Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 juillet 2017 6 15 /07 /juillet /2017 00:00

Les oeuvres du Christ ne reculent pas, mais elles progressent.

S. Bonaventure

Saint Bonaventure, docteur de l'Église (1217-1274)

Le "second fondateur de l'ordre franciscain", surnommé "le docteur séraphique", S. Bonaventure naît Giovanni (Jean) da Fidanza probablement en 1217 à Civita de Bagnoregio (Toscane, Italie) de de parents recommandables par leur piété, Giovanni Fidanza, médecin, et Maria di Ritello. Il fut le septième ministre général de l'ordre des frères mineurs (Franciscains).

À l’âge de quatre ans, il fut attaqué d’une maladie si dangereuse, que les médecins désespérèrent de sa vie. Sa mère alla se jeter aux pieds de saint François d’Assise  (✝1226) le conjurant d’intercéder auprès de Dieu pour un enfant qui lui était si cher. Le Saint, touché de compassion, se mit en prière, et le malade se trouva parfaitement guéri. Par reconnaissance, Giovanni entrera dans l’Ordre fondé par saint François, et en deviendra l’ornement et la gloire. Le saint patriarche, près de finir sa course mortelle, lui prédit toutes les grâces dont la miséricorde divine le comblerait, et s’écria tout à coup, dans un ravissement prophétique : "O buona ventura !", paroles italiennes qui signifient : Ô la bonne rencontre ! De là vint le nom de Bonaventure qui fut donné à notre Saint.

 

Durant les années 1232-1246, élève d'Alexandre de Hales (1245), Giovanni da Fidanza, Bonaventure, est étudiant à l’Université de Paris, où il lie avec saint Thomas une amitié qui semblera faire revivre celle de saint Grégoire de Nazianze et de saint Basile. Tous deux courent plus qu’ils ne marchent dans la carrière des sciences et de la vertu, et, d’étudiants de génie, ils parviennent en peu de temps à la gloire des plus savants professeurs et des docteurs les plus illustres. Les études de Bonaventure ne sont que la prolongation de sa fervente oraison.

 

Dans ces années-là, à Paris, se répandait une violente polémique contre les frères mineurs de saint François et les frères prédicateurs de saint Dominique de Guzman. On leur contestait le droit d'enseigner à l'Université, et l'on allait jusqu'à mettre en doute l'authenticité de leur vie consacrée. Assurément, les changements introduits par les ordres mendiants dans la manière d'envisager la vie religieuse, étaient tellement innovateurs que tous ne parvenaient pas à les comprendre. S'ajoutaient ensuite, comme cela arrive parfois même entre des personnes sincèrement religieuses, des motifs de faiblesse humaine, comme l'envie et la jalousie. Bonaventure, même s'il était encerclé par l'opposition des autres maîtres universitaires, avait déjà commencé à enseigner à la chaire de théologie des franciscains et, pour répondre à qui contestait les ordres mendiants, il composa un écrit intitulé La perfection évangélique. Dans cet écrit, il démontra comment les ordres mendiants, spécialement les frères mineurs, en pratiquant les vœux de chasteté et d'obéissance, suivaient les conseils de l'Evangile lui-même.

Saint Bonaventure recevant la communion des mains d'un ange . F. de Herrera. XVIIe siècle

Saint Bonaventure recevant la communion des mains d'un ange . F. de Herrera. XVIIe siècle

De 1253 à 1255, Bonaventure est maître régent, titulaire de la chaire franciscaine de la faculté de théologie de l'Université de Paris. Il est surnommé le Docteur séraphique.

 

Bonaventure cherchait en toutes choses la gloire de Dieu et sa propre sanctification. Jamais il ne s'appliquait au travail sans invoquer les lumières de l'Esprit-Saint. Cet esprit de piété donne à ses écrits une chaleur et une onction toute divine, ce qui l'a fait appeler docteur séraphique. Saint Thomas d’Aquin vint un jour le visiter et lui demanda dans quels livres il puisait cette profonde doctrine qu’on admirait en lui. Bonaventure lui montra quelques volumes : mais, son ami faisant l’incrédule, il finit par montrer un crucifix qui était sur sa table, et lui dit :

 

"Voilà l’unique source de ma doctrine ; c’est dans ces plaies sacrées que je puise mes lumières !"

Saint Bonaventure, docteur de l'Église (1217-1274)

Élu général de l'Ordre des Franciscains en 1556 malgré ses larmes, il le mit sous la protection de la très-sainte-Vierge, et s'appliqua à y corriger les abus et à y rétablir la paix et l'harmonie. Il continua ses travaux ; mais, de tous, celui qui lui fut le plus cher fut la Vie de saint François d’Assise, qu’il écrivit avec une plume trempée dans l’amour divin, après avoir visité tous les lieux où avait passé son bienheureux père.

 

Saint Thomas vint un jour lui rendre visite, et, à travers sa porte entrouverte, l’aperçut ravi, hors de lui-même et élevé de terre, pendant qu’il travaillait à la vie du saint fondateur ; il se retira avec respect, en disant : "Laissons un Saint faire la vie d’un Saint."

 

Bonaventure avait à peu près cinquante six ans quand, le 3 juin 1273, le Bx Grégoire X (Tebaldo Visconti, 1271-1276) le nomma cardinal-évêque d’Albano. Les envoyés du Pape le trouvèrent, lui, général de l’Ordre, l'un des plus grands théologiens et philosophes du Moyen Âge occupé, avec plusieurs frères, à laver la vaisselle.

 

Dans son Itinéraire de l'Esprit à Dieu, un de ses plus célèbres ouvrages, il se trouve un ardent admirateur de la nature : il trouve dans la création sensible le premier palier grâce auquel l'homme monte vers Dieu.

 

Il meurt ministre général des Franciscains, le 15 juillet 1274.

 

Les élèves de Bonaventure défendront son esprit contre l'aristotélisme envahissant : Gauthier de Bruges, pour qui l'existence de Dieu est "la première vérité" et donc ne peut pas être prouvée a priori; John (ou Jean) Peckham, maître en théologie d’Oxford et de Paris, qui s'opposa à Thomas d'Aquin sur la nature de l'âme, Guillaume de la Mare, Maître Régent à l'Université de Paris, auteur de Correctorium Fratris Thomae, critique de l'œuvre de Thomas, et Mathieu (ou Matteo) d'Aquasparta, Maître en Théologie à Paris qui prêcha une croisade dans les États pontificaux pour défendre le pape Boniface VIII contre les attaques de Philippe le Bel.

 

Bonaventure a été inscrit dans le livre des saints le 14 avril 1482 par le pape franciscain Sixte IV (Francesco della Rovere, 1471-1484).

 

 

En 1588, un autre pape franciscain, Sixte V (Felice Peretti, 1585-1590) le déclara “Docteur de l’Église”.

Saint Bonaventure, docteur de l'Église (1217-1274)
Le 3 mars 2010, Benoît XVI a tracé un portrait de Bonaventure, un personnage a dit le Pape, "qui m'est particulièrement cher pour l'avoir étudié dans ma jeunesse". Cet "homme d'action et de contemplation, de grande piété et de prudence", explique Benoît XVI, fut un des principaux promoteurs de l'harmonie entre Foi et culture au XIII siècle.
 

Benoît XVI a conclu la biographie de ce Docteur de l'Église en invitant à recueillir l'héritage de Saint Bonaventure, qui résumait le sens de sa vie ainsi:

 

"Sur terre nous pouvons contempler l'immensité Divine grâce au raisonnement et à l'admiration.

A l'inverse, au Ciel, lorsque nous serons devenus semblables à Dieu, par la vision et l'extase...nous entrerons dans la Joie de Dieu". (source: VIS 100303-540 et La conoscenza di Cristo, q. 6, conclusione, in Opere di San Bonaventura. Opuscoli Teologici/1, Roma 1993, p. 187).

 

 

PRATIQUE. Faites les choses communes d'une manière non commune.

Saint Bonaventure, docteur de l'Église (1217-1274)

Sources

 

(1) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 195; (2) Audience Générale de Benoît XVI du mercredi 3 mars 2010 sur Saint Bonaventure; (3); (4); (5); (6); (7) Ivan GOBRY, Saint-François d'Assise et l'esprit franciscain, Maîtres spirituels aux Editions du Seuil, 1957, p. 83; 110

Partager cet article

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article

commentaires