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Christ Roi

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7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 00:00

 

Saint Ambroise et l'empereur Théodose, Peter Paul Rubens, huile sur toile 1618-1620, Vienne (Autriche) Kunsthistorisches Museum, N° inventaire 524

 

Ambroise, fils d'un préfet des Gaules et d'Occident, était gouverneur de Milan.

Sa grand-tante, la belle Aurelia Sotheris, vierge chrétienne, fut suppliciée le 10 février 305, flagellée puis décapitée sur la Via Appia. Baptisé à 35 ans, il devint prêtre et évêque à la demande de la foule ; il combattit avec succès l'arianisme, et fut l'inventeur de nombreuses reliques de saints.

Afin de pouvoir poursuivre leur cursus honorum, beaucoup d'hommes de l'aristocratie romaine, quoique chrétiens de coeur, repoussaient leur baptême jusqu'à leur vieillesse. Ils considéraient que le sacrement laverait les fautes qu'ils auraient dû commettre dans l'exercice des magistratures. Cette attitude perdurera longtemps après la conversion de l'empire puisque dans les années 350 le père de saint Ambroise, préfet du prétoire d'Occident, mourra sans avoir été baptisé en dépit de sa réelle ferveur. Ses deux fils, qui commencèrent par suivre à leur tour la carrière administrative, en avaient fait autant. Ambroise fut baptisé en catastrophe, à trente-cinq ans, puis aussitôt ordonné prêtre et sacré évêque de Milan, ce qui d'ailleurs, n'était pas une procédure canoniquement valable et autorisée...

 

Le fléau des ariens

 

L'évêque de Milan, Auxence, qui était arien, venait de mourir. Les évêques de la province, le clergé, les fidèles, assemblés pour élire son successeur, ne pouvaient s'entendre. La lutte électorale était vive entre catholiques et hérétiques ariens (négateurs de l'unité du Père et du Fils et donc de la Trinité). Le peuple, réuni à l'église, semblait prêt à faire une sédition pour obtenir un évêque, dont il était privé depuis vingt ans par la faute des ariens, le magistrat Ambroise, gouverneur de la Province, accourut, se rendit à l'église pour calmer la foule ; mais voici qu'un enfant l'interrompit et cria : « Ambroise évêque ! » C'était la voix du Ciel ; celle du peuple y répondit, et le temple retentit de ce cri répété avec enthousiasme : « Ambroise évêque ! Ambroise évêque !  » La multitude saisit ce mot avec enthousiasme; tous, ariens et catholiques, répétaient ce mot. Ambroise protesta ; il objecta qu'il n'était que catéchumène, il se fraya un passage à travers la foule et s'esquiva en son palais ; mais la foule le suivit, déjoua tous ses stratagèmes et répèta cent fois le même cri. Il s'enfuit à cheval pendant la nuit, mais il perdit son chemin, et à son grand étonnement se retrouva le matin à son point de départ (374). 

Ambroise fut le fléau des ariens et le vaillant défenseur de la vraie foi. Dans plusieurs conciles, il confondit Priscillien, Jovinien et d'autres hérétiques. Saint Ambroise défendit courageusement le christianisme contre les païens et le préfet Symmaque. A la fin du IVe siècle, sous Théodose, le gouvernement de l'Empire était en effet toujours assumé par des païens : avec le sénateur païen Symmaque, Préfet (384), puis consul (391), et son collège Prétextat, "tout le Sénat tenait encore pour le paganisme"; Les Vestales habitaient toujours le "Temple de la Mère des dieux". Ambroise, dut combattre pour s'opposer aux initiatives de Symmaque en faveur du culte païen; il nota dans la polémique qui s'ensuivit que les païens devaient être satisfaits de voir les places publiques, les portiques et les bains toujours remplis des statures de leurs dieux...

Parmi toutes ses vertus, l'énergie, une fermeté tout apostolique, semble avoir été la principale. Un jour on vint lui apporter un ordre injuste signé par l'empereur Valentinien : « Allez dire à votre maître, répondit Ambroise, qu'un évêque ne livrera jamais le temple de Dieu. »

Bientôt il apprit que les hérétiques ariens, soutenus par l'autorité, allaient s'emparer de deux basiliques : « Allez, s'écria Ambroise du haut de la chaire sacrée, dire aux violateurs des temples saints que l'évêque de Milan excommunie tous ceux qui prendront part au sacrilège. »

 

Le fait le plus célèbre : le châtiment qu'il osa imposer à l'empereur Théodose Ier

 

En 390, la population de Thessalonique (Grèce) se révolta contre l'impôt et tua le gouverneur ainsi que plusieurs magistrats. L'empereur chrétien Thédodose Ier fit alors massacrer autour de 7 000 personnes qu'il avait fait rassembler dans l'hippodrome. Ce prince dont les mains étaient encore souillées du sang versé au massacre de Thessalonique, se présenta au seuil du temple. Ambroise était là, mençant de l'excommunier : « Arrêtez, lui dit-il ; imitateur de David dans son crime, imitez-le dans sa pénitence. » Théodose, craigant cette dernière peine, accepta la pénitence publique et resta pendant huit jours à la porte de l'église (Seignobos, Histoire de la civilisation ancienne, Masson et Cie éditeurs, 1900, vol. 1, p. 343), marquant ainsi la subordination du pouvoir temporel au pouvoir spirituel.

  Saint Ambroise fut un grand évêque, un savant docteur, un orateur éloquent, un homme de haute sainteté.

Parmi les saints qu'il priait et affectionnait, Ambroise vouait une grande dévotion à saint Laurent. A Milan, pour récupérer les reliques des martyrs, il se fia aux inspirations divines, qui lui permirent à plusieurs reprises d'inventer des reliques, terme qui ne signifie pas qu'il les a supposées mais qu'il les a découvertes... Il retrouva ainsi Celse et Nazaire, Vital et Agricola, Gervais et Protais, martyrisés à la fin du IIIe siècle.

Ambroise consacra une partie de son traité De virginibus à sainte Agnès de Rome, Vierge et Martyre (304) dont il raconta la vie en s'appuyant sur des témoignages de témoins oculaires du procès, encore vivants et très âgés à la fin du IVe siècle.

Avec sainte Monique, il travailla efficacement à la conversion du grand saint Augustin.

Il organisa la liturgie de son diocèse, qui est restée sous son nom jusqu'à ce jour (rite ambrosien). C'est lui qui, d'après la tradition, a le premier réglé la forme du chant ecclésiastique (cantus ambrosianus, seu firmus). Ce n'est qu'à la fin du IVe siècle que saint Ambroise imposa, pour parler de l'assemblée dominicale (dominicum), le mot missa, messe.

Dans sa charité sans bornes, il ne craignit pas de vendre les vases sacrés de l'église pour le rachat des captifs. Il mourut la veille de Pâques, en 397.

Saint Ambroise convertissant Théodose, toile de Pierre Subleyras, 1745.

 

 

Sources

(1) L'Evangile au Quotidien ; (2) Anne Bernet, Les Chrétiens dans l'Empire romain, des persécutions à la conversion Ier - IVe siècle, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 298, 372, 442, 453, 461, 464 ; (3) Wikipedia ; (4) Mgr Paul Guérin, Vie des saints pour tous les jours de l'année, Editions D.F.T., Saint-Etienne 2003, p. 753-754.

 

. Les évêques, derniers défenseurs authentiques de la "Romanitas" : saint Léon le Grand, pape et docteur de l'Église († 461)

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Publié par Ingomer - dans Saints du jour
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commentaires

Tchetnik 07/12/2010 17:02



Quand, à la fin de sa pénitence, Théodose voulut aller communier dans le sanctuaire, comme c'était encore la coûtume pour les empereurs, Saint Ambroise le dégagea en lui disant "le pourpe fait
les empereurs mais pas les prêtres. Va communier dehors, avec les fidèles".


Un évêque dit cela à un homme qui avait la moitié du monde connu sous ses ordres et qui aurait pu le faire tuer d'un haussement de sourcil.


Une histoire similaire est arrivée à Saint Basile, face au préfet Modeste.


 


 



Tchetnik 07/12/2010 16:57



Ahhh...


L'époque où les prêtres et évêques comprenaient que leur raison d'être est de garder et de transmettre la Grâce et la Vérité, pas de faire de la diplomatie ou de la politique complaisante et
démocrassouillarde...


L'époque où les prêtres et évêques ne cherchaient qu'à rester fidèles à leur devoir et non à plaire aux hommes, où ils avaient de l'honneur, de la fidélité et du COURAGE...coomme Saint Mitrophane
de Voronej qui envoya paitre l'Empereur Pierre Ier pour ses statues paiennes.


Vénérer les reliques de Saint Ambroise dans la crypte de sa magnifique basilique (à Milan bien sûr), avec, à ses côtés, Saints Gervais et Protais.