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4 septembre 2022 7 04 /09 /septembre /2022 00:00
Sainte Rosalie de Palerme

Rosalie (en italien Santa Rosalia) - (1130-1160) est la patronne de la ville de Palerme en Italie et de la ville de El Hatillo au Venezuela.

 

Rosalie est née en 1130 à Palerme, au sein d'une noble famille sicilienne. Elle était la fille de Sinibald, seigneur de Quisquina et de Rosa, parente de Roger II de Sicile, roi de Sicile, et descendante de la famille de Charlemagne.

 

Statue de Sainte Rosalie

      

C'était une jeune fille très pieuse. La Sainte Vierge lui apparut et lui conseilla de se retirer du monde. À l'âge de 14 ans, Rosalie, quitta le palais de son père sans avertir personne, n'emportant qu'un crucifix et des instruments de pénitence. Deux anges la conduisirent sur une montagne voisine de la ville. Dans une grotte inconnue et enveloppée de neige pendant plusieurs mois, Rosalie passa quelques années, partageant son temps entre l'oraison, la prière et la pénitence. Des racines crues faisaient sa nourriture ; l'eau du rocher lui servait de boisson. Souvent elle recevait la visite des anges, et le Sauveur lui-même venait parfois s'entretenir avec elle. On voit encore dans cette grotte une petite fontaine qu'elle creusa pour réunir les eaux qui suintaient à travers les fissures de la roche ; on voit aussi une sorte d'autel grossier et un long morceau de marbre où elle prenait son repas, un siège taillé dans le roc.

Sainte Rosalie de Palerme

Aussitôt après sa disparition, sa famille la fit rechercher dans toute la Sicile. Les anges avertirent Rosalie qu'elle serait bientôt découverte, si elle ne changeait de demeure; elle prit aussitôt son crucifix et le peu d'objets qu'elle avait avec elle et suivit ses guides célestes; ils la conduisirent sur le mont Pellegrino (Palerme, Sicile) où ils lui indiquèrent une grotte obscure et humide qui lui servit de retraite pendant les dix-huit dernières années de sa vie. »

 

En 1624, la peste se déclara à Palerme, et Sainte Rosalie apparut d'abord à une femme malade, puis à un chasseur auquel elle indiqua où se trouvaient ses reliques. Elle lui ordonna de transporter ses restes à Palerme et d'organiser une grande procession en les transportant dans les rues de la cité (Michel Signoli, D. Chevé, A. Pascal, Peste: entre épidemies et sociétés, p360).

Le chasseur gravit la montagne, et retrouva les restes de la sainte là où elle le lui avait dit. Il fit ce qu'elle lui avait recommandé, et dès la fin de la procession, la peste cessa. Après ce miracle, Sainte Rosalie fut vénérée comme la sainte patronne de Palerme et un sanctuaire fut érigé à l'endroit où ses restes avaient été retrouvés.

 

                 La procession de Sainte Rosalie à Palerme

 

 

                Grotte de sainte Rosalie 

 

Citation de Gérard de Nerval dans Les Chimères:

Sainte napolitaine aux mains pleines de feux,
Rose au cœur violet, fleur de sainte Gudule,
As-tu trouvé ta croix dans le désert des cieux ?

 

Sources : (1) ; (2); (3) ; (4) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 174.

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Publié par Ingomer - dans Saints du jour
3 septembre 2022 6 03 /09 /septembre /2022 00:00
Saint Grégoire, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 86-87.

Saint Grégoire, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 86-87.

Né à Rome, vers 540, Grégoire était le fils d'un sénateur et le neveu d'une sainte, la vierge Tarsille. Il en occupa quelques temps la première magistrature, mais bientôt la cité, qui avait vu cet opulent patricien traverser ses rues en habits de soie, étincelants de pierreries, le vit avec bien plus d'admiration, couvert d'un grossier vêtement, servir les mendiants, mendiant lui-même, dans son palais devenu monastère et hôpital. 

Saint Grégoire le Grand (Grégoire Ier) pape et docteur de l'Eglise († 604)

Grégoire fut l'auteur d'une ample activité monastique, particulièrement en assurant l'extension de la règle de Saint-Benoît († 547) à l'abbaye Saint-André de Rome qu'il fonda (Yvan GOBRY, Dictionnaire des Papes, Pygmalion, Paris 2013, p. 191.)

Grégoire n'avait conservé qu'un seul reste de son ancienne splendeur, une écuelle d'argent dans laquelle sa mère lui envoyait tous les jours de pauvres légumes pour sa nourriture ; encore ne tarda-t-il pas de la donner à un pauvre marchand qui, après avoir tout perdu dans un naufrage, était venu solliciter sa charité si connue. 

Grégoire se livra avec ardeur à la lecture des Livres Saints ; ses veilles, ses mortifications étaient telles, que sa santé y succomba et que sa vie fut compromise.

 

Saint-Gregoire-le-Grand--par-Domenico-Fetti--Palais-des-be.jpg

Saint Grégoire le Grand, par Domenico Fetti, Palais des beaux-arts de Lille.

Passant un jour sur le marché, Grégoire vit de jeunes enfants d'une ravissante beauté que l'on exposait en vente. Apprenant qu'ils étaient d'Angles, c'est-à-dire du pays, encore païen, d'Angleterre : « Dites plutôt des Anges, s'écria-t-il, s'ils n'étaient pas sous l'empire du démon. » Il alla voir le Pape, et obtint d'aller prêcher l'Évangile à ce peuple ; mais les murmures de Rome forcèrent le Pape à le retenir.

 

Le Souverain Pontife Pélage II (579-590) étant venu à mourir, Grégoire dut courber ses épaules sous la charge spirituelle de tout l'univers.

Voici la narration de son accès au pontificat :

"En janvier 590, la peste s'abattit sur Rome. Pélage en mourut le 7 février. Aussitôt le peuple acclama pour pape l'abbé Grégoire, et le clergé l'élut à l'unanimité. Il refusa, prétextant d'abord que son élection n'avait pas été ratifiée par l'empereur Maurice. Tandis que les employés de Rome se rendaient auprès de l'empereur, Grégoire s'employa à secourir les pestiférés. Il adressa lui-même à Maurice une lettre suppliante pour lui demander de ne pas ratifier son élection. L'empereur la déchira. Grégoire, persistant à refuser, s'enfuit. Mais, en prévision de cette fuite, toutes les portes de Rome étaient gardées. Il parvint à se blottir au fond d'un panier d'osier qu'un marchand monta innocemment sur son chariot en quittant à Rome. Les habitants se jetèrent dans les églises pour supplier Dieu de leur rendre leur pape, puis parcoururent la campagne à sa recherche. Enfin, le 2 septembre, un groupe de chercheurs le trouva au fond d'une grotte. Il fut ramené à Rome triomphalement et sacré le lendemain, le 3 septembre 590.

"[...] Au moment de sa consécration, l'Italie se trouvait dans une situation déplorable : la peste et la famine avaient exterminé les populations. Les paysans, pressurés par le fisc et violentés par les Barbares, abandonnaient la terre. Grégoire créa une administration agricole et fiscale capable de secourir les paysans et de les maintenir sur la terre, et, soucieux de ne pas voir se renouveler les abus, institua une inspection de cette administration." (Yvan GOBRY, Dictionnaire des Papes, Pygmalion, Paris 2013, pp. 187, 190-191.)

À l'occasion de cette épidémie de peste à Rome, le saint Pontife s'illustra par sa foi comme le rapporte Grégoire de Tours (538-594), contemporain de ces événements et qui en fut le chroniqueur. Dans un sermon mémorable prononcé dans l'église de Santa Sabina, il invita le peuple romain à suivre — contrit et pénitent — l'exemple des habitants de Ninive :

 

"Puis le Pape exhorta [tout le peuple] à lever les yeux vers Dieu, Qui permet de si terribles châtiments dans le but de corriger Ses enfants. Pour apaiser le courroux divin, le Pape ordonna une « litanie en sept Chœurs », c'est-à-dire une procession de toute la population romaine, divisée en sept cortèges, selon le sexe, l'âge et la condition. La procession se déplaça depuis les différentes églises romaines en direction de la basilique Saint-Pierre au Vatican, chantant des litanies en chemin. C'est l'origine de ce que l'on appelle aujourd'hui les grandes Litanies de l'Église, ou Rogations, que nous prions pour que Dieu nous protège contre les adversités. Les sept cortèges traversèrent les bâtiments de la Rome antique, pieds nus, à pas lent, la tête couverte de cendres. Tandis que la multitude traversait la ville, dans un silence sépulcral, la peste atteignit un tel point de fureur qu'en l'espace d'une heure, quatre-vingts personnes tombèrent mortes au sol. Cependant, Grégoire ne cessa pas une seconde d'exhorter le peuple à continuer de prier et insista pour que l'image de la Vierge peinte par saint Luc et conservée à Santa Maria Maggiore soit portée en tête de procession. (Gregorio di Tours, Historiae Francorum, liber X, 1, in Opera omnia, a cura di J.P. Migne, Parigi 1849 p. 528)"

(Source: LifeSiteNews / Le forum catholique )

 

L'un des faits remarquables de son pontificat, c'est l'évangélisation de ce peuple anglo-saxon dont il eût voulu lui-même être l'apôtre.

 

Grégoire le Grand décida d'envoyer de Rome (en Grande-Bretagne) des moines sous la direction d'Augustin, qui deviendra premier évêque de Cantorbéry.

 

"Ayant fait escale en juin dans l'île de Lérins, au monastère de Saint-Honorat, ils furent terrifiés par la mise en garde de leurs confrères : l'île de Bretagne était occupée par des Barbares féroces qui s'empresseraient de les occire dès leur débarquement. Les compagnons d'Augustin refusèrent d'aller plus loin. Le prieur retourna à Rome pour rendre compte de la situation au pape, qui se fit sévère : un moine était voué à l'obéissance; Augustin et ses quarante compagnons n'avaient plus qu'à obéir, c'est-à-dire à poursuivre leur route vers les rivages de la Bretagne. [...] [L]es missionnaires décidèrent de passer par la Gaule. Ils remontèrent la vallée du Rhône et durent évidemment rendre visite à la terrible reine Brunhilde (Brunehaut), régente des deux royaumes d'Austrasie et de Bourgogne. Augustin lui remit une lettre de recommandation signée du pape Grégoire. Ce fut efficace : elle leur donna pour compagnons des interprètes, qui parlaient latin, germanique et anglo-saxon. Embarqués à Boulogne, les voyageurs accostèrent l'Angleterre sur l'île de Thanet, à l'embouchure de la Tamise, là où le Jute Hengist avait constitué le premier royaume barbare de Bretagne, le Kent (sud-est de l'Angleterre). Le roi, arrière-petit-fils du fondateur, en était Éthelbert. Il avait épousé Berthe, fille de Charibert, roi de Paris, et nièce de Brunhilde. Le contact fut donc facilité. Il donna à ses frères la liberté de prêcher le christianisme. Un certain nombre d'eorls (nobles) se convertirent. Bientôt Éthelbert († 616) les imita : il fut baptisé durant la nuit de la Pentecôte, 5 juin 597. [...] Augustin [...] devenait archevêque de Cantorbéry. Le pape créa ensuite les évêchés de Londres et de Rochester. En 604, Séberct, roi d'Essex, demana à son tour le baptême. Ce serait le tour, après la mort de Grégoire, d'Edwin, roi de Northumbrie, avec la fondation de l'évêché d'York." (Yvan GOBRY, Dictionnaire des Papes, Pygmalion, Paris 2013, pp. 189-190.)

 

Les moines fondirent des écoles où les Saxons apprirent l'écriture. (Yvan GOBRY, Dictionnaire des Papes, Pygmalion, Paris 2013, p. 190.)

 

La conversion des Anglo-saxons fut l'une des grandes entreprises de Grégoire le Grand. L'Angleterre, l'Irlande deviendront des foyers d'où les missionnaires partiront christianiser l'Europe du Nord. Willibrord (+ 739) et Boniface (+ 754) évangélisent la Frise et l'Allemagne après avoir été sacrés évêques à Rome." (Yves BRULEY, Histoire du Catholicisme, Que Sais-je ?, 4e édition, Paris 2018, p. 35-36.)

 

Le roi Éthelbert († 616) sous l'influence d'Augustin de Cantorbéry, fera rédiger et adopter par l'assemblée de la noblesse saxonne le nouveau code administratif pénal intitulé les Jugements d'Éthelbert, qui opéreront la synthèse entre le droit barbare et le droit romain. Il fut entendu en outre que les moines romains fonderaient des écoles où les Saxons apprendraient l'écriture, le catéchisme et la liturgie romaine. (Yvan GOBRY, Dictionnaire des Papes, Pygmalion, Paris 2013, p. 190.)

 

Grégoire s'est également rendu célèbre par la réforme de la liturgie et le perfectionnement du chant ecclésiastique. C'est à lui que l'on doit le nom de chants grégoriens. (Wikipedia) "Il rassembla dans son Antiphonaire le chant sacré en honneur à Rome, en l'ordonnant, en l'ornant, et en y ajoutant des mélodies remarquables par leur élan et leur élégance; il veilla à la publication, à l'application, à l'extension et à la transmission de cette liturgie." (Yvan GOBRY, Dictionnaire des Papes, Pygmalion, Paris 2013, p. 192.)

 

Il prêchait souvent au peuple de Rome, et lorsque la maladie lui ôtait cette consolation, il composait des sermons et des homélies qui comptent parmi les chefs-d'œuvre de ce grand docteur. Son pontificat fut l'un des plus féconds dont s'honore l'Église.

 

"Grégoire en signe d'humilité, authentifie ses lettres d'une formule qui deviendra rituelle : Servus servorum Dei, le pape est [...] le serviteur des serviteurs de Dieu." (Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 93-94.)

 

Il combat la simonie. "L'argent est le moteur de la simonie, mais Grégoire le Grand, dans son Homelia quarta in Evangelio, faisait aussi entrer en ligne de compte (pour les condamner comme simonie) d'autres procédés comme les services rendus, la flatterie ou toute autre considération humaine. Il considérait la simonie comme une hérésie, tout comme à sa suite Isidore de Séville (Etymologiae, VIII,5) et les réformateurs grégoriens." L'expression simonie étant tirée des Actes des Apôtres 8, 18-24, où Simon le magicien essaya d'acheter à Pierre et à Jean leur pouvoir de conférer l'Esprit Saint par l'imposition des mains. (Dictionnaire du Moyen-Âge, sous la direction de Claude GAUVARD, Alain de LIBERA, Michel ZINK, Quadrige Puf, Paris 2002, p. 1335.)

 

"Le pape Grégoire s'habitue également à remplacer le latin Gallia par l'expression de gens Francorum, peuple des Francs, voire même, dans au moins un cas, par un néologisme venu de l'autre côté des Alpes : 'Francia'." (Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 99.)

 

Grégoire mourut le 12 mars 604.

 

On le représente écoutant une colombe qui lui parle à l'oreille. Il est regardé comme le patron des chantres.

 

Depuis le concile Vatican II, l'Église le célèbre le 3 septembre (auparavant le 12 mars).

 

"Il est compté parmi les Docteurs de l'Église, titre que celle-ci décerne parcimonieusement aux théologiens qui ont d'une part énoncé d'une façon importante les vérités de la foi et d'autre part mérité la canonisation.  [...] Le traité le plus considérable de ce Docteur est les Morales sur Job (Moralia in Job) en trente-cinq livres, titre quelque peu étroit pour désigner un ensemble de commentaires qui ne ressortissent pas seulement à la morale,  mais au dogme et à la spiritualité. Ces textes composés de 579 à 585, c'est-à-dire durant les années où l'auteur fut apocrisiaire, puis abbé, sont en fait une série de conférences monastiques. [...] Grégoire a aussi rédigé d'abondants commentaires de l'Écriture, [...] vingt-deux Homélies sur le prophète Ézéchiel, soixante Homélies sur les Évangiles, recueil de prédications sur les Évangiles dimanches et fêtes. Enfin, une Exposition sur le Cantiques des cantiques" (Yvan GOBRY, Dictionnaire des Papes, Pygmalion, Paris 2013, p. 192.)

 

Sources : (1) ; (2) ; (3) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 86 ; Yvan GOBRY, Dictionnaire des Papes, Pygmalion, Paris 2013, p. 190

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Publié par Ingomer - dans Saints du jour
2 septembre 2022 5 02 /09 /septembre /2022 20:45

Jésus est-il Dieu ? S'est-il dit Dieu ? Qu'en disent les Saintes Ecritures ? Réponse aux Juifs, Musulmans et ''Témoins de Jéhovah''...

Il existe dans la Sainte Bible de nombreux versets indiquant la divinité du Christ : dans l'Ancien Testament, Isaïe 48 : Dieu dit : "C'est Moi, Moi qui suis le Premier, C'est aussi Moi Qui suis le Dernier." Or, Jésus dans le livre de l'Apocalypse chapitre 22 dit : "Je suis l'Alpha et l'Oméga, le Premier et le Dernier, le commencement et la fin."

 

Jésus est le Dieu "JE SUIS" de l’exode 3, 14 : "Dieu dit à Moïse : "JE SUIS CELUI QUI SUIS. En Jn 8,28 Jésus dit "... vous connaîtrez que Je Suis". En Jean 8,57-58, Jésus dit: "Avant qu'Abraham fût, JE SUIS." En Jean 12,19 : "Je vous le dis à présent avant que l’événement n’arrive afin que lorsqu’il arrive vous croyiez que Je Suis". En Jn 13, 19-20 "...afin que lorsque l'événement arrive, vous croyiez que Je Suis."

Et en Jean 12, 46 "Moi la lumière, je suis venu dans le monde afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres".

 

Personne ne conteste que Jésus fut, au moins, un très grand mystique, l’initiateur d’un courant spirituel remarquable. Or, jamais nous le voyons se reconnaître pécheur. Lui, si humble, dit un jour à ses auditeurs: "Qui de vous me convaincra de péché?" (Jean 8,46). Comment se fait-il que cet homme qui avait un si grand sens de Dieu ne se soit pas reconnu pécheur devant Lui? C’est que Dieu et Jésus sont un.

 

Tite 2,13 écrit : ''attendant la bienheureuse espérance et l'Apparition de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, le CHRIST JESUS''.

 

Colossiens 2,9 : "Car en lui habite corporellement toute la Plénitude de la Divinité". Colossiens 1,15 "Il est l'Image du Dieu invisible, Premier-Né de toute créature"

 

2 Pierre 1,1 "notre DIEU et Sauveur Jésus Christ".

 

1 Jean 5,20 Jésus-Christ …. "lui est le Véritable, IL EST DIEU et la vie éternelle."

 

Dans l'Ancien Testament, le prophète Jérémie 17.10 écrit : "Moi, le Seigneur, qui pénètre les cœurs et qui scrute les reins, afin de rendre à chacun selon sa conduite, selon le fruit de ses actes." Or, dans le Nouveau Testament, Jésus dit dans Apocalypse 2,23 "Toutes les Églises reconnaîtront que moi, je suis celui qui scrute les reins et les cœurs, et je donnerai à chacun de vous selon ses œuvres." Or, qui scrute les reins et les cœurs si ce n'est Dieu ?

 

Réclamer pour soi l'adoration est un péché puni de mort. (Actes 12 v 21 à 23). Or, Jésus n’a jamais refusé ni ne s’est opposé à l’adoration qui Lui est due, signe très clair de sa divinité :

 

Les mages d’Orient (Matthieu 2, 2) : "Ou est le Roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son astre à l’Orient et nous sommes venus lui rendre hommage" ; le lépreux (Matthieu 8, 2) : "un lépreux s’approcha et, prosterné devant lui disait : seigneur si tu le veux tu peux me purifier" ; l’aveugle de Jean 9.1/38 L’homme dit : "Je crois, Seigneur" et il se prosterna devant lui. ...; Jaïrus le notable dont la fille est morte, "prosterné devant Jésus il lui disait : viens lui imposer la main et elle vivra" (Matthieu 9, 18). Or seul Dieu ressuscite les morts. La Cananéenne (Matthieu 15, 25) : "la femme vint se prosterner devant lui : seigneur dit elle, viens à mon secours" ; Marie-Madeleine et Marie (Matthieu 28, 9); Les disciples l’adorèrent également (Matthieu 28, 9 ; Luc 5 , 8 ; 24, 52). Jésus revendique le droit d'être Dieu lorsque, entre autres, Il accepte l'adoration de Thomas en Jean 20,28 : Lorsque Thomas voit Jésus ressuscité, il se rend enfin compte de la vrai nature du Christ : "Thomas lui répondit : 'mon Seigneur ET mon Dieu !' et Jésus l'approuve en répondant : "parce que tu as vu, tu as cru. Heureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru."

 

Des fouilles archéologiques conduites récemment sur le site d'un camp légionnaire à Meggido, en Samarie, ont mis au jour un local associatif utilisé par un groupe de soldats chrétiens entre 230 et 250, avec une table eucharistique dédiée à 'JESUS CHRIST DIEU'. (Source : Y. TREPPER et L. Di SEGNI, A Christian Prayer Hall of the Third Century, Jerusalem, Israrel Antiquities Authority, 2006, in Marie-François BASLEZ, Comment les Chrétiens sont devenus catholiques, Texto Lonrai 2021, p . 29.)

 

Lors des premiers siècles, "la divinité du Christ n'était jamais mise en doute, ainsi que l'atteste l'enquête menée par gouverneur romain en 112 sur les célébrations des chrétiens de Bithynie (Lettre rapport à l'empereur Trajan de Pline le Jeune, Lettres 10 n°96 qui explique que les chrétiens rendaient un culte à Jésus "comme à un Dieu" dès le lever du soleil...)" (Marie-Françoise BASLEZ, ibid. p. 103.)

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2 septembre 2022 5 02 /09 /septembre /2022 00:05

Groupe de 191 martyrs mis à mort pendant la Révolution. Ils furent emprisonnés sous l'Assemblée législative, pour avoir refusé le serment constitutionnel condamné par le Saint-Siège. Le 2 et 3 septembre, ils furent massacrés par la populace, de connivence avec l'Assemblée. Les membres éminents du groupe furent : Jean-Marie du Lau, archevêque d'Arles, François de Rochefoucauld, évêque de Beauvais, Louis, frère de ce dernier et évêque de Saintes, Augustin Ambroise Chevreux, dernier abbé général de la congrégation bénédictine de Saint-Maur, et Charles de la Calmette, comte de Valfons. Cent vingt des victimes furent tuées dans le jardin des carmes, rue de Vaugirard à Paris. Ils furent béatifiés par Pie XI en 1926. Les Saints du jour

voir DEA 144 - Les bienheureux martyrs de septembre 1792

Les Bienheureux Martyrs de Septembre, victimes de la Révolution française (en 1792)

Suite à l'"insurrection non-spontanée" mais préparée par les "quarante-huit sections" des Jacobins (Cf.
Gérard MAINTENANT, Les Jacobins, Presses Universitaires de France, Paris 1984, p. 52-58), insurrection qui entraîna la chute de la monarchie le 10 août 1792, et la proclamation de la "république" un mois plus tard (le 20 septembre 1792), la fièvre monte à Paris. De nombreux suspects sont arrêtés : laïcs, prêtes séculiers, religieux, souvent réputés 'réfractaires', même si ce n'est pas le cas de tous. Environ 350 ecclésiastiques sont ainsi incarcérés, dont plus de la moitié étrangers à la capitale.

Entre le 2 et le 5 septembre, des bandes armées d'hommes et de femmes envahissent les prisons parisiennes pour se livrer à l'exécution collective des détenus au couvent des Carmes, à l'abbaye de Saint-Germain, au séminaire Saint-Firmin, aux prisons de la Force, rue Saint-Antoine.

Le couvent des Carmes, avec son très vaste enclos, est le premier et le plus symbolique théâtre des tueries. Au témoignage de l'abbé Saurin, jésuite rescapé, le contraste est saisissant entre la sérénité qui règne au-dedans, parmi les ecclésiastiques prisonniers, groupés autour de trois évêques, et, au dehors, le hurlement de la foule, les canonnades, les roulements de tambour, et finalement, le 2, vers quatre heures du soir, le tocsin de Saint-Sulpice qui donne le signal aux émeutiers. La tuerie qui a commencé dans le jardin s'achève, après un simulacre de jugement, au pied du petit escalier faisant communiquer la chapelle, où les prisonniers ont d'abord reflué et se sont mutuellement donné l'absolution, et le jardin. "Je n'ai entendu se plaindre aucun de ceux que j'ai vu massacrés" écrira l'abbé de la Pannonie, blessé et rescapé de la tragédie des Carmes.

 

La question du rôle précis joué par les Jacobins dans la journée du 10 août sans laquelle les événements de septembre n'eurent pas été possibles, a été examinée par l'historien Gérard Maintenant, qui indique dans son ouvrage Les Jacobins, qu'"il semble bien établi que les Jacobins se rallièrent, dès le 29 juillet, aux thèses de Robespierre qui proposa la "destitution" du roi.

 

[...] Mais une insurrection ne s'improvisant pas, les Jacobins participèrent à la création du "Directoire secret" insurrectionnel. [...] Le club pratiqua, fin juillet, une double action : l'une, légaliste, au grand jour, faite de motions de pétitions, de résolutions s'inscrivant dans le cadre des institutions; l'autre, secrète, annonçant la stratégie babouviste de prise du pouvoir. Choudieu, député jacobin à l'Assemblée législative et futur conventionnel montagnard, dans ses Mémoires, [...] donna [...] une vision assez juste de la préparation du 10 Août, en mettant en évidence le mouvement sectionnaire. 'Mais où donc fut préparé le 10 août me demandera-t-on ? Ce fut dans les quarante-huit sections, non pas secrètement, mais au su de tout le monde et de la cour elle-même. Parmi les représentants, Bazire, Chabot et Merlin (de Thionville) ont levé les premiers l'étendard de la révolte... Des assemblée secrètes se tenaient dans le faubourd Saint-Antoine, et les trois députés... s'y rendaient toutes les nuits. Mais malgré toute leur audace, ils n'auraient pas réussi s'ils n'eussent été secondés par les assemblées des différentes sections de Paris qui poussaient aussi au mouvement. Celle de Mauconseil se déclara la première en insurrection...' Agissant au sein même de leur section respective, les Jacobins contribuèrent, d'une façon décisive, à la mise en pratique d'un stratégie insurrectionnelle. Buchez et Roux écrivent: 'Les Jacobins sont les provocateurs du 10 Août; les agents principaux de cette insurrection sont sortis de son sein.'" (Gérard MAINTENANT, Les Jacobins, Presses Universitaires de France, Paris 1984, p. 52-58.)

 


Parmi les 3 000 victimes, laïcs compris, de septembre 1792, 191 personnes mortes pour leur foi ont été béatifiées par Pie XI le 17 octobre 1926. 86 prêtres étaient membres du clergé parisien. Les quatre laïcs et de nombreux religieux béatifiés appartenaient aussi à l'Église de Paris. Parmi ces martyrs, le frère Salomon Leclercq, Premier saint de la Révolution française, a été canonisé par François le 16 octobre 2016.


Église Saint-Joseph-des-Carmes

70 rue de Vaugirard, 6e arr.


 

On peut vénérer ces béatifiés dans la crypte ossuaire érigée au XIXe siècle sous la chapelle.

L'" escalier du martyre " marqué d'une plaque Hic ceciderunt (" Ici ils tombèrent ") est aujourd'hui inclus dans le jardin du séminaire universitaire de l'Institut catholique.

Bienheureux Martyrs de Septembre 1792
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2 septembre 2022 5 02 /09 /septembre /2022 00:00
Sainte Ingrid de Skänninge († 1282)
Princesse suédoise, religieuse dominicaine ( 1282), Sainte Ingrid de Skänninge était, par sa mère, petite fille du roi Knut de Suède.
 
Devenue veuve, Ingrid fit un pèlerinage aux Lieux Saints. Au retour, passant par Rome, elle obtint du pape l'autorisation de fonder un couvent de religieuses cloîtrées dans son pays, qui furent des tertiaires dominicaines (moniales de l’Ordre des Prêcheurs). Elle donna tous ses biens pour la gloire de Dieu.

 

Son frère Jean Elovson, chevalier teutonique, l'aida de son argent et le couvent fut inauguré à Skänninge en Suède en 1281. Sainte Ingrid mourut un an après, à Skänninge en Suède, l'an 1282.

 

 

Sources: 1, 2

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Publié par Ingomer - dans Saints du jour
1 septembre 2022 4 01 /09 /septembre /2022 00:00
Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 75

Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 75

Saint Aegidius, dont le culte a été pendant plusieurs siècles fort célèbre en France et en Angleterre, était athénien de naissance, et d'une extraction noble; il vivait vers la fin du VIIe siècle. Sa science et sa piété lui attirèrent une admiration universelle.

 

Voyant qu'il lui était impossible de mener dans sa patrie une vie retirée, il résolut de la quitter pour fuir le danger qui accompagne les applaudissements des hommes. Il vint vivre en ermite en Provence; il sera chaleureusement accueilli à Arles, puis au bord du Gardon par saint Vérédème, évêque à Avignon. Puis il se retirera en ermite dans la Vallée Flavienne, domaine du roi goth Flavius, dans l'embouchure du Rhône.

 

Son éducation fut brillante, comme elle devait être pour un jeune homme de race royale. On lui a attribué de remarquables ouvrages de médecine et de poésie; mais sa science était surtout celle des Saints.


Un jour qu'il se rendait à l'église, il rencontra un pauvre mendiant malade, presque nu, qui lui demanda l'aumône. Ému de compassion, Gilles se dépouilla de sa riche tunique et la lui donna : à peine le malheureux en fut-il revêtu, qu'il se trouva en parfaite santé. Le jeune homme comprit, à ce miracle, combien l'aumône était agréable à Dieu. Peu de temps après, à la mort de ses parents, il distribua tous ses biens aux pauvres et se voua lui-même à la pauvreté, à la souffrance et à l'humilité. Mais Jésus-Christ ne Se laissa pas vaincre en générosité, et les miracles se multiplièrent tellement sous les pas du saint jeune homme, qu'il en fut lui-même effrayé et se résolut à quitter son pays et à faire voile pour l'Occident. Pendant la traversée, il calma une effroyable tempête par ses prières et débarqua bientôt à Marseille, où il guérit la fille de son hôtesse.

 

Mais il lui fallait la solitude; il la trouva dans une grotte sauvage, où, dégagé de toute préoccupation terrestre, il ne vécut que pour Dieu. Ses jours, ses nuits presque entières s'écoulaient dans une prière continuelle, dans l'adoration et la contemplation. Il jeûnait tous les jours; le lait d'une biche de la forêt, que Dieu lui envoyait, suffisait à son entretien.

Saint Gilles (ou Egide), Abbé, Ermite (640-720)

Depuis trois ans, Gilles habitait ce lieu solitaire, quand un jour Wamba, roi des Visigoths d'Espagne, vint chasser jusque dans les forêts voisines avec une suite nombreuse. La biche qui nourrissait le saint ermite, poursuivie par les chiens allait succomber; enfin, exténuée de fatigue, elle vint se jeter aux pieds de son maître. Gilles, ému jusqu'aux larmes, pria le Seigneur de protéger la vie de l'innocent animal. Une flèche, lancée par un chasseur, vint frapper la main de l'homme de Dieu et lui fit une blessure qui ne devait jamais guérir. La biche était sauvée, car le roi, plein d'admiration pour cet homme qui lui apparaissait avec l'auréole de la sainteté sur le front, donna ordre de cesser la poursuite. Wamba fit même bâtir là, à la demande de Gilles, un monastère, qui devint l'abbatiale Saint-Gilles, dans le Gard. Mentionnée dès 814, l’abbaye doit sa grande renommée au pèlerinage du tombeau de son fondateur légendaire, invoqué pour la libération des prisonniers et la guérison des infirmités et les maladies. Elle est aujourd'hui classée au titre des monuments historiques, et inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco.


Devenu abbé, Saint Gilles conseilla les plus grands, pape et rois.

On raconte qu'un grand personnage (Charles Martel ou Charlemagne ?) lui avait demandé l'absolution pour un très grand péché (inceste). Alors que Saint Gilles célébrait la Messe, un ange plaça sur l'autel un parchemin où était consignée la faute. Au fur et à mesure du déroulement de l'office, les traces écrites du péché s'effacèrent sur le parchemin.

Après avoir dirigé quelques temps ce monastère, Gilles chercha de nouveau la solitude, et revint enfin terminer ses jours parmi ses chers religieux. 

Saint Gilles est représenté avec une biche, poursuivie par des chasseurs, ou tantôt en abbé bénédictin, avec la crosse. On le représente aussi en Italie avec une fleur de lys (giglio signifiant "lys" en italien). 


Sur son tombeau fut construite l'abbaye de Saint-Gilles-du-Gard
, alors port de mer, étape de pèlerinage sur le chemin de Rome et de Compostelle. Gilles a toujours son tombeau dans la crypte de l'abbatiale.

Saint Gilles (ou Egide), Abbé, Ermite (640-720)

Au "Moyen-Âge", le culte de Saint Gilles était très important, non seulement en Provence et dans le Languedoc mais dans la plupart des pays de la chrétienté. Il était surtout vénéré comme saint auquel on se confessait le plus volontiers, puisqu'il assurait l'absolution. 

 

Son culte se répandit rapidement, de nombreux pèlerins venus des pays les plus lointains (Flandres, Danemark, Hongrie, Norvège, Pologne…) s'acheminèrent vers son tombeau, invoquant saint Gilles contre la peur et le feu, pour la guérison des maladies nerveuses et pour la protection des enfants.

 

La ville de Saint-Gilles, aussi appelée Saint-Gilles-du-Gard, doit son nom au célèbre abbé Gilles l'Ermite dont elle garde le tombeau; elle fut au XIIe siècle un des plus importants lieux de pèlerinage de la chrétienté. La ville connut alors un développement sans précédent. Aujourd’hui, même si le culte de Gilles est moins pratiqué, Saint-Gilles-du-Gard demeure une étape pèlerine sur le chemin de Saint-Jacques.

 

Des villes et des villages en France et à l'étranger portent son nom et plus de 2000 églises le désignèrent comme patron.

Saint Gilles (ou Egide), Abbé, Ermite (640-720)

Patron des estropiés, on invoque saint Gilles contre le cancer, la folie, la stérilité des femmes et la protection des enfants.

 

Selon le livre V du Codex Calixtinus (une oeuvre collective due aux maîtres et étudiants de la cathédrale compostellane et dont des chapitres copiés sont attribués au pape Calixte II), probablement rédigé vers 1120-1130:

 

"Le digne corps de Saint Gilles, très pieux confesseur et abbé, doit aussi être visité avec le plus grand soin et vigilance : car le très saint Gilles, célèbre dans tous les climats de la terre, doit être aimé et invoqué par tous, et l'objet des supplications de tous. Après les prophètes et les Apôtres, personne parmi tous les autres saints n'est plus digne, personne n'est plus saint, personne n'est plus glorieux, personne ne vient plus vite au secours. C'est lui en effet, avant les autres saints, qui a l'habitude d'être le plus prompt à aider les nécessiteux, les affligés et les angoissés qui font appel à lui. Ô que la visite de son tombeau est œuvre belle et précieuse ! Le jour même, celui qui l'aura prié de tout son cœur sera sans aucun doute heureusement secouru.

 

"Cela même que je dis, je l'ai expérimenté : j'ai vu autrefois un homme qui, le jour où il l'invoqua échappa grâce à l'aide du saint confesseur de la maison d'un certain Peirot, cordonnier, dont la très vieille demeure s'effondra entièrement. Qui donc verra davantage son tombeau ? Qui adorera Dieu dans sa très sainte Basilique ? Qui embrassera le plus son sarcophage ? Qui baisera son vénérable autel ou qui racontera sa très pieuse vie ? Un malade revêt sa tunique et est en effet guéri; grâce à sa vertu indéfectible, un homme mordu par un serpent, est guéri; un autre, ravi par le démon, est libéré. Une tempête en mer s'arrête; la fille de Théocrite lui est rendue par une guérison longuement souhaitée; un malade de tout le corps, privé de santé, retrouve le bon étant si longtemps désiré; une biche qui était sauvage, domestiquée par ses pouvoirs devient familière; l'ordre monastique sous le patronage de cet abbé s'étend; un énergumène est délivré du démon; le péché de Charlemagne qui lui fut révélé par un ange est remise au roi; un défunt est rendu à la vie; un paralysé retrouve sa santé antérieure; mieux encore, deux portes en cyprès portant des représentations sculptées de princes des apôtres de la ville de Rome jusqu'aux portes du Rhône, parviennent sur les ondes marines, sans aucun gouvernail, par la seule puissance de son pouvoir. Mourir me dégoûte parce que je ne peux narrer toutes ces œuvres vénérables tant elles sont nombreuses et grandes." (Adeline RUCQOI, Le Voyage à Compostelle, du Xe au XXe siècle, Robert Laffont, Lonrai 2018, p. 30, 44-45.)

Sources

 

- Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 244
- La Bible et les Saints, Encyclopédie Tout l'Art, Flammarion, Gaston Duchet-Suchaux, Michel Pastoureau, 1994 – ISBN : 2-09-012256-8

- Les saints qui guérissent en Normandie, Hippolyte Gancel, Éditions Ouest France, 2006 – ISBN : 2-7373-3565-5

- La Légende Dorée

Les saints du jour; wikipedia ; la légende de Saint-Gilles détaillée (légende dorée) abbaye-saint-benoit.ch

Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 74-75

https://tourisme.saint-gilles.fr/fr/visiter/patrimoine/la-ville/un-peu-d-histoire

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31 août 2022 3 31 /08 /août /2022 00:00
Saint Aristide, laïc (2e siècle)

Philosophe grec d'Athènes, converti, réputé pour son Apologie du christianisme qu'il présenta à l'empereur Hadrien vers 125 ap.J.-C., probablement lors de son passage à Athènes. Ce texte, qui demeura longtemps égaré, a été retrouvé écrit en syrien, en arménien et en grec.

C'est probablement Aristide qui présenta un texte complétant son Apologie, intitulé Epître à Diognète. Cette élégante et vibrante fabrication littéraire tentait de convaincre un païen honnête de la sottise des racontars répandus au sujet des chrétiens, ces gens qui vivaient absolument comme tout le monde, mais simplement mieux que tout le monde :
 


"Ils [les chrétiens] habitent les villes des Grecs et des barbares; ils se conforment, en matière d'habillement, de nourriture et de tout le quotidien, aux usages du pays, et pourtant, ils présentent je sais quoi de remarquable et d'extraordinaire. Ils jouissent de tous les droits des citoyens et sont traités partout comme des étrangers. Ils se marient, ils ont des enfants, mais ils n'exposent pas leurs nouveau-nés [Ndlr. allusion à l'usage romain autorisant un père de famille à abandonner l'un de ses enfants parce qu'il doute de sa légitimité, n'a pas de quoi le nourrir, ne veut pas d'une fille de plus ou d'un infirme. Constantin Ier (310-337) interdira cette pratique contre laquelle les chrétiens n'avaient cessé de s'élever et contre laquelle ils luttaient en recueillant ces enfants. Ce qui leur épargnait le sort habituel de ces malheureux petits : mourir sur place, parfois dévorés par les chiens ou les porcs, être ramassés par des mendiants qui les estropiaient ou des proxénètes qui les prostituaient, ou, pour les plus chanceux, être vendus comme esclaves].

 

"... Ils [les chrétiens] mangent en commun mais ne se livrent pas à la débauche. Ils mènent dans la chair une vie non charnelle, vivant sur la terre mais le coeur au ciel. Ils obéissent aux lois établies, mais ils les surpassent par leur propre morale. Ils aiment l'humanité entière alors que tous les hommes les persécutent. Ils sont condamnés par ceux qui ne les connaissent pas; ils sont mis à mort et, par là, acquièrent l'immortalité..." (Epître à Diognète, V)

 

Malgré toutes les explications de Quadratus et d'Aristide, l'empereur Hadrien (117 - 138) ne distinguait toujours pas nettement les chrétiens des Juifs. (...) Et ceux de Jérusalem qui restaient attachés à une bonne part des anciens rites hébraïques, prêtaient spécialement à cette confusion. On expulsa donc les chrétiens hiérosalémytes (habitants de Jérusalem) de la ville, comme les Juifs; une mesure que Titus en son temps (empereur de  79 à 81) mieux informé, n'avait pas voulu prendre.

 

À Athènes, vers 150, saint Aristide, philosophe très célèbre par sa foi et sa sagesse, qui présenta à l’empereur Adrien un livre sur la vérité de la religion chrétienne.

 

Martyrologe romain

 


Sources :  (1), (2), (3) Anne BernetLes chrétiens dans l'empire romain, des persécutions à la conversion Ier – IVe s., Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 116, 119.

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Publié par Ingomer - dans Saints du jour
30 août 2022 2 30 /08 /août /2022 07:49
http://www.icrsp.org/Publicationsbis/Revue-2020/01-52.pdf

http://www.icrsp.org/Publicationsbis/Revue-2020/01-52.pdf

Voici un passage important des Controverses de saint François de Sales qui porte sur l'infaillibilité papale et aussi sur la possibilité pour un pape d'errer:

 

''Et ne faut pas non plus penser qu’en tout et par tout son jugement soit infaillible, mais lors seulement qu’il porte sentence en matière de foi ou des actions nécessaires à toute l’Église ; car dans les cas particuliers, qui dépendent du fait humain, il y peut errer sans doute, quoi que nous autres ne devions le contreroller en cet endroit qu’avec toute révérence, soumission et discrétion. Les théologiens ont dit tout en un mot, qu’il peut errer in quæstionibus facti, non juris, qu’il peut errer extra Cathedram, hors la chaire de saint Pierre, c’est-à-dire, comme homme particulier, par écrits et mauvais exemples, mais non pas quand il est in Cathedra, c’est-à-dire, quand il veut faire une instruction et décret pour enseigner toute l’Église, quand il veut confirmer les frères comme suprême pasteur, et les veut conduire dans les pâturages de la foi : car alors ce n’est pas tant l’homme qui détermine, résout et définit, que c’est le bénit Saint-Esprit par l’homme, lequel, selon la promesse faite par Notre-Seigneur à ses Apôtres, enseigne toute vérité à l’Église.'' (Controverses t. I, II, chap. 6, art. 15)

 

SOURCE: Cité dans la revue de l'ICRSP ''La Romanité'', page 37 | Le Forum catholique

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30 août 2022 2 30 /08 /août /2022 00:00

Saint Fiacre (statue du XVe siècle, église St Taurin d'Évreux)

 

Saint Fiacre, fils d'un roi d'Écosse, vivait au VIè siècle ; il fut élevé dans la science et la piété par des maîtres habiles. Jeune encore, il sentit son âme enflammée par l'amour de la solitude et le désir de ne vivre que pour Dieu. Il s'embarqua pour la France, à l'insu de son père, et se choisit, près de Meaux en Brie, un lieu retiré, dans une forêt, où l'évêque lui concéda une portion de terre, et où il bâtit un couvent (monastère du Breuil) qu'il consacra à la Sainte Vierge, à laquelle il avait voué dès son enfance, une dévotion singulière.

Vénéré en Brie depuis le haut Moyen Âge, patron des jardiniers, mais aussi saint guérisseur spécialiste du fic (hémorroïdes), des chancres et des cancers, Fiacre fut un des saints les plus populaires de France. De nombreuses églises et chapelles, non seulement en France, mais aussi en Belgique et en Rhénanie, possèdent encore une statue plus ou moins rustique de ce moine à scapulaire et capuchon, l'air grave et parfois extatique, tenant une bêche dans sa main droite et un livre dans la gauche. Une iconographie foisonnante - miniatures, gravures, images de dévotion, enseignes, médailles et méreaux…- a soutenu son culte pendant des siècles. Ce personnage pieux et secourable, proche des fidèles et qui, dans sa représentation, allie les symboles du travail et de l'oraison a manifestement séduit. Depuis le Xe siècle au moins, on célébrait traditionnellement sa fête le 30 août.

Sa sainteté ne manqua pas d'attirer en foule vers lui les pauvres et les pèlerins. 

Fiacre mangeait peu et employait presque tout le produit du travail de ses mains à la subsistance de ses pieux visiteurs. On lui amenait des possédés et des malades, et il les délivrait ou les guérissait en grand nombre. Cependant le petit terrain qu'il occupait étant devenu insuffisant pour subvenir à tant d'aumônes et à une si généreuse hospitalité, Fiacre fut obligé d'implorer de l'évêque une nouvelle concession de terre, et le prélat lui permit de prendre et d'utiliser tout ce qu'il pourrait entourer d'un fossé dans l'espace d'une journée. Chose merveilleuse, Dieu vint au secours du travailleur : la terre se fendait d'elle-même comme par enchantement, et un seul jour suffit au Saint pour entourer une étendue considérable. 

C'est sans doute à cause des travaux de jardinage dont il occupait les loisirs que lui laissaient la prière et le service de Dieu, que saint Fiacre est regardé comme le patron des jardiniers.

Tandis qu'il jouissait tranquillement des délices de la solitude, des envoyés écossais vinrent lui offrir la couronne royale, dont son frère s'était rendu indigne. Fiacre avait eu révélation de leur approche et obtint de Dieu, à force de larmes et de prière, de ne pas permettre qu'il sortît de sa chère solitude pour être exposé aux dangers des honneurs du monde. Il devint aussitôt semblable à un lépreux. Quand les ambassadeurs furent arrivés près de lui, ils ne purent voir sans horreur ce visage défiguré, et ils n'eurent plus aucun désir de le faire monter sur le trône de ses pères. Fiacre mourut dans son ermitage ; il opéra de grands miracles après sa mort.

 

Il n'y a pas lieu de mettre en doute l'existence de Fiacre. Il fallait bien quelqu'un pour fonder le monastère du Breuil et pour occuper le tombeau de son église. Par ailleurs, le nom typiquement irlandais de Fiacre est, en dehors de lui, inconnu sur le continent.

 

Fiacre, patron des jardiniers, est un saint qui a joui d’une popularité exceptionnelle en France. On compte 522 statues de ce saint, généralement représenté avec une bêche, dont 229 antérieures au XVIIe siècle (Régine Pernoud, Les Saints au Moyen Âge - La sainteté d’hier est-elle pour aujourd’hui ?, Plon, Paris, 1984, p. 367). Dans la Somme, à Esclainvillers, le patron est Saint Fiacre. L'église possède sa satue et une relique : le bras de St Fiacre, mais il n'est plus visible au village. A Nevers (Nièvre), les jardiniers du bassin maraîcher de la Baratte, ont commémoré, en 2008, le tricentenaire de leur confrérie de Saint-Fiacre Local (la plus ancienne confrérie de la ville). C'est l'association Saint-Fiacre Loire-Baratte qui perpétue la tradition locale.

 

 

Sources : 1, 2

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Publié par Ingomer - dans Saints du jour
29 août 2022 1 29 /08 /août /2022 00:00
Polyptyque de sainte Sabine - Antonio Vivarini - Giovanni d'Alemagna  - 1443 Venise

Polyptyque de sainte Sabine - Antonio Vivarini - Giovanni d'Alemagna - 1443 Venise

Chrétienne, Sabine est martyrisée le 29 août 126 à Vindena en Ombrie (Italie) sous le règne de l'empereur Hadrien. En son honneur, trois siècles après son martyre, une riche Romaine fit élever sur ses terres, en 425, une basilique qui existe encore de nos jours.

Dame romaine, épouse de Valentin, homme de qualité, Sabine fut instruite de la foi chrétienne par une pieuse vierge, Séraphie. Après le martyre de celle-ci, elle en recueillit les reliques pour les ensevelir avec honneur.

On l'arrêta pour ce fait, et on la fit comparaître devant le juge Elpidius.

"Êtes-vous, lui dit le juge, cette Sabine de race noble et d'illustre alliance ?

'Oui, c'est moi, répondit-elle, et je rends grâces à mon Seigneur Jésus-Christ d'avoir été délivrée de la servitude des démons, par l'intercession de Séraphie, sa servante.'"

Le préfet essaya de diverses manières de la faire changer de sentiment ; mais voyant qu'il ne pouvait l'ébranler dans sa foi, il prononça la sentence à la peine capitale pour avoir méprisé les dieux. Les chrétiens ensevelirent son corps dans le tombeau où elle-même avait enseveli Séraphie, sa maîtresse dans la foi.

Sources: (1), (2)

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Publié par Ingomer - dans Saints du jour
29 août 2022 1 29 /08 /août /2022 00:00

Saint Jean-Baptiste est le dernier et le "plus grand des prophètes". C'est lui qui annonce aux Peuples la venue de Jésus. Il naît d'une mère stérile et âgée, Elisabeth, cousine de Marie. Il baptisa le Christ, dans les eaux du Jourdain et annonça un baptême non seulement par l'eau mais aussi de l'Esprit-Saint. On lui donne le nom de Saint Précurseur. L’Église fête sa nativité, aussi bien en Orient qu'en Occident le 24 juin, au moment du solstice d'été. Parmi les nombreux rites qui sont associés à cette fête, certains semblent venir directement des anciennes grandes fêtes celtes du solstice d'été, lorsque cette nuit était réputée surnaturelle, et les feux cérémoniels ("Il faut que lui - le Christ - grandisse et que moi je décroisse". Jn III, 30). La pratique des feux de la Saint-Jean reste très vivace dans de nombreuses villes et villages du monde occidental. Sa mort est célébrée le 29 août aussi bien en Orient qu'en Occident : c'est sa Décollation (ou décapitation).




 

Inspiré par l'Esprit de Dieu, Jean Baptiste se retira au désert pour mieux conserver son innocence et cultiver les dons extraordinaires dont il avait été favorisé. Il y vécut, depuis son enfance jusqu'à trente ans, dans la pénitence, la prière et la contemplation. Sa trentième année, il parut dans le monde pour y prêcher la pénitence et donner le baptême, qui en était le signe, d'où lui est venu le nom de Baptiste ou Baptiseur.

Déjà le Sauveur Lui-même avait reçu le baptême des mains de Jean-Baptiste, et celui-ci avait rendu à l'Agneau de Dieu les plus glorieux témoignages. La vie du Saint Précurseur touchait à son terme ; il ne lui restait plus qu'à sceller de son sang la divinité de sa mission. Hérode, gouverneur de la Galilée, menait une vie irrégulière avec Hérodiade, sa belle-soeur; saint Jean, à différentes reprises, blâma avec force un pareil scandale; aussi Hérodiade cherchait-elle l'occasion de se venger.

Depuis trois mois déjà, le courageux défenseur de la vertu était en prison; mais cette vengeance ne suffisait pas à une femme voluptueuse et cruelle. Un jour qu'Hérode, pour célébrer l'anniversaire de sa naissance, donnait un festin à tous les grands de sa cour, Salomé, fille d'Hérodiade, dansa devant le prince avec tant de grâce, qu'Hérode s'engagea par serment à lui donner tout ce qu'elle demanderait, fût-ce la moitié de son royaume. La jeune fille sortit et courut raconter à sa mère la promesse dont elle venait d'être l'objet: "Que dois-je demander? dit-elle à Hérodiade. – Demande la tête de Jean-Baptiste," répond la haineuse femme. Salomé vint aussitôt annoncer à Hérode le choix qu'elle avait fait. Hérode était plus corrompu que cruel; il regretta sa promesse, il fut attristé de la demande; mais il mit un fatal point d'honneur à ne pas manquer à sa parole devant toute l'assistance, et il envoya un garde trancher la tête de Jean-Baptiste; celui-ci vint présenter à la princesse, dans un bassin, la tête du martyr, qu'elle alla aussitôt montrer à sa mère. Quand cette nouvelle fut annoncée à Jésus, qui la connaissait déjà par Sa science divine, Il manifesta une profonde douleur.

Le crime ne resta pas impuni, car Hérode, vaincu par ses ennemis, perdit sa couronne et périt misérablement. La fin d'Hérodiade et de sa fille ne fut pas plus heureuse. Il est à remarquer que la plupart de ceux qui ont joué un rôle odieux, dans l'Évangile, ont subi dès cette vie le châtiment de leur impiété et de leurs crimes.

 

Décollation du Baptiste, Seconde moitié du XVe siècle, Stefano de Fedeli, Monza, cathédrale, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 510-511.

Décollation du Baptiste, Seconde moitié du XVe siècle, Stefano de Fedeli, Monza, cathédrale, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 510-511.


Sources: Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950. L'Evangile au quotidien; wapedia
 

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28 août 2022 7 28 /08 /août /2022 00:00

Si vous cherchez quelque lieu élevé, quelque endroit consacré,

Offrez à Dieu un temple dans votre intérieur,

Car le temps de Dieu est saint

et c'est vous qui êtes ce temple.

Vous voulez prier dans un temple, priez en vous-même.

Mais commence par devenir le temple de Dieu,

parce qu'il exaucera celui qui le prie dans son temple.

Saint Augustin, cité in Jean-Paul Bourré, Méditations chrétiennes, Presses du Châtelet, Paris 2004, p. 72.

Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 27.

Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 27.

Saint Augustin né à Tagaste en Afrique du nord en l'an 354, dans la province romaine de Numidie (aujourd’hui Souk-Arhas en Algérie), d’une mère chrétienne (Ste Monique) et d’un père païen, est compté parmi les plus grands intellectuels chrétiens. Il insista sur le rôle de la raison dans la foi.

Son éducation est entièrement tournée vers l’étude et la foi chrétienne. À 16 ans, il part à Carthage pour y parfaire son éducation. Là, il étudia la rhétorique et la philosophie et s'éloigna du christianisme pour suivre les principes du manichéisme. Il n’a pas 20 ans lorsqu’il prend une concubine avec laquelle il a un fils. Il enseigna la grammaire, la rhétorique et la philosophie à Tagaste, Carthage, Rome et Milan. Il eut alors l'opportunité d'entendre prêcher l'évêque Ambroise, ce qui l'amena à se convertir, et à recevoir le baptême en l'an 386.

Il est avant saint Thomas d'Aquin, le plus grand penseur chrétien. Il fut le marteau de toutes les hérésies de son temps, dont le manichéisme, le donatisme, le pélagianisme et à la fin de sa vie, l'arianisme. Ses innombrables ouvrages sont un des plus splendides monuments de l'intelligence humaine éclairée par la foi.

 

Le manichéisme

 

Mani (ou Manès), avait vécu au IIIe siècle. Il était né en Perse (sans doute vers 215). Son père, semble-t-il, appartenait à la secte judéo-chrétienne des Helchassaïtes, appelés encore Alexéites, qui professaient une sorte de dualisme où le feu était le symbole de la damnation et l'eau celui du salut.

La doctrine de Mani était constituée comme un syncrétisme, infiniment plus large et plus subtil que ceux dont le monde gréco-romain avait fait les essais. On y pouvait repérer des éléments chrétiens, pour la plupart hérétiques, issus du judéo-christianisme de sa jeunesse et des influences marcionites qui s'exerçaient en Mésopotamie; une forte dose de gnosticisme syro-chrétien de Satornil (Saturnin) et de Cerdon, au bouddhisme ou plutôt à la tradition panindienne, à laquelle il avait emprunté la doctrine de la transmigration des âmes et un sens de la nature qui paraît ses théories d'une poésie souvent exquise, le tout prenant pour soubassement l'antique dogme dualiste iranien, tel que Zoroastre l'avait mis au net mille ans plus tôt, le dogme de l'opposition entre deux dieux également forts, et également premiers, le dieu du Bien et le dieu du Mal, entre Ormuzd et Ahriman.

Recherchant constamment la vérité, Augustin lit en 373 l'Hortensius de Cicéron (traité aujourd'hui perdu), qui réveille en lui l'amour du savoir. Il lit aussi la Bible mais est rebuté par une traduction médiocre et des récits pleins d'immoralité. Il se tourne vers le manichéisme, religion soit-disant rationnelle, dans laquelle il demeure neuf ans, de 374 à 383.

En 375, enseignant la rhétorique et l’éloquence à Carthage, où il est logé chez un ami richissime, il est un rhéteur véhément qui milite en faveur de l'hérésie manichéenne et s'enivre des prestiges du luxe et des admirations faciles. Tiraillé par l'ambition et le dégoût, plus incertain qu'il ne veut paraître, il décide d'emmener sa famille à Rome en 383. N’y trouvant pas l’emploi qu’il avait espéré, il accepte d’aller enseigner à Milan.

En fait, l'état d'âme d'Augustin arrivant à Milan était celui d'un homme profondément troublé et qui souffrait d'un désaccord essentiel. Il a passé trente ans. Le manichéisme, système où il avait espéré trouvé la solution des grands problèmes, l'a déçu; et depuis une pitoyable rencontre avec le héraut de la secte, l'évêque Fauste de Milève, il en est déjà secrètement détaché (premiers doutes sur la solidité des conceptions manichéennes). En surface il est heureux; professeur écouté, personnage quasi officiel, locataire d'une agréable demeure, d'un beau jardin. Au fond de lui, il sait trop qu'il piétine et patauge.

Au sujet de la cause du mal, S. Augustin, dans ses Confessions nous dit que les manichéens "cherchaient le principe et l'origine du mal avec une malice si noire et si aveugle qu'ils aimaient mieux soutenir que votre substance divine était susceptible du mal, que d'avouer que la leur, faible et misérable, était capable de la commettre. [...] Mais je disais ensuite : 'Qui m'a créé? N'est-ce pas le Seigneur mon Dieu, qui non seulement est bon, mais la bonté même?'" (Livre VII, 3)

Dans le manichéisme, la création tout entière était le lieu de ce combat, elle était un mélange inextricable de bien et de mal. L'homme lui-même était divin, lumineux par l'âme, mais par le corps, opaque et porté vers le mal. Avec Mani, tout était simple. Il fallait aider le Bien contre le Mal, c'est-à-dire écarter de soi tout ce qui était matériel et diabolique.

Le manichéisme apparaissait comme une sorte d'anarchisme spirituel propre à désagréger tous les principes les plus solides de l'éthique et de la vie. Dans son expansion, il rencontra partout de terribles obstacles; partout il fut récusé comme hérésie et persécuté. L'Inde après quelques mois d'essais de pénétration s'en débarrassa. Il fut également chassé de Chine. En Turquie, les Kirghiz, ces stricts musulmans éliminèrent le dualisme manichéen. (DANIEL-ROPS, Histoire de l'Eglise du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965, p. 402-404.)

"Saint Augustin rapporte qu'ils (les manichéens) enseignaient que 'le péché n'est pas notre fait, mais l'œuvre en nous de je ne sais qu'elle substance étrangère.' Si bien que l'individu peut tout se permettre, tout en se trouvant "hors de faute". Il n'est pas responsable puisqu'il est agi par une force qui le domine. Situation infiniment confortable, quand on a fait quelque chose de mal", que de ne pas avoir à se dire qu'on en est l'auteur. (S. Augustin, Les Confessions, V.)" (Jean-Louis Harouel, Les Droits de l'Homme contre le peuple, Desclée de Brouwer, Paris 2016, p. 52.)

De même, alors que les païens grecs ou romains ordinaires s'abandonnaient volontiers au destin et au fatalisme, Saint Augustin prêchait le libre arbitre. (Cicéron avait déjà exprimé des vues quelque peu semblables à celles de saint Augustin). Jésus enseignait en effet que chaque individu devait répondre de ses erreurs morales précisément parce qu'elles étaient de mauvais choix. D'emblée le christianisme a enseigné que le péché est une affaire personnelle, qu'il n'est pas inhérent au groupe, mais que chaque individu doit avoir le souci de son propre salut. Les humains ont reçu la capacité, et par conséquent la responsabilité, de déterminer leurs propres actions.

À la différence des grecs et des Romains, dont les dieux manquaient cruellement de vertu et ne se souciaient pas des défaillances humaines, le Dieu chrétien est un juge qui récompense la 'vertu' et punit le 'péché'. Cette conception de Dieu est incompatible avec le fatalisme.

"Que toutes choses procèdent du destin, nous le le disons pas; nous affirmons au contraire que rien ne procède du destin." (La Cité de Dieu, livre V, ch. 9 in Rodney STARK, Le Triomphe de la Raison, Pourquoi la réussite du modèle occidental est le fruit du christianisme, Éditions Presses de la Renaissance, Paris 2007, p. 47-50.)

Pour lui, le savoir est un moyen de rencontrer Dieu. L’étude de l’univers ne peut que conduire à une appréciation plus haute de la sagesse de Dieu. Mais il place la foi au-dessus : elle prime la connaissance. L’homme a le libre choix entre le bien et le mal, mais pour faire le juste choix, il a besoin de l’aide divine et d’une foi forte.

Saint Augustin figuré dans ses vêtements épiscopaux, tenant à la main soit un livre (il est Père de l'Eglise et Docteur), soit un coeur enflammé, éventuellement percé de flèches, symbole de sa recherche de Dieu brûlante d'amour

Saint Augustin figuré dans ses vêtements épiscopaux, tenant à la main soit un livre (il est Père de l'Eglise et Docteur), soit un coeur enflammé, éventuellement percé de flèches, symbole de sa recherche de Dieu brûlante d'amour

J'aimais aimer.

Dieu s'est fait homme pour que l'homme devienne Dieu.

Sermon 128 (P. L. 39, col. 1997)

À l'automne 384, appuyé par ses amis manichéens, Augustin est nommé professeur de rhétorique à Milan. Il y admire la prédication de l'évêque S. Ambroise. C’est le début de sa conversion, mais il prend vite une nouvelle femme.

Poussé sans cesse par son bienheureux appétit de l'intelligence, Augustin lit Platon, Plotin, les traités néo-platoniciens qu'un ami lui prête dans les traductions latines de son compatriote, le rhéteur Victorin.

Les manichéens affirmaient que la matière avait été créée par un autre dieu, "un esprit qui n'a point été créé" par Dieu, "d'une autre nature" que celle de Dieu, et qui lui était "opposé". Cet esprit aurait "formé et produit toutes ces choses dans les plus basses parties du monde" (Confessions, Livre XXX). La matière était tenue pour vile. La rencontre d'Augustin avec le néoplatonisme lui fit d'abord connaître le paradigme de la lumière, qui descend d’en-haut pour éclairer les choses, et qui est ainsi un symbole de Dieu. C'est en lui une illumination. Il découvre la bonté fondamentale de tout être : l'Esprit existe en dehors de toute représentation ou matière (transcendance divine). Ce qui achève de balayer en lui les dernières traces manichéennes : en découvrant que toutes les choses ont en soi une transparence, elles peuvent pour ainsi dire, réfléchir la bonté de Dieu (le Bien), Augustin s’est "libéré du manichéisme dans lequel il vivait auparavant et qui le disposait à penser que le mal et le bien s’opposaient continuellement, en se confondant et en se mélangeant, sans avoir de contours précis. Comprendre que Dieu est lumière lui donna une nouvelle orientation dans l’existence, la capacité de reconnaître le mal dont il était coupable et de s’orienter vers le bien." (Cf. Lumen fidei, § 33)

Dans le cheminement de conversion d'Augustin, le platonisme lui fit découvrir le monde intelligible, ce qui lui permit de s'approcher du Verbe, et il s'exalte à la vision métaphysique d'un univers ordonné par lui et le manifestant :

 

"Je m'étonnais de t'aimer, mon Dieu, devait-il écrire à propos de cette période de sa vie. Toi et non plus un vain fantôme. Si je n'étais pas encore capable de jouir de Toi, j'étais emporté vers Toi, par ta beauté."

 

Par-dessus tout, dans cette jeune âme en quête, la promesse de Dieu était l'amour. Il y a dans des pages émouvantes, que le saint écrira plus tard de ses expériences juvéniles, un mot dont on ne peut exagérer la richesse et qui résume toute sa conversion : "J'aimais aimer..." Celui qui, méritera d'être dit le Docteur de l'Amour, celui dont la postérité résumera le message dans la célèbre formule: "Aime, et fais ce que tu veux!" Si l'amour de Dieu et du prochain pouvait être parfait en notre coeur, chacune de nos actions seraient d'une perfection infaillible.

 

Augustin découvre vite les limites de la métaphysique platonicienne. Du Dieu des idéalistes, il "n'est pas capable de jouir." Le mystère de l'Incarnation n'est pas loin...

 

Au printemps 385, sa mère Ste Monique le rejoint à Milan. Il commence à découvrir les beautés de la Bible. Début 386, il réfléchit sur le mystère du mal. En mai-juin, il découvre les "livres des platoniciens". Il lit les Lettres de S. Paul, consulte le théologien Simplicien, reçoit la visite de Ponticianus, qui lui fait connaître la Vie d'Antoine.

 

Il est soudainement frappé par la grâce le 15 août 386 dans le jardin de sa maison de Milan, alors qu’il explique à un de ses élèves la lutte intérieure qui le déchire. Il entend une voix d'enfant lui dire: "Tolle! Lege!" (Prends! Lis!) Il tombe sur le chapitre 13 de l'Épître aux Romains: "Ni ivresse, ni débauche, ni luxure... Revêtez au contraire le Seigneur Jésus Christ." Augustin raconte le moment de cette expérience concrète dans ses Confessions. Ce moment où se révèle le Dieu personnel de la Bible, capable de parler à l’homme, de descendre pour vivre avec lui et d’accompagner sa marche dans l’histoire, en se manifestant dans le temps de l’écoute et de la réponse. Trois ou quatre semaines plus tard, Augustin abandonne alors le monde. Il résigne ses fonctions et se retire dans un monastère à Cassiciacum, près de Milan, où il rédige ses premiers Dialogues et les Soliloques.

Je ne sais rien, si ce n'est qu'il faut mépriser les choses fragiles et périssables, pour chercher les choses certaines et éternelles. C'est ce que je fais, puisque là se réduit toute ma science.

Augustin, Soliloques

Augustin reçoit le baptême des mains de Saint Ambroise, à 33 ans, le jour de Pâques 387 (24 ou 25 avril), avec son fils de 14 ans, Adéodat et son ami Alypius.

Son premier soin est de dénoncer la fausse morale manichéenne et ses suspectes facilités dans le De Moribus. Puis ce furent à partir des livres de la Genèse, ses efforts pour expliciter les fondements de l'autorité. A l'automne 387, il a l'extase d'Ostie, puis c'est la mort de Monique.

En 388, il retourne en Afrique du Nord, où menant une vie monastique à Thagaste, il devient le défenseur de l’orthodoxie chrétienne, écrivant d’innombrables lettres et sermons contre les hérétiques de son temps et de nombreux traités de philosophie et de métaphysique.

En 391, Augustin est ordonné prêtre à Hippone (près de l'actuelle Annaba, sur la côte algérienne).

En 395, il est consacré évêque d’Hippone, où il passera le reste de sa vie, un règlement ecclésiastique interdisant le transfert des évêques. Il installe dans sa propre maison une petite communauté fraternelle dont l’exemple est à l’origine de la plupart des règles monastiques. 118 traités, 218 lettres, plus de 500 sermons, cette production mêlera Augustin aux grandes controverses de son temps. Rares sont les traités qui, comme l'ouvrage De la Trinité, demeurent en marge de ces débats.

Saint Augustin, 1464 environ, Pierro della Francesca, Lisbonne, musée national d'Art ancien, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 508-509.

Saint Augustin, 1464 environ, Pierro della Francesca, Lisbonne, musée national d'Art ancien, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 508-509.

Devenu évêque, il offre aux zélateurs de Mani des rencontres publiques où chacun des deux camps apportera ses arguments.

En 392, c'est la longue conférence - 48 heures de joute ! - où il écrase Fortunat sur le problème du mal; douze ans plus tard c'est celle où le savant manichéen Félix s'avoue vaincu et, sur-le-champ, se convertit.

 

En même temps, dans une suite de textes polémiques, Augustin réfute les grands ouvrages de la secte, les thèses d'Adimantus, les Fondements de Mani lui-même, le grand oeuvre que Faust de Milève vient de publier contre l'Écriture sainte et que l'évêque d'Hippone combat en rien de moins que trente-trois livres.

Parallèlement, pour opposer la vérité à l'erreur, ce sont les grands traités sur le Libre arbitre, la Nature du bien qu'Augustin dresse comme des bastions contre les entreprises de la "peste de l'Orient".

De cette bataille sévère, le manichéisme sortit épuisé. À la mort d'Augustin dans Hippone assiégée, le 28 Août 430 à l’âge de 76 ans, la fin de l'hérésie était proche. Au bénéfice du christianisme, l'oeuvre du saint aboutit à poser des bases définitives: situant exactement les rapports entre raison et autorité, définissant le mal - dans la grande perspective paulinienne - comme ce qu'il est, un déficit, une imperfection, une carence, mais non une réalité, affirmant que tout ce qui a été créé par Dieu est bon dans son essence. Du point de vue de la civilisation, il avait contribué à écarter la menace d'une doctrine qui ruinait les fondements de la vie collective, la morale, la famille, les échanges sociaux, la discipline.

Tombe de saint-Augustin à la basilique San Pietro in Ciel d'Oro à Pavie.

Tombe de saint-Augustin à la basilique San Pietro in Ciel d'Oro à Pavie.

Le donatisme

 

Dans la lutte contre ce qu'il appelait "le parti de Donat", il s'y lança avec une véhémence et une ténacité qui devait faire de lui, depuis les années 400 jusqu'à sa mort, le véritable chef de la lutte antidonatiste. Et quand le schisme hérétique, en fin de compte, s'effondra, son véritable vainqueur.

Né au début du IV siècle au lendemain de la persécution de Dioclétien sous prétexte que certains évêques avaient été "traditeurs" (c'est-à-dire avaient capitulé devant les agents impériaux et devaient être tenus pour indignes d'administrer les sacrements), le rigorisme donatiste avait tourné au schisme et à l'hérésie. Au schisme, car il avait aboutit à créer une contre-Église séparée de Rome; à l'hérésie, car les théologiens de la secte avaient soutenu que seuls les saints (ceux qui n'avaient pas apostasié) font partie de l'Église, les pécheurs en étant complètement proscrits. Le donatisme avait trouvé maintes complicités en Afrique.

Dégradée par une minorité de violents, l'Église qui s'intitulait "des saints", s'était, depuis 80 ans, acoquinée à des bandits violents, des malfaiteurs de toute sorte qui livraient aux catholiques une guerre sans merci. Vers 400, l'Église schismatique avait peut-être plus d'adeptes en Afrique que la véritable Église ! Pour persuader les chefs de la faction ennemie de leurs erreurs, Augustin leur proposa, comme il le fit pour les manichéens, des discussions publiques; moins intellectuels, la plupart se dérobent. Alors, c'est par écrit qu'il les combat, multipliant livres et traités où il expose leurs assertions, puis les démonte et les pulvérise.

La grande conférence de Carthage, où 286 évêques catholiques affrontent 279 donatistes, voit le penseur d'Hippone en venir à bout.

Quand finalement le gouvernement impérial ordonnera la suppression légale du donatisme et commencera à poursuivre ses adeptes, Augustin essaiera encore de rallier les schismatiques  désemparés pour les ramener à l'Église. Si dès lors, le parti de Donat s'effondre, pour disparaître tout à fait avant l'an 500, la plus grande part du mérite en revient à Augustin.

Le schisme donatiste était sectaire; orgueilleux, il prétendait à une sainteté exclusive. Augustin lui opposait l'image authentique de l'Église: elle est miséricordieuse à tous, même aux pécheurs, et ses membres les plus chers sont les humbles de coeur. Cette apologétique, née de la bataille, a gardé jusqu'à nous son prestige inentamé.

C'est dans une série de lettres, dont l'une des plus riches est la lettre 93 à Vincentius, que S. Augustin a rassemblé les arguments susceptibles de légitimer contre le schisme et l'hérésie l'appel au bras séculier. Certes, la foi et l'amour de Dieu sont des actes essentiellement libres; et l'on ne peut expressément n'y contraindre personne, mais l'État peut et doit punir les atteintes à l'épanouissement, à l'unité de l'Église chrétienne.

 

Le pélagianisme

 

La lutte donatiste était à son paroxysme quand une nouvelle hérésie surgit à la quelle Augustin eut encore à faire front. Le moine breton Pélage, à Rome, sous le pontificat d'Anastase (399-401) s'était mis à dénoncer les demi-convertis qui entouraient le sanctuaire, les chrétiens nominaux que le baptême ne changeait en rien.

Établi à Rome vers 400, Pélage développait l'idée que la transgression d'Adam n'avait affecté que lui, que tout homme naissait innocent et n'avait aucun besoin de la grâce divine pour s'établir durablement dans le bien. L'homme pouvait se sauver par ses propres forces. Attaquée violemment par Augustin, cette hérésie fut condamnée au concile oecuménique d'Ephèse (431).

Le moralisme dur, intransigeant et ascétique de Pélage, connut un vif succès, d'autant qu'il prêchait d'exemple, en des milieux profondément croyants. Le moine breton fut tenu pour une sorte de prophète. Sa doctrine se résumait dans une négation de la nécessité du baptême : Pélage proclamait la toute-puissance non pas de Dieu, mais de l'homme..., qui même quand il ne veut pas le bien et ne le fait pas, peut le faire par sa seule volonté, par ses propres forces naturelles. La grâce sanctifiante qui venait de Dieu n'était plus nécessaire. Par conséquent, la Rédemption perdait son sens de régénération de la mort à la vie. Un tel système ramenait la religion à un pur moralisme, niait l'utilité du sacrifice du Christ, rendait inutile toute prière... Si, seul, je puis me sauver, pourquoi prier ?

Cette déviation ne fut pas facile à discerner, car, par bien des traits, Pélage et les siens se présentaient en chrétiens remarquables. Dès qu'il eut été mis au courant, Augustin lui ne s'y trompa point.

 

"Avant même que je connusse les thèses de Pélage, mes livres les réfutaient", a-t-il écrit.

 

En 411, Augustin attaqua le pélagianisme et le fit d'abord condamner au concile de Carthage, le réfutant dans des traités qui deviendront célèbres sur les Mérites des pécheurs et le Baptême des enfants. Il lui oppose la vérité catholique dans ses grands ouvrages sur l'Esprit et la Lettre, la Nature et la Grâce.

 

Des longues luttes pélagiennes, l'Église sortit victorieuse, doctrinalement mieux armée.

 

L'idée centrale qu'Augustin développa fut l'apostrophe de saint Paul :

 

"Qu'avez-vous que vous n'ayez reçu?"

 

Grâce, bonnes oeuvres, foi même, tout n'existe que par le secours divin. Ce que nous faisons de bien, c'est Dieu qui le fait en nous. Ce sera la doctrine de S. François d'Assise.

Telle est la doctrine augustinienne de la Grâce, qui, bien comprise, ne porte nullement atteinte à la liberté humaine, car cette liberté est d'autant plus autonome que, se détournant des illusions de la terre, elle est plus abandonnée à la miséricorde et à la Grâce.

 

Le titre que souvent on donne à Augustin est celui de Docteur de la Grâce, un titre plus qu'amplement justifié !

 

L'arianisme

 

Dans les derniers temps de sa vie, S. Augustin a encore à faire face à l'hérésie arienne, qu'il a peu connue jusqu'alors en Afrique mais qui, lors de l'invasion vandale, s'identifie pour lui au péril barbare.

Augustin meurt le 28 août 430 dans Hippone assiégé par les Vandales.

Ses idées


Sa pensée est très marquée par le néo-platonisme, il ne voit aucune contradiction entre le christianisme et la philosophie de Platon. Il réconcilie le concept platonicien des "idées éternelles" avec le christianisme en considérant celles-ci comme partie intégrante du Dieu éternel. Il s’oppose cependant à la théorie cyclique de Platon. Pour Augustin, l’histoire est en mouvement, depuis un commencement vers une fin.
 

Deux formules résument sa pensée : « Crois pour comprendre. [...] Et [...] comprends donc pour croire. » (Sermon 43 in Les Plus Beaux Sermons de saint Augustin, réunis et traduits par Georges Humeau, t. I, p. 181-189. EA, 1986.)

Crois pour comprendre. [...] Tu disais : « J’ai besoin de comprendre pour croire » ; et moi : « Crois d’abord pour comprendre. » La discussion est engagée ; allons au juge ; que le prophète prononce ou plutôt que Dieu prononce par son prophète. Gardons tous deux le silence. Il a entendu nos opinions contradictoires ; « Je veux comprendre, dis-tu, pour croire » ; « Crois, ai-je dit, pour comprendre », et le prophète répond : « Si vous ne croyez pas, vous ne comprendrez pas. » (Is 7, 9)

[…] [E]n un sens, cet homme a dit vrai quand il a dit : « Je veux comprendre pour croire » ; et moi également je suis dans le vrai quand j’affirme avec le prophète : « Crois d’abord pour comprendre. » Nous disons vrai tous les deux : donnons-nous donc la main ; comprends donc pour croire et crois pour comprendre ; voici en peu de mots comment nous pouvons accepter l’une et l’autre ces deux maximes : comprends ma parole pour arriver à croire, et crois à la parole de Dieu pour arriver à la comprendre.

Sermon 43 in Les Plus Beaux Sermons de saint Augustin, réunis et traduits par Georges Humeau, t. I, p. 181-189. EA, 1986.

Philosophie et théologie doivent être distinguées mais elles sont associées. Toute la culture occidentale en dépend.

Tous les maîtres spirituels de l'Occident sont ses disciples et reconnaissent leur dette envers lui : Scot Erigène, Abélard, S. Anselme de Canterbury, S. Bernard, les Victorins, Maître Eckart et S. Thomas, son seul pair.

"Saint Augustin a pleinement anticipé le célèbre 'Je pense, donc je suis' de Descartes dans bien des passages de son œuvre, y compris celui-ci : 'Mais, sans aucune représentation illusoire d'images ou de fantasmes, je suis tout à fait certain que je suis, que je le sais et que je m'en réjouis. En raison de ces vérités, je ne crains nullement les arguments des platoniciens, qui disent : 'Et si vous vous trompez?', parce que si je me trompe, je suis. Car celui qui n'est pas ne peut pas se tromper; et si je me trompe, de ce fait même je suis. ... Et par conséquent, je me trompe pas non plus en sachant que je sais. Car, puisque je sais que je suis, je sais également ceci, que je suis." (Rodney STARK, Le Triomphe de la Raison, Pourquoi la réussite du modèle occidental est le fruit du christianisme, Éditions Presses de la Renaissance, Paris 2007, p. 49.)

 

Avant lui il y avait eu des essais, des tâtonnements souvent remarquables, tels ceux d'un S. Irénée, d'un Justin, la grande oeuvre d'Origène dont l'Église d'Orient s'était nourrie. Saint Augustin est le véritable initiateur de l'esprit théologique en Occident. La théologie qu'il conçoit a pour but de "produire, nourrir, défendre et affirmer la loi salutaire qui mène au vrai bonheur." Même si, formellement, la théologie date du Moyen Âge, elle n'eût jamais existé sans ses pénétrantes intuitions. Toutes les grandes idées politiques aussi bien sur l'unité de l'Europe (la Chrétienté), les droits et les devoirs des gouvernants, la guerre et sa légitimité (défense contre l'agresseur, mais cette guerre même entre dans les conséquences du péché car "la paix n'appartient-elle pas au seul bonheur éternel?"), les rapports de l'Église et de l'État, les bases de la distinction des pouvoirs temporel et spirituel, toutes les conceptions sociales sur l'esclavage, l'argent, la condamnation de l'usure, le travail et bien d'autres sujets, sont présentes dans leurs principes, dans la Cité de Dieu.

 

L'accord nécessaire entre l'Église et l'État induit aide et protection de l'Église par l'État. L'Église a droit à cette protection, alors que les faux cultes ne peuvent réclamer semblable faveur.

Saint Augustin, proclame avec force qu'il n'y a pas de res publica quand la vraie justice, la justice du Christ, est absente : « Ubi justitia non est, non est republica » (Cité de Dieu, XIX,21 in Jacques Chevalier, De saint Augustin à saint Thomas d'Aquin: Histoire de la pensée, Préface de Serge-Thomas Bonino, Collection Philosophie européenne dirigée par Henri Hude, Editions Universitaires, vol. 3, 1992, p. 70.)

 

 

La tolérance pratique d'un culte non catholique est bonne car pour l'extension du règne du Christ, S. Augustin compte plus sur le pouvoir de la vérité que sur l'appui de César. La question se posa quand face aux violences donatistes, l'État impérial fut amené à sévir. La tolérance a des limites si la paix sociale est troublée (aujourd'hui on dit "s'il y a trouble à l'ordre public", notion tout droit héritée de cette idée augustinienne), si la loi est insultée, des rigueurs peuvent s'imposer : concrètement, S. Augustin approuvera les mesures contre les donatistes (Giovanni Papini a fait remarquer que le donatisme annonçait par certains aspects le luthéranisme) mais jamais il ne demandera que l'on convertisse personne de force. Et cette intervention du pouvoir a des limites: S. Augustin dit formellement qu'elle ne doit jamais aller jusqu'à la peine de mort, au moins entre chrétiens, et qu'elle doit être précédée d'une recherche charitable des terrains d'entente. "La liberté de l'erreur est la pire mort de l'âme", mais la violence n'est pas bonne aux yeux de Dieu. Les bûchers du Moyen Âge se réclameront de la doctrine augustinienne du "bras séculier", mais lui ne les a jamais justifiés, même par avance.



Augustin a posé les fondements de la culture chrétienne.  Il "a formé l'intelligence de l'Europe chrétienne", écrira le Bx cardinal Newman.

Saint Augustin n'a pas fondé d'ordre mais a écrit une Règle dont s'inspirent de nombreux religieux, qualifiés d'"Augustins", comme les chanoines réguliers de Saint-Augustin, l'Ordre de Saint Augustin, les Grands Augustins, les Récollets, les Assomptionnistes, et des congrégations féminines (comme les Visitandines), très nombreuses.

Œuvres principales

Son
œuvre est immense, il écrivait sans relâche, lettres, traités et sermons pour défendre sa conception du christianisme.

- Les Confessions racontent sa jeunesse et sa conversion. Composées vers 397-400, elles ont connu en Occident un succès immédiat, et inouï. Certes, divers penseurs avaient déjà eu l'idée de raconter par quel itinéraire ils s'étaient approchés de la vérité (S. Justin au IIe siècle; S. Hilaire dans la préface de son traité De la Trinité, au milieu du IVe siècle), mais cette trame de la quête du vrai n'avait jamais permis le surgissement d'un ouvrage d'une ampleur et d'un éclat comparable à ceux des Confessions. Saint Augustin, alors âgé de près de 45 ans, avait reçu le baptême une dizaine d'années plus tôt.

- Contre Fauste le manichéen, composé entre 398 et 404.

-De la Trinité (399-422), est avec la Somme de S. Thomas d'Aquin, un des deux môles de la spéculation chrétienne où S. Augustin appelle toutes les connaissances à l'aide, et la métaphysique et la psychologie, et l'acquis de Platon et d'Aristote, et toute l'érudition scripturaire, pour placer l'intelligence humaine en face du mystère qui passe toute intelligence.

- La Cité de Dieu (De Doctrina christiana) (13-427), une réflexion théologique sur l'histoire, est le texte fondamental de S. Augustin, qui définit pour longtemps les exigences et les limites d’une culture chrétienne, en justifiant le christianisme dans l’histoire et par l’histoire. La Cité de Dieu est la communauté universelle des vertueux, où séjournent Dieu, ses anges et tous les saints, ainsi que tous les hommes intègres sur terre. Saint Augustin oppose la Cité de Dieu à la Cité terrestre, décrit sa vision "des commencements et des fins" de ces deux cités, "les deux cours contraires suivis par la race humaine depuis ses origines, celui des fils de la chair et celui des fils de la promesse". Tout s’achève par la perfection, la glorification et l’apothéose de la cité de Dieu, qui n’est pas de ce monde.

Dans cet ouvrage, Augustin fait l'éloge de Théodose Ier (V 26, 1) en utilisant des sources écrites et des récits de témoins oculaires (Yves-Marie DUVAL, L'éloge de Théodose dans la Cité de Dieu. Sa place, son sens et ses sources, Recherches augustiniennes, IV 1966, p. 135-179)

-  De la nature et de la Grâce (415)

- De la Grâce du Christ et du péché originel

- Du Mariage et de la concupiscence (418)

- Contre Julien (théologien pélagien), Enchiridion (421-422)

- De la grâce et du libre arbitre (425)

- Du don de la persévérance (429)

- 113 traités sur tous les domaines (Sur la musique, par exemple).

- Quelque 218 lettres (correspondances avec des évêques, laïcs, ministres, empereurs).

- Près de 500 sermons et petits traités de théologie morale Sur le mensonge, Sur le jeûne, Sur le culte des morts, etc.

- Innombrables commentaires des Écritures (on a retrouvé des traces de commentaires de 42 816 versets).

- Dialogues sur la philosophie de Platon.

- Essais sur la religion romaine antique.


Citations

 

  • Par nature, l’homme n’a pas de pouvoir sur l’homme.
  • Notre coeur est inquiet tant qu’il ne trouve pas le repos en Dieu.
  • Crois pour comprendre. Et comprends pour croire.
  • [Douter], c’est croire implicitement à l’existence de la vérité et en désirer la connaissance.
  • La bonne volonté est l’oeuvre de Dieu, la mauvaise volonté est de s’éloigner de l’oeuvre de Dieu.
  • Nulle part le mal n'est une substance, il n'est que la privation du bien. (Cité de Dieu, II, 22)
  •  

PROTECTEUR: des imprimeurs et des théologiens.

NOM: dérivé du latin, il signifie "vénérable", "auguré".

Sources : (1) ; (2); (3) Oeuvres complètes de saint Augustin; (4) Daniel-Rops, Histoire de l'Eglise du Christ, tome III L'Eglise des temps barbares, Librairie Arthème Fayard, Editions Bernard Grasset, Paris 1965, p. 18, 20, 29, 35-39, 41, 45, 51. (5) L'Etat chrétien comme dépassement, in Michel VILLEY, La Formation de la pensée juridique moderne, Texte établi, révisé et présenté par Stéphane RIALS, Quadrige PUF, Mercuès 2006, p. 130 ; (6) Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 508-509 ; (7) Pascal-Raphaël Ambrogi, Dictionnaire culturel du christianisme, le sens chrétien des mots, Honoré Champion Editions, Paris 2021.

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Publié par Ingomer - dans Saints du jour
27 août 2022 6 27 /08 /août /2022 21:20
https://www.bfmtv.com/politique/elysee/ukraine-macron-denonce-l-attaque-brutale-de-poutine-et-appelle-les-francais-a-accepter-de-payer-le-prix-de-la-liberte_AD-202208190489.html

https://www.bfmtv.com/politique/elysee/ukraine-macron-denonce-l-attaque-brutale-de-poutine-et-appelle-les-francais-a-accepter-de-payer-le-prix-de-la-liberte_AD-202208190489.html

Suite au discours martial d'Emmanuel Macron à Bormes-les-Mimosas le 19 août, il faut dire que ce n'est pas le prix de la liberté c'est le prix d'un jeu géopolitique joué par nos dirigeants depuis 2014. Nos dirigeants sont responsables d'avoir suivi les Etats-Unis dans les sanctions anti russes, ils n'ont pas vu ou n'ont pas prévu les conséquences des sanctions anti russes en matière d'énergie (explosion des prix de l'énergie, pétrole, gaz, électricité, pénurie d'énergie cet hiver, sous-investissement dans le nucléaire, réacteurs nucléaires fermés.)

Nos dirigeants, à commencer par le premier, doivent être les seuls à "payer le prix" de leurs erreurs. Ce n'est pas aux Français à "payer le prix de la liberté".

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27 août 2022 6 27 /08 /août /2022 00:00
Sainte Monique, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 146

Sainte Monique, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 146

A l'heure où sont trop oubliés les devoirs de la jeune fille, de l'épouse et de la mère chrétiennes, il est utile de rappeler les vertus de cette admirable femme. Ce que nous en savons nous vient de la meilleure des sources, son fils Augustin.

Monique naquit à Tagaste, en Afrique, l'an 332. Grâce aux soins de parents chrétiens, elle eut une enfance pure et pieuse, sous la surveillance sévère d'une vieille et dévouée servante. Encore toute petite, elle aimait aller à l'église pour y prier, elle cherchait la solitude et le recueillement; parfois elle se levait même la nuit et récitait des prières. Son coeur s'ouvrait à l'amour des pauvres et des malades, elle les visitait, les soignait et leur portait les restes de la table de famille; elle lavait les pieds aux pauvres et aux voyageurs. Toute sa personne reflétait la modestie, la douceur et la paix. A toutes ces grâces et à toutes ces vertus, on aurait pu prévoir que Dieu la réservait à de grandes choses.

Dieu, qui a ses vues mystérieuses, permit cependant qu'elle fût donnée en mariage, à l'âge de vingt-deux ans, à un jeune homme de noble famille, mais païen, violent, brutal et libertin, presque deux fois plus âgé qu'elle, et dont elle eut beaucoup à souffrir, ainsi que de sa belle-mère.

Dans cette situation difficile, Monique fut un modèle de patience et de douceur; sans se plaindre jamais, elle versait en secret les larmes amères où se trempait sa vertu. C'est par ces beaux exemples qu'elle conquit le coeur de Patrice, son époux, et lui obtint une mort chrétienne, c'est ainsi qu'elle mérita aussi de devenir la mère du grand saint Augustin.

Monique, restée veuve, prit un nouvel essor vers Dieu. Vingt ans elle pria sur les débordements d'Augustin, sans perdre courage et espoir. Un évêque d'Afrique, témoin de sa douleur, lui avait dit: "Courage, il est impossible que le fils de tant de larmes périsse!" Dieu, en effet, la récompensa même au-delà de ses désirs, en faisant d'Augustin, par un miracle de grâce, l'une des plus grandes lumières de l'Église et l'un de ses plus grands Saints.

Monique, après avoir suivi Augustin en Italie, tomba malade à Ostie, au moment de s'embarquer pour l'Afrique, et mourut à l'âge de cinquante-six ans. Augustin pleura longtemps cette mère de son corps et de son âme. Le corps de sainte Monique a été transporté à Rome dans l'église de Saint-Augustin, en 1430. Cette femme illustre a été choisie comme patronne des mères chrétiennes. 
Elle est invoquée pour favoriser le bon déroulement d'un accouchement et est la protectrice des mères et des veuves.

Les fouilles du XIXe siècle à Ostie ont retrouvé la plaque de marbre commémorative de Monique.

 

Sources: (1); (2); (3) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 146.

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25 août 2022 4 25 /08 /août /2022 00:00

Le règne de Saint Louis était associé à un âge d'or de justice et de paix, sans impôt et sans mutation monétaire.

Boris BOVE, 1328-1453, Le Temps de la Guerre de Cent ans, Folio, Histoire de France, Trebaseleghe, Italie, 2020, p. 195

Saint Louis, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011.

Saint Louis, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011.

         

 

Fils du roi de France Louis VIII le Lion et de la reine Blanche de Castille, Louis naît au château de Poissy, le 25 avril 1214. ... quelques semaines avant la grande victoire des troupes françaises sur celles du Saint-Empire et de l'Angleterre à Bouvines.

Son grand-père, Philippe Auguste, lui enseigne : "Protège les Pauvres, ils te protégeront".

 

44e roi de France, Louis IX a également régné 44 ans. Il frappé ses contemporains par son sens de la justice, sa profonde piété, sa révérence devant Dieu, sa grande charité envers les pauvres, et pour les non-croyants, sur le respect du prochain ; Saint-Louis représentait la paix et le respect du voisin. 

"Reconnu pour son style de vie modéré, sa raison, sa bravoure et sa politesse chevaleresque, il était un magnifique chevalier dont la gentillesse et la manière engageante le rendaient populaire. Il était considéré comme le dirigeant chrétien idéal. Il punissait sévèrement le blasphème, les jeux de hasard, les prêts rémunérés (usure) et la prostitution.

Il priait  huit heures par jour, lavait les pieds des pauvres, accueillait les lépreux à sa table et bâtit des hôpitaux pour les aveugles. (La Marche de l'Histoire, n° 34, Trimestriel / octobre / décembre, 1270-2020, Mort de Saint Louis, 750 ans, p. 26.)

Il est le seul roi canonisé de France.

"Son règne est resté dans les mémoires comme un âge d'or médiéval dans lequel le Royaume de France a atteint un sommet économique et politique.

"Il a interdit les procès par épreuve, tenté d'empêcher les guerres privées, et a introduit la présomption d'innocence dans la procédure pénale. Pour faire appliquer l'application de ce nouveau système juridique, Louis IX a créé les prévôts et des huissiers de justice." (Spécial Histoire, n° 5, Trimestriel, Septembre - octobre - novembre 2020, p. 18-19.)

Roi pacifique doté d'un sens politique très sûr, il règle les sources de conflit en France et en Europe; Sa vertu le faisait regarder comme l'arbitre des princes d'Europe.

Son plus grand souci était de pacifier, de réconcilier les ennemis et d'éteindre les conflits, en particulier entre la France et l'Angleterre. Très rapidement, son tempérament de médiateur lui vaut de nombreuses sollicitations aux quatre coins de l'Europe - voilà qu'on le surnomme l'Apaiseur.

En 1234, quand Louis atteignit sa majorité, les Capétiens avaient développé des liens personnels étroits avec les cours royales de Castille et d'autres royaumes ibériques. 

En 1240, il est appelé à trancher un différent entre l'empereur Frédéric II et le pape.

Quelques années plus tard, il mit fin au grave et difficile contentieux qui opposait les prétendants aux comtés de Flandre et de Hainaut; il négocia avec les Mongols et sécurisa des alliances diplomatiques bienvenues; même l'aristocratie anglaise, fraîchement rabibochée avec son homologue d'Outre-Manche, vient lui demander conseil.

En 1258, par le traité de Corbeil avec Jacques d'Aragon, les deux nations renoncent mutuellement à toute prétention territoriale.

En 1259 au traité de Paris, aussi appelé traité d'Abbeville, Henri III Plantagenêt, roi d'Angleterre (1216-1272) échange la possession de larges domaines dans le Sud-Ouest contre la reconnaissance de la souveraineté française sur l'ensemble du Royaume

Saint Louis, Roi de France (1214-1270), Patron des Armées françaises
Saint Louis, Roi de France (1214-1270), Patron des Armées françaises

"Louis IX met fin à ce que nombre d'historiens appellent 'la première guerre de Cent Ans' (elle avait commencé par le mariage versatile d'Aliénor d'Aquitaine en 1152) : le traité d'Abbeville entérine la paix avec l'Angleterre d'Henri III." (La Marche de l'Histoire, n° 34, Trimestriel / octobre / décembre, 1270-2020, Mort de Saint Louis, 750 ans, p. 25-26.)

Il mit en œuvre dans le gouvernement français une justice impartiale, la protection des droits de ses sujets, des peines sévères pour les fonctionnaires royaux abusant de leur pouvoir, et prit une série d'initiatives pour aider les pauvres.

Le souci de justice dans sa forme la plus fondamentale (rendre à chacun son dû) revient constamment dans les propos de Louis.

Saint Louis rendant la justice sous le chêne de Vincennes, Par Pierre-Narcisse Guérin, 1816

Saint Louis rendant la justice sous le chêne de Vincennes, Par Pierre-Narcisse Guérin, 1816

Maintes fois en été, le roi alla s'asseoir au bois de Vincennes après sa messe; il se plaçait sous un chêne et nous faisait asseoir autour de lui. Il demandait alors de sa proche bouche: "Y a t-il ici quelqu'un qui ait un procès ?" Et tous ceux qui en avaient se levaient. Il disait alors : "Taisez-vous tous et on réglera vos affaires l'une après l'autre."

Jean de Joinville, Vie de Saint Louis

"Entre 1254 et 1258, fraîchement rentré de croisade, il fait publier la Grande ordonnance qui stipule que "nul ne sera privé de son droit sans faute reconnue et sans procès." À ce titre, le roi interdit le blasphème, les jeux de dés et de hasard, la prostitution, la fréquentation des tavernes et les prêts à intérêts (usure). 

"La procédure judiciaire évolue également : les ordalies sont bannies (1261), on introduit des témoins lors des procès, on déploie aussi des enquêtes approfondies qui permettent de faire la lumière sur les crimes et délits.

"Si la plupart de ces mesures sont respectées, les tavernes du royaume, normalement réservées aux voyageurs, continueront de faire recette auprès du peuple malgré les avertissements royaux. "Ses conseillers, écrit Gérard Sivéry, ont réussi à lui faire admettre qu'il était préférable de limiter et de surveiller ce qu'on ne pouvait empêcher." (La Marche de l'Histoire, n° 34, Trimestriel / octobre / décembre, 1270-2020, Mort de Saint Louis, 750 ans, p. 32.)

La refonte du système judiciaire s'accompagne d'une "collecte" de plaintes de ses sujets à travers le royaume. Louis IX dépêche une armée d'enquêteurs pour aller à la rencontre du peuple et recueillir ses doléances. Plus de dix mille d'entre elles sont rassemblées et convergent sur Paris à partir de 1247. Cela permet de constater que baillis et sénéchaux font perdurer localement des inégalités particulièrement cruelles. Une leçon que le roi tient à transmettre à son fils : "Prends garde diligemment qu'il y ait bons baillis et bons prévôts en ta terre, et fais souvent prendre garde qu'ils fassent bien justice et qu'ils ne fassent à autrui tort ni des choses qu'ils ne doivent."

"En 1259, l'affaire Enguerrand de Coucy donne le ton : ce dernier, un seigneur sans scrupule des Flandres, a fait pendre trois braconniers surpris sur ses terres. Le clergé local s'insurge. Louis IX s'empare de l'affaire et fait emprisonner l'intéressé au château du Louvre. Finalement pardonné, il sera condamné à payer 10 000 livres de compensation - une véritable fortune pour l'époque." (La Marche de l'Histoire, n° 34, Trimestriel / octobre / décembre, 1270-2020, Mort de Saint Louis, 750 ans, p. 31-32.) Cette somme fut employée à construire l’hôpital de Pontoise, le cloître et les écoles des Dominicains de la rue Saint-Jacques et l’église des Cordeliers de Paris.

La galerie Saint Louis dans la Cour de Cassation de Paris. Saint Louis a traversé les âges en conservant son image de roi justicier.

La galerie Saint Louis dans la Cour de Cassation de Paris. Saint Louis a traversé les âges en conservant son image de roi justicier.

Soucieux de laisser la parole au peuple, le roi saint assiste aux assises du Parlement et fait "appeler ceux qui ont des affaires à lui soumettre et il fait ouïr les plaids par ses chevaliers et par ses clercs." (Guillaume de Saint-Pathus, cité dans La Marche de l'Histoire, n° 34, Trimestriel / octobre / décembre, 1270-2020, Mort de Saint Louis, 750 ans, p. 34.)

Ses dîners quotidiens étaient partagés avec de nombreux mendiants Parisiens qu'il invitait à la table royale. De nombreux soirs, il ne les laissait pas partir sans leur avoir lavé les pieds. Il payait sur ses deniers pour nourrir plus de 100 pauvres Parisiens chaque jour. Ses soins aux malades étaient tout aussi émouvants ; il s'occupait fréquemment des lépreux.

Il créa un certain nombre d'hôpitaux, dont un pour les aveugles et un autre pour les ex-prostitués".

Chaque samedi, il lavait les pieds de trois pauvres, servait leur repas et mangeait lui-même leurs restes.

Louis fut baptisé à Poissy, et en conserva toujours religieusement le souvenir, car plus tard il signait ordinairement Louis de Poissy, marquant par là qu'il estimait la grâce du baptême comme son plus glorieux titre de noblesse.

Sa mère, Blanche de Castille, voulut le nourrir elle-même. Tout le monde connaît la belle parole de cette grande reine : « Mon fils, je vous aime après Dieu plus que toutes choses; cependant, sachez-le bien, j'aimerais mieux vous voir mort que coupable d'un seul péché mortel. »

Blanche de Castille et Louis IX, détail d'une miniature de la Bible moralisée de Tolède, 1240.

Blanche de Castille et Louis IX, détail d'une miniature de la Bible moralisée de Tolède, 1240.

Neuvième des capétiens directs, Louis est sacré à Reims à l'âge de douze ans, quelques jours seulement après l'enterrement de son père.

Le jeune Louis montra dès son enfance les grandes vertus qu'il devait faire éclater sur le trône, l'égalité d'âme, l'amour de la justice et une tendre piété.

Comme on lui reprochait quelques fois de donner trop de temps aux pieux exercices, le jeune roi philosophe : "Les hommes sont étranges, on me fait un crime de mon assiduité à la prière; on ne me dirait mot si j'employais les heures que j'y passe à jouer aux jeux de hasard, à courir la bête fauve, ou à chasser aux oiseaux." (La Marche de l'Histoire, n° 34, Trimestriel / octobre / décembre, 1270-2020, Mort de Saint Louis, 750 ans, p. 24.)

Saint Louis, Tableau Médaillon, 2e étage Cour de Cassation, Paris

Saint Louis, Tableau Médaillon, 2e étage Cour de Cassation, Paris

Devenu roi, il voulut établir avant tout le règne de Dieu, auquel sont indéfectiblement liés le Roi et la France. Il s'appliqua plus que jamais à faire de la France un royaume puissant et chrétien. On connaît sa loi condamnant les blasphémateurs à subir aux lèvres la marque d'un fer rougi au feu.

Un des plus beaux jours de sa vie fut celui où il alla au-devant des religieux qui apportaient d'Orient la sainte Couronne d'épines, et la porta, pieds nus, dans sa capitale.

Saint-Louis fonda des hôpitaux et des monastères. Il réalisa son grand projet : construire la Sainte-Chapelle comme une châsse de lumière et de vitraux destinée à recueillir les saintes reliques, surtout la Couronne d'épines. Il donna à sa soeur, la bienheureuse Isabelle de France, le terrain de Longchamp pour y fonder une abbaye de religieuses de Sainte-Claire. « Si je dépense beaucoup d’argent quelquefois, j’aime mieux le faire en aumônes faites pour l’amour de Dieu que pour frivolités et choses mondaines. Dieu m’a tout donné ce que j’ai. Ce que je dépense ainsi est bien dépensé. » (Saint Louis au sire de Joinville)

À vingt ans, il épousa Marguerite de Provence et leur amour sera tendre et fidèle. Saint Louis fut aussi un modèle du pur amour conjugal; il avait fait graver sur son anneau cette devise: "Dieu, France et Marguerite."

À la suite d'une méchante fièvre contractée dans les marais de Saintonge, à l'ouest du royaume en 1244, maladie mortelle, guéri miraculeusement, Louis obéit à une inspiration du Ciel qui l'appelait aux Croisades.

Jérusalem avait été reprise en 1229 sous la gouvernance de Frédéric II.

 

Quand il partit pour délivrer la Terre Sainte au port d'Aigues-Mortes à la tête de 10 000 fantassins, 5000 écuyers et 2500 cavaliers le 25 août 1248, il s'embarqua avec son épouse Marguerite de Provence, et toujours l'ami Joinville. Il marchait sur les pas de ses aïeux, Louis VII et Philippe Auguste.

On le vit, dans ces luttes gigantesques, qui avaient pour but la libération des Lieux Saints, faire des actes de bravoure qui le mettaient au rang des plus illustres guerriers. On se tromperait en croyant que le bon et pieux roi n'eût pas toute la noble fierté qui convenait à son rang.

Les Sarrasins, qui le retinrent longtemps captif, après une désastreuse campagne, eurent lieu d'admirer sa grandeur d'âme, sa foi et son courage. Lui demandant de fixer le prix de sa rançon pour sa libération, il leur répondit de s'enquérir auprès de sa femme qui seule décidait de l'engagement des dépenses ! L'épisode est narré par Joinville, il est ainsi rapporté par Régine Pernoud :
 
"Quand ils virent (les 'Sarrasins'), qu'ils ne pourraient vaincre le bon roi par les menaces, ils revinrent à lui et lui demandèrent combien il voudrait donner d'argent au sultan et avec cela, s'il leur rendrait Damiette. Et le roi leur répondit que, si le sultan voulait prendre de lui une somme raisonnable de deniers, il manderait à la reine qu'elle les payât pour leur délivrance; et ils dirent : 'Comment est-ce que vous ne voulez pas dire que vous ferez ces choses ?' (Pourquoi ne voulez-vous pas vous y engager vous-même ?) Et le roi répondit qu'il ne savait si la reine le voudrait faire, pour ce qu'elle était sa Dame."
 
Une fois libéré (le 6 mai 1250), Louis fit un pèlerinage en Terre Sainte et appela ses sujets à le rejoindre mais renvoya ses frères Alphonse de Poitiers et Charles d'Anjou en France afin qu'ils épaulassent leur mère, qui exerçait la régence. Le reste de son séjour en Terre-Sainte est employé à des fins diplomatiques : il prit contact avec les Mongols et les Ismaïliens, renforça les défenses de Jaffa, Acre, Tyr et Sidon.
 
Mais, au printemps 1253, alors qu'il était à Sidon, il apprit la mort de sa mère, survenue le 27 novembre 1252. Après plusieurs jours d'un grand deuil, il conclut qu'il devait rentrer et le 24 ou 25 avril 1254, Louis rembarqua d'Acre pour la France. Le 10 juillet, il débarqua aux Salins-d'Hyères où il demanda à rencontrer le frère Hugues de Digne. Partant de Hyères, le roi se rendit à Aix-en-Provence pour un pèlerinage dédié à Marie Madeleine, puis entra en France par Beaucaire et, après plusieurs arrêts dans différentes villes de France, déposa l'oriflamme et la croix à Saint-Denis. Il fit son entrée à Paris le 7 septembre 1254, où il fut particulièrement bien accueilli par le peuple.
 
Rentré dans son royaume, il y entreprit de grandes réformes, en particulier l'interdiction du duel judiciaire.

Son royaume connut une période de plein développement culturel, intellectuel et théologique. Saint Louis aimait recevoir à sa table saint Bonaventure et saint Thomas d'Aquin. Avec Robert de Sorbon, fils de paysan devenu docteur qui s'est fait remarquer par le roi en militant pour l'accès à l'éducation des enfants pauvres, il fonda la Sorbonne (1253). Des milliers de démunis 
assistent au triomphe de la littérature française, à la dissection méthodique des oeuvres de Chrétien de Troyes, aux récits chevaleresques de la quête du Graal, au mécénat des arts, à l'érection des cathédrales. (La Marche de l'Histoire, n° 34, Trimestriel / octobre / décembre, 1270-2020, Mort de Saint Louis, 750 ans, p. 26.) 
 
Il suivit avec attention l'achèvement de la cathédrale Notre-Dame et surtout les grandes rosaces (1255) et les porches.
 
Mais il rêvait de retourner en Terre Sainte, et de convertir le sultan d'Egypte. Cette fois-ci, son fidèle Joinville, décida de ne pas le suivre : "Je considérai que tous ceux qui lui conseillèrent ce voyage firent un péché mortel, parce que, au point où en était la France, tout le royaume était en bonne paix à l'intérieur et avec tous ses voisins; et, depuis qu'il en est parti, l'état du royaume ne fit qu'empirer."
 
Il n'ira pas plus loin que Carthage, l'actuelle Tunis. La maladie eut raison de lui; c'était le lundi 25 août 1270, vers trois heures de l'après-midi, "il rendit son esprit à notre créateur à l'heure même où le Fils de Dieu mourut sur la croix pour le salut du monde." (Jean de Joinville, Vie de Saint Louis, éd. Jacques Monfrin, Classiques Garnier, 1995, rééd. Classiques jaunes, 2019, p. 372-375.)
 
La paix fut négociée avec l'émir de Tunis le 30 octobre, tandis qu'on s'activait au retour de la dépouille du roi; Édouard Ier, arrivé d'Angleterre, s'enlisera deux ans supplémentaires dans cette ultime croisade.
 
Des enquêtes en 1282-1283 sur les miracles produits sur le tombeau du roi voient 300 personnes témoigner. (Jacques Le Goff, Saint Louis, Paris, éditions Gallimard, coll. Bibliothèque des histoires, 1996.)
 
Il est canonisé par Boniface VIII en 1297 sous le nom de "Saint Louis de France". 
 
Son tombeau disparaît vers 1420, sans doute détruit et fondu par les armées anglaises d’Henri V ou du duc de Bedford.
 
Deux analyses  scanner, carbone 14, microscope – de sa mâchoire menées au XXIe siècle en 2015 et 2019 ont révélé que le saint roi a succombé au scorbut et non à la peste ou à la dysenterie. (Marie Privé, Peste, scorbut, dysenterie… De quoi est vraiment mort Saint Louis ?, Geo.fr, 28 juin 2019)

Saint-Louis ChateaucurzayPrière de St Louis

 

Dieu Tout-Puissant et éternel,

 

Qui avez établi l'empire des Francs pour être dans le monde

 

L'instrument de vos divines volontés,

 

Le glaive et le bouclier de votre sainte Eglise,

 

Nous vous en prions, prévenez toujours et partout de votre céleste lumière,

 

Les fils suppliants des Francs,

 

Afin qu'ils voient ce qu'il faut faire pour réaliser votre règne en ce monde,

 

Et que pour accomplir ce qu'ils ont vu,

 

Ils soient remplis de charité, de force et de persévérance,

 

Par Jésus-Christ Notre-Seigneur.

 

Amen

 

 

Oraison tirée d'un missel Carolingien,

 

Prière favorite du Père de Foucauld,

 

Prière officielle des scouts de France.

Saint Louis, Roi de France (1214-1270), Patron des Armées françaises

Statue de Saint Louis, par Albert-Marius Patrisse (1892-1964), collégiale de Poissy, lieu de baptême et de naissance de S. Louis.

 

Une statue du roi de France Louis IX, connu sous le nom de Saint Louis a été érigée devant la collégiale de Poissy en 1951 en remplacement de la statue de Meissonier fondue par les Allemands en 1941.

 

La statue de Saint Louis a été réalisée par le sculpteur Albert-Marius Patrisse (1892-1964), un élève de Jules Coutan, premier second grand Prix de Rome en 1922. Ce monument en l’honneur de Saint Louis, né à Poissy le 25 avril 1214, a été érigé devant la collégiale Saint Louis de Poissy, lieu de baptême du futur Louis IX, fils du roi Louis VIII et de Blanche de Castille. (Source)

___________

Litanies de Saint-Louis

Source : Prières aux saints du Tiers-Ordre


DEVOTION A SAINT LOUIS IX, ROI DE FRANCE, PATRON DES ARMEES FRANCAISES ET DU TIERS-ORDRE DE LA PENITENCE

Seigneur, ayez pitié de nous 
(bis)
Jésus-Christ, ayez pitié de nous
''
Seigneur, ayez pitié de nous
Jésus-Christ, écoutez-nous
Jésus-Christ, exaucez-nous.
Père céleste, qui êtes Dieu,
ayez pitié de nous
Fils rédempteur du monde, qui êtes Dieu,
''
Esprit-Saint, qui êtes Dieu,
Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu,
Sainte Marie, conçue sans péché,
priez pour nous
Sainte Mère de Dieu,                           
''
Sainte Vierge des Vierges;
Saint Louis, prince admirable,
priez pour nous
Saint Louis, lis de pureté,               ''
Saint Louis, exemple d'humilité,
Saint Louis, image de vertu,
Saint Louis, prodige de pénitence,
Saint Louis, flamme d'amour et d'oraison,
Saint Louis, lampe ardente et brillante,
Saint Louis, vase d'élection,
Saint Louis, vase insigne de religion,
Saint Louis, miroir de la perfection chrétienne,
Saint Louis, très dévot à notre Père saint François,
Saint Louis, contempteur du monde et de ses honneurs,
Saint Louis, plein de zèle pour la maison de Dieu,
Saint Louis, tendre père des pauvres,
Saint Louis, remède des malades,
Saint Louis, appui de la veuve et de l'orphelin,
Saint Louis, juge béni des peuples,
Saint Louis, rédempteur des captifs,
Saint Louis, prédicateur des infidèles,
Saint Louis, deux fois victime pour les Lieux saints,
Saint Louis, terrible dans les combats,
Saint Louis, puissant dans les fers,
Saint Louis, gardien de la France,
Saint Louis, modèle des rois,
Saint Louis, digne de la couronne des rois sur la terre,
Saint Louis, plus digne de la couronne des saints dans le ciel,
Saint Louis, saint patron des armées françaises,
Saint Louis, protecteur des armées françaises,
Saint Louis, protecteur du Tiers-Ordre séraphique ,
priez pour nous

Agneau de Dieu, qui efffacez les péchés du monde,
pardonnez-nous, Seigneur
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde,
exaucez-nous, Seigneur
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur

Priez pour nous, glorieux saint Louis
Afin que nous devenions dignes des promesses de N.-.S.J.-C.


Oraison

Ô Dieu, qui avez transféré votre confesseur saint Louis d'un royaume terrestre à la gloire céleste, rendez-nous, par ses mérites et son intercession, participants du bonheur du Roi des rois, Jésus-Christ. Qui vit et règne...

Louis IX, sur son lit de mort, remet à son fils le plan de sa conduite, Jacques-Antoine Beaufort, XVIIIe siècle, chapelle Saint-Louis de l'École militaire, Paris.

Louis IX, sur son lit de mort, remet à son fils le plan de sa conduite, Jacques-Antoine Beaufort, XVIIIe siècle, chapelle Saint-Louis de l'École militaire, Paris.

Saint Charlemagne et saint Louis, gravure de Grégoire Huret (XVIIe siècle, Metropolitan Museum)

Saint Charlemagne et saint Louis, gravure de Grégoire Huret (XVIIe siècle, Metropolitan Museum)

Sources(1) Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950; (2) Nominis; (3) Régine Pernoud, Les femmes au temps des croisades, Editions Stock Le Livre de Poche, Paris 1990, p. 230; Dictionnaire des saints et Grands témoins du christianisme, Sous la direction de Jean-Robert ARMOGATHE et André VAUCHEZ, CNRS Éditions, Paris 2019, pp. 729-736 ; (4) Jacques Le Goff, Saint Louis, Paris, éditions Gallimard, coll. Bibliothèque des histoires, 1996.

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Publié par Ingomer - dans Saints du jour
24 août 2022 3 24 /08 /août /2022 18:51
Vera Sharav, survivante de l'Holocauste nous prévient : "résistons tous ; c’est maintenant ou jamais !"

« L’Holocauste n’a pas commencé dans les chambres à gaz d’Auschwitz et de Treblinka.

L’Holocauste a été précédé de 9 ans de restrictions progressives de la liberté individuelle et de la suspension des droits légaux et des droits civils.

 

Le décor a été planté par une propagande alarmiste et haineuse. »

 

Vera Sharav : « À moins que nous ne résistions tous, “plus jamais ça”, c’est maintenant. » — Discours — Nuremberg, le 20 août 2022

 

Par Nicole Delépine

 

Vera Sharav nous prévient : résistons tous ; c’est maintenant ou jamais !

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24 août 2022 3 24 /08 /août /2022 00:00
Saint Barthélemy l'Apôtre, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 31.

Saint Barthélemy l'Apôtre, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 31.

Barthélemy, appelé par le Sauveur, vécut avec Lui, assista à Ses prédications, entendit Ses paraboles, fut le témoin de Ses vertus divines.
 

Après la Pentecôte, il fut envoyé prêcher l'Évangile dans l'Inde, au-delà du Gange. Dans tous les pays qu'il dut traverser, il annonça Jésus-Christ, Rédempteur du monde. Son zèle et ses prodiges eurent bientôt changé la face de ces contrées; non seulement il convertit les foules, mais il ordonna des prêtres pour le seconder et consacra des évêques. Quand, plus tard, saint Pantène évangélisa ce pays, il y trouva l'Évangile de saint Matthieu, apporté là par Barthélemy.

 

Les "dieux" païens avouent être des démons

En quittant les Indes, l'Apôtre vint dans la grande Arménie. Dans la capitale de ce pays, il y avait un temple où l'on rendait les honneurs divins à l'idole Astaroth, et où l'on allait lui demander la délivrance des sortilèges et lui faire prononcer des oracles; le prédicateur de la foi s'y rendit, et aussitôt l'idole devint muette et ne fit plus de guérisons. Les démons avouèrent aux prêtres de ce faux dieu que la faute en était à Barthélemy, et leur donnèrent son signalement; mais l'Apôtre se fit assez connaître par ses miracles; il délivra du démon la fille du roi, et fit faire à l'idole, en présence d'une foule immense, l'aveu public de ses fourberies; après quoi le démon s'éloigna en grinçant des dents. Une merveille si éclatante convertit le roi et une multitude de personnes; la famille royale et douze villes du royaume reçurent bientôt le baptême.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/3c/L%27ap%C3%B4tre_saint_Barth%C3%A9lemy.jpg/337px-L%27ap%C3%B4tre_saint_Barth%C3%A9lemy.jpg

Saint Barthélemy, apôtre, basilique saint Jean de Latran, Rome, Italie.

Le démon résolut de se venger; l'Apôtre fut saisi par le frère du roi et condamné à être écorché vif. Les bourreaux inhumains s'armèrent de couteaux et de pierres tranchantes et écorchèrent la victime de la tête aux pieds; de telle sorte que, n'ayant plus de peau, son corps montrait une chair sanglante percée de ses os. Il eut ensuite la tête tranchée. Le corps écorché et la peau sanglante de l'Apôtre furent enterrés à Albane, en la haute Arménie; il s'y opéra tant de miracles, que les païens furieux, enfermèrent le corps du bienheureux dans un cercueil de plomb et le jetèrent à la mer. Mais le cercueil, flottant sur l'onde, vint heureusement à l'île de Lipari, près de la Sicile. Plus tard, les Sarrasins s'emparèrent de cette île et dispersèrent les saintes reliques; mais un moine reçut, dans une vision, l'ordre de recueillir les ossements de l'Apôtre. Le corps de saint Barthélemy est aujourd'hui à Rome, son chef à Toulouse.

 

Saint Barthélemy, patron des bouchers, des tanneurs et des relieurs, est fêté le 24 août en Occident et le 25 août en Orient. Ces deux dates correspondent vraisemblablement au transfert de ses reliques dans l'île de Lipari en 580.

 

Sources: (1); (2)

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23 août 2022 2 23 /08 /août /2022 00:00
Sainte Rose de Lima, Vierge (1586-1617) - Huile de Claudio Coello (1642-1693), musée du Prado, Madrid

Sainte Rose de Lima, Vierge (1586-1617) - Huile de Claudio Coello (1642-1693), musée du Prado, Madrid

Rose naît le 20 avril 1586 à Lima au Pérou  d'une famille pauvre d'origine espagnole dont elle était la dixième enfant, et reçut au Baptême le nom d'Isabelle. Sa mère, penchée sur son berceau, ayant cru apercevoir une rose épanouie sur son visage, s´écria : "Désormais, tu seras ma ‘Rose’", changement de nom qui fut confirmé par la Sainte Vierge dans une vision qu'eut plus tard la jeune fille.

 

 

La vie de cette petite Sainte a été une suite ininterrompue de souffrances volontairement acceptées et héroïquement supportées. Dès son bas âge, Rose comprit que la vraie sainteté consiste avant tout à accomplir ses devoirs d´état. Une source de difficultés lui vint de concilier l'obéissance à ses parents avec la fidélité aux appels intérieurs dont le Ciel la favorisait. Elle s'ingénia à trouver le moyen d'obéir à la fois à Dieu et à sa mère. Décidée à ne chercher à plaire à personne qu'à Dieu, elle portait néanmoins une couronne de fleurs imposée par sa mère ; mais elle sut y cacher à l'intérieure une aiguille qui faisait de cet ornement un instrument de supplice.

 

Peu après l'âge de quatre ans (1590), elle sut lire et se nourrira du récit de la vie de sainte Catherine de Sienne, qui deviendra son modèle de vie spirituelle. Rose se voua à une vie de pénitence. Dès son enfance, elle s´exerça au jeûne et put le pratiquer à un degré héroïque. Elle ne mangeait jamais de fruits. À six ans, elle jeûnait le vendredi et le samedi. À quinze ans, elle fit vœu de ne jamais manger de viande. À 20 ans, elle prend l'habit des tertiaires dominicaines. Plus tard, elle ne mangea qu´une soupe faite de pain et d´eau, sans sel ni autre assaisonnement. Toutes les nuits, elle se frappait cruellement avec des chaînettes de fer, s´offrant à Dieu comme une victime sanglante pour l'Église, l'État, les âmes du purgatoire et les pécheurs. Non contente du lit de planches sur lequel elle reposa longtemps, elle se fit un lit avec des morceaux de bois liés avec des cordes ; elle remplit les intervalles avec des fragments de tuiles et de vaisselle, les acuités tournées vers le haut. Rose coucha sur ce lit pendant les seize dernières années de sa vie.

 

La vraie sainteté ne réside pas dans la pénitence du corps, mais dans celle du coeur, qui est impossible sans l´humilité et l'obéissance. Toutes les austérités de Rose étaient soumises à l'obéissance ; et elle était toujours prête à tout abandonner. On s´étonnera que ses directeurs aient pu approuver dans une si frêle enfant d'aussi cruelles macérations ; mais il faut savoir que chaque fois que des confesseurs voulurent s'y opposer, ils en furent empêchés par une lumière intérieure.

 

Toute la personne de Rose, défigurée par la pénitence, attirait l'attention du public et la faisait vénérer comme une Sainte. Désolée, elle eut recours à Dieu, afin que ses jeûnes n'altérassent pas les traits de son visage. Chose admirable ! Elle reprit son embonpoint et ses vives couleurs ; ses yeux se ranimèrent. Aussi arriva-t-il qu'après avoir jeûné tout un Carême au pain et à l´eau, elle rencontra des jeunes gens qui se moquèrent d´elle en disant : "Voyez cette religieuse si célèbre par sa pénitence ! Elle revient sans doute d'un festin. C'est édifiant, vraiment, en ce saint temps !" Rose en remercia Dieu.

 

La charité de Rose pour le salut des âmes était en proportion de son amour pour Jésus-Christ. Elle ressentait une poignante douleur en pensant aux âmes qui se perdent après avoir été si chèrement achetées. Elle pleurait sur le sort des Chinois, des Turcs, et des nombreuses sectes hérétiques qui désolaient l'Europe.

 

Sa méfiance de l'Inquisition lui valut plusieurs examens de la part des autorités religieuses, ses profondes réponses étonnèrent alors ses détracteurs. Dans le même temps, elle se dévoua au service des indiens, des enfants abandonnés, des vieillards, des infirmes, et des malades.

 

Elle passa de la terre au ciel le 24 août 1617, à l'âge de trente et un ans. Le peuple de Lima se précipita sur sa tombe pour y recueillir un peu de la terre qui la recouvrait.

 

Rose de Lima a été béatifiée en 1668 par Clément IX et canonisée, le 12 avril 1671, par Clément X.

Sainte Rose de Lima (Noël Laudin - Musée de Châlons-en-Champagne)

Sainte Rose de Lima (Noël Laudin - Musée de Châlons-en-Champagne)

Sainte Rose de Lima est patronne des Amériques, des Philippines, du Pérou, de la ville de Lima, de la police nationale et de l'université catholique du Pérou.

 

Tous les ans, à l'occasion de la Solennité de Sainte Rose de Lima, le 30 août (férié au Pérou), une cérémonie religieuse réunit les autorités politiques, diplomatiques et militaires du pays. Sa statue est portée en procession de la cathédrale de Lima au sanctuaire qui lui est dédié. Elle est également à l'origine de la fête traditionnelle du royaume d'Araucanie et de Patagonie le 30 août.

Le Seigneur a dit d'une voix forte : que tous les hommes sachent que la grâce arrive après la peine, qu'ils sachent que sans avoir porté le fardeau des afflictions, ils ne peuvent atteindre les hauteurs de la Grâce, qu'ils apprennent que les dons de la Grâce augmentent au fur et à mesure que le fardeau s'alourdit, que les hommes ne se trompent pas, il n'y a qu'une voie pour rejoindre le Paradis, et la Croix est la seule route pour y accéder.

Sainte Rose de Lima

Sources: (1); (2)

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22 août 2022 1 22 /08 /août /2022 00:00
Saint Fabrice

Fabrice de Tolède ou saint Fabrice ou saint Fabricien, premier évêque de Porto au Portugal. Mort martyr et vénéré avec Philibert à Tolède en 417.

Il est fêté le 22 août.

Sources: 1; 2

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22 août 2022 1 22 /08 /août /2022 00:00
Le Couronnement de la Vierge par Diego Vélasquez, XVIIe siècle

Le Couronnement de la Vierge par Diego Vélasquez, XVIIe siècle

L'argument principal sur lequel se fonde la dignité royale de Marie, déjà évident dans les textes de la tradition antique et dans la sainte Liturgie, est sans aucun doute sa maternité divine. Dans les Livres Saints, en effet, on affirme du Fils qui sera engendré par la Vierge : "Il sera appelé Fils du Très-Haut et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père, et il régnera dans la maison de Jacob éternellement et son règne n'aura pas de fin" (Luc. 1, 32, 33) ; en outre, Marie est proclamée "Mère du Seigneur" (Luc 1,43). Il s'en suit logiquement qu'elle-même est Reine, puisqu'elle a donné la vie à un Fils qui, dès l'instant de sa conception, même comme homme, était, à cause de l'union hypostatique de la nature humaine avec le Verbe, Roi et Seigneur de toutes choses. St Jean Damascène a donc raison d'écrire : "Elle est vraiment devenue la Souveraine de toute la création au moment où elle devint Mère du Créateur" (St. Jean Damascène, De fide orthodoxa) et l'Archange Gabriel lui-même peut être appelé le premier héraut de la dignité royale de Marie.

 

Cependant la Bienheureuse Vierge doit être proclamée Reine non seulement à cause de sa maternité divine mais aussi parce que selon la volonté de Dieu, elle joua dans l'œuvre de notre salut éternel, un rôle des plus éminents.

 

Dans l'accomplissement de la Rédemption, la Très Sainte Vierge fut certes étroitement associée au Christ ; aussi chante-t-on à bon droit dans la Sainte Liturgie : "Sainte Marie, Reine du ciel et maîtresse du monde, brisée de douleur (Lc 2,35), était debout près de la Croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ".

Et un pieux disciple de saint Anselme pouvait écrire au Moyen-âge : "Comme... Dieu, en créant toutes choses par sa puissance, est Père et Seigneur de tout, ainsi Marie, en restaurant toutes choses par ses mérites, est la Mère et la Souveraine de tout : Dieu est Seigneur de toutes choses parce qu'il les a établies dans leur nature propre par son ordre, et Marie est Souveraine de toutes choses en les restaurant dans leur dignité originelle par la grâce qu'elle mérita".

En effet, "Comme le Christ pour nous avoir rachetés est notre Seigneur et notre Roi à un titre particulier, ainsi la Bienheureuse Vierge est aussi notre Reine et Souveraine à cause de la manière unique dont elle contribua à notre Rédemption, en donnant sa chair à son Fils et en l'offrant volontairement pour nous, désirant, demandant et procurant notre salut d'une manière toute spéciale".

 

De ces prémisses, on peut tirer l'argument suivant : dans l'œuvre du salut spirituel, Marie fut, par la volonté de Dieu, associée au Christ Jésus, principe de salut, et cela d'une manière semblable à celle dont Eve fut associée à Adam, principe de mort, si "ce fut elle qui, exempte de toute faute personnelle ou héréditaire, bien que l'on peut dire de notre Rédemption qu'elle s'effectua selon une certaine "récapitulation" en vertu de laquelle le genre humain, assujetti à la mort par une vierge, se sauve aussi par l'intermédiaire d'une vierge ; en outre on peut dire que cette glorieuse Souveraine fut choisie comme Mère de Dieu précisément "pour être associée à lui dans la rédemption du genre humain" ; réellement toujours étroitement unie à son Fils, l'a offert sur le Golgotha au Père Eternel, sacrifiant en même temps son amour et ses droits maternels, comme une nouvelle Eve, pour toute la postérité d'Adam, souillée par sa chute misérable" ; on pourra donc légitimement en conclure que, comme le Christ, nouvel Adam, est notre Roi parce qu'il est non seulement Fils de Dieu, mais aussi notre Rédempteur, il est également permis d'affirmer, par une certaine analogie, que la Sainte Vierge est Reine, et parce qu'elle est Mère de Dieu et parce que comme une nouvelle Eve, elle fut associée au nouvel Adam.

 

Sans doute, seul Jésus-Christ, Dieu et homme est Roi, au sens plein, propre et absolu du mot ; Marie, toutefois, participe aussi à sa dignité royale, bien que d'une manière limitée et analogique parce qu'elle est la Mère du Christ Dieu et qu'elle est associée à l'œuvre du Divin Rédempteur dans sa lutte contre les ennemis et au triomphe qu'il a obtenu sur eux tous. En effet par cette union avec le Christ Roi Elle atteint une gloire tellement sublime qu'elle dépasse l'excellence de toutes les choses créées : de cette même union avec le Christ, découle la puissance royale qui l'autorise à distribuer les trésors du Royaume du Divin Rédempteur ; enfin cette même union avec le Christ est source de l'efficacité inépuisable de son intercession maternelle auprès du Fils et du Père.

 

Que tous s'efforcent selon leur condition de reproduire dans leur cœur et dans leur vie, avec un zèle vigilant et attentif, les grandes vertus de la Reine du Ciel, Notre Mère très aimante. Il s'ensuivra en effet que les chrétiens, en honorant et imitant une si grande Reine, se sentiront enfin vraiment frères et, bannissant l'envie et les désirs immodérés des richesses, développeront la charité sociale, respecteront les droits des pauvres et aimeront la paix. Que personne, donc, ne se croie fils de Marie, digne d'être accueilli sous sa puissante protection, si, à son exemple, il ne se montre doux, juste et chaste, et ne contribue avec amour à la vraie fraternité, soucieuse non de blesser et de nuire, mais d'aider et de consoler.

 

Vivement désireux que la Reine et Mère du peuple chrétien accueille ces vœux et réjouisse de sa paix la terre secouée par la haine et, après cet exil, nous montre à tous Jésus qui sera notre paix et notre joie pour l'éternité, à vous Vénérables Frères et à vos fidèles, Nous accordons de tout cœur, comme gage du secours du Dieu tout-puissant et comme preuve de notre affection, la Bénédiction Apostolique.

Le couronnement de la Vierge, Jean Fouquet, xve siècle

Le couronnement de la Vierge, Jean Fouquet, xve siècle

Sources:

Pie XII - Encyclique Ad Coeli Reginam, 1954, §22-26, §36, §39, Les saints du jour

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Publié par Ingomer - dans Saints du jour Religion
21 août 2022 7 21 /08 /août /2022 17:19

Le 14 août Zelensky admettait qu'il bombardait sa propre centrale nucléaire de Zaparojie (The Guardian); Macron considère que les Russes sont responsables et appelle cinq jours plus tard les Français à "payer le prix de notre liberté" (19 août). Source : video YT AFP https://www.youtube.com/watch?v=0-P_VcOikfA

https://twitter.com/bernardyellohc/status/1560890638236794880?s=20&t=r2P9ISIZfZXnMY9F6xk2LQ

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Or, chargé de faire respecter les Accords de Kiev du 21 février 2014 signé par la France (qui visaient à mettre un terme à l'effusion de sang massive à Kiev et à mettre fin à la crise politique aiguë qui a éclaté en novembre 2013 suite à la décision du président ukrainien Viktor Ianoukovitch de suspendre le processus de signature de l' accord d'association avec l'Union européenne), Macron s'est assis sur la parole de la France et a armé l'Ukraine jusqu'en 2022. Gabrial Attal, Porte-Parole du gouvernement a en effet reconnu à Paris le 13 avril 2022 : "depuis 2014 et le début de ce conflit, militairement, la France a été le premier fournisseur d'armes en direction des Ukrainiens."

 

Aujourd'hui, Macron veut sa guerre contre la Russie, sans consultation.

Aucun media n'évoque la responsabilité de la France signatrice des Accords de Kiev et la forfaiture de Macron qui, en plus de ne pas faire respecter les dits accords, a continué d'armer l'Ukraine depuis son élection en mai 2017. C'est le président ukrainien Zelensky qui bombarde sa propre centrale nucléaire au prix d'un risque nucléaire majeur en Europe, et on voudrait nous faire croire que Poutine est responsable ? 

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21 août 2022 7 21 /08 /août /2022 11:21
1 200 scientifiques et universitaires déclarent : "Il n'y a pas d'urgence climatique"

Un groupe de près de 1200 des plus grands scientifiques et universitaires du monde a signé un document déclarant qu'"il n'y a pas d'urgence climatique".

 

Le groupe, dirigé par un lauréat du prix Nobel, a signé la déclaration selon laquelle la science du climat est davantage fondée sur des croyances personnelles et des agendas politiques que sur des faits scientifiques rigoureux.

 

La Déclaration mondiale sur le climat (WCD. Ndt) avertit que la science du climat "devrait être moins politique, tandis que les politiques climatiques devraient être plus scientifiques".

 

"Les scientifiques devraient aborder ouvertement les incertitudes et les exagérations dans leurs prédictions du réchauffement climatique, tandis que les politiciens devraient compter de manière impartiale les coûts réels ainsi que les avantages imaginaires de leurs mesures politiques", peut-on lire dans la déclaration.

 

Selon un rapport de WND, la déclaration a été organisée par Climate Intelligence.

 

L'organisation est une fondation politique indépendante fondée en 2019 par le professeur émérite néerlandais de géophysique Guus Berkhout et le journaliste scientifique néerlandais Marcel Crok.

 

Le site Web britannique The Daily Skeptic a rapporté que l'un des principaux auteurs de la déclaration, le physicien de l'atmosphère Richard Lindzen, a qualifié le récit climatique actuel d'"absurde".

 

Cependant, la propagande incessante d'universitaires dépendants de subventions et de journalistes motivés par l'agenda a généré un récit largement accepté selon lequel la science est "établie".

 

"Nous devrions nous libérer de la croyance naïve en des modèles climatiques immatures", déclare la WCD.

 

"A l'avenir, la recherche sur le climat devra accorder beaucoup plus d'importance à la science empirique."

 

La semaine dernière, le président démocrate Joe Biden a signé la radicale "Inflation Reduction Act".

 

Le projet de loi dépense 368 milliards de dollars d'argent des contribuables pour l'énergie "verte" dans le but de réduire les émissions de CO2 de 40% d'ici 2030.

 

Alors que Biden était vice-président sous Barack Obama, l'administration subventionnait l'énergie "verte" avec des subventions fédérales et des allégements fiscaux.

 

En 2009, Biden lui-même a annoncé une garantie de prêt de 535 millions de dollars pour la société de panneaux solaires Solyndra pour accompagner 700 millions de dollars de financement en capital-risque.

 

Biden a déclaré que la centrale construite avec cet argent alimenterait plus d'un demi-million de foyers.

 

Mais deux ans plus tard, la société a déposé son bilan et a cessé ses activités.

 

La Déclaration mondiale sur le climat souligne que, depuis la sortie du petit âge glaciaire au milieu du XIXe siècle, le monde s'est réchauffé beaucoup moins que ce que prévoient les modèles du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat des Nations unies.

 

"Le fossé entre le monde réel et le monde modélisé nous indique que nous sommes loin de comprendre le changement climatique", déclare la WCD.

 

La déclaration soutient que le climat de la Terre a varié, avec des périodes froides et chaudes, depuis que la planète existe, et il n'est "pas surprenant que nous connaissions une période de réchauffement".

 

Les modèles climatiques "ne sont pas du tout plausibles en tant qu'outils de politique mondiale", ignorant, par exemple, les avantages du dioxyde de carbone, qui "n'est pas un polluant".

 

"Il est essentiel à toute vie sur Terre", indique la déclaration.

 

"La photosynthèse est une bénédiction. Plus de CO2 est bénéfique pour la nature, verdissant la Terre ; le CO2 supplémentaire dans l'air a favorisé la croissance de la biomasse végétale mondiale.

 

"C'est aussi bon pour l'agriculture, augmentant le rendement des cultures dans le monde entier."

 

Il n'y a aucune preuve statistique, disent les signataires, "que le réchauffement climatique intensifie les ouragans, les inondations, les sécheresses et les catastrophes naturelles similaires, ou les rend plus fréquents".

 

"Il n'y a pas d'urgence climatique.

 

"Nous nous opposons fermement à la politique nocive et irréaliste de zéro CO2 proposée pour 2050."

 

L'année dernière, Steven Koonin, sous-secrétaire d'État aux sciences de l'administration Obama, a publié un livre intitulé "Unsettled" dans lequel il affirme que "la science est insuffisante pour faire des projections utiles sur la façon dont le climat changera au cours des prochaines décennies, et encore moins sur les mesures à prendre."

 

L'idée que le changement climatique est établi rabaisse et refroidit l'entreprise scientifique, a-t-il soutenu, "retardant ainsi ses progrès dans ces questions importantes". 

 

En 2020, l'activiste vert de longue date Michael Shellenberger a écrit un livre intitulé "Apocalypse Never".

 

Dans le livre, Shellenberger déplore que la discussion sur le changement climatique soit "devenue incontrôlable".

 

SOURCE : https://slaynews.com/news/1200-scientists-scholars-declare-no-climate-emergency/

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21 août 2022 7 21 /08 /août /2022 00:00
Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 43.

Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 43.

Christophe dérive des mots grecs Kristos (Christ) et phorein (porter), c'est-à-dire celui qui porte le Christ, en allusion à un géant légendaire initialement nommé « Réprouvé » qui aurait aidé l'enfant Jésus à traverser une rivière. Autrefois, il passait pour mettre à l'abri des maladies quiconque voyait sa statue.

Saint Christophe (+ vers 250) est fêté en Orient le 9 mai et en Occident le 21 août, autrefois le 25 juillet (avant la réforme du calendrier liturgique de 1967). Il est le patron de la capitale de Lituanie, Vilnius.

Image illustrative de l'article Christophe de Lycie

La fusion de la mythologie païenne et de la légende chrétienne expliquent probablement la popularité du saint dans tout l’Occident à la fin du moyen-âge et les réticences des clergés anglais et allemands à son égard.

Selon une tradition très populaire, de sources variées et popularisée par la Légende dorée de Jacques de Voragine, Réprouvé était un Chananéen, d’allure terrible tant il était imposant.

Il eut l’idée de se mettre au service du plus grand prince du monde et se présenta donc à un roi très puissant. Un jour, un jongleur évoqua le diable devant le roi très chrétien qui se signa aussitôt. Réprouvé, fort étonné, demanda au roi le sens de ce geste. Celui-ci avoua, après bien des hésitations, sa peur devant le diable. Réprouvé, qui ne concevait de se mettre au service que du plus puissant quitta donc le roi pour trouver le diable.

Dans le désert, il s’approcha d’un groupe de soldats parmi lesquels s’en trouvait un particulièrement féroce qui lui demanda où il allait. Lorsque Réprouvé répondit, le soldat lui dit : « Je suis celui que tu cherches ». Marchant ensemble, il fut étonné de voir le diable s’enfuir devant une croix. Réprouvé, qui l’avait suivi, lui demanda la raison de sa peur. Après bien des hésitations, le diable avoua craindre la croix. À ces mots, Réprouvé le quitta et partit à la recherche du Christ pour se mettre à son service.

Il finit par rencontrer un ermite qui lui expliqua les principes de la foi en Jésus-Christ. Il lui dit :

« Ce roi désirera que tu jeûnes souvent ».
« Cela m’est impossible », répondit le géant. L’ermite ajouta :
« Ce roi désirera que tu lui adresses de nombreuses prières ». Le géant répondit qu’il ne savait ce que cela était et que, donc, il ne pouvait pas davantage se soumettre à cette exigence. L’ermite lui dit alors :
« Tu iras te poster à tel fleuve tumultueux et tu aideras les gens à le traverser ».

Réprouvé accepta. Il se construisit une petite maison au bord du fleuve et chaque jour, aidé d’une perche, il faisait traverser les voyageurs. Un jour, longtemps après, il entendit la voix d’un petit enfant qui lui demandait de le faire traverser. Il sortit mais ne vit personne. Rentré chez lui, il entendit une seconde fois l’appel de l’enfant. Dehors il ne trouva personne. Ce n’est qu’au troisième appel que le géant vit le petit enfant qui attendait sur la berge. Il le prit sur ses épaules et commença donc la traversée. Mais, à mesure qu’ils progressaient, l’enfant devenait de plus en plus lourd et le fleuve de plus en plus menaçant, tant et si bien qu’il eut le plus grand mal à rejoindre la berge opposée. Une fois l’enfant déposé il lui dit :

« Enfant, tu m’as exposé à un grand danger, et tu m’as tant pesé que si j'avais eu le monde entier sur moi, je ne sais si j'aurais eu plus lourd à porter. » L'enfant lui répondit :
« Ne t'en étonne pas, Christophe, tu n'as pas eu seulement tout le monde sur toi, mais tu as porté sur les épaules celui qui a créé le monde : car je suis le Christ ton roi, auquel tu as en cela rendu service ; et pour te prouver que je dis la vérité, quand tu seras repassé, enfonce ton bâton en terre vis-à-vis ta petite maison, et le matin tu verras qu'il a fleuri et porté des fruits. »

L’enfant disparut miraculeusement. Christophe fit ainsi que l’enfant le lui avait dit et trouva le matin des feuilles et des dattes sur le bâton.

 

Christophe partit alors pour Samos, en Lycie (sud de l'actuelle Asie mineure) où, ne comprenant pas la langue, il tomba en prières afin que Dieu l’éclaire – ce qu’il obtint. Il alla à la rencontre des chrétiens qui, dans la ville, essayaient de convertir la population. Un des juges de la ville y trouva l’occasion de le frapper au visage. Il ficha son bâton dans le sol avec l’espoir d’un nouveau miracle… qui eut lieu en effet : ainsi huit mille hommes devinrent croyants. Le roi de la région, exaspéré, envoya deux cents soldats pour l’arrêter. Mais, sitôt qu’ils le virent en prière, ils hésitèrent. Le roi envoya à nouveau deux cents autres hommes qui à leur tour prièrent avec Christophe. Les ayant convertis, il accepta de les suivre chez le roi. Le roi eut grand peur en le voyant mais lui demanda son nom. Christophe répondit :

« Auparavant l’on m’appelait Réprouvé mais aujourd’hui je me nomme Christophe ». Le roi lui fit remarquer le choix peu judicieux : pourquoi prendre le nom de quelqu’un mort humilié sur une croix ? pourquoi ne pas se rallier à ses dieux ? Christophe lui répondit :
« C'est à bon droit que tu t'appelles Dagnus (damné ? danger ? dague ?), parce que tu es la mort du monde, l’associé du diable ; et tes dieux sont l’ouvrage de la main des hommes ». Le roi lui proposa un marché : soit il sacrifiait à ses dieux, soit le roi le suppliciait. Christophe refusa et fut jeté en prison. Le roi y envoya deux prostituées afin qu’elles le séduisent – Nicée et Aquilinie. Christophe en prière ne céda pas à leurs caresses et lorsqu’elles virent son visage éclatant demandèrent à être converties. Le roi entra dans une grande colère et leur ordonna de sacrifier. Elles acceptèrent à la condition que les places soient nettoyées et que tous les habitants soient au temple. Quand il fut fait ainsi et devant chacun, elles dénouèrent leur ceinture, les passèrent au cou des idoles et les firent tomber. Sur ordre du roi, elles furent suppliciées avant qu’il ne s’en prenne à Christophe lui-même qui résista à toutes les tortures. Le roi finit par le faire attacher à un arbre et lança quatre cents flèches sur lui qui toutes restèrent suspendues sauf une qui, suite aux injures du roi lancées à Christophe, se détourna et vint se planter dans son œil. Christophe lui dit :
« C’est demain que je serai sacrifié. Tu prendras mon sang et tu en feras de la boue. Tu poseras cette boue sur ton œil qui guérira ». Christophe fut ainsi décapité. Le roi suivit ses conseils et appliqua la boue qui aussitôt guérit son œil. Alors le roi crut et porta un édit qui interdisait à quiconque de blasphémer le nom de Dieu et de celui de son serviteur, Christophe.

Saint Christophe, détail Polyptyque de saint Vincent Ferrer, 1472, Giovanni Bellini, Venise, église Saint-Jean-et-Saint-Paul, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 440-441.

Saint Christophe, détail Polyptyque de saint Vincent Ferrer, 1472, Giovanni Bellini, Venise, église Saint-Jean-et-Saint-Paul, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 440-441.

 

Sources : (1) ; (2) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 43. 

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20 août 2022 6 20 /08 /août /2022 00:00

Les forêts t'apprendront plus que les livres.

Les arbres et les rochers t'enseigneront des choses

Que ne t'enseigneront point les maîtres de la science.

Bernard de Clairvaux, Lettres, in Jean-Paul Bourré, Méditations chrétiennes, Presses du Châtelet, Paris 2004, p. 153.

Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 35.

Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 35.

À quoi pouvait rêver dans l'éclat de sa jeunesse le fils de Tescelin, chevalier du duc de Bourgogne, et de dame Aleth de Montbard, si bonne chrétienne? de chasses ou de tournois? de chants de guerre ou de galantes conquêtes? En tous cas, certainement pas de vie monastique comme il en fera le choix à l'âge de vingt-trois ans. D'autant qu'il entraînait avec lui une trentaine de jeunes en quête d'absolu... Il méditait beaucoup, parlait peu, était doux, modeste, charitable,  donnant aux pauvres tout ce qu'il pouvait. On lui offrit l'archevêché de Milan; il le refusa, comme toutes les autres dignités, et revient en France.

Saint Bernard, le prodige de son siècle, naquit au château de Fontaines, près de Dijon, d'une famille distinguée par sa noblesse et par sa piété, et fut, dès sa naissance, consacré au Seigneur par sa mère, qui avait eu en songe le pressentiment de sa sainteté future. Une nuit de Noël, Bernard, tout jeune encore, assistait à la Messe de Noël; il s'endormit, et, pendant son sommeil, il vit clairement sous ses yeux la scène ineffable de Bethléem, et contempla Jésus entre les bras de Marie. "Guillaume de Saint-Thierry, l'un de ses biographes, note : 'Il lui apparut comme s'il venait une nouvelle fois au monde, sortant Verbe enfant, du sein de la Vierge Mère'.

"Parvenu à l'âge adulte, le futur saint multiplie exorcismes, prédications et guérisons. Son charisme de 'connaissance' stupéfie. Il prédit la mort de son frère Gui en dehors du monastère de Clairvaux dont il est l'abbé prestigieux. Parmi les pathologies vaincues par sa prière, toutes les parties du corps humain sont concernées, ou presque, mais on lui reconnaît une force surnaturelle dans la guérison des troubles sensoriels comme la cécité par exemple." (Patrick SBALCHIERO, Enquête sur les miracles dans l'Église catholique, Artège, Paris 2019, p. 231-232.)

 

Dans sa vie de S. Bernard (T. II), Mabillon compte plus de trente aveugles de tout âge et de toute condition, en France, en Allemagne, en Italie, guéris en présence des rois et des grands seigneurs, au moyen du signe de la croix fait sur eux par le thaumaturge de Clairvaux. Par le même signe, l'abbé de Clairvaux a guéri une foule de sourds et de muets. (Mgr Jean-Joseph GAUME, Le Signe de la Croix au XIXe siècle, 1869, rééd. Éditions Saint-Sébastien 2016, p. 103.)

"Saint Bernard de Clervaux", miniature in "Heures d'Étienne Chevalier", par Jacques Fouquet

"Saint Bernard de Clervaux", miniature in "Heures d'Étienne Chevalier", par Jacques Fouquet

À dix-neuf ans, malgré les instances de sa famille, il obéit à l'appel de Dieu, qui le voulait dans l'Ordre de Citeaux; mais il n'y entra pas seul; il décida six de ses frères et vingt-quatre autres gentilshommes à le suivre. L'exemple de cette illustre jeunesse et l'accroissement de ferveur qui en résulta pour le couvent suscitèrent tant d'autres vocations, qu'on se vit obligé de faire de nouveaux établissements. Il raffermit la règle à l'Abbaye de Citeaux et créa dans ce centre religieux l'amour de l'étude, du travail, la prospérité.

Saint Bernard de Clairvaux, Docteur de l'Église (1091-1153)

L'abbaye de Citeaux sera la source de cent soixante fondations, du vivant même du Saint. Loin de rester cloîtré il parcourt les routes d'Europe devenant, comme on a pu l'écrire, "la conscience de l'Eglise de son temps". Il vient plusieurs fois à Paris, à Saint Pierre de Montmartre, à la chapelle du Martyrium, à la chapelle Saint Aignan où il vient prier souvent devant la statue de la Vierge qui se trouve maintenant à Notre-Dame de Paris. 

 

Bernhard von Clairvaux (Initiale-B)

C'est en 1115, qu'après trois années de vie monastique à Citeaux, Bernard est envoyé à Clairvaux pour y fonder l'abbaye dont il restera père-abbé jusqu'à sa mort, sur un territoire situé sur les bords de l'Aube, qui lui fut concédé par Thibaut, comte de Champagne. Ce lieu hanté depuis les temps reculés par les malfaiteurs était le repaire alors connu sous le nom de Vallée d'absinthe, vallée de douleurs pour les voyageurs qui s'y aventuraient et tombaient entre les mains des brigands.

 

Les moines de Clairvaux furent au début contraints de vivre d'aliments mêlés de feuille de hêtre, d'orge, de millet d'avoine, de se composer un pain ressemblant à de la terre; mais bientôt, le sol se couvrit de verdure et de moissons. Cette transformation fut due à la foi, à la prière, à l'obéissance, à la règle et au travail de la bêche que Bernard maniait aussi lui-même pour donner l'exemple à ses frères.

Conseillez et ne forcez pas.

Saint Bernard, cité dans Voltaire, Traité sur la tolérance, Chapitre XV, Témoignages contre l'Intolérance, 1763

Bernard avait pris en main la défense du dogme, de l'unité catholique, de la foi, de la morale. Il protégeait les faibles, il fulminait contre les désordres de l'Église et les vices du clergé. Il professait la doctrine de S. Augustin et ses principes sur l'amour et sur la grâce. Il proclamait qu'il ne fallait pas écraser les hérétiques par les armes, mais par les arguments. Ainsi, en 1144, à Cologne, une foule en colère se livra à un pogrom contre les hérétiques qui se conclut, contre la volonté de l'archevêque, par leur mise à mort dans les flammes. Ce qui provoqua la protestation de Bernard :

 

"Nous apprenons ce zèle [du peuple], mais non ces sortes d'actions, parce qu'on doit obtenir la foi par la persuasion et non par la force, fides suadenda, non imonenda." (Sermon 66)

 

Ailleurs : "Mais je dis, qu'on les prenne non par les armes, mais par des raisonnements qui réfutent leurs erreurs" (Sermon 64) (Michael HESEMANN, Les Points Noirs de l'Histoire de l'Église, Pour en finir avec vingt siècles de polémiques, Artège, Paris 2017, p. 244).

 

La vie contemplative ne suffisait pas à son âme énergique. Il associa à la religion de l'évêque d'Hippone à la règle austère et active de S. Benoît. "La contemplation n'est qu'un loisir. L'homme doit exercer sa volonté sur la nature et sur la société. L'activité est le principe du salut. L'oisiveté est l'ennemie de l'âme."



Chaque jour, pour animer sa ferveur, il avait sur les lèvres ces mots: "Bernard, qu'es-tu venu faire ici?" Il y répondait à chaque fois par des élans nouveaux. Il réprimait ses sens au point qu'il semblait n'être plus de la terre; voyant, il ne regardait point, entendant, il n'écoutait point; goûtant, il ne savourait point. C'est ainsi qu'après avoir passé un an dans la chambre des novices, il ne savait si le plafond était lambrissé ou non; côtoyant un lac, il ne s'en aperçut même pas; un jour, il but de l'huile pour de l'eau, sans se douter de rien.


Infatigable fondateur, on le voit sur sa mule, traînant sur les routes d'Europe sa santé délabrée et son enthousiasme spirituel. Sa réforme monastique l'oppose à l'Ordre de Cluny dont il jugeait l'interprétation de la règle de S. Benoît trop accommodante. À sa mort, en 1153, ce sont 343 abbayes cisterciennes qui auront surgi du sol européen.

 


Le Saint n'avait point étudié dans le monde; mais l'école de l'oraison suffit à faire de lui un grand Docteur, admirable par son éloquence, par la science et la suavité de ses écrits. Il fut le conseiller des évêques, l'ami des Papes, l'oracle de son temps. Mais sa principale gloire, entre tant d'autres, semble être sa dévotion incomparable envers la très Sainte Vierge.

Bartolomé Esteban Murillo, Apparition de la Vierge à saint Bernard, Madrid, musée du Prado

Bartolomé Esteban Murillo, Apparition de la Vierge à saint Bernard, Madrid, musée du Prado

"Il porta à la Vierge une dévotion de chaque instant. Toutes les églises cisterciennes furent dédiées à la Vierge et, dans tout l'Occident, Bernard se fit l'apôtre du culte de Marie. Il est ainsi l'initiateur d'une religion d'amour moins juridique, moins comptable que la piété des siècles précédents et dans une certaine mesure le précurseur de cette piété du coeur, de cette dévotion du sentiment que le Poverello d'Assise allait répandre au siècle suivant." "Le culte de la Vierge se développa fortement, en liaison avec l'accent mis sur la piété mariale par S. Bernard, puis S. Dominique et les frères mendiants." (Jean CHELINI, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, Pluriel, Millau 2012, p. 367, 403)

Dans cette période de développement des écoles urbaines, où les nouveaux problèmes théologiques sont discutés sous forme de questions (quaestio) et d'argumentation et de recherche de conclusion (disputatio), Bernard est partisan d'une ligne traditionnaliste. Il combat les positions d'Abélard, approximatives d'un point de vue théologique, et le fait condamner au concile de Sens en 1140. Abélard incarne tout ce que Bernard déteste : l'intelligence triomphante, l'arrogance dominatrice, les prouesses dialectiques, une célébrité immense, fondée sur la foi passée au crible de la raison au détriment de la vie intérieure, l'obstination à tenir des positions. Bernard refuse que les secrets de Dieu soient examinés et questionnés par la raison. Il veut que la raison reconnaisse ce qu'il y a d'infiniment profond et d'incompréhensible dans les choses divines.



Saint Bernard, auteur de la règle des Templiers
 

En 1124, lorsque des chevaliers demandèrent une règle pour leur ordre, le pape Honorius II chargea de cette affaire importante Bernard, abbé de Clervaux qui croyait à l'utilité d'une milice d'élite permanente, une véritable armée de métier, composée de chevaliers catholiques de toutes nationalités revêtus du double caractère religieux et militaire. Baudouin II, roi de Jérusalem, leur attribua une résidence dans son palais, construit croyait-on sur l'emplacement du Temple de Salomon. En 1129, lors de la création de l'ordre des Templiers au Concile de Troyes, celui-ci se dota d'une règle propre qui s'inspire directement de la règle de S. Benoît. La tâche de la rédiger fut confiée à Bernard.

En 1145, Clairvaux donne un pape à l'Église,
Eugène III, qui alors que le
 royaume de Jérusalem est menacé après la chute du comté d'Édesse, demande à Bernard de prêcher la deuxième croisade, laquelle sera entreprise en grande partie à l'initiative du roi de France Louis VII le Jeune.

Bernard, plus préoccupé par le développement de l'hérésie cathare dont les fidèles dépréciaient le Créateur en méprisant la matière et le corps (enfanter était un péché satanique chez les cathares), est réticent à l'idée de s'associer à une croisade en Terre sainte. Il ne s'incline que par obéissance au pape.

 

Il prend la parole le 31 mars 1146, le jour de Pâques au milieu d'une foule de chevaliers réunis au pied de la colline de Vézelay. À cette époque, il a cinquante six ans. Son discours enflamme la foule. Son discours évoque Édesse profané et le tombeau du Christ menacé. L'objectif de la croisade reste l'objectif limité de la première croisade. Il invite les chevaliers qui veulent se croiser à une intention droite (humilité, obéissance et sacrifice). Après son prêche, on lui arrache même des morceaux de son vêtement pour en faire des reliques. Sa parole éloquente est confirmée par des miracles nombreux; l'enthousiasme est indescriptible. Son prestige entraîne le peuple de France.
 

Émile Signol, Saint Bernard prêchant la 2e croisade, à Vézelay, en 1146 (1840), Versailles, musée de l'Histoire de france

La même année 1146, Bernard fait accorder par le Pape Eugène III, tant aux chevaliers qu'aux Frères servants, le droit de mettre la croix rouge sur leurs manteaux du côté gauche, a sinistra, "la croix rouge, ce signe du martyre, ce signe qui obligeait ceux qui en étaient décorés à ne jamais lâcher pied dans les batailles, armés ainsi du signe de la Croix contre les ennemis du Christ." (Bulle de Clément V, Labbe, Conciles, vol. XI.)


Après le Père de l'Europe que fut S. Benoît au VIe siècle, saint Bernard est l'unificateur de "la Chrétienté". Il adressa une lettre circulaire aux Allemands, aux Anglais, aux Bretons, aux Lombards, les exhortant à cesser entre eux toute guerre, toute querelle, et à s'unir contre l'ennemi commun de la chrétienté. Enfin, il passa en Allemagne, où ses prédications obtinrent le même succès qu'en France.

Templiers au XIIIe siècle (reconstitution d'après Viollet-le-Duc)

Templiers au XIIIe siècle (reconstitution d'après Viollet-le-Duc)

Près de Cologne, les Annales de Saint-Nicolas de Brauweiler, monastère bénédictin, écrites après l'échec de la seconde croisade devant Damas (1149) dressent un portrait flatteur de Bernard. Selon leur auteur anonyme, autant - si ce n'est plus que sa parole -, ce sont sa haute sainteté et ses oeuvres admirables qui poussent beaucoup à se croiser. Néanmoins, le bénédictin de Brauweiler semble aborder la prédication du cistercien et ses fruits avec une scepticisme détaché. Il n'est pas sûr, en tout cas, de leurs origines surnaturelles. "Je ne sais pas si Bernard était alors poussé par l'esprit de l'homme ou par l'esprit de dieu", avoue-t-il. (Martin Aurell, Des Chrétiens contre les croisades, XIIe – XIIIe siècle, Le Grand Livre du mois, Librairie Arthème Fayard, Saint-Amand-Montrond 2013, p. 53-58).

 

En France, alors qu'en avril 1150, encouragé par l'abbé Suger de Saint-Denis, son plus proche conseiller, Louis VII convoqua ses fidèles à Laon et à Chartres pour programmer une nouvelle croisade, à laquelle il souhaitait amener Bernard en personne, le célèbre prédicateur ne put que constater que leur toute proche expérience empêchait les chevaliers de prendre la croix : "Le coeur des barons reste insensible. C'est en vain qu'ils portent l'épée, qu'ils ont préféré gainer d'une peau de bête morte et attendre qu'elle rouille. Ils n'oseront pas la tirer, tandis que Jésus souffre", écrit-il alors dans l'une de ses lettres. Dans son esprit, l'Église est le corps mystique du Christ qui pâtit sous la domination musulmane. (R.C. SMAIL, Latin Syria and the West, 1149-1187, Transactions of the Royal Historical Society, 5e série, 19, 1969, p. 5-7, in Martin Aurell, Des Chrétiens contre les croisades, XIIe – XIIIe siècle, ibid., p. 53-54.) 

 

Saint Bernard contre les pogroms

 

Bernard pourfend les pogroms dans sa lettre circulaire promouvant la croisade (ep. 363, 6-7). Il explique pourquoi l'on ne saurait persécuter les Juifs. Ils représentent, en effet, "le témoignage et le mémorial vivant de la Passion du Seigneur", c'est-à-dire le souvenir de ses racines, de son genre de vie et de sa mort. Bernard note que Dieu a jadis accordé aux Juifs la Loi et la promesse du Messie, et que le Christ lui-même descend d'eux selon la chair. S'ils ont été dispersés par la diaspora et asservis aux princes chrétiens, c'est justement pour prouver, par ces châtiments, la Rédemption. À la fin des temps, ils se convertiront toutefois en masse, entrant dans l'Église selon la prophétie de Saint Paul (Rm 11:26). 

Bernard met ainsi fin au périple du "prophète Raoul", un meneur de pogroms au ton apocalyptique qui "par ses prêches mit au supplice le peuple, qui crut en ses signes et visions mensongères" (Annales de Saint-Jacques de Liège). Raoul s'en prend aux Juifs, dont la conversion forcée devait accélérer le retour du Christ sur le Mont des Oliviers. Bernard professe au contraire une eschatologie modérée. Il n'entend pas accélérer la Parousie, contrairement à Raoul et à ses complices qui veulent hâter le millenium de paix et de prospérité par leurs massacres. 

Otton de Freising

L'évêque de Freising en Bavière, le cistercien Otton (+ 1158), un des grands théoriciens de l'histoire de l'époque médiévale, écrit à propos de Raoul, dans ses Gestes de Frédéric Barberousse (I, 38-40) : "Il portait certes l'habit religieux et il imitait avec ruse un certain ascétisme, mais il avait à peine des lettres". À lire Otton entre les lignes, l'inculture est source d'erreurs doctrinales et de fautes morales. C'est pourquoi l'évêque de Freising sait tellement gré à Bernard d'avoir mis fin, avec l'aide de l'empereur Conrad III (1138-1152), au périple du gyrovague, l'enfermant dans son monastère. Otton clôt en effet l'épisode de la rencontre à Mayence de Bernard et Raoul, "qui jouissait de la plus grande faveur du peuple". Au nom de la sainte obéissance, l'abbé lui enjoint de revenir à la vie cénobitique. Raoul s'exécute. Et l'évêque de Freising, de conclure de façon significative : "Le peuple s'indigna gravement. Il se serait même livré à la sédition, s'il n'avait pas tenu compte de la sainteté de Bernard."

À propos des violences déclenchées par des chrétiens, Bernard développe la théorie de la guerre juste pour leur interdire toute première agression, même contre des païens. Il cite le vieux principe du droit romain Vim vi repellere, "Repousser la violence par la violence". La croisade n'est, à ses yeux, qu'une riposte légitime aux envahisseurs de la Terre sainte. En revanche, rien ne justifie qu'on s'en prenne aux Juifs. (Martin AURELL, Des Chrétiens contre les croisades, XIIe – XIIIe siècle, ibid., p. 59-62.)  

Pour avoir arrêté Raoul et ses complices, Bernard s'est attiré la faveur de la communauté juive. Adolescent lors des événements, Éphraïm ben Jacob de Bonn (1132-1200) rend grâces, dans son Livre du Souvenir, à "Yahvé qui, pour consoler nos pleurs et pour contrer le méchant [Raoul], envoya un prêtre bon et authentique, honoré de tout son clergé, qui connaissait et qui comprenait sa propre religion: son nom était Bernard et il était abbé de Clairvaux, en France." Éphraïm va jusqu'à mettre sur ses lèvres une affirmation témoignant de son acceptation sincère de la judaïté de Jésus : "Tuer un juif est tuer le Christ lui-même." (Trad. anglaise dans R. Chazan, European Jewry and the First Crusade, Berkeley (CA), 1996, p. 178. Voir Dahan, Saint Bernard et les Juifs; Regnard, Le Sens de la permanence du peuple juif pour saint Bernard, in Martin Aurell, Des Chrétiens contre les croisades, XIIe – XIIIe siècle, ibid., p. 63.)  

 

Après sa mort, qui arriva le 20 août 1153, plusieurs moines le voient en différents endroits; mais ces manifestations ont toujours un but spirituel: consoler les religieux, leur prodiguer aides et conseils, inviter les uns à la prière, les autres à la fréquentation de sacrements, etc. 

Sur sa tombe d'innombrables miracles se produisent. La plupart sont des guérisons qui concernent par ailleurs toutes les couches de la société de l'époque. (Patrick SBALCHIERO, Enquête sur les miracles dans l'Église catholique, Artège, Paris 2019, p. 232.)

 

On l'appela à juste titre le dernier Père de l'Église.

 

Canonisé vingt ans après sa mort par le pape Alexandre III, il fut mis par Léon XII au rang des docteurs. Il est déclaré docteur de l'Église en 1830 par Pie VIII.

 

Nous avons conservé plus de 300 sermons de S. Bernard, dont quelques-uns en français. (Jean CHELINI, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, ibid., p. 389.)

Saint Bernard de Clairvaux, Docteur de l'Église (1091-1153)

Sources: (1); (2); (3); (4) Mgr Paul GUERIN, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Editions D.F.T., Argentré-du-Plessis 2003, p. 515-518; (5) Giorgio PERRINI, Aveux des Templiers, Edition Jean de Bonnot, 1992, p. 7, 8, 9, 18. (6) Jean CHELINI, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, Pluriel, Millau 2012 (7) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 34-35.

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19 août 2022 5 19 /08 /août /2022 00:00
Saint Jean Eudes, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 117.

Saint Jean Eudes, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 117.

Dans le but de travailler au relèvement du Clergé, "le plus grand ennemi de l'Église", selon lui, le Père Eudes ouvrit à Caen un séminaire qui fut l'embryon d'une nouvelle famille religieuse, consacrée aux Coeurs de Jésus et de Marie et appelée "Congrégation de Jésus et de Marie" (Eudistes). Le succès vint aussitôt: les diocèses de Normandie furent bientôt pourvus de prêtres instruits et vertueux. Le Père Eudes ajouta à la formation du clergé les missions dans les campagnes.

En même temps, il fondait à Caen un Institut pour assurer la persévérance des "Repenties". Selon l'usage du temps, chaque maison était indépendante; à la mort du Père Eudes, il y en avait quatre; à la veille de la Révolution, il y en avait huit. En 1835, la supérieure du Refuge d´Angers, sainte Marie-Madeleine Pelletier, femme "de taille à gouverner un royaume", obtint que les nouvelles maisons fondées par son monastère restassent sous la dépendance de la Maison-Mère et donna à sa Congrégation le nom de "Bon-Pasteur". Cette branche a eu un grand succès, et possède des ramifications dans les cinq parties du monde.

 

 

Une des gloires du Père Eudes est d'avoir été le précurseur de la dévotion aux Coeurs de Jésus et de Marie. Quarante ans avant les apparitions de Paray-le-Monial, il faisait célébrer par ses prêtres l'Office solennel de ces très saints Coeurs et s'en faisait l'Apôtre dans ses missions. Aussi Léon XIII a appelé le Père Eudes "Auteur du culte liturgique des SS. Coeurs de Jésus et de Marie"; et Pie X, en le béatifiant, a dit qu´il devait être regardé comme "Père, Docteur et Apôtre" de cette dévotion.

Saint Jean Eudes, fondateur de la congrégation de Jésus et de Marie (1601-1680)

Dans son ouvrage "Le Royaume de Jésus" cité dans le Catéchisme de l'Église catholique au paragraphe 521, Saint Jean Eudes explique que "nous devons continuer et accomplir en nous les états et mystères de Jésus, et le prier souvent qu'il les consomme et les accomplisse en nous et en toute son Église. (...) Car le Fils de Dieu a dessein de mettre une participation, et de faire comme une extension et continuation de ses mystères en nous et en toute son Église, par les grâces qu'il veut nous communiquer, et par les effets qu'il veut opérer en nous par ces mystères. Et par ce moyen il veut les accomplir en nous" (Le Royaume de Jésus 3.4: Œuvres complètes, v. 1 [Vannes 1905], p. 310-311.) 

Arrivé à un âge avancé, le saint fondateur déposa sa charge de Supérieur et mourut saintement le 19 août 1680. Il est représenté avec un ou deux coeurs brûlants dans les mains.

Au XVIIIe siècle, les Eudites combattent le jansénisme, mouvement gallican contre l'ultramontanisme et l'autorité du Pape, donc proche du protestantisme et développant en même temps un rigorisme moral excessif.

Sources : (1) J.-M. Planchet, Nouvelle Vie des Saints, p. 332 ; (2) ; (3) ; (4) ; (5) ;
 (6) ; (7) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 116.

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Publié par Ingomer - dans Saints du jour