« Je recommande à mon fils s’il avait le malheur de devenir Roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, [...] qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les Lois, mais en même temps qu’un Roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile. » (Testament de Louis XVI)
Christ Roi
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Sainte Gisèle, Épouse de saint Étienne de Hongrie et mère de saint Émeric (+1060)
Sainte Gisèle étaient l'épouse du roi saint Étienne de Hongrie, un prince d'une grande bonté et qui, dit-on, était toujours d'humeur joyeuse. Elle participa avec lui à l'évangélisation de son pays.
Passau
À la mort du roi, elle fut chassée du royaume et se retira au monastère de Niederburg de sa Bavière natale, dans la ville de Passau, dont elle devint l'abbesse.
Ce mardi 5 mai, le Vatican a publié le Rapport finaldu groupe d'étude du "Synode sur la Synodalité" consacré aux "questions doctrinales, pastorales et éthiques controversées", dans lequel sont valorisés deux témoignages anonymes d'hommes homosexuels ouvertement déclarés vivant en "mariages du même sexe". Le document a été immédiatement salué par le P. James Martin, comme "un grand pas en avant dans la relation de l'Église avec la communauté LGBTQ".
Les rapports du synode du Vatican proposent un nouveau modèle pour le choix des évêques
Points forts de l’analyse des nouvelles :
-Les deux rapports des groupes d’étude synodaux (n° 7 et n° 9) représentent une reconfiguration délibérée de l’Église. Ils déplacent le centre de gravité d’un modèle hiérarchique, centré sur la doctrine et le droit, vers un modèle propulsé par la "synodalité" alias la consultation, et fondé sur l’égalité.
- Il subordonne le droit canonique à l’"esprit synodal", appelant à l’adaptation des canons pertinents pour s’adapter aux nouvelles propositions plutôt que l’inverse.
- Remplace le système traditionnel par un processus représentatif formalisé et multicouche : les conseils presbytéraux et pastoraux doivent produire des avis écrits sur les candidats ; cela s’étend aux conseils laïcs, aux personnes consacrées, et spécialement aux « groupes qui représentent institutionnellement la jeunesse et les pauvres ».
- Établit un "Comité permanent pour la Provision de l’Église locale" (2 prêtres, 2 consacrés, 2 laïcs)que le nonce doit consulter pour les nominations d’évêques, créant une structure médiatrice permanente (parallèle et propice à toutes les infiltrations ésotériques. Ndlr) entre Rome et le diocèse.
- Introduit de nouveaux critères de sélection axés sur les "compétences synodales" (ouverture à la complexité, innovation, adaptabilité) qui se placent aux côtés de — et risquent d’éclipser — les exigences traditionnelles de doctrine saine, bonnes mœurs, piété et prudence (canon 378).
- Effet global : déplace l’accent du caractère ontologique de l’évêque vers son style opérationnel au sein d’un processus continu, tout en augmentant le risque de politisation et de factionnalisme.
- Utilise des témoignages personnels sur l’attraction homosexuelle comme matériel concret pour le discernement, les exemples présentent les relations homosexuelles de manière positive (comme "don de Dieu" [un vocabulaire que nous retrouvons dans les livres pornos du cardinal Fernandez, préfet pour la doctrine de la foi, le plaisir sexuel étant présenté comme quelque chose de religieux : "la personne peut faire des choses qui sont objectivement des péchés, mais ne pas être coupable et ne pas perdre la grâce de Dieu ou l'expérience de son amour." (sic Cdl Fernandez, "La Passion mystique" 1998, chapitre huit). Ndlr], partenaire comme "mari", le péché étant situé dans le manque de confiance plutôt que dans la relation elle-même) et rejettent les approches centrées sur la chasteté.
- Positionne ces voix comme des voies à "écouter", créant une pression implicite sur l’enseignement moral sans contradiction doctrinale directe.
-Les deux documents reformulent l’autorité de l’Église comme facilitation d’un processus démocratique ascendant plutôt que comme garde de la doctrine et de la tradition.
Le bureau Synodal du Vatican est-il devenu le bras des relation publiques du Père James Martin ?
Le rapport final du Groupe d'étude synodale n° 9 met en lumière le témoignage d'un homme présenté par le New York Times, béni avec son "mari" par le Père James Martin, un jour après la libération de Fiducia Supplicans.
Mardi, le Vatican a publié le rapport final du groupe d’étude du Synode sur la synodalité sur les "questions doctrinales, pastorales et éthiques controversées", mettant en avant deux témoignages anonymes d’hommes ouvertement homosexuels mariés à des "couples de même sexe".
Cette décision a été immédiatement saluée par le père James Martin, SJ, comme "un pas en avant significatif dans les relations de l'Église avec la communauté LGBTQ".
Le rapport souligne la "valeur indispensable" de la "conversation dans l’Esprit" pour favoriser une "culture ecclésiale de synodalité".
Conformément à cette approche, le rapport final comprend (dans les annexes A, 1 et 2) deux témoignages personnels, l’un provenant du Portugal et l’autre des États-Unis. Chaque témoignage est rédigé par un homme ouvertement homosexuel qui décrit son engagement dans un « mari » avec une personne du même sexe et parle de son « mari » comme étant au cœur de sa vie personnelle, relationnelle et spirituelle.
Le témoignage 2 commence ainsi : "Mon orientation sexuelle n’est ni une perversion, ni un trouble, ni une épreuve ; c’est un don de Dieu. Je vis un mariage heureux et épanoui et je m’épanouis en tant que catholique ouvertement homosexuel."
Le 5 mai, le rapport final du Groupe d'étude 9 du Synode sur la synodalité a été publié. Présidé par le cardinal péruvien Carlos Gustavo Castillo Mattasoglio, ce groupe est l'un des dix créés sur ordre direct du pape François.
Il s'agit du dernier rapport d'un groupe d'étude issu du synode, et il démontre pourquoi tant de prélats de renom ont exprimé leurs inquiétudes quant à cet événement, étant donné qu'il rend hommage à l'enseignement de l'Église sur l'homosexualité tout en le sapant par la nature des opinions qu'il présente et promeut.
En donnant une plateforme à une dissidence active envers l'enseignement de l'Église sur l'homosexualité tout en rendant hommage à ce même enseignement, le dernier document d'orientation du synode est un cas d'école dans le style de toute l'affaire. Père V sur X
Le nouveau document synodal du Vatican vient de franchir une ligne. Il ne se contente pas d’appeler au "dialogue" — il valorise le témoignage homosexuel, redéfinit le péché et exige un "changement de paradigme" total, à l’opposé de l’enseignement catholique.
Bien que la plupart des catholiques sérieux éprouvent une saine aversion pour tout ce qui touche au Synode sur la synodalité, le rapport final du groupe d'étude n° 9 mérite une attention particulière car il révèle une corruption diabolique qui pourrait alarmer même les critiques les plus acharnés de l'Église synodale. Le 'changement de paradigme' (sic) exige d'abandonner des siècles de clarté morale.
L'un des messages centraux de cette nouvelle étude est que l'Église synodale doit entreprendre un changement de paradigme fondamental.
"Dans le sillage de la compréhension historique et dialogique de l’Apocalypse proposée par Vatican II dans Dei Verbum, l’engagement à vivre la dimension synodale de l’Église implique un changement de paradigme (cf. VG 3) par rapport aux paradigmes dominants des siècles passés quant à l’interprétation et à l’expression de la proclamation de l’Évangile et de la mission de l’Église. Ce changement constitue, en réalité, un retour à l’expérience libératrice de la rencontre avec la vérité salvifique de l’Évangile telle qu’elle a été originellement présentée en Jésus"
Le rapport final du Synode du Vatican sur la synodalité sur les "questions doctrinales, pastorales et éthiques" publié mardi a utilisé le témoignage d'un homme qui a été "béni" avec son "partenaire' homosexuel par le prêtre militant pro-LGBT, le père James Martin.
Le rapporta scandaleusement approuvé sans réserve des témoignages affirmant que "le péché, à sa racine, ne réside pas dans la relation de couple (homosexuelle)" mais dans "un manque de foi en un Dieu qui désire notre épanouissement".
Le document s'appuyait sur le "vécu" de deux personnes anonymes ayant des inclinations homosexuelles pour "favoriser le discernement pastoral". L'une de ces personnes est un homme mentionné dans un article du New York Times de 2023 , photographié recevant une "bénédiction" avec son partenaire masculin de la part de Martin, a rapporté la journaliste Diane Montagna mardi.
Son témoignage, le deuxième mentionné dans le rapport, commence ainsi : "Mon orientation sexuelle n’est ni une perversion, ni un trouble, ni une épreuve ; c’est un don de Dieu. Je vis un mariage heureux et épanoui et je m’épanouis en tant que catholique ouvertement homosexuel."
Si cette idée réussit - d'accorder à chaque conférence épiscopale une autorité indépendante sur les questions doctrinales -, nous ne serons plus l'Église catholique.
Lors du premier consistoire extraordinaire des évêques du Pape Léon XIV les 7 et 8 janvier dernuer, le cardinal Zen n’a pas mâché ses mots. Il qualifia la "synodalité bergoglienne" de "manipulation implacable" qui insulte la dignité des évêques et encourt le blasphème en attendant du Saint-Esprit qu'il contredise la Tradition bimillénaire de l'Église." Des paroles courageuses de la part d'un véritable berger." P. R. Vierling
'Le cardinal Joseph Zen a critiqué le Synode sur la synodalité lors du Consistoire. Il a dénoncé son processus comme une "manipulation implacable" et a averti que son invocation constante du Saint-Esprit est "ridicule" et frôle le "blasphème".' Raymond Arroyo sur X.
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Parmi les premières réactions :
"Le récent rapport publié par le Groupe d’étude 9 du Synode sur la Synodalité est profondément alarmant et se trouve en contradiction directe avec l’enseignement constant de l’Église catholique concernant la sexualité humaine, le péché, le mariage et la loi morale." Mgr Joseph Strickland sur X
The recent report issued by Study Group 9 of the Synod on Synodality is deeply alarming and stands in direct contradiction to the constant teaching of the Catholic Church regarding human sexuality, sin, marriage, and the moral law. https://t.co/O0iLzBh9Ib
— Bishop Joseph Strickland @ Pillars of Faith (@BishStrick) May 6, 2026
Réponse de Mgr Strickland au Groupe d'étude synodale n° 9 :
"La destruction de la doctrine sous le couvert des notions de 'discernement', 'd’écoute' et d’'expérience vécue' constitue l’un des dangers spirituels les plus graves de notre époque. La vérité ne se définit pas par l’expérience. La vérité est révélée par Dieu."
"Satan est le 'père du mensonge'. Sa principale tentation est de convaincre les gens de croire des mensonges sur eux-mêmes, sur Dieu et sur la réalité."
Le cardinal Müller répond au texte du Groupe d'étude synodal 9 sur l'homosexualité :
La bénédiction privée ou même paraliturgique de couples de même sexe et de sexe opposé en relations irrégulières repose sur le déni hérétique de la vérité révélée que Dieu a créé les êtres humains homme et femme.
Le cardinal Müller a averti que le texte du Synode sur l'homosexualité contribue à la "relativisation hérétique du mariage naturel et sacramentel", & qu'il témoigne d'un "mépris ou d'une ignorance de la tradition catholique".
Une telle mesure, ajoute l'ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, "estprésentée comme un premier pas vers la reconnaissance de l'idéologie LGBT, qui ne prône rien d'autre qu'une vision matérialiste de l'humanité sans Dieu, le Créateur, le Rédempteur et le Perfectionneur de l'humanité."
Avec l’idéologie "woke" — issue à l’origine de la pensée athée-matérialiste — une hérésie destructrice et une force schismatique de division ont pénétré l’Église catholique, une force qui, par son opposition à la vérité révélée de Dieu, correspond au manichéisme ou au pélagianisme.
8 mai 2026. Cardinal Müller : "Les groupes d'étude mis en place par le pape François lors du synode sur la synodalité de 2024 publient progressivement leurs conclusions, certes très controversées.
Ils se ressemblent de façon fatale sur deux points : 1. Leur méfiance envers les principes fondamentaux de la doctrine catholique, qu'ils confondent avec un système de pensée limité dans le temps, au lieu de les reconnaître comme la transmission intégrale et complète de la révélation divine aux générations présentes et futures ; et 2. Leur tentative de s'aligner sur les idéologies dominantes par le biais d'un soi-disant « changement de paradigme, passant d'un dogmatisme rigide à une approche pastorale plus humaine », afin d'obtenir la reconnaissance de leurs partisans.
Ils ne nient pas ouvertement les vérités révélées. Mais ils les ignorent et construisent à côté d'elles leur propre édifice d'un christianisme confortable et conforme aux mœurs du monde.
Au mépris ou par ignorance de la tradition catholique, cela conduit à l'affirmation sophistiquement exagérée selon laquelle le péché ne consiste pas en des actes conscients et volontaires contre les commandements de Dieu, mais plutôt en le refus d'une miséricorde absolue envers ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas les accomplir.
En réalité, l’Église enseigne que le Christ est mort sur la croix pour les péchés de tous les hommes et que le Saint-Esprit ne refuse la grâce de Dieu à personne qui se convertit à l’Évangile, afin qu’il puisse mener une vie nouvelle et sainte à la suite du Christ. C’est pourquoi l’Apôtre peut dire aux baptisés : « Ne vivez plus comme les païens, dans la vanité de leurs pensées… Dépouillez-vous du vieil homme, qui se corrompt par ses convoitises trompeuses ; soyez renouvelés dans l’Esprit de votre intelligence ; et revêtez-vous de l’homme nouveau, créé à l’image de Dieu, dans une justice et une sainteté véritables. » (Éphésiens 4, 17.22-24).
Dans le contexte des synodes épiscopaux et des parcours synodaux nationaux au sein des Églises locales, un sujet cher à certains évêques, théologiens et laïcs, en phase avec l'esprit du temps, revient sans cesse. Au lieu de conduire les fidèles à Jésus-Christ, Dieu-Homme, unique et véritable Médiateur entre Dieu et les hommes, ils envisagent l'avenir de l'Église – de manière monothématique et spirituellement restrictive – dans l'adoption des idéologies de genre et de l'arc-en-ciel.
Par conséquent, ils mettent même en péril l'unité visible de l'Église dans la vérité du Christ, telle que le Seigneur lui-même, en tant que Chef de l'Église, l'a confiée à l'ensemble du Collège des évêques, avec et sous l'autorité du Pape, successeur personnel de Pierre sur le Siège romain.
La bénédiction privée, voire paraliturgique, des couples de même sexe et de sexe opposé en situation irrégulière repose sur le déni hérétique de la vérité révélée selon laquelle Dieu a créé les êtres humains homme et femme.
Jésus, qui en sa personne est le Chemin, la Vérité et la Vie, a confirmé la volonté originelle du Créateur contre la casuistique des pharisiens concernant le divorce et a révélé définitivement que l'homme et la femme ne deviennent une seule chair que par le « oui » du mariage (cf. Mt 19, 3-9). Ainsi, dans le mariage, l'homme et la femme forment une unité personnelle et sexuelle à deux, unis par l'amour mutuel, la vie partagée et l'ouverture aux enfants que Dieu veut leur donner. Seuls l'homme et la femme unis par les liens du mariage sont bénis par Dieu afin qu'ils soient féconds, se multiplient, peuplent la terre et règnent (avec sagesse) sur toutes les autres créatures (cf. Gn 1, 28). Il n'est fait mention ni dans l'Écriture sainte ni dans toute la tradition de l'Église d'une bénédiction pour les personnes adultères, et rien n'indique que les évêques soient autorisés à ordonner ou à permettre des bénédictions frauduleuses et blasphématoires.
ll n'y a aucune mention dans l'Écriture Sainte ou dans toute la tradition de l'Église d'une bénédiction pour les personnes dans des relations adultères, et il n'y a aucune indication que les évêques sont autorisés à ordonner ou à permettre des bénédictions frauduleuses et blasphématoires".
Le père Gerald Murray, canoniste et prêtre de l'archidiocèse de New York, a déclaré qu'il trouvait le rapport du synode "horrible" et une "tentative subversive de renverser la morale catholique sur la question de l'homosexualité". Edward Pentin sur X
"Le Synode est devenu l'agent officiellement mandaté par le Saint-Siège pour la destruction de la doctrine catholique, présentée et méprisée comme un ensemble de principes déductifs formulés de manière immuable et rigide : des énoncés stériles, régressifs et figés ; des doctrines "préfabriquées" qui ne seraient que de simples abstractions et théories." Père Gerald Murray, InfoVaticana 10 mai 2026
"Cette subversion destructrice parrainée par le Vatican doit prendre fin maintenant. Les âmes sont mises en danger par les faux enseignements scandaleux propagés par le Synode. Le pape Léon doit renforcer les frères dans la foi en mettant fin à cette trahison empoisonnée de la vérité de Dieu".
Les bergers synodaux attaquent les moutons - Père Gerald Murray sur le rapport final du Groupe d'étude n° 9 publié plus tôt cette semaine par le Secrétariat du Synode : The Catholic Thing via Diane Montagna sur X
Santiago Martín : "S’il n’y a pas de sanctions en Allemagne, il sera clair que l’Église est gouvernée par le dieu de l’argent"
Selon le père Santiago Martín, le défi ouvert lancé par l'épiscopat allemand au Vatican est entré dans une phase décisive qui compromet directement l'autorité du pape Léon XIV et la crédibilité du gouvernement de l'Église.
Dans une analyse diffusée sur Magnificat TV, le fondateur des Franciscains de Marie affirme que le refus des évêques allemands de retirer leur bénédiction aux couples homosexuels, aux personnes divorcées et remariées et aux couples vivant en concubinage constitue un acte de désobéissance publique sans précédent et que, s'il n'aboutit pas à des sanctions, il démontrera que "celui qui gouverne l'Église n'est pas le Pape, mais le dieu de l'argent".
L'origine immédiate du conflit remonte à novembre 2024, lorsque l'épiscopat allemand a transmis au Dicastère pour la Doctrine de la Foi un projet de bénédiction inspiré de la déclaration Fiducia supplicans. Selon Santiago Martín, le cardinal Victor Manuel Fernandez a répondu quelques jours plus tard, rejetant le texte et exigeant des modifications. Cependant, les échanges sont restés secrets et, des mois plus tard, en avril 2025, alors que le pape François venait de décéder et que le Saint-Siège était vacant, les évêques allemands ont publié la bénédiction malgré les objections de Rome.
Le prêtre juge particulièrement grave que cette publication ait eu lieu "alors que le corps du pape était encore présent", y voyant un acte de défiance délibéré, profitant du vide du pouvoir à Rome. Dès lors, de nombreux diocèses allemands commencèrent à administrer des bénédictions liturgiques à des couples en situation irrégulière, tandis que le Vatican gardait le silence.
La situation s'est définitivement envenimée lorsque le cardinal Reinhard Marx a ordonné, le 20 avril, aux prêtres de Munich d'administrer la bénédiction dans tout l'archidiocèse. Trois jours plus tard seulement, le pape Léon XIV a réagi publiquement lors de son vol de retour d'Afrique, déclarant que le Saint-Siège "n'approuve pas la bénédiction officielle des couples homosexuels ou de ceux se trouvant dans une situation irrégulière".
Pour Santiago Martín, le geste ultérieur du cardinal Marx a encore aggravé la crise. L'archevêque de Munich a qualifié de "réactionnaires" ceux qui critiquaient la voie synodale allemande et a affirmé que ces attaques provenaient des États-Unis. Nombreux sont ceux qui ont interprété ces propos comme une allusion indirecte au pape lui-même, un Américain qui s'était récemment prononcé contre la bénédiction (liturgique. Ndlr.).
Les tensions se sont exacerbées lorsque le Dicastère pour la Doctrine de la Foi a finalement publié, le 3 mai, la lettre envoyée en 2024 rejetant la bénédiction allemande. Cette publication a confirmé publiquement que Rome avait toléré une désobéissance manifeste pendant près de deux ans sans prendre de mesures disciplinaires. Le père Santiago Martín estime que cela a mis en lumière "la passivité du Vatican dans l'application de la loi qu'il promulgue lui-même".
Dans son analyse, il compare le traitement réservé aux évêques allemands à celui infligé à des prélats considérés comme conservateurs, tels que Joseph Strickland ou Daniel Fernández Torres, qui furent démis de leurs fonctions sans accusations doctrinales comparables. Selon lui, cette différence ne peut s'expliquer qu'à la lumière du poids économique considérable de l'Église allemande au sein des finances du Vatican.
Le secrétaire d'État, le cardinal Pietro Parolin, a récemment évoqué la possibilité de sanctions canoniques, tout en exprimant son souhait d'éviter toute mesure disciplinaire. Pour Santiago Martín, cette simple mention démontre que Rome a atteint ses limites. Il avertit cependant que le temps presse pour le pape : si l'Allemagne ne rectifie pas rapidement la situation et que le Vatican ne réagit pas, l'autorité papale subira un préjudice irréversible.
Le prêtre conclut par une déclaration particulièrement dure : "Il serait plus honnête d’enlever les crucifix et d’installer un veau d’or." Il soutient que si la désobéissance allemande reste impunie, cela démontrera que le véritable pouvoir au sein de l’Église ne réside ni à Rome ni dans la doctrine catholique, mais dans les ressources financières de l’Église allemande.
12 mai Mgr Schneider: "L’hérésie homosexuelle contamine de plus en plus le Corps de l’Église"
L’évêque Schneider : Le rapport du synode du Vatican sur l’homosexualité fait écho à "la parabole du serpent dans le jardin d’Éden".
Le rapport final du Groupe d’étude n° 9 propose une "exégèse du doute" dans la révélation divine et ouvre la porte au "relativisme moral total".
ROME, 12 MAI 2026 — L’évêque Athanasius Schneider a lancé une critique vigoureuse du nouveau rapport du Vatican sur les "questions doctrinales, pastorales et éthiques émergentes", affirmant que son traitement de l’homosexualité promeut une "exégèse du doute" dans la révélation divine qui fait écho au serpent du jardin d’Éden et ouvre la porte à un "relativisme moral total".
Le rapport final de 30 pages, publié le 5 mai par le Secrétariat général du Saint-Siège pour le Synode, a été préparé par le Groupe d'étude n° 9, l'un des dix groupes d'étude établis par le pape François en février 2024 pour examiner les questions qui ont émergé lors de la première session du Synode sur la synodalité en octobre 2023.
Le groupe d'étude, composé de sept membres, comprenait le cardinal Carlos Castillo Mattasoglio , archevêque de Lima (Pérou) ; l'archevêque Filippo Iannone, préfet du dicastère pour les évêques ; et le père Maurizio Chiodi, théologien moral italien et professeur à l'Institut pontifical Jean-Paul II pour les sciences du mariage et de la famille, qui a publiquement soutenu que les relations sexuelles au sein d'une relation homosexuelle peuvent être bénéfiques dans certaines circonstances. Le père Chiodi est considéré comme le principal auteur de ce rapport.
Le rapport a rapidement suscité des critiques de la part des commentateurs catholiques, mais a été immédiatement salué comme un "grand pas en avant" par les défenseurs des droits LGBTQ+ tels que le père James Martin, SJ.
La controverse s'est intensifiée après qu'il est apparu que l'un des deux témoignages présentés dans le rapport avait été rédigé par l'homme photographié en première page du New York Times en 2023 recevant une bénédiction avec son partenaire du même sexe du même prêtre jésuite, un jour seulement après la publication de Fiducia Supplicans.
Dans cet entretien, l’évêque Schneider évoque ce qu’il considère comme une alliance contre nature entre le Secrétariat du Synode et les partisans d’une idéologie "anti-chrétienne", la mesure dans laquelle le rapport final du Groupe d’étude n° 9 représente une "ligne rouge" et comment sa publication pourrait affecter les relations déjà tendues entre le Vatican et la Fraternité sacerdotale traditionaliste Saint-Pie-X.
Tout en reconnaissant que le rapport ne possède aucune autorité magistérielle formelle, l'évêque auxiliaire d'Astana soutient que sa publication par le Vatican n'en entraîne pas moins de graves conséquences, puisqu'il sera inévitablement présenté et interprété dans les médias du monde entier comme le signe d'un changement dans l'enseignement catholique.
Il lance également un appel direct au pape Léon XIV pour qu'il protège l'Église et les âmes de ce qu'il appelle une "doctrine gnostique effrontée", et prévient que si le Saint-Père — ainsi que les cardinaux, les évêques et les prêtres — ne "se réveillent" pas, les générations futures pourraient un jour se retourner sur cette époque et dire : "Le monde entier a soupiré et s'est demandé comment il avait pu abolir le sixième commandement."
Voici mon entretien avec l'évêque Athanase Schneider.
Diane Montagna (DM) : Votre Excellence, quelle a été votre première réaction au rapport final du Groupe d'étude n° 9 et à la révélation que l'un des deux témoignages inclus avait été écrit par l'homme présenté dans le New York Times, béni avec son partenaire du même sexe par le père James Martin, SJ., un jour après la publication de Fiducia Supplicans ?
+Athanasius Schneider (+AS) : En publiant le rapport final du Groupe d'étude n° 9, le Secrétariat du Synode des évêques s'est abaissé à promouvoir la propagande d'une idéologie sexuelle mondiale activement diffusée dans les milieux politiques et médiatiques du monde entier. Le père James Martin n'est qu'un simple exécutant de cette idéologie antichrétienne et blasphématoire. Les partisans de cette idéologie recherchent l'approbation morale et doctrinale de l'Église pour les actes et les modes de vie homosexuels, c'est-à-dire pour une conduite contraire à la création divine et à l'ordre naturel. Le Secrétariat du Synode, organe du Saint-Siège, collabore ainsi avec ses lobbyistes dans une véritable révolte contre l'œuvre de la création, contre le bel et sage ordre des deux sexes, homme et femme.
(DM) : Le rapport final vise clairement à normaliser l’homosexualité au sein de l’Église. Ce processus a été amorcé en 2014 avec le rapport intermédiaire du premier Synode sur la famille du pape François, qui affirmait que « les homosexuels ont des dons et des qualités à offrir à la communauté chrétienne ». Ce texte a été largement rejeté par les Pères synodaux, mais les efforts se sont poursuivis. [1] Selon vous, que révèle le rapport final sur le « processus synodal » initié sous le pape François ?
(+AS) : Le rapport final révèle que la légitimation de l’homosexualité (c’est-à-dire les actes, les modes de vie et les relations homosexuelles) figurait déjà à l’ordre du jour du clergé lors du premier synode sur la famille du pape François. Cet ordre du jour a atteint son apogée avec la promulgation de la déclaration Fiducia Supplicans par le Dicastère pour la doctrine de la foi, sous l’autorité de son préfet actuel.
Fiducia Supplicans est une aberration. Elle évoque la possibilité de bénir des couples homosexuels, non pas officiellement et liturgiquement, mais spontanément. Selon ce document, la bénédiction porte sur le couple homosexuel lui-même, et non sur leur relation. Or, la notion de "couple" découle précisément de la relation. Fiducia Supplicans prend ainsi le monde entier pour des imbéciles.
Le rapport final du Groupe d'étude n° 9 va plus loin en proposant une justification doctrinale possible aux actes homosexuels et aux relations homoérotiques. Il le fait en remettant indirectement en question la validité du témoignage de la Révélation divine concernant l'homosexualité dans les Saintes Écritures, en avançant une sorte d'« exégèse du doute » à propos des passages bibliques concernés. Le rapport affirme en effet qu'« il est nécessaire d'aller au-delà d'une simple répétition de leur présentation actuelle et de prendre en compte les éclairages apportés par diverses lectures exégétiques » (2.4). Une telle exégèse usurpe de fait la place de Dieu et prétend proclamer ce qui est bien et ce qui est mal. C'est précisément ce que fit le serpent dans le jardin d'Éden.
(DM) : Les deux témoignages mis en avant dans le rapport ont été écrits par des hommes ouvertement homosexuels vivant en couple avec une personne du même sexe et ne souscrivant pas à l’enseignement de l’Église sur le mariage et la sexualité. Pourtant, aucun témoignage n’a été recueilli auprès de personnes attirées par les personnes du même sexe qui cherchent à vivre selon la foi catholique, qui s’engagent dans l’apostolat "Courage", etc. Qu’est-ce que cela révèle sur les « experts » qui composaient le Groupe d’étude n° 9 ?
(+AS) : Ce fait parle de lui-même. Il démontre clairement qu'un organe du Saint-Siège – le Secrétariat du Synode des évêques – prend parti pour un groupe néo-gnostique idéologique au sein de l'Église, une minorité qui contredit explicitement l'enseignement constant de l'Église et le sensus fidelium. Il est clair que l'objectif est d'initier un processus de réinterprétation et, à terme, d'abolition de la validité de la révélation divine – et plus précisément de la validité du sixième commandement.
(DM) : Les auteurs insistent sur le fait que leur rapport ne constitue pas un exercice d’autorité, mais qu’il est simplement le fruit d’un travail demandé au Groupe d’étude lors du processus synodal, visant à favoriser le discernement au sein des Églises locales. Certains pourraient y voir précisément la tactique employée par les partisans de ces idées pour faire avancer la révolution, tandis que d’autres pourraient y voir une raison suffisante pour ignorer purement et simplement le rapport. Quelle est votre position ?
(+AS) : Bien qu'il ne s'agisse formellement que d'un document issu d'un groupe d'étude et dépourvu d'autorité magistérielle, il est néanmoins publié par le Vatican, par l'intermédiaire d'un organe du Saint-Siège. De ce fait, un tel document laisse entendre au monde entier, et à la plupart des catholiques – qui ignorent la distinction théologique relative à la valeur de l'autorité conférée aux documents de l'Église – que l'Église catholique, et même le Vatican, s'ouvrent désormais à la possibilité de légitimer et de normaliser les actes et les modes de vie homosexuels. Il s'agit là d'une tactique manifeste visant à habituer progressivement les fidèles à considérer les actes homosexuels comme normaux, ou du moins à les tolérer dans certains cas, principalement par l'argument sophistique selon lequel un couple homosexuel pourrait posséder d'autres qualités morales ou intellectuelles. Ainsi, la porte est ouverte au relativisme moral absolu.
(DM) : Ce rapport final constitue-t-il une « ligne rouge » ? Et étant donné que le Secrétariat du Synode a maintenant rendu public le rapport, quelle mesure pensez-vous que le pape Léon XIV devrait prendre ?
(+AS) : Ce rapport final franchit sans équivoque laligne rouge entre l'orthodoxie et l'hérésie. Il emploie l'expression trompeuse de « changement de paradigme » pour saper, par une rhétorique vide, la Révélation divine sur la dualité des sexes et son interdiction claire de tout acte sexuel hors mariage valide entre un homme et une femme. Le premier devoir du pape Léon XIV est de protéger l'Église et les âmes des fidèles de cette doctrine gnostique effrontée, qui cherche à justifier la fornication et le vice contre nature. La voix du Christ, qui a réprimandé l'Église de Pergame pour avoir toléré l'hérésie sexuelle des Nicolaïtes (cf. Ap 2, 14-15) et accusé l'Église de Thyatire d'avoir permis à Jézabel – qui « se disait prophétesse » – de répandre l'immoralité sexuelle en son sein (Ap 2, 20-21), s'adresse également aujourd'hui au pape Léon XIV.
(DM) : Nous écrivons sur ces questions depuis des années – d’abord avec le Synode sur la famille, puis le Synode sur les jeunes, et maintenant le Synode sur la synodalité. Pourtant, trop souvent – exception faite peut-être de la réaction négative suite à l’encyclique Fiducia Supplicans – et à de rares exceptions près, les cardinaux et les évêques semblent choisir le silence et l’inaction. Le fait que nous en soyons arrivés là est-il aussi le résultat d’un échec de la hiérarchie à résister à une révolution qui s’est accélérée sous le pontificat précédent ? Et comment pensez-vous que les cardinaux peuvent désormais servir au mieux le Saint-Père à cet égard ?
(+AS) : La mission essentielle de la charge sacrée de cardinal et d'évêque est d'obéir au mandat solennel du Christ, qui leur a ordonné, par l'intermédiaire des Apôtres, d'enseigner tout ce qu'il a enseigné. Or, Jésus-Christ, Dieu incarné, Vérité même, a fermement condamné toute forme de déformation des commandements de Dieu, ainsi que tout compromis avec le péché. Avec une audace scandaleuse, le rapport final substitue aux commandements de Dieu – en l'occurrence, le commandement divin interdisant les relations sexuelles hors mariage – des traditions humaines qui, de fait, ouvrent la porte à l'acceptation des actes et modes de vie homosexuels.
L’hérésie homosexuelle contamine de plus en plus le Corps de l’Église, et si le Pape, ainsi que les cardinaux et les évêques, ne prennent pas conscience de la gravité de la situation et, en tant que médecins et pasteurs spirituels responsables, n’avertissent pas et ne protègent pas les fidèles avec clarté et courage contre cette contagion spirituelle, ils seront coupables par leur inaction et leur silence. Il est fort possible que les générations futures, en se remémorant notre époque, lui appliquent les mots prononcés au temps de l’hérésie arienne : « Le monde entier soupira et s’interrogea sur la façon dont on avait aboli le sixième commandement de Dieu. »
(DM) : Comme vous le soulignez plus haut, le rapport propose un « changement de paradigme » dans la manière dont l’Église aborde ses questions doctrinales, pastorales et morales les plus difficiles, et il décrit ce changement comme faisant partie d’un « processus initié par Vatican II qui remet en question les modèles qui ont prévalu dans la vie ecclésiale au cours des derniers siècles ». On entend souvent dire que le clergé et les fidèles attachés à la messe traditionnelle en latin doivent « accepter Vatican II ». Mais comment peut-on s’attendre à ce qu’ils le fassent lorsque ceux qui sont considérés comme des experts du Vatican nous disent que c’est là où cela mène ?
(+AS) : Le rapport final, rédigé dans un style sophistique et gnostique typique, présente les vérités immuables, saintes et profondes de la Révélation divine comme de simples « modèles théoriques » (cf. 2.3). Dans ce rapport, l’enseignement clair, infaillible et bimillénaire de l’Église sur l’ordre divinement institué et voulu de la sexualité humaine est ainsi réduit à un « modèle » temporaire. Ceci prive également de leur force contraignante toute la loi morale naturelle que Dieu a inscrite dans le cœur de l’homme, ainsi que les vérités révélées dans l’Écriture sainte et la Tradition.
Les auteurs du rapport final sont ceux qui, selon les mots de l’apôtre Jude, abusent de la grâce de Dieu pour justifier la fornication (cf. Jude 4). Ils sont comme les « sources taries et les brumes chassées par la tempête » dont parle saint Pierre, qui « profèrent des vantardises insensées » et « séduisent par les passions dépravées de la chair ceux qui ont à peine échappé à ceux qui vivent dans l’erreur. Ils leur promettent la liberté, mais ils sont eux-mêmes esclaves de la corruption » (2 P 2, 17-19). Si le Saint-Siège ne condamne pas sans équivoque ce rapport final n° 9, tous les fidèles et le clergé catholiques authentiques perdront confiance en ceux qui occupent des fonctions au Vatican.
(DM) : La FSSPX a annoncé son intention de consacrer de nouveaux évêques le 1er juillet. Comment peut-il y avoir un espoir de réconciliation ou d'unité si ce genre d'attaques contre la foi catholique — émanant des structures officielles du Vatican — se poursuit ?
(+AS) : Le contenu scandaleux et, en vérité, blasphématoire du Rapport final n° 9 concernant la sexualité, ainsi que la validité immuable de la Révélation divine dans l’Écriture et la Tradition, constituent une preuve supplémentaire – parmi tant d’autres documents et actes alarmants émanant du Saint-Siège ou tolérés par lui – que la situation actuelle de l’Église ne peut être qualifiée que devéritable état d’urgence, ce que la FSSPX affirme à juste titre. Il faudrait être aveugle pour ne pas le voir. Quiconque, au sein de l’Église, nie encore aujourd’hui cet état d’urgence est soit spirituellement aveugle, soit considère l’empereur nu comme décent (comme dans le conte d’Andersen, « Les Habits neufs de l’empereur »), soit se comporte comme la servante qui, face au château en flammes, s’écria : « Tout va très bien, Madame la Marquise ! »
(DM) : La FSSPX, les évêques allemands, le Synode sur la synodalité… Le pape Léon XIV a de nombreux dossiers très importants à traiter dans les mois et l’année à venir. Que lui diriez-vous à l’aube de sa deuxième année de pontificat ?
(+AS) : En tant que frère dans l'épiscopat, je ne saurais lui offrir de paroles plus justes et plus pertinentes que celles prononcées par notre Seigneur à Pierre, le premier pape : « Affermis tes frères dans la foi ! » (Luc 22, 32). Que signifie concrètement « affermir dans la foi » ? Il s'agit manifestement d'éclaircir la confusion, l'ambiguïté et la perversion qui règnent dans la foi. Le pape devrait reconnaître que l'Église, tout comme au IIe siècle à l'époque de saint Irénée, est infectée par un gnosticisme qui, tel un renard, nie sournoisement la validité et la concrétude de la Révélation et des Commandements de Dieu. C'est pourquoi saint Irénée adressa l'avertissement suivant aux papes, aux évêques et aux fidèles de son temps – un passage qu'il convient de citer intégralement :
Tel est donc leur système, que ni les prophètes n'ont annoncé, ni le Seigneur enseigné, ni les apôtres transmis, mais dont ils se vantent d'avoir une connaissance parfaite, plus que quiconque. Ils puisent leurs opinions ailleurs que dans les Écritures ; et, pour reprendre un proverbe courant, ils s'efforcent de tisser des cordes de sable, tout en tentant d'adapter avec une apparence de vraisemblance à leurs propres affirmations les paraboles du Seigneur, les paroles des prophètes et les enseignements des apôtres, afin que leur projet ne paraisse pas totalement dénué de fondement. Ce faisant, cependant, ils négligent l'ordre et la cohérence des Écritures et, dans la mesure où ils s'y trouvent, ils démembrent et détruisent la vérité. En déplaçant des passages, en les réinterprétant, en faisant une chose d'une autre, ils parviennent à tromper beaucoup de gens par leur ruse perverse qui consiste à adapter les oracles du Seigneur à leurs opinions. Leur manière d'agir est comparable à celle de quelqu'un qui, après avoir contemplé une magnifique statue de roi réalisée par un artiste habile avec des pierres précieuses, Puis, ils démontent entièrement cette effigie, réarrangent les gemmes et les assemblent de manière à leur donner la forme d'un chien ou d'un renard, même si ce n'est que de façon mal exécutée ; et ils prétendent ensuite que c'est là la belle image du roi que l'artiste habile a réalisée, en montrant les joyaux que le premier artiste avait admirablement agencés pour former l'image du roi, mais que le second avait malencontreusement transformés en forme de chien. En exhibant ainsi les joyaux, ils trompent les ignorants qui n'ont aucune idée de l'apparence d'un roi et les persuadent que cette piètre image du renard est en réalité la belle image du roi. De la même manière, ces personnes assemblent des fables de vieilles femmes, puis s'efforcent, en déformant violemment le sens des mots, des expressions et des paraboles lorsqu'elles les trouvent, d'adapter les oracles de Dieu à leurs fictions sans fondement. (Adversus haereses , I, 8.1)
(DM) : Excellence, avez-vous quelque chose à ajouter ?
(+AS) : Par ces mots, je souhaite unir ma voix à celle d'innombrables catholiques simples et pieux que je rencontre régulièrement dans divers pays, qui aiment le Pape d'un amour véritablement surnaturel, mais qui souffrent profondément du manque d'affirmation sans équivoque des vérités divines émanant de Rome, face à la propagation impunie des hérésies et des blasphèmes au sein de l'Église par des membres du clergé – même des évêques et des cardinaux – qui sont des loups déguisés en bergers. Je plaide fraternellement pour eux :
Très Saint-Père, écoutez la voix de tant de catholiques fervents, de simples prêtres et religieux, d'enfants et de jeunes qui ont été marginalisés dans la vie ecclésiale par les structures synodales et même traités avec dédain simplement parce qu'ils restent attachés à la foi et à la forme de la liturgie transmises par leurs ancêtres ; à la foi et à la liturgie chéries par les saints ; à la foi et à la liturgie embrassées et offertes par l'immense majorité des papes.
Très Saint-Père, ne vous rangez pas principalement du côté des bureaucrates et des apparatchiks de l'Église, soutenus par les puissants de ce monde, mais écoutez et soutenez les plus humbles dans l'Église : les fidèles traditionnels et le clergé qui s'attachent fermement à la foi transmise une fois pour toutes aux saints (Jude 3).
Très Saint Père, soyez pour notre époque un autre saint Léon : faites une profession de foi limpide pour fortifier toute l’Église et dissiper les doutes pernicieux et les ambiguïtés toxiques, comme l’a fait jadis votre prédécesseur et homonyme. Alors les fidèles de notre temps, comme au temps de Léon le Grand, pourront dire : « Par la bouche du pape Léon XIV, Pierre a parlé ! »
Le cardinal Eijk accuse le rapport synodal sur l'homosexualité de saper la doctrine catholique
Le cardinal Willem Eijk a critiqué le rapport préparé par le Groupe d'étude 9 du Synode sur la synodalité et accuse ses auteurs d'affaiblir l'enseignement moral de l'Église, notamment sur les questions liées à l'homosexualité.
Dans une analyse publiée par le National Catholic Herald, l’archevêque d’Utrecht dénonce le fait que ce document introduit des "ambiguïtés dangereuses" sur la doctrine catholique et ouvre la porte à des réinterprétations incompatibles avec l’enseignement permanent de l’Église sur la sexualité, le mariage et la loi morale.
Le cardinal néerlandais critique tout particulièrement le rapport pour avoir reproduit sans correction des affirmations selon lesquelles le péché ne réside pas dans la relation homosexuelle elle-même, mais dans « le manque de foi en un Dieu qui désire notre épanouissement ».
Selon Eijk, cette affirmation contredit directement la doctrine catholique.
"Les actes homosexuels sont intrinsèquement mauvais ; c’est un dogme catholique établi", affirme le cardinal. Tout en reconnaissant que chaque chrétien doit s’en remettre à la grâce de Dieu pour éviter le péché, il souligne que cela n’enlève rien à la gravité objective de certains actes.
[...] Eijk critique l'approche globale du document, l'accusant de remplacer la doctrine morale par un modèle centré uniquement sur les expériences personnelles et les processus d'écoute.
Le cardinal rejette en particulier la remise en question, par les auteurs, de l'application des normes morales universelles et leur présentation de la doctrine comme quelque chose de "rigide" ou simplement "abstrait".
Selon le cardinal, cette approche de la pastorale finit par affaiblir la vérité morale et donne l'impression que les enseignements de l'Église peuvent être modifiés en fonction des circonstances culturelles ou des expériences subjectives.
"Les vérités concernant le mariage et la sexualité ont été établies par Dieu une fois pour toutes", affirme Eijk.
Le cardinal rappelle également que saint Jean-Paul II avait déjà condamné ce type d’approche dans l’encyclique Veritatis Splendor, où il rejetait les soi-disant "solutions pastorales" contraires au Magistère.
Eijk prévient que les conséquences de ce rapport dépassent largement le cadre du débat sur l'homosexualité. Selon lui, la relativisation des normes morales universelles affecte en fin de compte l'ensemble de la doctrine éthique de l'Église, y compris la défense de la vie humaine.
Il estime donc que le document doit être « fermement réfuté » et assure que plusieurs cardinaux et évêques préparent déjà des objections adressées au Magistère romain.
"L’enseignement de l’Église n’est pas sujet à révision par le biais de processus synodaux", conclut le cardinal néerlandais. "C’est la vérité qui nous libère."
Cardinal Eijk : Le rapport du synode sur le mariage homosexuel doit être fermement réfuté
En donnant la parole à de tels témoignages sans commentaire doctrinal, le rapport normalise de fait les relations homosexuelles dans un contexte ecclésiastique.
[...]
Le rapport affirme qu'un témoin "témoigne de la découverte que le péché, à sa racine, ne réside pas dans la relation de couple (homosexuelle), mais dans un manque de foi en un Dieu qui désire notre épanouissement". Les auteurs du rapport reproduisent cette affirmation sans la corriger ni l'éclairer.
Le raisonnement de ce témoin est fondamentalement erroné. Les actes homosexuels sont intrinsèquement mauvais – c'est un dogme catholique établi. Un chrétien croyant qui s'y adonne manque assurément de foi, dans la mesure où il ne fait pas confiance à la grâce de Dieu, qui lui permet d'éviter le péché. Mais cela ne signifie pas que le péché réside principalement dans le manque de foi plutôt que dans l'acte lui-même, comme le suggère le témoin. Le fait que les auteurs n'aient pas clarifié ce point crée une ambiguïté dangereuse.
Un second témoignage est encore plus problématique. Ce témoin a d'abord sollicité l'aide de Courage International, l'apostolat catholique qui enseigne aux personnes attirées par le même sexe à vivre selon les préceptes de l'Église sur la chasteté. Le rapport présente Courage sous un jour négatif, suggérant que l'organisation « sépare la foi et la sexualité » et affirmant à tort qu'elle propose des thérapies de conversion . Le témoin trouve finalement refuge auprès de communautés chrétiennes et de prêtres qui accueillent « les personnes rejetées en raison de leur appartenance à la communauté LGBT ». Il est donc clair que ce second témoin, vivant une relation homosexuelle, le fait avec le soutien et l'approbation de ces prêtres et de ces communautés.
[...] En attendant, les fidèles peuvent être assurés qu'un certain nombre de cardinaux et d'évêques feront part de leurs objections au Magistère romain.
L’enseignement de l’Église n’est ni obscur, ni sujet à révision par des processus synodaux. C’est la vérité qui nous libère.
''Ces rapports ne peuvent pas nous être attribués'', répond le Secrétariat général du Synode des évêques concernant les rapports des groupes d'étude & en particulier le rapport du Groupe d'étude 9 sur l'homosexualité.
Le Secrétariat général du Synode s'est officiellement distancié du rapport controversé du Groupe d'étude 9.
''Ces rapports [de groupe d'étude] ne peuvent pas nous être attribués'', a déclaré le bureau du Synode.
L’instance officielle du Vatican à l’origine du Synode sur la synodalité s’est désolidarisée d’un document controversé d’un groupe d’étude – qui comprenait des témoignages de deux hommes homosexuels "mariés" et laissait entendre que les "relations" entre personnes de même sexe ne sont pas intrinsèquement pécheresses – tout en refusant ostensiblement d’aborder la question de savoir si le rapport contredit l’enseignement catholique.
Le Secrétariat général du Synode se distancie du rapport mais ne le répudie pas ni ne le retire.
18 mai
Les évêques allemands suspendent leur synode
Les évêques allemands ont-ils perdu leur majorité synodale ?
Le président de la Conférence des évêques allemands a laissé entendre que la première réunion prévue d'un organe synodal controversé serait reportée faute d'approbation de ses statuts par le Vatican.
S'adressant aux médias vendredi , l'évêque Heiner Wilmer a déclaré que la première réunion d'un nouvel organe national permanent composé d'évêques et de laïcs, connu sous le nom de « conférence synodale », ne pourrait avoir lieu à moins que le Vatican n'approuve ses statuts, qui ont été approuvés par les participants au Chemin synodal plus tôt cette année.
« Personnellement, je ne m’attends pas à ce que nous nous rencontrions dès novembre en raison de la dynamique [romaine], car la [décision] passe d’un dicastère à l’autre », a déclaré Wilmer.
La concession du président de la conférence selon laquelle le produit phare du long processus synodal allemand ne pourrait être mis en œuvre sans l'approbation explicite du Vatican, même sous le couvert d'une session provisoire ou informelle, semble être l'indication la plus claire à ce jour que les évêques, en tant que groupe, ne sont pas prêts à défier ouvertement le pape Léon XIV.
Et le retard dans la création de la conférence synodale — qu'il soit temporaire ou définitif — pourrait également signaler la fracture ultime d'une majorité d'évêques allemands auparavant unie et attachée à une réforme radicale.
synodale proposée, des évêques qui avaient auparavant soutenu le projet commencèrent à s'opposer à des dispositions essentielles.
Le cardinal Reinhard Marx de Munich et Freising, par exemple, bien qu'ayant inauguré la voie synodale durant son mandat de président de la conférence épiscopale, a vivement critiqué la disposition permettant au conseil synodal de contrôler le respect par les diocèses des propositions synodales.
"Je prévois des difficultés importantes. Je ne souhaite pas qu’une autorité supérieure me surveille constamment en tant qu’évêque. C’est précisément ce que Rome a critiqué. Ce n’est pas souhaitable", a déclaré le cardinal, qui s’est dit "fermement opposé à cette proposition".
L’évêque Peter Kohlgraf de Mayence, un autre partisan auparavant enthousiaste du programme de la voie synodale, a averti que « si l’assemblée synodale se déclare souveraine, cela n’est certainement pas compatible avec l’Église universelle ».
Depuis lors, Rome a fait preuve d'une détermination accrue à réprimer les projets allemands qui vont au-delà de l'enseignement et de la pratique acceptables, dans un contexte de tensions liées aux projets de certains diocèses d'introduire des bénédictions formelles pour les couples divorcés et remariés civilement ainsi que pour les couples de même sexe, malgré l'interdiction de ces pratiques par le document du Vatican Fiducia supplicans.
Le cardinal Victor Manuel Fernandez, préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, a pris la décision inhabituelle de publier au début du mois une lettre de 2024 adressée à un évêque allemand, critiquant un projet de manuel pour les « Bénédictions aux couples qui s'aiment », et d'annoncer publiquement que la critique du DDF concernant ce projet de texte s'appliquait également à une version finale ultérieure.
Si tel était le cas, cela pourrait constituer un changement décisif dans la dynamique des relations entre Rome et l'Allemagne, car cela empêcherait la Conférence des évêques allemands de faire avancer des propositions controversées au nom de l'ensemble de l'épiscopat allemand. Dès lors, chaque évêque serait libre de mettre en œuvre individuellement des propositions et des projets spécifiques.
Cela pourrait, en retour, faciliter la formulation et la communication d'une réponse canonique de Rome, si nécessaire — puisqu'elle concernerait des évêques individuels et non la conférence dans son ensemble — et pourrait ouvrir la voie à l'imposition de sanctions canoniques dans certains cas.
Les précédents cycles de dialogue entre Rome et les évêques allemands au sujet des réformes synodales proposées ont souvent donné l'impression, aux yeux de certains observateurs, d'être une sorte d'impasse chorégraphiée, Rome restant ferme dans ses critiques et les évêques allemands avançant tout en évitant autant que possible la confrontation directe.
Pour beaucoup d'observateurs extérieurs, cette dynamique semblait toutefois sous-tendue par le sentiment que les évêques allemands, en tant que conférence unie, étaient trop importants pour que Rome puisse les discipliner tous en même temps.
Toutefois, si la conférence épiscopale ne peut plus obtenir une majorité des deux tiers pour l'ordre du jour synodal, ni compter sur le soutien influent de personnalités comme le cardinal Marx, la dynamique pourrait rapidement changer.
Si, par exemple, un évêque diocésain décidait aujourd'hui de mettre en œuvre la bénédiction liturgique pour les couples de même sexe, il pourrait s'exposer à des avertissements canoniques aussi sévères que ceux adressés à la hiérarchie de la Fraternité Saint-Pie-X. Cela pourrait inciter davantage d'évêques à se désengager du programme synodal plutôt que d'en subir les conséquences et de voir leur soutien au niveau de la conférence ecclésiastique s'éroder davantage.
En effet, étant donné la faible majorité d'une voix parmi les évêques qui ont approuvé les statuts de la conférence synodale plus tôt cette année, il est possible que l'annonce de l'évêque Wilmer selon laquelle l'assemblée ne se réunira pas sans ratification romaine signifie en réalité qu'il n'est plus certain que l'assemblée dispose de la majorité nécessaire d'évêques pour continuer à fonctionner.
La phase dite de "mise en œuvre" du synode controversé "invite les communautés à expérimenter davantage de pratiques synodales et de formes de vie ecclésiale", indique le nouveau document du Vatican.
Le Vatican a publié mercredi 20 mai un nouveau document sur "la voie de la mise en œuvre" du très controversé Synode sur la synodalité.
Le texte est axé sur la préparation des "Assemblées synodales" de 2027-2028, qui, selon lui, "constituent une étape décisive dans la mise en œuvre du Synode".
Cette phase dite de mise en œuvre "invite les communautés à expérimenter davantage de pratiques synodales et de formes de vie ecclésiale, à en évaluer les fruits et à les partager", indique le document.
"Ce qui est en jeu, ce n’est pas simplement la continuité d’un processus, mais sa maturation", ajoute-t-il.
Ce document dense de 18 pages contient de nombreuses affirmations douteuses, comme celle selon laquelle "la synodalité est une dimension essentielle de la vie de l'Église", ce que des prélats éminents tels que le cardinal Raymond Burke [ou les cardinaux Müller et Zen. Ndlr] ont démenti.
Le document insiste également de manière notable sur l'acceptation des rapports finaux des groupes d'étude du Synode, notamment le rapport désormais tristement célèbre et pro-LGBT du Groupe d'étude synodal 9. Ce texte, qui suggérait que l'activité homosexuelle n'était pas un péché et comprenait des témoignages d'amis du prêtre militant LGBT, le père James Martin, a fait l'objet de vives critiques de la part de cardinaux, de théologiens et d'autres personnalités catholiques.
"Les documents finaux des groupes d’étude doivent être reçus et intégrés autant que possible aux différentes phases du parcours, non pas comme un contenu à appliquer, mais comme des pistes de réflexion pouvant éclairer le discernement en cours et aider à le situer dans un horizon plus large", indique le document de mercredi.
Le document précise en outre qu’il devrait y avoir un "équilibre entre hommes et femmes" parmi les participants à l’Assemblée et que ceux-ci devraient refléter la "diversité culturelle". Il suggère également que les participants incluent des "personnes vivant en situation de fragilité ou de marginalité", une allusion possible aux homosexuels, aux personnes transgenres et à d’autres personnes vivant en contradiction avec l’enseignement catholique.
Lors de la sélection des participants, il convient d'accorder une attention particulière à l'équilibre entre hommes et femmes et entre les différentes générations, à la diversité culturelle et ecclésiale – y compris les prêtres, les diacres, les femmes et les hommes consacrés, les membres d'associations, de mouvements et de nouvelles communautés, ainsi que les fidèles n'appartenant pas à des structures organisées – et à la présence de personnes vivant des situations de fragilité ou de marginalité.
"Il est également important de valoriser les voix qui ne sont pas directement rattachées aux structures ecclésiales et, le cas échéant, de prévoir la participation de représentants d’autres Églises et d’autres communions chrétiennes ou d’autres religions', précise le texte.
Le Vatican a déclaré que les rapports du Synode devraient être "intégrés autant que possible", malgré une réaction massive face à un récent document du Synode pro-LGBT.
Les rapports finaux des groupes d'étude du Synode "devraient être reçus et intégrés autant que possible dans les différentes phases du plan", selon un document publié mercredi.
Ce mois-ci, le Groupe d'étude synodale 9 a publié un rapport largement critiqué sur les "questions doctrinales et pastorales", suggérant faussement que l'acte homosexuel n'est pas un péché.
Cf. https://www.lifesitenews.com/news/breaking-vatican-releases-new-document-on-implementing-the-synod/
Via
Sign of the Cross sur X
https://x.com/i/status/2057207332942065886
Mgr Vincenzo Viva, nommé par François à Rome, a exprimé l'espoir que les "catholiques LGBT" ne seront pas seulement accueillis dans l'Église, mais pleinement reconnus tels qu'ils sont, sans appeler à leur repentir et à leur conversion.
"L’évêque a explicitement appelé à ce que les soi-disant « catholiques LGBT » soient reconnus tels qu'ils sont, sans appeler à la repentance ceux qui sont dans des « relations » homosexuelles."
"L’Église catholique enseigne que les actes homosexuels sont intrinsèquement désordonnés et contraires à la loi naturelle, et que l’inclination homosexuelle, bien que non pécheresse en soi, est objectivement désordonnée. Le Catéchisme de l’Église catholique affirme clairement que l’activité homosexuelle ne peut jamais être approuvée et rappelle que les personnes homosexuelles sont appelées à la chasteté. Les actes homosexuels sont des péchés mortels ; par conséquent, quiconque commet ces péchés et ne se repent pas par le sacrement de la confession risque la damnation éternelle."
Le fait qu'il y ait des évêques qui préconisent l'acceptation de la sodomie et que la majorité des évêques et des prêtres ne disent absolument rien, le fait que les évêques préconisent l'acceptation de la sodomie comme "don de Dieu" expose la profondeur de la corruption et de la lâcheté au sein de la hiérarchie.
Le Vatican a confirmé que les diocèses du monde entier passeront les deux prochaines années à préparer une grande "Assemblée ecclésiale" à Rome en 2028 dans le cadre de la prochaine phase du Synode sur la synodalité.
Les évêques allemands continuent de presser Rome au sujet des diacres femmes. L’évêque Franz-Josef Jung a déclaré que le pape Léon XIV a reçu un "vote très clair en faveur" de la part de la conférence épiscopale du pays, à la suite de la rencontre du Katholikentag à Würzburg.
S'exprimant à l'issue du Katholikentag de Würzburg, l'un des plus grands rassemblements de laïcs et de membres du clergé catholiques d'Allemagne, l'évêque Jung a déclaré que la question des femmes diacres restait fermement inscrite à l'ordre du jour de l'Église et ne disparaîtrait pas "de sitôt".
La question des femmes diacres est devenue l'une des principales lignes de fracture au sein de l'Église mondiale ces dernières années, en particulier depuis le lancement de la Voie synodale allemande en 2019, où les évêques et les délégués laïcs allemands ont soutenu à plusieurs reprises les appels à un élargissement du rôle des femmes, y compris l'accès aux ministères ordonnés.
Durant son pontificat, le pape François a institué deux commissions chargées d'étudier la question historique du diaconat féminin dans l'Église primitive, mais aucune n'a abouti à un changement définitif. Peu avant sa mort, il a autorisé la publication des conclusions d'un groupe d'étude du Vatican qui avait approfondi le sujet, sans toutefois parvenir à une conclusion quant à la possibilité pour les femmes de recevoir sacramentellement le diaconat.
Son intervention a suivi un Katholikentag largement consacré aux questions de réforme de l'Église, d'engagement politique et de rôle des catholiques dans la vie publique allemande. Organisé sous le slogan « Ayez du courage, levez-vous ! », ce rassemblement a réuni des personnalités politiques, des membres du clergé et des militants laïcs pendant cinq jours de débats, de liturgies et de manifestations publiques à Wurtzbourg.
L'événement a suscité des critiques après la diffusion d'une vidéo montrant apparemment une femme tenant un calice et récitant les paroles de la consécrationtandis qu'un prêtre se tenait derrière elle.
Originaire d'Espagne, il quitta le territoire des Sarrasins pour l'Empire carolingien. Il abandonna son nom de Galando pour prendre celui d'un de ses compatriotes, le poète chrétien du IVe siècle, Prudence. Comme lui, il fut un bon écrivain et un auteur fécond.
Chapelain de l'empereur Louis le Débonnaire, fils de Charlemagne, il publiera un recueil des plus beaux passages des Psaumes à l'intention de la deuxième femme de l'empereur. Cette anthologie sera, durant tout le Moyen Âge, le bréviaire des moines itinérants. Devenu évêque de Troyes, il publie un petit code de dogme et de morale, les "precepta" que tous ses prêtres devaient savoir par cœur.
S'étant placé au premier rang de l'épiscopat des Gaules, il défendit la doctrine augustinienne de la grâce, polémiquant avec l'orthodoxe Scot Erigène tout autant qu'avec les hérétiques.
Ce qui survit de nos jours encore, c'est sa "Chronique" des événements importants, où l'on trouve de nombreux détails sur les affaires ecclésiastiques, civiles et militaires.
Il fait une apparition dans la série a succès Vikings en tant que maître enlumineur d'Ecbert du Wessex.
À Troyes, en 861, saint Prudence, évêque, qui composa un abrégé du psautier pour les itinérants, sélectionna un certain nombre de textes de l'Écriture sainte pour les candidats au sacerdoce et restaura la discipline dans les monastères.
Vous avez peut-être entendu les rumeurs récentes selon lesquelles, si la Fraternité Saint-Pie-X procède à la consécration de nouveaux évêques en juillet, le Vatican envisage d'excommunier non seulement les évêques concernés, mais aussi tous les prêtres de cette Fraternité. Vous savez peut-être aussi que les dirigeants de la Fraternité Saint-Pie-X ont invoqué l'état d'e nécessité au sein de l'Église pour justifier ces consécrations, en dépit des souhaits de Rome, affirmant que le salut des âmes prime sur l'obéissance au Saint-Siège. Le Vatican réfute ces allégations, ne voyant dans ces consécrations qu'une désobéissance et, semble-t-il, la volonté de fonder une "nouvelle" Église ; c'est cette accusation de schisme, de volonté de rupture, qui constitue le motif invoqué pour l'excommunication.
Ce qui m'intrigue dans ce différend, c'est la notion même d'"état de nécessité". J'ignore si cette expression a une signification précise en droit canonique, domaine que je maîtrise mal, mais je sais qu'il s'agit essentiellement d'un terme politique technique désignant une situation où le fonctionnement normal du gouvernement, de la constitution, est suspendu ou lorsqu'une catastrophe quelconque a rendu leur application caduque. Cette expression a une histoire dans les systèmes juridiques civils, mais hélas, je les ignore également. Il existe peut-être une raison mystérieuse à cela, qui m'échappe, mais l'affirmation selon laquelle l'Église n'est manifestement pas en état de nécessité me paraît… eh bien, elle me paraît délirante, comme celle de quelqu'un en proie à une crise psychotique de rupture avec la réalité.
Vous pourriez trouver cela alarmiste. L'Église n'est-elle pas bien vivante ? Certes, il y a des problèmes, mais le pape voyage, nomme de nouveaux évêques, prend position sur l'actualité, s'est courageusement opposé au président des États-Unis, a apporté son soutien aux catholiques d'Afrique et a même réprimandé le cardinal émérite Gerhardt Marx pour ses déclarations en faveur de la bénédiction des couples homosexuels. Et certes, on observe un net déclin depuis les années 1960 de la fréquentation des offices, des vocations et d'autres indicateurs clés de la santé de l'Église. Certes, des théologiens et des membres du clergé progressistes exercent une influence considérable sur les institutions de l'Église, mais la situation commence à s'améliorer.
Des sondages récents auprès des nouveaux prêtres ordonnés montrent qu'ils sont à la fois plus orthodoxes et plus conservateurs politiquement que leurs prédécesseurs. Et n'avez-vous pas vu tous ces messages sur les réseaux sociaux et ces reportages sur les nouveaux convertis qui rejoignent l'Église à Pâques ? Comment pouvez-vous douter que les choses s'améliorent ? C'est que vous manquez de foi. La situation est peut-être mauvaise (très mauvaise) dans certains endroits, c'est vrai. Mais nous devons rester fidèles à l'essentiel ; l'essentiel tiendra bon, car le centre de la Foi est le successeur de Pierre, le roc sur lequel le Christ a bâti son Église. Vous n'envisagez pas de devenir schismatique comme la FSSPX, n'est-ce pas ?
Si vous êtes assez âgé et que vous connaissez bien l'histoire du catholicisme depuis le XXe siècle, ce type d'argument vous semblera familier. Il s'agit de l'argumentation du catholicisme aux États-Unis entre 1978 et 2013 environ, sous les pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI. Ce genre d'arguments a été avancé, et brillamment, par des personnalités comme le regretté Père Richard Neuhaus, dont la revue phare, First Things, a constitué le cœur intellectuel de ce courant de pensée. Ce dernier interprétait certaines évolutions positives au sein de l'Église comme un "signe des temps", indiquant que la situation n'était pas aussi désespérée que le prétendaient les "prophètes de malheur", selon l'expression consacrée de Jean XXIII.
Le dernier pontificat aurait dû clairement indiquer combien ce genre d'affirmations sont insoutenables, mais permettez-moi d'en préciser la raison. Premièrement, la papauté comme "centre d'unité". Au cours des dix dernières années, le Pontife romain, maître infaillible et gardien de la foi apostolique, a
a publié un document magistériel (Amoris Laetitia) qui autorise les personnes en état de péché mortel à prendre sciemment la communion, en contradiction avec les paroles claires de Jésus-Christ dans l'Écriture,
Abou Dhabi a publié une déclaration affirmant que Dieu a positivement voulu la diversité des religions dans le monde, et
a publié un document (Fiducia Supplicans) qui autorise les bénédictions "spontanées" mais supposément non liturgiques des couples homosexuels.
Et ce ne sont là que les exemples les plus flagrants.
Chacun de ces documents a un caractère magistériel, et le Vatican ne les a ni révisés ni corrigés à ce jour. Ils ont été promulgués par la plus haute autorité de l'Église et constituent désormais l'enseignement officiel de l'unique, sainte, catholique et apostolique Église de Rome.
Ces documents contredisent ouvertement un enseignement catholique non seulement ancien, mais également contenu dans la Révélation divine (Écriture et/ou Tradition). Plus incroyable encore, l'homme chargé de discipliner la Fraternité Saint-Pie-X, le cardinal Fernández, était, de l'avis général, le nègre littéraire du premier de ces documents et le principal auteur du troisième.
On pourrait penser que de telles contradictions fondamentales et graves dans l'enseignement de l'Église — dont la mission première est d'enseigner la foi en Jésus-Christ et de convertir les gens à lui — suffiraient à elles seules à justifier un "état de nécessité". Mais n'en restons pas là. Supposons que vous ne soyez pas convaincu. Qu'en est-il alors de l'afflux des nouveaux convertis ? Le fait que tant de personnes soient attirées par l'Église malgré ces problèmes considérables (et l'on s'accorde toujours à dire qu'ils sont considérables) signifie forcément que quelque chose fonctionne encore. L'Église ne peut pas être dans un état de paralysie totale si des personnes entrent volontairement en son sein.
Je suis ravi de voir que des gens se tournent vers l'Église, espérant trouver les trésors contenus dans l'Arche de la Nouvelle Alliance. Franchement, il faut bien reconnaître que les chances qu'ils les trouvent en dehors des documents officiels de l'Église sont minces. L'autre jour, je discutais avec un paroissien âgé, et il a fait une remarque en passant à propos d'un ami presbytérien, affirmant que le catholicisme et le presbytérianisme étaient fondamentalement la même chose (ou quelque chose du genre). J'aurais peut-être objecté autrefois et tenté de réfuter son affirmation, mais soyons honnêtes : il a tout à fait raison.
Posez-vous la question : un catholique transporté de 1890 dans une paroisse américaine ordinaire d’aujourd’hui saurait-il dire s’il se trouve dans un lieu de culte catholique ? Reconnaîtrait-il la messe comme un rite catholique ? Et le contenu des homélies ? Peut-être pas dans tous les cas, mais dans la plupart, sinon la totalité, il ne le saurait pas.
Si cela vous paraît absurde, permettez-moi de préciser que si vous appartenez à une paroisse Novus Ordo d'exception, à un remarquable Centre Newman, ou à une paroisse gérée par un ordre religieux solide, vous n'êtes pas fou de penser que j'exagère. L'Église catholique est vaste et abrite de nombreux havres de paix. Vous avez raison d'insister sur l'existence de ces oasis de foi. Mais elles ne représentent qu'une goutte d'eau dans un océan de décadence, de déformation et de malaise spirituels.
Ce ne sont pas les images que la plupart des gens, croyants ou non, se font de l'Église catholique, car la foi catholique n'est pas pratiquée ainsi dans la plupart des endroits. Il est facile de s'isoler dans l'une de ces oasis (je l'ai fait moi-même) et d'imaginer qu'il n'y a rien de fondamentalement mauvais. C'est une réaction très humaine, certes, mais totalement déconnectée de la dure réalité.
Peut-être que cela ne vous suffit toujours pas. Vous pourriez dire que tous ces gens se trompent et que seule une minorité a raison. Peu importe, car avec le temps, cette minorité finira par influencer positivement l'ensemble et tout changera. Il vous suffit d'avoir foi. Pensez à cette nouvelle génération de jeunes prêtres ! Ne sont-ils pas le signe d'une vitalité fondamentale, prouvant que toutes les alarmes de ceux qui réclament un "retour à la tradition" indispensable au salut de l'Église sont exagérées ? Une telle attitude ne trahit-elle pas un manque de foi en Dieu, en l'Esprit Saint, un manque de confiance en ses promesses de ne jamais abandonner l'Église ?
Oui, parlons du sacerdoce. Les jeunes prêtres sont, dans l'ensemble, formidables ; et je suis reconnaissant pour chacun d'eux de leur vocation au service du Christ et de son Église. Le seul problème est que, dans les deux prochaines décennies, il n'en restera qu'une poignée (métaphoriquement parlant) pour poursuivre l'œuvre du Christ. On estime actuellement le ratio moyen de prêtres par catholique dans une paroisse américaine à environ 1 pour 2 500, c'est-à-dire qu'un prêtre dessert 2 500 catholiques, avec tout ce que cela implique. Une estimation du nombre de prêtres en 2060, basée sur les niveaux actuels de vocations et de départs à la retraite, le situe à un prêtre pour 10 000 catholiques. Ce chiffre pourrait être bien plus élevé, selon l'évolution des tendances.
Si ces chiffres ne vous disent pas grand-chose, un observateur avisé les a comparés à la situation dans un endroit où les catholiques sont une infime minorité — Dubaï — ce qui permet de mieux comprendre leur signification :
L'église catholique Sainte-Marie de Dubaï, aux Émirats arabes unis, offre un aperçu de ce à quoi ressemblera la vie paroissiale de demain. En raison des restrictions imposées à la foi par le gouvernement islamique, 350 000 catholiques sont desservis par seulement neuf prêtres, soit environ un prêtre pour 40 000 fidèles. Bien que sept messes soient célébrées le dimanche, le ratio extrêmement faible de prêtres par rapport aux fidèles implique des pratiques inhabituelles, comme la tenue de messes anticipées dès 7 h du matin le samedi . Trouver un lieu de confession relève du parcours du combattant (deux prêtres devraient assurer des confessions de deux minutes simultanément, seize heures par jour, tous les jours). Il est même difficile de connaître quelqu'un qui connaît le prêtre, et encore moins de le connaître personnellement. Je ne prétends pas qu'il soit impossible de pratiquer sa foi dans ces conditions, mais tous les obstacles semblent s'y opposer.
J'en ai déjà fait l'expérience moi-même, ayant récemment déménagé d'une région où les prêtres et les vocations sont relativement nombreux (l'agglomération de Kansas City) à une autre où ils sont relativement rares (le centre de la Floride). À Kansas City, où je vivais, deux paroisses proposaient la confession quotidienne à moins de cinq minutes de chez moi. Là où je vis maintenant, les paroisses les plus proches sont à 25 et 35 minutes, et l'une propose la confession une fois par semaine, l'autre deux. Les curés des deux paroisses ont plus de 70 ans et leurs vicaires sont tous étrangers, originaires d'Inde ou d'Afrique. Dans les années à venir, ce problème va s'aggraver considérablement.
Comme vous l'aurez sans doute remarqué, l'Église catholique ne peut exister sans prêtres ; et très bientôt, il n'y en aura plus assez pour servir le peuple de Dieu dans de nombreux endroits. C'est pourquoi tant de progressistes militent depuis des années pour l'ordination de femmes prêtres et toutes sortes d'expédients douteux. Les catholiques ont tendance à percevoir l'Église dans les pays occidentaux comme une sorte d'empire spirituel disposant d'une main-d'œuvre inépuisable pour tous les peuples qu'elle gouverne. J'imagine que c'est ainsi que beaucoup de nouveaux convertis la perçoivent. La réalité est qu'elle a déjà cessé de l'être, et dans les années à venir, elle ne pourra tout simplement plus accueillir tous ceux qui souhaiteraient entrer en son sein, à moins d'un changement radical et rapide.
Je n'ai pas besoin de vous rappeler ce que vous savez probablement déjà si vous lisez cet essai : les ordres religieux traditionnels n'ont pas ces problèmes et leur ratio prêtres/catholiques est bien meilleur que celui du reste de l'Église. Je me demande parfois si l'on accuse la Fraternité Saint-Pie-X d'être schismatique parce qu'elle suscite des vocations à un rythme bien plus soutenu que le reste de l'Église occidentale, comme si refuser de décliner avec le reste de l'Église équivalait à un schisme. On pourrait faire remarquer que la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre, en communion avec Rome, a un ratio prêtres/catholiques encore plus élevé que la FSSPX ; alors pourquoi ne pas se soumettre à Rome ?
La réponse devrait être évidente : comme toute paroisse "traditionnelle" ou "orthodoxe", elles sont à la discrétion de l’évêque et peuvent être destituées à tout moment. Depuis la promulgation de Traditionis Custodes, la FSSP a été priée de quitter plusieurs diocèses. On sait que la Doctrine de la Foi et le Dicastère pour les Affaires Religieuses avaient prévu, sous le pontificat de François, une visite de la FSSP, qui n’a jamais eu lieu, François s’étant lassé de la question. Et comme nous l’avons constaté à Détroit, Charlotte et ailleurs, le Vatican ne veut pas – ou peut-être ne peut-il pas – empêcher un évêque de supprimer de telles paroisses. La pérennité de ces "oasis" catholiques est loin d’être assurée.
Et si, malgré tout cela, vous n'êtes toujours pas convaincu de l'existence d'un quelconque état de nécessité au sein de l'Église ? Il est vrai qu'il faut souvent "espérer contre toute espérance" dans cette vie et ne pas céder trop facilement aux modes, car elles sont changeantes, ni à la tentation du désespoir, toujours présente. Le seul autre argument que je puisse avancer contre cette reconnaissance est que, certes, la situation est critique et peut être qualifiée de nécessité – mais seulement si la plus haute autorité de l'Église le déclare ainsi.
Le principe selon lequel "le souverain est celui qui décide de l’état d’exception" — c’est-à-dire celui qui décide quand l’application normale des lois ou de la constitution doit être suspendue en raison d’une situation d’urgence — s’applique aisément à la situation de la FSSPX. À défaut de se soumettre, ils usurpent de fait sa souveraineté en déclarant l’état de nécessité.
C'est vrai et cela serait convaincant si le pape était un dictateur laïc. Mais ce raisonnement réduit le contenu de la foi à un simple "le pape l'a dit", appuyé par un légalisme simpliste destiné à sauver les apparences. Je ne suis pas le premier à le souligner, mais cette conception ressemble presque aux caricatures protestantes et orthodoxes d'une Église réduite à un légalisme excessif et à une obéissance aveugle au pape. Dans l'Église d'aujourd'hui, il n'y a, en pratique, que deux péchés impardonnables : désobéir au pape et critiquer Vatican II. La FSSPX est coupable des deux. On peut s'en tirer pour presque tout le reste.
Tant de choses scandaleuses se produisent au sein de l'Église, apparemment chaque jour ; pourtant, aucune mesure n'est jamais prise contre ceux qui les commettent. À la longue, on finit par s'y habituer. Récemment, un évêque catholique a participé à la "consécration" d'un "évêque" épiscopalien en Californie. Je suis sincèrement perplexe face à cette décision, qui ne mérite pas l'excommunication, contrairement à la consécration d'évêques sans l'autorisation du pape. Peut-être est-ce parce que ce genre de manœuvres est devenu presque monnaie courante dans l'Église catholique, au point de se banaliser et d'être considéré comme une composante "normale" de son fonctionnement.
Il y a là une logique perverse. Si l'on normalise ces outrages – ce que l'Église a fait en les laissant perdurer si longtemps –, ils ne peuvent constituer un état de nécessité. Ils sont, par définition, une "norme" de l'Église romaine. Tant que les évêques, les prêtres, les théologiens et les laïcs catholiques agissent comme si tout cela était normal, cela ne peut, mutatis mutandis, être autre chose que normal.
Il ne peut y avoir d’"état d’urgence" pour une institution qui a décidé qu’il n’en est pas possible – peu importe le nombre de personnes qui s’éloignent de la foi, le faible nombre de vocations, le nombre de paroisses qui ferment, le nombre de cas d’abus révélés, le nombre de scandales. C’est la logique de bureaucrates atteints de psychose qui refusent d’être dérangés par le chaos qui les entoure. Et qui, bien sûr, permet aux responsables de l’Église de se soustraire à toute responsabilité.
Une leçon que mes réflexions sur l'histoire m'ont apprise, c'est que les gens sont très rarement, voire jamais, préparés aux grands bouleversements, même s'ils paraissent inévitables a posteriori. La raison en est facile à comprendre : personne n'aime les mauvaises nouvelles ni ceux qui les annoncent, et l'on préfère donc ignorer les problèmes jusqu'à ce qu'il soit trop tard. Je ne suis certes pas prophète, mais je crois sincèrement que l'Église latine est en train de mourir sous nos yeux.
Cela vous paraît insensé ? Pourtant, cela ne devrait pas l'être. Des Églises ont déjà disparu au cours de l'histoire chrétienne, ce n'est donc pas impensable. Et il y a eu des moments dans son histoire où l'Église latine a frôlé ce genre de cataclysme plus qu'on ne voudrait l'admettre. Pendant la Réforme au XVIe siècle, certains pensaient que l'Église pourrait s'effondrer complètement ; à la mort de Pie VI en 1799, après la conquête de l'Italie par Napoléon, certains croyaient qu'il serait le dernier pape jamais élu. L'Église de France a failli ne jamais se remettre de la Révolution.
Il est vrai que la papauté a une mission universelle et qu'elle perdurera jusqu'à la fin des temps. L'Apocalypse nous le promet. Mais ce n'est pas de cela que je parle, et ce n'est pas ce que la plupart des catholiques entendent par "l'Église catholique". Ils font référence à l'Église "occidentale" dans les pays "occidentaux" : l'Église des Pères latins, la messe en latin, le formidable élan missionnaire du christianisme occidental depuis le Moyen Âge, les grandes réalisations intellectuelles comme le thomisme, l'art et la littérature des deux derniers millénaires, autant de choses dont les catholiques sont légitimement fiers.
Le problème, c'est que tout cela est parfaitement dissociable de l'Église universelle. Rien dans l'Apocalypse ne garantit la survie d'une Église particulière jusqu'au retour du Seigneur, y compris l'Église d'Occident. Elle peut périr, et le déclin catastrophique qu'elle connaît actuellement s'enlisera dans une spirale infernale si ses dirigeants ne prennent pas de mesures radicales pour l'enrayer.
Je comprends que tant de personnes soient offensées par la Fraternité Saint-Pie X, et je ne porte aucun jugement sur les déclarations de ses dirigeants. Mais ces derniers ont au moins reconnu, ouvertement et honnêtement, la gravité de la situation à laquelle est confrontée la Sainte Église, ce que je ne peux pas dire du reste de la hiérarchie catholique. Tout espoir n'est pas perdu, mais la plupart des catholiques semblent avoir du mal à prendre la mesure de la tâche qui leur incombe et de son coût.
Au XVIe siècle, alors que l'Église semblait au bord du gouffre, une nouvelle génération de dirigeants s'est levée et a entrepris les réformes douloureuses nécessaires pour la sauver du désastre. En réalité, presque tout le monde connaissait les solutions aux problèmes de l'Église lorsque le concile de Trente s'est réuni pour la première fois. Certaines circulaient depuis près d'un siècle avant le déclenchement de la Réforme. Presque rien de ce que Trente a enseigné ou prescrit à l'Église n'était nouveau. La différence résidait dans le fait que l'Église disposait enfin de dirigeants prêts à entreprendre les changements difficiles mais nécessaires et à les mener à bien.
Et ces épreuves furent douloureuses. Nous idéalisons la vie des saints et réformateurs tridentins car nous connaissons l'issue : l'Église a survécu et prospéré. Mais il est frappant de constater combien d'entre eux furent haïs, voire attaqués, par d'autres catholiques pour leurs efforts. Les prêtres de Milan méprisaient saint Charles Borromée à son arrivée sur le siège, tandis que sainte Thérèse d'Avila et saint Jean de la Croix passèrent du temps en prison à tenter de réformer le Carmel.
L'Église d'aujourd'hui est gangrenée par des bureaucrates mesquins et des militants laïcs qui rendent la vie impossible à quiconque tente de s'attaquer au désastre qui la frappe ; et quiconque s'y essaie risque de ne plus jamais connaître la paix. Pourtant, c'est le prix à payer pour que l'Église survive à cette crise. Une chose est sûre : attendre que les autorités déclarent l'état de nécessité avant d'agir rendra la survie quasiment impossible.
Auteur
Darrick Taylor est titulaire d'un doctorat en histoire de l'Université du Kansas. Il vit en Floride centrale et enseigne au Santa Fe College à Gainesville, en Floride. Il produit également un podcast, "Controverses dans l'histoire de l'Église", qui traite d'épisodes controversés de l'histoire de l'Église catholique.
Originaire de Thuringe et devenue précocement veuve, elle quitta son pays et sa parenté pour rejoindre son frère qui était grand maître de l'Ordre Teutonique. Elle passa le reste de sa vie près de lui, à Kulmsee (aujourd'hui la ville polonaise de Chlemza) dans l'exercice des bonnes œuvres. Elle y fonda un hôpital et un monastère.
La crise découle d'une infiltration de longue date au sein des structures de l'Église, affirme les Fils du Très Saint Rédempteur, une communauté traditionaliste précédemment associée à la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X et plus tard réconciliée avec Rome.
Dans une lettre adressée aux fidèles, les prêtres et les frères affirment que "le problème, comme l'avait averti saint Pie X, est que les structures de l'Église catholique ont été infiltrées par des hommes d'une autre religion, non catholique", écrivent-ils. "Ils utilisent le nom catholique, occupent les bâtiments catholiques, connaissent la culture catholique. De l'extérieur, ils ont l'air catholiques, mais ils ne professent pas la foi catholique telle qu'elle a été enseignée à travers les siècles."
Les moines insistent sur ce point, écrivant : "Nous ne disons pas que nous devons quitter l’Église catholique. L’Église catholique est l’Arche du Salut, le Corps mystique du Christ, l’Épouse sans tache ni ride. Nous nous attachons à elle de toutes nos forces. Mais nous devons reconnaître que les structures institutionnelles qui se réclament de l’Église catholique ont été infiltrées."
Depuis 1999, la communauté FSSR est établie à Papa Stronsay, une petite île de l'archipel des Orcades, au large de la côte nord de l'Écosse. Elle possède également une maison aux États-Unis et en possédait auparavant une autre en Nouvelle-Zélande. Le groupe trouve ses origines dans la Fraternité Saint-Pie-X, fondée en 1970 par l'archevêque Marcel Lefebvre dans un contexte de controverses sur l'interprétation et l'application du concile Vatican II. En 2008, la communauté a recherché la réconciliation avec Rome et a été reçue en pleine communion sous le pontificat du pape émérite Benoît XVI.
Les Fils du Très Saint Rédempteur ont formellement rejeté la papauté actuelle et appelé à un ''concile général imparfait''.
Il est également cru que le groupe a reçu des ordinations conditionnelles de l’évêque Pierre Roy, un ancien prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X qui est maintenant un évêque sédévacantiste. L’évêque Roy lui-même a prôné la convocation d’un "Concile général imparfait" pour résoudre ce qu’il perçoit comme une crise dans l’Église.
La communauté a explicitement appelé à un "Concile général imparfait", une réunion d’évêques qui, à leur avis, ont préservé la vraie foi. L’idée a été évoquée dans des entretiens externes.
Dans des remarques à un média néo-zélandais, le père Michael Mary a indiqué son soutien à une telle proposition, suggérant que la communauté voit cela comme un chemin pratique vers l’avant en l’absence d’autorité ecclésiale reconnue.
C'était un homme doux et pacifique qui servit l'Eglise comme prêtre durant de longues années. Evêque de Gaza en Palestine, il refusa de se cacher durant les persécutions de l'empereurDioclétien.
Parce qu'il refusait de renier sa foi, il fut soumis à de nombreuses tortures et envoyé dans les mines avec 40 autres chrétiens. Comme tous les condamnés aux mines, ilseurentun oeil arraché et un pied brûlé avec un fer rougi. Quand ils furent jugés "inutiles", en raison de leur état physique, on s'en "débarrassa" comme on le faisait pour tous les condamnés aux mines.
Libéré plus tard, il ne tarda pas à y retourner, poursuivi par les foudres du gouverneur de la province. Celui-ci obtint ensuite qu'il soit décapité.
Le tournage de La Résurrection du Christ de Mel Gibson, la suite officielle de La Passion du Christ, a terminé e en Italie, avec la Partie 1 prévue pour une sortie le 26 mars 2027.
This is gonna be epic!
Mel Gibson’s The Resurrection of the Christ, the official sequel to The Passion of the Christ, has completed filming in Italy, with Part One slated for release on March 26, 2027.
Mel Gibson a passé 7 ans à écrire la suite de La Passion du Christ. 7 années entières. Il s'est assuré de recevoir l'aide de théologiens et d'historiens pour garantir une fidélité biblique et historique. Le tournage a commencé en août 2025 en Italie.
Le tournage est maintenant terminé. C'est le film chrétien le plus ambitieux jamais réalisé. L'engouement autour de lui est à un niveau qu'aucun autre film ne peut rivaliser.
Première image de Jaakko Ohtonen dans le rôle de Jésus-Christ, remplaçant Jim Caviezel, dans La Résurrection du Christ de Mel Gibson.
🎬✝️ 𝗙𝗟𝗔𝗦𝗛 𝗜𝗡𝗙𝗢 — Première image de Jaakko Ohtonen dans le rôle de Jésus-Christ, remplaçant Jim Caviezel, dans « La Résurrection du Christ » de Mel Gibson. https://t.co/jEJgSnBggkpic.twitter.com/gMTJiybKIN
Le tournage de "La Résurrection du Christ", suite de "La Passion du Christ" réalisée par Mel Gibson, s’est achevé après 7 mois en Italie. Le film entre désormais en phase de post-production et sortira en 2 parties en 2027.
Mel Gibson : "C'est bien plus qu'un film pour moi. C'est une mission que je porte depuis plus de 20 ans pour raconter ce que je crois être l'histoire la plus importante de l'histoire humaine."
Saint Philippe, Apôtre, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 147.
S. Philippe était de Bethsaïde, en Galilée, patrie de S. Pierre et de S. André.
Le Sauveur, dès les premiers jours de sa vie publique, le rencontra et lui dit : "Suis-Moi !"
Saint Philippe chassant le démon (F. Lippi, 1457-1504)
Après la Pentecôte (fête de la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres, cinquante jours aprèsPâques), il alla prêcher dans les immenses contrées de l'Asie supérieure (Turquie actuelle) ; il évangélisa longtemps les Scythes, puis les Galates, les Phrygiens, et c'est dans la ville d'Hiérapolis, en Phrygie qu'il confirma sa prédication par le témoignage de son sang.
Saint Philippe Apôtre, Georges de La Tour, 1624
Philippe rencontra un eunuque, haut fonctionnaire de Candace, reine d’Éthiopie, et administrateur de tous ses trésors, qui était venu à Jérusalem pour adorer, et qui lisait le prophète Isaïe. Philippe lui demanda : "Comprends-tu ce que tu lis ?" L'eunuque lui répondit : "Et comment le pourrais-je s’il n’y a personne pour me guider ? [...] Dis-moi, je te prie : de qui le prophète parle-t-il ?". Alors Philippe prit la parole et, à partir de ce passage de l’Écriture, il lui annonça la Bonne Nouvelle de Jésus. (Actes 8,27-35) Ceci montre que selon la sainte Bible elle-même, l'interprétation privée des Écritures doit se réaliser dans la tradition apostolique. "Car vous savez cette chose primordiale : pour aucune prophétie de l’Écriture il ne peut y avoir d’interprétation individuelle," (2 P 1,20)
Saint Philippe, La Dernière Cène, Détail, 1495-1497, Léonard de Vinci, Milan, Réfectoire du Couvent de Santa Maria delle Grazie, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 266-267.
Un jour que le peuple offrait de l'encens à un grosserpentqu'il regardait comme une de ses divinités principales, Philippe, saisi de compassion, se jette à terre et supplie Dieu de délivrer ces malheureux de la tyrannie du serpent infernal. L'affreuse bête expire aussitôt.
Le peuple se montrait disposé à accepter la doctrine d'un homme qui opérait de telles merveilles ; mais les magistrats et les pontifes s'emparèrent de l'Apôtre, le battirent de verges, le clouèrent à une croix et l'accablèrent de pierres. À sa mort, la terre trembla et plusieurs édifices s'écroulèrent.
Philipe fut martyrisé à Hiérapolis (Turquie actuelle), après avoir converti la femme du proconsul de la ville. Cette conversion a mis le proconsul en colère et il a fait crucifier Philippe la tête en bas.
Philippe a continué à prêcher pendant qu'il était crucifié jusqu'à sa mort.
Il mourut dans un âge fort avancé puisque S. Polycarpe eut quelque temps le bonheur de converser avec lui.
Dans un portrait peint par Dürer en 1516 et conservé aux offices de Florence, Philippe est représenté sous les traits d'un très vieil homme. C'est ainsi que celui qui fut un des premiers à suivre le Nazaréen est le plus communément représenté. Il serait en effet mort très âgé à Hiérapolis, en Phrygie, une région située dans l'actuelle Turquie. (4)
Saint Philippe Apôtre, Par Albrecht Dürer, 1516
Crucifixion de St Philippe, F. Lippi, Fresco Strozzi Chapel, Santa Maria Novella, Florence
***
Jacques "le Juste" ou Jacques "Frère du Seigneur", appelé aussi Jacques le Mineur (pour le distinguer de Jacques le Majeur, frère de saint Jean), fut le premier évêque de Jérusalem (été 58) jusqu'à sa mort, exécuté en 62.
Il naît à Cana, en Galilée, d'Alphée et de Marie, soeur, c'est-à-dire proche parente de la sainte Vierge.
L'Apôtre Jacques le Mineur, 1250-1275, Maître de saint François, Washington, National Gallery of Art, dans Rosa GIORGI, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 268-269.
La tradition affirme qu'il ressemblait au Sauveur, et que les fidèles aimaient à regarder en lui une vivante image de leur Maître remonté dans le Ciel.
Jacques le Mineur eut un frère, Apôtre comme lui, nommé Jude, et ses deux autres frères, Joseph et Siméon, furent disciples de Jésus.
Saint Jacques était de la tribu de Juda et "frère de Jésus", c'est-à-dire cousin de Notre-Seigneur selon la chair. "Les évangiles et Paul (Ga 1, 18-19 ; 1 Co 9,5) appellent 'frères du Seigneur' ceux qui étaient en réalité ses cousins selon l'usage extensif du lien de fraternité dans le monde sémitique (Voir en particulier les système de parenté à Iamneia, ville de la côte palestinienne, d'après Inscriptions de Délos, n° 1208)" (5)
Dans le texte nazoréen, dit Protévangile de Jacques, attribué à Jacques de manière pseudépigraphique, et daté de la seconde moitié du IIe siècle, Jacques est le fils de Joseph issu d'un premier mariage. (6)
"Jacques, le 'frère de Jésus', exécuté en 62, faisait l'admiration des pharisiens par sa piété et son assiduité au temple." (7)
Il eut la faveur d'une apparition particulière du Ressuscité, après Pierre et les Douze (1 Co 15,7).
C'est chez lui que Pierre se rendit aussitôt après être miraculeusement sorti de prison, et Paul fit de même après sa conversion. (8)
L'Eglise, maison de David
Après la Pentecôte, quand les Apôtres se partagèrent l'évangélisation du monde, Jacques se fixa à Jérusalem, pour la conversion spéciale des Juifs. Son autorité était très grande dans l'Église primitive, et, au concile de Jérusalem, c'est lui qui, le premier après saint Pierre, prit la parole et déclara que les paroles de Pierre étaient en accord avec celles des prophètes concernant la reconstruction de la demeure de David (Actes 15,15-16, citant Amos 9,11). Cette maison de David est sans aucun doute l'Église du Christ - le Fils de David - et comprend à la fois des Juifs et des Gentils. Le Psaume 122 décrit cette Maison de David comme ayant des "trônes" "sièges pour le jugement" (Ps 122 - Bible catholique Crampon 1923) : "Jérusalem, bâtie comme une ville solidement attachée, vers laquelle montent les tribus, les tribus du Seigneur, comme il a été décidé pour Israël, pour rendre grâce au nom du Seigneur. C'est là qu'ont été placés les trônes du jugement, les trônes de la maison de David" (Ps. 122, 3-5). Les trônes sont associés à l'autorité de juger. Les tribus de toutes langues et de toutes nations viennent au Dieu d'Israël pour "rendre grâce". L'acte central du culte chrétien est le sacrifice de l'"Eucharistie", qui signifie "action de grâce". C'est l'"offrande pure" dont Malachie a prophétisé qu'elle serait offerte par les païens (Ml 1,11), parce qu'elle est l'offrande du Christ. Les nations "rendent grâce au Seigneur" grâce à l'offrande pure et à l'intercession du Messie.
Avant son ascension, Jésus promit aux apôtres qu'il serait avec eux jusqu'à son retour (Mt 28,20). Sa promesse s'étend à leurs successeurs qui siègent sur les trônes apostoliques de la Maison de David, les évêques. Apocalypse 20, versets 1 à 4 mentionne également ces "trônes" où s'assoient "des personnes à qui le pouvoir de juger fut donné" et décrit l'enchaînement de Satan par la croix et la résurrection du Christ, l'enchaînement de "l'homme fort" auquel Jésus a fait allusion pendant son ministère terrestre. Satan est lié afin que ses biens - les âmes asservies - puissent être pillés. Ce "jugement" fait référence à l'autorité de "lier et délier" que Jésus a conférée aux apôtres, en particulier à saint Pierre (Matthieu 16,19 ; Mt 18,18) Cette période des trônes dure "mille ans". Qu'il s'agisse d'un sens littéral ou d'une métaphore pour désigner un "temps long", il est évident qu'elle dépasse la durée de vie personnelle des apôtres.
Nous avons ici la réponse au mystère de la promesse du Christ de rester avec les Apôtres jusqu'à son retour, malgré leur mort au premier siècle : il reste avec leurs successeurs, les évêques, "ceux à qui le jugement a été confié", qui siègent sur les "trônes" de la Maison de David, dont le Christ a explicitement dit que les Apôtres eux-mêmes y siégeraient pendant les "mille ans", à partir de son Ascension. Le Christ a également promis à ces mêmes apôtres que le Saint-Esprit les guiderait dans toute la vérité (Jean 16,13). Cela doit logiquement inclure l'exercice du pouvoir de lier et de délier, puisque le Christ a promis que de tels jugements seraient soutenus par le ciel (Mt 16,19 ; 18,18). Il s'agit là de la base biblique de ce que l'on appelle la succession apostolique.
"Se référant à Eusèbe, qui écrit que Pierre, Jacques le Majeur (frère de Jean) et Jean ne se réservèrent pas la direction de l'église locale de Jérusalem, mais choisirent Jacques le Juste (le frère du Seigneur) comme évêque (episcopos), le R.P. Daniélou dans son Histoire Ecclésiastique (II, 1, 4) suggère que Jacques le Juste ait été à la fois une sorte de président du collège local des presbytres et d'héritier des pouvoirs apostoliques (naturellement en ce qui concerne l'église locale de Jérusalem)." (9)
Les conversions nombreuses et éclatantes opérées par son ministère lui suscitèrent des ennemis parmi les judéens.
Jacques serait mort après l'an 60, en des circonstances incertaines parce que ne provenant que de sources apocryphes. Toutefois, Clément d'Alexandrie (150-215), un auteur de la fin du IIe siècle, mentionne qu'il a été élu premier évêque de Jérusalem et est mort martyr, battu à mort après avoir été jeté du haut du pinacle du temple (Histoire ecclésiastique 2, 1, 2-3) (10)
C'est en 62 que le grand prêtre Anne (Ananus), fils de celui du pontificat duquel Jésus avait été crucifié, se croyant assez fort pour briser la jeune Église, le fit arrêter, et le déféra au Sanhédrin.
Sa mise à mort provoqua le renvoi d'Hanan ben Hanan, qui venait à peine d'être nommé.
Nous connaissons le détail du drame par Flavius Josèphe et le mémorialiste et historien chrétien Hégésippe, qui écrivait au milieu du IIe siècle. Jacques "fut non seulement attaqué par les scribes et les pharisiens, mais aussi par d'autres groupes judéens". (11)
La persécution de 62 eut un caractère collectif.
Jacques ne fut pas condamné personnellement, puisque son groupe fut exécuté avec lui - c'est la première exécution collective de chrétiens. (Antiquités judaïques, XX, 9,1 (200).)
L'année 62, celle de la mort de Jacques, est marquée incontestablement par le début des tensions entre Juifs. La condamnation du groupe de Jacques illustre l'explosion du sectarisme et le replis des groupes légalistes et conservateurs du Temple. (12) Jacques devient le symbole de l'affrontement entre Judéens pharisiens et Judéens chrétiens, après l'avoir été de l'affrontement entre chrétiens d'origine judéenne et chrétiens d'origine grecque. (13)
Outre l'exécution de Jacques le Mineur, conséquence de l'influence exercée par la communauté chrétienne d'origine judéenne auprès de l'ensemble des Judéens, l'histoire de la communauté chrétienne de Jérusalem a été marquée par deux autres martyres : en 33, la lapidation d'Étienne, et en 43-44 la mise à mort de Jacques le Majeur. (14)
Les princes des Juifs (Sadducéens) firent monter Jacques sur la terrasse du temple de Jérusalem et lui dirent : "Juste, nous avons confiance en toi ; parle et dis-nous la vérité sur Jésus !"
Le saint Apôtre s'écria : "Pourquoi m'interrogez-vous sur le Christ ? Il siège dans les Cieux à la droite de la Majesté divine, et un jour Il reviendra sur les nuées du Ciel." La foule approuvait ces paroles ; mais les chefs, jaloux, précipitèrent le vieillard du haut du haut du temple où le démon avait naguère tenté Jésus. Comme il n'était pas mort, on se mit à le lapider, puis en dépit de quelques protestations généreuses, un foulon l'acheva à grands coups de sa lourde masse. Exécution illégale, qui valut à Anne d'être déposé du souverain pontificat (15), c'est-à-dire de sa charge de Grand prêtre par le nouveau procurateur romain entré en fonction.
Brisé dans sa chute, il mourut l'an 62 en priant pour ses bourreaux : "Seigneur, pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font."
Les judéens qui l'ont lapidé n'ont pu empêcher le peuple de l'enterrer sur place et de lui ériger un monument.
"L'exécution des deux Jacques, à l'instigation du Sanhédrin qui refusait tout messianisme, n'empêcha pas la communauté de rester sur place jusqu'en 66, sans participer aux mouvements qui agitèrent la population à partir de 60, en prélude à la guerre contre Rome." (16)
La Communion de l'apôtre Jacques le Mineur, Niccolo Bambini 1720
Nous avons de S. Jacques le Mineur une Épître qui a le titre de Catholique ou Universelle, parce qu'elle ne fut point adressée à une église particulière, mais à tout le corps des Juifs convertis qui étaient dispersés dans les différentes parties de l'univers.
On le représente en tunique et pallium, parfois avec une canne.
Il est invoqué contre les souffrances des agonisants.
Le nom Jacques vient de l'araméen et signifie "adepte de Dieu".
Saint Jacques le Mineur 1620 - Georges de La Tour
PRATIQUE. Pardonnez à vos ennemis, priez pour vos persécuteurs.
Sources:
(1) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 121 ; (2) ; (3) ; (4) Christine BARRELY, Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 146 ; (5) Marie-Françoise BASLEZ, Bible et Histoire, Judaïsme, hellénisme, chritianisme, Folio Histoire, Saint-Amand 2003, p. 160 ; (6) Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, Nouvelle Clio, l'Histoire et ses problèmes, PUF, Clamecy 2018; p. 168 ; (7) Marie-Françoise BASLEZ, Comment notre monde est devenu chrétien, CLD Éditions, Points Histoire, Lonrai 2015, p. 32 ; (8) Rosa GIORGI, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 268-269 ; (9) DANIEL-ROPS, Histoire de l'Église du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965, p. 22 ; (10) Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, ibid., p. 170 ; (11) Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, ibid., p. 169 ; (12) Marie-Françoise Baslez, Bible et Histoire, Judaïsme, hellénisme, chritianisme, Folio Histoire, Saint-Amand 2003, p. 264-268 ; (13) Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, ibid., p. 173 ; (14) Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, ibid., p. 171 ; (15) DANIEL-ROPS, Histoire de l'Église du Christ, ibid., p. 46 ; (16) Marie-Françoise BASLEZ, Comment notre monde est devenu chrétien, ibid., p. 32.
Les récentes scènes survenues lors de la visite à Rome de Sarah Mullally, primat de la Communion anglicane, ont suscité des réactions critiques dans les milieux théologiques. Le prêtre et théologien Monseigneur Nicola Bux, ex-consultant de la CDF sous Benoît XVI, a mis en garde contre une possible "confusion" parmi les fidèles suite à certains gestes effectués au Vatican en présence de la dirigeante anglicane.
Selon le site web Stilum Curiae, Bux a notamment remis en question la cohérence entre ces actes et la doctrine catholique sur le sacerdoce et l'autorité ecclésiastique.
Une visite marquée par des gestes controversés
La présence de la dirigeante anglicane à divers événements — de sa visite à la chapelle Clémentine, près du tombeau de saint Pierre, à sa participation aux célébrations à l'église Saint-Ignace-de-Loyola — a été interprétée par certains comme un signe de rapprochement œcuménique croissant. Cependant, les images diffusées ces derniers jours ont montré Mullally accomplir des gestes typiques de l'autorité spirituelle, comme celui de bénir les fidèles et les prélats catholiques, ce qui a soulevé des questions quant à sa signification dans le contexte de la doctrine de l'Église.
L'un des moments les plus commentés s'est déroulé dans la chapelle Clémentine où, selon les images publiées, Monseigneur Flavio Pace, secrétaire du Dicastère pour la promotion de l'unité des chrétiens, a fait le signe de croix comme pour recevoir la bénédiction de la chef anglican.
À la lumière de ces événements, Monseigneur Bux a soulevé une objection fondamentale : la contradiction entre ces gestes et l’enseignement constant de l’Église sur le sacerdoce.
Le théologien souligne que l'Église catholique ne reconnaît pas l'ordination sacerdotale des femmes, ce qui signifie que les actes simulant ou évoquant ce ministère sont dépourvus de validité sacramentelle. À cet égard, il juge problématique que de tels gestes soient accomplis dans des lieux de culte catholiques et en présence d'autorités ecclésiastiques.
Selon son analyse, cette situation est aggravée par la situation au sein même de la Communion anglicane, où une part importante de ses membres ne reconnaît pas l'autorité de Mullally en tant que primat.
"Ignorance ou mauvaise foi" : une question qui nécessite des éclaircissements
Dans ses déclarations, Bux se demande si ceux qui ont participé à ces actes étaient conscients de la gravité des gestes accomplis ou si, au contraire, ils ont agi sans en considérer les implications.
Au-delà de l'intention, il prévient que ce genre de situations a des conséquences bien réelles : elles "scandalisent et sèment la confusion" chez de nombreux catholiques, surtout lorsqu'aucune explication claire n'est fournie.
Par conséquent, il estime nécessaire que le Saint-Siège publie une déclaration qui permette de clarifier les faits et d'éviter toute interprétation erronée de la nature du sacerdoce et de l'autorité dans l'Église.
L'interdiction des femmes prêtres est une ''injustice'', a déclaré l'''archevêque'' anglicane après sa rencontre avec Léon XIV.
Quand vous essayez d'apaiser les modernistes, ils se retourneront toujours contre vous et vous planteront un couteau dans le dos.
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Depuis la théologie, le droit canonique et la Tradition patristique, les avertissements de Mgr Nicola Bux sur les gestes envers la leader anglicane Sarah Mullally ne peuvent être écartés comme des exagérations, mais touchent un point critique : la cohérence visible de la foi. Théologiquement, l’Église a enseigné de manière constante la nature sacramentelle du sacerdoce et sa distinction essentielle par rapport à d’autres communautés chrétiennes. Permettre des gestes qui objectivement semblent reconnaître une autorité spirituelle là où l’Église ne la reconnaît pas introduit une ambiguïté dangereuse. Comme le souligne Mgr Bux lui-même, ces actes peuvent "scandaliser et confondre" les fidèles lorsqu’ils ne sont pas expliqués avec clarté.
Sur le plan canonique, l’Église ne réglemente pas seulement les sacrements, mais aussi les signes qui les expriment. Les gestes liturgiques ne sont pas neutres : ils ont une signification juridique et doctrinale. Si l’on accomplit des actes qui simulent des bénédictions ou une reconnaissance ministérielle en dehors de la pleine communion, on risque de générer une apparence de légitimité qui contredit la discipline ecclésiale.
Du point de vue patristique, ce n’est pas un sujet mineur. Les Pères de l’Église ont insisté sur l’unité visible de la foi et sur la clarté doctrinale comme condition de la communion. L’ambiguïté en matière sacramentelle n’a jamais été considérée comme de la charité, mais comme une source de confusion. La véritable charité, comme ils l’enseignaient, est inséparablement unie à la vérité.
L’œcuménisme authentique — comme l’a également rappelé le Pape — ne consiste pas à diluer les différences, mais à les affronter avec clarté et charité. C’est précisément pour cela que, lorsque certains gestes publics semblent contredire ce que l’Église a toujours enseigné, demander des explications n’est pas un acte de division, mais de fidélité.
La préoccupation de Mgr Bux ne rompt pas la communion : elle la protège. Parce que l’unité de l’Église ne se construit pas sur des symboles ambigus, mais sur la vérité qui libère.
Joseph "fils de David" (Mt 1,20) descendait en droite ligne des plus grands rois de Juda, et des plus illustres d'entre les anciens patriarches; mais il tirait sa principale gloire de ses vertus, surtout de son humilité et des fonctions sublimes qu'il eut à remplir auprès du Sauveur du monde et auprès de la sainte Vierge Marie, son auguste Mère.
Saint Jérôme assure que saint Joseph a toujours été vierge. Le Ciel avait présidé à un mariage qui entrait dans l'accomplissement de ses desseins. Marie, en devenant mère miraculeusement, n'avait plus rien à craindre de la calomnie pour son honneur. Elle trouvait de plus dans Joseph un aide qui partageait avec elle le soin de pourvoir à la subsistance de son fils, un compagnon qui l'assistait dans ses voyages, un consolateur qui lui adoucissait le sentiment de ses peines.
Quelle ne dut pas être la pureté et la sainteté de celui que le ciel avait choisi pour être le gardien de la plus pure et et de la plus sainte des vierges ! L'Evangile fait son éloge en disant que c'était un homme juste, c'est-à-dire éminemment saint, orné de toutes les vertus. (1)
Saint Joseph, Lourdes
Un ange apparut en songe à Joseph pour lui annoncer le grand mystère qui venait de s'accomplir en Marie, son épouse: par l'opération du Saint-Esprit, le Verbe s'est incarné dans le sein de cette Vierge des vierges. C'est le Messie annoncé par les Patriarches, c'est Jésus qui racheta le monde de l'esclavage du péché.
L'ange apparut de nouveau à Joseph en songe et lui dit : "Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr." (Mt 2:13)
Hérode envoya tuer tous les enfants jusqu’à l’âge de deux ans à Bethléem et dans toute la région.
L'ange du Seigneur apparut de nouveau à Joseph et lui dit: "Prends l'Enfant et sa mère et retourne dans la terre d'Israël. Ceux qui cherchaient à faire périr l'Enfant sont morts". (Mt 2:22-23) Il revit Nazareth, retrouva sa sainte maison, y amena l'Enfant Jésus, et y demeura avec lui dans la paix.
La présence de Jésus dans l'atelier de Nazareth enseigna à saint Joseph le prix des heures pénibles, et le dur labeur accepté comme une réparation pour le mépris de l'homme des lois de Dieu, a acquis grâce au Christ, une valeur rédemptrice. Artisan avec Dieu créateur, frère de travail de Jésus-Ouvrier, associé avec Lui au rachat du monde, saint Joseph n'attirera jamais trop les regards et la prière de notre siècle.
C'est pourquoi l'Église, s'inspirant de la Tradition qui baptisa autrefois quantité de fêtes païennes pour les doter d'un contenu chrétien tout nouveau plaça la fête civile du travail sous le puissant patronage de saint Joseph. Ouvrier toute sa vie, qui mieux que lui rendit grâces à Dieu le Père en son labeur de chaque jour ? C'est ce modeste artisan que Dieu choisit pour veiller sur l'enfance du Verbe incarné venu sauver le monde par l'humilité de la croix. (2)
On peut raconter le mystère de l'Annonciation, celui de la Nativité du Sauveur, les premières humiliations du Dieu fait Homme? Ses trente ans de vie cachée et tous ce qu'ils contiennent de lumières pour ceux qui les méditent, sans faire apparaître Joseph. Il est comme l'ombre de Jésus, le voile de la virginité de Marie, il est inséparable de cette "Trinité de la terre", visible image de la Trinité du Ciel. Tous les saints reconnaissent Joseph pour le premier d'entre eux, pour le plus semblable, pour le plus uni au Coeur de Jésus, après Marie. (3)
Au XIII° siècle déjà, le roi de Castille, Alphonse X le Sage, avait déjà associé dans un de ses chants la beauté de Marie et celle du mois de mai ; au siècle suivant, le bienheureux dominicain Henri Suso avait, durant l'époque des fleurs, l'habitude de tresser des couronnes pour les offrir, au premier jour de mai, à la Vierge.
En 1549, un bénédictin, Seidl, avait publié un livre intitulé "Le mois de mai spirituel", alors que saint Philippe Néri exhortait déjà les jeunes gens à manifester un culte particulier à Marie pendant le moi de mai où il réunissait les enfants autour de l'autel de la Sainte Vierge pour lui offrir, avec les fleurs du printemps.
Un peu plus tard, les jésuites recommandaient que, la veille du premier mai, dans chaque appartement, on dressât un autel à Marie, orné de fleurs et de lumières, devant quoi, chaque jour du mois, la famille se réunirait pour réciter quelques prières en l'honneur de la Sainte-Vierge avant de tirer au sort un billet qui indiquerait la vertu à pratiquer le lendemain.
Cette dévotion mariale s'est perpétuée de part le monde, jusqu'à aujourd'hui. (4)
La fête de saint Joseph, travailleur, a été fixée au 1er mai par le pape Pie XII en 1955.
Le monde du travail prend une conscience grandissante de son importance et c'est le rôle de l'Église de lui enseigner toute sa dignité. Cette fête de saint Joseph est une triple fête patronale : fête de l'Église, fête de la famille et du foyer, fête du travail.
PRATIQUE. Exercez-vous, à l'exemple de saint Joseph, à vivre d'une vie intérieure.
Sources: (1) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 78 ; (2); (3), La Dévotion à Saint-Joseph, Mois de Saint Joseph, consécration et prières, Parvis, Hauteville 2004, p. 25-26, 28; (4)
Par le Baptême, nous devenons fils de Dieu, héritiers du Ciel, temples de l’Esprit Saint et membres du Corps mystique de Jésus, qui est l’Église.
La grâce de Dieu nous élève à l’ordre surnaturel et fait de nous, comme l’exprime saint Paul, des participants à la nature divine. Par le sacrement de la Confirmation, l’Esprit Saint fortifie notre foi et nous donne la force de résister aux tentations du diable et de combattre comme des soldats loyaux pour le triomphe en nous et chez les autres du royaume de Jésus-Christ. Le sacrement de Pénitence est notre planche de salut dans le naufrage du péché.
Bien que nous soyons tous de misérables pécheurs, par ce don de la miséricorde divine, nous pouvons recouvrer notre innocence perdue et retourner à la grâce et à l’amitié de Dieu. De plus, pour nous empêcher de retomber dans le péché, Jésus nous donne Lui-même dans la sainte Eucharistie, que saint Thomas appelle le plus grand miracle de son amour infini. (Opusc. 57)
Mais ce n’est pas tout. Si notre vocation est de fonder une famille, Dieu consacre notre union à l’autel et nous accorde les grâces nécessaires pour la sanctifier afin qu’elle produise une bonne famille chrétienne.
Si Dieu nous a appelés, d’autre part, à devenir pères spirituels des âmes rachetées par son Précieux Sang, Il nous élève à cette haute dignité par le sacrement de l’Ordre sacré. Enfin, lorsque nous arriverons à la fin de notre vie mortelle, le prêtre sera encore à nos côtés pour effacer, par le sacrement de l’Extrême-Onction, les dernières traces du péché et pour nous réconforter dans notre passage vers l’éternité. Toute la vie d’un chrétien est une chaîne de faveurs qui l’accompagnent du berceau à la tombe. Nous devrions être reconnaissants à Dieu pour la bonté avec laquelle Il nous a traités et continue de nous traiter. Nous devrions coopérer généreusement avec ses dons en reconnaissant l’élévation de l’honneur que c’est d’être chrétien et en vivant conformément à cette dignité.
2. Cette dignité exaltée comporte de graves obligations. La plus importante est d’éviter le péché. Qui oserait prendre le Crucifix et le jeter dans la boue ? "Vous êtes le corps du Christ", nous dit saint Paul, "membre pour membre." (Cf. 1 Cor. 12:27) Un homme qui se livre au péché, donc, jette le corps du Christ dans la boue et profane le temple de l’Esprit Saint.
Si nous apprécions sincèrement notre dignité de chrétiens, nous ne pouvons absolument pas céder au péché et détruire en nous l’œuvre grandiose de la Rédemption du Christ. Nous devrions, de plus, pratiquer la vertu. Nous devrions vivre en Jésus et pour Jésus, comme saint Paul, qui disait : "Pour moi, vivre c’est le Christ..." (Phil. 1:21) Chaque jour, nous devons avancer plus loin sur le difficile chemin du renoncement de soi et de l’amour. Nous devons continuer d’avancer, toujours plus haut vers le sommet de la perfection. "Vous serez donc parfaits, nous dit Jésus, comme votre Père céleste est parfait." (Mt. 5:48) Même cela ne suffit pas, cependant. Un véritable chrétien ne se contente pas d’éviter le péché et de se sanctifier lui-même, il s’efforce, par tous les moyens à sa disposition, par la parole, l’action, l’exemple et le sacrifice, de répandre le royaume du Christ parmi ses semblables.
3. Examinons-nous particulièrement sur les devoirs de notre état et voyons si nous les accomplissons généreusement. Non seulement nous sommes tenus d’obéir aux commandements de Dieu et aux préceptes de l’Église, mais chacun de nous doit aussi remplir les obligations attachées à sa position dans la vie. Naturellement, elles varient d’une personne à l’autre. Souvenons-nous que Dieu donne à chacun de nous les grâces nécessaires à son état et que nous devrons rendre compte de la manière dont nous les avons utilisées devant le Juge éternel. Celui qui a reçu beaucoup en rendra compte beaucoup. Peut-être avons-nous reçu une très grande part de grâces. Dans ce cas, outre les devoirs généraux attachés à la dignité d’être chrétiens, nous avons d’autres obligations importantes que, en tant que chrétiens, nous devons accomplir généreusement. (Cardinal Antonio Bacci)
Le champenois Robert de Molesme, entré à 15 ans chez les bénédictins de Moutier-la-Celle dans l'Aube, est très vite remarqué. A peine son noviciat terminé, il fut nommé prieur. Les bénédictins de Tonnerre ayant voulu l'avoir comme Père Abbé, il accepta, mais ces moines qui sont allés le quérir, ne veulent pas de la réforme austère qu’il préconise. Les ayant trouvés très relâchés et surtout peu réformables, il prit congé d'eux et revint à Moutier.
Non loin de là vivent sept ermites ; après de multiples péripéties, il accepte de devenir leur supérieur et les installe dans des huttes dans la forêt de Molesme, près de Laignes, en Côte d'Or. Leur genre de vie, fait de solitude et de silence, impressionne les voisins. Chacun s’ingénia à aider ces moines vertueux. Mais l’abondance des donations tourne la tête à bien des religieux qui ne voient plus le besoin de travailler, ni de tant d’austérités. Les recrues et les dons affluent, les huttes disparaissent, un monastère se construisit. Incapable de restaurer la discipline, Robert les quitte, triste, mais les dons cessèrent en même temps.
Les moines sont décontenancés. Robert ne revenant pas, on en réfère au Pape. Robert est sommé de reprendre sa place. Il revient, mais les bons sentiments des frères ne durent qu’un an. Robert s’en va définitivement avec six de ses moines. Avec, saint Aubry et saint Etienne Harding,vénérant la Vierge Marie, il s’installe à Cîteaux, se promettant de vivre la Règle de saint Benoît dans toute sa pureté et sa rigueur.
Les trois fondateurs de Citeaux : Robert, Aubry et Etienne Harding. Cette peinture commémore et décrit la fondation en 1098, montrant les trois fondateurs vénérant la Vierge Marie
Ainsi naquit l'Ordre cistercien en 1098. Mais les moines de Molesme ne s’en tiennent pas là. Une deuxième fois, le pape est consulté. Celui-ci lui intime l'ordre de reprendre la tête de son monastère. Il obéit et revient, après 14 mois, dans son abbaye, confiant Cîteaux à un frère très observant. Il a la consolation de voir ses moines revenus à de meilleures dispositions.
Il gouvernera pendant 9 mois, jusqu’en 1110. Il mourut ainsi en paix.
Deux ans après sa mort, saint Bernard (1090-1153) entre à Cîteaux à qui l'Ordre cistercien devra son considérable développement : "Plus j’avance dans la connaissance de mon 'moi', plus je m’approche de la connaissance de Dieu", dira Saint Bernard.
L'art cistercien est en accord avec leur spiritualité : il doit être une aide pour le cheminement intérieur des moines. En 1134, lors d'une réunion du Chapitre général de l'ordre, Bernard de Clairvaux qui est au sommet de son influence, recommande la simplicité dans toutes les expressions de l'art (Cf. Jean-François Leroux-Dhuys, Art cistercien, architecture cistercienne, Histoire et Images médiévales n°12 (thématique), Les cisterciens, février-mars-avril 2008, p. 37).
Dès lors, les cisterciens vont développer un art dépouillé et souvent monochrome.
Du XIe au XIIIe siècle une véritable révolution industrielle s'opère dans l'Occident médiéval. Elle est portée par la monétarisation croissante de l'économie depuis l'introduction du denier d'argent par les carolingiens au VIIIe siècle, qui permet l'introduction de millions de producteurs et de consommateurs dans le circuit commercial.
Pour augmenter encore cette productivité les paysans investissent dans des équipements qui l’améliorent, fournissant des charrues, construisant des moulins à eau en remplacement des meules à bras, des pressoirs à huile ou à vin en remplacement du foulage. Ce phénomène est attesté par la multiplication des moulins, des routes, des marchés et des ateliers de frappe de monnaie dans tout l’Occident dès le IXe siècle.
Les abbayes sont souvent le fer de lance de cette révolution économique
Les progrès se transmettent entre abbayes par le biais de manuscrits ou par le déplacement de moines. Les frères convers, dont une partie vit en dehors de l'abbaye dans les "granges", participent à la diffusion des améliorations techniques auprès des populations locales : les cisterciens sont des vecteurs de première importance dans la révolution industrielle du Moyen-Âge.
Si les Cisterciens savent innover, ils utilisent aussi parfois des techniques très anciennes. De nombreuses églises cisterciennes bénéficient d'une excellente acoustique qui n'est pas due au hasard : plusieurs (comme Melleray, Loc-Dieu, Orval...) utilisent la technique des vases acoustiques décrite par Vitruve, ingénieur romain du 1er siècle av. J.-C. ; des études contemporaines ont démontré que ces vases, répartis dans les murs et les voûtes, amplifient le son dans la gamme de fréquences de la voix des moines ; et d'autres procédés réduisent l'écho. (Source)
Lors de sa conférence de presse pendant son voyage de retour d'Afrique, Léon XIV a fermement rejeté les bénédictions formelles pour les couples de même sexe ou irréguliers au-delà de ce que François avait permis — insistant sur les bénédictions pour tous, mais une unité fondée sur Jésus-Christ et ses enseignements, et non une désunion accrue.
Léon XIV : La fin de l'approche pragmatique
ANALYSE : La manière dont Léon XIV a abordé la question de la bénédiction a marqué une rupture nécessaire avec son prédécesseur.
Andrea Gagliarducci
Vatican
29 avril 2026
La conférence de presse à bord de l'avion revenant d'Afrique a été le premier signe de la rupture notable entre Léon XIV et le pontificat du pape François.
Interrogé spécifiquement sur la décision du cardinal Reinhard Marx, archevêque de Munich et de Freising, de bénir officiellement les couples de même sexe, Léon XIV a déclaré que le Saint-Siège avait déjà informé les évêques allemands qu'il n'était pas d'accord avec ''la bénédiction formelle des couples — en l'occurrence, des couples de même sexe comme demandé — ou des couples en situation irrégulière, au-delà de ce que le pape François a spécifiquement autorisé, affirmant que toutes les personnes devraient recevoir la bénédiction''.
Léon XIV est allé plus loin.
"Lorsqu’un prêtre donne la bénédiction à la fin de la messe'', a-t-il déclaré, ''lorsque le pape donne la bénédiction à la fin d’une grande célébration comme celle que nous avons eue aujourd’hui, il y a des bénédictions pour tous.''
''Aller plus loin aujourd’hui », a déclaré Léon XIV, ''pourrait engendrer plus de désunion que d’unité'', ajoutant ''que nous devrions chercher à fonder notre unité sur Jésus-Christ et sur ses enseignements.''
Il s'agissait essentiellement d'un document inutile, car il intervenait dans une pratique déjà établie. Aucun prêtre n'avait jamais refusé une simple bénédiction (c'est-à-dire un signe de croix sur le front) lorsqu'on le lui demandait. Fiducia Supplicans a également engendré un autre inconvénient. Munis de ce document, des pasteurs engagés auprès des personnes LGBTQ rendaient visite à des couples de même sexe et se faisaient photographier en train de les bénir en privé, un geste qui, bien que n'étant pas un mariage, semblait néanmoins approuver symboliquement une union qui n'en était pas une.
La politique de la miséricorde devint ainsi un sujet de controverse idéologique, surtout à une époque où l'Église en Allemagne était ébranlée par ces tendances progressistes, qui cherchaient précisément à saper sa structure.
La ''voie synodale'' allemande est une crise structurelle qui trouve son origine dans l'idée que la crise de l'Église en Allemagne, confirmée par la crise des abus et des dissimulations, est ancrée dans des systèmes archaïques qu'il faut démanteler, même si cela implique d'abandonner des pratiques séculaires comme le célibat ou, en effet, la notion même de famille. Le principe d'adapter le monde à son époque était au cœur d'un vaste débat lors du dernier Synode sur la synodalité. Le document final du synode n'a pas retenu l'expression ''Église universelle'', mais l'a remplacée par ''l'Église tout entière''. Ce choix était délibéré. Le père Giacomo Costa, rapporteur spécial du synode, a expliqué lors de la conférence de presse finale que les pères synodaux souhaitaient éviter l'idée que ''l'Église universelle se situe au sommet d'un système d'Églises locales. L'Église, c'est l'Église tout entière, au sein de l'ensemble des Églises.''
* Andrea Gagliarducci est un journaliste italien qui travaille pour l'Agence de presse catholique et qui est analyste du Vatican pour ACI Stampa. Il collabore également au National Catholic Register.
Commentaire de Mgr Joseph E. Strickland, Évêque émérite, via FSSPX sur X :
Les récentes remarques du pape Léon XIV concernant Fiducia Supplicans, les bénédictions informelles et la morale sexuelle exigent une réponse qui ne soit ni réactionnaire ni timorée. Un évêque doit parler comme un fils de l’Église, mais aussi comme un gardien des âmes.
La question centrale n’est pas de savoir si les pécheurs peuvent être bénis. Bien sûr qu’ils le peuvent. Chacun de nous se tient devant Dieu dans le besoin de sa miséricorde. La véritable question est de savoir si l’Église peut bénir une relation ou un « couple » dont le lien public contredit la loi morale de Dieu.
Cette distinction est essentielle.
L’Église peut bénir une personne en difficulté, repentante, cherchant la grâce ou demandant la force de quitter le péché. Mais l’Église ne peut bénir une union qui est elle-même objectivement contraire à l’Évangile. Une bénédiction ne doit jamais devenir un signe d’approbation pour ce que Dieu n’a pas béni.
Fiducia Supplicans affirme que des bénédictions peuvent être données à des « couples en situation irrégulière et à des couples de même sexe », pourvu qu’elles ne soient ni ritualisées ni confondues avec le mariage. Mais c’est précisément là que naît la confusion. Aussi soigneusement que le document tente de distinguer entre bénir des personnes et bénir des unions, l’acte public de bénir un « couple » apparaît inévitablement comme une bénédiction de la relation elle-même.
Le pape Léon a raison de s’opposer aux cérémonies de bénédiction formalisées, telles que celles promues en Allemagne. Selon plusieurs rapports, il a réaffirmé l’opposition du Vatican à ces bénédictions institutionnalisées tout en maintenant les bénédictions informelles permises sous le pape François. Mais le problème plus profond demeure : dès lors que l’Église permet, la bénédiction même de manière informelle de « couples » vivant dans des unions objectivement pécheresses, la ligne a déjà été franchie dans l’esprit de nombreux fidèles.
L’Église doit accueillir chaque pécheur. Mais l’accueil n’est pas l’affirmation. La miséricorde n’est pas l’ambiguïté. Le soin pastoral n’est pas l’atténuation de l’appel à la conversion.
Le Christ n’a pas seulement dit à la femme adultère : « Tu es la bienvenue » Il a dit : « Moi non plus, je ne te condamnerai pas. Va, et désormais ne pèche plus. » Voilà l’Évangile : miséricorde et conversion ensemble.
Il est également préoccupant que le péché sexuel soit parfois traité comme une question morale secondaire par rapport à la justice, à la liberté ou à l’égalité. Certes, l’Église doit parler de tout mal moral grave. Mais la morale sexuelle n’est pas une question marginale. Elle touche au mariage, à la famille, aux enfants, au corps humain, à l’image de Dieu et au sens même de l’amour.
Suggérer que le péché sexuel ne devrait pas être une préoccupation centrale risque d’ignorer les grands dommages causés lorsque la vérité sur le corps, le mariage et la chasteté est obscurcie.
L’Église ne peut bâtir son unité en évitant les vérités difficiles. La véritable unité est l’unité dans le Christ, et le Christ est la Vérité. Une unité obtenue au prix du silence, de l’ambiguïté ou du compromis n’est pas l’unité de l’Église ; ce n’est qu’un calme institutionnel.
En tant qu’évêque, je dois affirmer clairement en ce moment :
L’Église aime chaque personne.
L’Église appelle chaque personne à la conversion.
L’Église ne peut bénir le péché.
Le mariage est l’union pour la vie d’un homme et d’une femme.
Les relations sexuelles en dehors de cette alliance sont objectivement pécheresses.
Aucune pratique pastorale ne peut contredire la doctrine qu’elle prétend préserver.
La tragédie de ce moment est que de nombreuses âmes sont laissées dans la confusion.Certains entendront ces remarques et croiront que l’Église change lentement son enseignement. D’autres se sentiront abandonnés alors qu’ils s’efforcent de vivre chastement pendant que des responsables ecclésiaux parlent avec ambiguïté. D’autres encore concluront que la doctrine demeure sur le papier, mais qu’elle ne gouverne plus réellement la pratique pastorale.
Cela ne peut être permis.
Ma préoccupation n’est pas la colère. C’est la douleur. La douleur de voir la voix de l’Église devenir incertaine là où le Christ était clair. La douleur de voir la miséricorde séparée de la repentance. La douleur de voir des catholiques fidèles invités à accepter la confusion au nom de l’unité.
Voilà le cœur du problème.
Mgr Joseph E. Strickland
Évêque émérite
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Note du blog Christ-Roi
Si deux hommes se présentent publiquement en tant que couple et reçoivent ensemble une bénédiction d'un prêtre, même de manière informelle, "non liturgique" ou ''privée'', la perception écrasante est que la relation elle-même reçoit une approbation ecclésiastique. Or les bénédictions ne sont pas des gestes moralement neutres détachés de la vérité objective. L'Église bénit ce qui est ordonné vers Dieu et vers Sa loi. Elle ne peut bénir des situations peccamineuses enracinées dans un péché grave. C'est pourquoi de nombreux évêques, prêtres et conférences épiscopales entières ont réagi.
Le document a révélé la méthode théologique associée à Fernández et François : le remplacement graduel de la clarté doctrinale par une ambiguïté pastorale. Plutôt que de confronter le mouvement homosexuel moderne avec l'appel catholique traditionnel à la repentance, à la chasteté et à la conversion, le Vatican a de plus en plus laissé de côté l'enseignement catholique traditionnel pour adopter le langage de l'inclusion, de l'accueil, de l'accompagnement et des gestes "non jugeants". Cela ne représentait pas la miséricorde, mais la capitulation. L'Église a toujours enseigné que les personnes éprouvant des inclinations homosexuelles doivent être traitées avec charité et dignité tout en étant appelées à la chasteté, comme tous les chrétiens selon leur état de vie.
L'histoire de Zita se déroule dans l'Italie du XIIIe siècle.
Zita était une petite vendeuse de légumes qui s'en allait au marché de Lucques (Toscane, Italie) pour ses parents. Sa mère, pauvre, mais vertueuse, l'éleva dans la crainte du Seigneur, et eut la consolation de voir ses bonnes instructions porter de précieux fruits.
Zite parlait peu, travaillait avec assiduité, et tenait son âme dans un recueillement perpétuel.
À douze ans, elle fut placée dans une famille comme servante, et ne la quitta plus.
Pour ne pas déranger son service, elle se levait plus tôt afin d'aller entendre la sainte messe, jeûnait pour donner aux pauvres une part de sa nourriture, supportait avec patience et sourire les jalousies des autres domestiques qui parfois même la dénonçaient avec calomnie. Dieu permit qu'on traita sa modestie de stupidité, et son exactitude à ses devoirs fut regardée comme le fruit d'un orgueil secret. Sous le coup de préventions si injustes, qu'on imagine ce que cette sainte fille eut à souffrir. Mais sa patience triompha de la malice et des péjugés. Ses maîtres devinrent plus équitables: leur jalousie se transforma en admiration, et ils lui confièrent le maniement de leurs affaires, qu'elle géra avec une grande sagesse. (1)
Un soir de Noël, Zita se rend à la messe de minuit. Son maître, le signore Fatinelli, lui prête son manteau, mais lui enjoint aussitôt de bien le rapporter. Il sait que Zita a l'habitude de se dépouiller de tout pour donner aux pauvres. Arrivant à l'église, elle aperçoit un mendiant grelottant à qui elle confie le précieux vêtement juste le temps de l'office. À la sortie, l'homme a disparu. Au retour, la colère du maître est immédiate. Mais voilà que le mendiant apparaît avec le manteau, sourit, le tend à Zita et, tel un éclair, disparaît. (2)
Les anges se chargeaient de faire cuire son pain pendant qu’elle était en extase, de lui rendre le manteau qu'elle avait prêté à un pauvre, et de lui ouvrir la porte des églises !
Un jour, pendant une de ses ferventes oraisons, le temps s'écoula de telle sorte qu'au moment où elle quittait l’église, le soleil déjà haut au-dessus de l'horizon lui rappela qu'elle avait dépassé l'heure où elle devait faire un ouvrage indispensable : c’était la préparation (ou la fourniture) du pain nécessaire à toute la maison. Elle se hâta de gagner le logis, se reprochant intérieurement la négligence de son devoir : quand elle arriva, elle trouva toute la pâte préparée et le feu allumé. Elle était convaincue qu'une autre servante, désireuse de lui épargner une réprimande, avait voulu faire sa besogne en son absence, mais quand elle tenta de trouver à qui adresser ses remerciements, personne ne sut ce qu'elle voulait dire, car personne n'avait songé à lui rendre ce service. Dans la simplicité de son cœur, elle en conclut que Dieu avait accordé cette faveur à sa servante qui avait tout oublié pour lui.
Une nuit de Noël, qu'il faisait extrêmement froid, Zite se disposait à se rendre à Matines. Son maître lui dit : « Comment cours-tu à l'église par un temps si froid, que nous pouvons à peine nous en défendre ici avec tous nos vêtements ? Toi surtout, épuisée par le jeûne, vêtue si pauvrement, et qui vas s'asseoir sur un pavé de marbre ? » Entrée dans l'église, elle aperçut un pauvre demi-nu, qui murmurait tout bas, et qui grelottait de froid ; émue de compassion, Zita s'approcha et lui dit : « Qu'avez-vous, mon frère, etde quoi vous plaignez-vous ? » Lui, la regardant d'un visage placide, tendit la main et toucha le manteau en question. Aussitôt Zita l'ôta de ses paules, en revêtit le pauvre et lui dit : « Tenez cette pelisse, mon frère, jusqu'à la fin de l'office, et vous me la rendrez; n'allez nulle part, car je vous mènerai à la maison et vous chaufferai près du feu. » Cela dit, elle alla se mettre à l'endroit où elle priait d'ordinaire. Après l'office, et quand tout le monde fut sorti, elle chercha le pauvre partout, au dedans et au dehors de l’église, mais ne le trouva nulle part. Elle se disait en elle-même : « Où peut-il être allé ? Je crains que quelqu'un ne lui ait pris le manteau, et que, de honte, il n'ose se présenter à mes yeux. Il paraissait assez honnête, et je ne crois pas qu'il ait voulu attraper le manteau et s'enfuir. » C'est ainsi qu’elle excusait pieusement le pauvre. Mais enfin, ne l'ayant pu trouver, elle revenait un peu honteuse, espérant toujours néanmoins que Dieu apaiserait son maître, ou inspirerait au pauvre de rapporter le manteau. Quand elle fut de retour à la maison, le maître lui dit des paroles très-dures, lui fit de vifs reproches. Elle ne répondit rien, mais, lui recommandant d'espérer, elle lui raconta comment la chose s'était passée. Il entrevit bien comment la chose s'était passée, mais ne laissa pas de murmurer jusqu'au dîner. A la troisième heure, voilà sur l'escalier de la maison un pauvre qui charmait tous les spectateurs par sa bonne mine, et qui, portant le manteau dans ses bras, le rendit à Zita, en la remerciant du bien qu'elle lui avait fait. Le maître voyait et entendait le pauvre. Il commençait, ainsi que Zita, à lui adresser la parole, lorsqu'il disparut comme un éclair, laissant dans leurs cœurs une joie inconnue et ineffable, qui les ravit longtemps d'admiration. On a cru que ce vieillard était un ange; c'est pourquoi la porte de l’église où elle rencontra le pauvre au manteau a été depuis appelée la porte de l'Ange.
Chaque vendredi elle allait en pèlerinage à San-Angelo in Monte, à deux lieues de Lucques ; un jour qu'elle avait été retenue par les travaux de la maison plus que d'ordinaire, elle fut surprise par la nuit. Un cavalier qui suivait le même chemin lui prédit qu'elle périrait dans les précipices si elle continuait à marcher au milieu des ténèbres ; mais quand il arriva, il fut bien saisi de trouver à la porte de l'église celle qu'il croyait avoir laissé loin derrière lui.
Sainte Zita avait un grand amour pour sainte Marie-Madeleine et pour saint Jean l'Evangéliste ; une veille de fête de la première, elle voulut aller faire brûler un cierge devant son autel dans une église assez éloignée de Lucques. Elle arriva tard et trouva les portes fermées ; elle alluma son cierge, se mit à genoux et s'endormit. La nuit, un orage terrible s'éleva, la pluie tomba par torrents, et la Sainte reposait ; quand elle se réveilla, les rues étaient couvertes d'eau, mais elle n'avait pas même été touchée par une goutte de pluie, et son cierge brûlait encore. Les portes alors s'ouvrirent devant elle, et quand le curé arriva pour dire la messe, il trouva la Sainte en prières dans cette église qui n'avait pas été ouverte depuis la veille au soir. (3)
Zite mourut à l'âge de soixante ans le 27 avril 1278, pleine des mérites qu'elle avait puisés dans le recueillement, la mortification, et un saint et fréquent usage des sacrements.
Sa sainteté fut reconnue après sa mort tant étaient grandes les faveurs que le petit peuple obtenait en lui demandant son intercession.
Les miracles se multiplièrent tant à son tombeau que, quatre ans après sa mort, l'évêque de Lucques permit de lui rendre un culte public qui se répandit rapidement en Italie, en Espagne, en Angleterre et dans toute l'Europe. Il y eut par trois fois, en 1446, en 1581 et en 1652, ouverture de son cercueil où le corps fut trouvé parfaitement intact, dans un état de parfaite conservation. Il est enchâssé et gardé avec beaucoup de respect dans l'église Saint-Fridien. Zite a été canonisée par lnnocent XII en 1696. Elle est la patronne de Lucques ; les servantes et les femmes de charge l'invoquent comme leur spéciale protectrice. De la chaumière du mont Sagrati, qui avait abrité le berceau de l'humble Sainte, on a fait une chapelle qui lui est dédiée. D'autres églises lui sont consacrées à Gênes et à Milan.
On donne pour attributs à sainte Zite un trousseau de clefs suspendu à sa ceinture et une cruche : les clefs rappellent qu'elle fut investie de la confiance de ses maîtres, et la cruche, le miracle qu'elle fit de changer l'eau en vin au bénéfice des pauvres. On montre encore à Lucques le puits où elle prit de l'eau pour faire ce miracle. On l'a aussi représentée debout devant les portes de la ville, et la sainte Vierge venant lui ouvrir le guichet. La miséricordieuse Marie dut rendre ce service à sa servante un soir que celle-ci s'était attardée à ses bonnes œuvres. Une vieille gravure allemande la représente sous les traits d'une jeune fille accorte, revêtant le vieillard de la pelisse de son maître.
Sainte-Zita est la patronne des employés de maison, garçons de café, des serveurs, des maîtres d’hôtels et des hôtesses. On lui demande d’intervenir pour retrouver des clés perdues. (4)
Saint Marc, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011
Saint Marc était probablement de la race d'Aaron; il était né en Galilée. Il semble avoir fait partie du groupe des soixante-douze disciples du Sauveur; mais il nous apparaît surtout dans l'histoire comme le compagnon fidèle de l'apostolat de saint Pierre avec Barnabé à Chypre et en Asie Mineure.
S. Irénée de Lyon écrivait vers 180 : "Marc, le disciple et l'interprète de Pierre, nous transmit lui aussi par écrit ce que prêchait Pierre". (Adversus Haereses, III Prologue).
C'est sous l'inspiration du chef des Apôtres et à la demande des chrétiens de Rome qui désiraient avoir par écrit ce que saint Pierre leur avait enseigné de vive voix, qu'il écrivit l'Évangile qui porte son nom. L'Evangile de Marc est le plus ancien. Des fragments de cet Évangile retrouvés à Qumran prouvent qu'il est antérieur à 68, voire à l'an 41 selon certains historiens.
"L'Évangile selon marc est situé autour des années 60 après l'avoir été autour des années 70, mais il pourrait bien être des années 50", observe Simon Claude Mimouni dans "Le judaïsme ancien et les origines de christianisme" (Bayard 2018, p. 21).
"L'Évangile selon Jean est situé autour des années 90, mais à cause de son caractère mystique et de certaines caractéristiques relevant de la topographie et de la chronologie il pourrait bien être des années 60.
"L'Évangile selon Luc + les Actes des Apôtres sont situés de manière habituelle dans les années 80, mais ils pourraient bien être aussi des années 60." (4)
Origène et S. Jérôme prétendent que c'est lui que le chef des Apôtres appelle son fils.
Marc reçut de saint Pierre la mission spéciale d'évangéliser Alexandrie, qui était après Rome la ville la plus célèbre de l'univers, l'Égypte et d'autres provinces africaines.
Cela se passe probablement en 45. Eusèbe, HE 2,16,1 évoque l'évangélisation d'Alexandrie par Marc d'après une tradition fixée à la fin du IIe siècle. Ac 15,36-39 : "Paul dit à Barnabé : 'Retournons donc visiter les frères en chacune des villes où nous avons annoncé la parole du Seigneur, pour voir où ils en sont.' Barnabé voulait emmener aussi Jean appelé Marc. [...] Barnabé emmena Marc et s’embarqua pour Chypre." Les relations en Chypre et Alexandrie sont faciles. (5) Il s'y forma en peu de temps une église fort nombreuse et si fervente que ses nouveaux fidèles, à l'exemple de ceux de Jérusalem, ne faisaient qu'un coeur et qu'une âme. Les païens endurcis s'en alarmèrent, et résolurent la mort du saint évangéliste et cherchèrent tous les moyens de s'emparer de lui. Marc forma un clergé sûr et vraiment apostolique, puis échappa aux pièges de ses ennemis en allant porter ailleurs la Croix de Jésus-Christ. Quelques années plus tard, il eut la consolation de retrouver l'Église d'Alexandrie de plus en plus florissante.
La nouvelle extension que prit la foi par sa présence, les conversions nombreuses provoquées par ses miracles, renouvelèrent la rage des païens. Il fut saisi et traîné, une corde au cou, en criant qu'il fallait mener ce boeuf à Bucoles (Alexandrie), qui était un lieu près de la mer, plein de rochers et de précipices. Le saint fut traîné pendant tout le jour. La terre et les pierres furent teintes de son sang, et l'on voyait partout des lambeaux de sa chair. Tandis qu'on le traitait si cruellement, il remerciait Dieu de ce qu'Il l'avait trouvé digne de souffrir. Le soir, après ce long et douloureux supplice, on le jeta en prison, où il fut consolé la nuit venue, par l'apparition d'un ange qui le fortifia pour le combat décisif, et par l'apparition du Sauveur Lui-même.
Le lendemain matin, Marc fut tiré de prison; on lui mit une seconde fois la corde au cou, on le renversa et on le traîna en poussant des hurlements furieux. La victime, pendant cette épreuve douloureuse, remerciait Dieu et implorait Sa miséricorde. Enfin broyé par les rochers où se heurtaient ses membres sanglants, il expira en disant: "Seigneur, je remets mon âme entre Vos mains."
Ses reliques furent conservées dans une petite chapelle du petit port de pêche de Bucoles proche d'Alexandrie où il avait souffert le martyre.
Il devint le saint patron de Venise avec son lion comme symbole de la ville. Marc était venu évangéliser la région par bateau et avait fait naufrage dans la lagune qui allait donner naissance en 452 à Venise.
Sources :
(1) Abbé L. JAUD, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950 ; (2) Les saints du jour; (3) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 115 ; (4) Simon Claude MIMOUNI, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, Bayard, Italie 2018, P 21 ; (5) Wikipedia(source à prendre avec prudence) ; (6) Marie-Françoise BASLEZ, Saint Paul, Fayard, Saint Amand-Montrond 1991, p. 138 ; (7) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011.
Fidèle, de son nom civil Marc Roy, né le 1er octobre 1577 à Sigmaringen, petite ville d'Allemagne voisine de la Suisse, est mort assassiné martyr pour la foi à Seewis im Prättigau (Suisse) le 24 avril 1622.
Son éducation fut soignée, même brillante, et ses vertus étaient si appréciées de ses condisciples, qu'ils l'appelaient le Philosophe chrétien. Dès lors il s'approchait souvent des sacrements, visitait et soignait les malades dans les hôpitaux et passait des heures entières au pied des autels, dans une intime conversation avec Jésus-Christ.
Il exerça plusieurs années la profession d'avocat à Colmar, en Alsace, et s'y fit remarquer par sa loyauté, sa haine du mensonge et la sagesse de ses plaidoyers ; il mérita le surnom d'Avocat des pauvres.
Bientôt pourtant la Lumière divine lui fit comprendre qu'il était difficile d'être en même temps riche avocat et bon chrétien : aussi il quitta sans hésiter le monde, où il eût fait bonne figure, pour se retirer chez les Capucins de Fribourg; il y prit l'habit en 1612, à l'âge de trente-cinq ans.
Devenu prêtre capucin et éminent prédicateur, il obtint de nombreuses conversions auprès des calvinistes des Grisons. L'animosité que cela entraina fit qu'il fut assassiné.
Ses premières années de vie religieuse furent difficiles, il éprouva de profonds doutes, et fut victime de violentes tentations. Son guide spirituel l'aida à voir clair en lui et le rassura. Dès lors, il vendit tous ses biens, et retrouva la paix. Il disait : "J'ai rendu les biens de la terre, et Dieu me donne en retour le royaume du Ciel."
Il choisissait les meubles les plus humbles, les habits les plus usés, il s'infligeait de pénibles mortifications, et vivait les temps de pénitence en ne mangeant que du pain, de l'eau et quelques fruits. "Quel malheur, disait-il, si je combattais mollement sous ce Chef couronné d'épines !"
Il mit tout son zèle dans sa mission, sa vie sainte et austère était un témoignage éloquent, et fit de nombreuses conversions.
Toutefois, il fut trahi, et fut poignardé par un groupe d'hommes qui contestaient son enseignement. Il mourut à Seewis im Prättigau, en 1622.
Béatifié le 24 mars 1729 par le Pape Benoît XIII il fut canonisé une vingtaine d'années plus tard (29 juin 1746) par le Pape Benoît XIV. Liturgiquement il est commémoré le 24 avril.
Citation de saint Fidèle :
"Ô foi catholique, comme tu es ferme, comme tu es inébranlable, bien enracinée, bien fondée sur la pierre solide! Le ciel et la terre disparaîtront, mais tu ne pourras jamais disparaître. Dès le commencement, le monde entier t'a contredite, mais tu as triomphé de tous par ta grande puissance. La victoire qui a vaincu le monde, c'est notre foi. Elle a fait plier des rois très puissants sous le joug du Christ, elle a conduit les peuples à obéir au Christ."
Saint Fidèle avec Saint Joseph de Leonessa par Tiepolo
Georges de Lydda naît vers 275/280 à Mazaca, en Cappadoce (Turquie), dans une famille relativement aisée. Son père, Gérontius, noble d’Arménie, vint en Cappadoce servir dans l'armée romaine. Son éducation fut toute chrétienne.
À l'âge de dix-sept ans, il embrassa la profession des armes comme son père, et bientôt sa beauté, sa distinction, son courage, l'élevèrent à la dignité de tribun militaire (commandant) dans la garde impériale.
La légende du dragon
Dans l'histoire de S. Georges il n'y a ni dragons ni princesses.
Georges combattit une bande de pillards dirigée par un homme qui terrorisait la région de Lydda (Lod, dans l'état actuel d'Israël). Le nom de cet homme, Nahfr, en égyptien voulait dire le "serpent", le "dragon" : la région appela l'armée romaine à l'aide. Le pays était obligé de lui fournir chaque jour deux moutons. Un jour que le pays de Lydda n'eut plus de moutons, l'homme réclama un enfant chaque jour en sacrifice. Une jeune fille de quatorze ans fut offerte. C'est alors que Georges décida de mettre fin à cette terreur. Chevauchant son cheval, armé de sa lance, il tua la bête et délivra la région de ce monstre.
La légende Jacques de Voragine au XIIIe siècle a spiritualisé cette histoire, qui a sans doute un fondement réel. Le plus ancien récit connu de l'épisode complet du dragon est un texte en géorgien du XIe siècle.
De ses origines orientales, il a été introduit dans la tradition chrétienne occidentale, peut-être par les Croisades.
La légende est devenue un symbole de la victoire de la foi contre le malin.
Le monde de la chevalerie médiévale en a fait l'incarnation de ses propres idéaux.
De retour à Nicomédie, Georges rendit visite aux chrétiens emprisonnés. Dioclétien ayant rallumé la persécution contre les chrétiens, l'indignation de Georges éclata en face même du tyran, devant lequel il exalta la grandeur du Dieu véritable et confondit l'impuissance des fausses divinités. Sa noble audace lui mérita le reproche d'ingratitude et des menaces de mort.
Dioclétien (empereur 284-305) lui enjoignit de cesser ses actions pro-chrétiennes et de reprendre son service. Il refusa et quitta le palais, en détruisant une tablette sur laquelle figurait l'édit obligeant au culte d'Apollon. Arrêté pour cet acte, il fut soumis à de nombreux supplices, mais il survit miraculeusement, provoquant de nombreuses conversions, notamment celle de l'épouse de Dioclétien, une princesse perse nommée Alexandra, et deux autres consuls d'Orient, Anatole et Protole, ainsi que celle du gardien de la prison où il fut interné.
Georges profita de ses derniers jours de liberté pour distribuer ses biens aux pauvres et affranchir ses esclaves. Ainsi préparé aux combats du Christ, le tribun aborde l'empereur lui-même et plaide devant lui la cause des chrétiens.
"Jeune homme, lui répond Dioclétien, songe à ton avenir!
- "Je suis chrétien, dit Georges, je n'ambitionne ni ne regrette rien dans ce monde; rien ne saurait ébranler ma foi." Il est alors battu de verges, puis il subit l'affreux supplice de la roue,on le met dans l'intérieur d'une roue armée de tous côtés de pointes d'acier, afin de le déchirer en mille pièces : au sortir de ce supplice, il est entièrement guéri.Un ange descendit du Ciel pour guérir ses blessures.
Quelques jours après, le martyr reparaît plein de vie en présence de l'empereur, qui le croyait mort; il lui reproche de nouveau sa cruauté et l'engage à reconnaître le vrai Dieu. Trois jours il est abandonné sur un lit de chaux vive; on lui met ensuite des chaussures de fer rougies au feu, on lui fait avaler un poison très violent, on lui passe les pieds dans des entraves, on l'étend sur le pavé, on lui roule sur la poitrine une énorme pierre; On le suspend à un poteau pour l'éventrer à coups de lance.
Georges, par la grâce de Dieu, subit toutes ces épreuves sans en ressentir aucun mal; plusieurs païens même se convertissent à la vue de tant de merveilles. Reconduit de nouveau dans sa prison, l'athlète invincible de la foi vit en songe Jésus-Christ descendre vers lui:
"Georges, lui dit-Il en lui présentant une couronne de pierres précieuses, voilà la récompense que Je te réserve au Ciel; ne crains rien, Je combattrai avec toi demain, et tu remporteras sur le démon une victoire définitive."
Le jour suivant, Dioclétien tâcha d'ébranler le martyr par des flatteries:
"Conduisez-moi devant vos dieux," dit Georges. On l'y conduit, croyant qu'il va enfin sacrifier.
Parvenu devant la statue d'Apollon, Georges fait le signe de la Croix et dit: "Veux-tu que je te fasse des sacrifices comme à Dieu?"
La voix du démon répond: "Je ne suis pas Dieu; il n'y a de Dieu que Celui que tu prêches." Et en même temps la statue tombe en poussière. Le peuple s'enfuit épouvanté, et l'empereur vaincu, humilié et furieux, fait trancher la tête au martyr, un vendredi 23 avril 303, à l'âge de 22 ans.
Des chrétiens recueillent sa dépouille pour l'enterrer à Lydda, dans une église qui lui est dédiée, là où il avait vaincu "le dragon".
En Israël, où son tombeau est vénéré à Lydda (Lod). Chrétiens d'Orient et Musulmans affirment qu’il s'y trouve encore, dans la crypte, sous l’autel.
Le culte de saint Georges est attesté dès le IVe siècle en Palestine. Des églises lui sont dédiées, ainsi qu'un monastère à Jérusalem et un autre à Jericho.
En Égypte, il patronne une quarantaine d'églises et trois monastères ; à Constantinople, Constantin devenu empereur en 324, fait élever une église à sa mémoire; saint Georges devient un des protecteurs des milices de Byzance ; En Grèce se construisent des sanctuaires à Mytilène, à Bizana, à Thessalonique et Athènes, tandis qu’à Chypre, on compte plus de soixante églises.
En Italie son culte arrive par la Sicile, Naples et Ravenne où il est attesté dès le VIe siècle, ainsi qu’à Ferrare.
Dans le royaume des Francs, sous l'influence de Clotilde, Clovis (466 - roi de 481 à 511) fait élever un monastère en son honneur.
Il semble que le culte de saint Georges fut établi à Rome sous Léon II (682) avec l'église des saints Sébastien et Georges.
Son culte fleurit au IXe siècle, probablement grâce aussi aux croisades et ne faiblira plus au cours du Moyen Âge. Il devient le saint patron de l'ordre du Temple, de l'ordre Teutonique, de l'ordre de la Jarretière...
Des textes laïcs évoquant le martyre du saint furent écrits aux Xe et XIe siècles, comme le Georgslied, un poème vernaculaire relatant la passion du saint ou "la Légende dorée" au XIIIe.
Le culte de saint Georges est très fort en Angleterre où au moins six rois portent son nom. La "Croix de Saint Georges" fut le drapeau officiel de l'Angleterre de 1277 à la création du Royaume-Uni en 1707.
En 1970, l'Église a réduit le culte de saint Georges de "fête" à mémoire facultative", car nous manquons de renseignements sur sa vie. Mais la dévotion des fidèles est restée très forte.
Saint Georges terrassant le dragon, Paolo Uccello, 1470
Saint Georges combattant le dragon, Eugène Delacroix, 1847, musée du Louvre
Saint Georges est vénéré : en Géorgie, dont il est le saint patron ; en Éthiopie, dont il est également le saint patron ("patron céleste de l’Éthiopie") ; en Bourgogne, dont il est le saint protecteur ; en Angleterre, où il remplaça Édouard le Confesseur en tant que saint national lors de la fondation de l’ordre de la Jarretière par Édouard III en 1348. Le drapeau anglais porte d'ailleurs la croix de saint Georges ; en Navarre, où son nom était scandé lors des batailles, notamment par les troupes du roi Charles II ; en Israël, où son tombeau est vénéré à Lydda (Lod) ; chez les scouts dont il est le saint patron ; chez les Grecs, qui lui ont conféré la qualité de Grand-Martyr (mégalomartyr) ; en Arménie, où un monastère dans la ville de Moughni est supposé avoir quelques reliques du saint ; à Beyrouth, dont il est le patron, avec un monastère remontant au IVe siècle ; en Russie, qui l'a adopté comme principal emblème de ses armoiries et où le premier des ordres militaires porte son nom (voir ordre de Saint-Georges) ; au cours de la Seconde Guerre mondiale, une division de l’Armée rouge, constituée sous le patronage de l’Église orthodoxe, porta le nom de Saint-Georges ; en Bulgarie où il est le saint patron de l’armée bulgare ; à Moscou, Gênes, Venise et Barcelone, dont il est un des saints patrons ; en Espagne, il est aussi le saint patron de l’Aragon et la Catalogne, dont il est le saint patron et où la principale décoration, la creu de Sant Jordi ou croix de saint Georges porte son nom, bien qu'il soit aussi vénéré comme saint patron par quelques villes espagnoles importantes dans d’autres régions autonomes du pays, telles que Alcoy ou Cáceres ; en Serbie, Balkans, par les communautés Slaves du Sud comme les Serbes de Croatie, de Bosnie, du Monténégro et les Macédoniens (Đurđevdan), Serbe (Sveti Georgije ou Djurdjic) fêté le 16 novembre en référence à saint Georges de Lyidie et chez les Rroms (Hıdırellez), il est fêté le 6 mai et marque le début du printemps ; en Allemagne où il est le saint patron de la cité de Fribourg-en-Brisgau ; en Suisse où il est le saint patron de la commune de Chermignon ; Dans les troupes blindées de l'armée suisse, qui ont pour devise : "Par saint Georges, vive la cavalerie !" ; au Brésil et plus particulièrement à Rio de Janeiro où il est très apprécié et où la journée du 23 avril lui est dédiée ; dans toute la chrétienté, en tant que patron des chevaliers ; par les frères de l’ordre du Temple dont il était le saint patron et protecteur ; par les membres de l’ordre Teutonique, dont il est le saint patron ; ainsi qu’au Portugal où il est préféré à saint Jacques ; en Lituanie, où il est vénéré comme "deuxième patron" après saint Casimir ; en Belgique, saint patron des gendarmes à cheval et de la cavalerie ; dans l’arme blindée et cavalerie française, qui a pour devise : "Et par saint Georges… !" ; en Camargue, il est le patron de la Confrérie des gardians ; Il est représenté sur la bannière des Dauphins de Viennois, dont le cri de guerre était "Saint Georges et Dalphiné", et aussi sur la croix de Georges, la médaille la plus haute pour la bravoure des civils dans le Royaume-Uni ; Il est le saint patron des plumassiers.
Ordre impérial (russe) et militaire de Saint-Georges, institué par Catherine II de Russie en 1769 pour récompenser officiers et soldats. Supprimé par Lénine, en 1918, il fut réinstauré en 1994 par Boris Eltsine sous le nom d’ordre de Saint-Georges (Орден Святого Георгия). Il comporte quatre classes et ses couleurs distinctives sont l’orange rayé de trois bandes noires.
Ordre impérial (russe) et militaire de Saint-Georges, Croix de Saint-Georges de 3e classe
Sources : (1), (2) Mgr Paul Guérin, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Editions D.F.T., Saint-Etienne 2003, p. 247 ; (3) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 68.
Le pape Léon XIV s'est explicitement prononcé contre les cérémonies de bénédiction des homosexuels il y a quelques mois ; Marx, visiblement, fait fi de cela.
Munich (kath.net) – Dans une lettre adressée au clergé de son diocèse, l’archevêque de Munich et Freising, le cardinal Reinhard Marx, a officiellement autorisé la bénédiction des couples de même sexe et des personnes divorcées remariées, selon le quotidien "Die Zeit". Cette décision s’appuie sur les directives controversées adoptées l’an dernier par la Conférence épiscopale allemande (DBK). Le cardinal Marx a désormais qualifié ce document de fondement contraignant pour la pratique pastorale dans son diocèse. Le pape Léon XIV s’était explicitement prononcé contre les cérémonies de bénédiction des homosexuels et contre tout assouplissement de la doctrine de l’Église sur la sexualité il y a plusieurs mois, mais visiblement le cardinal Marx n’en tient pas compte.
Add. 23 avril 2026. Le cardinal Reinhard Marx, archevêque de Munich et de Freising en Allemagne, a demandé aux prêtres et au personnel pastoral à plein temps de présenter le document controversé intitulé " La bénédiction donne de la force à l'amour ".
Léon XIV répond à Marx : "Le Saint-Siège n’est pas d’accord avec la bénédiction des couples de même sexe"
Le pape Léon XIV a réagi aux récentes initiatives prises en Allemagne par le cardinal Reinhard Marx visant à bénir les mariages homosexuels et les unions irrégulières, réaffirmant que le Saint-Siège n'approuve pas de telles pratiques sous leur forme formelle.
L’intervention du pape, lors d’une conversation avec des journalistes pendant son vol de retour vers Rome, fait suite à la publication par l’archidiocèse de Munich de directives pastorales pour la bénédiction de telles unions, conformément au débat en cours sur le chemin synodal allemand, où plusieurs évêques ont défendu ces pratiques ces dernières années.
Des bénédictions pour les personnes, pas pour les couples.
Dans sa réponse, Léon XIV a souligné que le Vatican avait déjà entamé un dialogue avec les évêques allemands et avait clairement exprimé sa position : la bénédiction des couples – y compris les couples de même sexe ou ceux se trouvant dans une situation irrégulière – n’est pas autorisée au-delà de ce qui a été établi par le Saint-Siège.
Le pape a fait la distinction entre la bénédiction des personnes et la bénédiction des unions. Il a expliqué que l’Église peut bénir "tous les hommes", comme lors de la bénédiction finale de la messe, mais que cela n’implique pas de valider des situations contraires à la doctrine.
Mise en garde concernant l'unité de l'Église
Léon XIV a également mis en garde contre le risque que de telles initiatives ne créent des divisions au sein de l'Église. Selon lui, aller au-delà de ce qui est permis pourrait engendrer une plus grande désunion ; il a donc insisté sur la nécessité de préserver l'unité autour du Christ et de ses enseignements.
Dans ce contexte, le pape a rappelé que la morale chrétienne ne saurait se réduire exclusivement aux questions sexuelles, évoquant d'autres domaines tels que la justice, l'égalité et la liberté religieuse comme des enjeux de grande importance dans la vie de l'Église.
Pendant ce temps, une Fraternité sacerdotale soucieuse de conserver la tradition de l'Eglise qui a annoncé son intention d'ordonner de nouveaux évêques le 1er juillet prochain est menacée d'excommunication par Rome...
"Notabene" a fait une vidéo présentant une assertion d’Oresme au XIVe siècle comme preuve que le Linceul de Turin serait un faux médiéval.
Un argument historique qui n’a aucune signification.
> Rien sur la négativité photographique,
> rien sur la superficialité sur 0,2 microns,
> rien sur la tridimensionamité,
> rien sur les traces de sang (Di Minno et Al. 2016; Karapanagiotis, 2025),
> rien sur l’absence de peinture dans l'image,
> rien sur son réalisme anatomique,
Aucune nouveauté sur la connaissance physico-chimique de l'objet.
Oresme n'a jamais vu le linceul ni ne l’a jamais étudié.
Comment traite-t-on des témoignages historiques quand en face d'eux nous avons une somme de nouvelles connaissances physico-chimiques ?
Plus largement, quelle crédibilité apporter au témoignage d’un évêque médiéval qui croit que le soleil tourne autour de la terre, que la circulation sanguine n'existe pas, et pour qui le microscope est inimaginable ?
Dans cette vidéo en compagnie de Tristan Casabianca, expert du linceul, qui a publié dans des revues académiques, le théologien Matthieu Lavagna répond à "notabene", ainsi qu’à un article de "La Croix" paru juste avant Pâques, remettant en question son authenticité.
Alexandre, d'origine grecque, natif de Lugdunum, et Épipode, sont deux jeunes hommes nés au milieu du IIe siècle et habitant Lyon. Amis, ayant suivi les mêmes études et professant tous deux la religion chrétienne, ils échappent à la persécution contre les chrétiens de 177 sous Marc-Aurèle Antonin (161-180), pendant laquelle périssent entre autres sainte Blandine et l'évêque Pothin, en se cachant à l'extérieur de la ville dans la maison d'une veuve chrétienne prénommée Lucie, dans le faubourg de Vaise. Il y restent quelques mois mais, dénoncés, ils sont arrêtés alors qu'ils tentent de s'enfuir. Lors de l'arrestation, Épipode aurait perdu un soulier que la veuve conserva. Jetés en prison puis interrogés et torturés par le gouverneur romain, ils refusent d'abjurer leur foi et sont condamnés à mort.
Épipode est décapité alors qu'Alexandre est crucifié deux jours plus tard. Selon les martyrologes d'Adon et de Florus, 34 autres chrétiens sont exécutés avec eux.
Après leur mort, d'autres chrétiens récupèrent secrètement les corps d'Épipode et d'Alexandre et les cachèrent dans une petite grotte non loin de Lyon. Dès la fin de l'Antiquité, des récits de miracles prêtent à ces deux saints des guérisons qui font de la grotte un lieu de pèlerinage.
Probablement vers la fin de l'Antiquité, lorsque le christianisme est autorisé, les corps de ces deux saints sont transférés à côté du corps de saint Irénée.
L'évêque de Lyon Patient construit à cet emplacement l'église Saint-Irénée au Ve siècle. Les trois corps sont enterrés dans la crypte de cette basilique.
Grégoire de Tours dans ses Sept livres des miracles évoque ces trois tombeaux, en situant Épipode et Alexandre de part et d'autre d'Irénée. Il écrit également que "la poussière de leurs tombeaux, si on la recueille avec soin, soulage aussitôt ceux qui souffrent".
Les corps sont détruits en grande partie, lors de l'occupation de la ville par les protestants en 1562. Il n'en resta que quelques ossements d'Épipode, perdus lors de la Révolution, et la main gauche d'Alexandre.
Saint Épipode est fêté le 22 avril par les églises catholique et orthodoxe, et Saint Alexandre le 24 avril.
Les deux sont fêtés ensemble le 22 avril dans le diocèse de Lyon.
La passion d'Épipode et Alexandre a été écrite dans les Actes des saints Épipode et Alexandre, rédigés au Ve siècle par un auteur anonyme. Le récit, attribué par le passé à l'évêque de Lyon Eucher, est plus probablement l'œuvre de Fauste de Riez (462-485).
Les deux martyrs sont également cités dans le Martyrologe hiéronymien et dans ceux d'Adon de Vienne et de Florus de Lyon.
À Lyon, en 178, saint Alexandre, martyr. Deux jours après la passion de son ami saint Épipode, il fut retiré de sa prison, déchiré sur tout le corps et enfin attaché en croix, où il rendit l'esprit.
Martyrologe romain (2)
Saint Alexandre expire en invoquant le saint Nom de Jésus.
Pensée spirituelle d’Alexandre à son juge :
"Apprends donc que les âmes, auxquelles tu crois donner la mort, prennent leur essor vers le ciel où un royaume les attend."
Courte prière d’après les paroles d’Alexandre mourant :
"Dieu que j’adore, Tout-Puissant et Eternel, donne-moi la force de te confesser jusqu’au dernier soupir." (3)
À Lyon, en 178, saint Épipode, qui, après les combats glorieux des quarante-huit martyrs, l'année précédente, fut arrêté avec son ami très cher Alexandre, torturé sur le chevalet et eut enfin la tête tranchée, terminant ainsi son martyre.(4)
Réplique d'Épipode au juge qui tentait de vaincre sa résolution :
"La vie que tu me proposes est pour moi une éternelle mort; et la mort dont tu me menaces est un passage à une Vie qui ne finira jamais !
Lorsque nous périssons par vos ordres, vos tourments nous font passer du temps à l'éternité, des misères d'une vie mortelle au Bonheur d'une Vie qui n'est plus sujette à la mort." (5)
Parole de Saint Epipode au moment de sa condamnation :
"Je confesse que le Christ est Dieu avec le Père et le Saint-Esprit. Il est juste que je lui rende mon âme, à lui mon créateur et mon sauveur. Ainsi la vie ne m’est pas ôtée, elle est transformée en une vie meilleure. Peu importe la faiblesse du corps, par laquelle il se dissout finalement, du moment que mon âme, transportée aux cieux, soit rendue à son créateur." (6)
Les victimes des témoins de Jéhovah ont le droit de qualifier l'organisation de «secte destructrice» sans crainte de poursuites, a estimé la justice espagnole, une décision rare touchant un puissant mouvement qui a l'habitude de déposer plainte contre ceux qui dénoncent ses pratiques.
Un tribunal de Madrid a confirmé le 16 avril un premier jugement rendu en faveur de l'Association espagnole des victimes des témoins de Jéhovah (AEAVTJ), estimant que son nom et ses critiques ne constituaient pas une atteinte illégitime à l'honneur, selon cette décision de l'Audience provinciale consultée mardi par l'AFP. En clair, le tribunal valide explicitement le droit de critiquer et de dénoncer les mécanismes de contrôle interne de l'organisation. Contactée par l'AFP, cette dernière n'avait pas réagi.
Désigner les témoins de Jéhovah comme une «secte destructrice», s'en dire officiellement «victime» et constituer une association comprenant la dénomination de victimes des témoins de Jéhovah «relève de la liberté d'expression», peut-on ainsi lire dans l'arrêt qui ratifie un jugement de première instance remontant à fin 2023. Considérer que le fait d'appartenir aux témoins de Jéhovah «porte atteinte à la santé, met en danger la vie des personnes ou crée des victimes» relève également de la liberté d'expression, «même si cela est désagréable ou blessant» pour le mouvement religieux, est-il également écrit.
Des témoins de Jéhovah espagnols avaient engagé une action en justice contestant l’utilisation du mot «victimes»
Mouvement fondé dans les années 1870 aux États-Unis par Charles Russell, les témoins de Jéhovah se considèrent comme les seuls à restituer un christianisme des origines. Ils sont régulièrement accusés de dérives sectaires pour leurs préceptes rigoristes et l'organisation n'hésite pas à déposer plainte contre ses détracteurs.
Six témoins de Jéhovah espagnols avaient en outre engagé une action en justice contre l'AEAVTJ contestant l'utilisation du mot «victimes» dans le nom de l'association et réclamant sa dissolution. «C'est la première fois que, dans un pays, on affirme qu'on peut qualifier de "secte destructrice" une religion, même si elle est bien enregistrée comme religion», s'est réjoui auprès de l'AFP Carlos Bardavío, avocat des victimes des témoins de Jéhovah.
Selon le conseil, cette décision, qui peut encore faire l'objet d'un recours auprès du Tribunal Suprême espagnol, a une «portée internationale», de surcroît si elle est portée devant la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) par les témoins de Jéhovah et qu'elle y est ratifiée.
Saint Anselme de Cantorbéry, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 15.
Je ne cherche pas à comprendre afin de croire, mais je crois afin de comprendre. Car je crois ceci - à moins que je crois, je ne comprendrai pas.
Saint Anselme est vraiment un homme européen :
il est né à Aoste en Piémont (Italie) en 1033 d'une famille noble et riche; il a ensuite été abbé du Bec, en Normandie, et il est ensuite devenu archevêque deCantorbéry, en Angleterre.
Par sa culture, en tant qu'éducateur, et en tant que prêtre, c'était un Européen.
Sa pieuse mère Ermengarde lui apprit de bonne heure à aimer Dieu et la Très Sainte Vierge; mais, privé du soutien maternel vers l'âge de quinze ans, poursuivi dans sa vocation religieuse par un père mondain et intraitable, il se laissa entraîner par le monde.
Las d'être la victime de son père, - son père en effet ne cessait de le poursuivre pour le bien qu'il faisait -, il s'enfuit en France, et se fixa comme étudiant à l'abbaye du Bec, en Normandie. Il avait déjà plus de vingt ans. Là il dit à Lafranc, chef de cette célèbre école: "Trois chemins me sont ouverts: être religieux au Bec, vivre en ermite, ou rester dans le monde pour soulager les pauvres avec mes richesses: parlez, je vous obéis." Lafranc se prononça pour la vie religieuse. Ce jour-là, l'abbaye du Bec fit la plus brillante de ses conquêtes.
Quand bientôt Lafranc prit possession du siège archiépiscopal de Cantorbéry, il fut élu prieur de l'abbaye, malgré toutes ses résistances; il était déjà non seulement un savant, mais un Saint. De prieur, il devint abbé, et dut encore accepter par force ce fardeau, dont lui seul se croyait indigne.
Très tôt, il fut appelé à prendre une part très active dans la réforme monastique, déchue en Angleterre, réforme entreprise avec beaucoup de difficulté par Lafranc face à l'hostilité unanime de l'épiscopat anglais. L'influence d'Anselme se fit sentir bientôt non seulement dans la communauté monastique de Saint-Sauveur de Cantorbéry, mais partout en Angleterre
Sa vertu croissait avec la grandeur de ses charges. Le temps que lui laissait libre la conduite du couvent, il le passait dans l'étude de l'Écriture Sainte et la composition d'ouvrages pieux ou philosophiques. Bien qu'il n'ait jamais suffisamment personnalisé ses vues pour être chef d'école, convaincu que la foi elle-même pousse à une compréhension rationnelle plus intelligente (fides quaerens intellectum), Anselme est le véritable fondateur de la pensée et de la méthode scolastiques défendues parAbélardet couronnées parThomas d'Aquin.
Sceau d'Anselme "par la grâce de Dieu archevêque"
Car, dans ses entretiens et son enseignement, Anselme commença à utiliser une méthode qui devait marquer profondément les époques postérieures. Appuyé sur la "seule raison" (sola ratione), il essaya de montrer l'enchaînement nécessaire des vérités révélées: la nécessité logique qui relie tout ce que nous croyons de Dieu et de ses attributs, à l'exception de l'Incarnation. C'est ainsi qu'est né le Monologion. Dans ce livre, au lieu de faire appel aux autorités scripturaires ou patristiques - procédé habituel jusqu'alors pour exposer la doctrine de la foi - Anselme s'efforça de prouver les vérités de la foi uniquement par des arguments rationnels. À l'opposé de sa méthode, surgira quelques siècles plus tard celle de Luther, qui insistera unilatéralement sur la foi alors que chez Anselme, foi et raison demeurent étroitement liées.
On lui attribue la première formulation de la preuve ontologique de l'existence de Dieu qui sera reprise parDescarteset critiquée par Kant. Comme Dieu est unique, il devait y avoir une voie unique pour la raison, "un argument unique", capable de démontrer que Dieu est vraiment et qu'Il est le souverain bien dont tout dépend, mais qui n'a besoin de rien. Ce projet se réalisa soudain un jour, telle une lumière foudroyante accompagnée d'une immense joie, après une recherche longue et laborieuse. Tout de suite, Anselme mit par écrit sa pensée sur des tablettes de cire. C'est ainsi que vit le jour ce petit opuscule qu'Anselme intitula, après quelques hésitations, Proslogion, et qui lui valut de perpétuer son nom dans l'histoire de la pensée. C'est un véritable défi à l'adresse de l'"insensé" du Psaume, personnifiant les athées de tous les temps. Depuis, jusqu'à nos jours, très peu de penseurs ont pu se dispenser de se prononcer au sujet du contenu de ce petit livre.
Ayant défini Dieu comme "l'être tel que rien de plus grand ne peut être pensé", Anselme argumente que, si on affirmait que Dieu n'existe pas en réalité mais seulement dans notre pensée, comme idée, il serait possible de penser un être plus grand, qui aurait les mêmes caractéristiques mais qui, lui, existerait non seulement comme idée dans notre pensée, mais aussi en réalité. Et cet être serait Dieu, conformément à la définition initiale : l'être tel que rien de plus grand ne peut être pensé. Ainsi, en niant l'existence de Dieu tel que défini, on admet implicitement son existence, et donc on se contredit, on est "insensé". Et Anselme de conclure qu'il est raisonnable de croire en Dieu et que foi et raison sont compatibles. Il soutient qu'il est possible de concilier la foi et les principes de la logique et de la dialectique. À ses détracteurs, Anselme répondait que son traité reflétait parfaitement les doctrines de saint Augustin.
Il reprend dePlatonl'idée que celui qui connaît la vérité connaît Dieu.
Sa définition la plus courte de la vérité est :
« La vérité est la rectitude qui seule est compréhensible par l’esprit (veritas est rectitudo mente solo perceptibilis)».
La rectitude rapportée à l’homme signifie selon lui que l’homme tout entier - avec sa pensée, son comportement, et sa volonté - se tourne vers l’éternel fondement qui est Dieu, et qu’il s’engage dans l’être juste qui rend possible la rencontre avec la vérité.
La foi est un don et un point de départ et aucun argument rationnel ne peut la renverser et la détruire, ni lui nuire. La raison vraie conduit nécessairement aux vérités de la foi. Celui qui cherche à comprendre si Dieu existe, peut comprendre ce principe parce qu’il se trouve dans son intelligence. Si l’on admet à présent que ce qui est plus parfait n’est pas seulement pensé mais qu’en plus, il existe en réalité a priori, alors doit exister nécessairement "ce qui est tel qu’on ne peut rien penser a priori de plus parfait". SaintAnselme étend l’argument en constatant que, d’après la définition de départ de Dieu la non-existence d’un tel être est inconcevable, car ce qui existe nécessairement, est plus parfait que quelque chose dont la non-existence peut être pensée, et qui existe donc par contingence. L’argument de SaintAnselme fut âprement discuté tout au long du Moyen Age.
Dans le Proslogion il définit Dieu comme : « ce qui est tel qu’a priori rien de plus grand (de plus parfait) ne peut être pensé ». Selon sa théologie, la connaissance, bien que nécessaire pour croire, n’est ni l’origine ni l’achèvement de la foi, car, à son tour, elle doit se transformer en amour et en contemplation de Dieu (Monologion). Mais c’est dans le Proslogion qu’Anselme pense atteindre ce but par l’argument de la preuve ontologique. Cette "preuve" est au point de départ de la controverse sur l’existence de Dieu qui traversa la philosophie jusqu’à Hegel et la théologie jusqu’à K. Barth (Dictionnaire Encyclopédique Larousse, 1979).
La prière toutefois passait avant tout le reste; l'aube le retrouvait fréquemment à genoux. Un jour le frère excitateur, allant réveiller ses frères pour le chant des Matines, aperçut dans la salle du chapitre, une vive lumière; c'était le saint abbé en prière, environné d'une auréole de feu.
Le Christ ne veut pas d'une esclave pour épouse; Il n'aime rien tant en ce monde que la liberté de Son Église.
Avec la mort de Lafranc, la situation de l'Eglise d'Angleterre devint de plus en plus difficile: le roi refusa de nommer des évêques à la tête des diocèses, il confisqua les biens ecclésiastiques, et les barons laïques ne furent pas épargnés.
Forcé par la voix du Ciel, le roi d'Angleterre, Guillaume le Roux (fils du Conquérant), le nomme archevêque deCantorbéry en 1093; Anselme refuse obstinément; mais, malgré lui, il est porté en triomphe sur le trône des Pontifes. Huit mois après, il n'était pas sacré; c'est qu'il exigeait comme condition la restitution des biens enlevés par le roi à l'Église de Cantorbéry. Le roi promit; mais il manqua à sa parole; le siège de Cantorbéry resta vacant, et dès lors Anselme, inébranlable dans le maintien de ses droits, ne fut plus qu'un grand persécuté.
En qualité de primat d'Angleterre, il s'attaque à la corruption du clergé et à l'invasion du pouvoir laïque, au point de se trouver en conflit avec le roi Guillaume II "le Roux".
Il connut deux exils sous deux rois successifs.
Le motif du premier exil sous Guillaume le Roux fut la question de l'obéissance à l'égard du pape: d'après Anselme, c'était le Souverain pontife et non pas le roi qui devait lui remettre le pallium, symbole du pouvoir spirituel. Or, malgré l'insistance réitérée d'Anselme, le roi lui refusa la permission d'aller à Rome. À ce moment-là, Anselme se trouva devant le dilemme : obéir au roi, auquel il avait prêté serment de fidélité en tant que premier baron du royaume, ou obéir au pape, qui, seul, avait le pouvoir de lui donner les insignes du pontificat. Harcelé par les agents du roi et dépouillé de tous ses biens, Anselme quitta le port de Douvres. C'est ainsi qu'il commença son pèlerinage à travers toute l'Europe jusqu'à son arrivée à Rome, où le pape Urbain II l'accueillit avec des égards extraordinaires. Ce dernier le proclama hautement "héros de doctrine et de vertu; intrépide dans les combats de la foi."
Pendant son séjour italien, Anselme assista au concile de Bari, où il défendait l'orthodoxie face aux Grecs, ensuite au synode de Rome, qui renouvela les décrets contre la simonie, le concubinage des clercs et l'investiture laïque. Mais l'esprit d'Anselme cherchant le repos, il supplia le pape de le libérer de sa charge d'archevêque. En vain.
C'est alors dans son exil qu'il rédigera son célèbre ouvrage théologique, leCur Deus homo ("Pourquoi Dieu s'est fait homme"), dans lequel il essaie de trouver des raisons nécessaires pour expliquer, face peut-être aux juifs ou aux musulmans, l'Incarnation du Verbe, problème qu'il n'avait abordé avec sa méthode ni dans le Monologion ni dans le Proslogion. L’alliance entre Dieu et l’homme, brisée par le péché originel de ce dernier, est restaurée par la venue de Jésus sur terre, précisément parce qu’il est Dieu et homme. (1098) Anselme montre qu’il est impossible à l’homme, s’il est laissé à lui-même, de faire réparation du péché commis par Adam et Ève contre Dieu. Mais Dieu lui-même prend l’initiative de la réconciliation en se faisant homme parmi les hommes en la personne de Jésus-Christ.
Son exil se prolongea encore et il quitta l'Italie pour être accueilli par son ami Hugues, archevêque de Lyon. Partout, lors de son passage, les gens se précipitaient pour voir et écouter Anselme, cet homme charismatique. De Lyon, il visita les communautés religieuses de la région. C'est ainsi qu'il se rendit à Cluny, à La Chaise-Dieu, où il apprit le décès de Guillaume le Roux. Le frère de ce dernier, Henri Beauclerc (Henri Ier), invita Anselme à reprendre son siège archiépiscopal tout en lui promettant de respecter les lois de l'Église. (1100)
Quand Anselme apprit la mort tragique de Guillaume dans une partie de chasse, il s'écria en fondant en larmes: "Hélas! J'eusse donné ma vie pour lui épargner cette mort terrible!". Anselme put revenir en Angleterre, vivre quelques années en paix sur son siège, et il vit refleurir la religion dans son Église.
Mais une nouvelle crise éclata bientôt entre le nouveau roi et Anselme. Cette fois-ci l'enjeu était l'investiture laïque. Le roi se fit sacrer par l'un de ses évêques, sans attendre l'arrivée du primat d'Angleterre, auquel incombait le sacre du roi. Renforcé dans ses convictions durant son séjour romain, Anselme n'entendait point céder au roi, car il s'agissait d'une chose sacrée ne relevant pas du domaine temporel. En 1103, Anselme partout de nouveau en exil et se rendit à Rome. Puis, en revenant, il alla voir à Blois la comtesse Adèle, soeur d'Henri Ier, qu'il croyait gravement malade, et il lui confia son intention d'excommunier ce dernier pour avoir entravé la liberté de l'Église en Angleterre et l'exercice de la fonction primatiale de l'archevêque de Cantorbéry. Alerté par sa soeur et craignant les conséquences politiques graves de l'excommunication dans son royaume, le roi se précipita pour rencontrer Anselme à L'Aigle. Il renonça alors à l'investiture et promit son obéissance au pape. Mais, toujours rusé et intrigant, il décida d'envoyer des messagers à Rome pour gagner du temps et pour différer ainsi son renoncement à l'hommage qu'Anselme exigeait également pour rendre aux évêques leur pleine liberté spirituelle à l'égard du pouvoir temporel. Le pape Pascal II trancha et, vu le changement de comportement d'Henri, il autorisa les évêques à prêter l'hommage au roi. La décision romaine ouvrit la voie à une réconciliation définitive entre Anselme et le roi Henri. Celui-ci promit de rendre toute liberté à l'archevêque et de lui restituer tous ses biens ainsi que ceux d'autres ecclésiastiques qu'il avait confisquer pour financer une campagne militaire destinée à étendre son pouvoir sur le continent en arrachant la Normandie à son frère Robert.
Cependant, une maladie grave empêcha Anselme de regagner son siège primatial après trois années d'absence pendant lesquelles l'Église avait été soumise aux pires persécutions: confiscations des biens du clergé, emprisonnements, tortures d'un grand nombre de prêtres, exactions et spoliations continuelles, tandis que les agents du rois 'installaient dans les évêchés et les monastères. Anselme, malgré plusieurs rechutes, reprit des forces petit à petit. Le roi lui rendit visite au Bec, puis il lui confia l'administration de la Normandie. Une fois rétablie, Anselme regagna enfin Cantorbéry. Ses relations avec Henri s'amélioraient si bien que ce dernier, pendant son expédition militaire sur le continent, remit entre les mains d'Anselme le gouvernement du royaume.
Saint Anselme disait à ses moines :
Prenez modèle sur les anges du ciel et imitez en tout la vie des anges. Que cette contemplation soit votre maîtresse, que cette considération soit votre règle.
Saint Anselme, Un Croyant cherche à comprendre, Paris, le Cerf, 1970, Épître 230. (Chrétiens de tous les temps, 40.) Cité dans Gilles JEANGUENIN, Les Anges existent !, Éditions Savator, Paris 2008, p. 207.
Assomption avec saints (Saint Anselme est le deuxième à partir de la gauche), Pier Francesco Foschi, Second moitié du XVIe s., Florence, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 241-242.
À son retour l'an 1106, âge de 73 ans, Anselme dut se remettre au travail pour mettre de l'ordre dans cette Église ravagée par tant d'années de désordres et de persécutions. Cette fois, le roi lui prêta la main : le concile de Londres (1107), en présence du roi Henri et d'Anselme, abolit définitivement l'investiture royale et laïque, mais il statua également que la consécration épiscopale ne devait pas être refusée à quiconque pour avoir prêté hommage au roi.
Affaibli, épuisé, Anselme quitta ce monde à Cantorbéry, à l'aube du Mercredi saint, le 21 avril 1109 à 76 ans.
Il a été déclaré docteur de l'Église en 1720. On le représente en habits épiscopaux.
NOM : vient de l'ancien allemand et signifie "protégé de Dieu".
"Tel temps à la Saint-Anselme, tel temps pendant une semaine."
Dans l'incarnation de Dieu, il n'y a pas d'abaissement de la Divinité ; mais nous croyons que la nature de l’homme est exaltée.
Saint Anselme de Cantorbéry, Cur Deus Homo
Sources : (1) ; (2) ; (3) ; (4) ; (5) ; (6) ; (7) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 14-15; (8) Rosa GIORGI, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 241-242 ; (9) Dictionnaire des saints et Grands témoins du christianisme, Sous la direction de Jean-Robert ARMOGATHE et André VAUCHEZ, CNRS Éditions, Paris 2019, pp. 63-68.
Alors que les jeunes générations recherchent plus de clarté dans leur vie, beaucoup se tournent vers la foi pour trouver des réponses.
Cet engagement, ce sentiment que la foi catholique façonne leur vie, est partagé par un nombre croissant de jeunes à travers le pays. Selon une étude de la Société biblique, "Le renouveau discret", publiée cette semaine, les anglicans sont désormais plus de deux fois moins nombreux que les catholiques parmi les fidèles de la génération Z et les jeunes adultes (milléniaux) en Grande-Bretagne.
Cela s'explique en partie par le fait que les familles catholiques inscrivent leurs enfants dans des écoles catholiques, qui mettent fortement l'accent sur l'éducation religieuse et la formation à la foi. Mais il se passe autre chose aussi : des conversions.
À Pâques, des milliers de personnes vont être accueillies dans l'Église catholique, et un nombre important d'entre elles ont moins de 35 ans.
Certains sont déjà chrétiens, ayant rejoint l'Église catholique en provenance d'autres confessions, notamment l'Église d'Angleterre. Mais beaucoup seront baptisés, n'ayant auparavant qu'une vague croyance en Dieu, voire aucune.
Dans le plus grand diocèse catholique, Westminster, au moins 500 personnes se convertiront au catholicisme romain à Pâques, dont la moitié seront baptisées, tandis qu'environ 450 personnes le feront dans le diocèse de Southwark.
D’après les évêques et les prêtres qui préparent les fidèles à franchir cette étape capitale, un thème commun se dégage : ces nouveaux venus savent ce que représente l’Église catholique romaine.
"Quand on les rencontre et qu’on écoute leurs histoires, ils disent être en quête de clarté et de stabilité", explique l’archevêque Mark O’Toole de Cardiff. "Ils sont attirés par le fort sentiment d’identité de l’Église catholique et la clarté de l’enseignement de Jésus."
Les recherches de la Société biblique et l'expérience de terrain des paroisses catholiques suggèrent que l'Église catholique est en train de devenir la confession chrétienne dominante dans ce pays.
La Conférence des évêques catholiques d'Angleterre et du Pays de Galles, qui fonde ses chiffres sur une enquête de 2018, estime à environ 6,2 millions le nombre de catholiques en Angleterre et au Pays de Galles, dont 1,75 million assistent régulièrement à la messe. En revanche, selon l'Église d'Angleterre, la "communauté de fidèles" des anglicans ne comptait que 984 000 personnes en 2022.
Il s'agit d'un revirement remarquable. L'Église de Rome, de facto remplacée par l'Église d'Angleterre lors de la Réforme, fut interdite pendant près de 300 ans, et certains de ses fidèles, tels que Thomas More, John Fisher et Edmund Campion, furent exécutés pour leur loyauté envers l'ancienne religion. Depuis le début de l'émancipation catholique au début du XIXe siècle, elle a lentement mais sûrement fait son retour.
Des moments marquants ont jalonné cette histoire : deux papes, Jean-Paul II et Benoît XVI, se sont rendus en Grande-Bretagne. Deux Premiers ministres, Tony Blair (qui a assisté à la messe durant tout son mandat au 10 Downing Street, mais s’est converti après avoir quitté ses fonctions) et Boris Johnson, étaient catholiques.
L'ancien directeur général de la BBC et actuel PDG de CNN, Sir Mark Thompson, était anglican, tout comme Mark Carney, ancien gouverneur de la Banque d'Angleterre et actuel Premier ministre du Canada. L'establishment britannique n'est assurément plus l'apanage des anglicans.
Mais les jeunes qui se tournent vers Rome sont plus ordinaires que ces personnalités influentes et s'engagent sur une voie résolument ancrée dans le XXIe siècle.
"Nous constatons que la plupart de ceux qui nous rejoignent sont de jeunes hommes", a déclaré O'Toole. "Ils arrivent après avoir navigué sur Internet."
Certains ont avancé que ces jeunes hommes sont les mêmes qui, influencés par des personnalités influentes, sont devenus misogynes et privilégient des valeurs très traditionnelles. Mais la réalité est plus nuancée, explique O'Toole.
"Ils ne sont ni extrémistes ni fondamentalistes, mais ils sont en quête de quelque chose, et les mots qu'ils utilisent souvent à propos de l'Église catholique sont cohérence et constance."
Parmi ces surfeurs se trouve Will Mortimer, un étudiant de 19 ans qui étudie la conception lumière et sonore pour le théâtre. Bien que baptisé catholique, il a quitté l'Église à l'âge de 12 ans. Après avoir rejoint le groupe paroissial local pour les convertis, appelé Rite d'initiation chrétienne des adultes (RICA), il sera confirmé dans la foi catholique à Pâques.
"Le monde est si désordonné, et ma vie n'avait plus aucun sens", confie Mortimer. Il a donc commencé à lire des ouvrages de théologie protestante en ligne, puis, grâce à Internet, il a redécouvert l'enseignement catholique.
"La théologie catholique a une cohérence pour moi. Elle est sensée, elle me relie au Christ" dit-il. "C’est pour moi une bouée de sauvetage et une raison de continuer", ajoute-t-il. "Je peux affirmer avec conviction que le Christ est la lumière du monde."
Pour Clark aussi, Dieu est une bouée de sauvetage. "Je disais à Dieu : “Donne-moi un signe, donne-moi un signe”, et puis [le programme Pèlerinage] est arrivé. Un signe qui montre que Dieu est là, que je ne suis pas seul."
Le chanoine Chris Vipers, qui dirige une paroisse catholique dans la City de Londres et est également directeur de l'évangélisation, de la famille et de la catéchèse pour le diocèse de Westminster, prépare trois jeunes hommes à être reçus dans l'Église catholique à Pâques.
Deux d'entre eux – un entraîneur personnel et un plongeur en eaux profondes – n'avaient aucune expérience pratique de la foi. Le troisième, un avocat, est anglican. Pour les deux premiers, explique Vipers, c'est l'accueil chaleureux de la paroisse qui les a touchés – "les gens ont besoin d'appartenir à une communauté, la vie moderne peut être solitaire" – tandis que pour l'avocat anglican, "c'était cet attrait philosophique pour la vérité".
En mars, le chanoine Vipers a assisté à un office à la cathédrale de Westminster pour des centaines de personnes se convertissant au catholicisme à Pâques – des jeunes familles aux célibataires d'une vingtaine ou d'une trentaine d'années, en passant par les personnes homosexuelles et les mères célibataires.
L’Église, dit-il, doit partir du point de vue des gens, y compris de ceux "qui, à un moment donné, se sont sentis exclus et rejetés par l’Église" en raison de leur mode de vie, "mais qui maintenant font un pas en avant".
"Ce qu’ils ont tous en commun, c’est une soif de Dieu."
Alors que les cyniques affirment souvent que se convertir au catholicisme se résume à inscrire ses enfants dans des écoles catholiques, Vipers soutient le contraire. "Nombre d'élèves des écoles catholiques ne sont pas catholiques, mais lorsque leurs parents découvrent le mode de vie et les valeurs catholiques, ils souhaitent les inscrire. Aujourd'hui, l'un des principaux lieux de recrutement se situe aux abords de l'école."
Outre les convertis, l'augmentation du nombre de fidèles s'explique aussi par l'arrivée de migrants catholiques originaires de pays comme la Pologne, l'Ukraine, l'Inde (en particulier le Kerala et Goa) et certaines régions d'Afrique et d'Amérique latine – un mélange qui a souvent transformé la vie de l'Église au niveau local, avec des offices religieux dynamiques.
Une église catholique de Hounslow, banlieue londonienne peuplée en grande partie d'Asiatiques, attire 3 924 fidèles par semaine à la messe, tandis que dans la ville voisine de Southall, ils sont 2 279.
Jim Abbott, qui anime des cours de catéchuménat dans sa paroisse de Coalville, dans le Leicestershire, depuis plus de 20 ans, constate que l'Église catholique a évolué. "Auparavant, elle était majoritairement blanche", explique-t-il, "aujourd'hui, elle est incroyablement diverse. Et cette diversité attire davantage de personnes."
Chaque dimanche soir, en l'église de l'Immaculée Conception de Farm Street, à Mayfair, de jeunes adultes catholiques se réunissent pour une messe spécialement conçue pour leur plaire, souvent accompagnée de 15 minutes de contemplation.
Le père Jim Conway, l'organisateur, affirme que le monde numérique est à la fois un atout et un inconvénient pour les jeunes.
"Nous utilisons les réseaux sociaux pour faire connaître notre organisation aux jeunes, mais en même temps, le monde numérique peut être extrêmement abrutissant pour eux. Ils ont des amis virtuels, mais ne les rencontrent jamais. Ils aspirent à un sentiment d'appartenance et de communauté."
Son confrère jésuite, le père Michael Holman, ancien directeur d'école qui célèbre désormais parfois la messe des jeunes adultes, a remarqué combien les jeunes catholiques parlent de l'importance d'un cadre de vie clair et de la personne de Jésus.
La confession est très populaire parmi eux, tout comme les pratiques catholiques traditionnelles telles que le Rosaire et l'adoration – la prière devant l'hostie consacrée, que les catholiques considèrent comme la présence réelle de Jésus.
Tabitha Smith, une diplômée de 22 ans en histoire et théologie de Cambridge, qui travaille maintenant pour l'hebdomadaire catholique The Tablet, affirme que pour elle, l'adoration et le Rosaire sont profondément importants, même si elle utilise également des applications catholiques.
"Ma foi se ressent le plus intensément dans le mystère, notamment pendant la messe ou l’adoration. J’aime à penser que je construis une relation plus profonde avec Dieu au cœur même de ce que signifie être chrétien, au pied de la Croix."
D'origine autrichienne, sa mère était, parait-il, une femme insupportable. Son père ne vint jamais à bout de cette mégère et il reporta toute son affection sur sa fille qui avait toutes les vertus. Il lui fit épouser un mari charmant, le comte Ludger, dont elle eut deux fils. L'un d'entre eux, saint Meinwerk, devint évêque de Paderborn.
Veuve, elle consacra toute sa grande fortune à des œuvres charitables et passa les quarante dernières années de sa vie à secourir les malheureux, à construire des monastères dont celui de Gurk en Autriche, et des églises dont l'abbaye de Saint Ludger en Westphalie, lui donnant le nom de son inoubliable époux.
Elle meurt à Brême le 19 avril 1045. Quelques années plus tard, on décide d'ouvrir son tombeau pour s'apercevoir que son corps est redevenu poussière, excepté sa main droite avec laquelle elle avait fait la charité toute sa vie.
Elle sera canonisée 800 ans après sa mort et sa tombe deviendra alors un lieu de pèlerinage.
Elle ne doit pas être confondue avec une autre veuve du nom d’Emma, parente de l’empereur saint Henri, fêtée le 29 juin, et qui vécut à la même époque en Autriche.
"Emma" vient du mot hébreu "Immanouel" ou "imanu-el" qui signifie "Dieu avec nous". Étonnamment, on lui connait également des racines germaniques, "ermin" signifiant alors "toute puissance" ou encore "maison".
Sainte Emma, intercédez pour notre monde fou qui se construit sans Dieu. Que les hommes de ce temps soit touchés au cœur par l’amour sans borne de Celui qui les crée à chaque instant.
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Le grand explorateur de l'âme humaine a bâti sa légende sur le visage nécrosé d'une patiente mutilée. L'Histoire a fait de Sigmund Freud le père incontesté de la psychanalyse. Le brillant médecin viennois qui a libéré la parole et cartographié l'inconscient....
Tomás de Zumárraga, Zurbaran
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Alain de la Roche, naît près de Plouër sur Rance (Bretagne) un 8 septembre vers 1428. Il entra très jeune chez les Dominicains à Dinan, fut étudiant puis, en 1459, professeur à Saint Jacques à Paris, 1460 à Lille, 1464 Douai, 1468 Gand, 1473 Rostock et...