Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 18:23

« Nous ne sommes pas venus pour épouser les valeurs, qui sont des non-valeurs, des uns des autres », a prévenu ainsi le cardinal Philippe Ouedraogo, archevêque de Ouagadougou (Burkina Faso) : « Mais pour nous recentrer à fond sur Dieu ».

 

Les évêques Africains se posent en défenseurs de la famille.

... [L]es évêques du continent africain ont réussi à peser dans les discussions pour écarter des ouvertures jugées néfastes à l’enseignement de l’Église sur la famille.

 

Synode : les évêques n'optent pas pour l'accès aux sacrements des divorcés remariés

La cinquantaine d’évêques africains présents à l’assemblée y participe avec leur propre document, 89 pages de commentaire sur l’Instrumentum laboris, le texte sur lequel travaillent les pères synodaux.

Ce document, adopté en juin dernier à Accra (Ghana) par les épiscopats du continent, « sert de référence », comme l’assure l’archevêque de Dakar, Mgr Benjamin Ndiaye.

À leur tête, les cardinaux Robert Sarah et Wilfrid Napier forment deux voix d’autorité, qui se complètent. Le premier, préfet de la congrégation pour le culte divin, vient d’un petit pays pauvre d’Afrique francophone, la Guinée-Conakry. De tempérament réservé, il connaît bien la Curie romaine. L’autre, archevêque de Durban (Afrique du Sud), représente un puissant pays d’Afrique anglophone et s’exprime devant la presse, comme hier, « au nom des évêques africains ».

Plus extraverti, il s’était fait remarquer au Synode de l’an dernier en s’opposant publiquement au document de travail intermédiaire qui introduisait un regard considéré trop accueillant à l’égard des couples homosexuels. À ce Synode, dont le pape François l’a nommé président délégué, il a reconnu avoir signé la lettre mettant en doute l’impartialité de la conduite des travaux.

[Les Pères d'Afrique] se sentent aujourd’hui investis du devoir d’empêcher l’entrée dans l’Église de « colonisations idéologiques », non sans prendre des accents jugés par d’autres trop « messianiques ». « Nous ne sommes pas venus pour épouser les valeurs, qui sont des non-valeurs, des uns des autres », a prévenu ainsi le cardinal Philippe Ouedraogo, archevêque de Ouagadougou (Burkina Faso) : « Mais pour nous recentrer à fond sur Dieu ».

 

Source: Les Africains se posent en défenseurs de la famille traditionnelle, La Croix, 20/10/15 - 16 H 58 - Mis à jour le 20/10/15 - 16 H 59

Au grand dam des progressistes et de La Croix qui rapporte la nouvelle dans un article fortement orienté dans le sens de la soit-disant "ouverture",  "la plupart des propositions pastorales les plus ouvertes aux situations familiales irrégulières n’ont pas été retenues par les groupes linguistiques qui ont achevé leurs travaux mardi 20 octobre."

 

Même les Allemands ne semblaient pas avoir opté pour l’accès aux sacrements des divorcés remariés.

« Il ne sortira pas grand-chose de ce synode », lâchait, mardi 20 octobre à midi, un observateur en sortant de la salle de l’assemblée.

[...] Les partisans d’une ouverture pour les divorcés remariés sont restés minoritaires, peut-être un évêque sur quatre.

[...] Au-delà de leurs délibérations et de l’adoption d’un rapport final, toujours attendue samedi 24 octobre, les pères synodaux s’en remettent surtout au pape et à son éventuelle future exhortation.

 

Synode : les évêques n'optent pas pour l'accès aux sacrements des divorcés remariés

Source: Les évêques restent timides dans leurs propositions, La Croix, 20/10/15 - 17 H 08 - Mis à jour le 20/10/15 - 17 H 28

 

Le site ProLiturgia rapporte aussi l'information :

 

Le Cardinal Kasper, grand théologien encensé par le Pape François, a été remis à sa place : une écrasante majorité d’évêques réunis en synode est contre la communion aux “divorcés-remariés”. C’est Sébastien Maillard, correspondant pour “La Croix” à Rome, qui l’annonce.


Par ailleurs, dans “Le Figaro”, Jean-Marie Guénois livre une bonne analyse du pontificat actuel lequel, comme nous l’avions dit depuis longtemps à “Pro Liturgia”, n’est plus du tout dans la ligne de S. Jean-Paul II et de benoît XVI. Extraits :


« Jamais (...) un jésuite n’avait été élu pape. Force est de constater, deux ans et demi après l’élection de François, que jamais les Jésuites et leurs méthodes n’ont bénéficié d'une telle influence sur la gouvernance de l'Église.


La publication, lundi matin, dans le plus grand quotidien italien, “Corriere della Sera”, d’une longue préface, signée par François, des œuvres complètes du défunt cardinal Carlo Maria Martini, jésuite, archevêque de Milan, papabile, révèle au grand jour l’étendue de ce réseau et confirme l’influence directe de la culture jésuite sur la nouvelle direction prise par l’Eglise catholique et, au passage, sur l'actuel synode de la famille.


(...) On ne croit d’ailleurs pas si bien dire, car François a demandé à l’actuel général des Jésuites, l’Espagnol Adolfo Nicolás, d’être l’un des membres de la commission de rédaction du document final du synode - commission controversée parce que non élue par le synode. Dans les arcanes du synode, on assure que le rôle de cet éminent et très intelligent religieux ne se limite pas à cela. C’est en tout cas la première fois qu’un pape ose, de facto, demander à un supérieur général d’un ordre religieux si important de jouer un tel rôle au sein d'un synode.


Evidemment, les Jésuites ne sont pas toute l’Eglise catholique, et l’Eglise catholique ne se résume pas aux Jésuites, mais l’hommage public de ce jour du pape François au cardinal Martini - “son héritage est un don précieux pour l’Eglise”, écrit-il - éclaire d'une lumière crue ce pontificat et ses orientations actuelles et à venir : le cardinal Martini, homme d’une grande finesse et hauteur de vue, a toujours été l’opposant ecclésial numéro un des papes Jean-Paul II et Benoît XVI. Ce grand intellectuel jésuite était en effet le promoteur d’un “concile Vatican III” en faveur de la communion pour les divorcés remariés, du mariage des prêtres, du diaconat féminin, de la décentralisation romaine et du renforcement des conférences épiscopales, d’une “Eglise synodale“ enfin où le pouvoir du Pape serait redimensionné.


Si le concile Vatican III n’est pas ouvert, les temps y ressemblent fort. »

Synode : les évêques n'optent pas pour l'accès aux sacrements des divorcés remariés
Repost 0
Publié par Ingomer - dans Religion
commenter cet article
20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 12:33

"Il reste encore une semaine de débat pour les évêques réunis en ce moment au Vatican. Ils discutent de la famille au sein de l'Eglise. Un couple de français a été appelé pour s'exprimer. Ils vont plaider la cause des divorcés remariés."

 

Ainsi commence cette courte vidéo d'un reportage diffusé par "Lci.tf1.fr" dans l'article "Divorcés remariés : les attentes d'un couple catholique invité au synode".

 

Ce reportage donne l'information que nous sommes "à une époque où un mariage sur trois finit par un divorce". Il oppose deux types de couple - on pourrait dire deux types de société, et même deux époques, tant  les images diffusées de l'"ouverture des Etats généraux du christianisme" à la Cathédrale de Strasbourg montrent des visages de personnes âgées, de la génération de mai 68.

 

"Cathédrale de Strasbourg, ouverture des Etats généraux du christianisme". Parmi les participants, Nathalie et Christian Mignonat qui disent accompagner des personnes "divorcées-remariées" et être "plus généralement sensibles à tout ce qui tourne autour du couple" (sic). Source image : "Divorcés remariés : les attentes d'un couple catholique invité au synode", Lci.tf1.fr,  ( http://lci.tf1.fr/jt-20h/videos/2015/divorces-remaries-les-attentes-d-un-couple-catholique-invite-8672426.html )

"Cathédrale de Strasbourg, ouverture des Etats généraux du christianisme". Parmi les participants, Nathalie et Christian Mignonat qui disent accompagner des personnes "divorcées-remariées" et être "plus généralement sensibles à tout ce qui tourne autour du couple" (sic). Source image : "Divorcés remariés : les attentes d'un couple catholique invité au synode", Lci.tf1.fr, ( http://lci.tf1.fr/jt-20h/videos/2015/divorces-remaries-les-attentes-d-un-couple-catholique-invite-8672426.html )

Le clivage générationnel au Synode sur la "famille"

Devant les évêques réunis au Vatican, Christian et Nathalie Mignonat expliquent qu'ils "se feront les portes parole des divorcés remariés".

Le clivage générationnel au Synode sur la "famille"

Le couple Mignonat explique qu'il ne souhaite pas que les divorcés-remariés se convertissent, il demande à l'Église de se convertir "à toutes les formes de famille" (sic)... - c'est leur terme -, en changeant sa manière de voir. Cela laisse entendre que toutes les formes de famille puissent être envisagées (polygame, homosexuelle, incestueuse ?, etc.) Ce type de revendications s'assimile au modèle païen de la société, modèle satanique, modèle ancien. Le démon est un vieux qui ne recycle jamais que des vieux trucs.

"Ségolène, Claire, Jean et Antoine ont une vingtaine d'années. A une époque où un mariage sur trois finit par un divorce, ils attendent que l'Eglise les conforte dans le modèle traditionnel et qu'elle les accompagne.

"Ségolène, Claire, Jean et Antoine ont une vingtaine d'années. A une époque où un mariage sur trois finit par un divorce, ils attendent que l'Eglise les conforte dans le modèle traditionnel et qu'elle les accompagne.

Le second modèle de couple, montré dans le reportage en revanche - et dont aucun n'est invité au dit synode sur la "famille", montre deux jeunes couples qui attendent, eux, que l'Église "les conforte et les accompagne" dans le modèle traditionnel. Ce type de revendication s'assimile au contraire des revendications du premier couple, à la société chrétienne, au modèle chrétien de la famille, avec ce que cela implique, la fidélité, les enfants. Un modèle toujours jeune et toujours nouveau. Seul le Saint-Esprit fait du neuf ! Témoignages :

 

"C'est un sacré défi et en même temps on n'est pas seuls."

 

"Personnellement, j'ai besoin d'avoir une institution qui croit que ma vie a du sens, que construire sa vie cela vaut encore le coup, et qu'avoir des enfants c'est encore possible."

 

"On attend que l'Eglise travaille à reformuler le chemin qu'elle nous propose."

 

En effet, la tâche de l'Eglise n'est que d'approfondir les définitions sur la famille. Pas d'en changer le sens. Ce qui ne lui appartient pas car elle n'en a pas le droit.

 

Espérons que le Synode considère la parole des jeunes - et non celle des soixante-huitards -, comme un signe des temps.

 

La video du reportage :

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Religion
commenter cet article
19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 22:30

L'avertissement dramatique d'Antonio Socci après la deuxième semaine du Synode sur la Famille

 

SYNODE CONTOURNÉ

-----

Il y a quelques mois - voyant que la révolution de Kasper n'avait pas été approuvée par le Synode de 2014 - le président de la Conférence épiscopale allemande, Reinhard Marx, avait affirmé avec arrogance que l'épiscopat allemand n'est pas «une filiale de Rome». Revendiquant donc la prétention de pouvoir suivre sa propre route (cela sembla presque une menace de schisme «de la gauche»).

L'idée formulée hier sert à Bergoglio à dribbler le Synode (où la majorité reste catholique) comme il l'a fait avec le motu proprio qui introduit le divorce dans l'Église.

Dans la pratique, on déléguerait aux épiscopats - comme celui allemand - les questions controversées (divorcés remariés, unions civiles et homosexualité).

Mais un tel choix, au lieu de résoudre le problème, le rendrait encore plus explosif et plus grave. Parce que ce serait démolir l'Eglise elle-même.

 

FIN DU CATHOLICISME

----

En effet, en mars dernier, le cardinal Müller, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, avait répondu à Marx que déléguer les décisions doctrinales ou disciplinaires en matière de famille ou de mariage aux conférences épiscopales nationales «est une idée absolument anti-catholique qui ne respecte pas la catholicité de l'Eglise».

La vérité ne change pas avec le climat. Si la vérité n'est pas la même partout, ce n'est plus la vérité. Ce serait le triomphe de la «dictature du relativisme» même dans l'Eglise, et donc sa fin.

Le cardinal Burke l'a répété:

 

«C'est tout simplement contraire à la foi et à la vie catholique. L'Eglise suit l'enseignement de notre Seigneur Jésus-Christ (et) elle est une dans le monde entier. Il n'y a aucun changement dans ces vérités, d'un lieu à un autre ou d'une époque à lune autre. Bien sûr, l'enseignement de ces vérités tient compte des exigences particulières de chaque région. Mais cela ne change pas l'enseignement (...) qui devrait même être encore plus fortedans les endroits où il est le plus compromis».

 

Si l'idée des «diversités régionales» - également présentée au Synode - passe, «l'Eglise n'est plus catholique [universelle]. Cela signifie - ajoute Burke qu'elle n'est plus 'une' dans son enseignement, à travers le monde. Nous avons 'une' seule foi. Nous avons 'un' [ensemble de] sacrements. Nous avons 'un' gouvernement pour l'ensemble du monde. C'est cela que signifie «catholique».

Une réforme de la papauté qui transformerait l'Eglise en une fédération d'Églises locales qui décident - chacune pour soi - à propos des divorcés remariés et l'homosexualité, puis des commandements et des sacrements - porterait atteinte à la «constitution divine» de l'Eglise (c'est-à-dire l'Église telle qu'elle a été fondée par le Christ) et une telle réforme n'est dans les pouvoirs d'aucun pape. Parce que le pape n'est pas supérieur à Jésus-Christ.

Comme on le voit, au Synode, plus on entre dans le vif du sujet et plus on découvre qu'au fond, le vrai conflit porte sur les fondements de la foi catholique et sur la survie de l'Église elle-même, comme le Christ l'a instituée et comme elle existe depuis deux mille ans.

Synode : Treize cardinaux écrivent au Pape qui leur répond de "ne pas céder à l'herméneutique de la conspiration". Laquelle ?

A lire dans l'article actualisé au fil des nouvelles informations sur le sujet : "Synode : Treize cardinaux écrivent au Pape qui leur répond de "ne pas céder à l'herméneutique de la conspiration". Laquelle ?"

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Religion
commenter cet article
18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 11:17

Jeanne Smits communique sur son blog : "Intervention choc au synode : Anca-Maria Cernea supplie les pères synodaux de reconnaître qu’il s’agit d’une bataille spirituelle". La bataille de la "gnose" de Satan contre Dieu.

 

A lire d’urgence : l’intervention d’une auditrice roumaine, le Dr Anca-Maria Cernea, au synode sur la famille vendredi.

Je vous en prie, faites connaître ce texte. Il suffit de copier le lien : http://leblogdejeannesmits.blogspot.fr/2015/10/intervention-choc--synode-anca-maria-cernea.html

et de le faire suivre à vos contacts.

 

Jeanne Smits propose sa traduction depuis la traduction anglaise publiée sur LifeSiteNews, d'après le site du Vatican.

 

 

Très Saint Père, Pères synodaux, Frères et Sœurs, je représente l'Association des médecins catholiques de Bucarest.
J'appartiens à l'Eglise catholique grecque romaine.
Mon père était un leader politique chrétien, emprisonné par les communistes pendant 17 ans. Mes parents étaient fiancés, mais leur mariage a eu lieu 17 ans plus tard. Ma mère a attendu mon père pendant toutes ces années, bien qu'elle ne sache même pas s'il était encore en vie. Ils ont été héroïquement fidèles à Dieu et à leurs fiançailles.
Leur exemple montre que la grâce de Dieu peut surmonter des circonstances sociales terribles, ainsi que la pauvreté matérielle.
Nous, en tant que médecins catholiques qui défendons la vie et la famille, nous voyons que tout ceci est avant tout une bataille spirituelle.
La pauvreté matérielle et le consumérisme ne sont pas la première cause de la crise de la famille.
La première cause de la révolution sexuelle et culturelle est idéologique.
Notre Dame de Fatima a dit que les erreurs de la Russie se répandraient à travers le monde entier. Cela s'est fait d'abord sous une forme violente, le marxisme classique, qui a tué des dizaines de millions de personnes.
Aujourd'hui cela se fait la plupart du temps à travers le marxisme culturel. Il y a continuité entre la révolution sexuelle de Lénine, à travers Gramsci et l'École de Francfort, et l'idéologie contemporaine des droits gay et du genre.
Le marxisme classique avait la prétention de redessiner la société, par le biais de la spoliation violente de la propriété. Aujourd'hui la Révolution va plus profond ; elle prétend redéfinir la famille, l'identité sexuelle et la nature humaine.
Cette idéologie se qualifie elle-même de progressiste. Mais elle n'est rien d'autre que la vieille proposition du serpent, pour que l’homme prenne le contrôle, que Dieu soit remplacé, que la rédemption soit organisée ici-bas, dans ce monde.
C'est une erreur de nature religieuse, c'est la gnose.
Il appartient aux pasteurs de la reconnaître, et de mettre le troupeau en garde contre ce danger. « Cherchez donc d'abord le royaume de Dieu et Sa justice, et toutes ces choses vous seront données par surcroît. »
La mission de l'Eglise est de sauver les âmes. Le mal dans ce monde vient du péché. Et non de la disparité des revenus ou du changement climatique.
La solution est celle-ci : l'évangélisation. La conversion.
Et non pas un contrôle gouvernemental sans cesse grandissant. Ni un gouvernement mondial. Ce sont eux, aujourd'hui, les agents principaux du marxisme culturel ; ce sont eux qui l'imposent à nos nations, sous la forme du contrôle de la population, de la santé reproductive, des droits gay, de l'éducation aux questions de genre, etc.
Ce dont le monde a besoin aujourd'hui, ce n'est pas d'une limitation de la liberté, mais de la vraie liberté, la libération du péché. La rédemption.
Notre Eglise a été opprimée par l’occupation soviétique. Mais aucun de nos douze évêques n’a trahi la communion avec le Saint-Père. Notre Eglise a survécu grâce à la détermination et à l'exemple de nos évêques qui ont tenu bon face aux prisons et à la terreur.
Nos évêques ont demandé à la communauté de ne pas suivre le monde. Et non de coopérer avec les communistes.
Aujourd'hui nous avons besoin que Rome dise au monde : « Repentez-vous et convertissez-vous, car le royaume de Dieu est proche. » 
Ce n'est pas seulement nous, le laïcat catholique, mais également nombre de chrétiens orthodoxes qui prions avec anxiété pour ce synode. Car, comme ils le disent, si l’Eglise catholique cède à l'esprit du monde, il va être très difficile pour tous les autres chrétiens d’y résister.
 
Dr Anca-Maria Cernea

 

Intervention choc au synode : "tout ceci est avant tout une bataille spirituelle" (Dr Anca-Maria Cernea)
Repost 0
Publié par Ingomer - dans Religion
commenter cet article
17 octobre 2015 6 17 /10 /octobre /2015 16:40

Dans une émission de KTO intitulée "Enjeux et espoirs du Synode sur la famille. Débat : l'Eglise doit-elle changer ?", publiée le 2 octobre, nous avions vu deux évêques, Mgr Vesco et Mgr Aillet, d'accord ensemble pour dire (en résumant leur pensée) que c'est la conscience qui est le critère de la communion sacramentelle. Mgr Aillet, évêque de Bayonne, Lescar, Oloron, déclarait en ce sens :

 

"Moi je n'ai pas le droit, je ne prétends pas avoir le droit de dire à quelqu'un que ce qu'il vit est nul et qu'il doit faire comme je lui dis. [...] En même temps je leur dis (aux divorcés remariés), je n'ai pas le droit de vous dire vous n'avez pas le droit de communier."

 

Un moment plus tard, il ajoutait :

 

"Je connais des couples divorcés remariés, qui n'ont pas pris la décision de vivre comme frère et soeur, et c'est pas moi qui leur dit qu'il faut. Ils sont sur un chemin."

 

Il ressort que les divorcés remariés (et tous les pécheurs, donc tout le monde, même les assassins) peuvent pécher et communier tant qu'ils veulent sans qu'un évêque même, un successeur des apôtres, ait "le droit" de leur dire "il faut" ou "vous ne pouvez pas (communier sacramentellement)".

 

Le fondement de cette nouvelle pastorale se trouverait dans la conscience de chacun qui deviendrait le critère de la communion sacramentelle en dehors de toute objectivité du péché. Le péché objectif ne compterait plus et n'empêcherait plus la personne de communier. Nous nous étions alors demandé : "au final, si c'est la conscience qui nous juge, à quoi bon l'Eglise ?" Nous dirions plutôt à présent : "si c'est la conscience qui devient notre boussole, à quoi bon l'Eglise ? Et nous pourrions ajouter : à quoi bon les prêtres ? A quoi bon l'eucharistie elle-même, ce pain de vie descendu du Ciel pour nous donner la vie ? Cela va très loin et il nous semble percevoir dans cette attitude comme un néo-pélagianisme, cette hérésie du IVe siècle qui donnant la primauté au libre-arbitre, professait que la liberté règlait les rapports entre l'homme et Dieu, qu'en quelque sorte l'homme pouvait déjà.. se sauver par ses propres forces, et que sa boussole n'était pas le Christ mais lui-même...

 

Aujourd'hui nous serions de nouveau devant une primauté de la conscience. Jeanne Smits, aujourd'hui sur son blog, évoque une "sacralisation de la conscience" , expression tout à fait pertinente.

 

Hier, 16 octobre, Mgr Blase Cupich, archevêque de Chicago qui a chaleureusement salué la proposition du cardinal Kasper de faciliter l’accès à la communion des couples divorcés et « remariés », reprenant l'idée du "chemin" de Mgr Aillet, a longuement expliqué que celle-ci s’inscrit à l'intérieur d'une riche analyse théologique et se comprend dans ce contexte (celui de l'inviolabilité de la conscience qu'il s'agirait d'accompagner) :

 

« Si des gens arrivent à une décision en bonne conscience, alors notre travail est de les aider à avancer et à respecter cela. La conscience est inviolable et nous devons le respecter lorsqu’ils prennent des décisions, et c’est ce que j’ai toujours fait », a déclaré Mgr Cupich.

 

On pourrait tout de suite objecter à ce prélat qu'on n'a pas à respecter une conscience dévoyée qui par exemple appellerait au meurtre. Et que si ce prélat s'interdit lui-même de dire à cette personne que sa conscience est dévoyée, s'il s'interdit de lui dire qu'elle ne doit pas et ne peut pas, au motif que sa conscience serait "inviolable", alors il devient co-responsable du mal qui en sort. Ne rien faire et ne pas empêcher cette conscience dévoyée de commettre un crime ou un délit, revient à commettre soi-même une infraction de droit pénal (la non-assistance à personne en danger, article 223-6 du code pénal). Pour sauver une personne ou un bien d'une agression extérieure, on a un droit et même une obligation d'empêcher cette agression par des moyens proportionnés (légitime défense). [1]

 

On voit que le droit positif français est bien plus réaliste que ne le sont les novateurs. Il y a chez ceux-ci comme un renversement de toutes les obligations morales et des interdits religieux mêmes. Un quitus à l'anarchie et la mort, en un lieu qui devrait être particulièrement défendu : notre âme. Est-ce là la mission que Notre Seigneur a assigné à son Eglise ?

 

Pour fonder son argumentation, Mgr Blase Cupich, a livré une anecdote sur une femme divorcée remariée, très éloignée de l’Eglise, qu’un prêtre de paroisse a fait communier le jour de l’enterrement de son fils suicidé : la femme en question s’est par la suite réconciliée avec l’Eglise, a obtenu la déclaration de nullité de son mariage et recommencé à pratiquer. La miséricorde ne fait pas suite à la conversion, mais la précède, a affirmé l’archevêque de Chicago. "Mais qui a jamais dit le contraire ?", demande justement Jeanne Smits dans son article. "Sans la miséricorde de Dieu, explique Jeanne Smits, comment le pécheur trouverait-il le moyen de l’implorer ?" "Mais la miséricorde n’est pas le pardon sacramentel, précise-t-elle : celui qui est offert à chacun par les mérites de la Passion du Christ, et qui suppose la reconnaissance des fautes, la contrition, la pénitence et le ferme propos de ne pas recommencer".

 

John Henry Westen de LifeSite a alors demandé à Mgr Blase Cupich, si l’idée d’accompagner les gens vers « le sacrement » dès lors qu’ils avaient clairement une indication de la conscience à cette fin s’appliquerait également aux couples gays au sein de l’Eglise, Mgr Cupich a indiqué, de manière affirmative :

 

« Je crois que les personnes gay sont eux aussi des êtres humains, et ils ont une conscience. Et mon rôle de pasteur est de les aider à discerner la volonté de Dieu en regardant l’enseignement moral objectif de l’Eglise, mais en même temps, à les aider à traverser une période de discernement afin de comprendre ce que Dieu les appelle à faire à ce moment précis. C’est pour tous. Je crois que nous devons nous assurer de ne pas catégoriser un groupe comme s’ils ne faisaient pas partie de la famille humaine, comme s’il y avait pour eux un ensemble de règles différent. Ce serait une grande erreur. »
 

Jeanne Smits ajoute que "connu pour ses prises de positions progressistes", Mgr Blase Cupich "fait partie des invités personnels du pape François au synode. Alors qu’il était encore évêque de Spokane, en 2011, il avait interdit à ses prêtres de prendre part aux veillées de prière bisannuelles « 40 Days for Life »."

Catholiques déboussolés entre conscience sacralisée et néo-pélagianisme

Le site Pro Liturgia aborde lui aussi le sujet :

 

Mgr Blase Cupich, Archevêque de Chicago invité personnel du Pape François au Synode, a déclaré à la presse que “la conscience personnelle est inviolable” et que, par conséquent, les couples “divorcés-remariés” qui décident en toute conscience qu’ils peuvent aller communier, peuvent aller communier. Quand les journalistes ont demandé à Mgr Cupich si son point de vue concernait aussi les homosexuels, il a répondu par l’affirmative. Du moment qu'ils ont bonne conscience...

Au cours de l’interview, l’Archevêque de Chicago a également dit qu’il était totalement d’accord avec les “propositions de Kasper” et que même il avait fait distribuer le livre du Cardinal Kasper intitulé “L’Evangile de la famille” à tous les prêtres de son diocèse.

Catholiques déboussolés entre conscience sacralisée et néo-pélagianisme

Source: Pro Liturgia, Actualité du 17 octobre 2015

Que penser de la "conscience" et du "chemin" dont nous parle les novateurs ?

 

Jésus est, lui, le chemin, la vérité et la vie (Jean, 14-6.) et non la conscience elle-même qui s'auto-contrôlerait en dehors de toute relation à Dieu et à autrui.

 

Un journaliste et écrivain italien, Francesco Agnoli, a eu hier une profonde réflexion et a justement écrit sur "La Nuova Bussola Quotidiana" que "si la doctrine de Kasper sur la communion des divorcés remariés passait, il faudrait non seulement effacer de l'Evangile les passages sur le mariage mais également en abolir l'esprit" :

 

« car nul ne va vers Dieu, qui est Amour et Unité, sinon à travers ses frères, ceux qui nous entourent. On ne va pas à l’autel du Dieu fidèle après avoir trahi la fidélité promise et due à ceux qui nous sont le plus proche : le conjoint et les enfants. Cela ne veut pas dire qu’en ne permettant pas la communion aux divorcés qui vivent comme mari et femme avec son partenaire, l’Eglise les abandonne et les considère comme perdus, chrétiennement parlant. Même s’ils vivent de façon contraire à l’enseignement de l’Evangile. Que faut-il faire alors ? Que les Pères synodaux réalisent donc, sans prendre de raccourci, que le chemin pris par le Christ, la route qui mène à la croix, n’est pas celle d’affirmer que le péché n’existe pas mais celle de mourir pour nous pécheurs.

 

Ce n'est en effet qu'en mourant à nous-même, à notre ego, que l'Esprit-Saint peut nous remplir, et ce n'est qu'alors que nous entrons dans le Royaume de Dieu que Jésus a préparé pour nous et que nous pouvons nous unir à lui. L'union sacramentelle au Christ ne se dissocie pas de l'union spirituelle. L'amour de Dieu d'abord, l'amour du prochain ensuite vont ensemble. Le chemin solitaire dont nous parle les novateurs est bien triste. Quel amour y a-t-il coupé de toute relation à son prochain et tourné essentiellement vers soi-même ?

C'est pourquoi celui qui mangera le pain ou boira le calice du Seigneur indignement, sera coupable envers le corps et le sang du Seigneur. Que chacun donc s'éprouve soi-même, et qu'ainsi il mange de ce pain et boive de ce calice.

1ere épitre de Saint Paul apôtre aux Corinthiens, chapitre 11, 27-29

Le Cardinal Marx souhaite lui aussi l'ouverture de la communion eucharistique aux divorcés remariés, en fondant cette ouverture "sur les bases de la théologie qui a permis Vatican II".

Nous écrivions récemment dans l'article "le pape laisse les catholiques inquiets. pourquoi?", qu'il y a quelque chose qui cloche dans l'Eglise enseignante qui n'ose plus enseigner, annoncer ce qui est bien et ce qui est mal, dire "il faut", et donc d'user de l'autorité que Dieu lui a confiée.

Dès lors, le Pape à qui le Christ a donné le pouvoir des clés, c'est-à-dire d'enseigner les nations, n'enseigne plus ("qui suis-je pour juger") et laisse les catholiques inquiets. Et derrière le Pape, les évêques, successeurs des apôtres, eux-mêmes n'usent plus de l'autorité qui leur a été confiée, n'osent plus dire aux personnes ce qui est bien, ce qui est mal, dire "il faut".

La destruction de l'autorité semble être une des caractéristiques majeures de l'"esprit du Concile" et d'une vision erronée de la "liberté religieuse", une immunité en droit de la personne contre toute contrainte extérieure en matière de religion (Dignitatis humanae) étendue jusque dans la conscience. Une conscience sacralisée devant laquelle la mission évangélique en quelque sorte s'arrêterait.

S'il y a un droit et même un devoir d'agir et de protéger les biens et les personnes en cas d'agression, qui pulvérisent toute immunité - "inviolabilité" de la conscience, à combien plus forte raison y a-t-il un droit et une obligation d'agir pour le salut de l'âme devant l'imminence d'un danger de mort éternelle ?

Notes

 

[1] Le droit pour empêcher une conscience dévoyée de commettre une infraction est donné par trois textes : l'article 73 du Code de Procédure Pénale ("Toute personne a qualité pour appréhender une personne qui commet un crime ou un délit et la conduire devant l'Officier de Police Judiciaire"); l'article 122-5/6 du Code pénal ("N'est pas pénalement responsable, la personne qui, devant une atteinte injustifiée envers elle-même ou autrui, accomplit dans le même temps un acte commandé par la nécessité de la légitime défense d'elle-même ou d'autrui, sauf s'il y a disproportion entre les moyens de défense employés et la gravité de l'atteinte"); et l'article 122-6 du CP fondant la présomption de légitime défense ("Est présumé avoir agi en état de légitime défense celui qui accomplit l'acte 1- pour repousser de nuit l'entrée par effraction, violence ou ruse dans un lieu habité, 2- pour se défendre contre les auteurs de vols ou de pillages exécutés avec violence.)

L'obligation d'agir est donnée par l'article 223-6 du Code Pénal fondant l'obligation d'assistance à personne en danger, sous peine de 7 ans de prison et 100.000 euros d'amende pour "non-assistance à personne en danger".

Pour un bien menacé par un sinistre (incendie, dégât des eux, gaz, etc.) il y a même une obligation de combattre le sinistre (article 223-7 du Code pénal) sanctionnée par deux ans de prison et 30.000 euros d'amende.

 

. Synode : deux théologiens dénoncent la fausse conception de la "conscience" dans l'instrumentum laboris

. Mgr Peta déclare que les fumées de Satan sont entrées dans le Synode

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Religion
commenter cet article
17 octobre 2015 6 17 /10 /octobre /2015 11:14

[S]oyez sobres, et tournez toute votre espérance vers cette grâce qui vous sera apportée le jour où Jésus-Christ paraîtra.
14 Comme des enfants obéissants, ne vous conformez plus aux convoitises que vous suiviez autrefois, au temps de votre ignorance;
15 mais à l'imitation du Saint qui vous a appelés, vous-mêmes aussi soyez saints dans toute votre conduite,
16 car il est écrit: " Soyez saints, parce que je suis saint. "

1ère épitre de Saint Pierre, Chapitre 1

Voici donc ce que je dis et ce que je déclare dans le Seigneur, c'est que vous ne vous conduisiez plus comme les païens, qui suivent la vanité de leurs pensées.
18 Ils ont l'intelligence obscurcie, et sont éloignés de la vie de Dieu, par l'ignorance et l'aveuglement de leur coeur.
19 Ayant perdu tout sens, ils se sont livrés aux désordres, à toute espèce d'impureté, avec une ardeur insatiable.
20 Mais vous, ce n'est pas ainsi que vous avez appris à connaître le Christ,
21 si cependant vous l'avez bien compris, et que vous ayez été instruits, suivant la vérité qui est en Jésus,
22 à vous dépouiller, en ce qui concerne votre vie passée, du vieil homme corrompu par les convoitises trompeuses,
23 à vous renouveler dans votre esprit et dans vos pensées,
24 et à revêtir l'homme nouveau, créé selon Dieu dans une justice et une sainteté véritables.
25 C'est pourquoi, renonçant au mensonge, parlez selon la vérité, chacun dans ses rapports avec son prochain, car nous sommes membres les uns des autres.
26 " Etes-vous en colère, ne péchez point; " que le soleil ne se couche point sur votre irritation.
27 Ne donnez pas non plus accès au diable.
28 Que celui qui dérobait ne dérobe plus; mais plutôt qu'il s'occupe en travaillant de ses mains à quelque honnête ouvrage, afin d'avoir de quoi donner à celui qui est dans le besoin.
29 Qu'il ne sorte de votre bouche aucune parole mauvaise; mais quelque bon discours propre à édifier, selon le besoin, afin qu'il fasse du bien à ceux qui l'entendent.
30 N'attristez pas le Saint-Esprit de Dieu, par lequel vous avez été marqués d'un sceau pour le jour de la rédemption.
31 Que toute aigreur, toute animosité, toute colère, toute clameur, toute médisance soient bannies du milieu de vous, ainsi que toute méchanceté.
32 Soyez bons les uns envers les autres, miséricordieux, vous pardonnant mutuellement, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ.

Epitre de Saint Paul apôtre aux Ephésiens, chapitre 4 , 17-32

L'exorcisme, par le père Jean-Régis Fropo

Ordonné en 1978 dans la communauté des chanoines réguliers de Saint-Augustin, le père Jean-Régis Fropo exerce aujourd'hui son ministère dans le diocèse de Fréjus-Toulon où il est exorciste depuis dix ans.

Le 18 mars 2013, invité de l'émission "Un coeur qui écoute" sur KTO, ce prêtre au rôle si particulier et nécessaire a expliqué son expérience au contact des gens qui viennent le voir pour guérir du démon.

 

Auteur du livre "90 questions à un exorciste. Thérapeutique des emprises maléfiques", le père Jean-Régis Fropo reconnaît la possession dans certains cas, et oriente souvent vers des psychiatres ou des psychologues.

Depuis dix ans, pas moins de deux mille personnes sont venues le voir pour obtenir la guérison. Une émission dense pour tous ceux qui souhaitent comprendre le rôle des exorcistes.

L'exorcisme, par le père Jean-Régis Fropo

L'article de Famille chrétienne du 27/03/2012 : "Qui est le diable ? - Le Père Jean-Régis Fropo : « Le diable n’a pas accès à nos âmes »". Extrait :

 

Quels sont les lieux de prédilection de l’action démoniaque ?

Ils sont nombreux ! Il y a tout ce qui relève des passions humaines et des vices classés habituellement sous le terme des péchés capitaux. On peut également évoquer toutes les addictions. Je pense à la drogue, à l’alcool ainsi qu’au jeu et à la pornographie, dont Internet est un promoteur redoutable.

Je constate que les personnes qui ont été prises dans ces pièges ont souvent besoin d’une prière de délivrance au moment de leur conversion pour être libérées de ces « liens » (le sacrement de pénitence n’est pas suffisant).

Il faut également nommer tout ce qui relève de l’occultisme : la voyance, la divination, le pendule, le tarot, le spiritisme, l’écriture automatique, la communication avec les morts, Le livre du Deutéronome prévient au chapitre 18, 10 : « On ne trouvera chez toi personne qui fasse passer au feu son fils ou sa fille, qui pratique divination, incantation, mantique ou magie, personne qui use de charmes, qui interroge les spectres et devins, qui invoquent les morts. Car quiconque fait ces choses est en abomination à Yahvé ton Dieu » (voir aussi Lv 18, 21 et 19, 31).

Le diable utilise également les pratiques venues d’Extrême-Orient comme la méditation transcendantale, le zen ou le yoga pratiqué à un certain niveau. Pourquoi le yoga peut-il être mauvais ? Parce qu’il entraîne une recherche de pouvoir sur soi et sur autrui. La démarche du yogi est spirituelle et à l’inverse de la démarche chrétienne, car il n’y a pas d’altérité : le chrétien est face à Dieu et au Christ, le yogi est face à lui-même.

Je pense aussi au reiki, à toutes les thérapies alternatives ou médecines parallèles qui font appel aux énergies qu’elles soient dites cosmiques, astrales ou divines (reiki, taï-chi, chicong). Inspirées de l’Orient, elles sont nées dans le paganisme de ces pays et sont nécessairement mélangées d’occulte même si elles comportent quelques éléments positifs. L’art du démon est de mélanger le vrai et l’erreur, la vérité et le mensonge !

 

Autres videos du Père Jean-Régis Fropo :

 

Enseignement exorcisme

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Religion
commenter cet article
16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 22:54

L’anecdote a été racontée aux pères synodaux par le curé de Trieste, dom Roberto Rosa, nommé directement par le Pape pour participer au synode. L’invitation inattendue du pape est arrivée après que le Saint-Père ait lu une lettre écrite par dom Roberto précisément sur le thème des divorcés remariés, une lettre allant bien entendu dans le sens de la réforme de la pratique actuelle. Une pratique qui, faut-il le rappeler, participe pourtant d’une disciple directement liée à la loi divine sur les deux sacrements que sont le mariage et l’eucharistie.

Cette histoire a été rendue publique lors du briefing d’hier et faisait partie d’une série de comptes-rendus fournis aux journalistes concernant les débats en séance. Des comptes-rendus qui ne mentionnent jamais le nom des intervenants et qui sont souvent remaniés par le service de P. Lombardi et sont introduits avec un « ce qui m’a touché… » très impartial. Curieusement, dans ce synode qui « ne doit pas se focaliser sur la question des divorcés remariés », il semble que l’on n’ait parlé de rien d’autre lors de la séance d’hier.

Avec l’anecdote du bambin qui partage son hostie avec son père divorcé remarié, on a frôlé le storytelling [NdT : une technique de communication manipulatrice faisant appel aux émotions]. Et de fait, les commentaires n’ont pas tardé à s’emparer de l’aspect le plus sentimental de l’histoire. Plusieurs ont évoqué l’émotion qui a saisi les pères dans la salle, d’autres ont mis en évidence cette souffrance qu’éprouvent les enfants pour leurs parents divorcés remariés qui ne peuvent accéder à la Saint Eucharistie.

Au-delà de la bonne foi du bambin et du respect dû à ses nobles sentiments, il n’en demeure pas moins que ce que raconte don Rosa demeure un abus liturgique, s’agissant techniquement d’une profanation du Corps et du Sang du Seigneur réellement présents. On pourrait donc s’interroger sur le genre de catéchèse que cet enfant a reçue concernant le respect de l’eucharistie et sur le don de la crainte de Dieu. Ce dernier étant un don de l’esprit qui « est le sentiment sincère et fébrile que l’homme éprouve devant la « Majesté Terrible » de Dieu (Jean-Paul II, Angélus du 11/6/1989). Un don qui permet de faire grandir le sens du mystère de Dieu présent entre nous, particulièrement dans l’eucharistie, quelque chose qui précède toute autre considération. Au synode, en revanche, il semblerait que prévalent plutôt des considérations de nature socio-pastorales qui ne tiennent pas la route devant la présence sacramentelle du Christ dans l’eucharistie et dans le mariage.

Il est inutile d’essayer de discuter du fond du problème puisque désormais, qu’on le veuille ou non, le synode semble céder à un certain sentimentalisme. L’écrivain catholique John Waters le rappelait récemment dans une belle interview qui avait accordée à l’hebdomadaire Tempi lorsqu’il évoquait la bataille menée en Irlande pour la vérité du mariage contre le mariage homosexuel. Walters rappelait alors un problème important :

« Nous avons compris », a-t-il déclaré, « que pendant des débats, les faits et les arguments rationnels n’avaient aucune valeur : seules comptaient les émotions et les faits inexistants répandus par la propagande et que les gens finissaient par croire. A l’issue des premiers débats, nous nous disions « tout s’est bien passé, nous les avons remis à leur place avec nos arguments » mais la réalité était tout autre. Quand tu crois avoir gagné une controverse sur base d’arguments rationnels, c’est que tu as probablement perdu parce qu’aujourd’hui, le monde ne vit que dans une dimension émotionnelle ». (Lorenzo Bertocchi). LNBQ.

Le bambin, le papa divorcé et l'hostie divine. Emotion au synode

Source: Synodo 2015 Osservatorio, Publié le 16/10/2015, traduction via Diakonos.be

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Religion
commenter cet article
16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 22:35

Si la doctrine de Kasper sur la communion des divorcés remariés passait, il faudrait changer l’Evangile.

 

Dans les remous autour du débat sur l’accès à la communion des divorcés remariés que le cardinal Kasper a lancé lors du synode de 2014, les croyants risquent parfois d’oublier la Parole qui est en réalité plus claire qu’il n’y paraît. Avec l’avènement du Christ, c’est le dessein original du Créateur qui est restauré : celui dans lequel le mari et l’épouse, homme et femme, sont appelés à devenir « un seul corps et un seul esprit ». Dans l’Ancien Testament, Dieu permettait de répudier sa femme mais seulement « à cause de la dureté de vos cœurs ». Dans le Nouveau Testament, cette possibilité a été exclue et l’indissolubilité du mariage a été affirmée sans concession.

 

C’est ainsi que, pour la première fois dans l’histoire, le christianisme propose que l’amour fidèle du Christ pour l’humanité, l’amour du Christ pour son Eglise et l’Amour qui unit les trois personnes de la Trinité ait sa correspondance, pour ainsi dire, au sein de la famille humaine. Il s’agit d’un message nouveau non seulement pour les Juifs mais également – et surtout – pour les païens. Les historiens rappellent qu’à l’époque des apôtres, et encore davantage dans les trois siècles qui ont suivi, le divorce était extrêmement répandu dans la Rome impériale. Ceci était notamment dû au fait qu’il pouvait alors être demandé non seulement par l’homme à travers la répudiation comme par le passé mais également par la femme. Le grand Sénèque, presque contemporain de Jésus, écrivait que désormais les gens « divorçaient pour se marier et se mariaient pour divorcer ». Juvénal, au premier siècle après le Christ, mentionnait le nom d’une femme qui s’était mariée 8 fois en 5 ans alors que Martial dépeignait la crise du mariage de l’époque en citant Télésille et ses 10 maris.

 

Nous pouvons donc imaginer, à la lumière de ces quelques exemples, combien il a pu être difficile pour les chrétiens de partager leur vision du mariage. Et pourtant celle-ci était pour eux liée de façon indissoluble à l’amour que le Christ avait apporté. En effet, si l’on considère que l’ancienne loi s’accomplit dans les commandements de l’amour, il n’y a d’autre possibilité que de le vivre, surtout dans la vie de famille : le vivre avec ses joies et ses peines, ses satisfactions et ses croix, comme le Christ l’a enseigné. C’est pour cela que, pour les premiers chrétiens, briser un mariage signifiait tout simplement ne pas vivre l’amour envers son conjoint et ses enfants et ne pas vivre l’enseignement du Christ, prêt à mourir pour ceux qu’il aime. Au fil des siècles, c’est ce concept qui a mené à l’exclusion des divorcés remariés de la communion eucharistique ; une exclusion qui n’est pas un jugement définitif, que personne n’a le droit de porter, sur les personnes mais un jugement sur un fait : la rupture de la commune voulue par Dieu lui-même et par les époux.

 

Pour l’Eglise, celui qui brise la communion avec son prochain ne peut pas accéder à la communion sacramentelle. Et ce, quelle que soit la rupture dont il s’agisse: un assassin, un voleur, même quelqu’un qui aurait insulté son frère doit d’abord se repentir et changer de vie avant de pouvoir accéder à nouveau au sacrement de la communion. Sans repentir, dit Saint Paul, sa communion est sacrilège parce que « ce n’est pas celui qui dit : Seigneur, Seigneur qui entrera dans le Royaume des cieux mais celui qui fait la volonté de mon père qui est dans les cieux ». C’est là que réside l’essence du christianisme : on ne va pas à Dieu sinon à travers le frère ; si l’on est pas en communion avec Lui, on n’est pas non plus en communion avec son prochain.

 

L’Evangéliste Matthieu écrit : « Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. » (Mt 5,23-24). Avant d’accéder à la communion eucharistique, l’Eglise souhaite que le lien avec notre prochain soit reconstruit. Un père qui abandonne sa femme et ses enfants pour aller avec une autre femme laissant sa femme et ses enfants dans le désespoir brise la communion avec les personnes qui lui sont le plus proche. Il viole le commandement de l’amour en se détachant violemment de Dieu qui est amour. C’est pour cela que l’Eglise lui rappelle que, sans repentir et changement de vie, il n’est pas licite d’accéder au sacrement de l’unité, à la rencontre avec Dieu qui s’est fait proche de l’homme pour que l’homme soit également proche de ses frères.

 

Si la thèse du cardinal Kasper passait, il faudrait non seulement effacer de l’Evangile les passages sur le mariage mais également en abolir l’esprit car nul ne va vers Dieu, qui est Amour et Unité, sinon à travers ses frères, ceux qui nous entourent. On ne va pas à l’autel du Dieu fidèle après avoir trahi la fidélité promise et due à ceux qui nous sont le plus proche : le conjoint et les enfants. Cela ne veut pas dire qu’en ne permettant pas la communion aux divorcés qui vivent comme mari et femme avec son partenaire, l’Eglise les abandonne et les considère comme perdus, chrétiennement parlant. Même s’ils vivent de façon contraire à l’enseignement de l’Evangile. Que faut-il faire alors ? Que les Pères synodaux réalisent donc, sans prendre de raccourci, que le chemin pris par le Christ, la route qui mène à la croix, n’est pas celle d’affirmer que le péché n’existe pas mais celle de mourir pour nous pécheurs.

 

Si la doctrine de Kasper sur la communion des divorcés remariés passait, il faudrait changer l’Evangile

Source: La Nuova Bussola Quotidiana, Traduction via Diakonos.be

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Religion
commenter cet article
16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 09:04

Alors que les Pères synodaux s’apprêtent à examiner, dans quelques jours, la troisième partie de l’Instrumentum laboris et notamment son paragraphe 137 sur l’encyclique Humanæ Vitæ, des voix autorisées se sont levées pour souligner que dans sa rédaction actuelle, ce texte « défectueux » contient implicitement une « distorsion de l’enseignement catholique » sur le plan de Dieu sur la procréation humaine.

Le Dr David S. Crawford, professeur associé de théologie morale et de loi de la famille de l’Institut pontifical Jean-Paul II à Washington et le Dr Stephan Kampowski, professeur d’anthropologie philosophique à l’Institut pontifical Jean-Paul II à Rome, ont jugé la situation suffisamment grave pour rendre publique leur analyse.

Serviteurs de l’Église à travers leur travail pour l’Institut Jean-Paul II, on imagine combien Crawford et Kampowski ont dû prendre au sérieux la situation pour aller jusqu’à la publication de leur texte. Leur appel s’intitule « Rappeler l’enseignement d’Humanæ Vitæ (et de Veritatis Splendor) », manière de montrer d’emblée qu’ils dénoncent un oubli grave du Magistère pérenne de l’Église.

Comme au lendemain de la parution de l’encyclique de Paul VI sur le contrôle des naissances, les adversaires de la mise en avant de ses exigences morales mènent leur attaque par le biais de la primauté de la conscience de chacun : ce fut le cas de plusieurs conférences épiscopales, notamment en France. L’article 137 « propose une méthode de discernement moral résolument non catholique », assurent les deux auteurs.

La longue liste des ambiguïtés et des insuffisances qu’ils pointent aboutit à une vision faussée de la norme morale, vue comme trop lourde à supporter, hors d’atteinte, et surtout comme un simple interdit extérieur qui peut se heurter au bien de la personne, alors que « Jésus-Christ enseigne les commandements en tant qu’ils se rapportent à la plénitude de vie qu’il promet ».

De fait, le paragraphe 137 de l’Instrumentum laboris invoque la nécessité de voir les « deux pôles » de la « conscience conçue comme voix de Dieu qui résonne dans le cœur humain formé à l’écouter » d’une part, et de « l’indication morale objective » d’autre part « constamment conjugués ensemble ». Comme s’il y avait une dichotomie. C’est en ce sens que s’exprime l’Instrumentum laboris, assurant que lorsque la référence au « pôle objectif » prévaut, « la norme morale est ressentie comme un poids insupportable, ne répondant pas aux exigences et aux possibilités de la personne ».

Il ne s’agit pas seulement d’une fausse conception de la norme morale, mais d’une négation, voire d’un rejet de la grâce de Dieu et de sa promesse de ne pas éprouver l’homme au-delà de ses forces.

Crawford et Kampowski soulignent également combien la définition de la conscience est faussée lorsqu’on omet – comme le fait l’Instrumentum laboris – le fait qu’elle « se rapporte à la loi “inscrite dans nos cœurs” » : « En matière de morale, la “voix” de Dieu ne dit pas une chose à une personne et une autre à une autre personne, et elle ne parle jamais contre une norme objective enseignée par l’Église. »

[...] Le texte, dense et important, des deux collaborateurs de l’Institut Jean-Paul II a été publié en septembre par le blog anglophone First Things, et il a reçu le soutien de très nombreux spécialistes, universitaires et religieux, connus et reconnus dans le domaine de la bioéthique et de la morale.

Nous en donnons la liste complète à la suite de cette traduction française que le Dr Kampowski nous autorise à publier intégralement, et qu’il a aimablement révisée afin qu’elle reflète le plus exactement possible la pensée des auteurs.

[...] Le texte officiel de référence de cet appel est en anglais est ici.

 

La traduction française ci-dessous a été revue et validée par le Dr. Kampowski.

 

Le 23 juin 2015 a été publié l’Instrumentum laboris (« document de travail ») en vue de la XIVe Assemblée ordinaire du Synode des évêques. Ce document couvre une série de sujets liés au thème de la famille choisi par le Synode. Le paragraphe 137 concerne un document clé du Magistère moderne, l’encyclique Humanæ Vitæ. Il en traite d’une manière qui à la fois remet en question la force de cet enseignement et propose une méthode de discernement moral résolument non catholique. Cette approche du discernement contredit tout ce qui, jusqu’à présent, a été enseigné par le Magistère de l’Église concernant les normes morales, la conscience et le jugement moral, en suggérant qu’une conscience bien formée puisse se trouver en conflit avec les normes morales objectives.

En notre qualité de théologiens moralistes et de philosophes moralistes catholiques, nous pensons qu’il est de notre devoir de prendre la parole contre la distorsion de l’enseignement catholique implicitement présente dans le paragraphe 137. Si cela était approuvé par le Synode, ce texte défectueux de l’Instrumentum laboris conduirait à porter la confusion parmi les fidèles. Le paragraphe 137 devrait être supprimé et remplacé par un paragraphe qui parle de la conscience de façon plus précise, qui célèbre la sagesse et la beauté d’Humanæ Vitæ, et qui puisse aider les époux à comprendre que des grâces sont à leur disposition pour vivre selon le plan de Dieu le don de la sexualité.

Synode : deux théologiens dénoncent la fausse conception de la "conscience" dans l'instrumentum laboris
Repost 0
Publié par Ingomer - dans Religion
commenter cet article
15 octobre 2015 4 15 /10 /octobre /2015 20:34

Voice of the Family vient de publier la traduction de l’intervention de Mgr Tomasz Peta, archevêque d’Astana au Kazakhstan, au synode ordinaire sur la famille, le 10 octobre. Mgr Peta a évoqué les célèbres paroles de Paul VI prononcées lors de son homélie pour la fête des saints Pierre et Paul en 1972 : « Par quelque fissure, les fumées de Satan sont entrées dans le temple de Dieu. » C’est avec ces mots qu’il a interpellé le synode, soulignant clairement la gravité de l’ouverture à la discussion sur certains thèmes est proprement infernale.

 

Jeanne Smits propose cette traduction de son intervention :

« Le bienheureux Paul VI a dit en 1972 :

“Par quelque fissure, les fumées de Satan sont entrées dans le temple de Dieu.”

Je suis convaincu que c’étaient là des paroles prophétiques du saint pape, l’auteur d’Humanæ vitæ. Au moment du synode l’an dernier, “les fumées de Satan” tentaient d’entrer dans l’Aula Paul VI.

Explication :

1. La proposition de permettre l’accès à la sainte communion aux divorcés vivant au sein d’une nouvelle union civile.

2. L’affirmation selon laquelle la cohabitation est une union qui peut avoir en elle-même certaines valeurs.

3. Le plaidoyer pour l’homosexualité en tant que chose soi-disant normale.

Certains pères synodaux n’ont pas correctement compris l’appel du pape François à la discussion ouverte et ont commencé à mettre en avant des idées qui contredisent la Tradition bi-millénaire de l’Eglise, enracinée dans la Parole éternelle de Dieu. Hélas, on perçoit encore l’odeur de ces « fumées de Satan » dans certains paragraphes de l’Instrumentum laboris ainsi que dans les interventions de certains pères synodaux cette année.

A mon sens, la tâche principale du synode consiste à recentrer l’attention de nouveau sur l’Evangile de la famille, et cela veut dire : sur l’enseignement de Notre Sauveur. Il n’a pas le droit de détruire les fondations – de détruire le roc.

Que le Saint-Esprit, qui l’emporte toujours dans l’Eglise, nous éclaire tous dans la recherche du vrai bien, pour les familles et pour le monde.

Marie, Mère de l’Eglise, priez pour nous !

+ Tomasz Peta
Archevêque d’Astana (Kazakhstan)

source: Le Blog de Jeanne Smits,

via http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=789336

Mgr Peta déclare que les fumées de Satan sont entrées dans le Synode

Mise à jour, 16 octobre. Un article en allemand sur Kath.net, le 16 octobre :

Mgr Peta déclare que les fumées de Satan sont entrées dans le Synode
Repost 0
Publié par Ingomer - dans Religion
commenter cet article
15 octobre 2015 4 15 /10 /octobre /2015 19:51

L'inversion accusatoire semble de mise - également... - dans l'Eglise. Un article d’Andrea Tornielli, le vaticaniste le plus apprécié et le plus proche de Bergoglio, est paru dès le 8 octobre, quatre jours avant la publication controversée de la lettre des cardinaux conservateurs. Il donnait les informations que la lettre contenait et il accusait ses auteurs de conspirer contre le pape.

 

Du rififi sous les mitres”, tel pourrait être le titre d’un film tourné durant le synode sur la famille. Sur son site internet, Sandro Magister revient sur la fameuse lettre signée de 13 cardinaux et adressée au Pape François, et donne les précisions suivantes :
Depuis le moment où la lettre adressée par treize cardinaux au pape est tombée dans le domaine public, les autorités vaticanes, par l’intermédiaire du père Federico Lombardi, ne perdent pas une occasion d’en blâmer la publication et, de manière plus ou moins voilée, le contenu et les auteurs.
Mais alors il est bon que devienne également public un élément antérieur à la publication de la lettre des treize cardinaux. Un élément qui ne peut absolument pas être passé sous silence et après lequel il est devenu indispensable - dans le but de donner une information correcte - de vérifier ce qui s’est réellement passé, le contenu de la lettre et qui l’a signée.
Lorsqu’il a de nouveau critiqué ce 14 octobre, pendant la conférence de presse, “la fatidique lettre qui a eu bien plus d’écho qu’elle n’en mérite”, le père Federico Lombardi a paru oublier que la première personne qui ait fait éclater à grand fracas la nouvelle de ce geste confidentiel a été non pas un présumé émissaire des signataires mais bien le vaticaniste le plus apprécié et le plus proche du pape François, un homme qui est fréquemment son hôte à la Maison Sainte-Marthe : Andrea Tornielli, coordinateur du portail “Vatican Insider”.
En effet la démarche accomplie auprès du Pape par treize pères synodaux a été annoncée par Tornielli dès le 8 octobre - quatre jours avant que leur lettre ne soit connue - dans un article très informé qui a été publié simultanément par “Vatican Insider” (mais il a été retiré rapidement de sa home page) et par le quotidien “La Stampa”, en page 9.

Dans le corps de l’article, non seulement il était affirmé à plusieurs reprises, comme quelque chose d’absolument certain, que les auteurs de la révolte étaient treize - pas un de plus, pas un de moins - mais il était en outre précisé qu’il y avait parmi eux le cardinal George Pell, défini comme “le plus dur”.
L’article ne parlait pas explicitement d’une lettre mais indiquait que “les treize pères synodaux ont adressé un appel au pape” le premier jour des travaux, lundi 5 octobre. Et il s’étendait – avec une évidente maîtrise du sujet – sur l’exposé d’un certain nombre d’arguments que l’on allait effectivement retrouver par la suite dans la lettre, une fois que celle-ci aurait été publiée.
Ces arguments étaient toutefois exposés par Tornielli de manière à présenter sous un très mauvais jour les treize prélats, identifiés dès le début de l’article comme un “lobby” présent à l’intérieur du synode et se livrant à un “pressing” inspiré par des “logiques de conspiration” pour faire “entendre que le synode était ‘manipulé’ par le secrétariat général et, en dernière analyse, par le Pape, dans le but de lui faire prendre une orientation d’ouverture”.

Source :
Sandro Magister.

via Pro Liturgia, Actualité du jeudi 15/10/2015

Note de Christ-Roi. Ce sont les 13 cardinaux qui, conservateurs d'une doctrine de l'Eglise vieille de deux mille ans, ne changent rien, et ne sont donc pas les conspirateurs. Alors que ceux qui veulent changer la doctrine par une modification de la pastorale "au nom de la miséricorde", agissent, eux, plutôt en conspirateurs. On ne peut comploter que contre quelque chose de déjà fixé.

Lettre des treize cardinaux: Andrea Tornielli avait présenté le premier les 13 cardinaux contestataires et les informations que la lettre contenait

L'artice de Sandro Magister :

 

La lettre des treize cardinaux. Un élément-clé antérieur

 

Il s’agit d’un article d’Andrea Tornielli, le vaticaniste le plus apprécié et le plus proche de Bergoglio. Il est paru quatre jours avant la publication de la lettre. Il donne les informations qu’elle contenait et il accuse ses auteurs de conspirer contre le pape

par Sandro Magister

 



ROME, le 15 octobre 2015 – Depuis le moment où la lettre adressée par treize cardinaux au pape est tombée dans le domaine public, les autorités vaticanes, par l’intermédiaire du père Federico Lombardi, ne perdent pas une occasion d’en blâmer la publication et, de manière plus ou moins voilée, le contenu et les auteurs.

La plus récente critique date d’hier. Au cours de la conférence de presse quotidienne d’accompagnement des travaux du synode, le directeur du bureau de presse du Vatican a critiqué pour la énième fois "la fatidique lettre qui a eu bien plus d’écho qu’elle n’en mérite".

Mais alors il est bon que devienne également public un élément antérieur à la publication de la lettre des treize cardinaux. Un élément qui ne peut absolument pas être passé sous silence et après lequel il est devenu indispensable – dans le but de donner une information correcte – de vérifier ce qui s’est réellement passé, le contenu de la lettre et qui l’a signée.

Le post qui suit dit tout ce qu’il suffit de savoir.

Il a été publié hier, uniquement en italien, sur le blog "Settimo cielo". Le voici à nouveau ci-dessous. Il est également traduit en anglais, en français et en espagnol. Pour que tout le monde soit informé.

__________



La "conjuration des treize". Voici qui l’a racontée le premier


Lorsqu’il a de nouveau critiqué aujourd’hui, 14 octobre, pendant la conférence de presse, "la fatidique lettre qui a eu bien plus d’écho qu’elle n’en mérite", le père Federico Lombardi a paru oublier – à l’instar d’un grand nombre de journalistes et de prélats –que la première personne qui ait fait éclater à grand fracas la nouvelle de ce geste confidentiel a été non pas un présumé émissaire des signataires mais bien le vaticaniste le plus apprécié et le plus proche du pape François, un homme qui est fréquemment son hôte à la Maison Sainte-Marthe et qui l’a interviewé à plusieurs reprises : Andrea Tornielli, coordinateur du portail "Vatican Insider".

En effet la démarche accomplie auprès du pape par treize pères synodaux a été annoncée par Tornielli dès le 8 octobre - quatre jours avant que leur lettre ne soit connue - dans un article très informé qui a été publié simultanément par "Vatican Insider" (mais il a été retiré rapidement de sa home page) et par le quotidien "La Stampa ", en page 9.

"La Stampa" avait placé l’article à la rubrique "Coulisses", sous le titre : "Synode manipulé, l'accusation de 13 prélats. Le Pape répond : assez de logiques de conspiration".

Dans le corps de l’article, non seulement il était affirmé à plusieurs reprises, comme quelque chose d’absolument certain, que les auteurs de la révolte étaient treize – pas un de plus, pas un de moins – mais il était en outre précisé qu’il y avait parmi eux le cardinal George Pell, défini comme "le plus dur".

L’article ne parlait pas explicitement d’une lettre. Cependant il indiquait que "les treize pères synodaux ont adressé un appel au pape" le premier jour des travaux, lundi 5 octobre. Et il s’étendait – avec une évidente maîtrise du sujet – sur l’exposé d’un certain nombre d’arguments que l’on allait effectivement retrouver par la suite dans la lettre, une fois que celle-ci aurait été publiée.

Ces arguments étaient toutefois exposés par Tornielli de manière à présenter sous un très mauvais jour les treize prélats, identifiés dès le début de l’article comme un "lobby" présent à l’intérieur du synode et se livrant à un "pressing" inspiré par des "logiques de conspiration" pour faire "entendre que le synode était 'manipulé' par le secrétariat général et, en dernière analyse, par le pape dans le but de lui faire prendre une orientation d’ouverture".

L'article continuait et se concluait avec de larges citations de la "réponse" donnée en séance le lendemain matin, mardi 6 octobre, par le secrétariat général du synode et par le pape François aux auteurs de l’appel, retournant ainsi contre eux – et non plus avec l'autorité de l’auteur de l’article mais avec celle du souverain pontife lui-même – l'accusation de "conspiration".

__________


L'article de Tornielli publié le 8 octobre, en trois langues, sur "Vatican Insider" :

> Il Papa: no a logiche cospirative al Sinodo

> Pope urges bishops not to give in to conspiracy theories

> Papa Francisco : no a las lógicas de conspiración en el Sínodo

 

 

Lettre des treize cardinaux: Andrea Tornielli avait présenté le premier les 13 cardinaux contestataires et les informations que la lettre contenait
Repost 0
Publié par Ingomer - dans Religion
commenter cet article
14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 13:31

Comme pour la dénonciation d'une "herméneutique de la conspiration", dont on ne sait toujours pas laquelle elle est, le Saint-Père a pris tout le monde de court ce matin au début de l'audience générale en demandant pardon pour tous les scandales qui ont entaché l'Eglise, sans donner de précision quant à la nature de ces scandales :

À la surprise de tous les fidèles rassemblés place Saint-Pierre pour assister à l’audience générale de ce mercredi matin, le pape François, avant de commencer son enseignement, a pris la parole et demandé pardon, « au nom de l’Église », « pour les scandales qui ont eu lieu ces derniers temps à Rome ou au Vatican ».

Ne donnant pas plus de précisions, le Saint-Père a ensuite poursuivi l’audience normalement, laissant libre cours aux interprétations possibles. Faisait-il référence au récent coming-out du père Krzysztof Charamsa, aux prises de position de certains participants au synode sur la famille, ou plus généralement aux affaires de prêtres pédophiles plus ou moins couverts pendant des années par certains évêques ?

François demande pardon pour tous les scandales qui ont entaché l'Eglise, sans préciser la nature de ces scandales
Repost 0
Publié par Ingomer - dans Religion
commenter cet article
14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 08:49

Selon "Die Tagespost", tous les jours, un mini-synode de l’ombre ("Parallel-Synode") se réunit à la Maison Sainte-Marthe :

Après la révélation de l’existence d’une lettre cosignée par une douzaine de cardinaux inquiets de l’organisation du synode sur la famille et de la composition du groupe chargé de rédiger le rapport final, on apprend cette information ahurissante par le biais du "journal allemand Die Tagespost : tous les jours, une sorte de mini-synode de l’ombre (« Parallel-Synode ») se réunit à la Maison Sainte-Marthe autour du pape (pour décider de la marche à suivre pour le synode, le vrai ?) qui se tient à quelques pas de là. Ces réunions confidentielles réunissent, selon le quotidien allemand, quelques-uns des pères synodaux et des invités de l’extérieur.

 

[...] On dira : le pape fait ce qu’il veut, et il ne lui est pas interdit de consulter des personnes compétentes. Sans doute. Mais c’est le synode qui est censé l’éclairer, et réfléchir à la réponse apportée à une question donnée – ou plusieurs.

 

Or on sait que le synode extraordinaire de 2014 a été manipulée par plusieurs de ceux qui sont aujourd’hui aux commandes en vue d’y inclure des questions réglées depuis longtemps ou carrément sans objet dans un synode sur la famille (les unions homosexuelles n’étant ni de près, ni de loin comparables à la famille naturelle et sacramentelle). On a le spectacle de la confusion, des changements de procédure de dernière minute, d’une « Salle de presse » qui présente une image très orientée  très partielle de ce qui se passe dans la salle du synode. On a vu les évêques polonais contraints d’effacer de leur site internet les propos saillants des intervenants de la deuxième assemblée générale du synode, la semaine dernière : le cardinal Baldisseri, secrétaire général du synode, a « rappelé aux pères du synode que chacun d’eux peut publier sa propre intervention mais pas les textes des autres ». On a vu, on a vu… On a vu la balance peser presque systématiquement du côté de ceux qui veulent un changement de « pastorale » sans toucher à la doctrine. Comme si c’était possible.

Le "synode de l'ombre" mis à jour

Lu sur Diakonos.be Facebook :

 

Selon le vaticaniste Andrea Gagliarducci, l'influence du "Synode de l'Ombre" organisé en mai par les ultra-modernistes allemands, français et suisses et dont nous vous avions parlé dans un précédent article pèse sur les groupes de travail. Les déclarations du groupe de langue allemande rappellent les conclusions de ce synode de l'ombre qui encourageait la contraception, les actes homosexuels et l'admission à la communion des divorcés remariés en fonction des circonstances et proposait une "théologie narrative" basée sur l'expérience personnelle rejetant la notion même qu'un acte puisse être intrinsèquement mauvais. Et de fait, à part le cardinal Müller, les positions des cardinaux Schoenborn, Kasper et Koch semblent appuyer ces thèses.

 

Concernant les francophones, le GROUPE C dirigé par le mauricien Maurice Piat et dont le porte-parole est le canadien Mgr Gatineau, soutient complètement la méthodologie de l'Instrumentum Laboris bien qu'il se déclare préoccupé de l'influence grandissante de l'idéologie du gender sur le monde. Le GROUPE A , modéré par le cardinal québécois Mgr Lacroix et représenté par l'Archevêque de Lille inclut deux participants au concile de l'ombre: Mgr Jean-Luc Brunin du Havre et Mgr Jean-Marie Lovey de Sion. Ce groupe a demandé que le texte adopte le point de vue de la famille, pas seulement celui du mariage et s'est plaint que tous les amendements proposés n'aient pas été pris en considération.

 

Les groupes italiens, et espagnols ne semblent pas influencés par les conclusions de ce concile de l'ombre tandis que les groupes anglophones y sont fermement opposés et considèrent le texte de départ comme erroné et inadéquat.

 

Le "synode de l'ombre" mis à jour

Un article en anglais : "Comment le synode de l'ombre tente d'influencer le synode sur la famille, par "Catholic News agency" (une agence de presse en langue anglaise, fondée en 2004 à la suite de l'appel du pape Jean-Paul II pour une "nouvelle évangélisation") :

Le "synode de l'ombre" mis à jour

Source: How the 'shadow council' is trying to influence the Synod on the Family, Catholic News Agency, By Andrea Gagliarducci, Vatican City, Oct 12, 2015 / 03:32 pm

 

Le 2 octobre dernier, le site Pro Liturgia publiait déjà cette information sur le "synode de l'ombre" :

 

Le journaliste italien Marco Tosatti révèle qu'un synode parallèle s'est tenu en secret à Rome, sous l'égide du pape lui-même.

A la demande de François, des prélats - parmi lesquels certains jésuites - se sont retrouvés à la maison Sainte-Marthe, pour préparer en catimini un document qui devra être présenté comme la conclusion du prochain synode, en vue de mettre en oeuvre les réformes souhaitées par le courant kaspérien. Et Marco Tosatti de conclure que ce que beaucoup supputaient devient une quasi certitude: le processus synodal n'est qu'une imposture.

Le "synode de l'ombre" mis à jour

"Diakonos.be Facebook" décrit justement la situation dans laquelle les synodaux de l'ombre nous mettent :

 

les "progressistes" jubilent parce que finalement, "l'esprit" du Concile est de retour et que l'on a compris qu'on ne pourra plus revenir en arrière. De nombreux orthodoxes et protestants se réjouissent parce qu'ils voient que les catholiques sont sur le point d'arriver au point où eux se trouvent déjà depuis bien longtemps. Les traditionalistes aussi se réjouissent à leur manière en disant: "C'est bien nous qui avions raison quand nous disions que le Concile était une catastrophe pour l'Eglise". Seuls les pauvres chrétiens comme nous ne savent quoi dire et restent perdus.

Et voici maintenant la meilleure condamnation que les comploteurs de l'ombre trouveront :

Car quiconque fait le mal hait la lumière, et il ne vient point à la lumière, de peur que ses oeuvres ne soient découvertes; mais celui qui accomplit la vérité vient à la lumière, afin que ses oeuvres soient manifestées, parce qu'elles ont été faites en Dieu.

Evangile selon Saint Jean, 3, 20-21.

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Religion
commenter cet article
14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 07:58

Dans le cadre du "synode sur la famille", l'archevêque métropolitain de Poznan, Président de la Conférence épiscopale polonaise, Mgr Stanisław Gądecki, a expliqué pourquoi la doctrine de l'Eglise ne permettait pas l'accès à la communion eucharistique des divorcés remariés :

Déjà, les documents des tout premiers synodes d’Elvira, d’Arles, de Néocésarée (qui eurent lieu entre 304 et 319) réaffirment la doctrine de l’Eglise qui ne permet pas l’accès à la Communion eucharistique des divorcés « remariés ».

3. La raison fondamentale en est que « leur état et leur condition de vie est en contradiction objective avec la communion d'amour entre le Christ et l'Eglise, telle qu'elle s'exprime et est rendue présente dans l'Eucharistie » (Familiaris consortio 84).

L’Eucharistie est le sacrement des baptisés qui sont dans la gratia sacramentalis. L’accès à la sainte Communion des personnes divorcées et civilement « remariées », c’est-à-dire des personnes qui ne sont pas dans la grâce sacramentelle, pourrait causer beaucoup de dommages non seulement en ce qui concerne le soin pastoral des familles mais aussi par rapport à la doctrine de l’Eglise sur la grâce sanctifiante.

En réalité, cet accès ouvrirait la porte de la réception de la sainte Communion à toutes les personnes en état de péché mortel ; par voie de conséquence, cela annulerait le sacrement de Pénitence et déprécierait l’importance de vivre dans l’état de grâce sanctifiante.

Enfin, il est nécessaire de réaffirmer que l’Eglise ne peut accepter la prétendue loi de gradualité ou le chemin graduel. Comme le pape François nous l’a rappelé, ceux d’entre nous qui sommes rassemblés ici ne voulons pas et n’avons pas le pouvoir de changer la doctrine de l’Eglise.

 

Extrait de l’intervention au synode ordinaire par Mgr Stanisław Gądecki, archevêque métropolitain de Poznan, président de la conférence épiscopale polonaise.

L'accès à la communion des divorcés remariés "ouvrirait la porte de la réception de la sainte Communion à toutes les personnes en état de péché mortel" (Mgr Stanisław Gądecki, Président de la Conférence épiscopale polonaise)

Source : Le blog de Jeanne Smits, à partir de la traduction anglaise qui a été publiée sur Voice of the Family, le 12 octobre 2015.

 

L'article en anglais de Voice of the family:

http://voiceofthefamily.com/archbishop-gadeckis-intervention-the-church-cannot-bend-to-the-will-of-man/

http://voiceofthefamily.com/archbishop-gadeckis-intervention-the-church-cannot-bend-to-the-will-of-man/

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Religion
commenter cet article
13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 21:43

Lu sur le blog d'Yves Daoudal, une traduction en français d'une intervention du Cardinal Sarah, le préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, publiée le 13 octobre :

Pour le Cardinal Sarah, l'athéisme de l'Occident et l'Etat islamique ont une "même origine démoniaque"

On a vaguement entendu parler de l’intervention du cardinal Sarah au début du synode, et puis plus rien. Le texte de son intervention ne figurait nulle part, et surtout pas sur les sites du Vatican, alors qu’il est le « numéro 4 » de l’Eglise selon la comptabilité journalistique. Seul un blog de Toronto soulignait que Mgr Gadecki, sur son blog personnel, disait combien Mgr Hoser avait été impressionné…

Voici qu’a été publié aujourd’hui, aujourd’hui 13 octobre, une traduction anglaise de l’intervention du cardinal Sarah (faite en italien) sur le site Aleteia en anglais.

Voici une rapide traduction de ce texte qui, une fois de plus, me fait prier que cet homme devienne pape… subito. Et quand on voit où en est le chaos, c’est de plus en plus urgent.

 

Votre Sainteté, Eminences, participants du Synode,

Je propose ces trois pensées :

1. Plus de transparence et de respect entre nous.

Je ressens un profond besoin d’invoquer l’Esprit de Vérité et d’Amour, la source de la parrhésia dans la parole et de l’humilité dans l’écoute, qui seul est capable de créer une véritable harmonie dans la pluralité.

Je dirai franchement que dans le précédent Synode, sur diverses questions, on a ressenti la tentation de céder à la mentalité du monde sécularisé et individualiste de l’Occident. Reconnaître ce qu’on appelle les « réalités de la vie » comme un locus theologicus signifie abandonner tout espoir dans le pouvoir transformant de la foi et de l’Evangile. L’Evangile qui a autrefois transformé les cultures est maintenant en danger d’être transformé par elles.

En outre, certaines des procédures utilisées ne paraissaient pas destinées à enrichir la discussion et la communion autant qu’elles faisaient la promotion d’une façon de voir typique d’une certaine frange des Eglises les plus riches. Ceci est contraire à une Eglise pauvre, un signe de contradiction joyeusement évangélique et prophétique pour la mondanité. On ne comprend pas non plus pourquoi certaines déclarations qui ne sont pas partagées par la majorité qualifiée du dernier Synode se sont retrouvées dans la Relatio puis dans les Lineamenta et l’Instrumentum laboris alors que d’autres questions pressantes et très actuelles (comme l’idéologie du genre) sont ignorées.

Mon premier espoir est donc que, dans notre travail, il y ait davantage de liberté, de transparence et d’objectivité. Pour cela, il serait bénéfique de publier les résumés des interventions, afin de faciliter la discussion et éviter tout préjudice ou discrimination dans la réception des déclarations des pères du synode. (1)

 

2. Le discernement de l’histoire et des esprits

Un deuxième espoir : que le Synode honore sa mission historique et ne se limite pas lui-même à parler de certaines questions pastorales (comme la possible communion pour les divorcés et remariés) mais aide le Saint-Père à énoncer clairement des vérités et une réelle direction au niveau mondial. Car il y a de nouveaux défis par rapport au synode de 1980. Un discernement théologique nous permet de voir à notre époque deux menaces inattendues (presque comme deux « bêtes de l’apocalypse ») situées sur des pôles opposés : d’une part, l’idolâtrie de la liberté occidentale ; de l’autre, le fondamentalisme islamique : laïcisme athée contre fanatisme religieux. Pour utiliser un slogan, nous nous trouvons entre « l’idéologie du genre et ISIS ». Les massacres islamiques et les exigences libertaires se disputent régulièrement la première page des journaux. (Souvenons-nous de ce qui s’est passé le 26 juin ! (2)) De ces deux radicalisations se lèvent les deux grandes menaces contre la famille : sa désintégration subjectiviste dans l’Occident sécularisé, par le divorce rapide et facile, l’avortement, les unions homosexuelles, l’euthanasie, etc. (cf. la gender theory, les Femen, le lobby LGBT, le Planning familial…). D’autre part, la pseudo-famille de l’islam idéologisé qui légitime la polygamie, l’asservissement des femmes, l’esclavage sexuel, le mariage des enfants, etc. (cf. al-Qaida, Isis, Boko Haram…).

Plusieurs indices nous permettent de percevoir la même origine démoniaque de ces deux mouvements. Contrairement à l’Esprit de Vérité qui favorise la communion dans la distinction (périchorèse), ils encouragent la confusion (homo-gamie) ou la subordination (poly-gamie). En outre, ils postulent une loi universelle et totalitaire, sont violemment intolérants, destructeurs des familles, de la société et de l’Eglise, et sont ouvertement christianophobes.

« Nous ne nous battons pas contre des créatures de chair et de sang… » Nous devons être inclusifs et accueillants à tout ce qui est humain ; mais ce qui vient de l’Ennemi ne peut pas et ne doit pas être assimilé. On ne peut pas unir le Christ et Belial ! Ce que le nazisme et le communisme étaient au XXe siècle, l’homosexualité occidentale et les idéologies abortives et le fanatisme islamique le sont aujourd’hui.

 

3. Proclamer et servir la beauté de la monogamie et de la famille

Face à ces deux défis mortels et sans précédent (homo-gamie et poly-gamie), l’Eglise doit promouvoir une véritable « épiphanie de la famille » (3). Aux deux le Pape (comme porte-parole de l’Eglise) peut contribuer, ainsi que chacun des évêques et pasteurs du troupeau chrétien : c’est-à-dire « l’Eglise de Dieu, qu’il a acquise par son sang » (Actes 20, 28).

Nous devons proclamer la vérité sans peur, c’est-à-dire le Plan de Dieu, qui est la monogamie dans l’amour conjugal ouvert à la vie. Gardant à l’esprit la situation historique que je viens de rappeler, il est urgent que l’Eglise, à son sommet, déclare de façon définitive la volonté du Créateur en ce qui concerne le mariage. Combien de gens de bonne volonté et de bon sens se joindraient à cet acte lumineux de courage effectué par l’Eglise !

Avec une Parole forte et claire du Magistère Suprême, les pasteurs ont la mission d’aider nos contemporains à découvrir la beauté de la famille chrétienne. Pour cela, il faut d’abord promouvoir tout ce que représente une véritable initiation des adultes, car la crise du mariage est essentiellement une crise de Dieu, mais aussi une crise de la foi, et là c’est l’initiation des enfants. Alors nous devons discerner ces réalités que le Saint-Esprit est déjà en train de faire monter pour révéler la vérité de la famille comme une intime communion dans la diversité (homme et femme), et qui est généreuse dans le don de la vie. Nous, évêques, avons le devoir urgent de reconnaître et promouvoir les charismes, les mouvements, et les réalités ecclésiales dans lesquels la famille se révèle vraiment, ce prodige d’harmonie, d’amour de la vie et d’espérance en l’Eternité, ce berceau de la foi et cette école de charité. Et il y a tant de réalités offertes par la Providence, avec le concile Vatican II, dans lesquelles ce miracle est offert.

(1) Le pape l’a interdit (note YD).

(2) Attentat de Sousse en Tunisie, 39 morts. Arrêt de la Cour suprême américaine légalisant le soi-disant mariage homosexuel sur tout le territoire des Etats-Unis (note YD).

(3) Benoît XVI, le 6 juin 2012 (note YD).

Pour le Cardinal Sarah, l'athéisme de l'Occident et l'Etat islamique ont une "même origine démoniaque"
Repost 0
Publié par Ingomer - dans Religion
commenter cet article
12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 10:28

Article mis à jour au fil des nouvelles informations.

 

Le 5 octobre dernier, 13 cardinaux, dont André Vingt-Trois, archevêque de Paris, ont écrit une lettre au Pape, qui (hormis la recommandation marginale de ne pas réduire la discussion à la seule "communion des divorcés") n'en a tenu aucun compte.

Dans cette lettre, les 13 cardinaux s'étonnent des nouvelles procédures du synode, qui semblent assurer aux questions controversées du document préparatoire au synode (l'instrumentum laboris établi en octobre 2014) une inluence excessive sur les délibérations, en facilitant l'obtention de résultats prédéterminés. Ils épinglent les nouvelles procédures adoptées par le pape François qui éliminent la participation des pères synodaux à la composition de la commission de rédaction, dont les membres ont été nommés, sans être élus et sans consultation. Ils terminent par un appel à la prudence et une mise en garde de ne pas adopter les positions libérales des églises protestantes qui ont "abandonné des éléments-clés de la foi... "au nom de l'adaptation pastorale", ce qui a accéléré leur effondrement. Cette dernière recommandation montre que les pères synodaux ont bien reçu et pris note de la lettre que des convertis venus du protestantisme leur avaient envoyée.

C'est dans le cadre de cette lettre des Pères synodaux au Pape, que François leur aurait répondu de "ne pas céder à l'herméneutique de conspiration, qui est faible au point de vue sociologique et qui n’apporte pas d’aide au point de vue spirituel", comme l’a fait savoir – dans un tweet qui n’a pas été démenti – Antonio Spadaro, le directeur de la revue "La Civiltà Cattolica", qui était, lui aussi, présent dans la salle des séances:

 

 

Synode : Treize cardinaux écrivent au Pape qui leur répond de "ne pas céder à l'herméneutique de la conspiration". Laquelle ?

Treize cardinaux ont écrit au pape. Voici la lettre

 

Mais François a repoussé en bloc leurs demandes. Et, entre temps, la "Relatio finalis" a disparu du programme du synode

 

par Sandro Magister

 

ROME, le 12 octobre 2015 – Lundi 5 octobre, au début des travaux du synode consacré à la famille, le cardinal George Pell a remis au pape François une lettre, portant sa signature et celle de douze autres cardinaux, tous présents dans cette même salle des séances du synode.

Les treize signataires occupent des postes de première importance dans la hiérarchie de l’Église et trois d’entre eux font partie de la présidence du synode.

Ce sont, par ordre alphabétique :



- Carlo Caffarra, archevêque de Bologne, Italie, théologien, qui a été le premier président de l’Institut pontifical Jean-Paul II d'études sur le mariage et la famille ;
- Thomas C. Collins, archevêque de Toronto, Canada ;
- Timothy M. Dolan, archevêque de New-York, États-Unis ;
- Willem J. Eijk, archevêque d’Utrecht, Pays-Bas ;
- Péter Erdö, archevêque d’Esztergom-Budapest, Hongrie, président du conseil des conférences épiscopales d'Europe et rapporteur général du synode actuellement en cours, comme il l’a été de la précédente session, celle du mois d'octobre 2014 ;
- Gerhard L. Müller, ancien évêque de Ratisbonne, Allemagne, préfet depuis 2012 de la congrégation pour la doctrine de la foi ;
- Wilfrid Fox Napier, archevêque de Durban, Afrique du Sud, président délégué du synode actuellement en cours, comme il l’avait déjà été de la session précédente, celle du mois d'octobre 2014 ;
- George Pell, archevêque émérite de Sydney, Australie, préfet depuis 2014 du secrétariat pour l'économie, au Vatican ;
- Mauro Piacenza, de Gênes, Italie, ancien préfet de la congrégation pour le clergé, pénitencier majeur depuis 2013 ;
- Robert Sarah, ancien archevêque de Conakry, Guinée, préfet depuis 2014 de la congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements ;
- Angelo Scola, archevêque de Milan, Italie ;
- Jorge L. Urosa Savino, archevêque de Caracas, Venezuela ;
- André Vingt-Trois, archevêque de Paris, France, président délégué du synode actuellement en cours comme il l’avait déjà été de la précédente session, celle du mois d’octobre 2014.



Dans cette lettre, concise et très claire, les treize cardinaux soumettaient à l'attention du pape les sérieuses "préoccupations" que leur inspiraient, ainsi qu’à d’autres pères synodaux, les procédures du synode, qui leur paraissent "conçues pour faciliter l’obtention de résultats prédéterminés à propos de questions importantes et controversées", et l'"Instrumentum laboris", considéré comme inadapté en tant que "texte guide et base d’un document final".

On peut lire ci-dessous le texte de la lettre, traduit à partir de la version originale en anglais.



__________


Très Saint Père,

En ce début du Synode consacré à la famille et avec le désir de le voir servir fructueusement l’Église et Votre ministère, nous vous demandons respectueusement de prendre en considération une série de préoccupations que nous avons recueillies auprès d’autres pères synodaux et que nous partageons.

Le document préparatoire du synode, l'"Instrumentum laboris", contient certes des éléments admirables, mais il comporte également des parties qui gagneraient à faire l’objet d’une réflexion approfondie et à être retravaillées. Les nouvelles procédures qui guident le synode semblent assurer à ce document une influence excessive sur les délibérations du synode et sur le document synodal final. Tel qu’il est, et compte tenu des préoccupations dont de nombreux pères nous ont fait part à propos de celles de ses parties qui sont problématiques, l’"Instrumentum" ne peut pas être utilisé convenablement comme texte guide ou comme base d’un document final.

Les nouvelles procédures synodales vont être perçues, dans certains milieux, comme manquant d’ouverture et d’authentique collégialité. Dans le passé, le processus consistant à présenter des propositions sur lesquelles les pères synodaux votaient permettait d’évaluer l’état d’esprit de ceux-ci, ce qui était précieux. L’absence des propositions ainsi que celle des discussions et votes correspondants semble décourager un débat ouvert et confiner la discussion aux petits groupes ; c’est pourquoi il nous paraît urgent de rétablir l’élaboration de propositions à soumettre au vote du synode tout entier. Le vote sur un document final arrive trop tard dans le processus pour permettre un examen complet et une sérieuse mise au point du texte.

De plus, le manque de participation des pères synodaux à la composition de la commission de rédaction a créé un malaise considérable. Ses membres ont été nommés, pas élus, sans consultation. De même, tous ceux qui rédigent quelque projet de texte que ce soit au niveau des petits groupes devraient être élus et non pas nommés.

Ces faits ont, à leur tour, fait naître la crainte que les nouvelles procédures ne soient pas fidèles à l’esprit traditionnel et à l’objectif d’un synode. On ne comprend pas très bien pourquoi ces changements de procédures sont nécessaires. Un certain nombre de pères pense que la nouvelle procédure semble conçue pour faciliter l’obtention de résultats prédéterminés à propos de questions importantes et controversées.

Dernier point et peut-être le plus urgent, plusieurs pères se sont dits préoccupés de ce qu’un synode ayant pour but de traiter une question pastorale d’une extrême importance – le renforcement de la dignité du mariage et de la famille – puisse en arriver à être dominé par le problème théologique et doctrinal de l’accès des personnes divorcées et remariées civilement à la communion. Si c’est le cas, cela va inévitablement soulever des questions encore plus fondamentales à propos de la manière dont l’Église, allant de l’avant, devrait interpréter et appliquer la Parole de Dieu, ses doctrines et ses disciplines, aux changements qui interviennent dans la culture. L’effondrement des Églises protestantes libérales à l’époque moderne, accéléré par le fait qu’elles ont abandonné des éléments-clés de la foi et de la pratique chrétiennes au nom de l’adaptation pastorale, est une incitation à être très prudents dans nos discussions synodales.

Très Saint Père, nous vous offrons ces pensées dans un esprit de fidélité et nous vous remercions de les prendre en considération.

Fidèlement vôtres en Jésus-Christ.


__________


Dans l’après-midi de ce même lundi 5 octobre, pendant la première discussion en assemblée, le cardinal Pell et d’autres pères synodaux ont repris certaines des questions abordées dans la lettre, sans la citer.

Le pape François était présent et il a écouté. Et le lendemain matin, mardi 6 octobre, il a pris la parole.

Le texte de cette intervention hors programme n’a pas été rendu public, mais seulement résumé, oralement par le père Federico Lombardi et sous forme écrite par "L'Osservatore Romano". De la manière suivante :



"Le souverain pontife a voulu réaffirmer que le synode actuel est en continuité avec celui qui a été célébré l’année dernière. En ce qui concerne l’'Instrumentum laboris', François a souligné qu’il résulte de la 'Relatio synodi' complétée par les contributions qui sont arrivées ultérieurement, qu’il a été approuvé par le conseil post-synodal – qui s’était réuni en présence du souverain pontife – et qu’il constitue la base pour continuer le débat et les discussions dans les jours qui viennent. Dans ce contexte, les contributions des divers groupes linguistiques prennent une importance essentielle. Le pape a également rappelé que les trois documents officiels du synode de l’an dernier sont ses deux discours, celui du début et celui de la fin, et la 'Relatio synodi'. Le souverain pontife a souligné que la doctrine catholique en ce qui concerne le mariage n’a pas été touchée et il a ensuite lancé une mise en garde contre le danger de donner l’impression que le seul problème du synode est celui de la communion des divorcés, en invitant ses auditeurs à ne pas réduire les horizons du synode". À ce compte-rendu de "L'Osservatore Romano" le père Lombardi a ajouté que "les décisions en matière de méthode ont également été partagées et approuvées par le pape et par conséquent elles ne peuvent pas être remises en discussion".



Il découle de tout cela que François a rejeté en bloc les demandes formulées dans la lettre, sauf la recommandation marginale de ne pas réduire la discussion à la seule "communion des divorcés".

Et il les a repoussées non sans une touche polémique, comme l’a fait savoir ultérieurement – dans un tweet qui n’a pas été démenti – Antonio Spadaro, le directeur de la revue "La Civiltà Cattolica", qui était, lui aussi, présent dans la salle des séances, selon lequel le pape aurait dit aux pères de "ne pas céder à l'herméneutique de conspiration, qui est faible au point de vue sociologique et qui n’apporte pas d’aide au point de vue spirituel".

Tout cela s’est passé au début du synode. Mais, vers la fin de la première semaine de travaux, d’autres événements se sont produits. Qui vont de nouveau en sens inverse des souhaits formulés dans la lettre des treize cardinaux.

Vendredi 9 octobre, en conférence de presse, le cardinal Luis Antonio G. Tagle, archevêque de Manille et président délégué du synode, a déclaré à l’improviste que, en ce qui concerne le rapport final, "nous attendons la décision du pape".

Et le lendemain, le père Lombardi a précisé que "nous n’avons pas encore de certitude quant à la manière dont se déroulera la conclusion du synode, c’est-à-dire que nous ne savons pas s’il y aura un document final. Nous allons voir si le pape va apporter des indications précises".

Incroyable mais vrai. Alors que le synode était en pleine activité, voilà qu’a été mise au conditionnel, de manière imprévue, l’existence même de cette "Relatio finalis" qui figurait dans les programmes comme le point d’arrivée vers lequel étaient orientés tous les travaux synodaux.

En effet le secrétaire général du synode, le cardinal Lorenzo Baldisseri, avait parlé abondamment de la "Relatio finalis", à l’occasion de la présentation officielle du synode, le 2 octobre :

> Briefing su tema e metodo della XIV assemblea generale ordinaria del sinodo dei vescovi

Ce même jour, Baldisseri avait également annoncé que le pape François avait nommé une commission composée de dix cardinaux et évêques précisément "pour l'élaboration du rapport final".

Le 5 octobre, dans le discours d’ouverture des travaux du synode, Baldisseri avait de nouveau, de manière encore plus détaillée, présenté les phases d’élaboration et d’approbation de la "Relatio" :

> Relazione del segretario generale

Il en avait de nouveau parlé en séance, le matin du 6 octobre, juste avant que le pape prenne la parole.

Ne parlons pas du calendrier officiel des travaux du synode, qui attribue encore actuellement quatre jours, du 21 au 24 octobre, à la rédaction du "rapport final", à sa présentation en séance, à la discussion et à la présentation des observations écrites, à sa réécriture, à sa nouvelle présentation en séance et à son vote définitif :

> Calendario dei lavori

Dans leur lettre au pape François, les treize cardinaux souhaitaient que l’on en revienne à la procédure des synodes passés, qui se terminaient par le vote, l’une après l’autre, de "propositions" qui seraient soumises au pape. Ou qu’au moins, en l’absence de ces propositions, l’on vote point par point une "Relatio finalis" rédigée par une commission élue, et non pas entièrement nommée par en haut.

Mais si la "Relatio" elle-même – comme on nous l’a fait comprendre – va être supprimée, le seul produit du synode ne pourra être qu’une nouvelle mouture de cet "Instrumentum laboris" que les treize signataires de la lettre considéraient comme ne pouvant pas servir "de base d’un document final" notamment en raison de "celles de ses parties qui sont problématiques", autrement dit celles dont la fidélité à la doctrine n’est pas certaine.

Parce qu’il est vrai que les 270 pères synodaux sont justement en train de travailler, jour après jour, à remanier de fond en comble l'"Instrumentum". Mais il est tout aussi vrai que la réécriture du texte sera l’apanage de cette commission entièrement composée de gens nommés par le papa François, dans laquelle les novateurs constituent une majorité écrasante, ce qui n’est pas le cas dans la salle des séances. Et dans le cas d’un texte très long et discursif comme l'"Instrumentum" – et non pas concis comme les "propositions" de beaucoup de synodes passés – il peut beaucoup plus facilement se passer la même chose que lors du synode de 2014, c’est-à-dire l'introduction de formules vagues et polyvalentes, difficiles à repousser en séance par un vote sec.

"La doctrine catholique en ce qui concerne le mariage n’a pas été touchée", a assuré le pape François en se référant à la totalité du parcours synodal depuis 2014 jusqu’à aujourd’hui, en réponse aux "préoccupations" des treize cardinaux de la lettre.

Mais le cardinal Tagle, représentant de premier plan des novateurs, a également déclaré avec une satisfaction visible, lors de la conférence de presse du 9 octobre :



"La nouvelle méthode adoptée par le synode a probablement provoqué un peu de confusion, mais il est bon d’être confus de temps en temps. Si les choses étaient toujours claires, ce ne serait plus la vraie vie".


__________

12.10.2015 

Source: http://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/1351154?fr=y

 

Treize cardinaux écrivent au Pape qui leur répond de "ne pas céder à l'herméneutique de la conspiration". Laquelle ?, s'est interrogé justement Denis Crouan sur Pro Liturgia.

 

Le Pape François s’est adressé aux pères du synode pour leur demander de se méfier de l’ “herméneutique de la conspiration”. Il y aurait donc bien une conspiration. Mais comme le Saint Père n’a pas précisé en quoi elle consistait ni où elle se développait, toutes les interprétations demeurent possibles.
S’agit-il de la conspiration des évêques allemands ? S’agit-il de la conspiration de quelques proches du Pape réunis en “mini-synode de l’ombre” pour préparer par avance les conclusions du vrai synode ? S’agit-il de la conspiration de ces évêques et de ces cardinaux qui publient des ouvrages contredisant les thèses des cardinaux Marx et Kasper ? S’agit-il de la conspiration de cette “maffia de Saint-Gall” dont a récemment parlé le Cardinal Danneels ?
Allons plus loin encore dans les questions. S’agit-il de la conspiration de la conspiration des puissants instituts bancaires qui, peu de temps avant la démission du Pape Benoît XVI, avaient réussi à bloquer toutes les transactions financières du Vatican ? S’agit-il de la conspiration des évêques qui ont dissimulé des abus sexuels commis par des prêtres placés sous leur autorité ? S’agit-il de la conspiration des évêques réclamant que l’autoritarisme pontifical et les monologues de quelques “mitres” bien en vue soient remplacés par le respect du vrai dialogue synodal ?
Finalement, on ne saura jamais en quoi consiste cette “conspiration” à laquelle a fait allusion le Pape François. Du moins tant que l’infatigable P. Lombardi ne nous aura pas donné quelques explications.

 

Source: Pro Liturgia, Actualité du 10/10/2015

Add. 13 octobre 2015. Le cardinal Napier reconnait avoir signé une lettre, mais dont le contenu était différent et avait trait spécifiquement à à la commission des 10 membres de la commission préparatoire du document final. "Que travaillez-vous réellement lorsque vous ne savez pas quel est l'objectif ?", a-t-il néanmoins déclaré dans un article en anglais de Crux Now, du 12 octobre 2015 (traduction):

 

"Le Cardinal) Napier a déclaré qu'il n'était pas encore clair, même pour les participants du synode comment le document final du synode sera amendé, et ce que François prévoit de faire avec lui, ce qui a produit les préoccupations concernant le résultat légitime.

Sur la question de savoir si il était inquiet du fait que le résultat final soit déjà déterminé, Napier a dit seulement qu"'à ce stade, il est difficile de le dire.'

Ce genre d'incertitude me préoccupe, car que travaillez-vous réellement lorsque vous ne savez pas quel est l'objectif?" A-t-il déclaré.

Plus tôt lundi, le vaticaniste italien Sandro Magister a publié une lettre prétendument signée par 13 cardinaux, dont Napier, exprimant la crainte que "le nouveau processus semble avoir été conçu pour faciliter résultats prédéterminés sur des questions controversées importantes."

Napier a reconnu avoir signé une lettre, mais a déclaré que son contenu était différent de celui présenté dans le rapport de Magister. La lettre qu'il a signée, a-t-il dit, avait spécifiquement trait à la commission des 10 membres de la commission préparatoire du document final."

 

Source: Cardinals clash on doubts about process at the Synod of Bishops

 

Dans une interview publié par le “Corriere della Sera” de ce 13 octobre,

 

le Cardinal Müller, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, déclare avoir pris connaissance de la publication de la lettre adressée au Pape François (voir ci-dessous) et qui aurait été signée par 13 cardinaux, dont le Cardinal Müller lui-même.

Ce dernier souligne qu’il s’agit là d’une affaire très grave. Et d’ajouter que le véritable scandale n’est pas dans le contenu de la lettre, mais dans le fait qu’elle ait pu être publiée alors qu’il s’agissait d’un document privé. On est là - conclut le Cardinal Müller - dans une affaire égale à celle de Vatileaks.

 

Synode : Treize cardinaux écrivent au Pape qui leur répond de "ne pas céder à l'herméneutique de la conspiration". Laquelle ?

Source: Pro Liturgia, Actualité du mardi 13 octobre 2015

 

"Ceci est un nouveau Vatileaks", aurait réagi le cardinal Müller, selon une dépêche Afp Le Figaro du 13 octobre : 

Synode : Treize cardinaux écrivent au Pape qui leur répond de "ne pas céder à l'herméneutique de la conspiration". Laquelle ?

La réaction du Père Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, le 13 octobre sur Zenit :

 

"Sur les soi-disant treize signataires, on sait déjà que les cardinaux Scola, Vingt-Trois, Piacenza et Erdö ont déclaré y être étrangers. Quant au cardinal Pell, il a déclaré que, « privée », sa lettre devait rester « privée », mais aussi que le texte diffusé par la presse ne correspondait pas entièrement au sien, pas plus que les signatures qui accompagnaient la lettre adressée au Saint-Père. Les questions critiques figurant dans la lettre avaient été évoquées lundi dernier lors de la congrégation de l'après-midi, et je les avais sommairement signalées. Tout le monde savait que, le lendemain matin, le pape et le Secrétaire général y avaient amplement répondu. Par conséquent, qui, quelques jours plus tard, a diffusé ce texte et ces souscriptions a sciemment procuré un dommage qui n'était pas dans les intentions les cardinaux (du moins des plus en vue). Il convient donc de ne pas accorder à cette initiative l'importance qu'elle n'a pas."

 

 

Synode : Treize cardinaux écrivent au Pape qui leur répond de "ne pas céder à l'herméneutique de la conspiration". Laquelle ?

Add. 14 octobre. Dans un article du 13 octobre, Sandro Magister révèle qu'"un second 'scoop' spectaculaire a explosé à New York, cette fois-ci dans le prestigieux hebdomadaire des jésuites américains “America”, "noble voix du catholicisme progressiste américain", qui confirme que la lettre a bien été remise au Pape et était bien signée de 13 cardinaux :

 

Voilà donc à quel point en était la situation le soir du lundi 12 octobre.

 

Mais, alors qu’il était près de minuit à Rome, un second "scoop" spectaculaire a explosé à New-York, cette fois dans le prestigieux hebdomadaire des jésuites de la Grosse Pomme, "America", noble voix du catholicisme progressiste américain dans les domaines théologique, culturel et politique :

Synode : Treize cardinaux écrivent au Pape qui leur répond de "ne pas céder à l'herméneutique de la conspiration". Laquelle ?


> Thirteen Cardinals, Including Di Nardo and Dolan, Challenged Pope’s Decisions on Synod

L'auteur de l’article est Gerard O'Connell, vaticaniste et correspondant à Rome de cette revue, professionnel à l’autorité reconnue et mari de la journaliste argentine Elisabetta Piqué, amie et biographe autorisée de Jorge Mario Bergoglio.

Avec une sûreté tranquille, après avoir " appris de sources bien informées", les jésuites de New-York confirment, dès le titre de leur article, que la lettre qui a été remise au pape le jour de l’ouverture des travaux du synode portait effectivement la signature de treize cardinaux, tous pères synodaux, dont deux Américains, les archevêques de New-York et de Houston.

Dans le corps de l’article, ils fournissent la liste complète des treize cardinaux. Celle-ci comporte, par rapport à celle que www.chiesa a publiée deux jours plus tôt, quatre noms nouveaux, à la place de ceux des quatre cardinaux qui avaient démenti d’avoir signé.

Les quatre noms nouveaux sont ceux de l’Américain Daniel N. Di Nardo, du Kényan John Njue, du Mexicain Norberto Rivera Carrera et de l’Italien Elio Sgreccia.

Toutefois, le lendemain, deux des quatre, Rivera Carrera et Sgreccia, affirmeront, eux aussi, qu’ils n’ont pas signé la lettre.

Par conséquent la liste provisoire des signataires est maintenant la suivante, partiellement corrigée par rapport à celle que www.chiesa avait donnée initialement.

Par ordre alphabétique :



- Carlo Caffarra, archevêque de Bologne, Italie, théologien, qui fut le premier président de l’Institut Pontifical Jean-Paul II d'études sur le mariage et la famille ;
- Thomas C. Collins, archevêque de Toronto, Canada ;
- Daniel N. Di Nardo, archevêque de Galveston-Houston et vice-président de la conférence des évêques des États-Unis ;
- Timothy M. Dolan, archevêque de New-York, États-Unis ;
- Willem J. Eijk, archevêque d’Utrecht, Pays-Bas ;
- Gerhard L. Müller, ancien évêque de Ratisbonne, Allemagne, préfet depuis 2012 de la congrégation pour la doctrine de la foi ;
- Wilfrid Fox Napier, archevêque de Durban, Afrique du Sud, président délégué du synode actuellement en cours comme il l’avait déjà été de la session précédente, au mois d’octobre 2014 ;
- John Njue, archevêque de Nairobi, Kenya ;
- George Pell, archevêque émérite de Sydney, Australie, préfet depuis 2014, au Vatican, du secrétariat pour l’économie ;
- Robert Sarah, ancien archevêque de Conakry, Guinée, préfet depuis 2014 de la congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements ;
- Jorge L. Urosa Savino, archevêque de Caracas, Venezuela.



Pour ce qui est du contenu de la lettre, "America" en donne de nombreuses citations. Elles correspondent toutes parfaitement au texte publié par www.chiesa.

Ce texte a également été confirmé comme "authentique", quelques heures après le "scoop" d’"America", par le quotidien "La Nacion" de Buenos-Aires, dans un article signé par Elisabetta Piqué, d’après ce qu’elle aurait "su de bonnes sources vaticanes" :

> Una carta aumenta las intrigas en el sínodo

Ce qui n’empêche pas que la lettre effectivement remise au pape puisse comporter quelques variantes minimes. Qui portent sur la forme, pas sur le fond.

Parce que le fond reste celui que le communiqué du cardinal Pell et plus encore l'interview du cardinal Napier ont confirmé : une inquiétude croissante ressentie par un grand nombre de pères synodaux en raison de l'insistance avec laquelle un document, l'"Instrumentum laboris", leur est imposé en tant que base de discussion, alors que, chaque jour, il se révèle un peu plus inadapté, et la crainte qu’il n’envahisse également, avec ses ambigüités, la "Relatio finalis", dont la rédaction est dans les mains d’une commission entièrement nommée par en haut et composée, à une écrasante majorité, de novateurs.

 

Source: La lettre des treize cardinaux au pape. Second épisode de l’histoire, Par Sandro Magister

Add. 19 octobre 2015. Cardinal Pell : «Le Saint-Père a promis que la doctrine ne serait pas touchée», Le Figaro, le 18/10/2015 à 19:27

 

INTERVIEW - Avec une dizaine d'autres cardinaux, l'Australien George Pell, pourtant membre du Conseil de gouvernement du pape François, a signé une lettre de protestation adressée au Souverain Pontife.

 

La missive vise à mettre le Saint-Père en garde sur un possible pilotage interne du synode par un groupe de théologiens décidé à imposer une réforme pour les divorcés remariés.

 

LE FIGARO. - Pourquoi avez-vous signé, avec d'autres cardinaux, une lettre adressée au Pape au début du synode?

 

Cardinal George PELL. - Cette lettre a été remise au Pape, je n'en suis pas l'auteur mais je l'ai signée. C'était une lettre privée qui aurait dû le rester. Je peux vous assurer qu'aucun des signataires n'a cherché à la rendre publique car ils avaient tous intérêt à ce que ce document reste privé. Mais sur le fond comme sur la forme il n'y a rien d'anormal à ce que des cardinaux écrivent au Pape pour lui dire ce qui se passe dans l'Église.

 

Cette lettre évoquait pourtant une possible manipulation du synode pour parvenir à une réforme de l'Église sur la question des divorcés remariés…

 

C'était une crainte mais le Saint-Père a …

 

Synode : Treize cardinaux écrivent au Pape qui leur répond de "ne pas céder à l'herméneutique de la conspiration". Laquelle ?

Source : Cardinal Pell : «Le Saint-Père a promis que la doctrine ne serait pas touchée», Le Figaro, Par Jean-Marie Guénois Mis à jour le 18/10/2015 à 19:38 Publié le 18/10/2015 à 19:27

 

Or, samedi 17 octobre, le Pape François a déclaré qu’il aimerait “décentraliser l’Eglise” en donnant davantage de pouvoirs aux conférences épiscopales :

 

Synode : Treize cardinaux écrivent au Pape qui leur répond de "ne pas céder à l'herméneutique de la conspiration". Laquelle ?

Et dans l'interview au journal “Le Figaro”, le Cardinal George Pell se dit opposé a cette idée, en expliquant que la réponse à la question de la communion aux “divorcés-remariés” ne peut pas être laissée à la libre appréciation de chaque conférence épiscopale :

 

A des personnes qui sont dans une situation identique de péché, l’Eglise ne peut pas dire, en Pologne, que c’est un sacrilège que d’aller communier et, quelques kilomètres plus loin, en Allemagne, que c’est une source de grâces.” (Source: Pro Liturgia, Actualité du 19 octobre 2015)

 

Synode : Treize cardinaux écrivent au Pape qui leur répond de "ne pas céder à l'herméneutique de la conspiration". Laquelle ?

Le 7 octobre, nous écrivions :

 

On a vu qu'il ne suffit pas de dire que l'on ne va pas toucher à la doctrine, mais seulement à la pastorale au nom de la miséricorde, pour que la doctrine ne soit pas affectée. Concrètement c'est l'évolution que l'on observe en comparant par exemple la position de prélats "doctrinaux" comme celle du Cardinal Leo Burke qui entend garder la même pastorale sur l'interdiction de communier pour les divorcés remariés, et celle d'évêques "pastoraux" qui se déniant le droit de juger de la licéité des actes, reconnaissent ne pas refuser la communion à des divorcés remariés.

 

"La question posée n'étant pas de modifier, effectivement, la doctrine de «l'indissolubilité» du mariage - il y a unanimité sur ce point - mais de voir comment elle peut être «adaptée» pour des «raisons pastorales» aux différentes situations concrètes. «Nous devons être concrets» a plaidé le cardinal Marx.

Et c'est ainsi que l'évêque d'Anvers, Mgr Johan Bonny - connu pour ses positions ouvertes sur le mariage gay - a proposé que «le synode reconnaisse aux évêques locaux la responsabilité de formuler des réponses adéquates aux questions pastorales». Un autre ayant même avancé l'idée que des commissions d'études soient lancées «par continent» ou par «grandes régions culturelles» dès la fin du synode, de façon à réfléchir et mettre en place une décentralisation géographique et culturelle de la pratique pastorale catholique sur la question des divorcés remariés. L'un des chargés de communication pour le monde anglophone, le Père Rosica, ayant de fait, affirmé mardi: «Il sera difficile de trouver une solution universelle».* Cette idée aurait l'avantage d'éviter une guerre de positions au sein du synode en repoussant la question qui fâche dans l'espace et dans le temps mais elle ouvrirait une première historique de décentralisation touchant la doctrine, et donc de divisions potentielles, dans l'Église catholique." (Source : Synode : l'intervention inhabituelle du Pape, Le Figaro, Par Jean-Marie Guénois, Mis à jour le 07/10/2015 à 11:39 Publié le 07/10/2015 à 10:11)

 

* "Il sera difficile de trouver une solution universelle" : est-ce la fin de l'Eglise catholique universelle du Christ?

 

Dans la nouvelle pastorale, la doctrine de l'Eglise, confession, pénitence et communion, n'est plus prise en compte, elle est tout simplement annulée de fait, au nom d'une soit-disant "miséricorde" qui ne viendrait donc plus de Dieu mais de l'homme. Et la doctrine de l'Eglise se trouve ainsi affectée, contournée. Décentralisée dans les diocèses, dans le vécu quotidien des fidèles, sous la "responsabilité" des évêques, elle se retrouve fragmentée. L'universalité de la vérité se trouve annulée avec la bénédiction de ceux qui étaient chargés de garder la foi. L'Eglise elle-même se retrouve divisée.

Or, nous lisons ce soir du 19 octobre sur le site "BENOIT ET MOI" :

L'avertissement dramatique d'Antonio Socci après la deuxième semaine du Synode sur la Famille


SYNODE CONTOURNÉ
-----
Il y a quelques mois - voyant que la révolution de Kasper n'avait pas été approuvée par le Synode de 2014 - le président de la Conférence épiscopale allemande, Reinhard Marx, avait affirmé avec arrogance que l'épiscopat allemand n'est pas «une filiale de Rome». Revendiquant donc la prétention de pouvoir suivre sa propre route (cela sembla presque une menace de schisme «de la gauche»).
L'idée formulée hier sert à Bergoglio à dribbler le Synode (où la majorité reste catholique) comme il l'a fait avec le motu proprio qui introduit le divorce dans l'Église.
Dans la pratique, on déléguerait aux épiscopats - comme celui allemand - les questions controversées (divorcés remariés, unions civiles et homosexualité).
Mais un tel choix, au lieu de résoudre le problème, le rendrait encore plus explosif et plus grave. Parce que ce serait démolir l'Eglise elle-même.

FIN DU CATHOLICISME
----
En effet, en mars dernier, le cardinal Müller, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, avait répondu à Marx que déléguer les décisions doctrinales ou disciplinaires en matière de famille ou de mariage aux conférences épiscopales nationales «est une idée absolument anti-catholique qui ne respecte pas la catholicité de l'Eglise».
La vérité ne change pas avec le climat. Si la vérité n'est pas la même partout, ce n'est plus la vérité. Ce serait le triomphe de la «dictature du relativisme» même dans l'Eglise, et donc sa fin.
Le cardinal Burke l'a répété:

«C'est tout simplement contraire à la foi et à la vie catholique. L'Eglise suit l'enseignement de notre Seigneur Jésus-Christ (et) elle est une dans le monde entier. Il n'y a aucun changement dans ces vérités, d'un lieu à un autre ou d'une époque à lune autre. Bien sûr, l'enseignement de ces vérités tient compte des exigences particulières de chaque région. Mais cela ne change pas l'enseignement (...) qui devrait même être encore plus fortedans les endroits où il est le plus compromis».

Si l'idée des «diversités régionales» - également présentée au Synode - passe, «l'Eglise n'est plus catholique [universelle]. Cela signifie - ajoute Burke qu'elle n'est plus 'une' dans son enseignement, à travers le monde. Nous avons 'une' seule foi. Nous avons 'un' [ensemble de] sacrements. Nous avons 'un' gouvernement pour l'ensemble du monde. C'est cela que signifie «catholique».
Une réforme de la papauté qui transformerait l'Eglise en une fédération d'Églises locales qui décident - chacune pour soi - à propos des divorcés remariés et l'homosexualité, puis des commandements et des sacrements - porterait atteinte à la «constitution divine» de l'Eglise (c'est-à-dire l'Église telle qu'elle a été fondée par le Christ) et une telle réforme n'est dans les pouvoirs d'aucun pape. Parce que le pape n'est pas supérieur à Jésus-Christ.
Comme on le voit, au Synode, plus on entre dans le vif du sujet et plus on découvre qu'au fond, le vrai conflit porte sur les fondements de la foi catholique et sur la survie de l'Église elle-même, comme le Christ l'a instituée et comme elle existe depuis deux mille ans.
 

ÉGLISE ET ANTI-ÉGLISE

-----

Peu de gens comprennent la portée du conflit actuel parce que le Synode a été voulu (par Bergoglio) à huis clos, il est bâillonné et filtré par l'establishment bergogliien.

Et la plupart des médias chantent en chœur la même vieille rengaine voulue par les Maîtres de chant.

Mais si on se met à creuser, on découvre qu'il y a désormais un schisme de fait, non déclaré, mais évident.

Beaucoup de Pères synodaux, conscients de l'immensité des enjeux, expriment leur profonde préoccupation.

C'est ce qu'ont fait - au nom de beaucoup d'autres - les treize cardinaux de la fameuse lettre, avec loyauté et respect, mais dans la Salle, ils ont reçu de Bergoglio une réponse très dure (un «non» sur tout), puis ils se sont vus mis à l'index comme «conjurés» grâce à "quelqu'un" qui - faisant filtrer la lettre à la presse - l'a fait dans le but de discréditer les signataires et même les non-signataires ( contraints de se dissocier). Et de discréditer même Sandro Magister - journaliste gênant pour l'establishment actuel - liquidé comme celui qui alimente les complots quand il n'a fait que son travail (s'il ya une conspiration, ce n'est pas contre Bergoglio, mais - selon les mots du cardinal Dolan - contre la famille qui au Synode, au lieu d'être défendue, risque la liquidation définitive).

 

Synode : Treize cardinaux écrivent au Pape qui leur répond de "ne pas céder à l'herméneutique de la conspiration". Laquelle ?
Repost 0
Publié par Ingomer - dans Religion
commenter cet article
10 octobre 2015 6 10 /10 /octobre /2015 14:02
Le pape François demande de se méfier d'une "herméneutique de la conspiration"

Le Pape François s’est adressé aux pères du synode pour leur demander de se méfier de l’ “herméneutique de la conspiration”. Il y aurait donc bien une conspiration. Mais comme le Saint Père n’a pas précisé en quoi elle consistait ni où elle se développait, toutes les interprétations demeurent possibles.
S’agit-il de la conspiration des évêques allemands ? S’agit-il de la conspiration de quelques proches du Pape réunis en “mini-synode de l’ombre” pour préparer par avance les conclusions du vrai synode ? S’agit-il de la conspiration de ces évêques et de ces cardinaux qui publient des ouvrages contredisant les thèses des cardinaux Marx et Kasper ? S’agit-il de la conspiration de cette “maffia de Saint-Gall” dont a récemment parlé le Cardinal Danneels ?
Allons plus loin encore dans les questions. S’agit-il de la conspiration de la conspiration des puissants instituts bancaires qui, peu de temps avant la démission du Pape Benoît XVI, avaient réussi à bloquer toutes les transactions financières du Vatican ? S’agit-il de la conspiration des évêques qui ont dissimulé des abus sexuels commis par des prêtres placés sous leur autorité ? S’agit-il de la conspiration des évêques réclamant que l’autoritarisme pontifical et les monologues de quelques “mitres” bien en vue soient remplacés par le respect du vrai dialogue synodal ?
Finalement, on ne saura jamais en quoi consiste cette “conspiration” à laquelle a fait allusion le Pape François. Du moins tant que l’infatigable P. Lombardi ne nous aura pas donné quelques explications.

 

Source: Pro Liturgia, Actualité du 10/10/2015

Add. 12 octobre 2015. C'est à la suite de la lettre de treize cardinaux au Pape, du 5 octobre 2012, que François leur aurait répondu de "ne pas céder à l'herméneutique de conspiration, qui est faible au point de vue sociologique et qui n’apporte pas d’aide au point de vue spirituel", comme l’a fait savoir – dans un tweet qui n’a pas été démenti – Antonio Spadaro, le directeur de la revue "La Civiltà Cattolica", qui était, lui aussi, présent dans la salle des séances. 

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Religion
commenter cet article
9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 12:25
Rose Hu, guérie du cancer par l'intercession de Mgr Lefebvre

Il s’agit de la vie héroïque de Rose Hu, qui a passé les 26 meilleures années de sa jeunesse dans des camps de rééducation en Chine à subir des séances terribles de lavage de cerveau, des tortures et d’autres persécutions sans nombre, parce qu’elle refusait de renoncer à sa foi catholique. (Ci-contre Rose Hu en pélerinage à Akita au Japon en 2007)

 

Elle s’est convertie adolescente et a reçu le baptême à l’âge de 17 ans. Elle vivait à Shangaï dans une famille aisée. Etudiante en médecine, elle était devenue présidente de la Légion de Marie qui fit des centaines et des milliers de conversions en Chine. Lorsque le régime maoïste a pris le pouvoir, les catholiques, ce qui est peu connu, étaient les cibles préférées. Rose Hu avait deux défauts impardonnables, sa famille quoique très honnête était riche, et surtout Rose refusait de renier sa foi catholique, contrairement à nombre de ses camarades. Le système communiste était particulièrement tenace et l’a persécutée tout au long de ces 26 ans de camps de rééducation, sans relâche, parce qu’il voulait la briser, comme il avait réussi à briser tant d’autres catholiques en jouant sur la peur, les mauvais traitements, le chantage aux sentiments et surtout la persécution inlassable.

 

Rose Hu rapporte, émerveillée, « le mystère des nombres » ci-dessous, presqu’à la fin de son livre intitulé dans la version française: Avec le Christ dans les prisons de Chine.

 

1 x 1 = 1

 

11 X 11 = 121

 

111 X 111 = 12321

 

1111 X 1111 = 1234321

 

11111 X 11111 = 123454321

 

111111 X 111111 = 12345654321

 

1111111 X 1111111 = 1234567654321

 

Amusant, non ? Comment pourrait-on voir dans la Création le fruit du hasard comme voulait le faire avouer ses tortionnaires à Rose ? Tout dans la Création est ordonné, calculé, imbriqué, de « l’infiniment petit à l’infiniment grand », pour reprendre les termes de Pascal.

 

Rose Hu s’efface bien souvent dans ce livre pour raconter le martyre de nombreux prêtres et fidèles qui ont résisté au rouleau compresseur maoïste avec détermination au fil des années. Parmi ces nombreux martyrs, tous plus remarquables les uns que les autres, le cas du père Zhang est tout à fait emblématique. L’auteur compare sa foi à celle de Saint-Pierre marchant sur les eaux sans crainte, les yeux rivés sur le Christ. Ce saint prêtre, après avoir traversé des mauvais traitements d’une cruauté inouïe durant les années les plus terribles du communisme, était malade du cœur et s’est retrouvé à l’hôpital agonisant. C’est ainsi qu’il raconte lui-même ce qui s’est passé dans cet hôpital à Rose Hu, selon l’auteur:

 

« Il y a une semaine, le cardiologue de cet hôpital a invité des experts d’autres hôpitaux à m’observer à plusieurs reprises. Leurs conclusions étaient unanimes, ils baissaient les bras. Quand ils ont interrompu mon traitement, j’ai placé une relique du père François-Xavier Chu sous mon oreiller et je l’ai prié: « Si Dieu veut que je travaille à sa gloire, s’il vous plait, faites un miracle. » Le lendemain quand le médecin m’a rendu visite, il a pu constater à sa grande surprise que mes pulsations étaient devenues régulières. Les médec ins m’ont alors examiné avec le même matériel médical qu’auparavant, mais ils n’ont plus décelé de problème au niveau du coeur. » Les médecins ont cru s’être trompés mais après moult vérifications et revérifications, « dire que les médecins étaient surpris est un euphémisme, » poursuit-il. Les médecins ont avoué que la médecine était incapable d’expliquer cette guérison soudaine. Les infirmières venaient à son chevet s’extasiant: « Père nous savons bien que votre Dieu vous a sauvé ». Certaines d’entres elles se convertirent.

 

Rose Hu est retournée le visiter en 1989, avant de s’envoler pour les USA où elle a émigré après avoir été relâchée des laogaïs lorsque le régime s’est assoupli. Et voici ce que ce prêtre mort en odeur de sainteté lui a prophétisé lors de ce dernier adieu:

 

« Il y a beaucoup de croix qui vous attendent [encore]. Soyez prête à subir l’assaut de vos proches eux-mêmes, de fidèles, de prêtres, d’évêques. Un jour vous serez peut-être excommuniée et ceux qui auront perdu la foi seront considérés comme des bons. Gardez votre foi en toute circonstances, je vous attendrai au Ciel. »

 

« Au moment où il a prononcé ces paroles, raconte Rose Hu, elles m’ont troublé en profondeur et je ne les ai comprises que bien plus tard. »

 

En effet, Rose Hu, à son retour de camps, ne reconnaissant pas la messe de sa jeunesse qui lui avait tellement manqué en prison, rejoindra aux Etats-Unis la Fraternité Saint-Pie X fondée par Mgr Lefebvre pour perpétuer la Tradition après la révolution du concile Vatican II (1965) qui a crucifié l’Eglise; à cette époque et depuis 10 ans, Rose était dans un laogaï (goulag à la chinoise), coupée de tout. Elle y restera jusqu’en 1982.

 

Parmi les croix que Rose Hu a du accepter alors qu’enfin, elle avait quitté les laogaïs, il y a le cancer qui s’était généralisé, faute de soins, à tout son corps en 2002. Elle s’est soumise à la volonté de Dieu:

 

« J’étais prête à partir sans regret, explique-t-elle. Mais cette fois Mgr Lefebvre me donna un signe qui m’encouragea à conserver la foi traditionnelle: il m’a obtenu un grand miracle. Et quelle bénédiction! J’ai prié Monseigneur et j’ai embrassé les reliques de ses cheveux. Mon cancer s’est enrayé en seulement 10 jours. Mon médecin m’a dit, même en prenant des médicaments, personne ne peut guérir aussi rapidement. C’est sans aucun doute un miracle. »

 

Cette année-là, Rose Hu est devenue membre du tiers-ordre de la Fraternité Saint-Pie X.

 

Rose Hu a écrit ce livre alors qu’elle était très malade pour accomplir la volonté du père Zhang qui le lui avait demandé, afin de témoigner de son calvaire et de celui de tous les catholiques qui en Chine ont souffert au XXème siècle, sous le joug des communistes, pour témoigner de leur foi, souvent, jusqu’au martyre. Ce livre a été écrit en chinois, traduit en anglais sous le contrôle de l’auteur. Et ensuite il a été traduit en français.

 

Source: Medias-presse.info

 

Présentation du livre en français "Avec le Christ dans les prisons de Chine", par les Editions Clovis:

Rose Hu, guérie du cancer par l'intercession de Mgr Lefebvre

Rose Hu

 

A voir les choses très humainement, il y a des gens qui n’ont pas de chance dans la vie. Ils naissent au mauvais endroit, au mauvais moment, et il semble que les éléments se liguent pour les faire souffrir. A voir les choses très humainement, Rose Hu fait partie de ces gens-là : elle avait une vingtaine d’années quand la Chine est devenue marxiste, sous la férule brutale et cruelle de Mao-Tsé-Toung. Et Rose Hu était catholique – fraîchement baptisée -, d’une famille aisée, donc suspecte au yeux du parti communiste.

 

On devine la suite : persécution, procès, condamnation, prison, camps de travaux forcés, accès impossible aux sacrements de l’Eglise. Ce sont vingt-six années qu’elle a passées en détention, dans des conditions parfois inimaginables. On hésite tellement à évoquer les pires, qu’il est préférable de les laisser racontées sous la plume de l’auteur et victime.

 

Mais voici le prodige de la grâce : alors que tant de chrétiens faiblissent et se compromettent avec le nouveau pouvoir, d’autres, dont Rose Hu, munis de la force d’en haut, sont fidèles, acceptent cette croix d’un poids inouï, la portent le front haut, l’âme recueillie, la joie dans le cœur, et s’efforcent de monter le chemin du calvaire, donc de s’élever au lieu de descendre, profitant du malheur pour saisir l’occasion divine d’une ascension intérieure.

 

Ce témoignage bouleversant ne laisse pas le lecteur indemne.

 

Source: Editions Clovis

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Religion
commenter cet article
9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 11:08

Nous disions avant-hier que la "brèche" ouverte dans laquelle s'engouffrent tous les groupes de pression au Synode était comme "une porte grande ouverte vers une explosion des divorces". Tout se passe en effet comme si les novateurs ouvraient la boîte de Pandore, boîte contenant tous les maux de l'humanité qui ne feraient qu'aggraver les problèmes. Des convertis venus du protestantisme répondent aux novateurs favorables entre autres à la distribution de la communion aux divorcés remariés, en les avertissant que leurs novations, ne respectant pas la vérité, ne feront qu'aggraver les souffrances qu'elles pétendaient alléger.

 

Les novateurs seront-ils à l'écoute ? Leurs oreilles entendront-elles ? Rien n'est moins sûr.

Synode: des convertis venus du protestantisme répondent aux novateurs

« Respectez l’enseignement du Christ ». Les convertis écrivent aux pères synodaux

Une centaine de convertis au catholicisme lancent un plaidoyer et appelent le synode à l'audace. [1]

 

Adressée au Pape et aux pères du synode disciples du cardinal Kasper favorable à la distribution de la communion aux divorcés remariés, la « Lettre ouverte au synode de plus de 100 convertis » les appelle à « maintenir les enseignements du Christ sur le caractère indissoluble du mariage avec la même fidélité, le même entrain et le même témoignage courageux dont l’Église catholique a fait preuve tout au long de son histoire ».

 

 

Les signataires y expliquent que l’enseignement de l’Église sur le mariage et la sexualité, qui est désormais critiqué jusqu’en son sein, était précisément ce qui les avait aidé à se tourner vers l’Église, surtout à l’heure où elle constituait un rempart face à une société qui commençait à rejeter ces vérités.

 

C’est la discipline envers les divorcés et remariés qui est particulièrement visée. Les propositions de certains pères, selon eux, ne répondent pas « à la véritable crise de la famille » qui sous-tend le divorce, la contraception, la cohabitation, et le mariage homosexuel. En conclusion, les signataires espèrent que leur témoignage mettant à l’honneur la force des enseignements de l’Église renforcera les pères.

 

Margaret McCarthy, de l’Institut d’études sur le mariage et la famille, et organisatrice de l’initiative, s’est lancée après avoir pris conscience de l’importance du mariage et du divorce dès les prémisses du christianisme : même les disciples étaient scandalisés, estimant qu’il « valait mieux ne pas se marier ! ».

 

Mais l’enseignement de Jésus rend le mariage attractif grâce au « cachet d’éternité » qu’il lui confère, car il nous aide à cheminer vers Dieu. Il en va de même pour le désir d’enfant des premiers chrétiens, et de leur haute considération envers la femme et la création, qui se différenciait nettement des croyances et pratiques des païens. « De nombreux convertis ont été attirés par la ténacité de l’Église sur les questions en lien avec l’existence humaine incarnée pour des raisons de rigueur morale mais aussi, et surtout, car cela exprimait tout l’attrait du Christ, le Verbe fait chair. »

 

Cette lettre a été signée par plus de 130 personnes converties à l’âge adulte, dont de nombreux pasteurs venus du protestantisme !

 

Parmi les signataires, on peut retrouver Frank Beckwith, philosophe. Ce dernier, qui se dit « reverti » puisqu’après avoir quitté l’Église à 14 ans, il y est revenu attiré par l’enseignement de l’Église (on les appelle aussi « Born again », ndlr). Il s’inquiète : « Même si le synode n’a pas le pouvoir ecclésial lui permettant de changer l’enseignement catholique en la matière, il est susceptible de présenter au monde un langage prêtant à confusion, tant et si bien que la prochaine génération de catholiques risque d’être privée de la connaissance et de l’expérience de l’enseignement de l’Église dans toute sa richesse ».

 

Pour Mark Regnerus, sociologue auteur d’études sociologiques sur les enfants au sein de foyers homosexuels et signataire de la lettre, « sans miséricorde, nous serions tous perdus, car la vérité est pour nous un défi, surtout dans ce domaine. La vérité, sans miséricorde, est cruelle, mais la miséricorde qui ignore sciemment la vérité est tout aussi cruelle et dépourvue de sens ». Enfant, il a été élevé dans le presbytérianisme. C’est après avoir lu un résumé de la Théologie du Corps de Jean Paul II qu’il a eu une « véritable prise de conscience ». Il dit s’être senti embarrassé par des traditions trop légères, et des pensées simplistes ou individualistes sur chacun de des points visés par l’ouvrage de saint Jean-Paul II : « Cela a été pour moi un véritable enseignement, et continue de l’être ».

 

Les 100 convertis disent leur « surprise » au sujet des propositions visant à permettre l’accès des divorcés « remariés » à l’Eucharistie, soulignant : « Nous ne voyons pas comment ces propositions peuvent faire autre chose que de contredire la doctrine catholique sur le mariage elle-même ».

 

Ils reconnaissent qu’ils auraient tous rejeté tout ou partie de cet enseignement au cours de leur vie antérieure, mais que c’est précisément en constatant les « dommages » causés par « les conceptions populaires autour de la sexualité humaine, et pendant que certaines de nos communautés commençaient à céder à la culture dominante… et ses tendances croissantes au gnosticisme » qu’ils ont commencer à se douter que l’Eglise pouvait bien avoir raison.

 

« Pour peu populaire qu’il fût souvent, l’enseignement de l’Eglise sur les réalités de la vie nous est devenu étrangement attirant. Et avec le temps, nous avons été convaincus qu’il exprime la vérité la plus profonde sur nous-mêmes, une vérité qui est à la fois bonne et belle, quel que soit son caractère exigeant. Ce sont même la « certitude et la confiance » affichées par l’Eglise en ce domaine, malgré « l’opposition hostile » du monde, qui les ont persuadés qu’ils y « trouveraient la vie du Christ, tel qu’Il est réellement ». C’était le signe que « l’Eglise était le lien le plus sûr vers Jésus-Christ Incarné ».

 

« Spécialement en ce qui concerne le corps humain, nous avons compris que le caractère radical de ce qu’affirme le chrétien – que Dieu le Fils a assumé toute chair en Lui-même – était en jeu. » Il a révélé à l’humanité ce qu’elle signifie, et « Il a apporté quelque chose de nouveau à cette même humanité, en lui donnant, miséricordieusement, une part dans sa propre fidélité à l’Eglise ».

 

« Ce n’est donc pas par accident que les chrétiens des premiers temps ont été attirés par l’Eglise par l’humanité radieuse de ceux qui suivaient le Christ, par exemple à travers leurs attitudes spécifiques à l’égard des femmes, des enfants, de la sexualité humaine et du mariage. Et ce n’est pas un hasard si, pour les mêmes raisons, nous avons nous aussi été attirés par l’Eglise bien des siècles plus tard. »

 

« Nous sommes reconnaissants de voir que l’on se penche sur un problème qui cause de tels graves dommages à des époux et des épouses, à leurs enfants, et à la culture en général » – les 100 signataires de l’appel font part de leur inquiétude face aux propositions de Kasper par rapport à l’accès à la communion.

 

Les signataires reprochent aux novateurs de capituler devant un problème qu'ils prétendent résoudre : « Non seulement les changements de la discipline de l’Eglise souhaités par certains sont incapables de répondre au défi auquel nous sommes confrontés, mais ils nous semble qu’ils capitulent devant le problème qu’ils prétendent résoudre. »

 

« Nous ne voyons pas non plus comment de telles innovations pourraient être pastorales ou miséricordieuses. Quelles que soient leurs bons sentiments, les réponses pastorales qui ne respectent pas la vérité ne peuvent qu’aggraver les souffrances qu’elles prétendent alléger. Nous ne pouvons nous empêcher de penser aux époux abandonnés et à leurs enfants. Si nous pensons aux générations à venir, comment de tels changements pourraient-ils promouvoir chez les jeunes une appréciation de la beauté de l’indissolubilité du mariage ? »

 

La longue liste des signataires se trouve sur le site d’Aleteia en anglais. Beaucoup de noms seront peu connus des francophones, mais les parcours méritent un coup d’œil. On y trouve entre autres également, John Finnis, professeur émérite d’Oxford, Scott Hahn et son épouse Kimberly (auteurs de Rome Sweet Home), et Austin Ruse et son épouse (de C-Fam). [2]

« Profondément stupide », la proposition de changer la discipline de la communion, témoigne également un ancien anglican le P. Hunwicke. « Et voilà que refait surface la suggestion profondément stupide que la discipline actuelle de l’Eglise refusant la communion aux “divorcés remariés” puisse être remplacée (évidemment sur le seul plan individuel), par (cela va sans dire) une période très dure de discipline pénitentielle, suivie de la réadmission » : l’ironie du P. John Hunwicke, ancien anglican, n’est pas seulement d’apparence. Il explique sur son blog que l’Eglise anglicane a parcouru ce chemin. « Ennuyeux ». Et extrêmement mal avisé.
 

Synode: des convertis venus du protestantisme répondent aux novateurs

Le P. Hunwicke est un ancien professeur de latin, de grec et de littérature à Lancing College ; il était également chef des études de théologie dans ce prestigieux pensionnat anglican, et chapelain assistant. Il a exercé en paroisse et chargé de recherche à Oxford. Une « tête »… Converti, il est aujourd’hui incardiné dans l’Ordinariat personnel de Notre-Dame de Walsingham. Son blog, dit-il, exprime ses opinions personnelles, mais il s’efforce de s’exprimer de manière conforme au magistère, et prie à cette fin.

 

Dans sa note du 6 octobre, il s’exprime précisément en faveur du magistère pérenne par une mise en garde vécue.
 
« Nous avons essayé de mettre en place tout cela dans l’Eglise d’Angleterre. Je me souviens qu’à l’époque j’ai été ordonné à la prêtrise dans les années 1960, ceux qui étaient impliqués dans un “second mariage” où l’un des partenaires avait déjà validement épousé quelqu’un d’autre, étaient censés faire l’objet d’une exclusion disciplinaire de la sainte communion pendant six mois.
 
« C’est resté lettre morte. Ni les évêques ni le clergé de paroisse n’étaient prêts à prendre le risque de la fureur… pardon, la Blessure… de ceux qui étaient invités à se soumettre à une telle discipline.
 
« Croyez-moi : nous avons essayé de mettre en œuvre ces idées dans l’Eglise d’Angleterre et elles se sont révélées n’être qu’une petite étape préliminaire vers l’acceptation automatique de toutes les unions de facto. »
 

 
Comme le note le bloggeur Bruno M. sur Infocatolica, « les Propositions Nouvelles et Innovantes® » brandies pour « toucher les personne » ne sont ni « nouvelles » ni « innovantes » : il ne s’agit que d’un « ennuyeux recyclage des mesures prises par les anglicans il y a des dizaines d’années ». « Outres cassées pour un vin transforme en vinaigre »…
 

Le P. Hunwicke écrit :
 
« Nous avons désormais une Eglise d’Angleterre où un évêque “catholique”, l’un des chefs de file de la ruée Forward in Faith (“Avançons dans la foi”) qui est restée dans cette Eglise, qui, lui-même divorcé, a “épousé” une femme divorcée d’un prêtre. Et il reste à son poste, assurant son ministère auprès de ceux qui sont censés avoir obtenu un bon “deal” qui leur permet de rester dans l’Eglise d’Angleterre et d’y “fleurir” dans la pleine intégrité “catholique”. »
 
L’Eglise d’Angleterre, faut-il le rappeler, prétend être restée dans la fidélité à la foi catholique…
 

 
Le P. Hunwicke poursuit :
 
« Avec une bonne dose d’aide de la part du vieil Adversaire, cette bonne vieille Eglise d’Angleterre a atteint, il y a des décennies, l’endroit exact où vous prétendez conduire l’Eglise catholique. Je suis d’accord pour dire que c’est drôlement sensé de votre part de suivre l’exemple et l’enseignement de l’Eglise d’Angleterre si c’est bien là que – avec la même aide auguste – vous êtes déterminé à aller.
 
« Mais vous me semblez être : 1. d’une naïveté consternante en ne vous rendant pas compte de la destination vers laquelle, de fait, vous vous dirigez ; 2. d’une arrogance antipathique dans la mesure où vous imaginez que vous êtes les premiers à jamais avoir eu ces Brillantes Nouvelles Idées ; 3. totalement bornés en ce que vous n’avez pas remarqué qui les a façonnées, et où. »
 
Le P. Hunwicke, qui est donc prêtre de l’Eglise catholique, se révèle quant à lui d’une remarquable charité dans ce dernier paragraphe. Car la naïveté, l’arrogance et le manque de discernement qu’il leur attribue impliqueraient une course inconsciente vers le précipice. Plût à Dieu qu’il en fût ici, mais ils ne sont tout de même pas nés de la dernière pluie. [3]

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Religion
commenter cet article
8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 11:08

Nous avons évoqué hier le "processus subversif bien connu de la brèche dans laquelle s'engouffrent tous les groupes de pression". Sandro Magister ce matin sur Chiesa, traduit par Charles de Pechpeyrou, voit lui aussi dans les développements de Mgr Bruno Forte, Secrétaire spécial du Synode "une brèche aux innovations que le cardinal hongrois (Péter Erdö) avait exclues" dans une "argumentation serrée" "appelant à la rescousse à la fois l’exhortation apostolique "Familiaris consortio" (FC) de Jean-Paul II et un manuel rédigé par un canoniste jésuite du XVIIIe siècle" :

Synode : Sandro Magister sur "la brèche aux innovations" et la contre-argumentation serrée du Cardinal Erdö

Sandro Magister ironise également sur le fait qu'"il convient de noter", que l'affirmation "la doctrine catholique à propos du mariage n'a pas été touchée" est "répétée sans répit par tous les partisans du changement" :

 

L'article :

 

Synode. Le premier coup au but est tiré par les conservateurs
 

Principalement grâce au rapport introductif du cardinal Erdö, qui a critiqué avec beaucoup de fermeté les "ouvertures" ambigües du document de base. Mais les novateurs s’occupent déjà de contre-attaquer. Et ils comptent sur l'appui du pape

par Sandro Magister

 



ROME, le 8 octobre 2015 – Au cours de ces premiers jours du synode consacré à la famille, le pape François a déjà pris la parole en deux occasions.

La première fois, conformément au programme, il l’a fait en sa qualité de président, lorsqu’il a prononcé le discours d’ouverture des travaux, le lundi 5 octobre :

> Introduzione del Santo Padre Francesco

La seconde fois, il a parlé le matin du mardi 6 octobre. Il y a été incité par le lancement, la veille, de la discussion des pères synodaux.

Le texte de cette seconde intervention n’a pas été rendu public mais, d’après le compte-rendu qu’en a fait "L'Osservatore Romano", François a tenu à réaffirmer trois points :

- la validité, en tant que base de discussion, de l'"Instrumentum laboris", qu’il a personnellement approuvé, a-t-il dit, et qui est constitué de la "Relatio" finale du synode précédent "et des contributions parvenues ultérieurement qui y ont été intégrées" ;

- le fait que la "Relatio" finale de 2014 et les deux discours qu’il avait lui-même prononcés au commencement et à la fin de cette session doivent être considérés comme les seuls "documents officiels du synode de l’année dernière" ;

- la certitude que, dans la démarche mise en œuvre par le synode jusqu’à maintenant, "la doctrine catholique à propos du mariage n’a pas été touchée".

En disant cela, François a surtout voulu repousser les contestations les plus radicales qui, à la veille du synode, s’étaient manifestées contre l'"Instrumentum laboris".

Un exemple de ces contestations est le texte, signé par trois théologiens et soutenu par quelques évêques et cardinaux européens, que www.chiesa a publié le 29 septembre :

> "Inacceptable". Le document de base du synode "compromet la vérité"

Un autre exemple est le livre "Christ's New Homeland - Africa", écrit par le cardinal Robert Sarah et six autres cardinaux ainsi que par quatre évêques africains. Dans ce livre plusieurs points de la "Relatio" finale du synode de 2014, qui ont par la suite été intégrés dans les "Lineamenta" et dans l'"Instrumentum laboris", sont rejetés comme "semant le doute" – à propos d’un point essentiel tel que l'indissolubilité du mariage – ou même comme "inacceptables" et "scandaleux" :

> Les cardinaux anti-Kasper: ils étaient cinq, maintenant ils sont dix-sept (31.8.2015)

*

En réalité l'"Instrumentum laboris" marquait déjà des reculs, plus conformes à l’enseignement traditionnel de l’Église, par rapport aux "ouvertures" de la "Relatio" finale de 2014, qui avait elle-même redimensionné les avancées encore plus téméraires de la "Relatio post disceptationem" publiée à mi-parcours de la session synodale, à propos de questions brûlantes telles que le divorce et l'homosexualité :

> Synode. Une douche glacée pour les novateurs (30.6.2015)

Mais le fait le plus frappant de ce début de synode est la fermeté avec laquelle le cardinal rapporteur, le Hongrois Péter Erdö a critiqué, dans son discours de lancement des travaux, même les ambigüités résiduelles présentes dans l'"Instrumentum" :

> Relazione introduttiva del relatore generale

Le cardinal Erdö était déjà rapporteur général en 2014. Par conséquent c’est sa "signature" qui figurait formellement au bas de la "Relatio post disceptationem" dont on a tant parlé et par rapport à laquelle, en tout cas, il a pris par la suite ses distances, en désignant publiquement Bruno Forte, le secrétaire spécial du synode, comme le véritable auteur des passages les plus controversés :

> La véritable histoire de ce synode. Le metteur en scène, les exécutants, les assistants (17.10.2014)

Mais, instruit par ce précédent, Erdö a cette fois-ci rédigé – de sa propre main – un rapport introductif parfaitement clair et d’une fidélité impeccable à la doctrine de toujours de l’Église, qui a pris par surprise et irrité bon nombre de novateurs.

Un seul exemple.

En ce qui concerne les fidèles divorcés et remariés civilement qui se trouvent dans une situation de vie commune irréversible, l'"Instrumentum laboris" affirme ceci :



"Pour affronter ce thème, un commun accord existe sur l’hypothèse d’un itinéraire de réconciliation ou voie pénitentielle, sous l’autorité de l’évêque. […] Certains par voie pénitentielle entendent un processus de clarification et de nouvelle orientation, après l’échec vécu, accompagné d’un prêtre député à cela. Ce processus devrait conduire l’intéressé à un jugement honnête sur sa propre condition, où ce même prêtre puisse faire mûrir son évaluation pour pouvoir faire usage du pouvoir de lier et de dissoudre en fonction de la situation".



Sur les traces de ce texte ambigu, le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, avait évoqué, dans une interview publiée dans "La Civiltà Cattolica" le 26 septembre dernier, la possibilité – qu’il n’est pas le seul à envisager –pour ces personnes de recevoir la communion eucharistique :



" Il y a des situations dans lesquelles le prêtre, l’accompagnateur, qui connaît les personnes concernées, peut en arriver à leur dire : ‘Votre situation est telle que, en conscience - dans votre conscience et dans ma conscience de pasteur - je vois votre place dans la vie sacramentelle de l’Église’".



Mais (nous soulignons NdCR.) le cardinal Erdö, dans son rapport d’ouverture du synode, a critiqué une telle solution, tout d’abord en recourant à une argumentation serrée et, pour finir, en appelant à la rescousse à la fois l’exhortation apostolique "Familiaris consortio" (FC) de Jean-Paul II et un manuel rédigé par un canoniste jésuite du XVIIIe siècle :



(Nous mettons en couleur rouge les passages les plus importants du texte de Sandro Magister. NdCR.) "L’intégration des divorcés remariés dans la vie de la communauté ecclésiale peut être réalisée sous diverses formes, différentes de l’accès à l’eucharistie, comme le suggère déjà FC 84. Dans la pratique traditionnelle de l’Église latine, la voie pénitentielle pouvait signifier – pour les personnes qui n’étaient pas encore prêtes à changer leur manière de vivre mais qui éprouvaient en tout cas le désir de se convertir – que les confesseurs pouvaient entendre leur confession, en leur donnant de bons conseils et en leur proposant des exercices de pénitence, pour les diriger vers la conversion, mais sans leur donner l’absolution qui n’était possible que pour les personnes ayant effectivement l’intention de changer de vie (cf. F. A. Febeus, S.J., De regulis juris canonici liber unicus, Venise, 1735, pp. 91-92)".

 

Note de Christ-Roi. Ci-dessous, copie d'écran du paragraphe 84 l'exhortation apostolique Familiaris Consortio de sa Sainteté le Pape Jean-Paul II à l'épiscopat, au clergé et aux fidèles de toute l'Eglise catholique sur les taches de la famille chrétienne dans le monde d'aujourd'hui, donnée à Rome près de Saint-Pierre, le 22 novembre 1981, en la solennité du Christ, Roi de l'Univers :

 

"[...] j'exhorte chaleureusement les pasteurs et la communauté des fidèles dans son ensemble à aider les divorcés remariés. Avec une grande charité, tous feront en sorte qu'ils ne se sentent pas séparés de l'Eglise, car ils peuvent et même ils doivent, comme baptisés, participer à sa vie. On les invitera à écouter la Parole de Dieu, à assister au Sacrifice de la messe, à persévérer dans la prière, à apporter leur contribution aux oeuvres de charité et aux initiatives de la communauté en faveur de la justice, à élever leurs enfants dans la foi chrétienne, à cultiver l'esprit de pénitence et à en accomplir les actes, afin d'implorer, jour après jour, la grâce de Dieu. Que l'Eglise prie pour eux, qu'elle les encourage et se montre à leur égard une mère miséricordieuse, et qu'ainsi elle les maintienne dans la foi et l'espérance!

L'Eglise, cependant, réaffirme sa discipline, fondée sur l'Ecriture Sainte, selon laquelle elle ne peut admettre à la communion eucharistique les divorcés remariés. Ils se sont rendus eux-mêmes incapables d'y être admis car leur état et leur condition de vie est en contradiction objective avec la communion d'amour entre le Christ et l'Eglise, telle qu'elle s'exprime et est rendue présente dans l'Eucharistie. Il y a par ailleurs un autre motif pastoral particulier: si l'on admettait ces personnes à l'Eucharistie, les fidèles seraient induits en erreur et comprendraient mal la doctrine de l'Eglise concernant l'indissolubilité du mariage.

La réconciliation par le sacrement de pénitence - qui ouvrirait la voie au sacrement de l'Eucharistie - ne peut être accordée qu'à ceux qui se sont repentis d'avoir violé le signe de l'Alliance et de la fidélité au Christ, et sont sincèrement disposés à une forme de vie qui ne soit plus en contradiction avec l'indissolubilité du mariage. Cela implique concrètement que, lorsque l'homme et la femme ne peuvent pas, pour de graves motifs - par l'exemple l'éducation des enfants -, remplir l'obligation de la séparation, «ils prennent l'engagement de vivre en complète continence, c'est-à-dire en s'abstenant des actes réservés aux époux»(180)."

Synode : Sandro Magister sur "la brèche aux innovations" et la contre-argumentation serrée du Cardinal Erdö

Suite de l'article de Sandro Magister:


Il n’est pas étonnant que le cardinal Erdö se soit vu demander le jour même – à la fois dans l’enceinte du synode et en conférence de presse – de justifier cette réaffirmation péremptoire de la discipline en vigueur actuellement, en ce qui concerne les divorcés remariés et d’autres points controversés.

Il a répondu aux journalistes qu’il avait simplement voulu "recueillir la voix de l’Église", ou plutôt, "le résultat objectif, presque mathématique, de ce qui est parvenu au secrétariat du synode pendant le laps de temps entre les deux sessions et après la publication de l'Instrumentum laboris", dans lequel "pour la majorité des réponses qui ont été données, il y a la volonté de maintenir" les documents du magistère actuellement en vigueur à propos de ces questions.

Réponse révélatrice, qui fait la lumière sur le véritable résultat de la consultation effectuée dans le monde entier en vue du synode. Celle-ci a donné lieu, selon le cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire général du synode, à 102 réponses provenant de conférences épiscopales et à 400 autres observations envoyées par des diocèses, par des paroisses, par des associations, par des familles et par de simples fidèles.

Cependant, lors de la conférence de presse, Bruno Forte, le secrétaire spécial du synode, n’a pas manqué de contrebalancer les propos d’Erdö, ouvrant ainsi une brèche aux innovations que le cardinal hongrois avait exclues :



"Étant entendu que l’on ne doit pas attendre de ce synode des modifications de la doctrine, il convient de dire avec beaucoup de clarté que ce synode ne se réunit pas pour ne rien dire. Ce n’est pas un synode doctrinal, mais un synode pastoral. Traiter les questions pastorales et chercher de nouvelles approches rend l’Église plus proche des femmes et des hommes de notre temps".



Et, en séance, de nombreux intervenants ont demandé non pas des réponses "universelles" aux problèmes en discussion, mais la liberté de chercher des "solutions régionales, nationales ou continentales permettant de relever des défis très différents", comme c’est d’ailleurs  déjà le cas, en fait, dans certaines régions de l’Église, en particulier celles de langue allemande.

De plus il ne faut pas négliger le fait que le secrétariat du synode n’a pas préparé de traduction en d’autres langues du rapport du cardinal Erdö, lu en italien pendant une séance. Cela a eu pour effet de rendre ce texte difficile à comprendre pour un bon nombre de pères synodaux et d’en accélérer l’archivage.

*

Toutefois il n’y a pas  que le fond qui ait prêté à discussion, il y a aussi les méthodes de travail de ce synode.

Beaucoup de pères synodaux, par exemple, n’ont pas apprécié la réduction des temps de débat général en assemblée, ni le fait que chaque intervention soit limitée à 3 minutes seulement.

Mais ce qui a provoqué le plus de critiques c’est surtout la composition de la commission chargée de rédiger, en plusieurs versions successives, la "Relatio" qui sera mise au vote, point par point, lors de la journée de conclusion du synode, avant d’être finalement remise au pape.

Les dix membres de la commission, tous nommés par François, sont :

- Péter Erdö, rapporteur général du synode ;
- Lorenzo Baldisseri, secrétaire général ;
- Bruno Forte, secrétaire spécial ;
- Oswald Gracias, pour l'Asie ;
- Donald William Wuerl, pour l'Amérique du Nord ;
- Victor Manuel Fernandez, pour l'Amérique latine ;
- Mathieu Madega Lebouakehan, pour l'Afrique;
- John Atcherley Dew, pour l'Océanie ;
- Marcello Semeraro, pour l'Europe ;
- Adolfo Nicolas Pachon, pour les ordres religieux.

Quatre d’entre eux (Wuerl, Fernandez, Dew, Semeraro) sont arrivés au synode non pas parce qu’ils avaient été élus par leurs épiscopats respectifs ou en raison des fonctions qu’ils exercent, mais uniquement parce qu’ils y avaient été appelés personnellement par François. Et si l’on y ajoute Baldisseri, Forte et Nicolas Pachon, on notera facilement la nette prédominance, au sein de la commission, de personnalités favorables, de manière plus ou moins marquée, au changement.

En particulier, tout le monde se souvient des manœuvres de Forte lors du synode de 2014 et l’anticonformisme de Fernandez est bien connu :

> E questo sarebbe il teologo di fiducia del papa?

En ce qui concerne le père Nicolas Pachon, général des jésuites, ce qui fait référence, c’est sa déclaration publiée dans le "Corriere della Sera" du 7 octobre : "Bien sûr, s’il agissait tout seul, François pourrait aller plus vite. Mais l’Église a besoin de temps pour changer".

Il faut cependant préciser qu’Erdö a, lui aussi, été appelé au synode par le pape en personne, qui l’a reconduit dans ses fonctions de rapporteur général, ce qui montre à quel point les choix faits par Jorge Mario Bergoglio échappent aux classifications faciles.

En tout cas, le pape François a également voulu mettre les choses au point en ce qui concerne les procédures du synode, dans le discours hors programme qu’il a prononcé le matin du 6 octobre.

D’après le père Federico Lombardi, le pape a indiqué que "les décisions en matière de méthode ont également été partagées et approuvées par lui et par conséquent elles ne peuvent pas être remises en discussion".

*

Pour en revenir à l’affirmation du pape selon laquelle, dans la démarche mise en œuvre par le synode jusqu’à maintenant, "la doctrine catholique à propos du mariage n’a pas été touchée", il convient de noter que cette affirmation est également répétée sans répit par tous les partisans du changement.

Leur mantra, en effet, est que la doctrine reste intacte, parce que l’on ne veut mettre à jour que la "pastorale".

Et donc, étant donné que toutes les propositions de changement présentées jusqu’à présent au synode sont irréprochables au point de vue de la doctrine, il ne reste plus qu’à choisir, parmi elles, celles qui sont les plus "miséricordieuses".

On verra, à l’avenir, jusqu’où ira ce raisonnement, qui veut associer, par exemple, le dogme de l'indissolubilité et la bénédiction des remariages.


__________

   
Les noms de toutes les personnes présentes au synode :

> Elenco dei partecipanti

L'agenda jour par jour :

> Calendario dei lavori

Le texte qui sert de base à la discussion :

> Instrumentum laboris

Les modérateurs et les rapporteurs élus au sein des treize groupes linguistiques entre lesquels est répartie la discussion :
       
> Elenco dei moderatori e relatori dei "Circuli minores"

Certains de ces élus sont bien connus des médias, comme par exemple les cardinaux Sarah, Pell, Bagnasco, Rodriguez Maradiaga, Schönborn, Piacenza et l’archevêque Kurtz.

D’autres sont moins connus mais tout aussi significatifs. Par exemple, le "Circulus anglicus D", l’un des quatre groupes de langue anglaise, a élu comme rapporteur Charles Chaput, l'archevêque de Philadelphie, qui a organisé la rencontre mondiale des familles et accueilli le pape François lors du voyage de celui-ci aux États-Unis, et comme président le cardinal canadien Thomas C. Collins, archevêque de Toronto, qui a accordé en 2014 au blog catholique américain "The Word on Fire" une longue interview, très nette et argumentée ,dans laquelle il défend la doctrine et la pratique de l’Église dans le domaine du mariage :

> Marriage, Divorce, and Communion

__________


Traduction française par Charles de Pechpeyrou, Paris, France.


__________
8.10.201

 

Source: Synode. Le premier coup au but est tiré par les conservateurs, Par Sandro Magister, Chiesa, 8.10.2015 

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Religion
commenter cet article
7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 09:56

Anne Dolhein a produit hier pour "Reinformation.tv", une remarquable synthèse des "premières escarmouches" lors de l'ouverture du Synode sur la famille et les manoeuvres de la "mafia" pour "changer la pastorale de l'Eglise au nom de la miséricorde" .

 

Mgr Forte a déclaré : « Nous ne nous sommes pas réunis ici pour ne rien dire. ... [L]es temps changent. »

 

Toute la question est de savoir si un changement de la pastorale n'affecte pas la doctrine ?

Synode sur la famille : vers un changement de la pastorale de l'Eglise au nom de la miséricorde

L’homélie d’ouverture du synode sur la famille 2015, prononcée en la basilique Saint-Pierre de Rome, dimanche (4 octobre Ndlr.), par le pape François, a été interprétée par un grand nombre comme la preuve de sa volonté de ne pas changer la doctrine de l’Eglise. D’ailleurs, il ne le peut pas. Mais même le cardinal Kasper, qui veut ouvrir l’accès à la communion à certains couples divorcés « remariés », affirme avec les siens qu’il n’entend pas du tout changer la doctrine de l’Eglise sur l’indissolubilité du mariage ; mais seulement la pastorale, au nom de la miséricorde.

 

Ce n’est pas manquer de respect filial que d’analyser les mots du pape. François veut une Eglise « hôpital de campagne », ouverte à tous, ne faisant barrage à aucun (comme si l’Eglise faisait barrage aux pénitents) : c’est un leitmotiv de son pontificat depuis le début. Lorsqu’il parle de miséricorde, il l’oppose souvent à la loi en ce sens qu’il raille et accuse les « docteurs de la loi » qui ne savent pas porter l’amour du Christ au monde. Tout cela mériterait d’être précisé, mais les faits et gestes du pape parlent en ce sens, que ce soit dans l’accueil sans « rappel à la loi » d’un couple d’homosexuels à la nonciature à Washington, celui d’un transsexuel et de son partenaire à Rome au début de l’année, ou ses louanges appuyés aux écrits du cardinal Kasper.

 

Le pape recadre le synode… dans le flou

 
C’est le pape encore qui a choisi de maintenir à leurs postes aux commandes du synode le cardinal Baldisseri, kaspérien, et Mgr Bruno Forte, qui avait été désigné l’an dernier par le cardinal Erdö comme responsable de l’inclusion de paragraphes sur les homosexuels dans le scandaleux rapport d’étape. C’est le pape qui en a exclu le canoniste hors pair, le cardinal Burke, faisant au contraire sortir de sa retraite le cardinal Danneels, qui ne cache ni sa préférence pour les thèses kaspériennes ni son action passée pour tenter d’éviter l’élection du cardinal Ratzinger dans le cadre de la petite « Mafia » des cardinaux, le groupe de Saint-Gall. Le sobriquet est de lui.

 

Ceux qui ont été rassurés par l’homélie du pape François ont constaté qu’il a tenu à y glorifier le mariage indissoluble, et c’est en effet heureux. On reste un peu interdit cependant devant cette affirmation : « C’est seulement à la lumière de la folie de la gratuité de l’amour pascal de Jésus que la folie de la gratuité d’un amour conjugal unique et jusqu’à la mort apparaîtra compréhensible. » Cela semble nier le caractère naturel, et donc rationnel de l’indissolubilité conjugale qui est pourtant inscrite dans la loi donnée à tout homme et jusque dans la loi mosaïque. Bien sûr la connaissance de l’amour du Christ pour son Eglise – jusqu’à donner sa Vie – fait mieux comprendre le mystère. Mais pour le peuple hébreu, fondé sur des alliances, ce mystère était déjà une réalité.
 
Rien dans l’homélie du pape, citant ses prédécesseurs, n’expose une quelconque volonté de contredire cette doctrine et peut être lue de la manière la plus traditionnelle qui soit : puisque l’Eglise a toujours cherché à annoncer le salut à tous. C’est plutôt le ton qui laisse la porte ouverte aux tenants du changement, par exemple quand le pape dit :
 
« L’Église est appelée à vivre sa mission dans la charité qui ne pointe pas du doigt pour juger les autres, mais – fidèle à sa nature de mère – se sent le devoir de chercher et de soigner les couples blessés avec l’huile de l’accueil et de la miséricorde ; d’être “hôpital de campagne” aux portes ouvertes pour accueillir quiconque frappe pour demander aide et soutien ; de plus, de sortir de son propre enclos vers les autres avec un amour vrai, pour marcher avec l’humanité blessée, pour l’inclure et la conduire à la source de salut. »

 

Premières escarmouches dès l’ouverture du synode : les défenseurs de la doctrine ont ouvert le feu

 
Lundi, le cardinal Erdö, rapporteur général a livré un long discours à l’ouverture du synode où il a martelé les vérités que l’Eglise ne peut laisser de côté : sa « relation introductive » a sonné comme une offensive. Il avait été pris de court l’an dernier lors de la présentation du rapport d’étape, cette fois il a parlé des divorcés « remariés » en rappelant la voie de retour à la pratique qui leur est traditionnellement ouverte : la conversion, la continence, et la communion dans la mesure où elle ne provoque pas le « scandale ». En l’absence de cette conversion, pas de communion, dont le refus « n’est pas un interdit arbitraire mais un enseignement intrinsèque ».
 
Pas de gradualité de la loi non plus : « Même si certaines formes de vie commune comportent en soi certains aspects positifs, cela ne veut pas dire qu’elles peuvent être présentées comme un bien. »
 
En fait, ce sont tous les éléments dits « controversés » qui sont détricotés un à un dans ce texte qui vaut le détour. [Extrait: La miséricorde offre pardon mais réclame la conversion. « La miséricorde de Dieu offre au pécheur le pardon mais réclame la conversion ». ... la « voie pénitentielle » ... peut se référer aux divorcés remariés qui pratiquent la continence et qui « pourront accéder même aux sacrements de la pénitence et de l’eucharistie, évitant seulement de provoquer le scandale ». Cette voie peut aussi faire référence à la pratique traditionnelle de l’Eglise latine qui permettait aux prêtres d’entendre en confession les divorcés remariés, donnant l’absolution seulement à ceux qui, de fait, promettaient de changer de vie. Les homosexuels ... doivent être accueillis « avec respect et délicatesse », évitant toute discrimination injuste. Mais il (le cardinal) rappelle qu’il n’existe « aucun fondement pour assimiler ou établir des analogies, pas même éloignées, entre les unions homosexuelles et le dessein de Dieu sur le mariage et la famille ». Il dénonce par la même occasion les pressions exercées sur les évêques et « les organisations internationales qui conditionnent leurs aides financières aux pays pauvres à l’introduction de lois qui instituent le mariage entre personnes de même sexe ». Ndlr.]

 

... Lors de la conférence de presse de lundi, le président délégué du synode, le cardinal Vingt-Trois, a déclaré aux journalistes : « Si vous vous attendez à un changement spectaculaire de la doctrine de l’Eglise, vous allez être déçus. »

 
Mais dans la foulée, la contre-offensive s’est mise en place. Mgr Forte a déclaré : « Nous ne nous sommes pas réunis ici pour ne rien dire. » Evoquant de « nouvelles modalités d’approche parce que les situations et les temps changent », il a ajouté : « Des défis pastoraux, il y en a. »

 

Et la presse progressiste à balayé l’intervention du cardinal Erdö en disant qu’il aurait pu la faire il y a 30 ou 40 ans…
 
Le cardinal Reinhard Marx a lui aussi tenu une conférence de presse, pour dire : « Comment peut-on dire à celui qui vit un deuxième mariage : “Tu appartiens à l’Eglise mais tu vis de manière constante dans le péché ? »
 
Le deuxième jour, ce mardi, s’est ouvert avec une homélie du pape à Sainte-Marthe, reprenant un de ses thèmes favoris, la miséricorde, contre la « rigidité ». C’est bien de miséricorde que le monde a besoin, mais en prenant l’exemple de Jonas, « dur de cœur », qui n’a pas accepté le pardon de Dieu à Ninive, comme l’a montré François, on perçoit tout de même une vérité moins présente aujourd’hui : Jonas avait tempêté contre les hommes de Ninive en leur rappelant la loi de Dieu, et ils s’étaient convertis.

 

... Quant à Erdö, il a été désavoué par Mgr Celli pour qui « le panorama est totalement ouvert quant aux divorcés remariés » : « Si la discussion était finie avec la relation d’hier matin, que ferions-nous ici ? » Le briefing des journalistes a laissé l’impression d’une destruction systématique des propos d’Erdö…
 
Et pour que tout soit bien clair, le père jésuite Spadaro a déclaré en fin de journée : « En parlant de la famille, nous parlons en réalité de Gaudiem et Spes, c’est-à-dire des rapports entre l’Eglise et le monde. » (Voir ici et Ndlr.)
 
Dans l’esprit de certains, là est bien l’objectif du synode.

 

Anne Dolhein

 

Source: Ouverture du synode sur la famille 2015 : premières escarmouches, Anne Dollhein, Reinformation.Tv, 6 octobre 2015 22 h 33 min·

On a vu qu'il ne suffit pas de dire que l'on ne va pas toucher à la doctrine, mais seulement à la pastorale au nom de la miséricorde, pour que la doctrine ne soit pas affectée. Concrètement c'est l'évolution que l'on observe en comparant par exemple la position de prélats "doctrinaux" comme celle du Cardinal Leo Burke qui entend garder la même pastorale sur l'interdiction de communier pour les divorcés remariés, et celle d'évêques "pastoraux" qui se déniant le droit de juger de la licéité des actes, reconnaissent ne pas refuser la communion à des divorcés remariés.

 

"La question posée n'étant pas de modifier, effectivement, la doctrine de «l'indissolubilité» du mariage - il y a unanimité sur ce point - mais de voir comment elle peut être «adaptée» pour des «raisons pastorales» aux différentes situations concrètes. «Nous devons être concrets» a plaidé le cardinal Marx.

Et c'est ainsi que l'évêque d'Anvers, Mgr Johan Bonny - connu pour ses positions ouvertes sur le mariage gay - a proposé que «le synode reconnaisse aux évêques locaux la responsabilité de formuler des réponses adéquates aux questions pastorales». Un autre ayant même avancé l'idée que des commissions d'études soient lancées «par continent» ou par «grandes régions culturelles» dès la fin du synode, de façon à réfléchir et mettre en place une décentralisation géographique et culturelle de la pratique pastorale catholique sur la question des divorcés remariés. L'un des chargés de communication pour le monde anglophone, le Père Rosica, ayant de fait, affirmé mardi: «Il sera difficile de trouver une solution universelle».* Cette idée aurait l'avantage d'éviter une guerre de positions au sein du synode en repoussant la question qui fâche dans l'espace et dans le temps mais elle ouvrirait une première historique de décentralisation touchant la doctrine, et donc de divisions potentielles, dans l'Église catholique." (Source : Synode : l'intervention inhabituelle du Pape, Le Figaro, Par Jean-Marie Guénois, Mis à jour le 07/10/2015 à 11:39 Publié le 07/10/2015 à 10:11)

 

* "Il sera difficile de trouver une solution universelle" : est-ce la fin de l'Eglise catholique universelle du Christ?

 

Dans la nouvelle pastorale, la doctrine de l'Eglise, confession, pénitence et communion, n'est plus prise en compte, elle est tout simplement annulée de fait, au nom d'une soit-disant "miséricorde" qui ne viendrait donc plus de Dieu mais de l'homme. Et la doctrine de l'Eglise se trouve ainsi affectée, contournée. Décentralisée dans les diocèses, dans le vécu quotidien des fidèles, sous la "responsabilité" des évêques, elle se retrouve fragmentée. L'universalité de la vérité se trouve annulée avec la bénédiction de ceux qui étaient chargés de garder la foi. L'Eglise elle-même se retrouve divisée.

 

Nous assistons là au processus subversif bien connu de la brèche dans laquelle s'engouffrent tous les groupes de pression. Il y a en effet une analogie à faire entre cette méthode et ce qui s'est passé pour les messes en langue vernaculaires où l'Eglise a laissé toute latitude aux évêques dans les diocèses d'autoriser les messes en langues locales. [1] Le résultat a été la disparition du latin et des chants grégoriens dans toutes les paroisses, alors que le Concile recommandait l'inverse, de conserver "l'usage de la langue latine" "dans les rites latins" (Sacrosanctum concilium, # 36,1). De même s'agissant de la distribution de la communion, l'indult de Paul VI de 1969 dans l'Instruction Memoriale Domini a conduit à une explosion des communions dans la main, alors que 88% du volume de cette instruction était consacré à confirmer la réception de la communion à genoux et sur les lèvres. [2]

Dans ce qui nous préoccupe aujourd'hui, ce serait, avec cette décentralisation dans les diocèses, qui serait là encore comme en 1969 assortie d'une "tolérance restreinte, encadrée, assortie d'un contrôle strict", etc., une nouvelle brèche et une porte grande ouverte vers une explosion des divorces, alors que l'indissolubilité du mariage serait rappelée dans le même temps. L'important, ce n’est pas le barrage doctrinal qui est solide en tous points sauf un, c’est la brèche.

 

Add. 8 octobre 2015. Un article de Sandro Magister du 8 octobre confirme l'analyse de Jean-Marie Guénois d'une "décentralisation géographique et culturelle de la pratique pastorale" et mon analyse sur la "brèche" ouverte dans laquelle pourront s'engouffrer les novateurs:

 

"lors de la conférence de presse, Bruno Forte, le secrétaire spécial du synode, n’a pas manqué de contrebalancer les propos d’Erdö, ouvrant ainsi une brèche aux innovations que le cardinal hongrois avait exclues :

 

"Étant entendu que l’on ne doit pas attendre de ce synode des modifications de la doctrine, il convient de dire avec beaucoup de clarté que ce synode ne se réunit pas pour ne rien dire. Ce n’est pas un synode doctrinal, mais un synode pastoral. Traiter les questions pastorales et chercher de nouvelles approches rend l’Église plus proche des femmes et des hommes de notre temps".

 

Et, en séance, de nombreux intervenants ont demandé non pas des réponses "universelles" aux problèmes en discussion, mais la liberté de chercher des "solutions régionales, nationales ou continentales permettant de relever des défis très différents", comme c’est d’ailleurs déjà le cas, en fait, dans certaines régions de l’Église, en particulier celles de langue allemande."

Synode sur la famille : vers un changement de la pastorale de l'Eglise au nom de la miséricorde

Source: Synode. Le premier coup au but est tiré par les conservateurs, Par Sandro Magister, Chiesa, 8.10.2015 

L'Eglise ne devrait donc pas changer la pastorale dans une sorte d'assouplissement pratique de la doctrine, car cette pastorale avec ses limites est thérapeuthique et libératrice. Cf "Béatrice Bourges, catholique divorcée remariée : "Finalement, ces règles (de l'Eglise), au lieu de m’enchaîner, me libéraient", elle devrait au contraire approfondir davantage cette pastorale (la définition de la famille et du mariage) en présentant l'alliance des époux comme une alliance avec le Christ.

 

Ainsi, lors d'une émission de KTO pour l'ouverture du Synode le 4 octobre, le cardinal Marc Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques à Rome depuis 2010, ancien Archevêque du Québec, ancien Primat du Canada, a expliqué (à partir de 32:05 dans la video ci-dessous):

 

"il ne faut pas oublier que dans une pédagogie d'accompagnement, il ne faut pas non plus cacher la vérité. Vérité et charité. Parce qu'autrement on n'aide pas la personne, on l'enlise dans ses propres difficultés. Parce que Jésus sait très bien que pour arriver au bonheur il faut arriver à une relation de parfaite communion avec lui."

Interpellé par le journaliste de KTO sur le fait que l'Eglise ne saurait plus aujourd'hui "parler de la vérité sur la question du mariage et de la famille", le cardinal a répondu :

 

"Voyez-vous, ce qui nous manque dans notre pastorale c'est de faire comprendre que l'alliance des époux est une alliance avec le Christ. Cela n'est pas même catéchisé.

Et de comprendre le mariage comme un échange de dons. (Les époux) sont baptisés, poursuit le cardinal, ils appartiennent au Christ, ils vont offrir au Christ leur amour, leur famille, ce qu'ils veulent fonder. En réponse, le Christ s'engage avec eux. On dit qu'Il consacre leur union, et Il leur donne une infusion du Saint-Esprit. Cela est un échange de dons extraordinaire. Il ne faut pas que nos baptisés se privent de cela. Il faut que l'Eglise leur dise qu'il se passe quelque chose dans une célébration du mariage. Que (le mariage) est le symbole de toute la vie, de cet échange entre le Christ et les époux avec l'Esprit-Saint qui est au milieu et qui les fait progresser vers la sainteté, avec des hauts et des bas que nous connaissons."

Le Synode sur la "famille" travaillera-t-il sur un approfondissement de la catéchèse du mariage "alliance des époux, alliance avec le Christ" ?

 

Notes

 

[1] « [I]l revient à l’autorité ecclésiastique qui a compétence sur le territoire, … (même, le cas échéant, après avoir délibéré avec les évêques des régions limitrophes de même langue), de statuer si on emploie la langue du pays et de quelle façon. » (Paul VI, Constitution sur la Sainte Liturgie Sacrosanctum Concilium, 4 décembre 1963, n° 36,3)

[2] 88% du volume de l’instruction Memoriale Domini du 29 mai 1969 était consacré à confirmer la réception de la communion à genoux et sur les lèvres, mais l'indult ouvrit la brèche qui a conduit à faire de la règle une exception et de l'exception la règle.

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Religion
commenter cet article
6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 18:08

Très beau témoignage public de Béatrice Bourges au sujet du divorce vécu par les catholiques dans l'Eglise, et des règles de l'Eglise.

Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres.

Evangile selon Saint Jean, VIII, 32.

Béatrice Bourges, auteur du livre "Béatrice B. catholique divorcée remariée", qui ne communie pas, explique pourquoi la discipline de l'Eglise (l'interdiction de communier pour les divorcés remariés) n'est pas un enchaînement mais un chemin de libération :

Béatrice Bourges, catholique divorcée remariée : "Finalement, ces règles (de l'Eglise), au lieu de m’enchaîner, me libéraient"

« Finalement, ces règles, au lieu de m’enchaîner, me libéraient, écrit-elle. […] Et c’était bien dans l’obéissance que je trouvais ma liberté. » [1]

 

 

Dans ce chemin de libération, Béatrice Bourges, interrogée par Charlotte d'Ornellas sur "Boulevard Voltaire", a également un message pour le clergé. Elle explique qu'elle a "du mal à comprendre que les prêtres ne rappellent jamais que d’autres situations empêchent également de communier" :

 

"Je parle d’autant plus librement sur le sujet que je ne demande rien à l’Église, je lui obéis et je ne vais pas communier. Je n’ai absolument aucune revendication. J’ai été révoltée mais je suis désormais sereine, j’ai la foi et je fais confiance à l’Église.

Mais il est sain qu’elle fasse comprendre à ses fidèles que le divorce n’est pas un caprice mais une blessure, souvent profonde. Je ne me suis pas mariée pour divorcer.

Les commentaires violents de certains – faut-il rappeler que nous sommes tous pécheurs ? – ne sont pas seulement inutiles, ils éloignent des personnes de l’Église au moment où elles ont besoin de son Amour et de sa compassion. Je me suis convertie après m’être remariée et le Christ est venu me chercher là où j’étais. Même si, à cet endroit, ce n’était pas le meilleur !

Je ne demande pas une réponse positive de la part de l’Église, je demande qu’on puisse se poser la question de cette souffrance sans tomber dans un discours violent et accusateur. Accepter d’aborder le sujet, ce n’est pas abandonner ses exigences : cela peut simplement permettre à certaines des personnes de revenir vers le Christ.

[...]

Pour appeler avant tout certains fidèles à la bienveillance. Ce livre est un cri de détresse : beaucoup ne réalisent pas le mal qu’ils font par les mots qu’ils choisissent. Le divorce n’est jamais une partie de plaisir. À 30 ans, je me suis retrouvée seule avec deux enfants, alors que j’étais destinée au mariage. Il est facile d’imaginer la difficulté et la souffrance que cela a représenté. Je me suis éloignée complètement de l’Église car je n’ai pas su y trouver la main secourable dont j’avais tellement besoin. Puis je me suis remariée et c’est ensuite que je suis revenue à la foi.

Je ne communie pas, mais je vais à la messe et le Christ vient à moi. J’ai une place, malgré mes péchés, comme chacun d’entre nous ! Tout n’est pas si simple, la vie n’est pas si simple. Et les jugements hâtifs sont bien souvent dévastateurs.

Il y avait également un message pour le clergé. Les prêtres appellent souvent à venir communier pendant leur sermon, semblant oublier que, dans l’assemblée, certains restent à leur banc et se sentent alors abandonnés. Je ne peux communier, et je l’accepte. Mais j’ai du mal à comprendre que les prêtres ne rappellent jamais que d’autres situations empêchent également de communier. Parfois, l’Église, dont la vocation est de proposer un absolu, ne bouscule pas assez les consciences.

Nous, divorcés-remariés, ne sommes pas une caste à part. J’avais enfin envie de m’adresser aux divorcés-remariés qui se sont éloignés de l’Église, envie de leur dire que le Christ les attend à la messe. Je comprends leur réticence, j’ai été dans leur cas, mais qu’ils y retournent et ils verront, ils ne seront pas déçus !

Ma foi me pousse à leur dire : « Revenez ! C’est là que se trouve la vraie Joie ! » [2]

 

La réflexion de Béatrice Bourges est essentielle et son témoignage capital: ils répondent par avance au clergé qui autorise l'accès à la communion sacramentelle aux divorcés remariés, et plus largement distribue la communion à tout le monde sans vérifier la licéité des situations. Elle sous entend que l'on trouve la liberté d'abord dans une recherche de la vérité, et que la découverte de la vérité s'accompagne d'une connaissance des limites et des frontières à ne pas dépasser (ici les "règles" de l'Eglise), étape essentielle de la "libération" et de la guérison intérieure, qui vient de Dieu.

 

 

Notes

 

[1] Béatrice B. Catholique divorcée remariée Famille Chrétienne | 05/10/2015 

[2] Entretien avec Béatrice Bourges, Boulevard Voltaire

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Religion
commenter cet article
6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 14:25
Véronique Lévy au Sacré-Coeur raconte le rêve où le Christ lui est apparu en Croix: "Je communie tous les jours, Jésus est ma sève, ma force, ma vie"

Témoignage de Véronique Lévy, petite soeur de BHL, le 25 septembre 2015 à la Basilique du Sacré-Coeur de Montmartre lors du Congrès Mission. http://www.congresmission.com

Extrait du discours de Véronique Lévy dans lequel elle raconte à nouveau sa conversion et le rêve où le Christ en Croix lui est apparu :

 

"On ne peut pas oublier que l'Eglise est née du Coeur transpercé de Jésus sur la Croix. Et que l'Eglise est dépositaire de cet amour fou, de cette folie de Dieu pour nous. Et comme dit Saint Paul, la sagesse de Dieu est folie aux yeux du monde. Et c'est vrai que l'Evangile dérange, parce que l'Evangile c'est comme une révolution solaire. Il y a un avant et un après l'Evangile. Dans la société, puisque le temps a été compté à partir de Jésus, mais aussi dans un coeur, dans une vie. Et c'est un peu mon histoire et c'est notre histoire à tous. Avant et après. C'est l'histoire d'une révolution, d'un retournement. Plus rien n'est tout à fait pareil après son passage. Et donc, moi c'est par une toute petite fille quand j'avais trois ans que Jésus m'a été annoncé, donc que l'Eglise s'est présentée. La mission, c'était une petite fille. Et comme dit l'Evangile, 'qui accueille un enfant, c'est moi qu'il accueille.' " Et cette petite fille a commencé très fort en disant: 'Si tu ne crois pas en Jésus, tu seras emportée par les robots.' Et cette parole était prophétique parce qu'aujourd'hui nous sommes dans un monde qui essaye de faire de l'homme un robot.

Et donc cette petite fille m'offre un crucifix, elle m'apprend le Je vous salue Marie et le Notre Père. Et c'est comme cela que Jésus est entré dans ma vie, à travers cette petite fille. Et depuis, il n'a plus lâché ma main. Et j'ai essayé de ne pas lacher la sienne.

 

[...] La première alliance est truffé de personnages où Dieu leur apparaît dans des songes.

Et en fait, c'était une nuit. J'ai déjà raconté ce rêve, mais c'est important. J'étais encerclée par des hommes qui jouaient avec moi comme avec une poupée de chiffon, qui me méprisaient et me jetaient de l'un à l'autre. J'étais toute nue et recouverte d'un voile noir. Et ces hommes voulaient effacer mon visage, ils voulaient me détruire. Il fallait que je m'arrache à ce cercle. Je m'arrache dans le rêve, avec une force surhumaine, et je cours, je cours comme une folle, et je m'effondre à bout de souffle. Et là, quand je lève les yeux: je suis devant une cathédrale, gigantesque; les portes s'ouvrent, je me précipite à l'intérieur, et là, j'entends les battements d'un coeur. Les battements du coeur secouent tous les murs de la cathédrale et pénètrent dans mon corps. C'est comme si j'étais dans un corps immense, comme si cette église était un corps. Et là encore, je lève les yeux, et je vois le Christ en Croix gigantesque. Il me regarde. Ses bras se décrochent de la Croix. Ses mains se mettent face à moi. Et là, j'entends cette parole qui sort de sa bouche: 'Que ton coeur de pierre devienne un coeur de chair.' Et de ses deux mains transpercées sortent deux épées. Est-ce que c'était des épées de lumières, je ne sais pas. Je ne bougeais plus, j'étais tétanisée. Les deux lames traversent la cathédrale, tout au long de la nef, et rentrent dans mon coeur. Et là, je me réveille."

Retrouvez le premier témoignage public de la conversion de Véronique Lévy, ainsi que la narration du rêve où le Christ lui est apparu en Croix : "Très beau témoignage public de la conversion au catholicisme de la soeur cadette de Bernard-Henri Lévy, Véronique Lévy".

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Religion
commenter cet article
5 octobre 2015 1 05 /10 /octobre /2015 21:36

Tout se passe comme si nous revivions l'époque du Concile Vatican II où l'argument du Concile non doctrinal mais "pastoral" fut avancé pour faire passer les réformes.

Mgr Vingt-Trois, tout en affirmant qu'il n'y aura pas de changement dans la doctrine, veut "trouver le moyen d’admettre les “divorcés–remariés” à la communion" :

 

Le Cardinal André Vingt-Trois, Archevêque de Paris, a laissé entendre que ceux qui attendent un changement radical dans l’enseignement de l’Eglise seront déçus. Et de préciser que si les pères synodaux devaient trouver le moyen d’admettre les “divorcés–remariés” à la communion, il ne pourrait en aucun cas s’agir d’une solution à appliquer de façon générale.
De son côté, Mgr Bruno Forte, Secrétaire du synode, a déclaré : “Nous ne nous sommes pas réunis si c’est pour ne rien changer.”

Source : Kathnet.
 

via Pro Liturgia, Actualité du 5 octobre 2015

Synode sur la "famille": vers pas de changement dans la doctrine, mais un changement dans la "pastorale" ?

Or, il ne suffit pas de dire que l'on ne va pas toucher à la doctrine, mais seulement à la pastorale, pour que la doctrine ne soit pas affectée. Le professeur Roberto de Mattei, dans un entretien du 11 juillet 2014 a ainsi montré le danger d'un schisme dans l'Eglise suite à une modification de la pastorale : "si vous mettez à part la doctrine, si vous ignorez la doctrine, ce qui arrive en fait, c'est un changement dans la pastorale qui à son tour va changer la doctrine" et aboutir à "un schisme dans l'Eglise".

 

C'est concrètement l'évolution que l'on observe en comparant par exemple ces jours-ci la position de prélats "doctrinaux" comme le Cardinal Leo Burke et celle d'évêques "pastoraux" qui se déniant le droit de juger de la licéité des actes, reconnaissent ne pas refuser la communion à des divorcés remariés, et où, en fait, la doctrine de l'Eglise est annulée par ceux qui étaient chargés de la garder.

 

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Religion
commenter cet article
3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 11:23
Synode, deuxième point de vue : "Nous devons maintenir la parole de Dieu, l'enseignement très clair qu'Il nous donne sur le mariage" (Cardinal Leo Burke)

Après un premier point de vue sur le mariage, où l'on voit des évêques reconnaitre donner le sacrement de l'eucharistie à des divorcés remariés au prétexte qu'ils se dénient le droit de les juger, voici maintenant un second point de vue, plus conforme à la doctrine traditionnelle de l'Eglise, expliqué par le cardinal Leo Burke, qui donne un exemple vécu dans son enfance dans son église, de divorcés remariés qui respectaient le fait que "puisqu'ils vivaient dans l'adultère, ils ne pouvaient pas avoir accès au sacrement."

 

Dans le premier cas, les évêques donnent la communion à tout le monde, refusant de juger de la situation licite ou pas, au motif que la conscience de chacun serait la règle. Dans le second cas (Cardinal Burke dans la video ci-dessous), il y a des règles qui ne dépendent pas de notre sentiment ou de notre conscience mais qui ont été établies depuis toujours et que l'on doit respecter: "Nous devons maintenir la parole de Dieu, l'enseignement très clair qu'Il nous donne sur le mariage."

Dans un entretien video du 01/10/2015 pour KTO, publiée le 1er octobre 2015, le Cardinal Raymond Leo Burke a expliqué :

 

(A partir de 8:20) "L'Eglise est influencée par la culture ambiante qui se dirige contre l'enseignement de l'Eglise, contre l'Eglise elle-même. Si bien que nous sommes dans une situation où les cardinaux et les évêques se voient sollicités pour introduire des changements aux règles ordinaires du mariage. Mais nous avons la parole du Christ, en Matthieu 19 qui nous dit que 'celui qui divorce et épouse une autre femme, vit dans l'adultère'. Ce sont des paroles qui sont très claires. [...] Nous devons maintenir la parole de Dieu, l'enseignement très clair qu'Il nous donne sur le mariage. Donc, mon espoir est que le synode, une fois de plus, confirmera et maintiendra, montrera au monde la beauté, la vérité de la vie de mariés, de la vie du couple. L'important, c'est la préparation des couples au mariage, commençant par la catéchèse des petits enfants, et aussi l'accompagnement des nouveaux mariés qui ont le droit d'attendre que l'Eglise les aide à faire grandir leur amour.

 

A propos des divorcés remariés, il a déclaré :

 

"La vérité dans cette affaire, c'est que ceux dont le mariage s'est rompu et sont entrés dans un autre mariage, ne sont pas exclus de l'Eglise, ne sont pas excommuniés. Je me rappelle dans mon enfance un couple présent tous les dimanches à la messe, là où je suis né et où j'ai grandi, et quand j'ai grandi, j'ai demandé à mon père pourquoi ils ne communiaient pas. Ils étaient très respectés dans la communauté, le curé ne les traitait pas différemment des autres, ils étaient très fidèles, on les voyait tous les dimanches à la messe, et ils donnaient un témoignage très fort. Ils désiraient de cette manière, rectifier leur situation, avec l'aide de Dieu, et en même temps, ils respectaient le fait que, puisqu'ils vivaient dans l'adultère, ils ne pouvaient pas avoir accès au sacrement.

 

A la question du journaliste "on a tendance à opposer la doctrine à la pastorale, pour vous c'est une erreur, le prélat a répondu :

 

"La pastorale existe pour servir la doctrine, et des vérités qui sont des vérités sacrées, pour protéger la vérité (sur le mariage)."

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Religion
commenter cet article