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19 avril 2026 7 19 /04 /avril /2026 00:00
Sainte Emma de Sangau, Hemma ou Gemma, Veuve à Gürk († 1045)

D'origine autrichienne, sa mère était, parait-il, une femme insupportable. Son père ne vint jamais à bout de cette mégère et il reporta toute son affection sur sa fille qui avait toutes les vertus. Il lui fit épouser un mari charmant, le comte Ludger, dont elle eut deux fils. L'un d'entre eux, saint Meinwerk, devint évêque de Paderborn.

Veuve, elle consacra toute sa grande fortune à des œuvres charitables et passa les quarante dernières années de sa vie à secourir les malheureux, à construire des monastères dont celui de Gurk en Autricheet des églises dont l'abbaye de Saint Ludger en Westphalie, lui donnant le nom de son inoubliable époux.

Elle meurt à Brême le 19 avril 1045. Quelques années plus tard, on décide d'ouvrir son tombeau pour s'apercevoir que son corps est redevenu poussière, excepté sa main droite avec laquelle elle avait fait la charité toute sa vie.

Elle sera canonisée 800 ans après sa mort et sa tombe deviendra alors un lieu de pèlerinage.

Elle ne doit pas être confondue avec une autre veuve du nom d’Emma, parente de l’empereur saint Henri, fêtée le 29 juin, et qui vécut à la même époque en Autriche.

"Emma" vient du mot hébreu "Immanouel" ou "imanu-el" qui signifie "Dieu avec nous". Étonnamment, on lui connait également des racines germaniques, "ermin" signifiant alors "toute puissance" ou encore "maison".

Sainte Emma, intercédez pour notre monde fou qui se construit sans Dieu. Que les hommes de ce temps soit touchés au cœur par l’amour sans borne de Celui qui les crée à chaque instant.

Sources: 12; 34; 5

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18 avril 2026 6 18 /04 /avril /2026 06:39

Le 7 avril, Donald Trump a publiquement menacé l'Iran d'anéantissement, plongeant pratiquement toute l'humanité pendant quelques heures dans un état d'appréhension compréhensible:  "Une civilisation entière va mourir ce soir", avait-il écrit sur Truth Social. Le même jour, le pape Léon XIV, s'exprimant depuis Castel Gandolfo, a qualifié la menace d'"inacceptable" et a invité "toutes les personnes de bonne volonté à rejeter la guerre et à œuvrer pour la paix". Le 12 avril, Trump publia un message virulent contre le pape, l'accusant d'ingérence politique et de prendre des positions nuisibles à l'Église. "Le pape Léon est laxiste face à la criminalité et catastrophique en matière de politique étrangère", écrivit-il... "Je ne veux pas d'un pape qui critique le président des États-Unis, car je fais exactement ce pour quoi j'ai été élu, avec une victoire écrasante."

 

Le vice-président JD Vance a exhorté le Vatican à « s'en tenir aux questions de morale » face aux inquiétudes du pape Léon XIV concernant la guerre en Iran. Les théologiens catholiques affirment que la guerre et d'autres politiques publiques relèvent de "questions de morale". Cf. https://www.ewtnnews.com/world/us/catholic-theologians-comment-vance-pope-leo-xiv

Le vice-président JD Vance a exhorté le Vatican à « s'en tenir aux questions de morale » face aux inquiétudes du pape Léon XIV concernant la guerre en Iran. Les théologiens catholiques affirment que la guerre et d'autres politiques publiques relèvent de "questions de morale". Cf. https://www.ewtnnews.com/world/us/catholic-theologians-comment-vance-pope-leo-xiv

Trump incarne une forme de conservatisme politique qui se présente comme une défense de l'ordre, mais qui tend à vider l'action politique de sa dimension morale objective, la subordonnant à la volonté et aux intérêts stratégiques de la nation.[1]

 

Ce qui émeut le plus de nombreux fidèles, c’est que Léon XIV n’a pas reculé. Malgré les attaques qui pleuvent, le pape continue de dénoncer la guerre, l’abus de pouvoir et l’utilisation de la religion comme prétexte pour justifier la violence. En d’autres termes, alors que la politique lui demande de se taire, des secteurs chrétiens, à l’intérieur comme à l’extérieur du catholicisme, voient grandir l’idée que c’est précisément maintenant qu’il doit parler plus fort. Et c’est là le point qui pèse le plus : pour de nombreux croyants, défendre le pape en ce moment, ce n’est pas seulement défendre une personne, mais une voix qui se dresse face à la logique de la guerre.[2]

 

En réalité, la réponse de Vance se rapproche de la position historiquement qualifiée – et ce n’est pas un hasard – d’américanisme [3], une erreur explicitement et infailliblement condamnée par le pape Léon XIII, notamment dans la lettre apostolique Testem Benevolentiae Nostrae (1899). Cette erreur doctrinale maintient une séparation fonctionnelle entre l'Église et l'État, l'Église se limitant à énoncer des principes moraux généraux, sans se prononcer sur leur application concrète dans la vie politique. Dans ce cadre, l'État revendique une compétence autonome pour déterminer comment ces principes doivent être mis en œuvre dans la pratique. Cette conception fut condamnée par Léon XIII, qui insistait sur le fait que la vérité morale – enracinée dans la loi divine – conserve une force contraignante non seulement en théorie, mais aussi dans son application aux réalités politiques concrètes. La réduction de l’autorité ecclésiastique à un simple rôle consultatif sur les valeurs morales, sans droit d’intervenir dans les politiques spécifiques, reflète une généalogie philosophique liée, non par hasard, aux Lumières et, historiquement, aux conceptions maçonniques de l’ordre politique. La doctrine catholique traditionnelle, au contraire, affirme une distinction réelle entre l'Église et le pouvoir civil, tout en maintenant leur unité ordonnée : le pouvoir politique émane également de Dieu, mais sa légitimité doit être reconnue par l'Église et non exercée indépendamment d'elle. Sur cette base, les questions morales telles que la guerre — qui touchent directement à la justice, à la vie et au bien commun — relèvent de la compétence morale du Pontife romain.

En réponse aux propos de Donald Trump et de JD Vance au sujet du Pape, les théologiens catholiques affirment que la guerre et d’autres politiques publiques relèvent de "questions de morale". [4]

 

Joseph Capizzi, doyen et professeur titulaire de théologie morale et d'éthique à l'Université catholique d'Amérique, a déclaré à EWTN News que Vance avait "tout simplement tort" de tracer une ligne entre les questions de moralité et les questions de politique publique.

 

"L’appel lancé aux évêques, aux papes et aux prêtres à 's’en tenir à la morale et à éviter la politique' est ancien et, à juste titre, rejeté par tous les catholiques, laïcs ou non", a-t-il déclaré.

 

"C’est sur cet argument que beaucoup se sont appuyés par le passé pour tenter de faire taire les catholiques sur l’immigration, l’avortement, la pauvreté et bien d’autres sujets. Le lien entre politique et morale est vaste."

 

Taylor Patrick O'Neill, professeur de théologie au Thomas Aquinas College, a déclaré à EWTN News qu'il trouvait le commentaire de Vance "très imprudent".

 

[Toute action politique vise au respect de la philosophie des droits de l'homme, ce qui est déjà de la morale. Ndlr.]

 

"Il n'existe pas de domaine amoral", a-t-il déclaré. "Il n'y a aucun aspect de notre vie où les considérations morales n'entrent pas en jeu."

 

O'Neill a déclaré que le rôle du pape, qui consiste à s'exprimer sur les questions de foi et de morale, "inclut la politique", ajoutant : "Ce serait une erreur de penser que la politique publique n'a rien à voir avec la morale." 

 

Selon lui, les déclarations du Saint-Père relèvent de son rôle consistant à "guider et à enseigner", et si Léon XIV évitait la guerre en Iran, "ce serait assez étrange… et en contradiction avec la tradition de la papauté", car cela concerne "la foi et la morale des croyants du monde entier".

 

O'Neill a déclaré que le rôle du pape n'est pas de "dicter la politique publique", comme par exemple "d'indiquer au [gouvernement] quel type de formations militaires utiliser". Il a ajouté que le rôle du pape est d'expliquer que "certaines politiques sont intrinsèquement contraires à l'épanouissement et à la dignité humaine" et de commenter "les vérités morales qui devraient influencer la politique".

 

Ron Bolster, doyen de la faculté de théologie et de philosophie de l'université franciscaine de Steubenville, dans l'Ohio, a déclaré à EWTN News qu'il aurait souhaité que Vance "n'ait pas rendu public son désaccord avec le Saint-Père" et a ajouté qu'il n'était pas utile d'établir une dichotomie entre le domaine moral et le domaine des politiques publiques.

 

"On pourrait certainement espérer que vous appliquiez les principes de l’Évangile à l’élaboration des politiques publiques", a-t-il déclaré. "J’aimerais croire que [Vance] est plus avisé que cela, mais sa position est loin d’être isolée."

 

Selon Bolster, le rôle du pape est de "tenter d’amener les fonctionnaires à mieux comprendre comment l’Évangile doit être promu dans leurs politiques" et de les aider et de les guider "lorsqu’ils s’écartent du droit chemin à cet égard".

 

"L’Évangile et la morale [devraient] guider toute politique et toute action que nous entreprendrions", a-t-il déclaré. [5]

 

Notes:

 

[1] https://www.remnantnewspaper.com/trump-vs-pope-leo-xiv/

[2] Karin Arcuschin sur X

[3] L'américanisme est une hérésie qui tente d'adapter la doctrine de l'Église aux idéaux démocratiques et aux normes culturelles des États-Unis, tout en tombant dans 5 erreurs spécifiques. Elle fut condamnée par le pape Léon XIII dans son encyclique Testem Benevolentiae de 1899, qui condamna : le rejet de la direction spirituelle externe (considérée comme n'étant plus nécessaire), l'exaltation des vertus naturelles au détriment des vertus surnaturelles - par exemple, en donnant la priorité à l'activisme social et politique plutôt qu'à la prière contemplative - et en diminuant l'importance des vœux et des ordres religieux, la préférence des vertus actives par rapport aux vertus passives, le rejet des vœux religieux comme incompatibles avec la liberté chrétienne, et l'adoption d'une nouvelle méthode d'apologétique et d'approche des non-catholiques.

[4] CNA sur X

[5] https://www.ewtnnews.com/world/us/catholic-theologians-comment-vance-pope-leo-xiv

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18 avril 2026 6 18 /04 /avril /2026 00:00

http://nominis.cef.fr/images/gallerie/perfectodecordoba.jpg

Prêtre à Cordoue (Espagne), saint Parfait ne cachait pas son engagement religieux. Les musulmans qui occupaient l'Espagne l'arrêtèrent et le décapitèrent à Cordoue, l'an 850.

 Il desservait une paroisse et, comme tous ses confrères, il savait qu'il risquait sa tête à vouloir convertir les musulmans. Il se méfia donc quand deux musulmans l'abordant dans la rue lui demandèrent ce qu'il pensait de Mahomet et de Jésus car, disaient-ils, "nous ne désirons que nous instruire". Il se mit à leur prouver que Mahomet était un faux prophète et que seul Jésus était le sauveur. Ils souhaitèrent le bonjour à saint Parfait, le laissèrent rentrer tranquillement chez lui, puis quelques jours après, ils le dénoncèrent à des amis. Traduit devant le tribunal arabe, il fut condamné à mort. Une fois encore et publiquement, il dit ce qu'il pensait de Mahomet et du Coran. La légende dit que ses derniers mots furent pour bénir le Christ et condamner Mahomet et son Coran. Plusieurs chrétiens sont massacrés en représailles par les musulmans d'Al-Andalus

Parfait est considéré comme l'un des plus grands martyrs de son époque, l'un des premiers au cours d'une période de persécution des chrétiens par les musulmans en Al-Andalus, qui commença en 850 sous Abd al-Rahman II, se poursuivit sous son successeur Muhammad Ier, et par la suite continua de façon intermittente jusqu'en 960.

Son supplice, enregistré par S. Euloge, figure dans le Memoriale sanctorum. Son culte passa en France puisque les chanoines de la cathédrale de Paris chantèrent longtemps une messe solennelle en son honneur chaque 18 avril.

***

 

Sources : 1, 2, 3

 

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17 avril 2026 5 17 /04 /avril /2026 00:00
Saint Anicet, Pape († 166)

Saint Anicet était originaire de la Syrie.  Il gouverna l'Église sous Marc-Aurèle, et succéda, sur le trône pontifical, à Pie Ier. Il était le dixième pape depuis saint Pierre.

Il arrivait à la tête de l'Église en des temps difficiles. C'était le moment du Gnosticisme dont les chefs étaient Valentin et Marcion. Cette hérésie avait été apportée à Rome par une femme nommée Marcelline, qui fut cause de la perte d'un grand nombre d'âmes. Outre les pernicieuses doctrines qu'ils enseignaient, en se donnant pour chrétiens, ils rendirent la religion odieuse par leur vie désordonnée et leurs actions infâmes.

Saint Anicet s'opposa aux progrès de l'hérésie de toute la force de son autorité et de sa doctrine et Dieu, en même temps, le consolait par l'arrivée de plusieurs saints personnages. 

C'est sous son pontificat que saint Justin vint passer quelque temps à Rome et y composa cette seconde apologie de la religion chrétienne qui lui valut le martyre.

La cinquième année du règne de Marc-Aurèle, Anicet reçut la visite de saint Polycarpe, évêque de Smyrne, en Asie, et ancien disciple de saint Jean l'Évangéliste, qui venait le consulter sur la question de la célébration de la fête de Pâques, question qui ne fut décidée que sous le pape Victor.

Saint Anicet et saint Polycarpe ne purent s'entendre, mais cela ne troubla en rien leur bonne harmonie, et ils se séparèrent après s'être donné le baiser de paix ; ils ne devaient plus se revoir qu'au ciel où le martyre les conduisit tous deux. Avant le départ de saint Polycarpe, Anicet lui ayant fait célébrer les saints Mystères, il avait parlé au peuple assemblé : sa parole avait converti grand nombre d'hérétiques, et l'insolence de Marcion avait été confondue par cette parole si connue de saint Polycarpe : "Je te connais pour le fils aîné de Satan."

 

C'est aussi vers l'an 157 qu'Hégésippe, juif converti, vint à Rome, et sur les ordres d'Anicet, composa une histoire de l'Église, dont il ne reste aujourd'hui que des fragments conservés dans Eusèbe. Cette histoire avait pour titre "Commentaire sur les Actes des Apôtres", et s'étendait depuis la Passion jusqu'au pontificat d'Anicet.

 

On attribue à ce pape un décret adressé aux évêques de France qui défendait aux clercs de porter les cheveux longs. Il ordonna aussi qu'un prêtre ne pourrait être sacré évêque que par trois autres prélats, comme le Concile de Nicée l'a aussi défini plus tard, et que pour le Métropolitain, tous les évêques de sa province assisteraient au sacre. Saint Anicet fit cinq fois les ordres au mois de décembre, et ordonna dix-sept prêtres, quatre diacres et neuf évêques pour divers lieux. Il vécut dans le pontificat huit ans, huit mois et vingt-quatre jours. Il reçut la couronne du martyre pour la foi du Christ, et fut enseveli sur la voie Appienne, dans le cimetière qui fut depuis appelé de Calliste.

 

Comme on le voit, on sait peu de chose des actions de saint Anicet. Nous vénérons en lui, aujourd'hui, une des glorieuses assises de la maison de Dieu. Il a gouverné l'Église de Jésus-Christ au milieu des tempêtes : nous le prions pour qu'il demande à Dieu de se lever et de commander à l'orage qui gronde toujours.

Père Giry, Vie des Saints, Paris, Victor Palmé, 1875.

 

Sources : 1, 2

 

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16 avril 2026 4 16 /04 /avril /2026 06:24
Le Tribunal de l'État de la Cité du Vatican confirme le lancement d'une enquête sur la validité de la démission du pape Benoît XVI

Le Tribunal de l'État de la Cité du Vatican confirme le lancement d'une enquête sur la validité de la démission du pape Benoît XVI.

 

La lettre indique explicitement : " … le Bureau mène des enquêtes et, à l'heure actuelle, il n'est pas possible de prévoir quand elles seront achevées."



Même si l'enquête devait se terminer sans conclusions publiques, la simple existence d'une procédure pénale ouverte constitue une évolution significative dans le débat en cours sur la démission de 2013.



L'argument central est que la "Declaratio" de Benoît XVI a délibérément ou canoniquement établi une distinction entre le *munus* (la fonction papale en soi) et le *ministerium* (l'exercice de cette fonction),

 

L'argument central est que la *Declaratio* de Benoît XVI a délibérément ou canoniquement distingué entre *munus* (l'office papal en soi) et *ministerium* (l'exercice de cet office), rendant ainsi la démission invalide et laissant le Siège empêché (*sede impedita*) depuis 2013.

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16 avril 2026 4 16 /04 /avril /2026 00:00
Saint Benoît-Joseph Labre († 1783)

Benoît-Joseph Labre naquit à Amettes, diocèse d'Arras, et fut l'aîné d'une famille de quinze enfants. Âgé de douze ans, il fut reçu chez son oncle paternel, curé d'Érin, pour faire ses études en vue du sacerdoce.

 

Après la mort de son oncle, Benoît-Joseph passa chez son oncle maternel, vicaire de Conteville, où il ne fit que grandir dans la mortification et la prière. Son attrait était toujours vers le Saint-Sacrement devant lequel il s'abîmait des heures entières en contemplation.

 

Il y avait longtemps que Benoît-Joseph aspirait à une vie plus parfaite : "Être prêtre est bien beau, disait-il ; mais j'ai peur de me perdre en sauvant les autres."

 

Il finit par vaincre les résistances de ses parents et entre chez les Chartreux, espérant y trouver sa voie définitive. Il se trompait, car la Providence permet qu'il soit bientôt renvoyé par ses supérieurs, comme n'ayant pas la vocation de cet Ordre. La pensée de la Trappe, qu'il avait eue d'abord, lui revient ; on ne l'y accepte pas.

 

Ballotté de nouveau entre la Chartreuse et la Trappe, il est forcé de s'adresser enfin à Sept-Fonts.

 

Ses scrupules, ses peines d'esprit et une maladie sérieuse donnent bientôt lieu à son renvoi; son aspect inquiétant le fait prendre pour un voleur... Libéré de prison, il part à Saint-Jacques de Compostelle puis va vivre dans une caverne d'Aix-en-Provence.

 

Toute sa réponse à tant d'épreuves était : "Que la Volonté de Dieu soit faite !" C'est alors que Dieu lui inspire cette vocation de pèlerin-mendiant qui devait le mener droit, par les chemins les plus ardus de la pénitence, à une éminente sainteté. 

 

Il n'aura plus de relations suivies avec personne, vivra en solitaire au milieu du monde, ira toujours à pied, cherchera tous les lieux consacrés par la dévotion. Il sera revêtu d'un habit pauvre et déchiré, qu'il ne changera point.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/b1/BJLABRE1.jpg/260px-BJLABRE1.jpg

 

Un chapelet à la main, un autre au cou, un crucifix sur la poitrine, sur les épaules un petit sac contenant tout son avoir, c'est-à-dire son Nouveau Testament, l'Imitation de Jésus-Christ et le Bréviaire : tel on verra Benoît-Joseph dans ses continuels pèlerinages.

 

La pluie, le froid, la neige, la chaleur, rien ne l'arrête ; il couche le plus souvent en plein air, il vit de charité, au jour le jour, sans rien réserver pour le lendemain ; il ne prend que la plus misérable et la plus indispensable nourriture, et se fait lui-même pourvoyeur des pauvres. Souvent il est le jouet des enfants et de la populace ; il est regardé comme un insensé ; il souffre tout avec patience et amour.

 

Rome, Lorette, Assise et une multitude d'autres lieux saints sont l'objet de sa dévotion. À Rome, dans les ruines du Colisée, il s'installe une cabane. Ses visites quotidiennes à l'église Notre-Dame de Lorette attirent l'attention du sacristain qui lui trouve un emploi chez un marchands d'objets de piété. 

 

"Benoît Labre est reconnu pour avoir guéri de multiples maux : apoplexie, chancre, fistule, hernie, tumeur, calcul, sciatique, épilepsie, scorbut, fractures, cécité, surdité, hydropisie, etc. L'éventail clinique est de loin le plus extraordinaire de l'histoire des miracles chrétiens.

 

Il rend son âme à Dieu le 16 avril 1783 et devient le plus populaire saint de France en Italie. Le peuple romain avait été touché par la vie de cet homme, vêtu de haillons et distribuant ses maigres vivres aux pauvres.

 

En 1787, le premier volume des actes de sa canonisation avance le chiffre de 168 guérisons inexpliquées. En 1789, on parle de 200 cas. C'est une estimation importante, nettement supérieure aux chiffres fournis par les actes des procès de béatification et de canonisation à l'époque classique et pendant la période contemporaine.

 

La première guérison citée, intervenue après la mort du saint, est celle d'une clarisse italienne Angélique Gardellini, victime d'une chute grave dans un escalier, souffrante d'un anévrisme et de troubles sensoriels. Après avoir reçu l'extrême-onction, les religieuses veillant sur elles la recommandent au saint. Le résultat est immédiat : guérison totale, sans séquelle ni convalescence. [4]

 

***

Sources: (1), (2) Saints et Saintes de France, Des premiers martyrs à nos jours, Hatier, Renens (Suisse) 1988, p. 88, (3Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 20; (4) Patrick SBALCHIERO, Enquête sur les miracles dans l'Église catholique, Artège, Paris 2019, p. 271-272.

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15 avril 2026 3 15 /04 /avril /2026 00:00
Saint Paterne de Vannes, Évêque d’Avranches († v. 565)

Saint Paterne de Vannes, Évêque d’Avranches († v. 565)

Surnommé aussi Paterne l'Ancien, pour le distinguer de celui de Coutances en Normandie.

On connaît peu de choses de lui, mais l'auteur imaginatif de l'aimable roman hagiographique connu sous le nom de "Vita Paterni" supplée largement à ces lacunes.

Ce Breton d'Armorique émigre en Bretagne insulaire (actuellement Pays de Galles) au rebours du mouvement habituel des Bretons à cette époque.

Il va fonder, au comté de Cardigan, un monastère qui prendra le nom de "Lhan-Paderne-Vaur" - église du grand Paterne.

On dit qu'il bâtit d'autres monastères au Pays de Galles et convertit des rois en Irlande.

Au cours d'un pèlerinage en Terre Sainte, il reçoit la consécration épiscopale à Jérusalem. De retour en Armorique, le roi Caradoc lui confie l'évêché de Vannes.

Le nouveau venu se lie d'amitié avec son voisin, saint Samson, évêque de Dol.

Vilipendé par de faux frères, il prend une retraite anticipée.

 

Sources : 1, 2, 3

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14 avril 2026 2 14 /04 /avril /2026 00:00
Saint Maxime Martyr à Rome († 260)

Valérien et Tiburce donnaient une sépulture aux chrétiens massacrés ce qui leur valut d'être condamnés à mort.

 

Maxime, chargé de les exécuter se convertit et subit lui aussi le martyr.

 

Martyrologe Romain : À Rome, au cimetière de Prétextat sur la voie Appienne, les saints martyrs Tiburce, Valérien et Maxime.

 

Sources: 1, 2

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13 avril 2026 1 13 /04 /avril /2026 00:00
Sainte Ida, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 99

Sainte Ida, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 99

Mère de Godefroy de Bouillon et de Baudouin Ier, premiers rois de Jérusalem après la Première Croisade, on attribue une grande part du succès de cette croisade à ses prières.

 

Ide ou Ida de Lorraine est une figure injustement méconnue du XIe siècle français. Descendante de Charlemagne et nièce du Pape Etienne IX, elle épouse le Comte Eustache de Boulogne qui sauve la vie de Guillaume le Conquérant lors de la bataille d’Hastings. Belle-sœur de Geoffroy, évêque de Paris et chancelier du roi de France Philippe Ier, son influence politique est considérable. Ses fils, Godefroy de Bouillon et Baudouin sont les premiers rois francs de Jérusalem.

 

Une de ses filles devient l'épouse de l'empereur germanique Henri IV. Sa petite fille Mathilde monte sur le trône d’Angleterre. Et son dernier fils devient l'ancêtre de la lignée des rois du Portugal.

 

Entre la Croix et l’Epée, elle bâtit des cathédrales vénère le précieux sang du Christ et sera canonisée. Son épopée nous entraîne dans un étonnant voyage au cœur de l’Histoire médiévale.

 

Vers le 15 août et début septembre 1095, les Lorrains entraînés par le duc de Lorraine, Godefroy, et ses deux frères, tous trois fils d’Ide de Boulogne, se dirigent vers Pontarlier pour la vallée du Danube et la Terre Sainte, parce que les "Français" se mettent enfin en route pour la Croisade. 

 

Très belle femme, grande, blonde, mère de famille exemplaire, Ida était aussi une femme pieuse, elle fonda de nombreuses abbayes en Picardie, bâtit la cathédrale de Boulogne et celle de Lens, fonda des maladreries (soins des lépreux) et des hôpitaux, elle resta célèbre pour sa grande charité auprès des pauvres, ce qui lui valut de devenir sainte. Quand elle meurt elle n'a plus sur elle que sa robe de bure, elle a tout donné. Elle fit de nombreux miracles de son vivant, mais également après.

 

C'est à elle que l'on doit le dicton du boulonnais "à chacun son pain et son hareng". Le roi Louis XI la nomma patronne de Boulogne et de son comté en avril 1478.

Sainte Ide (Ida) de Boulogne (1040-1113)

Devenue veuve, Ida vend ses biens en partie au profit des pauvres et en partie pour la fondation de monastères à Boulogne, Calais, Arras et dans les Pays-Bas.

 

Elle meurt le dimanche 13 avril 1113. De son vivant déjà de nombreux miracles accompagnent ses bontés pour les veuves et les enfants abandonnés.

 

Son culte a repris au début du XXe siècle. Ses reliques sont visibles chez les Bénédictines de Bayeux (Calvados).

 

Dans la messe, la fête de sainte Ide est le 13 avril.

 

Le nom de Ida est actuellement le nom qui est le plus donné dans la totalité des pays nordiques, et est extrêmement commun tant en Russie qu'en Allemagne.

 

Sources : (1); (2); (3) ; (4) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 98.

 

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12 avril 2026 7 12 /04 /avril /2026 00:00
Deuxième dimanche de Pâques - Dimanche de la Divine Miséricorde

La fête de la Miséricorde est célébrée le premier dimanche après Pâques ou le deuxième dimanche de Pâques, appelé actuellement Dimanche de la Divine Miséricorde. (1) 

 

Cette fête correspond également à la fête de la quasimodo, également appelée octave de Pâques, deuxième dimanche de Pâques, dimanche in albis, ou dimanche de saint Thomas. (2)

 

C'est Jean Paul II qui institua cette fête en 2000 le jour de la canonisation de Sainte Faustine. Le Christ lui avait dit "La Fête de la Miséricorde est issue de mes entrailles, je désire qu'elle soit fêtée solennellement le premier dimanche après Pâques". (3)

 

Le Seigneur Jésus ... dit à Soeur Faustine : Je désire que le premier dimanche après Pâques soit la fête de la Miséricorde (P. J. 299). Je désire que la fête de la Miséricorde soit le recours et le refuge pour toutes les âmes, et surtout pour les pauvres pécheurs.

En ce jour les entrailles de ma miséricorde sont ouvertes, je déverse tout un océan de grâces sur les âmes qui s'approcheront de la source de ma miséricorde; toute âme qui se confessera et communiera recevra le pardon complet de ses fautes et la remise de leur punition; en ce jour sont ouvertes toutes les sources divines par lesquelles s'écoulent les grâces (P. J. 699).

 

Jésus parlait de cette fête à Soeur Faustine dans plusieurs révélations. Il en a indiqué la date dans le calendrier liturgique de l’Eglise ; Il en a expliqué la motivation et le rôle à remplir ; Il a instruit l’Eglise sur la façon de la préparer et célébrer, et surtout Il a donné de grandes promesses dont la plus insolite est celle « d’une totale rémission de ses fautes et de leurs châtiments » à « qui s'approchera, ce jour-là de la Source de Vie » (cf. P. J. 300).

Il faut donc recevoir pendant la fête de la Divine Miséricorde la sainte Communion après une bonne confession, c’est-à-dire sans avoir d’attache au moindre péché, et en toute confiance en la Miséricorde Divine et la miséricorde envers autrui. Jésus dit : toute âme qui se confessera et communiera recevra le pardon complet de ses fautes et la remise de leur punition (cf. P. J. 699).

La grâce de la fête – explique l’abbé prof. Ignace Różycki – dépasse la grâce de l’indulgence plénière. Citons ses paroles : La grâce de l’indulgence plénière consiste en la rémission des seuls châtiments temporaires dûs pour avoir commis des péchés, mais elle ne remet jamais les fautes elles-mêmes. La grâce absolument extraordinaire (de cette fête) dépasse aussi toutes les grâces des 6 saints sacrements (sept, hormis le baptême), parce que la rémission de toutes les fautes et peines est uniquement la grâce sacramentelle du saint baptême. Or, le Christ a promis ici la rémission des fautes et peines en fonction de la sainte Communion reçue le jour de la fête de la Miséricorde, c’est-à-dire qu’il Il l’a élevée au rang d’un « second baptême. » Comment se préparer à la fête de la Divine Miséricorde ? – Par une neuvaine qui consiste à réciter le Chapelet à la Miséricorde Divine pendant 9 jours consécutifs, à partir du Vendredi Saint. Jésus insista : Dis, ma fille, que la fête de la Miséricorde a jailli de mes entrailles pour la consolation du monde entier (P. J. 1517).

 

La fête de la Miséricorde est une pratique prépondérante de toute la Dévotion à la Miséricorde Divine, vu les promesses particulières qu’elle contient et la place qu’elle occupe dans la liturgie de l’Eglise. Jésus en parlait à Soeur Faustine pour la première fois au couvent de Płock, au mois de février 1931, lors de sa première apparition concernant la peinture du tableau. Il lui dit alors : Je désire qu'il y ait une fête de la Miséricorde. Je veux que cette image que tu peindras avec un pinceau, soit solennellement bénie le premier dimanche après Pâques ; ce dimanche doit être la fête de la Miséricorde (P. J. 49). Le Seigneur réitérait la demande les années suivantes, dans d’autres révélations à Soeur Faustine, en précisant non seulement la date, mais aussi la raison et la façon de célébrer la fête.

 

Que le Seigneur ait choisi le premier dimanche après Pâques comme date de la célébration de la fête de la Miséricorde, n’est pas un hasard, on y trouve un profond fondement théologique : en ce jour se termine l’Octave de Pâques qui clôt la célébration du Mystère Pascal de Jésus-Christ. Or, cette période montre plus que tous les autres Temps de l’Année liturgique le mystère de la Divine Miséricorde, révélé pleinement dans la Passion, mort et Résurrection du Christ. L’institution de la fête de la Divine Miséricorde à proximité de la liturgie de la Passion, la mort et la Résurrection du Seigneur fait mieux voir d’où jaillit la source de tous ces mystères, à savoir la Miséricorde Divine. L’Oeuvre de notre Rédemption est impensable sans la Miséricorde de Dieu. Soeur Faustine a bien perçu ce lien qui existe entre le salut et la Miséricorde : Je comprends maintenant que l’œuvre de la rédemption est unie à cette oeuvre de la miséricorde que le Seigneur exige (P. J. 89).

 

Quelles étaient les raisons en faveur de l’institution de la fête de la Divine Miséricorde dans le calendrier liturgique de l’Eglise universelle ? Ecoutons Jésus nous le dire : Les âmes périssent malgré mon amère passion. Je leur offre une dernière planche de salut, c'est la fête de ma Miséricorde. Si elles n'adorent pas ma miséricorde, elles périront pour l'éternité (P. J. 965).

 

L’ultime planche de salut pour le monde est le recours à la Miséricorde de Dieu. Cependant, pour le faire, il faut la détecter, tout d’abord, cette planche, donc connaître Dieu dans son mystère de Miséricorde et s’adresser à Lui avec confiance. L’institution d’une fête à part, celle de la Divine Miséricorde favorise la connaissance de Dieu riche en miséricorde : tout notre être se tourne en ce jour-là comme spontanément vers Lui, vers sa Miséricorde, cet attribut majeur de Dieu pour l’honorer, lui faire confiance et l’obtenir à son tour.

 

Cette fête doit être précédée d’une neuvaine, à commencer le Vendredi Saint, et qui consiste à réciter 9 jours de suite le Chapelet à la Divine Miséricorde. Jésus promit à Soeur Faustine d’accorder de grandes grâces au cours de cette neuvaine : Pendant cette neuvaine j'accorderai aux âmes toutes sortes de grâces (P. J. 796). On diffuse aussi largement une neuvaine à la Divine Miséricorde qui est insérée dans le "Petit Journal" de Soeur Faustine ; elle consiste à amener chaque jour à Dieu un groupe d’âmes différent (cf. P. J. 1209 et ss.) ; on peut la faire par piété également. Cependant, c’est la neuvaine de Chapelets à la Miséricorde Divine qui compte comme préparation de la fête de la Miséricorde, conformément au souhait de Jésus.

 

Le jour même de la fête, en ce premier dimanche après Pâques, le tableau de la Miséricorde doit être solennellement béni par des prêtres et exposé à la vénération publique des fidèles. Des prêtres doivent prêcher en ce jour l’infinie Miséricorde de Dieu, en suscitant ainsi une grande confiance dans les âmes. Quant aux fidèles, ils devraient participer aux cérémonies le coeur pur (en état de grâce sanctifiante), pleins de confiance en Dieu et de miséricorde envers le prochain. Jésus dit : Oui, le premier dimanche après Pâques est la fête de la Miséricorde, mais il doit y avoir aussi l'action; et j'exige qu'on honore ma miséricorde en célébrant solennellement cette fête et en honorant cette image qui a été peinte (P. J. 742).

 

Il n’est pas obligatoire de se confesser le jour de la fête de la Miséricorde ; on peut se confesser avant la fête. Ce qui est important, c’est qu’on communie ce jour-là (et à chaque fois qu’on s’approche de la Table eucharistique !) en état de grâce sanctifiante, en abhorrant le moindre péché. Il faut en plus avoir cet esprit de confiance et d’abandon à Dieu, et de miséricorde à l’égard des autres.

Notre âme préparée de la sorte, nous pouvons espérer se réaliser dans notre vie les grandes promesses du Christ données pour la fête de la Divine Miséricorde.

 

Le Seigneur a dit qu’en ce jour sont ouvertes toutes les sources divines par lesquelles s'écoulent les grâces;qu'aucune âme n'ait peur de s'approcher de moi, même si ses péchés sont comme l'écarlate (P. J. 699). Aussi tout le monde, même ceux qui ne pratiquaient pas jusqu’alors la Dévotion à la Miséricorde Divine, peuvent-ils se tourner avec foi en Dieu, en ce jour, et puiser à toutes les promesses du Christ données pour la fête. Ses promesses concernent et les grâces du salut et des bienfaits temporels : il n’est pas de limites, on peut tout demander à Dieu et tout obtenir de sa Miséricorde, pourvu qu’on prie avec confiance et qu’on soumette sa volonté à la volonté divine.

 

Lui, ne désire pas uniquement notre bien temporel, mais notre salut éternel obtenu par Son Fils au prix de la mort sur la Croix. Si nous Lui demandons les grâces du salut, nous pouvons être sûrs d’agir selon Sa volonté.

 

Sources : 1, 2, 3

Chapelet de la Divine Miséricorde

 

Le chapelet de la miséricorde est une prière donnée par Jésus à Sœur Faustine le 13 septembre 1935 à Vilnius. Il lui promettait alors de nombreuses grâce pour ceux qui implorent sa Miséricorde par ce moyen :

 

« Les âmes qui réciteront ce chapelet seront enveloppées par ma miséricorde pendant leur vie et surtout à l’heure de la mort. »

(Petit Journal - § 754).

 

QUAND RÉCITER LA PRIÈRE DE LA MISÉRICORDE DIVINE ?

Il est possible de le réciter quand on veut mais plus particulièrement à deux moments :

 

tous les jours à 15h (heure de la miséricorde, heure de la mort de notre sauveur Jésus-Christ),

ou lors d'une neuvaine à la Divine Miséricorde.

Faire mémoire à 15h de la passion du Seigneur Jésus est un bon moyen d'attirer à lui beaucoup d'âmes.

 

«Essaie à cette heure-là de faire le Chemin de Croix ; mais si tu ne peux pas faire le Chemin de Croix, entre au moins un moment à la chapelle et célèbre mon Cœur qui est plein de Miséricorde dans le Très Saint Sacrement ; et si tu ne peux entrer à la chapelle, plonge-toi dans la prière là où tu te trouves, ne serait-ce que pour un tout petit moment. J’exige de toute créature de vénérer ma Miséricorde »

(Petit Journal - § 1572).

 

COMMENT RÉCITER LE CHAPELET DE LA MISÉRICORDE DIVINE ?

Pour réciter le chapelet de la miséricorde dire :

 

1 Notre Père (ou Pater Noster en latin)

1 Je vous salue Marie (ou Ave Maria en latin)

1 Symbole des Apôtres

Répéter 5 fois :

Sur les gros grains : "Père Éternel, je Vous offre le corps et le sang, l'âme et la divinité de Votre Fils bien-aimé, notre Seigneur Jésus-Christ, en réparation de nos péchés et ceux du monde entier". (x1)

Sur les petits grains : "Par sa douloureuse Passion, soyez miséricordieux pour nous et pour le monde entier".(x10)

"Dieu saint, Dieu fort, Dieu éternel, ayez pitié de nous et du monde entier" (× 3)

(Petit Journal - § 476).

 

Le chapelet de la Miséricorde est récité à l'aide de chapelets ordinaires de cinq dizaines.

 

Prière de clôture facultative

Dieu éternel, en qui la miséricorde est sans fin et le trésor de la compassion inépuisable, regardez avec bonté et augmentez votre miséricorde en nous, afin que, dans les moments difficiles, nous ne désespérions ni ne nous découragions, mais nous nous soumettions avec une grande confiance à Votre sainte volonté, qui est amour et miséricorde.

 

Cf. https://www.prierlechapelet.com/pages/chapelet-divine-misericorde#pere-eternel

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11 avril 2026 6 11 /04 /avril /2026 00:00
Saint Stanislas, évêque, Patron de la Pologne († 1079)

Saint Stanislas, évêque de Cracovie au XIe siècle, Patron de la Pologne, naquit en 1030 de parents fort avancés en âge, mariés depuis trente ans et encore sans postérité.

Stanislas. Vient du polonais stan, mettre debout, et slava, gloire.

Dieu, qui avait des vues élevées sur cet enfant, lui inspira dès son bas âge de grandes vertus, surtout la charité pour les pauvres, et une mortification qui le portait à jeûner souvent et à coucher sur la terre nue, même par les plus grands froids. 

La plus belle partie de la vie de Stanislas est celle où il fut en butte à la persécution du roi de Pologne, Boleslas II, prince qui menait une conduite publiquement scandaleuse. Seul l'évêque osa comparaître devant ce monstre d'iniquité, et d'une voix douce et ferme, condamner sa conduite et l'exhorter à la pénitence. Le roi, furieux, attendit l'heure de se venger. 

Le pontife avait acheté pour son évêché, devant témoins, et il avait payé une terre dont le vendeur était mort peu après. Le roi, ayant appris qu'il n'y avait pas d'acte écrit et signé, gagna les témoins par promesses et par menaces, et accusa Stanislas d'avoir usurpé ce terrain. L'évêque lui dit : "Au bout de ces trois jours, je vous amènerai comme témoin le vendeur lui-même, bien qu'il soit mort depuis trois ans." 

Le jour venu, le saint se rendit au tombeau du défunt ; en présence d'un nombreux cortège, il fit ouvrir la tombe, où on ne trouva que des ossements. Stanislas, devant cette tombe ouverte, se met en prière, puis touche de la main le cadavre : "Pierre, dit-il, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, viens rendre témoignage à la vérité outragée.

À ces mots, Pierre se lève, prend la main de l'évêque devant le peuple épouvanté, et l'accompagne au tribunal du roi. Le ressuscité convainc de calomnie le roi et les témoins, et de nouveau accompagne l'évêque jusqu'au tombeau, qu'on referme sur son corps, redevenu cadavre. Loin de se convertir, le roi impie jura la mort de Stanislas, et bientôt l'assassina lui-même pendant qu'il offrait le saint sacrifice.

Saint Stanislas, évêque, Patron de la Pologne († 1079)

Innocent IV canonisa Stanislas le 17 septembre 1253. Il est fêté le 11 avril.

 

 

Sources: (1); (2) Jean-Louis Beaucarnot, Les Prénoms et leurs secrets, France Loisirs, Paris 1991, p. 170; (3)

 

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10 avril 2026 5 10 /04 /avril /2026 00:00
Saint Fulbert de Chartres dans sa cathédrale (Chartres, Bibliothèque municipale, Ms. 4, fol. 94)

Saint Fulbert de Chartres dans sa cathédrale (Chartres, Bibliothèque municipale, Ms. 4, fol. 94)

Fulbert. Vient du germanique fulk ou folk = le peuple, et berth = brillant.

 

À Chartres, en 1029, saint Fulbert, évêque. Il nourrit de sa doctrine un grand nombre de personnes, entreprit par sa munificence et son zèle le grand œuvre de la cathédrale et magnifia par ses chants la Vierge Marie.

 

Martyrologe romain

 

Saint Fulbert, l'un des plus grands et des plus saints évêques de Chartres, fut aussi le premier savant de son époque ; l'un de ses biographes dit qu'il surpassait facilement tous ses contemporains, tant dans la connaissance des Saintes Écritures que dans les sciences profanes. [1]

L'auguste Mère de Dieu se plut à récompenser sa piété par des faveurs extraordinaires. Dans une maladie très grave, Marie fit couler sur ses lèvres un baume céleste, et le mal disparut. 

Précepteur du fils du roi Hugues Capet, Robert II le Pieux, Fulbert fonde à Chartres une école appelée à une grande notoriété. On y apprend la théologie, la géométrie, la médecine, la philosophie. [2] Expert en médecine, pédagogue écouté, savant, historiographe, musicien, poète, mais également administrateur prudent, pasteur zélé, ce maître rassemble autour de lui les plus grandes intelligences du royaume. Il est choisi comme évêque de Chartres en 1006. Il se disait "le tout petit évêque d'une grande Église";  [3]

 

Une de ses gloires, c'est la construction de la cathédrale de Chartres (dont la crypte subsiste encore), mais qu'il ne verra jamais terminée. Humble et doux, il fréquente les petits comme les princes qui l'aident à bâtir la cathédrale qu'il tient à dédier à Notre-DameL'ancienne construction avait été détruite par un effroyable incendie en 1020. Fulbert employa au temple magnifique qu'il fit construire tout ce qu'il possédait ; les largesses royales affluèrent de toutes parts. Il s'appliqua ensuite à y faire honorer Dieu par des chants harmonieux et des cérémonies majestueuses. Ses dons musicaux furent mis au service de la liturgie et au service du culte marial qu'il contribua à développer; Notre-Dame était souveraine à Chartres. 

C'est dans la crypte de cette cathédrale insigne qu'est honorée Notre-Dame-de-sous-terre, dont l'histoire merveilleuse remonterait au temps des Druides, et dont l'image était dédiée à la Vierge qui devait enfanter : Virgini pariturae.

À l'époque des druides, les Saints Forts ne sont autres que les habitants d'un village du pays carnute. Ils reconnurent aussitôt la Virgo paritura qu'adoraient leurs ancêtres dans la Vierge Mère que leur annonçait un missionnaire. Convertis en masse, les carnutes refusèrent d'abjurer leur foi, qui renouait si bien avec les plus hautes aspirations de l'ancienne religion celte. Ils furent jetés vivants dans le puits que l'on voit toujours sous la cathédrale de Chartres... [4]

L'enseignement de S. Fulbert attira d'éminents disciples. On possède de lui 140 lettres. [5] 

 

***

 

Sources: [1] Catholique.org ; [2] Nominis [3]  Missel du Dimanche 2018, Nouvelle Traduction liturgique, Année B, Bayard Éditions, Lonrai 2017, p. 391-392 ; [4] Anne Bernet, Clovis et le Baptême de la France, éd. Clovis, Condé-sur-Noireau 1996, p. 81. [5] Gérard BEDEL, Le Cardinal Pie, Un défenseur des droits de Dieu, Clovis Diffusion, Suresnes 2015

 

***

 

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9 avril 2026 4 09 /04 /avril /2026 00:00
Saint Gautier de Pontoise († 1099)

C'est avec grande réticence et après trois fugues (dont les moines profitaient pour relâcher la discipline) et un appel au pape (refusé) qu'il finit par accepter sa charge d'abbé de l'abbaye de Saint-Martin Pontoise.

 

D'abord professeur de philosophie et de rhétorique, il entra chez les Bénédictins à Rebais dans le diocèse de Meaux. Selon la tradition, il n'était encore que novice lorsque, pris de pitié pour un frère qui avait été mis au cachot dans le monastère, il l'aida à s'enfuir.

 

Philippe Ier en fit le premier abbé de l'abbaye Saint-Martin de Pontoise (alors abbaye de Saint-Germain) qu'il venait de fonder à Pontoise, malgré ses protestations. La discipline y était fort relâchée, car Gautier ne manquait pas une occasion de s’éloigner de l'abbaye, pour se dérober à ses responsabilités.

 

Il finit par démissionner de sa charge de Pontoise pour rejoindre le réformateur Hugues à Cluny mais, bientôt rattrapé, il fut contraint de rejoindre Pontoise. Il serait parvenu à s’échapper une fois encore, gagnant la Touraine où il trouva refuge sur une île de la Loire, mais fut repris de nouveau ; il s’évada encore d’un oratoire consacré à Côme et Damien près de Tours mais fut reconnu par un pèlerin.

 

Alors Gautier décida de partir pour Rome et d’en appeler directement au pape Grégoire VII, à qui il remit sa démission écrite, mais le Souverain Pontife lui enjoignit de respecter ses premiers vœux, de reprendre ses fonctions à Pontoise et de ne plus jamais y manquer.

 

De retour, il n’eut de cesse de dénoncer les abus et la corruption de mœurs de ses frères bénédictins. (1)

 

Au concile de Paris, il s’opposa aux prélats laxistes qui le menacèrent de mort et finirent par le mettre en prison ! Pourtant, il était préparé à tous les renoncements. Avant même de rentrer au monastère, il s’était exercé à toutes les disciplines du couvent pour vérifier qu’il serait bien capable de les vivre toujours. (2) Battu et jeté au cachot pour ses dénonciations du laxisme des moines, il reprit ses harangues dès qu’on le relaxa. 

 

Il s’imposait des pénitences incroyables qu’il cachait avec soin. Pour ses frères, il était miséricordieux, calme, serein et joyeux. Quand il donnait aux pauvres il attribuait ses aumônes à des inconnus dont il se disait l’intermédiaire.

 

En 1094, il fonda un couvent de femmes à Berteaucourt-les-Dames près d’Amiens, avec l'aide de deux fidèles, les dames Godelinde et Elvige. Mais la propriétaire des terrains, qui l'avait autorisé à s'installer à cet endroit, s’inquiéta pour ses récoltes qui risquaient d’être piétinées par la foule, et lui demanda de partir. Gautier retourna donc au monastère de Pontoise où il mourut le 9 avril 1099.

 

Culte de Saint Gautier

 

Gautier fut inhumé dans l’abbaye Martin de Pontoise. En 1153, il fut canonisé par l’archevêque de Rouen Hugues de Boves : c'est d'ailleurs le dernier d'Europe de l'Ouest canonisé par une autorité subalterne :

 

"Le dernier cas de canonisation par un évêque métropolite serait celui de Gaultier, ou Gaucher, abbé de Pontoise, par l'archevêque de Rouen, en 1153. Un bref d'Alexandre III de 1170 en limita dorénavant la prérogative au pape, pour ce qui concernait l'Église d'Occident."

 

L'abbaye devient un lieu de pèlerinage renommé vers le tombeau sculpté de Gauthier, et un puits à l'eau réputée miraculeuse.

 

Au cours de la Révolution française, ses reliques furent translatées par précaution au cimetière de Pontoise, puis l'emplacement exact en fut perdu. Le domaine de Saint-Martin abrite aujourd’hui l'École Saint-Martin-de-France, animée par les oratoriens. Les riches archives de l’abbaye sont conservées aux archives départementales du Val-d’Oise

 

Selon les sources, il est fêté le 23 mars selon le Martyrologe romain, le 9 avril, date de sa mort, et le 4 mai par les diocèses de France.

 

Une chapelle lui est dédiée au lieu-dit Andainville au bois près de son village natal d'Andainville, dans la Somme.

Sources : 1; 2

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8 avril 2026 3 08 /04 /avril /2026 00:00

http://nominis.cef.fr/images/gallerie/juliadenonza_copy1.jpg

Sainte Julie (santa Ghjulia en corse), chrétienne d'origine carthaginoise, Patronne de la Corse, vécut au début de l'ère chrétienne, est fêtée le 8 avril.

 

À Nonza, on note qu'elle a été martyrisée en 303.


Patronne de la Corse avec Ste Dévote, elle est l'une de ces jeunes carthaginoises qu'un marchand d'esclaves allait vendre en Gaule. Elle fut volée dans un port de Corse, comme une vulgaire marchandise, où le bateau relâchait. Elle demeura dans l'île, mais fidèle à sa foi, elle refusa de sacrifier aux divinités païennes. Pour cela, elle fut crucifiée. D'autres récits l'accompagnent de belles légendes.

 

Vierge et martyre: un document remontant au Ve siècle évoque sa passion et le Martyrologe romain ajoute: "... en Corse, Sainte Julie, Vierge, qui, par le supplice de la Croix, obtint la couronne de la Gloire". Chrétienne d’origine carthaginoise, vendue comme esclave, le navire qui la transportait aurait échoué à Nonza, dans le Cap Corse. C’est là qu’en haine de la foi, elle aurait été torturée et crucifiée. C’est là qu’elle fut toujours vénérée avec ferveur.
En Corse, commémoraison de sainte Julie, vierge et martyre.

Martyrologe romain

 

Sources : 1; 2

 

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7 avril 2026 2 07 /04 /avril /2026 00:00
Saint Jean-Baptiste de la Salle, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 113.

Saint Jean-Baptiste de la Salle, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 113.

Au moment où tout le monde constate le désastre de l'éducation républicaine, dite "laïque" et obligatoire, qui a chassé Dieu des écoles, l'augmentation exponentielle des agressions envers les professeurs, ainsi que des violences envers les personnes, la destruction du lien social dans la société, le triomphe du matérialisme, il est toujours utile de rappeler les grands exemples des Saints qui se sont faits les éducateurs dévoués de l'enfance chrétienne dans notre pays. Parmi ces éducateurs, saint Jean-Baptiste de La Salle occupe le premier rang.

 

"C'est l'Église qui a créé le service public de l'enseignement et en a assumé seule la charge pendant plus d'un demi-millénaire. D'abord limitées aux monastères, les écoles se développent à partir du XIe siècle en milieu urbain, autour de certaines cathédrales ou collégiales. Vers 1200, les écoles parisiennes se regroupent dans un corps unique, l'Université. Celle-ci reste d'abord soumise à l'autorité de l'évêque de Paris, puis passe très vite sous le contrôle du pape. Dans le courant du XIIIe siècle l'Université de Parus se scindera en plusieurs facultés, en fonction des disciplines étudiées. [...] Réalisée sous l'autorité de l'Église, l'invention des université fut l'oeuvre de la chrétienté occidentale. [...] C'est aussi l'Église qui, sous l'Ancien Régime, assurera un enseignement du second degré dans les collèges, normalement rattachés à l'université de la région. Financées par des fondations pieuses, confiés à des congrégations telles que les Dominicains, les Oratoriens et surtout les jésuites, les Collèges accueillaient des élèves payants, mais aussi un certain nombre de boursiers, conformément à la volonté des fondateurs. [...] L'Église se chargera [...] de l'instruction des enfants, laquelle sera, sous l'Ancien Régime, dispensée dans ce que l'on appelait les petites écoles. L'autorité épiscopale invitait fréquemment les curés à en créer un maximum, et le pouvoir royal avait prescrit d'en ouvrir partout. Afin de former les maîtres et les maîtresses de ces écoles de paroisse furent fondées plusieurs congrégations dont la plus connue est celle des Frères des écoles chrétiennes, établie en 1680 par S. Jean Baptiste de La Salle." (Jean-Louis HAROUEL, Droite – Gauche, Ce n'est pas fini, Desclée de Brouwer, Paris 2017, p. 137) Pour s'y consacrer pleinement Jean-Baptiste renonce à sa charge de chanoine.

 

Autrement dit, "qui sait [...] que le principe de l'école gratuite pour les enfants du peuple a été introduit en France non par Jules Ferry en 1881, mais par saint Jean-Baptiste de La Salle, fondateur des Frères des écoles chrétiennes, exactement deux siècles plus tôt ?", demande fort justement Jean Sévillia dans "L'Eglise en procès, La réponses des historiens" (Tallandier Le Figaro, Paris 2019, p. 15).

 

Né le 30 avril 1651, Jean-Baptiste appartenait à une noble maison de Reims; il fut orphelin à dix-huit ans. Après l'achèvement de ses études, il veilla si bien à l'éducation de ses frères et de ses sœurs, qu'il eut deux frères prêtres et une sœur religieuse : ce fut le commencement de son apostolat.

 

Ordonné prêtre à l'âge de vingt-sept ans, il comprit, sous l'inspiration de Dieu, le plus grand besoin de son époque, et songea à combler une lacune regrettable dans les œuvres si belles et si multiples de la sainte Église. Après avoir assumé l'éducation de ses six frères et soeurs à la mort de ses parents, il se sentit attiré par celle des enfants pauvres : avec quelques disciples, il fonda l'institut des Frères des écoles chrétiennes. Recruter des jeunes gens, les installer dans sa maison de chanoine de Reims, les former à l'enseignement de l'enfance, tel fut le commencement de son entreprise. Cette entreprise subit dès l'abord des épreuves terribles.

 

Peu de Saints ont eu à souffrir un plus entier crucifiement, que le bienheureux de La Salle. La communauté fut vite déchirée par des conflits internes, des oppositions virulentes venant de prêtres et d'évêques, des dénonciations et des procès. Jean-Baptiste de la Salle, "modèle de régularité, de modestie et de candeur", affronta toutes ces vexations avec patience. Peu de Saints ont montré plus de désintéressement, plus de joie dans le sacrifice ; il poussait l'amour divin jusqu'à joindre à tant de Croix d'effrayantes mortifications volontaires, soutenues par un esprit de prière tout angélique.

 

L'éducation prodiguée par ses religieux non prêtres est rigoureuse et novatrice, avec notamment l'usage du français en lieu et place du latin, un enseignement gratuit, des horaires et un comportement stricts. À l'image de leur fondateur, qui les appelle "ignorantins", les frères de cet ordre se dépouillent de toute propriété et vivent pauvrement. Ils portent un manteau jeté sur les épaules, qui leur donnera leur surnom de "frères quatre bras". 

 

Soucieux du recrutement des maîtres, Jean-Baptiste crée une école normale d'instituteurs avant la lettre. 

 

La bénédiction de Dieu ne pouvait manquer à son œuvre, et, en peu d'années, l'Institut comptait seize écoles, où plus de quinze cents enfants recevaient les leçons de la vertu et de la science ; mais chaque année les développements devenaient de plus en plus merveilleux, et quand le saint fondateur, affaibli par la maladie, força ses frères à accepter sa démission, en 1717, toute la France était couverte par les légions de son armée pacifique. 

Saint Jean-Baptiste de La Salle, peinture de Pierre Léger

Saint Jean-Baptiste de La Salle, peinture de Pierre Léger

Jean-Baptiste de La Salle employa les deux dernières années de sa vie à sa propre sanctification : "La victime est prête à être immolée ; il faut travailler à la purifier", disait-il.

 

Il meurt un Vendredi Saint, lui dont le coeur, des années durant, avait été transpercé par les trahisons et les calomnies. En 1719, à sa mort, 274 frères, répartis en vingt-six maisons, enseignaient à 9 885 élèves dans 23 écoles. À la veille de la Révolution, il y avait, en France, 930 frères, répartis en 128 établissements et donnant l'instruction à 35 700 élèves.

 

Comme toutes les autres congrégations enseignantes, l'institut des Frères sera supprimé le 18 août 1792 par un décret de l'Assemblée législative; le secrétaire général de l'Institut, Nicolas Leclercq (frère Salomon), béatifié par la suite, puis canonisé par le pape François en 2016, premier saint martyr de la Révolution française, sera assassiné dans la prison des Carmes à Paris le 2 septembre 1792. Toutes les écoles seront évacuées le 1er octobre 1792. Les frères réfractaires n'auront droit à aucune indemnité. Tous les biens de l'Institut seront saisis.

 

Béatifié en 1888 et canonisé en 1900, il figure parmi les grands éducateurs dans une des niches supérieures de la basilique Saint-Pierre de Rome.

 

Le Pape Pie XII a déclaré S. Jean-Baptiste de la Salle "patron de tous les éducateurs chrétiens."

 


Voir aussi le site Internet des Lassaliens en France et sur le site du diocèse de Reims: Jean-Baptiste de la Salle - Un saint rémois (1651-1719).

Le Pape Léon XIV a rencontré les Frères de La Salle. Rappelant les paroles de saint Jean-Baptiste de La Salle : "Votre autel est la salle de classe", il a fait l'éloge de leur mission éducative et les a encouragés à continuer à "inspirer des chemins de sainteté joyeux et fructueux".

Saint Jean-Baptiste de la Salle, image pieuse populaire, 1846, Milan, Civica Raccolta delle Stampe, A. Bertarelli, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 212-213.

Saint Jean-Baptiste de la Salle, image pieuse populaire, 1846, Milan, Civica Raccolta delle Stampe, A. Bertarelli, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 212-213.

Sources: (1) ; (2) ; (3) ; (4) Calendrier perpétuel, Les saints en 365 jours, éd. Chêne ; (5) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 112.

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5 avril 2026 7 05 /04 /avril /2026 02:00

Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. »

Matthieu 28:10

Bonnes et Joyeuses Fêtes de Pâques à tous !

La fête de Pâques se célèbre dans l'Église chrétienne en mémoire de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ

 

"Inaugurées dans la nuit de Pâques, les fêtes de la Résurrection vont se prolonger pendant quarante jours. Elles se complèteront par les fêtes de l’Ascension et de la Pentecôte, couronnement des mystères du Christ et rayonnement de sa vie sur la nôtre par l’envoi du Saint-Esprit.

Le Temps pascal est le temps de la vie nouvelle. Celle du Sauveur d’abord, à jamais vivant d’une vie qui n’appartient plus à la terre, et qu’un jour nous partagerons au ciel avec lui. La nôtre ensuite ; du Christ à nous, il y a plus que la certitude de le rejoindre ; arrachés par lui au pouvoir de Satan, nous lui appartenons comme sa conquête et nous participons à sa vie." (Dom G. Lefebvre, Dimanche de Pâques, Textes avec commentaire de Dom Guéranger, dans l’Année liturgique )

 

D’après les Évangiles, c’est le jour de la fête juive de Pâque, commémorant la délivrance de l'esclavage en Égypte (Ex 12,1,28), qu’eut lieu la résurrection du Sauveur. 

 

Dès la pointe du jour, de pieuses femmes vinrent au sépulcre, avec des aromates pour achever l'embaumement. Pendant cet intervalle, il se fit un grand tremblement de terre aux environs du tombeau. Le Sauveur en sortit vivant, glorieux et triomphant, et un ange descendit du ciel, renversa la pierre qui fermait le sépulcre et s'assit dessus. Les gardes demeurèrent d'abord comme morts, puis ils prirent la fuite et allèrent rapporter aux princes des prêtres ce qu'ils avaient vu. Ceux-ci leur donnèrent de l'argent pour dire qu'on était venu enlever le corps pendant qu'ils dormaient. 

Bonnes et Joyeuses Fêtes de Pâques à tous !

Cependant les saintes femmes pénétrèrent dans l'intérieur, et n'y trouvèrent que des linges qui avaient enveloppé le corps. Leur inquiétude fut extrême; mais des anges les rassurèrent, et leur apprirent que Jésus-Christ était ressuscité. Lui-même, il apparut à sainte Marie-Madeleine (Mt 28,1-10 ; Mc 16,1-10 ; Lc 24,1-10 ; Jn 20,1-18), à Jean et à Pierre (Jn 20,2-4), aux deux disciples d'Emmaüs (Lc 24:13), et aux onze apôtres assemblés (1Co 15,5 Mc 16,14 ; Mt 28, 16-17Lc 24,33).

 

Les apparitions de Jésus ressuscité continuèrent; on le vit, on le toucha; on mangea et conversa avec lui. Les plus incrédules se rendirent; la conviction était portée à son comble.

 

La mort de Jésus, sa résurrection, et le don du Saint-Esprit à Pentecôte, cinquante jour après Pâques, sont le déploiement du même mystère, le mystère pascal ou temps pascal. Saint Pierre le dit longuement à la foule à Jérusalem le jour de la Pentecôte (Ac 2:23-33). Cela reflète la relation entre les fêtes de la Pâque juive et le Chavouot/Pentecôte, qui commémore l'alliance que Dieu fait avec Israël.

 

L'histoire d'Israël, elle-même, est porteuse d'un dynamisme messianique qui la dépasse, puisque le peuple ancien porte déjà en lui de façon embryonnaire les noms mêmes qui seront ceux du Ressuscité : Christ, fils, serviteur. Ce dynamisme s'accomplit dans la Pâque, qui est un mystère d'attraction de tout, même l'ancienne Alliance dans son entièreté, de ses Écritures et de son peuple. L'Église plonge donc ses racines en Israël, lequel à son tour est enraciné dans le Christ pascal. (François-Xavier DURRWELL, La Trinité, Le Père engendre le Fils dans l'Esprit, Cerf, Paris 2021, p. 14).

 

Aujourd'hui on se prépare à cette grande fête par le jeûne solennel de quarante jours, que nous appelons le carêmeLes plus anciens monuments nous attestent que cette solennité est de même date que la naissance du christianisme, qu'elle a été établie du temps des apôtres. Dès les premiers siècles, la fête de Pâques a été regardée comme la plus grande et la plus auguste fête de notre religion, avant Noël; le moment qui explique et résume l'Écriture.

 

C'est avec la Résurrection du Seigneur que prend toute sa valeur la mission de Jésus. La fête de Pâques renfermait les huit jours que nous nommons la Semaine sainte, et l'octave entière du jour de la Résurrection; on y administrait solennellement le baptême aux catéchumènes; les fidèles y participaient aux saints mystères avec plus d'assiduité et de ferveur que dans les autres temps de l'année; on y faisait d'abondantes aumônes : la coutume s'introduisit d'y affranchir les esclaves; plusieurs empereurs ordonnèrent de rendre à cette occasion la liberté aux prisonniers détenus pour dettes ou pour des crimes qui n'intéressaient point l'ordre public.

 

 

La fixation de la date de Pâques a été réalisée par S. Léon le Grand qui intervint dans la querelle qui avait repris au Ve siècle concernant la date de la fête de Pâques. Le concile de Nicée (325) avait mis fin aux anciennes controverses en condamnant définitivement les quartodecimans qui voulaient célébrer Pâques avec les Juifs le 14 Nisan, et en fixant cette fête au dimanche qui suit la pleine lune de mars. Alexandrie avait été chargée de la notification de cette décision. Mais au milieu du Ve siècle, on mit en doute de-ci de-là l'exactitude des calculs alexandrins. S. Léon trancha en faveur des décisions prises et des calculs faits à Alexandrie, par "souci de l'unité qu'il importe avant tout de conserver." (Source: Daniel-Rops, Histoire de l'Eglise du Christ, tome III L'Eglise des temps barbares, Librairie Arthème Fayard, Editions Bernard Grasset, Paris 1965, p. 91.)

 

"Dans les Églises des Gaules et des autres contrées occidentales, on chanta longtemps à la Procession qui précédait la Messe, d’admirables strophes de saint Venance Fortunat, évêque de Poitiers.'' (Dom G. Lefebvre, Dimanche de Pâques, Textes avec commentaire de Dom Guéranger, dans l’Année liturgique )

 

De nos jours, la plupart des Églises chrétiennes célèbrent Pâques à une date indépendante du calendrier juif selon les prescriptions du Concile de Nicée et de S. Léon au Ve siècle. Seules quelques cultes évangélistes schismatiques suivent le calendrier juif : "Église de Dieu du Septième Jour", "Baptistes du Septième Jour", "Témoins de Jéhovah", "Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours."

 

"Le dimanche, où, de par la tradition apostolique, est célébré le mystère pascal, doit être observé dans l’Église tout entière comme le principal jour de fête de précepte." (CEC 2177)

 

Après la fête du dimanche du Pâques, les employeurs donnaient traditionnellement un jour de repos. Cette coutume civile a été conservée sous Napoléon et par la République. 

Bonnes et Joyeuses Fêtes de Pâques à tous !

La Résurrection du Christ est le grand miracle devant lequel l'incrédulité est forcée de s'avouer vaincue

 

Les ennemis de Jésus-Christ ayant voulu le faire passer pour un imposteur, les mesures mêmes qu'ils avaient prises pour dévoiler sa prétendue imposture ne devaient servir, en rendant impossible l'enlèvement de son corps, qu'à les confondre eux-mêmes, et à donner une force irrésistible à cette preuve capitale de Sa divinité.

 

Après la Résurrection, beaucoup des Juifs qui se sont convertis l'ont fait en méditant les prophéties juives du Messie devant mourir au combat pour son peuple. "Et après soixante-deux semaines, le Christ sera mis à mort" (Dn 9,26). (Cf. Robert EISENMAN, défenseur de la thèse du Messie mourant à la guerre in Michael WISE, Martin ABEGG, Edward COOK, Les Manuscrits de la mer Morte, Perrin 2003, page 361. Le fragment 5 de 4Qumran 285,11Q14 décrit l’exécution d’un messie.)

 

"Car il s'est dépouillé lui-même jusqu'à la mort, et il a été compté avec les pécheurs, alors qu'il portait le péché des multitudes et qu'il intercédait pour les pécheurs" (Is 53 ,5-12). Jésus n'a donc pas immédiatement annoncé à ses disciples qu'il était le Christ et qu'il serait mis à mort, car il devait accomplir sa mission. Le Messie devait d'abord mourir et ressusciter le 3e jour, conformément aux Écritures (Osée 6, 2). Jésus défendit même à ses disciples de dire à personne qu'il était le Christ. "Alors, il ordonna aux disciples de ne dire à personne que c'était lui Christ. À partir de ce moment, Jésus commença à montrer à ses disciples qu'il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter." (Mt 16, 20-21.) Leur disant cela, les disciples ne comprenaient pas. Et en effet, beaucoup n'ont compris la messianité de Jésus et n'ont cru en Lui qu'après la Résurrection.

 

C'est la semence de la Résurrection en nous qui nous fait reconnaître la vraie nature de Jésus-Dieu

 

Marie-Madeleine, d'abord, crut à un enlèvement du corps de Jésus, les disciples d'Emmaüs (Luc 24, 22-24), les apôtres (Luc 24, 11) n'ont d'abord pas cru en sa résurrection ni n'ont reconnu immédiatement le Christ Ressuscité parce qu'il leur manquait cette semence de la Résurrection. (Jésus le dit dans Le Livre du Ciel de Luisa Piccarreta).

 

"Leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître" nous dit Luc 24,16 au sujet des disciples d'Emmaüs. En effet, cela ne correspondait pas à ce qu’ils attendaient. À la veille même de l’Ascension du Christ, les Actes nous disent qu’ils ont demandé à Jésus s’il allait "restaurer la royauté en Israël" (Ac 1, 6). Ils restaient encore accrochés à un messianisme immédiatement triomphant. Jésus était 'ressuscité d’entre les morts" (Jn 20, 9), sans que la Résurrection finale et son triomphe eschatologique soient arrivés. Il apparaît donc de manière non glorieuse, tout ordinaire : Marie-Madeleine le prend pour le jardinier, les disciples d’Emmaüs pour un voyageur et les apôtres qui pêchent dans le lac de Galilée voient la silhouette d’un inconnu sur le rivage.

 

Jésus apparaissait et disparaissait. Si au moins il était resté tout le temps avec eux, mais sa présence était intermittente. On dit d’habitude qu’il est passé à travers les portes ou les murs du Cénacle ("Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : La paix soit avec vous !". Jn 20,19). Mais, non, cela voudrait dire qu’il venait de l’autre côté de la porte ; pas plus qu’il n’a eu à rattraper les disciples d’Emmaüs sur le chemin. Jésus était là dans toute sa réalité ; et puis il n’était plus là. Car Jésus n’est pas revenu comme Lazare à la vie de ce monde. Jésus ressuscité n’appartient plus à notre monde, c’est notre monde qui lui appartient. Lui, dans son humanité ressuscitée, appartient au monde à venir dont il est "les prémices" (1 Co 15, 20.23).

 

Il n’est plus soumis aux lois de la pesanteur, ni à celles de la distance ou du temps ; il n’ y a plus pour lui de barrières infranchissables. (Christ est vivant.fr)

 

Cela lui donne la possibilité de se rendre réellement présent partout où il veut dans notre monde, sans être contenu par aucun de ces lieux. Non pas qu’il soit partout, il est ailleurs. C’est très exactement ainsi qu’il se donne à nous dans le sacrement de l’eucharistie quand il se rend présent sur tous les autels et dans tous les tabernacles sans être contenu par aucun. La présence du Christ ressuscité continue parmi nous, de manière très réelle même si voilée par les signes du pain et du vin, dans le sacrement de l’eucharistie. Jésus a donc dû apporter sans cesse aux apôtres la solidité de la paix que donne la foi. (Toulouse Dominicains)

 

Les disciples d'Emmaüs sont découragés, ils ont perdu l'espérance, ils continuent le mouvement de dispersion provoqué par la crucifixion de Jésus. Celui-ci les rejoint inopinément, mais ne révèle pas son identité : il entre dans leur tristesse et la transforme progressivement en joie, en leur donnant une leçon sur les Écritures qui rend leur cœur tout brûlant. Ce sont eux qui le reconnaissent à la fraction du pain, un geste particulièrement familier à Jésus, celui qui l'évoque tout entier. Thomas, également, n'a compris la messianité divine de Jésus et n'a cru qu'après la Résurrection. "Alors Thomas lui dit : Mon Seigneur et mon Dieu ! (Jean 20, 28). Jésus ne le corrige pas pour cette assimilation de Sa personne à Dieu. Jésus au contraire lui répond : Heureux celui qui croit sans voir. Jésus n'est pas reconnu comme tel par la simple perception sensorielle, mais bien par les yeux de la foi, par une expérience spirituelle, une rencontre et grâce à des paroles qui expliquent le sens des Écritures.

 

Après la Résurrection, Jésus est resté sur terre pendant quarante jours au cours desquels il est apparu plusieurs fois à ses disciples dans son corps glorieux avant son Ascension au Ciel. Combien de fois ? ? Nous ne le savons pas précisément, car comme il est dit dans l’Évangile de Jean : "Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre." (Jn 20, 30) (Aleteia.org)

Bonnes et Joyeuses Fêtes de Pâques à tous !

La Résurrection est la pierre angulaire que les Écritures attribuent au projet du Salut.  

 

Une loi du devenir dans la mort et la Résurrection du Christ

Les œuvres du Christ ne reculent pas, mais elles progressent.

Saint Bonaventure

La Résurrection est l'effusion de la plénitude de l'Esprit-Saint dans cet homme, Jésus, offert sur la Croix à son Père. (François-Xavier DURRWELL, La Trinité, ibid., p. 5-6.)

 

La mort et la résurrection signifiaient pour le Christ lui-même, la fin d'une vie "selon la chair" et l'entrée dans la vie de l'Esprit; la Rédemption est accomplie dans le Christ; elle fut pour Lui un drame personnel. Et les hommes sont sauvés non par distribution des mérites du Christ mais par communion avec lui. (F.-X. DURRWELL, Jésus Fils de Dieu dans l'Esprit Saint, Desclée, Paris 1977, p. 39, n. 1, cité in F.-X. DURRWELL, La Trinité, ibid., p. 6).

 

La Pâque du Christ est le mysterium princeps à partir duquel doit être repensé le mystère de l'Église, des sacrements, de l'homme et de son agir responsable. La Résurrection constitue l'événement sommet et terminal du Salut. Elle n'est pas l'anticipation de l'eschatologie (discours sur la fin du monde ou fin des temps), mais l'eschatologie elle-même. (F.-X. DURRWELL, La Trinité, ibid., p.7; 9-10).

 

Dieu s'est fait chair (Jn 1,14. "Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.")

 

"Celui qui est le roi de gloire", "le Seigneur vaillant des combats" (Ps 23,7-8) est venu "sans armes, sans la force car il ne prétend pas conquérir, pour ainsi dire, de l'extérieur, mais entend plutôt être écouté de l'homme dans sa liberté." (Benoît XVI, Audience générale de la Catéchèse du mercredi 23 décembre 2009).

 

"Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! Sur son épaule est le signe du pouvoir; son nom est proclamé : Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince de la Paix (Prophétie d'Isaïe 9,5 qui parle d'un Messie Dieu-Fort). "Il vient lui-même et va vous sauver. Alors se dessilleront les yeux des aveugles, et s’ouvriront les oreilles des sourds. Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie", annonce encore Isaïe 35,4Il a pris sur Lui nos infirmités, nos maladies, nos iniquités (Isaïe 53, 3-6). Dans cet échange, Dieu Père n'est pas exactement le même que lorsqu'il est Dieu Fils dans son humanité, qui lui-même n'est pas le même que Dieu-Père avant qu'il ne soit retourné à Dieu Père dans son Corps glorieux (ressuscité).

 

Les apparitions du Ressuscité aux disciples expriment une communication inattendue entre un corps glorieux et des corps non ressuscités. Les disciples ne l'ont pas immédiatement reconnu. Si l'on a bien réalisé le caractère étrange de la manifestation d'un corps glorieux à des hommes restés dans les conditions de notre monde, cela apparaît très cohérent (La Croix).

 

L'incarnation, la mort et la résurrection ont prétention salvifique. Il y a un aspect profond qui garantit aux trois mystères unité et salut.

 

La vérité de l'incarnation du Verbe impose la nécessité d'une soumission terrestre à la loi du devenir. Cette loi exige que le mystère de la filiation s'incarne dans toute l'existence terrestre jusqu'au moment sommet de la vie représenté par la mort.

 

Dans la Pâque de Jésus s'accomplit le mystère de l'incarnation parce que dans la mort, comme moment synthétique et sommet de la vie, le Fils de Dieu fait homme accueille du Père qui le ressuscite le don de sa propre filiation. C'est précisément ce mystère de la filiation qui garantit unité et pouvoir salvifique à l'incarnation, mort et résurrection de Jésus. (F.-X. DURRWELL, La Trinité, ibid., p. 8-9).

 

Le Christ glorieux apparaît avec ses plaies. La Résurrection ne dépasse pas la mort du Christ; elle ne la renie pas. Au contraire : elle la glorifie, l'éternise, la transfigure, la transforme en son contraire, de sorte que, de fin de vie, elle soit inversée en plénitude vie toujours naissante. (François-Xavier DURRWELL, La Trinité, Le Père engendre le Fils dans l'Esprit, Cerf, Paris 2021, p. 8-9; 11; 75)

 

Saint Paul explique ainsi cette loi du devenir :

 

"Il s’agit pour moi de connaître le Christ, d’éprouver la puissance de sa résurrection et de communier aux souffrances de sa passion, en devenant semblable à lui dans sa mort, avec l’espoir de parvenir à la résurrection d’entre les morts. ... Une seule chose compte : oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant, je cours vers le but en vue du prix auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus."  (Ph 3, 10-14)

 

C'est dans le Ressuscité et son mystère pascal, et non dans une action reportée ou prolongée à partir de lui, que les croyants ressusciteront. Leur corps sera incorruptible, fort, glorieux et spirituel (Voir 1 Co 15,42-44).

 

"La logique même du péché est vaincue sur son propre terrain; nous sommes libérés de la mort spirituelle par la mort éminemment sainte du Christ. (Quodlibet II, q. 1, a. 2, c). ... 'Le Fils de Dieu n'est pas venu détruire la souffrance, écrit Claudel, mais pour souffrir avec nous. Il n'est pas venu pour détruire la croix, mais pour s'étendre dessus.' (P. CLAUDEL, Les Invités à l'attention). Il a ainsi atteint le mal en sa racine même, triomphant de la souffrance par la souffrance." Le Christ vivifie de l'intérieur la souffrance humaine. ... Le chrétien n'est pas isolé dans sa souffrance, un autre est là qui ne le laisse jamais seul : telle est la consolation (con-solation) que le Christ apporte au malade à travers le sacrement de l'onction.

 

"... Les mots du pape Benoît XVI prennent alors tout leur relief : '... L'homme ne porte plus seul son épreuve, mais il est conformé au Christ qui s'offre au Père, en tant que membre souffrant du Christ, il participe, en lui, à l'enfantement de la nouvelle création.' (Benoît XVI, Le Sourire de Marie, Homélie à Lourdes du 15 septembre 2008, DC n° 2409 (2008), p. 867-870).

 

"... Déjà par le baptême et les autres sacrements, le fidèle est identifié par mode de configuration sacramentelle au Christ pascal : il est ainsi mystiquement descendu dans la mort du Christ, participant à la rédemption que celle-ci apporte à l'humanité déchue." [Père ROBERT AUGÉ, Dieu veut-il la souffrance des hommes? La souffrance humaine dans le dessein divin selon saint Thomas d'Aquin, Artège Lethielleux 2020, p. 543, 611, 657.]

 

"La mort est le préalable de la glorieuse venue du Fils de l'homme, elle caractérise la messianité de Jésus (Mt 16, 13-23).

 

 

Le partage du destin de mort sera, pour les disciples, la condition de leur accès au Royaume (Mc 10,39), leurs relations au Royaume étant celles mêmes qui les unissent à Jésus. 

 

Saint Paul professe que l'homme meurt à la chair de péché - trouve donc la rémission des péchés - et ressuscite à la vie 'dans le Christ' (Rm 6,11; 8, 1 et suiv.; 1 Co 15,22; Col 2,11.) C'est là que nous atteint la rédemption (Rm 3,24; 1 Co 1,30; Col 1,14), que nous acquérons le Salut (cf. 2 Tm 2,10); là est le lieu où se communique la justice de Dieu (2 Co 5,21 ; Ga 2,17). Or c'est toujours d'une communion au Christ de gloire que nous parle la formule 'dans le Christ'.

 

Plusieurs textes baptismaux parlent d'une communion au Christ en sa mort : 'baptisés dans le Christ Jésus, c'est dans sa mort que nous avons été baptisés. Nous avons été ensevelis avec lui par le baptême en la mort... Notre vieil homme a été crucifié avec lui.' (Rm 6, 3-6). Du haut de la gloire, descendent sur tous les hommes les effets de la mort. La mort et la résurrection constituent le point central du programme de Jésus. Le sens de la mort est dans la gloire du Règne, qu'elle inaugure. (François-Xavier DURRWELL, La Trinité, ibid., p. 49, 55,57,62,65.)

 

La Résurrection est à part entière et dans le sens le plus réel du terme une génération filiale. Dieu a ressuscité Jésus. Ainsi est-il écrit dans les Psaumes : Tu es mon fils, moi-même aujourd'hui je t'ai engendré. (Ac 13, 33). La communauté primitive déclare le Christ constitué pleinement Fils par la résurrection (voir Rm 1,4). Bien que le titre de Fils puisse être considéré en un sens messianique, il exprime aussi l'intimité avec Dieu et l'appartenance à Lui, plus qu'un pouvoir et une mission. Dans la mort, Jésus est ressuscité dans l'Esprit du Père, ou encore il est engendré par Lui. (F.-X. DURRWELL, La Trinité, ibid., p. 11). 

 

L'homme a un visage christique, sa vie est une vie dans la mort, où ce qui est mort dans le Christ est mort aussi en lui (le péché in primis). Il appartient à une humanité nouvelle, il est réellement fils de Dieu. Engendré dans l'acte même d'engendrement du Christ, il perd les traits serviles et assume la ressemblance avec le Père (voir Col 3,9 s.)

 

Sa morale n'est pas celle d'un perfectionnisme dans l'observance d'une loi, ni celle d'une initiative personnelle, aussi consciencieuse qu'elle soit. C'est plutôt une morale communionnelle, une morale du consentement  et par là de l'accueil de l'action formatrice de l'Esprit de Dieu qui l'engendre continuellement dans la chair, en un passage continu en lequel s'achèvera l'appel à la pleine communion avec le Fils.

 

L'agir croyant aura donc toujours la forme de la Pâque, de la conversion, du passage, de la communion, de la réponse accueillante et libre d'une action d'engendrement...; exactement comme le Fils accueille le dont du salut rédempteur dans la mort. (F.-X. DURRWELL, La Trinité, ibid., p. 15-16).

 

"Notre Seigneur Jésus, crucifié pour nous, est le fondement de notre espérance, & c'est de lui, & par lui, que nous devons attendre la justice & le bonheur, qui sont les deux grands objets de l'espérance chrétienne. Ceux qui ne sont pas éclairés par la foi, ou qui ne suivent pas la lumière, séparent ces deux choses, en désirant le bonheur, sans désirer la justice, qui est le seul moyen d'y parvenir. Mais ces deux choses sont inséparablement unies. Sans la justice véritable, on sera toujours malheureux : & avec elle, on ne peut l'être. ''L'affliction et le désespoir, dit S. Paul, accableront tout homme qui fait le mal. [...] Et au contraire, l'honneur, la gloire, & la paix seront le partage de tout homme qui fait le bien.'' (Rom 2,2) La loi éternelle l'ordonne ainsi."

De quelque côté que l'homme se tourne, s'il cherche hors de Dieu la paix & le bonheur, il ne trouvera qu'affliction et misère. Plus l'homme cherchera dans des biens étrangers celui qu'il n'a pas, plus il augmentera son indigence, en augmentant son agitation. Hors du Seigneur, il n'y a qu'une vaine apparence de félicité, qui cache aux imprudents un vide affreux & une réelle misère.

"En nous disant que c'est par les souffrances que le chef & le prince du salut a été consommé & perfectionné, S. Paul aux Hébreux nous enseigne que c'est aussi par les souffrances que le mérite des saints devient plein & parfait. (Héb 10, 12-14 ; Lc 24,46) [...] Il nous dit dès le commencement de sa prédication, que "quiconque ne portait pas sa croix, & ne le suivait pas, n'était pas digne de lui, & qu'il ne pouvait pas être son disciple. (Lc 14,27). [...] Nous ne pouvons vivre avec Jésus-Christ qu'en mourant avec lui. Nous ne pouvons partager sa gloire, qu'en partageant ses souffrances.

[...] Entre les souffrances, [...] il faut faire usage de toutes, en commençant par celles que Dieu lui-même a imposées à l'homme, & qui font partie de la pénitence générale à laquelle il l'a condamné en le chassant du paradis terrestre; en se cachant de lui; en l'obligeant à un continuel combat contre la concupiscence, dont les branches & les racines sont inépuisables; en l'exerçant par les infirmités du corps, qui s'augmentent avec l'âge; en le tenant toujours exposé au danger de la mort; en l'assujettissant à une suite d'événements dont il n'est pas le maître; en lui faisant un devoir du travail; en l'environnant de besoins; de servitudes; de nécessités qui se succèdent [...]; en le soumettant à des maîtres qui ne dépendent pas de son choix. [...] "Car celui qui voudra sauver son âme (sa vie) la perdra; et celui qui la perdra pour l'amour de moi, la sauvera." (Mc 8,35) Il faut donc que du côté du cœur & de l'amour, un tel sacrifice soit réel et sérieux. [...] Les occasions où le sacrifice réel & extérieur est exigé, sont rares. Mais celles où il faut du courage pour être fidèle à son devoir & à sa conscience, sont plus fréquentes." (Abbé Jacques-Joseph DUGUET, Explication du Mystère de la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ suivant la Concorde, volume 1, éd. Jacques Estienne et François Babuty, Paris 1728, rééd. Lightning Source Milton Keynes UK, p. 150; 285-286; 340; 343; 364; 368.)

 

"La force que Jésus-Christ communique à ceux qui souffrent pour lui, élève l'âme au-dessus de toutes passions capables de l'affaiblir. Elle la prépare aux plus grands combats par le mépris des délices, du repos, des espérances du siècle; par l'amour de la pauvreté, de l'obscurité, de la prière; et par le détachement de tout ce qu'on aimait légitimement.. [...] Cette force, est une force spirituelle, qui guérit l'âme, qui l'élève au-dessus des passions capables de l'amollir, qui l'attache à des devoirs d'une manière ferme & confiante. Cette force est celle de la charité, c'est-à-dire de l'amour de la justice & de la sainteté, qui surmonte les douleurs, après avoir vaincu la volupté, & qui se rend maîtresse de la crainte & du sentiment des maux les plus pressants, après avoir triomphé de tous les désirs & de tous les attraits de la cupidité.

 

"La première victoire n'est pas celle que l'on remporte par la patience, & le premier ennemi qu'on a à combattre, n'est pas la douleur. Il faut te préparer à ce combat par la haine des délices; par l'amour de la pauvreté; par une vie humble; & cachée autant qu'il est possible dans une salutaire obscurité; par la fuite du siècle; par le mépris de la fausse gloire & de ses vaines promesses; par la miséricordes envers les pauvres; par une vie sérieuse remplie de devoirs & de saintes actions; par une prière assidue & fervente; C'est par où il faut commencer. Car on sera toujours faible, si l'on aime quelque chose que le monde puisse nous ôter. [...] On cédera enfin à des persécutions, si l'on n'est pas au-dessus de ses promesses, & de ses manières séduisantes & flatteuses. 

"Il n'est pas nécessaire que l'on tienne à beaucoup de choses, ni qu'on ait de grandes espérances pour être affaibli par une occasion importante & décisive. Il suffit qu'on s'aime soi-même, qu'on aime son repos, sa liberté, son obscurité même, où l'on est tranquille; & où l'on espérait d'être à l'abri. Il suffit de tenir à la vie, à sa santé, à ses livres, à ses amis, à son emploi, souvent juste & nécessaire. Il suffit de désirer de ne pas déplaire & de n'être pas désapprouvé; de vouloir conserver la paix avec tout le monde, de craindre d'être singulier; & de s'engager dans un combat, dont la durée et la fin sont incertaines. Il suffit de retenir dans son cœur quelque attachement qui donne prise au monde ou à l'ennemi de notre salut, & qui lui serve comme le premier anneau de la chaîne qu'il nous prépare.

"[...] Le moyen unique pour résister à toutes les tentations, est de croître tous les jours dans l'amour de Jésus-Christ, de s'y affermir, de s'y enraciner, & de demander par une prière continuelle, qu'il nous rende supérieurs à tout autre amour, à toute autre crainte, & à toute autre espérance." (Abbé Jacques-Joseph DUGUET, Explication du Mystère de la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Chris, ibid., p. 98-99; 338)

Bonnes et Joyeuses Fêtes de Pâques à tous !

L'agir salvifique dans le cadre trinitaire

 

La dimension filiale déployée dans la Pâque est salvifique. Jésus meurt à l'heure de la prière, il meurt en priant. À l'heure de son élévation sur la Croix, tout son être devient prière et, dans la prière, accueille le don engendrant du Père qui l'exauce dans la Résurrection (voir He 5, 7-9). Et c'est l'Esprit qui déclenche cette supplication filiale du Christ qui, dans la mort, est sauvé par son Père. 

 

L'initiative vient du Père et de son action engendrante, et non de l'homme-Dieu Jésus. Si le Père sauve en engendrant, le Fils sauve en consentant. Dans le salut, l'Esprit personnalise le Père et le Fils qui deviennent dans la Pâque ce qu'ils sont dans l'éternité. Le salut est une réalité de communion, avant que d'être une expiation des péchés. (F.-X. DURRWELL, La Trinité, ibid., p. 20).

 

"Béni soit Dieu , Père de notre Seigneur Jésus-Christ!" (1 P 1,3; 2Co 1,3; 11-31; Ep 1,3; 1 Co 1,4; Ph 1,3 ; Col 1,3). Saint Paul unit "l'action de grâce rendue à Dieu, Père de notre Seigneur Jésus-Christ" et le souhait que soient données aux fidèles "grâce et paix de par Dieu, notre Père. (Col 1,2; Rm 1,7; 1 Co 1,3; 2 Co 2,2; Phm 3) Paul appelle Dieu ''notre Père" dans des contextes où il parle du Christ et situe ainsi les fidèles dans la relation de Jésus avec son Père. Dieu est aussi pour les fidèles le Dieu-Père. (F.-X. DURRWELL, La Trinité, ibid., p. 387-388).

 

"Quiconque se joint au Christ dans le mystère de sa pâque, le Père le 'ressuscite ensemble avec' le Christ, l'engendre en Lui, le 'fait asseoir dans les cieux en Christ Jésus'. (Ep 2,6; Ph 3,20) Il en fait une "pierre vivante" dans la construction de la maison spirituelle (1 P 2,5). Et au-delà de la multitude humaine, le ciel étend sa grâce sur la création entière, pour qu'elle "ait part à la glorieuse liberté des enfants de Dieu" (Rm 8,21), car elle est filiale tout entière, créée en Christ er vers lui (cf. Col 1,16).

 

Le centre de la communion (avec Dieu) est donc ce Fils en son engendrement, c'est-à-dire le Fils dans l'Esprit qui est amour.' (F.-X. DURRWELL, La Trinité, ibid., p. 463-464). Le Christ est l'alpha et l'omega de la création (Ap 21,6).

 

La gloire qui exalte Jésus auprès de Dieu, non seulement le donne comme tête à l'Église (Ep 1,22), mais elle l'établit seigneur de l'univers (Ph 2,11). Le Christ est, en toutes choses, "principe (Col 1,18), "prémices de l'activité (de Dieu), prélude à ses œuvres" (Cf. Pr 8,22; Si 24,9, textes concernant la sagesse de Dieu en laquelle la foi chrétienne a reconnu le Christ) : la création entière est fondée sur lui. Car Dieu, en créant, étend sur tous les êtres l'amour qui engendre le Fils, les englobant dans l'unique mystère. Saint Paul affirme ainsi la seigneurie universelle du Christ, dont la puissance s'exerce jusqu'à la racine des choses (Col 1,12-20). (F.-X. DURRWELL, La Trinité, ibid., p. 465.)

                                              

L'engendrement du Fils qui est à l'origine de la création (Ap 3,14; Col 1, 16) en est aussi l'avenir : "Tout est créé vers lui". 1 Col, verset 16 : on traduit d'ordinaire "Tout est créé pour lui", mais la préposition grecque eis dit plus que en faveur, elle exprime un mouvement vers le Christ. C'est de même que les fidèles sont baptisés dans (eis) le Christ et dans sa mort (Rm 6,3), baptisés à (eis) un seul corps (1 Co 12,13), non seulement en faveur du Christ, mais dans un mouvement vers Lui. Le monde naît dans un mouvement qui le porte vers le Fils en son éternelle naissance. (F.-X. DURRWELL, La Trinité, ibid., p. 470)

                                  

Dans la Résurrection, le Père est le don. Le Fils accepte ce don dans sa mort.

 

Dans la Pâque, le Fils se révèle et se donne comme celui qui accueille le Père dans la mort, tandis que le Père se révèle et se donne dans la résurrection comme celui qui engendre le Fils. 

 

La mort filiale constitue le lieu où la mort humaine devient le contraire d'elle-même : de fin de vie, elle établit son véritable commencement, de destructrice elle devient créatrice, de solitaire elle se transforme en lieu de pleine communion avec le Fils. 

 

À l'intérieur du mystère trinitaire lui-même, il y a donc une priorité de la résurrection sur la mort, parce que le don a priorité sur l'attente accueillante.

 

Le mystère pascal est un évènement salvifique qui accomplit un véritable devenir dans la vie de Dieu, puisque en Jésus, Dieu est devenu pour nous ce qu'il est dans son mystère éternel : le Père du Fils unique.

 

Le devenir divin s'inscrit dans le devenir plus grand et éternel qui est dynamisme continuel d'un Père qui engendre le Fils, dans le mouvement agapique de l'Esprit.

 

La différence essentielle entre le Fils et les fils réside dans le fait que si le Christ est engendré par une action du Père sans médiation, les chrétiens, eux, deviennent fils par l'indispensable médiation du Fils pleinement incarné dans le mystère pascal.

 

Le Père constitue la véritable origine de tout mystère présent dans l'Église. De l'Apôtre, par exemple, il participe à la même action par laquelle le Père ressuscite le Christ dans la multitude des hommes. Ou même de l'Eucharistie : c'est le Père, en effet, qui, en engendrant le Fils, fait de lui le Seigneur de la table et, en même temps, le pain et la coupe. (F.-X. DURRWELL, La Trinité, ibid., p. 27-28). 

 

Grâce au Fils, nous pouvons certainement affirmer que le Père est le principe de tout dynamisme ad intra et ad extra. Il réalise tout le mouvement salvifique dans et en vue du Fils. Le Père apparaît comme le générateur, celui qui dans le mouvement agapique trinitaire se donne pleinement : s'abandonnant dans le don du Fils, il ne peut se perdre parce que c'est précisément dans ce don qui consiste sa personne. 

 

Le mystère pascal reste unique et la tentation du théologien est de vouloir tout dire à la fois, tentation qui ne peut être réalisée en raison des richesses infinies que ce mystère projette sur le monde. (F.-X. DURRWELL, La Trinité, ibid., p. 31-32). 

 

Une leçon de prière du Fils au Père

 

Dans la mort du Christ et de ses fidèles, l'Esprit joue le rôle qui est le sien dans le mystère trinitaire. Il est l'amour en lequel le Fils naît de son Père et se porte vers lui. Pour le Christ et son fidèle, la mort est la naissance de plénitude; elle est le mouvement vertigineux qui les porte hors de ce monde vers Dieu. [Ignace d'Antioche (Rom, 2,2, SC 10, 128) a trouvé cette formule : "Mourir hors du monde vers Dieu."). Le Christ partage avec son fidèle son propre mourir : deux dans une seule mort, ils sont unis dans une inconcevable unité. ... La promesse de Jésus trouve son accomplissement : "En ce jour (de leur Pâque commune), vous saurez que vous êtes en moi et moi en vous." (Jn 14,20). Mourir dans la communion est l'acte d'amour absolu et la racine du bonheur éternel. Cette mort est la forme de la présence totale de l'Esprit en Jésus et son fidèle. (F.-X. DURRWELL, La Trinité, ibid., p. 341.)

 

Prier ne consiste pas à informer Dieu de nos besoins : "Votre Père sait ce dont vous avez besoin" (Mt 6, 8-32) Ni à fléchir Dieu et à le rendre bon, car il est le Père essentiel. La prière ne devance pas l'action de Dieu pour la mettre en mouvement, elle reconnaît Dieu en sa paternité, consent à elle, se laisse engendrer par elle. S'il est vrai que la prière est une montée vers Dieu, on peut dire aussi qu'elle est une montée de l'homme vers sa naissance. L'homme qui prie se laisser lover vers sa propre origine où le Père engendre son Fils; c'est ainsi qu'il monte vers Dieu.

 

Telle a été la prière pascale de Jésus. En sa mort glorifiante, il n'a pas informé son Dieu et Père, il ne l'a pas fléchi à la bonté, il n'a pas modifié ses desseins : il s'est soumis, il a consenti, et son Père l'a amené à la plénitude de la naissance filiale.

 

L'homme qui prie est, du fait de la prière, saisi dans "la rédemption qui est en Christ Jésus". 

 

Crucifix de Saint-Damien (XIIe s.)

Le salut du monde est dans la communion à cette mort filiale.

 

En Jésus-Christ, Dieu sauve les hommes en sauvant leur mort, en la transformant en naissance. Dieu n'exempte pas l'homme de mourir : il le sauve en établissant la mort dans sa vérité filiale que "l'envie du diable" veut dénaturer.

 

En leur leur permettant de mourir dans l'éternelle naissance du Fils, Dieu amène les hommes au terme de leur création.

 

La mort si mystérieuse, inconnue tant qu'on n'en a pas fait l'expérience, le chrétien la connaît, ... il fait en lui-même l'expérience de sa propre mort, bien avant l'échéance finale et peut reconnaître en elle la grâce ultime en laquelle se réalisera son éternelle naissance. En effet, c'est en mourant avec le Christ que le chrétien devient enfant de Dieu : "Nous tous qui avons été baptisés, c'est dans sa mort que nous avons été baptisés... nous sommes morts avec le Christ." (Rm 6, 3-8); Col 2,11; cf. 2 Co 5,14). Dans l'eucharistie, plus encore réellement que dans le baptême, le chrétien vit d'avance la mort qui l'attend. "Chaque fois que nous mangeons ce pain et buvons à cette coupe c'est la mort du seigneur que nous annonçons" (1 Co 11,26) et aussi la nôtre. Cette communion de mort avec le Christ se vit aussi (tous les jours) en dehors de la célébration des sacrements. Paul se sait "crucifié avec le Christ" (Ga 2,19).

 

En toute rencontre du Christ en sa pâque, le fidèle meurt avec lui, jusqu'au jour de la rencontre définitive, dans une entière communion de mort. C'est pourquoi mort et résurrection sont éternellement inséparables." (F.-X. DURRWELL, La Trinité, ibid., p. 561; 572-576.) 

 

Joyeuses et saintes Fêtes de Pâques à tous !

Bonnes et Joyeuses Fêtes de Pâques à tous !

Pourquoi le ruban de l'œuf de Pâques et le lapin ?

 

La signification du ruban de l'œuf de Pâques est en rapport avec la résurrection de notre Seigneur bien aimé au tombeau.

 

Que nous dévoile la Sainte bible :

"On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l'a déposé."

Pierre partit donc avec l'autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il s'aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n'entre pas.

Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat,

ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place.

C'est alors qu'entra l'autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.

Il aperçoit les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus. Non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place.

 

Entourer le visage d'un mort était une pratique funéraire ancestrale. Cela signifie que les bandelettes mortuaires qui entouraient la tête de notre Seigneur bien aimé étaient comme à leur origine intacte et encore roulées à leur place.

 

Essayez de sortir un œuf roulé de larges bandelettes bien serré sur ses 4 cotés avec un nœud au-dessus de la tête sans casser l'œuf, ni défaire le nœud, cela est bien impossible et révèle le caractère miraculeux de la résurrection.

 

Une résurrection bien différentes de celle de Lazare qui enleva lui-même ses bandelettes. C'est en voyant ce prodige que Pierre et Jean crurent.

 

Quelle est la signification du lapin de Pâques ?

 

Le jour de Pâques correspond au premier dimanche qui suit (ou tombe en même temps que) le jour de la première pleine lune après l'équinoxe de printemps.

 

Le lapin blanc est un symbole qui exprime la pleine lune. Lorsque la lune est pleine vous verrez avec un peu d'imagination un lapin sur ses deux pattes. Le blanc est un symbole féminin lunaire associé au métal argent, son contraire est le jaune un symbole solaire masculin associé à l'or. 

 

En fait, ce n'est pas un lapin, mais une lapine, car elle est représentée avec plusieurs petits lapins, cela suggère une mère avec ses enfants.

 

Les veilles gravures de Pâques, représentaient un œuf avec un large ruban blanc dentelé avec un nœ​​​​​​​ud au dessus et une lapine blanche entourée de ses petits.

 

C'est bien une femme (Marie-Madeleine) qui alla au tombeau et qui fut la première a témoigné de la résurrection. C'est elle qui annonça la première la résurrection, c'est une analogie au lapin blanc qui dévoile le secret caché aux enfants (de Dieu) la résurrection de notre Seigneur bien aimé et qui nous apportent la joie (de la Pâques).

 

Trouver un œuf de Pâques dans le jardin est aussi une expression cachée de trouver notre Dieu ressuscité et de se réjouir de sa présence au jardin du Paradis comme un de ses enfants. (GloriaTv)

Bonnes et Joyeuses Fêtes de Pâques à tous !

Pourquoi colorons-nous les œufs pour Pâques? 

 

Dans le christianisme, l'œuf de Pâques représente le Saint-Sépulcre dans lequel la vie éternelle était cachée. Selon la légende, la pierre qui enfermait le tombeau de Jésus-Christ ressemblait au contour d'un œuf. Sous la coquille d’œuf se trouve une nouvelle vie. Par conséquent, pour les chrétiens, l'œuf de Pâques est un rappel de la Résurrection de Jésus-Christ, du salut et de la vie éternelle. Le rouge, l'œuf le plus souvent coloré, signifie la souffrance et le sang du Christ.

 

Il existe plusieurs versions de la raison pour laquelle nous teignons les œufs pour Pâques. Une légende raconte que Marie-Madeleine, vénérée par l'Église comme sainte pour les apôtres, est venue avec un sermon auprès de l'empereur romain Tibère (14-37). Selon l'ancienne coutume, des cadeaux ont été offerts à l'empereur, et Madeleine a offert un œuf avec les mots: "Le Christ est ressuscité !" L'empereur a répondu qu'il était blanc, pas rouge, comme un œuf, donc les morts ne se sont pas relevés. À ce moment, l'œuf dans sa main est devenu rouge. (Gloria Tv)

Iconographie. 

Noli me tangere, Fra Angelico, 1440-1441.

Noli me tangere, Fra Angelico, 1440-1441.

La Résurrection du Christ,  Matthias Grünewald, retable d'Issenheim, 1515

La Résurrection du Christ, Matthias Grünewald, retable d'Issenheim, 1515

La nuit de Pâques peut être célébrée soit en début soit en fin de nuit. Mais si l’on considère que toute la fête repose sur la symbolique du passage des ténèbres à la lumière, il apparaît que si une célébration organisée le soir, après le coucher du soleil, a certes des côtés pratiques, une célébration placée au lever du jour correspondrait mieux à l’essence même de cette liturgie. Ainsi la liturgie de Pâques débuterait dans l’obscurité : l’Église bénit le feu pascal, la lumière est transportée dans l’église et partagée entre les fidèles, et l’on chante l’ « Exultet », la louange solennelle de la lumière pascale.

De tout temps l’Église a comparé la Résurrection du Christ avec le soleil levant.

Qu’on pense à la façon dont Matthias Grünewald a représenté la Resurrection du Christ au XVIe siècle sur son retable d’Issenheim : Jésus-Christ y apparaît comme un soleil personnifié illuminé de l’intérieur. Et pourtant, le corps de Jésus porte les stigmates de sa Passion, preuve qu’il ne s’agit pas ici d’une transfiguration ésotérique, mais d’une réelle transformation, au cours de laquelle la personnalité et l’histoire individuelle restent intactes. Le Crucifié et le Ressuscité sont tout un.

Angelus Silesius a repris cette même symbolique dans ces vers qui sont parvenus jusqu’à nous et qui sont chantés aussi bien dans la liturgie catholique que dans le culte protestant en Allemagne: « Morgenstern der finstern Nacht, der die Welt voll Freuden macht, Jesu mein, komm herein, leucht in meines Herzens Schrein. (…) Du erleuchtest alles gar, was jetzt ist und kommt und war; voller Pracht wird die Nacht, weil dein Glanz sie angelacht. » « Sainte étoile du matin, qui illumine la nuit et remplit la terre de sa joie, mon Jésus, viens en moi, illumine le secret de mon cœur. (…) Tu illumines tout ce qui est, tout ce qui vient et tout ce qui était. Grandiose est la nuit que ton sourire illumine. »

C’est pour toutes ces raisons que, déjà dans l’Église primitive, les fidèles se tournaient vers l’Est lors de la célébration de la sainte messe. Les prêtres et les fidèles se trouvaient ainsi dans une orientation commune au cours de leur prière : ils faisaient face au Christ ressuscité, symbolisé par le soleil levant.

Dans les églises orthodoxes on a conservé cette attitude mais dans la plupart des églises catholiques et protestantes, l’orientation de la prière a été malheureusement abandonnée pour mettre l’accent davantage sur la communion du prêtre avec l’assemblée. Au départ, beaucoup d’églises avaient pourtant été construites en orientant l’abside vers l’Est.

Dans l’Église catholique, la célébration « ad orientem » a disparue de facto depuis la réforme liturgique : mais cette liquidation ne repose sur aucune norme liturgique. Il importe de repréciser les choses : la célébration de la messe n’est pas un face à face prêtre/communauté. Le Cardinal Ratzinger, futur pape Benoît XVI, écrivait déjà dans ses livres consacrés à la liturgie que le célébrant devrait à tout le moins se tourner vers une grande croix pour célébrer la messe, créant ainsi une sorte d’orient virtuel pour pallier la perte d’une orientation physique réelle.

Au cours de l’été 2016, le cardinal Sarah, Préfet de la Congrégation pour le Culte divin, a encouragé prêtres et fidèles à reprendre l’habitude de se tourner ensemble dans la même direction pour prier. Il a même clairement demandé que tous les prêtres reviennent à la célébration de la messe « ad orientem ». Malheureusement, le pape François n’a donné aucune suite à cette demande.

La liturgie catholique a ainsi perdu son orientation. Qui, parmi les chrétiens, connaît encore de nos jours la symbolique du soleil levant ? Mgr Georg Alois Oblinger, Recteur de Marienfried (diocèse d’Augsbourg). Source: Kathnet (Trad. MH/APL) / Pro Liturgia Actualité du dimanche de Pâques 21 avril 2019.

Résurrection du Jésus, par Noël Coypel (1700)

Résurrection du Jésus, par Noël Coypel (1700)

Jésus retourne des Enfers, par Kocheliov (1900)

Jésus retourne des Enfers, par Kocheliov (1900)

Résurrection de Jésus, Hans Memling.

Résurrection de Jésus, Hans Memling.

La Résurrection du Christ, par Raphaël, v. 1501

La Résurrection du Christ, par Raphaël, v. 1501

Matin de Pâques (M. Denis, 1870-1943)

Matin de Pâques (M. Denis, 1870-1943)

Musique.

 

Gaudii Paschalis (A. Scandello, 1517-1580)

 

Dialogo per la Pescua (H. Schültz, 1535-1672)

 

J.S. Bach (1685-1750)

Les thèmes de cette ouverture sont en grande partie extraits de la liturgie orthodoxe russe, basés plus exactement sur une collection d'anciens cantiques disparates, souvent anonymes, appelés Obikhod et adoptés comme chants liturgiques officiels à la Cour Impériale des Romanov.

La Grande Pâque russe (N. Rimski-Korsakov, 1844-1908)

***

 

PRATIQUE. Un jour, un prêtre, un moine dit : "Tu sais pourquoi les couvents ont des cloîtres, qui sont fermés et sans sortie ? C'est parce que la seule sortie c'est vers le haut."

 

"Et si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui." (Rm 6,8)

 

Si vous êtes ressuscité avec Jésus-Christ, cherchez les choses du ciel.

 

***

Sources :

(1) Encyclopédie théologique Nicolas BERGIER 1718-1790, publié par M. l'abbé Migne, Ateliers catholiques au Petit-Montrouge, tome III, Paris 1850-1851, p. 1262; (2) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. XVIII; (3) Missel du Dimanche 2018, Nouvelle Traduction liturgique, Année B, Bayard Éditions, Lonrai 2017, p. 337; (4) François-Xavier DURRWELL, La Trinité, Le Père engendre le Fils dans l'Esprit, Cerf, Paris 2021. 

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4 avril 2026 6 04 /04 /avril /2026 02:00
Samedi saint

En ce jour, l'Église se prépare à célébrer au lever de l'aurore, la glorieuse résurrection du Sauveur. C'est le "Grand et saint Sabbat".

   

Le corps de Notre Seigneur Jésus-Christ, détaché de la croix, le soir du vendredi, jour de sa mort, fut embaumé et enseveli par quelques-uns de ses disciples. Ce corps, toujours uni à la Divinité dans le tombeau, ainsi que son âme, qui descendit aux limbes pour y visiter celles des justes et leur annoncer leur entrée prochaine dans le ciel, est le sujet que l'Eglise propose aujourd'hui à notre adoration. 

Samedi saint

''Il est descendu aux enfers''. Chaque fois que nous récitons le Credo des Apôtres, nous prononçons ces mots. Mais qu'est-ce qu'ils signifient ? Examinons ce que les Pères de l'Église disent à propos de la "descente aux enfers".

 

En tant que chrétiens, nous considérons la résurrection du Christ le dimanche de Pâques comme le triomphe de Jésus. Mais en réalité, son triomphe commence le Vendredi saint, quelques instants après sa mort sur la Croix.

 

Ce n'est pas le dimanche de Pâques que Satan a découvert que Dieu utiliserait la mort de son Fils pour sauver l'humanité - c'est le Vendredi saint. De nombreux Pères de l'Église ont écrit sur ce qu'il est convenu d'appeler "la descente aux enfers".

 

 

Dans le livre III, 23.2 et le livre IV, 27.2 de l'ouvrage Contre les hérésies, saint Irénée enseigne que le Christ est descendu dans les "parties inférieures de la terre" (en référence à Éphésiens 4.9) pour offrir le salut aux justes morts avant sa venue. Irénée souligne que la mort et la descente du Christ étaient nécessaires pour atteindre ceux qui se trouvaient dans le séjour des morts, garantissant qu'aucune partie de l'humanité n'était laissée sans rédemption. Le Christ a délivré de la captivité de la mort les patriarches, les prophètes ainsi les fidèles (par exemple Adam, Abraham, David). Il écrit que le Christ "a prêché aux esprits en prison" (1 Pierre 3:19) les amenant dans son royaume, accomplissant la promesse de salut de Dieu à travers tous les âges (Contre les hérésies IV, 33.1). La descente du Christ est une victoire sur les puissances de la mort et de Satan. Le Christ entre dans le séjour des morts non pas en tant que victime, mais en tant que conquérant, liant "l'homme fort" (Satan) et libérant ceux qui sont retenus captifs (Contre les hérésies III, 18.6).

 

Dans son 𝘋𝘪𝘢𝘭𝘰𝘨𝘶𝘦 avec 𝘛𝘳𝘺𝘱𝘩𝘰n vers 150, saint Justin Martyr écrit : "Le Seigneur Dieu s'est souvenu de son peuple d'Israël qui gisait dans ses tombes, et il est descendu pour lui annoncer son propre salut." Justin Martyr a à l'esprit le Psaume 16:10 ("Tu n'abandonneras pas mon âme au séjour des morts") et il utilise cette descente pour affirmer que le christianisme accomplit les Écritures juives. Il relie les actions du Christ dans l'Hadès aux prophéties sur la seigneurie universelle du Messie.

 

Saint Cyrille de Jérusalem, évêque et théologien du IVe siècle, a parlé du déchirement de l'enfer dans ses conférences catéchétiques, décrivant la descente du Christ dans le séjour des morts comme un acte triomphal où, après sa crucifixion, le Christ est entré dans le monde souterrain pour libérer les âmes justes qui y étaient retenues prisonnières. Cyrille souligne que le Christ, à la fois Dieu et homme, a brisé les portes de l'Hadès, vaincu la mort et libéré les âmes des justes. Il affirme que le Christ est "descendu dans les régions souterraines" pour "racheter" les justes, notant que le séjour des morts a été "frappé de terreur" par sa présence.

 

Dans sa Summa Theologiae III, saint Thomas d'Aquin explique que la descente du Christ avait pour but de libérer les saints pères qui étaient retenus en enfer en raison du péché originel, qui les empêchait d'entrer immédiatement au paradis jusqu'au sacrifice rédempteur du Christ. Le Christ n'est pas descendu en enfer pour souffrir, mais pour vaincre et libérer. Et l'Aquinate a précisé que le Christ n'est pas descendu dans l'enfer des damnés pour les délivrer, mais spécifiquement dans le lieu où sont détenus les justes.

 

 

Clément d'Alexandrie (150-215) suggère que le Christ, après sa mort, a prêché aux âmes du séjour des morts, y compris aux Juifs justes et potentiellement aux païens qui vivaient selon la raison (logos). Il interprète 1 Pierre 3:19-20, qui parle du Christ prêchant aux "esprits en captivité", comme une preuve que le Christ est descendu aux enfers pour offrir le salut à ceux qui sont morts avant sa venue. Clément postule que la descente du Christ a offert une chance de salut même aux païens vertueux qui ont suivi le Logos divin dans leur vie - des personnages comme Platon, Aristote, etc. Bien qu'il s'agisse d'une spéculation et non d'un enseignement officiel, c'est un point intéressant à méditer.

 

 

Ainsi, alors que l'Église retient son souffle en ce Samedi saint solennel, nous nous souvenons de la souffrance de la Vierge et des apôtres en ce jour, mais nous savons aussi que le Christ proclamait déjà sa victoire et dévastait Satan et les chiens de l'enfer en ce jour.

 

La descente du Christ n'est pas un acte passif, mais un acte triomphal, où il brise les portes du Hadès et libère les justes. Ceci affirme qu'aucun domaine - ni la terre, ni les enfers - n'échappe à l'autorité du Christ. "Je suis celui qui vit, et qui était mort ; et voici que je vis aux siècles des siècles'', Amen, et j'ai les clefs de l'enfer et de la mort.

Cf. CATHOLIC FREQUENCY https://x.com/CatholicFQ/status/191358773225058758

Cf. CATHOLIC FREQUENCY https://x.com/CatholicFQ/status/191358773225058758

Cette célébration festive commence par la bénédiction du feu nouveau, auquel est allumé le Cierge pascal. ''Lumière du Christ ! Nous rendons grâce à Dieu !'' 

 

Elle place dans son sanctuaire un grand cierge, portant, pour symboles des plaies glorieuses du corps de Jésus-Christ vivant, cinq grands encens, et chante ensuite les oracles des saints Prophètes qui annoncèrent son triomphe sur la mort et sur l'enfer.

 

Un chantre chante d'abord l'''Exultet'', grand chant de joie.

Puis, l'histoire du Salut est récapitulée, depuis la Création jusqu'à la Résurrection, en passant par la sortie d'Egypte, les prophètes, etc., au cours d'une grande liturgie de la Parole. On relit tout ce que Dieu a fait pour les Hommes à la lumière de la Résurrection de Jésus-Christ. Ceci amène à chanter la gloire de Dieu, en faisant sonner les cloches à toute volée. L'évangile est acclamé en chantant Alléluia (ce qui n'avait pas été fait pendant tout le carême).

 

Pendant la nuit du samedi saint au dimanche de Pâques, on fête la Résurrection du Christ lors de la Vigile pascale.

 

L'Eglise bénit aujourd'hui les fonds baptismaux et confère solennellement le baptême aux catéchumènes, en versant sur eux, au nom des trois personnes divines, les eaux vivifiantes qui, par l'institution de Jésus-Christ, et en vertu de ses mérites, nous régénèrent comme enfants de Dieu, en gravant sur nos âmes le sceau indélébile de notre adoption.

 

PRATIQUE. N'oublions pas en ce jour de remercier le Seigneur de la grâce qu'il nous a faite en nous recevant pour ses enfants, dans le saint baptême.

"Le terme Exultet correspond au premier mot du chant liturgique qui, du haut de la Chaire, a été chanté par le diacre lors de la cérémonie de la nuit du samedi Saint. Le texte et la mélodie des Exultet ont été transcrits à plusieurs reprises entre le Xe et le XIVe siècle sur des rouleaux formés de plusieurs feuilles de parchemin cousues ensemble. L'origine de cette pratique est attestée presque exclusivement dans le contexte méridional et se trouve peut-être dans le soi-disant libelli, petits livrets composés d'un ou plusieurs quaternions destinés à la célébration de certaines festivités ou d'actions particulières de Rites liturgiques (le rite de l'investiture sacerdotale, l'onction des malades et d'autres). Ils étaient très communs au Moyen-Âge et constituaient des artefacts extrêmement simples et modestement précieux. Par conséquent, dans les célébrations les plus importantes, ils ont parfois été remplacés par des spécimens assemblés dans la forme la plus noble de rouleau. L'adoption de ce type de livre insolite à des fins liturgiques rappelait en fait les formes de l'ancien papyrus. Toutefois, il a probablement été suggéré dans le sud aussi par la connaissance des rites de l'église gréco-orientale. Ce dernier envisageait l'utilisation de rouleaux de manuscrits, appelés Kontakia, peut-être déjà au Ve-VIème siècle et en tout cas certainement au VIIIe-IXe siècle. Leurs connaissances ont dû avoir lieu dans le domaine de Bénévent-Cassino. [...] C'est en fait dans la région Bénévent (Italie) qu'apparaissent les premiers spécimens de rouleaux de Exultet. Comme un genre créé ad hoc, le Exultet ne se conforme pas à un type déjà existant d'illustration, mais est le résultat d'une véritable invention iconographique élaborée autour du 10e siècle. Pour cette raison les décorations ne suivent pas un modèle prédéfini, mais composent un cycle variable qui fournit l'illustration de différents sujets. Elles sont essentiellement attribuables à trois domaines thématiques liés au texte et à la liturgie pascale: l'histoire sacrée, les cérémonies liturgiques-le spectacle le plus récurrent le diacre qui reçoit le rouleau de l'évêque, allume la bougie Pascale, ou prie De la chaire-et les portraits de contemporains. Différentes solutions sont également proposées pour la traduction visuelle du même concept. Par exemple, l'allégorie de la terre, Tellus, appelée à célébrer la résurrection, peut être dépeinte comme une femme richement habillée, ou comme une figure, ou comme le Christ trône avec des animaux; La figure de Mater Ecclesia est parfois indiquée par la communauté des fidèles rassemblés autour de l'évêque, d'autres fois par une figure de femme, ou par d'autres variantes. Les scènes bibliques sont nombreuses et tirées principalement du Nouveau Testament. L'exception est quelques thèmes, tels que le salut du premier-né juif, le péché originel, le passage de la mer rouge, qui sont inspirés par les pièces de la Genèse et de l'exode contenues dans l'ancien testament. Une des images récurrentes est celle introduite dans le Apium de Lamy, la louange des abeilles. Il suit plusieurs variantes dictées par les orientations spécifiques des illuminateurs: elle suppose parfois un caractère fortement symbolique ou décoratif; D'autres fois, il est basé sur la narration animée et montre les essaims qui volent à travers les champs et les paysans qui recueillent le miel et la cire. Le Exultet a pris fin avec les commémorations liturgiques, souvent accompagnées du portrait solennel et stéréotypé des figures politiques et religieuses évoquées."

L'Ange ouvre le sépulcre

L'Ange ouvre le sépulcre

Samedi saint
Samedi saint
Samedi saint
Samedi saint
Samedi saint
Samedi saint
La Résurrection – Irma Martin. Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? Il n'est pas ici, il est ressuscité. Lc 24, 5-6

La Résurrection – Irma Martin. Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? Il n'est pas ici, il est ressuscité. Lc 24, 5-6

Sources: (1) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. XVII ;(2)

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3 avril 2026 5 03 /04 /avril /2026 00:00
Vendredi Saint

C’était déjà environ la sixième heure (c’est-à-dire : midi) ;
l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure,
car le soleil s’était caché.
Le rideau du Sanctuaire se déchira par le milieu.
Alors, Jésus poussa un grand cri :
"Père, entre tes mains je remets mon esprit."
Et après avoir dit cela, il expira.

Lc 23,44-46

Méprisé, abandonné des hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, il était pareil à celui devant qui on se voile la face ; et nous l’avons méprisé, compté pour rien.
En fait, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était frappé, meurtri par Dieu, humilié.
Or, c’est à cause de nos révoltes qu’il a été transpercé, à cause de nos fautes qu’il a été broyé. Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui : par ses blessures, nous sommes guéris.
Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. Mais le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous.

Esaie 53, 3-6

Le Vendredi saint est le jour de la célébration liturgique du mystère de la Passion, de la mort sur la Croix et de la mise du Christ au tombeau.

 

C'est un jour de jeûne et d'abstinence, à l'instar du Mercredi des Cendres qui, quarante jours plus tôt, ouvre le temps du Carême.
 
Le Vendredi saint est marqué encore davantage par le deuil et le recueillement.
 
"Il s’agit pour moi de connaître le Christ, d’éprouver la puissance de sa résurrection et de communier aux souffrances de sa passion, en devenant semblable à lui dans sa mort, avec l’espoir de parvenir à la résurrection d’entre les morts. ... Une seule chose compte : oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant, je cours vers le but en vue du prix auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus."  (Ph 3, 10-14)
 
Le Vendredi saint est marqué par une liturgie particulière (vénération de la croix, communion eucharistique mais pas de célébration du sacrifice de la messe ce jour-là). Le moment culminant de la journée, dans son silence recueilli, est celui de la Crucifixion (entre 12h et 15h) et le moment même où le Christ expira, à 15 heures.
 
Chez les Romains, le crucifiement était un supplice infamant réservé aux criminels, ce qui indique que les charges retenues contre Jésus devaient être très sérieuses : « agitateur dangereusement arrogant », criminel politique, il fut probablement accusé de créer de graves troubles à l'ordre public, « ce qui correspondrait à l'idée d'une prétention messianique royale, qu'elle soit de son fait ou de celui de ses disciples » (Larry W. Hurtado, Le Seigneur Jésus Christ: la dévotion envers Jésus aux premiers temps du Christianisme, Éditions du Cerf, 2009, p. 69-70.)
 
 
C'est spécialement ce jour que se fait la dévotion du Chemin de croix. Cette procession est particulièrement solennelle dans les lieux mêmes où elle eut lieu il y a près de 2000 ans, à Jérusalem, le long de la Via Dolorosa (Chemin de la souffrance, à Jérusalem) puis dans la basilique du Saint-Sépulcre, où se trouvent le rocher du Golgotha et le Tombeau du Christ. A Rome, le Chemin de Croix est traditionnellement célébré au Colisée, durant le soir du Vendredi saint.
 
Par référence au jour du Vendredi saint, tout au long de l'année et spécialement durant le Carême, les vendredis sont un jour de pénitence, en principe d'abstinence de viande. On y dit les mystères douloureux du Rosaire.
 
Ce mystère ineffable, prédit si souvent et si clairement dans les siècles qui le précédèrent (prophéties messianiques) est le triomphe complet de la justice divine et le chef d'oeuvre le plus glorieux de la miséricorde infinie. Il fut opéré par la charité sans bornes du Verbe incarné, qui, selon les décrets divins, voulut de toute éternité s'anéantir, souffrir et mourir dans la plénitude des temps, pour réconcilier le ciel et la terre (1), suite à la première désobéissance ou Péché originel.
Vendredi Saint

D’après les Évangiles synoptiques, sur la route du Golgotha, les soldats obligent un passant, Simon de Cyrène, à porter la croix de Jésus. Luc ajoute que les femmes disciples suivaient Jésus et pleuraient sur son destin (Sainte Véronique, Sainte Marie-Madeleine, et la Vierge Marie).

Les quatre Évangiles canoniques mentionnent un titulus - pancarte qui porte une inscription laconique - déclarant, sur un ton moqueur, "Jésus roi des Juifs", "Iesvs Nazarenvs, Rex Ivdæorvm" (le futur acronyme INRI).
 
L’Évangile selon Jean dit que l'inscription avait été rédigée et placée par Pilate, en hébreu, en latin et en grec (Jn 19:19-20).
 
Jean mentionne la "lance" qu'un des soldats utilisa pour percer le côté du Christ "et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau" (Jn 19:34
 
Les Évangiles canoniques disent que deux criminels sont crucifiés avec Jésus. Tandis que l'un l'insulte, l'autre le respecte et lui demande : "Souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton règne". En raison de la réponse de Jésus dans cet évangile : "aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis", on le considère comme un saint, en l’appelant 'le bon larron". On considère ainsi que dès le jour de la mort, l'âme est jugée pour aller soit au Purgatoire (ou au paradis directement si l'âme est en état de grâce), soit en enfer.
Vendredi Saint, on voile les crucifix ce jour-là jusqu'à la veillée pascale (Samedi Saint au soir)

Vendredi Saint, on voile les crucifix ce jour-là jusqu'à la veillée pascale (Samedi Saint au soir)

 Liturgie :
        Le vendredi saint est le seul jour de l'année où on ne célèbre pas d'Eucharistie. La communion est distribuée aux fidèles au cours d'une célébration qui dégage une ambiance particulière : l'église est sombre, les autels sont dépouillés de leurs nappes, les statues et images sont voilées. Il n'y a pas de sonnerie de cloche, de jeu d'orgues, et les chants sont absents, ou très peu nombreux. La célébration commence et finit en silence. On lit l'évangile de la Passion. Il n'y a pas de prière eucharistique mais une grande prière universelle.
        C'est le jour de la célébration de la Croix : la croix est amenée en procession puis proposée à la vénération des fidèles. Dans certains pays, comme l'Espagne, il y a d'importantes processions dans les rues des villes.
        La dernière messe célébrée était celle du soir du Jeudi saint, correspondant à son institution au Cénacle, et la prochaine sera celle de la Vigile pascale, le soir du Samedi
saint.
(2)

Historicité

 

Selon le Digeste, code de droit romain, "le crime commis contre le peuple romain ou contre sa sécurité est un crime de lèse-majesté (maiestatis crimen)". Jésus, provincial juif condamné pour sédition, tombe ainsi sous le coup de la Lex Iulia maiestatis (it) qui établit pour ce crime de rébellion envers l'autorité impériale, la crucifixion. [Pierre Maraval, Simon Claude Mimouni, Le christianisme des origines à Constantin, Presses Universitaires de France, 2006, p. 87.]

 

L'historicité de la crucifixion ne fait plus aucun doute pour la majorité des chercheurs, qui y voient des critères d'authenticité (critère d'embarras ecclésiastique, d'attestation multiple, de cohérence) [Jacques Giri, Les nouvelles hypothèses sur les origines du christianisme, éditions Karthala, 2011, p. 182; John Paul Meier, How do we decide what comes from Jesus, in The Historical Jesus in Recent Research, James D. G. Dunn et Scot McKnight, 2006, p. 126–136 ]

 

L'évangéliste Jean évoque le cloutage des mains au moment de la crucifixion en rapportant la remarque de S. Thomas "si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas !" (Jn 20:25).

 

Les autres évangélistes ne mentionne pas le procédé de la crucifixion chez les Romains. Mais la recherche contemporaine qui s'appuie sur les sources documentaires relatant les crucifiements à l'époque romaine, sur le contexte historique (les crucifiements en masse privilégiaient les cordes mais il n'était pas rare pour des exécutions singulières d'utiliser des clous) et les découvertes archéologiques confirment la pratique de la crucifixion chez les Romains. 

 

En 1938, des recherches archéologiques près de Jérusalem, à Giv’at mivtar, ont démontré que les crucifiés contemporains du Christ étaient exécutés sur une croix. (Les Dossiers de l'Archéologie n°10 page 107. Article du professeur N. Haas de l'Université Hébraïque de Jérusalem.) Les crucifiés avaient les bras étendus à l’horizontale. 

 

Dans les documents latins de l'époque romaine, le mot "crux" est mentionné, et ces sources antiques évoquent la poutre transversale sur les épaules attachée aux bras sous le terme de patibulum (partie transversale de la croix destinée au crucifiement). Le poteau vertical était appelé stipes, qui était généralement fixé de manière permanente dans la terre à l’emplacement de l’exécution.

 

 

Saint Irénée, évêque de Lyon et Martyr (120-202 ap.J.-C.) dans Contre les hérésies, cote II, 24,4, daté d'entre 175 et 189 ap. J.-C., explique que la croix a cinq extrémités ; sur la cinquième se repose le crucifié : "La structure de la croix présente cinq extrémités, deux en longueur, deux en largeur, une cinquième sur laquelle s’appuie le crucifié." (Irénée de Lyon, Contre les hérésies, Dénonciation et réfutation de la gnose au nom menteur, Sagesses chrétiennes, Cerf, Paris 2007, p. 225.)

   

Iconographie

 

        La Crucifixion de Jésus a donné lieu à différentes représentations à travers les âges :

 

Dans la "Maison du Bicentenaire" à Herculanumcité romaine qui fut détruite par l'éruption du Vésuve en l'an 79 apr. J.-C., une croix a été découverte en 1938 par les archéologues, qui donne sur le decumanus maximus, prestigieux immeuble d'un bloc d'habitations ayant des sols à mosaïques, des cloisons fastueusement décorés avec peintures, l'atrium avec toit à compluvium et un jardin avec portique. Dans l'un des côtés d'un somptueux tablinum décoré avec des peintures à sujet mythologique, on remarque une singulière grille en bois avec ouverture à soufflet. Dans l'une des modestes pièces du premier étage, on trouve un réduit, probablement le logement d’un esclave, où une croix a été gravée dans le plâtre d'une paroi. Selon l'interprétation la plus répandue, il s'agirait de l'un des témoignages les plus anciens de la religion chrétienne.Sources 1, 2

 

À Pompéi, d’autres symboles chrétiens ont été relevés, dont dans la Maison dite de Pansa :

une croix gravée en relief sur un mur (découverte en 1813-1814)

https://www.eecho.fr/pompei-herculanum-vestiges-chretiens-avant-79/ 

Une des plus anciennes représentation de la Crucifixion et de Croix chrétienne est le graffiti d'Alexamenos, dessin injurieux réalisé entre le IIe et le IIIe siècle sur un mur de Rome (colline Palatin), au moment des persécutions. 

Graffito d'Alexamenos. La légende signifie "d'Alexamenos rend un culte à son Dieu". Michael Gough, dans La Grèce et Rome (éd. Imprimerie des arts et manufactures, 1974, direction Marcel Brion, p. 364), suppose que Alexamenos était sans doute un esclave, que ses compagnons raillaient parce qu'il était chrétien. Daniel-Rops explique qu'Alexamenos fut un "page impérial" caricaturé par ses camarades. Le jeune chrétien d'alors n'avait guère à attendre que l'ironie et l'outrage. (DANIEL-ROPS, Histoire de l'Eglise du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965, p. 175)

Graffito d'Alexamenos. La légende signifie "d'Alexamenos rend un culte à son Dieu". Michael Gough, dans La Grèce et Rome (éd. Imprimerie des arts et manufactures, 1974, direction Marcel Brion, p. 364), suppose que Alexamenos était sans doute un esclave, que ses compagnons raillaient parce qu'il était chrétien. Daniel-Rops explique qu'Alexamenos fut un "page impérial" caricaturé par ses camarades. Le jeune chrétien d'alors n'avait guère à attendre que l'ironie et l'outrage. (DANIEL-ROPS, Histoire de l'Eglise du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965, p. 175)

Enluminure de l’Évangéliaire syriaque de Rabula (586)

Enluminure de l’Évangéliaire syriaque de Rabula (586)

La Crucifixion, Bartolomeo Bulgarini, v. 1330 Hermitage, Saint Petersbourg

La Crucifixion, Bartolomeo Bulgarini, v. 1330 Hermitage, Saint Petersbourg

La Crucifixion, style byzantin du XIIIe siècle, monastère Sainte-Catherine du Sinaï

La Crucifixion, style byzantin du XIIIe siècle, monastère Sainte-Catherine du Sinaï

Giovanni Previtali, historien de l'art, crédite Giotto de l'innovation du Christ en croix avec trois clous et le suppedaneum, la planchette de bois chevillée sur laquelle les crucifiés pouvaient appuyer leurs pieds.

Le Portement de Croix par Raphaël

Le Portement de Croix par Raphaël

Giotto, La Crucifixion, 1320-1325

Giotto, La Crucifixion, 1320-1325

La Crucifixion- Le Pérugin (Pietro Perugino) - 1482

La Crucifixion- Le Pérugin (Pietro Perugino) - 1482

Sources: (1) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. XVI. (2) L'Evangile au quotidien (3) Vendredi Saint (4) Crucifixion

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2 avril 2026 4 02 /04 /avril /2026 02:00

L'eucharistie dans la plantation du Père, qui est l'Église, est l'image opposée de l'arbre de la connaissance du bien et du mal au paradis selon le récit biblique (Gn 2,17). Là, le goût du fruit apporte la mort, ici, le fruit de la croix de la Passion du Christ offre l'incorruptibilité (Cf. A.-G. HAMMAN, op. Cit., Les évêques, n° 17, p. 129). La vie de la communauté chrétienne quand elle se trouve en unité avec son évêque, est la garantie du don du Christ aux hommes et leur protection du danger du péché et de la mort.

Elefthérios Anyfankatis, La Théologie de l'Unité chez les Pères apostoliques, Clément de Rome, Ignace d’Antioche, Pasteur d’Hermas, L'Harmattan, 2023, p. 340

Jeudi saint

Le Jeudi saint est un des jours les plus importants de la Semaine sainte : il correspond à la commémoration de la dernière Cène (au Cénacle) suivie de la nuit d'agonie du Christ au Jardin des Oliviers (Gethsémani). 

Simon Ushakov, La Dernière Cène, École de Moscou, 1685

Simon Ushakov, La Dernière Cène, École de Moscou, 1685

Le Jeudi saint est un jour de fête, qui commémore l'institution de l'Eucharistie par Jésus lors du repas pascal au Cénacle la veille de sa mort, – le "sacrifice unique" de la Nouvelle Alliance préfiguré tout au long de l'Ancienne Alliance et prophétisé dans des endroits comme Malachie 1,11 –; Et le sacerdoce qui l'offrirait, les Apôtres et leurs successeurs, c'est-à-dire l'institution de l'ordination des prêtres.

 

 

Jeudi saint

Tout prêtre, chaque jour, se tenait debout dans le Lieu saint pour le service liturgique, et il offrait à maintes reprises les mêmes sacrifices, qui ne peuvent jamais enlever les péchés.

Jésus Christ, au contraire, après avoir offert pour les péchés un UNIQUE SACRIFICE, s’est assis pour toujours à la droite de Dieu.

Hébreux 10, 11-12

Les prêtres ont reçu un pouvoir que Dieu n'a donné ni aux anges ni aux archanges... Celui qui offense un prêtre offense Dieu.

Saint Jean Chrysostome

Jeudi saint

Jésus réunit autour de lui ses chers apôtres, sans en excepter même celui qui devait le trahir, pour célébrer avec eux la dernière cène judaïque, à laquelle allait succéder le sacrifice de sa chair et de son sang, sous les symboles eucharistiques.

 

Il établit dans le même temps le sacerdoce de son Église, ordonne à ses apôtres de n'offrir qu'à Dieu seul l'oblation d'un prix infini, dont il allait être volontairement l'hostie sanglante sur la croix, mais qui jusqu'à la fin des temps, serait offerte d'une manière non sanglante, toujours aussi glorieuse à Dieu que salutaire aux hommes, dans tous les sanctuaires du monde catholique.

 

 

 

Jésus-Christ daigna laver lui-même les pieds de ses apôtres, après leur avoir déjà dit :

 

"Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et je demeure en lui... Je suis le pain descendu des cieux; celui qui mange de ce pain vivra éternellement.. Ceci est mon corps... Voilà la coupe de mon sang... Prenez et mangez... et faites-le toujours en mémoire de moi." (1)

 

 

La messe et les prêtres trouvent en ce jour leur origine et la profondeur de leur mystère. 

   

Pendant la célébration de ce jour, on lit l'évangile du lavement des pieds, et le célébrant refait le geste de Jésus en lavant les pieds de quelques personnes de l'assemblée. 

Cette messe est la dernière qui soit célébrée avant la "Veillée pascale" du Samedi saint (veille de Pâques).

 

Après le repas pascal, Jésus et ses apôtres se sont retirés à Gethsémani pour y bivouaquer, comme à l'habitude. Cette nuit fut cependant pour le Christ une nuit de prière et d'agonie - au cours de laquelle le Christ accepta le "calice" de sa Passion.

 

La célébration liturgique du Jeudi saint se termine par une procession, pendant laquelle la réserve eucharistique (les hosties consacrées) est amenée dans un endroit spécialement aménagé, le reposoir. Une veillée y est souvent organisée, et les fidèles peuvent s'y recueillir et adorer le Christ dans une nuit de veille.

 

Le triduum pascal est un ensemble de trois jours (en latin triduum) qui marquent l'aboutissement de la Semaine Sainte et le sommet de l'année liturgique : c'est la célébration du mystère de Pâques, avec : - la mort et la mise au tombeau de Jésus-Christ (le Vendredi saint), - la descente du Christ aux Enfers durant le "Grand sabbat" du Samedi saint, - la nouvelle de la Résurrection, nouvelle Pâque, durant la nuit du samedi au dimanche (Vigile pascale), où surgit la lumière de Pâques, l'alléluia du Dimanche de Pâques, avec les messes de l'aube et du jour.

 

Le triduum pascal est l'articulation entre les quarante jours de préparation pénitentielle du Carême et les cinquante jours du temps pascal jusqu'à la Pentecôte (dont quarante jours jusqu'à l'Ascension). 

 

C'est au pape Pie XII que l'on doit la restauration de la liturgie du triduum pascal dans son ancienne grandeur et à des heures et dans une atmosphère correspondant à celles du mystère, dans la liturgie latine (notamment, la vigile pascale), dans le même esprit qui avait été gardé dans les liturgies orientales.

Jeudi saint

"C'est le pieux roi Robert qui, aux lointains alentours de l'an mil, institua l'usage par les Roys de France de laver les pieds des pauvres le Jeudi Saint de chaque année et de célébrer la Cène en leur honneur. Cette coutume qui courbait devant des malheureux la Majesté Royale, avait été pratiquée déjà par les Empereurs Grecs de Byzance, et c'est de là qu'elle était venue d'Europe.

 

"Le nombre des pauvres amenés au palais pour cette cérémonie fut d'abord illimité. Il se réduisit par la suite et au début du XVIIème siècle, Henri IV régnant, il avait été définitivement fixé à treize garçons ou fillettes, ce nombre symbolisant Jésus-Christ et les douze Apôtres.

 

"Si le roy était empêché, le Dauphin le remplaçait...

 

"Une cérémonie se déroula jusqu'à la Révolution, également dans les grands appartements de la Reine. Elle aussi y servait les petits pauvres, assistée par les Princesses de la Famille Royale et par des Duchesses qui lui tendaient les plats." (Extrait tiré du livre de Paul Gruyer, Quand les Roys de France lavaient les pieds des pauvres). 

Jeudi saint

L'hymne Pange lingua gloriosi écrite par S. Thomas d'Aquin (1225-1274) est chantée le Jeudi saint lors de la translation du Saint-Sacrement au reposoir. La dernière séquence Tantum ergo est chantée à tous les saluts du Saint-Sacrement. L'hymne atteste la croyance catholique en la présence réelle du corps et du sang du Christ dans les espèces consacrées.

La Cène, Philippe de Champagne

La Cène, Philippe de Champagne

Sources:

 

(1) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. XV ; (2) L'Évangile au Quotidien. 

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1 avril 2026 3 01 /04 /avril /2026 02:30

Alors qu’il s’apprête à trahir Jésus, Judas rend visite aux prêtres du Temple et promet de le leur livrer en échange de trente pièces d'argent.

 

Cette journée fait traditionnellement référence à la déloyauté de Judas.

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1 avril 2026 3 01 /04 /avril /2026 00:00

Chanoine de l'église cathédrale de Valence, Hugues est élu contre son gré à 27 ans au siège épiscopal de Grenoble, en 1078. 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/06/Grenoble_-_Saint-Hugues_-_vitrail.JPG/380px-Grenoble_-_Saint-Hugues_-_vitrail.JPG

Vitrail de la Cathédrale Notre-Dame de Grenoble représentant S.Hugues et S. Bruno

 

Saint Hugues naquit à Châteauneuf sur Isère, près de Valence, en Dauphiné. Pendant que sa mère le portait dans son sein, elle eut un songe où il lui semblait mettre au monde un bel enfant que S. Pierre, accompagné d'autres saints, emportait dans le Ciel et présentait devant le trône de Dieu. Cette vision fut pour ses parents un présage de hautes et saintes destinées; aussi soignèrent-ils son éducation et n'hésitèrent-ils pas à favoriser sa vocation ecclésiastique. Choisi, jeune encore, par l'évêque de Valence, pour être chanoine de sa cathédrale, il se vit, à vingt-sept ans, obligé d'accepter le siège épiscopal de Grenoble, devenu vacant. Il voulut recevoir l'onction épiscopale des mains du Pape Grégoire VII, qui, connaissant à l'avance son mérite et ses vertus, lui dévoila toute son âme et lui inspira un zèle ardent pour la liberté de l'Église et pour la sanctification du clergé.

 

Hugues trouva son évêché dans le plus lamentable état; tous les abus de l'époque y régnaient en maîtres(1) Pendant deux ans il lutte contre la simonie (achat ou vente des réalités spirituelles. CEC 2121), d'un sacrement, la grâce, par ex., ou d'un office, fonction ecclésiastique (2) (3), et les mauvais comportements de son clergé.

 

Le nouveau Pontife fit d'incroyables efforts pour raviver la foi et relever les moeurs; ses efforts étant infructueux, il résolut de quitter sa charge et se réfugia au monastère de la Chaise-Dieu. Mais bientôt le Pape, instruit de ce qui se passait, lui ordonna de retourner à son évêché et de préférer le salut des âmes à son repos personnel.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/b5/Charteuse_vue_cot%C3%A9_nord.JPG

Charteuse vue coté nord

 

Trois ans plus tard, Hugues fait un songe, où il voit Dieu apparaître au milieu des montagnes de Chartreuse, et y construire un temple magnifique couronnée de sept étoiles.

 

Saint Bruno

Quelques jours plus tard, saint Bruno (1035-1101) et six de ses amis viennent le rencontrer et implorer sa protection; Hugues les conduit alors dans la montagne, et c'est le début de la fondation de ce qui sera la Grande Chartreuse. L'évêque va souvent se reposer auprès des moines et profite des saints conseils de Bruno qui lui répète : "Allez à votre troupeau; il a besoin de vous; donnez-lui ce que vous lui devez". Hugues assume donc sa mission. 

 

Saint Hugues prit une part importante au concile de Vienne (1077) où fut condamné l'empereur Henri IV, l'habile simulateur de Canossa devant le pape Grégoire VII.

 

Par la puissance de sa sainteté, il opérait un grand bien dans les âmes; ses prédications véhémentes remuaient les foules et touchaient les coeurs; au confessionnal, il pleurait souvent avec ses pénitents et les excitait à une plus grande contrition. Après quelques années d'épiscopat, son diocèse avait changé de face.

 

Parmi ses hautes vertus, on remarqua particulièrement sa modestie et sa charité. Dur pour lui-même, il se montrait prodigue pour les pauvres et alla jusqu'à vendre pour eux son anneau et son calice. Toujours il se montra d'une énergie indomptable pour la défense des intérêts de l'Église; il restera toujours comme l'un des beaux modèles de noble indépendance et de fier courage. Son exemple apprend aussi que si le salut des âmes est une chose inestimable, il ne s'opère souvent qu'au prix d'une longue persévérance et d'une grande abnégation.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/b0/La_Grande_Chartreuse.JPG/800px-La_Grande_Chartreuse.JPG

Monastère de la Grande Chartreuse

 

Hugues meurt à la tâche en 1132, vendredi avant les Rameaux, après avoir supporté de cruelles infirmités.

 

Il est canonisé en 1134 par Innocent II, et fêté le 1er avril. (4) 

 

Pendant les guerres de religion, son corps fut brûlé sur la place publique par les protestants du baron des Adrets. (5)

 

Il est représenté en habits épiscopaux par-dessus sa cuculle blanche (vêtement, capuchon de moine en usage dans certains ordres religieux).

 

Hugues de Grenoble peut être aussi représenté en habit de chartreux recevant Bruno (parfois avec des étoiles, emblème des chartreux). Il lui arrive aussi de bénir des oies qui se transforment en tortues (Une légende raconte que Hugues de Grenoble surprit des moines attablés devant des oies rôties, ce qui était interdit par la Règle.) 

 

À Grenoble, en 1132, saint Hugues, évêque, qui travailla à réformer les moeurs du clergé et du peuple et, au cours de son épiscopat, ardemment désireux de solitude, conduisit saint Bruno et ses compagnons dans le désert de la Chartreuse, et dirigea avec soin son Église en lui donnant l'exemple, pendant près de cinquante ans. Martyrologe romain (6)

 

Saint Hugues, Évêque de Grenoble (1053-1132)

Sources : (1) ; (2) Missel du Dimanche 2019, Nouvelle traduction liturgique, Année C, Artège Bayard, Lonrai 2018, p. 291-292 ; (3) SIMONIE dans Dominique Le Tourneau, Les Mots du christianisme, Catholicisme, Orthodoxie, Protestantisme, Bibliothèque de Culture religieuse, Fayard, La Flèche 2005, p. 587 ; (4) Wikipedia ; (5) Réflexion chrétienne ; (6) Nominis.

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31 mars 2026 2 31 /03 /mars /2026 00:00
Mardi saint

La tradition chrétienne, en particulier la liturgie et les Saints Évangiles, nous permettent de reconstituer les grands moments de chaque jour de la Semaine Sainte. Selon la chronologie la plus communément admise, le Mardi Saint est le jour où Jésus retourne au Temple de Jérusalem, après avoir purifié les lieux la veille (le Lundi Saint) en chassant les marchands.

Mais cette fois, Il ne vient pas avec un fouet, mais avec le feu prophétique de la Parole. Jésus affronte ouvertement les autorités religieuses de son temps : pharisiens, sadducéens, hérodiens et docteurs de la Loi. C’est un jour tendu, presque dramatique. Ils lui posent des questions pièges : sur l’impôt à César, sur la résurrection des morts, sur le commandement le plus important…

Jésus répond avec une sagesse implacable. Non seulement Il démasque la fausseté de ses interlocuteurs, mais Il en profite pour prononcer certains des enseignements les plus forts :

La parabole des deux fils : l’un dit "oui" mais n’obéit pas, l’autre dit "non" mais finit par faire la volonté du père (Mt 21,28-32).

La parabole des vignerons homicides, qui tuent le fils du maître de la vigne (Mt 21,33-46).

La parabole du festin de noces, où les invités refusent l’appel du roi et sont remplacés par ceux que personne n’attendait (Mt 22,1-14).

Enfin, Il prononce les terribles "Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites !" (Mt 23), une dénonciation sévère de l’hypocrisie religieuse.

Ce jour-là, Jésus ne parle pas seulement en paraboles douces ni en paroles consolatrices. Il parle en Prophète. En Juge. En Dieu. Et c’est précisément pourquoi le Mardi Saint est le jour le plus prophétique de la Semaine Sainte : c’est le jour où le Christ dévoile la vérité, appelle à la conversion profonde et met en garde contre les conséquences de la religiosité sans coeur.

Ce Mardi Saint commence par les pièges tendus par les Pharisiens et se termine par le discours du Christ sur le mont des Oliviers - c'est un jour de prière et d'action pour la paix.

 

S'adressant à ses apôtres réunis sur le mont des Oliviers, Jésus les avertit des souffrances et des persécutions qui attendent ceux qui croient en lui, avant que soit établi sur Terre le Royaume de Dieu au terme de la Grande Tribulation. Il annonce également la destruction du Temple de Jérusalem.

Le soleil matinal brille sur la ville de Jérusalem, mais il y a de la tension dans l'air.

 

Les cours du Temple bourdonnent de chuchotements et de machinations. Les grands prêtres et les anciens observaient la scène. Hier, ce Jésus de Nazareth avait chassé les marchands et dispersé les changeurs. Aujourd'hui, ils étaient prêts. Ils allaient le surprendre dans ses paroles. Mais le Lion de Juda est entré dans le Temple, sans se laisser impressionner par les intrigues des pharisiens.

Alors qu'il enseignait dans la cour du Temple, les grands prêtres, les scribes et les anciens s'approchèrent :

 

"Par quelle autorité fais-tu ces choses ? Et qui t'a donné cette autorité ?" (Mt 21,23)

 

Jésus les regarde, ferme, perspicace, et pose une question en retour :

 

"Le baptême de Jean venait-il du ciel, ou des hommes ?"

 

Ils s'arrêtent. S'ils disaient "du ciel", ils se condamnaient eux-mêmes et admettaient l'autorité de Jésus. Nier Jean, c'était perdre le peuple, s'ils disaient "des hommes", la foule pourrait se soulever contre eux.

 

Ils restèrent silencieux, mais à contrecœur ils répondirent:

 

"Nous ne savons pas."

 

Et Jésus, imperturbable, répondit:

 

"Alors moi non plus, je ne vous dirai pas par quelle autorité je fais ces choses."

 

Et Jésus, avec une clarté pénétrante, commença à enseigner en paraboles :

 

>Les Deux Fils : l’un qui a dit "non" mais a obéi, l’autre qui a dit "oui" et n’a rien fait.

>Les méchants locataires : qui ont assassiné le fils du propriétaire du vignoble.

>Le banquet de mariage : où les invités ont rejeté le roi et des étrangers ont pris leur place.

 

Chaque parabole transperçait le cœur des dirigeants.

Ils savaient qu’il parlait d’eux, des infidèles, des meurtriers de prophètes, des bâtisseurs qui avaient rejeté la pierre angulaire.

Mais ils craignaient le peuple et, pour l’instant, ils retinrent leur colère.

 

Ils ont donc comploté des embuscades subtiles.

 

Ils ont envoyé des espions, des hommes aux paroles raffinées et aux intentions mortelles.

 

"Est-il permis de payer l'impôt à César ?" demandèrent-ils en souriant. S'il répondait oui, il perdrait le peuple. S'il répondait non, il deviendrait un rebelle.

 

Jésus a demandé une pièce de monnaie.

 

Jésus : "De qui est cette image ?"

Les gens : "César."

Jésus : "Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu." C'est le début de la "laïcité" ou distinction des pouvoirs temporel et spirituel dans l'histoire.

 

Silence.

 

Alors les Sadducéens s’approchèrent, se moquant de la résurrection avec une histoire absurde de sept frères épousant une femme.

 

Jésus répondit avec une autorité divine :

 

À la résurrection, les hommes ne prendront ni femmes ni maris ; ils seront comme les anges du ciel. Mais à la résurrection des morts, n'avez-vous pas lu ce que Dieu vous a dit : “Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob” ? Il n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants.

 

Même les scribes s'étonnèrent d'une réplique aussi puissante.

 

La journée avançait. Jésus et ses disciples quittèrent le temple et se dirigèrent vers l'extérieur de la ville. Ses disciples s'approchèrent de lui pour attirer son attention sur les bâtiments.

 

Jésus leur répondit :

"Voyez-vous tout cela ?" demanda-t-il. "En vérité, je vous le dis, il ne restera pas ici pierre sur pierre ; tout sera détruit."

 

Ils se dirigèrent ensuite vers le Mont des Oliviers.

 

Sur le mont des Oliviers, les disciples s'approchèrent de lui et lui demandèrent :

 

> "Dis-nous, quand cela arrivera-t-il, et quel sera le signe de ton avènement et de la fin du monde ?"

 

Là, en leur répondant, il prononça le discours du Mont des Oliviers (Discours sur la fin des temps) :

 

>Des guerres et des rumeurs de guerres, mais il les a assurés de ne pas s'alarmer. De telles choses doivent arriver, et la fin est encore à venir.

>Des famines, des tremblements de terre et des persécutions, en les comparant aux "débuts des douleurs de l’enfantement".

>Des faux prophètes et de l'amour et de la foi de beaucoup qui se refroidissent

>D'une époque où se tenir dans le lieu saint se trouverait "l'abomination qui cause la désolation", dont a parlé le prophète Daniel - et qui avertissait qu'à cette époque les gens devraient fuir vers les montagnes.

 

Mais finalement, à la fin, Il a parlé de la venue du Fils de l’homme sur les nuées du Ciel avec puissance et grande gloire.

 

Il enverra ses anges avec une trompette retentissante, et ils rassembleront ses élus des quatre vents, d'une extrémité des cieux à l'autre.

 

Jésus, assis parmi eux comme un roi sur sa montagne, continuait de parler. Sa voix était ferme, mais chaque mot portait le poids de l'éternité.

 

Il regarda les figuiers le long de la pente et dit :

 

"Maintenant, apprenez une leçon du figuier.

"Quand ses branches deviennent tendres et que ses feuilles commencent à germer, vous savez que l’été est proche."

 

Il s'arrêta, les yeux levés vers Jérusalem.

 

"De même, quand vous verrez toutes ces choses, les signes dont j’ai parlé, sachez que le Seigneur est proche, aux portes."

 

Puis vint la promesse solennelle et tonitruante :

 

"En vérité, je vous le dis, cette génération ne passera point que tout cela n'arrive. Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront jamais."

 

Et avec ces mots, le temps lui-même sembla trembler.

 

Il termina par un avertissement :

''Mais pour ce qui est du jour et de l'heure, personne ne le sait, ni les anges dans le ciel, ni le Fils, mais le Père seul.''

 

Mais il leur dit : ''Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur viendra. Sachez-le bien : si le maître de la maison savait à quelle heure de la nuit le voleur doit venir, il veillerait et ne laisserait pas percer sa maison. De même, vous aussi, tenez-vous prêts, car le Fils de l'homme viendra à l'heure où vous ne l'attendez pas.''

L’un des passages les plus puissants du Mardi Saint est le discours eschatologique de Jésus, rapporté dans les chapitres 24 et 25 de l’Évangile selon saint Matthieu.

Ici, le Christ parle de la chute de Jérusalem, de la fin des temps et du Jugement Dernier. Il se révèle comme le Fils de l’Homme qui viendra dans sa gloire. Et Il nous offre certaines des paraboles les plus profondes et les plus connues :

La parabole des vierges sages et des vierges folles (Mt 25,1-13) : un appel à veiller, avec la lampe allumée de la foi.

La parabole des talents (Mt 25,14-30) : un rappel que nous serons jugés selon ce que nous aurons fait des dons reçus.

Le jugement des nations (Mt 25,31-46) : la scène bouleversante où les brebis sont séparées des boucs selon les oeuvres de miséricorde.

Le Mardi Saint n’est pas un jour pour la sensiblerie ni pour la contemplation passive. C’est un jour pour se laisser interroger, pour s’ouvrir à la vérité, pour permettre à la parole brûlante du Christ de révéler notre état spirituel réel.

 

Pourquoi le Mardi Saint semble-t-il avoir moins de poids dans la dévotion populaire ? Peut-être parce qu’il nous confronte à nos incohérences, à nos mensonges, à nos compromissions avec le péché. Dans un monde dominé par les apparences, où l’image prévaut sur la vérité, où tout est relativisé, ce jour nous rappelle que Dieu ne se laisse pas tromper. Qu’Il voit le coeur. Et qu’Il exige une foi vivante, pas un formalisme vide.

Aujourd’hui, de nombreux chrétiens – même pratiquants – vivent une foi routinière, faite de gestes extérieurs mais avec une âme endormie. Le Mardi Saint est un cri prophétique contre cette anesthésie spirituelle.

Et ce n’est pas tout. Dans un monde où l’on adopte des lois injustes, où le sacré est ridiculisé, et où la vérité est méprisée au nom d’une fausse tolérance, Jésus nous rappelle que la Vérité n’est pas négociable, et que Lui-même sera le Juge des vivants et des morts.

 

Pour que ce Mardi Saint ne passe pas inaperçu, vivons-le comme une journée d’examen profond, de prière engagée et d’écoute attentive. Voici quelques clés pour en faire une expérience spirituelle forte :

1. Lisez tout l’Évangile du jour (Matthieu 21 à 25). Laissez chaque parole vous toucher, vous questionner, vous bouleverser. Surlignez ce qui vous frappe. Méditez en silence.

2. Faites un véritable examen de conscience, sans vous justifier. Suis-je comme les pharisiens qui parlent de Dieu sans vraiment L’aimer ? Où y a-t-il de l’hypocrisie dans ma vie ? Est-ce que je donne toute au Seigneur ou est-ce que je ne veux pas tout lui donner ?

3. Priez avec le Psaume 50 (Miserere), le grand psaume pénitentiel. Demandez à Dieu un coeur nouveau, pur, sans duplicité.

4. Confessez-vous si possible. Le Mardi Saint est un jour idéal pour vous réconcilier avec Dieu, avant le Triduum pascal.

5. Jeûnez des paroles vaines et des bavardages inutiles. La parole prophétique naît du silence et de la communion avec la Vérité.

6. Posez un acte de miséricorde concrète. N’oubliez pas que le Christ vous jugera sur ce que vous avez fait aux plus petits.

Le Mardi Saint, Jésus était entouré de pièges, de tromperies et de sourires empoisonnés, mais sa sagesse se dressait comme une forteresse.

 

> Ils sont venus pour l’accuser, il a révélé leurs cœurs.

> Ils sont venus pour le piéger, il a dévoilé l'éternité.

> Ils craignaient Rome, Il parlait du Royaume qui ne finit jamais.

 

Et encore aujourd’hui, Il nous demande :

 

> Donnez-vous à Dieu ce qui est à Dieu ?

> Reconnaissez-vous la Pierre Angulaire ?

> Est-ce que tu regardes ou est-ce que tu dors ?

Conclusion : Le jour où le Christ a élevé la voix pour nous sauver

Le Mardi Saint n’est pas un jour de plus. C’est le jour où Jésus, sachant que Son Heure approche, choisit de parler avec une clarté totale, une audace brûlante et un amour qui consume. C’est le jour où Il nous appelle à l’authenticité, à la vigilance, à une foi non pas tiède ou rituelle, mais vivante et courageuse.

Aujourd’hui plus que jamais – alors que le christianisme risque de se diluer dans le confort et le conformisme – il nous faut retrouver le feu prophétique de ce jour. Laisser le Christ nous interroger. Nous déranger. Nous purifier. Car c’est seulement ainsi, vraiment convertis, que nous pourrons entrer pleinement dans le mystère du Jeudi Saint, de la Croix du Vendredi et de la Gloire du Dimanche de Pâques.

 

Ne soyons pas comme le figuier qui ne porte pas de fruit.

Car le Fils de l’homme a parlé, et la croix est proche.

Prenez votre croix et suivez-le.

Cf. https://x.com/trad_west_/status/1912147928619118804

Cf. https://x.com/trad_west_/status/1912147928619118804

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30 mars 2026 1 30 /03 /mars /2026 02:00
Bienheureux Amédée de Savoie (1435-1472)

Duc de Savoieprince de Piémont, comte d'Aoste et de Maurienne, le bienheureux Amédée de Savoie (1435-1472), né à Thonon de Louis Ier et d'Anne de Lusignan. Il fut fiancé dès sa naissance à la sœur du roi Louis XI (1461-1483), Yolande de France qu'il épousa à 17 ans.

 

Armoiries SavoieModèle de piété et de bienfaisance, il régna sur le Piémont et la Savoie les 7 dernières années de sa vie sous le nom d'Amédée IX. Atteint de catalepsie, sa femme l'aida dans toutes ses tâches de dirigeant. Ensemble, ils évitèrent les guerres et essayèrent d'être toujours au plus juste avec leurs sujets.

 

Amédée est le père de 7 enfants, dont Louise qui deviendra "bienheureuse".

 

D'une extrême bonté, Amédée, aidé de sa femme Yolande, gouvernait saintement, mettant au premier rang de ses préoccupations le soin des pauvres et des malades. Il construisit des hôpitaux mais aussi des monastères pour faire progresser l'Évangélisation et maintint la paix avec ses voisins.

 

Épileptique, Amédée accepte cette humiliation avec une grande résignation. Il meurt à 37 ans, miné par la maladie, après avoir recommandé à ses enfants et à ses seigneurs de pratiquer la justice et d'aimer les pauvres.

 

Dans son royaume, on disait : "il fait meilleur être pauvre que riche".

 

A travers lui, sont honorés tous les pères de familles.

 

En 1612, le futur S. François de Sales écrivit une supplique au pape Paul V (1605-1621), en vue de sa béatification, ce qui fut fait en 1677.

 

Amédée IX de Savoie, église Saint-Dominique, Turin

 

Sources: (1) ; (2) ; (3) ; (4)

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30 mars 2026 1 30 /03 /mars /2026 00:00

Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu qui a toute ma faveur. ... aux nations, il proclamera le droit.

Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton, il ne fera pas entendre sa voix au-dehors.

Il ne brisera pas le roseau qui fléchit, il n’éteindra pas la mèche qui faiblit, il proclamera le droit en vérité.

Il ne faiblira pas, il ne fléchira pas, jusqu’à ce qu’il établisse le droit sur la terre, et que les îles lointaines aspirent à recevoir ses lois.

... Moi, le Seigneur, je t’ai appelé selon la justice ; je te saisis par la main, je te façonne, je fais de toi l’alliance du peuple, la lumière des nations :

07 tu ouvriras les yeux des aveugles, tu feras sortir les captifs de leur prison, et, de leur cachot, ceux qui habitent les ténèbres.

Isaïe 42,01-07

C'est le lundi saint. Et aujourd’hui, l’Église nous offre le premier Chant du Serviteur d’Isaïe. Ésaïe 42:1–7.

 

Ce n’est pas une prophétie abstraite. C'est Jésus-Christ. Et il est déjà en route pour mourir.

Lundi Saint

"Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu qui a toute ma faveur..."

C'est le Père qui parle.

Et il veut que nous le regardions.

Regardez-le.

Celui en qui l'âme de Dieu prend plaisir.

Celui que le monde s'apprête à dépouiller, à moquer et à crucifier.

 

"J’ai mis mon Esprit sur lui : aux nations, il proclamera le droit. »

Pas seulement pour Israël.

Aux nations.

Ce Serviteur est celui que les Gentils n’ont jamais su qu’ils attendaient.

Et maintenant, à Jérusalem, Il marche vers Sa mort – pour eux aussi.

 

"Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton, il ne fera pas entendre sa voix au-dehors."

Il ne s'emporte pas.

Il ne crie pas en retour.

Il marche.

Silencieusement.

Avec des épines dans le crâne et des crachats sur le visage.

C'est le Serviteur de la Semaine Sainte.

 

"Il ne brisera pas le roseau qui fléchit, il n’éteindra pas la mèche qui faiblit..."

C'est vous.

C'est moi.

Frappé. Vacillante. Mais il ne nous écrase pas. Il s'agenouille à côté de nous et nous dit :

"Je porterai cela aussi."

 

"Il ne faiblira pas, il ne fléchira pas..."  

Vous entendez cela ?

Il ne se brisera pas.

Même s'ils déchirent sa peau.

Même s'ils l'étirent sur du bois.

Il ne s'arrêtera pas jusqu'à ce que le travail soit accompli.

Jusqu'à ce qu'il ait sauvé le monde.

 

Isaïe a prononcé ces paroles en exil.

Le peuple de Dieu était dispersé.

Ils ont prié pour un roi. Un guerrier.

Ce qu'ils ont obtenu... c'est ceci.

Un serviteur.

Gentil. Silencieux. Transpercé. Et par lui, la rédemption.

 

"Je... fais de toi l’alliance du peuple, la lumière des nations..."

Pas seulement un enseignant.

Pas seulement un exemple.

Mais une alliance.

Son corps deviendra la nouvelle alliance.

Son sang la coupe du salut.

Il est la promesse.

 

"Tu ouvriras les yeux des aveugles, tu feras sortir les captifs de leur prison..." 

Cette semaine, Il entrera dans la mort elle-même.

Il marchera dans les tombes.

Et appellera les prisonniers par leur nom.

Les ténèbres essaieront de Le retenir.

Mais la Lumière a déjà percé.

 

Ce n'est pas un langage poétique.

C'est Jésus de Nazareth.

C'est ce qu'il fait en ce moment - cette semaine.

Pas seulement une fois dans l'histoire, mais dans votre vie.

Il vient doucement.

Il ne vous brise pas.

Il vous sauve.

 

Isaïe l'a vu de loin.

Nous le voyons de près.

Trahi.

Lié.

En sang.

Toujours en train de guérir.

Toujours aimant.

Toujours sauvant.

 

En ce lundi de la Semaine Sainte, regardez-le.

Attendez le Serviteur.

Le roseau meurtri ne sera pas brisé.

La faible flamme ne sera pas étouffée.

Et le silence de Dieu... est rempli de miséricorde.

 

Jésus chasse les marchands du Temple

 

Le Lundi saint est un jour qui nous présente une scène qui peut choquer beaucoup de fidèles: Jésus, Prince de la Paix, manifeste une colère sainte en chassant les marchands du Temple. Cet épisode rapporté dans les quatre évangiles (Mt 21,12-17; Mc 11,15-19; Lc 19,45-48; Jn 2,13-22) n'est pas une simple colère, c'est un acte prophétique chargé de sens théologique et pastoral dans un contexte où le Temple de Jérusalem, centre religieux du judaïsme, le "parvis des Gentils" (où les non-juifs pouvaient prier) était devenu un marché animé où régnaient les changeurs de monnaie, exploitant les pèlerins avec des taux usuraires injustes, des vendeurs d'animaux, gonflant les prix pour les sacrifices. Jésus les apercevant les chasse en renversant leurs tables et en libérant les animaux (Mc 11,15). Son acte n'est pas une colère arbitraire, c'est un jugement divin contre la profanation du sacré et un acte prophétique. Jésus condamne l'hypocrisie d'un culte extérieur vide d'amour, et annonce le Messie nouveau Temple de Jérusalem: "Détruisez ce temple et en trois jours je le relèverai." (Jn 2,19), annonce de sa résurrection.

 

Après l’entrée triomphale du dimanche des Rameaux, ce jour semble plus silencieux, c'est aussi le jour de l’onction à Béthanie où une femme, Marie-Madeleine verse un parfum précieux sur les pieds de Jésus et les essuie avec ses cheveux. Ce geste surprend, choque même certains disciples. Le parfum versé représente quelque chose de précieux, presque excessif. Pour certains, c’est du gaspillage. Pour Jésus, c’est une préparation à sa Passion. Le Lundi Saint nous parle d’un amour qui ne calcule pas. Il nous interroge aussi : que sommes-nous prêts à offrir ? Donnons-nous à Dieu ce qui nous reste, ou ce qui a de la valeur ?

Dans les récits évangéliques, ce moment d’amour est mis en parallèle avec la trahison de Judas. Tandis qu’un cœur se donne généreusement, un autre se ferme.

Le Lundi Saint nous place devant ce choix intérieur. Avancer vers la lumière ou se laisser gagner par l’ombre.

Ce jour nous invite à examiner notre propre fidélité.

Au début de la Semaine Sainte, le Lundi Saint est un moment idéal pour relire nos motivations.

Pourquoi suivons-nous le Christ ?

Est-ce par habitude, par tradition, ou par amour sincère ?

Comme le parfum répandu à Béthanie, nos gestes peuvent devenir une offrande s’ils sont faits avec un cœur vrai.

 

Prière pour le Lundi saint

 

Seigneur Jésus,

en ce Lundi Saint,

apprends-moi à t’aimer sans calcul.

Purifie mes intentions

et rends mon cœur généreux.

Que ma vie devienne une offrande sincère.

Amen.

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29 mars 2026 7 29 /03 /mars /2026 04:00
Entrée de Jésus à Jérusalem, miniature romane du début du XIIe siècle

Entrée de Jésus à Jérusalem, miniature romane du début du XIIe siècle

Le dimanche des Rameaux rappelle l'entrée triomphale de Jésus-Christ à Jérusalem (Évangile selon saint Jean 12, 12 - 15) et marque le début de la "Semaine sainte", dernière semaine du Carême, qui s'achève les trois derniers jours par le "triduum pascal".

 

Le Jeudi saint célébrera l'institution par le Christ de la Cène ou Eucharistie lors du dernier repas pris avec ses disciples avant son arrestation; 

le Vendredi saint, la Passion et la mort du Christ; 

le Samedi saint célébrera la veillée pascale précédant la Résurrection le dimanche de Pâques.

 

L’entrée de Jésus à Jérusalem manifeste la venue du Royaume que le Roi-Messie va accomplir par la Pâque de sa Mort et de sa Résurrection.

 

 



L'Évangile raconte qu'à proximité de la fête de la Pâque juive, Jésus décide de faire une entrée solennelle à Jérusalem. Il organise son entrée en envoyant deux disciples chercher un ânon. Il entre à Jérusalem sur une monture pour se manifester publiquement comme le messie que les juifs attendaient. (Mt 21,1-9 ; Mc 11,1-10 ; Lc 19, 28 - 40)

 

C'est une monture modeste comme l'avait annoncé le prophète pour montrer le caractère humble et pacifique de son règne.

 

Alors que déjà Jésus approchait de la descente du mont des Oliviers, toute la foule des disciples, remplie de joie, se mit à louer Dieu à pleine voix pour tous les miracles qu’ils avaient vus. Une foule nombreuse venue à Jérusalem pour la fête l'accueille en déposant des vêtements sur son chemin et en agitant des branches coupées aux arbres.

 

 

Le "Roi de Gloire" entre dans sa Ville "monté sur un ânon" : il ne conquiert pas la Fille de Sion, figure de son Église, par la ruse ni par la violence, mais par l’humilité qui témoigne de la Vérité. C’est pourquoi les sujets de son Royaume, ce jour-là, sont les enfants et les "pauvres de Dieu", qui l’acclament comme les anges l’annonçaient aux bergers. Leur acclamation, "Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur", est reprise par l’Église dans le "Sanctus" de la liturgie eucharistique pour ouvrir le mémorial de la Pâque du Seigneur.

(Catéchisme de l'Eglise catholique, n° 560 et 559)

 

"À Jérusalem au IVe siècle, on lisait aujourd'hui, à l'endroit même où la scène s'est passée, le passage d'évangile qui raconte l'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, acclamé par le peuple comme Fils de David et roi d'Israël. Un évêque, monté sur un âne, allait ensuite du sommet du Mont des Oliviers à l'église de la Résurrection, entouré de la foule portant des rameaux et chantant des hymnes et des antiennes. L'Église de Rome, en adoptant cet usage vers le IXe siècle, y a ajouté les rites de la bénédiction des rameaux. Nous refaisons donc ce que les Juifs ont fait." (1)

 

Cette fête est attestée pour la première fois en Gaule au IXe siècle. Elle est apparue à Jérusalem au IVe siècle, et se déroulait au mont des Oliviers, au Saint-Sépulcre, les fidèles brandissant des rameaux. À Rome, au VIe siècle, ce dimanche était appelé ''dimanche des Palmes et de la Passion du Seigneur''. Le Christ est appelé ''Rameau de Jessé'' (descendance de David et de Jessé) : ''Une rameau sortira de la souche de Jessé, un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l'Esprit du Seigneur'' (Esaïe 11, 1-2). (2)

Wykonanie: Schola San Clemente, Kraków

L'hymne Gloria laus (IXe s.) "Gloire, louange et honneur à Toi, Christ Roi Sauveur", est une hymne écrite et composée par Théodulfe, évêque d'Orléans vers 818.

Les ornements sont rouges, couleur de la Passion.

 

L'hymne, formée de distiques élégiaques, s'inspire de l'Évangile selon Matthieu XXI, 1-16, ainsi que du livre des Psaumes 117, 26.


R/ Gloria, laus et honor tibi sit, Rex Christe, Redemptor,
Cui puerile decus prompsit Hosanna pium.
Gloire, louange et honneur à Toi, Christ Roi Sauveur.
Pour toi le cortège des enfants chanta "Hosanna !"

1.- Israel es tu rex, Davidis et inclyta proles,
Nomine qui in Domini, rex benedicte, venis.
Tu es le roi d'Israël, tu es le glorieux rejeton de David,
Roi béni qui viens au nom du Seigneur.

2.- Cœtus in excelsis te laudat cælicus omnis,
et mortalis homo, et cuncta creata simul.
Le chœur céleste en entier te loue au plus haut des cieux ;
à lui se joint l'homme mortel et toute la création.

3.- Plebs Hebræa tibi cum palmis obvia venit ;
Cum prece, voto, hymnis, adsumus ecce tibi.
Le peuple hébreu vint au devant de toi avec des palmes,
avec nos prières, nos vœux et nos hymnes, nous voici devant toi.

4.- Hi tibi passuro solvebant munia laudis ;
nos tibi regnanti pangimus ecce melos.
Ceux-ci te payaient leur tribut de louanges, alors que tu allais souffrir ;
Et nous, voici que nous te célébrons par nos chants, maintenant que tu règnes.

5.- Hi placuere tibi, placeat devotio nostra ;
rex bone, rex clemens, cui bona cuncta placent.
Ils ont su te plaire, que te plaise aussi notre dévotion :
bon Roi, doux Roi, à qui plaît tout ce qui est bon.

Iconographie :

Christ des Rameaux, bois polychromé, Nesselwang, Souabe, v. 1640

Christ des Rameaux, bois polychromé, Nesselwang, Souabe, v. 1640

Entrée à Jérusalem (fresque par Giotto, Arena Chapel, Padoue, vers 1305)

Entrée à Jérusalem (fresque par Giotto, Arena Chapel, Padoue, vers 1305)

Sources :

 

(1) Missel Vespéral Romain Quotidien, Par Dom Gaspar Lefebvre et le Chanoine Émile Osty, Biblica Bruges - Paris 1964, p. 362

(2) Dictionnaire culturel du christianisme, Le sens chrétien des mots, Pascal-Raphaël AMBROGI, Honoré Champion, Paris 2021, p. 795-796.

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