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8 novembre 2022 2 08 /11 /novembre /2022 01:00
Saint Geoffroy, évêque d'Amiens († 1115)

Son monastère dépérissait avec six moines quand ceux-ci le choisirent comme abbé. En peu d'années, le monastère de Nogent dans la Marne devient l'un des plus florissants. En réponse à l'insistance de l'évêque de Reims, il accepte de devenir évêque d'Amiens ce qui lui causa bien des soucis. La plupart des membres du clergé étaient à la solde des grands seigneurs qui eux-mêmes menaient une vie impossible aux marchands et aux braves gens de la "Commune d'Amiens". (1)

Saint Geoffroy, privé d'amis pour le soutenir, gagne la Grande Chartreuse pour y vivre une vie de pénitence. Mais forcé de revenir, il reprend ses fonctions un an après et il meurt au bout de quelques mois à l'abbaye de Saint Crépin de Soissons. Aucun membre du clergé d'Amiens ne se dérangera pour venir rechercher son corps.

 

Formé à la vie monastique dès l’âge de cinq ans, abbé de Nogent-sous-Coucy, devenu évêque d’Amiens, il eut beaucoup à souffrir pour établir la paix dans les luttes entre les seigneurs et le peuple de la cité, ainsi que pour réformer les mœurs du clergé et du peuple. Il mourut à Soissons, au retour d’un voyage à Reims.

Martyrologe romain (2)

 

 

Sources: 1, 2, 3

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7 novembre 2022 1 07 /11 /novembre /2022 01:00
Sainte Carine et sa famille († 360)

À Ankara, Carine et son époux Mélassippe subirent le martyre durant la persécution de l'empereur Julien l'Apostat. Ils furent mutilés et attachés encore vivants au pilori devant leur fils Antoine. Celui ci ne renia pas Jésus-Christ malgré le spectacle de la souffrance de ses parents. Il mourut décapité à son tour.

 

Sources : 1, 2, 3

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6 novembre 2022 7 06 /11 /novembre /2022 01:00

Parmi les jeunes seigneurs de la cour de Clovis qui abjurèrent le paganisme après la bataille de Tolbiac, il y avait un brillant officier nommé Léonard.

 

À l'école de saint Rémi, près duquel il se fixa, il fit de rapides progrès dans la vertu. "Il était affable dans ses entretiens, fidèle à ses promesses, prodigue par ses aumônes, modeste en ses paroles, humble et simple en tout."

 

Clovis, informé par la voix publique de sa sainteté et des merveilles que Dieu opérait par ses main, voulut le faire évêque ; mais Léonard refusa : "Eh bien ! lui dit le roi, demandez-moi quelque grâce, je vous l'accorderai. - Ô prince ! dit Léonard, accordez-moi le pouvoir de visiter les prisons et de délivrer les prisonniers que je jugerai dignes de cette faveur."

 

Clovis fut heureux d'y consentir.

 

Le saint moine passa quelques temps à Orléans, près de saint Mesmin, abbé de Mici, pour se former aux règles de la vie monastique, puis il traversa le Berry, où il prêcha la foi à des populations encore païennes et obtint un succès immense par sa parole et par ses nombreux miracles.

 

De là il se rendit en Aquitaine et chercha un lieu solitaire pour se livrer à la prière et à la contemplation des choses célestes. Il trouva cette retraite dans une forêt, près de Limoges, et y mena, pendant vingt ans, une vie plus angélique qu'humaine, dont Dieu seul a le secret.

 

À sa parole, une source d'eau vive sortit de terre pour alimenter son ermitage.

 

La solitude de ces lieux autrefois sauvages fut bientôt envahie. Une infinité de malades se faisaient transporter auprès du saint et obtenaient leur guérison ; d'autres venaient entendre sa parole et recevoir ses avis.

 

Mais surtout, les prisonniers échappés de leur cachot par l'effet de ses prières venaient lui présenter leurs fers en hommage, et recevoir de lui les leçons de la pénitence et de la vie chrétienne.

Saint-Leonard-de-Noblat--ou-Noblac---ermite-en-Limousin--V.jpg

Saint Léonard avec Marie-Madeleine, sainte Marthe et saint Pierre (Le Corrège), 1517

Saint Léonard de Noblat, ermite en Limousin, Patron des Prisonniers († 559)

Sources : (1), (2), (3)

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5 novembre 2022 6 05 /11 /novembre /2022 01:00
Sainte Sylvie, par un peintre italien

Sainte Sylvie, par un peintre italien

Sylvette ou Sylvaine.

On sait peu de choses sur sa vie, si ce n'est qu'elle se retira, après la mort de son mari, dans une maison proche de la Basilique Saint-Paul-hors-les-murs. (1)

Grande dame romaine qui consacra sa vie à son fils, le pape Grégoire le Grand, si attentive qu'elle se préoccupait même jusqu'aux détails des menus de ses repas en achetant à son intention les meilleurs fruits et légumes frais sur les marchés romains, afin qu'il soit en bonne santé.

Devenu pape, Grégoire fait peindre le portrait de sa mère Sylvie et de son père Gordianus, dans leur maison familiale transformée par lui-même en monastère.

Sainte Sylvie termine sa vie à Rome vers 592.

Elle est fêtée le 5 novembre. Elle est la sainte patronne des mères de prêtre et des Aides aux prêtres, laïques et religieuses.

Elle figure au martyrologe romain au 3 Novembre:

Mère du pape saint Grégoire le Grand. Celui-ci rapporte lui-même, dans ses écrits, qu'elle atteignit le sommet de la prière et de la pénitence et qu'elle fut un exemple excellent pour les autres. Elle mourut vers 590.

 

Martyrologe romain (2)

 

Sources12 

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4 novembre 2022 5 04 /11 /novembre /2022 21:14

De plus en plus de médecins tirent la sonnette d’alarme – Mystérieuse augmentation des décès…

De plus en plus de médecins tirent la sonnette d’alarme – Mystérieuse augmentation des décès…

 

4 novembre 2022

 

 

Les médecins norvégiens s'inquiètent de la situation.

 

Il se passe quelque chose d'étrange que les médias grand public ne rapportent pas. Beaucoup de gens meurent et les médecins ne savent pas pourquoi.

 

Cependant, ils savent une chose. Cela ne se produit pas seulement dans un pays. Cela se passe dans de nombreux pays en même temps. Partout en Europe, les taux de mortalité sont très élevés cette année (alors que les taux de natalité ont aussi mystérieusement chuté cette année).

 

Et bon nombre des décès en excès ne sont pas liés à Covid.

 

Les médecins et les hôpitaux norvégiens tirent maintenant la sonnette d'alarme à propos d'une mystérieuse augmentation du nombre de patients, et ils n'ont pas de Covid.

 

Nous n'avons jamais moins de 100 patients par jour. Ce sont des adultes avec toutes sortes de maux. Nous ne comprenons pas pourquoi", déclare Jørn Einar Rasmussen, directeur de l'Organisation norvégienne pour la médecine d'urgence.

 

C'est choquant.

 

La Norvège a un taux de mortalité supérieur de plus de 10% à la normale cette année. Ce n'est pas normal !

 

En fait, c'est tellement grave que le démographe de Statistics Norway, Anders Sønstebø, a averti que l'espérance de vie pourrait en fait chuter cette année - la première fois depuis 1997.

 

Mais ce n'est pas seulement le cas en Norvège.

 

Dans toute l'Europe, la surmortalité est choquante : la Grèce a enregistré 24,3 % de décès de plus que la normale en août de cette année. En Finlande, le taux de surmortalité était de 16,3 %. En Allemagne, le taux de surmortalité était de 16,5 %.

 

C'est insensé. Qu'est-ce qui se passe ici?

 

Il y a quelques mois, j'ai écrit un article sur ce sujet, notant qu'en une seule semaine cet été en Europe, il y a eu un nombre choquant de 10 000 décès non liés au Covid par rapport à l'année dernière. C'est vraiment mauvais. Vous pouvez lire mon article précédent à ce sujet ici .

 

Et ça n'a pas l'air bon.

 

Il y a maintenant plus de 1 000 décès non liés à la covidose en une seule semaine en Angleterre et au Pays de Galles. Quelle est la raison pour ça?

 

Après d'innombrables heures de recherche, je pense avoir trouvé des réponses qui pourraient vous choquer.

 

Il y a un problème de santé particulier qui a considérablement augmenté ces derniers temps et qui semble être un facteur majeur du taux de mortalité excessif.

 

Presque personne dans les médias grand public n'en parle, alors je vais le faire.

 

Regardons de plus près pour voir si nous pouvons comprendre ce qui se passe...

 

J'ai passé beaucoup de temps à rechercher et à écrire pour cette partie, elle est donc exclusive à mes abonnés payants. Si vous n'avez pas encore d'abonnement payant, envisagez d'en devenir un, car cela m'aide à continuer à écrire des articles importants comme celui-ci, et vous bénéficiez également d'un accès exclusif à tous mes articles de fond. Votre soutien est grandement apprécié et m'aide beaucoup, et ne manquez pas la suite de cet article !

 

Commençons donc par un autre regard sur le taux de mortalité gonflé et comparons-le au nombre de personnes décédées de Covid. On sait déjà que le médecin norvégien a affirmé que les patients qu'il soigne n'ont aucun lien avec le Covid. Pourtant, il remarque une augmentation du nombre de patients, et il ne sait pas pourquoi.

 

Regardons le taux de surmortalité.

 

Voici une carte de l'UE montrant la surmortalité pour le mois d'août 2022 par rapport aux décès mensuels moyens des années précédant la pandémie.

 

Capture d'écran de ec.europa.eu/eurostat

Waouh, c'est mauvais. Nous avons des taux de surmortalité extrêmement élevés dans toute l'Europe. Cela se produit non seulement dans un pays, mais dans TOUS les pays en même temps. Quelques pays qui se distinguent par une surmortalité particulièrement élevée :

 

Finlande : 16,3 %.

Grèce : 24,3 %.

Allemagne : 16,5 %

Île : 17,6 %.

En revanche, d'autres pays comme la France, la Pologne et la Norvège ont une surmortalité d'un peu plus de 10 %. Seuls quelques pays, principalement en Europe de l'Est, ont des taux relativement bas. La Hongrie est à 2,4% et la Slovaquie à 3,9%.

 

Le nombre total de décès en excès à travers l'Europe est en effet très inquiétant. Jusqu'à présent cette année, 283 457 décès supplémentaires ont été enregistrés en Europe. Ce nombre est supérieur à celui des années pandémiques 2020 et 2021, avec 257 760 décès excédentaires enregistrés en 2021 sur la même période.

 

Capture d'écran de l'EuroMOMO (euromomo.eu) 2022

Alors pourquoi plus de personnes meurent-elles maintenant, même si peu de personnes meurent de Covid et que tout le monde est vacciné ?

 

Il y a des quantités folles de décès excessifs à travers l'Europe. Quelle est la raison pour ça? Eh bien, j'ai peut-être trouvé des informations à ce sujet...

 

Augmentation massive des crises cardiaques.

 

Une nouvelle étude évaluée par des pairs de Cedars Sinai montre que les États-Unis ont connu une augmentation sans précédent des crises cardiaques mortelles au cours des années pandémiques, les jeunes groupes d'âge étant les plus durement touchés.

 

Entre le 1er avril 2020 et le 31 mars 2021, la première année de la pandémie, il y a eu une augmentation de 14 % des décès par crise cardiaque par rapport à l'année précédente.

 

Cependant, au cours de la deuxième année de la pandémie, il y a eu une augmentation choquante de 29,9 % des crises cardiaques mortelles chez les jeunes adultes âgés de 25 à 44 ans.

 

Nous savons donc que les crises cardiaques ont considérablement augmenté, mais pourquoi ? Et pourquoi y a-t-il une si forte augmentation chez les jeunes, un groupe d'âge où les crises cardiaques ne sont pas très courantes. Eh bien, selon Cedars Sinai, il y a plusieurs explications...

 

La première est que cela a quelque chose à voir avec la maladie de Covid elle-même. Covid semble causer des problèmes cardiaques et cardiovasculaires dans certains cas, ce qu'un cardiologue renommé en Norvège m'a également confirmé (mais il a également dit qu'autre chose provoquait également des problèmes cardiaques…).

 

Je connais aussi personnellement des membres de ma famille qui ont eu des problèmes cardiovasculaires après avoir pris Covid, donc je pense certainement que cela expliquerait une partie de l'augmentation.

 

Et cela aurait aussi du sens. Beaucoup de gens soupçonnent depuis longtemps que Covid est né dans un laboratoire. Bien sûr, vous ne pouviez pas dire cela. Mais maintenant, vous êtes soudainement autorisé à le dire, car un nouveau rapport du Sénat américain indique que la théorie des fuites de laboratoire est l'origine la plus probable de Covid.

 

Si Covid est né dans un laboratoire, il serait logique qu'il puisse causer des problèmes inattendus et étranges, inhabituels avec d'autres maladies comme la grippe. Surtout si c'est une maladie d'origine humaine. Mais cela ne signifie pas que nous devrions tous avoir peur, comme nous le disent les médias. Au contraire, nous devons reprendre une vie normale et ne jamais oublier la tyrannie qui a eu lieu.

 

Ceux qui sacrifient la liberté pour la sécurité n'en auront pas. Nous avons eu des confinements pendant plusieurs années et pourtant ils sont tous devenus gratuits.

 

Nouvelles indépendantes…

 

Je peux vous dire que j'ai eu des problèmes de palpitations cardiaques ces derniers temps. Cela m'inquiétait un peu, alors j'ai pris rendez-vous avec l'un des meilleurs cardiologues de Norvège. Je ne révélerai pas son nom mais je peux vous dire qu'il est l'un des meilleurs du pays.

 

Je me suis donc rendu à la clinique pour faire vérifier mon cœur, avec un échocardiogramme, un électrocardiogramme et un test d'effort pour l'exercice. Le programme complet.

 

L'une des premières choses qu'il m'a demandées lors du rendez-vous était de savoir si j'avais pris le tu-sais-quoi, car il m'a dit que cela et Covid pourraient être à l'origine de ces problèmes. Gardez à l'esprit que c'est l'un des meilleurs cardiologues de Norvège qui m'a dit cela, ce n'est pas quelque chose que je dis.

 

Quant à mes arythmies, heureusement, elles ont été diagnostiquées comme bénignes et n'étaient pas préoccupantes. C'est une bonne nouvelle pour moi.

 

Pour en revenir au rapport Cedars Sinai, une autre explication qu'ils donnent est que l'augmentation des problèmes cardiaques peut être liée à "des défis psychologiques et sociaux dans le contexte de la pandémie". Autrement dit, ils parlent de fermetures, d'assignations à résidence et de pertes d'emplois.

 

C'est étrange que l'actualité en parle à peine, quel est le vrai coût des fermetures ? Combien de personnes ont développé des problèmes cardiaques en raison du stress d'avoir été enfermées chez elles pendant des mois sans possibilité de socialiser ou de faire de l'exercice ?

 

Et autre chose devrait être considéré. S'il est vrai que Covid peut causer des problèmes cardiaques, y a-t-il autre chose, quelque chose d'artificiel conçu pour imiter Covid qui pourrait causer les mêmes problèmes, quelque chose que presque tout le monde a eu ?

 

Surmortalité inquiétante en Angleterre.

 

Il est rapporté que les décès dus aux arythmies cardiaques sont probablement une des principales raisons de la mystérieuse augmentation des taux de surmortalité en Angleterre et au Pays de Galles.

 

Examinons d'abord le taux de surmortalité. Voici les dernières statistiques pour la semaine terminée le 14 octobre.

 

Capture d'écran du site Web du gouvernement britannique.

Nous voyons donc qu'en une semaine seulement, il y a eu 1 608 décès en excès, soit 15,9 % de plus que la normale. Seuls 4,8% de tous les décès étaient dus au Covid (565 personnes). A noter que dans 66,2% de ces décès, le Covid était la cause réelle du décès.

 

Ainsi, dans près de 34% des décès liés à Covid, Covid ne semble pas être la principale cause de décès. Donc, si nous regardons simplement le nombre de personnes décédées avec Covid comme cause de décès, c'était 374 décès. C'est important. Mais soyons prudents et utilisons le chiffre de 565 décès où Covid était un facteur.

 

Vient maintenant la partie intéressante. Sur les 1 608 décès excédentaires, seuls 565 étaient liés à Covid, ce qui signifie qu'il y a eu 1 043 décès excédentaires non liés à Covid en une seule semaine.

 

Plus de 1 000 décès supplémentaires non liés au Covid en Angleterre et au Pays de Galles en une seule semaine. Qu'est-ce qui se passe ici? Des gens meurent, et pas à cause de Covid, comme le préviennent les médecins norvégiens.

 

Selon les statistiques, de nombreuses personnes meurent à domicile, avec 26,8 % de personnes de plus que la normale. 14,3% au-dessus de la normale sont décédés dans les hôpitaux et 10,6% au-dessus de la normale sont décédés dans des maisons de retraite.

 

Les décès en excès ne sont pas principalement dus à Covid. En juin, il y a eu 3 516 décès excédentaires, dont 82% n'étaient pas liés à Covid.

 

Pourquoi plus de gens meurent chez eux ? Cela semble indiquer que davantage de personnes meurent subitement. Nous avons vu beaucoup de reportages dans les médias ces derniers temps sur des personnes décédées soudainement et sans explication, sans parler des nombreux athlètes qui se sont soudainement effondrés en jouant. Il est clair qu'il se passe quelque chose d'étrange qui n'est pas normal.

 

Le nombre d'arythmies cardiaques augmente rapidement.

 

Quelle est donc la cause de ce nombre excessif de décès que nous constatons ? Eh bien, il semble que les problèmes cardiaques soient une raison majeure, ce qui serait cohérent avec tous les athlètes dont nous avons entendu parler qui s'effondrent avec des crises cardiaques.

 

Les décès dus à l'arythmie cardiaque avaient le deuxième taux de surmortalité le plus élevé en Angleterre et au Pays de Galles en mars et avril de cette année. En mai, le nombre de décès dus à l'arythmie cardiaque était de 39 % et en juin, il était de 17,9 % supérieur à la normale.

 

Les mois de mars, avril et mai ont vu une augmentation des décès dus aux arythmies cardiaques, principalement chez les plus de 80 ans », a déclaré Sarah Caul de l'ONS.

 

Cela ressemble à ce dont nous parlions plus tôt aux États-Unis, où il y a eu une augmentation spectaculaire des crises cardiaques ces derniers temps.

 

Si ces problèmes se produisaient dans un seul pays, on pourrait conclure qu'il y a une anomalie. Mais lorsque la même chose se produit dans différents pays d'outre-Atlantique, il semble y avoir une tendance, quelque chose d'étrange se passe. Quel est le facteur commun ici? Sommes-nous même autorisés à poser cette question?

 

Vous souvenez-vous de la fois où on nous a dit de nous enfermer et de rester à la maison pour sauver notre grand-mère ? Si cela ne faisait que sauver une vie, cela en valait la peine. Mais maintenant, à travers l'Europe, des milliers et des milliers de plus meurent chaque semaine que la normale et personne ne semble plus s'en soucier, du moins pas les médias. Ceci est largement ignoré. Des gens meurent, leur vie vaut autant que celle de leur grand-mère il y a deux ans.

 

Pourquoi les gouvernements n'ordonnent-ils pas des enquêtes sur les causes de ces problèmes cardiaques ? Pourquoi les médias ne posent-ils pas de questions et ne tiennent-ils pas ceux qui sont au pouvoir responsables ? Tant de questions, si peu de réponses.

 

La vérité est qu'ils ne veulent pas, sinon ils l'auraient fait.

 

Vous souvenez-vous du médecin norvégien qui a tiré la sonnette d'alarme sur la mystérieuse augmentation du nombre de patients ? Une interview de lui a même été publiée sur la radio d'État norvégienne. De plus en plus de personnes sont admises aux urgences des hôpitaux et de plus en plus de personnes meurent. Cela a incité les Norvégiens à spéculer si le "vous-savez-quoi" en était la cause, et de nombreux Norvégiens se sont tournés vers les réseaux sociaux pour poser des questions.

 

Espen Nakstad, le directeur adjoint de l'Autorité sanitaire norvégienne, a bien sûr immédiatement réfuté cela ! Il dit que l'augmentation des hospitalisations d'urgence est plus importante dans le sud de la Norvège que dans le nord du pays. Donc ça ne peut pas être à cause du vaccin, dit-il.

 

Son explication est que la population norvégienne a augmenté et que, par conséquent, davantage de personnes sont hospitalisées et meurent.

 

Plus de questions à se poser, l'expert a parlé !

 

Par ailleurs, l'Agence norvégienne des médicaments vient de répertorier les "saignements menstruels abondants" comme effet secondaire du vaccin, avec 5000 femmes signalant des saignements. Considérez que la population de la Norvège n'est que de 5,4 millions de personnes. Combien d'entre elles sont des femmes en âge de menstruer ? Pas tant que ça. 5 000 est un nombre important.

 

Une autre nouvelle est que le taux de natalité a mystérieusement chuté cette année, tandis que le nombre de décès excessifs a mystérieusement augmenté.

 

Le nombre de décès en excès est si élevé que les médecins tirent désormais la sonnette d'alarme. Les taux de natalité ont mystérieusement chuté partout dans le monde en même temps.

 

Les problèmes cardiaques sont un facteur majeur de la mystérieuse augmentation du taux de mortalité.

 

C'est inquiétant et une enquête plus approfondie doit être menée pour savoir exactement ce qui se passe ici, mais je doute fort que cela se produise parce que les raisons...

 

C'est une tragédie à grande échelle et elle est ignorée.

 

SOURCE: LES MÉDECINS TIRENT LA SONNETTE D'ALARME - MYSTÉRIEUSE AUGMENTATION DES DÉCÈS EXCESSIFS

 

https://uncutnews.ch/immer-mehr-aerzte-schlagen-alarm-mysterioeser-anstieg-der-sterbefaelle/

____________

Note du Blog Christ-Roi.

 

Un début de réponse ? Le PDG de Pfizer lors d'une réunion du WEF (World Economic Forum, Forum économique mondial) avait déclaré : "Notre rêve et notre objectif est de réduire la population humaine de 50% d'ici 2023".

 

 

Plusieurs tweets ces derniers jours évoquent ce drame en cours. Dans de nombreux pays vaccinés en même temps, il y a une surmortalité très élevée cette année (dans le même temps, le taux de natalité s'effondre aussi mystérieusement cette année).

Sur cette surmortalité les députés Européens commencent à se poser des questions :

 

 

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4 novembre 2022 5 04 /11 /novembre /2022 01:00
Saint Charles, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 43.

Saint Charles, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 43.

Saint Charles Borromée, né au sein de l'opulence et des grandeurs, devait être l'un des plus illustres pontifes de l'Église.

Neveu du Pape Pie VI, Charles était cardinal avant l'âge de vingt-trois ans.  

Après son élévation au sacerdoce, il fut promu à l'archevêché de Milan (1564). Il s'employa à y appliquer les mesures de la Contre-Réforme prises au Concile de Trente (1545-1563), auquel il participa, s'attachant à réformer les abus qui s'étaient introduits dans l'Église.

Il fit rédiger le célèbre catéchisme connu sous le nom de Catéchisme du Concile de Trente (1566).

Le diocèse de Milan était alors dans une désorganisation complète : peuple, clergé, cloîtres, tout était à renouveler. Le pontife se mit à l'œuvre, mais donna d'abord l'exemple.

Il mena dans son palais la vie d'un anachorète ; il en vint à ne prendre que du pain et de l'eau, une seule fois le jour ; ses austérités atteignirent une telle proportion, que le Pape dut exiger de sa part plus de modération dans la pénitence. 

Il vendit ses meubles précieux, se débarrassa de ses pompeux ornements, employa tout ce qu'il avait de revenus à l'entretien des séminaires, des hôpitaux, des écoles, et au soulagement des pauvres et des mendiants.

Son personnel était soumis à une règle sévère ; les heures de prières étaient marquées, et personne ne s'absentait alors sans permission. Les prêtres de son entourage, soumis à une discipline encore plus stricte, formaient une véritable communauté, qui donna à l'Église un cardinal et plus de vingt évêques. 

L'archevêque transforma le service du culte dans sa cathédrale et y mit à la fois la régularité et la magnificence.

Toutes les œuvres nécessaires furent fondées, et l'on vit apparaître partout un renouveau de vie chrétienne.

Ce ne fut pas sans de grandes épreuves. Charles reçut un jour, un coup d'arquebuse, pendant qu'il présidait à la prière dans sa chapelle particulière ; le Saint continua la prière sans trouble.

Pendant la peste de Milan,  il montra un grand dévouement. Il visitait toutes les maisons et les hôpitaux, et sauva la vie à soixante-dix mille malheureux.

Les pieds nus et la corde au cou, le crucifix à la main, il s'offrit en holocauste.

Il mourut sur la cendre à quarante-six ans.

Saint Charles Borromée, archevêque de Milan

Sources: (1); (2); (3) ; Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 42.

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3 novembre 2022 4 03 /11 /novembre /2022 01:00
Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 83.

Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 83.

Saint Hubert, évêque de Tongres-Maastricht-Liège († 727), Patron des chasseurs

 

Évangélisateur des Ardennes au VIIe siècle, saint Hubert est issu de la haute noblesse franque ; il est même probablement apparenté aux Pépinides et fut contemporain de Pépin de Herstal et de Charles Martel dont il fut proche. 

 

Il avait douze ans quand, au milieu d'une chasse, il vit un ours furieux se jeter sur son père et l'étreindre de ses griffes redoutables. À ce spectacle, il poussa un cri vers le Ciel : "Mon Dieu, faites que je sauve mon père !" Aussitôt, se jetant sur l'animal féroce, il lui donne le coup de la mort. C'est là, sans doute, le premier titre de saint Hubert à sa réputation de patron des chasseurs.

 

Plus tard, les chroniqueurs nous disent qu'il était connu par « les folles joies de sa vie mondaine » peu édifiante, jusqu'au jour où la grâce de Dieu vint le toucher. Hubert chassait un Vendredi saint dans la forêt des Ardennes, ce qui était une chose peu convenable pour un chrétien. Soudain, un beau cerf, qu'il poursuit avec ardeur, s'arrête et lui fait face. Entre les cornes de l'animal brille une Croix éclatante, et une voix prononce ces paroles :

 

"Hubert! Hubert! Jusqu'à quand poursuivras-tu les bêtes dans les forêts? Jusqu'à quand cette vaine passion te fera-t-elle oublier le salut de ton âme ?"

 

 - Seigneur, s'écrie le jeune prince, que voulez-vous que je fasse ?

 

- Va vers l'évêque Lambert, convertis-toi. Fais pénitence de tes péchés, ainsi qu'il te sera enseigné. Voilà ce à quoi tu dois te résoudre pour n'être point damné dans l'éternité. Je te fais confiance, afin que mon Église, en ces régions sauvages, soit par toi grandement fortifiée.

 

Et Hubert de répondre, avec force et enthousiasme :

- Merci, ô Seigneur. Vous avez ma promesse.

Je ferai pénitence, puisque vous le voulez.
Je saurai en toutes choses me montrer digne de vous!

Bientôt Hubert renonce à tous ses droits sur la couronne d'Aquitaine, se revêt d'un costume de pèlerin et s'achemine vers Rome.

Saint Hubert († 727), Patron des chasseurs

Le culte de saint Hubert - chasseur s'était surtout développé sous l'influence des amateurs de vénerie, autrement dit les aristocrates, pour qui la chasse, préfiguration de la guerre, était l'occasion de faire valoir leurs vertus de classe :
la bravoure, l'intrépidité, la virtuosité dans le maniement des armes.
La chasse jouait un rôle important dans la culture aristocratique.

 

Comme il arrivait au tombeau des saints Apôtres, le Pape Sergius, dans une vision, apprenait le meurtre de l'évêque Lambert, victime de son zèle pour la défense de la sainteté conjugale, et il recevait l'ordre d'envoyer à sa place le pèlerin qui arrivait en ce moment, pour prier à la basilique de Saint-Pierre. Le Pontife trouva en effet l'humble pèlerin, lui fit connaître les ordres du Ciel, et Hubert, malgré sa frayeur et ses larmes, dut se soumettre à la volonté de Dieu.

 

"Pendant qu’on célébrait la messe de son élévation à l’épiscopat, l’ange apparut de nouveau et apporta de la part de Saint Pierre une clé assez semblable à une clé d’or, et la lui présenta en disant : « Cette clé que Dieu vous envoie aura un pouvoir efficace sur les démons, sur les énergumènes, sur les frénétiques et sur les puissances infernales. Elle sera, comme la baguette de Moyse, un précieux instrument d’œuvres merveilleuses que le Seigneur fera à votre prière. Quiconque aura été mordu par des animaux enragés, sera par sa vertu préservé de la rage. Elle se perpétuera de siècle en siècle, en votre mémoire, et ceux qui auront recours à vous, dans leurs infirmités, seront guéris."

 

De retour en sa patrie, il fonda l'évêché de Liège, où il fit briller toutes les vertus des Apôtres. Saint Hubert fut un grand évêque, proche de ses fidèles qu'il rejoignait là où ils vivaient, dans les clairières, sur les rivières, dans les villages. Attentif à toute misère, il aidait les malheureux et les prisonniers. Sa douce et persuasive éloquence captivait les foules ; il parlait quelquefois pendant trois heures consécutives, sans qu'on se lassât de l'entendre. À la puissance de la parole il joignait celle des miracles. À sa prière, les démons abandonnaient le corps des possédés, les flammes de l'incendie s'éteignaient, la sécheresse désastreuse cessait tout à coup pour céder la place à une pluie féconde : "Le Dieu d'Élie est le nôtre, disait-il, implorons-le dans la prière et le jeûne ; la miséricorde fera le reste."

 

La vision de saint Hubert par Jan Brueghel l'Ancien et Pierre Paul Rubens.

 

Très tôt, dans la tradition liégeoise, le prélat est apparu comme se trouvant à l'origine de la fortune historique de Liège.
Notons que, dès son vivant, sa réputation de sainteté était grande.

 

Il mourut le 30 mai 727 des suites d'une blessure occasionnée par un ouvrier maladroit qui lui écrasa la main gauche. Une voix céleste lui dit un jour : "Hubert, dans un mois tes liens seront brisés." Il se prépara pieusement à la mort, et, après avoir chanté le Credo et entonné le Pater, il rendit son âme à Dieu.  

 

On invoque saint Hubert contre la rage et contre la peur.

 

Seize ans après sa mort, eut lieu l'élévation de son corps, qui fut transféré devant le maître-autel de la basilique le 3 novembre 743. C'était, d'après les idées du temps, l'équivalent de la canonisation ou la reconnaissance officielle de la sainteté. Le 30 septembre 825, l'évêque Walcaud fit transporter le corps tout entier de saint Hubert, de Liège à Andage. Vu l'importance exceptionnelle de la forêt d'Ardenne, au temps des Carolingiens, saint Hubert a connu une histoire extraordinaire. Saint-Hubert avait à peine pris possession de sa nouvelle demeure qu'il devenait, pour ainsi dire d'emblée, le véritable roi du pays.
 

Très tôt, saint Hubert devint le guérisseur de la rage, la terrible maladie, transmise surtout par les chiens. Très rapidement, il se fit connaître d'abord des doyennés de Bastogne, de Behogne et de Graide, puis des diocèses voisins. Il franchit les frontières à l'est et à l'ouest. Saint Hubert est en fait le saint des chasseurs (à courre). Il usurpe en quelque sorte le rôle de S. Georges qui lui est le véritable saint des cavaliers et dont la fête est en avril.

Saint Hubert et le cerf, 1450, Londres, British Library, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 646-647.

Saint Hubert et le cerf, 1450, Londres, British Library, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 646-647.

 

Sources: (1) ; (2) ; (3) ; (4) ; (5) ; (6) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 82-83. 

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2 novembre 2022 3 02 /11 /novembre /2022 01:00
Commémoration des Fidèles Défunts

Le souvenir des parents et amis disparus, des personnes dont la vie, l'action, les bienfaits nous ont marqués, est la chose la plus répandue et la plus naturelle du monde. Monuments funéraires et commémoratifs, portraits ou photographies exposés en bonne place dans les maisons, en témoignent abondamment.

 

Mais, pour les chrétiens, la mémoire des défunts s'accompagne de la prière d'intercession pour eux et pour "tous les morts dont Dieu seul connaît la foi". C'est ainsi que, dès le IIème siècle, la prière liturgique pour les défunts est attestée en Afrique du Nord.

 

Toutefois, c'est bien plus tard qu'a été instaurée, et fixée au 2 novembre, la Commémoration de tous les fidèles défunts, à l'initiative d'Odilon, abbé de Cluny (994-1049) - qui en prescrivit la célébration dans les maisons de l'Ordre; ce qui eut lieu pour la première fois le 2 novembre 998. De là, elle se répandit rapidement dans toute l'Eglise latine. (1)

 


Nous n’avons pas de révélation directe du purgatoire dans la Parole de Dieu ; c’est bien pourquoi les réformateurs protestants du XVIème siècle ont rejeté cette doctrine, née selon eux de l’imaginaire des hommes. Elle s’enracine pourtant dans la tradition de l’Ancien Testament. Deux siècles avant Jésus-Christ, nous trouvons le témoignage en 2 Macc 12, 46 de la croyance en la valeur et en l’efficacité de la prière pour les morts. L’offrande faite par Juda Maccabées en faveur des soldats morts au combat sur lesquels on avait trouvé des objets idolâtriques, prouve qu’il croyait en la possibilité d’une purification de l’âme par-delà la mort. L’Église primitive a fait sienne cette doctrine et a développé dès le second siècle la prière pour les morts.

 

Une parole du Christ expliquant qu'il y a des péchés - celui contre le Saint-Esprit - qui ne seront pardonnés "ni en ce monde ni dans l'autre" (Mt, 12, 31-32), indique qu'il y a des péchés qui sont pardonnés dans l'autre monde. Cela ne peut être au paradis, mais au purgatoire.

 

Depuis toujours l'Eglise prie pour les morts. Et même avant l'Eglise, Israël priait pour ses défunts. Si les défunts sont déjà au Ciel, il n'y a plus besoin de prier pour eux, il vaut mieux au contraire se recommander à leurs prières. Si les défunts sont en enfer, c'est trop tard. Et si, comme nous le croyons, ils sont en marche vers le paradis, nous pouvons hâter cette marche par nos prières et nos suffrages.
 
Dès les premiers temps de l'Eglise, on célébrait la messe sur le tombeau des défunts, et c'est de là que vient le dogme du purgatoire. »

 

"S'il envisageait qu'une très belle récompense est réservée à ceux qui s'endorment dans la piété, c'était là une pensée sainte et pieuse : voilà pourquoi il fit faire pour les morts ce sacrifice expiatoire, afin qu'ils fussent délivrés de leur péché." (verset 45 du chapitre 12 du IIe Livre des Maccabées, IIe siècle av. J.-C.)

 

En Occident, les conciles œcuméniques de Florence au XVème s. et de Trente au XVIème s. ont défini de manière dogmatique l’existence du purgatoire :

"Instruite par l’Esprit Saint et puisant à la Sainte Ecriture et à l’antique Tradition des Pères, l’Église catholique a enseigné dans les Saints Conciles qu’il y a un lieu de purification (purgatorium) et que les âmes qui y sont détenues sont aidées par les suffrages des fidèles mais surtout par le Sacrifice de l’Autel agréable à Dieu." (Concile de Trente).

 

Cette doctrine fut pleinement confirmée par le Concile Vatican II, dans lequel nous lisons :

"Ainsi donc en attendant que le Seigneur soit venu dans sa majesté, accompagné de tous les anges (Mt 15, 31) et que, la mort détruite, tout lui ait été soumis (I Co 15, 26-27), les uns parmi ses disciples continuent sur la terre leur pèlerinage, d’autres, ayant achevé leur vie, se purifient encore ; d’autres enfin, sont dans la gloire contemplant dans la pleine lumière, tel qu’il est, Dieu un en trois Personnes." (Constitution dogmatique sur l’Église : Lumen Gentium, 49).

"La pensée de prier pour les morts, afin qu’ils soient délivrés de leurs péchés, est une pensée sainte et pieuse (2 Maccabées 12, 45)." (Lumen Gentium, 50).

"Cette foi vénérable de nos pères en la communion de vie qui existe avec nos frères déjà en possession de la gloire céleste, ou en voie de purification après leur mort, le Saint Concile la recueille avec grande piété." (Lumen Gentium, 51).

 

Interprétant ces textes du Concile, Jean-Paul II a expliqué :

"Unie aux mérites des saints, notre prière fraternelle vient au secours de ceux qui sont en attente de la vision béatifique. Selon les commandements divins, l’intercession pour les morts obtient des mérites qui servent au plein accomplissement du salut. C’est une expression de la charité fraternelle de l’unique famille de Dieu, par laquelle nous répondons à la vocation profonde de l’Église : « sauver des âmes qui aimeront Dieu éternellement » (Thérèse de Lisieux). Pour les âmes du purgatoire, l’attente du bonheur éternel, de la rencontre avec le Bien-Aimé, est source de souffrances à cause de la peine due au péché qui maintient loin de Dieu. Mais l’âme jouit de la certitude que, le temps de sa purification achevé, elle ira à la rencontre de Celui qu’elle désire (cf. Ps 42 ; 62). J’encourage donc les catholiques à prier avec ferveur pour les défunts, pour ceux de leurs familles et pour tous nos frères et sœurs qui sont morts, afin qu’ils obtiennent la rémission des peines dues à leurs péchés et qu’ils entendent l’appel du Seigneur à entrer dans la plénitude de sa gloire." (2)

 

Saint Cyprien

- Saint Cyprien (IIIe siècle), Traité sur la mort XX.

 

"Nous ne devons pas pleurer nos frères que l'appel du Seigneur a retirés de ce monde, puisque nous savons qu'ils ne sont pas perdus, mais partis avant nous: ils nous ont quittés comme des voyageurs, comme des navigateurs, pour nous précéder [...] Ne donnons pas aux païens l'occasion de nous reprocher, avec raison, de nous lamenter sur ceux que nous déclarons vivants auprès de Dieu, comme s'ils étaient anéantis et perdus."

 

- Saint Irénée de Lyon (IIe siècle), Contre les Hérésies V, 2,3.

 

Saint Irenee de lyon - église Saint Irenee Lyon
Saint Irénée de Lyon

"Comme le grain de blé

Le bois de la vigne, une fois planté en terre, porte du fruit quand vient le temps. De même, le grain de froment, après être tombé en terre et s'y être dissous (Jn 12,24), resurgit multiplié par l'Esprit de Dieu qui soutient toutes choses. Ensuite, grâce au savoir faire, ils viennent à l'usage des hommes ; puis, en recevant la Parole de Dieu, ils deviennent eucharistie, c'est à dire le Corps et le Sang du Christ.

De même nos corps, qui sont nourris par cette eucharistie, après avoir été couchés dans la terre et s'y être dissous, ressusciteront en leur temps, lorsque le Verbe de Dieu les gratifiera de la résurrection, "pour la gloire de Dieu le Père" (Ph 2,11). Car il procurera l'immortalité à ce qui est mortel et l'incorruptibilité à ce qui est périssable (1Co 15,53), parce que la puissance de Dieu se déploie dans la faiblesse (2 Co 12,9).

Dans ces conditions nous nous garderons bien, comme si c'était de nous-mêmes que nous avons la vie, de nous enfler d'orgueil, de nous élever contre Dieu en acceptant des pensées d'ingratitude. Au contraire, sachant par expérience que c'est de sa grandeur à lui [...] que nous tenons de pouvoir vivre à jamais, nous ne nous écarterons pas de la vraie pensée sur Dieu et sur nous-mêmes. Nous saurons quelle puissance Dieu possède et quels bienfaits l'homme reçoit de lui. Nous ne nous méprendrons pas sur la vraie conception qu'il faut avoir de Dieu et de l'homme. D'ailleurs [...], si Dieu a permis notre dissolution dans la terre, n'est-ce pas précisément pour que, instruits de toutes ces choses, nous soyons dorénavant attentifs en tout, ne méconnaissant ni Dieu ni nous-mêmes ? [...] Si la coupe et le pain, par la Parole de Dieu, deviennent eucharistie, comment prétendre que la chair est incapable de recevoir la vie éternelle ?"

 

Sources: (1), (2)

 

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1 novembre 2022 2 01 /11 /novembre /2022 02:00

 

Fête de tous les saints.

La dédicace que fit, l'an 607, le pape Boniface IV de l'église du Panthéon de Rome que l'empereur Phocas lui donna, a donné lieu à l'établissement de cette fête de tous les saints. En effet, il dédia cet ancien temple d'idoles à l'invocation de la sainte Vierge et de tous les martyrs (Dedicatio Sancta Maria ad martyres) ; c'est ce qui lui a fait donner le nom de Notre-Dame des Martyrs, ou de la Rotonde, parce que cet édifice est en forme d'un demi-globe. Boniface suivit en cela les intentions de saint Grégoire le Grand, son prédécesseur. Il y fit transporter des corps de nombreux martyrs des catacombes.

Mais les premières traces d'une célébration générale sont attestées à Antioche et se rapportent au dimanche après la Pentecôte. Cette coutume est citée dans la 74e homélie de saint Jean Chrysostome de 407.

 

Puis, entre 731 et 741, le pape Grégoire III consacra une chapelle dans l'église de Saint-Pierre à l'honneur de tous les saints, des martyrs, des confesseurs et de tous les justes en choisissant le 1er novembre comme date anniversaire; il augmenta ainsi la solennité de la fête: depuis ce temps-là elle a toujours été célébrée à Rome.

 

Grégoire IV étant venu en France l'an 837, sous le règne de Louis le Débonnaire, cette fête s'y introduisit et y fut bientôt généralement adoptée; mais le P. Ménard a prouvé qu'elle avait déjà lieu auparavant dans plusieurs églises, quoiqu'il n'y eût encore aucun décret porté à ce sujet; Notes sur le Sacram de Saint Grég., p. 152; Thomassin, Traité des Fêtes, etc. Les Grecs la célèbrent le dimanche après la Pentecôte.

 

L'objet de cette solennité est non seulement d'honorer les saints comme les amis de Dieu, mais de lui rendre grâces des bienfaits qu'il a daigné leur accorder, et du bonheur éternel dont il les récompense, de nous exciter à imiter leurs vertus, d'obtenir leur intercession auprès de Dieu. (1)

 

Le culte des saints débute au IIe siècle avec saint Polycarpe

 

Saint Polycarpe de Smyrne

 

Dans son livre "Les saints au Moyen Age, la sainteté d'hier est-elle pour aujourd'hui ?" (Plon, Mesnil-sur-l'Estrée 1984), l'historienne médiéviste Régine Pernoud indique qu'avec S. Polycarpe (+ martyr en 167 ap. J-C.) débute le culte des saints:

 

« Si dans un louable désir de pureté nous nous retrouvons à la primitive Église, que voyons-nous ?

« Au IIe s. déjà les corps des martyrs, ceux qui ont affirmé leur foi au prix même de leur vie, sont l'objet d'une vénération particulière…

« Non pas, comme l'écrit tel auteur, que l'on considérât désormais Polycarpe comme une sorte de "divinité inférieure" ni son corps comme un "talisman précieux" mais parce que lui et ses semblables avaient réalisé dans toute sa plénitude la remarque évangélique : "Pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime", et que leur martyre avait fait de chacun d'eux, à jamais, un autre Christ.

« Ainsi un S. Cyprien recommande-t-il au clergé et aux fidèles de noter avec précision la date de la mort des martyrs, lui qui devait certain jour être conduit et enterré au cimetière de Carthage par ce même clergé qu'il avait ainsi instruit.

« C'est assez dire que le culte des reliques est lié intrinsèquement à la vie même de l'Église, à son développement, à la propagation de l'Évangile, et cela toujours et partout. » (2)

Sources:

 

(1) Nicolas Bergier (1718-1790), Encyclopédie théologique, publ. par M. l'abbé Migne,  Ateliers catholiques au Petit-Montrouge, tome IV, Paris 1850-1851, p. 804-805; (2) Régine Pernoud,  Les saints au Moyen Age, la sainteté d'hier est-elle pour aujourd'hui ? Plon, Mesnil-sur-l'Estrée 1984 p. 239-240.

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31 octobre 2022 1 31 /10 /octobre /2022 02:00

Quentin fut un de ces jeunes Romains qui, comme les saints Crépin et Crépinien, vinrent prêcher l'Évangile dans les Gaules et y communiquer le trésor de la foi qu'ils avaient reçu. (1)


Fils d’un sénateur romain, cinquième enfant, si l'on en croit son nom, ce qui était rare dans le Bas-Empire. Il se convertit au Christianisme et partit pour la Gaule avec saint Lucien de Beauvais et plusieurs compagnons pour évangéliser cette région du Beauvaisis et de la Picardie. (2)

 

Durant la persécution de Maximien, il fut arrêté par un préfet nommé Rictiovar, qui le fit conduire en un lieu nommé Augusta Veromandorum (ou Augusta des Vermandois).

 

Amiens (Somme, Picardie) fut le centre de son apostolat.

 

Les miracles confirmaient son enseignement :

- il traçait le signe de la Croix sur les yeux des aveugles, et ils voyaient ;

- il faisait parler les muets, entendre les sourds, marcher les paralytiques.

 

Ces éclatants prodiges excitaient l'admiration des uns et la haine des autres. Quentin fut bientôt dénoncé à Rictiovarus, gouverneur romain, et il comparut devant lui :

 

- « Comment t'appelles-tu ? lui demande Rictiovarus.

- “Je m'appelle chrétien. Mon père est sénateur de Rome ; j'ai reçu le nom de Quentin.

- Quoi ! un homme de pareille noblesse est descendu à de si misérables superstitions !

- La vraie noblesse, c'est de servir Dieu ; la religion chrétienne n'est pas une superstition, elle nous élève au bonheur parfait par la connaissance de Dieu le Père tout-puissant et de son Fils, engendré avant tous les siècles.

- Quitte ces folies et sacrifie aux dieux.

- Jamais. Tes dieux sont des démons ; la vraie folie, c'est de les adorer.

- Sacrifie, ou je te tourmenterai jusqu'à la mort.

- Je ne crains rien ; tu as tout pouvoir sur mon corps, mais le Christ sauvera mon âme.”»

 

Cette si généreuse confession est suivie de cruels supplices ; mais Dieu soutient son martyr, et l'on entend une voix céleste, disant : « Quentin, persévère jusqu'à la fin, je serai toujours auprès de toi. »

 

En même temps, ses bourreaux tombent à la renverse. Jeté dans un sombre cachot, Quentin en est deux fois délivré par un Ange, va prêcher au milieu de la ville, et baptise six cents personnes. Après de nouveaux et plus cruels encore supplices, Quentin eut la tête tranchée à Vermand, ville qui prendra son nom : Saint Quentin (Aisne, Picardie). Son corps fut jeté par les soldats romains dans les marais qui entourent la Somme. Mais grâce à la révélation d’un ange, il fut retrouvé intact plus de cinquante après.

 


Les versions les plus anciennes des récits de la passio (passion ou martyre) et de l’inventio prima (découverte), ont été rédigées entre le milieu du VIIe siècle et le début du VIIIe siècle.

Mais l’évêque de Tours Grégoire dans son livre sur les martyrs (In gloria martyrum), écrit avant la fin du VIe siècle, donne un résumé de l’inventio en tous points conforme au texte qui nous est parvenu. L’existence d’un texte antérieur, perdu, est donc probable. (3)

 

http://arrasmedia.keeo.com/egise-marthes-83999_2.jpgVitrail de St Quentin martyr, Eglise du Hameau de Marthes, Commune de Mametz (Pas-de-Calais)

 

L’archéologie vient de confirmer l’ancienneté du culte de saint Quentin.

Son tombeau est un lieu de pèlerinage important depuis le VIe siècle au moins (cf. Grégoire de Tours, cité plus haut qui rapporte un miracle survenu suite à une prière faite sur la tombe du martyr).

Les recherches archéologiques récentes montrent que l'emplacement de sa tombe était matérialisé à l'intérieur de l'église, depuis le milieu du IVe siècle, par un monument de bois, puis de pierre.

Son tombeau devint un lieu de pèlerinage important au VIe siècle (cf. Grégoire de Tours rapporte un miracle survenu suite à une prière faite sur la tombe du martyr).

Il n’est donc pas étonnant que l’église de Saint-Quentin ait été hautement favorisée par les Carolingiens, puis par les puissants comtes de Vermandois (l’église de Saint-Quentin a été l’une des plus riches de Picardie).

Dans le Vermandois, en Gaule Belgique, vers la fin du IIIe siècle, saint Quentin, martyr, qui était de l'Ordre sacerdotal et fut mis à mort pour le Christ sous l'empereur Maximien.

 

Martyrologe romain (4)

 

Saint Quentin délivré par un ange

 

Sources: 1, 2, 3, 4, 5

 

 

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29 octobre 2022 6 29 /10 /octobre /2022 20:00

Comme chaque année, Poutine a de nouveau prononcé un discours liminaire au Valdai Club. Ce faisant, il a réglé ses comptes avec l'Occident et sa politique et, en même temps, a serré la main de tous les pays du monde.

Poutine sur le nouvel ordre mondial : la Russie serre la main de tous les États

28 octobre 2022 

Les discours du président russe à Valdai sont un point culminant géopolitique pour les amis et les ennemis, car Poutine donne un compte rendu détaillé de sa vision de la situation politique internationale actuelle et passe ensuite des heures à répondre aux questions des experts dans la salle. Cette année encore, la discussion a duré plus de quatre heures.

 

Je traduis ici le discours d'ouverture du président Poutine dans lequel il a tenu compte des « valeurs » occidentales et où elles mènent. Pour Poutine, il est évident que la domination de l'Occident appartient déjà au passé : aux yeux de Poutine, l'Occident se bat pour sa survie. Dans les prochains jours, je traduirai et publierai des questions sélectionnées de la table ronde qui a suivi le discours de Poutine et les réponses de Poutine à celles-ci.

 

Aujourd'hui, nous commençons par son discours dans lequel il appelle à la coopération mondiale et au respect mutuel, et propose au monde une alternative à l'ordre mondial dominé par l'Occident. Ce qui m'a particulièrement impressionné dans le discours de Poutine, c'est la manière dont il s'est adressé aux Occidentaux et leur a tendu la main en sachant que là-bas aussi, de nombreuses personnes ne sont pas d'accord avec ce que font leurs gouvernements.

 

Début de la traduction :

 

Chers participants de la session plénière ! Mesdames et Messieurs! Amis!

 

J'ai eu un petit aperçu des discussions qui ont eu lieu ici ces derniers jours, elles ont été très intéressantes et instructives. J'espère que vous ne regretterez pas d'être venu en Russie et de vous être parlé.

 

C'est bon de vous voir tous.

 

Au club Valdaï, nous avons parlé plus d'une fois des changements, des changements graves et importants qui ont eu lieu et continuent d'avoir lieu dans le monde, des risques liés au démantèlement des institutions mondiales, à l'érosion des principes de sécurité collective, au remplacement du droit international par des soi-disant règles - j'allais dire des règles élaborées par n'importe qui, mais c'est probablement mal exprimé - on ne sait pas du tout qui les a élaborées, sur quoi reposent ces règles, ce qu'elles contiennent. (Note du traducteur : Poutine fait ici référence à l'"ordre mondial fondé sur des règles" proclamé par l'Occident - vous trouverez ici de plus amples informations sur ce qui se cache derrière ce terme).

 

 

De toute évidence, il s'agit simplement d'établir une règle unique pour que les puissants - nous parlons de pouvoir maintenant, je parle de pouvoir mondial - puissent vivre sans aucune règle et faire ce qu'ils veulent, s'en tirer avec tout ce qu'ils veulent. En fait, ce sont les règles dont on nous parle sans cesse.

 

La valeur des discussions de Valdai réside dans le fait que les évaluations et les prévisions les plus diverses sont faites ici. À quel point ils avaient raison montre la vie elle-même, la vie, l'examinateur le plus strict et le plus objectif. Cela montre à quel point le contenu de nos discussions a été vrai au cours des dernières années.

 

Malheureusement, les événements continuent d'évoluer selon le scénario négatif que nous avons évoqué plus d'une fois lors de nos précédentes rencontres. De plus, ces événements se sont transformés en une crise systémique globale, non seulement dans le domaine politico-militaire, mais aussi dans le domaine économique et humanitaire.

 

Ce qu'on appelle l'Occident - au sens figuré, bien sûr, car il n'y a pas d'unité là-bas - est un conglomérat très compliqué, mais on peut dire que ces dernières années, et en particulier ces derniers mois, cet Occident a fait un certain nombre de pas vers l'escalade. En fait, il mise toujours sur l'escalade, ce n'est pas nouveau. Il s'agit de la guerre en Ukraine, des provocations autour de Taïwan et de la déstabilisation des marchés mondiaux de l'alimentation et de l'énergie. Ce dernier point n'était bien sûr pas intentionnel, il n'y a aucun doute à ce sujet, mais résulte d'une série d'erreurs systématiques commises par ces mêmes gouvernements occidentaux que j'ai déjà mentionnés. Et comme nous le voyons maintenant, la destruction des gazoducs paneuropéens est venue s'ajouter à cela. C'est inimaginable, mais nous sommes tout de même témoins de ces tristes événements.

 

Le pouvoir sur le monde est précisément ce sur quoi le soi-disant Occident a misé. Mais ce jeu est certainement un jeu dangereux, sanglant et, je dirais, sale. Il nie la souveraineté des pays et des peuples, leur identité et leur unicité, et ignore les intérêts des autres États. Du moins lorsqu'il ne nie pas explicitement ces intérêts, c'est pourtant exactement ce qui se passe dans la pratique. Personne, à l'exception de ceux qui formulent les règles mentionnées, n'a le droit de développer sa propre identité : Tous les autres doivent se soumettre à ces règles.

 

A cet égard, je voudrais rappeler les propositions de la Russie aux partenaires occidentaux sur l'instauration de la confiance et d'un système de sécurité collective. En décembre dernier, ils ont de nouveau été simplement écartés. ( Note du traducteur : Les détails de la proposition de la Russie à l'Occident pour les garanties de sécurité mutuelle peuvent être trouvés ici. )

 

Mais dans le monde d'aujourd'hui, il est presque impossible de s'asseoir. Comme on dit, qui sème le vent récoltera la tempête. La crise est en effet devenue mondiale, elle touche tout le monde. Vous n'avez pas besoin de vous faire d'illusions à ce sujet.

 

L'humanité a désormais deux choix principaux : soit continuer à accumuler les problèmes qui nous écraseront tous inévitablement, soit essayer de trouver ensemble des solutions, certes imparfaites mais efficaces, susceptibles de rendre notre monde plus stable et plus sûr.

 

Vous savez, j'ai toujours cru au pouvoir du bon sens et je le crois encore aujourd'hui. Je suis donc convaincu que tôt ou tard, les nouveaux centres de l'ordre mondial multipolaire et l'Occident devront commencer à parler à hauteur d'homme d'un avenir commun, et le plus tôt sera le mieux. Et dans ce contexte, je voudrais attirer votre attention sur quelques points très importants pour nous tous.

 

Les événements d'aujourd'hui ont mis de côté les questions environnementales. Cela peut sembler étrange, mais je veux commencer par cela. Le changement climatique n'est plus à l'ordre du jour. Mais ces enjeux fondamentaux n'ont pas disparu, ils ne se sont pas évaporés, ils s'accroissent.

 

L'une des conséquences les plus dangereuses du déséquilibre écologique est le déclin de la biodiversité. Et maintenant j'en viens au sujet principal que nous sommes tous réunis pour discuter : l'autre diversité – culturelle, sociale, politique, civilisationnelle – est-elle moins importante ?

 

La simplification, l'effacement de toutes les différences est pratiquement devenu l'essence de l'Occident moderne. Qu'y a-t-il derrière cette simplification ? Tout d'abord, bloquer la disparition du potentiel créatif de l'Occident lui-même et la volonté de limiter le libre développement des autres civilisations.

 

Bien sûr, il y a là aussi un intérêt économique direct : en affirmant leurs valeurs, leurs clichés de consommation, leur standardisation, nos opposants – je les appelle avec prudence – essaient d'élargir les marchés de leurs produits. Au final, tout cela est très primitif. Ce n'est pas un hasard si l'Occident prétend que sa culture et sa vision du monde doivent être universelles. Même s'ils ne le disent pas carrément - bien qu'ils le disent souvent aussi - mais même s'ils ne le disent pas carrément, ils agissent toujours comme ça, insistant sur le fait que la réalité de leur politique est que ces mêmes valeurs sont partagées par tous les autres participants à la vie internationale doivent être acceptés sans condition.

 

Voici une citation du célèbre discours d'Alexandre Soljenitsyne à Harvard. Dès 1978, il observait que l'Occident était marqué par un "aveuglement persistant à la supériorité" - tout cela se produit encore aujourd'hui - qui "soutient l'idée que toutes les régions de notre planète devraient se développer selon les systèmes occidentaux actuels et être dominées par eux". C'était en 1978, rien n'a changé.

 

Au cours du dernier demi-siècle, cet aveuglement dont parlait Soljenitsyne - il est ouvertement raciste et néocolonial - a tout simplement pris des formes hideuses, en particulier depuis l'émergence du monde dit unipolaire. Qu'est-ce que je voudrais dire à ce sujet ? La confiance en sa propre infaillibilité est un état très dangereux : il n'y a qu'un pas à franchir pour que les "infaillibles" souhaitent tout simplement détruire ceux qui ne leur plaisent pas. Comme on le dit si bien, de les "annuler", les abolir. Réfléchissons au moins à la signification de ce mot.

 

Même au plus fort de la guerre froide, au plus fort de la confrontation entre systèmes, idéologies et rivalités militaires, il n'est venu à l'idée de personne de nier l'existence de la culture, de l'art et de la science de l'adversaire. Personne n'aurait eu cette idée ! Oui, il y avait certaines restrictions dans les domaines de l'éducation, de la science, de la culture et malheureusement aussi du sport. Néanmoins, à l'époque, les dirigeants soviétiques et américains étaient tous deux conscients que le domaine humanitaire devait être abordé avec tact, en étudiant et en respectant l'adversaire et en prenant exemple sur lui, afin de conserver, au moins pour l'avenir, une base pour des relations solides et fructueuses.

 

Et que se passe-t-il maintenant ? Les nazis sont allés jusqu'à brûler des livres à leur époque, et maintenant les "promoteurs du libéralisme et du progrès" occidentaux sont allés jusqu'à interdire Dostoïevski et Tchaïkovski. La soi-disant "Cancel culture, culture de l'annulation" - la culture de l'abolition - mais en réalité - nous en avons déjà parlé à maintes reprises - l'abolition réelle de la culture prive tout ce qui est vivant et créatif et ne permet pas à la libre pensée de s'épanouir dans quelque domaine que ce soit : ni dans l'économie, ni dans la politique, ni dans la culture.

 

L'idéologie libérale elle-même a aujourd'hui changé jusqu'à devenir méconnaissable. A l'origine, alors que le libéralisme classique comprenait la liberté de chaque être humain comme la liberté de dire et de faire ce que l'on veut, dès le XXe siècle, les libéraux ont commencé à dire que la société dite ouverte a des ennemis - donc la société ouverte a des ennemis - et que la liberté de ces ennemis peut et doit être restreinte voire abolie. Entre-temps, c'est même devenu si absurde que tout point de vue alternatif est qualifié de propagande subversive et de menace pour la démocratie.

 

Tout ce qui vient de Russie, ce sont les "machinations du Kremlin". Mais regardez vous-même ! Sommes-nous vraiment si omnipotents ? Toute critique de nos adversaires - toute ! - est perçue comme des "machinations du Kremlin", comme la "main du Kremlin". Quelle absurdité ! Jusqu'où sont-ils allés ? Utilisez simplement votre intelligence, imaginez quelque chose de plus intéressant, présentez votre point de vue de manière plus conceptuelle. On ne peut pas tout mettre sur le dos des intrigues du Kremlin.

 

Tout cela, Fiodor Dostoïevski l'avait déjà prophétiquement prédit au 19e siècle. L'un des personnages de son roman Les Possédés, le nihiliste Chigaliov, décrivait ainsi l'avenir radieux qu'il imaginait : "Quittant la liberté sans limites, j'ouvre le despotisme sans limites" - c'est d'ailleurs là que sont arrivés nos adversaires occidentaux. Un autre personnage du roman, Peter Verhovensky, lui emboîte le pas et explique que la trahison, la mouchardise et l'espionnage sont nécessaires partout, que la société n'a pas besoin de talents et de capacités supérieures : "Cicéron aura la langue coupée, Copernic aura les yeux crevés, Shakespeare sera lapidé". Voilà où vont nos adversaires occidentaux. Qu'est-ce que c'est d'autre que la Cancel Culture occidentale moderne ?

 

C'étaient de grands penseurs et je suis sincèrement reconnaissant à mes collaborateurs qui ont trouvé ces citations.

 

Que peut-on dire à ce sujet ? L'histoire remettra certainement tout à sa place et n'annulera pas les plus grandes œuvres des génies universellement reconnus de la culture mondiale, mais celles de ceux qui ont décidé qu'ils avaient le droit de disposer à leur guise de cette culture mondiale. La vanité de ces gens dépasse, comme on dit, le cadre, mais dans quelques années, personne ne se souviendra plus de leurs noms. Mais Dostoïevski continuera à vivre, tout comme Tchaïkovski et Pouchkine - même si certains peuvent souhaiter le contraire.

 

Le modèle occidental de mondialisation, néocolonial dans son essence, s'est également construit sur l'unification, sur le monopole financier et technologique, et sur l'éradication de toutes les différences. La tâche était claire : renforcer la domination inconditionnelle de l'Occident sur l'économie et la politique mondiales, et pour cela mettre à son service les ressources naturelles et financières, les capacités intellectuelles, humaines et économiques de la planète entière, sous couvert de la soi-disant nouvelle interdépendance mondiale.

 

Je voudrais ici évoquer un autre philosophe russe, Alexandre Zinoviev, dont nous fêterons le centenaire le 29 octobre. Il y a plus de 20 ans, il a déclaré que pour la survie de la civilisation occidentale au niveau qu'elle a atteint, "la planète entière est nécessaire en tant qu'espace vital, toutes les ressources de l'humanité sont nécessaires pour cela". C'est d'ailleurs ce qu'ils demandent, c'est exactement ce qui se passe.

 

Dès le départ, l'Occident a créé une énorme longueur d'avance dans ce système, parce qu'il en a développé les principes et les mécanismes - comme maintenant ces principes dont on parle sans cesse et qui sont un "trou noir" incompréhensible : qu'est-ce que c'est, personne ne sait. Mais dès que non pas les pays occidentaux, mais d'autres États ont commencé à bénéficier de la mondialisation, et nous parlons bien sûr ici principalement des grands États asiatiques, l'Occident a immédiatement changé de nombreuses règles ou les a complètement abolies. Et les soi-disant principes sacrés du libre-échange, de l'ouverture économique, de la concurrence loyale et même du droit de propriété ont été soudainement complètement oubliés. Dès que quelque chose devenait rentable pour eux, ils changeaient immédiatement et spontanément les règles en cours de partie.

 

Pourtant, l'Occident a pris dès le départ une énorme avance dans ce système, en développant les principes et les mécanismes - comme maintenant ces principes dont on parle sans cesse et qui sont un "trou noir" incompréhensible : personne ne sait ce que c'est. Mais dès que ce ne sont pas les pays occidentaux, mais d'autres États qui ont commencé à profiter de la mondialisation, et nous parlons bien sûr en premier lieu des grands États asiatiques, l'Occident a immédiatement modifié ou totalement supprimé de nombreuses règles. Et les soi-disant principes sacrés du libre-échange, de l'ouverture économique, de la concurrence loyale et même du droit de propriété ont soudainement été complètement oubliés. Dès que quelque chose devenait rentable pour eux, ils changeaient immédiatement et spontanément les règles pendant le jeu.

 

Ou encore un autre exemple de modification des termes et des significations. Les idéologues et les politiciens occidentaux disent au monde entier depuis de nombreuses années : Il n'y a pas d'alternative à la démocratie. Toutefois, ils parlent du modèle occidental, dit libéral, de la démocratie. Ils rejettent avec mépris et - je tiens à le souligner - avec arrogance toutes les autres variantes et formes de démocratie. Ce comportement s'est développé il y a longtemps, encore à l'époque coloniale : tout le monde est considéré comme de seconde classe, tandis que d'autres sont exclusifs. Cela dure depuis des siècles, jusqu'à aujourd'hui.

 

Mais aujourd'hui, la majorité absolue de la communauté mondiale exige exactement cela : la démocratie dans les affaires internationales, et ils n'acceptent aucune forme de dictée autoritaire de la part de pays ou de groupes d'États individuels. Qu'est-ce que cela sinon l'application directe des principes du pouvoir populaire au niveau des relations internationales ?

 

Et quelle est la position de l'Occident "civilisé" - entre guillemets - ? Si vous êtes un démocrate, alors vous devriez embrasser cette quête naturelle de liberté par des milliards de personnes, mais non ! Appelant cela l'affaiblissement de l'ordre libéral fondé sur des règles, l'Occident lance des guerres économiques et commerciales, des sanctions, des boycotts, des révolutions de couleur et toutes sortes de coups d'État.

 

L'un d'eux a eu des conséquences tragiques en Ukraine en 2014 - ils ont soutenu le coup d'État et ont même dit combien d'argent y avait été dépensé. En fait, ils sont juste fous, ils ne sont gênés par rien. Ils ont tué Suleimani, un général iranien. Vous pouvez dire ce que vous voulez sur Suleimani, mais c'est un représentant officiel d'un autre pays ! Ils l'ont assassiné sur le territoire d'un pays tiers et ont dit oui, nous l'avons assassiné. Qu'est-ce que c'est? Où vivons-nous ( Note du traducteur : Pour ceux qui ne se souviennent pas de l'incident, les détails peuvent être trouvés ici.)

 

Washington continue à qualifier l'ordre mondial actuel d'américano-libéral par habitude, mais en réalité, cet infâme "ordre" accroît chaque jour le chaos et, j'ajouterais, devient même de plus en plus intolérant envers les pays occidentaux eux-mêmes, envers leurs tentatives de manifester une quelconque indépendance. Tout est réprimé jusqu'à la racine et des sanctions sont imposées à ses propres alliés - sans la moindre honte ! Et ces derniers acceptent tout cela la tête basse.

 

Par exemple, les propositions faites en juillet par les parlementaires hongrois d'inscrire dans le traité de l'UE une profession de foi en faveur des valeurs chrétiennes européennes et de la culture européenne n'ont même pas été perçues comme une fronde, mais comme un sabotage hostile direct. Qu'est-ce que c'est ? Comment comprendre cela ? Oui, cela peut plaire à certains et déplaire à d'autres.

 

En Russie, nous avons développé au cours de mille ans une culture unique d'interactions entre toutes les religions du monde. Il n'y a aucune raison d'annuler quoi que ce soit : ni les valeurs chrétiennes, ni les valeurs islamiques ou juives. Les autres religions du monde sont présentes dans notre pays. Il faut simplement se traiter mutuellement avec respect. Dans certaines régions de notre pays, je l'ai appris de première main, les gens célèbrent ensemble les fêtes chrétiennes, islamiques, bouddhistes et juives, et ils le font volontiers, se congratulent et se réjouissent ensemble.

 

Mais pas en Europe. Pourquoi ne pas le faire ? Au moins, ils auraient pu en parler. C'est étonnant !

 

Sans exagérer, tout cela n'est même pas une crise systémique, mais une crise doctrinale du modèle néolibéral américain d'ordre mondial. Ils n'ont pas d'idées de création et de développement positif, ils n'ont tout simplement rien à offrir au monde si ce n'est le maintien de leur domination.

 

Je suis convaincu que la véritable démocratie dans un monde multipolaire présuppose avant tout la possibilité pour chaque peuple - j'insiste sur ce point, chaque société, chaque civilisation - de choisir sa propre voie, son propre système social et politique. Si les États-Unis et l'UE ont ce droit, les pays asiatiques, les États islamiques, les monarchies du Golfe persique et les États des autres continents l'ont certainement aussi. Bien sûr, notre pays, la Russie, a également ce droit, et personne ne sera jamais en mesure de dire à notre peuple quel type de société nous devons construire et sur quels principes elle doit être basée.

 

La menace directe qui pèse sur le monopole politique, économique et idéologique de l'Occident est que des modèles de société alternatifs - plus efficaces, je tiens à le souligner - plus efficaces, plus lumineux, plus attrayants à l'heure actuelle que ceux que nous avons, pourraient émerger dans le monde. Et ces modèles vont se développer, c'est inévitable. D'ailleurs, les politologues et les experts américains écrivent aussi directement sur ce sujet. Les gouvernements ne les écoutent pas encore vraiment, mais ils ne peuvent pas ignorer ces idées dans les revues de sciences politiques et dans les discussions.

 

Le développement doit s'inscrire dans un dialogue entre les civilisations fondé sur des valeurs spirituelles et morales. Oui, différentes civilisations ont des compréhensions différentes de l'homme, de son essence. Les différences sont souvent superficielles, mais toutes reconnaissent la dignité suprême et la nature spirituelle de l'être humain. Et ce socle commun sur lequel nous pouvons et devons bâtir notre avenir est de la plus haute importance.

 

Qu'est-ce que je veux souligner ici ? Les valeurs traditionnelles ne sont pas des postulats fixes auxquels tout le monde doit se conformer. Non, bien sûr que non. Elles se distinguent des valeurs dites néolibérales en ce que chacune d'entre elles est unique, car elles sont issues de la tradition d'une société donnée, de sa culture et de son expérience historique. Les valeurs traditionnelles ne peuvent donc être imposées à personne - elles doivent simplement être respectées en respectant ce que chaque nation a choisi au cours des siècles.

 

C'est notre compréhension des valeurs traditionnelles et cette approche est partagée et acceptée par la majorité de l'humanité. C'est logique, puisque les sociétés traditionnelles d'Orient, d'Amérique latine, d'Afrique et d'Eurasie forment la base de la civilisation mondiale.

 

Le respect des particularités des peuples et des civilisations est dans l'intérêt de tous. C'est aussi dans l'intérêt du soi-disant Occident. En perdant sa suprématie, il devient rapidement minoritaire sur la scène mondiale. Et bien sûr, je voudrais souligner que le droit de cette minorité occidentale à sa propre identité culturelle doit être garanti, il doit certainement être respecté, mais, je le souligne, sur un pied d'égalité avec les droits de tout le monde.

 

Si les élites occidentales croient qu'elles seront capables d'introduire dans l'esprit de leur peuple, de leurs sociétés, de nouvelles tendances, à mon avis, étranges comme des dizaines de genres et des défilés gays, alors qu'il en soit ainsi. Laissez-les faire ce qu'ils veulent ! Mais ils n'ont certainement pas le droit de demander aux autres de suivre le même chemin.

 

Nous voyons que les pays occidentaux ont des processus démographiques, politiques et sociaux compliqués. Il s'agit bien sûr de leurs affaires intérieures. La Russie ne se mêle pas de ces affaires et n'a pas l'intention de le faire - contrairement à l'Occident, nous ne nous immisçons pas dans l'arrière-cour des autres. Nous partons toutefois du principe que le pragmatisme prendra le dessus et que le dialogue entre la Russie et l'Occident authentique et traditionnel, ainsi qu'avec d'autres centres de même développement, apportera une contribution importante à la construction d'un ordre mondial multipolaire.

 

Je voudrais ajouter que la multipolarité est la vraie et, en fait, la seule chance pour l'Europe de restaurer sa subjectivité politique et économique. Bien sûr, nous comprenons tous, et on en parle directement en Europe : la subjectivité juridique de l'Europe aujourd'hui est – comment dire avec précaution pour ne froisser personne – très limitée.

 

Le monde est intrinsèquement diversifié et les tentatives de l'Occident pour intégrer tout le monde dans un seul schéma sont objectivement vouées à l'échec et rien n'en sortira.

 

La quête arrogante de la domination mondiale, du diktat ou du maintien du leadership par le diktat, conduit au déclin de l'autorité internationale des dirigeants du monde occidental, y compris les États-Unis, et à une méfiance croissante envers leur capacité à négocier globalement. Un jour, ils disent une chose et le lendemain une autre ; ils signent des documents et le jour suivant, ils refusent de les respecter ; ils font ce qu'ils veulent. Il n'y a absolument aucune stabilité dans quoi que ce soit. La manière dont les documents sont signés, ce dont on a parlé, ce qu'on peut espérer, tout cela n'est absolument pas clair.

 

Alors qu'auparavant seuls quelques pays se permettaient de se quereller avec l'Amérique, et cela semblait presque une sensation, il est aujourd'hui courant pour de nombreux États de rejeter les demandes sans fondement de Washington, même s'il essaie toujours de bousculer tout le monde. C'est une politique complètement erronée qui ne mène nulle part. S'ils le doivent, c'est aussi leur décision.

 

Je suis convaincu que les peuples du monde ne fermeront pas les yeux sur la politique de coercition qui s'est discréditée et que l'Occident paiera un prix toujours plus élevé chaque fois qu'il tentera de maintenir son hégémonie. Si j'étais à la place de ces élites occidentales, j'envisagerais sérieusement cette perspective, comme le font certains politologues et politiciens aux États-Unis eux-mêmes, comme je l'ai dit.

 

Dans les conditions actuelles de conflit violent, je dirai quelques choses directement. La Russie, en tant que civilisation indépendante et distincte, ne s'est jamais vue comme une ennemie de l'Occident et ne se considère pas comme telle. L'hostilité envers l'Amérique, l'anglophobie, la francophobie et l'anti-allemand sont des formes de racisme, tout comme la russophobie et l'antisémitisme, ainsi que toutes les formes de xénophobie.

 

Il faut bien comprendre que, comme je l'ai déjà dit, il y a deux Occidents, au moins deux, peut-être plus, mais au moins deux : l'Occident des valeurs traditionnelles, surtout chrétiennes, de liberté, de patriotisme, de culture riche et maintenant aussi des valeurs islamiques, parce qu'une partie importante de la population de nombreux pays occidentaux professe l'islam. D'une certaine manière, cet Occident nous est proche, à bien des égards nous avons des racines communes, voire anciennes. Mais il y a aussi l'autre Occident : agressif, cosmopolite, néocolonial, outil des élites néolibérales. La Russie n'acceptera certainement pas les diktats de cet Occident précisément.

 

Je me souviendrai toujours de ce que j'ai vécu en 2000 après avoir été élu président. Rappelez-vous le prix que nous avons payé pour détruire le nid terroriste dans le Caucase du Nord, que l'Occident soutenait pratiquement ouvertement à l'époque. Tous les adultes ici, la plupart d'entre vous dans cette salle, comprennent de quoi je parle. Nous savons que c'est exactement ce qui s'est passé dans la pratique : un soutien financier, politique et médiatique. Nous avons tous vécu cela.

 

De plus, l'Occident n'a pas seulement soutenu activement les terroristes sur le territoire russe, il a également encouragé cette menace de plusieurs manières. Nous en sommes conscients. Mais une fois que la situation s'est stabilisée et que les principaux gangs terroristes ont été vaincus, notamment grâce au courage du peuple tchétchène, nous avons décidé de ne pas nous détourner, de ne pas jouer les offensés, mais d'aller de l'avant, d'établir des relations même avec ceux qui travaillaient en fait contre nous, d'établir et de développer des relations basées sur le bénéfice et le respect mutuels avec tous ceux qui le souhaitaient.

 

On pensait que c'était dans l'intérêt commun. Dieu merci, la Russie a surmonté toutes les difficultés de cette époque, a persévéré, s'est renforcée, a fait face au terrorisme intérieur et extérieur, a préservé son économie, a commencé à développer et à améliorer ses capacités de défense. Nous avons essayé d'établir des relations avec les principaux pays occidentaux et avec l'OTAN. Le message était le même : cessons d'être ennemis, vivons ensemble en amis, engageons le dialogue, construisons la confiance et créons ainsi la paix. Nous étions absolument sincères, je tiens à le souligner. Nous étions conscients de la complexité de cette approche, mais nous avons suivi le chemin.

 

Et qu'avons-nous reçu comme réponse ? En bref, nous avons reçu un "non" dans tous les domaines importants de la coopération possible. Nous avons reçu une pression sans cesse croissante sur nous et la création de foyers de tension à proximité de nos frontières. Et quel est, si je puis me permettre, l'objectif de ces pressions ? De quoi s'agit-il ? Est-ce qu'ils s'entraînent simplement un peu ? Non, bien sûr que non. L'objectif est de rendre la Russie plus vulnérable. L'objectif est de faire de la Russie un outil pour atteindre leurs propres objectifs géopolitiques.

 

En effet, c'est la règle universelle : ils essaient de faire de chacun un outil pour utiliser cet outil à leurs propres fins. Et ceux qui ne cèdent pas à cette pression, qui ne veulent pas être un tel outil, des sanctions leur sont imposées, toutes sortes de restrictions économiques leur sont imposées, des coups d'État se préparent ou, si possible, sont menés contre eux, etc. Et si rien ne réussit à la fin, il n'y a qu'un seul objectif - les détruire, les effacer de la carte politique. Mais un tel scénario n'a jamais fonctionné par rapport à la Russie et ne fonctionnera jamais par rapport à la Russie.

 

Que voudrais-je ajouter d'autre ? La Russie ne défie pas les élites occidentales - la Russie ne fait que défendre son droit à l'existence et au libre développement. Nous n'avons pas l'intention de devenir nous-mêmes un nouvel hégémon. La Russie ne propose pas de remplacer l'unipolarité par la bipolarité, la tripolarité, etc., de remplacer la domination occidentale par la domination de l'Est, du Nord ou du Sud. Cela conduirait inévitablement à une nouvelle impasse.

 

Je voudrais ici citer les paroles du grand philosophe russe Nikolaï Danilevski, qui estimait que le progrès ne consiste pas à aller dans une seule direction, ce que certains de nos adversaires nous poussent à faire - le progrès cesserait alors rapidement, selon Danilevski -, mais à "aborder dans toutes les directions l'ensemble du champ qui constitue le domaine de l'activité historique de l'humanité". Et il ajoute qu'aucune civilisation ne peut se vanter de représenter le plus haut niveau de développement.

 

Je suis convaincu que la dictature ne peut que faire obstacle au libre développement des pays et des peuples, que la dégradation de l'individu peut faire obstacle à l'amour de l'homme créateur, que la simplification primitive et les interdits peuvent faire obstacle à la complexité florissante des cultures et des traditions.

 

L'importance du moment historique d'aujourd'hui réside précisément dans le fait que devant toutes les civilisations, les États et les unions d'États s'ouvre la possibilité de leur propre voie de développement démocratique et originale. Et surtout, nous croyons que le nouvel ordre mondial doit être légal, libre, distinctif et juste.

 

Par conséquent, l'économie et le commerce mondiaux doivent devenir plus équitables et plus ouverts. La Russie estime que le processus de création de nouvelles plates-formes financières internationales, y compris celles pour les paiements internationaux, est inévitable. Ces plateformes doivent être en dehors des juridictions nationales, sécurisées, dépolitisées et automatisées, et ne pas dépendre d'un centre de contrôle unique. c'est possible ou pas? Naturellement. Cela demandera beaucoup d'efforts, de nombreux pays doivent unir leurs forces, mais cela peut être fait.

 

Cela éliminera la possibilité d'une utilisation abusive de la nouvelle infrastructure financière mondiale et permettra un règlement efficace, rentable et sûr des transactions internationales sans le dollar et les autres monnaies dites de réserve. D'autant plus que les États-Unis et l'Occident ont discrédité l'institution des réserves financières internationales en utilisant le dollar comme une arme. Ils ont d'abord été dévalués par l'inflation dans les zones dollar et euro, puis ils ont saccagé nos réserves internationales.

 

La conversion en monnaies nationales va – inévitablement – ​​prendre de l'ampleur. Bien sûr, cela dépend de la santé des émetteurs de ces devises et de leurs économies, mais ils vont se renforcer et ces paiements vont certainement commencer à prendre le dessus. C'est la logique d'une politique économique et financière souveraine dans un monde multipolaire.

 

Continuer. Les nouveaux centres de développement mondial disposent déjà de technologies et de développements scientifiques uniques dans une variété de domaines, et dans de nombreux domaines, ils peuvent concurrencer avec succès les sociétés transnationales occidentales.

 

Nous avons évidemment un intérêt commun, très pragmatique, à un échange scientifique et technologique équitable et ouvert. Ensemble, tout le monde en profitera plus que seul. Les avantages devraient profiter à la majorité, et non aux sociétés super-riches individuelles.

 

Qu'en est-il aujourd'hui ? Lorsque l'Occident vend des médicaments ou des semences de cultures vivrières à d'autres pays, l'industrie pharmaceutique et l'élevage nationaux sont détruits et, en fait, tout se résume à cela : la livraison de machines et d'équipements détruit l'industrie mécanique locale. Lorsque j'étais Premier ministre, j'ai compris : Dès que vous ouvrez le marché à un certain groupe de marchandises, le producteur local a disparu et il est presque impossible qu'il relève la tête. C'est ainsi que se construisent les relations. C'est ainsi que l'on conquiert des marchés et des ressources, que l'on prive des pays de leur potentiel technologique et scientifique. Ce n'est pas du progrès, mais de l'asservissement, la réduction des économies nationales à des niveaux primitifs.

 

Le développement technologique ne doit pas accroître les inégalités mondiales, mais les réduire. C'est exactement ainsi que la Russie met traditionnellement en œuvre sa politique étrangère technologique. Par exemple, lorsque nous construisons des centrales nucléaires dans d'autres pays, nous y créons en même temps des centres de compétences et formons du personnel national. Nous créons une industrie, nous ne construisons pas seulement une usine, nous créons toute une industrie. Fondamentalement, nous donnons à d'autres pays la possibilité de faire de véritables percées dans leur développement scientifique et technologique, de réduire les inégalités et d'amener leurs secteurs énergétiques à de nouveaux niveaux d'efficacité et de respect de l'environnement.

 

Je voudrais réitérer que la souveraineté et l'auto-développement ne signifient en aucun cas isolement ou autosuffisance, mais plutôt une coopération active et mutuellement bénéfique basée sur des principes justes et équitables.

 

Alors que la mondialisation libérale est une dépersonnalisation qui impose le modèle occidental au monde entier, l'intégration consiste au contraire à libérer le potentiel de chaque civilisation au profit de l'ensemble, pour le bien de tous. Alors que la mondialisation est un diktat, ce à quoi elle se résume finalement, l'intégration est l'élaboration collaborative de stratégies qui profitent à tous.

 

À cet égard, la Russie considère qu'il est important d'activer les mécanismes de création de grands espaces basés sur la coopération des pays voisins dont l'économie, le système social, les matières premières et les infrastructures se complètent. Ces grands espaces sont fondamentalement la base d'un ordre mondial multipolaire - la base économique. De leur dialogue émerge la véritable unité de l'humanité, qui est bien plus complexe, distincte et multidimensionnelle que les vues simplistes de certains idéologues occidentaux.

 

L'unité de l'humanité ne repose pas sur le commandement "faites comme moi" ou "devenez comme nous" - elle se forme en tenant compte et sur la base de l'opinion de tous et dans le respect de l'identité de chaque société et nation. C'est sur ce principe que peut se construire un engagement à long terme dans un monde multipolaire.

 

Dans ce contexte, il pourrait être utile de considérer que la structure de l'ONU, y compris le Conseil de sécurité, devrait mieux refléter la diversité des régions du monde. Après tout, beaucoup plus dépendront de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique latine dans le monde de demain qu'on ne le croit généralement aujourd'hui, et cette augmentation de leur influence est certainement positive.

 

Permettez-moi de vous rappeler que la civilisation occidentale n'est pas la seule, même dans notre espace eurasien commun. De plus, la majorité de la population est concentrée précisément dans l'est de l'Eurasie, où sont nées les plus anciennes civilisations humaines.

 

La valeur et l'importance de l'Eurasie résident dans le fait que ce continent est un complexe autosuffisant possédant des ressources gigantesques de toutes sortes et un potentiel énorme. Et plus nous travaillons dur pour accroître les connexions en Eurasie, pour créer de nouvelles voies et formes de coopération, plus nous réalisons des progrès impressionnants.

 

Le succès des activités de l'Union économique eurasienne, la croissance rapide de l'autorité et de l'influence de l'Organisation de coopération de Shanghai, les initiatives à grande échelle One Belt, One Road, les plans de coopération multilatérale pour réaliser le corridor de transport Nord-Sud et d'autres, d'autres projets dans cette partie du monde sont, j'en suis sûr, le début d'une nouvelle ère, une nouvelle phase dans le développement de l'Eurasie. Les projets d'intégration ne sont pas en conflit ici, mais se complètent s'ils sont menés par les pays voisins dans leur propre intérêt et non introduits de force par des forces extérieures afin de diviser l'espace eurasien et d'en faire une zone de bloc affrontement.

 

Son extrémité ouest, Europa, peut également être une partie naturelle de la grande Eurasie. Mais de nombreux dirigeants sont inspirés par la conviction que les Européens sont meilleurs que les autres et qu'il est indigne de leur part de participer à des entreprises sur un pied d'égalité avec les autres. Derrière cette arrogance, ils ne réalisent même pas qu'ils ont été marginalisés, qu'ils sont des vassaux, souvent même sans droit de vote.

 

Chers collègues!

 

L'effondrement de l'Union soviétique a également bouleversé l'équilibre des forces géopolitiques. L'Occident s'est senti vainqueur et a proclamé l'ordre mondial unipolaire dans lequel seuls sa volonté, sa culture et ses intérêts avaient le droit d'exister.

 

Cette période historique de domination sans partage de l'Occident dans les affaires mondiales touche maintenant à sa fin, et le monde unipolaire appartient au passé. Nous sommes à un tournant historique, approchant de ce qui sera probablement la décennie la plus dangereuse, la plus imprévisible et la plus importante depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. L'Occident est incapable de gouverner l'humanité par lui-même, mais il essaie désespérément, et la plupart des nations du monde ne sont plus disposées à le tolérer. C'est le plus grand contraste de la nouvelle ère. La situation est en quelque sorte révolutionnaire : la classe supérieure ne peut plus vivre ainsi et la classe inférieure ne veut plus vivre ainsi, dit un classique.

 

Cet état de choses abrite des conflits mondiaux ou une chaîne de conflits qui menacent l'humanité, y compris l'Occident lui-même. La tâche historique la plus importante aujourd'hui est de résoudre de manière constructive cette contradiction.

 

Tout changer est un processus douloureux mais naturel et inévitable. Le futur ordre mondial se dessine sous nos yeux. Et dans cet ordre mondial, nous devons écouter chacun, considérer chaque point de vue, chaque nation, société, culture, système de croyances, idées et croyances religieuses, sans imposer une seule vérité à personne. Ce n'est que sur cette base que nous pouvons construire une symphonie de la civilisation humaine, comprenant notre responsabilité pour le destin - le destin des nations, de la planète.

 

Sur ce, je voudrais conclure et vous remercier pour votre patience à écouter mon message.

 

Merci beaucoup.

 

fin de traduction

 

Source: https://www.anti-spiegel.ru/2022/putin-ueber-die-neue-weltordnung-russland-reicht-allen-staaten-die-hand

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29 octobre 2022 6 29 /10 /octobre /2022 01:00
Saint Narcisse, évêque de Jérusalem († 212)

Né en Palestine, vers la fin du Ier siècle, Narcisse entra dans l'état ecclésiastique.

À l'âge de quatre-vingts ans, il fut choisi pour évêque de Jérusalem.

Sa vie austère et pénitente fut toute entière vouée au bien de l'Église.

Une veille de Pâques, l'huile manquait aux lampes de l'église de Narcisse pour les offices solennels qui avaient alors lieu dans la nuit. Narcisse commanda de tirer de l'eau à un puits qui était proche et de la lui apporter ; il la bénit et la fit verser dans les lampes ; on s'aperçut alors qu'elle s'était changée en huile. On conserva longtemps avec respect des restes de cette huile miraculeuse.

En 195 ap. J.-C., S. il présida, avec Théophile de Césarée un concile tenu relativement à la célébration de la fête de Pâques, où il fut décidé que cette fête se célébrerait toujours un dimanche, et non le jour où il était d'usage de la célébrer chez les Juifs.

Au Ve siècle, le pape S. Léon devra intervenir à nouveau dans la querelle qui avait repris concernant la date de la fête de Pâques. Si le Concile de Nicée (325) avait mis fin aux anciennes controverses en condamnant définitivement les quartodecimans (ceux qui voulaient célébrer Pâques avec les Juifs, le 14 Nisan), en fixant cette fête au dimanche qui suivait la pleine lune de mars, d'après des calculs alexandrins, la date de Pâques fut de nouveau mise en doute au milieu du Ve siècle, de-ci de-là, et S. Léon tranchera en faveur des décisions déjà prises et des calculs faits à Alexandrie, par "souci de l'unité qu'il importe avant tout de conserver."

La vénération que ce saint évêque s'était attirée ne put le garantir de la malice des méchants. Trois scélérats l'accusèrent d'un crime atroce et confirmèrent leur calomnie par des imprécations horribles contre eux-mêmes. L'un dit : "Je veux être brûlé vif, ci cela n'est pas vrai !" L'autre : "Je veux être couvert de la lèpre !" Le troisième : "Je consens à perdre la vue !" Narcisse crut devoir céder à l'orage et se retira dans un désert, où il s'ensevelit pendant huit années. Dieu se chargea de sa vengeance. Ses calomniateurs reçurent le prix de leur crime : le premier périt dans un incendie, avec toute sa famille ; le second fut couvert d'une lèpre horrible ; le troisième, frappé d'effroi et plein de repentir, pleura son péché au point qu'il en perdit la vue. Narcisse ne put résister plus longtemps aux instances de son peuple; il vint reprendre soin de son Église.

Narcisse mourut à l'âge de cent seize ans, en 212, tué par l'épée selon le récit d'Eusèbe de Césarée.

Représentation de Narcisse de Jérusalem sur un vitrail de l'église Saint-Barthélémy à Bénévent-l'Abbaye

Représentation de Narcisse de Jérusalem sur un vitrail de l'église Saint-Barthélémy à Bénévent-l'Abbaye

Sources1; 2; 3; 4

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28 octobre 2022 5 28 /10 /octobre /2022 00:00

Ces deux Apôtres ont leur fête le même jour parce qu'ils ont travaillé ensemble à la conversion des Gentils.

 

Saint-Simon-le-zelote--attribut-la-scie-.jpgSaint Simon, surnommé le zélote (Lc 6, 15) car avec Jude il appartenait sans doute à ces zélotes qui refusaient l'occupation romaine, mais le message du Christ fut pour lui la découverte de l'universalité de l'amour de Dieu. Simon était également surnommé le Cananéen, originaire de Cana, où Jésus changea l'eau en vin, il reçut le surnom de Cananéen, pour le distinguer de Simon-Pierre, chef des Apôtres.

 

Saint Simon prêcha d'abord en Égypte, en Mauritanie, en Libye ; saint Jude, après avoir prêché en Afrique avec beaucoup de succès, revint en Orient et annonça l'Évangile dans la Judée, la Samarie, la Syrie et la Mésopotamie. Simon et Jude se rejoignirent en Perse, et là ils combattirent et moururent ensemble. Les choses extraordinaires que Dieu opéra par leurs mains les firent traiter avec respect par le roi de ce pays, qui leur laissa la liberté de prêcher leur doctrine si sainte et si nouvelle. Un fait vint ajouter à leur prestige : deux tigres, échappés de leur cage, étaient la terreur du pays. Au nom de Jésus-Christ, les Apôtres commandèrent à ces bêtes féroces de les suivre, et ils les emmenèrent dans leur maison. Le roi, toute sa cour et plus de soixante mille Perses se firent chrétiens. Des églises s'élevèrent sur les ruines des temples des idoles ; le triomphe du Christ était complet.

Mais l'ennemi des âmes déchaîna toute sa fureur pour arrêter les progrès de l'Évangile. Simon et Jude étant allés annoncer Jésus-Christ en d'autres villes, les païens voulurent les contraindre à sacrifier au soleil, qu'ils adoraient comme un dieu :
"Mon frère, dit alors Jude à Simon, je vois le Seigneur qui nous appelle.
- Et moi, reprit Simon, j'ai vu aussi Jésus-Christ entouré de ses Anges, et un des Anges m'a dit : « Je vous ferai sortir du temple et je ferai crouler sur eux tout l'édifice.
- Qu'il n'en soit pas ainsi ! ai-je répondu, peut-être quelques-uns se convertiront-ils !"

Et voici qu'en ce moment un Ange leur dit à tous les deux : « Que choisissez-vous, ou la mort pour vous, ou l'extermination de ce peuple impie ? 
- Miséricorde pour ce peuple ! crièrent les deux Apôtres. Que le martyre soit notre partage !"

Cependant les prêtres des dieux les exhortaient à sacrifier : "Le soleil, dit Simon, n'est que le serviteur de Dieu ; ce sont les démons qui résident en vos idoles ; je leur ordonne de sortir." Et les démons, sous une forme horrible, sortirent des statues brisées. Alors le peuple se jeta sur les deux Apôtres et les massacra, pendant qu'ils bénissaient Dieu et priaient pour leurs bourreaux.

 

Attribut : la scie. Crucifié à l’âge de cent vingt ans, Simon le Zélote est représenté avec une scie pour avoir été sauvagement coupé en deux d’après une tradition de l’église d’Orient.

Cette représentation se retrouve notamment dans les églises de S. Jean du Latran et saints Achille et Nérée, à Rome. Il peut également être accompagné de saint Jude, et représenté tenant un livre ou un phylactère en référence aux Evangiles.

 

Saint-Jude.jpgSaint Jude, appelé aussi Thaddée, était frère de S. Jacques le Mineur et de S. Siméon, évêque de Jérusalem, et comme eux, cousin du Sauveur. Avant son élévation au ministère évangélique, il était agriculteur.

 

Jude Thaddée est reconnu comme étant le saint de l'espoir, puisque c'était un être bon. C'est le saint protecteur des causes désespérées pour les catholiques, à l'instar de sainte Rita de Cascia. Il est le saint patron des causes perdues, celui qui continue quand plus rien ne retient, à part l'espoir et la foi d'aller au bout de ces espoirs...

 

Jude est traditionnellement représenté portant l'image de Jésus à la main ou près de sa poitrine.

 

Attribut : la massue. Souvent placé aux côtés de Simon avec qui il prêche en Syrie  et en Mésopotamie, Jude porte la massue avec laquelle il fut achevé lors de son martyre en Perse.

 

Sources: 1, 2, 3, 4

 

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26 octobre 2022 3 26 /10 /octobre /2022 00:00
Icône de S. Dimitri du XVe siècle (Musée de l'Etat russe, Saint Petersbourg)

Icône de S. Dimitri du XVe siècle (Musée de l'Etat russe, Saint Petersbourg)

Saint Démétrius s'opposa victorieusement aux barbares qui tentaient d'envahir Thessalonique (Grèce) en 305.  

Dénoncé comme fauteur de troubles, il fut condamné vers l'an 306 à lutter dans l'arène contre un gladiateur plus robuste que lui. L'on vit arriver avec lui un jeune garçon nommé Nestor, frêle et courageux, qui d'un geste ôta la vie à ce géant. Dépité, l'empereur présent, fit mettre à mort l'enfant et Démétrius. De son corps se mit à jaillir une huile odoriférante et miraculeuse.

Peu de temps après sa mort, une basilique fut érigée sur son tombeau à Thessalonique qui fut à travers les siècles un grand centre de pèlerinage. L'édifice paléochrétien originel existe toujours. Saint Démétrios est vénéré comme l'un des plus importants patrons militaires orthodoxes, souvent associé à saint Georges. On vénère aussi son compagnon de martyre, Nestor.

Son culte est extrêmement populaire en Orient, la cathédrale orthodoxe de Salonique lui est dédiée.

Saint Dimitri de Thessalonique est fêté le 9 avril ou le 26 octobre (usage grec).  À cette occasion, le premier ministre grec a pour tradition de se rendre chaque 26 octobre à Thessalonique, ville du saint patron qui protège la cité.

Il est également le patron de la ville de Bucarest et il figure dans les armoiries de la cité. 

Reliquaire de Saint Démétrius, cathédrale de Thessalonique, Grèce.

Hagios Demetrios, sanctuaire dédié à saint Dimitri (Thessalonique)

Sources : 1, 2

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25 octobre 2022 2 25 /10 /octobre /2022 00:00
Saint Enguerrand de Metz

Enguerrand ou Angilram ou Angelramme, évêque de Metz, a participé à la renaissance carolingienne.[1]

Charlemagne en fit son grand chapelain, son grand chancelier et son apocrisiaire. L'empereur écrivit un jour au pape Hadrien: "J'ai besoin de l'avoir sans cesse à mes côtés." C'est ainsi qu'il ne s'occupa de sa charge épiscopale que par chanoines délégués. 

 

Il crée un scriptorium de la cathédrale de Metz. 

Il contribue à remplacer l'ancien chant gallican par le chant messin, né à Metz et l'origine du chant grégorien, afin de parachever la liturgie selon le rite romain dans l'empire

 

Il meurt en Hongrie en 791 au cours d'une campagne de Charlemagne contre les Avars. Son corps sera ramené à Saint-Avold son monastère d'origine, dans l'église qu'il avait fait construire à l'emplacement actuel de l'église abbatiale Saint-Nabor.[2]

 

Sources: 1, 2

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24 octobre 2022 1 24 /10 /octobre /2022 00:00
Saint Florentin, moine (VIIe siècle)

Au VIIe siècle, Saint Florentin, fils d'un Roi d'Écosse qui avait traversé les mers on ne sait comment, gardait humblement les porcs tout en multipliant miracles et guérisons à Bonnet (Lorraine).[1]

Selon sa légende, il aurait traversé la mer sur une croix. [2]

Dès le Moyen-Âge, ce village était devenu un lieu de pèlerinage très fréquenté et recommandé en cas de troubles mentaux: passer sous le gisant de Saint Florentin qui se trouve à l'intérieur de l'Église était et reste encore, parait-il très efficace!

L'ancien village a été abandonné par ses habitants qui l'ont rebâti là où il est actuellement, autour de la sépulture du saint.

Il avait souhaité être enterré sur la colline qui dominait son village.

Vingt-et-une des peintures murales de l'Église racontent cette vie légendaire.

Sources : 1, 2

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23 octobre 2022 7 23 /10 /octobre /2022 00:00
Saint Antoine-Marie Claret, Évêque et Confesseur

Antoine-Marie Claret (1807-1870), Évêque et Confesseur, fondateur des Fils du Cœur Immaculé de Marie (Clarétins). 

 

Mémoire de saint Antoine-Marie Claret, évêque. Après son ordination presbytérale, il parcourut pendant plusieurs années la Catalogne, en prêchant au peuple, et fonda la Société des Missionnaires Fils du Cœur Immaculé de Marie. Devenu évêque de Santiago de Cuba, il se soucia plus que tout du salut des âmes. Revenu en Espagne, il eut beaucoup à souffrir pour l'Église et finit ses jours en exil chez les moines cisterciens de Fontfroide près de Narbonne, en 1870.

 

Martyrologe romain[1]

La meilleure disposition à l'union avec Dieu, c'est l'intimité avec Notre-Seigneur et la vie d'amour

Antoine-Marie Claret a été béatifié en 1934 par le Pape Pie XI et canonisé en 1950 par le pape Pie XII.[2]

Sources: 1, 2

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23 octobre 2022 7 23 /10 /octobre /2022 00:00
Saint Jean de Capistran († 1456)

Jean, né à Capistrano dans l'Abruzze en 1386, était fils d'un gentilhomme français qui avait suivi à Naples le duc d'Anjou, devenu roi de ce pays.

Après ses humanités, il fut envoyé à Pérouse pour y étudier le droit canonique et civil. On le pourvut d'une place de judicature, et un homme riche et noble, charmé de ses qualités éminentes, lui donna sa fille en mariage. Tout lui souriait dans le monde, quand tout à coup s'évanouirent ces flatteuses espérances.

Dans une guerre contre le roi de Naples, la ville de Pérouse le soupçonna de prendre le parti de ce prince; on le fit arrêter. Malgré son innocence et son éloquence à se défendre, il fut jeté en prison. Sur ces entrefaites sa femme étant morte, il résolut de ne plus servir que Dieu. 

Il vendit tous ses biens, paya sa rançon, distribua le reste aux pauvres, et se réfugia chez les Franciscains, au monastère du Mont, près de Pérouse. Le gardien, craignant que cette vocation ne fût l'effet d'un dépit passager plutôt que d'un mouvement de la grâce, voulut l'éprouver. Il lui ordonna de faire le tour de la ville de Pérouse dont il avait été gouverneur, monté à rebours sur un âne, couvert d'un mauvais habit et la tête coiffée d'un bonnet de carton où étaient écrits divers péchés. Après une telle épreuve, les humiliations du noviciat ne lui coûtèrent plus. 

On lui donna pour maître un simple frère convers, à la direction duquel Jean se soumit avec la simplicité d'un enfant. Il fut traité par lui avec dureté:
"Je rends grâces au Seigneur, disait-il plus tard, de m'avoir donné un tel guide; s'il n'eût usé envers moi de pareilles rigueurs, jamais je n'aurais pu acquérir l'humilité et la patience."

Jean fut renvoyé par deux fois du noviciat comme incapable de remplir jamais aucun emploi dans la religion. Il resta jour et nuit à la porte du couvent, souffrant avec joie l'indifférence des religieux, les railleries des passants et les mépris des pauvres qui venaient demander l'aumône. Une persévérance si héroïque désarma la sévérité des supérieurs et dissipa leurs craintes. Jean, reçu de nouveau, fut enfin admis à la profession. 

Dès lors sa vie fut admirable, il vivait uniquement de Jésus sur la Croix. Embrasé d'amour pour Dieu, il faisait de sa vie une oraison continuelle: le Crucifix, le Tabernacle, l'image de Marie, le jetaient dans l'extase: "Dieu, disait-il, m'a donné le nom de Jean, pour me faire le fils de Marie et l'ami de Jésus."

Ordonné prêtre, Jean fut appliqué au ministère de la parole. Ses paroles produisaient partout des conversions nombreuses. Une secte de prétendus moines, les Fraticelli, dont les erreurs et les moeurs scandalisaient l'Église, fut anéantie par son zèle et sa charité.

  Le Pape Eugène IV, frappé des prodigieux succès de ses discours, l'envoya comme nonce en Sicile; puis le chargea de travailler, au concile de Florence (1439), à la réunion des Latins et des Grecs. Nommé visiteur des couvents franciscains de Terre Sainte, il travailla à l’union des Arméniens dont il ramena des représentants au concile.

Le 27 novembre 1437, la délégation grecque envoyée au concile de Ferrare (1437) et conduite par l'empereur bizantin Jean VIII Paléologue (1425-1448) avait embarqué à Constantinople pour Venise. L'empereur était accompagné de 21 métropolites et évêques, dont le patriarche de Constantinople, et une suite d'archimandrites et de membres du clergé, jusqu'à concurrence d'environ 700. Marc d'Éphèse, Isidore de Kiev, Bessarion et André, archevêque de Rhodes étaient les personnalités les plus connues. Elle arriva à Venise en février, puis à Ferrare (Italie) en mars. Bessarion fut désigné avec le métropolite d'Éphèse Marc Eugénikos pour défendre la position de l'Église grecque (orthodoxe). Il prononça le discours inaugural le 8 octobre 1438. Si au départ il persista à condamner l'addition du filioque au Symbole de Nicée par l'Église latine (catholique), sa position évolua devant les arguments du dominicain Jean de Montenero, et il plaida pour la réconciliation des Églises devant la délégation grecque en avril 1439. Le patriarche Marc d'Éphèse contesta pour sa part le rapprochement catholique-orthodoxe. Malgré des pressions du Basileus, il sera le seul évêque à ne pas signer le texte du concile.

Image illustrative de l'article Santa Maria del FioreLe 6 juillet 1439 Bessarion lut la version grecque du décret d'Union des Églises à Santa Maria del Fiore. La version latine fut lue par le cardinal Giuliano Cesarini. La délégation grecque s'embarqua à Venise le 19 octobre 1439. Le métropolite de Moscou, Isidore de Kiev, adhèra à l’union des Églises au nom de l’Église russe. De retour à Moscou en 1441, il échoua à imposer l'Union. Le prince Vassili II (ou Basile II), grand Prince de Moscou, le fit enfermer dans un couvent et libèra l’Église russe de la tutelle des Byzantins. De son côté Bessarion échoua à imposer l'union à Constantinople... La masse du peuple byzantin est contre l’union des Églises et sa proclamation à Constantinople dut être remise jusqu’au 12 décembre 1452, mais ne fut finalement pas adoptée. On connaît la suite : 29 mai 1453 : chute de Constantinople, tueries, viols et sacrilèges. La fin d'un monde.

 

Ami de saint Bernardin de Sienne, Jean de Capistran le défendit, devant la cour de Rome, contre les calomnies que lui attirait son ardeur pour la réforme de son Ordre; il l'aida grandement dans cette entreprise, et il alla lui-même visiter les maisons établies en Orient. 

Nicolas V l'envoya, en qualité de commissaire apostolique, dans la Hongrie, l'Allemagne, la Bohème et la Pologne. Toutes sortes de bénédictions accompagnèrent ses pas. Il ramena au bercail de l'Église un grand nombre de personnes, et convertit une quantité prodigieuse de Juifs et de Musulmans.

 

À cette époque, Mahomet II menaçant l'Occident d'une complète invasion, tenait Belgrade assiégée. Il se promettait d'arborer le croissant dans l'enceinte même de Rome.

Le Pape Calixte III chargea saint Jean de Capistran de prêcher une croisade: à la voix puissante de cet ami de Dieu, une armée de 40,000 hommes se leva; il lui trouva pour chef Huniade, un héros, et il la conduisit à la victoire.

Étant à trois journées de marche des Turcs, tandis qu'il célébrait la Messe en plein air dans les grandes plaines du Danube, les témoins ont rapporté qu'une flèche partie d'en haut vint, pendant le Saint Sacrifice, se placer sur le corporal. Après la Messe, le Saint lut ces mots écrits en lettres d'or sur le bois de la flèche: "Par le secours de Jésus, Jean de Capistran remportera la victoire." Au fort de la mêlée, il tenait en main l'étendard de la Croix et criait: "Victoire, Jésus, victoire!" Belgrade fut sauvée. C'était en l'an 1456... Trois mois après, saint Jean de Capistran, ayant prononcé ces paroles du Nunc dimittis: "C'est maintenant, Seigneur, que Vous laisserez mourir en paix Votre serviteur," expira en disant une dernière fois: "Jésus". Il avait soixante et onze ans.

Sources : 1, 2, 3, 4

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22 octobre 2022 6 22 /10 /octobre /2022 00:00
Saintes Elodie et Nunillon, Martyres († 851)

Martyrologe Romain : À Huesca en Aragon, l’an 851, les saintes Nunilon et Alodie, vierges et martyres. [1]

 

En 851, Abd Al Rahman II, émir de Cordoue obligea tous les enfants issus d'un mariage mixte à embrasser l'Islam. Elodie et sa sœur Nunillon étaient concernées car filles d'une chrétienne et d'un musulman. Elles se réfugièrent chez une de leurs tantes maternelles, à Barbaste.

 

Image illustrative de l'article AlquézarDécouvertes et arrêtées, elles furent enfermées dans des cachots séparés. 

Selon la tradition aragonaise, Alodia et Nunilo étaient originaires du village de Adahuesca (Barbastro), et elles furent emprisonnées au château d'Alquézar. [2]

 

Le juge tenta de les persuader d'apostasier. Elles refusèrent et moururent martyres, décapitées, en 851, dans la région de Huesca, en Espagne, le 22 octobre. [3]

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/03/Monasterio_de_Leyre%2C_retablo_de_las_santas_Nunilo_y_Alodia.JPG/450px-Monasterio_de_Leyre%2C_retablo_de_las_santas_Nunilo_y_Alodia.JPG

 Retable des Saintes Nunilo et Alodia à Yesa (Navarra), XVIIIe siècle, monastère de Leire.

 

Sources : 1; 2; 3

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21 octobre 2022 5 21 /10 /octobre /2022 00:00
Vitrail Sainte Céline ( 1903 ) - église Saint-Mazeran - Broût-Vernet - 03

Vitrail Sainte Céline ( 1903 ) - église Saint-Mazeran - Broût-Vernet - 03

Elle avait épousé, très jeune, Emile, le comte de Laon. Elle lui portait une grande affection et, par son caractère aimable et modeste, ils vécurent dans une grande union de cœur et de foi chrétienne. Ils prirent grand soin de l'éducation de leurs enfants qui devinrent tous trois prêtres. Le dernier nous est le plus connu, Rémi, né sur le tard, dont ils donnèrent le soin aux clercs de l'église Sainte-Marie de Laon. Il devint saint Rémi, l'archevêque de Reims Apôtre des Francs qui baptisa Clovis. (1)

 

D'après le Pseudo-Fortunat, Céline, de noble famille, avait épousé dans sa jeunesse Emilius, comte de Laon. Un ermite, Montanus qui habitait au milieu des bois de La Fère, prédit à Céline, après un triple avertissement reçu en songe, qu'elle enfanterait un garçon d'un rare mérite : Le Seigneur a daigné regarder la terre du haut du ciel, afin que toutes les nations du monde publient les merveilles de sa puissance et que les rois tiennent à honneur de le servir : Céline sera mère d’un fils qu’on nommera Remi ; je l’emploierai pour la délivrance de mon peuple. Et, dix mois plus tard, Remi vint au monde à Laon. (2)

 

Céline mourut très âgée et fut enterrée à Lavergny, près de Laon. Elle est fêtée le 21 octobre. (3)

 

À Laon, après 458, sainte Céline, mère des saints évêques Prince de Soissons et Remi de Reims.

Martyrologe romain (4)

Sources: 1, 2, 3, 4

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20 octobre 2022 4 20 /10 /octobre /2022 07:05
Lorsque vous êtes seul dans votre chambre, prenez votre crucifix

Lorsque vous êtes seul dans votre chambre, prenez votre crucifix, baisez respectueusement ses cinq plaies, dites-lui de vous faire un petit sermon, puis écoutez les paroles de vie éternelle qu'il adresse à votre cœur ; écoutez la supplication des épines, des clous, du précieux Sang. Oh, quel sermon éloquent !" (Saint Paul de la Croix)

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20 octobre 2022 4 20 /10 /octobre /2022 00:00

Sainte-Adeline--abbesse-en-Normandie----v.-1125-.jpgSainte Adeline (ou Aline), abbesse en Normandie († v. 1125)

 

Petite-fille de Guillaume le Conquérant et une noble dame de cette famille de Normandie (1) Adeline fut la première abbesse de l'abbaye des "Dames Blanches" (appelées ainsi en raison de la couleur de leur habit) à Mortain dans le département de la Manche en Normandie. (2)

La Règle suivie par cette maison religieuse était celle de saint Benoît avec quelques observances de la tradition cistercienne. (3)

 

"Sœur de saint Vital, abbé de Savigny, elle était comme lui attirée par la vie monastique et fonda un groupe de moniales au Neufbourg près de Mortain. Lorsque Vital fit bâtir un couvent à Mortain, la communauté s'y installa en adoptant la règle et l'habit de Cîteaux. On l'appela " abbaye des Dames Blanches " et plus tard " Abbaye Blanche ". Avec Adeline on fête ce jour les autres saints de Savigny, saint Geoffroy, abbé, et saint Guillaume Niobé, religieux." (diocèse de Coutances et Avranches - calendrier diocésain)


À Savigny en Normandie, vers 1125, sainte Adeline, première abbesse du monastère de Mortain, qu’elle avait construit avec l’aide de son frère saint Vital.  (4)

 

Martyrologe romain

 

 

Sources: (1); (2); (3); (4)

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19 octobre 2022 3 19 /10 /octobre /2022 00:00
Saint René et saints Martyrs Canadiens, missionaires s.j. († 1642/1649)

Vers le milieu du XVIIe siècle (1642-1649) une vaillante légion de Jésuites travaillait, dans le Canada encore à peu près sauvage, à la conversion de peuplades féroces, parmi lesquelles étaient surtout les Iroquois. Alors s'ouvrit pour les missionnaires ce que l'on a justement appelé « l'ère des martyrs ».

 

La célébration liturgique des saints martyrs canadiens a lieu le 26 septembre au Canada (solennité) et le 19 octobre dans l'Église universelle.

 

Les saints martyrs canadiens : Jean de Brébeuf, Isaac Jogues, Gabriel Lalemant, Charles Garnier, Antoine Daniel, Noël Chabanel, René Goupil, Jean de La Lande, canonisés en 1930, patrons secondaires du Canada depuis 1940, sont devenus des figures nationales proposées en exemples à l'Église Universelle.

 

Saint-Isaac-Jogues.png
Saint Isaac Joguès

Parmi les premières victimes, on compte le Père Isaac Jogues qui aurait pu se soustraire une première fois au martyre en 1642 ; mais il ne voulut pas se séparer de ses chrétiens, prisonniers des Iroquois. Après des supplices aussi inouïs que variés, il fut arraché à la mort et ramené en France. Mais son cœur était resté au Canada. Il y revint en 1646, et y reçut bientôt la palme d'un martyre glorieux. Parmi ses compagnons d'apostolat, les coadjuteurs  René Goupil et Jean de La Lande, tombèrent aussi sous la hache des iroquois, en haine de la religion chrétienne.

 

En 1648, le Père  Antoine Daniel fut percé de flèches, achevé d'un coup de feu, dépouillé de ses habits et jeté dans le brasier de sa chapelle devenue la proie des flammes.

 

Saint-Jean-Brebeuf--Pretre-jesuite.jpg

Quelques mois plus tard, le Père Jean Brébeuf et le Père Gabriel Lalemant subissent à leur tour les plus affreux supplices. On pique d'abord le Père de Brébeuf avec des alènes rougies au feu, on promène sur ses membres des tisons embrasés, on lui enlève la peau de la tête en forme de couronne. Pour l'empêcher d'exhorter ses fidèles, les bourreaux lui coupent les lèvres, la langue et le nez, lui fendent la bouche jusqu'aux oreilles, enfoncent un fer rouge dans sa gorge ; ils coupent des lambeaux de sa chair, les font rôtir et les mangent sous ses yeux. Ils jettent ensuite de l'eau bouillante sur sa tête, enduisent son corps de résine et le font griller lentement ; enfin, un chef iroquois lui arrache le cœur, le dévore et boit le sang du martyr. Le Père Lalemant subit un supplice du même genre pendant seize heures et eut enfin le crâne fracassé à coups de hache.

 

 

Au nombre des autres victimes des Iroquois furent, en 1649, les Pères Charles Garnier et Noël Chabanel, massacrés dans l'héroïque exercice de leur apostolat.

 

Le pape Pie XI (Ambrogio Damiano Ratti, 1922-1939) béatifia ces admirables martyrs, dignes de ceux des premiers siècles, le 21 juin 1925; il les canonisa le 29 juin 1930.

Le pape Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958) a déclaré les saints martyrs canadiens, Patrons secondaires du Canada.

 

 

Source

Chanson peu connue écrite par Théodore Botrel à la fin du XIXe siècle et interprété par Fabienne Thibeault, elle raconte l'histoire de saint René Goupil, jésuite, missionnaire et martyr.


PAROLES:
Pour toi, maman, ce petit mot,
Car ton René, ton petiot,
Là-bas, là-bas, missionnaire,
Au fond des bois, si loin qu'il soit,
Pense toujours à toi, Ma bonne mère,

Peut-être m'a-t-on devancé,
Chère maman, pour t'annoncer
A mon sujet, nouvelle amère...
Le saurais-tu?... J'ai peur un brin...
De te causer quelque chagrin,
Ma douce mère!

Nommé pour le pays huron,
Du Père Jogues compagnon,
Nous traversions une rivière...
Les Iroquois nous ont surpris.
Je suis bien loin de mon pays
Et de ma mère!

De Jésus béni soit le nom!...
Aidé de mon saint compagnon,
J'ai pu gravir un dur Calvaire;
Mais je pensais alors à toi,
Je te voyais prier pour moi,
Pieuse mère!

Malgré notre captivité,
Nous prêchons Dieu sans arrêter,
Oh! quel apôtre que ce Père!
Quelques indiens sont convertis,
J'ai baptisé des tout petits:
Quel bonheur! Mère!

Si tu me voyais triomphant,
Lorsque de l'âme d'un enfant
Je fais monter une prière;
Sur les fronts, je trace la croix,
Comme tu me faisais, parfois,
Ma tendre mère!

Celui qui vient finir ce mot,
Ce n'est plus votre petiot,
Votre René missionnaire:
Il s'est envolé vers le ciel,
Jou-ir d' un bonheur éternel,
O sainte mère!

On avait juré qu'il mourrait;
Hier, au bord de la forêt,
Nous étions tous deux en prière;
Soudain parut un forcené,
Sa main frappa votre René...
Courage! O mère!

Vous receverez, rougi de sang,
Le chapelet de votre enfanT:
Baisez cette relique chère:
Vous êtes mère d'un martyr!...
Moi. Jogues, puis le garantir,
Heureuse mère!

 

Dans la video ci-dessus, les scènes sont tirées du film canadien Blake Robe qui s'inspire de la vie de Pierre-Joseph-Marie Chaumonot, un père Jésuite. Mais ce film n'est jamais sortie en France... et il n'a même pas été doublé en français.

Saints Isaac Joguès, Jean de Brébeuf, et Compagnons

Saints Isaac Joguès, Jean de Brébeuf, et Compagnons

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18 octobre 2022 2 18 /10 /octobre /2022 00:00

Patron des médecins, des sculpteurs et des peintres.

Saint Luc l'évangéliste en peintre, Guerchin, 1562

Saint Luc l'évangéliste en peintre, Guerchin, 1562

Saint Luc, né à Antioche. On sait peu de chose de ses premières années ; on ignore si, avant sa conversion, il était païen ou observait la religion juive ; cette dernière opinion est la plus généralement adoptée. (1)

 

L'historien des débuts de la vie de l'Église

 

Doué d'un caractère ferme et d'une belle intelligence, il fut très habile médecin (Col 4,14), et ne dédaignait pas, dans ses loisirs, de cultiver l'art de la peinture, pour lequel il avait un goût prononcé.

Il possédait une culture grecque vaste et une connaissance approfondie de la tradition et des observances juives, comme les observances alimentaires (Ac 10), le culte juif synagogal du sabbat à Antioche de Pisidie, composé de la lecture de la Loi et des Prophètes, et d'une parole d’exhortation qui est un commentaire homilétique de l'Écriture (Ac 13, 14-15).

Dans son Évangile, il exposa avec soin tout ce que Jésus a fait et enseigné, en scribe de la miséricorde du Christ, et, dans les Actes des Apôtres, il se fit l'historien des débuts de la vie de l'Église jusqu'au premier séjour de saint Paul à Rome. (Martyrologe romain)

On n'a pas connaissance dans l'Antiquité d'un païen aussi fin connaisseur du judaïsme et de la Septante. Une hypothèse récente établit que Luc viendrait de la mouvance des Craignant-Dieu, c'est-à-dire des païens attirés par le judaïsme et vivant dans son orbite. (2)

La tradition chrétienne le considère comme l'auteur de l'Évangile qui porte son nom ainsi que des Actes des Apôtres. (3)

Pentecôte

Luc serait sûrement arrivé à l'une des premières charges de la cité, quand il renonça à son brillant avenir pour aller voir, en Judée, ce Jésus qui venait d'inaugurer sa vie publique, et dont le nom, la doctrine, les miracles, faisaient grand bruit dans tous les pays voisins. Il le vit, crut en sa mission divine, et prenant pour lui la parole du Maître : Que celui qui veut être mon disciple quitte tout et me suive, il suivit dès lors le Sauveur pas à pas dans ses courses apostoliques ; il fut témoin de sa Passion, de sa Résurrection, de son Ascension, reçut le Saint-Esprit au Cénacle, le jour de la Pentecôte - ou envoi de l'Esprit-Saint sur les Apôtres que Luc affiche comme l'évènement fondateur de la Chrétienté - (Ac 1,13-14), et partit pour évangéliser Antioche, sa patrie.

Plein d'enthousiasme pour le génie de saint Paul, Luc le prit pour son maître et se joignit à lui pour l'aider dans ses travaux ; il lui fut si fidèle, qu'il l'accompagna dans tous ses voyages et supporta patiemment avec lui fatigues, souffrances et persécutions. 

Après la mort du grand apôtre, Luc continua son apostolat en Italie, dans les Gaules, la Dalmatie, la Macédoine. Il rédige en Grèce, sous l'inspiration de l'Esprit-Saint, ses deux ouvrages, l'Évangile qui porte son nom et les Actes des Apôtres.

Son Évangile est surtout précieux par ses récits assez détaillés des mystères de l'Incarnation et de la Nativité du Sauveur, de l'Annonciation et de la Visitation. Les Actes des Apôtres servirent à faire disparaître beaucoup de mensonges qu'on répandait sur le christianisme naissant, et à confirmer les fidèles dans la foi.

"L'Évangile selon Luc + les Actes des Apôtres sont situés de manière habituelle dans les années 80, mais ils pourraient bien être aussi des années 60. L'Évangile selon Marc est situé autour des années 60 après l'avoir été autour des années 70, mais il pourrait bien être des années 50. L'Évangile selon Jean est situé autour des années 90, mais à cause de son caractère mystique et de certaines caractéristiques relevant de la topographie et de la chronologie il pourrait bien être des années 60." (4)

Les Actes des Apôtres sont la suite de l'Évangile selon Luc. D'un point de vue historien, ils ont été considérés comme rapportant des récits sur l'histoire des origines du christianisme. Leur premier objectif pourrait avoir été de montrer aux disciples de Jésus que le message de Pierre et de Paul est tout aussi légitime que celui de Jacques le Juste si ce n'est plus et de présenter les apôtres Pierre et Paul comme les continuateurs principaux de l'oeuvre de leur maître, le Messie Jésus. (5)

Cette oeuvre (Évangile selon Luc + Actes des Apôtres) attribuée à Luc, [...] présente l'activité religieuse du mouvement des disciples de Jésus à ses débuts." (6)

Pour les exégètes, l'auteur "lucanien" expose comment Dieu se détourne d'Israël qui refuse le Messie pour adopter l'universalité du monde gréco-romain, tout en situant l'Église dans l'exacte continuité d'Israël, dans une volonté de tenir ensemble les Judéens qui accueillent Jésus-Messie et les Gréco-Romains "craignant Dieu". (7)

Simon Claude Mimouni avance l'hypothèse que les élites judéennes disparues de certaines régions de la Diaspora romaine de langue grecque entre 70 et 135, voire après, consécutivement à la destruction du Temple de Jérusalem, "n'ont pas tout simplement adhéré au mouvement chrétien, [...] et n'existant plus désormais que comme chrétiennes. [...] Auquel cas, les Actes des Apôtres, quelques décennies plus tard auraient joué leur rôle auprès des Judéens de la Diaspora romaine." (8)

Les autorités chrétiennes de la seconde moitié du IIe siècle (150-200) ont intégré l'Évangile selon Luc au corpus des Évangiles, en constituant ainsi le "premier canon dont le document de Muratori pourrait en être le témoin principal.(9)

Saint-Luc-Evangeliste.jpg
Saint Luc, Évangéliste

Qui n'a entendu parler des Vierges peintes par saint Luc ?

Un tableau de la Vierge Marie fut retrouvé à Jérusalem quelques années après sa mort : on considère que saint Luc en est l'auteur. (10)

D'après une tradition, il aurait obtenu de Marie la grâce de faire son portrait [Selon la tradition, la représentation de "Notre-Dame du Perpétuel Secours" est tiré de ce premier dessin] ; le travail terminé, la Sainte Vierge l'aurait béni en disant : "Ma grâce sera toujours avec cette image."

Les Madones de saint Luc sont vénérées en plusieurs lieux. 

C'est lui qui nous a parlé avec tant de délicatesse de la Mère de Dieu, la toute pure et toujours Vierge Marie dont il nous dit: "Elle méditait toutes ces choses en son cœur", ce qui veut dire qu'avec amour Marie relisait dans sa mémoire les faits et gestes du Seigneur, pour en approfondir toute la signification, comme saint Luc l'a fait en écoutant saint Paul et en nous transmettant cet évangile de la bonté de notre Père du ciel.(11)

Luc répandit son sang pour la foi, à l'âge de 84 ans, soit dans le Péloponnèse, soit en Bithynie.

 

Saint Luc, fêté le 18 octobre, dans Christine Barrely, Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011. (12)

Saint Luc, fêté le 18 octobre, dans Christine Barrely, Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011. (12)

Les peintres et les médecins le regardent comme leur patron.

En France, l'Académie de Saint-Luc préfigurait avant la Révolution l'Académie des Beaux-Arts.

Saint Luc est représenté accompagné ou symbolisé par un taureau. (13)

Saint Luc, Évangéliste, Patron des médecins (Ier s.)

"Je m’engage à suivre Luc, Saint Patron des soignants, en montrant par mon attention aux autres que le seul souhait du Sauveur est de nous guérir de notre mal intérieur par Sa Miséricorde pour pouvoir ainsi accéder au Royaume de l’amour éternel qui nous unit au Seigneur !" (Mgr JM LE GALL Twitter)(14)

Sources : (1) l'Évangile au quotidien ; (2) Daniel Marguerat, Le Judaïsme synagogal dans les Actes des Apôtres, dans Les Judaïsmes dans tous leurs états, aux Ier – IIIe siècles (Les Judéens des Synagogues, les chrétiens et les rabbins), Actes du Colloque de Lausanne, 12 – 14 décembre 2012, publiés sous la direction de Claire Clivaz, Simon Claude Mimouni et Bernard Pouderon, Brepols 2015 , p. 182-184 ; (3) Wikipedia ; (4) Simon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, Bayard, Italie 2018, p. 21 ; (5) Simon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, ibid.,, p. 88-90 ; (6) Simon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, ibid., p.  117 ; (7) Simon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, ibid., p. 103 ; (8) Simon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, ibid., p. 108 ; (9) Simon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, ibid., p. 99 ; (10) Priya Hemenway, Saints, Evergreen, Taschen 2007 p. 57 ; (11) Nominis ; (12) Christine Barrely, Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 115 ; (13) Marguerite-Marie Thiollier, Dictionnaire des religions, Collection Marabout Université, Saint-Amand 1982, p. 222-223 ; (14) https://twitter.com/mgrjmlegall/status/1582236232255696896?s=20&t=6ZoGcFKqBt-pkUx0w-XwLw

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17 octobre 2022 1 17 /10 /octobre /2022 00:00
Saint Ignace d'Antioche : "Vos dieux sont des démons !" († Vers 116)

Saint Ignace, troisième évêque d’Antioche, fut condamné à être dévoré par les fauves lors d'une persécution sous Trajan, dont on situe mal la date exacte [...], indique Daniel-Rops en 1965, peut-être dans le Colisée, alors en voie d'achèvement, lors des spectacles géants donnés par Trajan pour son triomphe sur les Daces, et où furent mis à mort dix mille gladiateurs et onze mille fauves. On connaît mal les conditions de son procès, dont on ne sait pas si l'initiative vint de la foule ou de quelque magistrat local. (DANIEL-ROPS, Histoire de l'Église du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965, p. 157.)

 

Enchaîné et mené au supplice, il fut conduit d'Antioche à Rome par Smyrne, Troade, Ostie. Il écrivit, pendant son long parcours, sept lettres, soit six à des Églises locales et une à l’évêque de l’une d’elles qui l’avait accueilli : Polycarpe de Smyrne. (1) (2)

Itinéraire d'Ignace d'Antioche. Source: https://www.persee.fr/renderIllustration/topoi_1764-0733_2004_act_5_1_T1_0425_0000_1.png

Itinéraire d'Ignace d'Antioche. Source: https://www.persee.fr/renderIllustration/topoi_1764-0733_2004_act_5_1_T1_0425_0000_1.png

Saint Ignace d'Antioche : "Vos dieux sont des démons !" († Vers 116)

"Les recherches actuelles montrent qu'Ignace a été victime d'une persécution qui a touché la communauté chrétienne d'Antioche en juillet 116, à la veille de la prise de Ctésiphon par les légions romaines de Trajan : [...] les Actes de Drosis, de la seconde moitié du IVe siècle, [...] donnent en dépit de leur caractère hagiographique [...] de précieuses informations historiques pour dénouer ce que l'on appelle le 'puzzle ignacien'", écrit Simon Claude MIMOUNI dans "Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme." (Bayard, Italie 2018, p. 202-203). 

 

Le livre XI de la Chronique de Malalas et les Actes de Drosis attestent qu’à la suite du séisme d’Antioche, le 13 décembre 115 ap. J.-C., une persécution brève et violente, dont Ignace et Drosis furent victimes, s’abattit sur l’Église locale dans les derniers jours de juillet 116, à l’occasion des fêtes d’Apollon. (Étienne DECREPT, La persécution oubliée des chrétiens d’Antioche sous Trajan et le martyre d’Ignace d’Antioche, Revue d'Etudes Augustiniennes et Patristiques, volume 52, 2006, pp. 1-29.)

 

"Pour Antioche, un lien n'est pas à exclure entre le séisme de décembre 115 et la persécution de 116 : la communauté judéenne, chrétienne ou non, servant souvent de bouc émissaire lors des grandes catastrophes naturelles - sous les règnes de Néron et de Vespasien, par exemple, les Judéens de la ville, [...] ont été accusés, par deux fois, d'être les instigateurs des violents incendies qui l'ont ravagée." (Simon Claude MIMOUNI, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, ibid., p. 203.)

 

"On perd ensuite l'évêque d'Antioche sur le chemin de Rome. Tout cela qui court sur quelques mois, se passe à la fin du règne de Trajan. (+117)" (Écrits des Pères apostoliques, Texte intégral, Sagesses chrétiennes, Les Éditions du Cerf, Paris 2012, p. 152.)

 

"C'est au cours du long transport vers Rome qu'il écrivit sept lettres aux chrétiens des communautés qu'il rencontrait, les exhortant et les encourageant à poursuivre. On le représente en chasuble d'évêque." 

 

 

"Saint Ignace est le deuxième successeur de Pierre (l’Apôtre de Jésus-Christ) comme évêque d’Antioche (Turquie actuelle, proche de la frontière syrienne) selon une liste communiquée par Eusèbe de Césarée, Ignace ne nous est guère connu que par ses Lettres qui ont été conservées et dont l'authenticité est indiscutable." (Régine PERNOUD, Les saints au Moyen Age, la sainteté d'hier est-elle pour aujourd'hui ?, Plon, Mesnil-sur-l'Estrée 1984, p. 40).


Certains auteurs assurent qu'Ignace fut ce petit enfant que Notre-Seigneur plaça au milieu des Apôtres lorsque, pour leur donner une leçon d'humilité, Il leur dit: Si vous ne devenez semblables à de petits enfants, vous n'entrerez jamais dans le royaume des Cieux. Ce qui est certain, c'est qu'il était un familier des premiers disciples du Sauveur, disciple lui-même de saint Jean, l'Apôtre bien-aimé. (Voir un peu plus bas, le tableau "Ignace d'Antioche : Les emprunts johanniques".)

 

Le premier credo

 

Dans son Épître aux Éphésiens (7,2) Ignace définit un credo ancien présentant les deux natures du Christ, à la fois homme et Dieu, né de Marie et né de Dieu en ces termes : "Il n'y a qu'un seul médecin, charnel et spirituel, engendré et inengendré, venu en chair, Dieu, en la mort vie véritable (né) de marie et (né) de Dieu, d'abord passible et maintenant impassible, Jésus-Christ notre Seigneur." Le texte est rythmé. Il n'est pas impossible qu'il soit emprunté à une hymne chrétienne de ce temps (analogue par exemple au Gloria in excelsis ou au Te Deum. (Les Écrits des Pères apostoliques, Texte intégral, Sagesses chrétiennes, Les Éditions du Cerf, Paris 2012, p. 160.)

 

Ignace semble bien être Syrien d’origine

 

Il n’est pas citoyen romain, car jamais un citoyen romain ne fut condamné aux bêtes. Rien n’indique qu’il soit Juif : il s’oppose avec fermeté aux coutumes juives et aux judaïsants (Lettre aux Magnésiens, 8 et 9) (1) :

 

VIII, 1. Ne vous laissez pas séduire par les doctrines étrangères ni par ces vieilles fables qui sont sans utilité. Car si maintenant encore nous vivons selon la foi, nous avouons que nous n'avons pas reçu la grâce. 2. Car les très divins prophètes ont vécu selon Jésus-Christ ; c'est pourquoi ils ont été persécutés. Ils étaient inspirés par sa grâce, pour que les incrédules fussent pleinement convaincus qu'il n'y a qu'un seul Dieu, manifesté par Jésus-Christ son Fils qui est son Verbe sorti du silence, qui en toutes choses s'est rendu agréable à celui qui l'avait envoyé.

 

IX, 1. Si donc ceux qui vivaient dans l'ancien ordre de choses sont venus à la nouvelle espérance, n'observant plus le sabbat, mais le jour du Seigneur, jour où notre vie s'est levée par lui et par sa mort, --quelques-uns le nient; mais c'est par ce mystère que nous avons reçu la foi, et c'est pour cela que nous tenons ferme, afin d'être trouvés de véritables disciples de Jésus-Christ, notre seul maître -- 2. comment pourrions-nous vivre sans lui, puisque les prophètes aussi, étant ses disciples par l'esprit, l'attendaient comme leur maître ? et c'est pourquoi celui qu'ils attendaient justement les a, par sa présence, ressuscités des morts. (Lettre aux Magnésiens, 8 et 9)

 

Il se fait témoin de la tradition essentielle de la foi chrétienne, en parlant des hérétiques docètes

 

Ils s'abstiennent de l'Eucharistie et de la prière, parce qu'ils ne confessent pas que l'Eucharistie est la chair de notre Sauveur Jésus-Christ, la chair qui a souffert pour nos péchés, la chair que le Père a ressuscitée. (Ad Smyrn. 7, 1.)

 

Il met en garde les vrais fidèles contre les zélateurs des observances juives :

 

Apprenons à vivre selon le christianisme. Car celui qui s'appelle d'un autre nom en dehors de celui-ci, n'est pas à Dieu ! Rejetez donc le mauvais levain, vieilli et aigri ! (Cf. 1Co, 5: 6,7)" (Lettre aux Magnésiens 10:1,2)

 

Ignace fut un grand évêque, un homme d'une rare sainteté; mais sa gloire est surtout son martyre. Conduit devant l'empereur Trajan, il subit un long interrogatoire:

 

Ignace_d%5C%27Antioche%2C_martyr.jpg
SAINT IGNACE
Patriarche d'Antioche, Martyr
Docteur de l'Eglise
(+ 116)


 

Image illustrative de l'article Trajan
Empereur Trajan (98-117)

«  C'est donc toi, vilain démon, qui insultes nos dieux?
-- Nul autre que vous n'a jamais appelé Théophore un mauvais démon.
-- Qu'entends-tu par ce mot Théophore?
-- Celui qui porte Jésus-Christ dans son coeur.
-- Crois-tu donc que nous ne portons pas nos dieux dans notre coeur?
-- Vos dieux! Ce ne sont que des démons; il n'y a qu'un Dieu Créateur, un Jésus-Christ, Fils de Dieu, dont le règne est éternel.
-- Sacrifie aux dieux, je te ferai pontife de Jupiter et père du Sénat.
-- Tes honneurs ne sont rien pour un prêtre du Christ.»

 

Trajan, irrité, le fait conduire en prison. «Quel honneur pour moi, Seigneur, s'écrie le martyr, d'être mis dans les fers pour l'amour de Vous!» et il présente ses mains aux chaînes en les baisant à genoux.

L'interrogatoire du lendemain se termina par ces belles paroles d'Ignace: «Je ne sacrifierai point; je ne crains ni les tourments, ni la mort, parce que j'ai hâte d'aller à Dieu.»

 
Condamné aux bêtes, il fut conduit d'Antioche à Rome par Smyrne, Troade, Ostie. Son passage fut partout un triomphe.

 

Pendant ce douloureux voyage, le saint évêque, exultant de joie, écrivit aux Églises sept lettres qui nous dévoilent son âme ardente et nous révèlent aussi ses préoccupations - assurer l’union des Églises à leurs évêques, leur union entre elles et la fuite de l’hérésie.
Il est aisé de retracer, d’après les détails donnés, l’itinéraire parcouru par le condamné (voir carte ci-dessous).
Il y eut trois escales plus importantes : Philadelphie, Smyrne et Troas.
A Smyrne, Ignace fut accueilli par l’évêque Polycarpe. Des délégations importantes d’autres Églises d’Asie s’empressèrent de venir le saluer. 

 Ignace fit couler partout des larmes de douleur et d'admiration:


«Je vais à la mort avec joie, pouvait-il dire. Laissez-moi servir de pâture aux lions et aux ours. Je suis le froment de Dieu; il faut que je sois moulu sous leurs dents pour devenir un pain digne de Jésus-Christ. Rien ne me touche, tout m'est indifférent, hors l'espérance de posséder mon Dieu. Que le feu me réduise en cendres, que j'expire sur le gibet d'une mort infâme; que sous la dent des tigres furieux et des lions affamés tout mon corps soit broyé; que les démons se réunissent pour épuiser sur moi leur rage: je souffrirai tout avec joie, pourvu que je jouisse de Jésus-Christ.»

 

Image illustrative de l'article Ignace d'AntiocheSaint Ignace, dévoré par un lion, répéta le nom de Jésus jusqu'au dernier soupir. Il ne resta de son corps que quelques os qui furent transportés à Antioche.(Source : Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.) (2)
 

Origène (185-253)

Les démons aiment se faire passer pour les faux dieux du paganisme. [Origène, In Exod., homil. VI, n°5, (Patrologie Grecque de l'abbé Jacques-Paul Migne 12, 335).]

L'identification des démons avec les dieux païens est soutenue par Ps 96 [95]: 5 : "Tous les dieux des païens sont des démons." La Bible de Jérusalem traduit "néant, tous les dieux des nations"; la Vulgate utilisée par saint Thomas portait : "Omnes dii gentium daemonia."

(Source: Jean-Baptiste GOLFIER, Tactiques du diable et délivrances, Artège-Lethielleux, 2018, p. 93 et note 21, p. 130.)

 

«Comme saint Ignace a été disciple de saint Jean l'Évangéliste, et a souffert peu de temps après la mort de cet apôtre, ses écrits sont des monuments précieux de la doctrine et de la discipline de l'Église primitive; ils sont rassemblés dans le second tome des Pères apostoliques, de l'édition de Coletier. ...  [L]es Protestants, ils y ont trouvé la condamnation claire de plusieurs de leurs erreurs. » 

Source: Encyclopédie théologique, Nicolas Bergier (1718-1790), publ. par M. l'abbé Migne, Ateliers catholiques au Petit-Montrouge, tome II, Paris 1850-1851, p. 1292).

 

Alors qu'au milieu du Ier siècle, les disciples de Paul et de Jacques sont encore désignés comme "nazoréens" en Palestine, le terme de "chrétien" (1 P 4,16) est déjà utilisé à Antioche et à Rome. (Marie-Françoise BASLEZ, Bible et Histoire, Judaïsme, hellénisme, chritianisme, Folio Histoire, Saint-Amand 2003, p. 159 et 359.)

 

Le terme de "christianisme" "a toujours été, dès la première attestation du terme (dans les lettres d'Ignace d'Antioche aux chrétiens de Magnésie, Rome et Philadelphie, vers 115-120), une construction conceptuelle, servant notamment à tracer des frontières entre pratiques et croyances différentes." (Enrico NORELLI, La Naissance du Christianisme, Comment tout a commencé, traduit de l'italien par Vivian Dutaut, édition Gallimard, Folio Histoire, 2019, p. 12.)

 

L'auteur des Actes des Apôtres relève le terme : "c'est à Antioche que, pour la première fois, les disciples reçurent le nom de 'chrétiens' (Ac 11,26). Le texte ne dit pas si ce sont les disciples qui s'attribuèrent eux-mêmes ce nom ou si ce sont d'autres qui le firent. La seconde option est la plus probable : l'historien romain Tacite affirme explicitement qu'ils étaient appelés ainsi par le peuple (Annales 15,44); et lorsque le mot chrétien revient dans les Actes, il est employé par un non-chrétien, Hérode Agrippa; dans la première lettre de Pierre (4,16), on parle de l'éventualité que quelqu'un doive souffrir "comme chrétien", ce qui renvoie à une accusation avancée par des non-chrétiens.

 

Ignace oppose le terme Khristianismos à ioudaïsmos déja existant utilisé par les Juifs pour désigner une attitude de forte adhésion identitaire à la Loi. On trouve cinq occurrences du terme dans les écris d'Ignace (quatre occurrence comme substantif, Khristianismos, une comme adjectif, Khristianos, qui avait déjà été assumé depuis longtemps à Antioche). Ignace emploie ce terme en opposition à l'identité qui se fonde sur l'observance judaïque (Lettre à l'Église de Magnésie 10, 1-3 ; aux Romains 3,3 ; à l'Église de Philadelphie 6,1). 

 

La présence de non-Juifs qui, lors de la célébration du culte, mangeaient à la même table que les Juifs rendait ces derniers impurs aux termes de la loi : ceci finit par entraîner les disciples de Jésus à Antioche, à faire prévaloir leur appartenance à Jésus sur leur appartenance au judaïsme. (Enrico NORELLI, La Naissance du Christianisme, Comment tout a commencé, traduit de l'italien par Vivian Dutaut, édition Gallimard, Folio Histoire, 2019, p. 22; 94-95)

 

Les Actes au chapitre 10 rapportent le récit de la conversation du centurion romain Corneille par Pierre, suivant la double révélation parallèle à Pierre et à Corneille, et qui révèle à Pierre qu'il ne faut pas considérer impur aucun être humain (Ac 10,28), ni déclarer impurs les aliments que Dieu a déclaré purs (Ac 11,9). 

 

Ignace polémique durement contre les groupes chrétiens présents à Antioche et en Asie, qui ne reconnaissent pas la réalité humaine de Jésus (c'est le cas des docètes, de docétisme, du grec dokeô, apparaitre, sembler, qui interprètent littéralement le verset de l’évangile selon Jean "Et la Parole se fit chair" Jn 1,14). Ignace les accuse de "judaïser" car ils célèbrent le samedi (sabbat) (Magn. 9,1) et non le jour de la Résurrection du Seigneur. Ces groupes ne reconnaissent pas l'autorité de l'évêque et mènent des activités ecclésiales en dehors de la présidence épiscopale. (Enrico NORELLI, La Naissance du Christianisme, Comment tout a commencé, traduit de l'italien par Vivian Dutaut, édition Gallimard, Folio Histoire, 2019, p. 212-213.)

 

"L'hébraïsme du temps présent, [...] devenait désormais l'héritier de l'opposition à Dieu toujours active en Israël, et donc une branche morte, abandonnée de Dieu et de sa bienveillance ou, plutôt, s'étant elle-même obstinément, coupablement, détachée de Lui." (Enrico NORELLI, La Naissance du Christianisme, Comment tout a commencé, ibid., p. 22.)

 

Jésus lui-même relativisa les sacrifices (Mt 9,13 Je veux la miséricorde, non le sacrifice ; et 12,7) mais aussi la Loi en opposant sa parole ("Je vous dis") à la tradition (Mt 16,11 Méfiez-vous donc du levain des pharisiens et des sadducéens ; et 19,9 C’est en raison de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de renvoyer vos femmes. Mais au commencement, il n’en était pas ainsi). Sur des points de droit et d'usages, il fut amené à discuter des règles de séparation et de pureté rituelle (Mt 9,11 les pharisiens disaient à ses disciples : "Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ?" ; et Mc 7,2-5 Alors les pharisiens et les scribes demandèrent à Jésus : "Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? Ils prennent leurs repas avec des mains impures"), de la répudiation (Mt 19,8) et surtout du sabbat (Mc 2,24 Les pharisiens lui disaient : "Regarde ce qu’ils font le jour du sabbat ! Cela n’est pas permis" ; Mt 12,2 Voyant cela, les pharisiens lui dirent : "Voilà que tes disciples font ce qu’il n’est pas permis de faire le jour du sabbat !"Lc 6,1 Un jour de sabbat, Jésus traversait des champs ; ses disciples arrachaient des épis et les mangeaient, après les avoir froissés dans leurs mains6-11 Quant à eux, ils furent remplis de fureur et ils discutaient entre eux sur ce qu’ils feraient à Jésus.) (Marie-Françoise BASLEZ, Bible et Histoire, Judaïsme, hellénisme, christianisme, Folio Histoire, Saint-Amand 2003, p. 173.)

 

"L'idée s'affirme progressivement que l'Église universelle ne signifie pas seulement une communion dans la foi et dans l'amour, mais aussi une interdépendance sur le plan de la gestion des pouvoirs et une homogénéisation des doctrines." (Enrico NORELLI, La Naissance du Christianisme, Comment tout a commencé, ibid., p. 215.)

 

Dans Contre les hérésies (livre IV, I, 6) publié un peu plus tard vers 180 ap. J.-C., saint Irénée de Lyon expliquera ce processus : les prophètes de l'Ancien Testament avaient averti Jérusalem de l'inutilité des sacrifices si son coeur était loin de Dieu (Israël en tant que fidèle à Dieu) : « Isaïe, dit [...] : 'Que m'importe la multitude de vos sacrifices ? dit le Seigneur. Je suis rassasié.' Puis, après avoir repoussé les holocaustes, sacrifices et oblations, ainsi que les néoménies, les sabbats, les fêtes et toute la suite des autres observances, il ajoute, en leur conseillant ce qui procure le salut : 'Lavez-vous, purifiez-vous, ôtez la malice de vos cœurs de devant mes yeux ; cessez vos méchancetés, apprenez à bien faire ; recherchez la justice, sauvez celui qui souffre l'injustice, faites droit à l'orphelin et défendez la veuve : venez alors et disputons ensemble, dit le Seigneur.[Isaïe 1, 11-17] [...] Si c'était par colère qu'il (Dieu) repoussât leurs sacrifices, comme de gens indignes d'obtenir sa miséricorde, il ne leur conseillerait pas ce par quoi ils pourraient être sauvés ; mais, parce que Dieu est miséricordieux, il ne les prive pas du bon conseil. C'est ainsi qu'après leur avoir dit par la bouche de Jérémie : 'Pourquoi m'apportez-vous l'encens de Saba et le cinnamome d'une terre lointaine ? Vos holocaustes et vos sacrifices ne m'ont pas été agréables' [Jérémie 6,20 et Isaïe, 1, 11], il ajoute : 'Ecoutez la parole du Seigneur, vous tous, Juda. Voici ce que dit le Seigneur Dieu d'Israël : Redressez vos voies et vos habitudes de vie, et je vous ferai habiter en ce lieu. Ne vous fiez pas à des paroles mensongères qui ne vous seront d'aucun profit, en disant : C'est le temple du Seigneur, c'est le temple du Seigneur...' [Jr 7,4] 'Mais voici le commandement que je leur ai donné : Écoutez ma voix, et je serai votre Dieu, et vous serez mon peuple ; marchez dans toutes mes voies que je vous prescrirai, pour que vous vous en trouviez bien. Mais ils n'ont pas écouté ni prêté attention; ils ont marché selon les pensées de leur cœur pervers, ils ont rétrogradé au lieu d'avancer.' [Jr 7,23-24] [...] Ainsi encore, chez le prophète Osée [6, 6], pour leur enseigner sa volonté, Dieu leur disait : 'Je veux la miséricorde plus que le sacrifice, et la connaissance de Dieu plus que les holocaustes.' [...] Malachie a parlé d'avance en ces termes : 'Je ne prends pas plaisir en vous, dit le Seigneur tout-puissant, et je n'agréerai pas de sacrifice de vos mains ; car du levant au couchant, mon nom est glorifié parmi les nations, et en tout lieu de l'encens est offert à mon nom, ainsi qu'un sacrifice pur : car mon nom est grand parmi les nations, dit le Seigneur tout-puissant.' Il signifiait très clairement par là que le premier peuple cesserait d'offrir à Dieu, tandis qu'en tout lieu un sacrifice lui serait offert, pur celui-ci, et que son nom serait glorifié parmi les nations. Or, quel est le nom qui est glorifié parmi les nations, sinon celui de notre Seigneur, par l'entremise de qui est glorifié le Père et est glorifié l'homme? […] Ainsi donc, l'oblation de l'Église, que le Seigneur a enseigné à offrir dans le monde entier, est réputée sacrifice pur auprès de Dieu et lui est agréable. » (Irénée de LyonContre les hérésies, livre IV, I, 6.)

 

L'inventeur du mot "catholique" pour définir l'Église de Jésus-Christ

 

C'est à Ignace que l'on doit le mot grec «kajolik´ov», «catholicos» pour définir l'Eglise de Jésus-Christ (Encyclopédie Universalis). «Là où paraît l'évêque, que là soit la communauté, de même que là où est le Christ Jésus, là est l’Église catholique», écrit Ignace d’Antioche qui le premier veut expliquer par ce mot l’universalité du salut.

Le terme grec, kajolik´ov, catholicos qui avait déjà chez les auteurs grecs (Aristote, Zénon, Polybe) le sens d’universel, de total, de général, est employé, depuis le début du IIe siècle, presque exclusivement par les auteurs chrétiens, et pour la première fois par Ignace d’Antioche en 112 ap. J.-C., dans sa Lettre aux chrétiens de Smyrne (VIII,2), pour désigner l’Église de Jésus-Christ.

 

Dès ce moment, le mot a un double sens: il désigne la foi catholique commune à toute l'Église déjà répandue dans de nombreux pays, par opposition aux communautés ayant assez tôt dévié de la foi apostolique (nicolaïtes, gnostiques de toutes obédiences, aujourd'hui protestants, francs-maçons etc....)

 

"À la suite d'Ignace d'Antioche, Clément d'Alexandrie, Tertullien ou d'autres auteurs chrétiens des premiers siècles emploient le mot 'catholique' pour qualifier une communauté locale en communion avec l'Église universelle, par opposition aux sectes ou aux hérésies. [...] Par exemple, saint Augustin écrit en tête d'une lettre à un hérétique : 'Honorato, episcopo partis Donati, Augustinus, episcopus Ecclesiae catholicae (à Honorat, évêque du parti de Donat, Augustin, évêque de l'Église catholique')." (Yves BRULEY, Histoire du Catholicisme, Que Sais-je ?, 4e édition, Paris 2018, p. 4.)



Ignace salue l'Église catholique romaine plus particulièrement :

«Elle est aimée et illuminée par la volonté de Celui qui a voulu tous ceux qui existent selon la foi et l'amour de Jésus-Christ Notre Dieu… Sa charité la met au premier rang, c'est elle qui porte la loi du Christ et le nom du Père» (France QUÉRÉ, Les Pères apostoliques. Écrits de la primitive Église, cité in Régine Pernoud, Les saints au Moyen Age, la sainteté d'hier est-elle pour aujourd'hui ? , Plon, Mesnil-sur-l'Estrée 1984, p. 40).

 

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Eglise catholique Saint Ignace, Shanghai (Chine)

 

 


L’Église romaine, «présidente de l’alliance divine» chez Saint Ignace d'Antioche

 

Selon Ignace, Une vénération spéciale entoure déjà l'église de Rome dès la fin du Ier siècle.


Saint Irénée de Lyon, un autre auteur contre les hérétiques écrit lui aussi : «L’ensemble des croyants de tous les pays, doit demeurer en accord avec l’Église de Rome». Au plan de la discipline et surtout de la foi, l’Église de Rome est un modèle pour les autres Églises ; on y vient de partout » (Saint Irénée de Lyon, Adversus haereses, III, 2.)

Dans sa Lettre aux Romains, Ignace explique que : « cette église préside dans la région de Rome». L'hérésie protestante est clairement condamnée dès la fin du Ier siècle... L'Église primitive était catholique et non protestante. Ceci est toujours bon à rappeler aux progressistes et autres marchands de sable expliquant qu'il faut revenir aux sources et aux premiers temps de l'Église !...

 

Ses lettres apostoliques développant une première théologie eucharistique le font ranger parmi les Pères apostoliques, première génération de Pères de l'Église. (4)

 

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Eglise catholique Saint Ignace, Shanghai (Chine), Autel de la Vierge

 

Les Lettres d'Ignace d'Antioche

 

Les lettres d’Ignace « ont une importance incalculable pour l’histoire du dogme » (J. Quasten, Initiation aux Pères de l’Église, Paris 1955, 1, p.76.).

« Comme à ses grands docteurs, l’Église lui doit certains traits qui resteront acquis pour toujours : pour la doctrine de l’Incarnation et de la Rédemption, de l’Église ou de l’Eucharistie, Ignace a apporté à la construction du dogme catholique des pierres solides et bien appareillées qui resteront à la base de l’édifice. » (Th. Camelot, Ignace d’Antioche, Paris 1958, SC N° 10, p. 58.)

 

Elles soulignent les thèmes suivants :

 

. Unité de Dieu : Magn. 8, 2 - Il n’y a qu’un Dieu qui s’est manifesté par Jésus-Christ, son Fils qui est son Verbe sorti du silence ; Magn. 13, 1 - Ayez soin de vous tenir dans la foi et la charité avec le Fils, le Père et l’Esprit; Magn. 13, 2 - Soyez soumis à l’évêque… comme les apôtres le furent au Christ, au Père et à l’Esprit.

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. Trinité : Éph. 9, 1 - Vous êtes les pierres du temple du Père, destinées à l’édifice que construit Dieu le Père, élevées jusqu’au faîte par la machine de Jésus-Christ qui est sa croix, avec le Saint-Esprit pour câble),

 

. Divinité de Jésus : Éph. 1, 1 Après vous être retrempés dans le sang de Dieu…; Éph. 7, 2 Il n’y a qu’un seul médecin, à la fois chair et esprit, engendré et non engendré, Dieu fait chair, vraie vie au sein de la mort, né de Marie et de Dieu, d’abord passible et maintenant impassible, Jésus-Christ Notre-Seigneur.; Rom. 3, 3 - Rien de ce qui est visible n’est bon. Même notre Dieu Jésus-Christ ne s’est jamais mieux manifesté que depuis qu’il est retourné au sein du Père; Rom. 6, 3 - Permettez-moi d’imiter la passion de mon Dieu.

 

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L'Incarnation du Christ par Piero di Cosimo (1505)

 

. Réalité de l’Incarnation : Magn. 8, 2 - Il n’y a qu’un Dieu et ce Dieu s’est manifesté par J.C., son Fils, qui est son Verbe sorti du silence, celui qui accomplit fidèlement les volontés de celui qui l’a envoyé. Smyrn. 4, 1-2 - Il faut prier pour leur conversion (des docètes), chose bien difficile mais possible pourtant à Jésus-Christ, notre véritable vie. Si c’est seulement en apparence que Notre-Seigneur a agi, ce n’est aussi qu’en apparence que je suis chargé de fers. Alors pourquoi me suis-je voué à la mort, par le feu, le glaive, les bêtes ?.. C’est pour m’associer à sa passion que j’endure tout, et c’est lui qui m’en donne la force, lui qui s’est fait complètement homme.

 

. Rédemption : Trall., 2, 1 - Jésus-Christ est mort pour nous afin de vous préserver de la mort par la foi en sa mort; Smyrn., 2, 1 - C’est pour notre salut qu’il a enduré toutes ces souffrances ; Rom., 6, 1 - Il est mort pour nous, ressuscité à cause de nous. Il a été réellement percé de clous pour nous en sa chair sous Ponce-Pilate et Hérode le Tétrarque ; Smyrn, 1, 2 - c’est au fruit de sa croix, à sa sainte et divine passion que nous devons la vie; Trall., 11, 2 - Ceux qui sont plantés par le Père sont des rejetons de la croix et leur fruit est incorruptible.

 

. Eucharistie : Éph. 13, 1 - Ayez donc soin de tenir des réunions plus fréquentes pour offrir à Dieu votre Eucharistie et vos louanges. Éph. 20, 2 -… si le Seigneur me fait savoir que, chacun en particulier et tous ensemble… vous êtes unis de cœur dans une inébranlable soumission à l’évêque et au presbyterium, rompant tous un même pain, ce pain qui est un remède d’immortalité, un antidote destiné à nous préserver de la mort et à nous assurer pour toujours la vie en Jésus-Christ. Philad. 4 - Ayez donc soin de ne participer qu’à une seule Eucharistie. Il n’y a en effet qu’une seule chair de Notre Seigneur, une seule coupe pour nous unir dans son sang, un seul autel comme il n’y a qu’un seul évêque, entouré du presbyterium et des diacres, les associés de mon ministère. Smyrn. 7, 1 - Ils (les docètes) s’abstiennent de l’Eucharistie et de la prière parce qu’ils ne veulent pas reconnaître dans l’Eucharistie la chair de Jésus-Christ notre Sauveur, cette chair qui a souffert pour nos péchés et que le Père, dans sa bonté, a ressuscitée.

 

Église : Magn. 6, 1 - Je vous en conjure, accomplissez toutes vos actions dans cet esprit de concorde qui plaît à Dieu, sous la présidence de l’évêque qui tient la place de Dieu, des presbytres qui représentent le sénat des apôtres, des diacres, objets de ma particulière affection, chargés du service de Jésus-Christ qui était auprès du Père avant les siècles et qui s’est révélé à la fin des temps. Trall. 3 - Vous devez tous révérer les diacres comme Jésus-Christ lui-même, l’évêque comme l’image du Père, les presbytres comme le sénat de Dieu et le collège des Apôtres ; sans eux, il n’y a point d’Église. Philad. 7, 1 - Pendant mon séjour parmi vous, j’ai crié, j’ai dit bien haut d’une voix qui était la voix même de Dieu : Tenez-vous étroitement unis à votre évêque, au presbyterium et aux diacres… C’est l’Esprit qui disait bien haut : n’agissez jamais en dehors de votre évêque… aimez l’unité, fuyez les divisions. Magn. 13, 2 - Soyez soumis à l’évêque et les uns aux autres, comme Jésus-Christ dans sa chair le fut à son Père, et comme les Apôtres le furent au Christ, au Père et à l’Esprit, et qu’ainsi votre union soit à la fois extérieure et intérieure. Smym. 1, 2 - Par sa résurrection, il a levé son étendard sur les siècles pour grouper ses saints et ses fidèles, tant du sein du judaïsme que de celui de la gentilité en un seul et même corps qui est l’Église. Éph. 3, 2 - Les évêques établis jusqu’aux extrémités du monde ne sont qu’un avec l’Esprit de Jésus-Christ. Smyrn. 8, 2 - Là où paraît l’évêque, que là soit la communauté, de même que là où est le Christ Jésus, là est l’Église catholique.

 

Virginité de Marie : Éph. 19, 2 - Le prince de ce monde n’eut connaissance ni de la virginité de Marie, ni de son enfantement, ni de la mort du Seigneur : trois mystères éclatants que Dieu opéra dans le silence. Éph. 7, 2 - Il n’y a qu’un seul médecin… né de Marie et de Dieu. Éph.18, 2 - Jésus-Christ a été selon le plan divin, porté dans le sein de Marie, issu du sang de David et aussi du Saint-Esprit…

 
Ignace d’Antioche : Les emprunts johanniques

d’après M.J. Lagrange, Évangile selon S. Jean, Paris, 1925, p. XXVI.

 

JEAN IGNACE
Le vent souffle où il veut, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. 3, 8 On ne trompe pas l’Esprit, car il vient de Dieu, il sait d’où il vient et où il va, il pénètre les secrets les plus cachés. Ph. 7, 1
Le Fils ne peut rien faire de lui-même rien qu’il ne voit faire au Père. 5, 19 Le Père qui demeure en moi, accomplit les œuvres. 14, 10 En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. 15, 5 De même que le Seigneur, soit par lui-même, soit par ses apôtres, n’a rien fait sans le Père avec lequel il n’est qu’un, vous non plus, en dehors de l’évêque et des presbytres. Magn. 8, 1
Travaillez, non pour la nourriture périssable. 6, 27 Car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel. 6, 33 Qui mange ma chair et boit mon sang. 6, 54 Je ne prends plus plaisir à la nourriture corruptible ce que je veux, c’est le pain de Dieu, ce pain qui est la chair de J.C., le Fils de David, et pour breuvage je veux son sang qui est l’amour incorruptible. Rom. 7, 3
J’ai manifesté ton nom… 17, 6 Le Verbe. 1, 1 Le Fils unique, lui, l’a fait connaître. 1, 18 Celui qui m’a envoyé est avec moi… Je fais toujours ce qui lui plaît. 8, 29 Il n’y a qu’un Dieu et ce Dieu s’est manifesté par J.C., son Fils, qui est son Verbe sorti du silence, celui qui accomplit fidèlement les volontés de celui qui l’a envoyé. Magn. 8, 2
… Pour qu’ils soient un comme nous sommes un, moi en eux et toi en moi, pour qu’ils soient parfaitement un. 17, 22 Quel n’est pas votre bonheur à vous qui lui (Le. à l’évêque) êtes étroitement unis, comme 1’Eglise l’est à J.C. et J.C. à son Père, dans l’harmonie de l’universelle unité. Éph. 5, 1
Et le pain que moi je donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde 6, 51 Si vous ne mangez la chair du Fils de l’Homme… vous n’aurez pas la vie en vous. 6, 53 Qui mange ma chair, je le ressusciterai. 6, 54 Ils s’abstiennent de l’Eucharistie et de la prière, parce qu’ils ne veulent pas reconnaître dans l’Eucharistie la chair de J.C. notre Sauveur… Cette chair qui a souffert pour nos péchés… ceux qui le nient n’ont pas la vie. Ils feraient mieux de pratiquer la charité (agapè) pour avoir part à la résurrection. Smyrn. 7, 1

 

 

 

Saint Ignace a écrit trois lettres de Troas :

 

. une aux Philadelphiens,

 

«Tous ceux qui appartiennent à Dieu et à Jésus-Christ restent unis à l’évêque ; et tous ceux que le repentir ramène dans l’unité de l’Église appartiendront, eux aussi, à Dieu, pour vivre selon Jésus-Christ.» Lettre aux Philadelphiens, 3, 1-2

 

Le repentir :

  •  
    •  
      • «Dieu pardonne toujours au repentir pourvu que ce repentir ramène à l’union avec Dieu et à la communion avec l’évêque.»
        Lettre aux Philadelphiens, 8, 1

 

La lettre (de l'Ancien Testament) tue, l'esprit (du Christ) vivifie (2 Co., 3, 6.). Ignace répond à ceux qui opposent l’autorité de l’Ancien Testament à celle de l’Évangile. Ignace parle plusieurs fois de l’Évangile. Certains veulent y voir une mention des écrits évangéliques. Il n’est pas douteux que ces écrits circulaient déjà, mais il est plus probable qu’Ignace parle de la doctrine du Seigneur. On sait que le canon des Écritures ne sera défini qu’au Concile de Trente (en 1546) qui sanctionnait ainsi un très long usage. Vers 130 déjà, le canon comprenant les quatre Évangiles et le recueil des épîtres de saint Paul est constitué en fait. Le Canon de Muratori est la plus ancienne liste qui soit parvenue jusqu’à nous (fin du second siècle).

 

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Le Christ crucifié (1632) par Diego Vélasquez (1632)

 

«Je vous en prie, inspirez-vous toujours dans votre conduite, non de l’esprit de discorde, mais de la doctrine du Christ. J’ai entendu dire à certaines gens : "Ce que je ne trouve pas dans nos archives, je ne l’admets pas dans l’Évangile". Et quand je leur disais : "Mais, c’est écrit", ils me répondaient : "Là est justement toute la question". Mes archives à moi, c’est Jésus-Christ ; mes inviolables archives, c’est sa croix, sa mort, sa résurrection et la foi dont il est l’auteur. Voilà d’où j’attends, avec l’aide de vos prières, d’être justifié.» Lettre aux Philadelphiens, 8, 2

 

Il n’y a d’ailleurs chez Ignace aucune opposition entre l’Ancien Testament et l’Évangile, c’est à plusieurs reprises qu’il parlera avec grand éloge des prophètes :

 

«Tout cela [L'Ancien Testament] n’a qu’un but : notre union avec Dieu, mais il y a dans l’Évangile un trait tout particulier : c’est l’avènement du Sauveur, notre Seigneur Jésus-Christ, sa passion et sa résurrection. Car les bien-aimés prophètes n’avaient fait que l’annoncer, tandis que l’Évangile est la consommation de la vie éternelle.» Lettre aux Philadelphiens, 9, 2

 

. une aux Smyrniens ou Smyrniotes

 

«Je ne suis pas digne de faire partie de cette Église (= Antioche) moi, le dernier de ses membres. C’est à la volonté de Dieu que je dois cet honneur, non à mes mérites, mais à sa grâce. Puissé-je, grâce à vos prières, la recevoir dans toute sa plénitude pour parvenir enfin à atteindre Dieu.» Lettre aux Smyrniotes, 11.

 

Voici le texte qui est le plus ancien exemple de l’emploi du mot Église catholique dans le sens d’Église universelle [Dans le Martyre de S. Polycarpe, ce mot employé encore, prendra sa seconde acception : Église orthodoxe (par opposition aux sectes hérétiques ou schismatiques)] :

 

«Ne regardez comme valide que l’Eucharistie célébrée sous la présidence de l’évêque ou de son délégué. Partout où paraît l’évêque, que là aussi soit la communauté, de même que partout où est le Christ-Jésus, là est l’Église catholique.» Lettre aux Smyrniotes, 5, 8

 

. et une à Polycarpe.

 

«Prends soin de l’unité, le plus grand de tous les biens. Aide tous les autres, comme le Seigneur t’aide toi-même. Parle à chacun en particulier à l’exemple de Dieu. Quant aux choses invisibles, prie pour qu’elles te soient révélées, tu ne manqueras ainsi de rien et tu auras les dons spirituels en abondance.» À Polycarpe, 2, 2

 

«Tiens ferme comme l’enclume sous le marteau. Un grand athlète triomphe malgré les coups qui le déchirent.» À Polycarpe, 3, 1

 

«Écoutez votre évêque pour que Dieu lui-même vous écoute… soyez les uns pour les autres indulgents et doux, comme Dieu l’est pour vous.» À Polycarpe, 6

 

«J’ai appris que l’Église d’Antioche en Syrie a, grâce à votre prière, recouvré la paix. Cette nouvelle a relevé mon courage, et maintenant que Dieu m’a rendu la tranquillité, je n’ai plus qu’un seul souci : celui d’arriver à lui par le martyre et d’être, grâce à vous, compté parmi les vrais disciples au jour de la résurrection. Il convient, bienheureux Polycarpe, de convoquer une assemblée agréable à Dieu et d’élire quelqu’un qui vous soit très cher et qui soit actif, on pourra l’appeler le courrier de Dieu, il serait chargé d’aller porter en Syrie, pour l’honneur de Dieu, le glorieux témoignage de votre ardente charité. Un chrétien ne s’appartient pas, il appartient au service de Dieu.» À Polycarpe, 7, 1-3.

 

Voici le relevé des idées de ces lettres écrites de Troas:

 

Salutation

Éloge des qualités de la communauté

Recommandations pressantes : fuir l’hérésie, s’attacher à l’unité dans la soumission à l’évêque

Salut final et demande de prières pour la Syrie ou de l’envoi d’un diacre (les lettres de Troas).

 

Contre quelle hérésie Ignace met-il en garde les chrétiens ?

 

Ignace s’attaque à deux erreurs : le judéo-christianisme qui consiste à mêler les rites et les pratiques du judaïsme au christianisme et le docétisme qui ne voit dans le corps de Jésus-Christ qu’un fantôme sans réalité objective.

 

Elles se terminent par la recommandation d’envoyer à Antioche un diacre, un « courrier de Dieu ».

 

 

Et quatre lettres de Smyrne :

 

. une aux Ephésiens,

 

« Je ne vous donne pas des ordres comme si j’étais un personnage. Je suis bien, il est vrai, chargé de fers pour le Nom, mais je n’ai pas encore atteint la perfection en Jésus-Christ. Je ne fais que débuter à son école et si je m’adresse à vous, c’est comme à mes condisciples.» Lettre aux Éphésiens, 3, 1

 

 

«Quel n’est pas votre bonheur à vous qui êtes étroitement unis à l’évêque comme l’Église l’est à Jésus-Christ et Jésus-Christ à son Père, dans l’harmonie de l’universelle unité.» Lettre aux Éphésiens, 5, 1

 

À Éphèse, les processions en l’honneur d'Artémis étaient célèbres. Ignace s’empare de l’image et montre dans les chrétiens les « théophores », les « christophores », les porteurs des objets sacrés :

«Vous êtes tous compagnons de route, portant votre Dieu et son temple, le Christ, les objets sacrés, et parés des préceptes de Jésus-Christ.»

 

 

Lettre aux Éphésiens, 9, 2

 

Bonté pour tous :

 

«Priez aussi sans cesse pour les autres hommes : on peut espérer les voir arriver à Dieu par la pénitence. Donnez-leur au moins la leçon de vos exemples. À leurs emportements, opposez la douceur, à leur orgueil, l’humilité ; à leurs blasphèmes, la prière ; à leurs erreurs, la fermeté dans la foi ; à leur caractère sauvage, l’humilité, sans jamais chercher à rendre le mal qu’ils vous font. Montrons-nous vraiment leurs frères par la bonté. Efforçons-nous d’imiter le Seigneur en rivalisant à qui souffrira davantage l’injustice, le dépouillement et le mépris.» Lettre aux Éphésiens, 9,10

 

Au chapitre 19, Ignace fait mention d’une étoile miraculeuse « qui fit pâlir toutes les autres » et manifesta « les mystères éclatants que Dieu opéra dans le silence » (la virginité de Marie, son enfantement, la mort du Seigneur). Cette croyance, écho de celle qui se trouve dans l’Évangile de Matthieu, se retrouvera encore dans un évangile apocryphe (le Protévangile de Jacques) et dans Clément d’Alexandrie

 

Humilité :

 

« Bien que je sois le dernier des fidèles dAntioche, Dieu a daigné me choisir pour le glorifier.» Lettre aux Éphésiens, 21, 2

 

 

. une aux Magnésiens,

 

Faire tout « en commun » dans l’unité :

« De même que le Seigneur n’a rien fait, ni par lui-même, ni par ses apôtres, sans son Père (cf. Jn, 5, 19) avec lequel il est un, ainsi, vous non plus, ne faites rien sans l’évêque et les presbytres. C’est en vain que vous essaierez de faire passer pour raisonnable une action accomplie à part vous, faites donc tout en commun : une même prière, une même supplication, un seul et même esprit, une même espérance animés par la charité dans une joie innocente. Tout cela, c’est Jésus-Christ au-dessus duquel il n’y a rien… Accourez tous vous réunir dans le même temple de Dieu, au pied du même autel, en Jésus-Christ un, qui est sorti du Père un et qui demeurait dans l’unité du Père et qui est retourné à Lui » (cf. Jn, 16, 28). Lettre aux Magnésiens, 7

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Trésor de la collégiale Notre-Dame, Huy - médaillon émaillé de l'Arbre de Vie, art mosan vers 1160. Inscription sur le pourtour Misericordia et Veritas universae viae Domini - Tous les sentiers de Yahvé sont amour et fidélité pour qui garde son alliance et ses préceptes. (Bible de Jérusalem, Ps XXIV verset 10)

 

. une aux Tralliens

 

C'est dans cette lettre que se rencontre pour la première fois l’image devenue si courante de « l’arbre de la croix », arbre de vie (D’après Th. Camelot, Ignace d’Antioche, Paris, 1944, SC N° 10, p. 120, note 1, « A notre connaissance », dit Camelot.):

 

«Fuyez les rameaux parasites et dangereux (= les incrédules) ils portent des fruits qui donnent la mort, si quelqu’un en goûte, il meurt sur-le-champ. Ceux-là ne sont pas la plantation du Père. S’ils l’étaient, ils apparaîtraient comme des rameaux de la croix, et leur fruit serait incorruptible.» (La mosaïque de l’abside de l’église de saint Clément à Rome est une illustration de ce thème.) Lettre aux Tralliens, 11, 1-2

 

. et une aux Romains.

 

«Il m’est bien plus glorieux de mourir pour le Christ Jésus que de régner jusqu’aux extrémités de la terre. C’est lui que je cherche, qui est mort pour nous ! C’est lui que je veux, qui est ressuscité pour nous !» Lettre aux Romains, 6

 


«Mes passions terrestres ont été crucifiées, il n’existe plus en moi de feu pour la matière il n’y a plus qu’une eau vive qui murmure au-dedans de moi « Viens vers le Père ». Lettre aux Romains, 7

 

La lettre aux Romains est datée, Ignace veut annoncer son arrivée :

  • «Je vous écris de Smyrne, par l’intermédiaire d’Éphésiens… Je vous écris le neuvième jour avant les calendes de septembre» (= 24 août). Lettre aux Romains, 10

 


L'origine de la défense de la veuve et l'orphelin chez Ignace d'Antioche
 

On trouve l'origine de la défense de la veuve et de l'orphelin dans l'Ancien Testament : "Le Seigneur protège l'étranger. Il soutient la veuve et l'orphelin" (Ps 145, 9) ; "Vous n'accablerez pas la veuve et l'orphelin" (Ex 22,21).

 

"Dans sa Lettre à Polycarpe, Ignace d'Antioche écrit encore : 'Ne néglige pas les veuves; c'est toi, après le Seigneur, qui dois veiller sur elles'. Et encore:  'Ne méprise pas les esclaves hommes ou femmes'" (Régine PERNOUD,  Les saints au Moyen Age, la sainteté d'hier est-elle pour aujourd'hui ? Plon, Mesnil-sur-l'Estrée 1984, p. 44).

 

"Le métier du chevalier est de défendre les veuves, les orphelins et les impotents…" Cet extrait du Livre de l’ordre de chevalerie, œuvre du bienheureux Raymond Lulle (1235-1315), évoque quelques-unes des qualités du preux chevalier, héros et guerrier dont les exploits nourrissent encore notre imagination, tel Godefroy de Bouillon, Richard Cœur de Lion ou Pierre Terrail de Bayard, "sans peur et sans reproche". (Source)

 

Le culte d'Ignace répandu dès sa mort 

 

"Ignace, évêque d'Antioche est condamné aux bêtes sous Trajan, sans doute en 116." (Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, Nouvelle Clio, l'Histoire et ses problèmes, PUF, Clamecy 2018, p. 339.)

 

Des reliques d’Ignace seraient conservées à Antioche et d’autres à Rome, à l’église de S. Clément. Ce qui est sûr, c’est que le culte d’Ignace se répandit aussitôt après sa mort. Saint Jean Chrysostome prononça à Antioche le panégyrique du saint martyr en son dies natalis, le 17 octobre : « Rome fut arrosée de son sang, vous avez recueilli ses dépouilles… Vous aviez envoyé un évêque, on vous a rendu un martyr » In sanct. mart. Ignatium, 5.

Saint Ignace d'Antioche : "Vos dieux sont des démons !" († Vers 116)

‘’Il est bon pour moi de mourir pour m’unir au Christ Jésus,

plus que de régner sur les extrémités de la terre.

[…] N’allez pas parler de Jésus Christ,

et désirer le monde.’’

(Lettre aux Romains 6, 1 et 7,1)

 

Sources: (1) http://www.patristique.org/Les-Peres-apostoliques-II-Ignace-d-Antioche.html  (2) https://www.levangileauquotidien.org/FR/saints/2018-10-17 ; (3) Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 610 ; (4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Ignace_d%27Antioche ; (5) https://twitter.com/ChristianVenard/status/1581858784464424961/photo/1

 

À lire aussi«Vie, Lettres, doctrine» de saint Ignace d'Antioche : http://jesusmarie.free.fr/ignace_d_antioche.html 

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