« Je recommande à mon fils s’il avait le malheur de devenir Roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, [...] qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les Lois, mais en même temps qu’un Roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile. » (Testament de Louis XVI)
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L'"enlèvement" n'est pas catholique ou orthodoxe. C'est une fan fiction protestante.
L'idée d'un "Enlèvement" soudain et secret où les croyants sont enlevés au ciel avant une période de tribulation sur terre, ne fait pas partie de la théologie catholique ou orthodoxe orientale. Elle s'est développé au sein de certains courants du protestantisme, en particulier chez les évangéliques influencés par John Nelson Darby (1800-1882) et le mouvement dispensationaliste au 19ème siècle.
Jésus n'a pas enseigné l'enlèvement au ciel.
L'enlèvement n'a pas été enseigné par les apôtres. Cela n'a pas été enseigné par l'Église primitive. Cela n' a pas été enseigné pendant 18 siècles. Il s'agit d'une invention en 1830 de John Darby, un ecclésiastique anglican désabusé qui a fondé son Église dans son coin et a bâti toute une théologie sur l'idée que l'Église n'a pas de structure visible - ce qui contredit à la fois l'Écriture et TOUS les Pères de l'Église qui ont vécu. 1800 ans après J.-C., un homme réécrit l’histoire du salut et les protestants modernes la qualifient de 'biblique'. Pendant ce temps Jésus a mis en garde contre la fuite face aux tribulations et a demandé de l'endurer.
Les dispensationalistes protestants ont introduit le concept d'un retour en deux étapes du Christ, d'abord secrètement pour "enlever" les fidèles, puis visiblement pour juger et régner. Cela est devenu populaire grâce à la Scofield Reference Bible (1909) et plus tard grâce à des livres modernes comme Left Behind.
Églises catholiques et orthodoxes enseignent qu'à la seconde venue du Christ, les morts ressusciteront, les vivants seront transformés - la résurrection de la chair -, et tous seront confrontés au jugement final. Avant cela, il n'y a pas de séparation en un groupe "enlevé" et un groupe "laissé pour compte".
Une enquête menée par Global Witness révèle une disparité inquiétante dans le traitement des contenus sur TikTok : les contenus chrétiens sont systématiquement bloqués tandis que les contenus à caractère sexuel explicite sont facilement accessibles aux mineurs.
Lorsque TruPlay, une entreprise développant des jeux bibliques pour enfants, a commencé à promouvoir son contenu sur TikTok en décembre 2023, elle espérait toucher les familles en quête de divertissements sains pour leurs enfants. Elle a cependant découvert un système fonctionnant selon deux poids, deux mesures : d’une part, le contenu chrétien était systématiquement bloqué ; d’autre part, le contenu à caractère sexuel était facilement accessible aux mineurs.
L’enquête a été menée par Global Witness , une organisation britannique à but non lucratif, qui a créé sept comptes TikTok enregistrés comme appartenant à des jeunes de treize ans, en activant le mode « restreint » censé exclure les contenus à caractère sexuel. Les résultats sont alarmants : dans tous les cas, quelques clics suffisent à l’algorithme pour suggérer du contenu pornographique, malgré l’absence d’historique de recherche.
Parallèlement, TruPlay a constaté un traitement radicalement différent . Ses publicités sont systématiquement refusées pour « promotion de contenus religieux sensibles ». En mars 2025, TikTok a suspendu définitivement le compte de l'entreprise, qui n'a été rétabli qu'après un recours formel. Le PDG, Brent Dusing, indique que ses publicités sont très peu vues, contrairement à celles de ses concurrents qui sponsorisent des contenus violents largement diffusés.
Cette disparité soulève des questions fondamentales quant à la gouvernance des plateformes numériques. Il ne s'agit pas d'un cas isolé de modération imparfaite, mais d'un problème systémique qui révèle quels contenus sont considérés comme « acceptables » et quels contenus sont « problématiques ».
TikTok qualifie de « sensibles » les jeux éducatifs qui enseignent des histoires bibliques aux enfants de 5 à 12 ans , alors que son algorithme promeut activement du contenu pornographique auprès d'utilisateurs mineurs. Loin d'être un simple dysfonctionnement technique, il s'agit plutôt d'un véritable choix de priorités.
Pour les familles catholiques, cette situation représente un véritable défi. Les plateformes numériques font désormais partie intégrante du quotidien, surtout pour les jeunes. Lorsque ces plateformes fonctionnent selon des critères opaques et apparemment discriminatoires, les parents se retrouvent confrontés à un environnement numérique hostile à leurs valeurs. Face à ce manque de transparence dans la prise de décision, il n'est pas surprenant que l'égalité de traitement fasse également défaut. Si TikTok autorise la publicité pour des jeux violents, pourquoi bloquer les contenus éducatifs ? Si l'algorithme peut identifier assez facilement les contenus pornographiques et contourner les restrictions grâce à des codes comme « corn » au lieu de « porn », pourquoi ne peut-il pas empêcher leur diffusion auprès des mineurs ?
Inévitablement, une famille chrétienne pourrait tomber dans le piège du boycott de TikTok, contournant ainsi un problème apparemment insoluble, pour finalement se rétracter lorsque la possibilité de le contrôler lui est refusée. Ce qu'il faut, c'est une plus grande sensibilisation et une véritable pression civique et sociale pour garantir la transparence et la cohérence des plateformes numériques, en exigeant des normes claires pour définir les « contenus sensibles », identifier les personnes qui déterminent les critères de discrimination et, par conséquent, comprendre pourquoi la protection des mineurs contre les contenus à caractère sexuel explicite semble moins prioritaire que la censure des contenus religieux.
Saint Léon, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011.
"Rome est un principe universel porté d'abord au temps des Césars, par un empire, avant que la papauté ne s'en fasse la dépositaire au nom de l'Église catholique ("universelle" en grec). [...] Le christianisme a fini par devenir le marqueur même de la romanité, par en incorporer le langage." (Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 11, 25.)
Au moment des grandes invasions Barbares, ce lutteur pour la foi, vainqueur du paganisme, se fit le champion de l'unité ecclésiale et de la Romanitas. Il est le dernier défenseur de Rome et des Romains quand, en face, il n'y avait plus aucun païen.
Le Triomphe du christianisme sur le paganisme - Gustave Doré, 1899
La vertu n'est rien sans l'épreuve de la tentation, car il n'y a pas de conflit sans ennemi, pas de victoire sans lutte.
Saint Léon I
"Nulle part on ne voit de personnalité païenne défendre efficacement la société romaine contre les Barbares. Partout cette défense est assurée par les évêques qui seront ainsi les derniers représentants authentiques de la romanitas, de saint Aignan à Orléans, à saint Loup à Troyes, à saint Sidoine Apollinaireen Auvergne, au pape saint Léon à Rome." (Jean Dumont, L'Eglise au risque de l'histoire, préface de Pierre Chaunu de l'Institut, Editions de Paris, Ulis 2002, p. 47-52.)
Né à Rome, Léon appartenait à l'une des plus nobles familles de Toscane. Sa conviction permanente du rayonnement de Rome dans l'empire chrétien redonne à la Ville éternelle, dans ces temps troublés, le statut de centre du monde.
Léon, pape de 440 à 461 n'a pas usurpé son surnom. Il pourfendit les hérésies, prêcha à temps et à contretemps, avec simplicité et profondeur, dignité et tendresse ; il déploya un courage authentique et modeste quand il affronta les Huns et les Vandales.
Ce qu'il y a de plus admirable, c'est que pour un saint Léon, comme pour un saint Augustin qu'en bien des façons il prolonge, cette activité va de pair avec l'élaboration d'une oeuvre littéraire considérable. Le saint pontife se distingua aussi bien dans les lettres profanes que dans la science sacrée.
"Au terme de ces quatre siècles qui ont mené à la conversion de l'empire romain, une constatation s'impose [...] Une église catholique est née, définie de l'apostolicité des évêques dans leur ensemble, qui débouche sur l'orthodoxie du concile de Nicée.
"[...] À travers lettres et sermons, Léon rappelle systématiquement que l'Église est fondée sur la foi dont a témoigné Pierre, qui en a reçu le primat. [...] Même si les apôtres étaient égaux en dignité, l'un d'entre eux avait reçu le commandement. L'unité de l'Église demande une hiérarchie, qui converge vers le siège de Pierre : le corps ecclésial doit être uni autour de sa tête. Pierre n'est pas seulement le patron du siège romain, mais le primat de tous les évêques. [...] Signe de cette dévotion, Léon est le premier pape à se faire enterrer directement dans la basilique Saint-Pierre." (Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 67-78.)
"L'ancienne Eglise, écrivait le savant Batiffol, n'a pas connu de pape plus complet ni de plus grand." (Mgr Pierre Batiffol, 1861-1929).
Au Ve siècle : les évêques, derniers représentants authentiques de la romanitas
Vers 450, "la pensée païenne... a perdu tout dynamisme. La seule force intellectuelle agissante est le christianisme, qui s'impose dans tous les domaines. Toutes les valeurs sont révisées sous l'angle chrétien" (Jacques Pirenne, Grands courants de l'histoire universelle, le pôle syncrétisme de la pensée antique, Neuchâtel-Paris, 1959, t. I, p. 403).
Au moment où le fonctionnaire impérial ou le militaire de Rome se montre si souvent inférieur à sa tâche, le représentant du peuple, ce n'est plus le bureaucrate ni le soldat, c'est l'évêque. [C]'est lui qui est le vrai défenseur de la cité; en général, il ne porte pas ce titre, qui est légalement celui d'un magistrat municipal, mais il en assume les fonctions jusque dans l'héroïsme et le sacrifice. Alors, ces princes de l'Eglise se révèlent des chefs politiques et militaires. Quand tout lâche, ils tiennent. C'est saint Augustin qui, dans Hippone assiégée, galvanise les courages; saint Nicaise qui se fait tuer dans sa cathédrale de Reims; saint Exupère de Toulouse qui résiste tant aux Vandales qu'il est déporté, et tant d'autres... (Daniel-Rops, Histoire de l'Eglise du Christ, tome III L'Eglise des temps barbares, Librairie Arthème Fayard, Editions Bernard Grasset, Paris 1965, p. 75.) La ruine de Toulouse "n'a jusqu'ici été empêchée que par le mérite de son évêque Exupère", note saint Jérôme. (Lettre de S. Jérôme, trad. dans Pierre COURCELLE, Histoire littéraire des grandes invasions germaniques, Hachette, Paris 1948, p. 62.)
Ce constat de Jean Dumont et de Daniel-Rops est encore celui de Philip A. Mc Shane pour qui dans son ouvrage "La Romanitas et le pape Léon le Grand" [Tournai : Desclée ; Montréal : Bellarmin, 1979. - 407 p. ; 24 cm. - (Recherches. Théologie ; 24.) Bibliogr. p. 383-402], au moment où l'Empire romain (au moins en Occident) était en train de s'écrouler, le pape Léon tint une place considérable et joua un rôle de premier plan : en s'inspirant avec intelligence du système impérial, il adapta celui-ci à l'Église et lui fournit une base administrative, appelée à durer, au moins en partie, jusqu'à nos jours.
"Bien que le maillage administratif des diocèses civils fût appelé à disparaître rapidement au cours du Ve siècle, celui des provinces et des cités [...] se maintint durablement puisqu'il accueillit dès le IVe siècle les principales institutions de l'Église. [...] [O]n constate [...] que dans chaque chef-lieu de cité s'installa un évêque. Le diocèse ecclésiastique fut le continuateur de la civitas antique." (Geneviève BÜHRER-THIERRY, Charles MERIAUX, La France avant la France 471-888, Gallimard, Folio Histoire, 2019, p. 33.)
Diacre du pape Célestin, Léon fut envoyé en mission en Gaule. C'est là qu'il apprit sa nomination pontificale sous le nom de Léon Ier, pour succéder au pape Sixte III, le 29 septembre 440.
Il entreprit avec courage de défendre l'Eglise contre la barbarie, l'erreur et le vice, qui l'envahissaient de tous côtés. Il prit sur lui de rétablir la doctrine de l'Église et ses efforts seront ratifiés et couronnés par le Concile de Chalcédoine en 451.
Léon laissa de très nombreuses homélies, prières liturgiques et lettres, pleines d'enseignement. Il fut proclamé docteur de l'Église en 1754, "docteur de l'Incarnation".
Léon sauvegarda la primauté romaine, au point de mériter (227 ans après sa mort) l'éloge d'un de ses successeurs, Serge Ier (Pape 687-701) qui lui attribue cette devise :
"Je veille pour que le loup, toujours à l'affût, ne saccage pas mon troupeau."
En Orient, la foi était attaquée par l'hérésiarque Eutychès, archimandrite de Constantinople, qui prétendait qu'en Jésus-Christ, il n'y avait qu'une seule nature, la nature divine sous l'apparence du corps humain : c'était anéantir le mystère de l'Incarnation.
Après la condamnation de Nestorius, au concile d'Ephèse (431), Eutychès, d'apparence austère, tombait dans l'erreur opposée à celle de Nestorius. Le premier (Nestorius) proclamait qu'il y avait deux personnes distinctes, en Jésus-Christ : l'homme et le dieu, unies seulement par un lien moral ou symbolique ("donc d'après lui, la très sainte Vierge, n'étant la mère que de la personne humaine du Christ, n'était pas la mère de Dieu". (Source: Histoire de l'Eglise, Exposition de l'histoire du salut, Editions Fideliter, Courtry 1994, p. 98); le second (Eutychès) soutenait qu'il n'y avait qu'une seule nature en Jésus-Christ : la divine.
"Le pape Léon intervient pour soutenir un évêque de Constantinople, Flavien, destitué en 449 par un concile tenu à Ephèse convoqué par l'empereur Théodose II. Léon Ier écrit une longue lettre pour défendre Flavien (le fameux 'tome à Flavien') et demander le retour à la foi traditionnelle, en prenant à témoin le célèbre 'Tu es Pierre' comme preuve de l'importance de garder la foi apostolique défendue par Rome.
"[...] Un grand concile convoqué en 451 à Chalcédoine, de l'autre côté du Bosphore par rapport à Constantinople. La lettre de Léon est lue en assemblée. Les pères l'approuvent en constatant que 'Pierre a parlé par la bouche de Léon.', et qu'il s'agit de la vraie foi, la foi des apôtres. le tome à Flavien est repris dans les actes du concile. Les thèses monophysites sont condamnées. Chalcédoine, le plus grand concile de l'Antiquité, qui rassemble plus de cinq cents pères, formule l'union 'sans séparation' et 'sans confusion' en une même personne de la part divine et de la part humaine du Christ, de manière à se démarquer des nestoriens et des monophysites d'Eutychès (doctrine selon laquelle le Christ est de deux natures avant l'Incarnation et d'une seule nature après celle-ci, divine; doctrine opposée opposée au nestorianisme)." (Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 83.)
Le Concile oecuménique de Chalcédoine, présidé par les légats de saint Léon, et éclairé par la lettre immortelle qu'écrivit ce grand pape sur le mystère de l'Incarnation, condamna le monophysisme d'Eutychès. Jésus-Christ est à la fois Dieu et homme en "une seule personne et deux natures, sans confusion, sans changement, sans division et sans séparation" :
"Jésus-Christ fait homme, unique médiateur entre Dieu et les hommes, a pu mourir dans sa nature humaine, tout en restant immortel dans sa nature divine. Le vrai Dieu par sa naissance a pris la nature parfaitement complète d'un homme authentique et il est : tout entier dans la sienne et tout entier dans la nôtre... C'est grâce à cette unité de personne dans une double nature que le Fils de l'homme est descendu du ciel et, d'autre part, que le Fils de Dieu a été crucifié et enseveli, alors qu'il a pu souffrir ces épreuves par suite de l'infirmité de notre nature, nullement de sa divinité elle-même... Si donc Eutychès accepte la foi chrétienne, il reconnaîtra quelle est la nature qui a été percée par les clous et attachée à la croix... L'Église catholique vit et perpétue cette croyance : dans le Christ Jésus, l'humanité n'est pas sans véritable divinité et la divinité sans véritable humanité !"
Quand cette lettre fut lue dans la vaste assemblée, il n'y eut qu'un cri d'admiration; les six cents évêques l'acclamèrent en disant: "C'est Pierre qui a parlé par Léon".
Les Lettres de Léon, au nombre de cent quarante-cinq, montrent avec quelle vigilance, quelle habileté le saint pontife réglait ce qui avait besoin de l'être en matière de foi et de discipline. Il fit juger par un tribunal mixte composé d'ecclésiastiques et de laïques les manichéens d'Afrique, réfugiés à Rome : il résultait de leurs écrits et de leurs aveux que leur doctrine était subversive de la religion, de la morale et de la société (toute ressemblance avec une idéologie moderne est fortuite...) Beaucoup d'entre eux abjurèrent leurs erreurs et rentrèrent dans le sein de l'Eglise. Ceux qui persistèrent opiniâtrement dans cette hérésie immorale et antisociale, furent bannis.
Les Lettres de Léon, au nombre de cent quarante-cinq, montrent avec quelle vigilance, quelle habileté le saint pontife réglait ce qui avait besoin de l'être en matière de foi et de discipline. Il fit juger par un tribunal mixte composé d'ecclésiastiques et de laïques les manichéens d'Afrique, réfugiés à Rome : il résultait de leurs écrits et de leurs aveux que leur doctrine était subversive de la religion, de la morale et de la société (toute ressemblance avec une idéologie moderne est fortuite...) Beaucoup d'entre eux abjurèrent leurs erreurs et rentrèrent dans le sein de l'Eglise. Ceux qui persistèrent opiniâtrement dans cette hérésie immorale et antisociale, furent bannis.
On reçoit en bouche ce qui est cru par la foi (hoc enim ore sumitur quod fide tenetur).
Saint Léon
La fixation de la date de Pâques
C'est lui encore qui intervint dans la querelle qui avait repris concernant la date de la fête de Pâques. Le Concile de Nicée avait mis fin aux anciennes controverses en condamnant définitivement les quartodecimans, c'est-à-dire ceux qui voulaient célébrer Pâques avec les Juifs, le 14 Nisan, et en fixant cette fête au dimanche qui suivait la pleine lune de mars. Alexandrie avait été chargée de la notification de cette décision. Au milieu du Ve siècle, on mit en doute de-ci de-là l'exactitude des calculs alexandrins. Léon trancha en faveur des décisions prises et des calculs faits à Alexandrie, par "souci de l'unité qu'il importe avant tout de conserver." (Daniel-Rops, Histoire de l'Eglise du Christ, tome III L'Eglise des temps barbares, Librairie Arthème Fayard, Editions Bernard Grasset, Paris 1965, p. 91)
La rencontre de Léon et d'Attila
En Occident, les invasions barbares, l'affaiblissement de l'autorité impériale, une forte crise sociale poussèrent l'Évêque de Rome à jouer un rôle notable jusque dans les affaires politiques.
Léon eut soin d'associer à son entreprise des coopérateurs éminents, entre autres saint Prosper d'Aquitaine, le plus savant homme de son temps. Il en fit son conseiller et son secrétaire.
Attila et les Huns
Attila, à la tête des Huns, après avoir ravagé une partie des Gaules et le nord de l'Italie, marchait sur Rome. La terreur le précédait : les Romains se croyaient perdus. Léon fut nommé par l'empereur romain Valentinien III comme ambassadeur auprès des barbares qui envahissaient l'Italie. Il obtint la vie sauve pour les habitants mais ne put pas empêcher les pillages.
La rencontre se fit en 452 dans la ville italienne de Mantoue, en Lombardie. Attila le reçut avec les plus grands honneurs et lui accorda en effet la paix par un traité en date du 6 juillet 452, jour de l'Octave des saints apôtres Pierre et Paul. Les compagnons d'armes d'Attila ne purent comprendre qu'il eût renoncé à piller les trésors de Rome sur les instances de Léon; et, se rappelant qu'il en avait fait autant en faveur de Troyes en Gaule, aux prières de saint Loup, les Huns disaient : "La férocité d'Attila s'est laissée dompter en Gaule par un loup, en Italie par un lion !". Comprenant leur surprise, Attila leur dit :
"Pendant que Léon parlait, j'ai vu près de lui deux personnages mystérieux, à la figure surhumaine, au regard terrible, revêtus de l'habit sacerdotal, qui, l'épée nue, me menaçaient de mort si je ne cédais pas à l'envoyé des Romains"...
Après l'entrevue, Attila rejoignit ses troupes pour leur donner l'ordre de retraite vers la Hongrie où il mourut l'année suivante.
"La rencontre de Léon et d'Attila deviendra l'un des grands épisodes de la geste des papes. À l'époque carolingienne, Paul Diacre racontera dans son Histoire romaine qu'Attila aurait renoncé à ses projets après avoir vu une apparition en habit sacerdotal se tenir aux côtés du pape Léon, l'épée dégainée. La tradition verra dans cette apparition la figure de saint Pierre, à laquelle s'ajoutera dans d'autres récits la figure de saint Paul. Raphaël a peint dans le palais du Vatican l'image devenue classique du pape Léon, guidé par saint Pierre et saint Paul, qui réussit par son courage à sauver l'Italie de la destruction par les hordes de la steppe." (Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 79.)
Le saint Pontife rentra en triomphe à Rome, et le peuple, dans son enthousiasme, lui décerna le titre de "Grand".Pour perpétuer le souvenir de ce prodigieux évènement, Léon fit jeter à la fonte le bronze idolâtrique longtemps adoré sous le nom de Jupiter Capitolin, et le transforma en une statue de saint Pierre, placée dans la basilique Vaticane. Encore aujourd'hui l'on vient du monde entier en baiser le pied : le bronze usé témoigne de la vénération de seize siècles.
Genséric, roi des Vandales
Peu de temps après, l'an 455, Genséric, roi des Vandales, qui s'était déjà emparé de l'Afrique, de la Corse, de la Sardaigne, de la Sicile, s'avança sur Rome avec une armée formidable. Léon alla une fois de plus à la rencontre de cet autre chef barbare, et obtint de lui qu'il s'abstiendrait des outrages, des massacres et de l'incendie : "mes soldats ne verseront pas le sang humain, aucun édifice ne sera brûlé" déclara Genséric qui cessa son occupation, le 29 juin 455, en la fête des saints apôtres Pierre et Paul.
Le saint pontife sauva ainsi une fois de plus les monuments de la Ville éternelle, la vie et l'honneur de ses concitoyens.Les Vandales se retirèrent de Rome quinze jours après, avec un butin immense et un grand nombre de captifs.Léon exhorta les fidèles : « Peuple romain, n'oublie pas trop vite cette délivrance» (Sermon LXXXIV.)
Le vigilant pasteur employa les dernières années de sa vie à guérir les plaies de toute sorte causées par l'invasion des Barbares.
"C'est dans ce contexte que le pape Léon devient le protecteur de l'Italie, où il se substitue à l'empereur. [...]
"Grâce aux donations, la papauté devient un gigantesque propriétaire terrien jusqu'en Sicile. Ses bureaux [...] s'occupent du ravitaillement et même de la solde des soldats de la ville, prenant la relève de l'administration civile.
"C'est désormais aux papes qu'incombe le devoir de nourrir les indigents ou de financer les grands hospices de Rome." (Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 81.)
Il mourut le 10 novembre 461.
Premier pape à porter le nom de Léon, il est aussi le premier à être enseveli au Vatican.
Il nous reste de lui soixante-neuf discours, monument de son éloquence apostolique.
Citations:
En un tel voyage ne manquent certes ni le soleil brûlant du labeur, ni les nuages de la tristesse, ni les tempêtes de la crainte.
On y rencontre les pièges des méchants, les persécutions des infidèles, les menaces des puissants, les outrages des superbes; [...] au milieu des dangers de la vie présente, [...] plutôt les surmonter par la patience que les éviter par la fuite.
S. Léon le Grand, Seizième sermon sur la Passion du Seigneur, Sermons, tome III (Paris, Cerf, 1961)
Ayez une pensée pour tous les nécessiteux, et plus particulièrement pour ceux qui sont membres du corps du Christ et qui sont unis à nous dans l’unité de la foi catholique [Ga 6, 10]. Nous devons davantage aux nôtres, dans la communion de la grâce, qu’aux étrangers, dans la participation mutuelle de la nature.
Saint Léon le Grand, Sermon 89 (§5) daté de 444
Sources
(1) ; (2) ; (3) ; (4) ; (5) ; (6) Mgr Paul Guérin, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Editions D.F.T., Saint-Etienne 2003, p. 221-224; (7) Le Petit Livre des Saints, Editions du Chêne, tome 1, 2011, p. 108; (8) Daniel-Rops, Histoire de l'Eglise du Christ, tome III L'Eglise des temps barbares, Librairie Arthème Fayard, Editions Bernard Grasset, Paris 1965; (9) Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019.
Une statue de la Vierge Marie est restée intacte, symbolisant l'espoir au milieu des ravages causés par la tornade qui a balayé le Paraná, au Brésil. Vidéo : Sérgio Camargo [1]
A statue of the Virgin Mary remained untouched, standing as a symbol of hope amid the devastation caused by the tornado that swept through Paraná in Brazil.
Des images d'horreur montrent les conséquences de la tornade au Brésil vendredi heure locale, selon les autorités : six morts et des vents de 250 km/h. Des centaines de personnes ont été blessées après le passage de la tornade qui a ravagé la région.
La tornade a détruit la ville. La Protection civile du comté a indiqué que 90 % de la ville avait subi des dégâts. [2]
Le pape Léon XIV s'est exprimé sur la liturgie dans son sermon de ce matin, à l'occasion de la fête de la dédicace de la basilique Saint-Jean-de-Latran :
"Je voudrais mentionner un aspect essentiel de la mission de la cathédrale : la liturgie. La liturgie est 'le sommet vers lequel tend l'activité de l'Église... la source d'où découle toute sa vertu' (Sacrosanctum Concilium). On y retrouve les mêmes thèmes que nous avons déjà mentionnés : nous sommes édifiés comme temple de Dieu, comme sa demeure dans l'Esprit, et nous recevons la force de prêcher le Christ dans le monde. C'est pourquoi le soin apporté à la liturgie, en particulier ici, au siège de Pierre, doit être tel qu'il puisse servir d'exemple à tout le peuple de Dieu, dans le respect des normes, attentif aux différentes sensibilités de ceux qui y participent selon le principe d'une inculturation sage, tout en restant fidèle au style de sobriété solennelle typique de la tradition romaine, qui peut faire tant de bien aux âmes de ceux qui y participent activement. Tout doit être mis en œuvre pour que la beauté simple du rite romain puisse exprimer ici la valeur du culte pour la croissance harmonieuse de tout le corps du Seigneur.
"Saint Augustin disait que 'la beauté n'est rien d'autre que l'amour, et l'amour est la vie'. La liturgie est un domaine où cette vérité se réalise éminemment, et j'espère que tous ceux qui s'approchent de l'autel de la cathédrale de Rome en repartiront remplis de cette grâce dont le Seigneur veut inonder le monde."[1] [2]
La sobriété liturgique solennelle est une caractéristique déterminante du culte public de l'Églisedans le rite romain. Elle reflète une retenue délibérée, une dignité et une concentration sur le mystère sacré célébré, en particulier dans le Saint Sacrifice de la Messe et les sacrements. C'est cette qualité qui distingue la liturgie catholique des formes de culte axées sur les émotions et le divertissement que l'on trouve dans certaines autres traditions chrétiennes.
Léon affirme un principe de longue date de la liturgie de rite latin.[3]
Sa Sainteté le pape Léon XIV se rend dans sa cathédrale pour célébrer le Saint Sacrifice de la messe en tant qu'évêque de Rome, à l'occasion de la fête de sa dédicace:
His Holiness Pope Leo XIV processes to celebrate the Holy Sacrifice of the Mass in his Cathedral as Bishop of Rome, on the Feast of its Dedication. pic.twitter.com/aADpUY8UuB
Le pape Léon XIV appelle à des liturgies plus respectueuses qui "respectent les normes établies"
Dans son discours prononcé dimanche, jour de la dédicace de la basilique Saint-Jean-de-Latran, le Pape a cité l'encyclique Sacrosanctum Concilium du concile Vatican II pour souligner l'importance de célébrer la liturgie avec révérence et fidélité.
"La liturgie est “le sommet vers lequel tend l'activité de l'Église... la source d'où découle toute sa vertu'", a déclaré le pape Léon XIII.
"Par conséquent, le soin apporté à la liturgie, particulièrement ici au Siège de Pierre, doit être tel qu’il puisse servir d’exemple à tout le peuple de Dieu. Il doit se conformer aux normes établies, être attentif aux différentes sensibilités des participants et respecter le principe d’une inculturation judicieuse."
Le pape a ensuite souligné que la liturgie devait préserver la 'sobriété' qui caractérise sa tradition, une qualité qui a favorisé la croissance spirituelle d’innombrables âmes au fil des siècles.
"En même temps, [la liturgie] doit rester fidèle à la sobriété solennelle propre à la tradition romaine, qui peut faire tant de bien aux âmes de ceux qui y participent activement", a déclaré Léon.
"Il convient de veiller tout particulièrement à ce que la beauté simple des rites exprime la valeur du culte pour la croissance harmonieuse de tout le Corps du Seigneur. Comme le disait saint Augustin : 'La beauté n’est rien d’autre que l’amour, et l’amour est la vie.' "
Le pape Léon avait déjà abordé la question du recueillement dans la liturgie lors de son audience avec les pèlerins pour le Jubilé des Églises orientales en mai, affirmant que l'Église devait redécouvrir le 'sens du mystère' si vivement exprimé dans les rites catholiques orientaux.
"La contribution que l’Orient chrétien peut nous apporter aujourd’hui est immense", a déclaré Léon.
"Nous avons un grand besoin de retrouver le sens du mystère qui demeure vivant dans vos liturgies, liturgies qui engagent la personne humaine dans son intégralité, qui chantent la beauté du salut et suscitent un sentiment d'émerveillement devant la façon dont la majesté de Dieu embrasse notre fragilité humaine."
Alors que des évêques de plus en plus progressistes continuent de restreindre certains aspects des liturgies catholiques traditionnelles, de nombreux catholiques attendent une décision du pape Léon XIV sur l'avenir de ces traditions, notamment la messe tridentine.[4]
Dans quelques semaines, le patriarche œcuménique de Constantinople accueillera le Pape Léon XIV à Istanbul, priant à ses côtés sur le site antique de Nicée à l’occasion des 1700 ans du concile éponyme. Avant cela, il s'est exprimé mardi 4 novembre au premier jour de l’assemblée plénière des évêques de France à Lourdes. Dans la cité mariale, Bartholomée Ier a livré un dense discours sur les blessures du monde et les remèdes des catholiques et des orthodoxes pour, ensemble, les panser.
Comme le disait son prédécesseur Athénagoras : "L’union viendra. Ce sera un miracle, un nouveau miracle dans l'histoire. Nous devons nous y préparer."
Fort de cette intime conviction Bartholomée, déjà présent pour la première fois il y a 30 ans à une assemblée plénière d’évêques français dans le sanctuaire de sainte Bernadette, a rappelé combien l’état de la planète a empiré en trois décennies. "Oui, l’heure est grave alors que la dignité intrinsèque de chaque personne humaine, les droits de l’homme, le droit international, l’universalisme, tous ces principes étant issus de l’Évangile, se trouvent trop souvent déniés au profit du culte renouvelé de la force brute qui unit le paganisme archaïque et le technicisme moderne", a-t-il pointé, déplorant une fracture douloureuse.
Soldat romain, il fut décapité en raison de sa foi. On lui attribua l'exploit d'avoir mis à mort un dragon, comme S. Georges et S. Dimitri. Tous trois d'ailleurs sont les "trois grands soldats martyrs" des Orientaux.
Théodore naquit en Syrie, à la fin du IIIe siècle vers l'an 270. Il se convertit au christianisme, et ameutait la foule par ses prédications.
Il faisait partie d'une légion romaine qui avait établi son quartier d'hiver dans la ville d'Amasia, de la province du Pont en Asie Mineure où les édits persécuteurs de Dioclétien étaient exécutés sévèrement.
Le jeune soldat, plein de l'amour de Jésus-Christ, dédaigna, malgré le péril, de cacher sa foi, et, au contraire, il se fit une gloire de la professer publiquement ; aussi fut-il présenté comme chrétien au tribun de sa légion. Celui-ci lui demanda comment il osait professer une religion proscrite sous peine de mort :
"Je ne connais point vos idoles, répondit-il ; j'adore Jésus-Christ, Fils unique de mon Dieu.
Je vous abandonne mon corps ; vous pouvez le déchirer, le mettre en pièces, le livrer aux flammes. Si mes discours vous offensent, coupez-moi la langue."
Le tribun et les juges, devant sa jeunesse, se contentèrent de le menacer et le laissèrent en liberté.
Théodore ne songea qu'à gagner des âmes à Jésus-Christ, à fortifier les autres confesseurs de la foi ; il poussa le courage jusqu'à mettre le feu au temple de la déesse Cybèle.
Ce fut en vain qu'on essaya de lui faire exprimer quelques regrets à ce sujet : il brava toutes les menaces, comme il se rit de toutes les promesses. Il fut alors fouetté très cruellement et enfermé dans un cachot, sans nourriture, pour y mourir de faim.
La nuit, le Sauveur vint le visiter dans la prison au milieu d’un nuage entouré de deux anges portant, l’un une couronne et l’autre la palme des martyrs; Il lui promit de le nourrir d'un aliment invisible et le fortifia pour le dernier combat.
Cette visite donna à Théodore tant de joie, qu'il se mit à chanter les louanges de Dieu, et des anges vêtus de blanc vinrent unir leurs voix à la sienne. Les geôliers et les gardes, le juge lui-même, furent témoins du miracle sans se convertir. On lui promit que, s'il feignait seulement la moindre soumission, on le mettrait en liberté. Ayant répondu à ces nouvelles sollicitations avec une fermeté invincible, Théodore est alors déchiré avec des crochets de fer, on lui brûle les côtes avec des torches ardentes, puis on le condamne à être brûlé vif.
Le vaillant soldat, placé sur le bûcher, se munit du signe de la Croix, et bientôt sa belle âme s'envola au Ciel.
Saint Théodore, Milieu du XIVe siècle, Anonyme, Vatican, Bibliothèque apostolique, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 87.
Les Écritures comportent un personnage discret mais qui joue néanmoins un rôle essentiel : la Vierge Marie.
-Le Fiat de Marie
-L'Immaculée Conception de la Vierge Marie
-La Conception virginale de Jésus
-L'Incarnation du Fils de Dieu
-Les deux natures du Christ en une seule personne divine (essence)
-L'union hypostatique des deux natures du Christ
-Le premier miracle de Jésus à Cana
-Les dernières paroles de Jésus sur la Croix
-La Descente de l'Esprit-Saint au Cénacle
-La naissance de l'Église
Examinons ensemble chacun de ces aspects doctrinaux méconnus du lecteur de la Bible s'agissant du rôle joué par Marie dans la Rédemption :
(1) Le Fiat de Marie
Le Fiat de la Vierge Marie lors de l'Annonciation (Luc 1, 38 1, 38 : "Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole.") représente son consentement libre et total au plan divin.
Cette décision de la Vierge Marie marque un moment pivotal dans l'histoire du salut. Ce "oui" n'est pas seulement une acceptation personnelle, c'est une collaboration active avec le plan divin de la Rédemption, permettant l'Incarnation du Verbe – Dieu fait homme en Jésus-Christ dans le sein de la Vierge Marie, union intime avec l'œuvre salvifique du Fils de Dieu, dès la conception virginale jusqu'à la mort sur la croix.[1]
En relation avec les doctrines nécessaires au salut, le Fiat de Marie est donc intrinsèquement lié à la doctrine de l'Incarnation, qui est fondamentale pour la foi chrétienne (comme énoncé dans le Credo de Nicée-Constantinople :
"Pour nous les hommes et pour notre salut, il descendit du ciel").
Sans ce consentement de Marie, l'entrée de Dieu dans l'humanité pour la rédemption n'aurait pas eu lieu de cette manière, soulignant l'importance de la liberté humaine dans le plan de Dieu...
Le Catéchisme de l'Église catholique (CEC 973) précise que par son Fiat, Marie collabore déjà à toute l'œuvre que son Fils accomplira, devenant ainsi Mère du Sauveur et figure unique dans l'histoire du salut.[2]
Cela illustre comment la grâce divine respecte la liberté, un principe essentiel pour comprendre le salut comme un don offert et accepté, menant à la Rédemption par la mort et la Résurrection du Christ.
Par sa collaboration maternelle, Marie participe à l'œuvre du salut, non comme source, mais comme instrumentprivilégié, illustrant comment la grâce divine élève l'humanité pour coopérer à la Rédemption. Elle a prononcé son oui "au nom de toute la nature humaine" (S. Thomas d’A., s. th. 3, 30, 1) : Par son obéissance, elle est devenue la nouvelle Eve, mère des vivants. (CEC 511).[3]
"En concevant le Christ, en le mettant au monde, en le nourrissant, en le présentant dans le Temple à son Père, en souffrant avec son Fils qui mourait sur la croix, elle apporta à l’œuvre du Sauveur une coopération absolument sans pareille." (Lumen Gentium61)
(2) L'Immaculée Conception
La Vierge Marie est au cœur du mystère du salut en tant que coopératrice unique au plan salvifique. Prédestinée et préservée du péché originel par les mérites anticipés de son Fils (dogme de l'Immaculée Conception, CEC 490-492), Marie est "pleine de grâce" (Lc 1,38) et donne librement son consentement lors de l'Annonciation, devenant ainsi la nouvelle Ève qui, par son obéissance, défait le nœud de la désobéissance originelle (CEC 494 : "Le nœud dû à la désobéissance d’Ève s’est dénoué par l’obéissance de Marie"; S. Irénée, Ad. Hær. 3, 22, 4)
Sa virginité perpétuelle – avant, pendant et après la naissance – est un signe de sa foi inébranlable et de sa donation totale à Dieu, la rendant Mère de Dieu (Theotokos) et mère spirituelle de tous les croyants (CEC 495, 501, 506).
1 Chroniques 15:14 mentionne que les personnes prêtres et lévites qui portaient l'Arche d'Alliance devaient être purifiées. Il semblerait absurde de purifier des hommes qui ont porté l'Arche et de ne pas sanctifier les entrailles qui ont porté le Saint lui-même !
La sagesse n'habitera pas "dans un corps endetté par le péché" : Sagesse 1,4 "car la Sagesse ne peut entrer dans une âme qui veut le mal, ni habiter dans un corps asservi au péché..."
Job 14,4 demande: "Qui tirera le pur de l’impur ? Personne".
Notre-Dame de Lourdes: "Je suis l'Immaculée Conception"
(3) La Conception virginale
La Conception virginale désigne la conception de Jésus dans le sein de la Vierge Marie par la seule puissance de l'Esprit Saint, sans intervention d'un homme, comme l'attestent les Évangiles (Lc 1, 35 : "L’Esprit Saint viendra sur toi").
Cette vérité de foi, affirmée dès les premiers siècles par les Pères de l'Église, est un mystère divin qui dépasse les possibilités humaines et accomplit les prophéties, telles que celle d'Isaïe 7, 14 : "Voici que la vierge concevra et enfantera un fils".[4]
En relation avec la doctrine du salut, la Conception virginale est intrinsèquement liée à l'Incarnation du Verbe, qui est fondamentale pour la rédemption de l'humanité.
La Conception virginale manifeste que Jésus est véritablement le Fils de Dieu fait homme, assumant une humanité comme la nôtre pour nous sauver du péché et de la mort.
Comme le souligne le Catéchisme de l'Église catholique, la conception du Christ par l'Esprit Saint inaugure la nouvelle création : Jésus, le Nouvel Adam, reçoit l'Esprit sans mesure et ouvre la voie à la nouvelle naissance des enfants d'adoption par la foi (CEC 503-504) et le baptême (Jn 3,8; Mc 16,16).
Sans cette union hypostatique (divine et humaine en une personne), le sacrifice rédempteur du Christ sur la croix n'aurait pas eu la valeur infinie nécessaire pour racheter l'humanité entière, rendant ainsi la Conception virginale essentielle à la compréhension du salut comme don gratuit de Dieu respectant la liberté humaine.[5]
(4) L'Incarnation du Fils de Dieu
L'Incarnation du Fils de Dieu désigne le mystère par lequel le Verbe éternel, seconde Personne de la Trinité, assume une nature humaine pleine et entière dans l'unité de sa Personne divine, devenant ainsi Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme.
Ce dogme, affirmé par les conciles œcuméniques comme celui de Nicée (325) et Chalcédoine (451), est exprimé dans le Credo : "Pour nous les hommes et pour notre salut, il descendit du ciel ; par l'Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie et s'est fait homme."
L'Incarnation n'est pas une simple apparence, mais une union hypostatique où les deux natures – divine et humaine – subsistent sans confusion ni séparation, permettant au Fils de Dieu de s'unir à toute l'humanité pour accomplir le salut.[6]
En lien avec la doctrine du salut, l'Incarnation est le fondement même de la Rédemption. Le Fils de Dieu s'incarne pour réconcilier l'humanité avec Dieu, en assumant notre condition humaine – excepté le péché – afin de nous sauver du péché et de la mort. Comme l'exprime le Catéchisme de l'Église catholique (CEC 456), le Verbe s'est fait chair pour nous sauver en nous réconciliant avec Dieu, nous faire connaître l'amour du Père, nous donner l'exemple de la sainteté et nous rendre participants de la nature divine.
Sans l'Incarnation, il n'y aurait pas de sacrifice rédempteur sur la croix, car c'est précisément dans son humanité que le Christ offre sa vie en rançon pour la multitude (Mt 20, 28), rendant son acte salvifique d'une valeur infinie grâce à sa divinité.
Ainsi, l'Incarnation inaugure la nouvelle alliance, où Dieu assume notre faiblesse pour nous diviniser, accomplissant les promesses de l'Ancien Testament et ouvrant la voie à la Résurrection et à la vie éternelle.[7]
Le rôle de la Vierge Marie est indissociable de ce mystère en tant que Mère de Dieu (Theotokos), titre proclamé au concile d'Éphèse (431).
Par son Fiat lors de l'Annonciation, Marie consent librement à devenir la Mère du Sauveur, concevant Jésus par la puissance de l'Esprit Saint tout en restant vierge. Le CEC 466 souligne que Marie est devenue en toute vérité Mère de Dieu par la conception humaine du Fils de Dieu dans son sein, unissant ainsi le divin et l'humain. Sa virginité perpétuelle – avant, pendant et après la naissance – est un signe de sa totale consécration à Dieu et de la nouveauté de la création en Christ (CEC 496-507).
L'Immaculée Conception (définie en 1854) préserve Marie du péché originel dès sa conception, par les mérites anticipés de son Fils, la rendant "pleine de grâce" et coopératrice unique au plan salvifique.
Marie, nouvelle Ève, participe à l'œuvre de salut non comme source, mais comme instrument privilégié, devenant mère spirituelle des croyants et figure de l'Église (CEC 501, 511).[8]
1. Jésus est pleinement Dieu ; le Christ est ''incréé'' et divin de même essence que le Père
-> condamnation de l'hérésie arienne qui exagère la nature humaine du Christ (Nicée I 325)
2. Le Saint-Esprit est pleinement Dieu (Constantinople I 381)
3. Il n'y a dans le Christ qu'une seule personne, vrai Dieu ET vrai homme (Ephèse 431) ;
-> Marie est la Mère de Dieu
-> condamnation de l'hérésie de Nestorius, primat de Constantinople qui exagère la nature divine de Jésus
4. Le Christ est une seule personne, divine ET humaine. Son humanité n'est pas "absorbée" par la nature divine.
-> Le Pape Saint Léon le Grand est célèbre pour sa Lettre à Flavien évêque de Constantinople (449), qui définit la doctrine christologique adopté au concile de Chalcédoine (451) contre l'hérésie monophysite d'Eutychès. Léon le Grand soutient le dyophysisme défendu par Flavien : le Christ est une seule personne qui réunit deux natures, l'une divine et l'autre humaine, l'une et l'autre parfaites et distinctes. Il développe le principe de l'incarnation, celui de l'union hypostatique et celui de la communicatio idiomatum, ou interaction des caractéristiques.
-> L'unité des deux natures est ''sans mélange, sans confusion, sans division et sans séparation'', définition négative soulignant un mystère qui nous dépasse. (Chalcédoine 451)
5. Le Fils est une seule personne dans DEUX natures (Constantinople II 553 sous Justinien)
-> Le Père n'est pas le Fils, et le Fils n'est pas le Père
-> 1 P 3:21-22 "Jésus Christ, lui qui est à la droite de Dieu, après s’en être allé au ciel" : si Jésus était le Père, Il ne Se serait pas assis à la droite du Père. Ce verset prouve l’existence de deux hypostases dans la personne divine (Père et Fils) et pas d’une seule.
6. Le Christ a deux volontés, humaine et divine (Constantinople III 680-681)
7. Le Christ peut être vénéré par des images, condamnation de l'iconoclasme (Nicée II 787)
Dans le christianisme, une hérésie est définie comme une croyance qui contredit les dogmes religieux (vérités de foi) établis tels que proclamés par l’Église. Un hérétique est un chrétien qui a une opinion hérétique tout en proclamant être en pleine communion avec l’Église.
(6) L'union hypostatique
L’union hypostatique est l’union intime et indissociable des deux natures – divine et humaine – en l’unique personne (hypostase) du Verbe éternel, le Fils de Dieu, devenu Jésus-Christ.
Comme nous venons de le voir, ce mystère, défini par le concile de Chalcédoine en 451, affirme que ces deux natures subsistent sans confusion, sans changement, sans division et sans séparation, dans une seule personne divine. Le Catéchisme de l'Église catholique (CEC 467) indique que le Christ est "parfait en divinité et parfait en humanité, vraiment Dieu et vraiment homme", consubstantiel au Père selon la divinité et à nous selon l’humanité, sauf le péché. Cette union n’est pas une fusion ou une juxtaposition, mais une réalité où l’humanité du Christ n’a d’autre sujet que la personne divine du Fils (CEC 466, 468).[9]
En lien avec le mystère du salut, l’union hypostatique est fondamentale car elle rend possible la Rédemption de l’humanité. Le Verbe s’incarne pour nous sauver en nous réconciliant avec Dieu (CEC 457), nous faire connaître son amour (CEC 458), nous donner un modèle de sainteté (CEC 459) et nous rendre participants de la nature divine (CEC 460).
Sans cette union, le Christ ne pourrait pas être le médiateur parfait :
-en tant que vrai homme, il assume notre condition pour offrir un sacrifice solidaire avec l’humanité ;
-en tant que vrai Dieu, ce sacrifice a une valeur infinie, capable d’expier le péché du monde et de vaincre la mort.
Ainsi, l’union hypostatique assure que l’Incarnation, la Passion, la Mort et la Résurrection du Christ accomplissent le plan salvifique de Dieu, inaugurant la nouvelle alliance et permettant notre divinisation (CEC 460).[10]
Quant à la Vierge Marie, elle est étroitement liée à ce mystère en tant que Mère de Dieu (Theotokos), titre proclamé au concile d’Éphèse en 431. Le CEC (466) précise que, puisque le Verbe unit hypostatiquement à sa personne le corps humain reçu de Marie, animé d’une âme rationnelle, Marie est véritablement Mère de Dieu : non parce que le Verbe tire d’elle sa nature divine, mais parce que c’est d’elle qu’il tient son humanité, unie hypostatiquement au divin dès la conception. Cette union rend Marie coopératrice unique au salut, car par son consentement libre, elle permet l’Incarnation, devenant ainsi la nouvelle Ève qui, par son obéissance, contribue à défaire le péché originel et à ouvrir la voie à la Rédemption (CEC 469, en lien avec la liturgie évoquant Marie comme toujours Vierge et Mère de Dieu).[11]
(7) Le premier miracle de Jésus à Cana
Les noces de Cana désignent l'épisode évangélique où Jésus accomplit son premier miracle public, transformant l'eau en vin lors d'un mariage en Galilée, en réponse à la demande de Marie (Jn 2, 1-11). Ce signe, opéré au seuil de sa vie publique, manifeste sa gloire divine et confirme la foi de ses disciples, inaugurant sa mission messianique. Comme l'explique le Catéchisme de l'Église catholique (CEC 1613), l'Église y voit la confirmation de la bonté du mariage et l'annonce que celui-ci deviendra un signe efficace de la présence du Christ.[12]
Ce miraclepréfigure l'œuvre salvifique du Christ sur la croix.
L'eau changée en vin symbolise la transformation de l'ancienne alliance en nouvelle, où le vin évoque le sang de la Nouvelle Alliance versé pour la rémission des péchés (cf. Mt 26, 28).
Il annoncela surabondance de la grâce rédemptrice, accomplie à l'Heure de la Passion – que Jésus évoque en disant à Marie : "Mon heure n'est pas encore venue" (Jn 2, 4) – et actualisée dans l'Eucharistie, banquet des noces de l'Agneau (Ap 19, 9).
Sans ce signe prophétique, la compréhension de la Rédemption comme joie éternelle et victoire sur le manque spirituel (le "vin" de la grâce) serait incomplète, reliant l'Incarnation à la Croix pour le salut de l'humanité.[13]
La Vierge Marie est au centre de cet événementen tant qu'intercesseuret coopératrice au plan divin. Remarquant le manque de vin, elle informe Jésus ("Ils n'ont plus de vin") et, malgré sa réponse, exhorte les serviteurs : "Tout ce qu'il vous dira, faites-le" (Jn 2, 3-5), manifestant sa foi inébranlable et son rôle médiateur.
Comme le souligne le CEC 2618, Marie prie et intercède avec foi à Cana, préfigurant son rôle au Calvaire comme la Femme, nouvelle Ève, mère de tous les vivants. Sa participation unique à la Rédemption – non comme source, mais en union subordonnée avec son Fils – s'inaugure ici, favorisant l'effusion de la grâce et modelant l'obéissance pour les croyants.
(8) Les dernières paroles de Jésus sur la croix
Les dernières paroles de Jésus sur la croix, rapportées dans les Évangiles, comprennent sept expressions traditionnelles, mais celle directement liée à la Vierge Marie est tirée de l'Évangile de Jean (Jn 19, 25-27) : voyant sa mère et le disciple qu'il aimait au pied de la croix, Jésus dit à Marie : "Femme, voici ton fils", puis au disciple : "Voici ta mère". De cette heure-là, le disciple la prit chez lui. Ces paroles ne sont pas seulement un acte filial de sollicitude, mais un geste théologique profond, accompli au moment culminant de sa mission terrestre, marquant l'institution d'une nouvelle famille spirituelle.
En lien avec la Rédemption, ces paroles s'inscrivent au cœur du mystère pascal : la croix est le lieu de l'offrande suprême du Christ pour le salut de l'humanité, où il expie les péchés et réconcilie le monde avec Dieu (CEC 613-617). Prononcées au moment de l'agonie, elles manifestent comment la Rédemption n'est pas seulement un acte isolé du Fils, mais s'étend à la communauté des croyants, formant l'Église comme famille de Dieu. Par cet acte, Jésus, en mourant, accomplit la nouvelle alliance, où la souffrance rédemptrice engendre une maternité spirituelle universelle, appliquant les fruits de la croix à tous les hommes.
Sans cette dimension ecclésiale, la Rédemption resterait incomplète dans son extension, car elle vise à rassembler les enfants de Dieu dispersés (Jn 11, 52), inaugurant ainsi la vie nouvelle par l'Esprit.[14]
Ces paroles désignent Marie comme Mère de l'Église et coopératrice à la Rédemption.
Au pied de la croix, Marie, unie à la souffrance de son Fils, devient la nouvelle Ève : par son obéissance et sa compassion, elle participe activement à l'œuvre salvifique, non comme source, mais comme instrument privilégié (CEC 964).
Le titre de "Mère de l'Église", proclamé par Paul VI en 1964, découle directement de cet épisode, où Jésus confie l'humanité représentée par le disciple bien-aimé à la maternité spirituelle de Marie.
Ainsi, elle qui avait coopéré à l'Incarnation par son Fiat continue sa mission dans la Rédemption, favorisant l'unité des croyants et intercedant pour le salut, comme le soulignent les enseignements du concile Vatican II (Lumen Gentium61-62).[15]
(9) La descente de l'Esprit Saint au Cénacle
La descente de l'Esprit Saint au Cénacle désigne l'événement de la Pentecôte, décrit dans les Actes des Apôtres (Ac 2, 1-4), où, cinquante jours après la Résurrection du Christ, l'Esprit descend sous forme de langues de feu sur les Apôtres, Marie et les disciples réunis en prière dans la chambre haute de Jérusalem.
Cet événement marque la révélation plénière de la Trinité et l'accomplissement de la promesse de Jésus d'envoyer le Paraclet (Jn 14, 16-17 ; 16, 7-15), inaugurant une nouvelle ère pour l'humanité.[16]
En lien avec la Rédemption, cette descente représente l'achèvement de l'œuvre salvifique accomplie par le Christ sur la croix et par sa Résurrection.
La Rédemption, qui réconcilie l'humanité avec Dieu en expiant le péché, trouve son application concrète par l'effusion de l'Esprit Saint, qui répand l'Amour divin dans les cœurs (Rm 5, 5), restaure la ressemblance divine perdue (CEC 734) et donne les arrhes de l'héritage éternel (CEC 735).
La Pentecôte fait entrer le monde dans les "derniers temps" du salut, où l'Église, née de cet événement, devient le sacrement de la communion trinitaire et le moyen par lequel les fruits de la Rédemption – rémission des péchés, vie nouvelle en Christ, force pour témoigner – sont communiqués aux croyants (CEC 732-739). Sans cette mission de l'Esprit, qui attire les hommes au Fils et au Père, la Rédemption resterait inaccomplie dans son extension à toute l'humanité, car l'Esprit sanctifie, unit et envoie l'Église pour annoncer le Royaume (CEC 737-738).[17]
La Vierge Marie est explicitement présente au Cénacle, priant avec assiduité aux côtés des Apôtres et des disciples (Ac 1, 14), incarnant l'attente fidèle de l'Esprit. Comme lors de l'Annonciation où l'Esprit l'avait couverte de son ombre pour l'Incarnation (Lc 1, 35), Marie reçoit à nouveau l'Esprit à la Pentecôte, non pour une nouvelle maternité physique, mais pour exercer pleinement sa maternité spirituelle sur l'Église naissante, confiée par Jésus au pied de la croix (Jn 19, 26-27).
Marie devient ainsi la Mère de l'Église, figure et modèle de la communauté des croyants, favorisant par sa prière l'effusion des dons de l'Esprit pour la fécondité apostolique et la diffusion de la Bonne Nouvelle du salut.
Ce rôle unit l'Incarnation à la Pentecôte : ce qui s'est passé en Marie personnellement (conception du Christ) s'accomplit maintenant pour le Corps mystique du Christ, contribuant à la Rédemptionen édifiant l'Église et en participant à la transformation des disciples pour le témoignage salvifique (CEC 965, en lien avec les enseignements de Jean Paul II).[18]
Sandro Botticelli, La Descente de l'Esprit-Saint, v.1495-1505
(10) La naissance de l'Église
La naissance de l’Église désigne l’événement de la Pentecôte, où l’Esprit Saint descend sur les Apôtres, Marie et les disciples réunis au Cénacle (Ac 2, 1-4), marquant l’inauguration publique de la communauté chrétienne comme Corps du Christ et Temple de l’Esprit. Comme l’explique le Catéchisme de l’Église catholique (CEC 731), ce jour accomplit la Pâque du Christ par l’effusion de l’Esprit Saint, manifesté comme Personne divine et répandu en plénitude par le Seigneur ressuscité (cf. Ac 2, 33-36).[19]
Réunie avec les apôtres et quelques femmes (Ac 1,14), "on voit Marie appelant elle aussi de ses prières le don de l’Esprit qui, à l’Annonciation, l’avait déjà elle-même prise sous son ombre". CEC 965
Cet événement révèle pleinement la Trinité Sainte et ouvre le Royaume aux croyants, introduisant les "derniers temps" du salut, où l’Église hérite déjà du Royaume tout en l’attendant dans sa consommation (CEC 732). [20]
En lien avec la doctrine du salut et la Rédemption, la naissance de l’Église représente l’achèvement et l’extension de l’œuvre salvifique du Christ. La mission conjointe du Christ et de l’Esprit s’accomplit dans l’Église "Corps du Christ et Temple de l’Esprit Saint", qui devient le sacrement de la communion trinitaire, associant les fidèles à la réconciliation avec le Père (CEC 737-738).[21]
L’Esprit prépare les cœurs, manifeste le Ressuscité et actualise le mystère du Christ, particulièrement dans l’Eucharistie, pour porter du fruit dans la vie nouvelle (Jn 15, 5).
Sans cette effusion à la Pentecôte, la Rédemption – expiation du péché et victoire sur la mort par la croix et la Résurrection – ne s’étendrait pas à l’humanité entière, car l’Église est envoyée pour annoncer, témoigner et répandre cette communion divine (CEC 739-740).[22]
La Vierge Marie est intimement liée à cette naissance en tant que figure maternelle et coopératrice au plan salvifique. Au terme de la mission de l’Esprit dans sa vie, Marie devient la "Femme", nouvelle Ève et Mère du "Christ total" (Jn 19, 25-27), présente avec les Douze, assidue à la prière (Ac 1, 14), à l’aube des "derniers temps" inaugurés par la Pentecôte avec la manifestation de l’Église (CEC 726).[23]
Elle qui avait accueilli l’Esprit à l’Annonciation (Lc 1, 35) est maintenant au cœur de la communauté naissante, aidant par ses prières les débuts de l’Église et implorant le don de l’Esprit pour tous. Ce rôle la désigne comme Mère de l’Église, titre proclamé par Paul VI en 1964 et intégré au Catéchisme, soulignant sa participation unique à la Rédemption : par son adhésion totale à la volonté divine, elle modèle la foi et la charité pour les croyants, unissant l’Incarnation à la Pentecôte et favorisant la fécondité spirituelle de l’Église (cf. CEC 965-967 ;Cf. Lumen Gentium63).[24]
"Par son adhésion entière à la volonté du Père, à l’œuvre rédemptrice de son Fils, à toute motion de l’Esprit Saint, la Vierge Marie est pour l’Église le modèle de la foi et de la charité." CEC 967
Conclusion
Il est impossible de parler de l'entière doctrine nécessaire au salut sans mentionner le rôle et la mission joué par la Vierge Marie. Chaque doctrine mentionnée requiert l'implication de Marie.
"Pas de Marie, pas de Jésus. Pas de Mère, pas de Fils !", a pu dire Mère Teresa.
Et pas de Marie, pas d'Église !
Ce qui permet au Vatican dans la Note doctrinale "Mater populi fidelis" publiée le 7 octobre de parler de "rôle subordonné de Marie au Christ dans l’œuvre de la Rédemption." (# 22)
[13] Zenit - L'amour fait des miracles: l'eau transformée en vin à Cana, le vin transformé en sang à Jérusalem https://fr.zenit.org/2025/01/18/lamour-fait-des-miracles-leau-transformee-en-vin-a-cana-le-vin-transforme-en-sang-a-jerusalem/
Saint Geoffroy naquit à Moulincourt, au diocèse de Soissons, d'une famille encore plus distinguée par ses vertus et sa charité que par sa haute noblesse. Ses parents secouraient les églises et leur bonté rayonnait sur toutes les misères. Ces bons chrétiens n'étaient plus jeunes lorsqu'un troisième fils leur naquit. Ils consacrèrent leur benjamin à Dieu et le présentèrent à son oncle, évêque de Soissons. Celui-ci donna son propre nom au nouveau-né, Geoffroy, qui signifie: paix de Dieu. Lorsqu'il eut cinq ans, il conduisit l'enfant dans son monastère près de Péronne et se chargea de son éducation. Le nouveau Samuel grandit en âge et en sagesse à l'ombre des autels. A l'âge de vingt-cinq ans, Nathaud, évêque de Noyon, l'ordonna prêtre malgré les humbles protestations de l'élu qui se considérait indigne de ce trop grand honneur.(1)
Son monastère dépérissait avec six moines quand ceux-ci le choisirent comme abbé. En peu d'années, le monastère de Nogent dans la Marne devient l'un des plus florissants. En réponse à l'insistance de l'évêque de Reims, il accepte de devenir évêque d'Amiens ce qui lui causa bien des soucis. La plupart des membres du clergé étaient à la solde des grands seigneurs qui eux-mêmes menaient une vie impossible aux marchands et aux braves gens de la "Commune d'Amiens". (2)
Bientôt un concile le nomma évêque d'Amiens. Désolé et effrayé de l'honneur, Geoffroy s'enfuit secrètement. Découvert au sein de sa retraite, il fut ramené à Amiens et investi de l'autorité épiscopale par l'archevêque de Reims. Le nouveau pasteur revêtit une robe de bure, entra pieds nus dans la cité et tint un langage tout surnaturel à la foule émue et émerveillée. Chaque jour, treize pauvres étaient admis à manger à la table du Saint qui leur lavait lui-même les pieds. Il secourait les veuves et les enfants abandonnés, portait de la nourriture aux lépreux qu'il comblait de soins particuliers.
Saint Geoffroy défendait les opprimés, sermonait ceux qui abusaient de leur pouvoir et qui vivaient dans la dépravation. Décidant d'en finir avec les gênantes admonitions de leur évêque, des seigneurs lui envoyèrent du vin empoisonné, mais Dieu avertit intérieurement saint Geoffroy du danger qui le menaçait.
Il quitta son diocèse après le concile national des évêques de France tenu à Vienne, pendant lequel il soutint brillamment les droits du souverain pontife. Sur la réclamation des habitants d'Amiens, les évêques réunis en concile à Soissons en 1115 intimèrent à saint Geoffroy l'ordre de réintégrer sa bergerie. Les exhortations, les réprimandes, les invectives, les supplications et les promesses s'avérèrent inutiles pour ramener son peuple dans les sentiers du bien. Le saint pasteur transmit les menaces du Ciel à ses brebis rebelles qui taxèrent ses prédictions de visions chimériques. Hélas! ces âmes sourdes aux avertissements de Dieu apprécièrent trop tard les discours prophétiques de leur évêque.
Guerre, pillage, débauche régnaient en maîtres dans la ville d'Amiens, navrant le coeur de saint Geoffroy qui se jugeait responsable des péchés de son peuple. Il résolut donc d'aller s'ensevelir à la Grande Chartreuse de Grenoble pour tâcher d'obtenir la conversion de ses ouailles par sa vie de pénitence.
Saint Geoffroy, privé d'amis pour le soutenir, gagna la Grande Chartreuse pour y vivre une vie de pénitence.
Mais forcé de revenir, il reprend ses fonctions un an après et il meurt au bout de quelques mois à l'abbaye de Saint Crépin de Soissons. Aucun membre du clergé d'Amiens ne se dérangera pour venir rechercher son corps.
Avant de rendre son âme à Dieu, saint Geoffroy devait être témoin du désastre qui transforma la cité d'Amiens en un monceau de cendres et de ruines. Peu de temps après ces sinistres événements, il tomba gravement malade. À l'abbaye de St-Crépin, le vénéré pasteur reçut la communion des mains de Lisiard, évêque de Soissons, et rendit son âme à Dieu le 8 novembre 1115.
Formé à la vie monastique dès l’âge de cinq ans, abbé de Nogent-sous-Coucy, devenu évêque d’Amiens, il eut beaucoup à souffrir pour établir la paix dans les luttes entre les seigneurs et le peuple de la cité, ainsi que pour réformer les mœurs du clergé et du peuple. Il mourut à Soissons, au retour d’un voyage à Reims.
Saint Willibrord. Enluminure, Trèves vers 1000. feuille unique, Paris, Bibliothèque National, Lat. 10510
Né vers l’an 658 en Northumberland, terre de foi et de silence, Saint Willibrord consacra son cœur et ses œuvres à l’annonce de l’Évangile. Ce missionnaire, choisi de Dieu pour mener les âmes païennes à la lumière du Christ, laisse dans l’histoire une empreinte indélébile. Apôtre des contrées septentrionales, il fut le guide spirituel des peuples de la Frise, de la Hollande, et des terres environnantes.(1)
La conversion des Anglo-saxons fut l'une des grandes entreprises deGrégoire le Grand.
Willibrord et Boniface (+ 754) évangélisent la Frise et l'Allemagne après avoir été sacrés évêques à Rome. L'Angleterre, l'Irlande deviendront des foyers d'où les missionnaires partiront christianiser l'Europe du Nord.(2)
Willibrord, moine saxon bénédictin naît vers 658 dans le royaume de Northumbrie (royaume du nord de l'Angleterre au sud de l'Ecosse); il deviendra l'apôtre des Pays-Bas et premier évêque d'Utrecht, convertissant les Anglo-Saxons au christianisme catholique nicéen. La Northumbrie en tant que royaume s'était auparavant constituée au début du VIIe siècle par l'union de deux entités angles (d'origine germaniques) : celle de Bernicie (Bernicia) au nord et celle de Deirie (Deira) au sud. En 616, Edwin de Deira, roi païen des Angless se convertit au christianisme en 627 sous l'action de sa femme, une fille du roi chrétien Æthelbert de Kent, et sous l'influence du missionnaire Paulin d'York qui accompagnait la future épouse.
L'arrivée au pouvoir du roi de Mercie Penda, farouche défenseur du paganisme, interrompit momentanément les progrès accomplis par les missionnaires chrétiens.
En 634, Oswald de Bernicie réunifia la Northumbrie après avoir vaincu Cadwallon près de Hexham. Afin d'évangéliser son peuple, il fait venir d'Iona (petite île de l'ouest de l'Écosse) le missionnaire écossais Aidan, l'"apôtre de la Northumbrie", qui fonda une abbaye à Lindisfarne (île de la côte de Northumbrie, aujourd'hui Holy Island). Le pays fut rapidement converti par les moines écossais et le VIIe siècle marqua l'apogée de la puissance northumbrienne.
Son père, nommé Wilgils, saxon de Northumbrie récemment converti au christianisme, l'envoie recevoir une éducation chrétienne à l'abbaye de Ripon à Ripon (Angleterre), alors dirigée par Wilfrid d'York.
Devenu moine bénédictin, Willibrord est ordonné prêtre et se rend en Irlande pour parfaire son éducation monastique et intellectuelle pendant une douzaine d'années, à l'abbaye de Rathmelsigi.
En 690, il est envoyé en Frise, territoire récemment acquis par les Francs mérovingiens, pour y œuvrer à l'évangélisation de la population.
Willibrord se rend à Rome pour recevoir approbation et bénédiction pontificale, puis parcourt un vaste territoire correspondant à la moitié la plus maritime des Pays-Bas actuels.
Lors d'un second voyage à Rome, il est consacré évêque missionnaire le 21 novembre 695 dans l'église de Sainte-Cécile du Trastevere à Rome. Il décide de fixer son siège épiscopal à Utrecht, puis il parcourt la Frise orientale jusqu'au territoire des Danois.
Récemment consacré évêque d'Utrecht, il fait construire à Echternach un monastère plus grand. Il en deviendra l’abbé jusqu'à sa mort. Avec le soutien financier de Pépin de Herstal (père de l'empereur Charlemagne) avec lequel il s'est lié d'amitié, il y édifie la première église abbatiale en 700.
En 714 il baptise Pépin le Bref, fils de Charles Martel, à Echternach. A partir de ce jour, Pépin le soutiendra sans faillir.(3)
Très en faveur auprès de la famille carolingienne et déjà connu comme l’apôtre des Frisons, Willibrord obtiendra de plus l’aide de Wilfred, évêque d’York, qui lui enverra des moines irlandais de l’abbaye de Ripon pour évangéliser la région.
En 725, il se rend au Danemark afin d'y mener une mission d'évangélisation. Il y rencontre le roi Ongendus qu'il décrit comme "plus cruel qu'une bête féroce et plus dur que la pierre". (4) Il ne réussit à convertir que trente enfants qu'il fut obligé de ramener avec lui pour leur épargner un martyre certain.
Statue moderne de S. willibrord, Echternach, Luxembourg. Willibrordstatue
Willibrord meurt le 7 novembre en 739 à l'abbaye d'Echternach (Luxembourg, aujourd'hui au Grand-Duché de Luxembourg) où il fut enterré selon son désir.
Son tombeau est encore assidûment fréquenté par des pèlerins et la petite église mérovingienne a dû être remplacée vers l'année 800 par une église à trois nefs d'une longueur de plus de 60 mètres. Son nom est associé à l'abbaye d'Echternach. On y trouve son sarcophage avec ses reliques. Elle est centre de pèlerinage et lieu d'une célèbre procession, le mardi de Pentecôte de chaque année. Il est le saint patron du Grand-Duché de Luxembourg. (5)
En 751, Pépin élève le monastère au rang d'"abbaye royale" et lui donne son autonomie. Autour des murs de l’abbaye se développe un bourg qui deviendra une des villes les plus prospères du comté de Luxembourg.
Il était l'ami de saint Lambert de Maastricht et les deux saints évêques se rencontraient périodiquement. Son crâne est exposé dans une église d'Aix-la-Chapelle.
L'abbé Thiofrid et Alcuin ont rédigé des vitae à son sujet qui ont contribué à répandre sa renommée et son culte.
Willibrord est à l'origine de l'histoire de Gravelines - département du Nord - (laquelle ne commence réellement qu'en 800 après l'assèchement du Blootland) car il y aurait débarqué lors de sa première arrivée sur le continent. Une chapelle placée sous le patronage du saint y fut construite. L'actuelle église dédiée à saint Willibrord fut édifiée en 1598 puis reconstruite au XIXe siècle. Willibrord est connu à Gravelines comme évêque anglo-saxon venu évangéliser la Flandre.
Né en Angleterre, ordonné par le pape saint Serge Ier évêque d'Utrecht, il annonça l'Évangile en Frise et en Danie, fonda des sièges épiscopaux et des monastères et, accablé de travaux et usé par l'âge, il s'endormit dans le Seigneur dans le monastère qu'il avait fondé.
À Ankara, Carine et son époux Mélassippe subirent le martyre durant la persécution de l'empereur Julien l'Apostat.Ils furent mutilés et attachés encore vivants au pilori devant leur fils Antoine. Celui ci ne renia pas Jésus-Christ malgré le spectacle de la souffrance de ses parents. Il mourut décapité à son tour.
Le Vatican annonce la publication d'un document sur la monogamie.
Secrétariat du Dicastère pour la Doctrine de la Foi : La note, intitulée "Nous deux. Éloge de la monogamie", traite de la valeur du mariage.
Le Vatican prévoit de publier un document sur la monogamie fin novembre. Cette annonce a été faite mardi à Rome par Armando Matteo, secrétaire du Dicastère pour la Doctrine de la Foi.
Intitulée "Nous deux : Éloge de la monogamie", cette note aborde la valeur du mariage.
Elle fait suite à la nécessité, exprimée principalement par les évêques africains, d'exprimer leur position catholique sur la pratique de la polygamie sur leur continent.
La question avait également été soulevée lors du Synode de l'Église catholique à Rome l'année dernière.
À ceux qui sont mariés, je donne cet ordre – il ne vient pas de moi, mais du Seigneur – : que la femme ne se sépare pas de son mari.
La note du Vatican sur la monogamie intitulée "Una Caro: Éloge de la monogamie. Note doctrinale sur la valeur du mariage comme union exclusive et appartenance réciproque"
souligne "l'unité et l'indissolubilité" entre un homme et une femme dans le mariage. Ce texte de longueur moyenne s'inspire des Écritures, des grands théologiens et des papes depuis Léon XIII. Publié pour "l'Église universelle", le document a été publié le 25 novembre uniquement en italien :
Dans un entretien avec Raymond Arroyo d'EWTN, le préfet émérite de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a critiqué la controverse entourant la messe selon l'ancien rite et a mis en garde contre le relativisme théologique croissant au Vatican.
Rome (kath.net/LifeSiteNews/jg)
C’est le progressisme, et non la tradition, qui divise l’Église, a déclaré le cardinal Gerhard Müller, préfet émérite de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, dans un enrtetien accordée à Raymond Arroyo d’ EWTN dans le cadre de l’émission "The World Over" le 30 octobre.
Le cardinal Müller a affirmé que ce sont les "progressistes", qui en réalité ne suivent pas l'enseignement de l'Église, qui font des compromis moraux et relativisent le sacrement du mariage en bénissant les couples de même sexe. Il a souligné qu'il s'agit là d'une division au sein de l'Église, et non d'une adhésion à la tradition. La tradition, a-t-il insisté, est un pilier essentiel de l'Église, au même titre que l'Écriture Sainte et le Magistère. La tradition catholique est solidement fondée, a-t-il expliqué, car elle remonte aux Apôtres.
Quand Arroyo a demandé pourquoi il y avait une résistance à la messe dans le rite ancien, Müller a répondu textuellement : "Je ne peux pas comprendre ces gens."
Il n'existe aucune justification théologique à la restriction de la messe traditionnelle en latin. "Leur seul argument est : “Nous avons l'autorité” ", a déclaré le cardinal. Les opposants à la messe traditionnelle en latin devraient expliquer ce qui cloche avec l'ancienne forme de la liturgie, mais ils ne l'ont pas fait, a-t-il constaté.
Il a rejeté les propos du cardinal Blase Cupich, archevêque de Chicago, qui avait qualifié la messe traditionnelle en latin de "spectacle". On ne saurait prétendre, a-t-il affirmé, que les évêques et les papes qui célèbrent la messe en latin traditionnel depuis des siècles s'intéressent à un spectacle. Il a supposé que la déclaration de Cupich n'était pas fondée sur un fondement théologique, mais visait plutôt à faire les gros titres.
Arroyo a fait référence à la déclaration du pape Léon XIV dans un entretien accordé au magazine Crux en septembre, selon laquelle la messe pourrait être célébrée en latin partout si c'était le nouveau rite.
Le cardinal Müller répondit que le concile Vatican II n'avait pas préconisé l'instauration d'une nouvelle liturgie parce que l'ancienne aurait été erronée. L'objectif était de permettre aux fidèles de suivre plus facilement la messe, car beaucoup d'entre eux ne connaissaient pas le latin.
Le cardinal Müller estime que l'attaque contre la messe traditionnelle en latin est un conflit superflu que l'Église devrait éviter. "Nous pouvons dialoguer avec ceux qui nient la divinité de Jésus-Christ", a-t-il déclaré, "mais pas avec ceux qui préfèrent la messe selon le rite ancien."
Il a averti que certains évêques conseillaient aux catholiques qui souhaitaient assister à la messe selon le rite ancien de rester chez eux ou de rejoindre la Fraternité Saint-Pie-X (schismatique). Il a plutôt appelé au dialogue, rapporte le Catholic Herald .
Dans l'entretien, le cardinal Müller a critiqué le relativisme théologique croissant qu'il perçoit dans le dialogue interreligieux du Vatican et a condamné l'ouverture d'une salle de prière musulmane au Vatican. Il a affirmé que cela équivalait à une "relativisation de soi". Cette décision, a-t-il noté, était probablement davantage motivée par un désir de paraître "ouvert" que par une réflexion théologique.
Il s'est demandé si les responsables avaient même été consultés. "Je ne sais pas si un cardinal, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi ou le Pape ont été sollicités. Les musulmans pourraient y voir une victoire symbolique, un signe que leur prétendue supériorité est reconnue", a déclaré le cardinal.
Dans ce contexte, il a mis en garde contre le risque d'estomper les différences entre les religions, qui ont des conceptions différentes de la paix, de la liberté et de la dignité de la personne. "Nous ne pouvons pas les mélanger. Nous ne sommes pas tous frères", a déclaré le cardinal Müller.
Saint Léonard avec Marie-Madeleine, sainte Marthe et saint Pierre (Le Corrège), 1517
Parmi les jeunes seigneurs de la cour de Clovis qui abjurèrent le paganisme après la bataille de Tolbiac, il y avait un brillant officier nommé Léonard.
À l'école de saint Rémi, près duquel il se fixa, il fit de rapides progrès dans la vertu. "Il était affable dans ses entretiens, fidèle à ses promesses, prodigue par ses aumônes, modeste en ses paroles, humble et simple en tout."
Clovis, informé par la voix publique de sa sainteté et des merveilles que Dieu opérait par ses main, voulut le faire évêque ; mais Léonard refusa : "Eh bien ! lui dit le roi, demandez-moi quelque grâce, je vous l'accorderai. - Ô prince ! dit Léonard, accordez-moi le pouvoir de visiter les prisons et de délivrer les prisonniers que je jugerai dignes de cette faveur."
Clovis fut heureux d'y consentir.
Le saint moine passa quelques temps à Orléans, près de saint Mesmin, abbé de Mici, pour se former aux règles de la vie monastique, puis il traversa le Berry, où il prêcha la foi à des populations encore païennes et obtint un succès immense par sa parole et par ses nombreux miracles.
De là il se rendit en Aquitaine et chercha un lieu solitaire pour se livrer à la prière et à la contemplation des choses célestes. Il trouva cette retraite dans une forêt, près de Limoges, et y mena, pendant vingt ans, une vie plus angélique qu'humaine, dont Dieu seul a le secret.
À sa parole, une source d'eau vive sortit de terre pour alimenter son ermitage.
La solitude de ces lieux autrefois sauvages fut bientôt envahie. Une infinité de malades se faisaient transporter auprès du saint et obtenaient leur guérison ; d'autres venaient entendre sa parole et recevoir ses avis.
Mais surtout, les prisonniers échappés de leur cachot par l'effet de ses prières venaient lui présenter leurs fers en hommage, et recevoir de lui les leçons de la pénitence et de la vie chrétienne.
On sait peu de choses sur sa vie, si ce n'est qu'elle se retira, après la mort de son mari, dans une maison proche de la Basilique Saint-Paul-hors-les-murs. (1)
Grande dame romaine qui consacra sa vie à son fils, le pape Grégoire le Grand, si attentive qu'elle se préoccupait même jusqu'aux détails des menus de ses repas en achetant à son intention les meilleurs fruits et légumes frais sur les marchés romains, afin qu'il soit en bonne santé.
Devenu pape, Grégoire fait peindre le portrait de sa mère Sylvie et de son père Gordianus, dans leur maison familiale transformée par lui-même en monastère.
Sainte Sylvie termine sa vie à Rome vers 592.
Elle est fêtée le 5 novembre. Elle est la sainte patronne des mères de prêtre et des Aides aux prêtres, laïques et religieuses.
Elle figure au martyrologe romain au 3 Novembre:
Mère du pape saint Grégoire le Grand. Celui-ci rapporte lui-même, dans ses écrits, qu'elle atteignit le sommet de la prière et de la pénitence et qu'elle fut un exemple excellent pour les autres. Elle mourut vers 590.
Il s'agit de l'une des plus vastes études de cohorte jamais réalisées sur les effets cancérogènes des vaccins contre la Covid-19 : en Corée du Sud, les données de plus de huit millions de participants ont été analysées.
Les auteurs expliquent que le « potentiel oncogène du SARS-CoV-2 » avait déjà été évoqué, mais que les données cliniques étaient insuffisantes. Cette situation évolue grâce à cette « vaste étude rétrospective populationnelle », qui estime « l’incidence cumulée et les risques de cancer un an après la vaccination contre la COVID-19 ».
Les données, recueillies auprès de 8 407 849 personnes entre 2021 et 2023, proviennent du système d’assurance maladie coréen. Les participants ont été répartis en deux groupes selon leur statut vaccinal. Les personnes vaccinées présentaient un risque significativement accru de développer différents cancers.
Voici les chiffres en détail : les cas de cancer de la prostate ont augmenté de 69 %, ceux du poumon de 53 %, ceux de la thyroïde de 35 %, ceux de l’estomac de 33,5 %, ceux du côlon de 28 % et ceux du sein de 20 %. Avec les vaccins à ADN, le risque de cancer était particulièrement élevé pour les cancers de la thyroïde, de l’estomac, du côlon et de la prostate. Avec les vaccins à ARNm, ce risque était accru pour les cancers de la thyroïde, du côlon, du poumon et du sein. Le vaccin contre la COVID-19 semble donc être un véritable facteur aggravant du cancer.
La Commission européenne doit désormais s'exprimer. L'eurodéputé autrichien Gerald Hauser souhaite connaître les chiffres correspondants en Europe, savoir comment la Commission explique ces « augmentations alarmantes en si peu de temps » et si des programmes de dépistage du cancer spécifiques sont prévus et recommandés pour les personnes vaccinées contre la Covid-19, considérées comme un « groupe à haut risque de cancer ».
Dormez brave gens !!! Étude : Augmentation spectaculaire des cas de cancer après la vaccination contre le Covid-19. La Commission européenne doit désormais prendre position. @CuendetVhttps://t.co/z5RKoUDL2rhttps://t.co/eL72z2lIHe
— LE COLLECTIF 🅻🅴 🅲🅾🅻🅻🅴🅲🆃🅸🅵 🇫🇷 (@tatiann69922625) November 3, 2025
Saint Charles, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 43.
Saint Charles Borromée, né au sein de l'opulence et des grandeurs, devait être l'un des plus illustres pontifes de l'Église.
Neveu du Pape Pie VI, Charles était cardinal avant l'âge de vingt-trois ans.
Après son élévation au sacerdoce, il fut promu à l'archevêché de Milan (1564). Il s'employa à y appliquer les mesures de la Contre-Réforme prises au Concile de Trente (1545-1563), auquel il participa, s'attachant à réformer les abus qui s'étaient introduits dans l'Église.
Le diocèse de Milan était alors dans une désorganisation complète : peuple, clergé, cloîtres, tout était à renouveler. Le pontife se mit à l'œuvre, mais donna d'abord l'exemple.
Il mena dans son palais la vie d'un anachorète ; il en vint à ne prendre que du pain et de l'eau, une seule fois le jour ; ses austérités atteignirent une telle proportion, que le Pape dut exiger de sa part plus de modération dans la pénitence.
Il vendit ses meubles précieux, se débarrassa de ses pompeux ornements, employa tout ce qu'il avait de revenus à l'entretien des séminaires, des hôpitaux, des écoles, et au soulagement des pauvres et des mendiants.
Son personnel était soumis à une règle sévère ; les heures de prières étaient marquées, et personne ne s'absentait alors sans permission. Les prêtres de son entourage, soumis à une discipline encore plus stricte, formaient une véritable communauté, qui donna à l'Église un cardinal et plus de vingt évêques.
L'archevêque transforma le service du culte dans sa cathédrale et y mit à la fois la régularité et la magnificence.
Toutes les œuvres nécessaires furent fondées, et l'on vit apparaître partout un renouveau de vie chrétienne.
Ce ne fut pas sans de grandes épreuves. Charles reçut un jour, un coup d'arquebuse, pendant qu'il présidait à la prière dans sa chapelle particulière ; le Saint continua la prière sans trouble.
Pendant la peste de Milan,il montra un grand dévouement. Il visitait toutes les maisons et les hôpitaux, et sauva la vie à soixante-dix mille malheureux.
Les pieds nus et la corde au cou, le crucifix à la main, il s'offrit en holocauste.
Il mourut sur la cendre à quarante-six ans.
Sources: (1); (2); (3) ; Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 42.
Le diable apparut à trois moines et leur dit : si je vous donnais le pouvoir de changer quelque chose du passé, que changeriez-vous ?
Le premier d’entre eux, avec une grande ferveur apostolique, répondit : "Je voudrais vous empêcher de faire tomber Adam et Ève dans le péché, afin que l’humanité ne se détourne pas de Dieu."
Le second, un homme plein de miséricorde, lui dit : "Je veux t’empêcher de te détourner de Dieu et de te condamner toi-même pour toujours."
La troisième était la plus simple : au lieu de répondre au tentateur, il se mit à genoux, fit le signe de la croix et pria : "Seigneur, délivre-moi de la tentation de ce qui aurait pu être et qui n’a pas été."
Le diable, hurlant et se tordant de douleur, disparut. Les deux autres, choqués, demandèrent : "Frère, pourquoi as-tu réagi ainsi ?"
Il leur répondit : "Premièrement : nous ne devons JAMAIS dialoguer avec le mal."
Deuxièmement : PERSONNE au monde n'a le pouvoir de changer le passé.
Troisièmement : l’intérêt de Satan n’était pas de tester notre vertu, mais de nous retenir prisonniers du passé, afin que nous négligions le moment présent, le seul moment où Dieu nous accorde sa grâce et où nous pouvons coopérer avec elle pour faire sa volonté.
De tous les maux, celui qui tourmente le plus les hommes et les empêche d'être heureux est celui des regrets, de ce qui aurait pu être et qui n'a pas été. Le passé est entre les mains de Dieu et l'avenir est entre ses mains.
Saint patron des métis, des Noirs, de la justice sociale, de l'anti-racisme, des coiffeurs, des employés d'hôtel et de de toutes les œuvres sociales du Pérou, Martin de Porrès est fêté le 3 novembre.
Fils de Juan de Porrès, chevalier espagnol de l’ordre d’Alcantara, et d’Anna Velasquez, esclave noire affranchie, Martin, naît le 9 décembre 1579 à Lima (Pérou) très noir de peau; il n'est d’abord pas reconnu par son père, pas plus que par Juanita, sa sœur, plus blanche de deux ans plus jeune.
En 1500, la conquête espagnole du Nouveau Monde voit dès 1510, douze dominicains espagnols débarquer : l’un d’eux, Antonio de Montesino, prend la défense des Amérindiens, allant jusqu’à retourner en Espagne obtenir du Roi, dès 1514, la promulgation des lois de Burgos garantissant leurs droits. Bartoloméo de las Casas, prêtre diocésain devenu dominicain puis Evêque, sera à l’origine de nouvelles lois pour leur défense en 1542, tandis que Lima avait été fondée près de la mer par Pizarro le jour de l’Epiphanie 1535. En 1552, les Dominicains y fondent l’université Saint Marc. Le premier Evêque de Lima, Vicente de Valverde était dominicain ; Rose de Lima, tertiaire dominicaine qui sera la première sainte canonisée du nouveau Monde, y a été baptisée en 1586.
Petit, Martin manifeste une grande charité envers les pauvres et une prière assidue. Le citron qu’il a planté dans la cour produit toujours des fruits abondants. Juan de Porrès vint de Guayaquil (Equateur) chercher ses deux enfants pour assurer leur éducation. Mais étant nommé à Panama, il confia Juana, six ans, à son frère Jaime de Mirana, et ramena à sa mère à Lima Martin, huit ans, après l’avoir fait confirmer, avec une somme conséquente pour prendre en charge leur subsistance.
À l’âge de 12 ans, Martin devient apprenti-barbier chez Marcel de Rivero, coiffeur-chirurgien-rebouteux. L’apprentissage est rapide, au point de remplacer son maître lors de ses absences, mais refusant l’argent des pauvres. Sa prière nocturne, à genoux les bras en croix devant le Crucifix, est bientôt découverte : "J’ai soif !" (Jn 19, 28). "Le Christ s’est fait obéissant jusqu’à la mort sur une Croix" (Ph 2, 6) ; "Fils de Dieu m’a aimé et s’est livré pour moi" (Ga 2, 20).
A 15 – 16 ans, il se présente au couvent dominicain du Saint-Rosaire pour y prendre l’habit de donado, familier ou aide de ménage, d’où son balai, intérieur aux frères convers. Dans cet immense couvent aux cinq cloîtres, abritant environ deux-cents frères et pères Dominicains, il s’acquitte du rôle d’infirmier et sa réputation de thaumaturge se répand très vite dans toute la ville.
Martin travaille beaucoup. Il a une profonde piété : il se lève avant le jour pour s'arrêter à l'église afin de servir la Messe, et après son travail, il s'enferme dans sa chambre pour prier, les yeux fixés sur le crucifix, et lire des ouvrages pieux.
Il est infatigable à la tâche durant le jour où il balaye les couloirs et nettoie les latrines (d’où le balai qui est son attribut hagiographique), gère les draps et les habits des pères et des frères, gère des plantations, assure la cuisine et nourrit non seulement les bêtes mais bientôt les pauvres de la ville jusqu’à deux cents par jour; il bâtit l’orphelinat de Sainte-Croix !
Ses journées dépassent seize heures, qu’il vit dans une humble obéissance à ses supérieurs, sauf quand il lui semble préférable d’obéir d’abord aux préceptes évangéliques quant il s’agit de la charité.
En dehors de son service auprès des malades, Martin prie beaucoup, passant de longues heures devant le Saint Sacrement, s'arrêtant pour de courtes et profondes oraisons devant toutes les images pieuses du monastère, consacrant une grande partie de ses heures de repos à la vénération de la Vierge, ne manquant jamais de sonner lui-même l'Angélus.
Il effectue de longues pénitences, priant pour les âmes du Purgatoire, se faisant fouetter de verges par les autres moines en signe d'humilité. Il portait le Cilice et jeûnait souvent.
Quand on remarque sa sainteté parce qu’il a encore guéri un malade, il répond invariablement : "Ainsi se moque-t-on d’un pauvre mulâtre !"
Les animaux sont immédiatement ses amis : il calme un groupe de taureaux fous qui viennent frotter leurs naseaux contre son habit de convers, il guérit des chiens éventrés en les recousant, nourrit à heure fixe les souris qui envahissaient le couvent à condition qu’elles libèrent les lieux et aillent au rendez-vous au fond du jardin, et va jusqu’à ressusciter un vieux chien ficèle à qui son maître avait fait écraser la tête ! Au chien qui mange sa gamelle, il ordonne d’accepter qu’un chat partage la pitance, puis une souris se joint à eux impunément (la scène fait désormais partie de l’iconographie traditionnelle de saint Martin).
Durant la nuit, il se flagelle à trois reprises, se repose quelques heures sur un brancard dans l’infirmerie et va passer de longs moments dans l’église devant le Saint-Sacrement ou trouve refuge lors de ses extases dans un petit réduit sous la chaire.
Les miracles se multiplient, au point qu’un ouvrage sur saint Martin de Porrès est intitulé : "Arrête de faire des miracles !" Il prophétise pour réconforter : "Non , ce n’est pas de cette maladie que tu mourras" (le mourant se rétablit au bénéfice de l’improbable mission que Martin lui avait dit qu’il accomplirait) ou pour rassurer : "Le tremblement de terre n’atteindra jamais cette chapelle" (encore debout aujourd’hui) ; Il traverse des portes et des murs pour aller soigner des malades au Noviciat fermé à clef ; Il a des dons de bilocations pour rester dans l’obéissance à ses supérieurs sans manquer ailleurs à la charité (ou même a des missions… au Japon !) ; Il multiplie la nourriture (comment faisait-il pour nourrir une centaine de pauvres venus quémander quotidiennement à la porte du couvent ?) ; Il a des dons de lévitations fréquentes devant le crucifix de la chapelle ; a la connaissance des coeurs ; des aroles de science divine sur des questions théologiques difficiles alors qu’il n’avait pas fait d’étude !
Mais toujours avec les yeux baissés et un doux sourire aux lèvres qui lui font pardonner par les autres le bien qu’il leur fait.
Après neuf ans, son supérieur l’oblige à faire profession religieuse solennelle comme frère convers, mais cela ne change rien à son silence et à sa fidélité d’humble serviteur de tous, avec une attention spéciale pour les noirs souvent méprisés à l’époque dans le Nouveau Monde et pour les esclaves. Il aime à prier Marie dans la chapelle de la Reine du Très-Saint-Rosaire et le Christ présent au tabernacle.
Un témoignage dira de lui que Martin "obéissait et révérait les prélats tant religieux que diocésains, ainsi que tous ceux qui étaient investis d'une dignité ecclésiastique ou civile, comme s'il vénérait en eux Dieu, Son Autorité et Sa Puissance déléguées" tandis qu'un de ses frères observera qu'il "accomplissait son vœu d'obéissance avec une volonté prompte, joyeuse, et virile."
Martin avait l'habitude, à la fin du repas, de passer de table en table pour récupérer tout ce qui avait pu être laissé et de sortir immédiatement le distribuer aux pauvres qui l'attendaient. Sa confiance en la Providence était telle qu'il avait coutume de dire : "Puisse Dieu, en son infinie miséricorde, multiplier cette nourriture", et les pauvres ne manquaient jamais d'être tous servis !
En 1639, durant sa soixantième année, contrairement à son habitude, il se présenta durant quinze jours avec un bel habit tout neuf : à ceux qui le lui faisait remarquer, il déclara que cela lui servirait bientôt…
Puis il le rangea dans sa cellule jusqu’au jour où, pris d’atroces douleurs, il dut s’aliter. Toute la communauté défila auprès de son grabat et il leur déclara que c’était sa dernière maladie : "Ne pleurez pas : il es possible que je sois plus utile là-haut qu’ici".
Objet d’assauts diaboliques le corps de Martin dégageait pourtant un parfum extraordinaire évoqué ensuite par tous les témoins.
À 21h le 3 novembre 1639, alors qu’il serait son crucifix sur son coeur, Martin quitta ce monde au milieu de la prière de ses frères dominicains. La rigidité cadavérique avait déjà saisi le mort quand le P. Cypriano de Medina demanda à Martin qu’il veuille bien rendre son corps flexible et le visage reprit son expression naturelle. Le défilé qui commença fut suscité par la rumeur qui traversa Lima, et tous les visiteurs admis voulaient un morceau de son vieux vêtement, au point qu’il fallut revêtir finalement le corps de Martin du bel habit neuf qu’il avait soigneusement rangé.
Les plus hautes autorités ecclésiastiques et civiles de Lima procédèrent à l’inhumation. Les guérisons miraculeuses se succédèrent à rythme soutenu, au point qu’on procéda rapidement aux enquêtes en vue d’une béatification en sollicitant les nombreux témoignages — plus de soixante six — de ceux qui avaient vécu avec Martin ou bénéficié de ses miracles.
Le Roi d’Espagne lui-même intervint auprès du Pape pour que Martin soit élevé à la gloire des autels, mais l’acheminement des documents de Rome à Lima et de Lima à Rome et les aléas correspondant à l’humilité de Martin firent durer trois siècles la procédure qui aboutit à sa béatification comme "patron de toutes les oeuvres sociales du Pérou" par Pie XII le 10 juin 1945 et à sa canonisation le 7 mai 1962 par Jean XXIII qui fixa sa fête liturgique au 3 novembre.
Citations:
Considère toujours les autres comme plus saints et plus dignes que toi, et efforce-toi en même temps d'être aussi saint que tu peux l'être.
Saint Martin de Porrès
Dans son homélie de canonisation, Jean XXIII déclare :
"Saint Martin, toujours obéissant et inspiré par son divin Maître, a vécu parmi ses frères avec ce profond amour qui vient de la Foi pure et de l'humilité du cœur. Il aima les hommes parce qu'il les voyait comme des enfants de Dieu, et comme ses propres frères et sœurs. Telle fut son humilité qu'il les aima plus qu'il ne s'aimait lui-même, et qu'il les considérait comme étant meilleurs et plus vertueux que lui-même... Il excusait les fautes des autres. Il pardonna les insultes les plus amères, convaincu qu'il était qu'il méritait de plus sévères châtiments à cause de ses propres péchés. Il essaya de toutes ses forces de sauver les coupables ; il consola amoureusement les malades ; il fournit des remèdes, de la nourriture, des vêtements aux pauvres ; il aida tant qu'il fut possible les ouvriers agricoles et les Nègres, sans oublier les mulâtres, qui en ce temps étaient considérés ni plus ni moins que comme des esclaves."
Autel de la basilique N.-D. du Très-Saint-Rosaire du monastère Saint-Dominique à Lima, avec les reliques des saints Martin de Porrès, Jean Macias et Rose de Lima.
Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 83.
Saint Hubert, évêque de Tongres-Maastricht-Liège († 727), Patron des chasseurs
Évangélisateur des Ardennes au VIIe siècle, saint Hubert est issu de la haute noblesse franque ; il est même probablement apparenté aux Pépinides et fut contemporain de Pépin de Herstal et de Charles Martel dont il fut proche.
Il avait douze ans quand, au milieu d'une chasse, il vit un ours furieux se jeter sur son père et l'étreindre de ses griffes redoutables. À ce spectacle, il poussa un cri vers le Ciel : "Mon Dieu, faites que je sauve mon père !" Aussitôt, se jetant sur l'animal féroce, il lui donne le coup de la mort. C'est là, sans doute, le premier titre de saint Hubert à sa réputation de patron des chasseurs.
Plus tard, les chroniqueurs nous disent qu'il était connu par « les folles joies de sa vie mondaine » peu édifiante, jusqu'au jour où la grâce de Dieu vint le toucher. Hubert chassait un Vendredi saint dans la forêt des Ardennes, ce qui était une chose peu convenable pour un chrétien. Soudain, un beau cerf, qu'il poursuit avec ardeur, s'arrête et lui fait face. Entre les cornes de l'animal brille une Croix éclatante, et une voix prononce ces paroles :
"Hubert! Hubert! Jusqu'à quand poursuivras-tu les bêtes dans les forêts? Jusqu'à quand cette vaine passion te fera-t-elle oublier le salut de ton âme ?"
- Seigneur, s'écrie le jeune prince, que voulez-vous que je fasse ?
- Va vers l'évêque Lambert, convertis-toi. Fais pénitence de tes péchés, ainsi qu'il te sera enseigné. Voilà ce à quoi tu dois te résoudre pour n'être point damné dans l'éternité. Je te fais confiance, afin que mon Église, en ces régions sauvages, soit par toi grandement fortifiée.
Et Hubert de répondre, avec force et enthousiasme :
- Merci, ô Seigneur. Vous avez ma promesse.
Je ferai pénitence, puisque vous le voulez.
Je saurai en toutes choses me montrer digne de vous!
Bientôt Hubert renonce à tous ses droits sur la couronne d'Aquitaine, se revêt d'un costume de pèlerin et s'achemine vers Rome.
Le culte de saint Hubert - chasseur s'était surtout développé sous l'influence des amateurs de vénerie, autrement dit les aristocrates, pour qui la chasse, préfiguration de la guerre, était l'occasion de faire valoir leurs vertus de classe : la bravoure, l'intrépidité, la virtuosité dans le maniement des armes. La chasse jouait un rôle important dans la culture aristocratique.
Comme il arrivait au tombeau des saints Apôtres, le Pape Sergius, dans une vision, apprenait le meurtre de l'évêque Lambert, victime de son zèle pour la défense de la sainteté conjugale, et il recevait l'ordre d'envoyer à sa place le pèlerin qui arrivait en ce moment, pour prier à la basilique de Saint-Pierre. Le Pontife trouva en effet l'humble pèlerin, lui fit connaître les ordres du Ciel, et Hubert, malgré sa frayeur et ses larmes, dut se soumettre à la volonté de Dieu.
"Pendant qu’on célébrait la messe de son élévation à l’épiscopat, l’ange apparut de nouveau et apporta de la part de Saint Pierre une clé assez semblable à une clé d’or, et la lui présenta en disant : « Cette clé que Dieu vous envoie aura un pouvoir efficace sur les démons, sur les énergumènes, sur les frénétiques et sur les puissances infernales. Elle sera, comme la baguette de Moyse, un précieux instrument d’œuvres merveilleuses que le Seigneur fera à votre prière. Quiconque aura été mordu par des animaux enragés, sera par sa vertu préservé de la rage. Elle se perpétuera de siècle en siècle, en votre mémoire, et ceux qui auront recours à vous, dans leurs infirmités, seront guéris."
De retour en sa patrie, il fonda l'évêché de Liège, où il fit briller toutes les vertus des Apôtres. Saint Hubert fut un grand évêque, proche de ses fidèles qu'il rejoignait là où ils vivaient, dans les clairières, sur les rivières, dans les villages. Attentif à toute misère, il aidait les malheureux et les prisonniers. Sa douce et persuasive éloquence captivait les foules ; il parlait quelquefois pendant trois heures consécutives, sans qu'on se lassât de l'entendre. À la puissance de la parole il joignait celle des miracles. À sa prière, les démons abandonnaient le corps des possédés, les flammes de l'incendie s'éteignaient, la sécheresse désastreuse cessait tout à coup pour céder la place à une pluie féconde : "Le Dieu d'Élie est le nôtre, disait-il, implorons-le dans la prière et le jeûne ; la miséricorde fera le reste."
La vision de saint Hubert par Jan Brueghel l'Ancien et Pierre Paul Rubens.
Très tôt, dans la tradition liégeoise, le prélat est apparu comme se trouvant à l'origine de la fortune historique de Liège.
Notons que, dès son vivant, sa réputation de sainteté était grande.
Il mourut le 30 mai 727 des suites d'une blessure occasionnée par un ouvrier maladroit qui lui écrasa la main gauche. Une voix céleste lui dit un jour : "Hubert, dans un mois tes liens seront brisés." Il se prépara pieusement à la mort, et, après avoir chanté le Credo et entonné le Pater, il rendit son âme à Dieu.
On invoque saint Hubert contre la rage et contre la peur.
Seize ans après sa mort, eut lieu l'élévation de son corps, qui fut transféré devant le maître-autel de la basilique le 3 novembre 743. C'était, d'après les idées du temps, l'équivalent de la canonisation ou la reconnaissance officielle de la sainteté. Le 30 septembre 825, l'évêque Walcaud fit transporter le corps tout entier de saint Hubert, de Liège à Andage. Vu l'importance exceptionnelle de la forêt d'Ardenne, au temps des Carolingiens, saint Hubert a connu une histoire extraordinaire. Saint-Hubert avait à peine pris possession de sa nouvelle demeure qu'il devenait, pour ainsi dire d'emblée, le véritable roi du pays.
Très tôt, saint Hubert devint le guérisseur de la rage, la terrible maladie, transmise surtout par les chiens. Très rapidement, il se fit connaître d'abord des doyennés de Bastogne, de Behogne et de Graide, puis des diocèses voisins. Il franchit les frontières à l'est et à l'ouest. Saint Hubert est en fait le saint des chasseurs (à courre). Il usurpe en quelque sorte le rôle de S. Georges qui lui est le véritable saint des cavaliers et dont la fête est en avril.
Saint Hubert et le cerf, 1450, Londres, British Library, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 646-647.
Sources: (1) ; (2) ; (3) ; (4) ; (5) ; (6) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 82-83.
Le souvenir des parents et amis disparus, des personnes dont la vie, l'action, les bienfaits nous ont marqués, est la chose la plus répandue et la plus naturelle du monde. Monuments funéraires et commémoratifs, portraits ou photographies exposés en bonne place dans les maisons, en témoignent abondamment.
Mais, pour les chrétiens, la mémoire des Défunts s'accompagne de la prière d'intercession pour eux et pour "tous les morts dont Dieu seul connaît la foi". C'est ainsi que, dès le IIème siècle, la prière liturgique pour les défunts est attestée en Afrique du Nord.
Toutefois, c'est bien plus tard qu'a été fixée au 2 novembre, la Commémoration de tous les fidèles défunts, à l'initiative d'Odilon, abbé de Cluny (994-1049) - qui en prescrivit la célébration dans les maisons de l'Ordre; ce qui eut lieu pour la première fois le 2 novembre 998. De là, elle se répandit rapidement dans toute l'Eglise latine.
Si les défunts sont déjà au Ciel, il n'y a plus besoin de prier pour eux, il vaut mieux au contraire se recommander à leurs prières.
Si les défunts sont en enfer, c'est trop tard.
Et si, comme nous le croyons, ils sont en marche vers le paradis, nous pouvons hâter cette marche par nos prières et nos suffrages.
Une parole du Christ expliquant qu'il y a des péchés - celui contre le Saint-Esprit - qui ne seront pardonnés "ni en ce monde ni dans l'autre" (Mt, 12, 31-32), indique qu'il y a des péchés qui sont pardonnés dans un lieu particulier dans l'autre monde. Cela ne peut être au paradis où l'âme est sans péché, mais au purgatoire.
Selon les Protestants, nous n’avons pas de révélation directe du purgatoire dans la Parole de Dieu ; c’est pourquoi les "réformateurs" du XVIème siècle ont rejeté cette doctrine, née selon eux de l’imaginaire des hommes. Elle s’enracine pourtant dans la tradition de l’Ancien Testament.
Deux siècles avant Jésus-Christ en effet, nous trouvons le témoignage en 2 Macc 12, 46 de la croyance en la valeur et en l’efficacité de la prière pour les morts. L’offrande est faite par Judas Maccabée (IIe siècle av. J.-C) en faveur des soldats morts au combat sur lesquels on avait trouvé des objets idolâtriques; cette prière prouve que Judas Maccabée croyait en la possibilité d’une purification de l’âme par-delà la mort :
"S'il envisageait qu'une très belle récompense est réservée à ceux qui s'endorment dans la piété, c'était là une pensée sainte et pieuse : voilà pourquoi il fit faire pour les morts ce sacrifice expiatoire, afin qu'ils fussent délivrés de leur péché." (verset 46 du chapitre 12 du IIe Livre des Maccabées, IIe siècle av. J.-C.)
L’Église primitive a fait sienne cette doctrine et a développé dès le second siècle après Jésus-Christ la prière pour les morts. Le culte des saints, quant à lui, débute avec S. Polycarpe (+ martyr en 167 ap. J-C.) (Régine Pernoud, Les saints au Moyen Age, la sainteté d'hier est-elle pour aujourd'hui ?, Plon, Mesnil-sur-l'Estrée 1984 p. 239-240.)
En Occident, les conciles œcuméniques de Florence au XVème s. et de Trente au XVIème s. ont défini de manière dogmatique l’existence du purgatoire :
"Instruite par l’Esprit Saint et puisant à la Sainte Ecriture et à l’antique Tradition des Pères, l’Église catholique a enseigné dans les Saints Conciles qu’il y a un lieu de purification (purgatorium) et que les âmes qui y sont détenues sont aidées par les suffrages des fidèles mais surtout par le Sacrifice de l’Autel agréable à Dieu." (Concile de Trente).
Les sources scripturaires sont :
1 Co 5,4-5 "Ma conscience ne me reproche rien, mais ce n’est pas pour cela que je suis juste : celui qui me soumet au jugement, c’est le Seigneur.
Ainsi, ne portez pas de jugement prématuré, mais attendez la venue du Seigneur, car il mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres, et il rendra manifestes les intentions des cœurs. Alors, la louange qui revient à chacun lui sera donnée par Dieu."
1 P 3, 19-20 Car le Christ, lui aussi, a souffert pour les péchés, une seule fois, lui, le juste, pour les injustes, afin de vous introduire devant Dieu ; il a été mis à mort dans la chair, mais vivifié dans l’Esprit.
C’est en lui qu’il est parti proclamer son message aux esprits qui étaient en captivité. [Ce n'est pas l'enfer car on n'en revient plus de l'enfer.]
Ceux-ci, jadis, avaient refusé d’obéir, au temps où se prolongeait la patience de Dieu, quand Noé construisit l’arche, dans laquelle un petit nombre, en tout huit personnes, furent sauvées à travers l’eau."
Mt 12, 31-32 "C’est pourquoi, je vous le dis : Tout péché, tout blasphème, sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l’Esprit ne sera pas pardonné.
Et si quelqu’un dit une parole contre le Fils de l’homme, cela lui sera pardonné ; mais si quelqu’un parle contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera pas pardonné, ni en ce monde-ci, ni dans le monde à venir."
[Ce qui implique qu'il existe dans l'autre monde un lieu où les péchés peuvent être pardonnés comme purifiés par le feu, sauf le péché contre l'Esprit Saint.]
1 Co 3, 10-15 "l’ouvrage de chacun sera mis en pleine lumière. En effet, le jour du jugement le manifestera, car cette révélation se fera par le feu, et c’est le feu qui permettra d’apprécier la qualité de l’ouvrage de chacun."
Mt 5,26 "Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou."
Lc 12, 58-59 "Ainsi, quand tu vas avec ton adversaire devant le magistrat, pendant que tu es en chemin mets tout en œuvre pour t’arranger avec lui, afin d’éviter qu’il ne te traîne devant le juge, que le juge ne te livre à l’huissier, et que l’huissier ne te jette en prison. Je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier centime."
Mt 18, 32-35 "Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : “Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié.
Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?”
Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait.
C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur."
Hb 12, 23 "et vers l’assemblée des premiers-nés dont les noms sont inscrits dans les cieux. Vous êtes venus vers Dieu, le juge de tous, et vers les esprits des justes amenés à la perfection." [Dans un endroit où les âmes sont amenés à la perfection]
Cette doctrine fut pleinement confirmée par le Concile Vatican II, dans lequel nous lisons :
"Ainsi donc en attendant que le Seigneur soit venu dans sa majesté, accompagné de tous les anges (Mt 15, 31) et que, la mort détruite, tout lui ait été soumis (I Co 15, 26-27), les uns parmi ses disciples continuent sur la terre leur pèlerinage, d’autres, ayant achevé leur vie, se purifient encore ; d’autres enfin, sont dans la gloire contemplant dans la pleine lumière, tel qu’il est, Dieu un en trois Personnes." (Constitution dogmatique sur l’Église : Lumen Gentium, 49).
"La pensée de prier pour les morts, afin qu’ils soient délivrés de leurs péchés, est une pensée sainte et pieuse (2 Maccabées 12, 45)." (Lumen Gentium, 50).
"Cette foi vénérable de nos pères en la communion de vie qui existe avec nos frères déjà en possession de la gloire céleste, ou en voie de purification après leur mort, le Saint Concile la recueille avec grande piété." (Lumen Gentium, 51).
Interprétant ces textes du Concile, Jean-Paul II a expliqué :
"Unie aux mérites des saints, notre prière fraternelle vient au secours de ceux qui sont en attente de la vision béatifique. Selon les commandements divins, l’intercession pour les morts obtient des mérites qui servent au plein accomplissement du salut. C’est une expression de la charité fraternelle de l’unique famille de Dieu, par laquelle nous répondons à la vocation profonde de l’Église : « sauver des âmes qui aimeront Dieu éternellement » (Thérèse de Lisieux). Pour les âmes du purgatoire, l’attente du bonheur éternel, de la rencontre avec le Bien-Aimé, est source de souffrances à cause de la peine due au péché qui maintient loin de Dieu. Mais l’âme jouit de la certitude que, le temps de sa purification achevé, elle ira à la rencontre de Celui qu’elle désire (cf. Ps 42 ; 62). J’encourage donc les catholiques à prier avec ferveur pour les défunts, pour ceux de leurs familles et pour tous nos frères et sœurs qui sont morts, afin qu’ils obtiennent la rémission des peines dues à leurs péchés et qu’ils entendent l’appel du Seigneur à entrer dans la plénitude de sa gloire."
- Saint Cyprien (IIIe siècle), Traité sur la mort XX.
"Nous ne devons pas pleurer nos frères que l'appel du Seigneur a retirés de ce monde, puisque nous savons qu'ils ne sont pas perdus, mais partis avant nous: ils nous ont quittés comme des voyageurs, comme des navigateurs, pour nous précéder [...] Ne donnons pas aux païens l'occasion de nous reprocher, avec raison, de nous lamenter sur ceux que nous déclarons vivants auprès de Dieu, comme s'ils étaient anéantis et perdus."
- Saint Irénée de Lyon (IIe siècle), Contre les Hérésies V, 2,3.
Le bois de la vigne, une fois planté en terre, porte du fruit quand vient le temps. De même, le grain de froment, après être tombé en terre et s'y être dissous (Jn 12,24), resurgit multiplié par l'Esprit de Dieu qui soutient toutes choses. Ensuite, grâce au savoir faire, ils viennent à l'usage des hommes ; puis, en recevant la Parole de Dieu, ils deviennent eucharistie, c'est à dire le Corps et le Sang du Christ.
De même nos corps, qui sont nourris par cette eucharistie, après avoir été couchés dans la terre et s'y être dissous, ressusciteront en leur temps, lorsque le Verbe de Dieu les gratifiera de la résurrection, "pour la gloire de Dieu le Père" (Ph 2,11). Car il procurera l'immortalité à ce qui est mortel et l'incorruptibilité à ce qui est périssable (1Co 15,53), parce que la puissance de Dieu se déploie dans la faiblesse (2 Co 12,9).
Dans ces conditions nous nous garderons bien, comme si c'était de nous-mêmes que nous avons la vie, de nous enfler d'orgueil, de nous élever contre Dieu en acceptant des pensées d'ingratitude. Au contraire, sachant par expérience que c'est de sa grandeur à lui [...] que nous tenons de pouvoir vivre à jamais, nous ne nous écarterons pas de la vraie pensée sur Dieu et sur nous-mêmes. Nous saurons quelle puissance Dieu possède et quels bienfaits l'homme reçoit de lui. Nous ne nous méprendrons pas sur la vraie conception qu'il faut avoir de Dieu et de l'homme. D'ailleurs [...], si Dieu a permis notre dissolution dans la terre, n'est-ce pas précisément pour que, instruits de toutes ces choses, nous soyons dorénavant attentifs en tout, ne méconnaissant ni Dieu ni nous-mêmes ? [...] Si la coupe et le pain, par la Parole de Dieu, deviennent eucharistie, comment prétendre que la chair est incapable de recevoir la vie éternelle ?"
Pour les fidèles défunts (Pro fidelibus defunctis)
§ 1. Une indulgence plénière, applicable seulement aux âmes du Purgatoire, est accordée au fidèle qui:
1° visite dévotement le cimetière et prie pour les défunts, ne serait-ce que mentalement, entre le 1° et le 8 novembre.
2° le jour où est célébrée la commémoration de tous les fidèles défunts (ou bien, avec le consentement de l’Ordinaire, le dimanche précédent ou suivant, ou le jour de la solennité de la Toussaint), visite pieusement une église ou un oratoire et y récite le Pater et le Credo.
Le Dicastère pour la Doctrine de la foi (DDF) annonce que "le mardi 4 novembre 2025 aura lieu la présentation d'un nouveau document pour la Doctrine de la Foi intitulé Mater Populi Fidelis. Note doctrinale sur certains titres mariaux concernant la coopération de Marie dans l'œuvre du salut".[1]
Le 4 novembre, le DDF publie une note doctrinale sur certains titres mariaux, afin d’éclairer les dévotions et d’éviter les dérives autour de la figure de Marie.[2]
Cette nouvelle risque de faire sensation dans le monde catholique : "Le DDF publiera le 4 novembre le document 'Mater Populi Fidelis', une note doctrinale sur certains titres mariaux en rapport avec la participation de Marie à l’œuvre du salut."
Cependant, le titre de "Marie Corédemptrice" a longtemps fait l'objet de vifs débats au sein de l'Église catholique. Avant le concile Vatican II, environ 500 Pères conciliaires préconisaient de définir Marie comme "Médiatrice" (médiatrice des grâces). Une cinquantaine d'entre eux souhaitaient même la définir comme "Corédemptrice", c'est-à-dire "Co-Rédemptrice".[3]
Le préfixe "co-" dans l'expression "co-rédemptrice" (ou "co-redemptrix" en latin) provient du mot latin "cum", qui signifie "avec" ou "en union avec", et pas "égal à".
"La Corédemptrice n'est pas une rivale du Rédempteur, puisqu'elle est devenue *Co*-rédemptrice par Lui. Par conséquent, ce n'est pas l'affirmation, mais la négation du rôle corédempteur de Marie qui diminue l'œuvre rédemptrice du Christ." (Père Tibor Gallus SJ)
Il est regrettable qu'il faille faire une leçon de grammaire parce que des illettrés ne comprennent pas le sens de l'expression "co". Dans le contexte théologique catholique, cela indique que d'une manière unique la Vierge Marie est associée à l'oeuvre de la Rédemption: elle coopère activement et directement à l'œuvre de rédemption accomplie par son fils Jésus-Christ (Lumen gentium 61 "operari Salvatoris singulari prorsus modo cooperata est"), sans qu'elle lui soit "égale". Lorsque l'ange Gabriel lui apparaît, elle accepte de devenir la mère du Messie, le Rédempteur, et ainsi elle coopère volontairement avec le Rédempteur, et en ce sens, on pourrait la décrire comme quelqu'un qui travaille avec le Rédempteur d'une manière unique, en étant acceptant d'être sa mère, et on pourrait légitimement utiliser ce titre pour elle dans ce sens.
Au 18e siècle, Saint Alphonse de Liguori utilise le titre de Corédemptrice dans ses œuvres dogmatiques de maturité (Contre les prétendus hérétiques réformés, 1770), où il expose les enseignements du concile de Trente et réfute les objections protestantes et jansénistes. Ce texte montre que les titres de Corédemptrice et de Médiatrice étaient déjà bien établis chez les catholiques. Il écrit : ''Nous l'appelons Corédemptrice, non pas parce que Marie, avec Jésus-Christ, a racheté les hommes, mais parce que, comme l'écrit saint Augustin ( Lib. De sancta Virginit , chap. 6), en étant la Mère de notre Chef Jésus-Christ et en ayant coopéré par sa charité pour que les fidèles de l'Église puissent naître spirituellement à la grâce, elle est aussi devenue la Mère des membres de ce Chef.'' La corédemption de Marie s'enracine donc dans sa maternité divine, à laquelle s'ajoute, pour ainsi dire, une coopération supplémentaire et spécifique, qui se réalise particulièrement dans l'offrande de son Fils sur la croix : 'Tout au long de sa vie, cette Vierge exaltée a coopéré à leur salut par sa charité envers les hommes, surtout lorsqu'au mont Calvaire elle a offert la vie de son Fils au Père éternel pour notre salut' (p. 394-395).
Lumen Gentium§ 58, la constitution dogmatique sur l'Église, nous apprend que Marie "avança dans son pèlerinage de foi, gardant fidèlement l’union avec son Fils jusqu’à la croix où, non sans un dessein divin, elle était debout (cf. Jn 19, 25), souffrant cruellement avec son Fils unique, associée d’un cœur maternel à son sacrifice, donnant à l’immolation de la victime, née de sa chair, le consentement de son amour". En tant que Corédemptrice, Marie n’offre en aucun cas "une voie parallèle vers le salut". Au contraire,son rôle de Corédemptrice est toujours avecet sous l’autorité de son divin Fils. Elle est la Nouvelle Ève, unie au Christ, le Nouvel Adam, dans l’unique sacrifice du Calvaire. Ève a initié la Chute par son… "Non".
Marie ouvre la voie à la Rédemption par son "oui". En tant que Mère spirituelle, elle a participé avec son Fils à l'acquisition des grâces du salut, et maintenant, en tant que Médiatrice et "Mère de la grâce", "elle continue à nous obtenir les dons qui assurent notre salut éternel".C’est pourquoi la bienheureuse Vierge est invoquée dans l’Église sous les titres d’avocate, auxiliatrice, secourable, médiatrice (Cf. Léon XIII, Encycl. Adiutricem populi, 3 septembre 1895), tout cela cependant entendu de telle sorte que nulle dérogation, nulle addition n’en résulte quant à la dignité et à l’efficacité de l’unique Médiateur, le Christ (Cf. Saint Ambroise, Épître 63). (Lumen Gentium§ 62) Ces fonctions maternelles sont celles contenues dans les titres de Corédemptrice et de Médiatrice de toutes les grâces.
"Aucune créature en effet ne peut jamais être mise sur le même pied que le Verbe incarné et rédempteur. Mais tout comme le sacerdoce du Christ est participé sous des formes diverses, tant par les ministres que par le peuple fidèle, et tout comme l’unique bonté de Dieu se répand réellement sous des formes diverses dans les créatures, ainsi l’unique médiation du Rédempteur n’exclut pas, mais suscite au contraire une coopération variée de la part des créatures, en dépendance de l’unique source." (Lumen Gentium§ 62)
Saint Paul, dans 1 Corinthiens 3,9, affirme que nous sommes des "collaborateurs" de Dieu. Nous collaborons avec Dieu à l’édification du Corps du Christ. En tant que corédemptrice, Marie collabore à l’œuvre de rédemption du Christ. Elle n’ajoute ni ne retranche rien à l’œuvre unique et irremplaçable du Christ, le divin Rédempteur. Elle a assurément collaboré à l’œuvre de rédemption de Dieu lorsqu’elle est devenue, par son obéissance, "pour tout le genre humain, cause du salut" (Lumen Gentium§ 56, citant saint Irénée, Contre les hérésies, III, 22, 4).
Le grand mariologue Gabriele Roschini a défini le titre de Co-Rédemptrice de la manière suivante : "Le titre de Co-Rédemptrice du genre humain signifie que la Très Sainte Vierge a coopéré avec le Christ à notre réparation, comme Ève a coopéré avec Adam à notre ruine" (Qui est Marie ?, Catéchisme marial, question 83). [La Nuova Bussola Quotidiana]
Les papes récents ont adopté des positions diverses sur l'utilisation du titre de "Corédemptrice" pour Marie.
Dans son discours lors de l'audience générale du 24 mars 2021, François a déclaré que si les chrétiens ont toujours donné de beaux titres à Marie, il est important de se rappeler que le Christ est le seul rédempteur et que Marie nous a été confiée "comme une mère, non comme une déesse, ni comme une corédemptrice".
En tant que cardinal Joseph Ratzinger en 2000, le pape Benoît XVI avait déclaré qu'il pensait que le titre de "Corédemptrice" était trop éloigné des Écritures et pouvait entraîner des malentendus sur le statut de rédempteur du Christ — même si les partisans de la formule mariale estimaient qu'il se montrait plus ouvert à cette dévotion dans son pontificat, bien qu'il n'ait jamais utilisé explicitement ce terme.
Mais Pie IX, Léon XIII, Pie X, Pie XI, Jean-Paul II et Paul VI étaient-ils tout simplement ignorants ? Saint Jean-Paul II, utilisa publiquement le mot "corédemptrice" au moins six fois au cours de son pontificat, renouvelant ainsi l'espoir d'une déclaration imminente du dogme dans les années 1990. Dans sa lettre apostolique de 1984, Salvifici doloris,Jean-Paul II expliqua que la pleine suffisance du sacrifice du Christ n’empêche pas la participation à son œuvre rédemptrice, mais la rend possible : "La souffrance du Christ a créé le bien de la Rédemption du monde. Ce bien en lui-même est inépuisable et infini. Aucun homme ne peut lui ajouter quoi que ce soit. Mais en même temps, dans le mystère de l'Eglise qui est son corps, le Christ, en un sens, a ouvert sa souffrance rédemptrice à toute souffrance de l'homme. Dans la mesure où l'homme devient participant des souffrances du Christ— en quelque lieu du monde et à quelque moment de l'histoire que ce soit —, il complète à sa façon la souffrance par laquelle le Christ a opéré la Rédemption du monde." (Salvifici doloris, § 24).
Jean-Paul II enseigne que Marie a participé à la Passion du Christ d'une manière unique au pied de la Croix, sur le Calvaire: "ce fut encore sur le Calvaire que la souffrance de Marie, auprès de celle de Jésus, atteignit un sommet difficilement imaginable du point de vue humain mais, certes, mystérieux et surnaturellement fécond au plan du salut universel.Sa montée au Calvaire, sa 'présence' au pied de la Croix avec le disciple bien-aimé ont été une participation tout à fait spéciale à la mort rédemptrice de son Fils." (Salvifici doloris, § 25). Jean-Paul II affirme que la souffrance de Marie au pied de la Croix fut "mystérieuse et surnaturellement féconde pour le salut universel" (Salvifici doloris, § 25). C'est le sens de la corédemption mariale. Marie, en tant que corédemptrice, n'enlève ni n'ajoute rien à la dignité et à l'efficacité du Christ, l'unique Médiateur.
Ce titre remonte au Xe siècle, lorsque certaines litanies mariales incluaient le titre de Marie comme rédemptrice, aux côtés de son fils. Le préfixe "co-" a été ajouté au XVe siècle, afin de préciser que Marie n'était pas la rédemptrice, mais plutôt quelqu'un qui avait coopéré de manière unique à l'œuvre de rédemption.
Le titre de "Corédemptrice" n'a été reconnu par le magistère que plusieurs siècles plus tard, en 1908, lorsque la Sacrée Congrégation des Rites l'a utilisé dans un décret élevant le rang de la fête des Sept Douleurs de Marie.
Depuis lors, il a été mentionné à plusieurs reprises dans l'enseignement de l'Église, notamment lors du Concile Vatican II, qui a finalement décidé de ne pas reconnaître officiellement ce titre dans le document Lumen Gentium.[4]
Parmi les saints ayant médité sur le rôle de Marie comme Co-Rédemptrice, on peut citer John Henry Newman, saint Josémaria Escrivá, sainte Edith Stein, saint Pio de Pietrelcina et saint Maximilien Kolbe.[5]
Il est probable que la rédaction de la "note doctrinale" ait été commandée sous le pontificat du pape François.
Un autre titre, tel que "qui défait les nœuds", pourrait être envisagé, mais pour l’instant, cela reste incertain.
Ce document, dont la rédaction a débuté sous le pontificat de François, appliquera, selon les informations disponibles, les nouvelles normes d'évaluation des phénomènes surnaturels aux titres mariaux liés aux dévotions.[6]
Le correspondant du Vatican pour Per Mariam, Michael Haynes, a souligné qu’en 1913, le Saint-Office, devenu depuis le Dicastère pour la Doctrine de la Foi, avait accordé une indulgence partielle à une prière de réparation à la Vierge Marie se terminant par ces mots : "Je bénis ton saint Nom, je loue ton privilège infini d’être véritablement Mère de Dieu, toujours Vierge, conçue sans tache de péché, Co-Rédemptrice du genre humain."
Le débat sur le statut de Co-Rédemptrice fut un point de discorde lors du Concile. De nombreux évêques et théologiens conservateurs insistèrent pour que Marie soit proclamée Co-Rédemptrice, Médiatrice et Avocate, constituant ainsi un cinquième dogme marial. Des pétitions en ce sens auraient recueilli des signatures parmi les évêques présents, mais, par un vote serré, le Concile décida d'intégrer l'enseignement marial à la Constitution dogmatique sur l'Église ( Lumen Gentium ) plutôt que de publier un dogme marial distinct. Lumen Gentium la nomma finalement "Médiatrice", reconnaissant son intercession maternelle et sa coopération à l’œuvre salvifique du Christ, mais évita le titre plus fort de "Co-Rédemptrice", que de nombreux Pères conciliaires craignaient de voir occulter le rôle rédempteur unique du Christ et compliquer le dialogue œcuménique.
Les préoccupations œcuméniques continuent de freiner toute définition formelle, car de nombreux théologiens craignent que la promotion d'un nouveau dogme marial ne tende les relations avec les communautés orthodoxes et protestantes. C'est pourquoi les correspondants du Vatican suivront de près la présentation de Mater Populi Fidelis le 4 novembre.[7]
Add. 4 novembre 2025
"Mater populi fidelis" est le titre du document du dicastère pour la Doctrine de la foi approuvé et signé par Léon XIV le 7 octobre, et publié et signé le 4 novembre par le préfet, le cardinal Víctor Manuel Fernández. Cette "note doctrinale" clarifie les titres à utiliser pour la Vierge Marie. Une attention particulière est également requise pour le titre "Médiatrice de toutes grâces".
La note est le fruit d'un long et minutieux travail collégial sur la dévotion mariale, centré sur la figure de Marie associée à l'œuvre du Christ en tant que Mère des croyants. La note fournit une base biblique significative pour la dévotion à Marie, en plus de rassembler différentes contributions des Pères, des Docteurs de l'Église, des éléments de la tradition orientale et de la pensée des derniers Papes.
Dans ce cadre, le texte doctrinal analyse un certain nombre de titres mariaux; il en valorise certains et met en garde contre l'utilisation d'autres.
Des titres tels que "Mère des croyants", "Mère spirituelle", "Mère du peuple fidèle", sont particulièrement appréciés, lit-on dans la note.
En revanche, le titre de "co-rédemptrice" est considéré comme inapproprié et inconvenant. Le titre de "médiatrice' est considéré comme inacceptable lorsqu'il revêt une signification exclusive à Jésus-Christ, mais il est considéré comme précieux s'il exprime une médiation inclusive et participative, qui glorifie la puissance du Christ.
Les titres de "Mère de la grâce" et "Médiatricede toutes grâces" sont considérés comme acceptables dans certains sens très précis, mais une explication particulièrement large des significations qui peuvent présenter des risques est proposée.
En substance, la note réaffirme la doctrine catholique qui a toujours bien mis en évidence que tout en Marie est orienté vers la centralité du Christ et son action salvifique. C'est pourquoi, même si certains titres mariaux peuvent être expliqués par une exégèse correcte, il est préférable de les éviter.
Dans sa présentation, le cardinal Fernández valorise la dévotion populaire, mais met en garde contre les groupes et les publications qui proposent un certain développement dogmatique et suscitent des doutes parmi les fidèles, notamment à travers les réseaux sociaux. "Le principal problème dans l’interprétation de ces titres appliqués à la Vierge Marie est de comprendre comment Marie est associée à l’œuvre rédemptrice du Christ".
En ce qui concerne le titre "co-rédemptrice", la note rappelle que certains Papes "ont utilisé ce titre sans trop s’attarder à l’expliquer. D’une manière générale, ils l’ont présenté de deux manières précises: par rapport à la maternité divine, dans la mesure où Marie, en tant que mère, a rendu possible la Rédemption accomplie dans le Christ, ou en référence à son union avec le Christ près de la Croix rédemptrice. Le Concile Vatican II a évité d’utiliser le titre de co-rédemptrice pour des raisons dogmatiques, pastorales et œcuméniques. Saint Jean-Paul II l’a utilisé à sept reprises au moins, en le rapportant en particulier à la valeur salvifique de nos souffrances offertes avec celles du Christ à qui Marie est unie avant tout sur la Croix".
Le document cite une discussion interne de l'ancienne Congrégation pour la doctrine de la foi qui, en février 1996, avait examiné la demande de proclamer un nouveau dogme sur Marie "co-rédemptrice ou médiatrice de toutes grâces". L'avis du cardinal Ratzinger n’était pas favorable: "La signification précise des titres n’est pas claire et la doctrine qu’ils contiennent n’est pas mûre. […] On ne voit pas clairement comment la doctrine exprimée dans les titres est présente dans l’Écriture et dans la tradition apostolique". Plus tard, en 2002, le futur Benoît XVI s'était également exprimé publiquement dans le même sens: "La formule “co-rédemptrice” est trop éloignée du langage de l’Écriture et de la patristique et provoque ainsi des malentendus... Tout procède de Lui, comme le disent surtout les Lettres aux Éphésiens et aux Colossiens. Marie est ce qu’elle est grâce à Lui". Le cardinal Ratzinger, précise la note, ne niait pas qu'il y avait de bonnes intentions et des aspects précieux dans la proposition d'utiliser ce titre, mais il soutenait qu'il s'agissait d'un "terme erroné".
Le Pape François a exprimé au moins trois fois une position clairement opposée à l'utilisation du titre de co-rédemptrice. Le document doctrinal conclut à ce sujet: "l’utilisation du titre de co-rédemptrice pour définir la coopération de Marie est toujours inopportune. Ce titre risque d’obscurcir l’unique médiation salvifique du Christ et peut donc générer une confusion et un déséquilibre dans l’harmonie des vérités de la foi chrétienne... Lorsqu’une expression nécessite des explications nombreuses et constantes, afin d’éviter qu’elle ne s’écarte d’un sens correct, elle ne rend pas service à la foi du Peuple de Dieu et devient gênante".
Le Christ est l'unique Médiateur. D'autre part, elle souligne l'usage très courant du "terme “médiation” dans les domaines les plus variés de la vie sociale, où il s’entend simplement comme coopération, aide, intercession. Par conséquent, il est inévitable qu’il soit appliqué à Marie dans un sens subordonné, et en aucune façon il n’a pour but d’ajouter une efficacité ou une puissance à l’unique médiation de Jésus-Christ". En outre, le document reconnaît qu'"il est évident qu’il y a eu une forme de médiation réelle de Marie pour rendre possible l’Incarnation du Fils de Dieu dans notre humanité".
Mère des croyants
La fonction maternelle de Marie "n’offusque et ne diminue en rien" la médiation unique du Christ, mais "en manifeste au contraire la vertu". Ainsi comprise, "la maternité de Marie n’a pas pour but d’affaiblir l’unique adoration qui n’est due qu’au Christ, mais de la stimuler". Il faut donc éviter, affirme la note, "les titres et les expressions qui se réfèrent à Marie et qui la présentent comme une sorte de “paratonnerre” devant la justice du Seigneur, comme si Marie était une alternative nécessaire à l’insuffisante miséricorde de Dieu" (n. 37, b). Le titre de "Mère des croyants" nous permet de parler de "l’action de Marie aussi en relation avec notre vie de grâce" (n. 45).
Il faut cependant faire attention aux expressions qui peuvent transmettre "d’autres contenus moins acceptables" (45). Le cardinal Ratzinger avait expliqué que le titre de "Marie médiatrice de toutes grâces" n'était pas clairement fondé sur la révélation divine, et "en accord avec cette conviction, nous pouvons reconnaître les difficultés qu’il comporte, tant pour la réflexion théologique que pour la spiritualité". En effet, "aucun être humain, pas même les apôtres ou la Très Sainte Vierge, ne peut agir en tant que dispensateur universel de la grâce. Seul Dieu peut donner la grâce et Il le fait à travers l’humanité du Christ". Les titres, tels que celui de "Médiatrice de toutes grâces", ont donc "des limites qui ne facilitent pas une compréhension correcte de la place unique de Marie. En effet, elle, la première rachetée, ne peut pas avoir été médiatrice de la grâce qu’elle a reçue elle-même".
Cependant, le document reconnaît enfin que "le mot “grâces”, à propos de l’aide maternelle de Marie à différents moments de la vie, peut avoir un sens acceptable. Le pluriel exprime toutes les aides, même matérielles, que le Seigneur peut nous apporter en écoutant l’intercession de la Mère".[8]
Ap12,1-5;17 "Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. ... Elle mit au monde un fils, un enfant mâle, celui qui sera le berger de toutes les nations, les conduisant avec un sceptre de fer. ... Alors le Dragon se mit en colère contre la Femme, il partit faire la guerre au reste de sa descendance."
Le Vatican déclare que les titres de "Co-Rédemptrice" et de "Médiatrice" ne devraient plus être utilisés pour Marie, réaffirmant que le Christ seul est Rédempteur et clarifiant la doctrine mariale.[9]
Saint Thomas d'Aquin:
"Les souffrances des saints sont bénéfiques à l'Église, non pas pour la rédemption, mais pour l'exemple et l'exhortation, selon 2 Corinthiens 1:6: "Que nous soyons dans la tribulation, c'est pour votre exhortation et votre salut"? (Somme théologique, Troisième partie, Question 48, Article 5, Réponse à l'objection 3.)
"Aujourd'hui est le jour le plus opportun et le plus approprié pour se rappeler que si la Sainte Vierge est, bien que de manière participative et subordonnée, 'co-rédemptrice', c'est-à-dire épouse et coadjutrice de la rédemption, elle est aussi 'médiatrice de toutes grâces', non pas comme source, mais comme canal."
"Traditionnellement, la coopération de Marie à l’œuvre du salut a été abordée selon une double perspective : à partir de sa participation à la Rédemptionobjective,accomplie par le Christ au cours de sa vie et particulièrement dans la Pâques, et à partir de l’influence qu’elle aactuellementsur ceux qui ont été rachetés." (# 4)
Le Vatican ne rejette pas la théologie de la co-rédemption comme étant erronée, il met en garde contre un développement dogmatique inapproprié de ce terme: "Compte tenu de la nécessité d’expliquer le rôle subordonné de Marie au Christ dans l’œuvre de la Rédemption, l’utilisation du titre de Co-rédemptrice pour définir la coopération de Marie est toujours inopportune." (# 22)
Les malentendus sont plus susceptibles de surgir dans le monde protestant, qui nie la coopération de l'homme au salut par le principe de la sola gratia.
Dans son Homélie à Fatima, 13 mai 2010, le Pape Benoît XVI, par exemple, indiqua comment en embrassant nos croix et en les unissant spirituellement à celle de Jésus, nous devenons tous "rédempteurs avec le Rédempteur", participant à l’œuvre de salut et de "rédemption pour le monde entier" :
"Mes chers frères et sœurs, aux yeux de Dieu, vous avez une valeur inestimable : 'Il s’est fait homme pour souffrir avec l’homme de manière pleinement réelle, en chair et en os, comme nous le révèle le récit de la Passion de Jésus. Ainsi, dans toute souffrance humaine, nous sommes unis à Celui qui la vit et la porte avec nous ; ainsi la consolation est présente dans toute souffrance, la consolation de l’amour compatissant de Dieu, et ainsi l’étoile de l’espérance se lève' (Spe Salvi , 39). Forts de cette espérance, vous pouvez quitter les sables mouvants de la maladie et de la mort et vous tenir sur le roc inébranlable de l’amour divin. Autrement dit, vous pouvez surmonter le sentiment d’inutilité de la souffrance qui ronge l’être humain et le fait se sentir un fardeau pour son prochain, alors qu’en réalité, la souffrance vécue avec Jésus contribue au salut de vos frères et sœurs.
Comment cela est-il possible ? Parce que la source de la puissance divine jaillit au cœur de la faiblesse humaine. C’est le paradoxe de l’Évangile. C’est pourquoi le Maître divin, au lieu d’expliquer les raisons de la souffrance, a préféré appeler chacun à le suivre, disant : « Prenez votre croix et suivez-moi » (cf. Mc 8, 34). Venez avec moi. Par votre souffrance, participez à l’œuvre de salut qui s’accomplit par ma souffrance, par ma croix. En embrassant peu à peu votre propre croix, en vous unissant spirituellement à la mienne, le sens salvifique de la souffrance vous sera révélé. Dans la souffrance, vous découvrirez une paix intérieure et même une joie spirituelle.
Chers amis malades, accueillez l’appel de Jésus qui passera bientôt parmi vous dans le Très Saint Sacrement, et confiez-lui toutes vos épreuves et vos souffrances, afin qu’elles deviennent – selon son dessein – un moyen de rédemption pour le monde entier. Vous serez rédempteurs avec le Rédempteur, comme vous êtes fils dans le Fils. Au pied de la croix… se tient la mère de Jésus, notre mère."[10]
Est-il juste de sacrifier une expression qui, en soi, est "tout à fait vraie" pour des raisons œcuméniques ? Quoi qu'il en soit, pour les protestants, se pose non seulement le problème du terme, mais aussi celui de la doctrine enseignée par Vatican II sur la coopération singulière de Marie à la rédemption. Un faux œcuménisme peut nuire à la doctrine catholique, qui doit être professée dans toute sa richesse. Si l'Église devait supprimer toutes les expressions qui déplaisent aux protestants, elle devrait également supprimer le titre de Mère de Dieu ( Theotokos).Comme mentionné dans la Note (n° 9, 11, 15), ce titre pourrait prêter à confusion, notamment chez les personnes peu catéchisées.
Aujourd'hui, presque tous les journaux, y compris catholiques, titrent que Marie n'est pas corédemptrice. Il est donc surprenant de constater que la Note déclare soudainement "inapproprié" et "inconvenant" un titre comme celui de corédemptrice, pourtant entré dans le vocabulaire théologique et l'enseignement des papes.
Le titre de "corédemptrice" est l'expression la plus concise pour exprimer la coopération unique de Marie à la rédemption. Le risque de mettre Marie sur le même plan que Jésus est évité en précisant que sa coopération dépend entièrement du Christ et lui est subordonnée. Interdire un titre aussi bref, qui exprime une vérité centrale clairement exposée par Vatican II, serait une tâche ardue.[11]
Le Concile Vatican II dans Lumen gentium ajoute un élément central absent du nouveau document : l' association de Marie, par un esprit maternel, au sacrifice de son Fils (cf. LG 58). Lumen gentium 58 réaffirme clairement le magistère antérieur (en particulier celui de Benoît XV dans Inter sodalicia) concernant le rôle actif et oblatif de la Vierge Marie. En ce sens, le nouveau document n'est pas un développement de la doctrine mais en est "une régression significative".[12]
[12] Diane Montagna, Une note doctrinale très dissonante : sur "Mater Populi Fidelis". Le mariologue italien, le père Serafino Lanzetta, analyse un nouveau document du Vatican sur les titres mariaux de "Corédemptrice" et de "Médiatrice de toutes les grâces".
Credo, Compendium de la foi catholique, de Mgr Athanasius Schneider (éd. Contretemps)
Extrait, p. 236:
Quelle forme de faux culte a été condamnée à plusieurs reprises par l'Eglise ?
La Franc-maçonnerie. D'abord explicitement condamnée par le pape Clément XII en 1738, cette erreur pernicieuse fait toujours l'objet des plus fortes censures.
II. 116. Pourquoi les associations maçonniques constituent-elles un faux cule ?
Dans ses grades inférieurs, la franc-maçonnerie est une ''religion naturaliste'' – un mélange de panthéisme, de gnose et de ''salut par soi-même''. Les maçons de grades supérieurs semblent adorer le diable plus directement, avec une ''religion'' qui n'est tolérante qu'en apparence ; car ils soutiennent qu'eux seuls sont les ''initiés'', ''parfaits'' et ''illuminés'', tandis que le reste de l'humanité est pour eux profane, imparfait et obscurci.
II. 117. Quelle est l'essence de la Franc-maçonnerie ?
L'essence de la religion maçonnique consiste dans la perversion, c'est-à-dire dans la subversion de l'ordre divin de la création et dans la transgression des lois données par Dieu. Les francs-maçons du haut grades voient dans cette perversion le ''vrai progrès'' de l'humanité, la construction morale du ''temple de l'humanité''. Au lieu de la Révélation de Dieu, il y a le ''secret maçonnique'' et l'être humain se fait finalement Dieu.
II.120 Qu'est-ce qui montre que la Franc-maçonnerie est une secte gnostique et finalement satanique ?
Le grand dictionnaire encyclopédique de la franc-maçonnerie et de la Symbologie en plusieurs volumes, publié par le franc-maçon Nicolas Aslan, un érudit de l'historiographie maçonnique, affirme :
l'Antéchrist comme ''pole négatif'' nécessaire à toute Manifestation et au Progrès ;
le Serpent comme symbole de l'énergie universelle, de l'harmonie des contraires et du grand agent magique ;
le principe du Feu dans les Hauts Degrés Maçonniques, appelé ''pouvoir universel de régénération'' et ''Lucifer'' .
De tels témoignages et aveux explicites justifient entièrement la description de la Franc-maçonnerie par l'Eglise comme ''secte satanique'', qui a le diable comme dieu.''
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