Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
15 septembre 2024 7 15 /09 /septembre /2024 16:35

Parmi les maîtres orientaux de la foi, particulièrement chers aux Grecs, se distinguent les trois Pères Cappadociens. Il n’y a pas chez eux de position explicitement filioquiste, mais il n’y a pas non plus d’incompatibilité entre leurs écrits et la doctrine du Filioque.

Le Filioque chez les Pères Orientaux

Et voici la preuve que vous êtes des fils : Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos cœurs, et cet Esprit crie « Abba ! », c’est-à-dire : Père !

Galates 4,6

Dans l'article précédent, nous avons essayé de montrer comment plusieurs Pères latins, universellement reconnus comme docteurs de la saine doctrine, ont soutenu que le Fils entre pleinement dans la procession du Saint-Esprit à partir du Père. Cette causalité du Fils a été particulièrement abordée et précisée par saint Augustin : le Fils a reçu du Père pour être avec Lui le principe de la procession du Saint-Esprit.

Mais dans la liste des maîtres de la foi, dont les pères du IIe concile de Constantinople (553) s'engageaient à accueillir l'enseignement, on retrouve aussi les trois Pères cappadociens, particulièrement chers aux Grecs :

Basile de Césarée, dit "le Grand" (+379),

Grégoire de Nysse (+395), frère de Basile et surnommé "pilier de l'orthodoxie"

- et Grégoire de Nazianze, dit "le Théologien" (+390).

 

Essayons de résumer la position de chacun par rapport à la relation entre le Saint-Esprit et le Fils.

 

Le problème théologique auquel se trouvait confronté saint Basile était d'affirmer la divinité du Saint-Esprit contre les pneumatomaques (Ceux qui combattent l'Esprit... Ndt.), affirmation qui exigeait en même temps de distinguer ce dernier du Fils, en identifiant ainsi la particularité de chaque Personne.

Basile désigne la troisième Personne comme l'Esprit qui procède du Père, donnant une connotation théologique au terme "procéder" trouvé dans Jean 15,26 sans toutefois déterminer en quoi consiste cette procession.

Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur.

Jean 15,26

Le passage de la Lettre 38, 4 est particulièrement intéressant lorsque Basile souligne que le Fils a déclaré que l'Esprit "procède du Père par Lui et avec Lui, brillant par Lui-même et du Fils unique de la lumière engendrée". Dans la perspective de Basile, une volonté émerge de souligner l'union parfaite du Père et du Fils, pour laquelle ce dernier ne peut manquer d'être "présent" au Père dans l'Esprit.

 

Il ne fait aucun doute qu’il ne s’agit pas là d’une déclaration explicitement filioquiste et il serait anachronique de le penser ; cependant, l'affirmation de la procession de l'Esprit par le Fils est remarquable parce que le concile des Blachernes (ou de Constantinople de 1285) réuni par les Grecs pour condamner le patriarche Jean XI Bekkos qui soutenait la légitimité du Filioque latin et sa compatibilité avec les Pères grecs, a réprouvé quiconque enseignait que l'Esprit procédait du Père par le Fils.

 

Saint Grégoire de Nysse, toujours dans le cadre de la réfutation des pneumatomaques, reprenait la réflexion de son frère, soulignant non seulement l'union du Père et du Fils, mais aussi celle de ce dernier avec l'Esprit Saint, si bien que l'Esprit est toujours caractérisé par le fait qu'il est l'Esprit du Fils. Il reste cependant toujours le problème de la distinction entre le Fils et l'Esprit, et cette distinction ne peut se faire qu'au niveau de la relation entre les Personnes par rapport à la causalité éternelle, c'est-à-dire la différence entre l'hypostase qui cause et celle qui est éternellement causée. Il ne fait aucun doute que l'hypostase qui cause est le Père et que le Fils et l'Esprit sont causés par le Père, mais il existe une différence importante entre eux, soulignée par Grégoire : le Fils, dans la relation de génération, est causé immédiatement par le Père, tandis que l'Esprit, dans la procession, est causé médiatement par le Père, c'est-à-dire par le Père à travers le Fils. Grégoire souligne ainsi que le rôle médiateur du Verbe incarné s'enracine dans une médiation intra-trinitaire originale, confirmant une fois de plus cette cohérence entre la Trinité immanente et économique, décrite dans l'article de dimanche dernier. Il est clair que même Nysse n'explicite pas la doctrine du Filioque, c'est-à-dire le rôle causal du Fils dans la spiration ; et pourtant, même dans ce cas, la causalité du Fils n'est nullement exclue, mais comprise comme "médiation", sauvegardant le Père comme cause première. 

 

Saint Grégoire de Nazianze peut être considéré comme le Docteur du Saint-Esprit, pour la plus grande pénétration et exposition du mystère de la troisième Personne, non sans une certaine controverse avec son ami Basile, à qui il reprochait de ne pas avoir suffisamment de clarté et de décision dans l'affirmation de la divinité du Saint-Esprit dans la controverse avec les pneumatomaques. En précisant la spécificité de la troisième Personne, il souligne sa distinction d'avec le Fils parce qu'elle vient du Père par voie de procession et non par voie de génération, afin que l'affirmation de la divinité de l'Esprit ne compromette pas sa distinction d'avec le Fils. L'une des objections contre la divinité de l'Esprit était en effet celle-ci : si le Saint-Esprit était Dieu, il serait impossible de le distinguer du Fils, car tous deux seraient engendrés par le Père. Mais ce qu'est cette procession n'est pas clair, sauf par contraste avec la génération (du Fils).

 

En résumé, la position des Pères cappadociens ne contient pas d'expressions aussi explicites que celles rencontrées chez les Pères latins. Et pourtant, nous ne rencontrons pas non plus de déclarations qui prétendent affirmer la procession de l'Esprit à partir du Père seul, excluant explicitement la causalité du Fils. En substance, de même qu'il serait difficile de soutenir une position proprement filioquiste chez les Pères Cappadociens, il serait tout aussi difficile de soutenir une incompatibilité entre leur position et la doctrine du Filioque, puisque cette dernière n'affirme pas que le Père et le Fils sont la cause de l'Esprit de la même manière, mais que le Père est la cause incausée, tandis que le Fils est la cause causée (par génération à partir du Père). La position de Grégoire de Nysse, qui demande une médiation nécessaire du Fils dans la procession de l'Esprit pour marquer la distinction entre la deuxième et la troisième Personne, apparaît comme celle qui prédispose le mieux à une interprétation filioquiste et n'est guère compatible avec la position de Grégoire de Chypre, grand adversaire du Filioque et de l'union à l'époque du deuxième Concile de Lyon (1274).

 

Nous avons posé les bases fondamentales pour comprendre les fondements de la doctrine de la procession du Saint-Esprit depuis le Père et le Fils, à travers les Saintes Écritures et les Pères latins et grecs. Il reste maintenant à comprendre ce qui historiquement s'est passé, qui a conduit au conflit au sein du Concile de Ferrare-Florence.

***

Les "orthodoxes" prétendent que la procession du Saint-Esprit par le Fils chez les Pères de l’Eglise expriment en réalité la “procession économique”, le don du Saint-Esprit au monde, et non pas une procession éternelle. Il existe pourtant des citations des Pères qui parlent de manière absolument claire d’une procession éternelle du Saint-Esprit par le Père et par le Fils, pourvu que l’on prête attention au contexte et aux termes qui sont employés.

Voici quelques citations de Pères grecs, pour insister sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une “invention latine”, qui sont suffisamment claires pour comprendre que le sujet est bien les relations éternelles des Trois personnes de la Trinité et non simplement le don du Saint-Esprit au monde, et que les Pères enseignent bien clairement que le Fils participe à la procession du Saint-Esprit.

 

Saint Epiphane de Salamine (374)

L’Esprit est de Dieu et Esprit du Père ainsi qu’Esprit du Fils, pas par quelque mélange mais comme le corps et l’âme en nous. L’Esprit est au milieu [entre le] du Père et du Fils, étant du Père et du Fils (ἐκ τοῦ Πατρὸς καὶ τοῦ Υἱοῦ), troisième par la désignation.

 

Ancoratus, 8

Certes le Père existe depuis toujours ainsi que le Fils, et l’Esprit spire du Père et du Fils (ἐκ Πατρὸς καὶ Υἱοῦ πνἐει), mais ni le Fils ni l’Esprit ne sont créés.

 

Ancoratus, 75

De tous les Pères de l’Église, Saint Epiphane est peut-être celui qui affirme le plus clairement la procession du Saint-Esprit ab utroque, par le Père et par le Fils. Ses propos sont peut-être encore plus proches du ex Patre Filioque procedit de la liturgie latine que ne le sont ceux de Saint Augustin.

 

Saint Epiphane s’exprime aussi en faveur de la double procession dans son grand ouvrage contre les hérésies, le Panarion ou Adversus haereses (377), une étude critique de quatre-vingts hérésies, disant dans le chapitre 62 contre les Sabelliens que le Saint-Esprit “procède du Père et reçoit du Fils, n’est pas différent du Père et du Fils, est vraiment de la même essence et de la même divinité, est du Père et du Fils (ἐκ Πατρὸς καὶ Υἱοῦ)” ; également, dans le chapitre 69 contre les Ariens : “le Père est lumière, le Fils est lumière du Père, le Saint-Esprit est lumière et source venant d’une source, du Père et de l’unique engendré (ἐκ τοῦ Πατρὸς καὶ τοῦ Mονογενοῦ)”.

 

Saint Grégoire de Nysse (c. 370-390)

En effet, l’Esprit Saint, qui prend sa subsistance de Dieu le Père par le Fils, est élevé au-dessus de tout le créé et est, en lui-même, incommensurable et incompréhensible.

 

Ὁ τοίνυν Παρὰ τοῦ Πατρὸς καὶ διὰ τοῦ Υἱοῦ τὴν οὐσίαν ἔχων Ἅγιος Πνεῦμα, ὑπὲρ πάσης τῆς κτίσεως ἀνυπέρβλητος αὐτὸς καὶ ἀνεξιχνίαστος ὑπάρχει.

 

Sur l’Esprit-Saint, Patrologia Graeca, Grégoire de Nysse, Vol. 45, col. 132C-132D, PG 45, 132C132D

Le texte grec ne laisse pas l’ombre d’un doute : τὴν οὐσίαν ἔχων se traduit plus littéralement par “a la substance” ; c’est dans ce sens que le terme οὐσία est employé par l’Eglise pour définir que le Fils est consubstantiel au Père, ὁμοουσίος. Saint Grégoire de Nysse dit donc que l’Esprit-Saint possède la substance “depuis le Père” (Παρὰ τοῦ Πατρὸς), “par le Fils” (διὰ τοῦ Υἱοῦ). Si certains “orthodoxes” veulent encore insister sur une distinction entre le Filioque et le διὰ τοῦ Υἱοῦ, en prétendant que le premier est inacceptable, il leur faudra reconnaître a minima que l’idée d’une distinction de relation entre le Fils et le Saint-Esprit (qui ne procèdent pas du Père exactement de la même manière et dans le même ordre), et l’idée que le Fils a un rôle dans la procession du Saint-Esprit, se trouve dans la théologie orientale et n’est absolument pas une invention de Saint Augustin et des Latins, mais bien un enseignement de la Tradition apostolique. Or Photius, par un raisonnement tout à fait personnel, rejette l’idée de la distinction de relations, et rejette par conséquent la Tradition apostolique et l’enseignement des Pères. [La doctrine du Filioque était largement acceptée par l’ensemble des chrétiens avant Photius; elle se diffusait paisiblement en Occident et en Orient, et si débat doctrinal il y avait c’était pour savoir s’il fallait dire que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils, ou du Père par le Fils, la première formule étant plus usitée en Occident et la seconde en Orient, les papes n’ayant condamné aucune des deux formules. Les Francs attachent de l’importance à cette question du Filioque dans le cadre de la lutte contre l’adoptianisme, comme une manière d’insister sur la divinité éternelle du Fils, sur son rôle essentiel dans la Trinité. Ainsi Charlemagne demande à l’évêque Théodulfe d’Orléans une compilation de textes des Pères en faveur du Filioque en 809. C’est Photius qui innove en condamnant le Filioque : dans le cadre de ses différends juridictionnels avec Rome, la question du Filioque est mise sur le tapis et pour la première fois Photius entreprends de condamner le Filioque d’un point de vue doctrinal, pas simplement du point de vue de la pratique liturgique comme c’était le cas auparavant en Orient et en Occident. Les missionnaires Francs de Bulgarie utilisaient le Filioque dans la liturgie, ce qui a été l’occasion de cette diatribe de Photius. Or, aucun Père ne condamne le Filioque, et c’est donc sur la base de son jugement personnel qu’il a prétendu expliquer que cette doctrine diminuait la parfaite monarchie du Père. Il s’agit bien plus d’un prétexte pour justifier sa révolte, son ambition et son mépris pour les Latins, que d’une préoccupation sincère pour l’orthodoxie. On voyait le même Photius, au début de son investiture, tenter d’entrer dans les bonnes grâces de Rome et prétendre être un bon catholique, avant de se retourner contre le pape une fois que ses ambitions ont été contrariées, comme Luther plusieurs siècles après lui, et comme tant d’autres hérétiques avant eux qui tentèrent dans un premier temps de se faire approuver par Rome.]

 

Saint Cyrille d’Alexandrie (c. 424-428)

Cet Esprit procède du Fils, immuable, indivisible et inséparable, étant en Lui, venant de Lui et étant contemplé à travers Lui, existant en trois personnes et formant l’unité de la Trinité.

 

Τοῦτο οὖν τὸ πνεῦμα πρὸς τὸν Υἱὸν προπορεύεται ἀναλλοίωτον καὶ ἀδιάστατον καὶ ἀμερίστως, δι’ αὑτοῦ ὂν καὶ ἐξ αὐτοῦ καὶ διὰ αὐτοῦ θεωρούμενον, τρία ὑπάρχοντα πρόσωπα, καὶ μίαν τῆς τριάδος θεότητα.

 

Thesaurus de sancta et consubstantiali trinitate

Nous voyons dans cet extrait que Saint Cyrille parle de l’existence intime de la Trinité et des Personnes qui la composent. Il ne dit nullement que le Saint-Esprit vient du Fils “vers le monde”, mais simplement qu’il “procède du Fils” (πρὸς τὸν Υἱὸν προπορεύεται), qu’il “vient de Lui” (ἐξ αὐτοῦ), tout en existant avec Lui dans la Trinité éternelle et immuable.

 

Saint Maxime le Confesseur (c. 640-660)

Le Saint-Esprit procède non seulement du Père, mais aussi du Fils, indivisiblement, sans confusion, sans séparation, incompréhensiblement, le bon, l’unique engendré.

 

Τὸ Ἅγιον Πνεῦμα ἐκπορεύεται οὐ μόνον ἐκ τοῦ Πατρὸς, ἀλλὰ καὶ ἐκ τοῦ Υἱοῦ ἀδιαιρέτως, ἀχωρίστως, ἀσυγχύτως, ἀσυγνώτως, τὸν ἀγαθόν, τὸν μονογενῆ.

 

Lettre à Marinus

Ce texte est spécialement précieux pour sa négation explicite de la fausse doctrine des schismatiques sur la procession du Saint-Esprit “par le Père seul” à l’exclusion du Fils. Saint Maxime dit bien qu’il procède (ἐκπορεύεται – “sort de”, “vient de”) “non seulement “(οὐ μόνον) du Père “mais aussi”(ἀλλὰ καὶ) “du Fils” (ἐκ τοῦ Υἱοῦ).

 

La lettre de Saint Maxime à Marinus traite précisément du sujet de la procession éternelle du Saint Esprit, sujet qu’il décrit comme éminemment mystérieux et difficile, et il est bien clair encore une fois que cette discussion est sans rapport avec le don du Saint-Esprit au monde : sinon, il ne vaudrait pas la peine de dire que ce sujet dépasse l’intelligence humaine.

 

Ailleurs dans cette lettre, Saint Maxime rappelle l’existence d’un consensus des Pères de l’Eglise sur le fait qu’on ne doit pas rejeter la procession du Saint-Esprit par le Fils [1], même si les détails de cette mystérieuse relation ne font pas l’objet d’un accord unanime entre les Pères. Chose importante : nous évoquions plus haut la distinction entre le Filioque (procède du Père et du Fils) et le διὰ τοῦ Υἱοῦ (procède du Père par le Fils). Saint Maxime évoque cette distinction, mais précisément pour dire qu’on ne doit pas rejeter la proposition “le Saint-Esprit procède du Fils”, sans préciser qu’il procède du Père “par le Fils”. Il condamne par anticipation Photius et sa fausse doctrine du ἐκ μόνου τοῦ Πατρός (du Père seul).

 

Cf. https://religioncatholique.fr/2023/12/10/pourquoi-etre-catholique-plutot-quorthodoxe-4-7/

Partager cet article
Repost0
13 septembre 2024 5 13 /09 /septembre /2024 19:01

François avait déjà exprimé une quasi apostasie dans la déclaration d’Abou Dhabi, en date du 4 février 2019 - déclaration qui fit couler beaucoup d'encre mais qui ne suscita aucune réaction d'évêques ou de cardinaux -, lorsqu'il déclara que "le pluralisme et les diversités de religion, de couleur, de sexe, de race et de langue sont une sage volonté divine, par laquelle Dieu a créé les êtres humains." Il renouvelle littéralement son apostasie en faisant une nouvelle déclaration qualifiée cette fois-ci d'"hérétique" par l'évêque américain Mgr Strickland. 

 

***

Nier que Jésus est le seul chemin vers Dieu le Père est une hérésie - Mgr Strickland

Cependant, d'après ce qui a été rappelé jusqu'ici sur la médiation de Jésus-Christ et sur la « relation singulière et unique »84 entre l'Église et le Royaume de Dieu parmi les hommes — qui est en substance le Royaume du Christ sauveur universel —, il serait clairement contraire à la foi catholique de considérer l'Église comme un chemin de salut parmi d'autres.

Déclaration Dominus Iesus, 21

"Le seul chemin vers Dieu le Père est par son Fils Jésus-Christ. Le nier, c'est nier la foi catholique, c'est une hérésie", a écrit l'évêque Strickland en réponse au pape François.

 

L’évêque Joseph Strickland a averti que nier le Christ comme "seul chemin vers Dieu" est un rejet du catholicisme et "est qualifié d’hérésie".

 

En publiant un court message sur X/Twitter vendredi, l'évêque émérite de Tyler, Joseph Strickland, a donné ce qui semble être une réponse publique aux commentaires controversés du pape François plus tôt dans la journée sur l'authenticité religieuse.

 

"C'est ce que l'Église catholique enseigne concernant l'unicité de Jésus-Christ", écrit Strickland, en faisant référence au document Dominus Iesus du Vatican d'août 2000 .

"Le seul chemin vers Dieu le Père est par son Fils Jésus-Christ", a poursuivi Strickland. "Le nier, c’est nier la foi catholique, c’est une hérésie."

"Priez pour que le pape François déclare clairement que Jésus-Christ est la seule Voie. Le nier, c’est le nier. Si nous renions le Christ, Il nous reniera, Il ne peut pas se renier lui-même", a écrit Strickland dans un autre message sur les réseaux sociaux.

Ses commentaires interviennent en réponse aux propos tenus par le pape François à Singapour quelques heures plus tôt, alors qu'il s'adressait à un groupe interreligieux de jeunes.

Nier que Jésus est le seul chemin vers Dieu le Père est une hérésie - Mgr Strickland

"Chaque religion est un moyen d'arriver à Dieu. Il y a différents langages pour arriver à Dieu, mais Dieu est Dieu pour tous. Mais mon Dieu est plus important que le vôtre, est-ce vrai ? Il n'y a qu'un seul Dieu et chacun a son propre langage pour arriver à Dieu. Sikh, musulman, hindou, chrétien, ce sont des chemins différents".

En mettant l’accent sur la culture religieuse très variée de Singapour, François a exhorté à ce qu’aucune religion ne soit prioritaire, mais que les individus se concentrent plutôt sur la parité entre les croyances :

François a déclaré que chaque religion est un moyen pour atteindre Dieu, affirmant :

 

"Chaque religion est un chemin pour arriver à Dieu. Il existe différentes langues pour arriver à Dieu, mais Dieu est Dieu pour tous. Et comment Dieu est-il Dieu pour tous ? Nous sommes tous fils et filles de Dieu. Mais mon Dieu est plus important que ton Dieu, est-ce vrai ? Il n'y a qu'un seul Dieu et chacun de nous a un langage pour arriver à Dieu. Sikh, musulman, hindou, chrétien, ce sont des chemins différents."

 

Ses propos ont provoqué une consternation immédiate et généralisée.

 

"C’est explicitement l’hérésie de l’indifférentisme religieux", a écrit le diacre Nick Donnelly, un commentateur et catéchiste catholique bien connu du Royaume-Uni. "Jorge Mario Bergoglio a si souvent répété cette hérésie qu’il est dans un état d’hérésie formelle", a-t-il ajouté.

 

"Comment cette déclaration n’est-elle pas une hérésie ?", a demandé le Dr Thomas Carr, tandis que son confrère dominicain, le père Lawrence Lew, a exhorté à prier pour François et "pour une conversion plus complète des âmes – à commencer par la mienne – à la Vérité qui est Jésus-Christ seul. Car, comme le dit saint Pierre : "Il n’y a de salut en aucun autre, car il n’y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés.'"

 

Les commentaires de François semblent contredire l’enseignement intemporel de l’Église catholique, qui affirme que "la seule véritable Église établie par le Christ est l’Église catholique." {Catéchisme de Baltimore, question 152}

 

La doctrine catholique enseigne que ce fait est connaissable puisque seule l’Église catholique possède les quatre caractéristiques de la véritable Église : une, sainte, catholique et apostolique. En conséquence, l’Église enseigne que toutes les âmes doivent "appartenir" à l’Église pour être sauvées : "Tous sont obligés d’appartenir à l’Église catholique pour être sauvés." (Catéchisme de Baltimore, Q 166.)

 

Dominus Jesus, comme le souligne Strickland, confirme cet enseignement et condamne l’idée qu’il existe un moyen officiel de salut en dehors de l’Église catholique :

 

"De plus, pour justifier l'universalité du salut chrétien ainsi que le fait du pluralisme religieux, on a avancé l'idée qu'il existe une économie du Verbe éternel, valable également en dehors de l'Eglise et sans rapport avec elle, en plus d'une économie du Verbe incarné. La première aurait une valeur universelle plus grande que la seconde, qui se limite aux chrétiens, bien que la présence de Dieu y soit plus pleine. Ces thèses sont en profond conflit avec la foi chrétienne. Il faut croire fermement à la doctrine de la foi qui proclame que Jésus de Nazareth, fils de Marie, et lui seul, est le Fils et le Verbe du Père."

 

Le pape Benoît XVI a également commenté la tendance croissante des cercles ecclésiaux modernes à minimiser la nécessité de convertir les âmes au catholicisme. En 2016, il a déclaré :

 

"S’il est vrai que les grands missionnaires du XVIe siècle étaient encore convaincus que ceux qui ne sont pas baptisés sont perdus à jamais — et cela explique leur engagement missionnaire — dans l’Église catholique, après le concile Vatican II, cette conviction a finalement été abandonnée. De là une double crise profonde. D'un côté, cela semble ôter toute motivation à un futur engagement missionnaire. Pourquoi essayer de convaincre les gens d'accepter la foi chrétienne alors qu'ils peuvent être sauvés même sans elle ? Mais pour les chrétiens aussi, un problème est apparu : le caractère obligatoire de la foi et de son mode de vie commençait à paraître incertain et problématique.''

 

Le regretté Benoît XVI a poursuivi en condamnant directement la théorie proposée aujourd'hui par François à Singapour : ''Encore moins acceptable est la solution proposée par les théories pluralistes de la religion, pour lesquelles toutes les religions, chacune à leur manière, seraient des voies de salut et en ce sens, dans leurs effets, doivent être considérées comme équivalentes.''

Add. 14 septembre 2024. Un commentateur allemand ironise sur la déclaration de François : 

 

Uwe Lay

 

Tout est également vrai !

 

Grâce aux nouvelles "découvertes" de ce Pape, il faut admettre que le missionnaire germanique Boniface, au lieu de nous apporter la foi chrétienne, aurait dû nous faire croire en Odin et Wotan, car Odin est aussi vrai que Jésus-Christ.

Mais le Pape ne s’intéresse pas du tout à la religion, mais au projet humaniste de paix mondiale éternelle, pour lequel toutes les religions devraient être considérées comme également vraies et indifférentes.

Uwe Lay Pro Théol Blogspot

 

 

 

Un autre écrit :

 

"Un pape qui ne connaît pas sa propre foi. Ou pire : qui nie sa foi et déclare que les idoles sont égales."

 

Un autre :

 

"Selon cette logique, si les missionnaires ont entrepris tous leurs efforts finalement en vain, si les martyrs eux-mêmes sont morts en vain, la liste des saints et des martyrs devrait être débarrassée de tous ces prosélytes malheureux et enrichie des fondateurs religieux de tous genres." (y compris des adeptes de sectes sataniques ? Cette "logique" n'a aucun sens si on y réfléchit bien. Ndt.)

 

Un autre encore : 

"Espérons que de nombreux Paul affronteront Pierre.

Espérons que de nombreux Paul s'opposeront à Pierre. Il représente ici son opinion privée, et non l'enseignement de l'Église.

Au cours de l'année sainte 2000, Rome a publié "Dominus Jesus. Sur l'unicité et l'universalité du salut de Jésus-Christ et de l'Église". Vous pouvez facilement le lire en ligne, notamment le chapitre I. La Révélation de Jésus-Christ complète et définitive + le chapitre. VI. L'Église et les religions face au salut."

 

Source : Kath.net, "Toutes les religions mènent-elles vraiment à Dieu ?"

Le Père Dwight Longenecker réagit sur X : 

 

"Toutes les religions sont des voies d'accès à Dieu aussi merveilleuses les unes que les autres. Euh........................"

 

 

Nier que Jésus est le seul chemin vers Dieu le Père est une hérésie - Mgr Strickland

"La religion vaudou ne mène pas à Dieu au paradis."

 

Un commentateur du Forum catholique demande :

 

"Les sacrifices humains ... des Incas sont-ils aussi un chemin vers Dieu ?"

Le Dr Taylor Marshall écrit sur X : Le pape François : "L'hindouisme mène à Dieu" Entre-temps, l'hindouisme : 

 

Nier que Jésus est le seul chemin vers Dieu le Père est une hérésie - Mgr Strickland

Dans un autre tweet, le Dr Taylor Marshall écrit :

 

"Les chrétiens prêchent contre l'hindouisme depuis 2000 ans. L'apôtre saint Thomas a été le premier à se rendre en Inde pour prêcher contre les idoles païennes de l'hindouisme. Les hindous ont assassiné saint Thomas."

 

Et encore : 

 

"François : "Toutes les religions arrivent à Dieu" François : "Restreindre la messe en latin". (ici)

Edward Feser sur X

 

"Si, comme le dit le pape François, nous devrions accepter toutes les religions comme des chemins vers Dieu et ne pas les condamner comme fausses, alors cela inclurait le catholicisme traditionaliste, la FSSPX, le sédévacantisme, etc. - Dans ce cas, pour être cohérents, les défenseurs du pape doivent cesser de critiquer ces points de vue."

Un autre commentateur du Forum catholique écrit :

 

"L'Islam se présente comme une correction du christianisme ; il nie la divinité du Christ et la Trinité..." Mène-t-il vers Dieu ?

Luisella Scrosati sur La Nouvelle Boussole quotidienne écrit :

 

"Parlant du dialogue interreligieux avec les jeunes de Singapour, le pape François met toutes les religions sur le même plan. En fait, c'est la négation de la prétention du Christ à être "le chemin, la vérité, la vie", l'élimination du sens de l'Incarnation et de la Rédemption. Un renversement de 180 degrés par rapport à son prédécesseur, un recul de plus de deux mille ans dans l'histoire des religions et - inacceptable de la bouche de tout chrétien - l'élimination du cœur de l'événement chrétien.

 

L'exhortation au dialogue interreligieux d'hier, 13 septembre, est en réalité la pierre tombale non seulement du dialogue interreligieux lui-même, tel que le conçoit l'Église catholique, mais du sens même du christianisme : « Une des choses qui m'a le plus frappé chez vous, les jeunes. , de vous ici, c'est la capacité de dialogue interreligieux. Et c'est très important, car si vous commencez à argumenter : "ma religion est plus importante que la vôtre...", "la mienne est la vraie, la vôtre n'est pas vraie...". Où tout cela mène-t-il ? Où? Quelqu'un répond, où ? [quelqu'un répond : 'Destruction']. C'est comme ça. Toutes les religions sont un chemin pour arriver à Dieu. Elles sont – je fais une comparaison – comme différentes langues, différents idiomes, pour y arriver. Mais Dieu est Dieu pour tous. Et puisque Dieu est Dieu pour tous, nous sommes tous enfants de Dieu. "Mais mon Dieu est plus important que le vôtre !". Est-ce vrai ? Il n’y a qu’un seul Dieu et nous, nos religions sont des langues, des chemins pour atteindre Dieu. Certains sont sikhs, certains sont musulmans, certains sont hindous, certains sont chrétiens, mais ce sont des chemins différents. Compris ? »

 

Des paroles qui sonneraient comme une banalité désarmante dans la bouche de chacun, mais qui laissent sans voix lorsqu'elles sont prononcées par le successeur de l'apôtre Pierre, dont le ministère existe pour confirmer ses frères dans la foi, non pour les désorienter. François le réinterprète à sa manière, presque comme si saint Pierre commençait à dialoguer avec les juifs et les païens en leur disant que la mort et la résurrection du Christ n'ont rien apporté de substantiellement décisif dans l'histoire de l'humanité, sauf un nouveau chemin alternatif pour arriver à Dieu, mais toujours facultatif et sans prétendre être le seul vrai. Comme la variante d’une autoroute.

 

Il n'y a aucune exagération à dire que nier que la religion chrétienne est la seule vraie, la seule capable de conduire à Dieu, en la plaçant au même niveau que tout autre chemin religieux des hommes, signifie simplement nier l'auto-révélation que le Christ fait de lui-même dans les Saints Évangiles, enseignés par l'Église depuis sa fondation; cela signifie rejeter que les hommes ne peuvent en aucune façon atteindre Dieu, bien qu'ils le cherchent, sinon par Jésus-Christ et son Église ; cela signifie n'avoir rien compris à la nécessité d'être racheté par le sang de Jésus-Christ par le baptême, et incorporé dans son Église. Cela signifie apostasier de toute la foi catholique et non se tromper sur quelques-uns de ses points.

 

Pendant des siècles, la principale préoccupation des Pères, des Docteurs et des théologiens a été de montrer comment le christianisme est l'accomplissement de la religio vera. Le cardinal Ratzinger, rappelant la comparaison entre saint Augustin et Varron, avait expliqué avec une extrême clarté que quelque chose d'"étonnant" s'était produit dans le christianisme : "les deux principes fondamentaux du christianisme apparemment en conflit, le lien à la métaphysique et le lien à l'histoire, conditionnent et se rapportent les uns aux autres ; ensemble, ils constituent l'apologie du christianisme comme religio vera" (La victoire de l'intelligence sur le monde des religions, 30 jours, janvier 2000). Traduit : la vérité - le Logos éternel et primordial - est entrée dans l'histoire, créant l'étreinte entre religion et philosophie ; la forme historique assumée par le Verbe constitue la révélation définitive de la vérité, établissant ainsi définitivement le christianisme comme la vraie religion, non seulement dans ses principes ou, comme on dit aujourd'hui, dans ses "valeurs", mais précisément dans sa forme historique qui est l'Église catholique. La bonne nouvelle est là : les hommes ne sont plus livrés à eux-mêmes dans leur recherche de vérité, ni dans leur aspiration au divin, aspiration systématiquement vouée à l’échec, jusqu’à ce que Dieu vienne à leur rencontre. Et Dieu est venu à la rencontre de l'homme dans la personne de Jésus-Christ, Dieu fait homme pour que les hommes puissent participer à la vie divine. [Cf. Prologue de Saint Jean 1. Ndt.]

Avec ses propos malheureux, François élimine le sens du christianisme, le sens de l'incarnation du Verbe et de sa Passion, réduisant le christianisme à une religion parmi d'autres et annulant même la recherche de la vérité sur Dieu par l'homme. Il s’agit de déclarations graves qui annulent le sens de l’Incarnation et de la Rédemption et qui ne peuvent donc passer inaperçues aux yeux du Collège des Cardinaux et de tous les évêques catholiques.

L'archevêque Mgr Carlo Maria Viganò a réagi sur X le 13 septembre : 

 

"Bergoglio, avec ses déclarations impies adressées aux jeunes de Singapour, selon lesquelles "toutes les religions sont un chemin vers Dieu", offense la Majesté de Dieu, trahit la Révélation divine, piétine les principaux Mystères de notre Foi et annule le Sacrifice rédempteur du Fils de Dieu, Notre Seigneur Jésus-Christ.

 

"Ses paroles mensongères sont particulièrement insidieuses car elles s'adressent aux nouvelles générations, que Bergoglio trompe en leur faisant croire qu'il est possible d'être sauvé sans reconnaître que Jésus-Christ est le Fils de Dieu, l'unique Sauveur, et que son Église est l'unique arche de salut. Moi je suis la porte (Jn. 10:9) dit Notre Seigneur de lui-même. Nier cette vérité, c'est apostasier de la foi et piétiner la croix. Le faire du haut du Seuil est un scandale d'une gravité sans précédent, qui n'est surpassé que par le silence craintif ou complice de la majorité de l'épiscopat."

 

Cf. https://www.marcotosatti.com/2024/09/16/bergoglio-todas-las-religiones-son-un-camino-para-llegar-a-dios-vigano-apostasia-inaudita-de-la-fe/

Dans son encyclique sur la franc-maçonnerie, Humanum genus (1884), paragraphe 16, le pape Léon XIII avertissait, condamnant le relativisme philosophique et moral : 

Ensuite, comme tous ceux qui se présentent sont reçus quelle que soit leur religion, ils enseignent par là la grande erreur de notre siècle, à savoir que la considération de la religion doit être considérée comme une chose indifférente, et que toutes les religions se valent. Cette manière de raisonner est propre à amener la ruine de toutes les religions, et spécialement de la religion catholique, qui, étant la seule vraie, ne peut, sans grande injustice, être considérée comme simplement égale aux autres religions.

Humanum genus § 16

Humanum genus (1884), § 16 https://www.vatican.va/content/leo-xiii/en/encyclicals/documents/hf_l-xiii_enc_18840420_humanum-genus.html

Humanum genus (1884), § 16 https://www.vatican.va/content/leo-xiii/en/encyclicals/documents/hf_l-xiii_enc_18840420_humanum-genus.html

Et Pie IX dans l'Encyclique Qui pluribus (1848), § 15 expliquait : 

Il est également pervers de croire que la religion à laquelle on appartient n’a aucune importance, et cette théorie est en contradiction flagrante avec la raison. Par cette théorie, ces hommes rusés effacent toute distinction entre la vertu et le vice, la vérité et l’erreur, l’honnête et la vile. Ils prétendent que l’homme peut obtenir le salut éternel par la pratique d’une religion quelconque, comme s’il pouvait y avoir une quelconque association entre la justice et l’iniquité, une quelconque collaboration entre la lumière et les ténèbres, ou une quelconque entente entre le Christ et Bélial.

Qui pluribus, § 15

Qui pluribus, § 15

Qui pluribus, § 15

Dans l’Ancien Testament. la tolérance de faux dieux par Israël était la raison la colère de Dieu contre son peuple. C’était le péché le plus grave qui entraînait divers châtiments.

***

Quiconque refuse le Fils n’a pas non plus le Père ; celui qui reconnaît le Fils a aussi le Père.

1 Jean 2,23

Jésus lui répond : "Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi."

Jean 14,6

Alors Pierre, rempli de l’Esprit Saint, leur déclara : ''… Ce Jésus est la pierre méprisée de vous, les bâtisseurs, mais devenue la pierre d’angle. En nul autre que lui, il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver.''

Actes des Apôtres 4,8-12

Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné.

Mc 16,16

C'est ainsi que Dieu agira dans son jugement final.

Partager cet article
Repost0
9 septembre 2024 1 09 /09 /septembre /2024 07:00
D'Athanase à Augustin, le Filioque chez les Pères

Il ne fait aucun doute que catholiques et orthodoxes ont discuté du Filioque non seulement à partir des Saintes Écritures, mais aussi à partir de l'interprétation que leur ont donnée les Saints Pères. Avant d'approfondir ce sujet, il peut être utile de rappeler que, dans une déclaration du concile œcuménique de Constantinople II (553), chaque père du concile a déclaré accepter ce qui avait été établi par les quatre conciles œcuméniques précédents (Nicée, Constantinople I, Éphèse, Chalcédoine) et ce qu'enseignaient les saints Pères et Docteurs, reconnus de tous, sur la foi. Nous sommes particulièrement intéressés par la liste de ces Pères, accueillis comme maîtres de la foi : Athanase, Hilaire de Poitiers, Basile le Grand, Grégoire de Nazianze, dit le Théologien, Grégoire de Nysse, Ambroise, Augustin, Théophile d'Antioche, Jean de Constantinople, Cyrille d'Alexandrie, Léon le Grand et Proclus de Constantinople.

 

Pourquoi cette prémisse est-elle importante ? Parce que tant les catholiques que les orthodoxes admettent que, même si les œuvres des Pères individuels peuvent contenir des erreurs et des inexactitudes, il n'est néanmoins pas possible qu'ils enseignent l'hérésie dans leur ensemble. Or, parmi ces Pères, il y en a un bon nombre qui ont enseigné explicitement, bien que dans une terminologie qui n'est pas toujours univoque, que l'Esprit Saint, dans son hypostase, vient aussi du Fils.

 

Saint Hilaire, par exemple, dans son De Trinitate (2, 29) affirme qu'"il n'est pas nécessaire de parler du Saint-Esprit, car il nous est demandé de le confesser comme celui qui procède du Père et du Fils". Saint Ambroise suit Hilaire lorsqu'il insiste, comme plusieurs Pères, sur le parallèle entre la "dérivation" du Fils du Père et celle de l'Esprit du Fils, montrant ainsi qu'il ne faisait pas simplement référence à la Trinité économique, mais à la Trinité immanente (pour cette distinction, voir l'article précédent). Chez Ambroise, il est clair que, même en ce qui concerne les hypostases trinitaires, le Fils reçoit tout du Père, tandis que l'Esprit reçoit tout du Fils : tout, depuis leurs opérations envers le monde jusqu'à l'ordre immanent de la Trinité. En effet, saint Ambroise explique que tout ce que l'Esprit a reçu du Fils, "il l'a reçu grâce à l'unité de la substance, comme le Fils l'a reçu du Père. (…) Quoi de plus évident alors que cette unité ? Ce que le Père a appartient au Fils et l'Esprit reçoit aussi ce que le Fils a" (De Spiritu Sancto 2, 11. 118). De même que le Fils reçoit tout ce qui dérive de la consubstantialité avec le Père parce qu'il est engendré par Lui, de même l'Esprit reçoit tout ce qui dérive de la consubstantialité avec le Fils, parce qu'il procède de Lui, principe unique de sa procession avec le Père.

 

La position de saint Athanase est également d'une grande importance, car il se distingue parmi tous les Pères comme le grand champion de la foi nicéenne contre les tendances ariennes. Lui aussi, comme Ambroise, enseigne la "méthode", chère aux Pères, d'une approche libérée de cette dichotomie rigide qui éloigne la vie trinitaire interne et les opérations externes. Dans les Lettres à Sérapion qu'Athanase adressa à l'évêque de Thmuis pour réfuter une nouvelle hérésie dangereuse qui niait la divinité du Saint-Esprit, il établit un parallèle convaincant entre Père/Fils et Fils/Saint-Esprit. L'objectif d'Athanase était d'affirmer la divinité du Saint-Esprit, certainement pas de résoudre la question du Filioque, qui ne se posait essentiellement qu'avec le patriarche Photius ; cependant, le cadre argumentatif, qui - nous le répétons - trace les relations de la Trinité immanente à partir de la Trinité économique, conduit à la conséquence rigoureuse de la procession du Saint-Esprit à partir du Fils.

 

Voici quelques passages de la première lettre d'Athanase à Sérapion : "De même que le Fils est un, de même l'Esprit, donné et envoyé par le Fils, est aussi un (...). En effet, si le Fils, Verbe vivant, est un, l'énergie vivante, sanctifiante et illuminante, parfaite et complète, qui est son don, doit l'être aussi. On dit qu'elle procède du Père parce qu'elle rayonne, elle est envoyée et donnée par le Verbe qui, comme nous le professons, vient du Père" (I, 20.7). On peut noter comment Athanase interprète Jean 15,26 : la procession de l'Esprit à partir du Père n'exclut pas du tout le Fils ; au contraire, c'est précisément la procession à partir du Père qui inclut dans la même procession ce Fils qui est toujours avec le Père, parce qu'il est issu du Père. Le parallèle Fils-Esprit se poursuit : "Le Fils est envoyé par le Père.... Le Fils envoie à son tour l'Esprit (...). Le Fils glorifie le Père.... À son tour, l'Esprit glorifie le Fils (...). Le Fils dit : 'Ce que j'ai entendu du Père, je le dis au monde'. L'Esprit, à son tour, prend du Fils, qui dit en effet : 'Il prendra de ce qui est à moi et vous l'annoncera'. Le Fils est venu au nom du Père ; du Saint-Esprit, le Fils dit : 'Le Père l'enverra en mon nom' " (I, 20.8). Athanase conclut que "cette relation de nature que l'Esprit a envers le Fils est identique à celle que le Fils a envers le Père" (I, 21. 1), montrant ainsi la fluidité du passage de la Trinité économique à la Trinité immanente.

 

Le filioquiste le plus explicite parmi les Pères de certaines doctrines répertoriées par le IIe Concile de Constantinople est saint Augustin. Dans son ouvrage consacré à la Trinité, il reprend le parallèle entre la génération du Fils et la spiration de l'Esprit, que nous avons déjà vu chez Ambroise et Athanase, le conduisant à une précision de grande importance : « Et qui peut comprendre (...) que le Père a donné la vie au Fils non pas comme à un être qui existait déjà sans avoir la vie, mais qui l'a engendré hors du temps de telle sorte que la vie que le Père a donnée au Fils en l'engendrant est coéternel à la vie du Père qui lui a donné la date ; qu'il comprenne, dis-je, que de même que le Père a aussi en lui la propriété d'être le principe de la procession du Saint-Esprit, il a également donné le Fils pour être le principe de la procession du même Saint-Esprit, un procession hors du temps dans l'un et dans l'autre cas, et comprenez qu'il a été dit que le Saint-Esprit procède du Père, pour qu'on comprenne que le Fils étant aussi le principe de la procession du Saint-Esprit, vient au Fils de la part du Père". Notez encore une fois comment le passage de Jean 15, 26 est interprété dans le sens inclusif de la procession également de la part du Fils : précisément parce que l'Esprit procède du Père, il ne procède pas seulement du Père , mais aussi du Père. Fils, qui a tout reçu du Père, y compris la puissance d'inspiration de l'Esprit : « Car si tout ce que le Fils a, il le reçoit du Père, il le reçoit aussi du Père comme principe d'où procède le Saint-Esprit. » C'est pourquoi l'Esprit « procède principalement du Père et, par le don que le Père fait au Fils sans intervalle de temps, du Père et du Fils ensemble » ( De Trinitate XV, 26. 47).

 

Le philioquiste le plus explicite parmi les Pères de la doctrine sûre énumérés par le deuxième concile constantinopolitain est saint Augustin. Dans son œuvre consacrée à la Trinité, il reprend le parallèle entre la génération du Fils et l'exhalaison de l'Esprit, que nous avons déjà vu chez Ambroise et Athanase, ce qui le conduit à une clarification de grande importance : "Qui peut comprendre (...) que le Père a donné la vie au Fils non pas comme à un être qui existait déjà sans avoir la vie, mais qu'il l'a engendré hors du temps, de sorte que la vie que le Père a donnée au Fils en l'engendrant est coéternelle à la vie du Père qui la lui a donnée ; Qu'il comprenne, dis-je, que de même que le Père a en lui la propriété d'être le commencement de la procession du Saint-Esprit, de même il a donné au Fils d'être le commencement de la procession du même Saint-Esprit, procession hors du temps dans l'un et dans l'autre cas, et qu'il comprenne qu'il a été dit que le Saint-Esprit procède du Père, de sorte que l'on puisse comprendre que le Fils étant aussi le principe de la procession du Saint-Esprit, vient au Fils du Père. Remarquez encore comment le passage de Jn 15,26 est interprété dans un sens inclusif de la procession également de la part du Fils : précisément parce que l'Esprit procède du Père, il ne procède pas du Père seul, mais aussi du Fils, qui a tout reçu du Père, y compris le pouvoir d'inspiration de l'Esprit : "Car si tout ce que le Fils a, il le reçoit du Père, il le reçoit aussi du Père comme principe d'où procède le Saint-Esprit." C'est pourquoi l'Esprit "procède principalement du Père et, par le don que le Père fait au Fils sans intervalle de temps, du Père et du Fils ensemble" (De Trinitate XV, 26. 47).

 

C'est sur la base de ces textes que de nombreux saints latins affirmeront plus tard la procession de l'Esprit depuis le Père et le Fils, depuis saint Fulgence de Ruspe jusqu'au pape saint Léon III, en passant par saint Césaire d'Arles, saint Grégoire le Grand et saint Isidore de Séville. Ce sont de saints Docteurs qui étaient estimés et vénérés par les Grecs et les Latins non seulement au premier millénaire, mais encore aujourd'hui. Le moins que l'on puisse conclure est que la doctrine filioquiste avait été enseignée pendant des siècles par de nombreux Pères et saints sans que cela conduise à une quelconque accusation d'hérésie du côté oriental. Ces mêmes Pères, qui n'avaient jamais lu Jean 15, 26 comme témoignage de la procession de l'Esprit venant du Père seul, avaient également entretenu une relation profonde entre la Trinité économique - notamment l'envoi du Fils au monde par le Père, et l'envoi du Saint-Esprit dans le monde par le Père et le Fils – et la Trinité immanente.

 

Source : La Nouvelle Boussole Quotidienne

D'Athanase à Augustin, le Filioque chez les Pères

Retenez bien et ne doutez jamais que le même Esprit Saint, qui est l'unique Esprit du Père et du Fils, procède du Père et du Fils. Car le Fils dit : "Quand viendra l'Esprit de vérité, qui vient du Père", où il enseigne que l'Esprit est sien, parce qu'il est la Vérité.

Saint Fulgence de Ruspe (462 ou 467 – 527 ou 533), Lettre à Pierre sur la foi II. 54.

*

Partager cet article
Repost0
4 septembre 2024 3 04 /09 /septembre /2024 07:00
Les modèles mathématiques réfutent le mythe de l'évolution

SOURCE : Gloria.Tv

 

Dans son numéro d'août, le magazine Action familiale et scolaire consacre un article au mythe de l'évolution.

 

- La découverte du génome a permis d'effectuer une analyse mathématique pour estimer la probabilité de la prétendue apparition de la première cellule vivante.

 

- Lecomte de Noüy (1939) a calculé qu'il aurait fallu 10,243 milliards d'années pour que le hasard forme une seule macromolécule asymétrique.

 

- Pierre Perrier et Jean Staune, deux mathématiciens, sont arrivés à des conclusions similaires.

 

- L'une des études les plus complètes sur ce sujet a été réalisée par l'ingénieur et professeur français George Salet dans son livre Hasard et certitude (1972).

 

- Selon le mythe de l'évolution, les composants de base des différents éléments d'une cellule (acides nucléiques et aminés) sont apparus "par pur hasard" dans une "soupe primitive".

 

- La "soupe primitive", dont l'origine reste inexpliquée, aurait été constituée d'atomes libres d'hydrogène, de carbone, d'azote et d'oxygène.

 

- Les premières molécules élémentaires se sont assemblées "accidentellement" en molécules plus grandes pour former le premier brin d'ADN, quelques protéines et quelques organites.

 

- Un brin d'ADN est une série de molécules d'acide nucléique, ou nucléotides, composées d'une quarantaine d'atomes de quatre types : hydrogène, carbone, azote et oxygène, plus un atome de phosphore.

 

- On dit que tous ces éléments se sont finalement réunis pour former le premier organisme unicellulaire, comme une amibe ou une bactérie, qui a ensuite acquis par hasard la capacité de se reproduire.

 

- La composition atomique des différents composants de la cellule peut être représentée par des chiffres ou des lettres, et la probabilité d'apparition de chaque élément peut être calculée.

 

- Le nombre de combinaisons possibles de 40 éléments choisis parmi 4 est de 12 341.

 

- Cependant, seules 4 de ces combinaisons (adénine, thymine, guanine et cytosine) sont impliquées dans la construction d'une chaîne d'ADN.

 

- Ainsi, tout ensemble de 40 atomes a 4 chances sur 12 341 de produire l'un des 4 nucléotides, soit environ 1 chance sur 3 000 (≃ 3,2 × 10 puissance 4) puissance 6.

 

- Ensuite, un premier nucléotide doit se combiner avec un second. Pour que les deux nucléotides se combinent, ils doivent se trouver au même moment et au même endroit, au moins temporairement.

 

- Si seul le hasard intervient, la probabilité de trouver deux nucléotides au même endroit est égale au produit des probabilités d'existence de chaque nucléotide, soit (3,2×10 puissance 4) × (3,2×10 puissance 4) ≃ 10 puissance 7 (1 chance sur 10 millions).

 

- Pour 4 nucléotides, la probabilité passe à 10 puissance 14 (une chance sur cent mille milliards), et ainsi de suite.

 

- Pour 10 nucléotides, la probabilité est de 10 puissance 35.

 

- Et pour 100 nucléotides, la probabilité tombe à 10 puissance 349.

 

- Il est mathématiquement impossible qu'une seule chaîne d'un million de nucléotides se forme par pur hasard, même au cours de la durée de vie de l'univers. Il doit y avoir un phénomène autre que le hasard qui a favorisé la formation de la première chaîne, même si elle n'était constituée que de quelques centaines de nucléotides. Ce phénomène s'appelle le créateur.

 

- Ce n'est qu'un début, car il y a aussi la complexité des organes, l'impossibilité dans la plupart des cas de trouver une séquence transférable d'une espèce à l'autre, voire d'un organe à l'autre, l'extrême complexité de la cellule, la découverte de la distance génétique constante entre les espèces, qui conduit à la conclusion que tous les êtres vivants sont apparus en même temps.

 

- La conclusion : La parfaite stabilité des espèces depuis l'origine du monde est beaucoup plus probable que la théorie opposée.

 

- Les évolutionnistes ignorent le plus souvent ces arguments et renforcent leur idéologie, car l'alternative est d'admettre l'existence d'un Créateur.

 

- Comme le marxisme, le mythe de l'évolution est une idéologie à laquelle ses adeptes ne croient plus, mais dont ils ont besoin pour exclure Dieu de leur vie.

*

 

Add. 5 septembre 2024.

Professeur Raoult : "Cela fait longtemps que j'ai réalisé que les théories de l'évolution du 19e siècle tenaient plus du roman historique que de la réalité." 

Le Pr Raoult est dans le vrai : La théorie de l'évolution de Darwin est Un conte de fées moderne. Cette théorie, Souvent présentée comme un fait scientifique incontestable, est en réalité un récit qui ne tient pas la route face à l'analyse. 

chaque espèce est une création unique et intentionnelle de Dieu, non le produit d'une série de mutations aléatoires et de sélection naturelle.

Prenons l'exemple de l'œil humain, un organe d'une complexité telle que sa formation par étapes successives, comme le propose Darwin, semble improbable sans une direction intelligente. La précision et l'efficacité de l'œil défient l'idée que de simples mutations aléatoires auraient pu aboutir à un tel chef-d'œuvre de la biologie.

De plus, le fossé entre les espèces, souvent appelé "manque de maillons manquants", pose un problème majeur pour l'évolution darwinienne. Si l'évolution était vraie, on devrait trouver des fossiles montrant des transitions claires entre les espèces, mais ces preuves n'existent pas.

Le créationnisme propose une alternative : une intelligence supérieure a conçu la vie dans toute sa diversité. Cette perspective ne nie pas la science mais suggère que derrière les lois naturelles se trouve un créateur. L'évolution, dans ce cadre, devient un mythe moderne, une tentative de remplacer la création divine par un processus sans but ni direction.

 

La vie est trop complexe, trop ordonnée pour être le produit du hasard. Darwin n'a pas démontré comment la vie est apparue ni comment les espèces ont pu se transformer de manière aussi radicale. La théorie de l'évolution de Darwin, c'est un conte de fées scientifique, un récit qui cherche à expliquer l'inexplicable sans recourir à l'idée d'un créateur.

 

https://x.com/camille_moscow/status/1831354990654353784?t=QeeVvWmpw6dcOJL9z2MOwQ&s=19

Partager cet article
Repost0
4 septembre 2024 3 04 /09 /septembre /2024 06:50
L'avenir de l'Église catholique. Un symposium - Août 2024

SOURCE : FIRST THINGS.COM

 

Le Concile Vatican II est-il en train de disparaître dans le rétroviseur de l’Église ? Le pontificat de François a-t-il soulevé de nouvelles questions difficiles sur l’exercice de l’autorité papale ? L’Église romaine est-elle sur le point de devenir non occidentale ? Les papes et les évêques peuvent-ils enseigner efficacement à une époque d’individualisme rampant et de fragmentation sociale ? En bref : Quo vadis ?

 

Nous avons demandé à cinq théologiens catholiques de réfléchir aux défis auxquels l’Église catholique est confrontée dans ces premières décennies du XXIe siècle – et de tracer la voie à suivre.

 

La gouvernance

par Christopher Ruddy

 

Le pape François est à la fois une cause et un symptôme de la crise actuelle de gouvernance de l’Église catholique. Une ambiguïté doctrinale délibérée, une (in)action flagrante sur les abus sexuels commis par le clergé, une centralisation de l’autorité papale au nom de la synodalité, une conception problématique de la relation entre l’autorité ordonnée et l’autorité laïque, des signaux contradictoires envoyés à une Église allemande au bord de l’hérésie et du schisme – ces actions et d’autres ont poussé le catholicisme vers un territoire inexploré.

 

Nous sommes confrontés à la triste ironie d’une Église soi-disant synodale et décentralisée qui, pour ne citer qu’un exemple apparemment mineur, interdit à certains fidèles catholiques de célébrer leur culte dans leurs paroisses et dicte aux pasteurs ce qui peut être imprimé dans les bulletins paroissiaux et sur les sites Web des paroisses.

 

Et pourtant, François est aussi un symptôme d’un processus séculaire qui a centralisé à outrance l’autorité ecclésiale à Rome et a favorisé un culte de la personnalité papale – souvent à la demande des laïcs. Il en est résulté une conception du pape comme un monarque absolu intronisé au-dessus du reste de l’Église, oraculaire et isolé.

 

Le pape François n’est pas à l’origine de tous ces problèmes, et son successeur ne les résoudra pas tous. Comment un dirigeant d’Église peut-il, par exemple, exercer efficacement son autorité à une époque marquée par une modernité liquide et une crise de confiance ? Trois desiderata semblent particulièrement urgents : l’intégrité doctrinale, la responsabilité et la transparence juridiques, et une culture ecclésiale de participation et de responsabilité.

 

La doctrine peut sembler un point de départ étrange pour une discussion sur la gouvernance ecclésiale. Mais la première tâche de tout évêque – et surtout celle de l’évêque de Rome – est de prêcher et d’enseigner fidèlement. Le Seigneur a proclamé Pierre "roc" de l’Église seulement après qu’il eut professé que Jésus était "le Christ, le fils du Dieu vivant". L’Église de Rome, pour sa part, a toujours été connue pour la pureté de son enseignement apostolique. Saint John Henry Newman a parlé de la papauté, par exemple, comme d’une remora – un empêchement, un "obstacle" – aux innovations déformantes des hérétiques. Le travail de Rome, pour ainsi dire, a été de conserver, et non d’innover :

 

"On dit, et c'est vrai, que l'Église de Rome n'a pas eu de grande intelligence pendant toute la période de persécution. Par la suite, pendant longtemps, elle n'a pas eu un seul docteur à montrer ; saint Léon, son premier, est le maître d'un point de doctrine ; saint Grégoire, qui se trouve à l'extrémité même du premier âge de l'Église, n'a aucune place dans le dogme ou la philosophie."

 

La saine doctrine n’est pas seulement l’affaire des théologiens, mais elle permet une bonne gouvernance ecclésiale.

Lorsque le dépôt de la foi est sapé, les doctrines deviennent des "politiques" qu’un pape promeut et qu’un autre pape renverse. Le pape devient un président, et une exhortation apostolique, un décret exécutif. L’Église, fondée sur la foi apostolique, ne peut pas être gouvernée de cette façon.

 

Mais comme l’ont montré des chercheurs comme Hermann Pottmeyer et Klaus Schatz, cette instabilité constitue une menace constante en raison de la manière dont la papauté moderne s’est développée. Pottmeyer a soutenu que la Rome papale du XIXe siècle a été façonnée par "trois traumatismes" : le traumatisme ecclésial des mouvements (conciliarisme, gallicanisme) qui cherchaient à contrer la primauté papale ; le traumatisme politique des églises contrôlées par l’État en France et ailleurs ; et le traumatisme culturel et intellectuel du rationalisme et du libéralisme de l’époque des Lumières.

 

La réponse de Rome fut de réaffirmer la primauté et l’autorité du pape comme contrepoids à ces forces désintégratrices dans l’Église et dans le monde. Les catholiques devaient se tourner vers Rome, "au-delà des montagnes [les Alpes]" (d’où le terme "ultramontanisme"), pour trouver une orientation.

 

L’un des résultats de cette centralisation a été, comme le disait le regretté dominicain Jean-Marie Tillard, un pape qui est "plus qu’un pape". C’est-à-dire un pape qui, dans l’imaginaire ecclésial populaire, est quasi divin et la source de toute intuition et initiative ecclésiale. Par exemple, dans une certaine piété populaire, il est devenu l’un des "trois porteurs blancs du Christ", avec l’hostie eucharistique et Marie. Le revers de cette centralisation grandiose a été un manque croissant d’initiative ailleurs, une sorte d’impuissance acquise parmi le clergé et les laïcs.

 

Sur le plan doctrinal, les deux conciles du Vatican apportent un correctif aux conceptions ultramontaines de la gouvernance. Ils affirment que la papauté est une "source et un fondement permanents et visibles de l’unité de la foi et de la communion" dans l’Église. Le pape, en tant que successeur de Pierre, a la responsabilité unique et non transférable de garantir l’unité entre les évêques et, à travers eux, l’unité de l’Église tout entière. Les deux conciles ont également fait des déclarations fortes sur la primauté papale – elle est "pleine", "suprême" et "immédiate" – et sur l’infaillibilité.

 

Mais Vatican I, souvent considéré comme la charte de l’ultramontanisme, n’a pas donné carte blanche aux papes. D’abord, il a enseigné que la primauté papale ne porte pas atteinte à l’autorité des autres évêques, mais plutôt la "soutient et la défend". Vatican II a souligné cet enseignement en proclamant que les évêques ne sont pas "vicaires des pontifes romains", mais les véritables pasteurs de leurs diocèses.

 

Deuxièmement, Vatican I a soutenu que le Saint-Esprit ne donne pas aux papes l’inspiration divine pour élaborer de nouveaux enseignements, mais leur apporte plutôt une aide pour protéger et exposer le dépôt apostolique de la foi. Aucun pape ne peut se considérer comme un président mormon, recevant de nouvelles révélations et renversant les enseignements antérieurs. Vatican II a approfondi l’enseignement de Vatican I en affirmant que le pape et les autres évêques se tiennent sous la Parole de Dieu, et non au-dessus d’elle. Ils en sont les serviteurs, et non les maîtres.

 

Un exemple frappant de cette subordination s’est produit pendant le Concile Vatican II, lorsque Paul VI a suggéré – en raison des craintes qu’une affirmation de la collégialité épiscopale ne porte atteinte à la primauté papale – que le concile enseigne que le pape est "responsable devant le Seigneur seul". La Commission théologique conciliaire a poliment mais fermement rejeté sa proposition, notant que le pape est "lié à la révélation elle-même, à la structure fondamentale de l’Église, aux sacrements, aux définitions des conciles précédents et à d’autres obligations trop nombreuses pour être mentionnées".

 

Benoît XVI a fait écho aux propos de la Commission théologique lorsque, quelques semaines seulement après le début de son pontificat, il a pris possession de sa chaire épiscopale (cathedra) à Saint-Jean-de-Latran à Rome :

 

"Le Pape n'est pas un monarque absolu dont les pensées et les désirs feraient loi. Au contraire, son ministère est une garantie d'obéissance au Christ et à sa Parole. Il ne doit pas proclamer ses propres idées, mais s'engager constamment, lui et l'Église, à obéir à la Parole de Dieu, face à toute tentative de l'adapter ou de l'édulcorer, face à toute forme d'opportunisme."

 

Cette obéissance est paradoxalement une libération. Oui, la doctrine évolue, la tradition ne peut se réduire à une simple répétition. L’Église peut aller plus en profondeur, se souvenir de ce qui a été oublié, récupérer ce qui a été marginalisé.

 

Mais, pour reprendre les mots que Vatican I a empruntés à saint Vincent de Lérins, tout développement véritable doit toujours avoir "le même sens et la même signification" que l’enseignement précédent. À cet égard, les récentes déclarations de cardinaux de haut rang selon lesquelles "le fondement sociologique et scientifique de cet enseignement [sur l’homosexualité] n’est plus correct" et que "sur certaines questions, la compréhension de la nature humaine et de la réalité morale sur laquelle reposaient les déclarations doctrinales précédentes était en fait limitée ou défectueuse" sont profondément troublantes. De telles vues couperaient l’Église de la foi des apôtres. Elles la laisseraient dans une suspension et une provisoire perpétuelles, incapable d’enseigner avec une autorité contraignante. L’Église catholique ne peut pas fonctionner de cette façon.

 

Deuxièmement, une bonne gouvernance exige l’État de droit et une administration transparente et responsable de la justice. Le pape François a fait des progrès réels, quoique inégaux, dans le domaine des finances du Vatican, mais son bilan en matière d’abus sexuels est effroyable. On observe actuellement une combinaison presque incompréhensible d’inaction et de protection envers les évêques et les prêtres qui commettent des abus sexuels, par exemple l’évêque Gustavo Zanchetta et le père Marko Rupnik. De tels actes rendent le leadership du pape sur ce front littéralement incroyable.

 

La justice doit être perçue comme telle. Par exemple, Vos Estis Lux Mundi, le motu proprio du pape François de 2019, propose des normes utiles pour lutter contre les abus sexuels et leur dissimulation par les évêques et les supérieurs religieux. Sa mise en œuvre, cependant, traîne. Des évêques ont été démis de leurs fonctions à la suite d' enquêtes mandatées par Vos Estis, mais les résultats de ces enquêtes sont souvent cachés ou seulement partiellement révélés. Ce manque de responsabilité et de transparence porte atteinte à une gouvernance efficace et crédible.

 

Enfin, la restauration de la confiance passe par une culture de participation et de responsabilité. L’initiative phare du pape François est clairement la synodalité – que la Commission théologique internationale du Vatican a décrite comme "l’implication et la participation de tout le peuple de Dieu à la vie et à la mission de l’Église" – et il a déjà pris des mesures pour garantir que cette initiative survivra au-delà de son pontificat.

 

Lire : L'enquête retirée qui dit "non" à l'"Église synodale" et au pape Bergoglio. Par le Père Joachim Heimerl

 

Bien que controversée, la vision synodale du pape peut être considérée comme cohérente avec l’appel de Jean-Paul II dans Novo Millennio Ineunte (2001) pour que l’Église du troisième millénaire soit "la maison et l’école de la communion". Une spiritualité de la communion, a proposé Jean-Paul II, "nous rend capables de partager les joies et les souffrances [des autres croyants], de ressentir leurs désirs et de répondre à leurs besoins, de leur offrir une amitié profonde et authentique". Il a en outre suggéré qu’une telle spiritualité de la communion doit donner naissance à des structures de communion à tous les niveaux, de la paroisse à l’Église mondiale. Il est frappant, par exemple, de constater à quel point les prêtres diocésains ont peu de voix dans le choix des évêques, en comparaison avec le choix des dirigeants de la vie religieuse. La confiance grandit lorsque les gens sont entendus et respectés.

 

Pottmeyer a cependant noté que le catholicisme moderne, lui aussi, identifie souvent la communion à l’uniformité, de sorte qu’il se débat avec les désaccords publics. Les réunions du synode des évêques sous Jean-Paul II, par exemple, étaient souvent étroitement contrôlées. Les structures de communion sont essentielles, même si elles ne suffisent pas, pour exprimer et résoudre les différences. Le processus synodal actuel a été en partie une tentative de remédier à ces préoccupations, mais il a souvent été appauvri sur le plan théologique, rempli de jargon et autoréférentiel. De plus, la publication inattendue de Fiducia Supplicans, qui traitait d’une question sur laquelle le synode était encore en train de délibérer, a porté atteinte à l’intégrité de l’ensemble du projet synodal.

 

La confiance est l’élément qui rend possible une culture de participation et de responsabilité. C’est la condition fondamentale de l’exercice de l’autorité, surtout dans une communauté volontaire dont la loi est l’amour. La synodalité ne doit pas être le cheval de Troie de l’hétérodoxie et de la division ecclésiales. Mais en l’absence d’une gouvernance transparente, orthodoxe et véritablement collaborative, elle le sera.

 

Christophe Ruddy est professeur associé de théologie historique et systématique à l'Université catholique d'Amérique.

L'Église de l'Occident séculier

par Michael Hanby

 

Lors de la convocation du Concile Vatican II, le pape Jean XXIII a exhorté les participants à scruter les "signes des temps". À la conclusion du Concile, le document final, Gaudium et Spes, a fait exactement cela, en offrant une description vivifiante de l’époque moderne. Nous sommes entrés dans une "nouvelle étape de l’histoire", une étape "déclenchée par l’intelligence et les énergies créatrices de l’homme", qui est "frappé d’étonnement devant [ses] propres découvertes et sa puissance". "Des changements profonds et rapides se propagent peu à peu dans le monde entier", et pourtant "l’agitation spirituelle et les conditions de vie changeantes font partie d’une révolution plus vaste et plus profonde". Le document poursuit en décrivant la situation de l’homme dans le monde moderne en termes de tensions dramatiques : entre confiance et doute, pouvoir et sagesse, richesse et pauvreté, interdépendance et aliénation, fixité et changement évolutif, espoir et désespoir.

 

Cette caractérisation bipolaire de la modernité d’après-guerre a sans doute contribué à la réception bipolaire du concile lui-même.

Des interprétations divergentes des documents conciliaires, mais plus fondamentalement de l’"esprit" du concile et de sa signification en tant qu’"événement", ont couvé au cours du dernier demi-siècle, pour déborder au cours de la dernière décennie. Gaudium et Spes a eu raison d’identifier les conditions révolutionnaires de la modernité, dont nous savons maintenant qu’elles incluent une révolte technologique contre l’ordre de l’être et contre la nature humaine elle-même. Ces développements remettent en question l’avenir de l’humanité et rendent existentiellement urgente la question éternelle de "l’homme". Offrant la première reconnaissance magistérielle de la complicité chrétienne dans la montée de l’athéisme, le concile a affronté les différents types d’"humanisme athée" qui ont émergé au milieu du XIXe et au début du XXe siècle. Bien que l’"athéisme" soit un phénomène protéiforme, le concile a reconnu que l’athéisme moderne stipule que la réalisation de la liberté et du potentiel humains dépend de l’émancipation de Dieu. Ce projet d’émancipation suppose une conception finie de Dieu, encourage une conception tronquée de la liberté humaine et conduit à la réduction de l’être humain et de l’esprit humain, ce qui est inévitable lorsque l’homme est coupé de sa destinée transcendante.

 

La perspective d’un avenir déchristianisé et déshumanisé – une perspective qui est devenue notre présent – ​​constitue la toile de fond de l’accent christologique et anthropologique du document : un point qui a été souligné à maintes reprises dans les pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI. Contre l’humanisme athée, le concile a soutenu que l’action divine et la liberté humaine sont proportionnelles et non inversement liées. Dieu nous libère pour devenir plus pleinement humains ; la vocation et la destinée humaines sont révélées et accomplies dans le Christ. Mais le concile a associé cette affirmation christologique de la liberté humaine, un enseignement pérenne de l’Église, à un nouvel accent mis sur "l’autonomie légitime" des activités laïques. Se déclarant championne des "droits de l’homme", l’Église a exprimé "une grande estime" pour "les mouvements dynamiques d’aujourd’hui par lesquels ces droits sont partout encouragés". Elle a renoncé à toute "mission propre dans l’ordre politique, économique ou social" et a déclaré qu’il ne devrait y avoir "aucune fausse opposition entre les activités professionnelles et sociales d’une part, et la vie religieuse d’autre part".

 

C’est juste et équitable, mais il est aussi facile de mal le comprendre. Si l’on interprète ce document en dehors de son centre christologique et anthropologique, de sa conception thomiste de la nature humaine, de l’insistance de Dignitatis Humanae sur la vérité comme source de liberté, ou de la doctrine de l’Église dans Lumen Gentium 1, on peut le lire – ou on peut le faire lire – comme une approbation sans réserve de la démocratie libérale ou même comme un programme de coopération "social-démocrate" chrétienne avec le marxisme pour faire avancer le progrès humain défini de manière laïque. Associé à cette mauvaise lecture optimiste de la tension dramatique de la modernité, ce tournant christologique vers le monde a alimenté l’espoir que notre "nouvelle étape de l’histoire" pourrait nous conduire à ce que Jacques Maritain a appelé "un nouvel âge de civilisation". Opposant farouche au fascisme et penseur influent d’une Église qui émergeait de l’inhumanité catastrophique de la Seconde Guerre mondiale, Maritain s’est permis de parler d’une "nouvelle chrétienté", caractérisée par "une prise de conscience croissante de la fonction temporelle du chrétien". Il envisageait "un nouveau style de sainteté, que l’on peut caractériser avant tout comme la sainteté et la sanctification de la vie séculière". On entend l’écho de cet espoir – la modernité se réalisant de l’intérieur, en quelque sorte – dans "l’optimisme de l’ère spatiale" qui colore Gaudium et Spes. Par exemple, on nous dit que "l’homme moderne est sur la voie d’un développement plus complet de sa propre personnalité, et d’une découverte et d’une revendication croissantes de ses propres droits". Nous avons des droits en abondance, et de plus en plus chaque jour, semble-t-il, bien que chacun d’eux élargisse ironiquement le pouvoir de l’État d’intervenir dans la vie des gens. Mais le développement complet de la "personnalité" de l’homme moderne n’a pas exactement abouti.

 

Les soi-disant alliés du pape François parlent souvent de Vatican II comme si les années entre la fin du concile et 2013 constituaient un obstacle à sa mise en œuvre. Ils proposent une interprétation progressiste qui effacerait de fait les deux pontificats précédents. L’effet ironique de ces efforts a été de discréditer le concile lui-même aux yeux de nombreux traditionalistes et de susciter un examen plus critique de la part de ceux qui l’avaient jusque-là défendu.

 

Bien que les ambiguïtés soient réelles, l’opposition à Vatican II est malavisée. Le concile n’est pas une capitulation face au monde moderne, comme le supposent certains traditionalistes. Au contraire, Gaudium et Spes reflétait le désir plus large de l’Église d’entrer dans une confrontation plus nuancée avec le monde moderne précisément sur la base de la descente du Christ dans l’histoire, et d’embrasser la tradition catholique de manière plus complète que ne le permettait le néo-thomisme précédent. Il y a ici de réels gains – en christologie, en anthropologie, en ecclésiologie et en analyse historique – qui doivent encore être défendus.

Pourtant, toute tentative de mettre en œuvre fidèlement le concile dans les années à venir doit tenir compte de l’échec spectaculaire de la "Nouvelle Chrétienté" à se concrétiser.

On ne peut guère reprocher au concile de ne pas avoir anticipé l’avenir, même si cet échec devrait servir de mise en garde contre l’idée préconçue selon laquelle nous pouvons facilement discerner le mouvement de l’Esprit dans l’histoire. (Il est presque certain que les méthodes des sciences sociales aveuglent notre vision au lieu de l’accroître.)

Mais seuls ceux qui avaient reçu le don de prophétie pouvaient prévoir l’effondrement stupéfiant du christianisme catholique dans tout le monde occidental au lendemain du concile.

Personne n’aurait pu prévoir l’effondrement du bloc communiste ou l’émergence d’un vaste nouvel ordre technocratique mondial doté de capacités de propagande et de surveillance qui auraient fait l’envie des régimes totalitaires précédents. Au milieu du XXe siècle, l’ampleur et la forme de la conquête technologique de la nature humaine sont restées cachées, même à la communauté scientifique qui en serait responsable, tout comme la révolution culturelle et ontologique que ce triomphe allait déclencher. Notre monde est substantiellement différent de celui de la génération d’après-guerre. Les "signes des temps" doivent être examinés à nouveau.

 

Le concile lui-même est en partie responsable de ces espoirs déçus. La bataille interminable sur la signification de ce concept, qui a commencé avant même que l’encre de ses déclarations ne soit sèche, indique que le concile n’a jamais vraiment réussi à réunir ces éléments salutaires et ces nombreuses voix en une synthèse intelligible. Son diagnostic du "séculier" dans la modernité posait également problème. Son approche n’était pas erronée, mais elle était incomplète. Le concile n’a pas su accorder plus qu’une attention superficielle à sa propre reconnaissance du fait que l’athéisme tend à prendre une "expression systématique".

Les études ultérieures et le passage du temps nous ont aidés à voir plus clairement que, dans la modernité, le séculier n’est pas simplement le lieu indifférent de l’épanouissement humain imaginé par l’ordre libéral dominant. C’est une construction métaphysique qui définit notre "imaginaire social", offrant une interprétation totale de la réalité qui exclut systématiquement l’appréhension de Dieu de nos notions opérationnelles de l’être, de la nature, de la connaissance et de la vérité. Dieu est banni de nos formes de connaissance les plus autorisées, de nos modes d’organisation sociale et des habitudes et modèles de vie fondamentaux. Le christianisme se trouve toujours dans la révolution permanente de la modernité. Il sert au régime séculier moderne de rappel visible d’un passé qu’il faut constamment dépasser – et en ce sens, nous pouvons même être reconnaissants de l’hostilité croissante envers le christianisme, signe, malgré tout, de sa vitalité durable.

Néanmoins, nous devons reconnaître que l’attitude dominante n’est plus celle de l’athéisme au sens du XIXe siècle. Le "séculier" n’est pas un argument contre la rationalité de la croyance. C’est une conception globale de la réalité dépourvue de Dieu. Cette conception de la réalité domine le monde moderne et nous influence donc tous à des degrés divers, non pas au niveau de l’argumentation, mais comme une hypothèse axiomatique, inconsciente et donc incontestée, qui imprègne notre appréhension de toute chose. Quelle que soit la foi que chacun de nous peut rassembler, elle doit être forgée à partir du contexte inertiel du séculier, qui encadre continuellement une foi désormais réduite à un "choix de vie" au sein de cette réalité sans Dieu.

 

Le triomphe du séculier met en œuvre et impose ce que Nietzsche a appelé dramatiquement la mort de Dieu et ce que Jean-Paul II et Benoît XVI ont appelé "l’éclipse du sens de Dieu et de l’homme". Augusto Del Noce qualifie cette attitude d’irréligion, une appréhension du monde et une conception de la raison dans lesquelles Dieu n’est même plus une question sérieuse. Cette irréligion ne fait pas obstacle à une invocation peu sérieuse de Dieu qui baptise le mouvement progressiste de l’histoire. La mort de Dieu et la mort du christianisme ne sont pas la même chose, comme l’a vu Nietzsche. L’Église et ses enseignements peuvent être utilisés de manière cynique au nom d’objectifs politiques séculiers. Ils peuvent même perdurer comme un pieux ajout à une appréhension essentiellement athée de la réalité ou à un plan d’action. Mais c’est un signe des temps que dans le monde irréligieux du séculier contemporain, "l’athéisme" au sens ancien ne semble guère valoir la peine. Dans l’ensemble, nos élites éduquées ne pensent pas à Dieu. Pour elles, il n’existe pas.

 

L’affirmation du monde proposée par Maritain et bien d’autres contient des vérités importantes, qui découlent d’une compréhension correcte de la création et de la descente de Dieu dans l’histoire par l’Incarnation. Bien comprise, la "réorientation de l’Église vers le monde" au Concile Vatican II a cherché à surmonter un extrinsèque du surnaturel, qui avait cherché à protéger la gratuité de la grâce en distinguant nettement grâce et nature, mais qui avait pour effet involontaire d’affirmer le séculier dans sa sécularité. Conformément à l’espoir de Maritain, le concile a adopté une conception positive des laïcs comme quelque chose de plus que simplement "non ordonnés", et a ainsi suscité une ligne salutaire de réflexion théologique sur le rôle spécifique des laïcs dans la mission de l’Église, qui a culminé dans Christifideles Laici de Jean-Paul II . Mais comme dans tant d’autres domaines, le passage étroit entre le Scylla d’un cléricalisme de prêtres descendant et le Charybde d’un cléricalisme d’experts laïcs descendant est la voie qui n’a pas été empruntée, comme le montre amplement le Synode sur la synodalité. Rétrospectivement, il est évident que le tournant de l’Église vers le monde n’a pas abouti à un "nouveau style de sainteté" et à "la sainteté et la sanctification de la vie séculière", mais à la sécularisation du sacré et même à la désacralisation du christianisme lui-même, le clergé et les théologiens étant souvent à l’origine de cette évolution.

 

Les signes visibles de ce christianisme sécularisé sont nombreux. Il ne faut bien sûr pas oublier de mentionner la puanteur de la pourriture et de la corruption – sexuelle, morale, financière, politique – qui s’échappent à chaque fois qu’on retourne une bêche dans l’Église. Les dommages infligés à l’autorité de l’Église et aux âmes des fidèles sont impossibles à surestimer. Quelles que soient les pathologies sous-jacentes à ces maux, il est évident que les auteurs d’abus et de corruption ne craignent ni Dieu ni les hommes. Les autres signes sont moins spectaculaires. La tentative de rapprochement avec le monde moderne a déclenché une guerre multigénérationnelle contre l’ineffable : les fidèles ont été témoins d’une vague d’iconoclasme jamais vue depuis la Réforme, laissant dans son sillage une liturgie parfaitement effaçable dont la mise en scène cache souvent plutôt qu’elle ne révèle le mystère, la gloire et la transcendance de Dieu – une célébration non mystique pour un monde démystifié. Avec la perte de forme et de finalité de ses conceptions de la nature et la disparition d’une imagination mystique et sacramentelle dans le culte, l’Église en vient de plus en plus à ressembler à une ONG dans sa manière de penser et d’agir. Le "catholicisme mondial", un nouveau terme utilisé par les catholiques progressistes, trahit une mentalité sociologique. Les sciences sociales supplantent la théologie et la philosophie comme forme prédominante de pensée et de parole de l’Église, la privant d’un mot convaincant pour parler au monde. Le patois thérapeutique des directeurs des ressources humaines supplante les anciens langages de l’âme.

 

Est-il vraiment surprenant que, hormis les actes de sainteté et d’héroïsme de prêtres individuels, l’Église "hôpital de campagne" se soit presque retirée du terrain pendant la pandémie, fermant volontairement ses lieux de culte alors que des activités plus "essentielles" se poursuivaient ?

 

Lire : Coronavirus / messes : n'est-il pas déjà trop tard pour les évêques ?

 

Ou que l’Église semble avoir peu à dire – sur la mort, le jugement, la souffrance, le courage, la vie éternelle ou même le pouvoir – au-delà des exhortations à suivre les diktats du CDC, du NIH et de l’OMS ?

 

En ce moment même, confrontés à des attaques sans précédent contre la nature humaine elle-même, nous entendons de Rome des récitations tièdes de formules classiques sur la dignité humaine, maladroitement associées à des appels à la Déclaration des droits de l’homme de l’ONU.

 

Pendant ce temps, les cardinaux de l’Église suggèrent avec empressement que la compréhension de la nature humaine par l’Église a été rendue obsolète par la sociologie et la "science". Ils semblent inconscients ou indifférents à la nature et aux limites de la connaissance scientifique, à ses présupposés et implications métaphysiques, à son histoire de contamination idéologique, au fait que de tels appels ont été utilisés pour justifier des atrocités dans le passé et à la possibilité qu’ils légitiment un nouveau totalitarisme technocratique dans le futur.

 

Quoi que l’on pense de la méthodologie, de la logique théologique ou des objectifs pas si cachés du processus synodal, il est tout simplement ahurissant qu’en cette période de révolution ontologique et culturelle, l’Église consacre son temps, son argent et ses énergies à un exercice qui ne captive personne en dehors de la classe des ecclésiocrates progressistes.

C’est comme si l’Église était en proie à l’entropie (en physique, "action de se retourner". Ndt.). Est-il surprenant que de très nombreuses personnes, privées de l’Église pendant un an, en viennent à croire qu’elles peuvent vivre assez facilement sans elle ?

 

L’impression, parfois accablante, est celle d’un christianisme épuisé et, pour beaucoup de ceux qui aiment l’Église et n’ont pas perdu espoir, épuisant.

 

Dans les années à venir, l’Église devra faire face à un certain nombre de "désordres" qui ont désespérément besoin d’être nettoyés.

Le monde moderne est hostile à l’autorité, car l’autorité présuppose un ordre de réalité donné qui a une signification intrinsèque. La crise moderne de l’autorité a été exacerbée par le sacrifice involontaire de l’autorité qui lui a été conférée et par sa renonciation volontaire à l’autorité qui est sa responsabilité. Le premier est né du scandale, le second de "conversions pastorales", de "changements de paradigme" et d’interminables processus de "dialogue" qui semblent ne jamais rien dire.

Il semble parfois que la vérité ait suivi la beauté en exil.

La désintégration de l’autorité a eu des conséquences désastreuses pour l’unité de l’Église, créant inutilement un schisme de facto qui pourrait devenir un schisme de jure si la glissade de l’Église vers l’entropie n’est pas arrêtée. Elle a porté un coup à l’affection naturelle que les catholiques ont pour leur pape et leur Église. Et elle a porté atteinte au témoignage de l’Église.

 

Il est impossible de témoigner de ce que l’on ne voit plus.

L’Église ne peut pas retrouver son autorité perdue sans retrouver la vue.

Cela ne peut se faire simplement par l’exercice du pouvoir ecclésiastique, ni par des programmes et des "processus", mais seulement par une profonde conversion du cœur, de l’esprit et de la vision.

Nous ne pouvons vivre une telle conversion ni espérer le renouveau d’une imagination authentiquement chrétienne si nous ne reconnaissons pas que l’éclipse du sens de Dieu et de l’homme n’est pas un événement extérieur à l’Église.

 

L’Église ne pourra pas guérir ses blessures propres, et encore moins celles du monde séculier, tant que les catholiques, eux-mêmes, n’auront pas pris conscience de l’ampleur et de la profondeur de notre athéisme anonyme.

 

Michael Hanby est professeur associé de religion et de philosophie des sciences à l'Institut pontifical Jean-Paul II d'études sur le mariage et la famille de l'Université catholique d'Amérique.

L'Église mondiale

par Anthony Akinwale, OP

 

"Sommes-nous les derniers chrétiens ?", a demandé mon confrère et professeur dominicain, le père Jean-Marie Roger Tillard, dans une poignante conférence publique en 1996. Vingt-huit ans plus tard, les signes du déclin du christianisme dans les pays du Nord n’ont pas disparu. Pourtant, le tableau est plus nuancé. Plusieurs diocèses des États-Unis et d’Europe ont signalé un nombre record de baptêmes lors de la veillée pascale de cette année. Dans un article du Catholic Herald, Philip Campbell a résumé les rapports : 82 adultes reçus dans l’Église dans une seule paroisse de l’Alabama ; 50 baptêmes et 30 confirmations dans une église de Floride ; 7 135 adultes baptisés en France ; et à la cathédrale de Westminster, une participation record au Triduum, au point que le personnel de sécurité a dû refouler des gens. Les photos de Tammy Peterson, podcasteuse et épouse de Jordan, reçue dans l’Église à Toronto ont fait le tour du monde.

 

Il est peut-être trop tôt pour affirmer que la tendance a changé. Selon les mots de Jimmy Cliff, la star jamaïcaine du reggae, "il reste encore beaucoup de rivières à traverser". Certes, le cœur humain est agité tant qu’il ne repose pas en Dieu ; et Tillard a répondu à sa "question piquante" en affirmant que tant que les êtres humains chercheront des réponses à la question du sens de l’existence, nous n’aurons pas encore vu la dernière génération de chrétiens. Mais tous ceux qui sont agités n’en sont pas conscients. Les personnes qui ignorent la vocation humaine – la vocation à chercher des réponses à la question du sens – peuvent ne pas être intéressées à répondre à l’appel chrétien. De plus, si le taux de natalité est bas, le nombre de baptêmes le sera aussi. Les baptêmes d’adultes sont un motif de réjouissance, mais ce sont les bébés qui font l’avenir d’une communauté.

 

Comme chacun le sait, la situation démographique des pays du Sud, et notamment de l’Afrique, est très différente. L’année dernière, le Centre de recherche appliquée sur l’apostolat de l’Université de Georgetown a publié un classement international de la fréquentation des messes par les catholiques. 94 % des catholiques nigérians assistent à la messe chaque semaine, suivis par le Kenya, avec 72 %. Le pourcentage le plus bas, 7 %, est celui des Pays-Bas. Mais en Afrique aussi, il est peut-être trop tôt pour sonner la trompette.

 

Que ce soit au Nord ou au Sud, dans l’Antiquité ou dans la modernité, l’Église a toujours dû faire face à des acteurs et à des facteurs qui menacent d’éroder sa capacité et sa volonté de prêcher l’Évangile. Aujourd’hui, elle est entourée d’un culte de la science, de la technologie, du rationalisme, du scepticisme, du nihilisme, de l’hédonisme et de la dépendance au pouvoir, ainsi que – aussi paradoxal que cela puisse paraître – d’un culte de la religion sans doctrine. Au Nord, elle n’a pas résisté à l’effet corrosif de la religion laïque : une religion de la raison sans foi, qui marginalise le Dieu chrétien. Au Sud, les nouvelles semblent positives : une démographie saine, des paroisses vivantes, des liturgies vibrantes et des laïcs engagés prêts à témoigner de la foi même face à la persécution et à l’oppression, comme dans l’extrême nord du Nigéria. Mais alors que Dieu est marginalisé au Nord, il existe un danger réel et présent de le dénaturer au Sud.

 

Il est tentant d’attribuer la religiosité africaine à la pauvreté économique – tentation et ignorance. Les Africains prennent le monde spirituel au sérieux et l’Église en Afrique est une assemblée de riches et de pauvres. Le mythe de l’Africain sans instruction, vivant sur un continent où une grande partie des enfants non scolarisés, ignore la population tout aussi nombreuse des professionnels, des intellectuels et des étudiants à tous les niveaux d’éducation – maternelle, primaire, secondaire et tertiaire. L’Église en Afrique comprend des hommes, des femmes et des enfants de diverses couches de la société et de l’éducation. Son extraordinaire croissance est moins liée à la pauvreté qu’à une vision du monde métaphysique et religieuse à l’échelle du continent, une véritable praeparatio evangelica, qui offre une opportunité à l’Église dans son projet inachevé mais en cours de présenter le Christ à l’esprit africain.

 

Il y a néanmoins des défis à relever. Sur le plan religieux, il y a le pentecôtisme, avec sa tendance particulière à la sola fide, à la sola scriptura, à la sola gratia et à la révélation privée, une religion de l'esprit sans discernement, une pneumatologie sans ecclésiologie. Sur le plan politique, il y a une tendance militante et intolérante de l'islam instrumentalisé, dont le centre se situe dans la région du Sahel, qui s'étend jusqu'à l'extrême nord du Nigéria. La constitution faible du Nigéria a établi des institutions faibles, incapables de protéger les droits humains fondamentaux, en particulier le droit de culte, contre les forces de persécution.

 

L’avenir du catholicisme ne sera pas une question de démographie mais de fidélité à l’Évangile du Christ crucifié, reçu, préservé et transmis par les apôtres. Si l’Église du Nord a décliné à cause de la raison sans la foi, l’Église en Afrique doit éviter la tentation de la foi sans raison qui se manifeste dans la bifurcation entre religion et vie quotidienne. Contrairement à ce que dit Hegel, l’Africain n’est pas dépourvu de facultés rationnelles. Et la tendance à séparer la foi et la raison, présente dans les deux hémisphères, est étrangère au catholicisme. La raison sans la foi engendre l’athéisme et l’agnosticisme, tandis que la foi sans la raison engendre le fanatisme et le fondamentalisme, le blasphème et l’hérésie. Concrètement, le catholicisme doit rester fidèle à l’Évangile et s’engager intelligemment dans la réalité sociale – non pas par une capitulation populiste face aux idéologies locales, mais par un discernement de ce qui peut et ne peut pas être accepté dans la culture environnante.

 

L’avenir dépend avant tout de la providence divine, de la sagesse avec laquelle Dieu dirige les affaires de l’univers selon sa bonté. Mais nous devons éviter une lecture monophysite de l’histoire, qui minimise l’action humaine : nos actions ou inactions dans le présent auront des conséquences pour l’avenir. En évitant un divorce entre la foi et la raison, nous devrions aussi éviter une dichotomie entre l’intellectuel-prêtre et le pasteur-prêtre. Les pasteurs ne doivent pas nécessairement être des intellectuels. Mais ils doivent être intelligents dans leur réception, leur préservation et leur transmission de la tradition apostolique [le souci de garder le dépôt de la foi (1Tm 6,20 ; 2 Tm 1,14) et de le transmettre à d'autres générations (2Tm 2), la transmission de la charge ecclésiastique - office - par les apôtres eux-mêmes (Ac 1,20-24). Ndt.] avec une connaissance approfondie de leurs ouailles et des courants idéologiques qui balayent le village planétaire d’aujourd’hui.

 

Le clergé doit aussi préserver la triple identité de prêtre-prophète-roi. La sainteté personnelle sera nécessaire mais insuffisante, l’intelligence prophétique nécessaire mais insuffisante, la compétence pastorale nécessaire mais insuffisante. La fonction sacerdotale implique d’offrir la totalité de notre être et de notre monde à Dieu, en s’efforçant de répondre à l’appel universel à la sainteté de vie. La fonction prophétique exige d’être prêt à témoigner de la Parole de Dieu devant un monde qui est souvent peu disposé à écouter, un monde qui traite les prophètes avec dédain, indifférence ou persécution. Et la fonction royale du Christ exige de gérer les affaires du monde en accord avec la volonté aimante de Dieu.

 

En bref, l’Église future doit être dirigée par des prêtres et des évêques qui aspirent à la sainteté, à l’intelligence et à la compétence, et non l’un sans l’autre. Et l’Église doit chercher à former des laïcs éclairés, capables et désireux de vivre les engagements de leur baptême.

 

La fonction prophétique mérite particulièrement qu’on s’y arrête. Elle exige une acceptation différenciée – et parfois un refus catégorique – de l’esprit du temps. L’Esprit Saint est trahi par un simple éloge des signes des temps, surtout quand dire oui à ces derniers revient à dire non à l’Évangile. Car capituler, c’est répudier le martyre, et une Église qui répudie le martyre mourra à coup sûr. L’Église de l’avenir sera une Église de martyrs qui témoigneront ensemble de l’Évangile du Christ crucifié, tout en parcourant la route de l’histoire avec ses bosses, ses nids-de-poule et ses cratères.

 

L'Eglise a une mission qui lui a été confiée par le Christ ressuscité, qui a demandé à ses disciples d'enseigner au monde tout ce qu'il leur avait enseigné. En bon pédagogue, elle doit faire preuve de sagesse et de courage pour montrer le point de rencontre entre la doctrine et la vie, entre la Parole de Dieu et le cœur de l'homme.

 

En Afrique, où l’élite politique est experte dans la manipulation de la diversité ethnique pour contrôler l’accès aux fonctions publiques, l’Église, par son clergé, ses fidèles laïcs et ses personnes consacrées, doit résister prophétiquement aux tentations de l’ethnocentrisme et du racisme. Elle doit être une assemblée prophétique d’hommes et de femmes de communautés ethniques divergentes. Au-delà du fanatisme ethnique et de la xénophobie, elle doit être, comme l’enseigne Vatican II, un signe et un instrument de communion avec Dieu et d’unité entre les hommes.

 

Mais l’Église doit aussi rejeter un inclusivisme facile qui occulterait la nature fondamentale du discipulat, au point de se passer de la repentance. On devient disciple quand on se convertit, et on se convertit quand on devient disciple. C’est peut-être quelque chose que l’Église du Nord global est particulièrement susceptible d’oublier. Et une Église véritablement synodale reconnaîtrait et écouterait l’Église du Sud global.

 

Le Sud global peut apporter une autre contribution au processus synodal : une prise de conscience de la réalité de la pauvreté matérielle et une reconnaissance du fait que la pauvreté du sens de Dieu conduit certains à appauvrir les autres. Dans les sociétés du Sud global, l’Église est signe et instrument du règne de Dieu au milieu de la détresse humaine.

 

Dans la conférence à laquelle j’ai fait référence, Tillard a fait une observation similaire. Inspiré par Chrysostome, Basile, Ambroise, Augustin et Léon le Grand, il a noté une conséquence d’une Église plus méridionale : "L’Église est allée dans le monde des plus pauvres. Là, elle peut s’incarner dans la détresse humaine et témoigner de l’amour de Dieu pour les créatures les plus démunies."

 

Anthony Akinwale, OP, est vice-chancelier adjoint de l'Université Augustine, Ilara-Epe, Nigeria.

Le Magistère

par Edward Feser

 

Ce qu’Aristote disait de la vertu – qu’elle se situe entre les extrêmes – est également vrai de l’orthodoxie. Par exemple, la doctrine de la Trinité exige d’éviter de mettre l’accent sur l’unité de la nature divine au point de nier la distinction du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Mais elle exige aussi d’éviter de mettre l’accent sur la distinction des trois Personnes au point de nier l’unité de la nature divine. L’orthodoxie trinitaire se situe à mi-chemin entre les extrêmes que sont la confusion des Personnes divines (l’hérésie du modalisme) et la division de la substance divine (l’erreur du polythéisme).

 

La doctrine catholique sur l’autorité doctrinale du pape est, de la même manière, un milieu entre deux extrêmes, l’un attribuant trop peu de pouvoir au pape et l’autre trop. Historiquement, l’Église a mis l’accent sur la réfutation du premier extrême et sur la vaste portée de l’autorité doctrinale du pape. Le premier concile du Vatican déclare qu’un pape enseigne infailliblement lorsqu’il parle ex cathedra – lorsque, usant de sa pleine autorité apostolique de pasteur universel et suprême de l’Église, il se prononce solennellement sur une question de foi ou de morale d’une manière absolument contraignante destinée à la régler pour tous les temps. Le deuxième concile du Vatican déclare que, même lorsque les papes ne parlent pas infailliblement, leur enseignement sur la foi et la morale doit normalement être reçu avec un assentiment ferme, même s’il n’est pas absolu.

 

Cependant, l'Église a également insisté sur le fait qu'un pape ne peut pas enseigner ce qu'il veut. Vatican I affirme que les papes n'ont d'autorité que pour "garder religieusement et exposer fidèlement la révélation ou le dépôt de la foi transmise par les apôtres", et "non pas pour qu’ils puissent… faire connaître une nouvelle doctrine". Vatican II affirme que le pouvoir magistériel de l'Église "n'est pas au-dessus de la parole de Dieu, mais la sert, en enseignant seulement ce qui a été transmis, en l'écoutant avec dévotion, en le gardant scrupuleusement et en l'expliquant fidèlement". Dans une homélie de 2005, le pape Benoît XVI a souligné que le pape "est lié à la grande communauté de foi de tous les temps, aux interprétations contraignantes qui se sont développées tout au long du pèlerinage de l'Église. Ainsi, son pouvoir n'est pas au-dessus, mais au service de la Parole de Dieu". Le pape a le devoir de transmettre l'héritage apostolique dans sa totalité et de manière intacte. "Il lui incombe de veiller à ce que cette Parole continue d'être présente dans sa grandeur et de résonner dans sa pureté, afin qu'elle ne soit pas déchirée par les changements continuels d'usage."

 

La portée et les limites de l’autorité doctrinale sont compréhensibles si l’on garde à l’esprit que cette autorité n’est pas une fin en soi, mais qu’elle existe pour préserver le dépôt de la foi. Parce que les fidèles ont besoin d’être assurés que ce qu’ils reçoivent de l’Église n’est ni plus ni moins que la même doctrine infaillible transmise par le Christ aux apôtres, les papes eux-mêmes doivent être infaillibles lorsqu’ils énoncent définitivement cette doctrine. Mais pour la même raison, les papes ne doivent ni ajouter ni infirmer ce dépôt. Cela ne signifie pas que le développement de la doctrine n’est pas possible. Mais comme l’ont clairement montré saint Vincent de Lérins et saint John Henry Newman, un véritable développement ne fait que tirer les implications de l’enseignement apostolique, et ne l’inverse jamais ni ne fabrique un nouvel enseignement de toutes pièces. [Dans le "Commonitorium" de saint Vincent de Lérins, rédigé vers 434 après J.-C., trois critères sont explicités pour distinguer la vérité de l'erreur. Le premier consiste dans l'unité de la foi à travers le temps et l'espace : "Tenir pour vérité de foi ce qui a été cru partout, toujours et par tous", "Quod ubique, quod semper, quod ab omnibus creditum est". Le deuxième consiste à vérifier cohérence du progrès dans la foi, ce que l’on peut résumer par l’expression ‘’l'évolution homogène du dogme’’ : "Il faut donc que croissent et progressent beaucoup l'intelligence, la connaissance, la sagesse de chacun des chrétiens et de tous, celle de l'individu comme celle de l’Église entière, au cours des siècles et des générations, pourvu qu'elles croissent selon leur genre propre, c'est-à-dire dans le même sens, selon le même dogme et la même pensée". Le troisième consiste à lire les Écritures dans la Tradition : "Le Canon divin doit être interprété selon les traditions de l'Église universelle et les règles du dogme catholique." Ndt.]

 

L’Église ne prétend pas que les papes sont en général infaillibles en dehors des déclarations ex cathedra ; une poignée de papes ont en fait commis des erreurs en enseignant en dehors de ce contexte (c’est pourquoi Vatican I a limité l’infaillibilité aux déclarations ex cathedra). Le cas le plus spectaculaire est celui du pape Honorius I, dont l’enseignement ambigu sur la nature de la volonté du Christ a aidé et réconforté l’hérésie monothélite. Pour cela, il a été condamné par un pape ultérieur, saint Léon II, qui a écrit : "Nous anathématisons… Honorius, qui n’a pas tenté de sanctifier cette Église apostolique avec l’enseignement de la tradition apostolique, mais a permis par une trahison profane que sa pureté soit polluée." Trois conciles approuvés par le pape ont également condamné Honorius. Le pape Jean XXII a prêché publiquement une doctrine erronée sur le statut de l’âme après la mort. Pour cela, il a été vivement critiqué par de nombreux théologiens de l’époque, ce qui l’a conduit à se rétracter sur son lit de mort.

 

Ces théologiens n’ont pas non plus fait exception en osant accuser un pape d’erreur doctrinale. Bien que cela n’ait pas été beaucoup souligné, l’Église a toujours reconnu que les papes peuvent être respectueusement réprimandés par les fidèles lorsqu’ils semblent contredire le dépôt de la foi. Dans son commentaire sur la lettre de saint Paul aux Galates, saint Thomas d’Aquin enseigne que la réprimande de saint Pierre, le premier pape, par laquelle Paul a réprimandé saint Pierre, a donné l’exemple aux sujets de ne pas craindre de corriger les prélats lorsqu’ils commettent une erreur qui constitue "un danger pour l’enseignement de l’Évangile" – et un exemple pour les prélats d’accepter humblement la correction. Une telle correction, dit saint Thomas d’Aquin, n’est pas une rébellion mais plutôt une "aide" et un "bénéfice" pour ceux dont le devoir est de sauvegarder la foi. Et il enseigne que cette critique peut même être faite publiquement lorsque l’offense du prélat est elle-même publique et menace d’induire beaucoup de gens en erreur.

 

De même, le pape Innocent III enseignait que "je ne peux être jugé par l’Église que pour les péchés commis contre la foi". Saint Robert Bellarmin déclarait qu’"il est légitime de résister au pape… s’il agresse les âmes ou trouble l’État, et encore plus s’il s’efforce de détruire l’Église". Newman cita avec approbation la remarque du cardinal Jean de Torquemada selon laquelle "si le pape ordonnait quoi que ce soit contre la Sainte Écriture, ou les articles de la foi, ou la vérité des sacrements, ou les commandements de la loi naturelle ou divine, il ne fallait pas lui obéir".

 

L’instruction Donum Veritatis, publiée sous le pontificat de saint Jean-Paul II, admettait qu’"il puisse arriver que certains documents du Magistère ne soient pas exempts de toute déficience", de sorte que "le théologien peut, selon le cas, soulever des questions sur l’opportunité, la forme ou même le contenu des interventions du Magistère". L’instruction distingue explicitement une telle critique respectueuse de la "dissidence" par rapport à l’enseignement permanent de l’Église.

 

Cependant, tout en reconnaissant la possibilité d’erreurs en dehors des contextes ex cathedra et la légitimité d’une critique respectueuse de ces erreurs par les fidèles, l’Église n’a pas accordé beaucoup d’importance à ces thèmes. De plus, l’immense majorité des papes, même la plupart des mauvais, ont été scrupuleux en ce qui concerne la doctrine. La perspective d’une erreur papale et les questions relatives à son remède ont donc été, pendant la majeure partie de l’histoire de l’Église, des questions d’intérêt purement académique.

 

Aujourd’hui, ces problèmes sont devenus plus pressants encore en raison des nombreuses déclarations, politiques et actions doctrinales problématiques émises par Rome pendant le pontificat du pape François. On pourrait citer de nombreux exemples, mais trois sont particulièrement graves. La révision du Catéchisme de 2018 du pape stipule que "la peine de mort […] est une atteinte à l’inviolabilité et à la dignité de la personne". Cela semble impliquer que la peine capitale est intrinsèquement mauvaise, et pas seulement mauvaise dans certaines circonstances. Une telle doctrine contredirait les Écritures, les Pères et les Docteurs de l’Église et deux mille ans d’enseignement pontifical cohérent.

 

(La déclaration) Amoris Laetitia est ambiguë dans la mesure où elle pourrait être interprétée comme autorisant, dans certains cas, l'absolution et la communion pour les personnes mariées d'une façon invalide ou pour les personnes adultères, qui sont sexuellement actives et n'ont pas la ferme intention de se corriger. Cela contredirait l'enseignement du Christ sur le divorce, l'enseignement de saint Paul sur la dignité de recevoir la communion et ce que l'Église considère depuis deux millénaires comme les implications de ces enseignements.

 

Pire encore, malgré des appels répétés, le pape a refusé de réaffirmer les doctrines traditionnelles que ces documents semblent contredire. Il y a ensuite (le document) Fiducia Supplicans, qui permet la bénédiction des couples homosexuels et adultères (et pas seulement des individus qui composent les couples). Il est vrai que le document nie que l’"union" d’un tel couple puisse elle-même être bénie, mais la déclaration de l’Église de 2021 sur la question avait exclu toute bénédiction qui "tendrait même à reconnaître leurs unions", et encore moins à bénir les unions. Et bénir un couple en tant que couple revient précisément à reconnaître l’union. De plus, la distinction entre bénir un couple et bénir une union est une distinction que même les défenseurs du document ont eu du mal à expliquer, et qui, pour le commun des mortels, apparaît comme un sophisme ardu.

 

Certes, tous ces documents problématiques peuvent, avec un peu d’effort et si l’on est intelligent et théologiquement compétent, être interprétés de manière orthodoxe. Mais l’Église n’a jamais considéré que franchir cette barre basse suffisait en matière de doctrine. Elle a souvent condamné non seulement des hérésies pures et simples, mais aussi des propositions "mal formulées", "ambiguës", "susceptibles de provoquer un scandale" ou qui "sentent l’hérésie" même sans être strictement hérétiques (pour citer certaines des "censures théologiques" traditionnellement reconnues dans la théologie catholique). Les déclarations erronées d’Honorius pourraient, avec un peu de créativité, être interprétées de manière orthodoxe, et sont sans doute moins manifestement problématiques que les trois cas cités ci-dessus dans le pontificat de François. Pourtant, il a tout de même été condamné.

 

Les défenseurs du pape François ont tendance à rejeter avec désinvolture comme "dissidence" même la critique la plus respectueuse, la plus mesurée et la plus argumentée de ces documents problématiques, bien que Donum Veritatis reconnaisse que toute critique des actes du magistère ne constitue pas une dissidence. Ils insistent aussi parfois dogmatiquement sur le fait que si un pape fait ou approuve une déclaration doctrinale, alors celle-ci doit, par le fait même, être cohérente avec le dépôt de la foi, malgré les apparences.

 

Cela ne tient pas compte du fait que l’Église ne prétend pas en premier lieu que les papes sont infaillibles lorsqu’ils ne parlent pas ex cathedra, et qu’une poignée de papes ont en fait commis des erreurs. Cela réduit également à néant la thèse selon laquelle tout enseignement papal est conforme à la tradition. En logique, l’erreur du "vrai Écossais" est commise lorsque l’on élimine des preuves gênantes au moyen de stipulations arbitraires. (Par exemple : "Aucun vrai Écossais ne serait un empiriste !" "Mais David Hume était un empiriste !" "Oh ? Alors il ne doit pas vraiment avoir été un Écossais !") Les défenseurs du pape François commettent cette erreur lorsqu’ils suggèrent que s’il contredit une doctrine de longue date, celle-ci après tout ne doit pas avoir réellement fait partie du dépôt de la foi.

 

L'exagération du pouvoir papal en matière de doctrine a été qualifiée de diverses façons : par exemple, "hyperpapalisme", "positivisme papal" et "mottramisme" (d'après un personnage de Brideshead Revisited d'Evelyn Waugh).) – mais aucune n’est devenue la norme. Quel que soit le nom que nous lui donnons, il est impératif qu’un futur pape la répudie, car elle porte un grave préjudice aux âmes et à la crédibilité du Magistère. À la suite des controverses doctrinales fomentées par le pape François, de nombreux catholiques fidèles à l’enseignement traditionnel de l’Église ont été démoralisés. Certains ont quitté l’Église, jugeant que sa prétention à préserver le dépôt de la foi a été falsifiée. De nombreux critiques protestants et orthodoxes orientaux de la papauté considèrent que leurs objections ont été justifiées. Les hétérodoxes se sont enhardis, convaincus que la doctrine a changé et qu’elle peut encore changer dans la direction que l’on souhaite, tant qu’un pape disposé à effectuer ce changement est élu.

 

En plus de condamner l’hyperpapalisme, le Magistère devrait répudier plusieurs tendances qui ont facilité cette erreur et qui sont antérieures au pontificat de François, même si elles se sont intensifiées sous lui. La première est l’abandon de la philosophie et de la théologie scolastiques, dont l’accent mis sur un raisonnement clair et logique conférait autrefois de la rigueur aux documents du Magistère. La deuxième est un minimalisme doctrinal légaliste qui suppose que tant que l’on évite de contredire explicitement un enseignement impopulaire – par exemple sur la contraception, la damnation éternelle ou la nécessité de se convertir – on a fait son devoir, même si cet enseignement est ignoré et donc réduit à l’état de lettre morte. La troisième est le culte de la personnalité qui entoure la papauté, donnant la fausse impression que le catholicisme n’est que ce que le pape actuel dit qu’il est.

 

Les futurs papes devraient se consacrer à nouveau à la proposition selon laquelle le pontife romain est le serviteur du dépôt de la foi, et non son maître. Ils devraient proclamer avec audace l’intégralité de ce dépôt, en particulier les parties que la civilisation moderne refuse le plus d’entendre. Ils devraient revenir au projet avorté de Benoît XVI d’une "herméneutique de la continuité", et le mettre en avant. Et ils devraient réfléchir dans la prière au cas et au sort du pape Honorius.

 

Edward Feser est professeur de philosophie au Pasadena City College.

La liturgie

par Jarosław Kupczak, OP

 

En de nombreux endroits, les catholiques les plus sérieux, les plus conscients et les plus actifs sont ceux qui se réunissent chaque semaine à la messe tridentine la plus proche. Ils peuvent s’attendre à une célébration solennelle et même belle de la liturgie – souvent avec chant grégorien – et à une homélie théologiquement sérieuse, pleine de respect pour l’enseignement traditionnel de l’Église. Au milieu de la confusion et du chaos du monde moderne, qui se font sentir dans nos paroisses, nos couvents et d’autres communautés catholiques, les petites communautés de la messe tridentine offrent à leurs membres un soutien et une formation intellectuelle, ainsi que des relations et des amitiés. Malgré les critiques valables à l’égard de ces groupes – sur lesquelles je reviendrai – il y a certainement quelque chose à apprendre d’eux.

 

L’esprit de ces groupes a en effet quelque chose en commun avec les groupes d’étudiants dirigés par le jeune Karol Wojtyła dans les années 1950 à Cracovie. Lors des excursions estivales en kayak, qui sont entrées dans la légende, Wojtyła offrait à chacun un petit missel bilingue dans lequel il était possible de suivre le texte intégral de la messe tridentine en polonais. La messe était célébrée chaque matin là où le groupe passait la nuit : dans les forêts, dans les prés, au bord d’un lac. L’autel était construit chaque jour par les étudiants avec ce qu’ils avaient sous la main : des branches de la forêt, voire les kayaks eux-mêmes. Wojtyła célébrait généralement la messe face aux étudiants, lisant les textes liturgiques en latin et prêchant en polonais.

 

Dans l’un de ses premiers ouvrages publiés, écrit pour la revue pastorale polonaise Homo Dei en 1957, Wojtyła soulignait que les vacances actives au sein de la nature – dans la forêt, au bord du lac ou de la mer – sont une manière idéale d’initier les jeunes aux mystères de la foi. "Un autel sur des rames, un autel sur la neige, un autel sur des sacs à dos – la nature vivante (et pas seulement le produit de l’art humain) participe au sacrifice du Fils de Dieu. La Sainte Messe devient une prière du matin et la première chose que nous faisons ensemble après le réveil. Quelques mots : une pensée pour toute la journée."

 

L’objectif n’était pas de surprendre les gens avec une célébration non conventionnelle ou ostentatoire de la Sainte Messe. L’objectif était de faire comprendre aux campeurs que la célébration eucharistique pouvait et devait faire partie intégrante de leur vie quotidienne – "la source et le sommet de toute la vie chrétienne", comme le soulignerait Vatican II une décennie plus tard dans sa constitution sur l’Église, Lumen Gentium.

 

Les convictions du jeune Karol Wojtyła sur la forme de la liturgie ont été au cœur du mouvement de renouveau liturgique dans l'Église au début du XXe siècle, avant le Concile Vatican II et sa constitution sur la liturgie, Sacrosanctum Concilium. Tous les principaux représentants du mouvement liturgique – Dom Prosper Guéranger, Odo Casel, Dom Lambert Beauduin, Romano Guardini, Louis Bouyer – ont souligné la nécessité d'une participation plus consciente des fidèles à la liturgie. La liturgie devait être comprise comme la célébration de tout le peuple, et non comme une performance technique particulière d'un seul professionnel.

 

La constitution du Concile Vatican II sur la liturgie est un très bon document. Enracinée dans une profonde théologie christologique, trinitaire et ecclésiale de la liturgie, elle propose une liturgie renouvelée comme essentielle à la solide formation du peuple de Dieu et à son introduction au mystère chrétien et à la vie chrétienne.

 

Mais comme c'est souvent le cas avec Vatican II, on se retrouve confronté à la question suivante : si ses documents étaient si bons, qu'est-ce qui a causé les ravages, la confusion et la déformation de la période postconciliaire ? La réponse se trouve dans les interprétations erronées de l'aggiornamento conciliaire qui ont déterminé la direction et la vitesse des changements postconciliaires. L'idée de Vatican II comme d'un nouveau départ a provoqué une rupture avec l'héritage catholique : l'Église semblait avoir honte de son passé, alors que l'avenir était perçu comme nécessitant une adaptation au séculier. Le ressourcement, destiné à enrichir et à renforcer l'enseignement de l'Église, a conduit à un pluralisme théologique qui semblait remettre en question et saper toute vérité catholique traditionnelle. Le caractère unique de la foi chrétienne et de l'Église catholique a disparu dans un processus souvent nébuleux, superficiel et hâtif de dialogue œcuménique et interreligieux. La liste des étranges mésaventures postconciliaires est sans fin.

 

Le lieu où la plupart des fidèles entrèrent en contact direct avec la théologie de Vatican II fut la liturgie. De nombreux changements furent accueillis avec enthousiasme : le remplacement du latin par la langue vernaculaire, l'élargissement des lectures bibliques, une plus grande participation des fidèles laïcs. Mais la mise en œuvre ascendante des réformes du concile eut aussi son côté sombre. De nombreuses traductions des textes liturgiques latins étaient inexactes ; les nouveaux textes liturgiques en langues vernaculaires reflétaient la théologie postconciliaire douteuse, en dévalorisant notamment le caractère sacrificiel de la messe ; la nouvelle musique composée après le concile et chantée dans les langues nationales était banale et sentimentale et ne correspondait pas à la solennité du chant grégorien. Les prêtres comprirent souvent la réforme liturgique comme une invitation à l'improvisation spontanée et à l'expérimentation constante, et parmi les laïcs, l'attention se déplaça de Dieu vers la communauté elle-même.

 

Il est impossible de comprendre l’essor du mouvement de la messe tridentine au cours des dernières décennies sans y voir une réaction à la crise théologique et liturgique postconciliaire. Ce mouvement présente cependant de graves problèmes. Dans de nombreux cercles de la messe tridentine, la recherche d’identité s’est concentrée non pas sur la rectification des abus théologiques postconciliaires, décrits par Benoît XVI comme témoignant d’une herméneutique de rupture, mais sur la critique et le rejet du concile lui-même. Surtout chez les catholiques qui ne se souviennent pas de l’époque préconciliaire, la nostalgie du pontificat de Pie XII et la critique de ce qui s’est passé par la suite servent de cadre simpliste pour comprendre l’histoire contemporaine complexe de l’Église.

 

La réponse de l’Église à ce mouvement traditionaliste a varié au fil du temps. L’intention du Concile Vatican II n’était pas de créer une nouvelle messe alternative, mais de réformer la messe romaine, qui devait être utilisée universellement dans l’Église de rite latin. La permission de célébrer la messe tridentine n’a donc été accordée que pour des motifs très limités. Puis Jean-Paul II, en réponse à la demande constante de la messe tridentine, a permis aux évêques diocésains d’accorder cette permission – à condition qu’il "soit rendu public, sans ambiguïté aucune, que ces prêtres et leurs fidèles respectifs ne partagent en aucune façon les positions de ceux qui remettent en question la légitimité et l’exactitude doctrinale du Missel romain promulgué par le pape Paul VI en 1970".

 

Benoît XVI est allé beaucoup plus loin. Dans son motu proprio Summorum Pontificum de 2007, il a défini la liturgie tridentine comme une forme extraordinaire du rite romain. Depuis lors, tout prêtre était libre, sans autorisation de l'évêque, d'utiliser soit le Missel romain de 1962, soit celui de 1970 ; les fidèles étaient libres de choisir l'une ou l'autre liturgie. De plus, ils pouvaient demander dans leurs paroisses que la messe tridentine leur soit proposée.

 

Il n’est pas étonnant que la publication de Traditionis Custodes, le motu proprio du pape François de 2021, ait été un choc pour beaucoup. Conformément à l’enseignement de Vatican II, Traditionis Custodes souligne que le Novus Ordo est "l’expression unique de la lex orandi du rite romain". Par conséquent, il restreint sévèrement l’utilisation de la messe tridentine, en veillant notamment à ce qu’elle ne soit pas perçue comme faisant partie de la vie et du culte paroissiaux réguliers. L’exigence importante énoncée plus tôt par Jean-Paul II est maintenue : ceux qui participent à la messe tridentine "ne nient pas la validité et la légitimité de la réforme liturgique" décrétée par Vatican II. Cependant, même ceux qui sont d’accord avec le contenu théologique de Traditionis Custodes critiquent son manque de sensibilité pastorale envers ceux qui, depuis une décennie, sont assurés par Benoît XVI – et souvent par leurs évêques et leurs pasteurs – de la légitimité de leur pratique liturgique.

 

Malheureusement, la portée de l'exhortation Traditionis Custodes du pape François est également affaiblie par ses propres déclarations à propos de Vatican II et de l'enseignement des papes précédents. L'exhortation Amoris Laetitia est souvent perçue comme un renversement de la position théologique de Jean-Paul II ; elle a été accompagnée par la quasi-liquidation de l'Institut Jean-Paul II à Rome et par des changements importants dans l'enseignement de l'Académie pontificale pour la vie. Des documents tels que Fiducia Supplicans, sur la bénédiction des couples homosexuels, ainsi que les remarques critiques du chef doctrinal de François concernant l'un des documents les plus importants du pontificat de Jean-Paul II, l'encyclique Veritatis Splendor, ajoutent de l'huile sur le feu. Parfois, en regardant les références bibliographiques et les notes de bas de page des textes du pape François, on peut avoir l'impression que dans son enseignement, il veut mettre entre parenthèses les réalisations des deux papes précédents et proposer sa propre interprétation de Vatican II, différente de celle proposée par Jean-Paul II et Benoît XVI. Certes, ces controverses sur l'interprétation correcte du dernier concile rendent difficile la résolution du conflit sur le contenu approprié de la réforme liturgique et sur la validité de la messe tridentine. Aux yeux des simples fidèles, elles portent également atteinte à l'autorité du Magistère de l'Église. Malheureusement, ces controverses sont loin d'être terminées.

 

Avant de résoudre les controverses, il y a des choses urgentes à faire. Il faut d’abord une catéchèse sur Vatican II, qui risque de devenir, surtout parmi les jeunes catholiques engagés, la "légende noire" de l’histoire ecclésiastique moderne. Cette catéchèse doit expliquer les principales réalisations et les espoirs du dernier concile dans les domaines les plus controversés : l’ecclésiologie, la liberté religieuse, la liberté de conscience, le dialogue œcuménique et religieux. C’est seulement dans ce contexte théologique que les principes de la réforme liturgique peuvent devenir clairs. Ensuite, dans les diocèses, les paroisses, les séminaires, les monastères et les différentes communautés, une catéchèse solide sur la théologie de l’Eucharistie est nécessaire. Cette catéchèse doit porter sur les sources bibliques de l’Eucharistie, son histoire et sa théologie, ainsi que sur les règles pratiques pour la célébrer et y participer. Troisièmement, à la lumière de ce qui a été dit ci-dessus sur la théologie de l’Eucharistie, il faut veiller de manière intégrale et complète à la qualité de la célébration de la Sainte Messe. Cela comprend la beauté des décorations de l’église et des vêtements liturgiques ; le comportement du prêtre et de toutes les personnes participant à la liturgie ; et le contenu, la qualité et la beauté de la musique.

 

La liturgie du futur doit retrouver son caractère sacramentel, priant et digne, qui doit servir en premier lieu à la rencontre verticale entre les croyants et Dieu. Comme l’a enseigné Benoît XVI, toute la liturgie doit évoquer la beauté du monde futur, matériel et spirituel, transformé par la grâce du Christ. La beauté de la liturgie doit donc englober la beauté de l’architecture extérieure et intérieure des églises et des chapelles, la beauté de la musique liturgique et de ses textes, ainsi que l’ensemble de la célébration et de la prédication. De ce point de vue, le débat actuel entre les partisans de l’ancienne et de la nouvelle liturgie est secondaire. Chacun des rites peut être banalisé et rendu superficiel. Et chacun peut être célébré d’une manière qui serve la rencontre sacramentelle et transformatrice avec Dieu.

 

Jarosław Kupczak, OP, est professeur d'anthropologie théologique à l'Université pontificale Jean-Paul II de Cracovie.

Partager cet article
Repost0
3 septembre 2024 2 03 /09 /septembre /2024 16:34
Le suaire de Turin date de l'époque du Christ, révèlent les scientifiques

SOURCE: CATHOLIC HERALD

 

Des chercheurs italiens ont utilisé une nouvelle technique de rayons X pour démontrer que le Suaire de Turin date de l'époque de Jésus-Christ.

 

Les scientifiques de l'Institut de Cristallographie, chercheurs du Conseil national de la recherche (Consiglio Nazionale delle Ricerche, CNR) ont étudié huit minuscules échantillons de tissu du linceul, un vêtement funéraire qui porte l'empreinte d'un homme tué par crucifixion, en utilisant une méthode appelée diffusion des rayons X à grand angle (WAXS).

 

Ils ont pu vieillir la cellulose de lin – de longues chaînes de molécules de sucre qui se détériorent lentement au fil du temps – pour montrer que le linceul a 2 000 ans, en se basant sur les conditions dans lesquelles il a été conservé.

 

Ils en ont déduit que le linceul avait été conservé dans des conditions de température autour de 22,5 degrés Celsius et d'humidité relative d'environ 55 pour cent pendant 13 siècles avant d'être transporté à Chambéry, en France, dans les années 1350, ramenant ainsi la chronologie du linceul jusqu'à l'époque du Christ.

 

S'il avait été conservé dans des conditions de température et d'humidité relativement différentes, le vieillissement de la cellulose de lin et la datation qui en aurait résulté auraient également été différents.

 

"Les profils de données étaient entièrement compatibles avec des mesures analogues obtenues sur un échantillon de lin dont la datation, selon les archives historiques, est de 55 à 74 après J.-C., trouvé à Massada, en Israël", indique l'étude publiée dans la revue Heritage.

 

Les échantillons ont également été comparés avec des linges similaires des XIIIe et XIVe siècles, mais aucun ne correspondait.

 

Le Dr Liberato De Caro, l'un des scientifiques impliqués dans l'étude, a rejeté un test de 1988 qui avait conclu que le linceul était probablement un faux médiéval et vieux de seulement sept siècles, car "les échantillons de tissu sont généralement sujets à toutes sortes de contaminations, qui ne peuvent pas être complètement éliminées du spécimen daté".

 

"Si la procédure de nettoyage de l’échantillon n’est pas effectuée avec soin, la datation au carbone 14 n’est pas fiable. Cela a peut-être été le cas en 1988, comme le confirment des preuves expérimentales montrant qu’en se déplaçant de la périphérie vers le centre de la feuille, le long du côté le plus long, on observe une augmentation significative du carbone 14", a-t-il ajouté.

 

L’étude a également noté : "Pour que le résultat actuel soit compatible avec celui du test au radiocarbone de 1988, le Suaire de Turin aurait dû être conservé pendant ses sept siècles hypothétiques de vie à une température ambiante séculaire très proche des valeurs maximales enregistrées sur terre", donc différente des niveaux de température et d’humidité découverts par les chercheurs italiens.

 

Cette étude est la deuxième publiée cette année qui date le Suaire de Turin de l’époque de Jésus – et la quatrième à parvenir à la même conclusion en un peu plus d’une décennie.

 

Dans l’autre étude publiée plus tôt cette année, des tests isotopiques ont révélé que le lin utilisé pour fabriquer le linge était cultivé au Moyen-Orient.

 

Des fragments de tissu prélevés sur le linceul montrent que le lin provenait du Levant occidental, une bande de terre occupée aujourd'hui par Israël, le Liban et les régions occidentales de la Jordanie et de la Syrie.

 

William Meacham, l'archéologue américain qui a commandé cette étude, a déclaré : "Avec une origine proche-orientale probable, de nouveaux doutes doivent être soulevés quant à l'interprétation du linceul comme une simple fausse relique fabriquée dans l'Europe médiévale, et de nouvelles questions se posent sur ce que signifie l'image sur le tissu. La possibilité que ce tissu soit en réalité le linceul funéraire de Jésus est renforcée par ces nouvelles preuves. À mon avis, cela reste la meilleure explication pour le linceul."

 

En tant que membre du conseil d'administration de l'Association d'éducation et de recherche du Suaire de Turin (STERA), M. Meacham a obtenu la permission de tester cinq des sept fils en possession du groupe.

 

Les fils proviennent d’un échantillon connu sous le nom de "pièce Raes" qui a été retiré du Suaire en 1973 pour des recherches textiles.

 

Quatorze fils ont été fournis par l'archidiocèse de Turin au physicien Ray Rogers, membre de l'équipe scientifique américaine qui avait mené une étude sur le Suaire en 1978, et qui ont ensuite été transmis à STERA.

 

Les tests ont été réalisés au Laboratoire des isotopes stables de l'Université de Hong Kong, qui est capable de tester de très petits échantillons, même inférieurs à 1 mg.

 

M. Meacham a déclaré que l’origine orientale du linceul est importante car "elle renforce d’autres caractéristiques qui pointent dans cette direction".

 

Il a déclaré : "Le pollen était particulièrement remarquable. Même si de nombreuses identifications ont depuis été écartées, certaines espèces prises ensemble indiquent toujours une présence en Méditerranée orientale. De même, la couronne d’épines [sur le linceul] en forme de casque plutôt que de cercle romain est une caractéristique de l’Asie Mineure et du Levant."

 

"Une autre affirmation est que des pièces de monnaie se trouvaient sur les yeux de l’image du linceul, ce qui correspond à un exemple documenté d’une sépulture du deuxième siècle en Judée."

 

"Il s’agit d’une confirmation impressionnante d’une hypothèse générée par analyse informatique 3D en 1977, à une époque où il n’existait aucun exemple connu (en dehors d’Israël) d’une telle pratique dans l’Antiquité."

 

Le linceul est conservé à Turin, en Italie, depuis 1578, mais il a fait une entrée spectaculaire sur la scène intellectuelle européenne en 1898, lorsque les premières photographies ont été publiées, montrant une image faciale réaliste en négatif.

 

Le linceul a été étudié au milieu du XXe siècle par le chirurgien français Pierre Barbet, qui a ensuite écrit un livre sur les blessures de la passion du Christ intitulé Un docteur au Calvaire.

 

En 1988, un échantillon a été prélevé, divisé en morceaux et daté par trois laboratoires de renom de 1260 à 1390, ce qui jette un sérieux doute sur son authenticité. L'archidiocèse de Turin n'a pas autorisé d'autres études.

 

Des études menées en 2012 et 2015 sur des échantillons prélevés antérieurement ont cependant révélé que le drap de lin datait probablement de l'époque de Jésus.

 

En 2017, une équipe de l'hôpital universitaire de Padoue, en Italie, dirigée par Matteo Bevilacqua, a mené une étude médico-légale de l'empreinte et a découvert qu'elle appartenait à une personne qui avait souffert et était morte exactement de la même manière que le Christ, comme le rapportent les Évangiles.

 

Dans un article publié dans l'Open Journal of Trauma, cette équipe a émis l'hypothèse que la cause du décès était une crise cardiaque compliquée par une rupture cardiaque avec hémopéricarde chez un sujet crucifié avec clouage des mains et des pieds.

 

Ils ont également observé des signes de stress émotionnel sévère et de dépression ; un choc hypovolémique-traumatique sévère, une insuffisance respiratoire aiguë au premier stade par crucifixion et une causalgie [douleur chronique dans un membre] ; un traumatisme contondant suite à la chute avec paralysie de tout le plexus brachial droit [nerfs de l'épaule], une luxation de l'épaule droite, une contusion pulmonaire avec hémothorax [blessure pulmonaire], une contusion cardiaque [blessure cardiaque] ; une probable paralysie proximale ulnaire gauche et une luxation du pied droit due à l'étirement lors de la crucifixion.

 

L'étude a inspiré un article de 2022 du révérend professeur Patrick Pullicino, prêtre de Southwark et ancien neurologue consultant du NHS, qui a suggéré que la blessure à l'épaule avait provoqué une énorme hémorragie interne qui a entraîné l'effondrement du système circulatoire de l'homme crucifié.

 

Jusqu'à trois litres de sang se sont écoulés de la cavité où le sang s'était accumulé, a-t-il écrit dans le Catholic Medical Quarterly , ce qui correspond au moment où le côté de Jésus a été transpercé par une lance romaine, comme le rapporte l'Évangile de saint Jean. La dernière découverte en date, qui permet de dater le linceul grâce à la nouvelle technique des rayons X, intervient très peu de temps après l'enquête montrant que le linceul avait été cultivé au Moyen-Orient, et s'ajoute à la masse croissante de preuves scientifiques qui penchent en faveur d'un événement très peu scientifique et miraculeux, dont l'occurrence a alimenté le débat pendant des siècles.

Add. 1-04-2025. "Les taches de sang de la Tunique d'Argenteuil, du Suaire d'Oviedo et du Linceul de Turin se superposent et concordent. C'est un signe d'authenticité beaucoup plus crédible que des analyses hasardeuses au carbone 14", explique l'historien Jean-Christian Petitfils.

***

Le suaire de Turin date de l'époque du Christ, révèlent les scientifiques
Partager cet article
Repost0
3 septembre 2024 2 03 /09 /septembre /2024 12:48
Sondage twitter X du Vatican sur la synodalité : "Croyez-vous que la synodalité comme chemin de conversion et de réforme peut améliorer la mission et la participation de tous les baptisés ?" "Non" à 88%

Sondage twitter X du Vatican sur la synodalité : "Croyez-vous que la synodalité comme chemin de conversion et de réforme peut améliorer la mission et la participation de tous les baptisés ?" "Non" à 88%

Nous disons "Non, Saint-Père" !

 

Par le Père Joachim Heimerl

 

Source: Marco Tosatti

 

Fin juillet, le Vatican a lancé une enquête en ligne. Les quelque 9 000 participants ont été interrogés sur leur attitude à l'égard de la "synodalité" et environ 90 % ont voté négativement. En conséquence, le secrétariat synodal responsable a clôturé l’enquête prématurément et a mis les résultats hors ligne.

 

Lire : L'ex-synode n'intéresse que ceux qui veulent remplacer l'enseignement catholique par l'hérésie

 

En dehors du Vatican, des "principes" de sondage similaires ne peuvent probablement être trouvés aujourd’hui qu’en Russie ou en Chine (ou en France ! Ndt. ...)

 

Ce processus resterait une anecdote insignifiante si la dernière partie du soi-disant "Synode mondial", qui aborde la question de savoir comment l’Église catholique peut devenir une "Église synodale", ne commençait pas dans moins d’un mois.

Dans ce contexte, les sondages en ligne sont extrêmement explosifs. Mais que cela dit-il concrètement ?

 

Une conclusion importante est que personne dans le monde catholique n’est manifestement intéressé par une "Église synodale".

 

Le nombre de participants aux sondages internationaux est généralement beaucoup plus élevé, surtout lorsqu’il s’agit de sujets relativement polarisés.

 

En d’autres termes : pour la majorité des catholiques, la "synodalité" n’est pas seulement un cheval boiteux, mais un cheval mort.

 

Un résultat encore plus important est le suivant : personne au Vatican ne se serait attendu à un tel vote négatif.

 

Ils comptaient sur une grande approbation et auraient voulu l'exploiter en conséquence lors du "Synode mondial", qui nous ramène d'ailleurs à la Russie et à la Chine.

Il s'agit en fait d'une approche surprenante si l'on considère que les organisateurs du Synode - le Pape et les cardinaux Hollerich et Grech - soulignent toujours que la "synodalité" ne doit pas être un instrument politique mais spirituel.

Toutefois, si cela était vrai, il serait difficile de recourir à une enquête. Et encore moins de tentatives de saboter cette enquête et de la passer sous silence après qu’elle n’ait pas produit les résultats escomptés.

 

Pour faire court : l'enquête en ligne a révélé le projet du pape comme un gigantesque mensonge.

 

Et il a embarrassé Francesco, Hollerich et Grech aux yeux de l’opinion publique mondiale.

 

Non, la "synodalité" n'est pas un processus "spirituel", mais un programme politique ecclésial.

 

De plus, ce programme n’a pas pour but de "réformer" l’Église, mais de la détruire sur le long terme.

Les participants à l'enquête l'ont reconnu et ont donc clairement répondu "non".

 

Cependant, la véritable explosivité de l’enquête vient d’un constat indirect. Et curieusement, elle est adressée au Pape.

 

Comme on le sait, François a étroitement lié son pontificat au thème de la "synodalité" ; il est donc heureux de souligner que l'Église doit se "convertir" à la "synodalité".

 

Il est clair que c’est absurde : l’Église ne doit jamais se convertir aux idées personnelles d’un Pape et encore moins à son programme ecclésiastique.

 

La seule conversion est celle à Jésus-Christ.

 

Mais le Synode Mondial en est très loin.

 

Le "non" de l’enquête en ligne contient donc un "non" plus grand qu’un simple "non" à la "synodalité" ; il contient un "non" à François et donc un "non" à un pontificat qui a profondément divisé et ébranlé l'Église.

 

Les avis sont donc partagés sur l'attitude à avoir à l'égard de la "synodalité" : quiconque veut maintenir la foi de l'Église catholique doit inévitablement rejeter le projet du Pape.

 

Il n'est pas possible de rester catholique et en même temps de soutenir les objectifs réformateurs du Pape et du "Synode mondial".

 

Je voudrais donc recommander ceci à mes lecteurs : rejoignez les participants à l'enquête en ligne et dites fermement : "Non, Saint-Père !"

***

Partager cet article
Repost0
3 septembre 2024 2 03 /09 /septembre /2024 10:25
"Rerum Novarum" (1891) : l'Encyclique du pape Léon XIII promouvant le travail et condamnant le socialisme

Alors que la société européenne était aux prises avec l’impact de la révolution industrielle et la montée de l’idéologie socialiste à la fin des années 1800, le pape Léon XIII publia une encyclique exprimant son empathie pour le mécontentement des travailleurs mais condamnant catégoriquement les mouvements socialistes de l’époque.

 

L'encyclique papale, intitulée Rerum Novarum et publiée en mai 1891, souligne la nécessité de réformes pour protéger la dignité de la classe ouvrière tout en maintenant une relation avec le capital et l'existence de la propriété privée.

 

Le message a été promulgué moins de 50 ans après que Karl Marx et Friedrich Engels aient publié "Le Manifeste communiste" en 1848 et après que le pape Pie IX ait dénoncé à la fois le socialisme et le communisme dans son encyclique Nostis et Nobiscum de 1849.

 

Alors que (l'on. Ndt.) célèbre la Fête du Travail en 2024, les enseignements du pape Léon XIII peuvent encore aider à informer les lecteurs sur la relation appropriée entre le travail et le capital.

 

Léon écrit à propos d’une "grande erreur"" adoptée par les mouvements ouvriers à tendance socialiste, à savoir l’idée selon laquelle "la classe est naturellement hostile à la classes" et que "les riches et les travailleurs sont destinés par nature à vivre en conflit mutuel".

 

Cette opinion, affirme-t-il, est "tellement fausse… que c’est le contraire qui est la vérité".

 

"Il est ordonné par la nature que ces deux classes vivent en harmonie et en accord, afin de maintenir l’équilibre du corps politique" enseigne Léon XIII. "Chacune a besoin de l’autre : le capital ne peut se passer du travail, ni le travail du capital."

 

Le pontife, qui régna de 1878 jusqu’à sa mort en 1903, vit la nécessité de "rapprocher les riches et la classe ouvrière" au milieu des conflits qui se préparaient entre ces groupes à travers le continent.

 

Cela peut se faire, a-t-il dit, en "rappelant à chacun ses devoirs envers l’autre" et "les obligations de justice".

 

Pour le travailleur, cela inclut le devoir "d’accomplir pleinement et fidèlement le travail qui a été librement et équitablement convenu" et de ne jamais détruire de biens, recourir à la violence ou à l’émeute pour atteindre un objectif.

 

Pour le riche propriétaire, cela inclut le devoir de "respecter en chaque homme sa dignité de personne ennoblie par le caractère chrétien" et de ne jamais "abuser des hommes comme s’ils étaient des choses dans la poursuite du gain ou de les valoriser uniquement pour leurs capacités physiques".

 

"L’employeur est tenu de veiller à ce que le travailleur ait du temps pour ses devoirs religieux, à ce qu’il ne soit pas exposé à des influences corruptrices et à des occasions dangereuses, et à ce qu’il ne soit pas amené à négliger son foyer et sa famille ou à gaspiller ses gains", dit Léon.

 

Léon soutient que les employeurs doivent verser aux travailleurs la totalité de leur salaire et que les travailleurs doivent effectuer tout le travail pour lequel ils ont accepté de travailler. Mais, dans le contexte des salaires, il ajoute que cela "n’est pas complet" car les travailleurs doivent être en mesure de subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille.

 

"Le salaire ne doit pas être insuffisant pour subvenir aux besoins d’un salarié frugal et sage", écrit Léon. "Si le salaire d’un ouvrier lui permet de subvenir confortablement à ses besoins, à ceux de sa femme et de ses enfants, il lui sera facile, s’il est un homme sensé, de pratiquer l’économie, et il ne manquera pas, en réduisant ses dépenses, de mettre de côté quelques petites économies et de s’assurer ainsi une source modeste de revenus."

 

Dans certains cas, Léon XIII encourage l’intervention du gouvernement, par exemple lorsque "les employeurs imposent à leurs ouvriers des charges injustes", lorsque "les conditions de travail sont contraires à leur dignité d’êtres humains" et lorsque "la santé est mise en danger par un travail excessif". Il ajoute que de telles interventions ne doivent pas "aller au-delà de ce qui est nécessaire pour remédier au mal".

 

Léon XIII exprime également son soutien aux "sociétés d'entraide" et aux "syndicats ouvriers", mais met en garde contre toute association qui promeut des valeurs contraires à l'enseignement catholique. Il encourage la création d'associations ancrées dans l'enseignement catholique.

 

Le pape affirme qu'il existe un large consensus sur le fait qu'il faut "trouver rapidement un remède opportun à la misère et à la misère qui pèsent si injustement sur la majorité de la classe ouvrière". Il accuse cependant les socialistes de "jouer sur l'envie des pauvres envers les riches" pour "supprimer la propriété privée" et transformer les "biens individuels" en "propriété commune de tous, administrée par l'État ou par les municipalités".

 

"Leurs arguments sont si manifestement impuissants à mettre fin à la controverse que, s’ils étaient appliqués, le travailleur lui-même serait l’un des premiers à en souffrir", déclare Léon. "De plus, ils sont tout à fait injustes, car ils voleraient le propriétaire légitime, déformeraient les fonctions de l’État et créeraient une confusion totale dans la communauté."

 

Le pontife soutient que l’utilisation de ce remède pour remédier aux mauvaises conditions de travail des ouvriers "est manifestement contraire à la justice" car "tout homme a par nature le droit de posséder des biens en propre". Il soutient en outre que l’intrusion du gouvernement dans le droit de propriété et le droit de subvenir aux besoins de sa famille est "une pernicieuse et grave erreur".

 

"Ce droit de propriété […] appartient à l’homme en sa qualité de chef de famille ; et ce droit est d’autant plus fort que la personne humaine reçoit une plus large extension dans le groupe familial", dit Léon XIII. ""C’est une loi naturelle des plus sacrées qu’un père fournisse la nourriture et tous les biens nécessaires à ceux qu’il a engendrés ; et, de même, il est naturel qu’il veuille que ses enfants, qui perpétuent, pour ainsi dire, sa personnalité, reçoivent de lui tout ce qui est nécessaire pour leur permettre de se préserver décemment du besoin et de la misère au milieu des incertitudes de cette vie mortelle."

 

L'encyclique Rerum Novarum a posé les bases de l'enseignement social catholique sur le travail. D'autres papes ont depuis lors développé les enseignements énoncés dans l'encyclique, notamment l'encyclique Quadragesimo Anno du pape Pie XI de 1931 , à l'occasion du 40e anniversaire de la rédaction de l'encyclique de Léon XIII, et l'encyclique Laborem Exercens du pape Jean-Paul II de 1981 , à l'occasion du 90e anniversaire de la rédaction de l'encyclique.

 

SOURCE: Catholic News Agency 

 

***

Partager cet article
Repost0
2 septembre 2024 1 02 /09 /septembre /2024 00:00
Bienheureux Martyrs de Septembre 1792

Groupe de 191 martyrs mis à mort pendant la Révolution. Ils furent emprisonnés sous l'Assemblée législative, pour avoir refusé le serment constitutionnel condamné par le Saint-Siège. Le 2 et 3 septembre, ils furent massacrés par la populace, de connivence avec l'Assemblée. Les membres éminents du groupe furent : Jean-Marie du Lau, archevêque d'Arles, François de Rochefoucauld, évêque de Beauvais, Louis, frère de ce dernier et évêque de Saintes, Augustin Ambroise Chevreux, dernier abbé général de la congrégation bénédictine de Saint-Maur, et Charles de la Calmette, comte de Valfons. Cent vingt des victimes furent tuées dans le jardin des carmes, rue de Vaugirard à Paris. Ils furent béatifiés par Pie XI en 1926. Les Saints du jour

Les Bienheureux Martyrs de Septembre, victimes de la Révolution française (en 1792)

Suite à l'"insurrection non-spontanée" mais préparée par les "quarante-huit sections" des Jacobins (Cf.
Gérard MAINTENANT, Les Jacobins, Presses Universitaires de France, Paris 1984, p. 52-58), insurrection qui entraîna la chute de la monarchie le 10 août 1792, et la proclamation de la "république" un mois plus tard (le 20 septembre 1792), la fièvre monte à Paris. De nombreux suspects sont arrêtés : laïcs, prêtes séculiers, religieux, souvent réputés 'réfractaires', même si ce n'est pas le cas de tous. Environ 350 ecclésiastiques sont ainsi incarcérés, dont plus de la moitié étrangers à la capitale.

Entre le 2 et le 5 septembre, des bandes armées d'hommes et de femmes envahissent les prisons parisiennes pour se livrer à l'exécution collective des détenus au couvent des Carmes, à l'abbaye de Saint-Germain, au séminaire Saint-Firmin, aux prisons de la Force, rue Saint-Antoine.

Le couvent des Carmes, avec son très vaste enclos, est le premier et le plus symbolique théâtre des tueries. Au témoignage de l'abbé Saurin, jésuite rescapé, le contraste est saisissant entre la sérénité qui règne au-dedans, parmi les ecclésiastiques prisonniers, groupés autour de trois évêques, et, au dehors, le hurlement de la foule, les canonnades, les roulements de tambour, et finalement, le 2, vers quatre heures du soir, le tocsin de Saint-Sulpice qui donne le signal aux émeutiers. La tuerie qui a commencé dans le jardin s'achève, après un simulacre de jugement, au pied du petit escalier faisant communiquer la chapelle, où les prisonniers ont d'abord reflué et se sont mutuellement donné l'absolution, et le jardin. "Je n'ai entendu se plaindre aucun de ceux que j'ai vu massacrés" écrira l'abbé de la Pannonie, blessé et rescapé de la tragédie des Carmes.

 

La question du rôle précis joué par les Jacobins dans la journée du 10 août sans laquelle les événements de septembre n'eurent pas été possibles, a été examinée par l'historien Gérard Maintenant, qui indique dans son ouvrage Les Jacobins, qu'"il semble bien établi que les Jacobins se rallièrent, dès le 29 juillet, aux thèses de Robespierre qui proposa la "destitution" du roi.

 

[...] Mais une insurrection ne s'improvisant pas, les Jacobins participèrent à la création du "Directoire secret" insurrectionnel. [...] Le club pratiqua, fin juillet, une double action : l'une, légaliste, au grand jour, faite de motions de pétitions, de résolutions s'inscrivant dans le cadre des institutions; l'autre, secrète, annonçant la stratégie babouviste de prise du pouvoir. Choudieu, député jacobin à l'Assemblée législative et futur conventionnel montagnard, dans ses Mémoires, [...] donna [...] une vision assez juste de la préparation du 10 Août, en mettant en évidence le mouvement sectionnaire. 'Mais où donc fut préparé le 10 août me demandera-t-on ? Ce fut dans les quarante-huit sections, non pas secrètement, mais au su de tout le monde et de la cour elle-même. Parmi les représentants, Bazire, Chabot et Merlin (de Thionville) ont levé les premiers l'étendard de la révolte... Des assemblée secrètes se tenaient dans le faubourd Saint-Antoine, et les trois députés... s'y rendaient toutes les nuits. Mais malgré toute leur audace, ils n'auraient pas réussi s'ils n'eussent été secondés par les assemblées des différentes sections de Paris qui poussaient aussi au mouvement. Celle de Mauconseil se déclara la première en insurrection...' Agissant au sein même de leur section respective, les Jacobins contribuèrent, d'une façon décisive, à la mise en pratique d'un stratégie insurrectionnelle.

Buchez et Roux écrivent: 'Les Jacobins sont les provocateurs du 10 Août; les agents principaux de cette insurrection sont sortis de son sein.'" (Gérard MAINTENANT, Les Jacobins, Presses Universitaires de France, Paris 1984, p. 52-58.)

 


Parmi les 3 000 victimes, laïcs compris, de septembre 1792, 191 personnes mortes pour leur foi ont été béatifiées par Pie XI le 17 octobre 1926. 86 prêtres étaient membres du clergé parisien. Les quatre laïcs et de nombreux religieux béatifiés appartenaient aussi à l'Église de Paris. Parmi ces martyrs, le frère Salomon Leclercq, Premier saint de la Révolution française, a été canonisé par François le 16 octobre 2016.


Église Saint-Joseph-des-Carmes

70 rue de Vaugirard, 6e arr.


 

 

"À combien chiffrer les victimes ? ... Une évaluation autour de 1300 morts paraît raisonnable à Frédéric Bluche. Impossible d'être plus précis. Le problème est celui de la conservation des registres d'écrou : beaucoup d'archives ont été détruites dans l'incendie de 1871." (Jean Tulard, Préface dans Frédéric BLUCHE, Septembre 1792, logiques d'un massacre, Robert Laffont, Poitiers 1986, p. 14-15.)

 

"Un plan bien organisé’’

"Stanislas Maillard, l'agent de Clavière, organisa lui-même les massacres de Septembre où plus de 1200 prisonniers parisiens furent égorgés.

"Contrairement à certaines affirmations, les massacres de septembre ne durent rien à une prétendue fureur populaire, mais découlèrent d'un plan bien organisé, puisqu'une circulaire du comité de surveillance fut signée en haut lieu pour étendre ces massacres à la France entière [Alexandre TUETEY, Répertoire général des sources manuscrites de l'histoire de Paris pendant la Révolution française, Assemblée législative, Paris 1900, T. 5, p. 57.] Sur la copie du document, on trouve parmi les signataires, trois espions anglais : Jourdeuil, Deforgues et Duplain [Source: Olivier BLANC, Les Espions de la Révolution et de l’Empire, Éditions Perrin, Paris, 1995, p. 92; La Corruption p. 64.] Ce furent précisément les deux derniers qui accueillirent au comité Jean-Paul Marat, membre dune loge anglaise qui avait vécu plusieurs années à Londres où il était retourné quelques mois avant les massacres. Il a donc pu être influencé. Un dénommé Sergent, marié à une anglaise, et ami de Panis, lui-même beau-frère de l'agent anglais Santerre. Un troisième signataire nommé Duffort, obéissait aux deux premiers [TUETEY V, p. IX]. Tous ces signataires étaient sous influence anglaise. Un dernier nommé Guermeur de son vrai nom Royou [et un des délégués du Comité de salut public. Ndlr.], était probablement aussi un agent subversif puisque son propre frère fut arrêté pour avoir incité à la répression après la fusillade du Champ de Mars. Il rédigeait 'L'Ami du Roi', un journal royaliste d'une extrême violence : les deux frères incitaient donc à la violence dans les deux camps opposés.’’ [Louis MORTIMER-TERNAUX, Histoire de la Terreur 1792-1794, Levy, Paris 1863, V 4, p. 456.] [SOURCE: Pierre DOUAT, Histoire secrète de la Révolution française, Amazon, Brétigny-sur-Orge 2022, p. 40, et note 56 p. 126.]

 

"Les massacres de septembre découlèrent d'un plan bien orchestré."

 

Le Premier ministre britannique William Pitt décida d'encourager le terrorisme.

 

Tandis que "pour mettre la vie du roi en danger", "Pitt et le roi de Prusse publièrent le 'manifeste de Brunswick', véritable provocation dans laquelle les puissances de la coalition menaçaient Paris d'extermination en cas d''atteinte à la souveraineté royale, les Tuileries furent attaquées le 10 août 1792 et les Gardes suisses massacrés (dans une insurrection bien orchestrée elle aussi. Ndlr.), ses affidés organisèrent les massacres de septembre.

 

"Gorsas, complice de Clavière, se chargea d'échauffer les esprits, annonçant dans son journal que Brunswick allait piller Paris et supplicier ses habitants, hommes, femmes et enfants. ... L'après-midi du 2 septembre, le canon tonna pour donner le signal. Stanislas Maillard alias 'Tape dur', homme de main de Clavière, accompagné de ses 68 comparses, entraîna vers les prisons les éléments les plus violents des faubourgs en leur promettant de l'argent (BOUCHARY 98; MORTIMER, vol. 3 p. 484, 490, 525-530; TWETEY T 5 p. 39; HUE 123).

[SOURCE: Pierre DOUAT, Tout ce que vous auriez voulu savoir sur la France et qu'on vous a caché toujours caché, éd. Marsan, 2015, p. 16-17, et note 30 p. 279]

 

On peut vénérer ces béatifiés dans la crypte ossuaire érigée au XIXe siècle sous la chapelle.

L'" escalier du martyre " marqué d'une plaque Hic ceciderunt (" Ici ils tombèrent ") est aujourd'hui inclus dans le jardin du séminaire universitaire de l'Institut catholique.

Bienheureux Martyrs de Septembre 1792
Partager cet article
Repost0
1 septembre 2024 7 01 /09 /septembre /2024 17:33

La sainte Trinité au chêne de Mambré, icône russe d'Andreï Roublev.

Selon les orthodoxes, à partir de Photius, la procession du Saint-Esprit également à partir du Fils ne trouverait pas de confirmation dans la Bible. La doctrine catholique sur la Trinité immanente et la Trinité économique. C'est le concept clé (pro Filioque) des chapitres 14 à 16 de l'Évangile de saint Jean.

 

"Quand viendra le Conseiller que je vous enverrai de la part du Père, l'Esprit de vérité qui procède du Père, il me rendra témoignage" (Jn 15, 26). En général, les orthodoxes, à partir de ce passage évangélique, revendiquent leur fidélité cristalline à l'Évangile en professant la procession du Saint-Esprit venant du Père seul. Même le Symbole de Constantinople (381) reste fidèle au diktat évangélique, affirmant la 'sortie' (du verbe grec ekporeuo) du Saint-Esprit du Père, sans aucune référence au Fils.

 

La position orthodoxe revendique donc cette double fidélité à l'Écriture Sainte et au Concile Œcuménique, alors que les catholiques auraient "innové" en ajoutant la procession de l'Esprit également à partir du Fils, ce qui ne trouverait de confirmation ni dans l'une ni dans l'autre. C'est en se plaçant dans cette perspective que l'on peut comprendre comment la position pro-catholique apparaît aux yeux des orthodoxes comme une grave déviation de la foi correcte et une rupture avec la tradition. Cependant, la position orthodoxe n'est pas aussi simple et traditionnelle qu'elle ne le semble à première vue. Commençons par une simple observation : la péricope évangélique que nous venons de citer appartient au contexte plus large des chapitres 14 à 16 du quatrième Évangile, dans lesquels le Seigneur Jésus prépare ses disciples à sa mort prochaine et à son ascension ultérieure au ciel, ce qui impliquerait la disparition de sa présence perceptible. Dans ce contexte, à plusieurs reprises, le Seigneur parle de l'Esprit qu'il enverrait, avec des expressions que, dans la dispute sur le Filioque, les Latins opposaient à leur tour à la position du "Père unique" : "le Consolateur, le Saint-Esprit, que le Père enverra en mon nom, il vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit"(Jn 14, 26) ; le Saint-Esprit "me glorifiera, car il prendra ce qui est à moi et vous l'annoncera. Tout ce que possède le Père est à moi ; c'est pourquoi j'ai dit qu'il prendra CE QUI EST A MOI et qu'il vous l'annoncera" (Jn 16, 14-15). Même le passage cité au début est précédé de cette affirmation: "Quand viendra le Consolateur que JE vous enverrai d'auprès du Père…"

 

Comme on le voit, tous ces versets se situent dans le même contexte : l'envoi de l'Esprit par Jésus-Christ, appelé aussi "envoi économique", parce qu'il ne concerne pas la Trinité immanente, c'est-à-dire la vie et les relations au sein de la Sainte Trinité, mais la Trinité économique, c'est-à-dire ses opérations ad extra. Cette observation est d'une extrême importance et soulève l'un des problèmes fondamentaux de la querelle du Filioque, à savoir la correspondance entre la Trinité immanente et la Trinité économique : les opérations trinitaires extérieures reflètent-elles l'immanence de la vie trinitaire ?

 

La position catholique affirme que la Trinité immanente est la même que celle qui se manifeste dans ses opérations ad extra ; donc la mission temporelle, donc l'envoi du Fils et du Saint-Esprit dans le monde, reflètent les relations internes de la Trinité. Si donc, comme le montrent les chapitres de Jean cités, non seulement le Père, mais aussi le Fils incarné envoient l'Esprit dans le monde, cela reflète un "envoi" interne à la vie trinitaire, tant de la part du Père et du Fils. Il ne fait aucun doute que ces passages johanniques concernent l'envoi temporel de l'Esprit, mais si, comme nous le disons, catholiques, il existe une correspondance entre la Trinité immanente et la Trinité économique, alors ces passages corroborent la thèse de la procession de l'Esprit depuis le Fils; mais si cette correspondance n'existe pas, comme le prétendent les orthodoxes, alors il n'est même pas possible d'invoquer Jean 15, 26 pour soutenir la procession de l'Esprit venant du Père seul, car ce texte est également inclus dans l'envoi économique de l'Esprit.

 

Cette correspondance n'est pas une invention des Latins. Si vous prêtez attention aux textes qui soulignent la relation entre Jésus et le Père, vous constaterez toujours que c'est le Père qui a envoyé le Fils dans le monde, et non l'inverse ; que c'est le Fils qui a tout reçu du Père et non l'inverse, respectant ainsi les taxis (ordre) dits Trinitaires. Ainsi est attestée la correspondance entre la relation intratrinitaire Père-Fils, où c'est le Fils qui est éternellement engendré par le Père, et la relation économique.

 

Du point de vue des orthodoxes, ce parallèle harmonieux est rompu dans la relation de l'Esprit avec le Fils, puisque Jésus n'enverrait l'Esprit que dans la dimension ad extra, et que l'Esprit ne prendrait que ce qui appartient au Fils dans sa mission dans le monde, sans aucun rapport avec les relations des Personnes Trinitaires. Cette rupture est particulière : alors que les Pères de l'Église partaient des textes se référant à la mission temporelle du Fils pour en déduire les relations trinitaires ad intra, cette déduction ne serait plus légitime pour la procession du Saint-Esprit à partir du Fils (nous verrons dans un prochain article comment les Pères latins ont au contraire confirmé cette inférence également pour l'Esprit).

 

Si nous relisons attentivement les passages johanniques cités, nous pouvons nous rendre compte qu'il y en a un qui peut difficilement être interprété en s'arrêtant à la Trinité économique ; nous le reprendrons : "Tout ce que possède le Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit CE QUI VIENT DE MOI pour vous le faire connaître." (Jn 16,15).

Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le dira ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître. 14 Lui me glorifiera, car il recevra CE QUI VIENT DE MOI pour vous le faire connaître. 15 Tout ce que possède le Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit CE QUI VIENT DE MOI pour vous le faire connaître.

Jean 16,13-15

En ce qui concerne sa relation avec le Père, Jésus explique aux apôtres qu'il leur a fait connaître "tout ce que j'ai entendu du Père" (Jn 15,15) ; cette expression exprime non seulement la relation de son humanité avec le Père, mais aussi, par déduction, la relation de sa Personne divine avec le Père, car le Fils reçoit éternellement tout du Père (sauf le fait d'être Père). Dans ce cas, même si l'on voulait nier une telle déduction (ce qu'ont fait les ariens, mais certainement pas les catholiques et les orthodoxes), il pourrait toujours y avoir l'"alibi" de l'humanité du Christ : Jésus aurait tout entendu du Père dans la mesure où il est homme ; par conséquent, ce texte ne pourrait rien dire sur la vie intratrinitaire. Mais dans le cas de l'Esprit Saint, que faut-il penser du fait qu'Il doit prendre du Fils tout ce que celui-ci a reçu du Père ? Qu'il doit entendre le Fils pour "rappeler" les disciples ? Dans l'Esprit-Saint, en effet, il n'y a qu'une seule nature, la nature divine : si donc cette Personne doit recevoir du Fils, cela signifie qu'il s'agit d'une réception éternelle non pas d'une vérité - car l'Esprit-Saint est Dieu et Dieu est omniscient - mais de sa propre Personne. Ce passage de Jean indique donc que le Saint-Esprit reçoit également du Fils l'omniscience, et donc la divinité, dont l'omniscience est un attribut ; elle enlève tout au Fils aussi bien qu'au Père, parce qu'elle procède de l'un et de l'autre.

 

En effet, que le texte de Jn 15,26 entende affirmer la procession de l'Esprit à partir du Père seul, les Grecs le revendiquent à partir de La mystagogie du Saint-Esprit du patriarche Photius (voir ici), pas avant. On peut en dire autant de la lecture exclusiviste du Symbole du Concile de Constantinople, qui avait historiquement autre chose en tête, à savoir l'affirmation de la divinité du Saint-Esprit contre les pneumatomaques (voir ici) : affirmer l'origine de l'Esprit (comme du Fils) du Père signifiait protéger sa divinité, la distinguer du Fils par le fait que l'Esprit vient éternellement du Père, non par génération, mais par procession. Que la formule ex Patre veuille exclure également la procession du Fils n'était pas le moins du monde dans les intentions de ce Concile ; elle ne l'a simplement ni nié ni affirmé, tout comme le passage de Jn 15,26.

 

C'est ce qui explique la coexistence pacifique des deux formules du Symbole - avec le Filioque pour les Latins et sans pour les Grecs - jusqu'en 1014. Ainsi, l'affirmation de la procession du Père seul, à l'exclusion explicite du Fils, ne témoigne pas, malgré son apparence, d'une fidélité aux Saintes Écritures et au Symbole constantinopolitain, mais à l'interprétation qu'en a donnée Photius. Une interprétation qui, comme nous l'avons vu, a généré d'autres problèmes non résolus. Des problèmes qui s'accroissent lorsque l'on examine les positions des Pères.

 

Source: La Nueva Bussola Quotidiana

Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : "Recevez l’Esprit Saint."

Jean 20,22

Puis l’ange me montra l’eau de la vie : un fleuve resplendissant comme du cristal, qui jaillit du trône de Dieu ET de l’Agneau.

Livre de l'Apocalypse 22,1

Partager cet article
Repost0
27 août 2024 2 27 /08 /août /2024 18:35
Maria Baouardy, la sainte qui a raconté l'histoire de l'au-delà

Paradis, Purgatoire et Enfer dans les visions qu'a eues Sainte Marie de Jésus Crucifié (Maria Baouardy) – célébrée le 26 août – et racontées, par obéissance, à son confesseur.

 

L'une des grandes absences dans la prédication d'une bonne partie de l'Église d'aujourd'hui est le thème des réalités ultimes (Mort, Jugement, Enfer, Paradis). Il s'agit pourtant d'un thème directement lié à la mission de l'Église elle-même, qui, depuis ses origines - en fidélité au mandat du Christ - a instruit les hommes sur ce qui les attend après la mort, à partir de la manière dont ils ont vécu leur vie terrestre. La Bible et le Magistère sont les références essentielles de toute vérité eschatologique. Et puis nous avons la vie des saints que Dieu utilise pour nous donner, à chaque époque historique, de précieuses confirmations de ces vérités et nous rappeler le bon chemin vers le salut éternel.

 

Parmi ces vies, se distingue celle de Sainte Marie de Jésus Crucifié (5 janvier 1846 – 26 août 1878), carmélite aux pieds nus, née Mariam Baouardy. Originaire de Galilée et également connue sous le nom de "la petite Arabe", Marie - ainsi nommée en raison d'un vœu à la Madone - s'est révélée très précoce dans sa vie spirituelle, favorisée par ses parents, très pauvres mais d'une foi riche, qui était resté fidèle malgré les persécutions et les graves deuils de la famille (ils ont perdu 12 enfants en bas âge). Maria elle-même a souffert dès la petite enfance. Elle resta orpheline de ses deux parents vers l'âge de trois ans, mais sa louange à Dieu ne manqua ni de joies ni d'épreuves. Même si elle était encore très jeune, la sainte se souviendra toujours des paroles de son père Giorgio qui, sur son lit de mort, demanda à saint Joseph d'être son père. Déjà à cette époque, le Seigneur décorait Marie de grâces singulières, qui émailleraient toute sa vie et culmineraient dans le don des stigmates.

 

Dans sa grande humilité, la sainte a essayé de cacher ses dons mystiques, mais cela n'a pas toujours été possible, car Dieu avait souvent d'autres projets. Elle était à Marseille lorsque, vers l'âge de 17 ans, elle eut une extase qui commença dans l'église des Grecs-Melkites, se poursuivit dans la maison de ses maîtres de l'époque et dura quatre jours, sans qu'aucun médecin ne puisse faire son 'réveil' de cet état. Que s'est-il passé pendant ces quatre jours ? Marie dut ensuite le raconter par obéissance à son confesseur, le Père Pierre Estrate, auteur d'une splendide biographie de la sainte (traduite en italien avant même sa canonisation, avec le titre : 'Le Petit Rien').

 

Durant ces quatre jours, Marie a vu la gloire du Paradis, ce qui s'est passé sur Terre, au Purgatoire et en Enfer . Son guide, une vierge, lui montra d'abord le Ciel, lui faisant voir « Jésus-Christ, notre divin Sauveur, brûlant d'amour, et tout près de Lui, le collège des Apôtres. Il m'a montré l'armée des martyrs et les âmes qui ont subi les plus grandes tribulations sur terre. Ceux-ci n'ont pas versé leur sang comme les martyrs, néanmoins ils sont placés au même rang qu'eux, car eux aussi ont porté la croix. Chacun a sa croix – m'a dit la vierge – et quand Dieu voit une âme accepter généreusement ce qu'il lui envoie, il aide lui-même cette âme à porter la croix». Il s’agit d’un enseignement sur la valeur rédemptrice de la souffrance vécue en union avec Jésus et sa Passion, qui est plus que nécessaire pour se rétablir aujourd’hui. Le guide lui montra alors « les bons, les saints prêtres, resplendissants comme des vierges et placés tout près de Notre Seigneur et des Apôtres. Il a dit : Ah ! combien Dieu aime les bons prêtres ! Quand il les voit zélés pour sa gloire, pour le salut des âmes, comme il est heureux ! combien il les aime ! Un très petit nombre grimpe ici directement sans passer par les flammes du Purgatoire." Marie voyait encore la gloire dont étaient couronnés les hommes et les femmes ordinaires qui avaient vécu en accomplissant leurs devoirs chrétiens. Il a également vu "une foule d'enfants innocents", célébrant avec les autres élus.

 

Pendant ces quatre jours, Marie a vu la gloire du Ciel, ce qui se passait sur la Terre, au Purgatoire et en Enfer. Son guide, une vierge, lui a d'abord montré le Ciel, en lui montrant "Jésus-Christ, notre divin Sauveur, brûlant d'amour, et tout près de lui, le collège des Apôtres. Il m'a montré l'armée des martyrs, et les âmes qui ont souffert les plus grandes tribulations sur la terre. Celles-ci n'ont pas versé leur sang comme les martyrs, mais elles sont placées au même rang qu'eux, parce qu'elles ont aussi porté la croix. Chacun a sa propre croix, me dit la vierge, et quand Dieu voit une âme accepter généreusement celle qu'il lui envoie, il l'aide lui-même à porter sa croix". Un enseignement sur la valeur rédemptrice de la souffrance vécue en union avec Jésus et sa Passion, si nécessaire à retrouver aujourd'hui. Le guide lui montra ensuite "les bons et saints prêtres, resplendissants comme des vierges, et placés tout près de Notre Seigneur et des Apôtres. Il lui dit : 'Oh ! comme Dieu aime les bons prêtres ! Quand il les voit zélés pour sa gloire, pour le salut des âmes, qu'il est heureux ! qu'il les aime ! Un très petit nombre y monte directement sans passer par les flammes du purgatoire'. Marie revit la gloire dont sont couronnés les hommes et les femmes ordinaires qui ont vécu en accomplissant leurs devoirs chrétiens. Elle voit aussi 'une foule d'enfants innocents' fêter avec les autres élus.

 

On a ensuite montré à la sainte la Terre d'une manière qui lui a fait comprendre que notre vie ici-bas n'est qu'un passage, en attente du jugement.

 

La troisième vision concernait le Purgatoire, où Marie voyait que les douleurs des âmes "diffèrent grandement", selon les péchés à expier. La sainte a appris de son guide que la Mère de Dieu descend "chaque samedi au Purgatoire, avec une escorte d'anges, pour libérer de nombreuses âmes parmi ces esprits bienheureux (…). Les âmes du Purgatoire – ajoute le mystique – sont soumises à la volonté divine ; ils sont heureux de se purifier par le feu, pour être dignes de la vision béatifique.

 

 

Maria a ensuite été emmenée voir l'Enfer, mais cette fois à distance, sans y entrer. Là, la sainte ne pouvait entendre que "des cris effrayants, des malédictions, des blasphèmes". Là aussi, elle vit le feu, mais très différent du feu purificateur et entièrement interne à l'âme (jamais externe) qu'elle avait vu au Purgatoire. "Ce qui m'a immédiatement frappé en Enfer, c'est la vue des âmes perdues à cause de vices impurs. Ils furent engloutis par des flammes qui prirent la forme de l’idole qu’ils avaient aimée imprudemment sur terre. (…) Chez chaque damné, la flamme qui l'entourait se montrait sous la figure de l'objet, cause de sa damnation. J'ai vu des âmes appartenant à toutes les classes et à tous les rangs en Enfer."

 

Comme pour d'autres saintes qui ont vécu avant et après elle, pensons par exemple aux expériences des enfants bergers de Fatima et de Sœur Faustine Kowalska au XXe siècle, ces visions avaient pour but d'augmenter la charité de la jeune Marie pour les âmes, tant ceux qui sont encore en vie que ceux qui sont au Purgatoire. La miséricorde de Dieu a plu à la sainte de recevoir la visite des âmes du Purgatoire, qui lui demandaient des messes et des prières en leur suffrage. De plus, au cours de cette extase de quatre jours, comme elle le rapporta à son confesseur, le Père Estrate, le Seigneur lui demanda de "jeûner, avec du pain et de l'eau, pendant une année entière, afin d'expier, pour les autres, les péchés de gourmandise", et de s'habiller le plus mal possible, afin de réparer les péchés de vanité. Et ce ne sont là que quelques exemples de faits dont sa vie a été remplie et qui nous rappellent la vérité de la communion des saints.

 

Une personne docile à faire la volonté de Dieu, comme le fut Marie de Jésus Crucifié, non seulement participe de manière suprême à sa gloire pour l'éternité, mais contribue à arracher au diable d'innombrables âmes. Un jour, au sujet des damnés, le Seigneur lui a dit : "Ce n'est pas moi qui choisis l'enfer pour vous, c'est vous-mêmes qui faites ce choix. Il n'y a pas une âme qui se perde sans que Je lui parle mille fois dans son cœur".

 

Ce n'est pas un hasard si cette sainte était particulièrement détestée par Satan, qui obtint à plusieurs reprises la permission de Dieu de la tenter fortement, sortant toujours vaincu, car "le petit rien", comme elle se définissait elle-même, marchait toujours dans le sillage de son Maître, Jésus. Et elle plaça toute sa confiance en Jésus, acceptant chaque épreuve et sacrifice pour la plus grande gloire de Dieu et le salut des âmes. Cela se reflétait dans l'exercice de trois vertus fondamentales : l'humilité, la charité et l'obéissance.

 

Source: La Nouvelle Boussole Quotidienne

Partager cet article
Repost0
26 août 2024 1 26 /08 /août /2024 21:11
https://www.catholicworldreport.com/2024/08/11/synodality-the-old-the-new-and-the-a-polling/

https://www.catholicworldreport.com/2024/08/11/synodality-the-old-the-new-and-the-a-polling/

En règle générale, les sondages doivent être pris avec des pincettes. Ou même, parfois, avec une salière.

 

Cela dit, le récent sondage en ligne de @ Synod.va — le compte X officiel (anciennement Twitter) du Secrétariat du Synode — a été surprenant. Lorsque j’en ai pris une capture d’écran dans l’après-midi du vendredi 26 juillet, près de 6 000 votes avaient été exprimés. Et ils étaient massivement négatifs — à hauteur de 88 % qui ont voté "Non" à la déclaration suivante : "Croyez-vous que la synodalité comme chemin de conversion et de réforme peut améliorer la mission et la participation de tous les baptisés ?"

L'ex-synode n'intéresse que ceux qui veulent remplacer l'enseignement catholique par l'hérésie

Peu de temps après, après que quelque 7 000 votes aient été enregistrés, le sondage a été retiré.

 

Quelques jours plus tard, j’étais au téléphone avec un prêtre qui avait travaillé au Vatican pendant plusieurs années et qui est maintenant curé d’une grande paroisse dans une grande ville américaine. "Personne ne s’en soucie vraiment", m’a-t-il répondu lorsque je lui ai demandé ce que ses paroissiens pensaient de la synodalité. "Personne ne sait vraiment ce que cela signifie", a-t-il dit, "et cela n’a que peu ou pas d’impact sur leur vie quotidienne de catholiques." Là encore, les sondages doivent être accompagnés de précautions et les anecdotes sont limitées. Mais la synodalité – la version actuelle du pape François au Vatican – semble n’intéresser que peu de catholiques.

La "synodalité" ne présente que peu d'intérêt pour de nombreux catholiques, écrit Carl Olson dans Catholic World Report.

Pour Carl Olson, le problème de l'ex-synode est simple : "Si vous prétendez que le produit Z est une version nouvelle et améliorée du produit A, vous feriez mieux d'être capable d'expliquer ce qu'il est, comment il fonctionne et pourquoi il est meilleur".

Le flot synodal d'adjectifs synodaux ("processus synodal", "écoute synodale", "conversion synodale", "voyage synodal", "vie synodale", "méthode synodale", "perspective synodale", "pratique synodale") a dérouté et ennuyé de nombreux catholiques.

"Ironiquement, alors que l'écoute (ou l'écoute synodale) joue un rôle important dans le processus synodal, on peut se demander combien de personnes écoutent", écrit M. Olson.

L'Instrumentum Laboris pour l'Ex-Synode est long, plus de 20 000 mots, et plein de jargon de propagande. [Ce sera le document qui sera discuté pendant quatre semaines cet automne, autour du thème "comment être une Église synodale missionnaire".]

Il montre une obsession à utiliser le terme "synodal" pour décrire des réalités qui font partie de l'Église depuis sa fondation.

Le témoignage, le discernement, l'écoute, l'attention aux pauvres, le respect des femmes sont traités comme s'il s'agissait de quelque chose de nouveau, jusqu'ici non découvert et non pratiqué.

Mais la nature plus complète de la rédemption et du salut n'est pas mise en lumière. En fait, les termes "salut" et "péché" ne sont jamais mentionnés ; le terme "racheté" n'apparaît qu'une seule fois.

La vertu n'est jamais mentionnée et la "sainteté" n'apparaît que deux fois. Le caractère eschatologique de la foi et de l'Église est mis à l'écart, voire complètement enterré.

Enfin, il est inquiétant qu'un document sur l'Église et sa mission ne cite jamais aucune parole de Jésus-Christ, ni même aucun passage des Évangiles.

En outre, de nombreux catholiques ne sont pas intéressés par des documents qui parlent beaucoup de "transparence" (15) et de "responsabilité" (19) alors que des hommes comme le père Marko Rupnik continuent de jouir de la faveur de François.

Sources :

https://www.catholicworldreport.com/2024/08/11/synodality-the-old-the-new-and-the-a-polling/

https://gloria.tv/post/Gr3LPacRnxah1Xg1XU98GcUzn

***

Partager cet article
Repost0
26 août 2024 1 26 /08 /août /2024 21:02

Le Père américain franciscain Thomas G. Weinandy, un des meilleurs théologiens actuels, nommé en 2014 à la Commission Théologique Internationale par le Pape François, a averti que "le blasphème contre le Saint-Esprit des JO de Paris ne restera "pas impuni"

https://www.thecatholicthing.org/2024/07/30/the-parisian-blasphemy-and-the-sacred-heart-of-jesus/

https://www.thecatholicthing.org/2024/07/30/the-parisian-blasphemy-and-the-sacred-heart-of-jesus/

(Traduction blog Christ Roi)

"De nombreuses personnes, dont des évêques catholiques et de nombreux chrétiens du monde entier, ont condamné l’événement blasphématoire qui a eu lieu lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’été de Paris. Comme presque tout le monde le sait désormais, il y a eu une représentation moqueuse de la Cène où Jésus était représenté sous les traits d’une femme obèse vêtue de blanc. Elle était entourée d’une ribambelle d’"apôtres" drag queens, et une jeune fille était également – ​​pourquoi ? – incluse dans cette représentation hypersexualisée et sacrilège.

 

Au milieu de toutes les condamnations et des accusations concernant le caractère offensant de cette représentation, ce qui n’a pas été dit, même par les chrétiens, c’est que ceux qui ont planifié, orchestré et perpétré une telle représentation blasphématoire, à moins qu’ils ne se repentent, ne mourront pas d’une mort heureuse. Au moment même de leur mort, ils seront sur le point d’affronter celui-là même qu’ils ont raillé et rabaissé de manière blasphématoire. Et contrairement au christianisme sentimental de beaucoup d’aujourd’hui, l’Écriture elle-même nous dit que c’est Lui qui sera leur juge – le Seigneur saint et ressuscité Jésus-Christ.

 

De plus, Dieu le Père ne permettra pas que son Fils bien-aimé incarné, Jésus-Christ, soit blasphémé. La France, et particulièrement Paris, ... ne resteront pas impunis. Jésus a déclaré à ses disciples : 'En vérité, je vous le dis, tous les péchés seront pardonnés aux fils des hommes, et les blasphèmes qu’ils auront proférés ; mais quiconque blasphème contre le Saint-Esprit n’obtient jamais de pardon, mais il est coupable d’un péché éternel. Car ils disaient : Il est possédé par un esprit impur.' (Marc 3, 28-30)

 

Bien que tous les péchés puissent être pardonnés, même le blasphème contre Dieu, le blasphème contre le Saint-Esprit ne peut être pardonné. Qu'est-ce que ce blasphème contre l'Esprit et pourquoi ne peut-il pas être pardonné ?

 

Blasphémer contre le Saint-Esprit, c'est nier que Jésus est le Messie rempli de l'Esprit. Les Juifs incrédules ont déclaré que Jésus était possédé par un esprit impur, le diable, et ce faisant, ils ont blasphémé contre le Saint-Esprit qui demeurait en Jésus dans toute sa plénitude. Blasphémer contre le Saint-Esprit, c'est nier que Jésus est le Fils bien-aimé incarné du Père. Encore une fois, le Père ne tolérera jamais un tel blasphème, mais le condamnera éternellement.

 

Or, ceux qui se moquaient de Jésus et de ses apôtres ne savaient-ils pas que Jésus est le Messie rempli de l’Esprit ? La réponse à cette question est 'non'. S’ils ne le savaient pas, ce qu’ils feraient serait peut-être inconvenant et de mauvais goût, mais ils ne seraient pas, à cause de leur ignorance, coupables du péché impardonnable de blasphémer contre le Saint-Esprit. Cependant, c’est précisément parce qu’ils savaient que Jésus est le Fils incarné du Père rempli de l’Esprit qu’ils se sont moqués de lui et ont ainsi blasphémé contre le Saint-Esprit. Le mépris était tout l’objet de leur représentation blasphématoire.

 

Ainsi, tout l’événement était démoniaque. Le diable ne désire rien d’autre que de blasphémer Jésus, car Jésus, par sa mort salvatrice et sa résurrection glorieuse, a détruit le royaume de Satan. Satan sait clairement qui est Jésus et ce qu’il fait. 'Ah ! Qu’y a-t-il entre nous et toi, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : le Saint de Dieu.' (Luc 4:34)

 

Jésus de Nazareth, le Saint de Dieu, a détruit la domination de Satan sur le péché et la mort. Jusqu'à ce jour, Satan et ses voyous démoniaques, démons et êtres humains confondus, continuent de chercher à se venger, et ils le font en fomentant le blasphème contre lui. Cette provocation démoniaque s'est pleinement manifestée à Paris lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques – un rite liturgique démoniaque.

 

Est-ce donc par hasard que cette représentation blasphématoire a été la représentation de la dernière Cène ? Non ! Satan n'a pas seulement voulu blasphémer Jésus, mais il a aussi voulu blasphémer l'Eucharistie. L'Eucharistie est la présentation du sacrifice unique et salvifique de Jésus, un sacrifice qui a vaincu le péché et la mort. Dans l'Eucharistie, les fidèles reçoivent le corps ressuscité et le sang ressuscité de Jésus, et entrent ainsi en communion vivante avec Lui.

 

La messe est l'exigence ultime de la destruction du royaume de Satan et l'expression définitive de la présence permanente du royaume de Dieu. Pour tous les temps, la messe signifie sacramentellement la fin de Satan et le triomphe de Jésus. C'est un outrage visible et permanent à Satan et une insulte qu'il ne peut supporter – mais il est impuissant.

 

A Montmartre, à l'endroit où saint Denis (le saint patron de Paris) fut décapité, à quelques kilomètres seulement du lieu où le blasphème parisien fut commis, se dresse la basilique du Sacré-Cœur, la basilique du Sacré-Cœur de Jésus. Elle fut achevée en 1914. La triste ironie est qu'elle fut construite dans le but de réparer dignement les péchés de la France et de Paris, et d'obtenir la miséricorde et le pardon du Sacré-Cœur du Seigneur Jésus-Christ. Dans la basilique, on adore perpétuellement la Sainte Eucharistie.

 

S'il y a un moment où, avant le Saint Sacrement, il faut faire réparation au Sacré-Cœur de Jésus, c'est bien celui-ci. Le cœur de Jésus a été transpercé par amour pour tous. De son cœur jaillit une abondance de miséricorde et de pardon. ...

 

Lire : Jeux olympiques : Dieu éteint la lumière de Paris, une lumière brille dans les ténèbres

 

Les Jeux olympiques, en tant qu’événement sportif international, symbolisent le monde entier, et ce ne sont pas seulement la France et Paris qui ont besoin de Jésus, mais l’humanité entière.

 

SOURCE: The Catholic Thing 

***

De même pour l'abbé Denis Puga, Saint Nicolas du Chardonnet (Paris) : "Dieu fera justice."

 

"La Sainte Cène, c'est la Messe. C'est notre vie. C'est le coeur du christianisme qui a été ridiculisé. Et c'est l'Etat qui a entraîné la société française à se donner ce rôle, en formant le monde entier à 'briser les codes', comme ils disent. On a ridiculisé l'eucharistie en trempant ce qui fait notre foi dans l'ordure. Le danger est que l'on finisse par s'habituer au blasphème... Ce n'est pas à nous de faire justice, mais Dieu fera justice."

@martinjute 🔴 Cérémonie des JO : Ne nous habituons jamais aux blasphèmes ! Agissons ! #paris2024 ♬ son original - Martin Jute
Partager cet article
Repost0
26 août 2024 1 26 /08 /août /2024 19:51
Sainte-Chapelle, XIIIe siècle

Sainte-Chapelle, XIIIe siècle

Vous voulez connaître la signification et l'histoire de la fleur de lys ? Symbole de l'héraldique française, mais surtout de la royauté, il est fréquent de la voir sur les armoiries médiévales et les palais nobles. Voici un bref résumé.

Ce symbole a commencé à être utilisé à partir du XIIe siècle par les rois de France. On le retrouve non seulement sur les drapeaux et emblèmes représentant les monarques, mais aussi sur l'architecture elle-même afin que le bâtiment soit identifié et associé à une famille.

 

Il a une longue histoire derrière lui, mais aujourd'hui, il est toujours utilisé pour la décoration, et son dessin est apprécié pour embellir les intérieurs. C'est l'une des quatre figures les plus populaires de l'héraldique, avec la croix, l'aigle et le lion.

La conversion de Clovis, les fleurs de lys, l'origine de notre histoire

Clovis recevant la fleur de lys - XVe siècle, Bedford Book of Hours, 1423, illustrant la légende du Roi Clovis recevant les fleurs de lys de son épouse sainte Clotilde

Au XIVe siècle, l'armorial français montre Clovis arborant des fleurs de lys.

Lorsque Clovis se bat contre son ennemi et le tue près de la tour Montjoie, celui-ci confesse la Trinité et fonde l'abbaye de Joyenval qui accueille alors le bouclier comme relique.

Signification et histoire de la fleur de lys

Lors de la bataille de Tolbiac contre les AlamansClovis fit le voeu de se convertir s'il emportait la bataille. À l'occasion de cette bataille, les fleurs de lys, symbole de pureté virginale, lui furent données par son épouse Clotilde à qui un ermite de la forêt de Marly avait remit un bouclier où figurait trois fleurs de lys, en référence à la Sainte Trinité (Père, Fils, et Saint-Esprit). L'ermite affirma l'avoir reçu d'un ange pour que le roi s'en serve durant la bataille à la place de ses armes ornées de trois croissants ou de trois crapauds. Selon l'ermite, ce bouclier devait lui assurer la victoire. (Légende du Roi Clovis recevant les fleurs de lys de son épouse sainte Clotilde, 1423)

 

Lire: La conversion de Clovis, les fleurs de lys, l'origine de notre histoire

Il faut remonter à l'Antiquité pour constater que cet emblème était déjà présent dans le monde romain tardif et byzantin. Pline et les Pères de l'Église considèrent le lys comme un symbole de la royauté. On le retrouve dans les mosaïques.

 

Au début du christianisme, dans les sceptres, les diadèmes et les trônes en tant qu'élément décoratif. Les royaumes romains barbares ainsi que les Wisigoths et les Lombards l'ont utilisé dans leurs églises, par exemple San Salvador à Tolède.

 

Le roi Louis VII de France (1137-1180) de la dynastie des Capétiens, fut le premier souverain français à l'intégrer dans ses armoiries, sous la forme d'un champ de fleurs de lys sur fond bleu ;

Dès lors, elle est considérée comme l'emblème par excellence des rois de France. Au XIVe siècle, elle fait partie des armoiries de la dynastie des Valois, cette fois sous la forme de trois fleurs de lys d'or sur fond bleu.

 

À partir du XIVe siècle, elle apparaît également comme emblème de la maison de Lancastre, branche cadette de la dynastie Plantagenêt, pour souligner ses prétentions au trône de France. Les armoiries de la maison de Lancaster comprennent trois fleurs de lys et trois léopards passants.

 

Lire : Les Plantagenêt et l'influence française en Angleterre

 

À la Renaissance, dans la seconde moitié du XVe siècle, la fleur de lis est prise comme symbole de leurs bonnes actions (armes de Florence)

 

 

Au XVIe siècle, elle fait partie des armoiries de la dynastie des Bourbons, sous la forme d'un champ de fleurs de lis d'or sur fond blanc.

 

La fleur de lys symbolise l'arbre de vie, la perfection, la lumière, la résurrection et la grâce du Dieu qui éclaire. La croix de Saint-Jacques, symbole de l'ordre de Saint-Jacques, la porte sur trois de ses pointes : aux deux extrémités de la ligne horizontale et au sommet de la ligne verticale, vers l’extrémité inférieure, une épée est tirée. L'ordre militaire de Saint-Jacques a été créé au XIIe siècle pour défendre les pèlerins qui se rendaient sur la tombe de l'apôtre Saint-Jacques de Compostelle, qui se distinguaient par leur comportement. L'ordre militaire de Saint-Jacques a été créé au XIIe siècle pour défendre les pèlerins qui se rendaient sur la tombe de l'apôtre Saint-Jacques à Saint-Jacques-de-Compostelle et qui se distinguaient par le fait qu'ils présentaient les caractéristiques suivantes. Le lis de couleur rouge figure sur leurs robes et leurs armoiries.

 

L'Église catholique utilise la fleur de lys comme symbole marial (Vierge Marie) et c'est l'un des attributs de saint Joseph, sur le bâton duquel, selon la légende, un ou trois lys auraient fleuri, et à l'occasion, il est également utilisé comme représentation de la Sainte Trinité, en raison de ses trois pétales. (1)

 

La fleur de lys devient rapidement le symbole de la monarchie française de par son rapport avec la Vierge Marie, en référence à la pureté, à l’innocence et à la virginité, la Vierge étant la Sainte protectrice des Rois, et médiatrice entre Dieu et les hommes; mais également comme figure d’abandon à la volonté de Dieu, c’est-à-dire à la providence, qui pourvoit aux besoins de ses élus. Ce symbole indique donc la soumission du Souverain à une autorité divine qui lui permettra d’exercer son règne sans qu’il oublie de qui il tient son pouvoir. (2)

On a remarqué que la plupart des autres maisons royales ou impériales de l'Europe avaient pour emblèmes des aigles, des lions, des léopards, toutes sortes d'animaux carnassiers. La France avait choisi trois modestes fleurs. Saint Louis a été la pureté des lys.
Jacques Bainville

Histoire de France

Signification et histoire de la fleur de lys

Sources

 

(1) Ana Poveda, x.com/trastamara_ana/status/1483059233868427268

(2) https://allianceroyale.fr/sous-le-regard-du-symbole-2-la-fleur-de-lys/

Partager cet article
Repost0
26 août 2024 1 26 /08 /août /2024 12:44

Dans une tribune publiée sur Valeurs Actuelles, le chef de la maison de Bourbon et duc d'Anjou s'alarme de la situation politique de notre pays. Alors que les catholiques célèbrent la Saint-Louis, Louis de Bourbon souhaite que "ce modèle des gouvernants" nous aide à retrouver "l'Espérance en l'avenir de la France".

 

Extrait :

"Parce que la société est, par définition, une communauté civile, il nous faut redonner toute sa place à la morale sociale, notamment le « tu ne tueras pas », et aux règles communes partagées, claires et acceptées par tous, en étant justes et ressenties comme telles. Equilibre nécessaire entre droits et devoirs. Cette vie civile et sociale intègre une définition claire du principe de laïcité, qui ne doit pas être affirmé comme celui d’une exaltation des valeurs matérialistes et celui d’une hostilité intentionnelle et systématique à l’égard de l’expression de religions, mais celui de permettre, au contraire, aussi l’expression des transcendances sans lesquelles l’homme ne peut s’épanouir pleinement."

 

Suite

Louis de Bourbon, Duc d’Anjou accompagné par sa femme et ses enfants au Jubilé de la Vendée (2023)

Louis de Bourbon, Duc d’Anjou accompagné par sa femme et ses enfants au Jubilé de la Vendée (2023)

Partager cet article
Repost0
18 août 2024 7 18 /08 /août /2024 18:30

Béatifié le 1er octobre 1995 par Jean-Paul II.

 

Dans la baie devant le port de Rochefort, en 1794, le bienheureux Antoine Banassat, prêtre et martyr. Curé au diocèse de Limoges au moment de la Révolution française, en raison de son sacerdoce, il fut détenu sur un bateau négrier et y mourut d'inanition.

Martyrologe romain (1)

L'abbé Banassat est dénoncé sous la Terreur et arrêté comme suspect. Condamné à la déportation, il est interné à Rochefort, à bord d'un navire, où il meurt le 18 août 1794. Il est enterré sur l'île Madame, avec 254 autres compagnons morts comme lui en déportation.

 

Depuis 1910, un pèlerinage se déroule sur l’île Madame dans la seconde quinzaine du mois d'août.

 

Il est béatifié avec tous les autres prêtres morts en martyrs de la révolution dite "française", sur les pontons de Rochefort, ensemble de trois prisons flottantes, en rade de Rochefort, où les prêtres catholiques "réfractaires" qui ne voulaient pas prêter serment à la "constitution civile du clergé" donnant tout à César, furent regroupés et internés en vue d’être déportés vers les bagnes de Guyane. (2)

"Ces hommes étaient rayés du livre de la République, on m’avait dit de les faire mourir sans bruit..." Capitaine Laly, du ponton "Les deux Associés".

 

"Il s’agit là d’un des épisodes les plus tragiques de l’histoire religieuse de la Révolution française". La déportation sur les pontons de Rochefort a concerné 829 prêtres, dont 547 ont péri d’avril 1794 aux premières semaines de 1795. (3) Là furent enterrés et reposent dans une fosse sur l’Ile Madame près de Rochefort, 254 des 547 prêtres morts sur les pontons en 1794.(4)

 

Ceux qui furent emprisonnés à Nantes furent noyés par Carrier.

 

Les convois de déportés traversèrent la France pendant l’hiver et jusqu’au printemps 1794, parcourant parfois jusqu’à 800 km. Les conditions de voyage (parfois à pied) étaient souvent difficiles en raison des nuits passées en prison aux étapes, et des insultes et brutalités endurées à certaines haltes. Ils étaient souvent systématiquement dépouillés.

 

À leur arrivée à Rochefort, ils furent incarcérés dans différents lieux (prison Saint-Maurice, couvent des Capucins...), le flot continu de prisonniers en attente de déportation obligea les autorités à trouver de nouvelles solutions.

 

On embarqua au nombre de 200 à bord du Washington et 600 autres prêtres et séculiers renfermés dans les navires "Deux-Associés,  Bonhomme Richard".

Le commandement des navires fut assuré par Laly pour les Deux-Associés et Gibert pour le Washington.

Destinés à partir pour la Guyane ou les côtes d’Afrique, les bâtiments ne quittèrent cependant pas l’estuaire de la Charente, le blocus des côtes par la marine britannique obligea à différer l'opération.

Les détenus restèrent entassés sur les pontons pendant onze mois conduits au large de Rochefort, au large de "l'île Citoyenne" (île Madame), de l'île d'Aix et de Port-des-Barques.

 

Ils appliquèrent avec leurs équipages, les consignes de sévérité avec rigueur, les aggravant même parfois : pas de prière, injures, menaces, brimades physiques, nourriture infecte, pas de conversation.

Entassés la nuit, bien au-delà des limites du raisonnable, dans un étroit entrepont, ces malheureux, dont plusieurs sont octogénaires et d’autres infirmes, vivent là un véritable enfer dans la chaleur et la puanteur la plus effroyable ; enfer encore aggravé par la malice des équipages qui les enfument chaque matin  aux vapeurs de goudron. Durant la journée, debout sur le pont, ils n’ont droit qu’à une nourriture insuffisante, souvent avariée, parfois infecte. De plus, ils sont soumis au vol, aux brutalités et aux railleries des matelots.(5)

Le , 64 de ces prêtres Martyrs des Pontons ont été béatifiés par le pape Jean-Paul II.(6)

 

Sa fête est fixée au 18 août.

Bienheureux Antoine Banassat Prêtre martyr à Rochefort (+ 1794)

Sources

(1) https://nominis.cef.fr/contenus/saint/12169/Bienheureux-Antoine-Banassat.html

(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_Banassat

(3) Les bienheureux prêtres martyrs des Pontons de Rochefort

(4) https://www.yonne.catholique.fr/diocese/carte-didentite-du-diocese/histoire-du-diocese/personnages/les-bienheureux-pretres-martyrs-des-pontons-de-rochefort

(5) http://www.lesportesdutemps.com/archives/2018/01/02/36011940.html

(6) Béatification de Jean-Baptiste Souzy et 63 autres prêtres des pontons de Rochefort par Jean-Paul II.

Partager cet article
Repost0
17 août 2024 6 17 /08 /août /2024 19:03
"Le vaccin n'a pas arrêté le Covid" : une autre faute morale des évêques

L'aveu de l'Aifa (Agenzia Italiana del Farmaco) sur l'inefficacité des vaccins anti-Covid pour prévenir la contagion rouvre la question de leur légalité. Et de la soumission des bergers qui, sans se poser de questions, ont poussé à une vaccination massive.

Le récent aveu de l'Agence italienne des médicaments (AIFA) remet sur le tapis la question morale des vaccins. Dans sa réponse à l'association Arbitrium PSG, l'AIFA a écrit noir sur blanc qu'"aucun vaccin Covid-19 approuvé n'a l'indication “prévention de la transmission de l'infection par l'agent Sars cov-2”". Pas de prévention de la transmission.

 

Si l'on prête attention à la déclaration, on se rend compte qu'il ne s'agit pas d'une découverte posthume, car la série : les fabricants nous avaient confirmé que ces préparations arrêteraient la contagion, mais nous nous sommes rendu compte que ce n'était pas le cas. Pas du tout. Au contraire, l'AIFA précise qu'il n'a jamais été reconnu que ces sérums d'ARNm étaient capables d'arrêter la transmission du Sars cov-2. Quelques mois plus tôt, en octobre 2023, le résultat d'une question posée par plusieurs députés européens - dont l'Italienne Francesca Donato - à l'Agence européenne des médicaments (EMA) avait abouti à la même conclusion (voir ici) : "Vous avez raison de souligner que les vaccins COVID-19 n'ont pas été autorisés pour prévenir la transmission de personne à personne. Les indications concernent la protection des personnes vaccinées".

 

On jette un voile sur la protection des personnes vaccinées,  car il faudrait demander aux innombrables victimes, reconnues ou non, ce qu'elles pensent de cette protection. Et aussi à ceux qui, après avoir été vaccinés, sont tombés malades à plusieurs reprises avec le Covid. Ce qui nous intéresse, c'est que l'on savait dès le départ que ces préparations ne servaient pas à bloquer la transmission du Sars cov-2.

 

Dans la Note sur la moralité de l'utilisation de certains vaccins anti-Covid-19 du 21 décembre 2020, publiée par l'ancienne Congrégation pour la doctrine de la foi (aujourd'hui le Dicastère), il était indiqué que, puisque toutes les préparations disponibles étaient fabriquées à partir de lignées cellulaires provenant de fœtus avortés, certaines circonstances devaient être réunies pour qu'elles puissent être utilisées légalement. C'est ce que la Note résume au point 3 : "Le devoir moral d'éviter une telle coopération matérielle passive n'est pas contraignant s'il existe un danger grave, tel que la propagation autrement incontrôlable d'un agent pathogène grave".

 

Le raisonnement est le suivant. Puisque le problème moral des lignées cellulaires provenant de fœtus avortés existe - quoi qu'en dise la Note 2017 de l'Académie pontificale pour la vie (à ce sujet, voir L'idolâtrie des vaccins, Foi & Culture, 2022) -, il faut s'opposer à ce fléau d'abord en condamnant cette production ; la coopération formelle, c'est-à-dire l'approbation de la licéité de l'utilisation de tissus prélevés sur des bébés avortés, est toujours gravement coupable, à quelque niveau que ce soit. En revanche, pour ce qui est de l'utilisation concrète, il est normalement obligatoire de rejeter les médicaments fabriqués à partir de ces lignées cellulaires ; étant donné que la personne qui utilise simplement ces médicaments ne coopère avec ceux qui ont pratiqué l'avortement et produit ces lignées que de manière lointaine, matérielle (c'est-à-dire qu'elle n'approuve pas) et passive, il existe des situations dans lesquelles un tel recours est moralement licite. La note parle précisément de "danger grave", comme la transmission d'un agent pathogène grave.

 

Désormais, l'aveu de l'AIFA rend officiel le fait que ces vaccins n'avaient pas été autorisés du fait qu'ils étaient capables de contenir la transmission. Cette observation accuse le comportement des évêques et du pape lui-même, qui ont poussé à la vaccination, d’une gravité morale supplémentaire. En outre, parce que nous ne pouvons et ne devons pas oublier que le fameux "acte d'amour", qui avait chargé la conscience des fidèles d'une sorte de devoir de se rendre dans les HUB de vaccination et s'était en fait transformé en chantage concret, notamment envers les prêtres, les religieux et les catéchistes, a poussé des milliers de personnes à se faire vacciner avec une préparation dont on ne savait pratiquement rien. En effet, il était clairement établi que les études fondamentales de toxicocinétique, de génotoxicité et de cancérogénicité n'avaient pas été réalisées. En substance, on incitait les gens à se proposer comme cobayes, au nom d'un "acte d'amour", dont on savait déjà qu'il n'en était pas du tout, puisque le vaccin n'arrêtait pas la contagion.

 

Ainsi, à cette énorme responsabilité morale de nos pasteurs, qui ont des milliers de victimes sur la conscience, s'en ajoute une autre, à savoir celle d'avoir recommandé aux gens de commettre un acte moralement répréhensible, puisque la vaccination n'était pas du tout un moyen d'arrêter la transmission d'un pathogène grave.

 

On pourrait dire que les choses n’étaient pas si claires à l’époque. En réalité, il aurait suffi de lire et de poser aux organismes compétents, comme l’AIFA et l’EMA, les questions appropriées pour clarifier de nombreux aspects obscurs des vaccins. Les conférences épiscopales et les évêques individuels, sans parler du Saint-Siège, avaient le devoir de se documenter afin de disposer d'éléments suffisants pour une évaluation morale de la vaccination. Au contraire, cela n'a pas été fait et cela constitue une faute grave de la part des autorités ecclésiastiques, qui ont trahi la confiance du peuple et éliminé la résistance contre ce marché illicite de tissus fœtaux d'enfants avortés, préférant paraître parfaitement en harmonie avec la pensée dominante.

 

Le résultat dévastateur est que l’Église catholique n’est pas apparue – et continue de ne pas apparaître – comme un bastion de résistance contre les puissances de ce monde, pleines de mensonges et assoiffées de pouvoir et de contrôle, pour lesquelles les hommes valent moins que les mouches. Les bergers ont failli à leur devoir de vigilance, de protection et de résistance face au délire technoscientifique qui fait des victimes à volonté, en amont et en aval de ces préparatifs. Il vaut mieux qu’ils s’en rendent compte avant que le jugement ne vienne. Et pas de ce monde.

 

Cf. La Nouvelle Boussole Quotidienne

 

Partager cet article
Repost0
17 août 2024 6 17 /08 /août /2024 15:58

Merci à Gregor Ovitch pour l'éclairage sur le sociologue Michel Maffesoli, qui a récemment pris publiquement ses distances d'avec la franc-maçonnerie du "Grand Orient de France", et ses dérives LGBT woke.

 

La maçonnerie est la gnose (mélange de gnose, de kabbale lourianique et de rosicrucisme), véritable religion officielle de la maçonnerie, et son culte de l'homme, culte de soi-même (l'homme qui est son propre dieu) est un illuminisme luciférien depuis l'épisode de la tentation d'Adam et Eve.

 

Si sincères dans leur recherche de la vérité, il peut y avoir de bons maçons, abusés, mais la maçonnerie, en elle même, est toujours mauvaise, puisque finalement, elle vise à la déification de l'homme, non par les moyens divins, mais par les moyens du diable. Et l'une de ses méthodes est d'occuper tous les secteurs de la pensée et de la vie politique.

Partager cet article
Repost0
17 août 2024 6 17 /08 /août /2024 14:27

À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus.

Jn 20,23

Le repentir de nos péchés est un acte fondamental de la foi : en nous confessant, nous renouvelons notre engagement et notre amour envers Jésus

Si nous reconnaissons nos péchés, lui qui est fidèle et juste va jusqu’à pardonner nos péchés et nous purifier de toute injustice.

1 Jn 1,9

Partager cet article
Repost0
16 août 2024 5 16 /08 /août /2024 14:25
Allemagne : Une enquête révèle que les jeunes croient plus souvent à l'Assomption de Marie que les plus de 70 ans

Une enquête de l'INSA donne des résultats étonnants : au moins un répondant sur trois en Allemagne (31 %) croit que Marie, la mère de Jésus, a été emmenée au ciel - les Églises libres le croient plus que les catholiques.

 

 

Erfurt (kath.net/pl) Une enquête de l'institut de recherche d'opinion "INSA-Consulere" exclusivement pour kath.net montre qu'un étonnant 31% de la population allemande croit que Marie, la mère de Jésus, a été emmenée au ciel. La volonté de croire en l'Assomption de Marie est la plus répandue chez les moins de 30 ans (40 %), et la moins répandue chez les plus de 70 ans (23 %).

 

Naturellement, la volonté de croire à ce dogme catholique parmi la population chrétienne est nettement plus élevée que parmi les répondants non confessionnels : "Un bon chrétien sur deux catholique (51 pour cent) ou d'église libre (55 pour cent) croit en l'Assomption de Marie au paradis, et seulement un répondant non religieux sur dix (10 %)", informe l'INSA.

 

Ce qui peut être considéré comme remarquable est que les répondants de l’Église libre – qui sont souvent peu familiers avec la vénération catholique de Marie – sont plus disposés à croire au dogme catholique que les catholiques interrogés.

 

Seulement 17% nient explicitement la réception de Marie. Une personne sur quatre (26 %) ne croit pas que Marie, mère de Jésus, ait existé.

 

Les deux tiers de ceux pour qui Marie est la mère de Jésus supposent que Marie a été emmenée au ciel. Le dogme de l’Église catholique est partagé par la grande majorité des croyants.

 

Hermann Binkert, fondateur de l'INSA et ancien homme politique de la CDU, l'explique personnellement à kath.net : "Le fait qu'une personne sur trois croit à l'hypothèse physique de Marie au ciel est, à mon avis, une valeur relativement élevée. Ce n’est que le 1er novembre 1950 que le pape Pie XII annonce ce dogme de l'Église catholique romaine. Cela signifie que plus d'Allemands croient en l'Assomption de Marie au ciel qu'il n'y a de catholiques en Allemagne (24 %). Comme seul un catholique sur deux croit au dogme, cela montre que le dogme trouve également un soutien en dehors de l’Église catholique."

 

Source: Kath.net

Partager cet article
Repost0
15 août 2024 4 15 /08 /août /2024 13:24
https://lanuovabq.it/it/traffico-di-feti-abortiti-online-i-video-insabbiati-da-kamala-harris

https://lanuovabq.it/it/traffico-di-feti-abortiti-online-i-video-insabbiati-da-kamala-harris

Cinq vidéos d'infiltration prouvent le commerce d'organes de bébés avortés par Planned Parenthood. Les images saisies en 2016 par Kamala Harris, alors procureure générale de Californie, sont désormais publiques grâce à une enquête du Congrès américain. Mais les grands médias n’en parlent pas.

 

Dans le silence des grands médias, cinq vidéos ont été mises en ligne pendant deux semaines démontrant la collecte et le commerce de tissus et d'organes d'enfants avortés. Détail important : les vidéos en question, tournées secrètement par le Centre pour le progrès médical (CMP) entre avril 2014 et avril 2015 dans le cadre d'une enquête journalistique qui dura environ 30 mois au total, sont désormais disponibles gratuitement. Pendant 8 à 9 ans, Planned Parenthood, une multinationale spécialisée dans l'avortement, avait réussi à bloquer leur propagation, avec la complicité de l'alors procureure générale de Californie, Kamala Harris, et de juges qui prirent soin de poursuivre lourdement - tant au civil qu'au pénal – les auteurs des vidéos, plutôt que les auteurs des actes répréhensibles découlant de ces mêmes vidéos.

 

Mais le 19 mars de cette année, une commission du Congrès américain a tenu une audience indépendante pour "enquêter sur le marché noir des prélèvements d'organes sur des enfants". À cette occasion, David Daleiden, fondateur du CMP, a présenté quelques-unes des vidéos les plus significatives de l'enquête menée par lui et Sandra Merritt, également militante pro-vie. En mai, le feu vert est finalement arrivé du tribunal de district de San Francisco, qui a jugé qu'il ne disposait plus de "base légale" pour empêcher Daleiden de republier les vidéos assignées et déjà rendues publiques par le Congrès.

 

Et le 30 juillet dernier, la députée Marjorie Taylor Greene a publié les versions complètes des vidéos qui étaient au centre de l'audience de mars. Mais justement, après deux semaines, on peut dire que les médias qui représentent la pensée dominante - prêts en d'autres circonstances à dénoncer les gros titres - ne considèrent pas ces vidéos suffisamment importantes pour informer leur public.

 

Il existe pourtant différents contenus d’intérêt public. Nous nous limitons ici notamment à deux conversations filmées en avril 2015 lors du salon de la Fédération nationale de l'avortement (NAF), où des reporters du CMP se faisaient passer pour des grossistes au service des laboratoires de recherche. S'adressant aux deux faux grossistes, deux dirigeants de Planned Parenthood Gulf Coast : le Dr Ann Schutt-Aine et Tram Nguyen, vice-président de la branche "Accès à l'avortement" de cette énorme clinique basée à Houston (Texas), où Avant Dobbs contre Jackson, un grand nombre d'avortements ont été pratiqués jusqu'à 6 mois de grossesse. Et des parties d’enfants avortés étaient vendues à des fins "d’expérimentation".

 

Dans la première de ces deux conversations ( 19 avril 2015), qui fait suite à des réunions précédentes, le journaliste infiltré souligne que "le foie manque". À ce moment-là, le Dr Schutt-Aine intervient en disant que depuis que, quelques mois plus tôt, elle a appris de Nguyen l'intérêt des nouveaux grossistes, elle porte une attention particulière à chaque fois qu'elle pratique une procédure de "D&E" (c'est-à-dire un avortement qui implique la dilatation du col et une évacuation ultérieure du fœtus), se réjouissant de voir des poumons ou des reins intacts. Tram Nguyen s'excuse ensuite d'avoir montré, lors d'une précédente visite des journalistes du CMP, un fœtus particulièrement démembré, expliquant qu'il s'agissait d'un avortement précipité, "alors que d'autres jours [le fœtus] est plus intact" et a "peut-être juste un bras disjoint". Tout est dit comme dans une discussion de bar, entre le macabre et l'amusé, Nguyen observant à un moment donné que "si d'autres personnes m'entendaient" prononcer des phrases comme "oui, j'ai une jambe pour toi ! ils finiraient par lui dire : 'Tu es vraiment méchante'". Certes, ce qui ressort des vidéos est la déshumanisation totale de l'enfant dans le ventre de sa mère, traité comme et moins qu'une chose destinée à son usage propre et sa consommation.

 

Dans une deuxième conversation , un autre membre infiltré du CMP demande aux deux dirigeants de Planned Parenthood comment ils obtiennent des fœtus avortés qui sont plus intacts et donc plus utilisables pour le prélèvement d'organes. Le problème ici concerne le contournement des règles fédérales qui interdisent l’avortement par naissance partielle. Contournement qui s'accompagne de mutilations des corps d'enfants encore vivants. Dans la vidéo, le Dr Schutt-Aine explique que si elle se rend compte qu'elle est près de son nombril, "je pourrais demander un deuxième jeu de pinces pour maintenir le corps contre le col et retirer une jambe ou deux, donc l'avortement par naissance partielle, ce n'est pas un problème". Comme nous le rappelle le CMP lui-même, "donner naissance à un fœtus vivant au-delà du nombril, dans l'intention de prendre toute mesure susceptible de tuer le fœtus, constitue une violation de la loi fédérale sur l'avortement par naissance partielle". La même médecin spécialisée dans l'avortement, interrogée par son interlocuteur, répond qu'elle n'a aucune expérience avec la digoxine, une substance parfois utilisée dans les centres d'avortement pour empoisonner le fœtus avant son retrait du ventre de la mère, afin de ne pas enfreindre la loi sur l'avortement par naissance partielle. Mais qui a la "contre-indication", pour les acteurs de cet ignoble achat et vente, d'empêcher la collecte de cellules souches du même enfant tué à la digoxine.

 

Fin juin 2015, donc quelques semaines après ces conversations, le CMP - sous couvert de Biomax Procurement Services, une société fictive de recherche biomédicale - avait envoyé un email à Planned Parenthood Gulf Coast proposant un contrat secret qui prévoyait le paiement de 750 $ pour chaque foie fœtal et de 1 600 $ pour le foie et le thymus d'un même fœtus. Et chez Planned Parenthood, ils avaient pris des mesures pour donner suite au même contrat. "Planned Parenthood a déclaré à plusieurs reprises au Congrès, aux tribunaux et au public qu'elle avait 'rejeté' toute opportunité de vendre des parties du corps de bébés avortés au Texas. Ces images finalement diffusées sous couverture montrent qu'en réalité, Planned Parenthood Gulf Coast était terriblement désireux d'arracher des bébés en bonne santé – entiers et vivants – à des patients vulnérables, et de mutiler leurs corps après avoir vendu des parties de leur corps à un prix élevé", déclare Daleiden, qui alors se concentre sur les responsabilités de Kamala Harris.

 

Deux semaines après une réunion en mars 2016 avec de hauts responsables de Planned Parenthood California, le bureau de Harris a mené une descente au domicile de Daleiden pour saisir tous les documents relatifs aux vidéos secrètes. Une perquisition qui s'est ajoutée au recours, en 2015, de la NAF, qui avait obtenu une injonction fédérale contre la diffusion de ces vidéos.

 

Aujourd’hui, au moins cinq de ces vidéos sont facilement visibles sur Internet. Mais les médias libéraux préfèrent ne pas en parler.

 

 

Cf. La Nouvelle Boussole Quotidienne

Partager cet article
Repost0
14 août 2024 3 14 /08 /août /2024 00:00

Abbé bénédictin à Einsiedeln, en Suisse (+ 958) dans le canton de Schwytz, saint Evrard ou Eberhard était un prêtre du diocèse de Strasbourg, il rejoignit saint Bennon de Metz au célèbre monastère d'Einsiedeln en Suisse où des ermites vivaient auparavant. Actuellement cette abbaye bénédictine est le plus important sanctuaire marial de la Suisse.

Abbaye d'Einsiedeln

 

Sources: 1; 2

Partager cet article
Repost0
13 août 2024 2 13 /08 /août /2024 08:25

Les Jeux olympiques de Paris, qui ont commencé par un blasphème contre la Cène, et la décapitation de la reine Marie-Antoinette, se sont terminés par une cérémonie de clôture étrange. Les cinq continents ont été présentés comme un monde fragile, plein de brouillard et de poussière, artificiel et mystérieux. Les anneaux olympiques ont été transformés en une sorte de portail astral qui s'est ouvert. Un "voyageur d'or" avec deux cornes et une tête d'oiseau a atterri sur la terre déserte. Son costume était fait de 20 000 perles scintillantes, brillant comme un soleil. Ses explorateurs étaient des personnages masqués, sans visage et vêtus de costumes gris. Peu après la descente du "Golden Voyager" dans le stade, Benjamin Bernheim chante l'"Hymne à Apollon" païen. Il est accompagné par Alain Roche, qui joue d'un piano suspendu dans les airs. Le Golden Voyager accueille une statue décapitée à une aile, la Victoire ailée de Samothrace, sculpture hellénistique, datant du début du IIe siècle av. J.-C, composé d'une statue représentant la déesse Niké (la Victoire), dont il manque la tête et les bras. Cette statue s'élève dans le ciel sous le regard de la figure à cornes d'or. (GloriaTv)

Comment ! Tu es tombé du ciel, astre brillant, fils de l’aurore ! Tu es renversé à terre, toi qui faisais ployer les nations, toi qui te disais : “J’escaladerai les cieux ; plus haut que les étoiles de Dieu j’élèverai mon trône ; j’irai siéger à la montagne de l’assemblée des dieux au plus haut du mont Safone, j’escaladerai les hauteurs des nuages, je serai semblable au Très-Haut !”


Mais te voilà jeté aux enfers, au plus profond de l’abîme.

Isaïe 14, 12-15

 

La Chute de Lucifer, Illustration par Gustave Doré

 

Le spectacle commence avec "The Golden Voyager", qui descend du ciel, rappelant la Chute du Ciel de Lucifer (Is 14, 12-15; Ez 28,14), la jambe gauche pliée, formant un triangle avec la jambe droite, un halo de lumière encadrant son visage, correspondant à la carte du tarot du Pendu ("Hanged man"), carte qui annonce le malheur, la malchance, une fin, une rupture violente. Il est possible qu'il symbolise la révolte contre Dieu, l'"Esprit de la Bastille", l'esprit antichrétien de la Révolution de 1789, qu'il soit en chemin, "en marche" vers littéralement, l'Apocalypse, la fin des temps, Emmanuel Macron ayant déclaré lui-même que "la Bête de l'événement est là, elle arrive".

Thomas Jolly, directeur artistique des Jeux Olympiques de Paris, a expliqué "une grande fresque onirique, fantastique, futuriste", intitulée "Records". "On a voulu prendre un peu de hauteur, jusqu’à l’espace. Notre histoire est celle d’un voyageur interstellaire qui arrive au stade et qui va découvrir les vestiges des JO.  Il va les réanimer petit à petit..." (sic), après ce qui semble bien être la disparition de l'homme et de toute société humaine. 

 

Ces figures étaient "des hommages au patrimoine historique de la France, notamment à l'Esprit de la Bastille", et "s'inspiraient également de personnages de science-fiction et de jeux vidéo."

 

De la même manière, Jolly a tenté d'expliquer les moqueries flagrantes de Jésus-Christ et de la Cène lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques par un hommage à Dionysos, le dieu grec du vin et de l'extase (dans des orgies)... Le mal se cache à la vue de tous, comptant sur l'ignorance des gens pour l'accepter comme quelque chose de bien.

 

Génie de la Liberté sur la Colonne de Juillet

Le Golden Voyager serait inspiré de la statue du Génie de la Liberté, Place de la Bastille à Paris (1836), génie "qui s’envole en brisant ses fers et semant la lumière" du haut de la "Colonne de Juillet" (célébrant la victoire en 1830 de la franc-maçonnerie bourgeoise et d'affaires orléaniste sur les valeurs catholiques traditionnelles de la Restauration) et d'autres références à l'histoire de la Révolution dite "française"

 

Tel un franc-maçon cosmique, le "voyageur d'or" va entreprendre de reconstruire les vestiges terrestres à partir de leur destruction, ordo ab chao, l'ordre (maçonnique) par le chaos étant une des devises de la haute franc-maçonnerie.

 

La statue de la Victoire ailée est une métaphore de la décapitation des valeurs traditionnelles, une allusion au "nouvel ordre mondial" sous l'égide du Voyageur, bâtisseur maçonnique et technocratique. La "renaissance" de cet impérialisme est l'avènement d'un monde où l'homme est réduit à ses instincts primaires sans possibilité de s'élever vers le Divin. Coupé de Dieu, sans droit, sans liberté, sans autonomie ni individualité, placé de force au service du Voyageur cosmique, autrement dit au service de l'édifice collectif, Leviathan du XXIe siècle, l'homme, sans libre arbitre, vivra le "bonheur" ainsi promis par les "droits de l'homme". Les résistants se verront qualifiés de "dangers" pour l'édifice, de "peine à jouir", de "complotistes" et autres. 

 

 

 

 

"Les organisateurs de ces cérémonies se fichent comme de leur premier péché des "dieux" de l'Olympe ; en revanche ils ne se fichent absolument pas de pouvoir participer à l'oeuvre de destruction de la foi catholique à chaque fois qu'ils le peuvent. Or quelle meilleure vitrine pour leur hommage à Lucifer que des "jeux de la paix, de l'égalité, de l'inclusion et du vivre ensemble" regardés par des milliards d'individus éblouis et séduits ? Plutôt que d'une tête d'oiseau, ... ce personnage de lumière a une tête de sauterelle. Du coup, quand on sait que les "sauterelles" de l'Apocalypse ont "sur elles comme roi l'ange de l'abîme appelé en grec Apollyon" (9, 11), quoi d'étonnant que d'entendre "l'Hymne à Apollon" ? (GloriaTvdans un portail avec un "piano" vertical ou une lyre. La Lyra est la lyre d'Orphée, personnage mythique à l'origine de l'orphisme, religion antique à mystères, liée aux pythagoriciens et aux mystères de Dionysos. Renseignez-vous sur Orphée et Dionysos pour comprendre qui est le Voyageur d'Or.

 

Les sauterelles, elles-mêmes, du livre de l'Apocalypse 9,7 sont décrites comme sortant de la "fournaise" du "puits de l'abîme" ayant "des couronnes d’or sur la tête, et un visage comme un visage humain." 

 

 

Tout le monde est gris, ce qui ne symbolise rien d'autre que le fait que chaque individu a perdu la vivacité de l'image de Dieu, car il n'y a plus de moralité, plus de décence, plus de foi et plus d'identité. 

 

Lucifer, l'archange déchu et roi des démons, se tient au-dessus de l'humanité comme morte. Ils affichent leurs objectifs devant le monde entier :

 

 

Après le cavalier au cheval pâle de l'Apocalypse (6,8) de la cérémonie d'ouverture, voilà donc une autre allusion à la Prophétie de Notre Seigneur, mais certainement pas dans une bonne intention. Les organisateurs savant très bien ce qu'ils font : ils détournent la Parole de Dieu de Ap 9,7-11 pour y associer tout ce qui annonce l'avènement de la Bête, l'"abomination de la désolation", Lucifer élevant Niké (vainqueur en grec ancien) représenté sous les traits d'un ange décapité dont les "vertus" d'un monde inclusif, égalitaire et multiculturel sont en réalité une victoire du diable sur l'humanité et le royaume de Dieu, l'avènement d'un monde composé de tout ce qui peut exister comme péché. Là est la vraie signification du symbolisme de ces "jeux".

 

D'un côté la chute de Lucifer, et de l'autre Niké représentée sous les traits d'un ange décapité...

 

N'ont-ils pas dressé devant le siège de l'ONU la statue d'une bête de l'enfer symbole "de paix et de sécurité" ou celle du Baphomet maçonnique devant le capitole de Little Rock en Arkansas ?

Les 33e Jeux Olympiques ont commencé avec une parodie moqueuse de La Cène et se sont terminés avec une carte de Tarot du Pendu inversée. La cérémonie de clôture a vu le "Golden Voyager" descendre du ciel, rappelant la chute de Lucifer du ciel, avec sa jambe pliée.

Les 33e Jeux Olympiques ont commencé avec une parodie moqueuse de La Cène et se sont terminés avec une carte de Tarot du Pendu inversée. La cérémonie de clôture a vu le "Golden Voyager" descendre du ciel, rappelant la chute de Lucifer du ciel, avec sa jambe pliée.

La Church of Satan fondée en 1966 par Anton LaVey prône l'adoration de Lucifer non pas comme un être maléfique, mais comme un symbole de défiance et de liberté absolue...

Cela n’a rien d’étonnant : Satan lui-même se déguise en ange de lumière.

II Corinthiens 11,14

Cette mise en scène n'est donc pas nouvelle, mais n'est rien d'autre que la réédition avec l'argent du contribuable d'une vieille astuce du démon, "Lucifer déguisé en ange de lumière". La "laïcité", avez-vous dit ? Ils s'en moquent comme de leur dernier péché !

Add. 15 août. Aumônier des athlètes polonais : La messe interdite aux Jeux olympiques de Paris

 

Cette année, rompant avec la tradition, il a été interdit de célébrer la messe dans le village olympique, a déclaré l'aumônier polonais des Jeux olympiques, le père Edward Pleń, à Tysol.pl (14 août).

Il est l'aumônier des athlètes polonais depuis 22 ans. Jusqu'à cet été, il a toujours été possible de célébrer la messe, mais avec des restrictions lors de l'hystérie de Covid à Tokyo et à Pékin.

A Paris, le Père Plén a voulu déterminer à l'avance les horaires des messes, mais "la possibilité de célébrer l'Eucharistie a été bloquée".

On lui a dit que "seule la prière" était autorisée : "Je ne sais pas qui a inventé cette absurdité.

Et : "La messe est la plus belle des prières, mais ils ont insisté. Je ne comprenais pas et je ne comprends toujours pas". GloriaTv

Add. 16 août 2024. ''Un dernier dîner blasphématoire a été organisé à la cérémonie de clôture, comme un prêtre me l'a fait remarquer, il y a un Ostensoir vide, avec des diables qui dansent en son centre (l'Eucharistie sera-t-elle interdite ?), qui est ensuite poussé dans les cercles normaux pour le symbole olympique. 

 

 

Lucifer, habillé en insecte, est alors intronisé. L’attaque contre Jésus était une attaque contre l'Eucharistie !'' - Giovanni Stefanucci

 

On peut remarquer enfin cette concomitance : la farine d'insectes remplaçant la farine de blé, par la pâte pour un ''pain pseudo-pseudo-eucharistique''.

Conclusion

 

Le cavalier au cheval pâle de l'Apocalypse (6,8), la moquerie de la Cène, un voyageur bâtisseur précipité sur la terre, chutant du Ciel tel Lucifer, élevé sur les décombres d'une humanité grise et morte, déguisé en sauterelle de l'apocalypse (9,7), un ostensoir vide, allez-vous faire semblant de ne pas comprendre encore ?

Partager cet article
Repost0
4 août 2024 7 04 /08 /août /2024 20:49

Que ce soit au sujet du suffrage universel, du vote des femmes, de l'égalité fiscale, de la défense des travailleurs, les républicains sont restés restés plus longtemps hostiles à l'égalité que les royalistes.

"La République proclame, dans sa devise, son attachement à l'égalité, mais elle est très longtemps restée hostile au suffrage universel. Banni par la Constitution de l'an III (la première des constitutions républicaines appliquées - celle de 1793 était restée, du fait de la guerre, dans les limbes - réservait la citoyenneté à ceux qui payaient une contribution directe), il ne fut institué en 1848 sous la IIe République que pour qu'une loi électorale radie deux ans plus tard deux tiers des électeurs ("les vrais républicains redoutent la multitude, la vile multitude, qui a perdu toutes les républiques", avait statué Thiers). Rétabli par le prince-président après le coup d'État du 2 décembre, il fut amendé le 27 juillet 1872 par les pères fondateurs de la IIIe république qui en exclurent "les hommes sous les drapeaux", qu'il s'agisse de militaires de carrière ou de conscrits effectuant leur service militaire. Ultras et légitimistes n'avaient cessé au contraire de s'en réclamer tout au long du XIXe siècle. Jusqu'au comte de Chambord dans son Manifeste.

"Quant au vote des femmes, il avait été rejeté par les républicains par crainte de l'influence néfaste du clergé sur le sexe faible : ''Non, la femme n'est pas égale de l'homme, proclamait en 1881 l'éditorialiste de La République maçonnique, non, il n'y a égalité ni morale ni physique entre ces deux êtres. (…) A l'homme l'action extérieure, à lui la lutte de la vie et de la tribune. (…) A la femme l'action lente, douce et persévérante du foyer.''

Infatigable contempteur du régime républicain, Charles Maurras avait observé au contraire en 1910 : ''Quoi de plus arbitraire que d'exclure les femmes ? On dit que c'est injuste... Ce n'est pas injuste, c'est idiot !''

Horresco referens : l'accès des femmes au droit de vote apparut pour la première fois dans le droit français dans le projet de Constitution publié le 30 janvier 1944, par le Maréchal Pétain !" (Extrait de Ce qu'est la République, par Michel de JAEGHERE, in Le Figaro Histoire, août-septembre 2024, n° 75 Alexandre le Grand, l'empire impossible, p 4-5.)

 

De même, c'est la droite légitimiste et traditionaliste qui la première prend la défense des travailleurs, bien avant les socialistes ou les communistes.

C'est chez les monarchistes légitimistes que se manifeste la première réaction contre le traitement inhumain que la ploutocratie (bourgeoisie d'affaires) impose aux ouvriers. Avant l'utilisation de la question sociale par Karl Marx, c'est la droite légitimiste et traditionaliste qui la première, prend la défense des travailleurs. 

"Bonald (1754-1840) est le premier à se préoccuper de la misère ouvrière, consécutive au triomphe de la bourgeoisie et des nouvelles méthodes de travail, permettant l'exploitation des ouvriers depuis la destruction des barrières corporatistes. Ainsi est-il ... le précurseur des doctrinaires sociaux de droite du XIXe siècle, comme Le Play et La Tour du Pin" (Yves-Marie Adeline, Histoire mondiale des Idées politiques, Ellipses, Paris 2007, p. 349).

La "contestation (des marxistes) rencontrait celle des aristocrates catholiques qui avaient (vicomte Alban de Villeneuve-Bargemont et vicomte Armand de Melun) dénoncé les premiers l'exploitation manufacturière et fait voter les premières lois sociales. 

Dès 1841, c'est Alban de Villeneuve-Bargemont qui fait voter la loi règlementant le travail des enfants, réclamée aussi par le comte de Montalembert, autre grand aristocrate catholique. C'est Villeneuve-Bargemont qui pose le premier, devant la Chambre française, le problème ouvrier dans toute son ampleur (22 décembre 1840). Alors que l'ide de la lutte des classes n'est lancée qu'en 1843 par Flora Tristan, dans sa Lutte ouvrière.

En 1850 et 1851, c'est le catholique vicomte Armand de Melun qui fait voter le premier grand train de lois sociales : logements insalubres, caisse de retraite, délit d'usure, assistance judiciaire, assistance hospitalière, contrats d'apprentissage. En 1852, c'est le même qui rédige le décret légalisant et développant le grand mouvement mutualiste." (Jean Dumont, L'Eglise au risque de l'histoire, préface de Pierre Chaunu de l'Institut, Editions de Paris, Ulis 2002, p. 115-116). 

Villeneuve-Bargemont dénonce "l'état de dépendance et d'abandon dans lequel la société livre les ouvriers aux chefs et entrepreneurs de manufactures... la facilité illimitée laissée à des capitalistes spéculateurs de réunir autour d'eux des populations entières pour en employer les bras suivant leur intérêt, pour en disposer, en quelque sorte, à discrétion, sans qu'aucune garantie d'existence, d'avenir, d'amélioration morale ou physique soit donnée de leur part, ni à la population, ni à la société qui doit les protéger".

"Voyez par exemple, la fameuse Lettre sur les ouvriers, de M. le Comte de Chambord (Henri d'Artois). Elle date du 20 avril 1865, ... c'est la réplique d'un contemporain de Karl Marx. M. le Comte de Chambord rappelait d'abord que la royauté avait toujours été "la patronne des classes ouvrières".

"Les établissements de Saint Louis, rappelait-il, les règlements des métiers, le système des corporations, en sont les preuves manifestes. ... Louis XVI, un de nos rois qui ont le plus aimé le peuple, avait porté ses vues sur les améliorations nécessaires; mais les économistes qu'il consulta servirent mal ses paternelles intentions, et tous leurs plans échouèrent. L'Assemblée constituante ne se contenta pas, ainsi que l'avaient demandé les cahiers, de donner plus de liberté à l'industrie, au commerce et au travail; elle renversa toutes les barrières, et au lieu de dégager les associations des entraves qui les gênaient, elle prohiba jusqu'au droit de réunion et à la faculté de concert et d'entente" (Jacques Ploncard d'Assac, Les idées qui tuent, Société de philosophie politique, Lisbonne 1971, p. 97). 

"Cette identification de la vraie droite à la justice sociale sera étouffée par la droite des affaires, opportuniste, qui se battra farouchement pour empêcher, à chaque occasion historique, la conjonction des traditionalistes et du peuple. On l'a vu en 1875 lorsqu'elle a refusé la restauration corporative du Comte de Chambord et en 1944, la même tentative corporative de la Révolution nationale. Il faut tout de même que cela soit sû" (Jacques Ploncard d'Assac, Les jeunes ont droit à la vérité, Société de philosophie politique, Lisbonne 1970, p. 107-108.)

Henri d'Artois, duc de Bordeaux

Monsieur de duc de Bordeaux, Henri V, Comte de Chambord

 

"... Ainsi, voilà plus d'un siècle, le Comte de Chambord parle comme un syndicaliste moderne, et le fait que cela surprenne montre à quel point la 'droite des affaires', les orléanistes, ont perverti la doctrine sociale de la vraie droite que Léon XIII ne fera que démarquer dans l'encyclique Rerum novarum. L'antériorité appartient au Comte de Chambord. C'est un fait." (Jacques Ploncard d'Assac, ibid., p. 98).

"Dès 1865, M. le Comte de Chambord montre le chemin à suivre : 'Quant aux remèdes, dit-il, voici ceux que les principes et l'expérience paraissent indiquer. "A l'individualisme, opposer l'association; à la concurrence effrénée le contre-poids de la défense commune; au privilège industriel la constitution volontaire et réglée des corporations libres.' Personne ne peut nier que toute la question sociale soit contenue et résolue dans ces trois lignes : On ne dira jamais mieux." (Comte de Chambord cité in Jacques Ploncard d'Assac, Les idées qui tuent, Société de philosophie politique, Lisbonne 1971, p. 101-102).

"La Tour du Pin, qui a du coup d'oeil, voit l'édifice à construire, trouve le nom : l'Ordre social-chrétien, le thème : "Aux doctrines subversives, aux enseignements funestes, il faut opposer les saintes leçons de l'Evangile; au matérialisme, les notions de sacrifice; à l'esprit cosmopolite, l'idée de Patrie; à la négation athée, l'affirmation catholique...'" (Jacques Ploncard d'Assac, ibid., p. 124).

"La vraie contre-révolution, écrit M. Dimier, ne vas pas sans un programme social, par la raison que le Révolution a fait état de méconnaître la catégorie des rapports économiques... Le syndicalisme, l'organisation du travail sont d'accord avec tous les principes de l'ordre, contraires à la Révolution.

"... C'est un des artifices les plus monstrueux de la propagande que d'avoir dressé les travailleurs contre la vraie droite, leur alliée naturelle, car, seule, elle préconise l'établissement d'un ordre social basé sur les lois naturelles, mais 'la Révolution dont ils éprouvent le mal, a façonné leur intelligence à ne maudire que ses ennemis'.

"On sait que Proudhon a été souvent revendiqué, comme un des maîtres de la pensée contrerévolutionnaire... Cela n'est étonnant qu'en apparence. Si l'on veut bien considérer que le socialisme - je ne dis pas le marxisme, qui est tout autre chose - traduit la révolte spontanée des prolétaires contre la société démo-capitaliste instaurée par les hommes de 1789, les choses deviennent plus claires.

Ce qui fait la nocivité du marxisme, c'est l'esprit de lutte des classes, destructeur de toute communauté nationale. Le socialisme n'est pas lié nécessairement à l'idée de lutte des classes et c'est précisément ce qui nous permet de revendiquer bien des pages de Proudhon comme authentiquement contre-révolutionnaire.

Voyez par exemple ce qu'il dit du véritable contrat social qu'il oppose aux sophismes de J.-J. Rousseau :

"... Le contrat social doit embrasser l'universalité des citoyens, de leurs intérêts et de leurs rapports. Si un seul homme était exclu du contrat, si un seul des intérêts sur lesquels les membres de la nation, êtres intelligents, industrieux, sensibles sont appelés à traiter, étaient omis, le contrat serait plus ou moins relatif et spécial; il ne serait pas social.

"Le contrat social doit augmenter pour chaque citoyen le bien-être et la liberté. S'il s'y glissait des conditions léonines, si une partie des citoyens se trouvait, en vertu du contrat, subalternisée, exploitée par l'autre, ce ne serait plus un contrat, ce serait une fraude contre laquelle la résiliation pourrait être à toute heure et de plein droit invoquée."

"Et Proudhon, s'en prenant directement à J.-J. Rousseau écrit :

"Rousseau définit ainsi le contrat social : 'Trouver une forme d'association qui défende et protège, de toute la force commune, la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun s'unissant à tous, n'obéisse, qu'à lui-même, et reste aussi libre qu'auparavant'.

"Oui, ce sont bien là des conditions du pacte social, quant à la protection et à la défense des biens et des personnes. mais, quant au mode d'acquisition et de transmission des biens, quant au travail, à l'échange, à la valeur et au prix des produits, à l'éducation, à cette foule de rapports qui, bon gré, mal gré, constituent l'homme en société perpétuelle avec ses semblables, Rousseau ne dit mot, sa théorie est de la plus parfaite insignifiance..."

"La Révolution a défait l'ancien ordre social. Elle n'a rien reconstitué et n'a songé à défendre que les biens de ceux qui l'avait faite. Alors, en face d'eux s'est levée la classe des oubliés. Il y a là une conséquence trop néfaste et trop évidente pour que l'école contrerévolutionnaire ne s'en soit pas emparée comme d'un argument irrésistible contre les Principes de 1789. Proudhon nous rejoint, ou nous rejoignons Proudhon, comme on voudra. 

"... Et Proudhon de conclure sur Rousseau en ces termes : 'Jamais homme n'avait réuni à un tel degré l'orgueil de l'esprit, la sécheresse de l'âme, la bassesse des inclinations, la dépravation des habitudes, l'ingratitude de coeur; jamais l'éloquence des passions, l'ostentation de la sensibilité, l'effronterie du paradoxe, n'excitèrent une telle fièvre d'engouement... Disons pour finir, qu'à la honte du XVIIIe siècle et du nôtre, le Contrat social de Rousseau, chef d'oeuvre de jonglerie oratoire, a été admiré, porté aux nues, regardé comme la table des libertés publiques; que Constituante, Girondins, Jacobins, Cordeliers le prirent tous pour oracle. Qu'il a servi de texte à la constitution de 1793, déclarée absurde par ses propres auteurs..., et que c'est encore de ce livre que s'inspirent aujourd'hui les plus zélés réformateurs de la science politique et sociale. Le cadavre de l'auteur que le peuple trainera à Montfaucon le jour où il aura compris le sens de ces mots, Liberté, Justice, Morale, Raison, Société, Ordre, repose glorieux et vénéré sous les catacombes du Panthéon, où n'entrera jamais un de ces honnêtes travailleurs qui nourrissent de leur sang leur pauvre famille, tandis que les profonds génies qu'on expose à leur adoration, envoient dans leur rage lubrique, leurs bâtards à l'hôpital". Comment ne pas comprendre que l'Ecole contrerévolutionnaire se réclame, aussi, du socialiste national Proudhon ?" (Jacques Ploncard d'AssacLes Idées qui tuent, Société de philosophie politique, Lisbonne 1971, p. 39-40).

"Il y a dans ces années 1860 trois courants qui s'affrontent : l'individualisme libéral ploutocratique ("droite" orléaniste), le socialisme marxiste et le corporatisme traditionaliste. Avec des fortunes variées, ces trois courants vont continuer d'exister dans les cent années qui suivent. On verra les deux premiers s'allier contre le troisième dans lequel ils ont reconnu leur commun ennemi et cette collusion seule désigne le corporatisme comme la solution vraie, exacte, correcte du problème économico-social. ...

"L'Encyclopédie soviétique rappelle justement que Marx et Engels admettaient parfaitement la 'collaboration des communistes avec les démocrates petits bourgeois dans le cadre d'une même organisation', pourvu qu'ils n'oublient pas que 'la Révolution démocratique bourgeoise n'est qu'une étape indispensable de la lutte et non le but final'. Alors que le Comte de Chambord cherche sincèrement à améliorer le sort des classes ouvrières en les organisant, en les protégeant contre l'arbitraire patronal, en faisant de l'Etat l'arbitre des intérêts divergents, Karl Marx, lui, entend exploiter les contradictions internes du système capitaliste... pour faire la Révolution et installer son parti au pouvoir..." (Jacques Ploncard d'AssacLes idées qui tuent, Société de philosophie politique, Lisbonne 1971, p. 101-104).

"Ces notes sont importantes pour l'histoire des idées. Elles confirment que la question sociale ... n'avait pas échappé à la droite légitimiste ..., mais que, seule, elle insistait sur cette question et, qu'en définitive elle manqua le pouvoir par la conjugaison de la gauche républicaine et de la 'droite' orléaniste, celle des affaires..." (Jacques Ploncard d'Assac, ibid., p. 131.)

Au XXe siècle, Même chose que pour l'égalité fiscale des Français devant l'impôt, qu'il s'agisse des "congés payés", de la "liberté syndicale", des Caisses de maladie, des Caisses de retraites et de secours mutuelles, de la participation, de la loi des huit heures, du minimum salarial, du minimum vieillesse, la gauche n’a rien inventé : elle recopia ces lois sociales des royalistes des années 1840 et des propositions de lois qu'ils firent depuis la Révolution de 1789 que les républicains refusèrent pendant un siècle aux ouvriers...

 

"La Révolution a défait l'ancien ordre social. Elle n'a rien reconstitué et n'a songé à défendre que les biens de ceux qui l'avait faite", écrivit Proudhon à propos du XIXe siècle. Au XXIe siècle, les héritiers macronistes de la Révolution de 1789 "ont un rapport purement utilitariste et prédateur aux choses; Ils viennent, ils se servent, ils cassent, ils repartent. C'est typiquement un BDE d'école de commerce qui fait une soirée : ils viennent, ils cassent tout, ils s'en vont en disant qu'ils ne sont pas responsables. Ils font cela avec l'hôpital, l'école, la police, avec l'Etat de manière générale, avec le langage politique, avec la démocratie. On a élu des gens d'une médiocrité morale et intellectuelle stupéfiante", comme l'a parfaitement résumé l'historien Johann Chapoutot.

Partager cet article
Repost0
4 août 2024 7 04 /08 /août /2024 17:44

Les vomissures des Jeux olympiques de Paris ont sauvé ma foi

 

Description de cette image, également commentée ci-aprèsLa France était peut-être le pays le plus béni par le génie artistique, mais elle a rejeté ce don pour finir comme "un fumier "multiculturel", un vomitorium où le nihilisme et la laideur, la frivolité et la bassesse, l'inanité et la saleté chantent fièrement l'épithalame", a écrit le célèbre écrivain espagnol Juan Manuel de Prada dans ABC.es (2 août).

 

"Là où les Lumières du Ciel ont été refusées, on ne peut s'éclairer qu'avec les flammes de l'enfer."

 

Selon de Prada, la grandeur séculaire de la culture française est d'abord entrée dans une phase de gonflement pompeux et décadent, puis s'est remplie de vers et de putréfaction, pour finalement se déverser fétidement sur le monde comme un sac de pus en train d'éclater.

 

Lire : JO : Une belle analyse de Tatiana Ventôse, "la France est un asile à ciel ouvert (et le monde entier est au courant)"

 

Ainsi, "la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris pourrait entrer dans l'histoire comme la cérémonie de clôture de la "civilisation occidentale", qui n'a jamais été une véritable civilisation, mais un parasitisme apostat sur les ruines de la civilisation chrétienne éteinte".

 

Le dépassement de la culture chrétienne n'était rien d'autre que les convulsions désespérées d'un démoniaque qui crie en vain à l'exorcisme et le déguise en vaines postures.

 

Le célèbre auteur se demande pourquoi, de toutes les religions, cette populace ne déteste que la religion catholique. Sa réponse : "Pour la simple raison que, dans l'abîme pestilentiel où ils se tortillent, ils savent qu'elle est vraie".

 

De Prada avoue que "cette sombre réalité m'a sauvé à maintes reprises lorsque ma foi était sur le point de s'effondrer".

 

 

SOURCE: GloriaTv

Partager cet article
Repost0

Articles RÉCents

  • Les hérésies du rituel maçonnique
    Les hommes, unis par une même langue, ont voulu construire une tour pour atteindre le ciel, non par amour de Dieu, mais par orgueil, pour se faire un nom et éviter d’être dispersés. Dieu a confondu leur langage et les a dispersés sur la face de la terre. Dans...
  • Saint Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars († 1859)
    Saint Curé d'Ars, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 119. On a dit de plus d'un personnage, de plu s d'un Saint, qu'ils furent les prodiges de leur siècle. Ceci n'est peut-être vrai de personne autant que du curé d'Ars...
  • Sainte Lydie de la Pourpre (Ier s.)
    Lydie de Thyatire (ville de Mysie, actuelle Turquie) ou Lydie de la Pourpre (Ier s.) D'après Saint Luc, elle serait la première Européenne à s'être convertie au Christ. Saint Paul l'aurait rencontrée alors qu'il arrivait en Macédoine orientale. Elle était...
  • Saint Pierre-Julien Eymard
    Fondateur de la Congrégation des Pères du Saint-Sacrement et de celle des Servantes du Saint-Sacrement (1811-1868). Fils d'un boutiquier de village dans la région de Grenoble, il fut d'abord prêtre séculier. En 1839, il entre chez les Pères maristes dont...
  • Saint Alphonse-Marie de Liguori
    Évêque, fondateur de la “Congregatio Sanctissimi Redemptoris” Docteur de l'Église Alfonso Maria de Liguori naît à Marianella, près de Naples, le 27 septembre 1696, dans une famille noble. Après de fort brillantes études, docteur en droit civil et canonique...
  • Saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de Jésus
    Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 85. Un militaire Saint Ignace naquit en 1491 a u château de Loyola, en Espagne. Il était le dernier de douze enfants, et il donna dès son bas âge des marques d'une grande vivacité d'esprit....
  • Sainte Juliette
    Le martyre de sainte Julitte (anonyme, 2e moitié du XVIIe siècle), église Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte de Villejuif Julitte de Tarse ou Juliette de Césarée est une riche veuve de Césarée (aujourd'hui Kayseri en Turquie), dépouillée par un homme d'affaires...
  • Le Parti communiste chinois publie des directives draconiennes à l'intention de l'Église catholique en Chine - texte intégral
    En Chine, les prêtres sont tenus de se conformer aux directives officielles : un nouveau code de conduite a été dévoilé (en février dernier – voir le texte intégral ci-dessous), exigeant du clergé un lien étroit avec le parti au pouvoir et le socialisme....
  • Sainte Marthe, Vierge († v. l'an 81)
    Sainte Marthe, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 141. Sainte Marthe était soeur de Lazare . C'est elle qui dirigeait la maison de Béthanie et s'en montrait digne par sa douceur et son amabilité envers les siens, par sa...
  • Nouvelles directives synodales : des "représentants d’autres Églises et communautés chrétiennes ou d’autres religions", des laïcs dans des rôles de direction et "une liturgie en clé synodale"
    Un synode est (était) par définition un événement : il a été convoqué, tenu et conclu. Il en a été ainsi pendant vingt siècles. Le Synode sur la synodalité s’est achevé en octobre 2024. Son document final a été remis. Affaire classée, pourrait-on penser....