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Christ Roi

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14 janvier 2026 3 14 /01 /janvier /2026 13:22
Un jeune homme vient trouver son prêtre et lui dit : — Père, je n'irai plus à la messe !

Un jeune homme vient trouver son prêtre et lui dit :

 

— Père, je n'irai plus à la messe !

 

Le prêtre répondit :

 

— Mais pourquoi ?

 

Le jeune homme a répondu :

 

Je vois la sœur qui médit d'une autre sœur ; le frère qui a des difficultés de lecture ; le groupe de chant qui vit dans la misère ; les gens qui, pendant la messe, consultent leur téléphone portable, parmi tant d'autres mauvaises choses que je vois se produire à l'église.

 

Le prêtre lui dit :

 

— Très bien, mais avant cela, je veux que tu me rendes un service : prends un verre d’eau et fais trois fois le tour de l’église sans en renverser une seule goutte. Ensuite, tu pourras quitter l’église.

 

Et le jeune homme pensa : trop facile !

Et il fit les trois tours comme son prêtre le lui avait demandé. Une fois terminé, il dit :

 

- Prêt, Père.

 

Et le prêtre répondit :

 

— Quand tu te promenais, as-tu vu la sœur dire du mal de l'autre ?

 

Le jeune homme :

 

- Non

 

Avez-vous vu des gens se plaindre les uns aux autres ?

 

Le jeune homme :

 

- Non

 

Avez-vous vu quelqu'un regarder son téléphone portable ?

 

Le jeune homme :

 

- Non

 

Sais-tu pourquoi ? Tu étais concentré sur le verre pour ne pas gaspiller l'eau.

 

Il en va de même dans notre vie. Lorsque notre attention est tournée vers notre Seigneur Jésus-Christ, nous n'aurons pas le temps de voir les défauts des autres.

 

Celui qui quitte l'Église à cause des autres l'a quittée parce qu'il n'y est jamais entré pour Jésus.

 

Source:  ☩ 𝕁𝕄𝕋 ☩

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13 janvier 2026 2 13 /01 /janvier /2026 00:00
Sainte Yvette (ou Jutte) Recluse (1158-1228)

Née à Huy près de Liège, elle fut mariée à 13 ans et eut 3 enfants.

 

Veuve à 18 ans, elle se dévoua alors aux lépreux puis, une fois ses enfants élevés, elle fut recluse dans une cellule accolée à l'église de Huy en Belgique. [1]

 

On lui attribue des dons mystiques : elle lit dans les consciences, dit-on.

 

Les disciples augmentent et les aumônes affluent. Elle fait construire un hôpital, avec grande église, pour ses lépreux. De sa recluserie elle en dirige la construction.

 

Vers 1191 son père qui jusqu’alors a tout fait pour la détourner de cette voie extraordinaire, est touché par la grâce et se convertit. Il est veuf et se fait cistercien à l’abbaye de Villers-en-Brabant. On se souvient de lui comme du bienheureux Otton de Villers. [2]

 

Yvette meurt dans sa cellule le 13 janvier 1228 ; elle a 70 ans. Immédiatement une grande vénération entoure son corps et un culte se développe.

 

Hugues de Floreffe, un témoin contemporain, nous en a laissé un récit d’où vient tout ce que nous savons de sa vie.

 

Elle est emblématique d'un mouvement mystique féminin florissant au Moyen Âge qui comptait déjà Marie d'Oignies, Hildegarde de Bingen ou encore Ida de Nivelles. Après elle, au XIIIe siècle, viendront Marguerite Porete, Sybille de Gages et tant d'autres moins connues. [3]

 

À Huy près de Liège, en 1228, la bienheureuse Jutte, veuve, qui se consacra à soigner les lépreux et finit sa vie près d’eux, en recluse.

Martyrologe romain [4]

Sources: (1) L'Evangile au quotidien; (2) Lumière de Dieu; (3) Wikipedia; (4) Nominis.cef

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12 janvier 2026 1 12 /01 /janvier /2026 00:00
Sainte Tatiana (Tatienne) de Rome, martyre († 226)

Fille d'un consul romain et dénoncée comme chrétienne, Tatiana fut condamnée à être suspendue à une potence, le corps labouré et mis à nu avec des peignes de fer. Les bourreaux l'outragèrent en lui tondant la chevelure, et finalement elle fut décapitée.

Tatiana est un prénom tellement usité en Russie qu’on penserait cette sainte originaire de l’Orient. Pourtant c’est bien d’une sainte romaine dont il s’agit, son nom est du reste bien latin : il s’agit de la forme féminine de Tatianus, dérivé lui-même de Titus Tatius, roi des Sabins au VIIIème siècle avant Jésus-Christ.

Sainte Tatiana (ou Tatienne) fut arrêtée à Rome pendant la persécution de l’empereur Sévère Alexandre (qui régna de 222 à 235). Elle est condamnée comme chrétienne par le préfet du prétoire et célèbre juriste, Ulpien, second personnage de l’empire. Attachée au chevalet, elle a les côtés déchirés par les ongles de fer. Détachée, on la jette aux lions dans l’amphithéâtre, mais ceux-ci respectent son innocence. Le juge ordonne de la jeter au feu mais le brasier refuse de la consumer. Après qu’elle fut rasée, le glaive du bourreau mit fin à l’horreur de ces supplices en la décapitant, lui obtenant la couronne glorieuse du martyre. C’était un 12 janvier 226.

Par des circonstances assez fortuites, sainte Tatiana est devenue la patronne des étudiants russes.

Sainte Tatiana de RomeEn effet c’est un 12 janvier 1724 que Pierre le Grand fonda l’Académie des Sciences de Saint-Petersbourg mais c’est surtout le 12 janvier 1755 (le 25 selon le calendrier moderne) que choisit sa fille l’impératrice Elisabeth Ière pour fonder l’Université nationale de Moscou; le projet qui lui était proposé auparavant par deux grands hommes de la culture russe Michail Lomonossov et le prince Chouvalov. On dit que le prince voulait donner l’université comme cadeau à sa mère, nommée Tatiana, pour sa fête et avait alors demandé à l’impératrice de signer l’oukase ce jour particulier. Ainsi la Sainte Tatiana, qui pendant sa vie n’eut aucun rapport avec les sciences, est devenue, la protectrice des étudiants russes.

La sainte avait son église dans l’université, et les étudiants venaient assister à la divine liturgie solennelle au matin de sa fête, liturgie qui était suivie de la cérémonie de la distribution des prix. 

En Occident, sainte Tatienne est représentée traditionnellement avec les instruments de son martyre : peignes de fer, lion ou glaive. Voici ce que dit le Martyrologe romain au 12 janvier :

A Rome, sainte Tatienne, martyre, qui, sous l’empereur Alexandre, fut déchirée avec des ongles & des peignes de fer, exposée aux bêtes, & jetée dans le feu, sans néanmoins en recevoir aucune atteinte ; enfin, ayant péri par le glaive, elle s’en alla au ciel.

 

Sources: 1234

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10 janvier 2026 6 10 /01 /janvier /2026 01:00
Saint Guillaume, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 88

Saint Guillaume, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 88

Évêque de Bourges, il n'hésita pas à s'opposer au roi pour maintenir les principes religieux.

Issu des anciens comtes de Nevers, Guillaume vint au monde vers le milieu du XIIe siècle. Il fut élevé avec soin dans la crainte de Dieu.

Quand on lui demandait un miracle, il disait: "Je ne suis qu'un pauvre pécheur" mais il cédait aux larmes des malades et les guérissait par sa bénédiction.

Le monde lui souriait, avec sa gloire et ses plaisirs; il renonça à tout, il s'éloigna même des honneurs ecclésiastiques qui semblaient le poursuivre, et s'enfonça dans la solitude d'un monastère à Grandmont dans la Haute-Vienne. Voulant plus d'austérités, il demanda à être admis chez les cisterciens de Pontigny en Bourgogne.

Il vécut dans la présence continuelle de Dieu; sa modestie, sa dévotion, sa régularité, ranimaient la ferveur de ses frères; il suffisait de le regarder au chœur ou à l'autel pour être embrasé du saint désir de marcher sur ses traces. Il avait surtout un grand amour pour le Saint-Sacrement, près duquel il trouvait ses délices. 

Il fallut lui faire violence pour le nommer abbé de Chaalis, filiale de Pontigny. Pourtant il dut bientôt se résigner à monter plus haut et répondre à l'appel du ciel clairement manifesté.

Sacré archevêque de Bourges (Berry), Guillaume montra, dès les premiers jours, toutes les vertus des plus illustres pontifes. Il fut l'évêque des pauvres, ce qui lui valut l'opposition des chanoines de Bourges qui se sentaient délaissés, et du roi Philippe-Auguste, à qui il reprochait son divorce et son remariage. Le roi qui réunit le Berry à la couronne de France, avait épousé Ingelburge (ou Ingbor), princesse danoise dont il se sépara peu après. La reine, odieusement répudiée, d'autant plus que son époux le roi vivait maritalement avec Agnès de Méranie, confia sa cause à l'Église, et notamment au pape Innocent III, lequel frappa le royaume de France d'interdit. Guillaume exécuta la sentence pontificale dans son diocèse de Bourges, ce qui aggrava le conflit qui existait déjà entre lui et ses clercs, et lui attira la colère du roi de France. Agnès étant morte en couches, Philippe-Auguste se résigna à reprendre Ingelburge, qu'il ne tarda pas à faire enfermer dans la tour d'Étampes. Même les plus grands rois ne sont pas exempts de fautes !

Guillaume demeura moine dans son palais, moine par l'habit et plus encore par les austérités. Il sut concilier les exercices de sa piété avec les immenses occupations de sa charge; il parcourait son diocèse, prêchait, instruisait les petits et les humbles, administrait les sacrements, visitait les hôpitaux, délivrait les captifs, et multipliait les prodiges.

http://nominis.cef.fr/images/gallerie/guillaumedebourges.jpgOn a conservé de lui quelques belles paroles: "Tel pasteur, telles brebis," disait-il souvent.

L'interdit ayant été levé par le légat du pape, Guillaume pensait aller évangéliser les cathares quant il mourut, le 10 janvier 1209.

Le pape Honorius III le canonisa en 1218.

 

Sources: 1, 2, 3, 4

Daniel BONNIN, Les Saints du Berry, A à Z Patrimoine Editions, Sury-en-Vaux 2006, p. 110-111.

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9 janvier 2026 5 09 /01 /janvier /2026 18:18
Pape Léon XIV : L’Occident est aujourd’hui dominé par un langage "inclusif" orwellien qui viole les droits fondamentaux de l’homme, y compris le droit à la liberté de conscience

Extrait de son discours au corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège, 9 janvier 2026 :

 

 

Aujourd'hui, le sens des mots est plus fluctuant que jamais et les concepts qu'ils représentent sont de plus en plus ambigus. Le langage n'est plus le moyen privilégié par lequel les êtres humains se connaissent et se rencontrent. Pire encore, dans les contorsions de l'ambiguïté sémantique, le langage devient une arme de plus en plus utilisée pour tromper, frapper et offenser ses adversaires. Nous avons besoin de mots capables d'exprimer à nouveau des réalités claires et distinctes, sans équivoque. C'est la seule façon pour un dialogue authentique de reprendre, exempt de malentendus. Cela doit se produire dans nos foyers et dans l'espace public, en politique, dans les médias et sur les réseaux sociaux. Il en va de même dans le contexte des relations internationales et du multilatéralisme, afin que ce dernier puisse retrouver la force nécessaire à son rôle de rencontre et de médiation. C'est en effet indispensable pour prévenir les conflits et pour garantir que personne ne soit tenté de dominer autrui par la force, qu'elle soit verbale, physique ou militaire.

 

 

 

Il convient également de relever le paradoxe suivant : cet affaiblissement du langage est souvent invoqué au nom de la liberté d’expression elle-même. Or, à y regarder de plus près, c’est l’inverse qui se produit, car la liberté d’expression est précisément garantie par la certitude du langage et par le fait que chaque terme s’appuie sur la vérité.

 

Lire: Pourquoi sombrons-nous dans la folie et la barbarie ?

 

Il est douloureux de constater à quel point, notamment en Occident, l’espace de la véritable liberté d’expression se réduit comme peau de chagrin. Parallèlement, un nouveau langage, digne d’un roman d’Orwell, se développe et, dans sa volonté d’être toujours plus inclusif, finit par exclure ceux qui ne se conforment pas aux idéologies qui le sous-tendent.

 

 

 

Malheureusement, cela entraîne d'autres conséquences qui finissent par restreindre les droits fondamentaux, à commencer par la liberté de conscience. À cet égard, l'objection de conscience permet aux individus de refuser des obligations légales ou professionnelles qui entrent en conflit avec des principes moraux, éthiques ou religieux profondément ancrés dans leur vie personnelle. Il peut s'agir du refus du service militaire au nom de la non-violence, ou du refus, de la part des médecins et des professionnels de santé, de pratiquer des actes tels que l'avortement ou l'euthanasie. L'objection de conscience n'est pas une rébellion, mais un acte de fidélité à soi-même. À l'heure actuelle, la liberté de conscience semble de plus en plus remise en question par les États, même ceux qui se réclament de la démocratie et des droits de l'homme. Or, cette liberté établit un équilibre entre l'intérêt collectif et la dignité individuelle. Elle souligne également qu'une société véritablement libre n'impose pas l'uniformité, mais protège la diversité des consciences, prévenant ainsi les dérives autoritaires et favorisant un dialogue éthique qui enrichit le tissu social.

 

 

 

---

 

 

 

L'adresse complète du Pape Léon XIV est disponible ci-dessous :

 

 

 

Discours du pape Léon XIV

aux membres du corps diplomatique accrédités auprès du Saint-Siège

 

Salle de la Bénédiction

Vendredi 9 janvier 2026

 

SUITE

 

Résumé du discours du Pape Léon XIV :

1. Retour à la maison du Pape François L’année écoulée a vu le retour à la maison du Père, le Pape François, dont le monde a ressenti la perte. Son héritage de charité pastorale a marqué l’histoire.

2. Faiblesse du multilatéralisme La diplomatie basée sur la force remplace progressivement la diplomatie du dialogue et du consensus. La paix est devenue un instrument de domination, menaçant l’État de droit.

3. Faites confiance aux Nations Unies L’ONU, née après la Seconde Guerre mondiale, reste un centre de coopération multilatérale. Elle doit promouvoir le dialogue et l’aide humanitaire pour un avenir plus juste.

4. L’Occident dominé par un langage orwellien Le langage perd son sens, devient un outil de tromperie. La liberté d’expression s’est rétrécie, et un langage inclusif exclut les non-conformistes.

5. Les États sapent les libertés La liberté de conscience est menacée. L’objection de conscience, notamment dans le refus du service militaire ou des pratiques médicales, est en débat.

6. Progrès sur la voie du dialogue interreligieux Les violations de la liberté religieuse augmentent. Cependant, les progrès du dialogue interreligieux sont reconnus. Toutes les religions cherchent un seul mystère divin.

7. Je n’oublie pas non plus les victimes de la violence djihadiste Le Pape demande à toutes les nations de garantir la liberté de religion. Il rappelle les victimes de la violence djihadiste dans divers pays.

8. Ne portez pas atteinte à la dignité des migrants Chaque migrant est une personne avec des droits inaliénables. Les mesures contre la criminalité ne doivent pas justifier une atteinte à la dignité des migrants.

9. Les droits deviennent autoréférentiels Les droits de l’homme perdent leur vitalité lorsqu’ils deviennent autoréférentiels et déconnectés de la réalité.

10. Gaza et le Venezuela La crise humanitaire en Terre Sainte persiste. La solution des deux États reste une perspective institutionnelle. Les tensions dans la mer des Caraïbes et au Venezuela nécessitent des solutions pacifiques.

11. Régulation de l’intelligence artificielle L’intelligence artificielle pose un risque de course à l’armement. Elle doit être gérée éthiquement et avec des cadres réglementaires protégeant la liberté humaine.

TEXTE INTEGRAL SUR LE SITE DU VATICAN:

https://www.vatican.va/content/leo-xiv/en/speeches/2026/january/documents/20260109-corpo-diplomatico.html

Extraits: 

 

Chers Ambassadeurs,

Suite aux événements tragiques du sac de Rome en 410, saint Augustin écrivit De Civitate Dei, La Cité de Dieu. Cet ouvrage est l'un des plus marquants de son œuvre théologique, philosophique et littéraire. Comme l'a souligné le pape Benoît XVI, il s'agit d'une « œuvre impressionnante, essentielle au développement de la pensée politique occidentale et de la théologie chrétienne de l'histoire »[1] . Elle s'appuie, pour reprendre une idée contemporaine, sur un « récit » qui se répandait alors, car « les païens, encore nombreux à cette époque, et même un certain nombre de chrétiens, pensaient que le Dieu de la nouvelle religion et les Apôtres eux-mêmes s'étaient montrés incapables de protéger la ville. Au temps des dieux païens, Rome était caput mundi, la grande capitale, et nul n'aurait pu imaginer qu'elle tomberait aux mains de ses ennemis. Désormais, avec le Dieu des chrétiens, cette grande ville ne paraissait plus en sécurité » [2] .

Certes, notre époque est très éloignée de ces événements. Il ne s'agit pas seulement d'une question d'éloignement temporel, mais aussi d'une conscience culturelle différente et d'une évolution des modes de pensée. Cependant, nous ne pouvons ignorer que notre propre sensibilité culturelle s'est nourrie de cette œuvre qui, comme tous les classiques, parle à toutes les générations.

Augustin interprète les événements et l'histoire elle-même selon le modèle des deux cités. D'une part, la cité de Dieu, éternelle et caractérisée par l'amour inconditionnel de Dieu (amor Dei), ainsi que par l'amour du prochain, en particulier des pauvres. D'autre part, la cité terrestre, demeure temporaire où les êtres humains vivent jusqu'à leur mort. De nos jours, cette dernière englobe toutes les institutions sociales et politiques, de la famille à l'État-nation et aux organisations internationales. Pour Augustin, cette cité était incarnée par l'Empire romain. En effet, la cité terrestre est centrée sur l'orgueil et l'amour-propre (amor sui), sur la soif de pouvoir et de gloire terrestres qui mène à la destruction. Toutefois, il ne s'agit pas d'une lecture de l'histoire qui oppose l'éternité au présent, l'Église à l'État, ni d'une dialectique sur le rôle de la religion au sein de la société civile.

Pour Augustin, les deux cités coexistent jusqu'à la fin des temps. Chacune possède une dimension à la fois extérieure et intérieure, car elles doivent être comprises non seulement à l'aune de leur construction historique, mais aussi à travers le prisme des attitudes intérieures de chaque être humain face aux réalités de la vie et aux événements historiques. Dans cette perspective, chacun de nous est un acteur et, de ce fait, responsable de l'histoire. De plus, Augustin souligne que les chrétiens sont appelés par Dieu à demeurer dans la cité terrestre le cœur et l'esprit tournés vers la cité céleste, leur véritable patrie. Parallèlement, les chrétiens vivant dans la cité terrestre ne sont pas étrangers au monde politique et, guidés par les Écritures, s'efforcent d'appliquer l'éthique chrétienne au gouvernement civil.

La Cité de Dieu ne propose pas de programme politique. Elle offre plutôt de précieuses réflexions sur des questions fondamentales concernant la vie sociale et politique, telles que la recherche d'une coexistence plus juste et pacifique entre les peuples. Augustin met également en garde contre les graves dangers que représentent pour la vie politique les falsifications de l'histoire, le nationalisme exacerbé et la perversion de l'idéal du dirigeant politique.

Bien que le contexte dans lequel nous vivons aujourd’hui soit différent de celui du Ve siècle, certaines similitudes demeurent très pertinentes. Nous sommes aujourd’hui, comme alors, à l’ère des migrations massives ; comme alors, nous vivons une période de profonds bouleversements des équilibres géopolitiques et des paradigmes culturels ; comme alors, nous sommes, selon la célèbre expression du pape François , non pas dans une ère de changement, mais dans un changement d’ère[3]

À notre époque, la faiblesse du multilatéralisme est particulièrement préoccupante sur la scène internationale. Une diplomatie qui favorise le dialogue et recherche le consensus entre toutes les parties est supplantée par une diplomatie fondée sur la force, qu'elle soit exercée par des individus ou des groupes d'alliés. La guerre est de nouveau à la mode et un zèle belliqueux se répand. Le principe établi après la Seconde Guerre mondiale, qui interdisait aux nations de recourir à la force pour violer les frontières d'autrui, a été complètement bafoué. La paix n'est plus recherchée comme un don, un bien précieux en soi, ni dans la poursuite de « l'établissement de l'univers ordonné voulu par Dieu, avec une justice plus parfaite entre les hommes et les femmes » [4] .  Désormais, la paix est recherchée par les armes, comme condition préalable à l'affirmation de sa propre domination. Ceci menace gravement l'État de droit, fondement de toute coexistence civile pacifique.

De plus, comme le souligne saint Augustin, « il n’est personne qui ne désire la paix. Car même ceux qui font la guerre ne désirent que la victoire ; ils désirent, c’est-à-dire parvenir à une paix glorieuse. Car qu’est-ce que la victoire sinon la conquête de ceux qui nous résistent ? Et lorsque cela est fait, il y a la paix… car même ceux qui perturbent intentionnellement la paix dans laquelle ils vivent ne haïssent pas la paix, mais souhaitent seulement qu’elle se transforme en une paix qui leur convienne mieux. Ils ne souhaitent donc pas l’absence de paix, mais seulement la paix qu’ils désirent. » [5]

C’est précisément cette attitude qui a conduit l’humanité à la tragédie de la Seconde Guerre mondiale. De ces cendres est née l’Organisation des Nations Unies, dont le quatre-vingtième anniversaire a été récemment célébré. L’ONU a été créée par la volonté de cinquante et une nations de servir de centre de coopération multilatérale afin de prévenir de futures catastrophes mondiales, de préserver la paix, de défendre les droits fondamentaux de la personne et de promouvoir le développement durable.

Je tiens à souligner l’importance du droit international humanitaire. Son respect ne saurait dépendre des circonstances ni d’intérêts militaires ou stratégiques. Le droit humanitaire, outre le fait de garantir un minimum d’humanité face aux ravages de la guerre, constitue un engagement pris par les États. Ce droit doit toujours prévaloir sur les ambitions des belligérants, afin d’atténuer les effets dévastateurs de la guerre, notamment en vue de la reconstruction. Nous ne pouvons ignorer que la destruction d’hôpitaux, d’infrastructures énergétiques, d’habitations et de lieux essentiels à la vie quotidienne constitue une grave violation du droit international humanitaire. Le Saint-Siège réaffirme avec fermeté sa condamnation de toute forme d’implication de civils dans des opérations militaires. Il souhaite également que la communauté internationale se souvienne que la protection du principe de l’inviolabilité de la dignité humaine et du caractère sacré de la vie prime toujours sur tout simple intérêt national.

C’est dans cette optique que les Nations Unies ont œuvré à la médiation des conflits, promu le développement et aidé les États à protéger les droits humains et les libertés fondamentales. Face à un monde confronté à des défis complexes tels que les tensions géopolitiques, les inégalités et les crises climatiques, l’ONU doit jouer un rôle essentiel en favorisant le dialogue et l’aide humanitaire, contribuant ainsi à bâtir un avenir plus juste. Il est donc nécessaire de veiller à ce que les Nations Unies reflètent non seulement la réalité du monde actuel et non celle de l’après-guerre, mais aussi qu’elles soient plus ciblées et efficaces dans la mise en œuvre de politiques visant l’unité de la famille humaine plutôt que des idéologies.

Le multilatéralisme vise donc à offrir un lieu de rencontre et de dialogue, à l'image du Forum romain ou de la place publique médiévale. Toutefois, pour que le dialogue soit possible, il est nécessaire de s'accorder sur les mots et les concepts employés. Redécouvrir le sens des mots est peut-être l'un des principaux défis de notre époque. Lorsque les mots se déconnectent de la réalité, et que la réalité elle-même devient sujette à débat, voire incommunicable, nous ressemblons aux deux personnes évoquées par saint Augustin, contraintes de cohabiter sans connaître la langue de l'autre. Il observe : « Les animaux muets, même ceux d'espèces différentes, se comprennent plus facilement que ces deux individus. Car, bien qu'ils soient tous deux des êtres humains, leur nature commune ne favorise en rien la convivialité lorsqu'ils sont empêchés, par la diversité des langues, d'exprimer leurs sentiments ; de sorte qu'un homme converserait plus volontiers avec son chien qu'avec un étranger ! » [6]

Aujourd'hui, le sens des mots est plus fluctuant que jamais et les concepts qu'ils représentent sont de plus en plus ambigus. Le langage n'est plus le moyen privilégié par lequel les êtres humains se connaissent et se rencontrent. Pire encore, dans les contorsions de l'ambiguïté sémantique, le langage devient une arme de plus en plus utilisée pour tromper, frapper et offenser ses adversaires. Nous avons besoin de mots capables d'exprimer à nouveau des réalités claires et distinctes, sans équivoque. C'est la seule façon pour un dialogue authentique de reprendre, exempt de malentendus. Cela doit se produire dans nos foyers et dans l'espace public, en politique, dans les médias et sur les réseaux sociaux. Il en va de même dans le contexte des relations internationales et du multilatéralisme, afin que ce dernier puisse retrouver la force nécessaire à son rôle de rencontre et de médiation. C'est en effet indispensable pour prévenir les conflits et pour garantir que personne ne soit tenté de dominer autrui par la force, qu'elle soit verbale, physique ou militaire.

Il convient également de relever le paradoxe suivant : cet affaiblissement du langage est souvent invoqué au nom de la liberté d’expression elle-même. Or, à y regarder de plus près, c’est l’inverse qui se produit, car la liberté d’expression est précisément garantie par la certitude du langage et par le fait que chaque terme s’appuie sur la vérité. Il est douloureux de constater à quel point, notamment en Occident, l’espace de la véritable liberté d’expression se réduit comme peau de chagrin. Parallèlement, un nouveau langage, digne d’un roman d’Orwell, se développe et, dans sa volonté d’être toujours plus inclusif, finit par exclure ceux qui ne se conforment pas aux idéologies qui le sous-tendent.

Malheureusement, cela entraîne d'autres conséquences qui finissent par restreindre les droits fondamentaux, à commencer par la liberté de conscience. À cet égard, l'objection de conscience permet aux individus de refuser des obligations légales ou professionnelles qui entrent en conflit avec des principes moraux, éthiques ou religieux profondément ancrés dans leur vie personnelle. Il peut s'agir du refus du service militaire au nom de la non-violence, ou du refus, pour les médecins et les professionnels de santé, de pratiquer des actes tels que l'avortement ou l'euthanasie. L'objection de conscience n'est pas une rébellion, mais un acte de fidélité à soi-même. À l'heure actuelle, la liberté de conscience semble de plus en plus remise en question par les États, même ceux qui se réclament de la démocratie et des droits de l'homme. Or, cette liberté établit un équilibre entre l'intérêt collectif et la dignité individuelle. Elle souligne également qu'une société véritablement libre n'impose pas l'uniformité, mais protège la diversité des consciences, prévenant ainsi les dérives autoritaires et favorisant un dialogue éthique qui enrichit le tissu social.

De la même manière, la liberté religieuse risque d'être restreinte. Comme l'a rappelé Benoît XVI , il s'agit du premier de tous les droits de l'homme, car elle exprime la réalité la plus fondamentale de la personne. [7]  Les données les plus récentes montrent que les atteintes à la liberté religieuse sont en augmentation et que 64 % de la population mondiale subit de graves violations de ce droit.

En demandant le plein respect de la liberté religieuse et du culte des chrétiens, le Saint-Siège demande le même respect pour toutes les autres communautés religieuses. À l’occasion du soixantième anniversaire de la promulgation de la Déclaration Nostra Aetate, fruit du Concile œcuménique Vatican II qui s’est achevé le 8 décembre 1965, j’ai eu l’occasion de réaffirmer le rejet catégorique de toutes les formes d’antisémitisme, qui, malheureusement, continue de semer la haine et la mort. J’ai également souligné l’importance de cultiver le dialogue judéo-chrétien et d’approfondir nos racines bibliques communes.

À cette même occasion commémorative, la rencontre avec des représentants d’autres religions m’a permis de renouveler mon appréciation des progrès accomplis ces dernières décennies sur la voie du dialogue interreligieux. En effet, dans toute quête religieuse sincère se trouve « le reflet de l’unique Mystère divin qui embrasse toute la création » [8].  À cet égard, j’invite toutes les nations à garantir à chacun de leurs citoyens la pleine liberté de religion et de culte.

Il est toutefois impossible d'ignorer que la persécution des chrétiens demeure l'une des crises des droits humains les plus répandues aujourd'hui, touchant plus de 380 millions de croyants à travers le monde. Ils subissent des discriminations, des violences et une oppression importantes, voire extrêmes, en raison de leur foi. Ce phénomène affecte environ un chrétien sur sept dans le monde et s'est aggravé en 2025 du fait des conflits persistants, des régimes autoritaires et de l'extrémisme religieux. Malheureusement, tout cela démontre que la liberté religieuse est souvent perçue davantage comme un « privilège » ou une concession que comme un droit fondamental.

Je tiens à évoquer tout particulièrement les nombreuses victimes de violences, notamment celles perpétrées à des fins religieuses au Bangladesh, au Sahel et au Nigéria, ainsi que celles du grave attentat terroriste commis en juin dernier contre la paroisse Saint-Élie à Damas. Je n'oublie pas non plus les victimes des violences djihadistes à Cabo Delgado, au Mozambique.

Parallèlement, il ne faut pas oublier une forme insidieuse de discrimination religieuse à l’encontre des chrétiens, qui se répand même dans les pays où ils sont majoritaires, comme en Europe ou en Amérique. Dans ces pays, leur capacité à proclamer les vérités de l’Évangile est parfois restreinte pour des raisons politiques ou idéologiques, notamment lorsqu’ils défendent la dignité des plus vulnérables, des enfants à naître, des réfugiés et des migrants, ou lorsqu’ils promeuvent la famille.

Dans ses relations et actions internationales, le Saint-Siège défend avec constance la dignité inaliénable de toute personne. Il est essentiel de rappeler, par exemple, que chaque migrant est une personne et, à ce titre, possède des droits inaliénables qui doivent être respectés en toutes circonstances. Si tous les migrants ne se déplacent pas par choix, nombreux sont ceux qui sont contraints de fuir en raison de la violence, des persécutions, des conflits, voire des effets du changement climatique, comme dans diverses régions d’Afrique et d’Asie. En cette année qui marque également le soixante-quinzième anniversaire de l’Organisation internationale pour les migrations, je réaffirme l’espoir du Saint-Siège que les mesures prises par les États contre la criminalité et la traite des êtres humains ne serviront pas de prétexte pour porter atteinte à la dignité des migrants et des réfugiés.

Les mêmes considérations s’appliquent aux prisonniers, qui ne sauraient jamais être réduits aux crimes qu’ils ont commis. À cette occasion, je tiens à exprimer ma profonde gratitude aux Gouvernements qui ont répondu favorablement à l’appel de mon vénérable Prédécesseur en faveur de gestes de clémence durant l’ Année jubilaire . J’espère que l’esprit du Jubilé inspirera durablement et structurellement l’administration de la justice, afin que les peines soient proportionnées aux crimes commis, que des conditions de détention dignes soient garanties et, surtout, que des efforts soient déployés pour abolir la peine de mort, mesure qui anéantit tout espoir de pardon et de rédemption. [9]  Nous ne pouvons oublier non plus les souffrances de tant de prisonniers détenus pour des raisons politiques dans de nombreux pays.

De plus, dans une perspective chrétienne, les êtres humains sont créés à l’image et à la ressemblance de Dieu qui, « en les appelant à l’existence par amour , les a en même temps appelés à aimer » [10].  Cette vocation se révèle de manière privilégiée et unique au sein de la famille. C’est dans ce contexte que nous apprenons à aimer et à développer la capacité de servir la vie, contribuant ainsi au développement de la société et à la mission de l’Église.

Malgré son rôle central, l'institution familiale est aujourd'hui confrontée à deux défis majeurs. D'une part, on observe une tendance inquiétante au sein du système international à négliger et à sous-estimer son rôle social fondamental, ce qui conduit à sa marginalisation institutionnelle progressive. D'autre part, nous ne pouvons ignorer la réalité croissante et douloureuse des familles fragiles, brisées et souffrantes, en proie à des difficultés internes et à des phénomènes préoccupants, notamment les violences conjugales.

La vocation à l'amour et à la vie, qui se manifeste de façon essentielle dans l'union exclusive et indissoluble entre un homme et une femme, implique un impératif éthique fondamental : permettre aux familles d'accueillir et de prendre pleinement soin de la vie à naître. Il s'agit d'une priorité croissante, notamment dans les pays qui connaissent une chute dramatique de la natalité. La vie est en effet un don inestimable qui s'épanouit au sein d'une relation engagée, fondée sur le don et le service mutuels.

À la lumière de cette profonde vision de la vie comme un don précieux et de la famille comme sa gardienne responsable, nous rejetons catégoriquement toute pratique qui nie ou exploite l’origine et le développement de la vie. Parmi celles-ci figure l’avortement, qui interrompt une vie en devenir et refuse d’accueillir le don de la vie. À cet égard, le Saint-Siège exprime sa profonde préoccupation concernant les projets visant à financer la mobilité transfrontalière pour accéder au prétendu « droit à l’avortement sans risque ». Il considère également comme déplorable que des ressources publiques soient allouées à la suppression de la vie, au lieu d’être investies dans le soutien aux mères et aux familles. L’objectif premier doit demeurer la protection de chaque enfant à naître et le soutien effectif et concret de chaque femme afin qu’elle puisse accueillir la vie.

De même, la pratique de la gestation pour autrui, en transformant la grossesse en un service négociable, viole la dignité de l'enfant, réduit à un « produit », et celle de la mère, exploitant son corps et le processus de procréation et pervertissant la vocation relationnelle originelle de la famille.

Des considérations similaires peuvent être étendues aux malades, aux personnes âgées ou isolées, qui parfois peinent à trouver une raison de continuer à vivre. La société civile et les États ont également la responsabilité de répondre concrètement aux situations de vulnérabilité, en proposant des solutions à la souffrance humaine, comme les soins palliatifs, et en promouvant des politiques de solidarité authentique, plutôt que d'encourager des formes de compassion illusoires telles que l'euthanasie.

On peut faire une réflexion similaire concernant les nombreux jeunes confrontés à de multiples difficultés, dont la toxicomanie. Afin d'éviter que des millions de jeunes à travers le monde ne deviennent victimes de la toxicomanie, des efforts concertés sont nécessaires pour éradiquer ce fléau et le trafic de drogue qui l'alimente. Parallèlement, il est indispensable de mettre en place des politiques de réinsertion adaptées et d'investir davantage dans le développement humain, l'éducation et la création d'emplois.

Face à ces défis, nous réaffirmons avec force que la protection du droit à la vie constitue le fondement indispensable de tous les autres droits humains. Une société n’est saine et ne progresse véritablement que lorsqu’elle garantit le caractère sacré de la vie humaine et œuvre activement à sa promotion.

Les considérations susmentionnées me portent à croire que, dans le contexte actuel, nous assistons à un véritable court-circuit des droits humains. Le droit à la liberté d'expression, à la liberté de conscience, à la liberté religieuse et même le droit à la vie sont restreints au nom d'autres prétendus nouveaux droits, ce qui a pour conséquence de vider de sa substance le cadre même des droits humains et d'ouvrir la voie à la force et à l'oppression. Cela se produit lorsque chaque droit devient autoréférentiel, et surtout lorsqu'il se déconnecte de la réalité, de la nature et de la vérité.

Ambassadeurs distingués,

Alors que saint Augustin souligne la coexistence des cités céleste et terrestre jusqu'à la fin des temps, notre époque semble encline à nier à la cité de Dieu son « droit de citoyenneté ». Il semble que seule la cité terrestre existe, enfermée exclusivement à l'intérieur de ses frontières. La recherche exclusive des biens immanents compromet cette « tranquillité de l'ordre » [11] , qui, pour Augustin, constitue l'essence même de la paix, laquelle concerne la société et les nations autant que l'âme humaine elle-même, et est essentielle à toute coexistence civile. En l'absence d'un fondement transcendant et objectif, seul l'amour-propre prévaut, jusqu'à l'indifférence envers Dieu, qui gouverne la cité terrestre. [12]  Or, comme le note Augustin, « grande est la folie de l'orgueil chez ceux qui pensent que le bien suprême se trouve dans cette vie et qu'ils peuvent être heureux par leurs propres moyens ». [13]

L’orgueil obscurcit la réalité elle-même et notre empathie envers autrui. Ce n’est pas un hasard si l’orgueil est toujours à l’origine de tous les conflits. Par conséquent, comme je l’ai rappelé dans mon Message pour la Journée mondiale de la paix , « nous perdons notre sens du réalisme et nous nous soumettons à une vision partielle et déformée du monde, obscurcie par l’obscurité et la peur » [14] , ouvrant ainsi la voie à une mentalité de confrontation, prélude à toute guerre.

Nous le constatons dans de nombreux contextes, à commencer par la guerre en Ukraine et les souffrances infligées à la population civile. Face à cette situation tragique, le Saint-Siège réaffirme avec force l'urgence d'un cessez-le-feu immédiat et d'un dialogue animé d'une recherche sincère des voies menant à la paix. J'en appelle avec insistance à la communauté internationale pour qu'elle maintienne son engagement à poursuivre des solutions justes et durables qui protègent les plus vulnérables et redonnent espoir aux peuples touchés. Je souligne également la pleine volonté du Saint-Siège de soutenir toute initiative promouvant la paix et l'harmonie.

Dans le même temps, nous constatons cette situation en Terre Sainte où, malgré la trêve annoncée en octobre, la population civile continue de subir une grave crise humanitaire, aggravant ainsi les souffrances déjà endurées. Le Saint-Siège est particulièrement attentif à toute initiative diplomatique visant à garantir aux Palestiniens de la bande de Gaza un avenir de paix et de justice durables sur leur terre, ainsi qu'à l'ensemble du peuple palestinien et à l'ensemble du peuple israélien. En particulier, la solution à deux États demeure la perspective institutionnelle permettant de répondre aux aspirations légitimes des deux peuples ; or, malheureusement, les violences se sont intensifiées en Cisjordanie contre la population civile palestinienne, qui a le droit de vivre en paix sur sa terre.

L’escalade des tensions dans la mer des Caraïbes et le long de la côte pacifique américaine est également une source de vive inquiétude. Je tiens à réitérer mon appel pressant à la recherche de solutions politiques pacifiques à la situation actuelle, dans l’intérêt commun des peuples et non pour défendre des intérêts partisans.

Cela concerne tout particulièrement le Venezuela, au vu des récents événements. À cet égard, je renouvelle mon appel au respect de la volonté du peuple vénézuélien et à la sauvegarde des droits humains et civils de tous, afin d'assurer un avenir de stabilité et de concorde. À cette fin, l' exemple de deux de ses enfants, que j'ai eu la joie de canoniser en octobre dernier – José Gregorio Hernández et Sœur Carmen Rendiles – peut être une source d'inspiration. Puisse leur témoignage inspirer l'édification d'une société fondée sur la justice, la vérité, la liberté et la fraternité, et permettre ainsi à la nation de se relever de la grave crise qui la frappe depuis tant d'années.

D'autres crises se multiplient à travers le monde. Je pense tout d'abord à la situation désespérée en Haïti, marquée par de nombreuses formes de violence, allant du trafic d'êtres humains à l'exil forcé et aux enlèvements. À cet égard, j'espère qu'avec le soutien nécessaire et concret de la communauté internationale, le pays pourra prendre au plus vite les mesures indispensables pour rétablir l'ordre démocratique, mettre fin aux violences et parvenir à la réconciliation et à la paix.

Nous ne pouvons oublier non plus la situation qui affecte depuis des décennies la région des Grands Lacs africains, ravagée par une violence qui a fait de nombreuses victimes. J'encourage les parties concernées à rechercher une solution définitive, juste et durable qui mette un terme à un conflit qui n'a que trop duré. De même, je pense à la situation au Soudan, devenu un immense champ de bataille, ainsi qu'à l'instabilité politique persistante au Soudan du Sud, le plus jeune pays de la communauté internationale, né du référendum d'il y a quinze ans.

Nous ne pouvons passer sous silence les signes croissants de tension en Asie de l'Est, et exprimer l'espoir que toutes les parties concernées adopteront une approche pacifique et fondée sur le dialogue concernant les questions litigieuses qui sont source de conflits potentiels.

Mes pensées se tournent tout particulièrement vers la grave crise humanitaire et sécuritaire qui frappe le Myanmar, encore aggravée par le séisme dévastateur de mars dernier. Avec une ferveur renouvelée, j'appelle à ce que l'on emprunte courageusement les voies de la paix et d'un dialogue inclusif, afin de garantir à tous un accès équitable et rapide à l'aide humanitaire. Pour être authentiques, les processus démocratiques doivent s'accompagner de la volonté politique de poursuivre le bien commun, de renforcer la cohésion sociale et de promouvoir le développement intégral de chaque personne.

Au cœur de nombre des situations que j'ai évoquées, on retrouve ce qu'Augustin lui-même a souligné : l'idée persistante que la paix n'est possible que par le recours à la force et à la dissuasion. Si la guerre se contente de détruire, la paix exige des efforts de construction continus et patients, ainsi qu'une vigilance constante. Ces efforts sont requis de tous, à commencer par les pays dotés d'arsenaux nucléaires. Je pense notamment à l'impérieuse nécessité d'assurer le suivi du traité New START, qui expire en février. En effet, le risque est grand de renouer avec la course à la production d'armes toujours plus sophistiquées, y compris grâce à l'intelligence artificielle. Cette dernière est un outil qui requiert une gestion appropriée et éthique, ainsi que des cadres réglementaires axés sur la protection des libertés et la responsabilité humaine.

Chers Ambassadeurs,

Malgré la situation tragique qui se déroule sous nos yeux, la paix demeure un bien difficile à atteindre, mais réaliste. Comme le rappelle Augustin, la paix est « le but de notre bien » [15], car elle est le but même de la cité de Dieu, à laquelle nous aspirons, même inconsciemment, et dont nous pouvons avoir un avant-goût dès la cité terrestre. Durant notre pèlerinage sur cette terre, œuvrer pour la paix exige humilité et courage : l’humilité de vivre dans la vérité et le courage de pardonner. Dans la vie chrétienne, nous voyons ces vertus se refléter à Noël, lorsque la Vérité, le Verbe éternel de Dieu, s’incarne humblement, et à Pâques, lorsque le Juste, condamné, pardonne à ses persécuteurs et leur offre sa vie de Ressuscité.

De plus, si nous y regardons de plus près, les signes d'espoir courageux ne manquent pas en notre temps, et nous devons les soutenir sans relâche. Je pense, par exemple, aux accords de Dayton, qui, il y a trente ans, ont mis fin à la guerre sanglante en Bosnie-Herzégovine. Malgré les difficultés et les tensions, ils ont ouvert la voie à un avenir plus prospère et harmonieux. Je pense également à la Déclaration conjointe de paix entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, signée en août dernier. Nous espérons qu'elle ouvrira la voie à une paix juste et durable dans le Caucase du Sud et permettra de résoudre les questions en suspens à la satisfaction des deux parties. Je rappelle aussi les efforts déployés ces dernières années par les autorités vietnamiennes pour améliorer les relations avec le Saint-Siège et les conditions de fonctionnement de l'Église dans le pays. Ce sont autant de graines de paix qu'il convient de cultiver.

En octobre prochain, nous commémorerons le huitième centenaire de la mort de saint François d'Assise, homme de paix et de dialogue, universellement reconnu, même par ceux qui ne sont pas catholiques. Sa vie rayonne, car elle fut inspirée par le courage de vivre dans la vérité et par la conviction qu'un monde de paix se construit sur des cœurs humbles tournés vers Dieu. C'est un cœur humble et épris de paix que je souhaite à chacun d'entre nous et à tous ceux qui vivent dans nos pays en ce début d'année.

Merci.

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Add. Le Pape Léon XIV sur X en allemand le 9 janvier 2026:

 

Dans le contexte actuel, nous assistons à un véritable "court-circuit" des droits humains. Le droit à la liberté d'expression, à la liberté de conscience, à la liberté de religion et même à la vie est restreint au nom d'autres droits dits nouveaux, ce qui affaiblit le système des droits humains lui-même et ouvre la voie à la violence et à l'oppression. Cela se produit lorsque chaque droit devient autoréférentiel et, en particulier, lorsqu'il perd son lien avec la réalité des choses, avec leur nature et avec la vérité.

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9 janvier 2026 5 09 /01 /janvier /2026 01:00

Mise à jour le 15-02-2023. Le mystère du cœur de Pauline Jaricot, naturellement conservé pendant 160 ans, intrigue les scientifiques.

https://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/archeologie/le-mystere-du-coeur-de-pauline-jaricot-naturellement-conserve-pendant-160-ans-intrigue-les-scientifiques_169441

Vénérable Pauline Jaricot († 1862)

Pour donner beaucoup aux autres, il faut puiser dans son propre cœur; et pour alimenter ce cœur, il faut puiser dans celui de Dieu.

Héroïne catholique lyonnaise renommée à travers le monde, mais curieusement méconnue en France, Pauline Jaricot a contribué au renouveau missionnaire, en inventant l’œuvre de la Propagation de la Foi, devenue aujourd'hui les Œuvres Pontificales Missionnaires, pour collecter des fonds et soutenir la mission.

Jeune fille du XIXe issue d'une famille de riches industriels lyonnais, Pauline Jaricot connaît à 17 ans une conversion fulgurante. Elle invente le Rosaire vivant, la récitation du chapelet, qui rassemble à sa mort 2 millions de personnes priant tour à tour les mystères du rosaire... (Pauline Jaricot, La Mère des missions - paroisse de Saint Vincent en Lignon) (1)

Pauline-Marie Jaricot, née à Lyon (France) le 22 juillet 1799. 

Jeune fille, elle fait une chute, tombe malade. Sa mère aurait fait un vœu en offrant sa vie pour la guérison de sa fille. 

En 1814, à quinze ans, Pauline fait une mauvaise chute d'un tabouret. Elle est frappée d'une maladie étrange. Elle se met à marcher comme une personne ivre, l'air égaré. Elle a perdu entièrement l'usage de la parole. Sa mère, catholique fervente, a voulu la veiller jour et nuit, en promettant de donner sa vie pour sa fille. Échange mystérieux qui va se produire, en effet. Elle meurt alors que Pauline guérit. Ce deuil fait réfléchir l'insouciante jeune fille.

À la suite d'un sermon de l'abbé Wurtz sur la vanité, Pauline veut rompre avec les mondanités, elle se confesse, abandonne ses bijoux, s'habille comme une ouvrière. Elle fait alors vœu de chasteté de corps et d'esprit, bien qu'elle se rende compte qu'elle n'a pas la vocation religieuse. Halte au chapeaux, aux plumes et aux bijoux. De retour à la maison, elle brûle ses livres romantiques. Elle décide de s'habiller comme les ouvrières en soierie des pentes de la Croix-Rousse. Pauline va porter une sorte de robe monacale de couleur violette, une étroite pèlerine, une coiffe à godrons et de gros socques à courroie de cuir.

À la suite d'une sorte d'illumination survenue le dimanche des Rameaux, en 1817, elle forme un groupe informel "Les Réparatrices du cœur de Jésus méconnu et méprisé."

Un attrait commence à envahir son coeur. C'est la fascination pour les missions lointaines. En Extrême-Orient. Pauline lit régulièrement les Bulletins des MEP (Missions étrangères de Paris) qui parlent d'exploits aux confins du monde. Surnommée l'école polytechnique du martyr, les MEP vont attirer toute l'ardeur évangélisatrice dont la France est capable après le rude hiver révolutionnaire et impérial. Pauline rêve de devenir missionnaire en Chine, un idéal partagé par son frère Philéas qui ne va pas tarder à entrer au séminaire Saint-Sulpice. En 1822, ne pouvant raisonnablement pas suivre les missionnaires, Pauline cherche un moyen concret de soutenir leur périlleuse mission. Le rayonnement de la France est pour elle en lien avec celui de son Seigneur. Elle veut recueillir des aumônes pour la cause des congrégations missionnaires. Dotée d'un étonnant esprit pratique, elle se lance dans l'aventure. "Un soir que je cherchais en Dieu le secours, c'est-à-dire le plan désiré, la claire vue de ce plan me fut donnée et je compris la facilité qu'aurait chaque personne de mon intimité à trouver dix associés donnant un sou chaque semaine pour la Propagation de la Foi". Elle lance la chose avec 200 ouvrières de l'usine de son beau-frère. L'Association de la Propagation de la Foi est née. Elle continuera sans elle, portée par un succès qui la dépasse. L'œuvre jouera un rôle de première importance dans le développement du mouvement missionnaire français au XIXe siècle. (Voir les Missions catholiques au XIXe et au XXe siècles). À la fin du XIXe siècle, l'œuvre sera présente dans tous les pays de la Chrétienté.

En 1835, Pauline achète le domaine "sis 24 montée Saint-Barthélemy" (aujourd'hui le Centre Scolaire aux Lazaristes) qu'elle rétrocède aux Frères des Écoles chrétiennes en 1839.

Sérieusement malade du cœur, elle va en pèlerinage à Mugnano, sur la tombe de sainte Philomène. Elle est d'abord reçue à Rome par le pape Grégoire XVI et lui demande si, au cas où elle reviendrait guérie, ce serait un miracle suffisant pour faire avancer la cause de la sainte. Le souverain pontife répond que oui, persuadé qu'il a affaire à une mourante et qu'il ne faut pas lui refuser cette consolation, comme il le confie en italien à des religieuses présentes. Elle arrive à Mugnano après un voyage épuisant dans la chaleur du mois d'août. C'est la veille de la fête de la sainte et la foule des pèlerins se presse ; le lendemain, elle communie et défaille : on la croit morte mais elle reprend ses esprits et demande qu'on la porte jusqu'au tombeau de la sainte, et c'est alors qu'elle se trouve miraculeusement guérie. Le supérieur du couvent fait sonner les cloches pour annoncer la nouvelle tandis que la foule exulte. Après avoir passé quelques jours à Mugnano en prières de remerciements, elle retourne à Rome où le pape approuve son œuvre et lui donne sa bénédiction.

Le Curé d'Ars se serait écrié : "Ah ! mes frères, je connais, moi, une personne qui sait bien accepter les croix, des croix très lourdes, et qui les porte avec un grand amour. C'est Mlle Jaricot." (Monseigneur Jules de Trannoy, Marie-Pauline Jaricot et l'Œuvre pontificale de la Propagation de la Foi, Xaveriana, 15ième série, n° 177, Louvain, Belgique, 1946, p. 27.)

 

Et si la mission de Pauline se trouvait aussi à Lyon ?

Lyon est une ville mariale à travers ses premiers évêques comme saint Pothin et saint Irénée, Saint Pothin ayant emporté cette belle image de la Vierge qui a été à l'origine de cette piété mariale. Lyon sera encore à l'origine de la dévotion à l'Immaculée conception. C'est la seconde Rome pour son culte pour Marie. Et c'est de Lyon que vient Pauline et son Rosaire vivant. La sainte Vierge est vraiment la reine de Lyon et garde sous sa protection ceux qui se recommandent à elle. On peut dire que la sainte Vierge a choisi cette auguste cité pour être dès les premiers siècles un des berceaux de la piété mariale qui s'est épanouie dans notre pays. (2)

Cette prise de conscience s'impose peu à peu à Pauline à force de côtoyer l'industrie de la soie. La Révolution industrielle, venue d'Angleterre, n'a pas attendu les livres de Karl Marx pour qu'on voie les ravages s'étendre de l'autre côté de la Manche. La machine, ce monstre chaud dans les mains d'entrepreneurs avides, tend à dévorer la main d'oeuvre qui se presse dans les villes. Mais l'homme n'est pas une simple "force de travail à vendre". Bref, un prolétaire. En référence au statut de citoyen romain pauvre qui n'existait que par ses enfants qu'il devait nourrir. En vérité, sous la Restauration, le capitalisme industriel avance sans rencontrer de sérieux obstacles. Seuls quelques catholiques - minoritaires - commencent à s'émouvoir de la condition de ces ouvriers que certains transforment en chair à capital. 

C'est le cas d'Alban de Villeneuve Bargemon qui dénonce l'exploitation manufacturière : "Ce qui frappe le plus tout homme animé d'un esprit de justice et d'humanité dans l'examen de la classe ouvrière, c'est l'état de dépendance et d'abandon dans lequel la société livre les ouvriers aux chefs et aux entrepreneurs des manufactures. C'est la faculté illimitée laissée à des capitalistes spéculateurs de réunir autour d'eux des populations entières pour en employer les bras suivant leur intérêt."

Lyon est la première ville ouvrière de France. L'arrivée des métiers à tisser de grande taille révolutionne le travail de la soie. On s'installe dans les anciens couvents de la Croix-Rousse, aux plafonds très élevés. C'est le quartier des "Canuts", des ouvriers qui travaillent quatorze, quinze heures par jour et qui n'arrivent pas à faire vivre leur famille. Des familles où le père, la mère et les enfants sont obligés de travailler pour survivre. Au milieu du siècle, on compte environ 40 000 compagnons lessivés par les ignobles conditions de travail. La révolte gronde. Pauline Jaricot conserve des principes justes. Alors que très souvent, ceux qui s'intéressent à la classe ouvrière tombent dans certains travers des penseurs socialistes, elle ne cède jamais aux erreurs de son temps. Pauline Jaricot évite de tomber et dans l'erreur libérale et dans l'erreur socialiste. Au moment des insurrections des Canuts en 1831, 1834, 1848-1849, Pauline se réjouit de la décision du préfet de Lyon d'accepter l'idée d'un tarif, pour garantir un salaire minimum, le pouvoir d'achat des Canuts s'étant fortement dégradé. Elle fait distribuer des médailles aux Canuts et aux militaires chargés de la répression; elle se tient aux antipodes du courant violent socialiste. Et la grande erreur de beaucoup de catholiques sociaux c'est de se laisser prendre par l'action sociale au point de négliger l'action spirituelle, Pauline pense que si l'on mène une action sociale qui n'a pas le fondement chrétien, si on laïcise le combat social, cette action sociale est vouée à l'échec : on ne fera pas mieux que les libéraux ou que les socialistes !

En 1841, Pauline décide de consacrer toute sa fortune à la création d'un centre industriel. Elle achète une usine avec un bâtiment attenant pour loger les familles et à côté une école et une chapelle. Pour lancer cette aventure, Pauline a confié la somme de 700 000 francs-or à des hommes d'affaires. (3) 

 

Statue Mgr Giraud, Cathédrale Notre-Dame de Grâce de Cambrai

Mgr Giraud, évêque de Rodez, se voit attribuer le siège de Cambrai, redevenu archevêché après la mort de Mgr Belmas. Son mandement de 1845 Sur la loi du travail s'en prend à cet édifice d'orgueil et d'ambition qui "s'élève sur les débris d'intelligences abaissées, de santés ruinées, de consciences perverties, d'âmes immortelles perdues pour l'éternité." Il écrit une page vengeresse contre l'injustice des salaires et les odieuses conditions de travail :"Pour tout dire en un mot, la religion proteste contre cette exploitation de l'homme par l'homme qui spécule sur son semblable comme un vil bétail, ou comme sur un agent et un pur instrument de production; qui calcule froidement jusqu'à quelles limites ont peu ajouter à sa tâche, sans qu'il tombe écrasé sous le poids; qui suppute goûte à goûte ce que des ruisseaux de sueur peuvent lui rapporter d'or, pareille à ces vampires que la sombre imagination des enfants de la Germanie nous représente s'abattant sur des corps pleins de force et de vie, et n'abandonnant leur proie qu'après lui avoir tirée toute la moëlle de ses os et tout le sang de ses veines!" Ainsi, trois ans avant le Manifeste du Parti communiste, Mgr Giraud dénonce "l'exploitation de l'homme par l'homme". Il a emprunté l'expression aux catholiques sociaux qu'il cite dans son mandement : Villeneuve, de Coux, Rousseau. Dans les années 1840-1841, Louis Rousseau écrivait : "L'état normal de la civilisation consiste dans la lutte du principe spirituel qui tend incessamment à éliminer de la société l'élément païen, c'est-à-dire l'exploitation de l'homme par l'homme, contre le principe matériel qui tend à retenir cet élément subversif." (J. TOUCHARD, Aux Origines du catholicisme social, Louis Rousseau, A. Colin, 1968, p. 151, note 126.) Aux ouvriers de Lyon, dont la condition est particulièrement dure, Mgr de Bonald s'adresse dès son arrivée en juillet 1840. Dans son mandement de Carême de 1842, l'archevêque de Lyon proteste contre les économistes qui ne voient dans l'ouvrier que son utilité et son rendement. Il montre la caractère impitoyable de la production industrielle et l'asservissement auquel elle condamne les ouvriers. En 1847, il réclame "une justice rigoureuse pour proportionner le salaire au labeur." La plupart de ces interventions épiscopales dénoncent en un vigoureux langage, l'exploitation des ouvriers par un salaire insuffisant, blâment la condition qui leur est faite et qui constitue un attentat permanent contre leur conscience religieuse (travail le dimanche), mais aussi contre leur santé, contre leur intelligence. Ils réclament un salaire juste. Ils protestent vigoureusement contre tout ce qui porte atteinte à la dignité de l'homme. (4)

Les encycliques sociales de Léon XIII viendront plus tard. Nous sommes ici au milieu du XIXe siècle et l'idée vient à Pauline de réunir quinze personnes qui feront des petits dons qui alimenteront un capital destiné à l'achat d'une entreprise par des ouvriers co-gestionnaires de l'entreprise. Elle crée la coopérative ouvrière. Les ouvriers possèdent des intérêts dans cette entreprise et se versent des salaires justes avec des horaires sociaux. L'idée plaît à un banquier qui fait partie du Rosaire vivant, et il en parle à ses associés. Ces banquiers parlent à Pauline d'une usine industrielle qui a fait faillite et qui pourrait être rachetée à un très bas prix. Ils en parlent à Pauline qui leur fait confiance. Pauline en parle elle-même à ses amis et donne l'argent aux banquiers. Malheureusement, ces banquiers escrocs vont se servir de cet argent à leur propre service. Et l'argent de Pauline va fondre comme neige au soleil. Si bien qu'elle se retrouve endettée et ruinée, avec sur la conscience tous les braves gens qui lui font confiance et qui lui ont donné de l'argent, parfois de l'argent qui leur était nécessaire. C'est ainsi que Pauline va vivre le martyre du surendettement, et des créanciers vont la poursuivre jusqu'à la fin de sa vie.

Elle peut se déclarer en faillite et disparaître, mais sa conscience morale lui dit que jusqu'au bout elle devra rembourser. Il y a eu malversation et elle prend sur elle. Des amis qui la soutenaient avant commencent à se détourner d'elle de plus en plus, et sa réputation commence à en pâtir. Elle, qui jusqu'ici était admirée pour les deux oeuvres qu'elle avait créées (la Propagation de la foi et l'oeuvre du Rosaire) et maintenant elle se met à être considérée comme quelqu'un de malhonnête. De plus, sa santé ne s'améliore pas, ses jambes sont de plus en plus enflées. Elle se demande comment faire pour rembourser ceux qui lui ont donné de l'argent pour son projet. Elle se dit que la meilleure façon est de faire des tournées en France pour faire participer les gens. Elle en parle à Mgr Villecourt, évêque de La Rochelle et qu'elle a bien connu à une certaine époque à Lyon, lui écrit ceci, avec sa bénédiction : "Agissez sans écouter les cris de la nature, sollicitez des aumônes au nom de Jésus-Christ." 

La Providence veille sur elle. Le Curé d'Ars lui envoie une jeune femme, une femme très simple, une femme de la campagne qui rentre à Lorette et qui se met de tout son coeur au service de Pauline Jaricot. Elle s'appelle Marie Dubouis. Et bien qu'elle lui ait dit au début "Mais c'est une folie, restez donc ici, vous n'avez rien pour réussir tout cela." (ce tour de France). Mais Maria va suivre Pauline fidèlement toute sa vie, et être un appui un peu comme l'ange qui soutient Jésus lorsqu'il est à l'agonie au jardin des Oliviers.

Pauline récolte de l'argent, mais elle le fait de manière très strict. Ce qui est donné pour l'oeuvre de la mission reste pour l'oeuvre de la mission. Ce qui est donné pour renflouer l'entreprise qui a fait faillite, c'est pour rembourser ses créanciers. Il n'y a pas de mélange, il n'y a pas de prise d'intérêt. Si bien qu'elle récolte beaucoup pour Dieu et très peu pour elle, si bien qu'elle restera jusqu'au bout endettée. Des missionnaires écrivent du monde entier à Pauline pour la remercier : "C'est grâce à ce que vous faites que nous pouvons continuer nos missions." Elle ne garde rien pour elle, là, de cet argent qui arrive pour le coup en quantité.

En 1859, en plein hiver, Pauline passe une dernière fois à Ars. Le Curé d'Ars est dans son Confessionnal, comme d'habitude. On lui annonce que Melle Jaricot est là. Il sort et consacre une heure à Pauline et lui demande: "Où en êtes-vous de vos persécuteurs et de vos persécutions ?" Et elle lui demande: "Mon Père, dites-moi ce que je dois faire, je dois rembourser mes dettes, je ne veux pas laisser les pauvres gens qui m'ont fait confiance, sans les rembourser. Que faire ? Je fais ce que je peux, et je n'y arrive pas." Le Saint Curé d'Ars lui dit: "Acceptez courageusement cette cruelle épreuve, vous ne pouvez pas l'impossible. Laissez parler et agir ceux qui ont résolu de vous perdre aux yeux des hommes. Ils ne peuvent empêcher le Bon Sauveur d'être à vous." Et il bénit Pauline en lui donnant une petite croix, où est marqué : "Dieu seul pour témoin, le Christ pour modèle, Marie pour soutien, et puis rien. Rien qu'amour et sacrifice." Elle ne reverra jamais le Curé d'Ars qui meurt six mois plus tard, usé par son ministère, tout consacré aux âmes. Et elle retourne à Lorette, où elle recommence le service de l'oeuvre du Rosaire avec les conseils spirituels et le Bulletin mensuel.

À un moment donné, le cardinal Villecourt, en voyant tout ce qui arrive à Pauline, cette impossibilité de la faire sortir de cette misère, dira : "Manifestement, il y a quelque chose qui n'est pas normal, quelque chose qui dépasse les forces de l'homme." On dirait qu'il y a dans sa vocation quelque chose comme celle d'une âme victime. (5)

Pauline décède le 9 janvier 1862 dans la misère et dans l'indifférence générale, déconsidérée, spoliée de son œuvre (d'après Yannick Essertel). Elle fut inhumée dans le caveau familial, au cimetière de Loyasse, avant que sa dépouille ne soit transférée en 1922 dans l'église Saint-Nizier, près de l'autel de la Vierge dans le transept sud. Quant à son cœur, il se trouve dans l'église Saint-Polycarpe.

Une vingtaine d'année après la mort de Pauline Jaricot, le Père Luc Marquet, dominicain qui était chargé d'étudier ses écrits et son oeuvre, a déclaré sous la foi du serment :

"Depuis sainte Catherine de Sienne, je ne connais rien de pareil comme action sur l'Église. Dieu a confié à Pauline la tâche de rebâtir un édifice social brisé par la Révolution française. Le Rosaire vivant se compose des quinzaines, c'est-à-dire un groupe de quinze personnes où chacun s'engage à réciter chaque jour une dizaine du Rosaire. Quant au mystère à méditer pendant cette dizaine, une fois par mois on se réunit pour le tirer au sort.(6)

Dans son Bref de 1881, le pape Léon XIII rend hommage à Pauline Jaricot, sous le triple point de vue de la propagation de la foi, du Rosaire vivant, et de son action en faveur des ouvriers. (7)

Le pape Jean XXIII la déclare vénérable en 1963, en proclamant l'héroïcité de ses vertus. Sa mémoire est fixée au 9 janvier. (8)

C'est le 18 juin 1930 que Pie XI traçait le Placet Achilleo au bas du document qui introduisait en Cour de Rome la cause de béatification de Marie-Pauline Jaricot, fondatrice de la Propagation de la Foi.

Lors du 150ème anniversaire de la mort de Pauline Jaricot en 2012, les médias ont parlé de Pauline. Le postulateur de la cause de béatification de Pauline-Marie Jaricot, François Duthel pense qu’à cette occasion, "Lyon a redécouvert Pauline Jaricot". Quelle Pauline ? Assurément, pas celle qui fréquentait les pentes de la Croix Rousse. (9)

"Je tombai, écrit-elle, comme l'homme descendant de Jérusalem à Jéricho, entre les mains de voleurs.

"J'ai aimé Jésus-Christ plus que tout sur la terre, et pour l'amour de Lui, j'ai aimé plus que moi-même tous ceux qui étaient dans le travail ou la douleur", écrit Pauline. Sur l'autel du capitalisme débridé, elle a perdu et sa réputation et sa santé. (10)

 

Jean-Paul II a reconnu la sainteté de Pauline Jaricot dans une lettre à l’archevêque de Lyon, le futur cardinal Louis-Marie Billé, à l’occasion du bicentenaire de la naissance de Pauline-Marie Jaricot, célébré du 17 au 19 septembre 1999, à Lyon et à Paris. Il souligne notamment sa spiritualité "eucharistique": "Très tôt, écrit-il, elle manifesta son désir de devenir une 'Eucharistie vivante'."

 

"Comme l’attestent les nombreux cahiers qu’elle a laissés, écrit Jean-Paul II, c’est dans une profonde et intense vie spirituelle qu’elle trouvait son énergie pour la mission. Sa grande initiative de prière, le « Rosaire vivant », révèle son amour pour la Vierge Marie, qui l’a poussée à venir habiter à l’ombre de la basilique Notre-Dame de Fourvière. Sa vie quotidienne était illuminée par l’Eucharistie et par l’adoration du Saint-Sacrement. Très tôt, elle manifesta son désir de devenir une « Eucharistie vivante », d’être remplie de la vie du Christ et de s’unir profondément à son sacrifice, vivant ainsi deux dimensions inséparables du mystère de l’Eucharistie: l’action de grâce et la réparation. C’est ce qui a fait dire au Curé d’Ars: « Je connais quelqu’un qui a beaucoup de croix et de très lourdes, et qui les porte avec un grand amour, c’est Mademoiselle Jaricot ». Sa spiritualité est marquée par son désir d’imiter le Christ en toutes choses. » (11)

 

La congrégation pour les causes des saints a rendu public le 27 mai 2021 un décret reconnaissant un miracle attribué à la vénérable Pauline-Marie Jaricot et qui ouvrait la voie à sa béatification.(12)

 

 

Après 161 ans de conservation naturelle, le cœur de Pauline Jaricot est demeuré en bon état. À l’occasion de la rénovation du reliquaire de la religieuse lyonnaise pour sa béatification le 22 mai 2022, le Diocèse de Lyon en a confié le cœur momifié à une équipe de chercheurs de l’université Paris-Saclay menée par Philippe Chartier, médecin légiste et paléopathologue.

Le 3 février 2023, l’équipe de recherche pluridisciplinaire publie ses résultats en accès libre dans la revue scientifique l'International Journal of Molecular Sciences.

Le cœur de la religieuse a été prélevé peu de temps après son décès

Paradoxalement, Pauline Jaricot était connue pour sa santé fragile. Victime d’un anévrisme et souffrant de palpitations douloureuses, elle rend visite au Pape Grégoire XVI en 1835 à Rome pour soulager sa souffrance. Elle en serait ressortie guérie deux semaines plus tard, selon différents textes rédigés durant sa vie. En 1862, l’année de son décès, elle tombe particulièrement malade. Livide selon les écrits ayant suivi sa mort, elle crache du sang et souffre d’une importante lésion mammaire. À sa mort, son cœur est immédiatement extrait de son corps par un chirurgien, puis scellé dans un reliquaire en argent. En 2021, l'organe est retrouvé en excellent état de conservation après ouverture du reliquaire par Stéphane Crevat, spécialisé dans la restauration d’objets historiques. Comment expliquer cette étonnante préservation ? […] [L]'analyse du cœur de Pauline Jaricot ne montre aucune trace d’embaumement ou autre technique de conservation. […] Les mystères de la miraculeuse conservation du cœur de Pauline Jaricot, et de la cause de son décès n’ont pu être élucidés par cette analyse.(13)

 

Le 22 mai 2022, la vénérable Pauline-Marie Jaricot, fondatrice du Rosaire Vivant et inspiratrice du père Eyquem pour la création des Equipes du Rosaire, a été béatifiée à Lyon, qui était la paroisse de sa famille.(14)

Sources:

 

(1) Nominis

(2) Jacques BUFFET, Pauline-Marie Jaricot, Le rosaire vivant, Cinquième colloque marial organisé par le prieuré de Lyon de la FSSPX, le 1er décembre 2012 au Palais de la Mutualité à Lyon

(3) Samuel PRUVOT, Nos Ancêtres les Saints, Petite histoire de la France missionnaire, Cerf, Paris 2017, p. 95-109

(4) Paul CHRISTOPHE, 2000 ans d'Histoire de l'Église, Nouvelle Édition Mame Desclée, Paris 2017, p. 929-930

(5) Chaîne Catholique d'Arnaud DUMOUCH, La vénérable Pauline Jaricot, protectrice des personnes surendettées (+ 1862)

(6) R.P. ANGELICO O.P., Avrillé, dans Jacques BUFFET, Pauline-Marie Jaricot, Le rosaire vivant, ibid.

(7) Hugues PETIT, dans Jacques BUFFET, Pauline-Marie Jaricot, Le rosaire vivant, ibid.

(8) Wikipedia

(9) enmanquedeglise.com

(10) Samuel PRUVOT, Nos Ancêtres les Saints, ibid., p. 107-108

(11) Zenit 

(12) https://equipes-rosaire.org/pauline-jaricot-bienheureuse-le-22-mai-2022-a-lyon/

(13) https://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/archeologie/le-mystere-du-coeur-de-pauline-jaricot-naturellement-conserve-pendant-160-ans-intrigue-les-scientifiques_169441

(14) https://equipes-rosaire.org/pauline-jaricot-bienheureuse-le-22-mai-2022-a-lyon/

 

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8 janvier 2026 4 08 /01 /janvier /2026 01:00
Saint Lucien, martyr

On pense qu'il fut l'un des prêtres romains qui vinrent évangéliser la Gaule au début du troisième siècle et qui donnèrent leur vie pour le Christ.

Saint Lucien évangélisa la région de Beauvais avec saint Denis et saint Rieul.

Si grande fut son action qu'elle permit à la légende de la rendre plus vivante.

"Saint Lucien est honoré comme apôtre du Beauvaisis. Après qu'il eut appelé à la foi et au baptême de nombreux habitants de cette région, une persécution s'ensuivit; il fut arrêté et décapité. Sa Passion lui adjoint deux disciples, Maxien (Maximien) et Julien, martyrisés avec lui sur la colline de Montmille (fin du IIIe siècle)."

(source: diocèse de Beauvais)

 

À Beauvais, vers 290, les saints Lucien, Maximien et Julien, martyrs. Martyrologe romain 


Sa devise:

"Je crois de coeur et je confesse de bouche, que Jésus-Christ est le fils de Dieu." [1]

 

Vers 290, l’empereur Dioclétien opposé au christianisme envoie Latinus, Jarius et Antor afin de tuer Lucien qui, averti du danger se réfugie avec ses deux compagnons Maxien et Julien à Montmille. Retrouvés par les Romains, ses compagnons sont décapités, Lucien est battu de verges puis enfin décapité. Le lieu probable du martyre s’appelle la Rosière. [2]

 

Ses vertus, ses actions de chair et les miracles qu’il aurait accomplis dans la région auraient contribué à la conversion de près de 30 000 homme. 

 

Saint Lucien. Cathédrale de Beauvais

Sources : (1), (2

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7 janvier 2026 3 07 /01 /janvier /2026 01:00
Saint Raymond de Penyafort, prêtre (+ 1275), o.p.

Saint Raymond de Penyafort, prêtre (+ 1275), o.p. (Ordre des Frères Prêcheurs, Dominicains)

Saint Raymond vint au monde l'an 1175, au château de Penyafort (Peñafort) en Catalogne (Espagne), d'une famille alliée aux rois d'Aragon. Ce Catalan est professeur de philosophie à l'Université de Barcelone et décide de se rendre à l'Université de Bologne, la plus grande Université de Droit de son temps, pour y étudier puis enseigner le droit civil et canonique.[1]

Le Pape Grégoire IX qui savait détecter les gens intelligents, lui confie la rédaction d'une "Somme des cas pénitentiaux", puis celle des "Décrétales" qui serviront de Code de Droit canonique à l'Eglise Catholique romaine jusqu'en 1917. Il rencontre alors saint Dominique de passage à Bologne et, dès son retour à Barcelone, le Vendredi saint 1222 il quitte le clergé séculier et entre dans l'Ordre des Dominicains à 47 ans. Il en deviendra le Maître Général et encourage l'apostolat de ses frères auprès des hérétiques, des Juifs et des Musulmans qui sont en Espagne.

http://saints.sqpn.com/wp-content/gallery/pictorial-lives-of-the-saints/saint-raymund-of-pennafort.jpg Préoccupé par l'Islam, il encourage saint Thomas d'Aquin à écrire "la Somme contre les Gentils" et fonde simultanément l'Ordre de Notre-Dame de la Merci pour la libération et le rachat des chrétiens captifs des Sarrasins.

Appelé à la cour pontificale par Grégoire IX qui en fit son confesseur, Raymond est nommé pénitencier (1230) et fait instaurer l'Inquisition en Aragon. Il révise les décrétales et en fait établir la nouvelle collection promulguée par la bulle "Rex pacificus" (5 septembre 1234). Raymond de Penyafort quitte Rome en avril 1236 pour rentrer en Espagne où il arrive par mer au début de l’été.[2]


Lorsque Raymond de Penyafort débarque au port catalan de Zossa, on le conduit près d’un malade appelé Barcelon du Fare ; le pauvre homme qui est à toute extrémité, a perdu l’usage de ses sens, et ses parents se morfondent qu’il ne puisse se confesser avant de mourir. Raymond de Penyafort prie longtemps près de l’agonisant puis lui demander s’il veut se confesser, mais il n’obtient aucune réponse. Il fait alors mettre en prière tous ceux qui se trouvent là. Au bout d’une longue prière collective, Raymond de Penyafort repose la question ; cette fois, le malade paraît sortir d’un profond sommeil et dit : "Mais oui, je veux me confesser et j’en ai un vif désir." Raymond de Penyafort fait sortir les assistants, entend le malade qui, l’absolution dite, rend paisiblement l’âme.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/73/Dolabella_St._Raymond_of_Penyafort.jpg

Raymond a pour Jacques Ier d’Aragon une très forte affection mais il est parfaitement lucide sur les faiblesses du Roi qu’il n’excuse pas. Vers la fin du règne de Jacques I, Raymond de Penyafort accompagne le roi dans l'île de Majorque. Or, débarqué, Raymond de Penyafort s’aperçoit que le roi entretient des relations coupables avec une dame de la cour ; comme, malgré ses objurgations, Jacques I ne se décide pas à rompre, le dominicain résout de retourner à Barcelone, ce que veut empêcher le roi qui fait défense à tout vaisseau de l’embarquer. Aucun marin n’osant désobéir au roi, Raymond de Penyafort s'avance sur les rochers que baigne la mer, et dit au frère qui l’accompagne :

  • "Puisque les hommes n’ont point de bateau à nous offrir, tu vas voir comment Dieu va nous en fabriquer un."

 

ce disant, il étend sur l'eau son manteau, et en redresse un coin avec son bâton pour en faire une voile ; il monte sur le manteau qui surnage et s'avance rapide sous les yeux stupéfaits du compagnon qui, demeuré timidement sur le bord, le voit disparaître à l'horizon. C'est assez pour que Jacques I cesse ses désordres.

 

Prétextant son grand âge, Raymond demande à être relevé de la charge de Maître de l'Ordre, ce qui ne l'empêchera pas de mourir centenaire. Il emploie les trente-cinq dernières années de sa vie à se préparer plus spécialement à la mort.

 

Entouré des rois d'Aragon et de Castille, Raymond meurt à Barcelone le 6 janvier 1275, jour de l’Epiphanie, sur les dix heures du matin.

 

En 1279, le concile de Tarragone demanda au pape Nicolas IV la canonisation de Raymond pour sa "sainteté au service de la justice", mais il ne fut béatifié que par Paul III, en 1542, et canonisé par Clément VIII, le 29 avril 1601.[3]

 

Outre la "Summa de pænitentia", Raymond de Penyafort a laissé une œuvre écrite considérable dont la plupart des ouvrages servirent longtemps de référence chez les Dominicains et à l’Université de Paris.

 

PRATIQUE. Dans nos occupations, imitons nos saints anges gardiens, qui ne perdent jamais Dieu de vue. [4]

 

http://www.holycrossoshawa.ca/wp-content/gallery/church-windows/st-raymond-of-penafort.jpg

Sources:

 

(1); (2); (3);(4) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 23.

 

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5 janvier 2026 1 05 /01 /janvier /2026 17:35
Une lettre aux cardinaux propose une solution pour la messe tridentine avant le premier consistoire du pape Léon XIV

Étant donné que la liturgie est à l'ordre du jour du consistoire extraordinaire des cardinaux convoqué par le pape Léon XIV cette semaine, l'un des plus anciens membres du clergé traditionaliste français a envoyé aux membres du Sacré Collège une lettre proposant une nouvelle voie pour l'ancien rite romain dans l'Église catholique.

Publiée ici exclusivement en traduction française et anglaise, la lettre vise à ouvrir un dialogue constructif et à fournir un cadre pastoral stable aux communautés et aux fidèles consacrés à la liturgie romaine traditionnelle.

Écrite par le père Louis-Marie de Blignières, fondateur de la Fraternité Saint-Vincent Ferrier, et datée du 24 décembre, la lettre a été envoyée en version papier à quinze cardinaux connus pour leur intérêt pour la liturgie traditionnelle, et à une centaine de cardinaux supplémentaires par courrier électronique. À la base se trouve une proposition visant à établir une juridiction ecclésiastique - sur le modèle des ordinariats militaires - dédiée au vetus ordo, offrant une structure canonique qui respecte à la fois la tradition et la communion avec le Saint-Siège.


Le père de Blignières, 76 ans, est largement considéré comme ayant une autorité morale considérable et une vaste expérience du mouvement traditionaliste. En 1988, à la suite des consécrations épiscopales illicites de Mgr Marcel Lefebvre, le père de Blignières faisait partie du clergé qui a engagé le dialogue avec le pape Jean-Paul II, contribuant ainsi aux discussions qui ont conduit à la création de la Commission pontificale Ecclesia Dei pour réconcilier les groupes attachés au rite traditionnel. Il a été prieur de la Fraternité Saint-Vincent Ferrer depuis sa fondation en 1979 jusqu'en 2011, puis de 2017 à 2023, où il a dirigé la communauté pendant plus de trois décennies pendant deux mandats.

Le concept d'une juridiction ecclésiastique dédiée à l'Ancien Rite n'est pas nouveau et a été discuté, en particulier parmi les communautés traditionalistes françaises, au cours de la dernière décennie. Ces conversations, cependant, ont été largement interrompues après le motu proprio du pape François en 2021, Traditionis Custodes, qui imposait de sévères restrictions au vetus ordo.

Pour comprendre comment une telle juridiction pourrait fonctionner dans la pratique, Diane Montagna a interrogé le père Matthieu Raffray, supérieur du district européen de l’Institut du Bon Pasteur et ancien professeur de philosophie à l’Angelicum de Rome. Le père Raffray, qui connaît bien la lettre et soutient sa proposition, apporte une vaste expérience pastorale et institutionnelle, ainsi qu'un apostolat des médias sociaux qui a conduit de nombreuses personnes - en particulier des jeunes adultes - à se convertir ou à revenir à la foi catholique.

Dans cette interview, elle discute de la façon dont une juridiction ecclésiastique dédiée à l'ancienne liturgie romaine pourrait fonctionner, de sa relation avec les communautés ex-Ecclesia Dei, à la formation sacerdotale, en passant par son impact sur la célébration de la liturgie traditionnelle dans les diocèses existants.

Le père Raffray note que la lettre n'a pas été envoyée au pape Léon XIV et qu'elle n'est pas une "requête ou une demande". Il s'agit plutôt d'une "hypothèse de travail adressée aux cardinaux" avant le consistoire du 7 au 8 janvier, et il faudrait naturellement l'examiner et la développer davantage, en particulier avec l'aide des canonistes.

Une telle approche, dit-il, reconnaît dès le départ que cette proposition n'est pas la seule solution possible. Il est probable que certains membres des communautés traditionnelles ne soient pas favorables à cette voie ou suggèrent d'autres voies d'étude. La lettre ne cherche pas à imposer une réponse uniforme, mais à ouvrir une discussion sérieuse et raisonnée.

Selon le Père Raffray, l'élément le plus positif de la lettre est son approche constructive et proactive qui vise à renforcer "l'unité ecclésiale, dans un esprit de communion et au service du Saint-Siège".

Ici est l'entretien de Diane Montagna avec le Père Matthieu Raffray:

ROME, 5 janvier 2026 — Alors que la liturgie figure à l'ordre du jour du consistoire extraordinaire des cardinaux convoqué cette semaine par le pape Léon XIV, l'un des plus hauts dignitaires traditionalistes du clergé français a adressé aux membres du Sacré Collège une lettre proposant une nouvelle voie pour l'ancien rite romain dans l'Église catholique.

Publiée ici exclusivement en français et en traduction anglaise , cette lettre vise à ouvrir un dialogue constructif et à fournir un cadre pastoral stable aux communautés et aux fidèles attachés à la liturgie romaine traditionnelle.

Diane Montagna (DM) : Père Raffray, quel est l'objectif principal de la lettre envoyée aux cardinaux par le Père de Blignières ?

Le Père Matthieu Raffray (MR) : Son objectif principal est de proposer une solution ecclésiale stable et constructive à une opposition qui, depuis de nombreuses années, s'est enlisée dans la division de l'Église : celle entre les personnes attachées au rite latin ancien et celles qui s'y opposent. Constatant l'impasse pastorale et humaine engendrée par ce conflit récurrent, le texte cherche à dépasser la confrontation et à ouvrir une voie positive au service de la communion ecclésiale.

 

Cette opposition prolongée a engendré de réelles souffrances, notamment au sein des communautés attachées à la liturgie traditionnelle, souvent fragilisées institutionnellement et parfois confrontées à des attitudes laissant entendre qu'elles n'ont aucun avenir légitime au sein de l'Église. La lettre prend cette réalité au sérieux et souligne l'urgence d'une solution juste, pacifique et durable.

Dans cette perspective, elle propose l’érection d’une juridiction ecclésiastique dédiée – telle qu’une administration apostolique personnelle ou un ordinariat – offrant un cadre canonique stable aux prêtres et aux fidèles pleinement en communion avec le Saint-Siège et attachés à l’ancien rite latin. Loin de présenter cette liturgie comme une menace ou un repli nostalgique sur un passé idéalisé, le texte souligne sa fécondité actuelle comme authentique moyen de sanctification et d’évangélisation, particulièrement dans les sociétés fortement sécularisées.

Ainsi, cette lettre ne vise pas à raviver une controverse liturgique, mais à proposer une réponse institutionnelle pragmatique, dans la continuité de la tradition vivante de l’Église, qui a maintes fois conçu des structures juridiques pour préserver l’unité tout en respectant la diversité légitime. Son mérite particulier réside dans la proposition d’une solution constructive à une impasse, plutôt que dans l’ouverture d’une nouvelle phase de confrontation interne.

(DM): 

La lettre propose une juridiction ecclésiastique analogue, à certains égards, aux ordinariats militaires. Pour les lecteurs qui ne connaissent pas ces structures, pourriez-vous expliquer comment fonctionnerait la juridiction proposée, notamment en ce qui concerne la juridiction cumulative et les relations avec les évêques locaux des diocèses existants ?

(MR) : La lettre s’appuie sur l’analogie des ordinariats militaires pour montrer comment la solution proposée pourrait s’intégrer harmonieusement aux structures diocésaines existantes. Un ordinariat militaire est une juridiction ecclésiastique personnelle, définie non par un territoire mais par les personnes qui y appartiennent en raison d’un besoin pastoral particulier. En l’espèce, ce besoin consisterait en un attachement libre et volontaire à la liturgie traditionnelle.

 

La juridiction proposée chevaucherait donc les diocèses territoriaux sans les remplacer, dans un cadre de complémentarité et de communion. L’évêque chargé de cette structure – au niveau d’un pays ou d’une aire linguistique – travaillerait en coordination avec les évêques diocésains afin de discerner, selon les contextes locaux, les dispositions pastorales les plus appropriées.

Un point essentiel de cette proposition est qu’elle ne vise pas à isoler les fidèles attachés à la liturgie traditionnelle, mais plutôt à leur offrir un cadre pastoral clair et légitime, accessible à tous ceux qui peuvent en bénéficier, que ce soit de manière temporaire ou permanente. Placée sous l’autorité du Saint-Siège et en harmonie avec les Ordinaires du lieu, une telle juridiction pourrait ainsi contribuer à une pastorale plus sereine, au service de la communion et de l’unité au sein de l’Église.

Que signifierait concrètement la création d'un Ordinariat ou d'une juridiction ecclésiastique personnelle pour le Vetus Ordo pour les anciennes communautés Ecclesia Dei , comme la vôtre ? Ces communautés seraient-elles placées sous l'autorité d'un tel Ordinariat ? Compte tenu de leur diversité, comment seraient prises en compte les questions d'autonomie et de charisme ?

Concrètement, une telle solution n’entraînerait aucun changement substantiel du statut ni de la vie interne des communautés autrefois rattachées à la Commission Ecclesia Dei. Ces instituts conserveraient leur autonomie canonique, leur gouvernance propre et leur charisme spécifique. Comme c’est déjà le cas, leurs prêtres pourraient être mis au service de différentes réalités ecclésiales par le biais d’accords clairement définis : soit au sein de diocèses territoriaux, soit, lorsque les besoins pastoraux l’exigent, au sein de l’Ordinariat proposé ou de la juridiction personnelle.

 

Les relations entre ces communautés, l’autorité de l’Ordinariat et les évêques diocésains seraient régies par des dispositions canoniques claires, garantissant le respect des compétences respectives de chacun et une pleine communion ecclésiale. Une telle configuration permettrait de mettre l’expérience liturgique et pastorale de ces communautés au service de l’Église sans les absorber ni les uniformiser, tout en offrant un cadre juridique plus stable et intelligible à leur mission.

Comment la formation sacerdotale serait-elle organisée au sein d'une telle juridiction ecclésiastique ? Prévoirait-elle ses propres séminaires, des séminaires partagés ou une coopération avec les institutions existantes ? Comment la formation garantirait-elle à la fois la fidélité à la tradition et la pleine communion ecclésiale ?

En principe, un ordinariat ou une juridiction ecclésiastique personnelle pourrait avoir son propre séminaire, pourvu que les conditions pastorales, humaines et institutionnelles le permettent. Une telle possibilité exigerait cependant un discernement prudent et progressif et ne saurait être envisagée de manière uniforme ou immédiate.

 

En pratique, l’organisation de la formation sacerdotale devrait être adaptée aux réalités de chaque pays ou zone géographique. Selon le contexte, elle pourrait prendre diverses formes : la création de séminaires dédiés lorsque le nombre de candidats et la stabilité des structures le justifient ; des programmes de formation dispensés au sein des séminaires diocésains ; ou encore une formation assurée dans des séminaires ou maisons de formation appartenant à des communautés spécialisées dans la célébration de la liturgie traditionnelle. Des solutions mixtes pourraient également être envisagées, permettant une formation commune dans certaines disciplines académiques tout en garantissant une formation liturgique et spirituelle spécifique.

Une telle approche progressive et pragmatique, fondée sur de réels besoins pastoraux, apporterait les garanties nécessaires pour assurer à la fois la fidélité à la tradition liturgique et doctrinale propre au Vetus Ordo et la pleine insertion dans la communion ecclésiale, sous l'autorité du Saint-Siège et en coordination avec les structures de formation existantes de l'Église.

 

Quels effets pratiques l'établissement d'une telle juridiction aurait-il sur l'utilisation du Vetus Ordo au sein des diocèses existants, et sur le clergé diocésain qui souhaite le célébrer ?

L’établissement d’une juridiction ecclésiastique personnelle dédiée au Vetus Ordo aurait des conséquences essentiellement pastorales et pragmatiques, à apprécier au cas par cas , selon les circonstances locales. Dans les diocèses où l’évêque et les fidèles concernés sont satisfaits des dispositions existantes, il ne serait pas nécessaire de modifier l’organisation actuelle : le Vetus Ordo pourrait continuer d’être pleinement appliqué dans le cadre diocésain ordinaire.

 

En revanche, dans les situations de tension ou lors de l'émergence d'un nouveau groupe de fidèles, la juridiction proposée offrirait un cadre clair de médiation et de coordination. Dans ces cas, il appartiendrait à l'ordinaire de la juridiction personnelle d'engager un dialogue avec l'ordinaire diocésain afin de déterminer les solutions pastorales les plus appropriées, dans le respect des compétences respectives de chacun et pour le bien des fidèles.

Concernant le clergé diocésain, plusieurs possibilités peuvent être envisagées. Les prêtres diocésains pourraient être mis à la disposition de la juridiction personnelle pour une durée limitée ou solliciter une incardination permanente au sein de celle-ci. Cette pratique s'inscrirait dans un modèle canonique déjà bien établi, comparable à celui des prêtres diocésains affectés, temporairement ou définitivement, au service des ordinariats militaires.

Ainsi comprise, la création d'une telle juridiction n'aurait pas pour but de priver les diocèses de leur clergé ni d'imposer des solutions rigides, mais plutôt d'offrir une flexibilité canonique capable de répondre plus sereinement aux besoins pastoraux liés à l'utilisation du Vetus Ordo , au service de la paix et de la communion ecclésiales.

Compte tenu du chevauchement géographique entre les diocèses et la juridiction ecclésiastique proposée, cette structure pourrait-elle offrir des solutions dans des situations impliquant des fermetures d'églises, des bâtiments sous-utilisés ou un déclin de la vie paroissiale ?

 

La question des lieux de culte et des structures paroissiales appelle une fois de plus des réponses différenciées, fondées sur un discernement pastoral pragmatique et attentives aux réalités locales. La coexistence géographique de diocèses territoriaux et d'une juridiction ecclésiastique personnelle permettrait d'offrir des solutions flexibles à une grande diversité de situations.

Dans certaines régions du monde, notamment en Europe, où un nombre croissant d'églises sont fermées ou sous-utilisées, une telle juridiction pourrait apporter une réponse pastorale fructueuse. Les édifices religieux pourraient être confiés à l'Ordinariat par les évêques diocésains au moyen d'accords clairement définis, garantissant ainsi la préservation du patrimoine ecclésiastique et le rétablissement d'une vie liturgique et pastorale stable.

Dans d’autres contextes, par exemple en Amérique latine ou en Asie, où les dynamiques ecclésiales sont différentes et où les besoins pastoraux sont davantage axés sur la croissance que sur la restructuration, l’Ordinariat pourrait encourager la construction de nouveaux lieux de culte, avec le soutien des communautés locales. Selon les circonstances, l’acquisition de bâtiments existants adaptés à un usage liturgique et pastoral pourrait également être envisagée.

Ainsi, de par sa nature personnelle et sa capacité de coordination avec les ordinaires locaux, une telle juridiction serait bien placée pour contribuer de manière réaliste et ordonnée à la gestion des lieux de culte, en soutenant la vitalité pastorale là où elle est fragile et en favorisant une utilisation plus fructueuse des ressources ecclésiales existantes, toujours dans un esprit de communion et de respect des responsabilités des évêques diocésains.

 

Comme le souligne la lettre, cette solution a déjà été proposée à plusieurs reprises. Le pape Benoît XVI a institué les Ordinariats anglicans par la Constitution apostolique Anglicanorum coetibus de 2009 , mais a opté pour une approche différente – Summorum Pontificum – pour traiter le Vetus Ordo. Pourquoi pensez-vous qu'une juridiction personnelle serait une solution appropriée, voire préférable, aujourd'hui ?

 

Depuis la promulgation de Summorum Pontificum , les communautés et groupes traditionalistes ont tenté de collaborer directement avec les paroisses et les diocèses. Or, force est de constater que cette approche a porté ses fruits dans certains endroits, tandis qu'elle a échoué dans d'autres. Il semble donc judicieux de rechercher une nouvelle solution plutôt que de revenir à Summorum Pontificum.

La pertinence actuelle d'une solution fondée sur l'établissement d'une juridiction ecclésiastique personnelle repose avant tout sur une clarification théologique. En effet, les différentes approches du Vetus Ordo ont mis en lumière une réelle tension concernant son statut liturgique. Le pape Benoît XVI, dans Summorum Pontificum, a proposé une interprétation unificatrice en parlant de deux formes – ordinaire et extraordinaire – d'un seul rite romain. Le pape François, en revanche, a explicitement affirmé qu'il n'existe qu'une seule forme du rite romain, à savoir celle issue de la réforme liturgique.

Face à cette contradiction apparente, la solution la plus cohérente semblerait être la reconnaissance, de facto sinon de jure , de l’existence de deux rites latins distincts : un rite latin ancien ou traditionnel et un rite latin réformé. Une telle reconnaissance permettrait de dépasser une opposition conceptuelle devenue de plus en plus difficile à maintenir, tout en offrant un cadre théologique et canonique plus clair.

La coexistence pacifique de deux rites latins serait, de surcroît, conforme à la tradition même de l’Église, qui a depuis longtemps su concilier pluralité de rites et unité de communion ecclésiale. Elle correspond également à l’image évangélique du sage maître de maison qui "tire de son trésor ce qui est nouveau et ce qui est ancien", reconnaissant ainsi que la fécondité de la tradition ne réside pas dans l’exclusion, mais dans l’intégration harmonieuse de ce qui a été reçu et de ce qui a été développé.

 

Dans cette perspective, une juridiction ecclésiastique personnelle apparaîtrait non seulement comme une solution pastorale, mais aussi comme l’expression institutionnelle appropriée d’une réalité théologique qui a désormais atteint sa pleine maturité : à savoir, l’existence de deux rites latins appelés à coexister pacifiquement, au service de l’unité de l’Église et de sa mission d’évangélisation.

 

La lettre a-t-elle été envoyée au pape Léon XIV ?

 

À ma connaissance, le texte n'a pas été adressé directement au Pape. Ce point est significatif, car la lettre ne se présente ni comme une requête ni comme une demande, mais plutôt comme une hypothèse de travail adressée aux cardinaux dans un contexte préparatoire. Elle est proposée comme une contribution à la réflexion, destinée à être examinée et approfondie, notamment avec l'aide des canonistes.

 

Cette approche reconnaît d'emblée que cette proposition n'est pas la seule solution envisageable. Il est probable que certains membres des communautés traditionnelles ne soient pas favorables à cette voie ou suggèrent d'autres pistes de recherche. La lettre ne vise pas à imposer une position uniforme, mais à ouvrir un débat sérieux et argumenté.

Ce qui ressort le plus positivement de ce texte, c'est précisément cet esprit constructif. Les communautés traditionalistes ont souvent été critiquées pour leur attitude essentiellement réactive ou critique. Ici, au contraire, la lettre cherche à contribuer activement à l'édification de l'unité ecclésiale, dans un esprit de communion et au service du Saint-Siège.

Source : 

https://dianemontagna.substack.com/p/exclusive-letter-to-cardinals-offers

Add. 07-01-2026À la veille du consistoire, un prêtre exhorte à une nouvelle structure canonique pour résoudre le blocage de la messe en latin.

Alors que les cardinaux se réunissent cette semaine en un consistoire extraordinaire convoqué par le pape Léon XIV les 7 et 8 janvier, un prêtre traditionaliste français a adressé un mémorandum aux membres du Sacré Collège des cardinaux proposant la création d'une juridiction ecclésiastique spécifiquement structurée pour superviser la célébration de la messe traditionnelle en latin, dans le but de résoudre la crise liturgique qui a marqué l'Église ces dernières années.

La lettre, datée du 24 décembre 2025 et rendue publique par la journaliste américaine Diane Montagna, a été écrite par le père Louis-Marie de Blignières, fondateur de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier en 1979 et figure importante du  mouvement Ecclesia Dei post-1988 , qui a participé au dialogue avec saint Jean-Paul II suite aux consécrations épiscopales illicites de l'archevêque Marcel Lefebvre.

[...] 

D'autres personnalités de l'Église ont toutefois déjà exprimé des réserves.

Le père Pierre Amar, prêtre du diocèse de Versailles près de Paris et également bien connu sur les réseaux sociaux, a affirmé que si une juridiction dédiée est « une solution », ce n'est « pas la meilleure » à son avis, prévenant qu'elle pourrait « isoler les traditionalistes au sein d'une structure, alors que le contact et l'interaction sont une source d'enrichissement pour tous ».

 

Cf. https://www.catholicnewsagency.com/news/268933/ahead-of-consistory-priest-urges-new-canonical-structure-to-resolve-latin-mass-standoff

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5 janvier 2026 1 05 /01 /janvier /2026 01:00
Saint Édouard, le Confesseur, Roi des Angles († 1066)

À Londres, en 1066, saint Édouard le Confesseur, roi d’Angleterre, fut très aimé de son peuple, notamment des plus pauvres à cause de sa remarquable charité et sa grande piété (il n'aurait jamais consommé son mariage avec son épouse Édith de Wessex). Il assura paix et prospérité à son royaume et maintint avec soin la communion avec le Siège romain.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/37/Westminster_Abbey_West_Door.jpg/250px-Westminster_Abbey_West_Door.jpgÉdouard meurt sans descendance le 3 janvier 1066 à l'abbaye de Westminster, qu'il a lui-même fondée sur les ruines d'un ancien monastère.

 

Son décès déclenchera une crise de succession au trône d'Angleterre entre son beau-frère Harold, qui s’empara aussitôt de la couronne après sa mort, et Guillaume de Normandie (Guillaume le Conquérant).

 

Trente-six ans après la mort d'Edouard, en 1102 on aurait ouvert son tombeau sans constater la moindre trace de décomposition de son corps. Un parfum suave emplit l'église, le roi avait sa couronne sur la tête, son sceptre au côté, un anneau au doigt.

 

"Le corps de saint Édouard III le Confesseur (1003-1066), roi des Angles, à qui on attribue divers miracles, visions et autres prophéties de son vivant, demeure 'incorrompu' longtemps après son décès [...] 'plusieurs années après sa mort'." (Patrick SBALCHIERO, Enquête sur les miracles dans l'Église catholique, Artège, Paris 2019, p. 157)

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/5/5b/Str%C3%B6hl-Regentenkronen-Fig._11.png/220px-Str%C3%B6hl-Regentenkronen-Fig._11.pngSa couronne sera utilisée pour le couronnement de tous les souverains britanniques jusqu'à la destruction des joyaux par Cromwell, après l'exécution du roi Charles Ier en 1649.

 

Édouard était connu pour sa générosité. Selon la légende attachée au "saphir d'Édouard le Confesseur", il fut un jour accosté par un mendiant alors qu'il se rendait à l'Abbaye de Westminster. Sa première réaction fut de chercher quelque argent pour le lui donner. Mais ses poches étant vides, il enlèva sans hésitation le saphir de son doigt et le donna au mendiant. Celui-ci remercia le monarque et s'en alla. Quelques années plus tard, deux pèlerins de Terre Sainte rapportèrent la bague au roi et lui dirent qu'ils rencontrèrent S. Jean l'Évangéliste. Ce dernier leur raconta que, sous les traits d'un mendiant, il reçut jadis cet anneau. Il félicita Édouard pour sa gentillesse et lui promit de le voir au ciel dans six mois. Exactement six mois plus tard, Édouard le Confesseur mourut.


Edouard est canonisé en 1161.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/86/BayeuxTapestryScene01.jpg

Édouard le Confesseur (première scène de la tapisserie de Bayeux, broderie commandée par Odon de Bayeux, le demi-frère de Guillaume le Conquérant et décrit les faits relatifs à la conquête normande de l'Angleterre en 1066.)

 

Sources: 1 Martyrologe Romain, 23

 

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4 janvier 2026 7 04 /01 /janvier /2026 15:00
https://www.kath.net/news/89277

https://www.kath.net/news/89277

Trois ans après la mort de Benoît XVI (1927-2022), de plus en plus de voix s'élèvent pour demander une ouverture rapide du processus de béatification du pape théologien.

 

 

Cité du Vatican (kath.net) Trois ans après la mort de Benoît XVI (1927-2022), de plus en plus de voix s'élèvent pour réclamer l'ouverture rapide du procès en béatification du pape théologien. Ce procès ne peut généralement être ouvert que cinq ans après le décès de la personne concernée, mais des exceptions sont possibles avec l'accord du pape régnant, comme ce fut le cas pour Jean-Paul II. La Fondation Ratzinger du Vatican a déjà recensé des dizaines de pétitions. L'historien et écrivain allemand Michael Hesemann appelle désormais à se joindre à ces demandes et invite à adresser des lettres à Son Éminence le Cardinal Marcello Semeraro, Préfet du Dicastère pour les Causes des Saints, Piazza Pio XII, 10, SCV - 00120 Cité du Vatican.

 

Voici le texte intégral de la lettre de Hesemann au cardinal Semeraro, publiée par kath.net :

 

Éminence le

Préfet,

trois années se sont écoulées depuis le retour du pape Benoît XVI à la maison du Père céleste ; trois années durant lesquelles la vénération de cet exemplaire serviteur de Dieu s'est accrue à travers le monde, de même que la conviction qu'il possédait ces vertus héroïques que l'Église a toujours attribuées aux grands saints. Il était un homme qui proclamait l'œuvre de Dieu avec une clarté et une beauté littéraire exceptionnelles, gagnant à sa cause des millions de personnes auparavant éloignées de la foi. Il était résolument attaché à la vérité qu'il voulait servir, défiant héroïquement l'esprit de son temps, préférant même endurer le ridicule et le mépris plutôt que d'altérer ne serait-ce qu'un iota de la Parole de Dieu. Mais il était aussi un homme d'humilité, toujours soumis à la volonté divine, dont la devise était "serviam", même lorsque cela bouleversait ses projets personnels, même lorsqu'il pressentait que ses forces physiques ne suffiraient pas à accomplir ces grandes tâches. Un homme entouré de signes de Dieu, enraciné dans le surnaturel et dans la foi en la divine providence. Mais aussi un homme prêt à renoncer à toute splendeur mondaine et, comme Célestin V avant lui, à devenir, en quelque sorte, un moine priant, par amour pour l'Église et par crainte que sa force physique ne soit pas suffisante pour la papauté.

 

 

 

J'ai eu le grand honneur de collaborer avec son frère, Georg Ratzinger, à l'étude de sa vie et à la rédaction de sa biographie "Mon frère, le Pape". Pour ce projet, j'ai pu interviewer des dizaines de personnes de sa Bavière natale – camarades de classe, voisins, amis – et chaque témoignage a renforcé mon respect pour cet homme qui, malgré lui, est devenu Pape par la seule action du Saint-Esprit. Tout au long de sa vie, il a vécu dans la foi, l'espérance et la charité, s'est consacré au service de l'Évangile et a affronté toutes les crises avec une confiance inébranlable en Dieu. Sa bienveillance envers tous, sa disponibilité à aider et, le cas échéant, à pardonner immédiatement, ainsi que sa douceur même envers ses adversaires témoignent d'une profonde charité chrétienne. Son zèle pour l'étude des Saintes Écritures et des Pères et Docteurs de notre foi, ainsi que la maturité et la clarté de sa pensée, font de lui le plus grand théologien catholique des XXe et XXIe siècles.

 

J'ai évoqué la présence du surnaturel et les signes de la providence divine : sa naissance le Samedi saint l'a d'abord guidé, tout comme son lieu de naissance, Marktl, à mi-chemin entre le sanctuaire marial d'Altötting et Braunau am Inn. Sa guérison quasi miraculeuse d'une grave maladie, consécutive à un AVC, en 1991. La découverte de l'ancre du navire de saint Paul au large de Malte le 24 avril 2005, jour de son intronisation. L'arc-en-ciel apparu au-dessus d'Auschwitz lorsque Benoît XVI, le pape allemand, a imploré le pardon de Dieu pour les crimes nazis. Mais aussi l'éclair qui a frappé le monde comme un avertissement le jour de sa démission en 2013. Et enfin, les nombreuses prières exaucées rapportées par ceux qui avaient sollicité l'intercession du "pape émérite" dans une épreuve difficile.

 

Ceux qui ont eu le privilège de rencontrer le pape Benoît XVI au monastère témoignent de la sérénité et de l'humilité, de la profonde sagesse et du rayonnement véritablement saint de ce grand maître de l'Église, fermement enraciné dans la confiance en Dieu, vivant dans l'espérance de la vie éternelle et aspirant ardemment au ciel.

 

Plus que tout autre, il devint un phare de foi et de vérité, une figure prophétique dans une période tumultueuse pour le monde et pour l'Église. Son élévation aux honneurs des autels garantirait que son exemple perdure à travers les siècles comme témoin de l'Évangile, comme un héros courageux et inébranlable combattant de la dictature antichrétienne du relativisme.

 

Des millions de chrétiens à travers le monde, grandement bénis par son ministère, espèrent l'ouverture rapide de son procès de béatification. Ne laissez pas leur espoir être vain, ne laissez pas leurs voix rester inaudibles !

 

 

Meilleurs vœux pour la nouvelle année ,

Michael Hesemann,

historien et auteur

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4 janvier 2026 7 04 /01 /janvier /2026 01:05
Domingos Sequeira, Adoration des mages (1828)

Domingos Sequeira, Adoration des mages (1828)

[Épiphanie, du grec "manifestation".] C'est-à-dire la manifestation de Dieu.

 

Le livre des Nombres annonçait l'"astre" "issu de Jacob", sceptre levé, issu d'Israël: 

Ce héros, je le vois – mais pas pour maintenant – je l’aperçois – mais pas de près : Un astre se lève, issu de Jacob, un sceptre se dresse, issu d’Israël. Il brise les flancs de Moab, il décime tous les fils de Seth(Nb 24:17)

 

C'était une habitude dans l'Antiquité de pavoiser l'entrée des villes pour accueillir les grands rois afin de manifester leur gloire. Cette manifestation publique grandiose s'appelait une "théophanie". Les chrétiens ont adopté ce mot pour nommer la visite à Jésus des mages venus d'Orient, ces savants qui avaient lu le signe de la naissance de l'Enfant dans les étoiles et avaient fait un très long chemin pour venir l'adorer.

 

En fait de manifestation, ce terme est paradoxal, Jésus n'est pas reconnu par Hérode qui veut le tuer, ni par les scribes qui ne bougent pas (évangile). Seuls ces hommes venus de loin, comme les rois évoqués dans le psaume 71, sont capables de s'incliner et de reconnaître en Lui le Roi du monde. Le Psaume 71, 1-15 annonçait ce Fils de Roi dont le règne devait gouverner avec justice, faire droit aux malheureux, et durer sous le soleil et la lune de génération en génération

 

Dieu, donne au roi tes pouvoirs, à ce fils de Roi ta justice.

Qu'il gouverne ton peuple avec justice, qu'il fasse droit aux malheureux !

Montagnes, portez au peuple la paix, collines, portez-lui la justice !

Qu'il fasse droit aux malheureux de son peuple, qu'il sauve les pauvres gens, qu'il écrase l'oppresseur !

Qu'il dure sous le soleil et la lune de génération en génération !

[...] Les rois de Tarsis et des Iles apporteront des présents. Les rois de Saba et de Seba feront leur offrande.

[...] Tous les rois se prosterneront devant lui, tous les pays le serviront. 

Il délivrera le pauvre qui appelle et le malheureux sans recours.

Il aura souci du faible et du pauvre, du pauvre dont il sauve la vie.

Il les rachète à l'oppression, à la violence ; leur sang est d'un grand prix à ses yeux.

Qu'il vive ! On lui donnera l'or de Saba. * On priera sans relâche pour lui ; tous les jours, on le bénira.

Les Mages sont remplis d'une "grande joie" car ils ont reconnu en l'Enfant ce "Fils de Roi" dont le règne de "justice" durera "de génération en génération" (Ps 71) et en Jésus la présence de Dieu. Avec les Mages nous apportons la myrrhe, l'or et l'encens, et nous chantons la gloire de Dieu.

Les Mages sont remplis d'une "grande joie" car ils ont reconnu en l'Enfant ce "Fils de Roi" dont le règne de "justice" durera "de génération en génération" (Ps 71) et en Jésus la présence de Dieu. Avec les Mages nous apportons la myrrhe, l'or et l'encens, et nous chantons la gloire de Dieu.

Le livre de Michée 5,1 annonçait que de Bethléem, "le plus petit des clans de Juda", devait sortir celui qui devait gouverner Israël, et dont les origines remontent à l'antiquité, aux jours d'autrefois.

 

Le livre d'Isaïe 60, 1-6 annonçait que la lumière et la gloire du Seigneur devait se lever sur Jérusalem et que tous les gens de Saba devaient y venir, apporter l'or et l'encens et annoncer les exploits du Seigneur.

 

Isaïe 63, 9 annonçait que ce ne devait être "ni un messager ni un ange", mais la "face" du Seigneur qui les sauverait. 

 

Le livre d'Isaïe 7, 14, encore, annonçait qu'"une Vierge", "enceinte", enfanterait "un Fils", qu'elle devait appeler Emmanuel (c'est-à-dire Dieu-avec-nous).

 

Isaïe 35, 4 précise  qu'il viendra "lui-même" pour nous "sauver".

 

L'Évangile selon S. Matthieu, 2, 1-15 raconte la la visite des rois mages à l'Enfant-Jésus, Sauveur promis au monde, guidés par une étoile (l'astre de Nb 24:17) vers le lieu de naissance prophétisée du Christ (Bethléem selon Mi 5, 1) en passant par Jérusalem où ils annoncèrent à Hérode la naissance du "roi des Juifs" (Mt 2:1-2 et 8-10.

 

 

L'Apôtre Matthieu décrit "des mages d’Orient" qui n'étaient pas juifs mais qui "arrivèrent à Jérusalem" et  "dirent" : "où est le roi des Juifs qui vient de naître? car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l’adorer." Il ne qualifie pas les mages de "rois", mais les Écritures hébraïques, elles, prédisaient l'hommage des roisPsaume 71 (72),10 : "Les rois de Tarsis et des Iles apporteront des présents. Les rois de Saba et de Seba feront leur offrande."; Et Isaïe 60,3-6 annonce : "Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois, vers la clarté de ton aurore. Les trésors d’au-delà des mers afflueront vers toi, vers toi viendront les richesses des nations. En grand nombre, des chameaux t’envahiront, de jeunes chameaux de Madiane et d’Épha. Tous les gens de Saba viendront, apportant l’or et l’encens ; ils annonceront les exploits du Seigneur." 

 

On trouve le récit de l'étoile guidant les mages venus d'Orient dans le Protévangile de Jacques (IIe siècle) qui y ajoute celui de "l'astre le plus lumineux" dans le ciel.

 

Tout l'Évangile selon Saint Matthieu présente Jésus comme un nouveau Moïse qui conduirait son peuple hors de sa condition vers une nouvelle liberté.

 

Cette fête commémore donc cet évènement historique qui vit Dieu venir lui-même sauver son peuple.

 

Le thème de l'Adoration devient rapidement populaire dès les premiers développement des communautés chrétiennes et le demeure pendant des siècles. Il apparait dès les débuts de l'art chrétien et figure régulièrement sur les sarcophages et les murs des catacombes romaines, ainsi qu'en témoigne une célèbre représentation dans la catacombe de Priscille à Rome datée du IIIe siècle.

 

Au IIIe siècle également, Origène (185-254) dans ses Homélies sur la Genèse fixe leur nombre à trois; Tertullien qualifie les mages de “presque rois” et à sa suite, plusieurs Pères de l'Église, comme Cyprien de Carthage et Ambroise de Milan ainsi que des auteurs comme Césaire d'Arles, confèrent aux mages le titre de "roi" (Robert FÉRY, Jours de fêtes : histoire des célébrations chrétiennes, Seuil, 2008, p. 35.)

 

Les noms des mages apparaissent dans un écrit apocryphe qui ne semble pas antérieur au VIe siècle, l’Évangile arménien de l'Enfance, qui les appelle Balthazar, Melkon et Gathaspar. Des fouilles archéologiques aux Kellia, au nord-ouest du delta du Nil, livrent un graphite peint de la fin du VIIe siècle qui propose les noms de "Gaspar, Belkhiōr et Bathēsalsa".

 

Le pape S. Grégoire le Grand (pape 590-604), dans son Homélie sur l'Epiphanie, prononcée le jour de l'Épiphanie 6 janvier 591 devant le peuple, dans la Basilique de saint Pierre explique que:

 

"Les mages offrent de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

"L’or convenait bien à un roi ; l’encens était présenté à Dieu en sacrifice ; et c’est avec la myrrhe qu’on embaume les corps des défunts.

"Les mages proclament donc, par leurs présents symboliques, qui est celui qu’ils adorent. Voici l’or : c’est un roi ; voici l’encens : c’est un Dieu ; voici la myrrhe : c’est un mortel.

"Il y a des hérétiques qui croient en sa divinité sans croire que son règne s’étende partout. Ils lui offrent bien l’encens, mais ne veulent pas lui offrir également l’or. Il en est d’autres qui reconnaissent sa royauté, mais nient sa divinité. Ceux-ci lui offrent l’or, mais refusent de lui offrir l’encens. D’autres enfin confessent à la fois sa divinité et sa royauté, mais nient qu’Il ait assumé une chair mortelle. Ceux-là lui offrent l’or et l’encens, mais ne veulent pas lui offrir la myrrhe, symbole de la condition mortelle qu’Il a assumée." 

 

Toutes les nations se prosterneront devant le Seigneur (Ps 71). Pense-t-on à cela en partageant la galette des rois ?

Fête de l'Épiphanie. Jésus nommé ou... manifesté

"L'étoile vient de s'arrêter au-dessus du lieu où se trouvait l'Enfant. C'est pourquoi les mages, quand ils virent l'étoile, éprouvèrent une très grande joie. (Mt 2, 9-10)

 

"Accueillons nous aussi cette grande joie dans nos cœurs. Car c'est de la joie que les anges annoncent aux bergers. Adorons avec les mages, rendons gloire avec les bergers, dansons avec les anges ! Il nous est donné aujourd'hui un Sauveur, qui est le Messie, le Seigneur (Lc 2,11). C'est Dieu, le Seigneur qui nous illumine (Ps 117,27), non pas sous la forme de Dieu, pour ne pas épouvanter nos faiblesses, mais sous la forme du serviteur, afin de donner la liberté à ceux qui étaient réduits en servitude.

 

"Qui donc a un cœur assez endormi, qui donc est assez ingrat pour ne pas se réjouir, exulter et rayonner devant un tel événement ?" (S. Basile le Grand, Homélie sur Noël, 2, dans Les Pères de l'Église commentent l'Évangile, Abbaye de Clervaux, Brepols, 1991, p. 29.)

 

"Dans tout l’univers, le Seigneur a fait connaître son salut
 

...La miséricordieuse providence de Dieu a voulu, sur la fin des temps, venir au secours du monde en détresse. Elle décida que le salut de toutes les nations se ferait dans le Christ.

C’est à propos de ces nations que le saint patriarche Abraham, autrefois, reçut la promesse d’une descendance innombrable, engendrée non par la chair, mais par la foi; aussi est-elle comparée à la multitude des étoiles, car on doit attendre du père de toutes les nations une postérité non pas terrestre, mais céleste.

Que l’universalité des nations entre donc dans la famille des patriarches; que les fils de la promesse reçoivent la bénédiction en appartenant à la race d’Abraham, ce qui les fait renoncer à leur filiation charnelle. En la personne des trois mages, que tous les peuples adorent le Créateur de l’univers; et que Dieu ne soit plus connu seulement en Judée, mais sur la terre entière afin que partout, comme en Israël, son nom soit grand (Ps 75, 2).

Mes bien-aimés, instruits par les mystères de la grâce divine, célébrons dans la joie de l’Esprit le jour de nos débuts et le premier appel des nations. Rendons grâce au Dieu de miséricorde qui, selon saint Paul, nous a rendus capables d’avoir part, dans la lumière, à l’héritage du peuple saint; qui nous a arrachés au pouvoir des ténèbres, et nous a fait entrer dans le royaume de son Fils bien-aimé (Col 1, 12-13).

Ainsi que l’annonça le prophète Isaïe: Le peuple des nations, qui vivait dans les ténèbres, a vu se lever une grande lumière, et sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre, une lumière a resplendi (Is 9, 1).

Le même prophète a dit à ce sujet: Les nations qui ne te connaissaient pas t’invoqueront; et les peuples qui t’ignoraient accourront vers toi (Is 55, 5). Ce jour-là, Abraham l’a vu, et il s’est réjoui (Jn 8, 56) lorsqu’il découvrit que les fils de sa foi seraient bénis dans sa descendance, c’est-à-dire dans le Christ; lorsqu’il aperçut dans la foi qu’il serait le père de toutes les nations; il rendait gloire à Dieu, car il était pleinement convaincu que Dieu a la puissance d’accomplir ce qu’il a promis (Rm 4, 20-21).

Ce jour-là, David le chantait dans les psaumes:

Toutes les nations, toutes celles que tu as faites, viendront t’adorer, Seigneur, et rendre gloire à ton nom (Ps 85, 9).



Et encore:

Le Seigneur a fait connaître son salut, aux yeux des païens et a révélé sa justice (Ps 97, 2).

 

Nous savons bien que tout cela s’est réalisé quand une étoile guida les trois mages, appelés de leur lointain pays, pour leur faire connaître et adorer le Roi du ciel et de la terre. Cette étoile nous invite toujours à suivre cet exemple d’obéissance et à nous soumettre, autant que nous le pouvons, à cette grâce qui attire tous les hommes vers le Christ.

Dans cette recherche, mes bien-aimés, vous devez tous vous entraider afin de parvenir au royaume de Dieu par la foi droite et les bonnes actions, et d’y resplendir comme des fils de lumière; par Jésus Christ notre Seigneur, qui vit et règne avec le Père et le Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. Amen."

(S. Léon, pape, Sermon 14 [Migne: 33], 3° pour l’Épiphanie 1.3-5 ; cf. SC 22bis, 226-237.)

Fête de l'Épiphanie. Jésus nommé ou... manifesté

Ce mystère, c’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile.

Ephésiens 3,6

Fête de l'Épiphanie. Jésus nommé ou... manifesté
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3 janvier 2026 6 03 /01 /janvier /2026 01:00
Sainte Geneviève, Vierge, Gardienne de la France, Patronne de Paris (422-512)

Sainte Geneviève, patronne de Paris, naquit au village de Nanterre, vers l'an 422. Elle est la fille de l'officier franc, Severus, qui converti au christianisme nicéen (catholicisme) a servi dans l'armée romaine en Gaule, et de Gerontia, gauloise, fille de Gerontius, maître de cavalerie et ami personnel de Constantin III, qui tentait de préserver une partie de la Gaule de l'installation des Germains.

Sainte Geneviève, Vierge, Gardienne de la France, Patronne de Paris (422-512)

Ses parents possédaient des terres cultivables du côté de Melun et de Meaux où poussait le blé.

Sainte Geneviève, Vierge, Gardienne de la France, Patronne de Paris (422-512)

Elle était âgée de sept ans quand saint Germain, évêque d'Auxerre, traversa le village de Nanterre, où elle habitait. Éclairé par une lumière divine, le Saint discerna cette modeste enfant parmi la foule accourue sur ses pas :

 

"Béni soit, dit-il à ses parents, le jour où cette enfant vous fut donnée.

"Sa naissance a été saluée par les anges, et Dieu la destine à de grandes choses."

Puis, s'adressant à la jeune enfant, il la confirma dans son désir de se donner tout à Dieu :

"Ayez confiance, ma fille, lui dit-il, demeurez inébranlable dans votre vocation ; le Seigneur vous donnera force et courage."

Sainte Geneviève bénie par S. Germain, par J.-N. JOUY (1845), église Saint Nicolas-des-Champs - Paris

Sainte Geneviève bénie par S. Germain, par J.-N. JOUY (1845), église Saint Nicolas-des-Champs - Paris

Un dimanche que Geneviève s'habillait pour accompagner sa mère aux offices, Gérontia dit à sa fille avec rudesse : "reste à la maison, Genovefa ; je ne veux pas que tu ailles à l'église."

La pauvre enfant, tout en larmes, répliqua :

"mais ma mère, il faut que je tienne la promesse que j'ai faite à Dieu et au saint Évêque Germain ! Il faut que je sois assidue aux offices pour mériter de devenir l'épouse du Christ."

Pour toute réponse, Gérontia leva la main sur sa fille et lui donna un soufflet. Le châtiment céleste suivit de près la faute. À peine Geneviève eut-elle été frappée que, subitement, Gérontia perdit l'usage de la vue ; tout devint ténèbres autour d'elle, et cela pendant près de deux ans. Mais Dieu qui voulut la punition permit aussi le miracle ; c'est là une des plus jolies pages de le vie de la douce enfant de Nanterre.

Depuis que sa mère était devenue aveugle, Geneviève l'amenait chaque jour dans la prairie où elle gardait son troupeau, elle lui décrivait ce qu'elle voyait autour d'elle, lui parlait de Dieu, de sa joie de s'être consacrée à lui, de la paix qui remplissait son cœur depuis la promesse faite à Germain d'Auxerre. Et Gérontia, qui comprenait maintenant les desseins de la Providence, écoutait l'enfant en silence et priait. Un soir, au soleil couchant, Gérontia élève la voix et, appelant sa fille, lui dit : "Prends le vase à puiser de l'eau, mon enfant, va au puits et rapporte-moi l'eau fraîche que tu auras tirée."

Il y a une si grande tristesse dans l'accent avec lequel ces paroles sont prononcées que Geneviève se hâte d'obéir. Au moment de porter la cruche à Gérontia, elle joint les mains et adresse au ciel une ardente supplication. Elle demande cette chose, en apparence irréalisable, la guérison de sa mère. Cependant l'aveugle renouvelle sa demande : "Apporte mois l'eau du puits, Génovefa." Geneviève s'approche de l'infirme, élève la cruche à portée de ses mains et fait un signe de croix sur l'eau. Avec une grande foi, l'aveugle prend du bout des doigts un peu d'eau bénite par sa fille et s'en baigne les yeux. Au premier attouchement, le voile qui obscurcit sa vue semble moins épais, au deuxième il disparaît presque entièrement, au troisième, la lumière se fait, définitive.

Et c'est là le premier miracle de la petite vierge de Nanterre qui, plus tard, rendra la santé à tant d'infirmes, la vue à tant d'aveugles, la foi à tant d'âmes égarées. Le puits ou Genovefa puisa l'eau miraculeuse existe encore à Nanterre et les pèlerins y affluent comme aux premiers siècles de la chrétienté.

 

Extrait de l'ouvrage Les Saintes Patronnes de France, éditions Voxgallia.

Sainte Geneviève, Vierge, Gardienne de la France, Patronne de Paris (422-512)

Geneviève reçut le voile à quatorze ans, des mains de l'archevêque de Paris, et, après la mort de ses parents, elle quitta Nanterre pour se retirer à Paris même, chez sa marraine, où elle vécut plus que jamais saintement.

Malgré ses austérités, ses extases, ses miracles, elle devint bientôt l'objet de la haine populaire, et le démon jaloux suscita contre elle une guerre acharnée. Il fallut un nouveau passage de saint Germain de Nanterre pour rétablir sa réputation : "Cette vierge, dit-il, sera votre salut à tous."

 

Bientôt, en effet, le terrible Attila, roi des Huns (434-453), surnommé le Fléau de Dieu, envahissait la Gaule ; mais Geneviève prêcha la pénitence, et, selon sa prédiction, Paris ne fut pas même assiégé.

 

"Ayez confiance, priez et Dieu vous écoutera". C'est ce que Ste Geneviève dit aux Parisiens lors du Conseil municipal qui se réunit pour débattre de l'évacuation de la ville devant l'invasion d'Attila.

Sainte Geneviève, Vierge, Gardienne de la France, Patronne de Paris (422-512)

Mais on ne l'écouta pas. Les prêtres eux-mêmes se détournaient d'elle et commencèrent à entasser les trésors de l'église S. Etienne sur des barques que les nautes avaient amarrées au port et où magistrats, marchands, artisans, commerçants commencaient à s'installer avec leurs biens. Les hommes pressaient leurs épouses et leurs enfants de partir avec eux. Sur des chariots étaient amassés des meubles, de l'argent, des vivres, des troupeaux, des animaux domestiques. Tout le monde voulait s'échapper de Lutèce, fuir par le fleuve, par les routes et les sentiers. On partait, on quittait Lutèce, on abandonnait les toits. Geneviève courut alors d'un endroit à un autre de l'Île, et même traversa à plusieurs reprises le pont pour tenter d'arrêter le flot des exilés. Elle osa sur le port s'adresser aux hommes et elle les exhorta à ne pas abandonner leur ville. Comme ils proférèrent des injures et finirent par la bousculer, elle fit appel à leur patriotisme gaulois. Elle évoqua l'antique cité lorsqu'elle était habitée par des hommes farouches et libres avant l'occupation romaine... et la défaite de Camulogène devant Labienus, lieutenant de César. Elle parla de ces précédentes invasions auxquelles toute la population de la cité sut résister en s'enfermant dans l'Île, en fortifiant les plus vastes de ses monuments. Elle s'étonna que soudain ils abdiquaient, alors que leurs pères et leurs aïeux leur avaient donné tant d'exemples de courage et d'abnégation. Geneviève se réfugia dans le baptistère S. Jean-en-Rond et là, au cours de la journée, bon nombre d'épouses, de mères ou de jeunes filles vinrent la rejoindre pour soutenir son action. Elles finirent par se retrouver nombreuses dans le baptistère et par s'y enfermer à l'abri des imprécations de leurs époux qui n'osaient quitter la ville sans elles. Elles s'agenouillèrent avec Geneviève et commencèrent des prières, des suppliques, pour demander à Dieu d'écarter Attila du chemin de Lutèce. Après avoir pris Orléans, Attila décida de lever le siège d'Orléans et de rebrousser chemin en direction de Troyes. L'affrontement des armées eu lieu aux Champs Catalauniques (451). Attila défait, Geneviève était rassurée en apprenant qu'il franchit les Alpes et s'apprêtait à entreprendre la conquête de l'Italie: ne l'avait-t-elle pas prédit ? Elle ne douta pas que le Hun se perdrait dans cette nouvelle aventure après la défaite qu'il venait d'essuyer. (Joël SCHMIDT, Sainte Geneviève, La Fin de la Gaule romaine, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1997)

"Que les hommes fuient, s’ils veulent, s’ils ne sont plus capables de se battre. Nous les femmes, nous prierons Dieu tant et tant qu’Il entendra nos supplications."

 

La sainte mourut à quatre-vingt-neuf ans, le 3 janvier 512.

D'innombrables miracles ont été opérés par son intercession.

Son tombeau est toujours entouré de vénération dans l'église de Saint-Étienne-du-Mont, à Paris.

Le reliquaire contenant les restes de la Sainte situé dans une crypte de l'église Sainte Geneviève comportait une grande quantité d'or et d'argent ainsi que des pierres précieuses qui avaient été données par des nobles. Il sera hélas fondu avec avidité en 1793 par la Commune de Paris, et une partie de ses reliques 
furent brûlées par les barbares avant d'être jetées dans la Seine en 1793. L'église Sainte Geneviève, confisquée en 1791 avec l'abbaye dont elle dépendait, fut abattue de 1801 à 1807... Ce ne sera hélas pas le seul exemple de profanations de symboles et de monuments chrétiens lors de la Révolution.

Mais la pierre tombale qui supportait le corps de la Sainte depuis 512 avait été épargnée en 1793 par manque d'intérêt et s'est mélangée au milieu des débris de l'église : elle sera retrouvée en 1802 avant d'être transférée de l'église Sainte Geneviève vers l'église Saint-Etienne-du-Mont. Une chapelle lui est dédiée en 1852 :

  • la pierre tombale sera recouverte d'une châsse, véritable manteau d'orfèvrerie,
  • une copie de la statue qui ornait l'ancienne église Sainte Geneviève a été intégrée dans l'autel,
  • trois reliquaires comportant les dernières reliques de la Sainte, qui avaient été distribuées à d'autres paroisses, sont déposés au pied de la statue.

 

Encore aujourd'hui, de très nombreux cierges sont allumés par des personnes souhaitant obtenir quelque grâce par l'intercession de la sainte et à la suite de la fête de Ste Geneviève début janvier, de très nombreux fidèles s'y retrouvent en pèlerinage pour prier.


Sources Les saints du jour ; Sainte Geneviève et l'église de Saint-Etienne-du-Mont; wikipedia 1, 2; Sainte-Geneviève.net ; Joël SCHMIDT, Sainte Geneviève, La Fin de la Gaule romaine, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1997 ; Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 80; ChristianFourré Twitter

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2 janvier 2026 5 02 /01 /janvier /2026 01:00
Saint Basile le Grand, évêque de Césarée, docteur de l'Église († 379)

Un des plus importants parmi les Pères de l’Église, saint Basile, est appelé dans les textes de la liturgie byzantine "un phare de l’Église".

Basile fut un grand évêque du IVe siècle, que regardent avec admiration aussi bien l’Église d’Orient que l’Église d’Occident, à cause de la sainteté de sa vie, de l’excellence de sa doctrine et de l’harmonieuse synthèse de ses qualités spéculatives et pratiques.[1]

Il est issu d'une vielle famille chrétienne, venue à la foi quand elle n'avait rien à y gagner et tout à y perdre. Les grands-parents de Basile étaient devenus chrétiens dès la fin du IIIe siècle, en pleine période de persécution violente. Son nom signifie "Royal".

Il naquit à Césarée en Cappadoce (Asie Mineure, actuelle Turquie), l'an 329, d'une famille "de haute et ancienne aristocratie", "descendant probablement de petits princes plus ou moins souverains qui régnaient à une époque reculée sur l'une des villes maritimes du rivage sud de la Mer noire [2], une famille où la sainteté était héréditaire; son père et sa mère, deux de ses frères, une de ses sœurs, sont placés au rang des saints.

Basile ainsi que ses frères et soeurs ont été formés dès l'enfance dans la foi chrétienne et ils ont été élevés dans un climat d'intrépidité, si ce n'est d'héroïsme, et dans le culte de la mémoire encore toute proche des martyrs. 

Un seul défaut paraissait dans cet enfant de prédilection, sa faible santé; elle se rétablit pourtant, grâce aux prières de ses parents. 

Doué d'un heureux génie, Basile étudia auprès des meilleurs maîtres d’Athènes et de Constantinople. Ne se satisfaisant pas de ses réussites mondaines, et se rendant compte d’une importante perte de temps dans les vanités, il allait confesser lui-même :

Un jour, comme me réveillant d’un profond sommeil, je me tournai vers l’admirable lumière de l’Évangile (…) et pleurai sur ma misérable vie. (cf. Lettres 223).

Attiré par le Christ il commença à regarder vers lui et à n’écouter que lui (cf. Moralia, 80, 1, Patr. Gr. 31, 860bc). Il se livra avec zèle à la vie monastique dans la prière, dans la méditation des Saintes Écritures et des écrits des Pères de l’Église, et dans l’exercice de la charité (cf. Lettres 2 et 22), suivant l’exemple de sa sœur, sainte Macrine la Jeune qui déjà vivait dans l’ascétisme monacal. Il fut ensuite ordonné prêtre et finalement, en 370, évêque de Césarée de Cappadoce, dans la Turquie actuelle.

Comme évêque et pasteur de son vaste diocèse, Basile se préoccupa constamment des conditions matérielles difficiles dans lesquelles vivaient les fidèles ; il dénonça les maux avec fermeté ; il s’engagea en faveur des plus pauvres et des marginalisés ; il intervint également auprès des autorités pour alléger les souffrances des populations, surtout dans les moments de calamités ; il veilla à la liberté de l’Église, et même s’opposa aux puissants pour défendre le droit de professer la vraie foi (cf. Grégoire de Nazianze, Discours 43, 48-51).

 

Le créateur des hôpitaux 


À Dieu, qui est amour et charité, Basile rendit le puissant témoignage de la construction d’hospices pour les malheureux (cf. Lettres 94), telle une cité de la miséricorde, qui prit de lui le nom de "Basiliade" (cf. Sozomène, Histoire Ecclesiastique 6, 34). Elle est à l’origine des institutions hospitalières modernes d’accueil et soin des malades.

 

Le Père des  moines d'Orient

À vingt-trois ans, il parut à Athènes et se lia avec Grégoire de Nazianze, au point que tous les deux ne faisaient qu'un cœur et qu'une âme. Amitié intellectuelle: tous deux brûlent de ferveur pour la littérature et la philosophie grecques. Là, ainsi qu'à Césarée et Constantinople, il poursuivit de longues et brillantes études. Son frère, Grégoire de Nysse, exercera lui aussi la profession de rhéteur avant de devenir évêque.

De retour en son pays, les applaudissements qu'il reçut l'exposèrent à une tentation de vaine gloire dont il fut si effrayé, qu'il embrassa l'état monastique pour y vivre dans l'oubli du monde et la pénitence; il fonda plusieurs monastères, écrivit des ouvrages ascétiques très estimés et traça des règles de vie religieuse demeurées célèbres. 

Un très léger repas par jour, un sommeil très court, de longues veilles, un vêtement léger par les temps les plus froids, tel était l'ordinaire de ce saint austère, "dont la pâleur, dit saint Grégoire, annonçait un mort plutôt qu'un vivant." Basile eut à souffrir d'infirmités continuelles; dans le temps de sa meilleure santé, dit-il lui-même, il était plus faible que ne sont les malades abandonnés des médecins.

 

Le zèle contre l'hérésie d'Arius le fit un jour sortir de sa retraite. Avec zèle et courage Basile sut s’opposer aux hérétiques qui niaient que Jésus-Christ fût Dieu comme le Père (cf. Basile, Lettres 9, 3 ; Lettres 52, 1-3 ; Contre Eunome 1, 20). L'orthodoxie trinitaire avait été définie à Nicée en 325.

De la même façon, contre ceux qui n’acceptaient pas la divinité du Saint-Esprit, il soutint que l’Esprit est Dieu et "doit être reconnu et glorifié avec le Père et le Fils" (cf. Traité sur le Saint Esprit, SC 17bis, 348). Il nous dévoile comment l’Esprit anime l’Église, la remplit de ses dons, la sanctifie.

La part de l'exégèse y est considérable. Quinze homélies sur les Psaumes et neuf homélies sur le récit de la création procèdent d'une explication de texte méthodique.

Basile est par là un des principaux Pères à avoir formulé un concept de Dieu présent aussi bien dans l'Ancien (Genèse 18:1-5) que dans le Nouveau Testament : la doctrine sur la Trinité. Le Dieu unique, parce qu’il est Amour, est un Dieu en trois Personnes, lesquelles constituent la plus profonde unité qui existe, l’unité divine.

En 373, la disparition de Saint Athanase d'Alexandrie, qui avait assisté au concile de Nicée et qui était parti en exil à cinq reprises à cause de son attachement au symbole qui y avait été adopté, fait de Basile la figure de proue de l'orthodoxie.

D'autres homélies visent à alimenter la piété en développant l'éloge de plusieurs martyrs populaires dans la région, en particulier les Quarante Martyrs de Sébaste en Arménie, culte que sa famille avait contribué à répandre.

Mais le souci le plus marquant du prédicateur est de provoquer une réforme des mœurs. La pratique du jeûne, de l'aumône, de la sobriété, de l'humilité sont autant de thèmes dominants de cette prédication. Plusieurs sermons surtout s'efforcent de développer l'assistance aux pauvres et font aux riches, en termes exigeants, un devoir de leur consacrer leur superflu.

Contre l'usure, les mises en garde contre le recours à l'emprunt ne s'adressent évidemment pas à des possédants, mais ceux-ci sont invités à prêter largement sans demander d'intérêts.

La lumière resplendissante du mystère divin se reflète sur l’homme, image de Dieu, et exalte sa dignité. En regardant le Christ, on comprend pleinement la dignité de l’homme. Basile s’exclame :

Ô homme, mesure la grandeur qui est la tienne en considérant le prix payé pour toi : évalue le prix de ton rachat et comprends ta dignité ! (In Psal., 48, 8).

En particulier, le chrétien qui vit en conformité avec l’Évangile reconnaît que les hommes sont tous frères entre eux ; que la vie est une administration des biens reçus de Dieu, dont chacun est responsable vis-à-vis d’autrui ; et celui qui est riche doit être comme "un exécutant des ordres de Dieu-bienfaiteur" (Homélie 6 De l’avarice). Nous devons nous aider et coopérer comme les membres d’un corps (Lettres 203, 3).

 

Il est par conséquent bien mérité cet éloge que faisait Grégoire de Nazianze disant, après la mort de Basile :

Basile nous convainc que nous, parce que nous sommes humains, ne devons pas mépriser les hommes, ni, par notre inhumanité à l’égard des hommes, outrager le Christ, chef commun de tous ; mais bien plutôt, dans les disgrâces qui atteignent le prochain, devons-nous répandre le bien et emprunter de Dieu notre miséricorde, parce que nous avons besoin de miséricorde (Grégoire de Nazianze, Discours 43, 63).

Ce sont la générosité à l'égard des pauvres, la pratique de l'hospitalité, l'exercice de la maîtrise de soi, le versement à l'Eglise d'une dîme à une époque où, précise-t-il, cette pratique était encore rare.

Paroles tout à fait actuelles. Nous voyons comment Basile est réellement l’un des Pères de la doctrine sociale de l’Église.

 

En outre, Basile nous rappelle que pour garder vivants notre amour de Dieu et notre amour des hommes, l’Eucharistie est nécessaire, nourriture tout indiquée pour les baptisés, et capable d’alimenter les nouvelles énergies découlant du baptême (cf. Du baptême, 1, 3 ; SC 357,192). Pouvoir participer à l’Eucharistie est cause de joie immense (Moralia, 21, 3) car elle fut instituée "pour garder sans cesse le souvenir de celui qui est mort et ressuscité pour nous" (id. 80, 22). L’Eucharistie, don immense de Dieu, conserve en chacun de nous le souvenir du sceau baptismal et permet de vivre en plénitude et avec fidélité la grâce du baptême. Pour cela le saint évêque recommande la communion fréquente, et même quotidienne :

Aller jusqu’à communier chaque jour, recevant par là les saints corps et sang du Christ, est chose bonne et utile, parce que lui-même dit clairement "Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle" (Jn 6, 5). Qui donc alors douterait que communier continûment à la vie soit vivre en plénitude ? (Lettres 93).

En un mot, l’Eucharistie nous est indispensable pour accueillir en nous la véritable vie, la vie éternelle (cf. Moralia, 21, 1).

 

Ni les intrigues, ni les menaces n'eurent jamais prise sur cette grande âme. Un préfet le mande un jour et lui enjoint d'obéir à un prince arien, sous peine de confiscation de ses biens, de l'exil, des tourments, et de mort : "Faites-moi d'autres menaces, dit Basile, car il n'y a rien là que je puisse craindre; le premier coup suffira pour achever mes peines; la mort m'unira à mon Dieu." L'empereur dut s'avouer vaincu. 

 

Il meurt le 1er janvier 379, à cinquante et un ans, ne laissant pas de quoi se faire élever un tombeau de pierre.[3] Et ses funérailles se déroulent au milieu d'un énorme rassemblement de population.

La vie de Basile a été brève puisqu'il n'a probablement pas atteint la cinquantaine (nous connaissons de façon précise la date de sa mort, mais seulement d'une manière approximative la date de sa naissance). Son activité pastorale s'étend à peine sur une quinzaine d'année, dont neuf seulement d'épiscopat.

Ce grand seigneur a vécu comme un pauvre. Par sa parole et par ses actes, il a le souci constant des misérables en un temps où les riches étaient très riches et les pauvres très pauvres, la classe moyenne étant à peu près inexistante.

Basile n'a pas pas eu le triomphe de la cause qu'il défendait. Il est mort deux ans et demi avant le deuxième concile œcuménique, réuni à Constantinople en 381. Il eût été heureux de le voir présider par son ami et compagnon de lutte, Grégoire de Naziance.


Il est reconnu Docteur de l'Église en 1568 par le pape Pie V. [4]

 

Le péché sans repentir est un poids qui entraîne l'âme au fond de l'enfer.

Saint Basile le Grand

Icône des sept premiers conciles œcuméniques

Icône des sept premiers conciles œcuméniques

Sources: (1), (2) Dictionnaire des saints et Grands témoins du christianisme, Sous la direction de Jean-Robert ARMOGATHE et André VAUCHEZ, CNRS Éditions, Paris 2019, p. 120 ; (3), (4)

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1 janvier 2026 4 01 /01 /janvier /2026 01:00
Sainte Marie, Mère de Dieu, solennité

Huit jours après la Nativité du Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, nous célébrons Sa Mère, celle qui Lui a donné son être humain, corps et âme par l'Esprit-Saint qui vient sur elle, la plaçant elle-même dans l'orbite de la paternité divine. C'est la raison pour laquelle le concile d'Éphèse, en 431 ap. J.-C. la proclama la Theotokos (en grec Θεοτόκος; en latin Deipara o Dei genetrix), la Mère de Dieu, puisque son fils est Dieu. Ce qui ne préjuge pas de la différence entre Marie créature humaine et Jésus Fils éternel de Dieu.

 

La circoncision de Jésus, relaté dans l'Évangile selon Saint  Luc (Lc 2,21), était autrefois une fête liturgique célébrée par les Églises catholique et orthodoxe le 1er janvier ; en 1974 elle fut remplacée par la fête de "Sainte Marie, Mère de Dieu".

Concile d'Ephèse de 431, Mosaïque de Notre-Dame de Fourvièvre

Concile d'Ephèse de 431, Mosaïque de Notre-Dame de Fourvièvre

La solennité de Sainte Marie Mère de Dieu est la première fête mariale apparue dans l’Église occidentale. [1] 

D'un point de vue théologique, au IVe siècle, l'hérésie d'Arius (arianisme) affirmait que si Dieu était divin, son Messager (le Fils pour les chrétiens trinitaires), lui, était d'abord humain et apportait la parole de Dieu sur terre, mais ne disposait pas d'une nature divine. Cette hérésie qui niait la divinité du Christ, fut rejetée au premier concile œcuménique, dit de Nicée, en 325.

 

Au Ve siècle, l’affirmation de Marie comme Mère de Dieu était la garantie de l’affirmation de la personne divine du Christ. Le problème posé par la crise nestorienne voyant deux hypostases (personnes) dans le Christ ne sera pas seulement mariologique, il sera fondamentalement christologique. La vérité contestée était en effet celle de l’unité de la personne (hypostase) du Christ, c'est-à-dire l'unité du Père et du Fils dans le Christ (Cf. I Jn 2, 22 "Voilà l'antichrist, celui qui nie le Père et le Fils.") Cette unité du Père et du Fils fut donc reconnue par le concile d’Ephèse, en 431, qui enseignait que dans le Christ ne se trouvait qu'une seule hypostase, la personne divine, qui a assumé une nature humaine [2], union fondée sur le mystère de l'Incarnation du Fils de Dieu ayant pris chair de la Vierge Marie, dans le sein de laquelle le Verbe éternel a assumé la nature humaine de manière ineffable et indicible, selon la parole évangélique : "Et le Verbe s'est fait chair et il a demeuré parmi nous." (Jn 1,14). 

Sur la base de la seconde lettre de Cyrille d’Alexandrie (376-444) à Nestorius, qui fut approuvée par le concile, le Fils éternel du Père est celui qui, à la suite de l’engendrement charnel, est né de la Vierge Marie. De cette vérité sur le Christ dérivait la conséquence suivante pour Marie: pour cette raison, et en vertu de cette même union hypostatique, Marie est légitimement appelée Theotokos, "Mère de Dieu". Les Douze Chapitres formulés par Cyrille d'Alexandrie dans sa dernière lettre à Nestorius seront joints aux actes canoniques du concile d'Éphèse.

 

Après 440, une nouvelle hérésie, le "monophysisme" d'Eutychès, accentuera la nature divine du Christ, considérant la nature humaine comme seulement une "apparence", en réalité absorbée par la divine. Ce qui amènera la convocation du concile de Chalcédoine, en 451, 4e concile œcuménique, qui proclamera que l'union hypostatique dans la personne du Christ n'entraîne pas la confusion des deux natures, ni l'absorption de l'une par l'autre, définissant cela en une formule désormais célèbre : dans le Christ, "vrai homme et vrai Dieu", les deux natures humaine et divine sont "sans confusion, sans mutation, sans division, sans séparation". [3]

 

***

Prière du P. Léonce de Grandmaison, jésuite et théologien : Sainte Marie Mère de Dieu, gardez-moi un cœur d'enfant, pur et transparent comme une source. Obtenez-moi un cœur simple.

 

 

Sainte Marie Mère de Dieu
gardez-moi un cœur d'enfant
pur et transparent
comme une source.

 

Obtenez-moi un cœur simple
qui ne savoure pas les tristesses.

 

Un cœur magnifique
à se donner,
tendre à la compassion.

 

Un cœur fidèle et généreux
qui n'oublie aucun bien
et ne tienne rancune
d'aucun mal.

 

Faites-moi un cœur doux
et humble
aimant sans demander
de retour,
joyeux de s'effacer
dans un autre cœur
devant votre divin Fils.

 

 

P. Léonce de Grandmaison, jésuite et théologien [4]

 

La Théotokos de Vladimir, icône byzantine du xiie siècle.

 

***

Sources : (1) ; (2) "Nestorianisme", dans Dominique LE TOURNEAU, L'Église et l'État en France, PUF, Que sais-je ?, Vendôme 2000, p. 424 ; (3) ; (4)

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31 décembre 2025 3 31 /12 /décembre /2025 01:00
Saint Sylvestre, Pape († 335)

Saint Sylvestre, né en 280, eut Rome pour patrie.

Quand il fut en âge de disposer de sa fortune, il se plaisait à donner l'hospitalité aux chrétiens étrangers qui passaient à Rome ; il les menait à sa demeure, lavait leurs pieds, leur servait à manger, enfin leur donnait, au nom de Jésus-Christ, tous les soins de la plus sincère charité. [1]

Vint un jour à Rome, un illustre confesseur de la foi, nommé Timothée d'Antioche. Personne n'osait le recevoir ; Sylvestre s'en fit un honneur, et, pendant un an, Timothée prêchant Jésus-Christ avec un zèle incroyable, recevait chez lui la plus généreuse hospitalité. Cet homme héroïque ayant conquis la palme du martyre, Sylvestre déroba ses précieux restes et les ensevelit à la faveur de la nuit. Mais lui-même fut bientôt traduit devant le tribunal du préfet, comme recélant les trésors du martyr :

 

"Timothée, répondit-il, ne m'a laissé que l'héritage de sa foi et de son courage." 



Le préfet le menaça de la mort et le fit jeter en prison ; mais Sylvestre, en le quittant, lui dit : "Insensé, c'est toi-même qui, cette nuit, vas rendre compte à Dieu."

Le persécuteur avala une arête de poisson et mourut en effet dans la nuit.

La crainte des châtiments célestes adoucit les bourreaux et l'héroïque jeune homme fut rendu à la liberté.

Cette belle conduite de Sylvestre le fit appeler au diaconat par le Pape saint Melchiade, dont il devait être l'éminent successeur.
Son long pontificat de vingt et un ans (314-335) est surtout célèbre par le concile de Nicée, le Baptême de l'empereur Constantin et le triomphe de l'Église. Le Baptême de Constantin est reporté à une époque plus tardive par de nombreux auteurs; mais des témoignages non moins nombreux et non moins sérieux placent le Baptême de ce grand empereur sous le règne de saint Sylvestre, et le Bréviaire romain confirme cette opinion. [2]

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/dd/THE_FIRST_COUNCIL_OF_NICEA.jpg/220px-THE_FIRST_COUNCIL_OF_NICEA.jpg

Icône du premier concile de Nicée. Au premier plan, l'évêque saint Spyridon s'exprime devant le concile et confond Arius.

Derrière lui, préside à gauche (à droite de l'autel) le représentant de l'évêque de Rome, et en seconde place, à droite, la puissance invitante, l'empereur Constantin

 

Constantin, encore païen et peu favorable aux chrétiens dont il ignorait complètement la doctrine, fut atteint d'une sorte de lèpre qui lui couvrit tout le corps. Une nuit, saint Pierre et saint Paul, éclatants de lumière, lui apparurent et lui ordonnèrent d'appeler le Pape Sylvestre, qui le guérirait en lui donnant le Baptême. Le Pape, en effet, instruisit le royal néophyte et le baptisa. Le règne social de Jésus-Christ commençait; la conversion de Constantin allait avoir pour heureuse conséquence celle de l'univers.

Les historiens chrétiens de l'époque romaine (Eusèbe de Césarée et Lactance) attribuent la conversion de Constantin à une vision qu'il aurait eue juste avant la bataille du pont Milvius, où il triompha de Maxence (312). Mais la tradition médiévale, véhiculée notamment par la Légende dorée, en donne une autre interprétation : l'empereur était couvert d'une lèpre incurable, et c'est lorsque Sylvestre l'eut baptisé par immersion dans une piscine qu'il fut guéri de sa lèpre et comprit qu'il lui fallait défendre la foi chrétienne. [3]

 

Sylvestre Ier tuant un dragon et ressuscitant ses victimes

 

On a attribué aussi à Sylvestre d'autres miracles spectaculaires, par exemple d'avoir ressuscité un taureau et dompté un dragon, qui sont décrits dans la Légende dorée.

 

Il fut, à l'origine, inhumé dans la Catacombe de Priscille, à Rome. [4]

Sources: [1]; [2]; [3] Jacques de Voragine, La Légende dorée, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 2004, publication sous la direction d'Alain Boureau, chapitre 12, p. 86-93; [4] Wikipedia

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30 décembre 2025 2 30 /12 /décembre /2025 01:00
Saint Roger († 1129)

Nous ne connaissons quasiment rien de la jeunesse de Roger. En raison de son prénom, "Roger", inhabituel dans la région à cette époque, on a pensé qu'il pourrait être d'origine normande, mais c'est incertain. Il fut évêque de Cannes en Italie, sa ville natale.

 

Il a vécu et subi les ravages de la guerre, ravages causés lors des nombreuses rébellions des barons normands refusant notamment l'autorité de Robert Guiscard. C'est ainsi qu'en l'an 1083, Cannes fut ravagée et rasée par Guiscard afin de punir la rébellion de son neveu Herman, comte de la cité.

 

Saint Roger se montra serviable envers la population de la cité en souffrance, allant chercher lui-même pieds-nus dans la campagne environnante de quoi la nourrir.

 

Certains documents de cette période montrent que le saint évêque était souvent consulté par les papes Gélase II et Pascal II de régler certaines questions de droit et de réprimer la rivalité entre les églises et les communautés.

 

Il est décédé le 30 décembre 1129 et fut enterré dans la cathédrale de Cannes. [1]

 

L'évêque de Cannes (Canosa) était mort quelques années plus tôt, quand les habitants de Barletta, dans les Pouilles italiennes, vinrent piller la cathédrale pour emporter des reliques. C'était chose habituelle à l'époque. Ils rapportèrent de leur expédition un coffre de reliques, le trône épiscopal, des vases sacrés, et le corps de l'évêque Roger. L'année suivante, ils durent restituer les objets du vol, sauf le corps de l'évêque que son successeur ne considérait pas comme si précieux. Alors les habitants de Barletta voulurent le rendre précieux. Ils le canonisèrent et composèrent un office. "Accorde-nous, par ses prières et ses vertus, d'être à jamais préservés de tout mal" dit l'oraison du nouveau saint Roger. [2]

 

Ses reliques sont maintenant vénérées dans la ville voisine de Barletta, qui annexa Cannes en 1303.

 

Il est le saint patron de la ville de Barletta et de l'archidiocèse de Trani-Barletta-Bisceglie.

Sources: 12

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29 décembre 2025 1 29 /12 /décembre /2025 01:00
Saint David, Fils de Jessé - Roi de Juda et d'Israël - Ancien Testament (Xe s. av JC.)

Les Églises d'Orient célèbrent le saint roi-poète qui est la figure messianique du Christ, et dont les psaumes sont la base même de la prière liturgique depuis des millénaires. Après avoir gravement offensé la loi divine, il manifesta un repentir exemplaire. [1]

 

"Samuel donna l’onction à David au milieu de ses frères. L’esprit du Seigneur s’empara de David" (1 S 16, 1-13) [2]

 

Suivant la Bible hébraïque, ce jeune berger de la tribu de Juda, fils de Jessé, est appelé aux côtés du roi Saül pour l'apaiser de ses chants. Il met en déroute les ennemis philistins en vainquant le géant Goliath à l'aide de sa fronde. Devenu le héros d'Israël, il s'attire la jalousie puis la vindicte de Saül, doit s'enfuir et prend la tête de maquisards, opérant la vengeance divine et redistribuant les butins aux pauvres.[3]

 

Les chrétiens adoptent les Écritures hébraïques et font de Jésus-Christ l'héritier de la promesse messianique faite à David.

 

"Devenu vieux vers 975 av. J.-C., le roi David appela le prêtre Sadoc, le prophète Nathan et Benaya, fils de Joad, et leur dit :

 

Vous placerez mon fils Salomon sur ma propre mule et vous le ferez descendre à Guilhone. Là le prêtre Sadoc et le prophète Nathan lui donneront l'onction comme roi sur Israël. Vous sonnerez du cor et vous direz : 'Vive le roi Salomon!' Vous remonterez à sa suite et il viendra s'asseoir sur mon trône et c'est lui qui régnera à ma place [...] Alors le prêtre Sadoc prit dans sa Tente la corne d'huile et donna l'onction à Salomon. On sonna du cor et tout le peuple dit : 'Vive le roi Salomon!' Tout le peuple remonta derrière lui. Le peuple jouait de la flûte et manifestait une joie débordante." (1 R 1, 32 et suiv.)"

 

Ainsi s'accomplissait la promesse du Seigneur : "Quand tes jours seront accomplis et que tu reposeras auprès de tes pères, je te susciterai pour ta descendance un successeur, qui naîtra de toi, et je rendrai stable sa royauté. [...] Ta maison et ta royauté subsisteront toujours devant moi, ton trône sera stable pour toujours." (2 S 7, 12-16.)

 

Cette annonce se réalise en Jésus-Christ ('Christ' signifie en grec celui qui a reçu l'onction), dont le rôle et le caractère royal sont soulignés par les Évangiles (jusqu'à treize fois dans le seul Évangile de Jean)." [4]

 

En 751, le roi de France Pépin le Bref recevra l’onction sainte des mains de saint Boniface, l'évangélisateur de la Germanie, et se fera élire roi par les grands de Soissons : il deviendra le premier de nos rois à être "sacrés". Pépin partagera avec Saül et David le fait de ne pas avoir été appelé à régner par sa naissance.

Saint David, Fils de Jessé - Roi de Juda et d'Israël - Ancien Testament (Xe s. av JC.)

Après David, à travers Jésus-Christ, l'héritage se transmet à tous les rois de la chrétienté, à l'instar de Saint Charlemagne qui se proclamera "nouveau David". [5] 

MISERERE MEI DEUS (Psaume 50)

 

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,

selon ta grande miséricorde, efface mon péché.

Lave-moi tout entier de ma faute,

purifie-moi de mon offense.

 

Oui, je connais mon péché,

ma faute est toujours devant moi.

Contre toi, et toi seul, j’ai péché,

ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait.

 

Ainsi, tu peux parler et montrer ta justice,

être juge et montrer ta victoire.

Moi, je suis né dans la faute,

j’étais pécheur dès le sein de ma mère.

 

Mais tu veux au fond de moi la vérité ;

dans le secret, tu m’apprends la sagesse.

Purifie-moi avec l’hysope, et je serai pur ;

lave-moi et je serai blanc, plus que la neige.

 

Fais que j’entende les chants et la fête :

ils danseront, les os que tu broyais.

Détourne ta face de mes fautes,

enlève tous mes péchés.

 

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,

renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.

Ne me chasse pas loin de ta face,

ne me reprends pas ton esprit saint.

 

Rends-moi la joie d’être sauvé ;

que l’esprit généreux me soutienne.

Aux pécheurs, j’enseignerai tes chemins ;

vers toi, reviendront les égarés.

 

Libère-moi du sang versé, Dieu, mon Dieu sauveur,

et ma langue acclamera ta justice.

Seigneur, ouvre mes lèvres,

et ma bouche annoncera ta louange.

 

Si j’offre un sacrifice, tu n’en veux pas,

tu n’acceptes pas d’holocauste.

Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ;

tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé…

Sources: 1; 2; 3; [4] Patrick Demouy, Le Sacre du Roi, La Nuée bleue, Place des Victoires, Editions du Quotidien, Strasbourg 2016, p. 29; [5] Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman (trad. Patrice Ghirardi), Les rois sacrés de la Bible : à la recherche de David et Salomon, Paris, Bayard, 2006, p. 20-21

 

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28 décembre 2025 7 28 /12 /décembre /2025 01:00
Fête de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph. Jésus au milieu des docteurs

Les pasteurs de Bethléem ayant reçu l'annonce de l'ange, s'empressèrent d'accourir à la grotte et trouvèrent "Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la crèche" (Lc 2, 16).

 

Les premiers témoins de la naissance du Christ, les pasteurs, se trouvèrent non seulement en face de l'Enfant Jésus, mais d'une petite famille : la Mère, le Père et le Fils nouveau-né. 

 

Jésus est le fils de Dieu envoyé dans ce monde. Il est aussi le fils de Marie, une jeune fille de Galilée, et, comme tout enfant, il apprend tout auprès de ses parents. La parole de Dieu n'est pas une parole proférée loin au-dessus de nos vies ; elle prend chair et apprend les mots des hommes dans une humble famille. [1]

 

Dieu a voulu se révéler en naissant dans une famille humaine, et c'est pourquoi la famille humaine est devenue une icône de Dieu.

Dieu est Trinité, il est communion d'amour et la famille en est une expression qui reflète le Mystère insondable de Dieu amour, dans toute la différence qui existe entre le Mystère de Dieu et sa créature humaine.

L'homme et la femme, créés à l'image de Dieu, deviennent dans le mariage "une seule chair" (Gn 2, 24), c'est-à-dire une communion d'amour qui engendre une nouvelle vie. La famille humaine, dans un certain sens, est une icône de la Trinité du point de vue de l'amour interpersonnel et de la fécondité de l'amour.

 

Chaque année, les parents de Jésus se rendaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Quand il eut douze ans, ils montèrent en pèlerinage suivant la coutume.

 

La liturgie d'aujourd'hui célèbre cet épisode évangélique où Jésus âgé de douze ans reste au Temple à Jérusalem, à l'insu de ses parents, qui, surpris et inquiets, l'y retrouvent après trois jours alors qu'il discute avec les docteurs. À sa mère qui lui demande des explications, Jésus répond qu'il doit "être dans la propriété", dans la maison de son Père, c'est-à-dire de Dieu (cf. Lc 2, 49).

 

Dans cet épisode, le jeune Jésus nous apparaît plein de zèle pour Dieu et pour le Temple. Demandons-nous : de qui Jésus avait-il appris l'amour pour les "choses" de son Père ? Assurément en tant que fils, il a eu une intime connaissance de son Père, de Dieu, d'une profonde relation personnelle permanente avec Lui, mais, dans sa culture concrète, il a assurément appris les prières, l'amour envers le Temple et les institutions d'Israël de ses propres parents. Nous pouvons donc affirmer que la décision de Jésus de rester dans le Temple était surtout le fruit de sa relation intime avec le Père, mais aussi le fruit de l'éducation reçue de Marie et de Joseph.

 

Nous pouvons ici entrevoir le sens authentique de l'éducation chrétienne : elle est le fruit d'une collaboration à rechercher toujours entre les éducateurs et Dieu. La famille chrétienne est consciente que les enfants sont un don et un projet de Dieu. Par conséquent, elle ne peut pas les considérer comme sa propriété, mais, en servant à travers eux le dessein de Dieu, elle est appelée à les éduquer à une plus grande liberté, qui est précisément celle de dire oui à Dieu pour faire sa volonté. 

 

Il s'ensuit que l'un des services les plus grands que nous chrétiens pouvons prêter à nos semblables est de leur offrir notre témoignage serein et ferme de la famille fondée sur le mariage entre un homme et une femme, en la sauvegardant et en la promouvant, car celle-ci possède une importance suprême pour le présent et l'avenir de l'humanité. En effet, la famille est la meilleure école pour apprendre à vivre les valeurs qui donnent sa dignité à la personne et rendent les peuples grands. [2]

Fête de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph. Jésus au milieu des docteurs

Jésus au milieu des docteurs (Origène)

 

"Mon Jésus ne peut être trouvé dans la foule. Apprenez donc où l'ont découvert ceux qui le cherchaient, afin que vous aussi, en le cherchant avec Marie et Joseph, vous puissiez le découvrir. 

"À force de le chercher, dit l'évangéliste, 'ils le trouvèrent dans le Temple' (Lc 2,46). Non pas n'importe où, mais dans le Temple, et là, en outre, 'au milieu des docteurs de la Loi qu'il écoutait et interrogeait' (Lc 2, 46-47).

"Vous aussi, cherchez Jésus dans le Temple de Dieu, cherchez-le dans l'Église, cherchez-le auprès des maîtres qui sont dans le Temple et n'en sortent jamais. [...] Ils le trouvent assis au milieu des docteurs, et non seulement assis, mais les interrogeant et les écoutant. Maintenant encore Jésus est ici : il nous interroge et il nous écoute parler'".

(Origène, Homélie sur Saint Luc, Cerf, 1962, pp. 266-267.) [3]

 

 

 

Sources: [1] Croire [2] BENOÎT XVI, Angelus - Place Saint-Pierre, Dimanche 27 décembre 2009 [3] Missel des dimanches 2022, Année C, Nouvelle traduction du Missel romain, p. 176.

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27 décembre 2025 6 27 /12 /décembre /2025 10:30
Cf. https://x.com/MrCasey62/status/2004624416718888965/photo/1

Cf. https://x.com/MrCasey62/status/2004624416718888965/photo/1

Le célèbre théologien Scott Hahn, presbytérien américain converti au catholicisme dans les années 1990 et 2000, auteur de l'ouvrage "Rome sweet home, de la foi de Luther à la foi de Pierre", démolit le mensonge de ''l'Eglise de Constantin'' :

 

Au cours des trois premiers siècles de l'Église, outre la croyance en la Trinité et en l'Incarnation, les documents existants révèlent une croyance largement répandue en :

(1) La présence réelle du corps et du sang du Christ dans l'Eucharistie
(2) L'Eucharistie comme sacrifice de la Nouvelle Alliance
(3) La régénération baptismale
(4) La succession apostolique
(5) La nécessité de maintenir l'unité de l'Église
(6) La nécessité d'évêques pour une Eucharistie valide
(7) Les prières pour les morts
(8) Le culte des reliques
(9) Le terme formel de ''catholique'' pour désigner l'Église unique
(10) Les manifestations de la primauté papale
(11) Le signe de croix lors des prières
(12) Les exemples de prières aux saints

 

Quelle qu'ait été cette Église primitive, elle n'était pas protestante. C'est ce que voulait dire saint John Henry Newman : il est impossible d'étudier en profondeur l'histoire de l'Église et d'en conclure qu'elle présente la moindre ressemblance avec la foi et la pratique protestantes. Le catholicisme, en revanche, peut remonter le cours de l'histoire jusqu'à l'Église pré-constantinienne et y trouver une continuité substantielle.

Scott Hahn démolit le mensonge de ''l'Eglise de Constantin''

J'ai compris que je n'avais pas besoin de mourir pour aller au paradis. Le paradis, c'est là où je viens d'aller. La messe est ce qui m'y emmène.

Scott Hahn, après sa première messe

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27 décembre 2025 6 27 /12 /décembre /2025 01:00
L’Évangile de Jean le mentionne anonymement comme « le disciple que Jésus aimait » (Jean 13,23 ; 19,26 ; 20,2 ; 21,7), qui était assis auprès de Jésus lors de la Cène et se tenait au pied de la croix, où Jésus lui confia sa mère Marie (Jean 19,26-27). La tradition veut que Jean soit le seul apôtre à ne pas être mort en martyr.

L’Évangile de Jean le mentionne anonymement comme « le disciple que Jésus aimait » (Jean 13,23 ; 19,26 ; 20,2 ; 21,7), qui était assis auprès de Jésus lors de la Cène et se tenait au pied de la croix, où Jésus lui confia sa mère Marie (Jean 19,26-27). La tradition veut que Jean soit le seul apôtre à ne pas être mort en martyr.

Saint Jean l'Apôtre, également connu sous le nom de saint Jean l'Évangéliste ou saint Jean le Bien-Aimé, était l'un des douze apôtres de Jésus-Christ, tels que décrits dans le Nouveau Testament. Né vers l'an 6 après J.-C. en Galilée, il était le fils de Zébédée, un pêcheur, et de Salomé, et le frère cadet de l'apôtre Jacques le Majeur.

Jésus appela Jean et Jacques alors qu’ils réparaient des filets avec leur père (Mt 4:21-22 ; Marc 1:19-20), et il les surnomma "Boanerges" (Βοανηργές en grec), ou " fils du tonnerre" (Marc 3:17), forme galiléenne pour ben, fils; roguèz, de ragaz, tremblement, ébranlement, tonnerre provenant de l'hébreu bene reghesh, reflétant leur tempérament zélé (Lc 9,54).

La tradition chrétienne attribue à Jean la paternité de l'Évangile selon Jean, des trois épîtres de Jean et du livre de l'Apocalypse. Son Évangile met l'accent sur la divinité du Christ et les thèmes de l'amour et de la lumière.

Jean occupait une place importante parmi les apôtres. Représentant l'amour, il marche à côté de S. Pierre, qui symbolise la doctrine.

Jésus semble avoir réservé à cet Apôtre les plus tendres effusions de son Cœur. Plus que tout autre, en effet, Jean pouvait rendre amour pour amour au divin Maître. Le Sauveur prit plaisir à multiplier les occasions de témoigner envers son cher disciple une prédilection singulière : Il le fit témoin de la résurrection de la fille de Jaïre (Marc 5:37-43) ; Il lui montra sa gloire sur le Thabor, au jour de sa Transfiguration merveilleuse (Matthieu 17:1-9) ; l'agonie au jardin de Gethsémani (Marc 14:33); mais surtout la veille de sa Passion, à la dernière cène, Il lui permit de reposer doucement la tête sur son Cœur divin, où il puisa cette charité et cette science des choses de Dieu, qu'il répandit dans ses écrits et au sein des peuples auxquels il porta le flambeau de l'Évangile.

 

Une des gloires de S. Jean fut d'être le seul, parmi les Apôtres, fidèle à Jésus dans ses souffrances ; il Le suivit dans l'agonie du calvaire ; il accompagna dans ces douloureux instants la Mère du Sauveur.

 

Jésus, ayant vu sa Mère au pied de la croix, abîmée dans sa tristesse, et près d'elle S. Jean, Il dit à Marie : "Femme, voilà ton fils !" Ensuite Il dit au disciple : "Voilà ta mère !". L'Apôtre, en cette circonstance, nous disent les saints docteurs représentait l'humanité tout entière ; en ce moment solennel Marie devenait la Mère de tous les hommes, et les hommes recevaient le droit de s'appeler les enfants de Marie.

Saint Jean, Apôtre et évangéliste († c. 103)

Il était juste que S. Jean, ayant participé aux souffrances de la Passion, goûtât l'un des premiers les joies pures de la résurrection. Le jour où le Sauveur apparut sur le rivage du lac de Génésareth (Lac de Tibériade) pendant que les disciples étaient à la pèche, S. Jean fut le seul à Le reconnaître.  "C'est le Seigneur," dit-il à S. Pierre. Jean était donc bien, tout l'Évangile le prouve, le disciple que Jésus aimait.

 

"L'Évangile selon Marc est situé autour des années 60 après l'avoir été autour des années 70, mais il pourrait bien être des années 50. 

"L'Évangile selon Luc + les Actes des Apôtres sont situés de manière habituelle dans les années 80, mais ils pourraient bien être aussi des années 60. 

"L'Évangile selon Jean est situé autour des années 90, mais à cause de son caractère mystique et de certaines caractéristiques relevant de la topographie et de la chronologie il pourrait bien être des années 60." (3)

Saint Jean à Patmos - Hans Memling (1475)

Saint Jean à Patmos - Hans Memling (1475)

L’Évangile de Jean est unique par sa structure, son style et sa profondeur théologique.

 

Cette différence a conduit certains érudits à affirmer qu'il n'a pas été écrit par l'apôtre Jean, mais par un autre 'Jean' ou par une communauté chrétienne ultérieure.

 

Une théorie veut que l'Évangile ait été écrit par "Jean l'Ancien", mentionné par Papias au IIe siècle. Mais "Ancien" est un titre de respect - il pourrait s'agir de l'apôtre Jean lui-même. Si "l'Ancien" est un autre Jean, il pourrait s'agir d'un scribe de l'apôtre.

 

Un autre argument repose sur le style et le contenu de l'Évangile. Certains affirment qu'il reflète une théologie développée qui a dû apparaître des décennies après la vie de Jean. Les critiques soutiennent qu'une telle profondeur indique un auteur ou un groupe d'auteurs plus tardif. Mais les Pères de l’Église comme S. Irénée identifient spécifiquement l’apôtre Jean comme l’auteur de l’Évangile. Une seule génération sépare Jean et Irénée. Des preuves internes dans l’Évangile indiquent également que Jean est l’auteur unique. L’auteur s’identifie comme 'le disciple que Jésus aimait'. Il est 'témoin oculaire' de moments clés : la Cène, la crucifixion et le tombeau vide. Ce 'Disciple bien-aimé' fait clairement partie du cercle intime de Jésus. Qui d'autre dans le cercle restreint correspond à cette description ? Pierre est mentionné par son nom, ce qui ne laisse que Jacques ou Jean. Jacques a été martyrisé très tôt (Actes 12,2) décapité vers 41 ap. J.-C. sur l'ordre d'Hérode Agrippa. Ce qui laisse Jean comme seul candidat possible.

Saint Jean, Apôtre et évangéliste († c. 103)

"Jean n'était qu'un pêcheur ! Il n'aurait pas pu écrire un évangile aussi élaboré !", dit-on. Cela suppose que le Saint-Esprit serait inefficace. Mais Dieu cache les choses aux sages et les révèle aux petits. En résumé:

• Des témoignages extérieurs pointent vers Jean

• L’unité interne pointe vers un seul auteur

• Seul Jean pouvait être le 'Disciple bien-aimé'. (4)

Saint Jean, Apôtre et évangéliste († c. 103)

Selon des traditions postérieures, Jean aurait résidé à Éphèse, pris soin de la Vierge Marie, subi les persécutions de l'empereur Domitien (notamment une survie miraculeuse dans l'huile bouillante), et été exilé à Patmos.

 

Il serait mort de causes naturelles vers l'an 100 à Éphèse, à un âge avancé.

 

Sa fête est célébrée le 27 décembre. Jean est le saint patron de l'amour, de la loyauté, des amitiés, des auteurs et des théologiens, et son symbole est souvent un aigle, représentant la perspective théologique élevée de son Évangile.

***

Sources : (1) ; (2) ; (3) Simon Claude MIMOUNI, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, Bayard, Italie 2018, p. 21 ; (4) https://x.com/catholicpat/status/1872250661397536790

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26 décembre 2025 5 26 /12 /décembre /2025 01:00
Saint Étienne, diacre, premier martyr († vers 41)

On ignore si saint Étienne fut disciple de Jésus-Christ ou s'il fut converti par les prédications des Apôtres.

C'était une âme de feu, rayonnante d'audace, le premier et le modèle de cette immense série d'hommes admirables que le christianisme possédera au service de sa cause, et qui, ayant trouvé la vie en Jésus, jugeront naturel de la lui sacrifier.

Helléniste, peut-être même alexandrin d'origine (on l'a supposé d'après la connaissance qu'il semble posséder des doctrines du philosophe juif hellénisé Philon, alors surtout en vogue à Alexandrie, et d'après l'emploi qu'il fait, quatre fois dans son discours, du mot Sagesse, très en usage dans les milieux juifs d'Égypte . Cf. Le livre biblique de la Sagesse en vient), au fait des doctrines philosophiques autant que des traditions hébraïques, Étienne incarne à merveille l'esprit nouveau, tourné vers les conquêtes et décidé aux ruptures nécessaires.

Élevé à l'école du scribe éminent, le Rabbi Gamaliel (fils d'une lignée de docteurs de la Loi, petit-fils du célèbre rabbi Hillel), dans toute la science des Juifs, il avait une autorité spéciale pour convertir les prêtres et les personnes instruites de sa nation. Ses miracles (Ac 6,8) ajoutaient encore au prestige de son éloquence et de sa sainteté. De tels succès excitèrent bientôt la jalousie; on l'accusa de blasphémer contre Moïse et contre le temple en affirmant que Jésus détruirait le Lieu saint et changerait les coutumes que Moïse nous a transmises (Ac 6,11-14).

Quand Pierre enseignait les foules de Jérusalem, Étienne s'appliquait surtout à montrer que Jésus avait été le Messie, l'extrême aboutissement d'Israël. Étienne, lui, a surtout retenu les phrases où il est dit qu'on ne met pas du vin nouveau dans une vieille outre, et qu'on ne coud pas une pièce neuve à un vieux manteau. Aussi les Juifs judaïsants ne s'y trompent-ils pas : voilà un plus dangereux adversaire ! "Cet homme ne cesse de proférer des blasphèmes contre le Saint Lieu et contre la Loi." (1)

Il professait une relation à Dieu qui n'avait plus besoin ni du temple ni des sacrifices d'animaux. (2)

Les Hellénistes comme les Hébreux sont des chrétiens d'origine judéenne mais les premiers proviennent de Diaspora et s'expriment en grec alors que les seconds sont de Palestine et s'expriment en hébreu ou en araméen. Les Hellénistes résidant à Jérusalem sont sans doute rattachés aux nombreuses synagogues de langue grecque qui se trouvent dans la Ville sainte.

Le procès et la mort de Jacques le Majeur, frère de Jean l'Évangéliste, vers 41, sont proches de ceux d'Étienne : pour l'un comme pour l'autre, il est question d'un blasphème formel suivi d'un procès au Sanhédrin et d'une lapidation légale. Étienne développe une doctrine fondée sur une lecture messianique des évènements rapportés dans la Bible : Moïse annonce non seulement jésus (Ac 7,37), mais il en est la préfiguration (Ac 7,22). Il rappelle comment Israël a traité les prophètes en attendant de mettre à mort le "Juste" annoncé par eux (Ac 7,51-52) : il s'agit là d'une véritable confession messianique. (3)

 

 

Étienne fut traîné devant le Sanhédrin. En ces jours-là, les autorités juives se sentirent plus libres qu'à l'ordinaire, car Ponce Pilate vient d'être rappelé à Rome pour rendre compte de quelques récentes et trop flagrantes violences et se défend - mal - devant Caligula. Les discours qu'Étienne prononce est beau de rigueur et de force dans le raisonnement, reliant le message du Christ à tout ce qui, dans les Ecritures, l'annonce, et le montrant comme une conclusion indispensable; mais plus encore, il est superbe par son intrépidité. Les accusations claquent contre la nation prédestinée, mais infidèle. Et il termine son long développement apologétique par ces phrases terribles :

 

"Hommes au cou raide, incirconcis de coeur et d'oreilles, vous résistez toujours au Saint-Esprit. Tels furent vos pères, tels vous êtes. Quel est celui des prophètes que vos ancêtres n'ont point persécuté ? Ceux qui annonçaient la venue du Messie, ils les ont tués, comme vous-mêmes avez trahi et tué maintenant le Messie lui-même. Et la loi qui vous a été donnée par les Anges, vous ne l'avez pas observée ! " (Ac 7,51-53)

Saint Étienne, diacre, premier martyr († vers 41)

Étienne répondit victorieusement aux attaques dirigées contre lui, et prouva que le blasphème était du côté de ses adversaires et de ses accusateurs. À ce moment le visage du saint diacre parut éclatant de lumière comme celui d'un ange. Mais il avait affaire à des obstinés, à des aveugles. Pour toute réponse à ses paroles et au prodige céleste qui en confirmait la vérité, ils grinçaient des dents contre lui et se disposaient à la plus noire vengeance. Afin de rendre leur conduite plus coupable, Dieu fit un nouveau miracle; le ciel s'entrouvrit et le saint, levant les yeux en haut, s'écria avec ravissement: "Je vois les cieux ouverts et le Fils de l'homme debout à la droite de Dieu." (Ac 7,56) À ces mots, ses ennemis ne se contiennent plus; ils poussent des cris de mort, entraînent le martyr hors de la ville et le lapident comme un blasphémateur. Étienne, calme et souriant, invoquant Dieu, disait: "Seigneur, recevez mon esprit!... Seigneur, ne leur imputez point ce péché." Saul, le futur saint Paul, était parmi les bourreaux. "Si Étienne n'avait pas prié, dit S. Augustin, nous n'aurions pas eu saint Paul."

Par amour de Dieu, il n’a pas cédé à la brutalité des bourreaux, par amour du prochain, il a intercédé pour ceux qui le lapidaient. Par charité, afin de les corriger, il reprend ceux qui errent; par charité, afin d’écarter d’eux le châtiment, il prie pour ceux qui le lapident.

 

"Voici avait dit Jésus, j’envoie vers vous des prophètes, des sages et des scribes ; vous tuerez et crucifierez les uns, vous en flagellerez d’autres dans vos synagogues, vous les poursuivrez de ville en ville ; ainsi, sur vous retombera tout le sang des justes qui a été versé sur la terre, depuis le sang d’Abel le juste jusqu’au sang de Zacharie, fils de Barachie, que vous avez assassiné entre le sanctuaire et l’autel. Amen, je vous le dis : tout cela viendra sur cette génération. Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous n’avez pas voulu ! Voici que votre temple vous est laissé : il est désert. En effet, je vous le déclare : vous ne me verrez plus désormais jusqu’à ce que vous disiez : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !" (Matthieu 23, 34-39)

 

Lorsque trente ans plus tard, Jérusalem sera devenue "la maison déserte" prédite par le Messie (destruction du temple de Jérusalem en 70 par les armées de Titus), la mort du premier martyr se trouvera payée par une immensité de douleur, mais elle aura puissamment contribué à répandre la Bonne nouvelle, en donnant au christianisme le premier témoignage signés de sang.

Premier martyr de la chrétienté, Étienne apparaît comme étant à l’origine du culte des saints. Dans les quatre premiers siècles du christianisme, tous les saints vénérés par l’Église étaient martyrs.

La persécution déclenchée par le martyre de saint Étienne ne cessa jamais complètement.

 

À la suite de l'exécution d'Étienne, la répression s'abattit sur les autres membres du groupe des Hellénistes, contraignant la plupart d'entre eux à s'enfuir loin de Jérusalem pour échapper à la persécution : la première visant les chrétiens et venant des autorités religieuses judéennes, comme pour Jésus. (Les Hellénistes) sont passés en Phénicie, à Chypre et à Antioche, ancienne capitale du royaume grec séleucide de Syrie, lieu de rencontre de l'Orient et de l'Occident, où ils ont diffusé le message chrétiens aux judéens et aux Grecs (Ac 11, 19-21(4), et où les disciples du Christ reçoivent pour la première fois le nom de chrétiens. C'est d'Antioche qu'au plan doctrinal les approches d'Ignace d'Antioche, conservées dans ses sept lettres, influenceront de manière décisive le christianisme du IIe siècle, celui qui se définira comme "orthodoxe". (5)

 

Avec des périodes de calme et des recrudescences, la persécution avait toujours remué les chrétiens. En l'année 41, elle éclatera plus forte et plus systématique par la volonté d'Hérode Agrippa Ier, petit-fils d'Hérode, alors devenu roi d'Israël, par la volonté de son compagnon de débauche et d'orgies à la cour de Tibère, Caligula. Dès son arrivée à Jérusalem en 37, Flavius Josèphe raconte que lors de son entrée dans la ville, "il avait immolé des victimes en actions de grâces." Pour la première fois, la persécution allait prendre un caractère systématique, ce qu'elle n'avait pas eu précédemment. Il fit mourir par l'épée en 44 Jacques, frère de St Jean l'Évangéliste. (6) Dans le même temps, S. Pierre lui-même, qui avait baptisé un centurion romain, Corneille, fut arrêté.

 

Le nom Étienne provient du grec Στέφανος (Stephanos), "couronné" ou encore, selon Jacques de Voragine dans La Légende dorée, du mot hébreu pour "norme".

Ce nom est repris de manière plus fidèle en anglais (Stephen) ou en néerlandais (Stefaan).

 

Cathédrale Saint-Étienne de Sens : statue de Saint Étienne sur le trumeau du portail central de la façade occidentale (fin du XIIe siècle)

 

Basilique S.-Laurent-hors-les-Murs (Rome), où se trouve le corps de S. Étienne

 

En 2014, des archéologues ont découvert le lieu de sépulture du saint diacre Etienne, selon le site d'information Linga.

Dans Kharaba au village de Taiar, qui se trouve à 2 km à l'ouest de Ramallah, les recherches menées par les archéologues palestiniens et israéliens ont livré des résultats inattendus. Dans le cadre d'un projet de l'université de Jérusalem pour la découverte et la restauration d'antiquités, un groupe d'archéologues dirigés par le professeur Salah al Hudeliyya a découvert les ruines d'un complexe ecclésial qui comporte une église de l'ère byzantine-omeyades ainsi qu'un monastère byzantin.

Selon une déclaration du prof. Al Hudeliyya, cette découverte est d'une grande valeur pour les Chrétiens du monde entier. "A l'intérieur d'une de ces églises, nous avons découvert une inscription qui indique que cette église a été construite en l'honneur du saint apôtre et diacre Étienne le proto-martyr, qui a été enterré en ce lieu en l'an 35," a déclaré l'historien. (7)

 

Saint Étienne, diacre, premier martyr († vers 41)

On peut offrir cette journée pour tous ceux qui, d'Irak à la Chine, sont persécutés, et à tous ces chrétiens qui ont passé Noël sans prêtre, souffrent de façon diverse, pour témoigner de l’Évangile du Christ.

Saint Étienne, diacre, premier martyr († vers 41)

Sources : (1) DANIEL-ROPS, Histoire de l'Église du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965, p. 38 ; (2) François BRUNE, Saint Paul Le Témoignage mystique, Oxus, Paris 2003, p. 23 ; (3) Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, Nouvelle Clio, l'Histoire et ses problèmes, PUF, Clamecy 2018, p. 187-191 ; (4) Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, ibid.,, p. 191-192 ; (5) Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, ibid.,, p. 218 ; (6) DANIEL-ROPS, Histoire de l'Église du Christ, ibid.,, p. 42-43 ; (7); (8); (9) ; (10).

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24 décembre 2025 3 24 /12 /décembre /2025 15:00

Pourquoi les catholiques fêtent-ils Noël le 25 décembre ?

 

Les catholiques célèbrent Noël le 25 décembre principalement pour commémorer la naissance de Jésus-Christ, bien que la date exacte de sa naissance ne soit pas définitivement connue. Le choix du 25 décembre a des racines historiques, théologiques et culturelles.

 

Origines historiques

 

La fête de Noël n'est pas païenne, mais chaque année, des gens prétendent que c'est le cas :

 

La première célébration enregistrée de Noël le 25 décembre remonte à 336 après J.-C. sous le règne de l'empereur Constantin (272-337), le premier empereur romain chrétien. Auparavant, il n'y avait pas de date universellement acceptée pour célébrer la naissance de Jésus, et diverses dates ont été proposées par les premiers chrétiens.

 

Certains prétendent que le 25 décembre est "une invention". L'une des premières mentions du 25 décembre comme date d'anniversaire de Jésus vient d'un un historien chrétien, Sextus Julius Africanus (v. 160 - v. 240), qui a suggéré que Jésus avait été conçu le 25 mars. L'ange Gabriel annonça en Lc 1,13 à Zacharie lors de la fête de Yom Kippour (au mois de septembre ou octobre), qu'Elisabeth mettra au monde pour lui un fils, et six mois après l'ange annonce à Marie en Lc 1,26-32 qu'elle concevra "Jésus", "le Fils du Très-Haut". Or, six mois après septembre-octobre, on tombe en mars, et en comptant neuf mois à partir du 25 mars, on arrive au 25 décembre, qui est devenu la date de Noël.

https://x.com/catholicpat/status/1868278548617740689/photo/1

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Certains "spécialistes" suggèrent que l'Église a peut-être choisi le 25 décembre pour coïncider avec des fêtes païennes existantes, telles que la fête romaine des Saturnales et la célébration du solstice d'hiver. Ce choix aurait pu faciliter l'acceptation du christianisme par les populations païennes en offrant une alternative chrétienne aux célébrations païennes populaires. Mais les Saturnales Instituée vers 220 av. J.-C. en l'honneur du dieu romain Saturne était initialement célébrée le 17 décembre, puis fut étendue à une semaine entière, se terminant le 23 décembre. Le lien supposé avec Noël repose sur la proximité des deux fêtes. Le 23 décembre et Noël le 25 décembre ne se chevauchent pas et il n'y a aucune preuve que l'Église primitive ait choisi cette date pour concurrencer les Saturnales.

De même, le solstice a lieu aux alentours du 21 décembre, et non du 25 décembre. Les chrétiens ont choisi le 25 décembre parce qu'il se situe 9 mois après le 25 mars, date de l'Annonciation.

 

On nous dit que "Noël est en fait la fête de Sol Invictus (le soleil invaincu)", mais le Sol Invictus n'a été déclaré qu'en 274 après J.-C par l'empereur Aurélien, alors qu'Hippolyte de Rome (mort en 235) avait déjà lié la naissance de Jésus au 25 décembre en 204 après J.-C., dans son Commentaire sur le livre de Daniel (vers 204) :

"La première venue de notre Seigneur dans la chair, lorsqu'il naquit à Bethléem, eut lieu le mercredi 25 décembre, alors qu'Auguste était dans sa quarante-deuxième année, ... Il souffrit la trente-troisième année, le vendredi 25 mars, la dix-huitième année du règne de Tibère César, tandis que Rufus et Roubellion étaient consuls."

Louis Duchesne, liturgiste du XIXe siècle propose que la date de la naissance du Christ ait été fixée à partir du jour où l’on croyait qu’il était mort. (Christian Worship, Its Origin and Evolution: A study of the Latin liturgy up to the time of Charlemagne, 261).

Non seulement cette fête de Sol n'était pas annuelle, mais il n'est pas non plus historiquement possible de la documenter comme ayant été établie le 25 décembre par Aurélien (voir Steven Hijmans, Sol Invictus, The Winter Solstice, and the Origins of Christmas , Mouseion, Series III, vol. 3, 377-398). La fête de Sol Invictus a peut-être été une tentative de Rome de contrer le développement du Noël chrétien.

 

On nous dit que "Mithra est né le 25 décembre" : il n'existe aucune preuve historique reliant Mithra à cette date. De plus, la célébration de Noël est antérieure au culte de Mithra. D'après les inscriptions sur des bougies votives et d'autres œuvres d'art antiques, il existe un lien entre Mithra et Sol Invictus. Dans certains cas, il semble que les mithraïstes considéraient Mithra et Sol comme deux manifestations différentes d'un même dieu. Dans d'autres, ils apparaissent comme deux dieux unis en un seul. Ces liens sont difficiles à comprendre, compte tenu de notre connaissance limitée du système de croyances mithraïque. Un manuscrit connu sous le nom de Chronographie de 354 indique que la naissance de Sol Invictus était célébrée le 25 décembre. Étant donné que les mithraïstes assimilaient leur dieu à Sol d'une manière ou d'une autre, il est compréhensible qu'ils aient pu s'approprier cette date. Le problème pour les sceptiques est qu'aucune preuve ne permet d'affirmer qu'Aurélien était mithraïste, ni même qu'il ait eu le mithraïsme à l'esprit lorsqu'il institua la fête de Sol Invictus. Le lien entre Mithra et le 25 décembre n'est qu'une coïncidence. Le coup de grâce porté aux parallèles entre Mithra et Sol Invictus réside dans le fait que la Chronographie de 354 est la plus ancienne mention d'une divinité païenne célébrée le 25 décembre. La célébration de la naissance du Christ par les chrétiens est également mentionnée dans le calendrier comme ayant eu lieu ce jour-là..., ce qui réduit la probabilité que la fête païenne soit antérieure. À tout le moins, cela réfute l'affirmation selon laquelle on pourrait prouver, à partir des sources historiques, qu'une quelconque fête païenne du 25 décembre est antérieure à la tradition chrétienne. Les preuves que ce jour revêtait une signification particulière pour les chrétiens sont antérieures à celles d'une prétendue célébration de Sol Invictus ou de toutes autres divinités païennes ce jour-là.

 

Le choix par les chrétiens d'une date si proche du solstice d'hiver n'était pas motivé par une volonté d'imiter les fêtes païennes. Les différentes religions païennes célébraient toutes des fêtes tout au long de l'année. Quel que soit le mois choisi par les premiers chrétiens, Noël aurait de toute façon coïncidé avec une fête païenne, et les théoriciens opposés auraient continué à avancer les mêmes arguments.

 

Le solstice était important pour tous, notamment pour des raisons agricoles, au même titre que l'eau est essentielle à la survie de l'humanité. C'est pourquoi on retrouve des rituels liés à l'eau dans diverses religions. Cela ne prouve en rien qu'une religion ait emprunté l'idée ou le thème à une autre...

 

On nous dit qu'"Horus est né d'une vierge, tout comme Jésus". Mais Horus est né d'Isis en utilisant le corps démembré d'Osiris, ce qui n'est pas exactement une "naissance virginale" ! La naissance de la Vierge est ancrée dans une prophétie juive antérieure à la plupart des mythes païens, en particulier dans Isaïe 7,14. Les allégations de "parallèles" avec des mythes païens relèvent de la spéculation moderne, et non de faits anciens.

 

On dit que "la tradition du sapin de Noël a vu le jour dans l'Allemagne du XVIe siècle, bien après la mort du paganisme en Europe" et que "les cadeaux proviennent des traditions babyloniennes." Mais les ornements et les bougies symbolisent le jardin d'Eden où il y avait des arbres, le Christ en tant que lumière du monde, et les chrétiens offrent des cadeaux à Noël à cause des trois rois mages.

 

On dit que "le Père Noël n'est autre que le dieu nordique Odin." Ce lien est supposé être dû au fait qu'Odin montait un cheval volant... mais c'est le seul lien : Odin était un dieu dont le culte n'est attesté et n'a émergé qu'au IVe-Ve siècle, et Saint Nicolas a vécu au 4ème siècle. 

 

Au cours de la christianisation, le pape Grégoire Ier (540-604) fit valoir que les conversions étaient plus faciles si les gens étaient autorisés à conserver les formes extérieures de leurs traditions tout en affirmant que les traditions étaient en l'honneur du Dieu chrétien.

 

On dit que "les bûches de Noël, le gaulage, le houx, le gui, etc. sont la preuve que Noël est païen." Ce sont des exemples d'adaptation culturelle, pas de paganisme. Aucune de ces traditions n'est intrinsèquement païenne. Elles ne sont pas non plus strictement nécessaires pour célébrer Noël.

 

Ces comparaisons entre Noël et des fêtes païennes ont influencé les Puritainsqui rejetèrent la célébration de Noël, la qualifiant de "fausse fête". En 1644, le Parlement anglais, sous influence puritaine, décréta Noël jour de jeûne. Le peuple anglais ne devait ni se réjouir ni célébrer, mais consacrer ce jour à la méditation sur ses propres péchés et ceux de ses ancêtres. Des troupes furent chargées de faire respecter cette mesure parlementaire ; elles patrouillaient dans les rues de Londres et faisaient du porte-à-porte. En Écosse, les descendants calvinistes de John Knox étaient allés plus loin que les puritains anglais en abolissant Noël comme jour férié. Ce travail austère des puritains et des calvinistes allait planer sur Noël pendant un certain temps dans les pays anglophones. 

Les Puritains se sentirent contraints de quitter la Hollande et s'installèrent en Amérique, fondant la colonie de la baie du Massachusetts. Leurs traditions de Noël, empreintes de tristesse et de morosité, les suivirent. Ils espéraient que leurs enfants, parfois qualifiés par leurs prédicateurs de « démons du diable », pourraient être éduqués loin des distractions du Vieux Continent.

Aux États-Unis, l'influence puritaine a empêché la reconnaissance de Noël comme jour férié fédéral jusqu'en 1870. Ce n'est qu'au XIXe siècle que la morosité qui planait sur Noël s'est dissipée. On attribue en grande partie ce changement à Charles Dickens. Son  "Chant de Noël"  et  ses "Aventures de M. Pickwick" ont contribué à adoucir la rigueur des fêtes de fin d'année chez les Puritains. Dickens disait : "Il est bon parfois d'être enfant, et jamais autant qu'à Noël, lorsque le grand fondateur du christianisme était lui-même un enfant." Le mariage de la reine Victoria avec le prince Albert, un Allemand, a permis l'introduction en Grande-Bretagne, par le biais de la famille royale, de nombreuses traditions de Noël d'Europe continentale. Celles-ci se sont rapidement répandues dans les autres classes sociales, puis à l'étranger.

Ce manque de joie, ce malaise face au plaisir d'autrui se retrouve encore aujourd'hui dans certaines sectes protestantes. Leurs membres invoquent des excuses pour ne pas avoir à admettre leur aversion pour les divertissements simples. Ils qualifient Noël de fête "païenne", y voyant la preuve de la contamination, de la décadence et de l'apostasie de l'Église catholique.

 

On nous dit encore en 2025 qu'un dieu Nabatéen, Dousarès, serait né d'une Vierge : le "Noël" nabatéen (Cf. www.science-et-vie.com/science-et-culture/les-nabateens-ont-ils-fete-noel-plusieurs-siecles-avant-les-chretiens-222056.html ) qu'Épiphane de Salamine, théologien chrétien du IVᵉ siècle, nous apprend dans l’ouvrage intitulé Panarion où il recense ce qu’il considère comme des hérésies, qu’une fête nocturne se déroulait chaque année à Pétra, capitale du royaume des Nabatéens (peuple antique qui entre le IVe siècle avant Jésus-Christ et 106 après, domina un vaste territoire depuis le sud de la Syrie jusqu’à l’oasis d’al-Ula, aujourd’hui en Arabie saoudite, en passant par le Néguev et le Sinaï), pour y célébrer la naissance du principal dieu des Nabatéens, Doushara (Dousarès, en grec, "celui du Shara", appellation d’une montagne près de Pétra, qui signifie le dieu qui se trouve au sommet de la montagne. Un lieu élevé qui rappelle le mont Sinaï où se manifeste le dieu de Moïse, dans l’Exode). De même, le Dieu de la Bible n’a pas de véritable nom : il est le Seigneur, l’Éternel. Un des rites les plus courants de la religion nabatéenne était l’adoration de pierres dressées, qu’on appelle "bétyles" (du terme araméen "bet-el" signifiant "maison de dieu", parce qu’on pensait qu’une divinité ou des parcelles de divinité pouvaient se trouver à l’intérieur). Une comparaison est faite avec le bétyle biblique qui est "la pierre de Jacob", fils d’Isaac et petit-fils d’Abraham, dans la Genèse (Genèse 28, 17-22). Pendant son sommeil, Jacob posa sa tête sur cette pierre et s’endormit. Il vit en songe "une échelle dont le sommet touchait le ciel". À son réveil, il comprit que la pierre sur laquelle il avait dormis était sacrée, la redressa comme une stèle et versa de l’huile en son sommet. Puis il nomma le lieu Béthel. Le principal bétyle nabatéen se dressait à Pétra, dans un grand temple, nommé aujourd’hui Qasr al-Bint ("Château de la fille") en arabe. L’encyclopédie byzantine nommée Souda nous en donne une description assez précise, bien qu’elle ait été composée plusieurs siècles après la destruction du temple. L’ouvrage s’appuie sur des écrits antérieurs, aujourd’hui perdus. L'idole peut-on lire, était une pierre quadrangulaire de couleur noire sans image divine. Sa hauteur était de quatre pieds (environ 1 mètre 20) et sa largeur de deux pieds (60 centimètres). Elle se dressait sur un socle doré. La couleur noire laisse penser qu’elle était peut-être taillée dans une météorite. La Souda précise que les fidèles lui offraient des sacrifices et versaient sur elle le sang des victimes, en guise de libation. Le culte Nabatéen diffère du culte hébreu qui interdit l'adoration d'idoles ou de pierres taillées, l'adoration étant réservée à Dieu seul. Au cours de la grande fête annuelle célébrant la naissance de Doushara, évoquée par Épiphane de Salamine, les fidèles chantaient en arabe, nous dit l’auteur, un hymne à la mère de Doushara dite Chaamou, c’est-à-dire "Jeune fille" ou "Vierge". Doushara, fils de la Vierge, était quant à lui surnommé "l’Unique enfant du Seigneur" (Épiphane de Salamine, Panarion II, 51, 22,11). On nous dit que "cette ressemblance entre Doushara et Jésus, lui aussi né d’une conception virginale, explique pourquoi Épiphane a cru bon d’évoquer ce  ́'Noël’ nabatéen. Rappelons que le mot Noël nous vient du latin Natalis dies qui signifie Jour de la naissance. "Épiphane de Salamine entendait ainsi condamner la religion des Nabatéens qui pouvait apparaitre comme concurrente du christianisme." (Sic) "Le danger pour le théologien, nous dit-on, était aussi que les détracteurs de la religion du Christ accusent les auteurs chrétiens de plagiat, le culte de Doushara étant antérieur de plusieurs siècles à celui de Jésus. Les chrétiens ne possédaient pas le monopole du thème de la conception virginale. Épiphane, retournant ces accusations, s’emploie à délégitimer la religion nabatéenne considérée comme une hérésie et une parodie païenne de la seule vraie religion à ses yeux." "Épiphane de Salamine y mentionne trois lieux où la fête de Noël de Doushara était célébrée : le grand temple de Pétra, nous l’avons dit, mais aussi le sanctuaire de la ville nabatéenne d’Elousa dans le Néguev, et enfin le temple de Koré, fille de Déméter, à Alexandrie. Koré, dont le nom signifie  ́Jeune fille', était considérée comme l’équivalent grec de la Chaamou. Elle était adorée à Alexandrie, nous dit Épiphane, en tant que Vierge mère d’un jeune dieu incarnant l’Éternité que les Grecs nommaient Aiôn. À n’en pas douter, les Nabatéens, installés à Alexandrie, y avaient fondé, comme dans les autres villes où ils étaient présents, un sanctuaire en l’honneur de leur grand dieu. Une association religieuse y rendait un culte à la Chaamou, associée aux mystères de la Koré grecque." Toute cette présentation omet de dire que la prophétie faite au VIII-VIIe siècle avant J.-C. par Isaïe 7,14 annonce une Vierge concevant le Sauveur quatre siècles avant l’époque des Nabatéens et du culte du "Noël" nabatéen..., que tous les prophètes annonce le Messie, Dieu se faisant homme, Dieu incarné (Is 9,5), que tous les nations et peuples du monde entier attendaient ce Messie Sauveur, Fils de Dieu né d'une Vierge (par exemples: les rois Mages, les Gaulois via la Vierge qui devait enfanter, Virgini pariturae à Bourges). Saint Justin Martyr, également connu comme saint Justin de Naplouse, "le Philosophe", auteur des célèbres Apologies et du Dialogue avec Tryphon, mort par décapitation après flagellation entre 163 et 168, commémoré le 1er juin dans les Églises catholique et orthodoxe, confirme cette attente messianique antique universelle, en répondant au préfet de Rome Q. Junius Rusticus : "Le Fils de Dieu Jésus-Christ, dont les prophètes ont proclamé la venue au bénéfice du genre humain, comme héraut du salut et maître des beaux enseignements [...] depuis les temps ancien, les prophètes ont annoncé sa venue parmi les hommes." (Martyre des saints Justin, Chariton, Charitô, Evelpistos, Hiérax, Péon, Libérien et de leur communauté in Premiers écrits chrétiens, Bibliothèque de la Pléiade, éd. Publiée sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, Nrf Gallimard, Lonrai 2017, p. 263-264).

Le christianisme enseigne que depuis la Création du monde, par jalousie, le diable copie Dieu, et qu'il cherche à renverser son culte pour se faire adorer à la place de Dieu. Le diable aurait voulu se faire lui-même adorer comme un dieu né d’une Vierge avant l’apparition du Christianisme. Ce serait alors le "Noël nabatéen" qui aurait plagié le judaïsme antique et non l'inverse... Mgr Gaume dans son ouvrage Traité du Saint-Esprit évoque les nombreux emprunts et plagiats du vrai culte par le diable durant l’Antiquité, dont la profanation de l’Eucharistie dans les sacrifices humains antiquesVers 150 ap. J.-C., nous avons ces témoignages de Saint Justin, qui le confirme :

>Apologie pour les chrétiens LIV : DETOURNEMENTS DE LA PROPHETIE, INSPIRES PAR LES DEMONS, DANS LA FABLE MYTHOLOGIQUE

PROPHETIES IMITEES PAR LES DEMONS

[1] Ceux (Cf. Is 5,20) qui transmettent les fables inventées par les poètes n'apportent [...] aux jeunes gens qui apprennent d'eux aucune démonstration à l'appui de leurs récits, et [...] c'est pour troubler et égarer le genre humain, à l'instigation des démons malfaisants, que ces fables furent composées.

[2] Ayant appris en effet, par l'intermédiaire des prophètes, que le Christ annoncé devait venir et que seraient châtiés par le feu ceux des hommes qui se seraient montrés impies, ils produisirent des récits attribuant à Zeus une quantité de fils, dans l'idée qu'ils pourraient ainsi amener les hommes à considérer comme un conte prodigieux, analogue aux récits des poètes, ce qui se rapporte au Christ. 

[3] Ces récits furent colportés chez les Grecs, comme dans toutes les nations, et particulièrement là où les démons avaient appris des proclamations des prophètes que l'on croirait au Christ.

[...] [5] Le prophète Moïse était plus ancien que l'ensemble des auteurs et c'est par son intermédiaire, [...] que fut faite cette prophétie : 'Il ne manquera pas de prince issu de Juda ni de chef issu de ses cuisses jusqu'à ce que vienne Celui à qui cela est réservé. Et lui, il sera l'attente des nations, attachant son ânon à la vigne, lavant sa robe dans le sang de la grappe.' (Gn 49,10-11).

[6] Ayant eu vent de ces prophéties, les démons prétendirent que Dionysos était né fils de Zeus, et ils rapportèrent qu'il était l'inventeur de la vigne; ils inscrivent aussi le vin dans ses mystères et ils enseignent qu'il est monté au Ciel après avoir été mis en pièces. [7] Et comme il n'était pas littéralement signifié dans la prophétie de Moïse, si celui qui allait venir était bien le Fils de Dieu, et si, monté sur un 'poulain', il devait rester sur terre ou monter au ciel, [...] et si celui-ci était le Fils de Dieu, ainsi que nous l'avons dit, ou d'un homme, ils racontèrent que Bellérophon lui aussi, sur le cheval Pégase, homme né d'un homme, étant monté au ciel. [8] Quand ils eurent entendu dire, par l'intermédiaire d'Isaïe, l'autre prophète, qu'il naîtrait d'une Vierge (Is 7,14), et que par sa propre puissance il monterait au ciel (Mi 2,13; Ps 67,19; Ps 109,1) ils produisirent la légende de Persée (qui naquit de Danaé, qui était une vierge séduite par Zeus sous la forme d'une pluie d'or. Ndlr.) [9] Et lorsqu'ils surent qu'il était dit de lui, dans les prophéties rapportées plus haut, 'puissance comme un géant pour courir sa carrière' (Ps 19(18),5-7), ils mirent en avant un Héraclès puissant et ayant parcouru la terre entière. [10] Et quand ils eurent appris encore que, selon les prophéties, il devait guérir tout maladie et ressusciter les morts (Is 35,4-6), ils introduisirent Asclépios..." (Apologie pour les chrétiens 54,1-6 in Premiers écrits chrétiens, Bibliothèque de la Pléiade, éd. Publiée sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, Nrf Gallimard, Lonrai 2017, p. 370-371.)

>Apologie pour les chrétiens LXVI : "[2] Ce n'est en effet ni comme un pain ordinaire ni comme une boisson ordinaire que nous prenons cette nourriture; mais de même que, fait chair par le Verbe de Dieu, Jésus Christ, notre sauveur, prit chair et sang pour notre salut, de même la nourriture faite 'eucharistie' par la parole de prière que nous tenons de lui, et dont notre sang et nos chairs sont nourris par transformation, est-elle – c'est l'enseignement que nous avons reçu – la chair et le sang de ce Jésus fait chair. [...] [4] Cela, les démons malfaisants l'ont aussi imité, dans la tradition des mystères de Mithra: on présente en effet dans les cérémonies d'initiation [de Mithra. Ndlr.] du pain et une coupe d'eau qu'on accompagne de certaines formules; si vous ne le savez déjà, vous pouvez vous en informer." (1 Apologie 66, 1-4 in Premiers écrits chrétiens, Bibliothèque de la Pléiade, éd. Publiée sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, Nrf Gallimard, Lonrai 2017, p. 382.)

>Dans son Dialogue avec le juif Tryphon LXX 1,4, Justin mentionne l'imitation sur le grotte, lieu de naissance du Christ: "Et lorsque ceux qui transmettent les mystères de Mithra soutiennent qu'il est né d'une pierre et qu'ils qualifient de 'grotte' l'endroit où ils initient selon la tradition ses fidèles, eh bien, ne sais-je pas s'ils imitent cette parole de Daniel : ' Une pierre s'est détachée de la grande montagne sans l'aide des mains.' (Dn 2,34), et pareillement ces mots d'Isaïe, dont ils se sont efforcés de reproduire toute la teneur ? Car ils ont employé tout leur art à leur faire tenir à eux aussi des propos de justice. Mais il est nécessaire que je vous rapporte les paroles d'Isaïe, pour qu'elles vous fassent connaître qu'il en est bien ainsi. Les voici : 'Écoutez ce que j'ai fait, vous qui êtes au loin; ils connaîtront ma force, ceux qui s'approchent. Les iniques qui étaient en Sion se sont retirés; un tremblement saisira les impies. Qui vous proclamera le lieu éternel? Quelqu'un qui marche dans la justice, qui parle selon la voie droite, qui hait l'iniquité et l'injustice, qui préserve ses mains des présents, qui se bouche les oreilles pour ne pas entendre le jugement injuste du sang, qui ferme les yeux pour ne pas voir l'injustice; celui-là habitera dans la grotte élevée d'une roche dure. Le pain lui sera donné et l'eau lui sera assurée. Vous verrez un roi dans la gloire, et vos yeux verront de loin.' (Isaïe 33,13-17). [...] lorsque Trypon, ajoutai-je, j'entends dire que Persée, a été engendré d'une vierge, je comprends qu'il s'agit là aussi d'une contrefaçon du serpent trompeur.

[...] LXXVIII 6. J'ajoutai: je vous ai déjà rapporté qu'Isaïe avait annoncé par avance le symbole de la grotte (Is 33,16), et, pour ceux qui vous ont rejoint aujourd'hui, je rappellerai de nouveau le passage. Et je répétai le passage d'Isaïe que j'ai transcrit plus haut, précisant que c'est à cause de ces paroles que ceux qui transmettent les mystères de Mithra, ont été amenés par le diable à dire que, chez eux, l'initiation se pratique dans un lieu qu'ils qualifient de grotte.  (Dialogue avec Tryphon, in Premiers écrits chrétiens, Bibliothèque de la Pléiade, éd. Publiée sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, Nrf Gallimard, Lonrai 2017, p. 489-490 et p. 498.)

 

Signification théologique

 

Dieu, infiniment parfait et béni en lui-même, dans un plan de pure bonté, a librement créé l'homme pour lui faire partager sa propre vie bénie. En tout temps et en tout lieu, Dieu se rapproche de l’homme. Il l’appelle à le chercher, à le connaître, à l’aimer de toutes ses forces. Il rassemble tous les hommes, dispersés et divisés par le péché, dans l'unité de sa famille, l'Église. Pour ce faire, lorsque les temps furent accomplis, Dieu envoya son Fils comme Rédempteur et Sauveur. En son Fils et par lui, il invite les hommes à devenir, dans le Saint-Esprit, ses enfants adoptifs et ainsi héritiers de sa vie bienheureuse. Afin que cet appel résonne dans le monde entier, le Christ envoya les apôtres qu'il avait choisis, leur confiant la mission de proclamer l'Évangile : ''Allez donc, faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde.'' Fortifiés par cette mission, les apôtres ''allèrent prêcher partout, tandis que le Seigneur agissait avec eux et confirmait le message par les signes qui l’accompagnaient.'' Ceux qui, avec l’aide de Dieu, ont accueilli l’appel du Christ et y ont répondu librement sont poussés par l’amour du Christ à proclamer la Bonne Nouvelle partout dans le monde. Ce trésor, reçu des apôtres, a été fidèlement préservé par leurs successeurs. Tous les fidèles du Christ sont appelés à la transmettre de génération en génération, en professant la foi, en la vivant dans le partage fraternel et en la célébrant dans la liturgie et la prière. (Cf. MetaThomist)

 

1. Célébration de l'Incarnation :

Pour les catholiques, Noël n'est pas seulement la célébration de la naissance de Jésus, c'est aussi un événement théologique profond qui marque l'Incarnation, c'est-à-dire le fait que Dieu s'est fait homme.

Cette croyance met l'accent sur l'importance de Jésus en tant que Sauveur et sur l'accomplissement des prophéties messianiques

 

2. Mettre l'accent sur le salut : La célébration de Noël rappelle la croyance chrétienne dans le salut par Jésus. Cette date est considérée comme un moment de réflexion sur le mystère de Dieu entrant dans le monde sous une forme humaine pour racheter l'humanité du péché. 

 

Jésus s'est incarné pour nous révéler une vérité absolue, universelle et éternelle : nous sommes enfants de Dieu et par Lui nous sommes rachetés.

 

3. Contexte liturgique : Noël fait partie du calendrier liturgique, qui comprend l'Avent, saison de préparation à la célébration de la naissance du Christ. Ce contexte enrichit le sens de Noël dans la foi catholique, en le reliant aux thèmes de l'espoir, de la joie et de la Rédemption.

 

En résumé, la célébration de Noël le 25 décembre par les catholiques s'enracine dans les traditions historiques établies par les premiers chrétiens, la signification théologique de l'Incarnation et l'intégration de pratiques culturelles.

 

Cette date est devenue un élément central du calendrier liturgique chrétien, symbolisant la joie de la naissance du Christ et la promesse du salut.

 

Cf. https://x.com/Vitus_oss/status/1864966305771618470

Dans l'incarnation de Dieu, il n'y a pas d'abaissement de la Divinité ; mais nous croyons que la nature de l’homme est exaltée.

Saint Anselme de Cantorbéry, Cur Deus Homo

Car il a été fait homme pour que nous puissions devenir Dieu ; et Il s'est manifesté par un corps afin que nous puissions recevoir l'idée du Père invisible ; et il a enduré l'insolence des hommes afin que nous puissions hériter de l'immortalité.

Saint Athanase (297-373), Sur l'Incarnation, 54

Aussi, en entrant dans le monde, le Christ dit : Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps.

Tu n’as pas agréé les holocaustes ni les sacrifices pour le péché ;

alors, j’ai dit : Me voici, je suis venu, mon Dieu, pour faire ta volonté, ainsi qu’il est écrit de moi dans le Livre.

Le Christ commence donc par dire : Tu n’as pas voulu ni agréé les sacrifices et les offrandes, les holocaustes et les sacrifices pour le péché, ceux que la Loi prescrit d’offrir.

Puis il déclare : Me voici, je suis venu pour faire ta volonté. Ainsi, il supprime le premier état de choses pour établir le second.

Et c’est grâce à cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’offrande que Jésus Christ a faite de son corps, une fois pour toutes.

Hébreux 10,5-10

La Bonne Nouvelle de Noël : Jésus est l'Agneau de Dieu qui remplace le sacrifice de l'Ancienne alliance, par le seul sacrifice de l'Eucharistie. (Ap 13,8)

 

Saint Irénée de Lyon, disciple de S. Polycarpe qui lui-même avait été le disciple de S. Jean l'évangéliste, explique ce changement dans Contre les hérésies (livre IV, I, 6.) : les prophètes de l'Ancien Testament avaient averti Jérusalem de l'inutilité des sacrifices si le coeur était loin de Dieu :

 

Psaume 39, 7-9 Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice, tu as ouvert mes oreilles ; tu ne demandais ni holocauste ni victime, alors j'ai dit : "Voici, je viens. Dans le livre, est écrit pour moi ce que tu veux que je fasse."

 

« Isaïe, dit [...] : 'Que m'importe la multitude de vos sacrifices ? dit le Seigneur. Je suis rassasié.' 

Puis, après avoir repoussé les holocaustes, sacrifices et oblations, ainsi que les néoménies, les sabbats, les fêtes et toute la suite des autres observances, il ajoute, en leur conseillant ce qui procure le salut : 'Lavez-vous, purifiez-vous, ôtez la malice de vos cœurs de devant mes yeux ; cessez vos méchancetés, apprenez à bien faire; recherchez la justice, sauvez celui qui souffre l'injustice, faites droit à l'orphelin et défendez la veuve: venez alors et disputons ensemble, dit le Seigneur.[Isaïe 1, 11-17]

 

« [...] Si c'était par colère qu'il (Dieu) repoussât leurs sacrifices, comme de gens indignes d'obtenir sa miséricorde, il ne leur conseillerait pas ce par quoi ils pourraient être sauvés; mais, parce que Dieu est miséricordieux, il ne les prive pas du bon conseil.

 

« C'est ainsi qu'après leur avoir dit par la bouche de Jérémie : 'Pourquoi m'apportez-vous l'encens de Saba et le cinnamome d'une terre lointaine ? Vos holocaustes et vos sacrifices ne m'ont pas été agréables' [Jérémie 6,20 et Isaïe, 1, 11], il ajoute : 'Ecoutez la parole du Seigneur, vous tous, Juda. Voici ce que dit le Seigneur Dieu d'Israël : Redressez vos voies et vos habitudes de vie, et je vous ferai habiter en ce lieu. Ne vous fiez pas à des paroles mensongères qui ne vous seront d'aucun profit, en disant : C'est le temple du Seigneur, c'est le temple du Seigneur...' [Jr 7,4] 'Mais voici le commandement que je leur ai donné : Écoutez ma voix, et je serai votre Dieu, et vous serez mon peuple ; marchez dans toutes mes voies que je vous prescrirai, pour que vous vous en trouviez bien. Mais ils n'ont pas écouté ni prêté attention; ils ont marché selon les pensées de leur cœur pervers, ils ont rétrogradé au lieu d'avancer.' [Jr 7,23-24]

 

[...] Ainsi encore, chez le prophète Osée [6, 6], pour leur enseigner sa volonté, Dieu leur disait : 'Je veux la miséricorde plus que le sacrifice, et la connaissance de Dieu plus que les holocaustes.' 

 

[...] Malachie a parlé d'avance en ces termes : 'Je ne prends pas plaisir en vous, dit le Seigneur tout-puissant, et je n'agréerai pas de sacrifice de vos mains ; car du levant au couchant, mon nom est glorifié parmi les nations, et en tout lieu de l'encens est offert à mon nom, ainsi qu'un sacrifice pur : car mon nom est grand parmi les nations, dit le Seigneur tout-puissant.' (Ml 1,10-11) Il signifiait très clairement par là que le premier peuple cesserait d'offrir à Dieu, tandis qu'en tout lieu un sacrifice lui serait offert, pur celui-ci, et que Son nom serait glorifié parmi les nations.

 

Or, quel est le nom qui est glorifié parmi les nations, sinon celui de notre Seigneur, par l'entremise de qui est glorifié le Père et est glorifié l'homme?

 

[…] Ainsi donc, l'oblation de l'Église, que le Seigneur a enseigné à offrir dans le monde entier, est réputée sacrifice pur auprès de Dieu et lui est agréable. » (Irénée de LyonContre les hérésies, livre IV, I, 6.)

 

Vous voyez cette merveilleuse histoire à travers les anciens Pères : le remplacement des sacrifices païens et des sacrifices de l’Ancienne Alliance par le seul sacrifice de l’Eucharistie de la Nouvelle Alliance, offert sur les autels catholiques à travers le monde.

 

 

Prophète de l'ancienne alliance, Isaïe annonce encore : 

C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel (c’est-à-dire : Dieu-avec-nous).

Isaïe 7,14

Joyeux et saint Noël à tous !

Chantez au Seigneur un chant nouveau, chantez au Seigneur, terre entière,

chantez au Seigneur et bénissez son nom ! De jour en jour, proclamez son salut,

racontez à tous les peuples sa gloire, à toutes les nations ses merveilles !

Psaume 95

Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi.

Tu as prodigué la joie, tu as fait grandir l’allégresse : ils se réjouissent devant toi, comme on se réjouit de la moisson.

... Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! Sur son épaule est le signe du pouvoir ; son nom est proclamé : « Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix ».

Et le pouvoir s’étendra, et la paix sera sans fin pour le trône de David et pour son règne qu’il établira, qu’il affermira sur le droit et la justice dès maintenant et pour toujours.

Isaïe 9, 1-6

Joyeux et saint Noël à tous !

En prenant chair, Dieu n’a pas diminué sa majesté… [ou] la raison de le vénérer, qui augmente par l’augmentation de sa connaissance. Mais au contraire, dans la mesure où il a voulu s'approcher de nous en prenant chair, il nous a grandement attirés à le connaître."

Saint Thomas d'Aquin

Voici que le Seigneur se fait entendre jusqu’aux extrémités de la terre : Dites à la fille de Sion : Voici ton Sauveur qui vient ; avec lui, le fruit de son travail, et devant lui, son ouvrage.

Eux seront appelés « Peuple-saint », « Rachetés-par-le-Seigneur », et toi, on t’appellera « La-Désirée », « La-Ville-qui-n’est-plus-délaissée ».

Isaïe 62, 11-12

Le mot Noël vient du latin natalis : la naissance. Cette fête commémore la naissance de Jésus à Bethléem.

L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.

Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus.

Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ;

il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. »

Luc 1-30-33

20 [...] [L]’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ;

21 elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »

22 Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète :

23 Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous »

24 Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse.

Évangile de Jésus-Christ selon S. Matthieu 1 : 18-24

Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth, vers la Judée, jusqu'à la ville de David appelée Bethléem. Il était en effet de la maison et de la lignée de David.

Il venait se faire recenser avec Marie, qui lui avait été accordée en mariage et qui était enceinte.

Evangile de Jésus-Christ selon S. Luc 2 : 4-5

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem.

Evangile de Jésus-Christ selon S. Matthieu 2 : 1

Joyeux et saint Noël à tous !

Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.

Jean 1,14

Joyeux et saint Noël à tous !

Le renouveau de la Création a été l’œuvre du même Verbe qui l’a créée au commencement. Car il ne semblera pas incongru que le Père ait opéré son salut en Celui par le moyen duquel Il l’a fait.

Saint Athanase, De l'Incarnation du Verbe" (§1)

Le Seigneur a fait connaître sa victoire et révélé sa justice aux nations ;

il s'est rappelé sa fidélité, son amour, en faveur de la maison d'Israël ; la terre tout entière a vu la victoire de notre Dieu.

Psaume 97,2-3

"NOËL. Fête de la naissance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui se célèbre le 25 décembre.

On ne peut pas douter que cette fête ne soit de la plus haute antiquité, surtout dans les Églises d'Occident. Quelques auteurs ont dit qu'elle avait été instituée par le pape Télesphore, mort l'an 138; qu'au IVe siècle le pape Jules Ier, à la prière de saint Cyrille de Jérusalem, fit faire des recherches exactes sur le jour de la Nativité du Sauveur, et que l'on trouva qu'elle était arrivée le 25 de décembre; mais ces deux faits ne sont pas assez prouvés.

"Le premier à avoir affirmé clairement que Jésus était né un 25 décembre est Hippolyte de Rome dans son commentaire du Livre du prophète Daniel, aux environs de 204", a expliqué Benoît XVI en décembre 2009, au cours d'une audience générale de la catéchèse du mercredi, célébrée dans la Salle Paul VI. "L'année liturgique de l'Église ne débute pas à la naissance du Christ mais de la foi en sa résurrection. C'est pourquoi, la plus ancienne fête du christianisme n'est pas la Nativité mais Pâques. La résurrection du Christ fonde la foi chrétienne, est à la base de l'annonce de l'Évangile et fait naître l'Église.Benoît XVI ajouta que "dans le christianisme, la fête de Noël a pris sa forme définitive au IV siècle en prenant la place de la fête romaine du Sol Invictus, le soleil invincible. C'est de cette façon qu'a été mis en évidence que la naissance du Christ est la victoire de la vraie lumière sur les ténèbres du mal et du péché.

"Toutefois, l'atmosphère spirituelle et intense qui entoure Noël s'est développée au Moyen-Age, grâce à saint François d'Assise profondément amoureux de l'homme-Jésus, du Dieu avec nous... Cette particulière dévotion au mystère de l'Incarnation - a-t-il poursuivi - a donné naissance à la fameuse célébration de Noël à Greccio... Avec saint François et sa crèche, c'est l'amour inerme de Dieu, son humilité, sa bénignité qui sont mis en évidence et qui, dans l'Incarnation du Verbe, se manifestent aux hommes pour leur enseigner une nouvelle façon de vivre et d'aimer".

Le Pape rappela que "
dans la première biographie sur le saint d'Assise, Thomas de Celano raconte qu'au cours de la nuit de Noël, la grâce d'une vision merveilleuse a été accordée à François : il voyait un petit enfant immobile dans la mangeoire qui fut tiré de son sommeil par sa seule proximité. Grâce à saint François, le peuple chrétien a pu percevoir que dans sa nativité, Dieu est réellement l'Emmanuel, Dieu avec nous, de qui aucune barrière ni aucun éloignement ne nous sépare.

 

Giotto, L'Adoration des mages, 1304

 

Dans ce petit enfant, Dieu se fait si proche de chacun de nous, que nous pouvons le tutoyer et avoir avec lui une relation confidentielle empreinte d'affection comme nous le faisons avec un nouveau-né. Dans cet enfant, c'est Dieu-amour qui se manifeste: Dieu vient sans armes, sans force, car il ne prétend pas conquérir, pour ainsi dire, de l'extérieur, mais entend plutôt être écouté de l'homme dans sa liberté. Dieu se fait enfant sans défense pour vaincre la superbe, la violence, et le désir de posséder de l'homme. En Jésus, Dieu a assumé cette condition pauvre et humble pour nous vaincre par l'amour et nous conduire à notre vraie identité." [1]

Dieu aime tellement l'humanité qu'Il se fait homme pour mieux la sauver. A Noël, Dieu a manifesté son amour et sa tendresse pour les hommes. (Tite 3,4)

"Vient ... la révélation aux païens à travers la venue des Mages : le Dieu d'Israël n'est pas que le Dieu des Juifs. Sous l'aspect encore fragile d'un enfant, il s'offre à toutes les nations. Son amour n'est plus privilégié : il est universel." (Nouvelle Traduction du Missel Romain, Missel des Dimanches 2023, p. 133)

Noël est l'annonce de ce messie inaugurant une nouvelle ère de justice et de droit. (Is 42,1

Au IVe siècle, "Saint Jean Chrysostome, dans une homélie sur la naissance de Jésus-Christ, dit que cette fête a été célébrée dès le commencement, depuis la Thrace jusqu'à Cadix, par conséquent dans tout l'Occident, et il n'y aucune preuve que dans cette partie du monde le jour en ait jamais été changé.

"Il n'y a eu de variation que dans les Églises orientales. Quelques-unes la célèbrent d'abord au mois de mai ou au mois d'avril, d'autres au mois de janvier, et la confondirent avec l'Épiphanie; insensiblement elles reconnurent que l'usage des Occidentaux était le meilleur, elles s'y conformèrent. En effet, selon la remarque de Saint Jean Chrysostome, puisque Jésus-Christ est né au commencement du dénombrement que fit faire l'empereur Auguste, on ne pouvait savoir ailleurs mieux qu'à Rome la date précise de sa naissance, puisque c'était là qu'étaient conservées les anciennes archives de l'empire.
Saint Grégoire de Naziance, mort l'an 398 (Serm. 58 et 59), distingue très-clairement la fête de la Nativité de Jésus-Christ, qu'il nomme Théophanie, d'avec l'
Épiphanie (manifestation de Dieu), jour auquel il fut adoré par les mages. (Voy. Epiphanie. Bingham, Orig. Ecclés., I, XX, chap. 4, § 4; Thomassin, Traité des fêtes, liv. II, chap. 6; Benoît XIV, de Festis Christi, c. 17, n. 45, etc.)

"L'usage de célébrer trois messes dans cette solennité, l'une à minuit, l'autre au point du jour, la troisième le matin, est ancien, et il avait autrefois lieu dans quelques autres fêtes principales. Saint Grégoire le Grand en parle, Hom. 8 in Evang., et Benoît XIV a prouvé par d'anciens monuments, qu'il remonte plus haut que le VIe siècle.

"Dans les bas siècles, la coutume s'introduisit en Occident de représenter le mystère du jour par des personnages; mais insensiblement se glissa des abus et des indécences dans ces représentations, et l'on reconnut bientôt qu'elles ne convenaient pas à la gravité de l'office divin; on les a retranchées dans toutes les églises.

"On ne peut guère douter que ce nom de Noël donné à la fête ne soit un abrégé d'Emmanuel" (terme hébreu qui signifie Dieu avec nous). Il se trouve dans la célèbre prophétie d'Isaïe, chap. VII v. 14. Une Vierge concevra et enfantera un Fils, et il sera nommé EMMANUEL, Dieu avec nous." (Encyclopédie théologique, Nicolas Bergier (1718-1790), ibid., tome II, art. Emmanuel.) [2]

 

Sermon sur Noël de S. Léon :

 

« Aujourd'hui, frères bien-aimés, Notre-Seigneur est né. Réjouissons-nous ! Nulle tristesse n'est de mise, le jour où l'on célèbre : naissance de la vie, abolition de la peur causée par la mort, éternité promise...

Le Verbe divin, Dieu lui-même, s'est fait homme pour délivrer l'homme de la mort éternelle. Pour ce faire, il s'est abaissé jusqu'à nous, mais sans rien perdre de sa majesté. Il est devenu ce qu'il n'était pas, tout en demeurant tout ce qu'il était. Il unit donc la forme de l'esclave à la forme dans laquelle il est égal à Dieu le Père. De la sorte, il a lié entre elles deux natures, de telle façon qu'il n'a pas détruit la nature inférieure par sa glorification et n'a pas amoindri la nature supérieure par l'addition de l'autre

 

Sermon XXI sur la Nativité.

Et Verbum caro factum est, Et le Verbe s'est fait chair (Jn 1,14)

Joyeux et saint Noël à tous !

Saint Grégoire de Nysse (IVème siècle) sur Noël :

 

"Tu cherches la raison pour laquelle Dieu est né parmi les hommes ?

Il fallait un médecin à notre nature déchue ;

il fallait quelqu'un qui relève l'homme tombé à terre ;

il fallait celui qui donne la vie ;

il fallait celui qui ramène au bien, car l'homme s'est détaché du bien." [3]

"Pourquoi le sapin est-il associé à la tradition de Noël ?

 

"Le sapin de Noël puise son origine dans la tradition celte. En effet, pour les Celtes le 24 décembre était le jour de la renaissance du soleil. Pour eux, chaque mois (lunaire) était associé à un arbre et décembre l’était à l’épicéa, un arbre qui reste vert même en hiver.

"Cette tradition païenne qui s’était perdue a ressurgi dans l’est de la France, notamment en Alsace, au 16e siècle et a été assimilée à la fête chrétienne. Mais c'est surtout la reine Marie Leszczynska, épouse de Louis XV, qui a lancé le rite du sapin à Noël en en installant un à Versailles en 1738.

 

"Quelle signification a la bûche à Noël ?

"Une autre tradition liée au solstice d’hiver est celle de la bûche de Noël. Là aussi, cela remonte à la nuit des temps. Pour faire face à la nuit la plus longue de l’année, rien de tel qu’une bûche pour entretenir le feu et mettre de la lumière dans la maison.

"Dans la tradition chrétienne, on faisait brûler dans l’âtre une très grosse bûche lors de la veillée de Noël. Elle provenait d’un arbre fruitier, censé garantir une bonne récolte pour l’année suivante.

"Dans certaines régions, comme en Bourgogne, la bûche était arrosée de vin afin d’assurer une bonne vendange à venir. Dans d’autres, on utilisait du sel pour se protéger des sorcières. Cette bûche devait se consumer très lentement et la tradition voulait que l’on conserve les tisons pour préserver les maisons de la foudre.

"Aujourd’hui, cette bûche a pris la forme d’un dessert indissociable des fêtes de Noël.

 

"Pourquoi utilise t-on le vert, le rouge, le blanc et le doré pour les décorations de Noël ?

"Aujourd'hui, les décorations de Noël, comme le reste, ont tendance à suivre les courants de la mode. Malgré cela, le vert, le rouge, le blanc et le doré restent les couleurs traditionnelles qui ont une valeur symbolique :

"le rouge car c’est la fête, la chaleur.

"le vert car il rappelle le sapin et le houx : la légende veut que lorsque la Sainte Famille fut contrainte de quitter l’Egypte, elle se dissimula derrière des branches de houx. En guise de reconnaissance, Marie l’aurait béni en annonçant que le houx serait éternellement symbole d’immortalité.

"Le blanc symbolise la neige, la pureté, la naissance de Jésus.

"le doré représente la couleur de l’étoile, symbole de lumière et d'espérance." [4]

Dieu s'est fait homme pour que l'homme devienne Dieu... pour que les habitants de la terre deviennent les habitants du Ciel.

Saint Augustin d'Hippone, Sermon 371,1 cité par Léon XIV, Audience générale Place S. Pierre le 17 décembre 2025

Sources :

 

[1] Zenit

[2Encyclopédie théologique, Nicolas Bergier (1718-1790), publ. par M. l'abbé Migne, Ateliers catholiques au Petit-Montrouge, tome III, Paris 1850-1851, art. Noël.

[3] Saint Grégoire de Nysse (IVème siècle), Belgicatho

[4] France 3 Régions, Marie-Thérèse Garcin dans l’émission Ensemble c’est mieux du 9 décembre 2019

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23 décembre 2025 2 23 /12 /décembre /2025 23:59

"Les paysans ne demandent pas des privilèges, ils demandent à ne pas être trahis. Et ceux qui gouvernent, ceux qui parlent au nom du spirituel, ceux qui informent, ceux qui façonnent l'opinion devront un jour répondre devant l'histoire." François-Marie Portes - YouTube.

 

"Écoutez bien ce message d’un jeune docteur catholique en philosophie, il témoigne de la doctrine sociale de l’Eglise. Nous devons aider nos paysans pour qu’ils ne cèdent pas à des propositions mensongères. Résistez !" (Père Michel Viot)

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23 décembre 2025 2 23 /12 /décembre /2025 01:00
Illustration: tympan de la porte principale de l'église de l'abbaye de Klosterneuburg où il figure avec Léopold III.

Illustration: tympan de la porte principale de l'église de l'abbaye de Klosterneuburg où il figure avec Léopold III.

Il était originaire de la Bavière et entra dans l'Ordre des chanoines réguliers de Saint-Augustin.

Il réforma de nombreuses communautés de son Ordre puis fut évêque de Brixen dans le Tyrol italien nommé aussi Vénétie tridentine.

 

À Brixen (Bressanone) dans la région de Trente, en 1164, le bienheureux Hartmann, évêque. Auparavant chanoine régulier, il gouverna cette Église avec prudence et fidélité.

 

Martyrologe romain

Sources: 1, 2

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