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15 juin 2022 3 15 /06 /juin /2022 00:00
Sainte Germaine Cousin bergère de Pibrac de Jean-Auguste-Dominique Ingres (1856), église Saint-Étienne de Sapiac, Montauban

Sainte Germaine Cousin bergère de Pibrac de Jean-Auguste-Dominique Ingres (1856), église Saint-Étienne de Sapiac, Montauban

Germaine de Pibrac ou Sainte Germaine Cousin (1579 - 1601), de son vrai nom "Germaine Cousin". Sa courte vie de vingt-deux ans est une merveille de la grâce.

Fille d'un modeste laboureur, Laurent, époux de Marie Laroche, Germaine naît à Pibrac petit village près de Toulouse, en 1579.

Atteinte de scrofules (adénopathie tuberculeuse), elle a aussi une main atrophiée. Sa mère meurt alors qu'elle était encore très jeune, et dès lors, elle subira les humiliations de sa belle-mère, acariâtre, et sera reléguée dans un appentis, loin de la vie familiale.

Elle persuada son père de l'envoyer garder les troupeaux, où là, dans la nature, elle pouvait réciter son chapelet et trouver le réconfort dans la prière. Tous les jours elle allait à la Messe. Elle plantait sa quenouille en terre et la quenouille gardait les moutons ; jamais une brebis ne s'égara, et jamais non plus les loups, pourtant nombreux dans la région à cette époque, n'attaquèrent le troupeau.

Elle donnait le peu de pain qu'elle avait aux pauvres. Un jour de 1601, son père la trouva morte dans le réduit où on l'obligeait à dormir. Elle avait 22 ans. Elle fut enterrée dans l'église de Pibrac, et peu à peu tout le monde oublia l'existence de cette sépulture.

Pour aller à l’église, elle devait passer un gros ruisseau. Un jour que le ruisseau était en crue, des paysans qui la voyaient venir se demandaient, d’un ton railleur comment elle ferait pour passer. Les eaux s’ouvrirent devant elle et elle traversa sans même mouiller sa robe.

Un jour, sa marâtre l'accusa de voler du pain. Elle la poursuivit afin de la frapper et de la confondre, malgré l'insistances de voisins qui voulaient la retenir. Quand celle-ci rattrapa Germaine et lui fit ouvrir son tablier, à la place du pain qu'elle pensait y trouver s'étalait une brassée de roses. Son père fut alors ébranlé, il interdit à sa femme de frapper Germaine et lui demanda de réintégrer la maison ailleurs que dans le grabat qu'elle occupait. Elle refusa. 
La nuit de sa mort, on raconte que deux religieux en route pour Pibrac à la nuit tombée, virent passer en direction de la maison de Laurent Cousin deux jeunes filles vêtues de blanc. Le lendemain matin, alors qu'ils reprenaient leur route, ils virent ressortir trois jeunes filles, dont l'une, encadrée par les deux autres, était couronnée de fleurs.

En 1644, alors que le sacristain se préparait à organiser des funérailles en creusant une fosse, il tomba sur un corps enseveli dont la fraîcheur le stupéfia. Même les fleurs que la morte tenait étaient à peine fanées. A la difformité de sa main, aux cicatrices des ganglions de son cou, on reconnut Germaine Cousin. Toutefois, son corps fut déposé dans un cercueil de plomb, offert par une paroissienne guérie par l'intercession de la sainte, et déposé dans la sacristie où il demeura, à nouveau oublié, encore 16 ans,

Le 22 septembre 1661, le vicaire général de l’archevêque de Toulouse, Jean Dufour, vint à Pibrac. Il s'étonna de voir ce cercueil resté dans la sacristie, le fit ouvrir, et découvrit que la sainte présentait toujours le même état de fraîcheur. Il fit creuser tout autour de là où le corps avait été trouvé, et tous les morts enterrés au même endroit n'étaient plus que des squelettes. Ebranlé par ce miracle, le vicaire général demanda la canonisation de Germaine en 1700.

Sa dépouille subit encore de nombreuses pérégrinations accompagnés de plusieurs miracles.

A Pibrac, une basilique a été élevée en son honneur. La maison natale de Germaine Cousin existe toujours. Elle est située à environ 2 kilomètres du village de Pibrac. Récemment restaurée, on peut la visiter.

Germaine fut béatifiée par Pie IX le 7 mai 1854, puis canonisée en 1867.


Sainte Germaine est la patronne des faibles, des malades, des déshérités.
Elle est aussi la patronne des bergers.

On la représente avec sa quenouille, accompagnée d'un mouton, mais aussi avec son tablier ouvert sur un bouquet de roses.



Statue de l'oratoire près de la maison où la Sainte vécut 



 

Sainte Germaine de Pibrac - cathédrale de Lombez


 


Sources: 1, 2

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14 juin 2022 2 14 /06 /juin /2022 00:00
Icône Russe d’Élisée (XVIIIe siècle) Monastère de Kiji, Russie

Icône Russe d’Élisée (XVIIIe siècle) Monastère de Kiji, Russie

À une époque troublée où les rois d'Israël successeurs de Salomon s'adonnaient à l'idolâtrie et à la débauche, Elisée, fils de Shafath, prophète de l'ancienne Loi, disciple et successeur du Prophète Élie, exerça son ministère dans le Royaume du Nord, revendiquant avec courage la fidélité au Dieu unique d'Israël, face aux cultes païens de Baal et d'Astarté qui se répandaient depuis la scission du Peuple de Dieu en un royaume de Juda et un royaume d'Israël.

 

''Tu consacreras Élisée, fils de Shafate, comme prophète pour te succéder.'' (1 Rois 19,16)

19 'Élie s'en alla. Il trouva Élisée, fils de Shafate, en train de labourer. Il avait à labourer douze arpents, et il en était au douzième. Élie passa près de lui et jeta vers lui son manteau.'

20 'Alors Élisée quitta ses bœufs, courut derrière Élie, et lui dit: 'Laisse-moi embrasser mon père et ma mère, puis je te suivrai.' Élie répondit: 'Va-t'en, retourne là-bas! Je n'ai rien fait.'

21 Alors Élisée s'en retourna; mais il prit la paire de bœufs pour les immoler, les fit cuire avec le bois de l'attelage, et les donna à manger aux gens. Puis il se leva, partit à la suite d'Élie et se mit à son service. (1er livre des Rois, chap 19)

 

Jésus, en sa première prédication dans la synagogue de Nazareth, fait référence à la fois à Élie et à Élisée. Il rappelle la compassion d'Élie pour la veuve qui vivait à Sarepta et la guérison par le ministère d'Élisée, de Naaman le Syrien: deux païens auxquels le Dieu d'Israël fait accueil et miséricorde (Luc 4. 25-30).

Elisha Raising the Shunammite’s Son by Benjamin West, 1766

Elisha Raising the Shunammite’s Son by Benjamin West, 1766

Sa mission s'est orientée principalement envers les Israélites mais également vers quelques païens. Il est mort (''à un âge avancé'' dit-on) vers -800.

Commémoraison de saint Élisée. Disciple d'Élie, il fut prophète en Israël au temps du roi Joram jusqu'aux jours de Joas, au IXe siècle avant le Christ. S'il n'a pas laissé d'oracles écrits, il a cependant annoncé le salut pour tous les hommes en accomplissant des miracles en faveur d'étrangers. Sa tombe était vénérée à Samarie.

 

Martyrologe romain

Élisée multipliant les pains par Le Tintoret, 1577-78

Élisée multipliant les pains par Le Tintoret, 1577-78

Le Prophète Élisée par Vasari, 1566 (musée des Offices, Florence)

Le Prophète Élisée par Vasari, 1566 (musée des Offices, Florence)

Élisée refusant les cadeaux de Naaman par Pieter Franszoon Grebber, 1637 (Haarlem, Musée Frans Hals).

Élisée refusant les cadeaux de Naaman par Pieter Franszoon Grebber, 1637 (Haarlem, Musée Frans Hals).

L'Ascension d'Élie devant Elisée, Livre d'heures de Henri II.

L'Ascension d'Élie devant Elisée, Livre d'heures de Henri II.

Le miracle sur la tombe d’Élisée. (Jan Nagel, 1596)

Le miracle sur la tombe d’Élisée. (Jan Nagel, 1596)

Sources : (1); (2)

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13 juin 2022 1 13 /06 /juin /2022 07:04

Le 8 juin dernier, le Dailymail titrait : ''Des jeunes en bonne santé meurent subitement de manière inattendue d'un mystérieux syndrome - alors que les médecins cherchent des réponses via un nouveau registre national''. Le nouveau syndrome de mort subite "SADS" tue des centaines de jeunes personnes en Australie, un autre pays à la pointe de la vaccination.

 

Le Baker Heart and Diabetes Institute (BHDI) de Melbourne est en train de mettre au point le premier registre SADS d'Australie, rapporte Medicaldaily.

 

Source : https://www.medicaldaily.com/mysterious-disease-killing-hundreds-australia-465567

https://www.medicaldaily.com/mysterious-disease-killing-hundreds-australia-465567

https://www.medicaldaily.com/mysterious-disease-killing-hundreds-australia-465567

Le décès d'une femme de 31 ans l'année dernière a été attribué au syndrome de mort subite des adultes (SADS), une maladie qui pourrait être à l'origine du décès de centaines de personnes chaque année dans l'État australien de Victoria.

 

Catherine Keane, responsable de la publicité, est décédée dans son sommeil en juillet dernier alors qu'elle vivait avec deux amis à Dublin, en Irlande. Sa mère, Margherita Cummins, a depuis exhorté les autres parents à faire dépister leurs enfants pour le SADS si leur famille a des antécédents de maladie cardiaque, rapporte News.com.au.

 

Le SADS (Sudden Arrhythmic Death Syndrome), également appelé syndrome de mort subite arythmique, est un "terme générique pour décrire les décès inattendus chez les jeunes", généralement âgés de moins de 40 ans, lorsqu'une autopsie ne permet pas de trouver des causes de décès évidentes, selon le Royal Australian College of General Practitioners (RACGP).

 

Les affections SADS les plus courantes comprennent les syndromes d'arythmie génétique tels que le syndrome du QT long, la tachycardie ventriculaire polymorphe catécholaminergique et le syndrome de Brugada, a déclaré l'organisation. 

 

On ne sait pas exactement combien de décès sont attribués à cette maladie chaque année dans le monde, mais un registre du Baker Heart and Diabetes Institute (BHDI) de Melbourne suggère que le SADS tue environ 750 jeunes dans l'État de Victoria chaque année, selon un rapport de 7News.com.au a dit.

 

"Parmi ceux-ci, environ 100 jeunes par an n'auront aucune cause trouvée même après des investigations approfondies telles qu'une autopsie complète", a déclaré le Dr Elizabeth Paratz, cardiologue et chercheuse au BHDI.

 

Ces chiffres sont restés constants au fil des ans, a ajouté le médecin.

Entre-temps, environ 210 000 personnes meurent chaque année de façon soudaine et inattendue à la suite d'un arrêt cardiaque soudain aux États-Unis, selon l'American Heart Association.

 

Les personnes à risque de SADS sont celles qui ont des parents au premier degré ayant eu un décès cardiaque inexpliqué avant l'âge de 40 ans, celles qui ont souffert d'une syncope inexpliquée (évanouissement) et celles qui ont eu une syncope ou des convulsions en faisant de l'exercice ou en étant excitées.

 

Certaines personnes ne découvrent qu'elles sont atteintes du SADS qu'après avoir subi un arrêt cardiaque, selon un rapport de revue médicale cité par Healthline.

 

Bien qu'il n'existe aucun remède contre le SADS, les experts médicaux ont exhorté les personnes qui pensent être exposées à ce risque à se faire examiner.

 

"Le meilleur conseil est le suivant : si vous avez vous-même un parent au premier degré - un parent, un frère ou une sœur, un enfant - qui est décédé de façon inexpliquée, il est extrêmement recommandé de consulter un cardiologue. Pour tous les autres, (consultez un cardiologue) si vous présentez des symptômes cardiaques tels que des douleurs thoraciques, un essoufflement, ou si vous n'arrivez pas à suivre vos amis en faisant de l'exercice ou en marchant", a déclaré M. Paratz.

 

Le BHDI est en train de mettre au point le premier registre SADS d'Australie, et espère le déployer dans tout le pays.

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13 juin 2022 1 13 /06 /juin /2022 00:00
Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 20.

Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 20.

Religieux de l'ordre des frères mineurs franciscains, Saint Antoine (1195-1231) naît de son vrai nom Fernando Martins de Bulhoes n'est pas né à Padoue mais à Lisbonne en 1195, de la famille glorieuse de Godefroy de Bouillon, premier roi de Jérusalem, dont une branche s'était implantée en Portugal.

Si son oncle Godefroy de Bouillon a été la fleur de la chevalerie, lui, est la fleur de l'Ordre Séraphique et un des plus beaux joyaux de la Jérusalem céleste.

Sa mère portait le beau nom que devait illustrer la Vierge du Carmel, et les mêmes vertus ont orné ces deux grandes âmes (le corps de Dona Teresa repose dans la chapelle dédiée à son fils à l'église Saint-Vincent près de Lisbonne. Sur la tombe de cette glorieuse et heureuse mère sont gravées ces simples paroles : Ici repose la mère de Saint Antoine : Hic jacet mater sancti Antonii.)

"À peine sorti du berceau, ses délices étaient de courir aux autels de Jésus et de Marie dans l'église cathédrale de Lisbonne. C'est là qu'on le trouvait toujours en adoration devant le tabernacle, ou à genoux aux pieds de Marie, chantant un hymne d'amour à la Vierge Immaculée. C'était l'hymne que chantait sa pieuse mère : "Ô gloriosa Domina ! Ô glorieuse Souveraine !" Il la chantait le jour, il la chantait la nuit. Elle le consolait dans ses tristesses et le fortifiait dans ses combats. Elle faisait le charme de sa solitude et, dans les grands travaux et les grandes luttes de l'apostolat, elle faisait son triomphe.

O Gloriosa Domina (Ô Glorieuse Dame) composée au VIe s. par Saint Venance Fortunat (530-609), Évêque de Poitiers et auteur de nombreuses Hymnes Catholiques.

L'amour de Dieu chez S. Antoine

 

Tu aimeras le Seigneur ton Dieu "de tout ton cœur". Tout : tu ne peux garder pour toi aucune partie de toi. Il veut l'offrande de tout toi-même. Il t'a racheté tout entier de tout Lui-même pour te posséder Lui seul, toi tout entier. Tu aimeras donc le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur. Ne va pas comme Ananie et Saphire, garder pour toi une partie de toi-même; car alors, comme eux, tu périras tout entier. Aime donc totalement et non en partie. Car Dieu n'a pas de parties; Il est tout entier partout. Il ne veut pas de partage en ton être, Lui qui est tout entier en son Être. (Ivan GOBRYMystiques Franciscains, Éditions Artège, Perpignan 2013, p. 40-41.)

O Gloriosa Domina, Jordi Savall – Hespèrion XXI & La Capella Reial De Catalunya

Enfant, il va à l'école épiscopale et se fait remarquer par une intelligence vive. 

"Dès l'âge de cinq ans, il se consacre au Seigneur, et triomphe de Satan. Ce fut son premier miracle. Pris à la gorge par lui, il trace le signe de la croix, sur la marche de l'autel où il priait, et le marbre s'amollissant en garde miraculeusement l'empreinte." (Père Marie-Antoine de Lavaur, Les Grandes Gloires de Saint Antoine de Padoue, Éditions du Pech, Toulouse 2016, pp. 14-15.) Le Père Valentin Strappazzon retrace ainsi ce miracle : "Pendant le service de l'autel, le démon surgit devant lui en même temps que son esprit était assailli par de fortes tentations : il traça alors un signe de croix sur la marche de l'autel, le diable s'enfuit et la croix resta gravée sur le marbre." (Valentin STRAPPAZZON, Saint Antoine de Padoue, Docteur de l'Église et prédicateur populaire, Pierre Téqui éditeur, Paris 2002.)

Un jour d'été, son père lui avait confié la garde d'un champ de blé contre les bandes d'oiseaux qui traînaient dans les parages, mais c'était l'heure de la prière. Il enferma alors les moineaux dans une masure à ciel ouvert, leur défendit de s'envoler et se rendit à la cathédrale... À son retour, les oiseaux étaient toujours là, sagement à leur place, et le champ de blé intact. (Père Valentin STRAPPAZZON, Saint Antoine de Padoue, Docteur de l'Église et prédicateur populaire, Pierre Téqui éditeur, Paris 2002, p. 8.)

À quinze ans, il entre chez les frères augustiniens du monastère de Saint-Vincent de Fora qui se trouvait alors en dehors de la ville, à Graça, une des sept collines de Lisbonne. Il y reste deux ans. En 1212, il continue ses études théologiques au monastère augustinien de la Sainte-Croix à Coimbra (Portugal).

Un jour qu'il était retenu à l'infirmerie du couvent par les devoirs de sa charge, il eut, au moment de l'élévation de la Messe, un ardent désir de voir le Sauveur, et il se mit à genoux: Ô merveille! Les murs de l'église s'entr'ouvrent et lui laissent voir l'autel, où il adore ravi, la sainte Victime.

Les actes en disent plus que les mots. Que vos paroles enseignent, que vos actes parlent.

Saint Antoine de Padoue, 10 citations inspirantes de saint Antoine, Aleteia

Cependant Antoine était appelé de Dieu à devenir disciple de S. François. "D'après plusieurs historiens, il aurait, dans une de ses extases, vu Saint François lui-même venant lui annoncer, de la part de Dieu, qu'il l'avait choisi pour devenir son fils." (Père Marie-Antoine de Lavaur, Les Grandes Gloires de Saint Antoine de Padoue, Éditions du pech, Toulouse 2016, pp. 15-16.)

 

Il sentit le premier appel à la vue de ces cinq religieux franciscains, Bérard de Carbio, Otton, Pierre de Saint-Géminien, Adjute et Accurse s'embarquant pour les missions d'Afrique en 1219 et qui s'étaient arrêtés dans son monastère de Coimbra. L'appel devint définitif, quand, quelques mois plus tard, les reliques de ces cinq religieux (devenus martyrs de la foi décapités au Maroc par le calife almohade Yusuf al-Mustansir le 16 janvier 1220, après avoir été fouettés à mort) furent ramenées providentiellement à son monastère. Fernando Martins de Bulhoes, qui vient d'être oint prêtre, assiste à la cérémonie funéraire des cinq franciscains. Le jeune homme sent "dans son coeur" qu'il doit impérativement suivre l'exemple des frères martyrisés. Il exprime le voeu de rejoindre l'Ordre et il est accueilli à Olivais (un ermitage des environs de Coimbra) où quelques frères franciscains arrivés au Portugal vers 1217 ou 1218, avaient reçu de la reine Urraque la jouissance d'une chapelle. Il change de nom et prend celui d'Antoine. Il décide de partir lui aussi pour le Maroc mais, malade, il doit rebrousser chemin. Il débarque alors en Sicile, arrive à Assise et participe au chapitre de 1221, où il réussit à se faire mépriser et compter pour rien. Là, il va s'ensevelir à Monte-Paolo, petit couvent perdu dans les montagnes de l'Italie, à dix milles de Forli, sur les pentes de l'Apennin. Là il découvrit une grotte sauvage, cachée dans un massif de sapins, fermée aux vains bruits de la terre, taillée dans le roc, avec une de ces échappées sur l'azur du ciel qui plaisent tant aux contemplatifs. Elle était occupée par un de ses frères en religion, qui consentit à la lui céder. Il y passait une partie de ses journées, depuis les matines jusqu'à la conférence du soir. Un peu de pain, un verre d'eau fraîche, voilà toute sa nourriture. Il matait sa chair pour la soumettre à l'esprit, durement, sans pitié pour frère l'âne (expression par laquelle S. François désignait le corps). "Ses lèvres bleuies et ses joues creusées par le jeûne témoignaient de la rigueur de la lutte. Ses genoux fléchissaient sous le poids du corps, et souvent, au dire d'un témoin oculaire, il lui fallait le bras d'un Frère pour ne pas tomber en chemin." (Legenda prima, p. I, c. VI - Cf. J. RIGAUD, c. IV, et la Legenda secunda, c. II.) Il passa près d'une année dans cette Thébaïde, au milieu d'effrayantes austérités, dont les anges seuls furent témoins. (Léopold de Chérancé, Saint Antoine de Padoue, 1906.)

 

Un jour, Marie fait entendre sa voix : "Mon fils, dit-elle, ne parle pas. Dieu demande encore de toi ce nouveau sacrifice. Tais-toi, mon fils, tais-toi." Et il se tait. On le croira incapable de parler, on le traitera d'imbécile, d'idiot. Il le sait, il l'accepte, il le veut. Mais, pendant que les hommes le rejettent, le méprisent, Dieu dit à ses anges : Regardez, contemplez, admirez. Et les anges regardent, contemplent, admirent, et le silence de notre géant d'humilité se changeant en immortelle louange, ils portent cent louange jusqu'au trône de Dieu, silentium laus, la louange du silence." (Père Marie-Antoine de Lavaur, Les Grandes Gloires de Saint Antoine de Padoue, Le Saint de Toulouse, Éditions du pech, Toulouse 2016, p. 44.)

 

Dans sa cellule de 4 m sur 2,50 m, se trouvent une table, une chaise et une planche en guise de lit. Comme la douleur l'empêche de dormir, Frère Antoine passe une partie de ses nuits à lire et à méditer les Écritures.

Saint Antoine de Padoue, Confesseur

Saint Antoine de Padoue, Confesseur

Langue bénie, assez, assez de silence. Dieu le veut, il faut parler. Il se rend en mission dans les régions du sud de la France où ses premiers miracles lui assurent une grande renommée.

Placé à la cuisine d'un couvent, il est un jour appelé par son supérieur pour prêcher, sans préparation à la communauté. "Poussé par le devoir d'obéissance, Antoine se mit à parler: ce furent d'abord des paroles simples, puis des arguments bien enchaînés, clairs, convaincants, extraits de l'Écriture, des Pères de l'Église, riches en symboles et en images; bref, un discours dans les règles de l'art, dans un langage adapté à tous, pétri de foi et d'esprit d'oraison, comme le voulait François. Une véritable révélation... Les Frères n'en revenaient pas ! 'Ils le savaient capable de laver la vaisselle, mais non d'exposer les arcanes de la Sainte Écriture.'" (Père Valentin STRAPPAZZON, Saint Antoine de Padoue, Docteur de l'Église et prédicateur populaire, Pierre Téqui éditeur, Paris 2002, p. 14-15.)

Dès lors il occupe les grandes charges de l'Ordre, il évangélise les villes et les campagnes, enseigne dans les universités de Montpellier, Toulouse, Bologne et Padoue.

 

Dans un concile où il y avait "des Grecs et des Latins, des Français et des Teutons, des Slaves et des Anglais et bien d'autres de différentes langues et d'idiomes variés", le frère Antoine, devant le pape, rend la parole de Dieu tellement douce, que tous ces gens "l'entendent très limpidement, clairement et le comprennent distinctement" ! Puis ils s'émerveillent : "Comment se fait-il que nous entendons tous parler par lui notre langue maternelle?"

Le pape Grégoire IX lui-même s'exclame : "C'est vraiment lui l'arche de l'Alliance et la bibliothèque des écritures divines !"

 

Sa méthode est plus pastorale que doctrinale. Ce qui ne veut pas dire qu'Antoine ne soit qu'un moraliste et non un homme de doctrine.


Ses prédications rencontrent un succès important, favorisant la conversion de nombreux hérétiques. Il fonde un monastère à Brive, où il fait de nombreuses conversions. Il est d'ailleurs, comme Vincent Ferrier et Torquemada, surnommé le "marteau des hérétiques".

 

Antoine fut parmi les premiers maîtres de théologie des frères mineurs franciscains, sinon le premier. Avec la bénédiction de S. François, qui, reconnaissant les vertus de S. Antoine, lui envoya une brève lettre qui commençait par ces paroles : 'Il me plaît que tu enseignes la théologie aux frères', il commença son enseignement à Bologne. 

 

Son amour des pauvres est resté dans la mémoire populaire et est à la base de la dévotion dont il est l'objet.

 

Il posa les bases de la théologie franciscaine qui, cultivée par d'autres éminentes figures de penseurs, devait connaître son apogée avec S. Bonaventure de Bagnoregio et le bienheureux Duns Scot" (Benoît XVI, Audience générale du 10 février 2010).

 

Se fondant sur l'unité de la nature humaine et celle du baptême qui rend tous les hommes également enfants de Dieu, il proclame une fraternité non pas révolutionnaire, mais génératrice de justice et de charité.

 

En 1226, il est custode de Limoges et en 1227, après la mort de S. François, il est provincial d'Italie du Nord, tout en continuant ses prêches et ses controverses avec les Albigeois.

 

En 1228-1229, on le trouve au couvent dit de Mater Domini (Sainte-Marie) à Padoue. C'est alors qu'il commence à rédiger ses Sermons pour les dimanches, après avoir prêché dans la marche de Trévise.

 

En 1230, au chapitre, il renonce à sa charge de ministre provincial. Il fut envoyé à Rome où il fut un conseiller de Grégoire IX dans le problème de la validité du Testament de S. François.

 

En 1231, il est envoyé à Padoue où il poursuit ses prêches durant le Carême mais il meurt d'épuisement à 36 ans le vendredi 13 juin suivant à Arcelle, près de Padoue, peu après avoir chanté l'hymne mariale O Gloriosa Domina.

 

Les miracles constatés aussitôt après la mort d'Antoine seront retenus pour sa canonisation l'année suivante, à Spolète, le 30 mai 1232, par Grégoire IX. On lut à cette occasion une liste de 44 miracles qui lui étaient officiellement attribués.

Son apostolat a duré moins de 10 ans, mais le rayonnement de ses paroles et de ses actes a eu une portée internationale jusqu'à nos jours.

 

Dans la première Vie du saint rédigée par le Frère Julien de Spire vers 1235, on évoque les grâces susceptibles d'être confiées à son intercession, entre autres un secours providentiel dans les cas de danger mortel, d'erreur, de calamités naturelles, de maladie, d'emprisonnement, d'indigence, et même de perte d'objet.

 

Le Pape Pie XII le déclara docteur de l'Église le 16 janvier 1946, avec la qualification  de "Docteur évangélique". Ce titre se fonde sur son activité de prédicateur et sur les recueils de ses sermons.

 

Sa méthode est plus pastorale que doctrinale. Se fondant sur l'unité de la nature humaine et celle du baptême qui rend tous les hommes également enfants de Dieu, il proclame une fraternité non pas révolutionnaire, mais génératrice de justice et de charité.

 

Dans sa prédication Antoine correspond au mouvement apostolique de saint Dominique et de saint François autant qu'aux décisions du IVe concile du Latran et aux directives d'Innocent III. On peut regretter que sa mort l'ait empêché d'achever son oeuvre. 

 

Commençant son manuel de prédication au dimanche de la Septuagésime, où débutait au bréviaire la lecture continue de la Bible, il aurait voulu, dans les aléas du cadre liturgique en exposer toute la sainte Écriture, pour en livrer le contenu complet sur la foi et les mœurs. Du moins nous offre-t-il un type de prédication populaire à la fois biblique, liturgique et patristique, qui inaugure les grands thèmes de la future influence franciscaine, de saint Bonaventure ou de Duns Scot.

 

Il est le Saint Patron du Portugal, des marins, des naufragés et des prisonniers.

 

Lisez ces mots écrits en lettres d'or dans la chapelle de son tombeau : "VENEZ À MOI, VOUS TOUS QUI TRAVAILLEZ ET QUI SOUFFREZ, VENEZ, JE VOUS SOULAGERAI." [...] Et depuis plus de six siècles, tous les travailleurs, tous les malheureux qui ont importé le doux, le bien-aimé Saint, ont été soulagés et consolés. (Père Marie-Antoine de Lavaur, Les Grandes Gloires de Saint Antoine de Padoue, Éditions du Pech, Toulouse 2016, p.  65.)

 

Les représentations de S. Antoine de Padoue sont assez rares, mais elles deviennent très courantes à partir du XIVe siècle. Le culte de S. Antoine se répandit surtout aux XVe et XVIe siècles. Il devint le saint national du Portugal, et les explorateurs le firent connaître au monde entier. Il est ainsi le Patron des marins, des naufragés et des prisonniers.

 

Parmi les innombrables miracles de ce grand thaumaturge, remarquons ceux qui suivent:

 

Parmi les prodiges survenus à Saint Antoine, il y a les visions du Christ, soit sous l'aspect d'un enfant, soit de Jésus adulte. La Vierge - Notre-Dame du Bon-Secours - lui apparaît également.

Antoine est célèbre par l'apparition de l'Enfant Jésus, qui vint un jour Se mettre entre ses bras. D'où les nombreuses représentations de S. Antoine portant l'Enfant Jésus. Le prodige eut lieu dans la maison d'un bourgeois de Châteauneuf-la-Forêt, en Haute-Vienne, à 35 km de Limoges.

"Pendant que saint Antoine de Padoue parcourait la France, semant, à chacun de ses pas, de nouveaux prodiges, convertissant les pécheurs, confondant les hérétiques, répandant partout les lumières, la bénédiction et la paix, il reçoit un jour l'hospitalité dans une pieuse famille d'une famille de France (plusieurs historiens nomment Limoges). Son hôte lui choisit la chambre la plus séparée et la plus tranquille, afin, dit son historien, que rien ne puisse troubler ses contemplations. Le Saint apôtre se croyant, dans sa chambre, aussi loin des mortels que lorsqu'il priait dans les grottes profondes, se met à pousser vers le ciel des gémissements ineffables et adresse à Marie la prière qui lui ouvre toujours les cieux et fait descendre dans ses bras le Bien-Aimé de son cœur : "Mère bien-aimée, portez-moi votre Divin Enfant!" Et marie lui porte le divin Enfant. Pendant qu'il le presse sur son cœur, son hôte, qu'il croyait depuis longtemps endormi, mais qui veille encore, s'approche de sa chambre. De la fenêtre qui domine la porte, il voit sortir des rayons de lumière. Étonné, il monte sans bruit jusqu'à la fenêtre, et voit - ô merveille ! - le Saint environné d'anges et tenant dans ses bras un enfant ravissant, debout sur le Livre des Saintes Écritures. L'hôte, ravi lui-même, ne peut contenir sa joie. Il se retire cependant sans bruit. Mais Antoine de Padoue, averti par le divin Enfant, l'appela après son extase et lui fit promettre de la part de Dieu, de ne jamais révéler ce secret tant qu'il serait en vie.

L'hôte a été fidèle à son serment, et l'historien ajoute: "Mais dès qu'il a appris la mort du Père très saint, il s'est empressé, en poussant des cris de joie et en versant des larmes de bonheur, de révéler le grand miracle." (Père Marie-Antoine de Lavaur, Les Grandes Gloires de Saint Antoine de Padoue, Éditions du Pech, Toulouse 2016, pp. 59-60.)

Saint Antoine de Padoue, docteur de l'Église

Un jour, tandis qu'il soignait un frère malade qui poussait des cris affreux ou des éclats de rire nerveux plus effrayants encore, l'idée lui vint que le malheureux devait être sous la puissance du démon, et, en effet, il le délivra du démon en le couvrant de son manteau.

Saint Antoine, église de Ciboure

Saint Antoine, église de Ciboure

S. Antoine est connu dans le monde comme le Saint qui aide à retrouver les objets perdus. Des objets de la vie quotidienne aux documents importants, avec la même foi.

 

L'idée d'invoquer le Saint pour retrouver les objets perdus vient du fait qu'un jour un novice qui lui avait subtilisé ses commentaires sur les Psaumes (psautier) se sentit obligé de les lui rendre. 

 

Le Père Strappazzon retrace ainsi l'événement : Après deux années d'apostolat en Romagne, ... Antoine fut appelé à exercer le ministère de la prédication et de l'enseignement dans le Midi de la France, face, là encore et surtout, à l'hérésie cathare, et la première étape fut Montpellier (Languedoc). C'est dans cette ville que la tradition situe l'épisode qui serait à l'origine du privilège dont jouit saint Antoine de faire retrouver les objets perdus. Un novice s'était enfui du couvent emportant le psautier dont le saint se servait pour la prière et ses cours : poussé par le diable lui-même, le novice dut rebrousser chemin et restituer l'objet volé. (Père Valentin STRAPPAZZON, Saint Antoine de Padoue, Docteur de l'Église et prédicateur populaire, Pierre Téqui éditeur, Paris 2002, p. 16.

 

 

La prière qui suit invoque l'aide de S. Antoine dans la recherche de ce qui a disparu :

 

Glorieux S. Antoine, tu as exercé le divin pouvoir de retrouver ce qui était perdu. Aide-moi à retrouver la Grâce de Dieu, et rends-moi dévoué au service de Dieu et de la vertu. Fais-moi retrouver ce que j'ai perdu et montre-moi ainsi la présence de ta bonté.

(Notre Père, Je vous Salue Marie, Gloire à Dieu)

Saint Antoine de Padoue, docteur de l'Église

Le Miracle de la Mule

Antoine parcourut la France méridionale pour combattre les cathares. Il y reçoit le surnom de "marteau des hérétiques", tant sa prédication avait été efficace.

On n'est pas sûr de la date à laquelle Antoine fut envoyé en France, mais on peut pencher pour fin 1224-début 1225.

Il fait adorer le saint Sacrement par une jument. Prodige que le Saint accomplit à Toulouse, et que l'on désigne ordinairement sous le nom de Miracle de la Mule. Un hérétique osa un jour discuter avec notre grand saint sur des points les plus importants de la religion, mais bientôt à court d'arguments, il déclara : 'Je possède une mule, je vais pendant trois jours la priver de nourriture. Dans trois jours, soyez ici avec une hostie consacrée; moi de mon côté j'amènerai ma mule et je lui offrirai à manger. Si, dédaignant le foin que je lui présenterai, elle se tourne vers vous, je reconnaîtrais la supériorité de votre religion.' Le Saint accepte la proposition.

Au jour convenu, Antoine, après avoir célébré la Messe et prié Dieu, accourt au rendez-vous, l'ostensoir sacré à la main. La mule arrivait au-devant d'elle : 'Au nom de ton Créateur, que je porte dans les mains, lui dit-il, je t'ordonne de l'adorer avec humilité, afin que les hérétiques voient avec confusion que les animaux eux-mêmes sont forcés de reconnaître la divinité de celui que le prêtre immole tous les jours à l'autel'.

Aussitôt la mule, quittant son conducteur, se prosterne à terre, et, plaçant sa tête sur les pieds d'Antoine, reste immobile dans cette position.

Miracle de la Mule - Luca Giordano - San Antonio de Padua y la mula que adora la Eucaristía

Miracle de la Mule - Luca Giordano - San Antonio de Padua y la mula que adora la Eucaristía

Le miracle des poissons

Il allait, écrit l'Assidua, de villes en villages, châteaux et campagnes, semant partout la parole de vie, réfutant les hérétiques et évacuant l'erreur, s'adaptant aussi bien aux humbles qu'aux enfants

C'est à Rimini que la tradition situe le 'sermon aux poissons', maintes fois célébré par l'art, et prodige amenant la conversion.

Quand S. Antoine prêchait, les hérétiques cathares ne l'écoutaient pas. Un jour, il leur dit alors qu'il allait s'adresser à des créatures plus simples et plus spontanées que le Bon Dieu a créées. Prêchant sur le bord de la mer, S. Antoine vit venir une multitude de poissons pour l'entendre, et donner une leçon aux hérétiques qui se bouchaient les oreilles : les poissons ne partirent qu'après s'être inclinés sous sa bénédiction.

Prédication de S. Antoine aux poissons

Prédication de S. Antoine aux poissons

Venez, venez tous, s'écrie-t-il. Vous êtes plus dignes que ce peuple d'entendre la parole de votre Créateur." Les poissons, grands et petits, accourent à l'instant, se rangent en amphithéâtre devant lui et levant leur tête sur l'eau, l'écoutent avec ravissement. Tous tenaient la tête hors de l'eau, attentifs, en grande paix, grand calme et en ordre. Aux paroles d'Antoine, ils ouvraient la bouche et inclinaient la tête, et par ces signes de respect, à leur manière, ils louaient Dieu. À cette vue, les hérétiques, le cœur touché de componction, se jetèrent tous aux pieds d'Antoine pour entendre ses paroles et retrouver le chemin de la vérité et de l'Église. (Père Valentin STRAPPAZZON, Saint Antoine de Padoue, Docteur de l'Église et prédicateur populaire, Pierre Téqui éditeur, Paris 2002, p. 15.)

 

Comme chez S. François, les prédications de S. Antoine aux animaux invitent ces créatures du Seigneur à louer leur Créateur.

 

C'est ici une position inverse de celles des cathares, où les créatures avaient été créées par un démiurge, c'est-à-dire un dieu malveillant qui aurait fait tomber les âmes et les esprits dans la matière... En cela, la louange de la Création est en elle-même une prédication anti-cathare, qui veut signifier l'unicité de Dieu comme Créateur et Père de tous les êtres.

Les brigands pénitents

 

"Jean Rigaud a recueilli ce témoignage de conversion d'une bande de brigands, fruit de la prédication d'Antoine et exemple des pratiques pénitentielles de l'époque.

'J'étais brigand de métier dans une bade de douze voleurs, raconte l'un d'eux, et malheur au voyageur qui passait près des montagnes où nous nous tenions cachés. Mais, un jour parvient à nos oreilles l'écho des sermons d'Antoine et nous décidâmes d'aller l'écouter. Ses paroles de feu touchèrent nos coeurs et nous tous éprouvâmes du remords pour nos crimes. A l'issue du sermon, nous fûmes nous confesser, il nous écouta, nous imposa à chacun une pénitence salutaire et nous fit promettre de ne plus retourner à nos anciens péchés. Certains trahirent leur promesse, mais la plpart y furent fidèles et reposent à présent dans la paix de Dieu. Quant à moi, je fis douze fouis le pèlerinage à Rome en pénitence de mes fautes...'." (Père Valentin STRAPPAZZON, Saint Antoine de Padoue, Docteur de l'Église et prédicateur populaire, Pierre Téqui éditeur, Paris 2002, p. 18.)

Afficher l'image d'origine S. Antoine rend S. François présent "pour les yeux corporels"

 

En 1224, Jean de Florence, ministre des Franciscains pour la Provence, avait réuni un chapitre à Arles. Frère Antoine s'y rend et en profite pour faire un commentaire de l'Évangile de Jean, plus exactement, des versets où celui-ci parle de l'arrivée du Christ, chargé de sa croix, sur le Golgotha et de l'ordre de Pilate d'inscrire sur la croix "Jésus de Nazareth, roi des Juifs". Le frère Monaldo, prêtre "éclatant par sa renommée et plus encore par sa vie" (Thomas de Celano), "homme simple et que l'ornement de nombreuses vertus faisait resplendir" (Julien de Spire), fait partie de l'assistance. Pendant qu'il écoute les paroles "bénies" de S. Antoine, "le frère Monaldo regarde vers la porte de la maison où les frères étaient tous ensemble réunis, et là il voit, de ses yeux corporels, le bienheureux François élevé dans les airs, mains tendues comme s'il était en croix et bénissait les frères !"

 

Pour lui, les distances n'existent pas. Il mesure la terre du regard. (Habaquq 3,6) Pendant qu'il prêche à Padoue, il voit à Lisbonne son père enchaîné devant des juges qui vont le condamner à mort quoique innocent. Il s'y transporte avec la rapidité de l'éclair. Un meurtre ayant été commis près de sa demeure paternelle, on y avait jeté le cadavre. Antoine de Padoue ressuscite le mort, et celui-ci désigne lui-même devant les juges le véritable assassin. Son père, reconnu innocent, est délivré.

À la même heure, Antoine, de retour à Padoue, se rendait à l'office où la cloche appelait les religieux (don de bilocation ou d'ubiquité).

À Limoges même aurait eu lieu un miracle de bilocation. Il fonde en cette ville un couvent sur un terrain donné par l'abbaye de Saint-Martial où il avait prêché.

 

Le Bref de Saint-Antoine

 

Une femme du Portugal, en butte aux vexations du démon, ne savait plus où donner de la tête. Même qu’un jour son mari la traita de possédée du démon. N’y tenant plus, elle décida de mettre fin à ses jours, en se jetant dans le fleuve. En cours de route, elle passe devant l’église des Franciscains et s’y arrête pour une dernière prière. C’était un 13 juin. Pendant sa prière, elle s’endort, et soudain Antoine lui apparaît, un papier à la main :

"Prends ce billet et il te délivrera". Or, le billet portait cette citation de l’Apocalypse : (version originale en latin)

"Ecce Crucem Domini! (Voici la croix du Seigneur!)

Fugite partes adversae! (Fuyez, puissances ennemies!)

Vicit Leo de tribu Juda, (Voici que le lion de la tribu de Juda a vaincu,)

Radix David! (le rejeton de David,)

(il ouvrira le Livre aux sept sceaux" Ap 5,5). 

À son réveil, toute surprise de se retrouver avec un billet en main, elle reprend confiance et retourne chez elle complètement guérie. On ne sait comment ce parchemin parvint jusqu’au roi du Portugal qui en facilita grandement la diffusion. C’était une formule brève - d’où le mot BREF - mais efficace entre les mains de tous ceux et celles qui croient. Cette dévotion au Bref de saint Antoine est encore très populaire de nos jours et la plupart des gens qui en ont un le portent sur eux. (Ermitage de Saint-Antoine de Lac-Bouchette)

Le pape franciscain Sixte V fit graver cette prière – connue comme étant la devise de Saint Antoine – sur le socle de l’obélisque qu’il fit ériger sur la place Saint-Pierre à Rome.

Cette courte prière ressemble à un petit exorcisme. Nous aussi nous pouvons la dire – en latin ou en français – pour nous aider à surmonter les tentations de toutes sortes. (Aleteia)

Extraite de l'Apocalypse (5,5), qui l'emprunte elle-même à la Genèse (49,9) et à Isaïe (11, 1-10), elle rappelle la victoire du Christ sur Satan, et les miracles accomplis par saint Antoine pour libérer du démon et des tentations.

Commentant ce même passage, Saint Antoine écrit : "Le Christ, le lion de la tribu de Juda, est monté sur la croix pour chasser le démon, après avoir pris possession de sa maison et détruit tous ses biens." (Père Valentin STRAPPAZZON, Saint Antoine de Padoue, Docteur de l'Église et prédicateur populaire, Pierre Téqui éditeur, Paris 2002, p. 42.)

 

La plupart des églises comptent aujourd'hui une statue de lui. Il est généralement représenté comme un homme chétif, vêtu de la bure sombre franciscaine nouée par une cordelière à trois nœuds serrée à la ceinture, les pieds nus, et la tête rasée ne conserve que la couronne monacale. C'est ainsi qu'il nous prêche la mortification des sens, le mépris de la mollesse et des plaisirs, le détachement des choses de la terre, l'oubli de soi-même et le dédain pour tout ce qui est passager, futile et vain.

 

Il rappelait souvent au nom de l'Évangile :

 

"Celui qui ne partage pas, alors qu'il a le nécessaire, c'est un voleur".

 

Et encore :

 

"Ô riches, prenez pour amis... les pauvres, accueillez-les dans vos maisons : ce seront eux, les pauvres, qui vous accueilleront par la suite dans les tabernacles éternels, où résident la beauté de la paix, la confiance de la sécurité, et le calme opulent de l'éternelle satiété".



Afficher l'image d'origine Après leur mort, S. François et S. Antoine apparaissent ensemble  dans les visions de certains miraculés. C'est ainsi qu'un jeune frère, la veille du jour où il voulait quitter l'Ordre, voit un long cortège de gens habillés "de précieux ornements diaprés" et dont le visage, les mains et tout ce que l'on voyait de leur corps "rayonnait de manière plus resplendissante que le soleil"; deux surtout "plus nobles que les autres marchaient entourés d'une si grand clarté qu'ils provoquaient chez ceux qui les regardaient une stupeur étonnante". Il voudrait connaître leur identité. Une voix lui répond qu'ils sont S. François et S. Antoine et que le cortège est celui des frères mineurs qui conduisent ce dernier, mort récemment, "vers la gloire du Royaume éternel."

 


Saint Antoine de Padoue ne doit pas être confondu avec saint Antoine l'Ermite, ou Antoine d'Egypte, au IVe siècle, considéré comme le fondateur de l'érémitisme chrétien.

 

S. Antoine a composé un cycle de Sermons pour le dimanche, un autre consacré aux saints, proposant ainsi un parcours spirituel tellement riche que Pie XII le proclama en 1946 Docteur de l'Eglise, en lui attribuant le titre de Docteur évangélique car ses sermons reprenaient toute "la fraîcheur et la beauté de l'Évangile". (Benoît XVI, Audience générale du 10 février 2010).


Sur les hauteurs du Col d'Osquich, frontière historique entre les provinces de Basse-Navarre et de Soule (Pays Basque) au sud de Mauléon (Pyrénées-Atlantiques), se trouve la "Chapelle St Antoine" (706 m) dédiée à la paix. Les pèlerinages ont lieu le 13 juin, fête de St-Antoine de Padoue, le 2e dimanche de juillet, le dimanche après le 15 août.

 





S. Antoine est avant tout un auteur moral et ascétique. On pourrait composer tout un livre d'ascétique au moyen de ses sermons. Combattant surtout l'orgueil, la luxure, l'avarice avec une liberté sainte, il n'oublie personne, pas même les prélats.

Fuyez la sensualité; fuyez l'orgueil, parce qu'elle est la mère de la sensualité, de la luxure et de tous les autres vices. Soyez saints ! Soyez fidèles ! Aimez le Seigneur comme je L'aimais, lui donnant votre oui et ne regardant plus jamais en arrière.

Saint Antoine de Padoue, Le plus invoqué parmi les saints et le plus présent dans notre vie, Prières, Neuvaines et Litanies, Editions Lanore, Paris 2014, p. 9

Le Christ Pontife. Enseignement de Saint Antoine

 

Le Christ est le Pontife des biens futurs. Pontife (en latin pontifex) signifie 'qui établit un pont'. Deux rives se font face : la mort et l'immortalité. Entre elles coule le fleuve de nos péchés et de nos misères. Selon Isaïe (59,2), toutes ces fautes creusent une séparation entre Dieu et nous. En conséquence, Il nous cache Sa Face et ne souhaite plus nous entendre. C'est alors que  le Christ vient et se fait lui-même le pont de notre salut.' (Sermon du Dimanche de la Passion, in  Bernard-Marie, o.f.s., Saint Antoine de Padoue, Neuvaine pour la protection des distraits et des affligés, Salvator, Paris 2011, p. 25.)

 

S. Antoine insiste sur l'esprit d'oraison (la prière du coeur). Il vante une vie dont le soin principal est la vie de prière, qu'il proclame supérieure sur la vie active. La meilleure est la vie mixte, apostolique dérivant de la plénitude de la contemplation. L'intimité de l'Évangile doit se vivre en actes. Il rappelait :

 

"Que les paroles se taisent et que les actions parlent... Le Seigneur a maudit le figuier où il n'a pas trouvé de fruits mais seulement des feuilles."

 

"Dans cet enseignement de S. Antoine sur la prière, nous saisissons l'un des traits spécifiques de la théologie franciscaine, dont il a été l'initiateur, c'est-à-dire le rôle assigné à l'amour divin, qui entre dans la sphère affectueuse, de la volonté, du coeur et qui est également la source d'où jaillit une connaissance spirituelle, qui dépasse toute connaissance. En effet, lorsque nous aimons, nous connaissons.

 

Antoine écrit encore :

 

'La charité est l'âme de la foi, elle la rend vivante; sans amour, la foi meurt.'

 

(Sermones, Dominicales et Festivi, II, Messaggero, Padoue 1979, p. 37, in Benoît XVI, Audience générale du 10 février 2010 cité dans Saint Antoine de Padoue, Le plus invoqué parmi les saints et le plus présent dans notre vie, Prières, Neuvaines et Litanies, Editions Lanore, Paris 2014, p. 102.)

 

[....] Seule une âme qui prit peut accomplir des progrès dans la vie spirituelle: tel est l'objet privilégié de la prédication de S. Antoine. [...] Pour cette raison, Antoine invite à plusieurs reprises les fidèles à penser à la véritable richesse, celle du coeur, qui rend bons et miséricordieux, fait accumuler des trésors dans le Ciel." (Benoît XVI, Audience générale du 10 février 2010).

 

Les écrits de S. Antoine révèlent une tendre dévotion à l'humanité du Christ, considéré non comme un roi de gloire mais humilié par amour pour nous; il parle souvent de l'Eucharistie et des dispositions requises pour la bien recevoir; il recommande surtout la dévotion à la Passion du Sauveur; il est aussi un des précurseurs de la dévotion au Sacré-Coeur.

 

Enfin, S. Antoine recommande instamment la dévotion à la Très Sainte Vierge; et l'on peut dire que ses sermons nous donnent une vraie théologie mariale.

Prière pour la guérison des malades. Pour nos intentions personnelles

 

Saint Antoine, j'ai recours à vous dans ma détresse; je viens implorer votre secours et votre protection, votre conseil et votre consolation. Ô consolateur plein de commisération, vous venez si puissamment au secours de ceux que l'épreuve fait gémir. Je viens donc à vous dans ma pauvreté et ma misère, avec une confiance toute filiale, afin d'obtenir du Dieu puissant et miséricordieux la grâce que je sollicite en toute humilité.

(Ici l'on désigne la grâce que l'on veut obtenir.)

Bon Saint Antoine, il est vrai, je suis indigne de votre commisération, car trop souvent j'ai offensé votre Dieu et le mien. Cependant je mets ma confiance en vous, le bienfaiteur de tant d'hommes éprouvés par la douleur.

J'ai le ferme espoir que vous ne refuserez pas votre aide paternelle à votre indigne enfant.

Daignez donc intercéder pour moi auprès de Dieu jusqu'au jour où ma demande sera agréée.

Ainsi soit-il.

Grégoire IX (Pape 1227-1241), l'affirme dans la Bulle de sa canonisation en le proclamant "le grand Thaumaturge de l'Église universelle." Un historien contemporain, témoin des merveilles qui s'accomplissaient à son tombeau. [...] Le plus grand de ses miracles n'a-t-il pas été le triomphe sur lui-même, sa passion pour la souffrance et l'humiliation ? Être oublié, méprisé, foulé aux pieds, voilà ses délices. [...] Il va chercher la dernière place au milieu des fils de François, ces héroïques mendiants de Jésus. Ayant ainsi partagé toutes les humiliations de Jésus, faut-il s'étonner qu'il partage tous ses triomphes? [...] Aussi a-t-il mérité d'être appelé lui-même par le pape Grégoire IX 'l'Arche du Testament et le Docteur excellent de la sainte Église'. (Père Marie-Antoine de Lavaur, Les Grandes Gloires de Saint Antoine de Padoue, Éditions du Pech, Toulouse 2016, pp. 52-53, 63.)

 

"La bulle de canonisation promulguée le 3 juin 1232 évoque la figure du 'confesseur qui illustre l'Église par ses miracles.' [...] Cette bulle retient quarante-sept miracles survenus à la prière du saint.

 

De nouveau, au XXe siècle, Pie XI le définit 'grand thaumaturge', en raison des prodiges accomplis par son intercession (1931). (Père Valentin STRAPPAZZON, Saint Antoine de Padoue, Docteur de l'Église et prédicateur populaire, Pierre Téqui éditeur, Paris 2002, p. 6.)

 

"La lettre apostolique de Pie XII datée du 16 janvier 1946 déclarant saint Antoine de Padoue Docteur de l'Église mentionne aussi 'l'insigne renommée de ses miracles.'" (Patrick SBALCHIERO, Enquête sur les miracles dans l'Église catholique, Artège, Paris 2019, p. 245.)

 

Principaux attributs : la bure franciscaine, l'Enfant-Jésus, une mule, des poissons, un cœur enflammé, un lys, symbole d'innocence et de pureté, et le livre de l'Évangile sont les attributs iconographiques les plus fréquents.

 

"Antoine" est un nom d'origine latine qui signifie "inestimable".

***

Sources:

 

(1) Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950. Les saints du jour
(2) Site officiel de Saint Antoine de Padoue

(3) Dictionnaire des saints et Grands témoins du christianisme, Sous la direction de Jean-Robert ARMOGATHE et André VAUCHEZ, CNRS Éditions, Paris 2019, pp. 76-81.

(4) Père Marie-Antoine de Lavaur, Les Grandes Gloires de Saint Antoine de Padoue, Le Saint de Toulouse, Éditions du Pech, Toulouse 2016

(5) Virgil TANASE, Saint François d'Assise, Gallimard Folio Biographies, Malesherbes 2015, p. 211-217

(6) Saint Antoine de Padoue, Le plus invoqué parmi les saints et le plus présent dans notre vie, Prières, Neuvaines et Litanies, Editions Lanore, Paris 2014

(7) Bernard-Marie, o.f.s., Saint Antoine de Padoue, Neuvaine pour la protection des distraits et des affligés, Salvator, Paris 2011

(8) Père Valentin STRAPPAZZON, Saint Antoine de Padoue, Docteur de l'Église et prédicateur populaire, Pierre Téqui éditeur, Paris 2002.

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12 juin 2022 7 12 /06 /juin /2022 00:00
Sainte Trinité, solennité

La trinité de personnes en Dieu est un concept divin concernant la réalité de Dieu que l'on trouve dans toute l'Écriture sainte. Même si le mot lui-même ne s'y trouve pas, d'autres mots ne sont pas dans la Bible; Pourtant cela ne signifie pas que les concepts que ces mots désignent ne sont pas des réalités. 

Si tu vois l'amour, tu vois la Trinité.

Saint Augustin, De Trinitate, VIII, 8,12 : CCL 50, 287

Saint Augustin

Saint Augustin

Pourquoi la Trinité est-elle le modèle insurpassable de l’amour ?

 

Dieu nous appelle à partager sa vie d'amour. Le meilleur moyen d'y parvenir est de contempler et d'imiter les trois Personnes divines en greffant notre amour sur celui qui circule entre le Père, le Fils et l'Esprit Saint. (Aleteia)

Baptiser au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit veut dire plonger l'homme dans cette Réalité même que nous exprimons par le nom du Père, Fils et Saint-Esprit, la Réalité qu'est Dieu dans sa divinité. Le baptême plonge l'homme dans cette réalité qui s'est ouverte à l'homme. Rien de plus réel que cette ouverture, cette communication, ce don à l'homme du Dieu ineffable.

S. Jean-Paul II en 1980, lors de son premier voyage en France, in Missel du Dimanche 2018, Nouvelle Traduction liturgique, Année B, Bayard Éditions, Lonrai 2017, p. 450

Définition de la Trinité

 

"Un des mystères fondamentaux de la religion chrétienne ... consiste à croire que Dieu unique subsiste en trois personnes distinctes, ayant la même nature, la même essence, la même éternité, la même puissance, et la même volonté ; ces trois personnes sont distinguées par les relations et les rapports qu'elles ont entre elles. La première n'a point de principe ; elle est au contraire le principe des deux autres ; c'est pourquoi on l'appelle le Père. La seconde procède du Père par une voie ineffable appelée génération ; c'est pourquoi on lui donne le nom de Fils. La troisième personne procède des deux autres par une autre voie ineffable qui n'est pas la génération ; on la nomme le Saint-Esprit. (Abbé François-Marie BertrandDictionnaire universel, historique et comparatif de toutes les religions du monde, Abbé Migne éditeur, Ateliers catholiques du Petit-Montrouge Paris 1851,  tome quatrième, p. 935.)

 

"On trouve assez fréquemment dans la Bible le titre de Fils ou Enfants de Dieu, appliqué

1° aux anges, en qualité de ministres et de serviteurs du Tout-Puissant, ou parce que leur nature a plus de ressemblance que celle des hommes avec la nature de Dieu;

2° aux rois, qui sont regardés comme les vicaires et les représentants de Dieu sur la terre, et que l'on suppose animés et inspirés de l'esprit divin, lorsqu'ils sont vertueux; c'est dans ce sens que le Psalmiste s'écrie en parlant aux rois : 'Pour moi, je dis : vous êtes des dieux, vous êtes tous les fils du Très-Haut; mais vous mourrez comme le reste des humains.' Les Grecs appelaient de même les rois, fils de Jupiter;

3° aux hommes pieux et surtout aux Israélites, qui formaient par excellence le peuple de Dieu. Mais dans ces derniers cas, le titre de Fils de Dieu est purement honorifique, ou n'exprime qu'une forme d'adoption ; tandis que la seconde personne de la sainte Trinité est Fils de Dieu par nature, et en conséquence d'une génération éternelle." (Abbé François-Marie BertrandDictionnaire universel historique et comparatif des religions du monde, 1849, Migne éditeur, tome 2e, p. 728.)

 

"Le dogme de la Sainte Trinité a toujours été considéré dans le christianisme comme un mystère : le plus fondamental, et le plus insondable. Jésus-Christ lui-même dit : 'Nul ne connaît le Fils si ce n'est le Père, comme nul ne connaît le Père si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler.' (Mt 11,27)" (Jean-Michel Garrigues, Père, Fils et Esprit Saint, Catéchèses de Jean-Paul II sur la Trinité, Éditions Parole et Silence, 2000, p. 68.)

 

On peut bien croire en Dieu d'une manière vague, mais si l'on n'a pas la foi en Jésus-Christ, Son Fils, on n'a pas la foi, le Fils étant sous le ciel, le seul nom donné aux hommes qui puisse nous sauver (Ac 4, 12), le chemin, la vie et la vérité (Jn 14,6) nous conduisant au Père. Et la foi en Jésus-Christ est une vertu théologale qui est une grâce qui nous est donnée par Dieu.

 

"Le mystère de la Très Sainte Trinité est le mystère central de la foi et de la vie chrétienne" (CEC 234); l'enseignement le plus fondamental et le plus essentiel de la "hiérarchie des vérités de la foi". On ne peut le savoir que s'il a été révélé d'en haut (CEC 237). De même, "Dieu seul peut nous en donner la connaissance en Se révélant comme Père, Fils et Saint-Esprit." (CEC 261)

 

Cela ne signifie pas que le dogme de la Trinité est contraire à la raison ou que la raison ne peut pas être appliquée à un degré quelconque (cf. CC 154).

 

Pourtant, pour cette ouverture au Réel qu'est Dieu, nul besoin d'une "initiation", il suffit d'abord d'accueillir le don de Dieu, et d'ouvrir son cœur à Dieu. Comme l'a dit Saint Anselme, "je ne cherche pas à comprendre afin de croire, mais je crois afin de comprendre. Car je crois ceci - à moins que je crois, je ne comprendrai pas.", Ou Saint Augustin de même : "Crois pour comprendre ... et comprends donc pour croire." (Voir Is 7,9)

« C'est par le mystère de l'auguste et incompréhensible Trinité que Dieu paraît véritablement Dieu, et infiniment supérieur à tout ce qui n'est pas Dieu. Rien de tout ce que les plus sublimes génies ont pu concevoir de cet Être suprême, n'approche des hautes idées que nous en fournit ce mystère adorable. Il nous présente une nature infinie, infiniment simple, et en même temps infiniment, éternellement, et nécessairement féconde, mais dont la fécondité ne détruit pas l'infinie simplicité ; un Dieu existant en une seule nature et substance, et en même temps en trois personnes, le Pères, le Fils et le Saint-Esprit.

 

« Mais comment concevoir trois personne subsistantes dans une même et unique Essence, ou nature infiniment simple ?

 

"Voici comment on peut exposer philosophiquement ce dogme

 

"Dieu le Père ne peut pas subsister sans avoir la conscience de lui-même, autrement il ne serait qu'un être inerte et impuissant ; or, en se connaissant, et en se comprenant lui-même avec ses perfections infinies, il produit la parole de l'entendement divin, éternellement subsistante, vraie image de lui-même et consubstantielle avec lui. C'est cette parole intérieure, ce raisonnement de la personne divine qui est le Fils.' La connaissance que le Père a de Lui est tellement parfaite qu'elle comporte toute sa substance sous la perfection de Personne (c'est le "Verbe", Parole mentale = le Fils). 

 

AU COMMENCEMENT était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. (Jn 1,1)

 

La Trinité, déjà dans le premier chapitre de la Genèse (Bible) où Dieu crée par sa Parole, "Dieu dit" (Verbe) https://www.youtube.com/watch?v=xs11AqFKnJg

 

"Il en est de même en nous, … car lorsque l'entendement humain crée, saisit et conçoit un objet, il s'en forme une image en lui-même, et cette image est appelée par les philosophes la parole de l'intelligence ou l'idée, pour la distinguer de la parole extérieure ou de l'expression par laquelle nous manifestons nos pensées et les communiquons au-dehors.

 

"Mais cette parole de l'intelligence est en nous muable et fugitive, un pur mode, un accident, non une substance réelle ou quelque chose qui subsiste de soi-même, tandis que Dieu étant essentiellement immuable, ne peut être le sujet d'aucun mode ou accident ; Il est incapable de la moindre altération, bien différent en cela des esprits créés ... C'est pourquoi le Père, par la connaissance infinie qu'il a de lui-même produit une parole intérieure de son intelligence qui est une vraie subsistance ou personne ; et, comme cet acte est nécessaire en lui, il s'en suit que cette subsistance ou personne est produite et engendrée de toute éternité, et que le Fils est aussi ancien que le Père.

 

"Il en est de même de la troisième personne ; le Père n'a pu engendrer son Fils sans l'aimer ; de même le Fils n'a pu être engendré du Père sans lui rendre un amour égal à cause des perfections divines qui forment leurs attributs mutuels ; Or c'est cet amour mutuel qui est le Saint-Esprit, autre subsistance réelle, permanente et distincte qui procède des deux autres personnes.

 

"Dieu étant un être éternel, infiniment simple, infiniment fécond, il connaît toutes les infinies perfections, et cette connaissance est dans la substance divine & n'est point distinguée de la substance divine, parce que cette substance est infiniment simple.

 

"Dieu étant infiniment parfait, et se connaissant parfaitement lui-même, il s'aime infiniment et nécessairement ; et cet amour est dans la substance divine, et ne peut être distingué de la substance divine, parce qu'il ne peut rien y avoir dans cette substance qui soit opposé à son infinie simplicité.

 

"Cependant nous concevons que la connaissance n'est pas le principe ; que l'amour n'est pas la connaissance ; et que le principe, la connaissance & l'amour, c'est nécessairement et substantiellement Dieu lui-même, toujours UN, toujours unique, toujours infiniment simple.

 

"Le principe, c'est le Père ; la connaissance qui est substantiellement et éternellement dans le Père, c'est le Fils ; l'amour qui est substantiellement et éternellement dans le Père & le Fils, c'est le Saint-Esprit." (Dictionnaire philosophique de la religion, où l'on établit tous les points de la religion, attaqués par le incrédules, & où l'on répond à toutes leurs objections, Claude-François Nonnotte (1711-1793), Tome Quatrième, M.DCCLXXII (1772), p. 385-387.)

 

Source image : https://www.youtube.com/watch?v=xs11AqFKnJg

 

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"L'homme porte en lui-même une image imparfaite de la Trinité divine

 

Ce sont les trois puissances ou faculté de notre âme : la connaissance, le jugement et la volonté. La première est le principe des autres, qui ne peuvent subsister sans elle. Le jugement procède de la connaissance seule, et la volonté est produite par la connaissance réunie au jugement. (François-Marie BERTRAND​​​​​, Dictionnaire universel, historique et comparatif de toutes les religions du monde, tome quatrième, Abbé Migne éditeur, Ateliers catholiques du Petit-Montrouge Paris 1851, p. 935-936.)

Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé.

Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes UN : moi en eux, et toi en moi.

Jean 17, 21-23

C'est le projet de Dieu d'une union de toutes les créatures avec le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Dieu ne veut pas rester seul avec le Fils. Il veut se multiplier, se communiquer aux hommes "moi en eux, et toi en moi", afin "qu'ils deviennent ainsi parfaitement Un" (Jn 17,23) La fin ultime de toute l’économie divine, c’est l’entrée des créatures dans l’unité parfaite de la Bienheureuse Trinité" (cf. Jn 17, 21-23). (CEC n° 260). "Voici que je fais toutes choses nouvelles." (Ap 21, 5). "Si donc quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né." (2 Co 5, 17).

La conscience d'un Dieu trine chez les païens

 

Le signe de la croix a été pratiqué partout et toujours dans des circonstance solennelles, avec la conscience plus ou moins claire de sa signification. (Source générale : Mgr Jean-Joseph GAUME, Le Signe de la Croix au XIXe siècle, 1869, rééd. Éditions Saint-Sébastien 2016).

 

Les païens, aussi, faisaient le signe de la croix 

 

Ils l'ont fait en priant et l'ont cru, avec raison, doué d'une force mystérieuse de grande importance. Ils le faisaient en passant le pouce de la main droite sous l'index et le reposant sur le doigt du milieu, de manière à former une croix. Apulée (125-170), philosophe platonicien, en fait foi : "Une multitude de citoyens et d'étrangers, dit-il, étaient accourus au bruit retentissant du spectacle. ... Ils portaient la main droite à leur bouche, l'index reposant sur le pouce; et, par de religieuses prières, l'honoraient comme la divinité elle-même." (Apulée, Asin, Aur, lib. IV.) Quant au murmure d'accompagnements, on connaît les vers d'Ovide (-43 - 18 ap. J.-C.), VI, Métamorph. :

Restitit, et pravido, faveas mihi, murmure Dixit (Il s'est arrêté et m'a dit à voix haute)

Dux mens : simul, faveas mihi, murmure dixi. (Esprit de chef : en même temps, favorisez-moi, murmurai-je.)

 

Cette manière de faire le signe de la croix est tellement expressive qu'elle est demeurée même de nos jours, familière à un grand nombre de chrétiens dans tous les pays. Elle n'était pas la seule connue des païens. Comme les âmes les plus pieuses, ils faisaient le signe de la croix en joignant les mains sur la poitrine, dans les circonstances les plus solennelles, et les plus mystérieuses en même temps, de leur vie publique.

 

Lorsqu'une armée romaine venait mettre le siège devant une ville, la première opération du général, quel que fût son nom, Camille, Fabius, Métellus, César ou Scipion, était non de creuse des fossés ou d'élever des lignes de circonvallation, mais d'évoquer les dieux défenseurs de la ville et de les appeler dans son camp. La formule d'évocation est trop longue pour une lettre. Tu la trouveras dans Macrobe. Or, en la prononçant, le général faisait deux fois le signe de la croix. D'abord, comme Moïse, comme les premiers chrétiens, comme, aujourd'hui encore le prêtre à l'autel, les mains étendues vers le ciel, il prononçait en suppliant le nom de Jupiter. Puis, rempli de confiance dans l'efficacité de sa prière, il croisait dévotement les mains sur sa poitrine. (Satur., lib. III, c. II). Voilà bien le signe de la croix sous deux formes incontestables, universelles et parfaitement régulières. Si ce fait remarquable est généralement ignoré, en voici un autre qui l'est un peu moins. L'usage de prier les bras en croix était familier aux païens de l'Orient et de l'Occident. Tite-Live dira : "À genoux, elles élevaient leurs mains suppliantes vers le ciel et vers les dieux." (Lib. XXXIV.) Denys d'Alicarnasse : "Brutus, apprenant le malheur et la mort de Lucrèce, éleva les mains au ciel et appela Jupiter avec tous les dieux. (Antiquit., lib. IV) Et Virgile : "Le père Anchise, sur le rivage, les mains étendues, invoque les grands dieux." (Æneid., lib . III) Et Athénée : "Darius, ayant appris avec quels égards Alexandre traitait ses filles captives, étendit les mains vers le soleil, et demanda, si lui-même ne devait pas régner, que l'empire fût donné à Alexandre." (Lib. XIII, c. XVII.) Apulée déclare formellement que cette manière de prier n'était pas une exception, une excentricité, mais une coutume permanente : "L'attitude de ceux qui prient, est d'élever les mains au ciel." (Lib. de Mundo)

 

Les Égyptiens plaçaient la croix dans leurs temples, priaient devant ce signe et le regardaient comme l'annonce d'un bonheur futur. Les historiens grecs Socrate (380-450) et Sozomène (400-448) rapportent qu'au temps de l'empereur Théodose (379-395), lorsqu'on détruisait les temples des faux dieux, celui de Sérapis en Égypte, se trouva rempli de pierres, marquées de caractère hiéroglyphiques en forme de croix. Les néophytes égyptiens affirmaient que ces caractères signifiant la croix, signe de la vie future, suivant les interprètes. (Sozom. , 1. V, c. XVII; - Id., lib. VII, c. XV.)

 

Sur la valeur interprétatoire et latreutique du signe de la croix, le haut Orient était d'accord avec l'Occident, le Chinois et le Romain.

 

Les Gaulois croyaient en Toutatis, Hésus et Taranis, la triade celtique était "une ébauche de conception trinitaire" (Anne Bernet). Ils vénéraient un seul dieu en trois personnes, ce qui expliquerait la relative facilité avec laquelle l'Eglise a finalement converti les pays celtes. On a conservé une statue du "dieu à trois têtes" du IIe siècle ap. J-C. On trouve cette image dans le livre de Régine Pernoud, "Les Gaulois", avec cette légende : "Le dieu à trois têtes. IIe siècle ap. J.-C."

 

Le dieu à trois têtes, IIe siècle ap. J-C. On trouve cette image dans le livre de Régine Pernoud, "Les Gaulois", avec cette légende : "Le dieu à trois têtes. IIe siècle ap. J.-C. Beaucoup plus tardive que la pièce précédente, cette stèle de pierre monte trois têtes semblables, mais distinctes et non fondues en une seule. L'influence de la sculpture romaine est ici très nette, encore qu'il s'agisse d'une triade celtique, et que le dieu à trois têtes porte le torque bouleté. Trouvée à Condat-sur-Trincou (Dordogne). Musée d'Aquitaine, Bordeaux."(R. PERNOUD, Les Gaulois, Seuil, Collection Le Temps qui court, rééd. Editions du Seuil, Paris 1980, p. 43.)

Le dieu à trois têtes, IIe siècle ap. J-C.

"Les Saints Forts ne sont autres que les habitants d'un village du pays carnute. Ils reconnurent aussitôt la Virgo paritura (la Vierge qui enfantera) qu'adoraient leurs ancêtres dans la Vierge Mère que leur annonçait un missionnaire. Convertis en masse, les Carnutes refusèrent d'abjurer leur foi, qui renouait si bien avec les plus hautes aspirations de l'ancienne religion celte. Ils furent jetés vivants dans le puits que l'on voit toujours sous la cathédrale de Chartres." (Anne BERNET, Clovis et le Baptême de la France, Editions Clovis, Condé-sur-Noireau 1996, p. 81.) Sainte Anne, la mère de la Vierge Marie, était déjà connue et vénérée chez nous en France, avant l'apparition du christianisme. "Elle est ainsi évoquée, écrit Anne Bernet, selon les lieux et les circonstances, sous le nom d'Epona ou de Rigantona...; sous le nom d'Anna ou de Dana, aïeule des dieux et des hommes... ; et parfois sous ceux de Belisima (la 'Très Brillante') ou de Rosmerta.

 

L'idée de Dieu et de l'âme a été connue et admise dès l'antiquité en Chine avant l'arrivée des missionnaires chrétiens. (Père Joseph-Henri de Prémaré, Lettre inénite du Père Prémaré sur le monothéisme des chinois, 1728, G. Pauthier, Extrait des Cahiers de février et mai du tome III des Annales de Philosophie chrétienne (5e série) – Paris, rééd. Scholar Select, 2018, p. 1.)

 

Le Père Prémaré soutient que le monothéisme chinois avait une vision de la Trinité de Dieu.

 

Croirais-tu qu'un empereur de Chine, si ancien qu'il est presque mythologique, Hien-Yuen (Hoang-ti ou Huang-Di, l'"empereur jaune"), avait, comme Platon, pressenti le mystère de la croix ? "Pour honorer le Très-Haut, cet ancien empereur joignait ensemble deux morceaux de bois, l'un droit, l'autre de travers." (Discours prélim. du Chou-King, par le P. Prémare, ch. IX, p. XCII.)

 

''Suivant M. de Paravey, la croix comme symbole de salut, existait, avant Jésus-Christ, en Chine. Voyez sa Dissertation abrégée sur le Ta-Tsin, ou sur le nom antique et hiéroglyphique de la Judée, ou Traditions conservées en Chine, sur l'ancien pays de Tsin, pays qui fut celui des céréales et de la croix", (Annales de Philosophie chrétienne, tome XII, 1836, p. 256, in Dictionnaire historique, archéologique, philologique, chronologique, géographique et littéral de la Bible, par le Révérend Père Dom Augustin Calmet, Abbé Migne éditeur, Paris 1845, T. 1, p. 1210.)

 

Sous la dynastie des Soung (ou Song) (qui régna de 960 à 1260 de notre ère), Tchéou Lien-Ki, le docteur aux nénuphars) mourut à l'âge de 57 ans, l'an 1073 de notre ère. Il fit un Système de Physique; tous les lettrés de son temps le suivirent et l'ont regardé comme leur maître; Tous ces philosophes vivaient dans le 11e et 12e siècle de notre ère.

 

Voici les principes généraux de ce système :

 

(1) il y a dans l'univers un être qu'on appelle Khi; il n'est point figuré, mais il peut le devenir. C'est comme un vase dans lequel est un autre être qu'on nomme Li, et qui est tellement au-dessus de toute figure, qu'il est impossible qu'il en prenne jamais aucune. Tchou-hi, le plus fameux disciple de Lien-Ki, définit ainsi ces deux êtres :

'Dans l'univers, il y a Li et il y a Ki. Ce qu'on entend par Li, c'est la Raison qui est au-dessus de toute figure et qui est comme la racine d'où sortent tous les êtres. Ce qu'on entend par Ki, c'est le vase sujet à la figure et l'instrument dont tout est fait.'

(2) Ce Khi ou matière, si on peut l'appeler ainsi, se trouve tour à tour en mouvement et puis en repos, en repos et puis en mouvement.

 

Avant les Soung, on entendait par Thaï-Khi la matière dans l'état de chaos. C'est pour cela que Tchouang-tseu a dit que 'la Raison était avant Thaï-khi.'

Tchéou Lien-Ki, le père de la philosophie des Soung, a dit la même chose. C'est ce qu'il appelle l'être illimité et infini.

C'est une tradition constante que Thaï-Khi renferme trois qui ne sont qu'un. (Père Joseph-Henri de Prémaré, Lettre inénite du Père Prémaré sur le monothéisme des chinois, 1728, G. Pauthier, Extrait des Cahiers de février et mai du tome III des Annales de Philosophie chrétienne (5e série) – Paris, rééd. Scholar Select, 2018, p. 10-21)

 

Dans l'Ancien Testament aussi, la création du monde est rattachée à la Parole de Dieu (Gn 1,3 Dieu dit : "Que la lumière soit." Et la lumière fut; Ps 33 (32), 6-9 Le Seigneur a fait les cieux par sa parole, l'univers, par le souffle de sa bouche; 147, 15-18 Il envoie sa parole sur la terre : rapide, son verbe la parcourt. … Il envoie sa parole : survient le dégel ; il répand son souffle : les eaux coulent; Is 40,26 Levez les yeux et regardez : qui a créé tout cela ? Celui qui déploie toute l’armée des étoiles, et les appelle chacune par son nom; Is 48,3 Les événements passés, je les avais annoncés d’avance ; ils étaient sortis de ma bouche, et je les avais fait entendre ; soudain j’ai agi, et ils sont arrivés; Sg 9, 1-9 "Dieu de mes pères et Seigneur de miséricorde, par ta parole tu fis l’univers.")

 

Ainsi, des sept manières de faire le signe de la croix, les païens en connaissaient trois. 

À leurs yeux, il avait une signification réelle, une valeur considérable, quoique plus ou moins mystérieuse, suivant les lieux, les temps et les personnes.

 

"Il est infiniment remarquable, dit Gretzer (1562-1625), que dès l'origine du monde Dieu a voulu tenir constamment la figure de la croix sous les yeux du genre humain, et organisé les choses de manière que l'homme ne pût presque rien faire sans l'intervention du signe de la croix. (De Cruce, lib. I, c. III.)

 

"Pour tenter la fortune et aller chercher des richesses aux extrémités du monde, le navigateur a besoin d'un navire. Le navire ne peut voguer sans mât, et le mât avec ses vergues forme la croix. (S. Hier., in c. XI Marc.) Sans elle nulle direction possible, nulle fortune à espérer. (Orig. Homil. VIII, in divers.)

 

"Le laboureur demande à la terre sa nourriture, la nourriture des riches et des rois. Pour l'obtenir, il lui faut une charrue. La charrue ne peut ouvrir le sein de la terre si elle n'est armée de son couteau; et la charrue armée du couteau forme la croix." (S. Maxim. Taur., ap. S. Ambr., t. III, ser. 56, etc.) 

 

"Que nous montrent chez les Romains les cantabra et le siparia des étendards, sinon la croix ? 

 

"Les uns et les autres sont des lances dorées surmontées d'un bois, placé horizontalement, d'où pend un voile d'or et de pourpre.

 

Les aigles aux ailes déployées placées au haut des lances et les autres insignes militaires, toujours terminés par deux ailes étendues, rappellent invariablement le signe de la croix.

 

"Monuments des victoires remportées, les trophées forment la croix. La religion des Romains est toute guerrière; elle adore les étendards; elle jure par les étendards; elle les préfère à tous les dieux : et tous ses étendards sont des croix : omnes illi imaginum suggestus insignes monilia crucium sunt." (Tertull. Apolog. XVI.) Aussi, lorsqu'il voulut perpétuer le souvenir de la croix par laquelle il avait été vaincu, Constantin n'eut point à changer l'étendard impérial, il se contenta d'y faire graver le chiffre du Christ, comme s'il lui importait seulement de nommer Celui de qui il avait eu la vision et non l'objet de cette vision." (Euseb. lib. IX Histor., 9.)

 

"Le ciel lui-même est disposé en forme de croix.

 

Que représente les quatre points cardinaux, sinon les quatre bras de la croix et l'universalité de sa vertu salutaire ? La création tout entière porte l'empreinte de la croix. Platon lui-même n'a-t-il pas écrit que la Puissance la plus voisine du premier Dieu s'est étendue sur le mine en forme de croix." (S. Maxim. Taur., apud S. Ambr., t. III, serm. 56 ; - S. Hier., in Marc, XI ; - Tertull., Apol., XVI; - Orig., Homil. VIII in divers.)

 

De là cette réponse péremptoire de Minucius Félix († en 250 à Rome) aux païens qui reprochaient aux chrétiens de faire le signe de la croix : "Est-ce que la croix n'est pas partout ? leur disait-il. Vos enseignes, vos drapeaux, les étendards de vos camps, vos trophées, que sont-ils, sinon des croix ornées et dorées ? Ne priez-vous pas comme nous, les bras étendus ? Dans cette attitude solennelle, n'employez-vous pas alors aux chrétiens adorateurs d'un Dieu unique, et qui ont le courage de confesser leur foi au milieu des tortures, en étendant leurs bras en croix ? Entre nous et votre peuple, quelle différence y a-t-il, lorsque les bras en croix, il dit : Grand Dieu, vrai Dieu, si Dieu le veut ? Est-ce le langage naturel du païen, ou la prière du chrétien ? Ainsi, ou le signe de la croix est le fondement de la raison naturelle, ou il sert de base à votre religion." (Octav.)

Le concept de la Trinité dans l'Ancien Testament

 

L'homme, lui-même, est une lointaine image de Dieu, créée sur la terre pour imiter celle du Ciel. 

 

"Dieu dit : 'Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance.'" (Gn, 1, 26)

 

Dans sa première lettre aux Corinthiens, Saint Paul fait écho à cet homme fait à l'image de Dieu : ''44 ce qui est semé corps physique ressuscite corps spirituel ; car s’il existe un corps physique, il existe aussi un corps spirituel. 45 L’Écriture dit : Le premier homme, Adam, devint un être vivant ; le dernier Adam – le Christ – est devenu l’être spirituel qui donne la vie. 46 Ce qui vient d’abord, ce n’est pas le spirituel, mais le physique ; ensuite seulement vient le spirituel. 47 Pétri d’argile, le premier homme vient de la terre ; le deuxième homme, lui, vient du ciel. 48 Comme Adam est fait d’argile, ainsi les hommes sont faits d’argile ; comme le Christ est du ciel, ainsi les hommes seront du ciel. 49 Et de même que nous aurons été à l’image de celui qui est fait d’argile, de même nous serons à l’image de celui qui vient du ciel.'' (1 Co 15,45-49)

 

Si le Christ, Verbe incarné est l'image du Père, l'homme a été créé à l'image du Christ. Ce thème central dans la pensée biblique et chez les Pères grecs est l'élément fondamental de l'anthropologie chrétienne franciscaine de S. Bonaventure. (Dictionnaire des saints et Grands témoins du christianisme, Sous la direction de Jean-Robert ARMOGATHE et André VAUCHEZ, CNRS Éditions, Paris 2019, p. 174.)

 

Crucifix de Saint-Damien, XIIe siècle. Crucifix qui en 1205 adressa la parole à François d'Assise, dans l'église Saint-Damien (Assise)

 

Retraçant l'image auguste de Dieu que l'homme porte en lui-même et le conjurant d'en faire l'objet continuel de son imitation, Bossuet expliquera :

 

"Cette Trinité, incréée, souveraine, toute-puissante, incompréhensible, afin de nous donner quelque idée de sa perfection infinie, a fait une Trinité créée sur la terre... Si vous voulez savoir qu'elle est cette Trinité créée dont je parle, rentrez en vous-mêmes, et vous la verrez; c'est votre âme..." (Sermon sur le mystère de la Sainte Trinité, t. IV, édit. 1846, in Mgr Jean-Joseph GAUME, Traité du Saint-Esprit, 1864, Rééd. Éditions Saint-Rémi, 2019, p. 364-365.)

 

Selon Saint Epiphane (310-403), évêque de Salamine né dans un village de Judée d'une famille juive d'agriculteurs et "profondément instruit des choses de sa nation", "les hommes éclairés parmi les hébreux enseignèrent de tout temps, et avec une entière certitude, la Trinité dans une unique essence divine" (Ad. haeres., lib. I, haer. 5.), moins clairement toutefois que les apôtres et les Pères. 

 

"Un autre enfant d'Israël, non moins versé dans l'histoire religieuse de la synagogue, Paul. L. B. Drach (1791-1865) s'exprime ainsi :

 

"Dans les quatre Évangiles, on ne remarque pas plus la Révélation nouvelle de la sainte Trinité, point fondamental et pivot de toute la religion chrétienne, que celle de toute autre doctrine déjà enseignée dans la synagogue, lors de l'avènement du Christ : comme, par exemple, le péché originel, la création du monde sans matière préexistante et l'existence de Dieu. 

 

"Quand Notre-Seigneur donne à ses disciples, qu'il avait choisis parmi les Juifs, la mission d'aller prêcher son saint Évangile aux peuples de la terre, il leur ordonne de les baptiser au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit." (Mt 28,19). 

 

En effet, "quiconque est familiarisé avec ce qu'enseignaient les anciens docteurs de la synagogue, surtout ceux qui ont vécu avant la venue du Sauveur, sait que la Trinité en un Dieu unique était une vérité admise parmi eux depuis les temps les plus reculés." (Paul. L. B. Drach, De l'harmonie entre l'Eglise et la Synagogue, in Mgr Jean-Joseph GAUME, Traité du Saint-Esprit, 1864, Rééd. Éditions Saint-Rémi, 2019, p. 367.)

 

De même, le Dictionnaire universel de toutes les religions de François-Marie BERTRAND​​​​​ indique qu'« il entrait sans doute dans les desseins de la Providence que le dogme trinitaire ne fût pas exposé nettement dans l'Écriture, car il était à craindre qu'il ne favorisât le penchant des Israélites au polythéisme. 

 

« [...] Cependant, lorsque l'on étudie avec attention le Talmud, les paraphrases chaldaïques, le Zohar, les anciens commentateurs de l'Ecriture sainte, on ne peut s'empêcher de conclure que le mystère de la Sainte Trinité faisait partie de l'enseignement isotérique de la Synagogue; très fréquemment ils interprètent en ce sens certains passages, qui autrement paraissent obscurs. Jonathan, fils d'Ouziel, qui florissait un peu avant la naissance du Christ, s'exprime ainsi sur ces paroles du Psaume II : "Jéhovah m'a dit : Tu es mon Fils. ''Ces deux, Père et Fils, sont trois en union avec une troisième personne, et ces trois personnes ne forment qu'une substance, qu'une essence, qu'un Dieu."

 

« [...] Un exemplaire fort ancien de ce targoun tomba entre les mains de Pierre Galatin, frère franciscain, inventeur au XVIe siècle du terme latinisé "Jéhovah", qui y trouva la paraphrase suivante du trisagion d'Isaïe, ch. VI, v. 3 : "Saint le Père, Saint le Fils, Saint l'Esprit-Saint !"

 

Le même Galatin, à propos du tétragramme יהוה Jéhovah en cite des explications ou interprétations hébraïques en douze et quarante-deux lettres : la première se traduirait par ces paroles : Père, Fils et Esprit de sainteté; et la seconde par ces mots : Le Père est Dieu, le Fils est Dieu, l'Esprit de Sainteté est Dieu; cependant ce ne sont pas trois dieux, mais un Dieu unique. 

 

« Le Galé-Razaya ou Révélateur des mystères, livre composé par Juda le Saint (135-217), rédacteur de la Mischna (ou première partie du talmud qui recueille les constitutions et les traditions des magistrats et des docteurs juifs), nous offre ce passage remarquable :

 

"Considère que le nom tétragrammaton dénote, d'après son orthographe, un Dieu procréateur. Or, il n'est pas de procréateur sans procréé, et il faut qu'il procède un amour du procréateur vers le procréé, de même que du procréé vers le procréateur; autrement, ils seraient séparés l'un de l'autre et formeraient deux essences distinctes, tandis qu'à la vérité le procréateur et le procréé, et l'amour, procédant de tous les deux, sont une seule essence; c'est pour cette raison que dans ce nom (tétragrammaton) est renfermé le nom des douze lettres qui forment les mots Père, Fils et Saint-Esprit; et sache que ce mystère est un des secrets du Très-Haut. Il convient de le dérober aux yeux des hommes jusqu'à la venue du Messie, notre juste. Je te l'ai révélé; mais le secret de Jéhovah est réservé pour ceux qui le craignent." 

 

« Le livre Kozri dit : "La sagesse est trois en une. L'être divin est unique. La distinction des numérations que nous admettons en lui ne consiste que dans une certaine distinction dans la même essence."

 

« [...] On pourra à ce sujet consulter l'ouvrage de M. Drach, intitulé : "De l'Harmonie entre l'Église et la Synagogue'." ... » (François-Marie BERTRAND​​​​​, Dictionnaire universel, historique et comparatif de toutes les religions du monde1851, Ateliers catholiques du Petit-Montrouge Paris, tome 4e, p. 938.)

 

Cet ouvrage de M. Drach, d'une inattaquable érudition démontre sans réplique qu'il n'est pas un principe de la morale, des dogmes et du culte catholique, qui ne se trouve implicitement ou formellement dans la loi mosaïque, jusque dans ses prescriptions cérémonielles. Le christianisme n'est que la loi ancienne et primitive accomplie, complétée, spiritualisée, universalisée. (Dictionnaire des Apologistes involontaires, le Catholicisme triomphant par ses propres adversaires, M. C.-F. CHEVE, Abbé MIGNE Editeur, Ateliers Catholiques Rue d'Amboise, tome I, Paris 1853, p. 84.)

 

Le signe de la croix a été pratiqué  avec la conscience plus ou moins claire de sa signification chez les Hébreux 

 

Par exemples, lorsque Jacob, sur le point de mourir, croise les mains pour bénir les enfants de Joseph, pères futurs des douze tribus d'Israël, rien n'est plus évident : inspiré de Dieu, le saint Patriarche annonce à chacun ce qui doit lui arriver dans la suite des siècles. Et que fait-il ? Il croise les bras et place la main gauche sur l'enfant qui est à sa droite, et la droite sur l'enfant qui est à sa gauche. Voilà le signe de la croix, source éternelle de bénédictions !

 

De même, "pourquoi Moïse au moment où Josué va combattre Amalech fai-il ce qu'il n'a jamais fait, priant les mains étendues ? ... Parce que le combat du Seigneur qui se livrait contre Amalech préfigurait les batailles du Verbe incarné contre Satan, et le signe de la croix par lequel il devait remplacer la victoire." (Tertullien, Contre Marcion, n° 111.)

 

Dans le livre de l'Exode, on peut lire une préfiguration du Précieux Sang du Christ.

 

Le Seigneur dit à Moïse et à son frère Aaron : "Ce mois-ci sera pour vous le premier des mois, il marquera pour vous le commencement de l’année. Parlez ainsi à toute la communauté d’Israël : le dix de ce mois, que l’on prenne un agneau par famille, un agneau par maison. Si la maisonnée est trop peu nombreuse pour un agneau, elle le prendra avec son voisin le plus proche, selon le nombre des personnes. Vous choisirez l’agneau d’après ce que chacun peut manger. Ce sera une bête sans défaut, un mâle, de l’année. Vous prendrez un agneau ou un chevreau. Vous le garderez jusqu’au quatorzième jour du mois. Dans toute l’assemblée de la communauté d’Israël, on l’immolera au coucher du soleil. On prendra du sang, que l’on mettra sur les deux montants et sur le linteau des maisons où on le mangera. ... Je traverserai le pays d’Égypte, cette nuit-là ; je frapperai tout premier-né au pays d’Égypte, depuis les hommes jusqu’au bétail. Contre tous les dieux de l’Égypte j’exercerai mes jugements : Je suis le Seigneur. Le sang sera pour vous un signe, sur les maisons où vous serez. Je verrai le sang, et je passerai : vous ne serez pas atteints par le fléau dont je frapperai le pays d’Égypte. Ce jour-là sera pour vous un mémorial. Vous en ferez pour le Seigneur une fête de pèlerinage. C’est un décret perpétuel : d’âge en âge vous la fêterez. ... Moïse convoqua tous les anciens d’Israël et leur dit : « Prenez un agneau par clan et immolez-le pour la Pâque. Puis vous prendrez un bouquet d’hysope, vous le tremperez dans le sang que vous aurez recueilli dans un récipient, et vous étendrez le sang sur le linteau et les deux montants de la porte. Que nul d’entre vous ne sorte de sa maison avant le matin. Ainsi, lorsque le Seigneur traversera l’Égypte pour la frapper, et qu’il verra le sang sur le linteau et les deux montants, il passera cette maison sans permettre à l’Exterminateur d’y entrer pour la frapper." (Ex 12)

 

Lorsque les Hébreux murmurèrent contre Moïse et contre Dieu, des serpents leurs furent envoyés qui les déchirèrent de leurs morsures. La prière de Moïse toucha Dieu. Pour mettre en fuite les serpents et guérir les innombrables malades, quel moyen va-t-il indiquer ? Des prières ? Non. Des jeûnes ? non. Un autel, une colonne expiatoire ? Rien de tout cela. Il ordonne de faire un serpent au-dessus d'un mât, signe de croix permanent et visible à tous ; signe de croix que chaque malade fera de cœur, seulement en le regardant. Tel sera la puissance de ce signe, qu'un seul regard suffira pour rendre la santé. (Nb 21, 8-9)

 

Au temps du prophète Ézechiel (VIe s. av. J.-C.), les abominations de Jérusalem étaient au comble. Un personnage mystérieux, l'homme vêtu de lin, portant à la ceinture une écritoire de scribe, dit le prophète, reçoit ordre de traverser la ville et de marquer du signe T le front de tous ceux qui gémissaient des iniquités de cette coupable capitale. À ses côtés marchaient six autres personnages, portant chacun une arme de mort, avec ordre de tuer indistinctement tous ceux qui ne seraient pas marqués du signe salutaire. (Ezech. 9,4, etc.) "Le signe Tau, marqué sur le front des habitants de Jérusalem les protégeaient contre les anges exterminateurs. Ainsi, le signe de la croix, dont l'homme marque son front est une assurance qu'il ne sera pas la victime du démon et des autres ennemis du salut, s'il gémit sincèrement des abominations que ce signe interdit." (Tertullien, Adv. Marcion, lib. III, c. XXII).

 

Les Philistins ont réduit les Israélites à la plus humiliante servitude. Samson a commencé leur délivrance. Malheureusement, il s'est laissé surprendre. Ils l'ont enchaînés, après lui avoir crevé les yeux. Dans cet état, ils s'en font un jouet pour amuser leurs fêtes. Cependant, "placé entre deux colonnes qui soutiennent tout l'édifice, dit saint Augustin, le fort d'Israël étend ses bras en forme de croix. Dans cette attitude toute-puissante, il secoue les colonnes, les ébranle, écrase ses ennemis : et comme le grand Crucifié, dont il était la figure, il meurt lui-même enseveli dans son triomphe." (Saint Augustin, Serm. 107, de Temp.)

 

Lorsque David, accablé de chagrin, est réduit à la plus grande extrémité dans laquelle se puisse trouver un roi, un fils parricide, des sujets révoltés, un trône chancelant, la vieillesse qui arrive à grands pas, que fera le monarque inspiré ? Il priera. Mais comment ? En faisant le signe de la croix. Expandi manus meas ad te. J'ai étendu mes mains vers vous. (Ps 142).

 

Lorsque encore Salomon achève le temple de Jérusalem, il faut attirer les bénédictions du ciel sur la nouvelle demeure du Dieu d'Israël, et obtenir ses faveurs pour ceux qui y viendront prier. Que fait Salomon ? Il prie en faisant le signe de la croix. Or Salomon se tint debout devant l'autel du Seigneur, en présence de toute l'assemblée d'Israël, et il étendit ses mains vers le ciel. (III Rois 8,22)

 

Dans les sacrifices juifs, le prêtre élevait d'abord l'hostie, selon qu'il était prescrit par la loi. Il la portait ensuite de l'Orient à l'Occident, comme nous l'apprennent les Juifs eux-mêmes : ce qui formait la figure de la croix. C'est en faisant le même mouvement que le grand prêtre et même les simples prêtres bénissaient le peuple après les sacrifices. (Abbé Jacques Joseph Duguet (1649-1733)Traité de la Croix de notre seigneur Jésus-Christ ; ou Explication du mystère de la passion de N. S. Jésus-Christ selon la Concorde, 1733, c. VIII.)

 

Croire que les patriarches, les juges, les prophètes, les rois, les voyants d'Israël fussent les seuls à connaître le signe de la croix et à le pratiquer serait une erreur. Tout le peuple le connaissait, et dans les dangers publics en faisait religieusement usage.

 

Sennachérib a marché de victoire en victoire. La plus grande partie de la Palestine est envahie : Jérusalem est menacée. Vois-tu ce que fait ce peuple, hommes, femmes, enfants, pour repousser l'ennemi ? Comme Moïse, il fait le signe de la croix, il se fait signe de croix ; "Et ils invoquèrent le Seigneur des miséricordes, et, étendant les mains, ils les élevèrent vers le ciel. Et le Seigneur les exauça." (Eccles. 48,22)

 

Un autre danger les menace. Voici Héliodore qui vient, accompagné d'une troupe de soldats, pour piller les trésors du temple. Déjà il est entré dans le parvis extérieur : encore un peu et le sacrilège sera consommé. Les prêtres sont prosternés au pied de l'autel : mais rien n'arrête le spoliateur. Que fait le peuple ? il recourt à son arme traditionnelle : il prie en faisait le signe de la croix. Tu sais le reste. (II Macchab 3,20)

 

S'il est incontestable que prier les bras étendus est une forme du signe de la croix, vous voyez que de toute antiquité les Juifs ont connu le signe de la croix et qu'ils l'ont pratiqué, avec l'instinct plus ou moins mystérieux de sa toute-puissance.

 

Toutes ces références peuvent être retrouvées dans l'ouvrage de Mgr Jean-Joseph GAUME, "Le Signe de la Croix au XIXe siècle" (publié en 1869, et réédité aux Éditions Saint-Sébastien 2016.)

 

Selon la spécialiste française de l'hébreu biblique, Danielle Ellul, le terme "Dieu" en hébreu אֱלֹהִים ('ēlohîm) est écrit au pluriel :

 

"Elohim dit : faisons l'homme à notre image, à notre ressemblance…

Gn 1. 26

 

"Elohim dit : Voici que l’homme est devenu comme l’un de nous…

Gn 3. 22

 

"Au Commencement, Dieu(x) créa le ciel et la terre."

Gn 1,1

 

"Dieu est le terme le plus usité pour désigner Dieu. Malgré sa forme pluriel (d'intensité ou de majesté) il est habituellement accompagné d'un verbe au singulier. (Le verbe est au pluriel quand le sujet désigne les anges ou les divinités païennes)." (Danielle ELLUL, Apprendre l'Hébreu biblique par les textes en 30 leçons, Cerf, 4e édition, Paris 2003, p. 57.)

 

Dieu apparaît à Abraham sous la forme de trois hommes, lorsqu'il lui annonce sa descendance (Gn 18,10), à savoir Isaac, image du christianisme futur ("Car Abraham doit devenir une nation grande et puissante, et toutes les nations de la terre doivent être bénies en lui." Gn 18,18). Et Abraham s'adresse à Dieu apparu sous la forme de trois hommes en disant "Mon Seigneur" au singulier. Saint Justin au IIe siècle avance que l'ange qui parle à Abraham pourrait être Jésus lui-même :  

 

Genèse 18,1-5 

 

01 Aux chênes de Mambré, le Seigneur apparut à Abraham, qui était assis à l’entrée de la tente. C’était l’heure la plus chaude du jour.

 

02 Abraham leva les yeux, et il vit trois hommes qui se tenaient debout près de lui. Dès qu’il les vit, il courut à leur rencontre depuis l’entrée de la tente et se prosterna jusqu’à terre.

 

03 Il dit : « Mon seigneur, si j’ai pu trouver grâce à tes yeux, ne passe pas sans t’arrêter près de ton serviteur.

 

04 Permettez que l’on vous apporte un peu d’eau, vous vous laverez les pieds, et vous vous étendrez sous cet arbre.

 

05 Je vais chercher de quoi manger, et vous reprendrez des forces avant d’aller plus loin, puisque vous êtes passés près de votre serviteur ! » Ils répondirent : « Fais comme tu l’as dit. »

 

06 Abraham se hâta d’aller trouver Sara dans sa tente, et il dit : « Prends vite trois grandes mesures de fleur de farine, pétris la pâte et fais des galettes. »

 

07 Puis Abraham courut au troupeau, il prit un veau gras et tendre, et le donna à un serviteur, qui se hâta de le préparer.

 

08 Il prit du fromage blanc, du lait, le veau que l’on avait apprêté, et les déposa devant eux ; il se tenait debout près d’eux, sous l’arbre, pendant qu’ils mangeaient.

 

09 Ils lui demandèrent : « Où est Sara, ta femme ? » Il répondit : « Elle est à l’intérieur de la tente. »

La sainte Trinité au chêne de Mambré, icône russe d'Andreï Roublev.

 

 

La Trinité chez les Chrétiens

 

De l'Église judaïque, le signe de la croix est passé dans l'Église chrétienne

 

Les premiers fidèles, frappés de l'ancienne manière de bénir avec la figure de la croix, ont été facilement instruits par les apôtres de la signification mystérieuse de ce signe, et naturellement portés à le continuer, en y ajoutant les divines paroles qui en donnent l'explication.

 

Lire : 

 

Le signe de la Croix, Salut du monde

 

C'est "depuis le IIe siècle, (que le) terme de Trinité (est) utilisé par les théologiens pour exprimer la réalité du Dieu unique, vivant en trois personnes, Père, Fils et Saint-Esprit." (Dominique Le Tourneau, Les Mots du christianisme, Bibliothèque de Culture religieuse, Fayard, La Flèche 2005, p. 629.) 

 

Les grands théologiens chrétiens de l'époque pré-nicéenne particulièrement dignes de mérite, évoquant la sainte Trinité, sont Justin, Tertullien, Cyprien, Origène, Irénée. 

 

L'un des premiers chrétiens à employer le terme de "Trinité" est Théophile d'Antioche, septième évêque de l'Église d'Antioche au IIe siècle, dans son ouvrage Autolycus, une apologie de la foi chrétienne qui a été conservée, où l'auteur s'adresse à un païen pour le moins sceptique, qui ne semble pas manifester la moindre sympathie pour les chrétiens et ce qu'il croit savoir d'eux.

 

Dans son éloquent plaidoyer présenté à l'empereur Antonin vers l'an 120, saint Justin s'exprime ainsi : "Nous honorons en esprit et en vérité le Père et le Fils et le Saint-Esprit." (Apolog., I, n° 6.)

 

Ce que Justin avait dit à Rome, quelques années plus tard, saint Irénée l'enseignait dans les Gaules. "Ceux, dit-il, qui secouent le joug de la loi et se laissent emporter à leurs convoitises, n'ayant aucun désir du Saint-Esprit, l'apôtre les appelle avec raison des hommes de chair." (Cité par S. Basile, en preuve de la divinité du Saint-Esprit. Lib. de Spir. sanct., c. XXIX, n° 72).

 

À la même époque, Athénagore d'Athènes (133-190) demandait : "N'est-il pas étrange qu'on nous appelle athées, nous qui prêchons Dieu le Père et Dieu le Fils et le Saint-Esprit ?" (Legat. pro christian, n° 12 et 24.)

 

Eusèbe de Palestine (265-340), pour s'encourager à parler, disait : "invoquons le Dieu des prophètes, auteur de la lumière, par notre Sauveur Jésus-Christ avec le Saint-Esprit." (Ap. Basil., ibid.) (Mgr Jean-Joseph GAUME, Traité du Saint-Esprit, 1864, Rééd. Éditions Saint-Rémi, 2019, p. 373-374.)

 

"Au IVe siècle, les conciles de Nicée (325) et de Constantinople (381) ont contribué à la formulation précise des concepts employés communément pour présenter la doctrine sur la Sainte Trinité : un Dieu unique, qui dans l'unité de sa divinité est Père, Fils et Esprit Saint." (Jean-Michel Garrigues, Père, Fils et Esprit Saint, Catéchèses de Jean-Paul II sur la Trinité, Éditions Parole et Silence, 2000, p. 53.)

 

Le concept de la Trinité dans les textes du Nouveau Testament

 

Matthieu 28 : 19

 

19 Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit,

 

Les Pères de l'Eglise et les théologiens observent que Jésus-Christ a dit au nom sans se servir du pluriel, afin de marquer l'unité de la nature divine.

 

Quand les évangélistes abordent le thème de la conversion des nations au nom de la sainte Trinité sans le mot, ils s'en emparent comme d'un point de doctrine déjà manifeste, admis dans la croyance de la loi ancienne.

 

"Le baptême de Jésus lui-même dans le Jourdain est le lieu d'une théophanie trinitaire, la manifestation subite de la transcendance divine, exprimée dans le langage de l'Ancien Testament. L'Esprit se révèle sous la forme d'une colombe qui descend sur Jésus pour montrer qu'il habite en lui. Le Père authentifie sa mission en déclarant : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé qui a toute ma faveur" (Mt 3, 17). Il s'agit d'une révélation du Père, du Fils et de l'Esprit et c'est au nom de cette Trinité, révélée au baptême de Jésus, que tout chrétien sera baptisé." (Bernard Sesboüé, Invitation à croire, Paris, Cerf, 2009, p. 71.)

 

I Jean 5,7 (Vulgate) Bible catholique Aelf

 

07 En effet, ils sont trois qui rendent témoignage,

 

08 l’Esprit, l’eau et le sang, et les trois n’en font qu’un.

 

 

Selon la Vulgate, I Jean 5,7 mentionne en fait : 

 

7 Car ils sont trois qui rendent témoignage dans le ciel : le Père, le Verbe et l'Esprit-Saint; et ces trois sont une seule chose.

8 Et ils sont trois qui rendent témoignage sur la terre, l'esprit, l'eau et le sang : et ces trois sont une seule chose.

 

Comment expliquer l'omission de la mention "le Père, le Verbe et l'Esprit-Saint; et ces trois sont une seule chose" du verset 7, mention présente dans la Vulgate, mais enlevée dans les Bibles modernes ?

 

La Bible de Jérusalem explique dans une note e à propos du verset 7 de I Jean 5 que ''le texte des v. 7 est surchargé dans la Vulgate par une incise (ci-dessous entre parenthèses) absente des manuscrits grecs anciens, des vieilles versions et qui semble être une glose marginale introduite plus tard dans le texte : Car il y en a trois qui témoignent (dans le ciel : le Père, le Verbe et l'Esprit-Saint, et ces trois sont un).

 

L'Encyclopédie théologique, Dictionnaire de théologie de Nicolas Bergier, explique

 

''Nous savons que l'authenticité du verset 7 est contestée, […] il ne se trouve point, disent-ils, dans le très grand nombre des anciens manuscrits; il a donc été ajouté dans les autres par des copistes téméraires. Mais il y a aussi des manuscrits non moins anciens dans lesquels il se trouve. On conçoit aisément que la ressemblance des premiers et des derniers mots du verset 7 avec ceux du verset 8 a pu donner lieu à des copistes peu attentifs de sauter le septième; mais qui aurait été l'écrivain assez hardi pour ajouter au texte de Saint Jean un verset qui n'y était pas ?

 

"Une preuve que la différence des manuscrits est venue d'une omission involontaire, et non d'une infidélité préméditée, est que, dans plusieurs, le verset 7 est ajouté à la marge, de la propre main du copiste.

 

"En second lieu, dans le verset 6, l'Apôtre a déjà fait mention de l'eau, du sang et de l'esprit qui rendent témoignage à Jésus-Christ : est-il probable qu'il ait répété tout de suite la même chose dans le verset 8, sans aucun intermédiaire ? L'ordre et la clarté du discours exigent absolument que le verset 7 (complet, celui de la Vulgate. Ndlr.) soit placé entre deux.

 

"Enfin, ceux qui soutiennent que le 7e verset est une fourrure, sont obligés de soutenir que ces mots du verset 8, sur la terre, ont encore été ajoutés au texte, parce qu'ils sont relatifs à ceux du verset précédent, dans le ciel. C'est pousser trop loin la témérité des conjonctures.

 

"Ce qu'il y a de certain, c'est qu'au IIIe siècle, près de cent ans avant le Concile de Nicée, Tertullien et saint Cyprien ont cité ces mots du verset 7, ces trois sont un, le premier, lib. Contre Praxéas ou sur la Trinité = Adversus Praxeam (rédigé en 213), c. 2 ; le second, lib. De Unitate Eccl., p. 196. Nous n'avons point de manuscrits qui datent d'aussi loin.

 

"Aussi les plus habiles critiques, soit catholiques, soit protestants, soutiennent l'authenticité de passage; dom Calmet (1672-1757) les a cités dans une dissertation sur ce sujet, Bible d'Avignon, tome XVI, p. 462. (Encyclopédie théologique, Dictionnaire de théologie Nicolas Bergier, Série de dictionnaires sur toutes les parties de la science religieuse, tome quatrième, J.-P. Migne éditeur, 1851, p. 883-884)

 

Saint Paul salue ainsi les fidèles :

 

II Corinthiens 13 : 13

 

13 Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous.

 

Saint Pierre parle ainsi à ceux qui ont sont désignés d'avance par Dieu le Père, et sanctifiés par l'Esprit, "pour entrer dans l’obéissance et pour être purifiés par le sang de Jésus Christ" (le Fils). (1 P 1,2)

 

Au rapport de S. Basile, le pape saint Clément, troisième successeur de S. Pierre, martyrisé vers l'an 100, avait coutume de faire cette prière : 'Vive Dieu et Notre-Seigneur Jésus-Christ et le Saint-Esprit!' (Apolog., I, n° 6).

 

De l'unité du Seigneur et de l'Esprit :

 

II Corinthiens 3: 17

 

14 Mais leurs pensées se sont endurcies. Jusqu’à ce jour, en effet, le même voile demeure quand on lit l’Ancien Testament ; il n’est pas retiré car c’est dans le Christ qu’il disparaît ;

 

15 et aujourd’hui encore, quand les fils d’Israël lisent les livres de Moïse, un voile couvre leur cœur.

 

16 Quand on se convertit au Seigneur, le voile est enlevé.

 

17 Or, le Seigneur, c’est l’Esprit, et là où l’Esprit du Seigneur est présent, là est la liberté.

 

Romains 8:9

 

09 Or, vous, vous n’êtes pas sous l’emprise de la chair, mais sous celle de l’Esprit, puisque l’Esprit de Dieu habite en vous. Celui qui n’a pas l’Esprit du Christ ne lui appartient pas.

 

Galates 4:6

 

06 Et voici la preuve que vous êtes des fils : Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos cœurs, et cet Esprit crie « Abba ! », c’est-à-dire : Père !

 

Philippiens 1:19

 

19 car je sais que cela tournera à mon salut, grâce à votre prière et à l’assistance de l’Esprit de Jésus Christ.

 

1 Pierre 1:11

 

11 Ils cherchaient quel temps et quelles circonstances voulait indiquer l’Esprit du Christ, présent en eux, quand il attestait par avance les souffrances du Christ et la gloire qui s’ensuivrait.

 

Actes 16:7

 

Arrivés en Mysie, ils essayèrent d’atteindre la Bithynie, mais l’Esprit de Jésus s’y opposa.

 

I Jean 5 : 1-7

 

01 Celui qui croit que Jésus est le Christ, celui-là est né de Dieu ; celui qui aime le Père qui a engendré aime aussi le Fils qui est né de lui.

 

02 Voici comment nous reconnaissons que nous aimons les enfants de Dieu : lorsque nous aimons Dieu et que nous accomplissons ses commandements.

 

03 Car tel est l’amour de Dieu : garder ses commandements ; et ses commandements ne sont pas un fardeau,

 

04 puisque tout être qui est né de Dieu est vainqueur du monde. Or la victoire remportée sur le monde, c’est notre foi.

 

05 Qui donc est vainqueur du monde ? N’est-ce pas celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ?

 

06 C’est lui, Jésus Christ, qui est venu par l’eau et par le sang : non pas seulement avec l’eau, mais avec l’eau et avec le sang. Et celui qui rend témoignage, c’est l’Esprit, car l’Esprit est la vérité.

 

07 En effet, ils sont trois qui rendent témoignage,

 

08 l’Esprit, l’eau et le sang, et les trois n’en font qu’un.

 

"L'Esprit est l'Esprit du Père et du Fils. Il est la communion du Père et du Fils. L'Esprit est possédé par le Père et par le Fils, mais différemment. Le Père le possède en le donnant, le Fils en le recevant et en partageant le pouvoir de l'envoyer dans le monde. Si le Père engendre dans l'Esprit et fait être le Fils, le Fils lui aussi, en aimant, provoque l'amour du Père qui l'engendre aussi dans cet amour. Dieu le Père révèle le Fils et se révèle lui-même en donnant le Fils au monde dans la Pâque. (François-Xavier DURRWELL, La Trinité, Le Père engendre le Fils dans l'Esprit, Cerf, Paris 2021, p. 24-25.)

 

De l'unité du Père et du Fils :

 

Un épisode de Jésus arrivant à Jérusalem avec ses disciples, avant sa Passion, révèle la divinité de Jésus qui s'approprie la puissance de Dieu de rassembler les enfants de Jérusalem; en employant le "je", il dit : "Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous n’avez pas voulu !" (Mt 23, 37)

 

Ailleurs, Jésus s'approprie de nouveau une autre puissance qui n'appartient qu'à Dieu, celle de disposer de la vie :

 

« Ce que fait celui-ci (le Père), le Fils le fait pareillement. ... Comme le Père, en effet, relève les morts et les fait vivre, ainsi le Fils, lui aussi, fait vivre qui il veut. » (Jn 5, 19-21).

 

Comme le Père dispose de la vie, ainsi le Fils en dispose aussi. (Jn 5, 26).

 

"Jésus se déclare pour vrai Dieu, pour Fils de Dieu, égal à Dieu. Il le prêche, il l'enseigne, il veut être reconnu pour tel. C'est ce qu'entendirent & comprirent bien les Juifs, comme nous le témoigne l'évangéliste Saint Jean (Dictionnaire philosophique de la religion, où l'on établit tous les points de la religion, attaqués par le incrédules, & où l'on répond à toutes leurs objections, Claude-François Nonnotte (1711-1793), Tome Quatrième, M.DCCLXXII (1772), p. 392-393)", par ce texte :

 

 

C’est pourquoi, de plus en plus, les Juifs cherchaient à le tuer, car non seulement il ne respectait pas le sabbat, mais encore il disait que Dieu était son propre Père, et il se faisait ainsi l’égal de Dieu. (Jn 5, 18)

 

Les paroles prophétiques du deuxième Psaume parlent du Fils qui est de la même substance que le Père, du Fils engendré par le Père dans le mystère ineffable de sa divinité, dans l'aujourd'hui éternel de la très sainte Trinité : Je proclame le décret du Seigneur ! + Il m'a dit : "Tu es mon fils ; moi, aujourd'hui, je t'ai engendré." (Ps 2,7 ). 

 

Le Fils vit par le Père, d'abord parce qu'il a été engendré par lui. Il y a une relation étroite entre la paternité et la filiation, en vertu de la génération : "Tu es mon Fils ; moi, aujourd'hui je t'ai engendré" (He I, 5). De même une phrase semblable du livre de Samuel : « Je serai pour lui un père et il sera pour moi un fils », est un témoignage de l'Ancien Testament. (2 S 7,14)

 

Non pas créé, mais engendré éternellement par le Père, de façon spirituelle. Un peu comme notre esprit humain, dans la connaissance qu'il a de soi,  produit une image de lui-même, une idée conçue ou concept, le Fils est le "concept" ou le Verbe intérieur de Dieu, son reflet éternel. (Jean-Michel Garrigues, Père, Fils et Esprit Saint, Catéchèses de Jean-Paul II sur la Trinité, Éditions Parole et Silence, 2000, p. 43-44.)

 

"Selon l'évangile de saint Jean, le Fils-Verbe était au commencement avec Dieu, et le Verbe était Dieu (Jn 1, 1-2). Nous avons le même concept dans l'enseignement apostolique. Le Fils est de la même nature que le Père parce qu'il est le Verbe de Dieu." (Jean-Michel Garrigues, Père, Fils et Esprit Saint, Catéchèses de Jean-Paul II sur la Trinité, Éditions Parole et Silence, 2000, p. 45-46.)

 

Jésus lui-même n'a cessé de révéler son propre mystère par toute une série de paroles inouïes et fortes, accompagnées de signes : « Avant qu'Abraham existât, Je suis » (Jn 8,58) ; « Qui m'a vu a vu le Père » (Jean 14 : 9) ; « le Père et moi, nous sommes UN. » (Jn 10,30) ; « Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi » (Jn 14,11)

 

I Jean 2 : 22 ... Celui-là est l’anti-Christ : il refuse à la fois le Père et le Fils ;

 

Jean 14 : 16-17 La Pentecôte ou envoi de l'Esprit-Saint sur les Apôtres :

 

16 Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous :

 

17 l’Esprit de vérité, lui que le monde ne peut recevoir, car il ne le voit pas et ne le connaît pas ; vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous.

 

Jean 15, 26 L'Esprit-Saint est envoyé par Jésus lui-même (lorsque le Fils sera remonté vers le Père) :

 

26 Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur.

 

Cela signifie que Jésus disposera de l'Esprit-Saint en vertu de sa filiation, et que l'Esprit qui procède du Père procède aussi de lui, en tant qu'il est le Fils. Jésus reconnaît implicitement que l'Esprit dont la source est dans le Père jaillit aussi du Fils éternel, puisque Jésus pourra le donner dans sa gloire, où il jouira pleinement du privilège filial. 

 

Jésus suppose ainsi l'ordre trinitaire lorsque, encore plus explicite, il dit : "L'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom" (Jn 14,26). Le 'nom' exprime ce qu'il y a de plus profond dans la personne du Christ, sa qualité de Fils. La formule 'en mon nom' indique la parfaite communion entre le Père et le Fils dans la mission de l'Esprit : le Père est à l'origine de cette mission; le Fils enverra donc l'Esprit 'd'auprès du Père' (Jn 15,26); mais le Fils, lui aussi, est principe de cet envoi : c'est donc 'au nom du Fils', en vertu de son union avec le Fils, que le Père enverra l'Esprit; le Père et le Fils sont l'un et l'autre le principe de cette mission du Paraclet. Le Fils partage donc toute la gloire du Père, celle de posséder et celle d'émettre l'Esprit-Saint. (François-Xavier DURRWELL, La Trinité, Le Père engendre le Fils dans l'Esprit, Cerf, Paris 2021, p. 359.)

 

"Nous rejoignons ici des questions qui ont une importance clé dans l'enseignement de l'Église sur la Sainte Trinité. L'Esprit Saint est envoyé par le Père et par le Fils, après  que le Fils, ayant accompli sa mission rédemptrice est rentré dans sa gloire (Jn 7,39), explique encore Jean-Michel Garrigues dans "Père, Fils et Esprit Saint, Catéchèses de Jean-Paul II sur la Trinité" (Éditions Parole et Silence, 2000, p. 56.)

 

"Dans l'Esprit qui est l'Amour, réside la source de tout don envers les créatures, qui trouve en Dieu sa source : le don de l'existence à travers la création, le don de la grâce à travers l'économie du salut." (Jean-Michel GARRIGUES, Père, Fils et Esprit Saint, Catéchèses de Jean-Paul II sur la Trinité, ibid., p. 63.) 

 

L'amour signifie cela : vouloir le bien, adhérer au Bien. Le refus du mélange entre le bien et le mal, entre les volontés divines et les volontés du démon, la conformité de la volonté de l'homme avec la loi morale permettent de faire des actes béatifiants et de conduire l'homme au bonheur pour lequel il a été créé : Dieu. 

"'Dieu est Amour' (1 Jn 4,8), dira Saint Jean. Il en est la plénitude et la source toujours jaillissante, pour le bien de ses créatures et spécialement pour le bonheur de l'homme." (Catéchèses de Jean-Paul II sur la Trinité, ibid., p. 88.) 

 

"Finalement, Jésus est mort parce que, jusqu'à la fin, y compris devant le Sanhédrin, il a rendu témoignage à la vérité sur sa filiation divine. Il a ainsi affermi la foi de ses disciples, et la nôtre." (Jean-Michel Garrigues, Père, Fils et Esprit Saint, Catéchèses de Jean-Paul II sur la Trinité, Éditions Parole et Silence, 2000, p. 38.)

 

Une lettre du IIe siècle évoque la Trinité, sans le mot : l'an 169, les fidèles de Smyrne écrivent à ceux de Philadelphie l'admirable lettre dans laquelle ils racontent que saint Polycarpe, leur évêque et disciple de saint Jean, près de souffrir le martyre, a rendu gloire à Dieu en ces termes : 'Père de votre bien-aimé Fils Jésus-Christ, béni soit-il, Dieu des anges et des puissances, Dieu de toute créature, je vous loue, je vous bénis, je vous glorifie, par Jésus-Christ votre Fils bien-aimé, pontife éternel, par qui gloire à vous avec le Saint-Esprit, maintenant et aux siècles des siècles.' (Epist. Smyrn. Eccl. apud Baron., an 169.)

Scutum Fidei, bouclier ou écusson de la Trinité, illustration de la première partie du Symbole d'Athanase

Scutum Fidei, bouclier ou écusson de la Trinité, illustration de la première partie du Symbole d'Athanase

Au Ve siècle, le symbole Quicumque, ou Symbole d'Athanase (298-373) proclame : "L'Esprit Saint n'est ni façonné, ni créé, ni engendré, mais il procède du Père et du Fils.'" (Jean-Michel Garrigues, Père, Fils et Esprit Saint, Catéchèses de Jean-Paul II sur la Trinité, Éditions Parole et Silence, 2000, p. 62.)

 

L'enseignement de l'Église sur la Sainte Trinité. Par S. Augustin (354 - 430) :

 

Tous les interprètes de nos livres sacrés, tant de l'Ancien Testament que du Nouveau que j'ai lus, et qui ont écrit sur la Trinité, le Dieu unique et véritable, se sont accordés à prouver par l'enseignement des Ecritures que le Père, le Fils et l'Esprit-Saint sont un en unité de nature, ou de substance, et parfaitement égaux entre eux. Ainsi ce ne sont pas trois dieux, mais un seul et même Dieu. Ainsi encore le Père a engendré le Fils, en sorte que le Fils n'est point le Père : et de même le Père n'est point le Fils, puisqu'il l'a engendré. Quant à l'Esprit-Saint, il n'est ni le Père, ni le Fils ; mais l'Esprit du Père et du Fils, égal au Père et au Fils, et complétant l'unité de la Trinité. C'est le Fils seul, et non la Trinité entière, qui est né de la vierge Marie, a été crucifié sous Ponce-Pilate, a été enseveli, est ressuscité le troisième jour et est monté au ciel. C'est également le Saint-Esprit seul qui, au baptême de Jésus-Christ, descendit sur lui en forme de colombe, qui après l'Ascension, et le jour de la Pentecôte, s'annonça par un grand bruit venant du ciel et pareil à un vent violent, et qui se partageant en langues de feu, se reposa sur chacun des apôtres (Mt III, 16 ; Ac II, 2-4). Enfin c'est le Père seul et non la Trinité entière qui se fit entendre soit au baptême de Jésus par Jean-Baptiste, soit sur la montagne en présence des trois disciples, lorsque cette parole fut prononcée « Vous êtes mon Fils». Et également ce fut la voix du Père qui retentit dans le temple, et qui dit : « Je l'ai glorifié, et je le glorifierai encore (Mc I, 11) ». Néanmoins comme le Père, le Fils et l'Esprit-Saint sont inséparables en unité de nature, toute action extérieure leur est commune. Telle est ma croyance, parce que telle est la foi catholique.  

 

Comment trois personnes ne font-elles qu'un seul Dieu ?

 

Mais ici quelques-uns se troublent, quand on leur dit qu'il y a trois personnes en Dieu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, et que ces trois personnes ne sont pas trois dieux, mais un seul et même Dieu. Aussi demandent-elles comment on peut comprendre un tel langage, surtout si vous ajoutez que toute action extérieure est commune à la Trinité entière, et que néanmoins la voix du Père qui s'est fait entendre, n'est pas la voix du Fils, que l'Incarnation n'appartient qu'au Fils qui a pris une chair, qui a souffert, qui est ressuscité et qui est monté au ciel ; et que seul l'Esprit-Saint s'est montré sous la forme d'une colombe. Ces esprits curieux veulent donc comprendre comment la Trinité entière a pu parler par cette voix qui n'est que la voix du Père, comment encore cette même Trinité a créé la chair que le Fils seul a prise dans le sein d'une Vierge, et enfin comment cette colombe sous-laquelle se montra seul l'Esprit-Saint a été l'oeuvre de toute la Trinité. Car autrement, la Trinité n'agirait pas inséparablement, et le Père serait une chose, le Fils une autre, et l'Esprit-Saint une autre. Si au contraire certaines actions sont communes aux trois personnes, et certaines autres propres seulement à chacune d'elles, l'on ne peut plus dire que la Trinité agisse inséparablement. Ils se tourmentent encore pour savoir comment l'Esprit-Saint fait partie essentielle de la Trinité, puisqu'il n'est engendré ni du Père, ni du Fils, quoiqu'il soit l'Esprit du Père et du Fils. 


Telles sont les questions dont quelques personnes me poursuivent à satiété. C'est pourquoi je vais essayer de leur répondre, autant que la grâce divine suppléera à mon impuissance, et en évitant de suivre les sentiers d'une jalouse et maligne critique (Sg VI, 25). Si je disais que jamais je ne me préoccupe de ces mystérieuses questions, je mentirais. J'avoue donc que j'y réfléchis souvent, parce que j'aime en toutes choses à découvrir la vérité, et d'un autre côté la charité me presse de communiquer à mes frères le résultat de mes réflexions. Ce n'est point que j'aie atteint le terme, ou que je sois déjà parfait, car si l'apôtre saint Paul n'osait se rendre ce témoignage, pourrais-je le faire, moi qui suis si éloigné de lui ? «Mais oubliant, selon ma faiblesse, ce qui est derrière moi, et m'avançant « vers ce qui est devant moi, je m'efforce d'atteindre le but pour remporter le prix de la céleste vocation (Ph III, 12.14) ». Quelle distance ai-je donc parcourue dans cette route? à quel point suis-je arrivé ? et quel espace me reste-t-il encore à franchir? voilà les questions auxquelles on désire une réponse nette et précise. Puis-je la refuser à ceux qui la sollicitent, et dont la charité me rend l'humble serviteur ? Mais je prie aussi le Seigneur de faire qu'en voulant instruire mes frères, je ne néglige point ma propre perfection , et qu'en répondant à leurs questions, je trouve moi-même la solution de tous mes doutes. J'entreprends donc ce traité par l'ordre et avec le secours du Seigneur notre Dieu, et je me propose bien moins d'y soutenir d'un ton magistral des vérités déjà connues, que d'approfondir ces mêmes vérités en les examinant avec une religieuse piété.  

 

Consubstantialité des trois personnes

 

 

Quelques-uns ont dit que Notre-Seigneur Jésus-Christ n'était pas Dieu, ou qu'il n'était pas vrai Dieu, ou qu'il n'était pas avec le Père un seul et même Dieu, ou qu'il n'était pas réellement immortel parce qu'il était sujet au changement. Mais il suffit pour les réfuter de leur opposer les témoignages évidents et unanimes de nos saintes Ecritures. Ainsi saint Jean nous dit « qu'au commencement était le « Verbe, que le Verbe était avec Dieu, et que le Verbe était Dieu ». Or l'on ne peut nier que nous ne reconnaissions en ce Verbe qui est Dieu, le Fils unique de Dieu, celui dont le même Evangéliste dit ensuite, « qu'il s'est fait chair, et qu'il a habité parmi nous ». Ce qui arriva lorsque par l'incarnation le Fils de Dieu naquit dans le temps de la vierge Marie. Observons aussi que dans ce passage, saint Jean ne déclare pas seulement que le Verbe est Dieu, mais encore qu'il affirme sa consubstantialité avec le Père. Car après avoir dit « que le Verbe était Dieu », il ajoute « qu'au commencement il était avec Dieu, que toutes choses ont été faites par lui, et que rien de ce qui a été fait n'a été fait sans lui » (Jn I, 14, 2.3). Or, quand l'Evangéliste dit que tout a été fait par le Verbe, il entend évidemment parler de tout ce qui a été créé; et nous en tirons cette rigoureuse conséquence que le Verbe lui-même n'a pas été fait par Celui qui a fait toutes choses. Mais s'il n'a pas été fait, il n'est donc  pas créature, et s'il n'est pas créature, il est donc de la même substance ou nature que le Père. Et en effet, tout ce qui existe est créature, s'il n'est Dieu; et tout ce qui n'est pas créature, est Dieu, De plus, si le Fils n'est pas consubstantiel au Père, il a donc été créé; mais s'il a été créé, tout n'a donc pas été fait par lui, et cependant l'Evangéliste nous assure que tout a été fait par lui. Concluons donc et que le Fils est de la même substance ou nature que le Père, et que non-seulement il est Dieu, mais le vrai Dieu. C'est ce que saint Jean nous atteste expressément dans sa première épître: « Nous savons, dit-il, que le Fils de Dieu est venu, et qu'il nous a donné l'intelligence, afin que nous connaissions le vrai Dieu, et que nous vivions en son vrai « Fils qui est Jésus-Christ. C'est lui qui est le vrai Dieu et la vie éternelle (I Jn V, 20) ». 


Nous pouvons également affirmer que l'apôtre saint Paul parlait de la Trinité entière, et non du Père exclusivement, lorsqu'il disait «que Dieu seul possède l'immortalité (I Tm VI, 16) ». Et, en effet, l'Etre éternel ne saurait être soumis ni au changement, ni à la mortalité; et par conséquent, dès là que le Fils de Dieu « est la vie éternelle », on ne doit point le séparer du Père quand on dit que celui-ci « possède seul l'immortalité ». C'est aussi parce que l'homme entre en participation de cette vie éternelle, qu'il devient lui-même immortel. Mais il y a une distance infinie entre celui qui est par essence la vie éternelle, et l'homme qui n'est immortel qu'accidentellement, et parce qu'il participe à cette vie. Bien plus, ce serait une erreur d'entendre séparément du Fils et à l'exclusion du Père, ces autres paroles du même apôtre : « Il le fera paraître en son temps, Celui qui est souverainement heureux, le seul puissant, le Roi des rois, et le Seigneur des seigneurs, qui seul possède l'immortalité ». Nous voyons, en effet, que le Fils lui-même parlant au nom de la Sagesse, car « il est la Sagesse de Dieu (I Co I, 24) », ne se sépare point du Père, quand il dit : « Seul, j'ai parcouru le cercle des cieux (Si XXIV, 8) ». A plus forte raison, il n'est point nécessaire de rapporter exclusivement au Père et en dehors du Fils, ce mot de l'Apôtre : « Qui seul possède l'immortalité ». D'ailleurs, l'ensemble du passage s'y oppose. « Je vous commande, dit saint Paul à Timothée, d'observer les préceptes que je vous donne, vous conservant sans tache et sans reproche jusqu'à l'avènement de Notre-Seigneur Jésus-Christ que doit faire paraître, en son temps, Celui qui est souverainement heureux, le seul puissant, le Roi des rois, et le Seigneur des seigneurs; qui seul possède l'immortalité, qui habite une lumière inaccessible, qu'aucun homme n'a pu ni ne peut voir, et à qui est l'honneur et la gloire aux siècles des siècles. « Amen (I Tm VI, 14.15.16) ». Remarquez bien que dans ce passage l'Apôtre ne désigne personnellement ni le Père, ni le Fils, ni l'Esprit-Saint, et qu'il caractérise le seul vrai Dieu, c'est-à-dire la Trinité tout entière par ces mots : « Celui qui est souverainement heureux, le seul puissant, le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs ». 


Mais peut-être vous troublez-vous, parce que vous saisissez difficilement ce mot de l'Apôtre : « Qu'aucun homme n'a pu, ni ne peut voir ». Rassurez-vous : il s'agit ici de la divinité de Jésus-Christ; et en effet, les Juifs qui ne pouvaient voir en lui le Dieu, ne laissèrent pas de crucifier l'homme qu'ils voyaient. C'est qu'un oeil mortel ne saurait contempler l'essence divine, et qu'elle n'est aperçue que de l'homme qui s'est élevé au-dessus de l'humanité. Nous avons donc raison de rapporter à la sainte Trinité ces paroles « Le Dieu souverainement heureux et seul puissant, qui fera paraître en son temps Notre-Seigneur Jésus-Christ ». D'ailleurs, si l'Apôtre dit ici que ce Dieu « possède seul l'immortalité », le psalmiste n'avait-il pas dit, « que seul il opère des prodiges ? (Ps LXXI, 18) ». Et maintenant je demanderai à mes adversaires de qui ils entendent cette parole. Du Père seul ? Mais alors comment sera-t-elle véritable cette affirmation du Fils: «Tout ce que le Père fait, le Fils le fait également ? » De tous les miracles ? Le plus grand est certainement la résurrection d'un mort. Eh bien! « Comme le Père, dit Jésus-Christ, ressuscite les morts et les vivifie, ainsi le Fils vivifie ceux qu'il veut (Jn V, 19.21)». Comment donc le Père opèrerait-il seul des prodiges ? et comment pourrait-on expliquer autrement ces paroles qu'en les rapportant non au Père seul, ni au Fils, mais au seul vrai Dieu, c'est-à-dire au Père, au Fils et au Saint-Esprit ?   
L'apôtre saint Paul nous dit encore: « Il n'y a pour nous qu'un seul Dieu, le Père d'où procèdent toutes choses, et qui nous a faits pour lui; et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui toutes choses ont été faites, et nous par lui ». Or, je le demande, l'apôtre, comme l'évangéliste, n'affirme-t-il pas « que toutes choses ont été faites par le Verbe ? » Et dans cet autre passage, n'est-ce pas aussi ce même Verbe qu'il désigne évidemment ? « Tout est de lui, tout est par lui, tout est en lui. A lui soit la gloire aux siècles des siècles. Amen (Rm XI,36) ». Veut-on, au contraire, reconnaître ici la distinction des personnes, et rapporter au Père ces mots: «Tout est de lui » ; au Fils, ceux-ci : « Tout est par lui » ; et au Saint-Esprit, ces autres : «Tout est en lui ? ». Il devient manifeste que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont un seul Dieu, puisque l'Apôtre attribue à chacune des trois personnes cette même et unique doxologie : « Honneur et gloire aux siècles des siècles. Amen ». Et en effet, si nous reprenons ce passage de plus haut, nous verrons que l'Apôtre ne dit pas « O profondeur des richesses de la sagesse et de la science », du Père, ou du Fils, ou du Saint-Esprit, mais simplement, « de la sagesse et de la science de Dieu! Que ses jugements, ajoute-t-il, sont incompréhensibles, et ses voies impénétrables ! car qui connaît les desseins de Dieu, ou qui est entré dans le secret de ses conseils ? ou qui lui a donné le premier pour en attendre la récompense ? car tout est de lui, tout est par lui, tout est en lui. A lui la gloire aux siècles des siècles. Amen (Rm XI, 33-36) ».   Mais si vous ne rapportez ces paroles qu'au Père, en soutenant que seul il a fait toutes choses, comme l'Apôtre l'affirme ici, je vous demanderai de les concilier et avec ce passage de l'épître aux Corinthiens, où, parlant du Fils, saint Paul dit : « Nous n'avons qu'un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui toutes choses ont été faites », et avec ce témoignage de l'évangéliste saint Jean : « Toutes choses ont été faites par le Verbe (I Co III, 6 ; Jn I, 2) ». Et, en effet, supposons que certaines choses aient été faites par le Père, et d'autres par le Fils, il faudrait en conclure que ni l'un ni l'autre n'ont fait toutes choses. Admettez-vous, au contraire, que toutes choses ont été faites ensemble par le Père et par le Fils, vous en déduirez l'égalité du Père et du Fils, et la simultanéité des opérations du Père et du Fils. Pressons encore cet argument. Si le Père a fait le Fils qui lui-même n'a pas fait le Père, il n'est plus vrai que le Fils ait fait toutes choses. Et cependant tout a été fait par le Fils donc il n'a pas été fait lui-même ; autrement il n'aurait pas fait avec le Père tout ce qui a été fait. Au reste, le mot lui-même se rencontre sous la plume de l'Apôtre; car dans l'épître aux Philippiens, il dit nettement « que le Verbe ayant la nature de Dieu, n'a point cru que ce fût pour lui une usurpation de s'égaler à Dieu (Ph II, 6) ». Ici saint Paul donne expressément au Père le nom de Dieu, ainsi que dans cet autre passage : «Dieu est le Chef de Jésus-Christ (I Co, XI, 3) ». 


Quant au Saint-Esprit, ceux qui avant moi ont écrit sur ces matières, ont également réuni d'abondants témoignages pour prouver qu'il est Dieu et non créature. Mais s'il n'est pas créature, il est non-seulement Dieu dans le même sens que quelques hommes sont appelés dieux (Ps LXXXI, 6) ; mais il est réellement le vrai Dieu. D'où je conclus qu'il est entièrement égal au Père et au Fils, consubstantiel au Père et au Fils, coéternel avec eux, et complétant l'unité de la nature dans la trinité des personnes. D'ailleurs, le texte des saintes Ecritures qui atteste le plus évidemment que le Saint-Esprit n'est pas créature, est ce passage de l'épître aux Romains, où l'Apôtre nous ordonne de servir non la créature, mais le Créateur (Rm I, 24). Et ici saint Paul n'entend pas nous prescrire ce service que la charité nous recommande envers tous nos frères, et que les Grecs nomment culte de dulie; mais il veut que ce soit ce culte qui n'est dû qu'à Dieu seul, et que les Grecs appellent culte de latrie. Aussi regardons-nous comme idolâtres tous ceux qui rendent aux idoles ce culte de latrie, car c'est à ce culte que se rapporte ce précepte du Décalogue: «Vous adorerez le Seigneur votre Dieu, et vous ne servirez que lui seul (Dt VI, 13) ». Au reste, le texte grec lève ici toute difficulté, car il porte expressément: « Et vous lui rendrez le culte de latrie ». 


Or, si nous ne pouvons rendre à une créature ce culte de latrie, parce que le Décalogue nous dit : « Vous adorerez le Seigneur, votre Dieu, et vous ne servirez que lui seul », et si l'Apôtre condamne ceux qui ont servi la créature plutôt que le Créateur», nous sommes en droit de conclure que le Saint-Esprit n'est pas une créature, puisque tous les chrétiens l'adorent et le servent. Et en effet, saint Paul dit « que nous ne sommes point soumis à la circoncision, parce que nous servons l'Esprit de Dieu », c'est-à-dire, selon le terme grec, que nous lui rendons le culte de latrie (Ph III, 3). Telle est la leçon que donnent tous ou presque tous les manuscrits grecs, et qui se trouve également dans plusieurs exemplaires latins. Quelques-uns cependant portent : nous servons Dieu en esprit, au lieu de lire : nous servons l'Esprit de Dieu. C'est pourquoi, sans me préoccuper de prouver à mes adversaires l'authenticité d'un texte dont ils récusent la valeur, je leur demanderai s'ils ont jamais rencontré la plus légère variante dans ce passage de la première épître aux Corinthiens : « Ne savez-vous pas que vos corps sont le temple du Saint-Esprit, que vous avez reçu de Dieu? » Mais ne serait-ce point un blasphème et un sacrilège que d'oser dire que le chrétien, membre de Jésus-Christ, est le temple d'une créature inférieure à Jésus-Christ ? Or, l'Apôtre nous affirme, dans un autre endroit : « que nos corps sont les membres de Jésus-Christ ». Si donc ces mêmes corps, membres de Jésus-Christ, sont également les temples de l'Esprit-Saint, celui-ci ne saurait être créature. Et, en effet, dès là que notre corps devient le temple de l'Esprit-Saint, nous devons rendre à cet Esprit le culte qui n'est dû qu'à Dieu, et que les Grecs nomment culte de latrie. Aussi saint Paul a-t-il raison d'ajouter: « Glorifiez donc Dieu dans votre corps (I Co VI, 19.1.20).



Saint Augustin. Source

 

Sainte-Trinite--miniature-des-Grandes-Heures-d-Anne-de-Bre.jpg

La Sainte Trinité, miniature des Grandes Heures d'Anne de Bretagne illustrées par Jean Bourdichon, XVIe siècle.

 

 

Sainte Trinité, Sanctuaire Mont Sacré de la Sainte Trinité de Ghiffa (Piémont, Italie)

 

 

La Sainte Trinité chez le Bienheureux Henri Suso († 1366)

 

"Écoute : un sage maître dit que Dieu, considéré selon sa divinité, est comme un très vaste cercle dont le centre est partout et la circonférence nulle part. Considère maintenant en imagination quelqu'un qui jette avec force une lourde pierre au milieu d'une eau tranquille; un cercle se forme dans l'eau et, par sa propre force, ce cercle en produit un autre, et celui-là un autre, et les cercles sont vastes et larges selon la puissance du premier jet; la puissance du jet pourrait être si grande qu'elle couvrirait toute l'eau. Vois sous l'image du premier cercle la puissance active de la nature divine dans le Père, qui est infinie; celle-ci, semblable à elle-même, engendre un autre cercle selon la personne, et c'est le Fils, et ces deux Personnes produisent la troisième, et c'est l'Esprit tout-puissant. Voilà ce que représentent les trois cercles : Père, Fils, Saint-Esprit." 

 

La comparaison est très répandue au Moyen-Âge. On la trouve dans des recueils où elle est attribuée à Empédocle. Elle a été reprise par saint Thomas (De verit., q. 2 art. 3, ad 11) et par saint Bonaventure (Itinéraires, V. 8). (Source: La Vie, L III, dans Le Bienheureux Henri SUSO, Œuvres traduites par Jeanne ANCELET-HUSTACHE, Les Maîtres de la Spiritualité chrétienne, Textes et études, Aubier, Paris 1943, p. 252 et 268.)

 

 

 

"Cet Un unique a trop d'opérations et trop de diversité, ou bien comment se peut-il faire qu'il soit Un et absolument simple avec tant de multiplicité ?

 

[...] Tout cette multiplicité est sans fond et sa base une simple unité (mêmes expressions chez Eckhart). [...] J'appelle fond la source et l'origine qui produit les diffusions. [...] C'est la nature et l'essence de la divinité; et dans cet abîme sans fond, la Trinité des Personnes reflue dans son unité, et là, toute multiplicité est en quelque sorte supprimée. [...]

Qu'est-ce donc qui lui donne la première impulsion de son opération ? [...] C'est sa force et sa puissance. [...] C'est la nature divine dans le Père." (Le Livre de la Vérité II, in Le Bienheureux Henri SUSO, Œuvres traduites par Jeanne ANCELET-HUSTACHE, Les Maîtres de la Spiritualité chrétienne, Textes et études, Aubier, Paris 1943, p. 279.)

 

"La foi en la Trinité n'enlève rien à la vérité du Dieu unique : au contraire, elle en met en évidence la richesse, le contenu mystérieux, la vie intime." (Jean-Michel Garrigues, Père, Fils et Esprit Saint, Catéchèses de Jean-Paul II sur la Trinité, Éditions Parole et Silence, 2000, p. 68.)

 

"La Sainte Trinité des personnes divines, c'est l'article fondamental de toute notre foi chrétienne... Sur cet article de la Trinité est fondée l'Incarnation... sur cet article est fondée la mission du Saint-Esprit, et sur celle-ci toute notre justification [passage de l'état de péché à l'état de grâce]...." (Saint François de Sales, cité in Aimé RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réforme, François-Xavier de Guibert, Paris 2013, p. 89.)

 

La Trinité nous a appris à penser la transcendance et la dialectique de l'un et du multiple, de l'individuel et du collectif, à partir de la grande synthèse permise par saint Augustin, puis saint Thomas d'Aquin entre l'héritage antique et le christianisme. 

 

Ainsi, dans notre civilisation, "les rois voulaient unir en respectant les traditions et les particularités locales, sans user de violence. Ils cherchaient à supprimer de façon graduelle, et tout en les tolérant d'abord, les frontières administratives, financières, douanières, etc., qui séparaient les diverses provinces de France. Les révolutionnaires, sans comprendre que la variété est une forme de la liberté, et peut-être la plus essentielle pour chacun, s'orientaient vers une unité dans l'uniformité. Le niveau, emblème de la Maçonnerie, correspondait à leur projet principal". (Bernard FAY, La Grande révolution 1715-1815, Le Livre contemporain, Paris 1959, p. 244.) 

 

Le mystère de la Trinité, trois personnes en une (Père, Fils et Saint-Esprit), l'unité dans la diversité, cet incompréhensible, a été pendant deux millénaires en Occident le modèle qui a imprégné notre mode de développement. Le mystère de la Trinité est l'antidote à l'unité dans l'uniformité, modèle jacobin hérité de 1789.

 

De même, dans le royaume du Christ, dans le christianisme, le développement personnel, le bonheur est individuel, il est laissé à notre libre arbitre, il dépend de nos choix personnels, de notre obéissance au commandements divins; il n'est pas garanti ici-bas sur terre et n'est pas obligatoire. Dans le projet jacobin maçonnique issu de 1789, au contraire, le bonheur est déclaré terrestre (marche vers le progrès); il est réalisé par des moyens humains et non plus divins, il est collectif et obligatoire. Holisme, marque de tous les gnosticismes et totalitarismes. 

Le premier dimanche après la Pentecôte est institué pour honorer la Très Sainte Trinité

 

Dans l'Église primitive, aucun office ou jour spécial n'était attribué à la Sainte Trinité.

 

Lorsque au IVe siècle, l'hérésie arienne se répandit, les Pères préparèrent un office avec des cantiques, des répons, une préface et des hymnes, à réciter le dimanche.

 

Dans le Sacramentaire de Saint Grégoire le Grand (PL, LXXVIII, 116) il y a des prières et la Préface de la Trinité. Les Micrologies (PL, CLI, 1020), rédigées sous le pontificat de Grégoire VII (Nille, II, 460), appellent le dimanche après la Pentecôte un Dominique vacans, sans Office spécial, mais ajoutent qu'en certains endroits on récite l'Office de la Sainte Trinité composée par l'évêque Étienne de Liège (903-20). Par d'autres l'Office était dit le dimanche avant l'Avent. Alexandre II (1061-1073), et non III (Nilles, 1. c.), a refusé une pétition pour une fête spéciale au motif qu'une telle fête n'était pas d'usage dans l'Église romaine qui honorait quotidiennement la Sainte Trinité par le Gloria, Patri, etc., mais il n'en interdisait pas la célébration là où elle existait déjà.

 

Jean XXII (1316-1334) a ordonné la fête pour toute l'Église le premier dimanche après la Pentecôte. Un nouvel office avait été créé par le franciscain John Peckham, chanoine de Lyon , plus tard archevêque de Cantorbéry (mort en 1292). La fête classée double de seconde classe, mais fut élevée à la dignité de primaire de première classe, le 24 juillet 1911, par Pie X (Acta Ap. Sedis, III, 351). Les Grecs n'ont pas de fête spéciale. Comme c'est après la première grande Pentecôte que la doctrine de la Trinité a été proclamée au monde, la fête suit convenablement celle de la Pentecôte. (Encyclopédie catholique, New Advent)

PRATIQUE.

Écoutons donc l'avertissement de l'apôtre Paul : "Ne contristez pas l'Esprit Saint de Dieu, qui vous a marqués de son sceau pour le jour de la Rédemption. (Ep 4,30). Laissons nous conduire par Lui. Il nous guide sur la "voie" qu'est le Christ vers la rencontre béatifiante avec le Père.

Jean-Michel Garrigues, Père, Fils et Esprit Saint, Catéchèses de Jean-Paul II sur la Trinité, Éditions Parole et Silence, 2000, p. 56-57.

Source image : Bible et Savoir https://www.youtube.com/watch?v=WXf3WgNGEOg

Source image : Bible et Savoir https://www.youtube.com/watch?v=WXf3WgNGEOg

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11 juin 2022 6 11 /06 /juin /2022 16:48

Vasiliki Plexida est une femme très posée et sérieuse. Elle est Sergent Chef dans l'armée grecque. Ce qu'elle a raconté semble tout à fait incroyable. Lors d'un accident d'hélicoptère le 19 avril 2017 à Sarantaporo, la Vierge Marie lui est apparue, l'a prise dans ses bras et l'a sauvée de la mort.

 

L'accident a été largement rapporté en Grèce. L'hélicoptère qui volait bas dans le brouillard a touché des câbles électriques et s'est écrasé. À ce moment, directement et inconsciemment, Vasiliki Plexida a invoqué l'aide de la Vierge Marie et a fait un signe de croix. Le siège de Vasiliki Plexida s'est catapulté à 20 m hors de l'hélicoptère au moment même où celui-ci touchait le sol, et a atterri sur un arbre. C'est ce qui lui sauva la vie.

 

Le ministère de la défense grecque annonça un deuil de trois jours pour la perte des quatre officiers des forces armées grecques.

 

Vasiliki (ou Vicky) a confirmé qu'un miracle de la Vierge Marie a eu lieu ce jour-là. Ella parla de sa foi profonde et de de sa relation étroite avec les religieuses du monastère de Panagia Evangelistria Akrotiriani à Serifos. 

 

L'hélicoptère UH1H aurait du exploser mais miraculeusement cela n'a pas eu lieu. Alors que les 4 autres passagers sont morts sur le coup à cause du choc ultra violent, Vasiliki Plexida a survécu et a guéri en un temps record. À l'hôpital, les médecins lui dirent qu'il lui faudrait des mois pour se rétablir, et Vasiliki se rétablit en deux semaines. Vasiliki déclara avoir très peu souffert car la Vierge Marie a pris ses douleurs. 

 

Pendant que l'hélicoptère tombait une femme vêtue de rouge est apparue à côté d'elle, Vasiliki a reconnu la Vierge Marie. Elle l'a attrapée par la chaise, enlevant non seulement le siège mais aussi le plancher de l'hélicoptère avec une précision chirurgicale (le siège la tient avec 1200 rivets, or pour l'enlever une main humaine a besoin de journées de travail avec des outils), elle est est passée à l'extérieur du reste de la cabine de l'hélicoptère (qui s'est écrasé). En fait, elle l'a exhortée à ne pas regarder l'épave pour des raisons évidentes de ne pas avoir peur, afin que tout se passe bien et qu'on vienne la retrouver. 

C'est l'employé de PPC (compagnie du réseau électrique) qui allant vérifier l'électricité des câbles coupés l'a retrouvée. En fait, Plexida a dit qu'elle se sentait au chaud et en sécurité en présence de la dame.

 

La femme vêtue de rouge lui demanda de diffuser la nouvelle pour renforcer la foi des gens dans le monde.

 

La Madone lui demandera de témoigner de ce miracle afin de renforcer la foi de tous pour les choses futures à venir.

 La Vierge Marie lui apparait lors d'un crash d'hélicoptère et la sauve de la mort
Monastère de Panagia Evangelistria Akrotiriani de Serifos

Monastère de Panagia Evangelistria Akrotiriani de Serifos

Icône de la Vierge de Panagia Akrotiriani de Serifos

Icône de la Vierge de Panagia Akrotiriani de Serifos

Vierge de Panagia Akrotiriani de Serifos (icône personnelle de Vasiliki Plexida)

Vierge de Panagia Akrotiriani de Serifos (icône personnelle de Vasiliki Plexida)

17 mois plus tard, la caméra de l'émission "Vertu et Courage" a rencontré Plexida, au Monastère de Panagia Akrotiriani à Serifos, dans cette belle île de la Mer Egée.

 

En 2020, Plexida a été fidèle à son vœu à Panagia Akrotiriani cette année également, en se rendant de nouveau à Serifos, pour remplir sa promesse à la Vierge.

 La Vierge Marie lui apparait lors d'un crash d'hélicoptère et la sauve de la mort
 La Vierge Marie lui apparait lors d'un crash d'hélicoptère et la sauve de la mort
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11 juin 2022 6 11 /06 /juin /2022 00:00
Saint Barnabé, apôtre (1er s.)

Saint Barnabé est qualifié du nom d'Apôtre, quoiqu'il ne fût pas du nombre des douze que Jésus avait choisis ; on lui a donné ce titre glorieux parce que le Saint-Esprit l'avait appelé d'une manière toute spéciale et qu'il eut une grande part, de concert avec les Apôtres, dans l'établissement du christianisme. 

Il était Juif, de la tribu de Lévi, et natif de l'île de Chypre ; son nom de Joseph lui fut changé par les Apôtres contre celui de Barnabé, qui signifie fils de consolation ou d'encouragement (Ac 4:36). C'est de lui dont parlent les Actes des Apôtres qui évoquent celui qui vend son champ et en apporte la somme aux Apôtres (Ac. 4:36-37). Il avait été ami d'enfance de saint Paul et a peut-être été, comme Paul, disciple de Gamaliel à Tarse. Après l'étonnante conversion de cet Apôtre, Barnabé présenta Paul à Pierre, le chef de l'Église de Jérusalem, qui se méfiait encore de son ancien persécuteur (Ac. 9:27).

Envoyé à Antioche de Syrie, capitale de la Syrie et troisième ville de l'empire (la ville antique fondée par Séleucos Ier, successeur d'Alexandre le Grand en Syrie), il vit tant de bien à faire, qu'il appela Paul à son secours, ce dernier se trouvant alors à Tarse où celui-ci s'était retiré. Il passa une année entière avec lui, se consacrant à l'évangélisation de cette ville importante, dans l'Église de laquelle Barnabé était connu comme prophète et docteur (Ac 13, 1) et où la foi prenait de grands accroissementsAinsi, au moment des premières conversions des païens, Barnabé a compris qu'il s'agissait de l'heure de Saul. En ce moment important, il a comme restitué Paul à l'Église; il lui a donné, en ce sens, l'Apôtre des nations

En réalité, il s'agit d'un voyage missionnaire de Barnabé, qui était le véritable responsable, et auquel Paul se joignit comme collaborateur, touchant les régions de Chypre et de l'Anatolie du centre et du sud (dans l'actuelle Turquie), et se rendant dans les villes d'Attalia, Pergé en Pamphylie (Ac 13:13), Antioche de Pisidie, Iconium (Konya), Derbe, qui entendirent leur parole éloquente, furent témoins de leurs miracles et, sous leurs pas, la foi se répandit avec une rapidité prodigieuse. À Lystre en Lycaonie (Ac 13, 14), ils furent pris pour des dieux : Barnabé fut pris pour Zeus et Paul pour Hermès. Belle indication qui nous permet de deviner la stature physique de ces apôtres: Barnabé devait être de stature imposante, Hermès (Paul) paraissant plus petit à ses côtés !  

Saint Barnabé soignant les pauvres, par Véronèse, Musée des beaux-arts de Rouen

Saint Barnabé soignant les pauvres, par Véronèse, Musée des beaux-arts de Rouen

Barnabé se rendit ensuite avec Paul au Concile de Jérusalem (49 ap. J.-C.), où, après un examen approfondi de la question, les Apôtres et les Anciens décidèrent de séparer la pratique de la circoncision de l'identité chrétienne (Ac 15, 1-35). C'est ainsi qu'ils ont rendu officiellement possible l'Église des païens, une Église sans circoncision: nous sommes les fils d'Abraham simplement par notre foi dans le Christ.

Barnabé et Paul eurent ensuite un litige, au début du deuxième voyage missionnaire, car Barnabé était de l'idée de prendre Marc (Jean surnommé "Marc" ou "Jean-Marc")  comme compagnon, alors que Paul ne voulait pas, ce jeune homme les ayant quittés au cours du précédent voyage (Ac 13, 13; 15, 36-40). Ils se séparèrent donc et formèrent deux équipes. Paul et Silas partirent pour la Lycaonie, tandis que Barnabé et Marc s'en allèrent évangéliser Chypre (Ac 15:36-40).

Entre les saints, il existe donc aussi des contrastes, des discordes, des controverses. Et cela m'apparaît très réconfortant, écrit Benoît XVI dans l'Audience générale du 31 janvier 2007, car nous voyons que les saints ne sont pas "tombés du ciel". Ce sont des hommes comme nous, également avec des problèmes compliqués. La sainteté ne consiste pas à ne jamais s'être trompé, à n'avoir jamais péché. La sainteté croît dans la capacité de conversion, de repentir, de disponibilité à recommencer, et surtout dans la capacité de réconciliation et de pardon. Ainsi Paul, qui avait été plutôt sec et amer à l'égard de Marc, se retrouve ensuite avec lui. Dans les dernières Lettres de saint Paul, à Philémon et dans la deuxième à Timothée, c'est précisément Marc qui apparaît comme "mon collaborateur". Ce n'est donc pas le fait de ne jamais se tromper, mais la capacité de réconciliation et de pardon qui nous rend saint. Et nous pouvons tous apprendre ce chemin de sainteté.

Quoi qu'il en soit, Barnabé, avec Jean-Marc, repartit vers Chypre (Ac 15, 39) autour de l'année 49. On perd ses traces à partir de ce moment-là. Tertullien lui attribue la Lettres aux Hébreux, ce qui ne manque pas de vraisemblance car, appartenant à la tribu de Lévi, Barnabé pouvait éprouver de l'intérêt pour le thème du sacerdoce. (2)

Selon des traditions plus tardives et moins sûres, Barnabé se serait rendu dans l'île de Chypre d'où il était originaire pour l'évangéliser. (3) Il serait mort martyrisé près de Salamine, lapidé (4) et brûlé (5) vers l'an 60, par des juifs excités et jaloux des conversions qu'il suscitait. (6)

 

Sources: (1); (2) Benoît XVI, Audience générale du 31 janvier 2007 3 ; (4) Alexandre de Chypre, Laudatio Barnabae, 539-541, éd. Peter Van Deun, CCSG 26, p. 105-106 ; (5) Actes de Barnabé, 23, trad. Enrico Norelli, dans Écrit Apocryphes Chrétiens t.2, Gallimard, 2005, p. 641, le texte n'est pas clair pour savoir si le corps a été brûlé une fois mort ou encore vivant; (6) Missel du Dimanche 2018, Nouvelle Traduction liturgique, Année B, Bayard Éditions, Lonrai 2017, p. 481

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10 juin 2022 5 10 /06 /juin /2022 00:00
Saint Landry, Évêque de Paris († 656)

Évêque de Paris, saint Landry n'eut de cesse d'aider les plus démunis. Lors des famines, il vendait tous ses biens jusqu'aux objets liturgiques pour acheter un peu de pain et le redistribuer.

Parce que les maladies faisaient de nombreux morts et se transformaient souvent en épidémies, il eut l'idée de regrouper tous les malades pour mieux les soigner et ne pas contaminer le reste de la population : le premier hôtel-Dieu était créé.

Il semble avoir été avant son épiscopat fonctionnaire à la chancellerie du roi Clovis II (639-657).

Selon le Martyrologue romain : "Pour venir en aide aux miséreux lors d'une famine, il vendit, rapporte-t-on, les vases sacrés et construisit un hospice près de la cathédrale."  

 

Sources : 1, 2, 3, 4Missel des dimanches 2022, Année C, Nouvelle traduction du Missel romain, p. 485.

 

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9 juin 2022 4 09 /06 /juin /2022 23:00
Sainte Olive (Olivia), martyre (9ème s.)

Jeune fille de Palerme, déportée par les Sarrasins à l'âge de 13 ans, abandonnée en forêt, puis mise à mort au IXème siècle à Tunis, en provoquant la conversion de ses bourreaux.(1)

Elle fut prise par des pirates et emmenée à Tunis. Quand ils apprirent qu'elle était de sang royal, ils l'épargnèrent, la laissant dans un forêt pour que ce soient les bêtes sauvages qui la tuent. Elles la protégèrent et le gouverneur la ramena dans sa prison, la soumit à de dures tortures et, pour s'en débarrasser, il n'eut d'autres solutions que de la faire décapiter. Chose étonnante, la légende ajoute qu'il y eut à Tunis une "mosquée d'Olive".(2)

 

A ne pas confondre avec Sainte Olive, martyre à Brescia (IIe siècle).

 

Sources : (1) L'Evangile au quotidien, (2) Nominis

 

Autres saints martyrs de musulmans : Saints Rodrigue et Salomon, martyrs (+ 857) ; Saints Nathalie, Aurèle et leurs compagnons, martyrs (+ 852) ; Saint Parfait de Cordoue, prêtre et martyr (+ 850) ; Saintes Flora et Maria, martyres († 851)

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Publié par Ingomer - dans Saints du jour Religion
9 juin 2022 4 09 /06 /juin /2022 00:00
Bienheureuse Diane d'Andalo, moniale († 1236)

Diane d'Andalo (1201-1236) est une moniale dominicaine, fondatrice d'un couvent de Dominicaines en Italie et Bienheureuse de l'Église catholique.

 

Elle est fêtée le 10 juin ou localement le 9 juin. (1)

 

Le martyrologe romain la fête le 10 juin. (2)

 

Martyrologe Romain : À Bologne en Émilie, l’an 1236, la bienheureuse Diane d’Andalo, vierge, qui dut surmonter tous les empêchements que mettait sa famille, avant de consacrer, entre les mains même de saint Dominique, sa volonté de vivre dans le cloître, et d’entrer au monastère de Sainte-Agnès, qu’elle avait elle-même fondé. (3)

 

Un chroniqueur contemporain disait d'elle : "Attirée par l'Esprit-Saint, elle avait commencé à mépriser les pompes et les vanités du monde, et à rechercher de plus en plus les entretiens spirituels des Frères Prêcheurs."

 

En 1221, Diane, qui connaissait et révérait déjà profondément saint Dominique, lui demanda de l'aider à fonder une maison de moniales, sur le modèle de Notre-Dame de Prouille, qu'il avait déjà fondé. Celui-ci réfléchit et pria longuement avant de déclarer à sa communauté : "Mes frères, il nous faut bâtir à tout prix un monastère de Sœurs, lors même que nous devrions interrompre la construction de notre propre couvent." Comme il devait quitter Bologne dans les jours suivants, il confia cette charge à quatre Pères dominicains : frère Paul de Hongrie, frère Guala depuis évêque de Brescia, frère Ventura de Vérone, et frère Rodolphe de Faenza. Malgré de nombreuses difficultés, luttant contre les réticences toujours violentes de sa famille, mais avec l'appui de Jourdain de Saxe, Diane fonda, le 13 mai 1223, le couvent des Dominicaines de Sainte Agnès à Bologne. Elle en fut la supérieure jusqu'à sa mort, à trente-cinq ans, le 10 juin 1236.

Sources: 123, 4  

 

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8 juin 2022 3 08 /06 /juin /2022 18:02

Des microplastiques provenant de masques ont été trouvés profondément dans les poumons des patients - quelles seront les conséquences sur la santé ?

Les chercheurs ont trouvé 39 types de microplastiques dans les échantillons pulmonaires chirurgicaux de 11 des 13 personnes. Il s'agissait de 12 espèces que l'on trouve couramment dans les bouteilles en plastique, la ficelle, les vêtements et les masques chirurgicaux.

Un spécialiste des respirateurs affirme que les masques chirurgicaux ne répondent pas à la définition légale d'un masque, mais sont plutôt des "barrières respiratoires". Il a souligné qu'ils excrètent des microplastiques suffisamment petits pour être inhalés.

Une analyse des données des cas, des hospitalisations et des décès au Kansas a révélé que les comtés avec des exigences de masque avaient un taux de mortalité plus élevé que ceux qui n'en avaient pas.

Après inhalation ou ingestion, les microplastiques peuvent pénétrer dans la circulation sanguine sous forme de particules suffisamment petites pour traverser les barrières membranaires. On le trouve également dans les premières selles d'un nourrisson, suggérant une exposition maternelle ; dans une étude animale, des particules de nanopolystyrène ont été trouvées dans le cerveau fœtal, le foie, les reins et les tissus pulmonaires 24 heures après l'exposition maternelle.

De minuscules morceaux de plastique de la taille d'une graine de sésame ou plus petits sont partout. Dans les gros titres, les sacs, bagues et bouteilles en plastique intacts sont souvent présentés comme la principale menace environnementale - et ils sont en effet nocifs pour la vie marine et plus encore - mais les microplastiques plus petits et plus insidieux sont potentiellement encore plus nocifs. Dans une étude britannique, des microplastiques ont été trouvés dans les poumons de 11 patients sur 13.

 

En 2013, 299 millions de tonnes de plastique ont été produites dans le monde, dont une grande partie s'est retrouvée dans les océans, constituant une menace pour la faune et l'environnement. Ce nombre est passé à 418 millions de tonnes d'ici 2021. En 2018, les États-Unis ont produit à eux seuls 35,7 millions de tonnes de plastique et envoyé 27 millions de tonnes en décharge, ce qui représente 18,5 % de tous les déchets solides municipaux.

 

Les produits chimiques présents dans les produits en plastique sont connus pour agir comme des perturbateurs endocriniens. Ces produits chimiques ont une structure similaire aux hormones sexuelles naturelles et interfèrent avec le fonctionnement normal de ces hormones dans votre corps. Cela pose un problème particulier pour les enfants qui grandissent et se développent encore.

 

Le prix que la société paie pour l'utilisation omniprésente et la prolifération des particules de plastique n'a pas encore été quantifié. Il est prouvé que l'exposition à long terme à des produits chimiques perturbateurs endocriniens tels que les phtalates présente un risque important pour la santé et la fertilité.

 

La quantité de plastique qui pénètre dans l'environnement augmente chaque année, car les fabricants continuent de produire des produits dans des contenants à usage unique et les consommateurs continuent d'exiger des modes de vie jetables. À une époque où des groupes de défense avertissent que le plastique tombe du ciel et est devenu une tragédie mondiale, la pandémie de COVID-19 a exacerbé le problème du plastique.

 

Une étude révèle des microplastiques dans les poumons de 11 patients sur 13

 

Des décennies de recherche ont montré que les humains respirent des microparticules provenant de la pollution de l'air et les ingèrent également par la nourriture et l'eau. Une étude d'autopsie de 2021 a trouvé des microplastiques chez 13 des 20 personnes examinées, et il y a plus de 20 ans, une étude américaine sur le cancer du poumon de 1998 a trouvé du plastique et des fibres dans 99 des 114 échantillons de poumons examinés.

 

Selon le Natural History Museum, les microplastiques mesurent moins de 5 millimètres. Vous décrivez les microplastiques comme "l'une des plus grandes catastrophes d'origine humaine de notre époque". Bien qu'il existe des utilisations industrielles des microplastiques, la plupart surviennent lorsqu'ils se détachent des produits en plastique plus gros dans l'environnement.

 

Les microplastiques primaires sont produits en petites quantités à des fins industrielles, par ex. B. dans les sableuses, les cosmétiques ou les vêtements en microfibre. Les microplastiques secondaires se forment à la suite de la décomposition de produits en plastique plus gros exposés à des facteurs de stress environnementaux.

 

Une équipe de scientifiques de la Hull York Medical School a étudié les effets de l'inhalation de microplastiques sur les tissus humains. Des fibres synthétiques ont été trouvées dans les tissus pulmonaires lors de recherches antérieures, mais les chercheurs ont écrit qu'il n'existe aucune étude solide confirmant la présence de microplastiques dans les tissus pulmonaires. Dans la présente étude, des tissus pulmonaires humains de 13 patients ayant subi une chirurgie pulmonaire ont été examinés.

 

Une contamination microplastique a été retrouvée chez 11 des 13 patients. L'équipe a trouvé 39 parties dans 11 échantillons de tissus pulmonaires. Laura Sadofsky, professeure agrégée et chercheuse principale de l'étude, a commenté l'importance des résultats :

 

Des microplastiques ont déjà été trouvés dans des échantillons d'autopsie de cadavres humains - il s'agit de la première étude solide montrant des microplastiques dans les poumons de personnes vivantes. Cela montre également qu'ils se trouvent dans les parties inférieures des poumons. Parce que les voies respiratoires dans les poumons sont très étroites, personne n'aurait pensé que les microplastiques pourraient y arriver, mais c'est clairement le cas.

 

Ces données représentent une avancée importante dans le domaine de la pollution de l'air, des microplastiques et de la santé humaine. La caractérisation des types et des quantités de microplastiques que nous avons trouvés peut désormais fournir des conditions réalistes pour les tests d'exposition en laboratoire afin de déterminer les effets sur la santé.

Les auteurs de l'étude ont découvert que les sujets transportaient 12 types de microplastiques "qui ont de nombreuses utilisations et se retrouvent couramment dans les emballages, les bouteilles, les vêtements, les cordes/ficelles et de nombreux procédés de fabrication". De plus, les patients masculins avaient des niveaux significativement plus élevés de microplastiques que les femmes."

 

Un autre résultat inattendu était qu'un plus grand nombre de microplastiques ont été trouvés dans les parties inférieures des poumons. Les types de microplastiques les plus courants étaient le polypropylène (PP) et le polyéthylène téréphtalate (PET). Ce résultat indique l'utilisation omniprésente récente des masques chirurgicaux bleus pendant la pandémie, car le PP est le composant plastique le plus couramment utilisé dans ces masques.

 

Un expert dit: le masque facial COVID n'est pas un masque

 

Une étude publiée en 2021 a examiné les risques liés au port de masques chirurgicaux bleus et à l'inhalation de microplastiques. Les chercheurs ont découvert que la réutilisation des masques pouvait augmenter le risque d'inhalation de particules microplastiques et que les respirateurs N95 avaient la plus faible quantité de microplastiques libérés par rapport à l'absence de masque.

 

Les masques chirurgicaux, les masques en coton, les masques de mode et les masques au charbon actif présentent un risque plus élevé d'inhalation de microplastiques.Cependant, selon Chris Schaefer, spécialiste des respirateurs et expert en formation, les masques utilisés par des millions de personnes dans le monde ne sont pas de vrais masques du tout.

 

Schaefer les qualifie de "barrières respiratoires" car elles "ne répondent pas à la définition légale" d'un masque. Il a insisté sur le fait que les masques chirurgicaux utilisés par les consommateurs au Canada, aux États-Unis et dans le monde émettent des microplastiques suffisamment petits pour être inhalés.

 

Un masque [approprié] a spécialement fait des trous de respiration devant la bouche et le nez qui permettent une respiration facile et sans effort. Une barrière respiratoire est fermée sur la bouche et le nez. Cela emprisonne le dioxyde de carbone que vous expirez et vous oblige à le respirer à nouveau, ce qui entraîne une réduction de l'oxygène que vous respirez et un excès de dioxyde de carbone. Il n'est donc pas sûr de les porter.

 

Il encourage les gens à en couper un et à regarder les fibres lâches qui peuvent facilement se détacher du produit.

 

La chaleur et l'humidité qu'il absorbe provoquent la dégradation et le rétrécissement des fibres. Les gens respirent définitivement [particules microplastiques]. J'ai beaucoup écrit sur les dangers de ces barrières respiratoires au cours des deux dernières années, j'ai parlé à des scientifiques [et à d'autres] personnes au cours des deux dernières années des personnes qui respirent les fibres.

 

Si vous avez l'impression d'avoir des poils de chat ou toute sorte d'irritation dans la gorge après les avoir portés. Cela signifie que vous avez inhalé les fibres.

Il a poursuivi en disant que toute personne qui entre en contact avec ces fibres au travail doit porter une protection. Au lieu de cela, les gens utilisent des produits qui augmentent le risque d'inhaler des fibres qui se décomposent en très petits morceaux, et ce que cela signifie pour la fonction pulmonaire des gens - ainsi que la surcharge toxique de leur corps - nous le saurons probablement dans quelques années .

 

Les masques faciaux augmentent également le nombre de morts du COVID-19

 

Le médecin allemand Dr. Zacharias Fögen a publié une étude dans la revue Medicine dans laquelle il a analysé les données de différents comtés du Kansas et comparé les zones avec et sans masque facial.

 

Il a constaté que le port du masque obligatoire augmentait le taux de mortalité de 85 %. Le taux de mortalité est resté 52% plus élevé dans les comtés avec masquage obligatoire, même lorsque des facteurs de confusion ont été inclus dans l'analyse. Fögen écrit qu'une analyse plus approfondie des données a montré que 95% de l'effet "n'est dû qu'au COVID-19, donc ce n'est pas du CO2, des bactéries ou des champignons sous le masque".

 

Il a surnommé cela l'effet Fögen, qui fait référence à la réinhalation de particules virales piégées dans des gouttelettes et déposées sur le masque, aggravant les résultats. Il écrit:

 

La principale conclusion de cette étude est que contrairement à la croyance populaire selon laquelle moins de personnes meurent parce que les masques réduisent le taux d'infection, ce n'était pas le cas. Les résultats de cette étude suggèrent fortement que l'exigence de masque a en fait causé environ 1,5 fois plus de décès ou environ 50 % de décès en plus par rapport à l'absence d'exigence de masque.

 

L'exigence de masque elle-même a augmenté le CFR (taux de létalité) de 1,85 / 1,58, ou de 85% / 58% dans les comtés avec une exigence de masque. Il a également constaté que presque tous ces décès supplémentaires étaient uniquement dus au COVID-19. Cette étude suggère que le port de masques faciaux peut poser un risque majeur pour les individus qui n'est pas atténué en réduisant le taux d'infection.

L'utilisation de masques faciaux pourrait donc être inappropriée, voire contre-indiquée, en tant qu'intervention épidémiologique contre le COVID-19.

 

Fögen mentionne deux autres grandes études qui sont parvenues à des conclusions similaires sur les taux de mortalité. Le premier, publié dans la revue Cureus, n'a trouvé aucune association entre le nombre de cas et l'observance du masque en Europe, mais une association positive entre les décès et l'observance du masque.

 

La deuxième étude, publiée dans la revue PLOS One, a trouvé un lien entre les résultats COVID négatifs et les exigences de masque chez 847 000 personnes dans 69 pays. Les chercheurs ont estimé que la levée de l'exigence de masque pourrait réduire le nombre de nouveaux cas sans affecter les hospitalisations et les décès.

 

Les plastiques provoquent des dommages cellulaires et la mort cellulaire

 

Des recherches antérieures ont mis en évidence l'impact des microplastiques sur l'environnement, la faune et la santé humaine. Cependant, de nombreuses études n'ont pas réussi à établir un lien entre la consommation ou l'inhalation de microplastiques et la maladie. Au lieu de cela, ils soulignent les lacunes de la recherche et recommandent une enquête plus approfondie.

 

Un article publié en avril 2022 offre des indices sur les raisons pour lesquelles ces données sont incohérentes. Les données de laboratoire ont révélé pour la première fois que les microplastiques endommagent les cellules humaines dans une mesure pertinente par rapport au nombre de particules ingérées ou inhalées par les humains.

 

L'étude était une analyse de méta-régression des effets toxicologiques sur les cellules humaines à travers 17 études comparant la quantité de microplastiques causant des dommages cellulaires. Les chercheurs ont découvert que ce sont les microplastiques de forme irrégulière qui endommagent les cellules, plutôt que les microplastiques sphériques généralement utilisés dans les expériences de laboratoire.

 

Cela suggère que les données de laboratoire antérieures utilisant des microplastiques sphériques peuvent ne pas refléter pleinement les dommages que les microplastiques causent à la santé humaine. Evangelos Danopoulos de la Hull York Medical School au Royaume-Uni, qui a dirigé l'étude, a expliqué pourquoi la recherche se développe : "Elle explose et avec raison. Nous sommes quotidiennement exposés à ces particules : nous les mangeons, nous les respirons. Et nous ne savons pas vraiment comment ils réagissent avec notre corps une fois qu'ils sont à l'intérieur.

 

Où va la pollution plastique dans votre corps ?

 

Les chercheurs ont découvert que de minuscules microplastiques ne se déposent pas seulement dans les poumons et les intestins, mais peuvent également nager dans le sang. Des chercheurs des Pays-Bas ont examiné des échantillons de 22 volontaires sains et ont trouvé des particules de plastique dans 77 % des échantillons. Ces particules avaient une taille de 700 nanomètres ou plus, une taille qui peut être absorbée à travers les membranes.

 

Certains échantillons contenaient jusqu'à trois types de plastique différents. L'auteur de l'étude a déclaré au Guardian : "Notre étude est la première preuve que nous avons des particules de polymère dans notre sang - c'est une découverte révolutionnaire. Mais il faut élargir la recherche et augmenter la taille des échantillons, le nombre de polymères étudiés, etc.

 

Les chercheurs écrivent que la localisation de ces particules de plastique dans le corps doit également être étudiée plus avant. Ils ont expliqué qu'il est "scientifiquement plausible" que les particules de plastique soient transportées vers les organes via la circulation sanguine, par exemple sur la base de données montrant que des billes de polystyrène de 50, 80 et 240 nm et du polypropylène de taille micro peuvent pénétrer dans le placenta humain.

 

Une fois que ces particules microplastiques ont traversé la barrière placentaire, elles se retrouvent dans les premières matières fécales d'un nouveau-né. Cela signifie qu'ils voyagent du sang du nourrisson vers les intestins. Une étude pilote publiée en 2021 a examiné l'étendue de l'exposition humaine aux microplastiques et a révélé que le polyéthylène téréphtalate (PET) microplastique a été trouvé dans des échantillons de méconium, les premières selles d'un bébé.

 

La quantité de PET dans les selles des nourrissons était 10 fois plus élevée que dans les échantillons d'adultes, ce qui suggère que les nourrissons ont du plastique dans leur corps qui a été ingéré par la mère. Comment cela affectera la santé humaine à l'avenir est toujours à l'étude. Une étude animale a montré que des particules de nanopolystyrène pouvaient être détectées dans le placenta et dans le cerveau, les poumons, le foie, le cœur et les reins du fœtus dès 24 heures après l'exposition maternelle par inhalation.

 

Il semble que l'inhalation ou la consommation de microplastiques permette aux microparticules de pénétrer dans la circulation sanguine et donc dans les organes vitaux. Alors que les chercheurs ont démontré que les microplastiques de forme irrégulière trouvés dans l'environnement endommagent et tuent les cellules, les effets à long terme sur la maladie ne sont pas encore connus. Cependant, vous pouvez être sûr que les dommages cellulaires et la mort cellulaire ne sont pas sans conséquences.

 

Sources:

 

1, 14 Science de l'environnement total, 2022 ; 831(2)

2, 17, 20, 21, 22, 23 Western Standard, 17 avril 2022

3 Coastal Care, novembre 2019

4 Notre monde dans les données, la pollution plastique

5 Environmental Protection Agency, Plastics: Material Specific Data, Overview

6 Endocrine Society, 5 décembre 2020

7 Rapports scientifiques, 2018 ; 8(6086)

8 Scientific American, 11 juin 2020

9 Centre pour la diversité biologique, Pollution plastique des océans

10 Journal des matières dangereuses, 2021;416(124126)

11 Épidémiologie du cancer, biomarqueurs et prévention, 1998 ; 7(5)

12 Muséum d'histoire naturelle, 21 janvier 2020

13 National Geographic, microplastiques

15, 16 École de médecine de Hull York, 6 avril 2022

18, 19 Journal des matières dangereuses, 2021 ; 411

24 Médecine, 2022;101(7)

25 Le sceptique quotidien, 2 mai 2022

26 Médecine, 2022;101(7) 4

27 Cureus, 2022;14(4)

28 PLOS|One, 2021, doi.org/10.1371/journal.pone.0252315

29 Alimentation, santé et environnement, 2018 ; 5:375

30 Journal des matières dangereuses, 2021 ; 127861

31 Le Gardien, 8 décembre 2021

32 Environnement International 2022 ; doi.org/10.1016/j.envint.2022.107199 3.2

33 Le Gardien 24 mars 2022

34 Environnement International, 2022 ; doi.org/10.1016/j.envint.2022.107199 3.3 Devenir biologique du plastique ?

35 Lettres environnementales et lettres technologiques, 2021 ; doi.org/10.1021/acs.estlett.10c00559

36 Toxicologie des particules et des fibres, 2020;17(55)

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8 juin 2022 3 08 /06 /juin /2022 15:51

Une info ce jour sur Dailymail titre : ''Des jeunes en bonne santé meurent subitement de manière inattendue d'un mystérieux syndrome - alors que les médecins cherchent des réponses via un nouveau registre national''. Bien sûr aucun lien n'est fait avec la ''vaccination'' Covid.

Des jeunes en bonne santé meurent subitement et de manière inattendue d'un mystérieux syndrome - alors que les médecins cherchent des réponses via un nouveau registre national

Les personnes âgées de moins de 40 ans invitées à aller faire vérifier leur cœur

Peuvent potentiellement être à risque d'avoir le syndrome de mort subite de l'adulte (SADS)

SADS est un "terme générique pour décrire les décès inattendus chez les jeunes"

Une femme de 31 ans décédée dans son sommeil l'année dernière pourrait avoir eu des TAS

 

SOURCE : https://www.dailymail.co.uk/news/article-10895067/Doctors-trying-determine-young-people-suddenly-dying.html?ito=social-twitter_mailonline

 

Les personnes âgées de moins de 40 ans sont invitées à faire contrôler leur cœur, car elles pourraient être exposées au syndrome de mort subite des adultes. 

 

Le syndrome, connu sous le nom de SADS, a été mortel pour toutes sortes de personnes, qu'elles maintiennent ou non un mode de vie sain et en forme.

 

Le SADS est un "terme générique pour décrire les décès inattendus chez les jeunes", a déclaré le Royal Australian College of General Practitioners, survenant le plus souvent chez les personnes de moins de 40 ans.

 

Le terme est utilisé lorsqu'une autopsie ne peut pas trouver une cause évidente de décès.

 

La Fondation SADS basée aux États-Unis a déclaré que plus de la moitié des 4 000 décès annuels SADS d'enfants, d'adolescents ou de jeunes adultes présentent l'un des deux principaux signes avant-coureurs.

 

Ces signes incluent des antécédents familiaux de diagnostic de SADS ou de mort subite inexpliquée d'un membre de la famille, et des évanouissements ou des convulsions pendant l'exercice, ou lorsqu'ils sont excités ou surpris, a rapporté news.com.au.

 

Le Baker Heart and Diabetes Institute de Melbourne développe le premier registre SADS du pays.

 

"Il y a environ 750 cas par an de personnes âgées de moins de 50 ans à Victoria dont le cœur s'arrête soudainement (arrêt cardiaque)", a déclaré un porte-parole.

 

"Parmi ceux-ci, environ 100 jeunes par an n'auront aucune cause trouvée même après des investigations approfondies telles qu'une autopsie complète (phénomène SADS)."

 

La cardiologue et chercheuse, le Dr Elizabeth Paratz, a déclaré: "Le registre de Baker était le premier du pays et l'un des rares au monde à combiner des informations sur les ambulances, les hôpitaux et la médecine légale."

 

"(Cela vous permet de voir) que des personnes ont eu un arrêt cardiaque et qu'aucune cause n'a été trouvée à l'arrière", a déclaré le Dr Paratz.

 

Elle pense que le manque potentiel de sensibilisation peut être dû au fait que "beaucoup de choses se déroulent en dehors des contextes médicaux traditionnels".

 

"La majorité de ces événements SADS, 90%, se produisent en dehors de l'hôpital – la personne ne s'en sort pas – c'est donc en fait le personnel ambulancier et la médecine légale qui s'occupent de la majeure partie de ces patients", a déclaré le Dr Paratz.

 

"Je pense que même les médecins le sous-estiment. Nous ne voyons que les 10 % qui survivent et arrivent à l'hôpital. Nous ne voyons nous-mêmes que la pointe de l'iceberg."

 

Pour la famille et les amis des victimes, le SADS est une "entité très difficile à saisir" car c'est un "diagnostic de rien", a ajouté le Dr Paratz.

 

Le Dr Paratz a déclaré que du point de vue de la santé publique, la lutte contre le SADS n'était "pas aussi simple que de faire passer un test de dépistage génétique à tous les Australiens", car les scientifiques ne savent toujours pas à 100 % "quels sont les gènes responsables".

 

"Le meilleur conseil serait que si vous avez vous-même un parent au premier degré – un parent, un frère, une sœur, un enfant – qui a eu une mort inexpliquée, il est extrêmement recommandé de consulter un cardiologue", a-t-elle déclaré.

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8 juin 2022 3 08 /06 /juin /2022 00:00
Saint Médard de Noyon, évêque († 560)

Saint Médard, l'un des plus célèbres pontifes de l'Église de France au VIème siècle, naquit vers l'an 457, à Salency, en Picardie, de parents profondément chrétiens. Dieu les bénit en leur donnant pour fils deux futurs saints évêques, Médard et Gildard.

La jeunesse de Médard fut remarquable par sa grande compassion pour les pauvres et les malheureux; il s'assujettissait à des jeûnes rigoureux, afin de leur distribuer sa nourriture. Un jour, il rencontra un mendiant aveugle qui était presque nu; il se dépouilla de son habit pour l'en revêtir; et comme on lui demandait ce qu'il en avait fait, il dut répondre qu'il l'avait donné à un pauvre aveugle dont la misère l'avait touché. 

Un autre jour, son père, revenant de la campagne avec un grand nombre de chevaux, le chargea de les conduire dans un pré et de les y garder en attendant l'arrivée de ses domestiques. Tout à coup Médard aperçut un villageois chargé de harnais qu'il portait à grand-peine: "Eh! mon ami, lui dit l'enfant, pourquoi vous chargez-vous d'un si pesant fardeau? -- C'est, répondit le paysan, que mon cheval vient de périr par accident; j'emporte ses harnais, mais sans espoir de pouvoir acquérir un autre cheval." L'enfant, ému de compassion, prit un des chevaux confiés à sa garde et le força de l'emmener. Le Ciel témoigna par un prodige combien cet acte de charité Lui était agréable; car, après que Médard eu rendu compte à son père de son action, on trouva le nombre des chevaux complet.

De plus, tous les gens de la maison virent un aigle couvrir Médard de ses ailes pendant une grosse pluie qui était tout à coup survenue. La vie de l'étudiant et du prêtre répondit à de si admirables commencements; toutes les oeuvres de zèle auxquelles peut se livrer un ministre des âmes lui étaient connues et familières.

Saint Médard de Noyon, évêque († 560)

En 530, il fut élu évêque et sacré par saint Rémi. La dignité épiscopale ne lui fit rien retrancher de ses pénitences. On vit ce saint vieillard, à l'âge de soixante-douze ans, parcourir les villages, les bourgs et les hameaux, prêchant, consolant son peuple, administrant les sacrements avec un zèle infatigable. Il étendit le règne de la foi en quelques parties de son diocèse demeurées païennes; et, par ses travaux comme par ses miracles, il eut la douce joie de sauver un grand nombre d'âmes.

 

C'est de sa main que la reine Radegonde reçut le voile de religieuse.

Enfin Médard, âgé de quatre-vingt-sept ans, plus chargé encore de vertus et de mérites que d'années, rendit son âme au Créateur, en l'an 545.

Sources : (1) ; (2) ; (3) ; (4) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 144.

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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 07:05

Reconnaissance faciale Trudeau pour les voyages

Le gouvernement Trudeau a collaboré avec les principales compagnies aériennes canadiennes pour introduire officiellement l’identification numérique, la reconnaissance faciale et les documents de voyage biométriques dans le transport aérien d’ici 2023.

 

La proposition a été présentée sous le couvert de la protection du Canada contre les terroristes en améliorant le Programme de protection des passagers (PPP).

 

L’introduction d’une identité numérique permanente pour les voyages intervient après que le gouvernement Trudeau a adhéré au programme d’identité numérique du Forum économique mondial, appelé « Known Traveller Digital Identity » (KTDI), qui prévoit un système de crédit social pour les voyages.

 

Par Keean Bexte, TheCounterSignal.com | Nouveau Monde

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6 juin 2022 1 06 /06 /juin /2022 08:15

Source: Alex Berenson | UncutNews

 

 

Par Alex Berenson: ancien journaliste au New York Times, il est l'auteur de 13 romans, de trois essais et de la brochure Vérités non rapportées (Unreported Truths). Son dernier livre, PANDEMIA, sur le coronavirus et notre réponse à celui-ci, a été publié le 30 novembre.

 

La mortalité toutes causes confondues monte en flèche – exactement comme prévu, trois mois après le rappel d'ARNm – et en particulier chez les personnes âgées, le groupe le plus vacciné. Il devient de plus en plus difficile de considérer cela comme une coïncidence.

 

Quelques mois seulement après une hausse énorme et inexpliquée des taux de mortalité à l'automne 2021, de nombreux pays d'Europe occidentale connaissent de nouveau une augmentation.

 

L'augmentation concerne également certains décès liés au Covid, mais ne se limite pas à eux. Dans plusieurs pays, les taux de mortalité sont désormais supérieurs de plus de 15 % à la normale, ce qui est extrêmement inhabituel, d'autant plus que les démographes s'attendaient à une baisse des taux de mortalité lorsque le Covid diminuerait.

 

La poussée de l'automne dernier est survenue quelques mois après la vaccination quasi universelle contre le Covid. La poussée de ce printemps fait suite à la troisième dose d'ARNm, qui était beaucoup plus répandue en Europe qu'aux États-Unis.

 

L'augmentation de l'automne dernier est survenue quelques mois après la vaccination Covid quasi généralisée. L'augmentation de ce printemps fait suite à la troisième dose de vaccination ARNm, qui était beaucoup plus répandue en Europe qu'aux États-Unis.

 

Alors que l'augmentation de l'automne dernier a touché les adultes de tous âges, cette augmentation est particulièrement évidente chez les personnes âgées, qui ont fait l'objet d'une vaccination de rappel.

 

Les décès en trop se produisent dans des pays qui connaissent actuellement de grandes vagues de Covid, comme le Portugal, mais aussi dans des pays qui n'en ont pas, comme l'Angleterre.

 

En Angleterre et au Pays de Galles, il y a eu 45 950 décès au cours des quatre dernières semaines (jusqu'au 20 mai), contre une moyenne quinquennale de 39 716, selon l'Office for National Statistics du Royaume-Uni. Cela représente plus de 6 000 décès supplémentaires, soit une augmentation de 16 %. la source

 

Le Royaume-Uni, qui a vacciné ses citoyens de manière précoce et agressive avec des vaccins ARNm et ADN/AAV Covid, a également connu une forte augmentation des décès à la fin de l'été et à l'automne 2021. Début 2022, le nombre de décès est revenu à des niveaux normaux malgré une importante vague de Covid au Royaume-Uni. Maintenant, la vague Covid s'est calmée, mais la mortalité toutes causes confondues y augmente à nouveau.

 

Le Portugal a enregistré 10 315 décès le mois dernier, le chiffre le plus élevé pour le mois de mai depuis 40 ans et 16,3 % au-dessus de la moyenne quinquennale.

la source

 

Une partie de l'augmentation portugaise est due à une importante augmentation récente des décès par Covid ; le Portugal enregistre désormais l'équivalent d'environ 1.200 décès par Covid par jour aux États-Unis. Mais même si l'on exclut ces derniers, le nombre de décès au Portugal reste supérieur à la normale.

 

Aux Pays-Bas également, le nombre de décès en avril était d'environ 15 % supérieur à la normale. Dans ce cas, cependant, l'augmentation n'est pas due à Covid – les Pays-Bas n'ont enregistré en moyenne qu'une poignée de décès par jour à cause de Covid en avril.

 

Aux Pays-Bas, les décès sont ventilés entre les résidents des maisons de retraite et les non-résidents des maisons de retraite. Les chiffres montrent que le nombre de décès parmi les résidents des foyers de soins était d'environ 25% supérieur à la normale en avril – une augmentation considérable.

 

En Espagne, le nombre de décès en mai était supérieur de 12 % à la normale – après trois mois de relative normalité. En Allemagne, le plus grand pays d'Europe, les décès en avril et mai étaient supérieurs de 7% à la normale.

 

Les données détaillées sur les causes de décès ne sont pas encore disponibles, on ne sait donc pas encore exactement ce qui est responsable de cette augmentation. Lier les décès individuels aux vaccinations par ARNm qui ont eu lieu des mois plus tôt serait extrêmement compliqué, même si les responsables de la santé publique et les médecins étaient d'accord - et ils ne le sont pas.

 

Mais médicalement, ces pays ont été "mis au défi" avec ces vaccins à ARNm. Ils ont commencé, arrêté et recommencé à utiliser ces vaccins. Et le schéma général du taux de mortalité gonflé au cours de la dernière année ne pourrait pas être plus clair – les campagnes de vaccination de masse contre le Covid commencent et la mortalité toutes causes confondues suit des mois plus tard.

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6 juin 2022 1 06 /06 /juin /2022 07:00
 La Russie est en train de gagner la guerre économique - et Poutine n'est pas près de retirer ses troupes

Les effets pervers des sanctions se traduisent par une augmentation des coûts du carburant et des denrées alimentaires pour le reste du monde – et les craintes d'une catastrophe humanitaire grandissent. Tôt ou tard, un accord doit être conclu

 

Cela fait maintenant trois mois que l'Occident a lancé sa guerre économique contre la Russie , et cela ne se déroule pas comme prévu. Au contraire, les choses vont vraiment très mal.

 

Des sanctions ont été imposées à Vladimir Poutine non pas parce qu'elles étaient considérées comme la meilleure option, mais parce qu'elles étaient meilleures que les deux autres plans d'action disponibles : ne rien faire ou s'impliquer militairement.

 

La première série de mesures économiques a été introduite immédiatement après l'invasion, alors qu'il était supposé que l'Ukraine capitulerait en quelques jours. Cela ne s'est pas produit, si bien que les sanctions – bien qu'encore incomplètes – se sont progressivement intensifiées.

 

Il n'y a cependant aucun signe immédiat de retrait de la Russie de l'Ukraine et ce n'est guère surprenant, car les sanctions ont eu l'effet pervers de faire grimper le coût des exportations russes de pétrole et de gaz, d'augmenter massivement sa balance commerciale et de financer son effort de guerre. Au cours des quatre premiers mois de 2022, Poutine pourrait se vanter d'un excédent du compte courant de 96 milliards de dollars (76 milliards de livres sterling) – plus du triple du chiffre pour la même période de 2021.

 

Lorsque l'UE a annoncé son interdiction partielle des exportations de pétrole russe plus tôt cette semaine, le coût du pétrole brut sur les marchés mondiaux a augmenté, offrant au Kremlin une autre manne financière. La Russie n'éprouve aucune difficulté à trouver des marchés alternatifs pour son énergie, avec des exportations de pétrole et de gaz vers la Chine en avril en hausse de plus de 50 % sur un an.

 

Cela ne veut pas dire que les sanctions sont sans douleur pour la Russie. Le Fonds monétaire international estime que l'économie se contractera de 8,5 % cette année à mesure que les importations en provenance de l'ouest s'effondreront. La Russie dispose de stocks de biens essentiels au maintien de son économie, mais avec le temps, ils seront épuisés.

 

Mais l'Europe ne se libère que progressivement de sa dépendance à l'égard de l'énergie russe, et ainsi une crise financière immédiate pour Poutine a été évitée. Le rouble – grâce au contrôle des capitaux et à un excédent commercial sain – est fort . Le Kremlin a le temps de trouver des sources alternatives de pièces de rechange et de composants auprès de pays désireux de contourner les sanctions occidentales.

 

Lorsque les acteurs mondiaux se sont réunis à Davos la semaine dernière, le message public était la condamnation de l'agression russe et un engagement renouvelé à soutenir fermement l'Ukraine. Mais en privé, on s'inquiétait des coûts économiques d'une guerre prolongée.

 

Ces inquiétudes sont tout à fait justifiées. L'invasion de l'Ukraine par la Russie a donné un nouvel élan à des pressions déjà fortes sur les prix. Le taux d'inflation annuel du Royaume-Uni s'élève à 9 % - son plus haut niveau en 40 ans - les prix de l'essence ont atteint un niveau record et le plafond des prix de l'énergie devrait augmenter de 700 à 800 £ par an en octobre. Le dernier programme de soutien de Rishi Sunak pour faire face à la crise du coût de la vie était le troisième du chancelier en quatre mois – et il y en aura d'autres plus tard dans l'année.

 

À la suite de la guerre, les économies occidentales sont confrontées à une période de croissance lente ou négative et d'inflation croissante - un retour à la stagflation des années 1970. Les banques centrales – y compris la Banque d'Angleterre – estiment qu'elles doivent répondre à une inflation proche des taux à deux chiffres en augmentant les taux d'intérêt. Le chômage est appelé à augmenter. D'autres pays européens sont confrontés aux mêmes problèmes, sinon plus, car la plupart d'entre eux sont plus dépendants du gaz russe que le Royaume-Uni.

 

Les problèmes auxquels sont confrontés les pays les plus pauvres du monde sont d'un ordre de grandeur différent. Pour certains d'entre eux, le problème n'est pas la stagflation, mais la famine, en raison du blocage de l'approvisionnement en blé des ports ukrainiens de la mer Noire.

 

Comme l'a dit David Beasley, le directeur exécutif du Programme alimentaire mondial : « En ce moment, les silos à grains de l'Ukraine sont pleins. Dans le même temps, 44 millions de personnes dans le monde marchent vers la famine.

 

Dans toutes les organisations multilatérales – le FMI, la Banque mondiale, l'Organisation mondiale du commerce et les Nations unies – les craintes grandissent d'une catastrophe humanitaire. La position est simple : à moins que les pays en développement ne soient eux-mêmes des exportateurs d'énergie, ils font face à un triple coup dur dans lequel les crises énergétiques et alimentaires déclenchent des crises financières. Confrontés au choix de nourrir leurs populations ou de payer leurs créanciers internationaux, les gouvernements opteront pour le premier. Le Sri Lanka a été le premier pays depuis l'invasion russe à faire défaut sur ses dettes , mais il est peu probable que ce soit le dernier. Le monde semble plus proche d'une véritable crise de la dette qu'à n'importe quel moment depuis les années 1990.

 

[...]

 

Poutine ne va pas se rendre sans condition, et le potentiel de graves dommages collatéraux de la guerre économique est évident : baisse du niveau de vie dans les pays développés ; la famine, les émeutes de la faim et une crise de la dette dans le monde en développement.

 

Larry Elliott est le rédacteur économique du Guardian

 

Source: https://www.theguardian.com/commentisfree/2022/jun/02/russia-economic-war-ukraine-food-fuel-price-vladimir-putin

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5 juin 2022 7 05 /06 /juin /2022 00:00

Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous :

l’Esprit de vérité, lui que le monde ne peut recevoir, car il ne le voit pas et ne le connaît pas ; vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 14, 16-17

Vitrail moderne représentant la Pentecôte

Vitrail moderne représentant la Pentecôte

Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur.

Evangile selon S. Jean 15 : 26

La Pentecôte correspond à l'envoi de l'Esprit-Saint aux Apôtres réunis au Cénacle de Jérusalem, dix jours après l'Ascension de Notre Seigneur, et donc cinquante jours après sa résurrection (Pâques).

Le Cénacle est le lieu de l'effusion de l'Esprit lors de la Pentecôte, quand "apparurent comme des langues de feu qui se posèrent sur chacun d'eux"  (Ac 2:2-3C'est au Cénacle qu'eut lieu le premier concile, dit "concile de Jérusalem" (Ac 15:4-19)

Le Cénacle est aussi le nom de la pièce où Notre Seigneur institua le sacrement de l'Eucharistie (la sainte Cène), le Jeudi saint, la veille de sa Passion.

pentecote.jpg

Sur cette gravure, en haut de l'image, on remarque des triangles entremêlés, tête en haut ou tête en bas. Les triangles tête en bas ont à leur base deux points, ce qui dans les Ecritures correspond à l'envoi de l'Esprit-Saint par les deux autres personnes de la Sainte Trinité : le Père et le Fils qui ne font qu'UN, et dans les triangles têtes dirigées vers le haut, l'assemblée de Dieu, qui sur terre est en perpétuelle recherche de Dieu et donc en relation permanente avec le Créateur par la grâce de l'Esprit-Saint.

 

À leur arrivée, ils montèrent dans la chambre haute où ils se tenaient habituellement ; c’était Pierre, Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d’Alphée, Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques. 14 Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères. 15 En ces jours-là, Pierre se leva au milieu des frères qui étaient réunis au nombre d’environ cent vingt personnes...

Actes des Apôtres 1, 13-15

Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »

20 Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.

21 Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »

22 Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint.

23 À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20,19-23

"Le miracle de la Pentecôte, où les Apôtres, cinquante jours après la Résurrection reçoivent l'Esprit Saint, et sont appelés à prêcher dans le monde entier en parlant une multitude de langues, marque la fondation de l'Église.

 

C'est le Christ qui fonde ici Son Église: « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » 

 

Et "c'est Pierre qui prend la parole pour annoncer le premier cette bonne nouvelle (Actes 2, 1-36)." (Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 24-25). Quand arriva le jour de la Pentecôte, au terme des cinquante jours :

Alors Pierre, debout avec les onze autres Apôtres, éleva la voix et leur fit cette déclaration : « Vous, Juifs, et vous tous qui résidez à Jérusalem, sachez bien ceci, prêtez l’oreille à mes paroles.

[...] Il s’agit de Jésus le Nazaréen, homme que Dieu a accrédité auprès de vous en accomplissant par lui des miracles, des prodiges et des signes au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes.

Cet homme, livré selon le dessein bien arrêté et la prescience de Dieu, vous l’avez supprimé en le clouant sur le bois par la main des impies. Mais Dieu l’a ressuscité en le délivrant des douleurs de la mort.

[...] Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité ; nous tous, nous en sommes témoins.

[...] Que toute la maison d’Israël le sache donc avec certitude : Dieu l’a fait Seigneur et Christ.

Actes des Apôtres 2,1-36

"Suivant deux illustres Pères de l'Église orientale, saint Hésychius, patriarche de Jérusalem, et saint Proclus, patriarche de Constantinople, le Saint-Esprit descendit au moment même où saint Pierre célébrait, au milieu des disciples, l'auguste sacrifice de la messe." (Mgr Gaume, Traité du Saint-Esprit, 1865, troisième édition, Gaume et Cie Editeurs, 3 rue de l'Abbaye, tome II, Paris 1890, p. 192).

La Cène, Fra Angelico, 1452

La Cène, Fra Angelico, 1452

"La vie communautaire et la vie de prière étaient ordonnées à l’annonce de l’Evangile. C’est exactement ce qui a été vécu par les premiers chrétiens dans ce temps entre Ascension et Pentecôte : sur ordre de Jésus, les disciples font communauté, écoutent la Parole, reçoivent l’Esprit, et deviennent messagers de la Bonne Nouvelle. Vivre au Cénacle c'est vivre avec Ma­rie, c'est se laisser comme elle conduire par l'Esprit pour communiquer le Christ aux autres." (Congrégation Notre Dame du Cénacle, n° 37)

C'est comme une précieuse indication : pas de Pentecôte sans cénacle. En un mot, l'Esprit est donné à des êtres qui, déjà, essayent de vivre en communion, unis dans leur diversité et surtout persévérants dans la prière avec Marie, la Mère de Jésus. (Cathedrale du Puy)

Au cours de la prière au Cénacle, dans une attitude de profonde communion avec les Apôtres, quelques femmes et les « frères » de Jésus, la Mère du Seigneur invoque le don de l'Esprit pour elle-même et pour la communauté.

Marie désire une effusion de l'Esprit en vue de sa propre fécondité spirituelle.

Il était bon que la première effusion de l'Esprit sur elle, qui avait eu lieu en vue de sa maternité divine, fût renouvelée et renforcée. En effet, au pied de la Croix, une nouvelle maternité avait été confiée à Marie, qui concernait les disciples de Jésus. Cette mission exigeait précisément un renouvellement du don de l'Esprit. La Vierge le désirait donc, en vue de la fécondité de sa maternité spirituelle.

Alors qu'au moment de l'Incarnation l'Esprit était descendu sur elle en tant que personne appelée à participer dignement au grand mystère, maintenant tout s'accomplit en fonction de l'Église, dont Marie est appelée à être la figure, le modèle et la mère.

Marie désire une effusion de l'Esprit sur les disciples et sur le monde.

Dans l'Église et pour l'Église, la Vierge, se souvenant de la promesse de Jésus, attend la Pentecôte et implore pour tous la multiplicité des dons, selon la personnalité et la mission de chacun.

Dans la communauté chrétienne, la prière de Marie revêt une signification particulière : elle favorise l'avènement de l'Esprit en sollicitant son action dans le cœur des disciples et dans le monde.

Tout comme, lors de l'Incarnation, l'Esprit avait formé en son sein virginal le corps physique du Christ, de même, au Cénacle, le même Esprit descend pour animer son Corps mystique.

La Pentecôte est donc aussi le fruit de l'incessante prière de la Vierge, que le Paraclet accepte avec une faveur toute particulière parce qu'elle est l'expression de son amour maternel à l'égard des disciples du Seigneur. En contemplant la puissante intercession de Marie qui attend l'Esprit Saint, les chrétiens de tous les temps, dans leur long et difficile cheminement vers le salut, recourent souvent à son intercession pour recevoir avec plus d'abondance les dons du Paraclet.

Répondant à la prière de Marie et de la communauté rassemblée au Cénacle le jour de la Pentecôte, l'Esprit Saint comble la Vierge et ceux qui sont présents de la plénitude de ses dons, opérant en eux une profonde transformation en vue de la diffusion de la Bonne Nouvelle.
À la Mère du Christ et aux disciples, sont donnés une force nouvelle et un dynamisme apostolique nouveau, pour la croissance de l'Église.
Éclairée et conduite par l'Esprit, elle a exercé une influence profonde sur la communauté des disciples du Seigneur
En particulier, l'effusion de l'Esprit conduit Marie à exercer sa maternité spirituelle d'une manière singulière, par sa présence toute imprégnée de charité et par le témoignage de sa foi. Dans l'Église naissante, elle transmet aux disciples, comme un trésor inestimable, ses souvenirs sur l'Incarnation, l'enfance, la vie cachée et la mission de son divin Fils, contribuant à le faire connaître et à affermir la foi des croyants.

Nous ne disposons d'aucune information sur l'activité de Marie dans l'Église primitive, mais il est permis de supposer que, même après la Pentecôte, elle a continué à vivre une existence cachée et discrète, attentive et efficace.

Éclairée et conduite par l'Esprit, elle a exercé une influence profonde sur la communauté des disciples du Seigneur.

(Extraits de l'Audience de Jean-Paul II du 28 mai 1997)

Le Veni Creator Spiritus est une hymne composée au IXe siècle, considérée comme la plus célèbre de toutes les hymnes grégoriennes, elle signifie Viens Saint Esprit Créateur et commémore la Pentecôte.
Cette hymne fut entonnée par Sainte Jeanne D'Arc et son armée lorsque la Pucelle de Domrémy, menait ses soldats vers une de ses plus grandes victoires sur les Anglais à Patay.
 
Veni, creator Spiritus,
Mentes tuorum visita,
Imple superna gratia
Quae tu creasti pectora.
Qui diceris Paraclitus,
Altissimi donum Dei,
Fons vivus, ignis, caritas
Et spiritalis unctio.
Tu septiformis munere,
Digitus paternae dexterae,
Tu rite promissum Patris,
Sermone ditans guttura.
Accende lumen sensibus,
Infunde amorem cordibus,
Infirma nostri corporis
Virtute firmans perpeti.
Hostem repellas longius
Pacemque dones protinus;
Ductore sic te praevio
Vitemus omne noxium.
Per te sciamus da Patrem,
Noscamus atque Filium;
Teque utriusque Spiritum
Credamus omni tempore.
Deo Patri sit gloria,
Et Filio, qui a mortuis
Surrexit, ac Paraclito
In saeculorum saecula.
Amen.
Viens, Esprit Créateur,
Visite la pensée de tes fidèles,
Emplis de la grâce d'En-Haut
Les cœurs que tu as créés.
Toi qu'on nomme le Consolateur,
Le don du Dieu très-Haut,
La source vivante, le Feu, la Charité,
L'Onction spirituelle.
Tu es l'Esprit à la septuple forme,
Le doigt de la droite du Père,
Tu es sa solennelle promesse,
Enrichissant notre gorge par la parole.
Fais jaillir la lumière dans notre intelligence,
Répands l'amour dans notre coeur,
Soutiens la faiblesse de notre corps
Par ton éternelle vigueur !
Repousse au loin l'Ennemi,
Donne-nous la paix sans délai ;
Que sous ta conduite qui nous ouvre la voie,
nous évitions toute nuisance.
Fais que par toi nous connaissions le Père
Et découvrions le Fils,
Et qu'en toi, leur commun Esprit,
Nous croyions en tout temps.
Gloire soit à Dieu le Père,
Au Fils ressuscité des morts,
À l'Esprit Saint Consolateur,
Dans les siècles des siècles.
Amen.
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4 juin 2022 6 04 /06 /juin /2022 13:47

Un évêque britannique s'exprime : la Russie est le dernier obstacle sur la voie d'un nouvel ordre mondial

 

Il n'y a qu'un seul leader mondial qui s'opposera aux forces du mal. Ne comptez pas sur Boris Johnson en Angleterre. Ne comptez pas sur Macron en France. Ne comptez pas sur Draghi en Italie. C'est Vladimir Poutine. Ce n'est peut-être pas un ange ou un saint, mais il est intelligent et très courageux. L'évêque britannique Richard Williamson a déclaré cela aux paroissiens de Varsovie le 15 mai, rapporte l'agence de presse Interfax .

 

"Et en tant que chef de l'Etat russe, il est en mesure de défier le gouvernement mondial", a déclaré Williamson.

 

L'évêque a déclaré que les Russes ne se battaient pas en Ukraine pour détruire le pays. L'objectif est la dénazification et la démilitarisation de l'Ukraine. L'Europe stupide court après l'Amérique en essayant d'écraser la Russie, a déclaré Williamson.

 

Les criminels qui dirigent le monde en ont encore en réserve pour nous, a-t-il déclaré. "Il y aura une famine artificiellement créée", a-t-il dit. "Soyez prêt. D'abord, ils nous ont trompés avec Corona. Ensuite, ils nous ont bernés avec l'Ukraine, que la Russie provoque depuis 2014. La Russie doit se défendre."

 

"Ils veulent détruire la Russie parce que la Russie est le dernier obstacle au nouvel ordre mondial", a souligné l'évêque.

SOURCE : UncutNews

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4 juin 2022 6 04 /06 /juin /2022 13:39

[Source : margueriterothe.com]

 

Dans un monde (réellement) normal, l’information aurait déflagré comme une bombe atomique, et fait le tour du monde en quelques minutes. Des enquêtes auraient été ouvertes, et les labos pharmaceutiques auraient été mis sur la sellette. Et tous leurs dirigeants et complices condamnés. Dans mon article Que cache la promotion des matrices artificielles en même temps que celle de l’avortement ?, j’avais oublié « la recherche ». Cette sacro-sainte recherche, qui autorise tout. Même l’abominable. Ce monde est gravement malade.

 

15 juin 2020, Robert F. Kennedy Jr. a interviewé la fondatrice et présidente du Sound Choice Pharmaceutical Institute, le Dr Theresa Deisher, sur l’utilisation de l’ADN de fœtus avortés dans les vaccins. M. Kennedy et le Dr Deisher ont abordé un large éventail de sujets, notamment les vaccins qui contiennent de l’ADN de fœtus humain, ce que les recherches actuelles nous apprennent en termes de risques pour la santé, et les solutions de rechange qui pourraient être utilisées à la place de l’ADN humain dans les vaccins.

 

Un énième témoignage. Qui se perd dans les limbes de l’Internet, évacué par un quelconque algorithme qui va l’empêcher à tout jamais de parvenir jusqu’à la connaissance du grand public. Jusqu’à sa conscience transcendante. Car si ce n’était pas le cas, les peuples feraient un carnage ; et comme un seul homme, ils iraient chercher jusque dans les chiottes ces suppôts de Satan.

 

Alors, inlassablement, il faut relayer, même si on a l’impression que cela ne sert à rien. Il faut se battre, coûte que coûte. Pour la Vie. Pour la Beauté, pour le Bien, pour le Vrai. Refuser la barbarie de toutes ses forces.

 

Pour les non-anglophones, j’ai déniché une transcription de la vidéo en anglais que j’ai traduite en français (avec DeepL). Je vous la relaie juste après la vidéo, sous la forme d’un PDF à télécharger.

 

Marguerite Rothe

SOURCE : https://nouveau-monde.ca/entretien-de-robert-f-kennedy-jr-avec-le-dr-theresa-deisher-sur-lutilisation-de-ladn-foetal-avorte-dans-les-vaccins/

 

___________________________

Vaccins ne faisant usage de lignées de cellules foetales dans aucune des trois étapes de l'élaboration d'un vaccin (IEB)

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4 juin 2022 6 04 /06 /juin /2022 00:00
Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011

Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011

Sainte Clotilde était fille de Chilpéric, roi catholique d'une partie de la Bourgogne, et nièce du prince arien Gondebaud. Appelée par Dieu à la grande mission du salut de la France, elle fut élevée au palais de son oncle, qui était l'assassin de sa famille. Mais elle eut le bonheur de se préserver de l'hérésie. La mère de Clotilde avait déposé dans son cœur, avec la foi, les germes de la piété; aussi sut-elle résister à toutes les sollicitations de Gondebaud et conserver la foi de son baptême.

 

Clovis, roi des Francs, entendit parler de la beauté, des vertus et de toutes les grandes qualités de la jeune princesse et la fit demander en mariage à Gondebaud, qui n'osa la refuser. Le mariage eut lieu en 493. Clotilde comprit qu'elle n'avait été appelée à partager le trône d'un roi païen que pour remplir les vues de Dieu sur un peuple généreux mais non éclairé de la lumière de l'Évangile.

Clovis, Esquisse coupole du Panthéon, Antoine-Jean Gros, XIXe s., musée du Petit Palais, Paris

Clovis, Esquisse coupole du Panthéon, Antoine-Jean Gros, XIXe s., musée du Petit Palais, Paris

"L'avenir de l'homme est la femme, écrit Aragon. Elle est la couleur de son âme." Grégoire de Tours aurait pu dire exactement la même chose à propos du roi des Francs et de sainte Clotilde.

Samuel PRUVOT, Nos Ancêtres les Saints, Petite histoire de la France missionnaire, Cerf, Paris 2017, p. 46.

Elle eut soin de gagner les bonnes grâces d'un époux magnanime, mais violent et barbare; elle usa de son influence pour lui parler de Jésus-Christ. Clovis l'écoutait avec intérêt; toutefois, il ne se hâtait pas; il lui permit cependant de faire célébrer le culte catholique dans le palais et consentit au baptême de son premier-né, Ingomer. Clotilde mettait sur la tête de cet enfant toutes ses espérances pour la conversion de son peuple, quand Dieu, dont les desseins sont impénétrables, le ravit à la terre. À la colère de Clovis, à ses reproches, la douce reine répondit: "Je remercie Dieu de ce qu'Il m'a jugée digne de mettre au monde un fils qui est maintenant dans le Ciel !" Clotilde, loin de se rendre aux "arguments" de son époux, discernait au contraire dans la mort soudaine de son enfant une nouvelle raison de fortifier sa foi en rendant grâces au Seigneur.

 

Un second enfant fut baptisé encore et tomba malade. Nouvelle et plus terrible colère de Clovis; mais les prières de Clotilde furent entendues, et Dieu envoya des Anges guérir tout à coup le petit Chlodomir ("glorieux et grand") agonisant. Le moment de la grâce était venu.

Sainte Clothilde, Reine de France (476-545), Jardin du Luxembourg, Paris, France. 

Sainte Clothilde, Reine de France (476-545), Jardin du Luxembourg, Paris, France. 

À la bataille de Tolbiac (l'actuelle  ville allemande de Zülpich), après un choc terrible, les Francs pliaient et commençaient à être taillés en pièces, quand Clovis, dans une illumination soudaine, s'écria: "Dieu de Clotilde, donne-moi la victoire et Tu seras mon Dieu!" Le courage renaît à ses soldats et bientôt la victoire des Francs est complète. Selon Grégoire de Tours, qui relate la bataille, un guerrier franc lance sa francisque (hache des francs) en direction du chef des Alamans. En voyant leur roi tomber de cheval, mortellement blessé, les Alamans se désorganisent et fuient. Peu après, Clovis était baptisé par saint Rémi, à Reims; ce fut le signal du baptême de la nation entière.

 

Clotilde et sa famille demeurent dans la région de l'Île-de-France, passant d'une villa royale à l'autre. Les communes de Choisy-le-Roi, Vanves, Chelles, Nanterre ou Clichy-sous-Bois ont été des lieux de résidence royale. Mais Clotilde et Clovis nourrissent un intérêt croissant pour un gros bourg situé sur une île de la Seine: Paris, qu'ils choisissent comme capitale.



Déjà mère de Chlodomir, Clotilde donne naissance à deux autres garçons dans les années qui suivent le baptême de Clovis. Childebert aurait ainsi vu le jour vers 497 à Reims, et Clotaire, dont le prénom signifie "Armée de gloire", probablement l'année suivante, vers 498.

Sainte Clotilde, Reine de France († 545)

Clovis mourut en 511, à l'âge de quarante-cinq ans. Les divisions qui s'élevèrent dans sa famille et surtout le meurtre des deux fils aînés de Chlodomir, commis par Childebert et Clotaire, achevèrent de rendre le monde insupportable à notre sainte.

 

Clotilde, dégoûtée du monde, éprouvée dans ses enfants, quitta bientôt la cour pour aller finir sa vie dans les larmes, les prières les aumônes, au fond d'un couvent à Tours, auprès du tombeau de saint Martin.

 

Prévenue du jour de sa mort, elle fit venir ses enfants, leur adressa ses dernières recommandations, et alla recevoir au Ciel sa récompense, le 3 juin 545.

Sainte Clotilde en prière au pied du tombeau de Saint Martin (1753), Charles André Van LOO

Sainte Clotilde en prière au pied du tombeau de Saint Martin (1753), Charles André Van LOO

PRATIQUE. Rendez grâces au Seigneur en toutes choses. Assurez votre salut par la pratique des bonnes œuvres. 

Sources:  (1) Per Ipsum, service de calendrier liturgique tridentin (de 1962) ; (2) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 154 ; (3) Les Reines franques, Les Destins épiques de Clotilde, Radegonde, Brunehaut et Frédégonde, Reines, maîtresses et favorites, Hachette Collection, 2015 ; (4) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011

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3 juin 2022 5 03 /06 /juin /2022 09:28

Voici un entretien de l'avocat américain Tom Rentz pour New American :

Barack Obama, Macron, Merkel, Schwab, Gates, Zuckerberg, tous ces gens font l'éloge de Yuval Noah Harari.

 

En 2020, voici ce que disait Yuval Noah Harari, conseiller principal de Klaus Schwab, auteur de "Covid-19, le Grand Reset" :

 

"Dans le passé, de nombreux tyrans et gouvernements ont voulu le faire, mais personne ne comprenait assez bien la biologie, et personne n'avait assez de puissance de calcul et de données pour pirater des millions de personnes. Ni la Gestapo ni le KGB n'ont pu le faire. Mais bientôt, au moins certaines sociétés et certains gouvernements seront en mesure de pirater systématiquement tout le monde. Nous, les humains, devrions nous habituer à l'idée que nous ne sommes plus des âmes mystérieuses. Nous sommes maintenant des animaux piratables."

 

"Aujourd'hui, nous avons la technologie pour pirater les êtres humains à grande échelle. Je veux dire, tout est numérisé. Tout est surveillé. En cette période de crise, il faut suivre la science. On dit souvent qu'il ne faut jamais laisser passer une bonne crise parce qu'une crise c'est l'occasion de faire aussi de bonnes réformes, qu'en temps normal les gens n'accepteraient jamais, mais en temps de crise, vous voyez on a une chance, alors allons-y. Le vaccin nous aidera bien sûr, il rendra les choses, vous savez, plus gérables.

 

"Les gens pourraient regarder en arrière dans 100 ans et identifier l'épidémie de coronavirus comme le moment où un nouveau régime de surveillance a pris le dessus, en particulier la surveillance sous la peau, qui, je pense, est peut-être le développement le plus important du 21e siècle. Cette capacité à pirater les êtres humains pour aller sous la peau, collecter des données biométriques, les analyser et comprendre les gens mieux qu'ils ne se comprennent eux-mêmes. Je crois que c'est peut-être l'événement le plus important du 21e siècle."

 

Source: Gloria Tv

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3 juin 2022 5 03 /06 /juin /2022 00:00
Saint Kevin, Prêtre ermite († 618)

Mort en 618, il a fondé le monastère de Glendalough, près de Dublin. 

 

Il marchait pieds nus et passait son temps à prier. 

 

On dit qu'il descendait d'une lignée royale et qu'on lui donna le nom de Kevin, qui signifie "bien engendré" ou "de noble naissance".

 

La vie la plus ancienne (10e/11e siècle ?) indique que Kevin est né dans la lignée royale de l'ancien royaume irlandais de Leinster et a choisi, jeune homme, de devenir ermite à Glendalough, où il fonda plus tard le monastère.

Monastère de Glendalough

Monastère de Glendalough

Dans la paroi de la falaise qui domine le lac du monastère, on montre l'étroite cavité où il avait l'habitude de se retirer pour prier.

Saint Kevin, Prêtre ermite († 618)

Kevin est connu dans la culture populaire comme un ascète. Sa popularité chez les Irlandais vient juste après celle de saint Patrick. Glendalough, avec sept églises, est devenu l'un des principaux pèlerinage d'Irlande.

 

Les disciples ont rapidement été attirés par Kevin et une autre colonie entourée d'un mur, appelée Kevin's Cell, a été établie plus près de la rive du lac. En 540, la renommée de saint Kevin en tant qu'enseignant et saint homme s'était largement répandue. De nombreuses personnes sont venues chercher son aide et ses conseils. Avec le temps, Glendalough est devenu un séminaire renommé de saints et d'érudits et le parent de plusieurs autres monastères.

 

En 544, Kevin se rendit sur la colline d'Uisneach dans le comté de Westmeath pour rendre visite aux saints abbés, Sts. Columba , Comgall et Cannich. Il se rendit ensuite à Clonmacnoise, où saint Cieran était mort trois jours auparavant. Après avoir solidement établi sa communauté, il se retira dans la solitude pendant quatre ans et ne revint à Glendalough qu'à la demande pressante de ses moines. Jusqu'à sa mort vers 618, Kevin a présidé son monastère à Glendalough, vivant sa vie en jeûnant, en priant et en enseignant.

 

L'un des poèmes les plus connus du lauréat du prix Nobel Seamus Heaney, "St Kevin et le merle", raconte l'histoire de Kevin tendant la main avec une immobilité de transe tandis qu'un merle y construit un nid, y pond des œufs, les œufs éclosent et les poussins s'envolent. 

 

Il est le protecteur des animaux.

 

Saint Kevin est également le patron de la ville de Dublin.

 

Il est canonisé par saint Pie X le 9 décembre 1903.

Sources : (1) Missel des dimanches 2022, Année C, Nouvelle traduction du Missel romain, p. 465; (2) ; (3); (4)

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2 juin 2022 4 02 /06 /juin /2022 00:00
Sainte Blandine, Saint Pothin et ses compagnons martyrs, le diacre Sanctus, Maturus, le jeune Ponticus, Attale et le médecin Alexandre (†177)

Le martyre de sainte Blandine (en 177 ap.J-C) livrée aux lions, et des autres chrétiens de Lyon et de Vienne, fut décrit par des témoins oculaires qui écrivirent une lettre à l'Eglise de Phrygie et d'Asie. Celle-ci fut retranscrite par Eusèbe (265-340) dans son Histoire ecclésiastique.

Saint Pothin fut le premier évêque de Lyon. Il venait de l'Asie, avait été formé à l'école de saint Polycarpe, évêque de Smyrne, et envoyé par lui dans les Gaules.

Après avoir gagné un grand nombre d'âmes à Jésus-Christ, Pothin fut arrêté à Lyon sous le règne de Marc-Aurèle. Il était âgé de quatre-vingt-dix ans, faible et tout infirme; son zèle et le désir du martyre soutenaient ses forces et son courage. Conduit au tribunal au milieu des injures de la populace païenne, il fut interrogé par le gouverneur, qui lui demanda quel était le Dieu des chrétiens: "Vous le connaîtrez si vous en êtes digne," répondit l'évêque. A ces mots, la multitude furieuse se précipite contre lui; ceux qui étaient plus près le frappèrent à coups de pieds et à coups de poings, sans aucun respect pour son âge. Le vieillard conservait à peine un souffle de vie quand il fut jeté en prison, avec de nombreux chrétiens dont Sainte Blandine. Là, il expira peu après, roué de coups.

 

Le récit du martyre des compagnons de saint Pothin est une des plus belles pages de l'histoire de l'Église des premiers siècles. Le diacre Sanctus supporta sans faiblir toutes les tortures, au point que son corps était devenu un amas informe d'os et de membres broyés et de chairs calcinées; au bout de quelques jours, miraculeusement guéri, il se trouva fort pour de nouveaux supplices. Il ne voulait dire à ses bourreaux ni son nom, ni sa patrie, ni sa condition; à toutes les interrogations il répondait: "Je suis chrétien!" Ce titre était tout pour lui; livré enfin aux bêtes, il fut égorgé dans l'amphithéâtre.

Maturus eut à endurer les mêmes supplices que le saint diacre; il subit les verges, la chaise de fer rougie au feu, et fut enfin dévoré par les bêtes féroces.

Le médecin Alexandre, qui, dans la foule des spectateurs, soutenait du geste le courage des martyrs, fut saisi et livré aux supplices.


Attale, pendant qu'on le grillait sur une chaise de fer, vengeait les chrétiens des odieuses imputations dont on les chargeait indignement: "Ce ne sont pas, disait-il, les chrétiens qui mangent les hommes, c'est vous; quand à nous, nous évitons tout ce qui est mal." On lui demanda comment S'appelait Dieu: "Dieu, dit-il, n'a pas de nom comme nous autres mortels."

Il restait encore le jeune Ponticus, âgé de quinze ans, et l'esclave Blandine, qui avaient été témoins de la mort cruelle de leurs frères; Ponticus alla le premier rejoindre les martyrs qui l'avaient devancé; Blandine, rayonnante de joie, fut torturée avec une cruauté particulière, puis livrée à un taureau, qui la lança plusieurs fois dans les airs; enfin elle eut la tête tranchée.


Torturée sans relâche, Blandine se contenta de dire à ses bourreaux que les chrétiens ne faisaient aucun mal. Envoyée dans l'arène avec ses compagnons, elle les exhortait à garder leur foi malgré les supplices.

Sainte Blandine martyr, gouache, fin XIXe siècle, anonyme

Sainte Blandine martyr, gouache, fin XIXe siècle, anonyme

"Blandine,  Sanctus, Maturus et Attale furent conduits à l'amphithéâtre. Blandine fut attachée à un poteau, exposée aux bêtes féroces lâchées dans l'amphithéâtre. Les autres chrétiens, dans leur supplice, l'entendaient prier à haute voix. Il leur semblait voir, en regardant leur sœur, celui qui a été crucifié pour nous. Celui qui souffre pour le Dieu vivant ne fait qu'un avec le Christ. Aucune bête n'attaqua Blandine. A la fin de la journée on égorgea Maturus et Sanctus, qui survivaient à peine à leurs blessures et on remit Blandine en prison.   

 

Blandine fut finalement mise dans un filet et jeté à un taureau sauvage. Blandine fut bien des fois projetée en l'air par les cornes de l'animal, mais on aurait dit qu'elle ne se rendait compte de rien. Elle ne pensait qu'à Jésus Christ. N'étant toujours pas morte, les romains décidèrent de l'achever à l'épée. Les païens eux-mêmes reconnaissaient que jamais une femme n'avait enduré de telles souffrances.

 

Le Pape Jean-Paul II lors de son voyage apostolique en 1986 à Lyon déclara : " Ils n'ont pas voulu renier Celui qui leur avait communiqué sa vie et les avait appelés à être ses témoins.
Nous savons qu'ils sont nombreux aujourd'hui encore, et dans toutes les parties du monde, ceux qui subissent les outrages, le bannissement et même la torture à cause de leur fidélité à la Foi chrétienne. En eux le Christ manifeste sa puissance.
Les martyrs d'aujourd'hui et les martyrs d'hier nous environnent et nous soutiennent pour que nous gardions nos regards fixés sur Jésus."

 

Représentation du martyre de Blandine de Lyon, lancée en l'air par un taureau alors qu'elle était emprisonnée dans un filet. Gravure de Jan Luyken, XVIIe s.

Représentation du martyre de Blandine de Lyon, lancée en l'air par un taureau alors qu'elle était emprisonnée dans un filet. Gravure de Jan Luyken, XVIIe s.

Sources : 1, 2, 3

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1 juin 2022 3 01 /06 /juin /2022 00:00
Saint Justin de Néapolis (Naplouse), † martyr v. 165 ap. J.-C. Patron des philosophes

Également connu comme Justin de NéapolisJustin Martyr ou Justin le Philosophe, apologète et martyr, Justin naquit vers 103 ap. J.-C. en Samarie à Flavia Neapolis (actuelle Naplouse en Cisjordanie), ville de Palestine, bâtie sur l'ancien site de Sichem.

Il fut dénoncé comme chrétien et exécuté par décapitation vers 165 sous le règne de l'empereur philosophe Marc-Aurèle auquel Justin lui-même avait adressé son apologie pour les Chrétiens. (1)

Le christianisme lui-même se développa très tôt à Athènes, où il n'y avait cependant jamais eu de communauté juive organisée. Et ce fut un christianisme d'intellectuels  : Athènes produisit les premiers apologistes chrétiens, au milieu du IIe siècle, capables de rédiger un mémoire destiné à l'empereur; ils semblent être issus de l'école stoïcienne. (Apologie d'Aristide pour Hadrien - plus ancienne apologie actuellement conservée puisqu’elle date probablement des années 124-125 -, et apologie d'Athénagoras, dont le nom semble indiquer un athénien de naissance, pour Mac-Aurèle et Commode : voir P. GRAINDOR, Athènes sous Hadrien, Le Caire, 1934, p. 212-213.) (2) 

Le père de Justin s'appelait Priscus, son grand père Bacchius et il fut éduqué dans le culte des idoles phéniciennes (Astarté, Europa, Zeus). (3) Les parents de Justin étaient des païens très aisés qui lui firent faire des études très poussées. Justin était alors à la recherche de la sagesse, il cherchait Dieu à travers l'étude de la philosophie. Il se mit d'abord à l'école d'un disciple d'Aristote, mais il fut rebuté aussitôt par ce péripatéticien qui voulait d'abord fixer le montant de ses honoraires, geste indigne d'un philosophe. Il échoua chez un pythagoricien qui lui demanda d'apprendre d'abord la musique, l'astronomie et la géométrie pour détacher son âme des objets sensibles. Inquiet de si longs détours, Justin se rendit alors chez un platonicien qui le retint en lui laissant espérer la rencontre de la Beauté éternelle, de la Vérité pure. En méditant dans la solitude, au bord de la mer, Justin rencontra un vieillard qui lui démontra que les philosophes ne pouvaient connaître la vérité sur Dieu. Cet homme lui parla alors des prophètes et lui annonça Jésus-Christ :

Ainsi me parla le vieillard. Il me dit encore beaucoup d'autres choses qu'il est inutile de rapporter ici, et disparut en me recommandant de méditer ses paroles. Je ne l'ai pas revu depuis, mais un feu secret me dévorait; je brûlais du désir de connaître les prophètes et les hommes divins amis du Christ. [...] Là devait se trouver la seule philosophie utile et certaine.

Saint Justin, Dialogue, 8,1

La foi chrétienne devenait pour Justin la sagesse suprême, la seule philosophie.

Converti vers 130, il possédait la passion de communiquer la vérité. Simple laïc, il vint à Rome à l'époque d'Antonin, y ouvrir une école à la façon des philosophes païens. Cherchant à justifier les chrétiens, il montra que leur croyance était "conforme à la raison et à la vérité". Il se lança "dans une vaste entreprise de récupération des textes anciens judéens et grecs. Pour les premiers, il estime que si Moïse prie 'les bras en croix', c'est qu'il annonce la crucifixion, allant même à avancer que l'ange qui parle à Abraham pourrait être Jésus lui-même et à voir dans le nom de Josué celui de Jésus. Pour les seconds, il se demande si Platon n'aurait pas vu dans l' "X" du Timée une croix, celle de Jésus de Nazareth.

Dans de telles interprétations à la fois typologiques et allégoriques, la philosophie grecque est récupérée, prenant une nouvelle dimension et un nouveau visage: le Logos grec, par exemple, exprime chez Justin à la fois la visibilité du Père, la parution de la connaissance et l'identité de la 'deuxième divinité', Jésus-Christ." (4)

Il entendait laver les chrétiens de toutes les calomnies répandues contre eux et il voulut montrer la supériorité de leur vie sur celle des païens. Il insista sur la chasteté et leur souci de la vérité, sur leur amour des ennemis et leur courage inébranlable devant la mort. (5)

Il fonda plusieurs écoles de philosophies dans l'Empire, à Beyrouth, à Éphèse, à Rome. Il écrivit de nombreux ouvrages sur le christianisme. Il essaya même de convertir les empereurs Romains au christianisme en leur envoyant ses ouvrages.

Si l'empereur Antonin fut sensible à ses arguments et mit fin aux persécutions contre les chrétiens, son successeur Marc-Aurèle considéra le christianisme comme un danger pour l'Empire et ralluma la persécution qui fit périr des milliers de chrétiens. 

Justin, lui-même, fut arrêté vers 165 puis décapité à Rome pour ne pas avoir renié sa foi. Il est le patron des philosophes.

Selon Tatien, qui fut son élève, Justin aurait été dénoncé par le philosophe cynique Crescens, auquel il s'était opposé dans un débat public (Discours aux Grecs, 19 ; JUSTIN, Apol. II, 3, 1-2 [= Apol. 76] ; EUSEBE, HE, IV, XVI, 7) (6)

Justin parle de sa recherche dans ses "dialogues avec Tryphon" où il nous raconte sa longue quête (7)

 

Justin se confia à un maître stoïcien, mais celui-ci ne lui parlait pas de Dieu. Il le quitta pour un disciple d'Aristote qui ne s'intéressait qu'à ses honoraires. Les platoniciens lui offrirent une doctrine plus solide et exaltante. Il pensait alors avoir trouvé ce qu'il cherchait. Mais sa rencontre avec un chrétien le fit aller plus loin : la vérité tant recherchée, seul le Christ pouvait la lui donner. A trente ans, devenu chrétien, il ne renia pas la philosophie qui était à ses yeux une préparation de la révélation chrétienne, chaque doctrine contenant une parcelle de la vérité totale qui se trouvait dans le Christ. Justin commença alors une carrière d'enseignant, fonda des écoles de philosophie à Éphèse puis à Rome.

"S’est-il trouvé un seul homme qui voulût mourir en témoignage de sa foi au soleil ?" (Dialogue avec Tryphon, 121, 2)

 

Conscients du grand horizon que la foi leur ouvrait, les chrétiens appelèrent le Christ le vrai soleil, "dont les rayons donnent la vie." (Clément d’Alexandrie, Protrepticus, IX in Lumen fidei, § 1.)

"Il existait au IIe siècle une secte de 'simoniens' (disciples de Simon le magicien), présents notamment à Rome. Le premier à 'construire' la généalogie de cette hérésie fut Justin dans son Traité contre toutes les hérésies (Syntagma) malheureusement perdu, mais dont on trouve des indications dans d'autres oeuvres du philosophe" (8), et dont des comparaisons faites avec d'autres auteurs qui ont écrit contre les hérésies peu après lui, en premier lieu Irénée de Lyon et Tertullien, permettent d'identifier des sections de texte qui semblent bien remonter au Syntagma de Justin. Ainsi, dans un article intitulé "Que pouvons-nous reconstituer du Syntagma contre les hérésies de Justin?", l'historien du christianisme Enrico Norelli, en dégage une ligne argumentative qui, en réfutant les objections marcionites sur les origines du mal et contre la prescience du Créateur, développait le thème du libre arbitre des humains et des anges, ainsi que celui de la chute des anges rebelles, leur activité dans l'histoire du monde et leur châtiment final. (9) L'amour de Dieu pour ses créatures se révèle quand même dans le don du libre arbitre, précisément parce que malgré la prescience de Dieu et sa vision du mauvais usage que pourrait en faire ses créatures, Dieu a préféré laisser ses créatures à leur libre arbitre, par amour. Qui en effet aimerait un Dieu dictateur ?

 

"L'entité christianisme a toujours été, dès la première attestation du terme (dans les lettres d'Ignace d'Antioche aux chrétiens de Magnésie et Philadelphie vers 115) une construction conceptuelle, servant notamment à tracer des frontières entre pratiques et croyances différentes, et à connoter positivement ou négativement, les ensembles de phénomènes ainsi délimités.

"[...] L'hébraïsme du temps présent, [...] devenait désormais l'héritier de l'opposition à Dieu toujours active en Israël, et donc une branche morte, abandonnée de Dieu et de sa bienveillance ou, plutôt, s'étant elle-même obstinément, coupablement, détachée de Lui." (10) 

Ainsi, "c'est l'orthodoxie qui crée l'hétérodoxie et non pas l'inverse : c'est en se considérant orthodoxes que ceux qui ne le sont pas sont rejetés comme hétérodoxes.

[...] Dans l'Antiquité, le terme d'hérésie renvoie à un schème idéologique emprunté principalement à la culture hellénophone. Dans la tradition grecque, le terme désigne un courant de pensée, rattaché de manière assez lâche aux écoles philosophiques, [...] telles l'Académie de Platon ou le Lycée d'Aristote - dans un sens positif. Dans la tradition judéenne, [...] le terme a été adopté pour l'appliquer aux courants internes du judaïsme, celui des pharisiens, des esséniens ou de sadducéens par exemple - dans un sens neutre, même si le caractère péjoratif de la désignation comme hérésie pointe souvent dans les textes. Dans la tradition chrétienne, le terme a encore cette valeur dans les Actes des Apôtres. Cependant Paul l'emploie déjà pour réprouver la formation de 'partis' dans les communautés chrétiennes. [...] Il faut attendre le milieu du IIe siècle pour qu'apparaisse un modèle plus ou moins commun destiné à justifier l'exclusion, sous le nom d'hérésies, de doctrines considérés comme perverses. [...] L'intervention de Justin de Néapolis, dans les années 150 environ, semble avoir été déterminante en la matière. [...] L'attitude du mouvement pharisien ou rabbinique, après les échecs des révoltes judéennes contre Rome entre 70 et 135, [...] a eu probablement sur ce point, comme sur d'autres d'ailleurs, une certaine influence.

James F. McCue, par exemple, a fait remarquer que le développement de la pensée valentinienne, loin de prouver que l'hétérodoxie serait majoritaire et autonome, suppose, au contraire, l'existence de l'orthodoxie. (J.F. McCue, Orthodoxy and Heresy: Walter Bauer and the Valentinians, dans Vigiliae christianae 33, 1979, p. 118-130.)" (11)

 

Le "Dialogue avec Tryphon" est une réflexion contre le judaïsme pharisien. Le Dialogue utilise le procédé littéraire d'une conversation intellectuelle entre Justin et Tryphon, un Juif fictif. L'ouvrage conclut que les chrétiens sont le véritable peuple de Dieu. Justin y remet en question la Loi, entendue comme la loi orale (observances) opposée à la Loi écrite, l'Écriture (Ancien testament). Il rapporte que de son temps les autorités pharisiennes mènent une politique active contre le mouvement chrétien, 1) en interdisant d'entrer en contact avec les chrétiens (Dialogue 38,1 ; 112,4), en cherchant à déshonorer le nom de Jésus (Dialogue 120,4), et qu'en certains cas, leur hostilité est allée jusqu'à la mise à mort de chrétiens, soit directement (Dialogue 16,4 "Hélas ! vous avez fait mourir le juste ; autrefois vous mettiez à mort ses prophètes, et aujourd'hui vous accablez d'outrages et de mépris ceux qui espèrent en lui et en son père, le Dieu tout-puissant, qui nous l'a envoyé ; vous les chargez de malédictions dans vos synagogues. Toutes les fois que vous avez pu nous égorger, vous l'avez fait." ; 94,4 ; 133,6) - ainsi durant la seconde révolte judéenne en 132-135 (Apologie 1,31) -, soit avec l'aide des autorités romaines (Dialogue 96,2 ; 110,5 ; 131,2).

Justin, avant de devenir chrétien semble avoir gravité autour des communautés judéennes de tendance pharisienne : raison pour laquelle, il connaît fort bien leurs traditions : il est possible, en effet, que Justin, Grec d'origine, ait été auparavant un "sympathisant" au judaïsme. (12)

 

Justin est ainsi le premier à affirmer de manière claire que le peuple de la Nouvelle Alliance est le Verus Israël (vrai Israël), en affirmant : "La race israélite véritable, spirituelle, c'est nous, nous que le Christ crucifié a conduits vers Dieu. (Dialogue 11 et voir aussi 123.) (13) Cette doctrine du nouveau "peuple élu" est toujours celle de l'Église aujourd'hui : "Nous pensons que le peuple élu, le peuple de Dieu, c'est à présent nous." (Benoît XVI, Audience générale du 19 octobre 2005). De même, la note 1 du décret Optatam Totius du très Saint Concile Vatican II précise : "Le Christ a voulu que le progrès de tout le peuple de Dieu dépende principalement du ministère des prêtres. Cela ressort des paroles par lesquelles Notre-Seigneur a constitué les apôtres ainsi que leurs successeurs et coopérateurs, hérauts de l'Évangile, chefs du nouveau peuple élu et dispensateurs des mystères de Dieu. Cela est encore confirmé par les paroles des Pères et des saints. ainsi que les documents répétés des souverains pontifes."

 

L'historien Simon Claude Mimouni note qu'"une telle revendication identitaire concernant le Verus Israel n'est pas nouvelle: les chrétiens n'en sont pas les inventeurs contrairement à ce que l'on affirme parfois (voir à ce sujet G. HARVEY, The True Israel, Uses of the Names Jew, Hebrew and Israel in Ancient Jewish and Early Chrsitian Literature, Leyde, 1996.) Elle remonte à l'époque de l'existence des deux royaumes, celui du nord (Israël) et celui du Sud (Juda). On la retrouve lors du retour en Judée des anciens déportés de Babylonie dans l'opposition entre ceux qui sont restés et ceux qui sont partis puis revenus. [...] On la retrouve encore dans l'opposition entre les partisans judéens de l'hellénisme et les partisans judéens du judaïsme lors de l'insurrection hasmonéenne au IIe siècle avant notre ère. Enfin, [...] cette revendication se retrouve chez certains groupes du Ier siècle de notre ère: notamment chez les esséniens et chez les pharisiens." (14)

 

Écrite peu après 150, l'Apologie pour les Chrétiens poursuit un double but : obtenir de l'empereur Antonin le Pieux, auquel elle est adressée, la légalisation du christianisme et la fin des persécutions ; en même temps, montrer à cet empereur philosophe et à tous les païens que la foi chrétienne et elle seule peut combler leur soif de vérité puisque son objet est le Logos, la Raison personnifiée, que toutes les autres philosophies n'ont atteint que partiellement. L'auteur dénonce sans ménagement les faiblesses et les contradictions des religions païennes. Grâce à l'"Apologie" de Justin, nous savons avec précision comment les chrétiens célébraient l'eucharistie au milieu du deuxième siècle. Ce texte justement célèbre se trouve aux chapitres 65 à 67. (15)

 

Saint Justin affirma qu'en 150, les quatre Évangiles étaient lus par fraction au cours des assemblées dominicales et tiraient déjà leur autorité de leur apostolicité. (16)

 

Justin explique aux empereurs, destinataires de ses on Apologie, que les anges rebelles sont devenus des démons mauvais qui ont de tout temps cherché à détourner l'homme du vrai Dieu, en inventant le polythéisme, la mythologie, l'idolâtrie (jusqu'ici le thème provient, avec quelques modifications, du Livre des Veilleurs), puis en suscitant, après la venue du Christ, les hérétiques, et en incitant en tous temps les autorités à persécuter ceux qui ont connu le vrai Dieu soit avant Jésus à travers les germes du Logos - c'est le cas de Socrate -, soit après Jésus - et c'est le cas des chrétiens persécutés et condamnés. [...] Justin s'attache à expliquer que les chrétiens n'espèrent aucunement en un règne sur le plan humain, comme le prouve le fait qu'ils ne cherchent pas à échapper à la mort dans le but de préserver leur vie pour un tel règne. [...] Le message chrétien incite les hommes à pratiquer la morale et la vertu, il propose donc la même fin que celle que doit viser un bon souverain. Justin suggère ainsi que ceux qui règnent devraient adopter le christianisme, seule force capable de modeler vraiment de bons citoyens. [...] C'est Justin, dans son Traité contre tous les hérésies, qui a créé le concept d'hérésie comme phénomène unitaire. [...] Ce traité, [...] dont nous ne conservons que quelques fragments, développe les thèmes suivants : les démons mauvais ont tenté de détourner les hommes du vrai Dieu, avant la venue de Jésus, en imitant dans les fables de la mythologie ce que les prophètes avaient annoncé à propos de Jésus; ils ont fait persécuter et tuer les sages qui avaient reçu des semences du Logos, comme Socrate; et, après l'ascension de Jésus, ils ont incité les hérétiques à déformer ses enseignements et les autorités civiles à persécuter ceux qui croyaient en lui (1 Apol 26, 56-58). Donc, chaque déformation du message de Jésus et des apôtres est interprétée comme une manifestation du projet des démons qui traverse toute l'histoire du monde. [...] L'ancêtre-fondateur de l'hérésie est Simon le Mage (il est le premier à faire son apparition dans les Actes des Apôtres). Ménandre lui succède, puis Marcion. [...] Justin construit une succession des hérésiarques." (17)

La démarche de Justin et des apologistes est celle d'une paix avec l'Empire. "Il aime citer Homère et s'efforce d'établir un certain parallélisme entre la Bible et la poésie grecque." (18)

"Tandis que saint Paul oppose la 'folie' de la croix, qui est la vraie sagesse, à la vaine sagesse des Gentils (1 Co, 1,23-24), pour Justin, au contraire, il y a convergence entre la pensée païenne dans ce qu'elle a de meilleur et le christianisme.

[...] Les philosophes eux-mêmes doivent le meilleur de ce qu'ils ont enseigné à la révélation biblique. C'est aux prophètes et en particulier à Moïse, 'le premier des prophètes, plus anciens que les écrivains de la Grèce' (1 Apol 59,1), que Platon emprunte par exemple sa doctrine de la création.

[...] Justin disculpe les chrétiens des forfaits qu'on leur reproche, et insiste sur leurs vertus sociales, leur philanthropie, leur loyalisme envers le pouvoir. [...] Il n'y a dans le christianisme rien de répréhensible: c'est bien plutôt une doctrine 'conforme à la raison et à la vérité'.

[...] Si certaines sectes, Montanistes en particulier, et certains représentants de la Grande Église considèrent l'Empire, dans son principe même, comme l'instrument de Satan, et rejettent toute compromission, un courant de pensée s'amplifie, [...] qui estime possible et souhaitable un modus vivendi, [...] parce que l'accord entre le christianisme et l'Empire lui paraît conforme au plan divin." (19) 

Malgré l'échec momentané de cette démarche des Apologistes - le sort de Justin en témoigne -, sans même parler des maladresses de certains théologiens (Tertullien, par exemple) dans leur critique agressive et injurieuse du paganisme, les Apologistes n'ont provisoirement pas réussi à empêcher les persécutions. Mais cet effort des Apologistes, cette tendance visant à la réconciliation du christianisme avec l'Empire, trouvera son aboutissement sous Constantin.

"Cette idée de collaboration entre christianisme et Empire, [...] ne devait porter pleinement ses fruits qu'au IVe siècle, mais sa consolidation dès le IIe siècle eut des conséquences considérables, en lui permettant de prévaloir sur d'autres modèles de christianisme. Non seulement sur ceux, de plus en plus minoritaires, qui reposaient sur l'exigence du respect de la Loi mosaïque, et donc sur un choix de marginalisation sociale ; ou sur ceux, comme le montanisme, liés à des modèles de leadership charismatique, difficilement contrôlables, dans une situation où l'avenir appartenait logiquement à des communautés rassemblées sous le contrôle d'instances de pouvoir propres à émettre des normes 'rationnelles', évêques en tête. Mais aussi, et surtout, cela lui permit de prévaloir sur les modèles qui mettaient en question de façon résolue, et parfois extrême, 'ce monde' avec toutes ses institutions, jusqu'à les attribuer à une divinité inférieure et à les considérer en substance incapables de toute transformation sous l'action de l'Évangile. [...] Tels furent le marcionisme et cette nébuleuse de groupes [...] que les anciens et les modernes ont réunis [...] sous l'étiquette de 'gnostiques'". (20)

Pour le moment, c'est alors que l'empereur Marc-Aurèle commença sa grande persécution. Justin refusa de sacrifier aux dieux; il fut décapité.


A lire:
-
Apologie pour les chrétiens par Justin éditions du Cerf
- Justin martyr Apologie pour les chrétiens par Charles Munier éditions du Cerf



Après celle d'Aristide, récemment publiée dans la collection (n° 470), l'"Apologie pour les chrétiens" de Justin est la plus ancienne que nous ayons conservée. Écrite peu après 150, elle poursuit un double but : obtenir de l'empereur Antonin le Pieux, auquel elle est adressée, la légalisation du christianisme et la fin des persécutions ; en même temps, montrer à cet empereur philosophe et à tous les païens que la foi chrétienne et elle seule peut combler leur soif de vérité puisque son objet est le Logos, la Raison personnifiée, que toutes les autres philosophies n'ont atteint que partiellement.

Dans II Apologétique, 12, Justin exprime une constatation qui devait convertir les premiers païens :

 

"Moi aussi, du temps où j'étais encore platonicien, j'avais entendu parler des crimes que l'on imputait aux chrétiens; mais, les voyant sans crainte devant la mort et au milieu de tous les périls, je ne pouvais croire que ces gens vécussent dans les désordres et l'amour de la volupté.

 

Comment supposer, en effet, qu'un homme qui se livre à l'intempérance des désirs, esclave de la chair et des délices de ce monde, recherche la mort qui prive de tous ces biens ?

 

Loin d'aller au-devant d'une condamnation certaine, ne devrait-il pas, au contraire, se dérober à la vigilance des magistrats afin de jouir le plus longtemps possible des plaisirs de la vie" ? (21)



Dans son Dialogue avec Tryphon, 133, 3, Justin exprime la charité chrétienne envers les Juifs

 

"Mais maintenant encore, en vérité, votre main est levée pour le mal ; car, après avoir tué le Christ, vous n’en avez pas même le repentir ; vous nous haïssez, nous qui par lui croyons au Dieu et Père de l’univers, vous nous mettez à mort chaque fois que vous en obtenez le pouvoir ; sans cesse vous blasphémez contre lui et ses disciples, et cependant tous nous prions pour vous et tous les hommes sans exception comme notre Christ et Seigneur nous a appris à le faire lorsqu’il nous a ordonné de 'prier même pour nos ennemis, d’aimer ceux qui nous haïssent et de bénir ceux qui nous maudissent'." [Mt. 5,44]

Rien n'est plus contraire à la Religion que la contrainte.

Saint Justin, cité dans Voltaire, Traité sur la tolérance, Chapitre XV, Témoignages contre l'Intolérance, 1763

"On nous appelle athées"

 

"On nous appelle athées.

 

Oui certes, nous l'avouons, nous sommes les athées de ces prétendus dieux, mais nous croyons au Dieu très vrai, père de la justice, de la sagesse et des autres vertus, en qui ne se mélange rien de mal. Avec lui nous vénérons, nous adorons, nous honorons en esprit et en vérité le Fils venu d'auprès de lui, qui nous a donné ces enseignements, et l'armée des autres bons anges qui l'escortent et lui ressemblent, et l'Esprit prophétique. Voilà la doctrine que nous avons apprise et que nous transmettons libéralement à quiconque veut s'instruire." [St Justin, Apologie, I, 6]

 

"Le Christ a persuadé de mourir pour ce qu'il enseignait."

 

"Socrate ne put persuader à personne de mourir pour ce qu'il enseignait. Mais le Christ, que Socrate connut en partie (car il était le Verbe présent en tout, il a prédit l'avenir par les prophètes et prit personnellement notre nature pour nous enseigner ces choses), le Christ a persuadé non seulement des philosophes et des lettrés, mais même des artisans et des ignorants, qui méprisèrent pour lui et l'opinion et la crainte de la mort; car il est la vertu du Père ineffable et non une production de la raison humaine." [St Justin, Deuxième Apologie, 10.]

 

 

St Justin sur les démons

 

"Saint Justin dit que les démons manifestent leur présence par des impuretés commises sur femmes et enfants et des terreurs répandues parmi les hommes qui, épouvantés, les nomment comme des dieux (Apol, I, 5, Patrologie grecque de l'abbé Jacques-Paul Migne, 6, 336). Ainsi, les fils de Jupiter, Bacchus, Proserpine, etc. seraient des dieux institués par les démons avant l'Incarnation. Après l'Ascension, les démons auraient introduit dans le monde pour tromper les hommes Simon le Magicien, Ménandre, Marcion et les autres hérétiques." [Père Jean-Baptiste Golfier, Tactiques du diable et délivrances, Dieu fait-il concourir les démons au salut des hommes ?, éd. Artège-Lethielleux, 2018, p. 90]

 

"Vous pouvez comprendre ce que je vous dis, par les faits mêmes qui se produisent devant vos yeux. En effet, un grand nombre d'hommes, saisis par le démon, dans le monde entier et ici dans votre ville même, que d'autres adjurateurs et enchanteurs n'ont pu guérir, beaucoup des nôtres, je veux dire les chrétiens, les ont adjurés par le nom de Jésus-Christ, crucifié sous Ponce Pilate, et les ont guéris et les guérissent encore maintenant, désarmant et chassant les démons qui les possèdent." [Apologia II pro Christianis, n°6 (PG 6, 453 B-455), in Père Jean-Baptiste Golfier, Tactiques du diable et délivrances, ibid., p. 98]

 

St Justin et les origines de la dévotion à Marie

 

La belle idée de Marie "Nouvelle Eve" se trouve déjà au IIe siècle chez St Justin.

 

"Le Christ s'est fait homme par le moyen de la Vierge, afin que la désobéissance provoquée par le serpent prit fin par la même voie qu'elle avait commencé.

 

En effet, Eve, Vierge et intacte, ayant conçu la parole du serpent, enfanta la désobéissance et la mort; la Vierge Marie, ayant conçu la foi et la joie, répondit: 'Qu'il me soit fait selon votre parole'. Il est donc né d'elle celui dont parlent les Ecritures. Par lui, Dieu ruine l'empire du serpent et de ceux, anges ou hommes qui lui sont devenus semblables, et affranchit de la mort ceux qui se repentent de leurs fautes et croient en lui".

 

Marie, en acceptant le message de l’Ange, a conçu "foi et joie" [Dialogue avec Tryphon, 100,5]

Saint Justin, image pieuse populaire, XXe siècle (23)

Saint Justin, image pieuse populaire, XXe siècle (23)

Sources : (1) l’Évangile au Quotidien ; (2) Marie-Françoise BASLEZ, Saint Paul, Fayard, Saint Amand-Montrond 1991, p. 158 et note 24 p. 350 ; (3) Orient Chrétien ; (4) Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, Nouvelle Clio, l'Histoire et ses problèmes, PUF, Clamecy 2018, p. 226 ; (5) Paul CHRISTOPHE, 2000 ans d'Histoire de l'Église, Nouvelle Édition Mame Desclée, Paris 2017, p. 43-44 ; (6) Actes et passions des martyrs chrétiens des premiers siècles, Introduction, traduction et notes de Pierre Maraval, Sagesses chrétiennes, Éditions du Cerf, Paris 2010, p. 62 ; (7) Nominis ; (8) Enrico NORELLI, La Naissance du Christianisme, Comment tout a commencé, traduit de l'italien par Vivian Dutaut, édition Gallimard, Folio Histoire, 2019, p. 311 ; (9) Que pouvons-nous reconstituer du Syntagma contre les hérésies de Justin?, Enrico Norelli, Revue de Théologie Et de Philosophie 139 (2):167-181 (2007) ; (10) Enrico NORELLI, La Naissance du Christianisme, Comment tout a commencé, ibid., p. 12 et 22 ; (11) Simon Claude MIMOUNI, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, Bayard, Italie 2018, p. 296-297 ; (12) Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, ibid., p. 265 ; (13) Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, ibid., p. 270 ; (14) Simon Claude MIMOUNI, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, ibid., p. 227 ; (15) Apologie pour les Chrétiens, Éditions du Cerf ; (16) Maurice VALLERY-RADOT, L'Église des premiers siècles, Perrin Collection Tempus, Paris 2006, p. 333 ; (17) Enrico NORELLI, La Naissance du Christianisme, Comment tout a commencé, ibid., p. 334-335, et 360 ; (18) Maurice VALLERY-RADOT, L'Église des premiers siècles, ibid., p. 342-343 ; (19) Marcel SIMON - André BENOIT, Le Judaïsme et le Christianisme antique d'Antiochus Epiphane à Constantin, Nouvelle Clio, PUF, Vendôme 1994, p. 119-121, et 237 ; (20) Enrico NORELLI, La Naissance du Christianisme, Comment tout a commencé, ibid., p. 22-23 ; (21) Saint Justin cité dans Anne BERNET, Les chrétiens dans l'empire romain, des persécutions à la conversion Ier – IVe s., Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 113 ; (22) DANIEL-ROPS, Histoire de l'Église du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965 ; (23) Rosa GIORGI, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006,  p. 328-329. 

 

. Saint Justin (IIe siècle) sur la Vierge Marie

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31 mai 2022 2 31 /05 /mai /2022 00:00

Vitrail-dans-la-cathedrale-Saint-Maclou-de-Pontoise-repre.JPG

Vitrail dans la cathédrale Saint-Maclou de Pontoise représentant la visitation

 

L'ange Gabriel, en annonçant à Marie le mystère de l'Incarnation, lui avait dit, pour confirmer sa mission, qu'Élisabeth, sa cousine, quoique d'un âge fort avancé, était enceinte d'un fils qui devait être le précurseur du Messie. La joie que la très-sainte-Vierge ressentit de cette merveille, et plus encore le motif de la charité, la déterminèrent à aller visiter sa sainte parente. Elle partit donc, et se rendit en diligence, à travers les montagnes de Juda, à la ville d'Hébron. Lorsqu'elle fut arrivée au terme de sa course, Marie entra chez Zacharie, et salua Élisabeth. Quel bonheur pour cette maison d'être honorée la première de la visite du Verbe fait chair ! De quelle bénédiction sa présence ne fut-elle pas suivie ! La très sainte-Vierge en fut l'instrument, parce que Dieu voulait nous montrer qu'elle est le canal des grâces, et que nous pouvons avec confiance implorer son intercession.

 

À la voix de Marie, l'enfant qu'Élisabeth portait dans son sein fut rempli du Saint-Esprit, c'est-à-dire qu'il fut purifié de la tache originelle, orné de la grâce sanctifiante, élevé à une dignité supérieure à celle des prophètes. Doué même, par anticipation, de l'usage de la raison, il reconnut, par une lumière surnaturelle, celui qui venait le visiter, et marqua, par une espèce de tressaillement, l'amour et le respect dont il était saisi en la présence de son Dieu.

 

Élisabeth, de son côté, félicita Marie du choix que Dieu avait fait d'elle pour être la Mère du Désiré des nations. L'auguste Vierge répondit à ces témoignages de vénération par le beau cantique MAGNIFICAT : Mon âme glorifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur.


Sources: (1)  Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 183 ; (2)

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