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30 août 2009 7 30 /08 /août /2009 07:00

Mis à jour le dimanche 23 novembre 2025

La lecture du jour dans le rite extraordinaire de la messe rapporte cette parole de saint Paul aux Galates : 
 

"Frères, les promesses ont été faites à Abraham et à sa descendance. Il n'est pas dit : 'Et à ses descendants,' comme pour plusieurs, mais, comme pour un seul : Et à ta descendance, c'est à dire au Christ." (Epître de Saint Paul aux Galates, III, 15-16)



De sorte que les Juifs d'aujourd'hui prétendant être sauvés en raison de cette promesse de Dieu à Abraham "et à sa descendance", mais n'ayant pas reçu le Christ sont exclus de cette promesse. La descendance d'Abraham, sa postérité se trouve dans le Christ. Il s'agit d'une descendance religieuse, spirituelle, et non raciale...

 

Déjà du temps du Christ, le judaïsme ne se définissait plus comme une filiation "on est le fils de", mais comme une pratique, le respect de la Torah.

 

L'interprétation rabbinique d'"Édom" est diamétralement opposée à celle de saint Augustin, exposée ci-dessous. Cela participe également au mystère de l'Antéchrist, faux Messie aux promesses mensongères. La figure du frère aîné et du frère cadet, omniprésente dans l'Écriture, est fondamentale. L'aîné nourrit du ressentiment envers le cadet et tente parfois de le tuer. Mais une réconciliation a lieu à la fin, selon que l'on considère le Christ comme le Messie, on appartient ou non à l'un ou l'autre camp.

 

"Cette doctrine apostolique et catholique [Gal. 4-5, etc.] montre certainement très clairement que les Juifs, c’est-à-dire les Israélites, appartiennent à Sarah, et les Ismaélites à Agar, selon la filiation charnelle, mais selon le mystère spirituel les chrétiens appartiennent à Sarah, les Juifs à Agar.

 

"De même, la race des Iduméens, selon la filiation charnelle, appartient à Ésaü, aussi appelé Édom, et la race des Juifs à Jacob, aussi appelé Israël ; mais selon le mystère spirituel, les Juifs appartiennent à Ésaü, les chrétiens à Israël.

 

"Ainsi s'accomplit la déclaration : 'L'aîné servira le plus jeune', c'est-à-dire que le peuple juif, né le premier, servira le peuple chrétien, né après.

 

Voilà comment nous sommes d’Israël : nous nous glorifions d’une adoption divine et non d’une parenté humaine ; Juifs intérieurement et non extérieurement ; non selon la lettre, mais selon l’esprit ; par la circoncision du cœur et non de la chair.

 

Saint Augustin, Lettre 196 : À Mgr Asellicus (418)

 

Cf. Joshua Charles

 

 

De fait, et notamment à partir des rois hellénistique séleucides de Syrie, il y eut peuplement de nombreux immigrés européens celtes et grecs en Palestine qui n'était donc pas des 'juifs de race', mais qui se convertirent au judaïsme. "On ne naît pas simplement juif, on peut le devenir. Et de fait, il y a des gens qui le deviennent..." (voir la video de l'historien Maurice Sartre). 



Ceci est l'enseignement constant de l'Eglise depuis deux mille ans. 

 

Et contrairement à l'opinion courante il s'agit de la même position jusqu'au concile Vatican II inclus.

 

Le "nouveau peuple élu", "novi populi electi", du texte latin de la note 1 du décret Optatam Totius du Concile Vatican II).

 

Le texte français passe du latin novi populi electi à "peuple nouveau" :

 

"Le progrès de tout le Peuple de Dieu, par la volonté du Christ lui-même, dépend éminemment du ministère des prêtres: c’est là une affirmation qui ressort clairement des paroles par lesquelles le Seigneur a constitué les Apôtres et leurs successeurs et coopérateurs, hérauts de l’Évangile, chefs du peuple nouveau et intendants des mystères de Dieu. Les paroles des Pères et des saints ainsi que les documents réitérés des Souverains Pontifes en sont la confirmation. Cf. en premier: saint Pie X, exhort. au clergé Haerent animo, 4 août 1908: S. Pii X Acta IV, p. 236-264. – Pie XI, Encycl. Ad catholici Sacerdotii, 20 décembre 1935: AAS 28 (1936); imprimis, p. 37-52. – Pie XII, adhort. apost. Menti Nostrae, 23 septembre 1950: AAS 42 (1950), p. 657-702. – Jean XXIII, Encycl. Sacerdotii Nostri primordia, 1er août 1959: AAS 51 (1959), p. 545-579. – Paul VI, épître apost. Summi Dei Verbum, 4 novembre 1963: AAS 55 (1963).

(Note 1 du décret Optatam Totius du très Saint Concile Vatican II)

 

Lumen Gentium 9

 

"Nous pensons que le peuple élu, le peuple de Dieu, c'est à présent nous." (Benoît XVI, Audience générale du 19 octobre 2005 , §3).

 

 

Ad. 20-09-2025

 

 

« Le Christ a également pris l'Église et l'a établie à la place de la synagogue. De même que par l'infidélité, la synagogue s'est séparée de Dieu et est morte, ainsi par la foi, l'Église a été unie au Christ et a reçu la vie.

 

Comme le dit l'apôtre, par orgueil ''les branches'' de l'olivier ''ont été coupées'' (Romains 11:17), afin que l'humble olivier sauvage puisse être greffé.

 

Pour cette raison Isaac prit Rebecca, ''et parce qu'il l'aimait, il fut consolé pour la perte de sa mère'' (Gen. 24:67), le Christ prit l'Église et l'aima tellement que par cet amour même, il tempéra le chagrin qui était occasionné par la mort de sa mère, la synagogue.

 

En effet, tout comme l'infidélité de la synagogue a causé la douleur du Christ, la foi de l'Église a produit la joie en Lui. De même, comme il a perdu la nation des Juifs par la méchanceté de la synagogue - et encore pas toute - le Christ Seigneur a acquis le monde entier par la foi de l'Église. » Saint Césaire d'Arles (470-542), Sermon 85 : Sur le serviteur d'Abraham qui a été envoyé à Rebecca, §5)

 

 

La parabole des vignerons homicides

 

Le nouveau peuple élu est annoncé en parabole lorsque Jésus s'adressant aux ''grands prêtres, les scribes et les anciens'' (Mc 11,27) dans Marc 12,1-9 leur annonce que la vigne (le peuple d'Israël) qu'ils cultivent sera donnée à d'autres vignerons par le ''maître de la vigne'', parce qu'ils ont tué les prophètes et même le ''Fils bien-aimé''... La parabole de Jésus vise la caste aristocratique des grands prêtres (aussi appelée sadducéens) opposés à la mission divine.

 

Contexte: "Jésus est confronté aux Pharisiens et aux Docteurs de la loi qui se sont approprié la vigne, c’est-à-dire le peuple d’Israël. Ils l’ont détourné de Dieu pour lui faire emprunter leur propre chemin et satisfaire leurs intérêts personnels. Ils ont parfaitement compris que cette parabole les visait directement en les assimilant aux "vignerons homicides". À partir de ce moment, ils n’auront de cesse de chercher à faire arrêter Jésus pour qu’il soit jugé et châtié." (Cf. Marc Paitier, La parabole des vignerons homicides ou l’épreuve de la miséricorde, Aleteia)

 

''Jésus se mit à leur parler en paraboles : 'Un homme (Dieu) planta une vigne, il l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour de garde. Puis il loua cette vigne à des vignerons (le clergé hébreux), et partit en voyage. Le moment venu, il envoya un serviteur auprès des vignerons pour se faire remettre par eux ce qui lui revenait des fruits de la vigne. Mais les vignerons se saisirent du serviteur, le frappèrent, et le renvoyèrent les mains vides. De nouveau, il leur envoya un autre serviteur ; et celui-là, ils l’assommèrent et l’humilièrent. Il en envoya encore un autre, et celui-là, ils le tuèrent ; puis beaucoup d’autres serviteurs : ils frappèrent les uns et tuèrent les autres. Il lui restait encore quelqu’un : son fils bien-aimé. Il l’envoya vers eux en dernier, en se disant : “Ils respecteront mon fils.” Mais ces vignerons-là se dirent entre eux : “Voici l’héritier : allons-y ! tuons-le, et l’héritage va être à nous !” Ils se saisirent de lui, le tuèrent, et le jetèrent hors de la vigne. Que fera le maître de la vigne ? Il viendra, fera périr les vignerons, et donnera la vigne à d’autres.' ''

Parabole des Vignerons homicides, La vigne de la Colère

 

Au XVIe siècle, ''si Luther et les autres ''réformateurs'' ont appliqué la parabole des vignerons homicides à la Papauté, c'est qu'ils admettaient que la vigne lui avaient été confiée et ils reconnaissaient implicitement que la ''vigne'' (symbolisant l'Église ou la mission divine) avait été confiée à cette institution. En utilisant cette parabole contre la Papauté, les réformateurs reconnaissaient l'origine divine de la mission, ils admettaient que l'Église catholique avait été établie avec une mission divine (la vigne confiée par le propriétaire). Et en critiquant la gestion, ils accusaient les dirigeants de l'Église catholique (les vignerons homicides) de ne pas avoir rempli leur rôle de manière fidèle, voire d'avoir agi CONTRE la volonté de Dieu en rejetant les réformes qu'eux-mêmes proposaient... Or, en appliquant cette parabole, les réformateurs protestants se posaient en successeurs légitimes : ils se voyaient eux-mêmes comme ceux qui reprenaient la mission authentique, en contraste avec ce qu'ils considéraient comme les défaillances de l'Église catholique romaine. Ils justifiaient leur rupture en disant que cela faisant partie de leur argumentation pour légitimer la séparation d'avec Rome. Ainsi, leur utilisation de la parabole suggère qu'ils reconnaissaient une certaine légitimité originelle à l'institution ecclésiale visée, mais contestaient fortement sa gestion et son orientation à leur époque.'' (Cf. Clément GRELET, Critique fondamentale du Protestantisme, Mise en lumière d'une ambition & son examen face à la Sainte Écriture, Broché, 2019)

via FIDELIS VERAX

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Daniel 2,44 mentionne qu' ''au temps de ces rois, le Dieu du ciel suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit, et dont la royauté ne passera pas à un autre peuple. Ce dernier royaume pulvérisera et anéantira tous les autres, mais lui-même subsistera à jamais.'' Et Mt 21,43-44 précise: ''43. Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits. 44. Et tout homme qui tombera sur cette pierre s’y brisera ; celui sur qui elle tombera, elle le réduira en poussière !'''. Tous les exégètes disent que le verset 44 renvoie à Daniel 2,44.

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La parabole des vignerons homicides s’adresse également à chacun d’entre nous. Dieu comme le propriétaire parti en voyage, nous fait confiance et nous laisse libre sans chercher à nous contraindre et à nous écraser de sa puissance.

 

Il a envoyé son propre Fils pour nous racheter et nous continuons de le crucifier par nos propres péchés." (Cf. Marc Paitier, La parabole des vignerons homicides ou l’épreuve de la miséricorde, Aleteia)

***

Lire aussi:

-Le vrai Judaïsme

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commentaires

C
Comment expliquer cette parole de Saint-Paul au sujet des juifs qui n’ont pas reconnu le Christ ?<br /> “Il est vrai en ce qui concerne l’Evangile, [les juifs] sont encore ennemis à cause de vous ; mais eu égard au Choix Divin, ils sont aimés à cause de leur pères. Car les dons et la vocation de Dieu sont sans repentance. Et comme vous-même autrefois vous avez désobéi à Dieu, et que, par le fait de leur désobéissance, vous avez maintenant obtenu miséricorde, de même eux aussi, ils ont maintenant désobéi, à cause de la miséricorde qui vous a été faite, afin qu’ils obtiennent également miséricorde. Car Dieu a enfermé tous les hommes dans la désobéissance, pour faire miséricorde à tous”.<br /> Saint Paul, épître aux romains, chapître XI, versets 28 à 33, traduction du chanoine Crampon.
Répondre
I
<br /> Crux “Car les dons et la vocation de Dieu sont sans repentance” : je dirais oui, à condition de rester fidèle.<br /> <br /> L’allégorie de l’olivier franc (Israël) et de l’olivier sauvage (les païens) de Saint Paul que l’on trouve cet Epître aux Romains (chapitre 11, verset 23-24) rapporte que (mes commentaires sont<br /> entre parenthèse) : “Quant à eux (les Juifs), s’ils ne demeurent pas dans l’infidélité, ils seront greffés, eux aussi; car Dieu a le pouvoir de les greffer à nouveau. Si toi, en effet (les<br /> païens), retranché de l’olivier sauvage auquel tu appartenais par nature, tu as été, contrairement à la nature (promesse de Dieu à Abraham et à sa descendance), greffé sur l’olivier franc (Israël<br /> : filiation religieuse et non plus raciale), combien plus ceux-ci (les Juifs) seront-ils greffés sur leur propre olivier (Israël) auquel ils appartennent par nature !”<br /> <br /> <br /> Note x au verset 24, tob, p. 2726 : Conforme ou non aux usages de l’arboriculture, cette parabole doit être interprétée en fonction du but visé par Paul : déraciner toute suffisance et tout<br /> mépris à l’égard d’Israël chez les chrétiens d’origine païenne. Le verset 24 doit être compris à la lumière de la doctrine constamment affirmée par saint Paul : pour le juif, comme pour le païen,<br /> l’élection en Jésus-Christ est un don irrévocable, (”sans repentance”) certes, mais suceptible de nous être retirer si l’on est infidèle.<br /> <br /> <br /> A mettre en relation avec le verset 15 : “Si, en effet, leur mise à l’écart (des Juifs) a été la réconciliation du monde, que sera leur (les Juifs) réintégration, sinon le passage de la mort à la<br /> vie?. Le sens de cette expression “la réconciliation”, est précisé en 2 Corinthiens 5, 17-19 : “Aussi, si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Le monde ancien est passé, voici<br /> qu’une réalité nouvelle est là. Tout vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par le Christ et nous a confié le ministère de la réconciliation. (…) C’était Dieu qui en Christ réconciliait<br /> le monde avec lui-même, ne mettant pas leurs fautes au compte des hommes, et mettant en nous la parole de la réconciliation”.<br /> <br /> <br /> L’allégorie de l’olivier a été fournie à Paul par Jérémie 11. 16 et Osée 14. 7.<br /> <br /> <br /> <br />

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