« Je recommande à mon fils s’il avait le malheur de devenir Roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, [...] qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les Lois, mais en même temps qu’un Roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile. » (Testament de Louis XVI)
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Mgr Schneider : "Vatican II a été un catalyseur pour faire ressortir dans l'Église tout ce qui était latent avant lui dans le mouvement moderniste".
Les fruits de la perte de foi au sein du clergé sont une "confusion générale considérable, un obscurcissement et une obscurité profonde concernant la doctrine, la morale et la liturgie", a déclaré l'évêque Athanasius Schneider.
L’évêque Athanasius Schneider d’Astana, au Kazakhstan, a déclaré qu’un "nombre remarquable de membres de haut rang" du clergé avaient "perdu la foi catholique".
"Ils veulent une autre Église : une Église mi-protestante, mi-mondaine, adaptée à l'impression du monde", a déclaré Mgr Schneider à l'écrivain et podcasteur catholique Matt Gaspers lors d'une discussion plus large sur le concile Vatican II et la Fraternité Saint-Pie X.
"Ils sont un nombre remarquable au cours des 60 dernières années. Ils ont une influence au sein de l'Église. […] Ils ont promu cela avec une conviction intérieure, un désir de changer véritablement la foi catholique, de l'adapter complètement au monde et d'avoir une nouvelle religion relativiste, une sorte de syncrétisme", a déclaré l'évêque.
La période qu'il a mentionnée désigne la conclusion du concile Vatican II en 1965 comme un tournant pour l'orthodoxie apparente des dirigeants catholiques. De fait, Mgr Schneider a ouvertement critiqué Vatican II et la perte d'un enseignement traditionnel clair – et de la foi – qui s'en est suivie.
Mgr Schneider a déclaré qu’il est "difficile" de déterminer quels membres du clergé ont l’attitude de "changer la foi catholique", mais que nous pouvons constater le résultat, les "fruits" : "Une confusion générale énorme, un obscurcissement, une obscurité concernant la doctrine, la morale et la liturgie."
Au cours de l'entretien, Gaspers et Schneider ont convenu que le Concile Vatican II lui-même posait problème en raison de ses déclarations ambiguës qui pouvaient être interprétées de manière hérétique.
Gaspers a demandé à Schneider pourquoi le cardinal Víctor Manuel Fernández, préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi (DDF), demande à la Fraternité Saint-Pie-X (FSSPX) d’accepter sans condition Vatican II comme condition pour être considérée comme "catholique".
L’évêque a souligné que d’anciens papes avaient exigé la même chose de Mgr Marcel Lefebvre, fondateur de la FSSPX. Selon lui, même demander à quelqu’un de déclarer que Vatican II est conforme à la tradition revient à exiger "une violence envers sa raison" ou à se livrer à un "exercice d’acrobaties intellectuelles".
En fait, le pape François, tout comme le pape Léon XIV, a présenté ses innovations doctrinales "discutables" comme un "développement des enseignements de Vatican II", a souligné l'évêque.
"Mais nous constatons que c’est un désastre. Si le fruit n’est que confusion et ambiguïté, comment l’ambiguïté peut-elle être la voix du Saint-Esprit ?" a déclaré Mgr Schneider.
"Personne ne donne sa vie pour quelque chose d’ambigu", a-t-il ajouté.
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Note du blog Christ Roi. Vous pouvez retrouver les thèmes abordés par Mgr Schneider dans cet entetien dans son livre : "Christus vincit, Le Triomphe du Christ sur les ténèbres de notre temps", éd. Contretemps, Versailles 2020.
Saint Barnabé est qualifié du nom d'Apôtre, quoiqu'il ne fût pas du nombre des douze que Jésus avait choisis ; on lui a donné ce titre glorieux parce que le Saint-Esprit l'avait appelé d'une manière toute spéciale et qu'il eut une grande part, de concert avec les Apôtres, dans l'établissement du christianisme.
Il était Juif, de la tribu de Lévi, et natif de l'île de Chypre ; son nom de Joseph lui fut changé par les Apôtres contre celui de Barnabé, qui signifie fils de consolation ou d'encouragement (Ac 4:36). C'est de lui dont parlent les Actes des Apôtres qui évoquent celui qui vend son champ et en apporte la somme aux Apôtres (Ac. 4:36-37). Il avait été ami d'enfance de saint Paul et a peut-être été, comme Paul, disciple de Gamaliel à Tarse. Après l'étonnante conversion de cet Apôtre, Barnabé présenta Paul à Pierre, le chef de l'Église de Jérusalem, qui se méfiait encore de son ancien persécuteur (Ac. 9:27).
Envoyé à Antioche de Syrie, capitale de la Syrie et troisième ville de l'empire (la ville antique fondée par Séleucos Ier, successeur d'Alexandre le Grand en Syrie), il vit tant de bien à faire, qu'il appela Paul à son secours, ce dernier se trouvant alors à Tarse où celui-ci s'était retiré. Il passa une année entière avec lui, se consacrant à l'évangélisation de cette ville importante, dans l'Église de laquelle Barnabé était connu comme prophète et docteur (Ac 13, 1) et où la foi prenait de grands accroissements. Ainsi, au moment des premières conversions des païens, Barnabé a compris qu'il s'agissait de l'heure de Saul. En ce moment important, il a comme restitué Paul à l'Église; il lui a donné, en ce sens, l'Apôtre des nations.
En réalité, il s'agit d'un voyage missionnaire de Barnabé, qui était le véritable responsable, et auquel Paul se joignit comme collaborateur, touchant les régions de Chypre et de l'Anatolie du centre et du sud (dans l'actuelle Turquie), et se rendant dans les villes d'Attalia, Pergé en Pamphylie (Ac 13:13),Antioche de Pisidie, Iconium (Konya), Derbe, qui entendirent leur parole éloquente, furent témoins de leurs miracles et, sous leurs pas, la foi se répandit avec une rapidité prodigieuse. À Lystre en Lycaonie(Ac 13, 14), ils furent pris pour des dieux : Barnabé fut pris pour Zeus et Paul pour Hermès. Belle indication qui nous permet de deviner la stature physique de ces apôtres: Barnabé devait être de stature imposante, Hermès (Paul) paraissant plus petit à ses côtés !
Saint Barnabé soignant les pauvres, par Véronèse, Musée des beaux-arts de Rouen
Barnabé se rendit ensuite avec Paul au Concile de Jérusalem (49 ap. J.-C.), où, après un examen approfondi de la question, les Apôtres et les Anciens décidèrent de séparer la pratique de la circoncision de l'identité chrétienne (Ac 15, 1-35). C'est ainsi qu'ils ont rendu officiellement possible l'Église des païens, une Église sans circoncision: nous sommes les fils d'Abraham simplement par notre foi dans le Christ.
Barnabé et Paul eurent ensuite un litige, au début du deuxième voyage missionnaire, car Barnabé était de l'idée de prendre Marc (Jean surnommé "Marc" ou "Jean-Marc") comme compagnon, alors que Paul ne voulait pas, ce jeune homme les ayant quittés au cours du précédent voyage (Ac 13, 13; 15, 36-40). Ils se séparèrent donc et formèrent deux équipes. Paul et Silas partirent pour la Lycaonie, tandis que Barnabé et Marc s'en allèrent évangéliser Chypre (Ac 15:36-40).
Entre les saints, il existe donc aussi des contrastes, des discordes, des controverses. Et cela m'apparaît très réconfortant, écrit Benoît XVI dans l'Audience générale du 31 janvier 2007, car nous voyons que les saints ne sont pas "tombés du ciel". Ce sont des hommes comme nous, également avec des problèmes compliqués. La sainteté ne consiste pas à ne jamais s'être trompé, à n'avoir jamais péché. La sainteté croît dans la capacité de conversion, de repentir, de disponibilité à recommencer, et surtout dans la capacité de réconciliation et de pardon. Ainsi Paul, qui avait été plutôt sec et amer à l'égard de Marc, se retrouve ensuite avec lui. Dans les dernières Lettres de saint Paul, à Philémon et dans la deuxième à Timothée, c'est précisément Marc qui apparaît comme "mon collaborateur". Ce n'est donc pas le fait de ne jamais se tromper, mais la capacité de réconciliation et de pardon qui nous rend saint. Et nous pouvons tous apprendre ce chemin de sainteté.
Quoi qu'il en soit, Barnabé, avec Jean-Marc, repartit vers Chypre (Ac 15, 39) autour de l'année 49. On perd ses traces à partir de ce moment-là. Tertullien lui attribue la Lettres aux Hébreux, ce qui ne manque pas de vraisemblance car, appartenant à la tribu de Lévi, Barnabé pouvait éprouver de l'intérêt pour le thème du sacerdoce. (2)
Selon des traditions plus tardives et moins sûres, Barnabé se serait rendu dans l'île de Chypre d'où il était originaire pour l'évangéliser. (3) Il serait mort martyrisé près de Salamine, lapidé (4) et brûlé (5) vers l'an 60, par des juifs excités et jaloux des conversions qu'il suscitait. (6)
Sources: (1); (2) Benoît XVI, Audience générale du 31 janvier 2007 ; 3 ; (4) Alexandre de Chypre, Laudatio Barnabae, 539-541, éd. Peter Van Deun, CCSG 26, p. 105-106 ; (5) Actes de Barnabé, 23, trad. Enrico Norelli, dans Écrit Apocryphes Chrétiens t.2, Gallimard, 2005, p. 641, le texte n'est pas clair pour savoir si le corps a été brûlé une fois mort ou encore vivant; (6) Missel du Dimanche 2018, Nouvelle Traduction liturgique, Année B, Bayard Éditions, Lonrai 2017, p. 481
La Fête du Sacré-Cœur est une solennité de l'Église catholique romaine. Elle est célébrée le 3e vendredi après la solennité de la Pentecôte.
Elle est aussi appelée Fête du Cœur de Jésus.
L'Église célèbre le Cœur Sacré de Jésus, symbole de l'amour divin.
La dévotion au Sacré-Cœur invite à fixer l'attention sur l'amour, la compassion et la miséricorde qui révèle le cœur de Dieu.(1)
Le Christ révèle àsainte Marguerite-Marie, le 27 décembre 1673, à Paray le Monial (Saône-et-Loire): "Mon divin Coeur est si passionné d'amour pour les hommes, et pour toi en particulier que, ne pouvant plus contenir en lui-même les flammes de son ardente charité, il faut qu'il les répande par ton moyen, et qu'il se manifeste à eux pour les enrichir de ses précieux trésors que je te découvre..."
En juin 1675, il s'adresse à elle en ces termes :
"Voilà ce Coeur qui a tant aimé les hommes, qu'il n'a rien épargné, jusqu'à s'épuiser et se consommer, pour leur témoigner son amour.
Je te demande que le premier vendredi d'après l'octave du Saint-Sacrement soit dédié à une fête particulière pour honorer mon Coeur, en communiant ce jour là, et en lui faisant réparation d'honneur par une amende honorable, pour réparer les indignités qu'il a reçues pendant le temps qu'il a été exposé sur les autels.
Je te promets aussi que mon Coeur se dilatera, pour répandre avec abondance les influences de son divin amour sur ceux qui lui rendront cet honneur, et qui procureront qu'il lui soit rendu....
Fait savoir au fils ainé de mon Sacré-Coeur (le roiLouis XIV)que, comme sa naissance temporelle a été obtenue par la dévotion aux mérites de ma sainte enfance, de même il obtiendra sa naissance de gloire éternelle par sa consécration à mon Coeur adorable. Mon Coeur veut régner dans son palais, être peint sur ses étendards et gravé dans ses armes pour les rendre victorieuses de tous ses ennemis et de tous ceux de la sainte Eglise.
Mon Père veut se servir du roi pour l'exécution de son dessein, qui est la construction d'un édifice public où serait placé le tableau de mon Coeur pour y recevoir les hommages de toute la France".[Ndlr. Louis XIV ne fit jamais appliquer cette demande. Ni Louis XV ni Louis XVI...]
Il faudra attendre 1870 : la guerre éclate entre la France et l'Allemagne ; la défaite militaire française ne tarde pas, suivie de l'occupation d'une partie du pays par les troupes allemandes. Alexandre Legentil, député sous Louis-Philippe, et son beau-frère,Hubert Rohault de Fleury, font vœu de construire une église consacrée au Cœur du Christ, en réparation et pénitence pour les fautes commises par les Français : "Pour faire amende honorable de nos péchés et obtenir de l'infinie miséricorde du Sacré-Cœur de Notre Seigneur Jésus-Christ le pardon de nos fautes, ainsi que les secours extraordinaires qui peuvent seuls délivrer le Souverain Pontife de sa captivité et faire cesser les malheurs de la France, nous promettons de contribuer à l'érection, à Paris, d'un sanctuaire dédié au Sacré-Cœur de Jésus."[Ce sera la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, dite du Voeu national,dont la construction fut décrétée par une loi d'"utilité publique" votée par l'Assemblée nationale de la IIIe République le 24 juillet 1873, par 382 voix sur 734 (Jacques Benoist, Le Sacré-Coeur de Montmartre de 1870 à nos jours, Les Editions ouvrières, 1992). La première pierre est posée le 16 juin 1875. L'intérieur de la nef sera inauguré en 1891, le campanile (clocher) ne sera terminé qu'en 1912. La basilique n'est achevée qu'en 1914 et consacrée en 1919, après la fin de la Première Guerre mondiale].
Pendant la première guerre mondiale.
En 1917, la République a interdit la consécration individuelle des soldats au Sacré Cœur et le port du Sacré Cœur.
Mais les officiers sur le terrain laissaient circuler les images, fanions et drapeaux du Sacré-Coeur. Sujet tabou, aux archives souvent muettes..., aux détracteurs de tous bords dont les partis minimisent ou taisent les faits, l'histoire du Sacré-Coeur durant la Première Guerre mondiale constitue l'apothéose et la pérennité du Sacré-Coeur. Plus de douze millions de drapeaux et fanions français ornés du Sacré Cœur de Jésus furent portés par les soldats et les régiments.Les généraux français ne peuvent évoquer leurs convictions, même dans les communiqués, contrairement aux chefs étrangers. Le Kronprinz à Verdun appelle "l'aide de Dieu", le Gott mit uns, Pershing témoigne de la "confiance en Dieu".
Legénéral Foch, commandant le 20° corps d'armée de Nancy, consacre malgré tout les armées françaises et alliées au Sacré-Coeur le 16 juillet 1918... Il sera vainqueur et l’armistice est signé le 11 novembre 1918 à 11 heures, en la fête deSaint-Martin,Apôtre des Gaules !Il n’est pas inutile de savoir que "Martin" est un nom qui vient de "mars", Dieu Romain de la guerre.
Dans une lettre aux pèlerins de Paray, en 1999, Jean Paul II "invite tous les fidèles à poursuivre avec piété leur dévotion au culte du Sacré-Coeur de Jésus, en l'adaptant à notre temps, pour qu'ils ne cessent d'accueillir ses insondables richesses, qu'ils y répondent avec joie en aimant Dieu et leurs frères, trouvant ainsi la paix, entrant dans une démarche de réconciliation et affermissant leur espérance de vivre un jour en plénitude auprès de Dieu, dans la compagnie de tous les saints."
On sait aujourd'hui - deux sources l'attestent (celle du curé de Bonbon, l'abbé Paul Noyer, celle du P. Perroy le 17 novembre 1918) -, que Notre Seigneur a fait les douze promesses suivantes à sainte Marguerite Marie à Paray afin d’encourager la vraie dévotion au Sacré Cœur de Jésus qui est également la dévotion au Saint Sacrement.
Ces promesses sont octroyées sur ceux qui sont prêts à passer une heure avec Jésus dans le Saint Sacrement régulièrement.
1. Je leur donnerai toutes les grâces nécessaires dans leur état.
2. Je mettrai la paix dans leur famille.
3. Je les consolerai dans toutes leurs peines.
4. Je serai leur refuge assuré pendant la vie et surtout à la mort.
5. Je répandrai d’abondantes bénédictions sur toutes leurs entreprises.
6. Les pécheurs trouveront dans mon Cœur la source et l’océan infini de la miséricorde.
7. Les âmes tièdes deviendront ferventes.
8. Les âmes ferventes s’élèveront à une grande perfection.
9. Je bénirai les maisons où l’image de mon Cœur sera exposée et honorée.
10. Je donnerai aux prêtres le talent de toucher les cœurs les plus endurcis.
11. Les personnes qui propageront cette dévotion auront leur nom écrit dans mon Cœur, et il n’en sera jamais effacé.
12. Je te promets, dans l’excès de la miséricorde de mon Cœur, que mon amour tout puissant accordera à tous ceux qui communieront les premiers vendredis, neuf fois de suite, la grâce de la pénitence finale, qu’ils ne mourront point dans ma disgrâce, ni sans recevoir les sacrements, et que mon Cœur se rendra leur asile assuré à cette heure dernière.
L’histoire de cette icône est liée à une vision du Christ Miséricordieux quesœur Faustinea euele 22 février 1931. Au cours de cette vision, le Christ lui a commandé de peindre une image avec une inscription au bas : « Jésus, j'ai confiance en Vous »
Le 27 décembre 2023, le sanctuaire Paray-le-Monial a ouvert le Jubilé des 350 ans des Apparitions de Jésus à Sainte Marguerite-Marie Alacoque. 18 mois et des milliers de grâces reçues plus tard, le sanctuaire clôturera ces festivités lors de la traditionnelle fête du Sacré-Cœur du 27 au 29 juin 2025.
"D’abord, nous fêterons le Sacré-Cœur comme Jésus nous l’a demandé, en réparation pour les outrages commis et les manques d’amour à son égard.
"Ensuite, cette fête sera l’occasion de rendre grâce pour tout ce qui a été vécu et de recueillir les fruits de ce Jubilé : la consécration et la consolation sont des thèmes forts qui sont apparus pendant ces 18 mois jubilaires. Enfin, la clôture du Jubilé sera propice à entendre l’appel de Dieu pour les années à venir !"
"Rendre amour pour amour", tel est le thème de ce grand moment de pèlerinage, de liturgies, de rencontres.
prenons la résolution d’embrasser avec joie le Sacré-Cœur de Jésus tout au long du mois de juin. Le Sacré-Cœur de Jésus nous rapproche toujours de la ligne d’aplomb de la vérité.
L’archevêque Anthony Fisher a demandé la réinstallation des prie-Dieu dans toutes les églises de Sydney (Australie) où ils avaient été retirés, décrivant le fait de s’agenouiller comme l’une des expressions les plus claires de la foi en la présence réelle du Christ.
Les églises catholiques de Sydney vont réinstaller les prie-Dieu qui avaient été retirés suite à l'appel lancé par l'archevêque Anthony Fisher dans une lettre pastorale de la Fête-Dieu visant à renforcer la dévotion eucharistique dans tout l'archidiocèse.
L’archevêque de Sydney a lancé cet appel tout en encourageant les catholiques à redécouvrir les pratiques traditionnelles de vénération devant le Saint-Sacrement et en exhortant les curés à multiplier les occasions d’adoration eucharistique en prévision du Congrès eucharistique international.
"Je demande également à nos prêtres paroissiaux de remettre en place des prie-Dieu dans toutes les églises où ils sont absents", a écrit l’archevêque Fisher dans la lettre publiée le 3 juin.
L'archevêque a déclaré que s'agenouiller restait l'une des expressions extérieures les plus claires de la foi en la présence réelle du Christ et a rappelé aux catholiques que recevoir la sainte communion à genoux restait pleinement permis selon les normes liturgiques de l'Église.
[L'instruction vaticaneRedemptionis Sacramentum(n° 91-92), soulignent le droit des fidèles à communier debout ou à genoux : "91. Au sujet de la distribution de la sainte Communion, il faut se rappeler que «les ministres sacrés ne peuvent refuser les sacrements aux personnes qui les leur demandent opportunément, sont dûment disposées et ne sont pas empêchées par le droit de les recevoir». Ainsi, tout baptisé catholique, qui n’est pas empêché par le droit, doit être admis à recevoir la sainte Communion. Par conséquent, il n’est pas licite de refuser la sainte Communion à un fidèle, pour la simple raison, par exemple, qu’il désire recevoir l’Eucharistie à genoux ou debout. 92 - Tout fidèle a toujours le droit de recevoir, selon son choix, la sainte communion dans la bouche."
"Dans la plupart des cas, cette vénération se manifeste par une profonde inclinaison de la tête ; cependant, beaucoup choisissent de recevoir la communion à genoux", a déclaré Son Excellence.
"C’est une option parfaitement valable, prévue dans le Missel actuel. La génuflexion a été la manière standard de recevoir la sainte communion dans l’Église latine pendant de nombreux siècles."
On observe un regain d'intérêt pour le culte eucharistique dans l'Église et un effort croissant dans de nombreux diocèses du monde entier pour encourager l'adoration eucharistique, la bénédiction du Saint-Sacrement et les processions publiques.
Dans sa lettre, le prélat australien a invité le clergé, les religieux et les laïcs à approfondir leur dévotion à l'Eucharistie par une fréquentation régulière de la messe, des confessions fréquentes, la prière devant le Saint-Sacrement et la participation aux dévotions paroissiales.
"Trouver le temps et l’enthousiasme pour adorer le Seigneur eucharistique pendant la messe et en dehors de celle-ci", a exhorté l’archevêque aux fidèles. Il a également invité les prêtres à faciliter l’accès aux églises pour la prière personnelle et l’adoration eucharistique.
"Offrir au moins une heure sainte par semaine dans chaque paroisse et collaborer avec les paroisses voisines pour accroître l’accès à la prière devant le Saint-Sacrement, notamment par la création d’une chapelle d’adoration perpétuelle dans chaque doyenné", a écrit l’archevêque Anthony Fisher.
L’archevêque a déclaré que les gestes adoptés par les catholiques pendant la prière n’étaient pas de simples coutumes, mais reflétaient des croyances fondamentales sur Dieu. "Parmi les différentes postures physiques, la génuflexion est celle qui révèle le plus clairement nos croyances sur Dieu et notre relation avec lui", a-t-il affirmé.
Tout en reconnaissant que les postures de prière peuvent varier selon les cultures et les traditions, l'archevêque Fisher a souligné que la position à genoux fait partie intégrante de la prière chrétienne occidentale depuis des siècles et reste profondément ancrée dans les Saintes Écritures.
Citant des exemples tirés de l'Ancien et du Nouveau Testament, il a évoqué des figures telles que Moïse, Salomon, Daniel, les Rois mages et les Apôtres, qui tous se sont agenouillés ou inclinés devant Dieu en signe d'adoration, de remerciement ou de supplication.
Il a rejeté les suggestions selon lesquelles s'agenouiller serait incompatible avec la vie chrétienne moderne, faisant remarquer que certaines personnes considèrent cela comme "la prosternation d'un esclave" ou incompatible avec une culture qui ne souhaite "s'incliner devant personne".
"Pourtant, s’agenouiller a une signification historique pour nous", a-t-il écrit. "Nous nous agenouillons pour le reconnaître, puis nous nous relevons pour le faire connaître", a écrit l’archevêque.
L’archevêque a conclu sa lettre en déclarant :
"Seigneur, accorde-nous la grâce de te recevoir avec respect, de t’adorer sincèrement et de te servir avec des cœurs renouvelés."
L'appel de l'archevêque Fisher en faveur du rétablissement des prie-Dieu fait également écho à l'approche adoptée par son prédécesseur, le cardinal George Pell, qui a défendu à plusieurs reprises les postures traditionnelles de recueillement pendant la messe.
En 2005, alors qu'il était archevêque de Sydney, le cardinal Pell a publié une directive rappelant au clergé et aux fidèles que s'agenouiller pendant les moments clés de la liturgie restait la norme au sein de l'archidiocèse.
En réponse aux suggestions selon lesquelles la position debout devrait remplacer la position à genoux pendant certaines parties de la prière eucharistique, le cardinal Pell a écrit qu'il n'avait "aucun enthousiasme pour cette pratique [se tenir debout pendant ces moments] et qu'en fait, l'archidiocèse n'a pas de politique en faveur de la position debout".
Son Éminence a ajouté : "La pratique de s'agenouiller après le Sanctus jusqu'à la fin de la prière eucharistique et également avant la communion lorsque le prêtre dit 'Ceci est l'Agneau de Dieu' doit être maintenue dans l'archidiocèse de Sydney."
Le défunt cardinal avait également précisé que "la pratique consistant à exiger que les fidèles se tiennent debout pendant la prière eucharistique ne peut être introduite sans ma permission", citant l'Instruction générale du Missel romain pour justifier le maintien de la pratique établie.
Plus précisément, l'Instruction générale du Missel romain stipule que les fidèles peuvent recevoir la communion à genoux ou debout, selon les normes établies par les conférences épiscopales, tout en appelant à un acte de révérence avant la réception du Saint-Sacrement.
Dans des pays comme les États-Unis, l’adaptation approuvée de l’Instruction générale prévoit que la sainte communion est généralement reçue debout, tout en reconnaissant le droit de chaque fidèle de communier à genoux. La norme stipule : "La sainte communion doit être reçue debout, à moins qu’un fidèle ne souhaite la recevoir à genoux."
Le droit des catholiques de recevoir la sainte communion à genoux a été réaffirmé par le Saint-Siège dans l'instruction Redemptionis Sacramentum de 2004.
"Par conséquent, il n’est pas licite de refuser la sainte communion à un fidèle du Christ au seul motif, par exemple, que cette personne souhaite recevoir l’Eucharistie à genoux ou debout", indique le document.
Cette instruction demeure l'une des déclarations les plus claires de Rome sur la question et a été fréquemment citée dans les discussions concernant la manière dont la sainte communion est reçue.
Évêque de Paris, saint Landry n'eut de cesse d'aider les plus démunis. Lors des famines, il vendait tous ses biens jusqu'aux objets liturgiques pour acheter un peu de pain et le redistribuer.
Parce que les maladies faisaient de nombreux morts et se transformaient souvent en épidémies, il eut l'idée de regrouper tous les malades pour mieux les soigner et ne pas contaminer le reste de la population : le premier hôtel-Dieu était créé.
Il semble avoir été avant son épiscopat fonctionnaire à la chancellerie du roi Clovis II (639-657).
Selon le Martyrologue romain : "Pour venir en aide aux miséreux lors d'une famine, il vendit, rapporte-t-on, les vases sacrés et construisit un hospice près de la cathédrale."
Sources : 1, 2, 3, 4; Missel des dimanches 2022, Année C, Nouvelle traduction du Missel romain, p. 485.
Saint Médard, l'un des plus célèbres pontifes de l'Église de France au VIème siècle, naquit vers l'an 457, à Salency, en Picardie, de parents profondément chrétiens. Dieu les bénit en leur donnant pour fils deux futurs saints évêques, Médard et Gildard.
La jeunesse de Médard fut remarquable parsa grande compassion pour les pauvres et les malheureux; il s'assujettissait à des jeûnes rigoureux, afin de leur distribuer sa nourriture. Un jour, il rencontra un mendiant aveugle qui était presque nu; il se dépouilla de son habit pour l'en revêtir; et comme on lui demandait ce qu'il en avait fait, il dut répondre qu'il l'avait donné à un pauvre aveugle dont la misère l'avait touché.
Un autre jour, son père, revenant de la campagne avec un grand nombre de chevaux, le chargea de les conduire dans un pré et de les y garder en attendant l'arrivée de ses domestiques. Tout à coup Médard aperçut un villageois chargé de harnais qu'il portait à grand-peine: "Eh! mon ami, lui dit l'enfant, pourquoi vous chargez-vous d'un si pesant fardeau? -- C'est, répondit le paysan, que mon cheval vient de périr par accident; j'emporte ses harnais, mais sans espoir de pouvoir acquérir un autre cheval." L'enfant, ému de compassion, prit un des chevaux confiés à sa garde et le força de l'emmener. Le Ciel témoigna par un prodige combien cet acte de charité Lui était agréable; car, après que Médard eu rendu compte à son père de son action, on trouva le nombre des chevaux complet.
De plus, tous les gens de la maison virent un aigle couvrir Médard de ses ailes pendant une grosse pluie qui était tout à coup survenue. La vie de l'étudiant et du prêtre répondit à de si admirables commencements; toutes les oeuvres de zèle auxquelles peut se livrer un ministre des âmes lui étaient connues et familières.
En 530, il fut élu évêque et sacré par saint Rémi. La dignité épiscopale ne lui fit rien retrancher de ses pénitences. On vit ce saint vieillard, à l'âge de soixante-douze ans, parcourir les villages, les bourgs et les hameaux, prêchant, consolant son peuple, administrant les sacrements avec un zèle infatigable. Il étendit le règne de la foi en quelques parties de son diocèse demeurées païennes; et, par ses travaux comme par ses miracles, il eut la douce joie de sauver un grand nombre d'âmes.
C'est de sa main que la reineRadegondereçut le voile de religieuse.
Enfin Médard, âgé de quatre-vingt-sept ans, plus chargé encore de vertus et de mérites que d'années, rendit son âme au Créateur, en l'an 545.
Sources : (1) ; (2) ; (3) ; (4) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 144.
[Pendant la consécration] les cieux s’ouvrent et les chœurs angéliques assistent au mystère de Jésus-Christ.
Saint Grégoire le Grand, Dialogues, IV, 58
Corpus Christi n'est pas simplement une célébration de l'Eucharistie - c'est une fête solennelle entièrement axée sur ce qu'est véritablement l'Eucharistie : la présence réelle, vivante et substantielle de Jésus-Christ - Corps, Sang, Âme et Divinité - sous les signes du pain et du vin.
Cette fête découle de la dernière Cène, au cours de laquelle Jésus a dit : "Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites cela en mémoire de moi ... Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang répandu pour vous." (Luc 22:19-20). Il n'a pas dit qu'il s'agissait d'un symbole. Il a dit que c'était son corps.
La fête du Corpus Christi est une solennité liturgique catholique célébrant la présence réelle du corps et du sang de Jésus-Christ qui est le Fils de Dieu dans le sacrement de l'Eucharistie qui est connu sous le nom de transsubstantiation. L'Eucharistie est pratiquée le Jeudi Saint dans une atmosphère solennelle, fait qui précède le Vendredi Saint.
Saint Paul l'a pris au pied de la lettre : "Celui qui mange et qui boit mange et boit son propre jugement s’il ne discerne pas le corps du Seigneur." (1 Co 11, 29). Cela n'a pas de sens s'il s'agit simplement d'un symbole. L'Église primitive savait que c'était réel. C'est un sacrifice, un sacrement et la véritable présence du Christ. Les anciens rituels juifs comme la Pâque pointent directement vers la compréhension catholique de l'Eucharistie. Sa perception comme simplement symbolique est non seulement non biblique mais une rupture avec 1 500 ans de tradition chrétienne.
Saint Ignace d'Antioche (vers 110 après J.-C.), disciple de Saint Jean l'évangéliste et de Saint Pierre, a mis en garde contre les hérétiques qui "s’abstiennent de l’Eucharistie ... parce qu’ils ne veulent pas reconnaître dans l’Eucharistie la chair de Jésus-Christ notre Sauveur, cette chair qui a souffert pour nos péchés et que le Père, dans sa bonté, a ressuscitée." (Smyrn. 7, 1).
St. Justin Martyr (v. ~ 165 après JC):
"Nous ne les recevons pas comme du pain et de la boisson ordinaires… mais en tant que Jésus-Christ, notre Sauveur, fait chair…» (Première Apologie 66). L'enseignement de l'Église sur l’eucharistie a été clair dès le début.
Saint-Irénée (v. 180 après JC):
"Le pain… après l'invocation de Dieu, n'est plus du pain commun mais l'Eucharistie… l'offrande de l'Église." (Contre les hérésies IV.18)
Foi apostolique. Culte apostolique. Cette foi était présente en Orient comme en Occident, dans toute l'Église, dans les traditions grecques, latines, syriaques et coptes. Ce n'est pas une invention ultérieure. Ce n'est pas une innovation romaine. C’est le souvenir vivant des apôtres, fidèlement conservé dans le culte.
St Augustin: "Le sacrifice visible est le sacrement, c'est-à-dire le signe sacré du sacrifice invisible." (Lettre à Boniface, Epître 98). La messe est ainsi la re-présentation liturgique et mystique du seul sacrifice éternel du Christ, dans lequel l'Église participe.
La liturgie de ce jour honore également l'institution du sacerdoce, le lavement des pieds des disciples par Jésus et l'agonie dans le jardin de Gethsémani. Cette fête a été créée pour faire un jour qui se concentrait uniquement sur l'Eucharistie afin d’en expliquer la joie étant donné qu’il s’agit du sacrifice du corps et du sang de Jésus-Christ.
L’Écriture appelle le Christ "un prêtre pour toujours dans la lignée de Melchisédek" (PS 110: 4; Héb 5: 6). Melchisédek a offert du pain et du vin (Gn 14:18). Le Christ accomplit cela. Son église le perpétue.
Saint-Paul lui-même se fait appeler un Leitourgos - un ministre liturgique - "administrant l'Évangile… afin que l'offrande des Gentils soit agréée" (Rm 15:16). Il ne s’agit pas seulement de prêcher - mais d’accomplir un acte sacerdotal.
Dans Malachie 1:11, Dieu dit:
"De la levée du soleil à son coucher, une offrande pure sera faite en mon nom."
L'église primitive a vu cela s’accomplir dans l'Eucharistie - la même offrande pure, à travers tous les pays.
L’épître aux Hébreux ne rejette pas le sacrifice - elle déclare que le Christ est le vrai grand prêtre dans le sanctuaire céleste. L’Apocalypse montre la même chose: une liturgie céleste, un agneau immolé, de l’encens, des calices, un autel.
Alors, qu'est-ce que l'Eucharistie? Ce n'est pas un nouveau sacrifice. C'est notre participation dans l’unique sacrifice éternel. "Ma chair est vraie nourriture… mon sang, vraie boisson" (Jn 6:55). Cela n'a jamais été censé être une métaphore. L'église offre Jésus lui-même - rien de moins. “Le Christ, notre Pâque, a été immolé; célébrons-le” (1 Cor 5:7–8). L'autel est la croix. La festin est l'agneau. Le commandement est "faites ceci".
St. Cyril de Jérusalem (décédé en 386):
"Ensuite, après le sacrifice spirituel… nous prions pour tous… offrant ce sacrifice pour tous." (Catéchèse mystagogique 5.8)
C'était la catéchèse de l'Église antique.
Aucune partie de ce culte n'a été inventée au Moyen Âge. Il était déjà pratiqué à Antioche, Alexandrie, Carthage, Cappadoce, Jérusalem et en Gaule tandis que les mots des apôtres résonnaient encore dans les mémoires.
Les racines de cette solennité remontent à la Belgique du XIIIe siècle. Il s'agissait d'une dévotion locale qui s'est rapidement répandue après le miracle eucharistique de Bolsena et les visions de sainte Julienne de Liège.
La Fête du Saint-Sacrement (2e dimanche après la Pentecôte) a été instituée au Moyen-Age pour commémorer la présence de Jésus-Christ dans le sacrement de l’eucharistie.
Le pape Urbain IV en 1264 rendit la fête du Saint-Sacrement obligatoire pour l’Église universelle, pour donner à l'Eucharistie une fête à part entière - distincte du Jeudi saint, qui est assombri par Gethsémani. Le Corpus Christi est une pure joie et une adoration.
Liturgiquement, le Corpus Christi est une solennité - le rang le plus élevé des fêtes. Les solennités marquent les plus grands mystères : Noël, Pâques, Pentecôte, etc. Elles comprennent une veillée, le Gloria et le Credo. Ce sont les grands jours saints de l'Église.
Cette fête est devenue une fête très populaire, très célèbre en Espagne. Les réformateurs protestants ont pris cette fête au sérieux. Luther l'a maintenue pendant des années.
Elle a été supprimée dans les pays protestants, mais cependant gardée par l’Église anglicane. Aujourd'hui, dans les paroisses anglicanes et de l'Ordinariat, la beauté du Corpus Christi se perpétue, enracinée dans le culte apostolique. Cette fête était appelée fête du Corpus Christi ou Fête du Saint-Sacrement. Le nom de Fête-Dieu n’existe qu’en français.
Les Églises orientales ont-elles une célébration semblable à la Fête-Dieu ? Pas exactement, mais leur liturgie est imprégnée de théologie eucharistique. La Divine Liturgie elle-même proclame : "Approchez-vous avec crainte de Dieu, avec foi et avec amour !"
Jean Chrysostome a écrit : "Quand tu vois [l'Eucharistie] étendue sur l'autel, dis-toi : 'Grâce à cela, je ne suis plus terre, mais ciel...'". C'est la théologie du Corpus Christi, à l'Est comme à l'Ouest : Le Christ parmi nous, nous rendant saints.
"La veille de sa Passion, au cours de la Cène pascale, le Seigneur prit le pain entre ses mains, et, ayant prononcé la bénédiction, le rompit et le leur donna, en disant : « Prenez, ceci est mon corps ». Puis, prenant la coupe, il rendit grâces, la leur donna, et ils en burent tous. Et il dit : « Ceci est mon sang, le sang de l'alliance, qui va être répandu pour une multitude » (Mc 14, 22-24). Toute l'histoire de Dieu avec les hommes est résumée dans ces paroles. Ce n'est pas seulement le passé qui est réuni et interprété, mais l'avenir également qui est anticipé : la venue du Royaume de Dieu dans le monde.
On fait une procession solennelle le jour de la Fête-Dieu pour sanctifier et bénir, par la présence de Jésus-Christ, les rues et les maisons de nos villes et de nos villages." (Extraits de l’homélie de Benoît XVI, Parvis de la basilique Saint-Jean-de-Latran, Jeudi 15 juin 2006) (2)
Saint Thomas d'Aquin(1225-1274) prépara la liturgie de cette fêtedu Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, notamment par la création duLauda Sion Salvatoremet dePange Lingua Gloriosipermettant aux fidèles une catéchèse simple et belle sur la Présence Réelle. Pange Lingua Gloriosi est l'hymne eucharistique par excellence de l'Église catholique, même s'il faut préciser qu'elle appartient aussi à la tradition orthodoxe, le premier vers de cette pièce reprenant celui de l'hymne de Fortunat (VIe siècle) composé avant le schisme de 1054.
L'hymne Pange lingua gloriosi est chantée le Jeudi saint lors de la translation du Saint-Sacrement au reposoir. La dernière séquence Tantum ergo est chantée à tous les saluts du Saint-Sacrement. L'hymne atteste la croyance très ancienne en la présence réelle du corps et du sang du Christ dans les espèces consacrées.
Texte original : Pange lingua gloriosi Corporis mysterium, Sanguinisque pretiosi, Quem in mundi pretium Fructus ventris generosi, Rex effudit gentium.
Nobis datus, nobis natus Ex intacta Virgine Et in mundo conversatus, Sparso verbi semine, Sui moras incolatus Miro clausit ordine.
In supremae nocte cenae Recum bens cum fratribus, Observata lege plene Cibis in legalibus, Cibum turbae duodenae Se dat suis manibus.
Verbum caro, panem verum Verbo carnem efficit: Fitque sanguis Christi merum, Et si sensus deficit, Ad firmandum cor sincerum Sola fides sufficit.
Tantum ergo Sacramentum Veneremur cernui, Et antiquum documentum Novo cedat ritui; Praestet fides supplementum Sensuum defectui.
Genitori, Genitoque Laus et iubilatio, Salus, honor, virtus quoque Sit et benedictio: Procedenti ab utroque Compar sit laudatio. Amen.
P. Panem de coelo praestitisti eis. (T.P. Alleluia) R. Omne delectamentum in se habentem. (T.P. Alleluia)
Oremus: Deus, qui nobis sub sacramento mirabili, passionis tu? memoriam reliquisti: tribue, quaesumus, ita nos corporis et sanguinis tui sacra mysteria venerari, ut redemptionis tu? fructum in nobis iugiter sentiamus. Qui vivis et regnas in saecula saeculorum. Amen.
Traduction en français : Chante, ô ma langue, le mystère De ce corps très glorieux Et de ce sang si précieux Que le Roi de nations Issu d'une noble lignée Versa pour le prix de ce monde
Fils d'une mère toujours vierge Né pour nous, à nous donné, Et dans ce monde ayant vécu, Verbe en semence semé, Il conclut son temps d'ici-bas Par une action incomparable :
La nuit de la dernière Cène, À table avec ses amis, Ayant pleinement observé La Pâque selon la loi, De ses propres mains il s'offrit En nourriture aux douze Apôtres.
Le Verbe fait chair, par son verbe, Fait de sa chair le vrai pain ; Le sang du Christ devient boisson ; Nos sens étant limités, C'est la foi seule qui suffit Pour affermir les cœurs sincères.
Il est si grand, ce sacrement ! Adorons-le, prosternés. Que s'effacent les anciens rites Devant le culte nouveau ! Que la foi vienne suppléer Aux faiblesses de nos sens !
Au Père et au Fils qu'il engendre Louange et joie débordante, Salut, honneur, toute-puissance Et toujours bénédiction ! À l'Esprit qui des deux procède soit rendue même louange. Amen.
P. Vous leur avez donné un pain descendu du ciel, (T.P. Allélulia) R. Un pain délicieux, (T.P. Alléluia).
Oraison. Seigneur Jésus Christ, dans cet admirable sacrement tu nous as laissé le mémorial de ta passion ; donne-nous de vénérer d'un si grand amour les mystères de ton corps et de ton sang, que nous puissions recueillir sans cesse le fruit de la rédemption. Toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles. Amen.
Nous devons l'origine de la « Fête-Dieu » ou « Fête du Saint sacrement du corps et du sang du Christ » à une révélation faite à sœur Julienne du Mont Cornillon vers l'an 1210. Cette révélation demandait l'institution d'une fête annuelle en l'honneur du Saint Sacrement de l'autel. Malgré une vive persécution contre sœur Julienne et ceux qui souhaitaient que cette fête se répande, le diocèse de Liège l'institua vers l'an 1245 puis l'Église universelle ajouta cette fête au calendrier liturgique par le pape Urbain IV qui la rendit obligatoire pour l'Église entière en 1264.
En 1318, Jean XXII ordonna de compléter la fête par une procession solennelle où le très Saint Sacrement serait porté en triomphe.
Les processions du Saint Sacrement s'inspirent de 1 Roi 8, lorsque Salomon fit transporter l'Arche au Temple. Dès 675, on fit une procession du Saint Sacrement du Tabernacle. Ces processions du tabernacle étaient courantes et avaient lieu le dimanche ou pendant le Tridium au XIème siècle. « Si quelqu'un dit que, dans le Saint Sacrement de l'Eucharistie, le Christ, Fils de Dieu, ne doit pas être adoré d'un culte de latrie, même extérieur et que, en conséquence, il ne doit pas être vénéré par une célébration festive particulière, ni être porté solennellement en procession selon le rite et la coutume louables et universels de la Sainte Église, ni être proposé publiquement à l'adoration du peuple, ceux qui l'adorent étant des idolâtres : qu'il soit anathème. » (Concile de Trente, XIII session, 11 oct 1551)
Le culte eucharistique s'est développé de plus en plus depuis le XIVème siècle. À ce moment, l'Ostensoir apparaît en Allemagne et en France où l'hostie consacrée est exposée à l'adoration des fidèles. La pratique courante de l'exposition date de la période de l'instauration de la Fête Dieu.
SERMON POUR LA FETE-DIEU par SAINT THOMAS D'AQUIN,
Docteur des Docteurs de l'Église
(prononcé au Consistoire, devant le Pape et les Cardinaux)
Révérendissimes Pères, les souvenirs pleins d'allégresse qu'évoque la solennité de ce jour nous invitent à entourer de joyeuses louanges le Corps très saint du Christ. Quoi de plus doux, quoi de plus suave au cœur des élus que de chanter les trésors de la divine charité et d'exalter l'ardeur d'un amour sans mesure ? C'est qu'à la table de la grâce nouvelle, tous les jours, par les mains du prêtre, Dieu donne à ses enfants et aux héritiers de son royaume sa chair en nourriture et son sang en breuvage. Ce sont là tes œuvres admirables, ô Christ, toi dont la puissance est infinie et la bonté sans bornes ! Dans cet aliment sacré et ce pain super-substantiel qu'annonçaient les prodiges antiques, tu as trouvé le secret d'une union merveilleuse et auguste : la chair immaculée de Jésus-Christ, l'Agneau sans tache, devient le remède de ceux que le fruit défendu avait rendus malades et qui avaient perdu l'éternelle et immarcescible couronne.
Ô prodige qu'on ne peut trop exalter ! Effusion permanente de la bonté divine et d'une miséricorde sans mesure ! Dans ce sacrement, consommation de tous les sacrifices, Il demeure, ce Dieu, indéfectiblement avec nous ; Il y est pour jusqu'à la fin des siècles ; Il donne aux fils d'adoption le pain des anges et les enivre de l'amour qu'on doit aux enfants.
Ô humilité singulière, délices de Dieu, et que le Christ pratique après l'avoir prêchée lui-même ! Il ne se refuse à personne ; Il ne craint pas de prendre pour habitacle même un cœur souillé.
Ô pureté, qui semblable à celle du soleil n'est ternie par aucune fange et ne craint nulle contagion, mais qui gagne les âmes et en fait disparaître toute tache ! Ô nourriture des esprits bienheureux, qui sans cesse nous renouvelle et jamais ne s'épuise ! Tu n'es ni brisée, ni divisée, ni transformée ; mais, gardant ton intégrité et ta nature, tu nous rappelles le buisson antique, la farine et l'huile miraculeuses qui ne diminuaient pas.
Ô Sacrement admirable, où Dieu se cache et où notre Moïse à nous se couvre le visage du manteau de ses œuvres, objet de louanges dans toutes nos générations ! Par la vertu des paroles sacrées, instrument de la puissance divine, les substances symboliques sont changées en chair et en sang ; les espèces sacramentelles subsistent sans support, et pourtant nulle loi naturelle n'a souffert violence. Par la vertu de la consécration, un seul Christ, parfait et intègre, se trouve en divers endroits, comme une parole se communique, toujours identique à elle-même. Quand l'hostie se divise, Jésus s'y trouve comme un même visage dans les fragments d'un miroir brisé. Les fidèles l'offrent à Dieu sous les deux espèces, quoiqu'il soit tout entier sous chacune d'elles, et c'est à bon droit qu'on agit ainsi, car ce sacrement donne aux hommes le double salut du corps et de l'Âme, et il rappelle l'amertume d'une double Passion.
Ô Vertu ineffable du Sacrement, qui embrase notre cœur du feu de la charité et marque du sang de l'Agneau immaculé, au-dessus de leurs deux battants, les linteaux de nos portes !
Ô véritable viatique de notre exil militant, soutien des voyageurs, force des faibles, antidote des infirmités, accroissement des vertus, abondance de la grâce et purification des vices, réfection des âmes, vie des débiles et union des membres dans l'organisme unique de la charité !
Sacrement ineffable de la foi, Tu augmentes notre charité et nous communiques l'espérance ; soutien de l'Église, Tu éteins la concupiscence et parfais le corps mystique du Christ. Voici la substance de l'arbre de vie, ô Seigneur Jésus !
Ô Pasteur et nourriture, prêtre et sacrifice, aliment et breuvage des élus, pain vivant des esprits, remède à nos faiblesses quotidiennes, festin suave, source de tout renouveau !
Ô sacrifice de louange et de justice, holocauste de la nouvelle grâce, repas excellent, non de volailles ou de taureaux, mais de viandes plus succulentes et de ce vin délicieux qui renouvelle les amis de Dieu et enivre ses élus !
Ô table de bénédiction, table de proposition garnie d'une nourriture substantielle ! Table immense où tout est prodige étonnant ! Table plus douce que toute douceur, plus délectable que toute saveur, plus suave que tout parfum, plus magnifique que toute parure, plus succulente que toute nourriture ! Table que le Christ a préparée à ses amis et commensaux, que le père de famille sert à son fils de retour, après le repas de l'agneau symbolique. Vous êtes le bain sacré que figuraient les antiques piscines, ô notre Pâque, immolation du Christ, et vous exigez la conversion du vice à la vertu, donnant ainsi la liberté aux Hébreux de l'esprit.
Ô nourriture qui rassasie et ne dégoûte point, qui demande la mastication de la foi, le goût de la dévotion, l'union de la charité, et que divise non les dents du corps, mais le courage de la croyance !
Ô viatique de notre pèlerinage, qui attire les voyageurs sur les sommets des vertus !
Ô pain vivant, engendré au ciel, fermenté dans le sein de la Vierge, cuit sur le gibet de la croix, déposé sur l'autel, caché sous les espèces sacramentelles, confirme mon cœur dans le bien et assure ses pas dans le chemin de la vie; réjouis mon âme, purifie mes pensées. Voici le pain, le vrai pain, consommé, mais non consumé, mangé, mais non transformé ; il assimile et il ne s'assimile pas ; il renouvelle sans s'épuiser ; il perfectionne et conduit au salut ; il donne la vie, confère la grâce, remet les péchés, affaiblit la concupiscence ; il nourrit les âmes fidèles, éclaire l'intelligence, enflamme la volonté, fait disparaître les défauts, élève les désirs.
Ô calice de toutes suavités, où s'enivrent les âmes généreuses ! Ô calice brûlant, calice qui tourne au sang du Christ ; sceau du Nouveau Testament, chasse le vieux levain, remplis notre intime esprit, pour que nous soyons une pâte nouvelle, et que nous mangions les azymes de la sincérité et de la vérité.
Ô vrai repas de Salomon, cénacle de toute consolation, soutien dans la présente tribulation, aliment de joie et gage de la félicité éternelle, foyer de l'unité, source de vertu et de douceur, symbole de sainteté ! La petitesse de l'hostie ne signifie-t-elle pas l'humilité, sa rondeur l'obéissance parfaite, sa minceur l'économie vertueuse, sa blancheur la pureté, l'absence de levain la bienveillance, sa cuisson la patience et la charité, l'inscription qu'elle porte la discrétion spirituelle, les espèces qui demeurent sa permanence, sa circonférence la perfection consommée ?
Ô pain vivifiant, ô azyme, siège caché de la toute-puissance ! Sous de modestes espèces visibles se cachent d'étonnantes et sublimes réalités.
Ô Corps, ô Âme, et Toi de tous deux inséparable, ô Substance Divine ! De ce dont on chante les grandeurs dans ce sacrement auguste, ô bon Jésus, seules, pour la foi, après la consécration, les espèces sacramentelles demeurent ; ce qui est mangé sans être assimilé ne souffre ni augmentation ni diminution ; ce que tous reçoivent en entier, mille ne le possèdent pas plus qu'un seul, un seul le possède autant que mille. Ce que contiennent tous les autels, les parcelles intactes ou brisées le contiennent toutes ; ta chair est mangée véritablement, c'est véritablement ton sang que nous buvons. Et tu es ici le prêtre, et tu es aussi l'hostie, et les saints Anges sont là présents, qui exaltent ta magnificence et louent ta souveraine majesté. C'est là ta puissance, Seigneur, qui seule opère de grandes choses ; elle dépasse tout sentiment et toute compréhension, tout génie, toute raison et toute imagination. C'est Toi qui as institué et confié à tes disciples ce sacrement où tout est miracle.
N'approche donc pas de cette table redoutable sans une dévotion respectueuse et un fervent amour, homme ! Pleure tes péchés et souviens-toi de la Passion. Car l'Agneau immaculé veut une âme immaculée qui le reçoive comme un pur azyme.
Recours au bain de la confession ; que le fondement de la foi te porte ; que l'incendie de la charité te consume ; que la douleur de la Passion te pénètre ; qu'un droit jugement t'éprouve.
Approche de la table du Seigneur, de cette table magnifique et puissante, de telle sorte que tu parviennes un jour aux noces du véritable Agneau, là où nous serons enivrés de l'abondance de la maison de Dieu; là où nous verrons le Roi de gloire, le Dieu des vertus dans toute sa beauté; là où nous goûterons la Pain vivant dans le royaume du Père, par la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ, dont la puissance et l'empire demeurent jusqu'à la fin des siècles. Amen.
Traduction du P. Sertillanges (Les plus belles pages de saint Thomas d'Aquin) (3)
La date de la Fête-Dieu est, dans l'Église universelle, le jeudi après la fête de la Trinité. Mais, en France, depuis le Concordat de 1801, la Fête-Dieu est solennisée le dimanche suivant et non le jeudi pour la majorité des catholiques. (4)
"La solennité du 'Corps et du Sang du Christ', instaurée par mon prédécesseur Urbain IV en mémoire de l'institution de ce grand mystère, comme acte de culte public rendu au Christ présent dans l'Eucharistie, appelle ici une mention spéciale." (S. Jean-Paul II, Dominicae Cenae, 3., 1980)
À un tel moment [lorsque la messe est célébrée], les anges se tiennent à côté du prêtre; Et tout le sanctuaire ... est rempli des pouvoirs du ciel.
Saint Jean Chrysostome, Sur le Sacerdoce, Livre 6, 4
"Cette confiance a été ébranlée dans l’Église ; pour beaucoup, elle a été détruite." Un canoniste chevronné examine le pontificat de François et Léon.
"Le pape François a transformé l’indissolubilité du mariage en une farce par le biais d’Amoris Laetitia. Elle ne s’applique désormais qu’en théorie. En pratique, avec quelques distinctions pastorales — sur quelle base que ce soit, par qui que ce soit — on peut vivre en adultère avec une conscience tranquille."
"De plus en plus de catholiques réalisent que la doctrine de l'Église ne sert plus de limite aux actions de la hiérarchie. C'est la maladie dont l'Église souffre véritablement". Mgr Grichting met en garde que les actions papales ont "détruit" la confiance en l'Église.
La confiance dans l'Église a été "détruite" pour beaucoup ces dernières années.
Telle est l’évaluation de Monseigneur Martin Grichting, professeur estimé de droit canonique, vicaire général émérite du diocèse de Coire et ancien consultant de la Congrégation pour le Clergé.
Michael Haynes
5 juin 2026
L'Église souffre d'un manque de confiance généralisé et dévastateur, dû en grande partie au pontificat du pape François, dont le règne a été marqué par des ruptures avec l'enseignement catholique sur le mariage, la nature de l'Église et son rôle dans le salut.
Telle est l’évaluation de Monseigneur Martin Grichting, professeur estimé de droit canonique, vicaire général émérite du diocèse de Coire et ancien consulteur de la Congrégation pour le Clergé au Vatican.
"Cette confiance a été ébranlée au sein de l’Église ; pour beaucoup, elle a été anéantie", écrit-il. { L’analyse de Grichting a initialement paru dans InfoVaticana, mais la traduction anglaise officielle est publiée ici avec l’autorisation de Mgr Grichting. Le texte intégral se trouve ci-dessous .}
Avec son encyclique "Amoris Laetitia", le pape François a transformé l'indissolubilité du mariage en une farce. Elle n'est plus valable qu'en théorie. En pratique, grâce à quelques "distinctions pastorales" – sur n'importe quel fondement, par n'importe qui – on peut vivre dans l'adultère en toute conscience.
La bénédiction non liturgique de quelques secondes accordée par le Vatican aux couples de même sexe et aux couples non mariés ("Fiducia supplicans") constitue un éloignement supplémentaire du mariage chrétien.
Il avertit également que ces problèmes "persistent sous le pape Léon XIV", notamment avec le Synode sur la synodalité et les travaux du Secrétariat général du Synode des évêques qui a récemment publié "un texte hérétique qui relativise l’enseignement de l’Église sur le mariage et la famille (Rapport final du Groupe d’étude 9 concernant les "questions complexes") ».
Le monseigneur souligne également les restrictions importantes imposées à la liturgie traditionnelle – mises en œuvre par le pape François en 2021. "Les laïcs sont humiliés de se voir interdire de célébrer cette forme d’Eucharistie dans les églises paroissiales. Ces fidèles sont contraints à la clandestinité ou à rejoindre la Fraternité Saint-Pie-X, dont l’existence même est alors déplorée."
Il souligne la contradiction apparente : le Saint-Siège ferme les yeux sur les agissements de plus en plus hétérodoxes de l'épiscopat allemand, tout en réprimant avec vigueur et promptitude la Fraternité Saint-Pie-X pour son attachement à la tradition. Les Allemands, écrit Grichting, agissent "sans entrave", bien qu'ils s'emploient depuis des années à "saper l'ordre sacramentel de l'Église avec leur 'chemin synodal' et à institutionnaliser la bénédiction des couples de même sexe". À l'inverse, la Fraternité Saint-Pie-X "est menacée d'excommunication en vertu de l'autorité absolue du pape".
Concernant la double réponse du Saint-Siège aux Allemands et à la FSSPX, Grichting commente que le Pape ignore Lumen Gentium n° 21 "concernant le sacrement de l’Ordre et exige l’acceptation de la Constitution sur la liturgie… Ces deux poids, deux mesures détruisent la confiance de nombreux fidèles."
Soulignant un exercice déformé de l'autorité papale, Grichting note que les consécrations épiscopales prévues par la FSSPX constituent "sans aucun doute une tentative problématique de limiter l'omnipotence papale lorsque sa limite ne semble plus être la doctrine de l'Église".
Afin de réparer les dégâts au sein de l'Église, Mgr Grichting a exhorté le Pape à "panser les plaies infligées à la doctrine de l'Église", mais a averti que cela ne se ferait pas par "des diktats, des menaces et des doubles standards".
"La Fraternité Saint-Pie X n’est pas la maladie, mais un symptôme", écrivait-il. "Ce symptôme peut être combattu par l’excommunication. La suprématie papale le permet sans aucun doute légalement. Mais la maladie n’en sera pas guérie. Elle continuera de s’envenimer, de diviser et d’affaiblir le Corps du Christ, l’Église."
Pour Grichting, le pape doit se montrer plus proactif, non seulement pour sanctionner la Fraternité Saint-Pie X, mais aussi pour remédier à la crise dévastatrice de doctrine et d'autorité qui sévit actuellement au sein de l'Église.
Suite en anglais :
Une crise de confiance dans l'Église
Seule la constance papale peut panser les plaies infligées à l'unité de l'Église. Un commentaire de Martin Grichting.
La journaliste Diane Montagna a publié un article approfondi de Mgr Athanasius Schneider, dans lequel ce dernier soutient que le véritable problème n'est pas d'ordre juridique, mais plutôt doctrinal et liturgique.
ROME, 4 juin 2026 — Alors que la Fraternité Saint-Pie X s'apprête à procéder aux consécrations épiscopales le 1er juillet, l'évêque Athanasius Schneider a publié une nouvelle déclaration affirmant que la controverse dépasse les questions de discipline ecclésiastique et reflète des différends doctrinaux et liturgiques qui persistent au sein de l'Église catholique depuis le concile Vatican II.
Intitulé "La question centrale concernant la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X" et publié intégralement ci-dessous, le document est structuré autour de cinq arguments principaux et pose plusieurs questions clés, notamment :
Pourquoi l’acceptation inconditionnelle par la FSSPX des textes de Vatican II est-elle présentée comme une condition sine qua non à la pleine communion avec le Saint-Siège, alors qu’aucune exigence comparable n’existe en ce qui concerne les enseignements pastoraux, disciplinaires ou non définitifs des vingt conciles œcuméniques précédents ?
Pourquoi faut-il insister sur la réconciliation et le dialogue patient dans le cas des évêques allemands, mais pas dans celui de la FSSPX ?
L'évêque Schneider a déclaré qu'il publiait ce texte parce que les discussions sur la Fraternité Saint-Pie-X (FSSPX) et les consécrations épiscopales prévues sont restées largement superficielles, en particulier parmi le clergé et les fidèles attachés aux traditions, sans aborder ce qu'il considère comme les questions fondamentales en jeu.
Il soutient que la question centrale concerne les ambiguïtés doctrinales issues du concile Vatican II et leurs effets néfastes et généralisés sur la vie de l'Église au cours des soixante dernières années, notamment la montée du relativisme doctrinal. Il affirme également que des ambiguïtés doctrinales non résolues subsistent dans le Novus Ordo Missae.
Selon lui, le légalisme et une conception trop restrictive de la fidélité au pape ont trop souvent primé sur la clarté de la doctrine et du culte. L’Église, affirme-t-il, doit retrouver la primauté de la vérité et de la clarté doctrinale, auxquelles le droit canonique et la papauté elle-même doivent être subordonnés, comme ce fut le cas tout au long de son histoire.
L’évêque appelle donc à un débat franc sur ces questions et estime que la FSSPX peut apporter une contribution constructive à l’Église universelle. Il ajoute que cette contribution serait renforcée par une approche plus pastorale du Saint-Siège, notamment par l’intégration progressive de la Fraternité dans la vie normale de l’Église, potentiellement par l’octroi d’un mandat apostolique pour les consécrations épiscopales prévues le 1er juillet.
LA QUESTION ESSENTIELLE CONCERNANT LA FRATERNITÉ SAINT PIE X
Par l'évêque Athanasius Schneider
Les questions et problèmes relatifs à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) font l'objet d'un débat largement stérile depuis plus de cinquante ans et ont abouti aux consécrations épiscopales annoncées, qui n'ont pas encore été approuvées par le Saint-Siège. Ce débat, souvent alimenté par l'émotion – parfois littéralement ''cum ira et studio'' – (avec colère et zèle), est fréquemment mené par des personnes qui ne connaissent pas directement les documents pertinents ni n'ont d'expérience personnelle de la FSSPX. Dans bien des cas, leurs connaissances sont superficielles et influencées par des préjugés. De ce fait, le débat ressemble souvent à un dialogue de sourds, où les mêmes arguments sont répétés indéfiniment sans aucun progrès significatif.
De plus, le débat élude largement la question centrale soulevée par la FSSPX. Cet échec découle d'une erreur méthodologique fondamentale et d'un manque de justification factuelle concernant les ambiguïtés doctrinales et liturgiques objectives qui sont au cœur de la controverse. Au fond, le conflit porte sur la question de la vérité.
1. Vatican II dans le contexte des vingt autres conciles œcuméniques
La première erreur consiste à traiter un concile pastoral – en l’occurrence, le Concile Vatican II – comme s’il était entièrement dogmatique, et à présumer que toutes ses déclarations doivent être considérées comme définitives et contraignantes pour tous les catholiques. Ceux qui agissent ainsi oublient que Paul VI lui-même avait déclaré : ''Certains se demandent quelle autorité, quelle qualification théologique le Concile a entendu donner à ses enseignements, sachant qu’il s’est gardé d’émettre des définitions dogmatiques solennelles remettant en cause l’infaillibilité du Magistère ecclésiastique. La réponse est connue de quiconque se souvient de la déclaration conciliaire du 6 mars 1964, réitérée le 16 novembre 1964 : compte tenu du caractère pastoral du Concile, il s’est abstenu de prononcer, de manière extraordinaire, des dogmes revêtus de la note d’infaillibilité.'' (Audience générale, 12 janvier 1966). Cela s’applique également aux deux constitutions ''dogmatiques'' du Concile, Dei Verbum et Lumen gentium, puisque l’adjectif ''dogmatique'' possède un sens plus large et ne se limite pas aux dogmes compris comme des enseignements dotés d’infaillibilité
[Pour qu’un enseignement papal soit considéré comme **infaillible**, quatre conditions **cumulatives** doivent être remplies :
1. **Le pape parle *ex cathedra***
- C’est-à-dire **en tant que pasteur et docteur suprême de tous les chrétiens**, en tant que "successeur de Saint Pierre" et non en tant que personne privée ou en tant qu’évêque de Rome seulement.
2. **Il définit une doctrine**
- Il ne s’agit pas d’une simple opinion ou exhortation, mais d’une **définition solennelle** (acte formel et définitif).
3. **La doctrine concerne la foi ou les mœurs**
- Elle doit porter sur une vérité **nécessaire au salut** (dogme de foi ou morale).
4. **Il utilise sa suprême autorité apostolique**
- Il agit en vertu de son **pouvoir suprême** comme successeur de Pierre, avec l’intention de lier toute l’Église, c''est-à-dire qu'il mentionne qu'il contraint tous les croyants à croire ce qu'il définit.
**Source officielle** :
> *« Le Pontife romain, lorsqu’il parle *ex cathedra*, c’est-à-dire lorsque, remplissant sa charge de pasteur et de docteur de tous les chrétiens, il définit, en vertu de sa suprême autorité apostolique, qu’une doctrine sur la foi ou les mœurs doit être tenue par toute l’Église, jouit, par l’assistance divine à lui promise en la personne de saint Pierre, de cette infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu que fût pourvue son Église. Par conséquent, ces définitions du Pontife romain sont irréformables par elles-mêmes et non en vertu du consentement de l’Église. »*
> — **Concile Vatican I, Pastor Aeternus, Chapitre 4** (18 juillet 1870)
### **Dernier exemple en date d’enseignement papal infaillible**
> "Nous déclarons, prononcions et définissons comme un dogme révélé par Dieu que l’Immaculée Mère de Dieu, la Vierge Marie, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée corps et âme à la gloire céleste."
- Les **canonisations** (comme celles prononcées par Jean-Paul II ou François) sont souvent citées comme des actes *ex cathedra* et infaillibles, car elles engagent l’autorité suprême du pape sur une vérité de foi (la sainteté d’une personne au ciel). Cependant, leur statut d’infaillibilité est parfois débattu par les théologiens, car elles ne définissent pas explicitement un dogme de foi ou de morale au sens strict de *Pastor Aeternus*
.
- *Ordinatio sacerdotalis* (1994, Jean-Paul II) sur l’ordination réservée aux hommes est considérée par le Magistère comme **infaillible**, mais via le **Magistère ordinaire et universel** (et non *ex cathedra* au sens strict). La Congrégation pour la doctrine de la foi a confirmé en 1995 et 1998 que cette doctrine est **définitive et infaillible**.
"Tout de même, il est évident que l’infaillibilité n’a pas été conférée au Pontife romain en tant que personne privée, mais en raison du fait qu’il remplit la charge de pasteur et de docteur suprêmede tous les chrétiens. De plus, il ne l’exerce pas comme s’il avait autorité en lui-même ou par lui-même, mais 'par sa suprême autorité apostolique' et 'par l’assistance de l’Esprit Saint, qui lui est promise en la personne de saint Pierre'. Enfin, il ne la possède pas comme s’il pouvait en disposer ou en compter dans n’importe quelle circonstance, mais seulement lorsqu’il parle ex cathedra, et seulement dans un domaine doctrinal limité aux vérités de foi et de morale, et à celles qui sont intimement liées à elles." – Pape Jean-Paul II, "L’assistance de l’Esprit Saint au Pontife romain", Audience générale, 24 mars 1993.
Note du blog Christ Roi.]
Parmi les vingt autres conciles œcuméniques, on trouve de nombreuses déclarations et documents pastoraux ou disciplinaires qui ne sont plus applicables aujourd'hui (par exemple, le décret du quatrième concile du Latran stipulant : ''Si un seigneur temporel néglige de purifier son territoire de la souillure hérétique, il sera excommunié''), ainsi que des déclarations doctrinales non définitives (par exemple, sur la matière et la forme du sacrement de l'Ordre, du concile de Florence) qui ont été ultérieurement corrigées par le Magistère de l'Église. On ne saurait absolutiser toute forme historique concrète de leadership ecclésiastique, car cela reviendrait à supprimer la distinction nécessaire entre, d'une part, les vérités immuables et éternelles de la foi (Depositum Fidei) et, d'autre part, les divers modes de transmission de ces vérités (par exemple, une déclaration pastorale, une déclaration doctrinale non définitive ou une définition ex cathedra), chacun ayant un degré d'autorité et de force contraignante différent.
Aujourd'hui, cependant, pour être en pleine communion avec le Saint-Siège, il faut accepter les affirmations et les enseignements pastoraux de Vatican II, qui, de par leur nature magistérielle, ne sont pas définitifs.Ceci soulève une question importante : pourquoi l'acceptation inconditionnelle des textes de Vatican II est-elle présentée comme une condition sine qua non à la pleine communion avec le Saint-Siège, alors qu'aucune exigence comparable n'existe concernant les enseignements pastoraux, disciplinaires ou non définitifs des vingt conciles œcuméniques précédents ?
Parmi les enseignements non définitifs de Vatican II, il en existe plusieurs — notamment ceux concernant
>la liberté religieuse,
>l’œcuménisme,
>le dialogue interreligieux
>et la collégialité — dont les formulations sont ambiguës et difficiles à concilier avec les doctrines enseignées de manière constante par le Magistère depuis l’époque des Pères de l’Église jusqu’à la période qui a immédiatement précédé le Concile.
Se pose également la question des carences rituelles et doctrinales du Novus Ordo Missae. Ces préoccupations ne peuvent plus être écartées d'emblée, comme en témoigne, par exemple, l'archimandrite Boniface Luykx dans son ouvrage *A Wider View of Vatican II: Memories and Analysis of a Council Consultor* (Angelico Press, Brooklyn, NY, 2025).
Les défauts du Novus Ordo Missae demeurent un sujet de débat sérieux et ne sauraient être passés sous silence. Néanmoins, le Saint-Siège demande à la FSSPX d'accepter non seulement la validité, mais aussi la légitimité et la bonté de la réforme liturgique du Novus Ordo Missae.
2. Deux excès modernes dans la vie de l’Église : le légalisme et le papocentrisme.
La résolution de la question de la FSSPX est entravée non seulement par une réticence à aborder, avec honnêteté intellectuelle, les questions doctrinales sous-jacentes et à reconnaître l'existence d'ambiguïtés doctrinales nécessitant une correction, mais aussi par une mentalité malsaine qui s'est développée au sein de l'Église au cours des derniers siècles : à savoir, la primauté du légalisme ou du positivisme juridique, associée à un papocentrisme excessif qui frôle une quasi-divinisation de la fonction et de la personne du pape.
Ces exagérations modernes dénaturent et restreignent la vie de l'Église en subordonnant la primauté de la pureté et de la clarté de la foi et de la liturgie aux exigences du légalisme et du papocentrisme – un phénomène étranger aux Pères de l'Église et à la grande tradition. Dans cette forme exacerbée de papocentrisme, le Pape et son magistère, même lorsqu'ils ne sont pas strictement dogmatiques ou définitifs, tendent à être considérés comme possédant un caractère absolu et quasi divin. Le climat ecclésial a souvent été façonné, au moins implicitement, par des conceptions qui se rapprochent de telles attitudes.
La plupart des commentateurs de la controverse actuelle sur les consécrations épiscopales de la FSSPX restent, souvent inconsciemment, influencés par les excès de légalisme et le papisme exacerbé qui caractérisent une grande partie de la vie ecclésiale contemporaine. La loi selon laquelle les consécrations épiscopales effectuées sans autorisation papale – ou contrairement à la volonté exprimée du Pape – constituent un acte schismatique était étrangère à l’époque des Pères de l’Église. En effet, cette loi n’est entrée en vigueur qu’au deuxième millénaire. Le canon 1387 du Code de droit canonique de 1983, qui interdit la consécration d’un évêque sans mandat pontifical, est classé parmi les "offenses contre les sacrements", et non parmi les "offenses contre la foi et l’unité de l’Église", où le schisme est sanctionné (can. 1364). Si la consécration épiscopale sans mandat pontifical était intrinsèquement schismatique, elle serait classée parmi les offenses "contre l’unité de l’Église". Le canon correspondant du Code de 1917 a également été inclus parmi les "Délits dans l’administration et la réception des ordres et autres sacrements" (Titre XVI), plutôt que parmi les "Délits contre la foi et l’unité de l’Église" (Titre XI).
3. L’état de crise extraordinaire, voire d'urgence, au sein de l’Église
Depuis le Concile Vatican II, l'Église catholique traverse une période d'ambiguïté, de flou et d'incertitude concernant des doctrines essentielles telles que
>l'unicité du Christ Rédempteur,
>l'unicité de l'Église catholique,
>la structure monarchique instituée par Dieu (aux niveaux universel et local)
>et le caractère sacrificiel de la Sainte Messe.
Il est indéniable que ceux qui ont exercé le pouvoir administratif au Saint-Siège ces dernières décennies, et qui l'exercent encore aujourd'hui, exigent de la FSSPX, comme condition sine qua non à la pleine communion avec le Saint-Siège, l'acceptation de ce climat de fait d'ambiguïté et de relativisme doctrinal et liturgique, qui a atteint son paroxysme avec le processus synodal actuel, extrêmement confus, au sein de toute l'Église. Depuis le Concile, et compte tenu de certains enseignements ambigus mentionnés, un processus est en cours pour établir, avec l'autorité du Pontife romain, une prétendue "Église de Vatican II" ou "Église conciliaire". Ce courant, aujourd’hui désigné sous le nom d’"Église synodale", vise fondamentalement à devenir une religion relativiste adaptée au monde. Les tentatives visant à masquer cette nouvelle tendance vers une forme ambiguë, relativiste et mondaine de l’Église catholique par une herméneutique de la continuité sont malhonnêtes et peu convaincantes.
4. Le dilemme de conscience de la FSSPX
Le Saint-Siège exige de la FSSPX qu'elle accepte des doctrines formulées de manière ambiguë et non définitive comme condition sine qua non à la pleine communion avec lui et à la régularisation canonique. Il s'agit notamment d'enseignements concernant
>la liberté religieuse,
>l'œcuménisme,
>le dialogue interreligieux (y compris, par exemple, l'affirmation de Lumen Gentium 16 selon laquelle les musulmans, avec les catholiques, "adorent le Dieu unique et miséricordieux"),
>la collégialité épiscopale (entendue d'une manière qui diminue la structure monarchique de l'Église, instituée par Dieu), et les réformes liturgiques liées au Novus Ordo Missae.
Le Saint-Siège exige également de la FSSPX qu'elle reconnaisse formellement les déclarations et les enseignements des papes post-conciliaires appartenant au magistère dit authentique et quotidien. Parmi ceux-ci figurent, par exemple,
>certaines déclarations d'Amoris Laetitia qui sapent gravement, voire contredisent, la Révélation divine ;
>l'autorisation formelle du pape François permettant aux personnes divorcées et remariées de recevoir la sainte communion ;
>et la Déclaration sur les bénédictions pour les couples de même sexe, Fiducia Supplicans.
Si l’on examine avec une honnêteté intellectuelle la crise extraordinaire qui a frappé l’Église depuis le Concile – ainsi que les ambiguïtés et le relativisme doctrinal, liturgique et pastoral qui l’ont accompagnée –, alors l’existence et l’activité de la FSSPX peuvent être considérées, dans une perspective à long terme et à la lumière des deux mille ans d’histoire de l’Église, comme une œuvre de la divine providence et comme une source d’assistance pour l’Église durant une crise d’une ampleur sans précédent.
À la lecture des documents récemment publiés par le Supérieur général de la FSSPX, le Père Davide Pagliarani, et notamment la Déclaration de foi catholique et son Message à la Fraternité et à ses fidèles (ci-joints), on ne peut manquer de constater un esprit profondément catholique, imprégné d'une foi véritable dans la primauté papale et d'une dévotion filiale envers la personne du Souverain Pontife.
Le problème auquel est confrontée la FSSPX n'est pas difficile à comprendre. Le Saint-Siège exige qu'elle accepte, sans objection majeure, certains enseignements objectivement ambigus et imprécis du Concile Vatican II, des déclarations ambiguës du magistère pontifical post-conciliaire, ainsi que des failles doctrinales et rituelles objectives dans le Novus Ordo. Or, Dieu n'a jamais exigé l'acceptation de doctrines obscures ou formulées de manière ambiguë, et l'Église, tout au long de son histoire, a toujours agi en conséquence.
La FSSPX considère comme une raison d'être essentielle d'appeler, avec parrêsia, à un retour à la clarté et à la pureté absolues de la doctrine que l'Église s'est toujours efforcée de préserver à travers les siècles. Par le passé, les pontifes romains ont enduré persécution, martyre et même schismes plutôt que de tolérer la moindre ambiguïté dans l'expression de la foi. Parmi les exemples les plus notables figurent le rejet du terme ambigu "homoiousios" ; le rejet de l'Hénotikon qui, bien que non formellement hérétique, a néanmoins nui à la clarté de la doctrine christologique et facilité la propagation du monophysisme ; et le rejet des formulations christologiques ambiguës du pape Honorius Ier (+638). Plusieurs papes ont condamné Honorius Ier à titre posthume, non pour hérésie, mais pour ambiguïté doctrinale et pour avoir contribué à la propagation de l'hérésie. L'unité n'est pas, en soi, le critère ultime de la vérité. L'histoire de l'Église connaît de nombreuses situations où des tensions ont existé entre la tradition et l'exercice effectif de l'autorité ecclésiastique.
Le fait même que certains enseignements du Concile Vatican II, conjugués à la réforme liturgique, aient engendré – et continuent d’engendrer, tant en théorie qu’en pratique – un affaiblissement de la clarté doctrinale oblige le Pape, à l’exemple de nombre de ses prédécesseurs héroïques, à clarifier et, le cas échéant, à corriger ces enseignements. Il convient de le faire avec une précision et une clarté doctrinales renouvelées, afin qu’aucune interprétation ambiguë ou erronée ne puisse subsister. À cet égard, le principe suivant, qui a longtemps guidé les pontifes romains, demeure plus pertinent que jamais : "L’ambiguïté ne saurait être tolérée dans un synode (concile), dont la principale gloire consiste avant tout à enseigner la vérité avec clarté et à exclure tout risque d’erreur" (Pie VI, Auctorem fidei ).
Le drame de la situation actuelle réside dans le fait que le Saint-Siège exige de la FSSPX qu'elle accepte l'ambiguïté doctrinale et liturgique actuellecomme condition sine qua non à la pleine communion et à la régularisation canonique. Lors de la controverse monothélite, lorsque le pape Honorius Ier adopta une position ambiguë, le saint patriarche Sophronius de Jérusalem envoya à Rome son suffragant, Étienne, évêque de Dor, lui recommandant de se rendre auprès du Siège apostolique, où se trouvent les fondements de la doctrine orthodoxe, et de ne cesser de prier et de supplier jusqu'à ce que les autorités compétentes examinent et condamnent cette nouvelle erreur. L'évêque Étienne demeura à Rome pendant dix ans, persévérant dans cette mission jusqu'à ce qu'il soit témoin de la condamnation de l'hérésie par le pape Martin Ier au concile de Latran de 649. D'une certaine manière, la FSSPX remplit aujourd'hui un rôle similaire, exhortant sans cesse le Saint-Siège à mettre fin à cette situation d'ambiguïté et d'incertitude doctrinales et liturgiques. La FSSPX a maintes fois affirmé n'avoir d'autre intention que de former les âmes confiées à sa charge pastorale à devenir de bons chrétiens et de véritables fils et filles de l'Église romaine. En définitive, il convient d'être reconnaissant à la FSSPX pour ce rôle, et les futurs papes le seront assurément.
5. La solution pastorale du pape au problème de la FSSPX
Le Saint-Siège devrait accorder toute l’attention requise à la Déclaration de foi catholique et au Message aux fidèles publiés par le Supérieur général de la FSSPX, et reconnaître ces documents et actes comme suffisants et satisfaisant aux conditions minimales requises pour la communion ecclésiale. Une excommunication à l’heure actuelle ouvrirait une nouvelle blessure, inutile et évitable, au sein du Corps mystique du Christ.
À la lumière de ces documents et actes de la FSSPX, le Pape, animé d'une profonde compassion paternelle, pourrait faire une exception et autoriser les consécrations épiscopales par un geste pastoral d'une grande générosité. En excommuniant les évêques consécrateurs et consacrés, le Souverain Pontife punirait implicitement les fidèles de la FSSPX – une partie de son troupeau – qui l'aiment et le reconnaissent sincèrement, mais qui, confrontés à un véritable dilemme de conscience, n'ont d'autre choix que de continuer à recevoir l'assistance pastorale de la FSSPX, dont l'épiscopat demeure indispensable à l'existence, notamment pour l'administration des sacrements de l'Ordre et de la Confirmation.
Par conséquent, uniquement pour le salut des âmes et le bien de l'Église, la FSSPX demande au Souverain Pontife de faire preuve de compréhension, dans les circonstances actuelles, quant à son besoin d'avoir des évêques et d'autoriser les consécrations épiscopales. Malheureusement, malgré ce qu'elle considère comme un dilemme de conscience objectif, la FSSPX est, pour la plupart, perçue comme schismatique et orgueilleuse.
Dans un esprit de magnanimité, le Souverain Pontife, en véritable père, pourrait établir un dialogue avec la FSSPX, cette partie de son troupeau, et autoriser, à titre exceptionnel, les consécrations épiscopales afin de favoriser un climat propice à une recherche patiente et progressive, fondée sur une confiance mutuelle accrue, des solutions aux questions doctrinales et aux arrangements juridiques correspondants. L’Église synodale de notre temps devrait être capable d’une telle ouverture pastorale et d’une telle générosité. À la lumière des nombreuses déclarations et initiatives œcuméniques généreuses de ces dernières décennies, elle devrait également démontrer sa capacité à aborder un grave problème ecclésial par le dialogue, la patience et la compréhension au sein même de l’Église catholique.
Récemment, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Vatican, a affirmé que, concernant les divergences des évêques allemands, le Saint-Siège ne souhaite pas que les divisions dégénèrent en mesures punitives, soulignant que les problèmes au sein de l'Église doivent, chaque fois que cela est possible, être résolus pacifiquement. Pourquoi cette approche ne serait-elle pas également appliquée à la FSSPX, qui ne renie aucun dogme, reconnaît la primauté du Pape, prie pour lui et lui professe une dévotion filiale, tout en conservant uniquement ce que l'Église a cru et célébré universellement jusqu'au Concile ? Parallèlement, le Chemin synodal allemand a avancé des déviations doctrinales manifestes qui promeuvent de facto des hérésies, voire des positions blasphématoires. Dès lors, pourquoi privilégier la réconciliation et le dialogue patient dans un cas et pas dans l'autre ?
Si, cette année, le Pape prononçait une excommunication, un nouvel anathème, contre les évêques consacrants et consacrés, cela resterait dans l'histoire de l'Église comme une erreur d'une sévérité pastorale excessive. Les générations futures et les papes futurs le regretteraient. Pourquoi le Pape devrait-il faire aujourd'hui ce que les générations futures pourraient déplorer demain ? Ne devrions-nous pas tirer les leçons de l'histoire ? Le Pape, en tant que Souverain Pontife, n'est-il pas appelé avant tout à être un bâtisseur de ponts ?
Pièces jointes :
1) Entretien avec le Supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X du 5 février 2026 ; https://fsspx.news/en/news/interview-superior-general-priestly-society-saint-pius-x-57064
2) Message aux fidèles et amis de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X du 7 mars 2026 : https://fsspx.org/en/news/episcopal-consecrations-what-fr-pagliarani-told-members-society-saint-pius-x-59250
3) Déclaration de foi catholique adressée à Sa Sainteté le pape Léon XIV par le père Davide Pagliarani, supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, le 14 mai 2026 : https://sspx.org/sites/default/files/documents/2026-05-14_declaration_of_catholic_faith_en.pdf
Prince de Kiev et Tchernigov, il dut abandonner ses droits dynastiques sous la pression des habitants.
Devenu moine au monastère de Saint Théodore de Kiev, il n'en fut pas moins poursuivi par la haine du peuple contre la dynastie des Olgovitch et il fut sauvagement assassiné un jour qu'il priait devant l'icône de la Mère de Dieu.
Son corps fut traîné derrière une charrette à la vue de la population et exposé dans un marché avant d'être récupéré.
Plusieurs miracles eurent lieu près du corps d'Igor, qui fut ensuite tenu comme saint "strastoterptsi", c’est-à-dire ayant été livré à la mort alors qu'il était innocent.
Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011
Sainte Clotilde était fille orpheline de Chilpéric II, roi catholique de Lyon (une partie de la Bourgogne), et nièce du prince arien Gondebaud.
Appelée par Dieu à la grande mission du salut de la France, elle fut élevée au palais de son oncle, qui était l'assassin de sa famille. Mais elle eut le bonheur de se préserver de l'hérésie. La mère de Clotilde avait déposé dans son cœur, avec la foi, les germes de la piété; aussi sut-elle résister à toutes les sollicitations de Gondebaud et conserver la foi de son baptême.
Clovis, roi des Francs, entendit parler de la beauté, des vertus et de toutes les grandes qualités, l'élégance et la sagesse de la jeune princesse.
"Les Gallo-Romains de son royaume accepteraient plus volontiers une reine catholique. [...] Si Clotilde ressent quelques scrupules de conscience à épouser un païen, elle les surmonte moyennant l'assurance que ses enfants seront baptisés." (1)
Le mariage eut lieu en 493. Clotilde comprit qu'elle n'avait été appelée à partager le trône d'un roi païen que pour remplir les vues de Dieu sur un peuple généreux mais non éclairé de la lumière de l'Évangile.
Clovis, Esquisse coupole du Panthéon, Antoine-Jean Gros, XIXe s., musée du Petit Palais, Paris
"L'avenir de l'homme est la femme, écrit Aragon. Elle est la couleur de son âme." Grégoire de Tours aurait pu dire exactement la même chose à propos du roi des Francs et de sainte Clotilde.
Samuel PRUVOT, Nos Ancêtres les Saints, Petite histoire de la France missionnaire, Cerf, Paris 2017, p. 46.
Clotilde obtint que son fils aîné, Ingomer, soit baptisé.
Elle eut soin de gagner les bonnes grâces d'un époux magnanime, mais violent et barbare; elle usa de son influence pour lui parler de Jésus-Christ. Clovis l'écoutait avec intérêt; toutefois, il ne se hâtait pas; il lui permit cependant de faire célébrer le culte catholique dans le palais et consentit au baptême de son premier-né, Ingomer. Clotilde mettait sur la tête de cet enfant toutes ses espérances pour la conversion de son peuple, quand Dieu, dont les desseins sont impénétrables, le ravit à la terre juste après la cérémonie. À la colère de Clovis, à ses reproches, la douce reine répondit: "Je remercie Dieu de ce qu'Il m'a jugée digne de mettre au monde un fils qui est maintenant dans le Ciel !" Clotilde, loin de se rendre aux "arguments" de son époux, discernait au contraire dans la mort soudaine de son enfant une nouvelle raison de fortifier sa foi en rendant grâces au Seigneur.
Mais "quel fâcheux présage pour Clovis qui conçoit d'abord la religion comme une démarche magique destinée à assurer au fidèle, en échange de sa dévotion, une protection et des avantages matériels. N'a-t-il pas offensé des divinités tutélaires en consacrant son premier fils au Dieu chrétien ?" (2)
Un second enfant, Chlodomir ("glorieux et grand") , fut baptisé encore et tomba malade. Nouvelle et plus terrible colère de Clovis; mais les prières de Clotilde furent entendues, et Dieu envoya des Anges guérir l'enfant agonisant. Le moment de la grâce était venu.
Sainte Clothilde, Reine de France (476-545), Jardin du Luxembourg, Paris, France.
À labataille de Tolbiac(près du vieux fort romain de l'actuelle ville allemande de Zülpich, au sud-ouest de Cologne), après un choc terrible, les Francs pliaient et commençaient à être taillés en pièces, quand Clovis, dans une illumination soudaine, s'écria: "Dieu de Clotilde, donne-moi la victoire et Tu seras mon Dieu!"
Le courage renaît à ses soldats et bientôt la victoire des Francs est complète.
Les Alamans étaient ce peuple qui au IIIe siècle s'est montré, à l'instar des Francs, des adversaires redoutables de l'Empire, avant d'être confinés, au temps d'Aetius, dans les provinces orientales de la Gaule. Là, ils ont occupé l'antique Argentoratum, dont ils ont fait Strasbourg. Vers le Sud, Ostrogoths et Burgondes leur interdisaient toute extension.
Selon Grégoire de Tours, qui relate la bataille, un guerrier franc lance sa francisque (hache des francs) en direction du chef des Alamans. En voyant leur roi tomber de cheval, mortellement blessé, les Alamans se désorganisent et fuient. Peu après, Clovis était baptisé par saint Rémi, à Reims; ce fut le signal du baptême de la nation entière.
Clotilde et sa famille demeurent dans la région de l'Île-de-France, passant d'une villa royale à l'autre. Les communes de Choisy-le-Roi, Vanves, Chelles, Nanterre ou Clichy-sous-Bois ont été des lieux de résidence royale. Mais Clotilde et Clovis nourrissent un intérêt croissant pour un gros bourg situé sur une île de la Seine: Paris, qu'ils choisissent comme capitale.
Déjà mère de Chlodomir, Clotilde donne naissance à deux autres garçons dans les années qui suivent le baptême de Clovis. Childebert aurait ainsi vu le jour vers 497 à Reims, et Clotaire, dont le prénom signifie "Armée de gloire", probablement l'année suivante, vers 498.
Clovis mourut en 511, à l'âge de quarante-cinq ans. Les divisions qui s'élevèrent dans sa famille et surtout le meurtre des deux fils aînés de Chlodomir, commis par Childebert et Clotaire, achevèrent de rendre le monde insupportable à notre sainte.
Clotilde, dégoûtée du monde, éprouvée dans ses enfants, quitta bientôt la cour pour aller finir sa vie dans les larmes, les prières les aumônes, au fond d'un couvent à Tours, auprès du tombeau desaint Martin.
Prévenue du jour de sa mort, elle fit venir ses enfants, leur adressa ses dernières recommandations, et alla recevoir au Ciel sa récompense, le 3 juin 545.
Sainte Clotilde en prière au pied du tombeau de Saint Martin (1753), Charles André Van LOO
PRATIQUE. Rendez grâces au Seigneur en toutes choses. Assurez votre salut par la pratique des bonnes œuvres.
Sources:
(1) Philippe DELORME, Préface de Jean TULARD de l'Institut, Contre-Histoire de France, Ni romance, ni repentance, Via Romana, Le Chesnay 2024, p. 51
(2) Philippe DELORME, Préface de Jean TULARD de l'Institut, Contre-Histoire de France, ibid., p. 51
(3) Per Ipsum, service de calendrier liturgique tridentin (de 1962)
(4) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 154
(5) Les Reines franques, Les Destins épiques de Clotilde, Radegonde, Brunehaut et Frédégonde, Reines, maîtresses et favorites, Hachette Collection, 2015 ; (4) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011
L'archevêque argentin à la retraite Héctor Agüer a salué la popularité croissante du pèlerinage Paris-Chartres auprès des jeunes catholiques.
Dans le même article, il a réitéré les allégations de longue date selon lesquelles l'archevêque Annibale Bugnini, figure centrale des réformes liturgiques post-Vatican II, était franc-maçon.
L’archevêque argentin émérite Héctor Agüer a salué la popularité croissante du pèlerinage Paris-Chartres auprès des jeunes catholiques. Dans le même article, il a réitéré des allégations de longue date selon lesquelles l’archevêque Annibale Bugnini, figure centrale des réformes liturgiques post-Vatican II, était franc-maçon.
L’archevêque argentin émérite Héctor Agüer a salué la popularité croissante de la messe traditionnelle en latin auprès des jeunes catholiques.
L’ancien archevêque de La Plata a déclaré que la renaissance des pèlerinages traditionnels et des pratiques dévotionnelles démontre que "l’orthodoxie et la Tradition sont en bonne santé et constituent une garantie pour l’avenir".
Ces commentaires ont été formulés dans un article publié le 1er juin par Rorate Caeli, dans lequel il évoquait la messe traditionnelle en latin, les réformes liturgiques introduites après le concile Vatican II et le regain d'intérêt pour le culte catholique traditionnel, notamment chez les jeunes générations.
"Les médias et, surtout, les réseaux sociaux soulignent que dans plusieurs pays européens, notamment chez les jeunes, la messe traditionnelle est vécue avec ferveur, accompagnée de nombreuses processions et pèlerinages."
"Les foules de jeunes qui ont fait revivre le pèlerinage traditionnel Paris-Chartres ont suscité un vif intérêt, avec une moyenne d'âge de 22 ans. Il s'agit d'une renaissance de la tradition catholique, qui avait été étouffée dans ces pays par le libéralisme, le progressisme et l'athéisme", a écrit l'archevêque Agüer.
L'archevêque émérite a évoqué plusieurs pèlerinages traditionnels qui ont attiré un nombre croissant de participants ces dernières années, notamment
"Des pèlerinages comme Paris-Chartres, et ceux de Rawson-Luján (Argentine), Oviedo-Covadonga (Espagne), Rome-Subiaco (Italie), et d’autres qui apparaissent ici et là, témoignent d’une chose indéniable : l’orthodoxie et la Tradition se portent bien et sont une garantie pour l’avenir."
L’archevêque Agüer a déclaré que la liturgie traditionnelle restait étroitement liée à la conception historique de la messe par l’Église comme représentation sacramentelle du sacrifice du Christ sur le Calvaire.
On peut appeler la "Messe traditionnelle" ainsi car elle remonte aux VIIe et VIIIe siècles et est restée en vigueur pendant des siècles, au moins jusqu’au concile de Trente, qui l’a révisée et republiée pour qu’elle parvienne jusqu’à nos jours. Son élément central est son identification au Sacrifice de la Croix, institué comme Sacrement du Sacrifice lors de la Cène de Jésus avec ses Apôtres.
"Ce sacrement est le mystère de la Passion et de la Résurrection, consacré par l’Esprit Saint. La messe est adressée à la gloire du Dieu trinitaire, à qui elle offre le sacrifice de Jésus", a écrit l’archevêque émérite.
L'archevêque Agüer a opposé l'ancienne liturgie à la messe promulguée par le pape Paul VI après le concile Vatican II, déclarant : "La messe a défini le catholicisme du concile de Trente à Vatican II. Sous le pontificat de Paul VI (Giovanni Battista Montini), qui succéda au bref pontificat de Jean XXIII, une nouvelle messe fut instituée." Il ajouta cependant : "Quelques modifications auraient pu être apportées à la messe traditionnelle, comme cela avait été le cas au cours de ses siècles d'existence. Mais non ; Vatican II a voulu tout remanier, et une nouvelle messe était censée naître de son esprit. Toujours valide, certes ; mais non sans ambiguïtés laissées à l'appréciation des célébrants."
L’archevêque Agüer a également réitéré les accusations concernant l’archevêque Annibale Bugnini, principal artisan des réformes liturgiques post-conciliaires. "L’auteur de la nouvelle messe était l’archevêque Annibale Bugnini, reconnu comme franc-maçon par des documents incontestables, bien que son appartenance à la franc-maçonnerie soit restée secrète conformément à la nature même de cet ordre", a-t-il écrit.
L’archevêque Bugnini, secrétaire du Consilium chargé de la mise en œuvre de la Constitution sur la liturgie sacrée, a joué un rôle central dans la réforme du rite romain après le concile. Des rumeurs selon lesquelles il aurait été franc-maçon circulent depuis des décennies.
L'ancien archevêque de La Plata a également souligné plusieurs différences entre la liturgie traditionnelle et le rite réformé, notamment la célébration face au peuple, le cycle élargi de lectures bibliques et l'introduction de prières eucharistiques supplémentaires.
"Dans ce rite,
>le prêtre se tient face à l’assemblée ;
>les lectures bibliques sont plus nombreuses
>et, au fil du temps, plusieurs prières eucharistiques ont été autorisées, recréant ainsi le canon unique de la messe traditionnelle."
L’archevêque a ajouté : "Il semblerait que, dans la messe de Paul VI et de Bugnini, le prêtre célébrant doive s'efforcer de se tourner vers Dieu et de veiller à ce que les fidèles ne soient pas désorientés."
L’archevêque émérite a précisé qu’il célébrait la liturgie post-conciliaire et qu’il avait été ordonné selon les livres liturgiques antérieurs aux réformes. Il a déclaré : "Cette messe est celle que je célèbre, celle de mon ordination il y a près de 54 ans ; je la célèbre avec la plus grande dévotion. Mais je me souviens que, dans mon enfance, comme enfant de chœur, j’assistais régulièrement à la messe traditionnelle, un rite qui n’a jamais été invalidé et qui a accompagné celui de Paul VI jusqu’à aujourd’hui, et qui, comme je l’ai dit en introduction, est redécouvert avec enthousiasme par les jeunes."
Abordant la question des abus liturgiques, l'archevêque Agüer a écrit : "Il convient de prendre note, par exemple, du cas d'un certain évêque qui est entré dans la messe en skateboard, ou de certains prêtres qui se déguisent en clowns pour célébrer. De tels outrages ne peuvent que provoquer un effet de panique."
Ordonné prêtre pour l'archidiocèse de Buenos Aires en novembre 1972 par le cardinal Juan Carlos Aramburu, l'archevêque Agüer a exercé son ministère paroissial et enseigné la théologie avant d'être nommé évêque auxiliaire de Buenos Aires par le pape Jean-Paul II en 1992. Il devint par la suite évêque coadjuteur de La Plata et succéda à l'archevêque Carlos Galán comme archevêque en 2000, dirigeant l'un des diocèses les plus importants d'Argentine jusqu'à sa retraite en 2018. Durant son ministère épiscopal, il s'est imposé comme une figure conservatrice de premier plan au sein de l'Église argentine, intervenant fréquemment sur des questions liturgiques, l'éducation catholique, l'avortement, le mariage et la sécularisation. Il a également siégé dans plusieurs instances du Vatican, dont le Conseil pontifical Justice et Paix et le Conseil pontifical Culturel, et a été consultant auprès de la Commission pontificale pour l'Amérique latine.
Niwa Limbu
Source: Rorate Caeli, "The Traditional Mass, Recovered — and The Power of Tradition - Op-Ed by Abp. Hector Aguer", La messe traditionnelle, retrouvée — et la force de la tradition - Tribune libre de Mgr Hector Aguer / Ad Vaticanum sur X / Ad Vaticanum
Ces Saints habitaient une contrée au milieu de l'Afrique, appelée Ouganda. Personne n'y avait jamais prononcé le nom de Dieu et le démon y régnait par l'esclavage, la sorcellerie et le cannibalisme. Deux Pères Blancs, le P. Lourdel et le P. Livinhac débarquèrent un jour chez ces pauvres indigènes. Ils se présentèrent aussitôt au roi Mutesa qui les accueillit pacifiquement et leur accorda droit de cité.
Les dévoués missionnaires se faisaient tout à tous en rendant tous les services possibles. Sept mois à peine après l'ouverture du catéchuménat, ils désignaient quelques sujets dignes d'être préparés au baptême. Le roi Mutesa s'intéressait à ce que prêchaient les Pères, mais leur prédication alluma bientôt la colère des sorciers jaloux et des Arabes qui pratiquaient le commerce des Noirs.
Pressentant la persécution, les Pères Lourdel et Livinhac baptisèrent les indigènes déjà préparés et se retirèrent au sud du lac Victoria avec quelques jeunes Noirs qu'ils avaient rachetés. Comme la variole décimait la population de cette contrée, les missionnaires baptisèrent un grand nombre d'enfants près de mourir.
Après trois ans d'exil, le roi Mutesa vint à mourir. Son fils Mwanga, favorable à la nouvelle religion, rappela les Pères Blancs au pays. Le 12 juillet 1885, la population ougandaise qui n'avait rien oublié des multiples bienfaits des missionnaires, accueillait triomphalement les Pères Lourdel et Livinhac. Les Noirs qu'ils avaient baptisés avant de partir, en avaient baptisé d'autres; l'apostolat s'avérait florissant. Le ministre du nouveau roi prit ombrage du succès des chrétiens, surtout du chef des pages, Joseph Mukasa, qui combattait leur immoralité.
Ami et confident du roi, supérieurement doué, Joseph aurait pu devenir le second personnage du royaume, mais sa seule ambition était de réaliser en lui et autour de lui, les enseignements du Christ. Le ministre persuada le jeune roi que les chrétiens voulaient s'emparer de son trône ; les sorciers insistaient pour que les prétendus conspirateurs soient promptement punis de mort. Mwanga céda à ces fausses accusations et fit brûler Joseph Mukasa, le 15 novembre 1885.
«Quand j'aurai tué celui-là, dit le tyran, tous les autres auront peur et abandonneront la religion des Pères.» Contrairement à ces prévisions, les conversions ne cessèrent de se multiplier. La nuit qui suivit le martyre de Joseph, douze catéchumènes sollicitèrent la grâce du baptême. Cent cinq autres catéchumènes furent baptisés dans la semaine qui suivit la mort de Joseph, parmi lesquels figuraient onze des futurs martyrs.
Le 25 mai 1886, six mois après l'odieux meurtre de Joseph, le roi revenant de chasse fit appeler un de ses pages, nommé Denis, âgé de quatorze ans. En l'interrogeant, Mwanga apprit qu'il étudiait le catéchisme avec Muwafu, un jeune baptisé. Transporté de rage, il l'égorgea avec sa lance empoisonnée. Les bourreaux l'achevèrent le lendemain matin, 26 mai, jour où le despote déclara officiellement la persécution ouverte contre les chrétiens.
Le même jour, Mwanga fit mutiler et torturer le jeune Honorat, mit la cangue au cou à un néophyte appelé Jacques qui avait essayé autrefois de le convertir à la religion chrétienne. Ensuite, il fit assembler tous les pages chrétiens et ordonna qu'on les amena pour être brûlés vifs sur le bûcher de Namugongo. Jacques périt sur ce bûcher en compagnie des autres martyrs, le 3 juin 1886, fête de l'Ascension.
«On avait lié ensemble les jeunes de 18 à 25 ans, écrira le Père Lourdel ; les enfants étaient également liés, et si étroitement serrés les uns près des autres qu'ils ne pouvaient marcher sans se heurter un peu. Je vis le petit Kizito rire de cette bousculade comme s'il eût été en train de jouer avec ses compagnons.» Ils sont en tout quinze catholiques. Trois seront graciés à la dernière minute. On compte officiellement vingt-deux martyrs catholiques canonisés dont le martyre s'échelonne de l'année 1885 à 1887.
Le groupe des condamnés marchait vers le lieu de leur supplice, lorsqu'ils rencontrèrent un Noir nommé Pontien. «Tu sais prier ?» questionna le bourreau ; sur la réponse affirmative de Pontien, le bourreau lui trancha la tête d'un coup de lance. C'était le 26 mai 1886. Le soir venu, on immobilisa les martyrs dans une cangue et on ramena de force à la maison, le fils du bourreau, au nombre des victimes. Après une longue marche exténuante, doublée de mauvais traitements, les captifs arrivèrent, le 27 mai, à Namugongo. Les bourreaux, au nombre d'une centaine, répartirent les prisonniers entre eux.
Les cruels exécuteurs travailleront jusqu'au 3 juin afin de rassembler tout le bois nécessaire au bûcher. Les prisonniers doivent donc attendre six longues journées de privations et de souffrances, nuits de froid et d'insomnie, mais plus encore d'ardentes prières, avant que la mort ne vienne couronner leur héroïque combat. Le martèlement frénétique des tam-tams qui se fit entendre toute la nuit du 2 juin indiqua aux martyrs qui languissaient, garrottés dans des huttes, que l'immense brasier de leur suprême holocauste s'allumerait très bientôt.
Charles Lwanga, magnifique athlète d'une vigueur peu commune, à qui le roi avait confié un groupe de pages auxquels il avait enseigné le catéchisme en cachette, fut séparé de ses compagnons afin d'être brûlé à part, d'une manière particulièrement atroce. Le bourreau alluma les branchages de manière à ne brûler d'abord que les pieds de sa victime. «Tu me brûles, dit Charles, mais c'est comme si tu versais de l'eau pour me laver !» Lorsque les flammes attaquèrent la région du coeur, avant d'expirer, Charles murmura : «Mon Dieu! mon Dieu !»
Comme le groupe des martyrs avançait vers le bûcher, un cri de triomphe retentit : Nwaga, le fils du chef des bourreaux, avait réussi à s'enfuir de la maison pour voler au martyre ! Il bondissait de joie en se retrouvant dans la compagnie de ses amis. On l'assomma d'abord d'un coup de massue, puis il fut roulé avec les autres dans des claies de roseaux pour devenir dans un instant la proie des flammes.
Après leur avoir brûlé les pieds, ils reçurent la promesse d'une prompte délivrance s'ils renonçaient à la prière. Mais ces héros ne craignaient pas la mort de leur corps et devant leur refus catégorique d'apostasier, on commença à incendier le bûcher. Par-dessus le crépitement du brasier et les clameurs des bourreaux sanguinaires, la prière des saints martyrs s'éleva calme, ardente et sereine : «Notre Père qui êtes aux cieux...» On sut qu'ils étaient morts lorsqu'ils cessèrent de prier.
Le dernier des martyrs s'appelait Jean-Marie. Longtemps obligé de se cacher, las de sa vie vagabonde, il désirait ardemment mourir pour sa foi. Malgré les conseils de ses amis qui essayaient de le dissuader de ce projet, Jean-Marie résolut d'aller voir le roi Mwanga. Nul ne le revit plus jamais, car le 27 janvier 1887, Mwanga le fit décapiter et jeter dans un étang.
La dévotion populaire aux martyrs de l'Ouganda prit un essor universel, après que saint Pie X les proclama Vénérables, le 16 août 1912. Leur béatification eut lieu le 6 juin 1920 et ils reçurent les honneurs de la canonisation, le 18 octobre 1964.
Tiré de Marteau de Langle de Cary, 1959, tome II, p. 305-308 -- Vivante Afrique, No 234 - Bimestriel - Sept - Oct. - 1964Les Saints du jour
L’archevêque Argüello a de facto rejeté l'esprit d'Amoris Laetitia du pape François, notant que la communion n’est pas permise pour les personnes mariées vivant désormais dans de nouvelles relations.
Le chef de la Conférence épiscopale espagnole l’a fait des jours avant la visite de Léon XIV.
Le chef des évêques espagnols rejette l'esprit d'Amoris Laetitia quelques jours avant la visite du pape
L’archevêque Luis Argüello a précisé certains cas dans lesquels la réception de la sainte communion ne devait pas avoir lieu.
Michael Haynes
2 juin 2026
CITÉ DU VATICAN ( PerMariam )
Traduction Blog Christ Roi
Le président de la Conférence des évêques espagnols a de facto rejeté le contenu de l'encyclique Amoris Laetitia du pape François, écrivant que la sainte communion n'est pas autorisée pour les personnes mariées vivant désormais dans de nouvelles relations.
Dans une lettre pastorale datée du 1er juin, à l'occasion de la fête de la solennité du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, l'archevêque Luis Argüello a précisé certains cas où la réception de la sainte communion ne devait pas avoir lieu.
La lettre du prélat espagnol constitue une intervention rare sur la question de savoir qui doit recevoir la sainte communion. Non pas que l'Église soit ambigüe à ce sujet, mais plutôt que son enseignement traditionnel soit souvent ignoré. Argüello a écrit :
"Si notre situation ou notre état de vie est incompatible avec la pleine communion avec le Seigneur et son Église — que ce soit parce que nous sommes impliqués dans une relation pécheresse, dans des abus envers autrui — que ce soit dans la sphère économique ou professionnelle, ou dans la sphère psychologique ou émotionnelle — ou en défendant publiquement des positions contraires à la morale chrétienne, nous ne pouvons pas nous approcher de la communion sans une ferme décision de changer de vie et de réparer le mal causé par notre situation pécheresse."
Argüello a ensuite semblé réaffirmer l'enseignement catholique concernant l'impossibilité pour les personnes remariées de recevoir la sainte communion, s'opposant à ce que ces personnes s'approchent de l'autel :
"Cela n’est pas possible non plus lorsqu’une relation conjugale a pris fin et que les personnes qui faisaient partie de ce mariage vivent désormais dans une nouvelle relation conjugale."
"Ces personnes", a ajouté l’archevêque de Valladolid, "qui continuent de faire partie de l’Église, doivent savoir que cette violation du sacrement de l’Alliance empêche la communion eucharistique ; elles peuvent participer à la célébration, ainsi qu’à la vie de l’Église de bien des manières, mais recevoir la sainte communion n’est pas possible."
Le droit canonique de l'Église stipule clairement que quiconque "conscient d'un péché grave ne doit pas célébrer la messe ni recevoir le corps du Seigneur sans confession sacramentelle préalable, à moins d'une raison grave et d'une impossibilité de se confesser ; dans ce cas, la personne doit se souvenir de l'obligation d'accomplir un acte de contrition parfaite, qui comprend la résolution de se confesser dès que possible."
En effet, comme l'enseigne le même droit canonique, l'Eucharistie est la "source et le sommet" de la vie catholique.
Par conséquent, les catholiques ne doivent pas considérer la Sainte Communion comme un droit acquis, quel que soit leur état spirituel. Au contraire, l'Église enseigne que ses fidèles doivent "tenir la Très Sainte Eucharistie en haute estime, participer activement à la célébration du sacrifice le plus auguste, recevoir ce sacrement avec la plus grande dévotion et la plus grande fréquence, et l'adorer avec la plus grande ferveur".
Faisant référence à l'esprit de cet enseignement, Argüello a noté que – pour les divorcés et "remariés" – "la douleur de ne pas recevoir la communion doit alimenter le désir de rechercher une solution qui respecte la signification des deux sacrements en jeu : le mariage et l'Eucharistie".
Afin de préserver les sacrements, il a exhorté les fidèles à "se préparer à célébrer l’Eucharistie, à examiner leur conscience, ainsi que leur mode de vie et leur état de vie, afin qu’ils soient compatibles avec la pleine communion qui découle de la participation à l’Eucharistie par la réception du Corps du Seigneur."
Mais qu'en est-il de 2016 ?
La lettre pastorale d'Argüello n'a, à première vue, rien de remarquable, puisqu'elle présente simplement l'enseignement catholique sur la réception de la sainte communion.
Toutefois, l'attention portée à cette lettre tient au fait qu'elle semble contredire directement l'esprit d' Amoris Laetitia, qui proposait que les divorcés remariés puissent recevoir la sainte communion. Ajoutons à cela le contexte : la lettre émane du président de la Conférence épiscopale espagnole, à deux ans de la fin de son mandat et sur le point d'accueillir une visite papale, ce qui lui confère une signification nouvelle.
Dans les quelques lignes de la fameuse note 351 de bas de page du chapitre 8 de l’exhortation apostolique de 2016, le pape François plaidait pour l’intégration des personnes en union irrégulière à la vie de l’Église. Il y précisait que cette intégration pouvait, dans certains cas, impliquer l’accès aux sacrements, y compris à l’Eucharistie.
Interrogé sur le texte, il a ensuite déclaré qu'il n'existait "aucune autre interprétation" d'Amoris Laetitia que celle des évêques de Buenos Aires, qui autorise la communion pour les divorcés remariés. Lors d'une conférence de presse en avion, on lui a également demandé si le texte impliquait un "changement de discipline concernant l'accès aux sacrements" pour les catholiques divorcés et remariés. François a répondu : "Oui, tout simplement."
Elle déclencha sans conteste l'une des plus grandes controverses du pontificat de François. Quelques mois plus tard, un groupe d'érudits catholiques écrivit à tous les cardinaux et patriarches, les avertissant qu'Amoris Laetitia contenait des "dangers pour la foi" et demandant une correction.
Le 14 novembre 2016, quatre cardinaux ont rendu publiques les Dubia qu'ils avaient adressées en privé au pape le 19 septembre, mais qui étaient restées sans réponse. Les quatre signataires – les cardinaux Walter Brandmüller, Raymond Burke, Carlo Caffarra et Joachim Meisner – ont publié ces Dubia seulement dix jours après les propos du pape François aux évêques de Buenos Aires : une interprétation d'Amoris Laetitia que Brandmüller avait auparavant qualifiée d'hérétique. Aucune réponse n'avait été reçue.
Cependant, en répondant à une autre Dubia du cardinal Dominik Duka OP sur la même question en 2023, le Vatican a implicitement fourni une réponse aux Dubia de 2016.
Duka a demandé si la réponse du pape François aux évêques de Buenos Aires pouvait être considérée comme "une déclaration du magistère ordinaire de l'Église". Le cardinal Victor Manuel Fernández a écrit que, puisque les paroles du pape François étaient publiées dans le recueil officiel des documents du Vatican, les Acta Apostolicae Sedes , elles étaient "authentiques du magistère".
Le fait qu'Argüello soit réprimandé par le Vatican ou que sa déclaration reste incontestée en dira long sur le style de Léon XIV.
Cependant, Léon a convoqué une réunion spéciale des présidents des conférences épiscopales pour le mois d'octobre afin d'examiner Amoris Laetitia à l'occasion de son dixième anniversaire.
La réunion sera, a-t-il expliqué, "un effort pour procéder, dans une écoute mutuelle, à un discernement synodal sur les mesures à prendre pour proclamer l’Évangile aux familles aujourd’hui, à la lumière d’Amoris Laetitia et en tenant compte de ce qui se fait actuellement dans les Églises locales."
Beaucoup s'inquiètent, car certains pensent que Léon XIV entend ancrer davantage Amoris Laetitia dans la doctrine de l'Église. Cependant, comme le souligne votre correspondant, des indices subtils donnés par le pape américain laissent penser qu'il pourrait en réalité faire tout le contraire.
Le martyre de sainte Blandine (en 177 ap.J-C) livrée aux lions, et des autres chrétiens de Lyon et de Vienne, fut décrit par des témoins oculaires qui écrivirent une lettre à l'Eglise de Phrygie et d'Asie. Celle-ci fut retranscrite par Eusèbe (265-340) dans son Histoire ecclésiastique.
Saint Pothin fut le premier évêque de Lyon. Il venait de l'Asie, avait été formé à l'école de saint Polycarpe, évêque de Smyrne, et envoyé par lui dans les Gaules.
Après avoir gagné un grand nombre d'âmes à Jésus-Christ, Pothin fut arrêté à Lyon sous le règne de Marc-Aurèle. Il était âgé de quatre-vingt-dix ans, faible et tout infirme; son zèle et le désir du martyre soutenaient ses forces et son courage. Conduit au tribunal au milieu des injures de la populace païenne, il fut interrogé par le gouverneur, qui lui demanda quel était le Dieu des chrétiens: "Vous le connaîtrez si vous en êtes digne," répondit l'évêque. A ces mots, la multitude furieuse se précipite contre lui; ceux qui étaient plus près le frappèrent à coups de pieds et à coups de poings, sans aucun respect pour son âge. Le vieillard conservait à peine un souffle de vie quand il fut jeté en prison, avec de nombreux chrétiens dont Sainte Blandine. Là, il expira peu après, roué de coups.
Le récit du martyre des compagnons de saint Pothin est une des plus belles pages de l'histoire de l'Église des premiers siècles. Le diacre Sanctus supporta sans faiblir toutes les tortures, au point que son corps était devenu un amas informe d'os et de membres broyés et de chairs calcinées; au bout de quelques jours, miraculeusement guéri, il se trouva fort pour de nouveaux supplices. Il ne voulait dire à ses bourreaux ni son nom, ni sa patrie, ni sa condition; à toutes les interrogations il répondait: "Je suis chrétien!" Ce titre était tout pour lui; livré enfin aux bêtes, il fut égorgé dans l'amphithéâtre.
Maturus eut à endurer les mêmes supplices que le saint diacre; il subit les verges, la chaise de fer rougie au feu, et fut enfin dévoré par les bêtes féroces.
Le médecin Alexandre, qui, dans la foule des spectateurs, soutenait du geste le courage des martyrs, fut saisi et livré aux supplices.
Attale, pendant qu'on le grillait sur une chaise de fer, vengeait les chrétiens des odieuses imputations dont on les chargeait indignement: "Ce ne sont pas, disait-il, les chrétiens qui mangent les hommes, c'est vous; quand à nous, nous évitons tout ce qui est mal." On lui demanda comment S'appelait Dieu: "Dieu, dit-il, n'a pas de nom comme nous autres mortels."
Il restait encore le jeune Ponticus, âgé de quinze ans, et l'esclave Blandine, qui avaient été témoins de la mort cruelle de leurs frères; Ponticus alla le premier rejoindre les martyrs qui l'avaient devancé; Blandine, rayonnante de joie, fut torturée avec une cruauté particulière, puis livrée à un taureau, qui la lança plusieurs fois dans les airs; enfin elle eut la tête tranchée.
Torturée sans relâche, Blandine se contenta de dire à ses bourreaux que les chrétiens ne faisaient aucun mal. Envoyée dans l'arène avec ses compagnons, elle les exhortait à garder leur foi malgré les supplices.
Sainte Blandine martyr, gouache, fin XIXe siècle, anonyme
"Blandine, Sanctus, Maturus et Attale furent conduits à l'amphithéâtre. Blandine fut attachée à un poteau, exposée aux bêtes féroces lâchées dans l'amphithéâtre. Les autres chrétiens, dans leur supplice, l'entendaient prier à haute voix. Il leur semblait voir, en regardant leur sœur, celui qui a été crucifié pour nous. Celui qui souffre pour le Dieu vivant ne fait qu'un avec le Christ. Aucune bête n'attaqua Blandine. A la fin de la journée on égorgea Maturus et Sanctus, qui survivaient à peine à leurs blessures et on remit Blandine en prison.
Blandine fut finalement mise dans un filet et jeté à un taureau sauvage. Blandine fut bien des fois projetée en l'air par les cornes de l'animal, mais on aurait dit qu'elle ne se rendait compte de rien. Elle ne pensait qu'à Jésus Christ. N'étant toujours pas morte, les romains décidèrent de l'achever à l'épée. Les païens eux-mêmes reconnaissaient que jamais une femme n'avait enduré de telles souffrances.
Le Pape Jean-Paul II lors de son voyage apostolique en 1986 à Lyon déclara : " Ils n'ont pas voulu renier Celui qui leur avait communiqué sa vie et les avait appelés à être ses témoins.
Nous savons qu'ils sont nombreux aujourd'hui encore, et dans toutes les parties du monde, ceux qui subissent les outrages, le bannissement et même la torture à cause de leur fidélité à la Foi chrétienne. En eux le Christ manifeste sa puissance.
Les martyrs d'aujourd'hui et les martyrs d'hier nous environnent et nous soutiennent pour que nous gardions nos regards fixés sur Jésus."
Représentation du martyre de Blandine de Lyon, lancée en l'air par un taureau alors qu'elle était emprisonnée dans un filet. Gravure de Jan Luyken, XVIIe s.
"Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi." Jean 14,6
Juin est le mois du Sacré-Cœur de Jésus-Christ.
Mais qu'est-ce que le Sacré-Cœur ?
Pourquoi le mois de juin lui est-il consacré ?
Et quel est le pouvoir de cette dévotion ?
La dévotion a commencé dans les années 1670, lorsque Jésus est apparu à plusieurs reprises à sainte Marguerite-Marie Alacoque, une religieuse de la Visitation en France. Il lui montra son Cœur brûlant, transpercé, couronné, et dit : "Voici ce Cœur qui a tant aimé les hommes et qui est si peu aimé en retour."
Le Christ a révélé son Cœur comme un symbole de son amour infini pour l’humanité et a souligné la nécessité pour les gens de lui rendre son amour par la dévotion et la prière.
Chaque partie de l’image du Sacré-Cœur parle :
>Couronne d'épines : représente la souffrance de Jésus et son immense amour pour l'humanité
>Flammes : Son amour divin et purificateur
>La Croix : Son offrande totale
>La Plaie : représente la blessure infligée à lui par le soldat romain et par tous les êtres humains à travers leurs péchés.
Quelles sont les douze promesses du Sacré-Cœur ?
1) "Je leur donnerai toutes les grâces nécessaires à leur état de vie."
2) "J’établirai la paix dans leurs familles."
3) "Je les consolerai dans leurs épreuves."
4) "Je serai leur refuge sûr durant la vie et, surtout, dans la mort."
5) "Je répandrai d’abondantes bénédictions sur toutes leurs entreprises."
6) "Les pécheurs trouveront dans mon Cœur la source et l’océan infini de la miséricorde."
7) "Les âmes tièdes deviendront ferventes."
8) "Les âmes ferventes atteindront rapidement une haute perfection."
9) "Je bénirai chaque endroit où une image de mon Cœur sera érigée et honorée."
10) "Je donnerai aux prêtres le don de toucher les cœurs les plus endurcis."
11) "Ceux qui promouvront cette dévotion auront leurs noms écrits dans mon Cœur, pour ne jamais être effacés."
12) "Je vous promets, dans l'excessive miséricorde de mon Cœur, que mon amour tout-puissant accordera, à tous ceux qui recevront la Sainte Communion le premier vendredi de neuf mois consécutifs, la grâce du repentir final ; ils ne mourront pas sous mon déplaisir, ni sans recevoir les sacrements ; mon Cœur sera leur refuge assuré à cette dernière heure."
Pour vivre la dévotion:
Venez vous confesser, puis allez à la messe les premiers vendredis de 9 mois d'affilée et recevez la communion en état de grâce.
Priez la litanie du Sacré-Cœur.
Consacrez-vous et votre maison à son Cœur.
Placez une image de son Cœur dans votre maison.
Jésus dit à sainte Marguerite-Marie :
"Voici ce Cœur qui a tant aimé les hommes et qui pourtant est si peu aimé en retour."
L'aimeras-tu en retour ?
Répareras-tu le tort causé à tant de personnes qui blessent son cœur quotidiennement ?
Si ce n'est pas toi, qui ? Si ce n'est pas maintenant, quand ?
Prière catholique traditionnelle au Sacré-Cœur :
Ô très saint Cœur de Jésus, source de toute bénédiction, je vous adore, je vous aime et, avec une vive douleur pour mes péchés, je vous offre ce pauvre cœur. Rendez-moi humble, patient, pur et entièrement obéissant à votre volonté. Accordez-moi, bon Jésus, de vivre en vous et pour vous. Protégez-moi au milieu des dangers, réconfortez-moi dans mes afflictions, donnez-moi la santé physique, l'assistance dans mes besoins temporels, votre bénédiction sur tout ce que je fais et la grâce d'une sainte mort. Ainsi soit-il.(1)
En ce mois de juin, ne soyez pas passifs. Choisissez de combattre sous la bannière du Christ.
Consacrez-vous et votre foyer à son Sacré-Cœur. Enthousiasmez-le en tant que roi.
Cœur très sacré de Jésus, ayez pitié de nous ! Jésus-Christ fait de nos cœurs un miroir du vôtre.
Après sa catéchèse le 15 juin 2011, Benoît XVI encouragea cette dévotion : "juin est consacré à la dévotion envers le Sacré Coeur de Jésus, vivace dans de nombreuses églises et communautés".(2)
Également connu comme Justin de Néapolis, Justin Martyr ou Justin le Philosophe, apologète et martyr, Justin naquit vers 103 ap. J.-C. en Samarie à Flavia Neapolis (actuelle Naplouse en Cisjordanie), ville de Palestine, bâtie sur l'ancien site de Sichem.
"Il chercha longuement la vérité, se rendant en pèlerinage dans les diverses écoles de la tradition philosophique grecque. Finalement, - comme lui-même le raconte dans les premiers chapitres de son Dialogue avec Tryphon - un mystérieux personnage, un vieillard rencontré sur la plage de la mer, provoqua d'abord en lui une crise, en lui démontrant l'incapacité de l'homme à satisfaire par ses seules forces l'aspiration au divin. Puis il lui indiqua dans les anciens prophètes les personnes vers lesquelles se tourner pour trouver la voie de Dieu et la "véritable philosophie". En le quittant, le vieillard l'exhorta à la prière, afin que lui soient ouvertes les portes de la lumière. Le récit reflète l'épisode crucial de la vie de Justin: au terme d'un long itinéraire philosophique de recherche de la vérité, il parvint à la foi chrétienne. Il fonda une école à Rome, où il initiait gratuitement les élèves à la nouvelle religion, considérée comme la véritable philosophie. En celle-ci, en effet, il avait trouvé la vérité et donc l'art de vivre de façon droite. Il fut dénoncé pour cette raison et fut décapité vers 165, sous le règne de Marc Aurèle, l'empereur philosophe auquel Justin lui-même avait adressé l'une de ses Apologies.'' (Benoît XVI, Audience générale du mercredi 21 mars 2007.)(1)
Le christianisme lui-même se développa très tôt à Athènes, où il n'y avait cependant jamais eu de communauté juive organisée. Et ce fut un christianisme d'intellectuels : Athènes produisit les premiers apologistes chrétiens, au milieu du IIe siècle, capables de rédiger un mémoire destiné à l'empereur; ils semblent être issus de l'école stoïcienne. (Apologie d'Aristide pour Hadrien - plus ancienne apologie actuellement conservée puisqu’elle date probablement des années 124-125 -, et apologie d'Athénagoras, dont le nom semble indiquer un athénien de naissance, pour Mac-Aurèle et Commode : voir P. GRAINDOR, Athènes sous Hadrien, Le Caire, 1934, p. 212-213.) (2)
Le père de Justin s'appelait Priscus, son grand père Bacchius et il fut éduqué dans le culte des idoles phéniciennes (Astarté, Europa, Zeus). (3) Les parents de Justin étaient des païens très aisés qui lui firent faire des études très poussées. Justin était alors à la recherche de la sagesse, il cherchait Dieu à travers l'étude de la philosophie. Il se mit d'abord à l'école d'un disciple d'Aristote, mais il fut rebuté aussitôt par ce péripatéticien qui voulait d'abord fixer le montant de ses honoraires, geste indigne d'un philosophe. Il échoua chez un pythagoricien qui lui demanda d'apprendre d'abord la musique, l'astronomie et la géométrie pour détacher son âme des objets sensibles. Inquiet de si longs détours, Justin se rendit alors chez un platonicien qui le retint en lui laissant espérer la rencontre de la Beauté éternelle, de la Vérité pure. En méditant dans la solitude, au bord de la mer, Justin rencontra un vieillard qui lui démontra que les philosophes ne pouvaient connaître la vérité sur Dieu. Cet homme lui parla alors des prophètes et lui annonça Jésus-Christ :
Ainsi me parla le vieillard. Il me dit encore beaucoup d'autres choses qu'il est inutile de rapporter ici, et disparut en me recommandant de méditer ses paroles. Je ne l'ai pas revu depuis, mais un feu secret me dévorait; je brûlais du désir de connaître les prophètes et les hommes divins amis du Christ. [...] Là devait se trouver la seule philosophie utile et certaine.
La foi chrétienne devenait pour Justin la sagesse suprême, la seule philosophie.
Converti vers 130, il possédait la passion de communiquer la vérité. Simple laïc, il vint à Rome à l'époque d'Antonin, y ouvrir une école à la façon des philosophes païens. Cherchant à justifier les chrétiens, il montra que leur croyance était "conforme à la raison et à la vérité". Il se lança "dans une vaste entreprise de récupération des textes anciens judéens et grecs. Pour les premiers, il estime que si Moïse prie 'les bras en croix', c'est qu'il annonce la crucifixion, allant même à avancer que l'ange qui parle à Abraham pourrait être Jésus lui-même et à voir dans le nom de Josué celui de Jésus. Pour les seconds, il se demande si Platon n'aurait pas vu dans l' "X" du Timée une croix, celle de Jésus de Nazareth.
Dans de telles interprétations à la fois typologiques et allégoriques, la philosophie grecque est récupérée, prenant une nouvelle dimension et un nouveau visage: le Logos grec, par exemple, exprime chez Justin à la fois la visibilité du Père, la parution de la connaissance et l'identité de la 'deuxième divinité', Jésus-Christ." (4)
Il entendait laver les chrétiens de toutes les calomnies répandues contre eux et il voulut montrer la supériorité de leur vie sur celle des païens. Il insista sur la chasteté et leur souci de la vérité, sur leur amour des ennemis et leur courage inébranlable devant la mort. (5)
Il fonda plusieurs écoles de philosophies dans l'Empire, à Beyrouth, à Éphèse, à Rome.Il écrivit de nombreux ouvrages sur le christianisme. Il essaya même de convertir les empereurs Romains au christianisme en leur envoyant ses ouvrages.
Si l'empereur Antonin fut sensible à ses arguments et mit fin aux persécutions contre les chrétiens, son successeur Marc-Aurèle considéra le christianisme comme un danger pour l'Empire et ralluma la persécution qui fit périr des milliers de chrétiens.
Justin, lui-même, fut arrêté vers 165 puis décapité à Rome pour ne pas avoir renié sa foi. Il est le patron des philosophes.
Selon Tatien, qui fut son élève, Justin aurait été dénoncé par le philosophe cynique Crescens, auquel il s'était opposé dans un débat public (Discours aux Grecs, 19 ; JUSTIN, Apol. II, 3, 1-2 [= Apol. 76] ; EUSEBE, HE, IV, XVI, 7) (6)
Justin parle de sa recherche dans ses "dialogues avec Tryphon" où il nous raconte sa longue quête (7)
Justin se confia à un maître stoïcien, mais celui-ci ne lui parlait pas de Dieu. Il le quitta pour un disciple d'Aristote qui ne s'intéressait qu'à ses honoraires. Les platoniciens lui offrirent une doctrine plus solide et exaltante. Il pensait alors avoir trouvé ce qu'il cherchait. Mais sa rencontre avec un chrétien le fit aller plus loin : la vérité tant recherchée, seul le Christ pouvait la lui donner. A trente ans, devenu chrétien, il ne renia pas la philosophie qui était à ses yeux une préparation de la révélation chrétienne, chaque doctrine contenant une parcelle de la vérité totale qui se trouvait dans le Christ. Justin commença alors une carrière d'enseignant, fonda des écoles de philosophie à Éphèse puis à Rome.
"S’est-il trouvé un seul homme qui voulût mourir en témoignage de sa foi au soleil ?" (Dialogue avec Tryphon, 121, 2)
Conscients du grand horizon que la foi leur ouvrait, les chrétiens appelèrent le Christ le vrai soleil, "dont les rayons donnent la vie." (Clément d’Alexandrie, Protrepticus, IX in Lumen fidei, § 1.)
"Il existait au IIe siècle une secte de 'simoniens' (disciples de Simon le magicien), présents notamment à Rome. Le premier à 'construire' la généalogie de cette hérésie fut Justin dans son Traité contre toutes les hérésies (Syntagma) malheureusement perdu, mais dont on trouve des indications dans d'autres oeuvres du philosophe" (8), et dont des comparaisons faites avec d'autres auteurs qui ont écrit contre les hérésies peu après lui, en premier lieu Irénée de Lyon et Tertullien, permettent d'identifier des sections de texte qui semblent bien remonter au Syntagma de Justin. Ainsi, dans un article intitulé "Que pouvons-nous reconstituer du Syntagma contre les hérésies de Justin?", l'historien du christianisme Enrico Norelli, en dégage une ligne argumentative qui, en réfutant les objections marcionites sur les origines du mal et contre la prescience du Créateur, développait le thème du libre arbitre des humains et des anges, ainsi que celui de la chute des anges rebelles, leur activité dans l'histoire du monde et leur châtiment final. (9) L'amour de Dieu pour ses créatures se révèle quand même dans le don du libre arbitre, précisément parce que malgré la prescience de Dieu et sa vision du mauvais usage que pourrait en faire ses créatures, Dieu a préféré laisser ses créatures à leur libre arbitre, par amour. Qui en effet aimerait un Dieu dictateur ?
"L'entité christianisme a toujours été, dès la première attestation du terme (dans les lettres d'Ignace d'Antioche aux chrétiens de Magnésie et Philadelphie vers 115) une construction conceptuelle, servant notamment à tracer des frontières entre pratiques et croyances différentes, et à connoter positivement ou négativement, les ensembles de phénomènes ainsi délimités.
"[...] L'hébraïsme du temps présent, [...] devenait désormais l'héritier de l'opposition à Dieu toujours active en Israël, et donc une branche morte, abandonnée de Dieu et de sa bienveillance ou, plutôt, s'étant elle-même obstinément, coupablement, détachée de Lui." (10)
Ainsi, "c'est l'orthodoxie qui crée l'hétérodoxie et non pas l'inverse : c'est en se considérant orthodoxes que ceux qui ne le sont pas sont rejetés comme hétérodoxes.
[...] Dans l'Antiquité, le terme d'hérésie renvoie à un schème idéologique emprunté principalement à la culture hellénophone. Dans la tradition grecque, le terme désigne un courant de pensée, rattaché de manière assez lâche aux écoles philosophiques, [...] telles l'Académie de Platon ou le Lycée d'Aristote - dans un sens positif. Dans la tradition judéenne, [...] le terme a été adopté pour l'appliquer aux courants internes du judaïsme, celui des pharisiens, des esséniens ou de sadducéens par exemple - dans un sens neutre, même si le caractère péjoratif de la désignation comme hérésie pointe souvent dans les textes. Dans la tradition chrétienne, le terme a encore cette valeur dans les Actes des Apôtres. Cependant Paul l'emploie déjà pour réprouver la formation de 'partis' dans les communautés chrétiennes. [...] Il faut attendre le milieu du IIe siècle pour qu'apparaisse un modèle plus ou moins commun destiné à justifier l'exclusion, sous le nom d'hérésies, de doctrines considérés comme perverses. [...] L'intervention de Justin de Néapolis, dans les années 150 environ, semble avoir été déterminante en la matière. [...] L'attitude du mouvement pharisien ou rabbinique, après les échecs des révoltes judéennes contre Rome entre 70 et 135, [...] a eu probablement sur ce point, comme sur d'autres d'ailleurs, une certaine influence.
James F. McCue, par exemple, a fait remarquer que le développement de la pensée valentinienne, loin de prouver que l'hétérodoxie serait majoritaire et autonome, suppose, au contraire, l'existence de l'orthodoxie. (J.F. McCue, Orthodoxy and Heresy: Walter Bauer and the Valentinians, dans Vigiliae christianae 33, 1979, p. 118-130.)" (11)
Le "Dialogue avec Tryphon" est une réflexion contre le judaïsme pharisien. Le Dialogue utilise le procédé littéraire d'une conversation intellectuelle entre Justin et Tryphon, un Juif fictif. L'ouvrage conclut que les chrétiens sont le véritable peuple de Dieu. Justin y remet en question la Loi, entendue comme la loi orale (observances) opposée à la Loi écrite, l'Écriture (Ancien testament). Il rapporte que de son temps les autorités pharisiennes mènent une politique active contre le mouvement chrétien, 1) en interdisant d'entrer en contact avec les chrétiens (Dialogue 38,1 ; 112,4), en cherchant à déshonorer le nom de Jésus (Dialogue 120,4), et qu'en certains cas, leur hostilité est allée jusqu'à la mise à mort de chrétiens, soit directement (Dialogue 16,4 "Hélas ! vous avez fait mourir le juste ; autrefois vous mettiez à mort ses prophètes, et aujourd'hui vous accablez d'outrages et de mépris ceux qui espèrent en lui et en son père, le Dieu tout-puissant, qui nous l'a envoyé ; vous les chargez de malédictions dans vos synagogues. Toutes les fois que vous avez pu nous égorger, vous l'avez fait." ; 94,4 ; 133,6) - ainsi durant la seconde révolte judéenne en 132-135 (Apologie 1,31) -, soit avec l'aide des autorités romaines (Dialogue 96,2 ; 110,5 ; 131,2).
Justin, avant de devenir chrétien semble avoir gravité autour des communautés judéennes de tendance pharisienne : raison pour laquelle, il connaît fort bien leurs traditions : il est possible, en effet, que Justin, Grec d'origine, ait été auparavant un "sympathisant" au judaïsme. (12)
Justin est ainsi le premier à affirmer de manière claire que le peuple de la Nouvelle Alliance est le Verus Israël (vrai Israël), en affirmant : "La race israélite véritable, spirituelle, c'est nous, nous que le Christ crucifié a conduits vers Dieu. (Dialogue 11 et voir aussi 123.) (13) Cette doctrine du nouveau "peuple élu" est toujours celle de l'Église aujourd'hui :"Nous pensons que le peuple élu, le peuple de Dieu, c'est à présent nous." (Benoît XVI, Audience générale du 19 octobre 2005). De même, la note 1 du décret Optatam Totius du très Saint Concile Vatican II précise : "Le Christ a voulu que le progrès de tout le peuple de Dieu dépende principalement du ministère des prêtres. Cela ressort des paroles par lesquelles Notre-Seigneur a constitué les apôtres ainsi que leurs successeurs et coopérateurs, hérauts de l'Évangile, chefs du nouveau peuple élu et dispensateurs des mystères de Dieu. Cela est encore confirmé par les paroles des Pères et des saints. ainsi que les documents répétés des souverains pontifes."
L'historien Simon Claude Mimouni note qu'"une telle revendication identitaire concernant le Verus Israel n'est pas nouvelle: les chrétiens n'en sont pas les inventeurs contrairement à ce que l'on affirme parfois (voir à ce sujet G. HARVEY, The True Israel, Uses of the Names Jew, Hebrew and Israel in Ancient Jewish and Early Chrsitian Literature, Leyde, 1996.) Elle remonte à l'époque de l'existence des deux royaumes, celui du nord (Israël) et celui du Sud (Juda). On la retrouve lors du retour en Judée des anciens déportés de Babylonie dans l'opposition entre ceux qui sont restés et ceux qui sont partis puis revenus. [...] On la retrouve encore dans l'opposition entre les partisans judéens de l'hellénisme et les partisans judéens du judaïsme lors de l'insurrection hasmonéenne au IIe siècle avant notre ère. Enfin, [...] cette revendication se retrouve chez certains groupes du Ier siècle de notre ère: notamment chez les esséniens et chez les pharisiens." (14)
Écrite peu après 150, l'Apologiepour les Chrétiens poursuit un double but : obtenir de l'empereur Antonin le Pieux, auquel elle est adressée, la légalisation du christianisme et la fin des persécutions ; en même temps, montrer à cet empereur philosophe et à tous les païens que la foi chrétienne et elle seule peut combler leur soif de vérité puisque son objet est le Logos, la Raison personnifiée, que toutes les autres philosophies n'ont atteint que partiellement. L'auteur dénonce sans ménagement les faiblesses et les contradictions des religions païennes. Grâce à l'"Apologie" de Justin, nous savons avec précision comment les chrétiens célébraient l'eucharistie au milieu du deuxième siècle. Ce texte justement célèbre se trouve aux chapitres 65 à 67. (15)
Saint Justin affirma qu'en 150, les quatre Évangiles étaient lus par fraction au cours des assemblées dominicales et tiraient déjà leur autorité de leur apostolicité. (16)
Justin explique aux empereurs, destinataires de ses on Apologie, que les anges rebelles sont devenus des démons mauvais qui ont de tout temps cherché à détourner l'homme du vrai Dieu, en inventant le polythéisme, la mythologie, l'idolâtrie (jusqu'ici le thème provient, avec quelques modifications, du Livre des Veilleurs), puis en suscitant, après la venue du Christ, les hérétiques, et en incitant en tous temps les autorités à persécuter ceux qui ont connu le vrai Dieu soit avant Jésus à travers les germes du Logos - c'est le cas de Socrate -, soit après Jésus - et c'est le cas des chrétiens persécutés et condamnés. [...] Justin s'attache à expliquer que les chrétiens n'espèrent aucunement en un règne sur le plan humain, comme le prouve le fait qu'ils ne cherchent pas à échapper à la mort dans le but de préserver leur vie pour un tel règne. [...] Le message chrétien incite les hommes à pratiquer la morale et la vertu, il propose donc la même fin que celle que doit viser un bon souverain. Justin suggère ainsi que ceux qui règnent devraient adopter le christianisme, seule force capable de modeler vraiment de bons citoyens. [...] C'est Justin, dans son Traité contre tous les hérésies, qui a créé le concept d'hérésie comme phénomène unitaire. [...] Ce traité, [...] dont nous ne conservons que quelques fragments, développe les thèmes suivants : les démons mauvais ont tenté de détourner les hommes du vrai Dieu, avant la venue de Jésus, en imitant dans les fables de la mythologie ce que les prophètes avaient annoncé à propos de Jésus; ils ont fait persécuter et tuer les sages qui avaient reçu des semences du Logos, comme Socrate; et, après l'ascension de Jésus, ils ont incité les hérétiques à déformer ses enseignements et les autorités civiles à persécuter ceux qui croyaient en lui (1 Apol 26, 56-58). Donc, chaque déformation du message de Jésus et des apôtres est interprétée comme une manifestation du projet des démons qui traverse toute l'histoire du monde. [...] L'ancêtre-fondateur de l'hérésie est Simon le Mage (il est le premier à faire son apparition dans les Actes des Apôtres). Ménandre lui succède, puis Marcion. [...] Justin construit une succession des hérésiarques." (17)
La démarche de Justin et des apologistes est celle d'une paix avec l'Empire. "Il aime citer Homère et s'efforce d'établir un certain parallélisme entre la Bible et la poésie grecque." (18)
"Tandis que saint Paul oppose la 'folie' de la croix, qui est la vraie sagesse, à la vaine sagesse des Gentils (1 Co, 1,23-24), pour Justin, au contraire, il y a convergence entre la pensée païenne dans ce qu'elle a de meilleur et le christianisme.
[...] Les philosophes eux-mêmes doivent le meilleur de ce qu'ils ont enseigné à la révélation biblique. C'est aux prophètes et en particulier à Moïse, 'le premier des prophètes, plus anciens que les écrivains de la Grèce' (1 Apol 59,1), que Platon emprunte par exemple sa doctrine de la création.
[...] Justin disculpe les chrétiens des forfaits qu'on leur reproche, et insiste sur leurs vertus sociales, leur philanthropie, leur loyalisme envers le pouvoir. [...] Il n'y a dans le christianisme rien de répréhensible: c'est bien plutôt une doctrine 'conforme à la raison et à la vérité'.
[...] Si certaines sectes, Montanistes en particulier, et certains représentants de la Grande Église considèrent l'Empire, dans son principe même, comme l'instrument de Satan, et rejettent toute compromission, un courant de pensée s'amplifie, [...] qui estime possible et souhaitable un modus vivendi, [...] parce que l'accord entre le christianisme et l'Empire lui paraît conforme au plan divin." (19)
Malgré l'échec momentané de cette démarche des Apologistes - le sort de Justin en témoigne -, sans même parler des maladresses de certains théologiens (Tertullien, par exemple) dans leur critique agressive et injurieuse du paganisme, les Apologistes n'ont provisoirement pas réussi à empêcher les persécutions. Mais cet effort des Apologistes, cette tendance visant à la réconciliation du christianisme avec l'Empire, trouvera son aboutissement sous Constantin.
"Cette idée de collaboration entre christianisme et Empire, [...] ne devait porter pleinement ses fruits qu'au IVe siècle, mais sa consolidation dès le IIe siècle eut des conséquences considérables, en lui permettant de prévaloir sur d'autres modèles de christianisme. Non seulement sur ceux, de plus en plus minoritaires, qui reposaient sur l'exigence du respect de la Loi mosaïque, et donc sur un choix de marginalisation sociale ; ou sur ceux, comme le montanisme, liés à des modèles de leadership charismatique, difficilement contrôlables, dans une situation où l'avenir appartenait logiquement à des communautés rassemblées sous le contrôle d'instances de pouvoir propres à émettre des normes 'rationnelles', évêques en tête. Mais aussi, et surtout, cela lui permit de prévaloir sur les modèles qui mettaient en question de façon résolue, et parfois extrême, 'ce monde' avec toutes ses institutions, jusqu'à les attribuer à une divinité inférieure et à les considérer en substance incapables de toute transformation sous l'action de l'Évangile. [...] Tels furent le marcionisme et cette nébuleuse de groupes [...] que les anciens et les modernes ont réunis [...] sous l'étiquette de 'gnostiques'". (20)
Pour le moment, c'est alors que l'empereur Marc-Aurèle commença sa grande persécution. Justin refusa de sacrifier aux dieux; il fut décapité.
Après celle d'Aristide, récemment publiée dans la collection (n° 470), l'"Apologie pour les chrétiens" de Justinestla plus ancienne que nous ayons conservée. Écrite peu après 150, elle poursuit un double but : obtenir de l'empereurAntonin le Pieux, auquel elle est adressée, la légalisation du christianisme et la fin des persécutions ; en même temps, montrer à cet empereur philosophe et à tous les païens que la foi chrétienne et elle seule peut combler leur soif de vérité puisque son objet est le Logos, la Raison personnifiée, que toutes les autres philosophies n'ont atteint que partiellement.
Dans II Apologétique, 12, Justin exprime une constatation qui devait convertir les premiers païens :
"Moi aussi, du temps où j'étais encore platonicien, j'avais entendu parler des crimes que l'on imputait aux chrétiens; mais, les voyant sans crainte devant la mort et au milieu de tous les périls, je ne pouvais croire que ces gens vécussent dans les désordres et l'amour de la volupté.
Comment supposer, en effet, qu'un homme qui se livre à l'intempérance des désirs, esclave de la chair et des délices de ce monde, recherche la mort qui prive de tous ces biens ?
Loin d'aller au-devant d'une condamnation certaine, ne devrait-il pas, au contraire, se dérober à la vigilance des magistrats afin de jouir le plus longtemps possible des plaisirs de la vie" ? (21)
Dans son Dialogue avec Tryphon, 133, 3, Justinexprimela charité chrétienne envers les Juifs
"Mais maintenant encore, en vérité, votre main est levée pour le mal ; car, après avoir tué le Christ, vous n’en avez pas même le repentir ; vous nous haïssez, nous qui par lui croyons au Dieu et Père de l’univers, vous nous mettez à mort chaque fois que vous en obtenez le pouvoir ; sans cesse vous blasphémez contre lui et ses disciples, et cependant tous nous prions pour vous et tous les hommes sans exception comme notre Christ et Seigneur nous a appris à le faire lorsqu’il nous a ordonné de 'prier même pour nos ennemis, d’aimer ceux qui nous haïssent et de bénir ceux qui nous maudissent'." [Mt. 5,44]
Rien n'est plus contraire à la Religion que la contrainte.
Saint Justin, cité dans Voltaire, Traité sur la tolérance, Chapitre XV, Témoignages contre l'Intolérance, 1763
"On nous appelle athées"
"On nous appelle athées.
Oui certes, nous l'avouons, nous sommes les athées de ces prétendus dieux, mais nous croyons au Dieu très vrai, père de la justice, de la sagesse et des autres vertus, en qui ne se mélange rien de mal. Avec lui nous vénérons, nous adorons, nous honorons en esprit et en vérité le Fils venu d'auprès de lui, qui nous a donné ces enseignements, et l'armée des autres bons anges qui l'escortent et lui ressemblent, et l'Esprit prophétique. Voilà la doctrine que nous avons apprise et que nous transmettons libéralement à quiconque veut s'instruire." [St Justin, Apologie, I, 6]
"Le Christ a persuadé de mourir pour ce qu'il enseignait."
"Socrate ne put persuader à personne de mourir pour ce qu'il enseignait. Mais le Christ, que Socrate connut en partie (car il était le Verbe présent en tout, il a prédit l'avenir par les prophètes et prit personnellement notre nature pour nous enseigner ces choses), le Christ a persuadé non seulement des philosophes et des lettrés, mais même des artisans et des ignorants, qui méprisèrent pour lui et l'opinion et la crainte de la mort; car il est la vertu du Père ineffable et non une production de la raison humaine." [St Justin, Deuxième Apologie, 10.]
St Justin sur les démons
"Saint Justin dit que les démons manifestent leur présence par des impuretés commises sur femmes et enfants et des terreurs répandues parmi les hommes qui, épouvantés, les nomment comme des dieux (Apol, I, 5, Patrologie grecque de l'abbé Jacques-Paul Migne, 6, 336). Ainsi, les fils de Jupiter, Bacchus, Proserpine, etc. seraient des dieux institués par les démons avant l'Incarnation. Après l'Ascension, les démons auraient introduit dans le monde pour tromper les hommes Simon le Magicien, Ménandre, Marcion et les autres hérétiques." [Père Jean-Baptiste Golfier, Tactiques du diable et délivrances, Dieu fait-il concourir les démons au salut des hommes ?, éd. Artège-Lethielleux, 2018, p. 90]
"Vous pouvez comprendre ce que je vous dis, par les faits mêmes qui se produisent devant vos yeux. En effet, un grand nombre d'hommes, saisis par le démon, dans le monde entier et ici dans votre ville même, que d'autres adjurateurs et enchanteurs n'ont pu guérir, beaucoup des nôtres, je veux dire les chrétiens, les ont adjurés par le nom de Jésus-Christ, crucifié sous Ponce Pilate, et les ont guéris et les guérissent encore maintenant, désarmant et chassant les démons qui les possèdent." [Apologia II pro Christianis, n°6 (PG 6, 453 B-455), in Père Jean-Baptiste Golfier, Tactiques du diable et délivrances, ibid., p. 98]
St Justin et les origines de la dévotion à Marie
La belle idée de Marie "Nouvelle Eve" se trouve déjà au IIe siècle chez St Justin.
"Le Christ s'est fait homme par le moyen de la Vierge, afin que la désobéissance provoquée par le serpent prit fin par la même voie qu'elle avait commencé.
En effet, Eve, Vierge et intacte, ayant conçu la parole du serpent, enfanta la désobéissance et la mort; la Vierge Marie, ayant conçu la foi et la joie, répondit: 'Qu'il me soit fait selon votre parole'. Il est donc né d'elle celui dont parlent les Ecritures. Par lui, Dieu ruine l'empire du serpent et de ceux, anges ou hommes qui lui sont devenus semblables, et affranchit de la mort ceux qui se repentent de leurs fautes et croient en lui".
Marie, en acceptant le message de l’Ange, a conçu "foi et joie" [Dialogue avec Tryphon, 100,5]
Saint Justin, image pieuse populaire, XXe siècle (23)
On nous a enseigné que l'aliment béni par la prière de sa parole [l'Eucharistie], et dont se nourrissent notre sang et notre chair par transmutation, est la chair et le sang de ce Jésus qui s'est fait chair.
Saint Justin Martyr, Première Apologie (Ch. 66) (v. 151 ap. J.-C.).
Justin Martyr n’adhérait pas à la sola Scriptura, telle que la conçoivent les protestants.
Rien de ce que l’on voit chez Justin n’est incompatible avec la conception catholique pérenne de l’autorité.
"Nous allons maintenant vous exposer comment, rendus à la vie par Jésus-Christ, nous sommes par lui consacrés à Dieu; car si nous omettions ce point, on pourrait nous accuser de dissimulation dans notre récit. Tous ceux qui se sont laissés persuader de la vérité de nos doctrines et de nos paroles, tous ceux qui y ont ajouté foi et croyance, et qui ont solennellement promis de vivre conformément à nos préceptes, apprennent à joindre leurs jeûnes à nos jeûnes, leurs prières à nos prières, pour obtenir de Dieu le pardon de leurs fautes passées. Ils sont ensuite conduits au lieu où est l’eau, et là, de la même manière que nous avons été régénérés, ils sont régénérés à leur tour; car ils sont lavés dans l’eau au nom de Dieu, père de l’univers, de Jésus-Christ, notre Sauveur, et du Saint-Esprit, en accomplissement de cette parole du Christ: « Si vous n’avez pas été régénérés, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux.» [Jean III, 3-5] Il est bien évident pour tout le monde que ceux qui sont nés une fois ne peuvent pas rentrer dans le sein de leur mère. Le prophète Isaïe, comme nous l’avons dit plus haut, enseigne de quelle manière les pécheurs repentants effaceront leurs péchés. Il s’exprime en ces termes : Lavez-vous, Purifiez-vous, enlevez le mal de vos coeurs, apprenez a bien faire, rendez justice a l’orphelin et défendez la veuve ; venez alors et comptons, dit le Seigneur. Vos péchés vous eussent-ils rendus rouges comme la pourpre, je vous rendrai blancs comme la laine ; fussiez-vous rouges comme l’écarlate, je vous rendrai blancs comme la nege. Mais si vous ne m’écoutez pas, le glaive vous dévorera. C’est la bouche du Seigneur qui a parlé (ls l, 16-20). Voici la doctrine que les apôtres nous ont transmise sur ce sujet." (Première apologie, 61)
En une matière aussi importante que les effets du baptême, Justin invoque l’enseignement transmis (ce que signifie "traditio" en latin) et non l’Écriture Sainte, non encore totalementcodifiée.
Saint Justin, défenseur de la divinité du Christ
« Ainsi donc, ni Abraham, ni Isaac, ni Jacob, ni aucun homme n’a vu le souverain arbitre dont le nom est inénarrable, le Père de toutes choses et du Christ lui-même; mais ils ont vu celui qui, selon la volonté du Père, est son fils et Dieu lui-même, et son ange, parce qu’il exécute ses ordres; c’est lui qui s’est fait homme et a voulu naître d’une vierge, et qui autrefois s’était entretenu du milieu d’un buisson avec Moïse, sous la forme du feu » (Justin, Dialogue avec le juif Tryphon, CXXVII, 4, trad., M. de Genoude).
« Il est bien démontré, par toutes les preuves que vous ai apportées, que le Christ est véritablement Seigneur, Dieu et fils de Dieu ; et que, par l’effet de sa puissance, il s’est montré autrefois sous la forme d’un homme et sous celle d’un ange, et avec l’éclat du feu, comme dans le buisson et dans le jugement de Sodome […] » (Justin, Dialogue avec le juif Tryphon, CXXVIII, 1, trad., M. de Genoude)
Lorsque Saint Justin parle du Christ comme "Ange", c’est pour l’identifier à Celui qui parla au Buisson Ardent, c’est-à-dire, Dieu.
(4) Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, Nouvelle Clio, l'Histoire et ses problèmes, PUF, Clamecy 2018, p. 226
(5) Paul CHRISTOPHE, 2000 ans d'Histoire de l'Église, Nouvelle Édition Mame Desclée, Paris 2017, p. 43-44
(6) Actes et passions des martyrs chrétiens des premiers siècles, Introduction, traduction et notes de Pierre Maraval, Sagesses chrétiennes, Éditions du Cerf, Paris 2010, p. 62
(8) Enrico NORELLI, La Naissance du Christianisme, Comment tout a commencé, traduit de l'italien par Vivian Dutaut, édition Gallimard, Folio Histoire, 2019, p. 311
(9) Que pouvons-nous reconstituer du Syntagma contre les hérésies de Justin?, Enrico Norelli, Revue de Théologie Et de Philosophie 139 (2):167-181 (2007)
(10) Enrico NORELLI, La Naissance du Christianisme, Comment tout a commencé, ibid., p. 12 et 22
(11) Simon Claude MIMOUNI, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, Bayard, Italie 2018, p. 296-297
(12) Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, ibid., p. 265
(13) Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, ibid., p. 270
(14) Simon Claude MIMOUNI, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, ibid., p. 227
(16) Maurice VALLERY-RADOT, L'Église des premiers siècles, Perrin Collection Tempus, Paris 2006, p. 333
(17) Enrico NORELLI, La Naissance du Christianisme, Comment tout a commencé, ibid., p. 334-335, et 360
(18) Maurice VALLERY-RADOT, L'Église des premiers siècles, ibid., p. 342-343
(19) Marcel SIMON - André BENOIT, Le Judaïsme et le Christianisme antique d'Antiochus Epiphane à Constantin, Nouvelle Clio, PUF, Vendôme 1994, p. 119-121, et 237
(20) Enrico NORELLI, La Naissance du Christianisme, Comment tout a commencé, ibid., p. 22-23
(21) Saint Justin cité dans Anne BERNET, Les chrétiens dans l'empire romain, des persécutions à la conversion Ier – IVe s., Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 113
(22) DANIEL-ROPS, Histoire de l'Église du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965
(23) Rosa GIORGI, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 328-329
La trinité de personnes en Dieu est un concept divin concernant la réalité de Dieu que l'on trouve dans toute l'Écriture sainte. Même si le mot lui-même ne s'y trouve pas - d'autres mots ne sont pas dans l’Écriture (comme le mot bible lui-même) - cela ne signifie pas que ce mot ne recouvre pas une réalité.
Saint Paul dans 2 Corinthiens 13,13 dit: "Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous." Jésus lui-même en Mt 28,19 demande de baptiser les nations "au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit". La Didachè ou Enseignement des douze Apôtres ou Doctrine des Apôtres daté du 1er siècle entre 50 et 90 après J-C, demande de baptiser "au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit dans de l'eau vive" (VII, 1-4). Saint Ignace d'Antioche (v. 35- † v. 107), disciple de Saint Jean l'évangéliste et de Saint Pierre, appelle Jésus "Dieu" (Theos) à plusieurs reprises, affirmant sa divinité dans :
-Epître aux Ephésiens chapitre 1 "le sang de Dieu" faisant référence au sang de Jésus comme étant celui de Dieu)
-Chapitre 7 "il y a un seul médecin, à la fois chair et esprit, engendré et inengendré, DIEU EN CHAIR, ... Jésus notre Seigneur"
-Chapitre 18 "Car NOTRE DIEU, Jésus-Christ, a été conçu dans le sein de Marie selon le dessein de Dieu..."
-Epître aux Romains Introduction "Par la majesté du Père très haut et de Jésus-Christ, NOTRE DIEU."
-Chapitre 3: "Car NOTRE DIEU, Jésus-Christ..." (dans le contexte de sa passion)
-Chapitre 6: "Permettez-moi d'être l'imitateur de la Passion de Jésus comme celle de mon DIEU''.
-Epître aux Smyrnéens, chapitre 1 "Je glorifie Jésus-Christ, le DIEU qui vous a rendus si sages..."
-Epître à Polycarpe, chapitre 8 "au revoir en NOTRE DIEU, Jésus-Christ."
-Epître aux Tralliens, chapitre 7 "...si vous n'êtes pas gonflés d'orgueil et si vous restez inséparables de Jésus-Christ, notre DIEU."
S. Ignace exhorte les premiers chrétiens à s'affermir "dans le Fils et le Père et l'Esprit" (Lettre aux Magnésiens 12)
Le premier Père de l'Église à employer le terme de Trinité (ou son équivalent grec "trias" - triade -, traduit ultérieurement par "trinité") est Théophile d'Antiochevers 180 apr. J.-C., dans son ouvrage À Autolycus 2,15 où il évoque la "triade Dieu, son Verbe et sa Sagesse." Il l'utilise pour décrire "Dieu", son "Verbe" (Logos) et sa "Sagesse" (Sophia, identifiée à l'Esprit Saint), en référence aux trois premiers jours de la Création dans la Genèse.
Puis, le premier auteur à employer le mot Trinité en latin (Trinitas) est Tertullien, un théologien chrétien du IIe-IIIe siècle, qui utilise ce terme dans ses écrits, notamment dans son ouvrage Adversus Praxean (Contre Praxéas), vers 213, pour décrire l'unité de Dieu en trois personnes : "un seul Dieu en trois personne, Père, Fils et Saint-Esprit". Bien que le concept de la Trinité existait avant lui, Tertullien est le premier à le formuler explicitement en latin. Bien que certains attribuent à Tertullien l'introduction du mot en latin, Théophile est généralement reconnu comme le premier à l'utiliser dans un contexte chrétien.
Au IIe siècle, les écrits des Pères apostoliques comme ceux deSaint Polycarpe de Smyrne (69-155 apr. J.-C.), disciple de S. Jean l'évangéliste selon la tradition, reflètent une piété chrétienne naissante, influencée par les Évangiles et les épîtres pauliniennes, où Dieu le Père, Jésus-Christ le Fils et l'Esprit Saint sont invoqués ensemble, mais sans une définition ontologique précise des relations intra-divines. Polycarpe, évêque de Smyrne (actuelle Izmir, en Turquie) est l'une des figures majeures de l'Église primitive; il fut martyrisé par le feu sous l'empereur romain Marc Aurèle, et est célèbre pour sa fidélité à la foi chrétienne, comme en témoigne le récit de son martyre (Martyrium Polycarpi, rédigé vers 156-160).
Il est l'auteur de l'Épître aux Philippiens (vers 110-140), un court texte exhortatif adressé à la communauté de Philippes où se trouvent des éléments proto-trinitaires : Polycarpe y invoque Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ (chap. 1 ; 12), soulignant l'unité entre le Père et le Fils. Il cite les Écritures (Ancien et Nouveau Testaments) pour affirmer la divinité de Christ, comme Fils unique de Dieu (chap. 12, en référence à Jean 1:14).
Dans le Martyre de Polycarpe, Lettre de l'église de Smyrne, la prière finale du saint avant son supplice, est un modèle de piété trinitaire naissante. Il loue au chapitre 14 le "Seigneur, Dieu Tout-Puissant, Pèrede ton Enfant bien-aimé et béni, Jésus-Christ, par lequel nous avons reçu la connaissance de toi,... Jésus-Christ, ton Enfant bien-aimé: par lui, gloire à toi avec lui et l'Esprit-Saint, maintenant et dans les siècles à venir. Amen". (Premiers écrits chrétiens, Bibliothèque de la Pléiade, éd. Publiée sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, Nrf Gallimard, Lonrai 2017, p. 254.) Ces éléments traduisent une foi vivante en un Dieu unique se révélant en trois "hypostases" (mots non employés par Polycarpe et sans les spéculations philosophiques qui viendront plus tard pour contrer l'arianisme ou le modalisme.)
Polycarpe, par sa proximité avec les apôtres, incarne la transmission orale et écrite de la foi primitive. Saint Irénée de Lyon, qui est son disciple, s'appuiera sur cette tradition apostolique venue de S. Jean pour combattre les hérésies gnostiques et affirmer l'unité divine dans Contre les hérésies, vers 180. Ainsi, bien que Polycarpe ne soit pas un "théologien de la Trinité" au sens moderne, son témoignage contribue à l'élaboration progressive de cette doctrine centrale du christianisme, enracinée dans la liturgie et la prière plus que dans l'abstraction. Pour approfondir ce sujet, vous pouvez lire l'Épître aux Philippiens (disponible dans les Pères apostoliques) ou vous rapporter aux études (en anglais) de Michael Holmes, professeur d'études bibliques et du christianisme ancien (Université Bethel), dans The Apostolic Fathers (2007).
Dès le IIe siècle nous trouvons et avons conservé des professions de foi trinitaires à trois termes chez:
-Justin de Naplouse (Apologie pour les Chrétiens, XIII 1 et 3, vers 155),
(Cf. Professions de foi à trois termes in Premiers écrits chrétiens, Bibliothèque de la Pléiade, éd. Publiée sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, Nrf Gallimard, Lonrai 2017, p. 30-32.)
Au IIIe siècle, le Pape Saint Denys (259-268) écrit vers 262 dans sa Lettre à Denys d'Alexandrie :
"Par conséquent, la divine Trinité doit être rassemblée et réunie en un seul être, un sommet pour ainsi dire, je veux dire le Dieu tout-puissant de l'univers… C'est donc un blasphème, et non un blasphème courant mais le pire, que de dire que le Fils est de quelque manière que ce soit une œuvre de main d'homme… Mais si le Fils est venu à l’existence [a été créé], il y a eu un temps où ces attributs n’existaient pas ; et, par conséquent, il y a eu un temps où Dieu était sans eux, ce qui est tout à fait absurde" (Lettre à Denys d’Alexandrie 1-2)
Plus tard, S. Augustin, début Ve siècle dira ceci de la Trinité :
1. Jésus est pleinement Dieu ; le Christ est ''incréé'' et divin de même essence que le Père
-> condamnation de l'hérésie arienne qui exagère la nature humaine du Christ (Nicée I 325)
2. Le Saint-Esprit est pleinement Dieu (Constantinople I 381)
3. Il n'y a dans le Christ qu'une seule personne, vrai Dieu ET vrai homme (Ephèse 431) ;
-> Marie est la Mère de Dieu
-> condamnation de l'hérésie de Nestorius, primat de Constantinople qui exagère la nature divine de Jésus
4. Le Christ est une seule personne, divine ET humaine, son humanité n'est pas "absorbée" par la nature divine
-> L'unité des deux natures est ''sans mélange, sans confusion, sans division et sans séparation'', définition négative soulignant un mystère qui nous dépasse. (Chalcédoine 451)
5. Le Fils est une seule personne dans DEUX natures (Constantinople II 553 sous Justinien)
-> Le Père n'est pas le Fils, et le Fils n'est pas le Père
-> 1 P 3:21-22 "Jésus Christ, lui qui est à la droite de Dieu, après s’en être allé au ciel" : si Jésus était le Père, Il ne Se serait pas assis à la droite du Père. Ce verset prouve l’existence de deux hypostases dans la personne divine (Père et Fils) et pas d’une seule hypostase (Père).
-> 2 Jean 1:7-9 "Beaucoup d’imposteurs se sont répandus dans le monde, ils refusent de proclamer que Jésus Christ est venu dans la chair ; celui qui agit ainsi est l’imposteur et l’anti-Christ. Prenez garde à vous-mêmes, pour ne pas perdre le fruit de notre travail, mais pour recevoir intégralement votre salaire. Quiconque va trop loin et ne se tient pas à l’enseignement du Christ, celui-là se sépare de Dieu. Mais celui qui se tient à cet enseignement, celui-là reste attaché au Père ET au Fils."
>Le fait qu’Il soit précisé que Jésus-Christ est venu dans la chair prouve la Trinité, la Divinité du Christ, et prouve que Jésus n’est pas le Père, mais le Fils.
6. Le Christ a deux volontés, humaine et divine (Constantinople III 680-681)
7. Le Christ peut être vénéré par des images, condamnation de l'iconoclasme (Nicée II 787)
En France, Charles V fixa à trois les fleurs de lys des armes de France qui jusque-là étaient nombreuses et en semis. Il prit cette décision en l'honneur et pour représenter les trois Personnes de la Sainte Trinité.
Pourquoi la Trinité est-elle le modèle insurpassable de l’amour ?
Dieu nous appelle à partager sa vie d'amour.
Le meilleur moyen d'y parvenir est de contempler et d'imiter les trois Personnes divines en greffant notre amour sur celui qui circule entre le Père, le Fils et l'Esprit Saint. (Aleteia)
Baptiser au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit veut dire plonger l'homme dans cette Réalité même que nous exprimons par le nom du Père, Fils et Saint-Esprit, la Réalité qu'est Dieu dans sa divinité. Le baptême plonge l'homme dans cette réalité qui s'est ouverte à l'homme. Rien de plus réel que cette ouverture, cette communication, ce don à l'homme du Dieu ineffable.
S. Jean-Paul II en 1980, lors de son premier voyage en France, in Missel du Dimanche 2018, Nouvelle Traduction liturgique, Année B, Bayard Éditions, Lonrai 2017, p. 450
Définition de la Trinité
"Un des mystères fondamentaux de la religion chrétienne ... consiste à croire que Dieu unique subsiste en trois personnes distinctes, ayant la même nature, la même essence, la même éternité, la même puissance, et la même volonté ; ces trois personnes (le terme trois hypostases est préféré à "trois personne" pour parler de Dieu car il n'y a dans le Christ Jésus qu'une seule personne, divine et humaine. Concile de Chalcédoine 451. NdCR.) sont distinguées par les relations et les rapports qu'elles ont entre elles.
La première n'a point de principe ; elle est au contraire le principe des deux autres ; c'est pourquoi on l'appelle le Père. La seconde procède du Père par une voie ineffable appelée génération ; c'est pourquoi on lui donne le nom de Fils. La troisième personne procède des deux autres par une autre voie ineffable qui n'est pas la génération ; on la nomme le Saint-Esprit. (Abbé François-Marie Bertrand, Dictionnaire universel, historique et comparatif de toutes les religions du monde, Abbé Migne éditeur, Ateliers catholiques du Petit-Montrouge Paris 1851, tome quatrième, p. 935.)
"On trouve assez fréquemment dans la Bible le titre de Fils ou Enfants de Dieu, appliqué
1° aux anges, en qualité de ministres et de serviteurs du Tout-Puissant, ou parce que leur nature a plus de ressemblance que celle des hommes avec la nature de Dieu;
2° aux rois, qui sont regardés comme les vicaires et les représentants de Dieu sur la terre, et que l'on suppose animés et inspirés de l'esprit divin, lorsqu'ils sont vertueux; c'est dans ce sens que le Psalmiste s'écrie en parlant aux rois : 'Pour moi, je dis : vous êtes des dieux, vous êtes tous les fils du Très-Haut; mais vous mourrez comme le reste des humains.' Les Grecs appelaient de même les rois, fils de Jupiter;
3° aux hommes pieux et surtout aux Israélites, qui formaient par excellence le peuple de Dieu. Mais dans ces derniers cas, le titre de Fils de Dieu est purement honorifique, ou n'exprime qu'une forme d'adoption ; tandis que la seconde personne de la sainte Trinité est Fils de Dieu par nature, et en conséquence d'une génération éternelle." (Abbé François-Marie Bertrand, Dictionnaire universel historique et comparatif des religions du monde, 1849, Migne éditeur, tome 2e, p. 728.)
"Le dogme de la Sainte Trinité a toujours été considéré dans le christianisme comme un mystère : le plus fondamental, et le plus insondable. Jésus-Christ lui-même dit : 'Nul ne connaît le Fils si ce n'est le Père, comme nul ne connaît le Père si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler.' (Mt 11,27)" (Jean-Michel Garrigues, Père, Fils et Esprit Saint, Catéchèses de Jean-Paul II sur la Trinité, Éditions Parole et Silence, 2000, p. 68.)
On peut bien croire en Dieu d'une manière vague, mais si l'on n'a pas la foi en Jésus-Christ, Son Fils, on n'a pas la foi, le Fils étant sous le ciel, le seul nom donné aux hommes qui puisse nous sauver (Ac 4, 12), le chemin, la vie et la vérité (Jn 14,6) nous conduisant au Père. Et la foi en Jésus-Christ est une vertu théologale qui est une grâce qui nous est donnée par Dieu.
"Le mystère de la Très Sainte Trinité est le mystère central de la foi et de la vie chrétienne" (CEC 234);l'enseignement le plus fondamental et le plus essentiel de la "hiérarchie des vérités de la foi". On ne peut le savoir que s'il a été révélé d'en haut (CEC 237). De même, "Dieu seul peut nous en donner la connaissance en Se révélant comme Père, Fils et Saint-Esprit." (CEC 261)
Cela ne signifie pas que le dogme de la Trinité est contraire à la raison ou que la raison ne peut pas être appliquée à un degré quelconque (cf. CC 154).
Pourtant, pour cette ouverture au Réel qu'est Dieu, nul besoin d'une "initiation", il suffit d'abord d'accueillir le don de Dieu, et d'ouvrir son cœur à Dieu. Comme l'a dit Saint Anselme, "je ne cherche pas à comprendre afin de croire, mais je crois afin de comprendre. Car je crois ceci - à moins que je crois, je ne comprendrai pas.", Ou Saint Augustin de même : "Crois pour comprendre ... et comprends donc pour croire." (Voir Is 7,9)
« C'est par le mystère de l'auguste et incompréhensible Trinité que Dieu paraît véritablement Dieu, et infiniment supérieur à tout ce qui n'est pas Dieu. Rien de tout ce que les plus sublimes génies ont pu concevoir de cet Être suprême, n'approche des hautes idées que nous en fournit ce mystère adorable. Il nous présente une nature infinie, infiniment simple, et en même temps infiniment, éternellement, et nécessairement féconde, mais dont la fécondité ne détruit pas l'infinie simplicité ; un Dieu existant en une seule nature et substance, et en même temps en trois personnes, le Pères, le Fils et le Saint-Esprit.
« Mais comment concevoir trois personne subsistantes dans une même et unique Essence, ou nature infiniment simple ?
"Voici comment on peut exposer philosophiquement ce dogme
"Dieu le Père ne peut pas subsister sans avoir la conscience de lui-même, autrement il ne serait qu'un être inerte et impuissant ; or, en se connaissant, et en se comprenant lui-même avec ses perfections infinies, il produit la parole de l'entendement divin, éternellement subsistante, vraie image de lui-même et consubstantielle avec lui. C'est cette parole intérieure, ce raisonnement de la personne divine qui est le Fils.' La connaissance que le Père a de Lui est tellement parfaite qu'elle comporte toute sa substance sous la perfection de Personne (c'est le "Verbe", Parole mentale = le Fils).
AU COMMENCEMENT était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. (Jn 1,1)
La Trinité, déjà dans le premier chapitre de la Genèse (Bible) où Dieu crée par sa Parole, "Dieu dit" (Verbe) https://www.youtube.com/watch?v=xs11AqFKnJg
"Il en est de même en nous, (il y a dans notre âme, une intelligence, une volonté, une mémoire et cela ne fait qu'une personne)
"… car lorsque l'entendement humain crée, saisit et conçoit un objet, il s'en forme une image en lui-même, et cette image est appelée par les philosophes la parole de l'intelligence ou l'idée, pour la distinguer de la parole extérieure ou de l'expression par laquelle nous manifestons nos pensées et les communiquons au-dehors.
"Mais cette parole de l'intelligence est en nous muable et fugitive, un pur mode, un accident, non une substance réelle ou quelque chose qui subsiste de soi-même, tandis que Dieu étant essentiellement immuable, ne peut être le sujet d'aucun mode ou accident ; Il est incapable de la moindre altération, bien différent en cela des esprits créés ... C'est pourquoi le Père, par la connaissance infinie qu'il a de lui-même produit une parole intérieure de son intelligence qui est une vraie subsistance ou personne ; et, comme cet acte est nécessaire en lui, il s'en suit que cette subsistance ou personne est produite et engendrée de toute éternité, et que le Fils est aussi ancien que le Père.
"Il en est de même de la troisième personne ; le Père n'a pu engendrer son Fils sans l'aimer ; de même le Fils n'a pu être engendré du Père sans lui rendre un amour égal à cause des perfections divines qui forment leurs attributs mutuels ; Or c'est cet amour mutuel qui est le Saint-Esprit, autre subsistance réelle, permanente et distincte qui procède des deux autres personnes.
"Dieu étant un être éternel, infiniment simple, infiniment fécond, il connaît toutes les infinies perfections, et cette connaissance est dans la substance divine & n'est point distinguée de la substance divine, parce que cette substance est infiniment simple.
"Dieu étant infiniment parfait, et se connaissant parfaitement lui-même, il s'aime infiniment et nécessairement ; et cet amour est dans la substance divine, et ne peut être distingué de la substance divine, parce qu'il ne peut rien y avoir dans cette substance qui soit opposé à son infinie simplicité.
"Cependant nous concevons que la connaissance n'est pas le principe ; que l'amour n'est pas la connaissance ; et que le principe, la connaissance & l'amour, c'est nécessairement et substantiellement Dieu lui-même, toujours UN, toujours unique, toujours infiniment simple.
"Le principe, c'est le Père ;
"la connaissance qui est substantiellement et éternellement dans le Père, c'est le Fils ;
"l'amour qui est substantiellement et éternellement dans le Père & le Fils, c'est le Saint-Esprit."
Saint Athanase († 379) dans sa dispute contre Arius, saint Basile († 379) dans son livre sur le Saint Esprit (chap 16), saint Grégoire de Naziance dans son discours sur Néron, Didyme l’aveugle dans son premier livre sur le Saint Esprit, saint Ambroise († 397) dans son livre 3 sur le Saint-Esprit (chap 2), saint Augustin († 430) livre 1 contre Maximin, saint Grégoire de Nysse († 395) dans son livre "que l’Esprit saint est Dieu", et tous les autres pères enseignent très clairement et très fréquemment que l’Esprit saint est Dieu.
"L'homme porte en lui-même une image imparfaite de la Trinité divine
"Dieu a créé l’homme pour l’incorruptibilité, il a fait de lui une image de sa propre identité." (Livre de la Sagesse 2,23)
L'homme est image, non d'un Dieu solitaire, mais d'un Dieu qui est en relation. S. Augustin l'explique: "l'âme humaine reflète la Trinité par ses trois puissances (la mémoire, l'intelligence, l'amour).
Expliqué autrement, ce sont les trois puissances ou faculté de notre âme : la connaissance, le jugement et la volonté. La première est le principe des autres, qui ne peuvent subsister sans elle. Le jugement procède de la connaissance seule, et la volonté est produite par la connaissance réunie au jugement. (François-Marie BERTRAND, Dictionnaire universel, historique et comparatif de toutes les religions du monde, tome quatrième, Abbé Migne éditeur, Ateliers catholiques du Petit-Montrouge Paris 1851, p. 935-936.)
L'homme est image d'un Dieu en communion, non d'un Dieu isolé.
Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé.
Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes UN : moi en eux, et toi en moi.
C'est le projet de Dieu d'une union de toutes les créatures avec le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Dieu ne veut pas rester seul avec le Fils. Il veut se multiplier, se communiquer aux hommes "moi en eux, et toi en moi", afin "qu'ils deviennent ainsi parfaitement Un" (Jn 17,23) La fin ultime de toute l’économie divine, c’est l’entrée des créatures dans l’unité parfaite de la Bienheureuse Trinité" (cf. Jn 17, 21-23). (CEC n° 260). "Voici que je fais toutes choses nouvelles." (Ap 21, 5). "Si donc quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né." (2 Co 5, 17).
Prier une personne revient à prier les trois personnes car elles agissent par unité d’opération
Les trois personnes ne sont pas en concurrence les unes avec les autres, et elles ne se brouillent pas les unes avec les autres ou avec nous parce que nous pouvons sembler préférer l'une aux autres.
Toutes les actions de Dieu sont trinitaires, fruit des trois personnes. On peut dire qu’on prie le Père dans le nom du Fils à l’aide du Saint Esprit. Saint Paul nous dit aussi que lorsque nous ne savons pas quels mots utiliser dans la prière, l'Esprit prie pour nous "avec des soupirs trop profonds pour les mots". En d'autres termes, la prière ne commence pas avec nous, mais avec l'Esprit agissant en nous, nous attirant vers le Fils et le Père. (Source: CatholicIrland)
La conscience d'un Dieu trine chez les païens
Le signe de la croix a été pratiqué partout et toujours dans des circonstance solennelles, avec la conscience plus ou moins claire de sa signification. (Source générale : Mgr Jean-Joseph GAUME, Le Signe de la Croix au XIXe siècle, 1869, rééd. Éditions Saint-Sébastien 2016).
Les païens, aussi, faisaient le signe de la croix
Ils l'ont fait en priant et l'ont cru, avec raison, doué d'une force mystérieuse de grande importance. Ils le faisaient en passant le pouce de la main droite sous l'index et le reposant sur le doigt du milieu, de manière à former une croix. Apulée (125-170), philosophe platonicien, en fait foi : "Une multitude de citoyens et d'étrangers, dit-il, étaient accourus au bruit retentissant du spectacle. ... Ils portaient la main droite à leur bouche, l'index reposant sur le pouce; et, par de religieuses prières, l'honoraient comme la divinité elle-même." (Apulée, Asin, Aur, lib. IV.) Quant au murmure d'accompagnements, on connaît les vers d'Ovide (-43 - 18 ap. J.-C.), VI, Métamorph. :
Restitit, et pravido, faveas mihi, murmure Dixit (Il s'est arrêté et m'a dit à voix haute)
Dux mens : simul, faveas mihi, murmure dixi. (Esprit de chef : en même temps, favorisez-moi, murmurai-je.)
Cette manière de faire le signe de la croix est tellement expressive qu'elle est demeurée même de nos jours, familière à un grand nombre de chrétiens dans tous les pays. Elle n'était pas la seule connue des païens. Comme les âmes les plus pieuses, ils faisaient le signe de la croix en joignant les mains sur la poitrine, dans les circonstances les plus solennelles, et les plus mystérieuses en même temps, de leur vie publique.
Lorsqu'une armée romaine venait mettre le siège devant une ville, la première opération du général, quel que fût son nom, Camille, Fabius, Métellus, César ou Scipion, était non de creuse des fossés ou d'élever des lignes de circonvallation, mais d'évoquer les dieux défenseurs de la ville et de les appeler dans son camp. La formule d'évocation est trop longue pour une lettre. Tu la trouveras dans Macrobe. Or, en la prononçant, le général faisait deux fois le signe de la croix. D'abord, comme Moïse, comme les premiers chrétiens, comme, aujourd'hui encore le prêtre à l'autel, les mains étendues vers le ciel, il prononçait en suppliant le nom de Jupiter. Puis, rempli de confiance dans l'efficacité de sa prière, il croisait dévotement les mains sur sa poitrine. (Satur., lib. III, c. II). Voilà bien le signe de la croix sous deux formes incontestables, universelles et parfaitement régulières. Si ce fait remarquable est généralement ignoré, en voici un autre qui l'est un peu moins. L'usage de prier les bras en croix était familier aux païens de l'Orient et de l'Occident. Tite-Live dira : "À genoux, elles élevaient leurs mains suppliantes vers le ciel et vers les dieux." (Lib. XXXIV.) Denys d'Halicarnasse : "Brutus, apprenant le malheur et la mort de Lucrèce, éleva les mains au ciel et appela Jupiter avec tous les dieux. (Antiquit., lib. IV) Et Virgile : "Le père Anchise, sur le rivage, les mains étendues, invoque les grands dieux." (Æneid., lib . III) Et Athénée : "Darius, ayant appris avec quels égards Alexandre traitait ses filles captives, étendit les mains vers le soleil, et demanda, si lui-même ne devait pas régner, que l'empire fût donné à Alexandre." (Lib. XIII, c. XVII.) Apulée déclare formellement que cette manière de prier n'était pas une exception, une excentricité, mais une coutume permanente : "L'attitude de ceux qui prient, est d'élever les mains au ciel." (Lib. de Mundo)
Les Égyptiens plaçaient la croix dans leurs temples, priaient devant ce signe et le regardaient comme l'annonce d'un bonheur futur. Les historiens grecs Socrate (380-450) et Sozomène (400-448) rapportent qu'au temps de l'empereur Théodose (379-395), lorsqu'on détruisait les temples des faux dieux, celui de Sérapis en Égypte, se trouva rempli de pierres, marquées de caractère hiéroglyphiques en forme de croix. Les néophytes égyptiens affirmaient que ces caractères signifiant la croix, signe de la vie future, suivant les interprètes. (Sozom. , 1. V, c. XVII; - Id., lib. VII, c. XV.)
Sur la valeur interprétatoire et latreutique du signe de la croix, le haut Orient était d'accord avec l'Occident, le Chinois et le Romain.
Les Gaulois croyaient en Toutatis, Hésus et Taranis, la triade celtique était "une ébauche de conception trinitaire" (Anne Bernet). Ils vénéraient un seul dieu en trois personnes, ce qui expliquerait la relative facilité avec laquelle l'Eglise a finalement converti les pays celtes. On a conservé une statue du "dieu à trois têtes" du IIe siècle ap. J-C. On trouve cette image dans le livre de Régine Pernoud, "Les Gaulois", avec cette légende : "Le dieu à trois têtes. IIe siècle ap. J.-C."
Le dieu à trois têtes, IIe siècle ap. J-C.
"Les Saints Forts ne sont autres que les habitants d'un village du pays carnute. Ils reconnurent aussitôt la Virgo paritura (la Vierge qui enfantera) qu'adoraient leurs ancêtres dans la Vierge Mère que leur annonçait un missionnaire. Convertis en masse, les Carnutes refusèrent d'abjurer leur foi, qui renouait si bien avec les plus hautes aspirations de l'ancienne religion celte. Ils furent jetés vivants dans le puits que l'on voit toujours sous la cathédrale de Chartres." (Anne BERNET, Clovis et le Baptême de la France, Editions Clovis, Condé-sur-Noireau 1996, p. 81.) Sainte Anne, la mère de la Vierge Marie, était déjà connue et vénérée chez nous en France, avant l'apparition du christianisme. "Elle est ainsi évoquée, écrit Anne Bernet, selon les lieux et les circonstances, sous le nom d'Epona ou de Rigantona...; sous le nom d'Anna ou de Dana, aïeule des dieux et des hommes... ; et parfois sous ceux de Belisima (la 'Très Brillante') ou de Rosmerta.
Des sept manières de faire le signe de la croix, les païens en connaissaient trois.
À leurs yeux, il avait une signification réelle, une valeur considérable, quoique plus ou moins mystérieuse, suivant les lieux, les temps et les personnes.
"Il est infiniment remarquable, dit Gretzer (1562-1625), que dès l'origine du monde Dieu a voulu tenir constamment la figure de la croix sous les yeux du genre humain, et organisé les choses de manière que l'homme ne pût presque rien faire sans l'intervention du signe de la croix. (De Cruce, lib. I, c. III.)
"Pour tenter la fortune et aller chercher des richesses aux extrémités du monde, le navigateur a besoin d'un navire. Le navire ne peut voguer sans mât, et le mât avec ses vergues forme la croix. (S. Hier., in c. XI Marc.) Sans elle nulle direction possible, nulle fortune à espérer. (Orig. Homil. VIII, in divers.)
"Le laboureur demande à la terre sa nourriture, la nourriture des riches et des rois. Pour l'obtenir, il lui faut une charrue. La charrue ne peut ouvrir le sein de la terre si elle n'est armée de son couteau; et la charrue armée du couteau forme la croix." (S. Maxim. Taur., ap. S. Ambr., t. III, ser. 56, etc.)
"Que nous montrent chez les Romains les cantabra et le siparia des étendards, sinon la croix ?
"Les uns et les autres sont des lances dorées surmontées d'un bois, placé horizontalement, d'où pend un voile d'or et de pourpre.
Les aigles aux ailes déployées placées au haut des lances et les autres insignes militaires, toujours terminés par deux ailes étendues, rappellent invariablement le signe de la croix.
"Monuments des victoires remportées, les trophées forment la croix. La religion des Romains est toute guerrière; elle adore les étendards; elle jure par les étendards; elle les préfère à tous les dieux : et tous ses étendards sont des croix : omnes illi imaginum suggestus insignes monilia crucium sunt." (Tertull. Apolog. XVI.) Aussi, lorsqu'il voulut perpétuer le souvenir de la croix par laquelle il avait été vaincu, Constantin n'eut point à changer l'étendard impérial, il se contenta d'y faire graver le chiffre du Christ, comme s'il lui importait seulement de nommer Celui de qui il avait eu la vision et non l'objet de cette vision." (Euseb. lib. IX Histor., 9.)
"Le ciel lui-même est disposé en forme de croix.
Que représente les quatre points cardinaux, sinon les quatre bras de la croix et l'universalité de sa vertu salutaire ? La création tout entière porte l'empreinte de la croix. Platon lui-même n'a-t-il pas écrit que la Puissance la plus voisine du premier Dieu s'est étendue sur le mine en forme de croix." (S. Maxim. Taur., apud S. Ambr., t. III, serm. 56 ; - S. Hier., in Marc, XI ; - Tertull., Apol., XVI; - Orig., Homil. VIII in divers.)
De là cette réponse péremptoire de Minucius Félix († en 250 à Rome) aux païens qui reprochaient aux chrétiens de faire le signe de la croix : "Est-ce que la croix n'est pas partout ? leur disait-il. Vos enseignes, vos drapeaux, les étendards de vos camps, vos trophées, que sont-ils, sinon des croix ornées et dorées ? Ne priez-vous pas comme nous, les bras étendus ? Dans cette attitude solennelle, n'employez-vous pas alors aux chrétiens adorateurs d'un Dieu unique, et qui ont le courage de confesser leur foi au milieu des tortures, en étendant leurs bras en croix ? Entre nous et votre peuple, quelle différence y a-t-il, lorsque les bras en croix, il dit : Grand Dieu, vrai Dieu, si Dieu le veut ? Est-ce le langage naturel du païen, ou la prière du chrétien ? Ainsi, ou le signe de la croix est le fondement de la raison naturelle, ou il sert de base à votre religion." (Octav.)
Le concept de la Trinité dans l'Ancien Testament
Lepsaume 45 (4):8montre le Père qui parle au Fils et L’appelle ‘Dieu’ :
"tu aimes la justice, tu réprouves le mal. Oui, Dieu, ton Dieu t'a consacré d'une onction de joie, comme aucun de tes semblables"
"Mais à l’adresse du Fils, il dit : Ton trône à toi, Dieu, est pour les siècles des siècles, le sceptre de la droiture est ton sceptre royal ; tu as aimé la justice, tu as réprouvé le mal, c’est pourquoi, toi, Dieu, ton Dieu t’a consacré d’une onction de joie, de préférence à tes compagnons."
La prophétie duChrist crucifié
Lui-même a porté nos péchés, dans son corps, sur le bois, afin que, morts à nos péchés, nous vivions pour la justice. Par ses blessures, nous sommes guéris.
Dans certaines traductions de la Bible, on ne trouve pas "ils m’ont percé les mains et les pieds" (Psaumes 21,17) mais "comme un lion, [ils sont] à mes mains et à mes pieds", ce qui fait perdre au texte sa portée prophétique et ne donne plus aucun sens. Le sens de la prophétie est maintenu en revanche dans Zacharie 12, 10 : "Je répandrai sur la maison de David et sur l’habitant de Jérusalem un esprit de grâce et de supplication, etils regarderont vers moi, celui qu’ils ont transpercé[...].Ce jour-là, il y aura une source qui jaillira pour la maison de David et pour les habitants de Jérusalem : elle les lavera de leur péché et de leur souillure.' (Za 13, 1).
La traduction du texte juif massorétique s’écarte de la version des Septante pour Ps 21,17 : dans le texte massorétique, on trouve le mot ka’ari qui veut dire "lion" ; il faut donc supposer que les Septante, qui ont traduit par "ils ont percé" (oruxsan) disposaient d’un texte différent. Lequel ? C’est assez simple : en l’occurrence, le verbe "percer" pourrait s’écrire karu. Comment trancher ? Nous avons ici deux éléments :
1. le texte massorétique n’est grammaticalement pas très satisfaisant, puisqu’il manque un verbe dans la phrase (littéralement, on devrait traduire par "comme un lion, mes mains et pieds").
2. Les manuscrits hébreux deNahal Heverdatés de 50-68 ap. J.-C., donc plus anciens que la version massorétique, portent le mot ka’aru, forme archaïque de karu, ce qui conforte les Septante (Source: Peter W. Flint, "Biblical Scrolls from Nahal Hever", Discoveries in the Judean Desert,38, Oxford, Clarendon Press, 2000, p. 133-166).
La Bible selon la Vulgate de Saint Jérôme, Editeur: DFT (EDITIONS), traduite en français, avec des notes par l'Abbé Glaire (mort en 1879), introduction, notes complémentaires et appendices par F. Vigouroux, seule approuvée après examen fait à Rome par la Sacrée Congrégation de l´Index, Edition 1902, précise dans la note 17, p. 1127 : "Ils ont percé mes mains et mes pieds. Il faut renoncer à toutes les lois de la critique et de l'herméneutique, pour traduire avec les Juifs, comme un lion, mes mains et mes pieds, et avec les hébraïsants rationalistes, ils ont lié, ou souillé mes mains et mes pieds."
Heureusement, la découverte des rouleaux de la mer Morte a permis de prouver que l'Ancien Testament grec (la version des Septantes, IIIe s. av. J-C.), utilisé par les chrétiens des premiers siècles et par l'Église orthodoxe grecque est plus proche du texte original, et que la version juive massorétique (Ancien Testament en hébreu datant de l'an 1000 environ) a été volontairement "retouché".
Manuscrits de la Mer morte
Alors que le texte juif massorétique du Psaume XXI (Hébr. 22), 17 s'exprime en ces termes: "Comme un lion mes mains et mes pieds",lesManuscrits de la mer Morte reviennent à l'original : "Ils ont percé mes mains et mes pieds"(sens préservé dans la Version des LXX = Septante), dont l'application à la crucifixion du Fils de Dieu est évidente.
Les Manuscrits de la mer Morte sont un ensemble de parchemins et de fragments de papyrus principalement en hébreu, mais aussi en araméen et en grec, qui ont été copiés entre le IIIe siècle avant Jésus-Christ et le Ier siècle après, et ont été découverts entre 1947 et 1956 à proximité du site de Qumrân en Palestine mandataire 1947-1948, puis en Cisjordanie.
Nous pouvons ainsi affirmer quecette traduction erronéequant à la personne du Messiecrucifiédans la Bible médiévale juive dite "Bible massorétique" ("Massorah", dont la compilation et la révision des anciens manuscrits date du Xe siècle),montre quel'interprétation sioniste de la Bible depuis 2 000 ans a pour origine une négationthéologique de la royauté du Christ, roi pacifiqueuniverselcrucifié pour nous sauver, et que ce rejet vise à privilégier un sens matérialiste plus terrestre du Messie. D'où le fait que beaucoup de Juifs se convertissent aujourd'hui lorsqu'ils lisent la prophétie non trafiquée d'Isaïe 53,10 (le chapitre interdit du tanakh) sur le Messie homme de douleur portant nos péchés et mourant pour nous sauver, qui "remet sa vie en sacrifice de réparation".
Dieu" en hébreu אֱלֹהִים ('ēlohîm)est écrit au pluriel
De même, selon la spécialiste française de l'hébreu biblique, Danielle Ellul, le terme "Dieu" en hébreu אֱלֹהִים ('ēlohîm)est écrit au pluriel :
"Dieu est le terme le plus usité pour désigner Dieu. Malgré sa forme pluriel(d'intensité ou de majesté) il est habituellement accompagné d'un verbe au singulier. (Le verbe est au pluriel quand le sujet désigne les anges ou les divinités païennes)." (Danielle ELLUL, Apprendre l'Hébreu biblique par les textes en 30 leçons, Cerf, 4e édition, Paris 2003, p. 57.)
"Elohim dit : faisons l'homme à notre image, à notre ressemblance…"
Au Commencement, Dieu(x). En hébreu Bereshit bara Elohim... Elohim est un pluriel mais le Verbe est au singulier.
(1) ‘’AU COMMENCEMENT’’, lorsque ‘’Dieu créa le ciel et la terre’’ (Gn 1,1);
(2) ‘’le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux’’ (Gn 1,2). C’est l’Esprit de Dieu.
(3) Et la Bible ajoute : ‘’Dieu dit : ‘Que la lumière soit.’ Et la lumière fut.’’ (Gn 1,3) C'est la Parole de Dieu (ou Verbe du Prologue de S. Jean 1,14"AU COMMENCEMENT était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. [...] Et le Verbe s’est fait chair, , il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire.")
Il y a Dieu le Père (1), l’Esprit ou Souffle (2), qui est la Parole ou Verbe, le Fils (3) dès les trois premiers versets de la Bible, les trois à l'oeuvre dès la Création.
L'homme est une lointaine image de Dieu, créée sur la terre pour imiter celle du Ciel.
L'homme est un corps, un esprit, une âme.
"Dieu dit : 'Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance.'" (Gn, 1, 26)
"L'expression 'notre image' ne veut pas dire qu'il y a plusieurs dieux.
Le 'notre' et un signe de majesté, et les théologiens catholiques y ont vu une anticipation de l'expression sainte Trinité.
Dieu dit 'nôtre' image parce qu'il y a trois Personnes en Dieu qui créent ensemble.
Cependant, puisqu'elles sont consubstantielles, Dieu est Un.
La polémique est ainsi résolue par la Trinité, donc l'Intelligence du christianisme est nécessaire à la compréhension de la Genèse."
(Cf. Alain PASCAL, L'Intelligence du Christianisme, tome 2 De la Révélation à l'apostasie, éditions du Verbe Haut 2023, p. 52.)
Pourquoi Dieu fait-il l'homme à son image et pourquoi l'Incarnation ?
"Voilà que l'homme est devenu comme l'un de nous. " Genèse 3,22
Ce n'est pas un Roi qui parle à sa cour... Les anges ne participent ni à la Création, ni au plan du Salut. Ce "nous", ce sont les personnes divines entre elles, dialoguant comme dans Jean 17 où Jésus parle au Père. Le plan du salut est déjà en germe dans l'Ancien Testament et il est trinitaire.
La Raison se trouve en Dieu.
"Le Christ Verbe incarné offre à l'humanité la connaissance rationnelle."
Dieu ouvre une ère nouvelle qui met fin à l'Antiquité, où la métaphysique ancienne – les cultes du cosmos – était partout moniste, alors que celle du christianisme est dualiste (dualisme de l'être : 1- Dieu Créateur et 2 - les créatures, qui ne sont pas une seule et même chose. Dieu et ses créatures ne doivent pas être confondus = hérésie panthéiste).
"L'Incarnation est ainsi le plus grand événement de l'Histoire sur le plan religieux, mais également philosophique et politique."
(Cf. Alain Pascal, Pour une révision totale de l'Histoire, Faire table rase de la table rase, Les Éditions du Verbe haut, La Courneuve 2024, p. 65-73)
Saint Paul fait écho à cet homme fait à l'image de Dieu dans sa première lettre aux Corinthiens :
''ce qui est semé corps physique ressuscite corps spirituel ; car s’il existe un corps physique, il existe aussi un corps spirituel. L’Écriture dit : Le premier homme, Adam, devint un être vivant ; le dernier Adam – le Christ – est devenu l’être spirituel qui donne la vie. Ce qui vient d’abord, ce n’est pas le spirituel, mais le physique ; ensuite seulement vient le spirituel. Pétri d’argile, le premier homme vient de la terre ; le deuxième homme, lui, vient du ciel. Comme Adam est fait d’argile, ainsi les hommes sont faits d’argile ; comme le Christ est du ciel, ainsi les hommes seront du ciel. Et de même que nous aurons été à l’image de celui qui est fait d’argile, de même nous seronsà l’image de celui qui vient du ciel.'' (1 Co 15,44-49)
Si le Christ, Verbe incarné est l'image du Père, l'homme a été créé à l'image du Christ. Ce thème central dans la pensée biblique et chez les Pères grecs est l'élément fondamental de l'anthropologie chrétienne franciscaine de S. Bonaventure. (Dictionnaire des saints et Grands témoins du christianisme, Sous la direction de Jean-Robert ARMOGATHE et André VAUCHEZ, CNRS Éditions, Paris 2019, p. 174.)
Retraçant l'image auguste de Dieu que l'homme porte en lui-même et le conjurant d'en faire l'objet continuel de son imitation, Bossuet expliquera :
"Cette Trinité, incréée, souveraine, toute-puissante, incompréhensible, afin de nous donner quelque idée de sa perfection infinie, a fait une Trinité créée sur la terre... Si vous voulez savoir qu'elle est cette Trinité créée dont je parle, rentrez en vous-mêmes, et vous la verrez; c'est votre âme..." (Sermon sur le mystère de la Sainte Trinité, t. IV, édit. 1846, in Mgr Jean-Joseph GAUME, Traité du Saint-Esprit, 1864, Rééd. Éditions Saint-Rémi, 2019, p. 364-365.)
Le trisagion d'Isaïe 6,3 mentionne le Dieu trois fois saint
''Ils se criaient l’un à l’autre : 'Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur de l’univers (Deus Sabaot) ! Toute la terre est remplie de sa gloire.''' (Is 6,3)
Pourquoi trois fois "saint"?
« [...] Un exemplaire fort ancien de ce targoum(traduction araméenne de la Bible hébraïque, pluriel : targoumim)tomba entre les mains de Pierre Galatin, frère franciscain, inventeur au XVIe siècle du terme latinisé "Jéhovah". Celui-ci trouva dans ce targoum la paraphrase suivante du trisagion d'Isaïe, ch. VI, v. 3 : "Saint le Père, Saint le Fils, Saint l'Esprit-Saint !"
Déjà dans la liturgie céleste, la Trinité est-elle chantée.
Le même Galatin, à propos du tétragrammeיהוה Jéhovah en cite des explications ou interprétations hébraïques en douze et quarante-deux lettres : la première se traduirait par ces paroles : Père, FilsetEsprit de sainteté; et la seconde par ces mots : Le Père est Dieu, le Fils est Dieu, l'Esprit de Sainteté est Dieu; cependant ce ne sont pas trois dieux, mais un Dieu unique.
Et Jésus, la Parole de Dieu, deuxième personne de la Trinité, avertit Jérusalem : ''Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, ... je vous le déclare : vous ne me verrez plus désormais jusqu’à ce que vous disiez : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !'' (Mt 23,37) C'est-à-dire que les Juifs ne le reverront plus jusqu'à ce qu'ils se convertissent au Dieu trine de la Bible.
« Le Galé-Razaya ou Révélateur des mystères, livre composé au IIe siècle par Juda le Saint (135-217), rédacteur de la Mischna (ou première partie du talmud qui recueille les constitutions et les traditions des magistrats et des docteurs juifs), nous offre ce passage remarquable :
"Traduction littérale : 'Considère que le nom tétragrammaton dénote, d'après son orthographe, un Dieu procréateur.
Or, il n'est pas de procréateur sans procréé, et il faut qu'il procède un amour du procréateur vers le procréé, de même que du procréé vers le procréateur; autrement, ils seraient séparés l'un de l'autre et formeraient deux essences distinctes, tandis qu'à la vérité le procréateur et le procréé, et l'amour, procédant de tous les deux, sont une seule essence; c'est pour cette raison que dans ce nom (tétragrammaton) est renfermé le nom des douze lettres qui forment les mots Père, Fils et Saint-Esprit; et sache que ce mystère est un des secrets du Très-Haut.
Il convient de le dérober aux yeux des hommes jusqu'à la venue du Messie, notre juste.
Je te l'ai révélé; mais le secret de Jéhovah est réservé pour ceux qui le craignent.'
Par ailleurs, « le livre Kozri dit : "La sagesse est trois en une. L'être divin est unique. La distinction des numérations que nous admettons en lui ne consiste que dans une certaine distinction dans la même essence."
Cet ouvrage de M. Drach, d'une inattaquable érudition démontre sans réplique qu'il n'est pas un principe de la morale, des dogmes et du culte catholique, qui ne se trouve implicitement ou formellement dans la loi mosaïque, jusque dans ses prescriptions cérémonielles.
Dans De l'Harmonie entre l'Eglise et la Synagogue, tome 1, Paul Mellier éditeur, Paris 1844, lecture en PDF p. 201, Paul L.B. Drach ajoute : "Dans les extraits de Rabbi Juda, que nous avions faits forts jeunes, étant étudiant, nous regrettons de ne pas trouvé le passage mentionné par plusieurs savants, passage où le Galé-Razaya explique le nom (De Dieu) en quarante-deux lettres par les mots suivants qui se forment effectivement de ce nombre de lettres ... ; c'est-à-dire Dieu Père, Dieu Fils, Dieu Saint-Esprit. Trois en un, Un en trois."
Isaïe 33,22 mentionne également trois fois "le Seigneur" : "Oui, le Seigneur est notre juge, le Seigneur nous donne des lois, le Seigneur est notre roi : c’est lui qui nous sauve."
Isaïe 43,15 : "Je suis le Seigneur, votre Dieu saint, le Créateur d’Israël, votre roi !
Jérémie 10,10 dit de même : "le Seigneur est le Dieu véritable, c’est lui le Dieu vivant, le roi pour toujours."
Isaïe 9,5 : "Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! Sur son épaule est le signe du pouvoir ; son nom est proclamé : 'Conseiller-merveilleux,Dieu-Fort,Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix'."
Selon Saint Epiphane (310-403), évêque de Salamine né dans un village de Judée d'une famille juive d'agriculteurs et "profondément instruit des choses de sa nation", "les hommes éclairés parmi les hébreux enseignèrent de tout temps, et avec une entière certitude, la Trinité dans une unique essence divine" (Ad. haeres., lib. I, haer. 5.), moins clairement toutefois que les apôtres et les Pères.
"Un autre enfant d'Israël, non moins versé dans l'histoire religieuse de la synagogue, Paul. L. B. Drach (1791-1865) s'exprime ainsi :
"Dans les quatre Évangiles, on ne remarque pas plus la Révélation nouvelle de la sainte Trinité, point fondamental et pivot de toute la religion chrétienne, que celle de toute autre doctrine déjà enseignée dans la synagogue, lors de l'avènement du Christ : comme, par exemple, le péché originel, la création du monde sans matière préexistante et l'existence de Dieu.
"Quand Notre-Seigneur donne à ses disciples, qu'il avait choisis parmi les Juifs, la mission d'aller prêcher son saint Évangile aux peuples de la terre, il leur ordonne de les baptiser au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit." (Mt 28,19).
En effet, "quiconque est familiarisé avec ce qu'enseignaient les anciens docteurs de la synagogue, surtout ceux qui ont vécu avant la venue du Sauveur, sait que la Trinité en un Dieu unique était une vérité admise parmi eux depuis les temps les plus reculés." (Paul. L. B. Drach, De l'harmonie entre l'Eglise et la Synagogue, in Mgr Jean-Joseph GAUME, Traité du Saint-Esprit, 1864, Rééd. Éditions Saint-Rémi, 2019, p. 367.)
Le Dictionnaire universel de toutes les religions de François-Marie BERTRAND indique qu'« il entrait sans doute dans les desseins de la Providence que le dogme trinitaire ne fût pas exposé nettement dans l'Écriture, car il était à craindre qu'il ne favorisât le penchant des Israélites au polythéisme.
« [...] Cependant, lorsque l'on étudie avec attention le Talmud, les paraphrases chaldaïques, le Zohar, les anciens commentateurs de l'Ecriture sainte, on ne peut s'empêcher de conclure que le mystère de la Sainte Trinité faisait partie de l'enseignement isotérique de la Synagogue; très fréquemment ils interprètent en ce sens certains passages, qui autrement paraissent obscurs. Jonathan, fils d'Ouziel, qui florissait un peu avant la naissance du Christ, s'exprime ainsi sur ces paroles du Psaume II,7 : "Jéhovah m'a dit : Tu es mon Fils. ''Ces deux, Père et Fils, sont trois en union avec une troisième personne, et ces trois personnes ne forment qu'une substance, qu'une essence, qu'un Dieu."
Dieu peut-il se faire homme ? Un juif du premier siècle répond oui. Philon (20 av. J.-C. - 45 apr. J.-C) dans Contre Caïus, en réponse à Caïus qui voulait qu'on le considère comme Dieu :
''(118) Il ne s'agissait pas d'ailleurs d'une chose sans portée, mais de la plus grave de toutes : faire d'un homme, d'un être engendré et périssable l'image de l'être incréé, éternel ! Les Juifs jugeaient que c'étaient le comble de l'impiété et de la profanation : Dieu se changerait plutôt en homme que l'homme en Dieu.''
Ce passage a été commenté par le professeur Brant Pitre, spécialiste américain du Nouveau Testament,dans son récent livre ''Jesus and Divine Christology'' (2024).
''Philon ne formule pas cette affirmation dans le cadre d'une spéculation théologique abstraite, mais dans le contexte impérial concret d'explication des raisons pour lesquelles le peuple juif dans son ensemble refuse de s'engager dans l'impiété consistant à offrir un culte à l'empereur Caligula en se prosternant (proskynesis) devant lui comme s'il était l'un des dieux (theon) ou des demi-dieux (hemitheon).
En bref : dans le contexte d'une confession sans équivoque du monothéisme et de la monolâtrie juives primtives, Philon déclare qu'il serait plus probable que le Dieu unique devienne un être humain plutôt qu'un être humain devienne Dieu !''
''Étonnamment, la déclaration capitale de Philon selon laquelle le Dieu d'Israël pourrait éventuellement devenir un être humain n'est pas seulement ignorée dans les principales ouvrages sur le Jésus historique ; elle est ignorée dans les principales études sur le monothéisme juif et la théologie christique primitive. Pourtant elle est extrêmement importante. En effet, si un monothéiste juif du premier siècle comme Philon pouvait affirmer que le Dieu unique d'Israël pouvait devenir humain, alors il est contextuellement plausible pour un monothéiste juif du premier siècle comme Jésus de Nazareth de suggérer que les prophéties scripturaires sur la venue de Dieu s'accomplissent (d'une manière ou d'une autre) en sa propre personne.'' (Brant Pitre, ibid., pp. 276-277.)
Alors le Seigneur Dieu dit au serpent : « [...] Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci te meurtrira la tête, et toi, tu lui meurtriras le talon. »
Dieu donne à la femme "une mission eschatologique. C'est dans la descendance de la femme que doit venir Celui qui écrasera la tête du Serpent" (Gn 3, 14-15). Or, ce rôle éminent ne peut être compris sans le christianisme, puisque Jésus naîtra de la Vierge Marie, qui est la 'nouvelle Ève'. Le christianisme valorise ainsi la femme. [...] La femme se sera 'Mère du Fils', c'est-à-dire 'Mère de Dieu', ce qui est annoncé dans la Genèse, mais ne s'accomplit qu'avec le Christ.
"Sans l'Incarnation, pas de Rédemption, [...] la femme ne rachèterait pas le péché originel. Mais par une femme, la Vierge Marie, femme réelle, le Féminin portera le Sauveur qui rachètera le Péché originel. (Alain PASCAL, L'Intelligence du Christianisme, tome 2 De la Révélation à l'apostasie, ibid., p. 58-59; 81.)
"[...] [L]a Genèse n'acquiert son sens qu'avec l'Incarnation." (Alain PASCAL, L'Intelligence du Christianisme, tome 2ibid. p. 81.),
Après la Chute, la chair est corrompue (l'humain devient mortel), l'âme aussi. Elle est déchue de son état primordial, la communion spirituelle avec Dieu. D'où la nécessité du Fils pour la Rédemption de l'humanité. Il descendra dans la condition humaine par la femme (Marie la nouvelle Ève et viendra restaurer l'état primordial, la communion avec Dieu, non plus seulement le Père, mais aussi le Fils et le Saint-Esprit. La Trinité est donc nécessaire à la compréhension de la Genèse, c'est ce qui fait l'intelligence supérieure du christianisme." (Alain PASCAL, L'Intelligence du Christianisme, tome 2 De la Révélation à l'apostasie, ibid., p. 65.)
Le Fils "Sagesse" et "Parole" de Dieu dans le Livre des Proverbes chapitre 8 (Cf. Gn 1,3 ; et Prologue de Saint Jean 1,1-14)
''01 N’est-ce pas la Sagesse qui appelle, la raison qui élève sa voix ? ... 07 Oui, c’est la vérité que je ne cesse d’annoncer, mes lèvres ont la malice en horreur. 08 Lesparolesde ma bouche ne sont que justice ; en elles, rien d’oblique ni de retors. 22 … Moi la sagesse … 23 Avant les siècles j’ai été formée, dès le commencement, avant l’apparition de la terre. 24 Quand les abîmes n’existaient pas encore, je fus enfantée, quand n’étaient pas les sources jaillissantes. 25 Avant que les montagnes ne soient fixées, avant les collines, je fus enfantée, 26 avant que le Seigneur n’ait fait la terre et l’espace, les éléments primitifs du monde. 27 Quand il établissait les cieux, j’étais là, quand il traçait l’horizon à la surface de l’abîme, 28 qu’il amassait les nuages dans les hauteurs et maîtrisait les sources de l’abîme, 29 quand il imposait à la mer ses limites, si bien que les eaux ne peuvent enfreindre son ordre, quand il établissait les fondements de la terre. 30 Et moi, je grandissais à ses côtés. Je faisais ses délices jour après jour, jouant devant lui à tout moment, 31 jouant dans l’univers, sur sa terre, et trouvant mes délices avec les fils des hommes.
32 Et maintenant, fils, écoutez-moi. Heureux ceux qui gardent mes chemins ! 33 Écoutez l’instruction et devenez sages, ne la négligez pas. 34 Heureux l’homme qui m’écoute, qui veille à ma porte jour après jour, qui monte la garde devant chez moi. 35 Qui me trouve a trouvé la vie, c’est une bienveillance du Seigneur. 36 Qui m’offense se fait tort à lui-même : me haïr, c’est aimer la mort !"
Le Livre des Proverbes, chapitre 30, 1-4(que la tradition attribue à Salomon 970-931 av. J.-C., roi d'Israël), annonce le Fils de Dieu :
"Paroles d’Agour, fils de Yaqé, de Massa. Oracle de cet homme pour Ytiel, pour Ytiel et Oukal.
"[...] Qui est monté au ciel et en est descendu ? Qui a retenu le vent au creux de sa main ? Qui a serré les eaux dans son manteau ? Qui a fixé toutes les limites de la terre ? Quel est son nom ? Quel est le nom de son fils ? Sans doute, tu le sais !"
Au Psaume 109 (110), 7, David écrit: "Oracle du Seigneur à mon seigneur : « Siège à ma droite, * et je ferai de tes ennemis le marchepied de ton trône. »" Et lorsque Jésus interroge les pharisiens qui se trouvaient réunis, il leur demande : « Quel est votre avis au sujet du Christ ? de qui est-il le fils ? » Ils lui répondent : « De David. » Jésus leur réplique : « Comment donc David, inspiré par l’Esprit, peut-il l’appeler “Seigneur”, en disant : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : “Siège à ma droite jusqu’à ce que j’aie placé tes ennemis sous tes pieds” ? Si donc David l’appelle Seigneur, comment peut-il être son fils ? Personne n’était capable de lui répondre un mot et, à partir de ce jour-là, nul n’osa plus l’interroger. » (Mt 22, 41-46)
Dieu apparaît à Abraham sous la forme de trois hommes, lorsqu'il lui annonce sa descendance (Gn 18,10), à savoir Isaac, image du christianisme futur ("Car Abraham doit devenir une nation grande et puissante, et toutes les nations de la terre doivent être bénies en lui." Gn 18,18). Et Abraham s'adresse à Dieu apparu sous la forme de trois hommes en disant "Mon Seigneur" au singulier.
Saint Justin au IIe siècle avance que l'ange qui parle à Abraham pourrait être Jésus lui-même.
S. Augustin dans De la Trinité, Livre 2, chapitre 10 et suivants évoquela rencontre d'Abraham sous le chêne de Mambré (Genèse XVIII) avec trois hommes, dont un lui promet qu'il aura un fils, une préfiguration de la Trinité : il note en effet que bien qu'il y ait trois personnes, Abraham s'adresse à eux au singulier.
01 Aux chênes de Mambré, le Seigneur apparut à Abraham, qui était assis à l’entrée de la tente. C’était l’heure la plus chaude du jour.
02 Abraham leva les yeux, et il vit trois hommes qui se tenaient debout près de lui. Dès qu’il les vit, il courut à leur rencontre depuis l’entrée de la tente et se prosterna jusqu’à terre.
03 Il dit : « Mon seigneur, si j’ai pu trouver grâce à tes yeux, ne passe pas sans t’arrêter près de ton serviteur.
04 Permettez que l’on vous apporte un peu d’eau, vous vous laverez les pieds, et vous vous étendrez sous cet arbre.
05 Je vais chercher de quoi manger, et vous reprendrez des forces avant d’aller plus loin, puisque vous êtes passés près de votre serviteur ! » Ils répondirent : « Fais comme tu l’as dit. »
06 Abraham se hâta d’aller trouver Sara dans sa tente, et il dit : « Prends vite trois grandes mesures de fleur de farine, pétris la pâte et fais des galettes. »
07 Puis Abraham courut au troupeau, il prit un veau gras et tendre, et le donna à un serviteur, qui se hâta de le préparer.
08 Il prit du fromage blanc, du lait, le veau que l’on avait apprêté, et les déposa devant eux ; il se tenait debout près d’eux, sous l’arbre, pendant qu’ils mangeaient.
09 Ils lui demandèrent : « Où est Sara, ta femme ? » Il répondit : « Elle est à l’intérieur de la tente. »
La sainte Trinité au chêne de Mambré, icône russe d'Andreï Roublev.
Paul L. B. Drach qui commente le chapitre 18 de la Genèse écrit : ''Le texte hébreu du chapitre 18 de la Genèse proclame continuellement, d'un bout à l'autre, la Trinité et l'unité de Dieu. [...] Quelques rabbins prétendent que ce sont tout simplement trois anges sous forme humaine, qui ont reçu l'hospitalité du patriarche. Outre que le texte dit positivement que Jéhova lui-même apparut à Abraham, il n'est pas fait mention d'anges une seule fois dans tout ce récit. (Mais de trois HOMMES. Gn 18,2. Ndlr.)
"[...] Abraham avait accompagné pendant un espace de chemin les hommes quand ils se retirèrent. ("Les hommes se levèrent pour partir et regardèrent du côté de Sodome. Abraham marchait avec eux pour les reconduire."Gn 18,16) Ce n'est que dans le chapitre suivant qu'il est parlé d'anges qui se transportèrent à Sodome. Les deux anges arrivèrent à Sodome, le soir. (Gn 19,1) Ces deux anges n'étaient donc pas les trois Personnes d'Abraham. Si donc le texte du chapitre 18,16 dit: Cum ergo surrexissent inde Viri, direxerunt oculos contra Sodomam (Quand les hommes se furent levés de là, ils tournèrent les yeux vers Sodome), il faut l'expliquer que le Seigneur décida d'y envoyer ces anges.'' (De l'Harmonie entre l'Eglise et la Synagogue, tome 1, Paul Mellier éditeur, Paris 1844, lecture en PDF p. 447-449 et 565-566)
Le texte ne distingue pas initialement YHWH des trois hommes
Genèse 18:1-2 : "Et YHWH lui apparut… Et il leva les yeux, et voici : trois hommes se tenaient devant lui…"
Il n’est pas dit que YHWH était à part des trois hommes.
Le texte juxtapose : "YHWH apparut" → "et voici trois hommes".
C’est un enchaînement narratif direct, sans séparation. Le texte n’introduit pas YHWH d’un côté et trois hommes distinctement de l’autre. Tous mangent y compris YHWH
Genèse 18:8 :
"Il leur présenta le veau… et ils mangèrent."
Les trois mangent, sans distinction.
YHWH, dans cette scène, partage le repas un élément fortement incarné, qui défie l’interdit habituel d’une manifestation physique de Dieu (cf. Exode 33:20).
Cela suggère une présence corporelle de YHWH assumée dans l’un des trois sans exclure les deux autres de la scène divine. Les deux “hommes” sont ensuite appelés “anges” (Genèse 19:1)
Mais cette identification vient après, pas dans Genèse 18.
Rien ne dit dans Genèse 18 que ces deux étaient simplement des anges avant leur départ.
Au contraire, jusqu’au verset 22, ils sont toujours appelés “hommes” (anashim) et YHWH parle directement dans la même forme que les “hommes”.
Genèse 18:22 "Les hommes s’éloignèrent… mais Abraham se tenait encore devant YHWH."
On découvre a posteriori que les deux qui partent sont anges.
Mais le troisième homme est appelé YHWH, et n’est jamais désincarné dans la scène.
Genèse 18:8 "Et il se tint près d’eux sous l’arbre, et ils mangèrent (וַיֹּאכֵלוּ)."
-Le texte ne dit pas : “deux mangèrent”, mais "ils mangèrent" → tous les trois.
-Or, au verset 1, il est dit : "YHWH lui apparut" → donc il est encore là.
-Il n’est pas mentionné que YHWH s’est soudain éclipsé pour laisser trois anges seuls manger ! D’ailleurs, dans Midrash Bereshit Rabbah 48:10, Rabbi Hama bar Hanina commente : "C’est le Saint, béni soit-Il, qui s’est montré à Abraham sous la forme d’un homme".
Le Midrash Rabbah (Bereshit Rabbah 50-51) commente d'ailleurs ce passage de Gn 18,8 comme énigmatique, expliquant que YHWH est venu avec deux “accompagnants”, mais le texte reste mystérieux quant à leur nature exacte.
Le Zohar lui-même décrit une unité tripartite de la Divinité, analogue à cette scène:
Zohar I, 102a sur Genèse 18 :
"Ces trois hommes ne sont autres que les trois degrés suprêmes qui se manifestent dans le monde inférieur. […] Ils sont trois, mais ils sont Un, et ils ne se séparent jamais."
Même le Zohar des juifs le confirme ;
Zohar (I, 102a-103a) aborde la triple apparition comme révélant les trois visages de Dieu sans être trinitaire, mais polysémique :
"Trois hommes ce sont les trois degrés suprêmes de la Divinité qui sont unis dans l’Unité."
Le Zohar précise qu’il ne faut pas comprendre ces 3 comme 3 dieux distincts, ni même comme 3 personnes.
Mais personne ne dit que ce sont trois personnes "indépendantes"; Il s’agit de trois hypostases de Dieu (plutôt que trois "personnes") en une personne (ou essence) divine (ousia).
Genèse 19:23-24 mentionne: "23 Le soleil se levait sur le pays et Loth entrait à Soar, 24 quand le Seigneur fit tomber du ciel sur Sodome et Gomorrhe une pluie de soufre et de feu venant du Seigneur."
Ce YHWH qui était apparu visiblement à Abraham fait pleuvoir du feu depuis YHWH qui se trouve dans les ciel, donc la conclusion la plus cohérente = 2 hypostases de YHWH.
2 anges appelés Seigneur" (Gn 18,3) qui commandent au 3eme en Gn 19.24 quand le Seigneur fit tomber "du ciel" sur Sodome et Gomorrhe une pluie de soufre et de feu venant "du Seigneur".
Dans le Zohar (Berechit I, 22a), ce verset est commenté comme une interaction entre les Sefirot (aspects divins).
La pluie de feu vient de Gevoura (la sévérité), mais par décision de Tiferet (la miséricorde tempérée).
Le Zohar affirme même que :
"Le YHWH d’en bas agit avec la force du YHWH d’en haut, et les deux ne sont qu’Un dans le Saint Nom."
Ce que le Zohar affirme fait penser à Exode 23:20 23:20 ou YHWH et l’ange de YHWH sont unis par un Seul Nom: "Je vais envoyer un ange devant toi pour te garder en chemin et te faire parvenir au lieu que je t’ai préparé.21Respecte sa présence, écoute sa voix. Ne lui résiste pas : il ne te pardonnerait pas ta révolte, car mon nom est en lui."
Les juifs nazaréens (antitrinitaires) reconnaissent que Jésus est le Messie, le Verbe (Logos) incarné, une émanation de Dieu, et une certaine "divinité" du Christ, mais disent qu’il n'est pas une personne divine distincte, coéternelle et consubstantielle au Père (une Trinité avec le Père et le St Esprit au sens du christianisme orthodoxe nicéen). Ce qui revient à nier la divinité du Christ puisque Dieu est eternel. Pour eux, les hypostases ne sont pas non plus des personnes (de la Trinité), mais pour le Christianisme orthodoxe, elles ne sont pas un mode impersonnel... Et les juifs nazaréens n’ont pas de réponse cohérente lorsque on leur demande alors comment ils définissent une personne/hypostase telle que le Fils. Leur raisonnement revient à nier la divinité du Christ qui ne serait pas coéternel, tout en affirmant une certaine divinité du Christ.
Or le cadre conceptuel de l’interprétation trinitaire du christianisme orthodoxe est plus logique, il donne un sens cohérent et global à tout l’ancien testament qui prépare symboliquement l’arrivée du Messie. D’ailleurs le mot hébreu utilisé est יִכָּרֵת מָשִׁיחַ (Yikkaret Mashiaḥ) = "le Messie sera retranché".
Cela renvoie à un Messie qui souffre, puis disparaît avant la venue de jugement divin.
Ce schéma fait écho à Genèse 18–19 :
YHWH (sous forme humaine) annonce à Abraham le jugement de Sodome.
Ensuite, le jugement tombe par une manifestation céleste (Gen 19:24). Le Messie retranché de Dan 9:26 est la présence divine retirée, mais ayant été incarnée auparavant (comme YHWH chez Abraham). Le Messie dans Daniel 9 est à la fois humain et lié à la Divinité:
-Il vient avant le jugement,
-Il intervient pour expier les fautes (Dan 9:24),
-Il est retranché (image du sacrifice),
Et sa venue marque le scellement de la prophétie.
Cela correspond à l’apparition de YHWH dans Genèse 18 :
-Il descend en forme humaine,
-/Il annonce un jugement moral,
-Et il accepte l’intercession, jusqu’à un point.
Philon, membre d'une riche famille royale et peut-être sacerdotale d'Alexandrie (vers 15-10 avant J.-C. - vers 50 après J.-C.), a consacré ses volumineux écrits à la préservation des traditions juives concernant la Loi, les cinq premiers livres de la Bible, dans un cadre philosophique, en partant du principe que la meilleure philosophie grecque était inférieure à l'enseignement de Moïse. Parmi ces traditions, on trouve le commentaire suivant sur Genèse 18,2 : "Et [Abraham dans les plaines de Mamré] leva les yeux et regarda, et voici que trois hommes se tenaient près de lui.
"Lorsque ... l'âme est éclairée par Dieu comme en plein midi, .... elle perçoit alors une triple image d'un sujet, une image du Dieu vivant, et d'autres des deux autres, comme si elles étaient des ombres irradiées par lui."
Le mot ombre n'est pas proprement applicable à Dieu, mais c'est une façon de parler pour rester au plus près de la vérité. Ainsi :
"Celui qui est au milieu est le Père de l'Univers, qui, dans les écritures sacrées, est appelé par son nom propre, Je suis ce que je suis ; et les êtres de chaque côté sont ces puissances les plus anciennes qui sont toujours proches du Dieu vivant, dont l'une est appelée sa puissance créatrice, et l'autre sa puissance royale...."
La Trinité chez les Chrétiens
De l'Église judaïque, le signe de la croix est passé dans l'Église chrétienne
Les premiers fidèles, frappés de l'ancienne manière de bénir avec la figure de la croix, ont été facilement instruits par les apôtres de la signification mystérieuse de ce signe, et naturellement portés à le continuer, en y ajoutant les divines paroles qui en donnent l'explication.
C'est "depuis le IIe siècle, (que le) terme de Trinité (est) utilisé par les théologiens pour exprimer la réalité du Dieu unique, vivant en trois personnes, Père, Fils et Saint-Esprit." (Dominique Le Tourneau, Les Mots du christianisme, Bibliothèque de Culture religieuse, Fayard, La Flèche 2005, p. 629.)
Les grands théologiens chrétiens de l'époque pré-nicéenne particulièrement dignes de mérite, évoquant la sainte Trinité, sont Justin, Irénée, Tertullien, Cyprien, Origène.
L'un des premiers chrétiens à employer le terme de "Trinité" est Théophile d'Antioche, septième évêque de l'Église d'Antioche au IIe siècle, dans son ouvrage Autolycus, une apologie de la foi chrétienne qui a été conservée, où l'auteur s'adresse à un païen pour le moins sceptique, qui ne semble pas manifester la moindre sympathie pour les chrétiens et ce qu'il croit savoir d'eux.
Dans son éloquent plaidoyer présenté à l'empereur Antonin vers l'an 120, saint Justin s'exprime ainsi : "Nous honorons en esprit et en vérité le Père et le Fils et le Saint-Esprit." (Apolog., I, n° 6.) Ce que Justin avait dit à Rome, quelques années plus tard, saint Irénée l'enseignait dans les Gaules. "Ceux, dit-il, qui secouent le joug de la loi et se laissent emporter à leurs convoitises, n'ayant aucun désir du Saint-Esprit, l'apôtre les appelle avec raison des hommes de chair." (Cité par S. Basile, en preuve de la divinité du Saint-Esprit. Lib. de Spir. sanct., c. XXIX, n° 72).
À la même époque, Athénagore d'Athènes (133-190) demandait : "N'est-il pas étrange qu'on nous appelle athées, nous qui prêchons Dieu le Père et Dieu le Fils et le Saint-Esprit ?" (Legat. pro christian, n° 12 et 24.)
À propos dubaptême, S. Cyprien de Carthage (200-258) évoque dans sa Lettre 73 les hérétiques tels Marcion, qui ne croient pas dans la Trinité de Mt 28,19, et il dit que "c'est seulement à ceux qui sont les chefs dans l'Église, et dont l'autorité repose sur la loi évangélique et l'institution du Seigneur, qu'il est permis de baptiser et de donner la rémission des péchés, tandis qu'au dehors rien ne peut être ni lié ni délié, puisqu'il n'y a personne qui ait le pouvoir de lier ou de délier.'' (Lettre 73)
Eusèbe de Palestine (265-340), pour s'encourager à parler, disait : "invoquons le Dieu des prophètes, auteur de la lumière, par notre Sauveur Jésus-Christ avec le Saint-Esprit." (Ap. Basil., ibid.) (Cf. Mgr Jean-Joseph GAUME, Traité du Saint-Esprit, 1864, Rééd. Éditions Saint-Rémi, 2019, p. 373-374.)
"Au IVe siècle, les conciles de Nicée (325) et de Constantinople (381) ont contribué à la formulation précise des concepts employés communément pour présenter la doctrine sur la Sainte Trinité : un Dieu unique, qui dans l'unité de sa divinité est Père, Fils et Esprit Saint." (Jean-Michel Garrigues, Père, Fils et Esprit Saint, Catéchèses de Jean-Paul II sur la Trinité, Éditions Parole et Silence, 2000, p. 53.)
Le concept de la Trinité dans les textes du Nouveau Testament et chez les Pères
La Trinité dans la Salutation de l'Ange à la Vierge Marie
Luc 1,35 "L’ange lui répondit : L’ESPRIT-SAINT viendra sur toi, et la puissance du TRES-HAUT te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé FILS de Dieu."
La Trinité dans la salutation de Saint Paul Apôtre aux fidèles en2 Corinthiens 13,13
Que la grâce du Seigneur Jésus Christ (1)
l’amour de Dieu(2)
et la communion du Saint-Esprit(3)
soient avec vous tous.
En 1 P 1,2, la Trinité dans l'adresse de Saint Saint Pierre à ceux qui ont sont désignés d'avance parDieu le Père (1)
et sanctifiés par l'Esprit(2), "pour entrer dans l’obéissance et pour être purifiés par le sang de Jésus Christ" (le Fils) (3).
Au rapport de S. Basile, le pape saint Clément, troisième successeur de S. Pierre, martyrisé vers l'an 100, avait coutume de faire cette prière : 'Vive Dieu(1) et Notre-Seigneur Jésus-Christ (2) et le Saint-Esprit! (3)' (Apolog., I, n° 6).
La Trinité dans l'annonce du Paraclet par Jésus
Jean 15,26 "Quand viendra le Défenseur, que JE vous enverrai d’auprès du PÈRE, lui, l’ESPRIT de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur."
"Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom duPère, et du Fils, et du Saint-Esprit,"
Les Pères de l'Eglise et les théologiens observent que Jésus-Christ a dit au nom sans se servir du pluriel, afin de marquer l'unité de la nature divine.
Quand les évangélistes abordent le thème de la conversion des nations au nom de la sainte Trinité sans le mot, ils s'en emparent comme d'un point de doctrine déjà manifeste, admis dans la croyance de la loi ancienne.
"Le baptême de Jésus lui-même dans le Jourdain est le lieu d'une théophanie trinitaire, la manifestation subite de la transcendance divine, exprimée dans le langage de l'Ancien Testament. L'Esprit se révèle sous la forme d'une colombe qui descend sur Jésus pour montrer qu'il habite en lui. Le Père authentifie sa mission en déclarant : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé qui a toute ma faveur" (Mt 3, 17). Il s'agit d'une révélation du Père, du Fils et de l'Esprit et c'est au nom de cette Trinité, révélée au baptême de Jésus, que tout chrétien sera baptisé." (Bernard Sesboüé, Invitation à croire, Paris, Cerf, 2009, p. 71.)
Sur une haute montagne, le Christ a révélé sa divinité à trois de ses apôtres. La voix qui parle, c'est le Père disant de Jésus qu'il est son "Fils bien-aimé" et la nuée est le Saint-Esprit. "Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : 'Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le !' "(Mc 9:2-10)
"Cet Évangile, que Dieu avait promis d’avance par ses prophètes dans les saintes Écritures,
concerne son Fils qui, selon la chair, est né de la descendance de David
et, selon l’Esprit de sainteté, a été établi dans sa puissance de Fils de Dieu par sa résurrection d’entre les morts, lui, Jésus Christ, notre Seigneur.
07 En effet, ils sont trois qui rendent témoignage,
08 l’Esprit, l’eau et le sang, et les trois n’en font qu’un.
Selon la Vulgate, I Jean 5,7 mentionne en fait :
7 Car ils sont trois qui rendent témoignage dans le ciel : le Père, le Verbe et l'Esprit-Saint; et ces trois sont une seule chose.
8 Et ils sont trois qui rendent témoignage sur la terre, l'esprit, l'eau et le sang : et ces trois sont une seule chose.
Comment expliquer l'omission de la mention "le Père, le Verbe et l'Esprit-Saint; et ces trois sont une seule chose" du verset 7, mention présente dans la Vulgate, mais enlevée dans les Bibles modernes ?
La Bible de Jérusalem explique dans une note e à propos du verset 7 de I Jean 5 que ''le texte des v. 7 est surchargé dans la Vulgate par une incise (ci-dessous entre parenthèses) absente des manuscrits grecs anciens, des vieilles versions et qui semble être une glose marginale introduite plus tard dans le texte : Car il y en a trois qui témoignent (dans le ciel : le Père, le Verbe et l'Esprit-Saint, et ces trois sont un).
L'Encyclopédie théologique, Dictionnaire de théologie de Nicolas Bergier, explique :
''Nous savons que l'authenticité du verset 7 est contestée, […] il ne se trouve point, disent-ils, dans le très grand nombre des anciens manuscrits; il a donc été ajouté dans les autres par des copistes téméraires. Mais il y a aussi des manuscrits non moins anciens dans lesquels il se trouve. On conçoit aisément que la ressemblance des premiers et des derniers mots du verset 7 avec ceux du verset 8 a pu donner lieu à des copistes peu attentifs de sauter le septième; mais qui aurait été l'écrivain assez hardi pour ajouter au texte de Saint Jean un verset qui n'y était pas ?
"Une preuve que la différence des manuscrits est venue d'une omission involontaire, et non d'une infidélité préméditée, est que, dans plusieurs, le verset 7 est ajouté à la marge, de la propre main du copiste.
"En second lieu, dans le verset 6, l'Apôtre a déjà fait mention de l'eau, du sang et de l'esprit qui rendent témoignage à Jésus-Christ : est-il probable qu'il ait répété tout de suite la même chose dans le verset 8, sans aucun intermédiaire ? L'ordre et la clarté du discours exigent absolument que le verset 7 (complet, celui de la Vulgate. Ndlr.) soit placé entre deux.
"Enfin, ceux qui soutiennent que le 7e verset est une fourrure, sont obligés de soutenir que ces mots du verset 8, sur la terre, ont encore été ajoutés au texte, parce qu'ils sont relatifs à ceux du verset précédent, dans le ciel. C'est pousser trop loin la témérité des conjonctures.
"Ce qu'il y a de certain, c'est qu'au IIIe siècle, près de cent ans avant le Concile de Nicée, Tertullien et saint Cyprien ont cité ces mots du verset 7, ces trois sont un, le premier, lib. Contre Praxéas ou sur la Trinité = Adversus Praxeam (rédigé en 213), c. 2 ; le second, lib. De Unitate Eccl., p. 196. Nous n'avons point de manuscrits qui datent d'aussi loin.
- chez Théophile d'Antioche, évêque d'Antioche, dans on ouvrage Autolycus, une apologie de la foi chrétienne qui a été conservée;
- en passant par Saint Justin au IIe siècle ("Nous honorons en esprit et en vérité le Père et le Fils et le Saint-Esprit". Apolog., I, 6);
- saint Irénée de Lyon ("Ceux qui secouent le joug de la loi et se laissent emporter à leurs convoitises, n'ayant aucun désir du Saint-Esprit, l'apôtre les appelle avec raison des hommes de chair", cité par S. Basile, en preuve de la divinité du Saint-Esprit, Lib. de Spir. Sanct. C., XXIX, n°72)
- ou encore Athénagore d'Athènes (133-190) qui demandait : "N'est-il pas étrange qu'on nous appelle athées, nous qui prêchons Dieu le Père et Dieu le Fils et le Saint-Esprit ?" Legat. pro christian, n° 12 et 24).
- Eusèbe de Palestine(265-340), qui pour s'encourager à parler, disait au IIIe s.: "invoquons le Dieu des prophètes, auteur de la lumière, par notre Sauveur Jésus-Christ avec le Saint-Esprit." (Ap. Basil.,ibid, in Mgr Jean-Joseph GAUME,Traité du Saint-Esprit, 1864, Rééd. Éditions Saint-Rémi, 2019, p. 373-374).
14 Mais leurs pensées se sont endurcies. Jusqu’à ce jour, en effet, le même voile demeure quand on lit l’Ancien Testament ; il n’est pas retiré car c’est dans le Christ qu’il disparaît ;
15 et aujourd’hui encore, quand les fils d’Israël lisent les livres de Moïse, un voile couvre leur cœur.
16 Quand on se convertit au Seigneur, le voile est enlevé.
17 Or, le Seigneur, c’est l’Esprit, et là où l’Esprit du Seigneur est présent, là est la liberté.
09 Or, vous, vous n’êtes pas sous l’emprise de la chair, mais sous celle de l’Esprit, puisque l’Esprit de Dieu habite en vous. Celui qui n’a pas l’Esprit du Christ ne lui appartient pas.
11 Ils cherchaient quel temps et quelles circonstances voulait indiquer l’Esprit du Christ, présent en eux, quand il attestait par avance les souffrances du Christ et la gloire qui s’ensuivrait.
01 Celui qui croit que Jésus est le Christ, celui-là est né de Dieu ; celui qui aime le Père qui a engendré aime aussi le Fils qui est né de lui.
02 Voici comment nous reconnaissons que nous aimons les enfants de Dieu : lorsque nous aimons Dieu et que nous accomplissons ses commandements.
03 Car tel est l’amour de Dieu : garder ses commandements ; et ses commandements ne sont pas un fardeau,
04 puisque tout être qui est né de Dieu est vainqueur du monde. Or la victoire remportée sur le monde, c’est notre foi.
05 Qui donc est vainqueur du monde ? N’est-ce pas celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ?
06 C’est lui, Jésus Christ, qui est venu par l’eau et par le sang : non pas seulement avec l’eau, mais avec l’eau et avec le sang. Et celui qui rend témoignage, c’est l’Esprit, car l’Esprit est la vérité.
07 En effet, ils sont trois qui rendent témoignage,
08 l’Esprit, l’eau et le sang, et les trois n’en font qu’un.
"L'Esprit est l'Esprit du Père et du Fils. Il est la communion du Père et du Fils. L'Esprit est possédé par le Père et par le Fils, mais différemment. Le Père le possède en le donnant, le Fils en le recevant et en partageant le pouvoir de l'envoyer dans le monde. Si le Père engendre dans l'Esprit et fait être le Fils, le Fils lui aussi, en aimant, provoque l'amour du Père qui l'engendre aussi dans cet amour. Dieu le Père révèle le Fils et se révèle lui-même en donnant le Fils au monde dans la Pâque. (François-Xavier DURRWELL, La Trinité, Le Père engendre le Fils dans l'Esprit, Cerf, Paris 2021, p. 24-25.)
De l'unité du Père et du Fils :
Un épisode de Jésus arrivant à Jérusalem avec ses disciples, avant sa Passion, révèle la divinité de Jésus qui s'approprie la puissance de Dieu de rassembler les enfants de Jérusalem; en employant le "je", il dit : "Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous n’avez pas voulu !" (Mt 23, 37)
Ailleurs, Jésus s'approprie de nouveau une autre puissance qui n'appartient qu'à Dieu, celle de disposer de la vie :
"Ce que fait celui-ci (le Père), le Fils le fait pareillement. ... Comme le Père, en effet, relève les morts et les fait vivre, ainsi le Fils, lui aussi, fait vivre qui il veut." (Jn 5, 19-21).
Comme le Père dispose de la vie, ainsi le Fils en dispose aussi. (Jn 5, 26).
C’est pourquoi, de plus en plus, les Juifs cherchaient à le tuer, car non seulement il ne respectait pas le sabbat, mais encore il disait que Dieu était son propre Père, et il se faisait ainsi l’égal de Dieu. (Jn 5, 18)
Les paroles prophétiques du deuxième Psaume parlent du Fils qui est de la même substance que le Père, du Fils engendré par le Père dans le mystère ineffable de sa divinité, dans l'aujourd'hui éternel de la très sainte Trinité : Je proclame le décret du Seigneur ! + Il m'a dit : "Tu es mon fils ; moi, aujourd'hui, je t'ai engendré." (Ps 2,7 ).
Le Fils vit par le Père, d'abord parce qu'il a été engendré par lui. Il y a une relation étroite entre la paternité et la filiation, en vertu de la génération : "Tu es mon Fils ; moi, aujourd'hui je t'ai engendré" (He I, 5). De même une phrase semblable du livre de Samuel : « Je serai pour lui un père et il sera pour moi un fils », est un témoignage de l'Ancien Testament. (2 S 7,14)
Non pas créé, mais engendré éternellement par le Père, de façon spirituelle. Un peu comme notre esprit humain, dans la connaissance qu'il a de soi, produit une image de lui-même, une idée conçue ou concept, le Fils est le "concept" ou le Verbe intérieur de Dieu, son reflet éternel. (Jean-Michel Garrigues, Père, Fils et Esprit Saint, Catéchèses de Jean-Paul II sur la Trinité, Éditions Parole et Silence, 2000, p. 43-44.)
"Selon l'évangile de saint Jean, le Fils-Verbe était au commencement avec Dieu, et le Verbe était Dieu (Jn 1, 1-2). Nous avons le même concept dans l'enseignement apostolique. Le Fils est de la même nature que le Père parce qu'il est le Verbe de Dieu." (Jean-Michel Garrigues, Père, Fils et Esprit Saint, Catéchèses de Jean-Paul II sur la Trinité, Éditions Parole et Silence, 2000, p. 45-46.)
Jésus lui-même n'a cessé de révéler son propre mystère par toute une série de paroles inouïes et fortes, accompagnées de signes : "Avant qu'Abraham existât, Je suis" (Jn 8,58) ; "Qui m'a vu a vu le Père" (Jn 14 : 9) ; "le Père et moi, nous sommes UN." (Jn 10,30) ; "Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi" (Jn 14,11)
Jn 8, 14-16 "Jésus leur répondit : "Oui, moi, je me rends témoignage à moi-même, et pourtant mon témoignage est vrai, car je sais d’où je suis venu, et où je vais ; mais vous, vous ne savez ni d’où je viens, ni où je vais.
Vous, vous jugez de façon purement humaine. Moi, je ne juge personne.
Et, s’il m’arrive de juger, mon jugement est vrai parce que je ne suis pas seul : j’ai avec moi le Père, qui m’a envoyé.
I Jean 2 : 22-23 ... Celui-là est l’anti-Christ : il refuse à la fois le Père et le Fils ; quiconque refuse le Fils n'a pas non plus le père.
Jean 14 : 16-17 La Pentecôte ou envoi de l'Esprit-Saint sur les Apôtres :
16 Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous :
17 l’Esprit de vérité, lui que le monde ne peut recevoir, car il ne le voit pas et ne le connaît pas ; vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous.
Jean 15, 26 L'Esprit-Saint est envoyé par Jésus lui-même (lorsque le Fils sera remonté vers le Père) :
26 Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur.
Cela signifie que Jésus disposera de l'Esprit-Saint en vertu de sa filiation, et que l'Esprit qui procède du Père procède aussi de lui, en tant qu'il est le Fils. Jésus reconnaît implicitement que l'Esprit dont la source est dans le Père jaillit aussi du Fils éternel, puisque Jésus pourra le donner dans sa gloire, où il jouira pleinement du privilège filial.
Jésus suppose ainsi l'ordre trinitaire lorsque, encore plus explicite, il dit : "L'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom" (Jn 14,26). Le 'nom' exprime ce qu'il y a de plus profond dans la personne du Christ, sa qualité de Fils. La formule 'en mon nom' indique la parfaite communion entre le Père et le Fils dans la mission de l'Esprit : le Père est à l'origine de cette mission; le Fils enverra donc l'Esprit 'd'auprès du Père' (Jn 15,26); mais le Fils, lui aussi, est principe de cet envoi : c'est donc 'au nom du Fils', en vertu de son union avec le Fils, que le Père enverra l'Esprit; le Père et le Fils sont l'un et l'autre le principe de cette mission du Paraclet. Le Fils partage donc toute la gloire du Père, celle de posséder et celle d'émettre l'Esprit-Saint. (François-Xavier DURRWELL, La Trinité, Le Père engendre le Fils dans l'Esprit, Cerf, Paris 2021, p. 359.)
"Nous rejoignons ici des questions qui ont une importance clé dans l'enseignement de l'Église sur la Sainte Trinité. L'Esprit Saint est envoyé par le Père et par le Fils, après que le Fils, ayant accompli sa mission rédemptrice est rentré dans sa gloire (Jn 7,39), explique encore Jean-Michel Garrigues dans "Père, Fils et Esprit Saint, Catéchèses de Jean-Paul II sur la Trinité" (Éditions Parole et Silence, 2000, p. 56.)
"Dans l'Esprit qui est l'Amour, réside la source de tout don envers les créatures, qui trouve en Dieu sa source : le don de l'existence à travers la création, le don de la grâce à travers l'économie du salut." (Jean-Michel GARRIGUES, Père, Fils et Esprit Saint, Catéchèses de Jean-Paul II sur la Trinité, ibid., p. 63.)
L'amour signifie cela : vouloir le bien, adhérer au Bien. Le refus du mélange entre le bien et le mal, entre les volontés divines et les volontés du démon, la conformité de la volonté de l'homme avec la loi morale permettent de faire des actes béatifiants et de conduire l'homme au bonheur pour lequel il a été créé : Dieu.
"'Dieu est Amour' (1 Jn 4,8), dira Saint Jean. Il en est la plénitude et la source toujours jaillissante, pour le bien de ses créatures et spécialement pour le bonheur de l'homme." (Catéchèses de Jean-Paul II sur la Trinité, ibid., p. 88.)
"Finalement, Jésus est mort parce que, jusqu'à la fin, y compris devant le Sanhédrin, il a rendu témoignage à la vérité sur sa filiation divine. Il a ainsi affermi la foi de ses disciples, et la nôtre." (Jean-Michel Garrigues, Père, Fils et Esprit Saint, Catéchèses de Jean-Paul II sur la Trinité, Éditions Parole et Silence, 2000, p. 38.)
Une lettre du IIe siècle évoque la Trinité, sans le mot : l'an 169, les fidèles de Smyrne écrivent à ceux de Philadelphie l'admirable lettre dans laquelle ils racontent que saint Polycarpe, leur évêque et disciple de saint Jean, près de souffrir le martyre, a rendu gloire à Dieu en ces termes : 'Père de votre bien-aimé Fils Jésus-Christ, béni soit-il, Dieu des anges et des puissances, Dieu de toute créature, je vous loue, je vous bénis, je vous glorifie, par Jésus-Christ votre Fils bien-aimé, pontife éternel, par qui gloire à vous avec le Saint-Esprit, maintenant et aux siècles des siècles.' (Epist. Smyrn. Eccl. apud Baron., an 169.)
Fin 2e siècle,
>Tatien le Syrien (120-173) dans son apologie "Aux Grecs", écrit que "Dieu était dans le principe, et le principe est la puissance du Verbe, nous en avons reçu l'enseignement. (Gn 1,1-3) Le Seigneur de toutes choses, puisqu'il est lui-même le fondement de l'univers, au temps où la Création n'était pas encore advenue, était seul." (Aux Grecs V, 1). D'après A. Puech, (Recherches sur le Discours aux Grecs de Tatien suivies d'une traduction française du Discours, Paris, Alcan, 1903, p. 56-57) : "le principe est la puissance du Logos, instrument de la Création; le Logos, son Verbe, sa raison, est immanent à lui, mais ne forme pas encore une puissance distincte. Dieu est simple avant d'avoir émis le Logos, mais son Logos ne se perd pas lorsqu'il est émis : il devient personne distincte, œuvre du Père, son premier-né." (Premiers écrits chrétiens, Bibliothèque de la Pléiade, éd. Publiée sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, Nrf Gallimard, Lonrai 2017, note 2, p. 1311-1312.)
Tatien poursuit: "et, comme toute puissance, il était lui-même le fondement des choses visibles et invisibles, avec le Verbe, et fonda toutes choses avec lui par sa puissance verbale. [...] [L]e Verbe, sans avancer dans le vide, advient comme œuvre première-née du Père." (Aux Grecs V, 1-2)
"[...] L'esprit de Dieu n'est pas chez tous, mais seulement chez quelques-uns qui se comportent avec justice. [...] et celles (les âmes) qui obéissaient à la sagesse attiraient à elles l'esprit auquel elles sont apparentées." (Aux Grecs XIII, 5)
>le document À Diognèteadressé aux élites cultivées de l'empire romain (une apologie de nature protreptique car il culmine par une exhortation à embrasser le christianisme) évoque la Création du monde en développant Jn 1,2-3 en ces termes :
"Il n'a pas envoyé aux humains [...] un quelconque subordonné, un ange, un archonte, l'un de ceux qui s'occupent des choses terrestres ou l'un de ceux à qui a été confiée l'administration des cieux, mais bienl'artisan et auteur de l'univers. C'est par celui-ci que Dieu a créé les cieux... C'est par lui que toutes choses ont été ordonnées. [...] Voilà celui que Dieu leur a envoyé." (À Diognète, VII, 2, in Premiers écrits chrétiens, Bibliothèque de la Pléiade, éd. Publiée sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, Nrf Gallimard, Lonrai 2017, p. 815.)
Saint Paul aux Colossiens 1,16, lui-même, avait dit ; "EN lui, tout fut créé, dans le ciel et sur la terre. Les êtres visibles et invisibles, Puissances, Principautés, Souverainetés, Dominations, tout est créé PAR lui et POUR lui."
Scutum Fidei, bouclier ou écusson de la Trinité, illustration de la première partie du Symbole d'Athanase
Au Ve siècle, la conception trinitaire du symbole Quicumque, ou Symbole d'Athanase (298-373), fortement augustinienne, est utilisée par les Latins lors de la querelle du Filioque au IXe siècle. Ce symbole qui n'appartient pas à l'Église grecque qui ne l'a connu que fort tard, proclame notamment : "L’Esprit Saint est du Père et du Fils : ni fait, ni créé, ni engendré, mais procédant."
"Nous adorons un Dieu dans la Trinité et la Trinité dans l'unité, sans confondre les Personnes ni diviser la substance: autre est en effet la Personne du Père, autre est celle du Fils, autre celle du Saint-Esprit; mais UNE est la divinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit, égale la gloire, co-éternelle la majesté. [...] Il faut vénérer l'unité dans la Trinité et la Trinité dans l'unité."
"L'Esprit Saint n'est ni façonné, ni créé, ni engendré, mais il procède du Père et du Fils.'" (Jean-Michel Garrigues, Père, Fils et Esprit Saint, Catéchèses de Jean-Paul II sur la Trinité, Éditions Parole et Silence, 2000, p. 62.)
Saint Augustin dans De Trinitate affirme en effet que l'Esprit est ''le lien d'amour commun au Père et au Fils'' et qu'il procède de l'un et de l'autre (livres IV et XV). Cette doctrine ne vise pas à faire du Père et du Fils deux principes séparés mais à affirmer leur communion unique dans la spiration de l'Esprit.
L'eau : gaz, liquide et glace
275. Si quelqu'un pense de façon juste à propos du Père et du Fils, mais ne pense pas de façon juste à propos de l'Esprit, il est hérétique. [...]
276. Si quelqu'un, en disant que le Père est Dieu, que son Fils est Dieu et que le Saint-Esprit est Dieu,
partage, et veut dire ainsi des dieux et non pas Dieu, à cause de l'unique divinité et puissance, que nous croyons et savons appartenir au Père, au Fils et au Saint-Esprit ;
s'il excepte le Fils ou l'Esprit Saint, en estimant que seul le Père doit être dit Dieu, et que c'est ainsi qu'il croit en un seul Dieu, il est hérétique en tous ces points. [...]
Dimension, une en trois : Hauteur, largeur et profondeur. De même, le temps est UN en trois: passé, présent ET futur.
Une dimension est trois et ne fait qu'un : Hauteur, largeur, et profondeur. De même, le temps est trois en un : passé, présent et futur. Le feu est flamme, lumière, et chaleur. L'eau est un gaz, un liquide et de la glace.
L'enseignement de l'Église sur la Sainte Trinité. ParS. Augustin (354 - 430), De Trinitate, Livre 1, chapitre 4 :
Tous les interprètes de nos livres sacrés, tant de l'Ancien Testament que du Nouveau que j'ai lus, et qui ont écrit sur la Trinité, le Dieu unique et véritable, se sont accordés à prouver par l'enseignement des Ecritures que le Père, le Fils et l'Esprit-Saint sont un en unité de nature, ou de substance, et parfaitement égaux entre eux. Ainsi ce ne sont pas trois dieux, mais un seul et même Dieu. Ainsi encore le Père a engendré le Fils, en sorte que le Fils n'est point le Père : et de même le Père n'est point le Fils, puisqu'il l'a engendré. Quant à l'Esprit-Saint, il n'est ni le Père, ni le Fils ; mais l'Esprit du Père et du Fils, égal au Père et au Fils, et complétant l'unité de la Trinité. C'est le Fils seul, et non la Trinité entière, qui est né de la vierge Marie, a été crucifié sous Ponce-Pilate, a été enseveli, est ressuscité le troisième jour et est monté au ciel. C'est également le Saint-Esprit seul qui, au baptême de Jésus-Christ, descendit sur lui en forme de colombe, qui après l'Ascension, et le jour de la Pentecôte, s'annonça par un grand bruit venant du ciel et pareil à un vent violent, et qui se partageant en langues de feu, se reposa sur chacun des apôtres (Mt III, 16 ; Ac II, 2-4). Enfin c'est le Père seul et non la Trinité entière qui se fit entendre soit au baptême de Jésus par Jean-Baptiste, soit sur la montagne en présence des trois disciples, lorsque cette parole fut prononcée « Vous êtes mon Fils». Et également ce fut la voix du Père qui retentit dans le temple, et qui dit : « Je l'ai glorifié, et je le glorifierai encore (Mc I, 11) ». Néanmoins comme le Père, le Fils et l'Esprit-Saint sont inséparables en unité de nature, toute action extérieure leur est commune. Telle est ma croyance, parce que telle est la foi catholique.
Comment trois personnes ne font-elles qu'un seul Dieu ?
Mais ici quelques-uns se troublent, quand on leur dit qu'il y a trois personnes en Dieu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, et que ces trois personnes ne sont pas trois dieux, mais un seul et même Dieu. Aussi demandent-elles comment on peut comprendre un tel langage, surtout si vous ajoutez que toute action extérieure est commune à la Trinité entière, et que néanmoins la voix du Père qui s'est fait entendre, n'est pas la voix du Fils, que l'Incarnation n'appartient qu'au Fils qui a pris une chair, qui a souffert, qui est ressuscité et qui est monté au ciel ; et que seul l'Esprit-Saint s'est montré sous la forme d'une colombe. Ces esprits curieux veulent donc comprendre comment la Trinité entière a pu parler par cette voix qui n'est que la voix du Père, comment encore cette même Trinité a créé la chair que le Fils seul a prise dans le sein d'une Vierge, et enfin comment cette colombe sous-laquelle se montra seul l'Esprit-Saint a été l'oeuvre de toute la Trinité. Car autrement, la Trinité n'agirait pas inséparablement, et le Père serait une chose, le Fils une autre, et l'Esprit-Saint une autre. Si au contraire certaines actions sont communes aux trois personnes, et certaines autres propres seulement à chacune d'elles, l'on ne peut plus dire que la Trinité agisse inséparablement. Ils se tourmentent encore pour savoir comment l'Esprit-Saint fait partie essentielle de la Trinité, puisqu'il n'est engendré ni du Père, ni du Fils, quoiqu'il soit l'Esprit du Père et du Fils.
Telles sont les questions dont quelques personnes me poursuivent à satiété. C'est pourquoi je vais essayer de leur répondre, autant que la grâce divine suppléera à mon impuissance, et en évitant de suivre les sentiers d'une jalouse et maligne critique (Sg VI, 25). Si je disais que jamais je ne me préoccupe de ces mystérieuses questions, je mentirais. J'avoue donc que j'y réfléchis souvent, parce que j'aime en toutes choses à découvrir la vérité, et d'un autre côté la charité me presse de communiquer à mes frères le résultat de mes réflexions. Ce n'est point que j'aie atteint le terme, ou que je sois déjà parfait, car si l'apôtre saint Paul n'osait se rendre ce témoignage, pourrais-je le faire, moi qui suis si éloigné de lui ? «Mais oubliant, selon ma faiblesse, ce qui est derrière moi, et m'avançant « vers ce qui est devant moi, je m'efforce d'atteindre le but pour remporter le prix de la céleste vocation (Ph III, 12.14) ». Quelle distance ai-je donc parcourue dans cette route? à quel point suis-je arrivé ? et quel espace me reste-t-il encore à franchir? voilà les questions auxquelles on désire une réponse nette et précise. Puis-je la refuser à ceux qui la sollicitent, et dont la charité me rend l'humble serviteur ? Mais je prie aussi le Seigneur de faire qu'en voulant instruire mes frères, je ne néglige point ma propre perfection , et qu'en répondant à leurs questions, je trouve moi-même la solution de tous mes doutes. J'entreprends donc ce traité par l'ordre et avec le secours du Seigneur notre Dieu, et je me propose bien moins d'y soutenir d'un ton magistral des vérités déjà connues, que d'approfondir ces mêmes vérités en les examinant avec une religieuse piété.
Consubstantialité des trois personnes
Quelques-uns ont dit que Notre-Seigneur Jésus-Christ n'était pas Dieu, ou qu'il n'était pas vrai Dieu, ou qu'il n'était pas avec le Père un seul et même Dieu, ou qu'il n'était pas réellement immortel parce qu'il était sujet au changement. Mais il suffit pour les réfuter de leur opposer les témoignages évidents et unanimes de nos saintes Ecritures. Ainsi saint Jean nous dit « qu'au commencement était le « Verbe, que le Verbe était avec Dieu, et que le Verbe était Dieu ». Or l'on ne peut nier que nous ne reconnaissions en ce Verbe qui est Dieu, le Fils unique de Dieu, celui dont le même Evangéliste dit ensuite, « qu'il s'est fait chair, et qu'il a habité parmi nous ». Ce qui arriva lorsque par l'incarnation le Fils de Dieu naquit dans le temps de la vierge Marie. Observons aussi que dans ce passage, saint Jean ne déclare pas seulement que le Verbe est Dieu, mais encore qu'il affirme sa consubstantialité avec le Père. Car après avoir dit « que le Verbe était Dieu », il ajoute « qu'au commencement il était avec Dieu, que toutes choses ont été faites par lui, et que rien de ce qui a été fait n'a été fait sans lui » (Jn I, 14, 2.3). Or, quand l'Evangéliste dit que tout a été fait par le Verbe, il entend évidemment parler de tout ce qui a été créé; et nous en tirons cette rigoureuse conséquence que le Verbe lui-même n'a pas été fait par Celui qui a fait toutes choses. Mais s'il n'a pas été fait, il n'est donc pas créature, et s'il n'est pas créature, il est donc de la même substance ou nature que le Père. Et en effet, tout ce qui existe est créature, s'il n'est Dieu; et tout ce qui n'est pas créature, est Dieu, De plus, si le Fils n'est pas consubstantiel au Père, il a donc été créé; mais s'il a été créé, tout n'a donc pas été fait par lui, et cependant l'Evangéliste nous assure que tout a été fait par lui. Concluons donc et que le Fils est de la même substance ou nature que le Père, et que non-seulement il est Dieu, mais le vrai Dieu. C'est ce que saint Jean nous atteste expressément dans sa première épître: « Nous savons, dit-il, que le Fils de Dieu est venu, et qu'il nous a donné l'intelligence, afin que nous connaissions le vrai Dieu, et que nous vivions en son vrai « Fils qui est Jésus-Christ. C'est lui qui est le vrai Dieu et la vie éternelle (I Jn V, 20) ».
Nous pouvons également affirmer que l'apôtre saint Paul parlait de la Trinité entière, et non du Père exclusivement, lorsqu'il disait «que Dieu seul possède l'immortalité (I Tm VI, 16) ». Et, en effet, l'Etre éternel ne saurait être soumis ni au changement, ni à la mortalité; et par conséquent, dès là que le Fils de Dieu « est la vie éternelle », on ne doit point le séparer du Père quand on dit que celui-ci « possède seul l'immortalité ». C'est aussi parce que l'homme entre en participation de cette vie éternelle, qu'il devient lui-même immortel. Mais il y a une distance infinie entre celui qui est par essence la vie éternelle, et l'homme qui n'est immortel qu'accidentellement, et parce qu'il participe à cette vie. Bien plus, ce serait une erreur d'entendre séparément du Fils et à l'exclusion du Père, ces autres paroles du même apôtre : « Il le fera paraître en son temps, Celui qui est souverainement heureux, le seul puissant, le Roi des rois, et le Seigneur des seigneurs, qui seul possède l'immortalité ». Nous voyons, en effet, que le Fils lui-même parlant au nom de la Sagesse, car « il est la Sagesse de Dieu (I Co I, 24) », ne se sépare point du Père, quand il dit : « Seul, j'ai parcouru le cercle des cieux (Si XXIV, 8) ». A plus forte raison, il n'est point nécessaire de rapporter exclusivement au Père et en dehors du Fils, ce mot de l'Apôtre : « Qui seul possède l'immortalité ». D'ailleurs, l'ensemble du passage s'y oppose. « Je vous commande, dit saint Paul à Timothée, d'observer les préceptes que je vous donne, vous conservant sans tache et sans reproche jusqu'à l'avènement de Notre-Seigneur Jésus-Christ que doit faire paraître, en son temps, Celui qui est souverainement heureux, le seul puissant, le Roi des rois, et le Seigneur des seigneurs; qui seul possède l'immortalité, qui habite une lumière inaccessible, qu'aucun homme n'a pu ni ne peut voir, et à qui est l'honneur et la gloire aux siècles des siècles. « Amen (I Tm VI, 14.15.16) ». Remarquez bien que dans ce passage l'Apôtre ne désigne personnellement ni le Père, ni le Fils, ni l'Esprit-Saint, et qu'il caractérise le seul vrai Dieu, c'est-à-dire la Trinité tout entière par ces mots : « Celui qui est souverainement heureux, le seul puissant, le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs ».
Mais peut-être vous troublez-vous, parce que vous saisissez difficilement ce mot de l'Apôtre : « Qu'aucun homme n'a pu, ni ne peut voir ». Rassurez-vous : il s'agit ici de la divinité de Jésus-Christ; et en effet, les Juifs qui ne pouvaient voir en lui le Dieu, ne laissèrent pas de crucifier l'homme qu'ils voyaient. C'est qu'un oeil mortel ne saurait contempler l'essence divine, et qu'elle n'est aperçue que de l'homme qui s'est élevé au-dessus de l'humanité. Nous avons donc raison de rapporter à la sainte Trinité ces paroles « Le Dieu souverainement heureux et seul puissant, qui fera paraître en son temps Notre-Seigneur Jésus-Christ ». D'ailleurs, si l'Apôtre dit ici que ce Dieu « possède seul l'immortalité », le psalmiste n'avait-il pas dit, « que seul il opère des prodiges ? (Ps LXXI, 18) ». Et maintenant je demanderai à mes adversaires de qui ils entendent cette parole. Du Père seul ? Mais alors comment sera-t-elle véritable cette affirmation du Fils: «Tout ce que le Père fait, le Fils le fait également ? » De tous les miracles ? Le plus grand est certainement la résurrection d'un mort. Eh bien! « Comme le Père, dit Jésus-Christ, ressuscite les morts et les vivifie, ainsi le Fils vivifie ceux qu'il veut (Jn V, 19.21)». Comment donc le Père opèrerait-il seul des prodiges ? et comment pourrait-on expliquer autrement ces paroles qu'en les rapportant non au Père seul, ni au Fils, mais au seul vrai Dieu, c'est-à-dire au Père, au Fils et au Saint-Esprit ? L'apôtre saint Paul nous dit encore: « Il n'y a pour nous qu'un seul Dieu, le Père d'où procèdent toutes choses, et qui nous a faits pour lui; et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui toutes choses ont été faites, et nous par lui ». Or, je le demande, l'apôtre, comme l'évangéliste, n'affirme-t-il pas « que toutes choses ont été faites par le Verbe ? » Et dans cet autre passage, n'est-ce pas aussi ce même Verbe qu'il désigne évidemment ? « Tout est de lui, tout est par lui, tout est en lui. A lui soit la gloire aux siècles des siècles. Amen (Rm XI,36) ». Veut-on, au contraire, reconnaître ici la distinction des personnes, et rapporter au Père ces mots: «Tout est de lui » ; au Fils, ceux-ci : « Tout est par lui » ; et au Saint-Esprit, ces autres : «Tout est en lui ? ». Il devient manifeste que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont un seul Dieu, puisque l'Apôtre attribue à chacune des trois personnes cette même et unique doxologie : « Honneur et gloire aux siècles des siècles. Amen ». Et en effet, si nous reprenons ce passage de plus haut, nous verrons que l'Apôtre ne dit pas « O profondeur des richesses de la sagesse et de la science », du Père, ou du Fils, ou du Saint-Esprit, mais simplement, « de la sagesse et de la science de Dieu! Que ses jugements, ajoute-t-il, sont incompréhensibles, et ses voies impénétrables ! car qui connaît les desseins de Dieu, ou qui est entré dans le secret de ses conseils ? ou qui lui a donné le premier pour en attendre la récompense ? car tout est de lui, tout est par lui, tout est en lui. A lui la gloire aux siècles des siècles. Amen (Rm XI, 33-36) ». Mais si vous ne rapportez ces paroles qu'au Père, en soutenant que seul il a fait toutes choses, comme l'Apôtre l'affirme ici, je vous demanderai de les concilier et avec ce passage de l'épître aux Corinthiens, où, parlant du Fils, saint Paul dit : « Nous n'avons qu'un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui toutes choses ont été faites », et avec ce témoignage de l'évangéliste saint Jean : « Toutes choses ont été faites par le Verbe (I Co III, 6 ; Jn I, 2) ». Et, en effet, supposons que certaines choses aient été faites par le Père, et d'autres par le Fils, il faudrait en conclure que ni l'un ni l'autre n'ont fait toutes choses. Admettez-vous, au contraire, que toutes choses ont été faites ensemble par le Père et par le Fils, vous en déduirez l'égalité du Père et du Fils, et la simultanéité des opérations du Père et du Fils. Pressons encore cet argument. Si le Père a fait le Fils qui lui-même n'a pas fait le Père, il n'est plus vrai que le Fils ait fait toutes choses. Et cependant tout a été fait par le Fils donc il n'a pas été fait lui-même ; autrement il n'aurait pas fait avec le Père tout ce qui a été fait. Au reste, le mot lui-même se rencontre sous la plume de l'Apôtre; car dans l'épître aux Philippiens, il dit nettement « que le Verbe ayant la nature de Dieu, n'a point cru que ce fût pour lui une usurpation de s'égaler à Dieu (Ph II, 6) ». Ici saint Paul donne expressément au Père le nom de Dieu, ainsi que dans cet autre passage : «Dieu est le Chef de Jésus-Christ (I Co, XI, 3) ».
Quant au Saint-Esprit, ceux qui avant moi ont écrit sur ces matières, ont également réuni d'abondants témoignages pour prouver qu'il est Dieu et non créature. Mais s'il n'est pas créature, il est non-seulement Dieu dans le même sens que quelques hommes sont appelés dieux (Ps LXXXI, 6) ; mais il est réellement le vrai Dieu. D'où je conclus qu'il est entièrement égal au Père et au Fils, consubstantiel au Père et au Fils, coéternel avec eux, et complétant l'unité de la nature dans la trinité des personnes. D'ailleurs, le texte des saintes Ecritures qui atteste le plus évidemment que le Saint-Esprit n'est pas créature, est ce passage de l'épître aux Romains, où l'Apôtre nous ordonne de servir non la créature, mais le Créateur (Rm I, 24). Et ici saint Paul n'entend pas nous prescrire ce service que la charité nous recommande envers tous nos frères, et que les Grecs nomment culte de dulie; mais il veut que ce soit ce culte qui n'est dû qu'à Dieu seul, et que les Grecs appellent culte de latrie. Aussi regardons-nous comme idolâtres tous ceux qui rendent aux idoles ce culte de latrie, car c'est à ce culte que se rapporte ce précepte du Décalogue: «Vous adorerez le Seigneur votre Dieu, et vous ne servirez que lui seul (Dt VI, 13) ». Au reste, le texte grec lève ici toute difficulté, car il porte expressément: « Et vous lui rendrez le culte de latrie ».
Or, si nous ne pouvons rendre à une créature ce culte de latrie, parce que le Décalogue nous dit : « Vous adorerez le Seigneur, votre Dieu, et vous ne servirez que lui seul », et si l'Apôtre condamne ceux qui ont servi la créature plutôt que le Créateur», nous sommes en droit de conclure que le Saint-Esprit n'est pas une créature, puisque tous les chrétiens l'adorent et le servent. Et en effet, saint Paul dit « que nous ne sommes point soumis à la circoncision, parce que nous servons l'Esprit de Dieu », c'est-à-dire, selon le terme grec, que nous lui rendons le culte de latrie (Ph III, 3). Telle est la leçon que donnent tous ou presque tous les manuscrits grecs, et qui se trouve également dans plusieurs exemplaires latins. Quelques-uns cependant portent : nous servons Dieu en esprit, au lieu de lire : nous servons l'Esprit de Dieu. C'est pourquoi, sans me préoccuper de prouver à mes adversaires l'authenticité d'un texte dont ils récusent la valeur, je leur demanderai s'ils ont jamais rencontré la plus légère variante dans ce passage de la première épître aux Corinthiens : « Ne savez-vous pas que vos corps sont le temple du Saint-Esprit, que vous avez reçu de Dieu? » Mais ne serait-ce point un blasphème et un sacrilège que d'oser dire que le chrétien, membre de Jésus-Christ, est le temple d'une créature inférieure à Jésus-Christ ? Or, l'Apôtre nous affirme, dans un autre endroit : « que nos corps sont les membres de Jésus-Christ ». Si donc ces mêmes corps, membres de Jésus-Christ, sont également les temples de l'Esprit-Saint, celui-ci ne saurait être créature. Et, en effet, dès là que notre corps devient le temple de l'Esprit-Saint, nous devons rendre à cet Esprit le culte qui n'est dû qu'à Dieu, et que les Grecs nomment culte de latrie. Aussi saint Paul a-t-il raison d'ajouter: « Glorifiez donc Dieu dans votre corps (I Co VI, 19.1.20).
Sainte Trinité, Sanctuaire Mont Sacré de la Sainte Trinité de Ghiffa (Piémont, Italie)
Au VIIIe s., Jean Damascène synthétise la tradition patristique (notamment Basile le Grand, Grégoire de Nazianze et les conciles). Son enseignement insiste sur l'unité de substance (consubstantialité) et la distinction des hypostases (personnes), tout en rejetant les hérésies comme le sabellianisme (ou modalisme), et l'arianisme:
"Les hypostases [de la Trinité] habitent l'une dans l'autre, sans confusion aucune, mais en s'unissant étroitement, selon la parole du Seigneur : "Je suis dans le Père et le Père est en moi" (Jn 14, 11). On ne peut admettre aucune différence de volonté, de jugement, d'énergie, de puissance ou de quoi que ce soit qui, chez nous, produise une séparation réelle et absolue. C'est pourquoi nous ne disons pas trois Dieux : le Père, le Fils et le Saint-Esprit, mais un seul Dieu, la sainte Trinité, le Fils et l'Esprit étant rapportés à une seule cause, sans composition ni fusion selon la synérèse de Sabellius." [Jean Damascène, Exposition exacte de la foi orthodoxe, Livre I, chapitre 8 et suiv.]
"Les hypostases sont les unes dans les autres ... sans fusion, mixion ou mélange"
La périchorèse (du grec ancien : περιχώρησις, perikhōrēsis, « rotation ») ou circumincession est la relation entre chaque personne du Dieu trinitaire chrétien (Père, Fils et Saint-Esprit). Cette relation est une union consubstantielle (les trois personnes ne forment qu'une seule substance) dans un mouvement incessant d’amour par lequel le Père engendre le Fils dans l’Esprit. Une communion si parfaite que le Père est dans le Fils, le Fils dans le Père, l'Esprit en eux, et pourtant chacun reste distinct: pas de confusion, pas de mélange. Une unité parfaite dans la distinction (diversité). Et cette unité est solide. Elle se manifeste à plusieurs niveaux:
-l'Unité d'essence divine
-l'Unité de volonté divine
-l'Unité d'action divine.
La Trinité chez Saint Bonaventure († 1274)
"Les deux degrés précédents nous ont conduits jusqu'en Dieu par ses vestiges, eux par lesquels il brille en toutes les créatures; [...] [C]'est dans le Saint (EX 26, 34-35), à savoir la partie antérieure du tabernacle, que nous devons nous efforcer de voir Dieu par le miroir où, à la façon d'un chandelier, la lumière de la vérité brille sur la face de notre esprit, en qui resplendit l'image de la bienheureuse Trinité (cf. Ps 4,7)
"Entre donc en toi-même et vois que ton esprit s'aime lui-même avec la plus grande ferveur, et qu'il ne pourrait s'aimer s'il ne se connaissait, qu'il ne se connaîtrait pas s'il ne souvenait de lui-même, car nous ne comprenons rien par l'intelligence qui ne soit présent auprès de notre mémoire. Et à partir de cela, remarque, non par l'œil de la chair, mais par l'œill de la raison, que ton âme a une triple puissance. Considère donc les opérations et dispositions de ces trois puissances, et tu pourras voir Dieu par toi comme par une image, ce qui est voir par un miroir et en énigme (1 Co 13,12.)" (Saint Bonaventure, Itinéraire de l'esprit jusqu'en Dieu, Vrin, Paris 2019, p. 83-85.)
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La Sainte Trinité chez le Bienheureux Henri Suso († 1366)
"Écoute : un sage maître dit que Dieu, considéré selon sa divinité, est comme un très vaste cercle dont le centre est partout et la circonférence nulle part. Considère maintenant en imagination quelqu'un qui jette avec force une lourde pierre au milieu d'une eau tranquille; un cercle se forme dans l'eau et, par sa propre force, ce cercle en produit un autre, et celui-là un autre, et les cercles sont vastes et larges selon la puissance du premier jet; la puissance du jet pourrait être si grande qu'elle couvrirait toute l'eau. Vois sous l'image du premier cercle la puissance active de la nature divine dans le Père, qui est infinie; celle-ci, semblable à elle-même, engendre un autre cercle selon la personne, et c'est le Fils, et ces deux Personnes produisent la troisième, et c'est l'Esprit tout-puissant. Voilà ce que représentent les trois cercles : Père, Fils, Saint-Esprit."
La comparaison est très répandue au Moyen-Âge. On la trouve dans des recueils où elle est attribuée à Empédocle. Elle a été reprise par saint Thomas (De verit., q. 2 art. 3, ad 11) et par saint Bonaventure (Itinéraires, V. 8). (Source: La Vie, L III, dans Le Bienheureux Henri SUSO, Œuvres traduites par Jeanne ANCELET-HUSTACHE, Les Maîtres de la Spiritualité chrétienne, Textes et études, Aubier, Paris 1943, p. 252 et 268.)
Les conséquences sont immensesen théologie comme en sociologie.
La Trinité permet de comprendre l'Incarnation et nous révèle quelque chose de fondamental sur la nature de Dieu lui-même: sa nature profonde n'est pas la solitude d'une monarque isolé mais la relation, une communion d'amour éternel. C'est comme cela que Dieu est et qu'Il se fait connaître. "Dieu, Son Verbe et Son Esprit, sont un seul et même Dieu", résume Jean Damascène.
Si le coeur même de la réalité (Dieu), le principe de tout (Dieu) n'est pas un un solitaire mais un trois en relations, une communion. Que cela nous dit-il sur le monde qui nous entoure ?
Que cela nous dit-il sur nous-mêmes ?
La relation est-elle inscrite au plus profond de la structure même de l'Univers?
Le philosophe Luc Ferry a pu dire: "L'homme, comme Dieu, est un être de relations, comme enfant, comme époux, dans l'entreprise, dans les associations, etc. Dieu lui-même est un être de relations, chacune des trois personnes de la Trinité est en relation avec les deux autres. Et la vocation de l'homme est de se mettre au service de ses proches et de ses semblables, tout comme Dieu s'est mis au service de l'humanité en commençant par s'incarner dans la crèche." Luc Ferry: "L’argent honni… et adoré !", Le Figaro, 27 décembre 2024
Le mystère trinitaire inspire donc non seulement le théologien mais aussi des réflexions sur la société, l'Eglise et les relations humaines: une unité qui respecte et intègre la légitime diversité fondée sur l'amour réciproque des personnes divines.
"Cet Un unique a trop d'opérations et trop de diversité, ou bien comment se peut-il faire qu'il soit Un et absolument simple avec tant de multiplicité ? [...] Tout cette multiplicité est sans fond et sa base une simple unité (mêmes expressions chez Eckhart). [...] J'appelle fond la source et l'origine qui produit les diffusions. [...] C'est la nature et l'essence de la divinité; et dans cet abîme sans fond, la Trinité des Personnes reflue dans son unité, et là, toute multiplicité est en quelque sorte supprimée. [...] Qu'est-ce donc qui lui donne la première impulsion de son opération ? [...] C'est sa force et sa puissance. [...] C'est la nature divine dans le Père." (Le Livre de la Vérité II, inLe Bienheureux Henri SUSO, Œuvres traduites par Jeanne ANCELET-HUSTACHE, Les Maîtres de la Spiritualité chrétienne, Textes et études, Aubier, Paris 1943, p. 279.)
"La Sainte Trinité des personnes divines, c'est l'article fondamental de toute notre foi chrétienne... Sur cet article de la Trinité est fondée l'Incarnation... sur cet article est fondée la mission du Saint-Esprit, et sur celle-ci toute notre justification [passage de l'état de péché à l'état de grâce]...." (Saint François de Sales, cité in Aimé RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réforme, François-Xavier de Guibert, Paris 2013, p. 89.)
La Trinité nous a appris à penser la transcendance et la dialectique de l'un et du multiple, de l'individuel et du collectif, à partir de la grande synthèse permise par saint Augustin, puis saint Thomas d'Aquin.
Ainsi, dans notre civilisation, "les rois voulaient unir en respectant les traditions et les particularités locales, sans user de violence. Ils cherchaient à supprimer de façon graduelle, et tout en les tolérant d'abord, les frontières administratives, financières, douanières, etc., qui séparaient les diverses provinces de France. Les révolutionnaires, sans comprendre que la variété est une forme de la liberté, et peut-être la plus essentielle pour chacun, s'orientaient vers une unité dans l'uniformité. Le niveau, emblème de la Maçonnerie, correspondait à leur projet principal". (Bernard FAY, La Grande révolution 1715-1815, Le Livre contemporain, Paris 1959, p. 244.)
Le mystère de la Trinité, trois personnes en un (Père, Fils et Saint-Esprit), l'unité dans la diversité, cet incompréhensible, a été pendant deux millénaires en Occident le modèle qui a imprégné notre mode de développement. Le mystère de la Trinité est l'antidote à l'unité dans l'uniformité, ce modèle jacobin hérité de 1789.
Récemment,dans une médiation où Léon XIV appelle à dépasser les querelles théologiques dans sa Lettre apostolique In Unitate Dei 2025, le Pape a pu dire :
"Le Credo de Nicée [...] nous propose en effet un modèle de véritable unité dans la diversité légitime. Unité dans la Trinité, Trinité dans l'unité, car l'unité sans multiplicité est tyrannie, la multiplicité sans unité est désagrégation."
Le premier dimanche après la Pentecôte est institué pour honorer la Très Sainte Trinité
Dans l'Église primitive, aucun office ou jour spécial n'était attribué à la Sainte Trinité.
Lorsque au IVe siècle, l'hérésie arienne se répandit, les Pères préparèrent un office avec des cantiques, des répons, une préface et des hymnes, à réciter le dimanche.
Dans le Sacramentaire de Saint Grégoire le Grand (PL, LXXVIII, 116) il y a des prières et la Préface de la Trinité. Les Micrologies (PL, CLI, 1020), rédigées sous le pontificat de Grégoire VII (Nille, II, 460), appellent le dimanche après la Pentecôte un Dominique vacans, sans Office spécial, mais ajoutent qu'en certains endroits on récite l'Office de la Sainte Trinité composée par l'évêque Étienne de Liège (903-20). Par d'autres l'Office était dit le dimanche avant l'Avent. Alexandre II (1061-1073), et non III (Nilles, 1. c.), a refusé une pétition pour une fête spéciale au motif qu'une telle fête n'était pas d'usage dans l'Église romaine qui honorait quotidiennement la Sainte Trinité par le Gloria, Patri, etc., mais il n'en interdisait pas la célébration là où elle existait déjà.
Jean XXII (1316-1334) a ordonné la fête pour toute l'Église le premier dimanche après la Pentecôte. Un nouvel office avait été créé par le franciscain John Peckham, chanoine de Lyon , plus tard archevêque de Cantorbéry (mort en 1292). La fête classée double de seconde classe, mais fut élevée à la dignité de primaire de première classe, le 24 juillet 1911, par Pie X (Acta Ap. Sedis, III, 351). Les Grecs n'ont pas de fête spéciale. Comme c'est après la première grande Pentecôte que la doctrine de la Trinité a été proclamée au monde, la fête suit convenablement celle de la Pentecôte. (Encyclopédie catholique, New Advent)
PRATIQUE.
Écoutons donc l'avertissement de l'apôtre Paul : "Ne contristez pas l'Esprit Saint de Dieu, qui vous a marqués de son sceau pour le jour de la Rédemption. (Ep 4,30). Laissons nous conduire par Lui. Il nous guide sur la "voie" qu'est le Christ vers la rencontre béatifiante avec le Père.
Jean-Michel Garrigues, Père, Fils et Esprit Saint, Catéchèses de Jean-Paul II sur la Trinité, Éditions Parole et Silence, 2000, p. 56-57.
Source image : Bible et Savoir https://www.youtube.com/watch?v=WXf3WgNGEOg
Fêtée le 30 mai ou le dernier dimanche de mai dans le calendrier liturgique catholique. (Cette fête ne doit pas être confondue avec la "fête nationale de Jeanne d'Arc" ou "fête du patriotisme" instituée par la IIIe "république" en 1920, le deuxième dimanche de mai.)
C'est pour redonner un roi à la France occupée par les Anglais que la bergère de Domrémy, dans les Vosges, se met en marche et conduit le jeune Charles VII à son sacre à Reims en 1429.
Née en 1412 [1] [2], elle n'a pas dix-sept ans quand, à l'écoute des voix de Saint Michel et des saintes Catherine et Marguerite, commence son aventure.
"Jeanne d'Arc est un défi divin jeté au naturalisme.C'est tout baume pour les coeurs meurtris par les haines sociales; c'est la France sollicitée de se remettre sur la voie de la France de Charlemagne et de saint Louis; c'est le ciel tout entier se présentant pour l'y soutenir et la faire avancer. [...] Dès lors se réaliserait dans sa plénitude la promesse contenue dans la lettre aux Anglais. "Pour la Chrétienté, les Français feraient le plus bel fait que oncques fut fait.'"[3] Dans cette lettre aux Anglais, Jeanne avertit l’envahisseur anglais, "de quitter sans délai le Royaume de France et de rendre à la Pucelle qui est envoyée ici par Dieu, le Roi du ciel, les clés de toutes les bonnes villes" que les Anglais ont "prises et violées en France." "Elle est toute prête à faire la paix", si les Anglais veulent "lui faire raison, en abandonnant la France et payant pour" ce qu'ils l’ont "tenue". "Et, s’ils ne veulent obéir, je les ferai tous occire ; je suis ici envoyée de par Dieu, le Roi du ciel, pour vous chasser hors de toute la France. [...] Si vous ne voulez croire ces nouvelles de par Dieu et la Pucelle, en quelque lieu que nous vous retrouverons, nous frapperons dedans et y feront un si grand hahay (vacarme) qu’il y a bien mille ans qu’en France si n’y en eut un si grand, si vous ne nous faites raison", écrit Jeanne dans sa lettre. [4][5]
Lors de son procès, Jeanne affirma la visite d’un autre prestigieux archange : saint Gabriel : "Aussi fermement que je crois que Notre-Seigneur Jésus-Christ a souffert la mort pour nous racheter des peines de l’enfer, je crois que c’est saint Michel et saint Gabriel, sainte Catherine et sainte Marguerite que Notre-Seigneur m’envoie pour me conseiller et me réconforter." [6] Elle précisera le 3 mars 1431 qu’elle a vu de ses yeux les deux archanges et le 9 mai qu’elle a reçu réconfort de saint Gabriel : "Oui, croyez que c’était lui, je l’ai su par mes Voix." [7] Elle dira aussi que, bien souvent saint Michel était entouré, quand il lui apparaissait d’une splendide théorie d’anges. [8]
C’est "à la requête de saint Louis et de Charlemagne" que Dieu "a eu pitié de la ville d’Orléans et n’a voulu souffrir que les ennemis eussent le corps du seigneur d’Orléans et sa ville" et "qu’elle avait eu une vision dans laquelle saint Louis et Charlemagne priaient Dieu pour le salut du roi et de cette cité." [9]
De Chinon à Orléans, de Paris à Reims puis à Rouen, Jeanne d'Arc, la Pucelle d'Orléans, respectant toujours l'adversaire, boute l'envahisseur anglais de 1429 à 1430.
Jeanne reconnaît Charles VII
"Dieu aime-t-il les Anglais?" demandera sournoisement son juge à son procès en 1431. "Oui, mais chez eux!" répondra-t-elle.[10]
Jeanne a une foi capable de déplacer les montagnes. Elle communie chaque jour. D'ailleurs, après avoir été privée de l'eucharistie pendant ses six mois de prison à Rouen, elle reçoit le viatique le matin de sa mort et s'exclame : "Il y a si longtemps que je l'attends!"
Une croix permet à Jeanne de monter son cheval
Une lettre qu'un jeune seigneur de Laval écrivit à sa mère et à sa grand'mère, de Selles, en date du 8 juin (1429), montre Jeanne à cheval : "Je la vis monter à cheval armée tout en blanc, sauf la tête, une petite hache en main, sur un grand coursier noir, qui à l'huis (porte) de son logis se démenait fort, et ne souffrait qu'elle montât, et lors elle dit : 'Menez-le à la croix' qui était devant l'église, auprès, au chemin; et lors elle monta sans qu'il se mut, comme s'il était lié; et lors se tourna vers l'huis de l'église qui était bien prochain, et dit en assez voix de femme: 'Vous les prêtres et gens d'église, faites processions et prières à Dieu.'
Un des preux qui avaient combattu avec Jeanne à Orléans et à Patay, Thibaud d'Armagnac, seigneur de Thermes, faisait sous la foi du serment la déposition suivante : 'En dehors de la guerre, Jeanne était la simplicité même; mais elle était le plus habile et le plus expérimenté des capitaines, quand il fallait conduire une armée, la disposer, ordonner la bataille, animer les combattants. Impossible de montrer plus de courage et d'habileté qu'elle ne le fit, à l'assaut des bastilles d'Orléans.'" (Procès, t. III, p. 119-120.) [11]
La prophétie de Jeanne sur l'expulsion des Anglais, et avant sept ans la libération de Paris
"'La France perdue par une femme sera relevée par une vierge venue des marches de Lorraine.' Cette prophétie était populaire en France au moment de l'apparition de l'héroïne. Deux témoins au procès de réhabilitation (1452-1456) rappelaient que Jeanne elle-même, encore à Vaucouleurs, leur avait mis en mémoire cette prédiction comme étant du domaine public. (Procès, t. II. Durand Laxart, p. 444, et Cath. Royer, p. 447.) La Pucelle de manifeste comme favorisée de ces communications depuis son entrée dans la carrière jusques au terme. La prophétie lui ouvre la voie; la prophétie est un des grands moyens par lesquels elle finit par se faire accepter, par lesquels elle se soutient au milieu des envieux, qui ne lui firent pas défaut, même dans son parti.
"Elle est encore aux bords de la Meuse. L'abattement est dans tous les coeurs; le roi de Bourges se demande dans quel pays il peut espérer un asile moins déshonorant, et la jeune villageoise de dix-sept ans annonce que, dans l'année qui va s'ouvrir, elle délivrera Orléans, et fera sacrer le roi à Reims.
"Quand vers le 13 mai 1428, elle voulait que l'on mandât au Dauphin de bien se tenir, de ne pas engager de bataille avant la mi-carême, elle donnait un avis prophétique. Il ne fut pas transmis, ou il n'en fut pas tenu compte. Le 12 février suivant, la honteuse journée des harengs, ou l'ignominieuse défaite de Rouvray, prouvait combien il était fondé. L'annonce de cette déroute de sept ou huit mille Français, maîtres de choisir le terrain, devant quinze cents Anglais embarrassés d'un immense convoi, l'annonce de cette déroute faite par Jeanne à Vaucouleurs, au moment où elle était subie, finit par décider Baudricourt à diriger la jeune fille sur la Loire. Rien de plus dangereux que ce voyage de 150 lieues, à travers un pays ennemi, en plein hiver, lorsque les pillards et les brigands pullulaient partout. Jeanne annonçait qu'il se ferait sans accidents. L'événement justifia pleinement une prédiction jugée par tous de toute invraisemblance. Comme elle l'avait annoncé, elle était avant la mi-carême en chemin vers la cour. Là, sans parler de l'extraordinaire reconnaissance du prince, [...], un cavalier, en la voyant passer, s'échappe-t-il en paroles de souillure et de blasphèmes, elle lui fait cette réponse prophétique : "Ah! Malheureux, tu le renies et tu es si près de la mort!" Une heure après, l'insulteur de Dieu se noyait en passant la rivière. (T. III. Déposition de Paquerel, p. 102.)
Jeanne entre à Orléans, Par J.-J. Scherrer, 1887
"Elle (Jeanne) ne prédit pas seulement la délivrance d'Orléans; mais de nombreuses circonstances du grand événement. Tels, l'introduction du convoi sans aucun obstacle de la part des Anglais, le changement subit dans la direction du vent qui était contraire; le jour de la levée du siège, le genre de mort de Glacidas. Elle connaît surnaturellement les délibérations, les combats engagés, dont on veut lui dérober la connaissance. Dunois dépose qu'il avait donné le signal de la retraite le soir du samedi, désespérant du succès de l'attaque commencée au lever du soleil, quand la Pucelle vint le prier de différer encore un peu, que bientôt ils seraient maîtres de l'imprenable forteresse. Moins d'une heure après, les Français étaient dans les Tournelles. Avant le 22 avril au moins, elle avait annoncé qu'elle achèterait cette conquête par une grave blessure à l'épavie, sans que le succès fût pour cela retardé. [...] Il serait facile de citer d'autres prophéties faites par la Pucelle, à Jargeau, à Patay, à Troyes.
"[...] Une prophétie dont elle connaissait la pleine étendue, qu'elle a répétée avec le courage des anciens prophètes, devant ceux qu'elle faisait trembler, c'est la totale expulsion des Anglais, et avant sept ans un grand échec pour leur cause, c'est-à-dire la perte de Paris. Le 1er mars on venait de lui lire la menaçante lettre par laquelle, deux ans auparavant, elle avait signifié aux envahisseurs d'avoir à lever le siège d'Orléans, et d'évacuer toute France. Voici d'après le procès-verbal, le dialogue qui s'engagea : 'Reconnaissez-vous cette lettre ? - Oui, elle est de moi - N'est-ce pas un seigneur de votre parti qui l'a dictée ? - C'est moi qui l'ai dictée et non pas un seigneur de mon parti.' Et sur-le-champ elle complète sa missive par ces foudroyantes explications : "Avant qu'il soit sept ans, les Anglais subiront un échec autrement grand que celui d'Orléans; ils finiront par tout perdre en France. Ils éprouveront en France des défaites qu'ils n'y ont pas encore éprouvées. Dieu donnera la victoire aux Français. - Comment le savez-vous - Par la révélation qui m'en a été faite; ce sera avant sept ans; je serai bien peinée que ce fût différé jusqu'à sept ans; mais je suis aussi certaine que cela arrivera que je le suis que vous êtes devant moi. - Quand cela arrivera-t-il ? - J'ignore le jour et l'heure." (Procès, t. I, p. 84 et 148.) Moins de six ans après, le 14 avril 1436, l'échec plus grand que celui d'Orléans était subi. Paris, anglais pendant 16 ans, redevenait français. En 1453, à l'exception de Calais, les Anglais avaient tout perdu en France, même Bordeaux et la Guyenne où leur domination était établie et acceptée depuis trois siècles.
[...] Ces prophéties, d'une portée si haute, font partie du procès (1430) qui condamne Jeanne comme inventrice de révélations et d'apparitions menteuses. La voyante a pour témoins et pour secrétaires ses ennemis les plus acharnés. Quel caractère à part d'authenticité!". [12]
"Jeanne voyait aussi des légions invisibles venir à son secours. Son écuyer et maître d'hôtel, le sage d'Aulon, racontait le fait suivant sous la foi du serment au procès de réhabilitation (1452-1456).
Ils assiégeaient la place de Saint-Pierre-le-Moustier. Un premier assaut avait échoué; les guerriers de Jeanne avaient lâché pied et s'étaient enfuis; l'héroïne resta seule aux bords du fossé avec quatre ou cinq hommes d'armes plus courageux. D'Aulon, tout blessé qu'il était, accourt à la vue du péril que court la guerrière; il veut l'entraîner et lui reproche vivement de rester seule.
'Seule, répond Jeanne, je suis en compagnie de cinquante mille guerriers qui combattent pour nous. D'ici ne partirai que la ville ne soit prise;' et elle crie : 'Aux fagots et aux claies tout le monde, afin de faire le pont sur le fossé.' Elle fut écoutée, et incontinent après la ville était prise." (Procès, t. III, p. 218.) [13]
Cet épisode est également rapporté par le Chanoine Henri Debout, dans "Jeanne d’Arc, nouvelle vie populaire illustrée" (Maison de la Bonne Presse, 1907, p. 220) en ces termes : "Les cinquante mille guerriers dont Jeanne parlait étaient des anges de Dieu qui venaient remplacer les soldats fugitifs. Elevant alors la voix, la guerrière s’écria : ‘Aux fagots ! Aux claies, tout le monde, afin de jeter le pont !’ Et voici qu’aussitôt le pont fut établi au grand émerveillement des témoins de cette scène."
Lors de l’interrogatoire du 12 mars 1431, Jeanne affirme que "Les anges viennent beaucoup au milieu des chrétiens sans qu’on les voie ; moi je les ai vus maintes fois au milieu des chrétiens." [14]
L'importance de la confession dans la victoire
"Le premier ordre qu'elle donne en arrivant à Blois, c'est celui de renvoyer des rangs de l'armée les femmes de mauvaise vie, qui y foisonnaient; de se confesser et de mettre la conscience en bon état. Elle promettait la victoire, à l'aide de Dieu, si l'on obéissait.
"Même commandement à son arrivée à Orléans. Elle menaçait de renvoyer de l'armée quiconque ne se serait pas confessé, ou même elle menaçait de se retirer." [15]
À son procès (1430), elle est seule face à 113 évêques, abbés, chanoines et clercs, 20 docteurs en théologie et 22 hommes de loi. Pourtant personne ne la prend en défaut. Répondant aux juges qui lui demandent : "Croyez-vous être en état de grâce?", elle répond avec finesse : "Si je n'y suis, Dieu m'y mette, si j'y suis Dieu m'y garde!"
Jésus pardonne, Jeanne pardonne
Nul ne la sauvera du bûcher le 30 mai 1431. Condamnée à être brûlée vive pour hérésie.
Jeanne d'Arc sur le bûcher, Par J.-J. Scherrer, 1843
"Jeanne, pendant que l'on l'attache au poteau, répète que, quel que soit le jugement que l'on porte de ses révélations, - qu'encore une fois elle affirme divines, - ni son roi, ni aucun des siens ne doivent en être regardés comme les inspirateurs; Jésus pardonne, Jeanne pardonne; Jésus excuses ses bourreaux, Jeanne demande pardon, même aux Anglais, même à Cauchon, si elle les a injustement offensés.
"Jeanne, pendant qu'on l'attache au bûcher, invoque la Vierge, saint Michel, ses saintes; mais lorsque les flammes l'enveloppent, les yeux fixés sur la croix que deux fils de Dominique maintiennent à la hauteur de son regard, elle ne sait plus que lancer au ciel et à la terre le nom de son fiancé: Jésus! Jésus!". [16]
Dans les flammes, on l'entendait répéter, au moins six fois, le nom de Jésus. Et au moment de mourir, elle cria d'une voix très forte : "Jésus!" [17]
Son âme s'échappa de son corps sous la forme d'une colombe, et son cœur ne fut pas touché par les flammes. [18]
"La flamme semblait avoir fait son oeuvre. Les premiers tisons écartés ne laissaient voir que de la cendre et les os calcinés; mais, ô merveille ! sous cet amas fouillé, les viscères et le cœur paraissent intacts. On rallume le foyer incandescent, et on cherche à en activer les ardeurs en y jetant de l'huile et du soufre. Inutiles efforts, le cœur résiste. (Procès, t. 11, p. 7)
"[...] On s'éloignait de la Place du Vieux-Marché en répétant : 'Un grand crime a été commis, on vient de brûler une sainte.' Il n'y avait pas jusqu'au secrétaire du roi d'Angleterre qui ne s'écriât : 'Nous sommes perdus, nous avons fait périr une sainte.' [19] Le bourreau courut au monastère des Pères Dominicains, demandant s'il y avait pardon pour lui au ciel, pour avoir été l'exécuteur du forfait qui venait de se commettre.
Quand le procès en nullité commença en 1452, trois ou quatre témoins firent savoir que le corps de Jeanne ne fut pas plus docile dans la mort qu'il ne l'avait été durant sa vie. "Ainsi, le notaire Manchon apprit de la bouche du bourreau que, 'quand son corps eut été brûlé par le feu, le cœur demeurait intact et plein de sang... les cendres et tout ce qui restait d'elle furent jetés par lui dans la Seine.' Le cœur aussi, en principe. [...] Le pauvre en était stupéfait, comme d'un évident 'miracle'. complète Isembard de la Pierre, qui accompagna Jeanne au bûcher. [...] Dans de nombreuses vies de saints, le martyr meurt, mais son coeur survit parce qu'il est marqué du nom du Christ : le nom de Jésus serait apparu en effet en lettres d'or au-dessus du bûcher ! Les juges de 1456 ne cherchaient pas à fabriquer une sainte, ils ne poursuivirent pas. Mais la légende s'implanta à Rouen. Au XVIIIe siècle, on disait que le coeur de Jeanne était toujours là, dans l'un des couvents mendiants de la ville: chez les Carmes ou, plutôt, chez les Dominicains où le bourreau s'était confessé." [20]
Cinq siècles plus tard, l'Église a réhabilité la mémoire de Jeanne et l'a élevée au rang des Saintes. La démarche fut enclenchée en 1874 par l'évêque d'Orléans, Mgr Dupanloup, tandis que Jeanne d'Arc est déjà entrée dans le panthéon des grandes figures de la nation. [21]
Béatifiée en 1909 et canonisée en 1920, elle a été déclarée Patronne secondaire de la France par un Bref du Pape Pie XI, le 2 mars 1922.
Parmi les miracles reconnus étudiés et étudiés pour la béatification de Jeanne, on en proposa trois: des guérisons survenues de façon miraculeuse chez des religieuses en 1891, 1893 et 1900. Dans chaque cas les prières, les neuvaines à la "vénérable Jeanne d'Arc" avaient été suivies d'une guérison parfaitement inattendue et constatée. Soumis à la Congrégation des rites, ces miracles allaient être reconnus et leur régularité vérifiée par trois séances donnant lieu à trois votes favorables. [...] La cérémonie de béatification fut célébrée à Saint-Pierre de Rome le 18 avril 1909, premier dimanche après Pâques.
À la date de 1884, un député radical, Joseph Fabre, avait pris l'initiative d'une loi en vertu de laquelle "la république française célébrerait annuellement la fête de Jeanne d'Arc, fête du patriotisme; sa proposition, [...] n'avait pas été retenue. Mais, devenu sénateur en 1892, Joseph Fabre faisait voter par le sénat cette même proposition de loi. Elle n'aboutit cependant pas.
Le pape Benoît XV reconnaissait définitivement le 18 mars 1919 la validité des miracles.
Et c'est l'année suivante, le 16 mai 1920, que Jeanne fut reconnue sainte aux yeux de la chrétienté.
L'on ne peut manquer de souligner que l'initiative poursuivie avec obstination par Joseph Fabre de faire de la fête de Jeanne d'Arc une fête nationale se réalisait quelque temps après cette canonisation, le 24 juin 1920. [22]
Le matin du 30 mai 1431, vers 9 heures, Jeanne d’Arc est emmenée sur une charrette vers la place du marché de Rouen. Après avoir été entendue en confession et avoir reçu la communion, une centaine d’hommes escortent la Pucelle de dix-neuf ans vers le bûcher. L’historien Adrien Harmand raconte que « Jeanne est hissée sur le bûcher. À ses instances, on est allé lui chercher la grande croix de la paroisse Saint-Sauveur qu’elle tient étroitement, embrassée en pleurant. Elle ne la quitte que pour la lier à l’estache [poteau] qui surmonte le très haut tas de bois. Isambard de La Pierre, le prêtre qui accompagne la future sainte sur le bûcher, raconte à l’occasion de son procès en réhabilitation : « Elle m’avait prié de descendre avec la croix, une fois le feu allumé, et de la lui faire voir toujours. Ainsi je le fis. ».
La croix devait être exposée en grande pompe pour les fêtes johanniques de Rouen, prévues pour ce mois de mai 2020. La crise du coronavirus en a décidé autrement mais le curé de Rouen, Geoffroy de La Tousche, a profité du déconfinement pour célébrer comme il se doit l’anniversaire du martyre de Jeanne d’Arc et le centenaire de sa canonisation en 1920. Près de 600 ans plus tard et un siècle après sa canonisation, la croix processionnelle vénérée par Jeanne d’Arc, est pour la première fois exposée aux habitants de la ville. Après une présentation à Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, une procession partira de la cathédrale jusqu’à la place du marché. Une messe sera célébrée ce samedi pour commémorer le sacrifice de la sainte. La croix repartira le soir même pour Pont-Saint-Pierre. [23]
Jeanne d'Arc, par Dante Gabriel Rossetti, 1882
J'aime l’Église; je voudrais la soutenir de tout mon pouvoir et mourir pour la foi chrétienne.
Répétons les mots de saint Pie X lors de la béatification de sainte Jeanne d’Arc, le 13 décembre 1908 : "Vous direz aux Français qu’ils fassent leur trésor des testaments de saint Rémi, de Charlemagne et de saint Louis, qui se résument en ces mots si souvent répétés par l’héroïne d’Orléans : Vive le Christ qui est roi de France. A ce titre seulement, la France sera grande parmi les nations. A cette clause, Dieu la protégera et la fera libre et glorieuse."
(1) Colette Beaune, Jeanne d'Arc, Vérités et légendes, Pour en finir avec ceux qui racontent n'importe quoi !, Perrin, Paris, 2008, p. 28; (2) Colette Beaune, Jeanne d'Arc, Perrin, Paris 2004, p. 27; (3) Père J.-B.-J. Ayroles, Jeanne d'Arc sur les autels et la régénération de la France, 1885, Rééd. Éditions Saint-Rémi, Cadillac 2009, p. 368; (4) Des Lettres.fr; (5) Colette Beaune, Jeanne d'Arc, Perrin, Paris 2004, p. 457; (6) Chanoine Henri Debout, Jeanne d’Arc, nouvelle vie populaire illustrée, Maison de la Bonne Presse, 1907, p. 283 ; (7) Joseph Thérol, L’Evangile de Jeanne d’Arc, NEL p. 64 ; (8) Les saints de sainte Jehanne d’Arc par le Révérend Père Joseph d'Avallon – Capucin de Morgon (69) 16 mai 2020 ;(9) Régine Pernoud : « Jeanne d’Arc » Que sais-je ? pp. 199, 201 ; (10) Le Petit Livre des Saints, tome 2, Editions du Chêne, 2011, p. 120 ; (11) Père J.-B.-J. Ayroles, Jeanne d'Arc sur les autels et la régénération de la France, ibid., p. 89-90 ; (12) Père J.-B.-J. Ayroles, Jeanne d'Arc sur les autels, ibid., p. 79-84 ; (13) Père J.-B.-J. Ayroles, Jeanne d'Arc sur les autels, ibid., p. 345-346 ; (14) Joseph Thérol, L’Evangile de Jeanne d’Arc, NEL p. 41 ; (15) Père J.-B.-J. Ayroles, Jeanne d'Arc sur les autels, ibid., p. 91-92 ; (16) Père J.-B.-J. Ayroles, Jeanne d'Arc sur les autels, ibid., p. , p.121 ; (17) Robert Brasillach, Le Procès de Jeanne d'Arc, Nrf Gallimard, dix-neuvième édition, Lagny-sur-Marne 1950, p. 154 ; (18) Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950 ; (19) Père J.-B.-J. Ayroles, Jeanne d'Arc sur les autels, ibid., p. ,122-123 ; (20) Colette Beaune, Jeanne d'Arc, Vérités et légendes, Pour en finir avec ceux qui racontent n'importe quoi !, Perrin, Paris, 2008, p. 201-202 ; (21) Le Point, Jeanne d'Arc : 8 mensonges sur la Pucelle d'Orléans, le 01/05/2017 ; (22) Régine Pernoud, Les Saints au moyen-Âge, La sainteté d'hier est-elle pour aujourd'hui ?, Éditions Plon, Paris 1984, p. 274-276 ; (23)Aleteia.
Il reçoit de son père une sérieuse éducation chrétienne et chevaleresque.
À la mort du jeune roi Henri, héritier du trône de Castille, en 1217, sa mère le fait proclamer roi de Castille et couronner à Valladolid le 31 août 1217.
À 21 ans, en 1219, il épouse Béatrix de Souabe qui lui donnera 10 enfants.
Les Chrétiens étant massacrés ou déportés ou réduits en esclavage dans les cultures en Andalousie ou en Afrique, les royaumes du nord razziés bisannuellement, les richesses accumulées dans les palais des califes tandis que les populations n'en bénéficiaient pas (L. Bertrand, de l'Académie française, Histoire d'Espagne), Ferdinand se soucie durant son règne de lutter contre les hérésies et de faire perdre du terrain à l'islam qui, depuis plusieurs siècles, asservit l'Espagne.
Descendant d'El Cid, cousin du roi Saint Louis, ancêtre d'Isabelle, il procéda à la reconquête du sud de la péninsule ibérique (l'actuelle l'Andalousie) lors de la Reconquista; libéra Cordoue (Espagne du Sud, Andalousie) et Séville (Andalousie) occupées par les Maures depuis cinq siècles et y planta la Croix du Christ.
Pendant son règne, Ferdinand unifia la Castille et León sous une seule couronne en 1230, créant un royaume plus fort et plus centralisé. Il mena des campagnes militaires victorieuses qui permirent la capture de grandes villes, dont Cordoue, Jaén et Séville, élargissant considérablement le contrôle chrétien en Espagne.
En tant que grand saint-guerrier, Ferdinand III attribuait ses victoires à la Bienheureuse Vierge Marie, qu’il appelait "ma Dame". Lors du siège de Séville, un vent miraculeux aida ses navires à briser la chaîne de fer mauresque en travers du fleuve Guadalquivir, ce qui mena à la reddition de la ville. Il reçut également une vision de saint Isidore l’exhortant à poursuivre.
Il se met dans la position la plus dangereuse à chaque bataille, il est régulièrement en infériorité numérique mais ne perd jamais, reprend plus de territoire aux Maures pendant la Reconquista que quiconque.
Il crée une marine espagnole à partir de rien pour achever le siège de Séville.
Il termine virtuellement la Reconquista.
À la mort de son père et après bien des péripéties, il devient également roi de Léon, en septembre 1230.
Peu à peu, il repousse vers l'extrême sud de l'Espagne les limites de l'occupation musulmane par les prises successives de Cordoue, Murcie, Grenade et Séville. La veille des batailles, il passait la nuit en prière. On ne peut douter de la pureté des motifs qui le faisaient agir dans ces guerres : "Seigneur, disait-il, vous savez que je cherche votre gloire et non la mienne". Son principal étendard était une image de la Vierge; il portait à l'arçon de sa selle une statuette devenue célèbre sous le nom de Notre-Dame-des-Batailles, et conservée depuis à Séville.
Dans un combat acharné, on vit, dit-on, à côté de Ferdinand, l'apôtre saint Jacques, monté sur un cheval blanc. Le chef des Maures de Séville, vaincu malgré une nombreuse armée et des remparts formidables, s'écria : "Il n'y a qu'un favori de Dieu qui ait pu, avec si peu de monde, prendre une ville si forte et si peuplée".
Roi modèle et législateur
Comme son cousin Saint Louis, roi de France, jamais il ne chargea ses sujets d'impôts : c'était dans une sévère économie qu'il trouvait de quoi subvenir aux frais de la guerre. Il aimait les lettres. On le considère comme le fondateur de l'Université de Salamanque.
Ferdinand meurt à Séville le 30 mai 1252.
Le roi était alité sur un tas de cendres, une corde au cou, demandant pardon à tous les présents. Il sauta du lit en voyant la Sainte Croix, et après s’être agenouillé devant elle, il décida de donner ses derniers sages conseils à son fils Alphonse X, le Sage.
Après sa mort, son corps resta incorrompu. De nombreux miracles furent rapportés à son tombeau dans la cathédrale de Séville, ce qui conduisit à sa canonisation par le pape Clément X en 1671.
Le pape le nomme Athleta Christi pour sa défense héroïque de la chrétienté (rejoint plus tard par des légendes comme Skanderbeg et Hunyadi)
La fête de Saint Ferdinand est le 30 mai.
Il est le Patron des gouverneurs, des ingénieurs et des faibles taxes.
Statue de Saint Germain dans l'église de Saint-Germain-en-Laye
Saint Germain de Paris, surnommé la "lumière des Gaules", naquit vers l'an 500 près d'Autun en Bourgogne, d'une noble famille gallo-romaine.
Tout jeune, Germain faillit être victime d'une mère dénaturée et d'une grand-mère criminelle ; mais Dieu veillait sur cet enfant de bénédiction et le réservait à de grandes choses. Germain se réfugia près d'un ermite, son oncle, dont il partagea la vie austère, et dont il s'étudia chaque jour à imiter la piété et les vertus.
L'évêque d'Autun, ayant fait sa connaissance, conçut pour lui une très haute estime, et lui donna, malgré les réclamations de son humilité, l'onction sacerdotale, puis le nomma bientôt abbé du monastère de Saint-Symphorien d'Autun. Il se distingua par ses abstinences, ses veilles, ses aumônes. Avec le signe de la croix, il éteignit un incendie qui menaçait de détruire le monastère. Il opéra plusieurs guérisons miraculeuses. (1)
Par ces temps de guerre et de dévastation, les pauvres affluent. Germain, toujours ému à la vue d'un homme dans la souffrance, ne renvoie personne sans lui faire l'aumône, au point qu'un jour il donne jusqu'au dernier pain de la communauté. Les moines murmurent d'abord, puis se révoltent ouvertement. Germain, pleurant amèrement sur le défaut de foi de ses disciples, se retire dans sa cellule et prie Dieu de les confondre et de les corriger. Il priait encore, lorsqu'une dame charitable amène au monastère deux chevaux chargés de vivres, et annonce que le lendemain elle enverra un chariot de blé. La leçon profita aux religieux, qui se repentirent de leur réaction.
Mandé à Paris par le roi des FrancsChildebert, fils de Clovis, il s'y rendit avec cinq religieux.Un jour qu'il était en prière, il voit apparaître un vieillard éblouissant de lumière, qui lui présente les clefs de la ville de Paris : "Que signifie cela ? demande l'abbé. - C'est, répond la vision, que vous serez bientôt le pasteur de cette ville." Quatre ans plus tard, Germain, devient évêque, malgré sa résistance. Il n'en resta pas moins moine toute sa vie, et il ajouta même de nouvelles austérités à celles qu'il avait pratiquées dans le cloître. Après les fatigues d'une journée tout apostolique, son bonheur, même par les temps rigoureux, était de passer les nuits entières au pied de l'autel.
Sa nouvelle dignité n'apporta aucun changement dans sa manière de vivre: on le vit simple, frugal, mortifié et pénitent. Il avait toujours plusieurs pauvres à sa table.
Le roi Childebert, qui jusque-là avait mené une vie peu chrétienne, ne put résister à l'onction des discours du saint : il se convertit, et bannit de sa cour tous les désordres (2).
Un jour Childebert lui envoya six mille solidi d'or. Germain alla immédiatement au palais pour remercier le prince, et durant le trajet il en distribua trois mille aux pauvres qui se présentèrent à lui. "Vous reste-t-il encore de l'argent ? demanda le roi. - J'ai encore la moitié de ce que vous venez de m'envoyer, répondit Germain : il ne s'est point trouvé assez de pauvres sur ma route pour épuiser la somme entière. - Seigneur, reprit le roi, distribuez tout ce qui reste : avec la faveur du Christ, nous aurons toujours de quoi donner." Et, brisant les vases d'or et d'argent qu'il trouva sous sa main, Childebert en remit les précieux fragments à l'évêque. Le saint employait la plus grande partie des nombreuses ressources dont il disposait à payer le rachat des captifs, la rançon des prisonniers, la mise en liberté des esclaves.
Germain eut la plus grande et la plus heureuse influence auprès des rois et des reines qui se succédèrent sur le trône de France pendant son épiscopat ; on ne saurait dire le nombre de pauvres qu'il secourut, de prisonniers qu'il délivra, avec l'or des largesses royales. Dans plusieurs conciles, il fut regardé comme la lumière des Gaules.
Saint Germain intervint dans la vie du roi Caribert qui succéda à Clotaire quand il l'excommunia après ses noces avec Marofève, une religieuse. Sous le règne de Chilpéric Ier, il se montra un homme de paix au milieu des terribles querelles qui opposèrent les reines Frédégonde et Brunehaut.
Il mourut le 28 mai 576, plein de mérites, vers l'âge de quatre-vingts ans.On l'enterra dans son abbaye à côté de deux rois qu'il a connus, Childebert et Caribert. (3)
On lui doit la construction de la célèbreabbaye de Saint-Germain-des-Prés, du nom de la tunique du martyr espagnol qu'elle renfermait, qui deviendra plus tard Saint-Germain-des-Près. Ruinée par les Normands, elle fut reconstruite au XIIe siècle. (4)
Sources : (1); (2) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 148; (3) Saints et Saintes de France, Des premiers martyrs à nos jours, Hatier, Renens 1988, p. 29; (4) Mgr Paul Guérin, Vie des saints pour tous les jours de l'année, Editions D.F.T., Saint-Etienne 2003, p. 321-322.
Lorsque Mgr Vitus Huonder, évêque émérite de Coire, s'est éteint le mercredi de Pâques 2024, la nouvelle qui a surpris une partie du monde catholique n'était pas tant sa mort – il avait 81 ans et sa santé déclinait – que le lieu choisi pour sa sépulture : la crypte du séminaire international Saint-Pie-X d'Écône, dans le canton suisse du Valais. Non pas le panthéon épiscopal de Coire, où reposent ses prédécesseurs, mais les sous-sols du séminaire fondé par Mgr Marcel Lefebvre. Cette décision, communiquée par écrit au diocèse dès 2022 et réitérée oralement à Mgr Joseph Bonnemain et au supérieur général de la Fraternité, le père Davide Pagliarani, quelques jours avant son décès, s'expliquait, selon les termes sobres de Mgr Huonder lui-même : il souhaitait être enterré auprès de l'évêque qui avait tant souffert pour l'Église.
Ce geste posthume a clôturé un parcours personnel qui, replacé dans son contexte, révèle une tendance qu'il convient d'examiner. Car Huonder n'est pas un cas isolé. Un phénomène récurrent, observé avec une certaine appréhension dans les couloirs romains et une satisfaction discrète dans les milieux traditionalistes, se manifeste : les prélats auxquels le Saint-Siège a confié ces dernières années la mission d'entrer en contact avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X reviennent de cette mission profondément transformés. Pas toujours au même degré ni avec les mêmes conséquences, mais avec une constante : une proximité croissante avec les thèses, la sensibilité liturgique et, dans certains cas, les positions doctrinales que la Fraternité défend depuis 1970.
Le mandat de 2015 et la trajectoire Huonder
Huonder a lui-même relaté la genèse de son rapprochement. Dans l'interview accordée à la chaîne Certamen, il explique avoir reçu, le 9 janvier 2015, une lettre du cardinal Gerhard Müller, alors préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, lui demandant d'entamer un dialogue avec des représentants de la Fraternité. L'objectif, selon la lettre, était double : d'une part, établir une relation amicale et humaine ; d'autre part, aborder les questions doctrinales en suspens depuis le concile Vatican II, notamment celles relatives à la liturgie, à l'œcuménisme, aux relations entre l'Église et l'État, au dialogue interreligieux et à la liberté religieuse.
Quatre ans après cette lettre, Huonder présenta sa démission de son poste d'évêque diocésain de Coire, ayant atteint l'âge canonique. Au lieu de se retirer dans une résidence pour prêtres âgés de son diocèse, il demanda – et obtint, avec l'autorisation expresse de la Commission Ecclesia Dei – l'autorisation de rejoindre l'Institut Sancta Maria de Wangs, maison de la Fraternité. Il y passa ses cinq dernières années, célébrant quotidiennement la messe traditionnelle, étudiant l'œuvre de Lefebvre et prêchant sur un ton de plus en plus éloigné de la prudence diplomatique habituelle des évêques émérites.
Il s'exprima en des termes qui méritent d'être cités : il déclara que l'abolition délibérée du rite traditionnel après Vatican II était « une injustice, un abus de pouvoir », et qualifia les dispositions de Traditionis custodes de « chasse aux fidèles ». Dans son célèbre appel au Pontife, il demanda : « Pourquoi retirez-vous le pain aux enfants ? Qu'est-ce qui vous pousse à les laisser mourir de faim ? » Et il conclut son témoignage par une demande formelle : « Je demande justice pour la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X. L'Église devrait présenter ses excuses à cette Fraternité, comme elle l'a fait en d'autres circonstances. »
L'affaire Schneider
L’exemple le plus connu de ce phénomène est celui de Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire de l’archidiocèse Sainte-Marie d’Astana. En 2015, il fut nommé par la Commission Ecclesia Dei pour participer à une visite apostolique des séminaires de la Fraternité, notamment celui de La Reja en Argentine. Mgr Schneider, déjà reconnu à l’époque pour son attachement à la liturgie traditionnelle, revint de ces visites en étant devenu l’un des interlocuteurs les plus respectueux et les plus compréhensifs de la Fraternité au sein de l’épiscopat en pleine communion.
Ce qui a suivi est public. Schneider a publié, en collaboration avec Angelico Press et dans des entretiens avec des publications telles que The Remnant , des évaluations de plus en plus nuancées des consécrations épiscopales de 1988, a défendu sans ambiguïté le droit des fidèles à la liturgie traditionnelle, a ouvertement remis en question la formulation conciliaire sur la liberté religieuse et a critiqué Traditionis custodes en des termes qui, hormis l'appartenance canonique, ne se distinguent guère des arguments de la Maison générale à Menzingen.
Schneider demeure un évêque en pleine communion avec Rome ; pourtant, son programme doctrinal coïncide essentiellement avec celui de ceux qu'il a été envoyé examiner.
Autre cas
Ce phénomène présente des nuances et ne doit pas être exagéré. Tous les prélats ayant eu des relations avec la Fraternité n'ont pas fini à Écône ou à Wangs. Le cardinal Müller lui-même, signataire de la lettre de 2015, défend des positions doctrinales proches de la tradition, tout en maintenant une nette distance institutionnelle avec la Fraternité.
Mgr Guido Pozzo, ancien secrétaire d'Ecclesia Dei et protagoniste des négociations dans la seconde moitié du pontificat de Benoît XVI et les premières années de celui de François, a défendu à plusieurs reprises la possibilité d'une prélature personnelle pour la Fraternité et a publiquement reconnu son « travail positif dans l'Église », sans toutefois aller jusqu'aux déclarations de Huonder.
À l’opposé, les visiteurs apostoliques de la première période, les années qui ont immédiatement suivi 1988, n’ont pas suivi cette même tendance. La différence semble provenir des contacts systématiques initiés sous Benoît XVI et, surtout, des dialogues doctrinaux de 2009-2011 entre la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et la Fraternité.
Une hypothèse explicative
Qu’est-ce que la Fraternité possède qui produit cet effet sur certains de ses interlocuteurs institutionnels ? L’hypothèse la plus simple, formulée par Huonder lui-même dans son témoignage, est que le contact direct avec l’institution et les écrits de son fondateur réfute l’image médiatique qui s’en est construite.
« Ces contacts m’ont permis de connaître la Fraternité de l’intérieur et non selon l’image véhiculée par les médias », a-t-il déclaré.
La seconde partie de l'explication concerne le contenu doctrinal : quiconque aborde avec un minimum d'honnêteté intellectuelle la question liturgique, la critique de l'œcuménisme post-conciliaire ou l'analyse de la liberté religieuse telle que formulée dans Dignitatis humanae, se heurte à des arguments qui ne sont pas facilement réfutables à partir de la théologie classique que les évêques catholiques eux-mêmes ont étudiée au séminaire.
À cela s'ajoute un facteur moins doctrinal et plus existentiel. Les évêques envoyés au dialogue découvrent, non sans surprise, une vie sacerdotale rigoureuse, une liturgie célébrée avec soin, des séminaires pleins et une pratique sacramentelle qui contraste avec la réalité de nombreux diocèses. L'argument des fruits, souvent invoqué par Lefebvre, opère avec force sur quiconque le constate de visu.
La peur d'un charisme
Certains ont suggéré, non sans fondement, que la véritable raison pour laquelle le pontificat actuel a durci sa politique concernant la liturgie traditionnelle et, par extension, concernant la Fraternité, n’est pas tant doctrinale que prudentielle : la crainte qu’un charisme qui démontre une capacité d’attraction — vocations, familles, conversions, fidélité sacramentelle — puisse finir par se révéler gênant précisément en raison de son efficacité.
Le modèle Huonder-Schneider, ainsi que la tendance similaire de nombreux prêtres diocésains qui se rapprochent du rite traditionnel, confortent cette interprétation.
L’inhumation de Huonder à Écône est, en ce sens, un événement symbolique qui dépasse la simple biographie de l’évêque émérite de Coire. Elle clôt un parcours et soulève une question : si ceux qui sont envoyés pour corriger finissent par être corrigés, si ceux qui viennent pour persuader finissent par être persuadés, le problème ne réside peut-être pas chez ceux qui sont envoyés, mais dans ce qu’ils découvrent à leur arrivée.
La question liturgique demeure l’un des sujets les plus sensibles de la vie ecclésiale contemporaine. Depuis plusieurs décennies, elle nourrit débats, tensions et parfois divisions entre différentes sensibilités catholiques. C’est dans ce contexte que le pape Léon XIV a consacré une part importante de son audience générale du 27 mai 2026 à rappeler les principes fondamentaux qui doivent guider la vie liturgique de l’Église. Loin des caricatures et des affrontements idéologiques, le Saint-Père a proposé une lecture profondément enracinée dans le magistère de l’Église, en s’appuyant successivement sur Pie XII, le Concile Vatican II, saint Jean-Paul II et Benoît XVI.
Dès le début de son enseignement, Léon XIV rappelle les paroles du pape Pie XII dans l’encyclique Mediator Dei, selon lesquelles « l’Église est un organisme vivant et, en tant que tel, y compris en matière de liturgie sacrée, tout en préservant l’intégrité de son enseignement, elle grandit et se développe ». Cette référence n’est pas anodine. Elle souligne que la liturgie n’est pas un musée figé ni une création perpétuellement réinventée, mais une réalité vivante qui transmet à travers les siècles le même mystère du salut. Le pape souligne ensuite que le Concile Vatican II n’a jamais eu pour objectif de rompre avec la tradition liturgique de l’Église. Au contraire, la Constitution Sacrosanctum Concilium visait à favoriser un authentique renouveau spirituel afin de « faire progresser la vie chrétienne de jour en jour chez les fidèles ».
Cette précision est importante. Dans les débats contemporains, Vatican II est souvent présenté soit comme une rupture radicale avec le passé, soit comme l’origine de tous les maux liturgiques. Léon XIV refuse manifestement ces deux lectures simplistes.
Le cœur de son intervention se trouve sans doute dans la citation qu’il reprend de Benoît XVI : « Bien souvent, on oppose maladroitement tradition et progrès », alors qu’« en réalité, les deux concepts s’intègrent : la tradition inclut en quelque sorte le progrès. » Cette phrase résume toute la vision catholique de la liturgie. Pour l’Église, la tradition n’est pas une conservation mécanique du passé. Elle est la transmission vivante d’un trésor reçu des apôtres. Parce qu’elle est vivante, elle peut connaître un développement organique. Mais parce qu’elle est tradition, elle ne peut être transformée selon les modes du moment ou les préférences personnelles. Cette insistance du pape apparaît encore plus clairement lorsqu’il rappelle l’enseignement du Concile selon lequel la liturgie comporte « une partie immuable, car d’institution divine » et des « parties sujettes au changement qui peuvent varier au cours des âges ».
Autrement dit, tout n’est pas modifiable. Certaines réalités appartiennent à l’essence même du culte chrétien et ne dépendent ni des époques ni des sensibilités pastorales. D’autres éléments peuvent évoluer, mais seulement dans la mesure où ils servent davantage la transmission du mystère chrétien. Léon XIV insiste alors sur une notion essentielle souvent oubliée aujourd’hui : celle du développement organique. Reprenant directement Sacrosanctum Concilium, il rappelle que toute évolution liturgique doit être entreprise seulement après une étude « théologique, historique et pastorale » approfondie et que « les formes nouvelles sortent des formes déjà existantes par un développement en quelque sorte organique ». Cette formule est capitale. Elle exclut les innovations arbitraires comme les reconstructions artificielles. Une réforme authentiquement catholique ne surgit jamais de nulle part. Elle naît du patrimoine vivant de l’Église et demeure reconnaissable comme son prolongement naturel.
Lors de l'audience générale d'aujourd'hui, le pape Léon XIV a médité sur Sacrosanctum Concilium, la constitution du Concile Vatican II sur la sainte liturgie, et a exhorté les prêtres à respecter les textes et les normes de la messe. Le Saint-Père a rappelé aux prêtres de ne pas modifier la liturgie "de leur propre initiative", avertissant que de tels changements peuvent créer de la confusion parmi les fidèles.
Le Pape Léon XIV exhorte les prêtres à respecter le texte et les rubriques de la Sainte Messe : "J'exhorte donc tous ceux qui sont appelés à préparer la célébration des mystères divins, en particulier les prêtres qui exercent le ministère de la présidence liturgique, à toujours respecter les textes et les règles de la liturgie qui découlent d'une attitude intérieure d'ouverture et de confiance en Dieu, en manifestant l'humilité devant sa grandeur et sa fidélité sincère à la communion ecclésiale".
Lors de la catéchèse prononcée par Léon XIV lors de l’audience générale du 3 juin consacrée à la Constitution conciliaire Sacrosanctum Concilium, le pape Léon XIV a redit avec force que la liturgie n’appartient ni au célébrant ni à l’assemblée et demande que la liturgie soit davantage soignée ( texte intégral )
Aux Vème et VIème siècles, l'île de la Grande-Bretagne évangélisée dès les premiers siècles du christianisme, était retombée dans le paganisme à la suite de l'invasion des Saxons.
Le jeune roi de ce temps, Ethelbert, roi de Kent (le plus proche royaume du continent) épousa Berthe, princesse chrétienne, fille de Caribert Ier, roi de Paris et petit-fils deClovis. Berthe consentit à cemariage à la condition d'avoir sa chapelle et de pouvoir observer librement les préceptes et les pratiques de sa foi avec l'aide et l'appui d'un évêque gallo-franc. L'âme du roi de Kent subissait la salutaire influence de sa pieuse épouse qui le préparait sans le savoir à recevoir le don de la foi.
Le pape Grégoire le Grandchoisit le moine Augustin alors prieur du monastère de St-André à Rome pour réaliserl'évangélisation de l'Angleterre qu'il souhaitait depuis longtemps.
On ne sait absolument rien de la vie de saint Augustin de Cantorbéry avant le jour solennel du printemps 596, où pour obéir aux ordres du pape saint Grégoire le Grand qui avait été son abbé dans le passé, il dut s'arracher à la vie paisible de son abbaye avec quarante de ses moines pour devenir missionnaire.
À Lérins, première étape des moines missionnaires, ce qu'on leur rapporta de la cruauté des Saxons effraya tellement les compagnons d'Augustin, qu'ils le prièrent de solliciter leur rappel du pape. Augustin dut retourner à Rome pour supplier saint Grégoire de dispenser ses moines d'un voyage si pénible, si périlleux et si inutile. Le souverain pontife renvoya Augustin avec une lettre où il prescrivait aux missionnaires de reconnaître désormais le prieur de St-André pour leur abbé et de lui obéir en tout. Il leur recommanda surtout de ne pas se laisser terrifier par tous les racontars et les encouragea à souffrir généreusement pour la gloire de Dieu et le salut des âmes.
Début Ve siècle, l'Île de Bretagne secoua le joug romain et se proclama indépendante. Mais ce fut aussi le moment où d'autres Barbares venus de Germanie détruisant la Gaule romanisée (Strasbourg, Spire, Reims, Tournai, Arras, Amiens), l'Angleterre connut l'arrivée des premiers Saxons. Jusqu'en 449, et la Descente des Saxons, elle se gouverna sous l'autorité du clergé, du roi gaulois Vortigern (Gwrtheyrn en gallois moderne), des nobles et des villes municipales. La Bretagne, soutint longtemps avec vigueur la guerre, seule et sans recours. L'Angleterre n'avait jamais été complètement romanisée. Les chefs des tribus bretonnes continuèrent toujours de régner, quoique avec un pouvoir subordonné, depuis le règne de l'empereur Claude jusqu'à celui d'Honorius. (Cf. Histoire de Manchester, par Whitaker, vol. 1, p. 247-257.)
C'est dans ce contexte qu'Augustin arriva dans le Kent en 597 à la tête de la mission grégorienne dont le but était de convertir les Anglo-Saxons au christianisme.
Les peuples anglo-saxons en Angleterre au début du VIIe siècle
Ainsi stimulés, les religieux reprirent courage, se remirent en route et débarquèrent sur la plage méridionale de la Grande-Bretagne. Le roi anglo-saxon Ethelbert n'autorisa pas les moines romains à venir le rencontrer dans la cité de Cantorbéry qui lui servait de résidence, mais au bout de quelques jours, il s'en alla lui-même visiter les nouveaux venus. Au bruit de son approche, les missionnaires, avec saint Augustin à leur tête, s'avancèrent processionnellement au-devant du roi, en chantant des litanies.
Ethelbert n'abandonna pas tout de suite les croyances de ses ancêtres. Cependant, il établit libéralement les missionnaires à Cantorbéry, capitale de son royaume, leur assignant une demeure qui s'appelle encore Stable Gate : la porte de l'Hôtellerie, et ordonna qu'on leur fournit toutes les choses nécessaires à la vie.
Vivant de la vie des Apôtres dans la primitive Eglise, Augustin et ses compagnons étaient assidus à l'oraison, aux vigiles et aux jeûnes. Ils prêchaient la parole de vie à tous ceux qu'ils abordaient, se comportant en tout selon la sainte doctrine qu'ils propageaient, prêts à tout souffrir et à mourir pour la vérité. L'innocence et la simplicité de leur vie, la céleste douceur de leur enseignement, parurent des arguments invincibles aux Saxons qui embrassèrent le christianisme en grand nombre.
Charmé comme tant d'autres par la pureté de la vie de ces hommes, séduit par les promesses dont plus d'un miracle attestait la vérité, le noble et vaillant Ethelbert demanda lui aussi le baptême qu'il reçut des mains de saint Augustin. La conversion d'Ethelbert, premier roi anglo-saxon à se convertir, amena celle d'une grande partie de ses sujets. Comme le saint pape Grégoire le Grand lui recommanda de le faire, Ethelbert proscrivit le culte des idoles, renversa leurs temples et établit de bonnes mœurs par ses exhortations, mais encore plus par son propre exemple.
Ethelbert. Statue à la cathédrale de Cantorbéry
En 597, étant désormais à la tête d'une chrétienté florissante, Augustin se rendit à Arles, afin d'y recevoir la consécration épiscopale, selon le désir du pape saint Grégoire. De retour parmi ses ouailles, à la Noël de la même année, dix mille Saxons se présentèrent pour recevoir le baptême.
De plus en plus pénétré de respect et de dévouement pour la sainte foi, le roi abandonna son propre palais deCantorbéryau nouvel archevêque. À côté de cette royale demeure, on construisit une basilique destinée à devenir la métropole de l'Angleterre. Augustin en devint le premier archevêque et le premier abbé.
Saint Augustin de Cantorbéry, détail seconde moitié du XVIe siècle, Pier Francesco Foschi, Florence Santo Spirito, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 316-317.
En le nommant primat d'Angleterre, le pape saint Grégoire le Grand lui envoya douze nouveaux auxiliaires, porteurs de reliques et de vases sacrés, de vêtements sacerdotaux, de parements d'autels et de livres destinés à former une bibliothèque ecclésiastique. Le souverain pontife conféra aussi au nouveau prélat le droit de porter le pallium en célébrant la messe, pour le récompenser d'avoir formé la nouvelle église d'Angleterre par ses inlassables travaux apostoliques. Cet honneur insigne devait passer à tous ses successeurs sur le siège archiépiscopal d'Angleterre. Le pape lui donna également le pouvoir d'ordonner d'autres évêques afin de constituer une hiérarchie régulière dans ce nouveau pays catholique. Il le constitua aussi métropolitain des douze évêchés qu'il lui ordonna d'ériger dans l'Angleterre méridionale.
Les sept dernières années de sa vie furent employées à parcourir le pays des Saxons de l'Ouest. Même après sa consécration archiépiscopale, Augustin voyageait en véritable missionnaire, toujours à pied et sans bagage, entremêlant les bienfaits et les prodiges à ses prédications. Rebelles à la grâce, les Saxons de l'Ouest refusèrent d'entendre Augustin et ses compagnons, les accablèrent d'avanies et d'outrages et allèrent jusqu'à attenter à leur vie afin de les éloigner.
Au début de l'an 605, deux mois après la mort de saint Grégoire le Grand, son ami et son père, saint Augustin, fondateur de l'église anglo-saxonne, alla recueillir le fruit de ses multiples travaux. Avant de mourir, il nomma son successeur sur le siège de Cantorbéry.
Selon la coutume de Rome, le grand missionnaire fut enterré sur le bord de la voie publique, près du grand chemin romain qui conduisait de Cantorbéry à la mer, dans l'église inachevée du célèbre monastère qui allait prendre et garder son nom.
Canterbury, Canterbury cathedral
Sources : (1) ; (2) ; (3) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 18 ; (4) Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006.
Les deux premiers chapitres précisent les principes de cette doctrine — la dignité inaliénable de la personne. Le chapitre 3 dénonce les risques liés à l'intelligence artificielle, notamment son absence de neutralité morale (§ 104), sa gouvernance confisquée par une poignée de personnes (§ 107), la confiscation des données par le secteur privé (§ 108), les monopoles et l'"asymétrie épistémique" qu'ils créent.
Les références de Léon XIV à la responsabilité ecclésiale dans l'esclavage contrastent avec les faits historiques. Saint Patrick, lui-même ancien esclave, est considéré par les historiens comme la première personnalité publique à condamner l'institution. En 1537, Paul III interdit l'esclavage des peuples indigènes du Nouveau Monde par la bulle Sublimis Deus sous peine d'excommunication. Grégoire XVI a dénoncé la traite transatlantique des esclaves dans son encyclique In Supremo Apostolatus de 1839, près de trois décennies avant son abolition aux États-Unis. Ces précédents magistériels, systématiquement omis dans le discours actuel du Vatican, nuancent considérablement le récit d'une Église complice qui doit maintenant demander pardon.
L’exaltation répétée de la démocratie suit le même schéma. Faisant écho à Jean-Paul II, l’encyclique loue la démocratie car elle permet la participation et empêche la monopolisation du pouvoir (39). On y trouve presque totalement absente la mise en garde catholique traditionnelle contre la tendance de la démocratie libérale au relativisme, à la manipulation des masses et à la sécularisation. La démocratie est plutôt considérée comme essentiellement normative, pourvu qu’elle serve le "bien commun".
Approuve l’ère moderne et le mondialisme : Une autre préoccupation majeure réside dans la vision politique mondialiste et autoritaire du document. L'encyclique appelle à plusieurs reprises à des institutions internationales renforcées et à une coopération transnationale accrue. Léon XIII se prononce favorablement en faveur d'"institutions internationales plus efficaces" pour préserver le "bien commun mondial" (64). Les infrastructures technologiques, les données, les algorithmes et les plateformes numériques sont tous présentés comme des sujets nécessitant une gouvernance et une réglementation internationales (67).Integrity Magazine
La véritable charité exigeant la clarté, l'évêque Strickland, qui a rédigé une critique très respectueuse de l’encyclique résume ainsi ce document : l’encyclique "contient de nombreuses affirmations résolument catholiques, voire admirables : elle rejette le transhumanisme, met en garde contre la technocratie, condamne l'exploitation et la traite des êtres humains, défend la dignité de la personne humaine, affirme l'Incarnation, parle de la grâce, fait référence à l'Eucharistie et insiste sur le fait que l'homme ne doit jamais être réduit à une machine ou à des données." Mais elle met davantage l'accent sur l'humanisme que sur le péché et le Rédempteur.
"[L]'insistance répétée sur ce point [de la dignité humaine] donne l'impression que la crise première du monde moderne est la "déshumanisation", plutôt que le péché contre Dieu... Cela donne l'impression d'une théologie anthropocentrique, où la personne humaine devient le centre de l'interprétation... De ce fait, les racines du mal apparaissent avant tout structurelles plutôt que spirituelles. La doctrine catholique enseigne que le désordre de la société découle en fin de compte du désordre du cœur humain blessé par le péché originel... Le problème réside dans le fait que la dimension surnaturelle du salut paraît moins centrale que la construction d’un ordre social humain..."
Le document "réorganise la hiérarchie des vérités en plaçant l'humanité, l'épanouissement humain, la dignité humaine et les relations humaines au centre, d'une manière qui risque d'éclipser la primauté de Dieu, du péché, de la rédemption, du culte et du salut. ... La dignité humaine est affirmée précisément parce que l'homme est créé par Dieu, racheté par le Christ et ordonné à la communion éternelle avec Lui. La dignité humaine émane de Dieu et lui demeure subordonnée."
"C’est pourquoi de nombreux catholiques fidèles trouveront ce document profondément troublant. La crainte n’est pas seulement que la doctrine soit niée d’emblée, mais que tout le cadre de référence se modifie subtilement : d’un théocentrisme à un anthropocentrisme, du salut à l’épanouissement humain, du péché aux systèmes, de la rédemption à la relation, du culte à l’humanitarisme... Au cœur de ce débat se trouve une question bien plus importante que l'intelligence artificielle, la technologie, l'économie, voire même la politique mondiale. La véritable question est la suivante : qui est au centre ? "
La théologie catholique traditionnelle commence non pas avec l’homme mais avec Dieu. Sa gloire, sa vérité, sa justice et la nécessité de la conversion personnelle avant la Rédemption. Il y a largement la place dans l’Église pour ce type de debat. Le pape saint Pie X a mis en garde contre la création d'une fausse "dignité humaine".
L’aspect général anthropocentrique ancré dans l'optimisme philosophique du siècle des ténèbres, laisse de côté l'appel à la conversion et à la repentance.
La repentance du péché est la principale exigence de l'Évangile. La repentance n'est pas mentionnée une seule fois.
1 - Doctrine sociale " dynamique " et adaptation historique
L'encyclique souligne le "caractère dynamique" de la doctrine sociale catholique et la présente moins comme un ensemble stable de principes et plus comme une "théologie de la communion dans l'histoire". C'est le modernisme typique post-Vatican II.
Ce type de langage suggère que la doctrine évolue selon la conscience historique et les circonstances contemporaines plutôt que de rester ancrée en permanence dans des vérités immuables.
Le souci est que "l'adaptation pastorale" devienne progressivement une fluidité doctrinale.
2- L'exaltation répétée de "l'humanité"
Même le titre, Magnifica Humanitas ("Humanité magnifique"), signale déjà une forte emphase anthropocentrique.
Tout au long du texte, des expressions sur la "dignité humaine", l'"épanouissement humain", la "responsabilité partagée" et le fait de rester humain" apparaissent constamment. C'est une continuation du passage postconciliaire de la théologie centrée sur Dieu au discours centré sur l'homme, où l'humanité elle-même devient de plus en plus le centre émotionnel et rhétorique du langage ecclésial.
3-Le langage de la communion universelle et de l'inclusivité
L'encyclique met l'accent sur la "communion", la "solidarité" et la large coopération entre les dirigeants politiques, les scientifiques, les éducateurs et les institutions mondiales. C'est une autre expression de la tendance post-Vatican II vers un langage humain universel qui semble moins préoccupé par la distinction entre vérité et erreur, Église et monde, conversion et coexistence. [Ainsi qu'une tendance à prôner une fraternité humaine horizontale sans la paternité du Père... Ndlr]
4- La relativisation de la théorie de la guerre juste
Il y a des passages qui impliquent que la théorie catholique traditionnelle de la guerre juste est "dépassée" ou insuffisante à l"ère de la guerre contre l'IA. Ceci est extrêmement sensible parce que la théorie de la guerre juste n'est pas considérée comme un cadre politique temporaire, mais comme faisant partie de la tradition morale catholique plus large développée au cours des siècles.
[La référence apparaît dans le numéro 192 de Magnifica Humanitas, dans un chapitre consacré à la normalisation croissante de la guerre dans la culture contemporaine. Après avoir dénoncé le réarmement de nombreux pays, la perte de la mémoire historique des tragédies du XXe siècle et le rôle des médias sociaux et des algorithmes dans la polarisation des sociétés, Léon XIV écrit : "Aujourd’hui plus que jamais, il est important de réaffirmer le dépassement de la théorie de la “guerre juste” trop souvent invoquée pour justifier n’importe quelle guerre, sous réserve du droit à la légitime défense dans son sens le plus strict." La formulation est importante. Le pape n'écrit pas qu'"il n'existe pas de guerre juste". Il ne prétend pas non plus que toutes les formes de défense armée soient immorales. Il affirme que la théorie de la guerre juste a été trop souvent utilisée pour légitimer les conflits et que l'humanité dispose aujourd'hui d'outils plus adaptés pour gérer les crises internationales, tels que la diplomatie, le dialogue et le pardon.
La doctrine de la guerre juste n'a pas été conçue pour justifier les guerres, mais pour les limiter. De saint Augustin à saint Thomas d'Aquin, la pensée chrétienne s'est efforcée d'établir des critères moraux capables d'empêcher que le recours à la force ne soit laissé à la seule loi du plus fort.
Cette tradition figure toujours dans le Catéchisme de l'Église catholique.
Le paragraphe 2265 nous rappelle que ceux qui sont responsables de la vie d'autrui ont non seulement le droit, mais aussi le devoir de la protéger. "En plus d’un droit, la légitime défense peut être un devoir grave, pour qui est responsable de la vie d’autrui. La défense du bien commun exige que l’on mette l’injuste agresseur hors d’état de nuire. A ce titre, les détenteurs légitimes de l’autorité ont le droit de recourir même aux armes pour repousser les agresseurs de la communauté civile confiée à leur responsabilité."
Le paragraphe 2309 établit les conditions qui doivent être réunies pour que la légitime défense armée soit considérée comme moralement légitime : l'existence d'un dommagegrave, durable et certain ; l'échec des moyens pacifiques ; Que soient réunies les conditions sérieuses de succès; et le fait que l’emploi des armes n’entraîne pas des maux et des désordres plus graves que le mal à éliminer.
L’Église n’a jamais enseigné un pacifisme absolu qui contraindrait des innocents à subir l’extermination. Elle a enseigné que la guerre est toujours un mal grave et que la défense armée ne peut être envisagée que dans des conditions extrêmement restrictives.
C’est pourquoi il est difficile d’affirmer que Léon XIV ait expressément voulu abolir toute cette tradition alors que le texte lui-même conserve explicitement la référence au droit à la légitime défense.
Le texte décrit la doctrine sociale comme un "discernement partagé". Ce vocabulaire ressemble fortement au langage synodal : dialogue, écoute, processus collectifs et accompagnement historique. Cela affaiblit la compréhension catholique classique de l'enseignement faisant autorité qui découle de l'Apocalypse et du Magistère.
6- Le ton vers une gouvernance mondiale moderne
L'encyclique favorise la coopération internationale, les cadres réglementaires, les organismes de surveillance et la coordination éthique mondiale en matière d'IA. C'est une autre manifestation de l'optimisme postconciliaire envers les structures supranationales et la gouvernance technocratique, associée aux tendances mondialistes modernes.
7- Le ton émotionnel-humanitaire lui-même
Une question plus large est stylistique. La rhétorique est hautement émotionnelle, humanitaire et civilisationnelle plutôt qu'ascétique, doctrinale ou surnaturelle.
On rencontre à plusieurs reprises des thèmes tels que la vulnérabilité, la fraternité, la souffrance humaine, le dialogue, la dignité et la coexistence. Cela apparaît comme le christianisme traduit dans le langage de l'éthique humanitaire moderne plutôt que comme le langage du péché, de la rédemption, du sacrifice, du jugement, de la sainteté et du salut.
Le ton suggère une réconciliation cosmique si universelle que la tragédie de la damnation, des fausses religions, de l'apostasie, du sacrilège et de la corruption morale commence à disparaître. Le résultat est un christianisme de plus en plus centré sur l'humanité qui se contemple égoïstement à travers le langage spirituel, plutôt que sur l'humanité qui s'agenouille devant Dieu dans la crainte, la repentance, l'adoration et l'obéissance à la Révélation divine."
Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 85.
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