Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
19 octobre 2025 7 19 /10 /octobre /2025 11:00

''C'est à ces modèles, frères, que nous devons nous tenir.

Car il est écrit ; 'Attachez-vous aux saints, parce que ceux qui s'attachent à eux deviendront saints.' (Ps 17,26 ; Si 6,34)'' (Saint Clément de Rome, 1ère épître aux Corinthiens, 46, 1-2)

Découvrez les 7 saints que le pape Léon XIV canonise ce 19 octobre

Le pape Léon XIV canonise ce dimanche sept nouveaux saints, dont un avocat italien qui a renoncé au satanisme et est devenu "un apôtre du rosaire", un archevêque arménien martyr et un Vénézuélien considéré comme le "médecin des pauvres".

 

Les canonisations, précédemment approuvées par feu le pape François, seront présidées par le pape Léon XIV le 19 octobre au Vatican. Le groupe comprend trois femmes et quatre hommes, ainsi que deux martyrs, trois laïcs et deux fondateurs d'ordres religieux. Parmi eux figurent le premier saint de Papouasie-Nouvelle-Guinée et les deux premiers saints du Venezuela.

 

Apprenons à connaître ces futurs saints :

Découvrez les 7 saints que le pape Léon XIV canonise ce 19 octobre

Bartolo Longo (1841–1926)

Bartolo Longo a connu l'une des conversions les plus marquantes de l'histoire récente de l'Église. Il a grandi dans une famille catholique, mais après des études de droit à l'université de Naples, en Italie, il est passé du catholicisme pratiquant à la participation à des manifestations anti-papales, puis à l'athée, puis au satanisme, pour finalement être ordonné prêtre sataniste.

 

Grâce aux prières de sa famille et à l'influence d'amis dévoués, en particulier du professeur Vincenzo Pepe et du prêtre dominicain père Alberto Radente, Longo a vécu une profonde conversion, renonçant à son passé et retournant de tout cœur à l'Église catholique.

 

Après sa conversion, Longo consacra sa vie à la promotion du rosaire et du message de miséricorde et d'espérance transmis par la Vierge Marie. Il s'installa dans la ville pauvre de Pompéi, où il entreprit la restauration d'une église délabrée et travailla sans relâche à la construction d'un sanctuaire marial dédié à Notre-Dame du Rosaire. Avec le soutien de bienfaiteurs et de la communauté locale, il transforma Pompéi en un centre de dévotion catholique florissant. Ses efforts aboutirent à la construction du sanctuaire de Notre-Dame du Rosaire de Pompéi, qui demeure aujourd'hui encore un lieu de pèlerinage majeur.

 

Outre son engagement religieux, Longo était un ardent défenseur de la justice sociale. Il a fondé des écoles, des orphelinats et des institutions caritatives, notamment pour les enfants de prisonniers, convaincu du pouvoir de l'éducation et de la miséricorde pour transformer des vies.

 

Durant les vingt dernières années de sa vie, Longo connut des problèmes de santé constants. Il mourut le 5 octobre 1926 et fut béatifié en 1980 par le pape Jean-Paul II, qui le surnomma « Apôtre du Rosaire ».

 

Découvrez les 7 saints que le pape Léon XIV canonise ce 19 octobre

Ignatius (Ignace) Choukrallah Maloyan (Empire ottoman, 1869-1915)

Ignatius Maloyan était un archevêque catholique arménien de Mardin dans l'Empire ottoman qui a été exécuté pendant le génocide arménien pour avoir refusé de se convertir à l'islam et de renoncer à sa foi chrétienne.

 

À l'âge de 14 ans, Maloyan fut envoyé au couvent de Bzommar, au Liban. En 1896, il fut ordonné prêtre dans l'église du couvent de Bzommar et prit le nom d'Ignace en l'honneur du bien-aimé martyr d'Antioche.

 

De 1892 à 1910, Maloyan fut curé à Alexandrie et au Caire, où sa réputation était largement répandue. Le 22 octobre 1911, il fut nommé archevêque de Mardin.

 

Peu après, la Première Guerre mondiale éclata et les Arméniens de Turquie commencèrent à endurer de grandes souffrances. Le 3 juin 1915, des soldats turcs traînèrent Maloyan enchaîné devant le tribunal avec 27 autres figures arméniennes catholiques. Lors du procès, Mamdooh Bek, le chef de la police, demanda à Maloyan de se convertir à l'islam. L'archevêque répondit qu'il ne trahirait jamais le Christ et son Église et qu'il était prêt à endurer toutes sortes de châtiments pour sa fidélité. Il fut emprisonné et fréquemment battu.

 

Le 10 juin, les soldats turcs ont rassemblé 447 Arméniens et les ont emmenés dans une zone déserte. Durant cette épreuve, l'archevêque a encouragé les personnes rassemblées à rester fermes dans leur foi et a prié avec elles pour qu'elles acceptent le martyre avec courage.

 

Après deux heures de marche, nus et enchaînés, les prisonniers furent tués par les soldats sous les yeux de Maloyan. Bek demanda une fois de plus à l'archevêque de se convertir à l'islam. Il refusa et fut abattu par Bek le jour de la fête du Sacré-Cœur de Jésus.

 

Avant d’être tué, Maloyan a déclaré :

"Je ne renierai jamais ma religion et mon Sauveur, même s'ils me coupent en morceaux." (Cf. Sachin José)

"Je considère que verser mon sang pour ma foi est le désir le plus doux de mon cœur, car je sais parfaitement que si je suis torturé pour l’amour de celui qui est mort pour moi, je serai parmi ceux qui auront la joie et la béatitude, et j’aurai obtenu de voir mon Seigneur et mon Dieu là-haut."

 

Il a été béatifié par le pape Jean-Paul II le 7 octobre 2001.

Découvrez les 7 saints que le pape Léon XIV canonise ce 19 octobre

Peter To Rot (Papouasie-Nouvelle-Guinée, 1912–1945)

Peter To Rot, catéchiste laïc en Papouasie-Nouvelle-Guinée, fut martyrisé pendant l'occupation japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale. Lorsque le prêtre catholique de son village fut emmené dans un camp de travail japonais, il confia à To Rot la responsabilité de la catéchèse du village et lui dit avant son arrestation : "Aide-les, afin qu'ils n'oublient pas Dieu."

 

Malgré l'oppression japonaise, To Rot œuvra en secret pour préserver sa foi. Fervent défenseur du mariage chrétien, il s'efforça de défier la loi japonaise, qui autorisait les hommes à prendre une seconde épouse.

 

Vers la fin de la guerre, les règles contre la liberté religieuse devinrent encore plus strictes, toute forme de prière étant interdite. To Rot fut arrêté et envoyé dans un camp de travaux forcés en 1944 pour sa désobéissance répétée. En 1945, il fut tué par injection létale et est considéré comme un martyr de la foi catholique. Il fut béatifié par le pape Jean-Paul II le 17 janvier 1995. Il sera le premier saint de Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Découvrez les 7 saints que le pape Léon XIV canonise ce 19 octobre

José Gregorio Hernández (Venezuela, 1864-1919)

José Gregorio Hernández, médecin, scientifique et laïc vénézuélien, est vénéré comme le "médecin des pauvres".

 

Né le 26 octobre 1864 à Isnotú, dans l'État vénézuélien de Trujillo, il perd sa mère à l'âge de 8 ans.

 

Il étudia la médecine à Caracas et reçut une bourse du gouvernement pour poursuivre ses études à Paris en 1889 pendant deux ans. De retour au Venezuela, il devint professeur à l'Université centrale de Caracas, où il commençait chaque cours par le signe de croix.

 

Hernández assistait quotidiennement à la messe, apportait des médicaments et des soins aux pauvres, et fit profession comme franciscain du Tiers-Ordre. En 1908, il abandonna sa profession et entra dans une chartreuse cloîtrée à Farneta, en Italie. Cependant, neuf mois plus tard, il tomba malade et son supérieur lui ordonna de retourner au Venezuela pour se rétablir.

 

Après un certain temps, Hernández comprit que la volonté de Dieu était qu'il reste laïc. Il décida alors de promouvoir la sanctification en tant que catholique exemplaire, en devenant médecin et en rendant gloire à Dieu en servant les malades. Il se consacra à la recherche universitaire et approfondit son engagement au service des pauvres.

 

Un jour, alors qu'il allait chercher des médicaments pour une vieille dame pauvre, il fut renversé par une voiture. Il mourut à l'hôpital le 29 juin 1919. Il fut béatifié par le pape François le 30 avril 2021.

Découvrez les 7 saints que le pape Léon XIV canonise ce 19 octobre

Maria Troncatti (Italie/Équateur, 1883-1969)

Maria Troncatti, une sœur salésienne italienne, a passé près de cinq décennies comme missionnaire dans la forêt amazonienne de l'Équateur parmi le peuple indigène Shuar.

 

Ayant grandi en Italie, Troncatti s'est intéressée à la vie religieuse dès son plus jeune âge. Elle a fait sa première profession chez les Filles de Marie Auxiliatrice, aussi connues sous le nom de Sœurs Salésiennes de Don Bosco, en 1908.

 

Pendant la Première Guerre mondiale, sœur Maria a suivi une formation médicale et a travaillé comme infirmière de la Croix-Rouge dans un hôpital militaire. En 1925, elle a commencé sa mission auprès des Indiens Shuar dans la forêt amazonienne, au sud-est de l'Équateur. Pendant 44 ans, tous les habitants du village l'ont surnommée "Madrecita", ou "petite mère". Non seulement elle a exercé les fonctions de chirurgienne, dentiste, infirmière, orthopédiste et anesthésiste, mais elle était aussi une catéchiste fidèle, annonçant l'Évangile à tous ceux qu'elle servait.

 

Sœur Maria est décédée à l'âge de 86 ans le 25 août 1969 dans un accident d'avion. Elle a été béatifiée par le pape Benoît XVI en 2012.

Découvrez les 7 saints que le pape Léon XIV canonise ce 19 octobre

María del Carmen Rendiles Martínez (Venezuela, 1903-1977)

Carmen Elena Rendiles Martínez est née à Caracas, au Venezuela, sans bras gauche et a reçu une prothèse de bras qu'elle a utilisée toute sa vie.

 

En 1918, Martínez commença à ressentir l'appel de la vie religieuse, mais son handicap était alors considéré comme un motif de rejet par certaines congrégations religieuses. Finalement, elle rejoignit les Servantes de l'Eucharistie en 1927 et prit le nom de María Carmen. Elle déclara un jour : « Je veux être sainte. Je veux dire comme saint Paul : ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi. »

 

Lorsque sa communauté religieuse a cherché à s'autonomiser de sa maison mère française en 1965, elle a fondé les Servantes de Jésus à Caracas pour poursuivre sa mission de dévotion eucharistique. Elle a été supérieure générale de la congrégation de 1969, année de sa nomination, jusqu'à sa mort en 1977, des suites de la grippe.

 

Elle a été béatifiée par le pape François en 2018 et deviendra la première femme sainte du Venezuela.

Découvrez les 7 saints que le pape Léon XIV canonise ce 19 octobre

Vincenza Maria Poloni (Italie, 1802-1855)

Vincenza Maria Poloni, une religieuse italienne, a fondé la Congrégation des Sœurs de la Miséricorde de Vérone pour prendre soin des pauvres, des malades et des personnes âgées.

 

Née la plus jeune d'une famille de 12 enfants, elle a discerné sa vocation sous la direction du bienheureux Charles Steeb alors qu'elle consacrait son temps à travailler avec les pauvres, les personnes âgées et les malades chroniques.

 

En 1836, lors de l'épidémie de choléra, elle travailla sans relâche aux urgences, mettant sa santé en danger. En 1840, elle se consacra à plein temps aux soins des malades et des personnes âgées et adopta un mode de vie semblable à celui d'une religieuse : prière fervente, horaires stricts et dévouement total à autrui.

 

Le 10 septembre 1848, Poloni fonda les Sœurs de la Miséricorde de Vérone et prit le nom de Vincenza Maria. Sa devise, « Servir le Christ dans les pauvres », devint le fondement de sa congrégation, présente aujourd'hui sur trois continents. Elle mourut le 11 novembre 1855 des suites d'une tumeur qui s'était propagée dans tout son corps. Elle fut béatifiée en 2008.

Source:

-https://www.catholicnewsagency.com/news/267195/meet-the-7-saints-pope-leo-xiv-will-canonize-on-oct-19

Partager cet article
Repost0
19 octobre 2025 7 19 /10 /octobre /2025 00:00
Saint René Goupil, Jean de Brébeuf, Isaac Jogues et saints Martyrs Canadiens, missionaires s.j. († 1642/1649)

Vers le milieu du XVIIe siècle (1642-1649) une vaillante légion de Jésuites travaillait, dans le Canada encore à peu près sauvage, à la conversion de peuplades féroces, parmi lesquelles étaient surtout les Iroquois. Alors s'ouvrit pour les missionnaires ce que l'on a justement appelé "l'ère des martyrs".

 

Les saints martyrs canadiens : Jean de Brébeuf, Isaac Jogues, Gabriel Lalemant, Charles Garnier, Antoine Daniel, Noël Chabanel, René Goupil, Jean de La Lande, canonisés en 1930, patrons secondaires du Canada depuis 1940, sont devenus des figures nationales proposées en exemples à l'Église Universelle.

 

Saint-Isaac-Jogues.png
Saint Isaac Joguès

Parmi les premières victimes, on compte le Père Isaac Jogues qui aurait pu se soustraire une première fois au martyre en 1642 ; mais il ne voulut pas se séparer de ses chrétiens, prisonniers des Iroquois. Après des supplices aussi inouïs que variés, il fut arraché à la mort et ramené en France. Mais son cœur était resté au Canada. Il y revint en 1646, et y reçut bientôt la palme d'un martyre glorieux. Parmi ses compagnons d'apostolat, les coadjuteurs  René Goupil et Jean de La Lande, tombèrent aussi sous la hache des iroquois, en haine de la religion chrétienne.

 

En 1648, le Père  Antoine Daniel fut percé de flèches, achevé d'un coup de feu, dépouillé de ses habits et jeté dans le brasier de sa chapelle devenue la proie des flammes.

 

Saint-Jean-Brebeuf--Pretre-jesuite.jpg

Quelques mois plus tard, le Père Jean Brébeuf et le Père Gabriel Lalemant subissent à leur tour les plus affreux supplices. On pique d'abord le Père de Brébeuf avec des alènes rougies au feu, on promène sur ses membres des tisons embrasés, on lui enlève la peau de la tête en forme de couronne. Pour l'empêcher d'exhorter ses fidèles, les bourreaux lui coupent les lèvres, la langue et le nez, lui fendent la bouche jusqu'aux oreilles, enfoncent un fer rouge dans sa gorge ; ils coupent des lambeaux de sa chair, les font rôtir et les mangent sous ses yeux. Ils jettent ensuite de l'eau bouillante sur sa tête, enduisent son corps de résine et le font griller lentement ; enfin, un chef iroquois lui arrache le cœur, le dévore et boit le sang du martyr. Le Père Lalemant subit un supplice du même genre pendant seize heures et eut enfin le crâne fracassé à coups de hache.

 

 

Au nombre des autres victimes des Iroquois furent, en 1649, les Pères Charles Garnier et Noël Chabanel, massacrés dans l'héroïque exercice de leur apostolat.

 

Le pape Pie XI (Ambrogio Damiano Ratti, 1922-1939) béatifia ces admirables martyrs, dignes de ceux des premiers siècles, le 21 juin 1925; il les canonisa le 29 juin 1930.

Le pape Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958) a déclaré les saints martyrs canadiens, Patrons secondaires du Canada.

 

Ces saints catholiques sont liturgiquement commémorés le 19 octobre par l'Église catholique, ou le 26 septembre au Canada.

 

Chanson peu connue écrite par Théodore Botrel à la fin du XIXe siècle et interprété par Fabienne Thibeault, elle raconte l'histoire de saint René Goupil, jésuite, missionnaire et martyr.


PAROLES:
Pour toi, maman, ce petit mot,
Car ton René, ton petiot,
Là-bas, là-bas, missionnaire,
Au fond des bois, si loin qu'il soit,
Pense toujours à toi, Ma bonne mère,

Peut-être m'a-t-on devancé,
Chère maman, pour t'annoncer
A mon sujet, nouvelle amère...
Le saurais-tu?... J'ai peur un brin...
De te causer quelque chagrin,
Ma douce mère!

Nommé pour le pays huron,
Du Père Jogues compagnon,
Nous traversions une rivière...
Les Iroquois nous ont surpris.
Je suis bien loin de mon pays
Et de ma mère!

De Jésus béni soit le nom!...
Aidé de mon saint compagnon,
J'ai pu gravir un dur Calvaire;
Mais je pensais alors à toi,
Je te voyais prier pour moi,
Pieuse mère!

Malgré notre captivité,
Nous prêchons Dieu sans arrêter,
Oh! quel apôtre que ce Père!
Quelques indiens sont convertis,
J'ai baptisé des tout petits:
Quel bonheur! Mère!

Si tu me voyais triomphant,
Lorsque de l'âme d'un enfant
Je fais monter une prière;
Sur les fronts, je trace la croix,
Comme tu me faisais, parfois,
Ma tendre mère!

Celui qui vient finir ce mot,
Ce n'est plus votre petiot,
Votre René missionnaire:
Il s'est envolé vers le ciel,
Jou-ir d' un bonheur éternel,
O sainte mère!

On avait juré qu'il mourrait;
Hier, au bord de la forêt,
Nous étions tous deux en prière;
Soudain parut un forcené,
Sa main frappa votre René...
Courage! O mère!

Vous receverez, rougi de sang,
Le chapelet de votre enfanT:
Baisez cette relique chère:
Vous êtes mère d'un martyr!...
Moi. Jogues, puis le garantir,
Heureuse mère!

 

Dans la video ci-dessus, les scènes sont tirées du film canadien Blake Robe qui s'inspire de la vie de Pierre-Joseph-Marie Chaumonot, un père Jésuite. Mais ce film n'est jamais sortie en France... et il n'a même pas été doublé en français.

Saints Isaac Joguès, Jean de Brébeuf, et Compagnons

Saints Isaac Joguès, Jean de Brébeuf, et Compagnons

Sources

www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=saintfeast&localdate=20141019&id=13610&fd=0

https://fr.wikipedia.org/wiki/Martyrs_canadiens

Partager cet article
Repost0
18 octobre 2025 6 18 /10 /octobre /2025 20:54

Lors d'une réunion avec la "Consultation nationale anti-usure" d'Italie, Léon XIV s'en est pris aux usuriers qui ont un "impact dévastateur sur la vie de tant d'individus et de familles"

 

"Les prophètes, en effet, dénonçaient l’usure, ainsi que l’exploitation et toute forme d’injustice envers les pauvres"

 

"C'est un péché grave, parfois très grave, car il ne peut se réduire à une simple comptabilité ; l'usure peut provoquer des crises dans les familles, elle peut user l'esprit et le cœur au point de conduire à considérer le suicide comme la seule issue."

 

"Ce qui semble être une aide au départ devient en réalité un tourment à long terme"

 

"Cela se produit également à l'échelle des pays du monde entier. Malheureusement, les systèmes financiers usuraires peuvent mettre à genoux des populations entières."(1)

 

Le pape Léon XIV condamne l'usure comme un péché grave qui asservit les pauvres et corrompt le cœur humain, il appelle à un engagement renouvelé en faveur de la justice et de la miséricorde et loue les efforts de l'Église contre l'usure comme un signe d'espoir dans l'année jubilaire.

 

Le pape Léon XIV a dénoncé la pratique de l’usure comme un "péché grave" qui détruit des vies, des familles et des sociétés, la qualifiant de "corruption du cœur humain" qui exploite les personnes vulnérables et porte atteinte à la dignité humaine.

 

S'adressant samedi aux membres du Conseil national italien anti-usure, le pape les a remerciés pour leurs trente années d'engagement en faveur des victimes de l'usure et de la promotion de pratiques économiques éthiques.

 

Il a averti que l'usure, tant au niveau individuel que mondial, "demeure une blessure douloureuse et ancienne" qui continue d'affecter les pauvres et les marginalisés.

 

L’usure n’est pas seulement une question de comptabilité

 

"Le phénomène de l'usure", a déclaré le pape, "témoigne de la corruption du cœur humain." Citant le prophète Isaïe, il a rappelé que l'Écriture condamne l'exploitation et appelle les croyants à "briser les chaînes de l'injustice et à libérer les opprimés".

 

"Comme elle est loin de Dieu", s’est exclamé le Pape, "l’attitude de ceux qui écrasent les gens jusqu’à les réduire en esclavage ! L’usure n’est pas seulement une question de comptabilité : c’est un péché grave qui peut détruire des familles, consumer les esprits et les cœurs, et même conduire au désespoir ou au suicide."

 

Il a averti que l'usure se présente souvent sous le couvert d'une aide offerte aux personnes en difficulté économique, mais se révèle rapidement "un fardeau étouffant". Les conséquences, a-t-il ajouté, pèsent particulièrement sur "les personnes déjà fragiles, comme les victimes de dépendance au jeu ou les familles confrontées à des urgences médicales ou financières".

 

Des peuples entiers peuvent être réduits en esclavage

 

Le pape Léon XIV a étendu son avertissement au-delà des cas individuels, condamnant "les systèmes financiers usuraires qui peuvent mettre des peuples entiers à genoux".

 

Lire : John Perkins, confessions d'un corrupteur de nations

 

Citant le Catéchisme de l'Église catholique, il a rappelé à ses auditeurs que "ceux qui, dans le commerce, se livrent à des pratiques usuraires et mercantiles qui causent la faim et la mort parmi leurs frères en humanité". De tels actes, a-t-il dit, créent des "structures de péché" et comportent une "grave responsabilité".

 

Il a posé une question pertinente : "Les moins fortunés ne sont-ils pas des êtres humains ? Les faibles ne partagent-ils pas notre dignité ? Ceux qui naissent avec moins d'opportunités ont-ils moins de valeur en tant qu'êtres humains, sont-ils simplement destinés à survivre ?"

 

"Notre réponse à ces questions", a affirmé le Pape, "détermine la valeur de nos sociétés et donc notre avenir. Soit nous reconquérons notre dignité morale et spirituelle, soit nous tombons dans un puits d’immondices" (Dilexi te, 95)

 

Une mission enracinée dans la miséricorde

 

Remerciant le Conseil anti-usure pour son service continu, le pape Léon XIV a décrit son travail comme un "signe d’espoir" en cette Année Sainte, pleinement aligné sur l’esprit du Jubilé de la Miséricorde.

 

En réfléchissant au récit évangélique de Zachée, le pape a déclaré que la conversion, comme celle du publicain, est possible lorsqu'on rencontre l'amour gratuit du Christ. "Quand le profit devient notre objectif", a-t-il dit, "d'autres perdent la face et deviennent des objets d'exploitation. Et à la fin, nous aussi, nous nous perdons nous-mêmes et notre âme."

 

"La conversion de ceux qui commettent l’usure", a-t-il ajouté, "est aussi importante que notre proximité avec ceux qui en souffrent."

 

En conclusion de son discours, Léon XIV a encouragé ceux qui sont engagés dans la lutte contre l'usure à persévérer avec courage et unité, soutenus par les pasteurs de l'Église et inspirés par l'Évangile.(2)

 

Sources:

(1) Catholic Arena ; Pope Respecter

(2) Catholic News Agency

Il y a eu beaucoup de révolutionnaires dans l'histoire, mais aucun n'a eu la force de la révolution apportée par Jésus, une révolution (...) qui change en profondeur le coeur de l'homme. ... Dans l'histoire, les révolutions ont changé les systèmes politiques, économiques, mais aucune n'a vraiment modifié le coeur de l'homme.

Pape François, Congrès ecclésial du diocèse de Rome, 17 juin 2013

Partager cet article
Repost0
18 octobre 2025 6 18 /10 /octobre /2025 12:00

La religieuse qui a vu Martin Luther en enfer

 

Sœur Clotilde Micheli (1849-1911), religieuse italienne, également connue sous le nom de Sœur Maria Serafina du Sacré-Cœur, béatifiée en 2011 par Benoît XVI, a reçu des visions au cours de sa vie, notamment le 10 novembre 1883.

 

Alors qu’elle était en Allemagne, dans un petit village, elle cherchait une église pour prier et réfléchir.

Elle en trouva une, et il s’est avéré que c’était une église luthérienne.

 

Son ange gardien s'approcha d'elle et lui dit : "Levez-vous, car c'est une église protestante.

Je veux vous faire voir l'endroit où Martin Luther a été condamné et la douleur qu'il a subie en punition de son orgueil."

À ce moment-là, elle vit Luther au plus profond de l’enfer.

 

Il était à genoux, entouré d'un grand nombre de diables armés de marteaux qui lui enfonçaient de gros clous en fer dans le crâne.

Il fut condamné aux feux de l'enfer pour avoir déclenché la rébellion protestante.

 

Padre Pio a également déclaré que Martin Luther est en enfer et que les chrétiens qui le suivent aujourd'hui subiront le même sort. Ceux qui ne se soumettent pas au pape et aux enseignements de l'Église catholique iront également en enfer. Saint Padre Pio a déclaré que Luther était un grand hérétique et que son sort était horrible et terrifiant.[1]

 

Selon le Père Chris Vorderbruggen, "il faut être prudent ici. Les révélations privées, même celles de saints que nous aimons profondément, ne sont pas une doctrine. Elles ne peuvent jamais être considérées comme une vérité certaine. L'Église n'a jamais déclaré que quiconque se trouvait en enfer, car seul Dieu connaît l'état d'une âme à la mort... Ainsi, lorsque de telles affirmations sont formulées, nous devons les accueillir avec modération. Elles peuvent refléter une vision ou une opinion personnelle, mais elles ne portent pas l'autorité de la foi. Notre devoir est de prier, de faire confiance à la justice et à la miséricorde parfaites de Dieu, et d'éviter toute présomption."[2]

 

 

Sources

 

[1] JMT

[2] P. Chris Vorderbruggen

Partager cet article
Repost0
18 octobre 2025 6 18 /10 /octobre /2025 00:00

Patron des médecins, des sculpteurs et des peintres.

Saint Luc l'évangéliste en peintre, Guerchin, 1562

Saint Luc l'évangéliste en peintre, Guerchin, 1562

Né à Antioche en Syrie au Ier siècle, on ignore si, avant sa conversion, il était païen ou observait la religion juive ; cette dernière opinion est la plus généralement adoptée. (1)

 

Juif hellénisé (comme l'atteste sa maîtrise du grec hébraïsé de la Septante et de la Synagogue de la diaspora juive), la tradition le considère comme l'auteur de l'Évangile qui porte son nom ainsi que des Actes des Apôtres(2)

 

Certaines traditions soutiennent que Luc est devenu disciple direct de Jésus avant l'Ascension, tandis que d'autres soutiennent qu'il n'est devenu croyant qu'après. Après la conversion de saint Paul, Luc l'accompagna comme médecin personnel – et, de fait, comme une sorte de biographe, puisque les voyages de Paul durant lesquels Luc l'accompagna occupent une grande partie des Actes des Apôtres.

 

Irénée de Lyon notait dans son livre Adversus Haereses (vers 180) : "De son côté, Luc, le compagnon de Paul, consigna en un livre l'Évangile que prêchait celui-ci". Adv Haer 3,1,1 

 

"Compagnon de voyage de Paul qu'il a probablement rencontré à Antioche où il était médecin, Luc n'a pas connu personnellement Jésus. Il appartient à la troisième génération de disciples, mais il s'inscrit dans une tradition de transmission, et il cherche à montrer que les évènements qu'il raconte après avoir fait un véritable travail d'historien, manifestent l'accomplissement du salut promis par Dieu aux hommes.

 

"Luc [...] appartenait donc à une communauté fondée par Paul. Leurs théologies sont très proches.

Dès les premiers chapitres (de son évangile), avec les récits de l'enfance, il montre que Jésus est le descendant de David, le Messie, le Christ, le Sauveur, le Seigneur et qu'en lui la bonne nouvelle prend sa plénitude de sens.

L'irruption du salut donné par Dieu se fait 'aujourd'hui' (le mot revient tout au long du récit), chaque fois qu'un cœur est prêt à l'accueillir.

[...] Poète, il est le seul des évangélistes, à faire entendre les hymnes de Zacharie, de Marie, des anges, et de Syméon." (Missel des dimanches 2025, Cerf, Édition collective es Éditeurs de liturgie, p. 179-180.)

 

L'historien des débuts de la vie de l'Église

 

Dans son Évangile, il exposa avec soin tout ce que Jésus a fait et enseigné, en scribe de la miséricorde du Christ, et, dans les Actes des Apôtres, il se fit l'historien des débuts de la vie de l'Église jusqu'au premier séjour de saint Paul à Rome. (Martyrologe romain)

 

Doué d'un caractère ferme et d'une belle intelligence, il fut très habile médecin (Col 4,14), et ne dédaignait pas, dans ses loisirs, de cultiver l'art de la peinture, pour lequel il avait un goût prononcé.

 

Il possédait une culture grecque vaste et une connaissance approfondie de la tradition et des observances juives, comme les observances alimentaires (Ac 10), le culte juif synagogal du sabbat à Antioche de Pisidie, composé de la lecture de la Loi et des Prophètes, et d'une parole d’exhortation qui est un commentaire homilétique de l'Écriture (Ac 13, 14-15).

 

On n'a pas connaissance dans l'Antiquité d'un païen aussi fin connaisseur du judaïsme et de la Septante. Une hypothèse récente établit que Luc viendrait de la mouvance des Craignant-Dieu, c'est-à-dire des païens attirés par le judaïsme et vivant dans son orbite. (3)

 

Pentecôte

Luc serait sûrement arrivé à l'une des premières charges de la cité, quand il renonça à son brillant avenir pour aller voir, en Judée, ce Jésus qui venait d'inaugurer sa vie publique, et dont le nom, la doctrine, les miracles, faisaient grand bruit dans tous les pays voisins. Il le vit, crut en sa mission divine, et prenant pour lui la parole du Maître : Que celui qui veut être mon disciple quitte tout et me suive, il suivit dès lors le Sauveur pas à pas dans ses courses apostoliques ; il fut témoin de sa Passion, de sa Résurrection, de son Ascension, reçut le Saint-Esprit au Cénacle, le jour de la Pentecôte - ou envoi de l'Esprit-Saint sur les Apôtres que Luc affiche comme l'évènement fondateur de la Chrétienté - (Ac 1,13-14), et partit pour évangéliser Antioche, sa patrie.

 

Plein d'enthousiasme pour le génie de saint Paul, Luc le prit pour son maître et se joignit à lui pour l'aider dans ses travaux ; il lui fut si fidèle, qu'il l'accompagna dans tous ses voyages et supporta patiemment avec lui fatigues, souffrances et persécutions. 

 

Après la mort du grand apôtre, Luc continua son apostolat en Italie, dans les Gaules, la Dalmatie, la Macédoine. Il rédige en Grèce, sous l'inspiration de l'Esprit-Saint, ses deux ouvrages, l'Évangile qui porte son nom et les Actes des Apôtres.

 

Son Évangile est surtout précieux par ses récits assez détaillés des mystères de l'Incarnation et de la Nativité du Sauveur, de l'Annonciation et de la Visitation. Les Actes des Apôtres servirent à faire disparaître beaucoup de mensonges qu'on répandait sur le christianisme naissant, et à confirmer les fidèles dans la foi.

 

"L'Évangile selon Luc + les Actes des Apôtres sont situés de manière habituelle dans les années 80, mais ils pourraient bien être aussi des années 60. L'Évangile selon Marc est situé autour des années 60 après l'avoir été autour des années 70, mais il pourrait bien être des années 50. L'Évangile selon Jean est situé autour des années 90, mais à cause de son caractère mystique et de certaines caractéristiques relevant de la topographie et de la chronologie il pourrait bien être des années 60." (4)

 

Les Actes des Apôtres sont la suite de l'Évangile selon Luc. D'un point de vue historien, ils ont été considérés comme rapportant des récits sur l'histoire des origines du christianisme. Leur premier objectif pourrait avoir été de montrer aux disciples de Jésus que le message de Pierre et de Paul est tout aussi légitime que celui de Jacques le Juste si ce n'est plus et de présenter les apôtres Pierre et Paul comme les continuateurs principaux de l'oeuvre de leur maître, le Messie Jésus.(5)

 

Cette oeuvre (Évangile selon Luc + Actes des Apôtres) attribuée à Luc, [...] présente l'activité religieuse du mouvement des disciples de Jésus à ses débuts."(6)

 

Pour les exégètes, l'auteur "lucanien" expose comment Dieu se détourne d'Israël qui refuse le Messie pour adopter l'universalité du monde gréco-romain, tout en situant l'Église dans l'exacte continuité d'Israël, dans une volonté de tenir ensemble les Judéens qui accueillent Jésus-Messie et les Gréco-Romains "craignant Dieu".(7)

 

Simon Claude Mimouni avance l'hypothèse que les élites judéennes disparues de certaines régions de la Diaspora romaine de langue grecque entre 70 et 135, voire après, consécutivement à la destruction du Temple de Jérusalem, "n'ont pas tout simplement adhéré au mouvement chrétien, [...] et n'existant plus désormais que comme chrétiennes. [...] Auquel cas, les Actes des Apôtres, quelques décennies plus tard auraient joué leur rôle auprès des Judéens de la Diaspora romaine." (8)

 

Les autorités chrétiennes de la seconde moitié du IIe siècle (150-200) ont intégré l'Évangile selon Luc au corpus des Évangiles, en constituant ainsi le "premier canon dont le document de Muratori pourrait en être le témoin principal." (9)

 

La tradition lui attribue plusieurs icônes de la mère du Christ, et l'un des portraits sacrés qui lui sont attribués – connu sous le titre "Le Salut du peuple romain" – subsiste encore aujourd'hui dans la basilique Sainte-Marie-Majeure.

Saint-Luc-Evangeliste.jpg
Saint Luc, Évangéliste

 

Un tableau de la Vierge Marie fut retrouvé à Jérusalem quelques années après sa mort : on considère que saint Luc en est l'auteur. (10)

 

D'après une tradition, il aurait obtenu de Marie la grâce de faire son portrait [Selon la tradition, la représentation de "Notre-Dame du Perpétuel Secours" est tiré de ce premier dessin] ; le travail terminé, la Sainte Vierge l'aurait béni en disant : "Ma grâce sera toujours avec cette image."

 

Les Madones de saint Luc sont vénérées en plusieurs lieux. 

 

C'est lui qui nous a parlé avec tant de délicatesse de la Mère de Dieu, la toute pure et toujours Vierge Marie dont il nous dit: "Elle méditait toutes ces choses en son cœur", ce qui veut dire qu'avec amour Marie relisait dans sa mémoire les faits et gestes du Seigneur, pour en approfondir toute la signification, comme saint Luc l'a fait en écoutant saint Paul et en nous transmettant cet évangile de la bonté de notre Père du ciel.(11)

 

Icône Salus Populi Romani. Après restoration. chapelle Pauline (ou Borghese) de la basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome. Selon la Tradition, elle est attribuée à l'évangéliste saint Luc.

 

 

Après le martyre de saint Paul en 67, Luc aurait prêché ailleurs en Méditerranée et aurait répandu son sang pour la foi, à l'âge de 84 ans, soit dans le Péloponnèse, soit en Bithynie.(12)

Saint Luc, fêté le 18 octobre, dans Christine Barrely, Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011. (13)

Saint Luc, fêté le 18 octobre, dans Christine Barrely, Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011. (13)

Les peintres et les médecins le regardent comme leur patron.

En France, l'Académie de Saint-Luc préfigurait avant la Révolution l'Académie des Beaux-Arts.

Saint Luc est représenté accompagné ou symbolisé par un taureau. (13)

Saint Luc, Évangéliste, Patron des médecins (Ier s.)

"Je m’engage à suivre Luc, Saint Patron des soignants, en montrant par mon attention aux autres que le seul souhait du Sauveur est de nous guérir de notre mal intérieur par Sa Miséricorde pour pouvoir ainsi accéder au Royaume de l’amour éternel qui nous unit au Seigneur !" (Mgr JM LE GALL Twitter)(14)

Saint Luc peignant la Madone, Andrea Delitio, 1477

Saint Luc peignant la Madone, Andrea Delitio, 1477

Sources :

 

(1) l'Évangile au quotidien

(2) Wikipedia

(3) Daniel Marguerat, Le Judaïsme synagogal dans les Actes des Apôtres, dans Les Judaïsmes dans tous leurs états, aux Ier – IIIe siècles (Les Judéens des Synagogues, les chrétiens et les rabbins), Actes du Colloque de Lausanne, 12 – 14 décembre 2012, publiés sous la direction de Claire Clivaz, Simon Claude Mimouni et Bernard Pouderon, Brepols 2015 , p. 182-184

(4) Simon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, Bayard, Italie 2018, p. 21

(5) Simon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, ibid.,, p. 88-90

(6) Simon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, ibid., p.  117

(7) Simon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, ibid., p. 103

(8) Simon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, ibid., p. 108

(9) Simon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, ibid., p. 99

(10) Priya Hemenway, Saints, Evergreen, Taschen 2007 p. 57

(11) Nominis

(12) https://www.catholicnewsagency.com/news/21180/st-luke-the-physician-and-companion-of-st-paul-who-chronicled-the-life-of-jesus

(13) Christine Barrely, Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 115

(14) Marguerite-Marie Thiollier, Dictionnaire des religions, Collection Marabout Université, Saint-Amand 1982, p. 222-223

(15) https://twitter.com/mgrjmlegall/status/1582236232255696896?s=20&t=6ZoGcFKqBt-pkUx0w-XwLw

Partager cet article
Repost0
17 octobre 2025 5 17 /10 /octobre /2025 00:00
Saint Baudouin Archidiacre de Laon (+ 679)

De la lignée des Sicambres, fils de sainte Salaberge, archidiacre de Laon dans l’Aisne au temps des rois mérovingiens, au VIIe siècle, Baudouin est assassiné par les gens d'Ebroïn, maire du palais de Neustrie qui le considérait comme un partisan du royaume ennemi, l'Austrasie.

 

En 679, l’armée d’Ébroïn écrase celle de Pépin II, maire du palais du royaume d’Austrasie. Pépin s’enfuit, mais son demi-frère Martin se réfugie à Laon. Pour éviter un siège difficile de la ville de Laon, Ébroïn envoya deux émissaires pour parlementer, mais il s’agit d’un piège. Les deux émissaires promirent la vie sauve à Baudouin et Martin contre leur reddition. À peine s'étaient-ils rendus qu'ils furent assassinés.


Une ruelle de Laon porte le nom de Fontaine-Saint-Bauduin, marquant l‘endroit où il aurait été assassiné en 679. (Auguste Matton, Dictionnaire topographique du département de l‘Aisne comprenant les noms de lieu anciens et modernes, vol. 2, p. 244, éd. Imprimerie nationale, 1871)

 

Il fut inhumé, comme martyr dans l’abbaye Notre-Dame de Laon par sa sœur, sainte Anstrude qui en était abbesse.

 

Son nom en étymologie germanique veut dire audacieux ou courageux (bald) et ami (win). Le saint est fêté le 17 octobre.

 

Sources:

Nominis

Herodote

Wikipedia

 

Partager cet article
Repost0
17 octobre 2025 5 17 /10 /octobre /2025 00:00
Saint Ignace d'Antioche (v. 35- † v. 107) : "Vos dieux sont des démons !"

Saint Ignace, né vers 35 dans la province de Syrie et mort à Rome en martyr en 107 ou 113, disciple de Saint Jean l'évangéliste et de Saint Pierre, 2e successeur de Pierre à Antioche (troisième évêque d’Antioche), condamné à être dévoré par les fauves lors d'une persécution sous Trajan, dont on situe mal la date exacte [...], indique Daniel-Rops en 1965, peut-être dans le Colisée, alors en voie d'achèvement, lors des spectacles géants donnés par Trajan pour son triomphe sur les Daces, et où furent mis à mort dix mille gladiateurs et onze mille fauves. On connaît mal les conditions de son procès, dont on ne sait pas si l'initiative vint de la foule ou de quelque magistrat local. (DANIEL-ROPS, Histoire de l'Église du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965, p. 157.)

 

Enchaîné et mené au supplice, il fut conduit d'Antioche à Rome par Smyrne, Troade, Ostie. Il écrivit, pendant son long parcours, sept lettres, soit six à des Églises locales et une à l’évêque de l’une d’elles qui l’avait accueilli : Polycarpe de Smyrne. (1) (2)

Itinéraire d'Ignace d'Antioche. Source: https://www.persee.fr/renderIllustration/topoi_1764-0733_2004_act_5_1_T1_0425_0000_1.png

Itinéraire d'Ignace d'Antioche. Source: https://www.persee.fr/renderIllustration/topoi_1764-0733_2004_act_5_1_T1_0425_0000_1.png

Saint Ignace d'Antioche (v. 35- † v. 107) : "Vos dieux sont des démons !"

"Les recherches actuelles montrent qu'Ignace a été victime d'une persécution qui a touché la communauté chrétienne d'Antioche en juillet 116, à la veille de la prise de Ctésiphon par les légions romaines de Trajan : [...] les Actes de Drosis, de la seconde moitié du IVe siècle, [...] donnent en dépit de leur caractère hagiographique [...] de précieuses informations historiques pour dénouer ce que l'on appelle le 'puzzle ignacien'", écrit Simon Claude MIMOUNI dans "Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme." (Bayard, Italie 2018, p. 202-203). 

 

Le livre XI de la Chronique de Malalas et les Actes de Drosis attestent qu’à la suite du séisme d’Antioche, le 13 décembre 115 ap. J.-C., une persécution brève et violente, dont Ignace et Drosis furent victimes, s’abattit sur l’Église locale dans les derniers jours de juillet 116, à l’occasion des fêtes d’Apollon. (Étienne DECREPT, La persécution oubliée des chrétiens d’Antioche sous Trajan et le martyre d’Ignace d’Antioche, Revue d'Etudes Augustiniennes et Patristiques, volume 52, 2006, pp. 1-29.)

 

"Pour Antioche, un lien n'est pas à exclure entre le séisme de décembre 115 et la persécution de 116 : la communauté judéenne, chrétienne ou non, servant souvent de bouc émissaire lors des grandes catastrophes naturelles - sous les règnes de Néron et de Vespasien, par exemple, les Judéens de la ville, [...] ont été accusés, par deux fois, d'être les instigateurs des violents incendies qui l'ont ravagée." (Simon Claude MIMOUNI, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, ibid., p. 203.)

 

"On perd ensuite l'évêque d'Antioche sur le chemin de Rome. Tout cela qui court sur quelques mois, se passe à la fin du règne de Trajan. (+117)" (Écrits des Pères apostoliques, Texte intégral, Sagesses chrétiennes, Les Éditions du Cerf, Paris 2012, p. 152.)

 

"C'est au cours du long transport vers Rome qu'il écrivit sept lettres aux chrétiens des communautés qu'il rencontrait, les exhortant et les encourageant à poursuivre. On le représente en chasuble d'évêque." 

 

 

"Saint Ignace est le deuxième successeur de Pierre (l’Apôtre de Jésus-Christ) comme évêque d’Antioche (Turquie actuelle, proche de la frontière syrienne) selon une liste communiquée par Eusèbe de Césarée, Ignace ne nous est guère connu que par ses Lettres qui ont été conservées et dont l'authenticité est indiscutable." (Régine PERNOUD, Les saints au Moyen Age, la sainteté d'hier est-elle pour aujourd'hui ?, Plon, Mesnil-sur-l'Estrée 1984, p. 40).


Certains auteurs assurent qu'Ignace fut ce petit enfant que Notre-Seigneur plaça au milieu des Apôtres lorsque, pour leur donner une leçon d'humilité, Il leur dit: Si vous ne devenez semblables à de petits enfants, vous n'entrerez jamais dans le royaume des Cieux. Ce qui est certain, c'est qu'il était un familier des premiers disciples du Sauveur, disciple lui-même de saint Jean, l'Apôtre bien-aimé. (Voir un peu plus bas, le tableau "Ignace d'Antioche : Les emprunts johanniques".)

 

Le premier credo

 

Dans son Épître aux Éphésiens (7,2) Ignace définit un credo ancien présentant les deux natures du Christ, à la fois homme et Dieu, né de Marie et né de Dieu en ces termes : "Il n'y a qu'un seul médecin, charnel et spirituel, engendré et inengendré, venu en chair, Dieu, en la mort vie véritable (né) de marie et (né) de Dieu, d'abord passible et maintenant impassible, Jésus-Christ notre Seigneur." Le texte est rythmé. Il n'est pas impossible qu'il soit emprunté à une hymne chrétienne de ce temps (analogue par exemple au Gloria in excelsis ou au Te Deum. (Les Écrits des Pères apostoliques, Texte intégral, Sagesses chrétiennes, Les Éditions du Cerf, Paris 2012, p. 160.)

 

Dans ce premier Credo donné dans l'Épître aux Éphésiens 7, 2, les termes "engendré" (γεννητός en grec) et "inengendré" (ἀγέννητος) sont utilisés pour décrire la nature duale de Jésus-Christ dans un passage christologique paradoxal. Le texte décrit le Christ comme un "médecin" qui est à la fois charnel et spirituel, engendré et inengendré, Dieu fait homme, etc. Plus précisément, "engendré" fait référence à la nature humaine du Christ, c'est-à-dire à sa naissance de la Vierge Marie (fils de Marie), tandis que "inengendré" souligne sa divinité éternelle, non créée et non issue d'une génération temporelle (fils de Dieu, existant de toute éternité). Cette formulation antithetique vise à souligner l'union hypostatique des deux natures en Christ, sans confusion, et à contrer les hérésies docétistes qui niaient sa véritable humanité. Certains interprètes y voient aussi une allusion à la génération éternelle du Fils par le Père, bien que le sens principal soit de distinguer le Christ des créatures (inengendré en tant que Dieu) tout en affirmant son incarnation (engendré en tant qu'homme).

 

Ignace semble bien être Syrien d’origine

 

Il n’est pas citoyen romain, car jamais un citoyen romain ne fut condamné aux bêtes. Rien n’indique qu’il soit Juif : il s’oppose avec fermeté aux coutumes juives et aux judaïsants (Lettre aux Magnésiens, 8 et 9) (1) :

 

VIII, 1. Ne vous laissez pas séduire par les doctrines étrangères ni par ces vieilles fables qui sont sans utilité. Car si maintenant encore nous vivons selon la foi, nous avouons que nous n'avons pas reçu la grâce. 2. Car les très divins prophètes ont vécu selon Jésus-Christ ; c'est pourquoi ils ont été persécutés. Ils étaient inspirés par sa grâce, pour que les incrédules fussent pleinement convaincus qu'il n'y a qu'un seul Dieu, manifesté par Jésus-Christ son Fils qui est son Verbe sorti du silence, qui en toutes choses s'est rendu agréable à celui qui l'avait envoyé.

 

IX, 1. Si donc ceux qui vivaient dans l'ancien ordre de choses sont venus à la nouvelle espérance, n'observant plus le sabbat, mais le jour du Seigneur, jour où notre vie s'est levée par lui et par sa mort, --quelques-uns le nient; mais c'est par ce mystère que nous avons reçu la foi, et c'est pour cela que nous tenons ferme, afin d'être trouvés de véritables disciples de Jésus-Christ, notre seul maître -- 2. comment pourrions-nous vivre sans lui, puisque les prophètes aussi, étant ses disciples par l'esprit, l'attendaient comme leur maître ? et c'est pourquoi celui qu'ils attendaient justement les a, par sa présence, ressuscités des morts. (Lettre aux Magnésiens, 8 et 9)

 

Il se fait témoin de la tradition essentielle de la foi chrétienne, en parlant des hérétiques docètes

 

Ils s'abstiennent de l'Eucharistie et de la prière, parce qu'ils ne confessent pas que l'Eucharistie est la chair de notre Sauveur Jésus-Christ, la chair qui a souffert pour nos péchés, la chair que le Père a ressuscitée. (Ad Smyrn. 7, 1.)

 

Il met en garde les vrais fidèles contre les zélateurs des observances juives :

 

Apprenons à vivre selon le christianisme. Car celui qui s'appelle d'un autre nom en dehors de celui-ci, n'est pas à Dieu ! Rejetez donc le mauvais levain, vieilli et aigri ! (Cf. 1Co, 5: 6,7)" (Lettre aux Magnésiens 10:1,2)

 

Ignace fut un grand évêque, un homme d'une rare sainteté; mais sa gloire est surtout son martyre. Conduit devant l'empereur Trajan, il subit un long interrogatoire:

 

Ignace_d%5C%27Antioche%2C_martyr.jpg
SAINT IGNACE
Patriarche d'Antioche, Martyr
Docteur de l'Eglise
(+ 116)


 

Image illustrative de l'article Trajan
Empereur Trajan (98-117)

«  C'est donc toi, vilain démon, qui insultes nos dieux?
-- Nul autre que vous n'a jamais appelé Théophore un mauvais démon.
-- Qu'entends-tu par ce mot Théophore?
-- Celui qui porte Jésus-Christ dans son coeur.
-- Crois-tu donc que nous ne portons pas nos dieux dans notre coeur?
-- Vos dieux! Ce ne sont que des démons; il n'y a qu'un Dieu Créateur, un Jésus-Christ, Fils de Dieu, dont le règne est éternel.
-- Sacrifie aux dieux, je te ferai pontife de Jupiter et père du Sénat.
-- Tes honneurs ne sont rien pour un prêtre du Christ.»

 

Trajan, irrité, le fait conduire en prison. «Quel honneur pour moi, Seigneur, s'écrie le martyr, d'être mis dans les fers pour l'amour de Vous!» et il présente ses mains aux chaînes en les baisant à genoux.

L'interrogatoire du lendemain se termina par ces belles paroles d'Ignace: «Je ne sacrifierai point; je ne crains ni les tourments, ni la mort, parce que j'ai hâte d'aller à Dieu.»

 
Condamné aux bêtes, il fut conduit d'Antioche à Rome par Smyrne, Troade, Ostie. Son passage fut partout un triomphe.

 

Pendant ce douloureux voyage, le saint évêque, exultant de joie, écrivit aux Églises sept lettres qui nous dévoilent son âme ardente et nous révèlent aussi ses préoccupations - assurer l’union des Églises à leurs évêques, leur union entre elles et la fuite de l’hérésie.
Il est aisé de retracer, d’après les détails donnés, l’itinéraire parcouru par le condamné (voir carte ci-dessous).
Il y eut trois escales plus importantes : Philadelphie, Smyrne et Troas.
A Smyrne, Ignace fut accueilli par l’évêque Polycarpe. Des délégations importantes d’autres Églises d’Asie s’empressèrent de venir le saluer. 

 Ignace fit couler partout des larmes de douleur et d'admiration:


"Je vais à la mort avec joie, pouvait-il dire. Laissez-moi servir de pâture aux lions et aux ours. Je suis le froment de Dieu; il faut que je sois moulu sous leurs dents pour devenir un pain digne de Jésus-Christ. Rien ne me touche, tout m'est indifférent, hors l'espérance de posséder mon Dieu. Que le feu me réduise en cendres, que j'expire sur le gibet d'une mort infâme; que sous la dent des tigres furieux et des lions affamés tout mon corps soit broyé; que les démons se réunissent pour épuiser sur moi leur rage: je souffrirai tout avec joie, pourvu que je jouisse de Jésus-Christ."

 

Image illustrative de l'article Ignace d'AntiocheSaint Ignace, dévoré par un lion, répéta le nom de Jésus jusqu'au dernier soupir. Il ne resta de son corps que quelques os qui furent transportés à Antioche.(Source : Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.) (2)
 

Origène (185-253)

Les démons aiment se faire passer pour les faux dieux du paganisme. [Origène, In Exod., homil. VI, n°5, (Patrologie Grecque de l'abbé Jacques-Paul Migne 12, 335).]

L'identification des démons avec les dieux païens est soutenue par Ps 96 [95]: 5 : "Tous les dieux des païens sont des démons." La Bible de Jérusalem traduit "néant, tous les dieux des nations"; la Vulgate utilisée par saint Thomas portait : "Omnes dii gentium daemonia."

(Source: Jean-Baptiste GOLFIER, Tactiques du diable et délivrances, Artège-Lethielleux, 2018, p. 93 et note 21, p. 130.)

 

"Comme saint Ignace a été disciple de saint Jean l'Évangéliste, et a souffert peu de temps après la mort de cet apôtre, ses écrits sont des monuments précieux de la doctrine et de la discipline de l'Église primitive; ils sont rassemblés dans le second tome des Pères apostoliques, de l'édition de Coletier. Les spécialistes sont unanimes pour reconnaître l'authenticité des lettres de Saint Ignace d'Antioche.

 

"[L]es Protestants, ils y ont trouvé la condamnation claire de plusieurs de leurs erreurs." (Encyclopédie théologique, Nicolas Bergier 1718-1790, publ. par M. l'abbé Migne, Ateliers catholiques au Petit-Montrouge, tome II, Paris 1850-1851, p. 1292).

Il n'y a pas d'Eglise sans évêques et sans sacerdoce

De même, que tous révèrent les diacres comme une nomination de Jésus-Christ, comme aussi l'évêque qui est l'image du Père, et les prêtres comme le Sénat de Dieu et l'assemblée des Apôtres : sans eux, il n'y a pas d'Église.

Saint Ignace d'Antioche, "Lettre aux Tralliens" (§3) (vers 107 ap. J.-C.)

Là où paraît l'évêque, que là soit la communauté, de même que là où est le Christ Jésus, là est l'Église catholique.

Lettre aux Smyrniotes VIII, 2 in Les Pères apostoliques, texte intégral, Cerf, 2012, p. 207-208

Tous ceux qui sont à Dieu et à Jésus-Christ, ceux-là sont avec l'évêque; et tous ceux qui se repentiront et viendront à l'unité de l'Eglise, ceux-là seront aussi à Dieu, pour qu'ils soient vivants selon Jésus-Christ.
Ne vous y trompez pas, mes frères : si quelqu'un suit un fauteur de schisme, 'il n'aura pas d'héritage du royaume de Dieu.' (1 Co 6,9-10)

Lettre aux Philadelphiens III, 1-2 in Les Pères apostoliques, texte intégral, Cerf, 2012, p. 195

A tous ceux qui se repentent, le Seigneur pardonne, si ce repentir les amène à l'unité avec Dieu, et au sénat de l'évêque.

Lettre aux Philadelphiens III, 1-2 in Les Pères apostoliques, texte intégral, Cerf, p. 198

Le sénat de l'évêque dont parle Ignace est le presbyterium, le collège de prêtres qui entoure l'évêque et qui forme son conseil; Cf. Magn 6,1; Trall 3,1.

Saint Ignace d'Antioche (v. 35- † v. 107) : "Vos dieux sont des démons !"

L'inventeur du mot "catholique" pour définir l'Église de Jésus-Christ

 

 

"De même, que tous révèrent les diacres comme une nomination de Jésus-Christ, et l'évêque comme Jésus-Christ, qui est le Fils du Père, et les prêtres comme le Sanhédrin de Dieu, et l'assemblée des apôtres. En dehors de cela, il n'y a pas d'Église".

 

Saint Ignace d'Antioche, "Lettre aux Tralliens" (§3) (vers 107 ap. J.-C.)

 

C'est à Ignace que l'on doit le mot grec «kajolik´ov», «catholicos» pour définir l'Eglise de Jésus-Christ (Encyclopédie Universalis). «Là où paraît l'évêque, que là soit la communauté, de même que où est le Christ Jésus, là est l’Église catholique», écrit Ignace d’Antioche qui le premier veut expliquer par ce mot l’universalité du salut.

 

Le terme grec, kajolik´ov, catholicos qui avait déjà chez les auteurs grecs (Aristote, Zénon, Polybe) le sens d’universel, de total, de général, est employé, depuis le début du IIe siècle, presque exclusivement par les auteurs chrétiens, et pour la première fois par Ignace d’Antioche en 112 ap. J.-C., dans sa Lettre aux chrétiens de Smyrne (VIII,2), pour désigner l’Église de Jésus-Christ.

 

Dès ce moment, le mot a un double sens: il désigne la foi catholique commune à toute l'Église déjà répandue dans de nombreux pays, par opposition aux communautés ayant assez tôt dévié de la foi apostolique (nicolaïtes, gnostiques de toutes obédiences, aujourd'hui protestants, francs-maçons etc....)

 

"À la suite d'Ignace d'Antioche, Clément d'Alexandrie, Tertullien ou d'autres auteurs chrétiens des premiers siècles emploient le mot 'catholique' pour qualifier une communauté locale en communion avec l'Église universelle, par opposition aux sectes ou aux hérésies. [...] Par exemple, saint Augustin écrit en tête d'une lettre à un hérétique : 'Honorato, episcopo partis Donati, Augustinus, episcopus Ecclesiae catholicae (à Honorat, évêque du parti de Donat, Augustin, évêque de l'Église catholique')." (Yves BRULEY, Histoire du Catholicisme, Que Sais-je ?, 4e édition, Paris 2018, p. 4.)



Ignace salue l'Église catholique romaine plus particulièrement :

«Elle est aimée et illuminée par la volonté de Celui qui a voulu tous ceux qui existent selon la foi et l'amour de Jésus-Christ Notre Dieu… Sa charité la met au premier rang, c'est elle qui porte la loi du Christ et le nom du Père» (France QUÉRÉ, Les Pères apostoliques. Écrits de la primitive Église, cité in Régine Pernoud, Les saints au Moyen Age, la sainteté d'hier est-elle pour aujourd'hui ? , Plon, Mesnil-sur-l'Estrée 1984, p. 40).



L’Église romaine, «présidente de l’alliance divine» chez Saint Ignace d'Antioche

 

Selon Ignace, une vénération spéciale entoure déjà l'église de Rome dès la fin du Ier siècle.


Saint Irénée de Lyon, un autre auteur contre les hérétiques écrit lui aussi : «L’ensemble des croyants de tous les pays, doit demeurer en accord avec l’Église de Rome». Au plan de la discipline et surtout de la foi, l’Église de Rome est un modèle pour les autres Églises ; on y vient de partout » (Saint Irénée de Lyon, Adversus haereses, III, 2.)

Dans sa Lettre aux Romains, Ignace explique que : « cette église préside dans la région de Rome». L'hérésie protestante est clairement condamnée dès la fin du Ier siècle... L'Église primitive était catholique et non protestante. Ceci est toujours bon à rappeler aux progressistes et autres marchands de sable expliquant qu'il faut revenir aux sources et aux premiers temps de l'Église !...

 

Ses lettres apostoliques développant une première théologie eucharistique le font ranger parmi les Pères apostoliques, première génération de Pères de l'Église. (4)

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/cc/Saint-Ignatius_cathedral_of_Shanghai_8.jpg/450px-Saint-Ignatius_cathedral_of_Shanghai_8.jpg

Eglise catholique Saint Ignace, Shanghai (Chine), Autel de la Vierge

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/24/Saint-Ignatius_cathedral_of_Shanghai.jpg

Eglise catholique Saint Ignace, Shanghai (Chine)

Les Lettres d'Ignace d'Antioche

 

Les lettres d’Ignace « ont une importance incalculable pour l’histoire du dogme » (J. Quasten, Initiation aux Pères de l’Église, Paris 1955, 1, p.76.).

« Comme à ses grands docteurs, l’Église lui doit certains traits qui resteront acquis pour toujours : pour la doctrine de l’Incarnation et de la Rédemption, de l’Église ou de l’Eucharistie, Ignace a apporté à la construction du dogme catholique des pierres solides et bien appareillées qui resteront à la base de l’édifice. » (Th. Camelot, Ignace d’Antioche, Paris 1958, SC N° 10, p. 58.)

 

Elles soulignent les thèmes suivants :

 

. Unité de Dieu : Magn. 8, 2 - Il n’y a qu’un Dieu qui s’est manifesté par Jésus-Christ, son Fils qui est son Verbe sorti du silence ; Magn. 13, 1 - Ayez soin de vous tenir dans la foi et la charité avec le Fils, le Père et l’Esprit; Magn. 13, 2 - Soyez soumis à l’évêque… comme les apôtres le furent au Christ, au Père et à l’Esprit.

http://www.schola-sainte-cecile.com/wp-content/2007/06/trinite01.jpg

. Trinité : Éph. 9, 1 - Vous êtes les pierres du temple du Père, préparées par la construction de Dieu le Père, élevés jusqu'en haut par la machine de Jésus-Christ qui est la croix, vous servant comme câble de l'Esprit-Saint. (Les Pères apostoliques, Texte intégral, Sagesses chrétiennes, Cerf 1990, p. 160-161)

 

. Divinité de Jésus : Éph. 1, 1 Après vous être retrempés dans le sang de Dieu…;

Éph. 7, 2 Il n’y a qu’un seul médecin, à la fois chair et esprit, engendré et non engendré, Dieu fait chair, vraie vie au sein de la mort, né de Marie et de Dieu, d’abord passible et maintenant impassible, Jésus-Christ Notre-Seigneur.;

Rom. 3, 3 - Rien de ce qui est visible n’est bon. Même notre Dieu Jésus-Christ ne s’est jamais mieux manifesté que depuis qu’il est retourné au sein du Père;

Rom. 6, 3 - Permettez-moi d’imiter la passion de mon Dieu.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/0d/Piero_di_cosimo%2C_incarnazione.jpg/511px-Piero_di_cosimo%2C_incarnazione.jpg

L'Incarnation du Christ par Piero di Cosimo (1505)

 

. Réalité de l’Incarnation : Magn. 8, 2 - Il n’y a qu’un Dieu et ce Dieu s’est manifesté par J.C., son Fils, qui est son Verbe sorti du silence, celui qui accomplit fidèlement les volontés de celui qui l’a envoyé.

Smyrn. 4, 1-2 - Il faut prier pour leur conversion (des docètes), chose bien difficile mais possible pourtant à Jésus-Christ, notre véritable vie. Si c’est seulement en apparence que Notre-Seigneur a agi, ce n’est aussi qu’en apparence que je suis chargé de fers. Alors pourquoi me suis-je voué à la mort, par le feu, le glaive, les bêtes ?.. C’est pour m’associer à sa passion que j’endure tout, et c’est lui qui m’en donne la force, lui qui s’est fait complètement homme.

 

. Rédemption : Trall., 2, 1 - Jésus-Christ est mort pour nous afin de vous préserver de la mort par la foi en sa mort;

Smyrn., 2, 1 - C’est pour notre salut qu’il a enduré toutes ces souffrances ;

Rom., 6, 1 - Il est mort pour nous, ressuscité à cause de nous. Il a été réellement percé de clous pour nous en sa chair sous Ponce-Pilate et Hérode le Tétrarque ;

Smyrn, 1, 2 - c’est au fruit de sa croix, à sa sainte et divine passion que nous devons la vie;

Trall., 11, 2 - Ceux qui sont plantés par le Père sont des rejetons de la croix et leur fruit est incorruptible.

 

. Eucharistie : Les luthériens ne croient pas que l'Eucharistie soit un sacrifice du Christ à Dieu le Père, c'est pourquoi ils ne sont pas en phase avec saint Ignace d'Antioche qui dit ce que dit l'Église catholique, comme dans sa Lettre aux Philadelphiens où il souligne l’unité dans la célébration de l’Eucharistie "car il n'y a qu'une seule chair de Notre-Seigneur Jésus-Christ :

Éph. 20, 2 - Si le Seigneur me révèle que chacun en particulier et tous ensemble, dans la grâce qui vient de son nom, vous vous réunissez dans une même foi, et en Jésus-Christ 'de la race de David selon la chair' (Rm 1,3), fils de l'homme et fils de Dieu, pour obéir à l'évêque et au presbyterium, dans une concorde sans tiraillements, rompant un même pain qui est remède d'immortalité, antidote pour ne pas mourir, mais pour vivre en Jésus-Christ pour toujours. (Les Pères apostoliques, Texte intégral, Sagesses chrétiennes, Cerf 1990, p. 166-167)

Philad. 4 - Ayez donc soin de ne participer qu'à une seule eucharistie, car il n'y a qu'une seule chair de Notre Seigneur Jésus-Christ, et un seul calice pour nous unir en son sang, un seul autel, comme un seul évêque avec le presbyterium et les diacres, mes compagnons de service : ainsi tout ce que vous ferez, vous le ferez selon Dieu. (Les Pères apostoliques, Texte intégral, Sagesses chrétiennes, Cerf 1990, p. 195.)

Smyrn. 7, 1 - Ils (les docètes) s’abstiennent de l’Eucharistie et de la prière parce qu’ils ne veulent pas reconnaître dans l’Eucharistie la chair de Jésus-Christ notre Sauveur, cette chair qui a souffert pour nos péchés et que le Père, dans sa bonté, a ressuscitée.

Éph. 13, 1 - Ayez donc soin de tenir des réunions plus fréquentes pour offrir à Dieu votre Eucharistie et vos louanges.

 

Église : Magn. 6, 1 - Je vous en conjure, accomplissez toutes vos actions dans cet esprit de concorde qui plaît à Dieu, sous la présidence de l’évêque qui tient la place de Dieu, des presbytres qui représentent le sénat des apôtres, des diacres, objets de ma particulière affection, chargés du service de Jésus-Christ qui était auprès du Père avant les siècles et qui s’est révélé à la fin des temps.

Trall. 3 - Vous devez tous révérer les diacres comme Jésus-Christ lui-même, l’évêque comme l’image du Père, les presbytres comme le sénat de Dieu et le collège des Apôtres ; sans eux, il n’y a point d’Église.

Philad. 7, 1 - Pendant mon séjour parmi vous, j’ai crié, j’ai dit bien haut d’une voix qui était la voix même de Dieu : Tenez-vous étroitement unis à votre évêque, au presbyterium et aux diacres… C’est l’Esprit qui disait bien haut : n’agissez jamais en dehors de votre évêque… aimez l’unité, fuyez les divisions.

Magn. 13, 2 - Soyez soumis à l’évêque et les uns aux autres, comme Jésus-Christ dans sa chair le fut à son Père, et comme les Apôtres le furent au Christ, au Père et à l’Esprit, et qu’ainsi votre union soit à la fois extérieure et intérieure.

Smym. 1, 2 - Par sa résurrection, il a levé son étendard sur les siècles pour grouper ses saints et ses fidèles, tant du sein du judaïsme que de celui de la gentilité en un seul et même corps qui est l’Église.

Éph. 3, 2 - Les évêques établis jusqu’aux extrémités du monde ne sont qu’un avec l’Esprit de Jésus-Christ.

myrn. 8, 2 - Là où paraît l’évêque, que là soit la communauté, de même que là où est le Christ Jésus, là est l’Église catholique.

 

Virginité de Marie : Éph. 19, 2 - Le prince de ce monde n’eut connaissance ni de la virginité de Marie, ni de son enfantement, ni de la mort du Seigneur : trois mystères éclatants que Dieu opéra dans le silence.

Éph. 7, 2 - Il n’y a qu’un seul médecin… né de Marie et de Dieu.

Éph.18, 2 - Jésus-Christ a été selon le plan divin, porté dans le sein de Marie, issu du sang de David et aussi du Saint-Esprit...

 

Dans sa Lettre aux Ephésiens 19, Ignace fait mention d’une étoile miraculeuse "qui fit pâlir toutes les autres" et manifesta "les mystères éclatants que Dieu opéra dans le silence" (la virginité de Marie, son enfantement, la mort du Seigneur). Cette croyance, écho de celle qui se trouve dans l’Évangile de Matthieu, se retrouvera encore dans un évangile apocryphe (le Protévangile de Jacques) et dans Clément d’Alexandrie

 

Bonté pour tous :

 

"Priez aussi sans cesse pour les autres hommes : on peut espérer les voir arriver à Dieu par la pénitence. Donnez-leur au moins la leçon de vos exemples.

"À leurs emportements, opposez la douceur, à leur orgueil, l’humilité ; à leurs blasphèmes, la prière ; à leurs erreurs, la fermeté dans la foi ; à leur caractère sauvage, l’humilité, sans jamais chercher à rendre le mal qu’ils vous font. Montrons-nous vraiment leurs frères par la bonté.

"Efforçons-nous d’imiter le Seigneur en rivalisant à qui souffrira davantage l’injustice, le dépouillement et le mépris." Lettre aux Éphésiens, 9,10

 

Humilité :

 

"Bien que je sois le dernier des fidèles dAntioche, Dieu a daigné me choisir pour le glorifier." Lettre aux Éphésiens, 21, 2

 

«Mes passions terrestres ont été crucifiées, il n’existe plus en moi de feu pour la matière il n’y a plus qu’une eau vive qui murmure au-dedans de moi « Viens vers le Père ». Lettre aux Romains, 7

Saint Ignace d'Antioche (v. 35- † v. 107) : "Vos dieux sont des démons !"

 

Ignace d’Antioche : Les emprunts johanniques

d’après M.J. Lagrange, Évangile selon S. Jean, Paris, 1925, p. XXVI.

 

JEAN IGNACE
Le vent souffle où il veut, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. 3, 8 On ne trompe pas l’Esprit, car il vient de Dieu, il sait d’où il vient et où il va, il pénètre les secrets les plus cachés. Ph. 7, 1
Le Fils ne peut rien faire de lui-même rien qu’il ne voit faire au Père. 5, 19 Le Père qui demeure en moi, accomplit les œuvres. 14, 10 En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. 15, 5 De même que le Seigneur, soit par lui-même, soit par ses apôtres, n’a rien fait sans le Père avec lequel il n’est qu’un, vous non plus, en dehors de l’évêque et des presbytres. Magn. 8, 1
Travaillez, non pour la nourriture périssable. 6, 27 Car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel. 6, 33 Qui mange ma chair et boit mon sang. 6, 54 Je ne prends plus plaisir à la nourriture corruptible ce que je veux, c’est le pain de Dieu, ce pain qui est la chair de J.C., le Fils de David, et pour breuvage je veux son sang qui est l’amour incorruptible. Rom. 7, 3
J’ai manifesté ton nom… 17, 6 Le Verbe. 1, 1 Le Fils unique, lui, l’a fait connaître. 1, 18 Celui qui m’a envoyé est avec moi… Je fais toujours ce qui lui plaît. 8, 29 Il n’y a qu’un Dieu et ce Dieu s’est manifesté par J.C., son Fils, qui est son Verbe sorti du silence, celui qui accomplit fidèlement les volontés de celui qui l’a envoyé. Magn. 8, 2
… Pour qu’ils soient un comme nous sommes un, moi en eux et toi en moi, pour qu’ils soient parfaitement un. 17, 22 Quel n’est pas votre bonheur à vous qui lui (Le. à l’évêque) êtes étroitement unis, comme 1’Eglise l’est à J.C. et J.C. à son Père, dans l’harmonie de l’universelle unité. Éph. 5, 1
Et le pain que moi je donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde 6, 51 Si vous ne mangez la chair du Fils de l’Homme… vous n’aurez pas la vie en vous. 6, 53 Qui mange ma chair, je le ressusciterai. 6, 54 Ils s’abstiennent de l’Eucharistie et de la prière, parce qu’ils ne veulent pas reconnaître dans l’Eucharistie la chair de J.C. notre Sauveur… Cette chair qui a souffert pour nos péchés… ceux qui le nient n’ont pas la vie. Ils feraient mieux de pratiquer la charité (agapè) pour avoir part à la résurrection. Smyrn. 7, 1

 

«Je vous en prie, inspirez-vous toujours dans votre conduite, non de l’esprit de discorde, mais de la doctrine du Christ. J’ai entendu dire à certaines gens : "Ce que je ne trouve pas dans nos archives, je ne l’admets pas dans l’Évangile". Et quand je leur disais : "Mais, c’est écrit", ils me répondaient : "Là est justement toute la question". Mes archives à moi, c’est Jésus-Christ ; mes inviolables archives, c’est sa croix, sa mort, sa résurrection et la foi dont il est l’auteur. Voilà d’où j’attends, avec l’aide de vos prières, d’être justifié.» Lettre aux Philadelphiens, 8, 2

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d7/Cristo_crucificado.jpg/402px-Cristo_crucificado.jpg

Le Christ crucifié (1632) par Diego Vélasquez (1632)

 

Il n’y a chez Ignace aucune opposition entre l’Ancien Testament et l’Évangile, c’est à plusieurs reprises qu’il parlera avec grand éloge des prophètes :

 

«Tout cela [L'Ancien Testament] n’a qu’un but : notre union avec Dieu, mais il y a dans l’Évangile un trait tout particulier : c’est l’avènement du Sauveur, notre Seigneur Jésus-Christ, sa passion et sa résurrection. Car les bien-aimés prophètes n’avaient fait que l’annoncer, tandis que l’Évangile est la consommation de la vie éternelle.» Lettre aux Philadelphiens, 9, 2

 

Contre quelle hérésie Ignace met-il en garde les chrétiens ? Ignace s’attaque à deux erreurs : le judéo-christianisme qui consiste à mêler les rites et les pratiques du judaïsme au christianisme et le docétisme qui ne voit dans le corps de Jésus-Christ qu’un fantôme sans réalité objective.

 

Alors qu'au milieu du Ier siècle, les disciples de Paul et de Jacques sont encore désignés comme "nazoréens" en Palestine, le terme de "chrétien" (1 P 4,16) est déjà utilisé à Antioche et à Rome. (Marie-Françoise BASLEZ, Bible et Histoire, Judaïsme, hellénisme, chritianisme, Folio Histoire, Saint-Amand 2003, p. 159 et 359.)

 

Le terme de "christianisme" "a toujours été, dès la première attestation du terme (dans les lettres d'Ignace d'Antioche aux chrétiens de Magnésie, Rome et Philadelphie, vers 115-120), une construction conceptuelle, servant notamment à tracer des frontières entre pratiques et croyances différentes." (Enrico NORELLI, La Naissance du Christianisme, Comment tout a commencé, traduit de l'italien par Vivian Dutaut, édition Gallimard, Folio Histoire, 2019, p. 12.)

 

L'auteur des Actes des Apôtres relève le terme : "c'est à Antioche que, pour la première fois, les disciples reçurent le nom de 'chrétiens' (Ac 11,26).

 

Le texte ne dit pas si ce sont les disciples qui s'attribuèrent eux-mêmes ce nom ou si ce sont d'autres qui le firent. La seconde option est la plus probable : l'historien romain Tacite affirme explicitement qu'ils étaient appelés ainsi par le peuple (Annales 15,44); et lorsque le mot chrétien revient dans les Actes, il est employé par un non-chrétien, Hérode Agrippa; dans la première lettre de Pierre (4,16), on parle de l'éventualité que quelqu'un doive souffrir "comme chrétien", ce qui renvoie à une accusation avancée par des non-chrétiens.

 

Ignace oppose le terme Khristianismos à ioudaïsmos déja existant utilisé par les Juifs pour désigner une attitude de forte adhésion identitaire à la Loi. On trouve cinq occurrences du terme dans les écris d'Ignace (quatre occurrence comme substantif, Khristianismos, une comme adjectif, Khristianos, qui avait déjà été assumé depuis longtemps à Antioche). Ignace emploie ce terme en opposition à l'identité qui se fonde sur l'observance judaïque (Lettre à l'Église de Magnésie 10, 1-3 ; aux Romains 3,3 ; à l'Église de Philadelphie 6,1). 

 

La présence de non-Juifs qui, lors de la célébration du culte, mangeaient à la même table que les Juifs rendait ces derniers impurs aux termes de la loi : ceci finit par entraîner les disciples de Jésus à Antioche, à faire prévaloir leur appartenance à Jésus sur leur appartenance au judaïsme. (Enrico NORELLI, La Naissance du Christianisme, Comment tout a commencé, traduit de l'italien par Vivian Dutaut, édition Gallimard, Folio Histoire, 2019, p. 22; 94-95)

 

Les Actes au chapitre 10 rapportent le récit de la conversation du centurion romain Corneille par Pierre, suivant la double révélation parallèle à Pierre et à Corneille, et qui révèle à Pierre qu'il ne faut pas considérer impur aucun être humain (Ac 10,28), ni déclarer impurs les aliments que Dieu a déclaré purs (Ac 11,9). 

 

"Ignace polémique durement contre les groupes chrétiens présents à Antioche et en Asie, qui ne reconnaissent pas la réalité humaine de Jésus (c'est le cas des docètes, de docétisme, du grec dokeô, apparaitre, sembler, qui interprètent littéralement le verset de l’évangile selon Jean "Et la Parole se fit chair" Jn 1,14).

 

"Ignace les accuse de "judaïser" car ils célèbrent le samedi (sabbat) (Magn. 9,1) et non le jour de la Résurrection du Seigneur.

 

"Ces groupes ne reconnaissent pas l'autorité de l'évêque et mènent des activités ecclésiales en dehors de la présidence épiscopale." (Enrico NORELLI, La Naissance du Christianisme, Comment tout a commencé, traduit de l'italien par Vivian Dutaut, édition Gallimard, Folio Histoire, 2019, p. 212-213.)

 

"L'hébraïsme du temps présent, [...] devenait désormais l'héritier de l'opposition à Dieu toujours active en Israël, et donc une branche morte, abandonnée de Dieu et de sa bienveillance ou, plutôt, s'étant elle-même obstinément, coupablement, détachée de Lui." (Enrico NORELLI, La Naissance du Christianisme, Comment tout a commencé, ibid., p. 22.)

 

Jésus lui-même relativisa les sacrifices (Mt 9,13 Je veux la miséricorde, non le sacrifice ; et 12,7) mais aussi la Loi en opposant sa parole ("Je vous dis") à la tradition (Mt 16,11 Méfiez-vous donc du levain des pharisiens et des sadducéens ; et 19,9 C’est en raison de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de renvoyer vos femmes. Mais au commencement, il n’en était pas ainsi). Sur des points de droit et d'usages, il fut amené à discuter des règles de séparation et de pureté rituelle (Mt 9,11 les pharisiens disaient à ses disciples : "Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ?" ; et Mc 7,2-5 Alors les pharisiens et les scribes demandèrent à Jésus : "Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? Ils prennent leurs repas avec des mains impures"), de la répudiation (Mt 19,8) et surtout du sabbat (Mc 2,24 Les pharisiens lui disaient : "Regarde ce qu’ils font le jour du sabbat ! Cela n’est pas permis" ; Mt 12,2 Voyant cela, les pharisiens lui dirent : "Voilà que tes disciples font ce qu’il n’est pas permis de faire le jour du sabbat !"Lc 6,1 Un jour de sabbat, Jésus traversait des champs ; ses disciples arrachaient des épis et les mangeaient, après les avoir froissés dans leurs mains6-11 Quant à eux, ils furent remplis de fureur et ils discutaient entre eux sur ce qu’ils feraient à Jésus.) (Marie-Françoise BASLEZ, Bible et Histoire, Judaïsme, hellénisme, christianisme, Folio Histoire, Saint-Amand 2003, p. 173.)

 

"L'idée s'affirme progressivement que l'Église universelle ne signifie pas seulement une communion dans la foi et dans l'amour, mais aussi une interdépendance sur le plan de la gestion des pouvoirs et une homogénéisation des doctrines." (Enrico NORELLI, La Naissance du Christianisme, Comment tout a commencé, ibid., p. 215.)

 

Dans Contre les hérésies (livre IV, I, 6) publié un peu plus tard vers 180 ap. J.-C., saint Irénée de Lyon expliquera ce processus : les prophètes de l'Ancien Testament avaient averti Jérusalem de l'inutilité des sacrifices si son coeur était loin de Dieu (Israël en tant que fidèle à Dieu) : « Isaïe, dit [...] : 'Que m'importe la multitude de vos sacrifices ? dit le Seigneur. Je suis rassasié.' Puis, après avoir repoussé les holocaustes, sacrifices et oblations, ainsi que les néoménies, les sabbats, les fêtes et toute la suite des autres observances, il ajoute, en leur conseillant ce qui procure le salut : 'Lavez-vous, purifiez-vous, ôtez la malice de vos cœurs de devant mes yeux ; cessez vos méchancetés, apprenez à bien faire ; recherchez la justice, sauvez celui qui souffre l'injustice, faites droit à l'orphelin et défendez la veuve : venez alors et disputons ensemble, dit le Seigneur.' [Isaïe 1, 11-17] [...] Si c'était par colère qu'il (Dieu) repoussât leurs sacrifices, comme de gens indignes d'obtenir sa miséricorde, il ne leur conseillerait pas ce par quoi ils pourraient être sauvés ; mais, parce que Dieu est miséricordieux, il ne les prive pas du bon conseil. C'est ainsi qu'après leur avoir dit par la bouche de Jérémie : 'Pourquoi m'apportez-vous l'encens de Saba et le cinnamome d'une terre lointaine ? Vos holocaustes et vos sacrifices ne m'ont pas été agréables' [Jérémie 6,20 et Isaïe, 1, 11], il ajoute : 'Ecoutez la parole du Seigneur, vous tous, Juda. Voici ce que dit le Seigneur Dieu d'Israël : Redressez vos voies et vos habitudes de vie, et je vous ferai habiter en ce lieu. Ne vous fiez pas à des paroles mensongères qui ne vous seront d'aucun profit, en disant : C'est le temple du Seigneur, c'est le temple du Seigneur...' [Jr 7,4] 'Mais voici le commandement que je leur ai donné : Écoutez ma voix, et je serai votre Dieu, et vous serez mon peuple ; marchez dans toutes mes voies que je vous prescrirai, pour que vous vous en trouviez bien. Mais ils n'ont pas écouté ni prêté attention; ils ont marché selon les pensées de leur cœur pervers, ils ont rétrogradé au lieu d'avancer.' [Jr 7,23-24] [...] Ainsi encore, chez le prophète Osée [6, 6], pour leur enseigner sa volonté, Dieu leur disait : 'Je veux la miséricorde plus que le sacrifice, et la connaissance de Dieu plus que les holocaustes.' [...] Malachie a parlé d'avance en ces termes : 'Je ne prends pas plaisir en vous, dit le Seigneur tout-puissant, et je n'agréerai pas de sacrifice de vos mains ; car du levant au couchant, mon nom est glorifié parmi les nations, et en tout lieu de l'encens est offert à mon nom, ainsi qu'un sacrifice pur : car mon nom est grand parmi les nations, dit le Seigneur tout-puissant.' Il signifiait très clairement par là que le premier peuple cesserait d'offrir à Dieu, tandis qu'en tout lieu un sacrifice lui serait offert, pur celui-ci, et que son nom serait glorifié parmi les nations. Or, quel est le nom qui est glorifié parmi les nations, sinon celui de notre Seigneur, par l'entremise de qui est glorifié le Père et est glorifié l'homme? […] Ainsi donc, l'oblation de l'Église, que le Seigneur a enseigné à offrir dans le monde entier, est réputée sacrifice pur auprès de Dieu et lui est agréable. » (Irénée de Lyon, Contre les hérésies, livre IV, I, 6.)

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/e4/Huy_72_collegiale-arbre-vie.JPG/800px-Huy_72_collegiale-arbre-vie.JPG

Trésor de la collégiale Notre-Dame, Huy - médaillon émaillé de l'Arbre de Vie, art mosan vers 1160. Inscription sur le pourtour Misericordia et Veritas universae viae Domini - Tous les sentiers de Yahvé sont amour et fidélité pour qui garde son alliance et ses préceptes. (Bible de Jérusalem, Ps XXIV verset 10)

  

 

C'est dans cette lettre (Lettre aux Tralliens) que se rencontre pour la première fois l’image devenue si courante de « l’arbre de la croix », arbre de vie (D’après Th. Camelot, Ignace d’Antioche, Paris, 1944, SC N° 10, p. 120, note 1, « A notre connaissance », dit Camelot.):

 

«Fuyez les rameaux parasites et dangereux (= les incrédules) ils portent des fruits qui donnent la mort, si quelqu’un en goûte, il meurt sur-le-champ. Ceux-là ne sont pas la plantation du Père. S’ils l’étaient, ils apparaîtraient comme des rameaux de la croix, et leur fruit serait incorruptible.» (La mosaïque de l’abside de l’église de saint Clément à Rome est une illustration de ce thème.) Lettre aux Tralliens, 11, 1-2

 


La défense de la veuve et l'orphelin chez Saint Ignace d'Antioche
 

On trouve l'origine de la défense de la veuve et de l'orphelin dans l'Ancien Testament : "Le Seigneur protège l'étranger. Il soutient la veuve et l'orphelin" (Ps 145, 9) ; "Vous n'accablerez pas la veuve et l'orphelin" (Ex 22,21).

 

"Dans sa Lettre à Polycarpe, Ignace d'Antioche écrit encore : 'Ne néglige pas les veuves; c'est toi, après le Seigneur, qui dois veiller sur elles'. Et encore:  'Ne méprise pas les esclaves hommes ou femmes'" (Régine PERNOUD,  Les saints au Moyen Age, la sainteté d'hier est-elle pour aujourd'hui ? Plon, Mesnil-sur-l'Estrée 1984, p. 44).

 

"Le métier du chevalier est de défendre les veuves, les orphelins et les impotents…" Cet extrait du Livre de l’ordre de chevalerie, œuvre du bienheureux Raymond Lulle (1235-1315), évoque quelques-unes des qualités du preux chevalier, héros et guerrier dont les exploits nourrissent encore notre imagination, tel Godefroy de Bouillon, Richard Cœur de Lion ou Pierre Terrail de Bayard, "sans peur et sans reproche". (Source)

 

Le culte d'Ignace répandu dès sa mort 

 

Sa mémoire fut honorée et ses os vénérés peu après sa mort. "Ignace, évêque d'Antioche est condamné aux bêtes sous Trajan, sans doute en 116." (Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, Nouvelle Clio, l'Histoire et ses problèmes, PUF, Clamecy 2018, p. 339.)

 

Des reliques d’Ignace seraient conservées à Antioche et d’autres à Rome, à l’église de S. Clément. 

 

Son culte se répandit aussitôt après sa mort. Saint Jean Chrysostome prononça à Antioche le panégyrique du saint martyr en son dies natalis, le 17 octobre : "Rome fut arrosée de son sang, vous avez recueilli ses dépouilles… Vous aviez envoyé un évêque, on vous a rendu un martyr", In sanct. mart. Ignatium, 5.

Saint Ignace d'Antioche (v. 35- † v. 107) : "Vos dieux sont des démons !"

‘’Il est bon pour moi de mourir pour m’unir au Christ Jésus, plus que de régner sur les extrémités de la terre.

[…] N’allez pas parler de Jésus Christ, et désirer le monde.’’

(Lettre aux Romains 6, 1 et 7,1 in Les Pères apostoliques, Texte intégral, Cerf Sagesses chrétiennes, 2012, p. 190-191.)

 

***

Sources

 

(1) http://www.patristique.org/Les-Peres-apostoliques-II-Ignace-d-Antioche.html  (2) https://www.levangileauquotidien.org/FR/saints/2018-10-17 ;

(3) Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 610 ; (4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Ignace_d%27Antioche ; (5) https://twitter.com/ChristianVenard/status/1581858784464424961/photo/1

 

***

À lire aussi

 

«Vie, Lettres, doctrine» de saint Ignace d'Antioche : http://jesusmarie.free.fr/ignace_d_antioche.html 

Partager cet article
Repost0
16 octobre 2025 4 16 /10 /octobre /2025 00:00
Sainte Edwige (1174- † 1243)

Duchesse de Silésie et de Pologne, elle mena une vie de foi intense : jeûnes prolongés, endurance au froid, ascèse acceptée d'un commun accord par les deux époux dans leurs relations conjugales.

Edwige et son époux vécurent d’une manière très pieuse. Elle a une vie exemplaire, aidant les nécessiteux, marchant pieds-nus en toute saison, distribuant sa fortune à l’Église et aux pauvres.

Sa sœur Agnès a épousé Philippe Auguste, roi de France. Sa sœur Mechtilde, est devenue abbesse de Kissingen.

Avec courage, elle porta le veuvage et le deuil de six de ses enfants.

Elle se retira à l'abbaye de Trzebnicz chez sa fille, abbesse cistercienne. C'est là qu'elle décède le 14 octobre 1243 et où elle a été inhumée. Certaines de ses reliques sont conservées à l'abbaye d'Andechs.

Edwige est canonisée en 1267 par le pape Clément IV. Sainte Hedwige de Silésie est fêtée le 16 octobre.

Elle est la patronne de Berlin, de la Silésie et de sa capitale Wrocław, (l'ancienne Breslau), de Trzebnica (l'ancienne Trebnitz), du diocèse de Görlitz, d’Andechs et de Cracovie.

 

Sources : (1) ; (2 ) ; Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 62.

Partager cet article
Repost0
15 octobre 2025 3 15 /10 /octobre /2025 00:00

L'amour n'est jamais oisif.

(1)

Thérèse d'Avila (en espagnol Teresa de Ávila), en religion Thérèse de Jésus, naquit en Espagne, de parents nobles et chrétiens. Teresa Sanchez Cepeda Davila y Ahumada est née dans la ville castillane d'Avila au cours de l'année 1515, troisième enfant d'une famille issue de marchands juifs convertis au christianisme sous le règne du roi Ferdinand et de la reine Isabelle. Son père Alphonsus était devenu un ardent catholique, avec une collection de livres spirituels du type que sa fille composerait plus tard elle-même.(2)

Dès l'âge le plus tendre, un fait révéla ce qu'elle devait être un jour. Parmi ses frères, il y en avait un qu'elle aimait plus que les autres ; ils se réunissaient pour lire ensemble la vie des saints : "Quoi ! lui dit-elle, les martyrs verront Dieu toujours, toujours ! Allons, mon frère, chez les cruels Maures, et soyons martyrs nous aussi, pour aller au ciel." Et, joignant les actes aux paroles, elle emmenait son petit frère Rodrigue ; ils avaient fait une demi-lieue, quand on les ramena au foyer paternel.(3) Une intuition lui dit que les biens éphémères d'ici-bas pèsent peu devant la joie éternelle.

Elle avait dès lors une grande dévotion à la Sainte Vierge. Chaque jour elle récitait le rosaire. Ayant perdu sa mère, à l'âge de douze ans, elle alla se jeter en pleurant aux pieds d'une statue de Marie et la supplia de l'accepter pour sa fille, promettant de la regarder toujours comme sa Mère.

Cependant sa ferveur eut un moment d'arrêt. De vaines lectures, la société d'une jeune parente mondaine, refroidirent son âme sans toutefois que le péché mortel la ternît jamais. Mais ce relâchement fut court, et, une vive lumière divine inondant son âme, elle résolut de quitter le monde. Elle en éprouva un grand déchirement de cœur ; mais Dieu, pour l'encourager, lui montra un jour la place qu'elle eût occupée en enfer, si elle s'était attachée au monde. 

 

 

Un séraphin vint un jour la percer du dard enflammé de l'amour divin : Jésus la prit pour épouse. Ses révélations, ses écrits, ses miracles, ses œuvres, ses vertus, tout est sublime à la même hauteur.

Elle a notamment rédigé à la demande de ses supérieures : Le Château intérieur, Le Chemin de la perfection, Les Exclamations, Les Fondations.

Elle devint la réformatrice de l'Ordre du Carmel. Avec son proche collaborateur, le prêtre et écrivain canonisé plus tard sous le nom de Saint Jean de la Croix, elle a fondé ce que l'on appelle aujourd'hui l'Ordre des carmélites déchaussées - "déchaussées", c'est-à-dire pieds nus, symbolisant la simplicité à laquelle ils ont choisi de retourner l'ordre après une période de corruption. La réforme a rencontré une opposition féroce, mais a abouti à la fondation de 30 monastères au cours de sa vie.

 

 

Elle propose un retour des carmélites à leur règle de vie d'origine, une forme simple et austère de monachisme - fondée sur le silence et la solitude - qui avait reçu l'approbation papale au XIIe siècle et dont on pense qu'elle remonte au prophète Elie de l'Ancien Testament.

Pointe de son message spirituel, elle place au coeur de la prière l'humanité du Christ, un Christ souffrant sa Passion, seul chemin vers Dieu pour les êtres de chair que nous sommes. "On constate toujours que ceux qui se sont rapprochés le plus du Christ sont ceux qui ont dû supporter les plus grandes épreuves."

Et à ceux qui exhortent "à écarter toute représentation corporelle pour s'attacher à la contemplation de la seule divinité", elle répond résolument qu'ils font preuve de présomption car "nous ne sommes pas des anges, nous avons un corps."

Celui qui prie ne reçoit pas toujours les grâces mystiques, celles-ci sont un don gratuit que nul effort ne peut provoquer, mais il lui suffit de se disposer à aimer Dieu et de se conformer à sa volonté;

Là est la richesse de son message : contemplation et action, amour de Dieu et amour du prochain, oraison et mission sont les deux faces d'une même réalité.

 

"Des œuvres, des œuvres !", réclame-t-elle avec insistance à ses filles. Le mérite d'une âme ne consiste pas dans les faveurs qu'elle reçoit mais dans les vertus qu'elle acquiert. Extase, ravissement, élévation, la sainte n'a pas attaché une importance excessive à ces faveurs, "nullement nécessaires à la perfection." C'est ce message qu'a retenu la France du XVIIe siècle, en mettant l'accent sur la volonté de purification et d'ascèse, plutôt que sur les grâces de la contemplation infuse.

Après avoir contemplé la transcendance, l'âme n'a plus que le désir de mourir pour n'être plus séparée de Dieu. "Je meurs de ne pas mourir", écrit Thérèse dans un magnifique poème, et Jean de la Croix reprendra la thème à sa manière.

 

"Être séparée de Dieu m'est si douloureux, écrit-elle également, que le plus grand sacrifice que je puisse lui offrir est de consentir à vivre pour lui." Et comment mieux vivre pour lui que d'accepter les souffrances d'un "monde en feu" ? "Seigneur, ou mourir ou souffrir...

Sainte Thérèse d'Avila, vierge et Docteur de l'Église (1515-1582)

 

Durant les dernières années de sa vie, Thérèse, "pauvre vieille toute cassée", souffre physiquement et moralement. Elle discerne du relâchement dans certains couvents. Des inflammations de gorge, des hémorragies lui donnent constamment de la fièvre.

Morte en 1582, son corps est retrouvé incorrompu et souple en 1583 (huit mois après sa mort), 1585, 1586, 1592, 1760 et... 1982.(4) 

Lors de la translation des reliques de Sainte Thérèse qui eut lieu en 1760, le corps virginal fut trouvé toujours flexible et exhalant un suave parfum.(5)

Dans sa bibliothèque, on a retrouvé des auteurs stoïciens à côté de livres de dévotion.

En 2015, lors d'une exposition de reliques de Thérèse, la relique montrait un aspect noirci et "durci" des tissus (toujours complets).(6)

Canonisée en 1622 par Grégoire XV, Bossuet l'a comparée aux plus grands docteurs.

Paul VI l'a déclarée Docteur de l'Eglise en 1970, première femme avec la dominicaine du XIVe siècle Catherine de Sienne à recevoir ce titre. 

Que rien ne te trouble. Que rien ne t'épouvante. Tout passe. Dieu ne change pas. La patience obtient tout. Celui qui possède Dieu ne manque de rien. Dieu seul suffit.

Elève ta pensée, monte au ciel, ne t'angoisse de rien. Que rien ne te trouble. Suis Jésus-Christ d'un grand coeur. Et quoiqu'il arrive, que rien ne t'épouvante.

Tu vois la gloire du monde ? C'est une vaine gloire. Il n'a rien de stable. Tout passe.

Aspire au Céleste qui dure toujours. Fidèle et riche en promesses, Dieu ne change pas. Aimes-le comme il le mérite, bonté immense. Mais il n'y a pas d'amour de qualité sans la patience.

Que confiance et foi vivent et maintiennent l'âme.

Celui qui croit et espère obtient tout. Même s'il se voit assailli par l'enfer, il déjouera ses faveurs celui qui possède Dieu.

Sainte Thérèse d'Avila, vierge et Docteur de l'Église (1515-1582)

Efforçons-nous d'être les servantes du Seigneur, ne demandant rien, ne voulant rien, mais seulement pour faire sa volonté. C’est ce que signifie être une vraie servante, une vraie servante, comme notre Sainte Mère.

Sainte Thérèse d'Avila, vierge et Docteur de l'Église (1515-1582)

Vous faites un compliment à Dieu en lui demandant de grandes choses.

Sainte Thérèse d'Avila

 ***

 

Sources : (1) Dictionnaire des saints et Grands témoins du christianisme, Sous la direction de Jean-Robert ARMOGATHE et André VAUCHEZ, CNRS Éditions, Paris 2019, p. 1120-1130 ; (2) Catholic News Agency ; (3) L'Evangile au quotidien ; (4) Patrick SBALCHIERO, Enquête sur les miracles dans l'Église catholique, Artège, Paris 2019, p. 160 ; (5) Mgr Jean-Joseph GAUME, L'eau bénite au XIXe siècle, 1865, Rééd. Éditions Saint-Rémi, 2006, p. 102 ; (6) Wikipedia.

Partager cet article
Repost0
14 octobre 2025 2 14 /10 /octobre /2025 00:00
Saint Calliste ou Calixte Ier Pape (+ 222)

Le pape de l'indulgente bonté. C'était un esclave chrétien. Son maître lui avait donné à gérer une banque. Il la mit en faillite et, pour cette raison, fut condamné aux mines de Sardaigne. La maîtresse de l'empereur Commode, chrétienne de cœur et non pas de conduite, le connaissait et elle obtint sa grâce. Il se retira loin de Rome et reçut des subsides du pape saint Victor, ce qui lui permit de s'adonner à l'étude des Saintes Écritures. Affranchi, Calixte devint l'archidiacre du pape saint Zéphyrin et fonda le cimetière des catacombes qui porte son nom et où furent enterrés tous les papes du IIIe siècle. Les catacombes de Saint-Calixte sont les premières et les plus grandes de Rome. Traversées par une vingtaine de galeries à plusieurs niveaux, courant sous quinze hectares de terrain, y sont enterrés plus de 500 000 chrétiens dont des dizaines de martyrs et seize papes.

 

Calixte Ier Devenu pape à son tour, il autorisa, à l'encontre de la loi civile, les mariages entre esclaves et personnes libres.

 

Il fit recevoir à la pénitence, malgré les tenants de la rigueur, tous les pécheurs, si grandes soient leurs fautes. Il résista au schisme d'Hippolyte et il assouplit les normes d'entrée au catéchuménat. Celui-ci en deviendra enragé et son rigorisme le conduisit hors de l'Église.

 

Son parcours personnel influença son bref pontificat (218-222). Soufflant sur l’Eglise un vent de miséricorde envers les pécheurs. Serait-ce parce qu’il a lui-même été pardonné ? Calixte accueillit toute sorte de pécheurs. Son Eglise n’est pas la traditionnelle assemblée des saints, souligne Emanuela Prinzivalli, professeur en Histoire du Christianisme et des églises, mais une assemblée de saints et de pécheurs. "Son Église était une maison de miséricorde ouverte aux pécheurs, qui pouvait offrir à tous la possibilité de la réconciliation après le péché", résume l’historienne.

 

Saint Calixte mourut massacré sans qu'on sache pourquoi, victime d'une émeute dirigée contre les chrétiens. Après mille brimades et supplices, il fut défenestré, une grosse pierre attachée au cou. On le jeta ensuite dans un puits recouvert de décombres. Un prêtre l'en retira une quinzaine de jours plus tard. Mais la sédition des païens ne permit pas de transporter son corps jusqu’au cimetière de la Via Appia. Sa dépouille fut finalement déposée dans le cimetière de Calépode, sur la Via Aurélia, qui donna naissance à d'autres catacombes romaines.

 

Mémoire de saint Calliste Ier, pape et martyr. Alors qu’il était diacre, après un long exil en Sardaigne, il fut chargé par le pape saint Zéphyrin d’aménager, sur la voie Appienne, le cimetière qui porte son nom; élu pape, il défendit la pureté de la foi, réconcilia avec bienveillance les fidèles qui avaient failli dans la persécution et acheva son épiscopat par le témoignage plus éclatant du martyre, sans doute au cours d’une émeute contre les chrétiens au Transtévère, en 222. Il fut mis au tombeau au cimetière de Calépode, sur la voie Aurélienne. Martyrologe romain

 

Dieu aime à pardonner. Il faut donc que les enfants de Dieu soient, eux aussi, pacifiques et miséricordieux , qu'ils se pardonnent réciproquement comme le Christ nous a pardonnés et nous ne jugions pas de peur d'être jugés. Tertullien - traité de la pudeur

 

"Donnez plutôt en aumône ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous." Lc 11,41

 

Sources:

-Nominis https://nominis.cef.fr/contenus/saint/2014/Saint-Calixte-Ier.html

-https://fr.aleteia.org/2017/10/14/saint-calixte-ancien-escroc-devenu-pape-misericordieux/

-Vidéo, Rome, ville des martyrs, visite des catacombes de Saint Calixte.

Partager cet article
Repost0
13 octobre 2025 1 13 /10 /octobre /2025 06:15

Quelqu'un a demandé : "Pourquoi vous appelez-vous Père alors que Jésus a dit de ne pas le faire dans Matthieu 23 ?" Cette question n'est pas nouvelle. Elle est posée depuis les premiers siècles de l'Église. Et l'Église a toujours eu une réponse claire.

 

Jésus dit dans Matthieu 23:8-10 : "Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n’avez qu’un seul maître pour vous enseigner, et vous êtes tous frères. Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux. Ne vous faites pas non plus donner le titre de maîtres, car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ."

 

Dans ce passage, "Rabbi" signifie "maître". Jésus n'interdit pas ces mots. Il met en garde contre l'orgueil spirituel, contre le fait d'aimer les titres et l'autorité plus que Dieu lui-même.

 

Si cela devait être considéré comme une interdiction stricte, personne ne pourrait appeler son père "père", personne ne pourrait appeler son professeur "professeur". Pourtant, les Écritures utilisent ces mots librement et avec respect ailleurs. Les apôtres l'avaient compris. Ils savaient que l'autorité appartient à Dieu seul, et que toute paternité ou tout enseignement dans l'Église doit renvoyer à Lui.

 

Paul écrit : "Car, dans le Christ, vous pourriez avoir dix mille guides, vous n’avez pas plusieurs pères : par l’annonce de l’Évangile, c’est moi qui vous ai donné la vie" (1 Co 4, 15).

 

 

Il s'agit là de paternité spirituelle, et non d'orgueil. Il appelle Timothée "mon fils dans la foi" (1 Tim. 1:2). Les premiers chrétiens considéraient l'Église comme une famille spirituelle, avec des pères et des mères dans la foi qui aidaient à former les nouveaux croyants.

 

L'Ancien Testament le montre également. Élisée s'écria vers Élie : "Mon père !... Mon père !... Char d’Israël" (2 Rois 2:12). Ce langage exprime la révérence et l'amour, et non la rivalité avec Dieu.

 

Dès les premiers siècles, les chrétiens appelaient leurs aînés "père". Saint Ignace d'Antioche, l'un des premiers évêques, utilisait ce terme aussi naturellement qu'il respirait. Il faisait partie intégrante de la vie de l'Église depuis ses débuts.

 

Saint Jean Chrysostome a averti que le titre de père n'est pas un honneur à revendiquer, mais une responsabilité à assumer. Enseigner, guider, aimer, prier pour les âmes confiées à ses soins.

 

Cette pratique n'est pas propre à Rome. Les Églises orthodoxe, copte, syriaque, vieille-catholique et autres Églises apostoliques utilisent toutes ce langage, qui appartient au patrimoine commun de la foi apostolique.

 

Éphésiens 3:14-15 dit : "C’est pourquoi je tombe à genoux devant le Père, de qui toute paternité au ciel et sur la terre tient son nom." Toute paternité découle de Lui.

 

Ainsi, lorsque l'Église utilise le mot "père", il ne s'agit pas de revendiquer un pouvoir. Il s'agit de pointer au-delà du prêtre vers le véritable Père qui est aux cieux, dont toute paternité spirituelle est empruntée. Interpréter Matthieu 23 comme une interdiction contredirait les paroles des apôtres eux-mêmes et la manière dont vivait l'Église primitive. Jésus mettait en garde contre l'orgueil, et non contre les paroles qui expriment l'amour et la sollicitude spirituelle.

 

Lorsque les chrétiens appellent un prêtre "père", ils ne créent pas un rival à Dieu. Ils utilisent le langage de l'Église primitive, un langage de famille, de révérence et de responsabilité qui ramène toujours à Lui.

 

Père Chris Vorderbruggen

Partager cet article
Repost0
13 octobre 2025 1 13 /10 /octobre /2025 00:05
Saint Géraud ou Gérard d'Aurillac, fondateur de l'abbaye d'Aurillac († 909)

Géraud, Gérault ou Gérard, comte d’Aurillac (Cantal), était le fils de Géraud, d'origine mérovingienne, seigneurs d'Aurillac, et d'Adeltrude, d'origine carolingienne, qui fut également canonisée. Saint Arède était un de ses ancêtres.

 

Géraud d'Aurillac vécut de l'an 854 à l'an 909. Sa vie a été relatée par Odon, abbé de Cluny qui en a fait le modèle chevaleresque du seigneur chrétien mettant sa force et ses richesses au service de la justice et des humbles.

 

Seigneur laïque d'Aurillac, on l'a appelé "le bon Comte". Saint Géraud d'Aurillac ... Sa mère a été canonisée par l'Église comme modèle de mère chrétienne: sainte Adeltrude... il est le véritable fondateur de la ville d'Aurillac... dans un siècle barbare, il mit tous ses soins à faire régner le droit, la justice, la charité envers les plus pauvres..." (diocèse de Saint-Flour)

 

On lui apprit le métier des armes, la chevauchée et l'art de la chasse au faucon. Grand, agile et de belle apparence, il était de santé fragile et on lui enseigna aussi le chant, la grammaire et les Saintes Écritures. Il étonnait les clercs qui paraissaient à la table de ses parents par l'importance de ses connaissances. Il connaissait aussi le droit romain.

 

Quand il fut guéri, son père le destina au métier des armes. Il fut alors parfaitement à même de lui succéder comme seigneur d'Aurillac. Mais, Géraud résolut de suivre en tout l'Évangile après une tentative de mariage qui échoua. Il voulait rester constamment en présence de Dieu et faisait régner la justice sur ses terres. Il affranchit de nombreux serfs en leur donnant la propriété de leur terre, rendait la justice à jeun pour que le vin n'influe pas sur ses jugements. Il savait pardonner, tenait table ouverte pour les pauvres qu'il servait lui-même à sa table et donnait de nombreuses aumônes. 

 

A la mort de ses parents, Géraud se retrouva à la tête d'un domaine considérable qui s'étendait dans le Rouergue. Ayant fait savoir qu'on pouvait lui adresser directement des requêtes, il assure sa protection aux habitants. S'appliquant à vivre selon les Évangiles, il donna à ses serfs la propriété de leur terre, accueillit les pauvres à sa table et s'efforça de limiter la violence des guerres en s'en remettant au jugement de Dieu. C'est ainsi qu'on le vit avant un combat, dire à ses hommes de charger comme lui en tenant leurs armes le manche en avant, et tous les ennemis être pris de panique devant une telle assurance.

 

On raconte qu'ayant appris que son bailli avait condamné à mort deux malfaiteurs, il les envoya chercher des lianes dans la forêt et de les rapporter pour se faire pendre. Ils ne revinrent jamais car il n'y avait pas de lianes dans la forêt et saint Géraud le savait. 

 

Saint Géraud d'Aurillac, vitrail église Saint-Géraud d'Aurillac

 

Géraud est le fondateur de l'abbaye d'Aurillac, modèle de celle de Cluny. C'est dans cette abbaye fondée par Géraud que le jeune Gerbert d'Aurillac, sera instruit et s'initiera à la vie monastique. Extrêmement savant, celui-ci deviendra pape à l'époque de l'An Mil sous le nom de Sylvestre II.

 

Scirptorium médiéval

 

L'abbaye d'Aurillac était dotée d'un scirptorium, où l'on enseignait les disciplines du trivium, (surtout la grammaire et la rhétorique ) et le quadrivium (les quatre sciences mathématiques, arithmétique, musique, géométrie, astronomie.).

 

L'abbaye était constamment restée en contact avec la Catalogne, foyer intellectuel de premier plan où étaient conservées de nombreuses copies d'œuvres antiques comme celles d'Isidore de Séville ou de Boèce

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/e1/Cluny_Tours_et_Clochers.jpg/800px-Cluny_Tours_et_Clochers.jpg 

L'Abbaye de Cluny

 

Il mourut aveugle à Saint - Cirgues, au milieu de ses terres en Quercy, où se trouve encore le rocher en forme de prie-Dieu, d'où l'on peut contempler Lot, Aveyron et Cantal." (diocèse de Cahors)

 

Il est déclaré saint par la voix populaire, l'un des premiers reconnus par l'Église sans avoir été martyr ni être rentré sous les ordres. (source: "Saint Géraud, une pierre vivante du diocèse de Saint-Flour" 11e centenaire de la mort de Saint Géraud)

 

Sources:

-Nominis https://nominis.cef.fr/contenus/jour_13_10.html

-Site internet de l'Église catholique d'Aurillac, paroisse Saint-Géraud. (abbatiale Saint-Géraud)

-vidéo du diocèse de Saint-Flour

-https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9raud_d'Aurillac

 

Partager cet article
Repost0
12 octobre 2025 7 12 /10 /octobre /2025 07:00
Esclavage: Isabelle la catholique interdit strictement l’esclavage

L'histoire de l'Espagne qu'ils tentent de cacher et de déformer

 

Les Archives générales des Indes contiennent un document publié à Grenade le 16 septembre 1501, essentiel à la compréhension de la politique d'Isabelle la Catholique au 16e siècle à l'égard du Nouveau Monde, rédigé par son secrétaire Gaspar de Gricio, dans lequel sont rassemblés quelques principes très avancés pour l'époque.

Dans ces instructions royales, le frère Nicolás de Ovando, commandeur de Lares et commandeur majeur de l'ordre d'Alcántara, fut désigné pour gouverner Hispaniola, l'actuelle République dominicaine et Haïti, avec des ordres très précis : les Indiens devaient être traités comme des hommes libres, instruits dans la foi chrétienne et jamais réduits en esclavage, confirmant ainsi qu'ils étaient des vassaux et des sujets libres de la Couronne de CastilleIsabelle interdisait strictement l’esclavage et ajoutait que tous ceux qui avaient été injustement réduits en esclavage devaient être libérés.

En 1537, une bulle papale [Veritas ipsa de Paul III] réaffirme le statut libre des Indiens et en 1542, Charles Ier promulgue les Nouvelles Lois des Indes, qui, en bref, confirment la nécessité de respecter les droits de la population indigène.

Ce document renverse la légende noire, un mantra que le monde anglo-saxon a inventé sur notre histoire, créant un récit qui n’est pas vrai.

Le 12 octobre 1492, deux mondes fusionnent en un seul, marquant l’origine du métissage et d’une politique d’intégration unique dans le monde colonial.

 

Joyeuse Journée du patrimoine hispanique !

Vive l’héritage hispanique !

 

Ana Mª Poveda, Professeur en histoire de l'Art.

Partager cet article
Repost0
12 octobre 2025 7 12 /10 /octobre /2025 00:00

La première apparition mariale au monde n'a pas eu lieu à Lourdes, Fatima ou Guadalupe.

Cela arriva alors que la Vierge Marie était encore en vie.
Elle est apparue à un apôtre en Espagne et laissa derrière elle un pilier miraculeux qui subsiste aujourd'hui encore.

Notre-Dame du Pilier

C'était l'année 40 après J.-C.

Saint Jacques le Majeur, Apôtre, frère de saint Jean, était en Hispanie romaine (Espagne moderne). Sa mission était difficile. Le peuple résistait à l'Évangile. Ses disciples étaient peu nombreux et son cœur était fatigué.

La tradition dit que lorsqu'il était au plus bas du découragement, saint Jacques pria sur les rives de l'Ebre, près de Saragosse. Il supplia Dieu de faire un signe.

Soudain, une grande lumière apparut, et à l'intérieur, la Vierge Marie, entourée d'anges.

Ce n'était pas une vision.

Marie était encore vivante à Jérusalem, mais par la puissance de Dieu, elle y fut transportée, bilocation, pour fortifier l'Apôtre.

Elle se tint sur une petite colonne de jaspe, tenant l'Enfant Jésus dans ses bras.

Marie parla à Jacques : "Construisez une église ici en mon honneur, elle subsistera à partir de ce moment et jusqu'à la fin des temps afin que Dieu puisse faire des miracles et des prodiges par mon intercession pour tous ceux qui se placent sous mon patronage".

Et elle promit : "De ce pilier jailliront de grandes faveurs."

Encouragé, saint Jacques recommença à prêcher avec zèle.

Une petite chapelle a été construite à l'endroit même.

Elle est devenue la semence de ce qui est aujourd'hui la Basilique Notre-Dame du Pilier (Saragosse), la première église dédiée à Marie dans l'histoire.

Au fil des siècles, les miracles se sont multipliés.

Des soldats sauvés d'une mort certaine.
Les marins ont été épargnés du naufrage en invoquant son nom.
> Les aveugles guérirent.
> Des villes furent mises à l'abri des catastrophes.

Son pilier devint une forteresse de foi.

Aujourd'hui encore, les pèlerins touchent et embrassent le pilier de jaspe laissé par Notre-Dame. Cela fait près de 2000 ans, signe que Marie tient sa promesse.

Il est vénéré non seulement en Espagne, mais dans le monde catholique, en particulier dans les pays hispaniques.

Durant la guerre civile espagnole (1936-1939), les communistes ont largué trois bombes sur l'église depuis un avion, les bombes ont déchiré le toit et touché le sol, mais aucune d'entre elles n'a explosé. Les trois bombes aujourd'hui désactivées sont actuellement exposées dans l'un des murs de la basilique.

Notre Dame aurait également donné la petite statue en bois de l'apparition à Saint Jacques, qui se trouve maintenant sur le pilier sur lequel elle est arrivée.

Mère du Christ, pilier de l'Eglise, refuge de l'Espagne et de toutes les nations.

Puissions-nous, comme saint Jacques, sortir du découragement,
En cherchant ton intercession !

Notre Dame du Pilier, priez pour nous !
Saint Jacques l'Apôtre, priez pour nous !
(Trad West)

Avant de retourner en Judée, l'apôtre Jacques et huit témoins ont commencé à construire une église sur le site de l'apparition. Mais avant qu'elle ne soit terminée, Jacques ordonna l'un de ses disciples comme prêtre pour la servir, la consacra et lui donna le titre de Santa Maria del Pilar. De retour à Jérusalem, il y sera décapité par Hérode Agrippa, petit-fils d'Hérode.

La Vierge a disparu et le pilier est resté là. Jacques deviendra alors le protecteur de l'Espagne lors de la Reconquista.

Il s'agit de la première église dédiée en l'honneur de la Sainte Vierge.

Patronne de l'hispannité, la Vierge du Pilier est fêtée le 12 octobre. C'est le pape Clément XII qui, conscient de cette dévotion, établit le 12 octobre comme jour de célébration de la fête de la Vierge du Pilier.

Saragosse, tout au long de l'année, mais surtout pendant les fêtes du Pilar, est la ville d'où émerge l'union nationale et universelle. Depuis que Christophe Colomb a ouvert les portes du Nouveau Monde en 1492, les valeurs chrétiennes se sont répandues dans les nations d'Amérique, d'Afrique et d'Asie, désormais unies par le solide pilier d'un passé commun, d'une langue commune et d'une culture commune aussi riche que diverse.

 

En Espagne, le 12 octobre marque la journée du Patrimoine historique, fête nationale espagnole qui commémore la découverte de l'Amérique en 1492 par Christophe Colomb, jour où deux mondes fusionnent en un seul.

Notre-Dame du Pilier, la première apparition mariale au monde
Partager cet article
Repost0
12 octobre 2025 7 12 /10 /octobre /2025 00:00
Saint Wilfried, évêque d'York (634-709)

Wilfrid naît en Northumbrie (royaume du nord-est de l'Angleterre) aux alentours de l'an 633.

 

Depuis les invasions anglo-saxonnes au Ve siècle, l'Église était divisée comme le pays. L'Église celte refusait l'archevêque anglais de Cantorbéry et vivait pratiquement autonome. L'Église anglo-saxonne fondée par saint Augustin de Cantorbéry, cent ans auparavant, était soumise au siège romain. Ce fut grâce à saint Wilfrid et à quelques autres que l'unité fut entièrement rétablie.(1)

 

Tout jeune encore, Wilfrid résolut de se donner au Seigneur. Après un court séjour dans un couvent, s'apercevant que certains usages, contraires à ceux de Rome, s'étaient glissés dans les cérémonies, il se décida à visiter le tombeau des Saints Apôtres, afin de bien discerner la vérité au centre même de la lumière. Un saint moine, Benoît Biscop, le prit alors comme accompagnateur pour aller à Rome. Ils sont les premiers Anglo-Saxons connus à entreprendre ce pèlerinage(2). Bientôt le pieux pèlerin aura beaucoup d'imitateurs, et ce pèlerinage sera en grand honneur en Angleterre, grâce à son exemple. Le statut exact de Wilfrid est incertain : il est vraisemblablement devenu moine durant son séjour à Rome, ou bien plus tard en Francie.(3) 

 

Après un séjour de quelques années dans les Gaules, où il se rendit pour poursuivre sa formation à Lyon et à Rome, Wilfrid rentra enfin dans sa patrie (658), où son dévouement aux usages de Rome lui attira des ennemis et des admirateurs. En 663, il est ordonné prêtre par l'évêque des Saxons de l'Ouest Agilbert, d'origine franque, un de ses protecteurs. Wilfrid est alors recommandé à Alhfrith, le fils d'Oswiu, par le roi de Wessex Cenwalh, qui le décrit comme un clerc versé dans la liturgie et les rites romains.(4)

Il a trente ans, quand le pieux roi Aldfrith (Alfred) lui fait accepter l'évêché d'York (665).

Peu avant 664, Alfred confia à Wilfrid une abbaye qu'il venait de fonder à Ripon. Cette communauté était constituée de moines de l'abbaye de Melrose qui suivaient les coutumes monastiques irlandaises. Wilfrid chassa rapidement l'abbé Eata et l'obédientiaire Cuthbert, qui refusaient d'adopter le rite romain ainsi que le calcul romain du jour de la fête de Pâques.

De son séjour à Lyon, Wilfrid garda les pratiques religieuses franques et romaines, en particulier dans les monastères fondés par Colomban qui suivent la règle de saint Benoît.(5)  Il introduisit la règle de saint Benoît à Ripon, qui devint le premier monastère anglais à la suivre.

Le clergé autochtone, ou "celtique", utilise une méthode différente pour déterminer le jour de la fête de Pâques. D'après le récit qu'en fait Bède, le discours que fit Wilfrid au concile de Whitby (664) joua un rôle crucial dans la victoire du parti romain, en assimilant le calcul celtique du jour de la fête de Pâques à un péché.(6) Les membres du clergé qui refusèrent la décision du synode quittèrent la Northumbrie pour l'Irlande ou Iona, où le calendrier celtique continua à être suivi pendant plusieurs décennies

L'influence franque se ressent également en architecture dans la suite de la carrière de Wilfrid : il a recours à des maçons francs pour édifier ses églises et les consacre vraisemblablement lors de cérémonies calquées sur le rite franc.(7)

Le moine et historien Bède le Vénérable (672-735) relate ainsi que Benoît Biscop fit venir des maçons et des verriers de France afin de construire les bâtiments en pierre. Son idée était de construire un monastère modèle pour toute l'Angleterre, afin de partager sa connaissance et son expérience de l'Église catholique en Europe. Ce fut le premier édifice religieux à être construit en pierre, et l'utilisation du verre fut une découverte pour de nombreux Saxons du VIIe siècle. Le monastère fut finalement doté d'une grande bibliothèque pour l'époque – plusieurs centaines de volumes – et c'est là que Bède écrivit ses fameux ouvrages.

 

Lire aussi : Les Plantagenêt et l'influence française en Angleterre

 

Sous sa houlette, l'Évangile prend, dans ce pays, un développement merveilleux : les monastères se multiplient, de magnifiques cathédrales s'élèvent sur le sol anglo-saxon ; le saint évêque préside lui-même à la construction de ces édifices grandioses qui ravissent d'admiration des populations, chez lesquelles l'on ne connaissait encore que les édifices de bois. Le saint évêque ne se bornait pas à l'organisation matérielle : il réformait les mœurs de son troupeau et faisait régner, avec Jésus-Christ, la paix, la justice et la charité.

Cathédrale de Ripon sur l'emplacement du monastère de S. Wilfried

Cathédrale de Ripon sur l'emplacement du monastère de S. Wilfried

Wilfrid œuvra en faveur de l'usage de la musique dans les cérémonies religieuses et envoie chercher un maître de musique dans le Kent pour que son clergé puisse découvrir la musique liturgique romaine, avec un double chœur fonctionnant par antiennes et réponses.

Il lutta aussi contre le paganisme, en fondant par exemple une église à Melrose sur un ancien lieu de culte païen.

 

Incapable de céder à la peur et de manquer à sa conscience, le vaillant pontife fut déposé et exilé plusieurs fois ; il convainquit la femme du roi de Northumbrie Egfrid (frère aîné d'Alfred), Etheldreda, d'entrer dans les Ordres (Etheldrède contracta un premier mariage en 652 avec Tonbert, chef des Gyrvians du Sud, ou fenmen. Cependant, elle réussit à persuader son mari de respecter un vœu de virginité qu'elle avait prononcé avant son mariage. À la mort de son mari en 655, elle se retira dans l'île d'Ely, que Tonbert lui avait donnée comme "cadeau du matin". Etheldrède se remaria ensuite en 660 à Egfrid, pour des raisons politiques). Egfrid ne le pardonna pas et l'empêcha de rester dans son diocèse (678). D'après la Chronique anglo-saxonne, Etheldrède fonda le monastère double d'Ely en 673 ; ce monastère sera détruit lors de l'invasion danoise de 870.

Saint Wilfrid connut ainsi l'emprisonnement puis, par deux fois, l'exil dont il profita pour évangéliser le Sussex, la Hollande et même l'Austrasie, cour de Dagobert II qui lui offrit l'évêché d'Argentoratum (Strasbourg), mais Wilfrid refusa et poursuivit sa route.

De 680 à 685 Wilfrid passe cinq années à prêcher dans le royaume des Saxons du Sud (Sussex ) pour convertir ses habitants au christianisme. Il fonde l'abbaye de Selsey sur un domaine que lui offre le roi Æthelwealh et collabore avec l'évêque de Londres Earconwald pour mettre sur un pied une organisation cléricale dans le royaume : c'est l'origine du futur diocèse de Selsey.

Il put enfin retourner dans son pays (685) et y passer les dernières années de sa vie dans son abbaye de Ripon où il mourut en 710. Wilfrid est inhumé près de l'autel de l'église de Ripon.

Le premier anniversaire de sa mort est célébré à l'abbaye de Ripon par une messe à laquelle assiste tous les abbés des monastères qu'il a fondés. Un miracle se serait produit à cette occasion : l'apparition d'une arche blanche dans le ciel, partant des pignons de l'église où il est inhumé.(8)

Peu après sa mort, Étienne de Ripon rédige une hagiographie de Wilfrid, la Vita sancti Wilfrithi, qui constitue la principale source des historiens modernes à son sujet. Il est rapidement l'objet d'un culte.(9)

Les fidèles viennent pour prier à la cathédrale de Ripon depuis plus de 1350 ans. La cathédrale elle-même est dans la continuité de ce culte, commencé au VIIe siècle, lorsque Wilfrid y construisit l'une des premières églises d'Angleterre.

Wilfrid est considéré comme un saint par l'Église catholique, l'Église orthodoxe et l'Église d'Angleterre. Il est généralement représenté comme un évêque vêtu de robes et muni d'une crosse, ou bien en train de prêcher ou de célébrer un baptême.

Cathédrale de Ripon (UK), le jubé

Cathédrale de Ripon (UK), le jubé

Cathédrale de Ripon (UK), la nef

Cathédrale de Ripon (UK), la nef

Sources:

 

(1) L'Evangile au quotidien

(2) Judith HERRIN, The Formation of Christendom, Princeton University Press, , p. 267-268

(3) D. H. FARMER, « Introduction », dans The Age of Bede: Bede – Life of Cuthbert, Eddius Stephanus – Life of Wilfrid, Bede – Lives of the Abbots of Wearmouth and Jarrow, The Anonymous History of Abbot Ceolfrith with the Voyage of St Brendan, London, Revised, , 9. 22

(4) D. P. KIRBY, The Earliest English kings, Routledge, , p. 87-88

(5) Simon COATES, Ceolfrid: history, hagiography and memory in seventh-and eighth-century Wearmouth-Jarrow, Journal of Medieval History, Informa, vol. 25, no 2,‎ , p. 76-77

(6) Peter BLAIR, The World of Bede, Cambridge University Press, , p. 83-84

(7) Simon COATES, The Construction of Episcopal Sanctity in Early Anglo-Saxon England: the Impact of Venantius Fortunatus, Historical Research, Wiley-Blackwell, vol. 71, no 174,‎ , p. 1-2

(8) Walter A. GOFFART, The Narrators of Barbarian History (A. D. 550–800): Jordanes, Gregory of Tours, Bede, and Paul the Deacon, Princeton, NJ, Princeton University Press,

(9) Wikipedia

Partager cet article
Repost0
11 octobre 2025 6 11 /10 /octobre /2025 06:00

10. La loi de causalité

Tout effet a une cause.

L'univers eu un début...

donc une cause première.

9. La précision des constantes cosmiques

Gravité, vitesse de la lumière, charge de l'électron... toutes réglées au millimètre pour la vie.

 

8. La Big Bang

Un Univers sorti du néant : qui, ou quoi l'a déclenché et réglé ?

L'être ne peut sortir du non-être. Le néant ne peut être à l'origine de l'être.

 

7. La complexité de l'ADN

Un code digital de 3 milliards de lettres.

 

Lire : Le scientifique qui a décodé l'ADN et y a vu la signature de Dieu

 

6. L'entropie

Tout tend vers le désordre... mais la vie est une organisation toujours plus complexe.

 

5. L'existence des lois de la physique

Pourquoi des lois universelles si logiques existent-elles plutôt que le chaos ?

 

4. L'expérience de la conscience

Subjectivité, pensée, libre arbitre... rien dans la matière pure ne l'explique totalement.

 

3. Les nombres et les mathématiques

Abstraits mais universels.

Pourquoi l'univers "parle-t-il" en langage mathématique?

 

2. Les near-death experiences (NDE), ou expériences de mort imminentes (EMI)

Des témoignages cliniques troublants, étudiés par des médecins

 

1. Le réglage fin de l'univers

Si une constante différait d'une fraction minuscule, la vie serait impossible.

 

Lire : La science moderne (cosmologie et mathématiques) prouvent l'existence de Dieu

 

Source

 

Partager cet article
Repost0
11 octobre 2025 6 11 /10 /octobre /2025 00:00
Saint Firmin d'Uzès

À 22 ans, il est l'un des premiers évêques de l'ancien diocèse d'Uzès dans le Gard (France). Il était le disciple et ami de Césaire d'Arles. Il assista au Concile d'Orléans en 541. Son grand renom de docteur et d'orateur s'étendit jusqu'en Italie. Il meurt à l'âge de 37 ans. (1)

 

Né à Narbonne, en 516, Firmin, descendant de Clovis par sa mère, fils de Tonantius Ferreolus sénateur gallo-romain de Gaule narbonnaise, vint à l'âge de douze ans auprès de son parent Ruricius (Rorice), patrice et évêque. (2)

 

A Uzès, il s'était fait connaître et apprécier pour "sa profonde sagesse, sa rare vigilance, sa douce et ferme administration" comme coadjuteur auprès de son oncle Rorice, évêque octogénaire. Fort logiquement il lui succéda en 538 et fit profiter son diocèse de ses multiples qualités. "Travaillant de toutes ses forces à son salut et à celui des autres, écrit Marie de Parseval, au début du XXe siècle, dans la Dépêche du Midi, son zèle infatigable ne s'arrêta point aux limites pourtant étendues de son diocèse".

 

Il contribua au développement d'Uzès et à la construction de plusieurs églises (St Baudile et St Jullien). Il participa à deux conciles des évêques des Gaules, en 541 et en 549, à Orléans. Il y brilla "par sa science et sa piété" et se trouva rangé parmi "les plus illustres évêques de l'Eglise catholique'. Il participa également au Concile de Paris (553). Il décéda dans sa propriété de Firmignargues. Naît alors une bien belle légende. Son corps fut ramené à Uzès sur un char tiré par quatre boeufs. Traversant une épaisse forêt, le cortège fut attaqué par un énorme ours qui tua l'un des boeufs. L'animal qui ne se défend pas est saisi et attelé au char avec les trois boeufs. C'est porté par cet étrange attelage que le corps de l'évêque entra dans la cité pas encore ducale, et enseveli le 11 octobre 553, dans l'église Saint Baudile qui se trouvait au quartier actuel de la Perrine donna lieu à un important pèlerinage: le saint (on ne sait pas exactement quand il a été canonisé) avait la réputation de guérir les déments.

 

Thomas Platter, en 1597, dans ses Mémoires, témoigne que les reliques étaient encore "le but de fortes processions et pèlerinages pour exorciser les gens possédés de l'esprit malin'. Les autorités ecclésiastiques décidèrent de cacher les reliques qui ne réapparaîtront que 500 ans plus tard. Un bourg populeux s'était entre temps formé autour de la basilique. Les reliques du saint évêque disparurent à nouveau au cours des guerres de religion mais un bras avait été auparavant déposé en l'église Saint-Firmin du diocèse de Maguelonne, détruite elle aussi comme Saint-Baudile par les protestants.

 

Au début du XIXe siècle, raconte Lionel d'Albiousse dans son livre Histoire de la ville d'Uzès (1903), le propriétaire de terrain où était située cette dernière église, déterra une caisse en plomb sur laquelle était inscrit: Sanctus Firminus. Cest pourquoi des reliques de Saint-Firmin sont déposées dans une riche chasse que l'on peut voir à gauche, dès l'entrée dans la cathédrale. (3)

Châsse reliquaire S. Firmin dans la cathédrale saint-Théodorit à Uzès

Châsse reliquaire S. Firmin dans la cathédrale saint-Théodorit à Uzès

Il est inhumé dans l'église Saint-Baudile à Nîmes (aujourd'hui disparue), qu'il avait fait construire au nord de la ville. (4)

 

On l'invoque pour l'aide aux caractères faibles.

 

Sources : 1, 2, 3 Midi Libre, 4

Partager cet article
Repost0
10 octobre 2025 5 10 /10 /octobre /2025 06:57

Il est avant toute chose, et TOUT SUBSISTE EN LUI.

Colossiens 1,17

Ton corps n'est pas le fruit du hasard. Il est conçu avec une précision inimaginable. Chaque cellule a été pensée pour tenir ensemble.

 

Au cœur de chaque cellule, il existe une protéine essentielle à la vie: la Laminine. C'est elle qui relie tes cellules, maintient les organes, et garde ton corps debout. Sans elle, tout s'effondrerait. Et quand les scientifiques l'ont observée au microscope ... ils ont vu une CROIX.

 

 

Schéma de la structure des laminines et des différentes liaisons avec d'autres molécules
Le rôle de la laminine dans la polarisation des cellules embryonnaires et l'organisation des tissus, Revue Developmental Cell Journal, mai 2023. Cf. https://www.cell.com/fulltext/S1534-5807(03)00128-X

 

Source:

Tommy parle de foi 

Jésus lui répond : "Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi."

Evangile de Jésus-Christ selon Saint Jean 14,6

Partager cet article
Repost0
10 octobre 2025 5 10 /10 /octobre /2025 00:00
Saint Ghislain de Mons, moine évangélisateur († 681)

Saint Ghislain de Mons († 681), ou saint Ghislain, en latin Gislenus, était moine dans le Hainaut. C'est un saint chrétien fêté le 10 octobre selon le martyrologe romain ainsi que selon le calendrier ecclésiastique orthodoxe.

 

En Belgique, près de Mons, l'agglomération qui se développa auprès de son abbaye prit le nom de Saint-Ghislain.

 

Saint Ghislain est le saint patron des femmes enceintes et de la petite enfance.

 

L'histoire de saint Ghislain nous est parvenue par des sources multiples datant des IXe et Xe siècles. Selon les hagiographies les plus anciennes, Ghislain est né en Grèce, à Athènes, au début du VIIe siècle. Son nom d'origine franque (Gisel, Gisle, Ghysel ou Ghyselen, qui signifie ''otage'') laisse penser que Ghislain est originaire d'une noble famille gauloise ou du moins, qu'il descend des Francs qui s'établirent en Grèce pendant les invasions barbares et qui assurèrent les fonctions d'ambassadeurs des premiers chefs mérovingiens.

 

Ghislain fait de brillantes études à Athènes, mère des Arts et des Belles-Lettres. Il y découvre l'exemple des saints Grégoire de Nazianze et Basile qui sont à l'origine de sa grande piété. À l'issue de ses études, Ghislain embrasse la vie religieuse dans un monastère de l'Ordre de saint Basile, où il est ordonné prêtre.

 

Un soir, Ghislain fait un songe dans lequel il reçoit un appel à se rendre à Rome pour y vénérer les tombeaux des saints apôtres Pierre et Paul. Accompagné de quelques frères, il se rend en pèlerinage à Rome en 648 comme le précise une antique tradition grecque. Il rencontre le Pape qui le conduit à travers les lieux saints. Lors de son pèlerinage, Ghislain a une apparition de saint Pierre qui l'envoie évangéliser la Gaule Belgique et bâtir une chapelle en son honneur et en celui de saint Paul. Saint Pierre lui promet qu'il gagnera beaucoup d'âmes à Dieu.

 

Ghislain se rend donc dans la province du Hainaut-Cambrésis accompagné des saints Lambert et Bellère. Sur la route, il s'arrête à Maastricht pour y rencontrer l'évêque saint Amand avec qui il se lie d'amitié. Le saint évêque lui accorde sa bénédiction pour la fondation de son monastère. Quelques semaines plus tard, saint Amand rendra visite à Ghislain. Le saint le recevra avec beaucoup de respect et de vénération, mais il sera affligé de ne pouvoir lui offrir à manger. Comme ils se promèneront le long de la rivière, un brochet en sortira et sautera jusqu'à leurs pieds. Ils ne pourront cependant s'accorder sur la cause du miracle, Ghislain l'attribuant à Amand, ce dernier l'attribuant à Ghislain.

 

 

La tradition raconte que Ghislain arrive d'abord en un lieu appelé Château-Lieu, où se trouve aujourd'hui la ville de Mons ; il croit qu'il doit bâtir son église à cet endroit et y fixer sa demeure. Or, un jour, une ourse, poursuivie par les chasseurs du roi Dagobert vient se cacher sous sa robe : les courtisans de Dagobert attribuent ce fait à la magie, mais le roi jugeant que la chose est ainsi arrivée par une intervention divine, s'approche de Ghislain. À s'être entretenu avec lui, Dagobert demande la bénédiction du saint et se retire. À peine Dagobert et sa suite partis, l'ourse s'enfuit emportant avec elle une mandelette de Ghislain qui renferme son petit meuble et les choses nécessaires pour le Saint-Sacrifice de la Messe. Ghislain juge que cet événement veut marquer quelque chose de mystérieux, c'est pourquoi il abandonne son travail, prend la route de l'ourse, et arrive à l'entrée d'une grande forêt. Il ne sait pas par où il doit y entrer, ne trouvant ni chemin, ni sentier. Dans cet embarras, il aperçoit un Aigle qui voltige au-dessus du bois. Il conçoit que cet oiseau veut lui indiquer la route qu'il doit continuer : en effet, il entre dans la forêt, marche droit à l'endroit que l'Aigle semble lui marquer, il voit l'ourse qui allaite ses petits et auprès d'elle la mandelette. Il n'en faut pas davantage pour lui faire comprendre que c'est à cet l'endroit que saint Pierre l'avait envoyé fixer et bâtir son église.

 

Un autre événement confirme le lieu choisi par Ghislain au Buisson de l'ourse. Après l'épisode de l'ourse, Ghislain n'a aucun bien pour fonder son monastère. Dagobert, Roi d'Austrasie, revient dans le Hainaut. Ghislain en étant informé, le reçoit avec ses religieux. Dagobert accueille favorablement cette démarche et, en guise de reconnaissance, lui cède toute la propriété du Buisson de l'Ourse pour dot et fondation de son abbaye : ce qui comprend aujourd'hui toute la ville de Saint-Ghislain et en plus la propriété d'une autre terre qui est aujourd'hui le village de Hornu.

 

Ghislain s'installe donc à Ursidongus (ou Ursidongue) qui signifie "buisson de l'ourse" (en patois : Bos d'ours, d'où Baudour). Il bâtit un monastère - quelques cellules et un oratoire - soumis à la Règle de saint Basile. Peu de temps après, son rayonnement attire à lui des habitants de toute la région à qui il enseigne les valeurs chrétiennes : certains s'engagent même à vivre sous sa conduite.

 

L'évêque de Cambrai, saint Aubert (ou Ablebert) – de qui dépendait Ursidongus - reçoit des échos de l'apostolat du saint et souhaite le rencontrer. Ghislain se met en route et passe la nuit chez un habitant de Roisin qui lui offre l'hospitalité. Le seigneur de Roisin trouve aussi chez Ghislain un guide spirituel et le convie à revenir chez lui quand il le voudra. Quelques jours plus tard, Ghislain se présente à l'évêque de Cambrai et lui demande sa bénédiction pour continuer son œuvre. Le saint évêque promet sa protection à Ghislain.

 

Sur le chemin du retour, Ghislain passe à nouveau la nuit chez son hôte à Roisin. Il le trouve tout en larmes : son épouse est sur le point d'accoucher et en grand péril de mort. Aussitôt Ghislain propose au seigneur de prendre sa ceinture et d'en ceindre son épouse. Elle et l'enfant qu'elle porte sont sauvés sur l'instant. Ce miracle fait la réputation de Ghislain. Il baptise l'enfant dans la chapelle du château sous le nom de Baudry, en souvenir du baudrier qui lui a sauvé la vie. Le seigneur de Roisin, reconnaissant, lui offre une partie de ses biens pour achever la construction de l'oratoire de son monastère.

Enluminure d'un livre de prières (milieu du XVe siècle) : saint Ghislain y est représenté à droite, portant une église.

Enluminure d'un livre de prières (milieu du XVe siècle) : saint Ghislain y est représenté à droite, portant une église.

En 653, saint Aubert, accompagné de saint Amand, consacre son église aux saints apôtres Pierre et Paul. Le lieu prend alors le nom de Celle-Saint-Pierre. Parmi les nombreuses personnes présentes, le comte Mauger - ou comte de Madelgaire - (futur saint Vincent de Soignies), époux de sainte Waudru (ou Vautrude), prend la résolution de quitter le monde pour vivre une vie de prière. Il en sera de même de Waudru qui, sous la conduite de Ghislain, décidera de fonder et de s'installer dans un monastère à Mons. Sa sœur, Aldegonde, suivra le même destin et fondera le monastère de Maubeuge dont elle deviendra abbesse et où elle se cloîtrera avec Adeltrude et Madelberte, les filles de Waudru qui lui succèderont à la crosse. Ghislain et Waudru garderont toujours une grande amitié l'un pour l'autre et se rencontreront régulièrement jusqu'à leur vieillesse où, ne pouvant plus faire le voyage entre Celle et Mons, ils bâtiront un petit oratoire en l'honneur du saint martyr Quentin, dans un lieu appelé Quaregnon, où ils se retrouveront jusqu'à la fin de leurs jours.

 

Vers 685 (ou 681), saint Ghislain sentant la mort arriver se communie lui-même pour s'y préparer. Il est ensuite attaqué par la fièvre et meurt dans les bras de ses frères. Il est enterré dans l'église de son monastère où il s'opère beaucoup de miracles par son intercession. Son monastère compte alors 300 frères.

 

Colin de Plancy dans sa Vie des saints en 25 volumes note que le pèlerinage ghislénien s'établit à Roisin aussitôt après la mort du saint. Les savants Bollandistes rapportent, citant les Annales du Hainaut, qu'aussitôt une chapelle fut érigée à Roisin pour perpétuer la mémoire du miracle et que "là prit son origine la coutume des futures mères d'invoquer la protection du Saint pour leur heureuse délivrance".

 

En l’an 808, l'abbé Eléfant est chargé par Charlemagne de construire une nouvelle église sur le tombeau de Ghislain. Les travaux prennent fin en 818 ou 822. C’est l’évêque de Cambrai, Halitgaire, qui la consacre, sous le règne de Louis le Débonnaire. Au fil des successions impériales, de nouvelles terres sont attribuées à l’abbaye de Saint-Ghislain qui en prend la charge et l’entretien. Ces marques de sympathie de la part des chefs laïcs sont sans cesse confirmées par les approbations papales ou royales. Le couvent est dévasté par les Normands en 881 et reste à l'état de ruines. En 894, Ghislain est exhumé par Étienne, évêque de Cambrai, pour être exposé à la vénération des fidèles.

 

En 929, un aveugle se rend sur les décombres de l'abbaye et y recouvre la vue.

En 933 ou 958, le couvent est changé en chapitre de chanoines réguliers. La règle bénédictine est introduite dans le monastère par l'abbé Gérard sur la demande de Fulbert, évêque de Cambrai, et de Gilbert, duc de Lorraine. Cinq ans après les travaux, un incendie détruit à nouveau le monastère, sans endommager les reliques.

 

Dicton

 

"Temps sec à la Saint-Ghislain nous annonce un hiver d'eau plein."

 

Saint Ghislain de Mons, moine évangélisateur († 681)

En Hannonie, entre 681 et 685, saint Ghislain, qui mena la vie monastique dans un couvent qu’il avait construit.

 

Martyrologe romain

Sources: 1, 2, 3

Partager cet article
Repost0
9 octobre 2025 4 09 /10 /octobre /2025 06:23

Directeur du Human Genome Project, Francis Collins a dirigé l'équipe qui a cartographié l'ADN humain en 2003, un exploit majeur de l'histoire scientifique.

 

Loin d'être athée, il affirme que la science révèle un ordre rationnel et une beauté qui pointent vers un créateur. Son livre The Language of God (2006), Le Langage de Dieu, expose comment la génétique, loin de contredire la foi, la renforce.

 

"Je crois que Dieu a voulu, en nous donnant l'intelligence, nous offrir l'opportunité d'explorer et d'apprécier les merveilles de sa création." (Entretien au Pew Research Center, 2008)

 

"Le Dieu de la Bible est aussi le Dieu du génome. Il peut être adoré à la cathédrale ou au laboratoire. Sa Création est majestueuse, impressionnante, complexe et belle." (Le Langage de Dieu, 2006)

 

Ancien athée, il s'est converti après avoir étudié la cohérence morale et rationnelle du christianisme.

 

Il fonde la fondation Biologos, qui promeut l'harmonie entre foi et science.

 

Pour lui, la découverte du génome humain n'est pas une preuve contre Dieu, mais "la lecture du langage par lequel Dieu a créé la vie."

 

Quand la science atteint ses limites, la foi n'est pas un refuge de l'ignorance, mais la continuité de la recherche de la vérité.

 

 

Sources:

 

-FIDEUS

-https://en.wikipedia.org/wiki/Francis_Collins

Partager cet article
Repost0
9 octobre 2025 4 09 /10 /octobre /2025 00:00

Avec Saint Martin au siècle suivant, Saint Denis est Apôtre des Gaules.

 

Venu d'Italie vers 250 ou 270, avec six compagnons pour évangéliser la France, Denis aurait été le premier évêque de Paris (Lutèce). Il fonda plusieurs églises en France, et fut martyrisé avec Rustique, Éleuthère, pendant la persécution de Dèce ou plus tardivement sous Valérien. C'est selon les uns, à Montmartre (mons Martyrum) ou sur l'Île de la Cité , selon les autres, qu'ils furent mis à mort. (1)

D'après les Vies de saint Denis écrites à l'époque carolingienne, décapité, Denis aurait marché vers le nord pendant six kilomètres, sa tête sous le bras, traversant Montmartre  par le chemin qui sera nommé rue des Martyrs. À la fin de son trajet, il donna sa tête à une femme pieuse originaire de la noblesse romaine et nommée Catulla, puis s'écroula. On l'ensevelit à cet endroit précis et on y édifia une basilique en son honneur. La ville s'appelle à présent Saint-Denis .

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/c5/Blason_de_Saint-Denis.svg/545px-Blason_de_Saint-Denis.svg.png

 

Blason de la la ville de Saint-Denis

 

A la même époque c'est le martyre de Saint Saturnin, évêque à Toulouse, qui fut attaché à un taureau furieux que l'on précipita du haut du Capitole.  (2)

 

L'historien Grégoire de Tours raconte que vers 250 le pape avait envoyé Denis en Gaule avec six autres évêques pour y porter l'Évangile. Celui-ci se fixa à Lutèce (Paris) où il ne tarda pas à être mis à mort. C'est à lui ou à ses disciples que l'on doit la fondation des églises de Chartres, Senlis, Meaux, et de quelques autres. Il fit bâtir une église à Paris et convertir un grand nombre d'idolâtres. Arrêté durant la persécution entre les années 275 et 286, par l'ordre de Sisinnius Fescenninus, il fut mis en prison, et, après y avoir demeuré longtemps, il termina sa vie par le glaive, avec S. Rustique, prêtre, et S. Eleuthère, diacre. Les trois martyrs furent jetés dans la Seine; mais une femme chrétienne put les en faire retirer, et les enterra honorablement près du lieu où ils avaient été décapités. Les fidèles bâtirent une chapelle sur leur tombeau. Elle fut reconstruite plus tard par les soins de Sainte Geneviève, et enfin, le roi Dagobert y fonda la célèbre abbaye qui porte le nom du Saint Apôtre. (3)

 

Près de la basilique où reposait le premier évêque de Paris, une abbaye fut fondée au VIIe siècle et elle devint prestigieuse grâce aux largesses royales depuis Dagobert.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/2/2c/Saint-Denis_-_Basilique_-_Ext%C3%A9rieur_fa%C3%A7ade_ouest.JPG/450px-Saint-Denis_-_Basilique_-_Ext%C3%A9rieur_fa%C3%A7ade_ouest.JPG

Basilique Saint-Denis (Paris)

 

Le corps de Denis et celui de ses deux compagnons sont transférés dans l'abbaye de Saint-Denis. Elle contribua au rayonnement de son saint patron en le dotant d'une merveilleuse légende.

 

S. Denis de Paris ne doit pas être confondu avec Denis l'Aéropagite, évêque d'Athènes au Ier siècle.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/aa/Saintdenis-notre_dame_de_paris.jpg/450px-Saintdenis-notre_dame_de_paris.jpg

Saint Denis de Paris, Portail de la Vierge, Notre-Dame de Paris

 

Retable de saint Denis, Dernière Communion et martyre de saint Denis, 1416, Henri Bellechose.

 

Sources : (1), (2) DANIEL-ROPS, Histoire de l'Eglise du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965, p. 315; (3) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 284; (3)

Partager cet article
Repost0
8 octobre 2025 3 08 /10 /octobre /2025 07:00

Quelqu'un a récemment écrit que nous ne sommes pas tous enfants de Dieu, que seuls les baptisés sont véritablement fils et filles par adoption. La théologie est juste. Mais nous devons aussi nous demander : où et comment cette vérité est-elle le mieux exprimée ?

 

Il existe une différence entre la vérité théologique et le discours missionnaire. Les deux sont vrais, mais ils servent des moments différents. Lorsque vous êtes confronté à la souffrance, vous ne commencez pas par la précision. Vous commencez par la miséricorde.

 

Le Catéchisme a raison : par le baptême, nous renaissons, nous devenons de nouvelles créatures, nous sommes adoptés comme fils et filles de Dieu. C'est le moment de la filiation divine. C'est une terre sainte. Mais l'amour de Dieu est déjà à l'œuvre bien avant que l'eau ne touche la peau. L'Église appelle cela la grâce prévenante. La miséricorde qui précède la repentance, la foi, la compréhension. La grâce qui nous cherche alors que nous sommes encore éloigné.

 

Je pense à une femme que j'ai rencontrée il y a des années. Elle vivait sous un pont, couverte de bleus, squelettique à cause de sa dépendance. Elle avait perdu sa famille, ses enfants, son nom. Une nuit, elle s'est introduite dans une église, s'est assise au fond et a dit : "Dieu, si tu me vois encore, ne me laisse pas mourir comme ça."

 

Ou encore cet homme qui a tué quelqu'un lors d'une bagarre et qui dort désormais dans un refuge, terrifié à l'idée de fermer les yeux. Chaque nuit, il voit le visage de celui qu'il a assassiné. Et pourtant, chaque matin, avant de boire son café, il fait le signe de croix en murmurant : 'Je suis désolé.'

 

Ou encore cette jeune femme qui travaille dans la rue, les bras marqués par les traces de piqûres, serrant dans sa main un chapelet cassé qu'elle a trouvé dans une poubelle. Elle ne connaît pas les mots, mais elle le tient quand même, murmurant : 'Jésus, si tu existes, trouve-moi, s'il te plaît.'

 

Le théologien pourrait dire : "Ils ne sont pas encore enfants de Dieu." Mais le ciel les regarde et dit : "Ils sont à moi, et je les cherche déjà." L'amour du Père n'est pas lié à la chronologie. Sa miséricorde va plus vite que notre théologie.

 

Saint Augustin a dit : "Dieu nous aime d'abord afin que nous puissions L'aimer."

 

Cet amour n'a pas de conditions préalables. Il descend dans les ruelles les plus sombres, les chambres les plus solitaires, les couloirs des hôpitaux, les cellules des prisons, les motels où la honte cache son visage.

 

Avant que Corneille ne soit baptisé, le Saint-Esprit était déjà descendu sur sa maison. Avant que Saul ne devienne Paul, le Christ l'appelait déjà par son nom. Dieu agit toujours en premier.

 

Le jour où cette femme sous le pont sera baptisée, les cieux rugiront de joie. Mais le ciel se réjouissait déjà la nuit où elle a levé les yeux pour la première fois et murmuré : "Dieu, es-tu là ?"

 

C'est là le cœur de la mission : voir ce que Dieu voit avant de dire ce que nous savons. La théologie décrit comment la grâce agit. La mission voit où la grâce est déjà à l'œuvre.

 

Oui, le baptême fait de nous des enfants par adoption — c'est une vérité sacrée. Mais l'amour nous pousse à parler aux non-baptisés comme à des personnes déjà aimées, déjà désirées, déjà appelées à rentrer à la maison.

 

Car avant que nous soyons baptisés, avant que nous soyons fidèles ou même conscients, Dieu nous avait déjà regardés et avait dit : "Celui-ci est à moi." C'est là que la théologie et la miséricorde se rencontrent, là où le Père refuse de cesser de chercher ses enfants.

 

 

Partager cet article
Repost0
8 octobre 2025 3 08 /10 /octobre /2025 06:44

L'univers a eu un commencement et la croyance en Dieu n'a jamais été aussi logique

 

La théorie du Big Bang a été formulée par Georges Lemaître, prêtre catholique et astrophysicien belge dans es années 1920. Lemaître propose que l'univers a un commencement, à partir d'un "atome primitif" en expansion, ce qui constitue la base de la cosmologie moderne.

 

Les preuves modernes:

-Décalage vers le rouge des galaxies

-Fond diffus cosmologique (CMB)

-et expansion de l'univers confirmée par les observations d'Edwin Hubble

 

Ce modèle scientifique prouve que l'univers n'est pas éternel, que l'histoire est linéaire (et non cyclique), qu'il y a un point de départ temporel précis. Un concept compatible avec l'idée d'un Créateur.

 

Source : FIDEUS

Cf. https://www.science-et-vie.com/article-magazine/existence-de-dieu-ce-quen-disent-les-mathematiques

 

"Existence de Dieu : ce qu'en disent les mathématiques"

 

Après quinze siècles de recherches menées par les plus grands penseurs, les mathématiques et l'informatique ont parlé : selon les règles de la logique, l'existence de Dieu est nécessaire !

 

Wakan Tanka pour les Sioux, Mulungu pour les Bantous, l'Éternel Ciel bleu pour les Mongols, YHWH, Allah, Odin, Brahma… Depuis la nuit des temps, quel que soit le nom qui lui est donné, les croyants en parlent avec ferveur, les athées avec conviction, les agnostiques avec distance. Christoph Benzmüller, informaticien allemand, professeur à l'université de Bamberg, est le premier à pouvoir l'affirmer avec certitude :

 

"Dieu, dans sa définition la plus répandue en métaphysique, existe nécessairement. On ne peut penser un monde dans lequel il n'existerait pas."

 

Cette assurance, ce chercheur de l'université de Berlin la tire des mathématiques, et de leur cœur même, la logique. Mieux : il la fonde sur la capacité de l'informatique à valider sans erreur possible les démonstrations. Parachevant des siècles de réflexions métaphysiques, son logiciel a vérifié la justesse de l'argument ontologique selon lequel l'existence de Dieu est nécessaire à tout système de pensée logique. Et l'ordinateur a parlé :

 

"L'énoncé 'Dieu existe' est une proposition vraie au sens logique et mathématique", assène Christoph Benzmüller.

 

Précisons que sa démarche n'est pas portée par la foi.

 

"Ce travail n'a pas pour but de servir une quelconque religion - aucun non-croyant ne se laissera d'ailleurs convaincre par une formule mathématique. Non, ce qui est intéressant, c'est d'investiguer la cohérence d'un concept, qu'on l'appelle Dieu ou non. Cela permet d'en apprendre plus sur les croyances qui y sont rattachées."

 

Ajoutons que cela ne concerne pas un Dieu à l'apparence définie - vieux, barbu et sage, bien souvent - ni un être dont la nature engendre forcément une action, tantôt créatrice, tantôt destructrice.

 

"Cette démonstration prouve l'existence logico-mathématique d'une entité abstraite présentant certaines propriétés, mais pas celle qui déclenche l'amour, et encore moins le fanatisme", commente Shahid Rahman, mathématicien et philosophe à l'université de Lille.

 

Soulignons surtout que ce travail ne valide pas la pertinence de la foi, mais sa cohérence.

 

Le théorème n'affirme pas que Dieu existe réellement. Juste qu'il est irrationnel de dire qu'il n'existe pas. Ce qui, en soi, est déjà renversant… Cette analyse des structures logiques de nos croyances permet de voir cette figure qui berce depuis toujours l'humanité - qui la hante, diraient d'autres - dans toute sa singularité. C'est un fait : que l'on y croie ou pas, Dieu a un statut bien supérieur aux autres entités peuplant notre esprit.

 

Prenez la licorne. Cette sorte de cheval cornu, apparu durant l'Antiquité, continue à vivre à travers la littérature et l'imaginaire enfantin. Certes, son existence n'est pas impossible - aucun principe évolutif n'interdit la sélection naturelle d'un tel animal. Mais tout esprit adulte et raisonnable est amené à penser que c'est un être totalement imaginaire. Il n'en va pas de même pour Dieu. L'argument ontologique le démontre : son existence dans notre esprit n'est pas seulement possible, mais nécessaire. Croire en Dieu, ce n'est donc pas comme croire aux licornes. Le concept a toujours été là, présent dans la nature avant même qu'on ne le formalise, à la manière du théorème de Pythagore. Contrairement à notre cheval cornu, aux lutins et autres trolls, Dieu n'est pas né de l'imagination, mais de la logique. "Il y a une différence fondamentale entre un objet imaginaire comme la licorne et Dieu : l'être d'une licorne inclut des contradictions, alors que les propriétés de l'être divin dont l'existence est ici démontrée n'en présentent aucune, dans les conditions de la logique", souligne Baptiste Mélès, chercheur en logique et philosophie de l'informatique au CNRS.

 

 

Une quête philosophique

Cela fait plus de mille ans que cette nécessité de l'existence divine est pressentie. Si les prémisses en sont attribuées au philosophe latin Boèce (480-524), c'est la formulation du moine bénédictin du XIe siècle Anselme de Cantorbéry (1033-1109) qui rend l'entreprise célèbre (voir p. 72-73). Que d'encre elle a fait couler ! Elle a été retravaillée par Descartes, Hegel et Leibniz, débattue par Pascal, Kant et Spinoza, mais elle a toujours tourné autour d'un argument à la simplicité déconcertante :

 

"Dieu a toutes les perfections, or l'existence est une perfection, donc Dieu existe."

 

Plus littéraires que logiques, de tels arguments peuvent sembler du domaine de la discussion philosophique, bien loin d'une approche logico-mathématique. C'est sans compter Kurt Gödel (1906-1978). Ce pur logicien est célèbre pour avoir prouvé, au début des années 1930, qu'il existe des vérités mathématiques non démontrables. Jusqu'alors, on pouvait croire que toute difficulté était surmontable. Eh bien non ! En s'appuyant sur le langage formel de la logique moderne, le mathématicien autrichien démontre que certaines vérités ne peuvent être atteintes. Auréolé d'un prestige inégalable, Kurt Gödel commence à travailler sur la fameuse preuve ontologique à partir des années 1940, d'abord à Vienne, puis à Princeton, aux États-Unis.

 

Car contrairement à ce prédisait Kant, qui déclarait "close et achevée" la logique philosophique traditionnelle, celle-ci n'a en fait jamais cessé d'évoluer et s'est même métamorphosée à la fin du XIXe siècle, après son union avec les mathématiques formelles. Le mathématicien allemand Gottlob Frege a notamment conçu, en 1879, un des premiers langages formalisés qui permettent de vérifier un raisonnement philosophique de la même manière qu'un calcul arithmétique. Suivi, en 1910, par le logicien américain Clarence Lewis, dont la logique modale explose au cours des décennies suivantes. "Des concepts tels que 'nécessité' ou 'possibilité', utilisés en théologie et en logique, acquièrent alors la respectabilité attachée à la calculabilité ou à tous les objets calculables, qui font autorité dans le milieu des sciences", commente le philosophe Frédéric Nef.

 

Kurt Gödel s'attache donc à traduire Dieu dans ce langage de la logique modale, suivant les règles du système logique K.

 

"En termes de rigueur, ce sont les moins suspectes car elles répondent au plus grand nombre de contraintes logiques", souligne Baptiste Mélès. Gödel s'inspire des raisonnements théologiques de Leibniz, précurseur de ces langages modernes, notamment de son concept de "perfections", qu'il transforme en "propriétés positives" - Dieu est alors défini comme celui qui les possède toutes. Il cherche les meilleurs axiomes, les postulats les plus minimalistes et féconds. Et, après des décennies de travail solitaire, il finit par être satisfait de son résultat.

 

Sa preuve ontologique circule pour la première fois en 1970 dans les couloirs de son université : 12 lignes cabalistiques contenant 5 axiomes, 3 définitions, 3 théorèmes et 1 corollaire (voir p. 71), menant à la conclusion que le mathématicien, selon la légende, aurait résumée à sa mère avec ces quelques mots tendres sur une carte postale : "Maman, tu vas être contente, Dieu existe !" Cette démonstration sera publiée officiellement en 1987, neuf ans après sa mort.

 

Un logiciel infaillible

 

Sauf qu'elle n'a pas mis fin à l'interminable débat commencé quinze siècles plus tôt… Si simple, concise et élégante soit-elle, elle a été âprement mise en doute et même modifiée par différents logiciens, en particulier sur le choix des axiomes, mais aussi l'exactitude de la preuve. C'est que, en logique, chaque étape apporte quantité de sous-problèmes plus complexes les uns que les autres. "De nombreuses théories manquent de précision, pointe Christoph Benzmüller. Car une hypothèse repose en grande partie sur l'intuition du chercheur. Et à l'époque de Gödel, certaines vérifications exigeaient un temps et une méthode encore hors de portée." Comme un nouveau pied de nez de la part d'une entité qui semble devoir rester inaccessible, le débat paraissait condamné à s'éterniser…

 

C'est là qu'interviennent les travaux de Christoph Benzmüller, spécialiste des outils de vérification automatique des preuves mathématiques. Ces logiciels qui permettent de valider chacune des étapes des raisonnements sont devenus ultra-puissants. "Grâce aux outils informatiques, nous pouvons vérifier la cohérence d'une proposition logique en très peu de temps", acquiesce le chercheur. À la croisée de la logique traditionnelle, des mathématiques et de l'informatique, le chercheur trace avec Edward Zalta, de l'université Stanford, les contours d'une nouvelle discipline : la métaphysique computationnelle, "une première étape dans la construction d'une inter face entre systèmes informatiques et concepts métaphysiques". En 2013, son logiciel, Leo-II, est fin prêt. Le rêve du philosophe allemand Gottfried Wilhelm Leibniz de faire de la logique un calcul algorithmique mécaniquement décidable n'est plus hors de portée. Et quel meilleur baptême que de se confronter au plus métaphysique de tous les concepts ?

 

La mort du libre arbitre

Le chercheur commence par encoder dans son logiciel la preuve ontologique de Gödel, dans sa forme symbolique telle qu'elle est présentée sur le manuscrit d'origine. Il appuie sur une touche et, en quelques secondes, le résultat tombe : Gödel s'est trompé ! Le théorème est inconsistant, les axiomes ne tiennent pas, la conclusion "Dieu existe" n'est pas valide… Stupéfaction ! Pas un seul des nombreux philosophes, logiciens et mathématiciens qui avaient pourtant décortiqué le travail originel de Gödel n'avait décelé cette faille. "La machine vient pallier les limites de l'humain qui ne peut pas opérer autant de calculs", avoue Yann Schmitt, philosophe à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbone. Mais pas de panique : au cours de l'histoire, plusieurs chercheurs ont légèrement reformulé le théorème de Gödel. En particulier Dana Scott, à qui le logicien avait permis de recopier sa démonstration de son vivant, et qui avait opéré un minuscule changement dans la huitième ligne. Avec son confrère Bruno Woltzenlogel-Paleo, Christoph Benzmüller insère ces quelques symboles dans Leo-II… qui valide la démonstration de l'existence nécessaire de Dieu. Gödel s'était à peine trompé !

 

 

Dans la foulée, le logiciel détecte un problème, déjà relevé par certains logiciens : la version de Dana Scott est juste, mais elle implique un effondrement modal. C'est-à-dire qu'elle demande d'accepter que tout ce qui existe existe nécessairement, que tout n'est que fatalité. Si vous possédez un vélo rouge, il ne pouvait en être autrement, jamais vous n'auriez pu posséder un vélo bleu à la place. Toute la subtilité de la logique modale, qui distingue le possible du nécessaire, s'écroule. Bref, Dieu existe, oui, mais pas le libre arbitre. Une telle conclusion ne convient pas à Christoph Benzmüller : "Certains chercheurs pensent que Gödel était satisfait de cet effondrement modal. Mais il me paraît incohérent d'utiliser un certain type de logique pour prouver un raisonnement, et d'admettre avec sa conclusion que cette même logique s'effondre."

 

Au final, seul l'humain décide

Le logicien se penche alors sur deux variantes de la théorie de Gödel. Celle développée dans les années 1990 par le philosophe Curtis Anderson, professeur à l'université de Californie, qui modifie le premier axiome de façon à ce que la négation d'une propriété négative, comme la fainéantise, ne donne pas forcément une propriété positive, instaurant le concept de propriétés "indifférentes". Et celle de Melvin Fitting, philosophe américain - qui reformule en 2002 le travail de Gödel dans un ordre supérieur de logique permettant de distinguer, par exemple pour le mot "chat", la désignation de celui de la voisine et celle de l'espèce en général. Christoph Benzmüller entre dans son logiciel de métaphysique computationnelle ces deux théorèmes reformulés. Et le résultat, publié il y a deux ans, est sans équivoque : ils sont validés, sans effondrement modal cette fois. Ouf ! le libre arbitre est préservé. La quête ontologique a atteint son terme.

 

Mais justement, en parlant de libre arbitre : que faire d'une telle vérité ? Ne reste-t-il plus qu'à admettre l'existence de ce Dieu logico-computationnel, non pas par foi, mais par raison ? "Il faut prendre ce travail hors normes avec un peu de distance, prévient Gérard Huet, logicien à l'Inria. 'Dieu existe, on en a une preuve' : c'est effectivement la conclusion de Gödel. Mais si l'on voulait être plus précis, nous devrions dire que 'l'union de toutes les essences positives est une notion cohérente'."

 

À ce titre, Dieu a un statut assez proche de concepts mathématiques dont la cohérence a été démontrée. "Celui de nombre réel est extrêmement fécond, mais pour autant, il me semble illusoire de chercher à savoir s'ils existent réellement", compare Olivier Gasquet, chercheur à l'Institut de recherche en informatique de Toulouse. Autrement dit, ce travail n'éclaire pas tant Dieu que l'idée que l'on s'en fait. "Il faut s'entendre sur la définition de départ, c'est-à-dire sur les axiomes logiques. Et cela, seul l'humain peut le décider. L'ordinateur ne peut pas, seul, aboutir à l'existence de Dieu", pointe Shahid Rahman.

 

Il existe des échappatoires, comme le rejet de la définition de départ de Gödel. On peut ne pas être d'accord avec la proposition "l'existence nécessaire est une propriété positive". Sans elle, Dieu disparaît ! "Mais le contraire est aussi possible, sourit Christoph Benzmüller. Si quelqu'un de profondément athée acceptait les axiomes et la logique, il serait irrationnel de sa part de ne pas en admettre la conclusion."

 

Les anthropologues, les neurologues, les psychologues avaient déjà avancé leurs arguments expliquant pourquoi l'humain est un animal de foi - c'est d'ailleurs le seul (voir p. 74). Ce travail de métaphysique computationnelle complète le tableau. Non pas que ce soit suivant un raisonnement conscient que les humains aient accédé à cette entité surplombant le monde de sa perfection. Mais la foi, et son incroyable universalité, a pu être influencée par cette nécessité de l'existence divine, inscrite dans la logique de la pensée. "Je pense en effet que ça a pu jouer un grand rôle, confirme Christoph Benzmüller. La cohérence d'un concept peut faciliter le fait d'y adhérer, même de façon inconsciente." Comme si parler, raisonner, c'était déjà faire exister Dieu. C'était déjà un peu y croire.

...

 

Et le diable, dans tout ça ?

Si Dieu passe brillamment le test de l'existence, qu'en est-il de son satané antagoniste ? Nous avons soumis la question à Christoph Benzmüller, qui s'est amusé à la passer au crible de la métaphysique computationnelle : "Ajoutons à la démonstration qu'une propriété est négative si et seulement si elle n'est pas positive, et définissons une entité comme étant le diable si et seulement si elle possède toutes les propriétés négatives. "

 

En quelques millisecondes, le logiciel Leo-II a rendu sa conclusion : l'existence du diable n'est pas possible ! "' Être tel que l'on est' est une propriété positive, donc 'ne pas être tel que l'on est' est une propriété négative logiquement possédée par le diable. Or il ne peut exister d'entité qui n'est pas identique à elle-même", commente le chercheur.

 

L'existence de Dieu démontrée en 12 étapes

1. Définition de Dieu

La démonstration commence par poser la définition de Dieu : être tel que Dieu signifie posséder toutes les "propriétés positives".

 

2. "Propriétés positives"

Ce premier axiome précise la notion de "propriété positive", inspirée de la notion de "perfection" de Leibniz : il pose qu'une propriété donnée, ou sa négation, est positive.

 

3. La positivité se transmet

Ce deuxième axiome pose que toute propriété engendrée par une propriété positive est aussi positive.

 

4. La positivité s'exprime

Ce premier théorème démontre que toute propriété positive est possiblement exemplifiée, c'est-à-dire exprimée par un être.

 

5. Être Dieu est positif

Ce troisième axiome pose qu'être tel que Dieu est une propriété positive.

 

6. Dieu est possible

Ce corollaire établit qu'être tel que Dieu est possiblement exemplifié. Autrement dit, Dieu est possible.

 

7. Nécessité des propriétés positives

Ce quatrième axiome pose que les propriétés positives le sont nécessairement.

 

8. Définition de l'essence

Ici est défini ce qu'est l'"essence" : une propriété "E" est l'essence d'un être si toutes les propriétés de cet être sont impliquées par "E". Dana Scott ajouta : et si cet être possède "E".

 

9. L'essence de Dieu

Ce second théorème établit qu'être tel que Dieu est l'essence de Dieu.

 

10. Nécessité de l'existence

Ici est définie l'existence nécessaire d'un être : c'est la nécessaire exemplification de son essence.

 

11. Exister nécessairement est positif

Ce cinquième et dernier axiome pose que l'existence nécessaire est une propriété positive.

 

12. Dieu existe

La conclusion s'impose : l'essence de Dieu est nécessairement exemplifiée. Autrement dit, Dieu existe.

 

Lire: 

 

-L'existence de Dieu prouvée par la présence du mal dans le monde

 

Quinze siècle de cheminement pour démontrer l'existence de Dieu

VIe

BOÈCE

 

Philosophe et homme politique latin, Boèce (480-524) est le premier à proposer un argument ontologique. En usant de la logique aristotélicienne, il écrit que "rien ne peut se penser de plus grand que Dieu" et conclut que la vision chrétienne de la nature divine est correcte.

 

XIe

ANSELME DE CANTORBÉRY

 

C'est la formalisation de saint Anselme de Cantorbéry (1033-1109) qui rend la preuve ontologique célèbre. S'inspirant des écrits de Boèce, ce moine bénédictin conclut en cinq propositions logiques que l'existence de Dieu ne peut pas se limiter au seul intellect, mais qu'il existe dans la réalité.

 

XVIIe

DESCARTES

 

Le philosophe et mathématicien français René Descartes (1596-1650) réduit l'argument à trois propositions. Surtout, il définit Dieu par le terme "parfait", et l'existence comme étant une propriété inhérente à la perfection, préfigurant ainsi les travaux de Leibniz et Godël.

 

XVIIIe

LEIBNIZ

 

La perfection telle que décrite par Descartes ne satisfait pas le philosophe allemand Gottfried Wilhelm Leibniz (1646-1716). Il la transforme en des perfections, que Dieu posséderait toutes. Dieu commence à être perçu comme un objet mathématique doté de propriétés.

 

1970

GÖDEL

 

Le logicien autrichien Kurt Gödel (1906-1978) transforme le concept de perfections en propriétés positives. Il écrit une démonstration de l'existence de Dieu en langage mathématique, celui de la logique modale.

 

2018

À l'aide de son logiciel de vérification des preuves mathématiques, l'informaticien Christoph Benzmüller valide des versions légèrement modifiées de l'argument ontologique de Gödel.

 

Source : Science et Vie

https://www.science-et-vie.com/article-magazine/existence-de-dieu-ce-quen-disent-les-mathematiques

 

Partager cet article
Repost0
8 octobre 2025 3 08 /10 /octobre /2025 00:00
Illustration: image de la paroisse S Pelagia in Guinzano diocesi di Pavia (sites en italien)

Illustration: image de la paroisse S Pelagia in Guinzano diocesi di Pavia (sites en italien)

Nous avons le récit de sa mort grâce à saint Jean Chrysostome. Au début de la persécution de Dioclétien vers 302, les policiers se présentent au domicile de Pélagie qui n'a que 15 ans.

 

Elle est seule et ils viennent l'emmener car elle est chrétienne. Devant leur attitude dont elle sait que cela risque de se terminer par un viol avant d'être menée au tribunal, « Pélagie - écrit saint Jean Chrysostome - imagina une ruse si habile que les soldats n'en sont pas encore revenus. D'un air calme et gai, feignant d'avoir changé d'avis, elle les prie de la laisser se retirer un moment, juste le temps de revêtir la parure qui convient à une nouvelle épousée. Ils n'y voient aucun inconvénient. Quant à elle elle sort posément de la chambre, monte en courant sur le toit de la maison et se précipite dans le vide. C'est ainsi que Pélagie déroba son corps à la souillure, qu'elle délivra son âme pour lui permettre de monter au ciel et qu'elle abandonna sa dépouille mortelle à un ennemi désormais inoffensif. »

 

À Antioche de Syrie, vers 302, sainte Pélagie, vierge et martyre, dont saint Jean Chrysostome a chanté hautement les louanges.

Martyrologe romain

 

Sainte Pélagie parmi ses courtisans, Nonnus priant pour elle (manuscrit du xive siècle).

 

Sources: 1; 2; 3

Partager cet article
Repost0
7 octobre 2025 2 07 /10 /octobre /2025 00:00


Le rosaire est l'arme que Marie nous a donnée pour lutter contre les ruses de l'ennemi infernal.

Saint Padre Pio

Notre-Dame du Rosaire - Fête

La prière du Rosaire n’est pas une condition du salut, ni le centre de la foi. De nombreux chrétiens fidèles vivent et meurent sans jamais le prier. Mais pour des millions de personnes, il est devenu l’un des chemins les plus riches vers la vie et la présence du Christ.

 

Fondamentalement, le Rosaire est un outil de méditation sur la vie, la mort et la résurrection de Jésus-Christ. Chaque dizaine de grains est liée à un mystère des Écritures : l’Annonciation, la Crucifixion, la Résurrection, et bien d’autres (Luc 1, 26-38 ; Jean 19, 25-30).

 

Il ne s’agit pas d’une "vaine répétition". Jésus a mis en garde contre la prière vide du cœur (Mt 6,7), et non contre la prière sincère et répétée – Lui-même a prié les mêmes mots trois fois à Gethsémané: "Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme moi, je veux, mais comme toi, tu veux." (Mt 26,39-44).

 

La prière du Je vous salue Marie cache un secret bouleversant. La répétition des Je vous salue Marie donne un surcroît de puissance. Elle :


-purifie nos pensées en écartant les pensées intrusives
-donne du temps à Dieu (qui après l’offrande du cœur est peut-être la chose la plus précieuse que nous pouvons lui offrir)
-donne notre cœur à Dieu.

 

Cf. Frère Paul-Adrien 
 

L'Ave Maria est biblique : 

 

"Je vous salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous" (Luc 1:28).

 

"Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni" (Luc 1:42).

 

"Sainte Marie, Mère de Dieu" (Luc 1,43)

 

Le reste est une simple demande d'intercession : "Priez pour nous, pécheurs..."

 

 

La prière, c'est se perdre en Dieu, s'oublier soi-même, se retrouver en Dieu. C'est se consumer d'amour ••• pour Lui.

Saint Padre Pio

On n'a pas besoin de perles pour prier. Personne ne l'enseigne. Les perles aident à guider le rythme de la méditation - tout comme quelqu'un peut utiliser un journal, une chanson ou une bougie. Les outils ne limitent pas la prière ; ils l'approfondissent souvent.

 

C’était la coutume au Moyen-Âge, comme autrefois chez les Romains, pour les personnes nobles, de porter des couronnes de fleurs appelées chapels, qui plus tard furent transformées en ces diadèmes d’or qui ceignaient le front des rois. Ces couronnes étaient offertes aux personnages de distinction, à titre de redevance.

 

Les chrétiens orthodoxes, les anglicans et même certains protestants utilisent un chapelet. Les premiers moines chrétiens utilisaient des cordons noués pour compter leurs prières dans le désert égyptien.

 

Saint Jean Paul II a écrit : "Avec le Rosaire, le peuple chrétien s'assied à l'école de Marie et est amené à contempler la beauté du visage du Christ". C'est de la dévotion, c'est du discipulat.

 

Le Rosaire n'élève pas Marie au-dessus de Jésus, il nous conduit à Jésus en passant par Marie, comme elle l'a dit aux serviteurs de Cana : "Faites tout ce qu'il vous dira" (Jn 2,5). Marie se détache toujours d'elle-même et se tourne vers son Fils.

 

Les mystères du Rosaire sont imprégnés de récits de l'Écriture : l'Incarnation (Luc 1), la Visitation (Luc 1), la Nativité (Luc 2), la Passion (Jean 18-19), la Résurrection (Jean 20), et bien d'autres choses encore. On ne peut pas prier le Rosaire sans entrer dans les Évangiles. Satan déteste l'Incarnation, la Croix, la Résurrection et la sainte humilité de la Vierge. Le Rosaire proclame tout cela à la fois, avec amour et révérence. 

Le Rosaire n'est pas une "répétition vaine".

C'est une artillerie implacable.

 

L'Église primitive a honoré Marie non pas parce qu'elle est en concurrence avec le Christ, mais parce qu'elle est la première à lui dire "oui". Saint Irénée (IIe siècle) l'appelait "la cause du salut pour elle-même et pour toute la race humaine" par l'obéissance.

 

St. Louis de Montfort a dit : "A Jésus par Marie". Le Rosaire suit ce modèle : nous méditons sur le Christ avec Marie, et non à sa place. Marie n'est pas le but, c'est Lui. Mais elle est une compagne fidèle sur le chemin.

 

Souveraine du Ciel et des âmes, la Vierge a droit aux mêmes hommages ; aussi l’Église nous fait-elle reconnaître le titre de Marie comme reine du Saint Rosaire, et nous exhorte-t-elle à lui offrir comme Fille du Père, Mère du Fils et Épouse du Saint-Esprit, un triple chapel ou trois couronnes de roses dont elle nous montre toutes les beautés dans l’Office de ce jour et auquel elle donne le nom de Rosaire.

 

Le Rosaire, comme dévotion privée, est constitué d’éléments pris dans le Cycle liturgique et comme solennité de l’Église il en fait partie intégrante.

 

Aussi cette prière a-t-elle valu, au cours des siècles, bien des grâces à la Chrétienté, et c’est spécialement pour rappeler l’insigne bienfait de la victoire de Lépante, dimanche 7 octobre 1571, dû à la récitation du chapelet, et où furent brisées les forces vives de l’Islamisme qui menaçaient d’envahir l’Europe, que fut instituée par le Pape saint Pie V sous le titre de Notre-Dame de la Victoire, rebaptisée Notre-Dame du Rosaire par le Pape Grégoire XIII.

Le Rosaire récité avec la méditation des mystères :  

1) nous élève insensiblement à la connaissance parfaite de Jésus-Christ.  

2) purifie nos âmes du péché.  

3) nous rend victorieux de tous nos ennemis.  

4) nous rend la pratique des vertus facile.  

5) nous embrase de l’amour de Jésus-Christ.  

6) nous enrichit de grâces et de mérites.  

7) nous fournit de quoi payer toutes nos dettes à Dieu et aux hommes et enfin nous fait obtenir de Dieu toutes sortes de grâces.

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, Le Secret du Très saint Rosaire

Dans la liturgie, la fête du Très Saint Rosaire, miniature de l’année liturgique par la méditation des mystères et du bréviaire, par la récitation des 150 Ave comme il y a 150 psaumes terminés par le Gloria Patri, résume en un admirable triptyque les événements joyeux, douloureux et glorieux de Jésus et de Marie qui se sont succédé, dans le calendrier catholique.

1. La Fête "Notre-Dame du Rosaire"

En reconnaissance à Marie pour la victoire de Lépante sur les Turcs le 7 octobre 1571, le pape saint Pie V institua, en 1572, la fête "Notre-Dame de la victoire" le premier dimanche d’octobre.

 

Le 7 octobre 1571, l’Europe se préparaient à la conquête. Une vaste flotte ottomane s’avançait, certaine de la victoire. Mais à travers la chrétienté, des millions avaient prié le chapelet.

À Lépante, l'impossible se produisit :
le miracle de Notre-Dame de la victoire

Au XVIe siècle, les Ottomans dominaient la Méditerranée.

Ils avaient pris Constantinople, les Balkans, et pressaient en Hongrie. Leur marine était inégalée. (Norwich, Histoire de Venise)

L'Europe était divisée. La France s'était même alliée aux Ottomans contre les Habsbourgs. Peu pensaient que les Turcs pouvaient être arrêtés. (Fernand Braudel, Le Monde Méditerranéen)

En 1570, les Ottomans envahirent Chypre, un bastion vénitien.

Après un siège brutal, l'île tomba. Des milliers furent massacrés, beaucoup plus réduits en esclavage. (Nolan, bataille de Lépante)

Le pape St. Pie V vit le danger.

Si les Ottomans prenaient le contrôle total de la mer, l'Italie et l'Espagne pourraient être les suivantes. La chrétienté elle-même était en jeu. 
(Pastor, histoire des papes)

Il a appelé à une ligue sainte: l'Espagne, Venise, les États pontificaux, Gênes, Malte et d’autres.

Son commandant - Don Juan d'Autriche,
 âgé de 24 ans, fils illégitime de l'empereur Charles V, charismatique, intrépide et dévot. (Braudel)

Les chrétiens rassemblerent 206 galères et 80 000 hommes.

Les Ottomans ont répondu avec plus de 250 navires et 120 000 hommes, dont des janissaires d'élite. Les flottes convergeaient près de Lepanto. (Nolan)

Le 7 octobre, la Sainte ligue avanca sous la forme d'une croix.

Don Juan ordonna à chaque homme de se confesser et de recevoir la communion avant la bataille.

Pendant ce temps, à travers l'Europe, des millions de personnes priaient le chapelet. (Pastor)

Le choc fut apocalyptique.

Les canons tonnèrent, les navires entrerent en collision, les épées flamboyaient. La mer était devenue rouge de sang.

Au centre, le navire phare de Don Juan a affronté Ali Pacha. Les deux commandants se battirent sur le pont. (Norwich)

Au plus fort de la bataille, Ali Pacha fut frappé et sa bannière saisie.

Le centre ottoman s'effondra.

Un changement soudain de vent favorisa les chrétiens. Leurs flancs se regrouperent et forcerent l’ennemi a battre en retraite. (Braudel)

À la tombée de la nuit, plus de 200 navires ottomans avaient été coulés ou capturés, avec 25 000 morts.

Les chrétiens ne perdirent que 17 navires. Des milliers de chrétiens réduits en esclavage furent libérés des rames. (Nolan)

Le même jour, le pape Pie V à Rome aurait soudainement déclaré: "La flotte chrétienne est victorieuse!" - avant même que les nouvelles ne soient arrivées.

Il institua la fête de Notre-Dame de la victoire, qui deviendra plus tard la fête du chapelet.

Lepante fut gagnée par la prière. (William Penn )

 

En 1573, son successeur le pape Grégoire XIII l’intitula fête Notre-Dame du Rosaire.

 

 

Cette fête fut étendue à l’univers catholique par Clément XI, en action de grâces d’un nouveau triomphe, remporté en Hongrie sur les mêmes ennemis par Charles VI, en 1716.

Pie X, en 1913, en fixa la date au 7 octobre.

 

Notre Dame a souvent demandé aux hommes de réciter le chapelet, comme à Fatima où elle fera plusieurs fois la demande, par exemple le 13 octobre 1917 : "Je veux te dire que l’on fasse ici une chapelle en mon honneur. Je suis Notre-Dame du Rosaire. Que l’on continue toujours à réciter le chapelet tous les jours. La guerre va finir et les militaires rentreront bientôt chez eux."

 

Source image: https://twitter.com/ChristianVenard/status/1578230395891490816/photo/1

 

Lors de la bataille de Lépante (1571), les chrétiens ont gagné lorsque les vents ont tourné en leur faveur. À  l’heure de la victoire, le pape Pie V qui se trouvait à des centaines de kilomètres de là, au Vatican, se serait levé d’une réunion, se serait dirigé vers une fenêtre ouverte en s’exclamant : "La flotte chrétienne est victorieuse !" et aurait versé des larmes de joie et de reconnaissance envers Dieu.

 

La victoire de Lépante arrête l'incursion ottomane en Méditerranée et empêche son influence de se propager en Europe. Grâce à l'intervention de Notre-Dame, la main de Dieu empêche les musulmans d'Orient de vaincre l'Occident chrétien.

2. Le mois du Rosaire est le mois d’octobre

Sous le pontificat de Léon XIII, en 1886-87, la congrégation romaine des rites a fait du mois d’octobre le mois du Rosaire.

La dévotion au mois du rosaire avait déjà été approuvée par le pape Pie VII au début du XIX° siècle. Ceci est un peu exceptionnel, car l’Église est plus attentive aux temps liturgiques qu’aux mois de l’année. Cependant il en est de même pour le mois de mai.

Le mois du rosaire a été recommandé comme tel par le pape Benoît XVI le 12 octobre 2005. Le 20 octobre 2008 il a rappelé que le mois d’octobre est aussi le mois des missions. La pratique du chapelet, individuelle ou collective, est particulièrement importante durant ce mois.

 

 

3. Les équipes du Rosaire

Les équipes du Rosaire sont nées en 1955. Ce sont de petits groupes de personnes qui se réunissent chaque mois pour réciter et méditer. Ils se rassemblent soit au domicile d’un des membres, soit dans une salle de la paroisse.

Les membres de l’équipe méditent aussi chaque jour personnellement un mystère. Les équipes du Rosaire sont présentes dans de nombreux diocèses.

Tous les mois, le Secrétariat national envoie à chacun des membres des équipes du Rosaire un petit bulletin. On y trouve un texte de la parole de Dieu, un guide pour réfléchir sur le mystère et sur sa vie et enfin une prière de louange et d’intercession. Les membres des équipes du Rosaire participent au pèlerinage du Rosaire.

Source image: https://twitter.com/SaintMontjoie/status/1578270202503929856/photo/1

Source image: https://twitter.com/SaintMontjoie/status/1578270202503929856/photo/1

Le pèlerinage du Rosaire

 

Le pèlerinage du Rosaire a été fondé en 1908. Il est organisé par les pères dominicains.

Il rassemble chaque année près de 40 000 personnes, si l’on excepte la période 1938 à 1948 où il a eu beaucoup de difficultés.

Préparé par les membres des équipes du Rosaire il est le pèlerinage à Lourdes le plus important de l’année en nombre de participants.

 

1. Date du pèlerinage du Rosaire

La date du pèlerinage du Rosaire est autour du 7 octobre. Elle résulte de la date de la fête Notre-Dame du Rosaire.

 

2. Retraite spirituelle

Tout au long du pèlerinage du Rosaire de nombreuses rencontres sont proposées : quatre journées de prière et de réflexion, animées par les dominicains. Tout en ayant une caractéristique mariale, cette prière a un centre christologique. Le pèlerinage du Rosaire est conçu comme une retraite spirituelle sur le thème de l’année. Il est différent du pèlerinage des assomptionnistes du 15 août qui est centré sur la fête de l’Assomption.

 

3. Thème annuel

Chaque année il y a un thème : en 2005 : "Venez à moi, vous tous qui peinez" ; en 2006 : "Lumière du Christ" ; en 2007 : "Laissez vous réconcilier", le pèlerinage du Rosaire célébrait sa centième édition. 

 

4. Célébrations

Le déroulement quotidien du pèlerinage du rosaire comporte plusieurs célébrations : messe le matin, procession l’après-midi et procession aux flambeaux le soir).

 

5. Les malades

Les malades et handicapées ont aussi leur place au pèlerinage du Rosaire.

Le nombre des pèlerins malades et handicapés emmenés est habituellement d’environ 130 ces dernières années.

En 2007, 5000 hospitaliers (médecins, brancardiers, infirmières, accompagnateurs) étaient présents pour les 1800 personnes malades et handicapées inscrites au pèlerinage. Il y a un chemin de croix pour les malades et une célébration d’onction des malades.

Notre-Dame du Rosaire - Fête

Le Rosaire est l’hommage le plus agréable que l’on puisse offrir à la Mère de Dieu.

Saint Alphonse de Liguori

Le rosaire est-il donc obligatoire ? Non.

 

Est-il biblique ? Profondément.

 

C'est une école de contemplation tranquille, qui a conduit des saints, des papes, des enfants et d'innombrables chrétiens ordinaires à un amour plus profond pour le Christ.

 

Si vous n'avez jamais prié le Rosaire, n'ayez pas peur d'essayer. C'est une promenade à travers l'Évangile en compagnie de celle qui connaissait le mieux Jésus. Et en le priant, beaucoup ont découvert non pas la gloire de Marie, mais celle du Christ.

Quelles sont les sources bibliques du Rosaire ?

 

Cette section s'adresse aux protestants qui aimeraient connaître les sources bibliques de la prière à Marie. Curieusement, lorsque l'on leur demande si les démons (qui n'ont pas la vie et sont en enfer) peuvent nous entendre, ils répondent que oui, mais les saints et les anges qui sont vivants au Ciel ne le pourraient pas. Pourtant, on imagine que la plupart d'entre eux, lorsqu'ils qui ont perdu un être cher, se sont rendus sur la tombe de la personne défunte et se sont retrouvés à parler à cette personne. Il devrait y avoir un certain réconfort à savoir que la personne, si elle est au paradis, peut nous entendre. Il n’y a pas d’objection à réciter le Rosaire ou à prier les saints en général, si l’on accepte qu’ils sont vivants au ciel 

 

Les récits de la Transfiguration sont de bons témoignages sur la vie des saints. 

 

Dans Matthieu 22:32, il dit que Dieu est "le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob" et qu’il n’est "pas le Dieu des morts, mais des vivants".

 

Le Rosaire est une prière méditative à Marie, mais aussi à Jésus-Christ, à Dieu le Père et à la Trinité dans son ensemble. De plus, c’est une méditation sur la vie de Jésus et de Marie si l’on prête attention aux mystères.

 

La première partie du Je vous salue Marie vient directement de l'Écriture. Cela consiste à décrire qui elle est. "Je vous salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous." C'est la salutation de l'ange Gabriel à Marie (Luc 1:28). Les paroles du messager de Dieu lui-même sont-elles problématiques ? "Tu es bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de tes entrailles, est béni." Cette phrase vient d'Élisabeth, la cousine de Marie, qui reconnaît le bien incroyable que Dieu a fait à Marie (Luc 1:42).

 

La deuxième moitié de la prière est celle où nous lui demandons quelque chose. "Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort." Que demandons-nous ? Simplement que Marie prie pour nous ! Si vous acceptez que les saints sont vivants au ciel, il ne devrait y avoir aucun problème à accepter qu’ils puissent entendre nos prières et prier à leur tour pour nous. (Cf. II M 15,12-14 ; Ap 5,8 ; Ap 8,4)

 

Au temps des rois d’Israël, la reine n’était pas l’épouse du roi, mais sa mère (il était même courant qu’un roi ait plus d’une épouse, mais il n’avait qu’une seule mère). Le peuple apportait ses requêtes à la reine mère (non à l'épouse) et elle les apportait à son tour à son fils, le roi. C’est ce que font les catholiques. Nous nous tournons vers notre reine, la mère de notre Seigneur, et lui demandons de prier pour nous.

 

Pouvons-nous simplement prier directement le Christ ? Oui, et nous le devons tout le temps. Mais cela ne signifie pas que nous ne pouvons pas aussi nous tourner vers sa mère ou d’autres saints et leur demander de prier pour nous. Ils sont au paradis avec lui tout le temps. Nous sommes souvent occupés pendant la journée et nous devons dormir la nuit. Nous ne pouvons pas prier 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Eux ils le peuvent.

 

Note annexe : appeler Marie la Mère de Dieu est un autre sujet, mais cela signifie simplement que Jésus est Dieu et que Marie était sa mère. Cela n'implique pas du tout que Marie ait préexisté à Dieu. C'est un titre qui met l'accent sur la divinité du Christ.

Comment dire le Rosaire ?

https://eglise.catholique.fr/wp-content/uploads/sites/2/2014/05/le-rosaire2.pdf

https://eglise.catholique.fr/wp-content/uploads/sites/2/2014/05/le-rosaire2.pdf

Les Promesses de Notre-Dame à Saint Dominique et au bienheureux Alain de la Roche en faveur de la dévotion au rosaire

 

A tous ceux qui réciteront dévotement mon Rosaire, je promets ma protection toute spéciale et de très grandes grâces.

Celui qui persévérera dans la récitation de mon Rosaire recevra quelques grâces signalées.

Le Rosaire sera une armure très puissante contre l’enfer ; il détruira les vices, délivrera du péché, dissipera les hérésies.

Le Rosaire fera fleurir les vertus et les bonnes oeuvres et obtiendra aux âmes les miséricordes divines les plus abondantes ; il substituera dans les coeurs l’amour de Dieu à l’amour du monde, les élevant au désir des biens célestes et éternels. Que d’âmes se sanctifieront par ce moyen.

Celui qui se confie en moi par le Rosaire, ne périra pas.

Celui qui récitera pieusement mon Rosaire en considérant ses mystères, ne sera pas accablé par le malheur. Pécheur, il se convertira ; juste, il croîtra en grâce et deviendra digne de la vie éternelle.

Les vrais dévots de mon Rosaire seront aidés à leur mort par les secours du Ciel.

Ceux qui récitent mon Rosaire trouveront pendant leur vie et à leur mort, la lumière de Dieu, la plénitude de ses grâces et ils participeront aux mérites des Bienheureux.

Je délivrerai très promptement du purgatoire les âmes dévotes à mon Rosaire.

Les véritables enfants de mon Rosaire jouiront d’une grande gloire dans le Ciel.

Ce que vous demanderez par mon Rosaire, vous l’obtiendrez.

Ceux qui propageront mon Rosaire seront secourus par moi dans toutes leurs nécessités.

J’ai obtenu de mon Fils que tous les confrères du Rosaire aient pour frères, en la vie et à la mort, les Saints du ciel.

Ceux qui récitent fidèlement mon Rosaire sont tous mes fils bien-aimés, les frères et soeurs de Jésus-Christ.

La dévotion à mon Rosaire est un grand signe de prédestination.

Sources :

https://philosophieduchristianisme.wordpress.com/2022/10/07/7-octobre-notre-dame-du-rosaire/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Notre-Dame_du_Rosaire

https://www.catholicworldreport.com/2024/10/05/the-battle-of-lepanto-commemorated-in-a-south-carolina-parish/https://eglise.catholique.fr/wp-content/uploads/sites/2/2014/05/le-rosaire2.pdf

https://x.com/FatherChrisVor1/status/1936911255157289405

Partager cet article
Repost0

Articles RÉCents