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25 juin 2026 4 25 /06 /juin /2026 09:00

À quelques jours avant les consécrations, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) émet une profession de foi de 154 points au pape Léon, et aux cardinaux  - Cf. LifeSite. Publiée le 24 juin, elle est accompagnée d’une lettre ouverte adressée au pape Léon XIV et à tous les cardinaux de l'Église. La profession de foi expose systématiquement ses positions doctrinales et son diagnostic de la crise dans laquelle est confrontée l'Église catholique. La lettre est signée par le Supérieur Général de la Fraternité, Don Davide Pagliarani, ainsi que par ses principaux collaborateurs : Monseigneur Alfonso de Galarreta, Christian Bouchacourt, Monseigneur Bernard Fellay et Franz Schmidberger. Dans le texte, les signataires expliquent qu'ils estiment que le moment est venu de présenter une "profession de foi catholique complète" à la lumière de la situation actuelle de l'Église.

"L’Église souffre aujourd’hui sous la pression de forces nouvelles, tant internes qu’externes, qui la poussent dans toutes les directions possibles, sauf – à notre avis – la bonne", disent-ils.

La Fraternité affirme que la réponse à cette crise ne se trouve ni dans de nouvelles solutions pastorales ni dans des adaptations au monde contemporain, mais dans un retour à la Tradition catholique.

"La Tradition renferme tous les remèdes aux maux les plus profonds dont souffrent l’Église et le monde", soulignent les auteurs du document.

Dans le même temps, ils expriment l'espoir que ce texte puisse un jour servir de base à une discussion doctrinale "franche, pacifique, fraternelle et charitable" avec le Saint-Siège. Cf. InfoVaticana

 

Note du blog Christ-Roi. Le pape Léon XIV a déclaré mardi 16 juin à propos de la FSSPX à Castel Gandolfo : "cependant, ils refusent d'accepter certains éléments fondamentaux de l'Égliseà commencer par plusieurs points du Concile Vatican II. S'ils font ce choix, je suis désolé. Mais nous devons aller de l'avant" (Cf. Michael Haynes sur X / Catholic Sat).

 

Léon XIV a ainsi révélé (involontairement) la véritable raison de la menace d’excommunication pesant sur la FSSPX qui n’est pas la consécration de nouveaux évêques sans mandat pontifical, mais le refus de certains textes du Concile Vatican II.

 

"Parmi les enseignements non définitifs de Vatican II, il y en a plusieurs - en particulier ceux concernant:

>la liberté religieuse,

>l'œcuménisme, [La formule "subsistit in" (LG 8) a remplacé l’expression traditionnelle selon laquelle l’Église catholique est le Corps mystique du Christ.

Une formule tout à fait claire et directe a été remplacée par une formule beaucoup moins claire, dont l'interprétation a fait l'objet de dizaines d'interprétations ultérieures. Au lieu de clarifier ce qui était déjà clair, on l'obscurcit.

"Car Dieu n'est pas un Dieu de confusion, mais de paix." (1 Corinthiens 14:33)

L’affirmation que l’Église du Christ "subsiste dans" l’Église catholique ouvre la porte au relativisme ecclésiologique et à la confusion œcuménique. La nouvelle insistance sur le ''Peuple de Dieu'' - couplé au synodalisme conçu comme un processus de dialogue permanent et au subsistit in- peut être interprétée de manière horizontale et anthropocentrique plutôt que verticale et Christocentrique : en occultant la constitution hiérarchique et divine de l’Église et en attirant l'attention vers une conception plus démocratique de l’Église, cette conception aboutit à la destruction des éléments fondamentaux de l’Église.]

>le dialogue interreligieux

>et la collégialité - dont les formulations sont ambiguës et difficiles à concilier avec les doctrines enseignées de manière cohérente par le Magistère depuis l'époque des Pères de l'Église jusqu'à la période précédant immédiatement le Concile. [La collégialité dilue la compréhension traditionnelle de la primauté papale en mettant l’accent sur l’autorité collective des évêques. Ce concept a ensuite servi de fondement à la synodalité et à la décentralisation de l’autorité.]

"Depuis le Concile Vatican II, l'Église catholique connaît un climat d'ambiguïté générale, d'imprécision et d'incertitude concernant des doctrines importantes telles que

>le caractère unique du Christ Rédempteur,

>le caractère unique de l'Église catholique,

>la structure monarchique divinement établie de l'Église (au niveau universel et local)

>et le caractère sacrificiel de la Sainte Messe. Il est indéniablement évident que ceux qui ont détenu le pouvoir administratif au Saint-Siège au cours des dernières décennies, et qui le détiennent encore aujourd'hui, exigent de la FSSPX comme condition sine qua non pour la pleine communion avec le Saint-Siège l'acceptation du climat de facto d'ambiguïté doctrinale et liturgique et de relativisme, qui a atteint son apogée avec le processus synodal actuel, extrêmement confus, dans toute l'Église. Depuis le Concile, avec certains des enseignements ambigus mentionnés, un processus est en cours pour établir, avec l'autorité du Pontife Romain, une soi-disant "Église de Vatican II" ou "Église conciliaire". Cette tendance, de nos jours sous le nouveau nom de "l'Eglise synodale", vise essentiellement à être une religion relativiste adaptée au monde.
 

"Le Saint-Siège exige que la FSSPX accepte des doctrines formulées de manière ambiguë et non définitives comme condition sine qua non pour la pleine communion avec le Saint-Siège et pour recevoir une régularisation canonique. Il s'agit notamment des enseignements concernant

>la liberté religieuse,

>l'œcuménisme,

>le dialogue interreligieux (y compris, par exemple, la déclaration de Lumen Gentium 16 selon laquelle les musulmans, avec les catholiques, "adorent le Dieu unique et miséricordieux"), 

>la collégialité épiscopale (telle qu'elle est comprise d'une manière qui diminue la structure monarchique divinement instituée par l'Église)

>et les réformes liturgiques associées au Novus Ordo Missae.
 

Le Saint-Siège demande également à la FSSPX de reconnaître officiellement les déclarations et les enseignements des papes post-conciliaires qui appartiennent au magistère dit authentique et quotidien. Il s'agit, par exemple, de

>certaines déclarations dans Amoris Laetitia qui sapent sérieusement et même contredisent la Révélation divine ;

>de la permission formelle du pape François pour les personnes divorcées et remariées de recevoir la Sainte Communion ;

>et de la Déclaration sur les bénédictions pour les couples de même sexe dans Fiducia Supplicans." Cf. Bishop Schneider: SSPX excommunications would be a historic mistake, LifeSiteNews
https://www.lifesitenews.com/opinion/bishop-schneider-sspx-excommunications-would-be-a-historic-mistake/

 

En matière de dogmatique, il doit y avoir unité, en matière d'opinions, la liberté, et en tout, charité.

 

Il est du devoir des autorités de l'Église d'indiquer aux fidèles quels sont très précisément les 'éléments fondamentaux de l'Église, à commencer par plusieurs points du Concile Vatican II'  - jugés hétérodoxes par la FSSPX - auxquels il faudrait adhérer ? Et quels sont les textes du concile Vatican II qui n'engagent pas la foi ?

 

Depuis 61 ans, ce travail de clarification n'a jamais été fait ni présenté aux catholiques, alors que le cardinal Robert Sarah a appelé il y a quelques jours à des clarifications de certaines parties de l'interprétation de Vatican II, venant ainsi confirmer la demande de clarification faite par la FSSPX.

 

Lire sur ce sujet

>Quelle est la raison du Concile Vatican II ? Réponse de Mgr Gherardini

>"Le concile Vatican II a été un catalyseur pour faire ressortir dans l’Église tout ce qui était latent avant lui dans le mouvement moderniste" - Mgr Schneider

>Cardinal Müller : C’est le progressisme, et non la tradition, qui divise l’Église

>"Le pape n’est pas un Führer" : le cardinal Müller s’exprime sur l’ultramontanisme

>"L'Église catholique n'est pas l'Église du Pape et les catholiques ne sont donc pas des papistes mais des chrétiens". Entretien exclusif avec le cardinal Gerhard Müller

>Sous le pape François, une réforme "très profonde" de l'idée de loi naturelle a été initiée - Archevêque Vincenzo Paglia

>Un changement de paradigme catholique n'est pas développement mais corruption - Cardinal Müller

Profession de foi catholique de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X

La direction de la FSSPX a publié une profession de foi catholique de 154 points avant les consécrations épiscopales prévues.

Le document faisait partie des communications envoyées au pape Léon XIV et aux cardinaux et était accompagné d'une lettre ouverte décrivant la nécessité d'adhérer à la tradition face au "contexte instable et extrêmement périlleux" dans lequel se trouve l'Église. Il a été signé par les pères Davide Pagliarani, Christian Bouchacourt et Franz Schmidberger et les évêques Alfonso de Galarreta et Bernard Fellay.
La lettre ouverte explique que:

Il n'appartient pas à la Fraternité Saint-Pie X d'indiquer la voie à suivre, mais plutôt la tradition de deux mille ans de l'Eglise, fidèlement gardée et transmise par le Siège apostolique à travers les siècles, et que beaucoup considèrent aujourd'hui, dans la pratique, comme une réalité dépassée, sujette à un développement perpétuel.

C'est au nom de cette même Tradition, et à sa seule lumière, que nous formulons aujourd'hui cette profession de foi catholique en réponse aux principales erreurs et aux plus graves dangers de notre temps.

Profession of Catholic Faith

Source : https://paxorbis.org/2026/06/25/sspx-profession-of-catholic-faith/ / SSPX.org / SSPX.org Pdf

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L'article 79 en français de la Profession de foi catholique de la FSSPX se lit comme suit :

 

"79. Je rejette pareillement les conceptions synodales qui tendent à transformer l’Église hiérarchique en une structure consultative, parlementaire ou démocratique, soumise aux opinions fluctuantes du peuple chrétien ou aux pressions du monde. La conscience collective des fidèles, les enquêtes pastorales, les sensibilités culturelles et les attentes du monde ne sont pas des sources de la Révélation. L’écoute légitime des âmes ne peut jamais devenir une adaptation continuelle de la vie de l’Église, de sa 12 doctrine et de sa constitution divine à l’esprit du monde, sous prétexte d’interpréter le « sensus fidei » du peuple de Dieu 79"

 

Lire aussi sur le sujet de l'Église synodale et le synodalisme :

 

2023: 

>Le pape François exprime ses "préoccupations" concernant le Chemin synodal allemand, affirmant qu'il menace l'unité de l'Église

>"La 'voie synodale' dans le schisme allemand." Un éclairage critique

2024: 

>L'ex-synode n'intéresse que ceux qui veulent remplacer l'enseignement catholique par l'hérésie

>Le cardinal Müller dénonce l'"idéologie" synodale", "une maladie théologique" et "une anthropologie absolument erronée" qui remonte au siècle des Lumières"

2025:

>Le podium synodal

>Le synodalisme est le résultat d’une erreur théologique. Küng contre Ratzinger

2026:

>Cardinal Rainer Maria Woelki : "Pour moi, le Chemin synodal est clos"

Profession de foi catholique de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X

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Traduction française de la Profession de foi de la FSSPX. (Site FSSPX.be)

 

 

Profession de foi catholique de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X pour éclairer les âmes face aux erreurs modernes

 

Au nom de la sainte et indivise Trinité,

Père, Fils et Saint-Esprit.

 

Préambule

 

1. Je professe et j’embrasse l’entière vérité de la foi catholique, telle qu’elle a été "reçue par les Apôtres de la bouche même de Notre Seigneur Jésus-Christ, ou transmise comme de main à main par les Apôtres eux-mêmes sous la dictée de l’Esprit-Saint 1", puis conservée fidèlement et parvenue jusqu’à nous en une succession continue dans l’Église catholique, à travers la prédication des papes et des évêques, les écrits des Pères de l’Église et des théologiens, et les définitions des saints conciles 2.

 

2. Je reçois fermement toutes et chacune des vérités que l’Église infaillible a proposées comme divinement révélées et nécessaires au salut, soit par les définitions de son Magistère solennel, soit parl’unanimité de son Magistère ordinaire et universel 3. Je reçois également tout ce qui appartient à ladoctrine catholique en raison d’une connexion nécessaire avec le dépôt révélé 4, et je tiens pour sûres les vérités que l’Église a enseignées avec constance afin de préserver ce dépôt contre les erreurs 5.

 

3. Je rejette en conséquence toutes les erreurs contraires à cette foi, spécialement celles du libéralisme, de l’indifférentisme, du modernisme, de l’œcuménisme et du laïcisme, condamnées par les papes Pie IX 6, Léon XIII 7, saint Pie X 8, Pie XI 9 et Pie XII 10. Ces erreurs, en effet, obscurcissent la doctrine révélée, faussent la Tradition, défigurent la sainte liturgie, corrompent les mœurs, affaiblissent l’esprit missionnaire et désagrègent l’ordre social chrétien, nuisant gravement au salut des âmes.

 

4. Je professe cette foi et rejette toutes les erreurs qui lui sont contraires parce que je veux demeurer fidèlement soumis à la sainte Église catholique, apostolique et romaine, Maîtresse de vérité, ainsi qu’au Pape, Vicaire du Christ, dans l’attachement à la Rome éternelle qui a reçu mission de garder saintement et d’exposer fidèlement le dépôt révélé jusqu’à la fin des siècles.

 

5. J’ajoute que, dans la confusion présente, il ne suffit plus de rappeler quelques vérités isolées. Il devient indispensable de mettre en pleine lumière l’ordre entier de la doctrine catholique, dans sa cohérence surnaturelle et son harmonie lumineuse, sans omettre aucun dogme, sans diminuer aucune vérité, sans substituer à la foi reçue un langage équivoque ou tronqué qui, sous prétexte d’œcuménisme ou d’adaptation au monde, défigure cette doctrine avec une audace toujours plus grande.

 

6. La charité elle-même commande de professer cette doctrine avec clarté, patience et force, pour la gloire de Dieu, l’honneur de l’Église et le salut des âmes.

 

I. La Révélation divine, la foi et la Tradition

 

7. Je crois que Dieu, dans sa bonté, a appelé l’homme, par le don de la grâce, à obtenir la vision béatifique. Je tiens fermement et je professe que cette exaltation de l’homme dépasse les forces et les exigences de la nature humaine, et qu’elle est un don gratuit de Dieu, c’est-à-dire un don surnaturel 11.

 

8. Je crois que Dieu n’a pas laissé l’homme à ses seules forces naturelles, mais qu’il lui a révélé les mystères de sa vie divine et la destinée surnaturelle à laquelle il l’appelle. C’est ainsi que, après avoir parlé autrefois par les Prophètes dans l’ancienne Alliance, il a parlé définitivement par son Fils unique, Notre Seigneur Jésus-Christ, dans la nouvelle Alliance, avec laquelle la Révélation divine a reçu son parfait accomplissement 12.

 

9. Cette Révélation est la parole véridique de Dieu, confiée à l’Église comme un dépôt, et proposée aux hommes comme règle de foi sous la forme d’un corps de doctrine, dans lequel les mystères sont formulés d’une manière qui les rend intelligibles et exprimables par des mots 13. La Révélation n’est pas l’expression progressive d’une conscience religieuse, ni le fruit d’une expérience collective de la communauté croyante ; elle est la vérité même de Dieu se communiquant surnaturellement à l’intelligence des hommes pour leur salut 14.

 

10. Je crois que le dépôt de la foi a été achevé avec la mort du dernier Apôtre. Après les Apôtres, l’Église ne reçoit pas une nouvelle Révélation : elle garde, explique, défend et transmet le dépôt reçu 15.

 

11. Je reconnais les preuves externes de la Révélation, en particulier les miracles et les prophéties, comme des signes très certains par lesquels l’origine divine de la religion chrétienne est démontrée de manière adaptée à l’intelligence humaine, en tout temps et en tout lieu. Je reconnais également l’Église elle-même, par son unité, sa sainteté, sa catholicité, sa fécondité et sa stabilité invincible, comme un motif permanent de crédibilité et un témoignage irréfutable de sa mission divine.

 

12. Je professe que la foi est la soumission surnaturelle de l’intelligence, sous la motion de la grâce, à la vérité révélée extérieurement par Dieu. Elle ne repose ni sur l’évidence des choses vues, ni sur le jugement privé, ni sur l’expérience de ce qui est vécu, mais sur l’autorité même de Dieu qui parle et qui, étant la Vérité première, ne peut ni se tromper ni nous tromper. La foi n’est donc ni un sentiment religieux aveugle, ni une émotion de l’âme, ni une conviction intime produite par la conscience personnelle ou collective. Elle est la vertu surnaturelle qui surélève l’intelligence humaine et lui permet de connaître Dieu tel qu’il est, grâce au témoignage que Dieu donne de lui-même, en attendant la vision 16.

 

13. Je rejette par conséquent l’erreur du modernisme, telle qu’elle sévit encore actuellement, qui réduit la foi à une expérience intérieure, à une aspiration sensible, ou à une prise de conscience progressive de la communauté croyante. Une telle conception détruit la notion même de dogme et rend impossible l’obligation de croire, remplaçant la vérité divine par la sincérité subjective et livrant la doctrine aux fluctuations de l’histoire 17.

 

14. Je professe encore que le dépôt de la doctrine révélée par Dieu est renfermé dans ses deux sources que sont la Sainte Écriture et la Tradition 18. Je professe que la Tradition comporte plus d’une vérité révélée par Dieu qui ne se trouve pas dans l’Écriture, et que par conséquent l’Écriture doit être lue et comprise dans la dépendance de la Tradition 19.

 

15. Je professe que la Sainte Écriture, dont les livres ont été écrits intégralement, en toutes leurs parties, sous l’inspiration du Saint-Esprit, est véritablement la parole de Dieu, exempte de toute erreur et confiée à l’interprétation authentique du Magistère de l’Église, selon la norme de la Tradition et selon l’analogie de la foi 20.

 

16. Je rejette donc l’exégèse rationaliste, qui traite les livres saints comme des documents ayant seulement l’homme pour auteur, qui exclut a priori la possibilité du surnaturel, sépare artificiellement le Christ historique de la foi de l’Église, dissout les miracles dans le symbole, ou soumet l’Écriture aux hypothèses changeantes et aux manipulations des méthodes critiques naturalistes. La vraie science biblique doit se mettre au service de l’intelligence de la foi ; il ne lui appartient pas de se faire la règle, l’interprète ou le juge de la parole de Dieu 21.

 

17. Je professe enfin que la Tradition n’est pas une mémoire morte, mais la transmission vivante de la doctrine reçue des Apôtres. Elle demeure vivante par distinction d’avec la Révélation qui est close 22. Elle l’est à la fois dans l’activité du Magistère de l’Église enseignante et dans la profession de foi de l’Église enseignée, dont le "sentire cum Ecclesia" est le résultat produit par l’enseignement du Magistère 23. La Tradition peut se dire "vivante", non pas au sens où elle changerait de signification, mais au sens où le Magistère vivant propose à travers les siècles, d’une manière toujours plus claire et plus explicite, la même vérité selon la même signification 24. Ce qui a été cru par tous, partout et toujours, comme appartenant à la foi, ne peut être nié ni mis en doute par aucune mode théologique, aucune pression pastorale, aucune nécessité diplomatique, aucune prétendue exigence du monde moderne 25.

 

II. Dieu, principe et fin de toutes choses, Trinité sainte

 

18. Je professe l’existence d’un Dieu unique, personnel, vivant et vrai, principe premier et fin dernière de toutes choses, qui au commencement créa à partir de rien le ciel et la terre, les choses visibles et invisibles. Infiniment parfait, éternel et tout-puissant, immuable, incompréhensible dans son essence et souverainement libre dans ses œuvres, il est distinct du monde qu’il a créé librement, qu’il conservedans l’existence et qu’il gouverne par sa Providence 26.

 

19. Je professe que Dieu peut être connu avec certitude par la lumière naturelle de la raison à partir de ses créatures, comme la cause est connue par ses effets. La foi catholique reconnaît en effet que l’intelligence humaine est capable d’atteindre véritablement la réalité des choses, d’en connaître souvent les causes, et de parvenir à de vraies certitudes 27.

 

20. C’est pourquoi je rejette l’agnosticisme moderne, le scepticisme philosophique, le subjectivisme idéaliste, et toutes les doctrines qui limitent la portée de la connaissance humaine aux phénomènes sensibles ou aux constructions de la conscience, niant par là la possibilité même d’un Magistère ecclésiastique et d’une théologie véritable.

 

21. Je confesse qu’en l’unique nature divine subsistent trois Personnes réellement distinctes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit, Trinité consubstantielle et indivisible. Le Père est sans principe ; le Fils est engendré de toute éternité par le Père ; le Saint-Esprit procède éternellement du Père et du Fils comme d’un seul principe. Mais ces trois Personnes sont une seule et même substance divine : elles sont un seul Éternel et non pas trois Éternels ; un seul Dieu sage, bon, tout-puissant, et non pas trois dieux également sages, bons et tout-puissants ; elles ne font qu’un dans la volonté et la providence divine, et jouissent d’une seule et même gloire 28.

 

22. Je rejette les professions diminuées de la foi trinitaire qui, sous prétexte d’unité religieuse ou de prudence œcuménique, taisent volontairement ce que Dieu a révélé sur lui-même. Il ne suffit pas de dire avec les juifs et les musulmans que Dieu est un ; il ne suffit pas de reconnaître avec les ariens que le Fils est de même nature que le Père ; il ne suffit pas non plus de confesser avec les grecs schismatiques que le Saint-Esprit procède du Père en taisant le Filioque. Ce faux irénisme poursuit une concorde illusoire : en omettant de professer certaines vérités révélées, il substitue la confusion à la clarté et menace l’intégrité de la foi.

 

III. La création de l’homme et l’ordre surnaturel de la grâce

 

23. Je crois que Dieu a créé l’homme à son image, pourvu d’une âme spirituelle et immortelle, capable de connaître la vérité, d’aimer le bien connu par la raison naturelle, et de se tourner librement vers son Créateur. L’homme n’est donc pas le produit nécessaire d’une évolution aveugle, ni le simple résultat de forces matérielles ; il vient de Dieu comme de sa cause créatrice, dépend de Dieu qui le maintient dans l’être, et est ordonné à Dieu comme à sa fin 29.

 

24. Je professe que Dieu n’a pas destiné l’homme à sa seule perfection naturelle, mais l’a appelégratuitement à une fin surnaturelle qui dépasse absolument les forces et les droits de la nature créée : la vision béatifique, par laquelle l’âme verra Dieu face à face et participera à la vie intime de la Très Sainte Trinité. Que l’homme soit appelé à devenir enfant de Dieu, participant de la nature divine et héritier du Ciel, n’est pas l’accomplissement nécessaire de sa nature, mais un pur effet de la libéralité divine 30.

 

25. Je rejette donc toute doctrine qui dissout la distinction entre nature et grâce, qui fait de la vie surnaturelle une exigence de la nature humaine, ou qui présente la grâce comme un simple développement intérieur des capacités naturelles de l’homme. Une telle confusion ruine à la fois la gratuité du surnaturel et la réalité de la nature. Elle finit par réduire la foi à une anthropologie religieuse, et la Rédemption à une révélation de l’homme à lui-même.

 

26. Je professe également que la grâce ne détruit ni ne remplace la nature : elle la guérit, l’élève et la perfectionne tout en la conservant. L’ordre surnaturel ne remet en cause ni la raison, ni la loi naturelle, ni les créatures ; il les guérit et les subordonne à une fin plus haute 31. C’est pourquoi l’opposition moderne entre la liberté humaine et la grâce, entre la dignité de la personne et la dépendance envers Dieu, entre la culture et la foi, est radicalement fausse.

 

27. Je rejette le faux humanisme religieux qui célèbre l’homme en lui-même, comme si l’Incarnation avait révélé d’abord et seulement l’image de Dieu dans la création de l’homme, plutôt que la misère du péché et la miséricorde de Dieu s’abaissant vers le pécheur. L’homme n’est vraiment grand que lorsqu’il reçoit humblement la grâce qui le guérit et l’élève, fait pénitence pour ses péchés, se soumet à la vérité et vit en enfant de Dieu. En se séparant de Dieu, il ne s’exalte pas : il se perd.

 

28. Je professe que la dignité humaine, dans laquelle Dieu a établi sa créature au sommet du monde matériel, ne peut jamais être invoquée contre la loi de Dieu, contre la nécessité de la conversion, ou contre la soumission à la vérité révélée. Cette dignité est blessée par le péché : elle doit être restaurée et surélevée à la dignité des fils adoptifs de Dieu, par la grâce 32.

 

IV. Le péché originel et la condition de l’homme

 

29. Je crois que nos premiers parents furent établis par Dieu dans un état de justice et de sainteté originelles, et dotés des dons d’intégrité, d’impassibilité et d’immortalité. Par une faveur particulière de Dieu, ils possédaient non seulement l’intégrité de leur propre nature, mais encore les dons surnaturels qui les ordonnaient à la vie même de Dieu 33. Adam, chef et principe de l’humanité, reçut en outre le don de science.

 

30. Je professe que, par sa désobéissance, Adam a réellement commis le péché originel, qui se transmet à tous les hommes par génération. Ce péché est pour tous un péché de nature, qui les condamne à la mort, à la souffrance, à l’ignorance et à la concupiscence. Ayant été dépouillés de la grâce sanctifiante et des dons préternaturels, qu’ils ne peuvent plus transmettre à leur descendance, Adam et Ève ont été chassés du paradis terrestre 34.

 

31. En Adam, la nature de l’homme n’a cependant pas été détruite, mais seulement blessée : son intelligence, quoiqu’obscurcie, demeure capable de connaître la vérité 35 ; son libre arbitre, quoiqu’affaibli, demeure capable de vouloir et d’aimer le bien naturel 36. C’est pourquoi je rejette toutes les doctrines qui, dans un pessimisme désespéré, jugent l’homme irrémédiablement corrompu et incapable de tout bien.

 

32. Toutefois, je rejette pareillement toutes les doctrines qui, dans un optimisme insensé, minimisent le péché originel, exaltent naïvement la bonté native de l’homme, ou prétendent fonder la paix universelle sur le seul progrès moral, technique, politique ou culturel de l’humanité. Les tragédies de l’histoire, les désordres des sociétés et les ténèbres du cœur humain s’expliquent fondamentalement, d’abord et avant tout, par la blessure profonde du péché.

 

33. Je professe que l’homme a besoin d’être sauvé par une rédemption qui le délivre à la fois de ce péché originel et de l’ensemble de ses péchés personnels 37. Cette rédemption – ou ce rachat – nécessite le don de la grâce de Dieu dans le Christ : sans elle, l’homme ne peut pas se sauver lui-même par ses œuvres naturelles, sa culture, sa science ou sa sincérité religieuse 38. Sans la grâce sanctifiante du Christ, il demeure incapable d’atteindre sa fin surnaturelle 39.

 

34. Je rejette donc le naturalisme moderne, qu’il soit théorique (en philosophie ou en théologie) ou pratique (en morale, en politique ou en pastorale). Toute doctrine qui parle de fraternité, de paix, de dignité ou de progrès, sans reconnaître le péché, la Croix ni la nécessité de la grâce, bâtit sur un fondement illusoire et finit par tromper les âmes qu’elle prétend servir.

 

35. Je professe en même temps que la gravité du péché ne doit jamais conduire au désespoir, car Dieu, dans sa miséricorde, n’a pas abandonné l’homme après sa chute, mais dès les origines, lui a promis un Sauveur né de la Femme, dont il a préparé progressivement l’avènement à travers l’histoire du salut.

 

36. En tout cela, je professe que les faits rapportés par le livre de la Genèse touchant les fondements de la religion catholique sont à prendre au sens littéral historique : par exemple, la création de toutes choses faite par Dieu au commencement du temps ; la création particulière de l’homme ; la formation de la première femme à partir du premier homme ; l’unité du genre humain ; le bonheur originel des premiers parents dans l’état de justice d’intégrité et d’immortalité ; le commandement donné par Dieu à l’homme pour éprouver son obéissance ; la transgression du précepte divin, à l'instigation du diable sous la forme du serpent ; la déchéance des premiers parents de cet état primitif d'innocence ; ainsi que la promesse du Rédempteur à venir 40.

V. Jésus-Christ, Verbe incarné, unique Médiateur et Rédempteur

 

37. Je crois et professe que Notre Seigneur Jésus-Christ est le Verbe éternel de Dieu, vrai Dieu et vrai homme, consubstantiel au Père selon la divinité et de même nature que nous selon l’humanité, semblable à nous hormis le péché 41. Il est l’unique Médiateur entre Dieu et les hommes, l’unique Sauveur du genre humain, l’unique Roi des âmes et des sociétés, promis par Dieu dans sa miséricorde à nos premiers parents et annoncé par les prophètes 42.

 

38. Je professe que lorsque vint la plénitude des temps, le Fils de Dieu s’est incarné, non pour confirmer l’homme dans sa dignité humaine ou pour lui révéler l’image de Dieu en lui-même, mais pour le sauver du péché et lui redonner accès à la vie éternelle. Né de la Vierge Marie, sans cesser d’être Dieu il a pris une nature humaine véritable, a vécu parmi nous, a enseigné la vérité, a accompli les prophéties, a manifesté sa divinité par ses miracles, puis s’est offert librement sur la Croix en sacrifice propitiatoire pour les péchés du monde 43.

 

39. Je professe que la Rédemption est une satisfaction véritable offerte à la justice divine, en réparation pour le péché d’origine et les péchés personnels. Le Christ, Prêtre et Victime dans son humanité sainte, nous a rachetés par son Sang. En portant nos péchés et en subissant la peine qui nous était due, il a offert à son Père un acte parfait d’obéissance, acte d’amour et de réparation, auquel la dignité de sa Personne divine conférait une valeur méritoire infinie 44.

 

40. Je rejette donc toute doctrine qui réduirait la Rédemption à une simple manifestation de l’amour de Dieu, à une solidarité du Christ avec les souffrances humaines, à une révélation de la dignité de l’homme, ou à une libération purement morale, politique ou sociale. La Croix n’est pas seulement un signe : elle est l’autel du sacrifice rédempteur. Le Christ n’a pas seulement annoncé le salut : il l’a mérité par son sacrifice. Sa passion volontaire et sa mort sur la Croix constituent l’unique sacrifice rédempteur par lequel l’humanité est réconciliée avec Dieu.

 

41. Je professe que le troisième jour il est ressuscité glorieux d’entre les morts, et que cette résurrection est proprement un fait historique. Elle est le signe le plus éclatant de sa victoire définitive sur le péché, la mort et l’enfer. Elle constitue le fondement de l’espérance chrétienne et le gage de notre propre résurrection. Elle représente aussi le principal motif de crédibilité de la divinité de Jésus-Christ 45.

 

42. Je crois que quarante jours plus tard il est monté aux cieux, qu’il siège désormais à la droite de son Père, qu’il gouverne invisiblement son Église par l’intermédiaire de son Vicaire, et qu’il intercède pour nous constamment, en attendant de revenir dans la gloire à la fin des temps, pour juger les vivants et les morts 46.

 

43. Je professe également que si le Christ est mort pour tous, tous ne sont pas sauvés par le fait même. Les mérites de la Passion doivent être appliqués aux âmes, ce qui a lieu ordinairement lorsque celles-ci reçoivent avec les dispositions requises les sacrements qui leur communiquent la grâce sanctifiante. Celui qui refuse les sacrements, les reçoit indignement, ou qui demeure volontairement dans le péché se ferme au salut que le Christ lui a acquis 47.

 

44. Je rejette donc le faux optimisme d’une rédemption universelle déjà réalisée en tout homme, indépendamment de sa conversion et de sa persévérance. Une telle doctrine détruit l’urgence de la prédication, affaiblit le zèle missionnaire, rend inutile la pénitence et contredit les paroles mêmes du Sauveur : "Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui ne croira pas sera condamné."

 

45. Je professe enfin que Jésus-Christ est non seulement le Rédempteur des individus, mais le centre de toute l’histoire et le Roi de toute la Création. Tout a été créé par lui et pour lui ; tout doit être restauré en lui. Aucune culture, aucune société, aucune loi, aucune sagesse humaine ne trouve sa vraie perfection, complète et achevée, en dehors de son règne 48.

 

VI. La très sainte Vierge Marie dans l’économie du salut

 

46. Je crois que la très sainte Vierge Marie occupe dans l’histoire du salut une place unique voulue par Dieu de toute éternité, et que sa condition n’est donc pas la condition commune des autres créatures. Celui qui avait résolu de donner son Fils aux hommes avait aussi résolu de lui donner une Mère 49.

 

47. Je professe que la Bienheureuse Vierge Marie, par un privilège singulier, fut immaculée dès le premier instant de sa conception, afin d’être la digne Mère de Jésus-Christ : préservée du péché originel par prévision des mérites du Christ et ainsi rachetée d’une manière plus sublime, comblée de grâce dès le premier instant de son existence, Marie s’est toujours montrée parfaitement fidèle à la volonté de Dieu 50.

 

48. Je crois qu’elle demeura toujours vierge, avant, pendant et après l’enfantement ; sa virginité perpétuelle manifeste l’origine divine de son Fils et sa consécration totale à l’œuvre de Dieu 51.

 

49. Je professe que, véritablement Mère de Dieu et Mère des hommes, elle a été associée d’une manière unique et incomparable à l’œuvre rédemptrice de son divin Fils : nouvelle Ève auprès du nouvel Adam son "Fiat" a ouvert la voie à l’Incarnation ; sa fidélité silencieuse a accompagné toute la vie du Sauveur ; sa Compassion douloureuse au pied de la Croix l’a unie d’un seul cœur au sacrifice rédempteur 52.

 

50. Je professe qu’ainsi unie à son divin Fils, elle a mérité par convenance dans sa Compassion ce que le Christ a mérité par justice stricte dans sa Passion ; non comme cause principale de la Rédemption, mais comme associée subordonnée, dépendante et toute relative à son Fils, dans un seul et même acte du rachat de nos âmes. C’est en ce sens que la piété catholique, appuyée sur l’enseignement traditionnel des papes et des théologiens, l’appelle à juste titre, en raison de cette Compassion, "Corédemptrice", et par conséquent "Médiatrice universelle"53.

 

51. Je rejette par conséquent avec indignation la tendance moderne à diminuer les privilèges de la très sainte Vierge sous prétexte de prudence œcuménique, de dialogue avec les fausses religions, ou par crainte fallacieuse d’obscurcir l’unique médiation rédemptrice de Jésus-Christ. Affaiblir la doctrine mariale, ce n’est pas mieux honorer le Christ : c’est méconnaître l’ordre voulu par Dieu, qui a voulu venir à nous par Marie et nous conduire à lui par elle.

 

52. Je crois qu’au terme de sa vie terrestre, elle fut élevée corps et âme à la gloire céleste, où elle règne auprès du trône de Dieu, aux côtés de la sainte humanité de son divin Fils, sur les anges et sur les hommes, exerçant son rôle maternel de Dispensatrice de toutes les grâces 54.

 

53. Je professe enfin que le culte authentique et spécial rendu à sa Mère ne diminue en rien le culte dû à Dieu ; il l’accroît au contraire, parce qu’il reconnaît les merveilles de la grâce divine dans la créature la plus parfaite, et conduit les âmes plus sûrement à Jésus-Christ 55. La vraie restauration catholique ne peut être séparée de l’honneur rendu à celle qui écrase la tête du serpent.

 

VII. L’Église catholique, Corps mystique du Christ et unique arche du salut

 

54. Je crois fermement que, pour perpétuer et prolonger l’œuvre de la Rédemption jusqu’à la fin des siècles, Notre Seigneur Jésus-Christ a fondé une seule Église, visible, hiérarchique, indéfectible et nécessaire au salut. Cette Église, acquise par le Sang du Christ, confiée à Pierre et à ses successeurs, les Pontifes romains, n’est autre que l’Église catholique romaine 56.

 

55. Je professe que l’Église est une, sainte, catholique et apostolique. Elle est une par sa foi, son culte, son gouvernement et sa fin. Elle est sainte par son Fondateur, par sa doctrine, par ses sacrements et par les saints qu’elle ne cesse d’enfanter. Elle est catholique parce que, envoyée à tous les peuples et établie dans tout l’univers, elle est partout apte à procurer le salut aux hommes de toutes les conditions. Elle est apostolique parce qu’elle demeure fondée sur les Apôtres, conserve leur doctrine et poursuit leur mission, gouvernée par leurs successeurs 57.

 

56. Je professe que l’Église est identiquement société visible et Corps mystique du Christ. Le Christ en est la Tête ; les fidèles en sont les membres ; la vie surnaturelle acquise sur la Croix se communique en elle par les sacrements reçus dans la foi, et s’épanouit dans la charité 58.

 

57. Je professe que l’Église est l’Épouse immaculée du Christ. Le Christ l’a aimée jusqu’à se livrer pour elle, afin de la sanctifier et de se la présenter sans tache ni ride. Si ses membres peuvent pécher, ellemême, dans sa doctrine, ses sacrements, sa constitution divine et sa fin, demeure la gardienne fidèle et pure du dépôt révélé, et la dispensatrice des mystères de Dieu. Les fautes des hommes d’Église ne peuvent pas être imputées à l’Église en tant que telle ; elles viennent de ce que ces hommes n’ont pas vécu selon ses lois saintes. Aussi je rejette les accusations injustes et blasphématoires portées contre l’Église au nom des péchés de ses enfants, ainsi que les repentances qui semblent faire porter à l’Épouse du Christ les fautes de ceux qui l’ont trahie 59.

 

58. Je professe que l’Église est Mère des âmes. Elle les engendre à la vie divine par le baptême, les nourrit par l’Eucharistie, les relève par la pénitence, les fortifie par la confirmation, sanctifie les familles par le mariage, consacre les prêtres par l’ordre et assiste les mourants par l’extrême-onction. Sa maternité est surnaturelle et salvifique : elle donne aux hommes le pain de la saine doctrine, la grâce et les moyens de la vie éternelle 60.

 

59. Je professe que Dieu a voulu faire de l’Église le moyen nécessaire du salut ; de même qu’il n’y a sous le ciel aucun autre nom donné aux hommes que celui de Jésus-Christ, par lequel nous devions être  sauvés, de même il n’y a aucun salut surnaturel indépendamment de l’Église catholique. Car tout salut vient de Jésus-Christ ; et toute grâce salutaire, soit est donnée dans et par l’unique Église qu’il a fondée, soit ordonne celui qui la reçoit à cette même Église 61.

 

60. Cette vérité signifie que nul ne peut être sauvé sans le Christ et son Église, par une fausse religion en tant que telle, ni assuré de son salut en dehors de la structure visible de l’Église. Si des hommes sont sauvés sans appartenir à la société visible qu’est l’Église, Corps mystique du Christ, ils le sont par une ordination surnaturelle à l’unique Église du salut, et malgré les erreurs des fausses religions où ils se trouvent, dont ils se délivrent en ne refusant pas la grâce qui leur est offerte, et en y correspondant 62.

 

61. Je rejette donc le faux œcuménisme, reposant sur cette idée que le Saint-Esprit ne refuserait pas de se servir des communautés séparées comme de moyens de salut, comme si l’Église du Christ y était présente et agissante, ou comme si ces communautés possédaient en elles-mêmes une valeur salvifique, dont la vertu dériverait de la plénitude de grâce et de vérité confiée à l’Église catholique. Si quelque homme accède à la vérité révélée ou reçoit une grâce de sanctification en dehors des limites visibles de l’Église catholique, cette vérité et cette grâce appartiennent de droit à cette même Église, appellent sans équivoque à l’unité catholique, et le Saint-Esprit ne les donne pas en se servant comme de moyens de salut des communautés séparées en tant que telles, dont on ne saurait trop détourner les âmes 63.

 

62. Je rejette également l’idée selon laquelle les religions non chrétiennes reflèteraient un rayon de la vérité qui illumine tout homme, ou seraient des voies légitimes par lesquelles Dieu conduirait positivement les hommes au salut. Quelques fragments de vérité naturelle, ou des vestiges déformés de vérités anciennes, peuvent bien se rencontrer chez les adeptes de ces fausses religions ; mais celles-ci prises comme telles, et en tant qu’elles mêlent l’erreur à leur culte, sont l’œuvre du démon et ne peuvent être agréées par Dieu. Le Saint-Esprit ne se sert pas d’elles comme de voies de salut, et il ne se trouve en elles aucune vertu propre de l’unique Église du Christ, seule lumière qui éclaire tout homme dans les ténèbres 64.

 

63. Je rejette encore l’idée d’un « christianisme anonyme », selon laquelle tout homme qui mène une vie naturellement honnête, qu’il soit « croyant », athée ou agnostique, serait orienté vers le Christ et donc sauvé par lui, parce que « chrétien » sans le savoir 65.

 

64. Je professe enfin que l’ancienne Alliance a été accomplie, dépassée et rendue caduque par la Nouvelle Alliance, qui est l’accomplissement de la promesse faite à Abraham, dans le Christ et dans son Église. Les figures de l’ancienne Loi ont trouvé leur réalisation et leur cessation dans le sacrifice du véritable Agneau, Médiateur de la Nouvelle Alliance et Prêtre pour l’éternité selon l’ordre de Melchisédech. De par la volonté éternelle de Dieu, la véritable descendance d’Abraham est le Christ, avec ceux qui lui appartiennent dans son Corps mystique qui est l’Église 66.

 

65. Je réprouve donc la nouvelle ecclésiologie, qui détruit l’élan missionnaire en relativisant l’unicité de  l’Église, seule arche du salut.

       

66. Je rejette également l’inculturation comprise comme l’adoption sans discernement des catégories religieuses, morales ou symboliques des cultures païennes et de leurs pratiques. L’Évangile peut assumer ce qui est naturellement bon, vrai et noble dans les peuples ; il ne peut jamais consacrer l’idolâtrie, la superstition, l’erreur ou les mœurs contraires à la loi naturelle. La mission de l’Église n’est pas un dialogue indéfini, une coopération humanitaire ou une reconnaissance mutuelle des traditions religieuses : elle est l’ordre reçu du Christ d’enseigner toutes les nations, de les baptiser et de leur apprendre à garder tout ce qu’il a commandé 67.

 

VIII. Le Saint-Esprit, sanctificateur des âmes et âme de l’Église

 

67. Je professe que le Saint-Esprit, troisième Personne de la Très Sainte Trinité, vrai Dieu avec le Père et le Fils, a parlé par les prophètes, inspiré les Écritures, sanctifié les justes, formé l’humanité du Verbe incarné dans le sein virginal de Marie, et a été envoyé visiblement à la Pentecôte pour manifester l’Église et la vivifier jusqu’à la consommation des siècles 68.

 

68. Je crois que, envoyé par le Père et le Fils, il demeure dans l’Église jusqu’à la fin des siècles, conformément à la promesse de Notre-Seigneur. Il est l’âme incréée de l’Église, non comme une forme substantielle qui abolirait la distinction entre le Christ et ses membres, mais comme le principe invisible et la cause efficiente de sa vie surnaturelle, de son unité de profession de foi et de culte, de la sainteté de son gouvernement et de son Magistère, et de sa fécondité en ses œuvres 69. 69. Je professe que toute la vie de l’Église dépend de son action. C’est lui qui assiste le Magistère ecclésiastique, spécialement celui du Pape, pour qu’il conserve, déclare et explique sans erreur le dépôt révélé : non pour qu’il invente de nouvelles doctrines, mais pour qu’il pénètre plus profondément, dans le même sens et la même signification, la vérité déjà révélée par Dieu aux Apôtres 70.

 

70. Je crois que c’est lui qui communique aux âmes, dans les sacrements, la grâce acquise par le Sauveur, habite en elles par cette grâce et les rend conformes au Christ ; lui qui éclaire les intelligences par sa sagesse, soutient les volontés par sa force, répand sa charité dans les cœurs ; lui qui suscite les bonnes œuvres, inspire la charité fraternelle et conduit les âmes vers leur perfection 71.

 

71. C’est lui qui a soutenu les martyrs, éclairé les docteurs, suscité les missionnaires, nourri la vie contemplative, fécondé les ordres religieux et fait fleurir la sainteté dans tous les états de vie. Les grandes œuvres de la civilisation chrétienne, fruits de la culture catholique, témoignent elles-mêmes de cette présence discrète mais féconde de l’Esprit de Dieu dans l’Église à travers les siècles.

 

72. Je réprouve donc toute prétention à invoquer le Saint-Esprit pour justifier des adaptations doctrinales en rupture avec la Tradition, des renversements moraux, ou des procédés synodaux par lesquels on met en discussion ce que l’Église a reçu de Dieu. L’Esprit de vérité ne peut inspirer aujourd’hui le contraire de ce qu’il a inspiré hier. Il n’invite pas l’Église à écouter le monde pour en recevoir les aspirations ; il la pousse au contraire à enseigner le monde, à le convertir et à le sanctifier. Son œuvre n’est ni de susciter des inspirations anarchiques, ni d’encourager la créativité doctrinale, ni de faire reposer la vie spirituelle sur la recherche de phénomènes charismatiques extraordinaires ; elle consiste à guider les âmes en éclairant leur foi et à les défendre contre leurs ennemis spirituels, pour achever en elles l’œuvre de leur salut et les conduire dans la lumière de l’éternité.

 

IX. Le Pontife romain, l’épiscopat et la constitution hiérarchique de l’Église

 

73. Je reconnais dans le Pontife romain le successeur de saint Pierre, le Vicaire de Jésus-Christ, le Pasteur suprême et universel, chef visible de toute l’Église, possédant, par institution divine, un pouvoir de vraie et propre juridiction suprême, plénier, immédiat et universel, sur tous les pasteurs et sur tous les fidèles baptisés dans l’Église 72.

 

74. Je crois que cette autorité ne lui vient pas d’une délégation de la communauté, mais directement du Christ lui-même, qui a institué cette charge pour la garde de la doctrine de la foi, la sanctification des âmes et le gouvernement de l’Église 73.

 

75. Je reconnais qu’en raison de ce pouvoir propre et véritable, pasteurs et fidèles lui doivent respect et obéissance filiale dans tout ce qui relève de l’exercice légitime de sa charge. Ainsi, l’unité de communion avec le Pontife romain et l’unité de profession de la même foi étant sauvegardées, l’Église du Christ constitue un seul troupeau sous un seul pasteur suprême 74.

 

76. Je reconnais également que les évêques sont les successeurs des Apôtres, ce qui fait d’eux de véritables pasteurs de droit divin, possédant dans l’Église, de par la volonté du Christ, une juridiction particulière et subordonnée, qu’ils reçoivent immédiatement du Pontife romain 75. Unis à ce dernier dans la soumission à son autorité suprême, ils exercent légitimement leur propre autorité dans leurs diocèses respectifs, comme établis par le Saint-Esprit dans l’ordre hiérarchique voulu par le Christ 76.

 

77. Je reconnais encore que le corps des évêques, uni à son chef le Pontife romain et jamais sans ce chef, peut être le sujet extraordinaire et non permanent d’un pouvoir plénier et suprême sur l’Église universelle, mais que cela a lieu seulement dans l’acte d’un concile œcuménique, sur l’initiative et l’ordre du seul Souverain pontife, et dans les limites de sa volonté exclusive 77.

 

78. Je rejette en conséquence les conceptions collégialistes qui feraient du collège des évêques une personne morale permanente dans l’Église, ou un deuxième sujet du pouvoir suprême, distinct du successeur de Pierre. La constitution monarchique de l’Église est d’institution divine et intangible, et il en sera ainsi jusqu’à la fin des siècles, car nul ne peut redéfinir la fonction que le Christ lui-même a conférée à Pierre dans son Église 78.

 

79. Je rejette pareillement les conceptions synodales qui tendent à transformer l’Église hiérarchique en une structure consultative, parlementaire ou démocratique, soumise aux opinions fluctuantes du peuple chrétien ou aux pressions du monde. La conscience collective des fidèles, les enquêtes pastorales, les sensibilités culturelles et les attentes du monde ne sont pas des sources de la Révélation.

L’écoute légitime des âmes ne peut jamais devenir une adaptation continuelle de la vie de l’Église, de sa doctrine et de sa constitution divine à l’esprit du monde, sous prétexte d’interpréter le "sensus fidei" du peuple de Dieu 79.

 

X. Le Magistère, gardien du dépôt révélé

 

80. Je crois que le Pontife romain jouit de l’infaillibilité lorsqu’il parle ex cathedra, c’est-à-dire lorsque, accomplissant sa charge de pasteur et docteur de tous les chrétiens, il définit, en vertu de sa suprême autorité apostolique, qu’une doctrine concernant la foi ou les mœurs doit être tenue par l’Église universelle 80.

 

81. Je professe en outre que le pouvoir de Magistère dans l’Église est essentiellement ordonné à la garde du dépôt révélé et, par le moyen de celle-ci, au salut des âmes. Le Saint-Esprit n’a pas été promis aux successeurs de Pierre pour qu’ils manifestent une doctrine nouvelle, mais pour qu’ils gardent saintement et exposent fidèlement le dépôt transmis par les Apôtres 81.

 

82. C’est pourquoi le magistère présent ne peut contredire substantiellement le magistère antérieur. Le magistère vivant n’est pas la prédication actuelle opposée à la prédication passée ; il est la prédication continuelle et ininterrompue de la même signification de la même vérité de foi à travers les siècles. Le pape et les évêques ne sont pas les maîtres de la Révélation ; ils en sont les gardiens et lui sont soumis comme le disciple l’est au maître. Ils ne peuvent ni changer la foi, ni modifier la constitution divine de l’Église, ni déclarer bon ce qui est contraire à la loi de Dieu 82.

 

83. Je rejette donc toute conception évolutive du dogme selon laquelle les vérités révélées changeraient de signification au cours de l’histoire. Il peut y avoir au sein de l’Église un progrès homogène dans l’intelligence, qui perçoit mieux, de façon plus distincte et plus explicite, le sens de la vérité révélée ; mais jamais une mutation du sens de cette vérité. Ce qui a déjà été enseigné par le Magistère vivant de l’Église enseignante, et cru dans la profession de foi de l’Église enseignée, ne peut devenir faux ; ce qui a été condamné comme contraire à la foi ne peut devenir légitime ; ce qui appartient à la constitution divine de l’Église ne peut être remodelé selon les catégories du monde moderne ou le contexte historicoculturel 83.

 

84. Je rejette donc la notion d’un nouveau magistère, qui prétendrait s’autoriser du temps présent pour imposer des doctrines opposées ou étrangères à la Tradition constante. Je rejette également l’opposition artificielle entre le Magistère d’hier et celui d’aujourd’hui, comme si le seul Magistère vivant de l’Épouse du Christ était celui du temps présent et pouvait, sous prétexte de mieux l’adapter, renier ce que l’Église a toujours enseigné, cru et condamné depuis l’époque des Apôtres.

 

85. Je tiens que, demeurant sauve la légitime liberté de recherche et d’opinion des théologiens relativement aux questions doctrinales ouvertes ou disputées, le Magistère de l’Église a le devoir légitime d’exercer un contrôle et, le cas échéant, une censure sur les publications, pour éviter que celles-ci ne mettent en danger la foi des fidèles. Je rejette donc l’accusation portée contre la sainte Église d’avoir manqué de charité, en anathématisant les hérésies et en excommuniant les hérétiques 84.

 

86. Je rejette aussi le dialogue perpétuel instauré dans l’esprit du dernier Concile, par lequel la hiérarchie renonce à exercer un véritable Magistère, et prétend tantôt recevoir son inspiration du "sens de la foi" du peuple des croyants, tantôt discuter d’égal à égal avec les adeptes des fausses religions, ou même avec les incroyants.

 

87. Je rejette enfin la conception subjectiviste du pluralisme théologique, qui découle d’une telle démission de la fonction magistérielle. Je tiens que l’Église n’est pas une assemblée en recherche permanente, mais qu’elle est la gardienne d’une vérité révélée par Dieu et transmise par les Apôtres, et que son Magistère authentique, assurant au cours de tous les siècles la transmission ininterrompue du dépôt révélé, est la règle prochaine et universelle de la vérité en matière de foi et de mœurs.

 

XI. L’ordre moral et la loi de Dieu

 

88. Je professe qu’il existe un ordre moral réellement fondé dans la sagesse éternelle de Dieu. Les actes humains sont bons ou mauvais selon leur conformité ou leur opposition à la loi divine, sainte et indéfectible. Les opinions individuelles, le consensus social, les intentions subjectives, les circonstances historiques, ne peuvent pas changer la valeur intangible de ces principes de la morale chrétienne 85.

 

89. De l’immense bonté par laquelle Dieu a élevé l’homme à l’ordre surnaturel, il s’ensuit que l’homme n’a qu’une fin ultime, surnaturelle, à laquelle il reste ordonné selon le dessein de Dieu, même après le péché. Cette fin surnaturelle assume, élève et perfectionne la fin de l’ordre naturel de l’homme 86.

 

90. La loi naturelle, inscrite par Dieu dans la nature de l’homme, reste connaissable par la droite raison et oblige tous les hommes. La loi positive révélée, d’ordre surnaturel, la confirme, l’élève et la précise en la dépassant. Il n’y a donc aucune opposition entre la loi de l’Évangile et la loi naturelle ; bien plus, la même grâce donne à l’homme la force d’être surnaturellement fidèle à leurs exigences respectives, et de jouir ainsi de cette liberté des enfants de Dieu par laquelle, délivré du pouvoir du péché, il peut tendre vers sa fin ultime 87.

 

91. Je rejette donc la morale de situation, selon laquelle les circonstances concrètes pourraient rendre bonnes des actions intrinsèquement mauvaises. En particulier je tiens qu’aucune circonstance ne pourra jamais légitimer le recours à la contraception, à l’avortement et à l’euthanasie. Je rejette toute doctrine qui prétendrait qu’une conduite objectivement contraire aux commandements de Dieu pourrait constituer, pour certains, la réponse généreuse actuellement demandée par Dieu. Dieu ne commande jamais le péché ni ce qui est impossible ; il ne bénit jamais le désordre moral et ne justifie jamais ce qui contredit sa propre loi ; mais à celui qui fait son possible, il ne refuse jamais sa grâce pour garder ses commandements 88.

 

92. Je professe que les unions adultères, les unions contre nature et toutes les situations publiques contraires à la loi divine ne peuvent être présentées comme des biens imparfaits, des dons de Dieu, des  étapes positives ou des réalités susceptibles d’être bénies en tant que telles. Une telle présentation trompeuse altère gravement les principes de la morale chrétienne, et porte atteinte à l’institution sacrée du mariage et au bien des familles 89.

 

93. Je rejette donc comme contraire à la foi et à la discipline constantes de l’Église la prétention d’admettre aux sacrements, et tout spécialement à la réception de la très sainte Eucharistie, ceux qui persistent publiquement dans de tels états sans renoncer à leur désordre. La vraie miséricorde appelle le pécheur à la conversion ; elle ne ratifie pas le péché sous prétexte d’accompagnement pastoral ou de discernement des situations particulières.

 

94. Je rejette pareillement la dissociation moderne entre doctrine et pastorale. Une pastorale qui contredit la doctrine n’est pas pastorale ; elle égare les âmes. La charité ne consiste pas à taire la vérité pour éviter la souffrance, mais à dire la vérité avec bienveillance pour conduire au salut. La médecine de l’Église ne peut guérir qu’en nommant le mal, en appelant à la pénitence et en offrant les remèdes de la grâce 90.

 

95. Je professe enfin que Dieu est non seulement l’auteur et la fin de l’ordre moral, mais aussi son gardien, son juge et le souverain rémunérateur du bien et du mal. L’oubli du jugement divin engendre une fausse miséricorde, sentimentale et impuissante, qui ne sauve personne parce qu’elle ne convertit personne.

 

XII. La royauté sociale du Christ et la civilisation chrétienne

 

96. Je professe que la Très Sainte Trinité peut et doit être reconnue et adorée non seulement par chaque homme en particulier, mais aussi par les familles, les institutions et les sociétés civiles. Aucune autorité humaine n’est indépendante de Dieu, car toute autorité vient de lui et doit s’exercer selon la loi éternelle 91.

 

97. Je professe que les sociétés civiles, comme les personnes, ont le devoir de reconnaître et d’honorer ce seul et unique vrai Dieu, qu’est Jésus-Christ, Verbe incarné, deuxième Personne de la Sainte Trinité, et de lui rendre le culte qui lui est dû, dans la vraie religion révélée et instituée par Lui 92.

 

98. Je professe que les autorités qui gouvernent ces sociétés doivent en procurer le bien commun en se conformant à la double loi divine, naturelle et révélée. L’usage de la liberté ne consiste pas à donner libre cours à tous les caprices de la concupiscence, mais à choisir la meilleure manière d’user des biens de ce monde en vue du salut éternel 93.

 

99. Je rejette ainsi le laïcisme moderne, qui prétend constituer la société comme si Dieu n’existait pas. Le refus public de reconnaître Dieu comme souverain Seigneur n’est pas une neutralité, mais une injustice sociale envers le Créateur et une cause profonde de désordre dans les peuples. En effet, une société qui refuse à Dieu l’honneur qui lui est dû détruit progressivement les fondements de sa propre justice : elle coupe la loi humaine de sa source éternelle et livre les peuples aux volontés changeantes de l’homme déchu 94.

 

100. Je professe que Notre Seigneur Jésus-Christ, parce qu’il est le Verbe incarné et parce qu’il a racheté les hommes par son Sang, est Roi non seulement des individus, mais aussi des familles, des institutions, des peuples et des nations. Toute puissance lui a été donnée au ciel et sur la terre : son règne ne se limite pas au for intérieur des consciences ou à la sphère privée ; il doit s’étendre au for externe, aux lois, aux mœurs, à l’éducation, à la culture et à la vie publique. Son Royaume est éternel et universel : royaume de vérité et de vie, royaume de sainteté et de grâce, royaume de justice, d’amour et de paix 95.

 

101. Je professe que la société civile, quoique parfaite en son ordre, ne possède pas tous les moyens nécessaires pour conduire l’homme à sa vraie perfection, laquelle demeure inaccessible à la nature humaine déchue sans le secours de la grâce guérissante et élevante 96.

 

102. C’est pourquoi je professe que ceux qui gouvernent la société doivent se soumettre à l’influence salutaire de l’Église, qui éclaire les intelligences par son Magistère, guérit et fortifie les volontés par la grâce des sacrements, et oriente l’homme vers sa vraie destinée surnaturelle, dont elle a la garde. Le bien de la société exige en conséquence que les chefs d’État reconnaissent leur droit et leur devoir de favoriser et de protéger la sainte Église, ainsi que de s’opposer par les lois de leur gouvernement à tout ce qui ferait obstacle à son influence nécessaire, qui est celle de l’unique vraie religion 97.

 

103. Je rejette donc le libéralisme politique et religieux : non seulement celui qui revendique pour l’erreur les mêmes droits que pour la vérité, et pour les faux cultes la même reconnaissance officielle et publique que pour le vrai ; mais aussi celui qui, au nom de la dignité humaine et d’une fausse liberté religieuse, attribue à chacun le droit d’agir publiquement selon sa conscience sans en être empêché par l’autorité civile, même lorsque cette conscience est erronée et s’oppose au bien commun ou à la vraie religion 98.

 

104. J’admets que l’erreur peut être en certains cas tolérée pour éviter de plus grands maux, ou pour préserver le bien plus grand de la paix civile, mais je professe qu’elle ne possède pas en elle-même un droit moral à être défendue ou encouragée au même titre que la vérité, ni même à n’être jamais entravée au nom d’une fausse liberté de conscience 99.

 

105. Je tiens également que, si l’homme possède une dignité ontologique qui l’élève au-dessus des êtres matériels, la dignité humaine à respecter n’est pas indifférente au vrai et au faux que professent les personnes, ni au bien et au mal qu’elles accomplissent : celui qui professe le faux ou accomplit le mal déchoit de sa dignité morale. C’est pourquoi, lorsque l’autorité légitime, pour défendre le bien commun contre des désordres graves, sanctionne les crimes selon les exigences de la justice, par des peines proportionnées, elle ne porte nullement atteinte à la dignité humaine 100.

 

 

106. Je rejette aussi cette forme moderne de personnalisme qui voudrait assigner pour mission à l’Église la sauvegarde de la dignité de la personne humaine, et l’instauration d’une fraternité universelle sur le fondement de cette dignité prétendument commune au genre humain – sans établir de distinction entre, d’une part, la vraie dignité du chrétien qui renonce au péché pour vivre selon la morale évangélique dans l’Église catholique, et d’autre part, la fausse dignité de ceux qui, égarés dans l’erreur et le vice, refusent la voie du salut 101.

 

107. Je réprouve la falsification qui en découle et qui tend à faire de l’Église, sinon la servante, du moins la collaboratrice du monde dans la réalisation de son idéal propre : celui d’une paix purement terrestre et temporelle, fondée sur un perfectionnement naturaliste de l’humanité, sans perspective surnaturelle. Cet idéal favorise l’indépendance de l’homme à l’égard de Dieu, de sa loi, de la vérité et du bien ; implique le mépris de la royauté sociale du Christ et de la Chrétienté ; et conduit finalement à l’athéisme et à la substitution de l’homme à Dieu 102.

 

108. Je rejette également le préjugé moderne qui présente la civilisation chrétienne comme oppressive, obscurantiste ou ennemie de la dignité humaine. Loin de détruire ce qu’il y a de bon dans les différentes cultures, l’ordre chrétien l’assume et le purifie. C’est ainsi que, à partir de la doctrine révélée et par le rayonnement de la théologie catholique, spécialement celle de saint Thomas d’Aquin, Docteur commun de l’Église, s’est constituée, sous la vigilance du Magistère, une véritable culture chrétienne de portée universelle, intégrant les meilleurs éléments des cultures grecque et latine. Fruit authentique de l’Évangile, elle a contribué à éduquer les peuples et à les faire croître dans la foi et les vertus chrétiennes.

Même si elle ne fut jamais parfaite, les hommes demeurant toujours pécheurs, cette civilisation fut néanmoins dans l’histoire la plus haute réalisation de l’ordre social chrétien 103.

 

109.À l’inverse, le refus moderne de la royauté sociale du Christ a produit un recul de la civilisation, à travers la laïcisation des institutions, la dissolution du mariage, la destruction de l’autorité, l’éducation sans Dieu, la tyrannie des passions et l’effacement progressif de l’esprit de sacrifice dans les nations autrefois catholiques. Contre cette apostasie publique, nous professons qu’il faut tout restaurer dans le Christ, qui est le seul Saint et, à travers son Corps mystique, le seul sanctificateur des âmes et des peuples 104.

 

XIII. Les sacrements de la Loi nouvelle

 

110. Je crois qu’il existe sept sacrements proprement dits de la Loi nouvelle, institués par Notre Seigneur Jésus-Christ pour conférer efficacement la grâce qu’ils signifient : le baptême, la confirmation, l’Eucharistie, la pénitence, l’extrême-onction, l’ordre et le mariage 105.

 

111. Je professe que les sacrements doivent être célébrés validement, avec la matière, la forme et l’intention prescrites, en observant les rites liturgiques qui expriment clairement la foi catholique ; et qu’ils doivent être reçus avec les dispositions requises 106.

 

112. Je crois que le baptême est la porte de l’Église et qu’il est nécessaire au salut. Ordinairement, nul ne peut être sauvé sans le recevoir ; par ce sacrement, l’homme est lavé du péché originel, incorporé au Christ, marqué du caractère chrétien et rendu membre de l’Église 107. C’est pourquoi je réprouve la pratique qui consiste à différer sans motif grave le baptême des enfants qui n’ont pas l’usage de la raison 108. Cependant, celui qui, après l’âge de raison et sans faute de sa part, est empêché d’accéder à ce sacrement, peut se sauver de manière extraordinaire par le baptême de désir, c’est-à-dire par un acte surnaturel de foi et de charité parfaite qui l’ordonne à l’Église 109.

 

113. Je professe que la confirmation fortifie le baptisé par le don du Saint-Esprit, afin qu’il confesse courageusement la foi, résiste aux ennemis du salut et vive en témoin du Christ. Dans un temps de confusion, cette force surnaturelle est particulièrement nécessaire, car nul ne peut garder la foi sans combat 110.

 

114. Je professe que la pénitence remet les péchés commis après le baptême, moyennant les actes du pénitent que sont la contrition, la confession et la satisfaction. Je rejette fermement toute pastorale qui affaiblit le sens du péché, minimise la nécessité de la confession sacramentelle, ou réduit la satisfaction à une simple démarche de réparation à l’égard de soi-même ou d’autrui, sans référence à l’offense commise envers Dieu 111.

 

115. Je professe que l’extrême-onction soulage et fortifie les malades, remet les péchés s’il y a lieu, contribue puissamment à effacer la peine due au péché, et prépare l’âme chrétienne à paraître devant Dieu 112.

 

116. J’affirme que le mariage est l’union stable et indissoluble d’un homme et d’une femme, élevée par le Christ à la dignité de sacrement entre baptisés. Le but de cette union, établi par Dieu, ordonnateur de la nature, est double : la génération et l’éducation des enfants d’une part, qui constituent la fin primaire et principale du mariage ; le soutien mutuel des époux et le remède à la concupiscence d’autre part, qui en sont les fins secondaires, fins véritables et essentielles, mais naturellement subordonnées à la première 113.

 

117. Je rejette donc toute doctrine qui considère les unions contraires au mariage comme des participations réelles, quoiqu’imparfaites, de ce dernier ; ou qui, en voulant définir le mariage en fonction du seul amour des conjoints, détruit la hiérarchie des fins du mariage, au risque de légitimer le divorce, le refus d’avoir des enfants, et ainsi la contraception, pourtant contraire au droit naturel 114.

 

118. Je confesse que le sacrement de l’ordre imprime en celui qui le reçoit le caractère sacerdotal qui le configure au Christ Prêtre, et qu’aucune femme ne peut le recevoir, à quelque degré que ce soit. Par là, le prêtre reçoit le pouvoir d’offrir le sacrifice salutaire pour les vivants et pour les morts, de remettre les péchés et de sanctifier les fidèles. Je rejette ainsi toute confusion entre le sacerdoce, au sens vrai et propre des ministres du Christ, et le sacerdoce commun, dit au sens impropre des fidèles : les fidèles offrent spirituellement avec le prêtre et par le prêtre ; mais seul le prêtre dûment ordonné réalise et offre sacramentellement le sacrifice en la personne du Christ 115.

 

XIV. Le saint sacrifice de la Messe, la sainte Eucharistie et la liturgie catholique 116

 

119. Je professe que la Messe est véritablement, au sens propre du terme, un sacrifice. Elle n’est pas seulement un mémorial de la Cène ou de la Passion ; célébrée par un prêtre dûment ordonné, elle représente sacramentellement le sacrifice unique du Calvaire, et le renouvelle de manière non sanglante, sans le multiplier pour autant. La Victime est la même, le Prêtre principal est le même, seule la manière d’offrir diffère.

 

120. Dans la Messe, et par l’action de son ministre, Notre Seigneur Jésus-Christ s’offre lui-même à son Père en sacrifice d’adoration, d’action de grâces, de propitiation et d’impétration. En s’unissant à cette action du Christ, qui est identiquement celle du prêtre célébrant, l’Église rend à Dieu le culte parfait qui lui est dû, et applique aux âmes des vivants et des défunts les mérites du sacrifice de la Croix.

 

121. Je crois que, par les paroles de la consécration prononcées validement par un prêtre, le pain et le vin sont changés dans toute leur substance au Corps et au Sang du Christ, bien que leurs accidents sensibles demeurent. Ce changement admirable est justement appelé transsubstantiation.

 

122. Je crois que la très sainte Eucharistie occupe le centre de la vie de l’Église, et qu’elle contient véritablement, réellement et substantiellement le Corps, le Sang, l’Âme et la Divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ. J’adore le Très Saint Sacrement de l’autel et rejette toute doctrine ou pratique qui affaiblit la foi en la présence réelle, diminue le respect dû à l’Eucharistie, banalise la communion ou altère le caractère sacré du sanctuaire.

 

123. Parce qu’elle est l’expression privilégiée de la foi, la liturgie est aussi l’école permanente où se forme l’âme chrétienne. Par son orientation, son silence, ses gestes, son canon, sa langue sacrée, son esprit d’adoration et sa structure théocentrique, la liturgie nourrit la foi et exerce une influence profonde sur les âmes. Par elle, les peuples apprennent à penser selon Dieu, à juger selon l’éternité, à aimer ce qui est saint, à mépriser ce qui passe et à ordonner leur vie entière au sacrifice du Christ. Elle façonne aussi les mœurs, inspire les arts, les institutions, les fêtes et les coutumes du peuple chrétien. C’est pourquoi, lorsque le culte divin devient prosaïque, creux, équivoque, profane ou anthropocentrique, il affaiblit l’intelligence même de la foi.

 

124. Je professe que la messe traditionnelle romaine, célébrée selon le rite en usage avant la réforme du Novus Ordo Missae, exprime avec une clarté incomparable la doctrine catholique du sacrifice, du sacerdoce et de la présence réelle. Mais je constate avec douleur que les réformes liturgiques contemporaines se sont éloignées considérablement de la liturgie traditionnelle, dans l’ensemble comme dans le détail : ce faisant, elles ont obscurci le caractère sacrificiel et propitiatoire de la Messe, favorisé une conception démocratique du culte, rapproché l’expression liturgique catholique des conceptions protestantes, et contribué ainsi de manière prépondérante à la perte du sens du sacré, à la corruption de l’esprit chrétien, à la diminution des vocations et à l’affaiblissement général de la foi 117.

 

125. Je rejette donc toute réforme ou tout usage liturgique qui, par omission, ambiguïté doctrinale ou orientation pratique, favorise l’hérésie, affaiblit la foi, s’éloigne de la doctrine catholique de la messe formulée au Concile de Trente, ou détourne les fidèles de l’adoration due à Dieu. Le culte public de l’Église doit exprimer la foi catholique sans équivoque.

 

126. Je suis certain, enfin, que la restauration catholique des peuples passe nécessairement par la restauration du culte divin, à travers la liturgie traditionnelle de toujours. Là où la Messe est célébrée comme le vrai sacrifice du Christ, renaissent la foi, la piété, la vie de la grâce, les familles chrétiennes, les vocations et le désir des biens éternels.

 

XV. La vie chrétienne, la sainteté et la perfection de la charité

 

127. Je crois que la vocation suprême de l’homme est la sainteté. Créé par Dieu, racheté par le Christ et sanctifié par l’action du Saint-Esprit, l’homme est appelé à participer à la vie même de Dieu par une conformité croissante à sa volonté, pour parvenir à l’union parfaite et définitive avec lui dans la gloire 118.

 

128. Je crois que la grâce sanctifiante fait de l’homme un enfant adoptif du Père, un membre de JésusChrist, un temple du Saint-Esprit et un héritier de la vie éternelle. Elle rend l’âme agréable à Dieu, lui communique une participation créée à la nature divine, la rend capable d’actes surnaturels et l’ordonne à la vision béatifique. Les vertus théologales de foi, d’espérance et de charité unissent l’âme directement à Dieu ; les vertus morales infuses ordonnent sa conduite selon la loi divine ; les dons du Saint-Esprit la rendent apte à recevoir docilement ses inspirations, donnant aux vertus leur perfection ultime 119.

 

129. Je crois que la vie chrétienne comporte, pour une part très importante et non négligeable, un combat spirituel. Depuis la chute originelle, l’homme demeure exposé aux tentations du monde, de la chair et du démon. La grâce ne supprime pas ce combat : elle donne la force nécessaire pour le mener victorieusement 120.

 

130. Je crois que le chemin de la sainteté passe par l’imitation de Jésus-Christ, l’obéissance à ses commandements, la prière, les sacrements, la pénitence, le renoncement à soi-même, la fidélité au devoir d’état et l’amour de la Croix. Le disciple n’est pas au-dessus du Maître : s’il veut entrer dans la gloire, il doit marcher à la suite du Christ crucifié 121.

 

131. Je rejette donc le faux christianisme sans Croix, qui promet une paix terrestre sans conversion, une miséricorde sans pénitence, une fraternité sans dépendance à l’égard de la paternité de Dieu, et une sainteté sans héroïsme. L’Église n’a jamais canonisé la médiocrité, l’adaptation au monde ou la simple bonne volonté naturelle ; elle a proposé à l’imitation de ses fidèles des saints dont la foi fut intègre, la charité héroïque et la vie conformée à celle du Christ.

 

132. Je rejette donc toute réduction de la vie chrétienne à une vague philanthropie, à une sensibilité sociale ou à un engagement terrestre. La charité chrétienne ne se mesure pas d’abord à l’émotion partagée ou à l’utilité visible, mais à l’amour surnaturel de Dieu par-dessus tout et du prochain pour Dieu. La miséricorde corporelle elle-même perd sa vraie signification et sa valeur authentique lorsqu’elle n’est plus ordonnée à la miséricorde spirituelle et au salut éternel.

 

133. Je professe que la sainteté est le plus beau fruit de l’Église. Les martyrs, les confesseurs, les vierges, les moines, les missionnaires, les docteurs, les pasteurs et toutes les saintes âmes fidèles témoignent de la puissance de la vérité, de la fécondité de la grâce, et de la victoire du Christ sur le péché.

 

XVI. Les fins dernières et l’espérance chrétienne

 

134. Je crois que la vie présente est un temps de préparation à l’éternité et donc d’épreuve. L’homme n’a pas ici-bas sa demeure définitive : il est créé pour une destinée surnaturelle qui dépasse infiniment les biens passagers de ce monde. Je crois à la vie après la mort, où l’on entre par la séparation de l’âme et du corps 122.

 

135. Je crois qu’au terme de sa vie terrestre, chacun comparaîtra d’abord devant le tribunal du Christ pour le jugement particulier et recevra, selon ses pensées, paroles, actions et omissions, la sentence de sa destinée éternelle 123 ; je crois aussi qu’à la fin des temps, Notre Seigneur Jésus-Christ reviendra dans sa gloire pour présider le jugement général 124.

 

136. Je soutiens avec amour et tremblement que, dans les œuvres de Dieu, resplendissent à la fois la miséricorde et la justice. Le péché de l’homme a porté atteinte à la gloire du Créateur, l’homme est devenu le débiteur de Dieu, et la justice divine exige réparation ; mais, dans sa plus grande miséricorde, Dieu nous a donné un Rédempteur qui, en tant que Chef de l’humanité, a offert lui-même, pour les péchés du monde entier, une satisfaction qui appelle le concours de la nôtre.

 

137. Je me confie dans l’infinie miséricorde de Dieu : il n’est aucun péché qu’il ne puisse pardonner ni aucune misère qu’il ne veuille soulager ; mais je réprouve fermement cette miséricorde sans justice que prêche le nouvel humanisme, celle d’un dieu qui ne châtie pas le péché, ne condamne personne et n’exige aucune conversion, justifiant plutôt le péché que le pécheur.

 

138. Je professe que les âmes qui meurent en état de péché mortel sont condamnées à l’effroyable abîme de l’enfer, peine éternelle de la privation de Dieu et peine éternelle du feu. Je rejette toute doctrine qui nie l’éternité de l’enfer, diminue la réalité des peines éternelles, ou laisse entendre que tous les hommes seront finalement sauvés, l’enfer demeurant vide 125.

 

139. Je crois que les âmes qui meurent en état de grâce, mais sont encore redevables de peines temporelles, sont purifiées au purgatoire. Je professe donc la nécessité de prier pour les défunts, de leur appliquer les suffrages de l’Église, et je rejette les mensonges qui promettent à tous l’entrée immédiate dans la maison du Père, éteignant ainsi la pieuse coutume de l’Église de prier constamment pour les morts 126.

 

140. Je rejette particulièrement le faux langage pastoral qui, par crainte de troubler les consciences, tait le jugement, l’enfer et la nécessité de la pénitence. Il n’y a pas de charité à cacher aux hommes le péril éternel où les met le péché. La prédication des fins dernières appartient à la miséricorde de l’Église, parce qu’elle réveille les âmes et les tourne vers le salut.

 

141. J’affirme enfin que les âmes qui meurent dans l’amitié de Dieu, parfaitement purifiées, entrent immédiatement dans la vie éternelle et jouissent de la vision béatifique. Elles contemplent Dieu face face, tel qu’il est, et possèdent en lui leur repos éternel. La vie chrétienne est ordonnée à cette béatitude ; toute pastorale qui réduit le bonheur humain au bien-être terrestre, à la paix sociale ou à l’épanouissement seulement psychologique, trahit la fin surnaturelle de l’Évangile 127.

 

142. L’espérance chrétienne n’est donc ni optimisme terrestre, ni incertitude mêlée de crainte. Elle est attente confiante du Royaume éternel, fondée sur les promesses de Dieu et nourrie par la grâce. Elle donne au chrétien de travailler ici-bas sans oublier que sa patrie est au Ciel, et de combattre les erreurs du temps sans perdre la paix de l’âme.

 

XVII. La crise moderne et le devoir de confesser la foi

 

143. Je crois que l’Église, assistée par la Providence divine, demeure indéfectible jusqu’à la fin des siècles. La promesse du Christ ne peut faillir : les portes de l’enfer ne prévaudront jamais contre elle.

 

144. Je crois cependant que l’histoire de l’Église connaît des périodes d’épreuve, où la profession de la vraie foi se trouve gravement diminuée, où les erreurs se répandent, où la discipline s’affaiblit et où de nombreuses âmes sont entraînées vers l’égarement.

 

145. Je reconnais en particulier que les erreurs modernes représentent une menace redoutable pour l’ensemble de l’ordre catholique, et que leur pénétration dans la vie de l’Église, à la faveur du Concile Vatican II et des réformes post-conciliaires, a provoqué une crise d’une gravité exceptionnelle : l’agnosticisme attaque la connaissance de Dieu ; le naturalisme attaque la nécessité de la grâce ; le subjectivisme attaque le motif surnaturel de la foi ; le relativisme attaque l’immutabilité du dogme ; la morale de situation attaque la loi divine ; le libéralisme attaque la royauté sociale du Christ ; le faux œcuménisme attaque l’unicité de l’Église ; la collégialité et la synodalité attaquent la constitution divine de l’Église dans sa hiérarchie ; l’anthropocentrisme liturgique attaque le saint sacrifice de la messe.

 

146. La crise actuelle ne saurait donc être réduite à un simple conflit de sensibilités, de préférences liturgiques ou d’options pastorales. Elle touche aux fondements mêmes de la foi et de la morale, du sacerdoce et du culte, de l’Église et de la royauté du Christ.

 

147. Ces erreurs ne demeurent pas abstraites, elles ont produit des fruits visibles : affaiblissement de la prédication doctrinale, effacement de l’esprit missionnaire, banalisation du péché, crise de la famille, ruine de la liturgie, perte du sens de Dieu, raréfaction des vocations, apostasie silencieuse des nations chrétiennes et confusion profonde des fidèles.

 

148. C’est pourquoi il ne suffit plus aujourd’hui d’affirmer les vérités catholiques en termes généraux, sans dénoncer parallèlement les erreurs qui tentent de les corrompre. La charité envers les âmes exige la clarté de la vérité totale, sans aucune ambiguïté.

 

149. Cette crise ne peut être surmontée que par la restauration de toutes choses en Jésus-Christ, par le retour à la foi, à la vie de grâce, au culte divin et à la quête de la sainteté.

 

150. Dans ces circonstances douloureuses, sans juger quiconque ni usurper l’autorité de l’Église, je ne puis pas ne pas confesser la foi dont on diminue la profession, rappeler la Tradition que l’on bannit, défendre la morale, garder la liturgie, proclamer les droits du Christ.

 

Conclusion

 

151. Fidèle à la Rome éternelle qui garde le dépôt transmis par les Apôtres, je veux conserver intégralement cet héritage, sans diminution, sans altération et sans crainte, non comme une opinion particulière dans l’Église d’aujourd’hui, mais comme la foi reçue de l’Église une, sainte, catholique, apostolique et romaine.

 

152. Car cette foi ne m’appartient pas : je l’ai reçue pour y demeurer fidèle, en vivre, la transmettre et, si Dieu le demande, souffrir pour elle, dans l’attente confiante du triomphe de la vérité et de la grâce, pour le salut des âmes et la gloire de la Très Sainte Trinité.

 

153. Je demande à Dieu qu’il me maintienne ferme dans cette confession jusqu’au dernier instant de ma vie. Je confie cette profession de foi à l’intercession de la très sainte Vierge Marie, des saints Apôtres, des martyrs, des confesseurs et de tous les saints qui nous ont précédés dans la fidélité au Christ.

 

154. Et dans l’espérance de la résurrection et de la vie du monde à venir, je remets mon âme, l’Église et toutes choses entre les mains de Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, à qui appartiennent l’honneur, la gloire et la puissance dans les siècles des siècles.

 

Ainsi soit-il.

Donné à Menzingen, le 24 juin 2026, Nativité de saint Jean-Baptiste

Notes

 

1 Concile de Trente, session IV (8 avril 1546), Décret sur la réception des livres saints et des traditions, DS 1501.

2 Concile de Trente, ibidem ; Concile de Florence, Bulle Exsultate Deo (22 novembre 1439), Décret pour les Arméniens, DS 1328 ; Réponse de la Commission biblique (24 juin 1914), DS 3591.

3 Pie IX, Lettre apostolique Tuas libenter (21 décembre 1863), DS 2879 ; Concile Vatican I (1870), Constitution dogmatique Dei Filius, chapitre III, DS 3011.

4 Réponse de la Commission biblique (29 mai 1907), DS 3398.

5 Décret du Saint-Office (5 juin 1918), DS 3645-3647 ; Réponse du Saint-Office à l’archevêque de Cambrai (19 août 1889), DS 3258 ; Réponse du Saint-Office à un évêque du Brésil (5 août 1896), DS 3312 ; Décret Provida sapientique cura (18 janvier 1906), DS 3388 ; Réponse de la Sacrée Pénitencerie (3 juin 1916), DS 3640.

6 Encycliques Qui pluribus (9 novembre 1846) et Quanta cura (8 décembre 1864) avec le Syllabus.

7 Encycliques Immortale Dei (1er novembre 1885), Libertas (20 juin 1888), Sapientiae christianae (10 janvier

1890) et Au milieu des sollicitudes (16 février 1892).

8 Encyclique Pascendi (8 septembre 1907) et Décret Lamentabili (3 juillet 1907) ; Encyclique Vehementer nos

(11 février 1906) et Lettre apostolique aux évêques de France Notre charge apostolique (25 août 1910).

9 Encycliques Quas primas (11 décembre 1925) et Mortalium animos (6 janvier 1928).

10 Encycliques Orientales omnes ecclesias (23 décembre 1945) et Humani generis (12 août 1950) ; Allocution

aux juristes catholiques (6 décembre 1953).

11 Concile d’Orange II (529), canon 7, DS 377 ; canon 17, DS 387 et canon 25, DS 395 ; saint Pie V, Bulle Exomnibus afflictionibus (1er octobre 1567), DS 1921, 1934 et 1961 ; Clément XI, Bulle Unigenitus (8 septembre

1713), DS 2444 ; Pie IX, Bref Gravissimas inter (11 décembre 1862), DS 2854 ; Pie XII, Encyclique Humani generis (12 août 1950).

12 Hébreux I ; Concile Vatican I (1870), Constitution dogmatique Dei Filius, chapitre II, DS 3005 et canon 3, DS 3028.

13 Concile Vatican I (1870), Constitution dogmatique Dei Filius, chapitre II, DS 3005 et canon 3, DS 3028 ; chapitre IV, DS 3020 et canon 3, DS 3043 ; saint Pie X, Décret Lamentabili (3 juillet 1907), proposition condamnée n° 59, DS 3459.

14 Concile Vatican I (1870), Constitution dogmatique Dei Filius, chapitre IV, DS 3020 et canon 3, DS 3043 ; saint Pie X, Décret Lamentabili (3 juillet 1907), propositions condamnées n° 20 et n° 22, DS 3420 et 3422.

15 Concile Vatican I (1870), Constitution dogmatique Dei Filius, chapitre IV, DS 3020 et canon 3, DS 3043 ; saint Pie X, Décret Lamentabili (3 juillet 1907), proposition condamnée n° 21, DS 3421.

16 Saint Pie X, Encyclique Pascendi (8 septembre 1907) et Décret Lamentabili (3 juillet 1907), avec lespropositions condamnées n° 22, 25 et 26, DS 3422, 3425 et 3426 ; saint Pie X, Motu proprio Sacrorum  antistitum (1er septembre 1910).

17 Voir les références indiquées dans la note précédente.

18 Concile de Trente, session IV (8 avril 1546), Décret sur la réception des livres saints et des traditions, DS 1501.

19 Saint Irénée, Contre les hérésies, livre IV, chapitre XXVI [43], §1 dans Migne grec, t. VII, col. 1052 ; Tertullien, Des prescriptions, chapitres XIX-XXI dans Migne latin, t. II, col. 31-33 ; saint Robert Bellarmin, De la Parole de Dieu, livre IV, chapitre V.

20 Concile de Florence, Bulle Cantate Domino (4 février 1442), DS 1334-1335 ; Concile de Trente, session IV (8 avril 1546), Décret sur la réception des livres saints et des traditions, DS 1501-1504 ; Concile Vatican I (1870), Constitution dogmatique Dei Filius, chapitre II, DS 3006 et canon 4, DS 3029.

21 Léon XIII, Encyclique Providentissimus Deus (18 novembre 1893) ; Benoît XV, Encyclique Spiritus Paraclitus (15 septembre 1920) ; Pie XII, Encycliques Divino afflante Spiritu (30 septembre 1943) et Humani generis (12 août 1950).

22 Concile de Trente, session IV (8 avril 1546), Décret sur la réception des livres saints et des traditions, DS 1501.

23 Pie XII, Encyclique Humani generis (12 août 1950).

24 Concile Vatican I (1870), Constitution dogmatique Dei Filius, chapitre IV, DS 3020 et canon 3, DS 3043 ; Pie IX, dans la Bulle Ineffabilis Deus (8 décembre 1854), qui proclame le dogme de l’Immaculée Conception, le manifeste fort bien : "Toujours attentive à garder et à défendre les dogmes dont elle a reçu le dépôt, l’Église de Jésus-Christ n’y change jamais rien, n’en retranche jamais rien, n’y ajoute jamais rien ; mais portant un regard fidèle, discret et sage sur les enseignements anciens, elle recueille tout ce que l’antiquité y a mis, tout ce que la foi des Pères y a semé. Elle s’applique à le polir, à en perfectionner la formule de manière que ces anciens dogmes de la céleste doctrine reçoivent l’évidence, la lumière, la distinction, tout en gardant leur plénitude, leur intégrité, leur caractère propre, en un mot, de façon qu’ils se développent sans changer de nature, et qu’ils demeurent toujours dans la même vérité, dans le même sens, dans la même pensée".

25 Saint Vincent de Lérins, Commonitorium, cité par le Concile Vatican I (1870), Constitution dogmatique Dei Filius, chapitre IV, DS 3020.

26 Concile Vatican I (1870), Constitution dogmatique Dei Filius, chapitre I, DS 3001-3003.

27 Concile Vatican I (1870), Constitution dogmatique Dei Filius, chapitre I, DS 3004 et chapitre II, canon 1, DS 3026 ; saint Pie X, Motu proprio Sacrorum antistitum (1er septembre 1910), DS 3538 ; Pie XII, Encyclique Humani generis (12 août 1950).

28 Concile de Latran IV (1215), chapitre Firmiter, DS 800 et 804-806 ; Concile de Lyon II (1274), DS 850 ; Concile de Florence, Bulle Laetentur caeli (6 juillet 1439), DS 1301-1302 ; Bulle Cantate Domino (4 février 1442), DS 1330-1332.

29 Concile Vatican I (1870), Constitution dogmatique Dei Filius, chapitre I, DS 3002 et canons 4 et 5, DS 3024-3025.

30 Voir les références indiquées dans la note 11. Dans l’Encyclique Humani generis (12 août 1950), Pie XII dénonce l’audace de ceux qui « corrompent la véritable “gratuité” de l’ordre surnaturel, lorsqu’ils prétendent que Dieu ne peut créer des êtres doués d’intelligence sans les ordonner ni les appeler à la vision béatifique » (DS 3891).

31 Saint Pie V, Bulle Ex omnibus afflictionibus (1er octobre 1567) ; Clément XI, Bulle Unigenitus (8 septembre

1713) ; Pie XI, dans l’Encyclique Divini illius Magistri (31 décembre 1929), DS 3689, dit : "L’ordre surnaturel, sur lequel reposent les droits de l’Église, est si loin de détruire ou d’affaiblir l’ordre naturel, auquel appartiennent les autres droits que nous avons rappelés, qu’au contraire il l’élève et le perfectionne. Chacun de ces deux ordres apporte à l’autre une aide et comme un complément, d’une manière conforme à la nature et à la dignité propres de chacun, puisque tous deux procèdent de Dieu, qui ne peut se contredire lui-même".

32 Collecte de la messe du jeudi après le premier dimanche de la Passion dans le Missel romain de 1962 : "… afin que la dignité de la condition humaine, blessée par l’intempérance, soit restaurée par l’application d’une sage abstinence" ; oraison de l’offertoire de la messe dans le Missel romain de 1962 : "Ô Dieu, qui avez créé la nature humaine d’une manière admirable et qui l’avez restaurée d’une manière plus admirable encore…" ; Concile d’Orange II (529), canon 2, DS 372.

33 Saint Pie V, Bulle Ex omnibus afflictionibus (1er octobre 1567), propositions condamnées n° 24 et 26, DS 1924 et 1926 ; Pie VI, Constitution dogmatique Auctorem fidei (28 août 1794), proposition condamnée n° 17, DS 2617.

34 Concile d’Orange II (529), canon 2, DS 372 ; Concile de Trente, session V (17 juin 1546), Décret sur le péché originel, canon 1, DS 1511 et session VI (13 janvier 1547), Décret sur la justification, DS 1521.

35 Thèses souscrites par Louis Bautain le 8 septembre 1840, 6e thèse, DS 2757 ; Pie IX, Encyclique Qui pluribus (9 novembre 1846), DS 2775.

36 Léon X, Bulle Exsurge Domine (15 juin 1520), proposition condamnée de Luther n° 16, DS 1486 ; saint Pie V, Bulle Ex omnibus afflictionibus (1er octobre 1567), propositions condamnées n° 27, DS 1927 et n° 65, DS 1965 ; Clément XI, Bulle Unigenitus (8 septembre 1713), propositions condamnées n° 1, DS 2401, n° 38, DS 2438 et n° 64, DS 2464 ; Pie VI, Constitution dogmatique Auctorem fidei (28 août 1794), proposition condamnée n° 23, DS 2623.

37 Symbole de saint Athanase, DS 76 ; Concile de Florence, Bulle Cantate Domino (4 février 1442), DS 1347.

38 Concile de Carthage (418), canons 7 et 8, DS 229-230 ; Concile de Trente, session VI (13 janvier 1547), Décret sur la justification, DS 1536 et canon 23, DS 1573.

39 Concile de Carthage (418), canon 5, DS 227 ; Concile d’Orange II (529), canon 8, DS 378, canon 13, DS 383 et canon 21, DS 391 ; Concile de Trente, session VI (13 janvier 1547), Décret sur la justification, canon 1, DS 1551.

40 Décret de la Commission biblique (30 juin 1909), DS 3514.

41 Concile de Chalcédoine (451) ; Concile de Constantinople II (553) ; Profession de foi de saint Léon IX, dans la Lettre Congratulamur vehementer à Pierre, patriarche d’Antioche (13 avril 1053), DS 681.

42 Concile de Florence, Bulle Cantate Domino (4 février 1442), DS 1347 ; Concile de Trente, session VI (13 janvier 1547), Décret sur la justification, canon 21, DS 1571.

43 Symbole des Apôtres ; Symbole de Nicée-Constantinople ; Profession de foi de saint Léon IX, dans la Lettre Congratulamur vehementer à Pierre, patriarche d’Antioche (13 avril 1053).

44 Concile de Lyon II (1274), DS 852 ; Concile de Trente, session VI (13 janvier 1547), Décret sur la justification, DS 1522-1524.

45 Symbole de saint Athanase ; Symbole de Nicée-Constantinople ; Profession de foi du Concile de Trente dans la Bulle Inunctum nobis du pape Pie IV (13 novembre 1564), DS 1862 ; saint Pie X, Décret Lamentabili (3 juillet 1907), propositions condamnées n° 36, DS 3436 et Encyclique Pascendi (8 septembre 1907), DS 3485.

46 Symbole de Nicée-Constantinople ; Profession de foi de saint Léon IX, dans la Lettre Congratulamur vehementer à Pierre, patriarche d’Antioche (13 avril 1053).

47 Concile de Valence (855), DS 630 ; Concile de Trente, session VI (13 janvier 1547), Décret sur la justification, canon 6, DS 1556.

48 Pie XI, Encyclique Quas primas (11 décembre 1925).

49 Concile d’Éphèse (431) ; Pie XII, Encyclique Ad caeli reginam (11 octobre 1954).

50 Pie IX, Bulle Ineffabilis Deus (8 décembre 1854).

51 Concile du Latran (649), DS 503.

52 Saint Irénée, Demonstratio apostolicae praedicationis, n° 33 ; Léon XIII, Encyclique Jucunda semper (8 septembre 1894) ; Encyclique Adjutricem populi (5 septembre 1895) ; saint Pie X, Encyclique Ad diem illum (2 février 1904) ; Benoît XV, Lettre apostolique Inter sodalicia (22 mars 1918) ; Pie XI, Lettre apostolique Explorata res (2 février 1923) ; Pie XII, Encyclique Ad caeli reginam (11 octobre 1954).

53 Léon XIII, dans l’Encyclique Adjutricem populi (5 septembre 1895), ASS, t. XXVIII, p. 150, appelle Marie "la coopératrice dans l’accomplissement du mystère de la rédemption du genre humain, et la réparatrice du monde entier" ; saint Pie X, Encyclique Ad diem illum (2 février 1904), ASS, t. XXXVI, p. 454 : "Elle a mérité très dignement de devenir la réparatrice du monde perdu" ; Benoît XV, Lettre apostolique Inter sodalicia (22 mars 1918), AAS, t. X, p. 182 : "On peut dire à juste titre qu’elle a, avec le Christ, racheté le genre humain" ; Pie XI, Lettre apostolique Explorata res (2 février 1923), AAS, t. XV, p. 104 : "La Vierge douloureuse a participé avec le Christ à l’œuvre de la Rédemption" ; Pie XII, Encyclique Ad caeli reginam (11 octobre 1954), AAS, t. XLVI, p. 634 : "Or, dans l’accomplissement de cette œuvre de la Rédemption, la Bienheureuse Vierge Marie fut certainement associée au Christ de la manière la plus intime".

54 Pie XII, Constitution dogmatique Munificentissimus Deus (1er novembre 1950) et Encyclique Ad caeli reginam (11 octobre 1954).

55 Pie XII, Encyclique Fulgens corona (8 septembre 1953) : "C’est donc sans fondement que nombre de non catholiques et de novateurs accusent ou critiquent notre dévotion envers la Vierge, Mère de Dieu, comme si nous retranchions quelque chose au culte qui n’est dû qu’à Dieu et à Jésus-Christ. Tout au contraire, tout honneur et toute vénération accordés à notre Mère céleste viennent sans nul doute rehausser la gloire de son divin Fils".

56 Concile Vatican I (1870), Constitution dogmatique Pastor aeternus.

57 Symbole des Apôtres ; Concile de Constantinople I (381), DS 150 ; Profession de foi du pape Léon IX dans la Lettre Congratulamur vehementer à Pierre, patriarche d’Antioche (13 avril 1053), DS 684 ; Profession de foi d’Innocent II imposée aux hérétiques Vaudois par la Lettre Ejus exemplo à l’archevêque de Tarragone (18 décembre 1208), DS 792 ; Profession de foi de l’empereur Michel Paléologue imposée par le pape Grégoire X lors du Concile de Lyon II, session IV (6 juillet 1274), DS 854 ; Bulle Unam sanctam du pape Boniface VIII (18 novembre 1302, DS 870) ; Concile de Trente, session III (4 février 1546), Décret De Symbolo fidei, DS 1500 ; Profession de foi du même Concile, dans la Bulle Inunctum nobis du pape Pie IV (13 novembre 1564), DS 1862.

58 Boniface VIII, Bulle Unam sanctam (18 novembre 1302).

59 Léon XIII, Encyclique Depuis le jour aux archevêques, évêques et au clergé de France (8 septembre 1899) ; saint Pie X, Encyclique Edita saepe (26 mai 1910) ; Pie XII, Encyclique Mystici corporis (29 juin 1943).

60 Pie XII, Encyclique Mystici corporis (29 juin 1943).

61 Concile de Florence, Bulle Cantate Domino (4 février 1442), DS 1351 : "[La très sainte Église romaine] croit fermement, professe et prêche qu’aucun de ceux qui se trouvent hors de l’Église catholique, non seulement les païens, mais encore les Juifs, les hérétiques et les schismatiques, ne peuvent avoir part à la vie éternelle ; mais qu’ils iront au feu éternel “préparé pour le diable et ses anges” (Mt 25, 41), à moins qu’avant la fin de leur vie ils ne soient agrégés à cette même Église. Elle croit en outre que l’unité du corps ecclésiastique a une telle valeur que seuls ceux qui demeurent en son sein retirent un fruit salutaire des sacrements de l’Église, et que seuls les jeûnes, les aumônes, les autres œuvres de piété et les exercices de la milice chrétienne leur procurent une récompense éternelle. Enfin, “personne, quelles que soient les aumônes qu’il aura faites, quand même il aurait répandu son sang pour le nom du Christ, ne peut être sauvé s’il ne demeure dans le sein et dans l’unité de l’Église catholique”"; Lettre du Saint-Office à l’archevêque de Boston (8 août 1949), DS 3867-3868, où il est dit : "Car le Sauveur n’a pas seulement ordonné que toutes les nations entrent dans l’Église ; il a aussi établi l’Église comme moyen de salut, sans lequel nul ne peut entrer dans le royaume de la gloire céleste".

62 Pie XII, Encyclique Mystici corporis (29 juin 1943) ; Lettre du Saint-Office à l’archevêque de Boston (8 août 1949) ; Décret du Saint-Office excommuniant le Père Léonard Feeney (13 février 1953). Dans la Lettre à l’archevêque de Boston, il est dit (DS 3869) : "Dans son infinie miséricorde, Dieu a voulu que les secours du salut qui sont ordonnés à la fin ultime par la seule institution divine et non par une nécessité intrinsèque, puissent, dans certaines circonstances, produire les effets nécessaires au salut même lorsqu’ils ne sont reçus que par le vœu ou le désir" et (DS 3870) : "Il faut dire la même chose, d’une certaine manière, de l’Église, en tant qu’elle est elle même le moyen général du salut. En effet, pour obtenir le salut éternel, il n’est pas toujours requis qu’un homme soit incorporé réellement à l’Église comme membre ; mais il est au moins nécessaire qu’il lui soit uni par le vœu et le désir. Toutefois, ce vœu n’a pas toujours besoin d’être explicite, comme chez les catéchumènes ; lorsque quelqu’un se trouve dans une ignorance invincible, Dieu accepte également un vœu implicite, ainsi appelé parce qu’il est contenu dans cette bonne disposition de l’âme par laquelle l’homme veut conformer sa volonté à la volonté de Dieu".

63 Pie XI, Encyclique Mortalium animos (6 janvier 1928).

64 Voir la référence au Concile de Florence indiquée dans la note 62 ; Pie IX, Encyclique Quanto conficiamur moerore adressée aux évêques d’Italie, le 10 août 1863, DS 2865-2867.

65 Pie IX, Encyclique Singulari quadam (9 décembre 1854), DS 2808-2810, et proposition condamnée du Syllabus n° 17, DS 2917.

66 Galates III, 16 ; Hébreux VII, 12, VII, 18-19 et VIII, 13 ; Concile de Florence, Bulle Cantate Domino (4 février 1442), DS 1348.

67 Proposition condamnée du Syllabus n° 80, DS 2980.

68 Concile de Nicée I (325) ; Concile de Latran IV (1215) ; Concile de Lyon II (1274) ; Concile de Florence (1439).

69 Léon XIII, Encyclique Divinum illud (9 mai 1897) ; Pie XII, Encyclique Mystici corporis (29 juin 1943).

70 Concile Vatican I (1870), Constitution dogmatique Pastor aeternus, chapitre IV ; Léon XIII, Encyclique Satis cognitum (29 juin 1896).

71 Léon XIII, Encyclique Divinum illud (9 mai 1897).

72 Concile de Lyon II (1274) ; Concile de Florence (1439) ; Constitution dogmatique Pastor aeternus sur l’Église.

73 Concile Vatican I (1870), Constitution dogmatique Pastor aeternus, chapitre III.

74 Ibidem, chapitres I-III.

75 Pie XII, Encyclique Mystici corporis (29 juin 1943) ; Encyclique Ad sinarum gentem (7 octobre 1954) ;

Encyclique Ad apostolorum principis (29 juin 1958).

76 Concile Vatican I (1870), Constitution dogmatique Pastor aeternus, chapitre III.

77 Concile Vatican I (1870), Constitution dogmatique Pastor aeternus, chapitres I-III ; Léon XIII, Encyclique Satis cognitum (29 juin 1896) ; Pie XI, Encyclique Ecclesiam Dei (12 novembre 1923) ; Pie XII, Encyclique Mystici corporis (29 juin 1943) ; Allocution (2 octobre 1945).

78 Pie VI, Lettre Post factum à l’archevêque de Trèves (2 février 1782), dans Les Enseignements pontificaux (Solesmes), L’Église, tome I, § 19 ; le Concile Vatican I (1870), dans la Constitution dogmatique Pastor aeternus, au chapitre I, dit précisément que saint Pierre est l’unique sujet du Primat : "À cette doctrine si manifeste des Saintes Écritures, telle qu’elle a toujours été comprise par l’Église catholique, s’opposent ouvertement les opinions erronées de ceux qui, pervertissant la forme de gouvernement établie par le Christ Seigneur dans son Église, nient que Pierre seul, à l’exclusion des autres Apôtres, pris soit individuellement, soit tous ensemble, ait été investi par le Christ d’un véritable et propre primat de juridiction" (DS 3054). Et plus haut il est déjà dit : "À Simon Pierre seul, Jésus conféra, après sa résurrection, la juridiction du souverain pasteur et chef sur tout son troupeau" (DS 3053).

79 Saint Pie X, Décret Lamentabili, proposition condamnée n° 6, DS 3406.

80 Concile Vatican I (1870), Constitution dogmatique Pastor aeternus, chapitre IV ; saint Pie X, Motu proprio Sacrorum antistitum (1er septembre 1910) ; Pie XII, Encyclique Humani generis (12 août 1950).

81 Concile Vatican I (1870), Constitution dogmatique Pastor aeternus, chapitre IV.

82 Concile Vatican I (1870), Constitution dogmatique Dei Filius, chapitre IV, DS 3020 et canon 3, DS 3043.

83 Voir les références indiquées dans la note précédente ; Pie IX, proposition condamnée du Syllabus n° 5, DS 2905 ; saint Pie X, Décret Lamentabili, propositions condamnées n° 58 et 59, DS 3458 et 3459.

84 Pie XII, Encyclique Humani generis (12 août 1950).

85 Léon XIII, Encycliques Rerum novarum (15 mai 1891) ; Libertas (20 juin 1888) ; Sapientiae christianae (10 janvier 1890) ; Pie XI, Encycliques Quadragesimo anno (15 mai 1931) ; Casti connubii (31 décembre 1930) ; Pie XII, Encycliques Summi Pontificatus (20 octobre 1939) ; Humani generis (12 août 1950) ; Sacra virginitas (25 mars 1954).

86 Voir les références indiquées dans les notes 11 et 31. Léon XIII, Encyclique Immortale Dei (1er novembre 1885).

87 Pie IX, Allocution Maxima quidem (9 juin 1862) ; Léon XIII, Encyclique Immortale Dei (1er novembre 1885) ; Pie XI, Encyclique Divini illius Magistri (31 décembre 1929), voir l’extrait cité en note 32 ; Pie XII, dans l’Encyclique Summi Pontificatus (20 octobre 1939), AAS, t. XXXI, p. 423, dit : "Cette loi naturelle s’appuie comme sur son fondement sur Dieu […] qui en est aussi le législateur suprême et très parfait, ainsi que le juge très sage et très juste des actions humaines" (DS 3781).

88 Pie IX, propositions condamnées du Syllabus n° 56 et n° 59, DS 2956 et 2959 ; Pie XII, Encyclique Humani generis (12 août 1950), DS 3892-3893 : "La vérité et son expression philosophique ne peuvent changer au gré des jours, surtout lorsqu’il s’agit de principes que connaît naturellement l’intelligence humaine, ou de doctrines qui s’appuient à la fois sur la sagesse des siècles, et sur l’accord et l’appui de la Révélation divine".

89 Pie XI, Encyclique Casti connubii (31 décembre 1930).

90 Dans la Lettre apostolique Notre charge apostolique (25 août 1910), AAS, t. II, p. 619, saint Pie X dit : "Or la doctrine catholique nous enseigne que le premier devoir de la charité n’est pas dans la tolérance des convictions erronées, quelque sincères qu’elles soient ; ni dans l’indifférence, théorique ou pratique, pour l’erreur ou le vice où nous voyons plongés nos frères ; mais dans le zèle pour leur amélioration intellectuelle et morale, non moins que pour leur bien-être matériel" ; et p. 639 : "Certes, Jésus nous a aimés d’un amour immense, infini, et il est venu sur terre souffrir et mourir pour que, réunis autour de lui dans la justice et l’amour, animés des mêmes sentiments de charité mutuelle, tous les hommes vivent dans la paix et le bonheur. Mais, à la réalisation de ce bonheur temporel et éternel, il a mis, avec une souveraine autorité, la condition que l’on fasse partie de son troupeau, que l’on accepte sa doctrine, que l’on pratique la vertu et qu’on se laisse enseigner et guider par Pierre et ses successeurs. Puis, si Jésus a été bon pour les égarés et les pécheurs, il n’a pas respecté leurs convictions erronées, quelque sincères qu’elles parussent".

91 Léon XIII, dans l’Encyclique Immortale Dei (1er novembre 1885), AAS, t. XVIII, p. 163-164, dit : "De même qu’il n’est permis à personne de négliger ses devoirs envers Dieu, et que le plus grand de tous les devoirs est d’embrasser d’esprit et de cœur la religion, non pas celle que chacun préfère, mais celle que Dieu a prescrite et que des preuves certaines et indubitables établissent comme la seule vraie entre toutes, ainsi les sociétés politiques ne peuvent sans crime se conduire comme si Dieu n’existait en aucune manière, ou se passer de la religion comme étrangère et inutile, ou en admettre une indifféremment selon leur bon plaisir".

92 Voir Léon XIII cité dans la note précédente, et Pie XI, Encyclique Quas primas (11 décembre 1925).

93 Pie IX, Encyclique Quanta cura (8 décembre 1864), avec les propositions condamnées du Syllabus n° 77-80,

DS 2977-2980 ; Léon XIII, Encyclique Libertas (20 juin 1888).

94 Voir les références indiquées dans la note précédente, ainsi que celles indiquées dans les notes du paragraphe 3.

95 Saint Pie X, dans l’Encyclique Singulari quadam (24 septembre 1912), AAS, t. IV, p. 658, dit : "Nous déclarons donc en premier lieu qu’il est du devoir de tous les catholiques – devoir qui doit être observé saintement et inviolablement dans la conduite de la vie, aussi bien privée que sociale et publique – de tenir fermement et de professer sans timidité les principes de la vérité chrétienne transmis par le Magistère de l’Église catholique, particulièrement ceux que notre prédécesseur a exposés avec tant de sagesse dans l’Encyclique Rerum novarum. […] Il faut en effet reconnaître que, quoi que fasse le chrétien, même dans l’ordre des réalités terrestres, il ne lui est pas permis de négliger les biens surnaturels ; bien plus, il doit, selon les enseignements de la sagesse chrétienne, tout ordonner au souverain Bien comme à sa fin ultime. Quant à toutes ses actions, en tant qu’elles sont moralement bonnes ou mauvaises, c’est-à-dire conformes ou contraires à la loi naturelle et divine, elles sont soumises au jugement et à la juridiction de l’Église".

96 Saint Pie X, Encyclique Singulari quadam (24 septembre 1912) ; saint Pie X, dans la Lettre apostolique Notre charge apostolique (25 août 1910), AAS, t. II, p. 612, dit que "l’on n’édifiera pas la société si l’Église n’en jette les bases et ne dirige les travaux".

97 Pie IX, Encyclique Quanta cura (8 décembre 1864) ; saint Pie X, Encyclique Vehementer nos (11 février 1906).

98 Voir les références indiquées dans les notes du paragraphe 3, spécialement Pie IX dans Quanta cura et Léon XIII dans Immortale Dei.

99 Léon XIII, Encyclique Libertas (20 juin 1888).

100 Pie IX, Allocution Maxima quidem (9 juin 1862) : "Ils n’hésitent pas à substituer au droit véritable et légitime les droits faux et mensongers de la force, et à soumettre l’ordre moral à l’ordre des réalités matérielles..." ; Pie IX, Encyclique Quanta cura (8 décembre 1864) ; Pie XII, Allocution (13 septembre 1952), AAS, t. XLIV, p. 779-789 ; Allocution (30 septembre 1954), AAS, t. XLVI, p. 587-598.

101 Saint Pie X, Lettre apostolique Notre charge apostolique (25 août 1910) ; Pie XI, Encyclique Mortalium animos (6 janvier 1928).

102 Saint Pie X, Encyclique Pascendi (8 septembre 1907) ; Lettre apostolique Notre charge apostolique (25 août 1910).

103 Léon XIII, Encycliques Immortale Dei (1er novembre 1885) et Sapientiae christianae (10 janvier 1890).

104 Saint Pie X, Encyclique E supremi apostolatus (4 octobre 1903) ; Pie XI, Encyclique Quas primas (11 décembre 1925).

105 Concile de Florence, Bulle Exsultate Deo (22 novembre 1439), DS 1310-1327 ; Concile de Trente, session VII (7 mars 1547), DS 1600-1613.

106 Concile de Florence, Bulle Exsultate Deo (22 novembre 1439), DS 1312 ; Concile de Trente, session VII (7 mars 1547), DS 1611 et 1613.

107 Concile de Florence, Bulle Exsultate Deo (22 novembre 1439), DS 1316 ; Concile de Trente, session VII (7 mars 1547), DS 1614-1627.

108 Concile de Trente, session VII (7 mars 1547), DS 1625.

109 Voir les références indiquées dans la note 63.

110 Concile de Trente, session VII (7 mars 1547), DS 1628-1630.

111 Concile de Florence, Bulle Exsultate Deo (22 novembre 1439), DS 1323-1325 ; Concile de Trente, session XIV (25 novembre 1551), Décret sur le sacrement de pénitence, DS 1667-1693 et 1701-1715.

112 Concile de Florence, Bulle Exsultate Deo (22 novembre 1439), DS 1324-1325 ; Concile de Trente, session XIV (25 novembre 1551), Décret sur le sacrement de l’extrême-onction, DS 1694-1700 et 1716-1719.

113 Concile de Florence, Bulle Exsultate Deo (22 novembre 1439), DS 1327 ; Concile de Trente, session XXIV (11 novembre 1563), Doctrine du sacrement de mariage, DS 1797-1812.

114 Léon XIII, Encyclique Arcanum divinae (10 février 1880) ; Pie XI, Encyclique Casti connubii (31 décembre 1930).

115 Concile de Florence, Bulle Exsultate Deo (22 novembre 1439), DS 1326 ; Concile de Trente, session XXIII (15 juillet 1563), Doctrine du sacrement de l’ordre, DS 1763-1778 ; Pie XII, Constitution apostolique Sacramentum ordinis (30 novembre 1947).

116 Concile de Trente, session XIII (11 octobre 1551), Décret sur la sainte eucharistie, DS 1635-1661 ; session XXI (16 juillet 1562), Doctrine sur la communion sous les deux espèces, DS 1725-1734 ; session XXII (17 septembre 1562), Doctrine du très saint sacrifice de la messe, DS 1738-1759 ; Pie XII, Encyclique Mediator Dei (20 novembre 1947) et Discours Magnificate Dominum mecum (2 novembre 1954).

117 Voir le Bref examen critique du Novus Ordo Missae présenté le 3 septembre 1969 au pape Paul VI par les cardinaux Ottaviani et Bacci.

118 Voir les références indiquées dans les notes 11, 30 et 31.

119 Concile de Trente, session VI (13 janvier 1547), Décret sur la justification, DS 1520-1583.

120 Léon XIII, Encyclique Sapientiae christianae (10 janvier 1890) ; Lettre apostolique Testem benevolentiae (22 janvier 1899) ; saint Pie X, Encyclique Edita saepe (26 mai 1910) ; Pie XI, Encyclique Ubi arcano (23 décembre 1922) ; Pie XII, Encyclique Sacra virginitas (25 mars 1954).

121 Voir les références indiquées dans la note précédente.

122 Romains VI, 23 ; Hébreux X, 34 et XIII, 14 ; Léon XIII, Encyclique Quod apostolici muneris (28 décembre 1878).

123 Concile de Lyon II (1274), Profession de foi de Michel Paléologue, DS 856 ; Benoît XII, Constitution dogmatique Benedictus Deus (29 janvier 1336), DS 1000 ; Concile de Florence, Bulle Laetentur caeli (6 juillet 1439), DS 1304 ; Concile de Trente, session VI (13 janvier 1547), Décret sur la justification, chapitre VI, DS 1545.

124 I Thessaloniciens IV, 16-17 ; Matthieu XXV ; Symbole de Nicée-Constantinople ; Concile de Florence, Bulle Laetentur caeli (6 juillet 1439), DS 1304.

125 Concile de Lyon II (1274), Profession de foi de Michel Paléologue, DS 856 ; Concile de Latran IV (1215), DS 801 ; Benoît XII, Constitution dogmatique Benedictus Deus (29 janvier 1336), DS 1002 ; Concile de Florence, Bulle Laetentur caeli (6 juillet 1439), DS 1304 ; Pie VI, Constitution dogmatique Auctorem fidei (28 août 1794), proposition condamnée n° 25, DS 2625.

126 Concile de Trente, session VI (13 janvier 1547), Décret sur la justification, canon 30, DS 1580.

127 Concile de Lyon II (1274), Profession de foi de Michel Paléologue, DS 856 ; Benoît XII, Constitution dogmatique Benedictus Deus (29 janvier 1336), DS 1000-1001

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Add. 27 juin 2026

 

Écrivant ce matin dans Il Giornale, @nicospuntoni rapporte que — le premier jour du consistoire des cardinaux — l'ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le Cardinal Müller, a exhorté le Saint-Siège à émettre une réponse formelle à la Profession de foi de la FSSPX et à rétablir la Commission pontificale Ecclesia Dei. Cf. Diane Montagna sur X / NicoSpuntoni sur X

 

Le cardinal Gerhard Ludwig Müller a exhorté le Saint-Siège à publier une réponse officielle au dernier défi lancé à Rome par la Fraternité Saint-Pie X et a proposé la création d'une nouvelle structure Ecclesia Dei pour accueillir les membres qui devraient quitter la Fraternité à la suite des consécrations épiscopales prévues le 1er juillet.

 

L'ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a fait cette proposition le jour de l'ouverture du consistoire extraordinaire des cardinaux qui se tient au Vatican les 26 et 27 juin. Cf. Diane Montagna 

 

Le cardinal a demandé une réponse à FSSPX après les accusations de déviations par rapport à la tradition. [...] "Léon XIV avait demandé aux cardinaux de faire preuve de franchise. Et certains l'ont pris au mot."

 

[...] Aujourd'hui, grâce au travail accompli à l'époque par la Commission pontificale "Ecclesia Dei", il existe au sein de l'Église, en pleine communion avec Rome, des institutions qui célèbrent l'ancienne liturgie et reconnaissent le concile Vatican II. Ecclesia Dei a été supprimée en 2019 par le pape François.

 

Des restrictions concernant ces célébrations ont été introduites en 2021 avec Traditionis Custodes, mais aujourd'hui, une position plus tolérante semble prévaloir au sein du Sacré Collège. Ceci s'explique notamment par le fait que, comme l'a révélé Diane Montagna, experte du Vatican, il y a environ un an, la plupart des évêques consultés avant l'introduction de cette mesure s'étaient opposés à ces interdictions.

 

L'intervention de Müller a été accueillie sans commentaire, mais à la fin de la réunion – d’après ce que nous avons compris – plusieurs cardinaux d’orientations différentes semblaient être d’accord et ont également apprécié la franchise du cardinal, l’un des plus reconnus pour ses études et sa carrière ecclésiastique. IlGiornale

 

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24 juin 2026 3 24 /06 /juin /2026 11:11

Sous le pape François, une réforme "très profonde" de l'idée de loi naturelle a été initiée...

"Sous prétexte de faire évoluer la doctrine, ils tenaient absolument à relativiser, voire à bouleverser radicalement, les principes qui sous-tendent la morale classique. Si tel était et reste véritablement leur objectif, nous nous sommes aventurés en eaux périlleuses." - Évêque Robert Barron sur X

 

Dans un récent entretien, l'archevêque Vincenzo Paglia, ancien grand chancelier de l'Institut Jean-Paul II pour le mariage et la famille, a confirmé les pires soupçons que beaucoup d'entre nous nourrissaient. Il a admis que les changements qu'il a apportés à l'Institut pendant les années du pape François étaient conçus pour initier une réforme "très profonde" de l'idée de loi naturelle.

 

Au lieu de normes morales absolues fondées sur une compréhension aiguë des biens fondamentaux, [] lui et ses collègues proposaient une théorie morale enracinée dans un discernement historique de l'expérience subjective et culturelle – non pas une "théologie de salon" mais une théologie opérant "au sein de l'histoire et au sein de la vie des gens".

 

Ceci, bien sûr, est le langage du postmodernisme tendance, et il est en vérité très dangereux.

 

Lire : Vers la trahison de l'Institut Pontifical Jean-Paul II ? 23-10-2017

 

Permettez-moi d'illustrer le principe avec un exemple. L'esclavage est-il mauvais ?, demande l'évêque Robert Barron sur X.

 

Intrinsèquement mauvais ?

Mauvais, peu importe ce que disent les sondages d'opinion publique à son sujet, peu importe quel pourrait être le consensus actuel à son égard ?

J'imagine qu'une personne décente répondrait oui. 

Mais cette réponse affirmative repose précisément sur ce que la tradition appelle la loi naturelle et les biens fondamentaux.

Il existe des valeurs si fondamentales que les actes qui y sont contraires sont, de par leur nature même, mauvais. 

 

Si vous souhaitez découvrir une présentation très claire de cette idée, consultez l'encyclique *Veritatis Splendor* de saint Jean-Paul II.  

 

Si l'on considère qu'il ne s'agit là que de "théologie de salon" et que la morale dépend de données culturelles et expérientielles en constante évolution, alors pourquoi l'esclavage ne pourrait-il pas être justifié ?  

 

L'une des personnes les plus brillantes qui aient jamais vécu, le philosophe Aristote, pensait que oui ; des personnalités extrêmement intelligentes et d'une grande intégrité morale dans notre pays, encore au XIXe siècle, estimaient que c'était admissible.  

 

Qui peut affirmer que le consensus ne pourrait pas évoluer à nouveau dans l'autre sens ? Qui peut affirmer que "l'expérience vécue" ne finirait pas par le justifier ?  

 

Ce dont tout programme moral véritablement cohérent a besoin, c'est précisément ce que l'archevêque Paglia et ses collègues s'efforçaient d'éliminer, à savoir des normes morales absolues.

 

Lire : “Amoris Laetitia”: une « bombe atomique » à retardement qui menace l’ensemble de l’enseignement moral catholique (Josef Seifert)

 

Se débarrasser de ces éléments au nom de la liberté ou de la sensibilité pastorale rend en réalité le discours moral dysfonctionnel, tout comme relativiser le principe fondamental de la logique rendrait toute conversation rationnelle impossible.  

 

L'entretien de l’archevêque m’a, pour être franc, rappelé les discussions que j’ai eues lors du Synode sur la synodalité avec certains de mes collègues allemands. Sous prétexte de faire évoluer la doctrine, ils tenaient absolument à relativiser, voire à bouleverser radicalement, les principes qui sous-tendent la morale classique. Si tel était et reste véritablement leur objectif, nous nous sommes aventurés en eaux périlleuses.

 

Lien vers l'article Catholic World Report ci-dessous.

 

Évêque Robert Barron sur X

 

https://www.catholicworldreport.com/2026/06/19/the-confessions-of-monsignor-paglia-and-the-crossroads-for-moral-catholic-theology/

 

Le pape François salue l'archevêque Vincenzo Paglia, président de l'Académie pontificale pour la vie, lors d'une rencontre avec ses membres dans la salle Clémentine du palais apostolique au Vatican, le 27 septembre 2021.

 

Quelle vision morale l’Église souhaite-t-elle promouvoir ? Une morale édulcorée, une sorte de "pélagianisme minimaliste" ? Et quel espoir veut-elle offrir à la personne blessée en quête de sens ?

 

19 juin 2026 Monseigneur Livio Melina

 

Dans un entretien accordé à Settimana News le 21 mai 2026, Mgr Vincenzo Paglia a revendiqué un rôle déterminant dans la dissolution de l’Institut Jean-Paul II d’études sur le mariage et la famille et son remplacement par une nouvelle entité académique, ainsi que dans la transformation radicale de l’Académie pontificale pour la vie. Il a également précisé que ces interventions visaient à induire un profond changement de paradigme, dont il a reconnu, pour la première fois, qu’il touchait non seulement le domaine pastoral, mais aussi le domaine doctrinal.

 

Selon Paglia, cette réforme "très profonde" impliquait avant tout une refonte du concept même de droit naturel. Paglia reprochait à l'Institut Jean-Paul II de promouvoir une conception du droit naturel comme un ensemble de principes immuables dont on déduirait des normes morales. Il proposait, au contraire, que le droit naturel s'appuie sur un discernement historique continu de l'expérience subjective et culturelle. Dans cette perspective, une "théologie inscrite dans l'histoire et dans la vie des hommes" devait remplacer ce qu'il qualifiait de "théologie de salon" de l'ancien Institut.

 

Il convient de se demander si la critique de Paglia correspond au travail accompli par l'Institut Jean-Paul II. Ce n'est qu'alors que nous serons en mesure d'évaluer le bien-fondé des nouvelles propositions doctrinales de Paglia et de comprendre la véritable raison de la suppression de l'institut.

 

1. Tout d’abord, considérons l’intention initiale de Jean-Paul II et les réalisations de l’Institut qu’il a fondé le 13 mai 1981, à la suite du premier Synode sur la famille et à la veille de la publication de Familiaris Consortio.

 

Une étude approfondie de la correspondance de Jean-Paul II avec Paul VI, menée par Paweł Gałuszka dans les archives de l'archidiocèse de Cracovie, a révélé l'influence significative de Wojtyla sur la préparation et la réception de l'encyclique Humanae Vitae. Saint Jean-Paul II considérait que la question de la morale conjugale et familiale constituait un défi majeur pour l'Église. Cependant, il estimait également que le cadre de la théologie morale enseigné dans les manuels catholiques était insuffisant pour relever ce défi. Ni l'approche traditionnelle fondée sur le droit naturel et le légalisme, ni un personnalisme de la conscience détaché de la nature ne rendaient justice à la valeur positive de la sexualité conjugale et au caractère personnel de la procréation. L’archevêque Wojtyła ressentait le besoin d’une anthropologie adaptée à l’expérience de l’amour et d’une théologie du corps. Ce qu’il avait suggéré à Paul VI, il put le concrétiser une fois devenu pape. À travers ses Catéchèses sur l’amour humain dans le plan divin  (1979-1984), il illustra la grandeur de la vocation à l’amour, au don de soi, à la communion des personnes et à la collaboration avec Dieu à la naissance de la vie. Dans le même temps, le pape polonais prit conscience que les résistances et les objections à l'encyclique de Paul VI n'étaient ni partielles ni ponctuelles. Elles menaient à une remise en cause globale et systématique de la "saine doctrine morale" de l'Église. Dans l'encyclique Veritatis Splendor, il ouvrit la voie à une réinterprétation personnaliste du droit naturel. Dans ce texte, Jean-Paul II interpréta le droit naturel à travers le concept du don de soi que le Créateur a inscrit dans le corps humain et qui peut être découvert par la raison et la vertu (cf. n° 48). Le droit naturel naît de la capacité de la raison à saisir, "à la lumière de la dignité de la personne", la valeur morale spécifique de certains biens vers lesquels la personne est naturellement encline. Ainsi, les "biens  de  la personne", c'est-à-dire l'objet de nos inclinations naturelles, acquièrent une pertinence morale dans la perspective du "bien de la personne" en tant que tel (ibid.).

 

Dans la Constitution apostolique Magnum Matrimonii Sacramentum, promulguée le 7 octobre 1982, par laquelle il conférait à l'Institut d'études sur le mariage et la famille un statut juridique définitif, le pape polonais citait explicitement Humanae Vitae. Il désignait le "plan de Dieu pour le mariage et la famille" comme objet d'étude, soulignant que la pleine vérité de ce plan devait être recherchée par une approche interdisciplinaire. Ceci traçait deux axes principaux de développement pour la recherche théologique : l'anthropologie théologique et la théologie morale.

 

Examinons maintenant comment l'Institut a développé ces deux axes au cours de ses 36 années d'existence.

 

On observe une approche globale qui, d'une part, surmonte les fortes résistances liées aux préjugés contre l'enseignement moral de l'Église et, d'autre part, transcende les limites d'une anthropologie néo-scolastique des facultés centrée sur l'action humaine.

 

a) Sur le plan anthropologique, l’Institut a proposé une vision de la personne humaine centrée sur le mystère nuptial. Cette vision met en lumière le dynamisme que la différence sexuelle introduit dans la vie humaine en l’ouvrant à la possibilité d’un amour nouveau, capable de donner la vie. La personne humaine est appréhendée précisément à travers sa relationnalité constitutive. Elle naît non seulement de l’amour, mais s’ouvre aussi à de nouvelles relations amoureuses qui enrichissent son être. Ainsi, les étapes décisives de l’épanouissement humain peuvent être définies : être fils ou fille, devenir époux ou épouse, et enfin devenir parents. La nature est ainsi envisagée dans la dynamique de croissance façonnée par le don de l’amour, et non simplement comme un développement métaphysiquement prédéterminé dont on pourrait déduire les règles de l’action.

 

Dans ce contexte, il apparaît clairement que l'Institut ne s'est pas concentré, comme le croit Monseigneur Paglia, sur une vision étroite du couple, négligeant la famille. Au contraire, il est apparu dès le départ que le couple s'ouvre au-delà de lui-même, à toute la création et à la société dans son ensemble. Les titres de certains colloques et publications le confirment : "Vers une culture de la famille", "Famille et nouvelle évangélisation", "Subjectivité sociale de la famille", "Anthropologie de la générativité", "Une alliance des générations", "Entreprise, famille et développement durable", "La famille, lumière de Dieu dans une société où Dieu est absent", "Famille et foyer : construire, engendrer, habiter", "Le mystère de l'enfance", "Action sacramentelle et vie familiale", "Paternité"…

 

Par ailleurs, la méthode de travail de l'Institut s'est toujours développée grâce à un dialogue constant avec les sciences humaines, notamment la sociologie et la psychologie (l'Institut entretient des relations de longue date avec le Département d'études familiales de l'Université de Bologne et avec l'Université catholique du Sacré-Cœur de Milan). De plus, des séminaires et des conférences ont été organisés en dialogue avec les grandes traditions religieuses et spirituelles : avec l'Université Bar-Ilan de Tel Aviv, l'Université islamique Zaytuna de Tunis, ainsi qu'avec des représentants du bouddhisme et de l'hindouisme.

 

b) Dans le domaine de la réflexion morale, une approche systématique s'est développée depuis la création du Pôle international de recherche en théologie morale en 1997, centrée sur la rencontre avec le Christ comme source radicale de l'expérience morale chrétienne. Cette approche a été rendue possible par une vision claire de l'amour comme expérience fondatrice de la moralité – en raison de la transformation qu'il opère et de la plénitude qu'il promet – éclairant ainsi la nature du bonheur. Dans cette perspective, il est devenu possible de comprendre comment se forme le sujet moral, non comme une imposition extérieure d'un idéal, mais comme le fruit d'un amour qui réorganise la vie et donne sens à la liberté. L'amour, en effet, engendre les vertus comme excellences de la personne, lui permettant d'agir avec excellence avec autrui. La charité, en tant qu'amitié avec Dieu et avec les autres au sein de l'Église, manifeste ainsi sa contribution majeure et définitive : la formation du sujet chrétien.

 

Depuis plus de 22 ans, le domaine de recherche en théologie morale s'était fixé pour objectif — sur la suggestion du cardinal Ratzinger de l'époque — d'engager un dialogue avec des théologiens moralistes de diverses tendances, y compris ceux opposés à l'approche développée à l'Institut, et de tirer profit de toutes les précieuses idées trouvées dans leurs recherches. Voici, pour donner un avant-goût, quelques noms des invités au dialogue : W. Pannenberg, S. Pinckaers, R. Tremblay, B. Petrà, E. Schockenhoff, G. Angelini, P. Wadell, E. Falque, G. Abbà, E. Feder Kitay, A. Rodríguez Luño, F. Botturi, LF Ladaria, K. Flannery, B. Kiely, S. Hauerwas, Ph. Bordeyne, A. Ales Bello, P. Gilbert, M. Chiodi, SP Bonanni, J. Mimeault, M. Sherwin, MS Archer, P. Donati, E. Scabini, J. Milbank, T. Rowland. Mais aussi, à d'autres moments de la vie de l'Institut, AM Pelletier, X. Lacroix, JL Marion, S. Ubbiali, C. Pagazzi, P. Gisel.

 

 

Ce dialogue a été une source d'enrichissement pour nous, professeurs, et pour nos étudiants. Un simple coup d'œil aux titres de certaines conférences organisées témoigne de l'ampleur de cette vision : "La question du bien et la question de Dieu" ; "Quel est le fondement de l'action ? Dimensions ecclésiologiques de la morale" ; "Le chemin de la vie : l'éducation, un défi pour la morale" ; "L'action, source de nouveauté" ; "L'intelligence de l'amour : une nouvelle épistémologie morale au-delà de la dialectique entre norme et cas" ; "Marcher dans la lumière : perspectives sur la théologie morale à partir de Veritatis Splendor" ; "La  Sequela Christi : dimensions morales et spirituelles de l'expérience chrétienne" ; "Le Logos de l'agapè : l'amour et la raison comme principes d'action" ; "L'amour comme principe de la vie sociale" ; "La révélation de l'amour et la réponse de la liberté" ; "La famille : clé du dialogue Église-monde" ; "Reconstruire le sujet moral chrétien" ; "La subjectivité morale du corps". Mais aussi, dans un registre pastoral évident : "Aimer l’amour humain" ; "La famille, une ressource pour la société" ; "De l’huile sur les plaies : une réponse aux fléaux de l’avortement et du divorce" ; "La miséricorde comme vérité pastorale".

 

Ces deux courants (anthropologique et moral) ont trouvé un point de convergence décisif dans la perspective sacramentelle développée à l'Institut. Les sacrements révèlent le sens ultime de la vie humaine et de toute réalité : être un don qui, lorsque nous le recevons, nous permet d'être le don de soi. L'action humaine trouve dans les sacrements la source qui vient de Dieu et qui incorpore le dynamisme de notre action morale à l'action du Christ, afin que nous participions à ses vertus.

 

Au sein de ce dynamisme sacramentel, le mariage est appréhendé à l'Institut comme un sacrement stratégique. Cadre originel du langage du corps comme expression du don de soi, le mariage se révèle une clé pour comprendre la nature de tous les sacrements grâce à son lien avec le don eucharistique du Corps du Christ. Dans cette perspective, des propositions concrètes ont été élaborées pour aider les couples mariés à vivre leur vocation à la sainteté, ainsi que des programmes pastoraux d'accompagnement visant à conduire ceux qui ne sont pas encore en mesure de vivre selon l'enseignement de Jésus sur le mariage et la famille à la vérité de l'amour.

 

Le fruit de cette recherche et de cet enseignement fut, en réalité, l'aspect le plus surprenant : les étudiants en ressortirent avec une vision nouvelle, le désir de la partager et une conscience aiguë de la manière d'accompagner les familles. De retour dans leurs pays d'origine, ils devinrent des modèles, faisant preuve d'une grande créativité pastorale et continuant d'entretenir les amitiés tissées avec leurs professeurs et collègues. Les douze sections de l'Institut, réparties sur les cinq continents, témoignent de la fécondité pastorale et de l'universalité potentielle de cette vision et de cette méthode de travail.

 

Au vu de tout cela, il est véritablement difficile de comprendre la critique que Paglia adresse aux travaux de l'Institut pontifical Jean-Paul II. Ni ce qui vient d'être dit concernant les deux piliers principaux de l'Institut (anthropologique et moral), ni les cours, ni les recherches doctorales, ni les articles de la revue Anthropotes, ni les ouvrages publiés ne reflètent une "théologie de salon", une approche apologétique étroite centrée sur une nature anhistorique et des absolus moraux, conçue comme une déduction éthique abstraite et incapable d'interpréter l'expérience vécue des personnes. Au contraire, ce qui a émergé est précisément une théologie de l'amour, cherchant à éclairer par la raison cette expérience de l'amour, fondamentale dans la vie des personnes, et à les accompagner dans leur cheminement. La critique de Paglia apparaît donc idéologique et superficielle, puisqu'elle n'aborde pas le fond du travail scientifique mené à l'Institut et va jusqu'à l'assimiler à l'approche néo-scolastique dans le seul but de contester l'enseignement moral de l'Église.

 

2. Nous en revenons donc au changement de paradigme radical prôné par Mgr Paglia, explicité notamment dans l’ouvrage qu’il a dirigé, publié par l’Académie pontificale pour la vie sous le titre "Éthique théologique de la vie : Écriture, Tradition, défis pratiques" (Libreria Editrice Vaticana, Cité du Vatican, 2022), auquel il fait lui-même référence. Cet ouvrage comprend également un "document de base", destiné à réviser l’enseignement de l’encyclique Humanae vitae, mais qui n’a jamais été publié comme texte pontifical. Il a déjà fait l’objet d’une critique approfondie dans un ouvrage dirigé par R. Fastiggi et M. Levering : Humanae vitae et la morale sexuelle catholique. Réponse à l’ouvrage de l’Académie pontificale pour la vie "Etica Teologica della vita"  (Sapientia Press, Ave Maria, Floride, 2024).

 

Les deux fondements théoriques du document de Paglia sont la primauté de l'herméneutique et, par conséquent, celle de la conscience subjective. La première affirmation établit le "principe d'immanence", caractéristique du modernisme : l'historicité complète du sujet interprétant, selon laquelle ce sujet se trouve toujours dans une position perspective, conditionnée par sa situation existentielle et culturelle, et ne peut jamais avoir de contact immédiat et direct avec la réalité. "Il n'y a pas de faits, seulement des interprétations", disait Nietzsche. En théologie, cela signifie que la conversion pastorale souhaitée exigerait une contextualisation constante de chaque affirmation, afin de remanier et de repenser la doctrine pour l'adapter à la mentalité contemporaine. Ainsi, par exemple, la nouvelle situation vécue par les divorcés remariés ou les couples vivant en concubinage devient une occasion de repenser la doctrine sur l'adultère, sur la sexualité hors mariage et sur les conditions de réception des sacrements.

 

Lire : “Amoris Laetitia”: une 'bombe atomique' à retardement qui menace l’ensemble de l’enseignement moral catholique (Josef Seifert)

 

La seconde affirmation assimile de façon simpliste le sujet moral à sa conscience, la réduisant à toute donnée préalable susceptible de servir de critère objectif de vérité : une véritable hypertrophie de la conscience, qui n’est plus un simple jugement réfléchi sur la moralité d’un acte, mais qui absorbe la norme morale. Ainsi, tout en reprenant l’ancien cadre des manuels post-tridentins – qui opposaient la loi à la conscience dans une dialectique systémique –, on cherche à résoudre ce conflit en abolissant le point de référence objectif. Puisque "seule la conscience de l’agent moral peut formuler la norme concrète de l’action", elle prend la forme d’une "décision" subjective, autonome et irrévocable. Cela revient à nier les absolus moraux, c’est-à-dire la possibilité de définir des normes morales négatives valides sans exception, car elles se rapportent à des actions  intrinsèquement mauvaises  en raison de leur objet moral.

 

La dimension historique de l’être humain – qui vit toujours au sein d’une culture particulière – ne doit cependant pas nier l’existence en lui d’une dimension qui transcende les cultures. Saint Jean-Paul II, dans Veritatis splendor , nous rappelle que cette dimension est précisément la nature humaine, qui est donc la mesure de la culture (n° 53). Cette affirmation de la nature humaine n’est pas seulement un domaine de la raison humaine, la préservant d’un relativisme qui ouvrirait la porte à des violations des droits de la personne et des peuples, comme l’a tragiquement démontré l’histoire des totalitarismes du XXe siècle. Elle concerne aussi la doctrine de la foi, car la question de la nature humaine met en jeu le fondement christologique ultime et la vérité même de la rédemption. En effet, l’encyclique  Veritatis splendor, citant la constitution Gaudium et spes du Concile Vatican II, enseigne : "L’Église affirme que sous tous les changements, il y a beaucoup de choses qui ne changent pas et qui sont  finalement  fondées sur le Christ, qui est le même hier, aujourd’hui et éternellement. Le Christ est le Commencement qui, ayant assumé la nature humaine, l’illumine définitivement dans ses éléments constitutifs et dans son dynamisme de charité envers Dieu et le prochain (n° 53)."

 

3. L’exposé des réalisations de l’Institut pontifical Jean-Paul II et du nouveau paradigme proposé par Paglia met en lumière la véritable raison de sa suppression. Les actions de Paglia n’étaient pas motivées par des raisons théologiques, mais par une critique idéologique de l’Institut. Or, comme l’a si bien démontré Karl Marx, l’idéologie sert à masquer des intérêts inavoués. Quel était donc le motif caché du démantèlement d’une institution florissante, fondée par un pape saint et prophétique ?

 

On pourrait répondre : la difficulté d’accepter le message sur le mariage et la famille proposé jusqu’ici par l’Église, que Paglia jugeait déraisonnable et irréalisable. De ce point de vue, son intervention a en effet empêché l’élaboration d’une proposition fidèle à l’enseignement traditionnel de l’Église, tout en le présentant en des termes compréhensibles pour l’homme contemporain ; une proposition porteuse d’une fécondité pastorale qui permettrait véritablement aux fidèles de la vivre.

 

Il suffit de considérer l'autre concept clé qui caractérise le changement de paradigme de Paglia : celui du "bien possible", qui devient le critère d'établissement de la norme moralement contraignante. Le principe tout à fait traditionnel  "ad impossibilia nemo  tenetur" s'applique même aux préceptes moraux négatifs, qui interdisent les actions intrinsèquement mauvaises. Cela contrevient à la tradition constante de l'Église, telle qu'exprimée par le Concile de Trente sur la base d'un texte de saint Augustin : "Que personne n'adopte cette expression inconsidérée – condamnée par les Pères par l'excommunication – selon laquelle il serait impossible à une personne justifiée d'observer les commandements de Dieu. Car Dieu ne commande pas l'impossible ; mais en commandant, il nous exhorte à faire tout notre possible, à demander ce que nous ne pouvons pas faire, et il nous aide afin que nous puissions y parvenir ; car "les commandements de Dieu ne sont pas un fardeau" (cf.  1 Jn  5, 3) et 'son joug est doux et son fardeau léger' (cf.  Mt  11, 30)."

 

C’est l’enseignement de saint Jean-Paul II dans Veritatis splendor, n° 102-103, qui met en garde contre de telles simplifications excessives. Il nous rappelle que la réalité de la rédemption est ici en jeu, car "c’est seulement dans le mystère de la Rédemption du Christ que nous découvrons les possibilités concrètes de l’homme". Par conséquent, "ce serait une très grave erreur que d'en conclure que la règle enseignée par l'Eglise est en elle même seulement un " idéal " qui doit ensuite être adapté, proportionné, gradué, en fonction, dit-on, des possibilités concrètes de l'homme, selon un " équilibrage des divers biens en question". 

 

L’Institut pontifical Jean-Paul II – celui d’origine, dissous depuis – avait démontré la justesse du message chrétien, en ce qu’il correspond à un désir humain authentique. Il en avait également démontré la portée pratique par les sacrements et l’accompagnement ecclésial. Cet accompagnement, dans la concrétisation de ses diverses formes communautaires, devient le terreau où le sujet moral se reconstruit et se revigore grâce à la transformation de ses désirs par les pratiques qui lui sont proposées. Ce chemin – le chemin étroit de la régénération de la personne par un processus patient de guérison et d’éducation au sein d’une communauté – est celui que l’intervention de Paglia a cherché à fermer.

 

Cette intervention, cependant, a dépassé le cadre des salles de classe et des publications de l'Institut. Elle a touché l'Église elle-même, qui se trouve aujourd'hui à un tournant décisif. D'une part, elle peut continuer à proclamer l'Évangile de la grandeur de la vocation humaine, en expliquant qui est la personne humaine, quel est son appel suprême, ce que sont le mariage et la famille, et quels chemins mènent à la réalisation de cette vocation à aimer. Autrement dit, elle peut inviter chacun à tourner son regard avant tout vers le Christ et vers le plan originel de Dieu. D'autre part, elle peut renoncer à cette vision étriquée du chemin, en fermant les yeux sur la grandeur de cet appel et en le réduisant aux possibilités concrètes de l'humanité blessée vivant dans le contexte actuel.

 

Quelle vision morale l'Église souhaite-t-elle ? Une morale édulcorée, une sorte de 'pélagianisme minimaliste' qui, en ne s'appuyant pas sur la grâce divine, finit par renoncer à l'appel à la plénitude de la vie chrétienne et se résigne aux faiblesses et fragilités humaines comme si elles étaient insurmontables ? Ou une morale qui offre un chemin à ceux qui, humblement, demandent la grâce nécessaire pour vivre leur vocation au don de soi et cherchent un contexte ecclésial où la mettre en pratique ? Autrement dit, quelle espérance l'Église veut-elle offrir à la personne blessée en quête de sens ? L'espérance de ceux qui se contentent de leur situation, ou celle de ceux qui savent qu'ils sont appelés à une grande destinée et qui ont devant eux un chemin jalonné de petits pas significatifs ?

 

En réalité, comme nous l'avons vu, le paradigme de Paglia n'a rien de nouveau ; il est au contraire dépassé, non seulement parce qu'il ravive la dialectique casuistique post-tridentine entre loi et conscience, mais aussi parce qu'il nie, en son cœur, la nouveauté permanente du Christ, venu non pour abolir la loi, mais pour nous donner la capacité de l'accomplir et ainsi réaliser le grand dessein d'amour de Dieu. Pour être miséricordieuse, l'Église n'a pas besoin d'édulcorer la plénitude de vie qu'elle propose ni de s'adapter aux normes du monde, mais plutôt de proclamer la bonne nouvelle de la grâce, qui nous permet de vivre notre vocation divine malgré nos fragilités et nos faiblesses.

 

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>L'Institut théologique Jean-Paul II remanié par François défend le droit à l'avortement de Biden dans une publication facebook publiée puis supprimée

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24 juin 2026 3 24 /06 /juin /2026 00:00
Saint Jean le Baptiste, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011.

Saint Jean le Baptiste, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011.

Cousin de Jésus, né de Zacharie et Élisabeth, il est appelé "baptiste" car il baptisait dans le Jourdain pour préparer le baptême dans l'Esprit. Il annonçait la venue du Messie (l'Oint de Dieu). Jean est donc celui qui sera la précurseur du Christ, "la lumière du monde" - d'où le lien avec le solstice et le feu de joie.  

L'Église célèbre ordinairement la vie des Saints au jour de leur mort, qui est, à proprement parler, le jour de leur naissance à la vie éternelle. La Nativité de saint Jean-Baptiste a été exemptée de cette règle générale, parce qu'il fut sanctifié avant de naître, dans le sein de sa mère, par la présence de Jésus-Christ, dans la visite que fit la très Sainte Vierge à sainte Élisabeth. 

L'Eglise n'a jamais enseigné de manière définitive que Jean le Baptiste était né sans le péché originel contrairement à la Vierge Marie qui a été préservée de ce péché par anticipation dès sa conception en vue de sa vocation d'enfantement du Sauveur. Mais une tradition pieuse remontant à Saint Augustin, basée sur l'Evangile de Luc 1,15, et 1,41-44 (où l'enfant saute de joie dans le ventre d'Elisabeth à la voix de Marie) suggèrent qu'après sa conception, il été sanctifié et libéré du péché originel dans le ventre de sa mère Elisabeth, lors de la Visitation de Marie. Bien qu'il ait été conçu avec le péché originel, il aurait été purifié avant sa naissance, ce qui signifie qu'il est né exempt de ce péché. 

La naissance de saint Jean-Baptiste fut une grande joie pour la terre, puisqu'elle lui annonçait l'approche de sa Rédemption. La puissance divine était intervenue d'une manière extraordinaire dans la naissance de quelques prophètes, de Samuel et de Jérémie, par exemple; mais elle éclata bien davantage dans celle du saint Précurseur, que la dignité de son ministère futur et le degré éminent de grâce et de sainteté auquel il était élevé rendaient, selon la parole de Jésus-Christ Lui-même, bien supérieur à tous les patriarches et à tous les prophètes.

Le Baptême du Christ par St Jean Baptiste

Le Baptême du Christ par St Jean Baptiste

Le message d'un Ange à Zacharie (archange Gabriel) pour lui annoncer la naissance de Jean-Baptiste, la maternité d'Élisabeth à un âge très avancé, le mutisme subit de Zacharie depuis l'annonce de l'Ange jusqu'à la Circoncision de l'enfant, et sa guérison miraculeuse, qui lui permit d'entonner le beau cantique Benedictus: tout est merveilleux dans l'apparition du Précurseur, qui allait bientôt montrer le Sauveur promis et attendu depuis quatre mille ans.

 

Saint Jean-Baptiste occupe dans l'histoire de l'humanité une place incomparable : il sert de trait d'union entre les deux mondes, il résume en lui tout l'Ancien Testament et prépare le Nouveau ; il ferme la mission des prophètes et ouvre celle des Apôtres.

 

Visite de Marie par Ghirlandaio

 

Jean mena une vie d'ascèse "caché dans le désert", se nourrissant frugalement de "sauterelles et de miel sauvage" (Matthieu III:4), et pratiquant le jeûne. En l'an 27, il s'installe sur les bords du Jourdain, où il commence à pratiquer le "baptême de repentir pour la rémission des péchés" par immersion dans l'eau, et prophétisé par Isaïe. Jean réunit autour de lui de nombreux disciples, leur annonçant la venue du Messie et leur dit: "Moi, je vous baptise avec de l'eau, pour vous amener à la repentance, mais vient celui plus fort que moi, et je ne suis pas digne de porter ses sandales. Lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et le feu" (Matthieu III:11).

Selon l'Evangile de saint Matthieu (III, 13-17), Jésus vint voir Jean pour être baptisé. Jean lui dit : "C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi", et Jésus lui répondit : "Laisse faire maintenant, car il est convenable que nous accomplissions ainsi tout ce qui est juste". Jean baptise donc Jésus et au sortir de l'eau tous virent l'Esprit Saint "descendre comme une colombe et venir sur lui", et une voix venue des cieux dit "Tu es mon fils, moi, aujourd'hui, je t'ai engendré" (Luc III, 22; Matthieu III, 17).

 

Jean Baptiste demanda alors à ses disciples de suivre Jésus.

Saint Jean Baptiste prêchant devant Hérode Antipas

 

Selon Marc (VI, 14-29), Hérode, excédé par les critiques au sujet de son mariage avec Hérodiade, "la femme de Philippe, son frère" fit arrêter Jean et le fit lier en prison.

 

Hérodiade voulait faire tuer Jean mais Hérode Antipas le protégeait, car il le "connaissait pour un homme juste et saint" et "l'écoutait avec plaisir".
 

Cependant lors de la fête donnée pour son anniversaire, il dit à Salomé, la fille d'Hérodiade : "Demande-moi ce que tu voudras… ce que tu me demanderas, je te le donnerai, fût-ce la moitié de mon royaume". Salomé demanda pour sa mère la tête de Jean Baptiste présentée sur un plateau. Hérode fort attristé, envoya cependant un garde décapiter Jean dans sa prison, placer sa tête sur un plateau et la présenter à Salomé, qui l'offrit à sa mère Hérodiade.

 

La Décollation de Saint Jean le Baptiste

La Décollation de Saint Jean le Baptiste

L’Église fête sa nativité, aussi bien en Orient qu'en Occident le 24 juin, au moment du solstice d'été. Le culte de saint Jean-Baptiste a toujours joui d'une immense popularité. Sa fête a été souvent célébrée par des feux de joie et il était de tradition que les jeunes gens sautent par-dessus les flammes. Les deux d'artifices en sont une réminiscence. On prêtait aussi des vertus magiques aux «herbes de la Saint-Jean» (millepertuis, armoise, fougère,...) cueillies ce jour avant le lever du soleil.

 

Parmi les nombreux rites qui sont associés à cette fête, certains semblent venir directement des anciennes grandes fêtes celtes du solstice d'été, lorsque cette nuit était réputée surnaturelle, et les feux cérémoniels.

Ces feux avaient à l'origine un but essentiellement agraire. Ils préservaient de la maladie, de la vermine et des incendies. Ils avaient aussi un pouvoir fécondant. Les brandons étaient promenés à travers les champs pour demander des récoltes abondantes.

Dans la version poitevine, une roue gainée de paille enflammée, dévalait une pente et fertilisait les champs traversés. Et les jeunes couples n'hésitaient pas non plus à sauter au-dessus du feu !

 

La Saint-Jean (ou Nativité de Saint Jean Baptiste) était une fête chômée en France avant le Concordat de 1801.

Sous la Révolution, les réjouissances de la Saint-Jean furent interdites.

Après 1905, l'anticléricalisme élimina peu à peu cette fête de nos contrées. 

Le dernier feu de la St Jean officiellement reconnu eut lieu à Nîmes le 23 juin 1905, suite à un arrêté du Maire, Gaston Crouzet (1900-1908) en date du 20 juin 1906 : "Considérant que les années précédentes les feux dits "de la St-Jean" ont causé des dégâts importants à des propriétés privées et que les citoyens de la commune de Nîmes ont eu à regretter plusieurs accidents occasionnés par l'explosion de fusées, pétards, serpenteaux, etc.., qu'on a l'habitude de tirer les jours de réjouissances populaires ; Qu'il est indispensable de prévenir le retour de semblables faits de nature à porter préjudice grave aux biens des personnes, à troubler la tranquillité publique et à compromettre la sécurité des citoyens. Article premier. Les feux dits "de la St-Jean" sont expressément défendus dans la commune de Nîmes" (Extrait de l'Histoire de la ville de Nîmes. Léon Ménard, 1636-1755 - livre XXIV, page 227).

 

Dans certaines communes françaises, la fête survit. Au début du XXe siècle déjà, il n'y a plus guère de feux de la Saint-Jean qu'en Bretagne, en Vendée, et dans quelques cantons du Midi. A Bordeaux, on en allume alors encore sur les places publiques de certains quartiers populaires. Tel apporte un fagot, tel une vieille futaille hors d'usage, tel une caisse ou un panier défoncé. Des rondes se forment, les enfants tirent des pétards, les femmes fredonnent une chanson, quelquefois un ménétrier mène le branle. Bordeaux est vraisemblablement avec Brest la seule grande ville de France qui ait à cette époque conservé l'usage des feux de la Saint-Jean. Encore, à Brest, les bûchers sont-ils remplacés par des torches promenées sur les glacis, qu'on lance en l'air et qui retombent en secouant une poussière lumineuse.

Un bûcher de bois d'une dizaine de mètres de haut est construit pour être brûlé le soir de la fête, notamment dans le sud de l'Alsace, dans les communes de la vallée de la Thur et du pays de Thann, avec le célèbre bûcher de la région qu'est celui de Bourbach-le-Bas avec 18 mètres de haut. En Alsace le bûcher est appelé un fackel. Dans les Vosges, ainsi que dans le Sud de Meurthe-et-Moselle, cette construction est appelée une chavande.  

À Sierck-les-Bains, en Lorraine, les lumières de la ville s'éteignent à la nuit tombée et l'on fait descendre le long d'une colline une roue de feu qui termine sa course dans la Moselle. Cette tradition remonte au moins à une cinquantaine d'années, et les spectateurs sont chaque année au rendez-vous.

Dans les Pyrénées, et particulièrement en Comminges, le feu de la Saint-Jean s'appelle le brandon. Il est constitué par un tronc de conifère préparé longtemps à l'avance : il est fendu longitudinalement, sur tout le pourtour, en plaçant dans les fentes des coins de bois. Finalement il a une forme de fuseau, il est dressé et on y met le feu.

Le bûcher de la Saint-Jean se pratiquait jadis à Paris, les autorités de la ville se chargeant de son organisation... Cette tradition a été abandonnée depuis très longtemps... On peut regretter qu'en 1982, le ministre de la Culture Jack Lang ait fixé au 21 juin la fête de la Musique. Le 24 juin eut permis de renouer avec ces traditions...

 

De nos jours, la pratique des feux de la Saint-Jean restée très vivace en Espagne, Portugal et Scandinavie tend à se développer à nouveau en France 

Au Québec, où subsistent maintes lois de l'Ancien Régime, la Saint-Jean est toujours une fête chômée. Saint Jean Baptiste est patron de nombreuses paroisses, de nombreuses confréries et des Canadiens français. La Saint-Jean est devenue, dès 1834, une occasion de célébration patriotique, à l'initiative de Ludger Duvernay, fondateur de la Société Saint-Jean-Baptiste. Depuis 1977, c'est officiellement la Fête nationale du Québec. Elle donne lieu à des concerts en plein air, à des agapes communautaires et à un défilé où les Québécois s'en donnent à coeur joie.

 

Lähikuva juhannuskokosta Mäntsälässä (Mäntsälä, Finland), Feu de la Saint-Jean (Finlande)

 

En France, la fête de la Saint-Jean avec ses feux de joie est de retour dans une République "laïque" qui avait tenté d'en interdire les réjouissances. Dans les Pyrénées-Atlantiques, ces dernières années : "l'allumage des feux de la Saint-Jean sur plusieurs collines est désormais devenu une tradition souletine. Sud-Ouest du 22 juin 2010.

 

À Oloron Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantiques), en 2010 "la Pastorale samaritaine" a relancé "le feu de la Saint-Jean. Le premier feu de la Saint-Jean organisé par la Pastorale samaritaine avait rencontré un franc succès l'an dernier."... "Au départ, il s'agissait de créer un nouvel événement après la Pastorale de 2003 et le Mystère de Nadau (Noël) en 2004. "Nous avions toujours des sollicitations : quand est-ce que vous recommencez ?". L'an dernier (en 2009. Ndlr.), les organisateurs avaient presque été surpris par l'affluence au feu de la Saint-Jean, tradition remise au goût du jour par la Pastorale samaritaine." République des Pyrénées

 

L'historien antique  Flavius Josèphe a évoqué Jean et son activité de baptiste, "pour la purification du corps, l'âme ayant été préalablement purifiée par la justice" (Antiquités judaïques XVII, 118-119 ; Histoire ecclésiastique, 11, 6 ; Dem. évang. IX, 5, 17)

 

Bien que Jean le Baptiste n'apparaisse dans aucun des Manuscrits de la mer Morte, pour certains critiques il pourrait un temps avoir appartenu au groupe des Esséniens, "pour le moins jusqu'à sa vocation (Lc 3,2)." Cet apparentement ne peut toutefois être ni récusé, ni confirmé (François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, éd Cerf, Paris, 2001, p. 213.).

 

L'Apparition du chef de Baptiste à Salomé, par Gustave Moreau

 

 

Décollation du Baptiste, Seconde moitié du XVe siècle, Stefano de Fedeli, Monza, cathédrale, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 510-511.

Décollation du Baptiste, Seconde moitié du XVe siècle, Stefano de Fedeli, Monza, cathédrale, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 510-511.

Graduel de la Messe de la Nativité de Saint Jean-Baptiste (24 juin)

SourcesRosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 510-511 ; Les saints du jour; Wikipedia ; herodote.net ; France pittoresque ; Dernières Nouvelles d'Alsace ;  Sud-Ouest ; La République des Pyrénées

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23 juin 2026 2 23 /06 /juin /2026 22:14

Le 13 avril 2026, lors de son voyage en Algérie, le pape Léon XIV visitant la Grande mosquée d'Alger a déclaré : ''Je vous remercie pour cette réflexion et pour ces paroles, si importantes lors de cette visite, d’un lieu qui représente l’espace qui appartient à Dieu, un espace divin, sacré, où tant de personnes viennent pour prier, pour trouver la présence du Très-Haut, de Dieu, dans leur vie.''

 

Relisez attentivement: ''un espace divin et sacré. ... la présence de Dieu.'' Or une mosquée est un lieu religieux qui nie ouvertement la Très Sainte Trinité et la divinité du Christ. Il nous faut ici comprendre précisément ce qui se passe. Car pour un catholique, ces mots soulèvent un problème majeur. Si la mosquée est véritablement un ''espace sacré et divin" où Dieu est présent au même titre que dans une église (dans le Tabernacle) alors quelle importance revêt le fait d'être chrétien? Voilà la question que le relativisme religieux a toujours attendu. C'est le coeur du problème. Car si toutes les religions mène également à Dieu, alors la croix, le martyre et la mission même de l'Eglise perdent tout leur sens. Et c'est précisément pourquoi, deux mois plus tard un cardinal a dû intervenir.

 

Le 22 juin 2026, le cardinal George Koovakad, Préfet du Dicastère pour le Dialogue interreligieux, a fait une déclaration claire : les gestes du pape dans les lieux non chrétiens, a-t-il dit doivent être compris comme des actes symboliques de rencontre et de dialogue". Mais il ajoute ensuite la phrase qui change tout : "non pas pour nier l'unicité du Christ ni pour approuver toutes les croyances religieuses de manière égale." Cette phrase n'est pas qu'une simple formule de politesse diplomatique, c'est une limite. Koovakad rappelle également un enseignement de Jean-Paul II après Assise: les croyants de religions différentes ne peuvent pas 'prier ensemble' au sens propre du terme. Prier côte à côte, c'est bien, prier 'ensemble' comme s'il s'agissait du même Dieu et de la même prière, c'est mal. Cette nuance fait toute la différence entre respect et confusion. Car c'est un point que beaucoup refusent d'admettre : respecter quelqu'un ne signifie pas approuver ses croyances. On peut aimer un musulman tout en sachant que sa religion ne mène pas au Christ.

 

La déclaration de Koovakad constitue donc une rectification. Un cardinal de haut rang redéfinit les frontières doctrinales après que les propos du pape les aient ébranlées. Il réaffirme précisément ce que l'Eglise a toujours enseigné. Le problème n'est pas sa réaction, mais le fait qu'elle ait été jugée nécessaire. Car la doctrine à ce sujet est on ne peut plus claire. En l'an 2000 la déclaration Dominus Iesus signé par le Cardinal Ratzinger l'a réaffirmé avec force: ''Jésus-Christ est l'unique Sauveur universel. Il n'est pas un chemin parmi d'autres, Il est le seul. D'autres religions peuvent contenir des éléments de vérité et de bonté [des semina verbi ou semences du Verbe (Ad gentes 11 et 15). Ndlr.] mais elles ne constituent pas des voix de salut au même titre que l'Eglise. Réfléchissez à la différence; dans une église catholique, dans le Tabernacle la Présence réelle et tangible de Jésus-Christ est palpable [Dieu s'est fait chair.] Dans une mosquée, aussi sincère que soit la personne qui prie, cette présence est absente. Affirmer cela n'est pas de l'arrogance, c'est simplement la foi catholique. Confondre les deux n'est pas un dialogue authentique. Confondre les deux, c'est de l'indifférentisme, l'idée qu'en fin de compte une religion en vaut autant qu'une autre. L'Eglise s'est toujours élevée contre cette erreur. 

 

Pie XI dans l'encyclique Mortalium animos a condamné l'idée même que les religions seraient des chemins différents mais équivalents vers Dieu.

 

Pour Benoît XVI en 2009 le dialogue interreligieux au sens strict n'est pas possible. ... Un 'vrai dialogue' interreligieux impliquerait de 'mettre sa propre foi entre parenthèse', ce qui 'n'est pas possible'. Et dans une lettre aux Conseils pontificaux de la culture et pour le dialogue interreligieux, en date du 3 décembre et publiée le 9 décembre 2010 par le Saint-Siège, Benoît XVI a précisé les critères dun dialogue ''authentique'' : il doit éviter de ''céder au relativisme et au syncrétisme'' et être animé ''d’un respect sincère pour les autres et d’un généreux esprit de réconciliation et de fraternité''.

 

Une question plane sur toute cette affaire. Pourquoi un pape utiliserait-il des mots qu'un de ses cardinaux devraient ensuite corriger? Il pourrait s'agir d'une simple marque de chaleur diplomatique, d'une courtoisie excessive envers les hôtes. Une autre possibilité plus sérieuse est qu'elle dissimule une vision: toutes les religions en fin de compte aspirent au même Dieu.

 

Il ne nous appartient pas de lire dans les pensées. Mais il nous appartient de constater les faits. Et le fait est qu'une fois de plus une ambiguïté est venue d'en haut et que quelqu'un d'autre a dû la dissiper. Et ce n'est même pas la première fois. En avril dernier, lors du même voyage en Afrique, des gestes et des propos similaires avaient déjà suscité la polémique.

 

C'est un problème récurrent. Le croyant lambda ne lit pas les clarifications du cardinal Koovakad. Il entend le pape dire : 'Espace sacré. Dieu est présent". Et il n'en tire qu'un seul message : tout se vaut. Et c'est précisément là que tout se joue. Non pas dans les salles de cour de théologie, mais dans l'esprit d(un jeune homme qui, en entendant ces mots se demande: alors, pourquoi devrais-je rester catholique? Et c'est précisément ce que la Tradition ne peut accepter. Non par mépris pour les musulmans, ou qui que ce soit d'autre, mais par amour de la vérité, et finalement par amour pour eux.

 

Car si nous croyons véritablement que le Christ est le seule Chemin, alors le geste le plus charitable n'est pas de dire à un musulman que sa mosquée est ''sacrée'' mais de souhaiter qu'il rencontre lui aussi le Christ.

 

La véritable charité ne sème pas la confusion, la véritable charité discerne et proclame [sans négliger]. Seuls ceux qui au fond d'eux-mêmes ne croient plus à la vérité à proclamer gardent le silence. Paradoxalement c'est pour cela qu'il faut être reconnaissant au cardinal Koovakad. Il a rappelé à tous que le dialogue n'est pas un renoncement au Christ. C'est faire connaître le Christ, avec respect, même là où il n'est pas encore connu.

 

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23 juin 2026 2 23 /06 /juin /2026 10:21

Le pape Léon XIV prononcera un discours en direct le 3 juillet pour la cérémonie annuelle de remise de la médaille américaine de la liberté du Centre national de la Constitution (site internet)

Il recevra la médaille @ConstitutionCtr's de la médaille "pour son travail de toute une vie en faveur de la liberté religieuse, de la liberté de conscience et d'expression dans le monde entier".

Cf. Michael Haynes sur X

Pour ceux qui ont étudié la théologie sacrée, il est clair que le père de l'idée moderne de la "liberté" du péché et de l’erreur est Lucifer. Son "Non Serviam" fut le premier acte de rébellion contre Dieu. De là jaillit toute la pensée moderne et révolutionnaire qui a corrompu l'authentique liberté qui est la vérité et le chemin qui mène vers elle, le Christ. (Jn 14,6)

 

C'est le noyau du gnosticisme : la doctrine qui, sous couvert de libération, asservit l'âme et détruit les sociétés. C'est le fil empoisonné qui a égaré tant de civilisations, y compris la nôtre. L'Église a combattu ces idées pendant 2000 ans. Maintenant, le successeur de Pierre reçoit un prix d'une institution laïque pour avoir promu la "liberté religieuse", "la liberté de conscience et d'expression dans le monde entier."

 

"Pendant seize cent ans, depuis que l'Eglise a gagné sa liberté sous Constantin, le Magistère a enseigné de manière ininterrompue qu'il n'était pas permis que les erreurs religieuses se répandent librement dans la société. [...] Les autorités civiles avaient donc le devoir d'empêcher la propagation de ces maladies spirituelles, et l'Église donnait des instructions au gouvernement, car l'autorité civile n'est pas compétente pour les questions de vérité religieuse.

[...] Avant le concile Vatican II, l'Église avait toujours enseigné [...] que l'erreur n'a pas le même droit que la vérité à être propagée. L'erreur n'a pas de droit par nature, tout comme nous n'avons pas le droit, par nature, de pécher. Dieu n'a pas donné à l'homme la liberté de commettre un mal moral (le péché) ou un mal intellectuel (l'erreur). [...] Certains affirment : 'Ma conscience me dicte de créer une église satanique afin d'adorer Satan. Cela m'est permis à cause de la liberté de ma conscience et la liberté de religion. [...] Dignitatis humanae affirme que la liberté de choisir sa religion est un droit qui trouve son fondement dans la nature même de la personne humaine (n° 2 'In ipsa eius natura fundatur'), [...]. Mais l'homme n'a pas le droit par nature de commettre un péché ou d'embrasser l'erreur. Il n'existe pas de droit naturel d'offenser ou d'outrager Dieu. [...]  Nous pouvons tolérer le péché et l'erreur, mais ils n'ont pas de droit naturel; ce serait là une perversion de l'ordre créé par Dieu, puisqu'Il a créé tous les êtres humains dans le seul but de connaître et d'adorer explicitement Dieu, la Très Sainte Trinité." (Mgr Athanasius Schneider, Christus vincit, Le Triomphe du Christ sur les ténèbres de notre temps, Contretemps, Versailles 2020, p. 112-113.)

 

"11. Le don du libre arbitre dont Dieu le Créateur a doté la personne humaine accorde à l'homme le droit naturel de choisir seulement ce qui est bien et vrai. Par conséquent, aucune personne humaine n'a un droit naturel d'offenser Dieu en choisissant le mal moral du péché ou l'erreur religieuse d'idolâtrie, de blasphème, ou une autre fausse religion." (Déclaration sur les vérités relatives à certaines des erreurs les plus courantes dans la vie de l'Eglise de notre temps in Mgr Athanasius Schneider, Christus vincit, p. 385.)

 

 

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23 juin 2026 2 23 /06 /juin /2026 00:00
Sainte Audrey (Etheldrede), reine de Northumbrie, abbesse, fondatrice d'Ély († 679)
Cathédrale d'Ely (Est-Anglie)

 

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22 juin 2026 1 22 /06 /juin /2026 14:04

 

Compte tenu des prochaines ordinations de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X et de la question de l'adhésion au Concile Vatican II, il convient de rappeler ce texte de Mgr Brunero Gherardini, publié à l'origine en 2011 par Disputationes Theologicae.

 

La lettre est née en réponse à l'article de Mgr Fernando Ocáriz publié dans L'Osservatore Romano sur l'adhésion au Magistère conciliaire. Gherardini, l'un des théologiens les plus importants dans la discussion sur l'interprétation de Vatican II, ne nie pas le caractère magistériel du Concile, mais introduit une distinction décisive : reconnaître que Vatican II appartient au Magistère ne revient pas à convertir chacune de ses déclarations en dogme ou à exclure toute question sur sa continuité avec la Tradition.

 

Compte tenu des récentes consécrations de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X et de la question de l'adhésion au Concile Vatican II, il convient de récupérer ce texte de Mgr Brunero Gherardini, publié à l'origine en 2011 par Disputationes Theologicae.

 

 

Église-Tradition-Magistère 


La grande célébration du cinquantième anniversaire a commencé. Le battement de tambour n'est pas encore entendu, mais il est déjà perçu dans l'air. Le cinquantième anniversaire de Vatican II donnera libre cours à tout ce qui peut être imaginé en termes de louanges. De la sobriété qui avait été demandée, comme attitude et comme occasion de réflexion et d'analyse pour une évaluation plus approfondie et plus critique de l'événement conciliaire, il n'y a plus d'ombre. Nous ne faisons déjà aucun effort pour répéter ce qui a été dit et répété depuis cinquante ans : Vatican II est le point culminant de la Tradition et de sa synthèse même. Des congrès internationaux sont déjà prévus dans le cadre du plus grand et du plus important de tous les conciles œcuméniques ; d'autres, de plus ou moins grande portée, seront organisés en cours de route. Et la production de l'essai sur le sujet s'enrichit jour après jour. L'Osservatore Romano fait évidemment sa part et insiste surtout sur l'adhésion au Magistère (2/12/2011, p. 6) : Vatican II est un acte du Magistère, donc... La raison invoquée est que tout acte du Magistère doit être reçu par les pasteurs qui, en vertu de la succession apostolique, parlent avec le charisme de la vérité (DV 8), avec l'autorité du Christ (LG 25), à la lumière de l'Esprit Saint (ibid.) .

 

Outre le fait de démontrer le Magistère de Vatican II par Vatican II lui-même, ce qui était autrefois appelé petitio principii, il semble clair que cette façon de procéder part de la prémisse du Magistère en tant qu'absolu, sujet indépendant de tout et de tous, sauf de la succession apostolique et de l'assistance de l'Esprit Saint. Cependant, si la succession apostolique garantit la légitimité de l'ordination sacrée, il est difficile d'établir qui garantit l'intervention de l'Esprit Saint dans les termes dans lesquels elle est mentionnée.
Il y a cependant quelque chose qui est hors de discussion : rien au monde, réceptacle des choses créées, ne possède l'attribut de l'absolu. Tout est en mouvement, dans un circuit d'interdépendances réciproques, et donc tout dépend, tout a un commencement et aura une fin : "Mutantur enim, dit le grand Augustin, ergo creata sunt." L'Eglise ne fait pas exception, ni sa Tradition, ni son Magistère. Ce sont des réalités sublimes, situées au sommet de l'échelle de toutes les valeurs créées, dotées de qualités qui causent des vertiges, mais qui restent des réalités avant-dernières. 

 

Immergée dans le moment trinitaire de son dessein, l'Église est et agit dans le temps comme un sacrement de salut. Le théandrisme qui en fait une continuation mystérieuse du Christ n'est pas contesté, ni ses propriétés constitutives (unité, sainteté, catholicité et apostolique), ni sa structure ou son service ; mais tout cela reste dans une réalité de ce monde, capable de servir de médiateur sacramentel à la présence divine, bien que toujours comme et comme une réalité de ce monde, qui par définition évite l'absolu.

 

Tant et si bien qu'elle s'identifie à sa Tradition, dont elle obtient la continuité avec elle-même, à laquelle elle doit son souffle vital et d'où découle la certitude que son hier devient toujours aujourd'hui pour préparer son lendemain. La tradition lui fournit donc le mouvement intérieur qui la propulse vers l'avenir, en sauvegardant son présent et son passé. Mais la Tradition n'est pas non plus un absolu : elle a commencé avec l'Eglise et finira avec elle. Il n’est de permanent que Dieu.

 

Dans la Tradition, l'Église exerce un véritable contrôle : un discernement qui distingue l'authentique du non authentique. Elle le fait à travers un instrument qui ne manque pas du charisme de la vérité, tant qu'il ne se laisse pas emporter par la tentation de l'absolu. Cet instrument est le Magistère, dont les détenteurs sont le Pape, en tant que successeur du premier pape, l'Apôtre Pierre, dans la chaire romaine, et les évêques en tant que successeurs des Douze dans le ministère ou le service de l'Église, partout où il y a une expression locale de celui-ci.  [Le Magistère est subordonné à la Tradition qui elle-même est subordonnée à Dieu. Note du blog Christ Roi]

 

Il va sans dire que le Magistère n'est pas une super-église qui impose des jugements et des comportements à l'Église elle-même ; il n'est pas non plus une caste privilégiée au-dessus du peuple de Dieu, une sorte de puissance forte qui suffit pour obéir. C'est un service, une diaconie. Mais aussi une tâche à accomplir, un munus, à savoir le munus docendi, qui ne peut et ne doit pas se chevaucher avec l'Eglise, dont et pour laquelle il est né et agit. D'un point de vue subjectif, il coïncide avec l'Église enseignante, le Pape et les évêques unis au Pape, selon la proposition officielle de la Foi. Sur le plan opérationnel, c'est l'instrument par lequel cette fonction est exercée.

 

Trop souvent, cependant, l'instrument devient une valeur en soi et est appelé à lui pour étouffer toute discussion dans l'œuf, comme s'il était au-dessus de l'Église et comme s'il n'avait pas devant lui l'immense masse de la Tradition qu'il doit accueillir, interpréter et relayer dans toute son intégrité et sa fidélité. Et c'est précisément ici que se révèlent les limites qui la préservent du danger de l'éléphantisme et de la tentation absolutiste.

 

Ce n'est pas le cas pour s'attarder sur la première de ces limites, la succession apostolique. Il ne devrait pas être difficile pour quiconque de prouver, au cas par cas, sa légitimité et, par conséquent, la succession conséquente en possession du charisme propre des Apôtres. Au lieu de cela, il vaut la peine de dire quelques mots sur la seconde, c'est-à-dire sur l'assistance du Saint-Esprit. La procédure rapide maintenant en vogue est plus ou moins la suivante : le Christ a promis aux Apôtres, et donc à ses successeurs, c'est-à-dire à l'Église enseignante, d'envoyer le Saint-Esprit et son assistance pour l'exercice du munus docendi en vérité ; par conséquent, l'erreur est exclue à l'avance. Oui, le Christ a fait une telle promesse, mais il a aussi indiqué les conditions de son accomplissement. Cependant, précisément dans la manière de faire appel à la promesse, il y a une falsification sérieuse : soit les paroles du Christ ne sont pas citées, soit si elles sont citées, elles ne reçoivent pas le sens qu'elles ont. Voyons de quoi il s'agit.

 

La promesse se trouve surtout dans deux textes du quatrième Évangile : Jn 14, 16, 26 et 16, 13-14. Déjà dans la première des limites mentionnées résonne avec une extrême clarté : Jésus, en effet, ne se limite pas à promettre "l'Esprit de vérité" - notez cette italique, en raison de l'article spécifique thV, qui, de haut en bas, continue à se traduire par " de ", comme si la vérité était un attribut facultatif de l'Esprit Saint, alors qu'en fait il la personnifie - mais annonce aussi sa propre parole sur elle. Fonction : cela nous rappellera tout ce que Lui, Jésus, avait enseigné auparavant. Il s'agit donc d'une aide conservatrice à la vérité révélée, et non d'une intégration de celle-ci avec des vérités autres ou différentes de celles révélées, ou présumées telles.

 

Le second des textes johanniques, confirmant le premier, descend avec des précisions supplémentaires : l'Esprit Saint, en effet, "vous guidera vers toute la vérité", même vers celle que Jésus réduit maintenant au silence parce qu'elle est au-delà de la capacité de la sienne (16, 12) . Ce faisant, l'Esprit "ne parlera pas de lui-même, mais dira tout ce qu'il entendra [...] Il prendra de moi et vous le dira". Par conséquent, il n'y aura pas d'autres révélations. La seule Révélation se termine avec ceux à qui Jésus parle maintenant. Ses paroles ont une signification sans ambiguïté, se référant à l'enseignement qu'il a transmis et seulement à cet enseignement. Un langage qui n'est pas énigmatique ou crypté, mais qui est clair comme le soleil. Une objection pourrait être soulevée à la perspective d'une apparente nouveauté par rapport à ce que Jésus est maintenant silencieux et qui sera annoncé par le Saint-Esprit ; mais la délimitation de sa participation à une action guidant la possession de toute la vérité révélée par le Christ exclut les développements substantiels. Si des nouveautés apparaissaient, elles seraient de nouvelles significations, et non de nouvelles vérités ; d'où le très réussi eodem sensu eademque sententia de saint Vincent de Lérins. En bref, la prétention de lier tout mouvement de feuilles à l'aide de l'Esprit Saint, je voudrais dire toute nouveauté, et en particulier celles qui adaptent l'Église aux dimensions de la culture dominante et à la soi-disant dignité de la personne humaine, constitue non seulement un renversement structurel de l'Église elle-même, mais aussi une grande croix faite sur les deux textes indiqués ci-dessus.

 

Ce n'est pas tout. La limite de l'intervention magistrale réside également dans sa propre formulation technique. Pour qu'elle soit vraiment magistrale, dans un sens déterminant ou non, il est nécessaire que l'intervention recourt à une formule déjà consacrée, à partir de laquelle est mentionnée la volonté de parler comme "Pasteur et Docteur de tous les chrétiens en matière de foi et de morale, en vertu de son autorité apostolique", si c'est le Pape qui parle avec la même certitude, par exemple dans le cas d'un Concile œcuménique, au moyen des formules habituelles d'affirmation dogmatique contraignant la foi des chrétiens, est sans aucun doute présente. Les Pères conciliaires doivent lier la foi chrétienne à la révélation divine et à sa transmission ininterrompue. En l'absence de tels présupposés, ce n'est qu'au sens large que nous pouvons parler de Magistère : tous les mots du Pape, écrits ou prononcés, ne sont pas nécessairement Magistère ; et il en va de même pour les Conciles œcuméniques, dont bon nombre ne traitaient pas exclusivement de questions dogmatiques ou non exclusivement. Parfois, ils ont même inséré le dogme dans un contexte de conflits internes et de querelles personnelles ou entre factions, au point de rendre toute affirmation magistrale absurde dans ce contexte. Une impression clairement négative continue d'être faite par un concile œcuménique d'une importance dogmatique-christologique incontestable comme celui de Chalcédoine, qui a passé la plupart de son temps dans une lutte honteuse de personnalismes, de préséances, de dépositions et de réhabilitations ; Chalcédoine n'est pas un dogme en cela. De même, la parole du Pape ne le serait pas s’il déclarait en privé que "Paul ne comprenait pas l'Église comme une institution, comme une organisation, mais comme un organisme vivant, dans lequel chacun agit les uns pour les autres et les uns avec les autres, unis par le Christ"; exactement le contraire est vrai, et on sait que la première forme institutionnelle, précisément pour favoriser cet organisme vivant, a été structurée par Paul de manière pyramidale : l'apôtre au sommet, puis les episcopes-presbytres au sommet, puis les Hegoumenoi, les Proistamenoi, les Nouthetountes, les Diakonoi ; ce sont des distinctions de tâches et de métiers qui ne sont pas encore précisément définies, mais qui sont déjà des distinctions d'un organisme institutionnalisé. Ici aussi, qu'il soit clair, l'attitude du chrétien est celle du respect et, au moins en principe, celle de l'adhésion. Mais si pour la conscience du croyant individuel l'adhésion à un cas comme celui exposé n'est pas possible, cela n'implique pas la rébellion contre le Pape ou la négation de son Magistère : cela signifie seulement que ce n'est pas le Magistère.

 

Le discours revient maintenant, en conclusion, à Vatican II, afin de dire, si possible, un mot définitif sur son appartenance ou non à la Tradition et sur sa qualité magistrale. Il n'y a aucun doute sur ce dernier point, et ces élogieux qui louent depuis cinquante ans ne se lassent jamais de maintenir l'identité magistrale de Vatican II perdent leur temps et perdent du temps : personne ne le nie. Cependant, compte tenu de ses exubérances non critiques, un problème de qualité se pose : quel est le Magistère ? L'article de L'Osservatore Romano auquel j'ai fait référence au début parle du Magistère doctrinal : et qui l'a jamais nié ? Même une déclaration purement pastorale peut être doctrinale, dans le sens d'appartenance à une certaine doctrine. Mais quiconque a dit doctrinal dans un sens dogmatique se tromperait : aucun dogme n'a été défini par Vatican II, qui, s'il a aussi une valeur dogmatique, la possède d'une manière réflexive dans la mesure où il est lié aux dogmes precedemment définis. En fin de compte, comme cela a été dit et répété à quiconque a des oreilles pour entendre, son Magistère est solennel et suprême.

 

Plus problématique est sa continuité avec la Tradition, non pas parce qu'il n'a pas déclaré une telle continuité, mais parce que, surtout dans les points clés où il était nécessaire qu'une telle continuité devienne évidente, la déclaration n'a pas été prouvée.

 

7 décembre 2011

 

Cf. https://infovaticana.com/2026/06/21/que-adhesion-se-debe-al-concilio-vaticano-ii-la-respuesta-de-mons-gherardini-a-ocariz-en-2011/

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22 juin 2026 1 22 /06 /juin /2026 00:00
Saint Alban, St Mary, Sledmere, East Riding of Yorkshire, England.

Saint Alban, St Mary, Sledmere, East Riding of Yorkshire, England.

Du temps de l'empereur Dioclétien, à Verulam en Grande Bretagne, vers 287, saint Alban, martyr. On rapporte que, soldat non encore baptisé, il avait recueilli dans sa maison un clerc qui lui donna les enseignements de la foi chrétienne. En changeant d’habit, il se livra lui-même à la place de son hôte, et pour ce motif, subit la flagellation, des tourments atroces et fut décapité. (Martyrologe Romain) (1)

Les Anglais voient en lui leur premier martyr. (2)

Vitrail montrant l'exécution de Saint Alban à la cathédrale de St Albans (Angleterre)

Vitrail montrant l'exécution de Saint Alban à la cathédrale de St Albans (Angleterre)

Une mémoire sur le lieu de l'exécution et des reliques de S. Alban existent au milieu du IVe siècle (peut-être plus tôt); Bède mentionne une église et Gildas un sanctuaire. L'évêque Germain d'Auxerre l'a visité en 429. Le style de la structure primitive est inconnu; le chroniqueur du XIIIe siècle Matthew Paris a affirmé que les Saxons ont détruit le bâtiment en 586. Une grande partie de la dimension de la structure actuelle de la cathédrale St Alban datent du premier abbé normand, Paul de Caen (1077-1093). L'abbaye monastique a été achevée en 1089, mais pas consacrée jusqu'au jour des Saints Innocents, le 28 décembre 1115 par l'Archevêque de Rouen. Le Roi Henri Ier Beauclerc était présent tout comme de nombreux évêques et la noblesse.

Cathédrale St Alban, Hertfordshire (Angleterre)

Cathédrale St Alban, Hertfordshire (Angleterre)

Sources: (1); (2); (3); (4) Wikipedia anglais

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20 juin 2026 6 20 /06 /juin /2026 00:00

Saint-Silvere-pape-et-martyr--536-537-.jpgSilvère succéda au Pape Agapet, l'an 536, à une époque fort difficile, où l'Église était troublée par les intrigues et les hérésies.

L'impératrice de Constantinople, Théodora, femme de l'empereur Justinien, ayant voulu obtenir de lui le rétablissement, sur le siège patriarcal de cette ville, d'un hérétique, Anthime, de la secte des acéphales (qui ne reconnaît pas de chef) déposé par le Pape son prédécesseur, Silvère lui déclara qu'il ne le pouvait pas. Ce fut contre lui le signal de la persécution ; Théodora le fit saisir, dépouiller de ses ornements pontificaux et revêtir d'un habit monastique, et un antipape, nommé Vigile, fut proclamé à sa place.

Silvère, envoyé en exil à Patare, en Lycie (Asie mineure, Turquie actuelle), fut sans doute attristé de la grave situation de l'Église ; mais, d'autre part, il eut une joie extrême de souffrir pour la défense de la foi, et il semblait personnellement aussi heureux dans les épreuves de l'exil que dans les gloires du pontificat.

L'évêque de Patare le reçut d'une manière fort honorable et prit hardiment sa défense à la cour de Constantinople ; il menaça le faible empereur Justinien des jugements de Dieu, s'il ne réparait le scandale : "Il y a plusieurs rois dans le monde, lui dit-il, mais il n'y a qu'un Pape dans l'univers." Ces paroles, dans la bouche d'un évêque d'Orient, montrent bien que la suprématie du siège de Rome était reconnue partout.

Justinien, trompé jusqu'alors, se rendit aux observations de l'évêque, et peu après, malgré l'impératrice, Silvère revint en Italie ; mais bientôt de nouvelles intrigues le conduisirent dans l'île déserte de Pontia, où il subit un second exil plus rigoureux que le premier.

Au bout d'un an environ, ce bon Pape mourut de faim et des autres misères de l'exil, le 20 juin 538.

 PalmarolaD'après une légende des îles Ponza, des pêcheurs furent pris dans une tempête au large de Palmarola, et ils implorèrent l'aide du pape Silvère. Une apparition de celui-ci les attira vers Palmarola (archipel des Îles Pontines dans la mer tyrrhénienne) où ils accostèrent sains et saufs. Ce miracle fit de lui un saint.

Il ne fut jamais béatifié ou canonisé, mais simplement proclamé saint par le peuple. La première mention de son nom dans la liste des saints remonte au XIe siècle.

 

PRATIQUE. Faites du bien à ceux qui vous veulent du mal.

Sources:

1; 23; Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p, 171.

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19 juin 2026 5 19 /06 /juin /2026 00:00

Figure majeure de la "Renaissance de l'ascèse érémitique" du XIe siècle, Saint Romuald naquit à Ravenne, vers 952, d'une des plus illustres familles d'Italie. Sa jeunesse fut orageuse, mais bientôt la grâce, qui le poursuivait, triompha de ses résistances, et il racheta son passé par les plus effrayantes austérités.

Bientôt Romuald devint le chef d'une foule de solitaires ; il réforma et fonda un grand nombre de monastères, et établit enfin l'Ordre des Camaldules. Ces moines qui portaient un habit blanc et une barbe fournie.

Dieu éprouva sa vertu par les terribles assauts du démon, qui lui demandait à quoi servaient tant de prières et de pénitences. Les victoires du Saint rendaient son ennemi plus furieux, et plus d'une fois il fut battu et foulé aux pieds par des esprits malins revêtus des formes les plus fantastiques.

Notre Saint jouit à un haut degré du don des larmes ; il ne pouvait célébrer la Messe sans pleurer, et, pendant son oraison, vaincu par l'émotion et ravi en extase, il s'écriait : "Jésus, mon cher Jésus ! Ô doux miel, ineffable désir, délices des Saints, suavité des Anges !"

Arrivé à une extrême vieillesse, il jeûnait encore tous les jours, et, pendant le carême, il se contentait d'une écuelle de légumes à son unique repas. Quelquefois il demandait certains mets afin de les voir, d'en faire le sacrifice à Dieu et de se moquer de la sensualité : "Voilà un bon morceau bien apprêté, Romuald, disait-il ; tu le trouverais bien de ton goût, n'est-ce pas ? Eh bien ! Tu n'y toucheras pas, et tu n'en auras eu la vue que pour te mortifier davantage."

Il faisait tant et de si grands miracles que toute la nature semblait lui être soumise.

Cet illustre athlète de la pénitence, malgré ses austérités étonnantes, mourut à un âge avancé.

Asseyez-vous dans votre cellule comme au paradis. Mettez le monde entier derrière vous et oubliez-le. Surveillez vos pensées comme un bon pêcheur qui guette le poisson. Le chemin que vous devez suivre est dans les Psaumes - ne le quittez jamais.

Si vous venez d'arriver au monastère, et malgré votre bonne volonté vous ne pouvez pas accomplir ce que vous voulez, saisissez toutes les occasions que vous pouvez pour chanter les Psaumes dans votre cœur et comprenez-les avec votre esprit. Et si votre esprit vagabonde pendant que vous lisez, n'abandonnez pas ; dépêchez-vous de revenir et appliquez votre esprit aux mots une fois de plus.

Saint Romuald

Saint Romuald, abbé (952-1027), fondateur de l'ordre camaldule

Sources: (1) L'Evangile au quotidien; (2) Calendrier perpétuel, Les saints en 365 jours, Chêne.

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18 juin 2026 4 18 /06 /juin /2026 00:00
Saint Léonce de Tripoli, martyr (Ier siècle)

Soldat phénicien engagé dans une des légions romaines basées à Tripoli (Liban), Léonce fut arrêté à cause de sa foi. Reniant les dieux romains et s'en moquant, il fut condamné à être décapité.

 

D'après la tradition, il aurait été martyrisé avec deux autres compagnons, Hypace et Théodule, non cités dans le nouveau Martyrologe Romain.

 

Saint Léonce était un soldat qui avait été dénoncé comme chrétien auprès du gouverneur de Phénicie Adrien, lequel envoya pour le saisir un tribun nommé Hypate et deux soldats, dont l’un s’appelait Théodule. Mais Hypate & Théodule, favorisés d’une apparition, crurent au Christ et reçurent le saint baptême. Averti de ce qui s’était passé, le gouverneur, après les avoir soumis à de multiples tourments, les fit décapiter. Quand à saint Léonce, il mourut sous les coups au milieu des tortures.

 

Leur martyre eut lieu à Tripoli en Phénicie, mais la date en est incertaine ; certains la situent sous l’empereur Vespasien (69-79), d’autres la placent au commencement du IVème siècle.

Saint Léonce de Tripoli, martyr (Ier siècle)

La mémoire de saint Léonce de Tripoli fut rapidement honorée par les différentes églises d’Orient & d’Occident. Sa fête est célébrée au même jour par les rits syriaque, byzantin & romain. Voici du reste ce que dit le Martyrologe romain au 18 juin :

 

A Tripoli, en Phénicie, saint Léonce soldat. Sous le préfet Adrien, il parvint, après de très cruels tourments, à la couronne du martyre, avec le tribun Hypace et Théodule, convertis par lui au Christ.

 

Sources: 1, 2

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17 juin 2026 3 17 /06 /juin /2026 00:00
Saint Hervé - statue de S. Hervé dans l'église de Guimiliau

Saint Hervé - statue de S. Hervé dans l'église de Guimiliau

Hyvarnion, barde renommé de l'île de Bretagne, est convié à la cour de Childebert, mais, pieux et chaste, la vie de cour ne lui convient pas. Résolu à se consacrer totalement à Dieu, il retourne chez lui en passant par l'Armorique. Là, il rêve d'un futur mariage. Décidé de se consacrer à Dieu il ne sait que penser quand un ange vient lui dire : "Elle s'appelle Rivanone ; tu la rencontreras demain et tu la prendras comme épouse ; de votre union naîtra un grand serviteur de Dieu." Il la rencontre et l’épouse. Ni l'un ni l'autre ne voulant d’une vie commune, le lendemain des noces Rivanone dit à Hyvarnion : "Si j'ai un fils je demande au Dieu tout puissant qu'il ne voie jamais la fausse et trompeuse lumière de ce monde", et avant de la quitter pour toujours, il lui répond : "Oui ! Mais qu'il ait au moins la vision des splendeurs célestes." L'enfant naît aveugle. Quand Hervé atteint l'âge de sept ans, alors qu’il connaît par cœur tous les psaumes et les sept hymnes de l’Église les plus employées de son temps, Rivanone le confie à un saint moine. Hervé ne retrouve sa mère que des années plus tard et c'est pour l'assister dans ses derniers instants. S'il est aveugle, comme le désirait Rivanone, Hervé est aussi barde comme Hyvarnion qui avait demandé que son fils ne cesse d'avoir la vision des splendeurs célestes. C'est ainsi qu'il compose le magnifique cantique du Paradis.

 

Son éducation terminée, Hervé part vivre en ermite mais il est vite rejoint par des disciples. Guidé par son disciple Guiharan et escorté d’un loup qu’il avait apprivoisé, Hervé, chantant la beauté du Paradis, conduit sa communauté qui, sillonnant la Bretagne, suit le soleil, pour finir par s’installer à Plouider qui deviendra Lanhouarneau (l’ermitage d’Hervé).

Toute sa vie, il refuse obstinément de recevoir le sacerdoce, acceptant seulement d’être ordonné exorciste. Bien qu’il fût aveugle, Hervé avait été lui-même l'architecte de sa petite église qu’il ne voulut jamais quitter. Il s’y trouvait enfermé, trois jours avant sa mort, lorsque ses yeux s'ouvrirent tout à coup, et il se mit à chanter un dernier cantique : "Je vois le Ciel ouvert, le Ciel ma patrie. Je veux m'y envoler. Je vois mon père et ma mère dans la gloire et la beauté ; je vois mes frères, les hommes de mon pays. Des chœurs d'Anges, portés sur leurs ailes, volent autour de leurs têtes, comme autant d'abeilles dans un champ de fleurs."

 

Le troisième jour après cette vision, il appela sa nièce Christine qui se trouvait alors auprès de lui ; c'était une orpheline élevée par sa mère : "Prépare-moi une pierre pour oreiller et de la cendre pour couchette ; quand l'ange noir viendra me chercher, qu'il me trouve couché sur la cendre."

Christine, tout en lui obéissant, lui dit : "Mon oncle, si vous m'aimez, demandez à Dieu que je vous suive sans tarder, comme la barque suit le courant." Elle fut exaucée : au moment où Hervé expirait, la petite Christine, se jetant à ses pieds, y mourut aussi. Lorsqu'il meurt entouré de ses nombreux moines, tous peuvent entendre les chœurs célestes entonner un hymne que leur saint père chantait depuis toujours.

Inhumé à Lanhouarneau (Finistère), son tombeau est vénéré par de grands concours de peuples.

Ses reliques, par crainte des Normands, sont recueillies dans la chapelle du château de Brest (878) ; mises dans une châsse d’argent, elles sont données par le duc Geoffroy à l’évêque de Nantes (1002) ; elles disparaissent de la cathédrale de Nantes pendant la révolution française. (1)

Saint Hervé est le patron des bardes bretons. A part saint Yves de Tréguier, il n'est pas de saint aussi populaire que lui en Bretagne.(2)

Il est invoqué pour les maladies des yeux, la guérison des peurs, des angoisses et de la dépression nerveuse, pour repousser les démons et protéger les chevaux. (3)

 

Statue de S. Hervé aveugle, et son loup apprivoisé (Sainte-Marie du Ménez-Hom, Finistère)

Statue de S. Hervé aveugle, et son loup apprivoisé (Sainte-Marie du Ménez-Hom, Finistère)

Sources: 1, 23

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16 juin 2026 2 16 /06 /juin /2026 16:01

L’archevêque Carlo Maria Viganò publie une lettre qu'il a envoyée au pape Léon XIV en janvier.

 

Il rejette l'idée qu'il soit schismatique :
"Face à l'excommunication qui m'est injustement imposée, je déclare que je ne suis pas schismatique ! Par la grâce de Dieu, je suis et je resterai un fils pieux de la sainte Église romaine et un sujet fidèle du pontificat romain".

 

 

Il affirme que les responsables du Vatican dans le procès contre lui ont été "incapables de réfuter un seul des arguments que j'ai présentés. Mais il leur suffisait que j'ose critiquer Vatican II et Jorge Mario Bergoglio pour me condamner à l'excommunication pour le crime de schisme".
Il demande à Léon XIV de dénoncer les problèmes de la papauté de François et de défendre la doctrine :
"Je vous demande d'exercer votre autorité suprême pour confirmer les frères dans la foi. Je vous demande de me confirmer dans la foi : s'il vous plaît, faites-le".

 

Il écrit que Vatican II était "destiné à être utilisé pour révolutionner toute la structure ecclésiale et la subvertir dans toutes ses composantes : dans la doctrine, la liturgie, la discipline, le droit canonique, et surtout dans sa constitution hiérarchique ".

 

Il renouvelle sa demande de rencontrer Léon XIV afin de lui dire "en personne certaines questions d’une importance capitale relatives à mon ministère apostolique et à la nécessité d'en assurer la continuité et l'avenir.’́


Texte intégral sur @CarloMVigano

 

Cf. Michael Haynes sur X

 

 

Extrait de la lettre :

 

"Je suis né à Varèse le 16 janvier 1941, au sein d'une famille profondément catholique. Grâce à elle, j'ai pu grandir en pratiquant quotidiennement ma foi, recevoir une solide éducation supérieure et mûrir ma vocation sacerdotale. J'ai été ordonné prêtre le 24 mars 1968 et, après un bref ministère paroissial à Pavie, j'ai été invité par le substitut du Secrétariat d'État de l'époque, l'archevêque Giovanni Benelli, à entrer à l'Académie pontificale ecclésiastique, où j'ai été admis en octobre 1971. J'ai servi sous cinq papes : d'abord dans les nonciatures de Bagdad, du Koweït et de Londres ; puis, à partir de janvier 1978, au Secrétariat d'État pendant plus de dix ans comme secrétaire de trois substituts ; et enfin comme observateur permanent auprès du Conseil de l'Europe et du Parlement européen à Strasbourg (1988-1992). Après ma consécration épiscopale, reçue des mains de Jean-Paul II, j'ai été envoyé au Nigéria comme nonce apostolique (1992-1998), puis rappelé à la Secrétairerie d'État comme délégué aux représentations pontificales (1998-2009). En 2009, le pape Benoît XVI m'a nommé secrétaire général du Gouvernorat de l' État de la Cité du Vatican , puis, en 2011, nonce apostolique aux États-Unis d'Amérique, poste que j'ai occupé jusqu'en 2016.

 

C’est dans le cadre de mes fonctions de délégué aux représentations pontificales que j’ai été amené à gérer les enquêtes relatives aux promotions à l’épiscopat, tant à la Curie romaine qu’aux nonciatures, ainsi que les dossiers les plus confidentiels et délicats concernant les évêques et les cardinaux, notamment celui de Theodore McCarrick et d’autres prélats homosexuels. Mes actions dans ce domaine ont entraîné mon éviction du Secrétariat d’État et ma nomination au Gouvernorat en tant que secrétaire général, où le pape Benoît XVI m’a confié la lutte contre la mauvaise gestion et le vaste réseau de corruption financière. Malgré cela, bien que j’aie redressé le budget du Gouvernorat, passant d’un déficit de 15 millions d’euros à un excédent de 35 millions en l’espace d’un an et demi, et malgré la volonté du pape de me nommer à la présidence du Conseil pontifical pour l’Économie du Saint-Siège, j’ai été démis de mes fonctions à la Curie romaine et nommé nonce apostolique à Washington. Mes actions ont perturbé des personnes qui, à l'époque, étaient très puissantes et capables de passer outre la volonté du pape Benoît XVI.

 

En 2016, jour de mon soixante-quinzième anniversaire, Bergoglio m'a ordonné de quitter la nonciature à Washington et m'a interdit de retourner au Vatican, où Jean-Paul II m'avait attribué un appartement permanent. Il m'a également interdit de résider dans la résidence romaine pour nonces retraités, spécialement aménagée par le pape Benoît XVI. Avant sa mort, Bergoglio a fait révoquer ma citoyenneté et mon passeport vaticans ; il m'a empêché d'accéder aux services de santé réservés aux membres du service diplomatique, malgré le paiement régulier de mes cotisations ; et il a ordonné la radiation de ma voiture du registre des véhicules du Vatican et a empêché le renouvellement de mon permis de conduire vaticanais, que je détenais sans interruption depuis 1973, me causant de graves difficultés et me condamnant de fait à l'assignation à résidence.

 

En août 2018, j'ai publié un mémorandum explosif concernant Theodore McCarrick et le vaste réseau de corruption et de complicité au sein de la Curie romaine, impliquant directement Jorge Mario Bergoglio. Par la suite, j'ai vécu plusieurs années dans des lieux secrets, comme me l'avait conseillé le cardinal Raymond Leo Burke, compte tenu des menaces que j'ai reçues et du décès, dans des circonstances très suspectes, de mon prédécesseur immédiat à Washington, le nonce apostolique Pietro Sambi, après des échanges houleux avec le cardinal McCarrick, à qui j'avais fait part des mesures prises par Benoît XVI pour lutter contre ses crimes d'agresseur en série.

 

La corruption, le chantage, la tromperie et les trahisons auxquelles j'ai dû faire face m'ont amené à m'interroger sur les origines profondes de l'état désastreux de l'Église catholique.

 

[...] De ma position privilégiée de secrétaire du Substitut, j'ai été témoin de l'hémorragie de milliers de vocations sacerdotales et religieuses, tandis que les prêtres qui ne voulaient ni soutenir la nouvelle voie conciliaire ni abandonner la liturgie tridentine étaient ostracisés, traités comme des hérétiques, excommuniés ou suspendus a divinis , privés de leur salaire et laissés à mourir dans la solitude.

 

En repensant à ces événements et réformes avec le regard désabusé d'aujourd'hui et à la lumière de l'expérience acquise lors d'événements similaires – notamment la manipulation du « Synode sur la famille » qui a conduit à Amoris Lætitia et, surtout, la révolution synodale en cours – je n'ai pu m'empêcher de voir dans tout cela une mentalité qui avait déjà préparé l'action subversive qui allait bientôt révéler ses effets les plus perturbateurs.

 

[...] La révolution conciliaire suivit un scénario très précis, sous une direction unique. Tout devait paraître parfaitement légal et conforme à la pratique ordinaire de l'Église : chaque document promulgué devait permettre à la fois une interprétation orthodoxe, destinée à rassurer les Pères conciliaires, et une interprétation hérétique, à diffuser ultérieurement. Ces documents révèlent les véritables intentions de ceux qui, par malice, instrumentalisèrent un concile pour imposer des erreurs doctrinales, morales et liturgiques, pourtant déjà condamnées par les pontifes romains.

 

[...] Ma dénonciation de l'apostasie de l' Église conciliaire et synodale et de sa rupture avec la Tradition, ainsi que mes doutes fondés quant à la légitimité du « pontificat » de Bergoglio – que j'ai exprimés en toute conscience, croyant accomplir mon mandat de Successeur des Apôtres – m'ont valu une excommunication injuste, illégitime et motivée par l'idéologie."

 

Source Texte intégral : Life Site News

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16 juin 2026 2 16 /06 /juin /2026 09:34

La liberté d'expression ne consiste pas en la liberté d'insulter et d'humilier les croyances d'autrui.

 

Quelques semaines seulement après que le gouvernement a tenté de tirer profit politiquement de la visite du pape Léon XIV en Espagne, le PSOE et Sumar ont décidé de relancer l'une des initiatives les plus symboliques de leur programme idéologique : la suppression du délit d'offense aux sentiments religieux.

 

Le moment choisi est difficile à ignorer. Alors que les répercussions d'une visite que le gouvernement espérait voir interprétée comme un soutien implicite à son projet politique sont à peine estompées, les partenaires de la coalition proposent une nouvelle fois une réforme visant directement l'un des rares instruments juridiques qui protègent encore le respect des convictions religieuses par le public.

 

La proposition convenue par les partis PSOE et Sumar prévoit l'abrogation des infractions contre les sentiments religieux et les outrages à la Couronne, ainsi que d'autres infractions pénales liées aux institutions de l'État. Bloquée au Congrès depuis des années, cette initiative est relancée précisément au moment où le gouvernement rencontre des difficultés politiques et où l'instrumentalisation de l'image du pape à des fins de propagande n'a pas produit les résultats escomptés.

 

Dans les jours précédant la visite papale, divers milieux proches du gouvernement ont tenté de présenter Léon XIV comme un allié naturel des positions politiques de la gauche espagnole. Cependant, le déroulement des événements a largement déjoué ce scénario. Le pape s'est gardé de toute identification partisane et a maintenu un discours centré sur les principes traditionnels de la doctrine sociale de l'Église : la défense de la dignité humaine, la famille et la liberté religieuse.

 

N'ayant pas obtenu les gains politiques escomptés lors de sa visite, le gouvernement revient à un terrain bien plus familier : la confrontation culturelle avec les institutions traditionnelles et, en particulier, avec l'Église catholique. L'abrogation de l'article 525 du Code pénal est une revendication de longue date des franges les plus laïques de la gauche, qui considèrent toute protection spécifique contre les actes de moquerie ou de raillerie des croyances religieuses comme incompatible avec leur conception de la liberté d'expression.

 

Les partisans de la réforme affirment qu'elle vise à aligner la législation espagnole sur les normes européennes en matière de liberté d'expression. Cependant, ses détracteurs soulignent une asymétrie manifeste. Alors que les protections pénales contre les attaques ciblant les convictions religieuses, notamment catholiques, sont supprimées, le système juridique maintient, voire renforce, la protection d'autres groupes et sensibilités jugés dignes d'une protection accrue.

 

Ce n'est pas la première fois qu'un gouvernement espagnol instrumentalise les questions religieuses en période de crise politique. L'expérience montre que les guerres culturelles constituent souvent un moyen rapide de mobiliser certains électorats lorsque d'autres sujets sont plus délicats. Dans ce contexte, la relance d'une réforme mise de côté depuis des années semble répondre moins à une urgence juridique qu'à une opportunité politique.

 

Supprimer le délit d’offense aux sentiments religieux signifierait la disparition d’une figure qui, même si elle aboutissait rarement à des condamnations, exprimait un principe fondamental : la coexistence exige aussi certaines limites contre l’insulte gratuite et l’humiliation publique des croyances de millions de citoyens.

 

Son abrogation sera présentée comme une victoire pour la liberté d'expression. Pour de nombreux catholiques, cependant, elle constitue un nouvel épisode d'une stratégie politique qui consiste à rechercher des photographies du pape lorsque cela arrange et à réactiver l'anticléricalisme législatif lorsque ces photographies ne sont plus utiles.

 

 

Cf. Info Vaticana

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16 juin 2026 2 16 /06 /juin /2026 00:00
Saint Jean-François Régis (1597-1640)

Jésuite français, apôtre du Velay et du Vivarais, missionnaire des campagnes et en particulier de l'Ardèche.

Saint Jean-François Régis fut l'un des plus illustres missionnaires de la Compagnie de Jésus et l'émule de saint François-Xavier.

Il fut ordonné prêtre en 1630. À partir de 1636, il parcourt sans relâche les montagnes du Vivarais, des Cévennes et du Velay surtout en hiver afin d’approcher les paysans libérés des travaux des champs afin de leur annoncer la Bonne Nouvelle.

Sa catéchèse comme son mode de vie, très austère, étaient remarquables et attiraient les foules du Puy où il créa même un refuge pour prostituées repenties ce qui lui vaudra beaucoup d'incompréhension.

Le dimanche, il parcourait les villages et les bourgs d'alentour, se faisant précéder d'une clochette; il réunissait les enfants, leur enseignait le catéchisme et leur apprenait l'amour de Jésus-Christ. L'ivrognerie, les jurements, l'impureté régnaient en maîtres en certaines paroisses; il les détruisit par l'énergie de sa parole et par la pratique des sacrements.

On le voit rester à jeun jusqu'au soir au confessionnal. "Les personnes de qualité, disait-il, ne manqueront pas de confesseurs; mon partage, ce sont les brebis abandonnées."

La carrière de Régis fut courte; mais, en dix ans, que de travaux, que de sueurs, que de privations, que de courses, que de conversions, que de miracles! Plusieurs fois il risqua sa vie pour sauver les âmes. Un jour, il se cassa la jambe dans les montagnes; le lendemain, sans remède, elle était guérie.

Un jour de passage à Montpellier, il s'aperçoit que les jeunes filles sont conduites à la prostitution. Il organise les premiers refuges pour elles, au grand dam des notables, qui profitent de ces circuits sordides. Il confesse pendant des heures, parfois assis sur une pierre enneigée, et apporte toute sa vie secours et soutien spirituel aux pauvres. 

Fin décembre 1640 une violente tempête de neige ne l'empêcha pas de se mettre en route pour Lalouvesc en (Ardèche). Il contracta une pneumonie qui ne l'empêcha pas de célébrer la messe de Noël et d'entendre les confessions. Il se mit ensuite au lit pour ne plus se relever: il mourut le 31 décembre, alors que le village était entièrement isolé par les neiges. Plus tard, lorsque de la ville les pères vinrent chercher le corps du Père Régis, les villageois refusèrent de le rendre. Ainsi ce village se transforma presque aussitôt en un lieu de pèlerinage et l'est encore de nos jours où Régis a son tombeau toujours très vénéré.

Saint Jean-François Régis (1597-1640)

Jean-François Régis fut canonisé en 1737 par le pape Clément XII. La basilique Saint-Régis de Lalouvesc, construite au XIXe siècle lui est consacrée.

La commune de Saint-Régis-du-Coin (42) porte son nom en son hommage. En effet, les habitants du village du Coin pris par le remords du mauvais accueil réservé à celui qui deviendra Saint Jean François Régis ajoutèrent "Saint-Régis" à l'appellation de la commune, ce qui en fait la seule en France à porter le nom de cet apôtre du Velay et du Vivarais.

Saint Jean-François Régis est patron des Jésuites de la province de France.

Le GR 430 ou sentier de "Saint Jean-François Régis" permet de mettre ses pas sur ceux du saint homme, il rejoint le Puy en Velay à la Louvesc en Ardèche. Il s'agit d'un circuit de 9 jours dans les hauts plateaux du Vivarais et à travers les vallées du Velay et de la Haute-Ardèche. Les topoguides correspondant sont disponibles à la Croisée des Chemins (Comité Départemental de la Randonnée Pédestre) ou auprès de l'Office de Tourisme du Meygal.

Sources :
- Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.
Les saints du jour, (2) ; (3) 
Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 116.

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15 juin 2026 1 15 /06 /juin /2026 18:10

 

La messe célébrée par l'évêque Mario Delpini lors de la Marche des fiertés dans le quartier gay de Milan : une apologie de l'homosexualité qui vire au blasphème par sa référence au Sacré-Cœur. L'affront des "milices" LGBT, même pendant la communion. 
– Catholic Oratory : L'hospitalité a ses limites. Delpini le sait-il ?, par Andrea Zambrano

 

Mais si un évêque, ou plutôt un archevêque, célébrait une messe pour les personnes LGBT pendant le mois des fiertés, serait-il justifié de penser que l'archevêque soutient la cause LGBT ? Absolument. On est au-delà du scandale ; il s'agit d'une apologie de l'homosexualité et de la transsexualité qui devient blasphème, car le sacré est instrumentalisé pour glorifier le honteux.

 

Le  groupe Guado, l'un des nombreux groupes cherchant à infiltrer l'Église catholique avec des éléments LGBTQ+, a organisé une messe vendredi dernier, présidée par l'archevêque de Milan, Mario Delpini, en l'église San Carlo al Lazzaretto, située dans le quartier gay le plus animé de Milan. L'affiche annonçant l'événement représente une église aux couleurs de l'arc-en-ciel et rappelle que la célébration eucharistique coïncide avec la fête du Sacré-Cœur de Jésus. Le but est de rendre la célébration encore plus subversive et de susciter davantage de réactions. Lors de son homélie, Delpini a notamment déclaré : "Le Seigneur s'est lié à vous et vous a choisis, non pas parce que vous êtes le plus nombreux – bien au contraire, vous êtes le moins nombreux – mais parce qu'il vous aime."

 

Un participant, grisé par son geste, a publié sur Instagram le t-shirt qu'il portait pour communier. Sur ce t-shirt, on voit Jésus vêtu d'une robe arc-en-ciel, et au-dessus de sa tête, les mots "Ah Men". Un jeu de mots entre le terme "amen" et l'expression anglaise "Ah men !", une allusion explicite à l'homosexualité. L'arrogance étant sans limite, l'individu en question, révélant à nouveau ses intentions via Instagram, a fait savoir qu'en communiant, il avait prononcé la même phrase devant l'archevêque : "Ah Men !". Une véritable insulte à Notre Seigneur. Vous souvenez-vous de l'Évangile ? "Les hommes qui tenaient Jésus se moquaient de lui et le frappaient" (Lc 22, 63).

 

 

Mais revenons-en au fait qu'un archevêque célèbre une messe non pas en réparation des actes sacrilèges commis lors de la Marche des fiertés, mais pour soutenir des modes de vie promus par ce mouvement et condamnés par l'Église. Soyons clairs : si la miséricorde, l'acceptation, l'écoute et l'inclusion étaient sincères, on crierait à ces personnes que leurs choix pourraient les mener à la damnation éternelle. Si un ami était sur le point de tomber dans un ravin, ne feriez-vous pas tout pour l'avertir ? N'iriez-vous pas jusqu'à le retenir par le bras pour le sauver du précipice ? Ici, nous sommes à l'opposé. Ici, un ami est poussé dans l'abîme.

Source : La Nouvelle Boussole Quotidienne 

 

L'archevêque de Milan, Mario Delpini, a SACRILÈGEMENT célébré une messe pour un groupe de lobby LGBT lors de la fête du Sacré-Cœur.

 

Life Site sur X

 

Le 12 juin, Mgr Delpini a présidé une messe organisée pour les membres du groupe de pression LGBT italien "Il Gruppo del Guado" à l'église de San Carlo al Lazzaretto à Milan, selon un rapport de La Nuova Bussola Quotidiana.

LifeSite

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15 juin 2026 1 15 /06 /juin /2026 15:28

 

L'évêque Dominique Rey a été parmi les premiers membres de la hiérarchie à s'exprimer sur la controverse entourant le festival artistique Nuit Blanche de cette année.

 

Un évêque français est devenu l'un des premiers membres de la hiérarchie du pays à s'exprimer publiquement sur la polémique entourant l'utilisation des églises parisiennes lors du festival artistique Nuit Blanche de cette année.

 

L’évêque Dominique Rey, ancien évêque de Fréjus-Toulon, est intervenu après plusieurs jours de critiques de la part de catholiques concernant des installations mises en place dans plusieurs églises lors de cet événement culturel annuel nocturne dans la capitale française.

 

S'exprimant auprès du site catholique français Tribune Chrétienne, l'évêque Rey a déclaré que ce différend devait être compris dans le contexte plus large des attaques contre les lieux de culte chrétiens.

 

"Nous constatons actuellement une augmentation du nombre d’actes sacrilèges, de vandalisme et d’insultes offensantes qui portent atteinte à l’intégrité des lieux de culte, ce qui scandalise et indigne les fidèles", a déclaré Son Excellence.

 

L’évêque Rey a poursuivi :  ́’Parce que ces lieux sont dédiés à la vie liturgique, à la prière, à la contemplation et au silence.’́

 

L’évêque a ensuite remis en question la pertinence d’utiliser les églises pour des événements sans lien avec leur mission spirituelle.  ́’L’Église ne peut servir de réceptacle à des événements et des manifestations qui ne relèvent pas de l’identité spirituelle et de la vocation religieuse de ces lieux sacrés : églises, chapelles, oratoires et sanctuaires’́, a déclaré Mgr Rey.

 

Partout en France, les installations artistiques présentées dans des églises dans le cadre de la 25e édition de la Nuit Blanche, festival artistique parisien annuel qui se déroule toute la nuit, ont suscité des critiques. L'événement de 2026 était organisé sous la direction artistique de Barbara Butch, DJ et militante française devenue célèbre sur la scène internationale après son apparition lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris en 2024.

 

L’église Saint-Laurent, dans le 10e arrondissement, a suscité une controverse particulière car les visiteurs étaient invités à découvrir une installation intitulée Sous la peau du ciel de l’artiste Marie-Luce Nadal.

 

L'œuvre consistait en une installation sonore immersive intégrant des messages enregistrés anonymement et soumis par des membres du public. Ces enregistrements étaient mixés à des données atmosphériques liées à l'activité orageuse et diffusés dans toute l'église.

 

L'événement a suscité des protestations de la part de groupes de catholiques qui estimaient qu'il était incompatible avec le caractère sacré d'une église consacrée. Certains se sont rassemblés devant Saint-Laurent pour réciter le chapelet et chanter des hymnes en signe de réparation, tandis que d'autres tentaient d'empêcher l'accès à l'édifice avant l'intervention de la police.

 

Six personnes ont été arrêtées et placées en garde à vue suite aux incidents, après que des élus auraient été bousculés lors de l'affrontement. La Ville de Paris a annoncé par la suite son intention de porter plainte contre les personnes impliquées et a condamné ce qu'elle a qualifié de tentatives d'extrémistes religieux de perturber un événement culturel.

 

Toutefois, le parquet de Paris a par la suite classé l'affaire sans suite, les enquêteurs ayant conclu qu'aucune infraction ne pouvait être suffisamment établie et que la responsabilité individuelle des faits allégués ne pouvait être prouvée.

 

Nombreux sont ceux qui se sont concentrés non seulement sur les événements eux-mêmes, mais aussi sur ce qu'ils considèrent comme le silence de l'archidiocèse de Paris.

 

Parmi les critiques cléricales les plus virulentes figure le père Christophe Buirette, du diocèse de Blois, qui a publiquement dénoncé la décision d'organiser l'installation à Saint-Laurent. Dans un entretien accordé à la Tribune Chrétienne, il a qualifié l'épisode d'affront grave au caractère sacré de l'Église et a déclaré :  ''Ce confrère, curé de Saint-Laurent, est une honte !''

 

Le curé de Saint-Laurent, le père Paul Dollié, a rejeté les accusations de profanation de l'église. Dans un communiqué expliquant sa décision d'accueillir l'installation, il a déclaré avoir accepté la proposition après avoir reçu l'assurance qu'elle ne contenait aucun élément contraire à la foi catholique et qu'elle respectait le caractère du bâtiment.

 

'’J’ai constaté que cette œuvre respectait le lieu et qu’elle ne comportait aucun élément contraire à la foi'’, a-t-il déclaré.

 

Le père Dollié a expliqué que le projet avait été présenté par l'intermédiaire d'Art, Culture et Foi, organisme qui fait le lien entre la Ville de Paris et le diocèse pour les projets culturels. Il a précisé que l'installation possédait une dimension spirituelle et méditative qui offrait une possibilité de dialogue avec des personnes éloignées de l'Église.

 

Dans le cadre du système de laïcité en vigueur au Portugal , de nombreux édifices religieux restent la propriété des autorités locales tout en continuant d'être des lieux de culte catholique. Cette situation a régulièrement engendré des conflits concernant des concerts, des expositions et des spectacles artistiques organisés dans les églises. Des polémiques similaires ont émergé en France ces dernières décennies chaque fois que des églises ont accueilli des expositions ou des spectacles jugés inappropriés par certains catholiques.

 

Un exemple frappant s'est produit en 2021 lorsque la musicienne suédoise Anna von Hausswolff devait se produire à l'église Notre-Dame de Bon-Port à Nantes, puis à l'église Saint-Eustache à Paris. Les deux concerts ont été annulés suite aux rassemblements de manifestants catholiques devant les lieux de représentation. Ces derniers récitaient le chapelet, chantaient des hymnes et bloquaient l'accès aux détenteurs de billets. Ses détracteurs estimaient que ses textes, notamment des vers de chansons comme  ́’Pills’́ (’́’Oh, j'ai fait l'amour avec le diablé’́), et l'esthétique générale de ses performances étaient incompatibles avec l'esprit de l'Église catholique. Les organisateurs, quant à eux, affirmaient que ces événements avaient reçu l'approbation du clergé et s'inscrivaient dans une programmation culturelle légitime.

 

Cf. AdVaticanum / Tribune Chrétienne

 

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15 juin 2026 1 15 /06 /juin /2026 00:00
Sainte Germaine Cousin bergère de Pibrac de Jean-Auguste-Dominique Ingres (1856), église Saint-Étienne de Sapiac, Montauban

Sainte Germaine Cousin bergère de Pibrac de Jean-Auguste-Dominique Ingres (1856), église Saint-Étienne de Sapiac, Montauban

Germaine de Pibrac ou Sainte Germaine Cousin (1579 - 1601), de son vrai nom "Germaine Cousin". Sa courte vie de vingt-deux ans est une merveille de la grâce.

Fille d'un modeste laboureur, Laurent, époux de Marie Laroche, Germaine naît à Pibrac petit village près de Toulouse, en 1579.

Atteinte de scrofules (adénopathie tuberculeuse), elle a aussi une main atrophiée. Sa mère meurt alors qu'elle était encore très jeune, et dès lors, elle subira les humiliations de sa belle-mère, acariâtre, et sera reléguée dans un appentis, loin de la vie familiale.

Elle persuada son père de l'envoyer garder les troupeaux, où là, dans la nature, elle pouvait réciter son chapelet et trouver le réconfort dans la prière. Tous les jours elle allait à la Messe. Elle plantait sa quenouille en terre et la quenouille gardait les moutons ; jamais une brebis ne s'égara, et jamais non plus les loups, pourtant nombreux dans la région à cette époque, n'attaquèrent le troupeau.

Elle donnait le peu de pain qu'elle avait aux pauvres. Un jour de 1601, son père la trouva morte dans le réduit où on l'obligeait à dormir. Elle avait 22 ans. Elle fut enterrée dans l'église de Pibrac, et peu à peu tout le monde oublia l'existence de cette sépulture.

Pour aller à l’église, elle devait passer un gros ruisseau. Un jour que le ruisseau était en crue, des paysans qui la voyaient venir se demandaient, d’un ton railleur comment elle ferait pour passer. Les eaux s’ouvrirent devant elle et elle traversa sans même mouiller sa robe.

Un jour, sa marâtre l'accusa de voler du pain. Elle la poursuivit afin de la frapper et de la confondre, malgré l'insistances de voisins qui voulaient la retenir. Quand celle-ci rattrapa Germaine et lui fit ouvrir son tablier, à la place du pain qu'elle pensait y trouver s'étalait une brassée de roses. Son père fut alors ébranlé, il interdit à sa femme de frapper Germaine et lui demanda de réintégrer la maison ailleurs que dans le grabat qu'elle occupait. Elle refusa. 
La nuit de sa mort, on raconte que deux religieux en route pour Pibrac à la nuit tombée, virent passer en direction de la maison de Laurent Cousin deux jeunes filles vêtues de blanc. Le lendemain matin, alors qu'ils reprenaient leur route, ils virent ressortir trois jeunes filles, dont l'une, encadrée par les deux autres, était couronnée de fleurs.

En 1644, alors que le sacristain se préparait à organiser des funérailles en creusant une fosse, il tomba sur un corps enseveli dont la fraîcheur le stupéfia. Même les fleurs que la morte tenait étaient à peine fanées. A la difformité de sa main, aux cicatrices des ganglions de son cou, on reconnut Germaine Cousin. Toutefois, son corps fut déposé dans un cercueil de plomb, offert par une paroissienne guérie par l'intercession de la sainte, et déposé dans la sacristie où il demeura, à nouveau oublié, encore 16 ans,

Le 22 septembre 1661, le vicaire général de l’archevêque de Toulouse, Jean Dufour, vint à Pibrac. Il s'étonna de voir ce cercueil resté dans la sacristie, le fit ouvrir, et découvrit que la sainte présentait toujours le même état de fraîcheur. Il fit creuser tout autour de là où le corps avait été trouvé, et tous les morts enterrés au même endroit n'étaient plus que des squelettes. Ebranlé par ce miracle, le vicaire général demanda la canonisation de Germaine en 1700.

Sa dépouille subit encore de nombreuses pérégrinations accompagnés de plusieurs miracles.

A Pibrac, une basilique a été élevée en son honneur. La maison natale de Germaine Cousin existe toujours. Elle est située à environ 2 kilomètres du village de Pibrac. Récemment restaurée, on peut la visiter.

Germaine fut béatifiée par Pie IX le 7 mai 1854, puis canonisée en 1867.


Sainte Germaine est la patronne des faibles, des malades, des déshérités.
Elle est aussi la patronne des bergers.

On la représente avec sa quenouille, accompagnée d'un mouton, mais aussi avec son tablier ouvert sur un bouquet de roses.



Statue de l'oratoire près de la maison où la Sainte vécut 



 

Sainte Germaine de Pibrac - cathédrale de Lombez


 


Sources: 1, 2

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14 juin 2026 7 14 /06 /juin /2026 00:00
Icône Russe d’Élisée (XVIIIe siècle) Monastère de Kiji, Russie

Icône Russe d’Élisée (XVIIIe siècle) Monastère de Kiji, Russie

À une époque troublée où les rois d'Israël successeurs de Salomon s'adonnaient à l'idolâtrie et à la débauche, Elisée, fils de Shafath, prophète de l'ancienne Loi, disciple et successeur du Prophète Élie, exerça son ministère dans le Royaume du Nord, revendiquant avec courage la fidélité au Dieu unique d'Israël, face aux cultes païens de Baal et d'Astarté qui se répandaient depuis la scission du Peuple de Dieu en un royaume de Juda et un royaume d'Israël.

 

''Tu consacreras Élisée, fils de Shafate, comme prophète pour te succéder.'' (1 Rois 19,16)

19 'Élie s'en alla. Il trouva Élisée, fils de Shafate, en train de labourer. Il avait à labourer douze arpents, et il en était au douzième. Élie passa près de lui et jeta vers lui son manteau.'

20 'Alors Élisée quitta ses bœufs, courut derrière Élie, et lui dit: 'Laisse-moi embrasser mon père et ma mère, puis je te suivrai.' Élie répondit: 'Va-t'en, retourne là-bas! Je n'ai rien fait.'

21 Alors Élisée s'en retourna; mais il prit la paire de bœufs pour les immoler, les fit cuire avec le bois de l'attelage, et les donna à manger aux gens. Puis il se leva, partit à la suite d'Élie et se mit à son service. (1er livre des Rois, chap 19)

 

Jésus, en sa première prédication dans la synagogue de Nazareth, fait référence à la fois à Élie et à Élisée. Il rappelle la compassion d'Élie pour la veuve qui vivait à Sarepta et la guérison par le ministère d'Élisée, de Naaman le Syrien: deux païens auxquels le Dieu d'Israël fait accueil et miséricorde (Luc 4. 25-30).

Elisha Raising the Shunammite’s Son by Benjamin West, 1766

Elisha Raising the Shunammite’s Son by Benjamin West, 1766

Sa mission s'est orientée principalement envers les Israélites mais également vers quelques païens. Il est mort (''à un âge avancé'' dit-on) vers -800.

Commémoraison de saint Élisée. Disciple d'Élie, il fut prophète en Israël au temps du roi Joram jusqu'aux jours de Joas, au IXe siècle avant le Christ. S'il n'a pas laissé d'oracles écrits, il a cependant annoncé le salut pour tous les hommes en accomplissant des miracles en faveur d'étrangers. Sa tombe était vénérée à Samarie.

 

Martyrologe romain

Élisée multipliant les pains par Le Tintoret, 1577-78

Élisée multipliant les pains par Le Tintoret, 1577-78

Le Prophète Élisée par Vasari, 1566 (musée des Offices, Florence)

Le Prophète Élisée par Vasari, 1566 (musée des Offices, Florence)

Élisée refusant les cadeaux de Naaman par Pieter Franszoon Grebber, 1637 (Haarlem, Musée Frans Hals).

Élisée refusant les cadeaux de Naaman par Pieter Franszoon Grebber, 1637 (Haarlem, Musée Frans Hals).

L'Ascension d'Élie devant Elisée, Livre d'heures de Henri II.

L'Ascension d'Élie devant Elisée, Livre d'heures de Henri II.

Le miracle sur la tombe d’Élisée. (Jan Nagel, 1596)

Le miracle sur la tombe d’Élisée. (Jan Nagel, 1596)

Sources : (1); (2)

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13 juin 2026 6 13 /06 /juin /2026 19:01

Pendant que les dirigeants européens Macron, Von der Leyen et le chancelier Allemand Friedrich Merz essayent de nous faire croire que la Russie nous menace et nous préparent à une guerre contre ce pays, le commandant en chef de l'OTAN les désavoue.

 

Les présidents de la Russie et des États-Unis, Vladimir Poutine et Donald Trump, se sont fixés pour objectif de restaurer des relations intergouvernementales bilatérales normales, a déclaré l'ambassadeur russe aux États-Unis, Alexander Darchiev. Tass sur X

 

Les présidents Poutine et Trump s'apprêtent à rétablir des relations normales entre les États-Unis et la Russie — Ambassadeur Darchiev. Tass

Cf. https://www.ft.com/content/751d4555-9e8c-42a0-a37b-80893727776c?syn-25a6b1a6=1

 

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13 juin 2026 6 13 /06 /juin /2026 00:00
Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 20.

Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 20.

Religieux de l'ordre des frères mineurs franciscains, Saint Antoine (1195-1231) naît de son vrai nom Fernando Martins de Bulhoes n'est pas né à Padoue mais à Lisbonne en 1195, de la famille glorieuse de Godefroy de Bouillon, premier roi de Jérusalem, dont une branche s'était implantée en Portugal.

Si son oncle Godefroy de Bouillon a été la fleur de la chevalerie, lui, est la fleur de l'Ordre Séraphique et un des plus beaux joyaux de la Jérusalem céleste.

Sa mère portait le beau nom que devait illustrer la Vierge du Carmel, et les mêmes vertus ont orné ces deux grandes âmes (le corps de Dona Teresa repose dans la chapelle dédiée à son fils à l'église Saint-Vincent près de Lisbonne. Sur la tombe de cette glorieuse et heureuse mère sont gravées ces simples paroles : Ici repose la mère de Saint Antoine : Hic jacet mater sancti Antonii.)

"À peine sorti du berceau, ses délices étaient de courir aux autels de Jésus et de Marie dans l'église cathédrale de Lisbonne. C'est là qu'on le trouvait toujours en adoration devant le tabernacle, ou à genoux aux pieds de Marie, chantant un hymne d'amour à la Vierge Immaculée. C'était l'hymne que chantait sa pieuse mère : "Ô gloriosa Domina ! Ô glorieuse Souveraine !" (hymne composée au VIe s. par Saint Venance Fortunat (530-609), Évêque de Poitiers et auteur de nombreuses Hymnes Catholiques). Il la chantait le jour, il la chantait la nuit. Elle le consolait dans ses tristesses et le fortifiait dans ses combats. Elle faisait le charme de sa solitude et, dans les grands travaux et les grandes luttes de l'apostolat, elle faisait son triomphe.

Ô glorieuse Dame, élevée au-dessus des astres, qui de votre Sein sanctifié avez allaité providentiellement votre Créateur. Ce que la triste Eve nous enleva, Vous le rendez par votre sainte Fécondité ; Vous êtes la Voie qui fait entrer au Ciel ceux qui pleurent. Vous êtes la Porte du grand Roi, l'éclatante Entrée de la Lumière. Applaudissez à la vie donnée par la Vierge, ô peuples rachetés. Gloire à Vous, Seigneur, qui êtes né de la Vierge, ainsi qu'au Père et au Saint-Esprit dans les siècles des siècles.

L'amour de Dieu chez S. Antoine

 

Tu aimeras le Seigneur ton Dieu "de tout ton cœur". Tout : tu ne peux garder pour toi aucune partie de toi. Il veut l'offrande de tout toi-même. Il t'a racheté tout entier de tout Lui-même pour te posséder Lui seul, toi tout entier. Tu aimeras donc le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur. Ne va pas comme Ananie et Saphire, garder pour toi une partie de toi-même; car alors, comme eux, tu périras tout entier. Aime donc totalement et non en partie. Car Dieu n'a pas de parties; Il est tout entier partout. Il ne veut pas de partage en ton être, Lui qui est tout entier en son Être. (Ivan GOBRYMystiques Franciscains, Éditions Artège, Perpignan 2013, p. 40-41.)

O Gloriosa Domina, Jordi Savall – Hespèrion XXI & La Capella Reial De Catalunya

Enfant, il va à l'école épiscopale et se fait remarquer par une intelligence vive. 

 

"Dès l'âge de cinq ans, il se consacre au Seigneur, et triomphe de Satan. Ce fut son premier miracle. Pris à la gorge par lui, il trace le signe de la croix, sur la marche de l'autel où il priait, et le marbre s'amollissant en garde miraculeusement l'empreinte." (Père Marie-Antoine de Lavaur, Les Grandes Gloires de Saint Antoine de Padoue, Éditions du Pech, Toulouse 2016, pp. 14-15.) Le Père Valentin Strappazzon retrace ainsi ce miracle : "Pendant le service de l'autel, le démon surgit devant lui en même temps que son esprit était assailli par de fortes tentations : il traça alors un signe de croix sur la marche de l'autel, le diable s'enfuit et la croix resta gravée sur le marbre." (Valentin STRAPPAZZON, Saint Antoine de Padoue, Docteur de l'Église et prédicateur populaire, Pierre Téqui éditeur, Paris 2002.)

 

Un jour d'été, son père lui avait confié la garde d'un champ de blé contre les bandes d'oiseaux qui traînaient dans les parages, mais c'était l'heure de la prière. Il enferma alors les moineaux dans une masure à ciel ouvert, leur défendit de s'envoler et se rendit à la cathédrale... À son retour, les oiseaux étaient toujours là, sagement à leur place, et le champ de blé intact. (Père Valentin STRAPPAZZON, Saint Antoine de Padoue, Docteur de l'Église et prédicateur populaire, Pierre Téqui éditeur, Paris 2002, p. 8.)

À quinze ans, il entre chez les frères augustiniens du monastère de Saint-Vincent de Fora qui se trouvait alors en dehors de la ville, à Graça, une des sept collines de Lisbonne. Il y reste deux ans. En 1212, il continue ses études théologiques au monastère augustinien de la Sainte-Croix à Coimbra (Portugal).

Un jour qu'il était retenu à l'infirmerie du couvent par les devoirs de sa charge, il eut, au moment de l'élévation de la Messe, un ardent désir de voir le Sauveur, et il se mit à genoux: Ô merveille! Les murs de l'église s'entr'ouvrent et lui laissent voir l'autel, où il adore ravi, la sainte Victime.

Les actes en disent plus que les mots. Que vos paroles enseignent, que vos actes parlent.

Saint Antoine de Padoue, 10 citations inspirantes de saint Antoine, Aleteia

Cependant Antoine était appelé de Dieu à devenir disciple de S. François. "D'après plusieurs historiens, il aurait, dans une de ses extases, vu Saint François lui-même venant lui annoncer, de la part de Dieu, qu'il l'avait choisi pour devenir son fils." (Père Marie-Antoine de Lavaur, Les Grandes Gloires de Saint Antoine de Padoue, Éditions du pech, Toulouse 2016, pp. 15-16.)

 

Il sentit le premier appel à la vue de ces cinq religieux franciscains, Bérard de Carbio, Otton, Pierre de Saint-Géminien, Adjute et Accurse s'embarquant pour les missions d'Afrique en 1219 et qui s'étaient arrêtés dans son monastère de Coimbra. L'appel devint définitif, quand, quelques mois plus tard, les reliques de ces cinq religieux (devenus martyrs de la foi décapités au Maroc par le calife almohade Yusuf al-Mustansir le 16 janvier 1220, après avoir été fouettés à mort) furent ramenées providentiellement à son monastère. Fernando Martins de Bulhoes, qui vient d'être oint prêtre, assiste à la cérémonie funéraire des cinq franciscains. Le jeune homme sent "dans son coeur" qu'il doit impérativement suivre l'exemple des frères martyrisés. Il exprime le voeu de rejoindre l'Ordre et il est accueilli à Olivais (un ermitage des environs de Coimbra) où quelques frères franciscains arrivés au Portugal vers 1217 ou 1218, avaient reçu de la reine Urraque la jouissance d'une chapelle. Il change de nom et prend celui d'Antoine. Il décide de partir lui aussi pour le Maroc mais, malade, il doit rebrousser chemin. Il débarque alors en Sicile, arrive à Assise et participe au chapitre de 1221, où il réussit à se faire mépriser et compter pour rien. Là, il va s'ensevelir à Monte-Paolo, petit couvent perdu dans les montagnes de l'Italie, à dix milles de Forli, sur les pentes de l'Apennin. Là il découvrit une grotte sauvage, cachée dans un massif de sapins, fermée aux vains bruits de la terre, taillée dans le roc, avec une de ces échappées sur l'azur du ciel qui plaisent tant aux contemplatifs. Elle était occupée par un de ses frères en religion, qui consentit à la lui céder. Il y passait une partie de ses journées, depuis les matines jusqu'à la conférence du soir. Un peu de pain, un verre d'eau fraîche, voilà toute sa nourriture. Il matait sa chair pour la soumettre à l'esprit, durement, sans pitié pour frère l'âne (expression par laquelle S. François désignait le corps). "Ses lèvres bleuies et ses joues creusées par le jeûne témoignaient de la rigueur de la lutte. Ses genoux fléchissaient sous le poids du corps, et souvent, au dire d'un témoin oculaire, il lui fallait le bras d'un Frère pour ne pas tomber en chemin." (Legenda prima, p. I, c. VI - Cf. J. RIGAUD, c. IV, et la Legenda secunda, c. II.) Il passa près d'une année dans cette Thébaïde, au milieu d'effrayantes austérités, dont les anges seuls furent témoins. (Léopold de Chérancé, Saint Antoine de Padoue, 1906.)

Un jour, Marie fait entendre sa voix : "Mon fils, dit-elle, ne parle pas. Dieu demande encore de toi ce nouveau sacrifice. Tais-toi, mon fils, tais-toi." Et il se tait. On le croira incapable de parler, on le traitera d'imbécile, d'idiot. Il le sait, il l'accepte, il le veut. Mais, pendant que les hommes le rejettent, le méprisent, Dieu dit à ses anges : Regardez, contemplez, admirez. Et les anges regardent, contemplent, admirent, et le silence de notre géant d'humilité se changeant en immortelle louange, ils portent cent louange jusqu'au trône de Dieu, silentium laus, la louange du silence." (Père Marie-Antoine de Lavaur, Les Grandes Gloires de Saint Antoine de Padoue, Le Saint de Toulouse, Éditions du pech, Toulouse 2016, p. 44.)

 

Antoine n'a jamais perdu son humilité. Il préférait le silence à la gloire et la croix aux applaudissements. 

 

Dans sa cellule de 4 m sur 2,50 m, se trouvent une table, une chaise et une planche en guise de lit. Comme la douleur l'empêche de dormir, Frère Antoine passe une partie de ses nuits à lire et à méditer les Écritures.

Saint Antoine de Padoue, Confesseur

Saint Antoine de Padoue, Confesseur

Langue bénie, assez, assez de silence. Dieu le veut, il faut parler. Il se rend en mission dans les régions du sud de la France où ses premiers miracles lui assurent une grande renommée.

Placé à la cuisine d'un couvent, il est un jour appelé par son supérieur pour prêcher, sans préparation à la communauté. "Poussé par le devoir d'obéissance, Antoine se mit à parler: ce furent d'abord des paroles simples, puis des arguments bien enchaînés, clairs, convaincants, extraits de l'Écriture, des Pères de l'Église, riches en symboles et en images; bref, un discours dans les règles de l'art, dans un langage adapté à tous, pétri de foi et d'esprit d'oraison, comme le voulait François. Une véritable révélation... Les Frères n'en revenaient pas ! 'Ils le savaient capable de laver la vaisselle, mais non d'exposer les arcanes de la Sainte Écriture.'" (Père Valentin STRAPPAZZON, Saint Antoine de Padoue, Docteur de l'Église et prédicateur populaire, Pierre Téqui éditeur, Paris 2002, p. 14-15.)

Dès lors il occupe les grandes charges de l'Ordre, il évangélise les villes et les campagnes, enseigne dans les universités de Montpellier, Toulouse, Bologne et Padoue.

 

Dans un concile où il y avait "des Grecs et des Latins, des Français et des Teutons, des Slaves et des Anglais et bien d'autres de différentes langues et d'idiomes variés", le frère Antoine, devant le pape, rend la parole de Dieu tellement douce, que tous ces gens "l'entendent très limpidement, clairement et le comprennent distinctement" ! Puis ils s'émerveillent : "Comment se fait-il que nous entendons tous parler par lui notre langue maternelle?"

Le pape Grégoire IX lui-même s'exclame : "C'est vraiment lui l'arche de l'Alliance et la bibliothèque des écritures divines !"

 

Sa méthode est plus pastorale que doctrinale. Ce qui ne veut pas dire qu'Antoine ne soit qu'un moraliste et non un homme de doctrine.


Ses prédications rencontrent un succès important, favorisant la conversion de nombreux hérétiques. Il fonde un monastère à Brive, où il fait de nombreuses conversions. Il est d'ailleurs, comme Vincent Ferrier et Torquemada, surnommé le "marteau des hérétiques".

 

Antoine fut parmi les premiers maîtres de théologie des frères mineurs franciscains, sinon le premier. Avec la bénédiction de S. François, qui, reconnaissant les vertus de S. Antoine, lui envoya une brève lettre qui commençait par ces paroles : 'Il me plaît que tu enseignes la théologie aux frères', il commença son enseignement à Bologne. 

 

Son amour des pauvres est resté dans la mémoire populaire et est à la base de la dévotion dont il est l'objet.

 

Il posa les bases de la théologie franciscaine qui, cultivée par d'autres éminentes figures de penseurs, devait connaître son apogée avec S. Bonaventure de Bagnoregio et le bienheureux Duns Scot" (Benoît XVI, Audience générale du 10 février 2010).

 

Se fondant sur l'unité de la nature humaine et celle du baptême qui rend tous les hommes également enfants de Dieu, il proclame une fraternité non pas révolutionnaire, mais génératrice de justice et de charité.

 

En 1226, il est custode de Limoges et en 1227, après la mort de S. François, il est provincial d'Italie du Nord, tout en continuant ses prêches et ses controverses avec les Albigeois.

 

Envoyé pour affronter l'hérésie cathare dans le sud de la France, il prêche toute la vérité de la foi catholique, sans compromis. Des foules par milliers se rrassemblerent. Les miracles se produisaient constamment. 

Il fut alors surnommé: "Le marteau des hérétiques"

Il affronta les hérétiques avec clarté et compassion, mais sans compromission. 

Sa prédication a converti des cœurs endurcis, confondu les menteurs et gagna des multitudes au repentir.

 

 

Il pouvait lire dans les cœurs.

Il dénonça le vice sans peur, même parmi le clergé.

Lorsqu'ils étaient mis au défi par les hérétiques, il débattait avec eux en public, les convertissant souvent sur place.

Il a également combattu le diable. Littéralement.

Une fois, un démon cria:
"Antoine, personne ne s'échappe de ta langue!"

 

 

En 1228-1229, on le trouve au couvent dit de Mater Domini (Sainte-Marie) à Padoue. C'est alors qu'il commence à rédiger ses Sermons pour les dimanches, après avoir prêché dans la marche de Trévise.

 

En 1230, au chapitre, il renonce à sa charge de ministre provincial. Il fut envoyé à Rome où il fut un conseiller de Grégoire IX dans le problème de la validité du Testament de S. François.

 

En 1231, il est envoyé à Padoue où il poursuit ses prêches durant le Carême mais il meurt d'épuisement à 36 ans le vendredi 13 juin suivant à Arcelle, près de Padoue, peu après avoir chanté l'hymne mariale O Gloriosa Domina.

 

Les miracles constatés aussitôt après la mort d'Antoine seront retenus pour sa canonisation l'année suivante, à Spolète, le 30 mai 1232, par Grégoire IX. On lut à cette occasion une liste de 44 miracles qui lui étaient officiellement attribués.

Son apostolat a duré moins de 10 ans, mais le rayonnement de ses paroles et de ses actes a eu une portée internationale jusqu'à nos jours.

 

Dans la première Vie du saint rédigée par le Frère Julien de Spire vers 1235, on évoque les grâces susceptibles d'être confiées à son intercession, entre autres un secours providentiel dans les cas de danger mortel, d'erreur, de calamités naturelles, de maladie, d'emprisonnement, d'indigence, et même de perte d'objet.

 

Le Pape Pie XII le déclara docteur de l'Église le 16 janvier 1946, avec la qualification  de "Docteur évangélique". Ce titre se fonde sur son activité de prédicateur et sur les recueils de ses sermons.

 

Sa méthode est plus pastorale que doctrinale. Se fondant sur l'unité de la nature humaine et celle du baptême qui rend tous les hommes également enfants de Dieu, il proclame une fraternité non pas révolutionnaire, mais génératrice de justice et de charité.

 

Dans sa prédication Antoine correspond au mouvement apostolique de saint Dominique et de saint François autant qu'aux décisions du IVe concile du Latran et aux directives d'Innocent III. On peut regretter que sa mort l'ait empêché d'achever son oeuvre. 

 

Commençant son manuel de prédication au dimanche de la Septuagésime, où débutait au bréviaire la lecture continue de la Bible, il aurait voulu, dans les aléas du cadre liturgique en exposer toute la sainte Écriture, pour en livrer le contenu complet sur la foi et les mœurs. Du moins nous offre-t-il un type de prédication populaire à la fois biblique, liturgique et patristique, qui inaugure les grands thèmes de la future influence franciscaine, de saint Bonaventure ou de Duns Scot.

 

Il est le Saint Patron du Portugal, des marins, des naufragés et des prisonniers.

 

Lisez ces mots écrits en lettres d'or dans la chapelle de son tombeau : "VENEZ À MOI, VOUS TOUS QUI TRAVAILLEZ ET QUI SOUFFREZ, VENEZ, JE VOUS SOULAGERAI." [...] Et depuis plus de six siècles, tous les travailleurs, tous les malheureux qui ont importé le doux, le bien-aimé Saint, ont été soulagés et consolés. (Père Marie-Antoine de Lavaur, Les Grandes Gloires de Saint Antoine de Padoue, Éditions du Pech, Toulouse 2016, p.  65.)

 

Les représentations de S. Antoine de Padoue sont assez rares, mais elles deviennent très courantes à partir du XIVe siècle. Le culte de S. Antoine se répandit surtout aux XVe et XVIe siècles. Il devint le saint national du Portugal, et les explorateurs le firent connaître au monde entier. Il est ainsi le Patron des marins, des naufragés et des prisonniers.

 

Parmi les innombrables miracles de ce grand thaumaturge, remarquons ceux qui suivent:

 

Parmi les prodiges survenus à Saint Antoine, il y a les visions du Christ, soit sous l'aspect d'un enfant, soit de Jésus adulte. La Vierge - Notre-Dame du Bon-Secours - lui apparaît également.

 

Antoine est célèbre par l'apparition de l'Enfant Jésus, qui vint un jour Se mettre entre ses bras. D'où les nombreuses représentations de S. Antoine portant l'Enfant Jésus. Le prodige eut lieu dans la maison d'un bourgeois de Châteauneuf-la-Forêt, en Haute-Vienne, à 35 km de Limoges.

"Pendant que saint Antoine de Padoue parcourait la France, semant, à chacun de ses pas, de nouveaux prodiges, convertissant les pécheurs, confondant les hérétiques, répandant partout les lumières, la bénédiction et la paix, il reçoit un jour l'hospitalité dans une pieuse famille d'une famille de France (plusieurs historiens nomment Limoges). Son hôte lui choisit la chambre la plus séparée et la plus tranquille, afin, dit son historien, que rien ne puisse troubler ses contemplations. Le Saint apôtre se croyant, dans sa chambre, aussi loin des mortels que lorsqu'il priait dans les grottes profondes, se met à pousser vers le ciel des gémissements ineffables et adresse à Marie la prière qui lui ouvre toujours les cieux et fait descendre dans ses bras le Bien-Aimé de son cœur : "Mère bien-aimée, portez-moi votre Divin Enfant!" Et marie lui porte le divin Enfant. Pendant qu'il le presse sur son cœur, son hôte, qu'il croyait depuis longtemps endormi, mais qui veille encore, s'approche de sa chambre. De la fenêtre qui domine la porte, il voit sortir des rayons de lumière. Étonné, il monte sans bruit jusqu'à la fenêtre, et voit - ô merveille ! - le Saint environné d'anges et tenant dans ses bras un enfant ravissant, debout sur le Livre des Saintes Écritures. L'hôte, ravi lui-même, ne peut contenir sa joie. Il se retire cependant sans bruit. Mais Antoine de Padoue, averti par le divin Enfant, l'appela après son extase et lui fit promettre de la part de Dieu, de ne jamais révéler ce secret tant qu'il serait en vie.

Saint Antoine de Padoue (1195-1231), docteur de l'Église

L'hôte a été fidèle à son serment, et l'historien ajoute: "Mais dès qu'il a appris la mort du Père très saint, il s'est empressé, en poussant des cris de joie et en versant des larmes de bonheur, de révéler le grand miracle." (Père Marie-Antoine de Lavaur, Les Grandes Gloires de Saint Antoine de Padoue, Éditions du Pech, Toulouse 2016, pp. 59-60.)

Saint Antoine de Padoue (1195-1231), docteur de l'Église

Un jour, tandis qu'il soignait un frère malade qui poussait des cris affreux ou des éclats de rire nerveux plus effrayants encore, l'idée lui vint que le malheureux devait être sous la puissance du démon, et, en effet, il le délivra du démon en le couvrant de son manteau.

Saint Antoine, église de Ciboure

Saint Antoine, église de Ciboure

S. Antoine est connu dans le monde comme le Saint qui aide à retrouver les objets perdus. Des objets de la vie quotidienne aux documents importants, avec la même foi.

 

L'idée d'invoquer le Saint pour retrouver les objets perdus vient du fait qu'un jour un novice qui lui avait subtilisé ses commentaires sur les Psaumes (psautier) se sentit obligé de les lui rendre. 

 

Le Père Strappazzon retrace ainsi l'événement : Après deux années d'apostolat en Romagne, ... Antoine fut appelé à exercer le ministère de la prédication et de l'enseignement dans le Midi de la France, face, là encore et surtout, à l'hérésie cathare, et la première étape fut Montpellier (Languedoc). C'est dans cette ville que la tradition situe l'épisode qui serait à l'origine du privilège dont jouit saint Antoine de faire retrouver les objets perdus. Un novice s'était enfui du couvent emportant le psautier dont le saint se servait pour la prière et ses cours : poussé par le diable lui-même, le novice dut rebrousser chemin et restituer l'objet volé. (Père Valentin STRAPPAZZON, Saint Antoine de Padoue, Docteur de l'Église et prédicateur populaire, Pierre Téqui éditeur, Paris 2002, p. 16.

 

La prière qui suit invoque l'aide de S. Antoine dans la recherche de ce qui a disparu :

 

Glorieux S. Antoine, tu as exercé le divin pouvoir de retrouver ce qui était perdu. Aide-moi à retrouver la Grâce de Dieu, et rends-moi dévoué au service de Dieu et de la vertu. Fais-moi retrouver ce que j'ai perdu et montre-moi ainsi la présence de ta bonté.

(Notre Père, Je vous Salue Marie, Gloire à Dieu)

Saint Antoine de Padoue (1195-1231), docteur de l'Église

Le Miracle de la Mule agenouillée devant le St Sacrement 

 

Antoine parcourut la France méridionale pour combattre les cathares. Il y reçoit le surnom de "marteau des hérétiques", tant sa prédication avait été efficace.

On n'est pas sûr de la date à laquelle Antoine fut envoyé en France, mais on peut pencher pour fin 1224-début 1225.

Il fait adorer le saint Sacrement par une jument. Prodige que le Saint accomplit à Toulouse, et que l'on désigne ordinairement sous le nom de Miracle de la Mule. Un hérétique osa un jour discuter avec notre grand saint sur des points les plus importants de la religion, mais bientôt à court d'arguments, il déclara : 'Je possède une mule, je vais pendant trois jours la priver de nourriture. Dans trois jours, soyez ici avec une hostie consacrée; moi de mon côté j'amènerai ma mule et je lui offrirai à manger. Si, dédaignant le foin que je lui présenterai, elle se tourne vers vous, je reconnaîtrais la supériorité de votre religion.' Le Saint accepte la proposition.

Au jour convenu, Antoine, après avoir célébré la Messe et prié Dieu, accourt au rendez-vous, l'ostensoir sacré à la main. La mule arrivait au-devant d'elle : 'Au nom de ton Créateur, que je porte dans les mains, lui dit-il, je t'ordonne de l'adorer avec humilité, afin que les hérétiques voient avec confusion que les animaux eux-mêmes sont forcés de reconnaître la divinité de celui que le prêtre immole tous les jours à l'autel'.

Aussitôt la mule, quittant son conducteur, se prosterne à terre, et, plaçant sa tête sur les pieds d'Antoine, reste immobile dans cette position.

 

Saint Antoine de Padoue (1195-1231), docteur de l'Église

Au jour convenu, Antoine, après avoir célébré la Messe et prié Dieu, accourt au rendez-vous, l'ostensoir sacré à la main. La mule arrivait au-devant d'elle : 'Au nom de ton Créateur, que je porte dans les mains, lui dit-il, je t'ordonne de l'adorer avec humilité, afin que les hérétiques voient avec confusion que les animaux eux-mêmes sont forcés de reconnaître la divinité de celui que le prêtre immole tous les jours à l'autel'.

Aussitôt la mule, quittant son conducteur, se prosterne à terre, et, plaçant sa tête sur les pieds d'Antoine, reste immobile dans cette position.

Miracle de la Mule - Luca Giordano - San Antonio de Padua y la mula que adora la Eucaristía

Miracle de la Mule - Luca Giordano - San Antonio de Padua y la mula que adora la Eucaristía

Le miracle des poissons levés de la mer pour écouter son sermon 

 

Il allait, écrit l'Assidua, de villes en villages, châteaux et campagnes, semant partout la parole de vie, réfutant les hérétiques et évacuant l'erreur, s'adaptant aussi bien aux humbles qu'aux enfants

C'est à Rimini que la tradition situe le 'sermon aux poissons', maintes fois célébré par l'art, et prodige amenant la conversion.

Quand S. Antoine prêchait, les hérétiques cathares ne l'écoutaient pas. Un jour, il leur dit alors qu'il allait s'adresser à des créatures plus simples et plus spontanées que le Bon Dieu a créées. Prêchant sur le bord de la mer, S. Antoine vit venir une multitude de poissons pour l'entendre, et donner une leçon aux hérétiques qui se bouchaient les oreilles : les poissons ne partirent qu'après s'être inclinés sous sa bénédiction.

Prédication de S. Antoine aux poissons

Prédication de S. Antoine aux poissons

Venez, venez tous, s'écrie-t-il. Vous êtes plus dignes que ce peuple d'entendre la parole de votre Créateur." Les poissons, grands et petits, accourent à l'instant, se rangent en amphithéâtre devant lui et levant leur tête sur l'eau, l'écoutent avec ravissement. Tous tenaient la tête hors de l'eau, attentifs, en grande paix, grand calme et en ordre. Aux paroles d'Antoine, ils ouvraient la bouche et inclinaient la tête, et par ces signes de respect, à leur manière, ils louaient Dieu. À cette vue, les hérétiques, le cœur touché de componction, se jetèrent tous aux pieds d'Antoine pour entendre ses paroles et retrouver le chemin de la vérité et de l'Église. (Père Valentin STRAPPAZZON, Saint Antoine de Padoue, Docteur de l'Église et prédicateur populaire, Pierre Téqui éditeur, Paris 2002, p. 15.)

 

Comme chez S. François, les prédications de S. Antoine aux animaux invitent ces créatures du Seigneur à louer leur Créateur.

 

C'est ici une position inverse de celles des cathares, où les créatures avaient été créées par un démiurge, c'est-à-dire un dieu malveillant qui aurait fait tomber les âmes et les esprits dans la matière... En cela, la louange de la Création est en elle-même une prédication anti-cathare, qui veut signifier l'unicité de Dieu comme Créateur et Père de tous les êtres.

Les brigands pénitents

 

"Jean Rigaud a recueilli ce témoignage de conversion d'une bande de brigands, fruit de la prédication d'Antoine et exemple des pratiques pénitentielles de l'époque.

'J'étais brigand de métier dans une bade de douze voleurs, raconte l'un d'eux, et malheur au voyageur qui passait près des montagnes où nous nous tenions cachés. Mais, un jour parvient à nos oreilles l'écho des sermons d'Antoine et nous décidâmes d'aller l'écouter. Ses paroles de feu touchèrent nos coeurs et nous tous éprouvâmes du remords pour nos crimes. A l'issue du sermon, nous fûmes nous confesser, il nous écouta, nous imposa à chacun une pénitence salutaire et nous fit promettre de ne plus retourner à nos anciens péchés. Certains trahirent leur promesse, mais la plpart y furent fidèles et reposent à présent dans la paix de Dieu. Quant à moi, je fis douze fouis le pèlerinage à Rome en pénitence de mes fautes...'." (Père Valentin STRAPPAZZON, Saint Antoine de Padoue, Docteur de l'Église et prédicateur populaire, Pierre Téqui éditeur, Paris 2002, p. 18.)

Afficher l'image d'origine S. Antoine rend S. François présent "pour les yeux corporels"

 

En 1224, Jean de Florence, ministre des Franciscains pour la Provence, avait réuni un chapitre à Arles. Frère Antoine s'y rend et en profite pour faire un commentaire de l'Évangile de Jean, plus exactement, des versets où celui-ci parle de l'arrivée du Christ, chargé de sa croix, sur le Golgotha et de l'ordre de Pilate d'inscrire sur la croix "Jésus de Nazareth, roi des Juifs". Le frère Monaldo, prêtre "éclatant par sa renommée et plus encore par sa vie" (Thomas de Celano), "homme simple et que l'ornement de nombreuses vertus faisait resplendir" (Julien de Spire), fait partie de l'assistance. Pendant qu'il écoute les paroles "bénies" de S. Antoine, "le frère Monaldo regarde vers la porte de la maison où les frères étaient tous ensemble réunis, et là il voit, de ses yeux corporels, le bienheureux François élevé dans les airs, mains tendues comme s'il était en croix et bénissait les frères !"

 

Pour lui, les distances n'existent pas. Il mesure la terre du regard. (Habaquq 3,6) Pendant qu'il prêche à Padoue, il voit à Lisbonne son père enchaîné devant des juges qui vont le condamner à mort quoique innocent. Il s'y transporte avec la rapidité de l'éclair. Un meurtre ayant été commis près de sa demeure paternelle, on y avait jeté le cadavre. Antoine de Padoue ressuscite le mort, et celui-ci désigne lui-même devant les juges le véritable assassin. Son père, reconnu innocent, est délivré.

À la même heure, Antoine, de retour à Padoue, se rendait à l'office où la cloche appelait les religieux (don de bilocation ou d'ubiquité).

À Limoges même aurait eu lieu un miracle de bilocation. Il fonde en cette ville un couvent sur un terrain donné par l'abbaye de Saint-Martial où il avait prêché.

 

Le Bref de Saint-Antoine

 

Une femme du Portugal, en butte aux vexations du démon, ne savait plus où donner de la tête. Même qu’un jour son mari la traita de possédée du démon. N’y tenant plus, elle décida de mettre fin à ses jours, en se jetant dans le fleuve. En cours de route, elle passe devant l’église des Franciscains et s’y arrête pour une dernière prière. C’était un 13 juin. Pendant sa prière, elle s’endort, et soudain Antoine lui apparaît, un papier à la main :

"Prends ce billet et il te délivrera". Or, le billet portait cette citation de l’Apocalypse : (version originale en latin)

 

"Ecce Crucem Domini! (Voici la croix du Seigneur!)

Fugite partes adversae! (Fuyez, puissances ennemies!)

Vicit Leo de tribu Juda, (Voici que le lion de la tribu de Juda a vaincu,)

Radix David! (le rejeton de David,)

(il ouvrira le Livre aux sept sceaux" Ap 5,5). 

À son réveil, toute surprise de se retrouver avec un billet en main, elle reprend confiance et retourne chez elle complètement guérie. On ne sait comment ce parchemin parvint jusqu’au roi du Portugal qui en facilita grandement la diffusion. C’était une formule brève - d’où le mot BREF - mais efficace entre les mains de tous ceux et celles qui croient. Cette dévotion au Bref de saint Antoine est encore très populaire de nos jours et la plupart des gens qui en ont un le portent sur eux. (Ermitage de Saint-Antoine de Lac-Bouchette)

Le pape franciscain Sixte V fit graver cette prière – connue comme étant la devise de Saint Antoine – sur le socle de l’obélisque qu’il fit ériger sur la place Saint-Pierre à Rome.

Cette courte prière ressemble à un petit exorcisme. Nous aussi nous pouvons la dire – en latin ou en français – pour nous aider à surmonter les tentations de toutes sortes. (Aleteia)

Extraite de l'Apocalypse (5,5), qui l'emprunte elle-même à la Genèse (49,9) et à Isaïe (11, 1-10), elle rappelle la victoire du Christ sur Satan, et les miracles accomplis par saint Antoine pour libérer du démon et des tentations.

Commentant ce même passage, Saint Antoine écrit : "Le Christ, le lion de la tribu de Juda, est monté sur la croix pour chasser le démon, après avoir pris possession de sa maison et détruit tous ses biens." (Père Valentin STRAPPAZZON, Saint Antoine de Padoue, Docteur de l'Église et prédicateur populaire, Pierre Téqui éditeur, Paris 2002, p. 42.)

 

La plupart des églises comptent aujourd'hui une statue de lui. Il est généralement représenté comme un homme chétif, vêtu de la bure sombre franciscaine nouée par une cordelière à trois nœuds serrée à la ceinture, les pieds nus, et la tête rasée ne conserve que la couronne monacale. C'est ainsi qu'il nous prêche la mortification des sens, le mépris de la mollesse et des plaisirs, le détachement des choses de la terre, l'oubli de soi-même et le dédain pour tout ce qui est passager, futile et vain.

 

Il rappelait souvent au nom de l'Évangile :

 

"Celui qui ne partage pas, alors qu'il a le nécessaire, c'est un voleur".

 

Et encore :

 

"Ô riches, prenez pour amis... les pauvres, accueillez-les dans vos maisons : ce seront eux, les pauvres, qui vous accueilleront par la suite dans les tabernacles éternels, où résident la beauté de la paix, la confiance de la sécurité, et le calme opulent de l'éternelle satiété".



Afficher l'image d'origine Après leur mort, S. François et S. Antoine apparaissent ensemble  dans les visions de certains miraculés. C'est ainsi qu'un jeune frère, la veille du jour où il voulait quitter l'Ordre, voit un long cortège de gens habillés "de précieux ornements diaprés" et dont le visage, les mains et tout ce que l'on voyait de leur corps "rayonnait de manière plus resplendissante que le soleil"; deux surtout "plus nobles que les autres marchaient entourés d'une si grand clarté qu'ils provoquaient chez ceux qui les regardaient une stupeur étonnante". Il voudrait connaître leur identité. Une voix lui répond qu'ils sont S. François et S. Antoine et que le cortège est celui des frères mineurs qui conduisent ce dernier, mort récemment, "vers la gloire du Royaume éternel."


Saint Antoine de Padoue ne doit pas être confondu avec saint Antoine l'Ermite, ou Antoine d'Egypte, au IVe siècle, considéré comme le fondateur de l'érémitisme chrétien.

 

S. Antoine a composé un cycle de Sermons pour le dimanche, un autre consacré aux saints, proposant ainsi un parcours spirituel tellement riche que Pie XII le proclama en 1946 Docteur de l'Eglise, en lui attribuant le titre de Docteur évangélique car ses sermons reprenaient toute "la fraîcheur et la beauté de l'Évangile". (Benoît XVI, Audience générale du 10 février 2010).


Sur les hauteurs du Col d'Osquich, frontière historique entre les provinces de Basse-Navarre et de Soule (Pays Basque) au sud de Mauléon (Pyrénées-Atlantiques), se trouve la "Chapelle St Antoine" (706 m) dédiée à la paix. Les pèlerinages ont lieu le 13 juin, fête de St-Antoine de Padoue, le 2e dimanche de juillet, le dimanche après le 15 août.

 





S. Antoine est avant tout un auteur moral et ascétique. On pourrait composer tout un livre d'ascétique au moyen de ses sermons. Combattant surtout l'orgueil, la luxure, l'avarice avec une liberté sainte, il n'oublie personne, pas même les prélats.

Fuyez la sensualité; fuyez l'orgueil, parce qu'elle est la mère de la sensualité, de la luxure et de tous les autres vices. Soyez saints ! Soyez fidèles ! Aimez le Seigneur comme je L'aimais, lui donnant votre oui et ne regardant plus jamais en arrière.

Saint Antoine de Padoue, Le plus invoqué parmi les saints et le plus présent dans notre vie, Prières, Neuvaines et Litanies, Editions Lanore, Paris 2014, p. 9

Le Christ Pontife. Enseignement de Saint Antoine

 

Le Christ est le Pontife des biens futurs. Pontife (en latin pontifex) signifie 'qui établit un pont'. Deux rives se font face : la mort et l'immortalité. Entre elles coule le fleuve de nos péchés et de nos misères. Selon Isaïe (59,2), toutes ces fautes creusent une séparation entre Dieu et nous. En conséquence, Il nous cache Sa Face et ne souhaite plus nous entendre. C'est alors que  le Christ vient et se fait lui-même le pont de notre salut.' (Sermon du Dimanche de la Passion, in  Bernard-Marie, o.f.s., Saint Antoine de Padoue, Neuvaine pour la protection des distraits et des affligés, Salvator, Paris 2011, p. 25.)

 

S. Antoine insiste sur l'esprit d'oraison (la prière du coeur). Il vante une vie dont le soin principal est la vie de prière, qu'il proclame supérieure sur la vie active. La meilleure est la vie mixte, apostolique dérivant de la plénitude de la contemplation. L'intimité de l'Évangile doit se vivre en actes. Il rappelait :

 

"Que les paroles se taisent et que les actions parlent... Le Seigneur a maudit le figuier où il n'a pas trouvé de fruits mais seulement des feuilles."

 

"Dans cet enseignement de S. Antoine sur la prière, nous saisissons l'un des traits spécifiques de la théologie franciscaine, dont il a été l'initiateur, c'est-à-dire le rôle assigné à l'amour divin, qui entre dans la sphère affectueuse, de la volonté, du coeur et qui est également la source d'où jaillit une connaissance spirituelle, qui dépasse toute connaissance. En effet, lorsque nous aimons, nous connaissons.

 

Antoine écrit encore :

 

'La charité est l'âme de la foi, elle la rend vivante; sans amour, la foi meurt.'

 

(Sermones, Dominicales et Festivi, II, Messaggero, Padoue 1979, p. 37, in Benoît XVI, Audience générale du 10 février 2010 cité dans Saint Antoine de Padoue, Le plus invoqué parmi les saints et le plus présent dans notre vie, Prières, Neuvaines et Litanies, Editions Lanore, Paris 2014, p. 102.)

 

[....] Seule une âme qui prit peut accomplir des progrès dans la vie spirituelle: tel est l'objet privilégié de la prédication de S. Antoine. [...] Pour cette raison, Antoine invite à plusieurs reprises les fidèles à penser à la véritable richesse, celle du coeur, qui rend bons et miséricordieux, fait accumuler des trésors dans le Ciel." (Benoît XVI, Audience générale du 10 février 2010).

 

Les écrits de S. Antoine révèlent une tendre dévotion à l'humanité du Christ, considéré non comme un roi de gloire mais humilié par amour pour nous; il parle souvent de l'Eucharistie et des dispositions requises pour la bien recevoir; il recommande surtout la dévotion à la Passion du Sauveur; il est aussi un des précurseurs de la dévotion au Sacré-Coeur.

 

Enfin, S. Antoine recommande instamment la dévotion à la Très Sainte Vierge; et l'on peut dire que ses sermons nous donnent une vraie théologie mariale.

Prière pour la guérison des malades. Pour nos intentions personnelles

 

Saint Antoine, j'ai recours à vous dans ma détresse; je viens implorer votre secours et votre protection, votre conseil et votre consolation. Ô consolateur plein de commisération, vous venez si puissamment au secours de ceux que l'épreuve fait gémir. Je viens donc à vous dans ma pauvreté et ma misère, avec une confiance toute filiale, afin d'obtenir du Dieu puissant et miséricordieux la grâce que je sollicite en toute humilité.

(Ici l'on désigne la grâce que l'on veut obtenir.)

Bon Saint Antoine, il est vrai, je suis indigne de votre commisération, car trop souvent j'ai offensé votre Dieu et le mien. Cependant je mets ma confiance en vous, le bienfaiteur de tant d'hommes éprouvés par la douleur.

J'ai le ferme espoir que vous ne refuserez pas votre aide paternelle à votre indigne enfant.

Daignez donc intercéder pour moi auprès de Dieu jusqu'au jour où ma demande sera agréée.

Ainsi soit-il.

Grégoire IX (Pape 1227-1241), l'affirme dans la Bulle de sa canonisation en le proclamant "le grand Thaumaturge de l'Église universelle." Un historien contemporain, témoin des merveilles qui s'accomplissaient à son tombeau. [...] Le plus grand de ses miracles n'a-t-il pas été le triomphe sur lui-même, sa passion pour la souffrance et l'humiliation ? Être oublié, méprisé, foulé aux pieds, voilà ses délices. [...] Il va chercher la dernière place au milieu des fils de François, ces héroïques mendiants de Jésus. Ayant ainsi partagé toutes les humiliations de Jésus, faut-il s'étonner qu'il partage tous ses triomphes? [...] Aussi a-t-il mérité d'être appelé lui-même par le pape Grégoire IX 'l'Arche du Testament et le Docteur excellent de la sainte Église'. (Père Marie-Antoine de Lavaur, Les Grandes Gloires de Saint Antoine de Padoue, Éditions du Pech, Toulouse 2016, pp. 52-53, 63.)

 

"La bulle de canonisation promulguée le 3 juin 1232 évoque la figure du 'confesseur qui illustre l'Église par ses miracles.' [...] Cette bulle retient quarante-sept miracles survenus à la prière du saint.

 

De nouveau, au XXe siècle, Pie XI le définit 'grand thaumaturge', en raison des prodiges accomplis par son intercession (1931). (Père Valentin STRAPPAZZON, Saint Antoine de Padoue, Docteur de l'Église et prédicateur populaire, Pierre Téqui éditeur, Paris 2002, p. 6.)

 

"La lettre apostolique de Pie XII datée du 16 janvier 1946 déclarant saint Antoine de Padoue Docteur de l'Église mentionne aussi 'l'insigne renommée de ses miracles.'" (Patrick SBALCHIERO, Enquête sur les miracles dans l'Église catholique, Artège, Paris 2019, p. 245.)

 

Principaux attributs : la bure franciscaine, l'Enfant-Jésus, une mule, des poissons, un cœur enflammé, un lys, symbole d'innocence et de pureté, et le livre de l'Évangile sont les attributs iconographiques les plus fréquents.

 

"Antoine" est un nom d'origine latine qui signifie "inestimable".

La Vision de St Antoine, 1629

La Vision de St Antoine, 1629

***

Sources:

 

(1) Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950. Les saints du jour
(2) Site officiel de Saint Antoine de Padoue

(3) Dictionnaire des saints et Grands témoins du christianisme, Sous la direction de Jean-Robert ARMOGATHE et André VAUCHEZ, CNRS Éditions, Paris 2019, pp. 76-81.

(4) Père Marie-Antoine de Lavaur, Les Grandes Gloires de Saint Antoine de Padoue, Le Saint de Toulouse, Éditions du Pech, Toulouse 2016

(5) Virgil TANASE, Saint François d'Assise, Gallimard Folio Biographies, Malesherbes 2015, p. 211-217

(6) Saint Antoine de Padoue, Le plus invoqué parmi les saints et le plus présent dans notre vie, Prières, Neuvaines et Litanies, Editions Lanore, Paris 2014

(7) Bernard-Marie, o.f.s., Saint Antoine de Padoue, Neuvaine pour la protection des distraits et des affligés, Salvator, Paris 2011

(8) Père Valentin STRAPPAZZON, Saint Antoine de Padoue, Docteur de l'Église et prédicateur populaire, Pierre Téqui éditeur, Paris 2002.

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12 juin 2026 5 12 /06 /juin /2026 22:44

 MÜLLER contre TOUS : "On ne peut pas continuer ainsi" — son VERDICT est sans appel !

 

Le 27 mai 2026, le site web catholique en langue allemande Kath.net a publié un entretien du Cardinal allemand Gerhard Ludwig Müller, ancien Préfet de la Congrégation de la doctrine de la foi de Benoît XVI. Le 7 juin le site Catholic World Report l'a traduit en anglais et l'a diffusé dans le monde entier. Son titre pose une question: un schisme se profile-t-il à l'horizon? Et ce qu'il dit est tout simplement ce que personne jusqu'à présent n'avait eu le courage de dire à voix haute.

Le Cardinal Müller a dit que supprimer la Messe traditionnelle est dogmatiquement faux. Il a critiqué les progressistes au Dicastère pour la Liturgie. Il a critiqué la Fraternité Saint-Pie X. Il a proposé la prélature personnelle comme solution. Pendant ce temps à Milan un oratoire s'ouvre à la prière islamique. Ce sont deux faces du même problème.

 

Le cardinal Muller écrit: "Les deux camps – y compris, malheureusement, les agitateurs autoritaires du Dicastère romain pour la liturgie – ne saisissent pas pleinement la distinction théologique entre la substance des sacrements et les diverses formes liturgiques. 

"La simple suppression disciplinaire de l’ancien rite et la suspicion généralisée à l’égard de ses adeptes, accusés de négationnisme du Concile Vatican II, sont non seulement pastoralement discutables, mais aussi dogmatiquement intenables. J'ai moi-même considéré la restriction de la célébration de la messe selon l'ancien rite comme une erreur pastorale, non pas par attachement à l'ancienne liturgie, mais parce qu'en tant que catholique, et plus particulièrement en tant que théologien, il faut reconnaître la richesse spirituelle de ce rite, et parce qu'il n'y a aucune justification à se placer au-dessus de ses fidèles."

 

Le cardinal Müller critique les deux camps. Et c'est précisément la raison pour laquelle personne ne veut l'entendre.

 

Pendant que le Cardinal Müller écrivait ses mots en Allemagne, quelque chose de très précis se passait à Milan. La paroisse de San Giovani Bosco dans le quartier de Baggio a inclus dans le programme de l'oratoire d'été 2026 un espace dédié à la prière islamique pour les enfants musulmans participant au camp. Le curé de la paroisse chargé a déclaré qu'il s'agissait d'un geste de respect et d'inclusion. Et il a ajouté textuellement: "Chrétiens et musulmans prient le même Dieu." L'archidiocèse de Milan a publié l'information décrivant le camp d'été comme inclusif et ouvert au dialogue. Par ailleurs, à quelques kilomètres de la cathédrale de Milan un espace de prière islamique ouvre ses portes dans un oratoire d'été avec l'accord de l'archidiocèse.

Cf. https://www.catholicworldreport.com/2026/06/07/is-a-schism-in-the-air/

Cf. https://www.catholicworldreport.com/2026/06/07/is-a-schism-in-the-air/

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12 juin 2026 5 12 /06 /juin /2026 14:39

L'un des prêtres qui a dirigé l'effort mondial pour diffuser les messages de Notre-Dame avertissant de la venue d'une fausse Église est sur le point d'être béatifié ce samedi.

 

Cf. Sign of the cross sur X

Notre-Dame a déclaré que la Russie n'a JAMAIS été consacrée — le prêtre martyr qui a courageusement prêché cela est en cours de béatification

 

Croyez-le ou non, l'un des prêtres qui ont mené la campagne mondiale pour diffuser les messages de Notre-Dame mettant en garde contre l'avènement d'une fausse église est sur le point d'être béatifié.

 

 

John-Henry Westen

 

Le 13 juin 2026, jour anniversaire de la seconde apparition de Fatima, à Jaurú (Brésil), l'Église élèvera aux autels le Père Nazareno Lanciotti. Il fut directeur national du Mouvement marial des prêtres au Brésil de 1988 jusqu'à son martyre le 22 février 2001.

Il fut assassiné pour avoir défendu l'Évangile, protégé les jeunes des trafiquants de drogue et des réseaux de prostitution, et proclamé sans crainte le message intégral de Fatima et du Livre bleu. Le père Stefano Gobbi, prêtre qui reçut les locutions célestes à l'origine du Mouvement des prêtres Mariam, considérait le père Lanciotti comme l'exemple vivant parfait de ce Mouvement : un prêtre entièrement consacré au Cœur Immaculé de Marie, un véritable refuge pour les âmes en ces temps d'épreuve.

Il ne s'agit pas d'un groupe marginal. À son apogée, le Mouvement marial des prêtres comptait plus de 100 000 prêtres dans le monde entier, ainsi qu'au moins 400 cardinaux et évêques et des millions de religieux et de fidèles laïcs.

Parmi les plus fervents soutiens figuraient :

  • Le cardinal Bernardino Echeverría Ruiz d'Équateur – le plus fervent défenseur, qui a accordé l'une des principales approbations au Livre bleu et a publiquement soutenu ses messages.
  • Cardinal Ricardo Vidal des Philippines.
  • Cardinal Michel Michai Kitbunchu de Thaïlande.
  • Le cardinal Ivan Dias d'Inde, qui a présidé les funérailles du père Gobbi.
  • Le cardinal Oscar Cantoni d'Italie, qui a ouvert le procès diocésain en vue de la béatification du père Gobbi.

 

Aux États-Unis, l'évêque Donald W. Montrose de Stockton fut le tout premier prêtre américain à y adhérer en 1975 et accorda plus tard l'imprimatur officiel au Livre bleu en 1998. Parmi les autres évêques américains qui l'ont soutenu, on peut citer l'évêque Edward O'Leary de Portland, dans le Maine, et l'évêque Joseph Byrne de Dubuque.

 

Pourquoi cette béatification est-elle si importante aujourd'hui ? Parce que les messages que le père Nazareno a consacré sa vie à diffuser contiennent certains des avertissements célestes les plus clairs que nous ayons reçus concernant notre crise actuelle.

 

Premièrement, concernant la consécration de la Russie : la Vierge Marie a été on ne peut plus claire : l’acte de 1984 de saint Jean-Paul II n’a pas répondu à sa demande.

 

Dans le Message 287, le 25 mars 1984, solennité de l’Annonciation – jour où Jean-Paul II a consacré le monde –, Notre-Dame a dit : "Je le demande, en premier lieu, au pape Jean-Paul II… qui l’accomplit solennellement… Hélas, l’invitation n’a pas été accueillie par tous les évêques. Des circonstances particulières n’ont pas encore permis la consécration explicite de la Russie que j’ai demandée à maintes reprises. Comme je vous l’ai déjà dit, cette consécration me sera faite lorsque les événements sanglants seront en passe de se réaliser."

 

Trois ans plus tard, le 13 mai 1987, pour le 70e anniversaire de Fatima, Message 351 : "Ma demande que la Russie me soit consacrée par le Pape avec tous les évêques n’a pas été acceptée et elle a ainsi répandu ses erreurs dans toutes les parties du monde."

 

Et encore le 13 mai 1990, Message 425 : "La Russie ne m’a pas été consacrée par le Pape avec tous les évêques et n’a donc pas reçu la grâce de la conversion et a répandu ses erreurs dans toutes les parties du monde, provoquant des guerres, des violences, des révolutions sanglantes et des persécutions de l’Église et du Saint-Père."

Ce sont les propres paroles de la Vierge Marie.

 

Viennent ensuite des avertissements encore plus inquiétants sur ce qui se passe au sein même de l'Église.

 

Dans la célèbre trilogie de juin 1989, la Vierge Marie décrit les deux bêtes de l'Apocalypse 13.

Tout d'abord, la Bête Noire — la Franc-Maçonnerie.

 

Puis, dans le Message 406, du 13 juin 1989 — anniversaire de la deuxième apparition de Fatima —, elle donne cette description directe :

"La bête à deux cornes semblables à celles d’un agneau symbolise la franc-maçonnerie infiltrée au sein même de l’Église, c’est-à-dire la franc-maçonnerie ecclésiastique, qui s’est répandue notamment parmi les membres de la hiérarchie. Cette infiltration maçonnique au sein de l’Église vous avait déjà été prédite par moi à Fatima, lorsque je vous avais annoncé que Satan pénétrerait jusqu’au sommet de l’Église…"

 

Je le répète :  ́’Satan s’infiltrerait jusqu’au sommet de l’Église.’́

 

Notre-Dame a ajouté ces mots : "La tâche de la franc-maçonnerie ecclésiastique, en revanche, est de détruire le Christ et son Église, de construire une nouvelle idole, à savoir un faux Christ et une fausse église."

 

Elle poursuit dans le même message, expliquant comment cette force "obscurcit Jésus comme la Vérité, le Chemin et la Vie… justifie le péché… vide l’Eucharistie de son sens… promeut un faux œcuménisme."

 

Vous avez bien compris ?  ́’(P)promouvoir un faux œcuménisme.’́

 

Voici comment la Vierge Marie le décrit :

 

"L’Église instituée par le Christ est une et unique… La franc-maçonnerie ecclésiastique cherche à détruire cette réalité par un faux œcuménisme, qui conduit à l’acceptation de toutes les Églises chrétiennes, en affirmant que chacune d’elles détient une part de vérité. Elle développe le projet de fonder une Église œcuménique universelle, formée par la fusion de toutes les confessions chrétiennes."

 

La Vierge Marie a également mis en garde à plusieurs reprises contre les faux prophètes qui répandent ces erreurs.

 

Dans le message 485, du 31 décembre 1992, dans les cinq signes de la fin des temps, citant les propres paroles de Notre Seigneur dans Matthieu 24 :

"De faux prophètes viendront et tromperont beaucoup de gens… Ces erreurs sont propagées par de faux enseignants, par des théologiens renommés… "

 

Et dans le Message 362, en la fête de Notre-Dame des Douleurs, le 15 septembre 1987, elle pleurait :

"Je pleure car l’Église persiste sur le chemin de la division, de la perte de la vraie foi, de l’apostasie et des erreurs qui se répandent toujours plus sans que personne ne s’y oppose. Déjà, ce que j’ai prédit à Fatima… est en train de s’accomplir. Et ainsi, même pour l’Église, le moment de sa grande épreuve est arrivé, car l’homme d’iniquité s’établira en son sein et l’abomination de la désolation entrera dans le saint temple de Dieu."

 

C’est dans cet esprit que le père Nazareno Lanciotti a vécu et est mort.

 

À l'approche de sa béatification, le 13 juin, le Ciel nous adresse un puissant signe de confirmation. Le prêtre même qui a diffusé ces messages urgents est désormais élevé aux autels comme martyr et bienheureux.

 

Chers amis, demeurez fidèles. Consacrez-vous entièrement au Cœur Immaculé de Marie. Priez le Rosaire. Défendez la vraie foi.

 

Le Cœur Immaculé de Marie triomphera.

Cet article a été initialement publié le 25 mars 2026.

 

Cf. Life Site 

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12 juin 2026 5 12 /06 /juin /2026 06:28
L'archevêque Guido Pozzo s'exprime sur le chant grégorien, le Vetus Ordo et l'unité liturgique

Dans un entretien exclusif avec AdVaticanum, l'archevêque Guido Pozzo aborde le chant grégorien, la polyphonie sacrée, le latin dans la liturgie, la relation entre le Novus Ordo et le Vetus Ordo, et le chemin vers une plus grande unité liturgique dans l'Église.

 

AdVaticanum s'est récemment entretenu avec Mgr Guido Pozzo, archevêque titulaire de Bagnoregio et surintendant de l'économie du Chœur pontifical de la Chapelle Sixtine. Dans cet entretien exclusif, le prélat italien évoque ses responsabilités administratives auprès du chœur historique, les évolutions récentes sous le pontificat de Léon XIV, l'importance du chant grégorien et de la polyphonie sacrée, ainsi que les moyens concrets de préserver le patrimoine musical et liturgique de l'Église. Il livre également ses réflexions sur le rôle du latin dans la liturgie, la complémentarité entre le Novus Ordo et le Vetus Ordo , et comment les deux formes du rite romain peuvent contribuer à l'unité de l'Église plutôt qu'à sa division.

 

L’archevêque Guido Pozzo a été ordonné prêtre en 1976 et, en 1987, il est devenu membre du personnel de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF), devenue en 2022 le Dicastère pour la Doctrine de la Foi (DDF). Prélat de la Curie expérimenté, il a occupé diverses fonctions au sein de celle-ci et est une figure respectée qui met au service de l’Église un sens diplomatique aigu et une grande connaissance de la liturgie.

 

AV : Votre Excellence, en votre qualité de Surintendant de l’Économie du Chœur de la Chapelle Pontificale Sixtine, pourriez-vous nous faire part de vos principales fonctions et responsabilités au cours des dernières années ? Comment la gestion administrative et financière de cet ensemble historique contribue-t-elle à sa mission artistique et liturgique au sein de l’Église universelle ?

 

+GP : La mission principale du Surintendant à l’Économie de la Chapelle musicale pontificale est d’assurer son bon fonctionnement et son administration. Compte tenu du lien étroit entre le Chœur de la Chapelle musicale pontificale et la schola des Pueri Cantores, école reconnue par l’État et bénéficiant d’un statut équivalent, le Surintendant en est le représentant légal auprès de l’État italien. Bien que les sphères économique et administrative soient distinctes des sphères musicale, artistique et liturgique, une étroite collaboration existe entre le responsable de la Chapelle musicale pontificale (le Maître des Célébrations liturgiques pontificales), le chef de chœur et le Surintendant à l’Économie. Le travail du Bureau administratif est fonctionnel et vise à atteindre les objectifs de la Chapelle musicale pontificale.

 

AV : Comment avez-vous trouvé votre rôle au service du pape Léon XIV, dont le pontificat est relativement récent ?

 

+GP : Depuis des siècles, la Chapelle musicale pontificale préserve la tradition musicale de l’Église et trouve ses origines dans l’ancienne Schola Cantorum romaine. Aujourd’hui, suite au Motu Proprio du pape François de 2019, elle fait partie du Service pour la célébration liturgique du Souverain Pontife. Sa mission, hier comme aujourd’hui, est d’assurer l’organisation musicale des célébrations liturgiques présidées par le Souverain Pontife, ou célébrées en son nom et par son mandat.

 

Dans ce contexte, la Chapelle a pour mission de sauvegarder et de promouvoir le patrimoine artistique et musical qu'elle a elle-même constitué au fil des siècles, en tant qu'instrument privilégié d'évangélisation et de diffusion du patrimoine culturel et spirituel de l'Église. Le pape Léon XIII, dans la continuité de ses prédécesseurs, se montre particulièrement sensible à la reconnaissance et à l'appréciation du rôle de la musique sacrée au service de l'évangélisation et de la diffusion de la connaissance de la richesse du patrimoine musical et religieux de l'Église. À cette fin, le Chœur de la Chapelle Sixtine se distingue également par son activité régulière de concerts en Italie et à l'étranger, portant le message chrétien par le chant sacré (polyphonie grégorienne et classique) jusqu'aux peuples et aux cultures éloignés de la tradition chrétienne.

 

AV : Le Vatican a récemment publié une série de vidéos de chants grégoriens intitulée « Chantons avec le Pape ». Pourriez-vous en dire un peu plus à nos lecteurs sur ce projet ?

 

+GP : « Chantons avec le Pape » est une initiative de l’Institut pontifical de musique sacrée, lancée en mai 2025, visant à enseigner aux fidèles des chants grégoriens simples grâce à des tutoriels sur les réseaux sociaux. Ce projet a pour objectif d’associer la communauté chrétienne au chant des parties de la messe célébrées en latin, telles que le Gloria, le Pater Noster et l’Agnus Dei. Cette initiative est plus que louable et mérite d’être encouragée, car elle cherche à rendre accessible le patrimoine du chant grégorien et à favoriser la participation active des fidèles aux célébrations liturgiques.

 

AV : Quel rôle, selon votre jugement éclairé en tant que surintendant de l’économie du chœur de la chapelle pontificale Sixtine, le chant grégorien et la musique sacrée devraient-ils jouer dans la liturgie romaine ?

 

+GP : Le chant grégorien est le chant propre de la liturgie romaine et doit occuper la place principale, conformément à l’encyclique Sacrosanctum Concilium du Concile Vatican II (n° 116). Par ses textes, il nous reconnecte à toute la tradition spirituelle catholique, et ses mélodies, qui mettent en valeur les paroles rituelles de manière appropriée, conduisent aisément à la contemplation des mystères célestes. La qualité liturgique du chant grégorien réside avant tout dans son essence et sa simplicité de prière. C’est un chant composé uniquement pour Dieu, qui exprime le culte de la foi et l’adoration que l’Église lui rend. Ensuite, il est en harmonie avec la liturgie car le texte est essentiel et la mélodie n’est employée que pour servir la contemplation des mystères divins.

 

Aux côtés du chant grégorien se dresse la polyphonie sacrée, avec son immense héritage d'art et de beauté, qu'il faut redécouvrir et restaurer à la place qui lui est due, afin que la liturgie de l'Église puisse redevenir le lieu où l'on fait l'expérience du fruit le plus mûr du service au culte de Dieu.

 

AV : Il a été suggéré que l’intégration en latin de certaines parties fixes de la forme ordinaire de la messe, comme le Notre Père récité immédiatement après la consécration ou les paroles de la consécration elles-mêmes, pourrait renforcer le sentiment d’uniformité liturgique et d’unité ecclésiale entre les différentes cultures et langues. En tant que membre du chœur du Pape, qui chante quotidiennement en latin, que pensez-vous de l’éventualité qu’un usage sélectif du latin dans la messe en langue vernaculaire puisse enrichir l’expérience, pour les fidèles, du caractère universel de la liturgie romaine ?

 

+GP : Personnellement, je n’exclurais pas la possibilité (sans pour autant en faire une obligation juridique) d’insérer, dans certaines parties fixes de la messe du Novus Ordo célébrée en langue vernaculaire, quelques mots et textes en latin. Ce qui me semble encore plus important, cependant, c’est que dans chaque diocèse, il y ait au moins une célébration de la Sainte Messe en latin selon le Novus Ordo, animée par le chant grégorien, notamment les dimanches et les grandes fêtes liturgiques. Cela favoriserait chez les fidèles une perception plus profonde du caractère universel de la liturgie romaine.

 

AV : Plus largement, comment utiliser le latin dans la liturgie, que ce soit dans la forme ordinaire ou dans le répertoire propre au chœur, pour qu’il soit une source d’enrichissement spirituel pour toute l’Église plutôt qu’un obstacle ? D’après votre expérience à la tête du chœur de la chapelle Sixtine, quels fruits pastoraux avez-vous observés lorsque le latin résonne aux côtés de la langue vernaculaire ?

 

+GP : « Une Église qui embrasse tous les peuples a besoin d’une langue universelle, mais n’a aucune raison d’adopter la langue de tel ou tel peuple… Humainement parlant, l’Église a besoin d’une langue universelle, immuable et savante ; quiconque conspire pour la priver de cette langue fait la guerre à son unité. » Ce sont les mots du Père Luigi Taparelli dans son Essai théorique sur le droit naturel (1835), que je fais miens sans difficulté. Le latin liturgique exprime et garantit la dimension sacrée de la liturgie. Pour s’adresser à Dieu, les mots les plus appropriés sont ceux que Dieu lui-même, par sa révélation, a mis sur les lèvres des croyants et de ceux qui prient. L’Église catholique a adopté la Vulgate, l’édition latine de la Bible, pour sa vie, sa prière et sa doctrine. Diffusée par saint Jérôme au IVe siècle, puis révisée après le concile de Trente, la Vulgate a également été reconnue par le concile Vatican II, qui a admis un usage limité et raisonnable des langues vernaculaires. ceux-ci devaient cependant coexister avec le latin liturgique (Sacrosanctum Concilium 36 §1).

 

À l’objection selon laquelle le latin n’est plus une langue couramment parlée et est donc une langue « morte », on peut répondre qu’une langue qui n’est plus parlée n’est pas pour autant une langue morte. Une langue morte est une langue qui a disparu de la culture et de la mémoire d’un peuple. Le latin est le fondement vivant de la compréhension de la tradition culturelle et de la doctrine de l’Église et de la Tradition catholique. De plus, le latin offre une précision théologique dans la formulation verbale et la solennité de la Parole priée, aidant ainsi les fidèles à comprendre que la messe est le moment où ils entrent dans le mysterium fidei , car nous entrons avec le Christ dans l’ oratio offerte par tout le Corps mystique au Père dans l’Esprit Saint. Les fruits pastoraux les plus significatifs consistent en la redécouverte consciente et progressive de la dimension verticale et cultuelle de la liturgie, introduisant les fidèles à l’expérience de la rencontre avec le Dieu incarné, mort et ressuscité, vitalement présent dans le sacrement.

 

AV : L’Église célèbre aujourd’hui la liturgie selon le Novus Ordo et le Vetus Ordo, plus ancien. Selon vous, comment ces deux expressions du même rite romain peuvent-elles contribuer au mieux à l’unité de l’Église plutôt que d’apparaître comme des alternatives opposées ?

 

+GP : Avant toute chose, il convient de dissiper un malentendu majeur : celui de considérer les deux formes du rite romain comme opposées ou irréconciliables. Je préfère ne pas les désigner par les termes « forme ordinaire » et « forme extraordinaire », mais simplement comme le Novus Ordo, c’est-à-dire le rite romain réformé par saint Paul VI, et le Vetus Ordo, l’ancien rite romain, en usage selon les livres liturgiques de 1962. Il est nécessaire de sortir des carcans idéologiques qui opposent les deux formes du rite romain. Certes, le Novus Ordo est la forme commune, universelle et habituelle de la liturgie catholique. La forme de l’ancien rite romain est particulière et spécifique ; par conséquent, il existe une norme concrète, qu’il appartient à l’autorité ecclésiastique d’établir, concernant les conditions de sa célébration.

 

La réforme liturgique de Vatican II ne doit pas être perçue comme une rupture avec la liturgie traditionnelle, mais comme un renouveau s'inscrivant dans une continuité essentielle. Malheureusement, la rupture avec la Tradition opérée par une grande partie de la vie de l'Église a engendré une crise ecclésiale et liturgique qui perdure. Le cardinal Joseph Ratzinger lui-même a employé des termes graves à ce sujet :

 

« Je suis convaincu que la crise ecclésiale dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui dépend en grande partie de l’effondrement de la liturgie » — il a utilisé le mot « effondrement » de la liturgie — « il reste à voir », poursuit J. Ratzinger, « dans quelle mesure les différentes étapes de la réforme liturgique de Vatican II ont constitué de véritables améliorations ou plutôt des banalisations, dans quelle mesure elles ont été pastoralement judicieuses ou, au contraire, malavisées. »

 

Une fois encore, l’enjeu crucial n’est donc pas le renouveau souhaité par le Concile, mais son accueil et sa mise en œuvre concrète. Les critiques formulées à l’encontre de certaines modalités d’application ne sauraient remettre en cause le Missel publié par saint Paul VI, puis réédité une troisième fois avec l’approbation de saint Jean-Paul II, qui demeure la forme ordinaire et universelle de la liturgie eucharistique. Toutefois, la célébration de la messe selon le rite ancien contribue assurément à retrouver et à mettre en lumière, de façon plus profonde et plus marquée, certains aspects et certaines vérités doctrinales qui risquent d’être occultés par une célébration erronée ou banalisée du rite réformé.

 

Par exemple, l’aspect convivial de l’Eucharistie, c’est-à-dire l’Eucharistie comme banquet (déjà souligné par Pie XII dans l’encyclique Mediator Dei , et certainement renforcé par Vatican II et la réforme liturgique), est tellement mis en avant au détriment de sa nature essentiellement sacrificielle qu’on en oublie que sans sacrifice, il n’y a pas de communion. La communion naît du sacrifice du Christ, et non l’inverse. L’aspect de l’assemblée et de la participation sociale, incontestablement mis en avant et rendu plus visible par la réforme liturgique, l’est parfois au détriment de la dimension transcendante et christocentrique. L’aspect du sacerdoce commun à tous les fidèles est mis en avant au détriment du rôle irremplaçable du sacerdoce ministériel. Il est clair que dans les textes et les livres liturgiques du Novus Ordo, un tel déséquilibre n’existe pas. Elle se trouve plutôt avant tout dans la manière dont se forment les esprits du peuple chrétien, et aussi des prêtres, et dans la manière dont le rite est concrètement compris, interprété et célébré par certains.

 

Prenons par exemple le concept d’ actuosa participatio (participation active), si fortement mis en avant dans la réforme liturgique. Il ne se réduit pas à une activité extérieure, à des discours, des paroles ou des commentaires, à une sorte de « faites-le vous-même ». Il inclut aussi le silence, qui exprime une participation réelle, profonde et personnelle, car la liturgie ne requiert pas une créativité arbitraire et séduisante, mais une répétition solennelle. Il existe donc un risque réel de cet effondrement, de cette instrumentalisation du rite réformé au détriment de l’intégrité de la foi et du culte divin.

 

Enfin, j'aimerais attirer l'attention sur certaines des raisons sous-jacentes aux difficultés d'une intégration pacifique de l'ancien rite dans la vie de l'Église. Ces raisons fondamentales sont essentiellement au nombre de deux. Certaines sont d'ordre pratique et nous pouvons les écarter car elles ne sont ni importantes ni graves. La première raison fondamentale des difficultés réside dans le manque, ou le manque présumé, d'obéissance au Concile Vatican II, qui souhaitait assurément réformer les livres liturgiques. La seconde raison tient au risque de rupture de l'unité ecclésiale dû à la différence entre ces deux formes liturgiques, ce qui peut également entraîner une divergence dans les formes de catéchèse et de pastorale.

 

Concernant la première difficulté, il convient de rappeler que Vatican II a certes demandé une révision des livres liturgiques, mais a également établi certains critères fondamentaux. C’est à la lumière de ces critères que la révision, et surtout la pratique des célébrations après le Concile, doivent être évaluées. Autrement, on ne désobéit pas à saint Pie V, mais au Concile Vatican II. Ces critères sont formulés aux numéros 34 et 36 de l’encyclique Sacrosanctum Concilium . Le Concile n’a pas abrogé les livres précédents, mais a demandé leur renouvellement et leur révision.

 

L'autre difficulté résiderait dans l'existence de deux formes différentes du rite, ce qui constituerait un obstacle à l'unité de l'Église, à l'unité liturgique et pastorale. Il convient ici, me semble-t-il, de distinguer un aspect théologique d'un aspect pratique. Du point de vue théologique, il est bien connu que l'Église a toujours connu différentes formes du rite latin, dont la plupart sont tombées en désuétude suite à l'unification croissante des cultures civiles et séculières européennes. Néanmoins, jusqu'à Vatican II, l'Église latine connaissait, aux côtés du rite romain, le rite ambrosien, le rite mozarabe (de Tolède), celui de Braga (Portugal), ainsi que les variantes du rite romain : les rites dominicain, carmélite et chartreux. Ces différences n'ont jamais surpris personne. Personne ne s'est offusqué de participer au rite dominicain, qui présente certaines variantes par rapport au rite romain de saint Pie V.

 

Ce qu'il faut éviter, à mon avis, c'est de juger les deux formes du rite romain sur la base de leurs caractéristiques extérieures. L'opinion publique considère comme essentiels à la nouvelle liturgie : qu'elle soit célébrée en langue vernaculaire et non en latin, car sinon, dit-on, « on n'y comprend rien » ; que le prêtre soit face aux fidèles ; qu'une certaine liberté soit laissée à la créativité du prêtre célébrant et des fidèles laïcs participant à la célébration, afin qu'ils puissent circuler autour de l'autel et intervenir par de brèves ou longues réflexions. Dans l'ancienne liturgie, au contraire, il était considéré comme essentiel qu'elle soit en latin, que le célébrant soit face à l'autel ( coram Deo ) et que les fidèles participent, certes, mais en silence. Ce n'est pas que les fidèles ne participaient pas du tout auparavant ; ils participaient, mais par le silence, et non, comme le propose et encourage la réforme de saint Paul VI, par un rôle plus actif et visible. La différence réside donc entre le visible et l'invisible, entre le silence et l'activité extérieure perceptible phénoménologiquement : il y a donc une différence. Mais la question est de savoir s'il s'agit d'une différence essentielle.

 

Pour certains, les deux formes liturgiques exprimeraient deux conceptions fondamentalement différentes de la liturgie et de l'Église : une Église hiérarchisée contre une Église « Peuple de Dieu ». Certains affirment : « Avant le Concile, l'Église était hiérarchisée et pyramidale ; maintenant, elle est communautaire et populaire ; tout le peuple y participe. » Nous répondons : certes, il existe des accents et des points de vue différents. Mais la communion dont parle le Concile Vatican II, l'Église comme communion, est une communio hierarchica . Et même avant Vatican II, le peuple et les fidèles n'étaient pas considérés comme des personnes de second ordre par rapport au prêtre.

 

En tout état de cause, le point de vue qui considère l'aspect phénoménologique et empirique comme essentiel à la liturgie n'est pas le point de vue essentiel. Les divergences qui sont apparues ne proviennent pas, en réalité, du Concile. J'insiste sur ce point. Dans Sacrosanctum Concilium, il est affirmé que le latin doit être préservé, tout en laissant une large place à la langue vernaculaire, mais il est affirmé que le latin doit être préservé. Dès lors, comment obéir véritablement au Concile ? En faisant disparaître complètement le latin ?

 

En conclusion, je tiens à réaffirmer qu’il ne s’agit pas de minimiser les principes et les critères de la Constitution conciliaire Sacrosanctum Concilium sur la liturgie sacrée ; au contraire, il s’agit précisément de les retrouver, même pour la célébration de la forme ordinaire. Certes, des accents spirituels et théologiques différents subsisteront entre les deux formes, non pas comme deux manières opposées d’être catholique ou de célébrer la louange et le sacrifice du Seigneur, mais plutôt comme un patrimoine commun, quoique différent, de l’unique foi.

 

AV : De nombreux catholiques apprécient aujourd’hui à la fois le Novus Ordo et la forme tridentine de la messe. D’un point de vue liturgique et musical, pourquoi affirmez-vous que ces deux expressions du rite romain unique ne s’opposent pas fondamentalement, mais peuvent au contraire être considérées comme des enrichissements complémentaires du culte de l’Église ?

 

+GP : Dans le Motu Proprio Summorum Pontificum , le pape Benoît XVI a expressément déclaré que l’usage ancien de la liturgie romaine devait être considéré comme un trésor précieux à préserver pour tous les fidèles. Dans une lettre récente aux évêques français, le pape Léon XIV les a exhortés à promouvoir la réconciliation et l’unité de l’Église, en évitant la marginalisation et l’exclusion des fidèles qui manifestent une sensibilité et un attachement particuliers à la forme liturgique de l’ancien rite romain, à condition qu’ils acceptent les orientations du concile Vatican II en matière liturgique et, bien entendu, qu’ils ne s’opposent pas au Novus Ordo.

 

En revanche, la dénonciation des déviations et déformations intolérables de la liturgie du Novus Ordo, souvent amoindries par la négligence, les omissions arbitraires des rubriques et les manipulations qui ont eu lieu et qui se produisent malheureusement encore, même avec la tolérance injustifiée des autorités ecclésiastiques, ne peut ni ne doit conduire à remettre en question la liturgie réformée. Lorsque la messe de saint Paul VI est célébrée avec fidélité, recueillement et conscience du mystère, la distance spirituelle entre l'ancien rite romain et le rite réformé apparaît bien moins marquée que certains voudraient l'affirmer.

 

Le pape Léon XIV s'est exprimé en ce sens lors d'un entretien il y a quelque temps avec la journaliste Elise Ann Allen. Le Saint-Père a souligné que l'enjeu profond ne réside ni dans la langue de la célébration ni dans la distinction entre l'Ancien Rite romain (Vetus Ordo) et le Missel renouvelé du Novus Ordo, mais dans la capacité de la liturgie à susciter dans l'âme l'émerveillement devant le Dieu vivant. Le point crucial aujourd'hui, à mon sens, est que la liturgie doit redevenir un encouragement renouvelé à croire, à vivre une vie puisant son essence dans le dynamisme de la foi, à redécouvrir Dieu en redécouvrant le Christ, et ainsi à retrouver la centralité de la foi chrétienne célébrée dans le mystère liturgique. C'est dans le rapport à la liturgie que se décide le destin de la foi de l'Église (Benoît XVI).

 

AV : Votre Grâce, merci pour votre temps et votre ministère sacerdotal.

 

RISPOSTE AI QUESITI

 

AV: AV: Eccellenza, comme le souverain de l'économie du cœur de la chapelle Sistine Pontificale, peut-il partager avec nous ses états et ses principales responsabilités et responsabilités dans les derniers ans? Comment la supervision administrative et économique de cette histoire historique soutient-elle sa mission artistique et liturgique dans la vie de l’Église universelle ?

 

+GP : Compito del Sovrintendente all'economia della Cappella Musicale Pontificia est principalement celui de la surveillance du fonctionnement et de l'activité administrative de cet organisme. Il s'agit du match entre le Coro della Cappella Musicale Pontificia et l' école des pueri cantores, qui est une école paritaire, reconnue par l'État italien, le Sovrintendente et son représentant légal de la presse de l'État italien. Pour répondre à l'ambition économique et administrative distincte de ce qui est proprement musical, artistique et liturgique, il y a une étroite collaboration avec le responsable de la Cappella Musicale Pontificia, qui est le Maestro des célébrations liturgiques pontificales, le Maestro Direttore del Coro et le Sovrintendente dell'economia. Le travail de l'Office administratif est fonctionnel et finalisé au niveau de la finalité de la Chapelle Musicale Pontificale.

 

AV : Comment a-t-il vu son roi sous le pontificat relativement nouveau de Papa Léone XIV ?

 

+GP : La Cappella Musicale Pontificia da secoli garde la tradition musicale de l'Église et a son origine dans l'antique Schola Cantorum Romana. Actuellement, à la suite du Motu propre au Père Francesco de 2019, il fait partie de l'Office des célébrations liturgiques du Sommo Pontefice. Encore, dans les temps précédents, votre compito est curare tout ce qui veille à l'exécution musicale des célébrations liturgiques présidées par le Pontife romain, ouvertement dans son nom et pour son mandat. Dans ce concours, la Cappella a le compito de custodire et promuovere l'eredità artistique-musicale produit dans les secondes de la Cappella qui est un instrument privilégié d'évangélisation et de divulgation du patrimoine culturel et spirituel de l'Église. Papa Léone XIV, dans la continuité de ses prédécesseurs, a été particulièrement sensible à la reconnaissance et à l'appréciation du règne de la musique sacrée au service de l'évangélisation et de la diffusion de la connaissance de la richesse du patrimoine musical et religieux de l'Église. Le très beau Coro della Cappella Sistina se distingue également par une activité concertistique périodique en Italie et dans tout l'est, portant le message chrétien traversant le chant sacré (grégorien et la poliphonie classique) et la population et la culture lontane de la tradition chrétienne.

 

AV : Le Vatican a récemment publié une série de vidéos de chant grégorien du titre « Cantiamo con il Papa ». Potrebbe-t-il partager avec les lettres quelles informations sur ce projet ?

 

+GP : « Cantiamo con il Papa » est une initiative de l'Institut Pontifical de Musique Sacrée promue en mai 2025 pour intégrer les chants grégoriens fédéraux dans un simple tutoriel social. Le projet mira de coinvolgere la communauté chrétienne dans le chant des partis de la Messa célébrer en latino, comme le Gloria , le Pater Noster et l'Agnus Dei . L'initiative apparaît plus lodevole et certainement à incoraggiare, parce qu'elle propose de rendre accessible le patrimoine du chant grégorien et de favoriser la participation des fédéraux aux célébrations liturgiques.

 

AV : Quale ruolo, a suo giudizio di Sovrintendente all'Economia del Coro della Cappella Sistina Pontificia, dovrebbero avere le chant grégorien et la musique sacrée dans la liturgie romaine ?

 

+GP : Il canto gregoriano est le chant propre de la liturgie romaine, cui deve essere riservato il posto principal, come insegna la Sacrosanctum Concilium, del Concilio Vaticano II , n. 116, parce qu'ils traversent leurs témoignages, qui rigolent à toute la tradition spirituelle catholique et à la mélodie, qui se mettent en place dans le rite risquant les paroles rituelles, conduisant facilement à la contemplation des mystères célestes. La qualité liturgique du chant grégorien consiste en ce qu'elle est essentiellement et simplement preghiera. C'est un chant prononcé uniquement par Dieu, qui prône le culte de la foi et l'adoration de la Église innée à Dieu. En second lieu, c'est naturel pour la liturgie parce que le texte est essentiel, et la mélodie est adoptée seule pour servir à la contemplation des mystères divins.

 

Accanto al gregoriano, à la polifonia sacrée avec son immense patrimoine d'art et de beauté qui doit être riscoperto et riportato sur le débit honoraire, affiné la liturgie de l'Église pendant qu'il soit son amour pour expérimenter le fruit plus mûr du service au culte de Dieu.

 

AV: Il est suggéré que l'insertion d'une partie de la Forme Ordinaire de la messe, comme le Pater Noster subit la Consécration ou la parole de la consécration, en latin peut favoriser une plus grande uniformité liturgique et une unité ecclésiale entre la culture et la langue diverses. Comment l'un des responsables du Coro del Papa, qui chante quotidiennement en latin, est-il en mesure de penser à une utilisation sélective du latin dans la messe en langue vernacola, pour vivre l'expérience des fédéraux du caractère universel de la liturgie romaine ?

 

+GP: personnellement, je n'exclus pas la possibilité (sans que cela soit un devoir juridique) d'insérer dans une partie de la messe du nouvel ordre célébré dans la langue vernaculaire parole et test en latino. Ce qui me semble encore plus important est que le diocèse a prévu dans la cathédrale ou dans le Duomo une célébration de la Sainte messe en latin dans le Novus Ordo , animée par le chant grégorien , spécialement dans la maison et dans la solennité liturgique. Nous préférons l'Arricchimento aux Fedeli de la perception du caractère universel de la liturgie romaine.

 

AV : Plus en général, comment pouvons-nous utiliser le latin dans la liturgie – si dans la Forma Ordinaria sia dans le répertoire propre du Coro – affinché comme source d’architecture spirituelle pour toute l’Église et non un ostacolo ? Lors de votre expérience de supervision du Coro della Cappella Sistina, quali frutti pastorali a osservato quando le latino viene lasciato risquer accanto alla lingua vernacola?

 

+GP : « Une église qui enseigne tout et qui est abbé d'une langue universelle, mais qui n'a pas de motif d'adopter une langue de cette ou de celle-ci… L'église est universelle, universellement parlée, d'une langue universelle, inaltérable, dotta, qui cospira a privarnela fa guerra alla sua unità ». C'est la parole de P. Luigi Taparelli dans le monde théorique du droit naturel (1835), qui n'a pas eu de difficulté à me faire plaisir. Le latino liturgico prône et assure la dimension sacrée de la liturgie. Pour rivaliser avec Dio, la parole est plus appropriée pour ce que Dio a dit avec sa rivalité dans la bouche des crédits et des oranti. La Chiesa Cattolica a assuré pour sa vie, sa femme et sa fille la Vulgaire, l'édition latine de la Bibbia. Diffusé par San Gerolamo dans le IVe siècle et poi rifatta dopo il Concilio di Trento. Le Concilio Vatican II a donc un usage limité et régional de la langue nationale, qui a cependant besoin de cohabiter avec le latin liturgique (SC 36, §1). Si l'on sait que le latin n'est pas plus une langue parlée actuellement, et donc une langue morte, il peut répondre qu'une langue non plus parlée ne signifie pas une langue morte. Une langue morte est une langue comparée de la culture et de la mémoire d'un peuple. Le latino est la base qui comprend la tradition culturelle, la religion de l'église et la tradition catholique. Le latino, en outre, offre la précision théologique de la formulation verbale et la solennité de la parole prononcée, en faisant en sorte que le message soit captif de la messe et qu'il soit le moment dans lequel il entre dans le mystère de la foi , parce qu'il entre avec l'oraison du Christ dans l' oraison rivolta du corps mystique du Père dans l'Esprit Saint. Les fruits pastoraux ont plus de valeur dans la réponse progressive de la dimension verticale, culturelle de la liturgie, introduite dans l'expérience de la rencontre avec Dieu incarné, mort et riant, vitalement présent dans le sacramento.

 

AV : La Chiesa célèbre également la liturgie sia nel Novus Ordo sia nel Vetus Ordo. Deuxièmement, comment pouvez-vous que les expressions de l'unique Rito Romano contribuent à l'amélioration de l'unité de l'église et apparaissent comme des contrastes alternatifs ?

 

+GP: Occorre in prima luogo rimuovere the campo d'un grosso équivoco: quello di ritenere opposte o inconciliabili the due forme liturgiche del Rito Romano, qui préfère ne pas s'appeler aux termes de la forme ordinaire et de la forme extraordinaire, mais simplement comme le Nouvel Ordo , c'est à dire le Rito Romano reformé par S. Paolo VI, et Vetus Ordo, le Rito Romano antique, dans l'utilisation secondaire des livres liturgiques de 1962. Il est nécessaire d'utiliser la dalle idéologique qui contreprend la forme du Rito Romano. Certainement le Novus Ordo est la forme commune, universelle et habituelle de la liturgie catholique. La forme du Rito Romano antique est particulière et spéciale, pour ce qui est d'une norme concrète, qui donne à l'autorité ecclésiastique stable, ses conditions pour que ce soit célébré.

 

La réforme liturgique du Vatican II ne doit pas être comprise comme une rotation avec la liturgie traditionnelle, mais elle doit être renouvelée dans la continuité de la continuité. La ligne de la roture avec la tradition de la part des grands ensembles de la vie de l'église a été portée vers une crise ecclésiale et liturgique tutrice présente. Et c'est exactement ce que le Pape Benoît XVI, en même temps que le Cardinal, a utilisé de graves expressions sur les questions liturgiques :

 

« Nous sommes convaincus que la crise ecclésiale est ici et maintenant nous nous trouvons en grande partie dans le rouleau de la liturgie – j'ai utilisé ce mot : « rouleau » de la liturgie – reste de la vue – continue encore J. Ratzinger – jusqu'au point le plus unique de la riforme liturgique du Vatican II sino stati veri améliorer ou non les banalisations, sino a che punto siano state pastoralmente sagge o non, a contrario, sconsidérate”. Encore une fois, la question cruciale n'est pas le renouvellement du Concilio, mais la décision et la forme d'attitude dans la pratique concrète du renouvellement.

 

Les critiques ont porté sur les formes discutables d'attitude non possono rimettere dans la discussion du message publié par saint Paul VI, puis ont répondu en troisième période avec l'approbation de saint Jean-Paul II, qui a rimé avec la forme ordinaire et universelle de la Liturgie eucaristique. La célébration de Santa Messa dans le rituel ancien est certainement à la hauteur et la preuve dans la misère est plus enceinte, plus marquée par certains aspects, certaine vérité Dottrinali qui risque d'être oscurée par un certain mode sbagliato ou banalizzato de célébrer le rituel modifié. Exemple : l'aspect convivial de l'Eucaristia, c'est-à-dire l'Eucaristia comme banchetto (et Pie XII l'a mis en évidence dans l'Enciclica Mediator Dei , mais certainement le Vatican II et la réforme liturgique hanno sottolineato ce moment, cette dimension conviviale dell'Eucaristia), viene talmente accentuato a scapito dela nature essentiellement sacrificale dell'Eucaristia, dimenticando quindi che senza il sacrificio non c'è comunione. La communion est née du sacrifice du Christ, non il contrario. L'aspect de la participation assemblée et sociale qui est indubitablement bas et résolu est également plus visible dans la réforme liturgique haute que la tête de l'élément et de la dimension transcendante et cristocentrique. L'aspetto del sacerdozio comune di tous les fedeli viene sottolineato a scapito del ruolo insostituibile del sacerdozio ministérielial. E'chiaro que nei testi, nei Libri liturgici del Novus Ordo n'est pas ce sbilanciamento, mais c'est si trova soprattutto dans le mode de former la mentalité du peuple chrétien, et aussi des sacerdotes. Il s'agit d'un moyen de comprendre, d'interpréter, de célébrer concrètement le rituel de la partie d'alcuni.

 

Considérons, par exemple, que le concept d' action participative (participation active) est le même en matière de réponse à la réforme liturgique. Cela n'est pas ridiculisé par une activité extérieure, des discussions, des paroles, des commentaires, et une espèce de « fait de toi ». C'est aussi le silence, qui aspire à une participation réelle profonde et personnelle, parce que la liturgie ne veut pas de créativité arbitraire et attrayante, mais elle a des répétitions solennelles. En fait, c'est le risque effectif de ce rouleau, de cet instrument de transformation du rituel, au détriment de l'intégrité de la fédération et du culte divin.

 

Et pour conclure, je voudrais attirer l'attention sur certaines régions qui sont déjà à la base, les difficultés d'une intégration pacifique dans la vie de l'église de l'ancien monde. Les raisons du fond sont absolument dues : quelque chose est en ordre pratique et nous pouvons également travailler parce qu'il n'est pas certain d'être important et grave. La première partie du fond des difficultés est trouvée dans la mancanza, ou la présomption de mancanza, d'obéissance au Concilio Vatican II qui veut certainement réformer les Livres liturgiques. La deuxième région est en vue du risque d'une rotture de l'unité ecclésiale en raison de la différence entre cette forme liturgique qui peut impliquer également une divergence entre les formes de catéchèse et de pastorale.

 

– En ce qui concerne les premières difficultés, il faut rappeler que Vatican II a certainement une révision des Livres liturgiques, mais il a également rejeté certains critères fondamentaux, et c'est la lumière de ces critères qui valorisent la révision et la pratique des célébrations liturgiques du Dopo-Concilio. Altrimenti non si dissubbidisce à San Pie V, si dissubbidisce al Concilio Vaticano II ! Mes critères sont formulés dans les numéros 34 et 36 du Sacrosanctum Concilium . Le Concilio n'a pas abrogé les livres précédents mais ils ont fait une rénovation et une révision.

 

– L'autre difficulté est l'existence d'une forme différente du rituel, qui se présentera comme un obstacle à l'unité de l'église, à l'unité liturgique et pastorale. Qui occorre distingue, credo, un aspetto teologico et un aspetto pratico. Le point de vue théologique est que dans l'Église il existe toujours des formes diverses de la culture latine et qu'il est enseigné en grande partie à l'usage, suite à la plus grande unification de la culture civile, séculaire et européenne. Communique, fino al Vaticano II, accanto al rito romano, dans le rito latino, vi est le rito ambrosiano, le rito mozarabico, cie di Tolède, celui de Braga (Portogallo), et les variantes du rito romano: le rito domenicano, celui du carmelitano, celui des certosini. Nessuno est le meilleur moyen de faire cette différence. Nessuno a trouvé un scandaleux en participant au rito domenicano qui a quelle variante du riz au rito romano de San Pio V.

 

Si vous devez éviter, mon credo, c'est de juger la forme du Rito Romano sur la base de ses caractéristiques extérieures. L'opinion publique considère l'essentiel de la nouvelle liturgie : elle est célébrée dans la langue vernacola et non dans la langue latino, parce qu'elle dit autrement, « non capiamo niente » ; che il sacerdote sia rivolto verso i fedeli; qui a la liberté d'un certain espace pour la liberté de la créativité du sacerdote célébrant et aussi des fédéraux laïcs qui participent à la célébration, parce qu'ils possèdent un avocat à l'autel et interviennent avec de courtes ou de longues séances de tir. Dans l'antique liturgie, au contraire, si elle est essentielle en latino, le célébrant est rivolto all'altare (c oram Deo ), qui et les fédéraux participent si, mais en silence. Non, c'est avant tout que les fédéraux ne participent pas à l'engagement ; Il participe à la traversée du silence et ne vient pas proposer et soutenir la riforme de saint Paul VI dans une rue plus active et visible. Quand la différence est visible et invisible, entre le silence et l'activité extérieure, phénoménologiquement perceptible : c'est quand même une différence. La domination est une différence essentielle.

 

Pour que la forme liturgique choisie soit basée sur les différents fondements de la conception de la liturgie de l'église : l'église gériatrique et l'église populaire de Dieu. Certuni sentenziano: « Prima del Concilio la Chiesa était gerarchica e piramidale, adesso invece è comunionale e popolare, tout le peuple participe ». Je réponds: certainement, ici sono delle accentuazioni e delle sottolineature diverse. Ma communion avec ceux qui parlent du Concilio Vatican II, la Église comme communion est une communion hiérarchique ! Et bien sûr, même avant Vatican II, le peuple et les fédéraux ne considèrent pas la personne comme une série inférieure de réponse au sacerdoce.

 

Communiquement, le point de vue que l'on considère comme essentiel pour la liturgie, l'aspect phénoménologique, empirique, n'est pas le point de vue essentiel. Je contraste avec celui qui est messi en lumière en réalité qui n'est pas originaire du Concilio. Ci tengo a sottolinearlo. Dans le Sacrosanctum Concilium, si cela signifie que le latino doit être permanent, pour autant qu'il y ait un espace pour la langue vernaculaire, mais si cela signifie que le latino doit être permanent. Allora, viens-tu vraiment obéir au Concilio ? Facendo compare-t-il totalement le latino?

 

Allora, alla fine vorrei ribadire that who not si tratta di dimensionare i principes and criteri de la Constitution Conciliare Sacrosanctum Concilium sulla Divina Liturgia, anzi, si tratta proprio di riprendere quei criteri anche pour célébrer dans la forme ordinaire. Nous avons certainement des accents, la sous-linéature spirituelle et théologique différente de la forme due, mais qui ne vient pas en raison des modes d'opposition aux catholiques ou à la célébration du filon et du sacrifice du Seigneur, mais qui peut devenir un patrimoine commun, pur avec la sous-linéature différente, de l'unique fede.

 

AV: AV: Molti cattolici oggi apprezzano sia il Novus Ordo sia la forma tridentina della Messa. Au point de vue liturgique et musical, parce que vous dites que cette expression de l'unique Rito Romano n'est pas en opposition fondamentale avec l'amour, mais peut-être que vous pourriez être des ajouts attentionnés et complémentaires au culte de l'Église ?

 

+GP: Papa Benoît XVI dans le Motu Proprio Summorum Pontificum dit expressément que l'usage antique de la Liturgie romaine est de considérer que tu as le prix de la conservation pour tous les fédéraux. Papa Léone XIV, dans une lettre récente des Vescovi français, a essayé de favoriser la réconciliation et l'unité de l'Église, en évitant de marginaliser et de ne pas inclure les fédéraux qui montraient une sensibilité et un attachement particulier à la forme liturgique du Rito Romano antique, en achetant des orientations du Le Concilio Vaticano II en matière liturgique, et évidemment non si adversaire ou contestant le Novus Ordo. D'un autre côté , la dénonciation des dérives inadmissibles et des déformations de la liturgie dans la forme du Novus Ordo , de nombreuses révolutions de la sciatique, des omissions arbitraires des rubriques, des manipulations, qui sono avvenute e purtroppo avvengono ancora, également pour une ingiustificata La tolérance des autorités ecclésiastiques ne peut et ne doit pas être prise en compte dans la discussion de la liturgie reformulée. Si la messe de Saint Paul VI est célébrée avec la foi, le souvenir et la connaissance du mystère, la distance spirituelle entre le Rito Romano antique et le Rito Riformato apparaît beaucoup moins accentuée de la quantité de ce que nous voulons soutenir.

 

Dans la ligne d'histoire, c'est l'espresso de Papa Leone XIV, qui parle en même temps avec la giornalista Elise Ann Allen. Le Saint Père a compris que la question profonde ne consistait pas dans la langue de la célébration ni dans la distinction du Rito Romano Antico ( Vetus Ordo ) ou du Message renouvelé du Novus Ordo , mais la capacité de la liturgie de susciter l'âme de la stupeur dinnanzi al Dio livee. Le point crucial aussi, à mon avis, est que la liturgie doit s'inspirer d'un regain de confiance, pour vivre une vie du centre et du dynamisme de la fédération, pour prendre Dieu en train de rendre Christ, et d'un seul coup, prendre la centralité de la fédération chrétienne, célébrée dans le Christ. mystère liturgique. C'est le rapport avec la liturgie qui décide du destin de la foi de l'Église (Benoît XVI).

 

AV : Eccellenza, la sonnerie pour son temps et pour son ministère sacerdotale.

 

Niwa Limbu

 

AdVaticanum

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12 juin 2026 5 12 /06 /juin /2026 00:00
Bienheureux Guy Vignotelli, prêtre o.f.m. († v. 1245)

Originaire d'Espagne, Guy Vignotelli, un seigneur de condition très modeste, mais très hospitalier, reçut chez lui S. François et ses compagnons. Plusieurs jours plus tard, alors qu'il vit S. François prier, il voulut devenir son disciple et vivre davantage encore la pauvreté.

 

Entré dans l'ordre des Frères mineurs franciscains en 1211, il se retira dans une grotte près de Cortone (Italie) et prêcha la pénitence aux populations voisines. Il mena une vie de jeûnes, de pauvreté et d’humilité.

 

À Cortone en Toscane, vers 1245, le bienheureux Guy, prêtre. Disciple de saint François, il mena une vie de jeûnes, de pauvreté et d'humilité.

Martyrologe romain

Saint Guy de Cortone

Sources: 1, 2, 3, 4

 

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    Sous la Révolution française furent arrêtées et rassemblées à la prison d'Orange, cinquante-deux religieuses du Vaucluse et de la région d'Avignon, accusées "d'avoir voulu détruire la République par le fanatisme et la superstition." Ce qu'elles vécurent...
  • Sainte Amandine de Hasselt
    Sainte Amandine de Hasselt, martyre (1872 - 1900) Née en Belgique, Pauline Jeuris se fit sœur Marie-Amandine, franciscaine, et partit en mission en Chine. Sa joie de vivre et sa bonté firent qu'on l'appela la "Vierge européenne qui rit toujours". Elle...
  • Saint Thibaud de Marly, abbé († 1247)
    Saint Thibaut offrant à Saint Louis et Marguerite de Provence un lys à onze branches (1776), Château de Versailles. Né Thibaud de Marly, apparenté aux Montmorency, il reçut une éducation toute militaire, quoique chrétienne. L'enfant manifesta, dès son...
  • Le pape nomme Christian Würtz nouvel évêque d'Eichstätt : il a soutenu les réformes du Chemin synodal
    Le pape a nommé Christian Würtz nouvel évêque d'Eichstätt. Un évêque "en pleine communion", "en règle", qui administre des sacrements "valides". >il a soutenu les réformes du Chemin synodal allemand > il a défendu l'ordination des femmes > le changement...
  • Dom Alcuin Reid, moine bénédictin : l’unité de l’Église mérite que "tout soit mis en œuvre" pour la préserver
    La récente déclaration du Saint-Siège concernant les consécrations épiscopales de la Fraternité Saint-Pie-X (FSSPX) continue de susciter des réactions au sein de l'Église. Dom Alcuin Reid, moine bénédictin, liturgiste et figure emblématique du mouvement...
  • Saint Raoul Milner et ses compagnons, martyrs en Angleterre (+ 1591)
    Vieux paysan illettré, Ralph (Raoul) Milner, père de 8 enfants, fut exécuté avec tout un groupe d'habitants de Winchester (Angleterre) pour avoir abjuré le protestantisme et être revenu au sein de l'Eglise. Il restait à peine cent mille catholiques en...