Satan. Au commencement Dieu dit : ''Je mettrai une hostilité entre toi (le Serpent) et la femme, entre ta descendance et sa descendance: celle-ci te meurtrira la tête, et toi, tu lui meurtriras le talon.'' (Gn 3,15).
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Si la Vierge Marie, "la femme" de Genèse 3,15, avait commis un péché, elle ne serait pas en opposition totale avec le diable...
A la fin, ''quand le Dragon vit qu’il était jeté sur la terre, il se mit à poursuivre la Femme qui avait mis au monde l’enfant mâle..., [L]e Dragon se mit en colère contre la Femme, il partit faire la guerre au reste de sa descendance, ceux qui observent les commandements de Dieu et gardent le témoignage de Jésus'' (Ap 12,17)
• Une femme sans péché a donc écouté le diable et a aidé Adam à introduire le péché dans le monde
• Une femme sans péché a écouté un ange et a donné son Fiat ("Qu'il me soit fait selon ta Parole" Lc 1,38) pour aider le Christ à vaincre le péché.
"Ce fiat de la Vierge Marie résume toute la vie chrétienne.
Nous devons accepter que se fasse la volonté de Dieu.
C’est le modèle également du Christ : le Fils est venu dans le monde pour faire la volonté du Père." (P. Dominique-Benoît Jean-Luc)
Marie est la Nouvelle Ève, chez Saint Justin au IIe s. vers 150, S. Irénée (Ad. Haereses, III, XXII, 3, 4; V, XIX) vers 180, Tertullien (De Carne Christi, XVII) au IIIe siècle, saint Cyrille de Jérusalem, saint Ephrem, saint Epiphane, saint Jean Chrysostome, saint Ambroise au IVe s., saint Jérôme, saint Augustin au Ve s., etc..
Certains disent que "l'Immaculée Conception met Marie au même niveau que Jésus."
Non, Adam et Ève sont tous deux nés sans péché.
Ce qui rend Jésus spécial, c'est qu'il est Dieu.
4) Les archives historiques ne montrent aucune douleur de travail
"Elle a travaillé et a enfanté le Fils, mais sans douleur." (Odes de Salomon, 19)
"Nous n'avons entendu aucun cri de douleur" (Ascension d'Isaïe, 11)
Elle n’a pas péché, donc elle n’a pas subi les effets du péché !
Qui les verra pourra reconnaître la descendance bénie du Seigneur.
Je tressaille de joie dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu. Car il m’a vêtue des vêtements du salut, il m’a couverte du manteau de la justice, comme le jeune marié orné du diadème, la jeune mariée que parent ses joyaux.
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| "Voici que je fais toutes choses nouvelles" (Ap 21,5) |
C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel (c’est-à-dire : Dieu-avec-nous).
Le témoignage de la Tradition
La tradition chrétienne a vu dans cette promesse, qui a été appelée le protévangile, le premier trait qui sert à désigner le Messie et sa victoire sur l'esprit du mal. Jésus représente, en effet, éminemment la postérité de la femme, en lutte avec la postérité du serpent.
Le Protévangile de Jacques au IIe siècle raconte la vie de Marie. Sa conception y est présentée comme miraculeuse: c'est une intervention divine qui aurait permis à ses parents, Anne et Joachim jusqu'alors stériles, de l'engendrer. Plus tard, ce récit donne lieu à une célébration liturgique: après la fête de la Nativité de Marie (8 décembre) et sa Dormition (15 août) instituées au VIe siècle. (Cf. Dictionnaire des temps, des lieux et des figures du Christianisme, Sous la dir. de André Vauchez, Seuil, Lonrai 2010, p. 277-278)
La bulle Ineffabilis Deus de Pie IX (1854) cite aussi dans la salutation de l'ange à Marie (Luc I, 28): "Je vous salue, pleine de grâce, vous êtes bénie entre les femmes", et les mêmes paroles dites par sainte Elisabeth sous la révélation divine (Luc, I, 42 "quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.") Pie IX ne dit point que ces paroles suffisent par elles-mêmes à prouver que le privilège de l'Immaculée Conception est révélé; pour qu'elles aient cette efficacité, il faut y joindre la tradition exégétique des Pères.
Matthieu et Luc écrivent que Marie a conçu Jésus sans l'intervention d'aucun père humain, et qu'elle est demeurée vierge après la conception.
La Tradition, elle-même, affirme de plus en plus explicitement cette vérité.
La belle idée de Marie "Nouvelle Eve" se trouve au IIe siècle chez
S. Justin (Dial. cum Tryphone, 100),
"Le Christ s'est fait homme par le moyen de la Vierge, afin que la désobéissance provoquée par le serpent prit fin par la même voie qu'elle avait commencé.
"En effet, Eve, Vierge et intacte, ayant conçu la parole du serpent, enfanta la désobéissance et la mort; la Vierge Marie, ayant conçu la foi et la joie, répondit: 'Qu'il me soit fait selon votre parole'. Il est donc né d'elle celui dont parlent les Ecritures. Par lui, Dieu ruine l'empire du serpent et de ceux, anges ou hommes qui lui sont devenus semblables, et affranchit de la mort ceux qui se repentent de leurs fautes et croient en lui.
"Marie, en acceptant le message de l’Ange, a conçu 'foi et joie' (Dialogue avec Tryphon, 100,5.)
S. Irénée (Ad. Haereses, III, XXII, 3, 4; V, XIX) réfléchit sur la façon dont Dieu, à travers le mystère de l'Incarnation, a utilisé la Vierge Marie pour annuler les actions de la vierge Ève, faisant de Marie la Nouvelle Ève :
Tertullien (De Carne Christi, XVII) opposent Eve cause de la mort et Marie cause de la vie et du salut.
Cette antithèse est constamment rééditée par les Pères (par exemple saint Cyrille de Jérusalem, saint Ephrem, saint Epiphane, saint Ambroise, saint Jérôme, saint Augustin, saint Jean Chrysostome, etc.).
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Sainte Anne tenant dans ses bras Marie et le Christ Statue en Albâtre de la Chapèle Sur Vire |
Au IIIe siècle :
Les chrétiens ont prié Marie avant de prier le Credo de Nicée
La première prière mariale remonte à 250 après J.-C.
La prière est appelée "Sub Tuum Praesidium" (Sous l'abri de ta miséricorde)
Elle se lit comme suit:
| Texte grec | Traduction française |
|---|---|
|
"Sous ta compassion, nous nous réfugions, ô Mère de Dieu [Porteuse de Dieu] ;
Ne dédaigne pas nos supplications au temps de la détresse,
Mais sauve-nous des dangers,
Seule pure, seule bénie.'' |
Cette tradition devient explicite avec saint Ephrem le Syrien ou le Syriaque (+373) (Dict. Théol., art. Ephrem, col. 192), auteur de nombreux hymnes et poèmes et grand défenseur de la doctrine christologique et trinitaire dans l'Eglise syrienne d'Antioche; il est reconnu Docteur de l'Église par l'Église catholique depuis 1920.
Éphrem est l’héritier de l’interprétation biblique du judaïsme. Sur ce point S. Brock écrit : ''Éphrem est (...) l’héritier de nombreuses traditions juives étrangères à la Bible, qu’on peut trouver dans la littérature post-biblique de Targum et des Midrash''.
Dans l’hymne à Marie, il dit de la Mère de Jésus :
“Merveille que ta mère :
Le Seigneur vint en elle (Marie) se faire serviteur ;
Le Verbe vint en elle, pour se taire en son sein
La foudre vint en elle
pour ne faire aucun bruit.
Le pasteur vint en elle
et voici l’Agneau né, qui pleure sans bruit.
Car le sein de Marie
a renversé les rôles :
Celui qui créa toutes choses
est entré en possession de celles-ci, mais pauvre.
Le Très-Haut vint en Elle (Marie),
mais il y entra humble.
La splendeur vint en elle,
mais revêtue de vêtements humbles.
Celui qui dispense toutes choses
connut la faim.
Celui qui étanche la soif de chacun
connut la soif.
Nu et dépouillé il naquit d’elle,
lui qui revêt (de beauté) toutes choses"” (Hymne “De Nativitate” 11, verset 6)
Cf :
https://fr.aleteia.org/2018/01/01/lhymne-a-marie-de-saint-ephrem-perle-des-chretiens-dorient
https://introibo.fr/18-06-St-Ephrem-le-Syrien-diacre
https://site-catholique.fr/?Priere-de-Saint-Ephrem-sur-la-Nativite-du-Christ
Dans la Prière de Saint Éphrem "Ô Souveraine Mère de Dieu qui enfantas le Christ Dieu notre Sauveur" :
''Ô Vierge, emblème de la pureté, fortifie-moi de Ta sainte grâce; dans cette vie, sois mon guide, conduis-moi selon la Volonté de ton auguste Fils notre Dieu. Obtiens-moi la rémission de mes péchés, sois mon refuge, ma protection, ma délivrance, sois la main qui me dirige vers la vie éternelle. Souveraine, Souveraine, ne m'abandonne pas à l'heure suprême, hâte-toi de m'apporter le secours qui m'est nécessaire, arrache-moi de la cruelle tyrannie des esprits de l'enfer.''
Cf. https://site-catholique.fr/?Priere-de-Saint-Ephrem-a-la-Vierge-Souveraine
Dans sa prière ''à la Vierge Marie Immaculée'', il écrit :
''Ô Vierge Marie, immaculée, entièrement pure, et mère de Dieu. À travers vous, nous avons été réconciliés avec notre Dieu. Vous êtes l’avocate des pécheurs, et l’abri sûr de ceux qui naviguent sur les flots de cette vie. Vous êtes la consolation du monde, la rançon des captifs, la joie des malades, le confort des affligés, le refuge. Ô sainte mère de Dieu, recouvrez-nous des ailes de votre clémence, et ayez pitié de nous. Nous sommes donnés à vous et consacrés à votre service. Ô Vierge immaculée, nous sommes sous votre protection.''
"Ô très Sainte et Immaculée Vierge" :
"Ô très Sainte et Immaculée Vierge, Mère de mon Dieu, Reine de lumière, très-puissante et très-bonne ! Plus sublime que tous les esprits célestes, plus pure que les rayons du soleil, plus digne d'honneur que les chérubins, plus sainte que les séraphins, et plus glorieuse, sans aucune comparaison, que toutes les hiérarchies du Ciel ! Ô sainte Dame qui avez été l'espérance des anciens pères, la gloire des prophètes, la louange des apôtres, l'honneur des martyrs, la joie des saints, la couronne des vierges... recevez-moi ! Ô Vierge pleine de Grâce, éclairez mon entendement, donnez-moi mes paroles, donnez le mouvement à ma langue et à mes lèvres, afin qu'avec toute l'affection de mon cœur, je chante vos louanges et que je Vous présente cette très agréable salutation, que Gabriel Vous a apportée du Ciel à Nazareth avec tout le respect qui est dû à la Mère de Dieu. A quoi Vous comparerai-je encore ? A cet encensoir d'or d’où s'exhalaient de si doux parfums, à cette lumière brillante qui éclairait sans cesse le sanctuaire; à cette urne qui enfermait la manne du ciel. Vous êtes la consolation du monde, l'asile des orphelins, la rédemption des captifs, la santé des malades, la consolation des affligés et le salut de tous ; en Vous le solitaire trouve un appui et le mondain une espérance". Saint Éphrem
Cf. https://site-catholique.fr/?Priere-de-Saint-Ephrem-a-la-tres-Sainte-et-Immaculee-Vierge
La Prière d’Éphrem de Nisibe "Nous Vous supplions, ô Bienheureuse Marie, d'avoir pitié de nous" :
''Ô Vierge très pure et sans la moindre tâche ! Ô Marie ! Mère de Dieu, Reine de l’univers, Vous êtes au-dessus de tous les saints, l'Espérance des élus, et l'Allégresse de tous les bienheureux. C'est Vous qui nous avez réconciliés avec Dieu ; vous êtes l'unique Avocate des pécheurs, et le Port assuré de ceux qui ont fait naufrage ; Vous êtes la Consolation du monde, la Rançon des captifs, la Santé des infirmes, la Joie des affligés et le Salut de tous. Nous avons recours à Vous et nous Vous supplions, ô Bienheureuse Marie, d'avoir pitié de nous. Ainsi soit-il.''
Cf. https://site-catholique.fr/?Priere-a-Marie-de-St-Ephrem
La Prière Mariale de Saint Éphrem le Syrien de Nisibe "Très Sainte Dame, Mère de Dieu" :
''Très Sainte Dame, Mère de Dieu, seule très pure d'âme et de corps, seule au-delà de toute pureté, de toute chasteté, de toute virginité; seule demeure de toute la grâce de l'Esprit-Saint; par là surpassant incomparablement même les puissances spirituelles, en pureté, en sainteté d'âme et de corps, jetez les yeux sur moi, coupable, impur, souillé dans mon âme et dans mon corps des tares de ma vie passionnée et voluptueuse; purifiez mon esprit de ses passions ; sanctifiez, redressez mes pensées errantes et aveugles ; réglez et dirigez mes sens ; délivrez-moi de la détestable et infâme tyrannie des inclinations et passions impures ; abolissez en moi l'empire du péché, donnez la sagesse et le discernement à mon esprit enténébré, misérable, pour la correction de mes fautes et de mes chutes, afin que, délivré des ténèbres du péché, je sois trouvé digne de Vous glorifier, de Vous chanter librement, seule vraie Mère de la Vraie lumière, le Christ notre Dieu; car Seul avec Lui et par Lui, Vous êtes bénie et glorifiée par toute créature invisible et visible, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.''
Cf. https://site-catholique.fr/?Priere-Mariale-de-Saint-Ephrem-le-Syrien
Sur l'Assomption (15 août) : La tradition de l’Église, notamment les écrits de saint Éphrem le Syrien ou de saint Grégoire de Tours, considère que la Vierge est directement ''montée au ciel''.
''Le corps de Marie est resté vierge après l’enfantement, ce corps ne connaît pas la corruption après la mort.
Elle est celle qui a porté le Créateur devenu enfant dans son sein, qu’elle habite désormais dans les demeures divines, et que l’épouse de Dieu entre dans la maison du ciel.
Elle a vu son propre fils en croix, et reçu dans son corps la douleur qu’elle n’a pas soufferte durant l’enfantement. Elle le contemple siégeant à la droite du Père, et elle ne connaît pas la corruption après la mort. […]
Qu’elle soit honorée par toutes les créatures comme la mère et la servante de Dieu.'' Extrait de l’hymne sur l’Assomption (hymnes à Marie pour la liturgie des heures, n° 16) composé par st Ephrem de Nisibe
Au IVe siècle, S. Amphiloque, évêque d’Icone, représentant de l'école théologique cappadocienne qui a conduit aux formulations dogmatiques trinitaires du premier concile de Constantinople (381), dit que Dieu a formé la sainte Vierge sans tache et sans péché. Dans la liturgie de S. Jean Chrysostome, qui est plus ancienne que lui, Marie est appelée sans tacheà tous égards.
Au Ve siècle, cette tradition sur la conception de la Vierge Marie se poursuit chez les Pères grecs au lendemain du Concile d'Ephèse (431), en particulier chez deux évêques adversaires de Nestorius: saint Proclus, un des successeurs de S. Jean Chrysostome sur le siège de Constantinople (434-446), et Théodote, évêque d'Ancyre (430-439), puis chez S. Sophrone, patriarche de Jérusalem (634-638);
André de Crète (+ 740); saint Jean Damascène, mort vers le milieu du VIIIe siècle, dont les témoignages sont assez longuement rapportés par le P. X.-M. Le Bachelet, Dict. Apol., art., Marie, col. 223-231.
À la lumière de cette tradition exégétique les paroles de l'ange à Marie:
"Je vous salue, pleine de grâce", ... la Sainte Vierge n'aurait pas reçu cette plénitude de grâce si son âme avait été un instant dans l'état de mort spirituelle par suite du péché originel, si elle avait été un instant privée de la grâce, détournée de Dieu, fille de colère, dans un état de servitude sous l'empire du démon. Saint Proclus dit qu'elle a été "formée d'un limon pur" (Orat. VI).
Théodote d'Ancyre dit que le "Fils du Très-Haut est issu de la Très-Haute" (Hom VI, in sanctam Mariam Dei genitricem, 11-12).
Saint Ambroise sur le psaume CXVIII (1178 selon la numérotation grecque) dit qu’elle a été exempte de toute tache du péché.
Au IVe siècle, il devient commun de considérer que Marie était, comme le disait saint Augustin, restée vierge "avant la naissance de Jésus, pendant sa naissance et pour toujours après sa naissance." (Source: Les grandes figures de L'Histoire, Jésus, Hors-série, n° 20, Oracom Éditions, Paru le 26-11-2021, p. 52.)
Saint Ephrem le Syriaque, mort en 373, dit : "Toutes deux innocentes, toutes deux saintes, Marie et Eve avaient été faites en tous points semblables, mais ensuite l'une est devenue cause de mort et l'autre cause de notre vie,
Didyme d'Alexandrie, mort en 398, parle de "Vierge Immaculée, toujours et en tout".
Les Pères disent souvent de Marie qu'elle est immaculée, qu'elle a toujours été bénie de Dieu, au sens de sans tache, pour l'honneur de son Fils, qu'elle est intemerata, intacta, impolluta, illibata, entièrement sans souillure.
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S. Ambroise dit de même de Marie qu'elle est exempte de toute souillure du péché "per gratiam ab omni integra labe peccati" (in Ps. CXVIII, 22, 30; P. L., XV, 1521), et S. Augustin que "au sujet seulement de la Sainte Vierge Marie, l'honneur du Seigneur ne permet pas de soulever la question du péché." (De natura et gratia XXXVI, 42; P. L. XLIV, 267).
Au Ve siècle, Saint Proclus, patriarche de Constantinople de 434 à 446, dit : "Le Verbe n'a pas été souillé en habitant le sein que Lui-même a créé sans déshonneur..."
Depuis le VIIe et le VIIIe siècle, on célèbre dans l'Église, surtout dans l'Église grecque, la fête de la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie: en Sicile au IXe, en Irlande au Xe, presque dans toute l'Europe au XIIIe.
Le Concile de Latran de 649 (Denz., 256) appelle Marie, "immaculée".
Au Ve, S. Proclus, disciple de S. Jean Chrysostome et son successeur, dit que la sainte Vierge a été formée d’un limon pur. On lui attribue avec raison les trois sermons sur la sainte Vierge, qui passaient autrefois pour être de S. Grégoire le Thaumaturge, et dans lesquels cette même doctrine est enseignée.
Saint Jérôme sur la psaume LXIII (62 selon la numérotation grecque) dit que Marie n’a jamais été dans les ténèbres, mais toujours dans la lumière.
S. Augustin même, en écrivant contre les Pélagiens a formellement excepté la sainte Vierge du nombre des créatures coupables du péché.
Au VIe siècle, S. Fulgence (Serm. De Laudib. Mariae) observe que l’ange, en appelant Marie pleine de grâce, a fait voir que l’ancienne sentence de colère était absolument révoquée.
Au VIIIe s., S. Jean Damascène appelle cette sainte Mère de Dieu un paradis dans lequel l’ancien serpent n’a pas pu pénétrer (Hom. In Nat. B. M. V.)
S. Jean Damascène écrit que Marie est la fille très sainte de Joachim et d'Anne qui "a échappé aux traits enflammé du malin" (Hom. I in Nat., 7), qu'elle est un paradis nouveau "où le serpent n'a pas d'entrée furtive" (Hom. II in dormit., 2 col 725) qu'elle est exempte de la dette de la mort, qui est une des suites du péché originel (Hom. II in dormit., 3, col 728), elle doit donc être exempte de la déchéance commune.
Si Marie avait contracté le péché originel, la plénitude de la grâce aurait été restreinte en ce sens qu'elle ne se serait pas étendue à toute sa vie. L'Eglise, en lisant les paroles de la salutation angélique à la lumière de la tradition et avec l'assistance du Saint-Esprit, y a vu le privilège de l'Immaculée Conception, implicitement révélé, non pas comme l'effet dans la cause qui peut exister sans lui, mais comme une partie dans le tout; la partie est actuellement dans le tout au moins implicitement énoncée.
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Les premières traces de cette fête de "l’Immaculée Conception" remontent au VIIIe siècle dans l’Église grecque. Elle était alors célébrée le 9 décembre à Constantinople. Certains émettent l’hypothèse que cette fête était déjà célébrée au VIe siècle dans les laures monastiques. En Occident, cette fête apparaît pour la première fois dans deux calendriers liturgiques de Winchester au IXe siècle. Le Dictionnaire des temps, des lieux et des figures du Christianisme, Sous la dir. de André Vauchez, Seuil, Lonrai 2010, p. 278 précise que "l'église byzantine célèbre au VIIe siècle la fête de la Conception de Marie (8 décembre). Mais il faut attendre la fin du XIe siècle pour la voir apparaître en Occident, (...) en Angleterre."
Le Dictionnaire de la civilisation chrétienne, Fernand Comte, In Extenso Larousse 1999, indique quant à lui p. 495-496 qu'"une fête de l'Immaculée conception fut célébrée dès le Ve siècle dans l'église orientale et au VIIe siècle dans l'église occidentale."
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Au IXe siècle, Georges de Nicomédie regardait la Conception immaculée de la Sainte Vierge comme "la fête de la Vierge la plus récente" ; et au moins depuis cette époque les Grecs ont constamment appelé Marie panachrante, toute pure, sans tache, sans péché ; ils n’ont pas emprunté cette croyance de l’Église romaine, puisqu’ils la conservent encore.
Cf. https://sauvonsleglisedewimereux.fr/2020/12/07/une-peu-dhistoire-limmaculee-conception/
et Encyclopédie théologique Nicolas Bergier, 1815-1875, Migne, Encyclopedie Theologique Vol. 33, Dictionnaire de Theologie Dogmatique, p. 985-986
"Fille digne de Dieu, beauté de la nature humaine, réhabilitation d'Ève notre première mère", écrit le moine Saint Jean de Damas (v. 675-749) au VIIIe siècle.
"Aujourd'hui le Créateur de toutes choses, Dieu le Verbe, a composé un ouvrage nouveau, jailli du coeur du Père pour être écrit, comme avec un roseau, par l'Esprit qui est la langue de Dieu... Fille toute sainte de Joachim et d'Anne, qui as échappé aux regards des Principautés et des Puissances et 'aux flèches enflammées du Mauvais' (Col 1,16; Ep 6,16), tu as vécu dans la chambre nuptiale de l'Esprit, et as été gardée intacte pour devenir épouse de Dieu et Mère de Dieu par nature...
"Fille aimée de Dieu, l'honneur de tes parents, les générations des générations te disent bienheureuse, comme tu l'as affirmé avec vérité (Lc 1,48).
"Fille digne de Dieu, beauté de la nature humaine, réhabilitation d'Ève notre première mère ! Car par ta naissance, celle qui était tombée est relevée...
"Si, par la première Eve 'la mort a fait son entrée' (Sg 2,24; Rm 5,12) parce qu'elle s'était mise au service du serpent, Marie, elle, qui s'est fait la servante de la volonté divine, a trompé le serpent trompeur et introduit dans le monde l'immortalité."
Saint Jean de Damas (v. 675-749), moine, théologien, docteur de l'Église, Homélie pour la Nativité de la Vierge, 7, 10 (trad. SC 80, p. 63 rev.)
La naissance de l'"Immaculée", la "mère du Beau" chez S. André de Crète (660-740)
"Aujourd'hui, Adam offre Marie à Dieu en notre nom comme les prémices de notre nature. ... Aujourd'hui l'humanité, dans tout l'éclat de sa noblesse immaculée, reçoit le don de sa première formation par les mains divines et retrouve son ancienne beauté. Les hontes du péché avaient obscurci la splendeur et les charmes de la nature humaine; mais naît la mère du Beau par excellence, cette nature recouvre en elle ses anciens privilèges et est façonnée suivant un modèle parfait et vraiment digne de Dieu... Aujourd'hui de Juda et de David est sortie une jeune vierge, portant la marque du règne et du sacerdoce de celui qui, selon l'ordre de Melchisédec, a reçu le sacerdoce d'Aaron... Pour tout dire en un mot : aujourd'hui, la réformation de notre nature commence, et le monde vieilli, soumis à une transformation toute divine, reçoit les prémices de la seconde création."
(S. André de Crète, in P. Regamey, Les plus beaux textes sur la Vierge Marie)
Au concile de Verceil, en 1050, le pape Léon IX recommande de célébrer la conception de la Vierge. Cette fête se répand progressivement dans l’Église d’occident.
St. Antoine (1195-1231), l'un des premiers fils de saint François d'Assise, appelait Marie dans ses sermons, par le doux nom de "Vierge Immaculée".
En 1305, le Bienheureux franciscain Jean Duns Scot (1266-1308) soutint publiquement le privilège de l'Immaculée Conception, dans une disputatio à la Sorbonne qui l'opposa à tous les professeurs opposés à cette définition, et en présence des légats du Pape.
"Le Père Saint François... En effet, en envoyant les premiers frères à la conquête des âmes, leur a enseigné une prière à Notre-Dame: "Je vous salue, Dame... choisie par le Très Saint Père du Ciel, qui vous a consacrée avec le Fils très saint et bien-aimé et avec le Saint-Esprit le Paraclet. En Toi est et était toute plénitude de grâce et tout bien."
Les professeurs de Paris affirmèrent que c'était une nouvelle doctrine. ''Une nouvelle doctrine ? [...] Les Pères de l'Église ne proclament peut-être pas assez clairement leur foi et celle de leurs siècles dans l'Immaculée Conception de Marie, lorsqu'ils affirment qu'Elle est très pure à tous égards et totalement sans défaut, toujours pure. , que le péché n'a jamais dominé en Elle, qu'Elle est plus que sainte, plus qu'innocente, sainte à tous égards, pure sans défaut, plus sainte que les saints, plus pure que les esprits célestes, la seule sainte, la seule innocente, la seule sans tache au-delà de toute mesure, le seul béni au-delà de toute mesure ?", demanda-t-il.
"La vérité est que tous ces messieurs ne connaissent pas exactement les écrits des Pères de l'Église, en particulier ceux de l'Est ; qu'ils lisent donc aussi ces rouleaux. Ils prétendent que l'affirmation selon laquelle la Sainte Vierge était immunisée de la tache du péché originel est un outrage à la dignité du Christ Seigneur, qui a racheté tous sans exception et est mort pour tous. Mais n’est-ce pas précisément à cause de cela, à cause des mérites de sa mort future, qu’il n’a pas même permis qu’elle soit souillée par une quelconque culpabilité ? N'est-ce pas précisément pour cela qu'Il l'a rachetée de la manière la plus parfaite ?"
Lorsque le courageux défenseur du privilège de l'Immaculée Conception quitta cet exil terrestre, le 8 novembre 1308, à Cologne, où il enseignait à l'université pendant ses dernières années, la foi en l'Immaculée Conception de Marie était alors si profondément enracinée que le célèbre théologien espagnol Vasquez pouvait à juste titre écrire au XVIe siècle "Depuis Scot, la foi en l'Immaculée Conception] a tellement grandi non seulement parmi les théologiens scolastiques, mais aussi parmi le peuple, que personne n'est désormais capable de la faire disparaître."
(saint Maximilien Marie Kolbe, "A proposito del culto all'Immacolata Concezione", 1925)
En 1476 et 1483, Sixte IV parle en faveur du privilège à propos de la Conception de Marie (Denz. 734 s.)
Le Concile de Trente (Denz., 792) déclare lorsqu'il parle du péché originel qui atteint tous les hommes, qu'il n'est pas de son intention d'y inclure la bienheureuse et immaculée Vierge Marie.
En 1567, Baius est condamné pour avoir enseigné le contraire (Denz., 1073). En 1661, Alexandre VII affirme le privilège en disant que presque tous les catholiques l'admettent, quoiqu'il ne soit pas défini (Denz., 1100).
Le 8 décembre 1854 est promulgué la définition solennelle (Denz., 1641) bulle Ineffabilis Deus de Pie IX. (P. Reginald Garrigou-Lagrange O. P., La Mère du Sauveur et notre vie intérieure, Les Editions du Cerf, Imprimatur 1941, rééd. Editions Saint-Rémi, p. 36-45).
La définition dogmatique
La définition du dogme de l'Immaculée Conception par Pie IX, le 8 décembre 1854, s'exprime ainsi: "Nous déclarons, prononçons et définissons que la doctrine suivant laquelle, par une grâce et un privilège spécial de Dieu tout-puissant, et en vertu des mérites de Jésus-Christ, sauveur du genre humain, la bienheureuse Vierge Marie a été préservée de toute tache du péché originel au premier instant de sa conception, est révélée de Dieu et doit, par conséquent, être crue fermement et constamment par tous les fidèles" (Denzinger, n° 1641).
Cette définition contient surtout trois points importants:
1° la bienheureuse Vierge Marie a été préservée de toute tache du péché originel au premier instant de sa conception. [...] L'Eglise n'a pas défini quelle est la nature intime du péché originel, mais elle a fait connaître ses effets: inimitié ou malédiction divine, souillure de l'âme, état d'injustice ou de mort spirituelle, servitude sous l'empire du démon, assujettissement à la loi de la concupiscence, de la souffrance et de la mort corporelle, considérée comme peine du péché commun (IIe Concile d'Orange, Denz., 174, 175. - Concile de Trente, Denz., 788, 789). Ces effets supposent la privation de la grâce sanctifiante qu'Adam avait reçue avec l'intégrité de nature pour lui et pour nous, et qu'il a perdue pour lui et pour nous (Concile de Trente, Denz., 789).
2° c'est en vertu des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain que Marie a été préservée du péché originel, comme l'avait déclaré en 1661 Alexandre VII (Denz., 1100). On ne saurait donc plus admettre comme le soutinrent quelques théologiens au XIIIe siècle que Marie est immaculée en ce sens qu'elle n'a pas eu besoin de rédemption, et que la première grâce en elle est indépendante des mérites futurs de son Fils.
Selon la bulle Ineffabilis Deus, Marie a été rachetée par les mérites de son Fils, et de la façon la plus parfaite par une rédemption, non pas libératrice du péché originel déjà contracté, mais par une rédemption préservatrice.
A l'idée de rédemption préservatrice se rattache celle-ci que Marie, fille d'Adam, descendant de lui par voie de génération naturelle, devait encourir la tache héréditaire et l'aurait encourue de fait, si Dieu n'avait pas décidé de toute éternité de lui accorder ce privilège singulier de la préservation en dépendance des mérites futurs de son Fils.
Ce point de doctrine était déjà affirmé par la liturgie dans l'oraison propre de l'Immaculée Conception, qui fut approuvée par Sixte IV (1476) et où il est dit: "Ex morte ejusdem Filii tui praevisa, eam (Mariam) ab omni labe praeservasti". La Sainte Vierge a été préservée du péché originel par la mort future de son Fils, c'est-à-dire par les mérites de Jésus mourant pour nous sur la croix.
On voit dès lors que cette préservation de Marie diffère beaucoup de celle du Sauveur lui-même, car Jésus ne fut nullement racheté par les mérites d'un autre, ni par les siens; il a été préservé du péché originel et de tout péché à un double titre: premièrement par l'union personnelle ou hypostatique de son humanité au Verbe, ... et secondement de par sa conception viriginale, due à l'opération du Saint-Esprit, Jésus ne descend pas d'Adam par voie de génération naturelle (selon la parole de S. Augustin, De Genesi ad litteram, liv. X, c. 19 et 20, le Christ fut en Adam "non secundum seminalem rationem", mais seulement "secundum corpulentam substantiam". Cela n'appartient qu'à lui seul.
3° La définition du dogme de l'Immaculée Conception propose cette doctrine comme révélée, et donc comme contenue au moins implicitement dans le dépôt de la Révélation, c'est-dire dans l'Ecriture et la Tradition, ou dans l'une de ces deux sources.
Le témoignage de l'Écriture
Qui tirera le pur de l’impur ? Personne !
Mais le SEIGNEUR lui-même vit ! son ange m'a gardée, et lorsque je suis sortie d'ici, et tant que j'ai demeuré là, et lorsque je suis revenue ici; et le Seigneur n'a pas permis que moi, sa servante, je fusse souillée : mais il m'a rappelée vers vous sans tache de péché, me réjouissant de sa victoire, de mon salut et de votre délivrance.
Aussi vrai que le Seigneur est vivant, son ange m'a gardée à mon départ, durant mon séjour au milieu d'eux, et à mon retour, et le Seigneur n'a pas permis que sa servante fût souillée; mais il m'a rendue à vous sans aucune tache de péché, toute joyeuse de sa victoire, de ma conservation et de votre délivrance.
La sagesse n'habitera pas "dans un corps endetté par le péché" (Sagesse 1,4) :
Car la Sagesse ne peut entrer dans une âme qui veut le mal, ni habiter dans un corps asservi au péché.
La bulle Ineffabilis Deus cite deux textes de l'Ecriture: Gen., III, 15 et Luc, I 28, 42.
Dans le Genèse, ce privilège est implicitement ou confusément révélé comme en germe dans ces paroles de Dieu adressées au serpent, figure du démon (Gen., III, 15): "Je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité; celle-ci t'écrasera la tête et tu la mordras au talon". Celle-ci, c'est-à-dire la postérité de la femme, car dans le texte hébreu, le pronom est masculin et désigne les descendants de la femme; de même dans les Septantes et la version syriaque. La Vulgate a mis ipsa qui se rapporte à la femme elle-même. Le sens d'ailleurs n'est pas essentiellement différent, car la femme sera associée à la victoire de celui qui représentera éminemment sa postérité en lutte avec le démon au cours des âges.
Par elles-mêmes ces paroles ne suffisent certainement pas à prouver que le privilège de l'Immaculée Conception est révélé, mais les Pères, dans leur comparaison d'Eve et Marie, y ont vu une allusion à cette grâce, c'est à ce titre que Pie IX cite cette promesse.
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En 1531, lors de l'apparition de la Vierge du Mexique sur la colline de Tepeyac près de Mexico, Notre-Dame de Guadalupe se présenta ainsi à un Indien : "Je suis la parfaite et toujours Vierge Sainte Marie, la Mère du vrai Dieu."
En 1858, quatre ans après la définition dogmatique, lorsque la Vierge apparaît la première fois à Lourdes à Bernadette Soubirous, celle-ci n’a pas encore fréquenté le catéchisme, les campagnes n'étaient pas encore au courant de cette définition. Elle lui déclare : "Je suis l'Immaculée conception."
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