À quelques jours avant les consécrations, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) émet une profession de foi de 154 points au pape Léon, et aux cardinaux - Cf. LifeSite. Publiée le 24 juin, elle est accompagnée d’une lettre ouverte adressée au pape Léon XIV et à tous les cardinaux de l'Église. La profession de foi expose systématiquement ses positions doctrinales et son diagnostic de la crise dans laquelle est confrontée l'Église catholique. La lettre est signée par le Supérieur Général de la Fraternité, Don Davide Pagliarani, ainsi que par ses principaux collaborateurs : Monseigneur Alfonso de Galarreta, Christian Bouchacourt, Monseigneur Bernard Fellay et Franz Schmidberger. Dans le texte, les signataires expliquent qu'ils estiment que le moment est venu de présenter une "profession de foi catholique complète" à la lumière de la situation actuelle de l'Église.
"L’Église souffre aujourd’hui sous la pression de forces nouvelles, tant internes qu’externes, qui la poussent dans toutes les directions possibles, sauf – à notre avis – la bonne", disent-ils.
La Fraternité affirme que la réponse à cette crise ne se trouve ni dans de nouvelles solutions pastorales ni dans des adaptations au monde contemporain, mais dans un retour à la Tradition catholique.
"La Tradition renferme tous les remèdes aux maux les plus profonds dont souffrent l’Église et le monde", soulignent les auteurs du document.
Dans le même temps, ils expriment l'espoir que ce texte puisse un jour servir de base à une discussion doctrinale "franche, pacifique, fraternelle et charitable" avec le Saint-Siège. Cf. InfoVaticana
Note du blog Christ-Roi. Le pape Léon XIV a déclaré mardi 16 juin à propos de la FSSPX à Castel Gandolfo : "cependant, ils refusent d'accepter certains éléments fondamentaux de l'Église, à commencer par plusieurs points du Concile Vatican II. S'ils font ce choix, je suis désolé. Mais nous devons aller de l'avant" (Cf. Michael Haynes sur X / Catholic Sat).
Léon XIV a ainsi révélé (involontairement) la véritable raison de la menace d’excommunication pesant sur la FSSPX qui n’est pas la consécration de nouveaux évêques sans mandat pontifical, mais le refus de certains textes du Concile Vatican II.
"Parmi les enseignements non définitifs de Vatican II, il y en a plusieurs - en particulier ceux concernant:
>la liberté religieuse,
>l'œcuménisme, [La formule "subsistit in" (LG 8) a remplacé l’expression traditionnelle selon laquelle l’Église catholique est le Corps mystique du Christ.
Une formule tout à fait claire et directe a été remplacée par une formule beaucoup moins claire, dont l'interprétation a fait l'objet de dizaines d'interprétations ultérieures. Au lieu de clarifier ce qui était déjà clair, on l'obscurcit.
"Car Dieu n'est pas un Dieu de confusion, mais de paix." (1 Corinthiens 14:33)
L’affirmation que l’Église du Christ "subsiste dans" l’Église catholique ouvre la porte au relativisme ecclésiologique et à la confusion œcuménique. La nouvelle insistance sur le ''Peuple de Dieu'' - couplé au synodalisme conçu comme un processus de dialogue permanent et au subsistit in- peut être interprétée de manière horizontale et anthropocentrique plutôt que verticale et Christocentrique : en occultant la constitution hiérarchique et divine de l’Église et en attirant l'attention vers une conception plus démocratique de l’Église, cette conception aboutit à la destruction des éléments fondamentaux de l’Église.]
>le dialogue interreligieux
>et la collégialité - dont les formulations sont ambiguës et difficiles à concilier avec les doctrines enseignées de manière cohérente par le Magistère depuis l'époque des Pères de l'Église jusqu'à la période précédant immédiatement le Concile. [La collégialité dilue la compréhension traditionnelle de la primauté papale en mettant l’accent sur l’autorité collective des évêques. Ce concept a ensuite servi de fondement à la synodalité et à la décentralisation de l’autorité.]
"Depuis le Concile Vatican II, l'Église catholique connaît un climat d'ambiguïté générale, d'imprécision et d'incertitude concernant des doctrines importantes telles que
>le caractère unique du Christ Rédempteur,
>le caractère unique de l'Église catholique,
>la structure monarchique divinement établie de l'Église (au niveau universel et local)
>et le caractère sacrificiel de la Sainte Messe. Il est indéniablement évident que ceux qui ont détenu le pouvoir administratif au Saint-Siège au cours des dernières décennies, et qui le détiennent encore aujourd'hui, exigent de la FSSPX comme condition sine qua non pour la pleine communion avec le Saint-Siège l'acceptation du climat de facto d'ambiguïté doctrinale et liturgique et de relativisme, qui a atteint son apogée avec le processus synodal actuel, extrêmement confus, dans toute l'Église. Depuis le Concile, avec certains des enseignements ambigus mentionnés, un processus est en cours pour établir, avec l'autorité du Pontife Romain, une soi-disant "Église de Vatican II" ou "Église conciliaire". Cette tendance, de nos jours sous le nouveau nom de "l'Eglise synodale", vise essentiellement à être une religion relativiste adaptée au monde.
"Le Saint-Siège exige que la FSSPX accepte des doctrines formulées de manière ambiguë et non définitives comme condition sine qua non pour la pleine communion avec le Saint-Siège et pour recevoir une régularisation canonique. Il s'agit notamment des enseignements concernant
>la liberté religieuse,
>l'œcuménisme,
>le dialogue interreligieux (y compris, par exemple, la déclaration de Lumen Gentium 16 selon laquelle les musulmans, avec les catholiques, "adorent le Dieu unique et miséricordieux"),
>la collégialité épiscopale (telle qu'elle est comprise d'une manière qui diminue la structure monarchique divinement instituée par l'Église)
>et les réformes liturgiques associées au Novus Ordo Missae.
Le Saint-Siège demande également à la FSSPX de reconnaître officiellement les déclarations et les enseignements des papes post-conciliaires qui appartiennent au magistère dit authentique et quotidien. Il s'agit, par exemple, de
>certaines déclarations dans Amoris Laetitia qui sapent sérieusement et même contredisent la Révélation divine ;
>et de la Déclaration sur les bénédictions pour les couples de même sexe dans Fiducia Supplicans." Cf. Bishop Schneider: SSPX excommunications would be a historic mistake, LifeSiteNews
https://www.lifesitenews.com/opinion/bishop-schneider-sspx-excommunications-would-be-a-historic-mistake/
En matière de dogmatique, il doit y avoir unité, en matière d'opinions, la liberté, et en tout, charité.
Il est du devoir des autorités de l'Église d'indiquer aux fidèles quels sont très précisément les 'éléments fondamentaux de l'Église, à commencer par plusieurs points du Concile Vatican II' - jugés hétérodoxes par la FSSPX - auxquels il faudrait adhérer ? Et quels sont les textes du concile Vatican II qui n'engagent pas la foi ?
Depuis 61 ans, ce travail de clarification n'a jamais été fait ni présenté aux catholiques, alors que le cardinal Robert Sarah a appelé il y a quelques jours à des clarifications de certaines parties de l'interprétation de Vatican II, venant ainsi confirmer la demande de clarification faite par la FSSPX.
Lire sur ce sujet :
>Quelle est la raison du Concile Vatican II ? Réponse de Mgr Gherardini
>Cardinal Müller : C’est le progressisme, et non la tradition, qui divise l’Église
>"Le pape n’est pas un Führer" : le cardinal Müller s’exprime sur l’ultramontanisme
>Un changement de paradigme catholique n'est pas développement mais corruption - Cardinal Müller
La direction de la FSSPX a publié une profession de foi catholique de 154 points avant les consécrations épiscopales prévues.
Le document faisait partie des communications envoyées au pape Léon XIV et aux cardinaux et était accompagné d'une lettre ouverte décrivant la nécessité d'adhérer à la tradition face au "contexte instable et extrêmement périlleux" dans lequel se trouve l'Église. Il a été signé par les pères Davide Pagliarani, Christian Bouchacourt et Franz Schmidberger et les évêques Alfonso de Galarreta et Bernard Fellay.
La lettre ouverte explique que:
Il n'appartient pas à la Fraternité Saint-Pie X d'indiquer la voie à suivre, mais plutôt la tradition de deux mille ans de l'Eglise, fidèlement gardée et transmise par le Siège apostolique à travers les siècles, et que beaucoup considèrent aujourd'hui, dans la pratique, comme une réalité dépassée, sujette à un développement perpétuel.
C'est au nom de cette même Tradition, et à sa seule lumière, que nous formulons aujourd'hui cette profession de foi catholique en réponse aux principales erreurs et aux plus graves dangers de notre temps.
Profession of Catholic Faith
Source : https://paxorbis.org/2026/06/25/sspx-profession-of-catholic-faith/ / SSPX.org / SSPX.org Pdf
‐-------------------------
L'article 79 en français de la Profession de foi catholique de la FSSPX se lit comme suit :
"79. Je rejette pareillement les conceptions synodales qui tendent à transformer l’Église hiérarchique en une structure consultative, parlementaire ou démocratique, soumise aux opinions fluctuantes du peuple chrétien ou aux pressions du monde. La conscience collective des fidèles, les enquêtes pastorales, les sensibilités culturelles et les attentes du monde ne sont pas des sources de la Révélation. L’écoute légitime des âmes ne peut jamais devenir une adaptation continuelle de la vie de l’Église, de sa 12 doctrine et de sa constitution divine à l’esprit du monde, sous prétexte d’interpréter le « sensus fidei » du peuple de Dieu 79"
Lire aussi sur le sujet de l'Église synodale et le synodalisme :
2023:
>"La 'voie synodale' dans le schisme allemand." Un éclairage critique
2024:
>L'ex-synode n'intéresse que ceux qui veulent remplacer l'enseignement catholique par l'hérésie
2025:
>Le synodalisme est le résultat d’une erreur théologique. Küng contre Ratzinger
2026:
>Cardinal Rainer Maria Woelki : "Pour moi, le Chemin synodal est clos"
‐-------------------------
Traduction française de la Profession de foi de la FSSPX. (Site FSSPX.be)
Profession de foi catholique de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X pour éclairer les âmes face aux erreurs modernes
Au nom de la sainte et indivise Trinité,
Père, Fils et Saint-Esprit.
Préambule
1. Je professe et j’embrasse l’entière vérité de la foi catholique, telle qu’elle a été "reçue par les Apôtres de la bouche même de Notre Seigneur Jésus-Christ, ou transmise comme de main à main par les Apôtres eux-mêmes sous la dictée de l’Esprit-Saint 1", puis conservée fidèlement et parvenue jusqu’à nous en une succession continue dans l’Église catholique, à travers la prédication des papes et des évêques, les écrits des Pères de l’Église et des théologiens, et les définitions des saints conciles 2.
2. Je reçois fermement toutes et chacune des vérités que l’Église infaillible a proposées comme divinement révélées et nécessaires au salut, soit par les définitions de son Magistère solennel, soit parl’unanimité de son Magistère ordinaire et universel 3. Je reçois également tout ce qui appartient à ladoctrine catholique en raison d’une connexion nécessaire avec le dépôt révélé 4, et je tiens pour sûres les vérités que l’Église a enseignées avec constance afin de préserver ce dépôt contre les erreurs 5.
3. Je rejette en conséquence toutes les erreurs contraires à cette foi, spécialement celles du libéralisme, de l’indifférentisme, du modernisme, de l’œcuménisme et du laïcisme, condamnées par les papes Pie IX 6, Léon XIII 7, saint Pie X 8, Pie XI 9 et Pie XII 10. Ces erreurs, en effet, obscurcissent la doctrine révélée, faussent la Tradition, défigurent la sainte liturgie, corrompent les mœurs, affaiblissent l’esprit missionnaire et désagrègent l’ordre social chrétien, nuisant gravement au salut des âmes.
4. Je professe cette foi et rejette toutes les erreurs qui lui sont contraires parce que je veux demeurer fidèlement soumis à la sainte Église catholique, apostolique et romaine, Maîtresse de vérité, ainsi qu’au Pape, Vicaire du Christ, dans l’attachement à la Rome éternelle qui a reçu mission de garder saintement et d’exposer fidèlement le dépôt révélé jusqu’à la fin des siècles.
5. J’ajoute que, dans la confusion présente, il ne suffit plus de rappeler quelques vérités isolées. Il devient indispensable de mettre en pleine lumière l’ordre entier de la doctrine catholique, dans sa cohérence surnaturelle et son harmonie lumineuse, sans omettre aucun dogme, sans diminuer aucune vérité, sans substituer à la foi reçue un langage équivoque ou tronqué qui, sous prétexte d’œcuménisme ou d’adaptation au monde, défigure cette doctrine avec une audace toujours plus grande.
6. La charité elle-même commande de professer cette doctrine avec clarté, patience et force, pour la gloire de Dieu, l’honneur de l’Église et le salut des âmes.
I. La Révélation divine, la foi et la Tradition
7. Je crois que Dieu, dans sa bonté, a appelé l’homme, par le don de la grâce, à obtenir la vision béatifique. Je tiens fermement et je professe que cette exaltation de l’homme dépasse les forces et les exigences de la nature humaine, et qu’elle est un don gratuit de Dieu, c’est-à-dire un don surnaturel 11.
8. Je crois que Dieu n’a pas laissé l’homme à ses seules forces naturelles, mais qu’il lui a révélé les mystères de sa vie divine et la destinée surnaturelle à laquelle il l’appelle. C’est ainsi que, après avoir parlé autrefois par les Prophètes dans l’ancienne Alliance, il a parlé définitivement par son Fils unique, Notre Seigneur Jésus-Christ, dans la nouvelle Alliance, avec laquelle la Révélation divine a reçu son parfait accomplissement 12.
9. Cette Révélation est la parole véridique de Dieu, confiée à l’Église comme un dépôt, et proposée aux hommes comme règle de foi sous la forme d’un corps de doctrine, dans lequel les mystères sont formulés d’une manière qui les rend intelligibles et exprimables par des mots 13. La Révélation n’est pas l’expression progressive d’une conscience religieuse, ni le fruit d’une expérience collective de la communauté croyante ; elle est la vérité même de Dieu se communiquant surnaturellement à l’intelligence des hommes pour leur salut 14.
10. Je crois que le dépôt de la foi a été achevé avec la mort du dernier Apôtre. Après les Apôtres, l’Église ne reçoit pas une nouvelle Révélation : elle garde, explique, défend et transmet le dépôt reçu 15.
11. Je reconnais les preuves externes de la Révélation, en particulier les miracles et les prophéties, comme des signes très certains par lesquels l’origine divine de la religion chrétienne est démontrée de manière adaptée à l’intelligence humaine, en tout temps et en tout lieu. Je reconnais également l’Église elle-même, par son unité, sa sainteté, sa catholicité, sa fécondité et sa stabilité invincible, comme un motif permanent de crédibilité et un témoignage irréfutable de sa mission divine.
12. Je professe que la foi est la soumission surnaturelle de l’intelligence, sous la motion de la grâce, à la vérité révélée extérieurement par Dieu. Elle ne repose ni sur l’évidence des choses vues, ni sur le jugement privé, ni sur l’expérience de ce qui est vécu, mais sur l’autorité même de Dieu qui parle et qui, étant la Vérité première, ne peut ni se tromper ni nous tromper. La foi n’est donc ni un sentiment religieux aveugle, ni une émotion de l’âme, ni une conviction intime produite par la conscience personnelle ou collective. Elle est la vertu surnaturelle qui surélève l’intelligence humaine et lui permet de connaître Dieu tel qu’il est, grâce au témoignage que Dieu donne de lui-même, en attendant la vision 16.
13. Je rejette par conséquent l’erreur du modernisme, telle qu’elle sévit encore actuellement, qui réduit la foi à une expérience intérieure, à une aspiration sensible, ou à une prise de conscience progressive de la communauté croyante. Une telle conception détruit la notion même de dogme et rend impossible l’obligation de croire, remplaçant la vérité divine par la sincérité subjective et livrant la doctrine aux fluctuations de l’histoire 17.
14. Je professe encore que le dépôt de la doctrine révélée par Dieu est renfermé dans ses deux sources que sont la Sainte Écriture et la Tradition 18. Je professe que la Tradition comporte plus d’une vérité révélée par Dieu qui ne se trouve pas dans l’Écriture, et que par conséquent l’Écriture doit être lue et comprise dans la dépendance de la Tradition 19.
15. Je professe que la Sainte Écriture, dont les livres ont été écrits intégralement, en toutes leurs parties, sous l’inspiration du Saint-Esprit, est véritablement la parole de Dieu, exempte de toute erreur et confiée à l’interprétation authentique du Magistère de l’Église, selon la norme de la Tradition et selon l’analogie de la foi 20.
16. Je rejette donc l’exégèse rationaliste, qui traite les livres saints comme des documents ayant seulement l’homme pour auteur, qui exclut a priori la possibilité du surnaturel, sépare artificiellement le Christ historique de la foi de l’Église, dissout les miracles dans le symbole, ou soumet l’Écriture aux hypothèses changeantes et aux manipulations des méthodes critiques naturalistes. La vraie science biblique doit se mettre au service de l’intelligence de la foi ; il ne lui appartient pas de se faire la règle, l’interprète ou le juge de la parole de Dieu 21.
17. Je professe enfin que la Tradition n’est pas une mémoire morte, mais la transmission vivante de la doctrine reçue des Apôtres. Elle demeure vivante par distinction d’avec la Révélation qui est close 22. Elle l’est à la fois dans l’activité du Magistère de l’Église enseignante et dans la profession de foi de l’Église enseignée, dont le "sentire cum Ecclesia" est le résultat produit par l’enseignement du Magistère 23. La Tradition peut se dire "vivante", non pas au sens où elle changerait de signification, mais au sens où le Magistère vivant propose à travers les siècles, d’une manière toujours plus claire et plus explicite, la même vérité selon la même signification 24. Ce qui a été cru par tous, partout et toujours, comme appartenant à la foi, ne peut être nié ni mis en doute par aucune mode théologique, aucune pression pastorale, aucune nécessité diplomatique, aucune prétendue exigence du monde moderne 25.
II. Dieu, principe et fin de toutes choses, Trinité sainte
18. Je professe l’existence d’un Dieu unique, personnel, vivant et vrai, principe premier et fin dernière de toutes choses, qui au commencement créa à partir de rien le ciel et la terre, les choses visibles et invisibles. Infiniment parfait, éternel et tout-puissant, immuable, incompréhensible dans son essence et souverainement libre dans ses œuvres, il est distinct du monde qu’il a créé librement, qu’il conservedans l’existence et qu’il gouverne par sa Providence 26.
19. Je professe que Dieu peut être connu avec certitude par la lumière naturelle de la raison à partir de ses créatures, comme la cause est connue par ses effets. La foi catholique reconnaît en effet que l’intelligence humaine est capable d’atteindre véritablement la réalité des choses, d’en connaître souvent les causes, et de parvenir à de vraies certitudes 27.
20. C’est pourquoi je rejette l’agnosticisme moderne, le scepticisme philosophique, le subjectivisme idéaliste, et toutes les doctrines qui limitent la portée de la connaissance humaine aux phénomènes sensibles ou aux constructions de la conscience, niant par là la possibilité même d’un Magistère ecclésiastique et d’une théologie véritable.
21. Je confesse qu’en l’unique nature divine subsistent trois Personnes réellement distinctes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit, Trinité consubstantielle et indivisible. Le Père est sans principe ; le Fils est engendré de toute éternité par le Père ; le Saint-Esprit procède éternellement du Père et du Fils comme d’un seul principe. Mais ces trois Personnes sont une seule et même substance divine : elles sont un seul Éternel et non pas trois Éternels ; un seul Dieu sage, bon, tout-puissant, et non pas trois dieux également sages, bons et tout-puissants ; elles ne font qu’un dans la volonté et la providence divine, et jouissent d’une seule et même gloire 28.
22. Je rejette les professions diminuées de la foi trinitaire qui, sous prétexte d’unité religieuse ou de prudence œcuménique, taisent volontairement ce que Dieu a révélé sur lui-même. Il ne suffit pas de dire avec les juifs et les musulmans que Dieu est un ; il ne suffit pas de reconnaître avec les ariens que le Fils est de même nature que le Père ; il ne suffit pas non plus de confesser avec les grecs schismatiques que le Saint-Esprit procède du Père en taisant le Filioque. Ce faux irénisme poursuit une concorde illusoire : en omettant de professer certaines vérités révélées, il substitue la confusion à la clarté et menace l’intégrité de la foi.
III. La création de l’homme et l’ordre surnaturel de la grâce
23. Je crois que Dieu a créé l’homme à son image, pourvu d’une âme spirituelle et immortelle, capable de connaître la vérité, d’aimer le bien connu par la raison naturelle, et de se tourner librement vers son Créateur. L’homme n’est donc pas le produit nécessaire d’une évolution aveugle, ni le simple résultat de forces matérielles ; il vient de Dieu comme de sa cause créatrice, dépend de Dieu qui le maintient dans l’être, et est ordonné à Dieu comme à sa fin 29.
24. Je professe que Dieu n’a pas destiné l’homme à sa seule perfection naturelle, mais l’a appelégratuitement à une fin surnaturelle qui dépasse absolument les forces et les droits de la nature créée : la vision béatifique, par laquelle l’âme verra Dieu face à face et participera à la vie intime de la Très Sainte Trinité. Que l’homme soit appelé à devenir enfant de Dieu, participant de la nature divine et héritier du Ciel, n’est pas l’accomplissement nécessaire de sa nature, mais un pur effet de la libéralité divine 30.
25. Je rejette donc toute doctrine qui dissout la distinction entre nature et grâce, qui fait de la vie surnaturelle une exigence de la nature humaine, ou qui présente la grâce comme un simple développement intérieur des capacités naturelles de l’homme. Une telle confusion ruine à la fois la gratuité du surnaturel et la réalité de la nature. Elle finit par réduire la foi à une anthropologie religieuse, et la Rédemption à une révélation de l’homme à lui-même.
26. Je professe également que la grâce ne détruit ni ne remplace la nature : elle la guérit, l’élève et la perfectionne tout en la conservant. L’ordre surnaturel ne remet en cause ni la raison, ni la loi naturelle, ni les créatures ; il les guérit et les subordonne à une fin plus haute 31. C’est pourquoi l’opposition moderne entre la liberté humaine et la grâce, entre la dignité de la personne et la dépendance envers Dieu, entre la culture et la foi, est radicalement fausse.
27. Je rejette le faux humanisme religieux qui célèbre l’homme en lui-même, comme si l’Incarnation avait révélé d’abord et seulement l’image de Dieu dans la création de l’homme, plutôt que la misère du péché et la miséricorde de Dieu s’abaissant vers le pécheur. L’homme n’est vraiment grand que lorsqu’il reçoit humblement la grâce qui le guérit et l’élève, fait pénitence pour ses péchés, se soumet à la vérité et vit en enfant de Dieu. En se séparant de Dieu, il ne s’exalte pas : il se perd.
28. Je professe que la dignité humaine, dans laquelle Dieu a établi sa créature au sommet du monde matériel, ne peut jamais être invoquée contre la loi de Dieu, contre la nécessité de la conversion, ou contre la soumission à la vérité révélée. Cette dignité est blessée par le péché : elle doit être restaurée et surélevée à la dignité des fils adoptifs de Dieu, par la grâce 32.
IV. Le péché originel et la condition de l’homme
29. Je crois que nos premiers parents furent établis par Dieu dans un état de justice et de sainteté originelles, et dotés des dons d’intégrité, d’impassibilité et d’immortalité. Par une faveur particulière de Dieu, ils possédaient non seulement l’intégrité de leur propre nature, mais encore les dons surnaturels qui les ordonnaient à la vie même de Dieu 33. Adam, chef et principe de l’humanité, reçut en outre le don de science.
30. Je professe que, par sa désobéissance, Adam a réellement commis le péché originel, qui se transmet à tous les hommes par génération. Ce péché est pour tous un péché de nature, qui les condamne à la mort, à la souffrance, à l’ignorance et à la concupiscence. Ayant été dépouillés de la grâce sanctifiante et des dons préternaturels, qu’ils ne peuvent plus transmettre à leur descendance, Adam et Ève ont été chassés du paradis terrestre 34.
31. En Adam, la nature de l’homme n’a cependant pas été détruite, mais seulement blessée : son intelligence, quoiqu’obscurcie, demeure capable de connaître la vérité 35 ; son libre arbitre, quoiqu’affaibli, demeure capable de vouloir et d’aimer le bien naturel 36. C’est pourquoi je rejette toutes les doctrines qui, dans un pessimisme désespéré, jugent l’homme irrémédiablement corrompu et incapable de tout bien.
32. Toutefois, je rejette pareillement toutes les doctrines qui, dans un optimisme insensé, minimisent le péché originel, exaltent naïvement la bonté native de l’homme, ou prétendent fonder la paix universelle sur le seul progrès moral, technique, politique ou culturel de l’humanité. Les tragédies de l’histoire, les désordres des sociétés et les ténèbres du cœur humain s’expliquent fondamentalement, d’abord et avant tout, par la blessure profonde du péché.
33. Je professe que l’homme a besoin d’être sauvé par une rédemption qui le délivre à la fois de ce péché originel et de l’ensemble de ses péchés personnels 37. Cette rédemption – ou ce rachat – nécessite le don de la grâce de Dieu dans le Christ : sans elle, l’homme ne peut pas se sauver lui-même par ses œuvres naturelles, sa culture, sa science ou sa sincérité religieuse 38. Sans la grâce sanctifiante du Christ, il demeure incapable d’atteindre sa fin surnaturelle 39.
34. Je rejette donc le naturalisme moderne, qu’il soit théorique (en philosophie ou en théologie) ou pratique (en morale, en politique ou en pastorale). Toute doctrine qui parle de fraternité, de paix, de dignité ou de progrès, sans reconnaître le péché, la Croix ni la nécessité de la grâce, bâtit sur un fondement illusoire et finit par tromper les âmes qu’elle prétend servir.
35. Je professe en même temps que la gravité du péché ne doit jamais conduire au désespoir, car Dieu, dans sa miséricorde, n’a pas abandonné l’homme après sa chute, mais dès les origines, lui a promis un Sauveur né de la Femme, dont il a préparé progressivement l’avènement à travers l’histoire du salut.
36. En tout cela, je professe que les faits rapportés par le livre de la Genèse touchant les fondements de la religion catholique sont à prendre au sens littéral historique : par exemple, la création de toutes choses faite par Dieu au commencement du temps ; la création particulière de l’homme ; la formation de la première femme à partir du premier homme ; l’unité du genre humain ; le bonheur originel des premiers parents dans l’état de justice d’intégrité et d’immortalité ; le commandement donné par Dieu à l’homme pour éprouver son obéissance ; la transgression du précepte divin, à l'instigation du diable sous la forme du serpent ; la déchéance des premiers parents de cet état primitif d'innocence ; ainsi que la promesse du Rédempteur à venir 40.
V. Jésus-Christ, Verbe incarné, unique Médiateur et Rédempteur
37. Je crois et professe que Notre Seigneur Jésus-Christ est le Verbe éternel de Dieu, vrai Dieu et vrai homme, consubstantiel au Père selon la divinité et de même nature que nous selon l’humanité, semblable à nous hormis le péché 41. Il est l’unique Médiateur entre Dieu et les hommes, l’unique Sauveur du genre humain, l’unique Roi des âmes et des sociétés, promis par Dieu dans sa miséricorde à nos premiers parents et annoncé par les prophètes 42.
38. Je professe que lorsque vint la plénitude des temps, le Fils de Dieu s’est incarné, non pour confirmer l’homme dans sa dignité humaine ou pour lui révéler l’image de Dieu en lui-même, mais pour le sauver du péché et lui redonner accès à la vie éternelle. Né de la Vierge Marie, sans cesser d’être Dieu il a pris une nature humaine véritable, a vécu parmi nous, a enseigné la vérité, a accompli les prophéties, a manifesté sa divinité par ses miracles, puis s’est offert librement sur la Croix en sacrifice propitiatoire pour les péchés du monde 43.
39. Je professe que la Rédemption est une satisfaction véritable offerte à la justice divine, en réparation pour le péché d’origine et les péchés personnels. Le Christ, Prêtre et Victime dans son humanité sainte, nous a rachetés par son Sang. En portant nos péchés et en subissant la peine qui nous était due, il a offert à son Père un acte parfait d’obéissance, acte d’amour et de réparation, auquel la dignité de sa Personne divine conférait une valeur méritoire infinie 44.
40. Je rejette donc toute doctrine qui réduirait la Rédemption à une simple manifestation de l’amour de Dieu, à une solidarité du Christ avec les souffrances humaines, à une révélation de la dignité de l’homme, ou à une libération purement morale, politique ou sociale. La Croix n’est pas seulement un signe : elle est l’autel du sacrifice rédempteur. Le Christ n’a pas seulement annoncé le salut : il l’a mérité par son sacrifice. Sa passion volontaire et sa mort sur la Croix constituent l’unique sacrifice rédempteur par lequel l’humanité est réconciliée avec Dieu.
41. Je professe que le troisième jour il est ressuscité glorieux d’entre les morts, et que cette résurrection est proprement un fait historique. Elle est le signe le plus éclatant de sa victoire définitive sur le péché, la mort et l’enfer. Elle constitue le fondement de l’espérance chrétienne et le gage de notre propre résurrection. Elle représente aussi le principal motif de crédibilité de la divinité de Jésus-Christ 45.
42. Je crois que quarante jours plus tard il est monté aux cieux, qu’il siège désormais à la droite de son Père, qu’il gouverne invisiblement son Église par l’intermédiaire de son Vicaire, et qu’il intercède pour nous constamment, en attendant de revenir dans la gloire à la fin des temps, pour juger les vivants et les morts 46.
43. Je professe également que si le Christ est mort pour tous, tous ne sont pas sauvés par le fait même. Les mérites de la Passion doivent être appliqués aux âmes, ce qui a lieu ordinairement lorsque celles-ci reçoivent avec les dispositions requises les sacrements qui leur communiquent la grâce sanctifiante. Celui qui refuse les sacrements, les reçoit indignement, ou qui demeure volontairement dans le péché se ferme au salut que le Christ lui a acquis 47.
44. Je rejette donc le faux optimisme d’une rédemption universelle déjà réalisée en tout homme, indépendamment de sa conversion et de sa persévérance. Une telle doctrine détruit l’urgence de la prédication, affaiblit le zèle missionnaire, rend inutile la pénitence et contredit les paroles mêmes du Sauveur : "Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui ne croira pas sera condamné."
45. Je professe enfin que Jésus-Christ est non seulement le Rédempteur des individus, mais le centre de toute l’histoire et le Roi de toute la Création. Tout a été créé par lui et pour lui ; tout doit être restauré en lui. Aucune culture, aucune société, aucune loi, aucune sagesse humaine ne trouve sa vraie perfection, complète et achevée, en dehors de son règne 48.
VI. La très sainte Vierge Marie dans l’économie du salut
46. Je crois que la très sainte Vierge Marie occupe dans l’histoire du salut une place unique voulue par Dieu de toute éternité, et que sa condition n’est donc pas la condition commune des autres créatures. Celui qui avait résolu de donner son Fils aux hommes avait aussi résolu de lui donner une Mère 49.
47. Je professe que la Bienheureuse Vierge Marie, par un privilège singulier, fut immaculée dès le premier instant de sa conception, afin d’être la digne Mère de Jésus-Christ : préservée du péché originel par prévision des mérites du Christ et ainsi rachetée d’une manière plus sublime, comblée de grâce dès le premier instant de son existence, Marie s’est toujours montrée parfaitement fidèle à la volonté de Dieu 50.
48. Je crois qu’elle demeura toujours vierge, avant, pendant et après l’enfantement ; sa virginité perpétuelle manifeste l’origine divine de son Fils et sa consécration totale à l’œuvre de Dieu 51.
49. Je professe que, véritablement Mère de Dieu et Mère des hommes, elle a été associée d’une manière unique et incomparable à l’œuvre rédemptrice de son divin Fils : nouvelle Ève auprès du nouvel Adam son "Fiat" a ouvert la voie à l’Incarnation ; sa fidélité silencieuse a accompagné toute la vie du Sauveur ; sa Compassion douloureuse au pied de la Croix l’a unie d’un seul cœur au sacrifice rédempteur 52.
50. Je professe qu’ainsi unie à son divin Fils, elle a mérité par convenance dans sa Compassion ce que le Christ a mérité par justice stricte dans sa Passion ; non comme cause principale de la Rédemption, mais comme associée subordonnée, dépendante et toute relative à son Fils, dans un seul et même acte du rachat de nos âmes. C’est en ce sens que la piété catholique, appuyée sur l’enseignement traditionnel des papes et des théologiens, l’appelle à juste titre, en raison de cette Compassion, "Corédemptrice", et par conséquent "Médiatrice universelle"53.
51. Je rejette par conséquent avec indignation la tendance moderne à diminuer les privilèges de la très sainte Vierge sous prétexte de prudence œcuménique, de dialogue avec les fausses religions, ou par crainte fallacieuse d’obscurcir l’unique médiation rédemptrice de Jésus-Christ. Affaiblir la doctrine mariale, ce n’est pas mieux honorer le Christ : c’est méconnaître l’ordre voulu par Dieu, qui a voulu venir à nous par Marie et nous conduire à lui par elle.
52. Je crois qu’au terme de sa vie terrestre, elle fut élevée corps et âme à la gloire céleste, où elle règne auprès du trône de Dieu, aux côtés de la sainte humanité de son divin Fils, sur les anges et sur les hommes, exerçant son rôle maternel de Dispensatrice de toutes les grâces 54.
53. Je professe enfin que le culte authentique et spécial rendu à sa Mère ne diminue en rien le culte dû à Dieu ; il l’accroît au contraire, parce qu’il reconnaît les merveilles de la grâce divine dans la créature la plus parfaite, et conduit les âmes plus sûrement à Jésus-Christ 55. La vraie restauration catholique ne peut être séparée de l’honneur rendu à celle qui écrase la tête du serpent.
VII. L’Église catholique, Corps mystique du Christ et unique arche du salut
54. Je crois fermement que, pour perpétuer et prolonger l’œuvre de la Rédemption jusqu’à la fin des siècles, Notre Seigneur Jésus-Christ a fondé une seule Église, visible, hiérarchique, indéfectible et nécessaire au salut. Cette Église, acquise par le Sang du Christ, confiée à Pierre et à ses successeurs, les Pontifes romains, n’est autre que l’Église catholique romaine 56.
55. Je professe que l’Église est une, sainte, catholique et apostolique. Elle est une par sa foi, son culte, son gouvernement et sa fin. Elle est sainte par son Fondateur, par sa doctrine, par ses sacrements et par les saints qu’elle ne cesse d’enfanter. Elle est catholique parce que, envoyée à tous les peuples et établie dans tout l’univers, elle est partout apte à procurer le salut aux hommes de toutes les conditions. Elle est apostolique parce qu’elle demeure fondée sur les Apôtres, conserve leur doctrine et poursuit leur mission, gouvernée par leurs successeurs 57.
56. Je professe que l’Église est identiquement société visible et Corps mystique du Christ. Le Christ en est la Tête ; les fidèles en sont les membres ; la vie surnaturelle acquise sur la Croix se communique en elle par les sacrements reçus dans la foi, et s’épanouit dans la charité 58.
57. Je professe que l’Église est l’Épouse immaculée du Christ. Le Christ l’a aimée jusqu’à se livrer pour elle, afin de la sanctifier et de se la présenter sans tache ni ride. Si ses membres peuvent pécher, ellemême, dans sa doctrine, ses sacrements, sa constitution divine et sa fin, demeure la gardienne fidèle et pure du dépôt révélé, et la dispensatrice des mystères de Dieu. Les fautes des hommes d’Église ne peuvent pas être imputées à l’Église en tant que telle ; elles viennent de ce que ces hommes n’ont pas vécu selon ses lois saintes. Aussi je rejette les accusations injustes et blasphématoires portées contre l’Église au nom des péchés de ses enfants, ainsi que les repentances qui semblent faire porter à l’Épouse du Christ les fautes de ceux qui l’ont trahie 59.
58. Je professe que l’Église est Mère des âmes. Elle les engendre à la vie divine par le baptême, les nourrit par l’Eucharistie, les relève par la pénitence, les fortifie par la confirmation, sanctifie les familles par le mariage, consacre les prêtres par l’ordre et assiste les mourants par l’extrême-onction. Sa maternité est surnaturelle et salvifique : elle donne aux hommes le pain de la saine doctrine, la grâce et les moyens de la vie éternelle 60.
59. Je professe que Dieu a voulu faire de l’Église le moyen nécessaire du salut ; de même qu’il n’y a sous le ciel aucun autre nom donné aux hommes que celui de Jésus-Christ, par lequel nous devions être sauvés, de même il n’y a aucun salut surnaturel indépendamment de l’Église catholique. Car tout salut vient de Jésus-Christ ; et toute grâce salutaire, soit est donnée dans et par l’unique Église qu’il a fondée, soit ordonne celui qui la reçoit à cette même Église 61.
60. Cette vérité signifie que nul ne peut être sauvé sans le Christ et son Église, par une fausse religion en tant que telle, ni assuré de son salut en dehors de la structure visible de l’Église. Si des hommes sont sauvés sans appartenir à la société visible qu’est l’Église, Corps mystique du Christ, ils le sont par une ordination surnaturelle à l’unique Église du salut, et malgré les erreurs des fausses religions où ils se trouvent, dont ils se délivrent en ne refusant pas la grâce qui leur est offerte, et en y correspondant 62.
61. Je rejette donc le faux œcuménisme, reposant sur cette idée que le Saint-Esprit ne refuserait pas de se servir des communautés séparées comme de moyens de salut, comme si l’Église du Christ y était présente et agissante, ou comme si ces communautés possédaient en elles-mêmes une valeur salvifique, dont la vertu dériverait de la plénitude de grâce et de vérité confiée à l’Église catholique. Si quelque homme accède à la vérité révélée ou reçoit une grâce de sanctification en dehors des limites visibles de l’Église catholique, cette vérité et cette grâce appartiennent de droit à cette même Église, appellent sans équivoque à l’unité catholique, et le Saint-Esprit ne les donne pas en se servant comme de moyens de salut des communautés séparées en tant que telles, dont on ne saurait trop détourner les âmes 63.
62. Je rejette également l’idée selon laquelle les religions non chrétiennes reflèteraient un rayon de la vérité qui illumine tout homme, ou seraient des voies légitimes par lesquelles Dieu conduirait positivement les hommes au salut. Quelques fragments de vérité naturelle, ou des vestiges déformés de vérités anciennes, peuvent bien se rencontrer chez les adeptes de ces fausses religions ; mais celles-ci prises comme telles, et en tant qu’elles mêlent l’erreur à leur culte, sont l’œuvre du démon et ne peuvent être agréées par Dieu. Le Saint-Esprit ne se sert pas d’elles comme de voies de salut, et il ne se trouve en elles aucune vertu propre de l’unique Église du Christ, seule lumière qui éclaire tout homme dans les ténèbres 64.
63. Je rejette encore l’idée d’un « christianisme anonyme », selon laquelle tout homme qui mène une vie naturellement honnête, qu’il soit « croyant », athée ou agnostique, serait orienté vers le Christ et donc sauvé par lui, parce que « chrétien » sans le savoir 65.
64. Je professe enfin que l’ancienne Alliance a été accomplie, dépassée et rendue caduque par la Nouvelle Alliance, qui est l’accomplissement de la promesse faite à Abraham, dans le Christ et dans son Église. Les figures de l’ancienne Loi ont trouvé leur réalisation et leur cessation dans le sacrifice du véritable Agneau, Médiateur de la Nouvelle Alliance et Prêtre pour l’éternité selon l’ordre de Melchisédech. De par la volonté éternelle de Dieu, la véritable descendance d’Abraham est le Christ, avec ceux qui lui appartiennent dans son Corps mystique qui est l’Église 66.
65. Je réprouve donc la nouvelle ecclésiologie, qui détruit l’élan missionnaire en relativisant l’unicité de l’Église, seule arche du salut.
66. Je rejette également l’inculturation comprise comme l’adoption sans discernement des catégories religieuses, morales ou symboliques des cultures païennes et de leurs pratiques. L’Évangile peut assumer ce qui est naturellement bon, vrai et noble dans les peuples ; il ne peut jamais consacrer l’idolâtrie, la superstition, l’erreur ou les mœurs contraires à la loi naturelle. La mission de l’Église n’est pas un dialogue indéfini, une coopération humanitaire ou une reconnaissance mutuelle des traditions religieuses : elle est l’ordre reçu du Christ d’enseigner toutes les nations, de les baptiser et de leur apprendre à garder tout ce qu’il a commandé 67.
VIII. Le Saint-Esprit, sanctificateur des âmes et âme de l’Église
67. Je professe que le Saint-Esprit, troisième Personne de la Très Sainte Trinité, vrai Dieu avec le Père et le Fils, a parlé par les prophètes, inspiré les Écritures, sanctifié les justes, formé l’humanité du Verbe incarné dans le sein virginal de Marie, et a été envoyé visiblement à la Pentecôte pour manifester l’Église et la vivifier jusqu’à la consommation des siècles 68.
68. Je crois que, envoyé par le Père et le Fils, il demeure dans l’Église jusqu’à la fin des siècles, conformément à la promesse de Notre-Seigneur. Il est l’âme incréée de l’Église, non comme une forme substantielle qui abolirait la distinction entre le Christ et ses membres, mais comme le principe invisible et la cause efficiente de sa vie surnaturelle, de son unité de profession de foi et de culte, de la sainteté de son gouvernement et de son Magistère, et de sa fécondité en ses œuvres 69. 69. Je professe que toute la vie de l’Église dépend de son action. C’est lui qui assiste le Magistère ecclésiastique, spécialement celui du Pape, pour qu’il conserve, déclare et explique sans erreur le dépôt révélé : non pour qu’il invente de nouvelles doctrines, mais pour qu’il pénètre plus profondément, dans le même sens et la même signification, la vérité déjà révélée par Dieu aux Apôtres 70.
70. Je crois que c’est lui qui communique aux âmes, dans les sacrements, la grâce acquise par le Sauveur, habite en elles par cette grâce et les rend conformes au Christ ; lui qui éclaire les intelligences par sa sagesse, soutient les volontés par sa force, répand sa charité dans les cœurs ; lui qui suscite les bonnes œuvres, inspire la charité fraternelle et conduit les âmes vers leur perfection 71.
71. C’est lui qui a soutenu les martyrs, éclairé les docteurs, suscité les missionnaires, nourri la vie contemplative, fécondé les ordres religieux et fait fleurir la sainteté dans tous les états de vie. Les grandes œuvres de la civilisation chrétienne, fruits de la culture catholique, témoignent elles-mêmes de cette présence discrète mais féconde de l’Esprit de Dieu dans l’Église à travers les siècles.
72. Je réprouve donc toute prétention à invoquer le Saint-Esprit pour justifier des adaptations doctrinales en rupture avec la Tradition, des renversements moraux, ou des procédés synodaux par lesquels on met en discussion ce que l’Église a reçu de Dieu. L’Esprit de vérité ne peut inspirer aujourd’hui le contraire de ce qu’il a inspiré hier. Il n’invite pas l’Église à écouter le monde pour en recevoir les aspirations ; il la pousse au contraire à enseigner le monde, à le convertir et à le sanctifier. Son œuvre n’est ni de susciter des inspirations anarchiques, ni d’encourager la créativité doctrinale, ni de faire reposer la vie spirituelle sur la recherche de phénomènes charismatiques extraordinaires ; elle consiste à guider les âmes en éclairant leur foi et à les défendre contre leurs ennemis spirituels, pour achever en elles l’œuvre de leur salut et les conduire dans la lumière de l’éternité.
IX. Le Pontife romain, l’épiscopat et la constitution hiérarchique de l’Église
73. Je reconnais dans le Pontife romain le successeur de saint Pierre, le Vicaire de Jésus-Christ, le Pasteur suprême et universel, chef visible de toute l’Église, possédant, par institution divine, un pouvoir de vraie et propre juridiction suprême, plénier, immédiat et universel, sur tous les pasteurs et sur tous les fidèles baptisés dans l’Église 72.
74. Je crois que cette autorité ne lui vient pas d’une délégation de la communauté, mais directement du Christ lui-même, qui a institué cette charge pour la garde de la doctrine de la foi, la sanctification des âmes et le gouvernement de l’Église 73.
75. Je reconnais qu’en raison de ce pouvoir propre et véritable, pasteurs et fidèles lui doivent respect et obéissance filiale dans tout ce qui relève de l’exercice légitime de sa charge. Ainsi, l’unité de communion avec le Pontife romain et l’unité de profession de la même foi étant sauvegardées, l’Église du Christ constitue un seul troupeau sous un seul pasteur suprême 74.
76. Je reconnais également que les évêques sont les successeurs des Apôtres, ce qui fait d’eux de véritables pasteurs de droit divin, possédant dans l’Église, de par la volonté du Christ, une juridiction particulière et subordonnée, qu’ils reçoivent immédiatement du Pontife romain 75. Unis à ce dernier dans la soumission à son autorité suprême, ils exercent légitimement leur propre autorité dans leurs diocèses respectifs, comme établis par le Saint-Esprit dans l’ordre hiérarchique voulu par le Christ 76.
77. Je reconnais encore que le corps des évêques, uni à son chef le Pontife romain et jamais sans ce chef, peut être le sujet extraordinaire et non permanent d’un pouvoir plénier et suprême sur l’Église universelle, mais que cela a lieu seulement dans l’acte d’un concile œcuménique, sur l’initiative et l’ordre du seul Souverain pontife, et dans les limites de sa volonté exclusive 77.
78. Je rejette en conséquence les conceptions collégialistes qui feraient du collège des évêques une personne morale permanente dans l’Église, ou un deuxième sujet du pouvoir suprême, distinct du successeur de Pierre. La constitution monarchique de l’Église est d’institution divine et intangible, et il en sera ainsi jusqu’à la fin des siècles, car nul ne peut redéfinir la fonction que le Christ lui-même a conférée à Pierre dans son Église 78.
79. Je rejette pareillement les conceptions synodales qui tendent à transformer l’Église hiérarchique en une structure consultative, parlementaire ou démocratique, soumise aux opinions fluctuantes du peuple chrétien ou aux pressions du monde. La conscience collective des fidèles, les enquêtes pastorales, les sensibilités culturelles et les attentes du monde ne sont pas des sources de la Révélation.
L’écoute légitime des âmes ne peut jamais devenir une adaptation continuelle de la vie de l’Église, de sa doctrine et de sa constitution divine à l’esprit du monde, sous prétexte d’interpréter le "sensus fidei" du peuple de Dieu 79.
X. Le Magistère, gardien du dépôt révélé
80. Je crois que le Pontife romain jouit de l’infaillibilité lorsqu’il parle ex cathedra, c’est-à-dire lorsque, accomplissant sa charge de pasteur et docteur de tous les chrétiens, il définit, en vertu de sa suprême autorité apostolique, qu’une doctrine concernant la foi ou les mœurs doit être tenue par l’Église universelle 80.
81. Je professe en outre que le pouvoir de Magistère dans l’Église est essentiellement ordonné à la garde du dépôt révélé et, par le moyen de celle-ci, au salut des âmes. Le Saint-Esprit n’a pas été promis aux successeurs de Pierre pour qu’ils manifestent une doctrine nouvelle, mais pour qu’ils gardent saintement et exposent fidèlement le dépôt transmis par les Apôtres 81.
82. C’est pourquoi le magistère présent ne peut contredire substantiellement le magistère antérieur. Le magistère vivant n’est pas la prédication actuelle opposée à la prédication passée ; il est la prédication continuelle et ininterrompue de la même signification de la même vérité de foi à travers les siècles. Le pape et les évêques ne sont pas les maîtres de la Révélation ; ils en sont les gardiens et lui sont soumis comme le disciple l’est au maître. Ils ne peuvent ni changer la foi, ni modifier la constitution divine de l’Église, ni déclarer bon ce qui est contraire à la loi de Dieu 82.
83. Je rejette donc toute conception évolutive du dogme selon laquelle les vérités révélées changeraient de signification au cours de l’histoire. Il peut y avoir au sein de l’Église un progrès homogène dans l’intelligence, qui perçoit mieux, de façon plus distincte et plus explicite, le sens de la vérité révélée ; mais jamais une mutation du sens de cette vérité. Ce qui a déjà été enseigné par le Magistère vivant de l’Église enseignante, et cru dans la profession de foi de l’Église enseignée, ne peut devenir faux ; ce qui a été condamné comme contraire à la foi ne peut devenir légitime ; ce qui appartient à la constitution divine de l’Église ne peut être remodelé selon les catégories du monde moderne ou le contexte historicoculturel 83.
84. Je rejette donc la notion d’un nouveau magistère, qui prétendrait s’autoriser du temps présent pour imposer des doctrines opposées ou étrangères à la Tradition constante. Je rejette également l’opposition artificielle entre le Magistère d’hier et celui d’aujourd’hui, comme si le seul Magistère vivant de l’Épouse du Christ était celui du temps présent et pouvait, sous prétexte de mieux l’adapter, renier ce que l’Église a toujours enseigné, cru et condamné depuis l’époque des Apôtres.
85. Je tiens que, demeurant sauve la légitime liberté de recherche et d’opinion des théologiens relativement aux questions doctrinales ouvertes ou disputées, le Magistère de l’Église a le devoir légitime d’exercer un contrôle et, le cas échéant, une censure sur les publications, pour éviter que celles-ci ne mettent en danger la foi des fidèles. Je rejette donc l’accusation portée contre la sainte Église d’avoir manqué de charité, en anathématisant les hérésies et en excommuniant les hérétiques 84.
86. Je rejette aussi le dialogue perpétuel instauré dans l’esprit du dernier Concile, par lequel la hiérarchie renonce à exercer un véritable Magistère, et prétend tantôt recevoir son inspiration du "sens de la foi" du peuple des croyants, tantôt discuter d’égal à égal avec les adeptes des fausses religions, ou même avec les incroyants.
87. Je rejette enfin la conception subjectiviste du pluralisme théologique, qui découle d’une telle démission de la fonction magistérielle. Je tiens que l’Église n’est pas une assemblée en recherche permanente, mais qu’elle est la gardienne d’une vérité révélée par Dieu et transmise par les Apôtres, et que son Magistère authentique, assurant au cours de tous les siècles la transmission ininterrompue du dépôt révélé, est la règle prochaine et universelle de la vérité en matière de foi et de mœurs.
XI. L’ordre moral et la loi de Dieu
88. Je professe qu’il existe un ordre moral réellement fondé dans la sagesse éternelle de Dieu. Les actes humains sont bons ou mauvais selon leur conformité ou leur opposition à la loi divine, sainte et indéfectible. Les opinions individuelles, le consensus social, les intentions subjectives, les circonstances historiques, ne peuvent pas changer la valeur intangible de ces principes de la morale chrétienne 85.
89. De l’immense bonté par laquelle Dieu a élevé l’homme à l’ordre surnaturel, il s’ensuit que l’homme n’a qu’une fin ultime, surnaturelle, à laquelle il reste ordonné selon le dessein de Dieu, même après le péché. Cette fin surnaturelle assume, élève et perfectionne la fin de l’ordre naturel de l’homme 86.
90. La loi naturelle, inscrite par Dieu dans la nature de l’homme, reste connaissable par la droite raison et oblige tous les hommes. La loi positive révélée, d’ordre surnaturel, la confirme, l’élève et la précise en la dépassant. Il n’y a donc aucune opposition entre la loi de l’Évangile et la loi naturelle ; bien plus, la même grâce donne à l’homme la force d’être surnaturellement fidèle à leurs exigences respectives, et de jouir ainsi de cette liberté des enfants de Dieu par laquelle, délivré du pouvoir du péché, il peut tendre vers sa fin ultime 87.
91. Je rejette donc la morale de situation, selon laquelle les circonstances concrètes pourraient rendre bonnes des actions intrinsèquement mauvaises. En particulier je tiens qu’aucune circonstance ne pourra jamais légitimer le recours à la contraception, à l’avortement et à l’euthanasie. Je rejette toute doctrine qui prétendrait qu’une conduite objectivement contraire aux commandements de Dieu pourrait constituer, pour certains, la réponse généreuse actuellement demandée par Dieu. Dieu ne commande jamais le péché ni ce qui est impossible ; il ne bénit jamais le désordre moral et ne justifie jamais ce qui contredit sa propre loi ; mais à celui qui fait son possible, il ne refuse jamais sa grâce pour garder ses commandements 88.
92. Je professe que les unions adultères, les unions contre nature et toutes les situations publiques contraires à la loi divine ne peuvent être présentées comme des biens imparfaits, des dons de Dieu, des étapes positives ou des réalités susceptibles d’être bénies en tant que telles. Une telle présentation trompeuse altère gravement les principes de la morale chrétienne, et porte atteinte à l’institution sacrée du mariage et au bien des familles 89.
93. Je rejette donc comme contraire à la foi et à la discipline constantes de l’Église la prétention d’admettre aux sacrements, et tout spécialement à la réception de la très sainte Eucharistie, ceux qui persistent publiquement dans de tels états sans renoncer à leur désordre. La vraie miséricorde appelle le pécheur à la conversion ; elle ne ratifie pas le péché sous prétexte d’accompagnement pastoral ou de discernement des situations particulières.
94. Je rejette pareillement la dissociation moderne entre doctrine et pastorale. Une pastorale qui contredit la doctrine n’est pas pastorale ; elle égare les âmes. La charité ne consiste pas à taire la vérité pour éviter la souffrance, mais à dire la vérité avec bienveillance pour conduire au salut. La médecine de l’Église ne peut guérir qu’en nommant le mal, en appelant à la pénitence et en offrant les remèdes de la grâce 90.
95. Je professe enfin que Dieu est non seulement l’auteur et la fin de l’ordre moral, mais aussi son gardien, son juge et le souverain rémunérateur du bien et du mal. L’oubli du jugement divin engendre une fausse miséricorde, sentimentale et impuissante, qui ne sauve personne parce qu’elle ne convertit personne.
XII. La royauté sociale du Christ et la civilisation chrétienne
96. Je professe que la Très Sainte Trinité peut et doit être reconnue et adorée non seulement par chaque homme en particulier, mais aussi par les familles, les institutions et les sociétés civiles. Aucune autorité humaine n’est indépendante de Dieu, car toute autorité vient de lui et doit s’exercer selon la loi éternelle 91.
97. Je professe que les sociétés civiles, comme les personnes, ont le devoir de reconnaître et d’honorer ce seul et unique vrai Dieu, qu’est Jésus-Christ, Verbe incarné, deuxième Personne de la Sainte Trinité, et de lui rendre le culte qui lui est dû, dans la vraie religion révélée et instituée par Lui 92.
98. Je professe que les autorités qui gouvernent ces sociétés doivent en procurer le bien commun en se conformant à la double loi divine, naturelle et révélée. L’usage de la liberté ne consiste pas à donner libre cours à tous les caprices de la concupiscence, mais à choisir la meilleure manière d’user des biens de ce monde en vue du salut éternel 93.
99. Je rejette ainsi le laïcisme moderne, qui prétend constituer la société comme si Dieu n’existait pas. Le refus public de reconnaître Dieu comme souverain Seigneur n’est pas une neutralité, mais une injustice sociale envers le Créateur et une cause profonde de désordre dans les peuples. En effet, une société qui refuse à Dieu l’honneur qui lui est dû détruit progressivement les fondements de sa propre justice : elle coupe la loi humaine de sa source éternelle et livre les peuples aux volontés changeantes de l’homme déchu 94.
100. Je professe que Notre Seigneur Jésus-Christ, parce qu’il est le Verbe incarné et parce qu’il a racheté les hommes par son Sang, est Roi non seulement des individus, mais aussi des familles, des institutions, des peuples et des nations. Toute puissance lui a été donnée au ciel et sur la terre : son règne ne se limite pas au for intérieur des consciences ou à la sphère privée ; il doit s’étendre au for externe, aux lois, aux mœurs, à l’éducation, à la culture et à la vie publique. Son Royaume est éternel et universel : royaume de vérité et de vie, royaume de sainteté et de grâce, royaume de justice, d’amour et de paix 95.
101. Je professe que la société civile, quoique parfaite en son ordre, ne possède pas tous les moyens nécessaires pour conduire l’homme à sa vraie perfection, laquelle demeure inaccessible à la nature humaine déchue sans le secours de la grâce guérissante et élevante 96.
102. C’est pourquoi je professe que ceux qui gouvernent la société doivent se soumettre à l’influence salutaire de l’Église, qui éclaire les intelligences par son Magistère, guérit et fortifie les volontés par la grâce des sacrements, et oriente l’homme vers sa vraie destinée surnaturelle, dont elle a la garde. Le bien de la société exige en conséquence que les chefs d’État reconnaissent leur droit et leur devoir de favoriser et de protéger la sainte Église, ainsi que de s’opposer par les lois de leur gouvernement à tout ce qui ferait obstacle à son influence nécessaire, qui est celle de l’unique vraie religion 97.
103. Je rejette donc le libéralisme politique et religieux : non seulement celui qui revendique pour l’erreur les mêmes droits que pour la vérité, et pour les faux cultes la même reconnaissance officielle et publique que pour le vrai ; mais aussi celui qui, au nom de la dignité humaine et d’une fausse liberté religieuse, attribue à chacun le droit d’agir publiquement selon sa conscience sans en être empêché par l’autorité civile, même lorsque cette conscience est erronée et s’oppose au bien commun ou à la vraie religion 98.
104. J’admets que l’erreur peut être en certains cas tolérée pour éviter de plus grands maux, ou pour préserver le bien plus grand de la paix civile, mais je professe qu’elle ne possède pas en elle-même un droit moral à être défendue ou encouragée au même titre que la vérité, ni même à n’être jamais entravée au nom d’une fausse liberté de conscience 99.
105. Je tiens également que, si l’homme possède une dignité ontologique qui l’élève au-dessus des êtres matériels, la dignité humaine à respecter n’est pas indifférente au vrai et au faux que professent les personnes, ni au bien et au mal qu’elles accomplissent : celui qui professe le faux ou accomplit le mal déchoit de sa dignité morale. C’est pourquoi, lorsque l’autorité légitime, pour défendre le bien commun contre des désordres graves, sanctionne les crimes selon les exigences de la justice, par des peines proportionnées, elle ne porte nullement atteinte à la dignité humaine 100.
106. Je rejette aussi cette forme moderne de personnalisme qui voudrait assigner pour mission à l’Église la sauvegarde de la dignité de la personne humaine, et l’instauration d’une fraternité universelle sur le fondement de cette dignité prétendument commune au genre humain – sans établir de distinction entre, d’une part, la vraie dignité du chrétien qui renonce au péché pour vivre selon la morale évangélique dans l’Église catholique, et d’autre part, la fausse dignité de ceux qui, égarés dans l’erreur et le vice, refusent la voie du salut 101.
107. Je réprouve la falsification qui en découle et qui tend à faire de l’Église, sinon la servante, du moins la collaboratrice du monde dans la réalisation de son idéal propre : celui d’une paix purement terrestre et temporelle, fondée sur un perfectionnement naturaliste de l’humanité, sans perspective surnaturelle. Cet idéal favorise l’indépendance de l’homme à l’égard de Dieu, de sa loi, de la vérité et du bien ; implique le mépris de la royauté sociale du Christ et de la Chrétienté ; et conduit finalement à l’athéisme et à la substitution de l’homme à Dieu 102.
108. Je rejette également le préjugé moderne qui présente la civilisation chrétienne comme oppressive, obscurantiste ou ennemie de la dignité humaine. Loin de détruire ce qu’il y a de bon dans les différentes cultures, l’ordre chrétien l’assume et le purifie. C’est ainsi que, à partir de la doctrine révélée et par le rayonnement de la théologie catholique, spécialement celle de saint Thomas d’Aquin, Docteur commun de l’Église, s’est constituée, sous la vigilance du Magistère, une véritable culture chrétienne de portée universelle, intégrant les meilleurs éléments des cultures grecque et latine. Fruit authentique de l’Évangile, elle a contribué à éduquer les peuples et à les faire croître dans la foi et les vertus chrétiennes.
Même si elle ne fut jamais parfaite, les hommes demeurant toujours pécheurs, cette civilisation fut néanmoins dans l’histoire la plus haute réalisation de l’ordre social chrétien 103.
109.À l’inverse, le refus moderne de la royauté sociale du Christ a produit un recul de la civilisation, à travers la laïcisation des institutions, la dissolution du mariage, la destruction de l’autorité, l’éducation sans Dieu, la tyrannie des passions et l’effacement progressif de l’esprit de sacrifice dans les nations autrefois catholiques. Contre cette apostasie publique, nous professons qu’il faut tout restaurer dans le Christ, qui est le seul Saint et, à travers son Corps mystique, le seul sanctificateur des âmes et des peuples 104.
XIII. Les sacrements de la Loi nouvelle
110. Je crois qu’il existe sept sacrements proprement dits de la Loi nouvelle, institués par Notre Seigneur Jésus-Christ pour conférer efficacement la grâce qu’ils signifient : le baptême, la confirmation, l’Eucharistie, la pénitence, l’extrême-onction, l’ordre et le mariage 105.
111. Je professe que les sacrements doivent être célébrés validement, avec la matière, la forme et l’intention prescrites, en observant les rites liturgiques qui expriment clairement la foi catholique ; et qu’ils doivent être reçus avec les dispositions requises 106.
112. Je crois que le baptême est la porte de l’Église et qu’il est nécessaire au salut. Ordinairement, nul ne peut être sauvé sans le recevoir ; par ce sacrement, l’homme est lavé du péché originel, incorporé au Christ, marqué du caractère chrétien et rendu membre de l’Église 107. C’est pourquoi je réprouve la pratique qui consiste à différer sans motif grave le baptême des enfants qui n’ont pas l’usage de la raison 108. Cependant, celui qui, après l’âge de raison et sans faute de sa part, est empêché d’accéder à ce sacrement, peut se sauver de manière extraordinaire par le baptême de désir, c’est-à-dire par un acte surnaturel de foi et de charité parfaite qui l’ordonne à l’Église 109.
113. Je professe que la confirmation fortifie le baptisé par le don du Saint-Esprit, afin qu’il confesse courageusement la foi, résiste aux ennemis du salut et vive en témoin du Christ. Dans un temps de confusion, cette force surnaturelle est particulièrement nécessaire, car nul ne peut garder la foi sans combat 110.
114. Je professe que la pénitence remet les péchés commis après le baptême, moyennant les actes du pénitent que sont la contrition, la confession et la satisfaction. Je rejette fermement toute pastorale qui affaiblit le sens du péché, minimise la nécessité de la confession sacramentelle, ou réduit la satisfaction à une simple démarche de réparation à l’égard de soi-même ou d’autrui, sans référence à l’offense commise envers Dieu 111.
115. Je professe que l’extrême-onction soulage et fortifie les malades, remet les péchés s’il y a lieu, contribue puissamment à effacer la peine due au péché, et prépare l’âme chrétienne à paraître devant Dieu 112.
116. J’affirme que le mariage est l’union stable et indissoluble d’un homme et d’une femme, élevée par le Christ à la dignité de sacrement entre baptisés. Le but de cette union, établi par Dieu, ordonnateur de la nature, est double : la génération et l’éducation des enfants d’une part, qui constituent la fin primaire et principale du mariage ; le soutien mutuel des époux et le remède à la concupiscence d’autre part, qui en sont les fins secondaires, fins véritables et essentielles, mais naturellement subordonnées à la première 113.
117. Je rejette donc toute doctrine qui considère les unions contraires au mariage comme des participations réelles, quoiqu’imparfaites, de ce dernier ; ou qui, en voulant définir le mariage en fonction du seul amour des conjoints, détruit la hiérarchie des fins du mariage, au risque de légitimer le divorce, le refus d’avoir des enfants, et ainsi la contraception, pourtant contraire au droit naturel 114.
118. Je confesse que le sacrement de l’ordre imprime en celui qui le reçoit le caractère sacerdotal qui le configure au Christ Prêtre, et qu’aucune femme ne peut le recevoir, à quelque degré que ce soit. Par là, le prêtre reçoit le pouvoir d’offrir le sacrifice salutaire pour les vivants et pour les morts, de remettre les péchés et de sanctifier les fidèles. Je rejette ainsi toute confusion entre le sacerdoce, au sens vrai et propre des ministres du Christ, et le sacerdoce commun, dit au sens impropre des fidèles : les fidèles offrent spirituellement avec le prêtre et par le prêtre ; mais seul le prêtre dûment ordonné réalise et offre sacramentellement le sacrifice en la personne du Christ 115.
XIV. Le saint sacrifice de la Messe, la sainte Eucharistie et la liturgie catholique 116
119. Je professe que la Messe est véritablement, au sens propre du terme, un sacrifice. Elle n’est pas seulement un mémorial de la Cène ou de la Passion ; célébrée par un prêtre dûment ordonné, elle représente sacramentellement le sacrifice unique du Calvaire, et le renouvelle de manière non sanglante, sans le multiplier pour autant. La Victime est la même, le Prêtre principal est le même, seule la manière d’offrir diffère.
120. Dans la Messe, et par l’action de son ministre, Notre Seigneur Jésus-Christ s’offre lui-même à son Père en sacrifice d’adoration, d’action de grâces, de propitiation et d’impétration. En s’unissant à cette action du Christ, qui est identiquement celle du prêtre célébrant, l’Église rend à Dieu le culte parfait qui lui est dû, et applique aux âmes des vivants et des défunts les mérites du sacrifice de la Croix.
121. Je crois que, par les paroles de la consécration prononcées validement par un prêtre, le pain et le vin sont changés dans toute leur substance au Corps et au Sang du Christ, bien que leurs accidents sensibles demeurent. Ce changement admirable est justement appelé transsubstantiation.
122. Je crois que la très sainte Eucharistie occupe le centre de la vie de l’Église, et qu’elle contient véritablement, réellement et substantiellement le Corps, le Sang, l’Âme et la Divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ. J’adore le Très Saint Sacrement de l’autel et rejette toute doctrine ou pratique qui affaiblit la foi en la présence réelle, diminue le respect dû à l’Eucharistie, banalise la communion ou altère le caractère sacré du sanctuaire.
123. Parce qu’elle est l’expression privilégiée de la foi, la liturgie est aussi l’école permanente où se forme l’âme chrétienne. Par son orientation, son silence, ses gestes, son canon, sa langue sacrée, son esprit d’adoration et sa structure théocentrique, la liturgie nourrit la foi et exerce une influence profonde sur les âmes. Par elle, les peuples apprennent à penser selon Dieu, à juger selon l’éternité, à aimer ce qui est saint, à mépriser ce qui passe et à ordonner leur vie entière au sacrifice du Christ. Elle façonne aussi les mœurs, inspire les arts, les institutions, les fêtes et les coutumes du peuple chrétien. C’est pourquoi, lorsque le culte divin devient prosaïque, creux, équivoque, profane ou anthropocentrique, il affaiblit l’intelligence même de la foi.
124. Je professe que la messe traditionnelle romaine, célébrée selon le rite en usage avant la réforme du Novus Ordo Missae, exprime avec une clarté incomparable la doctrine catholique du sacrifice, du sacerdoce et de la présence réelle. Mais je constate avec douleur que les réformes liturgiques contemporaines se sont éloignées considérablement de la liturgie traditionnelle, dans l’ensemble comme dans le détail : ce faisant, elles ont obscurci le caractère sacrificiel et propitiatoire de la Messe, favorisé une conception démocratique du culte, rapproché l’expression liturgique catholique des conceptions protestantes, et contribué ainsi de manière prépondérante à la perte du sens du sacré, à la corruption de l’esprit chrétien, à la diminution des vocations et à l’affaiblissement général de la foi 117.
125. Je rejette donc toute réforme ou tout usage liturgique qui, par omission, ambiguïté doctrinale ou orientation pratique, favorise l’hérésie, affaiblit la foi, s’éloigne de la doctrine catholique de la messe formulée au Concile de Trente, ou détourne les fidèles de l’adoration due à Dieu. Le culte public de l’Église doit exprimer la foi catholique sans équivoque.
126. Je suis certain, enfin, que la restauration catholique des peuples passe nécessairement par la restauration du culte divin, à travers la liturgie traditionnelle de toujours. Là où la Messe est célébrée comme le vrai sacrifice du Christ, renaissent la foi, la piété, la vie de la grâce, les familles chrétiennes, les vocations et le désir des biens éternels.
XV. La vie chrétienne, la sainteté et la perfection de la charité
127. Je crois que la vocation suprême de l’homme est la sainteté. Créé par Dieu, racheté par le Christ et sanctifié par l’action du Saint-Esprit, l’homme est appelé à participer à la vie même de Dieu par une conformité croissante à sa volonté, pour parvenir à l’union parfaite et définitive avec lui dans la gloire 118.
128. Je crois que la grâce sanctifiante fait de l’homme un enfant adoptif du Père, un membre de JésusChrist, un temple du Saint-Esprit et un héritier de la vie éternelle. Elle rend l’âme agréable à Dieu, lui communique une participation créée à la nature divine, la rend capable d’actes surnaturels et l’ordonne à la vision béatifique. Les vertus théologales de foi, d’espérance et de charité unissent l’âme directement à Dieu ; les vertus morales infuses ordonnent sa conduite selon la loi divine ; les dons du Saint-Esprit la rendent apte à recevoir docilement ses inspirations, donnant aux vertus leur perfection ultime 119.
129. Je crois que la vie chrétienne comporte, pour une part très importante et non négligeable, un combat spirituel. Depuis la chute originelle, l’homme demeure exposé aux tentations du monde, de la chair et du démon. La grâce ne supprime pas ce combat : elle donne la force nécessaire pour le mener victorieusement 120.
130. Je crois que le chemin de la sainteté passe par l’imitation de Jésus-Christ, l’obéissance à ses commandements, la prière, les sacrements, la pénitence, le renoncement à soi-même, la fidélité au devoir d’état et l’amour de la Croix. Le disciple n’est pas au-dessus du Maître : s’il veut entrer dans la gloire, il doit marcher à la suite du Christ crucifié 121.
131. Je rejette donc le faux christianisme sans Croix, qui promet une paix terrestre sans conversion, une miséricorde sans pénitence, une fraternité sans dépendance à l’égard de la paternité de Dieu, et une sainteté sans héroïsme. L’Église n’a jamais canonisé la médiocrité, l’adaptation au monde ou la simple bonne volonté naturelle ; elle a proposé à l’imitation de ses fidèles des saints dont la foi fut intègre, la charité héroïque et la vie conformée à celle du Christ.
132. Je rejette donc toute réduction de la vie chrétienne à une vague philanthropie, à une sensibilité sociale ou à un engagement terrestre. La charité chrétienne ne se mesure pas d’abord à l’émotion partagée ou à l’utilité visible, mais à l’amour surnaturel de Dieu par-dessus tout et du prochain pour Dieu. La miséricorde corporelle elle-même perd sa vraie signification et sa valeur authentique lorsqu’elle n’est plus ordonnée à la miséricorde spirituelle et au salut éternel.
133. Je professe que la sainteté est le plus beau fruit de l’Église. Les martyrs, les confesseurs, les vierges, les moines, les missionnaires, les docteurs, les pasteurs et toutes les saintes âmes fidèles témoignent de la puissance de la vérité, de la fécondité de la grâce, et de la victoire du Christ sur le péché.
XVI. Les fins dernières et l’espérance chrétienne
134. Je crois que la vie présente est un temps de préparation à l’éternité et donc d’épreuve. L’homme n’a pas ici-bas sa demeure définitive : il est créé pour une destinée surnaturelle qui dépasse infiniment les biens passagers de ce monde. Je crois à la vie après la mort, où l’on entre par la séparation de l’âme et du corps 122.
135. Je crois qu’au terme de sa vie terrestre, chacun comparaîtra d’abord devant le tribunal du Christ pour le jugement particulier et recevra, selon ses pensées, paroles, actions et omissions, la sentence de sa destinée éternelle 123 ; je crois aussi qu’à la fin des temps, Notre Seigneur Jésus-Christ reviendra dans sa gloire pour présider le jugement général 124.
136. Je soutiens avec amour et tremblement que, dans les œuvres de Dieu, resplendissent à la fois la miséricorde et la justice. Le péché de l’homme a porté atteinte à la gloire du Créateur, l’homme est devenu le débiteur de Dieu, et la justice divine exige réparation ; mais, dans sa plus grande miséricorde, Dieu nous a donné un Rédempteur qui, en tant que Chef de l’humanité, a offert lui-même, pour les péchés du monde entier, une satisfaction qui appelle le concours de la nôtre.
137. Je me confie dans l’infinie miséricorde de Dieu : il n’est aucun péché qu’il ne puisse pardonner ni aucune misère qu’il ne veuille soulager ; mais je réprouve fermement cette miséricorde sans justice que prêche le nouvel humanisme, celle d’un dieu qui ne châtie pas le péché, ne condamne personne et n’exige aucune conversion, justifiant plutôt le péché que le pécheur.
138. Je professe que les âmes qui meurent en état de péché mortel sont condamnées à l’effroyable abîme de l’enfer, peine éternelle de la privation de Dieu et peine éternelle du feu. Je rejette toute doctrine qui nie l’éternité de l’enfer, diminue la réalité des peines éternelles, ou laisse entendre que tous les hommes seront finalement sauvés, l’enfer demeurant vide 125.
139. Je crois que les âmes qui meurent en état de grâce, mais sont encore redevables de peines temporelles, sont purifiées au purgatoire. Je professe donc la nécessité de prier pour les défunts, de leur appliquer les suffrages de l’Église, et je rejette les mensonges qui promettent à tous l’entrée immédiate dans la maison du Père, éteignant ainsi la pieuse coutume de l’Église de prier constamment pour les morts 126.
140. Je rejette particulièrement le faux langage pastoral qui, par crainte de troubler les consciences, tait le jugement, l’enfer et la nécessité de la pénitence. Il n’y a pas de charité à cacher aux hommes le péril éternel où les met le péché. La prédication des fins dernières appartient à la miséricorde de l’Église, parce qu’elle réveille les âmes et les tourne vers le salut.
141. J’affirme enfin que les âmes qui meurent dans l’amitié de Dieu, parfaitement purifiées, entrent immédiatement dans la vie éternelle et jouissent de la vision béatifique. Elles contemplent Dieu face face, tel qu’il est, et possèdent en lui leur repos éternel. La vie chrétienne est ordonnée à cette béatitude ; toute pastorale qui réduit le bonheur humain au bien-être terrestre, à la paix sociale ou à l’épanouissement seulement psychologique, trahit la fin surnaturelle de l’Évangile 127.
142. L’espérance chrétienne n’est donc ni optimisme terrestre, ni incertitude mêlée de crainte. Elle est attente confiante du Royaume éternel, fondée sur les promesses de Dieu et nourrie par la grâce. Elle donne au chrétien de travailler ici-bas sans oublier que sa patrie est au Ciel, et de combattre les erreurs du temps sans perdre la paix de l’âme.
XVII. La crise moderne et le devoir de confesser la foi
143. Je crois que l’Église, assistée par la Providence divine, demeure indéfectible jusqu’à la fin des siècles. La promesse du Christ ne peut faillir : les portes de l’enfer ne prévaudront jamais contre elle.
144. Je crois cependant que l’histoire de l’Église connaît des périodes d’épreuve, où la profession de la vraie foi se trouve gravement diminuée, où les erreurs se répandent, où la discipline s’affaiblit et où de nombreuses âmes sont entraînées vers l’égarement.
145. Je reconnais en particulier que les erreurs modernes représentent une menace redoutable pour l’ensemble de l’ordre catholique, et que leur pénétration dans la vie de l’Église, à la faveur du Concile Vatican II et des réformes post-conciliaires, a provoqué une crise d’une gravité exceptionnelle : l’agnosticisme attaque la connaissance de Dieu ; le naturalisme attaque la nécessité de la grâce ; le subjectivisme attaque le motif surnaturel de la foi ; le relativisme attaque l’immutabilité du dogme ; la morale de situation attaque la loi divine ; le libéralisme attaque la royauté sociale du Christ ; le faux œcuménisme attaque l’unicité de l’Église ; la collégialité et la synodalité attaquent la constitution divine de l’Église dans sa hiérarchie ; l’anthropocentrisme liturgique attaque le saint sacrifice de la messe.
146. La crise actuelle ne saurait donc être réduite à un simple conflit de sensibilités, de préférences liturgiques ou d’options pastorales. Elle touche aux fondements mêmes de la foi et de la morale, du sacerdoce et du culte, de l’Église et de la royauté du Christ.
147. Ces erreurs ne demeurent pas abstraites, elles ont produit des fruits visibles : affaiblissement de la prédication doctrinale, effacement de l’esprit missionnaire, banalisation du péché, crise de la famille, ruine de la liturgie, perte du sens de Dieu, raréfaction des vocations, apostasie silencieuse des nations chrétiennes et confusion profonde des fidèles.
148. C’est pourquoi il ne suffit plus aujourd’hui d’affirmer les vérités catholiques en termes généraux, sans dénoncer parallèlement les erreurs qui tentent de les corrompre. La charité envers les âmes exige la clarté de la vérité totale, sans aucune ambiguïté.
149. Cette crise ne peut être surmontée que par la restauration de toutes choses en Jésus-Christ, par le retour à la foi, à la vie de grâce, au culte divin et à la quête de la sainteté.
150. Dans ces circonstances douloureuses, sans juger quiconque ni usurper l’autorité de l’Église, je ne puis pas ne pas confesser la foi dont on diminue la profession, rappeler la Tradition que l’on bannit, défendre la morale, garder la liturgie, proclamer les droits du Christ.
Conclusion
151. Fidèle à la Rome éternelle qui garde le dépôt transmis par les Apôtres, je veux conserver intégralement cet héritage, sans diminution, sans altération et sans crainte, non comme une opinion particulière dans l’Église d’aujourd’hui, mais comme la foi reçue de l’Église une, sainte, catholique, apostolique et romaine.
152. Car cette foi ne m’appartient pas : je l’ai reçue pour y demeurer fidèle, en vivre, la transmettre et, si Dieu le demande, souffrir pour elle, dans l’attente confiante du triomphe de la vérité et de la grâce, pour le salut des âmes et la gloire de la Très Sainte Trinité.
153. Je demande à Dieu qu’il me maintienne ferme dans cette confession jusqu’au dernier instant de ma vie. Je confie cette profession de foi à l’intercession de la très sainte Vierge Marie, des saints Apôtres, des martyrs, des confesseurs et de tous les saints qui nous ont précédés dans la fidélité au Christ.
154. Et dans l’espérance de la résurrection et de la vie du monde à venir, je remets mon âme, l’Église et toutes choses entre les mains de Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, à qui appartiennent l’honneur, la gloire et la puissance dans les siècles des siècles.
Ainsi soit-il.
Donné à Menzingen, le 24 juin 2026, Nativité de saint Jean-Baptiste
Notes
1 Concile de Trente, session IV (8 avril 1546), Décret sur la réception des livres saints et des traditions, DS 1501.
2 Concile de Trente, ibidem ; Concile de Florence, Bulle Exsultate Deo (22 novembre 1439), Décret pour les Arméniens, DS 1328 ; Réponse de la Commission biblique (24 juin 1914), DS 3591.
3 Pie IX, Lettre apostolique Tuas libenter (21 décembre 1863), DS 2879 ; Concile Vatican I (1870), Constitution dogmatique Dei Filius, chapitre III, DS 3011.
4 Réponse de la Commission biblique (29 mai 1907), DS 3398.
5 Décret du Saint-Office (5 juin 1918), DS 3645-3647 ; Réponse du Saint-Office à l’archevêque de Cambrai (19 août 1889), DS 3258 ; Réponse du Saint-Office à un évêque du Brésil (5 août 1896), DS 3312 ; Décret Provida sapientique cura (18 janvier 1906), DS 3388 ; Réponse de la Sacrée Pénitencerie (3 juin 1916), DS 3640.
6 Encycliques Qui pluribus (9 novembre 1846) et Quanta cura (8 décembre 1864) avec le Syllabus.
7 Encycliques Immortale Dei (1er novembre 1885), Libertas (20 juin 1888), Sapientiae christianae (10 janvier
1890) et Au milieu des sollicitudes (16 février 1892).
8 Encyclique Pascendi (8 septembre 1907) et Décret Lamentabili (3 juillet 1907) ; Encyclique Vehementer nos
(11 février 1906) et Lettre apostolique aux évêques de France Notre charge apostolique (25 août 1910).
9 Encycliques Quas primas (11 décembre 1925) et Mortalium animos (6 janvier 1928).
10 Encycliques Orientales omnes ecclesias (23 décembre 1945) et Humani generis (12 août 1950) ; Allocution
aux juristes catholiques (6 décembre 1953).
11 Concile d’Orange II (529), canon 7, DS 377 ; canon 17, DS 387 et canon 25, DS 395 ; saint Pie V, Bulle Exomnibus afflictionibus (1er octobre 1567), DS 1921, 1934 et 1961 ; Clément XI, Bulle Unigenitus (8 septembre
1713), DS 2444 ; Pie IX, Bref Gravissimas inter (11 décembre 1862), DS 2854 ; Pie XII, Encyclique Humani generis (12 août 1950).
12 Hébreux I ; Concile Vatican I (1870), Constitution dogmatique Dei Filius, chapitre II, DS 3005 et canon 3, DS 3028.
13 Concile Vatican I (1870), Constitution dogmatique Dei Filius, chapitre II, DS 3005 et canon 3, DS 3028 ; chapitre IV, DS 3020 et canon 3, DS 3043 ; saint Pie X, Décret Lamentabili (3 juillet 1907), proposition condamnée n° 59, DS 3459.
14 Concile Vatican I (1870), Constitution dogmatique Dei Filius, chapitre IV, DS 3020 et canon 3, DS 3043 ; saint Pie X, Décret Lamentabili (3 juillet 1907), propositions condamnées n° 20 et n° 22, DS 3420 et 3422.
15 Concile Vatican I (1870), Constitution dogmatique Dei Filius, chapitre IV, DS 3020 et canon 3, DS 3043 ; saint Pie X, Décret Lamentabili (3 juillet 1907), proposition condamnée n° 21, DS 3421.
16 Saint Pie X, Encyclique Pascendi (8 septembre 1907) et Décret Lamentabili (3 juillet 1907), avec lespropositions condamnées n° 22, 25 et 26, DS 3422, 3425 et 3426 ; saint Pie X, Motu proprio Sacrorum antistitum (1er septembre 1910).
17 Voir les références indiquées dans la note précédente.
18 Concile de Trente, session IV (8 avril 1546), Décret sur la réception des livres saints et des traditions, DS 1501.
19 Saint Irénée, Contre les hérésies, livre IV, chapitre XXVI [43], §1 dans Migne grec, t. VII, col. 1052 ; Tertullien, Des prescriptions, chapitres XIX-XXI dans Migne latin, t. II, col. 31-33 ; saint Robert Bellarmin, De la Parole de Dieu, livre IV, chapitre V.
20 Concile de Florence, Bulle Cantate Domino (4 février 1442), DS 1334-1335 ; Concile de Trente, session IV (8 avril 1546), Décret sur la réception des livres saints et des traditions, DS 1501-1504 ; Concile Vatican I (1870), Constitution dogmatique Dei Filius, chapitre II, DS 3006 et canon 4, DS 3029.
21 Léon XIII, Encyclique Providentissimus Deus (18 novembre 1893) ; Benoît XV, Encyclique Spiritus Paraclitus (15 septembre 1920) ; Pie XII, Encycliques Divino afflante Spiritu (30 septembre 1943) et Humani generis (12 août 1950).
22 Concile de Trente, session IV (8 avril 1546), Décret sur la réception des livres saints et des traditions, DS 1501.
23 Pie XII, Encyclique Humani generis (12 août 1950).
24 Concile Vatican I (1870), Constitution dogmatique Dei Filius, chapitre IV, DS 3020 et canon 3, DS 3043 ; Pie IX, dans la Bulle Ineffabilis Deus (8 décembre 1854), qui proclame le dogme de l’Immaculée Conception, le manifeste fort bien : "Toujours attentive à garder et à défendre les dogmes dont elle a reçu le dépôt, l’Église de Jésus-Christ n’y change jamais rien, n’en retranche jamais rien, n’y ajoute jamais rien ; mais portant un regard fidèle, discret et sage sur les enseignements anciens, elle recueille tout ce que l’antiquité y a mis, tout ce que la foi des Pères y a semé. Elle s’applique à le polir, à en perfectionner la formule de manière que ces anciens dogmes de la céleste doctrine reçoivent l’évidence, la lumière, la distinction, tout en gardant leur plénitude, leur intégrité, leur caractère propre, en un mot, de façon qu’ils se développent sans changer de nature, et qu’ils demeurent toujours dans la même vérité, dans le même sens, dans la même pensée".
25 Saint Vincent de Lérins, Commonitorium, cité par le Concile Vatican I (1870), Constitution dogmatique Dei Filius, chapitre IV, DS 3020.
26 Concile Vatican I (1870), Constitution dogmatique Dei Filius, chapitre I, DS 3001-3003.
27 Concile Vatican I (1870), Constitution dogmatique Dei Filius, chapitre I, DS 3004 et chapitre II, canon 1, DS 3026 ; saint Pie X, Motu proprio Sacrorum antistitum (1er septembre 1910), DS 3538 ; Pie XII, Encyclique Humani generis (12 août 1950).
28 Concile de Latran IV (1215), chapitre Firmiter, DS 800 et 804-806 ; Concile de Lyon II (1274), DS 850 ; Concile de Florence, Bulle Laetentur caeli (6 juillet 1439), DS 1301-1302 ; Bulle Cantate Domino (4 février 1442), DS 1330-1332.
29 Concile Vatican I (1870), Constitution dogmatique Dei Filius, chapitre I, DS 3002 et canons 4 et 5, DS 3024-3025.
30 Voir les références indiquées dans la note 11. Dans l’Encyclique Humani generis (12 août 1950), Pie XII dénonce l’audace de ceux qui « corrompent la véritable “gratuité” de l’ordre surnaturel, lorsqu’ils prétendent que Dieu ne peut créer des êtres doués d’intelligence sans les ordonner ni les appeler à la vision béatifique » (DS 3891).
31 Saint Pie V, Bulle Ex omnibus afflictionibus (1er octobre 1567) ; Clément XI, Bulle Unigenitus (8 septembre
1713) ; Pie XI, dans l’Encyclique Divini illius Magistri (31 décembre 1929), DS 3689, dit : "L’ordre surnaturel, sur lequel reposent les droits de l’Église, est si loin de détruire ou d’affaiblir l’ordre naturel, auquel appartiennent les autres droits que nous avons rappelés, qu’au contraire il l’élève et le perfectionne. Chacun de ces deux ordres apporte à l’autre une aide et comme un complément, d’une manière conforme à la nature et à la dignité propres de chacun, puisque tous deux procèdent de Dieu, qui ne peut se contredire lui-même".
32 Collecte de la messe du jeudi après le premier dimanche de la Passion dans le Missel romain de 1962 : "… afin que la dignité de la condition humaine, blessée par l’intempérance, soit restaurée par l’application d’une sage abstinence" ; oraison de l’offertoire de la messe dans le Missel romain de 1962 : "Ô Dieu, qui avez créé la nature humaine d’une manière admirable et qui l’avez restaurée d’une manière plus admirable encore…" ; Concile d’Orange II (529), canon 2, DS 372.
33 Saint Pie V, Bulle Ex omnibus afflictionibus (1er octobre 1567), propositions condamnées n° 24 et 26, DS 1924 et 1926 ; Pie VI, Constitution dogmatique Auctorem fidei (28 août 1794), proposition condamnée n° 17, DS 2617.
34 Concile d’Orange II (529), canon 2, DS 372 ; Concile de Trente, session V (17 juin 1546), Décret sur le péché originel, canon 1, DS 1511 et session VI (13 janvier 1547), Décret sur la justification, DS 1521.
35 Thèses souscrites par Louis Bautain le 8 septembre 1840, 6e thèse, DS 2757 ; Pie IX, Encyclique Qui pluribus (9 novembre 1846), DS 2775.
36 Léon X, Bulle Exsurge Domine (15 juin 1520), proposition condamnée de Luther n° 16, DS 1486 ; saint Pie V, Bulle Ex omnibus afflictionibus (1er octobre 1567), propositions condamnées n° 27, DS 1927 et n° 65, DS 1965 ; Clément XI, Bulle Unigenitus (8 septembre 1713), propositions condamnées n° 1, DS 2401, n° 38, DS 2438 et n° 64, DS 2464 ; Pie VI, Constitution dogmatique Auctorem fidei (28 août 1794), proposition condamnée n° 23, DS 2623.
37 Symbole de saint Athanase, DS 76 ; Concile de Florence, Bulle Cantate Domino (4 février 1442), DS 1347.
38 Concile de Carthage (418), canons 7 et 8, DS 229-230 ; Concile de Trente, session VI (13 janvier 1547), Décret sur la justification, DS 1536 et canon 23, DS 1573.
39 Concile de Carthage (418), canon 5, DS 227 ; Concile d’Orange II (529), canon 8, DS 378, canon 13, DS 383 et canon 21, DS 391 ; Concile de Trente, session VI (13 janvier 1547), Décret sur la justification, canon 1, DS 1551.
40 Décret de la Commission biblique (30 juin 1909), DS 3514.
41 Concile de Chalcédoine (451) ; Concile de Constantinople II (553) ; Profession de foi de saint Léon IX, dans la Lettre Congratulamur vehementer à Pierre, patriarche d’Antioche (13 avril 1053), DS 681.
42 Concile de Florence, Bulle Cantate Domino (4 février 1442), DS 1347 ; Concile de Trente, session VI (13 janvier 1547), Décret sur la justification, canon 21, DS 1571.
43 Symbole des Apôtres ; Symbole de Nicée-Constantinople ; Profession de foi de saint Léon IX, dans la Lettre Congratulamur vehementer à Pierre, patriarche d’Antioche (13 avril 1053).
44 Concile de Lyon II (1274), DS 852 ; Concile de Trente, session VI (13 janvier 1547), Décret sur la justification, DS 1522-1524.
45 Symbole de saint Athanase ; Symbole de Nicée-Constantinople ; Profession de foi du Concile de Trente dans la Bulle Inunctum nobis du pape Pie IV (13 novembre 1564), DS 1862 ; saint Pie X, Décret Lamentabili (3 juillet 1907), propositions condamnées n° 36, DS 3436 et Encyclique Pascendi (8 septembre 1907), DS 3485.
46 Symbole de Nicée-Constantinople ; Profession de foi de saint Léon IX, dans la Lettre Congratulamur vehementer à Pierre, patriarche d’Antioche (13 avril 1053).
47 Concile de Valence (855), DS 630 ; Concile de Trente, session VI (13 janvier 1547), Décret sur la justification, canon 6, DS 1556.
48 Pie XI, Encyclique Quas primas (11 décembre 1925).
49 Concile d’Éphèse (431) ; Pie XII, Encyclique Ad caeli reginam (11 octobre 1954).
50 Pie IX, Bulle Ineffabilis Deus (8 décembre 1854).
51 Concile du Latran (649), DS 503.
52 Saint Irénée, Demonstratio apostolicae praedicationis, n° 33 ; Léon XIII, Encyclique Jucunda semper (8 septembre 1894) ; Encyclique Adjutricem populi (5 septembre 1895) ; saint Pie X, Encyclique Ad diem illum (2 février 1904) ; Benoît XV, Lettre apostolique Inter sodalicia (22 mars 1918) ; Pie XI, Lettre apostolique Explorata res (2 février 1923) ; Pie XII, Encyclique Ad caeli reginam (11 octobre 1954).
53 Léon XIII, dans l’Encyclique Adjutricem populi (5 septembre 1895), ASS, t. XXVIII, p. 150, appelle Marie "la coopératrice dans l’accomplissement du mystère de la rédemption du genre humain, et la réparatrice du monde entier" ; saint Pie X, Encyclique Ad diem illum (2 février 1904), ASS, t. XXXVI, p. 454 : "Elle a mérité très dignement de devenir la réparatrice du monde perdu" ; Benoît XV, Lettre apostolique Inter sodalicia (22 mars 1918), AAS, t. X, p. 182 : "On peut dire à juste titre qu’elle a, avec le Christ, racheté le genre humain" ; Pie XI, Lettre apostolique Explorata res (2 février 1923), AAS, t. XV, p. 104 : "La Vierge douloureuse a participé avec le Christ à l’œuvre de la Rédemption" ; Pie XII, Encyclique Ad caeli reginam (11 octobre 1954), AAS, t. XLVI, p. 634 : "Or, dans l’accomplissement de cette œuvre de la Rédemption, la Bienheureuse Vierge Marie fut certainement associée au Christ de la manière la plus intime".
54 Pie XII, Constitution dogmatique Munificentissimus Deus (1er novembre 1950) et Encyclique Ad caeli reginam (11 octobre 1954).
55 Pie XII, Encyclique Fulgens corona (8 septembre 1953) : "C’est donc sans fondement que nombre de non catholiques et de novateurs accusent ou critiquent notre dévotion envers la Vierge, Mère de Dieu, comme si nous retranchions quelque chose au culte qui n’est dû qu’à Dieu et à Jésus-Christ. Tout au contraire, tout honneur et toute vénération accordés à notre Mère céleste viennent sans nul doute rehausser la gloire de son divin Fils".
56 Concile Vatican I (1870), Constitution dogmatique Pastor aeternus.
57 Symbole des Apôtres ; Concile de Constantinople I (381), DS 150 ; Profession de foi du pape Léon IX dans la Lettre Congratulamur vehementer à Pierre, patriarche d’Antioche (13 avril 1053), DS 684 ; Profession de foi d’Innocent II imposée aux hérétiques Vaudois par la Lettre Ejus exemplo à l’archevêque de Tarragone (18 décembre 1208), DS 792 ; Profession de foi de l’empereur Michel Paléologue imposée par le pape Grégoire X lors du Concile de Lyon II, session IV (6 juillet 1274), DS 854 ; Bulle Unam sanctam du pape Boniface VIII (18 novembre 1302, DS 870) ; Concile de Trente, session III (4 février 1546), Décret De Symbolo fidei, DS 1500 ; Profession de foi du même Concile, dans la Bulle Inunctum nobis du pape Pie IV (13 novembre 1564), DS 1862.
58 Boniface VIII, Bulle Unam sanctam (18 novembre 1302).
59 Léon XIII, Encyclique Depuis le jour aux archevêques, évêques et au clergé de France (8 septembre 1899) ; saint Pie X, Encyclique Edita saepe (26 mai 1910) ; Pie XII, Encyclique Mystici corporis (29 juin 1943).
60 Pie XII, Encyclique Mystici corporis (29 juin 1943).
61 Concile de Florence, Bulle Cantate Domino (4 février 1442), DS 1351 : "[La très sainte Église romaine] croit fermement, professe et prêche qu’aucun de ceux qui se trouvent hors de l’Église catholique, non seulement les païens, mais encore les Juifs, les hérétiques et les schismatiques, ne peuvent avoir part à la vie éternelle ; mais qu’ils iront au feu éternel “préparé pour le diable et ses anges” (Mt 25, 41), à moins qu’avant la fin de leur vie ils ne soient agrégés à cette même Église. Elle croit en outre que l’unité du corps ecclésiastique a une telle valeur que seuls ceux qui demeurent en son sein retirent un fruit salutaire des sacrements de l’Église, et que seuls les jeûnes, les aumônes, les autres œuvres de piété et les exercices de la milice chrétienne leur procurent une récompense éternelle. Enfin, “personne, quelles que soient les aumônes qu’il aura faites, quand même il aurait répandu son sang pour le nom du Christ, ne peut être sauvé s’il ne demeure dans le sein et dans l’unité de l’Église catholique”"; Lettre du Saint-Office à l’archevêque de Boston (8 août 1949), DS 3867-3868, où il est dit : "Car le Sauveur n’a pas seulement ordonné que toutes les nations entrent dans l’Église ; il a aussi établi l’Église comme moyen de salut, sans lequel nul ne peut entrer dans le royaume de la gloire céleste".
62 Pie XII, Encyclique Mystici corporis (29 juin 1943) ; Lettre du Saint-Office à l’archevêque de Boston (8 août 1949) ; Décret du Saint-Office excommuniant le Père Léonard Feeney (13 février 1953). Dans la Lettre à l’archevêque de Boston, il est dit (DS 3869) : "Dans son infinie miséricorde, Dieu a voulu que les secours du salut qui sont ordonnés à la fin ultime par la seule institution divine et non par une nécessité intrinsèque, puissent, dans certaines circonstances, produire les effets nécessaires au salut même lorsqu’ils ne sont reçus que par le vœu ou le désir" et (DS 3870) : "Il faut dire la même chose, d’une certaine manière, de l’Église, en tant qu’elle est elle même le moyen général du salut. En effet, pour obtenir le salut éternel, il n’est pas toujours requis qu’un homme soit incorporé réellement à l’Église comme membre ; mais il est au moins nécessaire qu’il lui soit uni par le vœu et le désir. Toutefois, ce vœu n’a pas toujours besoin d’être explicite, comme chez les catéchumènes ; lorsque quelqu’un se trouve dans une ignorance invincible, Dieu accepte également un vœu implicite, ainsi appelé parce qu’il est contenu dans cette bonne disposition de l’âme par laquelle l’homme veut conformer sa volonté à la volonté de Dieu".
63 Pie XI, Encyclique Mortalium animos (6 janvier 1928).
64 Voir la référence au Concile de Florence indiquée dans la note 62 ; Pie IX, Encyclique Quanto conficiamur moerore adressée aux évêques d’Italie, le 10 août 1863, DS 2865-2867.
65 Pie IX, Encyclique Singulari quadam (9 décembre 1854), DS 2808-2810, et proposition condamnée du Syllabus n° 17, DS 2917.
66 Galates III, 16 ; Hébreux VII, 12, VII, 18-19 et VIII, 13 ; Concile de Florence, Bulle Cantate Domino (4 février 1442), DS 1348.
67 Proposition condamnée du Syllabus n° 80, DS 2980.
68 Concile de Nicée I (325) ; Concile de Latran IV (1215) ; Concile de Lyon II (1274) ; Concile de Florence (1439).
69 Léon XIII, Encyclique Divinum illud (9 mai 1897) ; Pie XII, Encyclique Mystici corporis (29 juin 1943).
70 Concile Vatican I (1870), Constitution dogmatique Pastor aeternus, chapitre IV ; Léon XIII, Encyclique Satis cognitum (29 juin 1896).
71 Léon XIII, Encyclique Divinum illud (9 mai 1897).
72 Concile de Lyon II (1274) ; Concile de Florence (1439) ; Constitution dogmatique Pastor aeternus sur l’Église.
73 Concile Vatican I (1870), Constitution dogmatique Pastor aeternus, chapitre III.
74 Ibidem, chapitres I-III.
75 Pie XII, Encyclique Mystici corporis (29 juin 1943) ; Encyclique Ad sinarum gentem (7 octobre 1954) ;
Encyclique Ad apostolorum principis (29 juin 1958).
76 Concile Vatican I (1870), Constitution dogmatique Pastor aeternus, chapitre III.
77 Concile Vatican I (1870), Constitution dogmatique Pastor aeternus, chapitres I-III ; Léon XIII, Encyclique Satis cognitum (29 juin 1896) ; Pie XI, Encyclique Ecclesiam Dei (12 novembre 1923) ; Pie XII, Encyclique Mystici corporis (29 juin 1943) ; Allocution (2 octobre 1945).
78 Pie VI, Lettre Post factum à l’archevêque de Trèves (2 février 1782), dans Les Enseignements pontificaux (Solesmes), L’Église, tome I, § 19 ; le Concile Vatican I (1870), dans la Constitution dogmatique Pastor aeternus, au chapitre I, dit précisément que saint Pierre est l’unique sujet du Primat : "À cette doctrine si manifeste des Saintes Écritures, telle qu’elle a toujours été comprise par l’Église catholique, s’opposent ouvertement les opinions erronées de ceux qui, pervertissant la forme de gouvernement établie par le Christ Seigneur dans son Église, nient que Pierre seul, à l’exclusion des autres Apôtres, pris soit individuellement, soit tous ensemble, ait été investi par le Christ d’un véritable et propre primat de juridiction" (DS 3054). Et plus haut il est déjà dit : "À Simon Pierre seul, Jésus conféra, après sa résurrection, la juridiction du souverain pasteur et chef sur tout son troupeau" (DS 3053).
79 Saint Pie X, Décret Lamentabili, proposition condamnée n° 6, DS 3406.
80 Concile Vatican I (1870), Constitution dogmatique Pastor aeternus, chapitre IV ; saint Pie X, Motu proprio Sacrorum antistitum (1er septembre 1910) ; Pie XII, Encyclique Humani generis (12 août 1950).
81 Concile Vatican I (1870), Constitution dogmatique Pastor aeternus, chapitre IV.
82 Concile Vatican I (1870), Constitution dogmatique Dei Filius, chapitre IV, DS 3020 et canon 3, DS 3043.
83 Voir les références indiquées dans la note précédente ; Pie IX, proposition condamnée du Syllabus n° 5, DS 2905 ; saint Pie X, Décret Lamentabili, propositions condamnées n° 58 et 59, DS 3458 et 3459.
84 Pie XII, Encyclique Humani generis (12 août 1950).
85 Léon XIII, Encycliques Rerum novarum (15 mai 1891) ; Libertas (20 juin 1888) ; Sapientiae christianae (10 janvier 1890) ; Pie XI, Encycliques Quadragesimo anno (15 mai 1931) ; Casti connubii (31 décembre 1930) ; Pie XII, Encycliques Summi Pontificatus (20 octobre 1939) ; Humani generis (12 août 1950) ; Sacra virginitas (25 mars 1954).
86 Voir les références indiquées dans les notes 11 et 31. Léon XIII, Encyclique Immortale Dei (1er novembre 1885).
87 Pie IX, Allocution Maxima quidem (9 juin 1862) ; Léon XIII, Encyclique Immortale Dei (1er novembre 1885) ; Pie XI, Encyclique Divini illius Magistri (31 décembre 1929), voir l’extrait cité en note 32 ; Pie XII, dans l’Encyclique Summi Pontificatus (20 octobre 1939), AAS, t. XXXI, p. 423, dit : "Cette loi naturelle s’appuie comme sur son fondement sur Dieu […] qui en est aussi le législateur suprême et très parfait, ainsi que le juge très sage et très juste des actions humaines" (DS 3781).
88 Pie IX, propositions condamnées du Syllabus n° 56 et n° 59, DS 2956 et 2959 ; Pie XII, Encyclique Humani generis (12 août 1950), DS 3892-3893 : "La vérité et son expression philosophique ne peuvent changer au gré des jours, surtout lorsqu’il s’agit de principes que connaît naturellement l’intelligence humaine, ou de doctrines qui s’appuient à la fois sur la sagesse des siècles, et sur l’accord et l’appui de la Révélation divine".
89 Pie XI, Encyclique Casti connubii (31 décembre 1930).
90 Dans la Lettre apostolique Notre charge apostolique (25 août 1910), AAS, t. II, p. 619, saint Pie X dit : "Or la doctrine catholique nous enseigne que le premier devoir de la charité n’est pas dans la tolérance des convictions erronées, quelque sincères qu’elles soient ; ni dans l’indifférence, théorique ou pratique, pour l’erreur ou le vice où nous voyons plongés nos frères ; mais dans le zèle pour leur amélioration intellectuelle et morale, non moins que pour leur bien-être matériel" ; et p. 639 : "Certes, Jésus nous a aimés d’un amour immense, infini, et il est venu sur terre souffrir et mourir pour que, réunis autour de lui dans la justice et l’amour, animés des mêmes sentiments de charité mutuelle, tous les hommes vivent dans la paix et le bonheur. Mais, à la réalisation de ce bonheur temporel et éternel, il a mis, avec une souveraine autorité, la condition que l’on fasse partie de son troupeau, que l’on accepte sa doctrine, que l’on pratique la vertu et qu’on se laisse enseigner et guider par Pierre et ses successeurs. Puis, si Jésus a été bon pour les égarés et les pécheurs, il n’a pas respecté leurs convictions erronées, quelque sincères qu’elles parussent".
91 Léon XIII, dans l’Encyclique Immortale Dei (1er novembre 1885), AAS, t. XVIII, p. 163-164, dit : "De même qu’il n’est permis à personne de négliger ses devoirs envers Dieu, et que le plus grand de tous les devoirs est d’embrasser d’esprit et de cœur la religion, non pas celle que chacun préfère, mais celle que Dieu a prescrite et que des preuves certaines et indubitables établissent comme la seule vraie entre toutes, ainsi les sociétés politiques ne peuvent sans crime se conduire comme si Dieu n’existait en aucune manière, ou se passer de la religion comme étrangère et inutile, ou en admettre une indifféremment selon leur bon plaisir".
92 Voir Léon XIII cité dans la note précédente, et Pie XI, Encyclique Quas primas (11 décembre 1925).
93 Pie IX, Encyclique Quanta cura (8 décembre 1864), avec les propositions condamnées du Syllabus n° 77-80,
DS 2977-2980 ; Léon XIII, Encyclique Libertas (20 juin 1888).
94 Voir les références indiquées dans la note précédente, ainsi que celles indiquées dans les notes du paragraphe 3.
95 Saint Pie X, dans l’Encyclique Singulari quadam (24 septembre 1912), AAS, t. IV, p. 658, dit : "Nous déclarons donc en premier lieu qu’il est du devoir de tous les catholiques – devoir qui doit être observé saintement et inviolablement dans la conduite de la vie, aussi bien privée que sociale et publique – de tenir fermement et de professer sans timidité les principes de la vérité chrétienne transmis par le Magistère de l’Église catholique, particulièrement ceux que notre prédécesseur a exposés avec tant de sagesse dans l’Encyclique Rerum novarum. […] Il faut en effet reconnaître que, quoi que fasse le chrétien, même dans l’ordre des réalités terrestres, il ne lui est pas permis de négliger les biens surnaturels ; bien plus, il doit, selon les enseignements de la sagesse chrétienne, tout ordonner au souverain Bien comme à sa fin ultime. Quant à toutes ses actions, en tant qu’elles sont moralement bonnes ou mauvaises, c’est-à-dire conformes ou contraires à la loi naturelle et divine, elles sont soumises au jugement et à la juridiction de l’Église".
96 Saint Pie X, Encyclique Singulari quadam (24 septembre 1912) ; saint Pie X, dans la Lettre apostolique Notre charge apostolique (25 août 1910), AAS, t. II, p. 612, dit que "l’on n’édifiera pas la société si l’Église n’en jette les bases et ne dirige les travaux".
97 Pie IX, Encyclique Quanta cura (8 décembre 1864) ; saint Pie X, Encyclique Vehementer nos (11 février 1906).
98 Voir les références indiquées dans les notes du paragraphe 3, spécialement Pie IX dans Quanta cura et Léon XIII dans Immortale Dei.
99 Léon XIII, Encyclique Libertas (20 juin 1888).
100 Pie IX, Allocution Maxima quidem (9 juin 1862) : "Ils n’hésitent pas à substituer au droit véritable et légitime les droits faux et mensongers de la force, et à soumettre l’ordre moral à l’ordre des réalités matérielles..." ; Pie IX, Encyclique Quanta cura (8 décembre 1864) ; Pie XII, Allocution (13 septembre 1952), AAS, t. XLIV, p. 779-789 ; Allocution (30 septembre 1954), AAS, t. XLVI, p. 587-598.
101 Saint Pie X, Lettre apostolique Notre charge apostolique (25 août 1910) ; Pie XI, Encyclique Mortalium animos (6 janvier 1928).
102 Saint Pie X, Encyclique Pascendi (8 septembre 1907) ; Lettre apostolique Notre charge apostolique (25 août 1910).
103 Léon XIII, Encycliques Immortale Dei (1er novembre 1885) et Sapientiae christianae (10 janvier 1890).
104 Saint Pie X, Encyclique E supremi apostolatus (4 octobre 1903) ; Pie XI, Encyclique Quas primas (11 décembre 1925).
105 Concile de Florence, Bulle Exsultate Deo (22 novembre 1439), DS 1310-1327 ; Concile de Trente, session VII (7 mars 1547), DS 1600-1613.
106 Concile de Florence, Bulle Exsultate Deo (22 novembre 1439), DS 1312 ; Concile de Trente, session VII (7 mars 1547), DS 1611 et 1613.
107 Concile de Florence, Bulle Exsultate Deo (22 novembre 1439), DS 1316 ; Concile de Trente, session VII (7 mars 1547), DS 1614-1627.
108 Concile de Trente, session VII (7 mars 1547), DS 1625.
109 Voir les références indiquées dans la note 63.
110 Concile de Trente, session VII (7 mars 1547), DS 1628-1630.
111 Concile de Florence, Bulle Exsultate Deo (22 novembre 1439), DS 1323-1325 ; Concile de Trente, session XIV (25 novembre 1551), Décret sur le sacrement de pénitence, DS 1667-1693 et 1701-1715.
112 Concile de Florence, Bulle Exsultate Deo (22 novembre 1439), DS 1324-1325 ; Concile de Trente, session XIV (25 novembre 1551), Décret sur le sacrement de l’extrême-onction, DS 1694-1700 et 1716-1719.
113 Concile de Florence, Bulle Exsultate Deo (22 novembre 1439), DS 1327 ; Concile de Trente, session XXIV (11 novembre 1563), Doctrine du sacrement de mariage, DS 1797-1812.
114 Léon XIII, Encyclique Arcanum divinae (10 février 1880) ; Pie XI, Encyclique Casti connubii (31 décembre 1930).
115 Concile de Florence, Bulle Exsultate Deo (22 novembre 1439), DS 1326 ; Concile de Trente, session XXIII (15 juillet 1563), Doctrine du sacrement de l’ordre, DS 1763-1778 ; Pie XII, Constitution apostolique Sacramentum ordinis (30 novembre 1947).
116 Concile de Trente, session XIII (11 octobre 1551), Décret sur la sainte eucharistie, DS 1635-1661 ; session XXI (16 juillet 1562), Doctrine sur la communion sous les deux espèces, DS 1725-1734 ; session XXII (17 septembre 1562), Doctrine du très saint sacrifice de la messe, DS 1738-1759 ; Pie XII, Encyclique Mediator Dei (20 novembre 1947) et Discours Magnificate Dominum mecum (2 novembre 1954).
117 Voir le Bref examen critique du Novus Ordo Missae présenté le 3 septembre 1969 au pape Paul VI par les cardinaux Ottaviani et Bacci.
118 Voir les références indiquées dans les notes 11, 30 et 31.
119 Concile de Trente, session VI (13 janvier 1547), Décret sur la justification, DS 1520-1583.
120 Léon XIII, Encyclique Sapientiae christianae (10 janvier 1890) ; Lettre apostolique Testem benevolentiae (22 janvier 1899) ; saint Pie X, Encyclique Edita saepe (26 mai 1910) ; Pie XI, Encyclique Ubi arcano (23 décembre 1922) ; Pie XII, Encyclique Sacra virginitas (25 mars 1954).
121 Voir les références indiquées dans la note précédente.
122 Romains VI, 23 ; Hébreux X, 34 et XIII, 14 ; Léon XIII, Encyclique Quod apostolici muneris (28 décembre 1878).
123 Concile de Lyon II (1274), Profession de foi de Michel Paléologue, DS 856 ; Benoît XII, Constitution dogmatique Benedictus Deus (29 janvier 1336), DS 1000 ; Concile de Florence, Bulle Laetentur caeli (6 juillet 1439), DS 1304 ; Concile de Trente, session VI (13 janvier 1547), Décret sur la justification, chapitre VI, DS 1545.
124 I Thessaloniciens IV, 16-17 ; Matthieu XXV ; Symbole de Nicée-Constantinople ; Concile de Florence, Bulle Laetentur caeli (6 juillet 1439), DS 1304.
125 Concile de Lyon II (1274), Profession de foi de Michel Paléologue, DS 856 ; Concile de Latran IV (1215), DS 801 ; Benoît XII, Constitution dogmatique Benedictus Deus (29 janvier 1336), DS 1002 ; Concile de Florence, Bulle Laetentur caeli (6 juillet 1439), DS 1304 ; Pie VI, Constitution dogmatique Auctorem fidei (28 août 1794), proposition condamnée n° 25, DS 2625.
126 Concile de Trente, session VI (13 janvier 1547), Décret sur la justification, canon 30, DS 1580.
127 Concile de Lyon II (1274), Profession de foi de Michel Paléologue, DS 856 ; Benoît XII, Constitution dogmatique Benedictus Deus (29 janvier 1336), DS 1000-1001
-----------------------------
Add. 27 juin 2026
Écrivant ce matin dans Il Giornale, @nicospuntoni rapporte que — le premier jour du consistoire des cardinaux — l'ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le Cardinal Müller, a exhorté le Saint-Siège à émettre une réponse formelle à la Profession de foi de la FSSPX et à rétablir la Commission pontificale Ecclesia Dei. Cf. Diane Montagna sur X / NicoSpuntoni sur X
/image%2F1400167%2F20260627%2Fob_78885d_cardinal-mueller-bouleverse-le-consist.png)
Le cardinal Gerhard Ludwig Müller a exhorté le Saint-Siège à publier une réponse officielle au dernier défi lancé à Rome par la Fraternité Saint-Pie X et a proposé la création d'une nouvelle structure Ecclesia Dei pour accueillir les membres qui devraient quitter la Fraternité à la suite des consécrations épiscopales prévues le 1er juillet.
L'ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a fait cette proposition le jour de l'ouverture du consistoire extraordinaire des cardinaux qui se tient au Vatican les 26 et 27 juin. Cf. Diane Montagna
Le cardinal a demandé une réponse à FSSPX après les accusations de déviations par rapport à la tradition. [...] "Léon XIV avait demandé aux cardinaux de faire preuve de franchise. Et certains l'ont pris au mot."
[...] Aujourd'hui, grâce au travail accompli à l'époque par la Commission pontificale "Ecclesia Dei", il existe au sein de l'Église, en pleine communion avec Rome, des institutions qui célèbrent l'ancienne liturgie et reconnaissent le concile Vatican II. Ecclesia Dei a été supprimée en 2019 par le pape François.
Des restrictions concernant ces célébrations ont été introduites en 2021 avec Traditionis Custodes, mais aujourd'hui, une position plus tolérante semble prévaloir au sein du Sacré Collège. Ceci s'explique notamment par le fait que, comme l'a révélé Diane Montagna, experte du Vatican, il y a environ un an, la plupart des évêques consultés avant l'introduction de cette mesure s'étaient opposés à ces interdictions.
L'intervention de Müller a été accueillie sans commentaire, mais à la fin de la réunion – d’après ce que nous avons compris – plusieurs cardinaux d’orientations différentes semblaient être d’accord et ont également apprécié la franchise du cardinal, l’un des plus reconnus pour ses études et sa carrière ecclésiastique. IlGiornale
/image%2F1400167%2F20250701%2Fob_420393_christ-roi-de-l-univers-2.jpg)
/image%2F1400167%2F20260625%2Fob_9b7d30_1000011763.jpg)
/image%2F1400167%2F20260626%2Fob_45e4cf_profession-de-foi-catholique-de-la-fra.jpg)
/image%2F1400167%2F20251207%2Fob_296dc6_visitation-sanctification-de-jean-le-b.jpg)
/image%2F1400167%2F20251207%2Fob_0b711c_saint-jean-le-baptiste.jpg)


Selon l'Evangile de saint Matthieu (III, 13-17), Jésus vint voir Jean pour être baptisé. Jean lui dit : "C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi", et Jésus lui répondit : "Laisse faire maintenant, car il est convenable que nous accomplissions ainsi tout ce qui est juste". Jean baptise donc Jésus et au sortir de l'eau tous virent l'Esprit Saint "descendre comme une colombe et venir sur lui", et une voix venue des cieux dit "Tu es mon fils, moi, aujourd'hui, je t'ai engendré" (Luc III, 22; Matthieu III, 17).



/image%2F1400167%2F20260623%2Fob_a1f19b_1000011760.jpg)
/image%2F1400167%2F20260623%2Fob_e00ed5_mgr-athanasius-schneider-christus-vin.jpg)

/image%2F1400167%2F20260622%2Fob_4a8a54_1000011749.jpg)



Silvère succéda au Pape Agapet, l'an 536, à une époque fort difficile, où l'Église était troublée par les intrigues et les hérésies./image%2F1400167%2F20230619%2Fob_2bb10f_saint-romuald-fondateur-de-l-ordre-ca.jpg)



/image%2F1400167%2F20220617%2Fob_d7cc9d_herve.jpg)
/image%2F1400167%2F20260616%2Fob_66d843_1000011716.jpg)
/image%2F1400167%2F20260616%2Fob_721211_1000011715.jpg)
/image%2F1400167%2F20260616%2Fob_043d34_espagne-suite-a-l-echec-de-la-campag.png)


/image%2F1400167%2F20260615%2Fob_c18650_1000011712.jpg)
/image%2F1400167%2F20260615%2Fob_99b929_1000011714.png)
/image%2F1400167%2F20260615%2Fob_8d7eb2_archeveque-de-milan-mario-delpini-ce.jpg)
/image%2F1400167%2F20260615%2Fob_008c46_archeveque-de-milan-celebre-une-mes.png)
/image%2F1400167%2F20260615%2Fob_26f59d_1000011708.jpg)
/image%2F1400167%2F20260618%2Fob_9fcccd_nuit-blanche-a-paris-mgr-rey-l-egl.png)
/image%2F1400167%2F20210614%2Fob_e7b4bf_ingres-sainte-germaine-cousin.jpg)


/image%2F1400167%2F20220613%2Fob_3527a6_elisha-eliseus.jpg)
/image%2F1400167%2F20220613%2Fob_e3b86e_elisha-raises-son-benjaminwest.jpg)
/image%2F1400167%2F20220613%2Fob_ae7c78_800px-tintoretto-jacopo-elisha-mult.jpg)
/image%2F1400167%2F20220613%2Fob_614b6a_800px-giorgio-vasari-001.jpg)
/image%2F1400167%2F20220613%2Fob_5951ec_pieter-fransz-de-grebber-001.jpg)
/image%2F1400167%2F20220613%2Fob_286fd1_800px-heures-d-henri-ii-54v.jpg)
/image%2F1400167%2F20220613%2Fob_ecb2ae_800px-the-miracle-at-the-grave-of-elis.jpg)

/image%2F1400167%2F20220824%2Fob_751b2f_crux-salus-mundi.jpg)
/image%2F1400167%2F20250708%2Fob_215118_saint-antoine-de-padoue-s-patron-des.jpg)

/image%2F1400167%2F20250821%2Fob_cf09a6_1000009169.jpg)



/image%2F1400167%2F20251005%2Fob_733288_saint-antoine-miracle-de-la-mule.jpg)
/image%2F1400167%2F20250821%2Fob_88eab3_1000009170.jpg)


/image%2F1400167%2F20220825%2Fob_b95aa1_bref-de-saint-antoine-de-padoue.jpg)



/image%2F1400167%2F20230308%2Fob_3dcfc8_saint-antoine-the-vision-of-st-anthony.jpg)
/image%2F1400167%2F20260613%2Fob_e4217e_cardinal-mueller-un-schisme-se-profile.png)
/image%2F1400167%2F20260612%2Fob_a17d66_1000011678.jpg)
/image%2F1400167%2F20260612%2Fob_c8d2d2_1000011677.jpg)
/image%2F1400167%2F20260611%2Fob_2e7fd9_archeveque-guido-pozzo-s-exprime-sur.png)

