« Je recommande à mon fils s’il avait le malheur de devenir Roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, [...] qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les Lois, mais en même temps qu’un Roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile. » (Testament de Louis XVI)
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La Commission Théologique Internationale (CTI) conseille l’Église sur les questions théologiques. Ses documents ne sont PAS des définitions doctrinales infaillibles en eux-mêmes. Donc la critique est tout à fait légitime. Mais une critique faite ces jours-ci ne représente pas fidèlement le texte.
Un nouveau document intitulé "Prendre soin de notre maison commune : une réponse responsable et fraternelle au Dieu trinitaire", publié le 21 août, a été critiqué le 5 septembre ("The Remnant"; info reprise telle quelle par "Sign of the cross" sur x le 8 septembre, "LifeSite") comme favorisant le panenthéisme, du grec Grec πᾶν pân, "tout" ; ἐν, en, "dans" ; et θεός theós, "Dieu" ; "tout est en Dieu", idée que la création existe "en Dieu" et est donc également divine, et tendant donc à dire que la Création est divine. Ce qui est une hérésie qui brouille la distinction essentielle entre Créateur et création (dualisme chrétien de l'être métaphysique). Si cette critique était pertinente, le nouveau document romain remettrait en cause la doctrine catholique sur la Création, le péché originel, la Rédemption et de la nécessité de la Croix du Christ. Or il n'en est rien.
"La CTI affirme explicitement que la création est 'véritablement distincte' de Dieu (§52) ET NON divine ; et elle affirme explicitement que ''le péché originel a introduit un profond désordre" (§26). La rédemption ? Dieu l’a déjà accomplie "une fois pour toutes" en Christ mort et ressuscité (§148). Ceci N’EST PAS un rejet de la doctrine traditionnelle. Vatican I sous Pie IX a enseigné que Dieu est "réellement et essentiellement distinct du monde".
De même le paragraphe 101 précise: [Le danger de l’absolutisation de la nature]. Une juste compréhension du rapport entre l’être humain et l’environnement n’absolutise pas la nature en la considérant plus importante que la personne humaine. Si le Magistère de l’Église rejette avec raison les visions inspirées par l’écocentrisme et le biocentrisme, c’est parce qu’elles occultent la différence d’identité et de valeur entre la personne humaine, interlocutrice directe de Dieu, et les autres êtres vivants (cf. n° 68).Ceci ouvre la voie à une nouvelle forme de panthéisme teintée de néo-paganisme, qui voit dans la nature le principe originel et ultime de la vie, y compris pour l’être humain." (Fin de citation)
"Dieu ouvre un espace à une création véritablement distincte de lui, tout en demeurant le fondement qui la soutient" (§ 52). Cela s'inscrit dans une vision trinitaire de la création (chapitre I) : la création porte l'empreinte de la Trinité, est distincte (pas d'identification panthéiste), autonome de façon relative, et pourtant continuellement soutenue par Dieu (création continue, creatio continua, vision pleinement conforme à la Tradition signifiant que Dieu ne se contente pas d'avoir posé le monde dans l'être une fois pour toutes, pour ensuite s'en retirer : il le maintient continuellement dans l'existence, être qui dépend totalement de l'action créatrice divine. Si Dieu cessait de soutenir, la Création cesserait purement et simplement d'être...) Cela évite le déisme (thèse du "Dieu horloger" qui donne l'impulsion initiale puis se retire et se désintéresse, Dieu distant, lointain, inconnaissable après un premier acte) et fonde la responsabilité humaine de "prendre soin de la maison commune", sans confusion ni exploitation prédatrice (tyrannie).
La creatio continua n'est pas la conception évolutionniste. L'évolution (au sens scientifique) concerne les causes secondes, les processus naturels par lesquels, à l'intérieur de la création déjà existante, des formes de vie se transformerait au fil du temps. La creatio continua, elle, concerne la cause première: le fait métaphysique que tout ce qui existe (y compris les processus évolutifs s'ils ont lieu) ne subsiste qu'en tant qu'il est constamment "tenu" dans l'être par Dieu.
Cette doctrine est classique :
>St Thomas d'Aquin (Somme théologique I, q. 104): la conservation des choses dans l'être est comme une continuation de l'acte créateur. Dieu est cause de l'être non seulement au début, mais à chaque instant.
>Catéchisme de l'Eglise catholique n. 301 : "Avec la création, Dieu n'abandonne pas sa créature à elle-même. Il ne lui donne pas seulement d'être et d'exister, Il la maintient à chaque instant dans l'être, lui donne d'agir et la porte à son terme."
>elle sert précisément à écarter le déisme et le panthéisme.
À l'aune du texte réel du document romain et de la doctrine traditionnelle, dont la creatio continua, la lecture qui en est faite par "The Remnant", puis "LifeSite" est largement inexacte, sélective et rhétoriquement forcée.
Voici les principaux points:
1-Sur l'"évolution" et Teilhard
L'article extrait un passage (n.46-47 du document). Au paragraphe 107, on lit : "l’être humain offre la création à Dieu dans le Christ et, en échange, implore sa bénédiction pour toutes choses. Le Christ est ainsi l’axe de la maturation du monde." La note 184, à la fin de ce texte, révèle la clé d’interprétation de ces mots : "Dans cette perspective, la contribution du Père Teilhard de Chardin est à saluer ; cf. Paul VI, Discours dans une importante usine chimico-pharmaceutique (24 février 1966) : Insegnamenti 4 (1966), 992-993 ; Jean-Paul II, Lettre au Père George V. Coyne, directeur de l'Observatoire du Vatican (1er juin 1988) : Insegnamenti 5/2 (2009), 60 ; Benoît XVI, Homélie pour la célébration des vêpres dans la cathédrale d'Aoste (24 juillet 2009) : L'Osservatore Romano , 31 juillet 2009, p. 3 et suiv." La CTI constate à partir des données scientifiques, que deux traits de la réalité cosmique sont "indiscutables" : son évolution holistique ouverte sur le futur, et le fait que l'espace et le temps participent à cette histoire évolutive. Elle propose ensuite qu'une ontologie relationnelle constitue un modèle adéquat pour une réalité essentiellement évolutive avec une "analogie intéressante" avec l'empreinte trinitaire de la création, et invite philosophes et théologiens à en tirer les conséquences possibles.
Cela n'équivaut pas à :
>fonder toute une théologie sur une "compréhension essentiellement évolutive" de la réalité comme principe premier;
>adopter la cosmologie de Teilhard (Point Omega, Christ comme personnification d'une conscience collective cosmique, matière et esprit comme dimensions d'un même processus divinisé, création comme processus ouvert auquel l'humanité participerait de manière quasi rédemptrice...)
Le document distingue soigneusement les niveaux (science, philosophie, théologie), rappelle que la création n'est pas à identifier au Big Bang ou à un modèle cosmologique particulier, et s'en tient à la dépendance ontologique permanente (creatio continua traditionnelle : Dieu soutient à chaque instant). Il ne cite ni ne valorise les thèses spécifiques de Teilhard qui ont valu le monitum de 1962. Lier purement et simplement "évolution cosmique spécifique + ontologie relationnelle" à "revival des idées hérétiques de teilhard" est un amalgame.
2-Sur le panenthéisme et le théisme classique
C'est le point de vue fragile de l'article de "LifeSite". L'auteur Gaetano Masciullo présente le document comme déclarant le théisme traditionnel (Créateur complètement transcendant) "dépassé" et endossant le panenthéisme. En réalité, au § 52, le document décrit plusieurs cosmovisions contemporaines (immanentisme, panthéisme, panenthéisme). Pour le panenthéisme, il note qu'il tente de conjuguer immanence et transcendance ("le monde existe en Dieu, tandis que Dieu le transcende en même temps"). Il ajoute immédiatement la formulation chrétienne classique: "Dieu, dans sa miséricorde gratuite, ouvre un espace à une création véritablement distincte de Lui, tout en continuant d'en être le fondement qui la soutient."
Or, le document affirme explicitement la distinction réelle (contre le panthéisme); rejette le déisme (Dieu distant après l'acte intial) au nom de la creatio continua traditionnelle; ne présente pas le panenthéisme comme la position catholique, mais comme une perspective philosophique avec laquelle dialoguer. L'article de LifeSite cite sélectivement la description du panenthéisme et l'attribue comme position du document. C'est une lecture forcée. Vatican I (Dei Filius) condamne le panthéisme (identité de substance entre Dieu et le monde, ou évolution de l'essence divine devenant toutes choses...) La formulation du document ("création véritablement distincte" + soutien divin permanent) reste dans le cadre du théisme classique (distinction + conservation de l'être...), et non dans une confusion panenthéiste qui diviniserait le cosmos ou rendrait Dieu dépendant de lui.
3-Autres affirmations
L'introduction d'un "péché contre la création et le Créateur" par le document romain est présenté comme problématique. Or le document propose précisément cette formulation pour mieux exprimer la dimension théologique (atteinte au plan du Créateur) que le simple "péché écologique". Ce n'est pas une nouveauté hérétique.
L'invocation de cadres écologiques (y compris les données scientifiques ou des références intergouvernementales) est critiquée comme alignement onusien. Le document s'en sert comme constat factuel tout en ancrant la réponse dans la théologie trinitaire, la doctrine sociale et la conversion écologique intégrale. On peut discuter de la pertinence ou du poids de certaines données, mais ce n'est pas une "intégration positive de la cosmologie teilhardienne".
Le risque allégué pour la Création, le péché originel, la Rédemption et la Croix n'est pas démontré par le texte. Le document romain maintient la finalité eschatologique en Christ, la récapitulation, et la nécessité de la conversion (y compris morale et spirituelle).
Bilan :
Les articles de The Remnant et de LifeSite surestiment gravement la portée des passages cités, transforment une description et une invitation au dialogue en endossement, et assimilent trop rapidement toute reconnaissance de l'évolution cosmique ou d'une ontologie relationnelle à un revival de Teilhard.
Le document romain reste sur les points centraux (distinction Créateur/Créatures, creatio continua comme conservation ontologique traditionnelle, empreinte trinitaire) dans le sillage de la doctrine classique qu'il invoque explicitement (Augustin, Hildegarde, Bonaventure, Thomas d'Aquin...)
Tels qu'ils sont ces articles polarisent davantage qu'ils n'éclairent.
Morale de l'histoire:
"La critique est saine. Mais le discernement chrétien exige que nous lisions d’abord les mots réels des documents romains, que nous les analysions à la lumière de la Tradition, et qu’ensuite nous jugions.
>Gemini est de toute façon intrinsèquement de gauche-libéral. Sa structure même est construite sur le déni de ces choses. Cf https://x.com/Evora_Roma/status/2096843254910091400?s=20
J'ai vérifié les données principales avec des sources officielles (INDEC, FMI, Fitch et autres). Inflation mensuelle de 25,5 % à environ 2 %, annuelle de 211 % à ~34 %, excédent budgétaire, pauvreté du pic de 52,9 % à ~28 %, croissance, relèvement à B-, réserves importantes autour de 50 milliards, dérégulation et baisse des homicides à Rosario sont substantiellement confirmés. Certains chiffres sont approximatifs, mais il ne s'agit pas de 60 % de faussetés.
La première grande fête du cycle des saints est celle de la Nativité de la Vierge Marie, mère de Jésus-Christ, célébrée le 8 septembre chaque année.
Une fête du 8 septembre très ancienne
Si cette fête a été célébrée très tôt à Constantinople et à Jérusalem, elle a pris forme à Rome au VIIe siècle.
Au cours de cette fête, les fidèles sont mis en présence de la plus haute sainteté humaine reconnue et vénérée par l’Église, celle de la Vierge Marie.
Il existait très anciennement à Jérusalem une maison appelée "la Maison d’Anne" (la Mère de Marie). Près de cette maison fut érigée une église dont la dédicace eut lieu un 8 septembre. L’anniversaire de cette dédicace fut commémoré chaque année. La fête s’étendit à Constantinople au 5ème siècle puis en Occident.
Plus tard, on lui adjoignit la fête de sa conception neuf mois auparavant (d’où le 8 décembre).
La Nativité de Marie est une des grandes fêtes de l’année liturgique byzantine car elle inaugure l’économie du salut et l’inscription du Verbe de Dieu (Jn 1) dans l’histoire des hommes.
Les textes lus et les prières chantées à cette occasion éclairent au mieux le sens du culte que l’Église à cette occasion éclairent au mieux le sens du culte que l’Église rend à Marie.
Les évangélistes ne nous disent pas où est née Marie.
Marie Fille de David
L’Écriture souligne avec force que Jésus est de la maison de David. Il est donc d’ascendance royale. De qui tient-il cette ascendance ? D’après les évangiles c’est Joseph qui donne à son fils adoptif Jésus la filiation davidique et royale.
Une tradition veut que Marie, épouse de Joseph, fût, elle aussi, d’ascendance davidique. En ce cas Jésus serait incontestablement "issu de la lignée de David selon la chair" (Rom 1,3) :
-Le Protévangile de Jacquesqui nous parle des parents de la Vierge, Anne et Joachim, affirme que Marie est de la maison de David.
Cela correspond aux prophéties de Nathan à David, rappelées par Pierre et Paul : "C’est quelqu’un issu de ton sang que je mettrai sur ton trône" (2 Sa 7,12sq ; 1 Ch 17,11-14 ; Ps 131 (132),11 ; Ac 2,30 ; Ac 13,23).
Selon Saint Jean, Les Actes des Apôtres ou Saint Paul, le Christ vient "de la semence (sperma) de David" (Jn 7,42, Ac 13,23, 2 Tm 2,8, Hb 7,14).
Il est "le rejeton de la race de David" selon l’Apocalypse (Ap 5,5 ou 22,16).
La Tradition penche du même côté depuis les origines. Marie a toujours été vue comme le "rameau de la souche de Jessé, père de David", qui donne la fleur messianique (Is 11,1-10):
"Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines.
Sur lui reposera l’esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur
– qui lui inspirera la crainte du Seigneur. Il ne jugera pas sur l’apparence ; il ne se prononcera pas sur des rumeurs.
Il jugera les petits avec justice ; avec droiture, il se prononcera en faveur des humbles du pays. Du bâton de sa parole, il frappera le pays ; du souffle de ses lèvres, il fera mourir le méchant.
La justice est la ceinture de ses hanches ; la fidélité est la ceinture de ses reins.
Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira.
La vache et l’ourse auront même pâture, leurs petits auront même gîte. Le lion, comme le bœuf, mangera du fourrage.
Le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra ; sur le trou de la vipère, l’enfant étendra la main.
Il n’y aura plus de mal ni de corruption sur toute ma montagne sainte ; car la connaissance du Seigneur remplira le pays comme les eaux recouvrent le fond de la mer.
Ce jour-là, la racine de Jessé, père de David, sera dressée comme un étendard pour les peuples, les nations la chercheront, et la gloire sera sa demeure." (Livre d'Isaïe 11,1-10)
"Et le pouvoir s’étendra, et la paix sera sans fin pour le trône de David et pour son règne qu’il établira, qu’il affermira sur le droit et la justice dès maintenant et pour toujours."
"Voici venir des jours – oracle du Seigneur–, où je susciterai pour David un Germe juste : il régnera en vrai roi, il agira avec intelligence, il exercera dans le pays le droit et la justice."
On trouve les mêmes prophéties dans la communauté juive de Qumran, dont on a retrouvé les textes en hébreux:
4Q174 col 3 ligne 12: "Et je relèverai la tente de David qui est déchue".
Ce passage évoque la branche déchue de David [qu]’Il relèvera pour délivrer Israël [Cf. Michael Wise, Martin Abegg, Edward Cook, Les Manuscrits de la Mer Morte, collec Tempus, Perrin 2003, p 272.]
4Q285 Frag. 5 ligne 2 (p. 363) "Un rejeton naîtra de la souche de Jessé [et un rameau poussera de ses racines (= Es X, 34).
Il s’agit du Rameau de David. Alors [toutes les forces de Bélial] seront jugées, [et le roi des Kittim comparaîtra en justice] et le chef de la nation – le Ra[meau de David] – le fera mettre à mort. [Prophétie indiquant que le Messie vaincra le mal.]
"Ce jour-là, je relèverai la hutte de David, qui s’écroule ; je réparerai ses brèches, je relèverai ses ruines, je la rebâtirai telle qu’aux jours d’autrefois, afin que ses habitants prennent possession du reste d’Édom et de toutes les nations sur lesquelles mon nom fut jadis invoqué, – oracle du Seigneur, qui fera tout cela."
"Le sceptre royal n’échappera pas à Juda, ni le bâton de commandement, à sa descendance, jusqu’à ce que vienne celui à qui le pouvoir appartient, à qui les peuples obéiront."
Les Pères tiennent ce fait pour acquis :
-Saint Ignace (1er siècle), Ephésiens 18,2
-saint Justin (2ème siècle), Dialogue avec Tryphon 43-45
-Saint Augustin : "Puisque le même évangéliste nous dit que l'époux de Marie était Joseph, que la mère du Christ était vierge, et que le Christ est de la descendance de David, que reste-t-il à croire, sinon que Marie n'était pas étrangère à la parenté de David."
-Bède le Vénérable (+735) ne pense pas autrement et enseigne que Marie était de la maison de David aussi bien que Joseph. "Car aux termes de la Loi chacun devait prendre épouse dans sa tribu ou dans sa famille".
-Pour un résumé de la tradition patristique cf. Saint Thomas d’Aquin : ST IIIa q. 31 a 2-3
N’est-il pas probable que dans une civilisation où l’on se mariait volontiers entre personnes de la même tribu, voire du même clan, Joseph ait choisi pour épouse une fille de la même lignée davidique que lui ?
"Choisis une femme du sang de tes pères, dit Tobie à son fils, ne prends pas une femme étrangère à la tribu de ton père" (Tb 4,12).
Mais cette hypothèse se heurte à une difficulté : si Marie est fille de David, pourquoi les évangiles canoniques ne le mentionnent-ils pas clairement ? Pourquoi se privent-ils d’un argument qui abonde dans leur sens ? Leur souci de souligner la messianité de Jésus et la conception virginale devait les amener tout naturellement à mettre en relief la filiation davidique de la Vierge. Comment dès lors comprendre le silence des évangiles sur ce sujet ? La loi du mariage endogame était-elle assez évidente pour qu’il n’y ait-point besoin de mentionner la tribu de l’épouse une fois citée celle du mari ? Ce n'est pas sûr. Nous lisons au livre de l’Exode qu’Aaron lui-même avait pris dans la tribu de Juda une épouse dont le prénom était précisément Élisabeth ! (Ex 6,23) Preuve que les mariages exogames étaient possibles.
La Vierge Marie serait également d'ascendance sacerdotale par sa Mère, de la tribu sacerdotale de Lévi
En effet Marie est la parente (Luc 1,36) d’Élisabeth qui est fille d’Aaron (Luc 1,5). Ne doit-on pas envisager alors que Marie est elle aussi de la tribu de Lévi, voire elle-même fille d’Aaron?
-Saint Ephrem (+373) n’hésitait pas à l’affirmer : "Les paroles de l’ange à Marie : 'Élisabeth, ta parente' présentent Marie comme étant de la maison de Lévi'. (Saint Ephrem, Commentaire du Diatessaron n°25, Voir Saint Grégoire de Naziance : "Vous vous demanderez peut-être : Comment le Christ descend-il de David ? Marie est évidemment de la famille d’Aaron puisqu’au dire de l’ange elle est la cousine d’Elisabeth. Il faut voir ici l’effet d’un dessein providentiel de Dieu, qui voulait unir le sang royal à la race sacerdotale, afin que Jésus-Christ qui est à la fois prêtre et roi, eût aussi pour ancêtre selon la chair, les prêtres et les rois" (cité in Catena Aurea p.40). (Marie de Nazareth)
La Vierge Marie est donc probablement fille de David par son père Joachim, et fille d’Aaron par sa mère, Anne
Saint Luc, qui se plait toujours à souligner l’enracinement judaïque des personnages (Elisabeth fille d’Aaron, Joseph, fils de David, Anne fille de Phanuel de la tribu d’Aser…) ne nous dit volontairement rien au sujet de la Vierge. Mais il y a une signification spirituelle possible à ce silence. L’évangéliste ne veut-il pas ainsi sous-entendre que Marie n’est d’aucune tribu en particulier parce qu’elle est au-delà de toutes, la Mère de tous les vivants ?
Il serait bien normal que la Mère de tous ne soit ni de la maison de David, ni de la maison de Lévi, parce qu’elle est tout simplement "de la maison de Dieu" (cf. Ep 2,19).
Elle ne doit pas recevoir de bénédiction particulière comme chacune des 12 tribus (cf. Gn 49), parce qu’elle est "bénie entre toutes les femmes" et parce qu’en son "fiat", elle représente non une tribu, mais l’humanité toute entière. (Cf. Aleteia)
Que peut dire cette fête ancienne à notre monde contemporain ?
Dans la Nativité de Marie est certainement préfigurée cette nouvelle humanité qui, en recevant l'Esprit du Christ avec ses dons, se libérera du cœur de pierre et recevra un cœur de chair capable d'accueillir avec docilité et joie les préceptes du Seigneur.
L'Église considère Marie comme la Mère de Dieu, mais plus encore comme la disciple qui peut le mieux offrir l'exemple et le modèle de vie chrétienne. Dans sa foi, dans l'obéissance à son Fils, dans sa proximité avec sa cousine Elisabeth et lors des noces de Cana : Marie est une femme à imiter aussi pour sa confiance dans les moments les plus sombres de l'histoire de son Fils Jésus, et celle-ci bien plus, explique pourquoi le peuple de Dieu sait qu'il trouve en elle refuge et réconfort, aide et protection.
Aie pitié de moi, pécheur, et viens à mon aide, ô ma Dame.
S’exprimant dimanche dans la cathédrale Saint-Bavon aux Pays-Bas, Burke a pris part au débat mariologique qui a été grandement accentué suite à la publication de Mater Populi Fidelis par le Dicastère pour la Doctrine de la Foi (DDF).
"La Vierge Marie est Corédemptrice, c’est-à-dire qu’elle participe d’une manière unique à l’œuvre de salut de Notre Seigneur", a déclaré Burke. "En vertu du Baptême et de la Confirmation, nous sommes corédempteurs, c’est-à-dire que nous participons à l’œuvre de salut de Notre Seigneur en sanctifiant la part de sa vigne qu’il nous a confiée."
Ses propos concluaient son exposé des arguments théologiques traditionnels développés au fil des siècles pour souligner le rôle spécifique de Marie dans l'œuvre salvifique de la Rédemption par le Christ. Solidement ancrée dans l'Écriture, l'Église n'a cessé d'approfondir son enseignement concernant Marie comme Co-Rédemptrice, si bien que, ces dernières décennies, le Vatican a accordé une indulgence partielle aux prières qui l'honorent sous ce titre. {Le Catholic Herald a reçu une copie du discours original, transmise à ce correspondant par le bureau de Burke.}
"Le sacrifice de Notre Seigneur n’est en rien imparfait", a souligné Burke, en se référant à l’Évangile de Luc. "Il est parfait et procure la grâce divine et la vie éternelle à tous ceux qui s’unissent à Notre Seigneur dans son sacrifice. Ce qui manque, c’est notre participation pleine et entière au sacrifice de Notre Seigneur, le fait de porter notre croix chaque jour et de le suivre."
La promesse de Dieu au prophète Isaïe (Is 61, 10-11) s’accomplit "avant tout et de la manière la plus parfaite dans la vie de la Vierge Marie, par sa coopération irremplaçable au Mystère de l’Incarnation rédemptrice", a souligné Burke. "Elle doit s’accomplir dans la vie de chacun de nous, collaborateurs de la Vierge Marie, Mère de Dieu, dans l’œuvre de Rédemption de son Divin Fils."
Je serai ravi d'allégresse en Yahweh, et mon coeur se réjouira en mon Dieu, parce qu'il m'a revêtu des vêtements du salut et m'a couvert du manteau de la justice, comme le fiancé orne sa tête d'un diadème; comme la mariée se pare de ses joyaux.
L'utilisation publique de ce terme par Burke est remarquable car elle constitue l'une des premières occasions où un cardinal défend ce terme ancien après l'encyclique Mater Populi Fidelis (MPF). Publiée le 4 novembre de l'année dernière, MPF s'opposait fermement à l'emploi de ce terme. "Compte tenu de la nécessité d’expliquer le rôle subordonné de Marie au Christ dans l’œuvre de la Rédemption, il ne serait pas approprié d’utiliser le titre de 'co-rédemptrice' pour définir la coopération de Marie", a écrit le cardinal Victor Manuel Fernández, préfet de la DDF. Fernández ne pouvait prétendre que le terme était erroné ou illicite, puisque l'Église en a toujours enseigné la juste signification théologique depuis des siècles, et que les papes l'ont approuvée sans équivoque. Il soutenait en revanche que ce titre était inapproprié, car il "risque d'occulter la médiation salvifique unique du Christ et peut donc engendrer confusion et déséquilibre dans l'harmonie des vérités de la foi chrétienne". Dans son texte, Fernández cite abondamment le pape François, invoquant également la cause œcuménique comme raison de ne pas utiliser le terme de Co-Rédemptrice.
Contrairement à ce qu'affirment de nombreux critiques, ce terme ne vise pas à placer Marie sur un pied d'égalité avec le Christ. Il signifie "celle qui rachète avec", Marie Co-Rédemptrice étant une collaboratrice dans l'œuvre salvifique du Christ, mais toujours subordonnée à lui. Le mariologue français, le père Neubert, expliquait que "l’on peut dire que nous avons été sauvés avant tout par le Christ et ensuite par l’action de Marie, subordonnée à l’action du Christ".
L'Église possède depuis des siècles une riche tradition d'enseignement sur ce terme et la théologie qui le sous-tend, et les mariologues militent depuis longtemps pour que le Vatican reconnaisse formellement Marie comme Co-Rédemptrice dans le cadre d'un cinquième dogme Mariam.
Suite à la publication de Mater Populi Fidelis , les mariologues ont largement critiqué le document, pointant du doigt ses erreurs de logique, d'argumentation et de contenu. Le père Serafino Lanzetta, docteur en théologie, a déclaré : "Jamais dans l'histoire de l'Église le magistère n'a affirmé ce que ce document dit ; au contraire, il énonce l'exact opposé de l'enseignement historique des Pères de l'Église et des papes précédents."
Les critiques du texte furent immédiates et généralisées. La Fraternité Saint-Pie-X alla même jusqu'à le citer comme un facteur déterminant dans sa décision de procéder aux consécrations épiscopales du 1er juillet.
Selon certaines sources, Fernández n'avait consulté aucun mariologue lors de la rédaction du texte, bien qu'il ait déclaré plus tard à la vaticane Diane Montagna avoir consulté de tels experts.
Face à l'immense polémique, Fernández a précisé sa note et quelque peu nuancé sa position, déclarant que le terme pouvait être employé en privé, mais pas dans les documents officiels. Il a expliqué à Montagna : "Si vous, avec votre groupe d'amis, estimez bien comprendre le sens véritable de cette expression, avez lu le document et constaté que ses aspects positifs y sont également affirmés, et que vous souhaitez exprimer précisément cela au sein de votre groupe de prière ou entre amis, vous pouvez utiliser ce terme ; mais il ne sera pas employé officiellement, c'est-à-dire ni dans les textes liturgiques ni dans les documents officiels."
Burke sera l'invité d'honneur d'une importante conférence mariologique qui se tiendra à Rome début octobre. Les organisateurs ont indiqué à notre correspondant que les discussions porteront notamment sur l'étude approfondie du terme de Co-Rédemptrice. (Un entretien complet avec les organisateurs sera publié prochainement dans le Catholic Herald.)
Michael Haynes est un journaliste anglais membre du corps de presse du Saint-Siège. Il est correspondant au Vatican pour le Catholic Herald, et les lecteurs peuvent le suivre sur Per Mariam et sur X
La neuvaine à Notre-Dame de Covadonga célébrée depuis le 30 août sous le signe de la Vierge Marie, culmine à l'occasion de la Nativité de la Vierge Marie ce mardi 8 septembre avec la solennité de la Vierge de Covadonga, patronne des Asturies et fête de la Principauté, dans une édition qui a largement dépassé le cadre régional. Le sanctuaire est devenu, ces jours-ci, un écho du débat national suscité par l'arrivée massive de plus de 70 000 migrants à Ceuta les 30 et 31 juillet, une opération que la police, dans un récent rapport, qualifie de "planifiée" et impliquant possiblement des agents liés aux forces de sécurité marocaines.
De la neuvaine à la "reconquête"
Le ton a été donné par l'évêque émérite de Cordoue, Demetrio Fernández, qui a ouvert la neuvaine le 30 août avec une justification explicite de l'importance historique et chrétienne de l'enclave : "Covadonga est le berceau de l'Espagne", a-t-il affirmé dans le premier sermon, dédié à "Marie, Notre-Dame des Béatitudes".
L'archevêque d'Oviedo a emboîté le pas. Après les rassemblements organisés mercredi dans toute l'Espagne en soutien à Ceuta et Melilla – avec une forte mobilisation à Oviedo et Gijón sous le slogan "Ceuta n'est pas à vendre, Ceuta doit être défendue" –, Sanz Montes a écrit sur son compte Twitter : "L'Espagne a manifesté sa solidarité avec Ceuta et Melilla. Également à Covadonga, lors de la neuvaine à la Vierge de Covadonga. Un lieu de reconquête qui nous rappelle que nous devons récupérer ce qui nous est précieux, ce qui nous soutient et nous définit, face à l'ambition marocaine et à l'inaction d'un gouvernement défaillant."
Ce message a une fois de plus placé l'archevêque au cœur du débat public et lui a valu les critiques habituelles de la presse progressiste, qui l'accuse de s'écarter de la ligne officielle de la Conférence épiscopale. Sanz Montes fut parmi les premiers évêques à s'exprimer sur la crise, qu'il qualifia d'"invasion triste et préméditée" et de "nouvelle Marche verte face à l'extrême faiblesse d'un gouvernement compromis".
Neuf jours de prédication et la veillée des jeunes
La neuvaine rassemble chaque après-midi des centaines de fidèles à la basilique : messe à 18h, suivie de la récitation du Saint Rosaire en procession avec l'image de la Vierge de Covadonga jusqu'à la Sainte Grotte, où sont chantés le Salve Regina et l'hymne à Notre-Dame de Covadonga. Après Demetrio Fernández, parmi les prédicateurs ont figuré les archiprêtres d'Avilés et de Villaviciosa, les délégués épiscopaux pour la pastorale des jeunes et des universités, ainsi que le prieur des Carmes et président de la CONFER Asturias, Roberto Gutiérrez. Le cycle se conclura ce lundi 7 par une méditation de l'abbé de Covadonga, David Cueto, intitulée "Marie, fidèle au pied de la Croix", suivie de la veillée des jeunes au sanctuaire.
Mardi 8, jour de la fête de Notre-Dame de Covadonga, la messe solennelle sera célébrée à midi, présidée par Mgr Sanz Montes, lors de l'événement religieux et civique le plus important du calendrier asturien. Il faudra prêter une attention particulière à son homélie : tout porte à croire que l'archevêque ne ménagera pas la solennité de la principale célébration de son archidiocèse.
Une année record : deux millions de pèlerins et la Marche de la chrétienté
Cette célébration fait suite à une année exceptionnelle pour le sanctuaire. Dans une interview publiée ce vendredi par l'archidiocèse , Mgr Sanz Montes souligne que Covadonga accueille chaque année deux millions de pèlerins et met en lumière deux événements marquants de 2026 : les Journées Mondiales de la Jeunesse en juillet, qui ont rassemblé plus de 2 000 jeunes venus de 23 pays, et le 6e pèlerinage de Notre-Dame de la Chrétienté, qui a relié Oviedo à Covadonga à pied. "La neuvaine de cette année est source d'une grande joie, car nous voyons des fidèles qui savent qu'en se rendant à Covadonga, ils arrivent dans une maison vivante et rayonnante, où la Vierge Marie les attend", affirme l'archevêque.
La Marche de la Chrétienté, inspirée du pèlerinage Paris-Chartres,a battu tous ses records en août dernier : 1 700 pèlerins répartis en 39 groupes — dont 10 internationaux, avec des fidèles venus d’Australie, des États-Unis, du Mexique ou des Pays-Bas — et une augmentation de plus de 40 % par rapport à 2023, sous la devise de la "reconquête spirituelle de l’Espagne". Pour la troisième année consécutive, cependant, les pèlerins se sont heurtés à l’interdiction, imposée par le Dicastère pour le culte divin, de célébrer la messe traditionnelle à l’intérieur de la basilique, une restriction que l’organisation espère faire lever d’ici l’édition de 2027, déjà annoncée sous le patronage de l’apôtre Saint-Jacques : "Patron de l’Espagne, protège ta nation"
Un épiscopat divisé sur Ceuta
Les propos de l'archevêque d'Oviedo contrastent fortement avec ceux de l'évêque de Mondoñedo-Ferrol et responsable des migrations à la Conférence épiscopale espagnole (CEE), Fernando García Cadiñanos, qui a affirmé cette semaine que "les migrants ne constituent pas une menace" et a refusé de présenter le débat comme un choix entre les habitants de Ceuta et les immigrés. Pris entre deux feux, le président de la Conférence épiscopale, Luis Argüello, est allé jusqu'à avertir que "l'invasion de Ceuta est une épreuve" et que "la démographie est une arme".
La fête de la Vierge de Covadonga survient donc alors que l'épiscopat espagnol est visiblement divisé sur la question migratoire et que Covadonga redevient un symbole controversé entre ceux qui la considèrent comme le berceau de la nation et ceux qui préféreraient que le sanctuaire reste en dehors des affaires politiques actuelles.
La victoire de l'AfD terrifie les évêques allemands : le Kirchensteuer, l'impôt qui prive de sacrements celui qui ne paie pas est en péril.
Ulrich Siegmund a trente-cinq ans, une jeune fille, un sourire professionnel, et a obtenu (le 6 septembre) le meilleur résultat électoral de l'histoire de Alternative pour l'Allemagne (AfD) : 44 % des voix en Saxe-Anhalt, à un seul siège de gouverner un Land à lui seul. Baptisé et élevé dans la foi catholique, Siegmund s'est rendu en 2017 à la mairie, a acquitté les frais administratifs et a signé son acte de départ. Il n'a rien renié : il a lui-même déclaré porter les valeurs catholiques "dans son cœur" et rejeter l'institution allemande qui les promeut . Aux yeux de l'Église d'Allemagne, cependant, cette démarche l'a marginalisé : sans communion, il est exclu de la vie paroissiale, et même menacé de se voir refuser des funérailles catholiques en cas de décès.
Le reste de l'Église universelle observe cette anomalie allemande avec un mélange d'étonnement et d'envie à peine dissimulée. Plus d'un prélat espagnol (ou français) rêverait d'excommunier ceux qui ne cochent pas la case correspondante dans leur déclaration fiscale. Mais dimanche, ce système lucratif, qui constitue un abus spirituel flagrant, a reçu son premier avertissement sérieux quant à sa disparition imminente.
Un tribut sur le baptême
Le Kirchensteuer fonctionne avec une simplicité brutale. Chaque Allemand enregistré comme catholique paie par l'intermédiaire du fisc, un supplément de 8 à 9 % sur son impôt sur le revenu. L'État perçoit cet impôt, conserve une commission d'environ 3 % et reverse le reste aux diocèses. La seule issue est la Kirchenaustritt, ou déclaration civile de départ de l'Église.
Les conséquences de la signature de ce document sont évidentes : elles sont clairement énoncées dans le décret général de la Conférence des évêques allemands sur le retrait de l’Église, promulgué le 20 septembre 2012 et entré en vigueur le 24 septembre de la même année. Le texte établit d’abord le principe suivant :
"Quiconque déclare son départ de l’Église devant l’autorité civile compétente, pour quelque raison que ce soit , contrevient à l’obligation de maintenir la communion avec l’Église (c. 209 §1 CIC) et à l’obligation d’apporter sa contribution financière afin que l’Église puisse remplir ses objectifs (c. 222 §1 CIC en relation avec le c. 1263 CIC)."
La déclaration civile constitue, selon le décret, "une grave offense contre la communauté ecclésiale". Il énumère ensuite les peines avec des détails précis, presque dignes d'un tarif douanier :
"La déclaration de départ de l’Église entraîne les conséquences juridiques suivantes :"
1. Une personne qui a quitté l'Église
: – ne peut recevoir les sacrements de pénitence, d'Eucharistie, de confirmation et d'onction des malades, sauf en cas de danger de mort ;
– ne peut occuper de charges ecclésiastiques ni exercer de fonctions au sein de l'Église ;
– ne peut être parrain ou marraine lors d'un baptême ou d'une confirmation ;
– ne peut être membre des conseils paroissiaux ou diocésains ;
– perd le droit de vote et d'éligibilité au sein de l'Église ;
– ne peut être membre d'associations ecclésiastiques publiques.
Pour vous marier à l'église, vous aurez besoin de l'autorisation expresse de l'ordinaire du lieu, après avoir promis de préserver la foi et d'élever vos enfants dans la foi catholique (point 2). Si vous travaillez pour l'Église, les conséquences professionnelles prévues s'appliquent, à savoir le licenciement (point 4). Et le point 3 s'applique jusqu'à la mort.
"Si la personne qui a quitté l’Église n’a manifesté aucun signe de repentir avant sa mort, elle peut se voir refuser des funérailles religieuses."
Le refus est discrétionnaire – le curé décide, se fondant sur la notion de "pécheur manifeste" du canon 1184 – et nombre de prêtres allemands ne l’appliquent pas. Cependant, la menace est inscrite dans un décret en vigueur, et chaque Allemand qui signe la démission reçoit également, en vertu de ce même décret , une lettre pastorale type de son curé l’informant, individuellement, de toutes ces conséquences, y compris les funérailles.
Une telle architecture valorise en réalité la communion ecclésiale selon un barème fiscal : ceux qui cessent de payer cessent, en pratique, d'être pleinement catholiques, même s'ils récitent le chapelet quotidiennement ; ceux qui paient l'impôt d'État restent catholiques même s'ils n'ont pas mis les pieds dans une église depuis leur première communion. Notons que le décret n'exige aucune enquête sur l'apostasie, l'hérésie ou le schisme ; la procédure elle-même suffit, "pour quelque raison que ce soit". Le Saint-Siège lui-même avait enseigné précisément le contraire. Le Conseil pontifical pour les textes législatifs, avec la décision préalable de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a établi dans sa circulaire du 13 mars 2006, adressée à tous les présidents de conférences épiscopales :
"L’acte juridico-administratif de quitter l’Église ne peut en soi constituer un acte formel de défection au sens où il l’a été dans la CIC, car la volonté de persévérer dans la communion de foi peut demeurer" (n° 3).
Pour qu’il y ait véritable défection, précise le document romain, il faut "une véritable séparation des éléments constitutifs de la vie de l’Église : elle présuppose donc un acte d’apostasie, d’hérésie ou de schisme" (n° 2), manifesté par écrit devant l’ordinaire ou le curé, seul compétent pour en juger (n° 5). Il conclut par le principe théologique que le système allemand bafoue :
"Il est clair, en tout cas, que le lien sacramentel d’appartenance au Corps du Christ qui est l’Église, donné par le caractère baptismal, est une union ontologique permanente et n’est pas perdu à cause d’un acte ou d’un fait quelconque de défection" (n° 7).
[...] Subordonner les sacrements – la grâce, terme que les synodes allemands n'emploient presque plus – au paiement d'une taxe d'État constitue une forme institutionnalisée d'abus spirituel. La simonie par prélèvement automatique sur salaire. Ses victimes se comptent par millions : des Allemands baptisés et de culture catholique, comme Siegmund, contraints de choisir entre leurs propres intérêts financiers et une adhésion que l'Église elle-même leur a vendue comme une marchandise.
Le paradoxe du coffre plein et du temple vide
Les chiffres de 2025, publiés par la Conférence épiscopale elle-même, dressent un tableau sans concession. Les 27 diocèses ont perçu 6,751 milliards d'euros d'impôts ecclésiastiques, soit leur deuxième meilleure année après 2022. Cette même année, 307 117 personnes ont quitté l'Église, 109 028 baptêmes ont été célébrés (deux fois moins qu'il y a dix ans), 19 478 mariages religieux ont eu lieu, et la fréquentation des offices du dimanche est restée faible, à seulement 6,8 % des catholiques. On a dénombré 25 ordinations sacerdotales dans toute l'Allemagne : 25 pour 27 diocèses. En vingt ans, l'Église allemande a perdu plus d'un quart de ses fidèles et vu ses revenus augmenter de 70 %. L'explication de ce paradoxe est purement comptable : l'impôt est indexé sur les salaires et les plus-values, qui sont en hausse, tandis que les personnes qui partent à la retraite sont des jeunes qui ont à peine payé d'impôts. C'est un système qui étouffe la génération qui prend sa retraite, la dernière à payer. Les calculs internes des diocèses, qui ont déjà annoncé des coupes budgétaires de plus de 550 millions d'euros, anticipent l'effondrement du système lorsque la génération du miracle économique quittera le marché du travail ; la génération suivante a soit quitté le système, soit n'a même jamais été baptisée. Pendant ce temps, cet argent a financé l'appareil ecclésiastique le mieux rémunéré de la planète – les salaires des évêques étant en grande partie pris en charge par l'État au titre des anciennes contributions d'État (Staatsleistungen) –, un archipel de bureaucraties diocésaines et le jouet le plus coûteux de tous : le Chemin synodal,
>cette assemblée permanente qui, depuis des années, réclame la bénédiction de Rome pour les couples de même sexe,
>le diaconat féminin
>et une révision de la morale sexuelle,
le tout financé intégralement par l'argent du contribuable. L'Église qui compte le moins de vocations et le ministère le moins actif en Occident prétend donner des leçons de doctrine au reste du monde, et elle ne peut le faire que parce qu'elle en a les moyens.
Pourquoi cette panique ?
Les résultats de dimanche en Saxe-Anhalt expliquent mieux que n'importe quel sondage la nervosité des évêques. Le programme avec lequel Siegmund a failli remporter la majorité absolue propose de supprimer les subventions publiques aux églises, de mettre fin à la perception par l'État de la Kirchensteuer (taxe ecclésiastique) et de taxer les maisons de retraite confessionnelles. L'évêque de Magdebourg, Gerhard Feige, a exhorté les électeurs à voter contre l'AfD jusqu'au matin même du scrutin ; 44 % des électeurs lui ont fait part de leur opinion suite à son conseil. Le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et Berlin voteront dans deux semaines. En Saxe-Anhalt, les catholiques représentent à peine 3 % de la population. L'Allemagne de l'Est est déjà un territoire post-chrétien, et les pasteurs de cette région ne se battent pas pour les âmes perdues depuis des décennies, mais pour le modèle de financement que l'Est pourrait commencer à démanteler. C’est là que réside la véritable fragilité du système : la Kirchensteuer (taxe ecclésiastique) ne repose sur aucun droit divin, mais sur l’inertie historique et la volonté politique de maintenir l’appareil collecteur. Il suffirait qu’un gouvernement régional, puis fédéral, retire l’autorité fiscale de l’équation pour que l’Église allemande doive faire comme toutes les autres : demander à ses fidèles de donner librement. Avec un taux de fréquentation de la messe dominicale de seulement 6,8 %, chacun à Bonn et à Fulda sait ce que cela signifierait.
La facture arrive à Rome
Ce n'est plus depuis longtemps un problème exclusivement allemand.
Le Saint-Siège est accablé par des déficits structurels de plusieurs dizaines de millions d'euros et un trou béant dans sa caisse de retraite. Dans ce contexte, l'Allemagne est depuis des décennies un contributeur discret mais indispensable : contributions de l'Association des diocèses (VDD) à l'entretien des institutions du Siège apostolique, financement des universités, des écoles supérieures et des œuvres romaines, Denier de Saint-Pierre, et le gigantesque réseau d'organisations caritatives – Adveniat, Misereor, Missio, Renovabis – qui soutient l'Église dans la moitié du monde, de l'Amérique latine à l'Europe de l'Est, et qui, de surcroît, lui confère une influence considérable auprès des épiscopats bénéficiaires.
Cet argent explique bien des silences. Il explique pourquoi un chemin synodal en rébellion doctrinale quasi permanente a été traité avec une extrême délicatesse, tandis que d'autres ont subi une intervention brutale. Rome a toléré à l’Église allemande ce qu’elle ne tolérerait à aucune autre parce que aucune autre ne soutient son budget à un tel point. La question que Léon XIV devra se poser, et que son Secrétariat pour l'Économie se pose déjà à voix basse, est celle de savoir ce qui se passera lorsque cette source viendra à manquer : pour des raisons démographiques avec le départ à la retraite des derniers donateurs, ou pour des raisons politiques, si le démantèlement qui se profile à Magdebourg atteint Berlin. Les deux voies mènent au même résultat ; la première est mathématiquement certaine, mais la seconde semble imminente.
L'Église allemande est en difficulté dans une société qui l'a abandonnée, se cramponnant désespérément à un impôt qui, chaque année, engendre 300 000 apostats administratifs. Lorsque cet impôt s'effondrera – et les électeurs de Saxe-Anhalt viennent de lui porter un premier coup fatal –, le Vatican découvrira à quel point son administration, ces dernières décennies, était tributaire des finances rhénanes. Peut-être alors se souviendra-t-on que l'Église a vécu pendant dix-neuf siècles sans que les percepteurs d'impôts ne fassent office de sacristains, et qu'aujourd'hui, elle ne prospère que là où donner est un acte de foi et non une simple retenue sur salaire .
Satan n’est pas opposé à une bonne morale. Il s’oppose à Jésus-Christ.
Relisez cela, car la plupart des chrétiens passent complètement à côté.
Satan se fiche que vous soyez une "bonne personne". Il se fiche que vous fassiez du bénévolat à la banque alimentaire, que vous recycliez vos déchets et que vous aidiez les vieilles dames à traverser la rue. Il se fiche que vous soyez gentil, généreux et apprécié de tous dans votre communauté.
Ce qui l’intéresse, c’est que vous ne vous prosterniez pas devant Jésus.
Voilà la tromperie qui damne des millions de personnes.
Satan a convaincu les gens que la moralité équivaut à la spiritualité. Que le fait d’être une "bonne personne" est la même chose qu’être chrétien. Que si vous vivez simplement bien, traitez les autres avec respect et évitez les "grands péchés", vous êtes acceptable aux yeux de Dieu.
C’est un mensonge tout droit sorti des abysses de l’enfer.
Les pharisiens avaient une morale irréprochable. Ils suivaient la loi à la lettre. Ils étaient respectés, disciplinés et pieusement dévoués.
Jésus les a appelés fils du diable. (Jn 8,44) Pourquoi ? Pas parce que leur morale était mauvaise. Parce que leur morale avait remplacé le Christ.
Le plus grand tour de Satan n’est pas de rendre les mauvaises personnes pires. C’est de faire croire aux bonnes personnes qu’elles n’ont pas besoin du Sauveur(pélagianisme, manichéisme, socialisme, communisme, écologisme, droit de l'hommisme, wokisme, restauducœurisme..., franc-maçonnerie.)
Réfléchissez-y :
L’athée qui nourrit les sans-abri pense qu’il est assez bon sans Dieu.
Le musulman qui prie cinq fois par jour pense qu’il est juste sans Jésus.
Le chrétien moral qui va à l’église, paie sa dîme et évite les scandales pense qu’il est sauvé sans se rendre.
Tous sont en route pour le même endroit : une séparation éternelle d’avec Dieu.
Parce que la moralité ne sauve pas.
Jésus sauve.
Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi; et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu; ce n'est point par les œuvres, afin que nul ne se glorifie.
Satan adore les personnes morales qui rejettent Jésus. Elles sont sa meilleure publicité pour le mensonge selon lequel on peut gagner sa place au paradis.
Elles sont la preuve vivante que l’on peut :
•Être gentil sans le Christ
•Être généreux sans Dieu
•Être discipliné sans l’Esprit Saint
•Être respecté sans la rédemption
Et pourtant être perdu.
Les personnes les plus dangereuses en enfer ne seront pas les meurtriers ni les violeurs. Ce seront les citoyens moraux et honorables qui pensaient que leur bonté était suffisante.
Leur morale est devenue leur idole.
Leur bonté est devenue leur dieu.
Et Satan a souri parce qu’il avait atteint son but : les tenir éloignés de Jésus.
Voilà ce que la plupart des chrétiens ne comprennent pas :
Satan n’a pas besoin de vous faire faire des choses mauvaises. Il a juste besoin de vous empêcher de faire LA SEULE chose qui compte : vous rendre au Christ.
S’il peut vous amener à :
•Faire confiance à votre morale plutôt qu’au sacrifice du Christ
•Vous appuyer sur votre bonté plutôt que sur la grâce de Dieu
•Croire en vos œuvres plutôt qu’en l’œuvre achevée de Jésus
Il a gagné.
Vous pouvez mener une vie morale et mourir perdu. Vous pouvez être une bonne personne et affronter le jugement. Vous pouvez éviter tous les "grands péchés" et finir séparé de Dieu pour toujours.
Parce que le seul péché qui vous damne éternellement est de rejeter Jésus-Christ.
"Celui qui croit au Fils a la vie éternelle; mais celui qui ne croit pas au Fils ne verra pas la vie; mais la colère de Dieu demeure sur lui." Jean 3:36
Ce n’est pas le meurtrier qui se repent et croit en Christ qui est damné.
Ce n’est pas le voleur qui se tourne vers Jésus sur la croix qui est damné.
Ce n’est pas la prostituée qui lave les pieds de Jésus avec ses larmes qui est damnée.
C’est la personne morale et religieuse qui rejette le Christ qui est damnée.
C’est pourquoi Satan adore la moralité sans Jésus. Elle envoie les gens en enfer avec un sourire sur le visage, convaincus qu’ils étaient assez bons.
Arrêtez de faire confiance à votre morale. Commencez à faire confiance à Jésus.
Ce ne sont pas tous ceux qui me disent: Seigneur, Seigneur, qui entreront dans le royaume des cieux, mais bien celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux.
Plusieurs me diront en ce jour-là: Seigneur, Seigneur, n'est-ce pas en votre nom que nous avons prophétisé? n'est-ce pas en votre nom que nous avons chassé les démons? et n'avons-nous pas, en votre nom, fait beaucoup de miracles?
Alors je leur dirai hautement: Je ne vous ai jamais connus. Retirez-vous de moi, ouvriers d'iniquité.
Votre bonté ne vous sauvera pas. Vos œuvres ne vous rachèteront pas. Votre moralité ne vous justifiera pas.
... il en est ainsi depuis longtemps : serions-nous sauvés? –
Nous étions tous semblables à un homme impur, et toutes nos justices étaient pareilles à un vêtement souillé. Nous étions tous flétris comme la feuille, et nos iniquités nous emportaient comme le vent.
Il n'y avait personne qui invoquât votre nom, qui se réveillât pour s'attacher à vous. Car vous nous aviez caché votre visage, et vous nous laissiez périr dans nos iniquités.
Sainte Reine (Régine), dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 167
Son culte est ancien. Reine fut baptisée par sa nourrice. L'acte déplut fortement au père de Reine, un puissant gaulois des environs d'Alésia, qui décida de chasser sa fille.
En 252, devenue une jeune gauloise de seize, Reine, faisait paître ses moutons au pied du mont Auxois, site aujourd'hui présumé de l'oppidum d'Alésia. Le gouverneur romain des Gaules, Olibrius, voulut abuser d'elle mais elle résista et refusa le mariage pour ne pas abjurer sa foi. Le nom d'Olibrius est resté dans le langage courant pour désigner un bravache, un fanfaron cruel, un "occiseur d'innocents"(Molière). Reine fut martyrisée, puis décapitée.
Son corps fut tranféré hors de la ville d'Alésia où l'on bâtit une basilique sur son tombeau. Parmi les miracles qu'elle accomplit, on trouve la guérison d'un enfant nommé Hériboldus guéri d'une forte fièvre, la guérison d'un homme de Réome guéri par application d'un morceau de bois du brancard de la sainte, la guérison d'un frère atteint de la maladie de la pierre et celle partielle d'un aveugle.
Dès le siècle suivant, son culte se développa, et est attesté depuis le Ve siècle par la découverte en 1909 du "service eucharistique" d'Alésia, un ensemble comprenant un plat et trois coupes qu'on suppose utilisés pour la célébration de l'eucharistie. Le plat porte un poisson en gravure (l’ichtus comme à Autun), et le nom de "Regina". L'ensemble daté du IVe siècle ne met plus en doute l'existence de la jeune martyre.
En 628, elle est vénérée à Alise-Sainte-Reine en Côte d'Or, près d'Alésia, un village qui la prit pour Patronne. Et chaque année, les habitants organiseront la représentation d'un mystère à sa mémoire et en son honneur. Cette tradition est attestée depuis 866 et perdure encore aujourd'hui. On y trouve une basilique mérovingienne ainsi qu'un monastère qui lui sont consacrés. Ce serait le plus ancien mystère célébré sans interruption en France.
En 1271 il fut procédé à un ré-enchâssement dans un buste reliquaire en argent aux armes de France, de Castille et de l'ancienne Bourgogne.
La confrérie de Sainte-Reine date de 1544, créée par les religieux de Flavigny, et, en 1644, avec la réforme des bénédictins de Saint-Maur, le pèlerinage connut un regain de vitalité et les membres de la Confrérie furent dotés par Monseigneur Louis Doni d'Attichy évêque d'Autun, de 40 jours d'indulgence en 1659. Au XVIe siècle les moines passaient la chaîne de sainte Reine autour du cou des pèlerins. Aujourd'hui cette chaîne est conservée à l'église paroissiale de Flavigny-sur-Ozerain et exposée à la vénération des pèlerins le 7 septembre jour de sa fête.
Ses reliques ont été conservées dans l'abbaye de Flavigny-sur-Ozerain depuis le milieu du IXe siècle. La crypte fut aménagée pour recevoir le corps de la sainte. Crypte à nef centrale flanquée d'un déambulatoire qui se prolonge à l'Est par un couloir donnant sur une rotonde du même genre que celle de l'Abbaye Saint-Germain d'Auxerre. Les reliques de la sainte furent déposées au XVIIe siècle dans une armoire derrière le maître-autel et leur expositions sur un théâtre a lieu le jour de sa fête.
En plus de Flavigy-sur-Ozerain et Alise-Sainte-Reine on retrouve des lieux qui lui sont consacrés à Voisines dans l'Yonne où se trouve une chapelle Sainte-Reine, datant de 1827 et construite par deux habitant à la suite de la réalisation d'un vœu fait lors d'un pèlerinage à Alise-Sainte-Reine; à Drensteinfurt en Allemagne; et à Osnabrück en Westphalie.
Les similitudes existant avec la vie de sainte Marguerite d'Antioche conduisent des auteurs à considérer que le récit de l'histoire de sainte Reine est apocryphe, cette tradition pouvant toutefois être le souvenir d'un fait local. (Joël Le Gall, ALESIA Ed. Errance 1990)
Sainte Reine - Diva Regina à Drensteinfurt (Allemagne)
Sources: (1) Calendrier Perpétuel, Les Saints en 365 jours, Chêne Edition; (2) Wikipedia; (3) L'Evangile au Quotidien ; (4) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 166.
Le chef de l'Église orthodoxe grecque à Istanbul (Constantinople), Bartholomé Ier, vient de déclarer qu'il espère que son Église et l'Église catholique pourront un jour être pleinement réunies à nouveau.
"Le patriarche Bartholomée Ier rêve d'une pleine communion entre catholiques et orthodoxes et affirme que la rupture 'a déchiré la tunique sans couture du Seigneur'"
Le patriarche œcuménique de Constantinople, Bartholomée Ier, a exprimé son désir de voir à nouveau les catholiques et les chrétiens orthodoxes partager une pleine communion ecclésiale, lors de son discours au 27e Congrès international de la Société pour le droit des Églises orientales, qui s'est tenu à Budapest.
Le primat de l'Église orthodoxe a souligné l'importance du dialogue théologique entre l'Orient et l'Occident et a exprimé l'espoir que le nouveau Centre de dialogue chrétien orthodoxe du Patriarcat œcuménique, appelé 'Phanarion', contribuera à rapprocher les Églises.
'Le 'Phanarion', tout comme le Phanar, est conçu par nous comme un lieu permanent de rencontres interorthodoxes, interchrétiennes et interreligieuses', a-t-il déclaré, selon l'Orthodox Times.
Il a exprimé le souhait que le centre devienne 'un véritable atelier d’œcuménisme juridique', au service du dialogue officiel entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe.
Le patriarche a rappelé une formulation bien connue du théologien Joseph Ratzinger, devenu plus tard le pape Benoît XVI, à laquelle il a attribué une importance particulière pour le dialogue œcuménique : 'Rome ne peut exiger de l’Orient plus qu’une doctrine sur la primauté autre que celle formulée et vécue au cours du premier millénaire."
Selon Barthélemy Ier, cette vision trouve un écho dans les paroles de son prédécesseur, le patriarche Athénagoras, qui parlait de l’évêque de Rome comme "le successeur de Pierre, le premier en honneur parmi nous, celui qui préside dans l’amour".
Développant cette idée, il expliqua que la tradition orthodoxe conçoit la primauté romaine comme "une primauté de service empreint d’amour, exercée au sein, et jamais au-dessus, de la communion des Églises sœurs".
La Pentarchie et le rôle de Rome
Une partie importante du discours était consacrée à l'ancienne institution de la Pentarchie, composée des sièges de Rome, Constantinople, Alexandrie, Antioche et Jérusalem, qui, durant le premier millénaire, constituait une expression visible de l'unité de l'Église.
Bartholomée Ier a souligné que l’ancien titre papal de "Patriarche d’Occident" revêt une signification particulière dans cette tradition. Il a rappelé que le Patriarcat œcuménique avait regretté son retrait de l’Annuaire pontifical en 2006 et s’était félicité de son rétablissement dans l’édition 2024. S'adressant aux participants du congrès, il a décrit cette décision comme "un petit pas, mais en aucun cas insignifiant", ajoutant que le Patriarcat œcuménique la considère comme "un signe positif et encourageant" pour la poursuite du dialogue théologique entre catholiques et orthodoxes.
Le patriarche a également révélé qu'il avait soulevé cette question auprès du défunt pape François, qui avait accueilli ses préoccupations "avec son ouverture et sa cordialité habituelles" et l'avait assuré que le titre lui serait restitué en temps voulu.
La douleur de la division, l'espoir de l'unité
Bartholomée Ier a reconnu la souffrance que la séparation entre l’Orient et l’Occident entraîne pour les chrétiens, une rupture qui, a-t-il dit, "a déchiré la robe sans couture du Seigneur".
Il a toutefois insisté sur le fait que cette douleur devait s’accompagner d’espérance. Dans l’une des déclarations les plus importantes de son discours, il a affirmé : "Nous espérons, par la grâce et le secours de Dieu, le rétablissement de la pleine communion avec l’Église de Rome au sein du seul Corps de l’Église une, sainte, catholique et apostolique."
Le patriarche a conclu en exprimant le souhait qu'un jour l'ancienne Pentarchie soit de nouveau complète : "Que la Pentarchie soit à nouveau entière et que la "lyre à cinq cordes" de l'Église universelle puisse résonner à nouveau dans toute la plénitude de son ancienne harmonie."
Ces Églises conserveraient leur propre rite liturgique de culte mais reconnaîtraient le Pape, à l'image de ce qui se pratique déjà dans l'Église maronite. Cela ne signifierait pas que tous les chrétiens orthodoxes deviendraient catholiques. La plus grande Église orthodoxe (la russe) y est encore opposée et resterait séparée. Cela ne concernerait que les Églises qui suivent le patriarche à Istanbul – principalement les communautés orthodoxes grecques, plus d'autres qui se rangent déjà de son côté.
Sainte Raïssa, également connue sous le nom d'Iris, Iraida, Irai, Herais ou Rhais, est une martyre vénérée par les églises catholique romaine et orthodoxe orientale.
Selon un récit, elle était la fille d'un prêtre chrétien nommé Pierre vivant à Alexandrie, province romaine d'Égypte. À l'âge de douze ans, elle fut envoyée vivre dans un monastère de femmes à Tamman. Un jour en 303 après JC, à une époque de persécution généralisée des chrétiens sous le règne de l'empereur romain Dioclétien, elle se rendit à un puits pour y puiser de l'eau avec d'autres religieuses. Sur le chemin, elles virent un cortèges de religieuses, de moines et d'autres chrétiens enchaînés, qui étaient maltraités par Loukianos et ses hommes. Raïssa réprimanda les agresseurs et insista pour qu'ils la tuent également s'ils tuaient des chrétiens. Ils l'emmenèrent en garde à vue. Lorsque le cortège atteignit Antinoöpolis, Raïssa fut l'une des premières à mourir. Lorsque Loukianos cria: "Je crache sur le Dieu chrétien", Raïssa objecta, se leva et cracha au visage du tyran. Loukianos ordonna alors que la jeune fille soit torturée et décapitée. (1)
Sainte Raïssa a donné son nom à l'école de la paroisse Saint-Laurent de Bafou au Cameroun. (2)
Le génie du vingtième siècle et peintre de la paix du Parti communiste était en réalité un tyran domestique d'une cruauté absolue.
L'Histoire a fait de Pablo Picasso le créateur absolu, l'icône moderne de la liberté artistique et de la gauche culturelle.
La réalité intime est celle d'un destructeur méthodique, protégé par son statut et son immense fortune.
Picasso amassait des millions tout en prêchant la justice sociale, menant grand train pendant que ses compagnes subissaient son emprise.
Son système amoureux reposait toujours sur le même schéma : l'idole séduit, isole, vampirise sa proie pour nourrir son art, puis la broie cliniquement.
Il les humiliait publiquement et les réduisait à néant, assumant ouvertement son sadisme avec cette formule glaçante : il n'y a que deux sortes de femmes, des déesses et des paillassons.
Ce cynisme n'était pas qu'une posture verbale, c'était une violence physique et psychologique documentée de l'intérieur.
Françoise Gilot, la seule compagne à avoir eu le courage de le fuir, a raconté cet enfer dans un livre paru en 1964. Elle y décrit un homme d'une brutalité inouïe qui, au cours d'une dispute, lui a écrasé une cigarette allumée directement sur la joue.
Il a ensuite usé de tout son pouvoir dans le milieu parisien pour boycotter systématiquement la propre carrière de peintre de la jeune femme.
Le saccage psychologique est aussi raconté sans filtre par le propre sang de l'artiste. Dans ses mémoires, sa petite-fille Marina Picasso écrit noir sur blanc : il soumettait les femmes à sa sexualité animale, les domptait, les ensorcelait, les ingérait et les écrasait sur sa toile.
L'entourage ne s'en remettait pas. La brillante photographe Dora Maar a fini internée en asile psychiatrique, poussée à la folie par les manipulations du peintre et allant jusqu'à subir des électrochocs.
Olga Khokhlova, sa première épouse, a sombré dans une profonde détresse mentale, harcelée et traînée dans la boue par l'artiste.
D'un côté, le maître dessinait la colombe de la paix et portait fièrement la carte du parti. De l'autre, il terrorisait son foyer avec la froideur d'un inquisiteur.
Le mythe du grand humaniste progressiste s'effondre derrière les portes de son atelier. Le champion des opprimés était en réalité un prédateur implacable.
À partir des années 1930, la rupture avec sa femme, Olga Khokhlova, s'exprime dans l'œuvre de Picasso par une violence picturale inouïe. Il la défigure systématiquement sur la toile, la transformant en une créature monstrueuse, criarde et difforme. Cf. https://x.com/ettourneur/status/2095433848498622708/photo/1
Rosalie (en italien Santa Rosalia) - (1130-1160) est la patronne de la ville de Palerme en Italie et de la ville de El Hatillo au Venezuela.
Rosalie est née en 1130 à Palerme, au sein d'une noble famille sicilienne. Elle était la fille de Sinibald, seigneur de Quisquina et de Rosa, parente de Roger II de Sicile, roi de Sicile, et descendante de la famille de Charlemagne.
Statue de Sainte Rosalie
C'était une jeune fille très pieuse. La Sainte Vierge lui apparut et lui conseilla de se retirer du monde. À l'âge de 14 ans, Rosalie, quitta le palais de son père sans avertir personne, n'emportant qu'un crucifix et des instruments de pénitence. Deux anges la conduisirent sur une montagne voisine de la ville. Dans une grotte inconnue et enveloppée de neige pendant plusieurs mois, Rosalie passa quelques années, partageant son temps entre l'oraison, la prière et la pénitence. Des racines crues faisaient sa nourriture ; l'eau du rocher lui servait de boisson. Souvent elle recevait la visite des anges, et le Sauveur lui-même venait parfois s'entretenir avec elle. On voit encore dans cette grotte une petite fontaine qu'elle creusa pour réunir les eaux qui suintaient à travers les fissures de la roche ; on voit aussi une sorte d'autel grossier et un long morceau de marbre où elle prenait son repas, un siège taillé dans le roc.
Aussitôt après sa disparition, sa famille la fit rechercher dans toute la Sicile. Les anges avertirent Rosalie qu'elle serait bientôt découverte, si elle ne changeait de demeure; elle prit aussitôt son crucifix et le peu d'objets qu'elle avait avec elle et suivit ses guides célestes; ils la conduisirent sur le mont Pellegrino (Palerme, Sicile) où ils lui indiquèrent une grotte obscure et humide qui lui servit de retraite pendant les dix-huit dernières années de sa vie. »
En 1624, la peste se déclara à Palerme, et Sainte Rosalie apparut d'abord à une femme malade, puis à un chasseur auquel elle indiqua où se trouvaient ses reliques. Elle lui ordonna de transporter ses restes à Palerme et d'organiser une grande procession en les transportant dans les rues de la cité (Michel Signoli, D. Chevé, A. Pascal, Peste: entre épidemies et sociétés, p360).
Le chasseur gravit la montagne, et retrouva les restes de la sainte là où elle le lui avait dit. Il fit ce qu'elle lui avait recommandé, et dès la fin de la procession, la peste cessa. Après ce miracle, Sainte Rosalie fut vénérée comme la sainte patronne de Palerme et un sanctuaire fut érigé à l'endroit où ses restes avaient été retrouvés.
Né à Rome, vers 540, Grégoire était le fils d'un sénateur et le neveu d'une sainte, la vierge Tarsille. Il en occupa quelques temps la première magistrature, mais bientôt la cité, qui avait vu cet opulent patricien traverser ses rues en habits de soie, étincelants de pierreries, le vit avec bien plus d'admiration, couvert d'un grossier vêtement, servir les mendiants, mendiant lui-même, dans son palais devenu monastère et hôpital.
Grégoire fut l'auteur d'une ample activité monastique, particulièrement en assurant l'extension de la règle de Saint-Benoît († 547) à l'abbaye Saint-André de Rome qu'il fonda (Yvan GOBRY, Dictionnaire des Papes, Pygmalion, Paris 2013, p. 191.)
Grégoire n'avait conservé qu'un seul reste de son ancienne splendeur, une écuelle d'argent dans laquelle sa mère lui envoyait tous les jours de pauvres légumes pour sa nourriture ; encore ne tarda-t-il pas de la donner à un pauvre marchand qui, après avoir tout perdu dans un naufrage, était venu solliciter sa charité si connue.
Grégoire se livra avec ardeur à la lecture des Livres Saints ; ses veilles, ses mortifications étaient telles, que sa santé y succomba et que sa vie fut compromise.
Saint Grégoire le Grand, par Domenico Fetti, Palais des beaux-arts de Lille.
Passant un jour sur le marché, Grégoire vit de jeunes enfants d'une ravissante beauté que l'on exposait en vente. Apprenant qu'ils étaient d'Angles, c'est-à-dire du pays, encore païen, d'Angleterre : « Dites plutôt des Anges, s'écria-t-il, s'ils n'étaient pas sous l'empire du démon. » Il alla voir le Pape, et obtint d'aller prêcher l'Évangile à ce peuple ; mais les murmures de Rome forcèrent le Pape à le retenir.
Le Souverain Pontife Pélage II (579-590) étant venu à mourir, Grégoire dut courber ses épaules sous la charge spirituelle de tout l'univers.
Voici la narration de son accès au pontificat :
"En janvier 590, la peste s'abattit sur Rome. Pélage en mourut le 7 février. Aussitôt le peuple acclama pour pape l'abbé Grégoire, et le clergé l'élut à l'unanimité. Il refusa, prétextant d'abord que son élection n'avait pas été ratifiée par l'empereur Maurice. Tandis que les employés de Rome se rendaient auprès de l'empereur, Grégoire s'employa à secourir les pestiférés. Il adressa lui-même à Maurice une lettre suppliante pour lui demander de ne pas ratifier son élection. L'empereur la déchira. Grégoire, persistant à refuser, s'enfuit. Mais, en prévision de cette fuite, toutes les portes de Rome étaient gardées. Il parvint à se blottir au fond d'un panier d'osier qu'un marchand monta innocemment sur son chariot en quittant à Rome. Les habitants se jetèrent dans les églises pour supplier Dieu de leur rendre leur pape, puis parcoururent la campagne à sa recherche. Enfin, le 2 septembre, un groupe de chercheurs le trouva au fond d'une grotte. Il fut ramené à Rome triomphalement et sacré le lendemain, le 3 septembre 590.
"[...] Au moment de sa consécration, l'Italie se trouvait dans une situation déplorable : la peste et la famine avaient exterminé les populations. Les paysans, pressurés par le fisc et violentés par les Barbares, abandonnaient la terre. Grégoire créa une administration agricole et fiscale capable de secourir les paysans et de les maintenir sur la terre, et, soucieux de ne pas voir se renouveler les abus, institua une inspection de cette administration." (Yvan GOBRY, Dictionnaire des Papes, Pygmalion, Paris 2013, pp. 187, 190-191.)
À l'occasion de cette épidémie de peste à Rome, le saint Pontife s'illustra par sa foi comme le rapporte Grégoire de Tours (538-594), contemporain de ces événements et qui en fut le chroniqueur. Dans un sermon mémorable prononcé dans l'église de Santa Sabina, il invita le peuple romain à suivre — contrit et pénitent — l'exemple des habitants de Ninive :
"Puis le Pape exhorta [tout le peuple] à lever les yeux vers Dieu, Qui permet de si terribles châtiments dans le but de corriger Ses enfants. Pour apaiser le courroux divin, le Pape ordonna une « litanie en sept Chœurs », c'est-à-dire une procession de toute la population romaine, divisée en sept cortèges, selon le sexe, l'âge et la condition. La procession se déplaça depuis les différentes églises romaines en direction de la basilique Saint-Pierre au Vatican, chantant des litanies en chemin. C'est l'origine de ce que l'on appelle aujourd'hui les grandes Litanies de l'Église, ou Rogations, que nous prions pour que Dieu nous protège contre les adversités. Les sept cortèges traversèrent les bâtiments de la Rome antique, pieds nus, à pas lent, la tête couverte de cendres. Tandis que la multitude traversait la ville, dans un silence sépulcral, la peste atteignit un tel point de fureur qu'en l'espace d'une heure, quatre-vingts personnes tombèrent mortes au sol. Cependant, Grégoire ne cessa pas une seconde d'exhorter le peuple à continuer de prier et insista pour que l'image de la Vierge peinte par saint Luc et conservée à Santa Maria Maggiore soit portée en tête de procession. (Gregorio di Tours, Historiae Francorum, liber X, 1, in Opera omnia, a cura di J.P. Migne, Parigi 1849 p. 528)"
L'un des faits remarquables de son pontificat, c'est l'évangélisation de ce peuple anglo-saxon dont il eût voulu lui-même être l'apôtre.
Grégoire le Grand décida d'envoyer de Rome (en Grande-Bretagne) des moines sous la direction d'Augustin, qui deviendra premier évêque de Cantorbéry.
"Ayant fait escale en juin dans l'île de Lérins, au monastère de Saint-Honorat, ils furent terrifiés par la mise en garde de leurs confrères : l'île de Bretagne était occupée par des Barbares féroces qui s'empresseraient de les occire dès leur débarquement. Les compagnons d'Augustin refusèrent d'aller plus loin. Le prieur retourna à Rome pour rendre compte de la situation au pape, qui se fit sévère : un moine était voué à l'obéissance; Augustin et ses quarante compagnons n'avaient plus qu'à obéir, c'est-à-dire à poursuivre leur route vers les rivages de la Bretagne. [...] [L]es missionnaires décidèrent de passer par la Gaule. Ils remontèrent la vallée du Rhône et durent évidemment rendre visite à la terrible reine Brunhilde (Brunehaut), régente des deux royaumes d'Austrasie et de Bourgogne. Augustin lui remit une lettre de recommandation signée du pape Grégoire. Ce fut efficace : elle leur donna pour compagnons des interprètes, qui parlaient latin, germanique et anglo-saxon. Embarqués à Boulogne, les voyageurs accostèrent l'Angleterre sur l'île de Thanet, à l'embouchure de la Tamise, là où le JuteHengist avait constitué le premier royaume barbare de Bretagne, le Kent (sud-est de l'Angleterre). Le roi, arrière-petit-fils du fondateur, en était Éthelbert. Il avait épousé Berthe, fille de Charibert, roi de Paris, et nièce de Brunhilde. Le contact fut donc facilité. Il donna à ses frères la liberté de prêcher le christianisme. Un certain nombre d'eorls (nobles) se convertirent. Bientôt Éthelbert († 616) les imita : il fut baptisé durant la nuit de la Pentecôte, 5 juin 597. [...] Augustin [...] devenait archevêque de Cantorbéry. Le pape créa ensuite les évêchés de Londres et de Rochester. En 604, Séberct, roi d'Essex, demana à son tour le baptême. Ce serait le tour, après la mort de Grégoire, d'Edwin, roi de Northumbrie, avec la fondation de l'évêché d'York." (Yvan GOBRY, Dictionnaire des Papes, Pygmalion, Paris 2013, pp. 189-190.)
Les moines fondirent des écoles où les Saxons apprirent l'écriture. (Yvan GOBRY, Dictionnaire des Papes, Pygmalion, Paris 2013, p. 190.)
La conversion des Anglo-saxons fut l'une des grandes entreprises de Grégoire le Grand. L'Angleterre, l'Irlande deviendront des foyers d'où les missionnaires partiront christianiser l'Europe du Nord. Willibrord (+ 739) et Boniface (+ 754) évangélisent la Frise et l'Allemagne après avoir été sacrés évêques à Rome." (Yves BRULEY, Histoire du Catholicisme, Que Sais-je ?, 4e édition, Paris 2018, p. 35-36.)
Le roi Éthelbert († 616) sous l'influence d'Augustin de Cantorbéry, fera rédiger et adopter par l'assemblée de la noblesse saxonne le nouveau code administratif pénal intitulé les Jugements d'Éthelbert, qui opéreront la synthèse entre le droit barbare et le droit romain. Il fut entendu en outre que les moines romains fonderaient des écoles où les Saxons apprendraient l'écriture, le catéchisme et la liturgie romaine. (Yvan GOBRY, Dictionnaire des Papes, Pygmalion, Paris 2013, p. 190.)
Grégoire s'est également rendu célèbre par la réforme de la liturgie et le perfectionnement du chant ecclésiastique. C'est à lui que l'on doit le nom de chants grégoriens. (Wikipedia) "Il rassembla dans son Antiphonaire le chant sacré en honneur à Rome, en l'ordonnant, en l'ornant, et en y ajoutant des mélodies remarquables par leur élan et leur élégance; il veilla à la publication, à l'application, à l'extension et à la transmission de cette liturgie." (Yvan GOBRY, Dictionnaire des Papes, Pygmalion, Paris 2013, p. 192.)
Il prêchait souvent au peuple de Rome, et lorsque la maladie lui ôtait cette consolation, il composait des sermons et des homélies qui comptent parmi les chefs-d'œuvre de ce grand docteur. Son pontificat fut l'un des plus féconds dont s'honore l'Église.
"Grégoire en signe d'humilité, authentifie ses lettres d'une formule qui deviendra rituelle : Servus servorum Dei, le pape est [...] le serviteur des serviteurs de Dieu." (Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 93-94.)
Il combat l'esclavage et la simonie. "L'argent est le moteur de la simonie, mais Grégoire le Grand, dans son Homelia quarta in Evangelio, faisait aussi entrer en ligne de compte (pour les condamner comme simonie) d'autres procédés comme les services rendus, la flatterie ou toute autre considération humaine. Il considérait la simonie comme une hérésie, tout comme à sa suite Isidore de Séville (Etymologiae, VIII,5) et les réformateurs grégoriens." L'expression simonie étant tirée des Actes des Apôtres 8, 18-24, où Simon le magicien essaya d'acheter à Pierre et à Jean leur pouvoir de conférer l'Esprit Saint par l'imposition des mains. (Dictionnaire du Moyen-Âge, sous la direction de Claude GAUVARD, Alain de LIBERA, Michel ZINK, Quadrige Puf, Paris 2002, p. 1335.)
Comme notre Rédempteur a pris notre chair afin de nous délivrer de l’esclavage du péché, nous devons rendre à la liberté ceux qui en ont été privés par la loi des nations.
S. Grégoire cité dans le Dictionnaire encyclopédique d'histoire, de biographie, de mythologie et de géographie, par Louis Grégoire, Garnier Frères éditeurs, Paris 1871, p. 695-697
Lui-même donnant l’exemple, affranchit tous ses esclaves.
Libres des biens terrestres : "il faut que votre esprit domine ce que vous avez"
"Je veux vous inviter à tout abandonner, sans vous y obliger. Si vous ne pouvez pas abandonner entièrement le monde, retenez les biens de ce monde, mais de telles façon qu'ils ne vous retiennent pas dans le monde. Possédez, mais ne vous laissez pas posséder. Il faut que votre esprit domine ce que vous avez; autrement, si votre esprit est vaincu par l'amour des biens terrestres, c'est plutôt lui qui sera possédé par les biens qui lui appartiennent. [...]
"Tout ce qui se passe dans ce monde, regardez-le comme à la dérobée. Que votre regard intérieur se dirige en avant et considère avant tout les réalités qui sont votre but. [...]
"Ceux qui agissent ainsi, ont tous les biens du monde à leur disposition pour en user, non pour les désirer. De la sorte, qu'il n'y ait rien pour freiner le désir de votre esprit, aucune jouissance pour vous lier aux embarras du monde." (Grégoire le Grand, Homélies sur l'Evangile, livre II, homélie XXXVI, Sources chrétiennes n°22, Cerf 2008, p. 415.)
"Le pape Grégoire s'habitue également à remplacer le latin Gallia par l'expression de gens Francorum, peuple des Francs, voire même, dans au moins un cas, par un néologisme venu de l'autre côté des Alpes : 'Francia'." (Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 99.)
Grégoire mourut le 12 mars 604.
On le représente écoutant une colombe qui lui parle à l'oreille. Il est regardé comme le patron des chantres.
Depuis le concile Vatican II, l'Église le célèbre le 3 septembre (auparavant le 12 mars).
"Il est compté parmi les Docteurs de l'Église, titre que celle-ci décerne parcimonieusement aux théologiens qui ont d'une part énoncé d'une façon importante les vérités de la foi et d'autre part mérité la canonisation. [...] Le traité le plus considérable de ce Docteur est les Morales sur Job (Moralia in Job) en trente-cinq livres, titre quelque peu étroit pour désigner un ensemble de commentaires qui ne ressortissent pas seulement à la morale, mais au dogme et à la spiritualité. Ces textes composés de 579 à 585, c'est-à-dire durant les années où l'auteur fut apocrisiaire, puis abbé, sont en fait une série de conférences monastiques. [...] Grégoire a aussi rédigé d'abondants commentaires de l'Écriture, [...] vingt-deux Homélies sur le prophète Ézéchiel, soixante Homélies sur les Évangiles, recueil de prédications sur les Évangilesdimanches et fêtes. Enfin, une Exposition sur le Cantiques des cantiques. " (Yvan GOBRY, Dictionnaire des Papes, Pygmalion, Paris 2013, p. 192.)
Sources : (1) ; (2) ; (3) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 86 ; Yvan GOBRY, Dictionnaire des Papes, Pygmalion, Paris 2013, p. 190
Personne ne vous apprend que vos plus grandes preuves d'amour peuvent se transformer en vos plus grands pièges. Personne ne vous dit que vous dévouer aux mauvaises personnes peut vous laisser vide, épuisé, et éloigné de la vie que Dieu vous a réservée. Mais la parole de Dieu, elle, le fait.
Proverbes 4,7 Ainsi commence la sagesse : elle s’acquiert ! Cède tout ce que tu as pour acquérir l’intelligence.
Jésus lui-même s'est éloigné de personnes. Il n'a pas poursuivi le jeune et riche souverain. Dans Mt 7,6 il nous averti : ''Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré ; ne jetez pas vos perles aux pourceaux, de peur qu’ils ne les piétinent, puis se retournent pour vous déchirer.''
Jn 2,23-25 "Pendant qu’il était à Jérusalem pour la fête de la Pâque, beaucoup crurent en son nom, à la vue des signes qu’il accomplissait. Jésus, lui, ne se fiait pas à eux, parce qu’il les connaissait tous 25 et n’avait besoin d’aucun témoignage sur l’homme ; lui-même, en effet, connaissait ce qu’il y a dans l’homme."
Si le Fils de Dieu a fixé des limites, vous avez la pleine permission du Ciel de faire de même.
1- Le premier type de personnes que vous devez cesser d'aider ce sont les paresseux et les oisifs, car il y a une différence entre une personne qui traverse une période difficile et une personne qui a choisi le confort plutôt que la responsabilité comme mode de vie.
Proverbes 10,4 'Main nonchalante appauvrit, main diligente enrichit.' La paresse engendre la pauvreté, mais le travail assidu enrichit."
2 Thessaloniciens 3,10 ''si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus.''
Mt 25,24-30 "Celui qui avait reçu un seul talent s’approcha aussi et dit : “Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain. J’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t’appartient. Son maître lui répliqua : “Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu. Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts. Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix. À celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a. Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dans les ténèbres extérieures ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents !”
Le serviteur qui a caché son talent au lieu de l'investir n'a pas été récompensé. Il a été traité de méchant et de paresseux. Et il lui fut pris tout ce qu'il possédait. Certaines personnes ne sont pas bloquées parce que le diable les combat, elles sont bloquées parce qu'elles refusent d'avancer. Et lorsque vous les sauvez sans cesse du poids de leurs propres choix, vous manquez de compassion. Vous retardez la correction qui pourrait changer leur vie. La plus grande preuve d'amour que vous puissiez offrir à une personne vouée à l'oisiveté est de prendre du recul, de prier pour elle, et de laisser le dessein de Dieu accomplir ce que votre générosité ne pourrait jamais faire.
2- Le deuxième type de personne que vous devez cesser d'aider : les ingrats
Luc 17,11-18 Jésus, marchant vers Jérusalem, traversait la région située entre la Samarie et la Galilée. Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils s’arrêtèrent à distance et lui crièrent : 'Jésus, maître, prends pitié de nous.' A cette vue, Jésus leur dit : 'Allez vous montrer aux prêtres.' En cours de route, ils furent purifiés. L’un d’eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix. Il se jeta face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. Or, c’était un Samaritain. Alors Jésus prit la parole en disant : 'Tous les dix n’ont-ils pas été purifiés ? Les neuf autres, où sont-ils ? Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu !'
Or comme ces 9 lépreux sur 10 ingrats, il y a des gens dans nos vies qui ont été aidés, soutenus, portés et protégés par notre sacrifice et qui ne se sont jamais retournés pour le reconnaître.
2 Tm 3,2- 9 "En effet, les gens seront égoïstes, cupides, fanfarons, orgueilleux, blasphémateurs, révoltés contre leurs parents, ingrats, sacrilèges, sans cœur, implacables, médisants, incapables de se maîtriser, intraitables, ennemis du bien, traîtres, emportés, aveuglés par l’orgueil, amis du plaisir plutôt que de Dieu ; ils auront des apparences de piété, mais rejetteront ce qui fait sa force. Détourne-toi aussi de ces gens-là ! Parmi eux, il y en a qui s’introduisent dans les maisons et captivent des bonnes femmes chargées de péchés, entraînées par toutes sortes de convoitises, toujours en train d’apprendre et jamais capables de parvenir à la pleine connaissance de la vérité. De la même façon que Jannès et Jambrès se sont opposés à Moïse, ceux-là aussi s’opposent à la vérité ; ces gens ont un esprit corrompu et une foi sans valeur. Cependant ils n’iront pas bien loin, car leur stupidité sera évidente pour tous, comme le fut celle des deux autres."
L'ingratitude est citée au même niveau que l'impiété. Car elle provient de la même racine : un cœur qui refuse d'admettre d'où vient ses bienfaits.
Aider une personne ingrate est comme verser de l'eau dans un récipient percé.
Plus vous leur en donnez, plus ils en attendent ! Et Proverbes 17,13 avertit : ''Qui rend le mal pour le bien voit le mal ne plus quitter sa maison.''
Certaines personnes se serviront de votre sacrifice contre vous. La gratitude est une porte ouverte à l'abondance. 1 Th 5,18 "rendez grâce en toute circonstance : c’est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus."
3- Le 3e type de personne que vous ne devez pas aider : l'orgueilleux et l'arrogant
Proverbes 16,18 L’orgueil précède l’effondrement, et la prétention, la chute.
Il est impossible d'aider les orgueilleux car ils ne croient pas en avoir besoin.
Jc 4,6 "Dieu s’oppose aux orgueilleux, aux humbles il accorde sa grâce."
Quand on aide une personne orgueilleuse on aide quelqu'un auquel Dieu résiste déjà.
Daniel 4,27-30 "le roi prit la parole et dit : 'N’est-ce pas ici Babylone la grande ? Moi, je l’ai bâtie comme une maison royale, par la puissance de ma force et pour la gloire de ma majesté.' Ces paroles étaient encore dans sa bouche quand une voix tomba du ciel : 'C’est à toi que l’on parle, ô roi Nabucodonosor ! On te retire la royauté. Tu seras chassé d’entre les hommes, tu auras ta demeure avec les animaux sauvages, on te nourrira d’herbe, comme les bœufs, et sept temps passeront sur toi, jusqu’au moment où tu reconnaîtras que le Très-Haut est maître du royaume des hommes et le donne à qui il veut.' À l’instant même, la parole s’accomplit pour Nabucodonosor : il fut chassé d’entre les hommes, il mangea de l’herbe comme les bœufs, son corps fut trempé de la rosée du ciel, jusqu’à ce que ses cheveux grandissent comme des plumes d’aigle, et ses ongles, comme des griffes d’oiseaux."
4- Le 4e type de personne que vous devez cesser d'aider : les méchants et les pécheurs. Plus précisément : ceux qui ne veulent pas changer
Ps 1,1 "Heureux est l'homme qui n'entre pas au conseil des méchants, + qui ne suit pas le chemin des pécheurs, * ne siège pas avec ceux qui ricanent."
L'amour de Dieu s'étend à tous, mais son approbation n'est pas automatique. Il y a une différence fondamentale entre un pécheur qui se repent et une personne qui embrasse la méchanceté comme une identité.
Rom 1,32 "Ils savent bien que, d’après le juste décret de Dieu, ceux qui font de telles choses méritent la mort ; et eux, non seulement ils les font, mais encore ils approuvent ceux qui les font !"
Les histoires de Jézabel, Caïn et Judas ont toutes le même fil conducteur. Ils ont refusé de changer et leur fin a été dévastatrice.
On peut aimer profondément quelqu'un et malgré tout refuser de cautionner ce que Dieu a déjà condamné dans leur vie.
Priez pour eux, dites-leur la vérité ; mais ne permettez pas que votre présence soit pour eux le coussin qui les maintient profondément dans leur rébellion.
Car à un moment, le confort devient complicité.
5- Le 5e type de personne que vous ne devez pas aidé découle du précédent : l'insensé.
Un insensé est celui qui entend la parole de Dieu et la rejette délibérément.
Proverbes 26,11 "Comme le chien retourne à son vomi, l’insensé revient à ses folies."
Proverbes 13,20-21 "Qui fait route avec les sages deviendra sage ; qui fréquente les insensés tournera mal. Le malheur poursuit les pécheurs, le bonheur récompense les justes."
Il n'est pas obligé d'être soi-même insensé pour être blessé par un insensé : leur proximité seule vous coûte cher.
Proverbes 23,9 "À l’oreille d’un sot ne dis mot : il n’a que mépris pour tes paroles sensées !"
Certains d'entre nous se sont retrouvés pris dans ce cycle épuisant qui consiste à conseiller la même personne au sujet des mêmes erreurs, et à la voir retomber dans les mêmes travers, et vous vous demandez pourquoi vous vous sentez si vidés. C'est parce que vous avez arrosé une terre qui n'était pas préparée à le recevoir.
À un certain moment, continuer à aider une personne qui ne recevra pas vos conseils cesse d'être de l'amour et devient un cycle (une relation toxique) dont il faut s'extraire pour le bien de chacun.
6- Le 6e type de personne que vous ne devez pas aider est sans doute la plus dangereuse, car elle est souvent la plus difficile à identifier : les malhonnêtes et manipulateurs
Pr 12,22-23 "Le Seigneur a horreur des lèvres menteuses ; qui agit loyalement lui plaît. L’homme avisé ne montre pas sa science mais le cœur de l’insensé crie sa folie."
La manipulation n'est pas qu'un défaut de la personnalité, c'est une arme spirituelle.
Cela n’a rien d’étonnant : Satan lui-même se déguise en ange de lumière. (2 Co 11,14)
Les manipulateurs les plus dangereux sont ceux qui semblent les plus sincères.
Ils savent pleurer au bon moment, ils savent comment vous faire croire que les refuser fait de vous un mauvais chrétien.
Ils savent quels mots fera fondre votre résistance.
Pr 26, 24-25 "L’ennemi se cache derrière ses lèvres, il dissimule, au fond de lui, sa tromperie. Au charme de sa voix ne te fie pas, il a, dans le cœur, sept projets abominables. Sa ruse a beau cacher sa haine, sa malice apparaîtra au grand jour."
Si une personne change constamment de version des faits, ne cesse de vous culpabiliser pour obtenir ce qu'elle veut, de n'apparaître que lorsqu'elle a besoin de quelque chose et de ne jamais reconnaître sa part de responsabilité, votre discernement n'est pas un jugement, c'est une protection.
Dieu vous appelle à marcher dans la sagesse et parfois la sagesse ressemble à une main fermée.
7- Le 7e et dernier type est celui qui requière la plus grande maturité spirituelle pour être appréhendé correctement : les impénitents
Hébreux 10,26-27 "Car si nous demeurons volontairement dans le péché après avoir reçu la pleine connaissance de la vérité, il ne reste plus pour les péchés aucun sacrifice, mais une attente redoutable du jugement et l’ardeur d’un feu qui va dévorer les rebelles."
Si nous continuons volontairement à pécher après avoir reçu la connaissance de la vérité, il ne reste plus de sacrifice pour les péchés.
Il y a une différence profonde entre lutter et refuser. Certaines personnes ne veulent pas être délivrées, elles veulent être confortées dans leur péché. Elles demandent votre présence pour atténuer les conséquences plutôt que de s'attaquer à la cause.
Dans la parabole du fils prodigue, en Lc 15 11-32, le père n'a pas poursuivi son fils quand il est parti, il ne l'a pas sauvé de la porcherie, il le laissa partir. Fin de citation. Et ce n'est que dans les profondeurs de ce lieu misérable, affamé, brisé et entouré par les conséquences de ses choix que le fils reprit ses esprits et retourna vers sa maison.
Pr 29,1 "Qui raidit la nuque sous la critique sera brisé, soudain, sans appel !"
Certaines personnes doivent toucher le fond avant de relever la tête. Et si vous continuez à vous précipiter pour combler ce manque avec vos ressources, votre temps, et votre énergie émotionnelle, vous ne raccourcirez pas leurs souffrances, vous les prolongerez. Retirez-vous. Priez sans cesse. Dites la vérité quand la porte s'ouvre. Et ayez confiance que Dieu sait exactement quelle pression est nécessaire pour faire naître la bonne chose chez la bonne personne au bon moment.
Dieu ne vous a pas appelés à vous donner entièrement aux gens qui ont choisi de rester vides.
Prière
Père,
Donne-moi la sagesse d'aider ceux que tu m'as appelé à aider
et le courage de libérer ceux que tu n'as pas libérés.
Protège mon coeur de toute manipulation
Protège mes ressources contre tout usage abusif
et protège ma vocation du poids du fardeau que je n'ai jamais eu à porter.
Apprends-moi à donner à pleines mains, et à marcher d'un regard avisé.
Que tout ce que je donne soit guidé par ton Esprit et non par la culpabilité ou la peur. Au nom de Jésus.
Princesse suédoise, religieuse dominicaine († 1282), Sainte Ingrid de Skänninge était, par sa mère, petite fille du roi Knut de Suède.
Devenue veuve, Ingrid fit un pèlerinage aux Lieux Saints. Au retour, passant par Rome, elle obtint du pape l'autorisation de fonder un couvent de religieuses cloîtrées dans son pays, qui furent des tertiaires dominicaines (moniales de l’Ordre des Prêcheurs). Elle donna tous ses biens pour la gloire de Dieu.
Son frère Jean Elovson, chevalier teutonique, l'aida de son argent et le couvent fut inauguré à Skänninge en Suède en 1281.
Sainte Ingrid mourut un an après, à Skänninge en Suède, l'an 1282.
La représentation de la Vierge Marie offrant un sein a une profonde signification théologique et de compassion.
Ce motif iconographique est connu dans l'art chrétien sous le nom d'intercession mariale ou du concept des "seins qui ont allaité" Jésus. Il possède trois motifs principaux :
1-Symbole d'intercession et de piété : dans les scènes du Jugement Dernier, la Vierge agit en tant qu'avocate ou intercesseur de l'humanité auprès de son fils, Jésus-Christ le Juge. En montrant son sein, elle rappelle visuellement à Christ le sacrifice de sa maternité et le fait de l'avoir nourri et soigné lorsqu'il était humain. C'est une supplication pour qu'il fasse usage de miséricorde plutôt que d'une justice stricte envers les âmes.
Origine biblique : ce geste fait écho à un passage évangélique du Nouveau Testament (Luc 11, 27) : "Heureuse la mère qui t’a porté en elle, et dont les seins t’ont nourri !". Contrepoint visuel à la douleur : tandis que Jésus-Christ montre les plaies de sa Passion et les clous comme preuve de son sacrifice pour sauver le monde, Marie montre son sein comme symbole de l'amour maternel qui l'a élevé.
Tous deux exposent leurs corps comme arguments pour décider du sort des ressuscités. Cette manière de représenter la Vierge (dérivée de la tradition médiévale de la Virgo Lactans ou Vierge à la Leche) fut très courante dans l'art européen jusqu'à la moitié du XVIe siècle, lorsque les strictes normes de moralité du Concile de Trente commencèrent à interdire la nudité dans l'art religieux.
Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 75
Saint Aegidius, dont le culte a été pendant plusieurs siècles fort célèbre en France et en Angleterre, était athénien de naissance, et d'une extraction noble; il vivait vers la fin du VIIe siècle. Sa science et sa piété lui attirèrent une admiration universelle.
Voyant qu'il lui était impossible de mener dans sa patrie une vie retirée, il résolut de la quitter pour fuir le danger qui accompagne les applaudissements des hommes. Il vint vivre en ermite en Provence; il sera chaleureusement accueilli à Arles, puis au bord du Gardon par saint Vérédème, évêque à Avignon. Puis il se retirera en ermite dans la Vallée Flavienne, domaine du roi goth Flavius, dans l'embouchure du Rhône.
Son éducation fut brillante, comme elle devait être pour un jeune homme de race royale. On lui a attribué de remarquables ouvrages de médecine et de poésie; mais sa science était surtout celle des Saints.
Un jour qu'il se rendait à l'église, il rencontra un pauvre mendiant malade, presque nu, qui lui demanda l'aumône. Ému de compassion, Gilles se dépouilla de sa riche tunique et la lui donna : à peine le malheureux en fut-il revêtu, qu'il se trouva en parfaite santé. Le jeune homme comprit, à ce miracle, combien l'aumône était agréable à Dieu. Peu de temps après, à la mort de ses parents, il distribua tous ses biens aux pauvres et se voua lui-même à la pauvreté, à la souffrance et à l'humilité. Mais Jésus-Christ ne Se laissa pas vaincre en générosité, et les miracles se multiplièrent tellement sous les pas du saint jeune homme, qu'il en fut lui-même effrayé et se résolut à quitter son pays et à faire voile pour l'Occident. Pendant la traversée, il calma une effroyable tempête par ses prières et débarqua bientôt à Marseille, où il guérit la fille de son hôtesse.
Mais il lui fallait la solitude; il la trouva dans une grotte sauvage, où, dégagé de toute préoccupation terrestre, il ne vécut que pour Dieu. Ses jours, ses nuits presque entières s'écoulaient dans une prière continuelle, dans l'adoration et la contemplation. Il jeûnait tous les jours; le lait d'une biche de la forêt, que Dieu lui envoyait, suffisait à son entretien.
Depuis trois ans, Gilles habitait ce lieu solitaire, quand un jour Wamba, roi des Visigoths d'Espagne, vint chasser jusque dans les forêts voisines avec une suite nombreuse. La biche qui nourrissait le saint ermite, poursuivie par les chiens allait succomber; enfin, exténuée de fatigue, elle vint se jeter aux pieds de son maître. Gilles, ému jusqu'aux larmes, pria le Seigneur de protéger la vie de l'innocent animal. Une flèche, lancée par un chasseur, vint frapper la main de l'homme de Dieu et lui fit une blessure qui ne devait jamais guérir. La biche était sauvée, car le roi, plein d'admiration pour cet homme qui lui apparaissait avec l'auréole de la sainteté sur le front, donna ordre de cesser la poursuite. Wamba fit même bâtir là, à la demande de Gilles, un monastère, qui devint l'abbatiale Saint-Gilles, dans le Gard. Mentionnée dès 814, l’abbaye doit sa grande renommée au pèlerinage du tombeau de son fondateur légendaire, invoqué pour la libération des prisonniers et la guérison des infirmités et les maladies. Elle est aujourd'hui classée au titre des monuments historiques, et inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco.
Devenu abbé, Saint Gilles conseilla les plus grands, pape et rois.
On raconte qu'un grand personnage (Charles Martel ou Charlemagne ?) lui avait demandé l'absolution pour un très grand péché (inceste). Alors que Saint Gilles célébrait la Messe, un ange plaça sur l'autel un parchemin où était consignée la faute. Au fur et à mesure du déroulement de l'office, les traces écrites du péché s'effacèrent sur le parchemin.
Après avoir dirigé quelques temps ce monastère, Gilles chercha de nouveau la solitude, et revint enfin terminer ses jours parmi ses chers religieux.
Saint Gilles est représenté avec une biche, poursuivie par des chasseurs, ou tantôt en abbé bénédictin, avec la crosse. On le représente aussi en Italie avec une fleur de lys (giglio signifiant "lys" en italien).
Sur son tombeau fut construite l'abbaye de Saint-Gilles-du-Gard, alors port de mer, étape de pèlerinage sur le chemin de Rome et de Compostelle. Gilles a toujours son tombeau dans la crypte de l'abbatiale.
Au "Moyen-Âge", le culte de Saint Gilles était très important, non seulement en Provence et dans le Languedoc mais dans la plupart des pays de la chrétienté. Il était surtout vénéré comme saint auquel on se confessait le plus volontiers, puisqu'il assurait l'absolution.
Son culte se répandit rapidement, de nombreux pèlerins venus des pays les plus lointains (Flandres, Danemark, Hongrie, Norvège, Pologne…) s'acheminèrent vers son tombeau, invoquant saint Gilles contre la peur et le feu, pour la guérison des maladies nerveuses et pour la protection des enfants.
La ville de Saint-Gilles, aussi appelée Saint-Gilles-du-Gard, doit son nom au célèbre abbé Gilles l'Ermite dont elle garde le tombeau; elle fut au XIIe siècle un des plus importants lieux de pèlerinage de la chrétienté. La ville connut alors un développement sans précédent. Aujourd’hui, même si le culte de Gilles est moins pratiqué, Saint-Gilles-du-Gard demeure une étape pèlerine sur le chemin de Saint-Jacques.
Des villes et des villages en France et à l'étranger portent son nom et plus de 2000 églises le désignèrent comme patron.
Patron des estropiés, on invoque saint Gilles contre le cancer, la folie, la stérilité des femmes et la protection des enfants.
Selon le livre V du Codex Calixtinus (une oeuvre collective due aux maîtres et étudiants de la cathédrale compostellane et dont des chapitres copiés sont attribués au pape Calixte II), probablement rédigé vers 1120-1130:
"Le digne corps de Saint Gilles, très pieux confesseur et abbé, doit aussi être visité avec le plus grand soin et vigilance : car le très saint Gilles, célèbre dans tous les climats de la terre, doit être aimé et invoqué par tous, et l'objet des supplications de tous. Après les prophètes et les Apôtres, personne parmi tous les autres saints n'est plus digne, personne n'est plus saint, personne n'est plus glorieux, personne ne vient plus vite au secours. C'est lui en effet, avant les autres saints, qui a l'habitude d'être le plus prompt à aider les nécessiteux, les affligés et les angoissés qui font appel à lui. Ô que la visite de son tombeau est œuvre belle et précieuse ! Le jour même, celui qui l'aura prié de tout son cœur sera sans aucun doute heureusement secouru.
"Cela même que je dis, je l'ai expérimenté : j'ai vu autrefois un homme qui, le jour où il l'invoqua échappa grâce à l'aide du saint confesseur de la maison d'un certain Peirot, cordonnier, dont la très vieille demeure s'effondra entièrement. Qui donc verra davantage son tombeau ? Qui adorera Dieu dans sa très sainte Basilique ? Qui embrassera le plus son sarcophage ? Qui baisera son vénérable autel ou qui racontera sa très pieuse vie ? Un malade revêt sa tunique et est en effet guéri; grâce à sa vertu indéfectible, un homme mordu par un serpent, est guéri; un autre, ravi par le démon, est libéré. Une tempête en mer s'arrête; la fille de Théocrite lui est rendue par une guérison longuement souhaitée; un malade de tout le corps, privé de santé, retrouve le bon étant si longtemps désiré; une biche qui était sauvage, domestiquée par ses pouvoirs devient familière; l'ordre monastique sous le patronage de cet abbé s'étend; un énergumène est délivré du démon; le péché de Charlemagne qui lui fut révélé par un ange est remise au roi; un défunt est rendu à la vie; un paralysé retrouve sa santé antérieure; mieux encore, deux portes en cyprès portant des représentations sculptées de princes des apôtres de la ville de Rome jusqu'aux portes du Rhône, parviennent sur les ondes marines, sans aucun gouvernail, par la seule puissance de son pouvoir. Mourir me dégoûte parce que je ne peux narrer toutes ces œuvres vénérables tant elles sont nombreuses et grandes." (Adeline RUCQOI, Le Voyage à Compostelle, du Xe au XXe siècle, Robert Laffont, Lonrai 2018, p. 30, 44-45.)
Sources :
- Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 244 - La Bible et les Saints, Encyclopédie Tout l'Art, Flammarion, Gaston Duchet-Suchaux, Michel Pastoureau, 1994 – ISBN : 2-09-012256-8
- Les saints qui guérissent en Normandie, Hippolyte Gancel, Éditions Ouest France, 2006 – ISBN : 2-7373-3565-5
Il y a une ancienne coutume catholique qui mérite d’être récupérée : que les parents bénissent leurs enfants.
Ce n’est ni une dévotion inventée ni une sorte d’imitation du prêtre. L’Église reconnaît expressément cette bénédiction et propose même un rite pour la réaliser.
1️⃣ Le Rituel des bénédictions de l’Église contient expressément une « Bénédiction des enfants ».
Et il rappelle quelque chose de très significatif : la bénédiction donnée aux enfants par leurs propres parents a toujours été très estimée parmi les chrétiens.
2️⃣ Par conséquent, oui : un père et une mère peuvent véritablement bénir leurs enfants.
Le Rituel des bénédictions précise que ce rite peut être utilisé par « les parents, le prêtre ou le diacre ».
3️⃣ Cela ne signifie pas que les parents bénissent du même ministère qu’un prêtre.
Le prêtre et le diacre le font à partir du sacrement de l’Ordre. Les parents le font en tant que baptisés et à partir de la mission que Dieu leur a confiée concernant leurs propres enfants.
4️⃣ Et c’est une pratique profondément biblique.
Jacob bénit Éphraïm et Manassé en imposant les mains sur eux :
« Que l’Ange qui m’a délivré de tout mal bénisse ces jeunes gens » (Gn 48,16).
5️⃣ Le livre de l’Ecclésiastique affirme aussi :
« La bénédiction du père affermit la maison de ses fils » (Si 3,9).
La bénédiction paternelle apparaît ainsi comme une expression concrète de l’autorité reçue de Dieu pour aimer, éduquer et conduire les enfants vers Lui.
6️⃣ Le geste proposé par le Rituel des bénédictions est particulièrement beau.
Les parents tracent le signe de la croix sur le front de leurs enfants et prononcent sur eux la prière de bénédiction.
Une croix tracée par celui qui leur a donné la vie et qui demande maintenant à Dieu de les accompagner tout au long de celle-ci.
7️⃣ Le Rituel des bénédictions propose lui-même cette formule :
« Que le Seigneur te garde
et te fasse grandir dans son amour,
afin que tu marches selon la vocation
à laquelle tu as été appelé ».
L’enfant répond : « Amen ».
8️⃣ Cela peut se faire au moment de se coucher, en sortant de la maison, avant un voyage, en cas de maladie, à un moment important ou simplement comme habitude quotidienne.
Il n’est pas nécessaire de grandes cérémonies. Un signe de croix sur le front et quelques mots prononcés avec foi suffisent.
C’est peut-être l’une de ces traditions simples que nous n’aurions jamais dû laisser disparaître.
Un enfant qui reçoit habituellement la bénédiction de ses parents apprend quelque chose d’essentiel : que ses parents l’aiment, mais aussi qu’ils savent que sa vie appartient finalement à Dieu.
Et peu d’héritages peuvent être meilleurs que celui-là.
L'apôtre mondial de la tolérance et de l'égalité absolue cachait un racisme décomplexé et une complaisance glaçante avec la pire dictature du siècle.
La figure de Gandhi en pagne, libérateur de tous les opprimés, est intouchable. C'est aussi une légende soigneusement expurgée par les livres d'histoire.
Avant de libérer l'Inde, le jeune avocat a passé vingt-et-un ans en Afrique du Sud. Là-bas, il a lutté avec acharnement contre l'administration britannique.
Mais pas du tout pour l'égalité universelle.
Gandhi se battait pour protéger une stricte hiérarchie raciale. Il était profondément révolté à l'idée que les colons mettent les Indiens au même niveau social que les populations noires africaines.
Dans ses courriers officiels, il utilisait ouvertement des termes insultants pour désigner les Noirs, les décrivant comme des sauvages tout juste bons à garder le bétail.
Son premier grand combat politique n'a pas été de détruire l'apartheid avant l'heure.
Il a milité avec succès pour que les prisonniers indiens ne partagent plus les mêmes cellules ni les mêmes latrines que les détenus noirs.
Il ne combattait pas l'oppression de l'homme par l'homme. Il réclamait simplement sa place dans le système, juste en dessous des Blancs, mais strictement au-dessus des Noirs.
Et son aveuglement idéologique a atteint un cynisme terrifiant quelques décennies plus tard, face au Troisième Reich.
En 1939, alors que l'Europe est sur le point d'être dévorée par le nazisme, Gandhi écrit personnellement à Adolf Hitler. Il commence sa lettre par un très poli cher ami, estimant que le dictateur est le seul homme capable de prévenir une guerre.
Son jusqu'au-boutisme pacifiste le pousse à des prises de position vertigineuses de cruauté froide.
Il conseille très sérieusement au gouvernement britannique de déposer les armes, de laisser Hitler prendre leurs maisons et d'accepter d'être massacrés sans violence.
Pire encore, face à la Shoah, il déclarera quelques années plus tard que les Juifs auraient dû s'offrir volontairement aux couteaux des bouchers et se jeter du haut des falaises afin d'éveiller la conscience du monde.
Le mythe du père universel des droits civiques s'effondre. Le symbole mondial de la paix a bâti ses premiers succès sur une ségrégation sur mesure, et a poussé son dogme jusqu'à recommander le suicide collectif face à la barbarie absolue.
Philosophe grec d'Athènes, converti, réputé pour son Apologie du christianisme qu'il présenta à l'empereur Hadrien vers 125 ap.J.-C., probablement lors de son passage à Athènes. Ce texte, qui demeura longtemps égaré, a été retrouvé écrit en syrien, en arménien et en grec.
C'est probablement Aristide qui présenta un texte complétant son Apologie, intitulé Epître à Diognète. Cette élégante et vibrante fabrication littéraire tentait de convaincre un païen honnête de la sottise des racontars répandus au sujet des chrétiens, ces gens qui vivaient absolument comme tout le monde, mais simplement mieux que tout le monde :
"Ils [les chrétiens] habitent les villes des Grecs et des barbares; ils se conforment, en matière d'habillement, de nourriture et de tout le quotidien, aux usages du pays, et pourtant, ils présentent je sais quoi de remarquable et d'extraordinaire. Ils jouissent de tous les droits des citoyens et sont traités partout comme des étrangers. Ils se marient, ils ont des enfants, mais ils n'exposent pas leurs nouveau-nés [Ndlr. allusion à l'usage romain autorisant un père de famille à abandonner l'un de ses enfants parce qu'il doute de sa légitimité, n'a pas de quoi le nourrir, ne veut pas d'une fille de plus ou d'un infirme.Constantin Ier (310-337) interdira cette pratique contre laquelle les chrétiens n'avaient cessé de s'élever et contre laquelle ils luttaient en recueillant ces enfants. Ce qui leur épargnait le sort habituel de ces malheureux petits : mourir sur place, parfois dévorés par les chiens ou les porcs, être ramassés par des mendiants qui les estropiaient ou des proxénètes qui les prostituaient, ou, pour les plus chanceux, être vendus comme esclaves].
"...Ils[les chrétiens] mangent en commun mais ne se livrent pas à la débauche. Ils mènent dans la chair une vie non charnelle, vivant sur la terre mais le coeur au ciel. Ils obéissent aux lois établies, mais ils les surpassent par leur propre morale. Ils aiment l'humanité entière alors que tous les hommes les persécutent. Ils sont condamnés par ceux qui ne les connaissent pas; ils sont mis à mort et, par là, acquièrent l'immortalité..." (Epître à Diognète, V)
Malgré toutes les explications de Quadratus et d'Aristide,l'empereurHadrien (117 - 138) ne distinguait toujours pas nettement les chrétiens des Juifs. (...) Et ceux de Jérusalem qui restaient attachés à une bonne part des anciens rites hébraïques, prêtaient spécialement à cette confusion. On expulsa donc les chrétiens hiérosalémytes (habitants de Jérusalem) de la ville, comme les Juifs; une mesure queTitus en son temps (empereur de 79 à 81) mieux informé, n'avait pas voulu prendre.
À Athènes, vers 150, saint Aristide, philosophe très célèbre par sa foi et sa sagesse, qui présenta à l’empereur Adrien un livre sur la vérité de la religion chrétienne.
"Le mosaïste star de l'Eglise catholique est accusé d'abus sexuels et d'emprise par une vingtaine de fidèles. Un scandale malvenu avant la venue du pape en France.
Marko Rupnik, l'icône écornée. ... Actuellement sous le coup d'un procès au Vatican, le prêtre slovène Marko Rupnik aurait agressé des dizaines de religieuses des années 1980 aux années 2000. Ses œuvres ornent des centaines d'églises dans le monde, parmi lesquelles la Basilique de Lourdes, où Léon XIV doit se rendre les 26 et 27 septembre prochain."
"Alors que le chef de l'Église a l'intention de rencontrer les victimes de violences sexuelles au cours de son voyage, celles-ci exigent le retrait des oeuvres, qui seront entièrement cachées d'ici l'arrivée du Souverain Pontife." PARIS MATCH, Marko Rupnik, L'icone écornée, n°4035 du 27 août au 2 septembre 2026, p. 72-73
Consulteur de trois "ministères" au sein de la Curie : le dicastère chargé du culte divin et de la discipline des sacrements, celui chargé du clergé et celui de l’évangélisation, Rupnik est décrit comme ayant développé une théologie de l'art sacré enseignée dans des retraites et des livres, à la tête d’un empire économique, payé par l’Église au tarif des créateurs internationaux. (La Vie)
"Vous n'aviez peut-être jamais entendu parler de Marko Rupnik avant que les accusations portées contre lui ne soient rendues publiques, mais vous avez presque certainement déjà vu son œuvre. Les mêmes yeux immenses, les mêmes bouches déformées et les mêmes visages aplatis apparaissent à Lourdes, à Fatima, au sanctuaire de Padre Pio, à Ta' Pinu à Gozo et dans des églises du monde entier. On les retrouve même au Vatican, notamment dans la chapelle Redemptoris Mater du palais apostolique. Au début de ce siècle, la pseudo-iconographie de Rupnik, un prêtre mosaïste proche des souverains pontifes successifs, était devenue une sorte de langage visuel officiel du catholicisme institutionnel. On trouve, semble-t-il, ses mosaïques dans environ 200 églises et lieux de culte. La question n'est pas seulement de savoir comment un homme aujourd'hui accusé par de nombreuses femmes et religieuses d'abus graves a pu obtenir autant de commandes prestigieuses : son procès canonique est en cours et il ne faut pas préjuger de son issue. La question initiale est plus simple : comment un artiste dont l'œuvre est, au mieux, médiocre, est-il devenu si omniprésent dans l'Église ?" The Catholic Herald / The Catholic Herald sur X
L'article de Paris Match indique à propos des mosaïques, p. 76: "Quand le Souverain Pontife viendra, en septembre, 'il ne les verra pas'. 'Et elles resteront couvertes après sa visite.'
Néanmoins, "ses oeuvres ornent plus de deux cents lieux de culte dans le monde, dont le sanctuaire de Fatima (Portugal), le Séminaire français de Rome (Italie), la Basilique d'Aparecida (Brésil), en France, la Basilique de Lourdes et la cathédrale de Nanterre. Mais Rupnik n'est pas qu'un artiste: il publie, enseigne, prêche les retraites de carême devant le pape. ... À ce jour, Rupnik reste prêtre et continuerait de créer. En juin 2024, une nouvelle création signée de son atelier était inaugurée dans une église de Conegliano, en Vénétie, sans qu'aucune allusion aux accusations qui le visent soit exprimée."
Source: PARIS MATCH, Marko Rupnik, L'icone écornée, n°4035 du 27 août au 2 septembre 2026, p.72-77.
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Add. Selon Kath.net, le 23 septembre 2026, cinq femmes victimes du père Marko Ivan Rupnik ont écrit une lettre ouverte au pape Léon XIV. Sur son blog ''Duc in altum'', Aldo Maria Valli, expert italien du Vatican, a publié la lettre poignante de cinq victimes présumées de l'ancien jésuite et mosaïste Marko Rupnik, demandant des explications au Vatican.
Extrait (traduit du texte en allemand du site Kath.net) :
"[...] Nous avons décidé de vous écrire à l'occasion de votre voyage en France, et plus particulièrement de votre visite à Lourdes, où vous rencontrerez des victimes d'abus comme nous. Cette visite se déroule dans un lieu où les mosaïques du Père Rupnik, ornant la façade de la basilique, ne seront plus visibles, suite à la décision de Son Excellence Monseigneur Jean-Marc Micas, évêque de Tarbes et de Lourdes, de les recouvrir définitivement. Une mesure très forte et courageuse, que nous avons grandement saluée, d'autant plus que nous n'avons jamais rencontré de solidarité ; au contraire, nous nous sommes toujours heurtées à une forte résistance et au rejet.
''Nous avons appris par les médias que des poursuites avaient été engagées contre le père Rupnik. Notre avocate, Me Laura Sgrò, a contacté à plusieurs reprises le Dicastère pour la Doctrine de la Foi – dans l’intérêt de tous et par respect pour la procédure à laquelle nous, en tant que victimes, sommes parties prenantes – utilisant tous les moyens à sa disposition pour tenter d’obtenir au moins un minimum d’informations, mais n’a jamais reçu de réponse.
"Nous, les victimes, vivons ce silence assourdissant et prolongé comme une violence supplémentaire et continue, un fardeau immense qui s'ajoute à celui des violences déjà subies. Il s'agit de violences sexuelles, physiques, psychologiques et spirituelles – des violences qui nous transpercent l'âme, auxquelles s'ajoute désormais cette nouvelle et douloureuse violence du silence et de l'abandon de la part du système judiciaire. Nous avons été accusées – ou plutôt calomniées – d'être des prostituées et des menteuses, d'avoir accepté de l'argent pour accuser le Père Rupnik et d'avoir profité de cette terrible affaire. Après avoir été maltraitées et humiliées, nous continuons de subir des violences – dans le silence de mort et l'indifférence de ceux qui sont appelés à décider de notre sort.
"[...] Malgré nous, nous sommes passés d'un exemple positif à un exemple négatif. Car le message véhiculé par nos accusations est le suivant : il est inutile de signaler les abus aux autorités ecclésiastiques, puisque rien ne se passe, personne n'est tenu responsable et les victimes n'obtiennent jamais justice. Car, Saint-Père, nous avons perdu toute trace de justice ; une procédure menée en secret n'offre aucune garantie à personne – ni aux accusés ni aux victimes – et est incompatible avec les notions de droit, de vérité, de justice, d'équité et de miséricorde qui vous sont si chères, Saint-Père. Nous ne sommes pas prêts à être oubliés ni à renoncer à la justice tant que la gravité des faits n'aura pas été reconnue et que les responsables n'auront pas été punis. Sur ce chemin ardu vers la vérité, nous souhaitons être perçus comme une ressource, et non comme un obstacle. Nous nous tournons vers vous avec confiance, Saint-Père, vous, Souverain Pasteur de l'Église, afin que vous exerciez votre autorité judiciaire et miséricordieuse et que vous entendiez notre appel – l'appel de toute victime d'abus qui aspire à la reconnaissance de la vérité par un procès équitable. Nous exigeons que le respect des droits de la défense, la clarté, la transparence, la célérité, ainsi que l'impartialité et l'indépendance des juges soient garantis en toutes circonstances, afin que la procédure et son issue – quelle qu'elle soit – demeurent incontestables."
Comme le sophisteThrasymaquedans la République de Platon, Marx était un relativiste moral qui croyait que les principes moraux étaient déterminés par les intérêts de la classe qui contrôlait le système économique.
"Faites ce que je dis pas ce que je fais!"
L'homme qui a juré la perte du capitalisme passait son temps à spéculer à la Bourse de Londres !
L'image de Karl Marx en philosophe miséreux, sacrifiant sa vie pour la cause du prolétariat, est une légende très bien entretenue.
Le père du communisme mondial avait un passe-temps inattendu : le boursicotage.
Marx n'a presque jamais eu de travail salarié. Pour vivre et écrire, il était perfusé financièrement par son grand ami Friedrich Engels.
Le détail que l'Histoire oublie souvent, c'est qu'Engels était le riche directeur d'une usine textile en Angleterre. La rédaction des grands textes marxistes a donc été financée très concrètement par l'exploitation quotidienne de la classe ouvrière.
Mais le paradoxe va encore plus loin.
En 1864, Marx touche enfin une petite série d'héritages. Au lieu d'injecter ces fonds dans l'organisation de la révolution, il se tourne vers la City londonienne.
Il achète des actions anglaises et spécule sur les obligations américaines.
Dans sa correspondance privée, il écrit à Engels pour se vanter de ses plus-values boursières. Il lui explique très sérieusement qu'il joue sur les variations du marché pour arracher de l'argent au système.
Le grand théoricien de la lutte des classes scrutait le cours de la Bourse pour optimiser ses rendements.
Pendant qu'il rédigeait Le Capital pour dénoncer l'accumulation des richesses, son auteur tentait discrètement de faire fortune grâce aux dividendes.
Si vous cherchez quelque lieu élevé, quelque endroit consacré,
Offrez à Dieu un temple dans votre intérieur,
Car le temps de Dieu est saint
et c'est vous qui êtes ce temple.
Vous voulez prier dans un temple, priez en vous-même.
Mais commence par devenir le temple de Dieu,
parce qu'il exaucera celui qui le prie dans son temple.
Saint Augustin, cité in Jean-Paul Bourré, Méditations chrétiennes, Presses du Châtelet, Paris 2004, p. 72.
Saint Augustin né à Tagaste en Afrique du nord en l'an 354, dans la province romaine de Numidie (aujourd’hui Souk-Arhas en Algérie), d’une mère chrétienne (Ste Monique) et d’un père païen, est compté parmi les plus grands intellectuels chrétiens. Il insista sur le rôle de la raison dans la foi.
Son éducation est entièrement tournée vers l’étude et la foi chrétienne. À 16 ans, il part à Carthage pour y parfaire son éducation. Là, il étudia la rhétorique et la philosophie et s'éloigna du christianisme pour suivre les principes du manichéisme. Il n’a pas 20 ans lorsqu’il prend une concubine avec laquelle il a un fils. Il enseigna la grammaire, la rhétorique et la philosophie à Tagaste, Carthage, Rome et Milan. Il eut alors l'opportunité d'entendre prêcher l'évêque Ambroise, ce qui l'amena à se convertir, et à recevoir le baptême en l'an 386.
Il est avant saint Thomas d'Aquin, le plus grand penseur chrétien, le marteau de toutes les hérésies de son temps, dont :
-le manichéisme,
-le donatisme,
-le pélagianisme
-et à la fin de sa vie, l'arianisme. Ses innombrables ouvrages sont un des plus splendides monuments de l'intelligence humaine éclairée par la foi.
De la nécessité des hérésies. S. Augustin explique la réalité du développement de la doctrine, progressivement affinée et mieux comprise dans l'Église grâce aux hérésies.
"Il a été dit avec raison : 'il faut bien qu’il y ait parmi vous des groupes qui s’opposent, afin qu’on reconnaisse ceux d’entre vous qui ont une valeur éprouvée.' ( 1 Co 11, 19 ). … Alors qu'ils n'auraient pas moins entretenu de fausses opinions, des hommes deviennent hérétiques, même au sein de l'Église. Maintenant qu'ils sont dehors, ils nous font plus de bien, non pas en enseignant la vérité, car ils l'ignorent, mais en incitant les catholiques charnels à la rechercher et les catholiques spirituels à l'exposer. Il y a dans la Sainte Église d'innombrables hommes approuvés par Dieu, mais ils ne se manifestent parmi nous tant que nous nous complaisons dans les ténèbres de notre ignorance et préférons dormir plutôt que de contempler la lumière de la vérité. Ainsi, beaucoup sont réveillés par les hérétiques, afin qu'ils voient la lumière de Dieu et s'en réjouissent. Utilisons donc même les hérétiques, non pas pour approuver leurs erreurs, mais pour affirmer la discipline catholique contre leurs ruses, et pour devenir plus vigilants et prudents, même si nous ne pouvons les ramener au salut." (Saint Augustin, De la vraie religion, 390, § 15)
''Il y a beaucoup d'hérétiques ; et Dieu a permis qu'ils abondent afin que nous ne soyons pas toujours nourris de lait et que nous ne restions pas dans une enfance insensée. Car, n'ayant pas compris comment la divinité du Christ nous est présentée, ils ont conclu selon leur volonté ; et, par manque de discernement, ils ont soulevé des questions très embarrassantes chez les croyants catholiques ; et le cœur des croyants a commencé à être troublé et à vaciller. Alors, il devint immédiatement nécessaire pour les hommes spirituels, qui avaient non seulement lu dans l'Évangile quelque chose concernant la divinité de notre Seigneur Jésus-Christ, mais l'avaient aussi comprise, de revêtir l'armure du Christ contre l'armure du diable, et de lutter de toutes leurs forces pour la divinité du Christ dans un combat très ouvert contre les faux et trompeurs docteurs ; de peur que, pendant leur silence, d'autres ne périssent. Car quiconque a pensé que notre Seigneur Jésus-Christ est d'une autre substance que le Père, ou qu'il n'y a que le Christ, de sorte qu'il est le même le Père, le Fils et le Saint-Esprit, Ceux qui ont choisi de croire qu'il n'était qu'un homme, et non pas un Dieu fait homme, ou un Dieu mutable dans sa divinité, ou un Dieu inhumain, ceux-là ont fait naufrage loin de la foi et ont été chassés du port de l'Église, de peur que leur inquiétude ne fasse naufrage avec eux. Ce qui nous a obligés, nous aussi, bien que les plus petits et les plus indignes de nous-mêmes, mais mis en valeur par sa miséricorde parmi ses intendants, à vous dire ce que vous pouvez comprendre et vous réjouir avec moi, ou, si vous ne pouvez pas encore comprendre, en y croyant, vous pouvez rester en sécurité au port.'' (Saint Augustin, Traité 36 sur l'Évangile de Jean, §6)
"Les hérétiques eux-mêmes cèdent la place à ceux qui réussissent, selon la parole de l'apôtre : 'Il faut aussi qu'il y ait des sectes, afin que ceux qui sont approuvés soient manifestés parmi vous.' ( 1 Corinthiens 11:19). C'est pourquoi il est dit ailleurs : 'Un serviteur avisé supplantera le fils indigne ; avec les frères il aura part à l’héritage.' (Pr 17, 2 ). Car si l'agitation des hérétiques soulève des questions sur de nombreux articles de la foi catholique, la nécessité de les défendre nous oblige à les examiner plus attentivement, à les comprendre plus clairement et à les proclamer avec plus d'ardeur ; et la question soulevée par un adversaire devient l'occasion d'une instruction. Nous examinons ces secrets de l'Écriture divine du mieux que nous pouvons. Tous n'accepteront pas notre interprétation avec la même confiance, mais tous sont convaincus que ces événements n'ont été ni accomplis ni consignés sans une préfiguration d'événements futurs, et qu'ils ne doivent être rapportés qu'au Christ et à son Église, qui est la cité de Dieu, proclamée dès le début de l'histoire humaine par des figures que nous voyons aujourd'hui partout s'accomplir…'' (Saint Augustin, Cité de Dieu, vers 413-426, Livre 16, Ch. 2)
"Mais puisqu'il a dit que le Seigneur a préparé non seulement des flèches, mais aussi des ''instruments de mort'' dans l'arc, on peut se demander : que sont les instruments de mort ? Sont-ils, par hasard, des hérétiques ? Car eux aussi, du même arc, c'est-à-dire des mêmes Écritures, éclairent les âmes non pas pour les enflammer d'amour, mais pour les détruire par le poison, ce qui n'arrive qu'après qu'elles ont mérité leur péché. C'est pourquoi cette dispensation doit être attribuée à la Divine Providence, non pas pour rendre les hommes pécheurs, mais pour les ordonner après qu'ils ont péché. Car, par le péché qui les atteint avec une intention malveillante, ils sont contraints de les mal comprendre (les Écritures), ce qui serait la punition même du péché. Par la mort de ces instruments, cependant, les fils de l'Église catholique sont, pour ainsi dire, tirés de leur sommeil par des épines, pour ainsi dire, et progressent vers la compréhension des saintes Écritures. ''Car il faut aussi des sectes afin que ceux qui sont approuvés soient manifestés parmi vous' ( 1 Co 11:19 )... Car il n'est pas faux que l'Apôtre dise : 'pour les uns, c’est un parfum de mort qui conduit à la mort ; pour les autres, un parfum de vie qui conduit à la vie. Et qui donc est capable de cela ?' ( 2 Co 2:16 ). Il n'est donc pas étonnant que les mêmes apôtres soient à la fois des instruments de mort pour ceux qui les persécutaient et des flèches enflammées pour enflammer le cœur des croyants.'' (Saint Augustin, Exposition du Psaume 7, §15)
"Car par les hérétiques, l'Église catholique a été justifiée, et par ceux qui pensent mal, ceux qui pensent bien ont été prouvés. Car beaucoup de choses étaient cachées dans les Écritures ; et lorsque les hérétiques furent retranchés, ils troublèrent l'Église de Dieu par leurs questions ; alors ces choses cachées furent dévoilées, et la volonté de Dieu fut comprise. C'est pourquoi il est dit dans un autre psaume : 'Afin de chasser ceux qui ont été éprouvés par l'argent' (Ps. 68,31). Car qu'ils soient exclus, a-t-il dit, qu'ils sortent, qu'ils apparaissent. C'est pourquoi même dans le travail de l'argent, les hommes sont appelés 'exclus', c'est-à-dire ceux qui pressent la forme à cause de la confusion de la masse. C'est pourquoi de nombreux hommes capables de comprendre et d'expliquer les Écritures avec une grande excellence se cachaient parmi le peuple de Dieu. Mais ils ne donnaient pas la solution aux questions difficiles, lorsqu'aucun insulteur ne les pressait de revenir. Car la Trinité était-elle parfaitement traitée avant que les ariens ne s'y opposent ? La repentance était-elle parfaitement traitée avant que les novatiens ne s'y opposent ? De même, le baptême n'était-il pas parfaitement traité avant que les rebaptiseurs, écartés du dehors, ne soient contredits ; Les doctrines qui ont été énoncées n'ont pas non plus été clairement énoncées de l'unité même du Christ, sauf après que cette séparation a commencé à peser sur les faibles : afin que ceux qui savaient traiter et résoudre ces questions (de peur que les faibles ne périssent tourmentés par les questions des impies), par leurs discours et leurs disputes, mettent au jour les ténèbres de la Loi… Voyez comment l'Apôtre met en lumière ce sens obscur : 'Il est nécessaire, dit-il, qu'il y ait aussi des sectes, afin que des hommes éprouvés soient manifestés parmi vous' (1 Co 11:19 ). Que signifie 'des hommes éprouvés' ? Éprouvés par l'argent, éprouvés par la parole. Que signifie 'être manifestés' ? Pouvoir être révélés. Pourquoi cela ? À cause des hérétiques. Ainsi donc, eux aussi 'ont été divisés à cause de la colère de sa face, et son cœur s'est rapproché. Ses discours sont plus doux que l'huile, et ils sont eux-mêmes des traits. Car certaines choses dans les Écritures semblaient dures, tout en étant obscures ; une fois expliquées, elles ont été adoucies. Car la première hérésie des disciples du Christ, comme issue de la dureté de son discours, résulta de sa dureté. Car, lorsqu'il dit : 'Si quelqu'un ne mange ma chair et ne boit mon sang, il n'aura pas la vie en lui-même', ils ne le comprirent pas et se dirent entre eux : 'Ce discours est dur, qui peut l'entendre ?' En disant : 'Ce discours est dur', ils se séparèrent de lui. Il resta avec les autres, les douze. Ceux-ci lui ayant fait savoir que son discours les avait scandalisés, il leur lui dit : 'Voulez-vous partir, vous aussi ?' Pierre répondit : 'Tu as la parole de vie éternelle ; à qui irions-nous ?' (Jean 6:68 ). Soyez attentifs, nous vous en prions, et vous, petits, apprenez la piété. Pierre comprit-il le secret de ce discours du Seigneur ? Il ne le comprenait pas encore ; mais comme ces paroles qu'il ne comprenait pas étaient bonnes, il les crut avec piété. Si donc un discours est dur et n'est pas encore compris, qu'il soit dur pour l'impie, mais qu'il soit adouci pour toi par la piété; car, lorsqu'il sera compris, il deviendra pour toi de l'huile, et il pénétrera jusqu'aux os.'' Saint Augustin, Exposition du Psaume 55, §§21-22.)
"[P]ar leurs calomnies, ils nous invitent et nous conduisent à cela. Oui, si nous vivons religieusement, si nous croyons au Christ, si nous ne désirons pas nous envoler du nid avant l'heure, ils ne nous conduisent qu'à cela : à la connaissance des mystères. Remarquez donc, saints frères, l'utilité des hérétiques ; leur utilité, c'est-à-dire au regard des desseins de Dieu, qui fait bon usage même des méchants. ... Et ainsi il arrive que les hérétiques servent utilement à la découverte de la vérité, tandis qu'ils errent pour séduire les hommes dans l'erreur. Car la vérité serait recherchée avec moins de soin, si elle n'avait pas d'adversaires menteurs ; 'Car il faut aussi qu'il y ait des sectes parmi vous », et comme si nous devions en rechercher la cause, il [saint Paul] ajoute aussitôt : « afin que ceux qui sont approuvés soient manifestés parmi vous ' (1Cor. 11:19).'' (Saint Augustin, Sermon 1 (51), Sur l'accord de Matthieu et de Luc sur les générations du Seigneur, § 11)
''C'est un peu plus tard, je l'avoue, que j'ai appris comment, dans la phrase : 'Le Verbe s'est fait chair' (Jean 1, 15), la vérité catholique se distingue du mensonge de Photin. Car la désapprobation des hérétiques fait ressortir avec assurance les principes de votre Église et la saine doctrine. Car il faut bien qu’il y ait parmi vous des groupes qui s’opposent, afin qu’on reconnaisse ceux d’entre vous qui ont une valeur éprouvée. [1 Cor. 11, 19]. (Saint Augustin, Confessions, vers 397-400, Livre 7, Ch. 19, § 25)
"Aussi ces malheureux, en ne voyant point la pierre dans Pierre, en ne voulant pas croire que les clés du royaume des cieux ont été remises à l'Église, les ont laissées échapper de leurs mains !..." (Saint Augustin, Sermones, Sermon 295, qui traite de la fête des Apôtres Pierre et Paul.)
"Ce ne sont pas ceux qui persistent dans la vérité qui font le SCHISME, mais ceux qui s'en éloignent." (De Unitate EcclesiaePL 43,410) Dans plusieurs de ses Sermons (par exemple sermon 267), Saint Augustin rappelle que ceux qui brisent l'unité de l'Eglise par l'hérésie s'excluent eux-mêmes de la communion. Répondant aux donatistes qui accusent les catholiques de trahir l'Eglise en communiant avec des évêques jugés indignes, il affirme que l'unité de l'Eglise repose sur la vérité de la foi et la communion avec le Christ, et non sur la pureté morale des membres. Ceux qui rompent cette unité (hérétiques ou schismatiques) sont ceux qui quittent la vérité, pas ceux qui y restent fidèles!
Le manichéisme
Mani (ou Manès), avait vécu au IIIe siècle. Il était né en Perse (sans doute vers 215). Son père, semble-t-il, appartenait à la secte judéo-chrétienne des Helchassaïtes, appelés encore Alexéites, qui professaient une sorte de dualisme où le feu était le symbole de la damnation et l'eau celui du salut.
La doctrine de Mani était constituée comme un syncrétisme, infiniment plus large et plus subtil que ceux dont le monde gréco-romain avait fait les essais.On y pouvait repérer des éléments chrétiens, pour la plupart hérétiques, issus du judéo-christianisme de sa jeunesse et des influences marcionites qui s'exerçaient en Mésopotamie; une forte dose de gnosticisme syro-chrétien de Satornil (Saturnin) et de Cerdon, au bouddhisme ou plutôt à la tradition panindienne, à laquelle il avait emprunté la doctrine de la transmigration des âmes et un sens de la nature qui paraît ses théories d'une poésie souvent exquise, le tout prenant pour soubassement l'antique dogme dualiste iranien, tel que Zoroastre l'avait mis au net mille ans plus tôt, le dogme de l'opposition entre deux dieux également forts, et également premiers, le dieu du Bien et le dieu du Mal, entre Ormuzd et Ahriman.
Recherchant constamment la vérité, Augustin lit en 373 l'Hortensius de Cicéron (traité aujourd'hui perdu), qui réveille en lui l'amour du savoir. Il lit aussi la Bible mais est rebuté par une traduction médiocre et des récits pleins d'immoralité. Il se tourne vers le manichéisme, religion soit-disant rationnelle, dans laquelle il demeure neuf ans, de 374 à 383.
En 375, enseignant la rhétorique et l’éloquence à Carthage, où il est logé chez un ami richissime, il est un rhéteur véhément qui milite en faveur de l'hérésie manichéenne et s'enivre des prestiges du luxe et des admirations faciles. Tiraillé par l'ambition et le dégoût, plus incertain qu'il ne veut paraître, il décide d'emmener sa famille à Rome en 383. N’y trouvant pas l’emploi qu’il avait espéré, il accepte d’aller enseigner à Milan.
En fait, l'état d'âme d'Augustin arrivant à Milan était celui d'un homme profondément troublé et qui souffrait d'un désaccord essentiel. Il a passé trente ans. Le manichéisme, système où il avait espéré trouvé la solution des grands problèmes, l'a déçu; et depuis une pitoyable rencontre avec le héraut de la secte, l'évêque Fauste de Milève, il en est déjà secrètement détaché (premiers doutes sur la solidité des conceptions manichéennes). En surface il est heureux; professeur écouté, personnage quasi officiel, locataire d'une agréable demeure, d'un beau jardin. Au fond de lui, il sait trop qu'il piétine et patauge.
Au sujet de la cause du mal, S. Augustin, dans ses Confessions nous dit que les manichéens "cherchaient le principe et l'origine du mal avec une malice si noire et si aveugle qu'ils aimaient mieux soutenir que votre substance divine était susceptible du mal, que d'avouer que la leur, faible et misérable, était capable de la commettre. [...] Mais je disais ensuite : 'Qui m'a créé? N'est-ce pas le Seigneur mon Dieu, qui non seulement est bon, mais la bonté même?'"(Livre VII, 3)
Dans le manichéisme, la création tout entière, était le lieu de ce combat, elle était un mélange inextricable de bien et de mal. L'homme lui-même était divin, lumineux par l'âme, mais par le corps, opaque et porté vers le mal. Avec Mani, tout était simple. Il fallait aider le Bien contre le Mal, c'est-à-dire écarter de soi tout ce qui était matériel et diabolique.
Le manichéisme apparaissait comme une sorte d'anarchisme spirituel propre à désagréger tous les principes les plus solides de l'éthique et de la vie. Dans son expansion, il rencontra partout de terribles obstacles; partout il fut récusé comme hérésie et persécuté. L'Inde après quelques mois d'essais de pénétration s'en débarrassa. Il fut également chassé de Chine. En Turquie, les Kirghiz, ces stricts musulmans éliminèrent le dualisme manichéen. (DANIEL-ROPS, Histoire de l'Eglise du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965, p. 402-404.)
"Saint Augustin rapporte qu'ils (les manichéens) enseignaient que 'le péché n'est pas notre fait, mais l'œuvre en nous de je ne sais qu'elle substance étrangère.' Si bien que l'individu peut tout se permettre, tout en se trouvant "hors de faute". Il n'est pas responsable puisqu'il est agi par une force qui le domine. Situation infiniment confortable, quand on a fait quelque chose de mal", que de ne pas avoir à se dire qu'on en est l'auteur. (S. Augustin, Les Confessions, V.)" (Jean-Louis Harouel, Les Droits de l'Homme contre le peuple, Desclée de Brouwer, Paris 2016, p. 52.)
De même, alors que les païens grecs ou romains ordinaires s'abandonnaient volontiers au destin et au fatalisme, Saint Augustin prêchait le libre arbitre. (Cicéron avait déjà exprimé des vues quelque peu semblables à celles de saint Augustin). Jésus enseignait en effet que chaque individu devait répondre de ses erreurs morales précisément parce qu'elles étaient de mauvais choix. D'emblée le christianisme a enseigné que le péché est une affaire personnelle, qu'il n'est pas inhérent au groupe, mais que chaque individu doit avoir le souci de son propre salut. Les humains ont reçu la capacité, et par conséquent la responsabilité, de déterminer leurs propres actions.
À la différence des grecs et des Romains, dont les dieux manquaient cruellement de vertu et ne se souciaient pas des défaillances humaines, le Dieu chrétien est un juge qui récompense la 'vertu' et punit le 'péché'. Cette conception de Dieu est incompatible avec le fatalisme.
"Que toutes choses procèdent du destin, nous le le disons pas; nous affirmons au contraire que rien ne procède du destin." (La Cité de Dieu, livre V, ch. 9 in Rodney STARK, Le Triomphe de la Raison, Pourquoi la réussite du modèle occidental est le fruit du christianisme, Éditions Presses de la Renaissance, Paris 2007, p. 47-50.)
Pour lui, le savoir est un moyen de rencontrer Dieu. L’étude de l’univers ne peut que conduire à une appréciation plus haute de la sagesse de Dieu. Mais il place la foi ("crois pour comprendre" en premier)au-dessus : elle prime la connaissance. L’homme a le libre choix entre le bien et le mal, mais pour faire le juste choix, il a besoin de l’aide divine et d’une foi forte.
Tous les hérétiques souhaitent être appelés catholiques, mais lorsqu'un étranger demande où se réunit l'Église catholique, aucun hérétique ne se risque à indiquer sa propre chapelle ou sa propre maison.
Contre la lettre fondamentale de Manichée (§5)
Saint Augustin figuré dans ses vêtements épiscopaux, tenant à la main soit un livre (il est Père de l'Eglise et Docteur), soit un coeur enflammé, éventuellement percé de flèches, symbole de sa recherche de Dieu brûlante d'amour
Aime et fais ce que tu veux. Si tu te tais, tu te tais par amour ; si tu cries, tu cries par amour ; si tu corriges, tu corriges par amour ; si tu épargnes, tu épargnes par amour. Qu’au-dedans se trouve la racine de la charité. De cette racine rien ne peut sortir que de bon."
Dieu s'est fait homme pour que l'homme devienne Dieu.
Sermon 128 (P. L. 39, col. 1997)
À l'automne 384, appuyé par ses amis manichéens, Augustin est nommé professeur de rhétorique à Milan. Il y admire la prédication de l'évêque S. Ambroise. C’est le début de sa conversion, mais il prend vite une nouvelle femme.
Poussé sans cesse par son bienheureux appétit de l'intelligence, Augustin lit Platon, Plotin, les traités néo-platoniciens qu'un ami lui prête dans les traductions latines de son compatriote, le rhéteur Victorin.
Les manichéens affirmaient que la matière avait été créée par un autre dieu, "un esprit qui n'a point été créé" par Dieu, "d'une autre nature" que celle de Dieu, et qui lui était "opposé". Cet esprit aurait "formé et produit toutes ces choses dans les plus basses parties du monde" (Confessions, Livre XXX). La matière était tenue pour vile. La rencontre d'Augustin avec le néoplatonisme lui fit d'abord connaître le paradigme de la lumière, qui descend d’en-haut pour éclairer les choses, et qui est ainsi un symbole de Dieu. C'est en lui une illumination. Il découvre la bonté fondamentale de tout être : l'Esprit existe en dehors de toute représentation ou matière (transcendance divine). Ce qui achève de balayer en lui les dernières traces manichéennes :en découvrant que toutes les choses ont en soi une transparence, elles peuvent pour ainsi dire, réfléchir la bonté de Dieu (le Bien), Augustin s’est "libéré du manichéisme dans lequel il vivait auparavant et qui le disposait à penser que le mal et le bien s’opposaient continuellement, en se confondant et en se mélangeant, sans avoir de contours précis. Comprendre que Dieu est lumière lui donna une nouvelle orientation dans l’existence, la capacité de reconnaître le mal dont il était coupable et de s’orienter vers le bien." (Cf. Lumen fidei, § 33)
Dans le cheminement de conversion d'Augustin, le platonisme lui fit découvrir le monde intelligible, ce qui lui permit de s'approcher du Verbe, et il s'exalte à la vision métaphysique d'un univers ordonné par lui et le manifestant :
"Je m'étonnais de t'aimer, mon Dieu, devait-il écrire à propos de cette période de sa vie. Toi et non plus un vain fantôme. Si je n'étais pas encore capable de jouir de Toi, j'étais emporté vers Toi, par ta beauté."
Par-dessus tout, dans cette jeune âme en quête, la promesse de Dieu était l'amour. Il y a dans des pages émouvantes, que le saint écrira plus tard de ses expériences juvéniles, un mot dont on ne peut exagérer la richesse et qui résume toute sa conversion :
J'aimais aimer...
Celui qui, méritera d'être dit le Docteur de l'Amour, celui dont la postérité résumera le message dans la célèbre formule: "Aime, et fais ce que tu veux!" Si l'amour de Dieu et du prochain pouvait être parfait en notre coeur, chacune de nos actions seraient d'une perfection infaillible.
Augustin découvre vite les limites de la métaphysique platonicienne. Du Dieu des idéalistes, il "n'est pas capable de jouir." Le mystère de l'Incarnation n'est pas loin...
Au printemps 385, sa mère Ste Monique le rejoint à Milan. Il commence à découvrir les beautés de la Bible. Début 386, il réfléchit sur le mystère du mal. En mai-juin, il découvre les "livres des platoniciens". Il lit les Lettres de S. Paul, consulte le théologien Simplicien, reçoit la visite de Ponticianus, qui lui fait connaître la Vie d'Antoine.
Il est soudainement frappé par la grâce le 15 août 386 dans le jardin de sa maison de Milan, alors qu’il explique à un de ses élèves la lutte intérieure qui le déchire. Il entend une voix d'enfant lui dire: "Tolle! Lege!" (Prends! Lis!) Il tombe sur le chapitre 13 de l'Épître aux Romains: "Ni ivresse, ni débauche, ni luxure... Revêtez au contraire le Seigneur Jésus Christ." Augustin raconte le moment de cette expérience concrète dans ses Confessions. Ce moment où se révèle le Dieu personnel de la Bible, capable de parler à l’homme, de descendre pour vivre avec lui et d’accompagner sa marche dans l’histoire, en se manifestant dans le temps de l’écoute et de la réponse. Trois ou quatre semaines plus tard, Augustin abandonne alors le monde. Il résigne ses fonctions et se retire dans un monastère à Cassiciacum, près de Milan, où il rédige ses premiers Dialogues et les Soliloques.
Je ne sais rien, si ce n'est qu'il faut mépriser les choses fragiles et périssables, pour chercher les choses certaines et éternelles. C'est ce que je fais, puisque là se réduit toute ma science.
Augustin, Soliloques
Augustin reçoit le baptême des mains de Saint Ambroise, à 33 ans, le jour de Pâques 387 (24 ou 25 avril), avec son fils de 14 ans, Adéodat et son ami Alypius.
Son premier soin est de dénoncer la fausse morale manichéenne et ses suspectes facilités dans le De Moribus. Puis ce furent à partir des livres de la Genèse, ses efforts pour expliciter les fondements de l'autorité. A l'automne 387, il a l'extase d'Ostie, puis c'est la mort de Monique.
En 388, il retourne en Afrique du Nord, où menant une vie monastique à Thagaste, il devient le défenseur de l’orthodoxie chrétienne, écrivant d’innombrables lettres et sermons contre les hérétiques de son temps et de nombreux traités de philosophie et de métaphysique.
En 391, Augustin est ordonné prêtre à Hippone (près de l'actuelle Annaba, sur la côte algérienne).
En 395, il est consacré évêque d’Hippone, où il passera le reste de sa vie, un règlement ecclésiastique interdisant le transfert des évêques. Il installe dans sa propre maison une petite communauté fraternelle dont l’exemple est à l’origine de la plupart des règles monastiques. 118 traités, 218 lettres, plus de 500 sermons, cette production mêlera Augustin aux grandes controverses de son temps. Rares sont les traités qui, comme l'ouvrage De la Trinité, demeurent en marge de ces débats.
Saint Augustin, 1464 environ, Pierro della Francesca, Lisbonne, musée national d'Art ancien, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 508-509.
Devenu évêque, il offre aux zélateurs de Mani des rencontres publiques où chacun des deux camps apportera ses arguments.
En même temps, dans une suite de textes polémiques, Augustin réfute les grands ouvrages de la secte, les thèses d'Adimantus, les Fondements de Mani lui-même, le grand oeuvre que Faust de Milève vient de publier contre l'Écriture sainte et que l'évêque d'Hippone combat en rien de moins que trente-trois livres.
Parallèlement, pour opposer la vérité à l'erreur, ce sont les grands traités sur le Libre arbitre, la Nature du bien qu'Augustin dresse comme des bastions contre les entreprises de la "peste de l'Orient".
"Je ne croirai pas à l'Évangile si l'autorité de l'Église catholique ne m'y poussait." (Contre la lettre de Manicheus 5,6). Dans son traité Contre la lettre de Mani (Contra epistulam Manichaei), Augustin répond aux critiques des manichéens, qui rejettent l’Ancien Testament et remettent en cause l’autorité des Écritures transmises par l’Église. Les manichéens prétendent détenir une connaissance secrète et directe de la vérité, sans passer par la médiation de l’Église... Augustin, ancien manichéen converti, leur oppose que la foi en l’Évangile ne repose pas sur une lecture individuelle ou une révélation privée, mais sur l’autorité de l’Église, garante de la transmission fidèle du message chrétien depuis les apôtres.C’est l’Église qui donne crédibilité aux Écritures, et non l’inverse. Augustin utilise souvent l’image de l’Église comme mère qui engendre et nourrit la foi. Sans elle, l’interprétation des Écritures serait livrée à l’arbitraire et aux divisions. L’Église, par sa continuité avec les apôtres, est le critère de vérité. Elle précède et fonde la lecture des Écritures. Augustin ne rejette pas la raison ou l’étude personnelle des Écritures, mais il insiste sur le fait que la foi naît d’abord de l’écoute de l’Église, avant d’être éclairée par l’intelligence. À une époque de schismes (donatistes, manichéens, ariens), Augustin voit dans l’unité de l’Église catholique un rempart contre l’erreur. Cette idée a été reprise par des théologiens comme Thomas d’Aquin, puis par le concile Vatican I (1870) pour définir le rôle du magistère. Elle reste un pilier de la théologie catholique sur la relation entre Écriture, Tradition et Église. Augustin ne nie pas la valeur de l’Évangile, mais il affirme que c’est l’Église qui en rend la foi possible et crédible, en garantissant son authenticité et son interprétation juste.
De cette bataille sévère, le manichéisme sortit épuisé. À la mort d'Augustin dans Hippone assiégée, le 28 Août 430 à l’âge de 76 ans, la fin de l'hérésie était proche. Au bénéfice du christianisme, l'oeuvre du saint aboutit à poser des bases définitives: situant exactement les rapports entre raison et autorité, définissant le mal - dans la grande perspective paulinienne - comme ce qu'il est, un déficit, une imperfection, une carence, mais non une réalité, affirmant que tout ce qui a été créé par Dieu est bon dans son essence. Du point de vue de la civilisation, il avait contribué à écarter la menace d'une doctrine qui ruinait les fondements de la vie collective, la morale, la famille, les échanges sociaux, la discipline.
Tombe de saint-Augustin à la basilique San Pietro in Ciel d'Oro à Pavie.
Le donatisme
Dans la lutte contre ce qu'il appelait "le parti de Donat", il s'y lança avec une véhémence et une ténacité qui devait faire de lui, depuis les années 400 jusqu'à sa mort, le véritable chef de la lutte antidonatiste, et quand le schisme hérétique, en fin de compte, s'effondra, son véritable vainqueur.
Né au début du IV siècle au lendemain de la persécution de Dioclétien sous prétexte que certains évêques avaient été "traditeurs" (c'est-à-dire avaient capitulé devant les agents impériaux et devaient être tenus pour indignes d'administrer les sacrements), le rigorisme donatiste avait tourné au schisme et à l'hérésie. Au schisme, car il avait aboutit à créer une contre-Église séparée de Rome; à l'hérésie, car les théologiens de la secte avaient soutenu que seuls les saints (ceux qui n'avaient pas apostasié) font partie de l'Église, les pécheurs en étant complètement proscrits. Le donatisme avait trouvé maintes complicités en Afrique.
Dégradée par une minorité de violents, l'Église qui s'intitulait "des saints", s'était, depuis 80 ans, acoquinée à des bandits violents, des malfaiteurs de toute sorte qui livraient aux catholiques une guerre sans merci. Vers 400, l'Église schismatique avait peut-être plus d'adeptes en Afrique que la véritable Église ! Pour persuader les chefs de la faction ennemie de leurs erreurs, Augustin leur proposa, comme il le fit pour les manichéens, des discussions publiques; moins intellectuels, la plupart se dérobent. Alors, c'est par écrit qu'il les combat, multipliant livres et traités où il expose leurs assertions, puis les démonte et les pulvérise.
La grande conférence de Carthage, en juin 411 où 286 évêques catholiques (dont S. Augustin) affrontent 279 donatistes, voit le penseur d'Hippone en venir à bout.
Quiconque se sépare de l'Église catholique par ce seul péché d'être séparé de l'unité du Christ, quelle que soit la vie estimable qu'il s'imagine mener, n'aura pas la vie, mais la colère de Dieu repose sur lui.
Quand finalement le gouvernement impérial ordonnera la suppression légale du donatisme et commencera à poursuivre ses adeptes, Augustin essaiera encore de rallier les schismatiques désemparés pour les ramener à l'Église. Si dès lors, le parti de Donat s'effondre, pour disparaître tout à fait avant l'an 500, la plus grande part du mérite en revient à Augustin.
Le schisme donatiste était sectaire; orgueilleux, il prétendait à une sainteté exclusive. Augustin lui opposait l'image authentique de l'Église: elle est miséricordieuse à tous, même aux pécheurs, et ses membres les plus chers sont les humbles de coeur. Cette apologétique, née de la bataille, a gardé jusqu'à nous son prestige inentamé.
C'est dans une série de lettres, dont l'une des plus riches est la lettre 93 à Vincentius, que S. Augustin a rassemblé les arguments susceptibles de légitimer contre le schisme et l'hérésie l'appel au bras séculier. Certes, la foi et l'amour de Dieu sont des actes essentiellement libres; et l'on ne peut expressément n'y contraindre personne, mais l'État peut et doit punir les atteintes à l'épanouissement, à l'unité de l'Église chrétienne.
Le pélagianisme
La lutte donatiste était à son paroxysme quand une nouvelle hérésie surgit à la quelle Augustin eut encore à faire front. Le moine breton Pélage, à Rome, sous le pontificat d'Anastase (399-401) s'était mis à dénoncer les demi-convertis qui entouraient le sanctuaire, les chrétiens nominaux que le baptême ne changeait en rien.
Établi à Rome vers 400, Pélage rencontre le prêtre syrien Rufin qui lui transmet sa doctrine connue ensuite sous le nom de pélagianisme, selon laquellela transgression d'Adam n'avait affecté que lui et que tout homme naissait innocent et n'avait aucun besoin de la grâce divine pour s'établir durablement dans le bien. L'homme pouvait se sauver par ses propres forces. Attaquée violemment par Augustin, cette hérésie fut condamnée au concile oecuménique d'Ephèse (431).
Le moralisme dur, intransigeant et ascétique de Pélage, connut un vif succès, d'autant qu'il prêchait d'exemple, en des milieux profondément croyants. Le moine breton fut tenu pour une sorte de prophète. Sa doctrine se résumait dans une négation de la nécessité du baptême : Pélage proclamait la toute-puissance non pas de Dieu, mais de l'homme..., qui même quand il ne veut pas le bien et ne le fait pas, peut le faire par sa seule volonté, par ses propres forces naturelles. La grâce sanctifiante qui venait de Dieu n'était plus nécessaire. Par conséquent, la Rédemption perdait son sens de régénération de la mort à la vie. Un tel système ramenait la religion à un pur moralisme, niait l'utilité du sacrifice du Christ, rendait inutile toute prière... Si, seul, je puis me sauver, pourquoi prier ?
Cette déviation ne fut pas facile à discerner, car, par bien des traits, Pélage et les siens se présentaient en chrétiens remarquables. Dès qu'il eut été mis au courant, Augustin lui ne s'y trompa point.
"Avant même que je connusse les thèses de Pélage, mes livres les réfutaient", a-t-il écrit.
"La doctrine de la grâce, définie par S. Augustin comme une 'liberté de Dieu' est latine. La doctrine de son adversaire, Pelage (v. 360-422) est grecque et orientale.
"[...] Pour Saint Augustin le péché originel a damné tous les fils d'Adam. L'homme est libre de pécher (libre arbitre), comme Adam l'était. Tous les hommes sont des pécheurs auxquels Dieu peut accorder sa grâce. Seule la grâce de Dieu peut sauver l'homme et cette grâce n'est pas un 'droit' réservé à des 'élus'. Pour son adversaire Pélage, la grâce est réservée à des 'élus', des prédestinés. Les deux systèmes s'opposent et [...] le sujet de la dispute est toujours le même. L'exotérisme ou l'ésotérisme. Pour S. Augustin, fidèle çà la tradition chrétienne, la grâce est offerte à tous, comme le salut est offert à tous. Pelage, lui, fait prédominer la prédestination sur la liberté. [...] Pelage reprend les spéculations d'un moine mystique grec dans a lignée d'Origène, Évagre le Pontique (345-399), qui était l'auteur d'un traité – Le Gnostique ou de ceux qui ont mérité d'arriver à la science – dans lequel il niait la nécessité de la grâce. [...] Cette doctrine est grecque et orientale mais surtout hérétique, y compris vis-à-vis de l'Église d'Orient" (Alain PASCAL, La Guerre des Gnoses, Les ésotérismes contre la tradition chrétienne, La Pré-kabbale, Éd. de l'Æncre, Paris 1999, p. 233.)
En 411, Augustin attaqua le pélagianisme et le fit d'abord condamner au concile de Carthage, le réfutant dans des traités qui deviendront célèbres sur les Mérites des pécheurs et le Baptême des enfants. Il lui oppose la vérité catholique dans ses grands ouvrages sur l'Esprit et la Lettre, la Nature et la Grâce.
Des longues luttes pélagiennes, l'Église sortit victorieuse, doctrinalement mieux armée.
L'idée centrale qu'Augustin développa fut l'apostrophe de saint Paul :
"Qu'avez-vous que vous n'ayez reçu?"
Grâce, bonnes œuvres, foi même, tout n'existe que par le secours divin. Ce que nous faisons de bien, c'est Dieu qui le fait en nous. Ce sera la doctrine de S. François d'Assise.
Telle est la doctrine augustinienne de la Grâce, qui, bien comprise, ne porte nullement atteinte à la liberté humaine, car cette liberté est d'autant plus autonome que, se détournant des illusions de la terre, elle est plus abandonnée à la miséricorde et à la Grâce.
Le pelagianisme est de nouveau condamné au concile d'Éphèse en 431, concile reconnu par les deux églises d'Occident et d'Orient.
Le titre que souvent on donne à Augustin est celui de Docteur de la Grâce, un titre plus qu'amplement justifié !
Mais les théories de Pelage ne sont pas éteintes par la condamnation, elles vont survivre dans certains monastères britanniques – et dans certaines sociétés secrètes – traversant le temps pour inspirer l''Humanisme', la 'Réforme' ... et la Révolution moderne... (Alain PASCAL, La Guerre des Gnoses, Les ésotérismes contre la tradition chrétienne, La Pré-kabbale, Éd. de l'Æncre, Paris 1999, p. 234.)
L'arianisme
Dans les derniers temps de sa vie, S. Augustin a encore à faire face à l'hérésie arienne, qu'il a peu connue jusqu'alors en Afrique mais qui, lors de l'invasion vandale, s'identifie pour lui au péril barbare.
Augustin meurt le 28 août 430 dans Hippone assiégé par les Vandales.
Ses idées
Sa pensée est très marquée par le néo-platonisme, il ne voit aucune contradiction entre le christianisme et la philosophie de Platon. Il réconcilie le concept platonicien des "idées éternelles" avec le christianisme en considérant celles-ci comme partie intégrante du Dieu éternel. Il s’oppose cependant à la théorie cyclique de Platon. Pour Augustin, l’histoire est en mouvement, depuis un commencement vers une fin.
Deux formules résument sa pensée : « Crois pour comprendre. [...] Et [...] comprends donc pour croire. » (Sermon 43 inLes Plus Beaux Sermons de saint Augustin, réunis et traduits par Georges Humeau, t. I, p. 181-189. EA, 1986.)
Crois pour comprendre. [...] Tu disais : « J’ai besoin de comprendre pour croire » ; et moi : « Crois d’abord pour comprendre. » La discussion est engagée ; allons au juge ; que le prophète prononce ou plutôt que Dieu prononce par son prophète. Gardons tous deux le silence. Il a entendu nos opinions contradictoires ; « Je veux comprendre, dis-tu, pour croire » ; « Crois, ai-je dit, pour comprendre », et le prophète répond : « Si vous ne croyez pas, vous ne comprendrez pas. » (Is 7, 9)
[…] [E]n un sens, cet homme a dit vrai quand il a dit : « Je veux comprendre pour croire » ; et moi également je suis dans le vrai quand j’affirme avec le prophète : « Crois d’abord pour comprendre. » Nous disons vrai tous les deux : donnons-nous donc la main ; comprends donc pour croire et crois pour comprendre ; voici en peu de mots comment nous pouvons accepter l’une et l’autre ces deux maximes : comprends ma parole pour arriver à croire, et crois à la parole de Dieu pour arriver à la comprendre.
"Saint Augustin a pleinement anticipé le célèbre 'Je pense, donc je suis' de Descartesdans bien des passages de son œuvre, y compris celui-ci :
'Mais, sans aucune représentation illusoire d'images ou de fantasmes, je suis tout à fait certain que je suis, que je le sais et que je m'en réjouis. En raison de ces vérités, je ne crains nullement les arguments des platoniciens, qui disent : 'Et si vous vous trompez?', parce que si je me trompe, je suis. Car celui qui n'est pas ne peut pas se tromper; et si je me trompe, de ce fait même je suis. ... Et par conséquent, je ne me trompe pas non plus en sachant que je sais. Car, puisque je sais que je suis, je sais également ceci, que je suis."
[Rodney STARK, Le Triomphe de la Raison, Pourquoi la réussite du modèle occidental est le fruit du christianisme, Éditions Presses de la Renaissance, Paris 2007, p. 49. Cf. La Cité de Dieu, Texte établi par Raulx, L. Guérin & Cie, 1869 (Œuvres complètes de Saint Augustin), livre XI, ch. 26]
Ou celui-là : "L’âme se connaît dès lors qu’elle se cherche." (S. Augustin, De la Trinité, Livre X, chapitre X)
Mais le rapprochement entre Descartes et S. Augustin s'arrête à ce qu'en dit Étienne Gilson qui, faisant l’historique des principaux rapprochements signalés à Descartes par ses correspondants, déclare ceci : ‘’Ce qui ressort avec évidence de cette comparaison de textes, semble-t-il, c’est l’intime parenté des deux pensées sur un point aussi capital que la démonstration de la spiritualité de l’âme. Il est vrai que saint Augustin n’y voit pas le fondement d’une physique mécaniste...’’ (Étienne Gilson, Études sur le rôle de la pensée médiévale dans la formation du système cartésien, Paris, Vrin, 2011 [1re éd. 1930], p. 197-198, cité in”Si je me trompe, je suis” : saint Augustin précurseur de Descartes ? Par Jean-Philippe Watbled, p. 217.)
Précisons que "le Cogito (de Descartes) est une inversion de la métaphysique chrétienne, car un chrétien doit dire : Je suis donc je pense. [Le puisque je sais que je suis, je sais également ceci, que je suis" de S. Augustin. Ndlr.] Dieu m'a créé et m'a fait don de la pensée, et par suite, le monde existe hors de moi, comme un objet soumis à ma faculté de connaissance. C'est (une question de) logique. On ne pense pas rien, on pense ce qui est avant que l'on pense. L'Être doit donc être avant la pensée. Car le réel ne dépend pas de l'idée, il est avant l'idée. Or, avec le 'je pense, donc je suis', Descartes nie l'Être qui précède l'idée. Par suite, sa méthode ne peut accéder à la connaissance du réel. ... L'idéalisme cartésien est ainsi utopie cognitive sur le plan épistémologique (parce qu'il inverse la démarche scolastique) ... et pis encore, péché originel, car substitution de l'Homme à Dieu sur le plan ontologique. ... Si la pensée du sujet, le 'je' précède l'existence, ce n'est plus l'Esprit de Dieu (Sa Parole, Son Verbe) qui a créé le monde 'au commencement', c'est la pensée humaine qui crée l'Être du monde. ... Et par conséquent, le monde n'est plus un objet extérieur à l'homme, il devient le fruit de sa pensée. Le monde est parce qu'il est perçu, expérimenté, construit par l'homme, qui devient ainsi le véritable créateur. ... Dieu devient le fruit de la pensée humaine. Dieu n'Est plus... C'est d'ailleurs ce que dit Descartes : 'Je suis, donc Dieu est', et 'je pense Dieu, donc Dieu est' ? ... Le Dieu mathématique de Descartes étant une abstraction de l'esprit humain..., il est logique qu'en loges les athées aient finalement supplanté les spiritualistes... La 'mort de Dieu' étant la conséquence finale et inéluctable du cartésianisme, cette philosophie est plus diabolique que la théosophie de Bœhme... En réduisant le rationalisme à l'homme, Descartes détruit le socle divin du rationalisme, il offre la raison au Diable. Descartes pense en initié rosicrucien. ... Sa 'méthode' n'en devient pas scientifique pour autant, puisqu'elle tire la vérité du 'moi'. Son 'rationalisme' passe ainsi de l'objectif (critère scientifique) au subjectif, donc sa 'méthode' renie le fondement même de la démarche scientifique... une sorte d'onanisme intellectuel dont vont pouvoir naître les pires utopies... Cette raison inversée est la 'raison' du Diable, la 'lumière' de Lucifer, le Maître des Roses-Croix..." (Alain PASCAL, Le Siècle des Rose-Croix, Pascal contre Descartes, La Conspiration des Philosophes, 2e tome, éd. Cimes, Paris 2018, p. 187-193; 195; 198.)
Avant Augustin, il y avait eu des essais, des tâtonnements souvent remarquables, tels ceux d'unS. Irénée, d'unJustin, la grande oeuvre d'Origène dont l'Église d'Orient s'était nourrie. Saint Augustin est le véritable initiateur de l'esprit théologique en Occident. La théologie qu'il conçoit a pour but de "produire, nourrir, défendre et affirmer la loi salutaire qui mène au vrai bonheur." Même si, formellement, la théologie date du Moyen Âge, elle n'eût jamais existé sans ses pénétrantes intuitions. Toutes les grandes idées politiques aussi bien sur l'unité de l'Europe (la Chrétienté), les droits et les devoirs des gouvernants, la guerre et sa légitimité (défense contre l'agresseur, mais cette guerre même entre dans les conséquences du péché car "la paix n'appartient-elle pas au seul bonheur éternel?"), les rapports de l'Église et de l'État, les bases de la distinction des pouvoirs temporel et spirituel, toutes les conceptions sociales sur l'esclavage, l'argent, la condamnation de l'usure, le travail et bien d'autres sujets, sont présentes dans leurs principes, dans la Cité de Dieu.
L'accord nécessaire entre l'Église et l'État induit aide et protection de l'Église par l'État. L'Église a droit à cette protection, alors que les faux cultes ne peuvent réclamer semblable faveur.
Saint Augustin, proclame avec force qu'il n'y a pas de res publica quand la vraie justice, la justice du Christ, est absente : « Ubi justitia non est, non est republica » (Cité de Dieu, XIX,21 in Jacques Chevalier, De saint Augustin à saint Thomas d'Aquin: Histoire de la pensée, Préface de Serge-Thomas Bonino, Collection Philosophie européenne dirigée par Henri Hude, Editions Universitaires, vol. 3, 1992, p. 70.)
La tolérance pratique d'un culte non catholique est bonne car pour l'extension du règne du Christ, S. Augustin compte plus sur le pouvoir de la vérité que sur l'appui de César. La question se posa quand face aux violences donatistes, l'État impérial fut amené à sévir. La tolérance a des limites si la paix sociale est troublée (aujourd'hui on dit "s'il y a trouble à l'ordre public", notion tout droit héritée de cette idée augustinienne), si la loi est insultée, des rigueurs peuvent s'imposer : concrètement, S. Augustin approuvera les mesures contre les donatistes (Giovanni Papinia fait remarquer que le donatisme annonçait par certains aspects le luthéranisme) mais jamais il ne demandera que l'on convertisse personne de force. Et cette intervention du pouvoir a des limites: S. Augustin dit formellement qu'elle ne doit jamais aller jusqu'à la peine de mort, au moins entre chrétiens, et qu'elle doit être précédée d'une recherche charitable des terrains d'entente. "La liberté de l'erreur est la pire mort de l'âme", mais la violence n'est pas bonne aux yeux de Dieu. Les bûchers du Moyen Âge se réclameront de la doctrine augustinienne du "bras séculier", mais lui ne les a jamais justifiés, même par avance.
Augustin a posé les fondements de la culture chrétienne. Il "a formé l'intelligence de l'Europe chrétienne", écrira leSaint John Henry Newman.
Saint Augustin n'a pas fondé d'ordre mais a écrit une Règle dont s'inspirent de nombreux religieux, qualifiés d'"Augustins", comme les chanoines réguliers de Saint-Augustin, l'Ordre de Saint Augustin, les Grands Augustins, les Récollets, les Assomptionnistes, et des congrégations féminines (comme les Visitandines), très nombreuses.
Œuvres principales
Son œuvre est immense, il écrivait sans relâche, lettres, traités et sermons pour défendre sa conception du christianisme.
-De la Trinité (399-422), c'est l'ouvrage auquel Augustin consacra le plus d'années et, avec la Somme de S. Thomas d'Aquin, un des deux môles de la spéculation chrétienne où S. Augustin appelle toutes les connaissances à l'aide, et la métaphysique et la psychologie, et l'acquis de Platon et d'Aristote, et toute l'érudition scripturaire, pour placer l'intelligence humaine en face du mystère qui passe toute intelligence.
Son "chef-d'œuvre spéculatif" où il ne s'attache pas tant à réfuter les arguments des hérétiques et à établir le dogme de l'Église qu'à produire des raisonnements sur les différentes manières d'expliquer et de faire comprendre ce mystère.
- Les Confessions racontent sa jeunesse et sa conversion. Composées vers 397-400, elles ont connu en Occident un succès immédiat, et inouï. Certes, divers penseurs avaient déjà eu l'idée de raconter par quel itinéraire ils s'étaient approchés de la vérité (S. Justin au IIe siècle; S. Hilaire dans la préface de son traité De la Trinité, au milieu du IVe siècle), mais cette trame de la quête du vrai n'avait jamais permis le surgissement d'un ouvrage d'une ampleur et d'un éclat comparable à ceux des Confessions. Saint Augustin, alors âgé de près de 45 ans, avait reçu le baptême une dizaine d'années plus tôt.
- Contre Fauste le manichéen, composé entre 398 et 404.
- La Cité de Dieu (De Doctrina christiana) (13-427), une réflexion théologique sur l'histoire, est le texte fondamental de S. Augustin, qui définit pour longtemps les exigences et les limites d’une culture chrétienne, en justifiant le christianisme dans l’histoire et par l’histoire. La Cité de Dieu est la communauté universelle des vertueux, où séjournent Dieu, ses anges et tous les saints, ainsi que tous les hommes intègres sur terre. Saint Augustin oppose la Cité de Dieu à la Cité terrestre, décrit sa vision "des commencements et des fins" de ces deux cités, "les deux cours contraires suivis par la race humaine depuis ses origines, celui des fils de la chair et celui des fils de la promesse". Tout s’achève par la perfection, la glorification et l’apothéose de la cité de Dieu, qui n’est pas de ce monde.
- Contre Julien (théologien pélagien), Enchiridion (421-422)
- De la grâce et du libre arbitre (425)
- Du don de la persévérance (429)
- 113 traités sur tous les domaines (Sur la musique, par exemple).
- Quelque 218 lettres (correspondances avec des évêques, laïcs, ministres, empereurs).
- Près de 500 sermons et petits traités de théologie morale Sur le mensonge, Sur le jeûne, Sur le culte des morts, etc.
- Innombrables commentaires des Écritures (on a retrouvé des traces de commentaires de 42 816 versets).
- Dialogues sur la philosophie dePlaton.
- Essais sur la religion romaine antique.
Citations
Par nature, l’homme n’a pas de pouvoir sur l’homme.
Dieu s'est fait homme pour que l'homme devienne Dieu... pour que les habitants de la terre deviennent les habitants du Ciel. Sermon 371,1 cité par Léon XIV, Audience générale Place S. Pierre le 17 décembre 2025
Nous trouvons dans l'Ecriture ceux qui ont un coeur droit, qui supportent les maux du monde et qui n'accusent pas Dieu. (Tractate 28 sur l'Evangile de Jean, § 7)
Le mal n'a pas de nature positive, mais la perte du bien a reçu le nom de mal. (La Cité de Dieu (De Civitate Dei), Livre XI, Chapitre 9.)
L'étude de la musique conduit à la révélation et à la contemplation de Dieu.
Notre coeur est inquiet tant qu’il ne trouve pas le repos en Dieu.
[Douter], c’est croire implicitement à l’existence de la vérité et en désirer la connaissance.
La bonne volonté est l’oeuvre de Dieu, la mauvaise volonté est de s’éloigner de l’oeuvre de Dieu.
Nulle part le mal n'est une substance, il n'est que la privation du bien. (Cité de Dieu, II, 22)
Ô Vérité qui êtes la lumière de mon âme, que ce soit vous, et non pas mes ténèbres qui me parlent. (Confessions)
Il vaut mieux suivre le bon chemin en boîtant que le mauvais d'un pas ferme.
Le bonheur, c'est de continuer à désirer ce qu'on possède.
Vivre heureux consiste en une joie qui a sa source dans la vérité.
La mesure de l'amour, c'est d'aimer sans mesure. (Confessions)
La volonté pervertie fait la passion; l'asservissement à la passion fait la coutume; le défaut de résistance à la coutume fait la nécessité. Et ces noeuds d'iniquité étaient comme les anneaux de cette chaîne dont m'enlaçait le plus dur esclavage.
Je ne crains pas l'impureté de la nourriture mais l'impureté du désir. (Les aveux)
Il y a beaucoup de gens qui, se disant dans l'Eglise, sont en réalité au-dehors parce qu'ils ne pratiquent pas l'amour et la vie du Christ et beaucoup de gens que l'on dit ''au-dehors'' sont en réalité au coeur de l'Eglise parce qu'ils pratiquent l'amour et la vie du Christ.
L'homme bon bien qu'esclave, est libre; mais l'homme mauvais, même s'il règne, est esclave, non pas d'un seul homme, mais, ce qui est bien plus grave, d'autant de maîtres qu'il a de vices. (La Cité de Dieu)
Prenez soin de votre corps comme si vous alliez vivre éternellement ; et prenez soin de votre âme comme si vous alliez mourir demain.
[Le christianisme] a conquis le monde, non par la violence et la guerre, mais par la force irrésistible de la vérité.
Nul ne peut trouver le salut en dehors de l’Église catholique. En dehors de l’Église catholique, on peut tout avoir, sauf le salut. On peut avoir l’honneur, on peut avoir les sacrements, on peut chanter l’alléluia, on peut répondre amen, on peut avoir foi au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, et le prêcher aussi. Mais on ne peut jamais trouver le salut en dehors de l’Église catholique. Saint Augustin, Sermo ad Caesariensis Ecclesia plebem (§6)
Ton prochain est celui qui est né comme toi d’Adam et Ève. Nous sommes tous prochains par la condition de notre naissance terrestre. Mais nous sommes frères d’une autre manière : par l’espérance de l’héritage céleste. Tu dois tenir pour prochain tout homme, même avant qu’il ne soit chrétien, car tu ne sais pas ce que cet homme est aux yeux de Dieu, ni comment Dieu l’a connu dans sa prescience . Exposition seconde du Psaume 25.
PROTECTEUR: des imprimeurs et des théologiens.
NOM: dérivé du latin, il signifie "vénérable", "auguré".
Sources : (1) ; (2); (3) Oeuvres complètes de saint Augustin; (4) Daniel-Rops, Histoire de l'Eglise du Christ, tome III L'Eglise des temps barbares, Librairie Arthème Fayard, Editions Bernard Grasset, Paris 1965, p. 18, 20, 29, 35-39, 41, 45, 51. (5) L'Etat chrétien comme dépassement, in Michel VILLEY, La Formation de la pensée juridique moderne, Texte établi, révisé et présenté par Stéphane RIALS, Quadrige PUF, Mercuès 2006, p. 130 ; (6) Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 508-509 ; (7) Pascal-Raphaël Ambrogi, Dictionnaire culturel du christianisme, le sens chrétien des mots, Honoré Champion Editions, Paris 2021.
Sainte Monique, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 146
A l'heure où sont trop oubliés les devoirs de la jeune fille, de l'épouse et de la mère chrétiennes, il est utile de rappeler les vertus de cette admirable femme. Ce que nous en savons nous vient de la meilleure des sources, son fils Augustin.
Monique naquit à Tagaste, en Afrique, l'an 332. Grâce aux soins de parents chrétiens, elle eut une enfance pure et pieuse, sous la surveillance sévère d'une vieille et dévouée servante. Encore toute petite, elle aimait aller à l'église pour y prier, elle cherchait la solitude et le recueillement; parfois elle se levait même la nuit et récitait des prières. Son coeur s'ouvrait à l'amour des pauvres et des malades, elle les visitait, les soignait et leur portait les restes de la table de famille; elle lavait les pieds aux pauvres et aux voyageurs. Toute sa personne reflétait la modestie, la douceur et la paix. A toutes ces grâces et à toutes ces vertus, on aurait pu prévoir que Dieu la réservait à de grandes choses.
Dieu, qui a ses vues mystérieuses, permit cependant qu'elle fût donnée en mariage, à l'âge de vingt-deux ans, à un jeune homme de noble famille, mais païen, violent, brutal et libertin, presque deux fois plus âgé qu'elle, et dont elle eut beaucoup à souffrir, ainsi que de sa belle-mère.
Dans cette situation difficile, Monique fut un modèle de patience et de douceur; sans se plaindre jamais, elle versait en secret les larmes amères où se trempait sa vertu. C'est par ces beaux exemples qu'elle conquit le coeur de Patrice, son époux, et lui obtint une mort chrétienne, c'est ainsi qu'elle mérita aussi de devenir la mère du grand saint Augustin.
Monique, restée veuve, prit un nouvel essor vers Dieu. Vingt ans elle pria sur les débordements d'Augustin, sans perdre courage et espoir. Un évêque d'Afrique, témoin de sa douleur, lui avait dit: "Courage, il est impossible que le fils de tant de larmes périsse!" Dieu, en effet, la récompensa même au-delà de ses désirs, en faisant d'Augustin, par un miracle de grâce, l'une des plus grandes lumières de l'Église et l'un de ses plus grands Saints.
Monique, après avoir suivi Augustin en Italie, tomba malade à Ostie, au moment de s'embarquer pour l'Afrique, et mourut à l'âge de cinquante-six ans. Augustin pleura longtemps cette mère de son corps et de son âme. Le corps de sainte Monique a été transporté à Rome dans l'église de Saint-Augustin, en 1430. Cette femme illustre a été choisie comme patronne des mères chrétiennes.
Patronne des Mères Chrétiennes, elle est invoquée pour favoriser le bon déroulement d'un accouchement et est la protectrice des mères et des veuves.
Les fouilles du XIXe siècle à Ostie ont retrouvé la plaque de marbre commémorative de Monique.
Sources: (1); (2); (3) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 146.
L'observance d’"un silence sacré" "en son temps" (Constitution sur le Sainte Liturgie Sacrosanctum concilium § 30), la prière silencieuse, intérieure et contemplative sont-elles moins efficaces, moins "conscientes" que la prière bruyante, extérieure et "active" ?
La "participation pleine, consciente et active aux célébrations liturgiques" (Constitution sur le Sainte Liturgie Sacrosanctum concilium § 14) a été et est de plus en plus aujourd'hui l'occasion de ... participations actives à des messes sacrilèges que l'on ne rencontre pas à l'occasion des messes traditionnelles latines qui ne permettent tout simplement pas ni la création ni l'innovation sous un quelconque prétexte de "participation active" (SC § 30). Cet article 30 de la Constitution sur la Sainte Liturgie est trop souvent détourné pour justifier des expérimentations liturgiques non autorisées, comme des modifications arbitraires des textes liturgiques, des célébrations "créatives" éloignées des rites approuvés, une réduction du sacré au profit d'un horizontalisme (centré sur la communauté plutôt que sur Dieu et le culte à rendre).
>La liturgie devient l'expression des goûts personnels plutôt que du culte dû à Dieu.
>Rupture avec la tradition: Les abus rompent l'unité et la continuité avec la lex orandi (loi de la prière) de l'Eglise.
>Perte du sens du péché, "une humanité qui voudrait être autosuffisante, où de nombreuses personnes sont presque convaincues de pouvoir se passer de Dieu pour bien vivre... Il semble aujourd’hui que l’on ait perdu le ‘sens du péché’ mais en contrepartie les ‘complexes de culpabilité’ ont augmenté." (Benoît XVI, 16 mars 2007)
>Perte du sens du sacré: la liturgie est réduite à un événement communautaire.
Pour Saint Augustin, le schisme est causé par ceux qui quittent la vérité, doctrinale ou liturgique (les hérétiques/schismatiques), pas par ceux qui restent fidèles à la doctrine et à la tradition et qui résistent aux innovations illégitimes. (Cf. "Ce ne sont pas ceux qui persistent dans la vérité qui font le SCHISME, mais ceux qui s'en éloignent." De Unitate Ecclesiae, PL 43,410) Appliqué à la liturgie, le principe est le suivant : Ce ne sont pas ceux qui restent fidèles à la lex orandi (loi de la prière) qui divisent l'Eglise, mais ceux qui imposent des innovations non autorisées.
Voici ci-dessous une liste non exhaustive à compléter d'actes ou de messes "participatives" sacrilèges (danses, affiches politiques, etc.) :
L’évêque Hermann Glettler du diocèse d’Innsbruck pour avoir publiquement loué l’œuvre d’art sacrilège de la "grenouille crucifiée", alors même qu’elle avait été condamnée par le pape Benoît XVI :
Not excommunicated
Bishop Hermann Glettler of the Diocese of Innsbruck for publicly praising the sacrilegious crucified frog art work, even though it was condemnded by Pope Benedict XVI pic.twitter.com/gqcDQViHsi
— Deacon Nick Donnelly (@ProtecttheFaith) July 4, 2026
L'archevêque de Paris, Michel Aupetit, pour avoir autorisé deux imams à réciter la sourate Al-Fatiha (le premier chapitre du Coran) à l'intérieur de l'historique église Saint-Sulpice de Paris en 2022 :
Not excommunicated
Archbishop Michel Aupetit of Paris for allowing two Muslim clerics to chant the Surah Al-Fatiha (the opening chapter of the Quran) inside the historic Église Saint-Sulpice in Paris in 2022 pic.twitter.com/xvKIY6J2ER
— Deacon Nick Donnelly (@ProtecttheFaith) July 4, 2026
Non excommunié l'abbé Timothy Radcliffe, pour avoir déclaré que les relations sexuelles homosexuelles peuvent être des "expressions du don de soi du Christ". Au lieu de cela, il a été fait cardinal !
— Deacon Nick Donnelly (@ProtecttheFaith) July 3, 2026
Non excommuniés ! Une danse du canard "participative" exécutée à l'église catholique "Christ-Roi" à Ruhstorf an der Rott, en Allemagne. Cela a eu lieu le dimanche 11 février 2024 :
🚨⛪ 𝗔𝗟𝗘𝗥𝗧𝗘 𝗜𝗡𝗙𝗢 — En Allemagne, pour le carnaval, une MESSE a eu lieu à l’église du Christ-Roi à Ruhstorf an der Rott, animée par une troupe locale sur l’air de « La Danse des canards ». pic.twitter.com/UyaGC6pyEc
Non excommunié L’évêque Hermann Glettler du diocèse d’Innsbruck, bien qu’il ait exposé dans l’une de ses églises un cœur de porc dans un préservatif en moquerie du Sacré-Cœur de Jésus :
Not excommunicated
Bishop Hermann Glettler of the Diocese of Innsbruck, even though he displayed in one of his churches a pig's heart in a condom in mockery of the Sacred Heart of Jesus. pic.twitter.com/05P4veFkDe
— Deacon Nick Donnelly (@ProtecttheFaith) July 4, 2026
Prête rappeur à casquette. L'église est-elle un lieu de divertissement "participatif" ou un hall de rap ?
Ceci est une raison majeure pour laquelle certains catholiques partent.
À cause du comportement rencontrés beaucoup trop souvent, un peu partout, sans jamais qu'aucune sanction disciplinaire ecclésiale ne tombe et alors qu'au contraire les hommes de bonne volonté sont traités de "schismatique", d'"orgueilleux" et autres joyeusetés.
This is one major reason why some Catholic leave.
Because of the inresponsible behavior or some priest. Like this.
Danses, applaudissements, abus de toutes sortes: le nouveau rite a-t-il favorisé l’"engagement conscient", la compréhension et la réponse au rite ?
En de nombreux endroits on ne célébrait pas fidèlement selon les prescriptions du nouveau Missel ; au contraire, celui-ci finissait par être interprété comme une autorisation, voire même une obligation de créativité ; cette créativité a souvent porté à des déformations de la Liturgie à la limite du supportable.
Pièta de Michel-Ange. La Vierge Marie offre son Fils en sacrifice
La messe est avant tout le culte du Sacrifice du Christ offert à Dieu, et non une activité qui existe principalement pour nous occuper verbalement ou physiquement. Un catholique assistant à la messe peut rester complètement silencieux, suivre les actions du prêtre à travers un missel, prier les prières de la messe, méditer sur la Passion, adorer le Christ, faire des actes de contrition et d’action de grâce, et s’unir parfaitement intérieurement et en conscience au Sacrifice. Le silence ne signifie pas passivité.
"Le Concile a appelé à une instauratio (renouvellement) des rites dans la continuité, et non à une rupture substantielle avec la tradition liturgique reçue, qui les avait modifiés et remaniés au gré des préférences des personnes concernées, ne conservant que ce qui était nécessaire à leur validité sacramentelle. (Cf. L’article 23 de la Constitution sur la Sainte Liturgie demande que la réforme liturgique consécutive au Concile soit fidèle au mandat qu’il avait donné et au développement organique de la liturgie)... Une réforme radicale des rites liturgiques n'était en réalité pas nécessaire pour rendre la liturgie plus accessible après le concile Vatican II – une réalité que la participation pleine, consciente, réelle et extraordinairement féconde aux rites non réformés aujourd'hui met parfaitement en évidence... [Les données d’une enquête Pew montrent que seulement 2 % des participants à la messe latine traditionnelle considèrent l’Eucharistie comme symbolique, contre 69 % des catholiques. Les catholiques traditionalistes sont plus conscients de la Présence réelle, et non moins. Quand 69 % des catholiques ne croient pas en la Présence réelle, ils s'engagent dans une PARTICIPATION ZÉRO.Comment est-il possible que les chiffres de fréquentation de la messe Paul VI (1970) soient de plus en plus faibles depuis cette réforme de "participation active", alors que la fréquentation de la messe traditionnelle en latin continue de croître, principalement parmi les jeunes ?]
[S]i la liturgie est effectivement formatrice, elle n’est pas pour autant didactique ou catéchétique. Elle est une activité cultuelle, c’est-à-dire un culte qui nous forme en tant que chrétiens en nous faisant entrer dans l’action divine à travers ses rites sacrés. De même, la liturgie ne constitue pas un dialogue avec Dieu au sens moderne du terme, où nous nous asseyons en partenaires égaux pour élaborer une solution. La liturgie est le lieu privilégié où nous écoutons la Parole de Dieu avec attention et réceptivité, où nous participons aux fruits de l’œuvre salvifique du Christ et où nous répondons de manière appropriée par la conversion de nos vies et en vivant fidèlement notre vocation et notre mission chrétienne." (Cf. Dom Alcuin Reid, liturgiste de renommée internationale — dont la thèse de doctorat sur la réforme liturgique a été publiée sous le titre "Le développement organique de la liturgie", avec une préface du cardinal Joseph Ratzinger )
Géraud, Gérault ou Gérard, comte d’Aurillac (Cantal), était le fils de Géraud, d'origine mérovingienne, seigneurs d'Aurillac, et d'Adeltrude, d'origine carolingienne, qui fut également canonisée. Saint Arède était un de ses ancêtres. Géraud d'Aurillac...
Ce 7 septembre 2025, le pape Léon XIV a canonisé Carlo Acutis, en même temps que Pier Giorgio Frassati. Des messages en anglais, en italien ou en français défilent frénétiquement à droite d'une vidéo YouTube. "Accorde-moi la connaissance en informatique...
Wilfrid naît en Northumbrie (royaume du nord-est de l'Angleterre) aux alentours de l'an 633. Depuis les invasions anglo-saxonnes au Ve siècle, l'Église était divisée comme le pays. L'Église celte refusait l'archevêque anglais de Cantorbéry et vivait pratiquement...
À 22 ans, il est l'un des premiers évêques de l'ancien diocèse d'Uzès dans le Gard (France). Il était le disciple et ami de Césaire d'Arles. Il assista au Concile d'Orléans en 541. Son grand renom de docteur et d'orateur s'étendit jusqu'en Italie. Il...
Saint Ghislain de Mons († 681), ou saint Ghislain, en latin Gislenus, était moine dans le Hainaut. C'est un saint chrétien fêté le 10 octobre selon le martyrologe romain ainsi que selon le calendrier ecclésiastique orthodoxe. En Belgique, près de Mons,...
Connaissez-vous cet œil ? Il était à l'origine destiné à l'Église catholique. Il n'a pas été créé par les francs-maçons ; ils ne l'ont fait qu'adapter. L'Œil de la Providence — un œil unique à l'intérieur d'un triangle, souvent entouré de rayons — n'est...
Cf. Marco Rubio sur x le 7-10-2026. Cf. https://x.com/StateDept/status/2107871064889921970 "Ce thumos, comme l'appelaient les anciens Grecs - le feu de la passion, de la force, du courage, de la fierté - est le cœur des grandes civilisations. Sans lui,...
Avec Saint Martin au siècle suivant, Saint Denis est Apôtre des Gaules. Venu d'Italie vers 250 ou 270, avec six compagnons pour évangéliser la France, Denis aurait été le premier évêque de Paris (Lutèce). Il fonda plusieurs églises en France, et fut martyrisé...
Illustration: image de la paroisse S Pelagia in Guinzano diocesi di Pavia (sites en italien)
Nous avons le récit de sa mort grâce à saint Jean Chrysostome. Au début de la persécution de Dioclétien vers 302, les policiers se présentent au domicile de Pélagie...
C'est ce que demande Allah : " Allah a acheté aux croyants leurs personnes et leurs biens en échange du paradis. Ils combattent dans le chemin d'Allah : ils tuent et se font tuer. (Coran 9.111) " ; " Allah aime ceux qui vont jusqu'à tuer pour sa cause.
Cf....