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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 10:38

L'Eglise catholique est intolérante dans les principes et tolérante dans la pratique, les ennemis de l'Eglise c'est le contraire.

Saint cardinal Newman

Lettre d’un prêtre responsable d’un secteur paroissial à son évêque

Lettre d’un prêtre responsable d’un secteur paroissial à son évêque :

 

Cher Père-Evêque,

 

Il y a longtemps que je n’ai pas pu prendre le temps de vous écrire, mais la dernière “feuille de route” que vous avez adressée aux prêtres pour leur donner les grandes orientations de notre diocèse me donne l’occasion de vous mettre au courant des progrès vécus dans notre nouveau secteur paroissial rebaptisé “Les Périphéries” et qui compte désormais 30 clochers.

Comme vous nous l’avez demandé, j’ai invité les quatre prêtres-coopérateurs qui m’aident à ne parler au cours des messes que de choses sans conséquences comme, par exemple, le climat ou encore l’accueil des immigrés clandestins, afin de laisser de côté des questions comme la défense de la vie ou le maintien de la foi.

Je puis vous dire avec joie et fierté que les prêtres de nos paroisses adhérent pleinement à vos orientations. A l’exception d’un seul qui, sans consulter notre équipe, a invité un cardinal à faire une conférence publique sur la foi catholique.

D’autre part, je vous informe que la démolition de la liturgie se poursuit. Tout comme sa féminisation. D’ailleurs, nous avons obtenu un premier résultat positif : le jeune homme dont je vous avais parlé et qui souhaitait devenir prêtre semble avoir définitivement abandonné son projet.

Concernant la distribution de la communion aux célébrations dominicales, il reste encore du travail à faire pour extirper les vieilles habitudes de certains fidèles et pour généraliser la réception sacrilège des hosties permettant de passer d’une foi centrée sur Dieu - celle d’autrefois - à une religion centrée sur l’homme.

Concernant la morale, j’ai le plaisir de vous informer, cher Père-Evêque, que nous avons complètement négligé de rappeler aux fidèles de notre secteur paroissial les enseignements de l’Ecriture ou de la Tradition qui risqueraient de heurter leur sensibilité. Nous commençons à récolter les fruits de notre engagement pastoral : les prêtres (sauf un - toujours le même -) ainsi que les laïcs engagés en catéchèse rappellent aux jeunes que les péchés doivent être considérés comme des actes naturels qui ne posent problème qu’à quelques personnes qu’on peut comparer aux pharisiens critiqués par Jésus lui-même.

Nous avons également fait un bon travail pour convaincre les fidèles que toutes les religions se valent, à l’exception de la notre qui, pendant des siècles, s’est prétendue la seule vraie religion au point de gravement manquer de tolérance. Le moyen que nous avons employé pour obtenir ce beau résultat a été de commencer par réduire la foi à des simples questions d’opinions personnelles, puis d’utiliser ensuite des termes tels que “miséricorde”, “sympathie”, “ouverture d’esprit”, “accueil”...

J’espère que vous trouverez bientôt l’occasion de venir visiter notre secteur paroissial afin que vous puissiez vous rendre compte par vous-même que, comme vous nous l’avez dit lors de notre dernière rencontre, “nous sommes en marche vers une Eglise autre”.

Votre dévoué,

 

Père Alphonse

 

Source : Association Pro Liturgia, Actualité du vendredi 20 novembre 2015

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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 10:21
Péguy: Poème pour nous et pour notre temps de "sensiblerie" et d'"humanitairerie"

Charles Péguy, écrivain, poète et essayiste français (1873 – 1914)

Extrait du poème de Charles Péguy "La tapisserie de sainte Geneviève et de Jeanne d’Arc" (1913) :

 

HUITIÈME JOUR

 

 

POUR LE VENDREDI 10 JANVIER 1913

 

[...] Les armes de Satan c’est la sensiblerie,

C’est censément le droit, l’humanitairerie,

Et c’est la fourberie et c’est la ladrerie ;

 

 

Les armes de Satan c’est la bête lâchée,

Le déshonneur gratuit, la honte remâchée,

Le troupeau mal conduit, la terre mal bêchée ;

 

 

Les armes de Satan c’est le membre arraché,

Le bourgeon retranché, le rameau détaché,

Le boeuf aiguillonné, le cheval cravaché ;

 

 

Les armes de Satan c’est la basse menace

Aux coins de toute lèvre et la gluante trace

Que laisse sur la fleur la visqueuse limace ;

 

 

Les armes de Satan c’est une gagerie,

C’est sa forfanterie et son effronterie,

Et c’est le philologue et sa quincaillerie ;

 

 

Les armes de Satan c’est notre servitude,

C’est notre hébétement, notre longue habitude

Et la nuit et la veille et la lampe et l’étude ;

 

 

Les armes de Satan c'est la criaillerie,

Le vote, le mandat et la suffragerie,

Et l'avocasserie et la haranguerie;

 

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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 09:31
Le Cardinal André Vingt-Trois sur l'"islam" contredit par un imam

Mardi 17/11/2015. Déclaration du Cardinal André Vingt-Trois au cours de la messe qu’il a célébrée à Notre-Dame de Paris : « Ces événements ne sont pas représentatifs de la communauté musulmane. Ce n’est pas l'islam. »

 

Déclaration de l’Imam Yassin Elforkani (Amsterdam) dans le journal néerlandais “Volkskrant” (“Journal du Peuple”) : « Les musulmans doivent cesser de prétendre que la terreur n’a aucun lien avec l’islam. La réalité, dure comme le roc, est que les terroristes légitiment théologiquement leurs actes. Nous ne pouvons continuer à dire : ceci n’a rien à voir avec l’islam. »

 

No comment...

 

Source: Pro Liturgia, Actualité du mardi 17/11/2015

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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 16:24

A notre grand regret, nous ne publions le texte suivant que ce jour. Ce texte nous avait été communiqué par une amie au mois d'octobre. Alors que nous souhaitions le publier dès le 11 octobre dernier et ne l'avions pas fait à cause d'une mention d'une date ("dans les derniers mois de l'année 2015") qui annonçait les attentats. Mais vu les évènements nous publions ce texte aujourd'hui.

 

Voici l'introduction que nous avions prévu d'accompagner à la publication le 11 octobre :

 

Bien évidemment une prophétie peut ne pas se réaliser par une volonté divine au dernier moment. Mais le message suivant reçu du Père Jean-Régis Fropo et l'avertissement très clair qu'il lance à la France, mérite d'être connu du grand nombre, ne serait-ce que par rapport aux conséquences des décisions prises par nos dirigeants:

 

 

Reçu le 10 octobre 2015 :

Si vous étiez conscients de ce qui menace très prochainement la France, vous passeriez vos jours et vos nuits à genoux, à implorer ma miséricorde."

"Venez m'adorer dans vos églises et vos chapelles et je vous délivrerai de tout..." Jésus

 

Ancien responsable du Pôle judiciaire antiterroriste, le juge Marc Trévidic, vice-président du tribunal de grande instance de Lille, livre une analyse inquiétante de la situation actuelle de la France:

 

"La menace terroriste est à un niveau maximal, jamais atteint jusqu'alors. D'abord, nous sommes devenus pour l'EI (EI) l'ennemi numéro un. La France est la cible principale d'une armée de terroristes aux moyens illimités. Ensuite, il est clair que nous sommes particulièrement vulnérables du fait de notre position géographique, de la facilité d'entrer sur notre territoire pour tous les djihadistes d'origine européenne, Français ou non, et du fait de la volonté clairement et sans cesse exprimée par les hommes de l'EI de nous frapper. Et puis, il faut le dire: devant l'ampleur de la menace et la diversité des formes qu'elle peut prendre, notre objectif de lutte antiterroriste est devenu perméable, faillible, et n'a plus l'efficacité qu'il avait auparavant.

 

Enfin, j'ai acquis la conviction que les hommes de Daech ont l'ambition et les moyens de nous atteindre beaucoup plus durement en organisant des actions d'ampleur, incomparables à celles menées jusqu'ici. Je le dis en tant que technicien: les jours les plus sombres sont devant nous. La vraie guerre que l'EI entend porter sur notre sol n'a pas encore commencé. Nous avons en face de nous un groupe - terroriste plus puissant que jamais et plus déterminé. La France est, de fait, confrontée à une double menace. Celle du déferlement de ce que j'appelle les 'scuds' humains du djihad individuel, ces hommes qui passent à l'action sans grande formation ni préparation, agissant seuls, avec plus ou moins de réussite (cellules dites dormantes), comme on a pu le voir ces derniers temps. Et celle, sans commune mesure, que je redoute: des actions d'envergure que prépare sans aucun doute l'EI, comme celles menées par Al-Qaïda, qui se sont soldées parfois par des carnages effroyables... Les hommes de Daech ont les moyens, l'argent et la faculté d'acquérir facilement autant d'armes qu'ils veulent et d'organiser des attaques de masse. Le terrorisme est une surenchère; il faut toujours aller plus loin, frapper plus fort... Ils sont en train de penser à quelque chose de bien plus large, visant en tout premier lieu l'Hexagone... Les Américains sont plus difficiles à atteindre. La France, elle, est facile à toucher. Il y a la proximité géographique, il y a des relais partout en Europe, il y a la facilité opérationnelle de renvoyer de Syrie en France des volontaires aguerris, des Européens, membres de l'organisation, qui peuvent revenir légalement dans l'espace Schengen et s'y fondre avant de passer à l'action..."

 

J'ajouterai à titre personnel: le chrétien est un homme de paix et de conciliation mais il ne doit pas être un naïf. Si vous étudiez sérieusement l'histoire, vous constaterez que depuis 12 siècles, l'Islam ne s'est répandu dans le monde que par la violence, une violence 'sacralisée' au Nom de Dieu. Distinguons bien, cela ne veut pas dire que tous les croyants musulmans sont des violents, il y a parmi eux des hommes de paix et de prière. Mais il y a des versets du Coran que nous ne pouvons pas ignorer:

 

XLVII, 4 Lorsque vous rencontrez ceux qui ont refusé de croire (en Allah) frappez-les à la gorge.

IX, 5 Quand les mois sacrés seront expirés, tuez les infidèles (chrétiens) où que vous les trouviez !

VIII, 39: Comabattez-les jusqu'à ce que la religion soit entièrement à Allah!

VIII, 67 Un prophète, mène le combat (jihâd) contre les infidèles et les hypocrites, et sois dur à leur égard.

IX, 30 Les Chrétiens disent: 'Le Christ est le fils d'Allah' - Qu'Allah les anéantisse!

 

Ce sont ces 'ordres d'Allah' que les partisans de l'EI proclament ouvertement aujourd'hui, il suffit de regarder certaines videos sur you-tube. Leurs armes traditionnellement préférées étant la flagellation, l'égorgement et la décapitation. Dans les révolutions, ce sont les extrémistes qui entrainent les modérés avec les mêmes arguments idéologiques. Les cheiks et imams qui s'expriment sur la TV Al Jazzera ne se cachent pas de leur volonté de conquérir le monde entier à l'Islam.

 

Une petite phrase du pape François, en 2014, lors de son voyage en Sicile vous a peut-être échappé: 'La Troisième guerre mondiale est commencée.; d'après le contexte, il était clair que cette guerre était déclarée entre l'Islam et l'Occident ex-chrétien.

 

Par ailleurs, le charisme de prophétie existe selon cette parole du prophète Amos: 'En vérité, le Seigneur ne fait rien qu'il n'ait révélé son dessein à ses serviteurs les prophètes' (3,7). Le prophétisme n'est pas réservé à l'Ancienne Alliance, les prophètes sont parmi nous (voir Cardinal Ratzinger / Fatima / DC du 16 juillet 2000) Voilà ce que disent certains d'entre eux dont le charisme a été éprouvé depuis des années:

 

'Mon enfant, c'est la guerre, c'est la guerre, c'est la guerre...'

'La Révolution et la guerre civile en France commenceront dans les derniers mois de l'année 2015.

'Enfants, rappelez-vous Noé ! En son temps, l'on mangeait, l'on buvait, l'on construisait et rien ne semblait devoir changer. Noé, lui, avait le coeur ouvert et je l'ai averti de se préparer. Il l'a fait! '

'En ce qui concerne tous tes frères musulmans, intercède sans te lasser, présente-les au Père. Oui, j'ai versé mon sang pour la multitude...'

 

'Voilà pourquoi ils sont si près de vendre l'âme de la France au diable, mais qui croit encore à son existence ? Les coeurs dorment, comme écrasés. France, réveille-toi et mets-toi à genou !'

'Prie pour que le monde soit comme Ninive !' (qui s'est convertie... Cf. Jonas, 2, 11.)

 

France, met tes drapeaux en berne, et prépare-toi pour la vengeance de Dieu. Tu seras abattue, humiliée, ravalée au rang de plus pauvre des pauvres, car tu n'as su saisir la main que je t'ai tendue.

 

Fière, arrogante, odieuse, tu proclames devant ma face tes ignominies avec un aplomb que tu ne peux puiser que dans les puissances infernales ! Comment oses-tu 'défendre les Juifs' en faisant mémoire de l'holocauste alors qu'aujourd'hui en tous tes centres de santé l'on s'acharne à tuer l'enfant qui n'est pas né et à exterminer avec méthode les malades que l'on y a confinés à force de tranquilisants.

France, tu renies le Dieu qui t'a donné la puissance et la gloire tandis que tu t'attachais à défendre sa loi divine... où cours-tu sans élan, disais-je il y a quelque temps ! Maintenant, loin, oh loin de revenir vers moi, tu ne cours pas mais tu te précipites avec frénésie vers l'abîme, enraînant à ta suite tous ceux qui sont venus vers toi: terre de liberté et de respect de chacun !

Désormais, je te délaisserai et tu vivras le sort que je réserve à ceux qui, non content de me trahir, semblent s'en glorifier. Il te faudra descendre jusqu'à toucher le fond de la misère... et jusqu'à reconnaître ton péché si tu veux un jour te relever. Je te retire tes hautes protections et te livre à toi-même et à tes desseins mauvais.

 

Quant à vous, mes bien-aimés, il vous faut revêtir l'armure de la foi et le bouclier de l'espérance. Ne craignez rien si vous m'êtes dévoués: votre vie m'appartient. Restez-moi bien fidèles, priez et intercédez sans vous lasser pour vos frères et soeurs aveuglés. Ne perdez plus de temps à chercher à convaincre ceux que Satan tient englués. Priez ! Rassemblez-vous, organisez-vous pour tenir bon dans la prière, la louange et les oeuvres de charité. Offrez-moi vos coeurs par Marie, offrez-moi vos lèvres, j'y apposerai le baiser de ma paix.

 

Veillez et résistez avec la plus grande vigilance à tout mouvement de haine, à toute colère, à toute expression de jugement sur vos proches ou ceux qui vous gouvernent. Un mot, une consigne: demandez-moi la grâce de la maîtrise de vous-mêmes, relisez l'épître de Saint-Jacques. Exercez-vous tant qu'il est temps: le mal rugit et sa rumeur n'ira qu'en s'amplifiant. Vous ? Réfugiez-vous dans la paix de mon coeur uni à celui de la Vierge ma mère et la vôtre, et vivez pour le Royaume. Vivez des sacrements, intensément, tant que vous le pouvez.

Je bénis celui qui m'aura entendu... jusqu'à m'obéir.

Il me permettra alors de le protéger.

 

Textes rassemblés par le Père Jean-Régis Fropo.

Avertissements pour la France, reçus par le Père Jean-Régis Fropo

Le Père Jean-Régis Fropo est un prêtre exorciste du diocèse de Fréjus Toulon. Il est l'auteur du livre "90 questions à un exorciste. Thérapeutique des emprises maléfiques". Ci-dessous une émission de Kto avec le Père Jean-Régis Fropo, en 2013:

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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 14:15

Suite aux attaques du 13 novembre, le Père Gourrier appelle les évêques et les prêtres au "jeûne et à la prière en ce temps de crise", à "sortir du discours sociologique et humaniste", pour "avoir un discours spirituel", et nous recommande particulièrement à l'intercession de Saint Michel Archange.

 

Merci au Père Gourrier.

13 novembre 2015 Père Gourrier : appel aux évêques et aux prêtres
13 novembre 2015 Père Gourrier : appel aux évêques et aux prêtres
13 novembre 2015 Père Gourrier : appel aux évêques et aux prêtres
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14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 16:00

Le groupe californien "Eagle of Death Metal" (Aigle du Metal de la mort) au Bataclan a été exaucé plus rapidement que prévu hier soir vendredi 13 novembre 2015. Il venait en effet juste d'entamer la chanson "Kiss the Devil" (c'est-à-dire "embrasser le diable") avec les paroles: "I Meet the Devil And this Is His Song" ("J'ai rencontré le diable et voici sa chanson"...) quand l'attaque islamiste a commencé, faisant des dizaines de morts et des dizaines de blessés.

Une chanson "Embrasser le diable" entamée juste avant le début du carnage au Bataclan

Source : Hollande : «Un acte de guerre commis par une armée terroriste», Le Figaro, Par Mis à jour le 14/11/2015 à 14:43 Publié le 13/11/2015 à 22:05

 

Le groupe a réussi à s'enfuir et a décidé de rentrer aux Etats-Unis, apprenait-on à 14h31 de la part du producteur du concert, "Nous Productions". Le groupe a interrompu de fait sa tournée européenne qui comptait des concerts jusqu'au 10 décembre au Portugal. Il était notamment attendu ce soir à Tourcoing puis dimanche à Bruxelles avant de mettre le cap sur l'Allemagne, la Suisse ou les Pays-Bas.

Une chanson "Embrasser le diable" entamée juste avant le début du carnage au Bataclan
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13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 07:20
La Sainte Tunique du Christ exposée à Argenteuil en mars 2016

Conservée à Argenteuil depuis 1200 ans, la tunique dans laquelle le Christ aurait vécu ses derniers instants sur terre sera exceptionnellement exposée l'année prochaine pour l'année de la Miséricorde.

 

L'étoffe aurait été portée par le Christ, de la cène jusqu'à la crucifixion. Cette relique, l'une des plus sacrées du christianisme, sera exceptionnellement exposée du 25 mars au 10 avril 2016 en la basilique Saint-Denys d'Argenteuil dans le Val d'Oise. Fait méconnu, la tunique y est conservée depuis près de 1200 ans. Elle aurait été offerte à Charlemagne au début du IXème siècle par l'impératrice Irène de Constantinople qui cherchait à consolider son empire. Charlemagne confiera la relique à sa fille Théodorade, prieure du monastère d'Argenteuil. Dissimulée dans un mur lors des invasions vikings, découpée et enterrée par un prêtre à la Révolution française, volée puis restituée dans les années 1980... la relique porte les stigmates du temps mais elle a toujours fini par retrouver sa châsse d'Argenteuil.

 

Visible seulement deux fois par siècle, la prochaine ostension aurait dû avoir lieu en 2034. Mais l'évêque de Pontoise a décidé de précipiter les choses pour 2016. Non pas parce qu'en 2034, Mgr Stanislas Lalanne aura 86 ans et ne sera «plus certain de pouvoir assumer» un tel événement, comme il l'affirme en plaisantant, mais bien pour une conjonction de trois événements importants en 2016. Le diocèse de Pontoise fêtera son cinquantième anniversaire, tout comme la basilique d'Argenteuil qui soufflera ses 150 bougies. Mais 2016 sera surtout l'année de la miséricorde, décrétée par le pape François. «Or, cette tunique est le témoignage concret de la miséricorde du Christ, mort sur la croix pour le pardon de nos pêchés», estime Mgr Lalanne qui précise: «Tout le monde est invité à venir la voir, quelle que soit sa religion, et que ce soit dans une démarche de foi ou par simple curiosité.»

 

Présence de sang sur le dos et les épaules

 

L'exposition de cette relique, à laquelle pas moins de 150.000 personnes sont attendues, pose inévitablement la question de son authenticité. Depuis le XIXème siècle, de nombreux scientifiques se sont penchés sur la question. Ainsi, il a été démontré que la matière, la teinture et la méthode de tissage correspondent aux pratiques en vigueur en Syrie et en Palestine dans les premiers siècles de notre ère. Une étude réalisée entre 1932 et 1934 a par ailleurs décelé la présence de sang sur le dos et les épaules, à l'endroit où la croix portée par le Christ aurait reposée lors de sa montée au calvaire. Une datation au carbone 14, réalisée en 2004, a cependant apporté un bémol, déclarant que la tunique avait été tissée entre 530 et 640. Un résultat à relativiser, selon le diocèse, tant il a pu être faussé par l'histoire tumultueuse de la tunique, longtemps enfouie et plusieurs fois au contact de matière organique en décomposition.

 

Fait notable, le sang retrouvé sur la tunique appartient au même groupe AB que celui présent sur le linceul de Turin et le Suaire d'Oviedo. La probabilité pour qu'une telle coïncidence se produise était d'une chance sur 8000, selon le diocèse. Par ailleurs, sept pollens communs ont été retrouvés sur les trois reliques, et deux d'entre eux proviennent uniquement de Palestine: ceux d'un pistachier, Pistacia palestina, et d'un tamarin, Tamarix hampeana. «Le débat sur son authenticité est important, mais pas essentiel», assure Mgr Lalanne. «Sa vénération n'est pas de l'ordre du dogme, mais elle doit être avant tout un appui solide à notre foi dans un monde en perte de sens.»

 

Les points forts:

 

L'ostension de la Sainte tunique se tiendra du 25 mars au 10 avril 2016 dans la basilique d'Argenteuil. Elle aura lieu de 10h à 22h tous les jours, hors des offices religieux.

 

● 25 mars 2016: Ouverture de l'ostension. Chemin de croix à 15h, suivi de l'Office du Vendredi Saint.

 

● Samedi 2 avril 2016: Procession aux flambeaux et veillée d'adoration eucharistique toute la nuit.

 

● Samedi 9 avril 2016: Procession aux flambeaux et veillée d'adoration eucharistique.

 

● Dimanche 10 avril 2016: Vêpres solennelles à 16h30 et clôture de l'ostension.

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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 23:40
Les précieuses découvertes de la prison de saint Pierre

La restauration archéologique de la Prison Mamertine à Rome a mis au jour des fresques qui confortent certaines théories sur saint Pierre et l'Antiquité païenne.

 

La Prison Mamertine, appelée aussi « Tullianum » ou encore « prison de saint Pierre », était la prison d’État de l’ancien Empire romain. C’était une prison souterraine, « un cachot malpropre, obscur, infect, dont l’aspect a quelque chose d’effrayant et d’horrible », selon l’historien Salluste.

Cette prison sinistre ne servait pas seulement de lieu de détention. C’est là que les Romains emprisonnaient avant de mourir les rois et potentats de la terre vaincus par les légions romaines, comme le chef gaulois Vercingétorix, le roi numide Jugurtha, Ponce roi des Samnites et beaucoup d’autres.

Mais cette prison est vénérée surtout comme le lieu où, selon une tradition catholique médiévale, les apôtres St Pierre et St Paul avaient été incarcérés par l’empereur Néron. Saint Pierre, notamment, y opéra des miracles historiques.

Lieu où l’empreinte du visage de saint Pierre est vénérée aujourd’hui

Parmi ces miracles figure l’empreinte miraculeuse de la tête et du visage du Vicaire du Christ sur un mur. La Prison Mamertine est constituée de deux pièces creusées au pied de la colline du Capitole, dans un bloc de pierre volcanique locale, le « tuf ». Alors que saint Pierre descendait l’escalier étroit (encore utilisé aujourd’hui) qui reliait les deux pièces de la maison, il fut brutalisé par les militaires et battu contre le mur. La pierre garda alors ce qui est considéré comme étant l’empreinte de la tête du saint. Elle peut être encore vue et vénérée aujourd’hui.

Cet escalier était une authentique « descente aux enfers » car, généralement, personne ne revenait de la salle basse. Les prisonniers y mouraient de froid, de faim et de maladie, ou alors étaient jetés à l’égout (la Cloaca Maxima), où ils mouraient disloqués. Et c’est dans ce cachot obscur et sinistre que disparaissaient, après avoir été exposés comme trophées, des rois et chefs d’État ennemis de Rome.

« Et c’est ainsi qu’ils étaient livrés aux puissances des enfers, engloutis par la terre et rayés de l’existence. Il n’existe pas d’autres exemples comparables », observe Patrizia Fortini, archéologue du Bureau romain du surintendant d’archéologie pour les biens archéologiques de Rome, qui dirige les travaux de restauration entrepris depuis 1985, rapporte le quotidien italien La Repubblica.

L’ambiance est étouffante. Le plafond, très bas, communique une sensation de terreur renforcée par les grillages en fer noir qui subsistent encore. C’est dans cette cave sans portes, humide et fétide, que saint Pierre convertit ses geôliers saint Processus et saint Martinien, plus tard martyrisés, ainsi que 47 prisonniers.

N’ayant pas d’eau pour les baptiser, l’apôtre aurait accompli un miracle en faisant jaillir du sol une source. Pour finir, Saint Pierre fut délivré par un ange.

Selon la tradition, les chaînes que saint Pierre aurait portées dans la prison Mamertine sont vénérées aujourd’hui dans l’église proche de Saint-Pierre-aux-Liens (San Pietro in Vincoli) à Rome.

Les archéologues ont ôté divers sols modernes et de la Renaissance, laissant apparent le sol du temps où saint Pierre était emprisonné.

Les fouilles ont mis au jour des vestiges de fresques datant des XIIe et XIVe siècles totalement inconnues à ce jour. Il a été possible aussi de localiser une communication qui reliait la prison au bâtiment du Sénat en face de la « prison de saint Pierre ». Mais nombreux sont les mystères qui restent à éclaircir…

 

Source: Les précieuses découvertes de la prison de saint Pierre, Aleteia, 9 novembre 2015

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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 14:04

Lors de leur prochaine Assemblée de printemps, les évêques de France auront à dire oui ou non à ce texte qui sera soumis à la reconnaissance romaine. Le nouveau Missel pourrait ainsi entrer en vigueur dans les paroisses au premier dimanche de Carême 2017.Quels seront les changements ? Lu sur le site Pro Liturgia :  

« C’est dans l’ordinaire de la messe que les changements seront les plus perceptibles. Dans le “Je confesse à Dieu”, le “Oui, j’ai vraiment péché” sera remplacé par “C’est ma faute, c’est ma faute, c’est ma très grande faute”. Dans le “Credo”, on devrait assister au retour du “consubstantiel” plutôt que “de même nature”. La prière sur les offrandes : “Prions ensemble, au moment d’offrir le sacrifice de toute l’Eglise. Pour la gloire de Dieu et le salut du monde” fera place à une formulation plus proche du texte latin qui est un véritable condensé théologique sur le sens de l’Eucharistie : “Priez mes frères afin que ce sacrifice qui est aussi le vôtre soit agréé par Dieu le Père tout-puissant. Que le Seigneur reçoive de vos mains ce sacrifice à la gloire de son nom. Pour notre bien et celui de toute Sa Sainte Eglise.”
Quant à la sixième demande du Notre Père, elle deviendra “Et ne nous laisse pas entrer en tentation”. A la suite de la nouvelle traduction liturgique de la Bible, de nombreux fidèles avaient en effet exprimé aux évêques de France leur malaise face à l’ancienne traduction (“ne nous soumets pas…”) qui, sans être théologiquement fausse, donnait l’image d’un Dieu qui tente lui-même les fidèles. Précisons que toutes ces modifications vont totalement dans le sens des demandes que notre Association Pro Liturgia avait adressées à Rome. Nous avions aussi demandé que soit rétablies la formule “Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix
 aux hommes de bonne volonté” (à la place des “hommes qu'il aime”) ainsi que la formule “... mais dis seulement une parole et mon âme sera guérie” (à la place du très vague “et je serai guéri”. 
Reste à savoir si le nouveau missel sera mieux suivi que l’actuel. On peut sérieusement en douter quand on sait que bien des mauvaises habitudes - dont celle de ne jamais suivre exactement le missel - sont désormais solidement ancrées dans les liturgies paroissiales. A moins que nos évêques se décident enfin à parler de façon claire...  

Ref. Qu’est-ce qui va changer dans les textes de la messe en français ? Précisions

Source : Belgicatho

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27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 09:35

Le temps du bilan arrive. Cela faisait deux ans que l'on entendait toutes sortes de bruits à propos d'un synode qui ouvrirait la voie à la reconnaissance des "couples" homos. Cette fois-ci plus de crainte, plus de doute parmi les catholiques déboussolés, mais chez les progressistes une immense déception. Les revendications du lobby LGBT n'ont pas même été abordées au synode. Une majorité d'évêques et notamment les évêques africains s'y sont opposés :

La question la plus épineuse que le futur document papal devra éclaircir concerne la question du discernement « au cas par cas » dans l’accompagnement des divorcés remariés. C’est là qu’il faut encore comprendre si cela inclut ou pas un éventuel accès à l’eucharistie. Parce que, comme nous le savons, les trois paragraphes (84, 85 et 86) du rapport final n’abordent pas directement cette question.

Dans le ballet médiatique entre « partisans de l’ouverture » et « rigoristes », selon le Père Nicolas, il faut bien admettre qu’un document qui « laisse les portes ouvertes » est un document qui pourrait représenter une victoire des « partisans de l’ouverture » en matière de communion aux divorcés remariés. Même en établissant la règle du « cas par cas », le risque d’application très hétérogène, surtout s’il est laissé à « l’appréciation des évêques locaux » porte en lui un germe de dérégulation.

Par ailleurs,  il faut signaler que le thème de l’homosexualité a complètement disparu du rapport de synthèse final, il n’en reste qu’une mention au paragraphe 76 qui, entre autre, ne fait que rappeler ce que dit déjà le Catéchisme de l’Eglise Catholique. Il n’y a aucun signe de ces « semences du Verbe » qu’il faudrait reconnaître chez les couples de fait ni même une discussion du contenu de l’encyclique Humanae Vitae Bienheureux Paul VI, encyclique qui reste comme la source à partir de laquelle éduquer les couples à une sexualité pleinement humaine. Ceci constitue un net coup de frein par rapport aux attentes de certains milieux clérico-médiatiques, attentes qui étaient mises noir sur blanc dans le rapport intermédiaire du synode de 2014 et en partie dans l’Instrumentum laboris de l’assemblée qui s’est conclue samedi dernier.

En fait, Mgr Bonny, L’évêque d’Anvers, publiquement partisan de la reconnaissance de ces « semences du Verbe » même chez les couples homosexuels, a déclaré à l’association New Way of Ministry (un groupe qui voudrait promouvoir les droits LGBT au sein de l’Eglise) qu’il avait demandé « la reconnaissances des valeurs présentes dans ces types de rapports » mais qu’il était impossible de faire davantage. Il a ensuite ajouté, de façon révélatrice, « j’espère que nous reviendrons sur ce genre de demandes ».

« La vraie raison pour laquelle le Synode n’a pas tellement parlé d’homosexualité », selon Bonny, c’est parce que « les évêques n’en avaient pas vraiment besoin ou n’étaient pas disposés à discuter de cette question ». Avant de mettre directement en cause le rôle joué par les Pères africains. « Il est vrai que la majeure partie des évêques d’Europe et du monde occidental partage plus ou moins le même discours et les mêmes sentiments. Mais le climat n’était clairement pas favorable. Dans le groupe de travail dont je faisais partie (Gallicus B, modéré par le cardinal africain Sarah), il n’y a pas eu moyen de faire passer un tel discours. Le simple fait d’aborder le sujet a généré immédiatement une vague d’hostilité sur la question. Il n’y avait pas moyen d’en parler (…) il faudra plus de temps. » Parce, a-t-il dit, « le Synode n’est qu’un moment au milieu d’un processus en mouvement ».

Lors de cette conférence de presse au Collège belge de Rome, Mgr Bonny était entouré du Cardinal Danneels et de l’évêque de Gand, Mgr Van Looy. Ce dernier à déclaré à « The Tablet » que « la vie est plus forte que la théorie sur le mariage et la famille. En ce sens, au cours du synode, j’ai appris à ne pas juger. »

Source: Osservatorio del Sinodo 2015, LNBQ, 26/10/2015

Tout ça pour ça : les revendications homosexualistes ont complètement disparu du rapport de synthèse final du Synode

Note de Christ-Roi. Quel bilan pour ce synode ?

 

"Il faudra plus de temps. ... Le Synode n’est qu’un moment au milieu d’un processus en mouvement." (Mgr Bonny, évêque d'Anvers). On voit que les progressistes ne désarment pas et veulent continuer leur travail de sape à l'intérieur de l'Eglise.

 

Il aurait été tellement plus souhaitable que le Synode rappelle les définitions de la famille et du mariage (l'indissolubilité) et les approfondissent afin de couper court à ces discussions sans fin d'un point de vue temporel, mais aussi spirituel parce que détournées des fins dernières.

 

Il restera tout de même de ce synode l'impression d'un immense gâchis dans l'esprit des simples catholiques qui auront pu être légitimement inquiets, troublés par deux années de propositions ouvertes à tous les vents, venant d'évêques ouvertement favorables à la reconnaissance d'unions dont les actes sont qualifiés d'"intrinsèquement désordonnés" "contraires à la loi naturelle" (Catéchisme de l'Eglise catholique, Article 2357). Deux années pendant lesquelles la boussole n'indiquait plus le nord mais qui ont vu le Saint-Père demander aux évêques eux-mêmes de réfléchir à la manière de trouver des routes nouvelles sous l'aide du Saint-Esprit.

 

C'est d'autant plus surpenant venant de la part d'un pape jésuite, quand on sait que le fondateur de la Compagnie de Jésus a écrit :

"Cinquième règle.

[...] Si ces pensées affaiblissent notre âme, l'inquiètent, la troublent, en lui ôtant la paix, la tranquilité dont elle jouissait d'abord, c'est une marque évidente qu'elles procèdent du mauvais esprit, ennemi de notre avancement et de notre salut éternel."

Saint Ignace de Loyola, Autres règles qui traitent du discernement des esprits. Seconde semaine

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25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 12:36

Contrairement à ce qu'a annoncé hier Jean-Marie Guénois pour Le Figaro, à savoir que l'article 85 du document du rapport final des évêques "portait sur l'admission des divorcés remariés à la communion" a été voté,

 

Le Vaticaniste Sandro Magister invite à la prudence: le rapport de synthèse du Synode mentionne "le discernement et l'intégration" dans l'Eglise des divorcés remariés civilement mais sans que le mot "communion" n'apparaisse une seule fois.

Autre paradoxe: la solution adoptée n'est qu'une synthèse des solutions déjà mises en œuvre par les deux papes précédents: il s'agit d'une reprise du concept de "discernement des situations" de Familiaris Consortio de Jean-Paul II (qui excluait l'accès à la communion) et du cas du Fors interne de Benoit XVI qui parlait des cas douteux des mariages contractés (nullité éventuelle) sans la foi mais qui excluait tout recours à l'épikeia concernant le fors interne et proposait que le thème soit développé ultérieurement.

L'accès aux sacrements des divorcés remariés fait singulièrement défaut dans le rapport final du Synode, ce qui est sans doute le signe d'un compromis. Dans tous les cas c'est le pape qui aura le dernier mot.

http://magister.blogautore.espresso.repubblica.it/…/i-divo…/

 
L'article 85 de la Relatio a été adopté à un vote près ce samedi soir. En réalité il s'agit du "discernement et de l'intégration" de l'Eglise des divorcés remariés…
magister.blogautore.espresso.repubblica.it
 

La Libre publie un article assez équilibré mais laconique sur les conclusions du Synode:

 

"Le synode propose de lever certaines interdictions qui frappent les divorcés remariés dans leur service "liturgique, pastoral, éducatif et institutionnel", et propose à chacun de mener un "chemin de discernement", à travers un "examen de conscience" sous la supervision d'un prêtre."

Aucune trace d'invitation à la communion, donc mais une proposition d'intégration dans la vie de l'Eglise.

 
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25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 08:53

«C'est la fin d'une Eglise qui juge»

 

... Un état d'esprit très répandu dans les rangs du synode qu'un évêque belge, Mgr Van Looy, résumait, vendredi, à la tribune de la salle de presse du Vatican, d'une formule: «c'est la fin du jugement des personnes. C'est la fin d'une Eglise qui juge et le début d'une Eglise qui écoute, qui parle. Nous avons une Eglise de tendresse envers tous. Cela pourrait être le début d'une Eglise nouvelle

 

Source: Le Synode s'achève sur une victoire importante pour le pape François, Le Figaro, Par Jean-Marie Guénois Mis à jour le 24/10/2015 à 22:29 Publié le 24/10/2015 à 19:20

 

La fin d'une Eglise dogmatique ?

 

"Ecraser tout empire des lois"... Il y a deux siècles.., un certain abbé Barruel, nous avait mis en garde contre une secte recherchant cette fin. (Cf. Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme. A lire sur Google Books, p .451.)

La "fin d'une Eglise qui juge" (Mgr Van Looy)
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24 octobre 2015 6 24 /10 /octobre /2015 19:52

Contrairement à ce qui avait été annoncé par "La Croix" le 20 octobre", à savoir que "la plupart des propositions pastorales les plus ouvertes aux situations familiales irrégulières n’ont pas été retenues" mardi 20 octobre, nous apprenons ce soir dans un article de Jean-Marie Guénois pour le Figaro, intitulé "Le Synode s'achève sur une victoire importante pour le pape François", que les évêques au Synode à Rome sur les questions du mariage et de la famille ont voté à plus des deux tiers requis, tous les articles du document final, dont l'article 85 qui porte sur l'admission des divorcés "remariés" à la communion sous certaines conditions. 

L'article 85 du document final des évêques du Synode portant sur l'admission des divorcés "remariés" a été voté à une majorité des deux tiers

"Les évêques réunis en Synode à Rome depuis trois semaines sur les questions du mariage et de la famille ont voté à plus des deux tiers requis, tous les articles du document final qui, si le pape François le confirmait, pourrait ouvrir, au cas par cas, la communion pour les divorcés-remariés.

Ce vote marque une victoire importante du pape réformateur après le refus, l'an passé, lors de la première session du même synode, d'une partie des évêques, d'avancer vers cette ouverture en direction des divorcés-remariés.

L'article 85 du document portait sur l'admission des divorcés remariés à la communion et sous certains conditions. Sur les 94 articles c'est celui qui a reçu le moins de suffrages - avec 178 votes pour et 80 votes contre - mais qui passe toutefois la majorité des deux tiers, fixée à 177 voix pour 265 votants.

Sans être le sujet central de cette assemblée mondiale d'évêques, la question des divorcés-remariés en a été le sujet le plus brûlant et le plus disputé.

Loin d'un feu vert pour toutes les situations, c'est la proposition des évêques allemands qui a fini par emporter l'adhésion d'au moins les deux tiers du synode même si l'opposition à cette évolution a été très puissante pendant tout le temps des débats. Et le demeurera, en particulier de la part des épiscopats africains et polonais.

Le groupe germanophone a en effet proposé de mettre au point une série de «critères» pour évaluer - sous la responsabilité de l'évêque local - l'histoire de chaque couple de divorcés remariés qui seraient réellement motivés pour accéder aux sacrements de l'Eglise. Ensemble ils pourraient décider de leur admission à la confession et à la communion. Il s'agirait, à chaque fois, insiste-t-on à Rome, l'œuvre d'un «discernement» spécifique.

Le synode a donc transmis officiellement au pape ce «document final» et il reste à François la charge de décider de la mise en œuvre de cette nouvelle pastorale de l'Eglise qui contient toutefois de profonds germes de divisions au sein des communautés", note Jean-Marie Guénois... "[I]l ne fait pas de doute que François ira dans le sens de cette ouverture puisqu'il l'a souhaitée. Le pape pourrait s'exprimer dans une «lettre apostolique» ou une «exhortation post synodale» ou sous une autre forme, il est souverain dans la modalité, qui pourrait être publiées au cours de «l'année jubilaire de la miséricorde» qu'il va ouvrir à Rome le 8 décembre 2015 pour aider l'Eglise à changer sa culture.

 

Extraits:

N° 84 (voté à 187 voix, 72 contre, majorité à 177)

«Les baptisés qui sont divorcés-remariés civilement doivent être davantage intégrés dans les communautés chrétiennes selon les différentes modalités possibles, en évitant toute occasion de scandales. La logique de l'intégration est la clé de leur accompagnement pastoral, parce que, non seulement nous savons qu'ils appartiennent au Corps du Christ et à l'Eglise mais ils peuvent en avoir une expérience joyeuse et féconde. Ils sont baptisés, ils sont frères et sœurs, l'Esprit Saint conserve en eux, des dons et des charismes pour le bien de tous. Leur participation peut s'exprimer en différents services ecclésiaux: il importe donc de discerner comment les différentes formes d'exclusions actuellement pratiquées dans le domaine liturgique, pastoral, éducatif, et institutionnelles, peuvent être dépassées. Ils doivent, non seulement, ne pas se sentir excommuniés, mais ils peuvent vivre et mûrir comme des membres vivants de l'Eglise, la ressentant comme une mère qui les accueille toujours, qui prend soin d'eux avec affection et les encourage sur le chemin de la vie et de l'Evangile. Cette intégration est nécessaire pour le soin et l'éducation chrétienne de leurs enfants, qui doivent considérées comme les plus importants. Pour la communauté chrétienne, prendre soin de ces personnes n'est pas un affaiblissement de la propre foi et du témoignage sur l'indissolubilité du mariage, au contraire, l'Eglise exprime sa charité, par ce soin»

N°85 (voté à 178 voix, 80 contre, majorité à 177)

extrait

«(…) il est du devoir des prêtres d'accompagner les personnes intéressées sur la voie du discernement selon l'enseignement de l'Eglise et des orientations de l'évêque. Lors de ce processus, il sera utile de procéder à un examen de conscience, à travers des moments de réflexions et de pénitence. Les divorcés remariés devront se demander comment ils se sont comportés vis-à-vis de leurs enfants quand l'union conjugale est entrée en crise ; s'il y a eu des tentatives de réconciliation ; quelle est la situation du partenaire abandonnée, quelles conséquences a, la nouvelle relation, sur le reste de la famille et sur la communion des fidèles, quel exemple cette situation offre aux jeunes qui doivent se préparer au mariage. Une réflexion sincère peut renforcer la confiance dans la miséricorde de Dieu qui ne peut être niée à personne»

«(…) tout en soutenant une norme générale, il est nécessaire de reconnaître que la responsabilité vis-à-vis d'actions ou décisions précises, n'est pas la même dans tous les cas. Le discernement pastoral, tout en tenant compte de la conscience honnêtement formée de la personne, doit tenir compte de ces situations. De même, le conséquences des actes accomplis, ne sont pas nécessairement les mêmes dans tous les cas»

N° 86 (voté à 190 voix, 64 contre, majorité à 177)

«Le parcours d'accompagnement et de discernement oriente ces fidèles vers la prise de conscience de leur situation devant Dieu. La discussion avec le prêtre, au for interne, concourt à la formation d'un jugement correct sur ce qui empêche la possibilité d'une plus grande participation à la vie de l'Eglise et quant aux pas qui peuvent la favoriser et la faire croitre. Compte tenu du fait qu'il n'y pas de gradualité dans la loi, ce discernement ne pourra jamais faire abstraction des exigences de vérité et de charité de l'Evangile, proposées par l'Eglise. Pour que cela advienne, il faudra que soient garanties les conditions nécessaires d'humilité, de discrétion, d'amour de l'Eglise et de son enseignement, dans la recherche sincère de la volonté de Dieu et dans le désir d'atteindre à la réponse la plus parfaite qui soit».[1]

 

 

Nous entrons à présent, via l'église décentralisée "à deux vitesses", dans les diocèses, "inexorablement dans le schisme", de fait, comme l'a expliqué le professeur de Mattei, dans Il Foglio le 20 octobre. Une époque qui marque la fin de l'universalité de l'Eglise, votée par les chefs mêmes de l'Eglise qui étaient chargés de défendre la catholicité. (voir ici et )

 

"Les Églises particulières, divisées sur la pratique, mais aussi sur l'enseignement qui vient de la pratique, sont inévitablement destinées à entrer en conflit et à produire des fractures, des schismes, des hérésies", écrit Roberto de Mattei. Une époque où la décentralisation sapera non seulement la primauté romaine, mais niera le principe de non-contradiction. Une époque où le post-synode sera plus important que le synode lui-même, car il est auto-réalisation comme l'a pu l'être le concile Vatican II qui se voulut être une langue-évènement. Il s'en est suivi dans les années 70 un "esprit du Concile" qui dépassa la lettre du concile pour finir dans "beaucoup de confusion", écrit Benoît XVI, et dans la liturgie, "a souvent porté à des déformations .... à la limite du supportable". [2]

En France, l"esprit du Concile" comme auto-réalisation s'est emparé de nombreuses paroisses pour les conduire dans le schisme avec le Concile, lui-même, le Magistère de l'Eglise et les enseignements des derniers papes, Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI. L'association pour la promotion de la liturgie latine (Pro Liturgia) créée en 1988 qui demande l'application des décisions prises à la suite du concile Vatican II et des enseignements magistériels ultérieurs, en dresse régulièrement l'inventaire.

 

Quid de Thomas More, qui a choisi de renoncer à sa vie, tout comme l'évêque John Fisher de Rochester parce qu'ils contestaient à Henri VIII le droit "d'accommoder" l'indissolubilité de son mariage ? L'Eglise catholique les a canonisés. Faudra-t-il les "dé-canoniser"?

 

Sources

 

[1] Le Synode s'achève sur une victoire importante pour le pape François, Le Figaro, Par Jean-Marie Guénois Mis à jour le 24/10/2015 à 20:34 Publié le 24/10/2015 à 19:20

[2] Le terme est de Benoit XVI dans sa lettre aux évêques accompagnant la publication du Motu Proprio du 7 juillet 2007, libéralisant la messe saint Pie V, liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970.

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Add. 23h35. La traduction des paragraphes qui ont recueilli le moins de signatures... sur les « divorcés remariés » en attendant l'officielle se trouve sur Le Blog d'Yves Daoudal :

 

« Tout en soutenant une règle générale, il faut reconnaître que la responsabilité face à certains actes ou certaines décisions ne sont pas les mêmes dans tous les cas. Le discernement pastoral, tout en tenant compte de la conscience bien formée de la personne, doit assumer ces situations. Les conséquences des actes ne sont pas nécessairement les mêmes dans tous les cas. »

« Le processus d’accompagnement et de discernement oriente ces fidèles vers la prise de conscience de leur situation devant Dieu. L’entretien avec le prêtre, au for interne, contribue à la formation d’un jugement correct sur ce qui fait obstacle à la possibilité d’une plus pleine participation à la vie de l’Eglise et de mesures qui peuvent la favoriser et la faire grandir. »

 

Oh non, on ne dit pas que les « divorcés remariés » peuvent communier, mais on ne voit pas de quoi d’autre il peut s’agir, au terme de l’entretien en conscience au for interne…

Cette irruption du « for interne » était la dernière cartouche du clan Kasper. Elle figure donc dans le texte. Ils ont gagné, même s’il reste à l’expliciter, mais ça ce sera le travail du pape, en relation avec la décentralisation de l’Eglise synodale…

On manipule sournoisement les mots « discernement », « conscience », « for interne » et l’on retourne à la fin des années 60, quand les « théologiens » qui bataillaient contre Humanae vitae avaient brandi le « for interne » pour expliquer que l’on pouvait passer outre l’interdiction de la contraception. L’idée était de Bernhard Häring, et elle a été reprise au synode explicitement comme venant de Bernhard Häring. Lequel ne peut pas savourer sa victoire, puisqu’il est mort en 1998. (Fin de citation)

En septembre, deux théologiens, le Dr David S. Crawford, professeur associé de théologie morale et de loi de la famille de l’Institut pontifical Jean-Paul II à Washington et le Dr Stephan Kampowski, professeur d’anthropologie philosophique à l’Institut pontifical Jean-Paul II à Rome, ont publié un texte sur le blog anglophone First Things pour dénoncer la fausse "conception" de la conscience dans l'Instrumentum laboris, le document de travail du synode. Ils soulignaient qu'« en matière de morale, la “voix” de Dieu ne dit pas une chose à une personne et une autre à une autre personne, et elle ne parle jamais contre une norme objective enseignée par l’Église. »

 

Le texte, dense et important, des deux collaborateurs de l’Institut Jean-Paul II, a reçu le soutien de très nombreux spécialistes, universitaires et religieux, connus et reconnus dans le domaine de la bioéthique et de la morale.

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Mis à jour 25/10/2015

 

Le Vaticaniste Sandro Magister invite à la prudence: le rapport de synthèse du Synode mentionne "le discernement et l'intégration" dans l'Eglise des divorcés remariés civilement mais sans que le mot "communion" n'apparaisse une seule fois.

Autre paradoxe: la solution adoptée n'est qu'une synthèse des solutions déjà mises en œuvre par les deux papes précédents: il s'agit d'une reprise du concept de "discernement des situations" de Familiaris Consortio de Jean-Paul II (qui excluait l'accès à la communion) et du cas du Fors interne de Benoit XVI qui parlait des cas douteux des mariages contractés (nullité éventuelle) sans la foi mais qui excluait tout recours à l'épikeia concernant le fors interne et proposait que le thème soit développé ultérieurement.

L'accès aux sacrements des divorcés remariés fait singulièrement défaut dans le rapport final du Synode, ce qui est sans doute le signe d'un compromis. Dans tous les cas c'est le pape qui aura le dernier mot.

http://magister.blogautore.espresso.repubblica.it/…/i-divo…/

 
L'article 85 de la Relatio a été adopté à un vote près ce samedi soir. En réalité il s'agit du "discernement et de l'intégration" de l'Eglise des divorcés remariés…
magister.blogautore.espresso.repubblica.it
 

La Libre publie un article assez équilibré mais laconique sur les conclusions du Synode:

 

"Le synode propose de lever certaines interdictions qui frappent les divorcés remariés dans leur service "liturgique, pastoral, éducatif et institutionnel", et propose à chacun de mener un "chemin de discernement", à travers un "examen de conscience" sous la supervision d'un prêtre."

Aucune trace d'invitation à la communion, donc mais une proposition d'intégration dans la vie de l'Eglise.

 
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21 octobre 2015 3 21 /10 /octobre /2015 20:50

Pour Roberto de Mattei dans Il Foglio du 20 Octobre 2015, la décentralisation de l'Eglise dont nous avons vu qu'elle signifierait la fin de l'Eglise catholique universelle du Christ (voir ici et ), aboutit au "schisme" de fait. Elle offense la foi et le sens commun. L'après-synode sera sans doute du même ordre que celui qui suivit Vatican II. Dissocier la doctrine et la pratique revient à enfoncer un coin entre la vérité et la vie.

Pour Roberto de Mattei, le schisme dans l'Eglise est "effectivement en train inexorablement de se produire"

(Roberto de Mattei de la Gazette du 20 Octobre, 2015) François a annoncé, le 17 Octobre, 2015, que se terminera le Synode sur la famille. Quelques jours après la fin des travaux, l'assemblée des évêques sera dans une impasse et la route pour sortir de celle-ci, serait pour le pape la décentralisation de l'Eglise (http://vaticaninsider.lastampa.it/documenti/dettaglio-articolo/articolo/sinodo-famiglia-44026/).

 

L 'impasse découle de la division entre ceux qui rappellent fermement le Magistère pérenne sur le mariage et les "novatores" qui renverseraient deux mille ans d'enseignement de l'Église, mais aussi la vérité de l'Evangile.

 

Une exception annulerait la valeur absolue et universelle de cette loi et cette loi si elle tombait, serait l'effondrement avec elle tout au long de la morale de l'Église. Ou le mariage est indissoluble ou non, et vous ne pouvez pas admettre une dissociation entre l'énonciation du principe et son application dans la pratique. Entre la pensée et les mots et entre les paroles et les actes, l'Eglise exige une cohérence radicale, la même qui a été témoin des martyrs à travers l'histoire.

 

Le principe selon lequel la doctrine ne change pas, mais change son application pastorale, introduit un coin entre deux dimensions inséparables du christianisme: la Vérité et la Vie. La séparation entre la doctrine et la pratique ne vient pas de la doctrine catholique, mais de la philosophie hégélienne et marxiste, qui inverse l'axiome traditionnel selon lequel agere sequitur esse (L'action suit l'existence, NdT).

 

L'action, en vue des innovateurs, précède l'être, l'expérience ne vit pas de la vérité, mais la crée.

Et "Tel est le sens du discours prononcé par le cardinal Christoph Schönborn commémorant le 50e anniversaire du Synode, le même jour où le pape François a parlé  (http://vaticaninsider.lastampa.it/documenti/dettaglio-articolo/articolo / synode-famille-44028 /). «La foi ne peut pas être représenté mais seulement témoin", a déclaré l'archevêque de Vienne, en réaffirmant la primauté du "témoignage" de la doctrine. Martyr, grec, signifie témoin, mais pour les martyrs témoin signifiait vivre la vérité, tandis que les innovateurs signifient trahir, réinventer l'expérience.

Le primat de la pratique pastorale de la doctrine devrait avoir des conséquences catastrophiques:

1) Le Synode "virtuel", comme il l'a été pour le Concile Vatican II, il est destiné à prendre le pas sur le réel. Le message médiatique qui accompagnera les conclusions du travail est plus important que le contenu des documents. La Relatio sur la première partie de l'Instrumentum Laboris de Circulus Anglicus C indique clairement la nécessité de cette révolution de la langue: "Comme le Concile Vatican II, ce Synode doit être une langue-événement, qui est plus que cosmétique."

2) Le post-synode est le plus important du synode, car il est auto-réalisation.  Le Synode, en fait, va confier la réalisation de ses objectifs à la pastorale. Si ce qui change n'est pas la doctrine, mais le ministère, ce changement ne peut avoir lieu dans le Synode, il doit avoir lieu dans la vie quotidienne du peuple chrétien et donc hors du Synode, après le Synode, dans la vie des diocèses et les paroisses de l'Eglise.

3) l'auto-réalisation du Synode se déroule au nom de l'expérience des Eglises particulières, c.-à-dire, la décentralisation  ecclésiastique. La décentralisation permet aux églises locales de faire l'expérience d'un certain nombre d'expériences pastorales. Mais si il n'y a pas une seule pratique conforme à la seule doctrine, cela signifie qu'elles y sont nombreuses et toutes dignes d'être testées. Les protagonistes de cette révolution dans la pratique, seront donc les évêques, les prêtres de la paroisse, les conférences épiscopales, des collectivités locales, chacun selon sa liberté et de sa créativité.

Il (le synode Ndlr) présente l'idée d'une Eglise "à deux vitesses" (Eglise à deux vitesses) ou, toujours pour utiliser la langue des eurocrates de Bruxelles, à "géométrie variable" (à géométrie variable). Face au même problème moral, nous allons nous ajuster différemment, selon l'éthique de la situation. L'église des "catholiques adultes", de langue germanique, appartenant au "premier monde" pourra passer "la vitesse supérieure", être le "témoin missionnaire"; à l'église catholique des "sous-développés", africaine ou polonaise, appartenant aux églises du deuxième ou troisième monde, sera accordée la "marche lente" de l'attachement à leurs traditions.

 

 

Rome resterait en arrière-plan, sans autorité réelle, avec une fonction unique d'"impulsion charismatique". L'Eglise serait dé-vaticanisée, ou plutôt, dé-romanisée. L'Eglise romano-centrique sera replacée par une église polyédrique ou polycentrique. L'image du polyèdre a souvent été utilisée par François "Le polyèdre - a-t-il déclaré -   est une unité, mais avec toutes les différentes parties; chacune a ses propres particularités, son charisme. Ceci est l'unité dans la diversité. Et de cette façon nous, chrétiens, faisons ce que nous appelons du nom d'œcuménisme théologique: nous essayons de faire en sorte que cette diversité soit plus harmonisée par l'Esprit Saint et devienne des unités" (Discours aux pentecôtistes de Caserta, 28 Juillet 2014). Le transfert des pouvoirs aux conférences épiscopales est déjà prévue par une étape de "Evangelii Gaudium", qui sont conçues comme des "sujets de pouvoirs spécifiques, y compris même avec une certaine autorité doctrinale authentique. La centralisation excessive, plutôt que d'aider, complique la vie de l'Église et son dynamisme missionnaire " (N. 32). Maintenant François stipule du "principe de collégialité" le résultat final de l'assemblage en cours.

 

Les anciennes hérésies du gallicanisme et du nationalisme ecclésiastiques ré-émergent à l'horizon. Ce dogme de foi, en fait, promulgué par le premier Concile du Vatican, la primauté de la compétence du Souverain Pontife, dans lequel réside l'autorité suprême de l'Eglise, de tous les pasteurs et tous les fidèles, indépendamment de tous les autres pouvoirs. Ce principe est la garantie de l'unité de l'Église: gouvernement d'union, l'unité de la foi, des sacrements uniques. La décentralisation est une perte de l'unité qui mène inévitablement à la scission. Le schisme est effectivement en train inexorablement de se produire lorsque face à un point central de référence, une unité de la politique, à la fois en termes de doctrine, de discipline et de pastorale, les Églises particulières, divisées sur la pratique, mais aussi sur l'enseignement qui vient de la pratique, sont inévitablement destinées à entrer en conflit et à produire des fractures, des schismes, des hérésies.

 

La décentralisation non seulement sape la primauté romaine, mais nie le principe de non-contradiction, selon lequel "l'on ne peut pas être, dans le même temps et sous le même rapport, être et ne pas être." C'est seulement dans le respect de ce principe que commence la logique et la métaphysique et que nous pouvons utiliser notre raison et connaître la réalité qui nous entoure.

 

Qu'advient-il si le Pontife romain renonce, même en partie, à exercer son pouvoir en le déléguant aux Conférences épiscopales ou aux évêques individuellement? Il arrive évidemment que vous créez une diversité de doctrine et de pratique, entre les conférences épiscopales et de diocèses et entre les diocèses. Ce qui sera interdit dans un diocèse, sera admis dans un autre et vice versa. Le concubin vivant sous le même toit pourra recevoir le sacrement de l'Eucharistie dans un diocèse et pas dans un autre. Mais le péché est ou n'est pas, la loi morale est la même pour tout le monde ou ne l'est pas. Et de deux choses l'une : ou le Pape a la primauté de juridiction et l'exerce ou quelqu'un d'autre gouverne, dans les faits, en dehors de lui.

 

Le pape admet l'existence d'un sens de la foi, mais il y a le sensus fidei des évêques, des prêtres, des simples laïcs, qui sont maintenant choqués par les extravagances qu'ils sentent dans la Salle du Synode.

 

Ces extravagances offensent le bon sens avant même que le sensus Ecclesiae des fidèles. François a raison quand il dit que le Saint-Esprit assiste non seulement le pape et les évêques, mais tous les fidèles (cf. Sur ce point Melchior Cano, De locis theologicis (Lib. IV, sect. 3, 117I). Mais le Saint-Esprit qui est l'esprit d'innovation guide l'Eglise, il est témoin infailliblement de sa tradition à travers la fidélité à la tradition, le Saint-Esprit parle encore aux oreilles des fidèles. Et aujourd'hui, comme à l'époque de l'arianisme, nous pouvons dire avec saint Hilaire "...Sanctiores aures Plebis quam corde sacerdotum ", "Les oreilles des fidèles sont plus saintes que les coeurs des prêtres" (Contra Arianos, vel Auxentium, n. 6, PL 10, col. 613). (Roberto de Mattei dans Il Foglio du 20 Octobre 2015)

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21 octobre 2015 3 21 /10 /octobre /2015 20:41
La première crise du pontificat de François, par Alexander Stille

Selon le journaliste Alexander Stille du New Yorker, la lune de miel est terminée pour le Pape après deux semaines de synode marquées par des rébellions ouvertes, des intrigues de palais, des fuites de documents, des accusations de manque de transparence et des désaccords très nets entre les différents pères synodaux. Le pape François se retrouve dans la situation de jouir d'une grande popularité au sein du public et de se retrouver confronté à des désaccords grandissants au sein d'une institution généralement respectueuse de la hiérarchie. Lors de sa visite aux Etats-Unis, une source vaticane m'a confié que "le pape mérite un A+ en relations publiques mais un F pour tout le reste". Cette affirmation était sans doute exagérée mais elle reflète bien le malaise au sein de la Curie romaine.

De nombreux évêques traditionalistes ont le sentiment d'avoir été floués par la première version du rapport du Synode de 2014 comme Edward Pentin l'explique dans son dernier livre sous-titré "Une enquête sur les allégations de manipulation du Synode extraordinaire sur la famille". Ce qui explique que les traditionalistes, déterminés à éviter une seconde tromperie, soient passés à l'offensive dès le début du Synode.

Le Pape, qui a semblé jusqu'ici perspicace dans sa gestion de la politique vaticane semble s'être enferré lui-même dans cette situation en commettant plusieurs erreurs stratégiques. Il a tout d'abord tenté d'introduire une gouvernance plus démocratique au sein d'un système autocratique sans être certain d'avoir le vrai soutien de la majorité. Il a ensuite encouragé la franchise et les opinions différentes au sein du synode tout en tentant de masquer, via le service de presse du Vatican, les très grands désaccords au sein des pères synodaux. En agissant ainsi, le Pape a finalement poussé les traditionalistes à jouer le rôle des seuls démocrates dans l'Eglise, ce qui est ironique dans la mesure où on peut dire que tous les synodes précédents depuis Vatican II ont été manipulés par tout le monde sauf par les conservateurs.

Le Pape a pris des risques en lançant un synode qui a généré de grandes attentes au sein de la population et il sera probablement forcé à faire une vague déclaration en faveur de l'ouverture et de l'inclusion mais sans aucun changement doctrinal: un éléphant qui accouche d'une souris. L'alternative serait de publier un document qui provoquerait une révolte ouverte.

Soit ce synode était une monumentale erreur soit c'était son idée depuis le début de provoquer une confrontation lors du synode, au risque de ramener au grand jour les guerres culturelles qui sommeillaient au sein de l'Eglise.

 
Le Pape jouit d'une grande popularité mais depuis le début du Synode, il doit affronter un mécontentement inhabituel au sein du Vatican.
newyorker.com|Par Alexander Stille
 
Source (traduction) : Diakonos.be
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21 octobre 2015 3 21 /10 /octobre /2015 20:25
Avortement, femmes prêtres, unions homosexuelles: les propositions choc d'un groupe de théologiens progressistes

Autoriser l’avortement avant la huitième semaine de grossesse, admettre les femmes aux sacerdoce, reconnaître les unions homosexuelles, admettre les divorcés remariés à la communion. Il ne s’agit pas là des propositions d’un groupe d’extrémistes de gauche mais bien des demandes adressées au Pape et aux Synode dans deux documents distincts signés par plusieurs théologiens, biblistes, juristes et experts en pastorale espagnols, portugais et sud-américains dont certains s’étaient déjà distingués ces dernières années par des prises de position anticonformistes au sein de l’Eglise. Parmi eux Leonardo Boff et Frei Betto, deux défenseurs de la « théologie de la libération », fermement condamnée par Jean-Paul II mais tolérée, sinon adoptée, par le pape argentin François. L’un de ces documents a été remis au cardinal hondurien Oscar Maradiaga, l’un des plus proches du pape, connu pour ses positions progressistes, afin qu’il le présente au Synode sur la famille, ce qui n’a pas encore été fait.

L’un des documents affirme que le fait de maintenir un modèle déterminé de famille propre à une culture et à une époque donnée « n’appartient pas à la foi de l’Eglise. » Le document poursuit : « selon les Evangiles, Jésus de Nazareth fut profondément critique concernant le modèle de famille de son temps et de sa culture. » Pour ces raisons « l’homosexualité et les mariages homosexuels doivent être reconnus par l’Eglise catholique dans les mêmes conditions que les homosexuels » ; « il faut changer la condamnation sans discrimination de l’interruption volontaire de grossesse du magistère ecclésiastique. Il faut respecter le droit des femmes à décider en cette matière selon leur conscience » ; « il n’existe aucun motif biblique, théologique, historique, pastoral ni surtout dogmatique pour exclure les hommes mariés ou les femmes des ministères ecclésiaux » ; « nous pensons que le Synode des évêques devrait faciliter l’accès à la communion eucharistique aux personnes séparées ou divorcées qui se remaries sans leur imposer quelque pénitence que ce soit. Les croyants sont des sujets moraux qui ont la capacité de décider librement en la matière. Chaque décision doit donc être respectée. »

Une tuile de plus qui s’abat sur le très mouvementé Synode sur la famille qui se déroule en ce moment à Rome et qui entre dans le vif du sujet cette semaine. Les demandes des théologiens de langue espagnole et portugaise sont trop explosives pour être acceptées par les pères synodaux qui semblent pour l’instant divisés sur le thème de la communion des divorcés remariés alors que le refus d'une reconnaissance des unions entre personne de même sexe semble nettement plus clair.

Le climat qui règne au sein du synode n’est pas très bon et le pape François a déjà décidé qu’il n’y aurait aucune déclaration commune votée point par point par les cardinaux, les évêques et les prêtres au terme des travaux mais qu’il prendra lui-même toutes les décisions concernant les thèmes traités. Ce qui n’est pas sans effrayer les pères plus traditionalistes qui sont encore majoritaires au Synode mais qui craignent que François, au nom de la « miséricorde » pour les pécheurs ne modifie d’un revers de la main certaines doctrines bimillénaires de l’Eglise catholique.
---
NdT: Il est à noter que cette théologie de la libération et ces thèses sont largement représentées (certains diront majoritaires) au sein l'Eglise de Belgique, des paroisses jusque dans les séminaires et les centres de formations.

 
Deux documents signés par de nombreux théologiens progressistes invitent le Synode sur la famille à changer complètement le visage de l'Eglise.
fanpage.it
 
 

via Diakonos.be

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20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 18:23

« Nous ne sommes pas venus pour épouser les valeurs, qui sont des non-valeurs, des uns des autres », a prévenu ainsi le cardinal Philippe Ouedraogo, archevêque de Ouagadougou (Burkina Faso) : « Mais pour nous recentrer à fond sur Dieu ».

 

Les évêques Africains se posent en défenseurs de la famille.

... [L]es évêques du continent africain ont réussi à peser dans les discussions pour écarter des ouvertures jugées néfastes à l’enseignement de l’Église sur la famille.

 

Synode : les évêques n'optent pas pour l'accès aux sacrements des divorcés remariés

La cinquantaine d’évêques africains présents à l’assemblée y participe avec leur propre document, 89 pages de commentaire sur l’Instrumentum laboris, le texte sur lequel travaillent les pères synodaux.

Ce document, adopté en juin dernier à Accra (Ghana) par les épiscopats du continent, « sert de référence », comme l’assure l’archevêque de Dakar, Mgr Benjamin Ndiaye.

À leur tête, les cardinaux Robert Sarah et Wilfrid Napier forment deux voix d’autorité, qui se complètent. Le premier, préfet de la congrégation pour le culte divin, vient d’un petit pays pauvre d’Afrique francophone, la Guinée-Conakry. De tempérament réservé, il connaît bien la Curie romaine. L’autre, archevêque de Durban (Afrique du Sud), représente un puissant pays d’Afrique anglophone et s’exprime devant la presse, comme hier, « au nom des évêques africains ».

Plus extraverti, il s’était fait remarquer au Synode de l’an dernier en s’opposant publiquement au document de travail intermédiaire qui introduisait un regard considéré trop accueillant à l’égard des couples homosexuels. À ce Synode, dont le pape François l’a nommé président délégué, il a reconnu avoir signé la lettre mettant en doute l’impartialité de la conduite des travaux.

[Les Pères d'Afrique] se sentent aujourd’hui investis du devoir d’empêcher l’entrée dans l’Église de « colonisations idéologiques », non sans prendre des accents jugés par d’autres trop « messianiques ». « Nous ne sommes pas venus pour épouser les valeurs, qui sont des non-valeurs, des uns des autres », a prévenu ainsi le cardinal Philippe Ouedraogo, archevêque de Ouagadougou (Burkina Faso) : « Mais pour nous recentrer à fond sur Dieu ».

 

Source: Les Africains se posent en défenseurs de la famille traditionnelle, La Croix, 20/10/15 - 16 H 58 - Mis à jour le 20/10/15 - 16 H 59

Au grand dam des progressistes et de La Croix qui rapporte la nouvelle dans un article fortement orienté dans le sens de la soit-disant "ouverture",  "la plupart des propositions pastorales les plus ouvertes aux situations familiales irrégulières n’ont pas été retenues par les groupes linguistiques qui ont achevé leurs travaux mardi 20 octobre."

 

Même les Allemands ne semblaient pas avoir opté pour l’accès aux sacrements des divorcés remariés.

« Il ne sortira pas grand-chose de ce synode », lâchait, mardi 20 octobre à midi, un observateur en sortant de la salle de l’assemblée.

[...] Les partisans d’une ouverture pour les divorcés remariés sont restés minoritaires, peut-être un évêque sur quatre.

[...] Au-delà de leurs délibérations et de l’adoption d’un rapport final, toujours attendue samedi 24 octobre, les pères synodaux s’en remettent surtout au pape et à son éventuelle future exhortation.

 

Synode : les évêques n'optent pas pour l'accès aux sacrements des divorcés remariés

Source: Les évêques restent timides dans leurs propositions, La Croix, 20/10/15 - 17 H 08 - Mis à jour le 20/10/15 - 17 H 28

 

Le site ProLiturgia rapporte aussi l'information :

 

Le Cardinal Kasper, grand théologien encensé par le Pape François, a été remis à sa place : une écrasante majorité d’évêques réunis en synode est contre la communion aux “divorcés-remariés”. C’est Sébastien Maillard, correspondant pour “La Croix” à Rome, qui l’annonce.


Par ailleurs, dans “Le Figaro”, Jean-Marie Guénois livre une bonne analyse du pontificat actuel lequel, comme nous l’avions dit depuis longtemps à “Pro Liturgia”, n’est plus du tout dans la ligne de S. Jean-Paul II et de benoît XVI. Extraits :


« Jamais (...) un jésuite n’avait été élu pape. Force est de constater, deux ans et demi après l’élection de François, que jamais les Jésuites et leurs méthodes n’ont bénéficié d'une telle influence sur la gouvernance de l'Église.


La publication, lundi matin, dans le plus grand quotidien italien, “Corriere della Sera”, d’une longue préface, signée par François, des œuvres complètes du défunt cardinal Carlo Maria Martini, jésuite, archevêque de Milan, papabile, révèle au grand jour l’étendue de ce réseau et confirme l’influence directe de la culture jésuite sur la nouvelle direction prise par l’Eglise catholique et, au passage, sur l'actuel synode de la famille.


(...) On ne croit d’ailleurs pas si bien dire, car François a demandé à l’actuel général des Jésuites, l’Espagnol Adolfo Nicolás, d’être l’un des membres de la commission de rédaction du document final du synode - commission controversée parce que non élue par le synode. Dans les arcanes du synode, on assure que le rôle de cet éminent et très intelligent religieux ne se limite pas à cela. C’est en tout cas la première fois qu’un pape ose, de facto, demander à un supérieur général d’un ordre religieux si important de jouer un tel rôle au sein d'un synode.


Evidemment, les Jésuites ne sont pas toute l’Eglise catholique, et l’Eglise catholique ne se résume pas aux Jésuites, mais l’hommage public de ce jour du pape François au cardinal Martini - “son héritage est un don précieux pour l’Eglise”, écrit-il - éclaire d'une lumière crue ce pontificat et ses orientations actuelles et à venir : le cardinal Martini, homme d’une grande finesse et hauteur de vue, a toujours été l’opposant ecclésial numéro un des papes Jean-Paul II et Benoît XVI. Ce grand intellectuel jésuite était en effet le promoteur d’un “concile Vatican III” en faveur de la communion pour les divorcés remariés, du mariage des prêtres, du diaconat féminin, de la décentralisation romaine et du renforcement des conférences épiscopales, d’une “Eglise synodale“ enfin où le pouvoir du Pape serait redimensionné.


Si le concile Vatican III n’est pas ouvert, les temps y ressemblent fort. »

Synode : les évêques n'optent pas pour l'accès aux sacrements des divorcés remariés
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20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 12:33

"Il reste encore une semaine de débat pour les évêques réunis en ce moment au Vatican. Ils discutent de la famille au sein de l'Eglise. Un couple de français a été appelé pour s'exprimer. Ils vont plaider la cause des divorcés remariés."

 

Ainsi commence cette courte vidéo d'un reportage diffusé par "Lci.tf1.fr" dans l'article "Divorcés remariés : les attentes d'un couple catholique invité au synode".

 

Ce reportage donne l'information que nous sommes "à une époque où un mariage sur trois finit par un divorce". Il oppose deux types de couple - on pourrait dire deux types de société, et même deux époques, tant  les images diffusées de l'"ouverture des Etats généraux du christianisme" à la Cathédrale de Strasbourg montrent des visages de personnes âgées, de la génération de mai 68.

 

"Cathédrale de Strasbourg, ouverture des Etats généraux du christianisme". Parmi les participants, Nathalie et Christian Mignonat qui disent accompagner des personnes "divorcées-remariées" et être "plus généralement sensibles à tout ce qui tourne autour du couple" (sic). Source image : "Divorcés remariés : les attentes d'un couple catholique invité au synode", Lci.tf1.fr,  ( http://lci.tf1.fr/jt-20h/videos/2015/divorces-remaries-les-attentes-d-un-couple-catholique-invite-8672426.html )

"Cathédrale de Strasbourg, ouverture des Etats généraux du christianisme". Parmi les participants, Nathalie et Christian Mignonat qui disent accompagner des personnes "divorcées-remariées" et être "plus généralement sensibles à tout ce qui tourne autour du couple" (sic). Source image : "Divorcés remariés : les attentes d'un couple catholique invité au synode", Lci.tf1.fr, ( http://lci.tf1.fr/jt-20h/videos/2015/divorces-remaries-les-attentes-d-un-couple-catholique-invite-8672426.html )

Le clivage générationnel au Synode sur la "famille"

Devant les évêques réunis au Vatican, Christian et Nathalie Mignonat expliquent qu'ils "se feront les portes parole des divorcés remariés".

Le clivage générationnel au Synode sur la "famille"

Le couple Mignonat explique qu'il ne souhaite pas que les divorcés-remariés se convertissent, il demande à l'Église de se convertir "à toutes les formes de famille" (sic)... - c'est leur terme -, en changeant sa manière de voir. Cela laisse entendre que toutes les formes de famille puissent être envisagées (polygame, homosexuelle, incestueuse ?, etc.) Ce type de revendications s'assimile au modèle païen de la société, modèle satanique, modèle ancien. Le démon est un vieux qui ne recycle jamais que des vieux trucs.

"Ségolène, Claire, Jean et Antoine ont une vingtaine d'années. A une époque où un mariage sur trois finit par un divorce, ils attendent que l'Eglise les conforte dans le modèle traditionnel et qu'elle les accompagne.

"Ségolène, Claire, Jean et Antoine ont une vingtaine d'années. A une époque où un mariage sur trois finit par un divorce, ils attendent que l'Eglise les conforte dans le modèle traditionnel et qu'elle les accompagne.

Le second modèle de couple, montré dans le reportage en revanche - et dont aucun n'est invité au dit synode sur la "famille", montre deux jeunes couples qui attendent, eux, que l'Église "les conforte et les accompagne" dans le modèle traditionnel. Ce type de revendication s'assimile au contraire des revendications du premier couple, à la société chrétienne, au modèle chrétien de la famille, avec ce que cela implique, la fidélité, les enfants. Un modèle toujours jeune et toujours nouveau. Seul le Saint-Esprit fait du neuf ! Témoignages :

 

"C'est un sacré défi et en même temps on n'est pas seuls."

 

"Personnellement, j'ai besoin d'avoir une institution qui croit que ma vie a du sens, que construire sa vie cela vaut encore le coup, et qu'avoir des enfants c'est encore possible."

 

"On attend que l'Eglise travaille à reformuler le chemin qu'elle nous propose."

 

En effet, la tâche de l'Eglise n'est que d'approfondir les définitions sur la famille. Pas d'en changer le sens. Ce qui ne lui appartient pas car elle n'en a pas le droit.

 

Espérons que le Synode considère la parole des jeunes - et non celle des soixante-huitards -, comme un signe des temps.

 

La video du reportage :

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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 22:30

L'avertissement dramatique d'Antonio Socci après la deuxième semaine du Synode sur la Famille

 

SYNODE CONTOURNÉ

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Il y a quelques mois - voyant que la révolution de Kasper n'avait pas été approuvée par le Synode de 2014 - le président de la Conférence épiscopale allemande, Reinhard Marx, avait affirmé avec arrogance que l'épiscopat allemand n'est pas «une filiale de Rome». Revendiquant donc la prétention de pouvoir suivre sa propre route (cela sembla presque une menace de schisme «de la gauche»).

L'idée formulée hier sert à Bergoglio à dribbler le Synode (où la majorité reste catholique) comme il l'a fait avec le motu proprio qui introduit le divorce dans l'Église.

Dans la pratique, on déléguerait aux épiscopats - comme celui allemand - les questions controversées (divorcés remariés, unions civiles et homosexualité).

Mais un tel choix, au lieu de résoudre le problème, le rendrait encore plus explosif et plus grave. Parce que ce serait démolir l'Eglise elle-même.

 

FIN DU CATHOLICISME

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En effet, en mars dernier, le cardinal Müller, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, avait répondu à Marx que déléguer les décisions doctrinales ou disciplinaires en matière de famille ou de mariage aux conférences épiscopales nationales «est une idée absolument anti-catholique qui ne respecte pas la catholicité de l'Eglise».

La vérité ne change pas avec le climat. Si la vérité n'est pas la même partout, ce n'est plus la vérité. Ce serait le triomphe de la «dictature du relativisme» même dans l'Eglise, et donc sa fin.

Le cardinal Burke l'a répété:

 

«C'est tout simplement contraire à la foi et à la vie catholique. L'Eglise suit l'enseignement de notre Seigneur Jésus-Christ (et) elle est une dans le monde entier. Il n'y a aucun changement dans ces vérités, d'un lieu à un autre ou d'une époque à lune autre. Bien sûr, l'enseignement de ces vérités tient compte des exigences particulières de chaque région. Mais cela ne change pas l'enseignement (...) qui devrait même être encore plus fortedans les endroits où il est le plus compromis».

 

Si l'idée des «diversités régionales» - également présentée au Synode - passe, «l'Eglise n'est plus catholique [universelle]. Cela signifie - ajoute Burke qu'elle n'est plus 'une' dans son enseignement, à travers le monde. Nous avons 'une' seule foi. Nous avons 'un' [ensemble de] sacrements. Nous avons 'un' gouvernement pour l'ensemble du monde. C'est cela que signifie «catholique».

Une réforme de la papauté qui transformerait l'Eglise en une fédération d'Églises locales qui décident - chacune pour soi - à propos des divorcés remariés et l'homosexualité, puis des commandements et des sacrements - porterait atteinte à la «constitution divine» de l'Eglise (c'est-à-dire l'Église telle qu'elle a été fondée par le Christ) et une telle réforme n'est dans les pouvoirs d'aucun pape. Parce que le pape n'est pas supérieur à Jésus-Christ.

Comme on le voit, au Synode, plus on entre dans le vif du sujet et plus on découvre qu'au fond, le vrai conflit porte sur les fondements de la foi catholique et sur la survie de l'Église elle-même, comme le Christ l'a instituée et comme elle existe depuis deux mille ans.

Synode : Treize cardinaux écrivent au Pape qui leur répond de "ne pas céder à l'herméneutique de la conspiration". Laquelle ?

A lire dans l'article actualisé au fil des nouvelles informations sur le sujet : "Synode : Treize cardinaux écrivent au Pape qui leur répond de "ne pas céder à l'herméneutique de la conspiration". Laquelle ?"

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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 11:17

Jeanne Smits communique sur son blog : "Intervention choc au synode : Anca-Maria Cernea supplie les pères synodaux de reconnaître qu’il s’agit d’une bataille spirituelle". La bataille de la "gnose" de Satan contre Dieu.

 

A lire d’urgence : l’intervention d’une auditrice roumaine, le Dr Anca-Maria Cernea, au synode sur la famille vendredi.

Je vous en prie, faites connaître ce texte. Il suffit de copier le lien : http://leblogdejeannesmits.blogspot.fr/2015/10/intervention-choc--synode-anca-maria-cernea.html

et de le faire suivre à vos contacts.

 

Jeanne Smits propose sa traduction depuis la traduction anglaise publiée sur LifeSiteNews, d'après le site du Vatican.

 

 

Très Saint Père, Pères synodaux, Frères et Sœurs, je représente l'Association des médecins catholiques de Bucarest.
J'appartiens à l'Eglise catholique grecque romaine.
Mon père était un leader politique chrétien, emprisonné par les communistes pendant 17 ans. Mes parents étaient fiancés, mais leur mariage a eu lieu 17 ans plus tard. Ma mère a attendu mon père pendant toutes ces années, bien qu'elle ne sache même pas s'il était encore en vie. Ils ont été héroïquement fidèles à Dieu et à leurs fiançailles.
Leur exemple montre que la grâce de Dieu peut surmonter des circonstances sociales terribles, ainsi que la pauvreté matérielle.
Nous, en tant que médecins catholiques qui défendons la vie et la famille, nous voyons que tout ceci est avant tout une bataille spirituelle.
La pauvreté matérielle et le consumérisme ne sont pas la première cause de la crise de la famille.
La première cause de la révolution sexuelle et culturelle est idéologique.
Notre Dame de Fatima a dit que les erreurs de la Russie se répandraient à travers le monde entier. Cela s'est fait d'abord sous une forme violente, le marxisme classique, qui a tué des dizaines de millions de personnes.
Aujourd'hui cela se fait la plupart du temps à travers le marxisme culturel. Il y a continuité entre la révolution sexuelle de Lénine, à travers Gramsci et l'École de Francfort, et l'idéologie contemporaine des droits gay et du genre.
Le marxisme classique avait la prétention de redessiner la société, par le biais de la spoliation violente de la propriété. Aujourd'hui la Révolution va plus profond ; elle prétend redéfinir la famille, l'identité sexuelle et la nature humaine.
Cette idéologie se qualifie elle-même de progressiste. Mais elle n'est rien d'autre que la vieille proposition du serpent, pour que l’homme prenne le contrôle, que Dieu soit remplacé, que la rédemption soit organisée ici-bas, dans ce monde.
C'est une erreur de nature religieuse, c'est la gnose.
Il appartient aux pasteurs de la reconnaître, et de mettre le troupeau en garde contre ce danger. « Cherchez donc d'abord le royaume de Dieu et Sa justice, et toutes ces choses vous seront données par surcroît. »
La mission de l'Eglise est de sauver les âmes. Le mal dans ce monde vient du péché. Et non de la disparité des revenus ou du changement climatique.
La solution est celle-ci : l'évangélisation. La conversion.
Et non pas un contrôle gouvernemental sans cesse grandissant. Ni un gouvernement mondial. Ce sont eux, aujourd'hui, les agents principaux du marxisme culturel ; ce sont eux qui l'imposent à nos nations, sous la forme du contrôle de la population, de la santé reproductive, des droits gay, de l'éducation aux questions de genre, etc.
Ce dont le monde a besoin aujourd'hui, ce n'est pas d'une limitation de la liberté, mais de la vraie liberté, la libération du péché. La rédemption.
Notre Eglise a été opprimée par l’occupation soviétique. Mais aucun de nos douze évêques n’a trahi la communion avec le Saint-Père. Notre Eglise a survécu grâce à la détermination et à l'exemple de nos évêques qui ont tenu bon face aux prisons et à la terreur.
Nos évêques ont demandé à la communauté de ne pas suivre le monde. Et non de coopérer avec les communistes.
Aujourd'hui nous avons besoin que Rome dise au monde : « Repentez-vous et convertissez-vous, car le royaume de Dieu est proche. » 
Ce n'est pas seulement nous, le laïcat catholique, mais également nombre de chrétiens orthodoxes qui prions avec anxiété pour ce synode. Car, comme ils le disent, si l’Eglise catholique cède à l'esprit du monde, il va être très difficile pour tous les autres chrétiens d’y résister.
 
Dr Anca-Maria Cernea

 

Intervention choc au synode : "tout ceci est avant tout une bataille spirituelle" (Dr Anca-Maria Cernea)
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17 octobre 2015 6 17 /10 /octobre /2015 16:40

Dans une émission de KTO intitulée "Enjeux et espoirs du Synode sur la famille. Débat : l'Eglise doit-elle changer ?", publiée le 2 octobre, nous avions vu deux évêques, Mgr Vesco et Mgr Aillet, d'accord ensemble pour dire (en résumant leur pensée) que c'est la conscience qui est le critère de la communion sacramentelle. Mgr Aillet, évêque de Bayonne, Lescar, Oloron, déclarait en ce sens :

 

"Moi je n'ai pas le droit, je ne prétends pas avoir le droit de dire à quelqu'un que ce qu'il vit est nul et qu'il doit faire comme je lui dis. [...] En même temps je leur dis (aux divorcés remariés), je n'ai pas le droit de vous dire vous n'avez pas le droit de communier."

 

Un moment plus tard, il ajoutait :

 

"Je connais des couples divorcés remariés, qui n'ont pas pris la décision de vivre comme frère et soeur, et c'est pas moi qui leur dit qu'il faut. Ils sont sur un chemin."

 

Il ressort que les divorcés remariés (et tous les pécheurs, donc tout le monde, même les assassins) peuvent pécher et communier tant qu'ils veulent sans qu'un évêque même, un successeur des apôtres, ait "le droit" de leur dire "il faut" ou "vous ne pouvez pas (communier sacramentellement)".

 

Le fondement de cette nouvelle pastorale se trouverait dans la conscience de chacun qui deviendrait le critère de la communion sacramentelle en dehors de toute objectivité du péché. Le péché objectif ne compterait plus et n'empêcherait plus la personne de communier. Nous nous étions alors demandé : "au final, si c'est la conscience qui nous juge, à quoi bon l'Eglise ?" Nous dirions plutôt à présent : "si c'est la conscience qui devient notre boussole, à quoi bon l'Eglise ? Et nous pourrions ajouter : à quoi bon les prêtres ? A quoi bon l'eucharistie elle-même, ce pain de vie descendu du Ciel pour nous donner la vie ? Cela va très loin et il nous semble percevoir dans cette attitude comme un néo-pélagianisme, cette hérésie du IVe siècle qui donnant la primauté au libre-arbitre, professait que la liberté règlait les rapports entre l'homme et Dieu, qu'en quelque sorte l'homme pouvait déjà.. se sauver par ses propres forces, et que sa boussole n'était pas le Christ mais lui-même...

 

Aujourd'hui nous serions de nouveau devant une primauté de la conscience. Jeanne Smits, aujourd'hui sur son blog, évoque une "sacralisation de la conscience" , expression tout à fait pertinente.

 

Hier, 16 octobre, Mgr Blase Cupich, archevêque de Chicago qui a chaleureusement salué la proposition du cardinal Kasper de faciliter l’accès à la communion des couples divorcés et « remariés », reprenant l'idée du "chemin" de Mgr Aillet, a longuement expliqué que celle-ci s’inscrit à l'intérieur d'une riche analyse théologique et se comprend dans ce contexte (celui de l'inviolabilité de la conscience qu'il s'agirait d'accompagner) :

 

« Si des gens arrivent à une décision en bonne conscience, alors notre travail est de les aider à avancer et à respecter cela. La conscience est inviolable et nous devons le respecter lorsqu’ils prennent des décisions, et c’est ce que j’ai toujours fait », a déclaré Mgr Cupich.

 

On pourrait tout de suite objecter à ce prélat qu'on n'a pas à respecter une conscience dévoyée qui par exemple appellerait au meurtre. Et que si ce prélat s'interdit lui-même de dire à cette personne que sa conscience est dévoyée, s'il s'interdit de lui dire qu'elle ne doit pas et ne peut pas, au motif que sa conscience serait "inviolable", alors il devient co-responsable du mal qui en sort. Ne rien faire et ne pas empêcher cette conscience dévoyée de commettre un crime ou un délit, revient à commettre soi-même une infraction de droit pénal (la non-assistance à personne en danger, article 223-6 du code pénal). Pour sauver une personne ou un bien d'une agression extérieure, on a un droit et même une obligation d'empêcher cette agression par des moyens proportionnés (légitime défense). [1]

 

On voit que le droit positif français est bien plus réaliste que ne le sont les novateurs. Il y a chez ceux-ci comme un renversement de toutes les obligations morales et des interdits religieux mêmes. Un quitus à l'anarchie et la mort, en un lieu qui devrait être particulièrement défendu : notre âme. Est-ce là la mission que Notre Seigneur a assigné à son Eglise ?

 

Pour fonder son argumentation, Mgr Blase Cupich, a livré une anecdote sur une femme divorcée remariée, très éloignée de l’Eglise, qu’un prêtre de paroisse a fait communier le jour de l’enterrement de son fils suicidé : la femme en question s’est par la suite réconciliée avec l’Eglise, a obtenu la déclaration de nullité de son mariage et recommencé à pratiquer. La miséricorde ne fait pas suite à la conversion, mais la précède, a affirmé l’archevêque de Chicago. "Mais qui a jamais dit le contraire ?", demande justement Jeanne Smits dans son article. "Sans la miséricorde de Dieu, explique Jeanne Smits, comment le pécheur trouverait-il le moyen de l’implorer ?" "Mais la miséricorde n’est pas le pardon sacramentel, précise-t-elle : celui qui est offert à chacun par les mérites de la Passion du Christ, et qui suppose la reconnaissance des fautes, la contrition, la pénitence et le ferme propos de ne pas recommencer".

 

John Henry Westen de LifeSite a alors demandé à Mgr Blase Cupich, si l’idée d’accompagner les gens vers « le sacrement » dès lors qu’ils avaient clairement une indication de la conscience à cette fin s’appliquerait également aux couples gays au sein de l’Eglise, Mgr Cupich a indiqué, de manière affirmative :

 

« Je crois que les personnes gay sont eux aussi des êtres humains, et ils ont une conscience. Et mon rôle de pasteur est de les aider à discerner la volonté de Dieu en regardant l’enseignement moral objectif de l’Eglise, mais en même temps, à les aider à traverser une période de discernement afin de comprendre ce que Dieu les appelle à faire à ce moment précis. C’est pour tous. Je crois que nous devons nous assurer de ne pas catégoriser un groupe comme s’ils ne faisaient pas partie de la famille humaine, comme s’il y avait pour eux un ensemble de règles différent. Ce serait une grande erreur. »
 

Jeanne Smits ajoute que "connu pour ses prises de positions progressistes", Mgr Blase Cupich "fait partie des invités personnels du pape François au synode. Alors qu’il était encore évêque de Spokane, en 2011, il avait interdit à ses prêtres de prendre part aux veillées de prière bisannuelles « 40 Days for Life »."

Catholiques déboussolés entre conscience sacralisée et néo-pélagianisme

Le site Pro Liturgia aborde lui aussi le sujet :

 

Mgr Blase Cupich, Archevêque de Chicago invité personnel du Pape François au Synode, a déclaré à la presse que “la conscience personnelle est inviolable” et que, par conséquent, les couples “divorcés-remariés” qui décident en toute conscience qu’ils peuvent aller communier, peuvent aller communier. Quand les journalistes ont demandé à Mgr Cupich si son point de vue concernait aussi les homosexuels, il a répondu par l’affirmative. Du moment qu'ils ont bonne conscience...

Au cours de l’interview, l’Archevêque de Chicago a également dit qu’il était totalement d’accord avec les “propositions de Kasper” et que même il avait fait distribuer le livre du Cardinal Kasper intitulé “L’Evangile de la famille” à tous les prêtres de son diocèse.

Catholiques déboussolés entre conscience sacralisée et néo-pélagianisme

Source: Pro Liturgia, Actualité du 17 octobre 2015

Que penser de la "conscience" et du "chemin" dont nous parle les novateurs ?

 

Jésus est, lui, le chemin, la vérité et la vie (Jean, 14-6.) et non la conscience elle-même qui s'auto-contrôlerait en dehors de toute relation à Dieu et à autrui.

 

Un journaliste et écrivain italien, Francesco Agnoli, a eu hier une profonde réflexion et a justement écrit sur "La Nuova Bussola Quotidiana" que "si la doctrine de Kasper sur la communion des divorcés remariés passait, il faudrait non seulement effacer de l'Evangile les passages sur le mariage mais également en abolir l'esprit" :

 

« car nul ne va vers Dieu, qui est Amour et Unité, sinon à travers ses frères, ceux qui nous entourent. On ne va pas à l’autel du Dieu fidèle après avoir trahi la fidélité promise et due à ceux qui nous sont le plus proche : le conjoint et les enfants. Cela ne veut pas dire qu’en ne permettant pas la communion aux divorcés qui vivent comme mari et femme avec son partenaire, l’Eglise les abandonne et les considère comme perdus, chrétiennement parlant. Même s’ils vivent de façon contraire à l’enseignement de l’Evangile. Que faut-il faire alors ? Que les Pères synodaux réalisent donc, sans prendre de raccourci, que le chemin pris par le Christ, la route qui mène à la croix, n’est pas celle d’affirmer que le péché n’existe pas mais celle de mourir pour nous pécheurs.

 

Ce n'est en effet qu'en mourant à nous-même, à notre ego, que l'Esprit-Saint peut nous remplir, et ce n'est qu'alors que nous entrons dans le Royaume de Dieu que Jésus a préparé pour nous et que nous pouvons nous unir à lui. L'union sacramentelle au Christ ne se dissocie pas de l'union spirituelle. L'amour de Dieu d'abord, l'amour du prochain ensuite vont ensemble. Le chemin solitaire dont nous parle les novateurs est bien triste. Quel amour y a-t-il coupé de toute relation à son prochain et tourné essentiellement vers soi-même ?

C'est pourquoi celui qui mangera le pain ou boira le calice du Seigneur indignement, sera coupable envers le corps et le sang du Seigneur. Que chacun donc s'éprouve soi-même, et qu'ainsi il mange de ce pain et boive de ce calice.

1ere épitre de Saint Paul apôtre aux Corinthiens, chapitre 11, 27-29

Le Cardinal Marx souhaite lui aussi l'ouverture de la communion eucharistique aux divorcés remariés, en fondant cette ouverture "sur les bases de la théologie qui a permis Vatican II".

Nous écrivions récemment dans l'article "le pape laisse les catholiques inquiets. pourquoi?", qu'il y a quelque chose qui cloche dans l'Eglise enseignante qui n'ose plus enseigner, annoncer ce qui est bien et ce qui est mal, dire "il faut", et donc d'user de l'autorité que Dieu lui a confiée.

Dès lors, le Pape à qui le Christ a donné le pouvoir des clés, c'est-à-dire d'enseigner les nations, n'enseigne plus ("qui suis-je pour juger") et laisse les catholiques inquiets. Et derrière le Pape, les évêques, successeurs des apôtres, eux-mêmes n'usent plus de l'autorité qui leur a été confiée, n'osent plus dire aux personnes ce qui est bien, ce qui est mal, dire "il faut".

La destruction de l'autorité semble être une des caractéristiques majeures de l'"esprit du Concile" et d'une vision erronée de la "liberté religieuse", une immunité en droit de la personne contre toute contrainte extérieure en matière de religion (Dignitatis humanae) étendue jusque dans la conscience. Une conscience sacralisée devant laquelle la mission évangélique en quelque sorte s'arrêterait.

S'il y a un droit et même un devoir d'agir et de protéger les biens et les personnes en cas d'agression, qui pulvérisent toute immunité - "inviolabilité" de la conscience, à combien plus forte raison y a-t-il un droit et une obligation d'agir pour le salut de l'âme devant l'imminence d'un danger de mort éternelle ?

Notes

 

[1] Le droit pour empêcher une conscience dévoyée de commettre une infraction est donné par trois textes : l'article 73 du Code de Procédure Pénale ("Toute personne a qualité pour appréhender une personne qui commet un crime ou un délit et la conduire devant l'Officier de Police Judiciaire"); l'article 122-5/6 du Code pénal ("N'est pas pénalement responsable, la personne qui, devant une atteinte injustifiée envers elle-même ou autrui, accomplit dans le même temps un acte commandé par la nécessité de la légitime défense d'elle-même ou d'autrui, sauf s'il y a disproportion entre les moyens de défense employés et la gravité de l'atteinte"); et l'article 122-6 du CP fondant la présomption de légitime défense ("Est présumé avoir agi en état de légitime défense celui qui accomplit l'acte 1- pour repousser de nuit l'entrée par effraction, violence ou ruse dans un lieu habité, 2- pour se défendre contre les auteurs de vols ou de pillages exécutés avec violence.)

L'obligation d'agir est donnée par l'article 223-6 du Code Pénal fondant l'obligation d'assistance à personne en danger, sous peine de 7 ans de prison et 100.000 euros d'amende pour "non-assistance à personne en danger".

Pour un bien menacé par un sinistre (incendie, dégât des eux, gaz, etc.) il y a même une obligation de combattre le sinistre (article 223-7 du Code pénal) sanctionnée par deux ans de prison et 30.000 euros d'amende.

 

. Synode : deux théologiens dénoncent la fausse conception de la "conscience" dans l'instrumentum laboris

. Mgr Peta déclare que les fumées de Satan sont entrées dans le Synode

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17 octobre 2015 6 17 /10 /octobre /2015 11:14

[S]oyez sobres, et tournez toute votre espérance vers cette grâce qui vous sera apportée le jour où Jésus-Christ paraîtra.
14 Comme des enfants obéissants, ne vous conformez plus aux convoitises que vous suiviez autrefois, au temps de votre ignorance;
15 mais à l'imitation du Saint qui vous a appelés, vous-mêmes aussi soyez saints dans toute votre conduite,
16 car il est écrit: " Soyez saints, parce que je suis saint. "

1ère épitre de Saint Pierre, Chapitre 1

Voici donc ce que je dis et ce que je déclare dans le Seigneur, c'est que vous ne vous conduisiez plus comme les païens, qui suivent la vanité de leurs pensées.
18 Ils ont l'intelligence obscurcie, et sont éloignés de la vie de Dieu, par l'ignorance et l'aveuglement de leur coeur.
19 Ayant perdu tout sens, ils se sont livrés aux désordres, à toute espèce d'impureté, avec une ardeur insatiable.
20 Mais vous, ce n'est pas ainsi que vous avez appris à connaître le Christ,
21 si cependant vous l'avez bien compris, et que vous ayez été instruits, suivant la vérité qui est en Jésus,
22 à vous dépouiller, en ce qui concerne votre vie passée, du vieil homme corrompu par les convoitises trompeuses,
23 à vous renouveler dans votre esprit et dans vos pensées,
24 et à revêtir l'homme nouveau, créé selon Dieu dans une justice et une sainteté véritables.
25 C'est pourquoi, renonçant au mensonge, parlez selon la vérité, chacun dans ses rapports avec son prochain, car nous sommes membres les uns des autres.
26 " Etes-vous en colère, ne péchez point; " que le soleil ne se couche point sur votre irritation.
27 Ne donnez pas non plus accès au diable.
28 Que celui qui dérobait ne dérobe plus; mais plutôt qu'il s'occupe en travaillant de ses mains à quelque honnête ouvrage, afin d'avoir de quoi donner à celui qui est dans le besoin.
29 Qu'il ne sorte de votre bouche aucune parole mauvaise; mais quelque bon discours propre à édifier, selon le besoin, afin qu'il fasse du bien à ceux qui l'entendent.
30 N'attristez pas le Saint-Esprit de Dieu, par lequel vous avez été marqués d'un sceau pour le jour de la rédemption.
31 Que toute aigreur, toute animosité, toute colère, toute clameur, toute médisance soient bannies du milieu de vous, ainsi que toute méchanceté.
32 Soyez bons les uns envers les autres, miséricordieux, vous pardonnant mutuellement, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ.

Epitre de Saint Paul apôtre aux Ephésiens, chapitre 4 , 17-32

L'exorcisme, par le père Jean-Régis Fropo

Ordonné en 1978 dans la communauté des chanoines réguliers de Saint-Augustin, le père Jean-Régis Fropo exerce aujourd'hui son ministère dans le diocèse de Fréjus-Toulon où il est exorciste depuis dix ans.

Le 18 mars 2013, invité de l'émission "Un coeur qui écoute" sur KTO, ce prêtre au rôle si particulier et nécessaire a expliqué son expérience au contact des gens qui viennent le voir pour guérir du démon.

 

Auteur du livre "90 questions à un exorciste. Thérapeutique des emprises maléfiques", le père Jean-Régis Fropo reconnaît la possession dans certains cas, et oriente souvent vers des psychiatres ou des psychologues.

Depuis dix ans, pas moins de deux mille personnes sont venues le voir pour obtenir la guérison. Une émission dense pour tous ceux qui souhaitent comprendre le rôle des exorcistes.

L'exorcisme, par le père Jean-Régis Fropo

L'article de Famille chrétienne du 27/03/2012 : "Qui est le diable ? - Le Père Jean-Régis Fropo : « Le diable n’a pas accès à nos âmes »". Extrait :

 

Quels sont les lieux de prédilection de l’action démoniaque ?

Ils sont nombreux ! Il y a tout ce qui relève des passions humaines et des vices classés habituellement sous le terme des péchés capitaux. On peut également évoquer toutes les addictions. Je pense à la drogue, à l’alcool ainsi qu’au jeu et à la pornographie, dont Internet est un promoteur redoutable.

Je constate que les personnes qui ont été prises dans ces pièges ont souvent besoin d’une prière de délivrance au moment de leur conversion pour être libérées de ces « liens » (le sacrement de pénitence n’est pas suffisant).

Il faut également nommer tout ce qui relève de l’occultisme : la voyance, la divination, le pendule, le tarot, le spiritisme, l’écriture automatique, la communication avec les morts, Le livre du Deutéronome prévient au chapitre 18, 10 : « On ne trouvera chez toi personne qui fasse passer au feu son fils ou sa fille, qui pratique divination, incantation, mantique ou magie, personne qui use de charmes, qui interroge les spectres et devins, qui invoquent les morts. Car quiconque fait ces choses est en abomination à Yahvé ton Dieu » (voir aussi Lv 18, 21 et 19, 31).

Le diable utilise également les pratiques venues d’Extrême-Orient comme la méditation transcendantale, le zen ou le yoga pratiqué à un certain niveau. Pourquoi le yoga peut-il être mauvais ? Parce qu’il entraîne une recherche de pouvoir sur soi et sur autrui. La démarche du yogi est spirituelle et à l’inverse de la démarche chrétienne, car il n’y a pas d’altérité : le chrétien est face à Dieu et au Christ, le yogi est face à lui-même.

Je pense aussi au reiki, à toutes les thérapies alternatives ou médecines parallèles qui font appel aux énergies qu’elles soient dites cosmiques, astrales ou divines (reiki, taï-chi, chicong). Inspirées de l’Orient, elles sont nées dans le paganisme de ces pays et sont nécessairement mélangées d’occulte même si elles comportent quelques éléments positifs. L’art du démon est de mélanger le vrai et l’erreur, la vérité et le mensonge !

 

Autres videos du Père Jean-Régis Fropo :

 

Enseignement exorcisme

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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 22:54

L’anecdote a été racontée aux pères synodaux par le curé de Trieste, dom Roberto Rosa, nommé directement par le Pape pour participer au synode. L’invitation inattendue du pape est arrivée après que le Saint-Père ait lu une lettre écrite par dom Roberto précisément sur le thème des divorcés remariés, une lettre allant bien entendu dans le sens de la réforme de la pratique actuelle. Une pratique qui, faut-il le rappeler, participe pourtant d’une disciple directement liée à la loi divine sur les deux sacrements que sont le mariage et l’eucharistie.

Cette histoire a été rendue publique lors du briefing d’hier et faisait partie d’une série de comptes-rendus fournis aux journalistes concernant les débats en séance. Des comptes-rendus qui ne mentionnent jamais le nom des intervenants et qui sont souvent remaniés par le service de P. Lombardi et sont introduits avec un « ce qui m’a touché… » très impartial. Curieusement, dans ce synode qui « ne doit pas se focaliser sur la question des divorcés remariés », il semble que l’on n’ait parlé de rien d’autre lors de la séance d’hier.

Avec l’anecdote du bambin qui partage son hostie avec son père divorcé remarié, on a frôlé le storytelling [NdT : une technique de communication manipulatrice faisant appel aux émotions]. Et de fait, les commentaires n’ont pas tardé à s’emparer de l’aspect le plus sentimental de l’histoire. Plusieurs ont évoqué l’émotion qui a saisi les pères dans la salle, d’autres ont mis en évidence cette souffrance qu’éprouvent les enfants pour leurs parents divorcés remariés qui ne peuvent accéder à la Saint Eucharistie.

Au-delà de la bonne foi du bambin et du respect dû à ses nobles sentiments, il n’en demeure pas moins que ce que raconte don Rosa demeure un abus liturgique, s’agissant techniquement d’une profanation du Corps et du Sang du Seigneur réellement présents. On pourrait donc s’interroger sur le genre de catéchèse que cet enfant a reçue concernant le respect de l’eucharistie et sur le don de la crainte de Dieu. Ce dernier étant un don de l’esprit qui « est le sentiment sincère et fébrile que l’homme éprouve devant la « Majesté Terrible » de Dieu (Jean-Paul II, Angélus du 11/6/1989). Un don qui permet de faire grandir le sens du mystère de Dieu présent entre nous, particulièrement dans l’eucharistie, quelque chose qui précède toute autre considération. Au synode, en revanche, il semblerait que prévalent plutôt des considérations de nature socio-pastorales qui ne tiennent pas la route devant la présence sacramentelle du Christ dans l’eucharistie et dans le mariage.

Il est inutile d’essayer de discuter du fond du problème puisque désormais, qu’on le veuille ou non, le synode semble céder à un certain sentimentalisme. L’écrivain catholique John Waters le rappelait récemment dans une belle interview qui avait accordée à l’hebdomadaire Tempi lorsqu’il évoquait la bataille menée en Irlande pour la vérité du mariage contre le mariage homosexuel. Walters rappelait alors un problème important :

« Nous avons compris », a-t-il déclaré, « que pendant des débats, les faits et les arguments rationnels n’avaient aucune valeur : seules comptaient les émotions et les faits inexistants répandus par la propagande et que les gens finissaient par croire. A l’issue des premiers débats, nous nous disions « tout s’est bien passé, nous les avons remis à leur place avec nos arguments » mais la réalité était tout autre. Quand tu crois avoir gagné une controverse sur base d’arguments rationnels, c’est que tu as probablement perdu parce qu’aujourd’hui, le monde ne vit que dans une dimension émotionnelle ». (Lorenzo Bertocchi). LNBQ.

Le bambin, le papa divorcé et l'hostie divine. Emotion au synode

Source: Synodo 2015 Osservatorio, Publié le 16/10/2015, traduction via Diakonos.be

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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 22:35

Si la doctrine de Kasper sur la communion des divorcés remariés passait, il faudrait changer l’Evangile.

 

Dans les remous autour du débat sur l’accès à la communion des divorcés remariés que le cardinal Kasper a lancé lors du synode de 2014, les croyants risquent parfois d’oublier la Parole qui est en réalité plus claire qu’il n’y paraît. Avec l’avènement du Christ, c’est le dessein original du Créateur qui est restauré : celui dans lequel le mari et l’épouse, homme et femme, sont appelés à devenir « un seul corps et un seul esprit ». Dans l’Ancien Testament, Dieu permettait de répudier sa femme mais seulement « à cause de la dureté de vos cœurs ». Dans le Nouveau Testament, cette possibilité a été exclue et l’indissolubilité du mariage a été affirmée sans concession.

 

C’est ainsi que, pour la première fois dans l’histoire, le christianisme propose que l’amour fidèle du Christ pour l’humanité, l’amour du Christ pour son Eglise et l’Amour qui unit les trois personnes de la Trinité ait sa correspondance, pour ainsi dire, au sein de la famille humaine. Il s’agit d’un message nouveau non seulement pour les Juifs mais également – et surtout – pour les païens. Les historiens rappellent qu’à l’époque des apôtres, et encore davantage dans les trois siècles qui ont suivi, le divorce était extrêmement répandu dans la Rome impériale. Ceci était notamment dû au fait qu’il pouvait alors être demandé non seulement par l’homme à travers la répudiation comme par le passé mais également par la femme. Le grand Sénèque, presque contemporain de Jésus, écrivait que désormais les gens « divorçaient pour se marier et se mariaient pour divorcer ». Juvénal, au premier siècle après le Christ, mentionnait le nom d’une femme qui s’était mariée 8 fois en 5 ans alors que Martial dépeignait la crise du mariage de l’époque en citant Télésille et ses 10 maris.

 

Nous pouvons donc imaginer, à la lumière de ces quelques exemples, combien il a pu être difficile pour les chrétiens de partager leur vision du mariage. Et pourtant celle-ci était pour eux liée de façon indissoluble à l’amour que le Christ avait apporté. En effet, si l’on considère que l’ancienne loi s’accomplit dans les commandements de l’amour, il n’y a d’autre possibilité que de le vivre, surtout dans la vie de famille : le vivre avec ses joies et ses peines, ses satisfactions et ses croix, comme le Christ l’a enseigné. C’est pour cela que, pour les premiers chrétiens, briser un mariage signifiait tout simplement ne pas vivre l’amour envers son conjoint et ses enfants et ne pas vivre l’enseignement du Christ, prêt à mourir pour ceux qu’il aime. Au fil des siècles, c’est ce concept qui a mené à l’exclusion des divorcés remariés de la communion eucharistique ; une exclusion qui n’est pas un jugement définitif, que personne n’a le droit de porter, sur les personnes mais un jugement sur un fait : la rupture de la commune voulue par Dieu lui-même et par les époux.

 

Pour l’Eglise, celui qui brise la communion avec son prochain ne peut pas accéder à la communion sacramentelle. Et ce, quelle que soit la rupture dont il s’agisse: un assassin, un voleur, même quelqu’un qui aurait insulté son frère doit d’abord se repentir et changer de vie avant de pouvoir accéder à nouveau au sacrement de la communion. Sans repentir, dit Saint Paul, sa communion est sacrilège parce que « ce n’est pas celui qui dit : Seigneur, Seigneur qui entrera dans le Royaume des cieux mais celui qui fait la volonté de mon père qui est dans les cieux ». C’est là que réside l’essence du christianisme : on ne va pas à Dieu sinon à travers le frère ; si l’on est pas en communion avec Lui, on n’est pas non plus en communion avec son prochain.

 

L’Evangéliste Matthieu écrit : « Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. » (Mt 5,23-24). Avant d’accéder à la communion eucharistique, l’Eglise souhaite que le lien avec notre prochain soit reconstruit. Un père qui abandonne sa femme et ses enfants pour aller avec une autre femme laissant sa femme et ses enfants dans le désespoir brise la communion avec les personnes qui lui sont le plus proche. Il viole le commandement de l’amour en se détachant violemment de Dieu qui est amour. C’est pour cela que l’Eglise lui rappelle que, sans repentir et changement de vie, il n’est pas licite d’accéder au sacrement de l’unité, à la rencontre avec Dieu qui s’est fait proche de l’homme pour que l’homme soit également proche de ses frères.

 

Si la thèse du cardinal Kasper passait, il faudrait non seulement effacer de l’Evangile les passages sur le mariage mais également en abolir l’esprit car nul ne va vers Dieu, qui est Amour et Unité, sinon à travers ses frères, ceux qui nous entourent. On ne va pas à l’autel du Dieu fidèle après avoir trahi la fidélité promise et due à ceux qui nous sont le plus proche : le conjoint et les enfants. Cela ne veut pas dire qu’en ne permettant pas la communion aux divorcés qui vivent comme mari et femme avec son partenaire, l’Eglise les abandonne et les considère comme perdus, chrétiennement parlant. Même s’ils vivent de façon contraire à l’enseignement de l’Evangile. Que faut-il faire alors ? Que les Pères synodaux réalisent donc, sans prendre de raccourci, que le chemin pris par le Christ, la route qui mène à la croix, n’est pas celle d’affirmer que le péché n’existe pas mais celle de mourir pour nous pécheurs.

 

Si la doctrine de Kasper sur la communion des divorcés remariés passait, il faudrait changer l’Evangile

Source: La Nuova Bussola Quotidiana, Traduction via Diakonos.be

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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 09:04

Alors que les Pères synodaux s’apprêtent à examiner, dans quelques jours, la troisième partie de l’Instrumentum laboris et notamment son paragraphe 137 sur l’encyclique Humanæ Vitæ, des voix autorisées se sont levées pour souligner que dans sa rédaction actuelle, ce texte « défectueux » contient implicitement une « distorsion de l’enseignement catholique » sur le plan de Dieu sur la procréation humaine.

Le Dr David S. Crawford, professeur associé de théologie morale et de loi de la famille de l’Institut pontifical Jean-Paul II à Washington et le Dr Stephan Kampowski, professeur d’anthropologie philosophique à l’Institut pontifical Jean-Paul II à Rome, ont jugé la situation suffisamment grave pour rendre publique leur analyse.

Serviteurs de l’Église à travers leur travail pour l’Institut Jean-Paul II, on imagine combien Crawford et Kampowski ont dû prendre au sérieux la situation pour aller jusqu’à la publication de leur texte. Leur appel s’intitule « Rappeler l’enseignement d’Humanæ Vitæ (et de Veritatis Splendor) », manière de montrer d’emblée qu’ils dénoncent un oubli grave du Magistère pérenne de l’Église.

Comme au lendemain de la parution de l’encyclique de Paul VI sur le contrôle des naissances, les adversaires de la mise en avant de ses exigences morales mènent leur attaque par le biais de la primauté de la conscience de chacun : ce fut le cas de plusieurs conférences épiscopales, notamment en France. L’article 137 « propose une méthode de discernement moral résolument non catholique », assurent les deux auteurs.

La longue liste des ambiguïtés et des insuffisances qu’ils pointent aboutit à une vision faussée de la norme morale, vue comme trop lourde à supporter, hors d’atteinte, et surtout comme un simple interdit extérieur qui peut se heurter au bien de la personne, alors que « Jésus-Christ enseigne les commandements en tant qu’ils se rapportent à la plénitude de vie qu’il promet ».

De fait, le paragraphe 137 de l’Instrumentum laboris invoque la nécessité de voir les « deux pôles » de la « conscience conçue comme voix de Dieu qui résonne dans le cœur humain formé à l’écouter » d’une part, et de « l’indication morale objective » d’autre part « constamment conjugués ensemble ». Comme s’il y avait une dichotomie. C’est en ce sens que s’exprime l’Instrumentum laboris, assurant que lorsque la référence au « pôle objectif » prévaut, « la norme morale est ressentie comme un poids insupportable, ne répondant pas aux exigences et aux possibilités de la personne ».

Il ne s’agit pas seulement d’une fausse conception de la norme morale, mais d’une négation, voire d’un rejet de la grâce de Dieu et de sa promesse de ne pas éprouver l’homme au-delà de ses forces.

Crawford et Kampowski soulignent également combien la définition de la conscience est faussée lorsqu’on omet – comme le fait l’Instrumentum laboris – le fait qu’elle « se rapporte à la loi “inscrite dans nos cœurs” » : « En matière de morale, la “voix” de Dieu ne dit pas une chose à une personne et une autre à une autre personne, et elle ne parle jamais contre une norme objective enseignée par l’Église. »

[...] Le texte, dense et important, des deux collaborateurs de l’Institut Jean-Paul II a été publié en septembre par le blog anglophone First Things, et il a reçu le soutien de très nombreux spécialistes, universitaires et religieux, connus et reconnus dans le domaine de la bioéthique et de la morale.

Nous en donnons la liste complète à la suite de cette traduction française que le Dr Kampowski nous autorise à publier intégralement, et qu’il a aimablement révisée afin qu’elle reflète le plus exactement possible la pensée des auteurs.

[...] Le texte officiel de référence de cet appel est en anglais est ici.

 

La traduction française ci-dessous a été revue et validée par le Dr. Kampowski.

 

Le 23 juin 2015 a été publié l’Instrumentum laboris (« document de travail ») en vue de la XIVe Assemblée ordinaire du Synode des évêques. Ce document couvre une série de sujets liés au thème de la famille choisi par le Synode. Le paragraphe 137 concerne un document clé du Magistère moderne, l’encyclique Humanæ Vitæ. Il en traite d’une manière qui à la fois remet en question la force de cet enseignement et propose une méthode de discernement moral résolument non catholique. Cette approche du discernement contredit tout ce qui, jusqu’à présent, a été enseigné par le Magistère de l’Église concernant les normes morales, la conscience et le jugement moral, en suggérant qu’une conscience bien formée puisse se trouver en conflit avec les normes morales objectives.

En notre qualité de théologiens moralistes et de philosophes moralistes catholiques, nous pensons qu’il est de notre devoir de prendre la parole contre la distorsion de l’enseignement catholique implicitement présente dans le paragraphe 137. Si cela était approuvé par le Synode, ce texte défectueux de l’Instrumentum laboris conduirait à porter la confusion parmi les fidèles. Le paragraphe 137 devrait être supprimé et remplacé par un paragraphe qui parle de la conscience de façon plus précise, qui célèbre la sagesse et la beauté d’Humanæ Vitæ, et qui puisse aider les époux à comprendre que des grâces sont à leur disposition pour vivre selon le plan de Dieu le don de la sexualité.

Synode : deux théologiens dénoncent la fausse conception de la "conscience" dans l'instrumentum laboris
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Publié par Ingomer - dans Religion
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